Le bien public, 3 décembre 1971, vendredi 3 décembre 1971
[" Soixantième année * Trois-Rivières No 48 Vendredi, le 3 Décembre 1971 1563, rue Royale Trois-Rivières, Qué.Les trifluviens auront eu l\u2019avantage d'entendre le jazzman Pierre Leduc aux Jeunesses Musicales.C\u2019est un concert qu'il n'aurait pas fallu manquer.Il aura permis d'entendre en plus du trio le plus versatile qui soit, des textes de Yves Préfontaine, le poète québécois qui a le mieux parlé du jazz.\u201cJe suis né dans une famille de musiciens te la musique classique a bercé mon enfance, nous dit Pierre Leduc.A 14 ans, je découvris Erroll Gardner ce fut pour moi un émerveillement, depuls je n'ai pas cesser de faire du jazz.Le trio Pierre Leduc a été acclamé sur les cinq continents.À l'Alliance Française M.J.Raymond Donault 19 rue Le Royer Ouest Montreal fev.Une visite aux Dans le passé, chaque fin de semaine, on assistait à un exode nerveux de nos bonnes gens vers les grands marchés où le choix attirait.Ce n\u2019est plus guère le cas car notre ville commence à être littéralement pavée d'établissements commerciaux.Le nombre des magasins ne cesse de grandir, faisant de Trois-Riviéres la mecque du commerce, S\u2019i]l est un Trifluvien qui va encore magasiner a Montréal, surtout dans le secteur \u201cdiscount\u201d, ce n\u2019est certes plus par nécessité, mais bien parce qu'il aime ça, ou encore qu\u2019il n'a pas vu les annonces dans \u201cLe Nouvelliste\u201d.Il n\u2019est raisonnablement plus permis d'ignorer que les grands du commerce nous ont enfin découverts.En pénétrant dans l'un de ces centres modernes, l'acheteur abdique sa personnalité ; presque perdu dans cette immensité peuplée de comptoirs où s\u2019entasse le plus invraisemblable assortiment de produits synthétiques, il est comme aspiré par une force invisible qui le pousse à la dépense.D'ailleurs, tout paraît affreusement bon marché.A premiére vue, il parait que la marchandise se donne ou presque.On a même l\u2019impression que les propriétaires sont devenus fous ou trop généreux et qu'il pourrait leur arriver quelque chose.Une constatation globale est à l\u2019effet qu\u2019une multitude de ces \u201cspéciaux\u201d se perdront inévitablement, faute de preneurs, tant ils sont nombreux.\u2019 grands bazards relache ces interminables promenades bordées de vitrines aguichantes.Hélas, nous avons la désagréable impression qu'il faillira a la tache, qu\u2019il décevra, qu'il n\u2019arrivera jamais à tout acheter.Eûtil l\u2019argent nécessaire, on ne voit pas comment il trouverait les énergies capables de le rendre acquéreur des cen- ttaines de milliers d'articles qui provoquent sa convoitise et dont il a peut-être besoin.Une visite aux grands bazars rassure.Spectacle apaisant que celui du peuple bon enfant arpentant à pas musards ces avenues couvertes.Dans l'air inerte se dandinent les \u2018\u201cbalounes\u201d.Un sourire de béatifié plane sur les visages détendus.On semble avoir définitivement vaincu le doute, l'angoisse et l\u2019ennui de vivre, en se rassemblant constamment sous ces hectares de plafonds éclairés au néon, dans ces temples géants du négoce qui distribuent à tous l'illusion de la richesse, même aux plus pauvres d'entre les marcheurs.Les temps ont rudement bougé et, sans le vouloir, ont découvert le simplisme qui décomplique tout: vivre, c'est avant tout consommer, mais consommer avec la conviction la plus absolue.L'\u2019intelligence est en fonction du zèle à consommer.Consommer, c\u2019est défier le sort, affronter son destin, tout en s\u2019affirmant moderne et de son temps.Clément Marchand ment l\u2018exemple.Enregistrement numéro 0475 Courrier de la Deuxième classe Port de retour garanti Abonnement: $3.00 par année La copie: \u201c10 cents JEAN-PIERRE GAUTHIER DONNE L'EXEMPLE La Clinique de Sang de la Croix-Rouge qui s\u2019est déroulée au Centre d'Achats Les Rivières n'a pas dépassé son objectif, mais elle a tout de même atteint 950 chopines de sang.On voit, sur cette photo, l\u2019un des donneurs de sang le plus en vue, M.Jean-Pierre Gauthier, président de P.A.Gouin Ltée qui a tenu à donner personnelle- Même s'il est un homme dont toutes les minutes sont précieuses, il a tenu à se rehdre au Centre Les Rivières pour y donner de son sang.La pièce Contrats w Jean ink -Arnaud Le protagoniste fou a le pied en ant, + pourrait-on dire de cette photo qui nous méntre un moment de la pièce \u2018Contrats\u2019 de Jean Saint-Arnaud, dont notre collabo- t ces tré- À la vue de tous rateur Alain Dufault présente une recension dans l\u2018une des pages de ce numéro.C'est mardi soir, le 7 décembre au Centre Culturel que le public cultivé pourra entendre des souvenirs sur le poète Max Jacob, par un homme qui l'a bien connu, Roger Secrétain, conférencier de l'Alliance Française, l'un des maîtres de la critique française contemporaine.La conférence de M.Secrétain sera illustrée de diapositives, sors, imprudemment étalés a portée de la main, qui ne se sentirait un peu l\u2019âme d\u2019un voleur?D\u2019autre part, devant \u2018cet étalage provoquant d'objets utiles, sinon nécessaires, on se rend compte que le peuple, pourtant si vorace, doit pourtant améliorer encore ses performances de consommateur.Qu\u2019il essaie d'acquérir de la forme.Car il en aura besoin pour parcourir sans Un des cours les plus populaire de l'éducation permanente est certes celui de photographie.Une vingtaine d'élèves suivent cette série de cours donnés per le directeur du département de FEM.T.R, M.Jean-Paul Lavoie qui possède une expérience d'une vingtaine d'années danc cet art.Ce cours est donné dans le cadre du service de l\u2018Edutation Permanente dont le directeur est M.Dominique Lesieur, et qui relève du Ministère de l\u2019Education.kak Page 2 Si, par la révolution, Fidel Castro arracha son pays et le peuple cubain à la domination des puissances d\u2019argent, José Marti les libéra du joug espagnol, il y a moins d\u2019un siècle.Si l\u2019homme et son oeuvre, poétique et politique, restent ignorés dans le monde européen, ils sont l\u2019objet de la vénération populaire en Amérique latine.Les Etats-Unis occupèrent l\u2019île de Cuba et virent à l\u2019administrer, de 1895 à 1902, de nouveau en 1906- 1909, mais il est injuste de dire qu\u2019ils sont les libérateurs de Cuba.Marti le poète et son peuple furent les seuls artisans de l\u2019indépendance cubaine, celui-ci poussé à l\u2019action par celui-là.Non seulement Marti, comme l'écrit cet autre Cubain qu\u2019est Armand Godoy, aiguisa le patriotisme de ses compatriotes comme on aiguise une épée, mais il n\u2019hésita point à payer lui- même de sa personne, et il fut tué sur le champ de ba- taile, le 19 mai 1895.Il avait quarante-deux ans.Il donna sa vie pour la cause embrassée, laissa une oeuvre considérable, et son nom ne figure pas dans les circonstances biographi- POUR UN SERVICE PROMPT ET COURTOIS LUCIEN DEFOY \u2018\u2019Huile à chauffage\u2018 ENTRETIEN ET RÉPARATIONS de brûleur à l\u2019huile 691 Hertel, Trois-Rivières Tél.: 375-9666 Le grand poète José Marti, premier libérateur de Cuba L\u2019IUettré ques, du moins la plupart d\u2019entre eux.+ * Il naît à La Havane, le 28 janvier 1853.Il exalte les siens en prose et en vers, les appelle à la révolte contre le gouvernement espagnol, n\u2019a pas dix-huit ans qu\u2019il est arrêté, condamné à la prison et aux travaux forcés, à cause de ses écrits dans la revue Ell Diablo Cojuelo (Le Diable boiteux).Il ne purge pas sa peine de six ans, quitte la prison sur la fin de 1870, pour prendre le chemin de l'exil, et les autorités l\u2019envoient à l\u2019île des Pins, d\u2019abord, ensuite en Espagne, où il séjourne jusqu\u2019en 1878.Rentré à Cuba la même année, il reprend la campagne abandonnée, est arrêté de nouveau exilé une seconde fois en 1879.On ne lui assigne pas de domicile fixe puisqu\u2019il séjourne tour à tour au Mexique, au Guatémala, au Vénézuela, enfin à New-York où il crée en 1891 le parti révolutionnaire cubain, lequel déclare la guerre à la Métropole, le 24 février 1891, En avril de la même année, il rejoint à Cuba les chefs de l\u2019armée cubaine, prend rang dans la troupe, meurt sur le champ de bataille le 19 mai.Les Espagnols sont rois et maîtres des lieux depuis 1510, mais il ne peuvent plus tenir.Dès 1898, c\u2019est l\u2019indépendance politique.Ce n\u2019est pas pour autant une ère de tout repos, car il faut attendre jusqu\u2019en 1909 pour que les Cubains prennent en main, sans intervention de l\u2019extérieur, les rénes du gouvernement.José Marti est un poéte, un excellent écrivain, aussi un orateur aux qualités de tribun, qui déchaîne l\u2019enthousiasme et entraîne les foules à sa suite.I a d'autant plus de succès qu\u2019il n\u2019hésite pas à mettre la main à la pâte, l\u2019épaule à la roue, à prendre part à l\u2019action, qu\u2019elle ait la LE BIEN PUBLIC Vendredi, le 3 décembre 1971 \u201cTu vois le gardien, Jésad\u201d Le 26 novembre, en soirée, le C.E.G.E.P.de Trois-Rivières présentait, pour la dernière fois, la pièce Contrats de Jean Saint-Arnaud.Quatre sommiers, quatre ampoules électriques, voilà le décor d\u2019une pièce.En effet, le C.E.G.E.P.nous livrait un spectacle tout simple, sans fantaisies.Après une dizaine de minutes de musique devant cette scène dénudée, nous nous demandions ce qui allait survenir.Soudain, la lumière s\u2019éteint.Puis, deux personnages, circulant dans les allées de la salle, échangent des propos: le professeur, rôle tenu par une jeune fille, et le gardien.Enfin, une lumière s\u2019allume sur les planches, au-dessus de l\u2019acteur principal, Jésad, un biochimiste fou.Ce dernier, appuyé sur ses deux béquilles, dévore avidement une grappe de raisins, regarde les gens du parterre, joue avec la lumière qui l\u2019éclaire, puis tombe sur le lit.Puis il se traîne par terre, écrase les raisins avec ses mains.Sous le lit, il prend les ressorts et essaie de passer au travers comme un prisonnier qui veut s\u2019évader de prison.Aucune parole, seul le comportement de l\u2019individu retient l'attention.Le gardien et le professeur discutent du malade.Celui-ci ne veut rien savoir et demande à voir \u201cses enzymes\u201d qui, pa- raît-il, ont un contrat.Il suit le gardien et poursuit son étrange monologue au sujet de ses enzymes.Quelqu\u2019un frappe à la porte.C\u2019est l\u2019arrivée de l\u2019abbé dont le personnage et les propos divertiront dans cette pièce étrange, dans le genre de celles d\u2019Ionesco.Le type du curé est très bien campé selon l\u2019ancienne optique du clergé symbolisé par l'homme pieux, à la démarche sobre.Après cette entrée remarquée du dernier personnage, survient une période floue.Dans ce laps de temps, nous entendons, d\u2019une part, les lamentations du malade, de l\u2019autre, le gardien qui veut lire un poème et finalement on entend un brassage de papiers.Nous pensons que ces derniers sont des contrats ou le dossier du malade, mais rien ne le précise dans la pièce.Comme dans Huis-clos de Jean-Paul Sartre, les personnages sont emprisonnés ; ainsi, le curé veut s\u2019en aller et il ne le peut pas à cause du gardien.Puis une suite d\u2019actions contradictoires qui font l\u2019intérêt certain de la pièce.Le curé se promène en lisant son bréviaire.Le malade tire son lit et traîne la patte.Le curé commence à raconter ses histoires de putains et de nègres.Une bataille oppose soudain les personnages, dans laquelle, le gardien meurt.Puis le curé ôte sa tunique.Après un arrêt qui nous fait deviner I'entre-acte, les lumières se rallument sur les trois personnages vieillis et le squelette du gardien.Le biochimiste fou est devenu poussiéreux, il joue du pipeau.Le curé se couche par terre et se roule sur le sol.Le professeur aux cheveux gris s'approche trerblant, pour constater l\u2019état du malade.Le curé devient fou.Puis la fin originale: \u201cCest fini.Allezvous-en.Allez prendre un coke à la cafétéria.\u201d Ainsi, avec un décor plus que simple, un éclairage presque inexistant, des costumes \u201cben ordinaires\u201d, la pièce a su devenir intéressante par le seul jeu des acteurs.Il est étonnant que des étudiants aient pu nous placer dans l'atmosphère avec si peu.Nous constatons le travail et la volonté de ces quatre jeunes premiers qui déjà savent tenir une salle en haleine.Souhaitons que les adultes envahiront l\u2019auditorium du C.E.G.E.P.au prochain spectacle.Ils constateront que leurs adolescents, loin de contester pour perdre leur temps, se préparent un avenir brillant par la maitrise sans cesse accrue de leur corps et de leur voix.ALAIN DUFAULT forme de l'écrit du discours, du soulèvement populaire, de la guerre.Il n\u2019est pas de ces orateurs qui s\u2019écoutent parler, acceptant les appaudisse- ments avec une humilité rayonnante, pour disparaître en lieu sûr, l\u2019instant d\u2019a- pres.Le moment venu, il va au feu avec ses fréres d\u2019armes et paye de son sang la liberté qu\u2019il réclame pour eux, encore plus que pour lui, ne craint pas de mettre sa vie en jeu.Armand Godoy, qui traduisit en français une bonne partie des vers de Marti, écrit de lui: \u201c.dans sa mort féconde de martyr et d\u2019apôtre, il est, il reste toujours un poète.C\u2019est la première fois, peut-être, qu\u2019un poète authentique et qui s\u2019exprime en vers parvient, sur le terrain politique, à vaincre un adversaire dont la puissance vis-à-vis de la petite île esclave, était considérée comme inexpugnable dans le monde entier.On annonça en 1929 l\u2019édition définitive de ses oeu- ves, en onze volumes, qui devaient paraître en espagnol et en français à La Havane, Madrid, Paris.Parmi elles, un recueil de poèmes, deux proverbes en vers, un roman intitulé : Amistad Funesta (Amitié funeste), la traduction d\u2019un roman américain (Ramona par Helen Hunt), de nombreuses études de critique littéraire et de critique d'art, un volume entier de discours.CHLN55 lé LA STATION JEUNE ADULTE \u2014 A VOTRE SERVICE \u2018 24 HEURES PAR JOUR L'ANNÉE DURANT \u2014 Vendredi, le 3 décembre 1971 Mi-figue, mi-raisin L'épicerie du coin Certaines, parmi nos petites \u2018\u2019épiceries du coin\u201d, sont absolument pittoresques, et elles nous réservent maintes surprises agréables entre leurs tablettes vétustes et poussiéreuses.Comme c\u2019est charmant, en effet, de voir rôder dans les allées un chien aussi gros qu\u2019un veau, lequel fourre son museau symypathique jusque dans votre panier à marché; comme c'est mignon et attendrissant de voir la chatte cheminer avec sa demi-douzaine de chatons parmi les fruits et les légumes; comme c'est appétissant d'assister aux ébats du petit dernier qui se plonge les deux mains jusqu\u2018aux coudes dans les boîtes de biscuits! Et puis, durant les mois de chaleur, il y a également cette odeur indéfinissable qui flotte dans l'air, ou voltigent des essaims de mouches amicales qui s\u2019empressent de vous souhaiter la bienvenue en se déposant en masse sur votre personne! Pour ceux qui ne le savent pas encore, c\u2019est ça qui s'appelle avoir le sens de la publicité.Une histoire de nez On aura tout vu! À Rome, un mari, au cours d\u2019une violente querelle avec son épouse, a tranché le nez de cette dernière d\u2019un coup de dents, ce qui a eu pour effet d'expédier le premier en prison et la seconde à l'hôpital.Accourus sur les lieux du crime, les policiers ont dû se livrer à une fouille en règle du logis conjugal afin de mettre la main sur la pièce à conviction, à savoir le pauvre nez, qu'ils se sont empressés d'emporter, de suite à l\u2019hôpital où les chirurgiens ont procédé sur le champ à son recollement sur la victime.Avis aux épouses dont le mari aurait tendance à mordre quand il est en colère: faites-lui enlever ses dentiers avant de vous quereller, ou bien, portez un masque de gardien de buts avant de vous plonger dans la bagarre.Le marché aux viandes Par cet étalage systématique de chair humaine qui les caractérise, certains films pornographiques me font littéralement penser a un étal de boucher, ou à un vaste marché aux viandes, où le client a toutes les facilités voulues pour exercer un choix éclairé.Je vois ici l\u2019intéressant maquignonnage auquel le cinéma de fesses pourrait donner lieu, de la part des plus fesso-maniques parmi nos concitoyens: \u201cQuel beau morceau! Mettez-m\u2018en cinq livres dans le filet, trois dans la ronde, et puis, ajou- tez-y quelques livres de ce flanc si tendre qu'il fait venir l\u2019eau à la bouche.Et puis, un tantinet de cette croupe grassouillette, quelques tranches de cette poitrine dodue.J\u2018achète également cette langue charnue et cette cuisse rebondie, Quand à la cervelle, c\u2019est la chose qui m'intéresse le moins.D\u2018ailleurs, je constate qu\u2019il n\u2019y en a pas l\u2018ombre d\u2019une once à l\u2019horizon.\u201d\u2019 Donne-moi du miel, ou bien je te tue! Lorsque j'étais enfant, c\u2019était la coutume, par chez-nous, que d\u2019emprisonner une sauterelle dans ses mains et d'exiger de la captive qu\u2019elle nous donnât du miel, pour prix de sa libération.\u2018\u2019Donne moi du miel, ou bien je te tue!\u201d C'était la formule consacrée que l'on employait pour forcer la pauvre bestiole à nous donner satisfaction.Comme la sauterelle n\u2019est pas plus capable de donner du miel que le sapin peut produire des pommes, nous faisions beaucoup de victimes au cours de l'été parmi les innocentes sauteuses sur lesquelles nous avions le bonheur de mettre la main.Il semble que certains chômeurs aient décidé de s'inspirer de cette intéressante, mais peu productive méthode, pour forcer les employeurs qui les avaient congédiés à les réintégred dans leur emploi, tel qu\u2019en témoignent les dont certains employeurs montréalais ont été victi4 mes récemment.Souhaitons que ces étranges méthodes de persuasion ne se généralisent pas dans le monde du travail; car l'usage régulier du fusil tendrait à compliquer singulièrement les relations patronales- syndicales, lesquelles sont déjà tendues par ailleurs.Je pense que le chômeur attentats - \\ LE BIEN PUBLIC Les relations publiques, carrière d'avenir Les étudiants du module Langues Modernes de I'UQTR ont reçu la visite de deux personnes de Toronto, ce vendredi, 26 novembre.Les deux conférenciers venaient nous entretenir de leur métier, soit les relations publiques (PR).Attendus a six heures et demie, ils arrivaient à Dorval à cinq heures trente.Quelle surprise de les voir apparaître à six heures quarante-cing, si peu en retard, le sourire aux lèvres, Le souci du détail présidait cette conférence.L\u2019exposé détaillé s\u2019'appuyait sur des documents magnétoscopiques et des dépliants bilingues, Dans leur causerie, en anglais, les deux invités précisent qu'ils doivent rencontrer toutes sortes de gens, notamment des hommes d\u2019affaires.Ils voyagent continuellement, prennent leurs repas en vitesse ; s'adaptent aux gens rencontrés, à leur personnalité, à leur découverte, dans le but de mieux répondre à leurs besoins.Selon la jeune femme, leur vie de voyages ne leur permet de voir que l'avion, l'hôtel et les bureaux d\u2019affaires.Leur métier consiste simplement dans la vente d'idées.La pratique de ce boulot suppose la confiance en soi.Leur plus grand souci est da mettre le client en confiance, de le bercer d\u2019illusion.Le \u201crela- tioniste\u201d doit être obligatoirement versatile, aimer le changement, s\u2019adapter aux situations, avoir une grande capacité d'adaptation.Soudain, l'ami Vitale fait une entrée tapageuse avec sa suite, au milieu de l\u2019assemblée effarée.En effet, Vitale, un des professeurs d\u2019anglais au Cegep, venait tout juste de donner un cours à l'Université Laval.Cette entrée, pour le moins inusitée, a été très bien vue de nos deux invités; ils se donnèrent l'accolade.Ainsi les \u201cPR\u201d devinent les goûts du client, s'intéressent à tous les domaines, créent et s\u2019inventent constamment.Leurs services ne répondent pas à un besoin, mais à une concrétisation de l'individu ; c'est une question de satut social.Ils démontrent en tout temps le côté positif du produit créé ou de la personne mise en vedette, Dans ce métier tout est commu - nication.Ils rendent l\u2019image de la personne, celle-ci devient essentielle pour eux.!ls oublient le négatif et détectent le plus de plans positifs.Ils dévoilent la nouveauté, révèlent la nouvelle image.Les idées donnent naissance à des conceptions, les conceptions au raisonnement, Pour mieux éclairer le tout, notons que les hommes politiques ont leurs Cicéron pour vanter leur image.Une discussion libre composée de questions de l'auditoire et de réponses imprévues des deux orateure s'est prolongée très tard.Après le feu ardent et nourri des questions, nos invités se sont rendus au Château de Blois pour un repos mérité.ALAIN DUFAULT qui trucide son ancien employeur pour le forcer à lui redonner son emploi n\u2019est pas plus avancé que l\u2019enfant qui écrase sous son pied la sauterelle qui a refusé de lui fournir du miel.Ces chers enfants! Jamais la publicité s'estelle déchaînée avec une telle rage, un tel acharnement, qu\u2019elle le fait présentement à l'endroit des enfants.Tel un véritable lessivage de cerveau le raz-de-marée Page 3 Muet et songeur Amère Mat debout Fouille le sable bleu Enfance coralline Surgie Ma téte sombre vole Eclate le roc inerte Je bouge au bout d'un cil L'oeil frisson des heures lentes à venir Cervelle écartelée au cri de la souffrance Je nage au fil d'une onde pure Au bord d'un lac trés haut Téte en plein vent de métal Je caresse la poussiére de ventre Pour me planter les racines droites Pour me faire souche de séve Et doigts de bourgeons à fleurir Les grandes pluies étincelantes Deviendront sueurs de labours Gouttes de baisers et larmes de braise Les vents noyés seront caresses du Sud Je fendrai l'air de mes milles branches Et le sang chaud de l'érable Montera dans mes veines animales x *x* x Je divague l'âme percluse de secrets excessifs Du creux des cratères marins aux gueules Je mords à pleines algues Blessure de mes lèvres brûlées Mon poing farouche s'exaspère Je renais au ventre du désir Je m'effarouche revole Il neige du sable sur mes ailes L'air me caresse sans résistance Mille battements de cils doux comme La vie coule entre mes doigts Ma main s'ouvre au coeur de l'aube de forges flottements Guy Godin publicitaire destiné aux tout-petits s'emplifie de jour en jour, au fur et à mesure que se rapproche le temps des Fêtes.Pendant ce temps, la tension monte au sein des familles, et bien des parents s\u2019arrachent les cheveux en songeant qu\u2019ils n\u2019ont pas les moyens de procurer à leurs marmots les innombrables \u2014 et souvent dispendieuses \u2014 bébelles qu\u2019une propagande publicitaire proprement infernale pousse ceux-ci à réclamer à cor et à cri.Et c\u2019est alors qu\u2019une fois de plus interviennent les compagnies de Finance, qui susurrer d'une voix suave aux parents affolés qu'il suffirait d'un petit emprunt pour régler le problème.Dans bien des foyers, ce sera encore cette année le triomphe des enfants à Noël, et le cauchemard des parents dans les mois qui vont suivre.Avec un taux d'intérêt de treize, de dix- huit, ou de vingt pour cent, ça fait des bébelles assez dispendieuses à la fin.Mais que ne ferait-on pas pour pouvoir jouir des bienfaits du capitalisme. Page 4 VOUS M\u2019EN DIREZ TANT COLOQUINTE ET SALSIFI par LOUIS-PAUL BEGUIN (Un conte de fée) Il était une fois un pays qui voyait mourir sa langue.Les braves gens se lamentaient et lancaient jusqu\u2019au ciel leurs cris de désespoir.\u201cNous allons périr, disaient -ils, linguistiquement, cela c\u2019est sûr.\u201d Envahi par le flot d\u2019une autre langue, leur langage faiblissait.Il était temps que cela cessât.Par miracle, leur appel fut entendu par les dieux de l\u2019Olympe qui, au moment où Prométhée s\u2019emparait du feu divin, avaient consenti à laisser à l\u2019homme le don du langage.Done, Chrysostome, c\u2019est- a-dire \u201ccelui qui a la bouche d\u2019or\u201d, soucieux de sa réputation, décida d\u2019aider les malheureux humains, qui allaient s\u2019assimilant de plus en plus rapidement.Il décida de partager les responsabilités et désigna des Olympiens, experts linguistiques, pour chaque secteur: celui-ci s\u2019occuperait de la langue de l\u2019industrie, celui-là de la langue de l\u2019astronautique, de l'administration, etc.Pour ce qui était des produits de la terre, il dépêcha, pour refran- ciser un peu les fruits et les légumes, un couple qui devint d\u2019ailleurs célèbre: Coloquinte et Salsifis.Coloquinte était fée depuis toujours, et Salsifis magicien des plus habiles.Ils descendirent donc sur la terre un beau jour d\u2019été et se mirent au travail.\u2014\u201c]1 faut, cher Salsifis, dit la Coloquinte avec des grâces de cucurbitacée aguichante et frivole, que vous preniez les légumes et les rebaptisiez.Et moi, fruit artistique s\u2019il en est un , je m\u2019occuperai des fruits.\u201d \u2014\u201cTrés bien, chère amie.D\u2019abord, voyons aux 1é- gumes frais, Dun coup de ma baguette magique je transforme les bin- nes et les féves en haricots, Il y a les haricots beurre (et non fèves jaunes), les haricots blancs et les haricots verts.\u201d \u2014\u201cMais cher Salsifis, les gourgagnes, ce sont des fèves\u201d.\u2014\u201cLaissez-moi faire mon travail.Bien sûr que les gourganes, ce sont des Ce sont les fèves des marais.Et je ne touche pas au plat: fèves au lard.Mais on pourrait quand même dire haricots en sauce.Ce serait mieux.\u201d Et d\u2019un seul coup toutes les fèves de la province furent des haricots, sauf les gourganes.Dans les conversations, sur les affiches, le mot fèves disparut comme par enchantement.Et les gens reprirent courage.\u2014\u201cMais, cher ami, les patates ?\u201d \u2014\u201cUne minute, que diable! Laissez-moi respi- pirer.Les femmes sont toujours impatientes.\u201d Et il agita sa baguette magique.D'un coup, toutes les patates, sur les affiches, dans les restaurants et dans la bouche des serveuses devinrent ô miracle, des pommes de terre.On parla de pommes purée, de pommes frites, de pommes mes frites, de pommes au four pour aller vite, mais en fin de compte le mot patate disparût définitivement.Puis Salsifis s\u2019occupa un peu des bettes et des betteraves, Il fit la distinction magique entre bette, légume dont on ne mange que les feuilles, et la betterave, légume rouge qui est une racine charnue dont on retire le sucre, en plus de la manger en salade.Et dans l'esprit des gens de cette province, la confusion entre les deux n\u2019exista plus.\u201cDieu soit loué ! dirent les linguistes aux abois depuis des années.Un autre coup de la baguette et presto, tous les blés d\u2019Inde surpris se virent soudain baptisés maïs.Après cet effort terrible, Salsifis s\u2019effondra, brisé de fatigue, et laissa faire la charmante Coloquinte qui n\u2019attendait que cela pour montrer son savoir.Elle vous attaqua tous les apricots du pays et, hop, d\u2019un coup de baguette ils devinrent tous, sans rechigner, des abricots.Elle paralysa la langue de ceux qui s\u2019obstinaient à parler de pruneau (le fruit sec) en voulant dire prune (le fruit frais).Et depuis ce temps-là, on appela prunes les prunes et pruneaux et les pruneaux.Elle saisit par la poire l\u2019avocado et le baptisa derechef avocat, puis se retournant d\u2019un bond léger et gracieux elle attaqua les tangerines.Et voilà pourquoi toutes les tangerines du pays furent appelées, correctement désormais, mandarines.A ce moment-là, Salsifis se réveilla du sommeil réparateur dans lequel il avait sombré.\u2014\"\u201cAttendez, chère Coloquinte, j'ai oublié le siam, s\u2019écria-t-il soudain alors que la mignonne papillonnait autour de lui, coquette et mutine.\u2014-\u201cLe Siam?Il n\u2019existe plus, c\u2019est la Thaïlande qu\u2019on dit.\u201d LE BIEN PUBLIC \u2014\u201cMais non, vous dis-je.Je veux parler du siam que je dois tout de suite baptiser de son nom véritable que vient de proposer l\u2019O.L.F.«Ordre des légumes frais, et non pas ce que vous pensez».Il se saisit de sa baguette et pan, tous les siams, sans exception, devinrent des choux - navets.Les ménagères et les cuisiniers, dans un choeur parfait, parlaient du choux-navets, Tous les gens avisés de la province poussérent un ouf de soulagement, Par dépit, Coloquinte, lui tourna le dos.Elle boudait de se voir enlever la vedette.Et puis, Salsifis avait réussi a refranciser plus de termes qu\u2019elle.Mais souvent femme varie, comme disait François ler, et Salsifis sut la consoler, Il lui murmura les mots tendres que Chateaubriand avait dits sur elle: \u201cLes bignonias, les coloquintes s\u2019entrelacent au pied de ces arbres de toutes les formes\u201d.Il se garda bien de lui rappeler qu\u2019on dit en langue vulgaire: \u201cJe vais te donner un bon coup de poing sur la coloquinte\u201d.Elle, rougissante et conquise, tomba bientôt dans ses bras et, tous les deux enlacés, ils retourne- rent en Olympe ou ils se mariérent et eurent beaucoup de fruits.Si vous avez un proble- me de langue, n\u2019hésitez pas à communiquer avec votre Bureau de diffusion du français, s\u2019il y en a un dans votre région.Sinon, écrivez à l\u2019Office de la langue fran- caise, ministère des Affaires culturelles, Hôtel du Gouvernement, Québec.Un mot dans le vent : Marketing La modernisation des techniques commerciales donne a ce mot un sens large et cxigeant, indique l'ouvrage les Mots dans le vent (Larousse).On demande par voie d\u2019annonces des \u201cchampions du marketing, hommes pouvant a la fois concevoir une politique commerciale et organiser une vente\u201d, ou un directeur de marketing, \u201cchargé de la commercialisation de la matiére premiére\u201d.Le marketing d'avant-garde veut \u201cdévelopper une stratégie commerciale\u201d jusque dans les stations de ski.Le Comité d\u2019étude des termes techniques français le définit, d\u2019autre part, ainsi: \u201cRecherche des stratégies commerciales les plus efficaces, et contrôle des opérations lancées en exécution de la stratégie des ventes\u201d.Les techniques comprennent la formation du personnel de vente, l'analyse du marché et de da clientéle, la promotion des ventes: tout ce qui concerne la destination du produit fabriqué.Vendredi, le 3 décembre 1971 Anédits MUSIQUE DES MOTS, MUSIQUE DES PHRASES Musique des mots, musique des phrases, Harmonie en l\u2019âme et sans périphrase, Qui vole plus haut que tous les engins! Musique des coeurs simples de sagesse, Quand croulent toujours toutes les bassesses.L\u2019homme vraiment libre est toujours divin.Musique des fleurs, musique des sources, Tout or des Babels est nu, sans ressources, Pour réchauffer l\u2019homme en sa lourde nuit.Cent femmes n\u2019ont pas ce que l\u2019une donne, Quand l\u2019amour l\u2019inspire en paix, s\u2019abandonne Aux floraisons d\u2019un hymen sans ennuis.42 ' L\u2019Infini nous hante en soifs absolues.Nous croyons l\u2019étreindre en moeurs dissolues, Propos libertins, plaisirs éternels, Quel Faust changera le rythme des âmes Qu\u2019un Dieu sut créer pour de fières flammes ?On veut infinis des rythmes charnels ! Le snobisme endort des routes montantes.Que j'ai vu tomber d\u2019âmes exaltantes Sous de faux nectars d\u2019alchimistes fous ! Le coeur de tout homme, aux temps, est le même.Personne n'a fui le fond du problème.Créé pour aimer, sans coeur l\u2019homme est flou.J'AI TOUJOURS VECU DE MUSIQUE bu Jai toujours vécu de musique Dans ma pensée et dans mon coeur.Tout en moi chantait en musique.Où d\u2019autres tissaient des rancoeurs, Sans fin, toiles de Pénélopes, Mes rythmes gais étaient vainqueurs.Quelle est la paix qui m\u2019enveloppe ?Elle est musique, orgue éternel.J'aime la paix qui m\u2019enveloppe, J'ai voulu tisser le charnel De ma maison en flamme pure D\u2019esprit, de chair d\u2019un même autel.Equation sans découpure De chair, d\u2019esprit, chant musical, La plus merveilleuse aventure.J'ai fait ma vie en récital De paix, de joie et de musique.Tout chante en moi, clair récital.Qui cherche en moi l\u2019accent tonique Y trouvera mon fier amour Humain, très pur et magnétique.Tout est musique en mon parcours, Dans ma pensée et dans mes rêves, Mon cocur est un grand cerf qui court.Il court, si libre, sur les grèves, Dans les forêts de mes désirs, Concert qui jamais ne s\u2019achéve.Jai toujours trouvé mon plaisir À courir, libre, et à saisir Les musiques qui me soulèvent.21 juillet 1965 (Extrait de DANS LA FRAÎCHEUR Roger Brien DU MATIN) Vendredi, le 3 décembre 1971 LE BIEN PUBLIC Page 5 Cette fois, ils étaient présents Alors qu'ils avaient été oubliés à l'inauguration du Centre commercial Les Rivières, les représentants ces syndicats ouvriers étaient présents à l\u2018ouverture de la grande succursale Woolco, à Trois-Rivières-Ouest.Et il était normal qu'il en fût ainsi.Car il ne faut pas oublier que le progrès moderne dont nous sommes si fiers est dû en grande partie à la participation du monde ouvrier.Ce sont les gens de métier qui, en définitive, exécutent les plans et construisent les villes d\u2019aujour- d'hui.; Lors de la réception qui marquait l'ouverture de Woolco, ces simples faits ont été relevés par les représentants du travail organisé.Sur la photo, nous reconnaissons MM.Richard Carbonneau, président du Conseil du Travail de T.-R., H.-Paul Martin, secrétaire de la C.S.N.et M.Roger Charette, un syndicaliste bien connu.A.B.° ~ w w am | = r = = 5 ta bi 2 1 0 Q 3 54 JE VOUS PROPOSE = u ju ot = w 2 E 2% \u201d 2 48 0 ag - VISITER © = LN (0) = y = sos MODELES ub Fon pe I fs = -DOMAINES du PARC © 3 = Oo ££ TI 2.2 ~N' sa - g|| #2 cLauok c [IYI Sie > 2 an ££ Te.AVE DL L Amn CAP CE 16 MSDTLUNE 2 \"2 Ê veu 370.9678 \u2018a-s0.tucs # 3 ® a Représentant Reginais Migneauit Tel 376-2043 2
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