Le bien public, 12 mars 1971, vendredi 12 mars 1971
[" : Soixantième année * Trois-Rivières No 10 * Vendredi le 12 Mars 1971 1563, rue Royale Trois-Rivières, Qué, ORGAN THIF Enregistrement numéro 0475 * Deuxième classe * Port de retour garanti Abonnement: $3.00 par année * La copie: 10 cents L\u2019HIVER RIGOUREUX NOUS A Si la question de l'impôt n'est pas claire REVELES A NOUS MEMES Prétendre ne pas avoir besoin des autres, quel orgueil ! Et pourtant, que de gens aimeraient bien n\u2019avoir jamais à remercier qui que ce soit pour ce qu\u2019ils ont et ce qu'ils sont.Il y a hélas de ces personnes qui, grâce à leurs talents, à leur instruction, à une bonne santé, à des relations utiles sont parvenus à l\u2019aisance.À les entendre parler, ils ne doivent rien à qui que ce soit.L\u2019on dirait à les voir évoluer dans la vie, qu\u2019ils n\u2019ont pas eu de parents pour protéger et diriger leur enfance, leur jeunesse ; qu\u2019ils n\u2019ont pas eu de maîtres, que leur bonne fortune ils ne la doivent qu\u2019à eux-mêmes.Quel aveuglement ! Mais viennent les revers, et ces orgueilleux devront mendier l\u2019aide si on ne la leur offre pas.La semaine dernière, une grande partie du Québec connaissait la pire tempête de neige du siècle.Montréal, la métropole était littéralement paralysée.C'est là que l\u2019on a constaté combien l\u2019on est tous solidaires, que l\u2019on a besoin les uns des autres.Je l\u2019ai écrit ailleurs: dans l\u2019ensemble, Montréalais et Québécois se sont portés mutuellement secours.Il y eut dabondants gestes d'entraide mutuelle.Des pauvres ont dépanné des riches dont les puissantes voitures étaient incapables de franchir trois pieds de distance.Des motoneigistes ont volé au secours d\u2019automobilistes prisonniers de bancs de neige congères, disent les puristes sur les routes.D\u2019autres ont apporté des vivres à des travailleurs incapables de quitter leurs lieux de travail.Des malades ont été Ssoulagés.Bref, ce fut un bel exemple de dévouement collectif.Cela a fait chaud au coeur.Ces gestes ont prouvé que l'homme n'est pas si indifférent, si dur qu\u2019on le croit.Arrive une catastrophe et l\u2019on assiste à une série de gestes gratuits, de générosité.Il y a de l\u2019espoir, Mais pour en revenir à mon premier propos, il restera des êtres pour ne rien accepter des autres, afin de ne rien devoir aux autres.Ce sont des orgueilleux.Il faut à la fois savoir donner et recevoir.Il faut échanger.Là est le salut !.Maurice Huot Nouvelle Miss Elaine Monday, 24 ans, de Montréal, hôtesse de l\u2018air à la Société Air Canada, a été nommée aujourd\u2019hui \"Miss Hospitalité\u2019* 1971 par .l\u2018Association des Fournisseurs d\u2018'Hôtels et Restaurants.La nouvelle reine de l\u2019industrie de l\u2018hospitalité présider aux différentes manifestation marquant du 15 au 18 mars, à la Place Bonaventure, la 35e Exposition des fournisseurs d'hôtels, restaurants et institutions.Son travail à Air Canada a permis à Elaine au cours des deux dernières années de réaliser ses deux plus chers désirs, soit de voyager et de rencontrer le public.Elle a obtenu son baccalauréat (lettres) de l\u2019Université de Montréal en 1968.Cette exposition commerciale attire annuellement plus de 20,000 visiteurs, des représentants d'hôtels, de restaurants et de membres de l\u2019industrie de l'hospitalité, venus de toutes les régions du Québec, de l\u2018est de l\u2018Ontario et des Maritimes.Le pren Concile pastoral a Trois- is vires cile LOC pra trois rivières | Mgr Georges Léon Pelletier vient de lancer officiellement le premier concile pastoral du diocèse en présence de la presse parlée et écrite, Selon l'évêque de Trois-Rivières, le Concile diocésain .veut être une réponse à l'appel de l'Esprit-Saint demandant de s\u2018unir et de se réunir pour mettre en commun, par une consultation la plus large possible, les problèmes, les désirs, les aspirations de tous'les Membres du peuple de Dieu afin qu\u2019à la lumière de l'Evangile et de Vatican il, les solutions appropriées soient apportées.pouvons voir quelques Membres du concile trifluvien; soit Ml'abbé Georges \u2018Gendreau, responsable du Comité d'animation, M.Armand: Dionne, Mgr Georges Léon Pelletier évêque de Trois-Rivières et M.l\u2018abbé Réjean Bouthard, coordonnateur du concile, (A.B.) Sur la photo, nous Un spécialiste des questions des impôts du Québec est à la disposition des contribuables de la région au Centre de renseignements du Québec, 2590, boul.Royal, Trois-Rivières.Au Téléphone, on peut communiquer au numéro 379-2636.Le bureau est ouvert aux heures normales et jusqu'à sept heures du lundi au vendredi.Yum ! Yum que c \u2018est bon, d la tire ! sper L'acériculture occupe une place importante dans notre économie rurale.Selon le minisière de l\u2018Agriculture et de la Colonisation, la valeur des produits de l\u2018érable au Québec atteint $12 millions.C'est une des productions les plus payantes de la ferme.Les \u2018fêtes aux sucres\u2019, aussi populaires que les vendanges européennes, ont Un attrait particulier qu'apprécie le touriste, ce dont bénéficie tout le Québec.C'est que le sirop et le sucre d'érable sont typiquement québécois ; plus de 90 pour 100 du sirop et du sucre d'érable fabriqués au Canada le soit au Québec.Ces produits alimentaires se consomment tels quels ou servent à la préparation d\u2019un nombre considérable de mets délicieux dont la cuisine québécoise peut à juste titre se glorifier.Une nouvelle cxposition Duguay vient d'être inaugurée à la Galerie du Vieux Trois-Rivières, le 7 mars dernier.Elle permet au public d'admirer les dernières oeuvres de l'un des plus grands paysagistes vivants du Québec.De gauche à droite M.Yvon Laforest, Mlle Claire Duguay, fille du peintre Rodolphe Duguay, et M.André Dionne, étudiant en lettres à l'U.Q.T.R.THOIGUON NT ON Ts CT 04° A93J \u2014 a PP mT CL Page 2 LE BIEN PUBLIC Vendredi, le 12 mars 1971 Le souvenir d'Henri Ghéon Au 25e anniversaire de sa mort, l\u2019an passé, nous devions faire mémoire de ce grand écrivain catholique HENRI GHEON (1875-1944), qui nous a visités a Trois-Rivières, en 1938.La grande presse ignore les gloires catholiques ; elle glorifie plutôt Gide, Sartre, Beauvoir et autres athées.Parti-pris odieux.Henri Vangeon (nom de plume : GHEON) est né a Bray- on-sur-Seine, Son père, pharmacien, était impie ; sa mère bonne chrétienne (comme les parents de saint Augustin).Diplômé médecin, Henri fait aussi de la littérature : il publie d\u2019abord un recueil de poésie et il devient ami de Gide.Le corrupteur Gide n\u2019eut aucune mauvaise influence sur Ghéon qu\u2019il admirait : \u201cEn Ghéon, dit- il, aucune tristesse : c\u2019est une âme de cristal et d\u2019or, pleine de sonorités merveilleuses\u201d (Gide, 1898).En 1902, Ghéon fait jouer sa première tragédie populaire et lyrique, Le pain.En 1914, son ami Copeau présente au Vieux Colombier PEan vive de Ghéon qui déclare : \u201cL\u2019Art ramasse le sceptre de Dieu, qui est tombé en déshérence\u201d.En 1932, il publie ce chef-d\u2019oeuvre : Promenade avec Mozart.Ghéon est donc aussi musicien : le génie de Mozart, clair, joyeux, sensible, est frère du sien.En visite à Florence, Ghéon est bouleversé par la peinture religieuse de Fra Angelico : \u201cJe touchais la limite entre l\u2019humain et le divin, entre le terrestre et le séraphique.\u201d De retour à sa petite patrie, il vit heureux, révant dans son jardin ou à son piano, se grisant de poésie.Mais son père décédé, voici que sa mère \u2018meurt accidentellement ; son ami Péguy vient le consoler.Puis il reprend sa course vagabonde à travers l\u2019Italie, la Grèce, l\u2019Asie mineure.Rentré à Paris en 1914, il y est surpris par la déclaration de la Guerre mondiale.C\u2019est alors que commence, dit Geneviève Duhamelet, Paventure de Ghéon, qui s\u2019apparente à celle d\u2019un Ch.de Foucauld, d\u2019un Pascal, d\u2019un saint Paul.La Guerre.Rencontre de Dupouey.Gide écrit a Ghéon : \u201cPuisque tu vas sur le front de Belgique, tiche de trouver Dupouey.\u201d Celui-ci, né catholique, avait retrouvé la Foi depuis son mariage en 1911 avec Mireille de la Ménardiére, une âme d\u2019apôtre.Gide raconte un rêve étrange : \u201cJe cheminais dans un jardin enchanté avec mon ami Ghéon.Soudain celui-ci m\u2019arrête et d\u2019une voix solennelle il dit: Pas plus avant, car désormais entre nous il y a ceci ! et Ghéon montre un énorme ROSAIRE qu\u2019il tient à la main.Je me réveillai tout en larmes.\u201d Le 25 janvier 1915, Ghéon rencontre le capitaine Dupouey qu\u2019il admire : \u201cDupouey, écrit- il est un homme juste, libre, un homme qui comprend tout, même le bien.\u201d Le jour de Pâques, après avoir assisté à la messe avec les autres soldats, le médecin militaire Vangeon (Ghéon) apprend que l\u2019officier Dupouey a été tué au front.Le coeur brisé, Ghéon va prier sur sa tombe.L\u2019aumônier du régiment lui confie : \u201cMonsieur Dupouey était un saint.Il était prêt à mourir.La veille, son épouse lui avait écrit : \u2018Tous deux, nous avons fait le sacrifice.Quant à notre petit, je le remets au Père céleste.\u201d \u2014 Ghéon sort de là extasié, et il écrit à Gide ce court poème : Dites: Je suis heureux, j'ai vu.Dites: le Fils m\u2019est apparu.Dites: A la droite du Père.Je ne pourrais plus le soutenir Le miraculeux souvenir De votre regard, 6 mon frère ! Si je savais qu\u2019il s\u2019est éteint, Dès avant le petit matin, Sans avoir touché la Lumière.: Mireille, l\u2019épouse de Dupouey, reprend à coeur la conversion de Ghéon ; elle lui écrit : \u201cMon mari s\u2019était livré à Dieu.II prie pour vous.Le coeur de Dieu vous appelle.Pierre est encore votre ami, mieux qu\u2019il le fut jamais.\u201d En sept.1915, c\u2019est l\u2019offensive qui va dégager le front ; le médecin Ghéon sent son coeur se gonfler d\u2019émotion devant ces jeunes vies qui, demain, seront sacrifiées.Après 20 ans de silence, le PATER s\u2019échappe de ses lèvres.Enfin en décembre suivant, il se prépare à communier à Noël.Après l\u2019armistice, Ghéon fait paraître un livre sur sa conversion, L\u2019Homme né de la Guerre, et quelques livres de poèmes : Foi en la France et Foi en Dieu, puis Le miroir de Jésus.Il reprend la plume pour servir la vérité et pour évangéliser le peuple fidèle: il veut lui donner un théâtre digne de lui.La rénovation du théâtre chrétien Ghéon va puiser aux sources de l\u2019hagiographie : \u201cSi Dieu a pris les Saints\u2018parmi les hommes, n\u2019est- ce pas pour que leur exemple human nous instruise ?Sous l\u2019influence du protestantisme, un spiritualisme mal entendu a supplanté la Foi vivante et mystique de nos ancêtres.Notre temps a perdu le sens du merveilleux, le sens chrétien.Il faut le lui rendre.Créons un théâtre des Saints.\u201d En 1921, il lance Les trois miracles de sainte Cécile.En 1924, avec Henri Brochet il fonde Les Compagnons de Notre-Dame.Ghéon présente ainsi plus de 60 pièces, jouées dans toute la France et à l\u2019étranger.Il est à la \u2018fois auteur, metteur en scène, costumier, administrateur, etc, Si toutes ses pièces ne sont pas des chefs-d\u2019oeuvre (car il se contentait souvent d\u2019une certaine facilité, dans sa prodigieuse fécondité), le public était satisfait et édifié.Il n\u2019en demandait pas davantage.Citons quelques titres de ses pièces, les plus connues : Le Comédien et la Grâce (S.Genès de Rome), Le Pauvre sous l\u2019escalier (S.Alexis), S.Maurice ou l\u2019obéissance, Le Mystère de S.Lonis, La Bergère au pays des loups (Ste-Ger- maine Cousin), Le Pendu dépendu Le Mort à cheval (S.Jacques de Compostelle), Les Trois jeunes filles à marier (S.Nicolas) Bernadette dévant Marie (Lourdes), La Vie profonde de S.François d\u2019Assise, La Quête héroïque du Graal, La Rencontre S.Benoît et de Ste Scholastique, Le Miracle des Pauvres Claires, Le Triomphe de S.Thomas d\u2019Aquin, Le Miracle de l\u2019Enfant bavard, L\u2019Histoire merveilleuse de S.Barnard de Menthon, La parade du Pont-au-Dia- ble, Le Débat de Nicolazic, La Fille du sultan et le bon Jardinier, Le Noël sur la place, Le Mystère du Fen vivant (la Pentecôte), ces trois dernières pièces furent jouées à Trois-Rivières.Il faut mentionner aussi les grands spectacles présentés en 1938 sur le parvis des cathédrales: Le Rosaire de France (à Lourdes), Les Grandes Heures de Reims, Le Jeu de S.Laurent du Fleuve.Ce dernier spectacle a été composé par Ghéon pour notre pays ; il vint lui-même le diriger près du Collège S.Laurent.Mais nous avons admiré surtout LE MYS- TERE DE LA MESSE de Calde- ron-Ghéon, représenté lors des Congrès eucharistiques de Québec en 1938 et de Trois-Rivières en 1941.+ La fin de Ghéon En juin 1944, aprés une courte maladie, Ghéon meurt en bon chrétien, aprés avoir regu les derniers sacrements de son ami, le R.P.Roguet.Il fut inhumé dans son costume de tertiaire dominicain.Après ses obsèques dans l\u2019église de Passy, ses amis lui ont rendu un dernier hommage.Au ci- metiére, le R.P.Roguet récita une Litanie, qui convoquait la Sainte Vierge et tous les Saints que Ghéon avait chantés : Il les invitait à l\u2019escorter, à l\u2019introduire en Paradis.A la mémoire de Ghéon, je tiens à citer cette perle que j\u2019ai entendu l\u2019auteur lui-même dire en Prologue à son Jeu de Saint Laurent du Fleuve : \u201cQue m\u2019eût dit que le Saint de la palme et du gril, le seul que j\u2019aie prié peut-être dans mon enfance, le seul du moins qui me fut familier ; dont je ne savais pourtant qu\u2019une chose : qu\u2019on le rôtit comme une viande, pour le punir d\u2019avoir aimé Notre-Seigneur.Qui m\u2019eût dit qu\u2019il viendrait me prendre par la main (combien d\u2019années plus tard!) pour me conduire à travers l\u2019Atlantique, jusqu\u2019au bord du grand fleuve, qu\u2019un Français de jadis nomma SAINT LAURENT ; et qu\u2019il me jugerait digne de le faire revivre devant mes frères de la Nouvelle- France.Non pas dans le bois, le plâtre ou la pierre, mais en chair et en os, en paroles et en actions ?.C\u2019est saint Laurent, martyr et diacre, un des plus glorieux témoins du Christ.patron de votre fleuve.Lorsque vous en longez les rives, songez-vous quelquefois à lui ?Lorsque l\u2019on a la chance d\u2019habiter un pays arrosé par le plus magnifique des fleuves, qui, par surcroît, porte le nom d\u2019un des plus magnifiques entre les Saints., peut-on s\u2019étonner qu\u2019un fervent de l\u2019un et de l\u2019autre vous propose humblement une formule respectueuse qui leur rende hommage à tous les deux 2\u201d \u2014 Canadiens, Trifluviens, retenons cette leçon du grand écrivain dramaturge HENRI GHEON, et honorons d\u2019un culte particulier SAINT LAURENT DU FLEUVE, Georges Panneton, prétre Vendredi, le 12 mars 1971 LE BIEN PUBLIC Page 3 POUR LE BIEN PUBLIC Ottawa regretterait sa rigueur Le procès de Rose s\u2019étire en longueur pendant que Vallière et Gagnon tentent retrouver leur/iberté.Certes, après s'être longtemps passionné pour cette question, le public devient un peu plus serein, après s'être fait une idée sur les événements dramatiques qui ont constitué la crise d'octobre ; il s\u2019est partagé en deux clans perméables etrnon irréductibles: ceux qui croient que les lois d'exception oppliquées au Québec constituent un outrage à sa population et ceux qui prétendent que la brusque intervention des tenants du lew and order o souvé l\u2019unité du Canada en empêchant une insurrection terroriste de se produire.Seul le temps se chargëra d'apporter des précisions dans le débat et de départager le vrai du faux dans les deux cas.Une fois épuisées toutes les technicalités et tous les points de droits, les accusés se verront gratifiés de sentences exemplaires pour l\u2018enlèvement et l'exécution d'un ministre québécois, pendant que d'autres fel- quistes, coupables eux de l\u2019enlèvement'et de la séquestration d'un diplomate britannique, vivent libres en exil, après avoir été graciés sans procès par l'état, au terme d\u2019une négociation.Dans le premier cas, il n'y a pas eu de véritables négociations entre les ravisseurs de M.Laporte et le gouvernement.On admet généralement, même dans les milieux où l\u2019on.favorisait la ligne dure, que l\u2019application soudaine des mesures de guerre au Québec a vraiment coûté la vie du ministre du travail.Ce geste prétendûment inspiré par Ottawa se voulait un refus d\u2018obtempérer au chantage des terroristes.|| pouvait produire la réaction désirée, soit la libérotion inconditionnelle de M.Laporte.|| se trouve que les résultats furent tout autres.Poussés à l'extrême limite de leur logique révolutionnaire, les terroristes sanctionnèrent l\u2019arrivée de l\u2019armée par le sacrifice de leur otage.L'issue tragique de ce drame a-t-il infligé de cuisants regrets aux partisans de l\u2019ordre public qui ne voulaient sûrement causer, par leur action répressive, la mort de M.Laporte ?Cela, on n\u2019a pas eu à se le demander bien longtemps.Quelques semaines après le dénouement de la crise avec la libération négociée de M.Cross et l\u2019octroi d'un sauf-conduit à ses ravis- eurs, on apprenait qu\u2019Ottawa assouplirait sa position dans l'éventualité d'autres enlèvements de diplomates.Cela signifiait que le gouvernement regrettait d\u2019avoir indirectement causé un effroyable malheur en manifestant trop de rigueur.Dans une dépéche datée d'Ottawa, la Presse Canadienne, interprête officieuse du gouvernement fédéral, a rapporté les propos de hauts fonctionnaires qui ont bel et bien dit: \u2018\u2019Si un autre diplomate venait à être enlevé au Canada, le gouvernement fédéral pourrait ne pas s\u2019en tenir à la même ligne dure.au sujet des exigences ravisseurs\u2019\u2019, Ces officiels du gouvernement, cités par la Presse Canadienne, admettaient ainsi que la fermeté d'Ottawa avait prouvé son désavantage dans les faits et que \u2018\u2019la ligne dure pouvait parfois ne pas être la bonne\u201d.Cette opinion explique pourquoi le gouvernement canadien a évité de critiquer le Brésil pour avoir racheté la liberté de l\u2019ambassadeur suisse à Rio, M.Bucher, contre celle de 70 prisonniers politiques.Comme quoi les politiciens nous abusent eux aussi, et dans les moments les plus graves, sacrifiant souvent la vérité et le droit à leurs ambitions personnelles.|| aurait pu arriver que la crise d'octobre se dénouât sans l\u2019exécution inutile de Pierre Laporte et sans le fade procès de Paul Rose.On dirait que l\u2019histoire des peuples, tout comme celle des individus, progresse à coup d'expériences précédées par autant d'erreurs.Clément Marchand Le scandale des pilules Au moment où l\u2019attention générale se porte, plus que jamais, sur le domaine de la santé et les problèmes multiples engendrés, à différents paliers, par l\u2019entrée en vigueur d\u2019un régime d\u2019Assurance-maladie, il ne serait pas superflu de rappeler, une fois de plus, certaine situation malheureuse qui sévit dans un secteur étroitement parallèle, soit celui de l\u2019achat des médicaments.L\u2019une des nombreuses plaies\u2018 dont le corps de la société québécoise cst affligée est, sans contredit, le prix exorbitant des médicaments et, par voie de conséquence, l\u2019énormité des profits réalisés, aux dépens de la santé et du bien-être de la population, par les richissimes fabricants de produits pharmaceutiques.Car tout le monde sait que les médicaments coûtent outrageusement cher et que les profits dont s\u2019engruissent les compagnies qui les produisent atteignent des sommets proprement fantastiques.De Pavis de tout le monde, cette situation est devenue à tel point anormale qu\u2019elle constitue, comme l\u2019ont admis finalement les autorités gouvernementales concernées, le plus parfait exemple du scandale caractérisé.Car n\u2019est-il pas anormal, en effet, ainsi que l\u2019a démontré de façon non équivoque l\u2019Union des employés de pharmacie il y a deux ans à, peine, que les médicaments coûtent beaucoup plus cher au Québec que partout ailleurs en Amérique, et peut-être dans le monde entier ?N\u2019est-il pas anormal que les médicaments, dont l\u2019usage s\u2019avèrent d\u2019une nécessité vitale pour la société tout entière comme pour l'individu, fasse l\u2019objet de spéculations financières franchement éhontées aux termes desquelles des compagnies milliardaires réussissent à empocher des bénéfices pouvant atteindre, dans les majeure partie des cus, jusqu\u2019à 200 pour cent, ou même 300 pour cent du prix coûtant ?Précisément à une époque où les ma- luises sociaux tendent à prendre une ampleur sans cesse accrue, n\u2019cst-il pas anormal, par ailleurs, que I'Etat, qui a pour mission de- veiller au bien-étre de la population, et de qui relève le soin si cssenticl de protéger la santé publique et individuelle, tolère que des biens de consommation indispensables comme les médicaments coûtent plus cher aux citoyens que tous les autres biens qu\u2019ils pourraient acquérir, y compris la nourriture, le vêtement, le mobilier, et les articles de luxe eux-même ?Surtout si l\u2019on songe que l\u2019Etat, dont les charges sont déjà lourdes, doit consacrer en plus une bonne partie des deniers publics au financement des plans d\u2019Assurance-hospitalisation ! 11 est donc plus que temps que cesse une situation aussi déplorable.Le bien- être de la population l\u2019exige.Le simple bon sens le commande.L'état, puisqu\u2019il est le seul dont l\u2019action puisse s'avérer efficace à ce niveau, doit se décider enfin à agir.Il lui incombe de prendre, dans un délai convenable, des mesures énergiques pour mettre un terme à une abomination qui n\u2019a\u2018que trop duré, et palier, dans son intérêt même, à l\u2019un des abus les plus flagrants de notre système capitaliste nord-américain.Pierre Villemure @ On s'est plu a affirmer que, lors de sa visite au Québec en 1967, le Général de Gaulle, par son attitude pa ternelle à notre égard, avait mérité l'amitié reconnaissante dos Québécois, Propos de la Fouine Le printemps tant at- tra une inactivité re- Rien de plus normal, alors, que l\u2019on songe à honorer sa mémoire dans les villes du Québec.Nous souscrivons à cette suggestion de la SSJB qui voudrait perpétuer le souvenir du passage du grand homme dans notre ville en baptisant de son nom une rue de Trois Rivières.Et nous aimons bien l'acquiescement empressé du maire Beaudoin à ce voeux: \u2018Nous attendons l'occasion de lui dédier une rue digne du grand chef disparu.\u2018 Nous publions en pages 4 et 5 quelques pages de Fauteur de \u201cLa campagne cans- dienne\u201d, le R.P.Adélard Dugré, S.J.l'une de gloires de la Compagnie de Jésus au Québec.Dans ces pages d\u2019abord publiées dans \u201cLe Ralliement\u201d, ce fils célèbre du Trois- Rivières rural de la fin du siècle dernier, évoque son en- \u2018Fance heureuse à La Pointe-du- Lac et sa jeunesse studieuse au Séminaire St-Joseph.Ce sont- là des propos d'un mémorialiste de valeur.tendu viendra, bien sûr.Comme chaque année, il nous fera oublier les rigueurs de cet hiver particulièrement rigoureux et affreux que nous vivons.Fort heureusement, l\u2019homme oublie rapidement tout ce qui peut être désagréable pour ne se souvenir que de moments plaisants.Cependant, ce printemps si prochain nous apportera un problème.irrésolu depuis nombre d'années.Une foule de jeunes gens et jeunes filles abandonnera collège ou université pour une longue période de quatre mois, et connaî- grettable.Ce fléau déguenillé, \u201cpeinturluré\u201d ou déguisé se déversera dans les rues, places et édifices publics.Chacun de ses représentants sera qualifié de \u201cbon à rien\u201d, alors que toute cette énergie, bien contrôlée, bien endiguée pourrait rendre d\u2019inestimables services à la société.A grand mal grand remède ! Q\u2019attendent donc nos gouvernements pour se pencher sur ce sujet et apporter des solutions efficaces pour faire face à cette calamité ? Page 4 À plusieurs reprises, et tout récemment encore, on m'a demandé avec instance d'écrire mes mémoires, Des Pères et des scolastiques ont exprimé ce désir qui parait sincère.Je ne sens aucun attrait pour satisfaire leur demande.J'ai quatre- vingts ans et ma mémoire faiblit.Je ne pourrais pas poursuivre un travail qui aurait de la suite, De plus, quelle utilité aurait ce retour sur le passé?La jen- ne génération ne s'intéresse guère au passé, elle le méprise, comme si nous avions été des impuissants.Parce qu\u2019elle a plus de ressources que nous n\u2019en a- cesseurs avec encore plus d\u2019injustice et de sévérité qu\u2019ils ne le font déjà.Moi, jai beaucoup d\u2019indulgence pour nos devanciers, Ils n\u2019ont pas fait merveille, mais ils ont fait du progrès constamment.Quand je reviens sur mes souvenirs des années \"90, je puis mesurer l\u2019amélioration des conditions matérielles ct intel lectuelles, qui s\u2019y accomplissait.C'est à cette époque que l\u2019in- dustric laitière pénétra dans les campagnes.Du coup, le beurre, qui se vendait 15 sous la livre, fut coté à 20 sous et au-delà.Je n'avais que dix ans quand, vers 1890, un fonctionnaire du LE BIEN PUBLIC SOUVENIRS ET RÉFLEXIONS PAR LE R.P.ADELARD DUGRE, S.Jseigneurial se chargeait de brancher un malaxeur sur l\u2019arbre de son moulin; il envoyait son fils suivre un cours d'hiver à l\u2019école de laiterie de Saine-Hyacin- the et commençait la production le printemps suivant, L'aisance se fit sentir peu à peu dans notre humble paroisse, grâce à l\u2019initiative de quelques hommes, encouragés par leur curé, M.Désaulniers, en effet, souhaitait le progrès de sa paroisse, bien que routinier lui-même.Trop désintéressé, il n\u2019osait rien demander à ses paroissiens, mais il se réjouissait de leurs envions à vingt ans, elle oublie que gouvernement de Québec vint, du dimanche, proposer l'établissement d\u2019une fabrique de beurre à la Pointe- Il fut ces ressources, c\u2019est nous qui les lui avons préparées.Je craindrais, en rappelant les insuffisances de nos pères, de porter du-Lac.ces jeunes à juger leurs prédé- x D 5 # tr AU SEMINAIRE C\u2019est ainsi qu\u2019en septembre 1892, y\u2019entrais en sixième au séminaire des Trois-Rivières.A l\u2019école du village, j'avais appris l\u2019orthographe, si bien que j\u2019eus le prix de dictée française à la fin de l\u2019année.Pourtant il y avait dans ma classe des garçons L'étudiant Adélard Dugré au Séminairede quinze ans et plus.Quand Je constatai qu\u2019à la grande étude de cinq heures, je n\u2019avais qu\u2019à copier sur papier propre la dictée prise sur papier brouillon, j\u2019apportai en classe ma bonne feuille de papier, pour n\u2019avoir pas à la transcrire, ct consacrai la longue heure d\u2019étude à la lecture, tout en faisant semblant d\u2019écrire, pour tromper le sur\u201d veillant, qui m'aurait enlevé mon livre.C\u2019est ainsi qu\u2019à onze ans, je pris l\u2019habitude de faire autre chose que mon devoir.La mauvaise nature est précoce, Cette première année ne me fut pas agréable.Ne sachant pas un mot d\u2019anglais, faible en arithmétique, je faillis me décourager.Mon esprit était à la Pointe-du-Lac.Il y resta_tou- après la messe a compris.Le quinze ans.propriétaire de l\u2019ancien moulin treprises.* sr % x te ma vie, comme celui d\u2019Alex- \u2018andre, mon frére.Cela nous fit du tort a tous deux, en restreignant notre horizon et nos relations.Parmi des condisciples de quinze et méme de dix- huit ans, j\u2019étais isolé.Je ne pouvais me méler ni a leurs jeux, ni a leurs conversations; trop jeune, trop petit, on me le faisait sentir.Il m\u2019en est resté une timidité, une gaucherie qui m\u2019ont paralysé longtemps.Ce n\u2019est qu\u2019en Belles-Lettres, après quatre ans de compagnonnage, que je me sentis parmi des égaux.Je fré- F2 5 MA x TF Le R.P.Alexandre Dugré, S.Jle frère et l'ami.quentais des élèves de mon âge, mais moins avancés, qui ne s\u2019intéressaient pas à mes études, ni à mes lectures, et je m\u2019ennuyais de la maison.Heureusement les examens d\u2019hiver, dans ma première année, furent encourageants.Je savais par coeur tout le programme d\u2019anglais, à la grande surprise de Mgr Richard, préfet des études.Au mois de mai, j\u2019étais sixiéme dans une classe de plus de trente.M.Mayrand m\u2019en fit compliment devant la classe.Mais j\u2019avais encore onze ans et venais d\u2019étre confirmé Chargé de terminer la nouvelle église, construite après l'incendie de la précédente, il n\u2019en avait rien fait après Les murs étaient encorc en crépit brut; pas de voûte sous les chevrons de la toiture; on gelait en hiver.Les bancs, la table de communion n'avaient pas été peints; le linge de sacristie, les ornements d\u2019autel n\u2019avaient pas été renouvelés; le presbytére était dans l\u2019abandon.L'évêque dut intervenir.Les fidèles souffraient de ce délabrement, mais vénéraient leur curé quand même, Il était si charitable, si patient à écouter leurs plaintes, si sympathique à leurs épreuves, si zélé pour leur bien spirituel.Je lui dois, pour ma part, une grande reconnaissance, puisque c\u2019est lui qui me fit faire ma première communion à neuf ans, avec mon frère de onze ans, et qui engagea mes voyer au séminaire des Trois- Rivièresparents à m\u2019en- hd vr * Yr avec les éléves du prépararoire.Qu\u2019étais-je devant mes condisciples ?., .C\u2019est l\u2019inconvénient que doivent surmonter les enfants précoces dans une classe trop avancée.J'en tirai peur- tant quelque profit: celui, surtout, d\u2019observer et de réfléchir.Les grands s\u2019en aperçurent et me donnèrent, dès les premiers jours, le sobriquet de \u201cphilosophe\u201d, que je gardai longtemps.Nos professeurs étaient dévoués, mais surchargés et improvisés.En sixième, notre professeur principal était M.Louis Chartier, qui fut plus tard professeur de philosophie, supérieur du grand séminaire et vicaire- général du diocèse.Il nous enseignait le français,-l\u2019arithmétique, l'histoire et la géographic.Il avait terminé ses études classiques deux mois plus tot et re- vétu la soutane une semaine avant ouverture des classes.Notre professeur d\u2019anglais, M.Avila Milot, était dans le même cas, ainsi que le professeur de cinquième, M.Auguste Lelaidier et M.Emile Gélinas, en quatrième.Ces séminaristes faisaient en même temps leurs études théologiques, Ils prenaient sur leurs nuits pour corriger les devoirs d\u2019une trentaine d\u2019élèves, nous en rendre compte et nous les remettre le lendemain.Aussi, tombaient-ils malades chaque année.Comme rémunération, les séminaristes recevaient, outre la pension, trente dollars par année, les prêtres cent dollars et leurs honoraires de messe.C\u2019est à ces hommes qu\u2019une certaine école reproche aujour- d\u2019hui d\u2019avoir négligé le progrès économique des Canadiens \u2018français et d\u2019avoir monopolisé l\u2019enseignement secondaire.Mais \u2018où étaient leurs concurrents ?Qui sinon les clercs, pouvait Vendredi, le 12 mars 1971 Vendredi, le 12 mars 1971 Le Vieux Moulin de Tonnancourt, témoin de la naissance de La Pointe-du-Lac.maintenir un collège de trois cents élèves en n\u2019exigeant des parents qu\u2019un dollar par mois pour la scolarité et dix dollars pour la pension?C\u2019est pourtant à cette condition qu\u2019on a pu recruter le clergé et préparer des hommes de profession libérale qui rendirent service au pays \\.Ces professeurs si peu formés remplissaient leur office avec conviction.Ils nous enseignaient ce qu\u2019ils savaient et nous faisaient partager leurs sentiments, en particulier un amour ardent pour nos compatriotes de langue française.En troisième année, nous eù- mes deux professeurs: M.Onésime Lacroix pour les langues française, latine et grecque; M.Télesphore Giroux pour [his- 1 Les institutrices de campagne n\u2019étaient pas mieux rémunérées que les professeurs de collège, bien au contraire.Deux de mes soeurs enseignèrent dans des écoles de rang avant d\u2019entrer en religion.Elles devaient recevoir un traitement de cent dollars par année, dont les deux tiers provenaient de l'octroi du gouvernement et les reste de la municipalité.Mais celle-ci ne payait jamais sa part.On s\u2019y était habitué.En sorte que pour soixante-sept dollars, l\u2019institutrice devait faire la classe à trente, quarante, cinquante enfants, partagés en quatre ou cinq divisions.En outre, elle devait se nourrir et se chauffer à l\u2019école, à ses frais.En hiver, je voyais mon grand frère remplir la carriole de bois qu'il Jaissait à l'une ou l\u2019autre de ses soeurs, quand il allait les chercher pour la fin de semaine.Cela dura-t-il longtemps.Je sais que, des années plus tard, ce même frère, devenu maire de la Pointe-du-Lac, réussit à améliorer le sort des institutrices.Une de ses filles fut engagée à la fin de ses études pour enseigner dans une école de Shawinigan.On lui donnait, dès la première année, quatre cents dollars.Or, les religieuses qui enseignaient à l\u2019école du village, après vingt ans et plus d'expérience, recevaient à peine la moitié de cette somme.Mon frère fit partager sa honte aux membres du conseil municipal et les institutrices de la paroisse, même les religieuses, eurent un traitement presque convenable.ar TR HEA $ GY Lr, - J 5 ar Ri MN wey toire et l\u2019anglais.Pas de mathématiques entre la cinquième année et la philosophie.M.Arthur Dusablon, également prêtre, fut notre professeur de Belles-Lettres.Exigeant, impétueux, cultivé, il nous faisait travailler ferme.M.Giroux continuait son cours d\u2019histoire, intéressant et stimulant.Il était pénétré de son sujet, qu\u2019il nous rendait actuel.En rhétorique, M.Léon Arcand, revenu d\u2019Europe, après des études à Rome et à Paris, plus tard élevé à la prélature, puis quittant tout pour s\u2019enfermer à la Trappe de Gethsémani, aux Etats-Unis, nous initia quelque peu à la littérature contemporaine.De sa belle voix, il nous lisait, pendant les congés d\u2019hiver ou de pluie, des pièces de théâtre, entre autres Cyrano, ) \\ .: à AS: qu a A Pa 4 Pi 1) i \u201ca I ' & Re ver 3 rf par de plus jeunes : Balcer, Charlliesau coin des rues Laviolette et Saint-Thomas.revêtu la soutane une semaine avant la rentrée des élèves.?LE BIEN PUBLIC qui était à l\u2019affiche à Paris et nombre de nouvelles qu\u2019il recevait.Encourageant pour les travailleurs, il se désintéressait des cancres.Par contre, le professeur de grec et d\u2019histoire, le futur Mgr Odilon Comtois, talonnait impitoyablement toute la classe.Je ne fis qu\u2019une année de philosophie avant d\u2019entrer au noviciat.En cette année 1898- 1899, j\u2019eus le même professeur qu\u2019en sixième, M.Louis Chartier.Il arrivait de Rome où il avait refait ses études théologiques.Il se sentait plus à l\u2019aise devant une quinzaine de grands garçons qu\u2019avec la trentaine d\u2019adolescents de 1892, Esprit clair et méthodique, il enseignait le thomisme intégral.Notre manuel de philosophie était celui du cardinal dominicain Zigliara.M.Chartier eut la sagesse de laisser de côté les nombreuses pages consacrées à réfuter Suarez, qui était pour nous un parfait inconnu.Je pris goût à la philosophie, comme elle nous était enseignée, ainsi qu\u2019aux mathématiques, que le futur Mgr Ephrem Paquin nous révélait avec brio.Songez que nous devions repasser l\u2019arithmétique, laissée de côté depuis quatre ans, avant d\u2019aborder l\u2019algèbre et la géométrie.Je n\u2019eus pas de peine à saisir la logique des mathématiques et Jy pris goût.J\u2019eus même le prix de géométrie à la fin de l\u2019année.Mais il ne fallait pas perdre son temps, ni sacrifier l\u2019étude aux lectures agréables, comme dans les basses classes.Tant pis pour les paresseux et les esprits lents ; leur avenir ° WIN wT TIRED = \u201cDans cette classe de sixième il y avait des noms qui paraissent souvent en public, portés Ces deux élèves demeuraient tout près du colège, Nous avions aussi un Lymburner, un Périgny, même Pamphile Du Tremblay,.futur propriétaire de la Presse, outre ceux qui persévérèrent jusqu\u2019à la fin, comme Epiphane Brunel, mort curé de Sointe-Flore, Omer Meunier, qui fut curé de Saint-Elie, le Dr Victor Landry, le notaire Lebrun, etc.ll reste un autre survivant de cette classe C.-B.Lord (Borromée), qui demeure à Daveluyville.Je n\u2019en connais pas d'autre.Nous avions pour professeur principal nul autre que le futur Mgr Louis Chartier, qui avait (Adélard Dugré, S.J.) Sur notre photo: assis, le 2e de gauche, Adélard Dugréétait en jeu.Les directeurs profitaient volontiers des occasions qui s\u2019offraient pour donner aux éléves des leçons de choses et leurs faire connaitre les inventions nouvelles.Non seulement des missionnaires de passage, mais aussi des voyageurs, qui revenaient d\u2019Europe ou d\u2019ailleurs, étaient invités à faire part aux élèves des observations qu\u2019ils avaient faites à l\u2019étranger.Le directeur, M.Beaudet et son ami, M.Dusablon, ayant fait leur tour d\u2019Europe, nous donnèrent une série de conférences sur leur voyage.En 1893, on célébrait à Chicago, par une exposition internationale, le quatrième centenaire de la découverte de l\u2019Amérique.Pour mieux faire comprendre l\u2019exploit accompli par Christophe Colomb, on faisait venir d\u2019Espagne une réplique des trois caravelles qui, sous son commandement, traversèrent l\u2019Atlantique en 1492, la Santa Maria, la Nina et la Pinta Pour les rendre jusqu\u2019à Chicago, on suivit tout naturellement la route du Saint-Laurent et des Grands Lacs.Par un bel après- midi de mai, les élèves du séminaire furent conduits près des quais, sur la hauteur où s\u2019élève aujourd\u2019hui l\u2019hôtel des Postes, et virent de près les petits navires.Ce nous fut une bonne leçon de géographie du Canada.J\u2019appris que l\u2019eau qui coulait devant nous venait des Grands Lacs, que de Chicago, on pouvait atteindre le Mississipi comme Joliet et le P.Marquette, et par là se rendre au golfe du Mexique, comme tant de nos ancêtres.À mes yeux le monde se révélait peu à peu.Plus tard nous fûmes conduits à la grande salle de l\u2019Hôtel de Ville pour voir le premier film qui ait été montré aux Trois-Rivières.On appelait cela le warrograph, parce qu\u2019il avait été photographié pendant la guerre hispano-américaine.On y voyait défiler l\u2019escadre des Etats-Unis, puis des régiments, enfin des scènes de rue.Nous en étions dans une admiration béate.C\u2019était en 1899.Qui aurait imaginé alors ce que serait bientôt le cinéma, ce qu\u2019est aujourd\u2019hui la télévision?J'ai conscience d\u2019avoir profité de ces années'de collège.On y travaillait.La plupart des élèves, venus de la campagne et de familles pauvres, avaient l\u2019ambition de réussir.Leur application suppléait à ce qui pouvait manquer à l\u2019enseignement.Plus tard, je pus comparer ce que j'avais connu au séminaire et ce qui se faisait chez les Jésuites.Ceux-ci donnaient da- Page 5 vantage, mais leurs élèves rendaient moins.L\u2019étude personnelle, la lecture prévalaient au séminaire.Au noviciat, les anciens du collège Sainte-Marie s\u2019étonnaient de ce que nous avions lu, nous des Trois-Rivié- res, de Joliette, de Saint-Hya- cinthe.Dans les petits séminaires, il n\u2019était pas rare de voir des élèves monter au dortoir ou en descendre en récréation un livre sous le bras.On nous habituait peut-être aussi à plus d\u2019initiative.Chez les Jésuites, on ne concevait pas alors que le conseil de jeux s\u2019organisât, se réunit et décidât quoi que ce fat sans la présence du surveillant.On imaginait encore moins qu\u2019une séance de l\u2019académie fût préparée par le président et ses collaborateurs, qui dresscraient le programme, approuveraient les pièces, exerceraient les acteurs et inviteraient ensuite le directeur à venir voir la séance.Cela se faisait aux Trois-Rivières, Vers 1895, les officiers de l\u2019académie décidèrent de simuler une séance parlementaire, où l\u2019on discuterait si le Canada devait s\u2019orienter vers l\u2019indépendance ou se résigner au s/atu quo.Le prêtre responsable de l\u2019académie, Mgr Arcand, professeur de rhétorique, n\u2019y vit pas d\u2019objection.Le débat fut animé ct remplit trois séances.Omer Héroux, alors en philosophie, revendiqua vigoureusement l\u2019indépendance.Tout le collège prit parti, même les petits, qui répétaient en récréation les arguments de leurs aînés.Les prêtres s\u2019en amusaient, mais se gardaient bien d\u2019éteindre cette flambée de patriotisme.Les finissants jouissaient d\u2019un grand prestige parmi les élèves.Le directeur leur laissait beaucoup d'initiative.Ce sont eux .qui constituaient le conseil des jeux; ils préparaient et entretenaient aussi la patinoire; eux aussi qui demandaient les congés et proposaient le jour où les prendre.Que de fois ces philosophes à moustache, qui encadraient la salle d\u2019étude, ont étouffé un chahut, ou prévenu un désordre.On les voyait avec regret quitter le collège à la fin de l\u2019année, et on les saluait avec joie quand ils y reparaissaient.On n\u2019était pas surpris d\u2019en retrouver quelques-uns, l\u2019année suivante, revêtus de la : soutane et chargés d\u2019une classe ou d\u2019une surveillance.Décembre 1961 Page 6 En potinant | La langue, c\u2019est comme la vertu « Nous partageons l\u2019opinion du ministre des affaires culturelles, M.François Cloutier quand il formule ce jugement clair : \u201cL\u2019uni- linguisme au Québec ne serait pas dans l'intérêt des francophones\u201d.La langue, a dit en substance le ministre, c\u2019est un peu comme la vertu ; cela ne s\u2019impose pas.Il serait utopique de penser qu\u2019une langue peut être rendue efficacement obligatoire par l'adoption d\u2019une simple loi.POUR VOS ASSURANCES e Automobile ® Accidents e Responsabilité e Incendie RICHARD BERGERON Courtier en Assurance * Tél: 376-2655 573, rue Bonaventure Trois-Rivières Il serait illusoire de penser que la politique d\u2019uni- linguisme lancée par l\u2019actuel gouvernement du Québec donnera de bons résultats.Au contraire, elle desservira nos intérêts en nuisant à la venue des capitaux anglo-saxons, en paralysant les investissements étrangers.Donnons plutôt au milieu français du Québec, par la désirabilité et la séduction, une emprise de conquérant sur tout ce qui s'établit sur son territoire.Le nationalisme québécois ne peut oublier que \u201cle pouvoir économique parle anglais\u201d, selon les termes mémes de M.Cloutier, Nous pouvons tendre à l'affirmation de nos caractères ethniques mais non à l'imposition brutale de l\u2019unilinguisme au Quéec.Le mariage Au programme de M.Payette (CBFT)), l\u2019autre midi, la question se posait à peu près en ces termes : \u201cQue pensez-vous du mariage de M.Trudeau et ce mariage aura-t-il une incidence sur sa carrière politique ?; La plupart des hommes, comme il fallait s\u2019y attendre, ont félicité M.Trudeau d\u2019avoir pris femme jeunette.Quant à ces dames, elles étaient partagées entre le dépit et la nécessité de le cacher.J'ai bien peur que M.Trudeau ait blessé maintes dignes et condignes en dédaignant les femmes de son âge qui semblent au- jourd\u2019hui interpréter ce choix fantaisiste comme un affront personnel.Mais c\u2019est la petite madame Trudeau que la rivalité féminine voudra pourchasser.On félicite l\u2019heureux premier ministre de sa prise mais l\u2019on plaint sa jeune épouse à laquelle on assigne d\u2019avance le rôle d\u2019infirmière auprès d\u2019un mari égrotant.Cassius aurait-il pu gagner ?Il est indiscutable que Cassius Clay, même dans la défaite, a démontré plus de classe que Joe Frazier dont, cependant, il n\u2019a ni le souffle, ni la résistance.Les deux se sont livrés Pun des plus beaux combats dont fassent mention les annales de la boxe.Pour gagner Cassius se devait de modifier son style de danseur et d\u2019attentiste.Avec un pugiliste de la force de Frazier, seule une attaque à fond de train dans les premiers rounds peut apparemment réussir.A Tusure, Clay devait s'avouer vaincu, quoique LE BIEN PUBLIC fort honorablement et sans s\u2019être laissé défigurer.Il restera maintenant à Cassius de fermer sa grande trappe, jusqu\u2019à la revanche.C.M.Pour rescaper le chômeur trifluvien Un nouvel organisme sous le nom' du CENTRE DU CHO- MEUR DE LA MAURICIE est maintenant à la disposition de tous les chômeurs et de ceux qui veulent réellement apporter une solution concrète au problème du chômage.Ce centre n'est pas un mouvement politique mais un outil de travail qui sert à tout regrouper les efforts et la bonne volonté de chacun pour guérir un mal qui est devenu catastrophique pour la société.LE CENTRE DU CHOMEUR DE LA MAURICIE a pour but principal la création d\u2019emplois par le regroupement des efforts de chacun et par la mise sur pied de petites industries et ensuite de plus grosses.Le centre a un grand besoin de l\u2019appui de la population et de dons pour atteindre ses buts.Les chômeurs de la région demandent à toute la population en général de leur venir en aide pour les aider à solutionner leurs problèmes.LE CENTRE DU CHOMEUR DE LA MAURICIE est peut- être le seul organisme jusqu\u2019à présent qui représente une action réelle et positive contre le chômage et qui va vraiment donner un espoir de vivre à tous ceux qui sont si tragiquement frappés par ce mal qui est celui du chômage.Le chômage qui était réservé à une certaine catégorie que l'on disait \u201cirrécupérable\u201d, frappe durement maintenant toutes les classes de notre société.Que l\u2019on soit diplômé d'université, homme de métier, professionnel, journalier, futur travaillant, nous sommes tous atteints par cette maladie chronique qui renverse toutes les données d'il y a quelques années.Ce mal est guérissable a la seule condition que tous et chacun se donnent la main et fasse preuve de bonne volonté; c\u2019est le seul et unique moyen de créer de l\u2019emploi.Arrêtons de rever et d'attendre les sauveurs futurs.Le seul sauveur qui existe est la volonté et le travail de chacun, groupes et canolises au sein du CENTRE DU CHOMEUR.Venez vous renseigner et nous rencontrer.Le local est situé dans l'édifice du Centre Diocésain De Pastorale au 247 Laviolette à Trois-Rivières.Le numéro de téléphone est : 379-5637.L\u2019homme et l\u2019oeuvre Le poète québécois Gaston Miron est certes, un homme de grand coeur.On connaît l\u2019esprit démocratique, qui anime ce grand chantre de la réalité.québécoise, dont le talent littéraire vient d\u2019être reconnu par la ville de Montréal.Comme l\u2019a écrit Denis Tremblay dans Montréal- Matin au sujet de la redistribution de son prix de $3000.pour la défense des prisonniers politiques, \u201cil y a souvent moins de différence qu\u2019on ne le croit entre l\u2019homme et l\u2019oeuvre\u201d.Sans.commentaire ! Un enseignement bien adapté M.Omer Gratton, directeur de l\u2019Enseignement professionel à la Régionale, a parlé de ce domaine devant le Club Kiwanis, dans le cadre de la semaine de l'Education, M.Gratton a vivement intéressé les Membres du Club en faisant voir les différents avantages de ces cours.A l\u2019aide de statistiques, il a exposé le fonctionnement d\u2019un enseignement de mieux en mieux adapté aux besoins de la société actuelle.A.B.Tests d\u2019entrée au S.T.R.et au C.M.L.La direction du Séminaire Saint-Joseph et du Collège Marie de l\u2019Incarnation fait parvenir aujourd'hui une lettre d\u2019information aux parents des étudiants et étudiantes de 7e année.Nous reproduisons des éléments de cette lettre, qui pourront intéresser également les parents des étudiants qui obtiennent de très bons résultats en 6e année.Le programme scolaire offert assure à la fin du cours secondaire l\u2019accès à toutes les concentrations du niveau collégial.Les tests d\u2019entrée auront lieu à partir du 27 février et dans les premières semaines de mars.Les parents qui désirent que leur enfant se présente au test d'admission devront en faire la demande au secrétariat de l\u2019une ou l\u2019autre des deux institutions.Le Séminaire Saint-Joseph et le Collège Marie de l\u2019Icarnation sont heureux d'apprendre à la population que le transport des étudiants et les manuels seront gratuits.Les étudiants de Secondaire I devront payer $200.00 par année de frais de scolarité.En vertu de l\u2019Association avec la Commission Scolaire Régionale des Vieilles-Forges, les étudiants et les étudiantes de Secondaire II à V continueront à jouir de la gratuité.Tous les parents intéressés à inscrire leur enfant à l\u2019une ou l\u2019autre de ces deux institutions pourront obtenir de plus amples renseignements en s\u2019adressant aux directions des études concernées, Vendredi, le 12 mars 1971 Frazier : victoire psychologique Le combat de championnat entre Clay et Frazier qui avait fait couler beaucoup d'encre avant son déroulement n\u2019a pas fini d\u2019avoir des répercussions dans le monde sportif.Evidemment, on peut analyser de bien des façons, la victoire de Frazier.A notre avis, nous croyons que c'est avant tout une victoire psychologique.Et nous nous expliquons.On connaît les nombreux démêlés de Cassius Clay avec la justice dus à son refus de faire son entrai- nement militaire.Nous croyons que c'est depuis ce temps que l'invincible athléte noir était sur le bord de la déban- dale, même si ça ne semblait pas trop évident aux yeux de plusieurs.Pour en revenir au combat lui-même, il est tout de même surprenant de constater le compte rendu des journaux qui donnaient l'avantage à Clay a presque tous les rounds.Normalement jusqu\u2019au treizième rounds, l\u2019ex-cham- pion mondial était en train de l'emporter.Mais par un retournement subit de la situation bientôt c\u2019en était fait du bavard Mohammed Ali et on connaît la suite.Maintenant plusieurs se demandent ce qu\u2019il adviendra des deux combattants et s\u2019attendent à la retraite de l\u2019un et l'autre de ceux-ci.Ce qui pourrait bien se produire à notre avis chacun et l\u2019autre pouvant empocher jusqu'à $2 millions et dimi.Plusieurs se le demandent.A.B.\u2018\u2019BEN-UR présenté au Capitol Un auteur: JEAN BARBEAU.Une compagnie : le Théâtre Populaire du Québec.Un metteur en scène: Albert Millaire.Un musicien : Emmanuel Charpentier.Un décorateur: Mark Negin.Une dessinatrice de costumes: Solange Legendre.Sept comédiens: Claude Maher, Jean - Pierre Cartier, Micheline Gérin, Sophie Clément, Louise Gamache, Nicole Déry, Jacques Lavallée.Et les énergies créatrices de toute cette équipe concentrées vers un seul objectif: BEN- UR.Pour savoir qui est exactement Ben-Ur, il faut voir la pièce de Jean Barbeau, BEN- UR, ou la vie inquiétante de Benoît-Urbain Théberge, pré» sentée par le Théâtre Populaire du Québec à Trois-Rivières, le 16 mars, a 8.30 h, au Capitol.RENE DE COTRET, ST-ARNAUD & CIE Comptables agréés André Saint-Arnaud, C.A.Paul René de Cotret, C.A.857, rue St-Pierre Case postale 1464 Tél.: 378-4831 Spécialités : 12, rue St-Denis, Studio.Rhéal PHOTOGRAPHE PROFESSIONNEL COMMERCIAL ET INDUSTRIEL Photos de mariage Photos de bébé Tél: 376-4860 Cap-de-le-Madeleine Vendredi, le 12 mars 1971 LE BIEN PUBLIC en quelques mots Page 7 par Maurice Huot Loisirs LSon clame partout que nous allons vers une civilisation de loisirs.L'on fait miroiter à des quadragénaires, à des quinquagénaires, les paradis du farniente, du bricolage, de la retraite hâtive.Je soupçonne au fond de cela une machination de l'industrie et du commerce pour faire disparaître du marché du travail les travailleurs qui commandent après plusieurs années de service, les plus hauts revenus.L'on veut renouveler par la base une main d'oeuvre moins coûteuse.Voilà une partie du secret de la propagande faite en faveur d'une société de loisirs.Mais beaucoup de travailleurs plus âgés n'aspirent pas à une retraite hâtive.Leurs plus lourdes obligations familiales amoindries parce que les enfants sont devenus grands et se réchauffent, plusieurs travailleurs veulent continuer à gagner pendant quelques années encore, afin de se payer quelque luxe ou du moins l'honnête aisance qu'ils n'ont pu se procurer alors que la famille nolisait toutes leurs ressources.D'autres sont incapables de s'arrêter brusquement de travailler, leur travail, comme ils disent, étant leur \u201cvie\u201d.Beaucoup n'ont pas de violon d'Ingres et n'ont nulle ambition de bricoler, ni de collectionner des timbres postes.D'autres détestent voyager.Sans travail, ces gens sont perdus.Aussi voit-on des retraités forcés dépérir rapidement ou chercher un travail même pauvrement rémunéré qui leur permette de survivre au moins moralement.Il faut tenir compte de ces gens qui retirés trop jeunes d'une activité normale mourront vite à eux-mêmes.S'il en est qui peuvent flâner sur des plages lointaines, taquiner le poisson \u201ca journée longue, être en somme perpétuellement en vacances, d'autres en sont incapables.Tiendra-t-on compte des besoins de ceux qui se refusent à une si totale liberté dans l'emploi du temps dans cette fameuse société dite \"de loisirs\u201d pour laquelle on s'organise et dont on fait une industrie étrange et nouvelle et sans précédent dans l'histoire humaine ?Congestion Il semble que, dans nos grandes villes, le droit à l'auto privée devienne de plus en plus limité au droit de circuler pour tous, piétons aussi bien\u2019 qu'automobilistes.Il ne sera pas facile de concilier ces deux droits, car le droit de se procurer une voiture implique celui de circuler, mais le nombre de plus en plus grand de voitures concentrées sur un territoire urbain pose de graves problèmes.On l'a vu en blanc et en noir durant la tempête dite du siècle.On le constate tous les jours à Montréal aux heures de pointe où de grandes foules se donnent rendez-vous à un point donné.En toutes saisons les ponts sont congestionnés les grandes et petites voies aussi.Nombre d'automobilistes n'ont pas de garages si ce n'est la rue.Les terrains de stationnement sont insuffisants et à haut prix.,Les administrateurs des villes et régions à haute concentration de population s'inquiètent à juste titre et désirent que les citadins utilisent davantage les transports en commun.Mais pour cela, il faudra que les transports en commun soient plus efficaces qu'ils ne le sont actuellement.On croit que le métro sous terre est la seule solution.Mais il y aurait aussi le monorail suspendu qui parait-il coûterait moins cher que le métro à installer.Etant un régime de transport qui glisse sur une poutre d'acier au-dessus du sol, les intempéries n'affecteraient pas les voitures de ce moyen de transport.De toute façon, il faut pouvoir circuler dans nos villes nonobstant le temps et les saisons.Autrement, ce sera l'asphyxie, la paralysie.avec tous les dangers d'un encombrement qui a dépassé la limite.Suicides ratés Le gouvernement fédéral entend proposer sous peu un amendement au code pénal qui aurait pour effet d'abolir tout recours en justice criminelle contre les pauvres malheureux, des malades en grande majorité, qui ayant attenté à leurs jours ont heureusement raté leur geste.Jusqu'ici, on peut emprisonner des gens qui, par profond découragement, maladie chronique ou passagère, ont attenté, sans réussir, à leurs jours.Au moment où les sciences psychologiques et psychiâtriques sont de plus en plus développées, il faut plutôt insister sur la réhabilitation et non sur la punition des personnes qui trouvent la vie si peu gaie qu'ils cherchent à se l'enlever.Ces personnes ont assez de souffrir physiquement et moralement sans qu'on les accable davantage.Il conviendrait mieux leur faire revoir la vie en rose qu'à travers les barreaux d'une cellule, surtout pour un crime qu'ils n'ont dans maints cas pas commis, car au moment de l'acte ils n'étaient pas suffisamment lucides.Quand à certains cyniques qui peuvent se donner la mort en jouissant de toutes leurs facultés, ils sont probablement en si petit nombre étant donné l'aversion profonde et naturelle que tout être vivano a pour la mort, qu'il ne vaut vraiment pas la peine de maintenir au code pénal des sanctions pour une infime minorité.En ce monde convulsé En ce monde crispé, rendu, convulsé, nous devons nous conduire comme ces passagers exemplaires d'un avion en détresse non plus dirigé par son pilote mais par un pirate qui l'a détourné de sa course.Ce qu'il faut dans les pires circonstances, c'est le sang-froid, c'est de refuser la panique bien que nous ayions mille raisons d'y céder.Ce qu'il faut, c'est écrire son testament c'est prier, lire des poèmes, vaquer dans la mesure du possible à ses occupations coutumières.Cela ne servira peut-être de rien mais cela occupe l'esprit et l'empêche de divaquer.Pour le reste, il n'y a qu'à souhaiter que tout finisse par s'arranger pour le mieux ; le conflit scolaire, la réforme de la constitution, la guerre du Vietnam, les troubles irlandais, ceux d'Israël, et du monde arabe etc, etc.SOIREE DE SKI DE LA CROIX-ROUGE Samedi, le 20 mars, à 19 h.Ski libre \u2014 Compétitions (Monte-pente inclus) danse avec orchestre - buffet Admission : $4.00 Cette soirée est possible grâce à la générosité de P.A.GOUIN LTÉE HENRI-PAUL \"MOLSON\u201d CHEVALIER STATION DE SKI ST-GÉRARD Un autobus LE VOYAGEUR transportera gratuitement les skieurs à destination. Page 8 Le bar électronique : 36 contrôles Une nouvelle invention typique vient d'être mise sur le marché.\u201cElectra Bar\u201d qui est une caisse enregistreuse reliée électroniquement à un brasseur de consommation qui contient 36 contrôles sur bouteilles et un dis- Il s'agit de pensateur.Nous pouvons voir des représentants de la N.C.R., créatrice de la caisse électronique magique, préparant (André Lutz de CKSM).Ceux-ci peuvent être identifiés comme suit dans l'ordre, Jean-Paul Fortier, J.-Pierre Beau- chesne et John O'Grady.(A.B.) Vienne l'été ! neige qui sévissent dans toutes les régions, le salon nautique de la place Bonaventure, nous a donné un avant- goût de la saison estivale, par la présentation du simple petit canot jusqu'à la plus grande embarcation de plaisance (ainsi que de toutes les pièces nécessaires à leur bon fonctionnement).Pour notre distraction, en plus de la belle musique, nous avons pu admirer quelques jeunes filles s\u2019exécutant dans la neige synchronisée.Profitant de l\u2019occasion, la croix-rouge a expliqué les principales règles de sécurité aquatique.\u2019 La photo nous montre un des nombreux modèles exposés.Cela ne nous fait-il pas penser légèrement à notre belle marina ?Murielle St-Germain Le changement est une des grandes IBY \u201cSeules les industries qui font des changements peuvent C'est ainsi que s'exprimait Msurvivre et progresser\u201d.Un de nos cinéastes les plus talentueux, dont la fantaisie nous a déjà valu plusieurs des meilleurs longs métrages du jeune cinéma québécois.Jean-Pierre Lefebvre est aussi un écrivain de valeur.Il vient de publier aux Editions Hurtubise HMH un recueil de poèmes et de récits intitulé Parfois, quand je vis.Cette photo a été prise au lancement de ce nouveau livre.re lois de la vie social faut pas non plus négliger toutefois l\u2019aspect humain et dans une telle mutation.LE BIEN PUBLIC \" FT A 4 Le théâtre, un des arts les plus répandus au Québec, demeure pourtant celui qui est le plus négligé des chercheurs.C'est pourquoi on a fondé le Centre de Documentation en théâtre québécois, sous les auspices du Département des lettres à l'U.Q.T.R.A ce Centre unique au Québec, on recueille et lon classifie tout document La joie de vivre à , ) 5 gq J 3 .A 47 X8¥ mam 1% 5 i \"Bi i = CR PES sid sn 8) (34 75 Ned *, ; ¢ RB AE.! ula A l'étranger, la Belle Province est renommée pour sa chaude hospitalité et pour ses centres de gastronomie où des hôtes attentifs offrent aux visiteurs des repas de qualité et des vins de choix.C\u2019est un des facteurs qui contribuent à attirer les touristes.Le tourisme entraîne, pour les Québécois, un chiffre d'affaires additionnel de quelque .u Québec, rapporte $900 millions AE.Pi 24 à 3 jen 4 ] i ; M: LA : Vendredi, le 12 mars 1971 -\u2014 Lene lead TH .visivel- ou sonore concernant le spectacle dramatique au Québec.Sur la photo nous pouvons voir les principaux animateurs du centre de documentation en théâtre: MM.Armand Guillemette, directeur du Département des Lettres à I'U.Q.T.R., Raymond Pagé et Eienne-F.Duval, professeurs au même département.(A.B.) Lu $900,000,000 par an et peut être encore développé.C'est pourquoi le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche encourage le plus possible l\u2018amélioration de notre équipement et de notre infrastructure touristiques et accentue son effort publicitaire pour mieux faire connaître une \u201cjoie de vivre\u201d que l\u2019on ne trouve qu'au Québec.Bienvenue à tous Dabagie H.Lafond I.: (Local 116) 379-4550 Le Flambeau TON) E BLOIS (SHE CHATEAU Trois-Rivieres Selon .M.Leroux, une Troco- Riuienes (lngelen Lrée A Guy Leroux, coordonnateur à la formation, aux usines Alcan de Shawinigan, devant le Club d'Administration Industrielle des Trois-Rivières Métropolitain.Tout en reconnaissant qu'il fallait agir d'une façon progressive, il ne bonne formation doit être procédée d'une motivation op- propriée.Nous pouvons voir ici le conférencier qui fut très apprécié, hors de son exposé.Le président du Club est M.Yves Charette.A.B.) Louis Lacroix, prés.L'incomparable \u201cDealer\u201d dans la région Tél: 219-374-2483 2525, rue Royale Trois-Rivières: Qué."]
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