Le bien public, 5 mai 1938, jeudi 5 mai 1938
[" oN PRE es 30e ANNEE \u2014 No 18 \u2014_ LES TROIS- RIVIERES, JEUDI, 5 MAI 1938 Un expert en comédie bouffe S'il est encore des bonnes ames qui s\u2019obstinent a recon- noître en Monsieur Jules Massé la personnification du chevalier défenseur de la Langue française, nous regrettons de leur dire qu\u2019elles seront profondément dégues, si seulement elle veulent jeter un coup d'oeil sur le programme de la conférence que ce Monsieur qui s'intitule \u2018\u2019Président général de la Société du Bon Porler Français\u201d a prononcée aux Trois-Rivières le dimanche, ler mai dernier.Un collégien du Séminaire s'est amusé, ou cours de la conférence (pouvait-il trouver plus fructueux passe-temps) à compter les fautes d'ortogra- phe que contenait cette brochure de vingt pages (couvert inclus).Admiroble travail de patience et d'épuration! Douze douzaines ,oui, tout juste 144 fautes de français dans ce livret d\u2019une soirée de la Lanque françaisé préparée et donnée par M.Jules Massé, \u2014 à son profit bien entendu.Messieurs les annonceurs trifluviens, s\u2019il vous plait d\u2019accorder votre publicité à de tels exploiteurs de \u2018\u2019Parlons Mieux\u2018 et de \u201c\u2019Si l'on veut du Francais,\u201d obéissant & un motif louable pour lequel nous vous félicitons, têchez au moins d'exiger que vos annonces soient françaises.\u2018\u2019Mais, me direz-vous, nous aurions cru.\u201d \u2014 Vous avez raison, vous aviez toutes raisons de croire- que ceux qui vous sollicitaient eu nom de la Langue Fransaise étaient au moins un peu amiliers avec ses exigences orthographiques.Si, par exemple, notre sympathique ami Sylvio Carignan | avait pu s'imaginer qu'on coif- | ferait son annonce d\u2019un \u2018\u2019Noux grillons nos cafés\u2019, il aurait certainement passé dans son moule à café la boîte crônien- ne de son importun solliciteur.Et si notre autre omi Paul uertin aurait pu deviner qu'on le classerait avocat sans plus de cérémonie, et encore en tête de la liste des \u2018\u2019bien- aiteurs\u201d, nous avons \u2018\u2018l'assu- lance\u201d que, avec l\u2019assistance do névole d'un des rénovateurs de la Société St-Jean-Baptiste qui avait bien innocemment Prêté son patronage à M.Mas- :$, Maurice Gélinas, il aurait ait un tout outre accueil à M.R.Héroux vend, d'après M.Massé et ses acolytes, des \u201cconfections et merceries de qualiré\u201d\u2019, tandis que, toujours d\u2019après le conférencier Massé et son programme, le procédé Zoric \u2018\u2019ne coute pas plus cher en aucun temps de la semoi- ne\u201d, Nous ne pouvons ni ne voulons citer ici chacune de ces cent quorante-quatre fautes.Toutefois, nous n'aurions pas la conscience en paix si nous ne signalions particulièrement le bon goût, la sobriété et l'excellence des citations, des \u2018\u2019slogans\u2019\u2019 \u2014 puisque nous parlons français \u2014 qui ornent le bas de chaque page: \u201cUne langue bien parler ne saurait mentir\u201d; \u201cNous tenons dans nos mains les destinés du parler français\u201d\u201d.Dans une autre page, nous lisons, non sans émoi: \u2018\u2019Si nous voulons du français c'est a nous d'en mettre\u201d.C\u2019est vrai, mais en premier lieu, il faut mettre dehors cet individu qui s'appelle Jules Massé.Ensuite, nous pourrons travailler.Nous mettons ces faits d'abord sous les yeux de nos concitoyens qui, une fois de plus, ont été exploités et qui, les premiers, reconnaissent leur erreur.Mais nous voulons aussi attirer l'attention de nos confrères de la presse rurale, car ce Président de la Société du Bon Parler Français ira certainement continuer dans les autres villes son manège intéressé.Une bonne petite campagne de presse sous le signe du ridicule à l\u2018endroit de M.Massé débarrasserait vite nos milieux respectables de ce miteux personnage, qui s\u2019insinue dans nos maisons d'enseignements et s\u2019agrippe aux Sociétés no- tionales en s'affichant vêtu du drapeau de la langue française comme un singe d'un habit de gala, et qui multiplie sur les tréteaux ses gestes étudiés et ses boniments qui n\u2019ont que le verni de la moisissure.Au nom de la _:3ngue fran- caise, \u2014 si indigne soyons- nous de parler en son nom, \u2014 nous vous en supplions, petites villes québecoises qui voulez des distractions, réclamez un cirque, des bouffons véritables, des animaux rores, mais, de grâce, pas celui-là! M.), B.Rioux, B'A:,-D.S;P.Et hr RAD.- \\ Du 7 au 14 ma ORGANE DU REVEIL TRIFLUVIEN.\u2014_\u2014 5 sous la copie Rendons belle notre ville Voici venir la semaine d\u2019embellissement.Est-il nécessaire d'insister complissent leur devoir à cette occasion.pour que tous les citoyens ac- Inauguré il y a trois ans à peine, par les membres du Jeune Commerce, ce mouvement a immédiatement reçu la sympathie du public, et chaque année la besogne des organisateurs est facilitée par le désir de chacun d\u2019embellir sa propriété, si petite, si humble soit-elle.Cette année, caractère plus solennel, plus il semble que cette campagne revête un imposant.La Chambre de Commerce \u2018s\u2019est jointe au Jeune Commerce pour préparer cette grande semaine.Nous voudrions particulièrement souligner avec quel souci d'éducation ces deux corps publics ont élaboré leur programme.Ils ont compris que demander seulement aux citoyens.d\u2019embellir leur propriété, une semaine par année, n\u2019était pas suffisant.Ils ont intéressé la jeunesse de nos écoles à ce problème, et c'est pourquoi un grand concours a lieu dans toutes les classes pour inviter les écoliers et les écolières à méditer sur ce devoir civique.Le Conseil municipal, la Commission Scolaire, les membre du clergé, les directeurs des compagnies et quelques marchands ont généreusement appuyé le mouvement entrepris par les Chambres de Commerce, et accordant des prix aux copies primées des élèves.D'\u2019année en année, ce magnifique travail d\u2019éducation entrepris il y a trois ans par le Jeune Commerce s\u2019accentue et est en train de devenir une louable tradition, à laquelle contribue tout naturellement le public, convaincu lui-même de la nécessité d'un changement à l'approche de la belle saison.Il faut qu\u2019à partir de la semaine prochaine, Trois-Rivi- ères soit belle, dans tous les domaines (sauf celui de l\u2019état des rues, mais c\u2019est parat-il ! un travail de longue haleine.) celui-là, ELU BATONNIER L'Hon.Wilfrid \u2018Gariépy, député de \u2018Trois-Rivières aux Communes ,a été élu bâtonnier du district judiciaire de la Vallée du Saint-Maurice aux élections de lundi dernier à ce poste.TROIS CAUSERIES A LA SOCIETE D'HISTOIRE, LE 18 \u2014 La Société d'Histoire régionale des Trois-Rivières tiendra sa prochaine réunion mercredi le 18 prochain, au Séminaire Saint-Jo- seph.Notre Société d'Histoire, qui accomplit une besogne si utile, tiendra, ce jour-là, une séance très intéressante.D'abord, M.l'abbé Henri Vallée, principal de l'Ecole Norma- e, présentera un travail sur la A LA SOCIETE - DES CONCERTS Lundi prochain, le neuf mai, les membres de la Société des Concerts Trifluviens auront l\u2019avantage d\u2019entendre Anna Kaskas, née aux Etats-Unis de parents lithuaniens a figuré l\u2019an dernier avec grand succès dans plusieurs opéras sur la scène du Metropolitan Opera.Cette jeune et blonde: artiste terminera la présente saison des Concerts Trifluviens.carrière d\u2019instituteur du notaire Sévérin Ameau.! M.Onésime Héroux, journaliste au \u201cNouvelliste\u201d, fera un portrait du Trois-Rivières d'avant 1908.M.Jos.Barnard, avocat et ancien rédacteur en chef du \u201cBien Public\u201d, présentera lui aussi un travail.Il parlera de quelques\u2019 journalistes d\u2019autrefois.\u201cJE ME SOUVIENS\u201d Quelques savants de France Vous êtes de race, de san, .de langue française ?: Soyez-en fier ! HI y a de quoi l\u2019être! Les dépêches nous ont annoncé en fait-di- vers, il n\u2019y a pas longtemps, l\u2019entrée du Professeur Leriche au Collège de France.C'est banal et sans importance?Peut-être, mais lisons ce qui suit que le \u201cBien Public\u201d cite d\u2019après l\u2019Oeuvre latine, organe de la Ligue d'union latine, et il y aura peut-être lieu de nous dire que si nous voulons cultiver ce que Dieu et la nature tout ensemble ont mis dans nos coeurs et nos cerveaux, les Français d\u2019Amérique joueront un rôle en Amérique proportionné à celui que la Vieille France a joué la- bas, dans tous les domaines : \u201cLe Professeur Leriche vient d'entrer au Collège de France.Il succède au Professeur Vincent qui lui-même prit la place du Professeur Nicole.Cela n\u2019a pas fait beacoup de bruit et cependant ces trois noms représentent un merveilleux exemple du génie français.Ils ont à eux trois sur la conscience d\u2019avoir sauvé et de sauver encore des millions de vies humaines.\u201cNicole c\u2019est celui qui trouva le sérum contre le typhus; Vincent, c\u2019est celui qui trouva le sérum contre la typhoïde; Leriche, c\u2019est le créateur de la chirurgie du sympathique et des glandes.Trois découvertes mémorables; trois bienfaiteurs de l'humanité dont les Grecs eussent fait des demi- dieux.Si Lyautey était encore là, il dirait que c\u2019est le Professeur Vincent qui nous a gardé le Maroc.En 1913 l'Empire Cherifien était décimé par une épidémie typhoi- dique.Les hommes se couchaient et mouraient.Tous les renforts, atteints par l\u2019horrible mal, fondaient en un clin d'oeil.À Paris la.politique délibérait et songeait à abandonner le protectorat.Alors Vincent partit avec ses éprouvettes.Il vaccina 3a tour de bras et l'épidémie fut enrayée, puis disparut.Et le Maroc nous resta.C'est encore lui qui vaccina les Poilus en 1914 alors qu\u2019à Bar-le- Duc on avait déjà recueilli.70,000 typhoïdiques.Six mois plus tard il ne restait plus 40 malades dans les hôpitaux.\u2018 Nommé Professeur au Collége de France, Vincent s'est vu mis a la retraite d'office lorsqu'il eut atteint 70 ans.Il paraît que la reconnaissance nationale ne dépasse pas ce délai.C'est triste pour ceux qui disposent du pouvoir, mais cela n'atteint en rien le gé- Tile des hommes qui ont écrit cette \u201cpage de l'histoire de France et (Suite à la page 16.) \u2018 # 2 LE BIEN PUBLIC EN NOTES ET COMMENTAIRES BONHEUR E | PUISSANCE Lorsque \u2018 nous recherchons les causes du malaise dont souffre l'humanité à l\u2019heure actuelle, ne sommes-nous pas enclins à nous demander si la civilisation que l\u2019homme a édifiée en est réellement une ?En quoi, en effet, l\u2019esprit guerrier d\u2019aujourd'hui différe-t- il de celui qui existait au temps des grecs et des romains?A dire vrai, l\u2019homme n'est pas plus civilisé qu\u2019il ne l'était autrefois, si ce n\u2019est qu\u2019il a inventé, perfectionné des instruments de destruction.Les moeurs ont évolué au point que la criminalité s\u2019est accrue; l\u2019esprit, à sophistiquer, a répandu l\u2019erreur sous le voile de la vérité.La société s'est développée jusqu\u2019à rendre à l\u2019homme la plus entière liberté à ses passions.La seule ambition des peuples est de conquérir une puissance chimérique que toute tentative voue par le fait même à un échec.Tous ont combattu et combattent encore dans les domaines politique, intellectuel, économique, non.pas d\u2019une manière graduelle, hiérarchique, mais comme le hasard des circonstances les y invitent.Le monde est assoiffé de bonheur.Certains le cherchent dans les richesses futiles pour constater que l\u2019accumulation de fortunes par tous les moyens de fraude et de trigauderie ne procure pas cette joie qui élève et emporte dans je ne sais quel délice.D'autres, plus égoïstes, courent aux bruits de l\u2019honneur pour s\u2019arrêter vivement afin de prendre haleine tout en voyant que les honneurs ne se décernent pas à ceux qui en sont les plus dignes.Et Ia jeunesse, l'avenir de demain, que fait-elle, sinon que de s\u2019extasier devant les aristocrates de l\u2019argent, les arrivistes et les hâbleurs.Ne s\u2019enthousiasme-t- elle pas outre mesure pour les svorts violents, les réunions bruyantes, les orchestres caco- vhoniques, les \u201cstars\u201d de l'écran, lorsqu\u2019elle se repose de la critique des institutions établies ?Où se trouve-t-il ce bonheur qui consiste à vivre dans une société qui donnera à l\u2019homme assez de bien-être pour qu\u2019il puisse pratiquer la vertu?Inutile je crois de le chercher dans nos ceurses effrenées ici et là sur la route de la vie, car ce bonheur nous le possédons en nous-mêmes plutôt que dans les biens extérieurs qui nous entourent et le luxe qui nous fait envie.Puisque le mal.est en nous-mé- mes et non à l\u2019extérieur, organisons la lutte pour le bonheur dans une société bien organisée.Soyons l\u2019élite, non pas de demain, car ceux qui n\u2019en sont pas |: aujourd\u2019hui ne sauraient en être plus tard.En effet, la formation du caractère et de l\u2019intelligence doit être faite avant notre arrivée dans le \u201csauve qui peu\u201d; c\u2019est à la petite école, que dis-je, sur les genoux des mères que les enfants apprennent à devenir des hommes et non des mannequins, des poupées de cirque ou de vulgaires moutons.Soyons l\u2019élite moulée dans cette discipline qui fait que non seu- Jement on obéit.à ceux qui détien- ment l'autorité nécessaire, mais surtout qu\u2019on ne cherche pas ton- tinuellement à obstruer le chemin de ceux qui montent, qu\u2019on ne ja- leuse pas bêtement l'individu oui, ayant les qualités voulues, s\u2019élève quelque peu au-dessus de la masse, mais qu\u2019on lui aide et le soulève hardiment en ,un geste généreux, qu\u2019on se serre les cou- + des pour lui former un tremplin J sans vide d\u2019où il puisse se lancer sûrement vers les sommets qui I'attendent.Aussi, c\u2019est cette discipline qui manque à la populace, mée de médiocres qui a besoin de férule pour marcherggiroit; mais d'est elle également \u2018qui fait défaut dans la classe instruite, véritable troupeau d\u2019envieux qui bêlent à tort et à travers.ne, la race mourra à petit feu, englobée sournoisement par les éléments mieux formés qui l\u2019entourent.C\u2019est à nous jeunesse, de sortir de notre léthargie, de croire à ce que nous faisons et de le faire dans l\u2019enthousiasme, en annihilant cet esprit de haine oui anime la démoralisation et la disparition des éléments les plus nobles de notre race, et en le remplaçant par l\u2019esprit de charité et de paix.Jean-P.ROUETTE.UN GRAND EVENEMENT On prépare depuis plusieurs mois une manifestation qui, sans aucun doute, sera l\u2019une des plus somptueuses fêtes religieuses enregistrées dans nos annales depuis la fondation de la jeune Eglise canadienne.Nous \u2018 voulons varler du prochain Congrès Eucharistique de Québec qui aura lieu en juin prochain.Déjà, à maintes reprises, chaque semaine, chaque jour même, on a parlé de cet événement considérable qui fera accourir à Québec de tous Ies points des Amériques et même de l\u2019Europe des foules considérables où apparaîtront des personnages les plus distingués du monde civil et religieux.Dans 1'immense appel des voix multiples qui se fait entendre depuis des mois pour attirer l\u2019attention du monde catholique sur ce grand événement, nous éprouvons le vieux désir de joindre la modeste contribution de notre faible voix.Le monde moral et religieux est, comme le monde social, politique et savant, dans un état d\u2019instabilité et d\u2019excitation.des principes nouveaux proposés, défendus et poussés jusqu\u2019à leurs conclusions extrêmes les plus violentes.Tous les pays d\u2019Europe et d'Amérique souffrent d\u2019indifférence a I\u2019égard de la religion.On fait une\u2019 guerre incessante contre Dieu, contre la révélation divine et la vertu.C\u2019est partout le désor- de et Yirréligion, Mais pendant ce temps la sentinelle qui veille sur la Tour d\u2019Israel, le Vicaire du Christ, voit les wr ds cette ar- \u2018 Sans élite comme sans discipli- On voit.dangers qui menacent la société.Il comprend que le siècle se signale par une grande somme de bien comme de mal et, afin que le mal soit diminué ou éliminé, il accueille, chaque année, par le ministère de ses vicaires aux différents points du globe, les représentants d\u2019un pays à un grand congrès qui a pour objet de fixer pour un temps l'attention du peuple sur le Très Saint Sacrement et, par la dévotion de toute la po-' pulation de ce pays, faire comprendre à tous les coeurs cette grande vérité que c\u2019est par la Sainte Eucharistie que \u201ctoutes choses seront restaurées dans le Christ.\u201d Un tout petit bout d'histoire.Ce fut en Flandre, à Lille, qu\u2019en 1881, pour la première fois \u2014 en dehors des conciles, \u2014 des prêtres, des évêques, des laïques se réunirent, pour se raconter les souvenirs eucharistiques du pays qu\u2019ils habitaient dans le but d\u2019aider, par l\u2019union de leur enthousiasme, de leur foi, de leur amour dans la \u201ccontemplation des merveilles que le Christ donna .à son Un the pour THÉ JEUDI5 S+MAI 1938 tous les goûts sosFr DALACA Eglise\u2019, la propagation du culte te ans, dans les vieilles murailles, de l\u2019Eucharistie.L\u2019année suivante, lun des \u201cgrands triomphes eucha- c\u2019est Avignon, à l'autre extrémité\u201d ristiques\u201d qui, dans chaque pays de la France, qui vit accourir dans \"d\u2019Europe et d'Amérique, depuis ses vieux murs les \u201cpionniers de l\u2019Eucharistie\u201d et c\u2019est là, d\u2019ailleurs que des siècles auparavant, furent inaugurés par le père de saint Louis les cultes liturgiques de l\u2019exposition et de la procession du Saint-Sacrement.Dans notre jeune Canada ce culte a toujours été en honneur dès les premières années de la colonie laurentienne, surtout an berceau de l\u2019Eglise Canadienne, à Québec, où tout prochainement, plus de trois cents ans après la fondation de notre pays, éclatera, comme à Avignon, .voilà cinquan- NOTRE DEPUTE FEDERAL Portraitisé par Léopold Richer dans \u2018\u2019Le Devoir\u2019.Le chroniqueur politique du \u201cDevoir\u201d Léopold Richer, vient de publier l'intéressante esquisse suivante du député fédéral des Trois-Rivières, M.Wilfrid Garié- PY.Né a Montréal en 1877, il alla de bonne heure s'établir en Alberta où il devait bientôt remporter de vifs succès politiques.Candidat défait en 1909, élu en 1913 et réélu en 1917, il fut successivement ministre des Affaires municipales et secrétaire de sa province, Il démissionna en 1918, revint dans l'Est, s\u2019installa aux Trois-Ri- vières où en 1931, après une lutte féroce, il perdit l'élection aux mains de M.Charles Bourgeois.En 1935, malgré la pléthore de candidats, il se fit élire à titre de libéral indépendant.I siège maintenant à gauche du président de la Chambre, au premier rang des banquettes libérales.M.Gariépy se définit en un mot: c\u2019est un lutteur.Dans sa jeunesse il interrompit ses études pour des raisons de santé.On ne dirait pas aujourd'hui, à voir cet homme qui porte bien son âge, qu'il dut économiser ses énergies en vue de terminer son cours de droit.Il aimait déjà la politique.Il participa à presque toutes les campagnes, rencontra des succès et des revers, \u2018s\u2019imposa par sa jeunesse, sa culture, son allant, devint une force dans sa province d\u2019adoption.Il connut de près les hommes DANIELLE DARRIEUX AU CINEMA DE PARIS IT ae\u201d À 3 EE \u2018püblics, étudia leur vie, leurs mé- Danielle Darrieux dans \u201cAbus de Confiance\u201d, dès samedi au Cinéma \u2019 .\"de Paris.| .\u2018 thodes et leurs faiblesses.Nul mieux que lui ne sait, citer que cet exemple, I'importance capitale que joua le fleuve Saint-Laurent dans la politique fédérale.Le contrôle du fleuve, des ports de mer, des entreprises de mer, des entreprises de transport et de dragage fut l\u2019enjeu de bien des conflits, le sujet de complots nombreux, l'objet de convoitises jamais éteintes.M.Gariépy aime à faire l'histoire politique de ce point de vue et les tableaux qu'il brosse sont des plus saisissants.Il converse lentement, posément, avec une pointe d'humour froid et un soupçon d'hé- situation qui ne sont pas désagréables.Aujourd\u2019hui il a vieilli, cela se voit surtout aux cheveux gris poivre et sel.Il est revenu de bien des illusions, mais il a conservé beaucoup de sa débordante vitalité d'autrefois La démarche est volontaire, nerveuse, la carrure solide, le geste net, impératif, s\u2019il a le teint pâle et l\u2019air parfois fatigué.Le regard brille de malice, surtout quand Yoeil se ferme a demi comme s'il refusait de se livrer complètement.des Trois-Rivières possède une réserve de violence qui revêt parfois sa conviction d\u2019une terrible colère.A-t-il de l\u2019amertume?Elle lui vient moins du-passé lointain que des événements récents.:On lui fait la vie dure, surtout depuis- qu\u2019il s\u2019est prononcé contre la po- mé le respect de l\u2019autonomie provinciale.Sés discours ont habituellement l\u2019effet de cailloux dans \u2018une mare: \u2018ils font lever les grenouilles.Des députés lui tiennent rigueur de son courage et de son franc parler.Ce qu\u2019il perd auprès de ses collègues, il le gagne au centuple.auprès du public.A ce ministre.Et puis, après?On a vû qui n\u2019étaient pas ministres \u2026 pour ne: Le député| litique militaire et qu\u2019il a récla- |.compte, M.Gariépy ne sera pas|- des gens parfaitement heureux | un demi-siècle glorifient-une ville et sa population.EMBOUTEILLÉ EM ENTALPOT AY CANADA (Vislili 10 ane 10 ex.0.85 - 25 ex.*2.00 < 40 ox.3.00 ¢ \u201cVous avez : ÿ meilleure mme!\u201d\u2014- | \u201cOui, je me sens mieux!\u201d LIAN D'ACHETER AUJOURDHUI LE NOVORO DU DR.PIERRE Chez votre agent La médecins Lenique pour l'estomac, qui à [6d sve proves.oot aumplopés depuis les ting derniorse générations par dos millers de personnes.Elle aide à combattre le 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vraiment néces- .saire d\u2019attendre que toutes nos rues soient impassables ?Espérons que Don va se mettre enfin à la besogne! M.Poisson est un homme d'action, ou nous nous trompons fort ! P.N.La rue Niverville Puisque nous en sommes au chapitre de la voirie municipale, profitons-en pour suggérer une amélioration, demandée par la majorité sinon la totalité des résidents de la rue Niverville.Une plate-bande inutile, sans fleurs et sans gazon (en mettrait-on que les en- LES TROIS-RIVIERES, JEUDI, 5 MAI 1938 fants, les piétons et les chevaux auraient bientôt fait de raser les premières pousses) rétrécit la rue Niverville de cinq ou six pieds, qui n\u2019est pas suffisamment large pour permettre à une voiture de circuler lorsque des autos sont en stationnement l\u2019une vis-à-vis de l\u2019autre.Le chef de police vient de défendre le stationnement sur la rue Royale, entre les rues Bonaventure et Royale.Excellente précaution qui facilitera la circulation sur une rue qui fait partie de la route nationale et qui ne doit accepter aucune obstruction.Mais les autos qui ont l\u2019habitude de stationner sur cette partie de la rue Royale, où se logeront-elles?Voici particuliére- ment où devient nécesaire l\u2019élargissement de la rue Niverville.Située en plein centre de la ville, elle n'existe pratiquement pas parce qu\u2019elle n\u2019est pas assez large.La plate-bande enlevée, elle servirait à décongestionner la rue Bonaventure et la rue Sainte-Julie.De plus, en cas de feu sur cette rue Niverville, les voitures à incendie ne peuvent certainement pas passer dans cette rue lorsque des autos y stationnent, Tous ces arguments ne méritent-ils pas qu\u2019on s\u2019arréte a étudier ce probleme, bien facile d\u2019exécution.\u2014 R.D.PUBLI C \u2026 vos travaux de ala P \"tite F orge Des FRÈRES LEBRUN SR ee 454 voyez mos Tel Niverville Articles en Trois- | Fer Forgé Rivières, Chronique Jours \u2026 L'homme qui attend Pendant que dans les petits comités, un peu partout dans les villes, s\u2019affairent les groupes libéraux à la recherche d'un groupe, un homme se tient à l\u2019écart: M.Bouchard.Pendant la dernière session encore, il a fait grand bruit.Les journaux étaient remplis de son nom; mais on est tellement habitué à ce nom qu'il n\u2019éveille presque plus d\u2019intérêt; à peine un peu d\u2019amusement pour nos esprits blasés sur les choses politiciennes.M.Bouchard, donc se tient coi.Il a réussi, au cours des travaux de la session, à jeter un voile opaque sur la personne de son adversaire, M.Goäbout, coulé à pic dans Bagot.Par sa tenacité presque sadique, il a réussi à renfoncer, dans les affaires des comptes publics, quelques têtes libérales qui relevaient effrontément le front.TI a fort brouillé les cartes dans le jeu libéral.Maintenant, il attend, amusé au fond d\u2019une situation dont il a délibérément fermé presque toutes les issues, espérant sans doute que, de guerre lasse, ceux de sa couleur lui demandent de déchiffrer son propre rebus.Petit jeu amusant au fond, mais rien qu\u2019amusant.R.D.Lettre politique LE RID Les événements qui comptent sont ra- Tes.Aussi le chroniqueur politique trou- ve-t-il peu de matière à sa disposition.La semaine dernière, javais la candidature Stevens.C\u2019était une nouvelle qui sortait de l'ordinaire.On en pouvait tirer toute une suite de commentaires vivants, mais allez donc prendre la plume pour dire que vous avez vu le portrait de M.McNicol et celui de M.Héon, même flanqués de celui de l\u2019hon.M.Dupré, dans deux, trois ou quatre journaux de la province ! C\u2019est un peu maigre comme inspiration.Oh, sans doute, M.Dupré est photogénique, M.Héon aussi, je n\u2019en disconviens pas, méme si M.McNicol a une bonne bille, mais ces trois graces réunies ne suffisent pas à \u201clancer\u201d un reporter politique.Parlez-moi d'une engueulade comme celle que M.Jean François Pouliot a jetée à la tête de ce pauvre Stevens! Voilà de | la matière sur quoi travailler ! .Jean François, on en parle comme d\u2019une possibilité de première grandeur dans le champ provincial.Il aurait toujours été à couteaux tirés avec l\u2019hon.Alexandre Taschereau.Ce n'est pas lui que l'on pourrait accuser d\u2019avoir jamais pactisé avec l'ancien régime ! On voudrait lé mettre en face de notre M.Duplessis parce \u2018qu\u2019il est combatif, te- Nace, violent, sarcastique et \u2018\u201cachalant\u201d.On s'imagine que la partie serait -plus serrée , , , : Ca a peut-être du,bon sens.Ce qui est drôle, cependant, \u2018\u2019d\u2019une\u201cdrôlerie et d\u2019une Cocasserie assez remarquable, c\u2019est que l'on se serve précisément de Jean François pour s'attaquer, le Premier du côté libéral, à Stevens, « Avoir fait faire cette besogne par un Westerner\u201d, c'eut été assez dans la règle du jeu.L\u2019avoir fait faire par Jean Fran- Sois, en plus\u2018d\u2019être malhabile, c'est révélateur , | Décidément, les côntinuateurs de Lau- Ter manquent-de sens politique.Si les nationaüx®Conservatäurs -
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