Le Clairon, 19 mars 1920, vendredi 19 mars 1920
[" : &, VOL IX | SAINT-HYACINTHE, 19 MARS 1920 | | N + Nem = \u2014 = : | : .@ .PUBLIÉ PAR ASURNAL HEBDOMADAIRE PUBLL \u2018 L'Imprimerie Yamaska PARAISSANT Yar ; : NCORPO Tous les VENDREDIS B ' = e LOGEMENTS OUVRIERS - La question des logements ouvriers est de toute dernière actualité et ne doit être ignorée de personne.À l'heure actuelle surtout, puisque la.ville de St-Hyacinthe est favorisée d\u2019un progrès sensible qui lo.place devant l\u2019heureuse perspective d'un accroissement de population assez considérable en moins do plusieurs années, cette question est toute vitale pour nous.\u2019 C'est avec plaisir que nous publious dans son entier l'intéressant rapport que M.Maxime David sounsit, touchant cette question, à la dernière réunion de la Chambre de Commerce de St-Hyacinthe, mardi de cette semaine.Il ne manquera pas d'intéresser tous nos lecteurs.Voici ce rapport : M.le Président de la Chambre de Commerce de St-Hyacinthe.Messieurs : Pour correspondre à l'invitation qui m'en a été faite par M.René Morin, je me suis chargé d\u2019examiner de mon mieux la loi pourvoyant à la construction de logements ouvriers, et c'est le résultat de mon travail que je viens vous soumettre aujourd\u2019hui, Je tiens tout d\u2019abord à me recommander à votre indulgence tant au point de vue de la valeurlittéraire da cette étude qu'à celle de ma compréhension légale de la dite loi : les quelques connaissances que j'avais en ces matières se sont depuis longtemps déjà évanouies au contact journalier et moins intellectuel des chiffres et de la finance.Le seul mérite dont je tienne à me réclamer est celui do soumettre à lu Chambre le premier rapport écrit sur une question d'actualité.gJ'espère que ce nouveau-né, quelque difforme qu'il soit, sera 'ainé d'une nombreuse famil'e.Ces rapports écrits serviront de base à la discussion : ils seront de plus une preuve tangible du travail de la Chambre.Ceci posé, vous me permettrez d'aborder immédiatement le sujet- Nous jetterons d\u2019abord un coup d'oeil sur la loi en elle-même, et lorsqu'on l'aura comprise de notre mieux, nous tâcherons d'indiquer quelles sont, à notre opinion, les avantages que nous pourrions en tirer pour St-Hyacinthe, et les moyens à prendre pour atteindre ce but, La loi des logements ouvriers est une loi fédérale sanctionnée en décembre 1918, en vertu de laquelle une somme de $25,000,000.00 est mise à la disposition des diverses provinces du Dominion, au pro rata de leur population respective, pour être distribuée par ces dernières en vertu d\u2019une loi spéciale, aux diverses municipalités qui en feront la demande.Il ne faudrait pas cependant dovner au Parlement d'Ottawa le mérite exclusif d'avoir découvert qu\u2019il était d'intérêt général de pourvoir à l\u2019édification de quartiers ouvriers construits avec les progrès modernes de confort et d'hygiène.En effet, dès février 1914 la Législature de cette bonne vieille Province de Québec, souvent ignorée et offi- - ciellement arriérée, dans le but humanitaire de donuer à la classe ouvrière des logements saine et salubres, votait une loi permettant l'organisation de compagnies de construction ayant pour but l'édification de logements ouvriers dans toutes les municipalités et villes de la Province, sous la surveillance des conseils municipaux intéressés.Cette loi est encore dans nos Statuts et la dernière loi provinciale de 1919, corollaire de la loi fédérale, n'en détruit en aucune façon les effets.Seulement, et cela a son importance, la dernière législation en plus de permettre l'organisation de telles compagnies, leur fournit de plus les fonds.Ce que notre Législature avait conçu dans un but tout d\u2019abord huma- nitaïre, a été reconnu par le Parlement Fédéral comme une chose d'utilité publique, et en hommes plus pratiques et aussi plus fortunés, nos gouvernants ont appuyé d'espèces sonnantes leur encouragement à la construction des logements ouvriers.Quoiqu'il en soit, en laissant à chaque gouvernement le mérite de son geste et de ses intentions, c\u2019est donc une somme d'environ 87,000, 000.00 dont peut disposer la Province de Québec, la population de cette province étant d'environ le quart de celle du Dominion.Les journaux nous ont appris que $4,000,000.00 avaient été mis & la disposition de la Cité de Montréal.C'est dans la balance que nous pouvons puiser, et il est propa\u2018 ble qu'il serait assez facile, si nous en constatons 'opportunitd, d\u2019avoir de ce chef quelques centaines de mille piastres, - Ces fonds ne sont pas cependant alloués directement aux particuliers par le gouvernement.Seuls les conseils municipaux peuvent se les faire approprier.Ils doivent pour atteindre ce but poursuivre une procédure spéciale.Ils doivent ensuite observer eux-mêmes les conditions auxquelles ces prêts sont faits en'ce qui les concerne ; ils doivent aussi voir à ce que la distribution de ces fonds soit faite suivant la loi, et s'assurer enfin que les règlements de construction édictés par la loi soient observés.Une municipalité qui désire obtenir des fonds du gouvernement doit d'abord passer un règlement à cet effet.Ce règlement n'est pas sujet à l'approbation des électeurs propriétaires : il serait même valide s'il excédait le pouvoir d'emprunt d'une inunicipalité.Ce règlement doit énoncer : lo Que la municipalité désire emprunter un montant spécifié de tant; 20 que le mode d'emploi des fonds obtenus sera l'un des suivants : (a) La municipalité se chargera de faire l'achat des terrains et d\u2019y édifier elle-même les bâtisses, (b) elle remettra les fonds aux particuliers qui désireront construire, (c) les fonds seront remis à la disposition d\u2019une compagnie de construction formée sous l\u2019empire de la loi de 1914.Cette municipalité devra se rendre responsable au gouvernement du remboursement du capital prêté ainsi que des inté- rête.Le prêt sera de 20 ou 30 ans, avec intérêt n\u2019excédant pas 5/.Elle aura le privilège, à moins de conventions contraires avec le ministre intéressé, de n\u2019effectuer le remboursement qu\u2019à l'expiration dù terme, ou par versements annuels, La disposition des fonds ainsi obtenus par la municipalité doit être faite d'une manière toute spéciale dont voici les principales conditions.- Il est d\u2019abord entendu qu\u2019afin que l\u2019argent ne soit prêté qu'aux personnes qui en auront le plus besoin, il ne sera fait aucun de ces prêts à des personnes dont le revenu annuel s'élève à $3,000.00 ou plus (Art.3, cédule c), Le coût d'aucune habitation ne peut excéder la somme de $4,500.- 00, y compris la valeur du terrais.Comme la valeur du terrain ne doit pas excéder le sixième du coût total du terrain et de la construction, c'est donc un prét de$3,600.00 qui pourrait être fait sur une construction etun terrain coûtant ensemble $4,500.00.Ceci ne veut pas dire qu'il ne soit pas permis de construire des habitations plus dispendieuses que $4,500.00, mais dans ce cas la valeur de ces habitations doit être réduite à ce chiffre pour déterminer le montant du prêt par la municipalité.Dans le cas cependant où des particuliers déjà possesseurs de lots voudrgient obtenir un prêt, ce dernier ne devrait en aucun cas être de plus de 80/ du coût réuni de la valeur de leur lot et de celle de la construction.Ainsi un propriétaira d'un lot de $500.00 y construisant un immeuble de $3,500.00, aurait droit à un prêt de 33,200.00.Cependant, si au lieu d'être un particulier, le constructeur était une compagnie de construction, cette dernière aurait droit à un prêt de 85// au lieu de 80, qui serait la part allouée à un particulier.Les prêts ainsi faits sont remboursabies soit à 20 ans ou à 30 ans, selon le mode de construction.Seront fuits à 20 ans les prêts pour constructions séparées ou nii-séparées ou construites partiellement en stuc ou colombage, ou recouvertes en brique.Si ces logeinents ont 4 ou 5 pièces À part la chambre de bain et une cuisine d'été, il sera alloué $3,000 .00 ; s'ils ont six ou sept pièces, l'allouance sera de $3,500.- 00.A 30 ans, on exige que la construction soit faite en brique, tuile creuse, pierre ou béton, et de plus que la toiture soit de matériaux incombustibles.Le prét sera dans ce cas de $4000.00 et $4,- 500.00 selon le nombre de pièces tel qu\u2019il est dit plus haut.Bien que le mot habitation ne soit pas spécialement défini dans la loi, il doit s\u2019inférer que la loi désigne par ce mot un logement, et non une bâtisse.Ainsi l'allocation dounée à une habitation devrait se multiplier par le nombre de logements érigés dans une même bâtisse, pour déterminer le montant du prêt à être fait pour une bâtisse de deux ou trois logements.Ainsi si l'on accorde $3,000.00 pour un logis de 5 pièces, on devrait obtenir $9,000.00 pour un immeuble à trois logements.Il n\u2019est pas de mon avis cependant que l'esprit de la loi permette la construction à un nombre indéfiui de logements s'étendant par exemple sans interruption d\u2019un coin de rue à un autre.La loi dit bien quelque part que le prêt peut être fait pour des groupes d'habitations de trois ou plus, maie d\u2019un autre côté elle- exige, ailleurs, de 9 à 16 pieds d'espace entre chaque construction.De plus l'esprit de cette loi étant de pourvoir la clagse ouvrière de logements hygiéniques l\u2019on doit néces:airement déduire que la longue série de logements con- bigus ne saurait rencontrer les conditions d'hygiène requises, et partant ne saurait être permise.' Outre les conditions financières auxquelles les prêts sont faits et que nous venons de voir, il y a aussi des conditions de construction, Où l\u2019ou se propose d'adopter des systèmes de logemehts, on doit d'abord en dresser un plan général, mentionnant outre l'endroit des bâtisses, toutes Jes conditions hygiéniques exigées.La municipalité qui permet ces prêts, doit avoir préalablement fait les tracés des rues, pavages, trottoirs, égouts, aqueduc et système d'éclairage.Elle doit laisser des emplacements non construits devant servir de terrains d\u2019amusement et de parcs.Il est aussi nécessaire de conserver certains lots pour la construction d'édifices publics, tels qu\u2019église, écoles et mé- me magasins, La proportion des terrains non bâtis doit être d\u2019environ la dixième partie des terrains construits.Les constructions doivent faire face aux rues, et non pas sises dans les cours, ni sur des ruelles.On devra ménager autour des habitations beaucoup d'espace pour y établir des jardins et y laisser une libre circulation d'air, Chaque habitation devra occuper un lot d'au moins 2500 pieds carrés.Les bâtisses ne devront pas occuper plus de 50% de la superficie du lot, et avoir au moins 50 pieds d'espace libre en profondeur en arrière de la construction.Entre chaque bâtisse, il devra Y avoir un espace de 9 à 16 pieds selon le genre de matériaux employés dans cette construction.Les clôtures devront être à claire-voie et pas plus hautes que 4 pieds 6 pouces.Les constructions de stuc ou à revêtement de briques devront être pourvues de chambres à air dans les murs.Ces habitations seront pourvues de -bain, cabinet d'aisance, cau chaude si possible.Len sous-sols et caves ne devront pas servir à l'habitation.Les fenêtres seront d'un dixième de la superficie du parquet, et les pièces pourvues de ventilation.Les pièces auront en hauteur 8 pieds au-dessus des deux-tiers de la superficie des planchers.Le nombre d'étage est limité à trois.'Telles sont, avec quelques autres moins importantes, les principales conditions concernant les constructions.Maintenant que nous avons étudié le principe de la loi et ses prinsipales conditions, il nous reste à nous demander si nous pourrions ici à St-Hyacinthe en tirer quelques profite.Je dois vous dire que j'hésite à en tirer une conclusion absolue et définitive.Depuis que l'on m'a demandé cette étude, la Chambre a nommé un'Comité pour tirer lui-même ces conclusions.Je dois vous dire que je parle ici en mon propre nom, n'ayant pas eu le loisir de consulter les membres de ce Comité; mon travail étant en partie terminé lors de la formation de ce Comité.N'\u2019étant ni architecte, ni constructeur, ja ne puis à moi seul trouver bon ou mauvais, pour St-Hyacinthe, le projet de bénéficier des dispositions de la loi des logements ouvriers.Aussi je vous dirai de suite la seule opnelusion que j'ai trouvé logique de tirer après étude de cette loi, et ensuite si cela vous intéresse, je vous ferai part de mon opinion personnelle.Attendu que selon l\u2019article 10 de la dite loi, il cst permis & une municipalité de nommer une commission d'au moins trois membres pour la mise À exécution de la présente loi daus ses limites, je suggérerais que la Chambre fasse une requête au Conseil de Ville de St- Hyacinthe, lui demandant que cette commission soit immédiatement nommée pour d\u2019abord étudier cetto loi le plus intelligemment possible, et voir & sn mise on pratique plus tard si cette commission et le Conseil de Ville trouvent avantageux de se prévaloir des dispositions de cette loi.Il pourrait être suggéré au Conseil que cette commission soit composée comme suit : Trois échevins de la Cité dont au moins un fasse déjà partie de la Chambre de Commerce ; deux membres de la Chambre de Commerce qui ne devront pas être échevins ; un représentant ouvrier faisant partie de l'Union Internationale et un autre représentant ouvrier des Unions Nationales.Je tiens spécialement à la représentation ouvrière dans cette commission vu que, outre son droit réel de s'intéresser à la chose publique, la classe ouvrière ainsi représentée n'aurait pas de reproches à faire aux autorités dé ne pas - s'intéresser à son sort: et à ne pas la faire bénéficier des lois passées ans sun intérêt, si le rapport de cette commission concluait que financièrement parlant la loi ne donne pas les avantages pratiques qu'elle semble promettre.Cette commission pourrait s\u2019adjoindre l'ingénieur de la Cité et pourrait peut-être rencontrer le directeur provincial des logements ouvriers.Ce me semble être le moyen le plus pratique de se renseigner, de bénéficier de la loi si elle est avantageü- se et de ne pas se faire de reproches dans l'avenir si d'autres municipalités puisent à ces fonds, alors que nous s'urons décidé de ne pas le faire.Maintenant, sans anticiper sur les conclusions que tirera comité nommé par cette chambre, ni sur celles où pourrait en venir la Commission nommée par le Conseil de Ville si cette commission était créée, je vais vous dire, si vous me le premettez, mon opinion personnelle.Come vous I'avez compris duns \u2019étude de loi, la municipalité a trois moyens de disposer des fonds prêtés : je les répète.1.\u2014 Acheter elle-méma ies lots ot construire elle-même les habitations, .2.\u2014Mettre les fonds & la disposition des\u2019particuliers qui désirent construire.3.\u2014Mettre ces mêmes fonds à la disposition d\u2019une Compagnie de Construction, dont elle se rend responsable.Procédant par élimination, je condamne de suite ce dernier moyen c'est-à-dire d'avoir recours à une compagnie de construction.Et voici pourquoi : d'abord il n'existe pas à St-Hyacinthe de ces sortes de com- paguies, il faudrait donc la créer.L'organisation d\u2019une telle compa- guie est d'abord fort longue, et vous le savez, nous sommes pressés, Il faudrait faire souscrire le capital, obtenir avec force délnis des lettres patentes, faire fonctionner par le vote des électeurs-propriétaires le rè- lement municipal garantissant les opérations de cette compagnie.Tous ces pas et-démarches prendraient un temps considérable avec-des chances de ne pas aboutir.De plus I'obtentiou du capital de cette com - pagnie ne serait pas chose facile, vu qu\u2019il est absolument défendu par la loi à ces compagnies de déclarer des dividendes de plus de 6/.Si ces opérations étaient rémunératrices il serait donc impossible d'en payer les bénéfices aux actionnaires, de sorte qu'il ne resterait probablement \u2018 que les risques de nos profits à courir.Peu de capitalistes seraient empressés de placer leur argent dans des entreprises dont les profits sont limités à G//saus que les pertes possibles le svient, alors qu\u2019il est facile de placer sûrement à ce taux des capitaux sur débentures de premier ordre.Dans tous les cas, avant de mettre en opération une organisation de cette sorte il se pourrait bien que la saison d'été soit passée, C'est pourquoi, à mon opinion ce moyen doit pour le moment du moins être mis de côté.Le second mode à la disposition de la municipalité est le suivant ; mettre les fonds & la disposition des particuliers qui désirent construire.Je vous avoue de suite qu\u2019à première vue ce mode m'a paru le plus pratique.Il est certain qu\u2019il existe en ville une infinité de petits capitalistes possédant $1,000.00, $1500.00 et plus.Ces montants ne suffisent plus à la construction de logements, et ces gens peu habitués aux affaires redoutent toujours un créancier hypothécaire.D'autres actuellement propriétaires d'immeubles qui leur ont coûté peu, pourraient, étant dunnée la plus-value actuelle des bâtisses, les revendre et réaliser un bénéfice appréciable.Les uns et les autres seraient déjà pourvus d'un petit capital, auquel le prêt que pourrait leur faire la ville permettrait de se construire des habitations plus modernes.Plus ils auraient d'argent, moins le prêt serait considérable et partant moins le remboursement et les intérêts seraient onéreux : sans compter qu\u2019ils auraient l'assurance de ne jamais redouter la demande imprévue d'nn créancier hypothécaire ordinaire.Car il est bien entendu que si la loi limite le maximum d'argent qui peut être prêté, elle ne voit pas d\u2019objection à fournir à un constructeur que ce qui manque.Il est certain que si la ville proclamait et annonçait qu\u2019elle est à même de fournir et des plans confcrmes à la loi et des fonds récessaires pour construire, plusieurs de ces petits capitalistes seraient tentés d'améliozer le confort de leur foyer, et de mettre à profit leurs petites épargnes qui dorment souvent dans les banques, en louant un ou deux logements dans la même construction qui les abriterait eux-mêmes.Ce moyen est très recommandable, mais j'y vois une objection.Qui est-ce qui va se décider le premier à partir le mouvement ?On va craindre toutes sortes de choses, on va hésiter et encore une fois la saison d\u2019été sera passée qu\u2019on ne fera que commencer à comprendre.Ce mode serait bon à la condition que celui qui \u2018nous reste à étudier soit immédiatement mis à exécution.Ce mode le voici : c'est que la ville achète elle-même des terrains et y érige les constructions.Il est clair que si le mouvement de construction partait de la ville, que si des constructions modernes et confortables étaient érigées, que, si on éloignait ces maisons les unes des autres de manière à laisser aux particuliers des lots libres, l'exemple entraînant, les particuliers se hâteraient de remplir à leurs frais les vides laissés à leur intention.Il n\u2019est pas nécessaire que la ville construise une infinité de logements, il suffirait qu\u2019elle parte le mouvement, Il est tout probable que si la municipalité achetait par exemple dix lots dans le Bourg-Joli et y édifieait sur chacun une maison à deux logements, cet exemple serait de nature à promouvoir l\u2019intérêt des petits capitalistes.La population s'intéresserait à ces constructions, se mettrait au courant des dispositions de la loi, étudierait sur place son fonctionnement, ses exigences et ses avantages eb il est certain qu'un bon nombre de citoyens trouveraient avantageux de construire.On va peut-être objecter que c\u2019est charger l'administration et les finances municipales de nouveaux soucis et de nouvelles obligations ?Peut être, mais il faut aussi être logique.La population dela ville a déjà trouvé juste et profitable de faire les sacrifices pécuniaires demandés pour l'établissement de la Manhasset Mfg Co.L'argent demandé pour l'achat du terrain a été rapidement souscrit, et les dépenses contingentes ont été votées par le Conseil sans récrimination de la part du public.Aujourd'hui qu'on estentré dansce mouvement il faut y persévérer jusqu\u2019au moment d'en retirer du profit.Il ne sert à rient de semer si on ne prend pas les moyens de faire la récolte.Or l'établissement de cette industrie n\u2019est qu\u2019une semence, et les profits de la récolte viendront lorsque le fonctionncment.\u201cde cette À [Suite a la page 6] F ae = Ae eae mo bots \u2014 pe \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014 wn) 7 AR ra po \u2014ar- ~ = ee = _\u2014 Tm #4 te te ITER PES TTI TAT A No 287 com ye Rdglement accordant une exemption de taxes Ala Canadian Manhas-|- set Cotton Co., Limited, + A une séance du conseil muaicipal de la Cité de Saint-Hyacinthe tenue dans l'Hôtel-de-Ville le trois mars mil neuf cent vingt, en la manière et suivant les formalités prescrites par l'acte d'incorporation de la dite cité, à laquelle séance sont présents : Son Honneur le Maire Bouchard et les échevins Banoit, Godbout, Chevalt, Solis, Lefebvre et Hallé, formant quorum sous la présidence de Son Honneur le Maire.Attendu que la Canadian Manhasset Cotton Co., Limited, corporation légalement incorporée et ayant son bureau d'affaires dans la Cité de Montréal, a déclaré, par sa lettre en date du dix-neuË février mil neuf cent-vingt, qu\u2019elle désire et entreprend d'établir une nouvelle usine daus les limites de la Cité Je Saint-Hyacinthe ; Attendu que cette usine travaillera et faubriquera le caoutchouc, le lin, le chanvre la soie et les autres substances fibreuses ; les laines, les fils, les draps, les marchandises, les étoffes et les autres tissus ; leurs ingrédients et leurs parties constituantes ; tous les sous-produits provenant de leur croissance, production, acquisition, fabrication ou emploi ; tous articles manufacturés, produits et composés formés en tout ou en partie de ces substances et d'autres substances, matières ou choses nécessaires, utiles ou accessoires ; : Attendu que le site choisi pour la construction de cette nouvelle manufacture est décrit et borné comme suit : en front par la rue Laframboise ; au nord'ouest par le terrain de la compagnie E.T.Corset et le côté est de la rue Delorme ; au nord par la propriété des Révérendes Soeurs de La Présentation ; à l\u2019est par la propriété de la Canadian P.pe Organ Co., le terrain de la Corporation Auglicane, la propriété de M.Wilfrid Girouard, la propriété des Révérends Frères de St- Vincent de Paul et par une partie de la propriété des Révérendes Soeurs de La Présentation ; et étant parties des lots numéros six cent quatre- vingt-six et six cent quatre-vingt-trois du cadastre officiel de la Cité de Ssint-Hyaciuthe, d\u2019une superficie d'environ cinq acres ; Attendu que la dite compagnie demande la permission d'établir la dite usine et demande, de plus, d'exempter le dit terrain et la dite usine de toutes taxes, cotisations et impôts pour -la période de dix années commonçant le premier janvier mil neuf cent vingt, suivant les dispo- aitions de la charte de la Cité de Saint-Hyacinthe et des articles Nos 5922 et 5923 et autres des Statuts Refondus de Québec, 1909 ; Attendu qu\u2019il est de l'intérêt public d'accorder cette demande ; Il est en conséquence statué et résolu par règlement du conseil municipal de la Cité de Saint-Hyacinthe ce qui suit : lo.Le conseil municipal de la Cité de Saint-Hyacinthe accorde à la Canadian Manhasset Cotton Co., Limited la permission d\u2019ériger la dite usine sur le terrain décrit ci-dessus.20.Le conseil municipal accorde à la Canadian Manhasset Cotton Co., Limited, ses successeurs et ayants-droit, une exemption de toutes taxes, cotisations et impôts municipaux pour la période de dix années commençant le premier janvier mil neuf cent vingt.Cette exemption de taxes, cotisations et impôts portera sur le terrain sus-décrit et sur toutes les constructions qui seront faites sur le dit lot de terre pour les fins de son iadustrie.Cette dite exemption est accordée suivant les dispositions de la charte de la Cité de Saint-Hyacinthe et des articles Nos 5922, 5923 et autres des Statuts Refondus de Québec, 1909.30.Le présent règlement aura force et effet lorsqu'il aura reçu l'approbation des propriétaires de biens-fonds imposables de cette municipalité et toutes les approbations exigées par la loi.7 Nous soussignés, Télesphore-Damien Bouchard, Maire, et Albini Messier, Grefli>r, certifions que le règlement numéro deux cent quatre- vingt-sept, accordant une exemption de taxes à la Canadian Manhasset Cotton Co., Limited, a été passé par le conseil municipal de la Cité de Saint-Hyacinthe, à sa séance orninaire du trois mars mil neuf cent vingt.| Sigué T.-D, Bouchard, =Maire de la Cité de Saint-Hyacinthe.| Signé A, Messier, Greffier de la Cité de Saint-Hyacinthe.Vraie copie, A.Messier, C reffier de la Cité de Saint-Hyaciothe, | AVIS PUBLIC CANADA Province de Québec Cité de Saint-Hyacinthe Conformément à la résolution adoptée par le conseil municipal de la Cité de Saint-Hyacinthe, à sa séance ordinaire du trois mars mil ,- neuf cent vingt, je soussigué, Télesphore Damien Bouchard, Maire, convoque uue assemblée des électeurs propriétaires afin de soumettre à leur approbation le règlement numéro deux cent quatre-vingt-sept, accordant une exemption de taxes à la Canadian Manhasset Cotton Co., Limited.Cette assemblée aura lieu dans la salle publique de l'Hôtel-de- Ville de cette municipalité le vingt trois mars mil neuf cent vingt, de dix à'onze heures de l\u2019avant-midi.Si la votation n'est pas alors demandée, le règlement numéro.deux cent quatre-vingt-sept sera censé adopté à l'unanimité ; et ai la votation est demandée, elle sera accordée et elle aura lieu suivant la loi.Le dit règlement numéro deux cent quatre-vingt-sept a été passé par le conseil municipal à sa séance ordinaire da trois mars mil neuf - \u2018cent vingt et l'original en est déposé au bureau'du conseil où il peut en être pris communication.Donné en la Cité de Saint-Hyacinthe, le quatre mars mil neuf \u201cbent vingt.T.-D.Bouchard, Maire de la Cité dé Saint-Hyacinthe, VACHES LAITIERES DE RACE PURE COMPA.\u201c REES AUX VACHES -METISSES - (Notes des fermes expérimentales) \u201cMe conseillez-vous d\u2019élever des vaches laitières de race pure ?\u201d, Cette question nous est tout aussi souvent posée aujourd'hui que jamais, et tout aussi souvent nous y répondons dans la négative.° Tant de facteurs entrent dans ce problème qu\u2019il convient de l\u2019étudier sous tous ses aspects.Les bons animaux de race pure, mâles on femelles, se vendent aujourd'hui si cher que c'est perdre une bonne occasion que de ne pas essayer leur élevage quand on s\u2019est déjà exercé avec succès sur les bêtes communes ou métisses.Sans doute nous connaissons des troupeaux métis qui rapportent plus d'argent à leurs propriétaires que certains troupeaux de race pure de la même localité.Mais, comme on le sait fort bien, il y a dans chaque paroisse, des hommes élevant du bétail de race pure qui n'auraient jamais dû se mettre dans l\u2019élevage.Pour le cultivateur ordinaire, qui veut se lancer duns l'élevage des hétes de race pure, le moyen le meilleur et le plus économique est d\u2019acheter quelques -bonnes femelles pour commencer.Il est essentiel qu\u2019elles soient de bonne qualité\u2014des vaches saines, d'un bon type, d\u2019uuve productivité éprouvée ou descendant d'ancêtres dont la productivité est connue.Mieux vaut avoir une seule bonne vache que plusieurs bêtes de qualité médiocre.Point n\u2019est besoin d'une grosse mise de fonds lorsque l'on s\u2019y prend de cette manière.Il est remarquable de voir avec quelle rapidité on peut édifier un troupeau avec quelques vaches de souche.Pour former le troupeau de la ferme expérimentale d\u2019Agassiz, nous avons acheté, en décembre 1911, 28 vaches métisses et l'année suivante trois vaches pures : en l'automne 1915 nous avous fait l'acquisition de deux génisses pures et l\u2019année suivante d\u2019une paire de génisses de deux ans ; il y à aujourd'hui 42 femelles de race pure dans le troupeau, y compris celles qui précèdent et leurs descendantes.A mesure que le troupeau de race pure augmentait en nombre, nous avons graduellement diminué le nombre de bêtes métisses si bien qu\u2019aujourd\u2019hui il ne nous en reste que vingt-et-une.En ces trois dernières années nous avons comparé tous les ans la production de cinq des meilleures vaches de race pure et de cinq des meilleures vaches métisses.Dans chaque cas les vaches pures sont celles qui ont ie mieux rapporté au point de vue commercial.En moyenne les bêtes pures ont produit 4,476 livres de lait dont 153 livres de gras de plus par tête et par an, et leur profit sur la nourriture a dépassé de 827.64 par tête celui der bêtes métisses.Mais c'est après qu\u2019un troupeau de race pure s\u2019est accru suffisamment, pour qu'on puisse vendre du stock pour l'élevage qu'il rapporte le plus d'argent.Le taureau Holstein Inka-Sylvia-Beets-Posch-5563 a servi comme géniteur dans le troupeau d'Agassiz de décembre 1916 à juillet 1918.Il nous a donné pendant cette période 15 femelles métisses et 12 pures qui sont dans le troupeau à l'heure actuelle.En comptant les 15 génisses métisses à leur plus forte valeur possible, elles représentent la somme | de $1875.tandis que les 12 génis.| \u2018troupeau pendant la méme périnde = case .= hn i 2 fi FL > < » L A 22?= Ril Ï wT Sar Sri AS | | lL : R- ) ) oi {4 If | RA : : 7 eclund Tractor Compa ; Of CANADA LIMITED WINDSOR, pe Pa Por\u201d | \u2014 7 UE a | =r A iy - êve CY \u2018 \u201d Le pled supporte le poids de & homme a une petite surface -ce n'est pasla manière Cletracde sorte que {'Romune enfonce.tions.Le Cletrac apportera d'agrément à la ferme.sur des raquettes.écrire au Le Cletrac retient les jeunes gens sur la ferme, ou bien il ramène à la ferme les jeunes gens qui sont partis pour la ville pour prendre d'autres occupa- Il est facile d'apprendre à conduire le Cletrac et c'est un réel plaisir de cultiver avec lui.Le Cletrac peut pénétrer dans bien des places et accomplir des travaux de toute nature là où il n\u2019est pas d'employer un autre modèle de tracteur.Il construit sa propre voie sans fin et son poids est distribué également sur ces voies larges \u2014 comme un homme Le Cletrac labourera n'importe quel terrain.Il passera sur un terrain mou, humide, montera ou descendra une côte, Il tournera dang un espace très restreint, de sorte qu'il pourra être utilisé avec avantage sur les petites propriétés.Après les travaux de labour, il sert aux semailles, au hersage ou au charroyage.Il fera le battage, moudru le grain actionnera la scie à bois, et fera entre temps un grand nombre d'autres travaux du même genre.Il brûle du pétrole (Kerosene) à la perfection, Pour Prix et Conditions de Vente Département de l\u2019Agriculttre QUEBEC, P.Q 4 - _ ES UN RC RARES BR LS | La Monière Cletrac Ce n'est as la manière Elctrac Pour que les jeunes gens restent sur la ferme plus de prospérité et Ha) possible la plantation.BANQUIERS: LA BANQUE NATIONALE, qui est si bien connue dans toute la Province, pour l'intérêt et la sollicitude qu\u2019elle porte au bien-être de la classe agricole, en vertu d\u2019un plao dûment approuvé de paiements différés, escomptera à nimporte laquelle de ses 272 succursales et agences, les billets de n'importe quels cultivateurs ou fermiers responsables, donnés en paiemen Je leur matériel de traction.re ai NE LA 1 À.t = Les pères qui ont pratiqué les anciennes méthodes de culture, lentes et pénibles, alors que tous les travaux sur la ferme étaient très durs, seront heureux de cultiver à la manière Cletrac et de faire apprendre À leurs fils à conduire le Cletrac et à cultiver d'une manière agréable et profitable, Les mères.accueilleront le Cletrac avec joie.11 retient leurs fils A la maison \u2014 et les ramène chez cux s'ils sont déjà rendus à la ville.Procurez-vous votre Cletrac maintenant et apprenez tout ce qui concerne la conduite du Cletrac avant qu'arrive le temps Achetez votre matériel de labourage au complet.Le Cletrac.et une charrue Oliver constituent l\u2019outillage idéal.L'Oliver est pourvue de socs spéciale ment adaptés aux besoins du Canada.Elle pénètre et se maintient dans la terre, même dans les sols les plus durs.Le nom \u2018\u2019 Oliver \u2018\u2019 est synonyme de bon labour et de fiabilité absolue.De plus amples informations et de la littérature intéressante au sujet du Cletrac et de la Charrue à Tracteur Oliver seront données avec plaisir.Pour Service ou Pieces de Rechange écrire à Tractor & Implement Company, Limited 604-5 Edifice Drummond - MONTREAL Avec des raquettes, ll apps ralt que le poids est distribué également sur unc plas grande surface - la manière Cletrac \u2014 et l'homme lisse & tn surface.de préparer le terran pour ses pures valent deux fois autant et cependant elles ne coûtent pas cher que les métisses.Les veaux mâles de race pure, nés dans le se sont vendus $100 chacun et au delà, tandis que les veaux métis se sont vendus pour la boucherie.Non seulement il est plus avantageux de produire des bêtes de race pure que des bêtes communes dans de bonnes conditions, mais on y prend aussi plus de plaisir et plus d'intérêt.M.H.Hicks, Sarintendaot de la ferme expérimentale d'Agassiz, B.-C.VENTE A L'ENCHERE Inve: Joseph Hébert cet Frères, cédants, St-Hyacinthe.MERCREDI 1e 24 mars courant, à une heure de l'après-midi, A mon bureau, au numéro 16 de la rue St-Denis, seront vendus à l'enchère les immeubles suivants appartenant aux cédants, savoir : 1.Une terre située sur le chemin du Grand Rang, côté sud, en la paroisse de St-Thomas d'Aquin, de deux arpents et demi par trente, étant le No.1144 du cadastre de la paroisse de St-Hyacinthe avec les bâtisses y construites.2.Un lopin de terre de la contenance d'environ 12 arpents; étant partie des Nos.1099 et 1100 du cadastre de la paroisse de St-Hyacinthe,\u2019 entre le chemin la rivière Yamaska, le ruisseau Clinchamp et le No.1101 avec bAtisses.3: Un emplacement situé dans le quartier No.5 sur la rue Héloise, étant le No.588 du cadastre de la paroisse de St-Hya- cinthe, sans bâtisse.4.Un emplacement, sous bail emphytéotique, sur la rue Trudeau étant la moitié nord-est du numéro trente-cing de la subdivision du numéro sept-cent-quatre (No.704-35) du cadastre de la cité de Styacinthe, avec bâtisses.- Pour les conditions s'adresserau notaire soussigné.St-Hyacinthe le 3 mars 1920, A RENÉ MORIN, Notaireafs JEUNES S'adresser à : J Apprenez a faire beaucoup d'argent.Venez, nous vous enseignerons à faire des CIGARES Nous avons des jeunes filles qui gagnent jusqu\u2019à $25,00 et $28,00 par semaine.Fabrique GROTHE ue Raymond, St-Hyacinthe FILLES | \u2014 pn mr tn.H.MOREAU COMMERÇANT De FOIN et de PAILLE EN GROS ET EN DETAIL 23 RUE RAYMOND - ST-HYACINTHE Telephone 227.J.S.Beaudet Notaire.Argent à prêter, \u2014 Assurance 3 RUE DU PALAIS, 'ST-HYACINTHE P.Q.6-68-18 TT or \u2014acuges wirew seers Vieilles Lettres Quand, chauffant nos pieds aux tisons, En révant nous vous relisons, Vieilles lettres toutes fanées, ! O vieilles lettres d'autrefois ! Nous croyons sentir sous nos doigts.Refleurir nos fraiches années.Votre papier terne et jauni S'éclaire du rayon béni De notre jeunesse ravie, Et nous revoyons, grâce à vous, Ces temps heureux, ces temps si doux Qui sont l'aurore d\u2019une vie.Grâce à vous, pour quelques instants, Les chaudes teintes du printemps Se mêlent aux pâleurs d'automne ; Et c'est un peu de nous enfin Que, sur ces riens de papier tin, En sa bonté Dieu nous redonne.Sous la poussière, voile épais, Vieilles lettres, dormez en paix, Moitié larmes, moitié sourire : \" Vous êtes les témoins certains Des beaux jours, hélas : trop lointains.Honte à celui qui vous décrire ! Jacques NORMAND Petite Histoire de Jadis \u2014 mm Il arrivait de Vicdessos, de la haute montagne ariégeoise, du pays de ces \u2018pastoures\u2019 brunas, rugueuses, sournoises, de ces petites sorcières & bas violets, À caraco bleu, & jupe groseille qui se battent avec les chévres & coaps de cornes, teaient les vaches sous un chapeau grand comme un soleil, et mangent en regardant du côté de l'Espagne, Une tomate crue assaisonnée d\u2019un grain de poivre.Octavie, la fille de la garde-barrière et du cantonnier, et, aussi, ma compagne d'enfance, était une de ces petites sorcières malignes, avares, méchantes, mais drues, mais vacées, mais vivaces comme les champs de sarrasin sous un regard de paysan.Quand il était annoncé, on parlait incessamment de lui chez le cantonuier.On en parlait avec emphase et gloriole, componction et gravité, comme de la foire au bétail, de la robs neuve de la garde- barrière ou de son bouquet de noce qui, sous un globe de verre fleurissait une chambre de cotonnade, d\u2019obscurité et de saintes vierges.Quand il était IN, on le saliait avec ivresse et triomphe, Quand il avait disparu, plus que jamais ou s\u2019entretenait de lui, car on l'attendait encore ; mais le cantonnier buvait moins sec, la garde- barrière semblait plus loquace et plus souriante, Octavie était moins fière et moins farouche.Elle ouvrait, alors, un peu plus la porte du buffet.Mais quand il était présent, d'un regard féroce et autoritaire, elle me chassait si je m'approchais trop de ce buffet trapu, et, le genou sur son - \u2014\u2014 battant entre-bâillé, elle en tenait la clé dans sa main brûlée et odorante de gardeuse d'oies et de cueilleuse de serpolet.Aussi bien, m'aurait-elle dit .\u201cVa t'en I\u201d Mais ne me le disait- elle pas avec sa lèvre serrée et jalouse, son oeil qui m'épouvantait, \u2014tant l'avarice, l'insolence, l'orgueil, la malignité, I'adoration, la concupiscence 8'y mélaient intensément ?\u2014Va-t'en ! Ne regarde pas l\u2019intérieur du buffet.Ne mange pas mon pain noir avec tes yeux.Ne .A désire pas mon beurre.Ne parle pas de mes: piments ! Ils arrivent d\u2019Ustou, de chez mon parrain, Ne touche pas ce lard : c\u2019est notre cochon.Ne joue pas avec cet ail : c\u2019est notre jardin.Et, surtout, ne t'avise pas de penser que je pourrais te donner une iwiette de fromage.Il vient de Vicdessos | Et moi, je suis née à Vicdessos ! Et ce fromage, c'est mon pays, notre richesse et notre pauvreté, notre économie et notre gloire, notre métairie et nos bals dans l'herbe, nos messes et nos inoutons, l'avarice de mes graud\u2019mères, le travail de mes grande-pères, la sueur de toute ma race, et sa chanson au lilieu des cigales, ct son repos sous les vieux chônes, et sa sagesse près des puits et sa méditation dans l\u2019adrore, et sa course pesante, pensive, accompagnée du bas de laine, du bâton, noueux, du bétail cabré ou docile, sur les routes rudes et fleuvies qui mènent à la ville, à la foire, à la chicane et au profit ! Va-t'en ! - \u2014_0r\u2014 Oui, le dieu du buffet d'Octavie était un fromage.\u2018Le fromage de Vicdessos !\u201d, comme ils disaient, eutre la bouteille de piquette et,la grasse soupe de pnmmes de terre, quand ils étaient à table, ces terri- bles et vigoureux paysans.Ah ! ce fromage ! Le fromage de Vicdessos !.Il fat toute la langueur, toute la convoitise, toute la nostalgie, toute lu mortification, tout le supplice de mon: enfance.Dirai-je que je ne l'ai jamais goûté ?Cruelle Octavie ! Vous avez ton- jours refusé à mes sept nns ce qu\u2019- ils ont désiré le plus au monde : un inorceau de ce fromage qui prenait pour mon âme, à cause de la religion, du respect dont vous l'entouriez, toute une signification, de mystère, de symbole et comme d\u2019infini.\u2014\u2014 Oui, une fois, goûter au fromage de Vicdessos et mourir ! Voilà \u2018ce que je pensais, tandis qu'en me tendant un maigre petit morceau de paiu noir, si je me trouvais chez vous à l'heure du goûter, vous me disiez, avec votre oeil de malice et de sécheresse : \u2014Veux-tudes prunes?.Peuh ! J\u2019en avais tellement chez moi que j'en faisais marmaludes Pour le soleil et les abeilles, en pleins champs, en plein gaspillage.\u2014Veur-tu une pomme ?.Elles pourrissaient au pied de la terrasse, chez moi, dans l'herbe crépitante de snuterelles.\u2014Veux-tu une tomate ?.Horreur je savais trop comment vous les nvaliez, crues, épicées et ruisselantes, près de la mare aux canards ! Non, Octavie, non !.Je voulais, je voulais un morceau du fromage de Vicdessos ! Ft vous le saviez bien, Ô maligne ! à avare ! Et je vous suppliais sans rien vous dire, je vous suppliais, Octavie avec un coeur si gros, une ame si dolente, que j\u2019en détaillais dans ma cuisine baignée d\u2019ombres forestières, A la fn, lasse, révoltér, je jetais sur votre table le morceau de puin que vous m\u2019aviez si parcimonieusement mesuré, mais je ne partais pas assez vite pour ne pas apercevoir que vous preniez pour vous, enfouie dans ln profondeur du buf- | fet, une trauche du fromage à la croûte brune; de ce fromage qui -
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