L'autorité, 16 septembre 1939, samedi 16 septembre 1939
[" REDIGEE EN COLLABORATION 25e ANNEE \u2014 No 1333 \u201cJ'entends grincer la scie et tomber le marteau\u201d.(Campenon) L\u2019AUTORITE, MONTRE AL, 16 SEPTEMBRE 1939 CENTS Administration: Suite 415-416, Edifice Canada Cement, Tél.: Lan.9841 Abonnement: $2.50 par année Une tempête dans un verre d\u2019eau A quoi va servir cette folichonne agitation de nos petits | \u201cpationaleux\u201d?\u2014 Elle tombe à plat devant la politique nationale préconisée par nos gouvernants, a Ottawa.NOTRE PROVINCE SAURA FAIRE SON DEVOIR Depuis la publication de notre article de la semaine dernière, dans l\u2019\u201cAutorité\u201d, le Canada, de par la volonté du Parlement, a officiellement déclaré la guerre à l\u2019Allemagne.-Et, suivant en cela les directives données par le cabinet, nos représentants, à Ottawa, ont décidé à une presque unanimité, que notre pays prendra charge de la défense de son territoire, organisera des unités militaires pour cette défense, fournira des aviateurs à l\u2019Angleterre et des munitions comme des vivres, des provisions et des engins de guerre.De conscription, pas.Nous le savions et c\u2019est la politique émise par l\u2019honorable M.King et ses collègues qui est actuellement mise en force.Et tout ce déploiement de discours, d\u2019assemblées, de protestations fait par un petit groupe de prétendus patriotes canadiens français, depuis un mois, n'a servi qu'à tourner en ridicule notre race aux yeux de nombre de nos compatriotes anglais et i nous faire passer pour une bande de poltrons et de fanatiques.L'autre jour, à Chicoutimi, M.Paul Bouchard, directeur de la \u201cNation\u201d, un petit hebdomadaire de Québec, a cherché à soulever son auditoire contre notre participation à la guerre, dénonçant, en termes démagogiques et révolutionnaires, l\u2019Angleterre, nos gouvernants canadiens, les traîtant de lâches et de vendus et recommandant aux jeunes gens de \u201cprendre la forêt, qui était proche.plutôt que de s\u2019enrôler.\u201d Langage qu\u2019il faut dénoncer avec vigueur et conduite qui ne cherche qu\u2019à attirer l\u2019attention des gens pour se créer une certaine publicité.Mais n\u2019empêche que de tels appels à la démagogie, à l\u2019insubordination.causent, chez le peuple peu au courant de nos véritables devoirs et des sacrifices qu'il nous faut accomplir.un sentiment d'hostilité et de réprobation a Padresse du Parlement et des autres provinces, qui ne devrait pas exister.Et M.Bouchard n'est pas le seul à remplir cette sale he- sogne de violente dénonciation.Nous avons vu M.Paul Gouin, dans un langage un peu plus décent, nous le reconnaissons, dénoncer toutefois en termes qui cadraient mal dans la bouche d\u2019un ancien militaire de 1914, notre libre participation à ce conflit mondial, alors que tout nous engage à faire généreusement notre part.11 faut dire que M.Gouin et ses amis \"M emsterttous-les-moyens-possibles pour-se remonter-daus-Lor pinion publique.Le moyen dont ils se servent, à l\u2019heure ac- juelle, ne sera pas pour leur attirer Ja sympathie des gens, si ce n'est d\u2019un petit groupe d\u2019illuminés et de patriotes à rebours.N\u2019empêche qu\u2019ils font là une bien mauvaise besogne, une sale besogne.On peut discuter librement cette question de la participation du Canada à la guerre, nos moyens d\u2019ue- tion, notre façon d'y contribuer.mais ne pas salir d\u2019une bave qui ne saurait souiller ceux qu\u2019elle veut atteindre des hommes conscients de leur devoir et de leur responsabilité et qui mettent les intérêts et l'honneur du Canada au-dessus de leurs ambitions et de leurs intérêts personnels.Le Canada est en guerre et il ne saurait y avoir de demi- neutralité.encore moins de neutralité absolue.Le discours prononcé, samedi, par le ministre de la Justice, domine, avec celui de M.Dandurand.les débats de cette journée.Tous nos journaux en ont publié le texte et nous adjurons nos compatriotes de le lire, afin de se former une opinion raisonnée et réfléchie sur le geste grave que vient de poser notre pays et qui nous engage tous.M.Lapointe a été le seul ministre ca- nadien-français à prendre la parole aux Communes, mais il l\u2019a fait \u2014 notamment sur la question de la conseription \u2014 au nom de ses collègues de la province de Québec: c\u2019est donc en notre nom à tous qu'il a parlé.(Suite a la page 3) \u201cCOMMENCEZ, MAIS COMMENCEZ DONC!\u201d DIT LORD BEAVERBROOK Un Canado-anglais trop anxieux de grossir le tirage de ses journaux en faisant tuer \u201cjusqu'au dernier Français\u201d.\u2014 Mais le généralissime Gamelin ne se laissera pas intimider.\u2014 Une ère nouvelle s'ouvre pour le Québec.(Dépêche spéciale à \u201cL\u2019Autorité\u201d) Ottawa, 14.\u2014 \u201cCommencez, mais commencez donc!\u201d ont Pair de dire certains types anglais et américains à l\u2019armée française massée en face de la ligne Sigfried.Parmi ces impatients se distingue surtout lord Beaverbrook, Canadien des Provinces Maritimes enrichi dans le ciment et qui a en fortune en Angleterre dans les journaux à grands tirages.Ceat dans son \u201cEvening Standard\u201d que ce parvenu orné d\u2019un titre grassement payé demande narquoisement: \u201cMais quelle sorte de guerre avons-nous donc là?\u201d Très prodigue, il ne lui en coûterait pas de sacrifier trois ou quatre cent mille soldats français pourvu qu\u2019il cût de \u201c\u201cgrosses nouvelles\u201d à prodiguer à ses millions de lecteurs.Dans les milieux militaires, ici, à QuUawa, on envisage la chose, ct c\u2019est heureux, plus froidement.Jusqu'à nouvel ordre, on duaigne faire confiance au généralissime Gamelin.On le croit plus qualifié que l\u2019ancien Max Aikins pour décider de Pheure de offensive générale sur le front-oucst.On n\u2019oublie pas que contrairement à 1914, c'est l\u2019Angleterre qui a déclaré la guerre la première et non la France.Lord Beaverbrook semble être l\u2019un de ces types qui seraient heureux de sacrifier \u201cjusqu\u2019au dernier Français\u201d.En imposant la conscription en Angleterre, M.Neville Chamberlain a pris soin de déclarer qu\u2019il fallait en finir avec ce slogan lancé par les Allemands afin de diviser les Alliés.Le magnat canado-anglais a donc mauvaise grâce à lui donner le démenti.Au reste, que connaît-il, tout propriétaire qu\u2019il soit de journaux jaunes, de l\u2019exacte position de ces Polonais qu\u2019il se déclare si anxieux de secourir?NOUVELLE ERE POUR LE QUEBEC A Ouawa, on ne se dissimule pas la gravité des événe- ments actuels et personne ne songe à battre de la grosse cais- sc afin d\u2019y mêler un élément sportif ou barnumesque.Le Ca- \u201c(Suite à la page 2) UN SERVICE DE PROPAGANDE CONTRE LES REACTIONNAIRES Voilà une mesure qui s'impose pour appuyer l'effort gouvernemental contre certains éléments dangereux qui relèveront certainement la tête dans ces circonstances critiques.Notre article de la semaine dernière sur Purgence de la création au Canada d\u2019un service de propagande, à suscité une réaction des plus favorables dans nombre de milieux.A prea- ve, les témoignages nombreux qui nous sont parvenus de toutes parts, approuvant cette initiative qui devrait être mise à exécution sans plus de retard.Et cette approbation nous est venue de milieux bien cotés.H serait sans doute oiseux de revenir sur Putilité et Pimportance d\u2019un pareil service.Sa nécessité saute aux yeux, ne serait-ce que pour combattre les mouvements réactionnaires qui ont fait tout récemment plus de tapage que de besogne.D'ailleurs, le vote quasi unanime donné à administration Mackenzie King en Chambre prouve que le pays tout entier l'appuie totalement et sans restriction dans Cattitude courageuse qu'elle a prise sur Pétat de guerre: participation volontaire, dans la limite de nos ressources, mais de conscription, point.Voilà qui est assez clair, comme le disait M.Lapointe.Par ailleurs, comme administration libérale actuelle demeure en fonctions et que nous n\u2019aurons pas de gouvernement d\u2019union, nous sommes maintenant bien fixés sur la question épineuse du serrice obligatoire.Ce qui n'empéchora pas les récalcitrants, cependant, de vouloir imputer à l\u2019administration des motifs et plans qu'elle wa pas conçus.Le gouvernement actuel ne représente pas uniquement les libéraux, mais le pays tout entier, vu la coopération offerte par Uhon.M.Manion.Les déclarations de MM.King et Lapointe ont pu clore le bec momentanément aux discoureurss cependant, la propagande impose et le pays dispose de tous les éléments voulus pour la mener à bien.REYNALDO.Y ATHL ENTENTE ENTRE MN- PATENAUDE ET DUPLESSIS\u2026 Afin d\u2019induire M.Mackenzie King à prolonger le terme du lieutenant-gouverneur actuel?\u2014 Situation dangereusement équivoque.\u2014 Le trio Choquette-Fi- set-Perrault à l'honneur.(Dépêche spéciale à « L'Autorité ») Québec, 15.\u2014 Dans les milieux libéraux de la Vieille Capitale, on est de plus en plus surpris du retard du gouvernement fédéral à nommer un successeur à l'hon.E.L.Patenaude, au poste de lieute- nant-gouverneur, Comme la chose a déjà été dite, on n\u2019est pas loin de croire que M.Mackenzie King a hésité devant la menace de M.Duplessis de fermer Spencerzcood si un lieutenant-gouverneur de son choix n'était pas nommé.Notre « premier » québecois n\u2019a pas à se plaindre, de toute façon, de M.Patenaude.Celui-ci resterait encore cinq ans licutenant-gouverneur qu\u2019il n'y aurait pas d'objections, ct pour cause! Chaque fois qu'il s'agit d\u2019un hôpital, d'un collège ou d'un couvent, agrandi ou inauguré grâce à une allocation provinciale, ne voit-on pas M.Patenaude vanter la générosité de l'administration duplessiste, remercier la Providence que la province soit aussi prospère et ses habitants aussi heureux, enfin louer M.Duplessis sur fous les tons en faisant semblant, avec une habileté consommée, de ne pas y toucher.Bien que la collaboration Patenaude-Dupessis soit évidemment désirable pour lrs deux intéressés, elle l\u2019est moins au point de vue libéral et encore moins au point de vue provincial.Pour qui connaît la haute diplomatic du premier et la profonde astuce du second, il est manifeste qu\u2019une manoeuvre inattendue, dommageable, incousti- tutionnelle même, peut-être exécutée à chaque instant.Lorsque hon.F.J.Leduc sortit du cabinet, dans les circonstances que l\u2019on sait, sans consentir à donner sa démission, et que M.Patenaude permit à M.Duplessis de le remplacer à sa guise, des experts en droit constitutionnel élevèrent des doutes sur la légalité du remaniement, permis par M.Patenaude.On connaît le tempérament impulsif du Trifluvien: qui sait à quels excès il est capable de se porter, profitant de la situation chaotique suscitée par la guerre?Malgré son apparente bonhomie, sa maîtrise de soi, M.Patenaude n\u2019est pas non plus un homme tout à fait sûr.Il l'a démontré cn se lançant dans son aventure de 1925, faisant mine de fonder un troisième parli aussi éloigné de M.Meighen que de M.King.Quoiqu\u2019on parle beaucoup moins, à l'heure actuelle, du futur lieutenant gouverneur, qui aurait dû être nommé le ler mai, les noms les plus en vedette restent toujours les mêmes, soit ceux de Pex-juge P.-A.Choquette, du général sir Eugène Fiset, et de l'hon.J.-F.Perrault.Ou avait aussi parlé du sénateur Dandurand et de l\u2019hon M.Cardin, mais, avec la guerre, pour des raisons impéricuses, ces messieurs doivent évidemment rester aux postes de commande qu'ils occupent à l\u2019heure actuelle.SPHAX IL EST TEMPS D'AGIR aujourd'hui, la piraterie des ennemis teutons.Tant micur et il est L\u2019Angleterre a dû subir, depuis les débuts de la querre, des pertes \u2018France, À l'entendre, si on lui a- assez lourdes sur mer, dans sa marine marchande.Les Allemands, comme en 1914, y vont avec une audace qui déconcerte.Heureusement, les dernières dépêches nous apprennent que l\u2019Amirauté anglaise entend bien réprimer, dès grand temps d'agir.Les Anglais ont perdu jusqu'ici plus de navi- fes marchands que les Allemands, et voici que les navires des pdys neutres paient aussi leur tribu! à Uennemi.On rapporte aujourd\u2019hui y (Suite de la page 3) ve Chamberlain et Daladier: ADOLF HITLER, ee semen] L\u2019AS DU BOLO?\u201c~ Hitler: \u201cEtes-vous capables de la \u201cpogner\u201d, mes p°tits frères, ma balle de bolo 2° \u201cNon.mais nous allons Pen en voyer une autre balle, et qui va te faire bobo I\u201d | On a décidé, en Oltazca, de ne plus charger de ces colonels + pour rire », genre Mignauit, de « recruter des régiments pour le service outre-mer comme pendant la grande querre.L'un de ces foudres de guerre, en 1916, trouvait que Joffre prenait bien son temps pour bouter les Allemands hors de vait confié le commandement su- préme, il aurait accompli la chu- se en cing secs.Si bien que les officiers français, ne se tenant plus de rire, l'avaient surnommé le colonel de Crac, réminiscence de Le colonel DesRosiers on de | Sa nomination de sous-minis- tre conjoint de lu Défense | nationale est un juste hommage à ses vertus militaires et civiques.\u2014 Digne successeur du major-général LaFlèche.Pour obéir aux ordonnances sé- rères de ses médecins, le major- général LaFlèche, sous-ministre de la Défense nationale, a drman- dé et obtenu un congé.Pour ce soldat patriote, c\u2019est une dure ¢- preuve.Son éloignement sera vivement senti et regretté par les témoins de sa belle carrière et encore plus par ses collaborateurs et par ses chefs.la célébre comédie « M.de Crac en son petit Castel ».Quant à nos « colunels honoraires >, ils sonl moins agressifs, encorl moins belliqueux.Parions qu'aucun d'eux n\u2019offrira ses services à l'Empire, sice n\u2019est de payer quelques verres de scotch et de gin dans les < mess > d\u2019officiers.- .Que feront nos Gardes Independantes, dorées sur tranches, armées de pied en cap, dans le présent conflit?Disparaîtront-elles comme des météores, ainsi qu\u2019en 1914P Un ne les revit plus jus- el encore attendirent-elles demment pendant six autres mois avant de réapparaitre.Le « colonel » d\u2019une de ces gardes, s'étant présenté à la gare Windsor pour saluer le maréchal Joffre à son arrivée au Canada, fat presque botté au derrière par le colonel (un vrai celui-là) commandant la troupe.Lorsqu'on lui déclina le titre du rutilant personnage: « Qu'il aille au diable! » s\u2019écria le militaire, La garde en question avait pris le même chemin, car elle ne parada pas dans nos rucs de quatre années.* # = Certains annonceurs à la radiv s'en donnent à coeur joie (en fait d'ignoranee) par le temps qui court, Après le torpillage de l'« Athenia > l'un annonça, avec le plus grand sérieux, que le sous-marin allemand, afin d\u2019ache- d\u2019Harleville.| qu\u2019à la conclusion de l'armistice, ! pru-; Le licutenant-colonel HENRI DES- ROSTERS, sous-ministre conjoint de la Défense Nationale.Ceux qui saveut quel dévouc- ment particulier le major-général LaFlèche marquait aux justes intérêts du Canada français \u2014 ils sont nombreux à Montréal et à Québee \u2014 déploreront doublement son départ temporaire.Néanmoins, cn invitant le colanel Henri Desllosiers à prêter ses services à l'Etat, comme sous-mi- nistre conjoint pendant toute la durée du repos imposé à son valeureux frère d\u2019armes, le cabinet King-Lapointe offre au public une garantie morale que les inconvénients d'un malheurcur contre- Six élections partielles prochaines | Elles auraient tout de même lieu en dépit de la guerre en octobre prochain.\u2014 Seront-elles par acclamation comme en Angleterre?\u2014 Candidats libéraux en vue dans Saint-Jacques et Jacques-Cartier.(Dépêche spéciale à \u201cL'Autorité\u201d) Ottawa, 15.\u2014 Maintenant que le pays tout entier sait à quoi s'en tenir sur la tenue d'un appel au peuple, après la déclaration du premier ministre Mackenzie King, à l'effet que le gouvernement actuel remplirait son mandat jusqu'à la fin de son terme, soit jusqu\u2019à l'automne de 1940.aurons-nous des élections partielles dans les quelque cinq ou six comtés fédéraux dont les représentants sont disparus de la scène politique?Cela apparaît comme une probabilité pour octobre prochain.L\u2019improssion générale ici cependant s'accrédite qu\u2019il n\u2019y aura pas de lutte entre partis libéral et conservateur dans ces divisions et que les candidats à élire seront de la mé- me allégeance politique que ceux qui les précédaient, Ainsi dans le région de Montréal, il y a deux vacances: dans Mont- réal-Saint-Jacques et Jacques-Cartier, comtés auparavant re présentés par des libéraux, soit l\u2019hon.Fernand Rinfret, ancien secrétaire d'Etat, décédé, et M.Vital Mallette, aussi décédé.La mort de M.Rinfret remonte à la fin de juillet, tandis que celle de M.Mallette date de près de six mois.Or, en vertu de la loi électorale fédérale, une élection partielle doit être tenue dans un délai de six mois, ce qui signifierait que des brefs électoraux seront incessamment émis pour ces deux comtés et trois ou quatre autres dans le Dominion.Une élection partielle a déjà été ordonnée dans Calgary- Est pour le 25 septembre et le candidat conservateur sera | sûrement élu par acclamation, vu le désistement du candidat | «Suite à la page 2) TORPILLAGE DES TAXES DE GUERRE PAR M.DUPLESSIS Les augmentations décrétées sur les spiritueux par sa Commission des Liqueurs sont tout simplement prohibitives.\u2014 Sous couleur de tempérance veut- il décidément encourager la vente du \u201cmoonshine\u201d?Nous nous demandions quelle serait la première réae- tion de M.Duplessis à la déclaration de guerre du Canada à l'Allemagne, Elle ne s\u2019est pas fait attendre.Le gouvernement fédéral, désireux d'augmenter ses revenus, pour subvenir aux dépenses extraordinaires qui attendent le Canada avait imposé unc taxe sur les spiritueux d'environ cinquante cen- tins par bouteille de 40 onces.Le Commission des Liqueurs du Québec, qui ne jouit pas de la plus légère autonomie, mais constitue tout simplement un département provincial, vient de décréter des augmentations variant de $1,00 à 81.25 par bouteille.De sorte que ce ne sera pas le gouvernement fédéral qui sera le prin.temps seront réduits au minimum.(Suite à la page 2 (Suite a la page 3) cipal bénéficiaire, mais l'administration provinciale.(Suite à la page 2) + Page2 L\u2019AUTORITE, MONTREAL, 16 SEPTEMBRE 1939 25e ANNEE \u2014 No 1333 La divine Sarah Bernhardt Magicienne et charmeuse des foules.\u2014 Voulut entrer au couvent avant d'entrer au Conservatoire.\u2014 Où \u201cMlle Révolte\u201d devient plus sociable.\u2014 Secret de son succès: la voix d\u2019or si vantée.Le matin du 15 mai 1881, la vigie de L'\u2018\u201cAmérique\u201d, qui revenait de New York, signala la terre à douze milles.Impatiente, agitée, épuisée par une nuit sans sommeil, une femme mince, fluette, d\u2019une maigreur qui la faisait ressembler à une jeune fille à peine nubile, interrogeait fiévreusement, sur la passerelle du navire, le commandant Sanelli.\u2014 Mais nous n\u2019arriverons donc jamais Jamais Elle avait une voix étrange, musicale, qui scandait à travers les mâchoires contractées les syllabes et les mots, sur une cadence inconnue, avec cependant une sonorité si pure, qu\u2019on ne pouvait plus l\u2019oublier quand une fois on l\u2019avait entendue: la voix d\u2019or! Le commandant Santelli souriait, s\u2019étonnait, n'arrivant pas à comprendre l\u2019explicable nervosité de cette passagère exaltée.Marin, pour qui les départs et les retours ne sont jamais que de brèves escales avant le grand voyage, il s'efforçait de calmer, sans trop y réussir, l\u2019impatience de cette femme.\u2014 Dans deux heures nous serons au Havre.Etes-vous contente?\u2014 Vous le jurez?\u2014 Je le jure.Maintenant acoudée au bastingage, lu passagère écoutait le battement sourd de l\u2019hélice qui martelait et trouait l\u2019écume blanche à la poupe du navire.Tout bas, pour elle seule, elle murmurait un nom, le nom de son fils qu\u2019elle avait hâte de revoir, et de retrouver sur cette terre de .France encore trop lointaine à son gré, la terre tout entière promise à sa joie.Cependant, son agitation ne se calmait point.Les passagers s'empressaient autour d'elle.On lui faisait respirer des sels, on tamponnait ses tempes fiévreuses.À deux milles de la terre, on aperçut distinctement la silhouette d\u2019un petit navire qui se dirigeait vers 1\u201d Amérique\u201d.a \u2014 C\u2019est le \u201cDiamant\u201d qui vient chercher la poste, dit Santelli.\\ Et voici enfin qu\u2019une chaloupe se détache et vient ac- toster le transatlantique.La femme a senti passer dans tout son corps l'allégresse d\u2019un frisson vainqueur.Quelques instants plus tard, Sarah Bernhardt, défaillante, brisée d'émotion, serrait à l\u2019étouffer.sur son sein, dans un élan passionné, Maurice, son fils dont elle était séparée depuis sept mois.Ses amis aussi étaient venus nombreux à sa rencontre.Ils l\u2019entouraient, l\u2019embrassaient, la choyaient.\u2014 Regardez, Madame, disait Georges Boyer.que le \u201cFigaro\u201d avait envoyé en ambassadeur devant la géniale artiste, regardez la France qui vient saluer sa fée.ter notre couvent.Vous reconnaîtrez toutes, par votre piété et votre sagesse, la bonté de Monseigneur et le grand honneur que notre vénéré Pasteur fait à notre Maison.C'était un grand événement qui se préparait et il fut immédiatement décidé que, pour honorer Mgr Sibour, des pensionnaires choisies parmi les plus studieuses et les plus appliquées au cours de catéchisme joueraient une pièce en trois tableaux, écrite spécialement pour la circonstance par soeur Sainte-Thérèse.Cette pièce, qui fit à la lecture aux interprètes couler bien des larmes, avait pour titre : Tobie recouvrant la vue.La jeune Sarah Bernhardt, malgré le fervent désir qu\u2019elle avait de rendre grâce à Monseigneur, ne fit point partie de la distribution.Elle dut se contenter de suivre les répétitions, de préparer les décors et de participer à la mise en scène.La vieille du grand jour, alors que l\u2019on répétait en costumes, la petite fille qui devait interpréter l\u2019Ange Gabriel, fondit en larmes, déclarant qu\u2019elle n'aurait jamais le courage d'ouvrir la bouche devant l\u2019auguste visiteur.Elle rendit son rôle.\u2014 Ma mère, ma mère! Je sais \u2018\u2018sa part\u201d.(C\u2019est ainsi qu\u2019au couvent on appelait un rôle).Laissez-moi la remplacer.C\u2019était Sarah qui allait faire ses débuts.On l\u2019habilla, on lui colla dans le dos de belles ailes en papier et la répétition continua.Le jour de la représentation, le succès de Sarah fut considérable.Mgr Sibour daigna la complimenter tout particulièrement; il lui donna son anneau épiscopal à baiser et sa bénédiction.La petite Bernhardt était \u2018aux anges\".Après la fête, emportée par un élan de mysticisme irrésistible, elle courut trouver la mère Saint-Alexis pour lui signifier sa volonté fermement arrêtée de renoncer au monde, à ses pompes, à ses oeuvres, et d'entrer en religion.OU MORNY CONSEILLE La mère de Sarah, mise au courant de la résolution de sa fille, dont elle avait déjà pu apprécier le caractère volontaire et la nature excessivement sensible, offrit, à quelque temps de là, un déjeuner, sorte de conseil de famille qui déciderait s\u2019il fallait accéder au désir formulé par l\u2019en- ant.La tante Rosine, Mile de Bradenber, une amie de la famille, l'oncle de Sarah et M.Meydieu, son parrain, assistaient à ce déjeuner auquel avait été convié un notaire solennel et triste, venu tout exprès du Havre avec une serviette bourrée de papiers.Il y avait aussi un autre convive, familier de la maison, mais qui paraissait fort ennuyé de: participer à un déjeuner aussi sérieux.C'était le duc de Morny, le brillant aristocrate, le subtil homme d'Etat, dont les aventures galantes ou politique défrayaient la chronique de la cour et de la ville.Ne voulant pas s\u2019immiscer dans cette affaire de famille, il regardait avec intérêt les yeux profonds, la chevelure en broussaille, hérissée comme un buisson d\u2019or i ! 1 + nait d\u2019éclater et l\u2019Odéon avait été transformé en ambulance.I fallut attendre la fin de I\u2019'année 1871 pour \u201c\u2018enchai- ner\u201d.\u201cREINE, PRENDS GARDE\u201d Sarah, dont les yeux étaient remplis de larmes, recevait les compliments et les félicitations de ses admirateurs.Emile de Girardin, l\u2019ami le plus sûr des bons et des mauvais jours, l\u2019entraîna dans un coin de la loge.\u2014 Maintenant, dit-il, il ne faut pas vous laisser griser .par ce grand succès.Il ne faut plus faire de sauts périlleux, si vous tenez à conserver longtemps votre couronne le lauriers.Soyez plus docile, plus sociable.\u2014 Comment ferais-je, répondit Sarah.Je vous assure que je ne serai jamais ni souple, ni docile.Mais je tâcherai d\u2019être sociable.C\u2019est tout ce que je puis vous promettre.Quant à ma couronne, je vous jure que malgré mes sauts périlleux \u2014 et j\u2019en ferai toujours, je le sens \u2014 elle ne bougera plus.Et Sarah Bernhardt tint parole.Sa vie d\u2019artiste géniale ne fut plus qu\u2019un magnifique triomphe ininterrompu, un long enchantement.L'écho de ses succès résonne encore en nos esprits et dans nos coeurs émerveillés, pour qu\u2019il soit nécessaire ici de l'amplifier.Elle fut Phèdre, Marguerite Gauthier, Theodora, Dona Sol, Gismonda, Athalie, La Tosca, I'Aiglon.Elle fut la tragédie elle-même, en France, en Angleterre, en Amérique, partout où il y 2ut des hommes sensibles àla Beauté, épris d\u2019Art et d'Idéal, et capables de sentir et de subir le charme de la Magicienne.LA VOIX D'OR Mais quel fut le secret de son prodigieux triomphe et de l\u2019emprise totale qu\u2019elle exerça sur les publics les plus divers?Grande artiste, certes elle le fut, douée d\u2019une personnalité étonnante, de dons uniques auxquels s\u2019ajoutait le charme de la voix d\u2019or.C\u2019est par elie qu\u2019elle renouvela le mythe d\u2019Orphée.Combien sont-ils pour lui être comparés ou pour l'égaler?Adelina Patti, la Malibran, Duprez, Caruso., et peut-étre Aristide Briand, princes ou reines du verbe, voix musicales, voix d\u2019or, \u2018\u2018voix chères qui se sont tues\u201d.J.-P.COERS.Le sieur Josef Staline (Suite de la page 4) Cette vie n'alla pas sans de multiples avatars, Sous cinq ou six noms différents: Soso, Koha, David, Michvadzé, Wanowitch et même le sien: Djougachvili, Staline connut bien des geoles.1 s\u2019en évadait toujours, et, de plus en plus farouche, recommencait toujours.On finit par l'envoyer en Sibérie.Et, seule, la révolution put l'en libérer, en 1917.De retour à Pétrograd.il juge la situation et multiplie les appels à Lénine: \u201cArrive, c\u2019est l'heure!\u201d Lénine arrive, enfin, de Zurich, par wagon plombé.Six mois plus tard, il est président du Conseil, Staline, à ses côtés, détient un petit portefeuille.On le lui a donné comme un os à ronger, car on se méfie de lui.Déjà.Parmi les verbeux pontifes de Soviétisme naissant, il fait tache.11 est trop silencieux, trop secret, trop décidé et trop prompt a l'occasion.C'est un sanglier patient qui sait attendre et méditer et qui, soudain, impitoyable comme l'obus.On tente de s\u2019en débarrasser en l'envoyant aux armées.Mais il se PAS D'EQUIVOQUE DANS LES ENROLEMENTS VOLONTAIRES! Que les agents recruteurs spécifient bien qu'il s'agit, en vertu d'une formule, d'aller outre-mer, et de l'autre, de rester au Canada.Le ministre de la Défense Nationale, l\u2019hon.Lan Mackenzie, a décluré que les hommes qui s\u2019enrôlent actuellement dans la milice canadienne ont à signer un engagement\u2019 de trois ans, avec obligation de servir non seulement en Canada, mais partout où lu défense du pays réclamera le secours des forces canadiennes.C\u2019est clair et net.Avec cela, les volontaires peuvent s'attendre à partir un jour pour l\u2019Europe ou pour l\u2019Asie.Cependant, nous tenons d'officiers de la milice et de députés fédéraux, que deux formules différentes sont entre les mains des agents recruteurs, dont l\u2019une comporte les obligations mentionnées par M.Mackenzie, et dont l\u2019autre n°\u2019engage le signataire que pour servir au pays.Les agents recruteurs devront douc ne pas abuser de l'ignorance et de la bonne foi des hommes qui veulent servir uniquement la patrie canadienne, en leur présentant la formule qui pourrait les envoyer en dehors du pays.Au ministre lui-même, s\u2019il le faut, de voir à ce qu\u2019aucune tentative de fraude ou de fausses représentations ne soit commise par des bureaucrates trop zélés.ARAMIS \u201cCommencez, mais commencez donc!\u201d dit lord Beaverbrook (Suite de la page 1) .nada était indirectement engagé dans le conflit contre l\u2019Allemagne depuis le 3 septembre, de par le fait que le Roi d\u2019Angleterre avait déclaré la guerre au Reich allemand.Dès ce moment, si les conséquences de cette sujétion britannique ne convenaient point à la nation canadienne, il lui était loisible de le faire savoir au monde, par ia voix du Parlement, soît en proclamant son indépendance, soit en publiunt son intention de neutralité, soit en refusant de participer à toute oeuvre militaire non essentielle à la défense nationale.C\u2019est ce que l\u2019Eire (lIrlande), a décidé, selon la volonté de son cabinet, sans consultation préalable des Chambres.En Afrique britannique du sud, le gouvernement a proposé la neutralité à l\u2019Assemblée populaire, qui l\u2019a repoussée; cet échec a provoqué la chute du gouvernement et un appel au peuple; c'est done Pélectorut qui décidera de l'attitude que ce pays doit prendre dans des circonstances particulièrement graves pour une jeune nation.De l\u2019uveu d'un grand nombre.une nouvelle ère s\u2019ouvre pour le Québec.Depuis trop longtemps certains démagogues ont eu leurs coudées franches dans cette province, à l\u2019exclusion des gens de bon sens, et l'électorat a souvent démontré.dans plus d'un district.qu\u2019il n\u2019entenduit rien à la v3- Le navire était entré en rade, escorté par une multitude de petites barques pavoisées.De tous côtés, les acclamations montaient vers cette femme qui était en ce moment, plus qu\u2019attendue, qui était \u2018\u2018espérée\u201d\u2019.\u201cVive Sarah Bernhardt !\u201d Par ce matin radieux de mai.Le Havre accueillait la grande actrice, et Paris, après sept mois de séparation, allait retrouver son idole.ritable démocratie.Pur exemple, s\u2019en remettre absolument à nos voisins les Yankees pour nous défendre et croire qu\u2019ils le feront pour nos \u201cbeaux veux\u201d.c'est tout simplement stupide.Espérons done au\u2019a partir du 10 septembre les \u201cbeaux jours\u201d des Paul Gouin.des René Chaloult et des Paul Bouchard auront pour toujours été comptés.PASCAL blond sur fe front tourmenté et volontaire de Sarah, Sn | heurte à Trotsky et revient.Que va-t-on faire de lui?Un emploi est oncle Sas we pa | libre, plutôt modeste: celui de secrétaire du parti central.C'est bon.NM + .Ys .+, | te.Un peu avant la fin du déjeuner, Morny, qui devait 4°°°P ; .2.Poly ., La | \u201cMoi, je veux tout ce qu'on veut.présider la séance du Corps législatif, s\u2019excusa et se leva: Six mois plus tard, il avait fait de oe poste le plus important de pour prendre congé.Après s\u2019étre incliné devant la maîtres- i l'empire défunt.roux es ord ent pas ; mains et, dès la mort 3 » - 3 - A vi + ; A S se de maison, avoir salué les convives et baisé les ongles Lénine, s'Îls n'y passèrent plus, c'est qu'ils y prirent naissance.Il était LA VIE D'ARTISTE Elle était partie, en effet, depuis sept mois, quittant brusquement sur un coup de tête la Comédie-Française, après une représentation fort mouvementée de l\u201d\u201cAventuriére\u201d, laissant, comme elle disait, \u2018\u2018grouiller le petit monde vipérin dans ses lauriers et dans ses fleurs\u201d.; Londres l\u2019avait d\u2019abord acclamée et accueillie.puis l'Amérique, qu\u2019elle avait traversée en tous sens, sous la conduite du terrible M.Jarett, son impressario.Partout, elle avait été reçue en triomphatrice.Au cours de ce long voyage, Sarah Bernhardt avait visité cinquante villes et donné cent cinquante-six représentations.Cette nature indomptée, un peu sauvage même.avait, au contact de ces pays neufs, subi l\u2019exaltation d\u2019une vie mouvementée, trépidante, qui s'accordait si bien avec les excès de son tempérament.Les succès, les triomphes avaient alterné avec les incidents les plus imprévus et les plus comiques.Sarah avait, au gré de son humeur, bousculé ou charmé les reporters américains qui sont les plus entreprenants, les plus tenaces et les plus audacieux du monde.Elle avait sépuit des admirateurs parfois trop enthousiastes, et subi les attaques forcenées de certains originaux encombrants et ridicules.comme cet Henry Smith, un bateleur, montreur de baleines, qui, pour attirer la foule autour de l\u2019immonde cétacé qu\u2019il exhibait dans les foires, se servait du nom de la grande artiste pour corser sa publicité.Il avait fait rédiger des prospectus ainsi conçus : Venez voir.\u2019 .l'énorme cétacé que Sarah Bernhardt a tué en lui arrachant des baleines pour ses corsets qui sont faits par Mme Lily Noë qui demeure.etc.etc.Sarah, à défaut de la baleine, eût volontiers dépecé ce bonimenteur sans vergogne.Mais Jarett l\u2019avait calmée, et puis, il y avait autre chose à faire en Amérique que de s'occuper d\u2019Henry Smith.Durant sept mois, le génie passionné de l\u2019artiste avait fait délirer des foules immenses qui étaient venues, domptées, subir le charme de la magicienne.Dans la voluptueuse et immense obscurité où gravitent les mondes inconnus, un astronome, le coeur battant d'émotion, regarde un soir palpiter soudain, au bout de son télescope, le premier scintillement d\u2019une étoile nouvelle qui vient de naître.D'où vient cet astre inconnu ?Un soir de triomphe, Paris voit se lever, devant le rideau frissonnant d\u2019une scène, une étoile nouvelle qui monte, auréolée déjà de légende et de gloire, au firmament du théâtre.D'où vient cette étoile ?L'astronomie théâtrale est heureusement plus accessible au public que la science abstraite qu'illustrèrent les travaux de Pythagore, de Copernic et de M.Flammarion.Il n\u2019est besoin, pour mesurer l\u2019orbe éblouissant et lumineux que décrivit Sarah Bernhardt au cours de sa longue carrière, que d\u2019une bonne jumelle de théâtre.Mais avant tout, si l\u2019on veut bien comprendre le destin \u201chors série\u201d de cette géniale artiste, il faut remonter le cours tumultueux de son enfance.Elle était vive, impulsive, emportée, avec des élans passionnés de tendresse et des colères terribles.Et pardessus tout volontaire.Deux hommes influencèrent sa destinée: un prélat vénéré qui fut archevêque de Paris, et un personnage politique important, homme séduisant, spirituel, cynique avec grâce, et qui joua un grand rôle sous le Second Empire.Rencontre singulière, en vérité, que celle de ces deux personnages si différents par le caractère, l'esprit, la fonction, devant le Destin d\u2019ane petite fille mystique, chaste et pieuse, et qu\u2019un génie tumultueux inspirait.MONSEIGNEUR DU COUVENT Quelques jours avant la fête de Sainte-Catherine, la mère Saint-Alexis réunissait, dans la salle des fêtes, le jeune essaim des pensionnaires qui, au couvent de Grand Champs, à Versailles, entrait dans la vie par les voies du Seigneur.Soutenue par les soeurs converses, Ja Supérieure monta sur une estrade.Elle parlait d\u2019une petite voix frêle et même secouée par l'émotion, une voix tremblotante comme la clochette qui tinte aux offices pour l'adoration -du Saint-Sacrement.- \u2014 Mes chères enfants, dit-elle, Mgr Sibour, archevêque de Paris, viendra le jour de la Sainte-Catherine visi- roses de tante Rosine, le beau duc s'approcha de Sarah et lui tapota les joues.Puis, comme il allait déjà franchir le seuil de la porte, il se retourna : \u2014 Savez-vous, dit-il, ce qu\u2019il faut faire de cette enfant?Il faut la mettre au Conservatoire.Quand vous serez décidée, Madame, venez me voir et je vous donnerai un mot de recommandation pour mon grand ami Auber.Et il s\u2019en fut, le plus naturellement du monde, comme s'il avait dit une chose très simple qui, cependant, laissait les convives abasourdis.Il s'agissait d\u2019une entrée au couvent et il proposait le Conservatoire! Sarah s\u2019inquiétait, et, ne sachant pas ce qu\u2019était ce Conservatoire où on voulait l'envoyer, elle réclamait impérieusement son droit de retourner à Grand Champs avec mère Saint-Alexis.Le parrain trouva le mot de la situation : \u2014 Comment voulez-vous l\u2019envoyer au Conservatoire.Elle sera toujours trop maigre pour faire une actrice.Sarah a blémi: \u2014 Une actrice, moi?Mais je ne veux pas, je ne veux pas.\u2014 Calme-toi, Sarah.Et d\u2019abord, sais-tu ce qu'est une actrice?\u2014 Parfaitement! J\u2019en ai vu une à Grand Champs.Elle s'appelle Rachel et les élèves lui ont tiré la langue quand elle a traversé la cour.Je ne veux pas qu\u2019on me tire la langue.\u2014 Soit répartit le parrain que cette scène agaçait.Tu retourneras au couvent, et tu seras religieuse si tu veux.Mais, ce soir, puisque tu es avec nous, je t\u2019'emmène avec maman et tante Rosine à la Comédie-Française où on joue Britannicus.Pour la première fois, Sarah entrait dans ce monde nouveau pour elle: un théâtre! Quand le rideau tomba sur la fin du premier acte, de grosses larmes roulaient sur les joues de la fillette.Quand le rideau se releva, ce ne fut plus pour Sarah, sur la scène, mais sur sa vie entière qu\u2019il se levait.Seul le parrain, qui ne comprenait rien aux sautes d\u2019humeur, à l'exaltation de ce caractère fantasque, grommelait à part lui dans le fond de la loge: \u2014 Bon Dieu de bois ! Quelle idiote que cette enfant ! MADEMOISELLE REVOLTE Auber, qui présidait le jury d\u2019admission du concours d'entrée au Conservatoire, lui avait dit, après l\u2019avoir entendue réciter la fable des Deux Pigeons \u2014 c\u2019était le morceau de concours qu'elle avait choisi : \u2014 Dommage, Mademoiselle, que cette jolie voix ne soit pas pour la musique! Sarah, qui avait été reçue, n\u2019était pas en effet faite pour chanter, mais pour enchanter.Son succès, à la Comé- die-Française, où elle avait été engagée dès sa sortie du Conservatoire, fut remarquable.Du talent, elle en avait certes déjà beaucoup.Mais quel \u2018\u2018fichu caractère\u201d! Thierry, qui administrait la Grande Maison, eut à subir les premiers assauts de cette nature emportée et indépendante à l\u2019extrème.Et Perrin, après Thierry, devait apprécier la sensibilité exquise, mais aussi la violence impétueuse de celle qu\u2019il appelait: \u201cMademoiselle Révolte\u201d.Son premier départ de la Comédie-Française fut précédé d\u2019un inoubliable scandale.Sarah avait administré deux gifles sonores à Mme Nathalie, une sociétaire très solennelle, le jour de l'anniversaire de Molière, et au moment où toute l\u2019illustre compagnie, défilant sur la scène, venait saluer le buste de l\u2019auteur du Misanthrope.Mademoiselle Révolte ne resta pas longtemps sans emploi.L'Odéon lui ouvrit ses portes.\u201cLE PASSANT\u201d Elle répétait à ce théâtre une pièce: la Loterie du mariage, lorsque Mme Agar, qui était la vedette et la grande tragédienne de la maison, s\u2019approcha de Sarah\u2014 Tiens, ma chérie, tu peux faire le bonheur d'un poète.Voici François Coppé qui t\u2019apporte un petit chef-d\u2019oeuvre.Je suis sûre que tu auras là-dedans un succès colossal.Agar ne s\u2019était point trompée.Dêës la première représentation, Le Passant remportait un éclatant succès et Sarah Bernhardt prenait son vol vers la célébrité et vers Ja gloire.Z}le était devenue l\u2019idole des spectateurs et la petite rei- 1e des étudiants qui lui faisaient cortège, lui envoyaient les bouquets de violettes, lui adressaient des sonnets, par- \u2018ois aussi de longs poèmes.qu\u2019elle ne lisaît pas.Malheueusement, le théâtre dut fermer ses portes.La guerre ve- ! i | | en place.I y est encore.Voila.C'est tout.Quant à ses méthodes, n'est-ce pas?elles sont de notoriété publique.LE FURET SIX ELECTIONS PARTIELLES PROCHAINES (Suite de la page 1) libéral.Ce siège était jadis détenu par Phon.R.B.Bennett, démissionnaire.Les deux principaux partis ayant convenu de s\u2019abstenir de toute politique, on peut donc s'attendre à ce que les élections partielles soient peu mouvementées, à moins que des éléments réactionnaires ne s\u2019en mêlent.PASCAL * * * Puisque la tenue d\u2019élections partielles dans Saint-Jac- ques et Jacques-Cartier intéresse paritculièrement les gens de la région de Montréal, il convient de rappeler les pronostics que nous faisions il y a quelques semaines touchant les candidatures probables dans ces deux comtés.Pour l\u2019heure, les aspirants à la candidature libérale, dans le premier comté sus-nommé, entre lesquels une convention régulière devra se choisir son porte-drapeau, sont toujours Phon.Athanase David, M.Emile Massicotte, N.P., président de L'Opinion Libérale, le Dr Gaspard Fauteux, Phon.Wilfrid Gagnon et M.Claude Jodoin, président de la Jeunesse Libérale de Montréal.Tous sont des mieux connus dans les cercles politiques libéraux de la métropole.M.David attendra-t-il la tenue d\u2019une élection générale pour se présenter dans Terrebonne, comme on l\u2019a déjà dit, ou bien se décidera-t-il à entrer en lice dans Saint-Jacques?C\u2019est son secret.Quant à M.Emile Massicotte et au Dr Gaspard Fauteux, ils seront sûrement candidats à la convention libérale prochaine, de même que M.Jodoin.Pour ce qui est de M.Cagnon, ceci est moins sûr.Il à des intérêts commerciaux considérables qui retiendraient tout son temps, bien qu\u2019une certaine pression se fasse sur lui pour briguer les suffrages.Dans Jacques-Cartier, le candidat libéral le plus en vue est pour Pheure Me Elphège Marier, de Lachine, et tout indique qu\u2019il serait bien placé pour devenir le porte-drapeau libéral.Pour revenir à Saint-Jacques, il nous paraît que les candidats les plus en vue sont MM.Fauteux et Massicotte.Si, comme le dit notre correspondant d\u2019Ottawa, il y avait lutte, les deux candidats ci-haut nommés auraient évidemment à faire face à des forces minoritaires remuantes.Mais la cessation de da campagne anti-participationniste leur laisserait du répit.Non pas que Pun ou Pautre des deux aurait peur de la lutte, cependant.M.Fauteux est un combatif, un homme entrainé aux luttes politiques, qui, tout en sachant rester digne, sait- se défendre et bien défendre ses opinions.Hl serait un excellent candidat.De même, M.Massicotte est reconnu comme un éloquent orateur, distingué, sans peur.Enfin tous deux feraient bonne figure et ne nous feraient assurément pas honte.L\u2019élément canadien-français ne sera jamais trop bien représenté à Ottawa, ne serait-ce que pour y soutenir notre prestige de non-lächeurs.REYNALDO Torpillage des taxes de guerre par M.Duplessis (Suite de la page 1) Lorsque nous disons \u201cbénéficiaire\u201d\u2019, il faut a\u2019entendre, car pas plus le fédéral que le provincial ne bénéficiera de l'augmentation en question.On se souvient de la taxe probi- bitive sur les cinémas imposée par la Législature à la Ville de Québec.M fallut immédiatement rappeler celte taxe, parce que les cinémas, ayant fermé leurs portes, administration municipale de la Vieille Capitale, au lieu de bénéficier de revenus additionnels, n\u2019en retirait plus du tout.Attendone-nous à une diminution formidable dans les revenus des liqueurs.Les consommateurs, déjà nurtaxés dans d\u2019autres domaines, seront forcés ou de se priver d'alcool ou de s\u2019adresser aux vendeurs de \u201cmoonshine\u201d.Nous prévoyons bien que M.Duplessis, avec son hypocrisie coutumière, parlera de tempérance, etc.; mais au fond, son but cet de torpiller le gouvernement King-Lapointe, et peu importe, s\u2019il parvient à ce but, que nous perdions la guerre ou non.SCARAMOUCHE COUPS DE MARTEAU (Suite de la page 1) ver ce grand paquebot, lui avait tiré deux « coups de fusil >.Un autre, que l\u201d « Athenia » avait rencontré une « bombe ».Un autre enfin, que le coulage du navire avait bien pu être causé par une mine «\u20ac s0us-maraine >».En temps de pair, lorsqu\u2019il s'agit d'annoncer le sacon lux, la soupe Campbell, ou la pâte dentifrice Colgate, de semblables avatars, à la riqueur, peuvent être tolérés: mais en querre, le temps est mal choisi pour dévoiler l'ignorance crasse de ces bonimenteurs au nombreux public placé aux écoutes.- .«ee Dans un journal hebdomadaire du bas du fleuve, un Acéjiciste écrit que ce n\u2019est pas en envoyant un corps erpéditionnaire par-delà l'Atlantique, que nous pourrens contribuer le mieux à la victoire dex Alliés, mais que c'est en priant le Ciel de foudroyer Hitler, de le réduire en capitotade, d'en faire enfin de la chair à pâtée.« Aidetoi, le Ciel t'aiderc > est pourtant une maxime que devraient connai- tre les Acéjicistes.Quant aux Acévissistes, ces commis voyageurs en politique, nous n'avons pas entendu parler d'eux depuis longtemps.Aur jours du gouvernement T'aschercau, M.Georges Pelletier, le manitou du « Devoir », ne manquail jamais de rédiger les plus belles résolutions contre l'administration libérale, qu'il ne prenait pas même la peine, la plupart du temps, de faire approuver par deux ou trois bonshommes censés être les dirigeants de cette association.Il ne servait de leurs noms, aûr de n'être pas démenti, et le tour était joué.eo 0 Il était tempa que l'honorable M.Lapointe annonçâl en Chambre qu\u2019il n\u2019y aurait pas de conscription.Beaucoup de jeuncs en perdaient le boire et le manger.Quelques-uns même avaient quitté leurs positions pour s'enfuir dans les bois.Les demandes en mariage pleuvaient dru afin de fuir un célibat devenu odieux.Comment ces couples improvisés auraient-ils fait ensuite pour se tirer d'affai- ref C'est le secret des diex, ou plutôt de la Commission du Chômage, car c\u2019est sûrement à elle qu\u2019ils 2c seraient adressés.Des farceurs, tels que « Popol » Gouin, afin de sortir de l'oubli dans lequel ile étaient enscvelis comme dans un suaire, avaient tout mis en oeuvre pour épouvanter les populations.Fapérons pour notre e Popol » qu\u2019il ne remontera Plus sur les tréteaux, I risquerait trop le camp de concentration, Il est homme, du reste, à ne pas courir trop de risques, ainsi qu'il le prouva en arrivant une heure cn retard à la mise en nomination des candidate dans le comté de l\u2019Assomption, où il s'était annoncé.VULCAIN Les colons à l'approche de l'hiver D'ici quelques semaines se termineront dans nos campagnes et nos régions de colonisation les travaux d'automrfe; l'on entrera pour ainsi dire dans la saison tranquille de l'année: l'hiver.D'aucuns s'imagineront que durant l'hiver les colons n'auront qu'à se reposer.Cependant, tel n\u2019est pas le cas.SI la saison d'hiver peut offrir quelque répit au colon du strict point de vue des travaux manuels, elle réclame néanmoins toute son attention à d'autres points de vue, tout particulièrement quant à son développement individuel.Plus que partout ailleurs, les colons ont besoin de se renseigner sur leurs proprés problèmes.de coordonner leurs efforts.de s'entr'aider, de coopérer.Or la coopération ne se crée pas de toute pièce.Et puisque les colons en ont besoin, al faudra qu'ils se mettent au travail et l'étudiant afin de la mettre en pratique.Ils y arriveront par l'assiduité au cercle d'études.Mais, dira-t-on, les colons ne sont pas capables de donner des conférences et 1l faudra faire \u2019venir des conférenciers.C'est là encore une grave erreur.Il ne faut pas s'imaginer que la conférence est le seul moyen de renseigner nos colons.Nul doute que c\u2019est un bon moyen: cependant il n'a pas l'efficacité de la discussion ouverte.Le petit cercle d'étude où chacun des membres prend part à la discussion, contribue sa part, se sent quelqu'un, est encore le moyen Je plus efficace à la formation personnelle des membres qui en font partie.Mais que pourront étudier les colons en commun?I y a très peu de choses à apprendre en poys neufs, nous dira-t-on.N'importe qui peut abattre un arbre, peut brû- ler un abatis, peut disquer, herser ou labourer, pourvu qu'il ait la force physique nécessaire.Certainement.Cependant en ces Bmvaux-kk comme en toute chose, 1l y a une façon de s'y prendre phus efficace qu\u2019une autre.Il y a souvent avantage & utiliser telle machine plutôt que telle autre.Par ailleurs, ce ne sont pas ces seules occupations manuelles qui intéressent le colon en pays neuf.1 y a les problèmes de la nourriture, du vêtement, du transport di enfin celul du progrès de son établissement.C'est pour étudier tous ces problèmes que se ressembleront les co- olns recrutés en divers petits cercles d'étude, Point n'est besoin d'une salle paroissiale pour réunir Quelques amis.Cing ou six colons assis autour du poêle, durant les mois d'hiver, fumant une bonne pipe.abattront plus facilement que dans une salle la bosogne qu'on pourrait leur demander.D'ailleurs, ces études porteront sur leurs problèmes: les colons devront Jes dls- cuter A leur façon et selon leurs moyens.En somme, 11 s'agit de développer en colonie l'initiative privée et Peace au moyen de la coopéra on.Vo un beau programme d'études pour l'hiver, pros C-E COUTURE 25e ANNEE \u2014 No 1333 Au Saint-Denis Dès samedi l'on pourra voir au Saint-Denis l'un des meilleurs films français de la présente saison.Il s'agit de \u201cJ'étais une aventurière\u201d avec Edwidge Feuillère, Jean Murat, Jean Tissler, Jean Max, Marguerite Moréno et toute une kyrielle de bons urtistes.Comme l'indique le titre nous sommes, en compagnie de la belle Edwige Feulllère, en pleine aventure.Edwige, guidée par ses Ames damnées Max et Tissier roule d'aventures en aventures et se sert de sa beauté pour amener certaines gens dans un guet-apens.Mais un jour elle devient amoureuse de Jean Murat et les choses changent.Edwige veut abandonner sa vie d'aventurière.C\u2019est difficile car les deux comparses la Liennent bien et sont de taille.Les rouler n'est pas chose facile.Or, c'est à cela qu'Edwige et Jean Murat vont s'attaquer et réussir avec un brio de maître.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u201cLouise\u201d reste au Cinéma de Paris Malgré la guerre et les conséquences Indirectes le public mont- réalais ne déserte pas les cinémas.Cette semaine le Cinéma de Paris par exemple ne désemplit pas.A chaque représentation de l'opéra \u201cLouise\u201d de Gustave Charpentier, les applaudissements crépitent.Ils vont à Mine Grace Moore qui fait un merveilleux début au film français: à Georges Thill le fameux ténor de l'Opéra de Paris et à André Pernet, basse de l'Opéra de Paris, qui se fait remarquer tout de suite par sa prestance, sa voix et son jeu merveilleux.C'est la première fois que \u201cLouise\u201d est adaptée au cinéma.Gustave Charpentier eut bien des offres: ll refusa toujours parce qu'il entendait que son oeuvre fut respectée à la lettre.Or, 11 peut être satisfait car \u201cLouise\u201d film français est le miroir fidèle de \u201cLouise\u201d.grand succès d'opéra.Quant à Grace Moore, elle est une nouvelle acquisition du fiim français.Celle-ci honore celui-là.Au Capitol John Garfield et Priscilla Lane, reviennent de nouveau au cinéma dans un film qui consacrera définitivement leurs talents dramatiques.Le Capitol présente en effet \u201cDust Be My Destiny\".d'après un roman de Jerome Odium, l'auteur de \u201cEach Dawn I Die\".M s'agit de l'histoire de jeunes gens qui se cherchent des emplois et qui jouent de malheur.Garfield joue le rôle \u2018de l'un de ces jeunes gens désemparés par les conditions actuelles de la vie.On cherche Garfield pour meurtre.Alan Hale, Frank McHugh, Billy Halop, Bobby Jordan, Henry Armetta, John Litel, Moroni Olsen, Charley Grapewin, Victor Killian sont de la distribution.Le second film sera \u201cEverybody's Hobbs\u201d.avec Irene Rich et Henry O'Neill.9 .À l\u2019Impérial Pour la fin \u201cde semaine seulement la direction de l'Impérial présente \u201cOn Borrowed Time\u201d avec Lionel Barrymore et sir Cedric Hardwick.et \u201cFor Love and Money\u201d, avec June Lang et Robert Kent.\u201cOn Borrowed Time\u201d est un film profondément humain qui ne man- Quera pas d'intéresser tous les cinéphiles.L'autre film.rempli d'incidents inattendus et amusants, déridera les spectateurs.D'ici vendredi , exclusivement lImpè:rial continue de présenter \u201cThe Magnificent Fraud\u201d avec Akim Tamiroff.Lloyd Nolan et Mary Boland ot \u201cMillion Dollar Legs\u201d avec plusieurs artistes bien connus.Des nouvelles d'actualité complètent le programme.M: Jacques Gérard dans \u201cManon\u201d Jacques Gérard, autpefois pate- mier ténor à l'Opéra mique de Paris, sera de nouveau présenté aux Variétés Lyriques dans le rôle de Des Gricux, du célèbre opéra \u201cManon\u201d de Jules Massenet.Son retour avalt été réclamé depuis longtemps déjà: mais MM.Daunais et Goulet tenaient à le ramener dans un rôle à sa hauteur, afin de maintenir l'excellente Impression qu'il nous laissait lors de son dernier passage parmi nous.Jacques Gérard a droit-à notre admiration, d'abord pour les qua- Utés indiscutables d'une voix superbe et cnsuite parce qu'il flatte notre flerté nationale, à titre de Canadien-Français.et qu\u2019il nous fait une excellente publicité à l'étranger.Il est temps d'agir (Suite de la lére page) que les navires battant pavillon américain ont été avertis d'avoir à subir les exigences du droit d\u2019arraisonner auquel prétendent les Allemands, sans quoi ils auront à en subir lez conséquences.Cette provocation était prévue, et elle ne suffirait pas à entrainer les E- tats-Unis dans la guerre, du moins tant que le gouvernement pourrait apaiser l\u2019indignation publique.La témérité de l'orgueil germanique paraît tenir de la démence dont Hitler lui-méme don- 1e Jeurmal \"1 Avteritéd\u2019\u2019, (aimant affaires sous le raison sociale de \u2018l\u2019Auterité Knrogisivée\u2019\u2019, a sve brroaux, Chambres 615- 418, Bdifice Cansdn Ooement, Montréal, M eu anime À 3 Parele Limitée, Drum- L\u2019AUTORITE, MONTRE AL, 16 SEPTEMBRE 1939 Au Princess Basil Rathbone, le prestigleux acteur que l'on a pu voir dans plus d'un film à succès, est la principale vedette de \u201cThe Adventures of Sherlock Holmes\u201d.Rathbone joue dans ce film, le rôle du célèbre détective anglais.On connaît la \u201cmanière\u201d de Rathbone.Hautain et impérieux, la parole facile et incisive, il ne laisse pas de créer toujours impression dans quelque rôle qu\u2019il joue.Ida Lupino, George Zuccoo, Alan Marshall, Terry Kilburn, E.E.Clive et Alfred Werker sont de la distribution.Comme film supplémentaire, la direction du Princess présente \u201cStop, Look and Love\u201d avec Gene Rogers et Robert Keward.Des nouvelles d'actualité sur les derniers événements politiques internationaux et autres de la semaine com- plétent le programme du Princess, \u2014\u2014\u2014e\u2014 Au Palace La direction du Palace présente cette semaine une désopilante comédie qui a pour titre \u201cFifth Avenue Girl\u201d.I s'agit de l'histoire d'une jeune fille, adoptée par un millionnaire au grand scandale de sa famille.Le séjour de l'intruse chez cette famille distinguée et col- let-monté de la cinquième avenue, 4 New-York, n'est pas sans provoquer une série d'incidents tous plus comiques les uns que les autres.\u201cFifth Avenue Girl\u201d passe à juste titre pour l'une des comédies les mieux réussies et les plus amusantes de l'année.Ginger Rogers y révèle pour ainsi dire son talent de comédienne.Vera Teasdale, Tim Holt, Katheryn Adams et Franklin Pangborn sont de la distribution ainsi que Walter Connolly.Le film Théatre.Sport.L'assistance était nombreuse, mardi soir dernier, au Forum, pour assister au triomphe de Robert sur l'ancien champion Sonnenberg.Nous avons été témoin d\u2019un engagement où la science unie à la force a triomphé.Yvon Robert a dû enclasser le fameux tackle du vétéran Sonnenberg, mals il a réussi à triompher dans les deux dernié- res manches, ayant perdu la première aprés une [héroïque résistance.Pendant une douzaine de minutes les deux lutteurs se tinrent en échec assez serré.Ils luttèrent surtout au tapis en se servant de toutes les prises classiques.Robert voulut ensuite jouer dur.Il lança quelques méchants coups de coude à son adversaire.La Tiposte fut terrible.Faisant mine d'être étourdi et affaibli.Gus Sonnenberg déclencha une terrible attaque au corps avec son coup de bélier.Robert alla se ramasser.Il crut qu\u2019il allait échapper à la punition en faisant un grand saut pour laisser passer Sonnenberg sous lui; mais le vétéran rebondit comme une balle de caoutchouc.Il lui appliqua un dernier tackle.Cette fois la résistance de Robert avait été vaincue, Sonnenberg n'eut qu'à sa jeter sur Robert.Cet engagement n'avait duré que treize minutes environ.Le tackle avait eu raison du lutteur local.Yvon se reprit au deuxième engagement.Il prit la deuxième chute au moyen de son ciseau court de bras, son arme favorite d'attaque.a été dirigé avec succès par Gregory LaGava.Des sujets courts et | des actualités de la semaine com- plétent le programune du Palacememe D res \u201cLe maître de forges\u201d \u201cMaître de Forges\u2019 est l'une des oeuvres les plus célèbres du répertoire du théâtre romantique français.Voilà 58 ans que Georges Ohnet, qui venait d'écrire le roman du même nom, a eu l'idée d'ert tirer une pièce qui fut jouée au Théâtre du Vaudeville de Paris.Au Canada, le \u2018Maître des Forges\u201c fut représentée plusieurs fois.Au nombre des plus illustres interprètes au Canada.mentionnons £d- gar Beckman.Gustave Scheller, Dermon et surtout Pierre Magnier.\u201cLe Maître de Forges\u201d sera joué dans la salle Saint-Sulpice entié- rement restaurée, neuf fois consécutives du 19 au 26 sepiembre en soirée avec matinée le samedi 23 septembre.Pour informations appelez le MR.T.Français, 1461 avenue Union (MA.3937) ou la maison Edmond Archambault (MA.6201).Cette chute vint au bout de 7 minutes et 24 secondes.Robert arracha pratiquement le bras de Sonnenberg et il était assis sur sa victime lorsque l'officiel lui concéda la chute.CHUTE DECISIVE A ROBERT Au 3e engagement, la lutte se continuait ardue et rapide.Le vétéran Sonnenberg était encore souple et trés agressif.Robert, fina- lenient, déclencha encore quelques coups de coupe au visage de Gus Sonnenberg.Celui-ci riposta avec son \u201cflying tackle\u2019 et un moment on crut que c'en était fait de Robert.Mais fl \u201cavait encore une corde à son arc.Il fit tout à coup, un rapide saut de côté.Ce sauf de chat laissa passer tout droit Sonsenberg qui, au lieu d'appliquer un | LA LUTTE AU FORUM dix secondes plus tôt c'était Yvon qui paraissait devoir être battu.GEORGE ANNULE AVEC O'MAHONEY La semi-finale entre Ed.Don Goorge et Dan O'Mahoney a fourni une rare exhibition de lutte.Don George a fait appel à toutes ses ressources.Tl a démontré qu'il est toujours le lutteur habile et rusé.Il n'est peut-être pas en parfaite condition, mais O'Mahoney avait un avantage de manipuler dans l'\u2019arène.George se servit trois fois de son tackle, une arme moins dangereuse que celle dont se sert Sonnenberg dans ce truc.Mais il put quand même, en frappant son adversaire au creux de l'estomac, le remettre sur la défensive.O'Mahoney ne put avoir recours une seule fois à son fouet irlandais au cours de cette rencontre, une des meilleures qu'on ait vues ici depuls longtemps.Ils firent match nul O'Mahoney avait un avantage de trois livres sur son rival.0, 8 > Une nuit à Monte-Carlo Ca se chante.C'est plein d'une poésie banale, facile, liquoreuse qui, à Paris, écolure les délicats et fait sourire les snobs.Mais que ceux-ci viennent sur la Riviera; qu'ils descendent, comme nous ce soir, cette ullée bordée d'orangers ct, si la bouche qui fredonne la chanson leur plait, ils ne trouvcraient pas cela si ridicule.Savez-vous qui est-ce qui philosophe ainsi cette nuit d'août, parsemée d'étoiles filantes, sur la terrasse du Sporting?C'est lu jolie petite Mme B.Car le ménage B.\u2014 qui est de mes amis et doit être devenu, un peu, le vôtre, depuis le temps que je vous en parle \u2014 les B., donc, sont sur lu Côte, comme tout le monde.Ils arrivent de Normandie.Mme B., à ce souvenir, ne songe plus à philosopher.\u2014Impossible de se promener, là-bas, en maillot de bain sans mettre un imperméable.J'ai dit à Victor: « On a assez ri.Mettons les voiles.» Et nous voila, Aucun imperméable, cette fois, ne voile ses formes charmantes.Je n'en vois, pour le moment, que l'envers; mais cet envers vaut l'endroit.Le dos, plat et lisse, luit sous la lune comme un miroir d'argent, tandis qu'un bras nu tra- Un autre match qui fit sensation et qui se termina de façon specta-; ble : nui culaire fut celui qui mettait aux} \"4 de nuit, le styliste \u2018 dHarvard, avec Marvin Westen | prises Frank Judson, berg, fort et parfait lutteur de Spokane.Un truc bien connu mais dont ne paraissait pas se douter Judson eut raison de la résistance, oo de celui-ci anrès plus de 18 minutes de lutte.Westenberg, après avoir affaibli son adversaire avec quelques mé- ; chants coups de poing à la mâchoire, finit par l'encercler avec ses jambes.Mais a ce moment, Judson était encore debout.TI es-in'est pas tres versée dans l'histoi- saya de se débarrasser de son Jourd ire des princes de Monaco: elle fardeau en le jetant sur les cor-! de! répéter son effort, Westenberg dé- : des.\u2018Mais comme il essayait clanchant tout à coup ses jambes, s'arc-bouta sur les câbles et se renvoya en arrière.Judson le résultat des matches de la sol- | rée: ! Yvon Robert bat Gus Sonnen- ; berg.deux chutes de trois (Sonnenberg 13.27, Robert, 7.28, 8.08).Ed Don George et Danno O'Mahoney annulent.30 minutes.Marvin Westenberg bat Frank, Judson, une chute, 1857 minutes.Léo Lefebvre bat Al Morelli, une autre tackle, alla s'assommez sur un poteau du ring.Etourdi 4 son tour, Gus fut une victime facile pour Robert.Mais n'empêche que! Le M.R.T.jouera pour la Croix-Rouge canadienne Les aris doivent faire leur part dans je conflit mondial actuel.Aussi le Montreal Reportery Theatre et le Mont-Royal Théâtre Français ne manqueront pas de faire la leur.Mlle Martha Allan et M.Mario Dullani annoncent que le M.R.\u2018T.jouera au bénéfice de la Croix- Rouge canadienne.Le M.R.T.Anglais donnera ses représentations comme d'ordinaire à la salle Victoria, Westmount, et le M.R.T.Français procède actuellement à son fstallation définitive dans la salle Ssint-Sulpice entièrement restaurée.Pour sa part, le M.R.T.Fran- Çais inaugurera sa saison à la salle Saint-Sulpice en donnant neuf représentations du \u2018Maitre de Forges\u201d de Georges Ohnetetl © eres La personnalité de Lily Pons Lily Pons est fière d'être Française et de Cagnes-sur-Mer, par surcrolt, c'est-à-dire une Méridionale pur sang! Hélas.soupirait-elle 1! y a quelques années, nul n\u2019est prophète en son pays.En effet.méconnue en France, force lui fut de venir cueillir des lauriers aux Etats-Unis.Lily Pons était justement une petite bonne femme pas ordinaire: elle possédait la voix qui monte le plus haut au monde.Il y avait de quoi révolutionner non seulement les Etats-Unis, mais les deux Amériques.Et c'est ce qui s'accomplit en peu de temps, la France accuell- lant par la suite ce rossignol à bras ouverts.Lity Pons viendra à Montréal le 29 septembre pour chanter au Forum.Il n'est pas téméraire de penser que sa série de triomphe se poursuivra ici comme aux Etats- Unis, ne des signes nombreux.Il semble pourtant que l\u2019Allemagne a déjà trop d'adversaires pour ses forces.Dès lors quel est donc l'objet de ses provocations multipliées, sinon que de pallier d\u2019a vance une défaite inéluctable?Car, même si les Russes et les Italiens devaient se porter à son secours, elle ne snurait triompher contre le potentiel des forces que les démocraties peuvent lui oppo- arr.C'est l'avis des observateurs japonais, que les erreurs de jugements et les extravagances du Führer sont en train de préparer la faillite de son régime.Peutêtre que la puissance niponne ne demaderait pas mieux, pour rétablir son crédit auprès de Tamdres ct de Washington, que d\u2019aider à réduire à l'impuissance le perturbateur de la paix curopéen- LA BOXE À Il faut féliciter le promoteur Ray Lamontagne pour le magnifique succès qu'il a remporté, mardi dernier, le 7 septembre, alors que trois des combats ont fini par le knock-, out.Si l'art pugilistique, un mo- | ment compromis et chancelant dans notre ville, reprend de la vigueur et de l'intérêt.nous le devrons ù Lamontagne dont la séance de mardi, le 7 septembre.a été un véritable succès, Plus de 4,000 personnes ont applaudi.au Forum.les vainqueurs, Berger, Arnoult, Shanks Hurst et Petrin.Félicitons donc ce promoteur de latent et d'envergure et souhaitons que les amateurs de boxe lui apportent leur appui le plus entier.Le succès sportif s'ajoute à ce résultat financier.\u2018Trois des cinq combats furent décidés par la voie du knockout, dont l'un fut virtuel.Berger terrassa son adversaire au bout d'une minute et trente-et-une seconde, dans la troisième ronde d'un vigoureux coup de la main droite.mais Garcia avait déjà fait la connaissance du matelas de l'arène à la première ronde.Les autres mises hors de combat de la soirée furent celles de Tommy Osborne.aux mains de Oliver Shanks.de Montréal, et de Frankie De Carlo, de Plattsburg, N.Y., aux mains de Harry Hurst, le brillant pugiliste local.Osborne a prouvé une fois de plus qu'il ne pouvait guère assimiler les coups sur le menton.TI en roçut juste un de Shanks, dans la première ronde, et l'ancienne étai- le amateur s'effondra semi-cons- client.Le match n'avait duré que deux minutes et quinze secondes et Osborne subissait son deuxième K.O.aux mains du même adversaire.qui l'avait \u201cdescendu\u201d de la même façon l'an dernier.Quant à De Carlo, 1! ne fut sauvé du véritable knockout que par le geste de son second, qui lança la serviette dans l'arène.Hurst l'avait pincé plusieurs fois et avait coupé court À toutes ses tentatives de ralliement.Très maître de lut, Hurst s'orienta vers la victoire dès les premières hostilités et le petit Italien, malgré une farouche détermination.n\u2019eut jamais de chance, devant les coups de lointaine portée, que fit pleuvoir sur lui son adversaire, pourtant un nouveau venu dans le domaine de la boxe professionnelle.Ce fut une victoiro concluante et plaisante toute à la fois.ARNOULT DERUTE BIEN 1 tardalt de voir A l'oeuvre Jo poids léger de France, nouvetle- ment arrivé au Canada.Maurice Arnoult, dont l'adversaire, en semi- finale, était Myer Alper.de Montréal.Arnoult a bien fait les cho- ses en méritant le verdict sur un boxeur, qui s'est considérablement \u2018 amélioré depula qu'il s'entraine et nef se bat aux Etats-Unis.| ral LaFléche.chute, 843 minutes.Maurice Robert bat Alex Kasa-' boski, une chute, 10.40 minutes.L'HONNEUR = mamans Cette bataille était limitée à huit rondes.La victoire du Francals fut à la fois populaire et méritée.Arnoult a prouvé qu'il avait des ressources et son style eût été davantage apprécié si son adversaire n'eût employé une partie de son temps à le retenir.En fait, ce \u201cholding\u201d, comme en dit le vocabulaire pugilistique a considérablement nui 4 la cause du boxeur juif.Cette tactique ennuya le Français, qui, incapable de se de- gager de ces étreintes, porta parfois des coups après le son du timbre.Dans la finale, limitée à dix rondes, Maxie Berger fit victorieusement la première défense de son titre de champion mi-moyen junior du monde.qu'il conquit lorsquil battit Wesley Ramey au Forum en juillet dernier.Le pugiliste local jouissait d'un avantage considérable dans la portée et ce facteur joue toujours un rôle appréciable dans l'issue d'un combat.Mais, même sans cet avantage.Berger Aurait cu Tatson de son adversaire, dont il disposa à la troisième ronde.Garcia n'était pas de taille pour Maxie, qui lui frotta rudement le nez dès la première ronde.Quelques secondes plus tari, le Porto-ricain allait au plancher pour se relever immédiatement.Les jabs continuels de Berger mystifièrent Garcia, qui se contentait de rester sur la défensive, couvrant surtout sa figure avec détermination.Après que la deuxième ronde elt laissé entrevoir ka fin prochaine du combat, Berger étendit son adversaire dans la deuxième minute de la troisième ronde par une couple de droites à la mâchoire.Garcia s'effondra pour quelques secondes pour être de nouveau tere rassé, Comme il se remettait sur ses pieds.Mickey McGowan, le troisième arbitre de la soirée, proclamait son adversaire vainqueur sur KO.technique.Apparemment le chronométreur officiel, Bob Rochon, avait déjà signalé la mise hors de combat du Porto-ricain.Quelques spectateurs trouvèrent le geste de l'arbitre prématuré et protestèrent.Comme lever du rideau, Eddie Potrin, 120 lbs, obtint la décision sur Vianney Gauthier, 122 1-2 lbs, au bout de six rondes.Le colonel DesRosiers .(Suite de ta îère page) Le colonel Henri DesRosiers apporte au service qu'on lui demande des talents administratifs reconnus, une compétence militaire indiscutable ct un civisme éclairé.Il jouit d'une popularité de bon aloi, ce qui ne nuit à rien dans une démocratie en état de guerre, Bref, er choir cat si heureux qu'il atténue le réel chagrin que cause partout la maladie du major-géné- | ;nier de Monaco.VICTOIRE DE WESTENBERG | La voix de Mme B.change fut écrasé sous le poids de son vain-iVleck, miss B queur en tombant sur le dos.Voici: © wy\u2019 a les garçons de cabine parlent un G.L ce une voice luctée sur la robe, Mme B.retourne la tête et m'interroge en tendant son petit menton vers une table qui attire, aussi, d'autres regards.\u2014Quel est ce gamin, la, en- de jeunes filles?\u2014Son Altesse le prince Raide ton: \u2014I est charmant ! \u2014-Seize ans.Très n'est-ce pas?Mais ma délicieuse compagne Grimaldi, passe tout de suite à l'entourage.\u2014Et ces jeunes filles ?\u2014Mlle Jacqueline de Broglie, miss Rosamund Fellowes, miss Coruna Harmswerth, miss Van arbara Dunn.Mme B.soupire: -\u2014Alors, il n\u2019y a \u2018que des misses! « + + C'est vrai que Monte-Carlo, cet tté, est particulièrement anglais.Les maîtres d'hôtel du Beach et de l'hôtel de Paris vous présentent le menu \u2014 libellé en français, tout de même \u2014 en anglais: anglais, curieusement épicé d'une pointe d'ail; à la table de baccara, on ne dit plus: « Cartes » ou « Non x: mais « Cards et « No».Le général Polovtsoff, qui com- mandu.le dernier.la garnison de St-Pétersbourg avant qu'elle de- vicnne Léningrad et gouverne, présentement, celle de Monaco \u2014 Je veux dire l'armée pacifique des cercles ct des palaces \u2014 me disait: >» \u2014Je n'ai pas l'occasion souvent de parler français.Voici lord et lady Rhédian Crichton-Stuart.M.Charles Monroc, M.F.Lewisohn, M.¥.Sigrist, le plus grand constructeur d'avions anglais, la comtesse de Cittadini, statue voilée de tulle ivoire.et la comtesse Cippico; le marquis San Felice di Monteforte.le captain d\u2019Arcy Rutherford: Thon.Mrs Reginald Fellowes.Je cherche un nom français.Le général me présente à la comtesse de Maupas, À la bonne heure! Mais non.cette jeune femme.| splendide d'ailleurs, vraie blonde | cent pour cent, est finlandaise ! .\u2014Excusez-moi, fait Mme Bje débaraue.Comment vit-on.ici?\u2014Au grand air.chère amie, du matin au soir et du soir au matin.Il fait trop beau pour s'enfermer.« Le matin, vous pouvez arriver à la piscine du Beach vers 11 heures, \u2014C'est bien tot.A Deauville.\u2014Plus tard.vous risqueriez de ne pas trouver une table de libre.Je parle des tables qui comptent : celles en bordure de l'eau.e« Deux ou trois plongeons dans l'onde naurée pour mouiller votre maillot et cinq ou six tours de ski nautique.> Mme B.rougit: \u2014Je n'en ai fait que sur la neige.\u2014Le captain Rutherford vous guidera.Après, vous regagnez le guéridon-parasol où vous avez laissé votre peignoir pour qu\u2019on ne vous chipe pas votre place.Porto.cocktails.\u2014Jus de fruit.L'alcool, le soir seulement.\u2014Si vous voulez.On déjeune vers ! heure et demie.En caleçon de bain, avec peignoir ou en short, Ensuite, sieste, sur des matelas orangés et moelleux.Ensuite, re- bain, re-ski ou rien: conversation, lecture, courrier.c'est l'heure creuse.« On dine À neuf heures et demie.\u2014Ot mange-t-on?\u2014Les jours ordinsires, où vous fee.PREMIEREMENT \u2014 DEUXIEMEMENT \u2014 IMPORTANT Les faits suivants sur le véritable Charbon Anthracite Gallois sont véridiques!.Il brûle plus longtemps, de sorte que, naturellement, vous en consommez moins, ce qui veut dire: économie sur chaque dollar dépensé.Comme une plus grande quantité de charbon s'en va en chaleur, cela fait moins de cendres et, conséquemment, moins de frais de chauffage BRITISH COAL CORPORATION Page 3 Recherchez cette marque de commerce.Elle paraît sur le billet de pesée de chaque marchand autorisé de la British Coal Corporation.C\u2019est votre garantie d'un véritable Anthrarite \u201cWelsh\u201d.petit gala fleuri le mardi; grand gala feu d'artifice le vendredi.« La gentry italienne, celle de | Cannes, tout le monde est au Sporting deux fois pur semaine.Si vous diniez ailleurs, le veiglre- di, vous vous feriez remarquer.¢ Diner dansant, of course et attractions.Puis la salle de jeux.Roulette, trente et quarante, dés \u2014 comme au bistro \u2014 et chemin de fer.\u2014Ca, je le sais.Vous ne m'avez pas demandé où était Victor.\u2014Au baccara?\u2014I taille, mon ami.Sans ar- rét.Et il ne veut pus que je joue! \u2014C\u2019est un homme économe, Il tiest à perdre son argent tout seul.Vous le laisserez au tapis vert et vous monterez au Night Club.\u2014\u2014Ou est-ce / \u2014Suivez-moi.*.& + Ce n'est pas loin.Un escalier à grimper.Une terrasse à pergola, jardin suspendu sur Ja mer.Musiques câlines.Mme Bo.devient réveuse: \u2014Vous vous rappelez notre dernière soirée à Montmartre?Ce guide qui nous montrait Notre- Dame.les Invalides.\u2014Un autre genre.Nous retrouverons tout ça a la rentrée.Tango?\u2014Si vous voulez.Voilà le moment de susurrer Une Nuit à Monte-Carlo.Tout y est.Le parfum des épaules des dames et celui des fleurs: le doux bruit de ls mer qui traîne sur les galets su robe de soie: une nuit sucrée.En voilà jusqu'au petit jour, « + e Abandonnant les époux B.à leurs divertissements mondains.je me suis mélé.aujourd'hui.aux touristes que des autocars déver- c min de fer à dix louis, où Parisysen rose, elle aussi.vient de passer sent, toutes les cinq minutes, dans [sept fois.UNE TEMPETE DANS UN VERRE D'EAU (Suite de la page 1) Le ministre de la Justice, parlant pour la minorité ca- nadienne-francaise, a particulièrement insisté sur la question de la participation du Canada à la guerre.qui a fait le sujet de plusieurs assemblées de protestation dans notre province.Le Canada peut-il être neutre, dans la guerre actuelle?Pourquoi ne l\u2019eat-il pas?M.Lapointe répond à ces deux questions avec la courageuse logique qu\u2019il fallait.Reprenant plusieurs points de son discours du 3l mars dernier, il démon- fre que la neutralité du Canada est une impossibilité à cause d'objections d'ordre constitutionnel, juridique et pratique que la majorité du peuple canadien ne veut pas écarter.Le Canada pourrait être neutre.mais son peuple ne le veut pas.M.Lapointe reproche à tous ceux qui ont prêché la neutralité du Canada de ne pas avoir même tenté de montrer comment le Canada aurait pu concilier Pétat de neutralité avec le sentiment du peuple canadien.Personne, dit-il, même pas le député de Beauharnois, n'a essayé de résoudre les difficultés qui rendent impossible aujourd\u2019hui la neutralité du Canada dans une guerre où est engagée la Grande-Bretagne.Le Canada est en guerre.pour sa défense et sa sécurité et son gouvernement a recu 'assentiment du peuple.Le pays est uni dans sa détermination.\u201cLe Canada, affaibli par la désunion.disait samedi M.Dandurand, ne pourrait porter secours à aucun pays.même moins se défendre lui-même.\u201d Restons unis! Restons-le autour d'un gouvernement qui, dans cette heure grave, vient de nous donner des preuves de son esprit canadien et dont la ligne de conduite promet de garder comme directive \u2014 pour peu qu\u2019il se sente appuyé \u2014 le souci de l'avenir de notre pays.Quant à notre province.tant qu'elle conservera aux ministres qui la représentent aujourd'hui l'appui et la confiance qui font leur prestige.elle pourra se faire écouter dans le conseil de la nation.CANADIEN perdu: mais sa femme est ravie.j- \u2014Venez flirter au Night Club.Elle a appris le « Roll Skip ».|Jeanneun pas nouveau qui autorise tou- ; tes les fantaisies.Mme B.: commiseration : avec me regarde L'orchestre le joue tantôt en fox, tantôt \u20ac 1 tango.au gré du lient.Deux heures du matin.Bva se réinstaller à la table de che- \u2014Flirter?Depuis le temps que nous nous connaissons! Mais pourquoi.mon pauvre ami?\u2014Pour qu'il gagne.Louis-Charles ROYER.la minuscule capitaie de ce pays sans campagne.La plupart n'ont que quelques heures \u2014 certains une seule \u2014 à passer ici.C'est pourquoi le Casino reçoit plus volontiers leur Vsite que le Musée, qui est, cependant.très intéressant, ei le jardin exotique.cette splendeur.La foule.en rangs pressés, envahit les portiques du temple du jeu.1! y a là les porteurs de dixièmes de la Loterie nationale, les pelousards d'Auteuil.les familiers des P.M.U.de Paris et de provin- Le feuilleton.le cinéma.leur ont montré des décaves qui refaisaient une forture à la roulette.lis vont tenter leur chance.aux tables à dix frances ou à cent sous.Plus loin, dans les « Salons prives >, la table de baccara.Petite partie d'après-midi: là.rien que des Anglais Un grand gentleman aux joues roses, aux cheveux en copeaux de cuivre.demande des cartes ou en refuse dans la langue de Shakespeare, si tant est que Shakespeare jouait au chemin de fer.Il tire à sept.gagne le coup qu'il aurait perdu sans ce tirage insensé; puis, devant la stupeur admirable de la tahlée.lance triomphalement avec le plus bel accent de Paname: \u2014 C'est déjà comme ça.hier soir, que j'ai ramassé vingt mille bailes.Les fils d'Albion authentiques en sont comme deux ronds de flan.+ .+ Apéritif au café de Paris.Orchestre.Clientèle démocratique.comme le tarif des consommations.Les gens chic sont en face.au bar de l'hôtel de Paris.On s'y écrase.Une herse de jambes nues.Des « ensembles », shorts et soutiens-gorge couleur de peaa, c'est- à-dire pain brûlé, qui.à quelques mètres, font croire que l'on est encore à l'île du Levant.A sept heures, les sutocars ramènent les touristes vers les peu- sions de Nice et de Menton.À huit heures, les gens du monde regsgnent leur appartement pour prendre le troisième bain de la journée, dans une baignoire, cclui-M, ct s'habiller pour le soir.Vers neuf heures, on aperçoit aux fenêtres du Beach, quelques robes en grand décolleté, des smokings blancs ct des spencers.e & © voudrez, Il y a quelques bonnes auberges sur la côte: mais les mardis et vendredis, au Sporting d'été.ce sont les jours de gala: Je retrouve ke ménage B.à minuit, au Sporting.B.n\u2019est pas de très bonuec huwcue.ll ay % ERT DE 3 \u201c4 VDI] Gn DIN TIE SIR \u2018LLL DE SERVIR Où que vous viviez, vous pouvez toujours vous procurer une variété de poisson, soit frais, gelé, fumé, séché, en conserve ou mariné.Votre famille aimera le POISSON.On peut en faire une infinie variété de plats délicieux.Ecrivez aujourd'hui pour avoir la brochure de recettes GRATUITE.MINISTÈRE DES PÊCHERIES, OTTAWA: | Ministère des Pécheries, Oftavec.s et Veuilles m'envoyer votre brochure de | RTS RTE A LA BROCNURE GRATUITE | 468 +.\u201400cmegeu teens scene Adresse.| | CW-17F ! LE POISSON AU MENU DU JOUR + = Page 4 + Duplessis grand chef n Le ministre A.Carignan devient un \u201cconvertisseur\u201d Le \u201ccandide\u201d M.Rochefort premier fruit de son apostolat.\u2014 Certains \u201cdessous\u201d de la construction du Boulevard Métropolitain.\u2014 La représentation du comté de Jacques-Cartier et la déclaration de guerre.(Du correspondant spécial de \u201cL\u2019Autorité\u201d) Lachine, 15.\u2014 Le \u201cCanada\u2019 nous informe que grace à une visite faite chez l\u2019hon.M.Carignan, ministre de la Voirie provinciale, à Lachine, M.Candide Rochefort, député de Sainte-Marie à la Législature, est retourné au bercail de l\u2019Union Nationale.M.Carignan est décidément plus aimable envers les Lachinois, qu'il traite à coups de boite.D'autre part, M.Candide Rochefort s\u2019est si souvent converti qu'il pouvait être désigné à l'avance comme un \u201cbon sujet\u201d.Pourquoi M.Carignan ne s'attaquerait-il pas à la conversion de M.René Chaloult, de M.Ernest Grégoire ou de M.Philippe Hamel?En les invitant à 2 succès.N\u2019oublions pas que Lachine, en même temps que la Cité des Sports, est aussi celle des miracles.En faut-il d'autres preuves que la conversion de l\u2019ex-maire Ranger, qui d\u2019anti-Carignan convaincu, devint un pro-Carignan a tout crin?* * On nous demande de poser trois questions au ministre routier et maire de Lachine: 1.\u2014 Est-il vrai que la compagnie \u201cLakeshore Construction\u201d.bénéficiaire du contrat du Boulevard Métropolitain.se compose d\u2019un briqueteur, d\u2019un pompier, d\u2019un garagiste et d\u2019un employé de la Commission des Liqueurs lesquels sont appelés à se partager une commission de $25,000 à $30,00 ?92, \u2014 Est-il vrai qu'un * A : à .; i ropriétaire de ca-i .médecin de Lachine est devenu soudain prop radiophoniques que s'exercent les mions qu\u2019il utilise dans la construction du nouveau boulevard ?3.\u2014 Est-il vrai qu'un des organisateurs électoraux de M.Carignan, ministre de la Voirie, devrait en loyer une somme de $1.400 à la Ville de Lachine.dont M.Carignan Lachine, peut-être réussirait-il ce | est le maire bénévole.x * * Nous venons de perdre un bon citoyen: Me A.-S.Pelletier, aviseur légal de Lachine et de Ville LaSalle.De Cel- | l\u2019activité artistique.Elle ferait nus, soi-disant dirigée contre le communisme.d'aucuns lui te sorte d'hommes, il n'en existe jamais trop pour ServIF trés bien dans un conservatoire, | demandèrent ee qu'il entendait faire à l'égard du fascisme: d\u2019exemple à leurs concitoyens.Sa position dans les deux car elle connaît bien son métier \u201cLe fascisme n'est pas dangereux ici, C'est le communisme qui villes voisines était plutôt propre à lui créer des ennemis, jen ce qui concerne le théâtre ot l'est.Traitrises contre nos artistes persécutions, chantages commis dans certains postes radiophoniques et associations musicales.\u2014 Il faut que cela cesse! \u2014 des combi- | Les | | ! traitrises, Les combines nards.+ Une lectirce de L\u2019 « Autorité ».qui a entrepris de dénoncer la campagne de persécution menée étrangers qu'envers beaucoup de | contre nos artistes.surtout les plus talentueux.nous adresse Ja j'présente lettre.troisième de la sé ; FIC: ; | Montréal, le 14 septembre 1939 M.le directeur, J'ai entrepris de dénoncer tous ceux qui se livrent à de véritables L\u2019AUTORITE, MONTREAL, 16 SEPTEMBRE 1939 azi du Son rêve de devenir un nouveau Fouhreur, avec l'appui d\u2019Adrien Arcand, s\u2019en va à vau-l'eau.\u2014 Comment il ne cessa jamais de favoriser l\u2019hitlérisme, en faisant mine de combattre un communisme chez nous inexistant.\u2014 Capitaine Fracasse qui se dérobe, afin de n'avoir pas à se prononcer sur la participation du Canada à la guerre.\u2014 L\u2019ex ami Hepburn moins froussard.(Dépêche spéciale à , Elle a refusé et :#'est imposé de la sorte de lourds \u201csacrifices; mais combien d\u2019autres, dans le besoin, ont du prostituer leur art et gaspiller leur talent.Moi-même, on m'a empéchée de figurer dans les cercles où j'étais en droit d'espérer parvenir au succés ct d\u2019où je fus éliminée avec accompagnement de propos diffamatoires.Trop de directeurs, placés aux postes de commande, allèguent que le publie demande du banal et du vulgaire, ce qu\u2019on ne saurait à la fin lui refuser.J'ai eu connaissance, en effet, par certaines lettres adressées à des artis- tex, qu\u2019il y a du vrai là-dedans; mais est-ce le rôle de ces directeurs d\u2019encourager la déformation du goût populaire en contraignant les vériatbles artistes à se rabaisser ef à rabaisser leur art, De sorte que ceux et celles qui, doués de talent, se croyaient en mesure de nourrir certaines ambitions ont dit, de guerre lasse, abandonner la partie et quitter la scéne pour se livrer à d\u2019autres travaux, afin de gagner une miséralMe ez- istence.En dépit de toutes ces avanics, certains réussissent tout de mé- me à percer et je citerai M.Jean- Marie Beaudet, accueilli d\u2019abord par les petits sourires des snobs et par le scepticisme de not pseu- do-connaisseurs, mais qui tout de même a conquis sce grades.Outre d'avoir une touche merveilleuse au piano, M.Jean-Marie Beaudet est chef d'orchestre, et quel chef d\u2019orhestre! Il a du goût, du discernement et de l'impartialité.Le malheur, c\u2019est qu\u2019il ne soit pas appelé plus souvent à là direction \u20ac nos corps de musique.Si on n'a pu le tuer, artistiquement parlant, c\u2019est qu'il était trop haut pour être atteint.; Oet automne, les directeurs de Frère GENEVIEVE.y posler radiophoniques et d\u2019aito- cialions muticales détireux de con- \u201cL'alliance entre les communistes de Staline et les na- zistes d\u2019Adolf Hitler n\u2019a surpris que ceux qui croyaient encore en la sincérité de ces deux individus, de ces deux doctrines.Grâce à la prévoyance du Gouvernement, le Québec est prémuni contre l'agitation et l'espionnage communistes.En vertu de la loi du cadenas, la police a livré une guerre sans merci aux agents de Staline; en dépit des attaques et des moqueries, le gouvernement de l'Union Nationale a tou- lation canadienne, : possédant méme pas les premières | jours protégé la population contre ces ennemis de la civilisation et de la religion qui se transforment aujourd'hui en ennemis de la démocratie.de la France et de l\u2019Angleterre.De même, le gouvernement provincial a toujours surveillé les agents nazis qui ont pu s'infiltrer dans notre province.\u201d Pour une colle.c\u2018en est une vraie! De quelle façon M.Duplessis surveillait-il les agents nazis, lorsqu\u2019il protégeait un Adrien Arcand.rédacteur-en-chef de \u201cL'Illustration Nouvelle.et un Paul Bouchard.de \u201cLa Nation\u201d, qui vomissaient les injures à jet continu contre la France, et l'Angleterre?Comment surveillaitil les agents nazis lorsqu\u2019il laissait se former ces troupes de choc, ces organisations paramilitaires, qui se vantaient de marcher un jour sur Ottawa afin d\u2019en chasser le gouvernement?Or, il est vrai que ce gouvernement était libéral.DUPLESSIS GROS-JEAN COMME DEVANT Si le gouvernement fédéral, poussé à bout, n\u2019était pas intervenu, l\u2019on se demande si le Canada ne scrait pas au- jourd'hui en pleine guerre civile, En France.où le fascisme compta de nombreux adhérents, ceux-ci reconnaissent aujourd\u2019hui qu'ils ont fait fausse route, mais pas M.Duplessis.qui inspire un article comme celui de \u201cL\u2019Evénement- Journal®™ au lieu de faire son mea culpa, d\u2019où sa fuite obstinée devant les reporters.Du reste, s\u2019il est actuellement muet, cela ne veut pas dire qu\u2019il le sera longtemps.Attendons-nous à ce qu\u2019il pour- | suive bientôt sa lutte sournoise contre la France et l\u2019Angleterre.Le petit Fouhreur Arcand reste coi depuis le début de septembre, ayant promis de ne plus tenir d\u2019assemblées na- zistes devant la menace du camp de concentration.Son journal, \u201cL\u2019Hilustration Nouvelle*\u201d, ne vante plus Hitler lui-même, mais il ne cesse de nous annoncer chaque jour la prise de Varsovie et l\u2019annihilation de la Pologne.comme il ne cessa, pendant deux ans, d\u2019annoncer la chute de Madrid et Panéantissement des républicains espagnols, Aussi longtemps qu\u2019il fut question d\u2019une alliance anglo-franco-russe, les feuilles à la dévotion de M.Duplessis s\u2019acharnèrent à dénoncer cette alliance comme anti-chrétienne, anti-sociale et satanique.Staline y était représenté ni plus ni moins comme l\u2019Antéchrist.Depuis que le potentat de Moscou s\u2019est rapproché d'Hitler, on n'y lit presque plus rien contre cet ancien ennemi du genre humain.On ne laisse pas d\u2019insinuer toutefois avec une joie diabolique que Ja Russie «t l\u2019Allemagne se partageront la Pologne, nation catholique.Comment concilier cela avec l'hypocrisie religieuse si hautement professée par M.Duplessis et consorts?Qu\u2019il se produise des troubles dans le Québec ct nous verrons quelle scra l\u2019attitude de la police provinciale.Nya cent contre un à parier qu\u2019elle sera neutre ou favorisera en sous-main les nazistes.M.Duplessis doit bien regretter au- jourd\u2019hui de n'avoir pas tenu ses élections provinciales avant la crise.Qui sait ce que nous prépare cette guerre\u201d 11 n'est pus téméraire de prévoir que les Législature provinciales, si prodigues de leur argent, seront appelées à rentrer dans Jeur coquille, sinon à disparaître.Pas moyen de compter sur l\u2019Ontario, puisque M.Hepburn offre lui-même de rayer lOnta- rio de la carte provinciale, si cela vaut mieux pour le bien de l\u2019Empire.De sorte que M.Duplessis, à l\u2019issue d\u2019une guerre de longue durée, pourrait bien ne pas être le grand Fouhreur qu\u2019il avait, rêvé, mais terminer sa carrière politique Grosmme devant.Jean com ROBUR tinuer leurs anciennes tactiques, | n'ont qu'à se bien tenir.J'en sais d'autres qui ne veulent pas se laisser égorger, et pour ma part, je me ferai l\u2019interprète de tous ceux qui auront des plaintes à enregistrer contre les caboting et les profiteurs du cabotinage.Je vous remercie, M.le directeur, dè vous faire le défenseur de l\u2019art vérita- [ble et non de la camelote et je me souscris., + Votre bien dévouée, LU ELIANE LE 98 te tt pr Le généreux Ecossais La France n'oublie jamais pes amis et ses bienfaiteurs, même lointains.C'est pourquoi nous devons un hommage à la mémoire d'Andrew Carnegie qui, après avoir été, en Amérique, un des rois du pétrole, du rail et de la métallur- gic, s\u2019éteignait il y a vingt ans dans sa propriété de Shadowstrook, à Lenox (Massachusetts), :.le 11 août 1919.Ce prodigieux self made man était né à Dunfermline, en Ecosse, le 25 novembre 1835.Son père, un tisserand ruiné par le développement brutal du machinisme, avait émigré aux Etats-Unis en 1848 et s'était établi à Pittsburg (Pennsylvanie), où le petit Andrew Camegie débuta à treize ans, dans une filature, au salaire de cinq dollars par mois.Il était actif et débrouillard.Entré comme simpel employé à la Pennsylvania Railroad Companyil y conquit un à un ses grades, atteignit même, à moins de quarante uns, celui d'administrateur, puis se lança résolument dans la lutte industrielle, construisant pour son propre compte «des wagons Pullman, spéculant sur les pétrolcs, et réalisant enfin le trust de l\u2019acier qui devait être à partir de 1875 le tremplin de sa colossale fortune et qui lui permit de toucher en 1901, au syndicat Pierpont Morgan, Rockefeler and Co, une somme de trois cents millions de dollars, soit onze milliards de francs d'aujourd'hui! Il pouvait dés lors se retirer un peu des affaires.Fatigué de gagner de l\u2019argent, il n'eut plus que ie souci d'en dépenser avec une généreuse prodigalité, comme s'il vou- lzit faire mentir la légende qui accuse les Ecossais de pingrerie.Jamais on n'avait vu un Ecossais de cet acabit! En devenant un grand philanthrope.il se fit pardonner d'avoir été un grand businessman.Il fonda des bibliothèques, des ho- pitaux, des sociétés d'assistance ou d'instruction, subventianna partout les ocuvres dignes d'intérêt qui lui étaient signalées .Ses libéralités s'élevérent, dit-on, à près d'un mil- hal.Et -M.Lioyd George lui- même lui fut redevable d\u2019une rente viagère de cinquante mille francs.1 | t .LL.- Rappelons ce souvenir amusant, un dimanche.étant en voyage, Carnegie assistait incognito à l'office d\u2019une petile église de campagne.On fit la quête.Dans l\u2019hum- .ble sébile qu\u2019on lui présenta char- l gée de menue monnaie, car le pays n'était pas bien riche, le milliardaire déposa comme offrande un billet de cinquante dollars.Don ex- { traordinaire et sans précédent qui lahurit le bon pasteur.Celui-ci ayant selon son habitude compté la recctte a la fin de office, se retourna fort troublé vers ses paroissiens: \\ \u2014 Mes frères, leur dit-il, le Seigneur nous a comblés aujourd'hui: nous avons reçu un dollar et quinze cents\u2026 Et si le billet que le vieux gentleman à barbe blanche qui est là-bas au fond a mis dans la sébile cst réellement authentique, alors cela nous fera cinquante et un dollars et quinze cents.Mes fréres, prions Dicu que la banknote ne soit pas fausse! Hitler et Thérèse Neumann Malgré la vigilance de la Gestapo, une bien curieuse histoire circule en ce moment à Berlin, sous le manteau.TH y a quelques mois, Hitler, qui, comme chacun sait, est fort superstitieux, se rendit à Konnersreuth, en Rhénanie, pour y consulter Thérèse Neumann, la célèbre \u201cstigmatisée\u201d connue dans le monde entier sous le nom de \u201cLa Vierge aux larmes de sang\u201d.\u2014 Oh! mon Fuhrer, lui dit-elle en substance, ta vie sera brèvel Tu mourras à la fin de cette année, tandis que l'Allemagne connaîtra, par ta faute, la famine et la guerre! En vain, Hitler essaya de faire revenir la jeune fille sur son propos.Elle ne voulait rien entendre.Ses prophéties, disait-elle, étalent directement inspirées par le ciel.De retour à Berchtesgaden, le Fuhrer-chancelier convoqua immédiatement M.Goebbels\u2014 Cette voyante est folle, s\u2019é- cria-t-il, furieux.Pourquoi! laisse- t-on raconter des histoires absurdes?Occupe-tol de ça.Je veux quelle disparaisse de la circulation.Ainsi fut fait.Therése Newmann alla méditer dans un camp de concentration sur le danger qu'il y a à dévoiler un fâcheux avenir au tout puissant Fuhrer.» * e Cependant Konnersreuth ville, grâce à la stigmatisée, con- et les curieux y affluaient par milliers.mit en chasse et finit par retrouver la trace de Thérèse Neumann.Délivrée.elle refusa toutefois de retourner dans sa ville natale.Elle rut peu après.Informé de cette mort, Hitler ne veut pas y croire.Tant que Thé- Tèse vivait, elle pouvait conjures par uno nouvelle prophétie l'effet fut bientôt en rumeur, car la petite mnaissait la prospérité: les pélerins Un groupe de fanatiques se se réfugla en Suisse, où elle mou-| 25e ANNEE \u2014 No 1333 uébec EUR JOSEF STALINE Son père, qui était vaguement savetier, avait exercé la profession à la fois pittoresque et libérale de brigand de grands chemins.Et ce fut au chant de ses hauts faits, dit-on, qu\u2019il berça son rejeton.\u2014 Alors, celui-ci, dès qu\u2019il eut l'âge d\u2019'hommme.C'est quelqu'un .Sur ce point, pas de question.Et l'on peut tout de suite, tout cru ct tout vivant, lui assigner une bonne place dans la collection des géants historiques, entre Ali-Baba, AI Capone, Raspoutine et 1es Borgia.D'Ali-Baba et d\u2019Al.Capone, il possède le et les tours de main.De Raspoutine, il a le mystère et Ia duplicité\u2026.Dommage qu'on ne puisse parler de Cromwell, à Cause du grain de sable.Tenter de lui un portrait classique, selon les recettes ordinaires, avec une indication schématique du physique et cing ou six petites touches, en dégradé, du bout de la plume, pour les nuances de l'âme?Soyons sérieux.11 y a encore quinze jours, quoi qu\u2019on eut fait ou dit, on était à peu prés certain de heurter une moitié du monde.Meurtrier bassement crapuleux pour les blancs ou les bleus, qu\u2019était-i] pour les rouges, sinon un demi-dieu triomphant?Aujourd'hui.N'insistons pas\u2026 Et racontons plutôt son histoire.Une simple histoire.Plus tard, comme celle d\u2019Annibal ou d'Ivan ie Terrible, elle donnera du travail aux metieurs en scène.Une simple histoire.Et bien édifiante.© .Géorgien.Né en 1879.Son père, qui était vaguement savetier, vivait surtout de souvenirs, et les siens avec lui.M avait exercé la profession, à la fois pittoresque et libérale, de brigand de grands chemins.Et ce fut au chant de ses hauts faits, dit-on, qu\u2019il berça son rejeton.Celui-ci poussa dru et, trapu, noiraud, hirsute et déguenillé, devint rapidement lc plus mauvais sujet du coin.Que voulez-vous qu'on en fit?Expédiente, sa mére songea à la prétrise et s'en fut le proposer au séminaire de Tiflis.On l'accepta, Hé! oui, on l'accepta, peut-être par mortification.Sous réserve, d'ailleurs, comme une proposition de neutralité.Mais les dites réserves n\u2019eurent pas à jouer, selon sa mère en tout cas, laquelle affirma, à plusieurs reprises: \u2014 J'étais inquiète pour sa santé.Alors, je l'enlevai des mains des popes.Toutefols, il y a une autre version, celle de l'intéressé en personne: \u2014 Non: je ne suis pas parti.On m\u2019a mis à la porte.Pourquoi?Voyons! J'étais défi révolutionnaire.Allez écrire l'Histoire, lorsque, sur un même fall précis, une mère et un fils sont en désaccord! Que Staline nit été révolutionnaire dès le couvent, au fond, il n'y a rien qui puisse surprendre.D'autres révoites se sont découvertes dans l'ombre des cloitres.De fait, des sa sortie, II se donne à l'obédience d'en face: au marxisme.Et le voici parti pour le destin.Premier trait significatif d'une manière qui exige, avec une rare dose de \u201cculot\u201d, une assez belle ration d'astuce et de sang-froid, le jeune Staline préfère jouer les chefs que le bétail, s\u2019avise d'un très machiavélique moyen de lever des effectifs.El passe en revue, duns sa tête, l'ensemble de ses condisciples du séminaire et dresse une liste de ceux qui, \u201ccostauds et durailles\u201d, n'auraient rien d'autre à faire, s\u2019ils étaient renvoyés, que de rallier son fanion.Sur ce froidement et anonymement, un à un, il les dénonce.Puis il s'en va les attendre à la sortic.Deux mois plus tard, 13 bande affolait la région, police en tête.Elle était à l\u2019origine, au centre et au pourtour de toutes les agitations, de toutes les grèves.de toutes les émeutes el un peu, aussi, de pas mal de razzias.11 mendie la tête haute, celui qui mendic pour son Dicu.Nos défroqués, eux, c'était pour le marxisme qu\u2019ils pillaient.Pour la Cause.Mais oui, pour la Cause, avec un très grand C.Sans doute peut-on faire d'immenses reproches à Staline.Pas ceux de vénalité\u2026.\"Tencz écoutez : Un jour, le 13 juin 1907, à 10 heures du matin, deux voitures chargées d'or, longealent la rue Sololak.Une formidable explosion retentit, faisant de considérables dégâts et provoquant pas mal d\u2019émoi.Or, quand on parvint à rétablir un peu d'ordre, ce fut pour constater que l'arzent s'était envolé.Détà Staline le versait dans la Caisse du parti, sans en conserver pour lui le quart du commencement de la moitié d\u2019une once : quatre millions.Et il vivait en guenilles, de fèves et de raves.\u2026, (Suite à la page 2) Le complément d\u2019un tableau de NOCES D'OR \u2018Mme Allen Quickfall venait de disposer un immense bouquet de chrysanthèmes, offrande de scs enfants et petits enfants à l\u2019occasion des noces d'or, lorsque le téléphone sonna.La communication était transmise de Kindersley, Saskatchewan, et lui apportait les meilleurs voeux de son fils Roy.Quelle surprise en un tel jour! Mme Quickfall nous écrit: \u201cNous sommes heureux de faire part à d\u2019autres fils et à d\u2019autres mères de la joie et du bonheur que donnent les prises de contact par téléphone, singulièrement quand les êtres chers sont disséminés aux quatre coins du pays.\u201d à © Pourquoi attendre des noces d'or?À la prochaine fête de famille téléphonez par éinterurbain, Et rappelez-vous ceci: il en \" coûte si peu que vout aussi serez étonné.4 move de la première.Mais maintenant?Si elle allait se réaliser?"]
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