L'ami du peuple, de l'ordre et des lois, 14 octobre 1835, mercredi 14 octobre 1835
[" Vo XV.DE L\u2019ORD MONTREAL, MERCREDI, 14 OCTOBR re ° ee E, 1835.= .LITTERATURE.LE PÈRE GORIOT.Allis trae.-(Suaxorzage.) TROMPE-LA-MORT.(Suite.) ° \u2014 Mais pourquoi, dit mademoiselle Michonneau, \u201cTrompe-la-Mort ne s'en va-t-il pas avec Ia caisse.\u2014 Oh ! fit l'agent, partaut où il irait ilecrait zui- vi par un homme chargé de le tuer.Puis unc caisse maonsiaur ne nana n-i-il pas dit qu'il était vurveil- 187 Vous perdrez tout, \u2018 \u2014 D'ailleurs, penea mademoiselle Mic , Jerne l'aime point, cet homme ?- 1 ne sait que the dire dus choses dévagréables.\u2014 Mais, reprit Poiret, vous feriez mieux, car, ainsi que l'a dit co munaleur qui me parait fort bien, outre qu'il est très proprement couvert, c'est un acte d'ubeissance aux lois quo de débarrasser In société d\u2019un criminel, quel-que vertueux qu'il [Puisseêtre.Quiabuboira.S'il lui prenait fan- laisio de tous assassiner tous! | Mais, quoi, nous ne s'eniève pas comme.on enlève une demoiscil de bonne maison, D'ailleurs, Collin est un gail- lad incapable de fuire un trait semblable, 11 so eroireit deshonoré, \u2014 Monsieur, dit Poiret, vous avez raison, il sc- rait tout-à-fait déshonoré.\u2014 Tout cela ne nous dit pas pourquoi vous ne venez pas tout bonnement vous emparer de lui?demanda mademoiselle Michonnean\u2014 Eh bien, mademoiselle, je reprends !\u2014Mais w dit-il à l'oreille, empêchez votre monsieur de tn\u2018interrompre, OU nous n\u2019en aurons jamais fini.II doit avoir beanconp de fortune pour se faire écouter, ce vicux-là.\u2018lrompe-la-Mort, en venant ici, a chaussé la peau d'un lionnéte homme, il a'est fait bon bourgeois de Paris, il o'est logé dune une pension sans apparence, il cet fin, allez! on ne le prendre jemaie sans vert.Donc M, Vautrin est un hornime considéré, qui fait des effurres considé- sables.= Naturellement, se dit Poiret à lui-même.\u2014 Le ministre, ei l\u2019on se trompait en arcétant M.Vautrin, ne vent pab se anettre À dos lu commerce do Paria, ni lopinion publique.Monsieur le préfet de police branlo dans le mariche, il a des ennemis.S'il y avait errzur, coux qui veulent sa place profitocuient des clnbaudagce et des crinille- ties libérales pour le faire sauter.Il s\u2019agit ici de procéder comme ans Paffiire do Cogniard, le faux comte de Sainte Flélène.Si ça avait été un vra comte do Sainte Hélène,nons n\u2019élions pos propres.Aussi faut-il vérifier! Nous avions fait vérifier Cogniard par une femme.\u2014 Oui, mais c'élait une jolie femime, dit vive ment mademoisello Michonncan, \u2014 Trompe-la=Mort no se laisserait point aborder par une femine, dit agent, il n\u2019aime point les femmes, \u2014 Mais jo ne vois pas alors à quoi je suis bonne pour une semblable vérification, une auposition que je consentirais à la fuire pour deux mille france ?\u2014 Rien de plus facile, dit l'inconnu.Je vous remeltrai un Alacon contenant une dose de liqueur préparéo pour donner un coup de sang qui n\u2019a pas lo moindre danger, et sunvle une apoplexie, Cetto drogue peut se mêler également au vin et au café.Sur le chatap vous transportez notre homme sur ua lit, et vous le déshabillez afin de savoir w'il ne se meurt pas.Au moment olf vous serez seule, vous lui donnerez une claque sur I'épaule, pal! et voue verrez reparaître les lettres.\u2014 Mais c\u2019est rien du tout, ça, dis Poiret\u2014 Hé bien ! consentez-vous 7 dit M.Gondureau à la vieille fille, \u2014 Mais mon cher monsieur, dit madernoisello, au cas où il n'y aurait point do lettres, aurais-jolcs deux mille francs ?\u2014 Non\u2014 Quelle sera donc l'indemnité ?\u2014 Cing cent france.\u2014 Fairo une chose pareille pour si peu! Le mot est le même dans ls conscience, et jai ma conscience à calmer, monsieur, .- \u2014 Je vous affirme, dit Poiret, que mademoise!l - a Leauconp do consciunce, outre que c\u2019est uno trê aimable personne et bion entendue.= Hé bien! reprit mademoiselle Michonnean donnez-moi trois mille france si c\u2019est Trompe-la Mort et rion si c'est un bourgeois.\u2014 Ca va, fit Gondureau, mais à condition que Vaffairo sera faite demain.\u2014 Pas encore, mon cher monsieur, j'ai besoin de consulter monsieur, \u2014Finaude! dit l'agent en se levant.A demain alors, et si vous étiez pressée de me parler, venez pelite rue Sainte Anne, au bout de la cour de la Sainte Chapelle.II n\u2019y a qu\u2019une porto sous la voute, demandes M.Gondureau ?Bianchon, qui rovenait du cours de M, Curier, eut l'oreille frappés du mot assez origina! do Trompe la Mori, et entendit le ça-va du célèbre ehofde le police dé sûreté.\u2014 Pourquoi n\u2019en finissez-vous pas?co serait trois cente france de rente viager, dit Poirot à mademoiselle Michonnoau, \u2014 Pourquoi?dit-elle, Mais il faut y réfléchir.Si M: Veutrin était ce Trompe-la-Mort, peut-être aurait-il plue d'avantage à s'arranger avec lui, Cependant lui demander de l'argent, ce scrait le prévenir, et il serait homme à décamper graiis ! Ce verait un pouf adominable, \u2014Quend il serait prévenu, reprit Poirst, ce pables de ces #, fans «que nous cn serions les premières victimes.» La préoccupation de midemoiselle Mick ne lui permettait pue d'écouter les pl tom- passé convenablement.Affairo d'opinion.Notre pigeon à inaulté mon feucon.À demuin, dans la Joute de Clg ! 7À huit heures et domie, madetnoiscile Taitlefer héritera de l\u2019amour et de la fortune de son pôre, pondant qu\u2019ello sera là tranquillement à tromper ses mouillettes de pain beurré dans son café.N'est-ce pas drôle à wo dire?Ce petit Tuillefer cst très fort à l'épée, il eat confi ant comme un brelan carré ; mais il acra eaigné par un coup que jui inventé, une manière de relever l\u2019épécet de vous piquer le front.Je vous montrerai celte botte là, car elle est furicusement utile, Rastignac écoutait d\u2019un air atupide, ct ne pou- voit rien répondre.En ce momont lu père Goriot hant une d une de lu bouche de Poiret, comme les gouttes d'eau qui sumntent à travers le robinet d\u2019une fontaine fermée.Cluand une fois ce vicillard avait commencé In sério do ses phrases, ct que mudemoivelle Michonneau ne l'arrétait pas, il parlait toujours, À l'instar d'une mécanique montée, Après avoir chtamé un premier sujet, il était conduit pur ses parenthèses & en traiter de tout opposés, sans avoir rien conclu.En arrivant à la Maison Vauquer, il w'était fuulité dons unc suite de passages et de citations transitoires qui l'avaient amené à raconter ra déposition dans l'ufsire de M.Ragoullcau et de la dame Morin, où il avait comparu en quahté de témoinà décharge.En entrant, mademoiseile Michonnoau vit Eusène de Rastignae engagé avec \u201cmademoiselle Thaillefer dans unc intime causcric dont l'intérêt devait être si palpitant que le couple ne fit aucune attention au passuge des deux vieux pensionnaires quand i'e traversèrent la salle à manger.Ca devail finir par là, d:t mudernoiselle Michonneau à M, Pusret.Il ve fuisnient dea yeux À s\u2019ar- sache l'âme, depuis huit jours.\u2014 Oui, répondit-il.Aussi (ut-olle condamnée.\u2014 Qui?\u2014 Madame Morin\u2014 Jo vous parle de mademoiselle Vietorine, dit mademoiselle Michonneau en entrant sans s'en apercevoir dans la chambre de M.Doiret, et vous we 1épondez par madame Murin, Qu'est-co que c'est que cette femmc-là ?\u2014 De quoi ecrait donc coupable madeinoisclle Victorine, demanda Poiret, \u2014Eilu est coupable d'aimer M.Engèno de Rastignac, et va de l'avant sans savoir où ça la mènera, panveo innocente! Toutes les blondes sont comme ¢a.La moindre fume les tact aux aenoux d'un homme, Eugèno avoit été, pendant la matinée, réduit au désespoir par madame de Nucingen.Dans con for intéricur, il s\u2019étoit abandonné complétement à Vautrin, sans youloir sonder niles motifs do I'amitié que lui portait cet homme extraordinaire, ni l'avenir d\u2019une semblable union.14 fallait un miracle pour le tirer de l'abime où il avait déja mis le pied depuis une heure, en échangeant avec made- moieulle \u2018Taillefer les plus douces promesses.Vie torine ceroyoit entendre la voix d'un ange ; les cieux s'ouvrnient pour elle; la Maison Vauquer se parait des teintes fantastiques que les décorateurs donneut aux palais de théâtre ; elle aimait, elle etait aimée ; elle le croyait du moins ! Et quelle femme ne l\u2019aurait cru comme elle en voyant Rastignac, en l\u2019écoutant durant cetto heure dorobée à toue les Argus de la maison ?En se débottant contre sa contcience, on sachant qu'il faisait mal et voulant mal faire, en se disant qu'il rachèterait ce péché véniel par le bonheur d'une fomme, il s'était enibelli de son désespoir, et resplendiesnit de tous les feux de l'enfer qu\u2019il avait au cœur, Heu reusement pour lui,lo miracle eut lieu, Vautrin entra joycusemant, ct lut dans l'âme den deux jeunes gens qu\u2019il avait mariés par les combinaisons de son inferno! génie, tunis dont il troubla soudain la joie en chantant de sa grosso voix railleuse : Ma Fanchette est charmante Dane #3 okmplicité.\u2026.Victorine te sauvaen emportant autant de bonheur qu'elle avait eu jusqu'alors de malheur dane sa vie.Pauvre fille ! un serrement de maine, sa joue eMeurée par les cheveux de Rastignac, une parole dita ri près de son orcillo qu'elle avait senti la chaleur dos lèvres de l\u2019etudient,la pression do sa taille par un bras tremblant, un Laiser pris sur son cou, farent les necordailles de sa passion, quo le voisinage de la grossoSylvie,menaçant d'entrer danecette radieuse salle & manger, rendirent plus ardentes, plus vives, plus engageantes de dévouemént racontés dans les plus célébres histoirce d'amour.Ces monus suffrages, suivant une Jolie expression de nos ancêtres, paraissaient être des crimes à une pieuse jeune fille confessée tous les quinze jours! En cette heure, ello avait prodigué plus de trésors d'âme que plus terd, richeet heureuse, elle n\u2019en aura donné en 6e livrant toute entière, \u2014 L'affaire est faite! dit Vautrin à Eogine.Nos deux dandies se sont piochés.Tout s'est Bianchon et quelques autres ç atrivè- tent, \u2014 Voilà comme je vous voulair, lui dit Vautiin.Vous savezce que vone faites.Bien, mon peti; aiglon.vous gouvernez les hommes, voue êtes, lert carré, poilu.Vous avez mon catimc.Il voulut Lui prendro la main.MRostignac retira vivement la rienne, et tomba sur une chaiso en pralisvant, il voyait une mare de sang devant Iui, = Ah! nous avons encore quelques petitos langes tachés do vertu! dit Voutem à voix basse.Papa d®Oliban a trois m'llions, je exis ea fortune elle vous rendra blanc comme une robe de maride, et à vos propre yeux?Rastignac n'hésita plus.Il résolut d'aller prévenir pendant la soirée MM.\u2018Taillefer père et file.En ce moment Vautrin l'ayant quitté,le père Goriot lui dit à l'orcille :\u2014 Vous êtes triste, mon enfunt ?je vais vous égayer, moi.Venez.Etle vieux vennicellier allumait son rat de cave à l'une des lampes, Eugène le suivit tout ému de curosité.\u2014 Entrons chez vour, dit le bonhomtne qui avait demandé la clef du l'étudiant à Sylvie.Vous avez era ve matin qu'elle ne vous aimait pue, hein § res prit-il\u201d Flle vous a renvoyé de furce, et vous vous en êtes ollé fAché, dézospéré.Nigaudinos ! elle m'aitendait?Comprenez vous! Nous devions aller achever d'arranger un bijou d'appartement dans lequel vous irez demeurer d'ici à trois jours, Ne me vendez pas.Elle veut vous fairo une surprise ; mais jo ne tiens pas à vous cacher plus longtemps le secret.Vous serez rue d'Artois à deux pas de In rue Saint Luzarre, Vous y serez comme un prince , nous Yous avons eu des meubles comme pour uno éponsée ! car nous avons fait bion des choses depuis un mois, en ne vous en disant rien.Mon avoué s'est mis en campagne, et ma fille aura ses tronte aix mille francs par on ! l'intérêt de sa dot.Et jo vais faire exiger le placement de ses huit cents mille francs en bone bicns an soleil, Engène était muet et se promenait, les bras croisés, do long en long, dane sa pauvre chambre en désordre.Lo père Goriot suisit un moment où l'étudiant lui tournait le dos,ot mit sur la cheminée une boite en maroquin rouge, eur la quello étaient imprimées en or les armee de Rnstignac.\u201c \u2014 Mon cher enfant (disait le pauvre bonhomme, je mo suis mis dans tout cela jusqu'au cou, Mais, voyez-vous, il y avait à moi bien de l'égoismo ?jo suis intéressé dans votre changement de quartier, Vous ne me refuscrez pav, hein! si ju vous dernan- de quelque chose! \u2014 Quo vonlez-vous ?\u2014 Hé bien ! au-dessus de votre aspartement,au cinquième, y à une chambre qui en dépend ; l'y demeurai, pas vrai?Je mo fais vieux, je suis trop loin de mes filles ; je ne vous g@nerai pas ; seuteront, jo serai là.Vous me patlerez d'elle tous les soirs.Ca ne vous contrariera pas, dites ?Quand vous rentrerez,quo jo serai dans mon lit, jo vous entendrat, je me dirui :\u2014Il vient de voir tna petite Delphine.It l'a menéo au bal, elle est heurouse par lui.Si j'étais malade, ça mo mettrait du baumo dans le cœur de vous écouter revenir, vous remuer, aller, Il y aura tant do ma fille en vous ! Je n'aurai qu\u2019un pas à faire pour être eux Champs-Elysées, où elles passent tops les jours Je les verrai toujours, tandis que quelquefois jar rive trop tard.Et puis, elle viendra chez vous peut-être ! Alors je l'entendrai, je le verrai dans #3 douillette du matin trotter, aller gentiment comme une petite chatte, Elle est redevenne de- puisun mois ce qu'elle était, jeune fille, goie, pimpante! Son ame est en convalescence, elle vous doit lo bonheur.Oh! jo ferais pour vous l'impossible.Elle me disait tout à l'heure en revenant :\u2014Papa, jo suis heureuse t\u2014Quand elles mo disent cérémonieusement : Mon père?elles mo glacent ; mais quand elles m'appollent paps! il me semblé encore les voir petites, ellos me rendent tous mes souvenirs, Jo suis mieux leur pro; elles ne sont à personne ; ' Le bonhomme s'essuya les yeux, 1) pleurait.11 ya long-temps que je n'avais entendu cette partasrer an chaleur! Enfin, j'ai mond Delphine, ce matin, partout ! J'entrais avee ello dans lus boutiques ! Et.ja Iai reconduite chez clle.Oh j gardez-moi près-de vous.Quolquefois véus.aurez besoin do quelju'un pour vous.rendro service, lo serai là.Oh! ai cotta grosse souche d'Alsaclon mourait, si sa goutto avait l'esprit de remonter dans l'estomac ! Ma pauvro fillo sorait-elle heu- teuso! Vous voriez mon gendra ! vous acrioz Ostensiblement son\u2018mari ! Bah! ello est où mallicu- reuse do ne rien ftre aux pl deco Je, que je l'ubsous do tout ! Le bon Dieu doit être du côté des pères qui iment bien !\u2014Elle vous aime trop ! dit-il en hochant la téte aprds uno pause.En ollant, ello cauesit do veus avee moi : «
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