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Le Canada
Très lié au Parti libéral, Le Canada avait dès sa fondation toutes les caractéristiques du journal populaire moderne : abondante publicité, nombreuses chroniques, information nationale et internationale qui rivalisait avec celle de ses concurrents. [...]

Très lié au Parti libéral, Le Canada avait dès sa fondation toutes les caractéristiques du journal populaire moderne : abondante publicité, nombreuses chroniques, information nationale et internationale qui rivalisait avec celle de ses concurrents.

Le Canada est un quotidien de langue française fondé par François-Ligori Béique et qui paraît pour la première fois à Montréal le 9 avril 1903.

Il est né d'un mouvement de révolte de l'aile gauche du Parti libéral contre Israël Tarte. En 1902, celui-ci, propriétaire de La Patrie, alors le seul organe officiel des libéraux à Montréal, entreprend à l'insu du premier ministre libéral Wilfrid Laurier une campagne de presse en faveur du protectionnisme. Cette prise de position lui coûte son poste de ministre des Travaux publics, mais ne lui enlève pas La Patrie. Les libéraux ne peuvent rester sans tribune officielle, d'où la fondation du Canada.

Godfroy Langlois, ancien rédacteur de La Patrie et figure notoire de la gauche libérale, en est le premier rédacteur en chef.

Le Canada se veut l'organe qui expose les vues et les idées du Parti libéral et qui dirige l'opinion dans le sens des réformes que celui-ci entend opérer. Les libéraux ne manquent pas de moyens financiers. Ils regroupent autour de Langlois des journalistes d'expérience. Les éditoriaux du Canada vantent les vertus de l'entreprise privée, d'un sain nationalisme et de la démocratie parlementaire. L'une des premières campagnes de presse est menée en faveur de l'instruction gratuite.

Dès sa fondation, Le Canada a toutes les caractéristiques du journal populaire moderne. La publicité occupe le tiers de la surface du journal. De nombreuses chroniques sportives, féminines et culturelles visent à rejoindre tous les membres de la famille et diverses catégories de lecteurs. Son information nationale et internationale rivalise avec celle de ses concurrents. Comme eux, d'ailleurs, il n'hésite pas à recourir aux nouvelles à sensation pour aguicher le lecteur.

Langlois est limogé en 1910 sous la pression du clergé, notamment de Mgr Bruchési, qui redoute ses prises de position sur l'enseignement et les libertés individuelles ainsi que son affiliation à une loge maçonnique. Langlois fonde alors un hebdomadaire progressiste, Le Pays (1910-1921). Sous la direction de son successeur, Fernand Rinfret, plus souple, Le Canada se fait moins combatif. Il exprime l'opinion des libéraux modérés et défend la politique officielle du parti.

Sous la férule d'Olivar Asselin (1930-1934), le journal va de nouveau connaître des heures trépidantes. Asselin utilise son poste et son talent d'écrivain pour former une génération de journalistes à qui il inculque l'amour de la profession et le goût du travail bien fait. Asselin parti, Le Canada, qui pourtant ne manque pas de bons journalistes, s'assoupit quelque peu. Edmond Turcotte, son nouveau rédacteur, est moins frondeur qu'Asselin, mais assure la position libérale et progressiste du journal contre la montée du nationalisme conservateur du milieu des années 1930.

Dans les années 1940, la couverture thématique du Canada est variée. On remarque la place appréciable accordée au cinéma, la « chronique judiciaire » de l'auteur Adolphe Nantel et la « chronique universitaire » tenue par Pierre Laporte en 1943 et 1944, chronique qu'il  poursuivra au Devoir à partir de mars 1944.

Au début des années 1950, le quotidien éprouve des difficultés. Trop inféodé à un parti, dépourvu d'imagination et peut-être de moyens financiers, il commence à décliner. Il perd des lecteurs, qui lui préfèrent des journaux plus populaires et d'apparence plus neutre dans le domaine politique. Malgré l'intervention de certains libéraux, qui tentent de lui insuffler une nouvelle vigueur et d'en faire un journal de combat contre la puissante machine de l'Union nationale, le journal se saborde le 7 novembre 1954.

Le Canada est tiré à 9 803 exemplaires en 1903, à 18 000 en 1905 et à 15 242 en 1940.

Parmi les collaborateurs les plus connus, mentionnons Jules Fournier (auteur notamment de la fameuse Anthologie des poètes canadiens, publiée en 1933), Olivar Asselin, Valdombre (pseudonyme de Claude-Henri Grignon), Robert Élie, Charles Hamel, Fernand Rinfret, Adolphe Nantel et Adjutor Savard.

Mentionnons l’existence de deux éditions pour le journal Le Canada, une édition hebdomadaire de 1903 à 1925 et une édition quotidienne de 1903 à 1954. 

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, vol. 4, 1979, p. 166-168.

DUTIL, Patrice A., « LANGLOIS, GODFROY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15, Université Laval/University of Toronto, 2003 [en ligne].

TANGUAY, Anne-Marie, La pensée d'Edmond Turcotte, éditorialiste au journal Le Canada (1931-1937), mémoire de maîtrise (histoire), Université de Montréal, 2007, vii, 98 p.

 

 

Éditeur :
  • Montréal,1903-1953; 1954
Contenu spécifique :
mercredi 16 décembre 1936
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada nouveau
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Références

Le Canada, 1936-12-16, Collections de BAnQ.

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[" grads ira douce Un ibangement ffom U mittix! I O.GAOTHÊ, LlaiU* ¦ jn\tdt \"( HtZ NO^JS\" PEGToP No 216 Temps probable: nuageux et doux, (y.dénil» p.3) MONTREAL, MERCREDI.1 6 DECEMBRE 1 936 Minimum, hier: 30 \u2014* Maximum, hier: 36 PRIX; DEUX SOUS RAYNAULT ELU PAR 2.9^ VOIX est lune .Rochefort recueille 19,689 et perd son dépôt majorités enregistrées dans U L'élection IIX Itrois reprises seulement, au début de la tirée d'hier, M.Houde a paru avoir un [léger avantage sur son adversaire, qui le devança ensuite jusqu'à la fin (VOTE ANCLaTs POUR M.RAYNAULT J-Adhémar Rnynault, ancien |dnn* les deux heure.» qui ont précr -ad* Prff'Ttnine et député mi-Oé la fermetur.-, ceux qui revenaient H da comté de l'Assomption à |\tja_n*.!,4 ,rjéf Up intive, a été élu hier i« Montreal par l\u2019une des plus najorites qui ne se soient *t à ri.**ue d'une des luttes conteste*» auxquelles on a | à Montreal.i député de l\u2019Assomption l\u2019em-! nr ses deux adversaires, M.en Holide, ancien maire de éi!.et M.t'andide Rochefort, Eide Sainte Marie à l'Assemblée live, par îi i iorité de :i,R4î> [j-r wn pl i' proche adversaire, iiunrticrs où il y avait des election de conseillers municipaux, ont jrrosji le scrutin au point d'en faire un de-plus imposants Hans l\u2019Iiistolrc de In ms dans une élection à la v\u2018^° Montréal.Il y avait 22G,I4K électeurs d\u2019in\u2019 crits sur la liste électorale.Tou* étaient invités à désigner le maire.Il y avait néanmoins deux quartiers, Saint-André représenté par M.(îeor-ire Layton et Saint Louis représenté par M.Josef Schubert, où les con soillers avaient été élus par acclamation.Il n\u2019était pas rare, hier après-midi, J de voir les électeurs faire queue à la tadf.Cependant, M.Raynault a p0rie j'y,, bureau de votation.Les Ijdaorité de voix en comparai- gjx hureux aimnapés dans la Mlle itotâldcs votes recueillis pxrjdca séances du conreil municipal, à ex *d\\cr*n rt \u2019.le résultat fi* l\u2019hôtel de ville, ont été littéralement ltd (ja\u2019ani.orcce hier soir, étant: pri9 d'assaut.lîijrjult lErudr .I: 56,395 62,546 19,689 drs vote» à la mairie, 128,- L'électorat était de fort bonne humeur et, sauf dans un quartier, tout s\u2019est passé pour le mieux dans le meilleur des mondes.U y a des quartiers où les électeurs furent plus particulièrement pressés ; ce sont le» teUÎ des votes, M.Rnynault ; nuartiers Saint-Jean, Saint-Henri, rr-usilli la majorité, puisque Notre-name-de-Grâccs.Papineau et i votM.do*\u201d 52.645 pour M.! Saint-Denis.Dans l\u2019est, le scrutin a »:\tpour M.Rochefort été particulièrement abondant, mai fei rotrs contre M.Ravnault i le* électeurs ne sont pas trop pressés de se rendre aux bureaux de vote.5eu*-offirirr» creinlifi 1m i r \u2022 illi que 56,395.|î.-'\t: t.n\u2019.ivnnt pas recueil- ¦'\u2022¦\u2019c d\u201c vote suffisant, la :« 'in .les votes de l\u2019élu, |k nr* i» r- \u2022 dra son dépôt.\"3t qu' «es chiffres soient -\u2022 -ê .|ors de la coni-1\u201d.effirielle qui se fera d\u2019ici âne lutte très contestée.|it:x rnneipaux candidats, MM.nt Ravnault, se tenaient près-s à ! ' que les résultats l\u2018r!- Vers 8 heures 30, repen-R«ynault prit une notable \u2022 n élection était concèdes minutes plus tard.Le sccréUriat municipal a reçu lundi .a démission de plusieurs sou.\u2019-officiers-rapporteurs qui, aprè- avoir lu la nouvelle loi électorale et le« sanctions draconiennes qu\u2019elle prescrit pour toute irrégularité ont préféré se retirer plutôt que de s'exposer, en dépit de la meilleure foi du monde, à de telles rigueurs.Le secrétariat municipal a du délivrer hier, à de nombreux électeurs inscrits au rôle des contributions, mais non a la liste électorale, les certificats qu'il leur fallait pour excr-h\"* inc\u2019a -, ;t l'encontre de telcer leur droit de vote.Chacun de ces [R»t»nd»icrt plusieurs observa- électeurs a dû prêter serment, i favoris*- M.Raynault, lui i li a fallu, devant plusieurs bu-une nu rit*- dans presque reaux de vote, apaiser l'ardeur de ;:articr-i anglais.\tpartisans qui faisaient des discours * \u2019 n à h mairie a été con- a leurs concitoyens.\"ia>menl dans chacun «les Enfin le secrétariat municipal a reçu plusieurs fausses alertes, de bureaux «le votation où les sous-officiers-rapporteurs n'étaient pas rendus à l\u2019heure dite.II a dépêché un substitut à chacun de ces bureaux.Mais dans presque tous les cas, le substitut n\u2019est arrivé au bureau qu\u2019aprês le sous-officier déjà assermenté, lequel avait tout simplement été victime du retard d'un tramway ou d\u2019une panne d\u2019auto.Le secrétaire de la municipalité n assermenté hier les deux seuls cchc-vins élus avant la soirée, MM.George Samuel Layton, représentant de J :ion \\ a la mairie vue par les candidats à la mairie MM.Raynault.Houde et Rochefort font tous des voeux pour la ville de Montréal v loyaliste à Madrid Les miliciens socialistes pré tendent avoir \u201canéanti\u201d l\u2019arnére-garde de Franco Appréciations Volontaires italiens Madrid, 15.(l'.A.l of fi- Encyclique du Pape sur la décaderce des moeurs On craint que le Saint-Père ait l\u2019air de condamner la conduite du duc de Windsor tiers de l'armée gouvcrnemcntii'i- u-blique.11 n\u2019y songe pas parce qu\u2019il a confiance en lui-même, confiance d\u2019assurer son bien-être dans, le 1 «.dre des princijics démocratiques.H n\u2019a |>as besoin j de maître absolu : il est et demeure sainement eoa 1 propr.i niaitre.Le peuple qui perd cette confiance manifeste au ; contra ro un profond déséquilibre intellectuel et \u2022 moral.Il est devenu faible, féminin, au point d\u2019ac- j 1 corder idus d'importance ou sentiment qu\u2019à la mai-i sou.Le chef fasciste appaiait et triomphe là où les I masses ont perdu leur ressort moral.Alors on s\u2019eni-! vre de gloire dans la pauvreté, la misère et l\u2019éclut I des armes.jusqu'à la catastrophe : la guerre et j l'anarchie.j Mais nous ne croyons pas que la Belgique en soit j rendue là.Bien au contraire.C\u2019est pourquoi nous | avons confiance que le triomphe de Léon Degrclle I | et son de Rexisme (on di^ en Belgique : le rrx-appeul) n\u2019est pas prêt d'arriver.\u2014H.G.\u2014 La mission de M.Ribbentrop à Londres Sou a ce tit.e, /'Allemagne Conldnïpoi aine, l'un I des organes mensuels du Comité Alsacien d\u2019Ktudes et d\u2019informations, de Strasbourg, jnihlic un article | I de M.Wiekham Slecd, l'éminent publiciste britan- ! I nique, dont nous donnons ci-après les bonnes fenil- j tes : Le nouvel ambassadeur hitlérien à Londres, M.1 de Ribbcntrçp ne peut pas se plaindre que son arrivée parmi nous ait passé inaperçue.On l\u2019attendait depuis longtemps.Depuis la mort subite de son prédécesseur, M.de Hoesch \u2014 qui avait été, lui, am-: Lassadeur d'Allemagne.\u2014 on ressentait à Londres une curiosité assez vive au sujet de la personne que M.Hitler aurait choisie pour représenter sa , politique et se» idées auprès du gouvernement bri-tannique.Pendant un certain temps, le bruit a couru que ce serait le prince de Bismarck, une personnalité qui jouissait de beaucoup de sympathies dans la société londonienne.S'il n'en a rien été, ce n\u2019est assurément pas à \\ cause de la coutume diplomatique qui s\u2019oppose à ro qu'un conseiller d\u2019ambassade devienne immédiate- 1 ment ambassadeur dans une même capitale.M.1 i Hitler ne se laisse pas intimider pur de telles cou- j j tûmes.En outre, il y a\\ait le précédent qui fut 1 créé, il y a trente ans, lorsque, sur les instances du j j roi Edouard VII, le comte Albert Mansdorff, con- : ; ïciller de l\u2019ambassade austro-hongroise à Londres,-fut nommé ambassadeur au lendemain du décès de son chef.On suppose que le prince de Bismarck n'était pas | suffisamment inféodé au régime hitlérien j>our jio.- j seder la confiance idoine et entière du Führer, ou j qu'il avait envoyé à Berlin des rapports trop francs.Toujours est-il que M.de Ribbentrop gagna, un ; peu malgré lui peut-être, le gros lot.Il avait été , souvent à Londres, d'abord dans sa capacité ante- ! | Heure de marchand de vin de champagne, ensuite comme l'envoyé personnel et plus ou moins plénipo- | temiaire de M.Hitler.Dans la société et dans le , monde politique anglais, il avait beaucoup de con-i naissances et quelques amis qui trouvaient ses manières agréables.De cc- relations, M.de Ribbon-| trop avait tiré l\u2019impression que beaucoup d\u2019Anglais 1 influents souhaitaient une bonne et cordiale entente avec l\u2019Allemagne hitlérienne, qu\u2019ils étaient disposés à fermer les yeux sur les inconvénients d\u2019un régime totalitaire dépourvu d\u2019attraits |K»ur l\u2019esprit \u201clibéral\u201d britannique, et qu'ils iraient jusqu\u2019à offrir à M.Hitler quelques colonies britanniques, ou étrangères, comme preuve de leur bonne volonté.C'est ainsi, si je ne me trompe, que M.de Ribbentrop présentait à M.Hitler des rapports optimistes sur les dispositions des sphères iiolitiqurs à Lon-I (1res à 1 égard d'un R approchement anglo-allemand.Le cours des événements ne confirmait pas ces ! rapports.Est-il possible que M.de Ribbentrop po soit trompé ?Il est vrai que le langage de certains i journaux londoniens, au lendemain de l\u2019occupation de la zone démilitarisée, le 7 mars, pouvait justifier les espérances qu'il semble avoir conçues.Il aurait fallu à l\u2019Allemagne un observateur beaucouj) plus fin et plus expérimenté que lui pour réduire ces manifestations journalistiques à leur juste valeur.Mais, d\u2019après les bruits qui circulaient à cette époque dans les milieux qui se croient bien informés, M.de Ribbentrop a jiris des vessies pour des iantemos.II a cru pouvoir poser aux pieds de M.Hitler des cadeaux, petits et grands, que l\u2019Angleterre lui aurait donnés pour entretenir l\u2019amitié, voire l\u2019amour de l'Allemagne.Il se jicut que eette croyance ait été pour quelque chose dans la note ai cmande du \"! mars qui offrait un nouvel arrangement dans l\u2019ouest de I\u2019Eurojic pour une période de vingt-cinq ans à certaines conditions qui n étaient pa* clairement formulées.Au Foreign Office de Londres, on examina pourtant de très près (1 ces conditions et le langage ambigu de !a note même ; et on adressa a M.Hitler un questionnaire bien préci* et peut-être gênant sur la signification précise de cc qu\u2019il venait d\u2019offrir.A ce questionnaire, M.Hitler n'a jamais voulu répondre.On a trouve son silence éloquent.Néanmoins, M.de Ribbentrop fut nommé ambassadeur.Dans le camp nazi de Berlin, les mauvaise» langues chuchotaient que sa mission avait un sens particulier.Le Führer lui aurait fait comprendro que.puisqu\u2019il avait promis do faire livrer par l\u2019An-gletenc de notables concessions à l\u2019Allemagne ut que ces concessions tardaient a venir, c'était a M.de Ribbentrop en personne d'aller les ehoreher.STI ne réussissait pns, tant pis pour lui.Scs fidèles conijingnons du camp nazi à Berlin pourraient sans doute s'en consoler ; mais qu\u2019nrrivcrn-t-il i» M.de Ribbentrop ?Si ces méehaneetés contenaient, même une parcelle de vérité, en comprendrait pourquoi M.de Ribbentrop n tant tardé à rejoindre son jinste.Les circonstances ne lui étaient pas tout à fait favorables.Le grand sj>eetaclc de* Jeux olympiques à Berlin, nu mois d\u2019août, spectacle auquel tant de personnages britanniques ont été invités, n'a j>ns suscité un enthousiasme général parmi ces hôtes privilégiés.Et si l\u2019impression de l'Olympiade à Berlin fut médiocre, celle qu\u2019a produite le grand rassemblement 1 nazi de Nuremberg, au mois de 'septembre, a été franchement mauvaise.On n\u2019a juis conquis a Londres tous ces hurlements de rage contre la Ruîmo soviétique, et on a accueilli les propositions de M.Julius Strcichcr nu sujet de \u201cl\u2019extirpation\" des Juifs, sans la moindre approbation.En outre, lo congrès annuel du jiarti conservateur britannique a franchement mis son veto à toute idée d'acheter les bonnes grâces de l'Allemagne j'ar une livraison d colonies.M.de Ribbentron a pu, il est vrai, amener devant M.Hitler la chevelure pittoresque et les convictions instables de l\u2019ancien président du Conseil, M.Lloyd George, (\"était quelque chcso, mais c\u2019était peu.*Force fut de venir à Londres chercher l'amitié de l\u2019Angleterre ou, tout nu moins, l\u2019assurance de sa neutralité en ras de conflit en Europe et surtout d\u2019un conflit germano-rus: e.Sur ccs entrefaites arriva le discours du roi des Belges nu sujet d\u2019une nouvelle orientation do la politique de son paya.Ce discours fit à Londres une impression jirofonde.En soulevant la question d.la neutralité belge, il posa en même temps lo problème de la défense aérienne de l\u2019Angleterre.Lo gouvernement belge a eu beau dire que rien n\u2019était changé et que la Belgique resterait fidèle à tous I scs engagements tant qu'un nouvel accord occidental n\u2019aurait renqdacé les accords de Locarrfo.On ne doute nullement de la bonne foi de la Belgique.Mais on suit avec une certaine anxiété l\u2019évolution de sa situation intérieure, et on sc dit : ultra passe, vemo tenctiir (\"personne ne peut être tenu au delà de cc qu'il peut\").On sc demande si l'Allemagne nazi et l'hulie fasciste auraient témoigné de tant de satisfaction si le discours du roi des Belges n'avait aucune importance réelle.C'est au milieu de ce* préoccupations que M.de Ribbentrop est arrivé enfin à Londres dans l\u2019après-midi du lundi 2t» octobre.Avant de quitter la gare, Il a tenu à faire une déclaration à la j»re>se.Il annonça h* désir du l\u2019Allemagne d'être l'amie du l\u2019Angleterre et il déclara sa conviction qui' le peuple britannique désire l'amitié allemande.\"Lu Füh-1 ror ajouta-t-il, est convaincu qu'un seul danger réel menace l'Europe et aussi l'Emjiire britanni- que c\u2019est-à-dire.lu propagation du communisme : .ia plus terrible de toutes les maladies, terrible |>ar-que les gens ne semblent comprendre le |»éril qu\u2019il représente que lorsque c'est déjà troj» tard.Une collaboration plus étroite dans ce sens entre nos deux pays est non seulement importante, mais une nécessité vitale de la lutte commune jioui la sauvegarde de notre civilisation et de notre culture\".Cette déclaration fut une bévue énorme.On l\u2019a ressentie comme une impertinence gratuite et comme une blessure a la fierté indépendante de la Grande-Bretagne.A tort ou à raison, nous sommes j persuadés que nous pouvons venir à bout et de 1 nos communistes et de nos nazis-fasciste», et que rmis n\u2019avons besoin d'aucun conseil h cc sujet d'aucun diplomate étranger, surtout quand ee diplomate représente un système au si peu soucieux de la liberté que le Troisième Reich.M.de Ribbentrop aura pu se rendre compte de l'énormité de son erreur s\u2019il a lu avec quelque intelligence les journaux mi lendemain de son arrivée.S\u2019il avait pu entendre .les commentaires particulier», il aurait compris I combien le langage de la jircsse était modéré.I.c surlendemain, l\u2019organe de l\u2019cxtrême-droitc.In | Morning Cost, parla sans réticence : \"Nous nions j l\u2019incapacité de notre démocratie constitutionnelle de repousser par ses propre moyen' le» assauts du communisme ; et nous répudions absolument In notion qu'il n'y a aucune différence fondamentale entre le fascisme et le conservatisme.Entre le conservatisme d'un côté et lo fascisme et le communisme de l'autre, l\u2019abîme est aussi profond qu\u2019entre ces deux croyances rivales elles-mêmes.Au-dessous do leurs divergences superficielle?, le fascisme et le communisme sc ressemblent jiar leur déification do l\u2019Etat ; jmr la pénétration do l'influence imjié-riouso d\u2019un despotisme irresponsable dans tou» le» détails do la vio publique rt prive» et par l\u2019usage impitoyable.qu\u2019ils font d\u2019une police société pour écraser toute manifestation d\u2019opposition.A côté d'une telle communauté do méthodes, qu\u2019importe que l'un adore une tribu tandis que l'autre adore une classe ?Ce sont, en effet, une paire de religions politiques dont le fanatisme, le» cruautés et les conflits mutuels sont aus.ri démodés que les guerres du religion.Est-ce que la présente génération d'Anglais serait tellement dégénérée qu'elle serait incapable de conserver son héritage sans ?e retremper l'esprit dans le Kindergarten politique de quelque dictateur dernier cri ?\" J\u2019espère que M.de Ribbentrop aura compris cet avertissement d'extrême-droite.Il n'a pas compris quelques allusions, d\u2019ailleurs de mauvais goût, que fit à va première bévue un des rares députés com-munictes a la Chambre des Communes, car il alla sur-le-champ protester au Foreign Office contre ce manque de courtoisie.Evidemment, il se croyait encore à Berlin.Il supjiosait peut-être quo M.Edrn pourrait faire arrêter et décapiter .1 la hache le goujat communiste.Cette seconde gaffe fut encore plus malencontreuse que la première.Elle eut une suite à la Chambre des Communes, dont le prési- ! dent réprouva une intempérance de langage qu'il 1,'avait pa.i entendue, O où un député de gauche | suggéra que ia seule faute du député communiste j avait été de traiter d'assassin l\u2019ambassadeur d\u2019AI- 1 lomagnc tandis qu'il aurait dû gratifier de celle épi- | tnète le gouvernement que l'ambassadeur représen- | te.Quels fruits peut porter une mission diplomatique ainsi commencée ?En politique et en diplomatie, il ne faut jurer de rien.M.Austen \u2022 hambcrlain, qui exerce une grande influence et à la ( hambre des Commune» et sur la politique étrangère, a averti publiqu ¦ment l'Allemagne que le» bévues de M.de Ribbontrcj), et surtout les discours qu\u2019ont prononcé* le général Gocring et le Dr Goebbels à l'adresse do l\u2019Angictirre, font croire aux Anglais que la politique allemande manque à la foi* de doigté et de franchise.Le général Gocring, di.-ait Austen Cham-botlain, a désigné l\u2019Angleterre j»our lu rôle d\u2019ennemi public No 1.Qu\u2019cst-ce que M.(le Ribbentrop a à dire, et quelle est la voix authentique de l'AUema- j gne?\t\u2022\t» I C\u2019est cc que l\u2019Anglais moyen ne .'ait pas.11 no comprend pas bien le but du frénétique réarmement de l\u2019Allemagne.Los invitations a l\u2019Angleterre de sc ranger dans le front nnti-bolchéviquc le laissent froid ; car, comme Ta dit récemment k* Times, l\u2019Angleterre n\u2019a aucune intention d\u2019aider à tuer le bolchevisme afin que le nazi-fa-uisme devienne roi.Lo gros public anglais ne veut rien savoir ni du communisme, ni du nazisme.Il tient a sa liberté dé- j moerntique : et pour cette liberté, selon la déclara- j tlon de M.Baldwin le î* novembre, il est disposé, au besoin, à se battre h outrance.Wiekham STEED Eureka!!! Que l\u2019on se détrompe.Il ne \u2019agit pas de mines j d\u2019or.Le mot \"eureka\" est employé, ici.dans .-on veritable sens français: j'ai trouvé.En effet, j'ai trouvé, chez \"les homme» nouveaux\", non pus un homme nouveau corn-j'ondant nu type idéal imaginé jiar Le Devoir, non pas même une idée nouvelle mais une idée qui n\u2019en c.*t jm.* moins intéressante.M.Joseph Bilodeau, ministre du commerce, de l\u2019industrie et des affaires municipale», s\u2019occupe aussi (en attendant que M.Duplessis crée un seizième ministère) des hôtelleries et du tourisme.Or.les journaux nous annonçaient, dernièrement, qu\u2019il a l\u2019intention d\u2019entreprendre une campagne auprès des aubergiste» ruraux pour les inciter à meubler leurs j établissements à la canadienne.C\u2019est, je le répète, une idée fort intéressante.Elle a été lancée, il y a déjà quatre ou cinq «n*.lor» de la campagne de refrancisution entreprise par 1 Association de* hôtelier* de campagne et la Société des arts, sciences et lettre» de Québec dont mes excellents amis Lnui'-ITnlippe Morin rt Horace l\u2019hi-lippon étaient, à rc moment-là, les animateurs.Voici ce que, pour ma paît, j\u2019écrivais à rc sujet, en juin 1932, alors que le.* \u201chommes nouveaux\" étaient encore dans le* limbe* de l\u2019opposition : \u201cL\u2019Association de- hôteliers de campagne a lancé, il y a quelque» années, une idée très opportune : celle de franciser les noms d\u2019hôtels.Cette croisade a eu d\u2019heureux résultat».Ainsi que le remarquait Sainte-Foy, dans \"La Presse\" du 3 mai, nous voyons, maintenant, à travers !n province, des enseignes comme celles-ci : \" \\u Cheval Rouge\", Hôtel des Guérets\", \"Hôtellerie du Long Sault\", \u201cHôtel Mi-chemin\".(1) Voilà, donc, une initiative qu\u2019il convient de louer, un clan qu\u2019il faut encourager et orienter.C\u2019est dans nos coutume-, et nos légende*, dans notre histoire, dans notre flore et notre faune, que l\u2019on trouvera les nom» les plus savoureux, les pim pittoresques et les plus caractéristiques.No.* hôteliers, par conséquent, ne devraient pus hésiter à demander conseil à nos littérateur», no* historiens et nos savants ; il* pourraient aussi, avec avantage rén'proque, confier à nos artistes - peintres de la vil e, sculpteurs sur bol» du terroir, ferronnier» d\u2019art des Ecoles Techniques la composition de loin s enseignes.Des appellations charmantes, des symbole» naïfs moi» artistiques, aux couleurs vives mais non criardes, voilà qui enjoliverait agréablement la physionomie de notre province.Mais cela n\u2019est jioint suffisant.Il ne éaut pas que ces couleurs ne soient qu\u2019un fard tiompeur.Le touriste, qui, attiré |>ar l\u2019originalité d\u2019une enseigne, pénètre dan» une auberge, s\u2019attend évidemment à y trouver quelque chose qu\u2019il n\u2019a point vu ailleurs.S\u2019il retrouve, \"Au Saumon Gourmand\", dans le comté do Gaspé, le \u201cchesterfield\u201d do peluche taupe ou la table en chêne doré qu\u2019il peut contempler, tous les jours, au \u201cLincoln\u2019s Inn\" de sa petite ville, dans l\u2019état du Wisconsin, il éprouvera, sans aucun doute, une certaine déception.Renouvelée d\u2019individu en individu, de place en place, d\u2019année en aînée, cette déception peut devenir Miffi.-amment forte pour détourner le tourisme do notre province, malgré l\u2019attrait légitime do la Commission des liqueurs.Cette dernière, d\u2019ailleurs, \u2014 il est bon de le jirévoir \u2014 aura peut-être de nombreuses rivales, un jour ou l\u2019autre, sur le continent américain.Il y a donc là \u2014 dnri» cette négligence h donner à notre province une solide (ee qui n\u2019exclut jm.s le liquide !) physionomie particulière \u2014 un élément de risque ; le faire dlsjmrnitre e*t eliose importante ; c\u2019est, aussi, chose facile.Au lieu de l\u2019article.banni et fabriqué, le plus souvent, à l\u2019étranger, les hôteliers n\u2019ont qu\u2019à acheter les produits de notre art rustique : meubles, toiles, étoffe.*, tapis, bibelots, etc.Il» donneront ainsi aux touristes \"le neuf, le différent*\u2019 que ces derniers recherchent ; ils donneront ainsi à leurs hôtels u» voi.effuhet ( anadicn-françui in aus.-i de fait.Excellent placement part*' attirer e: à retenir la di*-, tl , tait être effectue à meilà .*\u2022 , jet* iiuo.\"!* nous serait, en même tenip* dédaigner \u2014 une oeuvre .,tï lutaire.En < ffut, eetti logement do no* hôtel* et aulx m*.bouche nouveau a not te i-d,: rail, de chaque hôtellui *, *; mnnentc et pratique du 1 La cliojc vaut que l'on s'y .1 à la fois, no* hôtelier* et t*.appartient à l'Association «h - , .d'orienter l\u2019esprit de *1\t1 , .a l'Ecole des Arts Donu-tii duction de ses élèves dan* t* Dejiuis le moi* de juin !:\u2022 j.changé dan» h* monde et da province.Comme je le prev*.,, liqueurs do Québec a mai rivales sur lu continent amc:, fondée.Le regime Tn.-cher
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