Le Canada, 12 juin 1936, vendredi 12 juin 1936
[" GRADS Très douce Vit changement pittt le miens! L.O.GftOTHt Limité.MjiKXt\td« CHEZ NOtK\" -OHVIEÜX C/ç4#^ PECToP \u2022rO^XX^^Ts Temp* probable: beau et atses chaud, (v.détails p.3)\tMONTREAL, VENDREDI 112 jUIN 1936 Minimum, hier: 68 \u2014 Maximum, hier: 80 PRIX DEUX SOUS LÀ PROVINCE A UN NOUVEAU C Godbout fera connaître son programme dimanche, ______________ 4 UNE ENQUETE ROYALE SUR L\u2019ADMINISTRATION PROVINCIALE , a j0Urnée d'hier a été marquée par la dissolution des \" Chambres, la démission de Thon.M.Taschereau, I assermentation de Thon.Adélard Godbout comme premier ministre et Tannonce des élections pour le samedi 15 août On connaîtra aujourd\u2019hui la competition du nouveau cabinet Québec, 11.(Du correspondant particulier du Canada).\u2014 On annonce ce soir que le nouveau premier ministre du gouvernement de Québec, l\u2019honorable Adélard Godbout, adressera la parole à!a population de la province, à la radio, dimanche prochain.On 'era connaître ultérieurement l\u2019heure à laquelle il prononcera son dkours et le nom du poste qui le diffusera à travers la province.Selon une information émanant d\u2019une source digne de foi, le nouveau premier ministre aurait la ferme intention de tirer au clair les irrégularités dont on se plaint depuis quelque temps et ui ont fait à l\u2019Assemblée législative l\u2019objet de violents débats.Jn laisse entendre que l\u2019un des premiers actes du nouveau gouver-¦ement, apres les élections sera l\u2019ouverture d\u2019une enquête royale ¦omplete et conduite avec la plus grande impartialité, de façon à bnner satisfaction à toute la population.à \\%\\t P«r dur Québec, 11.juin \u2014 L\u2019hon.Adc-\u2019 ird Godbout, premier-ministre de la irovince de Québec, a annoncé au-ourd'hui qu'il fera connaître demain .itin ia composition de son cabinet, \"est ce qu'il a déclaré de bonne heu-t cet après-midi au correspondant a Canada, quelques instants apres voir été assermenté comma premier- : nnistre par le lieutenant-gouverneur , e la province, Thon.E.-L.Patenau- ; f.en présence de Thon.L.-A.Tas-.heieau.\tr I La démission de ce dernier n\u2019a été onnuc de façon officielle qu\u2019à midi ujourd\u2019hui lorsque l\u2019ancien prcmicr-nnistre et M.Godbout, qui détenait ncore ce matin le portefeuille de Jasmin l\u2019agriculture, sortirent côte à côte de la salle du Conseil des ministres pour #e rendre chez le lieutenant-gouverneur.Une heure auparavant, les Chambres avaient été dissoutes avec l'annonce des élections provinciales pour le 15 août (nomination le 8 août).C\u2019est M.Léon Casgrain, député libéral de la Rivière-du-Loup et président du comité des comptes publics qui en informa publiquement les quelques députés membres du comité qui étaient réunis depuis 10 heure?dans la salle des comités du Conseil législatif.La démission de M.Taschereau fut (\"Suite page S) t m Cette photographie tut prise hier midi dans le bureau du lieutenant-gouverneur, à I hotel du gouvernement.» Québec, ten dr I aitermentalion de I honorable Adéterd Cedbout comme premier ministre de la Province.De gauche i droite.M.Godbout.M.Patanaude at la Dr Allred Moriuef, greffier du conseil exécutif, qui e fait prêter le aerment.M.Lapointe défend le bilinguisme 1 I, la Jll* nnn Salut au Chef ! L'hon M Louis Alexandre Taschereau, premier m mstre de la province de Québec depuis seize «ms.a remis hier les signes du pouvoir entre les mams du représentant de Sa Majesté, I hen M Patenaudc.Ce que la critique pure de la politique du gouvernement n avait pu faire la passion, I invective.la démagogie l\u2019ont réussi T,int que les hommes seront des hommes et non pas des anges, il sera vam de se scandaliser de leurs faiblesses individuelles.Non seulement vam.mais insupportablement hypocrite qu un parti tout entier jttte le stigmate du déshonneur sur tout un autre parti.En sommes-nous rendus à diviser tout un peuple en deux camps, les \u201cbons ' et les méchants, comme dans la vallée de JosaphaP Malgré tout ce que des esprits fertiles ont pu inventer pour I atteindre, M Taschereau est resté personnellement invulnérable dans sa vie publique comme dans sa vie privée.Sévcre pour lui mémo, il n avait qu une faiblesse la chante pour les faiblesses d\u2019autrui.C\u2019est par cette unique passe mal gardee, comme celle de TAnse-au-Foulon la veille du combat des plames d Abraham, que M Taschereau a etc amené a capituler avec son gouvernement Capituler, certes, mais avec tous les honneurs de la guerre M Taschereau descend du pouvoir aussi respectable et plus grand que lorsqu'il y monta il y a seize ans.appelé par Sir Lomcr Coum Lorsque les passions seront ctemtes et que les hommes de tous les partis sauront le juger avec plus de sérénité, ils diront de lui ' Ce fut véritablement un homme d Etat parmi nos plus grands \u2019\u2019 M Taschereau aurait pu continuer de tenir tete a la tempête Comme de fait, il resta courageusement à son poste, et avec une bonne humeur qui ne se démentit jamais, tant qu\u2019il put croire que c était son devoir de chef.L'obstination rageuse de l'opposition parlementaire à saboter l\u2019administration des affaires les plus essentielles de la province lui fit entrevoir son devoir sous un jour nouveau Puisque sa personne était devenue un obstacle à la paix de sa patrie et à la fraternité des citoyens, il s'en irait, tout simplement, tout modestement comme le dernier des troupiers Un homme de grand avenir lui succède au poste de commandement: c est Thon M Adélard Codbout.ministre de ( Agriculture depuis novembre 1930.Avec la jeunesse en plus, ce qui répond merveilleusement aux nécessités de l\u2019heure et aux espérances de la génération montante.M.Codbout réunit en lui d\u2019inestimables qualités de coeur et d esprit.Technicien avant tout, M Codbout est venu tard à la politique On sent, on voit à l\u2019extrême simplicité de ses manières et à l\u2019absence complète chez lui de tout soupçon meme de cabotmage que la politique n'a jamais été et ne sera jamais a ses yeux une fin, mais iculc-ment un moyen de servir.Si M.Codbout se trouve d\u2019emblée, si jeune encore, premier ministre de la province de Québec, on peut être sûr qu\u2019il n\u2019a pas recherché ce grand honneur, et que.dès aujourd'hui, cet homme modeste doit plutôt se sentir accablé par quelque sentiment de sa propre indignité à la pensée d'un poste si redoutable Au fait, ce sentiment meme est la moindre preuve.parmi tant d autres, de son grand mérite.M Codbout n\u2019a jamais fait de petite politique.On dirait que chez lui.ce serait contre nature Les horizons de ce fils d'agriculteur sont vastes comme la province.Il voudrait être mesquin qu'il en serait incapable.Aussi jouit-il de la considération universelle, et môme l\u2019adversaire politique lui rend l'hommage inconscient, de baisser la voix d'un ton quand il s\u2019adresse à lui.Tel est l'homme intelligent, patriote, laborieux et totalement désintéressé qui préside depuis hier au gouvernement de Québec.Dans la campagne âpre et violente qui s\u2019annonce, il devrait aisément former autour de lui le bloc de tout ce qui est libéral de coeur, d'esprit et de tradition, et aussi de tous ceux dont la pensée patriotique appelle ardemment l'homme capable, dans eprtaines circonstances graves de la vie d'un peuple, de s'élever au-dessus des nécessités immédiates des partis.Salut au Chef! Edmond TURCOTTE' Il vient «te mourir.Son départ, qui n'était pas inattendu, remplit de triiteaae tous ceux qui l'ont connu, et au premier ranjr d\u2019entre eux le personnel du Canada.I C'était un vieux journaliste, un de» plus estima-! hle» et de* plu* pittoresques survivant* de l\u2019époque qui sera bientôt complètement révolue où la vie des journaux était en quelque sorte le reflet de la vie de bohème.Venu tôt au Canada, cet enfant de Paris n\u2019a ja* ! mais perdu tout à fait au cours de sa vie l'esprit (javroche des trottoirs de son vieux Paname.Sa bonne humeur était sans défaillance, et il n\u2019y avait pa* de circonstance prosaïque, douloureuse ou même tragique de la vie dont il ne vil le côté comique \"t où il ne détendit tout le monde avec le mot pour rire.Chansonnier, revuiste, reporter, billettistc, fumiste.politicien h la blajjue et même monteur d'effarants bateaux, il a été tout cela et bien d\u2019autres chose* encore.Il avait été le héros de mille et une anecdote* réelles ou imaginaire* et il aimait les raconter avec son esprit inimitable, fait de scepticisme, de fine ironie et aussi d\u2019une bienveillance moqueuse qui émoussait la jiointc de se* plus piquantes railleries.Partout où passait De» Hameaux \u2014 car il était aussi bien connu sous ce pseudonyme que sous son nom véritable, ce qui est bien la mesure ie la gloire journalistique \u2014 il faisait fuser des éclata de joyeux rire.1\t* De* Hameaux, pendant sa longue carrière, avait passé par toutes les salles de rédaction, mai» je ne crois pas me tromper en disant que sa maison préférée avait été et restait le Canada, où il avait été un des écrivains de la première heure, avec notre fondateur Godefroy Langlois.Pendant des lustres \u2014 on pourrait probablement remonter aux première* années de notre journal, mais je n\u2019ai pas le temps de m\u2019en assurer \u2014\u2022 Pierre-Marcel Bernard donna au Canada, et cela jusqu à ces derniers temps, des \"Billets du Matin\" qu'il signait Des Hameaux et où 1 aimait exprimer sa philosophie souriante et parfois un peu mélancolique de gentilhomme à la manière d\u2019autrefois \u2014 qui était la bonne.Des Hameaux était bien à nous et la génération de la relève au Canada chérira encore longtemps le souvenir de ce vieux journaliste impénitent qui toute sa vie rayonna la joie de vivre et répandit la gaieté autour de lui.Pierre-Marcel Bernard ne prit jamais rien au sérieux.Ce fut peut-être après tout lui qui rut raison.\u2014E.T.» » * faites\" par le Jeu dca forces et des faiblesses de t*z.politique \u2018'semblent avoir yne Undance à trop siniT pliflér et à donner à la ^>ôfitîensait aux condition* d\u2019existence de l'homme sur la terre ; il évoquait la folle aigreur des esprits, la haine entre les nations, la volonté de conquête et le goût de la guerre.Il apparut à cet homme exposé à la mort, seul dans un désert de glace, que la guerre est le plus grand des maux.Il prit donc la résolution de consacrer le reste de ses jours à promouvoir la volonté de la paix dans le monde et d\u2019abord aux Etats-Unis.M.Byrd a révélé ce \"voeu\" aux amis qui s'étaient réunis à New-York un soir de la semaine dernière afin de lui présenter une médaille commémorative de ses exploits au service de la science.Lui, l'aviateur \"sans peur et sans reproche\u201d, Il a déploré publiquement que les préparatifs de guerre aient prostitué (perverted) l'aviation.11 a parlé éloquemment de \"la peur des ailes\" qui produit maintenant dans l'univers une sorte de folie collective.L'amiral lut enfin quelques-unes des notes prises dans la solitude du pôle Sud : D\u2019ici, écrivait-il entre autres choses, la folie de» folie», c'est l'étonnante attitude de» nation» ci-vililée» 1rs unes envers le» autre».La peur, l'anti-IMthie et le goût de la vengeance semblent de règle parmi le» nation».Dan» leur» façon» d\u2019agir le» unes enver» le» autre», elle» sont, croirai\u2019f-oa, de 20,000 ans en rttard sur le ritogen civilité, considéré individuellement, dan» sa conduite à l'egard du prochain.S\u2019il est trop tard pour empêcher la guerre que les dictateurs préparent en Europe, nous pouvons toujours espérer que les pays d'Amérique resteront en dehors du conflit, qu'ils seront fidèles, obstinément, à l'idéal de paix.Pour obtenir cela, malgré les menées de la Bip Butine»» américaine, nous aurons besoin de toute l'influence et l'énergie des hommes tels que le contre-amiral Byrd.\u2014H.G.s \u2022\t\u2022 PoUfiqut tf conquit* écowomtqiii \"Politique d\u2019abord !\" Dans un pays évolué comme ; la France ce mot d'ordre ne laisse pas d'étre inquié-' tant, mais, dans une province d'un immense pays en voie de formation (probablement le paya qui se j transformera le plus entre tous les pays de l\u2019univers d\u2019ici un siècle), prendre \u201cpolitique d\u2019abord\u201d \\ comme le résumé de l'action nationale est d'une étonnante bêtise.Les lecteurs des Idée» \u2014 livraison de mai \u2014 s\u2019en convaincront en lisant la première tranche d'un article de notre collaborateur M.Jean-Charles Har- Le Sénat a rejeté l\u2019amendement de M.Dandurand à l\u2019Adresse recommandant la réforme de certains articles de la Constitution.On sait de quoi il s\u2019agit: M.Turcotte a clairement exposé la question mercredi matin.D\u2019autre part, le Comité des chemins de fer à ta Chambre haute a accepté un amendement au projet de loi de M.Howe visant à U centralisation des ports.Cet amendement, qui soumet à la juridiction de la Commission dite \u201cdu service civil\u201d presque tout le personnel de la régie des ports, a déjà été refusé par les Communes.Que] sort le Sénat fera-t-il maintenant au projet de loi visant à modifier le régime d\u2019administration du réseau de l\u2019Etat ?Va-t-il continuer à se mettre en travers des mesures du gouvernement ?M.King a laissé entendre la semaine dernière qu\u2019il n\u2019est pas d'humeur à le tolérer.En quoi M.Meighen a vu une tentative d'intimidation qui n'aurait aucun succès.Peu lui importe, personnellement, le sort qu\u2019on fera an Sénat, a-t-il dit en somme; mais il lu|.importe beaucoup que le Sénat fasse son devoir en dépit de* .menaces.Et il a ajouté : \u201cSi nous sommes pour être abolis, j'aimerais mieux voir cette Chambre aboli* pour avoir fait son devoir, que méprisée 'pour avoir manqué de le faire.\" Voilà assurément de nobles paroles, et courageuses.Mais justement, quel est le devoir du Sénat ?M.Meighen ne se paie-t-il pas de mots ?Ne confond-il pas le devoir de la Chambre haute avec la politique du parti tory ?La Gazette s\u2019en rend si bien compte qu\u2019elle revient à la charge et agite de nouveau la sonnette d\u2019alarme.Elle signale que là position prise par M.King est des plue fortes : savoir que les projets de loi sur la centralisation des ports et le réseau de l\u2019Etat, sans être des mesures financières au sens parle-meitairc du terme, engagent indiscutablement ja responsabilité direct© du gouvernement \u2022» l\u2019cgard de questions financière* de' la plus grave importance.Puis elle conclut que ce!a est surtout du ressort des Communes et que le Sénat ne doit paa trop chercher à a\u2019y mettrg le.npz.Elle dit également que les fins que le gouyei^ftnenl cherche à atteindre gu t moyen de ces doux mesures sont des fins approuvée*, par le pays.' r De la part du plus puissant organe conservateur à l'adresse de la majorité conservatrice du Sénat, c\u2019est assez clair, (,'a ne saurait l'étre davantage.M.Meighen et ses collègues de la majorité vont-ils comprendre ?Personne nê les oblige à partager les vues du gouvernement.Mais ils n\u2019ont pas d'autre part le droit de contrecaner ses projets.Leur devoir est tout tracé : qu'ils adoptent ces mesures, tout en faisant connaître leur sentiment et en dégageant leur responsabilité.Ils l\u2019ont bien fait quand U s'est agi de ratifier l'accord de Washington.Qu'cst-ce qui les empêche de répéter ce geste ?Rien.Rien.à moins que la majorité du Sénat ne cherche à dicter au gouvernement libéral une politique tory à l'égard de l\u2019administration des ports et des chemins de fer.Dans ce cas, M.Meighen prendrait une lourde responsabilité ; d'autant plus lourde que c'est principalement h son régime que remontent nos difficultés ferroviaires «t que c'est lui qui, pour obliger ses ami» politiques, nous a fait cadeau de cct éléphant blanc qu'était le Canadian Northern.Après nous avoir plongés dans le bourbier, il serait souverainement inconvenant qu'il se mit en travers des projets formés juir le gouvernement pour nous en tirer.Il y a lieu de se demander si M.Meighen, sous le couvert de belles paroles, ne cherche pas à faire du Sénat un organisme partisan, en vue de dicter au pays ude politique que celai-ci a clairement répudiée.Dans ce\u2018cas, Il né serait pas étonnant que le Sénat se fit rogner les ailes.Le* belles paroles de M.Meighen se retourneront alors contre lui-même.\u2014P.B.Jeunesse BOURDELLE ET L'ENLAIDISSEMENT DE PARIS Lorsque le Comité qui s\u2019était formé il y a quelques années pour élever une statue à Sarah Bernhardt eut décide de s'adresser au sculpteur Bourdelle, on chercha- un cpiplacement et l'on Rongea à la place Malesherbcs.Cependant M.Sacha Guitry demanda à l'artiste comment il concevait le monument.\u2014J'aimerais asiez.dit Bourdelle, une sorte de colonne, tout droite, et une Sarah, plus grande que nature, au ras du sol.sans socle, de plain-pied ou presque avec la foule.\u2014Oui, mais pensez qu'il y a déjà place Malesher-bes le* Dumas et qu\u2019lis surmontent, eux, de» colonne* immenses! Alors Bourdelle, avec un mystérieux sourira: \u2014OhJ iia descendront!.vey.Les Canadiens français s'accordent généralement à reconnaître que notre peuple doit avant tout, à cette heure, réaliser la conquête économique du Québec.Le désaccord natt entre nous lorsque nous cherchons à préciser les moyens d\u2019atteindre le but.Les une, qui ae laissent guider par les Duplessis et autres politiciens exaspérés d'ambitions, veulent bien croire, \u2014 les naïfs, \u2014 qu'il suffirait de substituer au gouvernement progressif de M.Taschereau le gouvernement des assoiffés de l\u2019Opposition pour qu\u2019avesitêt nous eussions en main les principaux leviers de commande de l\u2019appareil économique.D'autres, ceux qui observent et réfléchissent, voient clairement que la conquête économique du Québec par les Canadiens français est un problème d'éducation et d'instruction.Notre ami Harvey est de ceux-ci.Les personnes qui liront, dans ce numéro et le prochain numéro dis Idée», son exposé de ce qui nous manque en affaire* ne pourront pas facilement rejeter ses conclusions.Retenons pour l'instant que le* Canadiens français attendront vainement le salut économique du \"maquignonnage politique\", selon l\u2019expression de Jean-Charles Haney.Ceux qui pensent pouvoir \u201ctransmuter les Canadiens français en hommes d'af- On dit qu\u2019à quatre-vingt-dix-sept ans M.John Rockfeller ne ressemble pas du tout aux nonagénaires que l\u2019on a l\u2019habitude de voir.Je veux dire qu'il ne partage point les ordinaires petits soucis qui sont ceux des moins-de-cent-ans, lesquels, comme' chacun sait, évoluent devant une perspective chaque jour rétrécie, au centre d\u2019un univers assez restreint, comblé de préoccupations misérables et de puériles ' convoitises.M.John Rockfeller, loi, nous raconte-t-on, n\u2019a rien perdu de l\u2019intérêt qu\u2019il portait à l\u2019humanité, et au monde.Et ce vieux coeur qui ne bat plus que si faiblement, a'èmeut encore au récit de la tristesse humaine, il sc désole des crises politiques, économiques qui secouent le globe.Or, comme la vie, sous le ciel, n'est pas drôle pour les hommes de bonne volonté ; comme la paix est illusoire, que le chômage n\u2019est plus un vain mot, et que In guérison des maladies ne s'accomplit pas à coup aûr, tout, cela constitue une source déplorable d\u2019émotions, et les émotions, à son ûgc, ce r.\u2019cst pas bon popr.Ja santé., Abri, le New-York Time» édite pour «on illustre lecteur \u2014\u2022 pour lui seul \u2014 un numéro spécial intitulé Le Journal de la Paix, plein de nouvelles inventées et d\u2019utopies réalisées.Ainsi, sur cette terre qu\u2019il va bientôt quitter, M.John r.ocUfeîler peut-il croire à Tige d\u2019or, et que tout va pdur le mieux dans le meilleur des mondes.J\u2019avoue que ctft ultime souci, je le trouve magnifique : je pense à ces vieillards dont l'âge a racorni le coeur et réduit à la plus étroite mesure les tourments.Je pense à celui-ci, comblé de biens, et obsédé par son seul coffre-fort, son cigare, son verre de rhum.A cette autre, qui, un pied dans la tombe, et plus qu'octogénaire, récemment terrifiée par le spectre de la guerre, fit transférer son magot à l'cxtrcmc-sud de In France.Ne me dites pas Ju'ayant beaucoup d'argent l'homme le plus riche 'Amérique ne saurait s\u2019inquiéter à ce sujet î Raison de pms, et puis, à l'égoisnir et la cupidité, tout est bon : une tartine, une cigarette.A 07 ans conserver U monde comme horizon, la voilà bien la vraie jeunesse du coeur ! Susanna NORMAND (Marianne}\t\u2022 v Qualifié par b firman du'sultan (mieux vaut tard que jamais) \u201cl\u2019un des événements les plus dé- ! sirables do ce siècle de science et de progrès\", le percement de l\u2019isthme de Suez avance rapidement durant 1rs années 1867, 1868 et 1869, grâce au \u2018 talent et au labeur de la remarquable équipe dé techniciens français dont Lesscps a au s\u2019entourer.I soit comme ingénieurs, soit comme entrepreneurs : Voisin Bey, Laroche, Larousse, Paul Bord, Laval-Jey, Couvreur, Duasaud, L\u2019Exposition universelle de 1867, à Parla permet à la Compagnie de présenter un tableau des résultats de son activité.L\u2019Angleiérre elle-même se rend à l\u2019évidence et, ae modelant sur l\u2019opinion publique dans laquelle un revirement s\u2019était déjà dessiné, le gouvernement britannique commence à faire volte-face.\u201cJe n\u2019ai aucune espèce de doute aur l\u2019achèvement définitif du canal de \u2018Suez\u201d, dédire Lord Stanley, ministre des Affaires étrangères, en 1868.\u201c11 est évident qu\u2019aucune nation ne profitera aussi largement que la nôtre du trafic qui doit passer par le canal.\u201d Le 14 mars 1869, les eaux de la Méditerranée sont introduites dans les bassina de* Lacs amers au moyen d\u2019un pertuia déversoir, en présence du Khédive «t du prince de Galles.Le 15 août, y «ont introduites celles de la mer Rouge.La jonction des deux mers est un fait accompli.\"La Méditerranée et la mer Rouge, a écrit un témoin de l'exécution du canal, semblèrent tout d'abord reculer à leur choc mutuel, mais ne tardèrent pas à revenir l'une vers l'autre, et elles se reconnurent pour s\u2019étre déjà mêlées, il y a bien des siècles.\u201d Pendant ces trois années, comme pendant les deux précédentes, la Compagnie du canal ne rencontre plus, de la part du Khédive Ismail, que concours et .bonne volonté.Deux conventions Interviennent entre elle et lui en avril 1869, l'une stipulant la cession au gouvernement égyptien, moyennant trente millions, de toutes les constructions édifiées dans l'isthme pour les besoins de l'entreprise, l\u2019autre organisant en domaine commun à l'Etat et h la compagnie les terrains dépendant du canal maritime.Le 17 novembre 1869 ayant été fixé pour l\u2019ouverture du canal à la navigation, l'inauguration solennelle en est faite à cette date.Les voeux d'1»-mail et ceux de Lcssepi se sont rencontrés pour la vouloir aussi éclatante, aussi fastueuse que possible.Le Khédive s'est, au préalable, rendu en Europe pour adresser, en personne, aux souverains son invitation à venir y assister, allant ainsi au-devant d'un rappel à l'ordre de la Porte, qui lui signifiera sèchement que, seul, le sultan a qualité pour inviter d\u2019autres chefs d'Etat où que ce soit dans l\u2019empire ottoman : réprimande qu'Ismail n'a pas pu ne pas prévoir et dont il a, avec raison, pris son parti d'avance.L\u2019impératrice des Français.l'empereur d'Autriche, le prince royal de Prusse, le prince et la princesse royale des Pays-Bas répondent à l\u2019invitation du Khédive, qui s\u2019est mis en frais pflur leur réserver en Egypte une hospitalité dont la magnificence restera légendaire.Beaucoup de grands personnages font escorte aux souverains et héritiers des couronnes : un archiduc d\u2019Autriche, un prince du Hanovre, le prince Murat, le baron de Bcust cl le comte Andra.^sy, Sir Henry Elliott, ambassadeur d'Angleterre à Constantinople ; le général Ignatieff, ambassadeur de Russie ; le baron de Prokesch-Osten, internonce d'Autriche ; l'amiral Tc-gethoff.l'amiral Paris, le général Douay, M.Du-puy de Lôpie, le duc de Hucscar.L'émir Abd-el-Kader, l\u2019ancien adversaire de» Français en Algérie, est venu «le Damas^ où il réside depuis que Napoléon 111 lui a rendu la.libérté.Port-Saïd rassembla pour la première fois des navires des nationalités les plus diverses, groupés autour du yacht khédivial \"Mahroussah\" et du yacht impérial \u201cL\u2019Aigle\", qui a amené l'impératrice Eugénie.Le 16 novembre, la récitation de quelques versets du Coran, puis un \"Te Deum\u201d et une bénédiction, unissent le clergé musulman et le clergé catholique en une courte cérémonie religieuse, célébrée sur la plage de Port-Saïd.Le lendemain, \u201cL\u2019Aigle,\u2019 prend la tète «l'une file de soixante-huit bâtiments à vapeur, qui s'engagent dans le canal pour le parcourir de bout en bout.Des fêtes splendide* sont offertes par le Khédive à ses invités à Ismaïlia.où il a fait construire tout exprès, pour le» y recevoir, un gracieux palais qui subsistera ensuite plus de trente ans inutilisé.Dés Bédouins, attirés en foule des déserts environnants, mettent sous les yeux des visiteurs le pittoresque spectacle de leur campement, «lre*sé entre le canal d\u2019eau douce et le canal maritime.La file des vapeurs se remet bientôt en marche pour achever le parcours du canal, creusé au milieu de sables et de lacs naguère encore aux trois quart desséchés et, quand elle a atteint le terme du voyage, chacun de constater sur le livre de bord cct événement inouï, le mouillage du navire sur rade de Suez après la traversée d\u2019un canal navigable, et de télégraphier chez soi qu\u2019il a bien réellement passé en bateau de la Méditerranée à la mer Rouge.L\u2019inauguration du canal terminée, la visite au Caire et en Haute-Egypte de scs hôtes princiers et de leur suite est pour Ismaïl l'occasion de nouvelles réceptions magnifiques, qui prolongent et renouvellent pendant plusieurs semaines les prodiges de son hospitalité.Ces jours brillants de novembre 1869 ont vu l\u2019apothéose d'une oeuvre sans précédent et l'apogée de la fortune politique d'Ismall.Le Khédive eut raison d'entourer d'éclat l\u2019ouverture du canal à la navigation et il eut tout lieu de s\u2019enorgueillir de ce qu\u2019un tel événement s'accomplit sous son règne.L\u2019événement était d'importance pour l\u2019Egypte et pour le monde.L\u2019Egyte.enfin, était ce à quoi elle était destinée par la nature : le lieu de passage du monde.Or, un pays ne peut être indéfiniment soustrait à sa destination, quand la nature lui en a donné une.La vieille politique turque qui fermait les mers intérieures, verrouillait les détroits, cadenassait l\u2019isthme; la politique myope de Palmeratpn, commençant par nier la possibilité du canal, puis s'ingéniant à l'cmpècher par l'intrigue et le dénigrement : ce passé et cct entêtement «ombraient du même coup.La communication qui avait existé jadis entre la mer Rouge et la Méditerranée devait être rétablie et ramener le commerce d\u2019Occident en Extrême-Orient à son ancienne route.Le canal inauguré le 17 novembre 1869 opère cette révolution, dans des conditions en rapport avec le* exigences de la navigation moderne, au profit de l\u2019univera et au profit de l\u2019Egypte.I.n région désertique qu\u2019il traverse voit la vie renaître ou reparaître sur de* point» où régnait la mort : Suez renaît, dea villes nouvelles surgissent, Port-Saïd.Ismaïlia.demain Port-Thewfik et Pert-Fouad.Ismaïl, d'abord en difficulté avec Lesseps, a favorisé l'oeüvre à partir de juillet 1864.Il a maintenant sa juste récompense.Le retentissement de Tévénemcnt est énorme dan* le monde entier.Napoléon III, l\u2019empereur d'Autriche le mentionnent dans leur discours du trône.Les Cortès espagnoles déclarent que Leaseps a bien mérité de l\u2019humanité.Lord Clarendon lui écrit pour lui exprimer la satisfaction du peuple et du gouvernement anglais, lui adresser leurs félicitations et l\u2019assurer de leur gratitude.Plusieurs villes du Royaume-Uni réservent ensuite à Lesseps de* réceptions enthousiastes.Le gouvernement de l'Inde salue le \u201csuccès du gigantesque ouvrage de paix si bien exécuté par les Français dans l'intérêt de l\u2019univers\".C\u2019était l'amende honorable.L\u2019Egypte, par ses vice-rois et par elle-même, par les actes de concession, par la participation financière, par le travail des indigènes, par la politique du gouvernement envers la Porte et l\u2019Angleterre, avait sa part de mérite dans le résultat.Les réciproques congratulations en Europe la passèrent un peu trop sous silence.Depuis que le momie c,t mande des hnmm bonne volonté ont poursuivi ce rèvo de j.?tre les peuples et recherché les movnu ü!^ r une icalité.Que d\u2019efforts accompli»\u2019 «ni.i,\u201d iku* idées répandues, que d'éloquence dépensée' ' r.*' quand luira le jour béni «le l'universel i! En ^I«nce.le premier projet sérieux d orm tion internationale pour la paix fut\u2019IW.Henri l\\ et de ion grand ministre Sully g.' grand dommage que le poignard de Ra\\ «ilia '* point laissé au Béarnais le Jouir d\u2019en t nt.r*\u2019 realisation.\t¦» La question de la paix perpétuelle et univt le devait rester longtemps encore dam.le do-r, du reve.Mais, pourtant, elle ne laissait pa.in occuper de temps en temps de généreux « .n~.K Un écrivain français, nommé Enicrir de a r, lui consacrait, au début du XVIIième «re , un livre, L* Nouveau Cynée, discourt dr, occâ.i \u201c et moyens d\u2019établir une paix générale.\tHl C\u2019est un curieux ouvrage, plein de vu.* dV nr.qui vaudrait d\u2019étre remis au jour.Après Eméric de la Croix on peut citer enco Grotius, le grand juriste hollandais nui d\u201e,s , \u2019 célèbre ouvrage r Le Droit de U Guerre \u201e Paix, expose la plan d'une loi universelle du tx tions, fondée sur l'accord du génre humait; ^ Puis, en 1693, William Penh qui, à j nd,f?prend dans son Essai sur U Paix présente et luiuV de l'Europe, k* projet «l\u2019Henri IV.Et voici vingt ans plus tard, le plu» célcb«e prophètes de la paix universelle, le bon afcb* ,1! Saint-Pierre, qui, bafoué par ses contemnora ,.et longtemps oublié, eut enfin »a revanche de > jours.On lui éleva, en effet, il y a troll an« monument dans son pays natal.Comme quoi il ne fout jamais désespérer de !» postérité.Ce brave abbé, qui n\u2019excita que leurs1 leries «les gens de son époque, fut, par la nôtre o ' lé en bronze.Ainsi va le monde.Tel qt.v- a ^ pour un sot de «on vivant sera, dan* l'avenir, conn, déré comme Un grand génie quand IV-vo; uion m idées aura marché.A la vérité, l\u2019abbé de Saint-Pierre nVtait ni l\u2019un ni l\u2019autre : c\u2019était un digne homme dit .la sincérité de «on âme, croyait à l'am iiorat -possible de l'espèce humaine.Saint-Simon disait de lui: \u201cIl avait de l'eipm.des lettres et des chimères'-.11 avait surtout une chimère, celle de faire régr.«r la paix dans le monde.Au lendemain de- grindf.guerres de Louis XIV.l'abbé, ayant accompagné ,t cardinal de Polignar au Congrès d\u2019Utrecht.conçu: là l'idée de son Projet de Paix perpétu elle.L'sri^t suivant, il publiait son oeuvre tendant à !a création d'un Sénat ou tribunal arbitral européen qui réglerait toutes les «lifficultés entre le.* peup,,.sans effusion de sang.Cela fait, il a'en fut trouver les ministres »v*e l\u2019espoir de leur faire adopter scs projets.Le pauvre pacifiste fut assez mal accueilli : \"Vo is avez u.bile un article essentiel, lui dit le cardinal Fleury, alors premier ministre: celui d'envoyer des ai», «ionnaircs pour touche»- le coeur d< - princes t: leur persuader d\u2019entrer dans vos vues.\" Le cardinal Dubois ne le prit pa?plu?au d rieux.Il fc contenta de dire «le son ouvrage : \"Ce sont les rêves d\u2019un homme de bien\".Quant au public, il se moquait d».ce« \"hilleve.séei.La paix perpétuelle et universelle, quelle o pie !.Les généreux projets «le l\u2019abbé de Samt-Piir-re n\u2019excitèrent que des moqueries.Alors, le doux pacifiste se consola en cultivait son idée fixe pour sa joie intime et personnel!».\u201cJe vais voir du moins en pensée, < crit-il, !u homme s'unir et s\u2019aimer : je vais songer à une do \u2022 ce et paisible société «ie frères vivant dans un concorde éternelle ; et, réalisant en m .:-ii '.¦ > 1-tableau si touchant, l\u2019image d\u2019une félicité qui n\u2019«K point m\u2019en fera goûter quelques instant?un* véritable.\u201d Plu* de deux siècles ont pa.-on travail sur la ferme, écrivit-t-il, et était entré dans la maison poui y chercher son fusil de absentée pour se lendie chez des voisin» et son père se trouvait daiiH la grange, a quelque distance de la maj-son.Il a\\a.t cl.chercher son fusil pour tuer de pigeons qui.a tout moment, venaient roucouler sur le toit de Is grange.Malhrurrunemeiit.en roulant dan la cuisine, il gli»»a sur le piélnit ci tomba.Au méinc moment nisi ru*.\\ i \u2022 IU.I.C-.su l'ii t h r 11 ns l.«|iralrlr.le I\" Juin I Z '> A I fia» de 't4 mus.«si «i#.i .1.> Mut.- a me ml >i H.«m.ii-.e|i.iiH.u.r< u \\n- Mil.- llri.uvnl» I.»-» f ni.r i.111> \u2022 iiiii.'iit .ni uni Monlr A s b il.k \u2022Il In Juin s.\u2022¦\u2022I l'I'ou» .UV/ni.» pit-rr.M a r.\u2022' I lli»riwiril tir KtliHa Dosiri t !.s fuiCrallU» nu-nuit II*n 'iiiii.'.ll I* I'\u2022 .tir.ml A P.lu P» II.I.» K.uni.- Mil.tir» III.\\ IV \\ rii»»pl.\u2022 < .niclln.Ir '.juin l'*3Ü, A I Am* il* îl un> mills ' M l< 'll \\ I II.A ik-.«ik 1.111» r fru MmIHIM» Ai ¦ r ini.lln Molli rôal.k 5 Juin ¦ xo ll-inrr il.\u2022>».1 m'kmi» .> .¦¦ i\" * .¦ 11, i,V|ilu', |'y 77 Al
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