Le Journal des Trois-Rivières, 8 septembre 1887, jeudi 8 septembre 1887
[" p\u2014 ) y1NOT-TROISIEME ANNEE, e TROIS-RIVIERES JEUDI 8 SEPTEMBRE {1887 No 31 CATHOLIQUE, PO Pp 1TIQUE IT =» De LITTER AIRE, IN NECGESSARHS, UNITAS ; IN DUBS, LIBERTAS ; IN OMNIBUS, GHARITAS UN EROS CIRETIEN (\"etait une physionowmio vraiment sym- patique que cello du général do Solis, qui est mort, hier apres midi.Co galant homme, très répandu duns la société pa- yisienne, n\u2019y comptait que des amis.A le voir passer A cheval, en petite tenue, chaque matin, dans l'atlée des Popeaux, bien qu'il fût amputé de la jambe droite, 6n élait conquis.par l'allure cle eux de ve lier soldat.Et ait un preux, eu ellet, le général qui command, pendant quinze jours, le êTe corps à l'ur- mie de la Loire, qui eut l'insigne honneur de diriger In charge des zonaves pontili- eaux à l'atay.En rapporter les circonstances, c'est ln Jus belle ornison fanébre que Pan pons: faire du général de Sonis.C'etait à da fie de novembre 1870, Au! grand quartier général de l'armée de la foire, à Saint-Jean-de-lu-Metle, les gêne aux d'Aurelles de l\u2019aludine, Chanzy, Bopol, s'étaient reunis en vouseil avec M de Freyeinel.| Cu dernier apportant un plan combiné entre Gambetta et lui pour conduire l'armée de Ja Loire sous les murs de Paris, où le général Trochn annonçait vue sortie.Gambetta et M.de Froyeinetevoyaient tour plan stratégique excellent.Mais les géne- aux ie Larent point duwasene avis, Lours observations obtinrent à peiue l'attention dietraite de M.de Freycinet, et les céné mnux durent obéir aux ordres tmpérieux de Grambetta.La veille de la bataille de Loiguy, à trois heures du matin, le 2 décembre, daus Ia petite église de Naint-l'érary, l'un des aumoniers, le It.P.Doussat, disait Ly mess | se, «t beaucoup de zounaves vy assis latent.Un y voyait communier le ré neal du Sonis, le baron de Charette, le capitame de Gustebois et plusieurs autres, MAL de Bauillé, de Cazenovee, de Terhamen, for matin du 2 decembre, les zonaves \u2018avaient qu'une grande bataille allait se livrer.Hs devaient irmortaliser leur ré- viment das cette journée de Vigne L'ataque commença à huit heures : pare de Goury fut pris par les Français, ropris par les Allemands, renforcés, à midi, d'une uouvelle division ; alors, les Français furent repoussés sur Loigny, avec des portes énormes, las zouaves setrouverent à l'utuy dans MM natinée, in attendant leur tour de prendre part au combat, ils formerent les faisceanx.le froid était trés vif ot les hommes préparaient le café, lorsque vint l'ardre de warcher en avant en laissant les ten tes dressèes et les sacs a terre, lux hommes par chaque compagnie du | ter bataillon et les éclopés du 24 resté- tebt avec uu officier pour la garde du cap, du pare et des bagages.L'uénéralide Sanis prit la direction de Loigny avec la 3e division ot une pare tie de ñ réserve Le ler hataillon de zona- ves, le colonel de Charette en tête, ct un detai-bataillon de mobilles se rangérent aupres des batteries, debout et l'arme au pred.Les projectiles tombaient sur eux Les zouaver virent arriver à eux un olhvivr-général appartenant sans doute au lie corps\u2014car personne ne le connaissait.ll arrêta son cheval devant un grou- | pe d'officiers, et, se découvrant : -Meesieurs, dit-il, vous êtes les zouaves protificaux ?\u2014COui, mon général, répondit Le goni- (ee p ie \u2014Eh bien ! allez promplenent occuper le village de Goramiers que voila, cet lo point le plus menacé ; tenez-y jus qu'au dernier.A donna les méines ordres aux hattes Tes, qui partirent au galop dans la direc- lion indiquée, Les zouaves suivirent au pas de course.Loigay tenait encore contre les attaques Téllertes des Allemands, qui n'avaient \u201cporte qu'une partio du village.Leurs obus à petrole en allumaient l'incendie.De Nonis tenta de reprendre Loigny | La temps pressait, car la naut arrivant, ! Le général n\u2019avait sous la main qu'un; regiment do marche qu'il chercha vaine-, REDIGE PAR UN vomité de Collaborateurs.| Borceme.10) Gf DESILETS prirent la droite, deux conpagnies do fra- nos-tirenrs, celles de Blidah of do Tours, commandées par le colonel Hildebrandt, se deployèrent à ln gauche des zouaves etles suivirent résolument.Derrière la ligne de tirailleurs marehniont, à cheval, le général de Nonis, et son aide descamp ; le colonel de Charette of son ofhcier d'ordonnance ; le lieutenant Harscot, les commandants de Moncuit et de l'roussures, ainsi que le capitaine de Fertii Vertluanon portant le fanion.C'é- tsient en font huit lkeen(s ontmes qui ai lairnt attaquer une division entière ef son artillerie, | Ils dépassèrent le pli de terrain où se tenait couché le régiment qui avoit failli à son devoir, La honte gagna le ewœnr d'un certain nombre de rolilats qui suivirent el ge comportérent ensuite nave.ment, Lennewd, a l'approche de votte livne de firailleurs, la prit d'abord pour une avant-gaide.Une pluie d'obus commença à éclater autour des zonaves, qui avan- aient toujours aux pus alignés el calmes commu de vieux soldats.Hs marchérent longtemps ainsi, sous le feu de l'artillerie, l'orsqu'à l'approche d'un bois\u2019 situé à l'extréminé de la plaine, une terrible tu sillade les décima, ous et leurs compa-y gnons, Verthamon tonha jo premier of couvrit de son sang la précieuse Dannitre.Le général de Sonis eut le genou brisé, | Jes commandants de Trovssures et de Moncuil, le capitaine de Perron furent : renvorsés en même temps.Le comte de: louillé avait relevé le drapeeu.Les zoua- Yes avançaient envote sans répondre.Sur l'ordre donné, ils ouvrirent le feu ; puis tout à ceup, au cris de : Fire Pie IX I faisait l'adiniration de Pire tendres et les plus touchants 11 .Ferron avaient été emporlés par les Allemands dans une fermo voisine de Villours.Moins henraoux, le génétal*de Sonis de- menra sur le terrain, couvert de sang.Sa blessure était horrible à voir; mais ni l'abandon ne purent abattre gon courage, En entrant en campagne, il avait écrit à nu mi: * Je me suis condamné aimnort.\u201d Quand il ent fail à Loigny, lout ce que, pouvait an bon capilaine el un vaillant! soldat, quand il vit Loute son artillerie rau- vée et tn refaite de l'armée assurée, il al- tendit fa mort avec la sérénité d'une âme chrétienne.Mais Dieu n'accopta qu'à moitié le sacrifice de cet homme de bien et ne voulnt pas enleverä ln France unl si grand serviteur.| Le général aubit une douloureuse opération, l'amputation de Li caisse, Comme Damnesnil il n'en continua pas anoius gon service actin Un crochet fixé au coté montoir de la seile emboitaif la cuisses] Une botte de eur dans Jaquetle reposait l'extrétuité de sa jambe de bois lui per-| mettrait de monter à cheval el de pren-; dre tontes les atlures.I était, il y a quel-, ques années, Inspecteur général permanent du De arrondissement de cavalerie res hommes lorsque, menant wie charge, il passait les, obstacles en tetes de sa division, of lors , quan manege, resevant une faute de quels, que soldat, il Ini raontrait ans coquette, rte, les tessourees qu'un cavalier peut ts rer du cheval.l'endant longtemps.le général habita l\u2019assy, dans un petit hôtel de la rue David ; Chaque jour, on le voyait à lu messe, avec su plus joune fille qui ne > quittait Jatnais el avait pour lui les soins les plus aval {a France! 1s s'Clancerent dans le Lois.da denx antres filles.baionnette on avant.L'attaque fut irrésistible.Des Allemands épouvantés, les uns so jutmient par terre, rendant leurs d'autres se défondaient énergiquement, Lt quand nous aurons wappelé que 1e général de Nunis était demeuré fidele à sx foi politique\u2014il n'avait junais disei- armes, (nulé ses opinions monarchistes \u2014ot à su.foi religieuse, on reconnaitre avec nous On se battait corps à corps.I y ent un qu'il était bien an preux, be vaillant soi | affreux carnage, ce que Chateaubriand: appelait la cohue de la mort.Les mobiles s'eimparerent de la ferme dy Villours, el tout céda au torrent.:' L'ennemi f'uysit dans le village, pour, suivi par lee zounves.Combien de nos braves soldats, qui n'étaient pas soutenus allerent se heurter aux murs des inaisons remplies de lrussions ! Combien n'arrive tent pas jusque-là\" Les deux Douillé, Cazenove, Traversay relevérent l'un après l'autre la hantiere, Des hontenants, des capitaines tomhérent glorieusement : Boigchevalier, Veteh, Du léan, Gastee bois Lo colonel de Charette, dont le cheval avait été percé de coups, conduisit à pied la charge jusan'au village, où il fut les sé lui-meme.Les premières maisons fu ront enlevées : quelques zouaves s'y re- tranchérent ; mais l'ennemi qui, à la vue de cel ouragan, avait appelé sus réserves prit l'offensive.Des 1nasses prusiennes arriverent, débortant les zouaves de tous cotés.ja rv- feu Le colonel de Charette ordonna raite, Bll ow fit pas à pas, sous un terrible etai bout portant, Du village jus-; qu'au bois, le sol fut jonché de cadavres, Le reste ne put se retirer qu'à la faveur de la nuit.Les I'russiens oserent a peine les suivre au-delà du bois.Epuisé par ses blessures, le colonel de Charette s'assit sur lo bord d'un fossé Non frère, blessé comme lui: Ferron, Vuteh étaient couchés près de leur chef.On voulut emporter Charette: mais il refusa ! Non, mes amis, dit-il, non: à quoi bon vous faire tuer ?Je suis bien icr, et vous allez encore vous battre pour lu France !.Les débris se retirérent lentement vers Patay, chunenant ce qu'on pouvait de blessés.Le sergent le Parmentier rapportait la glorieuse bannière teinte du'te sang de quatre victimes, Dos quelques | zouaves qui étaient entrés dans Loignytes uns s'échaperent pendant la nuit, les, auires se firent tuer, et l'on vit l'an d'eux apres avorr bile toute ses cartouches, ze jeter à genoux pour recevoir lu mort.Pelle fut cette charge de Loigny qui Bent à entramer, Ces malheureux sole {restera aussi celebre et aussi populaire dats étaient couchés depuis plus d'une t que veuve ure, acvablis par les projectiles.La de- Moralisation de co corps était complete.Apres quelque pas, als sandaient.Dotespère, lo général de Sons pejisa que l'exemple de quelques braves gens pour- tailles entramer 1 accournt vers los zona Yes pontilicaux et teur dit avec feu , TÜvs hommes refusent de me suivre! \u201chez, colonel ! montronjleur cn que pen Yent des chrétiens ct des homues de cœur sue l'uis, 40 lournant vera les zonaves Vive la France \"vive fie IN\" En want! l'roia compagnies furent d'abord deplo- Yves par Io colonel do Charette ; les nue \u2018Tes suivirent bientot après, Les mobliles d Inhetmann et de Palestro! Elle ent vague Une vitone, st deux ba tarllons seutetrent avant seconde ces vaillant eltoit, Po Le general Sons avait demande aux zonaves un bien grand sacrifice.Devant ce spectacle on se demande sil west pas une huvite à de tels lievoismes.Mais vou presence de l'innmolstion du géneral de Sons, on ne peat qu'aduintrer et garder un respectueux silence.Les l'eussiens, qui comptaient quatre ou cg mille hommes hors de combat, ne songérent pas serietsement à tas blesse, qui, pour la plupart, passèrent La nuit i sur le champ de bataille, pari les morts sous In neige qui commençait at tomber.\"de l'endroit.dat dont l'armée porte le deuil.Tous Pants - \u2014\u2014il}
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