La tribune, 14 janvier 1956, Cahier 2
[" Jj m Pément LLUSTRE NUMBRO CENT CINQUANTE LaTribune SHERBROOKE.SAMEDI.14 JANVIER 19r,fi IS ecrEER Révolution au Gilardo par Harry Bernard de la Société Royale du Canada ON ne je reconnaît plus an Gilardo.Un véritable poste s\u2019y érige, qui défigure le paysage et détruit le calme d'autrefois.L\u2019air retentit du grondement d'un bouleverseur, des pétarades d'un moteur à essence.du bruit du marteau et des égoi-nes, pendant qu'un cheval attelé traverse à gué la rivière Vermillon avec une charge de planches.Des ouvriers achèvent d'éventrer le vieux barrage et une femme, en tablier et en cheveux, étend du linge au soleil.Le camp solitaire des anciens gardiens, au temps des opérations sur la rivière Savane, le camp de bois rond où Pit Faquin apprivoisait des siffteux et les berçait sur ses gênons, se rapetisse du voisinage d'une cuisine flanquée d'une salle à manger, d'autres dépendances sorties de terre au hasard, de trois va», tes tentes montées sur plancher do madriers où couchent une vingtaine d\u2019hommes, en attendant la construction de quartiers permanents.Que de fois nous avons séiourné ici, avant sic pousser plus loin vers l'ouest et le nord, ou en attendant qu'une jeep vînt nous chercher, l'ctat du chemin ne permettant point passage aux automobiles.Le camp é-tait vermoulu mais non branlant, sale et hospitalier, chaud, quand son poêle d'acier dévorait en ronflant des rondins de bouleau sec.Il y a-vait toujours la.sur la table couverte de toile cirée .du thé dans un bocal de verte, quatre ou cinq pommes de terre dans un sac, du sucre ou un pot de moutarde, provisions laissées par les derniers passants en partance vers les hauts, à la disposition de ceux qui viendraient.Le camp n'apparleoait à personne, de façon officielle, et il accueillait tout le monde.Il y a un an, au retour de l'expédition manquée vers le lac Saisine, nous dînions ici avant de prendre la Vcrniills>n et gagnet les deux Muskeg, où nous attire l'espoir de grasses truites tuladt.L'aventure des Muskeg épuisée, nous passons deux autres jours au Gilardo, attendant la jeep d\u2019I.douard Lemieux et défendant nos derniers vivres contre les souris à ventre blanc, aussi affamées que curieuses et non moins gracieuses.C'est alors que nous débutons, Raymond Hardy et moi, dans ce que nous voudrions appeler la sculpture sur bois, faute d'un terme moins prétentieux et plus juste.Parce qu'il pleut à fendre l'ame, du petit matin jusqu'au soir, nous nous mettons a cosier avec les couteaux de chasse.Un éclat d'epinette s\u2019amincit, s\u2019effile, se polit sous la lame.Puis un autre Pourquoi n'en pas tirer des coupe-papier?Celui qui lâche le mot éveille des talents ignores.Le pere Julien Richard nén finit plus d'aiguiser a la lime les couteaux qui s\u2019émoussent, tandis que s'alignent sur le rebord d'une fenêtre les coupe-papier en torme de stylets ou poignards, un brochet efflanqué qui ne ressemble pas trop à une carpe, un avion-miniature, long de huit pouces, qui donne un mal de chien à son auteur.D'autres objets inutiles, ou il entre plus de bonne volonté patiente que de qualités artistiques.Les souvenirs nous assaillent comme nous mettons pied à terre.Ici nous étions cher nous depuis des années et voilà que nous ne le serons plus.Une dizaine d\u2019hommes entourent l'auto et nous aident à en descendre le canot qui la coiffe.Car le chemin élargi, aplani, nettoyé, nivelé, permet maintenant de voyager par nos propres moyens.La civilisation a ses ennuis et se* avantages.Hardy n'en revient pas.qui est encore une fois de l'expédition.\u2014IU nous galent la moitié du plaisir.\u2014Ce n'esr pius le Gilardo, ou l'on arrivait après quaire-vingt-trois milles de chemins forestiers, un peu comme les Aiahes dans une oasis du désert.\u2014Evanoui, le charme vétuste et rude de l'endroit, que I on sentait et qui se définit mal.ou ne se définit P** \u2022 \u2022 \u2022 Nous disons ces choses au troisième membre de l'cquipe, qui regarde autour de lui et ne répond pas.Voyant les lieux pour la premiere fois, On ne se reconnaît plus au Gilardo, envahi par 1 homme et ses constructions.il n'a pas de souvenir».11 s'appelle Lusignan, Guy de son prénom.Professeur de reliure à l'Ecole des Arts graphiques de Montréal, il est Pun des meilleurs hommes de canot qui se puissent découvrir.L n garçon a* six pieds, mince sans être maigre, taillé en V de la ceinture aux é-paules.qui porte une embarcation de 72 livres avec la meme désinvolture qu'un sac de couchage capitonné de duvet.Que se passe-t-il dan* le p*)*î Le contremaitro Bcbe Pvrerl.déjà rencontré au temps de la coup# sut la rivière Savane, donne les dernières nouvelle».La t o«w»e, dit il, se pioposc d* bûcher sur le lac des Sables, dernier élargissement de U rivière Vermillon et comme qui dirait sa soutee, pour ceux qui connaissent de fvçon sommaire la géographie Je la région.Car la Vcmtillo.i a un dernier embranchement ver» l'ouest, qui est lui-méme la décharge de l'immense lac La Carpe ou Launay, selon le* carte* les plus récentes.Au lac de* Sables, les opci allons forestière» le* I Au debut du voyage, les sacs sont pie ins et ronds, barbe, et la rivière Vermillon ne manifeste aucune les hommes dispos, sans humeur.montant à près d un demi-siècle, e-pmettes et cyprès ont asaez de diamètre pour -e transformer en pi-tou ne.Telle est l'opinion de» dirigeant», qui cavovcicnt leur* marcheurs ce rcconn.i'saitce- Pour l'im-tant, il t'agit de reconstruire le barrage et de le hausser, de percer un chemin à iras en la lorèt.qui conduira du Gilardo au lac de* Sable*.Ou »\u2019> rendait jadis par eau ou mr la neige, a la basse auiomns.On transportait comme on pouvait les hommes, le» matériaux, las outil* et iea provisions.Aujourd'hui, hulls et tracteurs a chcuides vou» éveo-trent un chemin en ou iwu «\u2022 temps.U u'y a que le» pans de rocher, hauts comme une maison, pour arrêter le* boulcvcrscurs mode rue*.U* lOUcent sur les obstacles avec fear* radons convexes, longs le huit ou dut pied» et Urges de trou.renver*eut le» arbres, déracinent les souche*, ècra-seot la broussaille, poussent à droite et a gauche les blocs de granit, aplanissent coteaux de -able ou de gravier.Ces monsire» oeaenl des dus \u2022 ne* de tonne*.Ils avancent, reculent.haJcteut, prennent leur «tau d gagnent la pâme engagée.Rien ne le* relient.1!» modifient le travail foiesiier en le -implitiaot, influen-ant jusqu'au langage de* terras-iera.\u2014Com me Ça pressait de bâtir les camps, dit l'un d eu*, j'ai décidé de bouler moi-meme le terrain, et j\u2019pcux dire que ça moisis*** pas sur l'outrage.A voir le la'age accompli, nous le «oyons.On attend maintenant le» ordres, quant au trace du iulur chemin.Si l'on prend par le plus court, U faudra escalader la montagne, ce qui n'offre rien dengageint.Bébé Parent, qui n'est pu* un eniantclet, favorise un autre itinéraire, à cause du terrain planche et sablonneux, au; des milles de longueur.__t a va dix foi* plu» vile, même *\u2022 c'est trois fois plu* long.C\u2019est pat plaisanleiie qu'on l'ap-p«M* bebe.Six pied», blond, large ut rougeaud, ii porte sans tdfott ne* deux cents livres, malgrc la qu tame dépawde.Le* iruacles m goa-flcnt sous 1a chemise de laine grive.Il a le verbe haut, à cause de fho-blinde de commander, mai* c'eut au load ta meilleure pair d'homme.Dans un instant, d demandera à des ouvrier» de nous conduite à la Po-me-des-lngénicun, avec une barge de drive que pousse un moteur de vingt \u201cforce»\".Le soleil baisse M il juge inutile que nous nous dom nam* du mal sur la rivière, plus bna-se et plu* traiireme que jamais.Le* prepotet aux barge* coanimesl le chenal comme le creux de leur main, pour le suivre dix fou le jour, dan» un sens ou dan» l'autre.Non* «aurions nou» débrouiller, aiau Ig maitie tient à rendre service.Ea retnoount la Vermdlon, I peut y «voir une trentaine de milles jutqu'à l'extrémité sud du lue dm Sables, agrémentes de quelque* partages: k premier ea aval du lac dm Haies, l'autre ea amont du lac dm (edrea, un t roi vie inc à l'cntiee du lac des Sable*, à cause d'un rapid* étroit qui roule de* eaux blanche*.Par terre et à vol d'oiseau, à psmt m l'on prévoit dix millet.Il imparte de construire aux meilleur* «n-drôtit le chemin projeté.Entre temps, les homme* démoha-sent en partie le barrage Gilardo, pour le reéddier en lui donnant phi* de hauteur, en vue d'un euage de onze pieds.Cela tigtnlie que, laa Ira vaut termine» et le* pelle* ter-nue», la contrée «'inondera plu» qua jamais dans le passe.\u2014Qu'adviendra-t-d, par exempte» du camp de monjeig leui Boutgeoa à U Pointe-des-lngemcuny à J saille» par «i haut?Parent hausse le» épaule* et S* gratte le menton.\u2014 Probable qu'on dévia te déménager.A l'avance, U annonce une auxrs mauvaise nouvelle.A cause de téiotgncmaal du las de» Aabjta, centre des opersttom d» coupe dau» quelques auocca, la dre-vc n at rivas* que tard à l'été, (A suivre an page XVI) N LA mnUNK 5HFTlPROOKK.SAMET^T.14 JANVIER 1*56 tURRLrMENT ILLUSTIIS ^;>MMHIIIIHIillllMMmiillll>IHtMIIIIHIIMIMIIHH>mtlMI»lt»MMIMHHlHimi>l|g I H t m ammm\tE Un souhait: le sens social | PM Eugène L'HEUREUX Depuis k commencement des Fote*.on \u2022 formule, lu et entendu beaucoup de sounatU, tous meilleurs les uns que les autres.Rsen de plus agréable, rien te plus édifiant «tue cette symphonie de bons sentiments exprimes par les hommes les uns à l'adresse des jutres.cm vsxiorait ifuc k concert se prolongeât indéfiniment Mats, ictqucs heures plus tard, les ülu-ns tombent et ks hommes re-i.nent à kur naturel.\u201cMarche! ¦arche!\" crie, en avant et en »r-de nous.l\u2019Htstotre umverselk.XXX 4^e penseraK-oo d\u2019un souhait .me celui-ci: k progrès du sens .al.dam toutes ks âmes.\u2019 .out k monde saK ce nu'est k js social.Maia plusieurs de mes leurs aimeront probablement que cite l une dea mcilkurci expb-.ona données chez noua du sens ¦al.Elic est du R.P.üeorgis-nrï Lévesque, dominicain, du cede la Maison Mommorenvy s sens social.du-«f, c'est avant une taparoe de voir, de fuprr, raisonner socialement; c'est use dude a garocr son àme ouvctlc u setsiement sur son entourage itédias, mais aussi sur son pays le monde entier; c\u2019est une venu i F esprit qui fait concevoir U ne i termes sociaux.\"St c'est ainsi que k sens social .une merveilleuse puissance d>u-maation, puisqu'il ouvre l\u2019esprit .outes ks réalités humaines, régit jusqu'aux dimension* du >ndc et consume par k fait nie-k meilleur prevmuf contre cet-malidir rocntAic\tdppciic fanausme m., indie qui consiste i cette eticuicaw de vision, cette mprcMKm voulue de l'esprit.cct-negauon pratique de riutclügen- cet aveuglement volontaire, ce -C intetkclue., qui empêche Haumc de se livrer à la vente ivericMc et en fast un être desé-a.libre, plus souvent à plaindre l à blâmer, msn toutours daagc- axa j «une\t1^*1* cette u fait du sens social Une \u201cpma- bi vous idea un regard atleanf r k moouc, voua constater que bonheur ucs hommes se trouve \u2022lammem limité par l'égotsine lyrann.s enscun d\u2019eux i vous observez Pegoivie et ton i stamoix, l\u2019IndividualiMe, vous tatez un premier fait; c\u2019est que 1 satiable désir de jouissances, aieum et de richessei ks ero-i d\u2019etre heureux, meme quand '\u2022;>as de cuisson t Vous employez du riz minute pre-cuit.pratique dnectement du paquet.Le* frame, se gonflent delicteux et tendres enrichis de U merveilleuse saveur et de la belle couleur de ia sa ice tomate.t 1 4 tusse de trainee de bacon 1 oignon moyen eonpe eu tranche* fine* ! piment ver» moyen, coupe en de* t ta me de rta minute pre cuit 1 S 4 tasse d'eau chaude s boite* de sauce tomate 1 e.k the de set.pincée de poivre le.* the de moouwde prepares ' facultatif I fera1 v y> : » ¦ -Y Faites tondre la graisse de bason dans une casserole ou une por e épaisse Ajoutez l'oignon le piment vert, le ris minute rite prêt i le ris pré-cuit qui ne demande que quelques minute» directement du paquet.Faites cuire en remuant sur leu vil jusqu * ce que ee soit légèrement dore.Ajouter 1 essu ehaude *a sauce fco-inaM et les awwisonnements.melange* bien Amène* rapidement k ebullition «ouvre» hermétiquement «t iuwae* mijoter 10 minute* Fait 4 portions *\u2014 OIGNONS A I.A CREME De petits oignons blancs.Joliineni dispose* dan# un pial-cas \u2022eioie miniature, ajoutent une note fan'ausiste au plat prmcipa.du (liner, te* oignons sont recouvsrts d'une sauc* creme faits ave, une soupe condensée et garnis de chapelure beuri'e Ils vont particulièrement bons avec une viande One et u.ie paiale sucree t llvrev de petit# oignon* blanc»\t\\ ta»»» de erème on rtemu» de 1 c.à coupe de beurre ou de\tlait margarine\t*» atr ne sent et-cous pas naître quelques soupçons'\u2019 to S'il est très aimable avec une de vos am.es, ne Cherchez-vous pas sans cesse a decouretr les indice, d une infimité caché*/ foi Si sa secretaire ou employé* est folie ne mettez-v
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