La tribune, 5 septembre 1942, samedi 5 septembre 1942
[" I > * LaTribune SUPPLEMENT ILLUSTRE TRENTE-TROISÎEM E ANNEE No 158 SHERBROOKE, SAMEDI, 5 SEPTEMBRE 1942 TROIS SOUS LE NUMERO Conte ehoini T.i lorsque trouver ' LE PANTIN parBUD FlSt * Tiens, voilà la veuve Boutier Je regrette, messieurs! Il n\u2018y a plus de caddies! \\ Toutes les semaines c\u2019est la même histoire \u2014 il n\u2019y a plus de caddies! J\u2019aime le golf, mais je ne puis transporter mon sac toutes les semaines! Qu\u2019allons-nous faire Gustave5 et ses jumeaux1 Maître des caddies \u2022 ,\tLJ L U, \\fr siA çons5 Qu\u2019en dites-vous m®s Prenez vous rr e i ont dit Pas I mal! 1 / 1 Maître des caddies l LE CHAT DE CICERON PAR BUD FISHER U'tA L £ M, J} i.A\tAA ^ ^ - 7c~ ^ V A / A LA < tAL^'\" if \" T \u20ac) (D ICE «> © -H @ ut t fi uA l> ' / m a â César Hicot, artiste drsmatique, avait pris la firrave décision de ne plus monter sur les planches D\u2019abord, parce qu\u2019ayant doublé U cap de la cinquantaine, il estimait \u2014 du moina 1 affirmait-il \u2014 qu\u2019il est sage do ne plus paraître en scène dès que sonne le déclin d\u2019un talent iont on avait, au cours de ?a carrière artistique, tiré quelque fierté.Ensuite \u2014 mais ceci il ne l\u2019avouait à personne \u2014 parce qu\u2019il ne trouvait plus, même pour les tournées en province, le moindre petit engagement, pat même pour )©uer les pères nobles a Castelnau, dary ou à Carpentras.Pourtant il fallait vivre et subvenir aux besoins de sa femme et de leurs trois enfants dont l'aîné atteignait à peine ses quatorze ans, César Hicot s\u2019étant marié sur le tard.Sa célébrité n\u2019avait guère dépassé les antiques icmparts d\u2019Avignon, sa ville natale, et comme la plupart de ses pareils, il avait toujours vécu en bohème, n\u2019amassant que des dettes quoiqu'il ait, à l\u2019en croire, toujours été à la veille de connaître une gioire mondiale et de recueillir une immense fortune.Hélas, en attendant voici qu'apparaissaient les premiers cheveux blancs et il restait aussi pauvre que Job, de légendaire mémoire.Certes, tout autre que César Hicot eût été abattu, découragé, désespéré en présence d\u2019une situation aussi critique et qui semblait devoir être sans issue.Eh! bien non! et l\u2019on allait voir ce que l'on allait voir! Ab! on le croyait fini, voué désormais it la plus sombre misère?Quelle blague! Quanl on s\u2019appelle Céesar Hicot.Oui, on entendrait encore parler de lui.Et comment!.Car c\u2019est maintenant qu\u2019il allait montrer ce dont il était capable; c\u2019est maintenant qu\u2019il allait éblouir les foules, payer *es dettes et mener l\u2019existence d\u2019un Crésus.Pas moins!.Tl faut reconnaître qu\u2019il ne manquait ni d\u2019imagination ni d\u2019audace, comme tout bon méridional qu\u2019il était Jusqu\u2019à ce jour, se plaisait-il à dire, la malchance s\u2019était attachée à chacun de ses pas, et s\u2019il avait reçu plus de pommes d\u2019amour (ainsi nomme-t-on les tomates en Avignon) que de lauriers, ce n\u2019était pas, voue pensez bien, parce qu\u2019il était dénué de tout talent, mais bien au contraire parce qu\u2019il en avait trop et que, par suite, il n\u2019avait cessé d\u2019être victime des cabales montées contre lui par les petits cabotins que sa voix d'or, sonore, voire tonitruante, mais formidable, faisait crever d\u2019envie! Désormaii, fini tout ça, et sa vengeance serait ttirible.Capé dé Dious! Quittant avec sa smala cette province qui n\u2019avait pas su lui rendre justice, c\u2019ait à Paris, la Ville-Lumière, qu\u2019il irait révéler sa haute intelligence et ses dors exceptionnels \u2014 non d\u2019artiste \u2014 mais d\u2019organisateur et de brasseur d'affaires.Que lu» fallait-il pour réussir dans ce qu\u2019il voulait léaîiser?Peu de choses, vraiment: line troupe de très bons comédiens, un auteur dramatique ayant du génie, une salle de spee-acle et.un commanditaire.Et voici que déjà il avait tout cela, obi, tout sauf.le commanditaire.Et encfcre!.N\u2019était-il pas.depuis quelques jours, en pourparlers avec un nabab, et celui-ci, pas plus tard que la veille, r\u2019avait-il pas déclaré être disposé à placer deux ou trois petits millions dans l\u2019entreprise?A une condition: César Hicot accepterait d'engager dans sa troupe, pour tenir les rôles de jeune premier, le propre neveu \u2014 seul parent qui lui restât et qu\u2019il adorait \u2014 du richissime commanditaire.Bien entendu.César Hicot s\u2019était empressé d\u2019acquiescer, d\u2019autant plus volontiers que le bonhomme avait fait de son neveu le plus vif éloge.Tout allait pour le mieux.T* veille, le futur commanditaire avait entraîné César Hicot dans un théâtre d\u2019avant-garde où l\u2019on jouait un très sombre drame.Le rôle de jeune premier était tenu par une sorte d\u2019escogriffe que l\u2019ex-artiste d\u2019Avignon avait exécuté sans pitié.Riant de bon coeur, il s\u2019était écrié: \u201cHorrible!.Où diable ont-ils été dénicher ce pantin?.\u201d Et les deux hommes, simplement, s\u2019étaient quittés sur ces mot*: \u201cEntendu, mon cher.A demain, midi, au Café des Sirènes.Nous signerons les contrats et je vous remettrai un choque.*\t^ Comme bien vous pensez, César Hicot ne manqua pas d\u2019être exact au rendez-vous.Flambant, ravi, radieux, il s\u2019était assis à la terrasse de l'établissement d\u2019où il pouvait guetter l\u2019arrivée de cëui dont il parlait cent fois par jour, clamant chaque fois, d\u2019une voix de stentor; \"Mon commanditaire\u201d.Il en est à son troisième apéritif.Soudain, une auto freina, qu\u2019il reconnut.\u201cC\u2019est lui!\u201d, balbutia-t-il, palpitant d'émotion.Un valet de chambre portant la livrée en descendit rapidement et s\u2019approcha: \u2014Monsieur César Hicot?\u2014Oui, mon ami, c\u2019est moi.\u2014Monsieur m\u2019a ordonné de remettre cette lettre à Monsieur, en main propre.Tl n*jr a pas de réponse .Et l\u2019homme s'éclipsa.L\u2019auto était déjà loin.Fébrilement, César Hicot, légèrement in* quiet, décachète le pli et lit ceci:\u2014 \u201cCher Monsieur, \u201cLe pantin que nous vîmes hier sur la scene des Esthètes est mon neveu.Tl sait maintenant à quoi s\u2019en tenir et renonce à faire du théâtre.C'est ce que je souhaitais.Toutefois, ne comptes pas sur mol pour U commandite.Mille regrets et toutes mea excuses.DÀRMONT f LA TRIBUNE, Sherbrooke.SAMEDI.5 SEPTEMBRE 1942 VIE FÉMININE ET FAMILIALE Confidences A TOUS Lit# Uurtit* do concourt Utténir#, or* ptr lt (ommismion du troisième ccn* tcnaires de Montréal, Mlle Lite Lavallée.m« permet de publier le travail qui lui a valu U deuiicme prit à ce concoure.Le premier prii J a été remoort* par un de not poètes canadien j /rtn
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