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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1987-03, Collections de BAnQ.

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[" #>Aetion NATIONALE Volume LXXVI, numéro 7, mars 1987 LA MAISON LUDGER-DUVERNAY 82 rue Sherbrooke ouest Montréal ft ft ft Siège social de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal depuis 1976, ce magnifique édifice victorien a été construit en 1874.La Ligue d'action nationale y a ses bureaux depuis plus de dix ans.BT\t» y T f\t\t¦tWifW\t'\t1\t\t\t\t\t \t\t\t\t\tk *\t\t « i .¦\t\u2014^\t\t\t\t 11 j\t\t* ÈJ 4 *\t\t \t\t\t\t 1 m\t1\t\t'ÆmXlÈ ' a.\t\ti H LJ i l La Ligue (T Action Nationale President honoraire: François-Albert Angers Président du Conseil: Yvon Groulx Vice-président: Delmas Lévesque Secrétaire: Gérard Turcotte Trésorier: Jean Genest Directeurs: Richard Arès Thérèse Baron René Blanchard Paul-A.Boucher Jacques Boulay Guy Bouthillier Michel Brochu Louise C.-Brochu Marcel Chaput Jean-Charles Claveau Claude Duguay Pierre Dupuis Philippe Gélinas Alban Jasmin Marcel Laflamme Jean-Marc Léger Georges Meyers Denis Monière Jacques-Yvan Morin Anna L.-Normand Jean-Marcel Paquette Charles Poirier Gilles Rhéaume Jean-Jacques Roy Léonard Roy André Thibaudeau Action nationale revue d\u2019information nationale qui lutte pour l\u2019indépendance du Québec Fondation Esdras Minville société recueillant des fonds destinés à des activités nationales Clubs de la République association de jeunes réunis pour préparer l\u2019indépendance du Québec Editions françaises société de publication de dossiers destinés à un cercle de lecteurs abonnés Enquête nationale recherche par des spécialistes sur l\u2019avenir constitutionnel du Québec Assises nationales convocation des forces vives du Québec pour réaliser la cohésion nécessaire 82, rue Sherbrooke ouest Montréal H2X 1X3 (514) 845-8533 l\u2019Action N AT 1 ON A LE \tVolume LXXVI, numéro 7,\tmars 1987 TABLE DES MATIÈRES\t\t GÉRARD TURCOTTE:\tÉditorial \t\t.\t579 JEAN-LOUIS BOURQUE:\tPour une véritable politique québécoise en matière d\u2019immigration\t583 JEAN-CHARLES CLAVEAU, m.d.:\tLe Québec et l\u2019immigration\t\t.\t595 GUY BLANCHARD, m.d.:\tLa Révolution Tranquille a-t-elle détruit le Québec français?\t\t600 ROLLAND CHAUSSÉ:\tFeu le projet de Loi 140\t\t.\t605 RENÉ BLANCHARD:\tLa défense et l\u2019illustration de la langue française.ODILE PARADIS:\t101 fois «Québec, je t\u2019aime en français» MARCEL LAFLAMME:\tUne culture organisationnelle québécoise en émergence\t\t611 CLAUDE LACHANCE:\tLes incubateurs d\u2019entreprises\t\t620 ODINA BOUTET:\tL\u2019institution qui nous manque\t\t626 JEAN-D.ROBILLARD:\tLe statut particulier du Québec\t\t637 \tYvon Fontaine, président de la FFHQ .\t652 GÉRARD TURCOTTE:\tL\u2019actualité en bref\t\t653 \tDans notre courrier\t\t657 \tEn furetant dans les archives\t\t659 ROSAIRE MORIN:\tChronique économique\t\t660 \t\t Les collaborateurs et collaboratrices de L\u2019ACTION\t\t NATIONALE sont seuls responsables des idées et des\t\t opinions exprimées dans leurs articles.\t\t 578 L\u2019ACTION NATIONALE L\u2019ACTION NATIONALE revue d\u2019information nationale Directeur: GÉRARD TURCOTTE Administrateur: JEAN GENEST Secrétaire-adjoint: DONAT PLANTE Photographe: PAUL HAMEL Abonnement: 1 an (10 numéros) 25,00$ 30.00 35.00 2 ans (20 numéros) 45,00$ 50,00 Québec, Canada Autres pays Abonnement de soutien «Les articles de la revue sont répertoriés et indexés dans le Canadian periodical index depuis 1948 et dans Point de repère, publié par la Centrale des bibliothèques et la Bibliothèque nationale du Québec, depuis 1985.Les articles parus entre 1966 et 1972 sont signalés dans VIndex analytique et ceux de 1972 à 1983, à la fois dans Radar et dans Périodex».Prière de joindre à toute\tISSN-0001 -7469 correspondance relative au\tISBN-2-89070 service de la revue le numéro- code figurant sur la dernière __________________________ adresse d\u2019envoi.\tDépôt légal: Bibliothèque nationale, 2ième trimestre 1981 82, rue Sherbrooke ouest Montréal H2X 1X3 845-8533 Courrier de la deuxième classe Enregistrement numéro 162 ÉDITORIAL 579 Éditorial L\u2019Action Nationale a la cote d\u2019amour de ses lecteurs par GÉRARD TURCOTTE Dans le numéro de novembre 86 de FACTION NATIONALE, apparaissait un questionnaire à l\u2019intention de nos lecteurs et lectrices, afin de connaître leur appréciation de la revue et pour obtenir leurs suggestions pour son amélioration.Nous avons reçu une cinquantaine de réponses toutes intéressantes et pertinentes.Un sentiment que les répondants et répondantes partagent, c\u2019est leur attachement à la revue.Rares sont les critiques indéfectibles de ceux et celles qui mois après mois, et souvent depuis de nombreuses années parcourent nos écrits pour y puiser l\u2019information sur les problèmes nationaux et les luttes en cours, l\u2019argumentation pour alimenter leur militantisme et leur action et même la foi du nationaliste.Une suggestion toutefois est assez générale, soit de rendre la revue accessible à une plus vaste clientèle, tout en maintenant son caractère distinctif de publication spécifiquement consacrée à la lutte nationale du peuple québécois.Un autre point important à signaler, c\u2019est la satisfaction unanime exprimée autour du manifeste adopté en septembre 86.Aussi, autant les membres de la Ligue que la direction de la revue se réfèrent-ils au manifeste dans toutes leurs décisions et leur orientation.D\u2019ailleurs, les thèmes traités ces derniers mois reflètent les quatre priorités inscrites dans le manifeste.Un lecteur nous écrivait récemment que L\u2019ACTION NATIONALE est la revue qu\u2019il aime le plus et que c\u2019est la seule qu\u2019il lit du début à la fin.Nous avons l\u2019impression que l\u2019amour et la fidélité de ce lecteur sont largement partagés.Alors noblesse oblige! Si la survie de L\u2019ACTION NATIONALE est assurée par la générosité de ses abonnés et la Fondation Esdras-Minville, nous devons mettre toutes nos énergies pour maintenir la qualité et le standard de son contenu. 580 L\u2019ACTION NATIONALE ;iOV .nos besoins de protection évoluent.Tous nous avons besoin de services de protection diversifiés bien adaptés à ce i|ue nous vivons.Tous nous recherchons de bons conseils, de bonnes solutions et la sécurité qui nous convient.L ' Assurance-vie I tesjardi ns nous offre ce service-conseil et une protection adaptée à nos besoins.Assurance*vie Desjardins ad t vie ÉDITORIAL 581 Avec le présent numéro débute une chronique économique régulière, dans le but de répondre aux souhaits exprimés par plusieurs lecteurs et lectrices et en vue de continuer l\u2019œuvre de l\u2019ancien journal LA PROSPÉRITÉ, après entente avec le Conseil d\u2019expansion économique.D\u2019autres chroniques mensuelles verront bientôt le jour, entre autres sur la politique québécoise.Le numéro d\u2019avril portera sur la grande soirée du 13 décembre dernier au Centre Paul-Sauvé, où 101 personnalités se sont exprimées sur la situation linguistique au Québec.Et comme déjà annoncé, nous aurons des numéros spéciaux pour souligner le 20e anniversaire de la mort du chanoine Lionel Groulx, la tenue du deuxième Sommet de la francophonie et le 150e anniversaire des Patriotes. 582 L\u2019ACTION NATIONALE LE GROUPE Rona valeur LPodium BOTANIX POUR UNE VÉRITABLE POLITIQUE QUÉBÉCOISE 583 Pour une véritable politique québécoise en matière d\u2019immigration par JEAN-LOUIS BOURQUE, politicologue Les récents afflux d\u2019immigrants Tamouls, Salvadoriens, Turcs, Sri-Lankais, Iraniens aux portes du Québec en ce début d\u2019année 1987 a placé la question de l\u2019immigration et de l\u2019accueil aux réfugiés au premier rang de nos préoccupations nationales.Au-delà des attitudes d\u2019accueil ou des réflexes de méfiance, au-delà des incohérences entre le ministre fédéral de l\u2019immigration et la ministre provinciale des communautés ethniques et culturelles et de l\u2019immigration, au-delà de la confusion entre «vrais» ou «faux» réfugiés et toutes espèces d\u2019immigrants, ces événements ont eu au moins le mérite de nous obliger à réfléchir sur ce phénomène, ses causes et ses conséquences à plus ou moins long terme, un phénomène qui nous apparaît nouveau en raison de sa soudaineté et de son ampleur relative mais qui a toujours été à la base même du peuplement de l\u2019Amérique du nord: l\u2019immigration.En réalité, il n\u2019est pas besoin de remonter très loin dans le passé pour nous rendre compte que nous sommes presque tous depuis une quinzaine de générations des descendants, fils ou filles d\u2019immigrants européens.Au-delà de nos préjugés, de notre, xénophobie ou de notre racisme latent, il convient, croyons-nous, de nous interroger très sérieusement sur la signification de cette arrivée massive de réfugiés et d\u2019immigrants et de dépasser les clichés ou lieux communs voulant qu\u2019ils soient tous des «voleurs de jobs», des chômeurs ou assistés sociaux en puissance ou encore des éléments «dérangeant» notre pureté ethnolinguistique et culturelle, voire des facteurs d\u2019anglicisation des Québécois francophones.L\u2019immigration est-elle un mal nécessaire?Y a-t-il moyen d\u2019en faire un instrument de développement pour le Québec?Constitue-t-elle un investissement qu\u2019il vaut la peine d\u2019orienter et de planifier ou doit-on laisser le hasard ou les avatars d\u2019autres pays alimenter notre dramatique déficit démographique? 584 L\u2019ACTION NATIONALE CLAUDE-PIERRE VIGEANT traducteur et publiciste 604, rue Waterloo London \u2014 Ontario N6B2R3 Don d\u2019un ami SOCIÉTÉ NATIONALE D\u2019ASSURANCE 425, ouest, boulevard de Maisonneuve, suite 1500, Montréal H3A 3G5 288-8711 Tél.: (418I 658-9966 Télex: 051-31726 Guy Bertrand AVOCAT Tremblay, Bertrand, Morisset, Bois, Mignault et Ass.1195, Avenue Lavigerie, suite 200 Ste-Foy (Québec) G1V 4N3 POUR UNE VÉRITABLE POLITIQUE QUÉBÉCOISE 585 Le déclin de la course démographique québécoise C\u2019est effectivement en termes d\u2019équilibre démographique que se pose le problème: en effet, le Québec fait face à un problème démographique grave, puisqu\u2019il a en ce moment l\u2019un des taux les plus bas de fécondité dans le monde entier, inférieur au taux de renouvellement «normal» de la population, ce qui entraîne des répercussions majeures dans tous les domaines et surtout des conséquences particulièrement inquiétantes sur le plan linguistique et culturel, en minorisant toujours plus le pourcentage des Francophones dans la population canadienne et en Amérique du Nord.Si la tendance du taux de natalité, l\u2019un des plus faibles en Occident, se maintient, en l\u2019an 2003, le nombre de décès dépassera le nombre des naissances.La population sera en régression.Les couples québécois ne veulent plus de familles «nombreuses» et cela pour des raisons très subjectives qui n\u2019ont pratiquement rien à voir avec les choix collectifs.Certes, la revanche des berceaux est un archaïsme dépassé, mais la désertification des berceaux devient un problème national.Favoriser les naissances au Québec, cela voudrait dire revaloriser la cellule familiale, développer le réseau des garderies, mieux répartir le temps de travail, diminuer les impôts proportionnellement au nombre d\u2019enfants par famille, lutter contre l\u2019avortement libre et gratuit sans aucune autre sorte de considération, informer davantage la population concernant la contraception et les dangers des relations sexuelles irréfléchies et inconséquentes, préparer les jeunes à leurs futures responsabilités de parents dans une structure stable et féconde.Vivre et prospérer en français en Amérique du Nord Si nous voulons vivre et prospérer en français en Amérique du Nord, il nous faut à tout prix et de toute urgence 1- mettre sur pied une politique nataliste pour encourager la promotion et la défense de la famille et de la vie, première richesse de toute nation (les Américains et les Japonais l\u2019ont fort bien compris); 2- améliorer les procédures pour encourager et faciliter l\u2019adoption; 3- favoriser le développement d\u2019une politique d\u2019immigration qui tienne compte des données économiques, sociologiques, 586 L\u2019ACTION NATIONALE REVUE D\u2019HISTOIRE DE L\u2019AMÉRIQUE FRANÇAISE fondée en 1947\t4 forts numéros par Lionel Groulx\tpar année BULLETIN D\u2019ABONNEMENT NOM.ADRESSE AUTRES PAYS 34,00$ 18,00 54.00 34.00 CANADA Individus\t30,00$ Étudiants (avec pièce justificative)\t14,00 Abonnement de soutien\t50,00 Institutions\t30,00 REVUE D\u2019HISTOIRE DE L\u2019AMÉRIQUE FRANÇAISE, 261 avenue Bloomfield, Montréal, Qué.H2V3R6 Tél.: 271-4759 relatiins Un magazine chrétien d\u2019analyse et de réflexion sur l\u2019actualité sociale et culturelle Des dossiers \u2022\tLes négociations dans le secteur public et parapublic \u2022\tLa réforme scolaire \u2022\tLes nouveaux ministères dans l\u2019Église \u2022\tLe travail à temps partiel Des soirées publiques \u2022 chaque mois un débat sur un sujet d'actualité Abonnement 1an(10nos)\t12,50$ à l\u2019étranger\t14,50$ par avion\t20,00$ Non______________________ Adresse__________________ code postal 8100, St-Laurent, Montréal H2P2L9 (514)387-2541 POUR UNE VÉRITABLE POLITIQUE QUÉBÉCOISE politiques et culturelles du Québec; 4- accueillir généreusement et intégrer les réfugiés politiques qui demandent asile chez nous; 5- revoir la Charte de la langue française (Loi 101) dans le sens d\u2019un renforcement de ses pouvoirs et de ses exigences.Si le Québec ne prend pas rapidement des mesures vigoureuses dans ces cinq directions, le peuple québécois pourrait entrer plus vite qu\u2019on ne le pense dans cette «lente agonie» dont les éléments se conjuguent peu à peu et qui ne réjouit personne.«Tous les plaidoyers sur l\u2019affirmation nationale», la Loi 101 et la survie de la langue et de la culture françaises en Amérique du Nord risquent d\u2019être inutiles si les Québécois francophones meurent mais ne se renouvellent pas», écrivait avec beaucoup de pertinence le journaliste Pierre Vennat dans La Presse du 6 février dernier.Le Québec a besoin des immigrants Même si l\u2019immigration n\u2019est pas la solution-miracle, le Québec a besoin de 30 000 nouveaux arrivants par an pour maintenir son équilibre démographique.Étant donné qu\u2019actuellement la moitié de ceux qui arrivent au Québec vont ensuite se fixer ailleurs, le Québec doit renforcer sa force de séduction auprès des immigrants.De quels outils dispose-t-il pour parvenir à cet objectif?La réussite dans le domaine de l\u2019immigration québécoise devrait se baser sur une démarche analytique, studieuse et réfléchie dont plusieurs éléments sont déjà nettement identifiés.L\u2019intégration stable des immigrants au Québec francophone pourrait être l\u2019objectif d\u2019une entreprise sensée et planifiée à long terme, dans l\u2019intérêt des Québécois et des Québécoises et de tous les citoyens du monde désireux et potentiellement capables de devenir Québécois.Mais les Québécois ne sont pas libres de diriger eux-mêmes cette entreprise.Ils sont actuellement tenus d\u2019appliquer dans ce domaine les lois fédérales inévitablement favorables aux intérêts linguistiques, diplomatiques politiques et militaires de la majorité canadienne-anglaise.Des pouvoirs inégalement partagés En vertu de l\u2019Article 95 de la Constitution canadienne actuellement en vigueur, la province de Québec peut faire des lois dans le domaine de l\u2019immigration, mais seulement dans la mesure où elles ne sont pas incompatibles avec les lois du Parle- 588 L\u2019ACTION NATIONALE ABONNEZ-VOUS AU JOURNAL LE PA YS LE PA YS est le journal du Parti indépendantiste.Il est publié six fois par année.Lancé pour diffuser la parole indépendantiste et continuer le combat de la libération nationale, LE PA YS a besoin de votre soutien pour devenir un grand jour nal.Vous y lirez des analyses fouillées de notre situation nationale et y trouverez des arguments percutants pour expliquer le sens de notre lutte.Le coût d\u2019un abonnement de soutien est de 10$.Je désire m\u2019abonner au journal Le Pays.Vous trouverez ci-joint la somme de 10$.NOM .ADRESSE.TEL.: .Retournez ce coupon réponse à l\u2019adresse suivante: LE PA YS, Parti indépendantiste, C.P.363 suce.St-Michel, Montréal, H2A 3M1 HOMMAGE de la SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE de Montréal POUR UNE VÉRITABLE POLITIQUE QUÉBÉCOISE 589 ment du Canada.Autrement dit, le Québec n\u2019est pas véritablement le maître d\u2019œuvre de ses politiques d\u2019immigration.Il «partage» ces compétences avec le gouvernement fédéral qui décide du budget et dont la législation est prépondérante, ce qui veut dire que le fédéral peut à toute fin pratique rendre les lois québécoises inopérantes en cas de conflit.Ainsi, malgré son retentissement, l\u2019entente Cullen-Couture de 1978, qui donnait au Québec un droit de regard sur le choix de ses immigrants n\u2019a, dans les faits, qu\u2019une portée très limitée.La nationalité relève d\u2019Ottawa: la phase terminale de l\u2019immigration, l\u2019intégration comme citoyen canadien à part entière, relève du gouvernement fédéral qui impose encore un serment d\u2019allégeance à la reine d\u2019Angleterre.Le Québec est une nation sans nationalité, c\u2019est-à-dire une nation qui ne peut octroyer une citoyenneté.Le point de vue d\u2019Ottawa Certes plusieurs continuent à penser qu\u2019il faut prolonger le statu quo et faire disparaître les «irritants» à la culture dominante anglo-saxonne nord-américaine.Du point de vue fédéral, le peuple québécois complique le problème, par sa présence têtue et obstinée, par sa personnalité et son caractère, par sa détermination, son audace et sa volonté de vivre qu\u2019on ne parvient toujours pas à lui extirper (et ce n\u2019est pas faute d\u2019avoir essayé!).Il serait plus facile de ne plus avoir à faire d\u2019exceptions, de favoriser l\u2019intégration des immigrants à la majorité anglophone.Le Canada, actuellement principal responsable de la politique de l\u2019immigration, a failli à la tâche d\u2019abord en confondant générosité et imprévoyance au niveau de la loi: un accès trop facile à l\u2019immigration ouvre la porte aux abus dont seront victimes les véritables réfugiés, ensuite en n\u2019informant pas suffisamment les personnes intéressées des normes d\u2019admission au statut d\u2019immigrant, enfin, en refusant de financer le séjour forcé de ces canadiens immigrants plus ou moins réfugiés pendant tout le temps nécessaire pour établir s\u2019ils ont droit au statut de réfugié ou pas.Actuellement, on peut dire au sens propre du terme que le Québec doit payer pour les lacunes d\u2019une loi dont il n\u2019est pas responsable. 590 L\u2019ACTION NATIONALE LES NUMÉROS SPÉCIAUX DE L\u2019ACTION NATIONALE 50 ANNÉES DE NATIONALISME POSITIF.Synthèse de nationalisme canadien-français de 1917 à 1963 260 pages 5$ LIONEL GROULX, PTRE.En 1978 on a fêté le centenaire de sa naissance.Seul volume sur sa vie et son travail.Études de Angers, Arès.Allen, Barbeau, Brunet, Blais, Frégeault, Lacroix, Rémillard, Dionne, Tétreault, Genest 1968, 288 pages 7$ Volume indispensable et très actuel.Illust.LES SUBVENTIONS FÉDÉRALES AUX UNIVERSITÉS, FAVEUR?PIÈGE?Arès, Allen.Angers, Brunet, Filion, Laporte, Laurendeau, P.-E.Trudeau, 1957,135 pages 2$.LA CHARTE DE VICTORIA, FIN DU FÉDÉRALISME?Angers, Arès, Berner, Brunet, Laplante, Claude Morin, Jacques-Yvan Morin.1972 148 pages.2$.ESDRAS MINVILLE (1896-1975) \u2014 par Angers, Arès, Gagnon, Létourneau, Harveay, etc.188 pages, 1976 7$ Illustré LA BATAILLE DES COMMUNICATIONS.Le drame de la centralisation fédérale et du peu de flexibilité de son fédéralisme 1976, 160 pages 5$ LES ETATS GENERAUX DU CANADA FRANÇAIS.3 volumes (dont celui de février 1968 est épuisé).I\t\u2014 Exposés de base et documents de travail, nov.-déc 1967, 275 pages 3$.II\t\u2014 Assises nationales, mai-juin, 1969, 640 pages.7$ LA LANGUE FRANÇAISE, ASPECTS CONSTITUTIONNELS, POLITIQUES ET CULTURELS.Par Angers.Arès, Beaupré, Castonguay, Dorion, Godin, Laurion, Pépin, Renaud.1975, 172 pages.5$ L\u2019ÉDUCATION NATIONALE.Mémoire de SSJB de Montréal à la Commission Parent.Enquête sur le problème national des Québécois francophones 1962, 180 pages.2$.POUR UN QUEBEC CLAIREMENT ET DEFINITIVEMENT FRANÇAIS.Par Angers.DOCUMENT majeur sur la langue au Québec.1977.2$.LE TERRITOIRE DU OUEBEC.Dossier sur Hull, le port de Montréal, les parcs fédéraux, le Labrador, Mirabel et le sol agricole.Avril 1977 104 pages 5$.AUJOURD\u2019HUI L\u2019ACADIE.Où en est l\u2019Acadie?Et si le Québec se sépare?Universitaires et penseurs acadiens se penchent sur le futur.La meilleure synthèse sur l'Acadie actuelle Nov.-déc.1977.180 pages 5$ L\u2019ACADIE AUX ACADIENS.180 pages 5$ LE RÉFÉRENDUM, juin 1979, 22 pages 6$ John Grube BÂTISSEUR DE PAYS, 1981.250 pages.15$.F -A Angers POUR ORIENTER NOS LIBERTÉS.280 pages 6$ Jean Genest JOSEPH-ENA GIROUARD.52 pages Illustré 5$ AVONS-NOUS BESOIN DE L\u2019INDÉPENDANCE?96 pages Illustré 4$ Jean-D.Robillard UNE LENTE AGONIE \u2014 LE FRANÇAIS AU CANADA, 1986, 392 pages.20$.7® ET 8® CONFÉRENCES DES ETHNIES DE LANGUE FRANÇAISE, 1986, 192 pages.6$ 82 ouest, rue Sherbrooke, Montréal, H2X 1X3 POUR UNE VÉRITABLE POLITIQUE QUÉBÉCOISE 591 Le point de vue du Québec Du point de vue québécois, il faut prendre en main les éléments de notre développement: enrayer la dénatalité et former plus de néo-Québécois.Intégrer les immigrants sans les priver de leur identité et leur donner la passion de travailler au Québec pour le Québec en tant que Québécois à part entière, fiers de l\u2019être et d\u2019avoir des enfants québécois qui auront besoin de professeurs québécois, de produits québécois, de services québécois, etc.Assez étonnamment tous les partis politiques québécois ou presque (PLQ, PQ, PI, NPD-Q) estiment que la politique de l\u2019immigration devrait relever exclusivement du gouvernement du Québec, comme la politique de la langue et les politiques ayant une incidence directe sur la composition de la population.En tant que peuple francophone, en tant que société fraternelle et généreuse, solidaire des peuples opprimés et des individus victimes de sociétés où les droits et libertés fondamentales sont bafoués, en tant que société ouverte à ceux qui désirent, pour des raisons personnelles, venir travailler et vivre au Québec, même s\u2019il connaît une situation économique difficile, le Québec doit comprendre qu\u2019une immigration réfléchie, responsable et conséquente, constitue un atout essentiel pour le développement économique, social et culturel de notre société, un facteur d\u2019enrichissement collectif.Pour une politique nationale de l\u2019immigration 1- L\u2019accueil des réfugiés Le Québec a le devoir, en vertu de la Convention de Genève à laquelle le Canada a adhéré en 1951, de recevoir tout citoyen du monde dont la vie et les libertés sont menacées dans son pays d\u2019origine et qui demande l\u2019asile politique.Personne ne nie ce principe humanitaire qui implique un certain nombre de responsabilités vis-à-vis des réfugiés qui arrivent le plus souvent complètement démunis.Certes, le partage des compétences entre Ottawa et Québec ne facilite pas les choses.Le Québec ne possède ni les ressources, ni les pouvoirs nécessaires pour faire face aux cas d\u2019urgence comme les récents afflux de réfugiés tamouls ou turcs.Ottawa refuse de bouger pour ne pas avoir l\u2019air de favoriser le Québec par rapport aux autres provinces.Pendant 592 L\u2019ACTION NATIONALE ce temps il faut subvenir aux besoins des réfugiés: les associations de bénévoles ne peuvent suffire à la tâche.Pendant que les ministres tergiversent, l\u2019image de l\u2019immigration se ternit et le réfugié devient un parasite aux yeux de la population.Une politique québécoise sérieuse et responsable vis-à-vis des réfugiés politiques s\u2019attacherait d\u2019abord à distinguer clairement les procédures de l\u2019immigration (qui supposent des garanties avant le départ du candidat et avant l\u2019admission au pays) de celles de la reconnaissance du statut de réfugié qui par définition est postérieure à l\u2019arrivée.Elle pourrait ensuite prévoir la possibilité de commencer les démarches d\u2019intégration le plus tôt possible et en français.2-\tLe choix des immigrants Généralement les citoyens du monde qui veulent immigrer au Canada pensent pouvoir y améliorer leur sort et en particulier leurs conditions de vie matérielle.L\u2019immigrant espère être plus heureux et pouvoir envisager un avenir plus ouvert.Les gens qui sont bien dans leur pays n\u2019émigrent pas.Or, le Québec a besoin d\u2019immigrants et il a le droit de choisir des immigrants qui acceptent de respecter le fait français au Québec et qui soient conscients de devoir s\u2019intégrer à la majorité francophone même si elle est minoritaire en Amérique du Nord.3-\tPour une immigration durable L\u2019une des difficultés à garder nos immigrants provient de l\u2019ambiguïté de la notion de citoyenneté canadienne par rapport à l\u2019identité québécoise.Le problème est double: pour l\u2019immigrant qui, très souvent, ne se doute pas qu\u2019il aura à devenir non seulement Canadien mais en plus Québécois; trop souvent il n\u2019apprend qu\u2019en arrivant au Québec qu\u2019on y parle le français.Pour les Québécois dont l\u2019identité nationale est pour le moins ambiguë, cela complique les chances de succès de l\u2019intégration des gens dont l\u2019identité nationale de ce fait s\u2019avère plus forte.Il est évident que la force d\u2019attraction du pôle anglophone majoritaire est très puissante, surtout sur les allophones.Toute la législation de l\u2019immigration au Québec doit tenir compte de ce fait majeur pour réussir à garder ses immigrants.Tant que le Québec n\u2019aura pas d\u2019existence nationale reconnue, il devra déployer beaucoup plus d\u2019efforts que d\u2019autres pays et d\u2019autres peuples pour intégrer POUR UNE VÉRITABLE POLITIQUE QUÉBÉCOISE 593 ses immigrants de façon durable.Pour que l\u2019immigrant se sente à l\u2019aise chez nous, il faut que le visage du Québec réponde à ses attentes.Pour que les Québécois se sentent à l\u2019aise avec leurs immigrants, il faut qu\u2019ils les perçoivent comme un enrichissement, comme un apport certain au développement de leur force nationale.La qualité de l\u2019immigration est intimement liée au développement de la langue et de la culture française en Amérique du Nord et au destin du peuple québécois.Les Québécois ne devraient pas seulement avoir un droit de regard sur le choix des immigrants: ils devraient être les seuls habilités à articuler une politique sensée et cohérente en ce sens et les seuls responsables de son application.4- Une immigration à la québécoise Une politique d\u2019immigration québécoise devrait être élaborée avec tous les groupes naturellement intéressés à l\u2019accueil et déjà riches d\u2019une bonne expérience dans ce domaine: les communautés ethniques et culturelles, les organismes de bienfaisance, les Églises, les cercles d\u2019amitiés linguistiques et culturels, les organisations en milieux de travail, etc.Elle devrait améliorer l\u2019information sur le Québec dans les Délégations générales du Québec à l\u2019étranger (futures ambassades du Québec) et améliorer l\u2019information aux Québécois sur l\u2019intégration et les réalisations des immigrants et sur leur apport à l\u2019économie et à la culture québécoises.Pour plus d\u2019efficacité, il faudrait favoriser les Francophones ou encore ceux qui s\u2019avèrent les plus «francophonisables», tels les latins d\u2019Amérique ou les Italiens et, tenir compte, dans l\u2019évaluation des candidatures et l\u2019information sur l\u2019immigration à l\u2019étranger, des besoins réels de l\u2019ensemble de la collectivité québécoise, en fonction de la correction des manques et des déséquilibres de la société (actuellement, le fait d\u2019être francophone ne donne que 15% des points au dossier d\u2019évaluation de l\u2019immigrant).Étant donné que le Québec est dépourvu de puissance impériale et de la force démographique du nombre qui ne lui permet pas de prétendre au «melting pot», il ne peut se permettre d\u2019ouvrir toutes grandes ses portes à tous les peuples de la terre en espérant que son mode de vie, sa mentalité, ses us et coutumes s\u2019imposeront d\u2019eux-mêmes aux nouveaux arrivants.Il devra 594 L\u2019ACTION NATIONALE donc tenir compte des facteurs d\u2019adaptabilité et de possibilité d\u2019intégration de ces nouveaux immigrants et prévoir les sommes nécessaires pour faciliter l\u2019intégration de ces nouveaux venus en accélérant l\u2019apprentissage du français notamment dans les COFI et les Commissions scolaires.Il arrive trop souvent que les immigrants soient initiés à l\u2019anglais avant d\u2019être autorisés à suivre les cours de français.Pour que les nouveaux arrivants deviennent rapidement des citoyens à part entière, il est important de prévoir leur intégration au niveau de l\u2019éducation, du travail et des responsabilités civiques.Les néo-Québécois goûteront alors sans retard les avantages de notre type de société, s\u2019y sentiront plus à l\u2019aise et participeront davantage à son rayonnement.Finalement, il faudrait concevoir le budget de l\u2019immigration et de la citoyenneté québécoise en termes d\u2019investissements directement proportionnels aux avantages réels (économiques, sociaux et culturels) que le Québec estime retirer de l\u2019arrivée d\u2019un immigrant.Vers une citoyenneté québécoise Si nous voulons nous développer en français en Amérique du Nord, il nous faut absolument accueillir à notre façon nos immigrants, les franciser et les inciter à rester chez nous, tant en province que dans la région métropolitaine de Montréal, pour travailler collectivement à la promotion du peuple québécois et de sa culture.Ce n\u2019est pas être raciste, xénophobe ou ethnocentrique que de veiller à la vitalité de sa communauté nationale.Une conception moderne du Québec passe par un élargissement de notre conception de peuple dans un monde où la mobilité des populations est de plus en plus grande.Définir nos critères d\u2019admission à l\u2019immigration et prévoir des mesures pour l\u2019intégration des néo-Québécois à l\u2019avenir du Québec, n\u2019est-ce pas en quelque sorte nous réserver le droit légitime d\u2019octroyer la citoyenneté québécoise? LE QUÉBEC ET L\u2019IMMIGRATION 595 Le Québec et l\u2019immigration par JEAN-CHARLES CLAVEAU, m.d.En 1760, le Canada de nos ancêtres des rives du Saint-Laurent avait une population de langue française de presque 100%.En 1850, par suite de l\u2019arrivée des Loyalistes américains en Ontario, au Québec et dans les Maritimes et d\u2019une immigration importante pour noyer l\u2019élément français comme le recommandait Durham, nous étions devenus minoritaires dans notre pays du temps avec moins de 50% de la population.En 1940, après la venue plus massive d\u2019immigrants à la suggestion de Sifton \u2014 près de 5 000 000 entre 1900 et 1940 \u2014 pour peupler et angliciser l\u2019Ouest canadien et la suppression des droits scolaires des minorités françaises, les Canadiens de langue française avaient encore chuté pour se retrouver autour de 30% de la population totale.En ce début de 1987, nous en sommes à peu près à 25% de la population canadienne.Telle est la réalité de notre évolution démographique depuis la conquête anglaise: la majorité de langue française à près de 100% du Canada d\u2019alors est devenue une minorité d\u2019environ 25%, concentrée à près de 90% au Québec.L\u2019arrivée régulière d\u2019immigrants et l\u2019entrée en grand nombre de réfugiés (vrais ou faux) ajoutées à la baisse dramatique de la natalité chez les Québécois qui ont perdu, semble-t-il, le goût du Québec pour un temps indéterminé sont en train de créer une situation désastreuse, si l\u2019on n\u2019y prend pas garde.Au moment où plus de 50% des Franco-Canadiens des autres provinces sont déjà assimilés et où les allophones de Montréal sont toujours attirés par l\u2019anglais \u2014 la langue de l\u2019Amérique du Nord \u2014, alors que la Loi 101 subit des assauts répétés et dévastateurs dans les faits et les esprits, il faut prendre des mesures énergiques, si l\u2019on veut prévenir l\u2019irréparable. 596 L\u2019ACTION NATIONALE Demain il sera trop tard Dans 25 ou 50 ans, lorsque Montréal sera devenue majoritairement anglophone par suite de l\u2019intégration en masse des Néo-Québécois au milieu anglais, il sera trop tard.La loi implacable du nombre continuera à jouer contre notre peuple, comme elle l\u2019a toujours fait depuis que nous avons perdu le contrôle de notre destin politique, en 1763.L\u2019Histoire nous a montré clairement que la politique du gouvernement canadien en matière d\u2019immigration avait donné un résultat très évident, soit de rendre notre peuple de plus en plus minoritaire et à la merci de la majorité anglo-canadienne.Les hommes politiques québécois, tels M.Benoit Bouchard à Ottawa et Mme Louise Robic à Québec, qui parlent «d\u2019une politique d\u2019immigration faite d\u2019ouverture et d\u2019humanisme», ont sans doute raison.Mais une telle politique est inadaptée à nos besoins, si elle ne tient pas compte en même temps et en priorité de la dualité fondamentale du pays faite de l\u2019existence de deux peuples avec chacun une langue, une culture et des traditions différentes.Autrement, comme on le sait très bien, c\u2019est le déséquilibre ethno-culturel qui s\u2019établit au profit du peuple en situation de domination «démocratique» avec son cortège d\u2019injustices et de frustrations pour le peuple le plus faible des deux.Les hommes politiques qui oublient ou mettent de côté cette dimension nationale du contexte canadien font une erreur inqualifiable que l\u2019Histoire ne leur pardonnera pas, car elle conduit progressivement et inéxorablement au génocide culturel d\u2019un des deux peuples fondateurs du pays.Pour une politique nouvelle Le Canada ne peut plus continuer la politique d\u2019immigration anglicisante qu\u2019il pratique depuis plus de deux siècles, à moins de vouloir se détruire lui-même comme pays souverain.En faisant disparaître à petit feu la dualité culturelle anglo-française qui le distingue des États-Unis voisins beaucoup mieux encore que la Couronne britannique elle-même, le Canada perd cet élément distinctif unique que constitue Terre-Québec. LE QUÉBEC ET L\u2019IMMIGRATION 597 Par ailleurs, le Québec ne peut accepter de voir Montréal, la plaque tournante de la vie québécoise, devenir le lieu d\u2019un nouvel affrontement pour la prédominance sans conteste du français dans la Métropole et, par la suite, en province.Le Québec est la patrie d\u2019un peuple d\u2019origine et de langue française depuis 1608.Il doit le rester en prenant tous les moyens jugés nécessaires pour qu\u2019il en soit ainsi.1.\tLe français est la langue officielle du Québec, comme l\u2019a proclamé M.Bourassa en 1974.Cette langue doit donc être apprise et parlée, comme langue première ou langue seconde, par tous les citoyens jeunes et vieux qui vivent ici ou veulent y demeurer.Le poids de l\u2019État québécois doit servir à favoriser le français comme langue d\u2019usage courant par l\u2019ensemble des citoyens au travail et dans la vie quotidienne.Il serait normal que le gouvernement fédéral fasse, au Québec, la même chose dans les services fédéraux et les forces armées qu\u2019il fait déjà pour l\u2019anglais partout à travers le Canada anglais.Un échéancier doit être établi pour que les adultes de langue anglaise et d\u2019autres langues aient la possibilité d\u2019apprendre le français dans un délai raisonnable, et que cet apprentissage leur soit avantageux.L\u2019école a un rôle essentiel à jouer dans l\u2019enseignement du français parlé et écrit en vue de l\u2019intégration des jeunes Néo,-Québécois dans toutes les écoles du territoire.2.\tLa Loi 101 doit être appliquée rigoureusement pour éviter de se faire reprocher encore aujourd\u2019hui de parler la langue officielle du Québec.(Il y a un mois, à «La Fruiterie du Parc» située dans le complexe immobilier «La Cité», à l\u2019angle de l\u2019avenue du Parc et de la rue Prince-Arthur, une serveuse s\u2019exprimant en anglais a été offusquée de se faire demander de répondre en français et de traduire les affiches unilingues anglaises des produits annoncés.) L\u2019affichage public et la publicité commerciale doivent être en français, pour montrer le visage du Québec par sa langue officielle et rendre nécessaires la connaissance et 598 L\u2019ACTION NATIONALE l\u2019usage du français que le bilinguisme franco-anglais rend inutile.(Une langue dont on n\u2019a pas besoin dans la vie quotidienne n\u2019a d\u2019officiel que le nom et sert plus d\u2019ornement que d\u2019instrument obligé de communication.) Les assouplissements qui pourront être apportés, le cas échéant, devront respecter et refléter le visage français du Québec qu\u2019une tolérance excessive a trop longtemps galvaudé.Ils devront toujours tenir compte de la capacité du milieu à résister aux assauts puissants de la langue dominante en Amérique du Nord.3.\tUne politique d\u2019immigration et d\u2019accueil aux réfugiés propre au Québec doit être mise sur pied en tenant compte au premier chef de son caractère français à sauvegarder et à promouvoir, lequel est différent de celui du reste du Canada.La politique actuelle faite selon une vision outaouaise et canadienne ne convient pas du tout, car elle favorise, pour des raisons diverses, l\u2019intégration des nouveau-venus à l\u2019élément anglophone et accentue la menace réelle de «minorisation» de notre peuple au Québec même.(Ainsi, pour prendre un exemple récent, les Tamouls quittant leur île du Sri-Lanka pour échapper à l\u2019hostilité cinghalaise seront naturellement portés à opter pour l\u2019anglais, la langue de l\u2019ancien maître britannique du pays, et se retrouveront à Montréal, à leur corps défendant, au milieu d\u2019un autre problème ethno-culturel, comme celui qui les a fait fuir leur propre pays!) Une politique d\u2019immigration propre est vitale pour l\u2019avenir du Québec, comme patrie d\u2019un peuple francophone distinct, et nécessaire pour la survie du Canada, comme pays biculturel différent de son voisin américain.4.\tL\u2019accueil des immigrants doit être confié à des organismes publics ou privés, si besoin est visant au bien-être des nouveau-venus et à leur intégration facile au Québec.Cette intégration au milieu de vie, au milieu de travail et au milieu de l\u2019école est essentielle pour eux.Le français étant la langue officielle, il faut donc que, dans la métropole cosmopolite de Montréal, où des immigrants de diverses origines se côtoient tous les jours, le français soit la langue d\u2019intégration et le lien privilégié de communication entre tous, comme l\u2019anglais l\u2019est à Toronto ou à Chicago.Faire du français la langue commune à tous les groupes LE QUÉBEC ET L\u2019IMMIGRATION 599 ethniques s\u2019impose plus que jamais à l\u2019école, au travail et ailleurs, si l\u2019on veut éviter des remous socio-culturels et des heurts inutiles.5.Dans ce contexte, la majorité francophone de Montréal a une grande responsabilité.Elle est aux marches du pays de Québec dont parlait Louis Hémon.Le jour où les Montréalais de langue française, qui sont 65% de la population de la métropole, décideront de parler naturellement leur langue maternelle dans leurs activités quotidiennes, il n\u2019y aura plus guère de problème linguistique à Montréal et l\u2019intégration des immigrants à la majorité québécoise se réalisera d\u2019elle-même, comme cela se produit à travers le monde.Encore faut-il faire du français la langue obligatoire du travail partout où il y a des employés qui parlent la langue officielle de l\u2019État! Même dans le casse-croûte du coin de la rue où la fille de table venue du Bas-du-Fleuve traduit (crie) en anglais la commande que vous venez de lui faire dans la langue officielle pour le cuisinier grec ou chinois qui est bilingue, c\u2019est-à-dire qui s\u2019exprime en grec ou en chinois et.en anglais.Enfin, le rôle de plus en plus grand que les hommes d\u2019affaires de langue française jouent dans l\u2019économie augure bien pour l\u2019avenir qu\u2019on ne saurait construire sans un contrôle suffisant des grands leviers économiques.Les considérations qui précèdent sur la question de l\u2019immigration chez nous n\u2019ont fait qu\u2019effleurer le sujet.Mais elles ont au moins souligné son importance et attiré l\u2019attention sur l\u2019implication de l\u2019immigration capable de modifier profondément ou de transformer radicalement le visage démographique d\u2019une société et même d\u2019un pays.Cet aspect du problème ne peut laisser les Québécois indifférents.Aujourd\u2019hui comme hier, les hommes politiques québécois à Québec et à Ottawa ont un rôle irremplaçable à jouer pour que «le Québec soit aussi français que l\u2019Ontario est anglais», pour reprendre l\u2019expression de l\u2019ancien premier ministre Daniel Johnson.En matière de langue et d\u2019immigration, leurs décisions sont capitales, car elles engagent le présent et l\u2019avenir du Québec tout entier. 600 L\u2019ACTION NATIONALE La Révolution Tranquille a-t-elle détruit le Québec français?par GUY BLANCHARD, m.d.L\u2019époque janséniste d\u2019avant 1960, au Québec, pesait lourd sur les consciences, mais c\u2019est avant tout l\u2019état de pauvreté de la collectivité canadienne-française qui amena la Révolution Tranquille de Taprès-Duplessisme.En effet, le New Deal de Roosevelt, appuyé sur les théories de Keynes, sortait les États-Unis de la grande Dépression et la guerre de 1939 relevait le standard de vie de l\u2019Amérique du Nord tout entière.Quoi de plus normal alors pour les sociétés post industrielles américaine, canadienne et québécoise d\u2019avoir voulu se doter de politiques sociales avantageuses?L\u2019État Providence et la dénatalité Le Québec qui accusait alors un retard considérable sur le plan économique et qui était sous-scolarisé, avec une main-d\u2019œuvre à bon marché et peu d\u2019entrepreneurs aborigènes importants, y voyait une occasion d\u2019y mettre les bouchées doubles, puisque la croissance apparaissait illimitée, quelles qu\u2019aient pu alors être les décisions des dirigeants politiques du Québec.Jean Lesage proclamait alors bien fort le rôle de l\u2019État québécois dans le futur développement économique.Ainsi était né l\u2019État Providence.Tout le monde apprit à se servir généreusement, d\u2019autant plus qu\u2019avant 1960 presque tout le monde, excepté les Anglophones bien nantis, était pauvre au Québec.Il fallait de grands projets de développement, il y en eut.Il fallait des connaissances («connexions») politiques, il y en eut.Tous ceux qui risquaient d\u2019être les grands oubliés demandèrent des avantages sociaux, ils en eurent.Les syndicats fourbirent leurs armes et firent trembler les employeurs et les gouvernements qui finalement refilaient la note aux citoyens payeurs de taxes.Dès lors, ces derniers voulurent en avoir pour leur argent: régime des rentes, pension de vieillesse améliorée, protection au travail, augmentation et indexation de salaires au coût de la vie, primes d\u2019enrichissement, etc.Dans pareil scénario, il n\u2019y avait plus de place pour la famille, les enfants encombrants, le mari ennuyeux ou la femme LA RÉVOLUTION TRANQUILLE 601 capricieuse.Dans le sillage des écrits de Simone de Beauvoir et de Betty Friedan, la femme réclama son dû et on repensa de fond en comble les relations du couple.Le prix à payer: la chute de la fécondité chez les Francophones qui a chuté bien en deçà du 2,2 enfants par couple nécessaires au renouvellement de la population; des prévisions pour l\u2019an 2030, alors que les courbes de fécondité et de décès se croiseront pour amener le dépeuplement progressif du Québec; la méfiance entre les époux face à des lois imparfaites dans le cas où ils auraient à se présenter devant les tribunaux en cas de divorce; la peur pour les conjoints séparés ou divorcés d\u2019entrer dans une deuxième union; l\u2019augmentation des familles mono-parentales, etc.Les racines d\u2019Alliance-Québec On a retrouvé ces perturbations dans la société américaine et canadienne-anglaise, mais à un degré d\u2019intensité beaucoup moindre que chez nous.Il y a, du moins chez les Anglo-Saxons, ce pragmatisme, ce flair qui les amènent à soupeser, de façon beaucoup plus rationnelle et de façon fort moins émotive, les éléments de contrariété au sein de la famille, ce qui amène plus souvent sa survie.La société anglophone du Québec, majoritairement concentrée à Montréal, a été plus choyée que sa contre-partie francophone: grandes familles riches et puissantes de la conquête établissant leurs institutions distinctes sur les points géographiques les mieux situés sur les versants du Mont-Royal, où il est possible, tout en récupérant en milieu hospitalier, entouré des siens, de voir évoluer «junior» sur le terrain de football (je renvoie ici au stade McGill et à l\u2019Hôpital Royal-Victoria).En bref, les Anglo-Saxons, de même que les Juifs, au moment du déclenchement de la Révolution Tranquille, étaient «racés» et fins prêts, alors que les Francophones de Montréal, pratiquement sortis du roman de Victor Hugo, Les Misérables, ne l\u2019étaient pas avec les conséquences fâcheuses que l\u2019on commence à peine à découvrir, pour peu que l\u2019on réfléchisse au phénomène des mutations trop rapides chez un peuple qui n\u2019était pas prêt à faire tant en aussi peu de temps.Il y a eu, bien sûr, la Loi 22 et la Loi 101 qui faisaient de Robert Bourassa et de Camille Laurin les Mussolini et Hitler de 602 L\u2019ACTION NATIONALE l\u2019époque, mais les gens ainsi dérangés se donnaient dans leurs comtés respectifs comme députés Pierre Trudeau et Marc Lalonde pour faire échec au référendum, tout en rappelant Jean Lesage à l\u2019ordre.Ils ont par la suite mis sur pied une formidable association de propagande Alliance-Québec qui a malheureusement plus de rayonnement chez les Anglophones et les Allopho-nes que la Société Saint-Jean-Baptiste chez les Francophones.L\u2019État Provigo Mais mon propos n\u2019est pas de m\u2019apitoyer sur cette situation puisque nous vivons en démocratie et que le droit à l\u2019association est reconnu à juste titre.De fait, je me demande si la révolution tranquille a servi ou au contraire desservi les Francophones dans la perspective où ces derniers aspireraient encore dans le futur à former au moins une société distincte au Canada, quel que soit le statut politique final que l\u2019histoire pourrait leur réserver.Il faut admettre que la cause du «bilinguisme institutionnel» a avancé, même si ce futà pas de tortue, au Canada.Il semblerait que pour un certain temps, du moins, un premier ministre fédéral et même ontarien doive pouvoir s\u2019exprimer en français.En Alberta, de plus en plus d\u2019élèves apprennent le français, langue seconde.Avec la fin du régime péquiste à Québec, et l\u2019avènement d\u2019un régime de gestionnaires issus de deux avenues culturellement différentes, pour les uns du monde des nouveaux entrepreneurs québécois de la révolution tranquille et pour les autres de la grande entreprise multinationale, aurons-nous droit au «business as usual» d\u2019avant 1960 avec de grands «assouplissements» à la Loi 101 nous ramenant au point de départ, ou au contraire assisterons-nous à une consolidation de la souveraineté culturelle, si chère à Robert Bourassa en 1976, ainsi qu\u2019à des correctifs aux législations du passé qui ont menés notre société à penser que la croissance était sans fin et que la retraite était pour 50 ans?Avec tout le respect que j\u2019ai pour l\u2019équipe de monsieur Bourassa, je ne crois pas, à la lumière de leur programme (pas plus d\u2019ailleurs qu\u2019à celui du Parti québécois), que l\u2019équipe libérale soit préparée à faire face aux correctifs qui s\u2019imposent et qui constitueraient en somme un projet de société pour les années 1990, comme il y eut un projet en 1960, avec la différence qu\u2019il s\u2019agit maintenant de corriger les erreurs et les abus des derniers LA RÉVOLUTION TRANQUILLE 603 vingt-cinq ans.Face à l\u2019éclatement de l\u2019intérieur du P.Q.dont le momentum fut arrêté par les citoyens eux-mêmes lors du référendum, les carottes étaient cuites et les jeux faits et les libéraux n\u2019avaient plus qu\u2019à cueillir les marrons du feu en promettant d\u2019être de bons gestionnaires.L\u2019État musclé Mais pour remédier au legs de la révolution tranquille, il faudra que des énergies nouvelles se penchent sur les problèmes de la société québécoise d\u2019aujourd\u2019hui non seulement en termes d\u2019économie, de technologie, de libre-échange, mais également en terme de survie et de réussite de la famille et de la cellule québécoises, ce qui demandera une révision de plusieurs législations et une éducation populaire accrue.L\u2019approche de la F.T.Q.qui a créé un fond des travailleurs, pour investir ensuite dans des P.M.E.rentables, mérite d\u2019être généralisée, ce qui contribuera à réduire les tensions entre employeurs et salariés dans un pays où maintenant plusieurs aborigènes ont accédé au statut d\u2019entrepreneurs.Pour chaque heure de travail en moins qui serait retranchée de la semaine de travail, il faudrait que les employés acceptent de la consacrer à une éducation en économie ou en technologie.Comme chez les Japonais et comme rapporté à l\u2019émission «60 Minutes» de la chaîne américaine CBS le 11 janvier 1987, les cadres d\u2019entreprises pourraient être invités à une semaine intensive périodique de recyclage dans une école attitrée où ils seraient soumis à différents tests d\u2019aptitude dans toutes les disciplines de la vie, des éléments de connaissance aux principes de gestion et d\u2019administration jusqu\u2019à la pratique de sports de contact et d\u2019auto-défense.Ce programme s\u2019appliquerait dans le secteur privé et dans la fonction publique.Il faudra enlever les irritants des lois concernant l\u2019union du couple et les délais inutiles, lorsque l\u2019échec est consacré de sorte à enlever la méfiance entre les partenaires, le tout ayant pour objet ultime de relever le taux de fécondité dangereusement décroissant.Il nous semble qu\u2019il faudra, dès l\u2019école, demander si non imposer, aux élèves une discipline moins laxiste pour les mieux préparer à affronter les dures réalités de la vie. 604 L\u2019ACTION NATIONALE L\u2019État dans l\u2019État Un Parti national québécois avec une aile fédérale et une aile provinciale (le Parti québécois actuel) devra être créé face à la réalité de l\u2019après-référendum et de la montée du N.P.D.Pareille tactique n\u2019empêchera pas d\u2019imposer la souveraineté le moment venu, les esprits prêts.Les Anglophones habiles ayant créé le nom on ne peut plus français d\u2019Alliance-Québec, il faudra rétorquer en créant la Société Lord Durham ou la Société des héritiers de Lord Durham dans laquelle s\u2019engageraient des membres énergiques, compétents, dynamiques, encore jeunes et qui aspirent à gouverner demain.Il faudrait des historiens, des politicologues, des gens d\u2019affaires, des économistes, des experts en marketing, des professionnels, des syndicalistes entrepreneurs, des experts en droit de la famille pour proposer des solutions pratiques, qu\u2019il s\u2019agisse de politiques natalistes, d\u2019assouplissements de la vie de couple, de la mise sur pied d\u2019une semaine bi-annuelle du respect du français financée par les entreprises qui afficheront en français.Cette Société ferait une oeuvre d\u2019éducation populaire en analysant et en commentant par tranches en conférences de presse périodiques, toutes les facettes du rapport Durham.Par son mandat plus large elle se distinguerait des autres sociétés nationales avec lesquelles elle pourrait par ailleurs collaborer.Elle pourrait faire des recommandations au Parti libéral en place.Elle pourrait recommander au Parti québécois de procéder à la manière de Robert Bourassa qui de 1970 à 1976 récupérait, pour les appliquer, les bonnes idées du P.Q.Rien n\u2019empêcherait les ténors du P.Q.d\u2019entonner le même refrain que monsieur Bourassa sur une 2e Baie de James selon lequel le Québec doit développer les secteurs où il peut être compétitif et il n\u2019a pas tort quand on considère les énormes nappes d\u2019eau que l\u2019on possède, comparativement aux américains.C\u2019est une excellente politique que de s\u2019engager sur un terrain gagnant en promettant de faire mieux et en se rappelant que les gouvernements ne sont pas élus, mais plutôt défaits et que Robert Bourassa gouvernera jusqu\u2019à ce qu\u2019un programme supérieur, mieux adapté et mieux pensé pour la majorité, sans cependant porter préjudice aux minorités, soit proposé à l\u2019électorat. FEU LE PROJET DE LOI 140 605 Feu le projet de Loi 140 par ROLLAND CHAUSSÉ Président, Mouvement national des Québécois Madame Lise Bacon, ministre des Affaires culturelles et responsable de la Loi 101, annonçait dernièrement, la mort dans l\u2019âme, le retrait du projet de Loi 140, visant la restructuration des organismes chargés de l\u2019application de la Loi 101.Dépitée, abattue, profondément déçue, madame Bacon s\u2019est rangée du côté de l\u2019opposition en abandonnant au feuilleton ce projet qui aura suscité beaucoup d\u2019intérêt, tant il s\u2019avérait inacceptable pour le peuple québécois.Le Mouvement national des Québécois a été de ceux qui ont manifesté leur mécontentement devant les coupures qu\u2019entendait exercer la ministre concernant les organismes voués à la défense du français.Il a été de ceux qui ont exigé que madame Bacon révise sa position, tant le spectre du «laisser-aller» linguistique devenait menaçant.Il a été de ceux qui ont lancé une campagne nationale de valorisation du fait français, s\u2019articulant autour du concept «Québec, je t\u2019aime en français!».Il a été de ceux qui ont travaillé à l\u2019organisation du grand rassemblement au Centre Paul-Sauvé.Il est également de ceux qui, aujourd\u2019hui, conviennent qu\u2019ils ont gagné une partie de la lutte.Car, ne nous leurrons pas, madame Bacon a fait marche arrière, non pas parce que son gouvernement croit profondément en un Québec français, mais parce qu\u2019il ne veut pas «troubler la paix sociale».nous dit-elle.C\u2019était, selon nous, une façon bien basse de ne pas avouer dignement que ce projet de loi était tout simplement impopulaire et qu\u2019elle n\u2019a pas réussi, malgré son influence et tous les efforts qu\u2019elle a consentis, à le faire avaliser.Nous avons donc assisté à un enterrement de première classe, lorsque madame Bacon a annoncé la «triste» nouvelle.Comme si elle nous reprochait de promouvoir une cause pourtant vitale et «humanitaire»; notre langue.Comme si elle voulait nous rendre coupables de défendre notre principal sujet de fierté: le Québec français. 606 L\u2019ACTION NATIONALE Madame Bacon a tort de croire qu\u2019en reléguant aux oubliettes le projet de Loi 140, elle clôt le débat linguistique.Selon nous, il ne fait que reprendre son souffle.Pensons à l\u2019affichage, à la langue du travail, à la langue des services et surtout à Alliance-Québec.Pour le Mouvement national des Québécois, la lutte continue pour un Québec français! LA DÉFENSE DE LA LANGUE FRANÇAISE 607 La défense et l\u2019illustration de la langue française par RENÉ BLANCHARD Préserver le français, pour nous gens du Québec, ce n\u2019est pas seulement marcher avec une pancarte dans les rues tous les 10 ans, lorsque la menace se fait grossière.C\u2019est tous les jours se soucier du français, à l\u2019école, au travail, dans les médias, dans l\u2019affichage et la publicité.C\u2019est exiger, de soi-même d\u2019abord, une solide connaissance de sa langue et ensuite, pour ses enfants, un enseignement efficace et de grand qualité pédagogique du français à l\u2019école.C\u2019est exiger une excellente formation du personnel enseignant et sa motivation profonde à transmettre aux étudiants de tous les niveaux académiques non seulement un outil de travail qui serait interchangeable avec une autre langue, une langue seconde, mais un outil de pensée, de culture personnelle et collective, d\u2019enrichissement humain, tout comme un moyen d\u2019approfondir et de contribuer à une grande civilisation.Le français doit être un outil d\u2019excellence! Voulons-nous un Québec français?Privatisons le français! Demandons-nous personnellement, chaque jour, ce que nous avons fait pour notre langue, pour nous, pour le français autour de nous.Avons-nous retourné à leurs auteurs qui veulent notre argent cette publicité unilingue ou bilingue qui contrevient à nos lois?Avons-nous fait poliment remarquer qu\u2019au Québec on veut être servi partout en français correct, et non dans un baragouinage complaisant teinté de mépris?Avons-nous fait remarquer à la compagnie de téléphone que ses messages enregistrés en anglais prioritaire sont ridicules dans un Québec à 85% francophone? 608 L\u2019ACTION NATIONALE Avons-nous fait remarquer aux députés fédéraux que s\u2019ils prônent un Canada bilingue, ils doivent imposer logiquement, partout au Canada dans tous les services et par toutes les législatures, le respect et l\u2019usage courant du français?Avons-nous refusé d\u2019acheter d\u2019un commerçant qui s\u2019affiche en anglais?\u2014 Avons-nous refusé une aubaine dont l\u2019offre méprisait d\u2019abord notre langue, comprenant qu\u2019on achetait alors la servilité et le mépris?Est-ce que nous transportons chaque jour avec nous la dignité d\u2019un peuple qui s\u2019incarne dans le respect de sa langue?Si nous avons besoin du français pour assurer notre identité et notre liberté comme peuple, pour sentir l\u2019estime de nous-mêmes, transportons-le avec nous comme un drapeau.Ne mettons pas la lampe sous le boisseau ! Nous nous sentirons beaucoup mieux, quand on cessera d\u2019attaquer le Québec français et de mépriser sa différence \u2014 lorsque nous aurons clairement démontré que le Québec est un pays de qualité qui ne transige qu\u2019avec ceux qui le respectent, qui ne tolère pas, parmi les siens, au pouvoir ou ailleurs, des gens qui ne respectent pas l\u2019esprit de ses lois. 101 FOIS «QUÉBEC», JE T\u2019AIME EN FRANÇAIS; 609 101 fois «Québec, je t\u2019aime en français!» par ODILE PARADIS Ce 13 décembre 1986, j\u2019ai senti qu\u2019il y avait encore de l\u2019espoir! Des milliers de personnes se sont donné rendez-vous au Centre Paul-Sauvé pour participer au spectacle intitulé «101 fois: Québec, je t\u2019aime en français!»1.Elles se sont déplacées pour réaffirmer leur volonté commune de vivre en français au Québec et exprimer leur foi en un Québec français.Cet événement, bien peu de gens y croyaient.Il a fallu la détermination d\u2019une poignée d\u2019hommes et de femmes pour le mener à terme.Il a fallu croire à la magie du temps pour convier le peuple québécois à ce rendez-vous avec l\u2019histoire.Il a fallu le courage et la force de quelques «croyants» pour réallumer la flamme et faire vibrer une collectivité qui s\u2019était tue.C\u2019est dans un décor chaleureux que les gens ont été accueillis.Le Centre Paul-Sauvé était pavoisé de bouquets de ballons en forme de cœur qui arboraient le slogan «.et la lutte continue pour un Québec français».Le fond de scène reprenait le concept «Québec, je t\u2019aime en français!», un concept qui est né d\u2019une de mes crises d\u2019angoisse politique.Lorsque j\u2019ai vu l\u2019agrandissement majestueux de ce concept, j\u2019ai été troublée.Un grand frisson m\u2019a envahie.J\u2019ai su alors que je retrouverais l\u2019espoir.J\u2019ai senti que les Québécois et Québécoises ne pourraient résister au désir de renouer les liens avec leur pays.J\u2019avais la conviction que ce soir-là, les Québécois et Québécoises se rallieraient pour dire OUI «Québec, je t\u2019aime en français!».Ce 13 décembre, on a parlé de respect et de dignité, de fierté et de solidarité, d\u2019amour et d\u2019amitié.101 personnalités issues de I.Spectacle organisé conjointement par la SSJB de Montréal et le Mouvement Québec français (MQF) et auquel le Mouvement national des Québécois (MNQ) a été étroitement lié. 610 L\u2019ACTION NATIONALE tous les milieux, et certaines représentant les communautés culturelles du Québec, ont exprimé à leur manière leur attachement en un Québec français.En prose, en vers, en chanson.et dans un même souffle d\u2019énergie.Mais plus encore, les témoignages reçus recelaient une volonté encore plus profonde, celle de revendiquer un Québec indépendant.Et croyez-le ou non, la foule souscrivait à 101% à cette idée.Dès que le mot «indépendance» était prononcé, c\u2019était l\u2019euphorie.Les drapeaux fleurdelisés flottaient dans la salle et offraient un spectacle unique.L\u2019ambiance qui régnait au Centre Paul-Sauvé était exceptionnelle.Les 101 personnalités ont livré des messages clairs, saisissants et percutants, faisant fi des stéréotypes folkloriques, ce qui n\u2019a pas été sans surprendre les journalistes qui assistaient à l\u2019événement.Le lendemain, la presse titrait que cette soirée avait remporté un vif succès.Ce ralliement des forces «pour un Québec français» avait réuni en pleine période des Fêtes plus de 7 500 personnes, dont plusieurs jeunes qui étaient venus manifester leur adhésion en un Québec français.Un pareil rassemblement ne s\u2019était pas vu depuis le référendum.Les journalistes étaient nombreux au rendez-vous et croyez-moi, ils n\u2019ont pas trouvé la soirée longue.Je suis sortie du Centre Paul-Sauvé épuisée, mais ravie.Aucune note discordante n\u2019était venue brouiller le tableau.J\u2019étais anxieuse, j\u2019appréhendais des actes de violence, mais rien ne s\u2019est produit, même pas un petit affrontement entre militants divisés.En montant dans la voiture, je me suis dit que lorsque j\u2019aurai peur pour le devenir de mon pays, je repenserai au 13 décembre 1986. UNE CULTURE ORGANISATIONNELLE QUÉBÉCOISE 611 Une culture organisationnelle québécoise en émergence par MARCEL LAFLAMME, Ph.D., C.A., M.B.A.Beaucoup de pays édifient un type d\u2019économie épousant en quelque sorte leur culture sociétale.Ainsi, on observe le capitalisme américain (à base d\u2019individualisme), le collectivisme russe (primauté de l\u2019État), l\u2019autogestion yougoslave (combinaison d\u2019étatisme et de décisions par les travailleurs), la social-démocratie Scandinave (complémentarité du capitalisme et de l\u2019étatisme), la cogestion allemande (participation des travailleurs par représentation), la gestion à la japonaise (combinaison de paternalisme et de gestion par consensus) et l\u2019économie ouvrière israélienne (concertation du syndicalisme et de la coopération).Compte tenu des particularismes culturels des Canadiens-Français, beaucoup d\u2019indices indiquent qu\u2019au fur et à mesure que nous nous prenons en main, il émerge un type de management qui se particularise par rapport aux capitalistes anglo-saxons ou juifs.Aux quatre coins du Québec, de nombreux gestionnaires représentant la nouvelle garde montante commencent à façonner une infrastructure économique à la mesure de nos talents et de notre génie collectif.La réflexion vise à examiner certains facteurs propres à notre environnement socio-culturel, puis à préciser les principaux traits distinctifs de la culture organisationnelle en émergence.Le contexte culturel québécois Toute organisation est un système ouvert qui est influencé par son environnement géographique et la culture de la société au sein de laquelle elle baigne.La question consiste à examiner ce qui particularise le peuple québécois d\u2019origine française qui édifie progressivement sur son territoire un royaume de PME et de coopératives.Mieux cerner qui nous sommes renvoie à l\u2019examen des cordes qui nous font vibrer: nos racines, nos traits culturels, ainsi 612 L\u2019ACTION NATIONALE que les aspirations qui nous mobilisent.Voyons succinctement ces facteurs d\u2019arrière-plan.A la base, notre culture nationale s\u2019est façonnée sur quatre grandes racines débouchant sur une douzaine d\u2019embranchements1: \u2014\tun peuple français \u2022\tépris d\u2019idéal \u2022\tporté à la logique et aux idées abstraites \u2022\tayant le cœur à l\u2019ouvrage \u2014\tun peuple catholique caractérisé par \u2022\tson sens du mystique \u2022\tsa simplicité et son bon sens \u2022\tsa fraternité universelle \u2014\tun peuple latin empreint \u2022\tde jovialité \u2022\td\u2019amour familial \u2022\td\u2019aptitudes artistiques \u2014\tun peuple nord-américain marqué par \u2022\tsa débrouillardise \u2022\tson attrait pour la liberté \u2022\tson goût du bien vivre.En outre, nos assises ethniques ont donné lieu à une culture d\u2019une grande densité humaniste: son expression se manifeste en premier lieu par la langue française et au niveau des usages et coutumes, selon Minville2, elle présente quatre caractères fondamentaux: \u2014\tElle est personnaliste: \u2022\tvoit dans la personne la cause et la fin de l\u2019économie; \u2014\telle est qualitative: \u2022\tpoursuit l\u2019actualisation des aspirations de l\u2019individu vers le bien, le beau, le bon.; \u2014\telle est communautaire: 1.Inspiréde Jacques Bouchard, Les 36 cordes sensibles des québécois, Éd.Héri- tage, Montréal, 1978. UNE CULTURE ORGANISATIONNELLE QUÉBÉCOISE 613 \u2022\tconçoit la société comme un tout organique composé de communautés à différents niveaux: famille, travail, paroisse, région, etc.; \u2014 elle est spiritualiste: \u2022\ts\u2019ouvre aux perspectives d\u2019un projet-Amour.La connaissance de notre personnalité collective implique aussi de faire ressortir quelques défauts ethniques marquants: 1.\tContradiction Quand on étudie les Québécois, on étudie les contrastes: peuple résigné et révolté, sécuritaire et libertaire péquiste et fédéraliste le plus grand pourvoyeur de missionnaires et le plus blasphémateur du monde.2.\tComplexe d\u2019infériorité Le Québécois confond généralement en son esprit «minorité» et «infériorité».La défaite nationale de 1760 reste encore présente.Aussi, sommes-nous très sensibles à la critique.3.\tSurconsommation L\u2019amélioration continue du niveau de vie devient un des buts essentiels des Québécois.Cette aspiration répond à un désir profond de paraître.6.Individualisme Me, Myself and I.Chacun invente ses propres valeurs et recherche ses propres intérêts.Aucun projet collectif ne fait l\u2019unanimité.5.Envie «Le plaisir de l\u2019un, c\u2019est de voir l\u2019autre se casser le cou.ou.ou.!» Un mythe paralysant, une vilaine tare ancestrale.2.Esdras Minville, La vie économique /, Fides et Presses HEC, Montréal, 1979, p.155 et 159. 614 L\u2019ACTION NATIONALE 6.\tRivalité Notre comportement collectif se caractérise par beaucoup de luttes intestines (divisions politiques, idéologiques, de sexe.) qui nous affaiblissent tout en profitant aux autres.Mais à la faveur d\u2019une émancipation matérielle, intellectuelle et professionnelle significative, beaucoup de défauts s\u2019estompent et libèrent des forces positives d\u2019actualisation et de solidarité.Enfin, voici quelques grands défis collectifs qui mobilisent notre volonté têtue d\u2019affirmation nationale: 1.\tSe donner une vision cohérente de notre avenir aux paliers: économique, social, culturel, politique et spirituel.2.\tRéajuster le rôle des quatre grands acteurs socio-économiques en vue d\u2019en favoriser la concertation.(État, patronat, syndicats et mouvement coopératif.) 3.\tEffectuer le virage technologique, sans que ce soit au détriment de notre culture qualitative, personnaliste.4.\tRapatrier les pouvoirs économiques et politiques.5.\tImplanter les formules d\u2019intéressement des 2Zi millions de travailleurs québécois.6.\tFavoriser la mise en valeur d\u2019un million de Québécois entretenus par l\u2019État.7.\tRépondre aux défis de la qualité de la vie familiale, professionnelle, civique, etc.8.\tS\u2019ouvrir au développement du Tiers-Monde.Le nouveau leitmotiv collectif est beaucoup moins attaché au besoin de survivre qu\u2019à celui de s\u2019affirmer et de bâtir.Peuple à caractère impétieux, franc, fier, tenace, ouvert, hospitalier, d\u2019un enthousiasme naturel, nous sortons progressivement de notre léthargie, de notre marginalisation et de nos complexes en donnant vie à nos racines, nos talents, nos possibilités pour redevenir un Québec rayonnant notamment au plan économique. UNE CULTURE ORGANISATIONNELLE QUÉBÉCOISE 615 La culture organisationnelle québécoise Nos racines, nos traits culturels et nos aspirations constituent des facteurs qui influencent indubitablement nos styles de gestion des entreprises.Le tableau ci-après fait le lien, d\u2019une part, entre nos racines et les qualités connexes et, d\u2019autre part, les traits de management dominants (rationalisation, adaptation, enthousiasme, pensée sociale) et la culture organisationnelle en émergence comprenant deux dimensions importantes: 1.Une philosophie agressive et innovatrice de développement De découvreurs du Nouveau-Monde qu\u2019étaient nos ancêtres, la nouvelle garde montante se lance à la conquête des marchés nationaux et internationaux.La localisation du Québec sur les rives du Saint-Laurent constitue d\u2019emblée un rêve grandeur nature.Au fur et à mesure que nous nous donnons des forces, notre confiance se ranime en nos possibilités; nos entreprises parcourent en quelques années ce que la plupart des autres organisations prennent des décennies à faire; nous parlons alors de Culinar, Québécor, Cascades, Bombardier, Canam Manac, Pro-vigo, La Laurentienne, Shermag, Vidéotron, La Fiducie, Groupe GTC, Noverco, Lavallin, Groupe Hervé Pomerleau, Sico.Notre mentalité d\u2019esprit d\u2019initiative et de défis s\u2019appuie particulièrement sur nos 150 000 PME créant 75% des nouveaux emplois.Actuellement, 500 000 Québécois investissent à la Bourse.De tous les diplômés en administration du Canada, 33% viennent du Québec.En 1985, parmi les 20 premiers aux examens canadiens des comptables agréés, 16 étaient du Québec.Pour un peuple qui n\u2019a pas de tradition en affaires, le succès se fait de plus en plus retentissant. Fondements de la culture organisationnelle québécoise en émergence 616 L\u2019ACTION NATIONALE W J \u201cSj pi é w D 2 o H H a: 2 < g D £2 2 U z« < z O W Pi T H Z W T C/3 $ H X 2 w d z < z 5,0 Ou m c/3 S W H 2 < u D < a* > \u2019c/5 C/3 a> \u201c> G ü ex 'C o G co W -C eu c a> S 0> a ex > o o g > C' -a G O cd G .2 cd t a/ -3 3 cd .1 « oo ?-\u2022 -2 3 cd cd i\u2014i 'Cd p \u2018IL» 1> Oh Di t 0> G *3)\t \u2019C\tC/3 o\tcd -o\to G CX\tcd i\u2014i «4-H G eu\t G O a cd ¦O < cd G O ex t \u2019> i G a> G -a -°
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