L'action nationale, 1 février 1945, Février
[" L'ACTION NATIONALE L\u2019ACTION NATIONALE Un attentat contre les Coopératives.81 Roger DUHAMEL\tUne heure avec Hector Gar- neau.84 Roger LEMELIN\tL \u2019évolution du public en matière d\u2019art.90 Henri GONTIIIER\tL\u2019hôtellerie et l\u2019artisanat.\t101 John J.HUGO\tLa conscription et la personne humaine.112 Chroniques Léo-Paul DESROSIERS L\u2019Académie canadienne- française.139 Roger DUHAMEL\tCourrier des lettres .\t146 XXX\tEn deux mots.157 XXX\tPourquoi la Fédération a besoin d\u2019un million\t160 VOL.XXV \u2014 No 2 FEVRIER 1945 Procurez-vous GRATUITEMENT cet ouvrage NOTRE QUESTION NATIONALE 200 pages par Richard Arès, préface du chanoine Lionel Croulx.Cette étude connaît un remarquable succès de librairie.Les 5è et 6è mille sont actuellement en vente.Toute personne qui nous enverra J\"beux cAbonnementâ d\u2019un an à L\u2019ACTION NATIONALE recevra GRATUITEMENT un exemplaire de \"NOTRE QUESTION NATIONALE\" J^cAction ^Nationale REVUE MENSUELLE Comité de direction : F.-A.ANCERS, Arthur LAURENDEAU et Roger DUHAMEL.L\u2019Action Nationale, publiée par la Ligue d\u2019Action Nationale, est un organe de pensée et d\u2019action au service des traditions et des institutions religieuses et nationales de l\u2019élément français en Amérique.Elle paraît tous les mois, sauf en juillet et en août.DIRECTION et ADMINISTRATION C.P.1524\t-\t- Place d'Armes, Montréal \u2022 On communique avec l\u2019administrateur de la revue, Jean Drapeau, à son bureau \u2022 ch.603 , 4 est, rue Notre-P Dame, Montréal.Téléphone : MArquette 2837.L\u2019abonnement est de $2.00 par année Pour l\u2019étranger : $2.50 par année Abonnement de soutien : $5 00 par année Tous droits réservés, Ottawa, 1933. POURQUOI?n iiiez-vouJ paà choiâiï 9 les plus nouveaux tissus 9 les plus récents modèles CHEZ LES TAILLEURS JOLY 269 est, rue Sainte-Catherine ^ Montréal\tBEIair 3126\t^ i COUVRETTE-SAURIOL Limitée EPICIERS EN GROS \u2022 50, rue de Bresolles .HArbour 8151 \u2022 Président et gérant général Bernard Couvrette ii , ¦\u2022 / : Assurer l\u2019avenir de votre famille, c\u2019est bien.Penser aussi au vôtre, c\u2019est mieux.D\u2019où la nécessité de notre police à double protection.Elle vous fait rentier à vie.Si vous mourez, nous payons une annuité aux survivants.Quel est votre âge?Nos renseignements sont gratuits.# CAISSE & NATIONALE D'ÉCONOMIE 41 ouett, rue S.- Jacques Montréal \u2022 HAitoour 329 1 N. La Sauvegarde de la Famille L'économie est l\u2019art d\u2019ordonner ses dépenses.Sans la pratique de cette vertu sociale, la famille ne connaît aucune sécurité, elle est vouée, tôt ou tard, à la ruine.Protégez votre foyer, préparez l\u2019avenir des vôtres, assurez-vous une vieillesse heureuse et digne en vous constituant petit à petit les réserves nécessaires.Prenez dès aujourd\u2019hui l\u2019habitude de l\u2019épargne.Banque Canadienne Nationale Actif, plus de $250,000,000 514 bureaux au Canada ® 60 succursales à Montréal n.-0 'VIAU Marchand de meubles Confection pour hommes et femmes 4741, ave Verdun ©\t4270, St-Jacques O.IV Pour votre santé *\u2014 Mangez tous les jours 2 ou 3 carrés LEVURE LALLEMAND Fraîche Les médecins recommandent la levure fraîche.La levure fraîche Lallemand est très riche en vitamines B, G et D.Sa haute qualité et sa pureté sont assurées par les années d\u2019expérience de la maison Lallemand.En vente chez les épiciers et les pharmaciens.Vous trouverez chez nous, et à bon compte, tout ce qu\u2019il faut pour meubler votre résidence.\u2022 Maison établie depuis 40 ans.\u2022 \u2022 Fltzroy 4681\t\u2022 LAMARRE FRERES 3723 Notre-Dame ouest,\tMontréal v DUPUIS Maison essentiellement canadienne-française depuis sa fondation en 1868 MONTREAL Magasin à rayons : 865 est, rue Ste-Catherine.Comptoir Postal : 780, rue Brewster.Succursale magasin pour hommes : Hôtel Windsor.VI k Un attentat contre les Coopératives Le gouvernement fédéral a nomme une Commission royale d'enquête sur le fonctionnement des coopératives.Ses membres siègent dans les principales villes du pays.Après avoir complété leur dossier, ils rédigeront un rapport qui sera soumis aux autorités.Les législateurs se prononceront alors sur la nécessité d imposer des taxes aux coopératives, tout comme aux entreprises commerciales.Quiconque connaît les multiples avantages de la formule coopérative ne peut pas demeurer indifférent à cette enquête.Des associations puissantes mènent campagne depuis plusieurs mois pour forcer la main au gouvernement et l'inciter à taxer nos diverses coopératives, dont on redoute en certains milieux la concurrence C'est la preuve que les bénéficiaires du capitalisme se sentent menacés et veulent faire échec à tous les efforts d'affranchissement populaire.Nous constatons ainsi, une fois de plus, que les déclarations tapageuses de nos soi-disant démocrates ne riment pas à grand chose.La démocratie, oui, mais a condition qu\u2019ils puissent se ménager des privilèges et se retrancher dans la forteresse de leurs abus.La démocratie, oui, sur les tréteaux politiques, pour berner une population bon enfant, mais à condition qu'il soit possible de poursuivre le jeu des combines capitalistes, fruits naturels du libéralisme économique.Quant à nous, nous estimons que la démocratie politique est un leurre, si elle ne se double pas de la démocratie sociale et économique.Elle n'est alors qu'une façade derrière laquelle des groupes d'individus s emploient à soigner leurs petites affaires, au détriment du peuple.De cette démo-cratie-là, nous ne voulons pas.Et c est pourquoi nous nous réjouissons si fort des progrès de la coopération depuis environ une décennie. 82 L ACTION NATIONALE Le coopératisme, en effet, repose sur Les trois principes fondamentaux de La démocratie: liberté, égalité, fraternité De quoi sert à l'homme le droit de participer, par son vote, à la vie politique de la nation, si la vie économique lui échappe, étant le monopole de quelques privilégiés ?C'est la coopérative de consommation qui s'est davantage implantée chez nous.Or, cette forme de coopérative n'est pas une entreprise, au sens capitaliste du mot.Elle n'est pas un établissement de commerce, c'est-à-dire une société de rapport.Elle est une société de service constituée librement et ouverte à tous ceux qui veulent s'occuper de leurs propres affaires, plutôt que de les confier à des intermédiaires.C'est l'application du beau principe chrétien: Frater adjutus a fratre.Se procurer à son magasin ce dont on a besoin n'est pas du commerce, n'est pas de l'échange tel que le définit l'économie politique.Les avantages matériels qui en résultent ne sont pas non plus du profit.On ne réalise pas de profit en se vendant à soi-même.Une fois les frais généraux acquittés, les sociétaires se partagent simplement, au prorata de leurs achats, ce qu'ils ont payé de trop, ce qui s'appelle le trop-perçu.Les rabais que consentent les magasins sont-ils imposables ?Le jour où ion consentira à répondre affirmativement à cette question, nous accepterons l'impôt sur les coopératives.Le coopératisme ne présente, pour la nation comme pour les individus, que des avantages.Du point de vue économique, il abaisse le coût de la vie, il stabilise les prix, il rationalise la distribution, il prévient le gaspillage, il facilite l'accès des petits à la propriété, il met les outils de la production entre les mains des travailleurs, sans expropriation et sans spoliation, il crée des capitaux collectifs.Du point de vue social, le coopératisme remplace la dispersion des citoyens par la cohésion, il prévient les rivalités et la haine, il intègre le citoyen dans la société. 83 UN ATTENTAT CONTRE LES COOPÉRATIVES il crée des œuvres d'éducation et d'assistance, il organise des loisirs pour les adultes et les enfants.Enfin, du point de vue plus élevé de la morale, le coopératisme forme les citoyens à leurs devoirs et obligations, enseigne le respect des lois, combat les fraudes et falsifications, crée de l initiative, renforce et généralise la solidarité et combat ces grands vices que sont le favoritisme, la paresse et le socialisme.N'est-ce pas suffisant pour montrer les multiples mérites de la coopérative ?Nous ne voulons pas préjuger des intentions des commissaires d enquête, mais nous savons que de puissantes influences cherchent à les gagner à l'idée de la taxation Ce serait un coup très rude à la formule coopérative.Les Canadiens français seraient les plus atteints, puisque, disposant de capitaux modestes, ils ne peuvent aspirer aux grandes affaires et doivent obtenir la libération de leurs chaînes économiques par la pratique intelligente et de plus en plus généralisée du coopératisme.Qu'on ne touche pas à nos coopératives ! L'Action Nationale.Note d'administration Par erreur, quelques abonnés en règle avec l\u2019administration ont reçu une demande de réabonnement le mois dernier.Nous nous excusons auprès d\u2019eux.Les autres, ceux qui n\u2019ont pas encore acquitté le prix de leur réabonnement éviteraient à la revue des frais inutile^, s ils voulaient bien faire remise immédiatement.La date d\u2019échéance de votre abonnement apparaît près de l\u2019adresse sur l\u2019enveloppe.Merci. Une heure avec.Hector Garneau L\u2019année 1945 marque une date importante dans 1 histoire des lettres au Canada français II y a cent ans exactement paraissait le premier tome de 1 Histoire du Canada de François-Xavier Garneau qui, le premier, a réussi à faire revivre, en une fresque saisissante et qui a très peu vieilli, les faits de notre passé.Depuis lors, son œuvre est toujours demeurée classique dans nos bibliothèques et l\u2019on continue de s'y reporter.C\u2019est un magnifique phénomène de longévité, dont il y a lieu de nous réjouir, dans un pays où les ouvrages de l\u2019esprit ne survivent guère à l\u2019époque qui les a vus éclore.Sans vouloir rabaisser en rien les mérites incontestables de Garneau, ce n\u2019est que justice de reconnaître qu\u2019il a été admirablement servi par la piété avertie et respectueuse de son fils et de son petit-fils qui ont consacré une bonne partie de leur carrière intellectuelle à combler les lacunes et à corriger les erreurs inévitables de l'aïeul.C\u2019est un phénomène sans doute sans précédent chez nous que ce culte familial qui assure à la famille Garneau une place de choix dans notre histoire littéraire La huitième édition de I Histoire du Canada est actuellement en cours de publication aux Éditions de 1 Arbre.C'est une série, qui comprendra neuf volumes, format bibliothèque, et qui sera sûrement la plus accessible à un vaste public.Le petit-fils, M.Hector Garneau, a puisé dans les trésors de son érudition pour mettre au point cette imposante matière et pour ajouter de très précieux renseignements bibliographiques Avec beaucoup de modestie, il a enrichi le texte original par des additions entre crochets, qui facilitent la lecture d'affilée, sans alourdir le texte de notes inframarginales. UNE HEURE AVEC HECTOR CARNEAU 85 Je désirais causer familièrement avec M.Gameau de son grand-père.Rendez-vous très aimablement accordé, je me présente à son appartement de la rue Sherbrooke où ce type accompli de gentilhomme d'autrefois vit paisiblement avec son fils, dans l'atmosphère accueillante de sa bibliothèque II y a là beaucoup de livres, des Canadiana surtout, reliés avec goût.Sur les murs, des portraits de Bossuet, de Pascal, de Châteaubriand, ceux aussi de ses maîtres en histoire, Fustel de Coulanges, Taine, Lavisse.Dans la salle à manger attenante, j\u2019aperçois de très anciens portraits de famille.Installé sur un sofa, M.Gameau commence l'entretien avec bonne grâce et livre volontiers ses souvenirs.Sa voix conserve encore le timbre puissant d'un jeune homme, qui contraste avec le vieux monsieur à tête blanche que j'ai devant moi.\u2014 J'aimerais vous entendre parler un peu sur vous-même, M.Gameau.\u2014 Que vous dirais-je ?Je suis né à Ottawa, où habitait alors ma famille.Je ne vous dirai pas en quelle année, à moins que vous n'insistiez, car j'ai la coquetterie de mon âge.Enfant maladif, j\u2019ai cependant réussi à accomplir ma carrière dans la vie.J 'ai fait mes études au collège d'Ottawa, en anglais, où j'ai décroché le 1er prix de littérature française et le 2e prix en histoire et en littérature anglaise.Tout cela n'a pas beaucoup d'importance et sans doute ne mérite aucune mention.\u2014 Mais si.C\u2019est le cas de répéter le vers de Malherbe: Et les fruits passeront la promesse des fleurs .\u2014 Je suis ensuite venu à Montréal poursuivre mon cours de droit, car je me souviens d'avoir été avocat.A la sortie de l\u2019Université, j\u2019ai fait, pendant une couple d'années de la critique littéraire à un journal depuis longtemps disparu, Les Nouvelles.Ma phase de journalisme actif comprend deux années à la Patrie et un stage 86 L ACTION NATIONALE au Canada, à l'époque de Godfroy Langlois et de Marc Sauvalle C\u2019est à ce moment qu'un ministre fédéral de ce temps-là, M Louis-Philippe Brodeur, m'invite à devenir son secrétaire.Pour être complet, mon père, le poète Alfred Garneau, meurt en 1904 et je me marie en 1905 \u2014 Vous étiez encore loin de l'histoire.\u2014 J en étais au contraire tout proche.M.Émilien Daoust m'apprend un jour que l'Histoire de mon grand-père est entièrement épuisée et que la maison Beauche-min n'a pas l\u2019intention de la rééditer.Sur ces entrefaites, je reçois de Paris une lettre de Gabriel Louis-Jaray, qui me propose de préparer une édition revue et corrigée de cette œuvre aux frais de la maison Alcan et du Comité France-Amérique, avec une préface de Gabriel Hanotaux.Cette réédition devra inaugurer une nouvelle collection.C est une chance inespérée et je me mets aussitôt à la tâche Ce sera l'édition dite de Paris, qui commence de paraître en 1912 Les 5e, 6e et 7e éditions ne seront à vrai dire que des réimpressions.\u2014 Il y a donc quarante années que vous vous consacrez à des travaux historiques.-\u2014 Oui, et je m'y suis adonné de tout cœur, m\u2019efforçant de me tenir au courant des publications diverses, bénéficiant des nouveaux documents mis à jour.\u2014 Les loisirs vous ont donc manqué pour vous livrer à une œuvre personnelle ?\u2014 En effet, et je ne le regrette nullement.J'ai passé ma vie à assurer la survie des poésies de mon père et de l'histoire de mon grand-père.Mon apport le plus personnel se trouve sûrement dans la huitième édition de 1 Histoire, où j\u2019ai voulu incorporer certains passages et corriger quelques jugements qui me paraissent excessifs, et partant injustes UNE HEURE AVEC HECTOR CARNEAU 87 Il m'est arrivé aussi de prononcer des conférences en anglais sur la littérature canadienne-française, à Toronto, à Ottawa et même aux États-Unis.J'ai cru pouvoir ainsi aider au rayonnement de nos modestes tentatives intellectuelles.En 1916, je devenais le premier conservateur de la Bibliothèque municipale de Montréal, qui ouvrait ses portes au public en 1917.J'ai conservé ce poste jusqu'en 1930 et depuis lors, j'emploie mes loisirs à mes travaux d'histoire.Ainsi, mes recherches en vue de l'édition actuellement en cours de publication remontent à 1933.\u2014 Vous venez de faire allusion, M.Garneau, à certaines corrections que vous avez cru devoir apporter à l'œuvre originale.Pourriez-vous de mémoire me fournir quelques exemples ?\u2014 Certainement Mon grand-père a sévèrement blâmé Richelieu d'avoir exclu les huguenots de la Nouvelle-France.J\u2019estime que le grand ministre a eu parfaitement raison d'éviter à la colonie naissante les déchirements des dissensions religieuses qui ont coûté très cher à la France métropolitaine Ces difficultés eussent ajouté grandement à nos propres malheurs.Garneau a aussi ajouté crédit aux légendes de Platon dans le Timêe sur l'Atlantide Cette théorie fantaisiste est aujourd'hui démontrée, par tous les auteurs sérieux, comme dénuée de fondement De même pour la découverte de l'Amérique, on trouve peu de choses dans F-X.Garneau; il n'a à peu près rien connu des mœurs et de la civilisation des Mayas, des Incas, des Aztèques.Il est aussi d\u2019une grande discrétion pour tout ce qui a trait aux origines de Montréal; l'œuvre de Faillon lui est inconnue et il dispose de très peu de documents.J'ai tenu particulièrement à corriger le jugement de mon grand-père sur deux hommes, que j'estime très grands dans notre histoire, et auxquels il n'a pas rendu 88 l'action nationale justice.Il insiste beaucoup trop sur l'intransigeance et l'esprit de domination de Mgr de Laval Son caractère était beaucoup plus complexe, plus nuancé II était animé des plus nobles intentions et il a été un admirable serviteur de l'Eglise et de la jeune colonie On ne peut légitimement minimiser son apport à l\u2019histoire du régime français au Canada.Dans la querelle qui a opposé, à un moment éminemment tragique et décisif, Montcalm à Vaudreuil, Garneau incline pour celui-ci.Il ne fait plus de doute aujourd'hui qu'il était un faible et un incapable et que c'est Montcalm, la figure dominante de l\u2019époque.Sa correspondance nous a ouvert les yeux à cet égard et c\u2019est méconnaître ses mérites incontestables que de parler de son apathie dans la conduite de la guerre.\u2014 Quel jugement d'ensemble seriez-vous enclin à porter sur l'œuvre de F.-X.Garneau ?\u2014 Il fut sûrement un grand historien qui a excellé dans les synthèses.Avec très peu de documents à sa disposition, il a su reconstituer, avec une fidélité saisissante, les grands événements du passé.Son regard divinateur est rarement en défaut et les quelques reproches qu\u2019on peut lui faire ici et là servent à faire ressortir la solidité de l'œuvre.Sur la politique coloniale de la France et sur les causes de la décadence de la Nouvelle-France aux alentours de la cession, il a écrit des pages définitives, auxquelles il n\u2019y a rien à ajouter.Il a aussi, tout naturellement, le sens philosophique de l\u2019histoire.Sans doute lui a-t-on reproché de s'être laissé trop influencer par les théories alors en vogue de Raynal et de Sismondi, mais qu\u2019on n'oublie pas qu'il était un autodidacte et qu\u2019il n'avait pas eu l\u2019avantage d'une formation intellectuelle poussée qui lui eût permis une saine hiérarchie des valeurs.Il s'est bâti lui-même et l\u2019éton- UNE HEURE AVEC HECTOR GARNEAU 89 nant, c'est qu'il ait su se doter dune culture bien au-dessus de la moyenne.Ce qui fait la gloire de mon grand-père, c'est sa grande probité intellectuelle et son patriotisme, vigilant.Il est entièrement dénué de préjugés et n'hésite pas, au besoin, de citer l'Angleterre en exemple aux Canadiens, dans l\u2019espoir que ses compatriotes s'inspireront de ce qui a si bien servi à la grandeur des autres.11 est surtout un réaliste, beaucoup plus Canadien que Français, par ses goûts et ses tendances.Il a la conviction profonde qu'il a travaillé de son mieux pour les siens.M.Garneau se lève et me tend la main.Au passage, il est heureux de me montrer les rayons chargés de sa bibliothèque, de son laboratoire, devrais-je dire, et en me retirant, j\u2019emporte la conviction d'avoir séjourné dans un véritable sanctuaire, où le passé revit avec autant d attrait pour le travailleur solitaire que 1 agitation de notre siècle.Roger Duhamel.Un témoignage a retenir L\u2019Ottawa Journal est en veine de compliments à notre adresse; une fois n'est pas coutume.Nous sommes néanmoins très touches.Un rédacteur de cette feuille a suivi le dernier débat à la Chambre des Communes et il a trouvé que les députés de langue française s\u2019avéraient de meilleurs orateurs parlementaires que leurs collègues anglophones.(Tout est relatif, évidemment!) Cette constatation l a amené à faire la réflexion suivante, a laquelle nous devons attacher quelque prix: «Nous entendons parfois dire que 1 education du Québec n\u2019a rien de bon, quelle est trop académique et livresque, pas assez pratique et scientifique.C est peut-etre exact, mais ne serait-il pas tout aussi vrai que nous, du Canada anglais, versons indûment dans le pratique, que, préoccupés du scientifique, du concret et des affaires, nous négligeons trop la vraie culture de l\u2019esprit \u2014 y compris le bon usage de la langue?» Nos braves primaires, qui voudraient réformer notre système d education en transformant, à toutes fins pratiques, nos collèges classiques en de simples écoles primaires-supérieures, devraient méditer sur cette opinion désintéressée. L évolution du public en matière cTart Par un soir clair de 1 automne dernier, je sortais, pensif, du Musée Provincial, qui avait mis à la disposition de la Société des Écrivains Canadiens, une des salles de 1 edifice pour une exposition des ouvrages de nos auteurs.Il y avait là la somme des travaux littéraires produits depuis Chapman jusqu'à Robert Charbonneau dans 1 histoire de nos lettres.Les comptoirs de cette salle, qui en temps normal font le régal de nos numismates ou servent d'appât à des avares blasés en mal de monnaie rare, étaient littéralement envahis de volumes: petite histoire, biographies romancées, romans, recueils de contes, de poèmes ou de souvenirs, récits de voyage, historiettes pour enfants.Il n\u2019était quasiment point besoin de dates pour situer 1 époque de parution de ces œuvres: il suffisait de feuilleter Louis Fréchette pour évoquer Victor Hugo ou Lamartine, Rina Lasnier et Anne Hébert pour penser à Claudel.Je n\u2019avais qu\u2019à situer et mettre: plus vingt ans.Il était dix heures et j étais seul.Les sentiers des Plaines d\u2019Abraham qui mènent au bord de la falaise, sur les terrasses surplombant le fleuve, m offraient leur reposante solitude.Et je revoyais les figures diverses de la foule nombreuse qui avait envahi la salle d\u2019exposition: quelques écrivains, des fonctionnaires de tous grades, des figures que l'on voit à toutes ces manifestations qui classent d emblée leurs spectateurs parmi les intellectuels, beaucoup de dames, et tranchant dans cette cohue, un groupe fort imposant de figures inconnues, de l\u2019ouvrier manuel curieux à l\u2019employé de bureau intéressé.Pendant que, penché sur le parapet de la terrasse Gray, je suivais d un œil distrait les rares bateaux qui L'ANTIQUITE EST UN TITRE DE NOBLESSE ZJoute famille qui peut retxacer âei ancètrei 250 ou 300 ans en arrière s\u2019impose au respect Les romanciers, pour nous présenter leurs plus remarquables héros, ne trouvent de meilleure formule que celle-ci : \"Sa famille remontait .au temps des Croisades\" .ou bien \"aux origines de la Normandie\" .ou bien, en termes généraux, \"aux temps les plus reculés\".Et si l'antiquité est, par elle-même et sans aucune addition, un titre de noblesse, elle l'est, à plus forte raison, lorsque, comme dans notre cas, cette antiquité s'enrichit en cours de route de nombreux faits glorieux, héroïques.Trente et un ans de recherches patientes et une immense documentation méthodiquement accumulée nous mettent en état de retracer vos ancêtres deux ou trois cents ans en arrière, soulignant tout ce qu'il y a de glorieux pour chacun d'eux.Avec documents authentiques à l'appui.INSTITUT GËNEALOGIQUB DROUIN \"Une oeuvre nationale digne de votre encouragement\u201d 4184, rue St-Denis .Montréal Immerse documentation méthodiquement accumulée.31 ans de recherches patientes.Généalogie de tout Canadien français, Franco-Américain ou Acadien.Ecrivez-nous pour renseignements et honoraires. VOLUMES INDISPENSABLES PRESENTE deux collections dirigées par Esdras MINVILLE directeur de l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales I\t\u2014BIBLIOTHEQUE ECONOMIQUE ET SOCIALE 1\t\u2014 INVITATION A L\u2019ETUDE par Esdras MINVILLE Essai de sociologie appliquée à la nation canadienne-française.La notion la plus juste du véritable nationalisme.(2e édition, 7e mille) 170 pages: $0.75 franco : $0.85 2\t\u2014L\u2019HOMME D\u2019AFFAIRES par Esdras MINVILLE Un étudiant doit le lire avant de s\u2019orienter dans la vie.Indispensable aux commerçants et industriels.II\t\u2014ETUDES SUR NOTRE MILIEU Directeur : Esdras MINVILLE 1\t- Notre milieu (relié seulement) 443 pages 2\t\u2014 L\u2019Agriculture (2e édition, 6e mille) 556 pages 3\t\u2014 Montréal économique (8e mille) 430 pages 4\t\u2014 La Forêt\t(5e mille) 414 pages Nécessaires à qui veut être bien renseigné sur son milieu de vie.Les 4 volumes reliés: $12.00 (franco: $12.50) Chacun :\t$1.50 (franco :\t$1.65) EN VENTE PARTOUT 3425, rue Saint-Denis Montréal, 18 - *HA 7228 FIDES FtDCS l'évolution du public en matière d'art 93 déchiraient l'ombre de leur lumière, je me répétais machinalement: nous sommes en 1944.Je le répétais avec d\u2019autant plus d\u2019insistance que je n'avais que ce mot à opposer à l\u2019image de l'homme que j'étais en 1939, et qui montait du passé, tellement différente de celle que j'offrais maintenant.Cette différence ne provenait pas du vieillissement de la personne, mais des constatations tellement éloignées faites sur la situation artistique par les mêmes personnes en 1939 et en 1944.Et je me rendis compte du long chemin parcouru non par la littérature elle-même, ou toute autre manifestation artistique, mais par l\u2019évolution du public à cet endroit.Ce qui était chapelle pour quelques moines en 39 prenait aujourd\u2019hui les proportions d'une église ouverte à tous les fidèles du Beau, c'est-à-dire toute la population composée en grande partie de gens d\u2019éducation moyenne.Les bancs ne sont pas tous remplis, mais nous entendons de temps à autre des claquements de porte qui laissent passer un catéchumène.Parlons surtout des livres puisque c'est dans ce domaine que le public a le plus évolué.Il y a quatre ans, les livres de nos écrivains se vendaient mal, nos rares maisons d\u2019édition prenaient un risque en éditant un volume qui sortait des cadres du manuel d'école ou de la littérature pieuse.S\u2019agissait-il de publier un roman ou un recueil de vers, on comptait sur 2,000 acheteurs tout au plus, et l'on misait sur les bons offices du Secrétaire de la Province et des économes des communautés pour écouler une bonne partie du tirage, ce qui explique un certain hermétisme dont font preuve la plupart des oeuvres littéraires d'avant-guerre éditées chez les rares maisons d\u2019édition du temps.Ces difficultés n'ont pas pour cela empêché des auteurs, dont chez les uns il faut admirer le courage et le goût du risque, et chez les autres, déplorer l'impré- 94 l'action nationale voyance et la naïveté, de publier à leurs frais leur bouquin au nom de maisons d'éditions imaginaires dont la raison sociale était enregistrée par le greffier des gloires d\u2019un jour.Et c est ainsi que nous avons vu tant de fils uniques chez une population pourtant genereuse.Par certains côtés, le public a peut-etre a se féliciter de ce que les maisons d édition aient ete si rares et si fermées.Elles ont évité aux deux ou trois mille fidèles de nos lettres des tuiles d écrivains sans talent, qui, voulant se tailler une place dans le fonctionnarisme, tenaient à faire un livre pour justifier leurs ambitions, ou encore, leur ont épargné les réminiscences sentimentales de professionnels à leur retraite que des lectures intensives incitaient à écrire les rêveries que les ambitions matrimoniales et financières de leur jeunesse les avaient empêchés de pondre a leur sortie de 1 université.Mais la question a un autre aspect.Combien de gens dont le talent n'avait besoin que de métier et d'encouragement, se sont lassés et se sont vus, à cause des exigences du pain quotidien, forcés de s engager dans des sentiers contraires à leurs dispositions.Et meme quand ceux-ci avaient le courage, quasiment 1 héroïsme, de braver toutes difficultés et de se contenter d\u2019écrire pour la postérité, encore leur fallait-il filer doux avec les amis du journalisme, quand ils n en étaient pas, afin d'obtenir un communiqué de presse qu on insérait un jour où les nouvelles se faisaient rares, près de la colonne des décès.Je dois exclure cependant les rares journaux qui consacraient une page à la littérature.Oui, ce n\u2019est pas si loin, et pourtant, ça se passait encore comme .ça en 1939.Quel chemin parcouru ! Nous comptons plusieurs maisons d édition, dont les unes se spécialisent dans la réédition des ouvrages des grands écrivains de France, et les autres, surgies depuis une couple d\u2019années seulement, dans la publication des l\u2019évolution du public en matière d\u2019art 95 ouvrages de nos jeunes écrivains et de ceux de 1930 qui n'ont pas perdu patience et voient enfin leurs efforts récompensés Des revues sont nées, dont la tenue artistique a suscité l\u2019admiration de tous.Seules sont restées celles qui sont patronnées par les maisons d\u2019édition qui s'en servent comme médium de publicité sans toutefois en altérer la valeur.Est-ce la guerre elle-même qui est la cause de cette évolution subite, ou la prospérité que le conflit a fait naître ?Le phénomène de la guerre a certainement eu un grand effet sur nos intellects, faisant naître une curiosité que la crise économique semblait garder stagnante De longues années, il paraissait que le monde n'en finirait pas d'être ennuyeux.Et tout à coup, la grande catastrophe.Une ruée générale vers les livres en est résultée, parce que là surtout on croyait voir résider la clé de l'énigme au séisme qui secouait l\u2019univers Le livre français, dont on avait plutôt négligé la diffusion chez nous, jusqu\u2019en 1940, prit un essor fantastique, les écrivains Français se voyant forcés de se tourner exclusivement vers les lecteurs de langue française hors de France.De là que nous ayons été littéralement envahis d'ouvrages de plus ou moins de valeur, provenant d'écrivains dont beaucoup avaient comme plus grand prestige leur origine européenne.Quand enfin, le lecteur moyen de chez nous, qui a du jugement, comprit que beaucoup de ces écrivains étrangers étaient des fumistes venus chercher fortune en Amérique, nos éditeurs adoptèrent comme politique de rééditer les chefs-d'œuvre de la littérature française, ce qui n\u2019était déjà pas si mal.La prospérité fait naître les initiatives et les concurrences.Des journalistes et des gens qui s'y connaissaient quelque peu en matière de livres comprirent que si la réédition avait du succès, elle n'aurait ce succès que le temps que la guerre durerait.Aussi, voyant les maisons établies 96 l'action nationale négliger les écrivains de chez nous pour mieux profiter de la manne apportée par la réédition, ces nouveaux venus dans le domaine prirent pour politique de lancer bon nombre des nôtres qui promettaient, les faisant profiter de l\u2019éclat apporté par les œuvres de grands écrivains dont les œuvres paraissaient aussi à l'enseigne de ces nouvelles maisons.Car une fois la guerre finie, le goût de lire et l\u2019éducation apprises par le public ne s\u2019arrêtant pas avec les batailles, les éditeurs qui se seront assuré les services d\u2019auteurs de chez nous pourront mieux faire face à la musique II faut féliciter ceux-ci de cette magnifique initiative qui permettra enfin à nos écrivains de se tailler une carrière dans les lettres et d\u2019écrire des œuvres sérieuses.Seront pratiquement éliminés par les premiers les dilettantes qui se permettaient un volume à seule fin d\u2019épater la parenté et les amis.Je rends cependant un hommage d\u2019autant plus sincère à ceux des rares aînés qui firent des œuvres de longue haleine avec une parfaite conscience d\u2019écrivain, à une époque où il était pratiquement impossible de faire de la littérature une raison de vivre.Ceci m\u2019amène à considérer l\u2019évolution du lecteur.Des quelque deux ou trois mille fidèles qu ils étaient il y a cinq ans, leur nombre s\u2019est accru jusqu'à quinze et peut-être vingt mille Le nombre des acheteurs n'a peut-être que doublé, quand le nombre de ceux qui lisent est cinq fois plus élevé aujourd\u2019hui, car malheureusement, si le public fait beaucoup plus de lectures, il n\u2019a cependant pas perdu l\u2019habitude d\u2019emprunter ses volumes au voisin Ne lui demandons pas tout à la fois.C'est quand on aura suscité chez notre population le désir de posséder une bibliothèque dans chaque foyer que les acheteurs de livres se feront plus nombreux.Comment voulez-vous que le lecteur pour qui la lecture est avant tout un passe-temps s'établisse un budget prévoyant 97 l'évolution du public en matière d'art l\u2019achat de livres, s\u2019il n'a pas cette ambition et cette douce satisfaction de garnir une bibliothèque qui lui appartienne ?Cette époque rêvée de la bibliothèque familiale dans la plupart de nos foyers est-elle éloignée ?J\u2019ai toutes sortes de raisons de croire que non Le mouvement qui porte instinctivement le grand public vers les manifestations de l\u2019esprit est trop fort pour ne pas y arriver.Notre radio-état et nos universités l'entretiennent et font tout pour 1 augmenter.Il est trop de symptômes de la transformation du public à cet égard pour en douter Ne voit-on pas dans les tramways, des personnes, surtout des jeunes, qui avant la guerre ne se préoccupaient que de sports, s étendre en discussions sur les articles de fond des journaux, apporter des idées personnelles à la mesure de leur formation ?Les réfutations sont souvent puériles, mais ce n\u2019est pas surtout ce qui compte L\u2019important, pour le moment, c\u2019est qu\u2019ils s'intéressent Le reste viendra par surcroît.Et comme ces journaux ont presque tous maintenant une page traitant des arts, critique littéraire, recensions, polémiques enlevees sur un ton souvent piquant, le lecteur étranger à ces sortes de sujets plisse le front, esquisse un petit sourire a la lecture de telle ou telle boutade, et v lan, le voilà qui relit la chronique littéraire de la semaine suivante, espérant retrouver la même signature dont 1 article lui avait fait trouver intéressantes des choses qu il ne connaissait même pas ou d\u2019une façon fort vague.Des titres de livres se gravent dans son esprit, qu'il identifie à 1 étalage des marchands de tabac, des magasins à chaîne, des librairies, qui sont devenus autant de bibliothèques ambulantes.Il lit des compte rendus de concert.Il a 1 occasion à toute heure du jour, dans le tramway surtout de voir, des pancartes annonçant 98 l\u2019action nationale des spectacles de qualité, tant d\u2019orchestres symphoniques que de chanteurs ou musiciens renommés.Et sa curiosité est d'autant plus piquée que la radio lui apporte beaucoup plus souvent qu' auparavant leur voix par les disques.Et que dire de l'évolution de notre public vis-à-vis la musique ?Jeunes et vieux ne manquent pas l'opéra du samedi après-midi, et ceux de notre génération qui en sont encore au stage du sofa, par couples, ne tournent plus le bouton lorsque l'Orchestre Symphonique de Montréal est au programme.Cet orchestre, dont nous pouvons être fiers, et à juste titre, de 1 éducation du public qu\u2019il a surtout cultivée chez les enfants par des représentations appropriées, se voit revenir une bonne part de ce progrès.Regardez les gens qui fréquentent nos salles de concert.Les billets s enlèvent.De nouvelles figures surgissent.Et ce sont les plus enthousiastes, les plus ravies.N'est-ce pas réconfortant ?Et que dire du théâtre ?On peut compter les troupes d'artistes qui ont fait vraiment du bon théâtre dans cette partie de notre histoire artistique qui s est déroulée sous les feux de la rampe.Les Compagnons de^ St-Laurent nous ont fait mieux goûter le grand théâtre.Ils ont imposé d'abord au public qu ils ont ensuite conquis à leur jeu, à leur art, des œuvres classiques qu'on croyait périmées.Ils veulent qu on les oublie comme interprètes, qu'on ne goûte que 1 œuvre qu ils jouent.Ils n'y parviennent pas, et leur incognito est responsable des questions multiples que des auditeurs enthousiasmés se posent à leur sujet.Ils ont mis à la mode, au théâtre, la probité artistique.Pierre Dagenais et son Équipe ont marché sur leurs traces, mais en gardant cependant la porte ouverte aux bravos des ovations pour les mérites individuels.Quelle conscience l'évolution du public en matière d'art 99 théâtrale chez ces acteurs, quel soin méticuleux et quel goût à préparer la mise en scène ! Tous les arts, à l'exception près de la sculpture, ont vu le grand public s'approcher d eux avec une curiosité et une sympathie inconnues jusqu'ici dans notre histoire Çue dire de la peinture de chevalet mise en valeur par diverses expositions ! Les polémiques entre les partisans de la peinture classique et de la peinture moderne ont intrigué le public profane qui est venu jeter un coup d'œil, s'est posé des questions, est revenu à la charge, et en a parlé le lendemain.Les plus fortunés achètent des peintures, et les moins cultivés savent le nom d'Alfred Pel 1 an.Les décorations d'intérieur connaissent aussi une plus grande vogue à cause des murs pleins de nos maisons modernes, car 1 on recourt beaucoup plus aux architectes dans la construction des maisons Que dire de l'essor pris par l'artisanat qui offre sa transition à un public qui demain appréciera l'œuvre d'art1 11 y a aussi les chapelles littéraires ou autres en matière d'art, contre lesquelles on vitupère beaucoup.Ne leur jetons pas la pierre Ne sont-elles pas 1 indice d'une religion ?Ces réflexions sur 1 évolution de notre public dans le domaine de l'art avaient fait oublier à mes yeux la splendeur du spectacle que m offrait le fleuve tache de lune.Je regardai nos montagnes au loin, et je pensai à la grandeur de mon pays, tout ce qu il renfermait de richesses et d'espoir N avais-je pas toutes les raisons du monde d'être heureux 1 Si nous sommes restés si français, si nous avons gardé intacte la culture française, à qui surtout le devons-nous ?Quels sont les responsables de 1 intégrité de notre 100 L ACTION NATIONALE culture ?J'ai évoqué bien des événements, découvert bien des causes, mais je n'en ai pas trouvé de plus coupables que les auteurs plus ou moins ignorés, plus ou moins connus, dont je venais de voir les œuvres à 1 exposition du livre de la Société des Écrivains Canadiens.Roger Lemelin.La voix des minorités -\u2014- t Lc^Pere P.-E.Breton, o.m.i.a publie, dans la Survivance, un magnifique^ plaidoyer en faveur des minorités, pour répondre à 1 opinion répandue en certains milieux qu'il vaudrait mieux pour les Canadiens français de se replier dans la province de Québec.Comme exemple, il apporte ce qui est en train de se passer au Nouveau-Brunswick : La réponse, les Acadiens du Nouveau-Brunswick nous la donnent d'une façon péremptoire : ils sont en voie de nous donner la deuxième province française du pays.Si Québec veut mettre fin aux « utopies » et faire en sorte que nous nous sentions chez nous partout », ce ne sera pas en se retirant dans sa « réserve », mais en demeurant un bloc solide, avec une vision nette et grande de sa destinée, et en travaillant chaque jour et sans relâche à réaliser sa mission.Les premiers et les vrais coupables de la situation déplorable où nous sommes ce sont nous-mêmes, c est-â-dire, vous, compatriotes du Québec.Divisions et subdivisions dans toutes les classes de notre groupe français, vision étroite et terre à terre, discussion de clocher, politique de ponts et de bouts de chemin, tout aura servi à vous tenir dans le marasme.Au lieu de blâmer la perte de quelques centaines de colons en partance pour l'Ouest, nos compatriotes devraient plutôt blâmer la perte de tant d'énergies, de fierté, d'esprit de conquête qui caractérisait les anciens.Cessons de nous bercer de phrases creuses, de faire de la critique qu'on dit ï constructive », de pérorer sur l'esprit canadien, l'unité nationale Parlons moins, agissons plus.Posons des actes qui comptent.A ce point de vue, les minorités, françaises, que certains croient vouées à la disparition, peuvent donner d'utiles leçons. L'hôtellerie et l\u2019artisanat L'hôtellerie, l'artisanat, le tourisme, trois facteurs puissants qui, réunis en faisceau, constituent un apport important à la prospérité économique de notre pays et à son développement artistique et national.S\u2019adressant à un groupe d'hôteliers et d'aubergistes de notre province rurale, le 2 octobre dernier, l\u2019honorable Paul Beaulieu, Ministre de l'Industrie et du Commerce, déclarait: « La prospérité vous attend après la guerre.Vous serez nos meilleurs ambassadeurs auprès des millions d'étrangers qui viendront non seulement des États-Unis, mais aussi de l\u2019Amérique latine où des millions de personnes sont anxieuses de venir connaître le vrai visage du Québec.Le tourisme sera une mine d\u2019or pour nous si nous savons l'exploiter sagement sans commettre d\u2019abus.Nous accueillerons ces voyageurs avec tous les égards qui leur sont dûs et tels qu\u2019ils ont le droit de s'y attendre dans notre province.» Mais comment attirer chez-nous ces étrangers ou ces Canadiens des autres provinces, en congé ?Dans son numéro de septembre-octobre, l\u2019Administrateur de l\u2019Association Professionnelle des Hôteliers de Province, M.Gérard Delage, écrivait: « Il y aura un facteur de grande importance à les attirer; ce sera de leur assurer une hospitalité qui ne laisse rien à désirer.La chose sera d\u2019autant plus facile, si on persiste à garder particulièrement au pays québécois le visage qui constitue son plus grand charme.» Dans le numéro de juillet-août, M.Delage dans un éditorial appuie: « Mais par quoi le voyageur aura-t-il été attiré ?Par l\u2019apparence propre et discrète de la bonne petite hôtellerie Ce ne seront pas les ours savants 102 l'action nationale ou les chiens à lunettes, ou encore les panneaux-réclames menteurs qui auront distrait son attention alors qu'il faisait du « 60 )) sur nos belles routes provinciales.Ce qui lui fera taire le moteur de son auto après un long parcours sera simplement I aspect reposant et champêtre d'une bonne auberge québécoise.» En mai-juin, le même auteur reprenait le thème et écrivait les lignes qui suivent: « L'artisanat est et sera toujours l'un des facteurs les plus susceptibles d'attirer « Chez nous )) les touristes des provinces voisines ou d'outre-quarante-cinquième.)) M.l'abbé Tessier, dont le rapport sur le tourisme a été reçu avec tant d'enthousiasme dans tous les milieux, déclare: «C'est par des différences ethniques et artistiques qu'un peuple attire les visiteurs.» Dans son volume d\u2019une si belle facture, « Artisans de Québec )), Jean-Marie Gauvreau, Directeur de l'École du Meuble, affirmait : « L'artisanat rural n\u2019est pas un luxe mais bien une nécessité de premier plan.» Au cours des quelques dernières années, plusieurs éminentes personnalités du monde politique et économique de notre pays ont confirmé par des déclarations aussi nettes et aussi précises ces affirmations de gens de chez nous.Hôtellerie et artisanat Comment unir ces deux manifestations de la vie sociale et artistique de notre Québec rural ?Comment assurer la collaboration de ces deux facteurs au bénéfice de l'un et de l'autre, et par suite au profit de la communauté ?Monseigneur Ira Bourassa, curé à la Cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke, prononçait à l'occasion du congrès régional des membres de l'Association Professionnelle des Hôteliers de la Province, un discours remarquable au cours duquel il dit ceci: « Il (le clergé) comprend que votre profession en est une de haute impôt- LHOTELUHUE HT L ARTISANAT 103 tance pour la société, il en comprend aussi toute la dignité.Le clergé plus que toute autre classe de la société vous comprend et il veut vous aider dans l'accomplissement de la tâche qui est la vôtre, tâche compliquée mais qui se résume à un magnifique rôle social quand on la comprend.)) Rôle important pour la société, tâche sociale, l'hôtelier et l'aubergiste de chez nous ont conscience de toutes leurs responsabilités et si parfois ils ont faibli dans leurs méthodes ou manqué à leur milieu ce n'était et ce n\u2019est pas par malhonnêteté mais bien parce que laissés à leurs seuls moyens, sans chefs et sans directives, ils ont cherché dans l'imitation, la formule qui semblait leur paraître la plus apte à leur attirer la clientèle.\u2014 Notre aubergiste et notre hôtelier de province entouré de sa famille a subi tout le choc d'une industrie laissée à ses propres moyens, moyens bien rudimentaires, au moment où les exigences d'un tourisme accéléré taxaient sa compétence technique à son maximum.Nos gens ont tenu le coup avec leur bonne humeur coutumière, leur cordialité, leur empressement amical à voir au confort de leurs clients de passage.Instinctivement ils se sont souvenus que, pour le voyageur qui passe, 1 hôtelier et 1 aubergiste interprètent les traditions d'hospitalité, de courtoisie de notre Province, de leur région, de leur paroisse même.Ils en personnifient le caractère ethnique.A cet hôte type il faudrait donner un cadre qui en accuse les caractéristiques, lui créer une ambiance où 1 étranger se reposerait, dans un monde nouveau pour lui, entouré d'un confort véritable, fait de méthodes anciennes, modelées avec goût et tact, sur nos habitudes modernes.Ce milieu, cette ambiance ne peuvent être évoqués que par le bâton magique de notre artisanat.Artisans 104\tl'action nationale de toutes classes, de toutes spécialités, y inclus les rares Canadiens et Canadiennes qui ont conservé jalousement les meilleures traditions de notre cuisine provinciale.Artisans du jouet, malheureusement trop peu nombreux et ignorés par nos écoles d'artisanat et d'art domestique.Industrie importante du point de vue économique puisque, en 1938, elle se chiffrait à trois millions et demi, dont la majeure part était monopolisée par les comptoirs des pays étrangers spécialisés dans la fabrication de ces joujoux qui amusent tant nos enfants.La guerre mondiale ayant fermé nos frontières aux importations étrangères ou suspendu les moyens de transport, ces sommes qui passaient à l'étranger sont restées au Canada et, avec l'augmentation du pouvoir d'achat de notre population, ce chiffre de trois millions et demi a dû presque doubler.Qu'avons-nous fait ?Rien, et moins que rien puisque les quelques artisans qui se sont lancés dans ce nouveau domaine n'ont pu répondre à la demande et ont produit de la camelote qui n'a certainement pas relevé la renommée artistique et culturelle de notre Province.Pendant ce temps la Colombie canadienne et l\u2019Ontario, tirant parti des circonstances, lançaient sur le marché canadien, y compris notre Province, des jouets assez bien confectionnés, en tout cas présentant une apparence assez convenable.Encore une fois nous avons laissé passer une occasion splendide de créer chez nous une industrie nouvelle et fort lucrative pour notre population rurale, non pas faute de capitaux ou d'initiative, mais bien par l'absence de directives.Aubergiste et artisan \u2014 artistes tous deux, l'un de l\u2019hospitalité et l'autre de la matière;\u2014l\u2019un d'un milieu et l'autre des aspirations spirituelles, des traditions et des légendes locales, de la culture, des coutumes, des L HOTELLERIE ET L ARTISANAT 105 habitudes de ceux qui partagent sa vie quotidienne.Artistes primitifs, mais artistes sincères.Puisque tous deux, chacun dans son domaine, hôtelier et artisan, sont l'expression du milieu où ils évoluent, où ils sont nés, où ils ont vécu, quoi de plus naturel qu'ils s\u2019entr\u2019aident, puisque tous deux représentent l'essence des êtres et des choses qui les entourent, l\u2019un par sa personnalité et le milieu qu'il a créé, l'autre par ses apports à ce milieu.N\u2019avons-nous pas d\u2019ailleurs dans la Province de Québec, des exemples frappants de cette collaboration intime entre l'aubergiste et l\u2019artisan, à Saint-Jean-Port-Joli, à Beauport, à Cap Santé et ailleurs ?L\u2019initiative de certains de nos hôteliers et aubergistes a poussé plus loin le souci du pittoresque en bâtissant de charmants villages touristiques, qui sont le reflet de nos paroisses Pour n'en citer qu\u2019un, celui de M.Ernest Guité à Percé dont M.l\u2019Abbé Tessier décrivait ainsi le charme: « Ce délicieux village touristique, juché au sommet d\u2019un pic dominant la mer et la ville pittoresque de Percé, a réuni là toutes les conditions énumérées par Olivar Asselin: beauté du site, originalité de l'architecture, du meublier, de la décoration; saveur et variété de la cuisine audacieusement régionale et canadienne.C\u2019est ce que nous avons de plus typique et de plus réussi dans le genre d'hôtellerie touristique.)) \u2014 exemple qui pourrait être répété sous une direction intelligente et compétente.M.Denis Baril, autrefois directeur général du tourisme pour la Province de Québec, suggérait, dans un de ses rapports, de franciser la physionomie de l'hôtellerie.La suggestion est excellente mais ne serait-il pas préférable d'accentuer le caractère ethnique d\u2019un peuple, façonné au cours de plusieurs siècles par tous les éléments naturels, économiques, sociaux d\u2019un milieu neuf ?\u2014 106 L ACTION NATIONALE Je soumets qu'il serait de bonne politique à tous points de vue d\u2019accentuer les contrastes qui nous distinguent des autres peuples en faisant revivre dans l\u2019apparence et l'aménagement de nos hôtelleries et auberges le meilleur de notre architecture, en devisant des enseignes où l\u2019humour s'unirait à l'histoire, en meublant leur intérieur de meubles de « chez nous )) posés sur des tapis tissés dans nos campagnes, où jouerait la lumière de notre ciel tamisée par des rideaux et encadrée par des tentures confectionnées par l'artisan local.Je vois accrochés aux murs des tableaux de nos peintres du terroir; sur les étagères, sur la cheminée, des œuvres des Bourgault, des Arbour, des Soucy et des autres.Sur les tablettes d\u2019une montre attrayante adossée au mur, tout près du comptoir de réception, seraient exposés, bien en vue, les meilleurs travaux des artisans de la localité.Dans le foyer de la petite hôtellerie ou dans 1 auberge, je vois des comptoirs remplis de tapis crochetés, de sculptures sur bois, enfin de mille et une choses que les doigts habiles et l'imagination féconde des nôtres peuvent concevoir et réaliser.L\u2019hôtelier et l\u2019aubergiste, patrons enthousiastes de l\u2019artisanat local, en seraient aussi les commanditaires.L\u2019aubergiste ou l\u2019hôtellerie du village ou de nos petites villes rurales redeviendrait le centre d une vie sociale tout empreinte de nos légendes, de nos fêtes, de nos anniversaires historiques, de tout notre folklore \u2014 Nous nous pencherions vers le passé pour y puiser le courage de faire face à l\u2019avenir L\u2019hôte de nos auberges, de nos hôtelleries serait l'hôte des siens et continuerait nos traditions de cordialité et d'hospitalité.\u2014 Il recevrait non seulement l\u2019étranger mais aussi ceux de notre Province, et chaque l'hôtellerie et l'artisanat 107 région apporterait à l'ensemble le charme de ses coutumes, de son artisanat, de son folklore.Dans une entrevue rapportée dans « Le Devoir )) du 4 février 1938, le célèbre artiste canadien-français Clarence Gagnon émettait une suggestion qu'il faudrait populariser à travers toute la province: «On pourrait, à mon avis, multiplier les fêtes nationales afin de multiplier les occasions de créer du pittoresque.Nous avons déjà la fête de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin; il en faudrait d'autres De la mi-juin à la mi-septembre, toute la série de festivals, de concours artistiques \u2014 théâtre, peinture, danses, expositions\u2014, des fêtes champêtres comme la bénédiction des moissons, Faction de grâces, devraient se dérouler » Un exemplaire frappant de ce que la collaboration de l'aubergiste et de l'artisan peut attirer de touristes et de prospérité à un village, à une paroisse ou à une municipalité rurale nous vient de l'État de Virginie, à Williamsburg Cette petite ville du sud des États-Unis, qui sommeillait sous le soleil depuis la guerre civile, auréolée d'un passé riche en faits historiques, qui vivait encore du souvenir des élégantes calèches qui, le soir des grands bals, s\u2019arrêtaient sous les colonnades des manoirs aristocratiques, se vit soudain secouée de sa torpeur et vit renaître ses plus beaux jours.C'est qu'un jeune pasteur nouvellement arrivé avait découvert dans ce milieu antique un capital latent qui ne demandait qu'à être exploité au bénéfice de toute une population Le pasteur de la vieille église anglicane de Brunton fit des recherches.prépara un projet qu\u2019il soumit bientôt au multimillionnaire John D.Rockefeller.11 ne s'agissait de rien moins que de rebâtir toute la petite ville, d'en rafraîchir les monuments historiques et de faire revivre, même dans la vie quotidienne, les coutumes d'antan.Toute la vie sociale de Williamsburg il y a cent ans: vêtements, cou- 108 L ACTION NATIONALE tûmes, arts, habitudes, occupations, fut recréée dans cette atmosphère d'autrefois John Rockefeller investit $16,000,000 00.Aujourd'hui encore et pour longtemps, nous dit-on, le touriste qui passe côtoie les dames en crinolines et les « gentlemen )) en pantalon de nankin.L\u2019étranger qui passe est transporté dans le passé, alors que les États-Unis étaient sous la domination anglaise, et c'est peut-être le seul endroit de ce pays où, sur l\u2019hôtel de ville, on arbore le pavillon britannique.Savez-vous ce que cette renaissance a apporté à Williamsburg en plus d'une renommée internationale ?des millions ! Et en 1940, les quelques dirigeants de l'endroit formaient une association pour construire un hôtel d'un million de dollars.Voilà ce qu'au point de vue monétaire peut valoir le passé ! Si à l\u2019aspect financier on adjoint les considérations morales, spirituelles, artistiques et nationales, on verra que dans Québec nous avons tout à y gagner.A cet exemple il ne me reste plus qu\u2019à ajouter les conclusions que tirait l'auteur d\u2019un rapport au Ministère de l\u2019Industrie et du Commerce, sur l'artisanat canadien, publié en 1940:\t« L\u2019arti- sanat est un facteur économique et culturel de grande importance.Il faudra lui faire éviter toute concurrence avec les articles confectionnés en séries, mais chercher plutôt à développer les caractéristiques particulières à chaque individu et en assurer l'exécution sur un niveau élevé.)) De toutes les preuves apportées à la nécessité de faire collaborer intimement l'hôtellerie et l\u2019artisanat, il ne faudrait pas déduire que l'hôtellerie et l\u2019auberge devraient restreindre leurs activités au rythme des progrès de l\u2019artisanat.Mais nous pouvons admettre, sans craindre d'être contredits, que l'usage des produits de notre artisanat dans l\u2019ameublement et l\u2019aménagement de nos hôtelleries et de nos auberges leur conférerait l'hôtellerie ET l'ARTISANAT 109 un charme spécial qui serait un nouvel attrait pour le touriste canadien ou étranger et une invite à nous revenir plus souvent.De plus, puisque l'après-guerre nous réserve un mouvement de population considérable d\u2019une province à l'autre, ceux de nos compatriotes canadiens qui viendront chez-nous nous connaîtront mieux et qui sait, peut-être que les nôtres même qui ignoraient les richesses de leur province apprendront à la mieux connaître, à l\u2019aimer davantage.Mais pour arriver à ce régime idéal, à cette union qui se traduira par une prospérité de bon augure dans nos communautés rurales, que faudra-t-il faire ?A notre avis, il faudrait procéder par étapes.Au début, nos autorités provinciales, qui d\u2019ailleurs ont déjà exprimé, par la voix du ministre de l\u2019Industrie et du Commerce, leur désir de collaborer avec toutes les associations qui sont intéressées à la prospérité de notre province, devraient nommer ou plutôt faire revivre la Commission d'Enquête sur le Tourisme, avec la tâche toute spéciale d'étudier à fond les besoins de 1'hôtellerie locale et des services publics avec lesquels le touriste vient en contact Deuxièmement.\u2014 Fonder une école d\u2019hôtellerie affiliée à nos deux universités et placée sous la direction de compétences reconnues, une sorte d\u2019école des Hautes Etudes pour la formation de nos jeunes gens qui seront appelés à des postes de commande et où l\u2019office de l'hôtellerie provinciale pourrait recruter ses inspecteurs.A cette même école, un cours de perfectionnement postscolaire, sous forme de causeries ou de conférences serait particulièrement destiné à nos chefs d\u2019industrie.Nous en arriverons peut-être ainsi à la formule idéale selon laquelle seule la compétence d\u2019un homme est mise en ligne de compte soit pour une nomination, soit pour une promotion.Y annexer des écoles régionales où seulement le 110 l'action nationale personnel secondaire serait instruit non seulement de ses devoirs, mais où il recevrait également une formation professionnelle spécialisée.Aux autorités de cette école serait confié le soin d'établir une certaine norme en ce qui regarde le choix du site de nos hôtelleries et auberges, leur architecture et agencement, en tenant compte des besoins de la population, des exigences touristiques et des caractéristiques régionales.Troisièmement.\u2014 Encourager les initiatives privées qui depuis plusieurs années déjà ont apporté leur collaboration intelligente et pratique à toutes les initiatives de bon aloi suscitées par les besoins et les exigences de l\u2019industrie de l'hôtellerie et des commerces annexes Quatrièmement: Qu\u2019une liaison plus étroite soit inaugurée et encouragée entre l\u2019office du tourisme, l\u2019artisanat et l'hôtellerie afin d'amener nos aubergistes, nos hôteliers, nos restaurateurs à comprendre que dans leur intérêt, leur établissement doit refléter les caractéristiques de leur milieu Que l'artisanat soit encouragé et progresse dans toute la mesure de ses moyens, afin de répondre à la demande créée par les débouchés que lui procure l\u2019industrie hôtelière.Cinquièmement.\u2014 Que l'office du tourisme, de l\u2019hôtellerie et de l\u2019artisanat, encourage toutes les initiatives tendant à faire revivre notre folklore car c'est à cette source que nos artisans puisent ou devraient normalement puiser leur inspiration.En dernier lieu, mener une campagne de propagande non seulement à l\u2019étranger, mais également dans notre province, afin de faire comprendre à nos gens qu\u2019ils se doivent de mériter les éloges qu\u2019on leur décerne.En fin de compte, une industrie qui de 1913 à 1938 a grandi de $340,000.00 à $73,000,000.00 pour la seule province de Québec, vaut bien qu\u2019on y porte une atten- l'hôtellerie et l artisanat 111 tion toute spéciale et qu'on en étudie tous les aspects, et toutes les répercussions sociales, intellectuelles et nationales Henri Gonthier.Chez les Acadiens du N.-B.D'un article très élaboré de M.Léandre LeGresley, dans ÏÉvan-léline nous extrayons ce passage sur la question urgente là-bas, d'une\u2019 plus équitable redistribution des sieges a 1 Assemblée legis- latiV£: Nous comptons probablement, à l'heure actuelle un peu plus de 37% de la population totale de la province.Notre représentation à Frédéricton devrait donc etre d au moins 17 députés sur un total de 48.Nous en avons neuf !.et cela, par suite d'un vieux système électoral qui ne tient pas co\"JP^ de l'augmentation de la population depuis des années Nous avons actuellement des députés qui représentent seu'e™ent de auatre à cinq mille électeurs, alors que nos deputes de Gloucester, du Madawaska, et de Restigouche, en représentent de douze à seize mille.Dans certains pays, 1 on appelerait cela de la dictature, et une injustice criante ! Nous devrions avoir trois ou quatre ministres sur un total de dix à Frédéricton, et nous n en avons que deux \u2014 dont l un est ministre sans portefeuille\t,.\t.\t-il fallait M.McNair, lors de la dernière session, disait qu il fallait attendre après la guerre pour voir à la question de redistribution des sièges électoraux.C'est un pretexte bien connu pour remettre à pfus tard .toujours à plus tard.1 tient à suivre 1 exemple du fédéral, mais n'oublions pas que celui-ci, d apres la consti tution même du pays, voit à une redistribution gene\t.les dix ans Nous ne voyons pas en quoi une redistribution peut nuire à l'effort de guerre, si ce changement doit se faire sur une base non-politique (non-partisan footing), surtout province qui ne compte presque aucune industne de guemr Faire ce changement absolument démocratique serait montre à nos soldats et aux contribuables que nous avons la justice chez nous avant d'envoyer des militaires à plus de 5,000 milles l'imposer aux autres pays. De I immoralité de la conscription II La conscription et la personne humaine 1.Les prétentions à l'existence d'une base morale ou droit de conscription Ceux qui admettent le droit de conscription l'appuient sur les considérations morales suivantes: «La principale fin de l'État, la raison même de son existence, c'est le bien commun des citoyens.On ne saurait concevoir qu'il puisse se maintenir et s'acquitter de sa fonction essentielle sans disposer du droit de conscrire la richesse et les services de ses citoyens, selon la capacité de chacun, et cela en temps de paix comme en temps de guerre et dans la mesure où le bien public l'exige.« Par suite, quand 1 État appelle ses citoyens aux armes dans une guerre de défense juste, ou en vue de préparer une telle guerre \u201c agiE dans la Plénitude de sa capacité et dans les limites de ses droits stricts.11 ne fait qu\u2019exercer la prérogative naturelle qui lui revient de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une defense justifiée ou rendue même obligatoire.A ce droit de l'État d'agir correspond le devoir du citoyen d'obéir.Celui-ci n'est plus alors libre de choisir si oui ou non il servira dans les forces armées de son pays 1.» Trois mots à surveiller Notons les mots d'une façon précise: à cause du droit de l'État a existence, il est aussi investi « du droit de conscrire la richesse et les services de ses citoyens ».Et voilà: grâce à ces trois mots en apparence inoffensifs et, en réalité, ambigus, « et les services », la conscription devient moralement acceptable.Là réside son fondement moral.Est-il vraiment solide?Si 1 on prend ces mots, et les services, tels quels \u2014 dans leur sens formel, comme disent les philosophes \u2014 nous ne contesterons pas pour le moment les conclusions: un État, concéderons-nous, jouit en venté « du droit de conscrire la richesse et les services de ses , L The Morality of Conscientious Objection to War, p.25 Rapport \u201c\u201c a ,nt'maES3 LA CONSCRIPTION ET LA PERSONNE HUMAINE 113 citoyens* 1 ».En dépit des apparences toutefois, ce n'est pas là une description exacte de ce qu est le service militaire obligatoire, et par suite ce n'est pas non plus une bonne justification 2.Quand un État conscrit des soldats, il fait bien plus, en réalité, que demander ce qui lui appartient ; il revendique des droits à bien plus que la richesse et les services de ses citoyens.Même pour la conscription de la propriété, il y a des limites à l'autorité de l'État, des frontières au delà desquelles il ne doit pas aller.Si la conscription des richesses, par exemple, équivaut à dénier le droit de propriété privée; s'il absorbe la totalité des richesses de la nation, comme le fait le communisme, il va certainement au delà de ce qu'autorise la justice « Toujours, en effet, doivent rester intacts le droit naturel de propriété et celui de léguer ses biens par voie d'hérédité; ce sont-là des droits que l'autorité publique ne peut abolir, car l'homme est antérieur à l'État et la société domestique a sur la société civile une priorité logique et une priorité réelle.» Aussi le prudent pontife qui parlait ainsi (Léon XIII, dans son encyclique Rerum Novarum que Pie XI cite), avait déjà, à ce moment, déclaré illégale l'action de l'État qui épuise les moyens des individus par des taxes et impôts abusifs.« Ce n'est pas des lois humaines, mais de la nature qu'émane le droit de propriété individuel ; l'autorité publique ne peut donc l'abolir; tout ce quelle peut c\u2019est en tempérer l'usage et le concilier avec le bien commun3.» Y a-t-il des limites à la conscription des services ?S\u2019il existe des limites aux droits de conscription de l'État sur les biens impersonnels, que faut-il dire du droit de conscrire les services personnels ?Supposons que les exigences de l\u2019État équivalent à l'abandon de la personnalité humaine; supposons que l'État traite 1\tNous le concédons pour les fins de l'argumentation, sans toutefois en accepter par là la vérité \u2014 dato non concesso, ainsi que diraient les scolastiques Cela peut être concédé ici sans atténuer la force de l'argument principal.Toutefois, si les principes de la démocratie contiennent quelques parcelles de vérité, pareille concession pourrait bien être trop généreuse Nous reviendrons sur ce sujet de la conscription et de la démocratie dans un troisième article.2\tEn d'autres termes, la conclusion n'est plus vraie si l\u2019on entend les mots dans un sens plus lâche, plus large \u2014 dans le sens matériel.C'est dans ce sens matériel qu'il faut l'entendre et que devraient le prendre les défenseurs de la conscription.3\tPie XI, Quadragesimo Anno. 114 l'action nationale ses citoyens comme de simples créatures de l'État \u2014 reste-t-il dans ses droits ?Certainement non ! Pourtant c\u2019est bien ce qu\u2019implique le service militaire universel et obligatoire.11 absorbe complètement la vie du citoyen et par là viole sa personnalité la plus intime.Voilà le mal qui condamne la conscription; le mal qui connaît de notre temps sa pleine efflorescence.2, L'individu et lo personne L\u2019homme étant composé d\u2019un corps et d\u2019une âme, on peut le considérer soit dans la vie de son corps, c'est-à-dire en tant qu'in-dividu, soit dans la vie de son âme, c\u2019est-à-dire en tant que personne.Si on le regarde en tant qu'individu, ce sont surtout les éléments matériels que l'on voit: la vie de son corps et son travail, son activité physique, économique et sociale.De ce point de vue, il est une partie de la communauté et reste sous l'autorité de l'État.L'État, dont l'objet est d\u2019assurer le bien-être temporel des citoyens, a par suite un pouvoir d'action (avec des limites toujours) sur cette activité temporelle et les prises de possession qui en découlent.Mais l'homme n'est pas seulement un individu, une unité matérielle dans l'État.Il est aussi une personne, une substance rationnelle et spirituelle, un agent complet, libre et responsable de droit.En tant que personne, il ne constitue pas une partie de l'État; il constitue lui-même un tout, un univers, indépendant de l\u2019État et au dessus de lui.«.Pour Saint Thomas, l'individu en tant que tel est une partie .Pour saint Thomas, d'autre part, l'idée de personnalité en tant que telle implique l'indépendance propre à un tout.1 » 1 Jacques Maritain, Three Reformers, p.195, Scribners, 1929.Pour un développement de cette distinction entre individu et personne, lire aussi les pages 14 à 28 et les notes de ce même ouvrage de Maritain.(Note du traducteur: Le traducteur s'excuse auprès des lecteurs de citer ici l'édition anglaise d'un ouvrage publié en français sous le titre Trois réformateurs, Plon, 1925.C\u2019est que l'auteur semble avoir procédé à un remaniement du texte à l'occasion de cette traduction.Nulle part on ne retrouve, à l'édition française, de texte comparable à celui qui est ici cité; et les références que fournit la présente note ne correspondent à rien de précis dans l\u2019édition française).Voir aussi Les droits de l'homme et la loi naturelle, Éditions de la Maison française, New York, 1942.L'on prendra note qu'en citant ces textes, l'auteur du présent article ne prétend nullement suggérer que M.Maritain en approuve les conclusions En fait, Maritain pense différemment.Mais en matières de principe, il nous fournit un exposé solide, sûr et objectif qui a servi ici en tant que tel. LA CONSCRIPTION ET LA PERSONNE HUMAINE 115 La destinée surnaturelle avant tout Aussi le Docteur angélique enseigne-t-il que « 1 homme n est pas ordonné à la société politique selon lui-même tout entier et selon tout ce qui est en lui1 ».« La personne est ce qu'il y a de plus parfait dans toute la nature2 3 ».En conséquence, l'homme étant considéré comme une personne, la société existe pour le servir .11 en est ainsi, naturellement, parce que la personne humaine est spirituelle et, par suite, supérieure à n'importe quel intérêt matériel.Mais pas seulement pour cela, et cette seule raison ne suffirait pas, du moins en pratique, à empêcher que l'État n'absorbe 1 homme.Il y a en plus la fin surnaturelle de la personne humaine; et comme le ciel s'élève au-dessus de la terre, la destinée surnaturelle de l'homme l'exalte au delà des intérêts terrestres et de la fin temporelle de l'État.La réponse de Pierre La personne « peut être considérée soit sous l\u2019aspect formel d'une partie de la cité ou sous l'aspect formel d'un être destiné à retourner à Dieu: dans le premier cas son bien propre s identifie avec celui de la société; dans le second, c'est ce bien commun temporel qui doit s'ordonner à ses intérêts spirituels et étemels.4 » En tant que personne l'homme est destiné à s unir à Dieu d une façon immédiate.C'est pourquoi saint Thomas dit qu en certaines matières \u2014 i.e., de celles qui pénètrent dans le temple sacré de sa 1\tI-II, 21, 4 ad 3: n Homo non ordinatur ad communilatem politicam secundum omnia sua ».2\tI, 29, 3.3\tCf Pie XI, Divini Redemploris: «.car la société est faite pour l'homme et non l'homme pour la société » (Edition de 1 Ecole Sociale Populaire, p.13).Bien entendu, il importe de comprendre exactement cette affirmation \u2014 selon les explications qu en donne le Pape.Ce n\u2019est pas une justification de 1 anarchie.S applique également à notre sujet, le passage suivant: « Ce dernier but de la société » (rapprocher 1 homme de la perfection divine) ur assurer, par exemple, le maintien de ses services sociaux de toutes sortes à la famille, le développement de son service de gardes-malades à domicile, la réhabilitation et l\u2019orientation professionnelle de ses protégés des refuges de jour, les consultations légales gratuites aux familles pauvres, le fonctionnement de ses cliniques psychiatriques, l\u2019organisation des loisirs et la réhabilitation des invalides .Quant à l\u2019objectif proprement dit, il est à pieine suffisant pour rencontrer les besoins des œuvres anciennes CHRONIQUES 161 déjà affiliées à la Fédération ou aidées par elle, et secourir des oeuvres nouvelles telles que l\u2019Aide aux Prisonniers, le Camp Boscoville, la Colonie Notre-Dame, la nouvelle Colonie pour fillettes, la Maison Ste-Agnès, l'Oeuvre des Terrains de Jeux et la Colonie Les Bosquets.Les lecteurs de L'Action Nationale se recrutent parmi la classe dirigeante de la société, et il est superflu de leur rappeler le devoir de la charité qui s'impose à eux particulièrement; Notre-Seigneur lui-même ne leur a-t-il pas indiqué la voie en disant, dans son Évangile : « Celui qui commande se fera le serviteur des autres, comme je le fais, moi qui suis venu non pour me faire servir mais pour servir.)) Le mol d'ordre pour cette année n'est pas tant de verser son aumône coutumière, que de doubler, de tripler si possible sa souscription afin de permettre à la Fédération d'obtenir le million de dollars.Un tel résultat est certes possible, si l\u2019on tient compte que la Fédération canadienne-française doit aider 70 pour cent des nécessiteux de la métropole avec un budget inférieur à $700,000, alors que les fédérations de nos concitoyens de langue anglaise ou hébraïque disposent d un budget annuel d'un million et demi de dollars pour soutenir à peine 30 pour cent de la population nécessiteuse.La majorité canadienne-française, en faisant en sorte que notre Fédération éclipse, le mois prochain, tous ses records précédents, remplira donc non seulement son devoir humanitaire envers les pauvres, les malades, les infirmes, les enfants sous-alimentés, les jeunes gens et jeunes filles sans protection, mais elle maintiendra bien haut la réputation proverbiale de générosité de la race dont elle est issue et dont elle se glorifie justement. OFFREZ-VOUS ET OFFREZ A VOS AMIS UN ABONNEMENT A LA REVUE Amérique Française 0 le meilleur périodique du genre au Canada français 0 paraît au début de chaque mois, douze mois par année 0 chaque livraison compte 80 pages et contient des articles, des contes, de la poésie, des chroniques et de nombreuses informations littéraires et artistiques.\u2022 L'ABONNEMENT EST DE $3.50 PAR ANNEE « REVUE MENSUELLE AMÉRIQUE FRANÇAISE est éditée par la SOCIÉTÉ DES ÉDITIONS PASCAL 60 ouest, rue St-Jacques (802)\t- Montréal LANGAGE DE CHIFFRES \u2022V Actif 1939 $154,349 1940 $171,988 1941 $212,695 1942 $456,584 1943 $723,288 VERITABLE REVEIL NATIONAL LA LAURENTIEHNE ASSURANCE-VIE Siège social : Lévis, P.Q.VII H 37 ANS de service consciencieux René DUPONT \u2014 président J.-H.DESCHENES \u2014 vice-président Jacques DUPONT \u2014 secrétaire-trésorier OUI MEUBLEZ VOTRE MAISON CHEZ 4020 1ST, STI-CATHIRINi \u2022 AM 2111 COIN IONNI O ' A fi C - PfilS filVO fil* IX Téltphcn.: AMhtnt 2111 Till Lorsqu\u2019il s\u2019agit «es pro«uits de l\u2019érable \u2014 Erigez toujours la meilleure qualité \u2014 La marque \u201cCitadelle\u201d est la meilleure.1 0 0 % PURE Sirop d\u2019érable \u201cCitadelle\u201d \u2022 Sucre d\u2019érable granulé \u201cCitadelle\u201d \u2022 Sucre d\u2019érable \u201cCitadelle\u201d \u2022 Beurre d\u2019érable \u201cCitadelle\u201d.Ces produits sont en vente chez tous les bons épiciers.Les Producteurs de Sucre d\u2019Erable du Québec BUREAU CHEF : 5, Avenue Bégin, Lévis, Québec FOUR VOS FOURRURES\t si vous\tcherchez Qualité, Elégance n\u2019hésitez pas, voyez\t BLEAU\t4.ROUSSEAU J.-T.BLEAU\tANT.ROUSSEAU\tJ.-A.MASSON 3852 St-Denis\t5004 Sherbrooke 0.HA.8433\tDE.4482 Avec les hommages de VOLCANO LIMITEE (Chalifoux & FHs Limitée) manufacturiers de Foyers Mécaniques, bouilloires, fournaises et réchauds * Usine .ÎT-HYACINTHE, P.Q.\u2022 Administration et vente ' \u2014 1106 Côte Beaver Hail, MONTREAL, P.Q.« Wilfrid Girauarrf, vice-président et gérant général.\u2014.Ill.\t.IX COMPAGNIE DE BISCUITS STUART Liée BISCUITS \u2014 GATEAUX \u2014 TARTES Alfred ALLARD, président et gérant gén.235 Laurier ouest Marcel ALLARD, chef à ia production.Montréal LE JOURNAL DES GENS QUI PENSENT DEVOIR Lisez Voyez l\u2019annonce de \"LA SAUVEGARDE\u201d à l\u2019endos de cette revue et pour vous assurer appelez J.-H.LANCEVIN, C.C.S.Assureur Conseil Gérant Division Langevin Bureau : HA.7223\tRés.: AT.4810 SONT LES MEILLEURS \u2014 EXIGEZ-LES Les cafés et confitures de LIMITEE X isaei ifflRM: \u2022usai BKnrvaBlfi HfeKSSiV ¦nir^in miv'iii! BBOŒBI i'jni ' .nWMM ¦fflHMI 41.0.8.-Jacques, Montréal.HA.3291 'i&M .SOCIETE
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