Le canadien, 15 juillet 1840, mercredi 15 juillet 1840
[" VOL.*1.QUEBEC.C0Nl>m05S DS CB J O U SH SALE CANADIEN se foi* par semaine.I» LUNDI, te MEK-CRED1 et le VENDREDI tf«n» i\u2019»-prée-midi.Le prix de PatxHmement cal de quatre piastre# par année, outre les fiais de poste.Ceux ou* veulent discontinuer, sont obligés d en donner avis un mois avant l\u2019expiration du terme de l\u2019abonnement, qui est de six mois, et payer leurs arrérages, autrement ils seront censés continuer un autre semestre.Les lettres, paquets argent, correspondances, te.doivent être adressés francs de port, d l merie, au Bureau du Journal, N .b, Rue Lamontagne, Basse-Ville.MELANGES.Une vengeance d\u2019Ali-PAciia.(SUITE ET FIN.) Quant à AU, U suivait avidement des yeux cette longue colonne qui s\u2019approchait de lui, se tordant selon les replia du ravin oü elle était engagée, et dont lee vêtements, tout bordés d\u2019or, seintillalsnt au soleil comme les écailles d\u2019un trwmon»» serpent A mesure qu\u2019elle approchait, ses yeux Erenaient une expression do douceur étrange- S\u2019étudiait* A les tromper, ou Ia Joie ae sa fentence prête A s\u2019ac-complir donnait-elle cette expreasion décevante à son visa «e { C'eut ce que ne pouvait dire celui qui le voyait pour la première foie ; nuis U en était ainsi, et encore inhabitué A cette dissiniulalipn profonde de l\u2019orient, je ne pouvais croire que le pacha nourrit les mômes pensées de meurtre avec lesquelles il était parti.Enfin, voyant U tète de la colonne de Ç&rdikiotes s'approclier de la forteresse, il descendit de la tour et alla au devant d'eux jusqu'à le porte *, derrière lui sc rangèrent Orner, l'exécuteur positif de ses volontés, et quatre mille soldats «ux armes étincelantes.Les plus vieux des Cardikiotes s'avancèrent, et courbant leurs fronts dans la poussière, ils demandèrent grâce : grâce pour eux, grâce pour leurs femmes, grâce pour leur ville ; appelant Ali leur maître, et implorant sa pitié au nom de ses fils, de sa femme et de aa mère.Alors, comme s\u2019il eût voulu me donner une leçon complète de cette terrible dissimulation orientale qui a fait dire à Machiavel que, pour apprendre à faire de la politique, il faut l'aller l\u2019étudier à Constantinople, les yeux d\u2019AU se mouillent de larmes, et, relevant les suppliants «vec douceur, il les appelle ses frères, ses fils et les bien aimés de sa mémoire ; ses regards plongent dans leurs rangs et il reconnaît d\u2019anciens compagnons de guerre ou de plaisir } U les appelle, les csrresse, leur serre la main, s\u2019informe auprès d\u2019eux quels jeunes gens sont nés et quels vieillsrds ont disparu depuis cette époque.Il promet aux uns des places, aux autres des traitemenU, à ceux-ci pen-.ions, à ceux-là des grades ; il choisit plusieurs enfants des K1 s nobles et des plus beaux pour être admis dans le col-e de Jenina; puis enfin il les congédie à regret, s\u2019at tendrit encore, les retient, semble ne pouvoir se séparer d\u2019eux, et termine cette étrange et cruelle comédie en leur disant de se retirer dans l\u2019enceinte d'un caravansérail voisin où il le* suivra bientôt, leur dit-il, pour commencer d'exécuter les promesses qu'il leur e faites.Lrs Cardikiotes obéissent, rassuré par tant de démons (rations amicales, et s\u2019acheminent vers le caravansérail situé dans la plaine au bas de la forteresae.AU lee regarde s'éloigner, et a mesure qu\u2019ils s\u2019éloignent visage reprend une expression de férocité morteiie ; puis, lorsqu\u2019ils oonttout entrés, que les portes sont ferroéoo derrière eux et qu\u2019il les voit désarmés et timides comme des moutons dans un pare, il bat des maios, jette un crie de joie, demande son palanquin et descend la pente rapide de U montagne, porté sur les épaules de ses fidèles Valaques, trouvant qu\u2019ils marebeent trop lentement au gré de sa vengeance, et les excitant comme des bêtes de tomme avec le geste et avec le voix.\t,\t.Au bas de la pente rocheuse était une espece de trône couvert d\u2019un matelas en brocart d\u2019or et de cachemires précieux : ce fut sur cette chaise roulante que s\u2019étendit le pacha, tandis que ses gardes, sans savoir où U les menait, scivaicst i irande course le galop de aea chevaux.Arrivé eu caravansérail, Ali s\u2019airète, se soulève sur ses cousins du haut desquels il domine l'intérieur du parc où sont ren fermés les Cardikiotes, pareils à un troupeau qui attend le boucher ; puis, lâchant la bride à ses chevaux, il fait deux fois au galop le tour de l\u2019enceinte, plus terrible et plus implacable qu\u2019Achile devant Troie, et, certain que nul ne Cit lui échapper, il sc lève tout debout, arme sa cara-ecrie : Tue ! en lâchant au hasard le coup au milieu de It troupe captive, et en donnant lui-même le signal du **Lecoup retentit, un homme tomba ; une légère fumée pareille à un nuage flolUnt, monta vers le ciel.Mais les nrdes restèrent immobi es, désobéissant, pour la première fois, à un ordre du pacha, tandis nue les malheureux Cardikiotes, comprenant enfin à quel sort ils étaient réservés, s'agitaient confusément entre leurs murailles, où avait déjà pénétré un premier messager de moft« Ali crut que ses fidèles tehordars n\u2019avaient nal compris, et U répéta d\u2019une voix tonnante : Vrat vrai ! (tue, tue !) mais çe cri resta sans autre écho que le gémis semrnt de terreur qu\u2019il éveilla parmi les prisonniers, et les gardes du pacha, posant leurs armes toutes chargées à terre déclarèrent, par l\u2019organe de leur chef, que des mabométans ne pouvaient tremper leurs mains dans le sang d\u2019autres maho-né tan i.Ali regarda Orner d\u2019un visage si étonné, que celui-ci s'en épouvanta, et courut, comme un insensé, dans les rang* des gardes, répétant l\u2019ordre du pacha ; mais aucun n\u2019obéit, et au contraire, le mot grâces se fit entendre répété par plusieurs voix.\t.Alors AU fit un geste terrible pour commander qu\u2019on s\u2019éloignât : letchoadars obéirent, laissant leurs armes sur la piece qu\u2019ils abandonnaient, et le pacha fit approcher les chétiens noirs qu\u2019il avait à son service, et ou\u2019on appelait einsi d\u2019un eamall sombre qui leur recouvrait la tâte.Ceux-ci s\u2019avancèrent d\u2019un pas lent, et lorsqu\u2019ils eurent pris la place des gardes : * C\u2019est à vous,'braves Latins, s\u2019éena AIL aue j\u2019accor de l\u2019honneur d\u2019honneur d\u2019exterminer les MERCREDI, 15 JUILLET 1840.PRIX DE* ANNONCES.Su 'ligne* et au-dettou* \u2018.\u2019s.6d.et Çour chaque insertion kubaèquenta i deniers courant.Pour dix lignes et au-*les>u* de 6* 3s.4d.(a première insertion et chaque suivante KM.Au-dessus de dix lignes 4 denieis j»at ligne* tr Les annonça non aerompagnées d\u2019ordre» «ont publiées jusquà ce qn\u2019il soit donné ordre d\u2019tn discontinuer l\u2019insertion-On traite aussi de gré à gré pour les annonces fréquentes et d\u2019ur.e certaine étendue, ainsi que pour celles qui doivent être publiées pendant longtemps ANNONCESNOUVELLES.Poche de Harde» égarée,\u2014 ENCANS.Sucre, Rum, Thé, Tabac Sfc.-\u2014P.Sheppard.Randan nas, gants, Parapluies tfC.\u2014G.D.Baizare tti.QUEBEC : MERCREDI, 15 JUILLET, 1840.ETIENNE PARENT, JEAN BAPTISTE FRECHETTE, PROPRIETAIRES ( Avocat, N°.3, Rue La Porte, Québec.\u2019 ( Imprimeur, N°.6, Rue Lamontagne, Basse Ville, Quéliec# NOS INSTITUTIONS NO T K K L A N (.U K K 1 NO» L O I X ! S1IU «lue J\t\u2014- -_ .ennemis de votre religion} frappe* au nom de la croix, * Whilst : tuex toc* ! riroles ; puis un mur- i frappes au nom du Cnnsi -, iu< Un long silence aliceéd* à ces - mure confus se fit entendre, pareil au brumsemment de* vagues de la mer, et une seule voU «uccéda, mai* forte mais sonore, mais sans un seul accent de crainte, et l\u2019on entendit ces mots, prononcés par André Ooxtolouri, commandant le corps auxiliaire des Latins.\u2014Nous sommes des soldats et npn des bourreaux ; \u2022vooe-noua jamais fui devant l\u2019ennemi, ou commis quelque lâcbelê, pour être rabaissée eu rang 4 assassina 1 Dc-r mande âuxgoks de Scodra, viair Ali.demande au chef du Anneau rm«e, at qu'il dise si Jamais aucun de oousare-«ulédovsnt la mert.Rends aux Cardikiotes les armes ou'ou leur a enlevée*, ordonne-leur de sortir en rase cem-pagoc ou de sedéfendre dans\tdon, «t tu Terrai comment tu ierai obéi.Maw Jusque 1» 4\u2018invoquer h diversité de nos croyaaces t tout homme dé- sarmé est notre f ère.\t.AH rugit comme un Item R «e pour*» loue ée sa mite, car sans cela il n'eût cédé U Uche à personae | il regarda dêM autour de lui, cherchent à qu jemtftresoa mandat de pMAra, Alors un Grec s'approcha d* lui, pu «otteha au pied dp h» trône, .baisa 1* liéie, et, redreesant s* tête comme eût fait un serpent i geignetr, lui dit-il 4>eu bas, j* l\u2019offre moo bras J QUe tes mnemis puriseent !~Ali poussa un cri fe joie, l ton sauveur son frère, lui fêta se bowpe, et tendant vert lui sa carabine, signe do comasandemeott il lui dit de se bâtrr et do réparer le temps perdu* JUImnr- Vais appela les valet*de Hermde et paruint à réunir cent cinquante hommes : avoo cette troupe, ilen-peloppa IVnclos ; à un moment donné, AJi éUxs «a bêche ; sent hommes firent feu.du couronnement di t mur* qu\u2019ils svaient escaladés, sur les sr-'t cents CavddtiqteronCpnnés ; lussitôt, rejetant leurs fbtilv uéchargés, ils prirent les fusils quo leur paMèieot.ceux qui étaient, eu bas, et avant que les prisonniers eussent ru d\u2019ou venait la fou-\tcomme s\u2019il eût craint d\u2019être\tsouillé par le.contact, rt y\tque nous croyons vraie.La voici, mais\til est bien dre, ils firent une nouvelle décharge, à laquelle, av(*c la\tessuyant la poussière de ses\tpieds, il aéloigna\tau milieu\tentendu que \"nous n\u2019acceptons pas la responsabilitéde* même rapidité, succéda une troisième.Alors ceux qui j\tde b foule qui s\u2019ouvrit muette et tremblante pour\tle laisser\traisonnements auxquels le correspondant\tse livres restait debout essayèrent par tous les moyens possibles -\tpasser.\tI»a*»t»n! «tu fui» r.r5»)-:Ml .\t* par tous les moyens possibles j passer d\u2019échapper à cette boucherie.Les uns se ruèrent contre les portes qu\u2019ils tentèrent d\u2019enfoncer, mais elles étaient solidement barrées au dehors ; les autres bondirent le long des murs comme des jaguars, essayant de les franchir, mais ces mura étaient défendus par des hommes armés ; les Cardikiotes n\u2019avaient point d\u2019armes, et cc fut le tour des poignards, des yatagans et des haches.Repoussés de tous côtés, les prisonniers reculèrent vers le centre et sc trouvèrent de nouveau réunis en masse ; de nouveau, Ali leva sa hache, et la fusillade recommença ; alors, ce ne fut plus qu\u2019une chasse dans un cirque, où des malheureux essayaient d\u2019échapper A la justesse du plomb par la rapidité de leur course ; elle dura quatre heures.Enfin, de tous ceux qui étaient sortis le matin de la ville sur la foi d\u2019une promesse sainte, pas un ne resta debout, et la troisième génération toute entière paya le crime que soixante ans auparavant ses aïeux avaient commis.Comme cette boucherie finissait, ont vit passer au flanc de la montagne, pareilles à une longue file de fantômes, les mères, les femmes et les filles de ceux qu\u2019on venait d\u2019assassiner ; elles étaient conduites à Libaôvo, selon le traité fait entre Ali et sa sœur, «t on les voyait en marchant se tordre les bras et s\u2019arracher les cheveux, car elles entendaient la fusillade, les cris, et elles ne pouvaient avoir aucun doute aur l\u2019objet du massacre.Bientôt elles entrèrent dans une sombre et tortueuse allée qui conduit de Chendrya A Libaôvo, où elles disparurent les unes après les autres, comme des ombres qui descendent dans l\u2019enfer.Les ossasstes descendirent dans le caravansérail, tâtèrent les eorpo avec la pointe de leure poignards pour s\u2019assurer qu\u2019ils étaient bien morts et tout ce qui respirait encore fut achevé.Alors Ali Ai choisir tes cteUh «t tes faisant lier les uns aux autres il en fbnna des trains de cadavres pareils aux trains de bots qui dcscendaent nos rivières et les fit jeter dans le Cclydnus afin qu\u2019entraînés de ce fleuve dans le Laoûs, ils portassent depuis Tébelin jusqu\u2019à Appollonie la nouvelle do sa vengeance ; puis, bissant les autres exposés, il ordonna que les portes du caravansérail restassent ouvertes, afin qu\u2019ils devinssent la proie des loups et des chakals, que nous entendions hurler dans la montagne à l\u2019odeur du sang.Le soir nous partîmes : notre marche était silencieuse tomme celle d\u2019un convoi funéraire ; les ichoadars et les chrétiens noirs portaient leurs fusils renversés en signe de deuil ; Ali lui-même pareil à un lion repu, cuvait son sang, couché dans le palsquin porté sur les épaules de ses Valaques.Nous marchions dans une nuit sombre comme nos pensées, quand tout à coup, au détour d\u2019une montagnes, nous apperçumes une grande lueur, et nous en tendîmes de grands cria : c\u2019était le festin de la lionne après le repas du lion ; Ali avait fini son œuvre, Chalnitxa commençait la sienne Noua continuâmes notre route ; un immense bûcher élevé devant la porte de Libaôvo, nous servait delainer et uue les iuires du Haût-C«nuda, ««nMtion qu\u2019on »\u2019aU*mi*it à (lit uou.breui concours { pour \u2022ftue d# réclamer, et que le» mm du Mam uina ratUfairB 0(| tU(Ml
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