Revue dominicaine, 1 novembre 1960, Novembre
[" Pee l/f-3?4 Co^ NOVEMBRE 1960 ST-HYACINTHE, P.Q.SOMMAIRE X.: Prière d\u2019un captif A.-M.PLOURDE, O.P.: Interroge donc les Anciens Ages JEAN MÉNARD : Yves Thériault ou l\u2019évolution d\u2019un romancier GRATIEN GÉLINAS : Jeune auteur, mon camarade GUY ROBERT : Le public et l\u2019art abstrait LE SENS DES FAITS La Confédération des Syndicats Nationaux \u2014 Congrès de l\u2019Enseignement intermédiaire agricole à la Maison Montmorency \u2014 Au T.N.M.et à l\u2019Opéra de Pékin \u2014 Au fil de l\u2019eau fraîche \u2014 Propos sur notre Littérature \u2014 A propos du Directoire de Pastoral de Montréal \u2014 Chronique des disques.L\u2019ESPRIT DES LIVRES DIRECTION : MAISON MONTMORENCY COURVILLE (QUÉBEC-5).P.Q.ADMINISTRATION : 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE MONTRÉAL-28.P.Q. mmm OFFICIER DE DEMAIN ! mm J|gg«** «gafesi \u2022»>>>\u2022 W$Ê$ ;:.y\t: 3>«ftc de se passer du public.Car, prétend-on en certains milieux, l\u2019avènement du cinéma, de la radio et surtout de la télévision libère le théâtre de l'obligation de plaire ; il peut donc enfin >\u2014\u2022 après deux mille ans de prostitution >\u2014< se vouer à ses hautes destinées cérébrales.A peu près comme une femme qui affirmerait : « Je peux désormais consacrer toute mon énergie à développer mes facultés intellectuelles et ne plus me préoccuper d\u2019être séduisante, car trois de mes cousines sont maintenant prêtes à séduire mon mari ».216 Revue Dominicaine Oui, mon jeune ami, tu entres dans un monde fort troublé.De sources généralement bien informées, tu apprendras que la masse est lourde d esprit, dépourvue du bon goût le plus élémentaire et que le triomphe qu elle fait à une pièce ne saurait être que suspect.Tu liras dans des périodiques austères /\u2014 et d habitude, à petit tirage >\u2014 que l\u2019homme de théâtre et le dramaturge intègres doivent mépriser la faveur populaire et que mieux vaut \u2014 mille fois mieux ! >\u2014 le bravo distingué d\u2019une poignée d\u2019intellectuels que la bruyante accolade d une multitude d\u2019illettrés.La création canadienne que le public aura refusée, en dépit d une production impeccable et d\u2019une brillante distribution, un docte jury l\u2019offrira comme modèle à ton inspiration créatrice, en s appuyant sur le principe que le public est congénitalement trop abruti pour aimer la qualité quand elle s offre à lui avec un Q majuscule.Car pour tous ceux-là, notre grand saint patron, Molière, se serait trompé quand il a écrit : « Le théâtre, ce grand art qui est l\u2019art de plaire ».Pour le dramaturge à la page, l\u2019édition revue et corrigée devrait se lire ainsi : « Le théâtre, ce grand art qui est l\u2019art de déplaire ».« II fut une époque de l\u2019histoire théâtrale, écrit Walter Kerr, dans son admirable livre How not to write a play, où l\u2019auteur faisait précéder d\u2019un prologue la présentation de sa pièce.Un comédien de la troupe venait devant le rideau réclamer I indulgence de 1 auditoire.L auteur, affirmait-il, n\u2019a aucune prétention quant à la valeur de son œuvre et vous laisse humblement le soin de la juger.II serait évidemment fort heureux si vous lui faisiez la grâce d en oublier les défauts flagrants pour en applaudir les faibles qualités, car il ne demande qu\u2019à vous plaire, et restera quel que soit votre verdict, votre très dévoué serviteur.« II est heureux, continue Walter Kerr, que cette mode du prologue soit tombée en désuétude, car Fauteur moderne serait sûrement enclin à parler au public dans les termes que voici : « Veuillez maintenant vous tenir bien droits sur vos sièges et faire I impossible pour au moins tâcher de comprendre ma pièce.Car elle vous apprendra des choses que vous ignorez Jeune auteur, mon camarade bêtement.II se peut que vous soyez venus ici ce soir dans la vulgaire intention de vous amuser.Si tel est le cas, vous vous êtes trompés d\u2019endroit.Je ne vous oîfre pas le plaisir : au contraire, vous sortirez de cette salle avec le souvenir d une douleur.Vous avez I obligation morale d\u2019éviter toute distraction, car ma pièce est excellente.Elle est excellente, car en la faisant je ne me suis arrêté à aucune considération commerciale ; en un mot, je ne vous ai fait aucune concession I J ai été faroucbement intègre et vrai avec moi-même.II vous intéressera sans doute d\u2019apprendre que j\u2019aime ma pièce sans réserve.Comme je suis doué d une grande sensibilité et que je connais à fond mon métier, il me semble évident que vous aussi ne sauriez faire autrement que de I aimer.Si par hasard, elle vous déplaisait, il ne ferait de doute à personne que vous seriez dans l\u2019erreur.Car nous ne sommes pas de taille sur ce plan-là.De plus je tiens à vous dire que si vous refusiez d\u2019en reconnaître I excellence, je n hésiterais pas à vous attaquer publiquement dans les journaux et à déclarer que vous êtes des crétins.Je pourrais même vous menacer de priver notre théâtre d\u2019un talent dont il a le plus grand besoin.Car ils sont nombreux les pays civilisés qui accueilleraient mon œuvre avec vénération ».Jeune dramaturge, mon ami, au nom de la charité chrétienne, résiste à la tentation de croire que M.Kerr, en bon disciple d\u2019Eisenhower, a placé des espions dans nos théâtres.Et laisse à Louis Jouvet le soin de tirer les conclusions qui s\u2019imposent en cette matière, avec une page de ses Réflexions d un comédien.« II n\u2019y a pas au théâtre des problèmes, il n y en a qu un : c est le problème du succès.Cette affirmation me semble d une suffisante importance pour faire passer au second plan toutes les autres considérations.La réussite est la seule loi de notre profession.L\u2019acquiescement du public, ses applaudissements sont, en définitive, le seul but de notre art.« La collaboration nécessaire et aveugle d un public qui est, en même temps, le but et la sanction de l\u2019œuvre dramatique, asservit le théâtre à la nécessité de plaire.Eschyle ou Sophocle écrivaient une 218 Revue Dominicaine pièce pour plaire, ils l\u2019écrivaient pour obtenir le prix du concours dramatique que décernait le peuple d Athènes.Quand Shakespeare transformait l\u2019histoire ou la légende en chefs-d\u2019œuvre, c\u2019était pour plaire au public du globe.Et Racine, Corneille et Molière ont cherché à plaire, tout comme Sacha Guitry cherche à plaire ».Et Jouvet répète : « Voici donc le problème et la loi du théâtre : avant toute autre considération, le théâtre doit être avant tout une affaire, une entreprise commerciale florissante ; c est alors seulement qu il lui est permis de s\u2019imposer dans le domaine de l\u2019art.Il n y a pas d art dramatique sans succès.II n\u2019y a pas d\u2019œuvre dramatique valable si elle ne trouve son public pour l\u2019écouter et la faire vivre.« Ici le génie n\u2019a pas de crédit, comme dans les autres arts, où le peintre, le graveur, le musicien, le romancier peuvent tout de même accumuler dans la patience et la misère les fruits de leurs travaux et de leurs talents ».Ce qui revient à dire que le romancier, le poète, le peintre et le musicien jouent au golf.Faute de partenaire, le joueur de golf peut pousser seul sa balle d\u2019Halifax à Vancouver.Mais le dramaturge, lui, joue au tennis.Et le joueur de tennis, s\u2019il n\u2019a personne pour lui renvoyer sa balle, met beaucoup de temps, me dit-on, à gagner six-zéro.En d autres termes, le théâtre est le mariage de deux éléments essentiels : la salle et la scène.Et le premier pédiatre venu te dira que les mariages pour hommes seuls font rarement des enfants vigoureux.Je résume donc la pensée de Jouvet : « Il n\u2019y a pas d œuvre dramatique valable si elle ne trouve son public pour I écouter et la faire vivre ».Cette profession de foi sans équivoque de celui qui fut en France I homme de théâtre le plus prestigieux de sa génération devrait au moins troubler les animateurs et les autres dramaturges qui, en dépit de faillites répétées et malgré l\u2019indifférence de plus en plus glaçante du public, persistent à croire qu\u2019ils peuvent ignorer impunément les grandes lois millénaires du théâtre.219 Jeune auteur, mon camarade « Dans les tourments inventés dans son Enfer, commente Jouvet avec malice, le Dante a oublié celui de I auteur contraint d être joué devant une salle vide de public où les mauvaises vocations théâtrales périraient lentement par asphyxie ».Ces fiers pontifes, qui refusent de descendre de leur tour d ivoire vers un public indigne de leur art, ne te font-il pas songer à un prêtre qui, missionnaire en Afrique, dirait en plissant le nez : « Mais ces pauvres nègres sont d une ignorance noire et leur mentalité est celle d un enfant de trois ans î Et moi, savant théologien, j abaisserais la religion du Christ en conformant ma prédication à la dimension de leurs petits cerveaux ! Le Ciel m\u2019en garde I Dimanche prochain, je mettrai mon plus beau surplis et je leur commenterai la Somme de saint Thomas.Tant pis pour eux s\u2019ils sont incapables de me comprendre : j aurai respecté la dignité de mon sacerdoce ».Construis une église à cet étange propagateur de la foi, assure-Iui sa subsistance et tu auras réglé son problème personnel.Mais si personne ne vient dans son église, auras-tu ré glé le problème de la religion ?Jeune dramaturge canadien, mon frère, au lieu d\u2019imiter ces Narcisses moins préoccupés de servir que de justifier leur impuissance dramatique, souviens-toi que Molière n a jamais cru le peuple indigne de son art ' de son art, dont nous savons maintenant qu il était incomparable, même si les précieux de son temps ne reconnaissaient en lui qu un auteur de farces et de comédies vulgaires.Et conviens qu\u2019il doit peut-être le meilleur de son génie aux treize années qu il a passées en province à amuser les badauds des foires et des fêtes foraines.Et surtout ne va pas croire que le devoir de plaire t obligera à prostituer ta plume.Au contraire, tu constateras que le fait d écrire une œuvre populaire impose des disciplines rigoureuses où ta splendide intégrité aura de quoi s\u2019occuper, sois tranquille.Le problème de respecter à la fois la langue française et la vérité canadienne sera peut-être le plus angoissant de ceux que tu devras résoudre.Cette vérité canadienne ne te permettra des licences que dans la Revue Dominicaine stricte mesure où tu les jugeras, en sûreté Je conscience, indispensables à la vraisemblance Je tes personnages.Mais tu auras I obligation Je te les interdire chaque fois que tu pourras écrire correctement sans cesser d\u2019être vrai.Autre conseil : précisément parce que tu entends faire une œuvre populaire, connais bien les frontières du mélo, non seulement pour éviter de les franchir, mais encore pour prouver au profane qui en douterait que ta pièce respecte les lois de I honorable comédie.Rappelle-toi que le mélo est un genre facile, où les événements extérieurs conduisent aveuglément vers leurs destins des fantoches figés dans I absolu de leurs vertus ou de leurs vices \u2014 et où le rideau final tombe fatalement sur la punition des méchants démasqués et sur l\u2019allégresse des bons définitivement heureux.Ne redoute pas les thèmes qui excluent l\u2019amour ^ ou ceux qui offriront à ton public l\u2019impitoyable reflet de ses tares collectives.Si tu lui parles avec tendresse et simplicité, il saura te suivre vers des conclusions dramatiques d\u2019une étonnante aridité.Par contre, ne te complais pas dans le scandale gratuit : que le conflit entre la situation et les caractères propres à chacun de tes person^ nages justifie toute audace dans ton œuvre.Si tu te conformes à cette règle, c est en vain qu on t accusera de vulgarité : ta conscience sera tranquille.Tu sais d ailleurs que ce qu on appelle la vulgarité d\u2019aujourd\u2019hui et d\u2019ici risque fort de devenir la trouvaille géniale de demain ou de là-bas : on te reprochera le corset fatigué d\u2019une mère de famille nombreuse, mais \u2014 dans le plus respectable de nos collèges classiques >\u2014> on se tapera les cuisses de plaisir devant I ineffable ballet où Molière fait évoluer une douzaine de figurants armés d\u2019un modèle dix-septième siècle de cet appareil qu\u2019on appelle de nos jours un nécessaire à lavement.On te chicanera pour le petit endroit, indispensable et discret, d une chambre d hôtel à la Comédie-Canadienne, mais on évoquera avec un sourire attendri le vase d\u2019aisances et le fauteuil 221 Jeune auteur, mon camarade percé sur lesquels on a vu à la Comédie-Française trôner Le malade imaginaire.On t accusera de tomber dans la facilité grossière si tes personnages font rire en même temps qu\u2019ils émeuvent r\u2014 comme si ce n\u2019était pas là la plus difficil e des choses au théâtre.On te lancera I anathème, même si tu t es interdit le plus petit mot d\u2019auteur et la plus petite digression de ta ligne dramatique.Mais on te fera tourner, en se pâmant d\u2019admiration, le disque où Pagnol arrête pendant dix minutes le développement tragique de Marius pour y insérer sa fameuse partie de cartes.Si tu peux harnacher au même char ces deux forces, les plus grandes du théâtre, que sont le rire et le pathétique, ne te gêne pas pour le faire : Shakespeare et Chaplin t en donnent l\u2019exemple, avec tant d autres maîtres.Faisant la critique de Bechet, ou l\u2019honneur de Dieu, la dernière pièce d Anouilh, Jacques LeMarchand n\u2019écrivait-il pas ces lignes dans Le Figaro Littéraire du 10 octobre 1959 : « J ai parlé des facilités de texte que s\u2019octroie souvent Jean Anouilh.II est difficile de lui reprocher les faciles, trop faciles plaisanteries qui émaillent sa pièce, puisqu il avoue lui-même que leur goût est en lui comme une maladie.Juste comme il vient d émouvoir, il faut qu il fasse rire, et sans se fatiguer, avec sécurité.C est peut-être une forme de la pudeur, mais cela comporte un danger >\u2014> celui de trop rassurer les gens qui ne savent pas écouter et de leur laisser croire que Jean Anouilh peut toujours s entendre vite ».Anouilh répondrait sans doute que, loin de nuire à I intelligence d un texte, le rire aide souvent ceux qui ne savent pas écouter à écouter précisément ' et qu\u2019il est toujours préférable d être entendu vite que pas du tout.D\u2019ailleurs, ta mère te dira, mon petit, qu\u2019une couche de sucre rose autour de la pilule n\u2019annule pas l\u2019effet de la médecine, même si elle te permet de l\u2019avaler sans nausée.Mais si tu n\u2019as pas reçu du Ciel ce don gratuit qu est la uis comica, n essaie pas d être drôle : tu ne serais qu attristant et ridicule.222 Revue Dominicaine C\u2019est pourquoi je te dis : mets d abord en pratique le gnôti seauton antique.Connais-toi toi-même et prends la mesure de ton talent.Définis-en l\u2019étendue, bien sûr, mais reconnais-en les frontières aussi.Suis l\u2019exemple et l\u2019enseignement des maîtres, mais après les avoir assimilés, empresse-toi de te libérer de leurs influences.Et à I intérieur de ton fief, qu\u2019il soit grand ou petit, trace-toi ta route à toi.Be yourself, sois toujours toi-même.Je dirai mieux : sois toujours le meilleur de toi-même, avec lucidité et sévérité.Rends-toi sur ta route jusqu\u2019au bout de tes énergies, mais sans sortir de ton essence pour tenter d être un simili-Giraudoux, un pseudo-Anouilb ou un faux Montherlant.Quels que soient les louanges ou les honneurs qu on te prodigue, reste toujours humble devant ton œuvre et plein de reconnaissance pour ce don gratuit que tu as reçu du Ciel, pour cette infime parcelle de Dieu qui t\u2019a permis de créer ton petit grain de sable artistique.Accepte de bonne grâce, sinon avec gratitude, le pain amer mais nourrissant de la critique compétente et constructive.Par contre, devant le fiel des méchants ou des sots, garde la dignité du devoir accompli dans la totale exigence de tes aptitudes et de tes forces.Ne perds jamais foi en I enfant de ton cœur et de ton esprit si tu as la conscience claire et lucide de I avoir conçu et formé avec le meilleur de ta substance et de ta tendresse inquiète.Dans ces conditions i\u2014> sait-on jamais, en ce siècle de I incroyable le dieu du théâtre t accordera peut-être comme à Tennessey Williams, la grâce insigne de devenir un maître en ton genre, dont I influence sur la dramaturgie contemporaine se fera sentir, par un ironique retour des choses, jusque dans la vieille Europe égocentrique.Bien sûr, si les héros superbes de ton imagination créatrice ne peuvent habiter, par franche noblesse et droit sacré, que les sommets olympiens réservés aux surhommes, élève-toi brillamment jusqu à eux : tu seras notre premier poète dramatique et nous te proclamerons avec fierté le plus grand de nous tous.Mais si tes personnages ne sauraient sans Jeune auteur, mon camarade malaise quitter la plaine bruyante et colorée où s entasse le commun des mortels, n késite pas à te pencker sur eux.Et si tu dois rester ignoré des siècles à venir ou des pays lointains, tant pis.ou tant mieux.Travaille pour les tiens : tu n\u2019auras pas perdu ta vie.Ecris pour I komme de ton pays, de ta ville, de ta rue.Cet komme, partout le même, dont parle Claudel dans L\u2019Echange :\t« II s\u2019en- nuie et I ignorance lui est attackée depuis sa naissance.Et ne sackant de rien comment cela commence ou finit, c\u2019est pour cela qu\u2019il va au tkéâtre.Et il se regarde lui-même, les mains posées sur les genoux.Et il pleure et il rit, et il n a point envie de s\u2019en aller ».Si tu écris pour lui, il viendra cet komme oublié de ta rue, s\u2019asseoir devant ton œuvre, car l\u2019ignorance, c\u2019est bien vrai, lui est attackée depuis sa naissance.Et, les mains posées sur les genoux, il rira et pleurera.Et il n aura point envie de s en aller, car comme jamais jusque-là -\u2014' il se verra lui-même et pas un autre en toi, du même sang et du même cœur que lui.En toi, l\u2019enfant de la famille, qui sauras si bien évoquer les mots et tracer les images de son univers intime.Et vous serez dans I ombre soudés I un à I autre.Car, comme I atteste Copeau : « II n y aura de vrai tkéâtre que le jour où I komme de la salle pourra murmurer les paroles de I komme de la scène en même temps que lui et du même cœur que lui ».D ailleurs ne serait-il pas logique qu à notre société sans tkéâtre, le goût de la ckose dramatique s\u2019imposât d\u2019abord par la forme populaire, susceptible d attirer tous les publics et de réunir dans une même émotion les grands et les petits, les rickes et les pauvres, les primaires et les savants ?Et quand cette vaste catkédrale de notre tkéâtre sera élevée, d\u2019autres alors pourront venir, qui bâtiront à l\u2019intérieur de ses murs de gracieuses ckapelles où les plus dévots, se détachant de la foule après le grand office dramatique commun, iront s\u2019agenouiller devant la nicke de leur prédilection pour honorer à loisir la divine poésie, la sainte littérature, la vénérable philosophie ou pour déposer tout simplement leur obole dans le tronc de la bienheureuse vulgarité.224 Revue Dominicaine Dans Iédification lente et pénible de notre théâtre national, ta tâche à toi, c\u2019est celle, humble et rude, de l\u2019un des maçons qui doivent d\u2019abord asseoir les fondations sur la terre et le roc, mais qui entendent bien, si Dieu leur prête vie et force, s élever lentement d une pierre à I autre passée de main en main, parfaitement conscients de ce fait que les lignes du temple qu\u2019ils aident à construire devront se dégager de leur lourdeur et s\u2019affiner à mesure qu elles monteront vers le ciel.Société Royale, Kingston, 8 juillet 1960 Gratien Gélinas 225 Le public et 1 art abstrait Un art sans public : un public sans art Le Beau est avant tout une Jes trois tendances idéales qui dirigent nos jugements d appréciation (les deux autres étant le Vrai et le Bien).En admettant un minimum de technique, une latitude d expériences possibles, de la part de I artiste créateur, nous ouvrons en même temps au domaine esthétique des perspectives propres qui tendent à l\u2019éloigner des parages immédiats et familiers du public dans son contexte quotidien.Une initiation devient donc nécessaire ; il faut amener le public à fréquenter I expérience picturale, F expérience poétique, lui faciliter les contacts, et surtout créer un climat de sympathie, une ambiance de confiance mutuelle.L art ne doit pas « descendre » vers le public ; le public n\u2019est pas aussi grossier et aussi banal que le prétendent certaines bouches pincées et dédaigneuses : l\u2019art ne s\u2019abaisse pas en descendant dans la rue auprès du public, puisque telle est sa place : là sont ses racines, ses espoirs, ses chances ; il y a un contact à rétablir.Est-ce la faute du mineur dans son puits, de la dactylo devant son clavier, du briqueteur devant sa truelle, du commis devant son comptoir, de I homme à tout faire devant tout ce qu\u2019il y a à faire, si on ne leur parle de poésie, de littérature, de peinture, de sculpture, que pour leur dire dans un langage d\u2019ailleurs hermétique qu\u2019ils n\u2019y comprendraient rien, de toute façon ?Eux aussi pourtant ont quelque chose là, qui vibrerait au verbe enchanté, aux couleurs merveilleuses.Tel est le problème crucial de I art moderne : rétablir le contact entre le public et I artiste.L\u2019attention et la curiosité du grand public sont mobilisées par les brassements internationaux et politiques, par les performances techniques, scientifiques, médicales, sportives, par les spectacles de toutes catégories, par les succédanés artistiques et les côtés potins ou show biz d une certaine classe de faits artistiques.L\u2019art était devenu au milieu du dix-neuvième siècle platement photographique et bêtement académique, du côté peinture ; l\u2019impressionnisme 226 Revue Dominicaine avait rafraîchi la technique, mais demeurait dans une zone trop artificielle : seul Cézanne, puis Van Gogh, creusaient des expériences à forte charge d intériorité ; un peu plus tard les éclats des expressionnistes et des Fauves effrayèrent un public déjà fasciné par les découvertes techniques et mécaniques, déjà emballé par le spectaculaire ; le cubisme, le surréalisme, le non-figuratif n étaient pas spécialement recommandés pour faire avorter un divorce de plus en plus marqué entre le public et les arts.Les artistes vivaient de magnifiques et profondes expériences, qui les accaparaient totalement, qui exigeaient d eux le maximum d attention, de passion ; trop entièrement voués à ce monde vertigineux et inexplicable, ils en oubliaient bien allègrement leur grand public, d\u2019autant plus facilement qu une certaine clientèle de collectionneurs, de connaisseurs, d amateurs faisaient rouler un marché suffisant pour les besoins les plus pressants ; à ces heures héroïques et dramatiques, les artistes n\u2019avaient qu un but : produire, sans perte de temps en explications, justifications, élucubrations ; ou encore, daignant jeter quelques lumières sur le sens de leurs travaux, ils proféraient des mises au point étourdissantes qui estomaquaient un public désemparé.De fait, le public avait nettement I impression que I artiste se payait sa tête.Donc ce même public, sollicité par de fascinantes machines, d\u2019éclatants spectacles, d\u2019invitantes activités sportives, et piqué dans sa vanité, tourne le dos aux artistes et remet le change à ceux qui le disent trop grossier pour goûter des plaisirs raffinés, qui n\u2019exigaient en fin de compte pourtant qu une initiation effective et progressive.Ce triste état de choses dépend surtout de la critique, qui s\u2019est révélée déficiente en face de ce qu on attendait d\u2019elle : la majorité s\u2019est prudemment abritée du côté académique conservateur, bien en place ; les rares aventuriers à se risquer le nez dans les ateliers, dans les cafés des artistes d avant-garde, se passionnèrent tellement à fond à ces explosions, à ces merveilles de I art moderne qui jaillissaient sous leurs yeux fascinés, qu\u2019ils oublièrent d\u2019en informer adéquatement le public.227 Le public et l\u2019art abstrait Nous déplorons depuis près d un demi-siècle les situations réciproques d un art sans public, d\u2019un public sans art.Un art sans public, qui naît, se développe, meurt parfois, en vase clos, en laboratoire, en serres chaudes : d où son teint artificel, expérimental, sa tendance à I hermétisme, à I anémie, au cercle vicieux ; un art restreint à un petit cercle initié, qui végète souvent dans des chapelles closes où fusent les fleurs prévues, où pointent les flèches tout aussi prévues ; un art qui manque de stimulant large, d ouverture, de plein air.Un public sans art, qui grandit, vieillit et meurt dans un décor inculte, mécanique, spectaculaire mais vide de valeurs esthétiques revivifiantes et satisfaisantes ; un public qui accélère chaque jour davantage son rythme, dans une cacophonie effrénée, étourdissante, dont il ne peut s empêcher de saisir Failure hallucinante et tragiquement déserte, malgré la foule grouillante, le tapage assourdissant, les activités accapareuses : peut-être la solitude humaine fondamentale n a-t-elle jamais été aussi aiguë que dans le tourbillon des millions de gens pressés de nos villes monstres ?II ne faut pourtant pas être pessimiste à plaisir ; de plus en plus, des murales « modernes » décorent les murs des édifices publics ; un mouvement de collaboration entre les architectes, les peintres, les sculpteurs, les décorateurs, s\u2019esquisse, et porte déjà des fruits prometteurs ; les reproductions en gris ou en couleurs qui se multiplient, à pleines pages, dans les périodiques à grands tirages touchent un public très vaste ; les expositions qui se tiennent hors des musées, dans les salles publiques, dans les écoles, dans les parcs, atteignent de leur côté un public hâtif, distrait, mais qui ne peut s\u2019empêcher de réagir positivement à ces contacts répétés ; un courant des plus importants est sans conteste I intérêt qu\u2019éveillent toujours les expositions des travaux d\u2019enfants, lesquels semblent réagir dans la ligne abstraite d une façon aussi naturelle que surprenante, ce qui laisse prévoir un public beaucoup plus ouvert à l\u2019expression non-figurative dans vingt ans ; les lieux publics, tels les salles à manger, les restaurants, les halls des grands édifices, les bureaux, les maisons d\u2019appartements, les églises mêmes, les magasins, les vitrines, exploitent de plus en plus la veine abstraite de décoration.228 Revue Dominicaine Le contact se rétablit, malgré les attardés à un autre ordre de choses, malgré une critique conservatrice, malgré les éclats intempestifs de certains artistes, malgré la passivité du grand public ; ou peut-être à cause de la passivité du grand public devant la prise d\u2019assaut des périodiques, illustrés, produits commerciaux de tout calibre, rideaux, tentures, tapisseries, poticbes, meubles, affiches, emballages, jouets, couvre-plancbers, couvre-lits, couvre-Iivres, vêtements même, et automobiles : partout dans la vie quotidienne de I bomme de la rue des lignes abstraites, des couleurs vives, des dessins non-figuratifs.Nous ne prétendrons pas à la valeur indiscutable et automatique de toute entité abstraite, non-figurative ; là comme ailleurs, il y a de l\u2019expérience avortée, de l\u2019artificiel, du cbiqué, du trompe-l\u2019œil ; mais le public, d\u2019abord réticent, développe maintenant une attitude humoristique tout à fait indiquée, et des plus heureuses : il prend l\u2019art de son siècle, avec le sourire, il n en rit plus bêtement ou stupidement ; en cela, il est encore plus avancé que nombre de vieilles barbes prétentieuses ; ce magnifique « gros public », que nous respectons, qui a sa finesse, son objectivité, son bon sens bien à lui, et que l\u2019artiste s\u2019applique à re-fraterniser.Au public du milieu du vingtième siècle correspond 1 art du milieu du vingtième siècle, avec cette inévitable petite avance de la part des créateurs, avec cet inévitable petit retard de la part du public ; ce que nous avons dit surtout en marge de la peinture, de la décoration, peut se répéter à propos de la littérature poétique ; la radio et la télévision distribuent au grand public (il s\u2019agit ici tout comme dans le cas des périodiques à grand déploiement de milliers de personnes) des effluves de poésie contemporaine, qui atteignent une forte part de la population et en touchent plusieurs ; le disque microsillon, la plaquette, la chanson ajoutent leurs actions concertées pour produire à peu près les résultats que nous relevions à propos de la peinture et de la décoration « modernes » ; de fait, le poète abandonne de plus en plus l\u2019hermétisme, l\u2019acrobatie verbale, l\u2019élucubration gratuite, pour atteindre un registre jaillissant du dramatique de la situation urbaine monstrueuse, du poids de la méca- 229 Le public et l\u2019art abstrait nique scandant la routine de I homme quotidien ; le poète s\u2019identifie à I homme de la rue, lui prête son verhe pour dire la vie, le monde de notre siècle ; tout comme le peintre lui prête sa spatule pour exprimer sa vision de tout cela.L artiste retrouve son public, à la fois comme source d\u2019inspiration et comme fin de dédicace : il lui offre son œuvre toute chaude et vibrante, comme leurs existences confondues qui les rivent à une même marge d expériences, à une même latitude de transcendance.Non-figuratif et non-verbal : vers la métaphysique Le langage verbal est en somme constitué de sons articulés par des gens donnés sur une base conventionnelle ; ou encore de signes graphiques employés aussi sur une base conceptuelle conventionnelle ; la phonétique scrutera I aspect acoustique et physique du langage ; la physiologie, ses caractéristiques organico-nerveuses dans des cas individuels ; la linguistique s attardera à I aspect social et collectif du phénomène verbal, la logique à l\u2019organisation réciproque des mots dans une formulation en relation avec le processus de la connaissance ; la grammaire établira des lois qui tenteront de régir la matière verbale dans son emploi courant, la syntaxe proposera des architectures grammaticales ; la stylistique s\u2019attaquera aux problèmes des agencements verbaux complexes, la sémantique à 1 historique et aux métamorphoses du phénomène linguistique ; la psychologie relèvera I inéquation tragique entre I intention verbale et sa concrétisation ; la psychanalyse se butera aux troubles psychiques provenant du fait courant de 1 inéquation mot-réalité extérieure ; l\u2019esthétique esquissera des théories de la symbolique verbale.De fait, nos expériences verbales nous paraissent bien pâles, bien superficielles et inadéquates, bien courtes, si nous les comparons avec les richesses émotives spontanées et profondes des expériences non-verbales telles que : celle du semeur silencieux aux sillons d\u2019avenir, celle du moine solitaire sous les arcanes cloîtrées, celle du marin envoûté par les vagues rythmiques, celle de I enfant émerveillé devant un monde tou- Revue Dominicaine jours neuf et vierge, celle des fleures cruciales de la vie, celle du contact primitif de la nature ou des bêtes, celle du ciel troué d étoiles vertigineuses, celle de la mort.Malgré que nous soyons de terribles bavards, nous devons admettre que nos expériences, conscientes ou non, se passent plus souvent à un niveau non-verbal : surtout dans les cas de rêveries, de fortes émotions, de profonde lassitude, de grands triomphes ou d\u2019échecs humiliants ; tout se passe comme s\u2019il fallait une certaine médiocrité de situation, ou du moins une certaine faiblesse d\u2019intensité, pour que nous nous servions avec une satisfaction relative du langage ; sitôt que le stimulant est trop fort, ou que le métabolisme est trop accentué, littéralement, « les mots manquent ».Le fond de la question se trouve justement au nœud du mystère qui entoure le processus de la connaissance : un objet extrinsèque au connaissant, les sens du connaissant qui en saisissent la forme matérielle, et la représentation de cette forme matérielle à l\u2019intelligence sous un concept : l\u2019ombre de l\u2019ombre de la réalité ; c\u2019est de ce bagage d\u2019images sensibles et conceptuelles que s\u2019élabore la matière de notre vie intérieure ; par voies d accumulation, de comparaison, de découverte, d\u2019opposition, les images se fondent, se télescopent, se multiplient, éclatent, foisonnent, frissonnent ; la nécessité communicative nous oblige à I emploi du langage, faute de mieux, malgré l\u2019inéquation fondamentale objet-mot-idée : le langage n\u2019est après tout que le moyen terme entre le monde intérieur humain et le monde extérieur humain (entre le moi et l\u2019autre) en face du cosmos ; mais d\u2019autre part, si l\u2019expérience verbale nous paraît indubitablement imparfaite, l\u2019expérience non-verbale ne saurait être radicale, absolue : en effet, le processus de la vie intellectuelle se déroule sur une matière conceptuelle, de sorte que mots et images (à cette altitude les deux entités se confondent pratiquement) sont la glaise à pétrir.Les précédents de la technique abstractive sont légions en histoire de l\u2019art : depuis les graffiti et fresques des cavernes en passant par la 251 Le public et l\u2019art abstrait calligraphie égyptienne, chinoise, par les monnaies celtes, les enluminures médiévales, les ciselures artisanales et entrelacs décoratifs de toutes les régions, les volutes et mosaïques romanes, jusqu\u2019aux motifs de détail qu on retrouve chez les maîtres de la Renaissance comme chez ceux de I école naturaliste et académique : toujours une fascination de la ligne libre, troublante sans attache représentative directe ; à partir de Cézanne, Van Gogh, surtout après Picasso et Kandisky, Mondrian, Malevitch, Arp, Picahia, Kuplca, nous assistons, ébahis et étourdis, à l\u2019éclatement magnifiquement diversifié et mondial d une rage d\u2019expériences abstraites en peinture : si ces expériences se poursuivent d\u2019une façon toujours plus sérieuse sur une hase toujours plus grande, depuis 1910, il y a certes là plus que phénomène passager d\u2019une mode sans conséquence.La peinture non-figurative est en somme la peinture livrée à elle-même, qui se fait en face d elle-même, réduite enfin à ses éléments essentiels ; sans affabulation, ni programme, ni référence à des objets donnés, ni propagande, ni mythologie, ni littérature, ni mystique, ni académisme, il n y a plus que surfaces colorées composées par des trajectoires linéaires plus ou moins bien marquées ; pour les esprits figuratifs, il y aura toujours possibilité de « lire » une peinture, aussi abstraite soit-elle ; de fait, il peut arriver accidentellement que le graphisme, la composition ou le détail d une création abstraite suggère ou évoque une représentation quelconque : la « nature » est en chacun de nous à l\u2019état de réflexe et la réponse de l\u2019artiste abstrait authentique à l\u2019inévitable « Qu\u2019est-ce que ça représente ?» sera toujours I énigmatique « Voyez-y ce que vous voudrez, pourvu que ça vous plaise », qui rejoint ainsi la plus classique notion d esthétique : id quod visu placet ; car nous retombons avec l\u2019art non-figuratif enfin en climat purifié et créateur, après des siècles d\u2019académisme représentatifs : il s\u2019agit de plaire à l\u2019œil, de plaire à l\u2019intelligence, de plaire à tout l\u2019homme ; et d\u2019abord, l\u2019expérience non-figurative est joie pour son auteur, car il ne s agit plus de se plier à de fastidieuses techniques, à de douloureuses copies, à de minutieuses écoles : la voie est toute grande ouverte, depuis un demi-siècle, de toutes 232 Revue Dominicaine parts des kommes s\u2019y aventurent, y trouvent à la fois une expression particulièrement conforme à la nouvelle civilisation en train de se constituer, une satisfaction profonde des plus autkentiques dans la découverte de leur propre personnalité.L\u2019expérience picturale ou grapkique non-figurative est intériorité poussée à l\u2019extrême, elle est même une transposition assez parallèle de la démarcke métapkysique : son ckeminement est parfois très long, toujours rigoureux, ardu, exigeant ; une fois refusés les éléments artificiels de la tyrannique représentation pkotograpkique, de la tecknique académique, de Iinspiration conformiste, du langage pictural conventionnel, tout est possikle au peintre qui se trouve lucide et nu devant une surface vierge, prête à recevoir des coups drus comme des caresses délicates ; plus que sa toile, c\u2019est lui-même que le peintre abstrait retrouve devant lui, c\u2019est son intériorité la plus profonde qui se projettera ainsi sur « cette surface à kakiter » : sans doute qu il y a dans I art abstrait des esquisses maladroites, des fumisteries trop adroites, du cabotinage, des reckerckes languissantes et agaçantes, des essais frustes et secs ; mais certes pas plus, proportionnellement, que dans la veine platement représentative des siècles passés et des années présentes ! A tout bien considérer, je préfère encore une œuvre médiocre ou avortée à une œuvre représentative béatement vide : la première du moins témoigne d une ouverture d esprit, d une exigence d\u2019expériences, d une reckercke métapkysique, dont I art a besoin pressant pour sortir d ornières stagnantes et polluées.Non pas qu\u2019il faille rejeter Giotto ou Rembrandt, ou Matisse, non pas qu il faille se plier à la mode, mais bien à cause de cette rigoureuse exigence de I\u2019autkentique création, de la reckercke profonde, de I aventure spirituelle.Cette peinture semble en effet creuser dans l\u2019existence même, pétrir la glaise fondamentale, exploser en dimension incantatoire, magique, aux confluents des ambivalences pkysico-psyckiques, au nœud de toute la magnifique sensibilité kumaine, bien loin de la routine triviale : la non-figuration scrute le cosmos et creuse 1 komme d un mystère, au-delà du monde objectif dégradé en fiction ; cette peinture devient médita- 235 Le public et l\u2019art abstrait tion sur I homme et le monde, conscience irréductible et vibrante, transcendance polychrome : à l\u2019orée d\u2019une toute nouvelle sensibdité esthétique, l art abstrait tient lieu d\u2019aube éclatante et grandiose, noble et magnifique, à une nouvelle catégorie d expériences humaines.La non-figuration exige seulement de la part du spectateur ou de l\u2019amateur une joie spontanée, une reconnaissance d une affinité, d une correspondance, d un lien de sympathie, une poussée d établir un contact plus intime : non pas qu\u2019une certaine initiation soit inutile ou impossible ; au contraire, c\u2019est souvent en connaissant mieux certaines choses que nous apprenons à les estimer et aimer davantage.Celui qui s oppose à priori à I examen objectif et impartial de I art non-figuratif se prive d une gamme de plaisirs esthétiques profonds et particulièrement enchanteurs ; celui qui tente de pousser plus loin ses découvertes voit s\u2019ouvrir des perspectives invitantes, car jamais I art abstrait n a été en si vigoureuse santé que maintenant.La problématique linguistique à tendance verlibriste en poésie contemporaine se trouve à peu près dans la même situation : le poète, comme le peintre abstrait, retrouve une fraîcheur d\u2019artisan, une technique moins prétentieuse, une franchise plus souple et un respect réel pour son matériau ; les mots de leur côté y gagnent en noblesse, en densité, en saveur, en luminosité, en vitalité.Le poète s est taillé une nouvelle fonction : escalader et dégringoler les mots, en explorer les caves, nous en dire les combles, en dégager les racines obscures, les exploser et les creuser jusqu\u2019au cri ultime, les dépouiller des parasites et poussières ternes, les astiquer, les saisir en pleine forme dynamique, nous les cueillir encore frais de rosée, nous les offrir palpitants, chargés de tout un quotient mystérieux.Ainsi, la couleur reprend ses droits ontologiques dans le tableau, comme les mots dans le poème ; on a trop répété que l\u2019image remplace avantageusement mille mots : notre civilisation d\u2019images photographiques tend aussi vers un cul-de-sac, à cause de son insurmontable superficialité ; l\u2019usage que nous faisons des mots est devenu tellement conventionnel et 234 Revue Dominicaine impersonnel que I art épistolaire est réduit aux cartes postales préparées, aux formules stéréotypées des manuels de correspondance ; le style journalistique des faits divers, affreusement plat et gris, devient tôt en conversations, banal et ennuyeux, les phrases ne coulent plus de source fraîche et limpide.Un seul mot, de parole humaine vibrante et émue, fourmille par contre de mille « images » vertes au spectre éblouissant de I évocation ; le poète a réappris à faire chanter le mot et à en toucher l\u2019homme.Les couleurs atteignent dans une exploitation dépouillée et rigoureuse un registre d évocation dont on n\u2019avait pas idée en contexte de représentation naturaliste, de reproduction strictement fidèle au modèle ; les mots dépassent dans une formulation exigeante et robuste la dimension logique ou grammaticale conventionnelle, se dépouillent de leurs gaines poussiéreuses, éclatent en gerbes expressives, magnifiques.De la réalité cosmique ou humaine profonde, au-delà des contingences, des accidents, des phénomènes de vision ou de langage, les matériaux picturaux ou verbaux témoignent de la portée possible des choses sensibles en contexte métaphysique, pourvu que nous nous donnions la peine de transcender les paliers primitifs d\u2019une base expérimentale conventionnelle défraîchie, ternie, fade et mécanique, pour retrouver la pure margelle du puits étonné, éblouissant, la molécule tassée du granit, la moisson percutante d un ton de turquoise, le bondissement d un rouge clair, la spirale du tourbillon, la balance du rythme, la frontière des couleurs de l\u2019été, le givre verbal.(Extrait d\u2019un essai à paraître : « Littérature et Plastique ») Guy Robert Professeur à Gaspé 235 e sens La Confédération des Syndicats Nationaux Désormais, c est sous ce nouveau nom : C.S.N.que la Confédération des travailleurs catholiques du Canada se présentera au public.Pourquoi ce changement ?C est le point de vue purement pratique qui le justifie, le même idéal continuant d animer I organisme.Mais quand une organisation porte fièrement depuis quarante ans un nom chargé d histoire, le changement provoque un dérangement qui a toutes les apparences d une révolution.Surtout quand ce nom s\u2019avance comme un étendard, véhicule dans ses lettres tout un programme d\u2019action, on ne I abandonne pas sans provoquer de conflits.C\u2019est le cas de la C.T.C.C.Partout où elle passait, elle représentait IEglise en marche, à la conquête chrétienne du monde ouvrier.Et on comprend que les premiers artisans du syndicalisme catholique, les anciens aumôniers, aient protesté avec indignation et véhémence contre ce changement, synonyme pour eux de reniement d\u2019un passé héroïque, alors qu\u2019en fait il n\u2019en est qu\u2019un prolongement, un élargissement.II faut se souvenir qu\u2019au début, à partir des années 1920 et suivantes, surtout suivantes, une guerre sans merci fut livrée aux associations neutres et même non-confessionnelles, toute organisation devant alors porter l\u2019étiquette catholique ainsi qu\u2019il convenait dans une province catholique.Et anathème qui osait penser le contraire I En fait, cependant, le travailleur qui entrait dans un syndicat était souvent moins préoccupé de ses besoins religieux que de ses intérêts économiques, mais il croyait sincèrement que ceux-ci seraient mieux protégés dans un organisme catholique.Les temps sont changés I Quantum mutatus ab illo.On a amère souvenance de ces violentes querelles autour de la non-confessionnalité des coopératives qui, disaient les adversaires, devaient entraîner par la force de leur exemple, la non-confessionnalité des syndicats, éventualité jugée absolument inacceptable, et devant aboutir fatalement à la non-confession-nalité scolaire.Dans cette lutte idéologique autour d un principe et de son application à un cas particulier, les événements donnent aujourd hui amplement raison à ceux qui, au début, furent les plus combattus.II serait intéressant de dresser une liste de ces théologiens-éclaireurs qui ont distingué pour unir sans confondre et au risque d y laisser leur peau.Aujourd\u2019hui il appartient à l\u2019histoire de les glorifier.256 Le sens des faits Est-ce à dire que nos associations vont renier leur catholicisme ?Point du tout.Cette attitude sévère des dirigeants envers le syndicalisme naissant se comprend facilement.C était I enfance d un mouvement, d une organisation prometteuse qu on voulait asseoir sur une base solide et complète : corps et âme, humain et chrétien.Une fois I enfance terminée, I apprentissage fini, les crises de croissance passées, I organisme devenu adulte se croit en mesure d\u2019agrandir son champ d action, de pénétrer ailleurs au lieu de se replier sur lui-même.L Eglise canadienne, par sa hiérarchie, « ne s oppose pas à ce que la C.T.C.C.fasse les modifications proposées si elle juge qu elles sont devenues pratiquement nécessaires.C\u2019est là une responsabilité qui lui revient ».Voilà un bel acte de confiance envers un organisme devenu majeur : donc capable de faire honneur à ses responsabilités humaines et catholiques.Conséquemment, jeudi, le 29 septembre I960, après des années de préparation, des mois de reflexion, des jours de délibération en congres à Montréal, officiellement la C.T.C.C.cessa d être nominalement confessionnelle.Elle se coiffe d\u2019un nom nouveau qui lui facilitera son entrée en maint milieu où elle pourra, si elle le veut, projeter son idéal : la doctrine sociale de l\u2019Eglise.En brisant son ancien cadre, un nouveau champ d\u2019action s\u2019ouvre devant elle.Elle s\u2019y avancera avec la même doctrine, les mêmes principes, la même âme, mais sans références explicites à la doctrine sociale de l\u2019Eglise qu\u2019elle fera rayonner sans le dire, sans I afficher, comme quelque chose qui émane de la personnalité de ses membres.L inspiration reste la même, le visage change un peu, et c\u2019est sous ce nom nouveau C.S.N.que nous saluons les principaux artisans de ce renouveau social : M.le Chanoine Pichette, MM.Roger Mathieu, Jean Marchand et tous les autres.en leur souhaitant de réaliser un ordre social moins technique et moins économique, plus humain et plus chrétien, selon la pensée de Pie XII.Antonin T AMARCHE.O.P.Congrès de l\u2019Enseignement intermédiaire agricole à la Maison Montmorency « Souvenirs du jeune âge » Durant mes études au Collège de Sainte-Anne-de-Ia-Pocatière, les élèves, le soir de la distribution des prix, attendaient, avec anxiété, devant la porte du parloir, les finissants du cours classique, qui, quelques heures, auparavant, avaient pris leur « ruban de vocation » aux pieds de la Revue Dominicaine « Madone » de la montagne.Le ruban blanc symbolisait le sacerdoce, le rouge la médecine, le vert le droit, et le rose le génie.Les futurs agronomes, « faut croire qu ils en avaient un peu », faisaient partie de cette dernière catégorie.Et ce soir-là, les finissants qui prenaient figure de héros, étaient ceux qui entraient chez les Jésuites et les Dominicains.Pensez-y donc I Dans I opinion des jeunes élèves commençant à décliner Rosa, il fallait être très fort en classe pour opter pour I un ou l\u2019autre de ces Ordres religieux.Votre bumble serviteur n\u2019ayant jamais pris le capuchon, s\u2019en voudrait de juger la valeur ou la vertu cl un Jésuite ou d\u2019un Dominicain.II est en mesure de penser du bien d eux, attendu qu\u2019il compte parmi ses confrères, le révérend Père Adrien Pouliot, S.J., un jésuite, et le révérend Père Albert Saint-Pierre, O.P.un dominicain, parti pour un monde meilleur, le 2 avril 1958.Tous deux furent mes amis et en choisissant une communauté sévère et austère pour consacrer leur vie au salut des âmes, ils ont fait honneur à leurs confrères du 92e cours, au Collège Sainte-Anne-de-la-Pocatière.Même si Fauteur de ces lignes avoue avoir trouvé les Dominicains, « ces foudres d éloquence, un peu grand genre », il s\u2019empresse aujour-d hui de faire amende honorable après avoir vu à l\u2019œuvre les bons Pères de la Maison Montmorency, où a eu lieu du 3 au 6 octobre 1960, le congrès de I Enseignement intermédiaire agricole.Oui, contrairement à I opinion des détracteurs de la vie monastique, la maison des Dominicains à Montmorency, n\u2019est pas l\u2019asile « des gauchistes », des âmes tristes, fatiguées, mécontentes de leur sort dans le monde, mais l\u2019arène des forts, des hommes de bonne volonté, soucieux, par la pratique des vertus évangéliques, de travailler à leur sanctification et à l\u2019édification des laïcs.Les disciples du satanique Voltaire qui a dit que ça ne valait pas la peine de s occuper « des quelques arpents de neige du Canada » et a écrit que la profession du moine, « c\u2019est celle de n\u2019en avoir aucune, de s engager par un serment inviolable à être absurde esclave et à vivre aux dépense d autrui », découvriraient, s ils les rencontraient, que les Dominicains de la Maison Montmorency ne sont pas des parasites de la société mais des travailleurs sérieux et infatigables qui mettent leurs talents et leur dévouement au service des divers groupes professionnels venant étudier, en commun, leurs problèmes religieux, intellectuels, sociaux et agricoles.Au contact des RR.PP.Georges-Henri Lévesque, supérieur, Michel Côté, économe et « pince-sans-rire », Antonin Lamarche, Directeur de la « Revue Dominicaine », Arcade-M.Monette, 238 Le sens des faits sans oublier les huit Frères Auxiliaires, ils auraient constaté que tous ces religieux sont des modèles de bonté, de simplicité et d hilarité ; bref, ce ne sont pas des saints tristes I La Maison Montmorency ! Mais c\u2019était l\u2019endroit idéal pour y tenir un congrès des directeurs et professeurs des écoles moyennes d agriculture.Cette maison princière, connue jadis sous le nom de « Kent House », transformée, depuis quelques années en une maison d étude et de prière se trouve à proximité de la cbute Montmorency, haute de 274 pieds.Le « Kent House », selon l\u2019Histoire, a été bâti par le gouverneur Haldimand, en 1780 et a porté d\u2019abord le nom de « Montmorency House ».Le duc de Kent, en 1791, y demeura durant trois étés, jusqu\u2019en 1794, année où il fut rappelé en Angleterre.En 1818, le duc de Kent épousa une princesse allemande et eut I année suivante une héritière, Victoria, qui devait régner 64 ans sur l\u2019Empire britannique.Après avoir été pendant plusieurs années, un hôtel fashionable et rempli de tableaux de maîtres dont plusieurs illustrent des scènes du terroir canadien, le «Kent House», en 1955, est devenu la Maison Montmorency, propriété des Dominicains de Courville.Le congrès proprement dit A la séance inaugurale du congrès de I Enseignement intermédiaire agricole, le révérend Père Lévesque souhaita la plus cordiale bienvenue aux professeurs, fit 1 histoire de la maison connue jadis sous le nom de « Kent House » et décrivit poétiquement les paysages magnifiques qui en font sa richesse.A propos de I établissement des jeunes, thème principal du congrès, il déclara ceci : « Vous avez choisi un sujet d étude de grande actualité.Etablir ça veut dire stabiliser.Nous sommes devant des jeunes instables.II faut les établir non seulement, physiquement, sur des fermes mais aussi les établir dans la vie moralement et psychologiquement ».L\u2019ouverture officielle du congrès fut marquée par une courte allocution de monsieur Jean-Charles Magnan, directeur du Service de I Enseignement agricole tandis que monsieur Jean-Paul Lettre, directeur adjoint responsable avec monsieur Bruno Houle assistant-chef de la Division des écoles d\u2019agriculture, de l\u2019organisation de ces assises fit l\u2019exposé du programme : Les différents aspects de I établissement des jeunes fils de cultivateurs.Au cours du congrès, les professeurs ont consacré quelques heures au traditionnel « tour de I\u2019île d\u2019Orléans », tout en s\u2019arrêtant au passage 259 Revue Dominicaine pour visiter les fermes prospères, surtout pour y découvrir les merveilleuses réalisations dues au plan quinquennal qui a permis aux jeunes de se créer des revenus substantiels avec des spécialités telles que I\u2019horti-culture, I aviculture, I apiculture et quoi encore.Les excursionnistes étaient pilotés par monsieur Jos Hudon, agronome du comté de Montmorency.Un nouveau programme Lors du dîner de clôture du congrès de l\u2019Enseignement intermédiaire agricole, I honorable Alcide Courcy, ministre de I AgricuIture et de ïa Colonisation, a rencontré, avec plaisir, les vaillants éducateurs de la jeunesse rurale.Dans un discours-programme très élaboré, il a fait connaître d abord « la volonté inébranlable du gouvernement actuel de promouvoir, de toutes ses forces, la cause vitale de l\u2019éducation et de l\u2019instruction des nôtres, y compris bien entendu, l\u2019organisation la plus parfaite possible de I enseignement agricole et agronomique à tous les degrés ».Après avoir rappelé les difficultés des professeurs qui « n\u2019ont pas toujours connu I âge d or » car selon son expression, ils ont reçu presque tous et toujours un traitement inférieur à ce qui leur était dû, « puisque plusieurs bien dévoués, expérimentés ont quitté, bêlas I l\u2019enseignement parce qu\u2019on leur a refusé tout encouragement ».Monsieur le Ministre nous apprend de quelle façon il entend établir le statut du professeur-agronome.« Si nous pouvons vous demander, dit-il, d\u2019instruire les fils de cultivateurs qui prendront la relève, si nous pouvons justement vous confier la responsabilité de leur apprendre à penser, à comprendre et à aimer l\u2019agriculture, vos fonctions ne le céderont en importance à nulles autres.Vous êtes des spécialistes.D\u2019ailleurs, je vous demanderai de plus en plus, compte tenu de la nécessité, de tenir à jour votre documentation et vos notes de cours, de partager durant une certaine période de l\u2019année I activité des « agronomes du champ », spécialistes en zootechnie, en horticulture, en gestion des fermes, etc.Cela vous permettra de concrétiser votre enseignement et aussi de recevoir la plus entière collaboration des autres agronomes de votre milieu ».L honorable Courcy précise ainsi sa pensée : « l\u2019école moyenne d agriculture de demain je me la représente beaucoup à l image d\u2019une école que je connais mieux que les autres et que je puis donc nommer sans pour autant vouloir en déprécier aucune : celle de Ville-Marie ». Le sens des faits L\u2019agriculture du Québec évoluant, sans cesse, les cultivateurs pour vivre keureux sur leur ferme et y gagner, sans inquiétude du lendemain, leur pain quotidien ne doivent plus être victimes de la routine, mais des adeptes des méthodes modernes de culture et d élevage.D où I urgence de repenser et de rénover notre enseignement agricole ! Cette innovation deviendra une réalité, grâce au gouvernement de la Province, qui a nommé un Comité d\u2019étude sur l\u2019enseignement agricole et agronomique.L annonce de cette nouvelle qui a soulevé un tonnerre d applaudissements parmi les convives surpris, a été faite en ces termes par I honorable Courcy : « Mercredi matin, le 5 octobre 1960, par arrêté en Conseil, le Gouvernement a nommé un Comité d étude, lui confiant d enquêter sur les problèmes de I enseignement agricole et agronomique dans la province, y compris la recherche et la vulgarisation, de faire rapport au gouvernement de ses recommandations quant aux mesures à prendre pour réorganiser l\u2019enseignement agricole et agronomique et I adapter aux exigences nouvelles de I agriculture ».Le Comité des « 9 » Le Comité créé par les autorités gouvernementales se compose de 9 membres : président : le révérend Père Louis-Maris Régis, O.P., exdoyen de la Faculté de philosophie de 1 Université de Montréal ; vice-président : monsieur Arthur Tremblay de I Université Laval, spécialiste en sciences sociales ; les autres membres du Comité sont : monsieur Jean-Paul Lettre, agronome, directeur adjoint du Service de I Enseignement agricole et représentant du Ministère de I Agriculture ; monsieur L.-P.Bonneau, doyen de la Faculté des Sciences de l\u2019Université Laval ; monsieur Edouard Pagé, agronome, directeur du département de biologie de la Faculté de Sciences de I Université de Montréal ; monsieur Ray-nald Perron, agronome, gérant de la Coopérative Fédérée de Québec ; monsieur Jean-Paul Pagé, agronome, directeur de 1 Avancement des Services à la compagnie Quebec Power et représentant de la Corporation des agronomes de la Province de Québec et monsieur Julien Sorel, cultivateur, vice-président de I U.C.C.Monsieur René Monette, agronome, ex-secrétaire de la Corporation des agronomes, conseiller technique au Ministère de l\u2019Agriculture, agira comme secrétaire permanent du Comité.Et l\u2019honorable Courcy convaincu de la valeur de cette équipe, qui ne procédera pas à tâtons, livre en guise de conclusion ce message aux congressistes : « Avec cette nomination du Comité d étude sur 1 enseignement agricole et agronomique, dont personne je pense, ne voudra critiquer la 241 Revue Dominicaine composition, commence clans le champ qui est le nôtre, I élaboration d\u2019une grande charte de l\u2019éducation.Vous voyez que certaines choses peuvent changer au pays de Québec et que vos vœux les plus chers sont à la veille d\u2019être réalisés.Je compte sur vous tous, et vous pouvez aussi compter sur moi ».Monsieur Jean-Charles Magnan, directeur du Service de I Enseignement agricole, Mgr Joseph Diamant, directeur de I Ecole Supérieure d Agriculture de Sainte-Ànne-de-la-Pocatière, M.Dionis Damphousse, président de la Commission de l\u2019Enseignement intermédiaire agricole et M.Jean-Paul Lettre, directeur adjoint du Service de I Enseignement agricole ont aussi adressé la parole.Pour sa part, le révérend Père Georges-Henri Lévesque, O.P., supérieur de la Maison Montmorency, s\u2019exprimant avec beaucoup de charme, dit : « C est grande fête ce soir à Maison Montmorency ; c est la première fois, depuis sa fondation, qu elle accueille un Ministre provincial.Depuis toujours ses portes sont grandes ouvertes et avec un sourire narquois, il ajoute : « Certains ne sont pas venus parce qu ils craignaient d\u2019apercevoir à I entrée un ange armé d une épée de feu ; toutefois les anges n\u2019avaient pas plus de consistance que la légendaire Dame Blanche de la Chute ».Enfin, à propos des professeurs venus « fièrement comme des chevaliers sans peur et sans reproche », selon son expression, le révérend Père Lévesque révèle ceci à I honorable Courcy : « Monsieur le Ministre, je veux vous présenter un témoignage sincère à 1 endroit des professeurs.Je suis heureux de I avouer, ils ont été un motif d édification pour les religieux.Ils se sont conduits comme des hommes sérieux et se sont attachés à l\u2019étude du problème de l\u2019établissement des jeunes, ils I ont fait avec beaucoup de méthode et dans un esprit d équipe et de fraternité ! » Henri LacoursiÈre, B.S.A.Au TNM et à l\u2019Opéra de Pékin Georges Feydeau connaît son métier.Le TNM aussi.Sur ce plan, aucune discussion possible : Le Dindon est d excellente fabrique et les comédiens le jouent avec entrain et précision.Que demander de plus à un tel spectacle ?L\u2019auteur nous offre une mécanique aux accidents parfaits dont la force d explosion atteint à des sommets de cocasserie.On songe à Misère et noblesse devant ce montage.Cependant, après les rebondissements intempestifs du deuxième acte, la dernière partie paraît un peu plus longue, Le sens des faits peut-être parce que le spectateur s attend trop à ce que la vis comica s accroisse jusqu\u2019à la fin, selon le principe des feux d artifice.L auteur a préféré plutôt s\u2019attendrir sur ses personnages, ce qui lui permet de transformer, pour quelques moments, ces pantins en êtres humains.II faut dire tout de suite l'homogénéité surprenante du spectacle.Surprenante pour une distribution si large, dans un genre peu exploité ici et qui ne permet pas aux comédiens de devenir des spécialistes à la manière des boulevardiers parisiens.La pièce est une charge et la mise en scène a donné à fond dans cette veine.Pas de préparation en lenteur ; dès la première scène les comédiens sont lancés sans réserve dans un rytfime ahurissant qui exige toutes les ressources du métier pour être soutenu.C est à Jean Gascon qu\u2019il faut attribuer ce tempo bien équilibré qui provoque le rire chaque fois que le texte le permet et même davantage.Toute la distribution est excellente.Mais il faut souligner particulièrement le Vatelin de Guy Hoffmann, étonnant de spontanéité, victime de son honnêteté continentale (Car à Londres I.) ; Monique Leyrac, championne de diction, de boxe et de tendresses.anglaises I Et Ro ger Garceau, séducteur patient et dévoué d une étonnante souplesse physique.L\u2019ensemble fait un vaudeville de première force dont le TNM use à merveille ; d autant plus qu il n en abuse pas.* * * L\u2019Opéra de Pékin est venu à Montréal et le spectateur occidental n\u2019a pas manqué d être ébahi, ou à tout le moins surpris, par ce style si différend de tous les autres genres qu\u2019il a pu voir jusqu ici.Disons tout de suite notre dépaysement et notre manque de critères objectifs pour parler de ces représentations.Nous risquons de n en pas atteindre les valeurs authentiques et d en rester, par manque de préparation, à l\u2019aspect spectaculaire de la chose.Le Théâtre Classique de Chine répond à la définition que Jean-Louis Barrault donnait du théâtre total : à la fois chant et danse, mime et acrobatie, parole et couleur.II tend à pousser chacun de ces éléments à la perfection d exécution.II exige du comédien des dons extraordinaires liés à une profonde ascèse du métier.Le spectacle principal, plus accessible, présentait un panorama de danses, de pantomimes, de chants, de musique orchestrale de régions et 245 Revue Dominicaine d\u2019époques différentes.L\u2019enthousiasme des foules qui, ont applaudi à ce spectacle était plus que mérité.Le public montréalais a pu admirer l\u2019extraordinaire virtuosité de ces danseurs et de ces acrobates, de même qu\u2019il a admiré sans retenue la plastique, les jeux de couleurs et la composition de ces tableaux féeriques dont certains tiennent du prodige.On n\u2019a qu à se rappeler La Danse des Rubans Rouges ou l\u2019Offrande de la Perle sur le Pont de l Arc-en-Ciel pour qu aussitôt le frémissement d\u2019un impossible réalisé s empare de nous.Ce spectacle ne nous livrait cependant qu\u2019une partie, la plus extérieure, du message du théâtre classique de Chine.Mais déjà, avec Le Bracelet de Jade, La Rivière d Automne et Les Adieux de la Favorite, on entrait dans ce temple plus mystérieux et plus humain de I univers théâtral des Orientaux.On y retrouve les éléments de base de toute humanité, de tout art : la vie, la mort, l\u2019amour, la haine et aussi beaucoup d humour ; c est là peut-être, dans cette note d\u2019humour, que se situe la frontière indécise qui sépare le théâtre chinois du théâtre occidental ; comme c est là aussi qu\u2019il puise son indéniable santé et sa maturité.Plus hermétiques, les deux autres spectacles, Le Serpent Blanc et La Forêt des Sangliers nous présentent deux légendes, I une céleste, l\u2019autre terrestre, où la psychologie est réduite à sa plus simple expression, où les sentiments se développent à un rythme rituel, en profondeur plutôt qu\u2019en diversité, jusqu\u2019à des paroxysmes tragiques comme la scène de la torture dans La forêt des Sangliers.Mais nous manquons d éléments pour adhérer pleinement à ces expressions de I humain.Nous ne comprenons pas le texte, la musique nous déroute et nous agace parfois.Ce qui nous est le plus sensible, c\u2019est le rythme, marqué à la fois par I orchestre et le comédien, rythme qui nous entraîne dans le mouvement dramatique jusqu\u2019au temps d\u2019arrêt, point d\u2019immobilité totale qui prolonge le sentiment et rend plus facile la reprise d\u2019une figure nouvelle.Encore n\u2019en sommes-nous qu\u2019au seuil de ce monde, car souvent la naïveté de Faction, qui recouvre sans doute des expressions humaines très denses, nous semble tenir du théâtre pour enfants, parce que nous ne la voyons que de I extérieur.II nous reste cependant I enchantement de cette délicatesse des personnages et de cette fluidité des mouvements.II nous reste cette magie des couleurs et des formes qui nous a fait accéder à un monde d expression très lointain en nous donnant le goût de le connaître davantage.Micheline Dumont et Gilles Marsolais Le sens des faits Au fil de l\u2019eau fraîche >\u2014> Aujourd hui, dit Quærens, vous me paderez de I eau.J ai la certitude que votre discours sur I eau sera très beau, et je sens déjà me monter aux yeux comme des humeurs liquides : une forme courante et une application du mystère de beau.Peu s en faut que je ne larmoie, disait Scarron.i\u2014< Belle invitation au voyage ! En tout cas rien ne me plaît comme d aller à Fonde.J en rapporte toujours des impressions de fraîcheur et le pouvoir de dire à toutes les difficultés : ça flotte./\u2014 Mais moi je pense à des circonstances moins heureuses, comme des condensations de nuages qui menacent la terre.J- Vous voulez dire la pluie ?' Peut-être, mais pas seulement ça.II y a parfois comme des violences dans mon avenir et dans celui de I humanité, comme si les circonstances du déluge n avaient pas été recouvertes par un définitif arc-en-ciel.^Ohl je pense bien que ces abats et ces trop grandes averses sont loin de nous.Non pas que nous ayons fini de suer et de prendre de la peine.Dans le génie lui-même il y a peu d inspiration.C est devenu un truisme.;\u2014' Beaucoup de transpiration.* C\u2019est ça.Et je ne peux vous prêter le désir de rester toujours un marin d eau douce.Combattre sur mer a ses attraits.f\u2014> 1 out de même, vous n allez pas ramener la guerre.>\u2014> Pas celle que vous pensez.Car dès que vous parlâtes de I eau je me suis mis à figurer dans mon cœur la mer de la perfection, les eaux de la miséricorde, I océan de la mansuétude et de la bonté.-\u2014- C est là pour vous le combat essentiel ? De toute manière ne vous effrayez pas.L essentiel dont vous parlez, c est tout simplement de prendre la mer.Et le reste vient par surcroît.Acceptez simplement de rechercher la bonté.De même que I eau de la mer contient presque tous les corps simples connus, ainsi la miséricorde fera entrer dans votre vie la substance de toutes les autres perfections.\u2014> Et vous pensez que si j\u2019essaye d être bonasse, je deviendrai sage ?i\u2014' Comme vous êtes retors I La miséricorde n est pas la bonasserie.mais je vous en vois convaincu, vous faites de I humour î Eh bien ] cet effort vers la miséricorde vous donnera la Sagesse.Dieu l\u2019a dit.îl se charge du jugement de ceux qui font effort vers la miséricorde, et il enseigne aux âmes douces les vrais chemins de la vie.Ouvrez vos oreilles au latin : diriget mansuetos in judicio, docebit mites vias suas.\u2014- Tant qu à entrer dans l\u2019Ecriture vous auriez pu ouvrir I Evangile et citer le Sermon sur la Montagne : Bienheureux les doux, car ils posséderont la terre.Et je vous dispense du latin.disons que je vous en fais miséricorde ï Arcade-M.Monette, O.P.Propos sur notre Littérature La Revue Dominicaine consacre son numéro de juillet-août 1960 à Notre Littérature, image de notre milieu.II faut féliciter le Directeur de cette si rayonnante publication, le R.P.Antonin Lamarche, O.P., de cette prise de position lucide sur un sujet de capital intérêt pour notre culture.Maurice Gagnon, Claire Martin, Guy Beaulne, Jean-Charles Bonen-fant, Clément Lochquell, E.C.ont apporté, comme à l\u2019accoutumée, des points de vue intéressants.Mais dans le texte dru et vrai de Maurice Gagnon, je trouve résumé ce que je ne cesse de déclarer depuis vingt ans.Voici ses conclusions, que je fais miennes : « A.^Par le haut, notre littérature tend à s\u2019absorber dans la littérature française qui nous tient en état de perpétuel retard sur l\u2019original.B.^-Un schisme intérieur tend à diviser notre littérature en littérature populaire vivant de clichés et de mythes et en littérature spéciale pour public restreint.C.^-TJn divorce sépare au Canada, l\u2019intellectuel du grand public.D.^\u2014Notre littérature, dans ces conditions, ne donne qu\u2019une image de plus en plus incomplète de notre milieu ».II faudrait que nos intellectuels aient la franchise de tirer au clair d\u2019où peut venir la brisure entre I écrivain canadien et son public.II serait temps que nous cessions de nous prendre pour un cas d espèce dans ce 246 Le sens des faits vaste monde.Nous prenons si facilement des masques de tragédien, alors que notre jeune pays connaît des développements extraordinaires.Dans I appréciation des fiommes et de leurs œuvres, il faut être d une extrême finesse de touche, ce qui n exclut point la fermeté dans les jugements.Mais de grâce, évitons ces abattages qui sont le fruit d\u2019un infantilisme tonitruant, plutôt que le fait d un sage critique sûr de ses moyens.Ce divorce, entre l\u2019intellectuel et le grand public, ayons le courage d\u2019affirmer qu il vient de celui-là plutôt que de celui-ci.Récemment, on avait voulu faire croire que la crise du théâtre était due au public.Cessons de rabattre tous nos échecs sur le dos d un public, qui ne demande qu\u2019à aimer ! Les vrais grands écrivains, de tous les pays, ont I oreille du public.Les chefs-d œuvre de toutes les littératures, j entends les vrais, ceux que des propagandes menteuses n\u2019ont pas soufflés, résistent au temps.Et toutes ces œuvres ont valeur universelle.Elles n ont pas désincarné l\u2019humain.Comme M.René Huyghe, de I Académie française, a su donner des leçons formidables à tant de prétendus petits critiques improvisés, pour qui tout se ramène à Freud.II faut jouer franc jeu.Dans notre littérature, on a éliminé, comme un tabou, tout sujet religieux, d une façon générale.Clément Lochquell, E.C., I a souligné magistralement.Nos écrivains se sont ainsi placés dans la fausse situation d\u2019un peintre qui ne représentant que le tronc d un être humain, prétendrait avoir peint I homme complet.Les tabous ne sont pas toujours où I on croit.Dans ce numéro de juillet-août, de la Revue Dominicaine, Clément Lochquell, E.C.a des mots durs, mais justes, pour certains de nos jeunes écrivains.Et le P.Antonin Lamarche, O.P., Directeur de la revue, le souligne ainsi : « II apparaît que nos jeunes poètes veulent s imposer en s\u2019opposant à tout : religion, culture, tradition, éducation.Dépourvus du génie de I adaptation, donc incapables de s\u2019adapter à leur milieu pour I enrichir, ils font figure de révoltés et attendent le jour où le monde s adaptera à eux.En aucune manière, ils ne reflètent notre milieu si ce n est en s y opposant ».Bravo I Père Lamarche, pour ces courageuses paroles.II faut beaucoup de lucidité et d amour pour parler ainsi.Je me rappelle le conseil précieux que m avait donné le T.R.Père M.-A.Lamarche, O.P., Directeur de la Revue Dominicaine, lorsque lançant mon premier ouvrage poétique, dans Le Devoir, il le portait aux nues (ce que fit toute la critique du temps).J avais intitulé mon manuscrit : Tous les espoirs nous raillent, et le vieux sage, au rire malicieux mais si fin qu était le P.Lamarche (le puriste Olivar Assel in le jugeait le plus parfait prosateur de I époque) me posait la question dans le quotidien 247 Revue Dominicaine montréalais de combat à savoir, à quoi rimait ce titre triste et pleurnichard pour un jeune qui entrait dans la carrière des lettres par la porte d\u2019or ?Et il avait raison.Certains jeunes qui n ont pas même lu les anciens y trouveraient des joies vives, et quelques-uns de nos vrais poètes des temps passés perdraient peut-être leur barbe postiche de bonzes satisfaits dans la pensée des jeunes poètes qui veulent ébranler l\u2019Olympe.On n\u2019ébranle pas la montagne sacrée.Barbe-bleue n a pas le droit de séjour au palais des créateurs du verbe et de la pensée.Ou du moins, il ne devrait pas y monter, ce sont de fausses têtes qu\u2019il croit abattre par ses furies, et le temps les voit toujours en place de son regard placide, qui en a vu bien d autres.Un jeune écrivait, aussi simplement qu\u2019on enfile une aiguille, ou qu un gamin jette une pierre à l\u2019eau, qu\u2019on devrait rayer, à tout jamais, le nom de Roger Brien de notre littérature.Pourtant, malgré leur fort tirage tous mes ouvrages sont épuisés, sauf le dernier Poète de l amour qui est près de l\u2019être avec un tirage accru.« Qu on oublie jusqu à son nom », avait-il écrit dans une revue sérieuse.Comme on a le sens de F humour au Québec : il fait bon ménage avec I équité ! Aujourd hui, d autres piquent ce jeune, et ça fait mal de voir que de plus jeunes sont en marche, et qu ils n\u2019ont pas le même credo littéraire.Sachons nous aimer tous, bâtir tous ensemble la Cité I Je me rappelle des réunions littéraires chez le critique Albert Pelletier, qu on oublie trop et qui a eu une grande influence : nous nous querellions amicalement sur tous les sujets.Mais tous, nous nous aimions, respectant la voix étrangère qui ajoutait à notre voix intérieure, pour une plus profonde résonance humaine .Roger Brien A propos du Directoire Pastoral de la Commission diocésaine de Montréal.Je voudrais bien que les propos qui vont suivre ne soient point qualifiés de « révolutionnaires ».Ils ne veulent être que I expression d\u2019une aspiration, peut-être inintelligente, à laquelle la proximité d\u2019un Concile Œcuménique fournit un terrain de culture, si maigre soit-il.A lire le Directoire Pastoral, et le commentaire qu on en a fait ici même dernièrement, tout en admirant la « sobriété » et I\u2019« équilibre » de tout ce qui se rapporte à la charge assignée au Commentateur, je ne puis m\u2019empêcher de trouver que cette construction savante, subtile, n\u2019est 1.Félicitations au Commandeur Roger Brien qui vient de recevoir une médaille de l\u2019Académie française pour son oeuvre littéraire.248 Le sens des faits qu\u2019un prodigieux subterfuge destiné à reporter indéfiniment la seule solution qui s impose : la messe à haute voix, du début jusqu à la fin, dans la langue du peuple.Quand on sait que la messe a été conçue pour être une action communautaire : ministère d instruction et de formation des fidèles, et sacrement >\u2014< donc signe sensible et visible >\u2014> de la mort du Christ, comment n être pas irrité et choqué par le non-sens d une représentation de tout ce contenu intelligible et illuminateur dans une langue inaccessible au public, par un ministre qui se tait, opère pour lui seul et, le plus souvent, tourne le dos à son peuple ! Autant faire jouer Racine dans une langue étrangère, par des acteurs muets, tournant le dos à une foule à qui un commentateur, de temps à autre, donnerait les explications indispensables.Quels raisonnements savants rendront jamais raison d une pareille incohérence ï Je sais bien que les auteurs du Directoire n ont rien à voir à tout cela.Dans les circonstances actuelles, ils se sont joints à ceux de leurs frères qui, par le monde, tentent de masquer comme ils peuvent cette incongruité, mais n est-il pas permis à un simple spectateur de tous ces généreux efforts de souhaiter autre chose et de demander une rectification plus fondamentale ?Que n\u2019a-t-on rapporté pour justifier ce qui n\u2019est qu un retard à prendre le pas et un oubli ou une ignorance de 1 exemple tracé par Rome même aux tous débuts du christianisme I Ainsi, pour ce qui est du silence gardé par le célébrant même, au moment de 1 Elévation, on sait pourtant bien qu\u2019il ne fut de mise à Rome que vers le sixième siècle, et après avoir été combattu par les tenants de la pure tradition romaine, que ce rite oriental n impressionnait pas.Et si, alors, des raisons de fatigue pouvaient dispenser le célébrant de tout dire à haute voix, aujourd\u2019hui, avec nos microphones, serait-il si difficile d articuler toutes les prières de telle manière que les fidèles sachent ce que le prêtre dit à Dieu pour eux et ce qu\u2019il a à leur dire de la part de Dieu ?Quant au latin, par quels arguments le défendre ?On a voulu, un temps, en faire la « langue de l\u2019Eglise ^ et pourtant, à Rome même, pendant deux siècles, à I origine, toute la liturgie a été célébrée en langue grecque I On avance que la liturgie fait, chez tous les peuples, usage d\u2019une « langue sacrée, toujours archaïque, inaccessible au peuple » et pourtant, à Rome même, dès que le grec cessa d être la langue la mieux comprise, on passa au latin.On en appelle à l\u2019universalité de I Eglise, aux Congrès et Conciles internationaux, à 1 utilité d une langue commune et pourtant, à Rome même, à la fin du deuxième siècle, quand Revue Dominicaine on accepta la langue latine comme langue du culte, on ne craignit pas de rompre par là avec I Orient alors orthodoxe.Et, sur le même sujet, pour descendre à un plan plus pratique : faut-il, pour sauver les Congrès et les pèlerinages, priver l\u2019immense foule de nos églises d\u2019une prière qu elle comprenne et à laquelle elle s\u2019unisse ?N\u2019est-il pas plus simple de réserver le latin aux messes de pèlerinage et aux congressistes ?De même, en ce qui a trait aux grand-messes et à la musique sacrée : ne peut-on imaginer qu un retour à la langue du peuple favoriserait un renouveau de la musique sacrée ?Ou, s\u2019il est impossible de concevoir que Ihomme d\u2019aujourd bui puisse donner aux cérémonies liturgiques une musique digne d elles, ne peut-on simplement conserver les ckants latins et les enckâsser comme tels dans la liturgie, comme on a fait au début pour le Kyrie, l\u2019Amen, 1 O Théo s du Vendredi saint, etc.?Enfin, si cette solution même est irrecevable, ne peut-on exiger que seule la grand-messe soit en langue latine, et faut-il pour elle sacrifier les trois quarts de la population paroissiale qui, le dimancke, évite la grand-messe ou ne sait même pas qu elle existe ?En vérité, les solutions à pareils problèmes se trouvent aisément, quand on ne refuse pas, à la source, de reconnaître I existence du problème.Quelle simplicité, par contre, dans l\u2019acceptation de cette seule réforme, qui nous dispenserait de toutes les inventions par où on ckercke à la contourner.Plus besoin de commentateurs, de lecteurs, de dédoublements.Le peuple, qui comprend assez mal ce qu\u2019il lit, mais qui entend bien ce qu\u2019on lui dit, suit sans peine et sans livres.11 commence à comprendre ce qu\u2019est le prêtre : l\u2019komme qui parle à Dieu pour lui et qui lui parle de Dieu.II revit le mystère pascal, s\u2019entendant répéter ce que tout enfant d Israël depuis Moïse a « entendu de ses oreilles » : la merveilleuse histoire de son salut et de sa rédemption par la « droite toute-puissante du Très-Haut ».Comme il devient alors facile de répondre au prêtre, de s\u2019associer à ses gestes et à ses attitudes et, derrière lui, de s\u2019enfoncer dans la ténèbre divine jusqu\u2019au trône au pied duquel règne I Agneau immolé.Et point de bouleversements, point de ckangements notables.Une simple et bonne traduction pas nécessairement la meilleure de toutes, car de nouveau on n\u2019en finira plus : le culte n est pas d abord et avant tout une question d\u2019archéologie, et l\u2019Eglise latine s\u2019est accommodée dix-sept siècles durant d une Vulgate très imparfaite.Un peu de dévotion, de distinction et de diction de la part du célébrant \u2014 cela peut s enseigner, au moins aux jeunes prêtres.Personne en chaire pour distraire I attention : mais le ministre lui-même posant les gestes et les accompagnant de la 250 Le sens des faits parole appropriée et alors chargée de vertu divine.Pourquoi n essaie-t-on pas quelque part /\u2014* on le fait, paraît-il, actuellement, en Allemagne >\u2014> à titre de simple expérience, la réalisation de cette initiative, qui nous dispenserait de bien d\u2019autres, souvent beaucoup moins heureuses.Ceux qui ont assisté, le printemps dernier, au mariage de la princesse Margaret, n\u2019ont-ils pas éprouvé le pouvoir persuasif d une liturgie qui se laisse comprendre ?Quel sermon de mariage égalera jamais en efficacité le seul déroulement des gestes et paroles liturgiques, intelligemment et intelligiblement posés et prononcées ! Lors de la représentation télévisée, un spectateur, tout près de moi, s exclama : « Il ne doit pas être facile de divorcer après cela.» Voilà qui est beaucoup dire, à la louange d\u2019une liturgie dans la langue du peuple ï 1 Abbé F.X.Chronique des disques Tout d\u2019abord, je veux vous présenter trois disques Jéricho, intitulés : Les XV Mystères du Rosaire.Le premier (dans une enveloppe bleue) contient les Mystères joyeux ; le deuxième (dans une enveloppe rouge) contient les Mystères douloureux ; le troisième (dans une enveloppe dorée) contient les Mystères glorieux.Le vrai Rosaire, comme I écrivait le Père H.-Cb.Cbéry, O.P., ce n\u2019est pas le « chapelet », ce débit monotone de Pater et d Ave qui déplaît justement à tant de chrétiens d aujourd hui.C\u2019est une contemplation qui fait prier, une prière qui fait contempler.Contemplation du Christ dans ses « mystères », avec la Vierge Marie.Comme le dit le début du premier disque, il s\u2019agit de méditer, selon l\u2019esprit de Frère Dominique, les quinze événements qui jalonnèrent la vie de la Vierge et du Christ, depuis I Annonciation jusqu au Couronnement glorieux de Marie.Or, I auteur des textes de ces disques, Michel Bernard, commence par nous fournir le récit historique de chaque Mystère, tiré habituellement de I Evangile ; puis il le fait suivre d un commentaire, composé à I aide de divers passages du Nouveau et de I Ancien Testament ; enfin, il arrive qu un chant, comme Y Alma Redemptoris ou le Stabat Mater ou le Regina Cœli, s\u2019ajoute à l\u2019exposé du Mystère.Alors, vous entendrez parler le Christ et Marie, l\u2019Ange et les Apôtres, 1 Evangéliste et le peuple d Israël.Les interprètes sont excellents, tout à fait dans la note, et leur ton est bien différencié.En outre, on a choisi, parmi les différentes manières 1.Dans les circonstances, le Directoire n\u2019avait pas autre chose à faire que de se soumettre aux décisions actuelles de l\u2019Eglise concernant la langue et la lecture à haute voix de la messe.Tout au plus pouvait-il lui adresser des vota.Mais on ne rédige pas un Directoire sur des vota (N.D.L.R.).251 Revue Dominicaine d interpretation, celle du « ckœur parlé » de quatre voix mixtes, alternées ou confondues.Ou Lien les psalmistes modulent, ou Lien ils éclatent, ou encore ils atteignent presque au cLant ckoral, selon les textes.L\u2019ampleur et la variété de ces Psaumes contrastent avec la soLriété et la simplicité de la parole du CLrist, de la Vierge ou des Apôtres.Ces enregistrements n imposent pas la méditation, mais ils la proposent.Et nul doute qu ils seront profitaLIes à nomLre de fidèles pour leur méditation personnelle des Mystères du Rosaire.Sans compter que cLacun pourra, à son tour, découvrir dans la BiLIe d autres textes, porteurs du même Message, et prolonger ainsi en de nouvelles directions sa propre contemplation.II s agit ici d un cLoix, qui pourrait être différent et qu\u2019il sera IoisiLIe -\u2014- et fructueux >\u2014< à cLaque cLrétien de compléter à son gré.Maintenant, permettez-moi de vous faire une suggestion.Après avoir pris une connaissance d\u2019ensemLle de ces disques, il serait préféraLIe que vous n écoutiez plus qu un Mystère à la fois.Ce ne sont pas des disques comme les autres.Ils sont destinés à alimenter et à stimuler votre contemplation et votre prière, soit que vous soyez seul dans votre cLamLre, soit que vous soyez réunis à la maison pour la prière du soir, soit que vous vous trouviez dans le recueillement d\u2019une communauté religieuse ou même paroissiale.Ces trois disques Jéricho (JX 4, JX 5 et JX 6) sont édités par les Editions du Cerf, Paris, et distriLués exclusivement au Canada par la Maison Ed.ArcLamLault, 500 est, rue Sainte-CatLerine, Montréal.A part cela, je désirerais attirer votre attention sur quelques disques récents.Sous le titre de In a Monastery Garden, voici neuf compositions de KetelLey, dont, entre autres, Dans le jardin d\u2019un monastère et Dans un marché persan.Ces œuvres très populaires ^ sinon « immortelles », comme dit le sous-titre ^ sont jouées par le New SympLony OrcLestra de Londres, sous la direction de RoLert SLarpIes (London, CM 9041).JascLa Heifetz, avec IOrckestre SympLonique de CLicago dirigé par Walter HendI, nous offre une magistrale interprétation du Concerto pour violon, en ré mineur, opus 47, de SiLelius (RCA Victor, LM 2455).Sur un même disque, nous trouvons les deux dernières sonates pour piano de BeetLoven : la Sonate no 51, en La bémol majeur, opus ÎÎO et la Sonate no 52, en do mineur, opus 111.Ces deux cLefs-d\u2019 œuvre sont interprétés ici d\u2019une façon remarquaLIe par le pianiste Hans RicLter-Haaser qu\u2019il ne faut pas confondre avec le pianiste russe Sviatoslav RicLter.C est un disque Angel, 55749.Un disque intitulé « A Back Program, at Royal Festival Hall, London », nous présente un récital d orgue par Fernando Germani.252 Le sens des faits Celui-ci exécute quatre œuvres de Jean-Sébastien Back : Toccate et Fugue en ré mineur, Toccate, Adagio et Fugue en Do majeur, Passacaille et Fugue en do mineur et Fantaisie et Fugue en sol mineur (Capitol, G 7225).A I occasion de « sa vingt-cinquième saison comme artiste de concert », Isaac Stern a enregistré, avec un art consommé, le Concerto pour violon, en Ré majeur, de Brabms.II est accompagné par I Orchestre de Philadelphie, sous la direction d Eugene Ormandy.C est un disque de grande classe, que I on ne saurait trop recommander (Columbia ML 5486).Enfin, permettez-moi de vous signaler l\u2019enregistrement de deux symphonies de Prokofieff.La Symphonie no 4, opus 47/112, est jouée par l\u2019Orchestre de Philadelphie, sous la direction d Eugene Ormandy (Columbia, ML 5488).La Symphonie no 5, opus 100, est jouée par l\u2019Orchestre de Cleveland, sous la direction de George Szell (Epie, LC 5688).Dominique Vérieul 253 esprit [ivres S.S.Jean XXIII >\u2014 « Discours au premier Synode romain ».Editions Vaticane.21 cm.80 pages.Ce volume nous parvient par la bienveillance de Son Excellence Mgr Sebastiano Baggio, Délégué Apostolique au Canada, et nous lui en exprimons ici notre sincère gratitude.Nous y lisons les huit discours que prononça Sa Sainteté sur le but et l\u2019esprit qui doivent animer les responsables du Synode romain.Après avoir retracé l\u2019historique des Conciles, Sa Sainteté nous rappelle ce que doit être la tête, le cœur, la langue du prêtre.Une tête bien meublée par la culture, surtout théologique ; un cœur plein d\u2019amour pour la doctrine et la vérité ; une langue bien disciplinée pour distribuer la sagesse avec poids et mesure.Puis d\u2019autres allocutions aux étudiants, aux religieuses sur l\u2019importance du Synode romain et plus loin du Concile œcuménique.Des pages chargées de doctrine qu\u2019il fait bon méditer.A.L.En collaboration .\u2014¦ « Prêtres, éducateurs des jeunes travailleurs ».Collection : Prêtre aujourd hui.Editions Ouvrières, 1575, rue Saint-Denis, Montréal.Manuel de pastorale destiné aux prêtres soucieux et inquiets du sort spirituel de notre jeunesse travailleuse canadienne-française.Une équipe d\u2019aumôniers qui ont vécu à fond, en pleine pâte ouvrière de chez nous la J.O.C., sa méthode, ses moyens d\u2019action et son idéal, nous livrent le fruit de leurs expériences et de leur travail de réflexion.En présentant ce petit traité de pastorale, l\u2019équipe des aumôniers veut proposer aux prêtres chargés de l\u2019Action catholique auprès de la jeunesse ouvrière une pédagogie pastorale de la J.O.C.ainsi qu\u2019un guide qui leur dise clairement comment procéder dans leur action.Maurice Matte, ptre >\u2014< « Essai d une pastorale d\u2019ensemble ».Collection Prêtre aujourd\u2019hui.Editions Ouvrières, 1575, rue Saint-Denis, Montréal.20 cm.96 pages.L\u2019auteur, le secrétaire et l\u2019un des principaux organisateurs de la Mission de Saint-Jérôme en 1959, nous livrent quelques conclusions de cette Mission et dégagent les avenues d\u2019une pastorale d\u2019ensemble à l\u2019intérieur d\u2019un diocèse.Plan d\u2019action, projet, effort et souci de coordination de toutes les forces vécues d\u2019un diocèse, voilà ce que vous propose Essai d\u2019une pastorale d\u2019ensemble.« Ce volume n\u2019est pas une réponse définitive à une attente.Disons qu\u2019il est une invitation aux théologiens et aux sociologues de chez 254 Revue Dominicaine nous à réfléchir et à travailler ensemble à une élaboration d\u2019une pastorale d\u2019ensemble typiquement canadienne » (Préface de Mgr P.-E.Gharbonneau, P.D., V.G.).On y trouve toutes les expériences et directives pour tenter fructueusement ailleurs semblable conquête du milieu.Norbert Fournier, C.S.V.^ « Exigences actuelles de la catéchèse ».Editions des Clercs de Saint-Viateur, 132, rue Saint-Charles, Joliette.21 cm.288 pages.Prix : $2.50.Cet essai de synthèse en pédagogie de la Religion, publié sous l\u2019enseigne de l\u2019Institut Supérieur des Sciences religieuses de l\u2019Université de Montréal, trace de nouvelles avenues dans notre champ d\u2019apostolat catéchistique.Rédigé en fonction des besoins de notre milieu canadien-français, l\u2019auteur consacre son introduction au problème de notre enseignement religieux actuel, puis poursuit dans d\u2019autres chapitres l\u2019histoire de la catéchèse, sa nature, ses principes directeurs.Ce volume s\u2019adresse aux éducateurs, à tous ceux qui sont chargés de l\u2019éducation religieuse des jeunes.Ils y trouveront tout ce qu\u2019il faut pour sortir la religion de sa léthargie de manuel et lui redonner vie et flamme au contact de la Bible, de la Liturgie, en termes de pédagogie moderne, donc, adaptés à l\u2019homme moyen.Si l\u2019on sait que l\u2019auteur est le responsable de la Pédagogie de la Religion à l\u2019Université de Montréal, qu\u2019il est professeur de Philosophie et de Religion au Séminaire de Joliette, qu\u2019il est recherché et consulté par tous nos centres de pédagogie, on n\u2019hésitera pas à se mettre à son école en commençant la lecture de ce livre qui trace des routes ensoleillées pour mieux connaître et mieux aimer notre Dieu.A.L.G.Hébert, S.J.>\u2014> « Les Témoins de Jéhovah ».Edition complète.Ed.Bellarmin, 8100, boni.Saint-Laurent, Montréal-ll, 22 cm.341 p.Tous ceux qui recherchent l\u2019origine des Témoins de Jéhovah, leur évolution, leur déviation, leur organisation, trouveront dans ce livre un exposé historique, critique et doctrinal de nature à combler le lecteur le plus exigeant.Les déviations et erreurs y sont signalées, réfutées adroitement et l\u2019on se demande comment un homme intelligent peut-il se laisser prendre dans des contradictions ou affirmations si enfantines ?II est vrai que les Témoins exercent surtout et uniquement leur influence sur la masse des ignorants, sans défense religieuse.D\u2019où nécessité d\u2019une meilleure instruction religieuse du peuple.A côté de cette édition complète, bourrée de notes, de références, de bibliographies, de documents, d\u2019appendices, de statistiques, bref de tout l\u2019appareil scientifique des critiques exigeants, il y a l\u2019édition populaire qui nous fait grâce de tout cet appareil critique pour ne laisser que l\u2019essentiel qui donne entière satisfaction au lecteur de bonne volonté.Edition populaire : $2.00 ; édition complète : $5.00.A.L.255 L\u2019esprit des livres Gaston Venne, ptre ^ « Inconscient freudien et problème de la liberté ».Editions du Bien Public, Trois-Rivières.22 cm.166 pages.A notre époque où psychiatres, psychanalystes, pathologistes, moralistes descendent dans la « psychologie des profondeurs » pour y sonder les reins et le cœur de l\u2019homme \u2014 indiscrétion qui n\u2019appartient qu\u2019à Dieu \u2014 y établir un degré de culpabilité, si culpabilité il y a, un livre comme celui que nous présente aujourd\u2019hui l\u2019abbé Venne répond à un besoin.Déjà le Père Noël Mailloux, O.P.et d\u2019autres de l\u2019Université de Montréal nous ont donné de solides études sur ce sujet, tout particulièrement dans la collection Sciences de Vhomme, éditée par le Centre de Recherches en Relations humaines.L\u2019auteur du présent volume aborde ce problème sous l\u2019angle de la liberté.Dans quelle mesure et à quel moment un acte supposé humain échappe-t-il au contrôle de la volonté pour devenir un actus hominis sim-pliciter ?Si l\u2019on s\u2019attarde à s\u2019imaginer que la faute est dans le déséquilibre de l'être et non du faire, on aboutit à une morale sans péché.Mais si on met l\u2019accent sur Vagir humain, le problème change.C\u2019est alors la liberté qui a le premier et le dernier mot.Quand un homme cesse-t-il d\u2019être libre de ses actes ?En colère, en sommeil, en folie, en ivresse.Un accord est possible entre psychologues et théologiens si on tient compte : « Qu\u2019un homme quelconque doit être considéré comme normal jusqu\u2019à preuve du contraire ; que l\u2019homme normal ne possède pas seulement une liberté théorique, mais qu\u2019il en a réellement l\u2019usage ; que l\u2019homme normal est donc ordinairement responsable des décisions qu\u2019il prend» (p.144).Un livre qui fait théologiquement et philosophiquement la part des choses sans assommer le pécheur \u2014 et qui ne l\u2019est pas \u2014 et sans l\u2019abrutir dans l\u2019irresponsabilité.A.L.Revue mensuelle publiée à Saint-Hyacinthe, P.Q.ABONNEMENTS.- CANADA : $5.00 s ÉTRANGER : $5.50 ; LE NUMÉRO : $0.50 ; AVEC LE ROSAIRE : $1.00 EN PLUS ; ABONNEMENT DE SOUTIEN : $10.00 DIRECTION: MAISON MONTMORENCY, COURVILLE (QUÉBEC-5), P.Q.ADMINISTRATION: 5375, AV.NOTRE-DAME DE GRÂCE.MONTRÉAL-28 « Autorisée comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa > La revue n\u2019est pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique 256 S ER VE Z MARQUE DÉPOSÉE Apportez chez-vous un carton LUCIEN COURNOYER ENRG.Sun Crest \u2014 Orange \u2014 Cream Soda \u2014 Fraise \u2014 Root Beer J.J.POLIQUIN, PROP, embouteilleur autorisé 7-UP 912, 5e avenue, LAVAL\tTel.RL 3-8473\tVILLE DE TRACY, P.Q.Alfred Caisse, Inc, Embouteilleur autorisé de Coca-Cola sous contrat avec Coca-Cola Ltée Tél.RI.3-6651 151, rue du Roi SOREL, P.Q.Hommages ALLY, P.-Emile, 53, George .RI.3-8855 BÉLANGER, Paul A., 70, du Roi .RI.3-8438 COURNOYER, Charles, 37, George .RI.3-5222 COURNOYER, Gérard, 91, du Roi .RI.3-3337 GAGNÉ, Roger, 57, George .RI.3-8113 SOREL des Avocats GAUTHIER, Gaslon, 91, du Roi .RI.3-3337 PÉLOQUIN, Paul-Aimé, 22, George .RI.3-3309 PONTBRIAND, P.N., 37, George .RI.3-8231 POUPART, Luc, 72, du Roi .RI.2-1551 , P .Q \u2022 Tél.RI.3-5566\tANTOINE BRUNETTE DIRECTEUR DE FUNÉRAILLES\t 75, ELISABETH\t\tSOREL, P.Q.Tél.RI.3-3305 Jjôtel JS autel 26, RUE DU ROI\tSOREL, P.Q.XI Tél.RI.3-9464\t[ Dr CLAUDE SINCERNY,\tD.D.S.CHIRURGIEN-DENTISTE\t 58, ELIZABETH\tSOREL, P.Q.DON D\u2019UN AMI\t Conlrat No 3451\t HOMMAGES DE\t WOOD PRESERVATION INDUSTRIES LIMITED\t VILLE DE TRACY, P.Q.\t DON D\u2019UN AMI\t Tél.RI.3-7994 SOREL ASPHALTE LIMITÉE Ciment préparé \u2014 Ready-Mix o o o 373, rue ROYALE SOREL, P.Q.Tél.RI.3-3406 HOMMAGES DE ADRIEN GAUTHIER Contracteur général Tél.FR.4-9706 R.GODIN & FILS, EN RG.Plomberie \u2014 Chauffage \u2014 Couvertures 3133, boul.des Forges TROIS-RIVIÈRES, P.Q.O o O I I 7720, Route Marie-Victorin ; TRACY, P.Q.DON D\u2019UN AMI XII WËKÊIÊÈHÊÊÊÊHÊWÊÊÊÊÊUfÊ Tél.FR.4-2792 ÉMILIEN PARR Spécialiiés : Redressement de châsis Balancement et enlignement Freins 1955, SAINT-PHILIPPE TROIS-RIVIERES, P.Q.COMPLIMENTS DE Tél.FR.4-8944 HÔTEL DES TROIS-RIVIÈRES, LTÉE 34, DES FORGES TROIS-RIVIERES, P.Q.Tél.FR.5-1647 CAP CONSTRUCTION, LTÉE Entrepreneurs généraux 299, bonlevard Sainte-Madeleine CAP-DE-LA-MADELEINE, P.Q.COMPLIMENTS DE CANADIAN WESTINGHOUSE COMPANY, LIMITED TROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.4-7333 CONRAD LAFRANCE Embouteilleur KIK - BOBBY \u2014 ORANGE CRUSH 195, FUSEY CAP-DE-LA-MADELEINE, P.Q.Tél.FR.5-2635 ÉTIENNE LAMONTAGNE Opticien d'ordonnances 1045, SAINT-PROSPER TROIS-RIVIERES, P.Q.Bureau : tél.FR.4-6717\tRésidence : tél.FR.5-2956 Membre C.C.A.GÉRARD-L.BELLAVANCE, D.C.CHIROPRATICIEN 104, SAINT-JE AN (angle 856, des Ursulines) TROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.5-4886 CRÉMERIE UNION LIMITÉE 1200, GAUTHIER TROIS-RIVIERES, P.Q.HOMMAGES DE Hôtel Château De Blois Inc.Tél.FR.5-1661 225, boulevard Laviolette TROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.4-6231 HÔTEL SAINT-MAURICE 1530, Badeaux TROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.4-4601 L\u2019UNION REGIONALE DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS Jean-Jacques Caron, secrétaire-gérant 118, Radisson TROIS-RIVIÈRES, P.Q.HOMMAGES DE TELLIER & GROLEAU ENTREPRENEURS Tél.FR.4-8062 1395, Hart TROIS-RIVIÈRES, P.Q.XIII i SALON FUNÉRAIRE JULIEN PHILIBERT Service d\u2019ambulance « Cadillac » Prix spécial pour longue distance 1700, Pelletier TROIS-RIVIÈRES, P.Q.Bureau diocésain de service social pour l\u2019enfant et la famille Le Centre de Service Social du diocèse de Trois-Rivières Centre de recherches et d\u2019action sociale 1337, boul.du Carmel TROIS-RIVIÈRES, P.Q.1701, Lavérendrye \u2014 Trois-Rivières, P.Q.Résidence d\u2019été : Pointe-du-Lac CAMILLE CHAMBERLAND Entrepreneur plâtrier Imitation de tuile et Stucco HOMMAGES DES Gardiens du Sanctuaire National Notre-Dame-du-Cap CAP-DE-LA-MADELEINE, P.Q.OBLATS 79, Latreille, Cap-de-la-Madeleine HOMMAGES DE J.-P.MORIN, LIMITÉE Entrepreneurs généraux Spécialité : béton armé 303, Av.Kendall, Eastview, Ont.Tél.SH.6-4651 LA CIE DE TRANSPORT SAINT-MAURICE MARCEL CARRIER, GÉRANT 503, Saint-Maurice TROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.4-9233 L'ÉCOLE COMMERCIALE PRATIQUE CÔTE, ENRG.« Vers le succès par la pratique » 1260, Notre-Dame TROIS-RIVIÈRES, P.Q.SÉMINAIRE SAINT-JOSEPH Avec les compliments du TROIS-RIVIÈRES, P.Q.1860 \u2014 Centenaire \u2014 1960 XIV HOMMAGES DE\tTél.LA.4-5181 TERREAU & RACINE LTÉE DISTRIBUTEURS EN GROS 196.SAINT-PAUL\tQUÉBEC.P.Q.\tHOMMAGES DE LA PAROISSE DE L\u2019IMM ACULÉE-CON CEPTION ÉGLISE-CATHÉDRALE C.P.879\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.HOMMAGES DE\tTél LA.2-6900 La Cie de Marbre et de Tuile de Québec Limitée 80 sud, DORCHESTER\tQUÉBEC, P.Q.\tTél.FR.6-3731 MAISON J.-D.GARNEAU DIRECTEUR DE FUNÉRAILLES Ambulances «Cadillac » C.P.5\tCAP-DE-LA-MADELEINE, P.Q.Tél.FR.4-4022 MERCERIE NATIONALE S.HARRIGAN.PROP.Mercerie pour hommes, femmes et enfanls 1493.LA VIOLETTE\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.\tTél.FR.4-3708\tJEAN-CLAUDE BOUDREAU, PROP.BOUDREAU & FILS ENRG.Spécialité : fer forgé, balcon, escalier, clôture et marquise, soudure au gaz et à l'électricité 657, SAINT-ROCH\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.Drs L.LETIENNE et C.E.LAMOUREUX Clinique d'orthopédie 1005, SAINT-PROSPER\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.\tTél.FR.6-8459 ARTHUR BOURASSA Excavations \u2014 Terrassements Chemin DES FORGES\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.4-3031 Dr PHILIPPE BELLEFEUILLE MÉDECIN-CHIRURGIEN Centre médical Pasteur 700, SAINTE-JULIE\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.\tTél.FR.4-7706 J.-CLAUDE PARENT Huile à chauffage SHELL Huile à poêle blanche et huile à fournaise 1669, BRÉBEUF\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.4-5838 A.-R.BELLEMARE, M.D.Médecine générale \u2014 Accouchemenls 1091, LAVIOLETTE\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.\tTél.FR.5-7747 PRUNEAU, INC.Bois et matériaux de construction 2400, BELLEFEUILLE\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.5-4983 FORGET & FORGET, LTÉE VALEURS DE PLACEMENTS 9-A, ROCHELEAU\tCAP-DE-LA-MADELEINE, P.Q.\tBureau : tél.FR.6-7786\tRésidence : tél.FR.5-6987 TROIS-RIVIÈRES PAVING ENRG.Pavage de tout genre Stations de service \u2014 Terrains de stationnement 1200, SAINTE-MARGUERITE\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.6-3303 CIE D\u2019OPTIQUE FOURNIER LTÉE OPTICIENS D'ORDONNANCES Agents des appareils auditifs ZENITH 922, ROYALE\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.\tTél.FR.5-7375 TROIS-RIVIÈRES RÉFRIGÉRATION INC.Equipements pour épiciers-bouchers 2184, SAINT-PHILIPPE\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.Tél.FR.4-0182 JEAN-LOUIS SAINT-PIERRE RESTAURANT-ÉPICERIE Vérificateur de lampes de T.V.et de radio 515, DES COMMISSAIRES\tTROIS-RIVIÈRES, P.Q.\tTél.FR.4-3585 PHARMACIE MELANÇON M.MELANÇON, B.A., L.PH., PROP.Spécialité : Prescriptions 1899, ROYALE\tTROIS-RIVIÈRES, 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' ¦ -r.\t,\t¦-\t< ' -.>1-\t'\t.\tV HOMMAGES DU JOURNAL MONTREAL, P.Q."]
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