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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
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Revue dominicaine, 1955-11, Collections de BAnQ.

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[" REVUE DOMlNÎGVÎNE . L'ORDRE SOCIAL Les Editions du Lévrier sont heureuses de présenter le nouveau volume du R.Père Michel Doran, O.P., prédicateur et professeur de morale sociale à la faculté de Commerce de l\u2019Université Laval.Les problèmes sociaux sont toujours actuels et retiendront longtemps l\u2019attention des chercheurs.L\u2019auteur a voulu concentrer son effort sur la synthèse de philosophie sociale qu\u2019on peut tirer des œuvres de S.Thomas.Il rappelle les principes de droit naturel qui assurent la protection des personnes, des familles et des sociétés secondaires appelées à composer la société civile.Les hommes s\u2019unissent en société en vue de parvenir au plus parfait développement de leur être et d\u2019assurer la protection de leurs droits.L\u2019ordre social résulte de leur commune tendance vers le bien commun, sous la direction d\u2019une autorité compétente et l\u2019orieittation de la loi.Le travail de synthèse est remarquable.Il situe la vie sociale dans un contexte moral, et il donne l\u2019éclairage suffisant pour mieux comprendre les relations de l\u2019individu et de l\u2019Etat.Certains développements concernant les droits des personnes, la situation de la famille dans la société et le bien commun nous semblent particulièrement réussis., Tel qu\u2019il se présente, ce livre est appelé à aider les lecteurs désireux de méditer sur la vie sociale et d\u2019aborder les problèmes actuels à la lumière d\u2019une saine philosophie.Il a reçu l\u2019approbation d\u2019éminents professeurs de l\u2019Angelicum.Ouvrage sérieux qui demeure cependant accessible au plus grand nombre.PRIX : $2.50 ÉTUDES ET RECHERCHES Cahiers de Théologie et de Philosophie Cahier IX Un nouveau cahier des Etudes et Recherches vient de paraître aux Editions du Lévrier.Ce IXe cahier 11e le cède en rien aux précédents.Les six articles qu\u2019il contient traitent tous de sujets qui ne peuvent manquer d\u2019intéresser les lecteurs et sont d\u2019une haute tenue scientifique.Le Commentarium in lob d\u2019Albert le Grand et la disputatio (R.P.Antonin Jutras, pp.9-20) nous montre l\u2019originalité du commentaire du maître de saint Thomas sur le livre de Job et la place importante qu\u2019il occupe dans l\u2019histoire de l\u2019exégèse médiévale.Protestantisme et catholicisme.Rature de l\u2019antithèse (pp.21-36) est une contribution de toute première qualité à la question de l\u2019oecuménisme par un spécialiste de la théologie protestante contemporaine le R.P.Jérôme Hamer.Dans l\u2019Homme image de Dieu selon saint Thomas (pp.37-96), le R.P.M.-J.de Beaurecueil présente la suite d\u2019une longue étude de la pensée de saint Thomas sur un thème essentiel de l\u2019anthropologie chrétienne.Le travail du R.P.Louis Lachance sur les Données permanentes du Droit (pp.97-148), situe dans le temps les développements philosophiques dont le droit fut l\u2019objet depuis l\u2019Antiquité.Une note du R.P.Joseph-M.Parent sur la Signification du credere in Deum chez saint Thomas (pp.149-154) nous fait voir, en des réflexions pénétrantes, l\u2019originalité de l\u2019expression thomiste d\u2019une formule augus-tinienne et les conséquences qu\u2019elle entraîne dans le traité de la foi.Enfin, la communication du R.P.Adrien-M.Brunet sur Théodore de Mopsueste et le Cantique des Cantiques (pp.155-170) touche à un point important de l\u2019histoire de l\u2019exégèse.Elle saura sans doute aider à nuancer l\u2019opinion qu\u2019on se fait de la tradition exégétique de ce livre biblique chez les catholiques.Cette revue du contenu du IXe cahier des Etudes et Recherches laisse facilement entrevoir la richesse qu\u2019il contient, et nous 11e pouvons qu\u2019en recommander la lecture à tous ceux qu\u2019intéressent les sciences théologiques et philosophiques.PRIX : $3.50 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 4170.BOULEVARD DÉCARIE - TEL.WAlnut 0369* - MONTRÉAL-28 rWWWWWWV 'WWWWV Economie et Humanisme Il s\u2019agit d\u2019une maison d\u2019édition, d\u2019une collection de livres et tout à la fois d\u2019une équipe d\u2019hommes d\u2019action sociale.En effet, des religieux et des laïcs se sont groupés dans un même souci d\u2019apporter des solutions concrètes à divers problèmes sociaux et dans le but d\u2019en alerter l\u2019opinion publique.Les livres qu\u2019ils publient sont le reflet de leurs activités et de leurs expériences.Ils y rappellent en formules claires et simples les principes de vraie vie chrétienne.Parmi eux mentionnons le T.R.Père Lebret, un ancien officier de marine, devenu religieux et apôtre des milieux de marine marchande, pêcheurs et matelots.Il a publié toute une série de livres d\u2019information sociale et de spiritualité chrétienne, destinés à tous ceux, jeunes et moins jeunes, qui acceptent des responsabilités dans la reconstruction du monde.Les divers titres des livres du Père Lebret expriment clairement le but poursuivi par l\u2019auteur : la formation de chrétiens et de chefs.Rien d\u2019artificiel ni d\u2019apprêté dans ces pages, mais de la vérité nue, qui donne du courage, une vérité à la fois pratique, philosophique et théologique, de telle sorte qu\u2019on est situé en pleine spiritualité et en pleine action sociale.Sans quitter jamais le concret, se trouver associé à la lutte pour la justice, au sauvetage de l\u2019humanité en détresse, à la rédemption universelle, à la contemplation du plan de Dieu, telle est la spiritualité qui se dégage de ces livres.En somme des livres utiles que l\u2019on est content de lire et de relire.Voici quelques titres : Montée humaine.$1.75 Principes pour Faction.1.25 Action, marche vers Dieu.1.75 Rajeunir l\u2019examen de conscience.1.50 Civilisation.1.75 Appels au Seigneur.2.40 Découverte du bien commun.1.50 Guide du militant.2.00 Propriété et communautés.2.00 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 4170, boulevard Décarie \u2014 Montréal-28, P.Q.ÏII W^W\\WWWWWW\\WWWWVWWWVWWWWWVWWVWWVWWWWWWW^WWWWVWVWWWWWWWWVWV\\WW%VWVWVWVVWWWVWWWi TÉL.2-1239\tEUGÈNE BARRY, président O.PICARD & FILS, INCORPORÉE Plomberie, Chauffage.Électricité 7.RUE SIMARD\tQUÉBEC.P.Q.CHARLAND ET BERNARD Ltée Soudure au gaz et à l\u2019électricité de tous les métaux Réparation et nettoyage de radiateurs d\u2019automobile Fabrication de réservoirs 251, 2a A VENDE - Ta 4-2772\t- QUÉBEC.P.Q.La Buanderie Lévis Ltée 670.DE MONTMARTRE, QUÉBEC TÉL.7-2505 EMPLOYEZ NOTRE PROCÉDÉ D R A X À L'ÉPREUVE DE L'EAU ET DES TACHES HOMMAGES DE M.J.O\u2019BRIEN Spécialités pour Bâtisses et Constructions Représentant de Truscon Steel Co.of Canada Ltd.Spécialistes en charpente de bâtisse Truscon Laboratories Canada Ltd., Canadian Cork Co.Ltd., K.V.Gardner Ltd.Ta 5992\t13.BUE D'AIGUILLON QUÉBEC, P.Q.J.A.& M.CÔTÉ LIMITÉE Les plus anciens manufacturiers de chaussures au pays SAINT-HYACINTHE, P.Q.Tél.3-9472 PHOTO - LITHOGRAPHIE INC, Création et impressions lithographiques en une ou plusieurs couleurs 30.avenue Conway\tQuébec, BANQUE CANADIENNE NATIONALE est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque et de placement ACTIF, PLUS DE $500 000 000 555 BUREAUX AU CANADA SUCCURSALE À OTTAWA SUITE 103 \u2014 18, RIDEAU Tél.2-9872 QUÉBEC : 89.rue Fleurie Tél.5-7881 SPÉCIALITÉS : OUVRAGES D\u2019ÉGLISES, COUVENTS, ÉCOLES, ÉDIFICES PUBLICS \u2022 Tél.DOllard 5512 933, RUE ST-ROCH MONTRÉAL LimiTEE Compliments de\t\t DAMIEN\tBOILEAU Ltée,\tEntrepreneurs 705, Beaumont\tMontréal, P.Q.\tTél.CRescent 4183 DESSIN CLICHES ELECTROS Photogravure Artistique 7e/ 9Z43Ô À PHOTOS RETOUCHE FLANS IV BONNES ADRESSES À CONSULTER Accessoires.Appareils Photographiques : Cameras.Ciné-Cameras, Projecteurs, Lanternes À Vues Fixes, Etc.: An Royaume de la Camera Inc., 3, St-Jean, Tel.3-4327, Québec Accessoires Électriques Bizier & Caron Ltée, 43 i.St-Joseph, Tél.4-1081, Québec, P.Q.Northern Electric, Saint-Malo, Tél.7-3423.Québec, P.Q.Roland Electrique Enrg., 3190, 1ère avenue, Tél.3-04S95, Québec Actions et Obligations : Gendron, J.T.Inc., 71, rue St-Pierre, Tél.4-2451, Québec, P.Q.Agences Commerciales Diverses : Bouffard, Mme S., 123-A, Fraser, Tél.1156 .Lévis, P.Q.Agents d\u2019affaires : Robert Prudent, 390, 20e rue, Limoilou, Tél.2-4027, Québec Agents Manufacturiers \u2014 Importateurs : Lortie, J.R., 88, boul.Orléans, Tél.2-7735 .Giffard, P.Q.Architectes \u2022 Larue.J.-Albert, 6711, Durocher, Tél.CR.2734 \u201e \u2014 Montréal Marchand, Jos., 87, des Laurentides, Tél.3-0260, Québec, P.Q.Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers : Bourget, Albert, 40, Des Braves, Tél.2-3848 .Québec, P.Q.Boucher, Germain, 72, Ste-Ursule, Tél.6-6166, Québec, P.Q.Articles de Sports : Le Palais des Sports, 67, Côte d'Abraham, Tél.3-2341 Québec 419, 3e avenue, Limoilou, Québec, P.Q.Articles Religieux.Jouets.Librairie.Etc.: Kirouac, Marcel, 479, 6e rue, Tél.2-6383 .Québec, P.Q.ARTICLES DE SPORTS & ACCESSOIRES D\u2019AUTOMOBILES i Gravel, Ludger & Fils Ltée, 7905, boul.St-Laurent, Tél.VE.2681, Montréal Ascenseurs \u2022 La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-6257, Québec, P.Q.Assurances Générales : Chalifour, Jean, 299, boul.Charest, Tél.3-9052, Québec, P.Q.Assurance : National Life Assurance Co.: Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-6786 .Québec Assurance : La Solidarité, Oie D'Assurance-Vie : Siège Social, 71, St-Pierre, suite 607, Tél.5-4917, Québec, P.Q.Autobus : Autobus Lemelin, 147, Arago, 6-7146 .Québec, P.Q.Autobus Ste-Claire, Ste-Justine, St-Nareisse Ltée, 77, boul.Charest, Tél.6-8282, Québec, P.Q.Autobus Gare Saint-Roch, 95, St-Roch, Information : Tél.2-7911, Québec, P.Q.Autobus à Lorette.Aérodrome.Champigny, Lac St-Joseph, Ste.Catherine : Drolet, A., Ltée, 505, boul.Charest, Tél.2-8494, Québec, P.Q.Autobus Fournier Limitée : Québec au Camp Val- CARTIER, STE-FOY, LAC ST-CHARLES.St RAYMOND : Terminus, 501, boul.Charest, Tél.6182-34, St-Augustin 2-5946 Automobiles -\u2014 Vente &- Service : Beaulieu, L.P.& Fils, 2650, 1ère avenue, Tél.MA.3-3467, Qué.Giguère Automobile Ltée, 249 est, St-Vallier, Tél.8230, Québec Jarry & Frère Cie Ltée, G.R.Jarry, prés.; A.G.Jarry, vice-prés., 7275', St-Laurent, Tél.CR.3141 Montcalm Auto Inc., 901, 1ère av., Tél.2-5676 \u201e.Québec, P.Q Automobiles (Soudure, débossage, peinture, Etc.) : Ferland, Ludger, 661, 1ère avenue, Tél.4-2920, Québec, P.Q.Avocats : Bhérer, Wilbrod, 79, rue d\u2019Auteuil, Tél.2-1281, Québec, P.Q.Boutin, J.Pierre, 80, St-Pierre, Tél.2-7004 .Québec, P.Q.Charbonneau, Charbonneau & Charlebois, HA 1196-1197, 21 ouest, St-Jacquee, Montréal, P.Q.Corriveau, Lawrence, 34, de la Fabrique, Tél.2-3654, Québec Gagné, H.& Chalifour, Paul, 42, rue Sainte-Anne, Tél.3-4468, Québec, P.Q.Miquelon, Paul, 773, boul.Des Chutes, Tél.6-7195, Beauport Honorable Yves Prévost, Ministère des Affaires Municipales, 509, Royale, Tél.MO.3-5314, Beauport, P.Q.Bureau : Tél.2-5608, Québec, P.Q.St-Jacques, Henri, 18, Rideau, Tél.2-5055 .Ottawa.Ont.Banque : Banque Canadienne Nationale, Place d'Armes .Montréal Batteries : Limoilou Batteries Ltée, 249, 2e rue, TéL 6-8228, Québec, P.Q.Bijouterie : Marcoux, René, 37, de la Couronne, Tél.4-8722, Québec, P.Q.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre : Côté, Valère, Inc., 326, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Boucher.Viande de choix : Bégin, W.E., 436, St-Jean, Tél.4-5271 .Québec, P.Q.Boulangers (gâteaux et patisseries) : Boulangerie Nationale, 540, 1ère av., Tél.2-5244, Québec, P.Q.Gosselin J.B.Inc., 3, rue St-Emile, Tél.855 .Lévis, P.Q.Hethrington, Inc., 358-366, St-Jean, Tél.2-2081, Québec, P.Q.Mercier, Alfred Enrg., 213-215, St-Joseph, Bureau : Tél.TE.7-6313, Lauzon, P.Q.Marquis, Jos.Enrg., 4,138, boul.Sainte-Anne, Tél.MO.3-3418, Ville Montmorency, P.Q.Brûleurs à l\u2019Huile : Desroches, Eug & Fils, 569 ouest, Saint-Vallier, Tél.3-8014, Québec, P.Q.Café, Thé, Confitures : J.A.Désy Ltée, 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal CHARBON (anthracite et Bitumineux) s The Canadian Import Co.Ltd., 83, Dalhousie, Tél.2-1221, Québec P.Q.Charbon et Huile à Chauffage : Madden & Fils Ltée, 319, boul.Charest, Tél.4-3578, Québec Chauffage et Plomberie : Couture, Odilon Enrg., 27, Lavigueur, Tél.5-8073, Québec, P.Q.Germain & Frère Ltée, 237, St-Antoine, Tél.76, Trois-Rivières Chauffage et Plomberie (entrepreneur) : Morency, Alphonse, 110, de la Ronde, Tél.3-4590, Québec, P.Q.«Langlais & Frère Inc.», 253, St-Paul, Tél.2-8224.Québec, P.Q.\u201cCHAUFFAGE ET VENTILATION I,IMITÉE\u201d Chauffage, Réfrigération Ventilation, Électricité : Bouchard, J.-A.-Y.Inc.97, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-2421, Québec Chaussures : Leclerc, Georges, 19, St-Joseph, Tél.2-5087.Québec, P.Q.Rousseau, M.J.E., 211_213 est, St-Joseph .Québec, P.Q.Chirurgien-Dentiste : Trottier, Dr Jean, 37, St-Eustache, Tél.3-6675 .Québec.P.Q.Cierges.Chandelles, Bougies : F.Baillargeon Ltée, 51 ouest, Notre-Dame, PL.9467, Montréal Cire à Plancher Liquide et en pâte : Les Produits Sylvia Enrg., 187, des Commissaires, Tél.6768, Québec, P.Q.Compliments : Compliments d'un ami : C.et G.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : J.E.S.Compliments d\u2019un ami : J.B.R.et Cie Inc.Compliments d\u2019un ami : P.Québec, P.Q.Compliments de J.M.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : J.G.C.Compliments d\u2019un ami : J.G.Don d\u2019un ami : L.T.Succession J.P.Laberge.Un ami de la Revue.Un ami de la Revue : A.D.& Fils Ltée.Comptable Agréé : Turgeon, Paul, 852, St-Vallier, Tél.4-7426 .Québec, P.Q.Comptable Public : Bédard, J.P., 71, rue Saint-Pierre, Tél.2-1412, Québec, P.Q.Juneau, M.Gaston, 1320, 1ère avenue, Tél.5-5601, Limoilou, Qué.Courtiers : Lagueux & Desrochers Ltée, 106, Côte de la Montagne, Tél.2-8271, Québec, P.Q.Courtiers D\u2019Obligations i Boulet, J.Conrad Ltée, 71, rue Saint-Pierre, Tél.2-6618, Québec Dubé, Oscar & Cie Inc., 105, Côte de la Montagne, Tél.2-4061, Québec, P.Q.La Corporation de Prêta de Québec, 132, St-Pierre C.P.68.Tél.2-4766, Québec, P.Q.V BONNES ADRESSES À CONSULTER Courtiers en Immeubles & Assurances : Leroux, O., 625, 3e avenue, Tél.4-3836 .\u2014 \u201e.Québec, P.Q.Décorateur-Ensemblier: Dussault, Roger Limitée, 190 ouest, Grande-Allée, Tél.4-3621, Québec, P.Q.Députés : Angers, Dr Antonio, Alma, P.Q.Bédard, Jean-Jacques, Tél.6-8191 .Charles bourg, P.Q.Bematchez, René, Saint-Flavien, Comté de Lotbinière, P.Q.Boudreau, Francis, 42, Sainte-Catherine, Saint-Sauveur, Tél.3-2778, Québec, P.Q.Bourque.J.S., 626, rue Bourque, Sherbrooke, P.Q.Coumoyer, Gérard, Avocat, Sorel, P.Q.Fleury, E., M.A.L.(Cultivateur), St-Léonard d'Aston, P.Q.Fox, C.J.W., Foster, Co.Brome, P.Q.Gagnon, Clovis, notaire, Sayabec, Comté Matapédia, P.Q.Gérin, Denis, Coaticook, P.Q.Hamel, René, M.A.L., 569, 6e rue, Tél.2924, Shawinigan, P.Q.Johnson, Daniel, Saint-Pie de Bagot, P.Q.Lemieux, Dr Gérard, Weedon, Comté Wolfe, P.Q.Lévesque, J.R., M.A.L., prop.(Epicerie Moderne Enrg.), Ste-Anne des Monts, Co.Gaspé-Nord, P.Q.L\u2019honorable T.Labbé, M.A.L.(Epicier en gros), 644, Notre-Dame, Tél.89, Thetford-Mines, P.Q.Marquis, Antonin, 325, 18e rue, Limoilou, Tél 2-2091, Québec Poirier, Docteur Alphés, M.A.L., St-Damien, Bellechasse, P.Q.Pouliot, l\u2019hon.Camille E., Ministre de la Chasse et des Pêcheries, 63%, rue D\u2019Auteuil, Tél.3-6270, Québec, P.Q.Rivard, L\u2019Hon.Antoine, Solliciteur Général, Tél.4-8411.Local : 863, Hôtel du Gouvernement, Québec, P.Q.Savard, Jules, 1234, William, Tél.2-8246 .Sillery, P.Q.Directeurs de Funérailles : Bouchard Raoul, 320, 6e rue, Limoilou, Tél.4-1113, Québec, P.Q.Cloutier, Chas.Enrg., 174, d\u2019Aiguillon, Tél.5-6210 .Québec Cloutier & Fils, Arthur, 252, rue d\u2019Aiguillon, Tél.2-4088,, Qué.Germain Lépine Ltée, 283, rue St-Vallier, Tél.2-6466, Québec Gilbert et Turgeon Ltée, 9, Commerciale, Tél.7-4757, Lévis.P.Q.ÉCOLES s Bart School, 109, Côte d\u2019Abraham, Tél.2-5889 - 7-6412, Québec Institut Denys, 322, St-Jean, Tél.2-5147 .- Québec, P.Q.O\u2019Sullivan Business College of Quebec, 31, St-Eustache, Québec, P.Q.ÉDITIONS : Editions du Lévrier, 6375, Av.N.-D.de Grâce, WA.0369, Mtl.Entrepreneurs-Constructeurs : Mobec Ltée, 466, St-Vallier, Tél.2-1297 .Québec, P.Q.Entrepreneurs-Électriciens : Latulippe, J.-P., 124, Bayard, Tél.2-7644 _ _ Québec, P.Q.Poulin & Fils Enrg., 5, rue Thomas Chapais, Tél.MU.3-2072, Québec, P.Q.Sylvain Lucien, 486, Ste-Agnès, Tél.2-2987 .Québec, P.Q.Entrepreneurs-Couvreurs : La Rue, D.Limitée, 272, rue du Roi, Tél.3-7500 _ Québec Entrepreneurs Généraux : Bédard, Albert, 376, Dorchester, Tél.2-3623 .Québec, P.Q.Dubé et Dubé, 14, Place d\u2019Aiguillon, Tél.3-8322, Québec, P.Q.Lamontagne, F.-X., 417, boulevard Charest, Tél.3-0590, Québec Les Entreprises Bergerville Ltée, 111, Côte de la Montagne, Tél.2-5268, Québec, P.Q.Mathieu & Sylvain, 44, Sainte-Ursule, Tél.2-2240, Québec, P.Q.Parent & Gosselin Enrg., 270, des Oblats, Tél.3-6875, Québec EnTREPREPTEUH - J OINTS DE GtPROC - TlRAGE DK JoiJTTS I Tremblay, Paul-Arthur, 1086, De Fondville, Tél.MO.3-6574, Québec, P.Q.Entrepreneurs de Menuiserie Générale : Bégin, Alphonse, 275, 13e rue, Limoilou, Tél.4-3980 _ Québec Entrepreneurs \u2014 Plombiers \u2014 Électriciens : Turcotte & Létourneau Inc., 270, rue du Roi, Tél.2-5647-8-9, Québec, P.Q.ÉPICIERS : Blouin, Paul, 160, avenue Murray .Québec, P.Q.Épiceries en Gros « Lamarche, J.H.Enrg., 5345, Ferrier, Tél.CR.2155, Montréal Letellier, J.-B.-E.Inc., 112, Dalhousie, Tél.2-3931 .\u201e Québec Rioux & Pettigrew, 48, St-Paul, Tél.2-1212 .Québec, P.Q.Ferronneries D\u2019Art : Les Frères Lebrun, 3065, boul.Royal .Trois-Rivières, P.Q.Marchand, Adélard, 68, St-Vallier, Tél.2-2370 .Québec.P.Q.Ferronnerie en Gros : Demers, J.L.Ltée, 57, Commerciale, Zone 5-1070 \u2014 Québec, 5-5177, Lévis, P.Q.Fourrures\u2022 Bernard, Léo, 234 ouest, St-Vallier, Tél.3-1329 .Québec.P.Q.Fourrures, Haute Qualité, Réparation.Voûte : M.J.O.Nadeau, 160, Côte d\u2019Abraham, Tél.2-6429, Québec Turcotte, N.-Geo., 201, boul.Charest, Tél.4-1459.Québec, P.Q.Garages \u2014 Réparations Générales : Garage Paradis Enrg-, 78, d\u2019Aiguillon.Tél.2-8777 .Québec Tanguay, H., 64, 1ère Avenue \u2014 .- .Gros Pin, P.Q.Garage \u2014 Réparations Générales de Carrosseries D\u2019Automobiles : Beaulieu & Filion Enrg., 207, Ste-Hélène, Tél.2-2256, Québec Garagistes : Fradette, Amédée, 45, Franklin, Tél.3-2828 .Québec, P .Q.Garage Cloutier, 93, boul.Langelier, Tél.9034 .Québec, P.Q.Grain, Foin : Corriveau, M.A., 1742, chemin St-Louis .Sillery, P.Q.Grains, Moulées.Provisions : Larochelle & Fils Inc., 66, St-Roch, Tél.5-7494 .Québec, P.Q.Hôtels : Château Champlain, 401, St-Paul, Tél.2-2061 .Québec, P.Q.Hôtel Louis XIV Ltée, 3, Place Royale, Tél.5-6177, Québec, P.Q.Hôtel Montcalm et Restaurant, 161, St-Jean, Tél.2-1287, Québec Hôtel St-Roch, 230, St-Joseph, Tél.2-3921 .Québec, P.Q.Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de piété : Génin, Trudeau et Cie-, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Imprimeurs : Médéric Parent, 50~i, St-François, Tél.3-1252 .Québec, P.Q.Bégin, Maurice, 9, Chabot, .Lévis, P.Q.Ingénieurs-Conseils : Demers, Georges 111, des Braves, Tél.3-6736.Québee P.Q.Ingénieurs-Constructeurs : Komo Construction Ltée, 1500, St-Vallier, Tél.2-6839, Québec Institutrice : Sturton, Mlle Ethel, 93, Crémazie, Tél.6-9571 .Québec, P.Q.Laboratoire Farley \u2014 Hull, P.Q.: Fabricant des « Antalgines » contre les maux de tête.Lait, Crème, Beurre, œufs et fromage : La Ferme St-Laurent Ltée, 6720, Garnier, Tél.CR.2188-89, Montréal Laiterie Artic Ltée, 155, du Sacré-Cœur, Tél.5-7101, Québec Laiterie Borden, 2701, Chemin St-Louis, Tél.7-2561, Québec Laiterie Frontenac, 142, de l\u2019Eglise, Tél.5-7175, Québec, P.Q.La Laiterie Laval Enrg., 875, 4e avenue, Limoilou, Tél.4-3551, Québec, P.Q.La Librairie Dominicaine : 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.WA.0369 .Montréal 96, avenue Empress, Tél.2-7363 .Ottawa, Ont.Liqueurs Douces : Coulombe.Alex, Ltée, Embouteilleur autorisé de « Pepsi-Cola », 27, Av.Bigaouette, Tél.5-8485, Québec, P.Q.Magasins à Rayon : Dnpuis Frères Ltée, Tél.PL.5151 .Montréal Magasin St-Louis Enrg., 26, rue St-Louis.Tél.2-4791, Québec Mozart Ltée, 210-212, St-Joseph, Tél.2-6484 .Québec.P.Q.Magistrat : Simard, Juge Gérard, Palais de Justice.Tél.4-9290, Québec Manufacturier de Biscuits : Les Biscuits Dion Inc., 700, 2e rue, Tél.4-4191, Québec, P.Q.Manufacture de Chaussures : Samson, J.E., Inc., 469, St-Vallier, Tél.5-8765, Québec, P.Q.Manufacturiers de Portes et Chassis, Bois : Pilon Ltée, 71, boul.du Sacré-Cœur, Tél.PR.7-4348, Hull, P.Q.VI BONNES ADRESSES À CONSULTER Marbre, Terrazzo, Tuile & Ciment s La Cie de Marbre & Tuile de Québec Ltée, 327, Dorchester, Tél.2-6900, Quebec, P.Q.Marchand de Bois de Construction : Louis Canac-Marquis Ltée, 25, Marie de l\u2019Incarnation, Tél.MU.3-3628, Québec Marchand de Fer, Etc.: Compagnie Chinic, 55, St-Pierre.Tél.2-8293 .Québec, P.Q.Marchand de Fruits : Vézina, Adélard & FUs Enrg., 71, St-André, Tél.2-6268, Québec Marchand de Meubles : Cantin, J.-W-, 74 ouest, St-Joseph, Tél.8007, Québec .P.Q.Marchand de Sablei La Compagnie de Sable Ltée,, 20, 3e avenue, Tél.4-2232-2-6722, Québec.P.Q.Marchand de Tapis : Rochette, Emilien, 352 est, Saint-Vallier, Tél.2-5233, Québec Matelas i Matelas Frontenac, 15, Boisseau, Tél.6-5347 .Québec, P.Q.Maternité Privée : Ouellette, Mme J.T., 10 d\u2019Artigny, Tél.2-1966, Québec, P.Q.Médecins : Auger, Dr Antonio, 159, St-Joseph, Alma, Lac St-Jean, P.Q.Castonguay, Dr E-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0660, Mtl.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.6476, Montréal Membres Artificiels : Duckett, J.A., 3651, Park Ave.Tél.HArbour 0630, Montréal Mercerie pour Hommes : Julien, Albert, 556, 3e avenue, Limoilou, Tél.4-9474, Québec Négociant en Gros D\u2019Appareils Électriques : Vandry Inc., 470, des Capucins, Tél.2-5656 .Québec, P.Q.Négociant en Gros (épiceries, farine, grain) : Bégin, Noël Inc., 94, Commerciale, Tél.Lévis, 175, Québec, 5-9686 Négociants en Gros : (BISCUITS, CHOCOLATS, TABAC, CIGARETTES ) Vermette, M.F-, 571, rue St-Bernard, Tél.6-7270, Québec, P.Q.Nettoyeurs et Teinturiers : Ferland, P.Inc., 157, Du Pont, Tél.4-3531 ._ Québec, P.Q.Notaires : Baillargeon & Baillargeon, 38, des Jardins, Tél.2-1390, Québec Bélanger, Raymond, 32, de la Couronne, Tél.3-5352, Québec Demers & Demers, 16 est, rue Saint-Joseph, Tél.6-7785, Québec Labrèche et Labrèche, 10 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal Pouliot, Couillard & Jobin, 230, avenue des Oblats Tél.5-4817, Québec, P.Q.Opticiens D\u2019Ordonnances : Derouin, O.L., 37, Metcalfe, Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Optométristes et Opticiens : Beaulieu, Rémy, 94, de la Couronne, Tél.4-2413, Québec, P.Q.PÂTISSERIE \u2014 PAIN : Jos.Vaillancourt Inc., 356-358, St-Joseph, Tél.2-2085, Québec Peinture \u2014 Tapisserie : Gauthier Ltée, 292, rue Saint-Joseph, Tél.4-4626, Québec, P.Q.Pharmaciens : Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235, Québec, P.Q.Pharmaciens en Gros : Ontario Medical Supply, 113, Clarence, Tél.2-5309, Ottawa, Ont Gérant : J.-André Gaulin, Dist.pour Casgrain & Charbonneau Photographie : Saint-Pierre, Paul, 310, De La Salle, Tél.3-9147, Québec, P.Q.Placage Industriel Chrôme : Garand & Thibault Enrg., 15, D\u2019Argenson .Québec, P.Q.Plombier : Chiquette, R.et Fils Inc., 428, de la Reine, Tél.4-3782, Québec Pneus : Michaud Tire Service Ltée 207, de la Couronne, Tél 3-3901, Québec, P.Q.Produits de Salon de Beauté : Lemieux Beauty Products, 16, rue de l\u2019Eglise, Tél.3-6320, Qué.M.A.Lemieux, résidence, Tél.2-3073, Québec, P.Q.Provisions en Gros : Turgeon, Joseph, 189, Commerciale .Lévis, P.Q Provisions Générales pour Bateaux : Quebec Ship Riggers & Sail Makers Reg\u2019d., 17, Sault-au-Matelot, Tél.'3-6717, Québec, P.Q.Professeur de Musique (Guitare, mandoline, violon) : Gagnon, T.W., 208, N.-D.des Anges, Tél.2-3700, Québec, P.Q Quincaillerie Générale : Cantin & Fils Ltée, 555, St-Vallier, Tél.5-7123, Québec, P.Q.Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-68, _ Montréal Quincaillerie en Gros et Détail : Letnieur, Jos.-E.Enrg.,.Québec, P.Q Quincaillerie et Ferronnerie « Terreau Racine Ltée, 196-220, St-Paul, Tél.2-2711 _ Québec Radio Technicien \u2014 Haut-Parleur : Gagnon, Jean-Paul, 960, 1ère avenue, Tél.2-1735, Québec, P.Q.Réfrigérateurs : Brindamour, W., 415, 1ère rue, Tél.3-2449 .Québec, P.Q.Restaurants : Arsenault, Arthur, 1402, de la Canardière, Tél.4-8855, Québec Restaurant Bastogne Enrg., 350, boul.Ste-Anne, Beauport, P.Q.Beaver Ltée et Hôtel Castor, 66, St-Jean, Tél.2-0170, Québec Boulevard Restaurant, 3830, Décarie, Tél.DE.0097 .Montréal Child\u2019s Good Food, 2i, St-Joseph, Tél.2-0189 .Québec, P.Q.Chez Marino Enrg., 34, Dauphiné, Tél.3-0675 .Québec, P.Q.George\u2019s Grill Reg\u2019d., 28-32, St-Louis, Tél.4-1230, Québec, P.Q.Kerhulu, 22, de la Fabrique, Tél.2-6401 .Québec, P.Q.Laurentien, Place Youville, Tél.2-3635 .Québec, P.Q.Restaurant Café Buade, 31, Buade .Québec, P.Q.Nick\u2019s Chicken Barbecue, 22, Côte du Palais, Tél.4-0608, Québec The Old Homestead Hotel, 16-20, Ste-Anne, Tél.4-1849, Québec Taxis : Taxis Maguire Enrg., 1463, Maguire, Tél.3-1474, Sillery, Qué.Teinturerie : Teinturerie Française, 1480, Dé la Canardière, Tél.4-4681, Qué.TERRA-COTTA : Montreal Terra-Cotta Ltd., 1010 ouest, Ste-Catherine, MA.6912, Montrée! Valises et Bois de Construction : Ruel, Edouard, Ltée, 416, St-Joseph, Tél.7-6114, Lauzon, P.Q.Viande Gros et Détail : Lafleur Alp.Ltée, 350, 6ième rue, Tél.4-3524, Québec, P.Q.Viandes et Provisions en Gros : Sylvain, Edmond, 70, Dorchester, C.P.1905, Tél.2-2035, Qué.Vinaigre : La Cie de Vinaigre Lion Ltée, 115, Renaud, Tél.3-0406, Québec Vitres et Peinture : Franklin Glass & Paint Co., Centre industriel no 5, Saint-Malo, Tél.2-4982, Québec, P.Q.VII Sommaire Novembre î 955 Roger Brien : Les pieds dans la source De facture classique, ce poème a toute la fraîcheur d'une source.Bernard Desroches : La Bible parmi le peuple les Bible En réponse à la Société catholique de la Bible qui a pris pour thème, cette année, Scrutez Ecritures, l\u2019auteur expose les conditions et les avantages d\u2019une initiation populaire de la Jean Ménard : Présence de Charles de Foucauld Né à Strasbourg en 1858, assassiné à Tamanrasset (Sahara Central) en 1916, ce grand contemplatif, qui vécut du monde avant de vivre de Dieu, a suscité toute une pléiade de disciples qui s\u2019aventurent dans son sillage.G.DE Champris : Prises de vues Deux films : une cérémonie chez les Chevaliers du Saint-Sépulcre ; un adieu touchant, à Brangues, autour du cercueil de Claudel.Guy Robert : Considérations urbanistiques Ce qu\u2019il faut déduire du Congrès international d\u2019Urbanisme qui se tenait à Montréal, en septembre dernier.Nina Greenwood : Silhouettes portugaises Où il est question d\u2019histoire, d\u2019art, de mœurs, de piété et surtout de Fatima.e s faits sens E.\tL.: « Présentation de la Somme Théologique ».Michel Gavrel : « A la Comédie-Française ».Guy Robert : « The Glass Slipper ».F.\tFortin : « A propos d\u2019un film : Le Pain vivant ».Guy Faucher : « Les disques ».L\u2019esprit des livres Henri Gratton, O.M.I.: « Psychanalyses d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui ».Maryse Choisy : « Le chrétien devant la psychanalyse ».J.-D.Papillon, O.P.: « Pour comprendre les sacrements ».Dom Charles Poulet : « Histoire du Christianisme, fasc.XXXIV».Fulton J.Sheen : « La vie vaut d\u2019être vécue ».Gerald Vann : « La nuit sera ma lumière ».Bertrand Vac : «Saint-Pépin, P.Q.».François Beaulieu : « Pacte et complot ».Charles Ford : « Histoire populaire du cinéma ».Henri Agel : « Le cinéma ».Gervais Quénard : « Hier, souvenirs d\u2019un octogénaire ».Joseph André : «Prince du Nord : saint Norbert».G.H.Hunermann : « Le maquisard de Dieu ».La Maison Marne présente. REVUE DOMINICAINE Directeur : R.P.ANTONIN LAMARCHE, O.P.Maison Montmorency, Courville (Québec), P.Q.Vol.LXI\tTome II\tNovembre 1955 Les pieds dans la source Les pieds dans la source et les yeux au ciel ! Symbole vivant de ce que nous sommes : Un tissu de chair, un souffle éternel.Les pieds dans la source et les yeux au ciel l Oh ! I éden humain saturé d arômes ! L eau pure, à mi-jambe, a refait mon cœur.Un peu de rosée ouvre les corolles.Le monde a besoin de paix, de fraîcheur.L eau pure, à mi-jambe, a refait mon cœur.L homme meurt d\u2019ennui, loin de la Parole.L eau gicle en bouillons de lumière et d or Sous mes pieds volant en effervescence.L écume agrandit son mouvant décor.L\u2019eau gicle en bouillons de lumière et d'or.D un désir puissant jaillit l\u2019espérance.193 Revue Dominicaine Pourquoi redouter la limpidité ?Le cœur vierge ou chaste a-t-il peur de l ombre Qui veut saccager sa vitalité ?Pourquoi redouter la limpidité ?Que peut contre un chef la meute du nombre ?Baigne dans la source où mire le ciel Tes faits d éclat d homme affamé d espace.Jongleur d infini, bois à l éternel.Baigne dans la source où mire le ciel Ton cœur libéré de tout ce qui passe.Roger Brien La Bible parmi le peuple La Société catholique de la Bible a voulu, cette année, prendre pour thème « Scrutez les Ecritures », afin d encourager dans le peuple la lecture de la Bible.Cette action pastorale, entreprise depuis plusieurs années dans notre province, a suscité un intérêt nouveau pour la Sainte Ecriture.Malgré les hésitations du début, les tâtonnements et même les échecs, on n en a pas moins continué à répandre la Bible chez les fidèles, et le succès, surtout dans certains milieux, laisse présager que la Bible trouvera de plus en plus, dans I avenir, sa place primordiale dans l\u2019éduca-tion spirituelle de nos chrétiens.On remarquera, cependant, que I initiation biblique s\u2019est imposée à des organismes extra-scolaires, sans doute parce qu\u2019à l\u2019école et au collège, 1 enseignement catéchétique n\u2019avait pas toujours donné les résultats qu on en espérait.Au sortir de I école primaire, les jeunes n avaient pas encore lu les Evangiles en entier ; et encore moins l\u2019Ancien Testament.Au collège, les cours de catéchisme et d apologétique ne tenaient guère compte de la Sainte Ecriture que dans I établissement des dogmes enseignés et dans leur défense contre les attaques rationalistes du siècle dernier.II n existait, il y a dix ans, pratiquement aucune initiation à la lecture de la Bible.Aujourd hui, nos écoles et nos collèges s y sont employés résolument.Encore faudra-t-il présenter une initiation qui fera lire l Evangile en vue d une assimilation de son contenu >\u2014\u2022 et non simplement un enseignement des Livres saints qui tienne davantage de I apologie que de la théologie.La lecture de la Bible Toute initiation biblique doit tendre, en effet, à rendre accessible à ceux à qui elle s\u2019adresse, une lecture assidue, pieuse et intelligente de la Bible.Les Livres saints ne sont pas des livres courants qu on replace sur I étagère après en avoir parcouru les chapitres.L\u2019Ecriture contient la 195 Revue Dominicaine Révélation faite aux hommes des vérités nécessaires au salut.Ces vérités sont donc, pour nous, source de vie.Une simple lecture ne suffit pas à alimenter I âme à moins qu elle ne soit répétée.Dans ce contact fréquent, la vérité révélée finit par nourrir I intelligence et le cœur et orienter la vie chrétienne vers un idéal de perfection : « L homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matt., 4, 4 ; Deut., 8, 5).Une lecture assidue de la Sainte Ecriture ne ressemblera pas non plus à la lecture d un livre préféré, de poésie par exemple, qui charme par son inspiration et son style, ou d un trait de théologie qu\u2019on veut relire pour en fixer les conclusions dans sa mémoire.C est une lecture pieuse, où la méditation permettra une lente et profonde assimilation de la vérité révélée.II y a toute une éducation à faire ou à refaire de sa piété.A une époque privilégiée où Dieu parlait directement aux hommes par ses prophètes, corrigeant les déviations mêmes de la piété de son peuple et leur enseignant à prier, I éducation spirituelle de nos pères dans la foi se faisait sous 1 influx visible de I Esprit-Saint.Cette éducation spirituelle, qui pourra mieux que ce même Esprit-Saint, auteur des Saintes Lettres, nous la donner ?La lecture de la Bible pourra alors produire les mêmes fruits si 1 on retrouve le même état d âme, la même docilité spirituelle qui a marqué si admirablement le peuple de Dieu.Une lecture pieuse de la Bible supposera donc qu on accepte respectueusement la Bible comme la Parole de Dieu, ou la Révélation des mystères de notre salut, que nous devons à la miséricorde divine.Au temps où dans I Eglise, la lectio divina était à I honneur, la vie spirituelle de ceux qui y consacraient leur temps était parfaite.Mais, au fur et à mesure que 1 Ecriture a été de moins en moins la nourriture spirituelle des chrétiens, la piété, surtout la piété liturgique, s est amenuisée, a cherché des succédanés qui la rendaient moins praticable et moins efficace.Cependant, la lecture assidue et pieuse de I Ecriture ne suffit pas encore.Car, en raison même de son caractère ancien et oriental, le livre La Bible parmi le peuple des Ecritures est difficile d accès.Les ouvrages des anciens révèlent à chaque ligne une mentalité révolue.II y a jusqu à la conception du livre qui diffère de la nôtre.On transmettait des traditions orales, qui avec les siècles prenaient une nouvelle ampleur, juxtaposant récits aux légendes, prophéties aux exploits de guerre et aux histoires de famille.Mais, au fond, dans I esprit de ces orientaux, il n y avait qu une Révélation, et chaque récit, chaque légende n avait qu un seul et même but : faire la démonstration que Dieu, et Dieu seul, est le Maître absolu de tout, des peuples comme des événements.Pour une mentalité moderne et occidentale, la lecture de ces traditions révélées fait obstacle à son esprit scientifique.La vérité révélée semble abuser de la naïveté des anciens, quand la Bible rapporte des récits anthropomorphiques, quand les exploits sont humainement inadmissibles ou la conduite de certains personnages inconvenante.La lecture intelligente de la Sainte Ecriture pourra faire accepter la vérité révélée, telle quelle, avec toutes les circonstances historiques qui 1 entourent.Or, cette lecture suppose 1 étude.Celle-ci, à son tour, ne peut être confiée à tout le monde.Laute de loisirs ou de dispositions, chez le plus grand nombre, elle retombe par la force des choses sur des spécialistes, qui dans 1 Eglise ont la charge de transmettre la Révélation dans sa pureté originelle.C est à eux de rendre accessible aux profanes le donné révélé, de leur permettre une lecture intelligente de la Bible.La lecture intelligente de la Sainte Ecriture est un enrichissement de la foi ; non pas de la foi qu on se représente faussement comme une obéissance aveugle, mais de la foi qui recherche, qui ne voit pas sans doute, mais qui a toutes les raisons de croire, à cause de la vérité révélée elle-même, du témoignage éminent de la Parole de Dieu.La lecture assidue, pieuse et intelligente de la Sainte Ecriture ne peut rester infructueuse.Ainsi favorisée chez les fidèles, elle fera naître dans 1 âme des chrétiens I espérance théologale qui apaise et qui réjouit : « Tout ce qui a été écrit, 1 a été pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que nous procurent les Ecritures soutiennent notre espérance » (Rom., 15, 4).197 Revue Dominicaine L éducation biblique On conçoit dès lors qu\u2019une tâche pareille ne peut être abandonnée au premier venu, quels que soient sa bonne volonté et son ardeur.II faut une sérieuse préparation pour faire toute éducation, et particulièrement dans le domaine religieux dont la Bible est la source première.On exposera sans doute les fidèles à de fausses interprétations de IEcriture, si on se contente de leur mettre entre les mains la sainte Bible.Le libre examen pourrait exister tout autant chez nos chrétiens que chez nos frères dissidents, si à la Bible qu on leur confierait, on n\u2019y ajoutait { initiation nécessaire.D autre part, il faut se garder d inspirer une fausse crainte aux fidèles qui les empêcherait de lire la Sainte Ecriture.Trop longtemps les catholiques ont manifesté vis-à-vis de la Bible une crainte, disons révérentielle, qui les empêchait de I ouvrir et d y trouver I aliment spirituel qui leur était destiné.II faut donc, pour tenir le juste milieu dans I initiation à la Bible, présenter dans son entière vérité le texte lui-même, en ayant soin de préparer les esprits au mode ancien et oriental d expression propre à I auteur inspiré.On évitera alors deux écueils sur lesquels vient habituellement s échouer la bonne volonté des meilleurs fidèles.Le premier écueil est celui des genres littéraires tout à fait étrangers aux nôtres.Bien qu on admette, en principe, qu il puisse exister des récits légendaires, des poèmes, des paraboles, on a souvent peine à croire qu il ait été digne de Dieu de s en servir pour enseigner des vérités éternelles nécessaires au salut.Les récits de la création, par exemple, sont toujours pour un esprit non-averti une pierre d\u2019achoppement.II existe encore des rationalistes attardés qui ne manquent pas de mettre en parallèle, pour les opposer, les données de la science et celles de la Genèse, sur les origines du monde.Il ne vient même pas à I esprit de ces gens souvent sincères que I hagiographe, en compilant les traditions orales sur les origines de la terre, n a jamais voulu écrire un traité scientifique, mais qu il s est conformé au mode d expression des hommes de son temps 198 La Bible parmi le peuple pour transmettre la révélation de vérités d ordre intemporel et divin : Dieu seul est créateur de I univers, dont il régit les êtres, du plus grand jusqu au plus infime.Le second écueil est celui de la conscience morale des anciens.Le chrétien non initié à la lecture de la Bible s étonne devant certains épisodes bibliques.II s attend à trouver des récits édifiants de tous points conformes aux vies de saints inspirées par un ascétisme tendu et parfait.Or, la Bible est le Livre d\u2019un peuple, plus précisément d une humanité réelle dont la vie se meut au gré des passions, dans une société dont les normes morales ne sont plus les nôtres.Le chrétien ne peut se départir d un certain malaise s il n a pas appris de I histoire que pour juger avec équité le comportement des hommes d un autre temps et d un autre lieu, un certain relativisme moral est de mise.Même si la règle de moralité est universelle pour les individus de tous les temps, il n en reste pas moins qu elle ne s est imposée que graduellement à la conscience des peuples.Il faudra I Evangile pour accomplir la Loi, et I exemple de Jésus pour entraîner les disciples jusqu à I héroïsme des vertus.L éducation biblique doit donc se faire de son côté aussi graduellement.Ceux qui en ont la charge ne peuvent négliger aucune étape pour acheminer les lecteurs vers une meilleure compréhension de la mentalité sémitique et des divers moyens qu ont usés les auteurs sacrés pour I exprimer.On ne s étonnera sans doute plus des innombrables publications de tout genre malheureusement d inégale valeur ,\u2014- traitant de sujets bibliques.II y a cependant un certain danger à lancer un mouvement biblique dans le peuple.II peut, à plus ou moins brève échéance, dépasser ceux qui ont voulu le diriger.Car si là où 1 éducation biblique a été amorcée la réponse des fidèles a dépassé I espérance des éducateurs, il n est plus possible de reculer.Or, pour nourrir tout un peuple affamé, souvent on n a que quelques pains et quelques poissons.II faudra, dans I avenir, savoir accumuler les provisions si I on veut réussir à rencontrer les nombreuses demandes.199 Revue Dominicaine La mise en œuvre d une technique quelconque pour atteindre les fouies exige toujours des essais, plus ou moins infructueux.A cause de circonstances souvent inexplicables, la même technique échoue ici quand elle réussit ailleurs.Cependant, le moyen qui jusqu\u2019ici s\u2019est avéré le plus propre à faire dans notre peuple 1 éducation biblique est celui de la radio.Sans doute à cause des larges auditoires qu elle peut atteindre pratiquement sans les déranger, la radio possède un avantage marqué sur les cours populaires ou les conférences traitant de sujets bibliques.La raison profonde serait peut-être aussi que la Bible est essentiellement la tradition d une Parole, qui a d abord été prononcée avant d être consignée par écrit.Elle s entend donc mieux qu elle ne se lit.L expérience a démontré que la radio saisit 1 auditeur au moment où toute son attention est consacrée à 1 audition.En outre, la technique permet de créer au moyen de la lecture mise en relief par des intervalles musicaux et de brefs commentaires, une atmosphère très favorable à I intelligence de la Parole de Dieu.Bien que la Bible ne soit pas du théâtre \u2014 il faudra sans doute se le rappeler quand la télévision entreprendra de concourir, elle aussi, à T éducation biblique de nos gens les interprètes du texte sacré peuvent et doivent le mettre en valeur.Je me souviens d avoir entendu une artiste de Radio-Canada rendre une Lamentation de Jérémie, et nous donner par son interprétation, une impression de formidable puissance et d émotion qu\u2019il est par ailleurs impossible de ressentir à la simple lecture personnelle.Ajoutez à cela un commentaire approprié pour préparer les esprits à mieux entendre la lecture, et vous ne trouverez certes pas de meilleure façon d initier nos chrétiens à la lecture de la Bible.D autant qu il y a des pièces qui n ont de réelle valeur que si elles sont prononcées à haute voix, tellement la poésie et le rythme les animent.Les Psaumes interprétés ne sont plus du tout la même prière que s ils sont lus.Jusqu\u2019aux discours de Jésus dont le Sermon sur la Montagne est le prototype, qui prennent un sens tout nouveau pour I auditeur quand ils sont prononcés.Radio-Canada a présenté I an dernier un programme biblique de première valeur.Au cours de ces émis- 200 La Bible parmi le peuple sions, les thèmes bibliques les plus profonds ont trouvé auprès des auditeurs, dans l\u2019interprétation et dans les commentaires qui les explicitaient, un accueil des plus favorables.Les réalisateurs et 1 auteur de ces émissions radiophoniques ont servi la meilleure part de 1 initiation biblique dans notre province.L éducation liturgique II semblerait, ici, hors de propos d assimiler I éducation liturgique à I éducation biblique.Mais à y regarder de plus près, on est forcé d admettre que la première ne va pas sans I autre, car toute la liturgie chrétienne est biblique.On a malheureusement trop séparé ces deux mouvements sans raison plus profonde que celle de ne pas mêler deux disciplines différentes.Les deux disciplines sont pourtant intimement liées I une à F autre.La liturgie est toute faite de textes bibliques au point où celui qui n aurait aucune initiation biblique ne saurait prendre vraiment part à la liturgie.D autre part, toute 1 initiation biblique ne trouve son plein épanouissement que là où la vie chrétienne s exerce avec le plus d intensité : dans les célébrations liturgiques à I église.L exemple le plus frappant est sans contredit la messe du dimanche à laquelle 1 ensemble des fidèles assistent par devoir, précisément parce qu elle ne semble pas leur apporter, faute de préparation liturgique et biblique, le profit spirituel dont ils ont besoin.Que retirent, en effet, les chrétiens de leur messe du dimanche, à part de remplir 1 obligation du précepte ?Ceux qui parmi les chrétiens les mieux disposés suivent la messe dans leur missel, lisent le propre et le commun des textes liturgiques en cherchant à leur donner une signification satisfaisante à leur piété.En raison même de leur brièveté, ces courts passages tels que les Introïts, les Répons, Alleluias, Offertoires et Communions présentent pour eux, qui ne sont pas initiés à la liturgie et qui n ont pas la culture biblique nécessaire, de véritables énigmes.201 Revue Dominicaine Les Epîtres et les Evangiles semblent au premier abord plus compréhensibles, mais en réalité les fidèles éprouvent souvent un malaise quand ils les lisent.D\u2019 abord I Epître contient toujours un court extrait de I Ancien ou du Nouveau Testament.Un chapitre d une Lettre de saint Paul, par exemple, reste souvent très obscur aux fidèles.Et cela pour plusieurs raisons : soit qu ils ignorent, le plus généralement, I ensemble de la Révélation qui englobe cet extrait ; soit qu ils ne comprennent pas une traduction inadaptée ; soit, enfin et surtout, qu en raison du style, du mode oriental d expression, ils n arrivent pas à transposer, selon leurs propres conceptions, la portée spirituelle de ces textes.En ce qui concerne les Evangiles, le chrétien est mieux servi, parce que de tous les textes liturgiques, ils sont les mieux connus.Sans doute parce qu on en a entendu, en français, depuis longtemps la lecture publique à l\u2019église, que la prédication s y est rattachée d une manière plus ou moins immédiate, en donnant en substance le message évangélique.Mais, comme dans le cas des Epîtres, beaucoup de chrétiens perdent une partie de 1 enseignement et du profit spirituel de ces extraits évangéliques, faute de préparation et d initiation.L éducation liturgique, comme on peut le constater, ne peut aller sans 1 éducation biblique.D autant que cette dernière prendra son sens définitif lorsqu elle apportera à la liturgie son concours nécessaire.Car non seulement la majeure partie des textes liturgiques est tirée de la Sainte Ecriture, mais les types, les images et jusqu au vocabulaire de la liturgie des sacrements, par exemple, viennent de I Ancien et du Nouveau Testament.Ainsi, pour constituer une liturgie du baptême, les premiers chrétiens ont trouvé dans 1 Ancien Testament des préparations, des « préfigurations » du sacrement de baptême, comme le passage de la mer Rouge, le déluge, la traversée du Jourdain.Dans la liturgie, ces épisodes bibliques sont devenus des images anticipées ou « préfigurations » de la délivrance que nous apporte le baptême dans notre association à la mort et à la résurrection du Christ \\ 1.Car le baptême, pour saint Paul, est une mort et une résurrection associées à celles du Christ.Etre baptisé, c\u2019est passer avec le Christ de la mort à la vie (Rom., 6, 1-23).202 La Bible parmi le peuple On voit donc à quel point I éducation biblique, dans son prolongement naturel, atteint la liturgie, pour en permettre une meilleure intelligence ; tant il est vrai que la lecture publique et communautaire de la Sainte Ecriture à I église, est la mesure de la lecture privée et personnelle de la Bible.* * * La Bible, au début de I ère chrétienne, a éduqué le peuple en annonçant la Bonne Nouvelle.C est encore elle qui fera la rééducation du monde de demain quand le peuple aura senti la faim et la soif de la vérité.Pour ne pas perdre ceux qui croient encore à 1 Eglise, la Pastorale s efforcera de retransmettre le message du Christ dans le cadre d\u2019une prédication scripturaire.Cette prédication est toute faite, et depuis longtemps, dans la vie liturgique de I Eglise.II ne s agira pas de la créer mais de la remettre devant les yeux et dans le cœur des chrétiens qui ne demandent qu à voir et à entendre.Comme I évangélisation première du monde a été lente et progressive, la rééducation biblique du peuple chrétien se fera par étapes successives, en réapprenant au peuple à lire la Sainte Ecriture.La lecture de la Bible dans le peuple pourra alors amorcer son éducation liturgique, car c est dans la tradition vivante de I Eglise que lui parviendra dans toute son ampleur le message du Verbe incarné.Saint-Hyacinthe, P.Q.Bernard Desroches, O.P.Aumônier\u2022 diocésain du Service de la Bible.205 Présence de Charles de Foucauld Cette figure extraordinaire n a pas fini d étonner, voire de scandaliser.Elle étonne I incroyant qu elle jette au seuil d un univers dont il ignorait jusqu à 1 existence, lui qui dans le monde sensible se mouvait avec tant d\u2019aisance.Elle scandalise le chrétien installé dans sa foi qui, pas plus qu\u2019il ne convient, n abuse des biens de cette terre et qui à la pensée de la mort oppose, quand il le faut, le réconfort de 1 éternité.Mais ce chrétien si modéré est sans défense en face de 1 ascète qui a poussé l abjection jusqu à 1 anéantissement ; en face de cet étrange missionnaire sans catéchumène qui a pu mener une vie, selon les apparences, complètement inefficace.Nous sommes ce chrétien que le Père de Foucauld a scandalisé.I \u2014 Une conversion C est le miracle continuel de la grâce de susciter des destins exemplaires et des saintetés à toutes les époques, et 1 on dirait presque surtout à celles où les hommes paraissent désavouer leur Rédempteur.Vers les années 1880, I homme, si fier de ses découvertes dans tous les domaines, crut que la réalité livrerait tous ses secrets, et que la religion, avec ses mystères et son surnaturel, avait offert une conception puérile de I univers à I humanité geignant dans ses langes.L enfant a grandi : qu il n ait plus peur la nuit 1 La Science expliquera tous les « mystères ».Il était cependant un Carmel à Lisieux où allait fleurir une des plus pures saintetés de notre ère moderne.Et des rangs même de I incrédulité allait sortir un apôtre qui d une façon audacieuse poserait à nouveau tout le problème missionnaire.L'EgI ise qui paraissait dépérir demeurait au total la fiancée éternellement jeune du Christ.Charles de Foucauld naissait à Strasbourg, le quinze septembre 1858, sous le règne de Napoléon III.Trop jeune pour lutter contre les Prussiens en 1870, trop vieux pour verser son sang en 1914, il appartenait à une génération qui a pu sans amertume goûter une des époques les 204 Présence de Charles de Foucauld plus stables et les plus prospères que la France ait connues.On sait combien cette prétendue « Belle Epoque » et qui, sous tant d aspects, le fut si peu, inspire aujourd bui romanciers et cinéastes sans imagination.La famille du vicomte Charles de Foucauld n était point médiocre.Elle comptait un ancêtre qui, aux côtés de saint Louis, avait participé à la septième croisade.En septembre 1792, Armand de Foucauld, qui fut béatifié en 1926, mourait martyr dans la prison des Carmes.Charles de Foucauld allait-il honorer, lui aussi, un si beau blason ou au contraire allait-il porter ostentatoirement un nom et n être qu un de ces jeunes aristocrates superficiels et dépensiers, « fin de siècle » et aussi « fin de race » que les romanciers et les dramaturges de 1 époque se croyaient tenus de peindre dans leurs œuvres ?Vers 1878, dans la charmante petite ville de Saumur, si réputée pour sa table et ses vins, un jeune officier de cavalerie menait fort joyeuse vie.Au demeurant intelligent, il ne jugeait point indispensable de s imposer I ascétisme qui permet à un élève de trancher sur la moyenne.II aimait les crus raffinés, les plats cuisinés avec apprêt.Jouant à I occasion au sultan, il faisait venir de Paris ces créatures qu on appelait demi-mondaines.On raconte que, par snobisme autant que par paresse, il s était commandé un petit coupé bien bas qui lui permettait de monter, sans trop lever le pied.Charles de Foucauld, ce saint-cyrien que I on avait failli refuser pour obésité, goûtait aux fruits amers de la vie déréglée.Ce jeune homme qui remuait I air d une tranquille petite ville de province n était pas très différent des aimables oisifs que Barrés et Bourget allaient portraiturer avec une ironie un peu blasée.Ses frasques ne dépassaient pas somme toute en énormité celles que pouvait commettre un fils de famille aisée, qui butinait un peu partout, en attendant le « riche mariage ».En revanche, si I on en croit les biographes, dans ces passions d essence assez vulgaire, la sensualité jouait beaucoup plus que le sentiment.On songe par contraste à saint Augustin qui connut l\u2019ivresse des plaisirs, mais qui sut demeurer longtemps fidèle à une femme qui lui avait donné un fils.Appelé en Algérie, Charles de Foucauld y arriva 205 Revue Dominicaine en compagnie d\u2019une certaine Mimi.Le scandale éclata.On lui donna à choisir : la maîtresse ou le régiment.II choisit la maîtresse.Edifiant début pour un jeune homme de vingt-deux ans.Cependant les voluptés n\u2019avaient point complètement enivré ce gros garçon sensuel et paresseux, qui naturellement ne croyait plus depuis déjà longtemps au Dieu de son enfance.II aimait les beaux livres, les belles lectures, à 1 occasion il pouvait étudier.Sa faible volonté péchait : sa conscience n\u2019était point obnubilée.« Je faisais le mal, mais je ne 1 approuvais, ni ne l\u2019aimais » \\ La fougue de ses vingt ans luttait peu contre les passions.Mais un jour, il saura mettre sa nature fougueuse au service de quelque grande entreprise, et qui sait peut-être, au service du plus exigeant des maîtres.La bataille fait rage en Algérie.La situation s\u2019aggrave pour les Français.Au ministère de la guerre, Charles de Foucauld demande sa réintégration dans l\u2019armée, et il combat très courageusement.Lorsque le quatrième Chasseurs reprit son régime de garnison, Charles de Foucauld était déjà devenu Foucauld l\u2019Africain : il ne put accepter la vie trop stationnaire des camps, lui qui voulait connaître cette Afrique du Nord encore mal explorée et que déjà il aimait.Durant près d une année, il s\u2019enfonça à l\u2019intérieur du Maroc sous la défroque d\u2019un rabbin, au milieu de difficultés de toutes sortes.Ce voyage fut un succès complet.Grâce à cet explorateur de vingt-six ans, une ère nouvelle s ouvrait dans la connaissance géographique du Maroc.Ce jeune conquérant avait déterminé partout les longitudes, et les altitudes, avait doublé pour le moins la longueur des itinéraires levés, se préoccupant en outre de tout ce qui intéresse la géographie humaine.Il eût pu, en compagnie des Lyautey et des Laperrine, marcher à la conquête du désert, hisser partout le drapeau tricolore, offrant à la France un empire par ailleurs aussi mouvant que les sables qui le composent en grande partie.Son coup d essai était magnifique.Mais le mieux qu\u2019il désirait, conserverait-il le jeune officier dans le relatif, le 1.Ecrits spirituels, Paris, Plon, p.76.206 Présence de Charles de Foucauld transitoire ?Et dans un certain ordre de choses, les progrès sont beaucoup plus du côté de la quantité, que de la qualité.Rimbaud allait revenir d\u2019Ethiopie, les poches pleines d\u2019argent.Foucauld revenait du Maroc, l\u2019âme pleine d\u2019angoisse métaphysique.La nuit, couché dans la poussière immobile des dunes, la tête renversée, il avait admiré la trame des constellations.Cœli enarrant.Partout, le vicomte Charles de Eou-cauld avait entendu ce cri roulant d\u2019un bout à l\u2019autre du désert et que chaque bouche répétait cinq fois par jour : « Allahou Akbar.Dieu est plus grand ».A ce retour d une âme vers Dieu, qu on ne sous-estime pas la part qu\u2019y prit le peuple croyant des déserts I Là-bas était une foi : la croyance en un Dieu tout-puissant.En France, de plus en plus, une partie des élites rompait avec les antiques croyances.L Etat allait être tenté non point par la véritable neutralité respectueuse des cultes, mais par la Laïcité.Et puis que pouvait cette religion qui, selon les apparences, avait partie liée avec une classe, épousant jusqu à ses tares ?Mais au milieu d\u2019hommes faillibles, était le Christ avec sa transcendance et Charles de Foucauld allait rencontrer le Dieu des chrétiens.Tourmenté, il lut les grands auteurs de I antiquité païenne.La philosophie, si souvent pleine de grandeur, des Sénèque et des Marc-Aurèle le déçut, comme si d avance il leur reprochait de n avoir pas rempli leurs pages du nom du Christ.Il fit la connaissance de I abbé Huvelin, vicaire de l\u2019église Saint-Augustin.La graine fut jetée dans l\u2019âme, sans que la graine parût germer.Mais la grâce, tout comme I amour, suppose certaines cristallisations.Et la grâce, tout comme I a-mour, n agit qu\u2019avec un caprice apparent.Elle a ses moments, ses temps d arrêt, ses retours, que personne ne peut prévoir.Charles de Foucauld ouvrit les livres de spiritualité, recherchant la vérité par delà les mots qu il comprenait mal.Sans se rendre, déjà il priait ce Dieu auquel il ne croyait plus.Ce soldat, cet explorateur exact et consciencieux, qui s était sans cesse purifié, préparait le mieux qu il pouvait une reconnaissance en un continent dont I existence lui paraissait encore mal assurée.207 Revue Dominicaine Dieu eut pitié de lui.Entre le vingt-sept et le trente octobre 1886, alors qu il croyait s être rendu à Saint-Augustin pour soumettre à 1 abbé Huvelin ses doutes habituels, la grâce lui tendit un guet-apens.L abbé lui dit : « Mettez-vous à genoux, confessez-vous à Dieu ; vous croirez ».« Mais, proteste Foucauld, je ne suis pas venu pour cela » 2.O naïveté de l ame qui cherche ! N était-il pas venu en fin de compte pour cela ?Et le Christ serait-il 1 homme du monde qui accourt, après qu on a déposé une carte chez lui, comme s\u2019il n avait pas dit qu\u2019il viendrait comme un voleur ?.La grâce qui parut languir a parfois des impatiences.En lisant le récit de cette conversion à la fois brutale et douce, on songe à cette voix de garçon ou de jeune fille qui chantait et répétait à diverses reprises, pour qu\u2019Augustin entendît bien : Toile, lege.Toile, legs.Nulles voix mystérieuses ne résonnèrent aux oreilles de celui qui jusqu à sa mort adora Dieu en toute humilité, sans jamais connaître extases, ni charismes.Et I on songe également à ce poète qui se convertit à Notre-Dame dans la poésie d\u2019une nuit de Noël.Comme la grâce, d\u2019apparence impérieuse, respecte bien nos tempéraments I Charl es de Foucauld avait retrouvé la foi de son enfance.Mais il continua de vivre au milieu du monde, comme si rien n avait changé.II mit au point son livre célèbre Reconnaissance au Maroc qui ne parut qu\u2019en février 1888.II connaissait la gloire : il aurait pu la goûter.A la fin de I année 1888, il s embarqua pour la Terre sainte, afin d apprendre comment il pourrait à sa manière imiter le Christ.II revint en France, fit plusieurs retraites, puis, le seize janvier 1890, à I âge de trente-deux ans, il entra dans la trappe de Notre-Dame des Neiges, ce grand monastère perdu dans le Vivarais.Converti, il n avait point encore trouvé sa voie.Certaines destinées sont si extraordinaires, qu elles doivent se frayer un chemin solitaire, loin des sentiers battus par le commun des hommes.Charles de Foucauld accepta de vivre en communauté, soumis à une 2.Paroles citées par Michel Carrouges, Charles de Foucauld, explorateur mystique, Editions du Cerf, 1954, p.85.Notre essai, qui ne prétend à aucune originalité, utilise abondamment cette excellente biographie.208 Présence de Charles de Foucauld règle fixée depuis des siècles.Ce n est qu après cette longue soumission qu il ouvrit sa solitude aux peuplades du désert : il fut tellement en avance sur son temps, qu il ne connaîtra qu\u2019un seul et unique disciple, qui d ailleurs au bout de quelques mois devra I abandonner.En 1890, le frère Charles quitte son monastère du Vivarais : il vivra sept années dans la misérable trappe de Notre-Dame du Sacré-Cœur en Syrie.Comme la place qu il avait prise dans cette maison rompue aux pires austérités ne lui paraissait point la dernière, il partira.En 1897, à I\tâge de trente-huit ans, et commençant tout juste de connaître sa vocation, il entre à Nazareth : on le prendrait volontiers pour un mendiant.Qui voudra nourrir ce malheureux, ce fou de Dieu ?Un couvent de Clarisses, surmontant la méfiance qu il inspire, confie au vicomte Charles de Foucauld de menus travaux de menuisier, de maçon et de sacristain.Nous qui passions par Nazareth, cette jolie ville peuplée d\u2019arabes chrétiens auxquels les Israéliens n ont pas toujours ménagé un sort équitable, nous avons vu les sites que le frère Charles voyait tous les jours.Une jeune Clarisse libanaise, à la voix chantante et pure, nous a montré des souvenirs, bien modestes, du mendiant de Dieu : des images par lui peintes, de vieilles sandales.A 1 entrée du couvent, dans une pièce très exiguë, trois jeunes filles, assises sur de minuscules tabourets, et habillées comme des femmes du peuple, réparaient de vieilles hardes.Il y avait là une Française fort distinguée qui apprenait le métier.Toutes nous accueillirent avec cette simplicité et cette magnifique bonne humeur qui sont celles des petits frères et des petites sœurs de Jésus.Des Nazaréens, d un milieu très chrétien et très policé, nous disaient qu elles s étaient faites plus arabes qu ils ne I étaient eux-mêmes.Le frère Charles trouva trop douce sa vie à Nazareth, auprès des saintes filles de Claire.II suffirait pourtant de raconter ses mortifications.II\tquitte Nazareth, mais Mère Elisabeth, la supérieure, insiste pour qu il devienne prêtre.Il finit par céder : en juin 1901, il est ordonné prêtre à Viviers, à I âge de quarante-deux ans.II s enfonce dans la solitude de Béni Abbés, grande palmeraie de la Saoura, et station la plus rapprochée 209 Revue Dominicaine du Maroc sud.Trop douce palmeraie I En 1905, le marabout chrétien isole sa solitude à Tamanrasset, parmi les Touareg.II vivra même quelque temps sur la montagne de I\u2019Asbrem, dans un site apocalyptique.Mais ce fut à Tamanrasset, où tous 1 aimaient tant, qu il tomba, en 1916, entre les mains de Touareg dissidents.Un enfant de quinze ans assassina le Père Charles qui toute sa vie, avait demandé la faveur du martyre.II i\u2014' Portrait Ce sont moins les faits, et les jalons d une biographie qu il convient d étudier, pour comprendre une destinée si extraordinaire, que I âme même du Père de Foucauld.Les hommes retiennent quelques événements, lis oublient I union secrète et continuelle d\u2019une âme à son Sauveur.L\u2019homme qui s ouvre à la grâce peut rompre avec son passé : il ne rompt pas nécessairement avec lui-même.Par la sainteté, nous allons au bout de nous-mêmes, s il est vrai que I homme ne s accomplit véritablement qu en participant à la vie de Dieu.Malgré les affinités qui existent entre les esprits, on ne peut véritablement prendre aucun saint comme modèle.Nous n avons à nous démettre de rien, si ce n est de nos égoïsmes et de nos imperfections.Son état rappellerait assez aux profanes la solitude, si avant tout nous ne devions nous oublier pour imiter le Christ qui contient à I état d acte tous les types de sainteté qui germent en chacun de nous.L incroyant qui allait explorer le sud marocain avait pu vivre une jeunesse médiocre, il n\u2019était point médiocre.II n appartenait point à la race qui suit, mais à celle qui prend les devants.II eût pu, s il avait voulu, être I égal des Lyautey.Une force I habitait qui n\u2019était pas entièrement du côté de la volonté, mais qui laisse supposer en tout I homme un dynamisme, un esprit d invention constitutif.Devenu chrétien, il accomplira très modestement de grandes choses : il accomplira toutefois de grandes choses qui ne pouvaient après sa mort que susciter des imitateurs, animer des énergies.Ses mortifications, ses veilles, ses labeurs, la médiocrité même où il descendit, étaient à ce point extraordinaires, que personne Présence de Charles de Foucauld ne pouvait devenir son disciple.Disons-Ie franchement : il n est pas donné à tous d accomplir une telle destinée.Mais tous, nous avons, selon nos capacités, à être efficaces aux yeux de Dieu, ce qui aux yeux des hommes, ressemble souvent à I inefficacité.Avant de quitter le monde, Charles de Foucauld avait beaucoup plus manifesté, dans son récit de voyage au Maroc, un naturel de scientifique, que de littéraire : une narration claire et dépouillée, sans fioriture, sans ornement non plus.On retrouve dans cette œuvre beaucoup plus Livingstone que Chateaubriand, Duveyrier que Fromentin.Esprit scientifique, il le demeurera.On comprend qu il ait pu rédiger un dictionnaire, des grammaires, ouvrages, il est vrai, qu il met au service des missionnaires et de disciples éventuels.Son esprit était concret, et sa sensibilité, si parfaitement exquise, ne venait point fertiliser 1 intelligence, qui abstrait, qui décompose.Comme le prouvent ces pages qu on a appelées « écrits spirituels », il n avait rien d un théologien, d un auteur spirituel.Ce serait sans doute une erreur de publier intégralement ses très nombreuses méditations, que d ailleurs il ne destinait qu à lui-même.De courtes anthologies suffisent largement.Le petit frère Charles de Jésus se contentait de méditer modestement, le plus modestement possible, un bout de crayon à la main sur la vie du Christ.Ainsi il parle de « préceptes », et de « conseils », sans s efforcer de définir ces termes qui ne cessent d\u2019intriguer tout chrétien.Il dit : «Dieu permet le péché », mais il laisse aux philosophes le soin de creuser cet axiome, si cruel dans son énoncé brutal.Des chrétiens un peu hautains qui fréquentent les inaccessibles forteresses spirituelles de Jean de la Croix et de Thérèse d Avila, trouveront les écrits spirituels du frère Charles bien affectifs.Mais 1 Imitation de Jésus-Christ ne disait-elle pas, et le Père de Foucauld eût été d accord : « J aime mieux éprouver la componction qu en connaître la définition ».111 >\u2014 Imitation de Jésus-Christ Convient-il, somme toute, de tracer le portrait de cet homme qui a désiré aimer Dieu jusqu\u2019à I anéantissement ?Ainsi s expliquent ses in- 211 Revue Dominicaine nombrables mortifications, ses veilies, ses privations de toute sorte.Un tel ascétisme risque d inquiéter tous ces chrétiens qui veulent être à la fois de ce monde et de 1 autre, sans pour autant vivre leur christianisme d une manière superficielle ; qui par ailleurs jugent trop simpliste la distinction entre « préceptes » et « conseils ».Les saints, lorsqu ils s appellent rudement « néant », « abjection », insistent beaucoup plus sur la toute-puissance de Dieu que sur notre petitesse : autrement ils injurieraient le Créateur.Quant à toutes ces mortifications qui nous paraissent déraisonnables et qui le sont lorsqu elles nuisent à la santé, elles supposent un certain degré de vie spirituelle.Mais le christianisme, comme le disait Chesterton, réunit des contradictoires et il y aura toujours un conflit entre la sagesse qui prêche la modération et la sainteté aux souveraines exigences.« L amour a besoin d imitation » \", écrit le Père de Foucauld.Toute sa vie, à partir de son séjour en Palestine, fut une imitation du Christ.Dans ses écrits spirituels, il médite constamment sur un Christ qui respire, qui aime, et qui meurt pour nous racheter.Entre lui et son Dieu, il n a placé 1 écran d aucune abstraction.Cette imitation concrète et précise diffère pourtant de celle de saint François d Assise, à qui le frère Charl es par ailleurs ressemblait tant.Le prédicateur ombrien s inspire du Christ des trois dernières années, qui a quitté son village de Nazareth.Charles de Foucauld a vécu pleinement les trente années du Christ à Nazareth, parce qu il a jugé que les temps n étaient point encore venus d imiter le Christ dans sa prédication.On comprend ainsi sa dévotion, que d aucuns trouveront un peu mièvre, pour « Jésus adolescent ».Depuis qu il eut entendu dire à un prédicateur : « Notre-Seigneur a tellement pris la dernière place que personne n a pu la lui ravir », il ne cessait de contempler 1 extrême dénuement du Christ et il lui sembla que les masures et les cabanes où il abritait son humilité étaient palais auprès de la misérable maison où I enfance d un Dieu s écoula.Et lui, prêtre du 3.Ecrits spirituels, p.201. Présence de Charles de Foucauld Christ, pourquoi serait-il mieux logé que Palestiniens, Marocains, Touareg ?II imiterait Jésus de Nazareth dans sa vie active et dans ses prières.Il serait le contemplatif que I on dérangerait cent fois par jour.II ne prêcherait point, mais ses prières, ses conversations, ses charités, son silence même porteraient témoignage.Disons-Ie ici : bien que par son affectivité, la dévotion du Père de Foucauld rappelle la clevotio modernci, les ressemblances ne vont pas plus loin.L Imitation de Jésus-Christ, ce livre sublime, peuplerait monastères et béguinages de ses lecteurs, si ceux-ci suivaient ses conseils à la lettre.Fuir et ne point sauver « ce qui était perdu » ne paraît point absolument conforme à 1 Evangile.Mais sur les lieux mêmes d où le Christ était absent, le Père de Foucauld a ouvert les portes de ses minuscules ermitages.En imitant le mieux qu il pouvait le Christ, le Père de Foucauld a tracé des voies toutes neuves à I apostolat moderne.Pouvait-il prévoir que des disciples, dans les milieux les plus défavorisés introduiraient le silence sacré de la Sainte Famille ?Ils sont partout à I heure actuelle, partout où I homme imite dans sa pauvreté le Dieu qu il ignore.Ceu x-ci, avec les gitans roulent en roulotte.Celles-là ont pris la houlette des bergères de Provence.Voici des hommes qui accomplissent en priant un travail de machine dans une usine d automobiles.Dans 1 iglou polaire, dans la maison à coupole palestinienne, dans la tente du berbère qui transhume, le Saint Sacrement repose.II est beau de penser que cette voix qui criait dans le désert, ait trouvé, une fois qu elle s est tue, tant d oreilles pour entendre et recueillir son message.Jean Ménard 215 Prises de vues Z \u2014 Autour du cercueil de Claudel Brangues : cinq cents habitants à peine attachés aux flancs d une colline ardue.Au sommet, une terrasse d où la vue s étend sur un horizon de verdure.Deux ou trois auberges ; quelques artisans ; une majorité de petits cultivateurs.1.A quelques exceptions près, la Belgique et la Suisse étant rattachées à la Lieutenance de France. Revue Dominicaine Tels sont, ou à peu près, les renseignements que pourrait vous fournir un guide sur une bourgade pareille, cfiez nous, à des milliers d autres.Cependant, elle occupait déjà sa place dans la petite histoire.Car F aventure de Julien Sorel condamné à mort pour tentative de meurtre sur Mme de Rénal en I église de Verrières, correspond très exactement au fait divers qui, le 22 juillet 1827, s était déroulé en I église de Brangues.En I introduisant dans son roman Le Rouge et le Noir, Stendhal assurait la pérennité à ce village dauphinois.Un événement d une tout autre nature vient de ramener celui-ci au premier plan de 1 actualité.Ce n est pas assez dire : par la volonté d un poète une tombe vient de s ouvrir ici qui enrichira, peut-être, d une étape, ce que 1 on pourrait appeler les Pèlerinages littéraires.C est à Brangues, en effet, qu entre les deux guerres, Paul Claudel avait acquis un château « ceint d un grand parc ».11 en avait fait un large foyer de famille, un abri pour son travail et, de plus en plus, une espèce de sanctuaire pour sa méditation.En 1940, quelques jours d occupation suffirent aux Allemands pour profaner tout cela : non contents de pill er, ils saccagèrent en houffonnant : à un plafond, ils suspendirent comme un épouvantail ridicule, 1 uniforme du diplomate qui avait été Consul général à Hambourg et, à leur départ, laissèrent grand ouverts les robinets de la salle de bain.Ces facéties misérables rendirent plus chère à Claudel la maison qui avait souffert à cause de lui.11 y passait une partie de 1 année, entouré de ses cinq enfants, de ses nombreux petits-enfants ; il y travaillait ; il y méditait devant une tombe : celle d\u2019un petit-fils mort à I âge de deux ans, et qu\u2019il avait obtenu de faire inhumer dans un coin reculé de son parc.A I église, il allait deux fois par jour : pour la messe matinale, puis 1 après-midi pour une prière solitaire.Je 1 y ai vu moi-même, dans la nef latérale de gauche, agenouillé, les yeux levés vers une statue de la Vierge, récitant son chapelet, sans qu aucun bruit pût lui faire tourner la tête.Certains ont suspecté la sincérité de sa foi ; ils n\u2019en auraient plus douté à le voir prier avec la simplicité d\u2019un enfant ou d une pauvre femme.218 Prises de vues De même, si devant les hommes il ne cachait pas toujours son orgueil de poète, ici, face au tabernacle, il n était plus qu\u2019un très simple fidèle, conscient de ses erreurs passées, de ses faiblesses persistantes, et réduit comme tous les autres à I humble formule : ora pro nobis peccatoribus ! Peut-être le perpétuel repliement de sa pensée le rendait-elle lointain et comme absent, c\u2019est-à-dire plus imposant qu\u2019attirant ; du moins faisait-on plus que le respecter ; on avait le sentiment de sa grandeur et les gens du pays s enorgueillissaient de le compter parmi eux.Les journaux, la radio, ne leur disaient-ils pas, presque chaque jour, I importance de son œuvre, ses succès renouvelés ou prolongés ?Dès lors, I annonce que ses obsèques définitives seraient célébrées sur leur territoire, dans leur église, devait exciter chez eux plus qu une curiosité banale.Elles se déroulèrent en deux temps.Le vendredi soir, 2 septembre, ce fut I arrivée du fourgon mortuaire escorté de quatre motocyclistes officiels, accueilli par la famille, les autorités civiles (sous-préfet, conseiller général, maire, conseil municipal), salué par la gendarmerie du canton et le corps des pompiers avec clique et fanion.Sur le seuil de I église, M.le Curé attendait avec la chape noire à croix violette.Une absoute très simple, à voix basse ; puis le cercueil pénétra dans I église suivi d un cortège peu nombreux.Quelques minutes de recueillement, aspersion du catafalque, défilé devant la famille, dispersion.On laissait le champ libre à I ordonnateur des pompes funèbres, venu de Paris avec ses collaborateurs les plus qualifiés.Sur le catafalque, on étendit un large drapeau tricolore ; on y déposa sur un coussin le grand cordon rouge, la plaque, la croix, insignes du plus haut grade dans la Légion d Honneur.Au pied, une modeste mais éclatante gerbe de roses rouges.Les curieux dispersés, les portes fermées, commença la veillée suprême.Avec la plus proche famille, elle fut assurée jusqu au matin par 219 Revue Dominicaine quelques intimes et par des religieuses yougoslaves, depuis quelques années établies à Morestel, le tout proche chef-lieu de canton.Le lendemain, de bonne heure, aux prières à voix basse, s ajoutèrent des chants liturgiques exécutés par une maîtrise dijonnaise venue tout exprès pour honorer celui que T organiste Sanson avait célébré dans son livre Claudel musicien.Dehors, ce fut très tôt la foule des invités et aussi des curieux.Réservés pour les trois quarts aux « personnalités », la nef centrale fut bientôt comble ; en bas, derrière une barrière sévèrement gardée, dans les deux nefs latérales, on ne tarda pas à s\u2019écraser, sans le moindre murmure d ailleurs.Et il faut signaler la respectueuse patience de ces gens de tout âge qui acceptèrent la fatigue d une station prolongée plus d une heure.Cependant, on tâchait de discerner, de reconnaître non pas tant les officiels en uniforme -\u2014j sauf un dont nous reparlerons -\u2014¦ que les notabilités, combien diverses, annoncées par la presse.L air important on murmurait des noms d intellectuels : Daniel-Rops, Jean Guitton, Robert Mallet, I éditeur de la fameuse Correspondance Paul Claudel-André Gide, et, aussi, 1 auteur de ce livre pathétique : Une mort ambiguë ; on tendait le cou pour apercevoir la Princesse Bibesco, on se hissait sur la pointe des pieds pour reconnaître à la ville ces vedettes du théâtre dont on a peine à croire qu elles puissent ressembler à tout le monde ; et l\u2019on se disait en se poussant du coude : « Tu vois J.-L.Barrault.A côté de lui Marie Bell ?^ Et aussi Eve Francis qui fut une des toutes premières « Violaine ».C était, inévitable, la part de vaine curiosité que comportent toujours ce qu on appelle les pompes funèbres.(Qui est encore sensible à 1 incompatibilité tragique de ces deux termes unis, presque confondus dans la banalité quotidienne ?) Cependant, cette curiosité même n était pas pure frivolité : la grandeur du disparu inspirait un respect dont \u2014 je le dis très sérieusement bénéficiait J appareil religieux.Lui aussi, on le sentait exceptionnel, mais également justifié.Le plus déshérité des assistants n aurait pas songé à voir dans ce déploiement de lumières, de 220 Prises de vues tentures, de musique, une collusion de I Eglise et de la puissance née de I argent.L entrée, très exacte, du cortège liturgique, ramena bientôt les esprits aux réalités religieuses.Elles autorisaient, d ailleurs, qu on y découvrit encore du pittoresque si à la variété des robes, des surplis, des mozettes, des camails et des coiffures correspondaient la diversité des physionomies et aussi la qualité des fonctions.Devant le célébrant ne voyait-on pas deux évêques, Mgr Fourrey, le tout nouvel évêque de Belley, et Mgr Vittoz, auxiliaire de Grenoble ?Mais on attendait plus encore : le Cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, Primat des Gaules.Venant de Lyon, lui aussi, était déjà arrivé le Président Elerriot, maire de Lyon, et délégué de I Académie française ; mais ses infirmités faisaient de lui d abord un vieil homme, digne de pitié, tandis que, portant encore beau, si j ose dire, le Card inal Gerlier conservait tout son prestige à la pourpre romaine.De même sut-il garder de toute banalité comme de tout artifice 1 al locution qu il prononça entre la messe et 1 absoute.Il s effaça derrière son héros et, sans abdiquer en rien sa liberté de jugement, c\u2019est surtout à la vie et à I œuvre de Claudel qu il emprunta, avec les raisons de ses réserves, les motifs de son admiration, et son droit de proposer I homme et le poète en exemple.Délicat et solide, pertinent et ému, son discours répondit parfaitement aux exigences contradictoires d\u2019un éloge qui doit rester un sermon, discret mais authentique.La messe avait été, à la fois, solennelle et recueillie ; donnée par Mgr Vittoz I absoute fut, une fois de plus, pathétique.Entre les deux, s était élevé cet hymne de joie et d actions de grâce qu est le Magnificat.Ce fut une surprise, mais bientôt comprise, légitimée, puisque pour un chrétien, la mort c est I entrée dans la vraie vie.Après de tels accents, la tâche était ingrate qui s\u2019imposait au maire cle Brangues et au Président Herriot lui-même.Ils s en tirèrent à force de discrétion en se bornant à l\u2019essentiel.Pour le représentant de I\u2019Aca-démie française, ce fut encore trop, puisque de pénibles quintes de toux compromirent devant le micro les quelques phrases auxquelles s\u2019était Revue Dominicaine réduit ce maître de la parole publique.Sur la démarche qu\u2019on sollicita de lui, il y aurait peut-être à discuter et je vois bien tout le parti qu\u2019un polémiste de la plume ou du crayon pourrait tirer de ce douloureux spectacle.Personnellement, je m abstiendrai d autant plus sévèrement que je tiens pour néfaste la politique qui fut et reste celle de M.Edouard Herriot.Mais pour I honneur et la satisfaction de tous, mieux vaut que la cérémonie se soit terminée dans un tout autre décor et sous de tout autres accents.De la place publique donc, on gagna en masse le vaste parc qui entoure le château de la famille Claudel.On s\u2019arrêta au bas d\u2019une pente, dans un coin retiré, face à deux tombes de pierre, étalées sous le grand ciel bleu.L\u2019une, toute petite, est déjà close ; elle abrite ce petit Pierre Paris, mort à deux ans, à qui son grand-père venait rendre sa visite quotidienne.L\u2019autre, grande ouverte, est celle qu\u2019avait obtenu d\u2019occuper l\u2019auteur des Cinq Grandes Odes, chef-d\u2019œuvre de notre lyrisme religieux.Un haut peuplier, lancé droit vers le ciel, veillera sur F aïeul et le petit enfant.Quel dialogue ne poursuivront-ils pas, l\u2019innocent et le vieillard riche d expériences trop nombreuses et diverses, mais aussi de repentirs, de réparations et de sagesse.A Saint-Malo, Chateaubriand a choisi la solitude orgueilleuse et I agitation des flots.A I écart, certes, mais dans un coin de son village, à quelques pas de sa famille, presque coude à coude avec un petit enfant sorti de sa race ; au creux d une vallée, dans un paysage qu\u2019entourent au loin des montagnes bleutées, Claudel a choisi la paix, le silence, mais à proximité des hommes, ses frères en Dieu.Ces cb oses, d autres encore, Jean-Louis Barrault les a-t-il dites noblement, en poète, en admirateur, en ami, en idéaliste, sinon en chrétien.II faut le remercier d avoir maintenu jusqu au bout à ces obsèques leur véritable caractère.L Eglise aussi fut jusqu au bout fidèle à sa mission.L\u2019absoute, donnée encore une fois par Mgr Vittoz, apporta à celui qui est parti des raisons de ne pas craindre, et à ceux qui restent la confiance qui permet de supporter toutes les épreuves.Gaillard de Champris 222 Considérations urbanistiques Le récent Congrès international d Urbanisme qui se tenait à Montréal, fin de septembre, avait amené dans la métropole quelques 1 200 délégués, venus surtout des autres parties du Canada et des Etats-Unis, mais aussi de tous les coins du monde.On a parlé de nos villes-monstres, des causes de cet état de choses : les intérêts égoïstes qui font que chacun ne pense qu à soi, les problèmes complexes de la circulation des automobiles, le développement accéléré de la construction.On a souligné aussi les solutions qu apportent les Centres d achats ; les voies de circulation adéquates comme les grandes artères, les chemins élevés ; on a ajouté que la situation ne s\u2019améliorerait pas avant que I on ait bien compris qu\u2019il faut de Tordre, de la méthode, et de la compétence ; (à ce sujet, I on a réalisé un besoin impérieux de jeunes qui étudient 1 urbanisme : un gros salaire et un gros travail les attend I) ; surtout il nous faut un sens communautaire authentique.Le département d urbanisme de Montréal compte 150 employés avec un budget annuel de trois quarts de million : ses réalisations commencent à se faire sentir, mais le travail devra continuer encore longtemps.Pour approcher les problèmes complexes de I urbanisme contemporain d une manière logique et méthodique il serait intéressant de connaître quelques faits.Révolution technique C\u2019est en 1867 que Joseph Monier fit breveter à Paris la construction de boîtes à fleurs en ciment avec armature métallique : le procédé allait révolutionner un art anémique qui se mourait de répétitions et de copies.En même temps que cette découverte d\u2019une importance capitale pour 1 architecture, 1 avènement de {industrialisme, issu de I essor formidable des sciences exactes, permettait I organisation du travail à la chaîne et de la production en série.De plus, I électricité introduisait la circulation verticale mécanique (ce qui permettait de construire sur plusieurs dizaines d étages), et un nombre imposant de services variés.225 Revue Dominicaine C était en somme de quoi répondre aux besoins nouveaux de la trépidante circulation mécanique et de la densité humaine accrue des villes monstres naissantes : car les architectes et les ingénieurs prirent plusieurs décades à soupçonner les applications de ces bouleversements techniques et scientifiques, et à les organiser de façons serviables.Malheureusement un trop grand nombre d\u2019architectes, voués à l\u2019académisme, soupçonneux de la technique, ne surent pas s\u2019assimiler à temps les procédés révolutionnaires : ce que les ingénieurs firent habilement, tout en devenant les maîtres du chantier, en Amérique comme en Europe.Les grandes données de 1 aspect révolutionnaire de l\u2019architecture au début de notre siècle pourraient se résumer comme suit : le béton, le béton armé, 1 ossature métallique, la circulation verticale, la possibilité de construire sur plusieurs dizaines d étages, les techniques et les services électriques et mécaniques.Les Américains s\u2019emparèrent avec curiosité de ces joujoux attrayants et en firent d immenses maisons : les gratte-ciel, avec un entrain et une audace d adolescents ; l\u2019expérience leur fit améliorer la formule et en arriver à des solutions plus équilibrées, comme par exemple le nouveau Lever Building à New-York.New-York, la ville des gratte-ciel, est une ville monstre, qui jette à la face du monde cet avis colossal : ne m imitez pas dans mon urbanisme, mais dans ma technique.Auguste Perret a su adapter 1 architecture aux immenses possibilités du béton armé.Lidèle à la tradition des grands bâtisseurs, il fut classique, sachant se défaire d un traditionalisme encombrant et médiocrement décoratif pour retrouver les grandes lois de 1 ordre architectural dans la technique du béton et de I acier.Perret était un pionnier, et comme eux, ses œuvres sont un peu lourdes, massives : il construisait solide, pour donner confiance à ceux qui viendraient après lui.Son théâtre des Champs-Elysées, sa tour à Grenoble, se reconstruction du Havre suffiraient à marquer sa gloire, s il n y avait sa Sainte Chapelle de béton à Raincy.Le Corb usier a cassé les vitres, a fait des courants d air, a bataillé par ses livres, audacieusement, révolutionnairement et efficacement ; c\u2019est 224 Considérations urbanistiques en bonne part grâce à lui que nous avons des idées et des réalisations aérées, simples, belles, efficientes, aujourd hui en arcbitecture.Le génie est souvent inattendu et provocant : détruire et reconstruire une partie de Paris, sous prétexte d\u2019assainissement, c\u2019était trop fort pour certains parisiens ! Ses idées trouvèrent plus d\u2019hospitalité dans des pays plus jeunes, plus dynamiques.Ses œuvres ont imposé Le Corbusier, et ses Unités d habitation de même que ses livres sur l\u2019urbanisme sont les bases de la Cité Verte qu il a rêvée pour le mieux-être de tous ; espérons que I on saura s en servir avant trop longtemps, ici, comme on l\u2019a déjà si bien fait en Amérique du Sud et ailleurs.D autres architectes ont travaillé ferme pour I avènement d une saine architecture contemporaine : Walter Gropius, F.L.Wright, Behrens, Freyssinet, Maillart, Aalto, Brewer, Tecton, Moeller, Hood, Merrill, et d autres encore un peu partout dans le monde : mais il y a encore trop peu de jeunes actifs et totalement engagés, trop de médiocres.Situation esthétique de la ville La phase expérimentale n est pas encore terminée en architecture contemporaine pour trois raisons principales : la complexité formidable des techniques en présence, qui évoluent constamment ; les obstacles que les architectes et les ingénieurs rencontrent de la part des administrations diverses et des clients ; la situation désespérante de I urbanisme, cette science qui devrait s occuper de I organisation rationnelle et fonctionnelle de la ville contemporaine, en vue de I épanouissement de la vie humaine dans nos villes.Le Corb usier et quelques autres ont bien tenté des esquisses de solutions des problèmes urbanistiques actuels, esquisses sérieuses que I on s est empressé de qualifier d utopiques, et que l\u2019on a ignorées.Ce qui est pourtant le plus utopique est en train de se réaliser : des villes monstres que I on détruira avec des bombes atomiques, pour qu\u2019il n\u2019en reste rien.Nos pauvres villes actuelles, où I on étouffe, où I on est soumis à une tension nerveuse épuisante, où il devient de plus en plus difficile de vivre humainement et d éduquer convenablement des enfants.225 Revue Dominicaine Les problèmes qui se posent sont les suivants : décongestionner les centres tout en augmentant la densité de la population par l'habitation verticale, pour permettre la circulation à une vitesse mécanique et éviter les trop grandes distances ; il faut à tout prix fournir des poumons à la ville, suffisants pour qu elle n étouffe pas : c\u2019est là le rôle des arbres, des parcs, des oasis de verdure parmi les rues de macadam.II s agit d organiser la ville sur une symphonie dont les thèmes sont la nature verte, les constructions, et les réseaux de circulation.Ce qu il faut à I homme, qu il soit citadin ou campagnard, c est de Fair, du soleil, de I espace, de la verdure, un travail paisible dans des conditions hygiéniques, et un chez-soi reposant : autrement la tension monte, et le rythme trépidant de la ville monstre mine l\u2019organisme humain.La Cité, qui faisait miroiter devant les yeux émerveillés du campagnard ses lumières nocturnes et ses aspects luxueux de paradis, I a englouti dans ses taudis sombres et sa vie infernale.La faute en est aux hommes incompétents et bornés qui ont mal organisé cette ville monstrueuse, qui n\u2019ont pas eu I audace de prendre les dispositions radicales qui s\u2019imposaient pour empêcher le déséquilibre progressif de la circulation urbaine, le malaise des jeunes, I énervement de tous.Les intérêts mesquins, la lâcheté, la paresse, des préjugés étroits, des traditions périmées contribuent à garder à la ville son cachet de prison de mirages où les hommes s anémient, où les enfants étouffent sur le macadam, sous les autos, dans les taudis.Point n est besoin de poursuivre la lugubre description : elle peut être complétée dans la plupart des villes du monde.Après deux guerres atroces et des épreuves de toutes sortes, dont sont plus ou moins responsables ceux qui travaillent sous I anarchie féroce de leurs intérêts, I architecture moderne se prostitue encore dans une nouvelle académie de copiages, de demi-mesures, d à peu près, de dépenses scandaleuses et inutiles, tandis que quelques-uns seulement bataillent pour I assainissement de nos villes, pour un urbanisme efficace, pour des techniques humanisantes.226 Considérations urbanistiques Perspectives urbanistiques La révolution urbaine consistera à rendre I architecture de la ville conforme aux besoins actuels : les architectes, les autorités publiques, les entreprises commerciales et industrielles, le grand public, tous doivent enfin se rendre compte de I impasse dangereuse où nos villes actuelles trépignent, et tout mettre en action pour rétablir I ordre dans la Cité.Les matériaux de construction et les techniques nouvelles doivent être étudiés plus scientifiquement, plus pratiquement, afin de les codifier, de les harmoniser, de leur déterminer des emplois précis et parfaitement efficaces, pour qu ils entrent positivement et fonctionnellement dans l\u2019élaboration de la Cité équilibrée de demain, où il fera bon de vivre : une nouvelle expression plastique architecturale jaillira de ces éléments maîtrisés et employés avec tous les avantages possibles.Les autorités civiles devront vraisemblablement prendre la situation en main, 1 enlever à 1 anarchie féroce des intérêts privés, du moins en partie, et établir des étapes d élaboration de villes entièrement édifiées sur des principes rationnels contemporains, et de reconstruction des quartiers actuellement impossibles.Un comité d urbanisme, constitué de gens sérieux et compétents, exempts des engrenages d\u2019une basse politicaillerie commerciale et des idées académiques des époques hippomobiles, tracera les étapes de reconstruction et de développement dans chaque ville.II ne s agit pas d esquisses utopiques : il s\u2019agit de la réalisation concrète et possible, nécessaire absolument, d\u2019une ville qui pourra vivre avec tous les avantages de la technique moderne ailleurs que dans des maisons désuètes, dans des taudis malsains, des rues encombrées, des conditions hygiéniques lamentables.Si personne n a le génie de I urbanisme contemporain, que I on retourne humblement aux utopies de Le Corbusier : dans ses volumes, I on peut puiser les grandes lignes de l organisation logique et fonctionnelle des multiples et complexes éléments de la ville idéale, dans les conditions contemporaines, avec une foule de détails intéressants, significatifs, empreints d une poésie saine, jeune, enthousiaste. Revue Dominicaine II faudra, tôt ou tard, se résigner à la construction en hauteur, à I intégration de la verdure dans la Cité, aux circulations entièrement séparées, aux autostrades, à I amélioration rationnelle et méthodique des matériaux et des procédés de construction.L habitation se répartira dans les unités de quelques dizaines d\u2019étages, dans les immeubles moyens, et dans les cités-jardins, qui seront différentes des platitudes que I on fait trop souvent aujourd hui.Les administrations seront concentrées dans d imposants gratte-ciel, le centre de la ville groupera les édifices principaux dans des îlots de verdure, reliés par des réseaux routiers soigneusement tracés aux centres d habitation, eux aussi enveloppés dans de la verdure.Tout cela n est pas utopique : les techniques modernes I exigent et peuvent le réaliser I II fera bon vivre dans une ville verte contemporaine : le bien-être physique, I aisance intellectuelle, la propreté morale, la symphonie nature-construction-circulation, permettront aux enfants et aux adultes de s\u2019épanouir intégralement dans une vie réellement humaine, pleinement intéressante, en profitant au maximum des avantages de nos techniques.Enfin I* homme ne serait plus I esclave des techniques et des machines qu\u2019il a inventées 1 Libéré du robot mécanique, du despotisme des sordides intérêts privés, des conditions d habitation et de travail lamentables et déshumanisantes, il pourrait enfin s épanouir personnellement, tout en contribuant, par son travail et toute son activité de personne engagée dans une œuvre commune merveilleuse, au mieux-être de tous et de chacun.Utopies, rêves de poètes futuristes ?Mais non I Simplement vue réaliste et logique de ce que pourrait être notre cité contemporaine, si les responsables s\u2019en occupaient, si les efforts communs étaient canalisés dans ce sens bien précis, au lieu de se perdre dans un gouffre d intérêts anarchiques égoïstes.Guy Robert Silhouettes portugaises Face aux rivages lointains des deux Amériques, invisibles au delà du vaste océan, le Portugal semble tourner le dos à l\u2019Europe pour tendre son cœur et son énergie vers les pays et les îles exotiques, que ses bardis navigateurs ont ouverts à la civilisation chrétienne.Organisé pittoresquement par la nature sur un énorme effondrement vers I Atlantique du plateau ibérique, le Portugal n\u2019a voulu s\u2019occuper que de ses propres affaires et des territoires d outre-mer assimilés de bonne heure au patrimoine national.Certes son territoire servit aux luttes des Celtibères, des Romains, des Suèves, des Visigoths et des Musulmans.Mais le Portugal n a jamais cherché à jouer un grand jeu dans la politique européenne depuis 1 147, date de la « reconquête » du pays des musulmans, par Don Alfonso Henrique, son premier roi, qui se fit aider par des bandes de Croisés en route vers 1 Orient.Son histoire, son art et son folklore témoignent de cette vie intérieure intense, qui a su garder sa pureté en tenant en respect les rois de Castille et d\u2019Aragon, en faisant valoir son alliance depuis 1575 avec 1 Angleterre, en se débarrassant de la domination espagnole (1580-1640), en repoussant trois invasions napoléoniennes, et en survivant à de multiples révolutions internes, dont la dernière (1955) amena au pouvoir M.Salazar, le premier ministre actuel, qui réussit à stabiliser et à valoriser le pays.Ces circonstances géographiques et historiques expliquent non seulement le caractère national et I organisation sociale des Portugais, mais encore leur évolution politique, leur épopée planétaire, leur art religieux, ainsi que leur littérature si riche et si émouvante.On n est pas longtemps au Portugal sans ressentir un certain apaisement de I âme provoqué par la douceur et la tranquillité de ses habitants, leur unité ethnique sauvegardée au cours des siècles, les souvenirs historiques anciens gravés dans la pierre et les monuments, et le sentiment de la stabilité des frontières Revue Dominicaine qui n ont pas varié depuis le kaut moyen âge.Sur I immense tapisserie aux milles couleurs de la vie portugaise, essayons de détacker quelques silkouettes parmi les multiples impressions d\u2019un voyage merveilleux.* * * Des vieux remparts du Castelo S.Jorge kâti sur une des nomkreuses collines de la capitale, la vue s\u2019étend sur le spectacle éklouissant de Liskonne et du Tage majestueux, dont l\u2019estuaire dékoucke à I est de la ville pour former d akord un lac et se rétrécir ensuite jusqu à la mer douze kilomètres plus loin.De nomkreux dockers d églises, les larges toits des édifices puklics et d\u2019anciens palais, des touffes d arkres indiquant des parcs et des jardins, autant de jalons urkains qui invitent à une connaissance plus intime des keautés de la capitale.Dans ce panorama fascinant, c\u2019est I affairement ininterrompu sur le Tage qui attire notre attention.De grands paquekots gris, noirs ou klancs arrivent ou partent aux quatre coins du monde.Des remorqueurs s empressent autour d eux et font, avec fes vieux kateaux de pêcke à I ancre, un contraste étrange avec les énormes courriers d outre-mer.Sur le quai de manutention, des cokortes d kommes au teint kronzé vaquant à leurs occupations, sans se soucier des grèves qui paralysent souvent des ports de pays amis.C est par I estuaire du Tage que le Portugal reçoit non seulement les éckanges de I univers, mais encore les rickesses de ses nomkreuses provinces d outre-mer dont la superficie égale vingt-cinq fois celle du territoire métropolitain.En pensant aux énormes cargaisons venant d Angola, du Mozam-kique, des Iles du Cap-Vert, de Madère ou des Açores, sans ouklier I Extrême-Orient (Indes Portugaises, Macao, Timor) qui s étalent sur les quais, à côté des envois du Brésil toujours près du cœur des Portugais, nous voyons dans Imagination ces kardis navigateurs lusitaniens de la Renaissance, ckantés épiquement par Camoens, qui kravèrent les périls de I océan et de I inconnu pour donner au monde ancien des mondes nouveaux.A côté de la stature gigantesque de Vasco de Gama qui dé- 250 Silhouettes portugaises couvrit la route des Indes, et de Pedro Cabrai qui atteignit le premier le Brésil, nous évoquons l\u2019étonnement de ce marin portugais Jean Fernandez o Labrador (le travailleur) qui faisait partie de l\u2019expédition de Cabot et qui vit le premier cette côte nostalgique du Canada qui porte son nom.Et avec lui, nous voyons Corte Real (1500), Esteval Gômez (1525) et Jean Martin (1588) ces navigateurs aux muscles d acier, qui furent les premiers à toucher les rivages canadiens au seizième siècle.Les qualités d endurance, de sens nautique, de loyauté, de devoir et même d héroïsme qui distinguent les marins portugais d autrefois, se retrouvent entièrement dans les patients pêcheurs d aujourd hui, depuis Viana do Castelo jusqu à Sagres, où plane le génie de Don Henrique le Navigateur (dont on célébrera le cinquième centenaire en 1960 avec éclat).Nous les avons vus à I œuvre, à la pointe du jour, traînant leurs immenses filets sur la plage de Cascais aidés par leurs femmes qui s attachent comme eux à la corde de halage.Et ce sont ces mêmes chalutiers qui s aventurent chaque année jusqu aux bancs de Terre-Neuve pour la pêche à la morue, poisson qui fait le régime de base du peuple portugais, emportant dans leur poitrine leur hérédité nautique, I image de Ieui famille, et la croix ancestrale.Aussi le printemps dernier, ces pieux matelots emportèrent avec eux une grande statue de N.-D.de Fatima pour en faire cadeau à leurs amis canadiens, avec toute la pompe convenant aux circonstances.D\u2019ailleurs, comme sur les côtes bretonnes, les terre-neuvas portugais qui partent de Lisbonne, se font bénir avec leurs bateaux par un évêque du haut de la vieille tour de Belem (Bethléem) aux blanches crénelures bâtie à I entrée du chenal.* * * Le long du Tage, que domine sur la rive sud un énorme socle devant porter une grande statue du Christ, de petits tramways au ventre jaune roulent sans se presser.D autres pareils à eux se faufilent dans les étroites ruelles autour du port, rendent d utiles services le long des artères élégantes de la capitale, et grimpent sans effort les côtes où s\u2019ac- 231 Revue Dominicaine crochent des boutiques et des maisons pittoresques.Car Lisbonne est bâtie sur un terrain tourmenté par la nature, avec des escarpements abrupts et des plissements aux pocbes profondes.Le dernier soubresaut historique des dieux infernaux en 1755 détruisit une grande partie de la ville.Cet événement permit au marquis de Pombal, ministre puissant de I époque, de reconstruire le centre de Lisbonne selon un ample plan qu elle conserve encore.Le marquis voulut couper de larges avenues non seulement pour donner plus d\u2019air et d\u2019hygiène à la ville, mais encore pour rompre les habitudes casanières des dames portugaises et leur permettre de se faire admirer dans ces vastes corsos, alors qu\u2019autrefois les rues étaient le patrimoine exclusif des hommes.Encadrée de vrais parterres d\u2019arbres et bordée de magnifiques palais et d édifices modernes, I\u2019Avenida da Liberdade part de la grande Place de la Restoration (1640) qui s\u2019adosse à la Place de Rossio où se trouve I ancien palais de I Inquisition.Ces deux grands centres jumelés, mais séparés par un pâté de magnifiques constructions, sont le cœur de la ville.La première pointe vers le nord et sert d axe aux quartiers élégants et résidentiels.La seconde descend vers le fleuve et préside au quartier des affaires.Ici les boutiques sont bien achalandées, grâce au goût et aux vieilles habitudes commerciales des Portugais, acquises surtout par I exploitation de leurs territoires d outre-mer.Car la production industrielle du Portugal n est pas considérable, bien que d\u2019énormes progrès sont réalisés par le gouvernement actuel dans ce sens.Dans les quartiers résidentiels où s ouvrent de larges avenues, on est frappé par le nombre de fruiteries chargées des cueillettes appétissantes de la campagne et des îles.Les salons de thé fréquentés surtout par les dames, alternent avec les cafés qui semblent avoir principalement la clientèle des messieurs, et qui se prolongent jusqu au delà de la chaussée sous les grands arbres qui encadrent les avenues.Les Portugais aiment à s\u2019y dél asser longuement, soit pour y régler leurs affaires ou pour échanger leurs potins du jour.Depuis toujours d ailleurs, les Portugais profitent de leur excellent climat et semblent vivre dans la rue une partie de leur 252 Silhouettes portugaises journée, ce qui ajoute à la gaieté die la vie sociale.Le soir, les avenues sont très animées bien que beaucoup de Portugais remplissent les salles de cinéma, les théâtres de variétés, les salles de danse, ou vont satisfaire leur goût du fado dans les tavernes du Bairro Alto ou de I Alfama, cette chanson nostalgique qui exprime si profondément 1 âme populaire, avec sa générosité, sa compassion et son amour des larmes et des apitoiements.Au charme de son ciel lumineux et doux qui s épanche sur sa vie heureuse, Lisbonne joint les ressources que lui a léguées I histoire.Malg ré les destructions du tremblement de terre de 1755, elle conserve d immenses réserves d art dans ses nombreux musées, dans ses vieux palais et surtout dans ses églises comme celles de la Penha, de S.Roque, de Estrela et en premier lieu de la basilique patriarcale qui n est pas loin du fleuve.11 ne faut pas manquer de visiter le trésor de cette dernière qui renferme la célèbre croix pkii ippine, un grand ostensoir orné de plus de 4 000 pierres précieuses, et des objets et ornements sacerdotaux de grande valeur.Son triforium roman (Xlle siècle), son déambulatoire gothique (XI Ve siècle), sa chapelle de Bartholomée Jean et son cloître avec sa grille romane restent parmi les plus fascinants exemples de l\u2019art religieux portugais.Parmi les archevêques de 1 Occident, celui de Lisbonne partage avec celui de Venise I honneur d être un Patriarche, titre que le roi Jean V acheta au Pape avec 1 or et les diamants du Brésil au dix-huitième siècle.Comme toutes les capitales campées près de la mer, comme Londres, Copenhague, Stockholm ou Athènes, la capitale portugaise a l\u2019avantage d avoir à ses portes un chapelet de plages sur I embouchure du Tage et puis sur 1 océan.Un train électrique nous mène jusqu à Cascais, villégiature, plage et port de pêche pittoresque.Sur le parcours, en sortant de la ville, on aperçoit le grand couvent de St-Jérôme fondé en 1496, qui est le monument le plus considérable de Lisbonne, et où nous avions déjà visité le tombeau de Vasco de Gama et celui de Camoens, tout en admirant ses nombreuses richesses artistiques.A gauche du couvent, voici bientôt la Tour de Belem, où Vasco de Gama avait passé la nuit en prières Revue Dominicaine avant d entreprendre son légendaire voyage.Après avoir goûté les charmes multiples de Cascais, qui contient quelques églises et le musée Guimaraes, nous revenions sur la plage internationale d Estoril, demeure de têtes couronnées en exil, où la saison bat son plein durant toute Tannée.Depuis Estoril à Sintra (12 Ion.) la route traverse des bois, des vergers et des vignobles dans les replis de la sierra.Toute cette région est d ailleurs parmi les plus fertiles du pays, et aussi parmi les plus prestigieuses par sa beauté naturelle et ses souvenirs historiques.Comme à tant d autres avant nous, le rocher de Sintra nous permit de dominer I océan et les riches vallées que I œil ne peut sonder, au milieu de rocs tumultueux qui semblent menacer la petite ville de Sintra et les villages environnants d une destruction imminente.Voici les deux étranges cheminées coniques de I ancien palais royal, qui ressemblent à deux énormes pains de sucre au milieu de la verdure.Amas hétérogène de styles mauresque, gothique et renaissance, ce vaste bâtiment conserve I empreinte de plusieurs siècles et réveille maint souvenir historique.C est là qu\u2019Alphonse IV fut sommé par un seigneur à laisser la chasse pour s\u2019occuper du royaume ; que le roi Sébastien conçut la fatale expédition contre les Maures qui lui coûta la vie ; et qu Alphonse VI devenu fou passa les dernières années de sa vie.Plus haut vers nous, les ruines du Castelo des Maures ; et enfin sur le sommet, I étrange Château da Pena, bâti sur remplacement d un ancien couvent des Hiéronymites, dont la loggia domine à pic la vallée mille pieds plus bas.* * * La vieille cité royale et universitaire de Coimbre grimpe sur les contreforts de la Sierra de Lorvoa qui baigne le Mondego.La ville basse est d un aspect moderne ; tandis que la ville haute est un fouillis de ruelles étroites et affairées qui escaladent les pentes de la montagne jusqu au sommet couronné par la tour de I Université.Celle-ci est bâtie autour du brillant château de Jean III qui en fit don, en 1 540, à I Uni-versité pour lui servir de siège.Mais I Université même existe depuis le début du XI Ve siècle.Les salles du château, avec sa chapelle et sa biblio- 234 Silhouettes portugaises theque Renaissance, ne servent plus que pour des cérémonies et des réunions spéciales : riche en manuscrits, la kikliotkèque possède la première édition des Lussiades et plusieurs bibles anciennes.Mais I Université moderne, qu on ackève en ce moment, se compose de plusieurs kâtiments en ciment klanc fonctionnellement aménagée pour les kesoins des études modernes.Nous avons visité dans la section réservée aux études anglaises une salle pour les Etats-Unis, avec une kibliotkèque bien garnie, et une autre aussi grande pour le Canada, qui ne contient encore que des rayons, une grande table et des ckaises.Le professeur Providencia da Costa, qui visita Québec à I occasion du centenaire de I Université Laval où il représentait son université, espère que les étudiants de Coimbre s intéresseront aux études canadiennes : il nous a montré la première tbèse, toute récente, d un licencié sur le poète E.J.Pratt qui écrivit un poème épique sur Brébeuf et ses compagnons.Disons ici que dans la plupart des universités européennes que nous avons visitées au cours de ce voyage, comme de voyages précédents, le Canada n est qu un nom dont on désirerait pourtant exploiter à fond les implications.Comme autrefois Oxford et Cambridge, I Université de Coimbre ne reçoit que des hommes.Ses étudiants qui sont vêtus de noir et drapés dans une cape flottante sur une longue redingote (capa e batina) ont d intéressantes coutumes.Ainsi, ont-il I habitude de lier leurs livres avec des rubans de couleurs différentes correspondant à chaque année de leurs études ; et quand ils prennent leur diplôme, tous ces rubans sont brûlés solennellement dans une cérémonie bruyante.Une légende, qui correspond pourtant à la vérité si I on nous en croie, les représente faisant perpétuellement la cour aux tricanas, ces pâles et séduisantes beautés de la ville aux fichus noirs attachés à la gorge et aux mules pointues.La guitare et la poésie sont leurs armes principales ; et en fait, la littérature portugaise abonde en ballades et en poésies galantes inspirées par les femmes de Coimbre, que ses érudits s obstinent à dénommer l\u2019Athènes portugaise. Revue Dominicaine Nous ne saurions parler de Coimbre avec ses deux cathédrales et son musée d art religieux, sans évoquer la tragique figure d\u2019Inès de Castro, dont I effroyable histoire est redite dans les drames et les poèmes de la littérature classique.Ayant épousé secrètement l\u2019infant Dom Pedro, qui néanmoins lui témoignait ouvertement ses faveurs, elle fut brutalement assassinée par les conseillers du roi qui craignaient l\u2019influence de ses frères espagnols.Quand Dom Pedro monta sur le trône à la mort de son père, il fit exhumer le corps d înes, la déclara officiellement sa reine, la mit sur un trône à côté du sien, et obligea les courtisans à venir lui baiser la main.II s empressa de faire torturer devant lui deux des nobles qui tuèrent Inès, en leur faisant arracher le cœur à l\u2019un par la poitrine et à I autre par le dos : la légende dit même qu il mordit rageusement les deux cœurs qu on lui apporta encore chauds T Si ces événements se passèrent à Coimbre au quatorzième siècle, ils eurent leur épilogue dans la grande collégiale d Alcobaça, non loin de la majestueuse abbaye de Batalha, où se trouvent les tombeaux magnifiques des deux amoureux : Dom Pedro les avait fait construire l\u2019un en face de l\u2019autre de manière que les pieds d Inès et les siens se touchent, afin que les deux amants se lèvent face à face au jour du jugement dernier.La légende veut qu\u2019Inès fut assassinée dans le faubourg de Santa Clara, sur I autre rive du Mondego, au site qu\u2019on appelle encore la Fontaine des Amours et des Larmes.Par voie de contraste, c\u2019est au Couvent de Santa Clara, dans son église à nef unique que nous vîmes le magnifique autel portant la châsse en cristal et en argent de sainte Isabelle du Portugal, patronne de Coimbre.Un peu plus bas, la chapelle de I ancien couvent de Santa Clara est aujourd\u2019hui en ruines et partiellement couverte par les sables.Une agréable surprise nous attendait au Portugal dos Pequenos, un grand jardin d\u2019enfants, où sont reproduits en miniature les types d\u2019habitations et les principaux monuments du pays et des territoires d outre-mer.Le lendemain, nous laissions derrière nous Coimbre et son université, qui compte parmi ses élèves les plus illustres 256 Silhouettes portugaises saint Antoine, le philosophe Anteire de Quintal, l\u2019écrivain Eça de Queiros et Oliveiro Salazar, le premier ministre du gouvernement actuel.A travers un pays fertile et montagneux, notre rapide attelé à une puissante diesel, nous mène confortablement jusqu\u2019à Porto.la seconde ville du Portugal, où nous attend un vieux camarade de faculté de mon mari, qui nous fera si aimablement les honneurs de la ville et de ses environs agrestes.C est le Père Aveline de Sousa Soares, qui vit dans sa retraite à la Quinta da Torre de Coreixas, petit manoir antique flanqué d une grande tour carrée et d\u2019une petite chapelle ornée de statuettes vétustes.Ancien président d\u2019un grand collège de Porto et ancien procureur à la Chambre Corporative du pays, le Père Avelino continue à s occuper des œuvres religieuses, scolaires et charitables de la municipalité de Penafiel, où il fut curé pendant longtemps.Bâtie près de 1 embouchure du Douro aux eaux grisâtres, Porto est un entassement de maisons au caractère austère et de terrasses s\u2019ouvrant sur des panoramas grandioses, qui s\u2019échelonnent jusqu\u2019au sommet de collines surplombant jusqu\u2019à soixante mètres le large lit du fleuve.Cette « ville de granit » aux vastes places ornées des statues de ses grands hommes, a une histoire déjà longue : qu\u2019il nous suffise de rappeler qu\u2019au temps des Suèves, la localité portait le nom de Portocale qui a été donné par la suite au pays tout entier.Cette appellation définitive remonte au Xlle siècle, quand le roi de Léon confia son administration à son tendre Henri de Bourgogne qui y faisait la guerre aux musulmans.Son fils Alfonso Henrique fit reconnaître l\u2019indépendance du Portugal en 1145, chassa les Maures du pays avec l\u2019intervention d\u2019une flotte internationale de Croisés partis de Porto, et fonda la première dynastie portugaise avec Guimaraes comme capitale.Par la suite, Porto fut le centre d\u2019événements historiques importants.Comme dans tant d\u2019autres pays, les marchands de la ville s\u2019opposaient aux aristocrates fonciers de I intérieur.Pendant la révolution romantique du siècle dernier, plusieurs de ses fils, dont l\u2019illustre écrivain Almeida Garrett, luttèrent sur ses barricades.A l\u2019heure actuelle, l\u2019importance in- 257 Revue Dominicaine dustrielle de Porto s affirme aisément par ses fonderies, ses filatures, ses cotonnades, ses tissages, ses tanneries, ses céramiques, son orfèvrerie et par le rôle que son port joue dans la vie économique du pays.A I ancien port naturel à I embouchure du Douro, I on ajoute en ce moment un grand port artificiel sur 1 océan, qui se prolonge bien loin par un chapelet de plages jusqu à Leixoes.Dans l\u2019imagination de tous, Porto s\u2019impose comme le point d arrivée des meilleurs vins de I intérieur, qui se laissent mettre son nom sur leurs barils.Ceux-ci descendent le Douro, placés en équilibre sur des barcasses à voile unique (rabelas) que I on voit négocier lentement les sinuosités du fleuve.Aussi Porto est un point de départ excellent pour pénétrer les beautés de la campagne portugaise et pour observer la vie rude de ses cultivateurs.Notre premier contact avec eux jfut à la Quinta da Torre de Coreixas et à Penafiel, qui a déjà son histoire : ce serait de la fenêtre d une de ses maisons que fut proclamée en 1640 la restauration de I indépendance portugaise.1 oute cette partie du Portugal est montagneuse, avec des vallons pleins de vergers et de vignes, où s accrochent des petits bourgs, des villages, des églises et d anciens monastères généralement juchés sur une colline.Une de nos promenades nous conduisit jusqu\u2019à Carbuelo, un des plus vieux villages du pays, dont les toits en ardoise lourde proclament I ancienneté.Une autre nous porte au vieux couvent de S.Gançalo, protecteur des fiancés, dans la petite ville d Amarante, dont le pont à trois arches sur le Tamega vit le combat épique des patriotes portugais contre les troupes napoléoniennes.Une autre nous mène à la station thermale de S.Vicente et à Entre Os Rios qui surplombe le Douro et ses eaux grises.Voici encore Braga, siège primatial du Portugal, dont la cathédrale avec son ancien cloître chargé d autels, contient le tombeau d Henri de Bourgogne, père du premier roi portugais.La ville de Guimaraes qui servit de capitale à ce dernier, n est pas bien loin : un énorme palais royal et les murs crénelés de son château du Xlle siècle perché sur une butte, qu\u2019on est en train de restaurer, marquent le point de départ de I histoire du pays.258 Silhouettes portugaises Mais I événement le pins émouvant de ces expéditions fut sans contredit le pèlerinage à N.S.da Apparecida (N.-D.de I Apparition) au village du même nom.Des milliers de paysans venus à pied, en bicyclettes ou en autobus de toute la région avaient pris possession de ses rues poussiéreuses.Des deux côtés de I avenue qui monte vers 1 esplanade de l\u2019église, des marchands avaient installé leurs victuailles et des petits souvenirs du pays en terre cuite.Il y avait même un personnage présidant une « roue de la fortune » avec des canifs comme prix.Le morceau extraordinaire et original de la longue procession qui précédait le dais avec le curé portant une croix-reliquaire, était I andor : c est un énorme tronc d arbre servant d axe à cinq étages portant des figurines, des statues et des images ; le tout laborieusement orné de draperies et de rubans multicolores, et surmonté d une grande croix aux vives couleurs.Cette pesante affaire était portée par une trentaine d hommes en sueur tassés sous sa plate-forme, qui se disputent pour cet honneur : son équilibre était assuré par quatre grosses cordes attachées au sommet et dont les bouts étaient manipulés par des mains expertes.Dans la procession, des pénitents avec un justaucorps blanc dont la plupart portaient leurs petits enfants, des bambins traînés par leur mère, toute une légion de fillettes en rose, bleu et blanc portant de grandes ailes et les mains jointes, des garçonnets portant la croix rouge de la Ligue eucharistique, des jeunes filles en béret et blouse bleue de I Action catholique, et quelques tableaux vivants ravissants de I histoire de la Vierge, sans oublier sainte Thérèse de Lisieux et Notre-Dame de Fatima avec sa couronne, suivie des trois petits enfants qui virent les étonnantes apparitions.A la fin de la procession, qui parcourut deux fois la grande rue du village, des pétards bruyants annoncèrent le commencement du Salut.La nuit tombait.Ce fut alors le début des réjouissances en plein air : des douzaines de guitares, des timbales et des flageolets furent tirés des musettes ; on dansa pieds nus jusqu\u2019aux petites heures de la nuit, nous dit-on, et puis chacun rentra chez soi pour se préparer à la prochaine romaria ailleurs, comme on appelle ici les pèlerinages.239 Revue Dominicaine Le paysan portugais partage avec le citadin un caractère digne, poli, hospitalier et calme, où la fierté s\u2019allie avec une certaine noblesse.Sa vie est heureuse mais pauvre.La concurrence et la difficulté de vendre à 1 extérieur réduisent la valeur de ses produits et empêchent de relever son niveau de vie.Le gouvernement de M.Salazar essaie de valoriser les campagnes, d\u2019utiliser leurs ressources minérales et leurs industries, et de combattre 1 inertie scolaire du peuple qui compte encore une grande proportion d illettrés.Les gloires ancestrales du Portugal, qui prouvent les vertus multiples de ses habitants, permettent d avoir de grands espoirs sur tous ces points.Si le régime de M.Salazar est autoritaire, il semble bien s adapter à la phase actuelle du développement du peuple portugais, qui paraît lui accorder sa confiance dans sa grande majorité ; car il y a encore une opposition de vieux démocrates que l\u2019on surveille d assez près pour empêcher une agitation qui ne profiterait à personne.Mais tout en évoluant vers le progrès, le peuple conserve des coutumes pittoresques qu il intègre naturellement dans la vie moderne.L\u2019une des plus frappantes est I habitude des femmes du peuple de porter sur leur tête des paquets aussi énormes qu\u2019invraisemblables.Dans les ports, elles portent toute la marée ainsi jusqu aux marchés.A Coimbre, nous avons vu une jeune femme portant sur la tête trois énormes paniers pleins de victuailles, s emboîtant l\u2019un dans l\u2019autre ; sous le bras gauche, elle serrait un lièvre vivant et tenait à la main un gros bidon d huile ; tandis que de la main droite elle traînait un bambin qui faisait corps avec un grand sac d oignons pendu à son poignet.Nous voyons encore cette jeune villageoise qui courait pieds nus à la gare pour attraper son train, en balançant ses deux valises sur sa tête et en tenant ses souliers à la main.Sur les routes des villages, où les effets lourds sont portés par de petits ânes ou de grands bœufs aux cornes géantes, les femmes portent sur leur tête leur ample casse-croûte pour aller le partager avec leur mari travaillant dans les champs.Grandes ou toutes petites, femmes et fillettes du peuple ne semblent nullement gênées par ces poids : elles vous saluent 2-40 Silhouettes portugaises gravement des yeux ou de la bouche, et s arrêtent élégamment pour bavarder, s interpeller et même pour repartir à la course.Quel contraste avec la société des grandes villes, où les élégantes fréquentent les maisons de mode, les pâtisseries, les spectacles ou les salons de danse.Mais là encore, la distinction et la modestie apparaissent comme les vertus fondamentales de la femme portugaise.Nous sommes encore loin de son émancipation : qu on veuille en rechercher les causes dans certaines empreintes des coutumes musulmanes ou des habitudes de la chrétienté médiévale, la femme portugaise aime à s occuper de sa maison et de sa famille.C est ce que désire aussi le premier ministre Salazar lui-même : tout vieux garçon qu\u2019il est, il entend que les femmes évitent de trop rougir leurs lèvres et leurs ongles, et de se lancer sans frein dans les carrières administratives ou libérales, à moins d être particulièrement douées pour rendre service à la nation.Et cependant, le Portugal compte des femmes très importantes dans les arts, les lettres, la médecine et d autres professions.Mais dans tous les cas, grande est leur influence dans la vie du pays.La piété proverbiale des Portugais, qui forme le plus puissant alliage de leur histoire nationale, de leur art et de leur caractère si noble et si courtois, se trouve collectivement exprimée au pèlerinage de Fatima qui s affirme même dans I église universelle, et qui mériterait une relation spéciale.Dans la vaste enceinte qui entoure Cova da Iria où les apparitions se produisirent, une magnifique église remplace la petite chapelle détruite par une vague anticléricale.Tout le monde connaît I histoire de ces trois petits bergers qui eurent la joie surnaturelle de voir la Mère de Dieu en 1917 tant de fois, recevant d\u2019elle des directives pieuses pour la sanctification et le salut des âmes.Des trois, seule Lucie survit et continue ses contemplations dans un couvent cloîtré de Sainte-Thérèse à Coimbre, dont nous ne pûmes voir que la tour et les murs.Mais le message divin qu ils reçurent amène des pèlerins à Fatima (nom du village voisin de la butte historique) des quatre coins du monde.Venant des villages les plus lointains, des Portugais y vont souvent à pied.Le 15 de Revue Dominicaine chaque mois de mai à octobre, les foules sont considérables et doivent camper en plein air.Que d histoires édifiantes n\u2019avons-nous pas entendues des Pères dominicains canadiens et des Sœurs dominicaines qui ont des maisons à Fatima.C est là que nous eûmes la joie de voir le T.R.P.Sylvain, O.P., vicaire général des Dominicains qui eut l\u2019extrême bonté de nous recevoir.C est avec cette visite inoubliable à Fatima que nous voulons quitter le Portugal, terre d histoire, d art et de piété qui honore la civilisation chrétienne.Nina Greenwood 242 Le sens des faits Présentation de la Somme Théologique Le R.P.A.Bernard, O.P., dont la réputation de philosophe et de théologien n\u2019est plus à faire, nous donne encore deux ouvrages intéressants sur le thomisme.Il s\u2019agit d\u2019introductions générales à la philosophie et la théologie de saint Thomas, éditées à la Maison Aubanel, Père, Avignon, 1955.Le premier, Introduction à la philosophie thomiste, s adresse à des lecteurs « peu préparés à aborder sans initiation préalable les exposés savants ».Il se propose précisément de faire cette initiation préalable.II ne faut donc pas y chercher un exposé savant, une recherche scientifique, une pensée personnelle.« .tracer un simple croquis des positions-clefs et des lignes de force du thomisme spéculatif », c est le but que se donne l\u2019auteur.II y réussit magnifiquement.En un style simple, en des phrases claires, il trace ces lignes de force de façon rapide, mais sans omettre un seul jalon nécessaire.II insiste suffisamment sur les points essentiels pour bien pénétrer de l\u2019esprit de la philosophie thomiste les débutants « que les études dites « modernes » ont éloignés de la lecture philosophique».Cette insistance paraît lourde parfois aux initiés, mais ce n est pas à eux que hauteur s\u2019adresse.Son plan est parfaitement logique.II commence par mettre en place l\u2019objectivité et les limites de la pensée en face de I être, en montrant bien que les exigences de la pensée correspondent à des lois de I être.Puis sur cette base, il repasse tous les éléments fondamentaux du thomisme, depuis l\u2019acte et la puissance jusqu\u2019à Dieu et ses rapports avec le monde.S\u2019adressant à des débutants, il ne juge pas à propos de critiquer certaines positions du thomisme contemporain qui ont parfois trahi la pensée de saint Thomas.C\u2019est peut-être malheureux, car est-ce une bonne méthode d\u2019introduire à une science que de présenter tous ses éléments comme ayant une valeur égale, absolue et indiscutable ?II faut regretter aussi quelques vieilleries dans le vocabulaire technique : ainsi le mot ratio, toujours rendu par raison, parfois en des sens que le français ne connaît pas.Le deuxième ouvrage est une Présentation de la Somme Théologique.II équivaut en fait à une initiation à la théologie thomiste.Destiné également à ceux qui n\u2019ont pas en la matière une formation technique, ou même à des prêtres absorbés par le ministère et désireux de rafraîchir leurs connaissances théologiques, il veut être « un essai de présentation de la doc- 245 Revue Dominicaine trine de la Somme, aussi exacte et substantiellement complète que possible ».L auteur suit pas à pas 1 ordre des questions et articles, tel que le fait la Somme, après avoir bien mis en relief le sens profond de cet ordre, ïl débute ainsi par un exposé très développé (si Ion considère le but et les proportions de I ouvrage) de la nature de la théologie, de ses rapports avec la foi et avec la raison.Puis il parcourt les trois parties de la Somme, en une explication à la fois simple, précise et agréable.Il tend toujours, dans la mesure du possible, à dépouiller sa présentation de tout caractère trop technique ou scolastique.Et comme la chose est souvent impossible, il s efforce de rendre cette technicité inévitable de la discussion théologique, à la portée de ses lecteurs non initiés.II faut avouer qu il y réussit.Son livre se lit bien, sans lourdeur ni confusion, même au milieu des questions les plus ardues.II est cependant malheureux que I auteur ait passé beaucoup trop vite sur certaines questions pourtant importantes.Le but qu\u2019il s est proposé I en excuse en partie.Mais il est des éléments de la théol ogie qu on ne peut laisser dans 1 ombre.Ainsi, par exemple, consacrer deux lignes à la loi éternelle, deux pages au baptême, c est vraiment trop peu : dans un aussi court espace, I auteur n a pu souligner explicitement le rapport primordial de la foi et du baptême.De même les quelques paragraphes qu il consacre au sacrement du mariage, sont tout à fait insuffisants, pour donner une juste idée de la doctrine de saint Thomas sur la question.Cependant I ensemble reste, comme se I était proposé Fauteur, substantiellement complet.II possède même, tout comme I introduction à la philosophie, une supériorité incontestable sur tous les manuels, dont plusieurs ne sont que le squelette cl un squelette, comme disait M.Gilson de I un d eux.E.L.A la Comédie-Française Le 24 septembre 1955, la Comédie-Française a donné officiellement sa première représentation en Amérique du Nord.Depuis sa fondation.en 1680, la Comédie-Française n est jamais venue au Canada ; elle tenta de le faire en 1940, mais la guerre survint et ce n est qu\u2019en 1955 qu\u2019 elle réalise ce vœu.Après le spectacle, une cérémonie officielle a été donnée à I hôtel de ville, réunissant échevins, membres du corps diplomatique et acteurs.La Comédie-Française débute par « Le bourgeois gentilhomme » de Molière.C est sur I ordre de Louis XIV que Molière compose cette pièce.244 Le sens des faits Lulli en fit la composition musicale.La pièce fut représentée pour la première fois au château de Chambord, le 13 octobre 1670.Ce ne fut que le 23 octobre que « le bourgeois gentilhomme » fut joué à Paris Cette comédie-ballet a trois actes : le premier présente le bourgeois qui a commandé une sérénade ; le deuxième présente le bourgeois dans sa maison ; le troisième se fait par la réalisation de cette sérénade.Le décor et les costumes de Mme Suzanne Lalique sont une création toute nouvelle où s allient des couleurs aux teintes fondues, variant du rouge, jaune, bleu, gris ou brun.Le décor représente 1 intérieur de la maison du bourgeois à 1 époque : boiseries fines et escalier en colimaçon sculpté doublent les dimensions de la scène.Le décor et les costumes ont été confectionnés dans les ateliers de la Comédie-Française, à Paris.Madame Léone Mail, de 1 Opéra de Paris, a réglé la chorégraphie et le divertissement.Les ballets comprennent cinq divertissements : les Canaries, les Tailleurs, les Pâtissiers, les Turqueries et le petit ballet final appelé « Menuet pour les hautbois poitevins ».Les ballerines sont des élèves de 1 école de chorégraphie de Madame Koudriatseff, de Montréal.Les pas de ballets de ces divertissements sont les pas de base de la chorégraphie française.Les turqueries furent inspirées à Molière par un événement d actualité : le premier novembre 1660, arrive à la cour de France Suliman Muta Feraca.Suliman n étant pas satisfait de la réception de la cour de France, Louis XIV ou Colbert suggéra à Molière I id ée d une cérémonie turque.Molière s adressa au chevalier Laurent d Arvieux qui avait longtemps séjourné en Orient, pour à la fois servir d interprète et de maître de cérémonie.Ces turqueries sont authentiques et ont été conservées dans leur intégrité alors que le reste de la pièce varie, comme mise en scène, avec chaque réalisateur.Jean Meyer a dirigé la mise en scène du présent spectacle.Monsieur Jourdain (Louis Seigner) fait « mamamouchi » termine la sérénade commandée par lui-même.Espérons qu à la prochaine visite de la célèbre compagnie.la ville de Montréal I accueillera dans « SA» ( enfin !) salle de spectacle I Le véritable théâtre se joue dans une atmosphère théâtrale et non de cinéma.Michel Gavrel The Glass Slipper (le petit soulier de verre) avec Leslie Caron II y a quelques mois I on pouvait voir une variante cinématographique de I attachante histoire de Cendrillon, et ce film reviendra probablement souvent sur nos écrans montréalais : 1 he Glass Slipper.Production Ciné- 245 Revue Dominicaine matoscope, avec tous les déploiements féeriques (et, à défaut de poésie ou de talent, techniques) du puissant cinéma américain.Les Américains sont de grands enfants et ils savent exploiter ces légendes de notre enfance avec une spontanéité, une candeur, un charme plaisants, mais parfois un peu superficiels, artificiels, fabriqués.Ainsi leur obsession du grandiose, du colossal leur a fait faire un gâteau monstrueux, des décors de goût discutable ; et le Prince, qui jouait très bien, épanouit en jazz une belle petite mélodie qu il interprétait au clavecin (était-ce lui qui jouait ?).Mais la leçon de danse dans le coin merveilleux du petit ruisseau, la danse des mirlitons nouveau genre, et Mlle Caron font que ce film vaut la peine d être vu.Mlle Caron, la comédienne, nous a beaucoup plus intéressé par son jeu si frais, si simple, si spontané, que Miss Caron la vedette dansante.La Cend rillon du début du film a un air dégagé, indépendant, frondeur, et son aventure légendaire nous charme, tant par le jeu étonnant et délicieusement ingénu de Mlle Caron que par la réalisation très habile du film.Guy Robert A propos d\u2019un film : « Le pain vivant » « Le pain vivant » a provoqué les réactions les plus contradictoires.On a, à la fois, loué et contesté I auteur du scénario et du dialogue, François Mauriac, le réalisateur Jean Mousselle, les interprètes Françoise Goléa, Jean-François Calvé, Jean Muselli, Jacques Pierre et Lucien Nat.Un fil m est toujours difficile à juger, parce qu il force nos facultés à s exprimer sur un espace de temps très court et dans une atmosphère tyrannisée par les images et émaillée de sons musicaux.Combien plus difficile le jugement du « Pain vivant ».Les images et la musique ici servent un dialogue très dense où s expriment un des plus grands mystères religieux et une des idées les plus élevées de la théologie : le sacrifice de la messe.Avant de fixer son opinion sur les livres qui approfondissent de tels sujets on relit les pages les plus substantielles, il faudrait aussi revenir aux expressions portées à l\u2019écran du « Pain vivant ».Le scénario est fort facile à saisir.Thérèse est aimée d un jeune étudiant, Valmy.Fidèle à un père abandonné et aigri et à un frère dévoyé Luc, dont la légitimité est douteuse, la jeune fille, toute dévouée à ces deux êtres du foyer qu elle habite, s écarte, avec une foi ferme, d une affection qui risque de I éloigner de ses devoirs familiaux.Elle renonce énergiquement à son amour pour Valmy le jour où son frère Luc dénonce leurs rencontres à son père.Désormais ami de Valmy, Luc comprend 246 Le sens des faits mieux qu\u2019il a brisé la vie des deux amoureux et confie à Valmy I inquiétude que suscite Thérèse, torturée par son père et souffrante de son renoncement et il réclame un retour et une rencontre nouvelle des deux amoureux.Thérèse est fidèle à son sacrifice et fuit jusqu\u2019au monastère de La Salette où Valmy la poursuit et comprend bientôt la portée du renoncement : il découvre dans sa bien-aimée I Amour sous I amour et la rejoindra dans sa foi.Cette histoire d amour, faite de renoncement et de larmes, est une montée vers la joie que Dieu réserve à tous ceux qui savent communier de ses mains.II faut remercier les cinématographes de I avoir souligné en ajoutant ces mots à la fin du film : « Dieu demande de sacrifier Isaac et il nous le rend une fois le sacrifice accepté ».C était d ailleurs situer le film dans son symbole et son vrai contexte : film du sacrifice de la messe évoqué avec tant d éloquence par le dialogue de François Mauriac.Si Valmy, qui ignore tout de la religion, est attiré par 1 amour de Thérèse, il découvre que la vie de la grâce et I Hôte intérieur de son amie l\u2019attachent davantage à elle.« II y a une lumière en vous, lui dit-il, vous n êtes pas comme les autres ».Aussi, c est sur tout un autre plan que I amour humain que portent les conversations.Les amoureux qui se sont rencontrés au pied de I autel s entretiennent de la messe.Ht si Luc peut dire à Valmy : « Ce n est pas trop du Dieu qu elle reçoit chaque matin pour qu elle le supporte » (son père), Valmy affirme ainsi sa foi en cette présence divine : « Ce n est pas son père que je redoute, c est Dieu qui se sert de son père ».Les personnages demeurent pourtant bien sur la terre.On a même peur que le trouble et malheureux Luc donne trop de force à I amour humain : « Dieu n est pas bien fort, dit-il, quand on a besoin d un autre amour ».II y a sans doute dans Thérèse une communion avec Dieu, son guide et son maître, et Luc le sait très bien : « Thérèse seule n est rien, mais elle n\u2019est pas seule ».Valmy d ailleurs cherche à approfondir le mystère : « Je voudrais savoir, dit-il à Thérèse, ce qui se passe en vous lorsque vous marchez avec ce regard hors du monde ».Mais pour reconnaître les grandes réalités surnaturelles, on n\u2019oublie pas pour autant ici les naturelles : « Si Thérèse part, c est la fin de tout, dit Luc à Valmy, quand même je serais heureux qu elle s en aille avec toi pour qu elle ait un peu de bonheur humain ».Et Thérèse, n oubliant aucun aspect de son détachement, adresse à Valmy ces profondes paroles : « Je ne puis me donner à Luc sans me séparer de vous.C est le sacrifice demandé.Quand j aurai renoncé à vous, c est alors que je vous aimerai ».\u2014¦ « Vous me dites que le Fils de Dieu s est sacrifié pour le salut de tous, pourquoi 247 Revue Dominicaine faut-il encore que vous vous sacrifiiez ?reprend Valmy.Et celle qui se renonce fait alors apparaître la petite kostie de la communion des fidèles à côté de la grande : « II faut que chacun de nous, dit-elle, ait pris sa part de sacrifice et soit devenu participant au Dieu sacrifié.»\t« On ne dit pas non à I Amour.C est Dieu qui aura le dernier mot», courtes paroles qu un jeune prêtre souffle à I oreille de Valmy.Et lui, dans le silence de I église, seul au pied du crucifix, alors qu\u2019il se défend encore d une influence surnaturelle qui s\u2019empare de lui et va le gagner, reproche au Crucifié : « Si vous êtes la Victime qui rachète le monde, pourquoi vous faut-il cette victime (Thérèse) en plus ?» Et la lutte des amoureux s engage près d un précipice au pied de la croix de La Salette : « Partez, partez devant, s écrie 1 hérèse, je ne suis pas seule, il me sauvera », et, en fuyant à travers Lien des obstacles, elle s\u2019épuise.Elle tourne alors vers Valmy un visage tout souriant ou s inscrit une double victoire : dans un acte de foi, elle a sacrifié son amour, cet amour lui est rendu enrichi de la foi d un autre qui ne la comprendra que mieux.Le pain vivant, c est I Hostie de la messe, I hostie qu on accepte comme un repas afin d y puiser la force du renoncement et de rendre grâce dans la joie ; une fois qu on est entré dans la possession du Maître.Luc, libéré cle ses souillures, Thérèse au visage souriant, Valmy accueillant la grâce de la foi, voilà le symbole de I étonnante scène du Négro spirituel qui fait cesser les danses frénétiques dans une cave de Saint-Germain des Prés à la faveur du chant enthousiaste de F Alleluia, cri de joie, de résurrection et d action de grâce.Aucune des quatre fins du sacrifice n est oubliée ici et la messe s y affirme comme joie et action de grâce, parce qu elle est sacrifice.F.Fortin Les disques Mozart a écrit la plus belle musique pour le cor.On peut s en rendre compte en écoutant ses quatre concerti pour cor, interprétés par 1 Orchestre Philharmonia dirigé par Von Karajan.Le soliste Dennis Brain sait faire vivre son instrument tout en lui gardant son cachet de mélancolie voilée, mais sans tomber dans cette lourdeur qu on associe à tort à cet instrument (Angel 35092).On admire la souplesse et la légèreté primesautière des instruments à vent français, surtout dans la musique enjouée du Quintette à vent de Françaix et du Sextuor pour piano et instruments à vent de Poulenc.C est justement ce que appelle le dolce farniente, musique gratuite, charmante et reposante.Les interprètes sont Françaix (piano) et des membres de I Orchestre National (Angel 55133).248 Le sens des faits L ensemble de Bacb Guild dirigé par Félix Prohaska nous présente deux cantates de Bacb.La 78e, Jesu, der du Meii æ Seele, composée pour le 14e dimanche après la Trinité, comporte un duo qui est un sommet de la musique.La 106e, Gottes Zeit, permet aux solistes de nous montrer avec quelle émotion admirative ils abordent cette musique.Recommandé (B ac b Guild 537).Les derniers quatuors de Beetboven ( 12, 15, 14, 15, 1 6e et Grande Fugue en si bémol) sont nés d un esprit tourmenté entre la douleur et la résignation.C est ce qui leur donne une valeur de témoignage authentique.Jamais a-t-on vu un homme exprimer avec tant de sincérité les tourments qui le tiraillent.Certains trouvent cette musique trop cérébrale, je crois qu au contraire elle est ce qu il y a de plus « charnel », en ce sens que Beetboven y était engagé dans tout son être : pour lui c était un geste vital.C est de la musique vivante, riche de chaleur intérieure et combien prenante et envoûtante ! Chaque quatuor se termine dans la sérénité de celui qui, par devoir, décide d agir et de faire taire la voix revendicatrice de la douleur.A preuve, le 14e quatuor dont I exaltation obstinée laisse place à I espérance.Bien qu inégale, 1 interprétation du Quatuor Flon-grois se classe parmi les meilleures.La grande prière du 15e est rendue de façon excellente.La prise de son est riche.Par cet album de quatre disques, Angel termine I intégrale des quatuors de Beethoven.Une partition de poche est fournie avec 1 album.On peut aussi se procurer les disques séparément (Angel 3514-D).Un disque Capitol (P-8299) nous présente de la musique moderne bien intéressante : Concerto pour percussion et petit orchestre, de Milhaud, Toccate pour percussion de Chavez et Musique pour percussion, cordes et céleste de Bartok.Malgré leur usage de la percussion, ce ne sont pas des œuvres qui écorchent les oreilles.Au contraire, I œuvre de Bartok est plutôt calme.Recommandé aux fervents de la musique moderne.Orchestre Concert Arts et Orchestre de chambre de Los Angeles, dirigés par Slatkin et Byrns.G.F.249 L esprit des livres Henri Gratton, O.M.I.« Psychanalyses ^D\u2019 hier et d aujourd hni ».Les Editions du Cerf, Paris, 1955.22 cm.500 pages.Ce volume, longtemps désiré, est aujourd\u2019hui indispensable à quiconque \u2014 médecin, psychiatre, psychologue, moraliste et éducateur \u2014 cherche à faire éclore le culte des valeurs spirituelles dans la « personnalité névrotique des temps modernes ».En une sereine et lumineuse synthèse, l\u2019auteur nous introduit dans le monde obscur de la psychologie des profondeurs, où Freud, Adler et Jung rassemblent minutieusement intuitions et faits, sur les pulsations intérieures du subconscient \u2014 intuitions et faits d\u2019observation qui donneront naissance à des psychanalyses distinctes dont les ramifications, par réaction ou dissidence, se poursuivront à travers l\u2019Europe et l\u2019Amérique du Nord.Une centaine de pages sont consacrées à l\u2019analyse de Freud.L\u2019auteur nous fait assister à la longue élaboration des procédés thérapeutiques freudiens, remontant aux sources, aux emprunts, aux tâtonnements et rectifications du maître de la psychanalyse.Son exposé reste toujours sympathique et l\u2019objectivité de l\u2019exposé peut se vérifier dans une riche et judicieuse bibliographie qui suit chacun des chapitres du volume.Une fine analyse des autres chefs de file \u2014 Adler et Jung \u2014 souligne la diversité des écoles de psychanalyse, au triple point de vue thérapeutique, scientifique et philosophique.Ayant nettement établi les traits caractéristiques de ces trois maîtres, l\u2019auteur s\u2019impose la dure tâche de suivre les bonnes et mauvaises fortunes de ces trois mouvements psychanalytiques en Europe et en Amérique.A notre avis, c\u2019est la première fois qu\u2019une telle synthèse est offerte à un public de langue française, avec le jugement de valeur d\u2019un théologien catholique.A ce jugement de valeur, sur la psychanalyse et son utilisation, pour une meilleure connaissance de l\u2019homme, le P.Gratton consacre tout un chapitre, suivi d\u2019un commentaire sur l\u2019attitude officielle de l\u2019Eglise en regard de la psychothérapie moderne.La psychanalyse, avec ses multiples dimensions, ses diverses écoles, ses compétences comme ses charlatans, a été le sujet de controverses passionnées, d\u2019attitudes hostiles ou complaisantes.Seule une étude sereine et scientifique de ses intuitions, de ses méthodes, et de sa philosophie peut rendre possible son intégration dans les sciences qui cherchent à comprendre la grandeur exceptionnelle de l\u2019homme et l\u2019aider dans sa marche difficile vers Dieu.Le volume du P.Gratton, après celui du Dr K.Stern, auteur de la préface, est un pas décisif dans cette voie.F.-M.Drouin, O.P.Maryse Choisy « Le chrétien devant la psyckanalyse ».Téqui, Paris, 1955.19 cm.216 pages.Conversation intéressante et instructive sur les problèmes de cette technique thérapeutique si délicate et si nuancée qu\u2019est la psychanalyse.Nombre de pages sont particulièrement réservées aux spécialistes, mais 250 L\u2019esprit des livres l\u2019ensemble vaut d\u2019être connu de tous ceux qui s\u2019intéressent à l\u2019évolution de cette belle science de l\u2019homme voulant lui redonner un équilibre perdu trop facilement dans un monde plus particulièrement désaxé.La médecine psychosomatique prend avec Maryse Choisy, qui écrit avec élégance, une tournure d\u2019aventure : elle explique Freud et déclare que l\u2019on peut s\u2019en servir comme d\u2019un tremplin, ce qu\u2019elle fait hardiment.ïci (aussi bien que dans ses autres volumes et dans son excellente revue : Psychée), l\u2019auteur présente l\u2019analyse comme une méthode qui tend à apprendre au patient (qui devient l\u2019agent actif de sa reconstruction), à se connaître, à s\u2019accepter, à prendre efficacement sa place dans le monde.L\u2019expérience de l\u2019auteur l\u2019amène souvent à des exposés audacieux sur le problème de la médecine intégrale, psychosomatique : après Garrel et d\u2019autres elle voit l\u2019homme en synthèse complexe, et elle travaille courageusement à l\u2019édification d\u2019une meilleure connaissance de l\u2019homme.Il faudra bien se résigner à reviser la méthode « sectionniste » de notre médecine actuelle, à revenir à l\u2019homme existentiel total.La psychanalyse, vue dans cette lumière scientifique, équilibrée, courageuse, dévouée au bien de l\u2019homme, est une entreprise « chrétienne », qui répond à sa manière au message du Maître: aimez-vous les uns les autres.L\u2019auteur aborde d\u2019une façon définitive certains problèmes de conflits entre sa science et sa religion.Un très beau livre, recommandé à ceux qui essaient de se cultiver.Guy Robert J.-D.Papillon, O.P.' « Pour comprendre les sacrements ».Album illustré de 32 pages.Marne, Tours, France.28 cm.Une précieuse introduction à la vie sacramentaire par le texte et l\u2019image, pour enfants de 10 ans et plus.Cet album ouvre une nouvelle collection d\u2019albums religieux pour enfants de 6 ans à l\u2019adolescence.Chaque album s\u2019adressera à un âge plus particulier afin de constituer une série cohérente et progressive où l\u2019enfant retrouvera, par delà la diversité des auteurs et la variété des sujets, une même formation spirituelle solide, d\u2019un esprit large, dynamique et jeune.Chaque album sera : \u2022\tun instrument de formation chrétienne mettant directement l\u2019enfant en contact avec l\u2019enseignement de la Sainte Ecriture et de la Tradition de l\u2019Eglise ; \u2022\tun chapitre vivant du catéchisme en même temps qu\u2019un agréable livre de lecture ; \u2022\tun cadeau auquel l\u2019enfant aimera revenir, qu\u2019il aimera relire ; \u2022\tune lecture pour les enfants et un canevas pour les parents ou le catéchiste ; La collection « Première catéchèse » vise : \u2022\tà constituer un fonds de documentation au service des catéchistes de méthodes nouvelles, en vue de faciliter aux enfants des travaux personnels ; \u2022\tà familiariser les enfants avec les rites liturgiques par l\u2019image photographique et son commentaire.251 Revue Dominicaine La collection « Première catéchèse » bannit toute facilité pour passionner en mettant en lumière i\u2019intérêt d\u2019un sujet traité avec densité.Son titre exprime son effort pour mettre les cœurs d\u2019enfants en contact réel avec le mystère, dans leur vie de chaque jour.La seule collection autorisée à puiser dans la documentation unique des photographies d\u2019exclusivité de « Fêtes et Saisons ».Les citations bibliques sont empruntées à la « Bible de Jérusalem », adaptées de celle-ci, quand le public enfantin exige une simplification.Dom Charles Poulet, O.S.B.« Histoire du Christianisme ».Epoque contemporaine.Fasc.XXXIII - XXXIV.Beauchesne et ses fils, Paris, 1955.Dom Poulet est mort en 1950, alors que paraissaient les fascicules XXXIII-XXXIV de sa monumentale Histoire du Christianisme, où il venait d\u2019aborder la Révolution française.Gomme il avait écrit presque en entier cette dernière partie de son ouvrage, les éditeurs décidèrent d\u2019en poursuivre la publication et confièrent à l\u2019abbé J.Sécher le soin d\u2019y apporter les mises au point et les compléments nécessaires.L'Histoire du Christianisme conservera donc jusqu\u2019à l\u2019achèvement la pensée et le style de son auteur.C\u2019est heureux qu\u2019il en soit ainsi, car Dom Poulet allie à une érudition sûre une manière élégante, concrète et même pittoresque de présenter l\u2019histoire, qui en rend la lecture à la fois instructive et fort agréable.C\u2019est tout particulièrement vrai de ce quatrième tome.Comme les deux précédents, les fascicules XXXIII-XXXIV traitent exclusivement des affaires de l\u2019Eglise de France.Ils vont du sacre de Napoléon (1804) à la Révolution de 1848.La toilette typographique et les illustrations n\u2019ajoutent pas peu à cet agrément.Ce dont les éditeurs ont le droit de se féliciter.Thomas Charland, O.P.Fulton J.Sheen \u2014 « La vie vaut d être vécue ».Marne, 1955.19 cm.245 pages.En Amérique nous connaissons bien Mgr Sheen pour ses fameuses causeries télévisées.Ce livre est une adaptation d\u2019une série de ces causeries (23).L\u2019auteur connaît bien notre civilisation et nos problèmes.Certains aspects de la psychanalyse avaient déjà été traités dans The Peace of Soul, et il les reprend ici à l\u2019occasion.L\u2019auteur expose simplement, avec compétence et facilité, dans la lumière de l\u2019Evangile, dans une veine anecdotique concrète, sa manière de comprendre la vie.Il aborde des problèmes de philosophie, de psychologie, d\u2019éducation, de science, avec un franc succès.Il nous parle de l\u2019amour, nous dénonce les misères et les dangers du communisme, en opposition avec l\u2019équilibre chrétien, fondamentalement humain et spiritualiste : nous met clairement en garde contre un matérialisme pratique sournois qui ronge dangereusement notre sens moral.Guy Robert 252 L ESPRIT DES LIVRES Gérald Vann >\u2014 « La Nuit sera ma Lumière ».Marne, Collection Siècle et Catholicisme, 1955.18 cm.292 pages.Ce beau livre, jailli d\u2019une intense méditation, d\u2019une observation sympathique de notre monde malade, d\u2019un homme dévoué au rétablissement des valeurs équilibrantes, dénonce énergiquement le danger d\u2019autodestruction, de stérilisation humaine qui nous guette dans notre civilisation technologique.\t, L\u2019auteur s\u2019attaque aux grands problèmes de l\u2019amour, de la sexualité, de l\u2019éducation, de la personnalité, de la vie familiale, de la machine, de l\u2019homme devant le vacarme ; il parle de l\u2019école du Silence, de la \\ ie intérieure, des valeurs fondamentales, de la rédemption de la matière, de la conquête des réalités: symbole, amour, nature, communauté, d\u2019une manière qui nous retrempe et nous redonne confiance en l\u2019homme.Guy Robert Bertrand Vac « Saint-Pépin, P.Q.».Cercle du Livre de France, 1955.20 cm.272 pages.L\u2019auteur : Docteur Aimé Pelletier, chirurgien à l\u2019PIôpital de Verdun, célibataire dans la quarantaine, citoyen international épris de liberté.Bertrand Vac pense par lui-même, intensément, et de sa vie intérieure jaillit son œuvre, littéraire et picturale.Fraîcheur, liberté, spontanéité, simplicité, humour, de la vie surtout, du panache frondeur à la Cyrano, une bouffée de vie dans une littérature un peu trop anémique: la nôtre.Le coup de plume de Bertrand Vac vaut bien le coup de bistouri du docteur Pelletier.L\u2019œuvre : « Saint-Pépin, P.Q.» ! Ça pétille ! Et spontanément le rire fuse, les sourires s\u2019esquissent, à mesure que les lecteurs libres entrent en contact avec cette vie si débordante, si fantaisiste, si réaliste pourtant.A vrai dire, il s\u2019agit souvent de photos animées : c\u2019est un vrai documentaire provincial ! C\u2019est le Petit Monde de don Camillo canadien, avec toutes les transpositions que cette particularité exige : espérons qu\u2019il connaîtra le succès de son émule italien, car il le mérite bien.Du moins les lecteurs « libres » me comprendront.C\u2019est d\u2019un réalisme, cru parfois.Tout comme la vie.Si, en acceptant comme ils doivent l\u2019être les aspects plus prosaïques et plus grossiers de notre vie quotidienne, le lecteur recherche une œuvre vivante, une observation malicieuse, spirituelle, exacte et amusante, il sera bien servi ! Et s\u2019il veut enfin regarder en face, au moins dans un livre, les gens vivre réellement, ce lui sera une leçon profitable : castigat ridendo mores.Une œuvre originale, sincère et forte, imparfaite sans doute, mais qui vaut beaucoup, et qui ne sera pas étouffée, nous osons l\u2019espérer, par une bondieuserie hypocrite d\u2019adultes mal mûris.D\u2019ailleurs l\u2019auteur avait pressenti ce mouvement de sourde opposition dans son Avertissement au lecteur.Guy Robert Revue Dominicaine François Beaulieu « Pacte et Complot », roman.Editions du Trident, sans date.18 cm.212 pages.Le langage des adolescents est trop abstrait et littéraire, avec des jurons qui voudraient y mettre de la couleur mais qui ne font qu\u2019envenimer les choses.Un manque de naturel, de vie, qui brise tout intérêt, empêche toute sympathie.C\u2019est du moins notre impression après avoir fourni l\u2019immense effort de passer à travers le volume.Un pacte de sang, de la philosophie de salon, un sermon sur le sens du mariage, etc.L\u2019ensemble peut paraître édifiant à certains : il en laisserait certainement beaucoup glacés, si l\u2019on se donnait la peine de le lire ; c\u2019est toujours déplaisant de dire ces choses, mais parfois, si elles sont entendues dans le climat de la sincérité où elles ont été dites, elles peuvent empêcher une répétition à l\u2019occasion d\u2019une prochaine œuvre.Guy Robert Charles Ford r\u2014> « Histoire populaire du cinéma ».Marne, 1955.20.5 cm.551 pages, 16 pages de photos.C\u2019est un formidable document à la portée de tous les amateurs sérieux du cinéma, par l\u2019auteur bien connu du Bréviaire du cinéma et de l\u2019Histoire encyclopédique du cinéma (en collaboration avec René Jeanne).Le volume débute par la préhistoire du cinéma, puis l\u2019auteur évoque dans une première partie les débuts des cinémas français, italien, danois, suédois, allemand, russe, anglais, autrichien, tchécoslovaque, polonais, belge, japonais.Ensuite, les premières armes du cinéma américain, déjà industriel, mais aussi irrésistible avec le génial Chariot.En vieillissant, le cinéma apprend à parler, et Hollywood lance des méthodes et des genres nouveaux.La Renaissance française nous révèle Pagnol, Guitry, Renoir, Carné, et l\u2019auteur continue en donnant une synthèse de la production mondiale de l\u2019entre-deux-guerres.Ensuite c\u2019est le néo-réalisme italien et une esquisse bien faite de l\u2019évolution du cinéma au cours des dix dernières années.Ce volume nous révèle l\u2019essentiel de la vie intime, de l\u2019évolution, des tentatives, des réalisations et des possibilités de cet art du XXe siècle qu\u2019est le cinéma.De lecture agréable, de présentation soignée, avec seize grandes pages d\u2019illustrations bien choisies, l\u2019œuvre de Ford offre une vaste fresque de l\u2019histoire d\u2019un art si jeune qui a tant fait, et qui est gros d\u2019espoirs.Il est indispensable pour les ciné-clubs, pour les bibliothèques, pour les éducateurs consciencieux, et pour les amateurs de cinéma qui croient en ses possibilités artistiques et qui veulent en connaître la grande histoire.Guy Robert Henri Agel r\u2014 « Le cinéma ».Casterman, Tournai-Paris, 1954.20.5 cm.352 pages, 48 illustrations pleine page.Ce volume de Henri Agel, bien connu de ceux qui veulent comprendre et bien aimer, dans ses valeurs authentiques, le cinéma, donne au septième art sa signification, en indiquant le sens de son continuel devenir dans son essence même à la lumière de son histoire.254 L\u2019esprit des livres C\u2019est une synthèse qu\u2019on attendait : cette étude magistrale du cinéma, Agel était tout désigné pour la faire, et il ne nous a pas déçus.Cette vaste initiation à l\u2019art de notre siècle sera d\u2019une utilité particulière à ceux qui s\u2019occupent de ciné-clubs et à tous ceux qui, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, essaient une prise de conscience adéquate du cinéma.L\u2019on sait qu\u2019Agel bataille pour intégrer le cinéma dans la culture secondaire, et sa mission d\u2019éducateur l\u2019amène tout naturellement à aborder des questions comme l\u2019initiation au cinéma, les programmes et réalisations pratiques, les problèmes esthétiques et moraux, après avoir traité de l\u2019image, du son, de la couleur, de la lumière, du décor, des interprètes, des procédés spéciaux, de l\u2019histoire du cinéma.Deux chapitres sont particulièrement remarquables : le premier, Cinéma et Société, et le septième, Signification du film ; mais le plus pratique est le dixième : Initiation au cinéma, ainsi que les nombreux appendices ; les illustrations sont particulièrement éloquentes et bien choisies ; nombre de statistiques, de tableaux.Le livre peut être considéré comme le Manuel classique du cinéma, avec la réserve que l\u2019auteur fait lui-même : le cinéma est encore en devenir.Nous nous permettons de signaler une lacune regrettable : l\u2019index alphabétique des noms et des films cités manque.Guy Robert P.Gervais QuÉnard « Hier ».(Souvenirs d un octogénaire).Lethiel-Ieux, 1955, 18 cm.144 pages.Le R.Père Quénard, ancien Supérieur Général des Assomptionnistes, a voyagé pendant soixante ans dans le Proche-Orient et dans tout le monde.Ses souvenirs, de lecture agréable et intéressante, évoquent des faits et des personnalités qui revivent pour nous, en nous livrant leur sens véritable : c\u2019est la terreur communisme, la haute personnalité de Pie XI, la sympathique Palestine, les reflets de l\u2019Orient, les monstres politiques des préparatifs guerriers, la foule anonyme, les personnages secondaires mais combien grands parfois.Un document appréciable d\u2019histoire contemporaine.Guy Robert Joseph André (chanoine Prémontré).>\u2014¦ « Prince du Nord : Vie de saint Norbert ».Abbaye Saint-Michel de Frigolet, 1955.18 cm.208 pages.Magnifique ouvrage, agréable et viril, couronné par l\u2019Académie française.Il est réconfortant d\u2019entrer en contact avec la vie d\u2019un homme d\u2019action réfléchie, et solide, dans notre siècle d\u2019agitation ; d\u2019un homme de vie intérieure dans notre civilisation de vie superficielle ; d\u2019un homme de religion virile dans notre climat d\u2019hypocrisie religieuse ou plus souvent de sensualisme matérialiste.G.R.255 Revue Dominicaine G.H.Hunermann « Le maquisard de Dieu ».Editions Salvator, Mulhouse, 1954.20 cm.248 pages.L\u2019auteur a choisi la figure d\u2019un jeune prêtre qui devait devenir le fondateur de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Picpus.Nous sommes à l\u2019époque de la Terreur dans le diocèse de Poitiers et l\u2019abbé Pierre Coudrin, à travers les risques les plus périlleux, les situations les plus osées, échappe à tous les pièges des révolutionnaires français.Sa mission n\u2019est pas de donner sa tête au couperet de l\u2019échafaud, elle est de guérir les innombrables blessures morales faites par les bourreaux de l\u2019heure.Il fut aidé par tout un peuple simple et fidèle, par des femmes et par des enfants, malgré la perspective de la prison et de la guillotine.C\u2019est vivant, adroit et ce récit plaira spécialement à la jeunesse et à ceux qui ont le culte du héros.Il plaira à tous par son authenticité et la force invincible qui l\u2019anime.Il nous offre le plus pur exemple : le don total de soi.Madame André La Rivière La Maison Marne, Tours, France, présente aux jeunes : Capitaine Marry AT : « Le Pirate ».22 cm.160 pages.Karl May : « Le mystérieux Forban ».22 cm.158 pages.Marie BarrÈre-Affre : « Zouina, la petite Sultane ».20 cm.240 pages.Alexandre Dumas : « La jeunesse de Monte-Christo ».20 cm.240 pages.Henri PouRRAT : «La belle Mignonne.18 cm.206 pages.Jean Des Brosses : « Le chevalier noir et miss Aurore ».19 cm.126 p.Henriette Robitaille : « La Dame de Chramilly ».18 cm.126 pages.Jacqueline Duché : « Six dans une tourelle ».18 cm.126 pages.René Duverne : « Drôles de vacances ».18 cm.126 pages.Wilhelm Deve : « Prisonnier des glaces ».18 cm.218 pages.John Warner : « Tica, fille de la jungle ».18 cm.256 pages.Wilhie Collins : « La Dame en blanc ».18 cm.292 pages.Nicolas Gogol : «Veillées d Ukraine ».18 cm.252 pages.Jacqueline Duché : «Trèfle à quatre feuilles ».22 cm.152 pages.Henry DE Brisay : « Trémor aux mains rouges ».22 cm.158 pages.Thérèse Lenotre : «Un cri dans l\u2019espace ».22 cm.160 pages.L.-M.Alcott : « Rose et ses sept cousins ».22 cm.158 pages.256 AUGUSTE MAETIJEAU HD ASSOCIATES ARCHITECTS Members : Royal Architectural Institute of Canada OTTAWA - KINGSTON, ONTARIO MONTRÉAL - JOLIETTE, P.Q.200 BAY STREET 179 BROCK STREET EVANS AVENUE 556 BOULEVARD MANSEAU OTTAWA,ONTARIO KINGSTON, ONTARIO TORONTO, ONTARIO JOLIETTE, P.Q.Telephone 6-3664 \u201d\t4439 \u201d CL.1-9246 6253 332 EST, CRAIG MONTRÉAL, P.Q.BE.3369 OTTAWA, ONT.ARIAL, J., plomberie, 160, Bruyère, rés.253 Hannah, iél.4-2294 MORRISON & LAMOTHE, boulangerie, 95, Echo Drive PION & FILS, H., ferblantiers ei couvreurs, système à air chaud, fournaise nettoyée, bureau, 39, Friel ; res.43, Friel, Iél.4-3192 AUGER & CIE LTÉE, G.A., courtiers, 56, Sparks RAKER BROTHERS CO.LTD., Booth and Duke, Iél.2-7398 BAZINET, J.M., C.H.Choquette, prop., magasin à rayons, 299, Dalhousie BRASSEUR, L., peinture, vitres ei tapisserie, 195J4.Rideau DROUIN, 0.L., opticien, 37, Metcalfe, iél.2-4976 EMPIRE BRASS MFG.CO.LTD., W.K.G.(Ken) Duliin, manager, 363, St.Patrick, Ottawa, Ont., tél.office, 3-7741 ; tél.res.Ottawa, 5-7892 GOLDIE'S PHARMACY, 1078, Wellington, tél.8-8330 GARAGE CHAMPAGNE, A.Champagne, prop.Ill, Parent HOUSE OF PETS, 173, Bank, tél.3-1313 HÔTEL RICHELIEU, Mme C.Lépine, prop., 62, York, tél.6-1111 PHARMACIE VICTORIA.1059, Wellington, tél.8-0297 SERVICE AUDITIF MAICO, Olivier V.Pelletier, technicien, 196, Besserer, tél.6-1221 SIROTEK CONSTRUCTION LTD., contracteurs généraux, 1786, Carling, tél.PA.2-6557 TESSIER, Albert, coniracteur, 411, McKay, tél.3-1535 TORONTO HARDWARE CO.LTD., 296, Dalhousie, tél.3-5649 EASTVIEW, ONT.EASTVIEW CONCRETE, L.Damphousse, prop., 321, Palace, tél.5-2093 FOURNIER, Robert, B.A., LL.B., avocat, notaire, 265, Chemin Montréal, tél.SH.6-8281 LAVERGNE REG'D., G., G.Lavergne, prop.Don.Lavergne, gérant, habits faits sur mesure, 185, Chemin Montréal, tél.2-2910 RÉGAL RESTAURANT, Léo Perrier, prop., 197, Chemin Montréal EASTVIEW, ONT.RELIANCE SERVICE CENTRE, R.P.Gadbois, prop., 120.Montreal Road CALENDRIER DU BONsPASTEUK dédié aux familles chrétiennes, approuvé par S.Em.le Cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal Prix l'unité Par la poste\tPrix l'unité Par la poste Sur carton artistique.$2.00\t$2.15\tLivre\tbroché.$0.85\t$0.90 Sur carton avec gravure.1.15\t1.25\tBloc\tde bureau\t(avec appui).90\t1.00 Livre relié.1.35\t1.45\tBloc\tseul.65\t.70 Attention : pour éviter un échange considérable de lettres, nous vous demandons d\u2019envoyer l\u2019argent avec chaque commande.S.Y.P.indiquer d\u2019une croix le calendrier désiré et la quantité voulue.En vente au Monastère provincial du Bon-Pasteur 104 est, rue Sherbrooke, Montréal-18 POUR VANTER UN BEAU JOUR, ATTENDS SA FIN 00 ooo ooo ooo ooo CHAUFFAGE-PLOMBERIE Techniciens et ouvriers spécialisés en chauffage-plomberie alliant la théorie à la pratique .mais pour vanter les mérites du chauffage par rayonnement, vous n\u2019avez qu\u2019à visiter notre édifice pourvu de ce prodigieux système.Nous ne disons pas que c\u2019est le mode de chauffage le plus moderne, le plus hygiénique, le plus économique, nous faisons mieux : nous vous en offrons la preuve ! 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232 ROCHESTER ST.\tOTTAWA, ONT.\tSERVICE D'AMBULANCE La Compagnie Funéraire Gauthier OTTAWA.ONT.Bureaux : 259, St.Patrick\tTél.3-8484 733 ouest, Somerset\t5-3752 101, Notre-Dame, Hull, P.Q.\t7-2745 Tél.SH.6-8594 FRANK BELLFOY CONCRETE CONTRACTOR 267 M0NTF0RT STREET\tEASTVIEW, ONT.\tLA LAITERIE PLANTE 1766.RANK - OTTAWA, ONT.Tél.SH.60046\tTél.résidence : SH.6-1508 MAURICE PARADIS SUNOCO DEALER \u2014 SERVICE STATION Greasing and minor repairs \u2014 Towing LICENSED MECHANIC 350 MONTREAL ROAD\tEASTVIEW, ONT.\tTél.2-8955 A.LACELLE Contracieur de lattes métalliques 12, PRESTLAND ROAD\tOTTAWA, ONT.Tél.SH.9-2442\tPLOMBERIE et CHAUFFAGE J.R.SÉGUIN & FILS LIMITÉE Plumbing \u2014 Heating \u2014 Crown Diamond Paints Varnishes 114 MARIER AVE.\tEASTVIEW, ONT.\tTél.8-2164 C.A.DUPUIS PHARMACIEN 1121, WELLINGTON\tOTTAWA, ONT.92, PRINCIPALE\tHULL, P.Q.RAOUL LANDRIAULT Distributeur des appareils électriques et téléviseurs RCA Victor 81, CHEMIN MONTRÉAL\tEASTVIEW, ONT.\tTél.GL.6185 BEAULIEU, TRUDEAU, DUBUC, LALANCETTE & BEAULIEU INGÉNIEURS-CONSEIL Charpente d'acier \u2014 Béton armé 4151 ouest, SHERBROOKE\tMONTRÉAL.P.Q.AVEC LES HOMMAGES DE THE TARGET SALES COMPANY Rifles \u2014 Shotguns \u2014 Pistols \u2014 Ammunitions Rentals by day or week 270 DUROCHER ST.\tEASTVIEW, ONT.(Just around the Corner from the Easiview Theatre)\t \tTél.DU.8-8652 - VE.6492 CONSOLIDATED PLYWOOD CORPORATION 140 ouest, PORT ROYAL\tMONTRÉAL, P.Q.Tél.3-6002 DOMINION HOUSE A.GUAY ei NAP.D'AMOURS, prop.26, YORK\tOTTAWA, ONT.\t \tTél.bureau : CA.1139\tTél.résidence : RI.7-2336 DOMINION SPRINKLER CO., LIMITED Système de protection contre le feu 7335, MILE-END\tMONTRÉAL, P.Q.HOMMAGES DE BEAUDRY CONSTRUCTION 312, LÉVIS\tEASTVIEW, ONT.\t \tTél.3-9388\tL.DELORME GRAND HÔTEL 599 SUSSEX STREET \u2014 OTTAWA.ONT.DUNKIRK HOUSE Tél.3-6757 64 METCALFE STREET\tOTTAWA, ONT.M.H.DINEEN & ASSOCIATES LTD.CONSULTING ENGINEERS 168 CHARLOTTE STREET\tOTTAWA 2.ONT.\t \tTél.3-9128 DENMAN DRUG STORE 271, DALHOUSIE\tOTTAWA, ONT.Tél.2-3706 HOMMAGES DE DORAN CONSTRUCTION CO.LTD.5, CONCORDE\tOTTAWA.ONT.\t \tAVEC LES COMPLIMENTS DE\tTél.3-7703 A.W.KIRTSCH LTD.106 RIDEAU STREET\tOTTAWA.ONT.XIII Tél.3-4031-3-1195 DUFORD LIMITÉE Peintures \u2014 Tapisseries \u2014 Vitres 70, RIDEAU\t269^, DALHOUSIE OTTAWA, ONT.\tJ.-R.GAUTHIER, D.C.CHIROPRATICIEN Tél.3-7538 ROGER LAFLEUR Spécialité : Réparations et peinturage de clochers d'église, réservoirs, poteaux à drapeau, échelles de sauvetage, ponts, etc.18754, GUIGUES\tOTTAWA, ONT.\tTél.CE.5-6339 Dr O.-E.BRUNET, D.D.S.DENTISTE 223, ECHO DRIVE\tOTTAWA, ONT.Tél.3-5406 J.P.LÉVESQUE MARCHAND et MANUFACTURIER de FOURRURES 5, MOSGROVE\tOTTAWA, CNT.\tTél.SH.6-8141 THIBAULT LUMBER CO.LTD.Matériaux de construction 147, MARIER\tEASTVIEW, ONT.Tél.3-5611 RED LINE TAXIS FLEET OF 50 CARS 234, CATHERINE ST.\tOTTAWA, ONT.\tTél.6-2314 PERCY CARRIÈRE AUTOMOBILES Dodge \u2014 De Soto \u2014 Dodge Trucks 44 MONTREAL ROAD\tOTTAWA.ONT.Tél.5-4331 - 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