Revue dominicaine, 1 juillet 1953, Juillet-Août
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JoiîTTS : Tremblay, Paul-Arthur, 1086, De Fondville, Tél.MO.3-6574, Québec, P.Q.Entrepreneur de Menuiserie Générale : Bégin, Alphonse, 275', 13e rue, Limoilou, Tél.4-3980 .Québec Épiciers : Blouin, Paul, 160, avenue Murray .Québec, P.Q.Blouin, Paul, 110, Bourlamaque, Tél.2-3964 .Québec, P.Q.ÉPICERIES EN Gros : Lamarche, J.H.Enrg., 5345, Ferrier, Tél.CR.2155, Montréal Letellier, J.-B.-E.Inc., 112, Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec Rioux & Pettigrew, 48, St-Paul, Tél.2-1212 .Québec, P.Q.Ferronneries D\u2019Art : Les Frères Lebrun, 3065, boul.Royal .Trois-Rivières.P.Q.Marchand, Adélard, 68, St-Vallier, Tél.2-2370 .Québec, P.Q.Poulin, J.-B.Inc., 150, 5e rue, Limoilou, Tél.3-9073, Québec Ferronnerie en Gros : Demers, J.L.Ltée, 57, Commerciale, Zone 5-1070 \u2014 Québec, 5-5177, Lévis, P.Q.Fourrures : Bernard, Léo, 810, St-Vallier, Tél.3-1329 .Québec, P.Q.Fourrures.Haute Qualité, Réparation, Voûte : Nadeau, M.J.O., 941, rue St-Cyrille, Tél.2-6429, Québec, P.Q.Sansfaçon, Honoré, 264, St-Joseph, 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LA.2261, Montréal Imprimeurs : Bégin, J.Maurice, 9, Chabot, Tél.683 .Lévis,\tP.\tQ.Médéric Parent, 50£, St-François, Tél.3-1252 .Québec, P.Q.Ingénieurs-Conseils : Demers, Georges, 71, St-Pierre, Tél.3-6736 .Québec, P.Q.Langlais, Zachée, 105, Côte de la Montagne, Tél.3-6661, Québec Ingénieurs-Constructeurs : Komo Construction Ltée, 1500, St-Vallier, Tél.2-6839, Québec Institutrice : Sturton, Mlle Ethel, 93, Crémazie, Tél.5-9571 .Québec, P.Q.Laboratoire Farley \u2014 Hull.P.Q.: Fabricant des « Antalgines » contre les maux de tête.Lait.Crème.Beurre, œufs et fromage : La Ferme St-Laurent Ltée, 6720, Garnier, Tél.CR.2188-89, Montréal Laiterie Arctic Ltée, 75, du Sacré-Cœur, Tél.5-7101 .Québec La Laiterie Laval Enrg., 875, 4e avenue, Limoilou, Tél.4-3551, Québec, P.Q.La Librairie Dominicaine : 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.WA.0369 .Montréal 95, avenue Empress, Tél.2-7363 .Ottawa, Ont.Machineries D'Imprimerie (réparation, soudure, Etc.): Le Matériel d\u2019imprimerie Ltée (Demandez M.Langlais), 970, de Bullion, Tél.PL.9011, Montréal Magasins à Rayon : Dupuis Frères Ltée, Tél.PL.5151 .Montréal Magasin St-Louis Enrg., 26, rue St-Louis, Tél.2-4791, Québec Moncion, Thomas, Suce.J.Pharand, 85-91, Champlain, Tél.2-5315, Hull, P.Q.Mozart Ltée, 310-312, St-Joseph, Tél.2-6484, Québec, P.Q.Manufacturier de Biscuits : Les Biscuits Dion Inc., 700, 2e rue, Tél.4-4191, Québec, P.Q.Manufacture de Chaussures : Samson, J.E., Inc., 469, St-Vallier, Tél.5-8765, Québec, P.Q.Manufacturier de Monuments : Gingras, Roch, Enrg., 2139, Chemin Ste-Foy, Tél.7-3147, Qué.Manufacturiers de Portes et Châssis, Bois : Pilon Ltée, 71, boul.du Sacré-Cœur, Tél.PR.7-4348, Hull, P.Q.r VI BONNES ADRESSES A CONSULTER Marbre, Terrazzo, Tuile & Ciment : La Cie de Marbre & Tuile de Québec Ltée, 327, Dorchester, Tél.2-6900, Québec, P.Q.Marchand de Fer, Etc.: Compagnie Chinic, 55', St-Pierre, Tél.2-8293 .Québec, P.Q.Marchand de Fruits : Vézina, Adélard & Fils Enrg., 71, St-André, Tél.2-5258, Québec Marchand de Meubles : Cantin, J.-W., 446, St-Joseph, Tél.8007 .Québec, P.Q.Marchand de Sable : La Compagnie de Sable Ltée,, 20, 3e avenue, Tél.4-2232-2-6722, Québec, P.Q.Marchand de Sable et Pierre Concassée : Robert & Dufour Enrg., 390, 20e rue Limoilou, Tél.2-4027, Qué.Marchand-Tailleur : Lefebvre, Ph., 63, Buade, Tél.3-1433 .Québec, P.Q.Matelas : Matelas Frontenac, 15, Boisseau, Tél.5-5347 .Québec, P.Q.Maternité Privée : Ouellette, Mme J.T., 10 d\u2019Artigny, Tél.2-1966, Québec, P.Q.Médecins : Castonguay.Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mil.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.5476, Montréal Pouliot, Dr Antoine, 69, Ste-Ursule, Tél.2-4455, Québec, P.Q.Membres Artificiels : Duckett, J.A., 3651, Park Ave.Tél.HArbour 0630, Montréal Mercerie pour Hommes : Julien, Albert, 556, 3e avenue, Limoilou, Tél.4-9474, Québec Négociant en Gros D\u2019Appareils Électriques : Vandry Inc., 470, des Capucins, Tél.2-5656 .Québec, P.Q.Négociant en Gros (épicemes, Farine, grain) : Bégin, Noël Inc., 94, Commerciale, Tél.Lévis, 175, Québec, 5-9686 Négociant en Gros -\u2014 Jobbers : Bourget & Léveillé, 59, Commerciale, Tél.Zone 5-216 .Lévis Négociants en Gros : (BISCUITS, CHOCOLATS, TABAC, CIGARETTES) Vermette, M.F., 571, rue St-Bernard, Tél.5-7270, Québec, P.Q.Nettoyeurs et Teinturiers : Morin, H.Inc., 203, Du Pont, Tél.2-4795 .Québec, P.Q.Ferland, P.Inc., 157, Du Pont, Tél.4-3531 .Québec, P.Q.Notaires : Baillargeon & Baillargeon, 38, des Jardins, Tél.2-1390.Québec Labrèche et Labrèche, 10 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal Nouveautés, Merceries, Tapis, Prélarts : Alepin, J.et Frère Ltée, 4295 ouest, Notre-Dame, Tél.WE.1108 ; 4719, Wellington, Tél.YO.1144, Montréal Opération Forestière \u2014 Bois \u2014 Pulpe : Lagueux, E.& Fils Ltée, 35, Côte du Palais, Tél.5-9739, Qué.Opticiens D'Ordonnances : Derouin, O.L., 37, Metcalfe, Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Optométristes et Opticiens : Beaulieu, Remy, 94, de la Couronne, Tél.2-3592, Québec, P.Q.PÂTISSERIE \u2014 PAIN : Jos.Vaillancourt Inc., 356-358, St-Joseph, Tél.2-2085, Québec Pharmaciens : Marquis, J.Ant, 501, 3e avenue, Limoilou .Québec, P.Q.Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235, Québec, P.Q.Pharmaciens en Gros : Ontario Medical Supply, 139, Queen, Tél.2-5309, Ottawa, Ont.Gérant : J.-André Gaulin, Dist.pour Casgrain & Charbonneau Placage-Industriel-Chrome : Garant & Thibault Enrg., 7, d\u2019Argenson .Québec, P.Q.Plombiers : Asselin, J.A., 37, Hermine .Québec, P.Q.Chiquette, Rosario, 23, Lavigueur, Tél.4-3782, Québec, P.Q.Pneus : Michaud Tire Service Ltée 207, de la Couronne, Tél.3-3901, Québec, P.Q.Produits de Salon de Beauté \u2022.Lemieux Beauty Products, 16, rue de l\u2019Eglise, Tél.3-6320, Qué.M.A.Lemieux, résidence, Tél.2-3073, Québec, P.Q.Provisions en Gros : Turgeon, Jos., 189, Commerciale .Lévis, P.Q.Provisions Générales pour Bateaux : Quebec Ship Riggers & Sail Makers Reg\u2019d., 17, Sault-au-Matelot, Tél.3-6717, Québec, P.Q.Professeur de Musique (Guitare, masbousb, vioiox> : Gagnon, T.W., 208, N.-D.des Anges, Tél.2-3700, Québec, P.Q.Quincaillerie Générale : Cantin & Fils Ltée, 555, St-Vallier, Tél.5-7123, Québec, P.Q.Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-68, .Montréal Quincaillerie en Gros et Détail : Lemieux, Jos.-E.Enrg.Québec, P.Q.O\u2019Neil & Richard Ltée, 134, du Pont, Tél.2-1594, Québec, P.Q.Quincaillerie et Ferronnerie : Terreau Racine Ltée, 196-220, St-Paul, Tél.2-2711 .Québec Radio Technicien \u2014 Haut-Parleur : Gagnon, Jean-Paul, 960, 1ère avenue, Tél.2-1735, Québec, P.Q.Réfrigérateurs : Brindamour, W., 415, 1ère avenue, Tél.3-2449, Québec, P.Q.Rembourrage et Fabrication de meubles : St-Hilaire, Alfred, 686, 1ère avenue, Tél.3-4446, Québec, P.Q.Restaurants: Aux Délices, 11, Buade, Tél.2-0695 .Québec, P.Q.Beaver Ltée et Hôtel Castor, 66, St-Jean, Tél.2-0170, Québec Café de la Paix, 44, Des Jardins, Tél.4-6430 .Québec, P.Q.Boulevard Restaurant, 3830, Décarie, Tél.DE.0097 .Montréal Child\u2019s Good Food, 24, St-Joseph, Tél.2-0189 .Québec, P.Q.« Chez Philip », 53, Du Pont, Tél.3-0793 .Québec, P.Q.Chez Marino Enrg., 34, Dauphine, Tél.3-0675 .Québec, P.Q.George\u2019s Grill Reg\u2019d., 28-32, St-Louis, Tél.4-1230, Québec, P.Q.Golden Gloves, 96, boul.Charest, Tél.4-0206\t.\tQuébec,\tP.\tQ.Kerbulu, 22, de la Fabrique, Tél.2-6401\t.Québec,\tP.\tQ.La Porte St-Jean, et, Chez Gérard, 355,\tSt-Paul,\tQuébec,\tP.\tQ.Laurentien, Place Youville, Tél.2-3635 .Québec,\tP.\tQ.Monaco, 193, St-Jean, Tél.2-1321 .Québec, P.Q.Nick\u2019s Chicken Barbecue, 22, Côte du Palais, Tél.4-0508, Québec Normandie, 204, St-Jean, Tél.2-0271 .Québec, P.Q.The Old Homestead Hotel, 16-20, Ste-Anne, Tél.4-1849, Québec Service Aérien : Les Ailes du Nord Ltée, Tél.30s, 3-7-47 .Sept-Iles, P.Q.Tél.7-4362, Québec, P.Q.Soudure, Débossage, Peinture, Etc.: Beaulieu, L.P., 15, boul.Roosevelt-Churchill, Tél.4-4924, Qué.Soupe : Habitant Soup, 8455, St-Dominique, Tél.DU.1115, Montréal-14 Sous-Vêtements pour Hommes : Vatel Enrg., 611, 16e rue, Limoilou, Tél.3-7721, Québec, P.Q.Stores Vénitiens .- Méthot, Raoul, 213, 5e rue, Tél.2-6174 .Québec, P.Q.Syndic Licencié : LaRochelle, Victor, 111, Côte de la Montagne, Tél.3-7258, Qué.Taxis : Taxis Maguire Enrg., 1463, Maguire, Tél.3-1474, Sillery, Qué.Terra-Cotta : Montreal Terra-Cotta Ltd., 1010 ouest, Ste-Catherine, MA.6912, Montréal Tôle Gaufrée : Tôle Gaufrée de Québec, Enrg., 38, St-François, Tél.4-0895, Québec, P.Q.Transports : La Traverse de Lévis Ltée, Marché Champlain, Tél.2-3897, Qué.Transport R.Dumas Enrg., 250, Ste-Hélène, Tél.3-3824, Qué.Valeurs de Placement : Dubé, Oscar & Cie Inc., 105, Côte de la Montagne, Tél.2-4061, Québec, P.Q.Valises et Bois de Construction : Ruel, Edouard Ltée, 416, St-Joseph, Tél.286W, Lauzon, P.Q.Viandes en Gros : Marché de Québec Enrg., 342, 1ère rue, Tél.2-2016, Québec, P.Q.Vinaigre : La Cie de Vinaigre Lion Ltée, 74, Renaud, Tél.3-0405, Québec Vitres et Peinture : Franklin Glass & Paint Co., 305, St-François, Tél.2-4982, Qué. & & CO TABLEAU UHONNEUR de nos bienfaiteurs insiane 5 f MONTREAL PRÉVOST, Dr Yves, 300 est, rue Sherbrooke, tel.MA.9682 ABORD-À-PLOITFFE AUBRY, Napoléon, parties auto parts, 27, boul.Curé Labelle, iél.MU.1-1811 BLAMPIED, E.F., 68, boul.Lévesque, tel.MU.1-1641 CYCLO SPORT LAVAL.E.Miron, prop., 59, boul.Lévesque, lél.MU.1-4827 DROUIN, Aimé, marchand général, peintures RAMSAY, quincaillerie, fruits et légumes, bière et porter, 116, boul.Lévesque, tél.MU.1-4100 GARAGE VA2LLANCÛURT & FRÈRES, vente de chars neufs et usagés.Spécialité : débossage, peinture, 95, boul.Lévesque, iél.MU.1-4860 GOYER, A., station de gazoline, 136, boul.Labelle, tél.MU.1-1275 QUINTIN, Gérard, entrepreneur camionneur, 8, Ernest, tél.MU.1-1494 LAGACÉ, Lucien, entrepreneur plombier, 7, rue Noël, tél.MU.1-4292 MAHER, Oscar, boucher, 128, rue Mon Repos, tél.MU.1-1165 MEUNIER, Mme E.( prop.Hôtel Laval, 139, boul.Lévesque, tél.MU.1-4220 PÂTISSERIE LAVAL, Mme F.Labelle, prop., Pâtisseries, gâteaux de fête et de noces, 51, boul.Lévesque, 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AUGUSTINE, Hector Gauvin, prop., 83, rue Legrand, tél.MU.1-4911 LÉONARD, Fernand, épicier, 330, boul.des Prairies, tél.MU.1-1900 SS.DES SAINTS CŒURS DE JÉSUS ET DE MARIE, 397, boul.des Prairies AVEC LES HOMMAGES DE CABINET co LAVAL-DES-RAPIDES VIII REVUE DOMINICAINE 1953 Cinquante-neuvième année Directeur : R.P.Antonin Lamarche, O.P.5500, Av.Laval Montréal-1 8 Auctoritatum permissu ABONNEMENTS Canada : $3.00 ; Etranger : $4.00 ; avec le Rosaire : 50 sous en plus.Le numéro : 30 sous Abonnement de soutien : $10.00 Publiée à Saint-Hyacinthe, P.Q.L\u2019Œuvre de Presse Dominicaine 5375, Av.Notre-Dame de Grâce Montréal-28 La Revue ne sera pas responsable des écrits de collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de saint Dominique Sommaire Juillet-août 1955 Fernand Ouellette : Rêves « Près de l\u2019abîme on pleure ses yeux sans nid, et déjà ! à travers le déluge des nuées un chant ténu escalade les instants ».Benoît-M.Larose, O.P.: Le J apon cle Pierre Loti.Un missionnaire qui a vécu près de vingt ans au Japon rectifie les vues d\u2019un littérateur qui a vu le Japon en touriste et en poète.Vincent Harvey, O.P.: Une expérience religieuse Une cinquantaine d\u2019étudiants qui ont participé aux offices liturgiques de la Semaine Sainte, au Monastère des Dominicains d\u2019Ottawa, ont découvert toute la richesse de la prière officielle de l\u2019Eglise.Ce qu\u2019ils cherchaient, ils l\u2019ont trouvé : une spiritualité positive, dynamique et conquérante.Jacques Racette : Anne Hébert publie En admiration devant Le Tombeau des Rois, notre collaborateur reconstitue le climat qui a fécondé la poétesse.L\u2019œuvre semble renaître, croître et se parfaire sous nos yeux.A.Ch.de Guttenberg : Le mythe de notre siècle « Les multiples phénomènes de l\u2019univers sont les différents aspects de la matière en mouvement.La pensée est un produit de la matière quand celle-ci a atteint dans son développement un haut degré de perfectionnement», a écrit Staline.e s fait sens Josephine Hambleton Dunn : « Borduas, peintre traditionnel ».Viator : « L\u2019Abord-à-Plouffe ».Henri David : « Saint Bernard devant l\u2019Histoire ».H.Lemaître : « Livres français sur l\u2019art religieux ».René Dumesnil : « Le Cantique des cantiques de Daniel Lesur ».Henri Lemaître : « Réveil de l\u2019architecture monastique française ».L esprit des livres André Brugel : «Serge Fromentin» (A.-M.P.).I.-M.Benoît, O.F.M.: «Le chevalier courtois de Notre-Dame» (E.Goulet).Frère Henri : «Vie brève, vie ardente» (E.Goulet).G.Carrière, O.M.I.: « Précis de méthodologie pour philosophes» (J.-L.Reid).S.Augustin : « Sermons for Christmas and Epiphany ».R.P.Gerleau, O.P.: « Le Rosaire dans le Royaume de Dieu» (J.-L.Reid).En collaboration : « La sainteté de la Mère de Dieu» (J.-L.R.).B.Olivier, O.P.: « Petit traité de l\u2019Espérance chrétienne» (J.-L.Reid).Peter Lippert, S.J.: «Lettre à un jeune moine» (J.-L.Reid).En collaboration : « L\u2019expérimentation humaine en médecine» (A.-M.P.).R.Baron : «Pour que ta vie soit belle» (E.Goulet).J.-B.Barrère : «Hugo, l\u2019homme et l\u2019œuvre» rj TT\t.\t.\t(J.-L.Reid).uaula Hoesl : «La Main offerte» (Laurent Gay).Eugène Falardeau : «Amour» (Elie Goulet).En collaboration : « La vie franco-américaine en 1951 ».fin collaboration : « L\u2019A.C.B.F.».Mgr Ronald Knox : « Richesses de l\u2019Ancien Testament» (A.L.).En collaboration : «Tolérance et communauté _ _r\thumaine» (J.-L.Reid).f.-M.Braun : «La Mère des fidèles» (J.-L.Reid).Henri Delsaute : « Le mystère de l\u2019unité et du divin retour» (J.-L.Reid).Jean Bruneau : «Amours, délices et orgues».Jean-Charles Harvey : «Les Paradis de Sable».L.-B.Geiger, O.P.: « Le problème de l\u2019amour chez saint Thomas d\u2019Aquin ». REVIE DOMINICAINE Directeur : R.P.ANTONIN LAMARCHE, O.P.3500, Av.Laval, Montréal-18, P.Q.Vol.LIX\tTome II\tJuillet-août 1953 RÊVES A mon père L Invisible a bu lame de nos puits.Au creux de nos yeux les dieux brandissent leurs buccins : c est le festin de l espoir dans l habitacle de lumière.Aux dagues des glaciers gris se cramponnent les méncides : la meute en dérive fuit la plage de l\u2019Esprit.Et sous l arche des joies ,\u2014¦ comme des lémures >\u2014 dévalent les deux opaques.Au creux de nos yeux c est la danse clés lacs c est le bain des étoiles dans nos jardins marins c est la gambade de nos rêves dans les chevelures dormantes des soleils fluides. Revue Dominicaine Soudain ! le désert de cendres qui cerne les regards prostrés si loin.dans le Passé ; soudain ! la trombe des nuits qui happe le rêve et les flots cinéraires au Temps noués ; soudain ! ne voir que ses pieds creusant leurs pas dans l étang des ombres.Près de l abime on pleure ses yeux sans nid, et déjà l à travers le déluge des nuées un chant ténu escalade les instants.Fernand Ouellette Le Japon de Pierre Loti Bossuet se plaignait, de son temps, de la triste immortalité que nous donnons aux héros.Ne faudrait-il pas, de nos jours, s attrister sur la courte immortalité de nos « immortels » ?Les goûts changent, I engouement du public aussi.On s est efforcé, à 1 occasion de son centenaire de renflouer Victor Hugo.Les romanciers meurent encore plus vite que les poètes : si plus cl un, avec Marcel Proust, ne dédaigne pas « Iombre des jeunes filles en fleurs », on croirait inutile de se mettre à « la recherche du temps perdu » ; Bourget et ses longues analyses du cœur humain fatiguent.Péguy, qui avait tant d adorateurs, nous semble trop pontife et trop solennel avec ses répétitions.C est le cas de le dire : « Mais où sont les neiges d antan ?» Je n ai pas la prétention de ressusciter Pierre Loti.Il n est point d intellectuels qui n aient lu au moins Pêcheurs d Islande, ces « amours bretonnes d un marin breton », selon le mot de M.Thib audet.Le seul aspect que je voudrais exposer, dans I œuvre assez considérable de Loti, est sa vision du Japon et du peuple japonais.Pierre Loti est né à Rochefort, petit coin protestant de la France.Ses parents étaient huguenots.II ne semble pas que le problème religieux I ait bien tracassé.Sa religion, à lui, c était la vie de marin avec ses dangers et ses imprévus, et ses horizons neufs à décrire à une génération qui ne voyageait pas beaucoup.II trouvait des charmes à toutes les divinités, mais la seule qu il ait adorée, c\u2019est son « moi ».Le navire où Pierre Loti était officier aborda autant de rivages que le « bateau ivre » de Rimbaud ; par deux ou trois fois il s arrêta à l\u2019extrémité sud du Japon, à Nagasaki.Cette escale de quelques mois nous valut trois romans : Madame Chrysanthème, Japoneries d automne et Ta troisième jeunesse de Madame Prune.Le Japon a deux fleurs d une beauté sans égale : la fleur du cerisier et le chrysanthème.Les anciens samouraïs, charmés par cette fleur de Revue Dominicaine cerisier qui avait la vie si courte et tombait sans se flétrir I ui comparaient I âme japonaise : « Si tu veux comprendre 1 âme du pays aux myriades d îles, regarde la fleur du cerisier » disait un poème célèbre.La floraison du cerisier annonce I été mais la gloire de I automne, c est le chrysanthème : le Japon, bien avant I arrivée de Loti en avait fait son symbole national.A propos de Madame Chrysanthème, Loti écrivait à la duchesse de Richel ieu : « Bien que le rôle le plus long soit en apparence à Madame Chrysanthème, if est bien certain que les trois principaux personnages sont Moi, le Japon, et I effet que ce pays m a produit ».Pierre Loti a regardé le Japon avec les yeux cl un artiste païen.En fait, qu en a-t-il visité si ce n est une seule ville située à 1 extrémité du pays ?Comment écrire un livre sur la patrie d Amaterasu sans en avoir étudié au moins les deux centres culturels, Kyoto et Tokyo ?A qui voudrait apprécier justement le Japon, à défaut d un séjour prolongé, il y aurait plus à apprendre dans La société japonaise d André Bellessort et surtout dans les Propos japonais du Père Lbbain-Marie que dans tous les livres de Loti.Reste que Loti est un grand artiste.Ec.outez-Ie décrire son arrivée au Japon : « Nous entrions maintenant dans une espèce de couloirs ombreux, entre deux rangées de très hautes montagnes, qui se succédaient avec une bizarrerie symétrique comme les portants d un décor tout en profondeur, extrêmement beau, mais pas assez naturel.On eût dit que ce Japon s\u2019ouvrait devant nous, en une déchirure enchantée, pour nous laisser pénétrer dans son cœur même.Au bout de cette haie longue et étrange, il devait y avoir Nagasaki, qu\u2019on ne voyait pas encore.Tout était admirablement vert.La grande brise du large, brusquement tombée, avait fait place au calme : l\u2019air, devenu très chaud, se remplissait de parfums de fleurs.Et dans cette vallée, il se faisait une étonnante musique de cigales ; elles se répondaient d une rive à 1 autre ; toutes ces montagnes réson- 6 Le Japon de Pierre Loti naient de leurs bruissements innombrables ; tout ce pays rendait comme une incessante vibration de cristal.« Nous frôlions au passage des peuplades de grandes jonques, qui glissaient tout doucement, poussées par des brises imperceptibles ; sur l\u2019eau, à peine froissée, on ne les entendait pas marcher ; leurs voiles blanches, tendues sur des vergues horizontales, retombaient mollement, drapées à mille plis comme des stores ; leurs poupes compliquées se relevaient en château, comme celles des nefs du moyen âge.Au milieu du vert intense de ces murailles de montagnes, elles avaient une blancheur neigeuse.Quel pays de verdure et d\u2019ombre, ce Japon, quel Eden inattendu.» Pierre Loti ne semble avoir connu du Japon que ses mousmés, ses temples et ses cimetières, et encore là, sa connaissance insuffisante de la langue est cause de bien des contresens.Loti, qui a le mérite d avoir introduit dans la langue française à peu près tous les mots japonais qui y sont acceptés, emploie le mot « mousmé » pour désigner indifféremment une jeune fille ou une jeune femme.En fait, une « mousmé » est une demoiselle, non une dame.Loti s extasie sur ce mot « mousmé » : il y voit de la mousse, une frimousse, que sais-je encore ?A peine arrivé au Japon Pierre Loti demande à un entremetteur cl assez bas étage de lui trouver une femme et il se marie au bureau de la police ; il appelle cela un mariage morganatique, mariage contracté entre prince et une fille roturière.Dans sa pensée, c est un mariage qui n oblige à rien, un mariage « pour rire ».11 s en était ouvert à son « frère Yves » : « Dès mon arrivée, lui confiait-il, je me marierai avec une petite femme à peau jaune, à cheveux noirs, à yeux de chats.Je la choisirai jolie.Elle ne sera pas plus haute qu une poupée.» L élué est Kihou san, celle qu il appellera Madame Chrysanthème.« Kihou san, écrira-t-il, a des yeux à longs cils, un peu bridés mais qui seraient trouvés bien dans tous les pays du monde : presqu une expression, presqu une pensée.Une teinte de cuivre sur des joues rondes ; le Revue Dominicaine nez droit ; la bouche légèrement ckarnue, mais bien modelée avec des coins très jolis : elle a dix-kuit ans peut-être, déjà femme.» Malgré les serments échangés au bureau de police, Loti ne prend pas son mariage au sérieux : « 11 me semble, dit-il, m être fiancé pour rire, chez les marionnettes» (Madame Chrysanthème, p.55).Les mousmés japonaises ^ comme les Canadiennes, ci ailleurs sont rieuses, joyeuses, mais, nous dit Loti, « Chrysanthème est à part parce qu elle est triste.Qu est-ce qui peut bien se passer dans cette petite tête ?Ce que je sais de son langage m est encore insuffisant pour le découvrir.D ailleurs, il y a cent à parier qu\u2019il ne s\u2019y passe rien du tout.Ht quand même, cela me serait si égal ! Je I ai prise pour me distraire.» (Madame Chrysanthème, p.60).Dans ce mariage sans amour on verra bientôt naître I ennui.Trois jours après son mariage Loti écrira : « Nous sommes presque de vieux mariés.Entre nous les habitudes se créent tout doucement.Chrysanthème entretient les fleurs dans nos vases de bronze, s habille avec une certaine recherche, porte des chaussettes à orteils séparés, et joue tout le jour une sorte de guitare à long manche qui rend des sons tristes » (Madame Chrysanthème, p.56).Dans sa chambrette aux cloisons de carton Kikou san, assise sur les nattes de paille blonde, trompe 1 ennui de son seigneur en jouant du shamisen, une espèce de guitare japonaise : « Derrière moi, écrit Loti, une petite musique triste, triste à faire frissonner, et grêle, grêle autant que le chant des cigales, commença de se faire en sourdine, puis s\u2019éleva, gémissante comme la plainte mièvre de quelque âme japonaise en peine et en angoisse dans I air silencieux de midi : Chrysanthème et sa guitare qui s\u2019éveillaient ensemble.« Et il me plut que cette idée lui fut venue, de me faire de la musique, me voyant là, au lieu de s empresser à me dire bonjour.(A aucun moment je ne me suis imposé la contrainte d avoir I air épris d\u2019elle ; mais nos rapports deviennent froids de plus en plus, surtout quand nous sommes seuls).Aujourd\u2019hui, pourtant, je me retournai pour lui sourire, et, de la 8 Le Japon de Pierre Loti main, je lui fis signe : allons, joue encore I C est singulier que la musique de ce peuple rieur puisse être si plaintive.Mais, décidément, celle que fait Chrysanthème mérite d être entendue.Où donc a-t-elle pris cela ?Quels indicibles rêves, à jamais mystérieux pour moi, passent dans sa cervelle jaune quand elle joue ou chante de cette manière ?» (Madame Chrysanthème, p.104).Quand I ennui ou la jalousie ne I aveuglent pas, Loti va jusqu à admettre la gentillesse de sa petite Kikou san.Il la contemple, nonchalante dans son pousse-pousse chargé d iris tardifs et de lotus à longues tiges, éclairée des lueurs changeantes des lanternes qui les croisent en cours de route : « La veille de mon arrivée au Japon, dit-il, si on me l\u2019eût montrée en me disant : « 1 a mousmé sera celle qui passe », j en aurais été charmé, sans aucun doute.Dans la réalité, non, cependant, je ne le suis pas : ce n est que Chrysanthème, toujours elle, rien qu elle, la petite créature pour rire, mièvre de formes et de pensées » (Madame Chrysanthème, p.215).Le séjour de Loti au Japon se termine en une tragédie du cœur qui ne lui laisse qu une immense désillusion.Son navire reçoit I ordre d aller patrouiller les côtes de Chine.La veille du départ, notre romancier, qui depuis longtemps jalousait I amitié de son frère Yves pour Kikou san se voit rassuré ; 1 annonce de son départ a rendu Kikou san toute mélancolique : elle joue un dernier morceau de shamisen qui ressemble à un tremblement de fièvre ou à une plainte déchirante.Et Kikou san se refuse à un adieu : elle exige une autre visite pour le lendemain.Et ce vieux loup de mer qu est Loti est presque gagné, presque mélancolique : il croit enfin avoir été aimé.II bat sa coulpe et s accuse d avoir été injuste envers le Japon.II se surprend à soupirer : « Ce Japon est bien délicieux, cette nuit bien fraîche et bien suave, et cette Chrysanthème était très mignonne, tout-à-I heure, en me reconduisant en silence dans ce chemin » (Madame Chrysanthème, p.285).Le lendemain devait dissiper toutes ses illusions : il se rend, vers le midi, à la maison de thé où demeurait Kikou san.Elle ne l\u2019attendait plus : son bagage empaqueté et déjà prête à retourner dans son village natal, Revue Dominicaine elle chantait gaiement en comptant les bonnes pièces chargent que lui avaient valu ses légères amours.Et Loti, blessé clans son orgueil, tire celte conclusion désespérée : « Comme j ai été naïf de me laisser prendre.Rien ne s est jamais passé dans ce petit cœur.» >!< * * Loti était trop grand artiste pour ne pas soupçonner un art japonais dont la dominante est la simplicité.II remarque avec quel goût ces petites Japonaises, dans cette patrie des fleurs savent composer un bouquet ; il souligne que la peinture japonaise, sans perspective, par la sobriété du coloris et la sûreté du dessin, n\u2019est pas inférieure à celle cl un Puvis de Chavannes.Et malgré tout, Loti n a jamais compris ni aimé le Japon : tout lui semble petit, laid.A I arrivée de son navire, marchands et marchandes abordent à pleines barques pour vendre leur pacotille.Et Loti d écrire : « Mais, mon Dieu, que tout ce monde était laid, mesquin, grotesque.Etant donné mes projets de mariage, j\u2019en devenais très rêveur, très désenchanté ».Les dames qu il rencontre lui semblent drôlettes, vieillottes.Quant aux demoiselles, le seul compliment qu il leur donne, c\u2019est de ressembler à des poupées : « Mesdames les poupées, leur dit-il, je vous accorde que vous êtes presque mignonnes à force de drôlerie, de mains délicates, de pieds en miniature.Mais laides, en somme, et puis, ridiculement petites, un air de bibelot d étagère, un air ouistiti, un air je ne sais quoi.» Il parlera d une Japonaise qui, avec un morceau de papier de soie, mouche son petit nez drôle.« Après I opération, nous dit-il, elle froisse tout de suite le morceau qui a servi, le roule en boulette et le jette par la fenêtre avec horreur ».II se moque >\u2014- avec assez d esprit, du reste, des salutations japonaises répétées : « fout ce monde, dit-il, en entrant chez moi, se confond en politesses réciproques : et je te salue \u2014 et tu me salues ; et je te resalue, et tu me le rends : et je te resalue encore, et je ne te le rendrai jamais selon ton mérite ; et moi, je me cogne le front par terre, et toi, tu piques du nez sur le plancher ; les voilà tous à quatre pattes les uns devant les autres, c est à qui ne passera pas, à qui ne 10 Le Japon de Pierre Loti s assoira pas, et des compliments infinis se marmottent à voix Lasse, la figure contre le parquet » (Madame Chrysanthème, p.43).Une autre fois il rend visite à des dames : « A peine m ont-elles vu, écrira-t-il, qu\u2019elles tombent à quatre pattes le nez contre le plancLer.\u2014 AK! mon Dieu ! qu est-ce qui leur arrive ?\u2014 Rien du tout, c est simplement le salut de grande cérémonie qui se fait ainsi ».La figure des Japonais n a pas 1 Leur de lui plaire.Il trouve que les dames de la noblesse ont un long cou bête et un air de cigogne.D ans la bourgeoisie et dans le peuple, nous confie-t-il, on est d une laideur plus gaie qui va jusqu à la gentillesse souvent.J oujours les mêmes yeux trop petits, pouvant à peine s\u2019ouvrir, mais des figures plus rondes, plus brunes, plus vives ; cbez les femmes, un certain vague dans les traits, quelque cbose de l\u2019enfance qui persiste jusqu\u2019à la fin de la vie ».C est à peine si les enfants japonais, en réalité si mignons dans leurs Kimonos fleuris, trouveront grâce devant ses yeux : « Ils sont presque tous jolis, avoue-t-iï, eux qui deviendront si laids en vieillissant ».Loti franchit les bornes du vraisemblable lorsqu il nous décrit son menu : « Au déjeuner, dit-il, deux petits pruneaux verts des baies, confits dans du vinaigre et roulés dans de la poudre de sucre.I ne tasse de tbé complète ce repas presque traditionnel au Japon.Cela se continue dans le courant du jour par deux dînettes très drôlement ordonnées ; sur un plateau de laque rouge, dans de microscopiques tasses à couvercle, on apporte un Kacbis de moineau, une crevette farcie, une algue en sauce, un bonbon salé, un piment sucré.» Il manquait encore le goûter : le voici : « Nous absorbons, nous conte-t-il, dans des tasses, de petits sorbets drôles ressemblant à du givre parfumé ou ayant un goût de fleurs dans de la neige.Nos mousmés se font servir, à pleins bols, des haricots au sucre mêlés à de la grêle, à de vrais grêlons comme on en ramasserait après une giboulée de mars » (Madame Chrysanthème, p.169).Là où I imagination de Pierre Loti donna sa pleine mesure, c est dans son choix de noms japonais ; passe encore pour Madame Chrysanthème, mais je me demande où logent Madame Très-Propre, Mlle Abricot, Revue Dominicaine la demoiselle Jasmin, Madame Campanule et surtout.Monsieur Kangourou I.L ignorance de la langue est aussi cause de méprises amusantes.Ecoutez, pour finir, cette histoire du sifflet.Yves a perdu à la mer son sifflet d argent, son indispensable sifflet pour la manœuvre, et nous courons la ville toute la journée, suivis de Cbrysantbème, de Mesdemoiselles Laneige et La Lune, pour en cbercber un autre.C est très difficile à trouver dans Nagasaki, très difficile surtout d expliquer en japonais, un sifflet de marine, de forme consacrée, courbe avec une petite boule terminale, pour moduler les trilles et les sons enflés des commandements officiels.Trois heures durant on nous renvoie de boutique en boutique ; faisant mine d avoir très bien saisi, on nous trace, au pinceau, sur papier de soie, des adresses de magasins où nous devons infailliblement rencontrer ce qu\u2019il nous faut r\u2014 et nous partons pleins d espoir, courant à une mystification nouvelle ; nos djins essoufflés en perdent la tête.On comprend bien que nous voulons quelque chose pour faire du bruit, de la musique ; alors on nous offre des instruments de toutes les formes, les plus inattendus, les plus extraordinaires : des pratiques pour voix de polichinelles, des sifflets pour chiens, des trompettes.C est toujours de plus en plus inouï ce qu on nous propose, tellement qu\u2019à la fin un fou rire nous gagne.En dernier lieu, un vieil opticien nippon, qui avait pris un air très fin, un air de parfaite compétence, s en va fouiller dans son arrière-boutique, et nous rapporte une sirène à vapeur, provenant d un paquebot naufragé.» (Madame Chrysanthème, p.245).A part Henri Lavedan, je ne connais aucun écrivain qui ait employé plus d\u2019épithètes que Pierre Loti.Pour qualifier le Japon, il affectionne ces mots de « petit », de « mièvre », de « mignard » ; le Japon physique et moral, tout tient dans ces trois mots-là, nous dit-il.Le jugement de Loti sur le Japon ne pouvait être que superficiel parce qu il n en avait visité qu une bien petite partie et n y était entré en contact qu\u2019avec la lie de Le Japon de Pierre Loti la société.Il regarda beaucoup, mais d\u2019un regard de dilettante où manquait la charité.Nous ne prétendons pas que les Japonais soient les plus inventifs des hommes ni que Miss Nippon soit couronnée comme Miss Universe.Mais les Japonais ont pour eux la politesse, la bravoure, la fidélité à leurs supérieurs, le culte des ancêtres, 1 amour de leur beau pays et beaucoup d autres vertus morales qui, une fois christianisées, les rendront attachants et nous permettront de répéter le mot de saint François Xavier : « Pardonnez-moi d\u2019avoir été si long.C\u2019est que je parlais à des frères très chers, et au sujet des Japonais, mes délices.» Benoît-Marie Larose, O.P.Missionnaire au Japon 13 Une expérience religieuse Deux semaines à peine avant Pâques, quelques jeunes Dominicains cl Ottawa envoyaient aux Philosophes et Rliétoriciens des collèges environnants et à quelques amis de l\u2019université, une circulaire les invitant à prendre part aux offices liturgiques des religieux et à des forums sur le tlième suivant : la place de la liturgie dans la vie du chrétien.Cinquante étudiants ont répondu à cette invitation tardive et sont venus passer les jours saints au cloître, lis ont assisté à toutes les cérémonies liturgiques, y compris celle du Mandatum (lavement des pieds), le jeudi saint.Beaucoup d\u2019entre eux sont demeurés jusqu au samedi soir pour célébrer avec nous la Vigile Pascale.Chaque jour, un Père donnait un exposé sur le mystère liturgique et fournissait les explications nécessaires à la compréhension des offices.Tous disposaient d\u2019un texte latin avec traduction française en regard.Cette rencontre fut enrichissante autant pour nous que pour eux.Nous formions vraiment, religieux et laïcs, une famille ; nous partagions la même table, la même vie liturgique et la même joie fraternelle.Sans bénéficier de la même intimité, il va sans dire, une vingtaine de jeunes filles (étudiantes pour la plupart) ont aussi pris part à ces journées de prière et de réflexion.C est dans cette atmosphère de fraternité chrétienne que les échanges de vue ont eu lieu.Chacun y allait de son expérience et de ses idées.Le lecteur pourra juger, approximativement du moins, par le résumé squelettique que nous en donnons, du sérieux et de 1 intérêt de ces discussions.Notre premier forum s intitulait : le rôle joué par les paroles et les rites liturgiques dans notre dialogue avec Dieu.La Liturgie, comme la vie chrétienne elle-même dont elle constitue le centre, comporte un double mouvement qui s apparente au dialogue : le mouvement ascendant de la louange et de Faction de grâces que le peuple chrétien fait monter, par le 14 Une expérience religieuse Christ, vers le Père ; et le mouvement descendant de I amour et de la faveur du Père qui se répandent sur les hommes, par le Christ, à travers les sacrements de la foi et la parole divine.Ces deux mouvements sont manifestes surtout à la messe, I action de grâces et la louange y alternant constamment avec la demande, et la communion y consommant le sacrifice.Mais ils se rencontrent aussi dans les autres sacrements qui, avant d\u2019être des canaux par où passe la grâce, sont 1 expression et 1 hommage de notre foi en la miséricorde du Père qui nous communique ses dons dans le Christ, par ces instruments sensibles.Les étudiants ont reconnu que les textes liturgiques, empruntés pour la plupart à la Bible, possèdent en eux-mêmes, une richesse et une valeur indiscutables pour nous parler de Dieu et nous faire converser avec lui.Pourrions-nous trouver, en effet, pour exprimer à Dieu nos sentiments de révérence, de soumission filiale et cl affectueuse reconnaissance, un langage plus adéquat que la sublime poésie des psaumes ?Quel sermon nous touche autant qu une page d Evangile bien lue ou bien chantée ?Pour des enfants, rien ne peut et ne doit remplacer la parole de leur père.Mais en fait, « beaucoup de textes liturgiques, nous ont-ils avoué, ne nous disent rien, parce que nous ne les comprenons pas.Et nous ne les comprenons pas, parce que nous ne connaissons pas la Bible ».Le fait est indéniable.Nos jeunes, s ils connaissent assez bien les littératures anciennes, grecque et latine, pour avoir étudié pendant plusieurs années, Homère, Virgile, Sophocle et d autres, ne savent à peu près rien de cette épopée divine de 1 histoire du salut qu est la Bible.Cette anomalie presque générale devrait faire réfléchir nos éducateurs.*-< De plus, on a fait remarquer la densité spirituelle des textes liturgiques et la diversité de leur contenu suivant les temps de I année.Le cycle liturgique offre, en effet, un enseignement complet : le dogme et la morale y passent substantiellement, avec cet avantage que celle-ci est mise à sa vraie place, étant présentée en dépendance des mystères de la foi.Un chrétien qui vivrait sa liturgie, n aurait guère besoin de recourir à des succédanés de valeur parfois douteuse, pour alimenter sa spiritualité.15 Revue Dominicaine Les rites et le symbolisme liturgiques parlent-ils encore à notre mentalité moderne ?Question délicate que celle-là.Il y a, sans conteste, des rites et symboles liturgiques qui, très suggestifs pour un chrétien des premiers siècles, vivant dans une civilisation agraire, n ont plus la même puissance d évocation pour le chrétien du XXe siècle, noyé dans une civilisation industrielle.L emploi de 1 huile dans les sacrements en est peut-être 1 exemple le plus frappant.L huile, autrefois d\u2019un usage très courant, servait à panser les blessures, à consacrer les prêtres et les rois.les athlètes s en oignaient le corps avant le combat.II reste quelque chose de ce dernier usage dans nos mœurs sportives ; et par là, 1 onction que le prêtre fait sur le baptisé, peut retrouver un symbolisme naturel.La plupart des symboles liturgiques, cependant, ont une signification permanente.L eau, le feu, la lumière, pour ne nommer que les principaux, quelle que soit la civilisation dans laquelle nous vivons, conservent une puissance d évocation accessible à tous.L ouvrier qui, à la fin de sa journée de travail, passe sous la douche ou prend une plongée dans une piscine, pour en sortir « homme neuf », peut facilement comprendre le rite de I ablution baptismale qui fait du baptisé un homme nouveau, un enfant de Dieu.La célébration de la vigile pascale, ces dernières années, a prouvé que, même les citadins, habitués à 1 ampoule électrique, demeurent sensibles au symbolisme du feu et du cierge pascal.Combien plus alors, le scout qui a dansé et chanté autour d un feu de camp, ou qui a marché en montagne, la nuit, à la lueur d un flambeau, pourra-t-il comprendre F emploi du cierge dans la Liturgie, pour représenter le Christ, « Lumière du monde » ?Cette enquête détaillée sur le sens des rites liturgiques, en particulier de la messe, nous a amenés à reconnaître que les obstacles les plus sérieux à la compréhension des cérémonies liturgiques sont encore la routine, F accoutumance et I ignorance.»\u2014 II faut bien avouer, toutefois, que dans certains sacrements, la part du sensible qui en donnerait une meilleure intelligence, se voit réduite au strict minimum ; aussi est-il permis de souhaiter que l\u2019Eglise redonne, en particulier au sacrement de I initiation chrétienne, quelque chose de sa solennité extérieure d autre- 16 Une expérience religieuse fois.Cependant, le revêtement sensible de notre Liturgie actuelle offre encore au chrétien attentif et initié, un précieux excitant à la ferveur et lui fournit une forme d\u2019expression intégrale pour rendre à Dieu son hommage de soumission, de révérence et d adoration.* * * En partant d un examen vigilant des gestes, rites et paroles liturgiques, principalement à la messe, nous avons dégagé, dans un second forum, l aspect communautaire et social de la liturgie.Une messe où le prêtre seul agit, comme il arrive souvent, pendant que les fidèles, chacun dans son coin, font leurs dévotions privées, sans prendre part intérieurement ni extérieurement à I action liturgique, c\u2019est un non-sens.La messe n est pas une « heure de garde », obligatoire une fois la semaine.La messe, c est 1 acte culturel de toute { assemblée.Pour s en rendre compte, il suffit de regarder d un peu près la structure même de la grand messe dominicale, prototype de toutes les autres messes.Elle débute par un rite de purification, I\u2019Asperpes, premier indice qtie tous ont une part à jouer dans la célébration du mystère.Pendant l\u2019avant-messe, le peuple chante I Introït, le Kyrie, le Gloria, le Credo.Aujour-cî hui, par un pis aller, c\u2019est la chorale seule qui, souvent, exécute toLit le chant ; du moins, le fait-elle au nom de tous.Vient ensuite l\u2019Offertoire, chant de procession pendant lequel, autrefois, les fidèles allaient porter leurs offrandes, dont une part devait servir au sacrifice et l\u2019autre à l\u2019entretien du clergé et ati soulagement des pauvres de la communauté.C était un geste communautaire beaucoup plus expressif \u2014 il faut l\u2019avouer r\u2014 que notre quête actuelle qui, pourtant, a le même sens.Si nous analysons les prières du Canon, nous constatons qu elles sont, pour la plupart, à la première personne du pluriel.Rarement le prêtre parle à la première personne du singulier, et quand il le fait, c est le plus souvent, sinon toujours, en tant que représentant de 1 assemblée.Le dialogue entre le prêtre et le peuple se poursuit tout au long de la messe, et très expressément avant chaque partie importante.Nous pensons, en particulier, à I Orate fratres 17 Revue Dominicaine et aux invitations pressantes qui ouvrent la grande prière consécratoire : Dominus vobiscum, Sursum corda, Gratias agamus Tdomino Deo nostro.Nous pensons encore à ces nombreux Dominus vobiscum, Oremus, per omnia sœcula sœculorum, appels répétés à la participation auxquels les fidèles répondent par un « oui » de foi enthousiaste et de joyeuse espérance : Et cum spiritu tuo, Amen.C est vraiment toute l assemblée qui doit louer Dieu et lui rendre grâces.Cet aspect social et communautaire de la messe se retrouve plus profondément encore dans I offrande et la communion.Qui offre ?Sans doute, d abord et surtout, le Christ, notre perpétuel médiateur et intercesseur auprès du Père ; en second lieu le célébrant, qui agit comme ministre sacramentel du Christ et comme représentant du peuple ; mais aussi I assemblée elle-même qui, en vertu du caractère baptismal, offre le Christ et s\u2019offre avec lui et par lui, en hommage au Père.La messe est le sacrifice de tout le Corps mystique, ne l\u2019oublions pas.Offrande d une même victime et participation à cette même victime.La communion n a plus guère, aujourd\u2019hui, l\u2019allure d\u2019un banquet fraternel.On croirait plutôt, à voir les quelques personnes qui s\u2019approchent de la balustrade à la grand messe dominicale, que la communion est une dévotion privée plus ou moins en rapport avec I action liturgique.La bousculade des jours d affluence comme la Toussaint, Noël et Pâques, n a pas davantage l\u2019aspect d\u2019un repas familial.Je trouve cette boutade d\u2019un étudiant assez juste : « On va communier comme on va baiser la relique de sainte Anne ».Pour redécouvrir le sens profond de la communion, il faut se rappeler que l\u2019Eucharistie a été instituée au cours d un repas fraternel, le dernier que Notre-Seigneur a pris avec ses disciples avant le Calvaire.Ce fut un repas d intimité et de confidences : « Comme le Père m\u2019a aimé, moi aussi je vous ai aimés.je ne vous appelle plus des serviteurs.», mais mes « amis » \\ II faudrait encore signaler, à la Cène, les exhorta- I.Jean, XV, 9, 75.18 Une expérience religieuse tions répétées du Seigneur à la charité fraternelle et à 1 unité : « Ce que je vous commande, c\u2019est de vous aimer les uns les autres.>\u2014> Que tous soient un, comme toi-même, ô Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu eux aussi soient en nous.» 2.Le lavement des pieds ne fut pas surtout, comme on l a souvent interprété, un geste d humilité de la part du Seigneur, mais un exemple de service fraternel qui devait préparer les disciples à I ntelligence de F Eucharistie, sacrement de la charité fraternelle et de I unité ecclésia le.C est bien ainsi que les apôtres ont compris I Eucharistie.Saint Paul reproche aux Corinthiens de manger le pain et de boire la coupe du Seigneur indignement pour les raisons suivantes : lorsqu ils se réunissent en assemblée, il se forme des groupes séparés ; et dès qu ils se mettent à table, « chacun, sans attendre, prend son propre repas, en sorte que 1 un a faim tandis que I autre est ivre » 3.Ces infractions à I unité et à la charité fraternelle prouvent qu ils ne discernent pas le Corps du Seigneur et font qu ils se réunissent pour leur condamnation.,\u2014¦ Que dirait saint Paul aux chrétiens d aujourd hui qui célèbrent le mystère de l unité et reçoivent le sacrement de la charité fraternelle entre les quatre murs d une église et s en retournent chez eux, bien tranquilles, tout en continuant comme auparavant d ignorer les difficultés et les misères de leurs frères ?Si réduit que soit le symbolisme qui entoure la communion, dans notre messe actuelle, il nous amène à la même conception communautaire de 1 Eucharistie.Le chant solennel du Pater nous fait dire : « Notre Père », nous rappelant par là que nous sommes tous frères, tous enfants du même Père.Cette prière contient de plus, une demande et une promesse de réconciliation : « pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».Avant de recevoir Je sacrement de I unité, il faut nous réconcilier avec Dieu et avec nos frères ; autrement notre geste serait hypocrisie et mensonge, partant sacrilège.Le « baiser de paix » ne se rend plus, aujourd hui, jusqu à la nef ; mais autrefois, parti de 1 autel, il se transmettait à tous les fidèles juste avant 2.Jean, XV, 17 ; XVII, 21.\t3.I Cor., XI, 17 ss.19 Revue Dominicaine la communion.Un geste également très symbolique d unité, était la fraction du pain : I évêque, comme le fait un père de famille, rompait le pain et en distribuait un morceau à chacun.Combien plus compréhensible devenait ainsi le mot de saint Paul : « Parce qu il n\u2019y a qu\u2019un seul pain, nous sommes tous un seul corps, nous tous qui participons à ce pain unique » \\ Le célébrant ne rompt plus que sa propre bostie ; mais ce vestige demeure encore très significatif, surtout par le souhait qui I ac-compagne : Pax Domini sit semper vobiscum.C\u2019est encore à I autel unique que tous nous communions, la sainte table avec son inutile mais symbolique nappe, n\u2019étant que le prolongement de l\u2019autel.Si tout sacrement cause ce qu\u2019il signifie, c\u2019est donc à bon droit que les théol ogiens assignent comme effet propre à FEucharistie, Funité du Corps mystique.« Pour être sauvés, les hommes doivent s agréger à une société sainte, former un seul corps dont le Christ est la tête.Et c\u2019est I Eucharistie qui, en nous livrant le mystère du salut, signifie et réalise ce rassemblement des hommes dans le Christ ; c est 1 Eucharistie qui édifie le Corps mystique du Christ, qui « cause » 1 Eglise » 1 2.* * * Liturgie, école de gratuité.Notre discussion de Vendredi Saint s engagea sur cet énoncé un peu énigmatique.Le sujet ne pouvait mieux s accorder avec le mystère du jour : mystère de I amour gratuit du Père et du Fils pour I humanité pécheresse.Il fallut d abord préciser les termes.Le mot « gratuité » n est pas uniquement synonyme de « don » ; il comporte en plus la spontanéité, la totalité, le désintéressement et la joie qui accompagnent le clon.Appliqué à notre attitude spirituelle, il signifie donc : disponibilité entière, désintéressée, spontanée et joyeuse, à l\u2019égard de notre Père et envers nos frères.Nous disons « école », parce que la Liturgie nous forme à ce don total et empressé de nous-mêmes à Dieu et au prochain.20 1.\tI Cor., X, 17.2.\tV.Vergriete, Eucharistie, et engagement, dans La Maison-Dieu, no 24, p.14. Une expérience religieuse Cette attitude gratuite envers Dieu, s\u2019exprime et s acquiert dans la Liturgie par la prière de louange et I action de grâces.Dieu dans sa transcendance et dans son mystère d amour y est 1 objet de nos pensées et de nos affections, le thème de nos chants et de nos hymnes.Louer Dieu, en effet, c\u2019est chanter sa majesté et sa toute-puissance, I opulence de sa création et la sagesse de ses desseins rédempteurs.Lui rendre grâces, c est reconnaître qu il est « tout » et que nous sommes « rien », que tout ce que nous avons nous vient de son amour gratuit et que nous ne pouvons rien lui rendre qui ne soit pris d entre ses dons.C est encore accepter avec une soumission joyeuse et confiante cette dépendance et dire un perpétuel merci.En bref, I action de grâces est faite d\u2019admiration, de révérence, d\u2019adoration, de gratitude, de filial abandon et de disponibilité empressée.Elle « est le sentiment le plus pur, le plus noble et le plus exaltant, parce que le plus désintéressé, qui puisse animer une âme religieuse » \\ II n y a d approchant sur cette terre, que le geste de I enfant qui danse de joie, à I arrivée de son père, le soir, se jette dans ses bras et s accroche à son cou.La louange et l\u2019action de grâces, bien qu elles soient un hommage dû à notre Créateur et Père, commandent une attitude spirituelle qui rencontre la définition que nous avons donnée plus haut de la gratuité.L explication en est simple : seul un amour gratuit peut et doit répondre à 1 Amour gratuit.Que la prière liturgique soit faite en grande partie de louanges et d action de grâces, il n est pas nécessaire de le démontrer très longuement.Pour les heures canoniales du bréviaire, qu il suffise de souligner qu elles se composent presqu uniquement de psaumes et d hymnes, exprimant, pour la plupart, les sentiments que nous avons décrits ci-dessus.Quant à la messe, centre de la Liturgie, elle est en même temps que sacrifice expiatoire, sacrifice de louanges et d action de grâces.Elle représente le Sacrifice de la croix que le Christ a appelé son « heure », I heure de la glorification du Père et de sa propre glori fication 1 2.Elle a été instituée 1.\tA.-M.Roguet, O.P., La messe, approches du mystère (L\u2019esprit liturgique, 3), 1951, p.32.2.\tJean, XIII.31.21 Revue Dominicaine lors d un banquet (fête de joie), et dans une « eucharistie », c est-à-dire une action de grâces.Dans sa structure actuelle, la messe apparaît effectivement, du commencement à la fin, comme un sacrifice de louanges et d action de grâces.Elle débute par un chant triomphal de procession, tiré d un psaume, ou du moins, chanté avec un psaume, et se termine par cette acclamation des fidèles : Geo gratia s \u2014 « Rendons grâces à Dieu ».Dans I avant-messe, signalons en particulier : le Gloria in excelsis qui accumule les formules laudatives (Nous te louons, nous te bénissons, nous t adorons, nous te glorifions, nous te rendons grâces à cause de ta grande gloire.le seul Saint, le seul Seigneur, le seul Très-Haut.) ; le Credo, qui proclame les grandeurs du Père, du Fils et du baint-Esprit, en même temps qu\u2019il exprime à cette Trinité sainte I hommage de notre foi ; enfin YAllel uia dont les modulations interminables tentent de dire ce que la parole est impuissante à rendre.A l\u2019Offertoire (au rite dominicain), le diacre présente le pain et le vin au célébrant en lui rappelant ce verset du Psaume 40 : « Immole à Dieu un sacrifice de louanges et acquitte tes vœux envers le Très-Haut ».La grande action consécratoire commence avec ce que nous appelons la préface.La préface est une solennelle énumération des bienfaits de Dieu, qui nous introduit au vif du sacrifice.Le prêtre invite les fidèles à élever leur cœur et à rendre grâces : Sur sum corda, Gratias agamus Gomino Geo nostro \u2014 « Rendons grâces au Seigneur notre Dieu ».Quand le peuple a répondu : « C est digne et juste », il continue et renchérit : « Oui, il est vraiment digne et juste, équitable et salutaire de vous rendre grâces en tout temps et en tout lieu, Seigneur, Père saint, Dieu tout-puissant et éternel.» Après avoir indiqué les motifs de rendre grâces à Dieu, en rapport avec la fête liturgique, il conclut par 1 hymne que la multitude des anges ne cesse de chanter, au ciel : « Saint ! Saint ! Saint I ».Nous pourrions signaler encore que nos demandes elles-mêmes prennent une forme laudative ; elles s inscrivent entre une proclamation des grandeurs de Dieu et une doxologie : « O Dieu tout-puissant et éternel.Par Jésus-Christ, votre Fils, Notre- 22 Une EXPÉRIENCE RELIGIEUSE Seigneur, qui vit et règne avec vous, dans 1 unité du Saint-Esprit, Dieu, à travers les siècles des siècles ! ».Si toutefois, notre action de grâces se limitait à nos chants et à loffrande que nous faisons à Dieu d\u2019une part si minime de sa création (un peu de pain et de vin), elle serait Lien insuffisante.En réalité, la messe nous permet de rendre un hommage beaucoup plus digne du Père.Nous y offrons, en effet, le Christ lui-même, « 1 Image du Dieu invisible, Premier-Né avant toute créature» (Col, I, 15), en qui tout subsiste et par qui tous les êtres sont réconciliés avec Dieu.Homme-Dieu, le Christ ramène au Père toute la création et toute I humanité.Ceci est clairement exprimé dans la prière qui termine le Canon : « Par lui, Seigneur, toujours vous créez tous ces biens, vous les sanctifiez, vous les vivifiez, vous les bénissez et vous nous les donnez.C est par lui, et avec lui et en lui qu\u2019à vous, Dieu, Père tout-puissant, en I unité de I Esprit-Saint, sont rendus tout honneur et toute gloire ».La Liturgie, nous l avons suffisamment montré, nous fait sortir de nous-mêmes pour nous donner tout entier à Dieu dans le désintéressement et la joie de la louange et de l\u2019action de grâces.Ces mêmes qualités de notre comportement doivent se retrouver dans notre attitude envers nos frères.Car c est d un même amour théologal que nous aimons Dieu et notre prochain.La Liturgie qui nous forme à cette attitude gratuite envers Dieu, nous forme donc aussi, indirectement, à cette même attitude gratuite envers le prochain.\u2014 Elle s\u2019y prend, de plus, d une façon très directe.Le fait de chanter ensemble, au même Père, les mêmes louanges, de poser les mêmes gestes, de prier à des intentions communautaires et universelles, surtout le fait d offrir une même victime et de participer au même banquet eucharistique ^ dont 1 effet principal est 1 unité ecclésiale \u2014 cela lui vient et de la Renaissance et du Nouveau Monde >\u2014 monde aux horizons sans bornes \u2014 tableaux dont les fonds se perdent dans I infini, un fil de lumière vagabonde, I intuition de I artiste qui pénètre le mystère.qui présage 1 avenir.« Nous pouvons dans I art français suivre les signes de plus en plus évidents de la Révolution française à partir d un siècle avant sa réalisation politique », a écrit Borduas.Dans un livre des plus intéressants que vient de publier le Carnegie Institute de Washington, I éminente archéologue, Tatiane Proskouriahoff souligne que I art sculptural des Mayas laissait deviner le sens des lois gouvernant le rythme des mouvements du corps humain plusieurs siècles avant que les scientistes pussent donner une forme mathématique à ces lois.Le but de Borduas n est ni plus ni moins que d exprimer tout le continent nord-américain en éveil, aux prises avec cette puissance explosive de 1 atome, avec les grandes découvertes scientifiques de I époque, et il I exprime avec le coloris d un Titien, d un Tintoret, la sensibilité d un peintre dans les grandes traditions de la Renaissance française.Josephine Hambleton Dunn L\u2019Abord-à-PIouffe Ce village, incorporé le 26 novembre 1915, est situé dans le comté de Laval, sur les bords enchanteurs de la rivière des Prairies.Desservi d abord par les prêtres de la paroisse de Saint-Martin, il fut ensuite érigé 4 ** 4 j Revue Dominicaine en paroisse, en 1928, comme aujourd hui sous le nom de Sacré-Cœur-de-Jésus.Sa population résidentielle, près de 5 000 âmes, est doublée durant la saison estivale.Célèbre dans toute la Province par la Villa Saint-Martin, maison de retraites fermées des RR.PP.Jésuites, devenue depuis 1952 Maison provinciale des Frères de Sainte-Croix, IAborcl-à-Plouffe possède également une école paroissiale et ménagère dirigée par les Sœurs de Sainte-Croix et des Sept-Douleurs, 1 école Saint-Maxime, pour garçons, dirigée par des professeurs laïques, et le Noviciat des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d Afrique.Les RR.PP.Rédemptoristes de Toronto y ont fondé aussi leur premier noviciat, la Marianella.Le nom de cette intéressante localité rappelle 1 âge d or du commerce du bois sur la rivière Ottawa.Jusqu en 1890, le bois provenant des forêts de Pembroke et des environs, à destination de Québec, était transporté par eau.Après avoir traversé le lac des Deux-Montagnes, les hommes affectés au flottage, les drciveurs abordaient le rivage de la rivière des Prairies, près d un moulin construit à un détour et appelé le « Moulin du Cochet ».C est là que les essences forestières diverses étaient séparées et rangées en radeaux avant de descendre les rapides de Laval-des-Rapides.Comme cette halte forcée se faisait vis-à-vis de la propriété des Plouffe, le poste prit le nom de 1 Abord-à-PIouffe.C est sur cette propriété que fut fondée en 1915 la Villa Saint-Martin des Pères Jésuites.La majorité de la population de cette paroisse est employée dans les bureaux et usines de Montréal et de Ville Saint-Laurent.La culture maraîchère s y développe sur une grande échelle et trouve un important débouché sur les nombreux marchés de la Métropole.On y trouve aussi diverses fabriques de conserves et de nombreuses industries locales.Envahi par le flot montant de citadins, I Abord-à-Plouffe est une localité en plein évolution dont demain nous dira toute la transformation.Déjà c\u2019est I allure générale des villes qui se manifeste dans les hommes et dans les choses.Viator Saint Bernard devant l\u2019histoire Il y a, cette année, huit siècles s éteignait, à Clairvaux, celui que 1 on considère aujourd hui comme la plus grande voix de la chaire chrétienne entre saint Jean Chrysostome et Bossuet.Des cérémonies culturelles, ou cultuelles, vont donc se succéder, de mai à septembre, en Bourgogne et ailleurs, en hommage au grand orateur cistercien.44 Le sens des faits Sa nature impulsive, facilement portée aux extrêmes, lui faisait, pour lui-même, une nécessité des plus fermes disciplines de mortification.Nous n avons pas à le suivre ici dans cet effort intérieur, si fécond cependant, et si salutaire à ceux qui, comme lui, ont besoin de se donner à eux-mêmes une norme sévère.Mais voulant, à I instar de son Dieu, façonner autrui à sa propre image, Bernard entreprend aussitôt de faire triompher autour de lui ces mêmes disciplines réformatrices et c est en cela que consiste le début de son rôle historique.Les proches d abord, dociles ou rétifs, puis les condisciples de ses études latines à Châtillon -sur-Seine, puis, en religion, les vieux rameaux du tronc bénédictin, dont Cîteaux figurait à cette époque la branche neuve en pleine verdeur de croissance, puis la hiérarchie ecclésiastique, profondément contaminée encore (en dépit du redressement grégorien) par les mœurs féodales ; enfin, le pouvoir civil lui-même, qu i! s\u2019agisse du monarque capétien, des grands feudataires, ou même du chef du Saint-Empire, afin de libérer ce fédéralisme d évêchés qui constituait alors ! Eglise des empiètements et des entraves « du siècle ».Restaurer le christianisme dans son intégrité primitive, mais par les voies canoniques et sous I égide du pontife romain.Bernard apportera donc autant de zèle à défendre la tradition, à extirper I hérésie, qu à ranimer, au sein de I orthodoxie, la vitalité du premier âge de la foi.Dans cette disposition d esprit, et selon cette norme de conduite, son « dirigisme » va particulièrement se concentrer sur le chef même de la catholicité : tout d abord, en plein schisme, avec le pape Innocent II, qu il fait acclamer comme pontife légitime par les nations naissantes de 1 Occident : France, Angleterre, Germanie, Espagne, avant de lui reconquérir I Italie divisée, et Rome même, aux mains de son rival, I antipape Anaclet, durant huit années (1150-1158).Puis de nouveau, avec le premier pape cistercien, Eugène III, qui a été l\u2019un de ses fils spirituels mûris avec le plus de sollicitude dans la Claire Vallée.Redoutant, non sans raison, les conséquences de cette charge inattendue, et qu il juge écrasante, sur les timides épaules de ce « pauvre du Christ », il vise à I appuyer de loin, par le double ascendant de son ascétisme et de son verbe, en composant à I usage de son ancien pupille I un de ses traités moraux et pratiques les plus importants : le De Consi-deratione, où se résume sa doctrine sur la prééminence du successeur de Pierre, avec I exposé des moyens qu il estime les plus propres à devoir la maintenir et I accroître.L autre aspect majeur, et complémentaire, de son action, concerne la Terre Sainte.Son siée le, le XlIIe, est, par excellence, le siècle des 45 Revue Dominicaine croisades, et lui-même y détient, sous cet angle, la position centrale.Déjà, il a rédigé les statuts d un des grands ordres militaires de Palestine : celui des Templiers.Si la seconde levée en masse des barons et de la chevalerie contre I Islam n aboutit guère qu à un échec, en ce qui concerne le prédicateur, la grandeur et l\u2019unité de sa conception, l\u2019entraînant prestige de sa parole, n en sont pas diminués, comme il l a souligné lui-même dans un énergique message de justification au pape Eugène.Ces chrétientés de 1 Occident, qu il venait de régénérer, pour achever leur convalescence et les souder plus étroitement les unes aux autres, Bernard met en œuvre ce moyen de les lancer toutes ensemble dans une guerre sainte.Qu était-ce, en définitive, que ce concours d\u2019hommes sous les armes qui s écoulait, par les rives du Danube, jusqu\u2019à Constantinople et jusqu\u2019à Antioche, sinon un Occident uni et agissant, qui ne s était pas retrouvé depuis Charlemagne ?Le Sermon de Vézeïay et cette longue course fluviale, en plein hiver, toute semée de prodiges, la descente du Rhin, dans une modeste embarcation, de Constance à Cologne, ont mis sur pied la mouvance capétienne et \u2014 chose plus difficile, presqu incroyable rassemblé, autour du porte-diadème du Saint-Empire, l\u2019anarchique noblesse allemande.Convoqués sur le retour de ce prodigieux voyage, Flamands et Angl ais vont s équiper à part, se jeter sur la Lusitanie, enlever au Maure la mer de Paille et Lisbonne, et fonder, au bénéfice d\u2019un Capétien de la branche cadette, Alphonse cle Bourgogne, le premier royaume de Portugal >\u2014¦ marquant ainsi une importante et définitive étape dans la très laborieuse et multiséculaire reconquisla de la péninsule Ibérique.C est de ce côté, en effet, que s\u2019inscrit le seul et durable succès de la Seconde Croisade.Il suffit à nous souligner que la parole de Bernard de Clairvaux avait été de force à faire appréhender le vaste Croissant méditerranéen par la pointe de ses deux cornes.Aujourd hui, nul ne I ignore, bon nombre d esprits de valeur et de cœurs généreux s efforcent de tirer, clu morcellement fratricide des nationalités, une Europe unie.Une telle initiative compte des précédents, qu il est toujours fécond de rappeler.A cet égard, la parole du grand cistercien fournit un élément « à l\u2019échelle » >\u2014¦ élément presque indispensable entre Charlemagne.et Napoléon.Cette communauté élargie qui poserait, un peu hyperboliquement peut-être, une Europe du XXe siècle, elle s esquisse déjà sous I angle culturel.Si nos hommes d Etat réussissent à la pousser plus outre du triple point de vue politique, économique et social, ce ne sera pas pour la lancer, comme en 1 insigne année 1 147, à I assaut du monde musulman : elle ne saurait manquer d être en butte à d autres 46 Le sens des faits problèmes, d une ampleur au moins égale.A défaut d un nouveau saint Bernard, 1 exemple de celui dont on ravive cette année, un peu partout, la mémoire aiderait puissamment à les dominer.Henri David Les nouvelles littéraires 21 mai 1953 Livres français sur l\u2019art religieux Dans le cadre général de 1 activité de I édition française au cours des deux dernières années, il est possible de dresser un intéressant bilan des ouvrages parus au cours de cette période et qui traitent, directement ou indirectement, de quelques-uns des problèmes historiques posés par I art religieux ancien.Certes les conditions économiques actuelles de I édition française rendent particulièrement difficile la publication de ce genre d ouvrages qui, réunissant un texte important et une abondante illustration, représentent une entreprise fort onéreuse.Aussi est-il permis de penser que les ouvrages publiés ne sont qu une faible fraction des travaux menés à bien par les cbercbeurs français, et, par exemple, nombre de thèses universitaires du plus haut intérêt ont dû dans bien des cas rester manuscrites ou attendre parfois plusieurs mois sinon plusieurs années avant de pouvoir être publiées.Il n en reste pas moins que les deux dernières années ont marqué une nette reprise et que, parmi les simples albums de reproductions, les ouvrages sérieux et érudits reprennent progressivement leur place.L un des problèmes centraux qui se posent à propos des origines de I art religieux occidental est celui des influences orientales et byzantines.Sur ce point la critique historique française s efforce d'él aborer une synthèse qui, tout en tenant compte des thèses les plus récentes développées hors de France et particulièrement en Italie, maintient cependant à I aide d arguments difficilement révocables la thèse d une influence importante et d ailleurs fort complexe de Byzance et de I Orient chrétien sur 1 art religieux du moyen âge occidental.Sans doute les érudits français reconnaissent-ils plus volontiers aujourd hui qu autrefois le rôle de la tradition grecque et hellénistique transmise par Rome, mais ils insistent aussi sur 1 incontestable caractère oriental et byzantin des œuvres romaines ou gallo-romaines qui constituent I une des sources principales de I art religieux occidental.De ces conclusions concernant les œuvres d art des tout premiers siècles chrétiens on trouvera une synthèse fort claire clans le texte écrit par W.F.Volbach pour le volume Mosaïques Chrétiennes Primitives (Paris, Plon, 1950) et dans la préface qu Emile Mâle a donnée pour ce livre, I appuyant ainsi de toute son autorité.Le grand historien Revue Dominicaine d art français a en effet consacré à cette môme question des origines de I art chrétien une part importante de son activité au cours des dernières années : le résultat nous en a été livré dans un très beau volume intitulé : La Fin du Paganisme en Gaule et les plus anciennes Basiliques Chrétiennes (Paris, Flammarion, 1950).On y trouve des arguments absolument convaincants, et dont quelques-uns paraissent même régler définitivement la question, au moins dans certains de ses aspects, et en ce qui concerne plus particulièrement les origines premières de Fart religieux français.Qu une action profonde de I Orient byzantin se soit exercée sur les formes et même l\u2019esprit de Iart religieux à F époque mérovingienne, Emile Mâle le démontre avec une science que sa parfaite exactitude n empêche pas d être passionnante même pour le lecteur profane.Certes si I on déborde le cadre un peu étroit de I époque mérovingienne et du territoire de l\u2019ancienne Gaule, le problème devient plus complexe et plus confus.Un autre historien français, René Jullian, professeur à 1 Université et Conservateur du Musée de Lyon, l\u2019avait abordé dans toute son ampleur dans un ouvrage dont le texte avait paru en 1947, l Eveil de la Sculpture Italienne : un premier album d illustrations vient de paraître ' dont le retard souligne bien les terribles conditions économiques contre lesquelles I édition française lutte avec courage ,\u2014¦ cet album consacré à la sculpture romane dans l\u2019Italie du Nord (Paris, Van Oest, 1951) illustre par le choix même des exemples et par la façon dont ils sont présentés la complexité des influences qui ont pu agir sur les arts religieux de I époque romane, mais montre aussi que les influences orientales et byzantines doivent continuer à y occuper une place de choix.Si gnalons à ce propos que deux ouvrages français sont venus traiter à nouveau du problème posé aux historiens par Fart de Giotto et par la portée de son originalité par rapport à ses prédécesseurs immédiats : le livre de Michel Florisoone, Giotto (Editions Franciscaines, Paris, 1950) qui expose de façon parfaitement claire I état actuel de la question, et celui de Jean Leymarie, Giotto (Paris, Plon, 1950) qui prend plus franchement parti et adopte de façon nuancée la thèse de l\u2019indépendance de Giotto et tend à dater de cet artiste le commencement d\u2019une époque qui rompt de plus en plus avec les traditions orientales et byzantines.Sur un autre point, et sur des problèmes qui touchent à l\u2019éveil de I art religieux des XVIe et XVIIe siècles, on note un renouveau d intérêt des historiens pour I Espagne.L année 1951 a vu paraître I ouvrage tant attendu de P.Guinard et J.Baticle sur la Peinture Espagnole : outre qu on y trouve bien des faits et bien des interprétations susceptibles d enrichir notre conception moderne des rapports entre I art baroque et cer- Le SENS DES FAITS taines formes typiques du sentiment religieux, il est remarquable que s\u2019y fasse jour une intéressante interprétation de l\u2019art du Greco considéré comme moins espagnol qu\u2019on ne le pensait généralement et lui aussi fortement imprégné d\u2019influences italiennes et orientafes.Outre ces ouvrages qui sont, comme on voit, surtout des ouvrages d érudition, I édition française a su faire place aussi à de sérieux ouvrages de vulgarisation intelligente, parmi lesquels on note une prédominance des livres consacrés à I art du moyen âge, qui continue à bénéficier en France d un certain attachement sentimental à la fois de la part des auteurs, des éditeurs et du public.Citons parmi les meilleurs, L Adoration et le Cycle des Mages dans l\u2019Art Chrétien primitif par G.Vezin (Paris, Presses Universitaires de France, 1950), Suger par Marcel Aubert (Saint-YVandrilIe, Editions de Fontenelle, 1950), et Claus Sluter par Henri David (Paris, Plon, 1950).Nous ne pouvons enfin terminer cette revue de la production française sans signaler deux ouvrages qui, s\u2019ils ne sont pas consacrés exclusivement à I art religieux, lui font une place importante et dont la qualité symbolise la résurrection de I édition française, nous voulons dire le volume consacré aux Créateurs de la Renaissance (Paris, SIdra, 1951) et les deux tomes remarquablement illustrés d\u2019une nouvelle Histoire Générale de l\u2019Art (P aris, Flammarion, 1951).Enfin bien qu il ne s agisse plus ici des arts plastiques, nous ne pouvons passer sous silence un livre qui marque une date par son originalité même et qui doit trouver un vaste public parmi tous ceux qui s intéressent à la connaissance passionnante des rapports entre l\u2019expression esthétique et le sentiment religieux : c\u2019est l\u2019ouvrage de Joseph Samson, Musique et Vie Intérieure (Paris, La Colombe, 1951), qui retrace sans aucun abus de I élaboration intellectuelle les expériences les plus authentiques d un artiste : on y trouverait aisément matière à des réflexions universelles et indépendantes de toute particularité technique sur les grands problèmes posés aux artistes de toutes les époques et de toutes les techniques par 1 expression authentiquement artistique de I expérience religieuse.Henri Lemaître Le Cantique des cantiques de Daniel Lesur On n a point tous les jours I occasion d assister à la naissance d un chef-d œuvre, même quand, par nécessité professionnelle, on voit éclore à peu près toutes les productions de I art contemporain.Je le dis tout de suite : c est en pesant bien le sens du mot que je 1 applique ici au Can- 49 Revue Dominicaine tique des Cantiques die Daniel Lesur ; et ce n est pas seulement parce que cet ouvrage me semble le meilleur de ceux qu il a produits jusqu\u2019ici, quelque chose comme le travail après lequel le bon artisan recevait le titre envié de « maître » ; c est son acception non point relative, mais absolue, que je donne au terme trop souvent rapetissé.Le Cantique des Cantiques restera, ou je me trompe fort, comme une des productions marquantes de I art polyphonique contemporain.Cela n étonnera certes aucun de ceux qui ont suivi la carrière de Daniel Lesur : les auditeurs de la Passacaille, des Cinq Préludes pour quatre Cors, du Picercare, d Andrea del Sarto, de I Ouverture pour un festival je cite un peu au hasard et sans choix prémédité dans une liste que je n ai pas sous les yeux tous ceux-là connaissent la valeur du fondateur du groupe « Jeune-France ».Un groupe ?une « école », plutôt une réunion de quatre jeunes musiciens fort divers, et qui possèdent chacun outre le talent un tempérament bien marqué, une originalité certaine, n ont à peu près rien de commun qu\u2019un même désir de servir leur art selon leur idéal.II suffit de les nommer pour comprendre qu\u2019il ne s agit point d une « chapelle » : ils ont tous quatre fait leur chemin, et dans des directions divergentes ; André Jolivet, après des recherches parfois hasardeuses, tendant à rendre à l\u2019art des sons un pouvoir d\u2019incantation, est aujourd\u2019hui directeur de la musique à la Comédie-Française, et son œuvre est une des plus originales de ce temps.Olivier Messiaen a, lui aussi, retenu I attention de la critique en orientant la production contemporaine vers un monde nouveau, et il est, à l\u2019heure présente, un des musiciens français dont on suit en tous lieux du monde, la production avec la plus attentive curiosité.Yves Baudrier est un artiste qui se concentre, produit peu, mais exprime dans chaque page qu\u2019il écrit quelque chose que nul autre n\u2019a dit avant lui (qualité rare F Enfin Daniel Lesur, eh bien, je crois que son dernier ouvrage, le Cantique des Cantiques, résume à lui seul son art, son caractère, et ses aspirations.II s agit d une cantate a capella, un ouvrage polyphonique, écrit à douze parties, à I exemple des maîtres de la Renaissance, mais, cela va sans dire, non point à leur imitation.Et la forme choisie me semble, comme je le remarquais tout à l\u2019heure, définir le caractère du compositeur.Lui qui vient de donner des preuves de son habileté à manier l\u2019orchestre, que fait-il dans ce nouvel ouvrage ?II renonce à un mode d expression qui, sûrement, lui offrait des facilités que la polyphonie vocale, non seulement ne lui donne pas, mais au contraire, auxquelles elle substitue des problèmes aussi périlleux que variés.II choisit un texte dans lequel il lui faut faire un choix, car le Cantique des cantiques est aussi touffu que 50 Le sens des faits magnifique.Autre danger : qu\u2019en retirer, comment raccourcir un tel chef-d œuvre de poésie hébraïque sans I émasculer ?Et le lettré qu est Daniel Lesur opère avec une adresse extrême, et sait conserver au texte de la Bible une plénitude et une saveur qui ne laissent supposer à aucun moment un amoindrissement, une poésie saine et drue que viendra encore renforcer la qualité d\u2019une musique singulièrement évocatrice.Enfin, sans laisser paraître I effort qu exige un tel travail, il mène à bien le délicat labeur contrapuntique qui va fournir et la trame et la broderie des sept numéros de sa longue partition.Et avec une tranquille audace, il va jusqu au bout de sa périlleuse entreprise, et la réussit.Cela commence par la pièce intitulée Dialogue, précédé d un court allel uia, et qui crée 1 atmosphère amoureuse et mystique du cantique.Daniel Lesur ne s est point donné à tâche de choisir entre les interprétations que proposent les exégètes.On disputera toujours sur le sens du cantique, sur sa symbolique.Le mieux n est-il pas d en respecter sans chercher une signification ésotérique ,\u2014¦ le sens apparent, celui que fournit le texte ?N\u2019est-ce pas le plus sûr moyen de ne pas le trahir ?Ces mots, ce langage sont ceux de 1 amour dans toute la plénitude du mot, dans toute F ardeur dévoratrice de la passion.Mais cette plénitude et cette ardeur ne sont pas seulement I embrasement des sens, et sont tout autant la soif qui altère les âmes, avides de s unir comme s enlacent les mains qui se joignent.Qu il s\u2019agisse de faire entendre La Voix du Bien-Aimé (no ii) , ou de décrire Le Songe (no 111), Daniel Lesur y réussit également.La suavité de ses finales, I ardente allégresse des parties de soprano, s opposent à la vigueur martiale du numéro suivant Le Roi Salomon (no IV) ; mais avec Le jardin clos (no V) c est à un degré plus élevé encore dans le domaine de la poésie que nous parvenons.La douceur vraiment exquise des dernières mesures les égale aux plus grandes réussites des madrigalistes d autrefois.Et il en est de même de La Sulamite (no VI) dont 1 accompagnement en onomatopées semble des pizzicati d instruments à cordes.Enfin le dernier numéro, I Epithalame est construit sur des thèmes dont le rythme ternaire a le balancement des chansons populaires, tandis que les voix de femmes chantent Veni, sponsa Christi, alléluia, car Daniel Lesur a voulu marquer ainsi son dessein de ne point s en tenir uniquement au texte antique sans y ajouter discrètement, par le moyen d une sorte de tropo, la résonance que lui a donnée I Eglise par son interprétation symbolique.Cette belle page destinée au Festival de Bordeaux, qui en a la primeur, nécessite le concours d un groupement tel que 1 Ensemble Marcel Revue Dominicaine Couraud peut seul assurer.Groupement de solistes plutôt que chorale, mais de solistes qui savent s unir pour n\u2019avoir plus qu\u2019un seul cœur dans la diversité des voix mêlées.René Dumesnil Réveil de rarchitecture monastique française Comme il est naturel, et comme il est aussi conforme à leur tradition, ce sont souvent les Ordres religieux qui se trouvent placés à l\u2019avant-garde du mouvement pour un art sacré vivant.Ce sont des Dominicains qui dirigent 1 importante revue L Art Sacré, c est pour une communauté de religieuses dominicaines que Matisse a tenté et réussi sa célèbre expérience de Vence.Que parmi les Ordres religieux ce soit l\u2019Ordre dominicain qui joue ainsi le rôle d\u2019entraîneur, il n\u2019y a pas lieu non plus de s\u2019en étonner, car l\u2019art sacré est une des formes les plus hautes de la prédication ; déjà au XlIIe siècle, certaines audaces de l\u2019architecture dominicaine avaient pu scandaliser des contemporains conformistes : il est dans la tradition de I Ordre que quelques-uns de ses membres, plus spécialement voués à I art, se placent d emblée à I avant-garde d un mouvement qui veut redonner audace et vie à l\u2019art sacré.Mais cela ne signifie pas, certes, qu\u2019un parti pris absolu de non-conformisme soit nécessairement la marque de ce mouvement ; il peut arriver, et il arrive, en effet, que le goût de la nouveauté créatrice n\u2019aille pas sans un sens aigu de la modestie indispensable, condition de la véritable authenticité.Or il se trouve que c\u2019est encore un Couvent de religieuses dominicaines, sis à Monteils, dans l\u2019Aveyron, qui nous apporte un exemple remarquable de cette simplicité vraiment créatrice, et qui est elle-même une audace peut-être plus difficile encore que d\u2019autres plus spectaculaires, car elle suppose une résistance de chaque instant aux tentations encore si vivaces du décor et du spectacle.Le cas qui nous occupe est d autant plus caractéristique qu\u2019il ne s agit point d une construction absolument nouvelle mais plutôt d\u2019une réfection, dont 1 effet est de tellement améliorer le monument qu\u2019il en sort tout renouvelé et équivaut à une véritable création.Il en faut donc rendre hommage à l\u2019architecte, Pierre Vago, l\u2019un des meilleurs spécialistes français de I architecture sacrée, qui a su se libérer des servitudes due lui imposait un passé médiocre, et se servir au contraire de ces servitudes pour opérer une véritable transfiguration, donnant ainsi la preuve que, même ce qu un passé récent a pu nous léguer de plus ordinaire, peut être en quelque sorte réhabilité et rendu capable de témoigner d\u2019une nouvelle vie, et de recevoir I apport positif d\u2019une authentique spiritualité. Le sens des faits Cette chapelle des religieuses dominicaines de Monteils était, il y a peu, I un de ces innombrables témoignages des graves erreurs commises depuis un siècle en matière d architecture sacrée ; elle datait en effet d il y a quelque cent ans et en particulier son organisation intérieure faisait preuve d une ignorance et d un mépris du sacré authentique qui scandaliseraient, si I on n\u2019y était malheureusement trop habitué ! Qu il s agît de I autel, des vitraux, de la chaire et, surtout du volume même de cet espace à la fois encombré et gaspillé, il semblait qu on ne pût vraiment rien changer à tant de maladresses, à tant de contresens.C\u2019est le mérite de I architecte d avoir ressuscité 1 espace, sans rien changer au gros œuvre naturellement, mais en faisant saillir les structures fondamentales et en éliminant au contraire les fausses structures.Ainsi 1 accord des deux espaces fondamentaux le volume semi-circulaire de la chapelle des fidèles, et le volume cubique du chœur des religieuses *\u2014< se trouve si exactement réalisé qu aussitôt I autel, placé à I intersection des axes de ces deux volumes, prend toute sa valeur.Mais encore faut-il que décoration et mobilier s accordent eux aussi avec cette simplicité fondamentale : I autel justement est une simple table, mais sa simplicité même lui permet de rayonner toute la valeur religieuse que lui confère sa place alors que, sans l\u2019humilité de cette pierre unie, son rôle de lien entre religieuses et fidèles lui eût été interdit par tout ce qui fût venu s immiscer indiscrètement dans ce rapport sacré.De même pour le décor : c était là un lieu dont tout le sens était lié au rapport des volumes ; rien ne devait venir offusquer ce rapport ; c\u2019est ce que 1 architecte a admirablement compris ; voici un cas où c\u2019est bien le dépouillement qui est source de véritable richesse et de véritable grandeur ; un espace, autrefois rapetissé par I encombrement, devient riche et plein grâce à la présence incontestable de I\u2019umfé ; le même effet est renforcé par ce qui est peut-être la plus intéressante réalisation de 1 architecte, nous voulons dire I éclairage.Les sources de lumière sont intégrées au plafond et au mur avec cette particularité que, pour permettre la permanence de la luminosité des vitraux par temps sombre ou de nuit, on a inséré des sources d éclairage entre le vitrail intérieur et la vitre extérieure.Ainsi se trouve réalisée la solution de 1 un des plus difficiles problèmes de I architecture sacrée, le problème de 1 intégration discrète et, si possible, invisible de 1 éclairage artificiel à l\u2019espace intérieur de l\u2019église.On devrait mieux savoir à ce propos combien la formule si répandue du lustre, et en particulier du lustre faussement luxueux, empruntée par 1 église au salon ou au palais, est contradictoire avec I exigence d une discrétion aussi complète que possible de la lumière matérielle.De ce 55 Revue Dominicaine problème, Dom Bellot avait déjà donné, dès 1959, à la chapelle du Prieuré Sainte-Bathilde de Vanves, une remarquable solution.Pierre Vago, à Monteils, reprend une formule analogue et, à cet égard, c\u2019est bien I architecture des monastères qui donne b exemple.Par surcroît, ce mode d éclairage, en n\u2019introduisant aucune rupture, aucune variation excessive dans 1 unité du volume, contribue à valoriser la simplicité essentielle de I espace.Il est clair dans ces conditions que I architecte se place d emblée dans un parti qui exclut la décoration, en particulier la décoration qui masque les parois ou les lignes ; c est en effet dans la pureté, dans le nu, si l\u2019on peut dire, de ces lignes et de ces parois que réside 1 essentiel de leur valeur.Aussi n y a-t-il, à Monteils, en fait de décoration, que des vitraux, œuvre du maître-verrier Singier, vitraux où des personnages stylisés sont simplement esquissés dans la matière colorée, dont l\u2019effet vient assouplir de modulation le dépouillement sans cela un peu sévère de l'espace intérieur.Enfin la chapelle est dominée par un Christ en croix, œuvre du sculpteur Dubos, dont la forme et les proportions ont été rigoureusement établies en rapport avec l\u2019arc terminal de la chapelle.Si 1 on songe qu il ne s agit pas là d une création mais de ce que 1 on appelle couramment un aménagement, on ne peut manquer d être frappé de I extraordinaire efficacité du travail de I architecte.Il y a là, en effet, un « aménagement » qui vaut bien des prétendues « créations » et qui contribue avec un singulier bonheur à placer I architecture monastique française d aujourd hui au premier rang de I art sacré moderne.Henri Lemaître 54 L esprit des livres André Brugel ,\u2014¦ « Serge Fromentin ».Roman.Les Editions Chantecler, Montréal, 1953.19.5 cm.189 pages.André Brugel poursuit avec son dernier roman, « Serge Fromentin », l\u2019exploitation d\u2019un filon déjà amorcé dans « La résurrection des corps ».La trame en est suggestive, quoique simple ; on regrette seulement d\u2019en pressentir trop tôt l\u2019orientation définitive.L\u2019auteur a voulu doter Serge Fromentin d\u2019une personnalité puissante, dynamique ; mais l\u2019histoire de la vie humaine de son personnage tourne à l\u2019aventure divine dans une atmosphère qui semble se détacher progressivement du réel.La grâce toute naturelle de la presque trop jolie Sœur Monique en particulier apporte à la grâce de Dieu une coopération remarquablement efficace pour emporter les dernières résistances de l\u2019âme secrètement minée de Serge Fromentin.Cet artiste olympien, si vulnérable au fond, aurait mérité mieux, semble-t-il.Il évoque un peu un Samson qui finirait bien.La lecture de ce court roman demeure cependant facile et intéressante ; elle plaira à ceux qui sont sensibles à l\u2019art, et à la musique en particulier, en faisant un appel constant à leur culture artistique.A.-M.P.Ignace-M.Benoît, O.F.M.\u2014 « Le chevalier courtois de Notre-Dame-des Anges ».Editions Franciscaines, Montréal, 1952.23 cm.104 pages.Ce livre savoureux écrit par un fils de saint François est toute poésie, toute fraîcheur et toute légende ! Un ouvrage étayé par une érudition souriante où l\u2019auteur nous dit l\u2019influence de la chevalerie courtoise sur le Poverello.Un grand livre qui s\u2019achève en beauté au pied de la Reine des Anges, de la Vierge « plus terrible qu\u2019une armée rangée en bataille », qui doit chasser, si nous l\u2019en prions avec foi et confiance, les esprits infernaux qui courent le monde, « cherchant qui dévorer ».Prenez et lisez vous tous qui subissez le poids du jour et apprenez à l\u2019école de François où est la vraie joie.Plie Goulet Frère Henri, S.C.\u2014 « Vie brève ! vie ardente ! ».Maison Provinciale des Frères dn Sacré-Cœur, Rimouski, 1952.25 cm.240 pages.Ce livre est la biographie d\u2019un jeune garçon qui, en quelques années, sous le nom de Frère Denis, des Frères du Sacré-Cœur, s\u2019éleva à une pratique héroïque des vertus chrétiennes et des vœux de pauvreté, de chasteté et d\u2019obéissance.55 Revue Dominicaine T ie brève ! vie ardente ! nous présente aussi un tableau de la vie catholique et française d\u2019une famille authentiquement canadienne où s\u2019épanouissent comme des lis tant de belles âmes ! Cet ouvrage nous introduit enfin au sein de la communauté des Frères du Sacré-Cœur.L\u2019auteur nous donne une excellente idée de cette vie d\u2019abnégation où le soleil de l\u2019enthousiasme et de l\u2019idéal réchauffe les heures grises du terrible quotidien.Le Frère Henri écrit une langue agréable et neuve.Il émaillé ses considérations sur la vie religieuse de passages poétiques et riants.Enfin, notons la présentation presque luxueuse de l\u2019ouvrage qui est illustré de photographies splendides ! Elie Goulet Gaston Carrière, O.M.I.-\u2014< « Précis de Méthodologie à I usage des étudiants en Philosophie ».Ottawa, Séminaire Saint-Paul de 1 Université d Ottawa.Les Editions de I Université cl Ottawa, 1951.Un volume 10/16 cm.104 pages.Ce manuel contient des directives très précises qui aideront sûrement les étudiants des facultés universitaires dans la préparation et la présentation de leurs travaux scientifiques.Ils y trouveront des conseils judicieux sur la méthode à suivre pour mener à bonne fin les recherches exigées par l\u2019élaboration d\u2019une thèse de maîtrise ou de doctorat en philosophie, sur les instruments à utiliser, livres, répertoires bibliographiques, notes, et sur la préparation immédiate du travail à présenter, depuis le choix du sujet jusqu\u2019à la publication.Il faut souhaiter que ce précis de méthodologie réponde au vœu qui Fa inspiré.Jean-L.Reid, O.P.Ancient Christian Writers i\u2014 « St.Augustine.Sermons for Christmas and Epiphany».Translated by Thomas C.Lawler.The Newman Press, 1952.22 cm.249 pages.C\u2019est avec une satisfaction toujours renouvelée qu\u2019on aborde les travaux si élégants et si sobres à la fois de la collection des « Ancient Christian Writers».Les sermons de saint Augustin qui nous sont présentés par Thomas C.Lawler montrent en exercice le génie multiforme de l\u2019évêque d\u2019Hippone qui, au cours de développements profonds et lumineux sur le mystère de l\u2019Incarnation, trouve le moyen d\u2019expliquer à ses ouailles la symbolique des nombres qui lui est si chère, la signification quasi ésotérique d\u2019événements insignifiants en apparence, la racine philosophique d\u2019erreurs philosophiques telles que l\u2019astrologie, ou le scandale provoqué par les rites superstitieux des païens.Ces pages de saint Augustin offrent au lecteur moderne une présentation très vive de cet aspect pour ainsi dire familier de ce Docteur incomparable, et l\u2019introduisent à une intelligence mieux éclairée de sa doctrine.A .-M.P.56 L ESPRIT DES LIVRES R.P.Gerleau, O.P.« Le Rosaire dans le Royaume de Dieu ».Paris, P.Lethielleux, éditeur, 1952.Un volume in-8, 64 pages.Il est peut-être trop vrai qu\u2019à force de charger le chapelet d\u2019intentions utiles on en a fait comme une sorte de formule magique d\u2019impétration.Pour lui redonner sa signification véritable, il faudrait le considérer comme une partie du Rosaire et une prière contemplative à la portée de tous les fidèles.C\u2019est à cette fin que l\u2019auteur offre dans ce petit livre quinze méditations relatives à chacun des mystères du Rosaire.Celles-ci s\u2019alimentent aux données scripturaires de l\u2019Ancien et du Nouveau Testament.Ainsi la connaissance des grands événements de la vie du Sauveur et de sa Mère permet de comprendre selon la mesure de l\u2019esprit humain les mystères du Royaume de Dieu et de s\u2019y établir par la foi et l\u2019amour.Jeati-L.Reid, O.P.« La sainteté de la Mère de Dieu, par Mgr !8oubigou.les chanoines Blond et Catta et les RR.PP.Gerleau, O.P.et Holstein, S.J.Collection « Présence du Catholicisme », Paris, Féqui, 1951.Un volume in-8, 120 pages.On trouvera dans cet ouvrage l\u2019essentiel de douze leçons professées sous la direction du Centre d\u2019Etudes et de Recherches Mariales d\u2019Angers au cours de l\u2019année 1951.Cinq théologiens se sont appliqués à l\u2019étude d\u2019un thème unique : la sainteté de la Mère de Dieu.Ils ont cherché à en retracer les indications dans l\u2019Ecriture, chez les Pères et dans la Liturgie ; à partir de ces fondements, ils ont considéré divers aspects de la sainteté de Marie en fonction de sa virginité, de sa maternité, du rôle de l\u2019Esprit-Saint, de son privilège d\u2019immaculée, de ses vertus, de ses mérites, de ses souffrances, de sa prière et, finalement, de son Assomption qui en constitue le couronnement.Ces études, quoique rapides et de caractère doctrinal, demeurent cependant de lecture facile.Elles consolent de tant de mièvreries que l\u2019on distribuent encore aux fidèles et qui, au lieu de provoquer la dévotion à la Vierge, contribuent à l\u2019affadir sinon à la rendre détestable.J.-P.R.Bernard Olivier, O.P.\u2014 «La Main offerte ».Editions du Cfudet, Lyon, 1932.18 cm.124 pages.Face à la crise des vocations religieuses, le Souverain Pontife adressait dernièrement des reproches amères « à ceux qui, prêtres ou laïques, prédicateurs, orateurs ou écrivains, n\u2019ont plus un mot d\u2019approbation ou de louange pour la virginité vouée au Christ ».Paula Hoesl n\u2019est sûrement pas du nombre de ces écrivains que visent ces sévères avertissements de notre Chef de Rome.Son petit roman, La Main offerte, replace la vocation religieuse dans une lumière vive et franche qui va droit au cœur de nos adolescentes.Elle ne minimise en rien la grandeur et la noblesse de l\u2019amour humain, mais elle fait voir «une étoile au grand large» beaucoup plus belle et plus brillante, celle du don total à l\u2019amour, à l\u2019amour sans partage.L\u2019auteur écrit dans une langue simple et forte.Elle connaît à merveille l\u2019âme de nos jeunes d\u2019aujourd\u2019hui.Son livre chante la joie, la vraie : celle du dévouement et du don de soi.« La joie n\u2019est pas le bonheur.La joie c\u2019est la plénitude, le sentiment d\u2019être à sa place.Elle peut être même dans le sacrifice ».Il faudrait répandre ce roman court et facile à lire.Même si, cela va de soi, toutes les jeunes filles ne sont pas appelées à la vocation religieuse, il importe que toutes sachent que la religieuse « ne renonce aux amours humains que pour mieux se consacrer à l\u2019Amour » et qu\u2019il n\u2019y aura jamais trop de « mains fraternelles pour rompre aux malheureux le pain de l\u2019Amour du Christ ».Elles comprendront mieux alors la beauté et la grandeur du geste de celle « qui met sa main dans la Main offerte ».Laurent Gay, O.P.Eugène Falardeau \u2014 « Amour ».Recueil de poèmes publié par l\u2019auteur : 95, rue Laval, Hull.18 cm.80 pages.Amour, le plus récent ouvrage d\u2019Eugène Falardeau, est une œuvre d\u2019art d\u2019une belle facture.Le poète y laisse chanter son âme éprise d\u2019idéal et de beauté, en des vers où se révèlent la sûreté du métier et l\u2019originalité de l\u2019inspiration.Une inspiration mariale domine dans ce recueil.Le chrétien célèbre sa Dame en des vers ciselés comme une fine dentelle : Douce Vierge Marie, Porteuse de la Vie, Semence de beauté, Porte du Ciel, ave ! L\u2019âme du poète brûle de Foi, d\u2019Espérance et de Charité dans les beaux poèmes qui s\u2019intitulent Prière, Amour, Les trois paroles de saint François, Assumpta est, Prière à Marie.La pièce la mieux réussie du recueil est Bénédiction.Ici un souffle puissant nous enlève sur la montagne des Béatitudes.Voici l\u2019un des dix-neuf quatrains du poème : 60 L\u2019esprit des livres Soyez béni, mon Dieu, dans vos saints et vos anges.Dans toute votre gloire, unique Majesté ! Accordez-moi, Seigneur, de chanter vos louanges Dans votre paradis, pendant l\u2019éternité ! Par contraste, A Satan est d\u2019un réalisme presque noir.L\u2019atmosphère coutumière de l\u2019inspiration d\u2019Eugène Falardeau se teinte d\u2019une douce mélancolie, sorte de nostalgie de la céleste Patrie.Ainsi, ces vers n\u2019ont-ils pas la grâce charmante d\u2019une Vierge de Fra Angelico : Belle Vierge morose, Oui, je veux réparer, Je veux de votre rose Pour Jésus me parer ! Gomme on le voit, la poésie n\u2019est pas un vain mot pour notre poète qui trouve le meilleur de son inspiration au pied de la croix : Salut, ô Croix, espoir unique, notre Reine ! Je comprends les feux de tes bijoux nouveaux.Salut, sœur de la nuit étoilée et sereine Qui brille chaque jour au-dessus des tombeaux ! Elie Goulet En collaboration \u2014 « La vie franco-américaine en 1951 ».Imprimerie Ballard & Frères, Manchester, 1952.24 cm.408 pages.Ce volume a été recensé dans la « Revue Dominicaine » d\u2019avril 1 952, page 184.En collaboration \u2014 « Association canadienne des Bibliothécaires de langue française ».Bibliothèque de l Université de Montréal, 1955.27 cm.174 pages.Ce volume contient les discours, allocutions, communications et rapports présentés au Ville Congrès de l\u2019A.C.B.F., tenu à Sherbrooke, du 11 au 13 octobre.Sous ce thème : Bibliothèque et éducation est passée en revue la fonction éducative des bibliothèques jusque dans ses conditions les plus pratiques.Un volume utile parce que instructif.Mgr Ronald Knox \u2014 « Richesses de I Ancien Testament ».Desclée de Brouwer, Paris, 1955.20 cm.188 pages.Fils d\u2019 un évêque anglican, élève particulièrement remarquable de Eton et de Balliol College d\u2019Oxford, Ronald se convertit au catholicisme en 1917 et dès 1920, il était nommé aumônier des étudiants catholiques d\u2019Oxford.En 1939, il s\u2019adonna exclusivement à la traduction anglaise de la Vulgate.Le livre qu\u2019il offre aujourd\u2019hui au public, dans une traduction 61 Revue Dominicaine française élégante et riche, comprend 18 instructions de retraite tirées des événements les plus significatifs de l\u2019Ancien Testament et les plus propres à éclairer la conscience de nos contemporains.Que le déluge représente l\u2019orgueil des créatures, Abraham l\u2019obéissance, la Manne la Sainte Eucharistie, Saül la réprobation, etc.l'âme chrétienne y trouve une lumière forte qui jaillit de l\u2019Ancien Testament sur les erreurs de notre temps.Cette voix de Dieu qui retentit à travers les siècles, à qui veut l\u2019écouter et lire ce livre, redonne à l\u2019homme sa vraie grandeur.A.L.En collaboration par R.Aubert, L.Bouyer, L.Cerfaux, Y.Congar, A.Dondeyne, A.Léonard, J.Masson, A.Molitor, B.Olivier, H.-D.Robert \u2014 « Tolérance et communauté humaine » (Chrétiens dans un monde divisé).Collection «Cahiers de l\u2019Actualité religieuse», Casterman, Paris-Tournai, 1952, un vol.14.5 x 21.5 cm.248 pages.Cet ouvrage est le premier d\u2019une collaboration nouvelle dirigée par les Dominicains de La Sarte-Huy et paraissant sous le titre de Cahiers de rActualité religieuse.Le problème étudié ici est un de ceux qui ne peuvent être résolus qu\u2019à la condition de faire état des conditions réelles dans lesquelles le chrétien de notre temps doit accepter de vivre.A mesure que s\u2019abolissent les distances matérielles, les convergences vers l\u2019unité de la communauté humaine s\u2019accentuent de jour en jour.Dans ce monde divisé mais dont les frontières se resserrent sans cesse, le catholique peut-il encore se tenir à l\u2019écart ?Pour ne point sacrifier à un dangereux libéralisme, devra-t-il refuser d\u2019entrer loyalement dans le jeu et de collaborer effectivement à l\u2019édification de la cité communautaire ?C\u2019est à cette question que répond le présent volume, avec une profondeur et une clarté qui peut-être jusqu\u2019ici ne lui avaient pas été appliquées.On y trouvera les faits et les principes capables de faire tomber bien des intransigeances qui trop souvent masquent un défaitisme inavoué.J.-L.Reid, O.P.F.M.Braun ^ « La Mère des fidèles » (Essai de théologie joannique).Collection « Cahiers de l\u2019Actualité religieuse », Casterman, Paris-Tournai, 1955.Un volume 14.5 x 21.5 cm.200 pages.C\u2019est principalement aux exégètes de la Bible et aux théologiens que cette étude s\u2019adresse.Toutefois le lecteur même étranger aux disciplines de l\u2019interprétation scripturaire peut recevoir aisément les conclusions formulées par l\u2019auteur au terme des recherches qui ont servi à les dégager.Il ne s\u2019agit point à vrai dire d\u2019un pur assemblage de textes joanniques ayant trait à la Vierge Marie ; l\u2019intention de l\u2019ouvrage est d\u2019introduire à la connaissance de la Mère des Fidèles à travers la théologie même de l\u2019apôtre saint Jean.Conformément aux directives de l\u2019encyclique Divino afflante 62 ¦ L\u2019esprit des livres Spiritu, l\u2019emploi de l\u2019exégèse littérale porte ici des fruits remarquables et c\u2019est par cette voie que l\u2019auteur établit comment la doctrine mariale n\u2019est point le produit d\u2019un ferment monophysite mais se fonde sur les données de l\u2019Ecriture et d\u2019une manière plus profonde dans l\u2019œuvre du Disciple qui reçut le privilège d\u2019entrer dans les secrets du Seigneur et de sa Mère.On reconnaîtra dès l\u2019abord l\u2019intérêt de ce livre et il faut souhaiter qu\u2019il serve à rendre plus vraie la dévotion des fidèles envers celle qui est leur Mère.J.-L.Reid, O.P.Abbé Henri Delsaute « Le mystère de l\u2019unité et du divin retour ».Préface du chanoine Jean Vieujean.Casterman, Paris-J ournai, 1951, un volume 14.5 x 21.5 cm.286 pages.Cet ouvrage ne se présente point comme un exposé didactique dans la forme des traités de théologie.Le caractère enthousiaste des réflexions ou des méditations ne nuit cependant ni à leur profondeur ni à l\u2019exactitude de la dialectique qui leur est sous-jacente.Dépassant le plan des formules, l\u2019auteur réussit à ouvrir sur les réalités surnaturelles des perspectives selon lesquelles celles-ci apparaissent davantage présentes, intimes et tout ensemble universelles et personnelles.Le Christ est la Voie du retour à l\u2019unité en Dieu.C\u2019est sur cette voie unique que tous les hommes doivent se rencontrer pour aller au Père.Cette vérité est au centre de la doctrine chrétienne.Elle est ici développée de manière à montrer le rôle essentiellement sacerdotal du Seigneur, rôle qu\u2019il continue de jouer jusqu\u2019au retour glorieux à la fin des temps.Le mérite de ce livre est principalement de rendre accessibles des données théologiques le plus souvent réservées aux plus hautes spéculations.J.-L.Reid, O.P.Jean Bruneau « Amours, Délices et Orgues ».Institut Littéraire du Québec, Québec, 1955.177 pages.Dans notre monde où « la littérature noire » est à la mode, un livre amusant comme celui de Jean Bruneau fait l\u2019effet d\u2019un coup de brise fraîche.La plume du pasticheur est souvent aussi cruelle que le crayon du caricaturiste.Mais pourquoi l\u2019auteur se contente-t-il trop souvent d\u2019une transcription presque littérale de ses modèles au lieu de les exposer sous la loupe de son observation ?Jean-Charles Harvey ,\u2014 « Les Paradis de Sable ».Roman.Institut Littéraire du Québec, Québec, 1955.242 pages.L\u2019auteur se sent mal à l\u2019aise entre les idées de son roman et les personnages qui les incarnent.On se défend mal contre l\u2019agacement de ce style immortellement adolescent.65 Revue Dominicaine R.P.Louis-B.Geiger, O.P., lecteur en théologie (Le Saulchoir), docteur en philosophie (Institut catholique de Paris), professeur aux facultés canoniques du Saulchoir (France) \u2014- « Le problème de I amour chez saint Thomas d Aquin ».Conférence Alhert-Ie-Grand 1952, Montréal, Institut d Etudes médiévales.Paris, Librairie Vrin, 1952, 131 pages.« C\u2019est le mérite du P.Rousselot, S.J., d\u2019avoir attiré, il y a près d\u2019un demi-siècle, l\u2019attention des historiens sur le problème de l\u2019amour au moyen âge.Il a cru pouvoir distinguer, à cet égard, chez les théologiens des Xlle et XlIIe siècles, deux conceptions opposées.La première, qu\u2019il appelle la conception physique, (qui).pourrait encore s\u2019appeler la conception gréco-thomiste.Nous trouvons en face d\u2019elle la conception extatique » (pp.12-13).« Mon intention n\u2019est pas de discuter l\u2019ensemble de la thèse du Père Rousselot.J\u2019en retiendrai seulement ce qui a trait à la pensée de saint Thomas et je voudrais vérifier si la conception physique de l\u2019amour, telle qu\u2019elle est présentée ici, traduit vraiment la pensée du Docteur Angélique.Il me faudra donc exposer tout d\u2019abord et critiquer avec quelque détail la construction du Père Rousselot avant d\u2019en apprécier la fidélité à la pensée de saint Thomas» (p.16).Revue mensuelle publiée à St-Hyacinthe, P.Q.ABONNEMENTS : CANADA : $3.00 ; ÉTRANGER : $4.00 ; AVEC LE ROSAIRE : 50 SOUS EN PLUS ; LE NUMÉRO : $0.30 ; ABONNEMENT DE SOUTIEN : $10.00 DIRECTION: 3500, AVENUE LAVAL, MONTRÉAL-18 ADMINISTRATION : 5375, AV.NOTRE-DAME DE GRÂCE, MONTRÉAL-28 «Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa» La Revue n\u2019est pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique 64 "]
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