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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1951-10, Collections de BAnQ.

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Spéciat.ité : Bagues de Fiançaii.t.es = Marcoux, René, 37, de la Couronne, Tél.4-8722, Québec, P.Q.Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, prés., CR.2167, Mtl.Chaussures :\tn Leclerc, Georges, 41 %, St-Joseph, Tel 4-2380 .Quebec, P.Q.Létourneau, Emile, 96, de la Couronne, Tel.3-7403, Quebec, P.Q.Rousseau, J.E., 317-a, St-Joseph, Tél.3-0100 .Quebec, P.Q.Roy & Roy, 10-B, St-Joseph .Lauzon, P.Q.Chirurgien-Dentiste : Trottier, Dx Jean, 37, St-Eustache, Tel.3-6675 .Quebec, P.Q.Cierges.Chandelles, Bougies : 17.\t______ T\tNntrp-Dame PL.9467.Montreal Cire à Plancher Liquide et en Pâte Les Produits Sylvia Enrg., 1 QH\tCormviîccaîVPS HPA1\tHnoW Compliments : Compliments d\u2019un ami : C.et G.Compliments d\u2019un ami : J.E.S.Compliments d\u2019un ami : J.B.R.et Cie Inc.Compliments d\u2019un ami : P.Compliments de J.M.Compliments d\u2019un ami : O.S.-P.Don d\u2019un ami : L.T.J.P.Laberge Enrg.Un ami de la Revue.Un ami de la Revue : A.D.& Fils Ltee.Québec, P.Q.Québec, P.Q.Québec, P.Q.Comptable Agréé :\t^ ,,\t\u201e _ Turgeon, Paul, 852, St-Vallier, Tél.4-7426 .Quebec, P.Q, Comptable Public Enrg.: Juneau, Gaston, 1320, 1ère avenue Limoilou, Tel.5-5501, Quebec Confection et Réparation de Chapeaux pour Dames : Le Papillon d\u2019Or (Mlle Jeanne d\u2019Arc Emond), clTûop Toi 9-A314 Onphpc.P.Confection pour Dames : Gil Houde Enrg., 84, D\u2019Artigny, Tél.3-8714 Québec, P.Q.CONTRACTEURS : (Construction de Chemins et d\u2019Édifices Pubt.tcs) : Les Entreprises Lechasseur Ltée .Mont-Joli, P.Q.CONTRACTEURS - ÉLECTRICITÉ - CHAUFFAGE - Constructions, Démolition, Matériaux à Vendre : Tétrault Frères, 1200, Av.de l\u2019Eglise, Tél.TR.6611-6612, Mtl.Courtiers : Lagueux & Desrochers Ltée, Casier Postal 218, 105, Côte de la Montagne, Tél.2-8271, Québec, P.Q.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre : Côté, Valère, Inc., 325, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Bois de Pulpe et Bois de Sciage : Coulombe, J.A.& Cie Ltée, 126, St-Pierre, Tél.2-1533, Québec Bois et Matériaux de Construction : Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 ouest, N.-Dame, WI.6118, Mtl.Courtiers D\u2019Obligations : La Corporation de Prêts de Québec, 132, St-Pierre, C.P.68, Tél.2-4765, Québec, P.Q.Courtiers en Immeubles & Assurances : Leroux, O., 525, 3e avenue, Tél.4-3836 .Québec, P.Q.Thibodeau, L.P.R., 325, boul.Charest, Tél.2-8115 .Québec V BONNES ADRESSES A CONSULTER Couvreurs : Falardeau, Eugène Ltée, 141, Dorchester, Tél.5-9677 .Québec Crème Geacée \u2022 Crémerie Mont Blanc Enrg., 149, Renaud, Tél.2-6841 .Québec Députés : Bernard, Robert, 12, Marier, Drummondville, P.Q.Bernatchez, René, agronome, St-Flavien, Co.Lotbinière, P.Q.Blanchard, J.-L., notaire, Ste-Thérèse, Co.Terrebonne, P.Q.Cossette, Philippe, notaire, Causapscal, Co.Matapédia, P.Q.Desjardins, Gérard, C.P.260, Maniwaki, P.Q.Fleury, E., M.A.L.(Cultivateur), St-Léonard d\u2019Aston, P.Q.Fox, C.J.W., Foster, Co.Brome, P.Q.Gérin, Denis, Coaticook, P.Q.Lévesque, J.R., M.A.L., prop.(Epicerie Moderne Enrg.), Ste-Anne des Monts, Co.Gaspé-Nord, P.Q.L\u2019honorable T.Labbé, M.A.L.(Epicier en Gros), 644, Notre-Dame, Tél.89, Thetford-Mines, P.Q.Lizotte, Dr Fernand, M.A.L., St-Jean-Port-Joli, P.Q.Ouellette, Pierre, 108, La Salle, Baie Comeau, P.Q.Plourde, Alfred, M.A.L., Mont-Carmel, P.Q.Rémie, J.G., Assurances, Huntingdon, P.Q.Directeurs de Funérailles : Cloutier, Charles Enrg-, 174, D\u2019Aiguillon, Tél.5-6210, Québec Thibault, J.P.Enrg., 9, Commerciale, Tél.131 .Lévis, P.Q.ÉDITIONS : Editions du Lévrier, 5375, Av.N.-D.de Grâce, WA.0369, Mtl.ÉLECTRICIENS \u2014 LAVEUSES, ETC.: Gravel Electrique, 511, 1ère avenue, Limoilou, Tél.3-7371, Qué.Simard Electrique Enrg., 317r, 3e rue, Tél.3-7701, Québec, P.Q.Entrepreneurs-Constructeurs : Lambert, F.-X., 14, Place d\u2019Aiguillon, Tél.2-8588, Québec, P.Q.Entrepreneurs Électriciens : Asselin Electrique, 317-B, de la Canardière, Tél.3-2002, Québec Latulippe, J.-P., 124, Bayard, Tél.2-7644 .Québec, P.Q.Poulin & Fils Enrg., 592, 1ère avenue, Limoilou, Tél.4-2706, Québec, P.Q.Sylvain, Lucien, 92, Ste-Agnès, Tél.2-2987 .Québec, P.Q.Entrepreneurs-Couvreurs : Bureau, Antonio, 240, boul.des Capucins, Tél.6334 .Québec La Rue, D.Ltée, 5, Centre Industriel, St-Malo, Tél.3-7500, Qué.Entrepreneurs Généraux : Bédard Albert, 375, Dorchester, Tél 2-3623 .Québec,\tP.\tQ.Bilodeau, Ltée, 82, Richelieu, Tél.2-1143 .Québec,\tP.\tQ.Deslauriers, A.& Fils Ltée, 68, Lalemant, Tél.5-8157, Québec Dubé et Dubé, 14, Place d\u2019Aiguillon, Tél.3-8322,\tQuébec,\tP.\tQ.Lambert, J.-O., 6, Garagonthier, Tél.4-4498\t.\tQuébec,\tP.\tQ.Lamontagne, F.-X., 411, boulevard Charest, Tél.3-0590, Québec Les Entreprises Bergerville Ltée, 111, Côte de la Montagne, Tél.2-5268, Québec, P.Q.Parent & Gosselin Enrg., 270, des Oblats, Tél.3-5875, Québec Exteepeesede \u2014 Joints de Gtpeoc - Tirage de Joints : Tremblay, Paul-Arthur, 1086, Defondville, Tél.2-6104, Québec Entrepreneur de Menuiserie Générale : Bégin, Alphonse, 275, 13e rue, Limoilou, Tél.4-3980 .Québec Entrepreneurs de Pompes Funèbres : Bureau, J.H., 2, Durocher, Tél.5-5298 .Québec, P.Q.Épiciers : Pakenham Enrg.975, 3e avenue, Tél.2-5681 .Québec, P.Q.Épiceries en Gros : Lamarche, J.H.Enrg., 5345, Ferrier, Tél.CR.2155, Montréal Letellier, J.-B.-E.Inc., 112, Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec Rioux & Pettigrew, 48, St-Paul, Tél.2-1212 .Québec, P.Q.Ferronnerie D\u2019Art : Les Frères Lebrun, 456, Niverville .Trois-Rivières, P.Q.Marchand, Adélard, 68, St-Vallier, Tél.2-2370, Québec, P.Q.Ferronnerie en Gros : Demers, J.L.Ltée, 57, Commerciale, Zone 5-1070 \u2014 Québec, 5-5177, Lévis, P.Q.Fleuristes : Gardenia Enrg., 107, St-Jean, Tél.4-2128 .Québec, P.Q.Fourrures\u2022 Alain, P.A.Ltée, 203, St-Joseph et 79, de 1 Eglise, 5106, Qué.Bernard, Léo, 810, St-Vallier, Tél.3-1329 .Québec, P.Q.Jobin, Arthur, 96, St-Joseph, Tél.5-9016 .Québec, P.Q.Fourrures, Haute Qualité, Réparation, Voûte : Nadeau, J.-O., 297, Sainte-Foy, Tél.2-6429 .Québec, P.Q.Sanfaçon, Honoré, 264, St-Joseph, Tél.5-7419 .Québec, P.Q.Turcotte, N.-Geo., 201, boul.Charest, Tél.4-1459, Québec, P.Q.Garage \u2014 Réparations Générales :\tQuébec Garage Paradis Enrg., 78, D'Aiguillon, Tel.2-8777 .Quebec Garage \u2014 Réparations Générales de Garrosseries d\u2019Automobiles :\t_ Beaulieu & Filion Enrg., 207, Ste-Hélène, Tél.2-2256, Quebec ^rldette?Amédée, 45, Franklin, Tél.3-2828 .Quebec, P.Q.Garage Cloutier, 93, boul.Langelier, Tel.9034 .Quebec, P.Q.Grains, Foin, Ferronnerie.Peinture, Etc.Corriveau, A., 1742, Chemin St-Louis, Tél.4-3933 .Quebec Grains, Moulées, Provisions : Larochelle & Fils Inc., 65, St-Roch, Tel.5-7494 .Quebec, P.Q.HOChâtSeau Champlain, 401, St Paul Tél 2-2061 .Québec P.Q.Hôtel Louis XIV Ltée, 3, Place Royale, Tel 2-0228 .Quebec Hôtel Montcalm, Inc., 161, St-Jean, Tel.2-1287, Quebec, P.Q.Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de Piété : Génin, Trudeau et Cie, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montreal lMP Médéric^Parent, 504, St-François, Tél.3-1252, .Québec, P.Q.Ingénieurs-Conseils : Demers, Georges, 71, St-Pierre, Tél.3-6736 .Quebec, P.Q.Langlais, Zachée, 105, Côte de la Montagne, Tel.3-6661, Quebec Ingénieurs Constructeurs : Komo Construction Ltée, 1500, St-Vallier, Tel.2-6839, Quebec Institutrice :\t.\t\u201e ,,\t^ n Sturton, Mlle Ethel, 93, Crémazie, Tel.5-9571 .Quebec, P.Q.Instruments de Musique : RrftHrîtrnp Wilfrid.37.Ch.Ste-Foy, Tel.5-6888, Quebec., P.Q Laboratoire Farley \u2014 Hull, P .Q.= Fabricant des \u2014> Les Jogues, les Brébeuf et les autres, et qu i! lui faut se réjouir de cette joie dont lui fait cadeau par ces mille feux éclairant la nuit, avant même d avoir fait connaissance, ce peuple qui se dévoile tout à coup comme une joyeuse bande de frères ! Expression enfantine d une foi profonde I II faut à I homme, pour recouvrer ainsi et maintenir une transparence d enfant, une foi dont la profondeur autorise en la moindre rencontre des journées quotidiennes un jaillissement de source, et ce n\u2019est pas le moins saillant des traits du visage canadien, I un des moins capables de créer cette communion avec I habitant de la vieille terre des calvaires, des clochers ciselés et des cioix de chemins, que cette affirmation qui vous prend à l\u2019âme et vous saisit soudain : Canada français, terre de chrétienté ï et fils de la fille aînée de I Eglise de Dieu I Noblesse oblige ! Et s\u2019il est doux à un fils de France de l\u2019avouer dans la certitude absolue de dire vrai, serait-ce donc trop dire que de parler d une « vocation » >\u2014< et combien actuelle ^ du Canada français ?142 Vocation du Canada français Beaucoup de problèmes ne se posent point ici comme ils se posent en France, mais il suffit qu\u2019ils se posent pour éveiller I attention et inciter à compréhension.Au triple plan de la pénétration catholique, de I équipement social, de l\u2019essor culturel, le Canada français a son mot à dire et ce mot ne va pas sans grandeur.On vient d\u2019évoquer la permanence de la foi canadienne et de son expression populaire.Catholicisme de tradition, il faut en faire, sous le choc inévitable des courants contraires dont certains, hélas ! \u2014 on pense à la marée incoercible de 1 Existentialisme sont issus de France, il faut en faire, pour 1 élite montante et qui ne peut pas ne pas prêter 1 oreille aux échos de ce siècle, ne pas vibrer aux désirs fous d\u2019indépendance et de « libération » qui sont un des traits dominants de l\u2019heure, il faut en faire, oui, un catholicisme de conviction.Le dire est devenu banal.Encore faut-il savoir ce qu\u2019on veut dire par là, car I opposition, trop facile, de ces termes : tradition-conviction, peut autoriser une démission, voire : mener à la trahison.Si la France d aujourd hui, dans ses Institutions, n\u2019est plus chrétienne, la faute en est, c est indiscutable, à l\u2019attitude paresseuse des masses catholiques du Grand Siècle endormies dans le doux sommeil d\u2019un conformisme d Etat i\u2014 la religion catholique était alors religion nationale r- sourd aux appels, pourtant urgents de « l esprit nouveau », aveugle sur les tendances, dont beaucoup étaient légitimes, des jeunes dirigeants des classes indépendantes françaises, ces classes qui n ont 1 air de rien et qui, en France, ont toujours décidé de b avenir du pays.La Révolution et le bon marché des « traditions » dont elle est responsable reste le fait d une jeune élite intellectuelle, avertie des malheurs du peuple, scandalisée, le mot n est pas trop fort, de I aveuglement parfois vénal des gens d Eglise, lassée de se voir constamment brimée dans ses aspirations les plus vraies à une certaine liberté de la parole et de la pensée, étouffant sous le couvert par trop « paternel » d\u2019un traditionalisme satisfait de lui-même, inerte et béatement souriant, se rebiffant, enfin, irrémissiblement, sous le coup de rappels à 1 ordre intempestifs et souvent inintelligents.La « Tradition » est affaire vivante et qui doit à chaque instant puiser en son propre fonds de quoi s adapter 143 Revue Dominicaine aux demandes du siècle et au besoin inventer formes nouvelles et institutions meilleures, au revers des traditionalistes, ruineux et morts dans leur volonté désuète de maintenir à tout prix un conformisme, religieux ou autre, dont la poussée de la vie s est déjà chargée de démontrer qu\u2019il était dépassé.Le jeune Français d aujourd bui dont Taction catholique est volontairement décidée, retrouve, aussitôt qu il s\u2019engage, les vraies valeurs de « tradition » que les traditionalismes, depuis bien des lustres, avaient perdu de vue I Sous 1 opposition : tradition-conviction, c\u2019est donc la mort qu\u2019on oppose à la vie et, pour éviter toute équivoque, mieux vaudrait opposer sans doute routine inintelligente et superficialité à profondeur lucide et engagement.Déclarer qu il faut faire, qu il est urgent de faire, ici comme en France, d un catholicisme de « tradition » un catholicisme de « conviction », c est dire au catholique canadien, comme au catholique français, qu\u2019il lui faut passer, au plus vite, d\u2019un état qui risque d\u2019être sommeillant et routinier, mortel en un moment où les options à faire sont pressantes et graves, au stade clairvoyant et ferme de ce qu\u2019on appelle aujourd hui, en France, avec toute la saveur compromettante du terme : un homme « engagé ».Religion assise et confortablement installée s opposera toujours à religion vécue et qui refuse, sur terre, de se croire « arrivée ».Quant au catholique « engagé », en communion d\u2019âme et de vie avec ce que tradition et hiérarchie recèlent ou assurent de plus dynamique, de plus vivant et de plus vrai, il fera plus ou moins figure, que voulez-vous, comme le Christ lui-même, de trouble-fête et de signe de contradiction dans son refus de tout marchandage et des compromissions offertes ou simplement dans sa volonté de ne point se taire.Ici comme en France, et pour les mêmes raisons, il faut, pour beaucoup, faire passer en valeurs d engagement, de conviction, le fonds essentiellement précieux des « traditions » catholiques.Mais il doit être moins difficile qu\u2019en France d esquisser le passage nécessaire et d\u2019en assurer le succès, car tout, au Canada français parle profondément catholique.Et si l\u2019Eglise, présente aux moindres rouages de l\u2019organisme délicat du pays, est une force nationale, ce 144 Vocation du Canada français qui risque aussi d\u2019être pour elle, parfois une faiblesse, elle est, incontestablement, une immense force morale.La montée des jeunes se fait dans le sens de cette attente ; elle est vigoureuse et forte, certes, et si elle connaît, ici ou là, F impétuosité un peu turbulente qui entend ne composer avec aucun conformisme, n\u2019y a-t-il pas là, aux yeux prévoyants de la Mère-Eglise, en face d\u2019une civilisation dangereusement matérialisée, montant du Sud et importée de 1 Ouest, dont le rapport Massey nous avertit qu elle est peut-être plus menaçante que jamais, un signe indiscutable, prometteur pour demain, d un christianisme de cboc dont la jeunesse renouvelée saura maintenir haut et pur, au sein de la Hiérarchie, le message d espérance et de dépassement ?De dépassement, oui.Car il est, sur la terre québécoise, un « dépassement » à opérer.Depuis longtemps, bien sûr, il est amorcé et bien des initiatives généreuses s\u2019appliquent à le faire aboutir.Mais il le faut définitif.Je veux parler d une certaine raideur d\u2019allure janséniste, délicate à stigmatiser, plus difficile encore à dépister, mais qui perce parfois dans le comportement du Canadien français et dont il faut à tout prix se débarrasser.II fut importé, avec la religion des ancêtres, comme tant d\u2019autres choses, bonnes et moins bonnes, du catholicisme français du dix-septième siècle, dont il ne faut pas méconnaître qu il battait déjà pavillon des Messieurs de Port-Royal ! La vague révolutionnaire a contribué alors pour une part qui est plus grande peut-être qu on ne le croit dans les desseins de Dieu, à purifier, par la persécution, les intentions du catholique français, I aidant à retrouver, en I obligeant à prendre ses responsabilités, les valeurs efficaces d une foi qui est vie.Peut-être n est-il pas défendu de voir, au Canada, en une certaine conception de la Morale tant soit peu rigide, ici ou là, et plus cartésienne qu elle ne s\u2019en doute dans I énumération de ses dictats et I édification de ses barrières et tabous, une des causes, et pas la moindre peut-être, de l attitude par trop timide du Canadien français devant les initiatives pour ne point dire les audaces \u2014 anglo-saxonnes.A-t-il bien pris conscience, rompant le carcan janséniste, qu il vit non plus sous la loi de la crainte mais de l\u2019amour, et 145 Revue Dominicaine que I amour, pour toujours, a banni la crainte ?Ce n est pas sûr.On rencontre encore trop de gens qui éprouvent je ne sais quelle saveur de pécbé en ce que le Père des cieux, dans le grand Sacrement par lequel les époux, ministres de la grâce, c est-à-dire de Dieu même, qu en se donnant I un à I autre ils se donnent I un par I autre, a pourtant déclaré pur.Trop d incompréhensions subsistent devant la prédication vraie d une Morale chrétienne qui ne sera jamais ni code pénal ni cahier de recettes, mais loi humano-divine de I épanouissement intégral de toutes les ressources humaines, pour qu on n éprouve point le désir de souffler tout bas au cœur du Canadien français le mot libérateur du grand saint Augustin : « Aime donc et fais ce que tu veux ! » L amour, né de Dieu, a des antennes qui ne sauraient tromper : il a, de Dieu, I intuition et sait le sens de Dieu.II faut bien évoquer aussi le problème protestant.La religion du Christ n\u2019est-elle pas catholique, c est-à-dire missionnaire ?Que serait la force de pénétration, la vitalité d un catholicisme qui ne serait plus missionnaire ?Bien sûr, la question protestante serait fort mal posée si on allait la poser comme on la pose en France, comme 1 Œcuménisme français s\u2019est habitué, en ces dernières années, non sans beaucoup d espoirs, à la poser.Trois siècles de luttes sourdes pour la défense opiniâtre de la langue française et des libertés catholiques, ce qui relève en fait du même effort, ont créé un « climat » et durci des positions qu il serait fort dangereux de vouloir « enlever ».Mais, enfin, le Canada reste le pays, le grand pays, des premiers défricheurs français de la terre et I épée d.un Cartier et d un Champlain, leurs relations le confirment en termes magnifiques, frayait la route, avant tout, à la Croix.Le Canadien d aujourd hui n est-il pas descendant de ces hommes à qui il doit son appartenance à la famille française et, du coup, à I Eglise catholique et romaine ?Le Canada catholique et français s arrêterait-il aux frontières du Québec ?II y a un « Ouest », aussi, qui crie vers vous ! Cartier, Champlain et les autres désiraient aller plus avant, avec les mêmes principes de pénétration désintéressée et tranquille, sûre d\u2019elle -même, pour planter plus loin, avec 146 Vocation du Canada français de nouvelles communautés françaises, les traditions de France et la Croix ! A problème missionnaire de conversion de nos frères séparés, de conquête pure et simple du catholicisme dans les grandes plaines de I Ouest, vous vous devez d avoir réponse canadienne et française : regardez à la pierre d\u2019où vous êtes sortis et vous saurez inventer de nouveaux chemins.Vocation missionnaire de toujours, depuis sa première fondation, depuis le premier couvent de Marie de l\u2019Incarnation, depuis la fondation de la Congrégation de la petite sainte de chez nous : Marguerite Bourgeoys, la vocation missionnaire du Canada français est plus urgente, peut-être, que jamais I L\u2019Eglise canadienne a certainement pour mission de réveiller, en cette terre d\u2019Amérique, d\u2019animer, d étendre et d organiser la conquête missionnaire de toutes les brebis séparées, égarées.Noblesse oblige I La France est toujours missionnaire, hors de ses frontières, dans le monde entier, et aussi, hélas I maintenant, sur son propre sol I Mais c est peut-être de toutes ses obligations de fille aînée de 1 Eglise, celle à laquelle elle n\u2019a jamais manqué I Et pourquoi ne pas utiliser en ce but 1 apport de I immigration ?La Bretagne vient encore, cette année, d envoyer au Canada français quelques-uns de ses meilleurs fils.Souffrez qu un Breton apprenne aux Canadiens qu un Breton isolé perd tous ses moyens et n est plus bon à rien.Si vous saviez profiter des qualités magnifiques du cœur et de 1 esprit de la race bretonne, si vous prévoyiez pouvoir compter sur la fécondité surprenante de la famille bretonne, si vous décidiez d éprouver la solidité de la foi et des mœurs bretonnes, c est tout le groupe compact, le village entier, la « paroisse » qui vous arrive ainsi de France qu il faut transplanter tel quel, et installer, avec son curé si possible et son médecin, d un seul coup, tous ensemble, à la même place, en terre canadienne.et ce sera tout de suite une paroisse française, et bientôt canadienne-française, et qui restera canadienne et française, et rayonnera tout à I entour et sa langue et sa foi.Qu importe I endroit : Gaspésie, Saskatchewan, Colombie ou Manitoba.N\u2019oubliez point qu\u2019un Breton seul est sans force mais que dix Bretons sont parfaitement capables de recommencer pour leur propre compte le miracle des ancêtres : dans deux Revue Dominicaine cents ans, là où vous les aurez mis, ils parleront encore, entre eux à la veillée, la belle langue bretonne et toujours le français, et ils seront dix milles, s étant multipliés et ayant appelé en renfort beaucoup de leurs cousins et Dieu sait si, en Bretagne, un Breton se connaît de « cousins » ! Le problème social a, lui aussi, ses données originales et propres.Elles n ont rien de commun avec les conjonctures françaises, politiques et économiques.Le Canada français, dont on peut bien dire qu\u2019il réalise une Société sans classes, où le Marxisme, de ce fait, ne peut sérieusement prendre, s affirme déjà dans I avenir et, pour un Français, si peu averti qu il soit de I actualité urgente des questions sociales, c\u2019est là un grand sujet d envie.1 out, en France, où les frontières de classes sont encore tellement infrancbissables, les niveaux de vie si tragiquement divers et la misère si grande et soigneusement exploitée et entretenue, à toutes fins utiles, aussi bien par communistes que capitalistes, tout est, d\u2019avance, empoisonné par le venin marxiste.Pas d\u2019activités économiques ou industrielles, pas d\u2019initiatives, souvent nouvelles, pas d\u2019engagement de l\u2019Eglise dans le temporel qu elles ne trouvent aussitôt devant elles une position marxiste, avec le risque à courir de paraître collaborer, en s associant sur le terrain des « œuvres », à l\u2019essor des idées condamnées par Elle.Ici, tout est neuf, à construire ; et, devant l\u2019effort industriel qui se dessine et sera sans doute, demain, prodigieux, soulevant alors des problèmes de « classes » et donnant une chance au marxisme qui en a besoin pour s implanter et vivre, des bommes généreux, des cerveaux lucides, ont déjà pris les devants et, à cette beure même, sont en train de préparer avec leur intelligence certes, mais aussi leur cœur, 1 affirmation triomphante d une présence chrétienne dans l\u2019avenir, à tous les échelons des structures sociales.Ce n est pas le moindre titre à la gloire de 1 Eglise canadienne d avoir déjà compté, au sein de la Commission royale cl enquête d où vient de sortir cette admirable chose qu\u2019on appelle le « Rapport Massey », I un de ses représentants religieux les plus qualifiés, fondateur puis animateur depuis des années, en pleine Université Catho-Iique, d un « Institut Social » dont les bienfaits ne se comptent plus et 148 Vocation du Canada français qui, désormais, a fait largement ses preuves.On peut voir qu\u2019ici, demain, l\u2019Eglise sera première partout, ayant ouvert les voies, jeté les bases, posé les jalons de ce qu\u2019on souhaite être pour dans dix ans, vingt ans, cinquante ans peut-être, les bases inébranlables d un grand Etat chrétien et, pourquoi ne pas le dire ?catholique î On surprend de toute part des craquements qui ne sauraient tromper dans la machine protestante et 1 on peut dès maintenant prévoir pour un avenir sans doute encore futur, mais enfin, prévisible, un rôle grandissant du Canada français.C est une vocation qui s\u2019affirme, une vocation de chrétienté, devant laquelle le Français canadien n\u2019a point le droit de se maintenir en complexe d infériorité I Avenir culturel du Canada français ?C en est peut-être I aspect le plus attirant parce que le plus jeune.Ce peuple, sorti de I enfance, ce qui n est pas si commun en terre d Amérique, et qui, avec un grand sérieux, après s\u2019être formé *\u2014> à quel prix souvent, au risque de quelles luttes !\t< aux méthodes et disciplines de travail européennes et spécialement, avec amour, aux traditions les plus pures de la pensée française, est en train de voler de ses propres ailes.Le Rapport Massey, à la fois promesse d avenir lourd de graves espérances et bilan d un passé respectable, est une telle affirmation de vitalité que la reprise de vieilles luttes comme celles qui se déroulèrent autour de la question scolaire, pour 1 indépendance culturelle et nationale, ne baisserait aujourd hui, en ce domaine réservé comme en bien d autres, à considérer certaines propositions législatives sait d avance qu il lui faudrait compter, aux prochaines élections, avec les Canadiens français et que 1 affaire, fatale, serait sans rémission.En un monde où la France est un des rares pays où I on pense encore, on a le droit d être frappé du sérieux, de la justesse et de la sûreté d\u2019engagement, de la hauteur de vues de la pensée canadienne-française.Sans doute la moyenne d âge des maîtres est-elle jeune encore, mais ils forment la génération montante et s imposent dès maintenant, très au delà des frontières, par la profondeur et la valeur de leur enseignement.Qu\u2019il suffise d évoquer I essor prodigieux des Facultés Cathol iques et leur rayon- Revue Dominicaine nement très loin an Sud du continent américain, de rappeler la fondation importante de ces « Instituts » dont le Canadien français a le devoir d être fier : Institut Social de IUniversité Laval ; Institut des Etudes Médiévales et de Psychologie de I Université de Montréal dont la fécondité s avère surprenante et dont certains >\u2014< je pense à ce qu on nomme dès maintenant, en France, I\u2019« Institut Mailloux » /\u2014¦ sont uniques au monde et chargés de promesses, pour se persuader des bienfaits que représente pour I avenir et I extension de la pensée française I apport canadien de cerveaux aussi lucides et de cœur aussi généreux que ceux des grands religieux qui en ont conçu le dessein et s\u2019appliquent journellement à en perfectionner les formes, à en assurer, auprès de tous les groupements scientifiques, un éclat qui ne se dément pas.Si le tempérament anglais, épris de sens pratique, est passé maître dans I art des connaissances empiriques et des collections de cas observés, le Français, lui, a le don de savoir en dégager les constantes et le pouvoir de s\u2019élever aisément au niveau le plus élevé des idées générales et des amples synthèses.De ce qui peut sortir d une intelligente collaboration entre les deux cultures, la Commission Massey vient de se charger de le démontrer de façon éclatante par la mise en librairie des résultats d\u2019un travail de deux ans dont I écho dans le monde ne peut qu être retentissant.Pourquoi, fidèle à cette vocation de lumière, le Canada français, d ici quarante à cinquante ans ne deviendrait-il point, entre les sources américaine et anglo-saxonne, cette source de culture originale que seule peut constituer I inspiration de la pensée française et qui manque encore à la terre d\u2019Amérique ?On souhaite que ce soit le plus tôt possible et I on pense qu il est permis de voir dans le rôle présent du Canada français au plan de la politique mondiale, ce rôle équilibrant et pacificateur entre I effort amé-licain et celui de I Europe, le signe avant-coureur d un très grand avenir.II faudrait que le Canadien français fut bien persuadé que le Canada se voit appeler à tenir, dans l\u2019Amérique entière et peut-être dans le monde, un rôle et une vocation qui sont, pour I Europe, ceux-là même de la France : présence indispensable, nécessaire et indiscutée, d un grand 150 Vocation du Canada français pays où I on pense toujours de façon désintéressée, où I on s attache à toute initiative valable capable d\u2019assurer la Paix et qui sauve, dans un Univers de plus en plus matérialisé, l\u2019affirmation haute et claire de la transcendance de I homme et de sa foi.N est-ce pas le plus beau rôle, ce rôle dont il est particulièrement doux à un cœur français, battant avec le cœur canadien au rythme généreux de la race, de dire qu on pressent déjà, dans le Canada d aujourd hui le dessein s affirmer ?Sa seule excuse, en parlant aux Canadiens d une « vocation » du Canada français, a été d oser dire tout haut ce qu ils vivent tout bas î II faut tenir ferme à la vocation de ce fils de la fille aînée de l\u2019Egl ise de Dieu, et croire à la réalisation magnifique, dans le plus prochain avenir, d un programme tout tracé par le vieux pays chrétien qui a donné, ici, avec le meilleur de ses fils, son sang, sa langue et sa foi : Canada, terre de chrétienté I Collège Dominicain, Ottawa.Benoît Pruche, O.P. Saint Thomas peut-il être actuel?A propos de T Introduction à I étude de Saint Thomas d Aquin du T.R.Père M.-D.Chenu, O.P.1 Il y a moins d un demi-siècle, au plus vif du débat qui opposait partisans et adversaires de la philosophie bergsonienne, Péguy écrivait ces lignes bien connues : « Tout ce qui sera ôté à Bergson ira à Spencer et non pas à saint Thomas.Et une fois de plus saint Thomas n aura rien.Et il n\u2019aura personne.Et il sera comme il était et ce qu il était il y a vingt-cinq ou trente ans, avant I apparition de Bergson : un grand saint dans le passé, un grand docteur dans le passé, un grand théologien dans le passé.Respecté, révéré, vénéré.Sans prise dans le présent, sans entrée, sans cette morsure qui est un phénomène si singulier, sans ce mordant qui seul compte et que nous avons commencé d étudier en nous servant précisément de 1 appareil bergsonien.(Un grand docteur considéré, célébré, consacré, dénombré.Enterré).Essayé et comme épuisé ».Bergson est mort.Péguy est mort, comme sans doute il 1 avait souhaité, « dans une juste guerre, couché dessus le sol à la face de Dieu ».La bataille livrée autour de la philosophie Bergsonienne appartient à I histoire, à une histoire toute proche encore et si lointaine déjà.D\u2019autres philosophies sont nées, dans un monde dévasté par des catastrophes sans précédent et qui ont modifié radicalement les perspectives et les proportions de notre univers mental comme de notre univers politique.Plus encore que la philosophie de l\u2019évolution créatrice elles répandent la conviction que la philosophie ne saurait être un système de vérités valables partout et toujours, qu\u2019il lui faut « ce mordant qui seul compte », mais qu elle n est au fond que l\u2019expression des problèmes que l\u2019homme pose 1.M.-D.Chenu, O.P., Introduction à l'étude de Saint Thomas d\u2019Aquin (Université de Montréal, Publ.de l\u2019Institut d\u2019études médiévales.XI), 831, avenue Rockland : Paris, Vrin, 1950 ; gr.in-8, 305 pages, $3.25.152 Saint Thomas peut-il être actuel ?et des réponses qu\u2019il leur donne en fonction d une situation donnée, individuelle ou collective, et qui dès lors ne saurait être qu unique.Non seulement en fait mais en droit saint Thomas semble donc devoir rester ce « grand docteur dans le passé », autour duquel on pourra continuer à accumuler les commentaires savants, les études historiques, auquel on paiera volontiers le tribut d admiration qu inspire son œuvre et son rayonnement, mais « sans prise dans le présent ».Les théologiens peuvent sans doute avoir intérêt à le consulter, mais sa pensée semble devoir s\u2019enfoncer dans le passé, inexorablement, à mesure que le temps fait naître et emporte les unes après les autres les générations humaines et les réponses qu\u2019elles ont cru pouvoir donner au problème de leur destinée.Un peu comme ces épaves que chaque vague rejette plus loin jusqu\u2019à ce que finalement elles viennent s\u2019échouer sur le sable de la grève.Mon propos ici n\u2019est pas de traiter pour lui-même le grave problème de savoir si oui ou non une doctrine élaborée il y a six siècles peut encore nous offrir un enseignement qui nous concerne tels que nous sommes aujourd\u2019hui, si, en d\u2019autres termes, saint Thomas peut être actuel de quelque manière.De longs développements seraient nécessaires, où il y aurait lieu de se demander tout d\u2019abord si vraiment la différence est telle entre les problèmes essentiels qui préoccupent les hommes des différentes époques et les solutions valables, que plus rien n en subsiste d une époque à l\u2019autre, si 1 homme lui-même, agent autant que sujet de I évolution historique, se transforme à tel point qu il se trouverait aussi différent aujourd\u2019hui de ce qu\u2019il pouvait être hier qu un aérobus I est d une diligence.Si c était le cas, une philosophie qui a « prise dans le présent » serait nécessairement et exclusivement celle qui exprime le présent, la « prise de conscience » du moment historique présent, dont on voit mal ce qu elle pourrait demander à un lointain passé.Si au contraire, comme il est assez vraisemblable, les grandes questions que I homme peut poser et les grandes réponses qu il peut donner ou recevoir ne changent pas plus, pour I essentiel, que les axes où s inscrit 1 existence de I homme entre la naissance, la mort et sa vie éternelle, une philosophie pourra être actuelle 153 Revue Dominicaine sans être née d aujourd hui.Elle éclairera le moment présent à la lumière de ses vérités et de ses valeurs, qui tout en étant immanentes au mouvement du temps, qui ont été découvertes et proclamées par un Iiomme à un moment donné du temps ne sont pourtant pas du temps, ni valables pour un temps seulement, pas plus que les vérités de I arithmétique que I enfant apprend à un moment de sa vie ne sont des vérités d enfant, valables pour les seuls enfants.Mais, encore une fois, mon intention n est pas de discuter ici un si grave problème.Je voudrais, plus modestement, présenter I Introduction à l étude de Saint Thomas d\u2019Aquin du T.R.Père M.-D.Chenu, O.P.Cet ouvrage me semble en effet de nature à donner à notre problème une réponse concrète, susceptible d\u2019ailleurs de contribuer efficacement à sa solution théorique.Si nous admettons si facilement qu\u2019une doctrine du passé ne saurait plus être actuelle, n est-ce pas parce que notre mythe d un progrès continu se trouve soutenu en grande partie par notre ignorance du passé ?Nous nous persuadons si aisément que nous nous trouvons à I extrême pointe d un développement culturel, parce que le progrès vertigineux dans le domaine des techniques nous masque la perte du sens des plus graves problèmes.Ces derniers nous les croyons résolus, ou mieux, définitivement dépassés, parce que nous en ignorons souvent jusqu à I existence.Avant d être autorisé à mettre d un côté le présent et la vie, de 1 autre le passé et la mort il faut savoir ce que le passé a été en toute vérité.Nous croyons savoir ce qu\u2019est le présent.Pour le comparer équitablement au passé, une connaissance au moins équivalente de ce dernier s impose.Quand ce passé est celui de la philosophie, de la théologie, voire de la civilisation chrétienne dans son ensemble, deux méthodes s offrent à I historien.Pour déterminer I influence exercée par une pensée à un moment donné de I histoire, il peut tout d abord tracer le tableau des problèmes, des doctrines, des courants divers qui caractérisent une époque au moment où tel théologien, saint Thomas par exemple, entre en scène, et mesurer ensuite les changements produits par son intervention.Travail Saint Thomas peut-il être actuel ?fondamental, auquel se sont attachés depuis cinquante ans plusieurs maîtres de l\u2019histoire du moyen âge, et qui, sans être achevé, nous a déjà donné, au sujet de saint Thomas, d\u2019excellents résultats.L historien peut aussi, et c\u2019est ce que le P.Chenu a entrepris pour la première fois avec cette ampleur, en utilisant évidemment les travaux précédents, les siens autant que ceux des autres, tenter de dépasser le plan impersonnel des débats doctrinaux pour en faire revivre directement et principalement I un des champions, le montrer à l\u2019œuvre, afin de nous faire voir sortir de ses mains à l\u2019état naissant les travaux où sa pensée ne nous parvient d ordinaire qu\u2019à I état stabilisé.« Se tenir à 1 intérieur même de I esprit de saint Thomas en travail, élaborant et construisant son œuvre » (p.7), tel est justement le propos du P.Chenu.Encore faut-il le bien entendre.On serait vite déçu si on cherchait dans son livre une description psychologique des méthodes de travail de saint Thomas, des anecdotes par exemple relatant sa puissance de concentration et les distractions célèbres qu elle occasionna, la maîtrise quasi totale de sa sensibilité, son travail acharné que la nuit même n interrompait pas.On n y trouvera même pas, ce qui serait cependant fort intéressant, une étude des brouillons, surchargés de ratures et de corrections, qui fort heureusement nous ont été conservés pour certaines œuvres.Et la raison en est que si 1 auteur veut « se tenir à 1 intérieur même de 1 esprit de saint Thomas, élaborant et construisant son œuvre », ce n\u2019est pas pour décrire l acte d élaboration ou de construction, mais pour mieux nous faire entrer dans 1 œuvre elle-même et nous y faire mieux découvrir l\u2019enseignement doctrinal qu elle contient.Aussi bien élaboration et construction doivent-elles nous être restituées à partir de I œuvre elle-même, construite et élaborée, telle qu elle nous est parvenue, à partir surtout de sa « forme », de ce qu\u2019on pourrait appeler son corps par opposition à son âme qui est la doctrine, un peu comme on essaie de connaître par les traits d\u2019un visage ou la forme générale de I organisme le tempérament et les dispositions psychologiques d\u2019un être humain.Que saint Thomas en effet ait écrit peu ou beaucoup, de 155 Revue Dominicaine jour ou de nuit, rapidement ou non, voilà certes des faits intéressants mais qui d aucune manière ne nous donnent accès à la vérité de I œuvre.II n en va pas de même pour la/ orme.Nous le savons pour les œuvres de 1 art, et I exemple de Focillon montre assez de quelle lumière I observation de « la vie des formes » peut éclairer la compréhension des monuments artistiques.Mais il faut en dire autant, toutes proportions gardées, pour les œuvres doctrinales.L\u2019un des beaux enseignements de I histoire n est-il pas justement de nous faire voir que toute grande période de la civilisation qui « a quelque chose à dire » et qui lui soit propre ne se contente pas de recevoir toutes faites les « formes » où elle s exprime.Elle se crée ses propres moyens d expression, son style, qui, tout en traduisant objectivement la pensée, sont sa manière de la dire.Et c\u2019est dans cette manière que se révèlent la situation unique et les réactions particulières à travers lesquelles une période donnée a abordé les grands problèmes qui se posent à I esprit humain.Comme d autre part la création des formes est justement pour une grande part 1 œuvre des grands génies, et que c est dans cette création que se révèle avec une particulière netteté leur personnalité intellectuelle ou artistique, en contact d ailleurs avec la mentalité générale de leur temps, on voit que I observation attentive des formes peut nous livrer tout ensemble quand il s agit de théologie ou de philosophie, avec la vérité, I accent personnel des grands génies dans ce que très précisément ils ont voulu dire, et tout ce qui dans leur manière d\u2019aborder, de discuter et de résoudre les problèmes les unit de façon vivante et actuelle au mouvement culturel de leur temps.« Avec Carlyle, écrit le P.Chenu, nous croyons à la primauté et à I irréductibilité du génie personnel, et saint Thomas en est peut-être le plus saisissant exemple : mais nous savons aussi que la personne est, à la mesure même de son génie, solidaire de la communauté humaine dans laquelle elle se plante » (p.6).La « forme » d une œuvre théologique ou philosophique constitue donc un objet d étude des plus importants pour le théologien et le philosophe.A condition qu on ne se contente pas de I observer du dehors pour en noter la date de naissance, les traits distinctifs, les variations, comme 156 Saint Thomas peut-il être actuel ?nous faisons pour les « formes Je la vie ».Pour ces dernières nous devons nous résigner en effet de classer les variétés, d en établir la répartition géographique ou l\u2019ordre de succession depuis la première apparition de la vie sur notre globe.Nous ne savons pas ce qui au fond s\u2019exprime à travers la multitude prodigieuse de ces formes, tant végétales qu animales.Pour les œuvres des grands théologiens ou des grands philosophes on ne saurait procéder ainsi que si 1 on admettait tacitement que le rapport entre la forme et la pensée qu\u2019elle est chargée d\u2019exprimer est aussi obscur pour nos esprits que celui qui unit la vie aux formes de la vie, à moins qu\u2019on ne soutienne que ce rapport est nul ou purement accidentel, comme celui d\u2019un corps humain et d\u2019un vêtement de confection.L\u2019avis du P.Chenu est entièrement différent et il s en explique clairement.« Tout l\u2019ouvrage est bâti sur la conviction que sont étroitement solidaires, dans leur comportement et dans leur vérité, et donc dans 1 intelligence que nous en pouvons avoir, les œuvres du génie et 1 humanité dans laquelle ces œuvres se plantèrent et portent fruit, au-delà de cette humanité même.Il n\u2019y a pas de fossé, mais au contraire permanente interpénétration au bénéfice de I une et de I autre, entre la vérité de I esprit et les conditions de son élaboration : ces conditions sont donc une efficace voie d\u2019accès à cette vérité, dans l\u2019homogénéité de 1 histoire comme dans I éternité du vrai » (p.6).On peut donc dire en résumé que le P.Chenu se propose de nous montrer comment I étude historique de 1 œuvre de saint T homas peut aider à nous faire mieux connaître la vraie pensée du Docteur Angélique en lui restituant, autant que nos moyens nous le permettent, toute la vie qui fut la sienne au moment même où saint 1 homas, équipé et par là même marqué par son temps, intervenant dans les luttes doctrinales et les tâches apostoliques de son temps, construisit une œuvre qui justement parce qu elle fut élaborée pour les besoins profonds et donc permanents de I Eglise, propose une vérité vivante pour tous les temps.Programme complexe, on le voit, dont la réalisation exigeait autant de compétence que de finesse, autant de savoir historique que de pénétration doctrinale, 157 Revue Dominicaine autant d objectivité que d amicale ferveur pour la personne du grand théologien dominicain.Le nom du P.CLenu, que tant de Canadiens connaissent et estiment, dit assez que I auteur était I un des rares esprits qui de nos jours pouvaient I affronter sans témérité.Pour mener à bien sa tâcbe, I auteur a procédé en deux étapes, qui constituent les deux parties de son ouvrage : L œuvre, c est-à-dire les caractères généraux du travail théologique et philosophique de saint Thomas ; les œuvres, c\u2019est-à-dire la structure, la technique, I esprit de chaque catégorie des écrits qui forment I héritage littéraire du Docteur Angélique.Un premier chapitre fait revivre tout d abord le milieu institutionnel, doctrinal et spirituel qui a formé le génie de saint Thomas.On nous montre la vie studieuse et turbulente des écoles, la transformation, sous la pression des événements, des écoles monastiques en écoles épiscopales d\u2019où sont sorties les universités ; les courants de pensée qui s affrontent dans des luttes souvent vives et dont les protagonistes, défenseurs de I ancien augustinisme et partisans de I aristotélisme envahissant, ont pleine conscience ; le renouveau évangélique, la fermentation spirituelle qui donna naissance à bien des mouvements aberrants, mais dont sont sortis les deux grands ordres mendiants, celui de saint François et celui de saint Dominique ; l\u2019action clairvoyante et efficace de la papauté.Quatre chapitres nous introduisent ensuite dans le détail des techniques et des instruments de travail, théologique et philosophique, du XlIIe siècle.La lectio, I article, la qucestio sont étudiés aussi bien que les procédés de construction, d\u2019analyse et de définition, les méthodes d\u2019exégèse, la langue de la scolastique en général et de saint Thomas en particulier, son origine et les influences diverses qui en expliquent les traits distinctifs ; les ressources de la documentation, le rôle de l\u2019autorité et des autorités avec le conflit latent en toute pensée chrétienne entre 1 histoire qui constitue le cadre même de la doctrine du salut, I histoire sainte, et l\u2019ordre intelligible dont la pensée humaine, celle du XlIIe siècle, autant qu aucune autre, éprouve si vivement le besoin.158 Saint Thomas peut-il être actuel ?Dans la deuxième partie de son ouvrage, en sept chapitres, 1 auteur passe en revue les différents genres littéraires en lesquels se répartit la production de saint Thomas.Tout lecteur tant soit peu familiarisé avec cette dernière sait qu\u2019elle comprend des commentaires, commentaires de l\u2019Ecriture et commentaires d\u2019écrits théologiques ou philosophiques ; des questions disputées et des questions quodlihétiques ; des Sommes, la Somme de théologie et la Somme contre les gentils, enfin les opuscules catégorie d écrits generalement plus courts que la tradition a reunis, en dépit de leur diversité, sous ce titre vague et commode.Mais ce que le même lecteur ne sait peut-etre pas toujours assez, c est le henefice qu il peut et qu\u2019il doit tirer de l\u2019étude des genres littéraires pour une meilleure intelligence de la doctrine elle-même.II risque, faute d une information suffisante, de prêter à tel détail une importance et une signification qu il ne comporte pas, puisqu il ne s agit que d une routine scolaire, de négliger au contraire les grands plans quand ce sont eux tout d ahord, pour les deux Sommes par exemple, qui donnent les orientations les plus décisives en même temps que les plus personnelles, même pour I inter- prétation de la doctrine.II apprendra à ne point utiliser indifféremment les passages empruntés à un commentaire et ceux d un écrit plus personnel.II observera surtout saint Thomas lui-même traitant selon les procédés différents les textes qu\u2019il commente : Ecriture sainte et textes du magistère, ouvrages des théologiens ou des philosophes.Il le verra soucieux jusqu\u2019au scrupule de retrouver le sens authentique des textes, sans jamais laisser pour autant le regard de son esprit perdre de vue les objets, objet de la foi, objet de I intelligence naturelle, qui seuls comptent en définitive.L\u2019œuvre de saint Thomas tout entière s\u2019anime ainsi sous nos yeux.Dans ces formes littéraires qui apparaissent sous leur apparence désuète comme un réseau de barbelés dressant ses pointes autour d une pensée inaccessible, la vie se met à circuler.Nous comprenons leur raison d\u2019être.Nous les voyons appelées par des nécessités culturelles dont on nous fait saisir la signification humaine qui justement les explique 159 Revue Dominicaine et les justifie, en même temps qu elle fait pressentir les dangers de vieillissement et de mort.Il faudrait, au lieu de la présentation scfiématique que nous venons de donner, transcrire des pages entières, les exposés ci ensemble et les analyses de détail, I éclairage historique et les élucidations doctrinales.La pensée de saint Thomas, sans rien perdre de son éclat, s enrichit de toute la vie concrète de I esprit de son auteur, témoin lui-même de la vie ardente d\u2019un des plus grands siècles de la chrétienté.Le génie de saint Thomas nous apparaît ainsi présent tout entier dans les aspects les plus matériels en apparence de son œuvre comme dans ses déterminations les plus importantes, dans le contenu doctrinal de ses écrits, comme dans les modalités souvent négligées de son style ou de la composition, tout de même que 1 originalité d un artiste se trahit par la hauteur de son inspiration, mais aussi par les inventions plus modestes d\u2019ordre technique, porteuses justement de 1 inspiration.Loin d\u2019entraîner la vérité elle-même dans un relativisme général, la méthode suivie par le P.Chenu doit aider au contraire à en faire saisir toute la signification.S il faut distinguer entre des éléments caducs et les valeurs permanentes le discernement devra se faire d\u2019abord à la lumière d une discussion doctrinale.De soi, montrer la vérité vivante dans I esprit qui la conçoit et dans le temps qui la vit paraître ce n est rien en retrancher.C\u2019est lui ajouter une dimension, c\u2019est-à-dire sa figure personnelle et historique qui est effectivement la sienne aussi indiscutablement que sa valeur intemporelle.On ne prétend pas non plus faire de I histoire des formes la seule voie d\u2019accès à la vérité théologique et philosophique, encore moins de faire dépendre la philosophie et la théologie en elle-mêmes de critères historiques.Il s\u2019agit simplement d\u2019enrichir l\u2019une et l\u2019autre par l\u2019apport de la vérité historique, qui, assurément, est d\u2019un autre ordre.Pour certaines tâches cet éclairage historique est moins important.On ne saurait nier que pour faire revivre la pensée de saint Thomas en son allure concrète, les ressources de l\u2019histoire et de 1 étude des formes littéraires avec tout leur conditionnement contingent, ne soient en effet indispensables.« Voir naître et travailler 160 Saint Thomas peut-il être actuel ?un maître théologien, dans un siècle où théologiens et théologie n é-taient pas séparés du monde, de ses conditions, de ses perspectives, de ses techniques, de sa culture, c\u2019est un grand spectacle », écrit justement le P.Chenu.C\u2019est ce spectacle qu\u2019il a voulu nous donner.L\u2019entreprise, certes, comportait des risques que n offre pas le travail de pure chronologie, le dénombrement des citations, des particularités du style ou des sources d\u2019un auteur.Irremplaçables comme instruments de base, de tels travaux demandent cependant finalement à être exploités, c\u2019est-à-dire qu\u2019il faut essayer de retrouver en eux et par eux, dans le respect de leur efficacité comme de leurs limites, la vie de l\u2019esprit qui s\u2019est exprimé par tel style, enrichi ou alourdi, libéré ou asservi par ses sources et les auteurs cités.L\u2019hésitation qu\u2019on peut éprouver à voir un historien s\u2019engager dans cette voie peut s\u2019expliquer par le danger des interprétations subjectives auquel on craint de le voir s\u2019exposer.Cette hésitation se renforce quand on se rappelle combien 1 interprétation des documents est chose délicate.Témoins passifs, les textes ne répondent qu\u2019aux questions qu on leur pose.En sorte que la reconstruction d un milieu historique, qui ultérieurement devra éclairer les textes doctrinaux, est déjà, en partie, fonction de la manière d interroger les documents et de les faire parler.Enfin, et les variations de 1 histoire de la théologie et de la philosophie le prouvent assez, on ne lit pas les textes philosophiques ou théologiques sans posséder déjà une doctrine théologique ou philosophique, avouée ou non.Mais en réalité le risque est exactement le même quand on prétend lire les textes théol ogiques ou philosophiques sans les ressources que nous offre 1 histoire.L^n écrit théologique, même s il se présente sous une forme aussi impersonnelle qu est celle de la Somme théologique, n est jamais identique à un produit anonyme de la fabrication en série, à un frigidaire ou à un poste de radio que n importe qui peut utiliser et que tout le monde utilise de la même manière.Le travail minutieux des commentateurs, leurs interprétations souvent divergentes, suffiraient à le prouver.Que nous le voulions ou non, les écrits des grands théologiens 161 Revue Dominicaine et des grands philosophes feront toujours appel à notre collaboration.Et puisque I auteur n est plus là pour nous indiquer le sens exact de ses expressions, le recours à I ensemble des méthodes historiques s impose de toute évidence si I on veut essayer de retrouver ce qu il a voulu dire, sans justement verser dans un subjectivisme incontrôlable.Nulle garantie ici hors la compétence et la probité de I historien et le degré de sa culture philosophique ou théologique.Le P.Chenu a-t-il réussi à éviter tous les écueils de la méthode ?C est aux travailleurs compétents à en décider.C\u2019est en tout cas l\u2019objet d un débat qui concerne de plus savantes revues.Pour notre part nous croyons, avec tous ceux qui ont rendu compte du présent ouvrage, qu il était difficile d allier à plus de science historique un savoir théologique mieux fondé et plus équilibré.Aussi est-ce bien saint Thomas que nous voyons revivre sous nos yeux, tel qu\u2019il fut : homme de son temps, travaillant selon des méthodes et avec des moyens déterminés, dans un contexte doctrinal déterminé, qui lui pose dans un langage et selon des perspectives déterminés l\u2019énoncé des grands problèmes théologiques et philosophiques.Par là nous est rendu, avec la possibilité mieux assurée de rencontrer l\u2019authentique pensée du Docteur Angélique, l\u2019accent personnel de cette pensée, son actualité, sa prise dans le temps qui fait comprendre 1 influence décisive qu\u2019elle devait exercer sur toute la suite de la pensée chrétienne.La doctrine de saint d bornas, si équilibrée, dépouillée, autant qu\u2019il est possible à un être humain, de tout élément d expérience subjective, nous apparaît ainsi dans sa vivante fraîcheur, telle que les auditeurs pouvaient 1 entendre de la bouche même du maître.Doctrine objective, oui ; impersonnelle quant à la forme, mais doctrine vivante née dans le dialogue vivant d\u2019un génie vivant avec la vie de son temps.Par là aussi, et c est la leçon que nous voudrions surtout retenir ici, le P.Chenu nous montre comme par surcroît comment saint Thomas peut et doit etre actuel encore pour nous.Actuel, non seulement par I exemple de sa vie studieuse, par la probité de son travail, par la ma- 162 Saint Thomas peut-il être actuel ?gnanimité avec laquelle il aborde toute pensée d\u2019où qu\u2019elle vienne, convaincu que toute vérité vient de Dieu, étant manifesté à I intelligence qui est en nous la marque de Dieu même, mais par les solutions qu il a proposées aux grands problèmes de la pensée chrétienne \\ Par un paradoxe qui n\u2019est tel qu\u2019en apparence c est dans la mesure justement où le P.Chenu a réussi à nous présenter saint Thomas vivant face aux problèmes qui furent les siens qu\u2019il nous a du même coup révélé son actualité pour nous.Saint Thomas en effet s\u2019était tellement identifié avec la quête ardente de la vérité, de la vérité divine surtout, qu on a rien à en dire si on le montre théologien et philosophe.Avec lui, dès lors, surgissent inévitablement les objets dont son esprit n a cessé d être occupé.Et ces objets, le lecteur sincère doit en convenir, sont toujours actuels.On peut vouloir les ignorer, détourner les yeux et se divertir.On ne peut loyalement soutenir que les questions qu\u2019ils posent sont dépassées par le mouvement de l\u2019histoire, vidées désormais de toute signification.Et s il est vrai que notre temps a retrouvé d une manière aiguë I urgence de ces mêmes questions, sinon les solutions satisfaisantes, saint 1 homas se trouve introduit de plain-pied dans notre monde contemporain et, avec lui, ses réponses, si profondes et tout ensemble si humainement équilibrées.C\u2019est sans doute la manière la plus irrécusable de décider si oui ou non saint Thomas est actuel.« Cela seul est vraiment historique qui n est pas seulement historique », cette parole d un historien allemand traduit très exactement la conviction à laquelle arrive sans doute tout véritable historien et qu il produit également chez son lecteur, quand il consent à traverser 1 écorce des apparences pour s avancer jusqu au centre vivant de I esprit.Sous des revêtements changeants, dans des contextes historiques différents les grands problèmes et les grandes solutions demeurent au fond les mêmes.Un même éclairage vertical tombe sur le plan historique qui ne 1.On lira avec intérêt sur ce point l\u2019article que le P.T.-G.Chifflot a consacré à l\u2019ouvrage du P.Chenu dans le numéro de juillet de La Vie Intellectuelle, p.4-28, sous le titre : Saint Thomas d'Aquin n a-t-il rien à nous dire ?Nous recevons cet article au moment de mettre la dernière main à la rédaction de ces pages. Revue Dominicaine cesse de se transformer.L\u2019ouvrage du P.Chenu devrait donc intéresser non seulement le spécialiste des études médiévales ou thomistes, le théologien ou le philosophe, mais tout chrétien cultivé, soucieux de connaître la pensée chrétienne, ses efforts et ses réussites, les dangers qui la guettent, le moyen de les éviter.Mais c est aussi une leçon qui nous est donnée.Leçon tout d\u2019abord de ce que doit être, à 1 exemple de saint Thomas, le travail du philosophe chrétien et du théologien, conscients de la force et de la fécondité de la foi, souverainement libres et tout ensemble attentifs au mouvement des idées de leur temps.Leçon aussi, plus modeste, et qu il nous plaît de dégager d un ouvrage paru sous les auspices d\u2019un Institut d\u2019études médiévales fondé au Canada par le P.Chenu et actuellement en plein essor, de la nécessité et du bienfait des études médiévales pour la santé et I équilibre d une civilisation chrétienne, soucieuse de puiser aux sources les plus pures I élan et I inspiration pour accomplir dans notre monde d aujourd hui la tache qui fut celle de tous les maîtres de la pensée chrétienne et de saint Thomas en particulier.L.-B.Greiger, O.P.164 Les « Chants d automne » de M arie Noël Marie Noël est une grande inconnue et une grandie méconnue.Elle jouit d\u2019un haut prestige dans les milieux littéraires catholiques de France et d\u2019ailleurs, et on sait qu\u2019elle a été beaucoup lue au Canada français.Mais elle reste méconnue par la plupart des écrivains et critiques français non catholiques qui, en I espèce, manifestent peu de clairvoyance ou beaucoup de préjugés.Vivant retirée du monde littéraire, détachée de toutes les écoles et de tous les cénacles, la poétesse des Chants de la merci fournit peu de matière aux échotiers des grands journaux parisiens, et les chroniqueurs des grandes revues littéraires ne lui consacrent guère d études dignes de son œuvre.La comtesse de Noailles disait, peu de temps avant sa mort, que « la plus grande, ce n est pas moi, c est elle » ; Montherlant affirmait que I œuvre de Marie Noël était « la plus grande révélation poétique de I après-guerre » (parlant de la guerre de 1914), et un Lucien Descaves lui trouvait du génie.Et pourtant, les critiques qui font l\u2019opinion en France se désintéressent de son œuvre, et maintes anthologies ne renferment aucun de ses vers.Il y a là une injustice qui s\u2019explique mal et qui, il faut l\u2019espérer, finira par faire place à une juste reconnaissance de ses vertus poétiques qui sont très hautes.Marie Noël prouve qu on peut faire de la bonne littérature avec de bons sentiments, ce qui ne veut pas dire que ce sont ses bons sentiments qui font d elle une si grande poétesse.Mais, quoi qu on en pense dans certains milieux qui se croient avancés, bons sentiments et bonne littérature ne s excluent pas, s il est vrai qu\u2019ils ne s\u2019identifient pas non plus.La pureté d Eliacin n enlève rien à la beauté des vers de Racine et Le ciel n\u2019est pas plus pur que le fond de mon cœur est un alexandrin aussi beau que les plus noirs de Baudelaire.S il est vrai, comme l\u2019a dit Gide, que ce n\u2019est pas avec des bons sentiments qu\u2019on fait de la bonne littérature, il est également vrai que ce n\u2019est pas avec des mauvais sentiments qu on fait de la bonne littérature.C est avec de 165 Revue Dominicaine la bonne littérature qu on fait de la bonne littérature, que les sentiments qui s y trouvent exprimés soient bons ou mauvais.Athalie et le Père Goriot sont deux cbefs-d œuvre.Plain-chant et Vision sont deux grands poèmes contemporains, même si Thierry Maulnier reproduit dans son anthologie le poème pédéraste de Cocteau et ignore totalement Marie Noël.Les Chansons et les Heures étaient un événement littéraire, non seulement parce que I auteur, brisant avec la mode instaurée par Anna de Noailles et Renée Vivien, retrouvait une simplicité, une fantaisie et une fraîcheur perdues, mais encore parce qu elle y atteignait à un grand art.Marie Noël est un des sommets de la poésie française de notre temps.« Ce sont la religion, la musique, les pauvres gens, la maladie aussi, qui m ont appris les trois quarts de ce que je sais, pas grand\u2019chose », a confessé Marie Noël.Verlaine aurait pu en dire autant, et point n\u2019est besoin d être grand clerc pour écrire Ecoutez la chanson bien douce ou le suis toute petite et n ai pas de grand\u2019mère.Albert-Marie Schmidt et Roland de Renéville peuvent se livrer à de pédants commentaires, mais point n est besoin d\u2019eux pour aimer le Pont Mirabeau ou les chansons de Marie Noël.Les poètes nous donnent souvent de grandes leçons d\u2019humilité et de simplicité en produisant leurs chefs-d\u2019œuvre avec les sentiments les plus ordinaires et les mots les plus usuels.Le vocabulaire de Racine ne dépasse pas celui d un élève de quatrième, et qui ne peut sentir la beauté toute simple de cette prière : Quand je m\u2019arrêterai, Seigneur, à votre porte Comme une qui revient de faire sa journée, Encor tout en sueur d être à grand peine morte, Lasse des quatre temps et du mal de l année ; Quand vous voudrez changer en glorieux visage Comme on change un enfant de robe pour la fête ^ Mes traits qui sont fanés par un trop long usage Et me poser une couronne sur la tête.Quand vous voudrez choisir celui de tous mes âges 166 Les « Chants d\u2019automne » de Marie Noël Printemps de jeune fille, hiver de vieille femme ^ Qui fut le plus sacré de mes ans de passage Et le plus immortel pour en vêtir mon âme, Ne me donnez pas l\u2019air, Seigneur, d\u2019être une sainte Avec sa Louche grave et ses yeux de lumière Qui dominent en paix sur les choses éteintes, Ni l air d\u2019ange que j\u2019eus quelquefois en prière.Mais rappelez d\u2019entre mes autres apparences Celle d une pauvresse en robe déchirée Qui s\u2019en va par un grand orage en grande errance, Perdue au vent sur une route chavirée ; Qui n\u2019a trouvé ni pain, ni demeure et qui traîne Dans le temps dangereux, sur un chemin d automne Que personne ne suit, que personne ne mène, Oà nulle porte n ouvre, où nulle main ne donne.Ces premiers vers d un poème des Chants et psaumes d automne 1 nous donnent le thème central de cette poésie d une femme à qui I amour humain a été refusé et qui n a pu se réfugier qu en I Amour invisible.Mais cet abandon définitif à Dieu est un terme auquel la poétesse n est parvenue qu après avoir goûté à regret le fruit amer de la solitude et perdu tout espoir de trouver ici-bas un compagnon vainement attendu.La résignation est chez elle la victoire intime sur une lutte intérieure intense, et c est ce qui donne à son accent ce tragique qui nous touche si loin.Les bons sentiments ne sont ici que des victoires sur des tentations puissantes, et la poétesse ne s abandonne à Dieu qu après avoir senti monter en elle et grandir un sentiment de refus et de révolte qu elle est parvenue à surmonter.Avant de se jeter dans la mer, le ruisseau est devenu fleuve et des remous ont brouillé ses eaux.Si l\u2019appel de l\u2019Immensité n était pas le plus fort, la rivière serait peut-être, comme elle en 1.Paris, Editions Stock, 1947, 162 pages.167 Revue Dominicaine a été tenté, remontée vers sa source ou ses eaux se seraient détournées vers des affluents.S\u2019il y a dans le dernier recueil de Marie Noël des cantiques, on y trouve aussi des chants sauvages et des chants inquiets, et le magnifique Jugement qui termine les Chants et psaumes d\u2019automne est une confession francfie et émouvante.II y a en Marie Noël deux femmes et, comme je I écrivais il y a dix ans, « elle est I humble poussière et I étoile étincelante, elle est calme et elle est pourtant folle, sauvage et pourtant fiardie, ardente et pourtant frileuse, forte comme une armée rangée en bataille et pourtant faible comme une enfant ; soumise et pourtant libre, capricieuse et pourtant sage » 2.Cette dualité se retrouve dans son œuvre, où nous charment des chansons légères et nous troublent des poèmes graves.Ces deux tons, qui se mariaient dans les Chansons et les heures et dans les Chants de la merci, se retrouvent dans son dernier recueil.Les chansons des Chants et psaumes d automne sont souvent moins heureuses que celles des premiers cahiers, parce qu on n y retrouve pas toujours cette merveilleuse spontanéité des premières ; la Dernière danse est certes une de ses réussites, mais trop souvent dans les dernières chansons, qui sont trop longues, on sent que I auteur, maître de son métier comme peu le sont, se laisse aller à des exercices de virtuosité.Des strophes très belles s y rencontrent toutefois, inspirées par le regret de n avoir pas été aimée et de n\u2019avoir pas eu d enfant.Cortège est une page émouvante, mais ici la simplicité du ton met à nu une douleur profonde.Le Dialogue de Dieu et de l homme est aussi d une grande beauté dans son dépouillement extrême.On songe au plus belles pages de Sagesse, et on se souvient du Chant de la Passion, du Chant de la compassion, du Chant de la Vierge Marie, du Chant de la Divine Merci et de la Boulangerie, qui font de Marie Noël un des grands poètes religieux de ce temps.Les plus belles pages des Chants et psaumes d\u2019automne, ce ne sont pas les chansons, ce sont les quelques poèmes graves 2.Poetes catholiques de la France contemporaine, p.108.L\u2019auteur a étudié les trois premiers volumes de Marie Noël aux pages 107-119 de ce volume.168 Les « Chants d\u2019automne » de Marie Noël qui les suivent.Jugement, qui termine le volume, n est pas d un style soutenu, la poétesse ici trahit quelque peu la fatigue, mais c est sans doute le plus émouvant des poèmes de la dernière période.S il est moins parfait que Vision ou Adam et Eve, ces sommets qui rappelaient The Dream of Gerontius, The Prelude et, quoique d\u2019un autre ton Ebauche d\u2019un serpent, Jugement a une grandeur qui lui est propre et fait de Marie Noël une poétesse d une sincérité touchante.Le mal qu on pouvait deviner sous tant de discrètes allusions, il est ici confessé dans un mouvement d abandon à la miséricorde infinie.Après avoir lancé à Dieu un appel, quatre fois I auteur s accuse et se défend.Ce monologue ininterrompu *\u2014¦ Dieu reste I invisible >\u2014> n\u2019est rien d autre qu une confession publique, dont sont heureusement absents toute complaisance, tout pharisaïsme et tout exhibitionisme.Point de littérature ici, mais la parole nue devant Celui qu\u2019il n\u2019est pas possible de tromper.La poétesse demande à Dieu de lui ouvrir ses mains noires, ses mains plus profondes que la nuit, pour qu elle y jette sa mauvaise âme.Ils se trompent, ceux qui ont cru la poétesse soumise comme une couventine innocente, et c est sa faute, parce qu elle leur a caché sa vraie nature : / ai marché, les talons serrés par votre loi mais .je me couvre de paroles Pour qu ils ne trouvent pas le silence où je suis.Elle a toujours traversé la ville humaine après s être mise en ordre, mais cet ordre apparent n était qu un mensonge.Au fond de son cœur, le dépit, la haine avaient durci son cœur et le désespoir l\u2019avait par moments gagnée.Solitude affreuse qui la pousse jusqu à appeler le mal pour lui faire du bien, récolte contre le destin qui l\u2019a privée de mari et d\u2019enfant, désir de s abandonner à la nature pour se venger de la loi, péché intime qui n a pas été commis faute de complice : 169 Revue Dominicaine Je m\u2019accuse.Voici ce péché faible et doux, Mon péché qui n\u2019eut rien à manger, rien à boire, Comme un agneau égaré loin dans la nuit noire (Et s il est sain et sauf, c est bien faute de loup.) Je m\u2019accuse.D\u2019 avoir, sans fleur ni fruit, serré dans mes mains closes, Pendant tout mon été lourd et lent à mourir, Mon cœur comme un bouton de frémissante rose Qu\u2019il faut jusqu\u2019à l\u2019hiver empêcher de fleurir J étais, je suis >\u2014 jai honte et je baisse la tête ,\u2014 Le mal désespéré que je n\u2019ai jamais fait.Mais la poétesse se défend en rappelant à Dieu quelle solitude fut la sienne et combien lui fut dure cette vie qu elle a menée entre les Kommes indifférents : Je n ai rien pris, ni rien reçu, Je n ai rien eu.Je n\u2019ai pas su Quand on aime ce qu on demande.De moi toute j ai fait l\u2019offrande Et coulé de l ombre où je suis En mon ami sans qu\u2019il m\u2019entende Comme une source dans la nuit.Mais la poétesse n a pas seulement été tentée par la tendresse de ce monde à laquelle elle aspirait et qui ne lui a pas été révéfée, elle a, dans la nuit de la foi et de la solitude, incriminé Dieu lui-même et a eu Korreur de Lui.Elle s en accuse, et elle s en défend, car Dieu n\u2019est-il pas Celui qu on ne voit point, dont on ne sent pas la main sur notre main ?S accusant et se défendant tour à tour, la poétesse ne se condamne ni ne se disculpe, laissant le dernier mot à son interlocuteur muet aujourd ftui, 170 Les « Chants d\u2019automne » de Marie Noël qui aura le dernier mot demain.Ce qu elle confesse en définitive, c est son ignorance sur son propre cœur qui est divisé contre lui-même, et son seul espoir repose sur ce Père dans les mains de qui elle s abandonne, poussant sa plainte dans I ombre, impuissante à dévoiler son secret dernier, mystère à elle-même : J\u2019ai tenu devant Vous, tremblant d\u2019être infidèle Dans les comptes du soir qu ensemble nous faisons, Ma chétive, peu sûre et fumeuse chandelle Et nous avons fouillé le noir de ma maison.Mais sa lueur était vacillante et si frêle, Sur le bien, sur le mal presque pareil à lui, Que je sors du secret où tant d ombre les mêle, Sans savoir quel pécheur ou quel juste je suis.C est sur cette reconnaissance de I ambiguïté de notre destin, sur cet aveu de ce qu il y a en chacun de nous de meilleur et de pire, sur ce refus à la fois de la présomption et du désespoir que se termine la confession ultime de Marie Noël.Tout est mystère et tout est grâce, et qui oserait, à la pâle lueur de sa pauvre chandelle, prétendre expliquer le monde et son cœur ?La poétesse, pour sa part, qui a conservé parmi nous ce pur visage de la femme fidèle et forte et qui, malgré le mal dont son cœur était étreint, a su chanter tant de complaintes charmantes et de chansons ingénues, nous révèle au terme de son œuvre, ce que nous avions pu deviner mais n avait jamais été mis à jour franchement, que la poésie n\u2019est pas autre chose que the still, sad music of humanity dont parlait Wordsworth.Guy Sylvestre 171 « Témoins de la Vérité » « Témoins de la Vérité » est un véritable film épique.Film en couleurs où le blanc et le noir s harmonisent avec le rouge et le vert, teintes du martyre.Ce film n est pas la reproduction d\u2019une légende dorée ou d\u2019une fiction romanesque.C est la représentation fidèle de la vie, des souffrances et de la mort de treize cents martyrs du Tonkin.Cette pièce cinématographique a été photographiée par des Chinois il y a tout près de cent ans, précisément entre 1857 et 1862 ; sa première passa sur I écran le 28 avril dernier, dans le vaste théâtre de Saint-Pierre de Rome, quand le pape Pie Xfl inscrivit ces héros chrétiens au catalogue des Bienheureux.Les acteurs ne touchèrent pas des salaires fabuleux comme les étoiles de Hollywood : lis achetèrent au prix de leur sang, Ihonneur de rendre témoignage au Christ.« Témoins de la Vérité » ressemble beaucoup au grand film évangélique : King of Kings ».Meme genre d acteurs : les étoiles sont deux évêques dominicains ; les traîtres et les bourreaux, des soldats et des mandarins tonkinois ; les rôles secondaires sont tenus par des Pères et des tertiaires de l\u2019Ordre de S.Dominique et par des Tonkinois de tous les âges et de toutes les conditions sociales : jeunes gens et vieillards, riches et pauvres, pêcheurs et cultivateurs.Même thème aussi : I amour de Dieu et le salut des âmes poussés jusqu au mépris de soi-meme ; meme dénouement : I écrasement momentané de la Vérité et sa survivance finale.Essayons de dérouler ce film et d en admirer les beautés sublimes.« Témoins de la Vérité » s\u2019ouvre par une scène vraiment pittoresque.Une frégate, partie de Manille le 26 mars 1845, entre dans le port chinois de Macao.Parmi ses passagers se trouve l\u2019étoile de notre film : le Père Joseph Diaz Sansjurgo, un dominicain espagnol, jeune homme de vingt-sept 172 « Témoins de la Vérité » ans, à la stature haute et robuste, au teint bronzé et aux yeux noirs et brillants des fils des Asturies.Religieux d une héroïque sainteté de vie qui nourrit dans son cœur ce noble rêve : Verser son sang en témoignage de la Vérité.Après un séjour d un mois à la procure des missions dominicaines, il part en canot chinois, traverse la Mer de Chine infestée de corsaires et le 23 septembre entre enfin au pays de ses rêves : le Tonkin.Son provincial l\u2019assigne au couvent de Luc i huy où il devient Recteur du Séminaire des missions tonkinoises.On lui donne un costume et un nom nouveaux.II dépouille I habit blanc de son Ordre et revêt l uniforme bleu de son pays d\u2019adoption ; il s appellera désormais le Père An, nom qui signifie Paix.Pendant deux années il se dévoue à la formation religieuse des missionnaires.La persécution éclate de nouveau ; comme un feu de forêt elle traverse le lonk in Central, bridant et détruisant tout sur son passage.Les ennemis envahissent le Séminaire.Recteur et étudiants fuient devant les persécuteurs.« Me voilà, dit-il, sans asile, sans vêtements, mais joyeux et serein, heureux de pouvoir imiter le Divin Maître qui n avait pas même une pierre pour reposer sa tête fatiguée ».Rome vient de créer le nouveau Vicariat Apostolique du Tonk in Central et le Pape Pie IX nomme le Père Sanjurgo, évêque auxiliaire de Monseigneur Marti.Au lendemain de sa consécration épiscopale il part pour sa première visite pastorale dans un diocèse qui compte 150,00 chrétiens et 4,000,000 d infidèles « qui demeurent dans les ténèbres et dans I ombre de la mort ».Semeur infatigable, il jette à pleines mains le grain de la parole évangélique dans I âme de ses chers chrétiens.II visite la partie agricole du vicariat baptisant et confirmant enfants et adultes.Un jour il rencontre un groupe de cinq riches planteurs de riz : trois s appellent Dominique, un Vincent et I autre André, tous sont de futurs martyrs.173 Revue Dominicaine An contact de cette âme ardente, ces riches et importants citoyens renouvellent leur résolution de mourir pour rendre témoignage au Christ.Il traverse le diocèse du nord au sud, marckant pieds nus dans les kourkiers et les marécages ; et, après une semaine de voyage il arrive enfin à un poste de pêcke maritime.II prêcke, il baptise, il confirme.C est au cours de cette mission qu il rencontre deux futurs compagnons du martyre : Dominique d oai et Dominique Huijeon, deux pêckeurs qui, plus tard dans leur prison, devaient se faire pêckeurs d kommes en prêchant le courage à leurs camarades de captivité.Dans cette tournée épiscopale il confirme 19,000 ckrétiens.A son retour à I évêcké, il trouve son évêque, Mgr Marti, si gravement malade qu il se voit forcé de donner sa démission.Le voilà évêque du TonI< in Central.Un de ses premiers gestes fut d écrire à Rome pour demander un Auxil iaire ! « Prévoyant que les persécuteurs de I église pourraient me martyriser >\u2014< et c\u2019est mon grand désir \u2014 je crois qu il serait prudent de me donner un Auxil iaire qui deviendrait ipso facto mon successeur ».Quelques mois plus tard, Mgr Sansjurgo travaille au bureau de la Chancellerie.Un courrier lui apporte deux lettres.La première vient du nouveau Roi Tu Duc lui signifiant qu il va rallumer la persécution religieuse ; la seconde vient du Pape Pie IX, qui lui accorde de se choisir un coadjuteur selon son cœur.Le choix de son cœur, c est le Père Sampedro, un frère en S.Dominique, un compatriote, un futur compagnon de martyre et seconde étoile de « Témoins de la Vérité ».Le nouvel élu, jeune homme de trente-trois ans, ne comptait que cinq années de vie apostolique au Tonkin.Au moment de sa nomination, il prêchait dans le nord du Vicariat.Son évêque lui dépêche un courrier porteur de sa bulle épiscopale.Quelle surprise I L obéissance le presse de partir pour l'évêché où il recevra la consécration des mains de son évêque.Quel voyage périlleux I Caché sous une pile de nattes, dans le fond de cale d une barque de pêcheurs, il descend le Rio Grande, trompe la vigilance des agents de douanes et 174 « Témoins de la Vérité » arrive, bon port, au village de Bui-cbu où I attendait son Supérieur pour le consacrer évêque.Au lendemain de cette consécration épiscopale, éclate une nouvelle recrudescence de la persécution religieuse.La rage du roi Tu Duc ne connaît plus de bornes, il veut répandre le sang des chrétiens dont il brûle de s assouvir.Sa première victime c est Mgr.Sansjurgo qu un mandarin vient de trahir pour trois cents pièces d\u2019argent.L\u2019évêque, chargé de la cangue et de chaînes, est enfermé dans la prison de Nam Dinh.Fier de ce premier succès, le roi lance un nouveau coup de filet et capture douze cents chrétiens.Un mandarin convoque tous les hommes de son canton à I Hôtel de Ville.11 donne lecture du décret par lequel le roi les fait tous prisonniers.Cependant Sa Majesté déclare que tous ceux qui marcheront sur le crucifix échapperont au martyre.Elle pose sur le parquet un Christ en croix en disant : Avancez I Un chrétien fait un pas vers le crucifix ; le vieil An Kham, un octogénaire, homme d un mâle courage et d une ardeur invincible mais surtout chrétien convaincu, lance cette véhémente apostrophe : Arrête ! Lâche ! et se tournant vers la foule, il s\u2019écrie : « Rappelez-vous que le châtiment de 1 apostasie c\u2019est I exil et le refus de la sépulture ecclésiastique ».Pas un seul chrétien n\u2019apostasia.Les soldats envahissent la salle publique, enchaînent tous ces chrétiens entêtés et les enferment dans les prisons communes.Après ce grand coup de filet, I évêque du Tonkin Central, Mgr Sampedro, fut fait prisonnier et enfermé à Nam Dinh ; quelques missionnaires, deux pères dominicains et deux prêtres séculiers, membres du Tiers-Ordre de S.Dominique furent capturés.Comme ces pêcheurs de I Evangile qui jettent leur filet à la mer et qui le retirent chargé de poissons, ainsi les persécuteurs de la religion ont lancé leur filet et I ont retiré plein de futurs martyrs qu\u2019ils jettent dans les prisons.175 Revue Dominicaine La seconde partie dn film se compose de toute une série de tableaux sanguinaires.Le premier représente Mgr Joseph Sansjurgo, O.P., devant le tribunal.Trouvé coupable, comme prédicateur de la fausse religion de Jésus et comme séducteur du peuple tonkinois, le juge le condamne à la décapitation ; après son exécution les bourreaux jetteront son corps dans le fleuve et exposeront sa tête, en public, pour prouver l\u2019exécution fidèle de la sentence.Les bourreaux traînent le martyr jusqu\u2019au lieu de l\u2019exécution.Une foule de chrétiens et d infidèles entourent le bûcber ; un triple cordon de soldats se rangent autour du condamné ; le mandarin monté sur un éîépbant, donne lecture de la sentence : « Le roi ordonne qu\u2019aujour-d bui soit décapité ce cbef de la fausse religion ».L évêque élève la voix : « J ai une faveur à demander à mon bourreau.Je le supplie de ne pas me décapiter en un temps mais en trois temps : « Le premier coup de glaive, je le recevrai en reconnaissance des innombrables bienfaits dont Dieu m\u2019a comblé en me créant et en m\u2019appelant aux missions du Tonkin.« Le second coup, je I accepterai pour marquer ma gratitude envers mes cbers parents qui m\u2019ont donné la vie et la subsistance.« Le troisième coup, je veux le léguer en héritage à mes chères brebis afin qu elles puissent affronter bravement le martyre, à l\u2019exemple de leur pasteur, et qu elles se montrent dignes de jouir de la béatitude éternelle ».Lt remettant trente pieces d argent à son bourreau, il ajouta : ^ Frappez maintenant ».L exécuteur remplit son contrat et au troisième coup de glaive la tête du B.Joseph roula sur le sol ensanglanté et son âme s envola au ciel.Le second tableau représente une scène plus sanguinaire.Le Bx Melchior Sampedro est condamné non seulement à la décapitation mais à l\u2019amputation préalable de tous les membres de son corps; 176 « Témoins de la Vérité » la raison : il prêche le faux Evangile cîu Christ et il soulève le peuple tonkinois contre son roi.Le 28 juillet 1858, le martyr est fermement enchaîné sur un lit de tortures.Du haut d un éléphant, le mandarin, à l aide d un porte-voix, donne aux bourreaux Tordre de T exécution : « Premièrement, amputez les deux jambes; deuxièmement, les deux bras.Enfin, la tête.» II fallut quinze coups de glaive pour trancher ce chef vénérable.« Maintenant, continua le mandarin, exposez cette tête à la porte méridionale de la ville jusqu au coucher du soleil ; alors vous la jetterez dans les profondeurs de I Océan pour qu elle devienne la pâture des monstres marins ».Et du haut de son ciel Dieu dépose, sur cette tête exposée au public, la couronne du martyre.Chaque semaine, pendant les cinq années que dure cette sanglante persécution, les bourreaux renouvellent ces scènes barbares.Le 15 janvier 1859, on conduit au lieu des exécutions deux riches cultivateurs, le père et le fils.Au tribunal le juge inique tenta de faire apostasier le jeune homme en faisant appel au sentiment : «Tu es encore jeune, Laurent, pourquoi mourir au matin de la vie ?» Et le brave jeune homme de répondre : « J ai toujours professé la religion de Jésus et jamais je ne I abandonnerai ».Au bûcher une épreuve plus cruelle encore attendait le héros.Les bourreaux avaient placé son vieux père An Kham en face du gibet.A cette vue une tentation horrible semble s\u2019emparer du cœur de Laurent.« Oh I mon père », s écrie-t-il.La poitrine du martyr se soulève ,.il pleure abondamment.Le mandarin lui dit : « Pour sauver ton vieux père, marche sur la croix ».^ « Apportez-moi un crucifix ».Les soldats se hâtent de lui donner une croix.Laurent la prend, la place devant lui sur le sol, recule de quelques pas.regarde son cher père et se jetant à genoux sur le crucifix.il le baise amoureusement : « Jésus, dit-il, je vous aime plus que mon père ».Rien que la mort pouvait expier pareille injure à T autorité.Le 177 Revue Dominicaine père et le fils, I un après I autre, achètent au prix de leur sang, l\u2019honneur de rendre témoignage à Jésus-Christ.Notre fil m se déroule en faisant passer devant nos regards une suite de scènes des plus tragiques.Voici deux pères dominicains, deux missionnaires qui ont sacrifié leur vie pour le salut des âmes de leurs compatriotes.En face du Lâcher un crucifix repose sur le sol.« Marche sur cette croix », disent les bourreaux au père Joseph.« Jamais je ne foulerai aux pieds I image de mon Rédempteur ».Alors cinq soldats le saisissent et lui placent les pieds sur le crucifix.« Vous pouvez faire violence à mes pieds, dit le martyr, mais vous ne ferez jamais violence à mon esprit et à mon cœur.» Et les bienheureux Dominique Mau et Joseph Tuan vont rejoindre la grande armée des martyrs dominicains.Puis une autre scène nous montre deux prêtres missionnaires, deux tertiaires dominicains : les Bx Thomas et Dominique.Ce dernier porte la cangue, table percée de trous desquels sortent sa tête et ses deux bras.Le père Thomas, vieillard octogénaire s\u2019avance péniblement, appuyé sur un bâton en forme de croix.Arrivé au bûcher il dépose sa croix sur le sol, s agenouille et adore l\u2019image du Christ.Ces deux témoins de la vérité achètent les palmes du martyre au prix de leurs têtes tranchées.Le fil m se termine par une longue procession de tous les âges et de toutes les conditions sociales : trois braves pêcheurs de la Mer de Chine, Pierre Dung, Pierre J huan et Dominique 1 oai condamnés à être brûlés au bûcher, préfèrent la mort à l\u2019apostasie.Le Bx Dominique répond au mandarin qui lui offre sa liberté s\u2019il marche sur la croix : « Je crains plus le feu éternel de l\u2019enfer que le feu temporel de la terre ».Les bourreaux les attachent au bûcher qu\u2019ils allument et la flamme s\u2019élève haute et brillante.Les corps de ces trois pêcheurs martyrs deviennent comme des pains qui dorent au four ou comme l\u2019or éprouvé au creuset.Cinq riches cultivateurs, tous pères de familles, viennent payer de leurs richesses et de leur vie le bonheur de témoigner pour la Vérité.Le dernier tableau nous montre la jeunesse et la vieillesse qui viennent tour à tour rendre leur témoignage : Joseph d uc, un jeune de 19 ans, 178 « Témoins de la Vérité » est décapité.Le spectacle de cette jeune tête accrochée au pilori fait horreur.Enfin, un octogénaire, le Bx Thomas Huong, représentant la vieillesse dans cette course au martyre, vient clore cette longue série de tableaux tragiques qui composent le film : « Témoins de la Vérité ».* * * « Témoins de la Vérité » eut sa première dans le vaste théâtre de la Basilique de Saint-Pierre de Rome, le 28 avril 1951, jour de la béatification des Martyrs du Tonh in.Les étoiles, les vingt-cinq bienheureux assistaient du haut du ciel à la première représentation publique de leur vie et de leurs souffrances.Saint-Pierre de Rome regorgeait de fidèles : les Princes de l\u2019Eglise, les Evêques, les représentants de l\u2019Espagne et du 1 onldn, les fils de saint Dominique venus de tous les coins du globe, rehaussaient par leur présence, la splendeur de la solennité.La voix autorisée du Pape Pie XII exhalta les mérites des Etoiles de « Témoins de la Vérité ».II dit : « Vous avez éprouvé, chers T ils de saint Dominique, une joie bien légitime en voyant s ajouter à la phalange déjà si nombreuse des Bienheureux vêtus de votre habit blanc et portant à la main la palme du martyre, fils eux aussi, à divers titres, de votre glorieux patriarche ».Et après avoir résumé la vie et les œuvres des Martyrs du 1 onkin, le Saint-Père ajouta : « Sursum Corda J Haut les cœurs I Très chers fils de saint Dominique, faites monter votre reconnaissance, vers le Christ, vers I Agneau immolé dont le sang nous a sauvés, nous sauve et nous sauvera toujours.« Faites monter votre reconnaissance, vers la Vierge Immaculée et vers vos Bienheureux martyrs, vers ceux qui viennent de grossir leur phalange, vers ces deux pontifes, fils du glorieux Dominique et de la noble Espagne ».Raymond-Sébastien PichÉ, O.P.FaII-Rn ^Ter, Mass.179 Le sens des faits Marie-Madeleine O Marie-Madeleine, où je vous aime mieux Ce n\u2019est pas chez Lazare, auprès du Seigneur Maître L âme silencieuse et la paix plein votre être Dans l amour fort et pur de ce grand Roi des Cieux.Ce n\u2019est pas au Calvaire.Oh ! non plus au tombeau Où pourtant le Sauveur vous rendit témoignage Def açon si touchante en vous donnant pour gage Son appel : « Madeleine » et son regard si beau.Ce n\u2019est pas davantage au sein du noble émoi D être l écho du Christ auprès des douze apôtres Qu envahissent la crainte et le doute des autres De lui garder ces cœurs en ranimant leur foi.C est alors que dérobant à l\u2019hostile regard Vos pauvres traits flétris, sous une blonde tresse Lorsqu à ses pieds divins vous pleuriez pécheresse En brisant votre orgueil, tel le vase de nard J Jeanne Daigle Contraste Dédié à Mlle Agnès Lefort D Aix-Ies -Bains, le lac est trop lointain pour participer entièrement à son charme, à part la place où I ancien château abrite la mairie et un vieux temple romain, le musée, rien d émouvant.Certes, le touriste peut s amuser un instant aux visites de l\u2019Etablissement thermal et de ses sources, mais c est vers le lac ou vers la montagne que vont les rêves d excursion.Pourtant à ce voyage de travail, un autre but est proposé : Le barrage de Génissiat.L un des plus célèbres ouvrages d\u2019art de notre époque électricienne.Barrant un profond défilé du Rhône il alimente la plus grande Centrale électrique d Europe.Sa construction fut héroïque, poursuivie pendant I Occupation, arrêtée, partiellement détruite et enfin achevée en 1948, elle est toujours citée comme un modèle.Si peu enclin 180 Le sens des faits qu on soit à aimer les réussites techniques, elles doivent cependant pouvoir instruire.Le trajet en autocar ne manque pas de charme.La belle montagne savoyarde est à peine touchée par 1 automne et ses prairies fraîches invitent au repos, car le soleil est radieux et les troupeaux nonchalants.Mais voici des gorges profondes du Val de Fier puis la traversée du Rhône à Seyssel.Déjà on remarque la proximité du barrage.Des avis mettent en garde les riverains contre les différences du niveau des eaux qui peuvent survenir brusquement dès lors que le fonctionnement du barrage l\u2019exige.Encore quelques kilomètres de montée et nous atteignons le barrage.Le Rhône, libre et fougueux tout à I heure à I aspect triste et malpropre d\u2019un fauve en cage couché devant ses barreaux, 1 œil à demi-éteint.Rien d imposant dans ce lac artificiel simplement contemplé.11 faut un effort de I imagination pour comprendre les propos de I ingénieur : Une gorge profonde s étendait en ce lieu ; il fallut la fermer d une muraille gigantesque pour obtenir la hauteur de cbute nécessaire à la production de force qui se transforme en électricité.La lutte avec le Rhône, par moments inégale, laissa la victoire à I homme qui 1 a enfin soumis à sa volonté, non sans peine, certes, non sans sacrifices héroïques : cinquante ouvriers sont morts pour le barrage.Maintenant I immense muraille contient des vannes, des canaux, des conduites forcées, d énormes machines \u2022\u2014> transformateurs et alternateurs et des couloirs permettant la surveillance de toutes ces machines et de la construction elle-même.Tout cela coulé en béton, d une couleur de pierre dévitalisée et d une forme trapue, massive et cependant \u2014 oui, il faut le reconnaître \u2014 d une certaine beauté de ligne.* * * Des hauteurs du lac artificiel nous descendons vers la Centrale Electrique en essayant de retrouver le rôle des machines électriques dont le principe fut compris, un jour déjà lointain, dans une leçon de physique, grâce à des schémas qu on regrette de n avoir pas revus le matin même.Mais ce regret s évanouit dès la porte d entrée.II règne un tel bruit, une telle immensité, une telle hostilité antivitale que toute présence d esprit, tout désir de comprendre s évanouit.L\u2019être vivant et pensant est happé par un monstre abstrait, froid, implacable.La technique est là dans toute sa puissance.Vous parcourez quatre, cinq étages de salles immenses sans apercevoir une silhouette humaine.Seules marchent à un nombre énorme de tours des arbres de machines dont vous voyez une partie à chaque étage sans rien comprendre de leur fonction.Enfin, tout en haut, 181 Revue Dominicaine la salle dont les trois parois sont le tableau de bord du barrage.Là, trois ingénieurs installés devant des tables à manettes et des téléphones règlent tout : (entrée des tonnes d eau, départ des kilowatts, ouverture des éva-cuateurs, etc., etc.), en suivant des yeux sur le tableau de bord des lignes et des points lumineux illisibles au profane.Trois hommes sont maîtres du lac extérieur de cette immense bâtisse, des machines au tonnerre infernal, de la prodigieuse puissance de I électricité qui est 1 aliment quotidien des usines de la vallée et la lumière et la force des centaines de villes et villages alentour, ainsi que des lignes qui vont renforcer le réseau de la région parisienne.Trois hommes, c est le triomphe des ingénieurs d avoir réduit ainsi la main-d œuvre.L automatisme poussé à I extrême leur paraît le nec plus ultra de leur science et leur fierté déborde.Quant à moi je me sens si accablée et si révoltée que je me hâte vers la sortie et dès que je revois le Rhône redevenu libre, encore un peu honteux de s\u2019être laissé ainsi dompter, le ciel bleu et les pentes boisées, dès que je retrouve le silence, une plainte angoissée s élève peu à peu en moi.Ainsi c est ici le point d aboutissement provisoire \u2014 car demain les futurs barrages seront encore plus parfaits, plus gigantesques, plus assourdissants et moins peuplés »\u2014 des expériences de Thalès.La science grecque qui avait doté du beau nom de 1 ambre un phénomène de laboratoire encore parfaitement à T échelle humaine, a donné naissance à cette monstruosité ! \u2014 Une immense machine qui permet à I homme de dompter la fureur des eaux, de transformer leur chute en électricité et où I on ne voit ni homme, ni chute, ni eau, ni électricité.I out se fait d après des schémas, des calculs si savants, si compliqués et si précis que trois exécutants n\u2019ont que quelques gestes simples à accomplir pour réaliser la prodigieuse transformation et avoir à leur disposition une force équivalante à celle de huit millions d\u2019humains.Au lieu d admirer la force et la beauté de la science, je frémis de terreur.Une vision confuse et angoissée me fait imaginer cette salle supérieure où vivent trois humains devenant le théâtre d\u2019un drame.Un de ces cerveaux \u2014 nous en savons la fragilité, rançon de la puissance »\u2014 un beau jour se dérègle.Folie ou fanatisme destructeur, un des ingénieurs décide de tout saboter.En deux ou trois gestes, aussi simples, aussi précis que ceux qu il accomplit chaque jour il anéantit l\u2019ouvrage avant même que ses deux compagnons aient pu comprendre et, instantanément, une armée d ouvriers est réduite au chômage, les plus grandes perturbations se produisent dans la production du pays.Deux ou trois gestes d\u2019allure 182 Le sens des faits aussi peu criminelle que possible.Je les transpose dans le domaine des reckercbes atomiques.Demain, aujourd kui peut-être un tableau de bord analogue permettra la destruction instantanée d un continent.Alors, je comprends tout à coup l\u2019avertissement de Bergson à la fin des Deux Sources de la Morale et de la Religion.Dans ce corps démesurément grossi, 1 âme reste ce qu elle était, trop petite maintenant pour le remplir trop faible pour le diriger.Le lendemain après une nuit où des cauckemars qui pourraient s\u2019intituler Descente aux Enfers des teckniques ne firent que transposer l'angoisse du jour, je décid ai de traverser le lac pour visiter 1 Abbaye de Hautecombe >\u2014 Voyage silencieux entre le voî argenté des mouettes et la douceur des vagues étincelantes.Les bâtiments de I abbaye n ont pas l\u2019unité de style du barrage.La pierre grise ou blancke a I aspect riant ou sévère que lui dispense le jeu des ombres et du soleil.Elle vit, elle a une âme, celle des bâtisseurs fervents, des sculpteurs inspirés.Et même si certaines reckercbes peuvent paraître mal adaptées à la sévérité de la ckapelle, elles ne vous rejettent en aucune manière dans un monde inhumain.Et voici que les vêpres commencent et le ckœur \u2014 tableau de bord de F Abbaye \u2014 se peuple des moines en robe de bure et retentit du ckant grégorien.Venus du fond des âges, ces accents rythment à merveille la vie de I âme, apaisent, consolent, exaltent, inclinent à la prière, à la confiance, préparent à la lutte.A la sortie, la douceur du ciel, la sévérité des montagnes qui semblent monter la garde autour de 1 Abbaye et lui garantir I inviolabilité, le souffle du lac, la majesté du couchant entrent comme d eux-mêmes dans ce même rythme.L\u2019autre rythme, celui de 1 enfer des techniques, semble impossible, étranger, fragile et temporaire, son fracas semble se dissoudre au sein de ce silence et un grand espoir se lève : Rien n est perdu tant que quelques-uns prient î Thérèse Aurigny Quand Albert Schweitzer et Arthur Honegger se rencontrent Le tragique de la vie actuelle a trouvé sa traduction dans le langage symphonique d Arthur Elonegger.Le sens profond de la vie et 1 inquiétude pathétique devant la mort n ont cessé de hanter le compositeur du Roi David.Dans trois de ses symphonies, il a exprimé le drame de notre 185 Revue Dominicaine époque avec une puissance à laquelle aucun autre art ne pourrait atteindre.La Deuxième symphonie (1914) traduit 1 accablement que le déroulement de la guerre a projeté sur le monde et dans les âmes : et ce n est qu en sa dernière partie qu elle nous fait participer à un puissant sursaut d énergie qui, après d âpres remous, aboutira à la conclusion de rassurante certitude affirmée en un choral que proclame une trompette (on se souvient que le symphonie a été écrite pour orchestre à cordes, ce qui donne à cette brève et inoubliable péroraison un caractère d autant plus émouvant).La Troisième symphonie, de 1946, accentue durement la position d esprit du compositeur : lui-même s en est expliqué, avec une clarté parfaite : « .J ai voulu symboliser la réaction de l'homme moderne contre la marée de barbarie, de stupidité, de souffrance, de machinisme, de bureaucratie, qui nous assiège depuis quelques années.Ma symphonie est un drame qui se joue, si vous voulez, entre trois personnages, réels ou symboliques : le malheur, le bonheur et I homme.» Ce sont des thèmes éternels.J ai tâché à les renouveler.» D\u2019où les titres (justifiant I épithète : liturgique) de chaque partie : Dies Irœ : la terreur humaine en face de la colère divine ; De Profundis : méditation pathétique de I homme abandonné, traduite en un grand lied dramatique, jusqu\u2019à la réapparition d un chant d espoir (seulement indiqué à la fin du Dies Irœ) ; Dona nobis pacem enfin : d abord, 1 irrésistible montée, sur une marche pesante, de la stupidité collective : jusqu\u2019à la clameur des hommes souffrant et à la réapparition finale de l\u2019espoir ailé, dans un ciel de gloire.Ces conclusions apaisantes, Honegger nous les a refusées dans la Cinquième symphonie qui a été créée cette année aux Etats-Unis par Charles Munch, puis jouée par l\u2019Orchestre National de la Radiodiffusion Française à Paris et à Strasbourg.La Cinquième symphonie comporte trois mouvements, d une extrême densité : un grave, un scherzo, un finale.Le début s'élève, par larges plans d accords, dans une atmosphere anxieuse et tragique, jusqu à une immense respiration des cuivres qui nous fait accéder au premier mouvement Iui-meme , un theme varie, toujours sensiblement le même en son essence, constamment renouvelé en son développement.Le scherzo, sorte de jonglerie subtile et aiguë, deux fois coupé par un élan d\u2019adagio, détend en apparence l\u2019atmosphère sans la modifier en profondeur.Et le finale, où toutes les puissances « honeggeriennes » se déchaînent avec une véhémence extrême, aboutit à une conclusion s\u2019estompant dans le silence.Nous avons interrogé : « Conclure ainsi, ne serait-ce pas, tout de même, et si relative qu elle puisse être, une volonté d\u2019apaisement : qui avec moins 184 Le sens des faits d éclat que la trompette de la Deuxième symphonie, avec moins de tendresse chantante que la flûte de la Liturgie, nous laisserait, encore, une possibilité d espérer ?» Honegger ne I admet pas : pour lui, cette chute vers la mort ne connaît pas de rémission : I humanité se précipite vers le néant.Albert Schweitzer, qui accompagnait Jacques Feschotte, avait tenu à entendre à Strasbourg cette Cinquième symphonie.A la fin de I exécution de cette œuvre, il se rendit à I étroit foyer de fa Salle des Fêtes où Honegger et Munch étaient assis côte à côte.Honegger aperçoit Schweitzer : il se lève et c est entre ces deux grands hommes >\u2014 I apôtre dont le message d amour atteint I univers, le créateur de musique qui, sur le rythme même de son cœur, a su faire jaillir les accents les plus pathétiques où se traduit notre temps déchiré \u2014 une rencontre bouleversante.Les yeux de Honegger se sont remplis de larmes.Charles Munch s\u2019est fraternellement rapproché : Albert Schweitzer, dans cette absolue simplicité que confère la vraie grandeur, retient longuement leurs mains.Ce fut pour les quelques personnes présentes une minute d\u2019inoubliable émotion que cette confrontation silencieuse.Quand la conversation s engagea sur sa Cinquième symphonie, Honegger, interrogé, répondit en souriant : « Je ne suis pas encore assez détaché de mon enfant pour le juger en toute objectivité.J ai déjà relevé quelques erreurs, mais il v a cependant un passage que je trouve honorable ».Et I on entendit Schheitzer -\u2014¦ I apôtre de I Afrique Noire et le commentateur de Bach \u2014' qui prononça cette phrase : « C est simplement un chef-d\u2019œuvre.René Delange Quand Marrou parle Le 15 novembre dernier, à I Université de Montréal : Conférence Albert-Ie-Grand, 1950, présentée par I Institut d\u2019Etudes Médiévales.H.-I.Marrou, professeur à la Sorb onne et chargé de cours à I Institut montréalais, est le conférencier invité.On se souviendra longtemps de la façon à la fois sérieuse et joyeuse avec laquelle ce grand savant nous confie ses conclusions les plus chères.Du texte imprimé 1 de sa conférence voici certains passages plus essentiels : « .Oui, disions-nous, I histoire a un sens : le pèlerinage suivi par I humanité à travers la durée peut être représenté par une trajectoire 1.Edité conjointement par la Librairie J.Vrin de Paris et l\u2019Institut d\u2019Etudes médiévales, 831, avenue Rockland, Montréal.$1.00.185 Revue Dominicaine unique et cette marche est ascendante.Elle s avance, de siècle en siècle et de génération en génération, vers un Lut, qu elle est assurée d atteindre, et cette fin est un « mieux ».Il ne s agit de rien autre que de la réalisation d un dessein grandiose, voulu par Dieu pour sa création, réalisation compromise par le Pécké et assurée à nouveau, et de façon plus merveilleuse, par I intervention du Verbe incarné dans le tissu même de I histoire, par l\u2019œuvre de la Rédemption (p.19).«.Dans la perspective où nous place saint Augustin, 1 histoire de I humanité n est directement intelligible qu en tant qu histoire sainte : c est le Corps mystique du Christ qui en constitue le sujet ; son histoire est la véritable histoire : 1 humanité se définit comme 1 organisme destiné à enfanter la société des saints et non comme une machine à fabriquer des empires, des civilisations, des cités terrestres (p.29).«.Le mystère de I histoire s explique, en dernière analyse par le mystère même de la liberté humaine.L histoire n est pas écrite d avance : la valeur de nos actes, leurs conséquences lointaines ne peuvent être mesurées tant que I histoire n est pas acquise, n\u2019est pas complète.A plusieurs reprises, saint Augustin a comparé Dieu, le maître de l\u2019histoire, à un musicien et T histoire ell e-même.à une symphonie splendide.Il ne s agit pas là simplement d exprimer sous une forme esthétique un jugement optimiste sur le monde et sur le devenir ; la comparaison va plus loin.« Elle implique une analyse très profonde de la nature même du temps musical : toute œuvre musicale, qu il s agisse d une mélodie, d une fugue, d une symphonie, se déroule dans le temps, égrène et enchaîne ses notes, ses lignes ou ses accords, ces éléments, perçus au fur et à mesure par I oreille de I auditeur, s inscrivent dans sa mémoire où, peu à peu, s élabore une perception d ensemble, un jugement musical, qui constitue le sens, la signification de I œuvre entendue.Mais ce jugement, ce sens n est pas donné dès 1 abord, et si I œuvre est vraiment riche, n est définitivement acquis qu une fois la cadence finale posée, achevée la strette, plaqué le dernier accord, jusque-là la mélodie peut toujours rebondir, moduler, s aiguiller dans une autre voie, repartir et s animer à nouveau (pp.82-83) ».La Rédaction Cinquantenaire des Pères Blancs canadiens Une des communautés religieuses les plus alertes, toute à son affa ire, fervente et efficace, marchant devant Dieu « avec 1 esprit et T énergie d Elie », la Société des missionnaires d\u2019Afrique, ou les Pères Blancs, ne 186 Le sens des faits compte parmi nous que des amis depuis qu\u2019en 1901, 35 ans après la fondation du Cardinal Lavigerie à Alger, elle ouvrait une maison de recrutement au Canada.La ténacité avec laquelle ces missionnaires se mettent à l\u2019œuvre, la sympathie immédiate qu ils reçoivent de partout et surtout les preuves qu\u2019ils donnent à notre peuple de I efficacité de leur travail font des Pères Blancs une des communautés religieuses canadiennes les plus estimées.Avec leurs 328 recrues (depuis 1901), leurs conversions qui atteignent les 5 000 000, leurs six maisons canadiennes, leurs fondations à Alger, en Tunisie et leurs 194 missionnaires canadiens-français actuellement en service dans différents vicariats apostoliques africains, les Pères Blancs peuvent être considérés comme nos meilleurs ambassadeurs à létranger.Ce qu ils ont travaillé ces hommes durant un demi-siècle ! Si on ne savait pas que ces missionnaires sont avant tout les envoyés de Dieu et qu une grâce de ckoix les soutient, on s expliquerait difficilement par des causes naturelles I élan de leur essor et les succès obtenus.Aussi, c est à bon droit et avec beaucoup de joie qu en ce cinquantième anniversaire de I arrivée des Pères Blancs au Canada, la Revue Dominicaine s unit à tous nos compatriotes pour offrir à cette jeune communauté si méritante ses meilleurs vœux et 1 kommage assuré de ses lecteurs.O.P.Additions aux dernières paroles de Jouvet II aura connu tous les travaux et succès du comédien de carrière.Après le Vieux Colombier (1913), c est la Comédie des Ckamps-EIisées (1925), puis la Comédie Française (1956), les tournées à l étranger, sans oublier ce 7 mars 1951, à Montréal, avec 1 Ecole des Femmes qui fut si goûtée.Ici, au Canada, on aimait beaucoup Jouvet.II comptait parmi nous de nombreux amis qui demeurent ses admirateurs et dont plusieurs ont déjà rendu à son œuvre un kommage digne de ses mérites.Au médecin qui le presse de se tenir immobile dans son bureau de I Atkénée, Jouvet confie : Je ne sais plus me reposer, je ne sais que travailler.Ce que 1 on tenait pour un talent merveilleux et ce que nous serions tenté d appeler le grand secret de l\u2019art de Jouvet sont probablement réunis dans cet aveu : Jouvet ne sait, n a su que travailler.Ces derniers mots, I artiste parisien les a dits dans une circonstance 187 Revue Dominicaine où la sincérité d un homme de sa taille ne saurait être mise en doute.D ailleurs toute son œuvre témoigne en faveur de leur vérité.L\u2019on n a pas toujours remarqué au sujet des artistes, quels qu ils soient et quel que soit leur champ d action, ce qui explique mieux que tout le reste leur succès ou ce qu on appelle communément leur génie : c est qu ils n ont jamais cessé de travailler, ni cessé d exploiter leurs dons naturels.Même certains, naturellement peu doués, dépourvus réussissent à coup d efforts et d études à se créer des talents véritables qui les conduisent à d\u2019authentiques succès.Mais pour le moment nous pensons à l\u2019artiste, au vrai artiste, pour qui le travail est avant tout un besoin, un besoin objectif que commande un art qui le sollicite à tout propos et à tout moment.Je ne connais pas de grands artistes qui aient vraiment su se reposer et pour qui le travail n\u2019ait pas été un appel urgent, et comme une nécessité.C\u2019est plus fort qu eux : ils sont un peu comme Dieu, le Premier des Artistes, il ne faut pas qu\u2019ils s\u2019arrêtent.Si oui, ce serait la fin de leur œuvre.Encore aujourd hui ce sont des artistes, comme Jouvet, qui donnent au monde les plus belles leçons de ferveur.Dans le milieu même où nous vivons il y a au moment même où nous rédigeons ces lignes de ces jeunes artistes sincères, encore inconnus, pour qui le travail fou, obscur et tenace, est le pain quotidien.Ils doivent, en plus, faire face à la pauvreté, à I incompréhension, à la jalousie, et à que sais-je, pour rester fidèles à leur idéal.Ces jeunes travailleurs ont droit à notre estime.Ils ont surtout droit de savoir qu\u2019ils ne se trompent pas.Les débuts de la carrière de Jouvet ont été marqués par ces défis aux conventions des gens assis et aux habitués de la semaine de quarante-heures.Mais il y a I artiste chrétien, deux fois artiste.Il a ses exigences à lui.Nouvelles exigences, nouvelles raisons de travailler.Pour un chrétien l\u2019art n\u2019est et ne sera jamais une fin.C est un moyen : comme une nouvelle façon d\u2019aimer Dieu et de le faire aimer.L artiste chrétien considère son travail non pas tellement comme un fait à subir, un devoir à accomplir ou un besoin à satisfaire que comme une nécessité.Cette nécessité a un sens.L\u2019artiste chrétien est le compagnon de la création de Dieu, qui se poursuit devant lui et dont il possède, à cause de son travail en profondeur, certains secrets qu il peut seul révéler aux hommes.Enfin, ce n\u2019est pas surtout à cela que nous voulons en venir.Nous venons plutôt rappeler le dernier message de Jouvet : un artiste ne doit savoir que travailler.Pasteur a déjà dit : « Il n\u2019y a que le travail qui amuse ».Michel Ladurantaye 188 esprit des ivres En collaboration >\u2014< « Espoir humain et espérance chrétienne ».Editions de Flore, 22 bis, passage Dauphine, Paris-VI.20 cm.326 pages.Ce livre contient les discours prononcés par des savants de toute classe : théologiens, philosophes, littérateurs, moralistes, sociologues, techniciens, etc.à la Semaine des Intellectuels catholiques, du 24 au 31 mai 1951, sous les auspices du « Centre catholique des Intellectuels français ».Au sommaire on y lit les noms les plus représentatifs de la culture française : Gustave Thibon, Gabriel Marcel, R.P.Congar, Chanoine Jacques Leclercq, François Mauriac, Joseph Folîiet, Daniel-Rops, Son Exc.Mgr Feltin, etc.Dans un monde en détresse, le désespoir est plus apparent que l\u2019espoir.L\u2019existentialisme a érigé en théorie l\u2019absurde d\u2019un monde qui cherche sa voie au lendemain d\u2019une guerre ruineuse dont les tristes conséquences ne font qu\u2019accentuer le désespoir.Voyez ce spectacle de millons et millions d\u2019hommes déportés ou réfugiés, traqués, poursuivis, dépouillés de leurs biens et souvent condamnés à la décapitation ou à l\u2019indignité nationale pour avoir tenté dans une fuite ou un compromis d\u2019échapper au massacre.Humainement parlant il ne leur reste que deux alternatives : la résignation et le désespoir.Pour en sortir, on offre l\u2019espérance chrétienne, seule capable d\u2019élever l\u2019homme au-dessus des misères du moment et de redonner au monde sa vraie finalité.Pour cela il faut regarder Dieu, organiser sa vie en fonction de Lui, mais préalablement, il faut croire d\u2019abord.Un grand livre que tous les chrétiens cultivés devraient lire pour mieux connaître leur temps et redonner aux hommes cette « douce espérance chrétienne qui dore chacun de nos jours de rayons immortels », a écrit Lacordaire.A.L.M.-Hugues Lavocat, O.P.r\u2014 « L Esprit d Amour, Essai de synthèse de la doctrine catholique sur le Saint-Esprit.I) L\u2019activité du Saint-Esprit.Paris, Fribourg, Montréal, Librairie Saint-Dominique, Librairie Saint Paul, Editions du Lévrier, s.d., 360 pages in 8°, couverture du R.P.M.-A.Couturier, O.P.Le R.P.Lavocat nous promet une véritable somme sur le Saint-Esprit et son rôle dans la vie chrétienne.Le premier volume que voici traite de l\u2019activité de la troisième Personne divine dans nos âmes.Un second ouvrage à paraître étudiera la personne même du Saint-Esprit, ce que nous disent les Ecritures, les Pères de l\u2019Eglise et la théologie, complétant ainsi une étude exhaustive que nous attendions depuis longtemps.L\u2019A.consacre d\u2019abord quelques chapitres au rôle du Saint-Esprit dans la vie intérieure, puis il en vient à l\u2019analyse détaillée de chacune de ses 189 Revue Dominicaine touches dans nos âmes : les sept dons.Pour chacune, un chapitre sur le don et un autre sur la béatitude correspondante, \u2014 ce qui est une façon très traditionnelle de considérer les choses.Enfin, l\u2019ouvrage se termine par quelques chapitres complémentaires sur ce qu\u2019on appelle communément, après saint Paul, les fruits de l\u2019Esprit (charité, joie, paix, patience, mansuétude, etc.), sur les rapports des dons avec les sacrements, des dons avec la vie mystique, sur les dons du Saint-Esprit dans l\u2019âme d?la Sainte Vierge, enfin sur la permanence des dons au ciel.Voilà qui s\u2019appelle envisager grand.Qu\u2019on n\u2019aille pourtant pas croire que l\u2019étendue du sujet nuise à la profondeur de la pensée.Tout au contraire, l\u2019A.semble ramasser ici, dans des cadres très précis en même temps qu\u2019essentiels, tout ce qu\u2019on peut dire sur les dons du Saint-Esprit.Dans un ordre ascendant qui va du don de crainte (initium sapientice timor Domini) au don de sagesse, couronnement de toute activité mystique, chacun des dons est étudié à fond sous tous ses aspects et jusque dans ses résonnances les plus intimes dans l\u2019âme.Certes, on pourra encore écrire sur le sujet, \u2014 un sujet inépuisable, \u2014 mais on pourra difficilement écrire mieux, ni beaucoup plus juste, ni beaucoup plus poussé.En somme, un succès de vulgarisation sur un sujet difficile et complexe.Notez que ce travail a le grand mérite de s\u2019inspirer de la tradition la plus authentique sur les dons, de leurs théologiens les plus autorisés, saint Thomas d\u2019Aquin et son commentateur classique en la matière Jean de Saint-Thomas, de même que des commentateurs modernes de l\u2019un et de l\u2019autre, les PP.Gardeil, Froget, Joret et Lemonnyer.Ajoutons enfin un autre mérite de cet ouvrage : celui d\u2019avoir été prêché avant publication.Ce qui lui donne une allure dynamique, vivante comme le sujet qu\u2019il envisage.Ce sont tous ces mérites, et biens d\u2019autres, qui permettront sans doute au livre du R.P.Lavocat de devenir l\u2019ouvrage moderne classique sur le Saint-Esprit et son rôle en nous.Il devrait être dans les mains de tous ceux qui s\u2019intéressent au progrès spirituel des âmes, qu\u2019il s\u2019agisse de la leur ou de celles qui peuvent leur être confiées.Il n\u2019est pas à douter que les prêtres, les religieux, les laïcs soucieux de leur avancement dans l\u2019amour et la connaissance de Dieu y trouveront un enrichissement appréciable.Ils comprendront mieux, \u2014 ce qui devrait être la préoccupation de tout chrétien, \u2014 que le divin enveloppe, pénètre et remplit toute notre vie et ils seront plus attentifs à cette voix intérieure du Saint-Esprit qui nous convie aux sommets de l\u2019intimité divine.C\u2019est là le vœu de l\u2019A., et nous ne doutons pas qu\u2019il se réalise pleinement.Alban-Roux Jeanne L ArchevÊque-Duguay \u2014 «Dans mon jardin».F ides, Montréal 1951, 20.5 cm.256 pages.Je voudrais inventer des mots de lumière et d\u2019azur pour mieux exprimer et la grâce et la beauté de la nouvelle œuvre de Jeanne L\u2019Arche-vêque-Duguay, Dans mon jardin.190 \\ L\u2019esprit des livres Les vers de ce recueil reflètent la fraîcheur du printemps, la timide poussée des feuilles naissantes, le gazouillis harmonieux de mille oiseaux et la chanson claire d\u2019un ruisselet qui jase dans son lit de mousse.Toutes les émotions de la poétesse se métamorphosent en poèmes.Et l\u2019auteur met au service de cette inspiration exubérante un art poétique délicat et gracieux, dépouillé et aristocratique.Jeanne L\u2019Archevêque Duguay nous fait respirer d\u2019abord ses Fleurs de maison.Nous voici Devant le crucifix, car c\u2019est au pied de la croix que l\u2019épouse a compris la sainteté de l\u2019amour conjugal.Puis, la Future maman reçoit des « amours de chaussettes enrubannées et fleuries » : de beaux vers naissent aussitôt, qui célèbrent le cœur, les yeux et les mains des mamans.\t, Cette femme sait aussi chanter en des vers savoureux, ouvrés ainsi qu\u2019une fine dentelle, les Bourgeons, une Fin de jour ou les Arbres en fleurs.Mais, laissons-nous bercer par la Musique : Brise qui siffle dans les pins ; murmure des peupliers vent du nord sur les ormes ; Vent d\u2019orage rasant les cimes.Musique d\u2019où viens-tu ?La maman nous guide ensuite vers cette partie du jardin réservée aux Bouquets d\u2019enfants.Au milieu d\u2019une floraison aussi luxuriante, d\u2019arômes si variés et de couleurs aussi diverses et éclatantes, nous ne savons pas quelle gerbe choisir.Oui, comment choisir entre le joli Trousseau de prières, la tendre Berceuse de la Vierge et la joyeuse Suite enfantine ?Nous voudrions citer aussi tous les beaux vers qu\u2019inspirent à la maman son fils et ses filles.Claire, Monique, Rachel, Madeleine, elles passent devant nous, chacune avec une mimique si expressive ! Madame L\u2019Archevêque-Duguay nous présente l\u2019une d\u2019elles, la Veille de la première communion : Elle repose, ma fille, un reflet de bonheur sur son visage auréolé de boucles blondes, candeur des narcisses qui dorment au jardin, sous la lumière tamisée de clair de lune.Fleur de Dieu contient les poèmes les plus profonds de ce recueil.La poétesse nous entretient ici des divers aspects de la Grâce.La grâce, elle se présente tantôt sous les traits d\u2019un enfant, tantôt sous l\u2019aspect de la musique ; elle chemine aussi « vêtue de noir » et portant une lourde croix.Et voici que descend la nuit : les ténèbres voilent tout un suaire opaque.L\u2019âme qui n\u2019aperçoit plus sa compagne la Grâce côtoie alors l\u2019abîme.Mais que se lève le Matin des fiançailles, aussitôt l\u2019âme s\u2019épanouit dans la joie : C\u2019est ton jour, chère âme, le matin de l\u2019Amour, objet de tes désirs brûlants.191 Revue Dominicaine Jeanne L\u2019Archevêque-Duguay se révèle une fois de plus l\u2019une de nos meilleures poétesses.Sa poésie se pare des plus aimables qualités : fraîcheur, musicalité, émotion, sens du rythme.Cette poésie est gracieuse, délicate et limpide, elle est en un mot toute féminité ! Elie Goulet Pierre Berès >\u2014 « Livres français des XVe et XVIe siècles »\t« Beaux livres anciens » ^ « Bibliographie ».14, Avenue de Friedland, Paris-VIII, France.Ainsi que les titres ci-dénommés l\u2019indiquent déjà assez, ces trois volumes ne sont que des catalogues de livres anciens beaux et rares.Ils sont fort bien faits et plus d\u2019un amateur d\u2019œuvres d\u2019art ou rares aura sûrement de fortes tentations d\u2019acquérir ces titres alléchants, sur une note descriptive, qui diront beaucoup aux chercheurs ou amants du moyen âge.Les deux premiers volumes : Livres français des XV et XVIe siècles et Beaux livres anciens, en plus d\u2019offrir ce qu\u2019il y a de mieux écrit et de mieux pensé sur les arts, les sciences et les lettres de ce temps, reproduit, en grand nombre, de splendides reliures artistiques où le dessein apparaît clair et net jusque dans ses moindres détails.Tous les relieurs : professionnels ou amateurs, y trouveront des modèles de grande classe.Bibliographie contient, par ordre alphabétique, les grands catalogues des principales maisons d\u2019édition d\u2019Europe et d\u2019Amérique, avec l\u2019adresse précise de chacune.Bref de précieux documents et informations dont aucun bibliothécaire ne devra ignorer l\u2019existence et la provenance.A.L.Paul Mani r\u2014 « Frère Bruno (Godefroy Demers) ».La Trappe, P.Q., 1949.20 x 13.220 pages.Non ! ce n\u2019est point de la mutation des trilles, comme il le fait dans ses travaux de biologie végétale, mais de la transformation profonde d\u2019une vie sous le travail de la grâce, que nous entretient ici le R.Père Louis-Marie.Se penchant volontiers sur les fleurs des champs, il n\u2019est pas surprenant que l\u2019auteur ait entrepris de raconter la vie surnaturellement si grande d\u2019un frère de sa communauté.Vous y reverrez avec intérêt l\u2019histoire des zouaves canadiens dont G.Demers fut un des derniers survivants, celle de la fondation de la Trappe d\u2019Oka, la rectification de préjugés trop tenaces, comme celui du fameux : Frère, il faut mourir.On trouvera aussi dans ce livre un noble passage sur la souffrance fpp.197-202).Et bref, un autre beau travail sur la flore spirituelle de notre pays, qui vient s\u2019ajouter à la vie de Marie-Glaire Tremblay et de bien d\u2019autres que l\u2019on devrait plus souvent présenter au public.A.M.192 TABLEAU üHONNEUR de nos bienfaiteurs insignes ^ MONTRÉAL AMERICAN VENITIAN CO., Hlric Dupuis, prop., 7076, Si-Hubert ALLARD, A., boucher, 1916, de l'Eglise BARIL, Mlle Y., lingerie, 2519 ouesi, Noire.Dame, Tél.WI.9546 BÉDARD, Antonio, chaussures, 3899 est, Ontario, près Bourbonnière BLAIN, Emile, boucher, 2454, Orléans BOWLING GOUNOD, Paul Bazinet, prop., 7888, St-Denis, Tél.VI.0088 BRIÈRE, Emile, optométriste, 7088, St-Hubert, Tél.DO.1350 BROPHY'S REG'D., 1957, Av.de l'Eglise BRUNET ENRG.' Cécile, 8637, Drolet BRUNET, Maurice, optométriste, 1605, St-Denis BUANDERIE ST-PAUL, 2020, Roberval CARGBENE, A., contracteur en bâtisse, 4352, Orléans, Tél.TU.2996 CHARLEBOIS, Maison, 708 ouest, Notre-Dame CHARTRAND, Elphège, quincaillerie, 3660, Av.Verdun COITEUX AUTOMOBILES, Jos., mécanique, débossage, peinture de toutes sortes, 5235, Papineau, GI.3367 COMPAGNIE DE PAPIER ROLLAND, 1645 ouest.Sherbrooke CÔTÉ SHOE LIMITÉE, 6908, St-Hubert COUSINEAU, W., électricien, 279, Rose de Lima DÉSILETS, Pharmacie, 4043 est, Ontario DUBOIS, P.-E., merceries, 3447 ouest, Notre-Dame GARCIA, A.-S., Enrg., pâtisserie, 4249 est, Sle-Catherine GAUTHIER LIMITÉE, \"Old London Melba Toast\", 1960, Parthenais GERACIMO EROS.INC., 412 est, Ste-Catherine GODIN, Clément, tailleur, 3572 ouest, Notre-Dame, Tél.FI.2259 GRATTON, Henri, charbon, huile à chauflage, 601, boulevard Crémazie GUÉNETTE, Léo, boucher, 6422, Bordeaux HAMELIN LIMITÉE, Victor, 4613, Orléans LABBÉE, Maurice, entrepreneur, plâtrier, 2364, Aylwin LA CIE LAVAL, lavage de vitres, 8525, Henri-Julien LACOMBE & FRÈRE, plâtriers, 5618, Bordeaux LAGARDE, J.-Ulric, auditeur, 1104 est, St-Zotique LAMARCHE, Geo., pharmacien, 8506, St-Denis LANOUETTE, Guy, 0.D., optométriste, 1674 est, Mont-Royal LAPIERRE, J., garage, 5400, Papineau LAROCQUE & MOQUIN LIMITÉE, contracteur, polissage mécanique de planchers de ciment, 5055, Av.des Sorbiers, tél.CL.2687 LASALLE WELDING, 1565, Iberville LASALLE WOODWORK, W.Dussault, prop., 5535, Chapleau LAVIGNE, L., contracteur général, 3250 est, St-Zotique, Tél.GR.5733 L'ECUYER, H., Electric Service, 2470, Des Carrières, Tél.DO.5940 LEDU, François, contracteur en tuiles, 3862, Newmarch, Verdun LEPAGE, Elie, Ecole du doux parler, 373, Carré St-Louis LONGTIN, G.-B., optométriste, 4136, Wellington LUCAS ENRG., Roch-W.Bédard, prop., plomberie, 1266, Labelle MARTIN & FILS, A., épicier-boucher, 4255, Wellington MATELAS TERREBONNE ENRG., Roméo Tremblay, prop., 7177, 12e avenue.Ville St-Michel MÉLANÇON, Rosario, optométriste, 3755 est, Ste-Catherine MIAMI FLEURISTE, J.-O.Chartrand, prop., 3801 est, Ontario, angle Valois MONTREAL SANITARY TOWEL SUPPLY CO., LTD., 842 ouest, Notre-Dame NATIONAL AWNING & TENT, 1298-a est, St-Zotique PALANGE, Ernest, optométriste, 441 est, Bélanger PAQUIN, A., boucher, 4249, Hochelaga PARÉ, Paul, merceries, 4061 est, Ontario FERRAS, Urgel, mercerie et chapeaux pour hommes, 4575 est, Ste-Catherine, tél, CL.4714 FHARMACIE Michon, licencié en pharmacie, cosmétiques, parfums, photographie, 1361 est, Mont-Royal, près Garnier, tél.AM.3659 PICHÉ, Ernest, optométriste, 1595, St-Denis PRODUITS PHARMACEUTIQUES, 50 est, boul.Crémazie PROVOST LIMITÉE, Marcel, plomberie, 8727 est, Notre-Dame, Téiraultville SAVARIA AUTO PARTS, 4293, De Laroche ST-DENIS ORNEMENTAL.V.Miesen, prop., 7227, De Lanaudière TRUDEL, Hubert, pharmacien, 1127 est, Mont-Royal IX TABLEAU D'HONNEUR 9 P £-> de nos bienfaiteurs insignes «¦« *1 HULL ALARY, Maurice, marchand de bois, 6, Leduc ALIE MACHINE SHOP, 146-152, Monicalm B.& P.RÉPARATIONS ÉLECTRIQUES, 148, Eddy, iél.77-7588 BÉGIN, Dr Pierre, 93, Maisonneuve BERTRAND, Alphée, 57, Frontenac BOUCHER FRÈRES, bois de construction, 30, St-Jacques BOURGEOIS, C.A., nettoyeur et presseur, 188, Champlain BRUCHÉSI, Dr Geo., dentiste, 204, Principale CAFÉ HENRY BURGER, Mme Henry Burger, prop., 69, Laurier CARRIÈRE, M., mercerie, 53, Principale, tél.77-4088 CAYER FRÈRES, entrepreneurs, 310, Notre-Dame, tél.77-4696 CERCLE LACORDAIRE DEASTVIEW, M.René Tremblay, président CHAMPAGNE, A., quincaillerie, 108-110, Av.Laurier CHARBQNNEAU, Laurier, épicier, 277, Av.Champlain, tél.77-2364 CHARRON, Napoléon, portes et châssis, 22, St-Florent CHARRON-MÉNARD, ferronnerie, rues Laval et Wellington, tél.77-6110 CHARRON, J.R., épicier, 91, Dupont CHEZ ROSE, fleuriste, Mme J.L.Roy, prop., 175, Principale CIE DE PLOMBERIE ET CHAUFFFAGE DE HULL, 35, Binet COULOMBE, Wilfrid, magasin de nouveautés, 100-102, Eddy CQUTU, Dr Noël, 192, Principale DANIS LE DÉMÉNAGEUR, Lucien Grondin, prop., 129, Montcalm, tél.77-6115 DESJARDINS, Dr E.L., 138, Wellington DESLOGES, Clémenf, épicier-boucher, 60, Hôtel-de-Ville DUBOIS, O., négociant en gros, 209, Papineau DUGAS CONSTRUCTION, 88 Carruthers, Ottawa, Ont.EPICERIE MODERNE, C.Duponi et L.Picard, prop., 283, boulevard St-Joseph FOURNIER, Emilien, épicier-boucher, 269, Champlain FRÉCHETTE, L., entrepreneur plombier, 29-A, boulevard Sacré-Cœur GERVAIS, J.O., couvreur, 17 Wellington GLACE SANITAIRE DE HULL, O.Bédard ei E.Hamel, prop., 10, Amherst, tél.77-8600 GOSSELIN ELECTRIQUE, 201, Eddy, tél.77-9177 GRANGER & FILS, S\u201e plomberie et chauffage, 39, Marston GRAVELLE, C.H., électricien, 131, Dumas GUINDON, L., bijoutier, 127, Principale HÔTEL «CHEZ HENRI».\u2014 HÔTEL STANMSH HALL \u2014 CHAUDIÈRE GOLF CLUB, Charles Coulombe, prés.HULL BOWLING ALLEY, Horace Lavigne, prop., 94, Principale, tél.77-5893 HUPÉ, P., 618, boulevard St-Joseph IMPORTATIONS BANCHINI ENRG., Oscar Banchini, prop., et J.W.Charrette, gérant, 65, Maisonneuve JACQUES, Raoul, entrepreneur, peintre, décorateur, 173, Si-Eiienne, tél.77-4810 JOLY, Lucien, ferblantier, 159, Dollard, tél.77-9891 LABORATOIRE FARLEY ENRG., A.R.Farley, prop., 117, Hôtel-de-Ville LAFLECHE, & FILS, A., épicerie, 44 rue Laval LAMBERT, Oscar, ^épicier-boucher, 243^, Maisonneuve LA MAISON FUNÉRAIRE EMOND, salons funéraires, 81, Si-Laurent, tél.77-4202 271, boul.St-Joseph, tél.77-1619 LARAMÉE, Edmond, manufacturier de viandes fumées, 150, boul.St-Joseph LAURIN FRÈRES, contracteurs, 97, St-Laureni LAVERDURE, Jules, agent, Brading\u2019s Brewery, ,\t,\t79, Maisonneuve LÉONARD ÉLECTRIC, 51, Si-Raymond LÉONARD, René, épicier, 98, Amherst, Wrighlville LESAGE, André, notaire, 129, Principale, tél.77-2701 LINO, NETTOYEURS, Paul Gendreau, prop., ,\t129,\tMonicalm, Hull L OPINION LIMITÉE, E.Décosse, prop., imprimeur, 198, Principale MARCOUX TRANSPORT, 36, Reboul, tél.77-3885 MAURICE, Albert, marchand de bois, 7, St-Florent, tél.77-7715 MEILLEUR, J.H., couvreur, ouvrages en feuilles métalliques, 238, Montcalm, tél.77-7929 MÉNARD, René L., notaire, 208 rue Principale MEUNIER, Donai, entrepreneur plâtrier, 201, Berry, Wrigniville MONETTE, Eusèbe, prop.General Wood Yard, 35, Sl-Hyacinihe, tél.77-9972 MONFILS & MAJOR, poseurs de prélarts, 15, Papineau, tél.77-7411 MOREAULT, Gérard, agent, Molson's Brewery, 43 Front O TABLEAU UHONNEUR O O\") aenosbientai teurs Insignes
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