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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1950-09, Collections de BAnQ.

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J.-Albert, 6711, Durocher, Tél.CR.2734 .Montréal Architectes Lemieux, 760, Square Victoria, LA .2870, Mil.Ludger Lemieux \u2014 A.A.Q.P.\u2014 M.R.A.I.C.Paul M.Lemieux \u2014 B.A.\u2014 M.R.A.I.C.\u2014 A.A.P.Q.\u2014 D.P.L.G.F.Arpenteur : Bélanger, Henri, 85, Monk, apt.2, Tél.2-3848, Québec, P.Q.Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers : Boucher, Germain, 72, Ste-Ursule, Tél.5-6156, Québec Bourget, Albert, 40 Des Braves, Tél.2-3848 .Québec Articles Religieux, Jouets, Libraire, Etc.i Kirouac, Marcel, 479, 6e rue, Tél.2-5383 .Québec, P.Q.Articles de Sports i Le Palais des Sports, 67, Côte d\u2019Abraham, Tél.8-2341, Québec Ascenseursi La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec, P.Q.Assurances Généralesi Bernardin Frères, Edifice Aldred, Ch.805, 505, Place d'Armes, Tél.HA.6258, Montréal Assurance > National Life Assurance Co.i Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-6785 .Québec Assurance i La Solidarité, Cie D\u2019Assurance-Vie î Siège Social, 71, St-Pierre, Suite 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Bijouterie en Gros \u2014 Spécialité : bagues de fiançaii/les ; Marcoux, René, 37, de la Couronne, Tél.4-8722, Québec, P.Q.Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, prés., CR.2167, Mtl.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre : Côté, Valère, Inc., 325, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Bois de Pulpe et Bois de Sciage : Coulombe, J.A.& Cie Ltée, 126, St-Pierre, Tél.2-1533, Québec Bois et Matériaux de Construction « Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 ouest, N.-Dame, WI.6118, Mtl.Bois de Construction,Manufacturiers de Plasohkh» kn Bois Franc, Portes et Châssis : Dupuis, J.-P.Ltée, 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928.Verdun Bonbons en Gros : Bonbons Yolande Enrg., Mme J.-B.Cloutier, propr., 67, Dalhousie, Tél.4-1167 .Québec, P.Q.Boulangers (gâteaux et pâtisseries) i Boulangerie Nationale, 540, 1ère av., Tél.2-5244, Québec, P.Q.Hethrington, T., Ltée, 358-364, St-Jean .Québec, P.O Brûleurs à l\u2019Huile : Beaudet, J.-L., 400, Charest, Tél.3-0960 .Québec, P.Q.Desroches, Eug.& Fils, 1039, St-Vallier, Tél.3-8014 .Québec.Buanderies : Buanderie St-Paul, 2020, Roberval, Tél.WE.6791 .Montréal Drolet, J.A., 12, St-Sacrement, Tél.7-1613 .Québec, P.Q.Café, Thé, Confitures : J.A.Désy Ltée, 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Chapeaux : Guimont, Mlle Imelda, 121, St-Jean, Tél.2-1903, Québec, P.Q.Charbon : Quebec Coal Co.Ltd., 411, boul.Charest, Tél.2-8472, Québec CHARBON (Anthracite et Bitumineux) : The Canadian Import Co.Ltd., 83, Dalhousie, Tél.2-1221, Qué.Charbon et Huile à Chauffage i Madden & Fils Ltée, 244, boul.Charest, Tél.4-3578 .Québec Charcuterie : Charcuterie Hygienic Enrg., 487, St-François, Tél.3-7438, Qué.Chauffage et Plomberie : Germain & Frères Ltée, 237, St-Antoine, Tél.76, Trois-Rivières Chiquette, Rosario, 23, Lavigueur, Tél.4-3782, Québec, P.Q.Couture, Odilon Enrg., 27, Lavigueur, Tél.5-8073, Québec, P.Q Chauffage et Plomberie (entrepreneur) s Jetté, J.-W.Limitée, 360 est, Rachel, Tél.MA.4184, Montréal Morency, Alphonse, 110, de la Ronde, 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180, Dorchester, Tél.3-3102, Québec, P.Q.La Librairie Dominicaine s 5376, avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.WA.6765 .Montréal 95, avenue Empress, Tél.2-7363 .Ottawa, Ont.Librairie (en gros seulement) i Librairie J.A.Parent, 472, St-Vallier, Tél.6680, Québec, P.Q.Libraires i Granger Frères Ltée, 66 ouest N.-Dame.LA.2171 .Montréal Machineries D\u2019Imprimerie (répahatioït, soudure, etc.) t Le Matériel d\u2019imprimerie Ltée (Demandez M.Langlais), 970, de Bullion, Tél.PL.9011, Montréal Manufacturier de Biscuits : Les Biscuits Dion Inc., 700, 2e rue, Tél.4-4191, Québec, P.Q.Manufacture de Chaussures « Samson, J.E.Inc., 469, St-Vallier, Tél.5-8765 .Québec, P.Q.Manufacturier de Monuments Gingras, Roch, Enrg., 2139, Chemin Ste-Foy, Tél.7-3147, Québec Manufacturiers de Portes et Châssis.Bois i Pilon, Jos.Ltée, 79, Boul.du Sacré-Cœur, Tél.3-1116, Hull, P.Q.Manufacturier de Sous-Vêtements pour Dames, Hommes et Enfants « Vatel Enrg., 611, 16e rue, Tél.3-7721 .Québec.P.Q.Manufactures de Vinaigre i La Cie de Vinaigre Lion Ltée, 74, Renaud, Tél.3-0406, Québec Manufacturiers D\u2019Insecticides, Désinfectants, Déodorant : Produits Marquette Ltée, 21, Courcelette, Tél.7-6747, Québec Marbre, Terrazzo, Tuile & Ciment : La Cie de Marbre & Tuile de Québec Ltée, 327, Dorchester, Tél.2-6900, Québec, P.Q.Marchand de Fer, Etc.( Compagnie Chinic, 66, St-Pierre, Tél.2-8293 .Québec, P.Q.Marchands de Fourruresi Cardinal, Arthur, 8, boul.Pie XII, Tél.66 \u2014 3030, Beauport, Emond, Chs-N.Enrg., 85, des Commissaires, Tél.6741.Québec, P.Q.Marchand de Fruits > Vézina, Adélard & Fils Enrg., 71, St-André, Tél.2-5268, Québec Marchands de Meubles i Cantin, J.-W., 446, St-Joseph, Tél.8007 .Québec, P.Q.Marchands de Sable et Pierre Concassée ; Robert & Dufour Enrg., 390, 20e rue Limoilou, Tél.2-4027, Qué.Marchand de Tabaci Gagnon, Henri, 66, Côte du Palais, Tél.2-4286 .Québec, P.Q.Marchands-Tailleurs : Lefebvre, Ph., 63, Buade, Tél.3-1433 .Québec, P.Q.Mathieu, Lucien Enrg., 2251, Frontenac, FR.1803 .Montréal Matelas, Sommiers, Etc.i Matelas Frontenac Enrg., 16, Boisseau, Tél.6347, Québec, P.Q.Maternité Privée : Ouellette, Mme J.T., 10, d\u2019Artigny, Tél.2-1966, Québec, P.Q.Matériaux de Construction i Les Industries G.-I.Lachance Inc., 263, St-Paul, Tél.2-6403, Québec, P.Q.Médecins « Castonguay, Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mtl.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent.Tél.WE.5476 .Montréal Laflamme, Dr Charles K., 171, Grande Allée, Tél.2-8069, Qué.Pouliot, Dr Antoine, 69, Ste-Ursule, Tél.2-4455 .Québec, P.Q.Membres Artificiels « Duckett, J.A., 8661, Park Ave, Tél.HArbour 0630, Montréal Membre de L\u2019Association des Fire Chiefs International : Quebec Stop Fire Enrg., 1427, 1ère avenue, Tél.3-7155, Québec Merceries pour Hommes : Julien, Albert, 556, 3e avenue, Limoilou, Tél.4-9474, Québec Négociant en Gros D\u2019Appareils Électriques : Vandry Inc., 470, des Capucins, Tél.2-6656 .Québec, P.Q.V BONNES ADRESSES A CONSULTER Négociants en Gros (épiceries, farine, Grains) i Bégin, Noël Inc., 94, Commerciale, Tél.Lévis, 176, Québec 6-9686 Négociants en Gros \u2014 Jobbers : Bourget & Léveillé, 69, Commerciale, Tél.Zone 6-216 .Lévis Nettoyeurs.Buanderie î Pfeiffer, P., 4, McMahon, Tél.2-2021 .Québec.P.Q.Notaires : Baillargeon & Baillargeon, 38, des Jardins, Tél.2-1390.Québec, P.Q.Blondin, Paul-A., 266 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5797, Mtl Labrèche et Labrèche, 10 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal Notaires & Assurances : Roy & Roy, Tél.Zone 6032 .Lauzon, P.Q.Nouveautés, Merceries, Tapis, Prélarts i Alepin, J.et Frère Ltée, 4295 ouest, Notre-Dame, Tél.WE.1108 ; 4719, Wellington, Tél.YO.1144, Montréal Opticiens D'Ordonnances « Derouin, O.L., 37, Metcalfe, Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Lamontagne, Etienne, 1065, St-Prosper, Tél.2178, Trois-Rivières Optométristes et Opticiens i Beaulieu, Remy, 94, de la Couronne, Tél.2-3592, Québec, P.Q.Mignault, J.-Ed.& René Beauséjour, 62, St-Jean, Tél.2-1803, Québec, P.Q.Papier Asphalt \u2014 Matériaux de Construction i Bishop Asphalt Papers Ltd., 201, du Pont, Tél.2-3581 - 2-6193, Québec, P.Q.PÂTISSERIE - PAIN : Jos.Vaillancourt Inc., 356-358, St-Joseph, Tél.2-2085, Québec Vachon, J.A.& Fils Ltée, Ste-Marie de Beauce, .P.Q.Pharmaciens i Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1236, Québec, P.Q.Pharmacie Canadienne, 1661 ouest, N.-Dame, Tél.WI.1771, Mtl.Pharmacie Roy Enrg., 121, Royale, Tél.2-3736, Giffard, P.Q.Pharmaciens en Gros i Ontario Medical Supply, 139, Queen, Tél.2-5309, Ottawa, Ont.Gérant : J.-André Gaulin, Dist.pour Casgrain & Charbonneau Photograpie Artistique et Commerciale : Michel Studio Enrg., 354, St-Jean, Tél.4-2798, .Québec Placage Industriel, Chrome, Nickel, Or, Argent i Garand & Thibault Enrg., 7, D\u2019Argenson, Tél.6-9232, Québec Plombiers : Asselin, J.A., 37, Hermine, Tél.5-9670 .Québec, P.Q.Bédard, Roger, 25-27, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-3263, Québec Morin, L.-P., 31, Sault-aux-Matelots, Tél.4-3617, Québec, P.Q.Plombiers-Couvreurs-Électriciens i Dorion, Jules Ltée, 213, 3e avenue, Tél.4-2916 .Québec, P.Q.Pneu s s Michaud Tire Service Ltée, 207, de la Couronne, Tél.3-3901, Québec, P.Q.Produits de Salon de Beauté : Lemieux Beauty Products, 16, rue de l\u2019Eglise, Tél.3-6320, Québec, P.Q.M.A.Lemieux, résidence, Tél.2-3073, Québec, P.Q.Provisions, Poisson, Fruits, Etc.: Dominion Fish & Fruit Ltd., Tél.2-7036 .Québec, P.Q.Provisions en Gros : Turgeon, Jos., 189, Commerciale, Tél.177 .Lévis, P.Q.Provisions Générales pour Bateaux t Quebec Ship Riggers & Sail Makers, Reg\u2019d., 17, Sault-au-Matelot, Tél.3-6717, Québec, P.Q.Professeur de Musique (Guitake, mandoline, violon) i Gagnon, T.W., 208, N.-D.de3 Anges, Tél.2-3700, Québec, P.Q.Quincailleries Générales : Cantin & Fils Ltée, 655, St-Vallier, Tél.5-7123, Québec, P.Q.Gravel, Ludger & Fils Ltée, 7906, boul.St-Laurent, Tél.VE.2581, Montréal Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-8 .Québec Rhéaume, Paul, 111, Royale, Tél.3-6484 .Giffard, P.Q.Quincaillerie en Gros et Détail « Lemieux, Jos.-E.Enrg.Québec, P.Q.Lajeunesse, Gaud.Enrg., 721, St-Vallier, Tél.2-6473, Québec O\u2019Neil & Richard Ltée, 134, du Pont.Tél.2-1694, Québec, P.Q.Quincaillerie et Ferronnerie î Terreau Racine Ltée, 196-220, St-Paul, Tél.2-2711 .Québec Radio Technicien \u2014 Haut-Parleurs : Gagnon, Jean-Paul, 960, 1ère avenue, Tél.2-1735, Québec, P.Q.Réfrigérateurs : Brindamour, W\u201e 415, 1ère avenue, Tél.3-2449, Québec, P.Q.Rembourrage de Meubles de tous genres : Michaud, Jos., 92, d\u2019Aiguillon, Tél.2-8497 .Québec, P.Q.Réparation de Ressorts d\u2019Autos « Léon Drolet & Fils, Enrg., 12-14, rue Caron, Tél.3-0979, Québec Ressorts \u2014 Pour Autos & Camions : Blondeau, Alphonse, 600, 1ère avenue, Tél.4-1209, Québec, P.Q.Restaurants : Boulevard Restaurant, 3830, Décarie.Tél.DE.0097 .Montréal Chez Marino Enrg., 34, Dauphine, Tél.3-0675 .Québec, P.Q.Restaurateur « Doré, Sarto, 30, Bon-Air, Tél.7-2143 .Québec, P.Q.Service Aérien : Les Ailes du Nord Ltée, Tél.30s.3-7-47, Sept-Iles.P.Q.Tél.7-4362 .Québec, P.Q.Savon : La Savonnerie Bourbeau Enrg., 345, Dorchester, Tél.4-2960, Québec, P.Q.Service de Construction : Moreau, L.A., 120, Dolbeau, Tél.5-8448 .Québec, P.Q.Soudure, Débossage, Peinture.Etc.: Beaulieu, L.P., 15, boul.Roosevelt-Churchill, Tél.4-4924, Qué.Stores Vénitiens t Méthot, Raoul, 213, 6e rue, Tél.2-6174 .Québec, P.Q.Syndic Licencié î LaRochelle, Victor, 111, Côte de la Montagne, Tél.3-7258, Qué.Tabac î Thos.Burns Reg\u2019d., 65, Buade, Tél.2-0034 .Québec, P.Q.Tannerie : Tannerie Daigle Ltée, 7, Lee, Tél.5-7623 .Québec, P.Q.Taxis : Taxis Maguire Enrg., 1463, Maguire, Tél.3-1474, Sillery, Qué.Terra Cotta : Montreal Terra Cotta, 1010 o., Ste-Catherine, MA.1816, Mtl.Terrazzo Mosaïque & Tuile î Terrazzo Mosaïque & Tuile, 25, av.St-Sacrement, Tél.3-1071, Québec, P.Q.Transports s La Traverse de Lévis, Ltée, Marché Champlain, Tél.2-5182, Québec, P.Q.St-Hyacinthe Transport, 350, Duclos, Tél.356-122, St-Hyacinthe Transport R.Dumas Enrg., 260, Ste-Hélène, Tél.3-3824, Québec, P.Q.Valeurs de Placement < Dubé, Oscar & Cie Inc., 105, Côte de la Montagne, Tél.2-4061, Québec, P.Q.Société Générale de Finance, Inc., 57 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5168, Montréal Valises et Bois de Construction « Ruel, Edouard Ltée, 416, St-Joseph, Tél.286W, Lauzon, P.Q.Vitres et Peinture : Franklin Glass & Paint Co., 305, St-François, Tél.2-4982, Québec, P.Q.Vitres & Peinture Pittsburgh : Hobbs Glass Ltd., 90, Côte de la Montagne, Tél.2-1638, Québec Viandes en Gros î Marché de Québec Enrg., 342, 1ère rue, Tél.2-2016, Québec, P.Q.VI CIERGES - CHANDELLES - BOUGIES\t\tTél.: 5-8216\tDiplômé General Motors\t Nos produits priment par leur qualité, leur fini et leur apparence.Ils incarnent la reputation et la confiance dont jouit notre maison depuis plus \u2014> elle est de la lumière incarnée, comme solidifiée.Peut-être que le savant réprime mal un sourire, mais non le peintre ni le maître-verrier.Ils savent combien insaisissable est en soi la lumière et qu\u2019il n\u2019est pour eux d\u2019autre cbance d en capter et d\u2019en fixer l\u2019éclat qu\u2019en reproduisant précisément les nuances exactes qu elle confère aux couleurs.Faute de pouvoir traduire la lumière pure, force leur est de se contenter de l\u2019évoquer et de la suggérer à travers celle des teintes et du jeu des coloris.* * * Hélas I le plus grand peintre du monde ne peut traduire la lumière en ce qu \u2019elle a de plus vivant : sa mobilité.II fixe 1 éclat d un moment, mais non l\u2019innombrable série des degrés par où passe la merveilleuse trajectoire.Seul, parce qu il est lui-même vivant et doué d une souplesse d accommodation extraordinairement prompte, I œil bumain a le pouvoir d enregistrer, au fur et à mesure qu elle se déroule, les ébats de la magicienne inlassable.Sous sa régence souveraine, tout paraît allégé, animé.La masse perd sa lourdeur, I immobile sa fixité, le permanent sa monotonie.Du matin au soir et de I été au printemps, le jour répand sur I univers inanimé un éclat jamais figé ou identique.Ainsi, à travers 1 enchantement des teintes et des accords, des contrastes et des harmonies, passe quelque chose de I allégresse même de I être et de la puissance du devenir qui conditionne et renouvelle le réel créé.Qui, de la lumière suit 1 infatigable mouvance, ne peut plus voir le monde « inerte » comme un tout pétrifié, à jamais fixé, définitif et mort.En les animant, la lumière fait parler les paysages, vibrer les montagnes, chanter les fleuves, se réjouir la mer.Il est dit dans la Bible que Dieu créa la lumière en premier, et de cette préséance nous comprenons aisément les raisons I II convenait que la clarté accueillît et baignât un monde conçu dans 1 inaltérable pureté de la Pensée divine.A l\u2019éclat qu elle répandrait sur les êtres les plus humbles, les créatures lucides reconnaîtraient la splendeur de leur origine.70 Lumière charnelle et Lumière invisible Car Dieu n aurait point fait la lumière si belle s 11 ne I avait chargée d évoquer la très gracieuse limpidité de sa propre richesse.Sur tout ce qu\u2019il a fait, elle est sa signature inimitable.* * * L\u2019éveil de l\u2019attention ne représente cependant qu\u2019une part de I influence exercée par la lumière.Force nous est de constater qu en dépit de sa légèreté, cette dernière a, sur la vie, une action aussi puissante que profonde.L apparition du jour marque et déclenche le réveil des vivants.La lumière dissipe le sommeil, fait s\u2019ouvrir les yeux et renaître la conscience.Elle rend l\u2019organisme à lui-même.Elle est 1 élément normal de I activité et du travail.Pourquoi ?Mystère I Le fait est qu elle est aussi nécessaire à l\u2019élan vital que 1 oxygène aux poumons.De la qualité du jour, de sa grisaille ou de sa joie, dépendent en grande partie la dépression ou I euphorie.Les tempéraments sont eux-mêmes marqués par la luminosité habituelle des pays où ils demeurent.Les mentalités, les caractères, les goûts diffèrent selon qu on habite sous des cieux brumeux ou ensoleillés.Dans une formule que nous trouvons naïve, les vieux scolastiques exprimaient un phénomène dont nous sommes loin d avoir pénétré le secret : « le soleil et 1 humide sont sources de génération ».Le raccourci est simpliste, mais prouve au moins que ses auteurs avaient saisi I importance majeure >\u2014> encore qu indéfinissable ' du rôle de la lumière dans tout ce qui se passe ici-bas.* * * Au caractère admirable des bienfaits qu elle dispense, s ajoute celui non moins émouvant de la manière dont elle agit.De toutes les causalités physiques la sienne est incontestablement la plus efficace et la plus discrète, la plus généreuse et la plus détachée.L intensité de son éclat ne tourne jamais au détriment de ceux sur qui elle brille.Elle ne modifie, n altère et n\u2019use aucun des êtres qu\u2019elle fait resplendir.Nous la disons parfois violente et accablante, dure et 71 Revue Dominicaine blessante, alors que sa légèreté dépasse à 1 infini la douceur du tact le plus exquis I Injustes, nous la rendons responsable de la fragilité et du manque d adaptation de nos propres yeux.En réalité, sous sa pesée subtile, jamais ne s inclinent la feuille la plus délicate, le brin d berbe le plus tendre, le fil de la Vierge le plus ténu.Jamais son contact n a terni le chatoiement d un pétale ni froissé le duvet d un papillon.Incomparablement plus rapide que le vent, elle ne laisse derrière elle trace d aucun ravage.Sa course vertigineuse demeure innocente.Loin d accabler ce monde sur lequel, depuis des millénaires, elle passe et repasse, elle le fait au contraire bénéficier de sa fraîcheur inaltérable et de son inépuisable nouveauté.Elle est comme I instrument et l\u2019image de l\u2019Esprit créateur dont il est écrit qu\u2019« II rajeunit la face de la terre.» La vieille terre, malgré sa longue histoire, sa fatigue et son usure, lui doit d être revêtue chaque jour d un manteau d allégresse inépuisablement renouvelé, et chaque fois aussi neuf et aussi clair que celui dont elle était parée en ce premier matin où son Auteur la lança dans l\u2019existence.Au cœur même d\u2019un univers soumis aux vicissitudes du temps, la lumière rappelle la constance intacte de I éternité.Bien plus qu ils ne le croient, les êtres qui vieillissent et mesurent en leur corps et leur esprit les ravages de la durée doivent à l\u2019inaltérable lumière leur sens de la permanence et de la victoire finale de I être sur I usure et la mort, c est-à-dire, cet optimisme fondamental sans lequel aucune créature consciente n aurait le courage d entreprendre quoi que ce soit.Du reste ne devons-nous pas à la lumière la découverte de la valeur du réel ?Loin d\u2019abîmer ce qu elle touche et de nous engager à le déprécier, elle le révèle et l\u2019ennoblit.Que de choses, sans elle, ne seraient que banales, et combien d\u2019ensembles feraient figure de chaos ! Avec une désinvolture souveraine, le soleil de Dieu répand sur tous sa clarté : de la pauvreté ou de l\u2019opulence, de la grandeur ou de la petitesse de ce qu\u2019il atteint, il semble n avoir nul souci.Et cependant, cette indifférence cache une justice et une miséricorde indicibles.Sans violence ni bruit, le monde, en ses plus infimes détails, nous est révélé.Comme en 72 Lumière charnelle et Lumière invisible se jouant, la lumière laboure le cbamp des apparences, dégage les lignes, fait ckanter les couleurs.Et cela avec une précision qui n\u2019a d égale que sa diversité.Chaque heure du jour et chaque degré de lumière ont leurs favoris et leurs disgraciés.Mais il n est point d être, si humble soit-il, qui ne trouve sa minute de grâce, celle où la lumière le bénit et le révèle en sa beauté.II n en est point d identiques.Tous ont leur physionomie à part, aussi exigent-ils un éclairage unique, original.Et la lumière est si riche >\u2014> et le Pouvoir qui préside à sa répartition si tendre i\u2014> que chacun, à un moment ou I autre, reçoit la luminosité exigée par sa texture et sa situation.Don provisoire et gratuit, que nul ne saurait par soi-même hâter ni conserver et qui marque bien le caractère fugitif des instants de gloire de la créature éphémère ! Qu importe la précarité de tels moments ?Ils n en sont que plus précieux.Ils nous sont offerts pour que nous puissions entrevoir la réelle beauté que Dieu a enclose dans ce monde matériel laissé par Lui à notre usage.Ainsi avons-nous quelque chance de regarder les êtres avec d\u2019autres yeux que ceux de l\u2019avidité, de l\u2019avarice ou de I envie.L admiration authentique ne s apprend point dans les écoles : elle naît de I observation que permet la lumière de Dieu.Sans argent ni diplôme, chacun peut s emparer des merveilles offertes, s\u2019en pénétrer et s en nourrir.Et cela indéfiniment, car il n est rien d aussi varié, d aussi peu monotone que les spectacles du jour.II suffit qu il soit éclairé pour que le même ne le soit précisément jamais ! Les heures et les saisons suffisent à nous le faire voir avec des yeux nouveaux.En même temps en effet qu\u2019elle modifie la coloration des êtres qu\u2019elle éclaire, la lumière influence différemment nos états d\u2019esprit ! Bon gré mal gré, elle nous atteint au plus secret de nous-mêmes.A travers les yeux, quelque chose de la joie pure et grave de l\u2019aurore nous va au cœur.Le plein jour verse en nous un sentiment de plénitude.La douceur du soir nous apaise.Au printemps, la lumière exalte ; nous fait vibrer l\u2019été ; nous attendrit I automne, et, I hiver nous imprègne de mélancolie.Et 73 Revue Dominicaine chaque fois le monde nous paraît différent.Par ses changements, la lumière nous préserve de I ennui insupportable qu\u2019engendre immanquablement I habitude.Devant un univers forcément fixé, elle réussit à tenir éveillée la curiosité attentive des vivants qui l\u2019habitent.* * * Mais la lumière est silencieuse ! Les spectacles qu elle offre ne sont pas annoncés avec fracas.Voil à pourquoi, sans doute, les amateurs en sont si peu nombreux.Ne savourent vraiment les fêtes des yeux que ceux auprès desquels les réclames bruyantes demeurent sans prestige 1 De ce peu de succès, la lumière n a cure, étant trop grande pour mendier.Que lui importe de briller sur des êtres réceptifs ou pas ?Ni les laideurs ni les splendeurs qu elle touche ne I atteignent.Elle n attend rien des autres ; nul ne saurait la souiller ou 1 embe Ilir.Elle se suffit.Elle passe, souverainement libre en son opulence.Avec une fidélité et une munificence inépuisables, elle apporte aux êtres les plus « ingrats » (au plein sens du mot) les mêmes bienfaits qu\u2019à ceux qui la chérissent.Elle est bien, en dépit de son silence, celui des dons de Dieu qui proclame le plus éloquemment les qualités de son Amour.Chaque matin, nous est rappelé qu\u2019existe un Cœur que ne désespère et ne rebute aucun refus, une Miséricorde qui jamais ne se lasse, une Générosité toujours égale et une Délicatesse tellement exquise que, pour ne point gêner ceux qu elle comble, elle leur cache son Visage et son Nom.En enveloppant de lumière Son message, Dieu savait qu il serait bien caché I Seuls, les yeux que dirige un cœur soucieux de reconnaître ce qu il doit à autrui, découvrent le secret profond de la lumière, instrument de choix de Faction de Dieu.Venue d en-haut, elle rappelle, par son rôle même, combien, en leur moindre geste, les causes créées dépendent de 1 influence de leur Source invisible.En I absence du jour, tout est en sommeil, au ralenti.Seule la lumière apporte ce courant qui permet à tous de ressurgir, de s ébrouer, de s agiter, de parler à voix haute, de s\u2019interpeler.Chacun lui doit la conscience plus grande de son énergie, l\u2019audace et l\u2019entrain.A peine décline- t-elle, que 74 Lumière charnelle et Lumière invisible tous commencent à sentir la fatigue.Du jour qu ils viennent de vivre, iis retiennent les peines plus que les bienfaits.Miséricordieusement, la lumière se retire, non sans offrir souvent à leurs yeux lassés, le maternel adieu de la vision sereine d un couchant chaud et tendre comme la douce Pitié de Dieu.Bien des choses de leurs vies changeraient si les hommes obéissaient à la discrète invitation au repos qu\u2019est le départ de la lumière î Lfélas I leur esprit inquiet et leur cœur torturé imposent à leur corps des veilles harassantes.D invention de génie, l\u2019éclairage artificiel est devenu possibilité de dépenses nerveuses excessives.L harmonie naturelle a été rompue entre les limites de la durée du jour et celles des dépenses dont un organisme délicat est quotidiennement capable.Jouer à I infatigable est une forme de prétention dont le corps doit payer le prix, tôt ou tard.Que de santés seraient restaurées, d équilibres spirituels et moraux rétablis, si les humains redevenaient davantage dociles aux indications de cette maîtresse infaillible de rythme qu est la lumière du soleil ?Mais tout cela suppose que, devant la lumière comme devant 1 univers qu \u2019elle éclaire, I homme renonce à sa morgue hautaine et comprenne qu il lui est bon de recevoir, du réel matériel, des renseignements et des exemples.Qui doit bâtir son propre monde a tout à gagner à voir comment 1 univers est bâti et comment il évolue.Les saints le savent bien : aussi est-ce chez eux que nous trouvons les louanges des créatures en qui iis voient des frères et des sœurs nés comme eux, du Cœur de Dieu.Un païen a-t-il jamais égalé saint François d Assise dans son Cantique au soleil ?Sois loué, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire le frère Soleil, lequel fait le jour et par qui tu donnes la lumière ; et il est beau et radieux, avec grande splendeur de Toi, Très-Haut, il est le porte-enseigne.Sois loué, mon Seigneur, pour notre sœur la lune et les étoiles, au ciel Tu les as formées claires et précieuses et belles.75 Revue Dominicaine L esprit joue en son ordre, un rôle tellement analogue à celui de la lumière physique que chacun, pour le qualifier, se sert des vocables propres à celle-ci.On le dira clair ou brumeux, éblouissant ou terne, voire même en certains cas privilégiés, tout simplement « une lumière ».A h intelligence en effet nous devons de pouvoir saisir I intérieur des choses : sa pénétration lui permet d en dégager la structure et la valeur.Elle possède, vis-à-vis de l\u2019intelligible, une vertu révélatrice semblable à celle de la clarté du jour par rapport aux formes et aux couleurs.Toutes deux ont ceci de commun qu elles ne font que manifester et découvrir ce qui est, non de lui ajouter ou de le modifier.Ajoutons que I une et I autre ont un champ d\u2019action infini.Les plus vastes horizons intellectuels et les analyses scientifiques les plus minutieuses n épuisent pas plus la vigueur de I esprit que les immensités éclairées par elle ne diminuent I intensité de la lumière.Ils sont tous deux aussi universels qu inépuisables.Là s\u2019arrête toutefois la comparaison.Tandis que la lumière physique ignore tout des spectacles qu elle suscite, l\u2019intelligence voit et possède les richesses intelligibles qu elle découvre.Elle est clarté lucide et regard lumineux.Elle fait de celui qui la possède l\u2019inventeur et le possesseur d\u2019un univers, profond et divers, éblouissant et vaste, comme de la création entière.Aussi bien les hommes l\u2019ont-ils toujours tenue pour un don sacré et pour le signe divin par excellence auquel ils doivent le meilleur de leur originalité et leur transcendance.Les philosophes 1 ont célébrée, mais aucun d eux, fût-il païen, n a jamais dépassé le cri de gratitude admira-tive du psalmiste : « Signatum est super nos lumen vultus tui, Domine >\u2014> en nous a été gravé, Seigneur, I éclat de votre propre Visage I » Le mot n\u2019a rien d outrancier I La connaissance, à sa manière, fait de nous des dieux.Elle nous permet, en dépit de nos limites ontologiques et de notre finitude physique, de nous agrandir spirituellement aux me-sures-mêmes de tout ce qui n est pas nous.L intelligence dispose d un pouvoir créateur, car elle confère aux réalités qu elle connaît une existence de surcroît au dedans d elle-même.Elle en fait des idées qui, pour être des créations tout intérieures, impalpables et silencieuses, n en con- 76 Lumière charnelle et Lumière invisible tiennent pas moins le plus précieux des existants.A la condition toutefois que l\u2019esprit ait su résister à la griserie créatrice et rester fidèle au réel.Qu\u2019il cesse un instant d\u2019oublier cette loi, et ses élaborations seront aussi vaines et aussi décevantes que les mirages que la fatigue et la soif font surgir devant les yeux du malheureux perdu dans le désert.Comme la lumière du jour, celle de I esprit ne trahit que le regard qui lui fait violence.Tout le malheur vient souvent de ce que le savoir humain s éloigne de la leçon que, chaque jour, lui procure son splendide exemplaire.De toutes les réalités de ce monde, la lumière est à la fois la plus éclatante et la plus humble ! Elle découvre et fait valoir ce qui est, sans jamais jouer au démiurge prétentieux.Telle devrait être, devant la réalité, la conduite de l\u2019intelligence finie.La création de Dieu possède une valeur autrement positive que celle de nos hypothèses î Et l\u2019esprit humain a été ainsi agencé qu\u2019il devrait emprunter au réel l\u2019entretien et I accroissement de sa lumière.^ ^ Si, dans l\u2019ordre intellectuel, l\u2019idée de lumière sert à illustrer le pouvoir révélateur de l\u2019esprit, appliquée au domaine moral et religieux, elle symbolise la limpidité du vouloir, sa transparence à I endroit du bien.Aussi la retrouvons-nous au cœur même de la formule dans laquelle l\u2019évangéliste saint Jean a résumé le drame de I Incarnation : « la lumière a lui dans les ténèbres, et les ténèbres ne 1 ont point reçue ».En cela, nulle innovation de la part de I écrivain sacré, car le Christ a fréquemment utilisé cette image pour exprimer sa mission sur les esprits, il r a même préférée au titre de « Sagesse » que la Bible lui attribuait.Peut-être parce que plus accessible aux esprits non-initiés ?En I entendant affirmer « Je suis la Lumière du monde », le moins cultivé de ses auditeurs comprenait qu\u2019il désignait sa plénitude doctrinale.Du même coup, se trouvait signifiée la réserve insigne observée par Dieu à l\u2019égard des esprits.Seule la lumière peut donner une idée du respect extrême de Dieu pour ses créatures libres.77 Revue Dominicaine Ce n est pas tout I Par delà ces applications pourtant sublimes de la notion de lumière, une autre a eu lieu que Dieu seul pouvait révéler.Elle sert à traduire la Splendeur et I Eclat de la Nature divine elle -même, et la Pureté indicible de la Fécondité éternelle de Dieu.De cette transposition suprême, le Credo catholique contient I enseignement explicite quand il définit la Personne du Fils de Dieu : « Lumière de Lumière ».Quel mot humain eût été capable de traduire aussi simplement et aussi clairement le mystère de la dépendance et de l égalité ?L admirable est qu en toutes ces transpositions 1 idée de lumière ne perd rien de sa précision originelle.La clarté du jour est elle-même si pure que sa désignation est d emblée considérée par tous comme I équivalent-type de la perfection.D où son pouvoir évocateur dès qu il s\u2019agit du supra-visible et de 1 au-delà du charnel.A elle seule, I idée de lumière a plus fait pour éveiller les esprits au spirituel et au divin que toutes les notions métaphysiques du monde.Elle est celui des titres de Dieu qui Lui a gagné le plus de cœurs, car tous, d instinct, le comprennent et le chérissent.Ch.-D.Boulogne, O.P.78 L/esprit de la nation roumaine Le continent américain était encore un rêve dans I imagination prophétique de ses premiers découvreurs, quand la Roumanie était un pays déjà ridé par le poids des siècles.Sans insister sur les antiques et sanglantes querelles des Scythes et des Thraces en terre roumaine, il suffit de rappeler qu\u2019en l\u2019an 101 de notre ère le glorieux Trajan et ses légions romaines conquirent toute la région du Danube qui constitue la majeure partie de la Roumanie actuelle.Or c est depuis cette époque que le pays conserve en permanence la marque latine dans sa langue, ses coutumes de base et son esprit national.Ainsi, pour garder leur langue et leur indépendance, les descendants des premiers colons romains se cachèrent-ils dans les montagnes inaccessibles du nord, quand les Romains durent quitter le pays au troisième siècle sur la pression des tributs slaves et des hordes asiatiques qui envahirent la région et détruisirent les vestiges matériels de l\u2019occupation romaine.Dans les périodes plus tranquilles, ces vaillants montagnards descendaient de la Transylvanie vers les plaines du Bas-Danube pour les coloniser à nouveau.C\u2019est ainsi que la nation roumaine s est formée, par l\u2019union des montagnards transylvains et des campagnards valaques restés fidèles à la langue, un peu déformée sans doute, de la Rome impériale.Or cet alliage social a su garder sa personnalité propre, quand les Magyars ou Hongrois venus d Asie s installèrent dans le pays où ils régnèrent jusqu\u2019au douzième siècle.Dans un bref élan vers la liberté, les deux principautés guerrières de la Moldavie et de la Valachie es-seyèrent d ébaucher une civilisation autochtone, quand la puissance irrésistible des Ottomans vint briser I énergie des princes roumains : aussi, au début du seizième siècle, la Roumanie devint une province turque, comme tous les autres pays balkaniques soumis par le Croissant et le yatagan.Elle ne réussit qu\u2019à sauver sa foi et ses traditions chrétiennes fondamentales, qui lui serviront à préparer dans 1 ombre, 1 unité nationale de ces fragments d une même patrie.Pendant la domination ottomane, les princes roumains eurent la 79 Revue Dominicaine bonne fortune d Iieriter de certains droits des empereurs d Orient que la prise de Constantinople avait fait disparaître.Portant le manteau de pourpre et la couronne d or des césars byzantins, le Prince de Moldavie et le Prince de Valacbie continuaient la tradition de Byzance, et s affii maient les soutiens de I Eglise orthodoxe et de la civilisation chrétienne.Leurs chancelleries utilisaient le slavon comme langue, de même que le latin servait en Occident aux mêmes fins.La tolérance de la Sublime Porte permit au dix-huitième siècle à des maîtres français, de venir donner un vernis occidental aux boyards roumains, qui restaient soumis aux princes choisis parmi les vassaux grecs du Sultan.Cette influence française vint heureusement féconder I âme latine de la Roumanie, et la tourner de plus en plus vers 1 Occident, caractère qu elle a gardé depuis avec insistance.L autonomie accordée à la Moldavie et à la Valachie en 1856 par le Congrès de Paris qui clôtura la guerre de Crimée, permit à ces deux principautés de s unir en une seule, trois ans plus tard, sous Alexandre Cuza.Mais il a fallu encore la guerre russo-turque et le Congrès de Berlin en 1877 pour que la libération de la Roumanie s\u2019affirme en indépendance.Nous eûmes ainsi 1 instauration de la dynastie des Hohen-zollern qui régnèrent jusqu à I avènement récent de la république communiste.Traditions sociales Tous ces événements politiques se sont gravés dans la vie et la chair du peuple roumain.Gouverneurs, chefs militaires, princes et sultans se succédaient, faisaient leurs guerres dans les campagnes et les vallées d une même nation, et se servaient de ses bras noueux pour subvenir à leur existence et alimenter leurs armées.Les maîtres du pays changeaient, la civilisation évoluait, mais le peuple roumain restait lui-même, enraciné clans son sol fertile, vivant sa vie de bonheur et de misère, perpétuant le souvenir des ancêtres par des traditions persistantes qui constituent aujourd\u2019hui la source inépuisable de son folklore national.Or les traditions sociales des Roumains sont du type paysan : car 80 L\u2019esprit de la nation roumaine c\u2019est l\u2019exploitation agricole, comprenant les céréales, les vergers, les forêts et les fermes, qui reste l\u2019occupation de base de la grande majorité des Roumains.L\u2019extraction du pétrole, le travail des mines et I organisation industrielle sont des additions récentes à la vie économique du pays.Après la première guerre mondiale, le gouvernement avait acheté toutes les grandes propriétés, pour les distribuer aux petits fermiers, contre des paiements échelonnés sur une période de quarante ans.L occupation allemande du pays, et maintenant sa sujétion de fait par les Russes, n ont fait qu\u2019aggraver si l\u2019on peut dire le caractère agricole du peuple roumain.II est à noter aussi qu\u2019aux souches originaires vinrent s\u2019ajouter peu à peu des apports allemands, hongrois, slaves, juifs et romanichels qui forment ensemble un quart de la population actuelle.Le paysan du Danube satirisé par les chansons, ne savait pas écrire du tout.Une petite élite de Roumains pouvait lire et écrire : mais aujour-d hui, l\u2019instruction publique fait de grands progrès, même si le régime communiste actuel produit inévitablement une déformation à laquelle peu d esprits résistent.Mais heureusement, I éducation rurale n a point tué les traditions populaires qui, dans l\u2019art paysan, le costume régional, et les coutumes sociales, laissent au pays son caractère nostalgique et pittoresque.Parmi ces coutumes, je me souviens encore de la parade de la jeune fille à marier qui a lieu dans un village de Transylvanie suivant une coutume millénaire.Un chariot traîné par des bœufs était chargé de tous les objets formant sa dot : sur cette pyramide, on juchait la jeune paysanne timide parée de ses plus beaux atours.Un cheval ou quelques chèvres attachées au char formaient la partie mobile de ses richesses.Le père tout fier, habillé en costume national, conduisait le convoi son grand fouet à la main.« Fille à marier.Fille à marier I » criait-il, tout comme s il avait à vendre des primeurs ou du bric-à-brac quelconque.Et derrière ce tableau, la mère qui suivait à pied répondait en faisant écho : « Et quelle fille ! quelle brave fille I » Les gars du village s attroupaient sur le passage, regardant le tout, supputant les valeurs, interrogeant le cœur.81 Revue Dominicaine Les plus audacieux s approchaient des parents pour avoir quelque information supplémentaire.Puis à la halte sur la place du marché, ou au retour dans la cour de la ferme familiale, les prétendants venaient discuter 1 affaire, se faire agréer par la belle, et commencer leur cour.Autrefois, les cérémonies d\u2019un mariage paysan duraient plusieurs jours : on tuait les veaux gras, on buvait des barils de vins du Danube, on dansait la hora, chacun partageant à sa façon le bonheur des conjoints.Et pour satisfaire aux traditions, I époux prétendait réussir à enlever sa femme après les réjouissances officielles.Pour faire contraste, voici l\u2019étrange coutume du 8 juin qui est une journée bien triste pour les chiens des villages.Car les paysans les attrapent pour leur faire passer un mauvais quart d heure, sans pouvoir dire au juste pourquoi ils perpétraient cette petite bassesse.Seuls quelques folkloristes aux tempes grises font remonter cette coutume à l\u2019aventure historique des oies du Capitole romain : normalement, les chiens auraient plutôt dû donner l\u2019alarme à l\u2019approche des Vandales ; aussi pour les punir de leur négligence, on fait encore subir à leurs descendants éloignés cette pitoyable misère.Et pour faire bonne mesure, voici la légende de la construction du célèbre monastère de Curtea de Arges au XVle siècle où étaient enterrés jusqu ici tous les princes et rois de Roumanie, et que le gouvernement communiste actuel a profané en « désacrant » les tombeaux pour arrêter les flots de pèlerins qui allaient y prier malgré les défenses officielles.Le Prince Neagoe de Valachie voulut bâtir la plus belle église de son pays, et engagea pour son travail les plus habiles ouvriers de l époque.Ceux-ci s aperçurent bientôt que la nuit détruisait en partie ce qu ils faisaient pendant le jour.Leur esprit primitif, pour conjurer le mauvais sort, décida d enterrer tout vif le premier être vivant qui viendrait vers eux.Maître Manole, le chef des travaux, savait que sa femme lui avait promis d\u2019aller lui porter son dîner le jour même.Aussi le pauvre homme pria-t-il le ciel de déchaîner tous ses éléments pour F empêcher de venir.Malgré la tempête, le vent et la pluie, 1 épouse fidèle arriva quand même au chantier ; 82 L ESPRIT DE LA NATION ROUMAINE et on l\u2019emmura dans les assises du temple où la croyance populaire semble entendre encore sa plainte : « Manole I Manole ! Mes membres me font mal et mon cœur cesse de battre ! » Mais les ouvriers superstitieux eurent aussi leur punition : car pour qu ils ne puissent pas construire ailleurs une église semblable, le Prince Neagoe ordonna de tirer les échelles une fois le temple fini, laissant ses artisans périr de faim dans ses hautes tours.Un pays aussi vieux que la Roumanie, et se trouvant placé par surcroît au carrefour de tant de races et de civilisations, doit nécessairement être riche en légendes anciennes sur lesquelles vient broder 1 imagination de ses artistes.En ce moment, c est vers ceux-ci que je voudrais tourner mon attention : car la Roumanie a beaucoup donné dans les domaines positifs et imagés de l\u2019art populaire et de 1 art classique, 1 un et l\u2019autre laissant d\u2019innombrables monuments à travers les âges et le pays.Folklore et Artisanat Comme ailleurs dans le monde, 1 art populaire est né, puis s est développé autour du village roumain, autour de ce groupement humain fondamental qui a toujours conservé la langue et les aspirations communes de toute la nation.Pour survivre d abord et vivre ensuite dans les cadres géographiques qui façonnent en quelque sorte les manifestations pratiques de l\u2019intelligence humaine, le paysan roumain a dû inventer d\u2019abord les ustensiles nécessaires à son travail, et puis satisfaire les aspirations naturelles de son âme vers le beau.C\u2019est de la combinaison de cette double activité en fonction de son environnement, qu est né 1 art paysan roumain d\u2019une part, et de l\u2019autre cette richesse de ballades, de chansons lyriques et de contes qui forment une partie émouvante et importante de la littérature nationale.Au campement lointain pendant le repos, ou autour du feu joyeux qui rit aux étoiles ; comme aussi le dimanche ou pendant les nuits d\u2019hiver accroupis devant l\u2019âtre familial, les anciens oli les femmes divertissent le groupe en chantant ou en racontant de vieilles légendes.Le caractère distinctif du folklore roumain est le souci de la propor- 85 Revue Dominicaine tion et le raffinement du style dans toutes les formes de 1 art.On le remarque dans 1 ornementation originale des maisons villageoises, dans la variété des costumes et broderies des paysans qui marquent leur région, dans les tapis et étoffes, dans les décorations des outils de travail et des ustensiles domestiques ; enfin dans les dessins coloriés de I émail des poteries et même des œufs de Pâques traditionnels.Aussi les réalisations de F artisanat roumain se distinguent par leur bon sens, leur force et leur originalité, marques vivantes d un esprit collectif remarquablement uni par la race, par une langue unique qui ne connaît pas de dialectes, et par des aspirations communes d une vie pleine et paisible.Ainsi, par exemple, I isolement relatif du berger et du paysan roumains, leur dépendance constante des dons de la nature, et leur conscience sentimentale de Latins, ont inconsciemment provoqué la germination de cbants et de poésies populaires qu enricbissent les générations successives.C est ainsi que la vie contemplative du berger roumain a produit la Mioritza, genre de poésie populaire, comme la Doina et le Dor, types de chansons nostalgiques.D ailleurs, la musique fait partie intégrante de la vie du peuple ; aussi elle n\u2019est pas considérée comme un simple amusement.Pour le Roumain, un instrument de musique n\u2019est pas joué pour lui-même : que ce soit le Fluer (la flûte), le Caval (cornemuse), la Cobza (sorte de guitare) ou une simple feuille d arbre, I instrument de musique est considéré comme un complément de la voix pour enricbir et embellir une chanson.Aussi les villageois improvisent-ils des chansons pour exprimer les sentiments et les étapes de la vie.Au temps de Noël, les colinde et vicleins (chanteurs de Noël) et surtout le cycle des Chants de I Etoile de Bethléem, donnent de I allégresse aux fêtes traditionnelles.Les dimanches, le peuple écoute à l église les chants monodiques sacrés, qui entremêlent les modes byzantins aux mélodies populaires.Aux jours de fête, tout le monde est réuni sur la place pour danser la Hora, la ronde nationale.Les femmes contribuent largement au développement du folklore, en cultivant avec leur imagination les arts domestiques.En hiver, quand 84 L\u2019esprit de la nation roumaine les neiges couvrent la campagne et la forêt, elles se réunissent pour travailler ensemble et passer le temps.Elles filent leurs laines multicolores, tissent leurs fameux tapis, ou égrenent leur maïs en récitant de vieilles ballades.Ou encore elles s amusent avec des jeux compliqués de charades, ou en racontant les mêmes histoires pleines d humour et de sagesse.Permanence de la Culture roumaine Les paliers supérieurs de la culture roumaine ont été profondément influencés par le folklore et les coutumes populaires, par I esprit religieux et esthétique de I orthodoxie byzantine, et enfin par I idéal scientifique et créateur de la pensée occidentale.Les premiers centres de la vie intellectuelle roumaine, furent les monastères qui résumaient toutes les activités artistiques et culturelles du pays.Architecture et fresques, ornements en bois et en pierre, icônes et objets religieux, broderies faites par les princesses et les femmes de boyards, tout portait alors la marque de b art byzantin.Les moines enseignaient d\u2019abord les langues de l Eglise orientale, le paléo-slave et le grec ; au dix-septième siècle on leur ajouta le roumain moderne, qui prenait forme à cette époque.C est dans leur enceinte que les textes religieux étaient copiés avec beaucoup de soin, avec des caractères élégants et rehaussés de riches enluminures.Naturellement, les premières presses d imprimerie furent montées par les moines ; et le premier texte imprimé en Roumanie parut vers le milieu du seizième siècle.A cette époque, les monastères roumains imprimaient des livres religieux pour les Géorgiens, les Arméniens, les Syriens, les Coptes et même les Russes, ce qui étendit bien loin I influence culturelle roumaine.Au début des temps modernes, I adaptation de l\u2019art byzantin, qui marquait aussi bien les églises que les palais, ainsi que des modèles de la Renaissance italienne à I atmosphère et aux circonstances locales, fit naître une architecture spécifiquement roumaine.A cette époque aussi des princes roumains fondèrent des écoles pour la plupart laïques, où 85 Revue Dominicaine I on enseignait les classiques et les sciences.Les universités de Bucarest et de Jassy furent fondées au dix-septième siècfe toutes deux.Des maîtres de I Occident furent appelés en Roumanie, et ces étudiants roumains partirent pour compléter leurs études à l\u2019étranger.C\u2019est depuis lors que la civilisation occidentale pénétra définitivement en Roumanie, et influença ses cliefs politiques et religieux par des moyens séculiers.Cette influence se remarque dans l\u2019évolution de la langue roumaine.Au début du dix-septième siècle, une phalange de philologues mirent en relief les origines latines de la langue et de la nation roumaines.Profitant de ces travaux, des écrivains classiques cherchèrent à enrichir la langue écrite avec des éléments néo-latins et les traditions populaires du folklore, provoquant ainsi les sévères critiques de Titou Maiorescu, écrivain et homme d Etat.Dans toute cette agitation, le Roumain resta heureusement lui-même, s affinant quelque peu par les apports littéraires de ses meilleurs écrivains.Par contre, la peinture et la musique doivent beaucoup à I influence occidentale, qui donne plus d élan à leur évolution progressive.Ainsi la peinture roumaine se libéra au dix-neuvième siècle de ses attaches religieuses, pour chercher son inspiration dans l\u2019école de Barbizon et les maîtres occidentaux.Ses artistes vraiment modernes ont fait ainsi ressortir les beautés des paysages roumains, comme c est le cas pour Grigorescu, ou encore 1 âme mystique du peuple et son amour des couleurs, comme dans les toiles de Luchian.Et la technique de haute tenue de ces magiciens du pinceau, reste la marque des peintures classiques ou ultra-modernes de notre époque.Quant à la musique, son développement est parallèle à celui des autres arts, qui ont passé de la phase purement religieuse à un palier universel.Après les riches manifestations de la polyphonie sacrée et des chants populaires, les compositeurs roumains du dix-neuvième siècle introduisirent la chorale dans les thèmes religieux de tradition byzantine.Adoptant ensuite les conceptions musicales et les techniques modernes, ils s émancipèrent de I influence religieuse, et finirent par réaliser des 86 L\u2019esprit de la nation roumaine œuvres fortes et originales, comme Enescu et son école, en tirant partie du folklore national.Par voie de contraste, la musique tzigane, si entraînante et passionnée, garde ses mélodies et ses virtuoses dans cette tradition millénaire dont l\u2019origine reste mystérieuse.La littérature roumaine Nous avons réservé pour la fin quelques vues d\u2019ensemble sur la littérature, qui sortit des langes du folklore et de l\u2019érudition religieuse et historique, pour prendre un essor étonnant dès I indépendance du pays.D ans la suite, les lettres roumaines s affinent dans la poésie de Mibail Eminescu (1850-1889), la prose de Ion Creanga, et I art dramatique de Caragiale, trois écrivains de génie qui firent école.Ce n est qu au début de notre siècle que la Roumanie s\u2019ouvre à l\u2019influence du symbolisme.Al\u2019 exemple de Baudelaire, de Verlaine et de Laforgue, les poètes roumains recbercbent le vers fluide et musical, I expression étrange et neuve, les évocations de fantômes, et la nostalgie des paysages de rêve.Mais bientôt, tous les genres poétiques et toutes les écoles ont en Roumanie leurs maîtres et leurs chapelles.II suffit de citer ici les noms de Tudor Arghezi, d Adrian Maniu, de Gheorge Topîrceanu, de Liviu Rebreanu, de Victor Eftimiu, de Ion Vinea, ou de Lucian Blaga, ce rimeur cosmique unissant comme Rilke 1 intelligible et I invisible dans une émouvante exaltation.Peut-être doit-on faire une place à part au romancier Panait Istrati, né en 1884 d\u2019une paysanne roumaine et d un contrebandier, qui a longtemps vécu en France, et dont l\u2019œuvre révèle au grand jour toute une tranche obscure et pourtant si pittoresque de I âme roumaine et de sa détresse sociale.Alors que Rebreanu s inspire surtout du réalisme russe et campe ses histoires dans la tragédie anonyme des contacts entre Slaves et Roumains, le prestigieux .Istrati dépeint sympathiquement la grande misère des paysans roumains victimes de la domination turque.Puisant sans doute dans ses sombres hérédités ancestrales, il évoque sur le vif la dureté du régime des boyards, les rancunes et les révoltes de leurs sujets, 87 Revue Dominicaine leur souffrances et leurs vagabondages épiques, en un mot toute une humanité ardente et primitive pétrie de noblesse et d horreur, d amour et de brutalité, de tendresse et de violence.Sa langue solide et hardie, qui reflète la clarté des prosateurs français du dix-huitième siècle, amoncelle avec art les contours, les couleurs et même les odeurs des personnages et des paysages de ses romans.La république des lettres roumaines de notre époque se voit enrichie par I apport des femmes, dont plusieurs écrivent aussi bien en roumain qu\u2019en français.Parmi elles, trois noms s\u2019imposent avec autorité : Hélène Vacaresco, la Princesse Bibesco et la Comtesse de Noailles.Aussi est-il naturel que j insiste quelque peu sur leur œuvre.La première qui fut I\u2019« hégérie » des rois, rimait avec goût dans une langue limpide et gracieuse les expériences profondes et voilées de I âme féminine.Ses poésies et ses contes alimentaient la chronique des salons mondains de Paris et de Bucarest.La seconde avait un sens délicat des menus détails de Fart de la vie, où elle n hésitait pas à mêler ses propres expériences pour enrichir sa narration.On le voit dans les Huit Paradis, couronné par I Académie Française ; dans le Perroquet Vert (1924) elle peint sur le vif les émigrés russes échoués sur la Côte d Argent, sur un fonds étrange de freudisme asiatique et de paganisme latin ; dans Catherine- Paris (1927) qui est son autobiographie apprêtée avec une alternance d humour et de sentiment élégiaque ; dans les Images d Epinal (1937), ou enfin dans les Feuilles de Calendrier (1939).Avec la Comtesse Anna de Noailles (1876-1935), nous découvrons une ardente poétesse de l\u2019amour et de la nature.Fille du prince roumain Bibesco et d\u2019une mère crétoise, elle naquit à Paris, vécut en Suisse et en Roumanie, voyage en Orient et en Occident, épousa un Français sans oublier les appels de sa psychologie balkanique, subit sans cesse le drame intérieur et profond de sa double allégeance, connut I ardente morsure du grand amour et du déchirement tragique, et goûta I amertume du contraste entre la jeunesse et I âge mûr.Avec toutes ces expériences, on ne s\u2019étonne pas de sa curiosité créatrice et de la fécondité de son imagination 88 L\u2019esprit de la nation roumaine poétique.« J ai des yeux tout autour de la tête » aimait-elle à dire.On s\u2019en aperçoit avec émerveillement dans la riche abondance de son œuvre : Le Cœur Innombrable (1901), I Ombre des Jours (1902), les Eblouisse-ments (1907), Les Vivants et les Morts (1913) pleins d\u2019amertume, les Forces Eternelles (1920), et enfin le Poème de l\u2019Amour (1924) manifestent l\u2019ampleur de son cycle de sentiments basés sur un réel vécu savoureusement.Dans cette ardente combinaison de romans et de poésies, la Comtesse de Noailles donne à sa prose un sens plus intelligible, et à ses vers un lustre plus ésotérique.N\u2019a-t-on pas remarqué aussi que les titres des uns et des autres n\u2019ont pas un sens suggestif, comme si elle voulait intriguer ses lecteurs avec adresse ?Pourtant, dans les uns comme dans les autres, elle étale sa fine psychologie et sa minutieuse sensibilité pour la nature.Toute sa détresse pour les traces ineffaçables des années qui passent, se comprime dans ce quatrain déchirant : Ah î Jeunesse qu\u2019un jour vous ne soyez plus là I Vous, vos rêves, vos pleurs, vos rires, vos roses.Les Plaisirs et l\u2019Amour vous tenant, /\u2014> quelle chose Pour ceux qui n\u2019ont vraiment désiré que cela ï Par voie de contraste, on peut admirer ses descriptions savoureuses des fruits et des légumes, où elle excelle à trouver le mot qui îes rend avec leurs couleurs et leur goût.Elle nous montre le faible soleil d octobre « dorant la poire froide au nœud des branches torses ».Sur une table elle nous fait voir avec elle « les petites tranches de tomates crues, vives comme de la chair, les céleris craquant comme des joncs et gardant le goût de la terre, les olives roulées autour de leur noyau, les petits poissons d\u2019argent étranglés de poivre ».Voici encore la description d\u2019un potager, où I héroïne de son roman La Nouvelle Espérance vient d entrer.Avec quelle art la Comtesse de Noailles nous décrit cet « endroit de tiédeur, de silence et de fécondité.Par bandes bien ordonnées se suivaient les salades ouvertes comme des roses, le haut feuillage des artichauts découpés dans du bronze et couleur 89 Revue Dominicaine de vert-de-gris, les verdures légères de l\u2019asperge, plus volantes que des plumes fines.De place en place, on voyait des citrouilles énormes, roulées au pied de leur tige, dans l\u2019attitude de la chute ou de l\u2019accident.En bordures, le long des plates-bandes, poussait la violette d\u2019automne, avec, au bas d elle, sa feuille pareille à une petite soucoupe pleine de grosses gouttes de rosée ».Avec une âme aussi sensible et tendre, quoi d étonnant que la Comtesse de Noailles ait des petites habitudes très individuelles, qui étonnaient ses amis et les gardaient en suspens ?Les douleurs et les migraines qui furent son héritage de toujours, la clouaient au lit alors qu\u2019on l\u2019attendait ailleurs pour lui faire fête, ou la faisaient arriver en retard à ses rendez-vous.Mais ceux qui eurent la joie d\u2019assister à ces dîners intimes qui réunissaient chez Maurice Barrés les grands noms de la littérature de 1 époque, affirment en chœur I effet éblouissant de ses entrées tardives, de ses mignonnes excuses et des feux d artifices de sa conversation qui compensaient largement les impatiences de ses hôtes.On cite encore sa peur affreuse des incendies, qui I avait portée à installer à son appartement de 1 Avenue Henri-Martin, un système de chaise à poulies qui communiquait de son balcon jusqu au trottoir : mais comme il n y eut jamais le feu chez elle, cet ascenseur primitif était uniquement employé par son cuisinier allant faire son marché qui surprenait parfois d étranges visions en glissant devant les fenêtres des appartements inférieurs.Conclusion II est entendu que tous les écrivains et les artistes, à quelque pays qu ils appartiennent, ont des traits curieux et charmants qui marquent davantage leur personnalité, en expliquant même parfois certains aspects de leur œuvre.On aimerait s attarder ainsi sur la vie romantique ou réaliste des écrivains roumains mentionnés jusqu ici, ce qui pourrait donner des aperçus inattendus et suggestifs sur la vie roumaine.On aimerait aussi se promener plus longtemps à travers ces domaines de I imagination créatrice, que le génie roumain a su annexer à la littérature univer- 90 L\u2019esprit de la nation roumaine selle.Cette ambition est plus facile à réaliser aujourd bui, grâce aux nombreuses traductions en plusieurs langues de ses meilleurs représentants dans tous les genres.Mais il me semble que le panorama de l\u2019évolution historique et culturelle de la Roumanie, que je me suis efforcée de brosser à grands traits, suffit pour vous montrer que dans tous les domaines de la culture, les Roumains tendent à réaliser une synthèse originale et solide des influences occidentales et des traditions nationales, en donnant ainsi à leur civilisation une forme qui accorde leur passé avec leur avenir dans le cadre de I universel.Or c\u2019est ce peuple sensitif, évolué, fier et paisible qu une pression étrangère intolérable veut transformer malgré lui, en dépit de ses traditions religieuses et culturelles.Entraînée de force dans le giron communiste, subissant une occupation invisible d échelons soviétiques sous prétexte de maintenir leurs communications militaires avec leurs troupes stationnées en Autriche, la Roumanie gémit sous la botte russe sans oser faire trop sentir ses plaintes.Gouvernement et administrations locales, écoles et universités, exploitations agricoles et industrielles, et même les organisations religieuses, subissent le plus violent assaut qu\u2019on n aît jamais fait, contre la conscience d un peuple.Sans insister ici sur les détails humiliants de cette persécution, qui s affirme à tous les degrés sociaux, nous dirons simplement que l\u2019unité et la force nationales du peuple roumain sont trop profondes et réelles pour être affectées dangereusement par la situation nouvelle.Par contre, les lettres et les arts sont nécessairement touchés par les graves atteintes à la liberté que comporte le communisme actif.Mais il est probable que ces tribulations laisseront des marques vives et persistantes dans le cœur et la mémoire des Roumains, pour permettre aux bardes, aux romanciers et aux chroniqueurs de I avenir d ajouter des pages inoubliables aux lettres roumaines.Car 1 ordre des choses et 1 inévitable évolution des régimes exigent que la Roumanie, sœur lointaine des grandes nations latines, survive à ses misères jusqu au jour triomphant de sa résurrection nationale.\tNina Greenwood 91 Roger Lemelin, romancier et conteur Rencontrer un écrivain québécois tel que Roger Lemelin, est un plaisir fort agréable.Aussi Ihomme de lettres Lemelin s\u2019est-il fait un devoir de répondre avec sincérité à toutes nos questions.L\u2019impression première que nous communique ce jeune romancier, est celle d une grande admiration pour I écrivain qui est parvenu au faîte d une étape par un travail consciencieux et acbarné.Malgré les rengaines nauséabondes de ses compatriotes, Roger Lemelin a atteint son idéal.Courtois et accueillant, Roger Lemelin est un jeune bomme qui vous met à I aise en entrant et vous fait rire encore et longuement au départ.Il est un ricaneur qui aime à plaisanter aux dépens naïfs de son interlocuteur.Observateur, il cbercbe à vous connaître jusqu à I intimité et là, soudainement, il fait arrêt pour ricaner.Grand, brun, plein de verve, et sûr de lui, ce qui en fait un admirable causeur.C\u2019est en 1919, au Pied de la pente douce, que notre béros naquit.II est donc un concitoyen du regretté Frère Marie-Victorin, I érudit botaniste et du grand ténor qui nous fait tant honneur au Metropolitan Opera, Raoul Jobin.Le futur romancier grandit et, par une coïncidence de la vie, il prend connaissance des nourritures intellectuelles en lisant Maurice Barrés.Il découvre et cultive sa vocation de romancier en lisant et relisant Barrés, Bourget, Balzac, Flaubert, Dostoievsky et Stendhal.De ces grands maîtres, il gardera un respect de la « réalité », tout en tenant compte des influences multiples qu\u2019une belle société, en des circonstances données, exerce sur un personnage.Et à ce sujet, au Cercle Universitaire de Québec, le jeudi 7 décembre 1944, il déclarait : Quelles que soient les formes que prennent les petitesses, elles sont toutes les mêmes, et elles ne sont jamais raffinées.C\u2019est le préjugé qui les habille selon la fantaisie, hncore une fois, dans mon roman, ne cherchez pas à reconnaître tel ou tel personnage, ne voyez pas dans le détail le leitmotiv, le thème.Ceux qui ont 92 Roger Lemelin, romancier et conteur servi de modèle n\u2019ont été observés qu\u2019en autant qu ils m offraient des perspectives communes à tous les autres hommes de leur catégorie.Leurs particularités, leurs manies les habillent, et ils ne marchent, n\u2019agissent, ne vivent que dans la mesure où leur action s épand, se confond, suscite la réaction de l autre personnage, pour former un engrenage, un organisme qu est la vie.J ai volé à ces personnages que vous croyez reconnaître ce qu ils avaient d universel, je leur ai arraché des fragments de leur personnalité que j ai essayé d\u2019unir et d animer dans une certaine atmosphère, une oeuvre d art, un miroir où beaucoup sont mirés, mais où tous ne sont pas reconnus.Ajoutons que Lemelin lors de l\u2019enfantement d\u2019un roman ou d\u2019un conte, n a qu une esseulée idée : celle de produire, d accomplir une œuvre d art.Outre le métier de romancier et conteur, Roger Lemelin est administrateur-directeur d\u2019une compagnie forestière du Québec.II n\u2019attend pas après sa plume pour vivre : De la plume des autres, oui, mais pas de la mienne.L écrivain a besoin de vivre la vie des autres hommes, leurs hasards, leurs misères.On doit tâcher de ne miser en rien sur nos œuvres pour gagner notre vie.Il vaut mieux remplir un emploi quelconque qui nous assure le pain quotidien, afin que l œuvre littéraire, ou n\u2019importe quel œuvre d art, soit faite pour l art, sans hâte, en restant fidèle aux exigences de la beauté.Ajoutons à cette note biographique, que Roger Lemelin est membre de la Société Royale du Canada depuis mars dernier.De plus, il écrit des contes diffusés le samedi soir de chaque semaine au poste C.H.R.C.sous le programme : « Trois de Québec, avec Charlotte Savary, Roger Lemelin et André Giroux.» quelquefois le Frère Clément Lockquell ! Aussi Lemelin est correspondant des magazines Time et Life à Québec.On lit dans les Lettres Françaises, Buenos-Aires, du 1er juillet 1945 : « Un étrange récit 1 Journal d une Juive de Roger Lemelin, qui témoigne d un talent original et fort.Le style surtout a on ne sait quoi de tendu, 1.Paru dans la revue Amérique Française, Montréal, Canada.95 Revue Dominicaine de dense, de direct, qui dénonce un écrivain de qualité ».Preuve convaincante d une attention particulière à I étranger mais non pas chez soi : Nul n\u2019est prophète en son pays.En septembre 1944, Roger Lemelin publie un premier roman : Au pied de la Pente Douce, Editions de I Arbre.L ouvrage est accueilli chaleureusement par la critique et le public ; sauf quelques rares exceptions, d ailleurs inspirées par des sentiments plus ou moins louables.Ecrit à l\u2019occasion d un milieu et d un cas particulier, ce roman atteint par la signification de ses peintures et de ses réflexions, par la qualité des images, par l agencement de ses foyers d\u2019intérêt, par la stylisation de ses caricatures, par la finesse aiguë de l écriture, à l universalité du grand roman 2 3.Comme second roman, en 1948, Roger Lemelin a écrit Les Plouffe, publié chez Bélisle, éditeur.Cet ouvrage, ce roman, est le premier du genre chez nous.C est le roman d un auteur qui a créé un précédent en notre littérature d expression canadienne non conformiste, jusque-là presque nulle.Lemelin a « brisé la glace », il sera un bâtisseur de chefs-d œuvre.Aussi, ne faut-il pas oublier I atmosphère où ce roman a été écrit.le bruits de la famille, radio, etc.Les Plouffe est le livre qui a soulevé le plus de commentaires et de discussions serrées et aussi le plus d enthousiasme.Lemelin n\u2019a pas tenté d abréger ou de résumer, et son très long roman s achemine lentement vers un point culminant parfaitement justifié.Dans son premier roman, Roger Lemelin accusait une accumulation d\u2019idées et de personnages, assourdissant considérablement le rythme de son livre.Les Plouffe prouve la maturité de I auteur.On s interroge sur la morale parfois douteuse, on critique l ironie de l auteur, mais tous s accordent à reconnaître en Fauteur des Plouffe, un écrivain de grande taille °.Pour dernier témoignage, citons une critique au sujet des Plouffe et de son auteur, écrite par Théophile Bertrand : Roger Lemelin est sans contredit un romancier de race, et son deuxième roman illustre encore plus 2.\tCf.Relations, Jacques Tremblay, S.J., 1944.3.\tRevue Amérique Française, 1948.94 Roger Lemelin, romancier et conteur vigoureusement que le premier son don de lobservation et de la vie, son art de saisir le pittoresque d\u2019une scène 4 5 6.Deux ans plus tard, l\u2019auteur d\u2019Au pied de la Pente Douce et des Plouffe se montre sous un jour nouveau : celui de conteur.En effet, Lemelin publie cbez Beaucbemin Fantaisies sur les péchés capitaux, ouvrage travaillé depuis cinq ans par le romancier Lemelin et depuis ce temps, Le romancier et conteur Roger Lemelin.Les critiques ont manifesté moins de bonne foi pour ces « Fantaisies » que pour « Au Pied de fa Pente Douce » et la « volumineuse famille Plouffe ».Cependant, ceux parmi ces critiques qui ont lu l\u2019ouvrage avant de le critiquer, accordent certes une bonne volonté à Roger Lemelin, qui est avant tout un romancier.Ainsi témoignait l\u2019auteur de Les Elus que vous êtes, le Frère Clément Lockquell, au sujet de Fantaisies sur les péchés capitaux : Ceux qui achèteront Fantaisies dans l espoir de se pimenter le palais seront déçus.Ils n y trouveront rien d\u2019érotique.La plus grande partie du livre peut être citée aux catéchismes.au moins ceux de persévérance.Ceux qui liront Lemelin dans son nouvel ouvrage dans l attente d un perfectionnement stylistique seront à la fois heureux et frustrés.Heureux, parce que Lemelin continue à faire ses gammes et que la virtuosité lui est moins laborieuse.Frustrés, car les Fantaisies sont inégales, allant de la préciosité au coup de poing, de la syntaxe, sagement rangée aux phrases syncopées.Lemelin n en demeure pas moins parmi les quatre ou cinq éligibles au titre de romancier numéro un de nos lettres J Et pour conclure au sujet des productions littéraires de Roger Lemelin, répétons ensemble ces paroles non moins vraies prononcées par André Giroux, auteur de Au delà des Visages : Beaucoup de vieilles filles des deux sexes ont vociféré contre le sympathique Lemelin.Mais laissons les vieilles filles à leurs chandelles et à leurs pions pour nous occuper de Roger.° 4.\tLectures (Fides), livraison de novembre 1948.5.\tLe monde des Lettres avec le Frère Clément Lockquell, E.C., Professeur agrégé à l\u2019Université Laval \u2014 Poste C.H.R.C.Décembre 1949.6.\tLors de la présentation de Roger Lemelin pour une conférence à l\u2019Académie de Québec en avril 1947.95 Revue Dominicaine Pour compléter, nous avons interviewé Roger Lemelin qui a répondu avec sincérité à toutes nos questions.Quel est votre livre de chevet ?\u2014 Je n ai pas de livre de chevet, et par bonheur.car il me semble que c\u2019est un très mauvais signe, une très mauvaise méthode d\u2019adopter fixement un livre de chevet, donc un auteur préféré.Le danger de cette fantaisie (!) est celui d\u2019empêcher chez un lecteur l\u2019évolution littéraire.Sans doute, je distingue par goût certains auteurs qui ont fait école et m ont servi d apprentissage, voire d\u2019avant-garde dans le roman.Citons Stendhal que je lirai de préférence à Balzac, etc.II est vilain pour un lecteur de s arrêter, se borner à un auteur : ce « toquage » est recommandé et pratiqué par ceux qui font des lectures spirituelles, et encore ! mon cher monsieur Trottier.A votre avis, quels sont les meilleurs romans canadiens de l\u2019année ?\u2014 A mon avis, Les Elus que vous êtes est le meilleur roman de I année.En effet, le Frère Clément Lochquell nous a fait voir un genre et un aspect tout à fait nouveau.Les jeunes écrivains contemporains qui vous paraissent manifester le plus de talent ?\u2014 En première place, le Révérend Frère Clément.ensuite signalons avec générosité et justice, André Giroux et Anne Hébert.Où travaillez-vous de préférence : campagne, ville, solitude ou bruit ?' A la ville, dans une modeste chambre et s il y a beaucoup de bruit : dans une chambre silencieuse entourée de bruits ! Quel est, si vous êtes intéressé à la peinture, votre peintre préféré ?\u2014 Vincent Van Gogh et ses belles teintes.Etes-vous amateur du théâtre ou du cinéma ?-Je suis amateur de I un et de I autre, s il y a de bonnes pièces.Qu espérez-vous de notre jeune littérature canadienne ?\u2014 Ce que j espère ?Quelle fournisse de bons ouvrages et que leurs auteurs mûrissent avant de produire.Enfin, que cette littérature cana- Roger Lemelin, romancier et conteur dienne ne soit pas influencée et soit autonome tant dans son expression que dans ses cbefs-d œuvre ! Lequel des littérateurs suivants rend le plus service à l\u2019avancement de notre littérature canadienne : le poète ou le romancier ?Sans équivoque, il nous faut placer le romancier en premier ordre si nous jetons un regard rétrospectif.Cependant, le poète et j entends certains poètes, ont fait œuvre remarquable en notre littérature canadienne.Généralement, nos romanciers devancent de beaucoup nos poètes : il se produit beaucoup plus en « romans » comparativement au « lyrisme ».Et comme dernière interrogation, peut-être indiscrète, n êtes-vous pas à préparer un autre roman ?Et quel a été votre intention en écrivant Fantaisies sur les pécbés capitaux ?^ II me fait plaisir de vous confier « indiscrètement » que je suis à préparer un autre ouvrage qui ne paraîtra pas avant deux et même trois ans.Quant à Fantaisies sur les péchés capitaux, en écrivant ce dernier ouvrage, je n\u2019ai eu qu\u2019un seul but : celui de produire une œuvre, d atteindre la perfection.* ^ * Nous remercions Roger Lemelin d avoir eu 1 amabi Iité de nous recevoir si aimablement, avec toutes ses réponses objectives, d avoir satisfait notre curiosité.Guy-N.Trottier Québec, septembre 1950.97 lité de 1 Orateur La personna En traitant des sources de la prédication, peu d auteurs ont mentionné la personne même du prédicateur avec les richesses qu elle tient de I hérédité et du tempérament et celles qu elle a acquises au contact des personnes et des choses dans les milieux où elle s\u2019est développée.II est vrai que la philosophie de I Ecole enseigne que toute connaissance vient du monde extérieur par I intermédiaire de la sensation et que, selon l\u2019adage Lien connu, aucune vérité ne saurait se trouver dans I intelligence qui n a d\u2019abord existé d une certaine manière dans les sens.Est-ce à dire que tous les sujets connaissants réagissent de la même manière et avec la même intensité au contact du monde extérieur, que tous les contenants ayant la même capacité absorbent la même quantité du contenu ?Non, si la connaissance origine du contact avec le monde extérieur, elle apparaît aussi singulièrement conditionnée par ce que j appellerais le monde intérieur.Il est certain que la plus grande part de nos richesses viennent du monde extérieur en raison de la passivité de la sensation.Le sens ne peut fabriquer son objet.Les yeux ne font pas la couleur, ni I oreille les sons, ni 1 odorat les parfums.L imagination ne peut évoquer ces différentes sensations qu une fois que les sens correspondants ont été vraiment ébranlés.C est là 1 argument le plus irrévocable de la conscience humaine en faveur de la passivité de la sensation.Et tout de suite, il en découle une conséquence évidente pour 1 enrichissement de soi-même : pour voir, il faut de la lumière et des couleurs ; pour entendre, il faut des sons ; pour odorer, il faut des parfums.De plus, non seulement, le sens est passif, mais aussi I intelligence.L on sait que cette thèse est fondamentale dans la psychologie traditionnelle.Si 1 intelligence était une faculté active, elle pourrait fabriquer ou modifier son objet.Or I objet de I intelligence humaine est l\u2019être dans sa plus grande extension que celle-ci ne peut ni fabriquer ni modifier, comme le démontre 1 expérience la plus familière.98 La personnalité de l\u2019Orateur Donc, premier point acquis : La sensation et l\u2019intelligence, étant des facultés passives, une part, et la plus considérable sans doute, des richesses du prédicateur viendra de I extérieur.Est-ce à dire que toutes ses richesses personnelles viendront de l\u2019extérieur ?Non, car il aura aussi son monde intérieur éveillé et animé par l autre sans doute, mais qu il convient d\u2019étudier séparément en raison de trois éléments qui préexistent à la prise de contact avec le monde extérieur par la sensation et I intellect.Le premier de ces éléments est celui des différentes perfections natives des âmes.Toutes sont immédiatement créées par Dieu sans doute, et ne diffèrent pas entre elles spécifiquement, mais toutes ne sont pas gratifiées au même degré et dans la même mesure \\ Et souvent ce sont les conditions des corps auxquels elles sont substantiellement unies qui entravent le développement et I expression de leurs qualités 1 2.Le prédicateur ne peut rien pour modifier ce premier élément ; il doit s accepter tel que le bon Dieu 1 a fait en se rappelant toutefois que comme le troisième serviteur de I Evangile, il a certainement reçu au moins un talent3.Le deuxième élément est celui de 1 hérédité qui fait que tout homme porte en lui certaines richesses ou certaines sources de richesses qui lui sont transmises par voie de génération.Au point de vue physiologique, le fait de l\u2019hérédité n\u2019est mis en doute par personne, bien qu\u2019il comporte évidemment des exceptions.Des parents sains de corps donnent généralement naissance à des enfants robustes.Les conditions physiologiques se transmettent de descendants en descendants et nous lisons dans la Sainte Ecriture : « Les pères ont mangé des raisins verts et les dents des fils en sont agacées » 4.Pour ce qui est de la transmission des qualités intellectuelles et morales ou des vices opposés, il faut beaucoup plus de précau- 1.\t«Autant d\u2019âmes, autant de cas ; il n\u2019y a pas dans la création deux brins d\u2019herbe qui soient semblables, à plus forte raison deux âmes, la plus simple d\u2019entre elles ayant été créée à sa naissance par un acte nouveau toujours différent de la volonté infinie et infiniment diverse de Dieu.Chacune ainsi est jetée sur la terre et captée aussitôt dans un réseau d\u2019événements et d\u2019influences qui multiplie encore sa native diversité.Voici, hélas ! un champ d\u2019expérience dont les psychologues de profession ne sauraient épuiser ni les mystères ni les richesses » (Henri Ghéon : Le saint curé d\u2019Ars, p.97).2.\tSaint Thomas d\u2019Aquin : Comm.de An., n.485.3.\tMati., XXV, 15.4.\tJérémie, XXXI, 29.99 Revue Dominicaine tions pour affirmer I hérédité et il arrive que l\u2019expérience soit décevante dans ce cas.De bons parents peuvent donner naissance à des cancres et des parents vicieux peuvent engendrer des saints \\ L\u2019hérédité spirituelle je la nomme ainsi pour la distinguer de l\u2019autre purement physiologique ' est tout de même plus difficile à discerner, parce qu\u2019ici entre en cause un élément qui ne se transmet pas par voie de génération, l\u2019âme raisonnable, spirituelle et subsistante par elle-même.Le Père Sertillanges nous dit que « I âme individuelle est une âme unique qui n\u2019a eu ni n\u2019aura sa pareille dans les siècles car Dieu ne se répète pas ».Et on sait que le traducianisme de Rosmini est une doctrine condamnée.Dans ce cas, les prédispositions de I âme ne lui viendront pas d\u2019elle-même, mais de deux autres facteurs ; ou bien des conditions physiologiques du corps auquel elle est unie comme forme substantielle, et ces conditions physiologiques se transmettent par voie de génération, ou bien ces mêmes conditions dont la transmission ne sera alors qu\u2019apparente proviendront plutôt des mêmes impressions produites par les mêmes circonstances d\u2019éducation et de milieu.Ces circonstances façonneront l\u2019âme de l\u2019enfant à l\u2019image de celles de ses parents.Ceci peut s\u2019observer plus facilement à la campagne parce même ressemblances physiques apparaissent plus prononcées parce que 1 éducation y est généralement plus traditionaliste et le milieu moins variable.Aujourd hui, quelles qu\u2019en soient les causes, tous les psychologues admettent 1 hérédité, même dans le strict domaine spirituel : mêmes inclinations, mêmes modes de penser, mêmes aspirations.II y a des générations d hommes de lettres, des générations d\u2019industriels, des familles sacerdotales, même si les conditions physiologiques furent diverses, même si I éducation première aussi bien que les milieux ont différé.5.Dans un petit livre intitulé : Figures d'aujourd\u2019hui, André Beaunier nous dépeint un frère du fameux encyclopédiste Diderot.Or ce frère fut prêtre, chanoine, doyen de chapitre, inviolablement attaché à l\u2019Eglise et austère de vie comme de mœurs et l\u2019auteur, après avoir établi un parallèle entre les deux frères, conclut de la façon suivante : « Nés du même père et de la même mère, élevés pareillement, ils sont extraordinairement différents l\u2019un de l\u2019autre et différents au point de donner à songer aux philosophes qui voudraient expliquer un homme, rendre compte de son génie ou de son caractère, de sa destinée ou de son talent, par les influences de l\u2019hérédité, de l\u2019éducation, du milieu dans lequel il a grandi.L\u2019on n\u2019élude pas si facilement le miracle de l\u2019individuation ».100 La personnalité de l\u2019Orateur Voilà donc le prédicateur en possession d une double richesse indépendante du monde extérieur : celle qu il tient de la qualité native de son âme immédiatement créée par Dieu et celle qu il tient de I hérédité, car de nos ascendants, nous n héritons pas seulement des tendances à l'ignorance et au vice, mais aussi des tendances à la science et à la vertu.Déjà la prise de contact avec le monde extérieur apparaît singulièrement modifiée par ces deux éléments comme le même liquide versé dans des vases de couleurs différentes prend la couleur respective de ces vases, comme la même lumière devient plus vive épandue sur des surfaces plus délicates.En plus de l\u2019apport des qualités natives de l\u2019âme et de I apport de l\u2019hérédité, il y a aussi l\u2019apport du tempérament avec ses richesses propres qui préexistent également à la prise de possession du monde extérieur.La Providence qui dispose de tout avec poids et mesure a diversifié les tempéraments.Ce n\u2019est pas le lieu de les caractériser ; qui n a pas déjà lu les ouvrages de Toulemonde, de Guibert et d Eymieux ?Ce qu\u2019il y a de certain, c\u2019est qu aucun tempérament n est dépourvu de richesses.Quel est le tempérament le plus riche ?Le plus grand nombre des auteurs inclinent vers le nerveux ; on va même jusqu à dire que rien de grand ne se fait sans un brin de neurasthénie et que le génie est une névrose.Ce sont là les trois sources des richesses personnelles du prédicateur qui conditionnent sa prise de contact avec le monde extérieur exprimé dans la nature, dans les livres et dans I enseignement oral.Maintenant vis-à-vis du monde extérieur, nous devons encore considérer I ordre de spécification et I ordre d\u2019exercice.Le premier se dit du rapport exclusif de tel sens à tel objet : la couleur répond à la vue, le son à I ouïe, le velouté d\u2019un pétale de rose au toucher, etc.Le second se dit de I application du sens à I objet.Je puis refuser de regarder telle couleur, d écouter tel son, de toucher tel velouté, etc., ou si I on me force à le faire, je puis refuser de fixer dans ma conscience l\u2019impression que j en éprouve.Dans I ordre de spécification, nous ne sommes pas libres vis-à-vis du monde extérieur, il nous faut absolument, si nous avons 101 Revue Dominicaine I usage de tous nos sens, voir, entendre, odorer, etc.Nous ne sommes pas libres non plus vis-à-vis de notre hérédité et de notre tempérament ; nous ne choisissons ni nos parents, ni le lieu de notre naissance, ni notre complexion physiologique.Mais dans I ordre d exercice, il en va tout autrement, car cet ordre dépend de la volonté nécessitée sans doute comme nature par le bien universel, mais essentiellement libre à 1 endroit des biens particuliers qui sont les moyens.Ici, nous avons le choix entre l acté et 1 abstention, comme entre les différents objets d un même acte.II résulte de cette analyse qu\u2019au milieu des multiples images que lui offre le monde extérieur conditionnées par son hérédité et son tempérament, comme la couleur du vase imprimée au liquide, comme la forme du contenant imprimée au contenu, le prédicateur doit choisir.If peut choisir les images qui vont le plus immédiatement à son but et rejeter les autres.Dans ce travail, il devra tout d abord s appliquer à se bien connaître lui-même.Cette connaissance exacte de lui-même est indispensable s il ne veut pas s\u2019exposer à fixer des catégories d images qui ne conviennent nullement à ce qu il est en réalité, un peu comme des habits somptueux sur des mannequins dans les étalages des vitrines.Dans la pratique, il arrivera nécessairement ceci : les images perçues de I extérieur seront d autant plus vives et plus fécondes selon le degré de sensibilité des organes qui les percevront et les transmettront au cerveau.Il en est chez qui toute la synthèse mentale se rapporte à la vision ; pour éprouver 1 inspiration, il leur faut voir.D autres sont plus vivement ébranlés par I harmonie des sons.François Mauriac semble surtout impressionné par l\u2019odeur de la terre et de la résine des pins aux différentes époques de Tannée.Que trois individus rendent séparément compte d une promenade par un beau matin de printemps ; la douceur de I atmosphère, I éclosion des premières feuilles, le chant des oiseaux ou le bruit du vent dans les rameaux des arbres les auront frappés diversement selon I acuité respective de leurs différents sens.102 La personnalité de l\u2019Orateur Le prédicateur devra donc tout d abord s appliquer à découvrir I impressionnabilité plus ou moins vive de cbacun de ses sens externes.Si la musique ne lui dit rien, qu il ne s\u2019obstine pas à y cbercber une source d\u2019enricbissement personnel.Qu il ne se fatigue pas à essayer de réveiller et de maintenir dans sa conscience les images qu elle pourrait lui procurer ; celles-ci ne seront toujours qu extrêmement mobiles et très peu profondes.Si le son musical ne I inspire pas, cela tient à ce que : ou bien son oreilfe est mal conformée, ou bien à ce que toute une lignée de ses ascendants a détesté la musique, ou bien parce que son tempérament est réfractaire à Iharmonie des sons.L on peut raisonner de la même manière pour cbacun des autres sens externes.D\u2019autre part, toujours en gardant l\u2019exemple de I\u2019barmonie des sons, supposons que I oreille du prédicateur soit mal conformée, que son tempérament soit plus ou moins sympathique à la musique, mais qu il possède une longue lignée d ascendants musiciens qui ont déposé en lui la source des plus riches émotions à I audition de la musique, alors il vaudra mieux pour lui s appliquer à fixer et à retenir les images suggérées par la musique en raison de la puissance de son hérédité.C est dans I accord ou le conflit que provoquent bien souvent I appréhension du monde extérieur d une part et les exigences de I hérédité et du tempérament d autre part, que le prédicateur doit se démêler et s harmoniser.Et la seule façon pour lui de se démêler pour s\u2019harmoniser et s enrichir, c est de trouver le point précis où I appréhension externe, I hérédité et le tempérament concourent au meilleur équilibre et au maximum de rendement.On pourra considérer ce point précis, selon l\u2019expression de Léon Daudet °, comme I image dentellière du prédicateur.Elle 6.« Chaque auteur méritant ce nom, possède un type et comme un point dentellier d\u2019images reconnaissables entre tous les autres et qui constitue en somme ce qu\u2019on appelle le style.Ce style qui est l\u2019homme est aussi et surtout l\u2019image » (Léon Daudet, Le monde des images, p.17).L\u2019auteur souligne que l\u2019image dentellière de Dante a été un soir d\u2019été profond et clair avec un formidable orage au lointain ; que les Géorgiques semblent dériver d\u2019une seule et intense image de la campagne romaine au soleil couchant ; que le Cid apparaît illuminé par une seule image de juste vengeance ; que Les Pensées de Pascal sont le développement poursuivi du spectacle intérieur, sublime et désolé de Notre-Seigneur en croix.103 Revue Dominicaine constituera la principale source de ses richesses personnelles.Mais pour la découvrir, il faut de la réflexion, de la solitude et du silence.Les anciens n ont-ils pas nommé le silence le père des prédicateurs ?II ne doit pas se laisser continuellement envahir par les images du monde extérieur.II doit se préserver des apports qui I empêcheraient de saisir ses harmonies propres.Ceux qui sont continuellement en quête de bruits et de nouvelles ne peuvent s appliquer à découvrir leurs richesses intérieures 7.De façon générale, s il n y a pas de heurts ou de modifications profondes entre dix et vingt ans, c est pendant cette période que se forme et se fixe la véritable image dentellière.C est en se rappelant I usine ou la boutique que le fils de l\u2019ouvrier la trouve.Le fils de l\u2019artiste peut la demander à la musique, aux lettres ou à la peinture.Tout ce qui se rapporte à la culture du sol l\u2019imprime dans l\u2019âme du fils de cultivateur.Quelquefois, la volonté influencée par les ambitions, les passions ou les préjugés, refuse de retenir et de fixer l\u2019image qui serait féconde.Elle s arrête à d autres peu conformes à I hérédité ou au tempérament.Alors toutes les richesses s annulent et il ne sort rien de bon.que des révolutions.C\u2019est pour cette raison que la fidélité à la tradition est un facteur si important d ordre solide et de succès durables.II resterait beaucoup à dire sur le choix des lectures pour favoriser I éclosion, la culture et la mise en œuvre de ses richesses personnelles.Il resterait beaucoup à dire également sur le côté négatif de la question ; comment il faut s\u2019efforcer de découvrir toutes les images contraires pour les chasser ; mais sur ces points, je renvoie le lecteur aux spécialistes en la matière 8.7.\t« Il y a sans doute une curiosité qui est une faiblesse et une lâcheté ; c\u2019est celle des gens qui n\u2019osent pas demeurer seuls une seconde en face d\u2019eux-mêmes ; ils se réfugient dans le bavardage et la lecture des feuilles quotidiennes.Leur façon de s\u2019intéresser à tout ce qui passe est un aveu de ne savoir s\u2019intéresser à rien d\u2019éternel.Ils ont besoin comme d\u2019une nourriture de ce bruit que font les diseurs de riens.Ils sont semblables à l\u2019enfant qui ne sait pas s\u2019amuser seul ou au monarque abêti qui ne craint rien tant que le silence de ses propres pensées, le néant de ses propres pensées.» (Georges Duhamel, La possession du monde, p.53).8.\tOn pourra lire avec profit les admirables développements de Gonzague Truc dans Les idées vivent, p.83 et sq.104 La personnalité de l\u2019Orateur Conclusions et règles pratiques : 1)\tS\u2019étudier attentivement en vue de découvrir son sens le plus impressionnable.2)\tAppréhender le plus d\u2019images possible par ce sens là.5) S\u2019étudier en vue de connaître sa propension héréditaire.Accumuler les images qui facilitent un maximum en ce qu elles ont de sain ; chasser impitoyablement les images qui faciliteraient un maximum en ce qu elles ont de pervers.4)\tDans ce travail, faire la part du tempérament.II peut se faire que par le caprice des alliances, il y ait des hérédités de nerveux dans un tempérament sanguin.Le caractère nivellera.Tous les tempéraments ont quelque chose de bon et quelque chose de mauvais et le caractère peut tout rectifier dans une très large mesure.5)\tLorsqu\u2019un sentiment favorable passe à I horizon de la conscience, I empêcher de la traverser rapidement.Fixer sur lui son attention.L\u2019obliger à aller réveiller tous les autres sentiments et toutes les autres idés qu\u2019il est susceptible d éveiller, en d autres termes, I obliger à proliférer, à donner tout ce qu\u2019il peut donner.6)\tLorsqu\u2019un sentiment fait défaut ou refuse de s éveiller, examiner avec quelle idée ou quel groupe d idées il peut avoir quelque lien et fixer son attention sur ces idées, les maintenir fermement dans la conscience et attendre que par le jeu naturel des associations, ce sentiment s éveille.A.Saint-Pierre, O.P. vres f rançais sur 1 art re.ux Parallèlement au grand mouvement de renaissance de I art religieux si caractéristique de la France contemporaine, et en rapport avec lui, les récentes années ont vu se multiplier les ouvrages de qualité consacrés, sous une forme ou sous une autre, à l\u2019histoire de l\u2019art religieux du passé.Car s il est vrai que la renaissance moderne de I art sacré est marquée du souci de faire du neuf et d éviter les pastiches froids et les imitations, il n\u2019est pas moins vrai que ce « modernisme » n\u2019est nullement un refus des valeurs traditionnelles.Au contraire, pour bien comprendre le mouvement de rénovation dont la France est aujourd kui le centre, il faut se souvenir que la reckercke d un art religieux moderne s\u2019accompagne d\u2019un remarquable effort d approfondissement de notre connaissance de I art religieux ancien : ainsi s explique I intérêt accru que les éditeurs, les critiques et les kistoriens d art, aussi bien que le grand public, manifestent à l\u2019égard des publications qui se rapportent aux grandes œuvres du passé.La nature de ces ouvrages est extrêmement diverse : les uns se placent à un point de vue uniquement religieux, presque tkéologique parfois, et ckerckent avant tout dans les œuvres d art un témoignage sur la pensée religieuse des siècles passés ; ce point de vue qui peut d abord paraître assez étranger à toute préoccupation artistique, n\u2019en est pas moins souvent très fécond, car il permet de mieux saisir le rapport intime et le plus souvent indissoluble qui réunit l\u2019expression esthétique au sentiment religieux ; c est ainsi, par exemple, qu une étude des œuvres d art faite de ce point de vue conduit à de très intéressantes conclusions concernant I influence de I histoire religieuse sur 1 histoire de l art et, en attendant une vaste synthèse comparable à 1 Histoire Littéraire du Sentiment Religieux de 1 abbé Brémond qui traiterait de 1 histoire artistique du sentiment religieux, les études partielles ou les monographies écrites dans cet esprit constituent un rapport de premier ordre à notre connaissance intime des arts sacrés du passé.On trouvera un excellent exemple de ce genre d ouvrage dans le livre de Mgr Lotthe, La Pensée chrétienne dans la Peinture 106 Livres français sur l\u2019art religieux flamande et hollandaise (S.I.L.I.C.Lille, 1947).II en est de même pour le grand ouvrage du R.P.Doncœur consacré au Christ dans l\u2019Art français (Plon, 1939-1948), et le livre parallèle de Maurice VIoberg, La Vierge et lEnfant dans l\u2019Art français.Le même auteur a poursuivi plus récemment son entreprise en publiant deux ouvrages de premier ordre : L\u2019Eucharistie dans l Art (Artbaud, 1946) et Marie, Mère de Dieu (Bloud et Guy, 1949).Plus nombreux sont les ouvrages qui appliquent à I histoire de I art religieux les méthodes qui caractérisent depuis quelques années le développement de I histoire de I art en France.Et sans doute pour comprendre I originalité actuelle de I histoire de I art religieux, faut-il aussi faire toute la part de I évolution générale de I histoire de I art en France sous I influence de maîtres comme Henri Focillon.La méthode iconographique traditionnelle et admirablement illustrée par les travaux d Emile Mâle est remplacée par une méthode morphologique qui fait plus de place à I étude minutieuse des formes et de leur double symbolisme plastique et psychologique.Appliquée à l\u2019étude de Fart religieux cette méthode permet de préciser la signification psychologique du langage plastique employé par les artistes et du même coup ouvre des horizons nouveaux sur le développement à travers les âges d une sorte de spiritualité esthétique dont la découverte rigoureuse caractérise I histoire moderne de Fart religieux.Grâce à quoi I art contemporain lui-même peut retrouver au delà des formes elles-mêmes trop souvent sclérosées par la tradition, les mobiles vivants qui les expliquent et qui peuvent servir de source à des formes qui tout en étant véritablement neuves n en sont pas moins rattachées aux plus authentiques traditions de Fart religieux.A cet égard des ouvrages comme la thèse magistrale de Georges Pariset sur Georges de la Tour (L aurens, 1949) n apportent pas seulement de précieuses lumières sur I œuvre et la vie d un peintre mystérieux mais encore fournissent des bases solides à la connaissance exacte des rapports entre certains procédés techniques et la spiritualité d une époque : le caravagisme, c est-à-dire la technique du clair-obscur et plus particulièrement I emploi de la lumière 107 Revue Dominicaine artificielle apparaissent ainsi chez Georges de la Tour non plus seulement comme une mode superficielle ni comme de simples procédés, mais aussi comme le signe d une mystique sévère et ardente qui caractérisait Lien en effet le sentiment religieux dans la France et la Lorraine de la première moitié du XVIIe siècle.Ainsi I art apparaît non seulement comme un langage mais plus profondément comme un aveu ; or, en matière religieuse où I expression artistique est si souvent marquée, surtout dans l\u2019art français, de pudeur et de réserve, cette qualité confidentielle de I expression artistique prend une valeur exceptionnelle.Encore faut-il disposer d une méthode qui permette justement de saisir ce qui est I essentiel d une œuvre d\u2019art, c\u2019est-à-dire son secret.La meilleure métkode consiste à mettre I accent sur les aveux involontaires, c\u2019est-à-dire sur les procédés de langage qui, kakituels à une époque, sont aussi les signes les plus sincères de sa psyckologie propre.C est cette métkode qu utilisent généralement les kistoriens d art français d aujourd kui et c est elle qui permet à Georges Pariset, dans son La Tour, de pénétrer aussi profondément le secret d un peintre cependant particulièrement réservé.La même métkode se rencontre encore dans le livre que Germain Bazin a consacré aux Grands Maîtres Hollandais (Natkan, 1950) et où il valorise certainement avec raison les rapports profonds entre le calvinisme et le langage artistique de la Hollande du XVIIe siècle.La littérature récemment consacrée en France à l\u2019art religieux est d autre part caractérisée par le nombre de plus en plus considérable des monographies consacrées à des œuvres majeures, monographies qui utilisent généralement les nouvelles méthodes de I histoire de l\u2019art et de la critique d art en résistant aux tentations parfois faciles de l\u2019érudition historique pour au contraire valoriser au maximum I analyse psychologique des formes, des procédés et des techniques.Tel est le principe de la remarquable collection intitulée Nefs et Clochers publiée par les Editions du Cerf et consacrée pour la plus grande part aux églises de Paris et à quelques autres monuments essentiels de I architecture religieuse.Nous ne citerons ici que les plus remarquables de ces monographies qui, si diverses 108 Livres français sur l\u2019art religieux qu elles soient dans leur forme et dans leur méthode, ont ceci de commun qu elles introduisent dans l\u2019étude particulière des œuvres d\u2019art un esprit nouveau, qui est le signe de Factuelle fécondité de l\u2019histoire de l\u2019art en France : on trouvera les plus intéressants témoignages de cette nouveauté dans L\u2019Abbaye Saint-VZandrille de Dom Lucien David (Editions de Fontenelle, 1948), La Bretagne Cistercienne du Comte Henri de Warren (Editions de Fontenelle, 1946), Notre-Dame de Paris, de Louise Lefran-çois Pillon (Plon, 1942), La Cathédrale d\u2019Albi, de L.-Cfiarles Ballet (Editions du Languedoc, 1948), La Cathédrale d\u2019Auxerre de Paul Deschamps (Editions Tel, 1948) et enfin l\u2019une des plus remarquables des monographies régionales qui n ont cessé de se multiplier ces dernières années, La Sculpture Romane en Roussillon de Marcel Duriat (Editions de la Tramontane, Perpignan, 1948-1949).Ainsi une très abondante matière est offerte aux historiens, aux critiques et aux artistes eux-mêmes qui, dans la plupart des cas, renouvelle profondément notre connaissance de I art religieux et nous montre que bien des valeurs dites « modernes », même celles qui parfois scandalisent certains conformismes attardés, ont leur source dans la tradition la plus authentique.Il se peut même que tous ces travaux historiques et critiques permettent de discerner plus aisément I essentiel et I accessoire.Et surtout cette abondance de publications est la preuve que dans la France contemporaine le désir d invention et d originalité s accompagne d un véritable « retour aux sources » qui ne peut que fortifier I art moderne dans ses recherches et dans ses expériences.Henri Lemaître 109 Le sens des faits S.S.Pie XII et Nos Seigneurs les Evêques Cinquante-neuf ans après Rerum Novarum, dix-neuf ans après Quadragesima Anno, 1 Episcopat de la province de Québec s est de nouveau (cf.le problème rural, 30 novembre 1937 ; la coionisation, 11 octobre 1946 ; La restauration de I ordre social, 15 mai 1941, etc.) engagé à fond dans un problème vital gros de conséquences pour I avenir, conséquences heureuses ou malheureuses selon la ferveur ou 1 indifférence pour ne pas dire le mépris ' que nos dirigeants sociaux accorderont à ce document.Cette Lettre pastorale collective de Nos Seigneurs les Evêques de la Province de Québec prolonge les salutaires enseignements de Rerum Novarum et de Quadragesimo Anno et les appliquent aux besoins de notre temps.Si elle vise avant tout la solution des diverses questions sociales qui ont agité notre pays en ces dernières années, elle n en reste pas moins, en principe, un document de portée universelle.Aussi la presse étrangère lui a-t-elle accordé une importance presqu égale à un document pontifical.Aux Etats-L^nis, America, mai 1950, Commonweal, 21 avril, Font longuement commentée ; en France, la Documentation catholique, mai 1950, I a reproduite in extenso et 1 Ami du Clergé 1 a enrichie de commentaires élogieux ; en Italie, 1 Osservatore Romano en signala à ses lecteurs les parties les plus significatives et elle reçut, comme une sanction autorisée, par la lettre que le Cardinal Piazza, secrétaire de la Sacrée Congrégation de la Consistoriale, fit parvenir à la Délégation apostolique d Ottawa, le 20 mai.On y lit que « la publication de cette Lettre pastorale pourrait rendre de grands services au clergé et aux laïques de tous les pays ».A plusieurs reprises, j ai tenté de résumer à I intention des lecteurs de la Revue Dominicaine cet important et actuel exposé de la question ouvrière, mais j ai dû constater que ce document trop chargé ne se prêtait nullement à une synthèse sans le soumettre à une destruction.D autre part, en tenter I analyse serait faire autant d articles qu il y a de paragraphes, soit 204.Mieux vaut donc engager le lecteur à s abreuver à la source même dans toute sa limpidité et dimension.Ainsi qu il convient, cette Lettre puise sa force uniquement aux documents pontificaux, de Léon XIII à Pie XII, sans recours aux docteurs de I Eglise qui y sont 110 Le sens des faits cependant implicitement contenus et enrichis des développements modernes.II importe de rapprocker de cette Lettre pastorale le discours de kaute portée doctrinale et profondément nuancé que S.S.Pie XII prononça, en français, devant les membres du Congrès international des Etudes sociales, le 3 juin dernier, et qui eut un certain retentissement.On parla même de mise au point, de contradiction.Les paragrapkes en cause, 74 à 84 du Problème ouvrier (édition Bellarmin) traitent de la structure de l\u2019entreprise et des réformes sur le plan de la profession et rien dans les amélioration esquissées n infirme ou n avilit le contrat de travail ni la propriété privée.Par exemple le paragrapke 76 commence par ces mots : « Ces réformes doivent évidemment respecter la nature de I entreprise et sauvegarder les droits légitimes des propriétaires des biens de production » et finit par : « Le propriétaire des moyens de production, quel qu\u2019il soit propriétaire particulier, associations d ouvriers ou fondation ?-> doit, toujours dans les limites du droit public de l\u2019économie, rester maître de ses décisions économiques ».S.S.Pie XII, après avoir loué l\u2019évolution progressive du droit du travail et I assujettissement du propriétaire privé à des obligations juridiques en faveur de 1 ouvrier, indique une limite qu il ne faut pas franchir sous peine de tomber dans le socialisme, au détriment de la propriété privée.II dit : « Pareil danger (mentalité socialiste) se présente également lorsqu on exige que les salariés, appartenant à une entreprise, aient le droit de cogestion économique, notamment quand I exercice de ce droit relève, en fait, directement ou indirectement, d organisations dirigées en dehors de I entreprise.Or ni la nature du contrat de travail ni la nature de I entreprise ne comportent nécessairement par elles-mêmes un droit de cette sorte.II est incontestable que le travailleur salarié et I employeur sont également sujets, non objets, de I économie d un peuple.II n est pas question de nier cette parité ; c est un principe que la politique sociale a déjà fait valoir et qu une politique organisée sur le plan professionnel ferait valoir plus efficacement encore.» (Cf Documentation catholique, 2 juillet ).Certains esprits emportés par I allure progressive de la Pastorale et lisant plus haut que le texte ont cru voir une contradiction entre la pensée de nos Evêques et celle du Souverain Pontife.Pourtant défendre le contrat de travail, ce n est pas condamner le contrat d\u2019association ou de société ni le corporatisme, mais rappeler que vérité fondamentale que des tendances trop socialisantes pourraient altérer.Aussi, ce discours de S.S. Revue Dominicaine Pie XII serait-il un beau corollaire, une précision lumineuse qui pourrait fort bien s\u2019insérer dans le contexte du Problème ouvrier, sans ébranler le moins du monde cette charte sociale toute à I honneur de nos Evêques, de notre pays et avec rejaillissement sur l\u2019Eglise universelle.Antonin Lamarche, O.P.Centenaire franco-américain 1 Et d\u2019abord, je rends grâce à Dieu, par Jésus-Christ pour vous tous, de ce que votre foi est renommée dans le monde entier.(S.Paul aux Romains, I, 3) Ces paroles, que dans le débordement de son affection, h apôtre saint Paul adressait aux chrétiens de la ville éternelle, s appliquent admirablement aux paroissiens de Saint-Joseph de Burlington.Je n en veux d autre preuve que la présence ici ce matin des augustes représentants de deux grandes puissances internationales : le Canada et la France, des hauts dignitaires de notre Eglise des Etats-Unis et des officiers généraux de nos grandes sociétés nationales.Nous rendons grâce à Dieu, par Jésus-Christ, présent sur nos autels de ce que votre foi, vaillant petit peuple de Burlington, est renommée dans le monde entier.Nous sommes accourus vers vous avec des sentiments de vénération et de fierté pour offrir à Dieu un cantique d action de grâce de ce qu il a daigné, dans les desseins mystérieux de sa Providence, appeler à I existence un peuple nouveau : le peuple franco-américain.C est ici à Saint-Joseph de Burlington que notre peuple est né, il y a exactement cent ans.C est ici que dans une commune tendresse la France, le Canada et les Etats-Unis ont veillé sur un berceau, créé un climat catholique et français, pour qu un frêle nourrisson puisse vivre et s épanouir sous le soleil de Dieu, conformément aux desseins du Père Eternel.L histoire de notre peuple franco-américain ne peut pas s expliquer humainement par les règles biologiques et sociologiques qui président aux destinées des nations.Notre histoire est tissée entièrement de fils divins dont Dieu seul possède l\u2019explication définitive.Voilà I idée que je voudrais faire pénétrer au plus profond de vos cœurs, afin que vous puissiez mieux répondre à la mission que Dieu vous a confiée, au sein d une nation qui est en train de perdre le sens des valeurs spirituelles qui ont fait sa grandeur.1.Allocution prononcée le 7 mai, à Saint-Joseph de Burlington.112 Le sens des faits Je ne veux pas vous faire le récit de notre épopée nationale, en Nouvelle-Angleterre.Un autre mieux qualifié que moi, M.Georges Filtault, s est chargé de le faire.Mais je veux vous dire que les morts de cette paroisse qui dorment leur dernier sommeil dans votre cimetière >\u2014 ont été prévenus, soutenus et secourus par la tendresse divine dans toutes les initiatives qui ont donné naissance au peuple de la Franco-Américanie.Quelles que soient les raisons économiques qui, vers le milieu du siècle dernier, ont déclenché I émigration en masse des Canadiens français aux Etats-Unis, je soutiens que cet exode était, dans les desseins de Dieu, une efflorescence de vie catholique, un bourgeonnement printanier de ce rameau vivace qu\u2019était l\u2019Eglise du Canada français.Et I\u2019Egl ise de France, arbre vigoureux planté en terre européenne, n assistait pas sans émotion à I éclosion de ce frêle et tendre bourgeon qui en 1850 paraissait à I aisselle de son rameau canadien.C est le miracle français qui se perpétuait sur le sol d\u2019Amérique.La sève généreuse qui circulait dans ce rameau de France r- profondément enraciné par les tempêtes dans le sol vierge du Québec cette sève faisait éclater ses bourgeons par delà les frontières.Alarme.i\u2014* Cependant dans leur sollicitude pour leur enfant, les évêques du Canada étaient alarmés de I impétuosité de cette poussée par delà la frontière.Ces Canadiens arrachés violemment au sol natal et transplantés soudain en pleine civilisation d origine et d\u2019inspiration protestantes étaient évidemment perdus.On les voyait, pauvres et méprisés des populations au milieu desquelles ils cherchaient un emploi.La grande révolution industrielle des Etats-Unis les absorbait et les exploitait affreusement à un moment où le salaire pouvait rarement suffire aux premières nécessités de leurs nombreuses et belles familles.Que deviendront leurs enfants ?Que faire le dimanche sans prêtre et sans cérémonies religieuses ?Qu\u2019adviendra-t-il de ces ménages dont le ministre de Dieu n a point béni la sainte alliance ?Voilà le cri d\u2019alarme qui se répercutait comme un écho en deçà et au delà des vertes Montagnes.Arrêter l émigration.>\u2014> Au Canada français les campagnes se vidaient, et les cadres organiques des paroisses craquaient de toutes parts, par 1 ampleur angoissante que prenait ce qu\u2019on appelait La désertion.On exprimait des craintes même pour l\u2019Eglise du Canada français.Un mot d ordre fut donné : celui d\u2019arrêter ce flot d\u2019émigrants dans une folle entreprise dont I enjeu ne pouvait être que la mort spirituelle à brève échéance.Un homme avait vu juste : j\u2019ai nommé Mgr de Groesbriand, premier évêque de Burlington.« La Providence qui gouverne le monde a, dans 115 Revue Dominicaine cette émigration qui nous étonne, des vues qui nous sont inconnues.Lais-sons-Ia faire.Elle saura tirer le bien de ce qui nous semble un mal ».Oui, humainement parlant, ce peuple était à jamais perdu, en tombant de toute pièce dans cette masse en fusion qui s appelait les Etats-Unis d Amérique.Mais c était I heure de Dieu.On avait compté sans la Providence.Expansion providentielle.>\u2014 L Eglise est essentiellement missionnaire, surtout lorsqu elle revêt un visage français.Et dans ce mouvement missionnaire I Esprit-Saint se joue parfois des procédés humains dans des situations qui semblent désespérées.Je vous le disais à I instant, I émigration des nôtres aux Etats-Unis est un de ces bourgeonnements printaniers de I Eglise du Canada français.A ceux qui craignaient pour cette Eglise canadienne du milieu du siècle dernier il faut rappeler les pages immortelles de Péguy sur I espérance chrétienne (Cf.Le Mystère des SS.Innocents).Les bourgeons qui éclatent sous la sève, ne sont pas des parasites qui vivent au dépens de 1 arbre et lui dérobe sa nourriture.« Sans ces milliers de bourgeons qui viennent une fois au fin commencement d avril, rien ne durerait, I arbre ne durerait pas, ne tiendrait pas sa place d arbre, sans cette sève qui monte et pleure au mois de mai, sans ces milliers de bourgeons qui pointent à I aisselle des dures branches ».Mais je comprends 1 inquiétude qui hantait et bouleversait le clergé canadien d alors.Tout en admettant que 1 exode des Canadiens aux Etats-Unis est une efflorescence de vie catholique et française il reste, comme le dit encore Péguy, « que le bourgeon est fait pour donner la vie, il n est pas fait pour résister.C est le tronc à 1 écorce rugueuse, ce sont les branches, qui tel un fouillis de bras énormes, résistent aux tempêtes et protègent la vie ».II fallait certes à ce petit peuple d émigrés un organisme puissant, profondément enraciné, pour résister aux ouragans qui déferlent sur le sol de cette vaste république américaine.Pour développer un tronc, fort comme une cuirasse, pour orienter sa croissance et couronner son chef d une plantureuse frondaison, ce peuple naissant réclamait un climat catholique et français.II avait aussi besoin d une nourriture identique à celle que recélait le riche sol du vieux Québec.La paroisse organisme normal.>\u2014 Or le climat des âmes, c est la paroisse.Elle est dans I Eglise universelle ce qu\u2019est la famille au sein de la nation.Son Eglise, le lieu de rencontre du ciel et de la terre, témoin de I effusion des tendresses divines est le siège des grands événements de Le sens des faits la vie individuelle et sociale d un peuple.C est là que se donnent les directives, là que les rêves d avenir se transforment en réalisations efficaces.La Paroisse est I organisme normal où s\u2019alimente la vie d\u2019un peuple et se nourrissent ses plus chères espérances.La paroisse est I explication surnaturelle du fait français en Amérique.Saint-Joseph de Burlington.>\u2014> Cette paroisse que nous fêtons en ce jour prit naissance dans le cœur de deux grands apôtres : Mgr Fitzpatrick, évêque de Boston, et M.I abbé Mignault, curé de Chambly au Canada.Le R.P.Quévillon la recueillit de leurs mains, les RR.PP.Oblats la cultivèrent pendant trois ans et ils la remettaient, comme une épouse remplie de promesses à des prêtres de foi robuste : des prêtres bretons que I épiscopat de France offrait généreusement pour couronner I œuvre commencée.Ce geste de Burlington s est reproduit des centaines de fois par toute la Nouvelle-Angleterre au cours d un siècle d histoire.Et ce petit peuple, autrefois timide, pauvre, humilié vient d entrer en pleine maturité.Nous I avons vu en mai dernier, sûr de lui-même, conscient de sa destinée et confiant dans ses ressources spirituelles, nous l\u2019avons vu plein de respect et de dignité, au cœur même de la grande métropole de la Nouvelle-Angleterre offrir avec fierté à son Eglise et à sa Patrie américaine, la richesse de la culture française et de sa foi chrétienne.* * * Les dons de Dieu sont sans repentance.L amour qu il a prodigué à notre peuple est comme une grâce d état pour l\u2019accomplissement de la mission qu il lui a confié.Au milieu d un siècle où la technique matérielle réduit les hommes à I esclavage, au milieu d une civilisation où I homme n a plus de valeur personnelle, nous avons le devoir impérieux de faire rayonner notre culture française et catholique qui seule peut défendre le caractère sacré de la personne humaine, créée à l\u2019image de Dieu et faite pour une destinée éternelle.On nous a répété plusieurs fois, par des voix autorisées, que notre pays fait le trait d union entre le Canada et la France.Notre rôle social ne fait que commencer.Et si l\u2019on parle de quelques infidélités à notre passé, nous répondons par ce vers de Claudel : Peu de fils restés fidèles ; mais quand nous serions moins encore, notre foi n\u2019en est pas ébranlée.En effet Dieu qui a veillé sur notre berceau guide notre destinée.F.-M.Drouin, O.P.115 Revue Dominicaine MM.Edouard Montpetit et Marcel Faribault Universitaire de carrière, écrivain exquis, conférencier recherché, professeur compétent, secrétaire de l\u2019Université de Montréal depuis le «commencement, professeur durant de longues années aux Hautes Etudes commerciales, doyen de la Faculté des Sciences sociales, M.Edouard Montpetit qui vient de démissionner comme secrétaire et doyen est une des figures les plus rayonnantes du Canada français.Pendant près de trente ans il fut le messager officiel et le propagandiste de l\u2019Université de Montréal dans son pays et à l\u2019étranger.Partout où il passa : France, Belgique, Angleterre, Etats-Unis, il fut le meilleur ambassadeur de nos plus belles traditions culturelles et catholiques.Par sa pensée bien française et classique, son style châtié, sa parole convaincante, son geste précis et surtout une profonde culture sociale, économique et littéraire, il laissait une impression qui demeure.Pendant mes quatre années passées en Belgique, le nom canadien que des universitaires me répétaient à plaisir était celui de M.Edouard Montpetit que l\u2019Académie Royale de Bruxelles avait acclamé quelques années plus tôt.On y parlait même du brillant discours qu\u2019il y fit à cette occasion.Ici, au pays, le premier mérite de M.Edouard Montpetit fut celui d avoir été 1 initiateur, le précurseur des Sciences économiques et politiques en des temps et milieux particulièrement ingrats.Les écoliers de ma génération (1916-1924) qui divisaient alors sur le choix des quatre carrières officiell es qui s offraient à I étudiant : prêtre, médecin, avocat, notaire, ne furent pas peu surpris, un jour, d\u2019entendre M.Edouard Montpetit, en tournée de conférences dans nos collèges classiques, les inviter à embrasser les carrières industrielles et financières, jusqu\u2019alors sous-estimées et laissées exclusivement aux Angl ais et aux élèves de certains cours commerciaux.L idée prit du temps à faire son chemin, la moisson fut lente à venir, mais elle est venue avec ces générations d\u2019étudiants qui ont assailli d abord I Ecole des Hautes Etudes commerciales et ensuite les Facultés des Sciences sociales de nos deux universités canadiennes-françaises.Le regretté Père M.-A.Lamarche, O.P.lui disait en recevant le doctorat honoris causa de I Université de Montréal, le 50 mai 1946 : « De cet organisme essentiel (Faculté des Sciences sociales) vous êtes depuis 25 ans, M.Montpetit, I animateur puissant et modéré, plein de zèle et de circonspection.Pourrai-je trouver dans son histoire un cadre que vous n\u2019ayez vous-même créé ou développé, une aide extérieure que n ayez vous-même sollicitée, une mesure de progrès que vous n\u2019ayez vous-même accomplie ou suggérée ! Toutes démarches qui paraîtraient 116 Le sens des faits de moindre valeur si ) oubliais cette inspiration constante, émanée de votre parole et de votre conduite, stimulant I entourage et vivifiant 1 entreprise ».Cette cb ronique ne me permet pas de m étendre plus longuement sur la carrière extraordinairement ricbe de ce grand universitaire qu est M.Edouard Montpetit ,\u2014 il y faudrait un gros livre >\u2014> elle veut seulement être le modeste Lommage d admiration et de gratitude que la Revue Dominicaine lui adresse avec les vœux d une semi-retraite -\u2014¦ il reste secrétaire général honoraire de l Université -\u2014\u2022 qui ne sera jamais une capitulation, mais une balte pour de nouveaux départs à la plume.* * * Pour succéder à M.Edouard Montpetit au secrétariat de I Université, M.Marcel Farib ault, notaire, a été choisi.II descend d une famille « aristocratique » de vieille souche dont la vie fait partie de I histoire de fa ville de I Assomption.On se plaît à répéter que depuis toujours les Faribault se passent de père en fils le flambeau du Droit.Seul un généalogiste pourrait vérifier cette hyperbole.Je sais cependant que son père était notaire, son grand-père avocat et d autres disent son arrière-grand-père pareillement.Quoi qu il en soit, j ai connu assez intimement Marcel sur le banc des écoliers.Je ne dirai pas que c était un élève modèle ^ il y a trop d élèves modèles qui ont mal tourné \u2014> « Clémencean ».Editions René JuIIiard, Sequana, 1949.342 pages.$2.50.Voici une des plus volumineuses biographies publiées sur l\u2019homme politique Clémenceau.En effet, M.Alexandre Zavaes, écrivain politique d\u2019une forte renommée, nous livre le fruit d\u2019un travail de longue haleine préparé avec art et souplesse.Au début de l\u2019ouvrage se trouve une caricature mémorable du Tigre alors président du Conseil, Ministre de la Guerre, au cours d\u2019un discours à la Chambre des Députés en 1918.Comme suite, un aperçu biographique des années d\u2019apprentissage et quelques reproductions de la correspondance gouvernementale de Georges Clémenceau.Une page autographe extraite du mariuscrit de Grandeurs et Misères d\u2019une Victoire, nous fait constater la caractéristique particulière du style de Clémenceau.M.Zevaes est avant tout un historien et ce, il nous l\u2019affirme positivement par les idées chronologiques si précises qui parsèment l\u2019ouvrage.Chose assez rare, l\u2019auteur ne se contente pas de nous édifier brièvement par la biographie et les appréciations ; mais aussi il termine son riche exposé par une bibliographie des œuvres de Clémenceau, une classification des publications parues sur son héros.L\u2019auteur a voulu la perfection tant littéraire, biographique que historique ; nous lui rendons grâce ! Revue Dominicaine Pour terminer, retenons ces lignes : Ce qu\u2019il faut admirer en Clemenceau, ce n est pas seulement son patriotisme, son dynamisme, son indomptable énergie, son éloquence incisive et lapidaire, c\u2019est la hauteur de son idéal.Guy-N.Trottier Quebec, septembre 1950.Auguste Cavalier, R.de Cheyssac ^ « Mon curé à sa place ».Les Editions de la Vallée, Gardenvale, 1950.19 cm.194 pages.Ce livre a été écrit en 1930 et il avait alors pour but d\u2019enrayer le danger qui menaçait l\u2019Eglise de France.Dans la préface datée du 20 avril 1930, M.Auguste Cavalier cite d\u2019abord Montalembert : « Je suis inquiet du Cierge.Peut-etre n avez-vous pas vu les discours de certains curés qui ont qualifié Notre-Seigneur Jésus-Christ de « divin républicain » ?C\u2019est toujours le même esprit, l\u2019adoration servile de la force laïque et du pouvoir vainqueur, cet esprit se complique et s\u2019envenime par les tendances démagogiques qui ont infesté le clergé a un degré que je ne sotipçonnais pas ».Puis, il ajoute : « Et pourtant Montalembert ignorait ce qu\u2019on appelle « La Presse Trochu ».Il n\u2019avait pas prévu des journaux à vaste diffusion, dirigés ou inspirés par des prêtres, et qui se livrent, hélas ! à la déplorable besogne de démagogie et de division qu\u2019un jugement de l\u2019Officialité de Rennes a si justement réprouvée.Le grand orateur n\u2019aurait pas ose imaginer les syndicats de cultivateurs « cultivants » de l\u2019abbe M^ancel ; il n\u2019aurait pas pu soupçonner 1 execrable besogne antinationale de tant d\u2019abbés « démocrates », sillonnistes, affairistes, « traditionalistes », etc., etc.» Après la lecture de ces lignes, on ne s\u2019étonnera pas si je mets en doute la pertinence de la réédition d un tel livre, dans la province de Québec.Parce que mon curé, un saint homme, n\u2019a pas besoin d\u2019être mis à sa place, parce que la plupart de nos cures sont à leur place et le prouvent magnifiquement, je crois que l\u2019on a commis un impair en le rééditant.Le livre contient des conseils judicieux sur l\u2019enseignement de la religion par le catéchisme, l\u2019histoire, la liturgie et les Arts ; cependant, il est mal équilibré.Il met l\u2019un en face de l\u2019autre un curé très facile à convaincre et un laïc si ^savant, très savant, trop savant meme !.Ce laïc, il en remontre à son cure, aux evêques.Pour un peu, comme Garo, il en remontrerait à Dieu !.André Tilly Amiral Decoux ^ « A la barre de l'Indochine » (1940-1945).Plon, Paris, 1949.22.5 cm.508 pages.Plusieurs cartes et hors-texte.Distribué par Palatine Limitée, Montréal.Le plus bel éloge que 1 on puisse decerner a l\u2019Amiral Decoux, le dernier Gouverneur Général de l\u2019Indochine, est qu\u2019il s\u2019est révélé un digne émule de Lyautey durant les cinq années qu\u2019il fut à la barre de l\u2019Indochine.Grâce à un sens politique génial, l\u2019Amiral Decoux a maintenu pendant son gouvernement général les droits de la France en Indochine.Ce ne fut 126 L\u2019esprit des livres pas une tâche facile quand on songe à la situation dans le Pacifique après l\u2019attaque japonaise contre Pearl Harbour : retraite générale des alliés dans le quadrilatère formé par Sidney, les îles Samoa, les îles Hawaï et Hong-Kong : attaque contre les îles Aléoutiennes ; perte du Prince of Wales et du Repulse.Qui plus est, le Gouverneur Général Gatroux avait accordé aux Japonais une hypothèque sur l\u2019Indochine.Malgré tout cela, l\u2019Amiral Decoux réussit à garder libre l\u2019Indochine jusqu\u2019au coup de force japonais du 9 mars 1945, coup de force provoqué par les imprudences du Comité de la Libération de l\u2019Indochine.Pour avoir servi magnifiquement la France en Indochine, le Gouverneur Général Decoux reçut, sous le gouvernement de Gaulle, une récompense insolite : il est gardé prisonnier par les Japonais vaincus et, de retour en France, il doit demeurer encore plus de vingt mois en prison.Il aura du moins l\u2019honneur d\u2019avoir comme voisin de prison, pendant sept mois, un autre grand Français, le général Weygand.Mais, la grande douleur de l\u2019Amiral Decoux est de voir son œuvre saccagée : « Le gouvernement général de l\u2019Indochine dont j\u2019ai été le dernier titulaire, a cessé d\u2019exister.Depuis quatre ans, les factions s\u2019en disputent les lambeaux.( .) Le mal est immense, mais il n\u2019est peut-être pas irréparable, et la question, selon moi, reste entière, de savoir si nos dirigeants auront enfin le courage de vouloir opérer le sauvetage de ce merveilleux pays, hier encore l\u2019orgueil de « notre Empire », qui n\u2019a cessé depuis près d\u2019un siècle d\u2019être fécondé par l\u2019effort et le sang français ».Voilà un beau livre écrit par un grand Français ! André Tilly Dom Thomas Becquet >\u2014> « Le Meurtre devant I Autel ».Les Editions Casterman, Tournai-Paris, 1947.19 cm.152 pages.Extraordinaire et véridique, telle est l\u2019histoire qui est présentée aujourd\u2019hui au jeune lecteur, l\u2019histoire de saint Thomas Becket, fils de musulmane, Chancelier d\u2019Angleterre, Archevêque-Primat de Cantorbéry, martyrisé par ordre de son ami Henri II, roi d\u2019Angleterre, et canonisé deux ans après sa mort.Gomme dans les plus beaux contes du moyen âge, y paraissent gentils pages de cour, fiers chevaliers montés sur de fougueux destriers, grand amour dans le chaud pays d\u2019Orient, moines austères, palais princiers et royaux avec leurs grandes salles armoriées, leurs tables chargées d\u2019argenteries et de venaisons, la mer houleuse portant blanches caravelles hautes voiles déployées et les campagnes fleuries de la douce France, hospitalière aux proscrits.Histoire d\u2019amour et de haine, de loyauté et de félonie, de triomphes et d\u2019abaissements, de gloire aussi : terrestre et céleste.Histoire que l\u2019on a racontée et chantée à la veillée des chevaliers comme dans les chapitres des moines, que l\u2019on a rappelée du haut des chaires des cathédrales comme des universités, que les livres et les maîtres de notre temps citent encore.Histoire écrite par les chroniqueurs contemporains, dans de gros manuscrits enluminés, là où l\u2019on va chercher le récit des batailles et les Revue Dominicaine actes des rois, là où l\u2019on dit également comment moururent les martyrs des siècles passés.Histoire véridique, malgré tous les faits qui paraissent n\u2019être que légende de troubadours pour divertir ou édifier des châtelains assemblés, l\u2019hiver, autour d\u2019un grand feu de bois, pendant que dames et demoiselles filent la quenouille ou décorent des tapisseries.Jean Maury et René Percheron ^ « Itinéraires romains ».Lethielleux, éditeur, 10 rue Cassette, 1950.17 cm.700 pages.Ces « Itinéraires Romains » font éclater les formes habituelles d\u2019une histoire de l\u2019art ou d\u2019un guide touristique.Passant successivement en revue l\u2019antiquité païenne, l\u2019antiquité chrétienne, le moyen âge, la renaissance, la contre-réforme et l\u2019âge baroque, ils replacent les trésors d\u2019art dans leur ambiance de jadis.En retraçant « les conflits entre le paganisme et la Croix, entre la Papauté organisatrice de l\u2019Occident et les poussées du césarisme oriental ou germanique, entre l\u2019affirmation immuable du dogme et les rébellions de la raison ou de l\u2019instinct », ils font vivement sentir combien « le passé de Rome témoigne de la Promesse divine ».Ainsi que le dit Son Excellence Mgr Martin, Archevêque de Rouen, dans la présentation du livre : « Est-ce une leçon d\u2019histoire tout court ?Un cours d\u2019histoire de l\u2019art ?Une conversation philosophique ?Une évocation de l\u2019Eternel ?Un peu de tout dans une harmonieuse synthèse humaine ».Avec le « parfum » de la Ville, analysé et restitué ; c\u2019est toute l\u2019âme de Rome enclose en ces pages.François-Michel Willam.^ « L\u2019Histoire du Rosaire ».Les Editions Salvator, Mulhouse, 1949.25 cm.422 pages.^ Les origines du rosaire ont fait l\u2019objet de discussions, dont les auteurs n\u2019avaient pas pu jusqu\u2019ici trancher définitivement le débat.Le chanoine Willam, bien connu du public français par ses études sur La Vie de Jésus dans le Pays et le Peuple d\u2019Israël et sur La Vie de Marie, Mère de Jésus, s est attaque au problème avec une conscience que souligne l\u2019abondance des documents utilisés et dont on trouvera l\u2019énumération dans la bibliographie jointe a l\u2019ouvrage.Apres avoir fixé les premiers linéaments de la dévotion, il en a poursuivi le développement à travers le temps et l\u2019espace, en marquant les différentes étapes pour aboutir à son aspect actuel.Son travail, qui apparaîtra de haute importance aux yeux de l\u2019historien, n\u2019a pas d\u2019égal, à notre connaissance, en aucune langue.La piété ne peut que gagner à la connaissance de cette longue élaboration, où l\u2019on sent battre à chaque instant le cœur de nos devanciers dans la foi.Le lecteur français n\u2019apprendra pas sans émotion le rôle joué dans cette élaboration par tel ou tel de ses lointains compatriotes, tels un Alain de la Roche ou un saint Louis Grignion de Montfort, et ce sera un motif de plus pour lui d\u2019aimer cette dévotion mariale, dont un second volume lui donnera bientôt le commentaire.128 LES RECENSIONS DU MOIS.Figures catholiques, par le R.Père J.-P.Archambault, S.J.$1.00 Les Dominicains de Saint-Honoré, par Michel Gasnier, O.P.1.50 Notre-Dame de tous les jours, par Paula Hoesl.85 Mon curé à sa place, par Auguste Cavalier, R.de Cheyssac .1.50 A la barre de l\u2019Indochine, par l\u2019A mirai Decoux .2.85 Le Meurtre devant l\u2019Autel, par Dom Thomas Becquet.1.35 Itinéraires romains, par Jean Maury et René Percheron .4.75 L\u2019Histoire du Rosaire, par François-Michel Willam .1.75 \u2022 \u2022 \u2022 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE \u2014 TÉL.WALNUT 6765 \u2014 MONTRÉAL-28 wvwwwvw*vwvwvwvwvwvwvvvwvwvwwvwvvwvwvvwvvw«>vvwvwwvwvV MEDITATIONS SUR LE ROSAIRE par le R.Père Matéo Crawley-Boevey Le.Révérend Père Matéo, l\u2019apôtre de l\u2019intronisation du Sacré-Cœur au foyer, vient de publier, aux Editions du Lévrier, une brochure de 80 pages intitulée : « Méditations sur le Rosaire ».C\u2019est une réponse à Nos Seigneurs les Evêques pour la grande croisade du Rosaire dans les familles.Les méditations du Père Matéo sur le Rosaire contiennent une doctrine juste et exacte sur le vrai sens de cette dévotion.Le grand mérite de l\u2019auteur est de faire revivre un élément essentiel trop souvent oublié : la méditation des mystères.PRIX : $0.35 \u2022 \u2022 \u2022 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375.AV.N.-D.DE GRACE \u2014 TEL.WAlnut 6765 MONTREAL-28 IX POUR VOTRE BIBLIOTHEQUE .Pie XII, par N.Padellaro.Préface de Daniel-Rops.360 p.Nouveauté Le Cardinal John Newman, par J.A.Lutz .Marie-Claire Tremblay, par P.Tremblay, O.P.Le Père Jacques, Etudes Carmélitaines .La petite sœur Céline, par M.Lekeux, O.F.M.Des images de grandeur, par Daniel-Rops .Antoine de Saint-Exupéry, poète et aviateur, par M.de Crisenoy .\t1.25 Dom Lou, sa vie spirituelle, par Jean Wu Ching-Hioung .75 Vie de S.Dominique, par B.Jarrett, O.P.2.75 Histoire d\u2019une famille : la famille de sainte Thérèse, par P.Piat, O.F.M.2.25 La Rome païenne à la Rome chrétienne, par Léon Homo .2.75 Paul Claudel, poète de l\u2019amour, par H.-Ch.Desroches, O.P.90 Qu\u2019attendez-vous du prêtre ?Collection « Présences » .1.50 Valeurs de vie et livres d\u2019aujourd\u2019hui, par P.Delépierre.2 vol.5.00 Mystère du christianisme, par M.Scheeben .6.00 Histoire de l\u2019humanisme chrétien, par F.Hermans.4 vol.11.00 L\u2019éternelle vie, par R.Garrigou-Lagrange, O.P.3.00 Précis de patrologie, par F.Cayré.3 vol.8.00 L\u2019homme moderne devant le problème de l\u2019au-delà, par J.Staudinger 2.25 Précis d\u2019histoire de la philosophie, par F.Thonnard .3.50 Etienne Gilson, philosophe de la chrétienté .2.25 Jacques Maritain.Son œuvre philosophique.3.00 Le concept de droit selon Aristote et S.Thomas, par L.Lachance, O.P.3.00 Le drame de l\u2019humanisme athée, par H.de Lubac, S.J.2.50 Sous les yeux de l\u2019incroyant, par J.Levie, S.J.3.50 La pédagogie scolaire contemporaine, par E.Planchard .3.75 De l\u2019instinct à l\u2019esprit, par Ch.Baudouin, « Etudes Carmélitaines » .\t3.00 Offensives biologiques contre la personne, par le Dr Biot.75 Drogues de police, par Jean Rolin .1.50 Splendeur de l\u2019amour conjugal, par J.Merlaud.1.00 Comment préparer son mariage ?par A.-M.Granger, O.P.Nile éd.1.25 La famille, par le Cardinal Suhard .30 Ce que Dieu a uni, par Gustave Thibon .1.00 L\u2019éducation féminine, par Suzanne-Marie Durand.2.00 Lettre collective des évêques.Le problème ouvrier .25 Derrière l\u2019écran, Initiation au cinéma, par J.-P.Chartier et P.Desplanques .75 Guide de culture sociale, par Philippe Laurent.60 Le Chrétien face à l\u2019argent, par M.Riquet, S.J.1.00 Aux prises avec le Christ, par Ch.Pfleger .2.25 La femme éternelle, par G.Von Le Fort .90 Le roman d\u2019Elisabeth, par Berthe Bernage.6 vol.5.00 Images romaines, par Henry Bordeaux (audiences pontificales) .1.50 Comment faire oraison, par P.Périnelle, O.P.1.50 La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, par R.Garrigou-Lagrange, O.P.3.00 Petit catéchisme de l\u2019Année sainte, par Mgr Fontenelle .15 La porte ouverte, l\u2019Année sainte, Illustré .1.75 Venez et voyez.Méditations évangéliques, par R.Sineux, O.P.3.00 La Sainte Bible.Traduction de Maredsous.Relié toile .6.00 Guide de l\u2019année liturgique, par P.Parsch.5 vol.11.00 La Vie catholique, par A.-D.Sertillanges, O.P.2 vol.2.50 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE \u2014 TÉL.WALNUT 6765 \u2014 MONTRÉ A L-28 ME\tDE LA PURETÉ SAINTE MARIA GORETÏI PAR MONSEIGNEUR JACQUES MORELLI Un livre pathétique sur l\u2019enfant que Pie XII vient de canoniser Emouvante histoire que celle de sainte Maria Goretti.On ne peut en lire les détails sans être bouleversé jusqu\u2019au fond de l\u2019âme.En juillet 1902, cette petite fille de douze ans est morte en martyre.Sollicitée par un jeune impudique, elle résista avec une force qui fait penser à celle des premières vierges chrétiennes.A son assaillant, auquel elle ne pouvait pas matériellement échapper, elle donna la raison profonde de son refus : \u2014 Non, non, répétait-elle, je ne veux pas, je ne veux pas, parce que c\u2019est un péché.Dieu le défend.Tu iras en enfer, si tu le fais.Le jeune homme resta sourd à ce bouleversant rappel des exigences de la vie d\u2019amitié avec le Christ Jésus.Aveuglé par sa passion, exaspéré par la résistance farouche de la petite croyante, il s\u2019arma d\u2019un stylet et frappa à coups redoublés, « comme on frappe sur un billot », confessa-t-il plus tard.Le lendemain, la sainte enfant mourait au milieu d\u2019atroces souffrances, après avoir pardonné à son bourreau.Moins de cinquante ans après l\u2019événement, l\u2019Eglise vient de canoniser cette martyre de la pureté.Monseigneur Jacques Morelli, dans un livre qui se lit comme un beau roman, présente une étude complète sur sainte Maria Goretti.Une intelligente utilisation des dépositions faites aux procès canoniques permet ci l\u2019auteur d\u2019évoquer la sympathique figure de cette enfant au courage surhumain et de raconter tous les épisodes de ce drame glorieux.Dès les premières pages, on est saisi par ce récit véridique et l\u2019on ne s\u2019en détache plus.Arrivé au chapitre final, on referme le livre en se sentant meilleur.Sainte Maria Goretti par Monseigneur Jacques Morelli est donc un ouvrage de toute première valeur qui fera beaucoup de bien à ceux qui le liront.PRIX: $1.00 En vente à : LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5575, Av.N.-D.de Grâce * Tél.WA.6765 *\u2014> MontréaI-28 XI 3354 Vient de paraître la deuxième édition : MES CONFESSIONS par le R.Père Augustin-M.Séguin, O.P.PRIX : $1.25 «Des curés, j\u2019en ai connu, comme tout le monde, de toutes les sortes : des gros et des maigres, des petits et des grands, des bons et des moins bons, des malcommodes et des moins malcommodes, d\u2019excellents curés qui étaient assez peu administrateurs et d\u2019admirables administrateurs qui, pardessus le marché, étaient aussi un peu curés.T out compte fait, j\u2019ai gardé d\u2019eux un souvenir sympathique, mais s\u2019il en est un que je n\u2019oublierai pas, c\u2019est mon ancien curé de Notre-Dame de Grâce de Montréal.« De stature impressionnante, il parlait peu mais ses mots portaient.Ses prônes ne dépassaient guère dix minutes.Il ne nous assassinait pas avec des demandes d\u2019argent répétées, s\u2019excusait les rares fois qu\u2019il y touchait («vous avez tant d\u2019obligations.»), nous félicitait régulièrement du résultat obtenu, et avec ce système récoltait plus que les quémandeurs sempiternels.Il ne s\u2019exprimait pas en savant théologien, mais en prêtre.Beaucoup d\u2019observations, poivrées d\u2019un peu d\u2019humour.Ses causeries familières et directes s\u2019appuyaient sur une grande expérience de l\u2019homme, et dans sa prédication, chacun trouvait de quoi manger.(On m\u2019excusera de parler au passé : j\u2019ai cessé depuis onze ans d\u2019être le paroissien du Père Séguin, qui doit prêcher encore).« Voici un exemple de sa manière.Des dévots se plaignaient de ce que plusieurs jeunes gens dissipés occupaient le jubé durant les basses messes et y rendaient le recueillement impossible.«Désormais, dit à peu près le curé, que les personnes dévotes demeurent au rez-de-chaussée et le jubé sera réservé aux gens dissipés ».Bien entendu, le calme revint de ce jour au jubé.«Son livre, qu\u2019il intitule «Mes confessions », je ne l\u2019ai point lu encore.Je l\u2019imagine savoureux, d\u2019une ironie souriante et si simple, qu\u2019on se croirait en présence d\u2019un franciscain.Et voilà ! Il fallait que je termine par une gaffe.Après les curés, les dominicains.Voyez où mènent les bonnes intentions ».N.B.Extrait d un article paru dans « Le Devoir » signé par « Candide » et intitulé : Le livre de mon curé.W&f: En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE - TEL.WAlnut 6765 - MONTRÉ A L-28 Devenez propriétaires.La Compagnie Mutuelle d\u2019ïmmeubles Ltée (Incorporée par Charte Fédérale en 1903) Certificats d\u2019épargne Versé à ses membres : $11j000 000 Siège Social : 1306 est, rue Sainte-Catherine\tMontréal Ch.-Auguste Gascon, Prés.J.-Ed.Jeannotte, Vice-Prés.J.-Art.Tremblay, Sec.tél.CR.905 7\t©2©6.Rue ST* ANDRÉ, Montreal LES PRODUITS MADELON ENRG EXCELLENT CONTRE: MAL de TÊTE,de DEMTS.d\u2019OREILlES t GRIPPE .RHUMATI5ME .1\tTÉL.3-9472 PHOTO - LITHOGRAPHIE INC.Création et impressions lithographique» en une ou plusieurs couleurs 30.avenue Conway\tQuébec.P.Q.\tES\tA.DESLAURIERS & FILS Ltée MANUFACTURIERS DE: Portes et Châssis \u2014 Ameublements d'église, tels que : bancs, stalles, confessionnaux, elc.\u2014 Mobiliers scolaires 68, rue Lalemant \u2014 Québec, P.Q.\t| \tFRS.POULIOT\t.\tBUREAU! 2-B212 GÉRANT\tTEL.RÉSIDENCE I 2-5251 La Maison SYLVIO MARCEAU Enrg.DIRECTEURS DE FUNÉRAILLES AMBULANCE JOUR ET NUIT 182.MARIE DE L\u2019INCARNATION 800.RUE ST-VALLIER\tQUÉBEC\t\tTél.5-9739 LAGUEUX, E.& FILS Ltée OPÉRATION FORESTIÈRE - BOIS - PULPE 35, Côte du Palais \u2014 Québec, P.Q.\t Tél.\tCOLLES DE TOUTES SORTES\tj\t2 12 5 DExter\tEn poudre, en flocons, flexible, en pâte, liquide \\\tRemembrance 116 3\tNational Adhesives (Canada) Ltd.j:\tRoad Lacbine U) ELLINGTON WWl-C.BBRCU.2-9411\\ FERRONNERIE FIXEZ-VOUS UN BUT Prenez la résolulion d'économiser $50, $100, $500 ou $1 000 en trois mois, six mois ou un an.Ce but fixé, ne le perdez jamais de vue.Persévérez, malgré les difficultés du début.Vous l'atteindrez.Vous le dépasserez.Ouvrez atfjourd'hul un compte d'épargne à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE 540 BUREAUX AU CANADA 67 SUCCURSALES À MONTRÉAL XIII HOMMAGES Collège Sainte-Marie R.Père Joseph Paré.s.j.RECTEUR\t\tMONUMENTS J.BRUNET Ltée DEPUIS 1877 4485, CHEMIN CÔTE DES NEIGES WE.2640\tMONTRÉAL \t\t Hommages\t\td un ami \t\t\t w CINQUIEME ÉDITION 12>§ 000 EXEMPLAIRES mm i L\u2019ÂGE ATOMIQUE par le R.Père M.-M.DESMARA1S, O.P.PRIX : $0.25 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375, Av.N.-D.de Grâce >\u2014> Tél.WA.6765 >\u2014> MontréaI-28 XIV îm ERflftD mm SUCCURSALE A OTTAWA SUITE 103 \u2014 18.RIDEAU TÉL.2-9872 QUÉBEC : 89.rue Fleurie Tél.5-7881 \u2022 SPÉCIALITÉS : OUVRAGES D'ÉGLISES, couverts, écoles, ÉDIFICE8 PUBLICS \u2022 TÉL.DOllard 5512 933 RUE ST-ROCH MONTRÉAL Tél.! 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