Revue dominicaine, 1 septembre 1945, Septembre
[" REVUE DO/HiNiCVÎNE ÉCOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 185, Boulevard Langelier, Québec COURS DU JOUR\tCOURS DU SOIR Examen d\u2019admission :\tInscriptions à compter du 26 septembre le 28 août 1945 à 9 heures a.m.\tOuverture des cours : Le 10 octobre 1945 à 7 heures p.m.PROSPECTUS SUR DEMANDE ENTREPRENEURS Tuile, Terrcizzo, Marbre,,Ardoise, Pierre Artificielle, Pavages, Trottoirs, etc - J.I6N.BILODEAU- PRÉS.ET OBRAMT TEL.2-11-43\t32, RUE RICHELIEU, QUÉBEC.-J.IA9ÉUE- Tél.S216 1 S.Rv\tDiplômé General Motors lellan d il \u2022 O \u2022 * CARJK Réparations d\u2018Automobiles' et de Rembouraqe Carrosserie endommagée et débossage de tous genres.\tÎSSIER._ Spécialité:\u2014 Peinturage ûuco Dupont* Vitrage des Chars Mécanique.2,Christophe Colomb,\tQuébec, RQ.\t HOMMAGES DE M.J.O\u2019BRIEN Spécialités pour Bâtisses et Constructions Représentant de Truscon Steel Co.of Canada Ltd.Spécialistes en charpente de bâtisse Truscon Laboratories Canada Ltd., Canadian Cork Co., Ltd., K.V.Gardner Ltd.Tel.5992\t13, rue d\u2019Aiguillon\tQuébec, P.Q.Téléphone : 4-2473 LA CIE HUBERT MOISAN ASSURANCE FUNÉRAIRE DE QUÉBEC SERVICE D\u2019AMBULANCE 297, rue St-Joseph\tQuébec, P.Q.rnmm itnmn&nTëi.5-37755 gjiroro IW1THIEU a SYLVA in em*r\\\u20acPRGn\u20acURS , 44, S te; u rsu le, Q.u é bec^RQ.tél.2-22AO Mlle FERNANDE DEROUIN RELIURE \u201cARTISANAT\u201d TRAVAIL CONSCIENCIEUX ET GARANTI 923 EST, DORCHESTER MONTREAL - 24 TÉL.6070 Arthur Cloutier et Fils Enrg.DIRECTEURS DE FUNÉRAILLES DEPUIS QUATRE GÉNÉRATIONS # 252.D\u2019AIGUILLON QUEBEC \t\tCHARLAND ET BERNARD Liée Soudure au gaz et à l\u2019électricité de tous les métaux Réparation et nettoyage de radiateurs d\u2019automobile Fabrication de réservoirs Angle 1ère Avenue et 4ème Rue \u2014 Tel.4-2772 \u2014 Québec\t0.PICARD & FILS INC.Plomberie \u2014 Chauffage \u2014 Electricité Ventilation \u2014 Air climatisé Gérant : J.-C.LACHANCE 78, ST-AUGUSTIN\tTel.2-12S»\tQUEBEC\t\t \t\tCASAVANT FRÈRES Ltée FACTEURS D\u2019ORGUES St-Hyacinthe, P.Q.ÉTABLIE EN 18 80\tTél.harbour 3377 GASCON & PARANT ARCHITECTES 934 est.Sainte-Catherine\tMontréal\t\t 1 IT- Machineries de buanderie Glacière électrique Moteurs Ustensiles de cuisine Chauffage Air climatisé Ventilation Brûleur à l\u2019huile MAZOUT [.ANGLAIS & FRÈRE ENRG.(Chauffage & Ventilation Ltée) 152, de la Couronne\tTéléphone : 2-8224 QUÉBEC Foyers hydrauliques JONES (stoker) Foyers mécaniques FAIRBANKS MORSE FAMEUX POÊLES THERMOS i Equipement d\u2019hôpitaux Pompe Fours mignolets Fournaise Compresseur Machinerie diverse Brûleur à l\u2019huile légère -U té!.CR.99 5 7\t©296, Rue ST- ANDRÉ, Montreal LES PRODUITS MADELON ENRG EXCELLENT CONTRE: MAL de TETE.de DENTS, d\u2019OREILLES r GRIPPE .RHUMATISME .~C.BâVEUWS /L Photoqravure Nationale zoz oui si, aui Ontario - pris ai ouuav \u2022 moi PRÊTS Les demandes de prêts de tous ceux qui peuvent assurer le remboursement dans un délai raisonnable reçoivent toujours à nos succursales ce bon accueil qui est une tradition dans cette banque.Compliments de DAMIEN BOILEAU Ltée, Entrepreneurs 245, avenue McDOUGALL\tOutremont, P.Q.Tél.GRescent 4183 Qoutted.sHaieUed, P R î VIN E pour la prophylaxie et le traitement des rhumes de cerveau COMPAGNIE CIBA LIMITÉE \u2014 MONTRÉAL PRÉSIDEHT dAmcÔTÉ LTÉE fflanljfacturiei/ de chali^lW /r-HVpcinTH& LA BANQUE CANADIENNE NATIONALE est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque et de placement.St-Hyacinthe, P.Q.mRLflDIE/CHftOlllOUt/ CflflCEft.TUBEhCULQ/t.R/THmE.PiHUOlRTl/mE FItzroy MEREDITH, SIMMONS & Co.Ld COLLES DE TOUTES SORTES En poudre, en flocons, flexible, en pâte, liquide Chemin de la Côte St-Paul Montréal II La Compagnie Mutuelle d\u2019immeubles Ltée (Incorporée par Charte Fédérale en 1903) La caisse d\u2019épargne pour prêts mutuels Versé à ses membres : $8 600 000.00 Siège Social : 1306 est, rue Sainte-Catherine\tMontréal Ch.-Auguste Gascon, Prés.J.-Ed.Jeannotte, Vice-Prés.J.-Art.Tremblay, Sec.Tel.FRontenac 3186* LAITS» Ig PERFECTION] J AM?Y P.BI7W, 2565 CHAMBLY MONTRÉAL kelLY^LEDuc 67, rue UJ ELLINGTON HULL, P.Q.2-9411\\ FERRONNERIE LIIRITEE SUCCURSALE À OTTAWA SUITE 406-18, RIDEAU TÉL.:\t2-9872 Québec: 104 St-Jean Suite lO TÉL.7881 \u2022 SPÉCIA LITÉS : OCVBAOES D' ÉGLISES, COUVENTS, ÉCOLES.ÉDIFICES PUBLICS.e TÉL.DOllard 55 12 9 6 1 A.RUE ST-ROCH.MONTRÉAL Deuxième édition \u2014 Sixième mille par Ernest PALLASCIO-MORIN 240 pages \u2014 4 hors-texte PRIX: $1.25 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE - TÉL.WAlnut 6765 - MONTRÉAL-28 95.AVENUE EMPRESS - TÉL.2-7363 - OTTAWA B onnes resses a consu it er Accessoires contre l\u2019Incendie : The Canadian Fire Hose Co.Ltd., 827 ouest, Notre-Dame, Tél.PL.6416-17, Montréal Talbot, René Ltée, 205, St-Paul .Québec, P.Q.articles Religieux : Imperial Novelty Mfg.Co.Ltd., 389 o., St-Paul, HA.4946, Mtl.A.KCKITEOTES * Desmeules, Gabriel, 226, St-Jean, Tél.4-3864 .Québec Larue, J.-Albert, 5711, Durocher, Tél.CR.2734 .Montréal Samson, Paul-E., 180, St-Jean, Tél.4-2163 .Québec, P.Q.AnciiiTECTES Lemieux, 7 60, Squahe Victoria, la.2870, Mt.Ludger Lemieux \u2014 A.A.P.Q.\u2014 M.R.A.I.C.Paul M.Lemieux \u2014 B.A.\u2014- M.R.A.I.C.\u2014 A.A.P.Q.\u2014 D.P.L.G.F.Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers : Bélanger et Bourget, 86, Côte de la Mont., Tél.2-5180, Québec Gastonguay, Jules-P\u201e 71, St-Pierre, Tél.2-3400 .Québec Articles de Sport : Le Palais des Sports, 67, Côte d\u2019Abraham, Tél.3-2341, Québec Ascenseurs : La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec Assurances Générales : Bernardin Frères, 1285, Visitation, Tél.CHerrier 3195, Montréal Assurance : National Life Assurance Co.: Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-5785 .Québec Assurance : La Solidarité, Cie d\u2019Assurance-Vie Siège social, 126, St-Pierre, Tél.4-4034 .Québec Autobus à Lorette, Aérodrome, Champigny, Lac St-Joseph, S te-Catherine : Drolet, A., Ltée, 155', boul.Charest, Tél.2-8494 .Québec Autobus Fournier Ltée : Québec au Camp Val-cartier, Ste-Foye, Lac St-Charles.St-Raymond : Terminus, 501, boul.Charest, Tél.6182-34, St-Augustin, 2-5946 AUTOMOBII.es (Souduke, Débossage, Peinture, Etc.) : Boutet & Fils, 131, Caron, Tél.3-3370 .Québec AUTOMOBILES (Hudson et Camions Reo) : Racine, J.R.Inc., 27, Arago, Tél.2-2019 .Québec Avocats : Boisvert et Corriveau, 88, St-Pierre, Tél.2-3420 .Québec Boyer, Auguste, 159 ouest, Craig, Tél.MA.7031 .Montréal Champeau, Armand, 5585, Canterbury, Tél.AT.9717, Outremont St-Jacques, Henri, 18, Rideau, Tél.2-5055 .Ottawa, Ont.Banques : La Banque Provinciale du Canada, 221 ouest, St-Jacques, Tél.HA.7151, Montréal Beurre D\u2019Érable : Cie Nationale de Beurre d\u2019Erable Inc., 51 ouest, Laurier, Tél.DOllard 2433, Montréal Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, prés., CR.2167, Mtl.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre : Côté, Valère, Inc., 325, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Bois et Matériaux de Construction : Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 o., Notre-Dame, WI.6118, Mtl.Bois de Construction, Manufacturiers de Puanchers en Bois Franc, Portes et Châssis : Dupuis, J.-P.Ltée, 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928, Verdun Bonbons en Gros : Bonbons Yolande Enrg., Mme J.-B.Cloutier, prop.83, Sault-au-Matelot, Tél.4-1167, Québec Bouchers : Savard, Roméo, 2521/è.St-Olivier, Tél.2-4283 .Québec, P.Q.Bouchers.Épiciers : Québec Marine Grocers : Massé, Philippe, 93, Sault-au-Matelot, Tél.2-8505 .Québec Boulangers (gâteaux et pâtisseries) : Hethrington, T., Ltée, 358-364, St-Jean .Québec Buanderies s Buanderie St-Paul, 2020, Roberval, Tél.WE.6791 .Montréal Langlais & Frère Enrg., 152, de la Couronne, Tél.2-8224, Québec Café - Thé - Confitures : J.A.Désy Ltée, 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Carrosseries D\u2019Auto \u2014 présente plusieurs différences, sinon capitales, du moins nullement négligeables, avec celle de 1914.Pour reprendre la comparaison cle tout à I heure : aura changé ce qui est accessoire au théâtre : la grandeur de la scène, la personnalité des acteurs, la facilité technique de la mise en scène, etc.Le caractère d universalité de la Guerre Mondiale numéo II sera, en effet, beaucoup plus affirmé.Surgiront aussi des hommes nouveaux au service d idéologies nouvelles qui, elles-mêmes, auront pris racine dans un nouveau terrain social et politique.Le perfectionnement technique, qui aura été vertigineux en vingt ans et aura dépassé, toutes proportions gardées, I avancement scientifique de plusieurs siècles, se sera mis au service de 1 œuvre de destruction.En stratégie et en 1 art du commandement, les conceptions militaires seront bouleversées par les nou- 70 Les deux guerres mondiales veaux et parfois inattendus instruments qu il aura mis à pied d oeuvre.Toutes ces nouveautés d ordres idéologique et scientifique ne manqueront pas d imprimer à f fiistoire de la guerre de 1959 des caractères différents et, en certains cas, tout à fait inédits.Et I fiistorien qui viendra après nous devrait trouver un grand intérêt à confronter sous divers aspects les deux épisodes de ce grand drame de la conscience mondiale.C est ce que, par une anticipation nettement téméraire, nous voudrions tenter .\t.i ici .* * * L Allemagne, au centre géographique de 1 Europe, ou mieux : la Prusse, au cœur politique de 1 Allemagne, fut, de Frédéric le Grand jusqu à Bismarck, la grande menace de I Europe.Avec Guillaume II et surtout Hitler, elle devint une menace mondiale.L esprit prussien, personnifié par un état-major que 1 élément junker monopolisait, soufflait à 1 Allemagne enfin unifiée des rêves d expansionnisme illimité.Venue trop tard comme nation dans un monde déjà trop colonisé, il lui fallait à tout prix reprendre le temps perdu.Il y allait de sa propre conservation ; et conservation, en Allemagne, signifie expansion.Cet esprit prussien a ses serviteurs et pontifes qui ne sont pas tous Prussiens.Ainsi les Hohenzollerns sont d origine souabe ; Scharnhorst est Hanovrien ; Stein est Rhénan (comme son contemporain : Metternich) ; Hitler est Autrichien.Mais tous, Prussiens d origines ou non, entretiennent cet esprit fait de rêves d expansion grandiose, de domination violente, d immoralisme politique.Sans même se douter qu ils donnent dans le cynisme, ils nient ou ignorent les principes fondamentaux de morale politique, que les nations occidentales, même en les violant, ont toujours reconnus : ceux de justice, de souveraineté, de liberté, etc.Leur concept du droit est, sur ce point, 1.Bien entendu, il ne s\u2019agit pas d\u2019établir quoi que ce soit de définitif.Le recul nécessaire, le manque d\u2019éléments de solution, les cadres forcément restreints d\u2019un article de revue nous obligent à un but plus simple et plus modeste.En ne nous bornant qu\u2019à des généralités \u2014 sans pour cela être vague \u2014 nous voudrions montrer l\u2019histoire des deux guerres sous un double aspect synthétique et antithétique. Revue dominicaine révélateur.Hitler et Rosenberg n\u2019innovent pas quand le premier déclare : « Lorsqu on poursuit certains buts, les opposants doivent être exterminés.» et que le second précise : « Le droit est purement l expression des exigences du sang ».Car bien avant les théoriciens du National-Socialisme, la philosophie allemande, celle du devenir pur en métaphysique, s est toujours caractérisée, dans un paradoxe qui ne laisse pas de déconcerter un esprit occidental, par un immoralisme foncier dès qu elle s\u2019appliquait à la morale politique.C\u2019est Hegel qui affirme qu\u2019« entre deux pays, il n\u2019y a qu\u2019une loi : le droit du plus fort ».C est aussi Fichte \\ premier théoricien du racisme, qui écrit : « Le germanisme possède une supériorité intrinsèque sur toute autre forme de civilisation : c\u2019est l ordre éternel des choses qui le veut ainsi.L\u2019Allemand doit gouverner la terre ».II n\u2019y manque plus que la surhumanité nietzchéenne, et nous avons I essentiel du National-Socialisme.Ce qu on pourrait appeler cette philosophie prussienne (ou ce prussianisme philosophique) ne fut jamais que vaine littérature.L Allemand pense en vue de I action.Qu on se rappelle le « Im Anfang war die Tat » (Au commencement était h Action) de Gœthe.Voilà un blasphème bien allemand.Mais, pour le Prussien, I action par excellence, c est I action militaire.« Tout bon Prussien est né en uniforme », répétait à satiété Bismarck.L Allemagne des dernières cent années s est incarnée en trois hommes : Bismarck, Guillaume II et Hitler.C est en eux que la pensée politico-philosophique d Allemagne trouva ses plus fidèles praticiens.Dans chacun des volets de ce tryptique où se dessinent à traits forts chacune de ces figures centrales, I arrière-plan laisse voir, à peine estompées, les figures des ancêtres : Frédéric le Grand, son père : le Roi-Sergent, le Grand Electeur, et celle, encore plus lointaine, de Frédéric Barberousse.A ce tableau, conviendrait pour titre la définition que Mirabeau donnait de la Prusse : « Une armée qui s est emparée d un 1.Il n\u2019est peut-être pas sans intérêt de rappeler que Fichte mourut en 1814, une année avant le Congrès de Vienne ; et Hegel, en 1831, soit plus d\u2019un siècle avant l\u2019avènement de l\u2019Hitlérisme.72 Les deux guerres mondiales Etat ».Un Mirabeau contemporain continuerait : « Quand l armée se fut emparée de lEtat, lEtat voulut s emparer de vingt autres Etats ; quand l Etat se fut emparé des vingt autres Etats qui formèrent la Grande Allemagne, l Allemagne voulut s emparer de l Europe et, par là, dominer le monde ».Voilà, dans une forme stéréotypée, les grandes lignes de force de 1 histoire de l\u2019Allemagne jusqu à Adolf Hitler.Mais I Allemagne, en voulant brûler la dernière étape, échoua à deux reprises différentes : et la honte de 1945, infiniment plus grande, s ajoutera à celle de 1918.Double faillite dune même hantise.* * * L armée prussienne avait unifié 1 Allemagne en 1871.C\u2019était 1\u2019 œuvre de Bismarck.Peu après I avènement de Guillaume II, Bismarck fut répudié.Le maintien de 1 unité allemande n était pas, aux yeux du jeune Hohenzollern, une œuvre digne de son génie.II lui fallait davantage, et Bismarck faisait vieux jeu.1864, 1866, 1870, 1871 étaient des dates de I histoire prussienne.Guillaume II voulait marquer le point de départ de la véritable histoire allemande ; Hitler la reprendra exactement où 1 Empire lavait laissée après I avortement de 1918.De Guillaume II à Hitler, la fi Iiation politique est directe.Le Nazisme est une création d Hitler ; mais le Germanisme, dont il n est que 1 expression poussée à son degré d exaspération maximum lui est bien antérieur.En bon Hohenzollern, Guillaume II se souvient du Saint-Empire.Il en veut la reconstitution sur des bases élargies.L\u2019Autriche-Hongrie, où régnent les Habsbourgs et qui cherche le moment propice de répéter la fable « Le Loup et I Agneau » avec la Serbie, lui servira de brillant second.Mariage de I impérialisme jeune et de 1 ambition sénile.L Italie, instable, se laisse entraîner (puisque sa situation de grande puissance la force à opter malgré elle) dans son sillage.La Triplice est formée.S y oppose un bloc défensif : la Triple Entente, formée de la Russie, 1 Angleterre, la France.Triple Entente et Triple Alliance ne se forment 73 Revue dominicaine pas sans heurt ; et des défections affaibliront chacun des opposants dès la guerre déclarée.L Italie, qui n aime guère la politique de François-Joseph dans les Balkans, se déclare neutre, puis, finalement, passe dans le camp opposé.La Russie impériale, en proie à la Révolution, doit tôt terminer, par une capitulation honteuse, une guerre impopulaire.Mais ! Entente Cordiale, malgré les manigances du Kaiser, reste solide avant et pendant la guerre ; et I alliance Allemagne-Autriche, ou plutôt Hohen-zoIIern-FIabsbourg, I est aussi.Hitler est à la tête d une Allemagne beaucoup plus forte que celle de Guillaume II.L\u2019ancien Empire Austro-Hongrois avait trouvé son arrêt de mort à Versailles.Hitler, par son coup d état de I Anchluss, refaisait, mutatis mutandis, une nouvelle confédération germanique.Dans ] ancienne capitale de François-Joseph, gouvernait maintenant le Statthalter du pays d\u2019Autriche.Le noyau du puissant empire central n était plus qu un des pays 1 de la plus Grande Allemagne, à l\u2019égal de la Saxe, de la Prusse, du \\Vurtemberg, de la Bavière, etc.Les autres petits pays, édifiés sur les ruines du vieil Empire des LIabsbourgs se virent dans [ alternative ou d\u2019entrer dans sa sphère d influence effective ou d être absorbés de force.Dix ans avant I Allemagne, I Italie s était donné pour maître un dictateur.Grand lecteur de Machiavel et de Sorel, Mussolini y avait établi un gouvernement totalitaire tout en y laissant subsister une monarchie représentative.Hitler I avait pris pour modèle et maître.Sans se contenter de relever une Italie décadente, Mussolini voulut se donner l\u2019enivrement des antiques Césars.II conquit la Libye, I Ethiopie, et, en une circonstance assez peu honorable, I Albanie.Le fiasco de son plan pour la formation d un Bloc Latin méditerranéen, les sanctions portées contre son pays lors de la conquête de I Ethiopie, la méfiance amplement méritée que lui portaient les puissances non dictatoriales I avaient fait se ranger dans le camp opposé aux démocraties.En dépit des oppositions ethniques, culturelles, traditionnelles, I Axe Rome-Berlin était formé.II devint bientôt I Axe Rome-Berlin-l okyo.Le Japon, déjà en 1.Non plus les Etats de la République de Weimar.74 Les deux guerres mondiales guerre avec la Chine, veut établir la suprématie des hommes jaunes en Asie.Des gouvernements militaristes s étaient succédé qui avaient donné à la politique nippone de fortes tendances impérialistes.Elles ne pou vaient que contrarier la politique des pays qui, comme I Angleterre, la France, les Etats-Unis, y avaient de précieux intérêts, et qu une longue tradition maritime et coloniale avaient habitués à les estimer inaliénables.En face de ces puissances, la France et 1 Angleterre, qui, en dépit des évidences contraires, croient obstinément à la paix, tergiversent, perdent I initiative de la politique étrangère, répondent à des coups de force par des demandes de conciliation ou par des notes comminatoires dont elles savent n être pas en mesure de remplir les obligations.Les Etats-Unis n étaient pas encore gagnés à 1 interventionnisme militaire : il faudra Pearl-Harbor, comme, en 1917, il avait fallu des torpillages répétés de ses navires.La Russie est une énigme pour les deux camps.On espère bien dans celui des démocraties que les idéologies nazie et communiste en viendront à se heurter, et que la seule menace orientale qui puisse inquiéter Hitler le contienne assez longtemps pour compenser leur état d impréparation générale.En attendant, à la stupéfaction universelle, Molotov et Ribbentrop signent les accords d août 1959.I els sont les blocs des grandes puissances qui s apprêtent à s\u2019affronter au début des deux guerres mondiales.En 1914, aux alliés de lest s opposent deux vieux empires ; en 1959, deux jeunes dictatures : signe des temps \\ L alignement AIIemagne-Autriche-Hongrie-Italie de 1914 est le même en 1959 1 2.L\u2019Italie, membre de la Triplice, est d abord neutre, puis déclare la guerre à ses anciens alliés ; neutre aussi en 1959, elle déclare la guerre aux côtés de 1 Allemagne quelques mois plus tard, est battue, se donne un gouvernement anti-fasciste qui, finalement, coopère avec les Alliés.Mais, dans les deux guerres, le rôle qu elle a joué est à peu près nul.L alignement France-Angleterre-Russie-Etats-Unis de la précédente guerre ne se reconstituera, dans cette guerre, 1.\tCette opposition sera davantage marquée dans la deuxième partie de cet article.2.\tL\u2019Autriche absorbée en 1938* et la Hongrie gagnée par l\u2019amiral Horthy à la politique hitlérienne. Revue dominicaine qu une fois les hostilités engagées.La Russie ne passe du côté des Alliés qu\u2019en juin 1941, alors qu elle est attaquée par Hitler.Pearl-Harbor jettera les Etats-Unis dans le conflit quelques mois plus tard.La contribution américaine compensera la défection bâtive de la France, comme, en 1917, elle avait compensé celle de la Russie : en ces deux occasions, son intervention aura été le signal d un ressaisissement général allié.Seul, le Japon, allié secondaire en 1914, est ennemi d importance en cette guerre, et encore sur un théâtre d opérations non européen.Mais ce qui est désormais acquis à I Histoire, c est qu en 1939, comme en 1914, lame de I agression fut I Allemagne, comme lame de la résistance fut I union France-Angleterre.Un autre fait ressort aussi: les politiques italienne et russe furent, sous des régimes dictatoriaux dans cette guerre, aussi vacillantes qu\u2019en I autre guerre sous des régimes monarchiques.Et deux fois en 25 ans, les jeunes Etats-Unis, par renversement de la doctrine Monroë, seront intervenus dans les affaires de la vieille Europe pour contribuer de leur poids énorme, à faire pencher du côté des nations démocratiques le sort des armes.* * * Mais les similitudes frappantes des deux guerres ne s arrêtent pas aux causes générales du conflit et aux forces en présence.II n est jusqu aux prodromes politiques des quelques années précédant les deux guerres qui offrent plus d\u2019une analogie intéressante.La rouerie politique du HohenzoIIern fantasque ne sera dépassée que par celle du plébéien arrivé.Même gigantesque bluff organisé ; même absence de scrupule en politique extérieure, servie par une propagande insidieuse ; mêmes intimidations auxquelles il faut bien ajouter le rejet des responsabilités les plus évidentes ; mêmes manquements à la parole donnée et aux traités.Depuis Bismarck, cela est devenu une constante de la politique allemande.Le Führer avait en grand les qualités et les défauts du Kaiser.II raconte dans Mein Kampf ce qui fut le déclic de sa vocation militaire : Les deux guerres mondiales « Fouillant dans la bibliothèque paternelle, je tombai sur divers livres militaires, parmi lesquels une édition populaire de la guerre franco-allemande de 1870.J\u2019 en fis bientôt ma lecture favorite.Rapidement la grande guerre héroïque prit la première place dans mes préoccupations morales.Depuis lors, je butinai de plus en plus tout ce qui se rapportait à la guerre et à l\u2019état militaire.» La parenté prussienne du petit Autrichien apparaissait déjà.Plus loin, il raconte : « Pour la première fois de ma vie -\u2014- à onze ans >\u2014> je me rangeai dans l\u2019opposition.Si mon père était tenace pour mener à bien les plans qu il avait conçus, son fils n\u2019était pas moins obstiné à s\u2019opposer à une idée qui ne lui présageait rien de bon ».Cette volonté implacable dans la poursuite du but recherché fut, avec ses extraordinaires dons de tribun, la principale cause des succès d Hitler.Dans sa jeunesse, le futur Guillaume II ne montra pas une moins farouche détermination.A San-Remo, Mme Zirio lui demande : r\u2014 « Votre Altesse me permet-elle de lui dire : Au revoir, futur Empereur ?/\u2014 Certainement, fut la réponse du Prince impérial.Mais, vous savez, moi, lorsque je serai Empereur, eh ! bien, je serai Empereur ! » Plus tard, à Potsdam, il confie à Théodore Roosevelt : « Un Kaiser n a pas d amis.Un Kaiser ne doit faire que des dupes ».Mais le Führer le dépasse encore en duplicité.Hermann Rauschnig, dans Hitler m\u2019a dit, nous expose sa pensée intime : « Je suis prêt à me parjurer six fois par jour : quelle importance cela peut-il avoir ?.La conscience est une invention judaïque ; c est comme la circoncision, une mutilation de l homme ».Dans les tractations internationales, L Empereur affiche le même dédain que le dictateur nazi pour ce qui n\u2019est pas allemand.Dès 1 900, il proclame que « rien de grand ne peut, ne doit se discuter dans le monde sans l Allemagne et son chef ».Le Kaiser, comme le Füh rer, aime parler (près de 600 discours publics en un peu plus d\u2019une quinzaine d années) pour fouetter I orgueil national.Comme lui, il affectionne les parades militaires monstres, la mise en scène gigantesque.II voyage beaucoup, au point de mériter I épithète de « Guillaume l\u2019Extérieur », 77 Revue dominicaine mais jamais incognito.Il vise constamment 1 effet de propagande qn Hitler poussera à un degré de perfection inouïe.On croit entendre un discours d Hitler à I époque de Munich, quand on lit la fameuse harangue des Huns >\u2014> « Pas de pitié, pas de prisonniers » à ses troupes qui partent étouffer dans le sang la révolte des Boxers.Plus tard, un prince chinois doit se prosterner devant sa très illustre Majesté allemande en signe d infériorité racique.A vingt ans d intervalle, le Kaiser et le Führer parlent tous deux de « la gigantesque impudence britannique ».Les Tchèques, aux yeux d Hitler, ne sont qu « une bande de malfaiteurs » ; quelque vingt ans plus tôt, les Serbes, d après Guillaume II, n étaient qu « une bande de criminels qui doivent être emprisonnés pour expier leurs crimes ».Mais mieux que leurs paroles, leurs actes nous les montrent sous leur jour véritable.Ils ne sont pas hommes à se laisser embarrasser par des liens parlementaires ou constitutionnels.Guillaume, qui prise peu le pouvoir partagé, s\u2019était débarrassé prestement de Bismarck ; Hitler, Chancelier d Empire (1953) et trop peu sûr encore de sa position, cherche le bon moment de faire sauter de la présidence le maréchal Flindenburg.Sa mort opportune le délivre de cette tâche ; il verse sur sa tombe des larmes attendries et respectueuses : il était Reichführcr.i.e.chef suprême de l\u2019Allemagne et de son armée.Sous 1 Empire, c est le Bundesrat, espèce de Sénat comprenant les ducs, grands-ducs et des rois de la Confédération, qui détenait le pouvoir central.Le Kaiser, fort de sa royauté cle la Prusse, le fit bientôt tenir dans sa main comme jamais aucun empereur ne I avait osé.Quant au Reichstag, c était une assemblée élue par le peuple où la parlote nationale donnait libre cours à un jeu plutôt inoffensif.Similairement, dès 1 arrivée d Hitler au pouvoir, on sait avec quelle désinvolture il élimina le Reichstrat 1 pour ne laisser subsister que le Reichstag, que le parti nazi contrôla complètement et définitivement.1 oute participation à une assemblée et à un contrôle internationaux, 1.Chambre formée des délégués des Etats.Aucun particularisme régional, de quelque nature fût-il, ne pouvait être toléré au sein de la plus Grande Allemagne.78 Les deux guerres mondiales est une hérésie nationale.En 1899, par I iniative Je Nicolas II Je Russie, se tient la première Conf érence de Paix de La Haye.Le Kaiser se tient à I écart et en rejette J avance toutes les conventions et possibilités futures.Ainsi fait Hitler à IenJroit Je la S.D.N., polissonnerie en plus.Le chancelier Bethmann-LIoIIweg avait qualifié Je chiffon de papier le traité qui liait I Angleterre à la Belgique ; Hitler reprenJ I expression pour expéJier toute I œuvre Je Versailles Jont le principal tort fut Je n avoir pas Jémembré I Allemagne.* * * On Jiscerne Jans la psychologie Je tout conquérant cette tenJance toute naturelle Je son esprit à surestimer sa propre puissance pour sous-estimer celle Je I opposant.Guillaume II et Hitler ont conscience Je leur puissance.Ils aiment I éprouver avant le granJ moment.Mais c est question J habileté politique plus encore que J étalage prématuré Je force.Guillaume II a besoin J alliés ; Hitler, Je temps.Ils croient, cepenJant, avoir attenJu I ultime Jate honnête Je I inévitable échéance.Mais la brusquerie Je leur impérialisme les a trompés I un et I autre.L Allemagne Ju Jébut Ju vingtième siècle est en train Je Jéloger la primauté économique anglaise.L agriculture, malgré un sol peu pro-Juctif, atteint un maximum possible Je renJement.Sa forte natalité fournit une main-J œuvre nombreuse et laborieuse à son inJustrie, que son ingéniosité scientifique traJitionnelIe renJ encore plus efficace.La Ruhr et la Sarre Jeviennent Jes centres inJustriels monJiaux.Les honzern, ou cartels alIemanJs, étenJent un peu partout leurs tentacules géants.En vingt ans (Je 1894 à 1914) le commerce extérieur triple.Une nouvelle Ligue Hanséatique se forme qui Jonne à ses granJs ports : Hambourg, Lubech, etc.leur importance relative Je jaJis.Dans les pays même Je I Empire Britannique, le made in Germany expulse le made in England.Mais, en Allemagne, I œuvre Je paix est pour la guerre.Simultanément à cette expansion inJustrielle et commerciale, le Kaiser augmente 79 Revue dominicaine ses effectifs militaires ; et, s il porte le service actif de trois à deux ans, c est pour le rendre obligatoire pour tous.Les Allemands sont d\u2019ailleurs avertis de « garder leur poudre sèche et leur glaive aiguisé ».Mais la marine allemande accuse une infériorité marquée sur les marines anglaise et française.Le Kaiser lance son fameux cri : « Notre avenir est sur les flots », comme 1 écfio hitlérien répétera : « Notre avenir est dans les airs ».« Je n aurai pas de cesse, avait-il déclaré dès 1901 à Hambourg, que je n aie porté ma marine au même degré que mon armée ».Au grand dam des Socialistes, le Reichstag vote tous les crédits qu il faut pour la création d une imposante flotte allemande qui, devant la flotte anglaise, ne fonde pas « comme du beurre au soleil ».Le début de I ère hitlérienne accuse le même optimisme.Il y avait tant à faire.Les quelque douzaine d années que dura la République de Weimar furent marquées par des périodes intermittentes d anarchie interne, d instabilité gouvernementale et administrative : crises, inflation, grèves, dévaluation monétaire, etc.Hitler mit d\u2019abord un peu d ordre dans ce fouillis.Mais de bonne heure, il fit converger toutes les énergies humaines, économiques, scientifiques, militaires de I Allemagne vers la réalisation de l\u2019idéal que proposait Mein Kampf.En économie intérieure, les pirouettes d\u2019un docteur Schacht n ont pas fini d étonner les experts économistes, Le but de l\u2019Allemagne est clair, et c est Erich Neumann (Secrétaire d Etat au ministère de I Economie) qui nous en instruit : « .nous rendre indépendants du monde extérieur dans le domaine des produits alimentaires et des matériaux indispensables.Indépendants dans notre économie de guerre, mais autrement prêts à apporter notre contribution au commerce international.» Douglas Miller, dans You Can\u2019t do Business with Hitler nous fait assister à I élaboration de la machine économique et industrielle de I Allemagne, susceptible de devenir une machine guerrière formidable.II est bien aussi inutile de rappeler I enrégimentation de la nation entière dans le Front du travail ou dans les diverses forces armées : Hillerjugend, S.S., troupes délite, de choc, Gestapo, milice nationale, etc.Comme d ailleurs, le développement 80 Les deux guerres mondiales intensif et qualitatif des trois armes ; il n est qu\u2019à songer, un moment, aux résultats : c est de I histoire toute contemporaine.Le point de similitude le plus certain entre la politique du Kaiser et celle du Führer, dans les années d avant-guerre, c est que tous deux préparent leur guerre : non pas une guerre défensive, où I on est exposé à être éventuellement attaqué, mais une guerre d agression préméditée, préparée depuis longtemps.Les avertissements n\u2019ont pas manqué aux puissances pacifiques.Dès 1935, Hitler rétablit le service obligatoire, puis, ce fut le plébiscite camouflé de la Sarre ; en mars 1936, il remilitarisa, au mépris des traités, la Rhénanie ; deux ans plus tard, le coup de I Ancbluss éclata comme une bombe dans une Europe consternée ; I annexion du Sudetland, la même année, amena I humiliation de Munich ; en mars 1939, un protectorat allemand s\u2019étendit à la Bohème et à la Moravie ; en 1939 aussi, Memel était détachée de la Lithuanie pour être incorporé au Reich.Le petit caporal autrichien avait, en le dernier HohenzoIIern, un précurseur digne de lui dans la doclrine du coup de force politique.On peut rapprocher de ses rapts et coups d état, les audaces diplomatiques du Kaiser avant 1914.C était en 1898, pendant la guerre hispano-américaine, où l\u2019Allemagne n\u2019a aucune affaire, I expédition dune escadre à Manille ; en 1905, le débarquement à Tanger, où il se pose en protecteur du Maroc ; en 1911, le fameux coup d Agadir, qui faillit déclencher la guerre.On peut aussi rapprocher des minauderies du Führer à I endroit de la France 1 et même de la Pologne, la politique hypocrite (interview au Daily Telegraph) envers T Angleterre, après la célèbre dépêche de Kruger.Mais les Anglais ne se laissèrent pas prendre à cette tentative de conciliation in extremis ; en vain le Kaiser essaya de se sortir d une ornière qu il jugeait à bon droit inquiétante.11 remporta plus de succès avec le faible Nicolas II de Russie.Mais le coup de Bjoerhoe n eut qu un succès temporaire : 1 alliance franco-russe résista pour se consolider dans la suite.Il y avait aussi des pacifistes parmi les hommes politiques d avant 1.Ce qui n\u2019a pas peu contribué à diviser l\u2019opinion politique française, au début de la guerre.81 Revue dominicaine 1914.La démission forcée de Théodore Delcassé du cabinet Rouvier nous fait un peu penser à l\u2019esprit de Munich.On croyait à cette époque, comme en 1938, amadouer I Allemagne par des concessions.Le ministre français des Affaires Etrangères, qui prônait une politique de fermeté, disait à cette époque : « On a cru lorsqu\u2019on s\u2019est séparé de moi, qu\u2019on allait tout arranger.On m a liquidé comme on liquide une position de bourse mauvaise à I échéance.On s\u2019apercevra un jour qu on s est trompé.L Allemagne n\u2019est pas un pays qu\u2019on apaise par des concessions : tendez-Iui le petit doigt, elle vous prend la main, puis le bras, puis lépaule, et bientôt tout le corps y passe ».M.Chamberlain, désabusé, se contentait de dire, après Munich : « Herr Hitler n\u2019est pas un Gentleman ».Quand Hitler attaqua la Pologne en 1939, il exigea la localisation du conflit.Ce n était qu\u2019une affaire entre Allemands et Polonais.Ainsi en 1914, le conflit austro-serbe devait être localisé.Les pays qui, sur la foi des traités, interviennent sont des agresseurs, comme est agresseur le gendarme qui empêche le criminel de perpétrer son forfait.Jules Cambon, en 1914, Coulondre et Henderson, en 1939, conjurent, au nom de 1 humanité, les maîtres de l\u2019Allemagne de ne pas déclarer la guerre : c est en vain, I Allemagne veut la guerre ; elle avait déjà assez patienté.11 faut que s\u2019instaure la Mittel Europa de Guillaume II et 1 Ordre nouveau d LIitler.Dans un journal français du mois d\u2019avril 1940, Pierre Dominique associait ainsi I œuvre des deux hommes : « Historiquement, il (Guillaume ii) apparaît coçnme un quelconque signe héraldique au flanc d\u2019une Allemagne qui n\u2019a pas su se dégager de l\u2019esprit prussien, qui n a pas su devenir européenne, qui a jeté l Europe dans le chaos et qui a fini par accoucher, après sa défaite et sous l influence de sa défaite, de l hitlérisme, cette monstruosité dont elle pourrait bien mourir ».Tel apparaît être le plus clair du fatal destin de 1 Allemagne vaincue de 1945 \\ 1.Dans un prochain article, nous montrerons des aperçus antithétiques des deux guerres et de leur exégèse historique.(à suivre) Gérard Bergeron 82 De Vladimir le Grand à Stal 1 me Que le monde et I Eglise en soient, à I heure présente, à I un des tournants de l\u2019Histoire est une proposition qui semble peu sujette à contradiction.Mais quel sera cet avenir qui va se dégager du chaos et de la confusion présente, c est ce que tous voudraient pouvoir envisager avec certitude.Dieu seul connaît 1 avenir, qui dépend du gouvernement de sa Providence, et sans une révélation individuelle spéciale, nul ne saurait prononcer définitivement ce qu il va en être demain.Toutefois les conjectures sont permises, même possibles et des probabilités se dégagent de la pénombre des incertitudes.Un des faits les plus saillants qui ressortent de la condition présente est I importance énorme que, grâce au progrès politique international effectuée récemment par la Russie, le groupe ethnique slave s est assurée dans I Europe de demain.Déjà il semble que I Europe se trouve partagée définitivement en deux moitiés ; l une, celle de I Ouest dominée par le contrôle britannique ; I autre, celle de I Est placée sous la férule des Soviets communistes : la première « démocratique » du moins en théorie, la seconde « totalitaire », sans déguisement ni atténuation, du moins à l\u2019heure présente.L histoire du groupe slave, telle que nous pouvons la lire dans les manuels d enseignement en usage dans les écoles de Russie, représente une phase très remarquable et relativement récente du développement de la civilisation occidentale.Les Slaves nous apparaissent pour la première fois dans 1 histoire, plusieurs siècles après 1ère chrétienne, cantonnés sur le cours inférieur du Danube dans la région qui correspond aujourd hui au domaine de la Serb ie et de la Bulgarie et à la portion non-magyare de la Hongrie.Une ascension lente vers la Bohème et au delà en amène un groupe, déjà diversifié, par la Moravie jusqu aux plaines de la Vistule, la Pologne 83 Revue dominicaine actuelle ; un autre se développe dans la vallée du Don et du Dniéper, I Ukraine d aujourd Kui, la petite Russie de laquelle rayonne vers l\u2019Est, par une émigration lente accompagnée de mélanges ethniques, avec les tribus diverses et étrangères qui les ont précédées dans ces régions, une colonisation spontanée de la région du Volga de laquelle résulte la formation de la « Grande Russie », où au cours des siècles et à travers les vicissitudes de 1 Histoire, la Moscovie devient le centre prédominant, celui qui, plus tard unifiera sous son contrôle toutes les branches orientales de la grande famille slave, à 1 est du Prutts, des Carpathes et de la frontière polonaise.Les événements récents garantissent à la Russie des Soviets une influence prépondérante et sans contrepoids apparent à 1 est de I Elbe et dans la vallée du Danube, et même jusqu\u2019à 1 Adriatique.Que fait prévoir cette condition et que devons-nous en attendre ?C\u2019est là la question angoissante pour I Europe occidentale et la civilisation « démocratique » vraie, celle qui reconnaît les droits de I individu et les devoirs de I Etat à son endroit.Si I Europe orientale doit passer de la « tentative » de contrôle hitlérienne sous la dictature du totalitarisme soviétique, elle n aura rien gagné î Sauvée d une tyrannie, elle tombe dans les griffes d une autre, tout aussi implacable et apparemment encore plus difficil e à secouer : « de la poêle à frire dans le feu.de Charybde en Scylla ! » Du milita risme des nazis au communisme forcé des soviets î Les opérations actuelles de ces derniers dans les pays subjugués, Finlande, Lithuanie, Esthonie, Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne ' et sur lesquels « les Alliés » se contentent de garder à I endroit de leurs propres populations, un prudent silence \u2014 sont un signe manifeste de ce qu ils préparent à cette moitié de I Europe qui va tomber sous leur joug.L expérience de vingt-cinq ans et plus nous a enseigné la signification des « liquidations » soviétiques à l\u2019endroit de leurs victimes.« Barbarie et Barbarisme », c est là, en deux mots, le communisme ! Témoin déjà les bandes d esclaves que \u2014 de leur propre autorité < les Soviets transportent en ce moment 84 De Vladimir le Grand à Staline en Russie pour le « travail de construction », recrutées parmi les populations civiles de I Allemagne orientale, là où ils ont rendu effective leur occupation militaire.Laissant aux hommes d Etat occidentaux le soin de régler, s\u2019ils le peuvent, la situation sous son aspect politique et international, essayons d envisager sa portée au point de vue religieux et catfiolique.La population ckrétienne de la « fédération » soviétique appartient en grande majorité a I Eglise nationale « orthodoxe », c\u2019est-à-dire à la branche slavonique de I\u2019Egl ise orientale ou byzantine de laquelle elle reçut originellement la foi chrétienne, sous Vladimir le Grand, à un temps où I Eglise-mère Byzantine était encore en communion avec l\u2019Eglise romaine.C est la coutume de désigner dans 1 ouest latin, 1 Eglise byzantine avec ses « filles », les Eglises, Bulgare, Roumaine, Serbe, Ruthène, etc.comme schismatiques.Toutefois, il importe d en prendre note, Rome elle-même ne favorise pas cette désignation et préfère celle d Eglises « dissidentes » ; elle considère que ces Eglises dont 1 origine dérive directement des apôtres, dont la doctrine, à part certains points d importance mineure, est identique à la sienne propre, à I époque de la séparation, et qui n ont jamais fait formellement de déclaration hérétique, sont des Eglises « séparées » pour le moment, avec lesquelles la réunion demeure possible, désirable et n entraînerait aucun compromis détri-mental à la foi qui est commune à tous les chrétiens.Le Schisme qui n a rien d irrévocable en soi fut le fait de groupes, de partis ultranationalistes parmi ces Eglises, non de ces Eglises elles -mêmes.Une réconciliation effective des quelques 150 millions d\u2019« orthodoxes » avec leurs frères latins augmenterait de près d un tiers le total effectif de la grande armée des champions de la foi du Christ-Dieu et constituerait une masse dont la prépondérance numérique et la puissance morale devraient être presque irrésistibles pour la réalisation du programme prophétiquement proposé par le Christ à ses croyants : « Un seul bercail, un seul Pasteur ».La situation présente permet-elle d entretenir une espérance si magnifique ?Du côté des populations elles-mêmes, nulle difficulté in- 85 Revue dominicaine surmontable ne paraît se présenter.Nourries, il est vrai, de préjugés et de légendes anti-romaines, elles n ont pas néanmoins perdu le sens de la fraternité chrétienne ; elles savent la différence qui existe entre des frères séparés et des hérétiques formels ; pour elles, en autant qu elle connaissent les circonstances, les Latins sont sinon des orthodoxes, néanmoins orthodoxes.Si les autorités ecclésiastiques qu elles reconnaissent, leur donnaient le mot, la réconciliation serait facile.Mais ces autorités sont-elles elles-mêmes réellement disposées à une telle réconciliation ?Il faut avouer que là est la principale question.Parmi les orthodoxes on trouve des types de toute espèce, comme il faut s\u2019y attendre d ailleurs, des sympathiques, des indifférents, des irréconciliables plus ou moins truculent s, selon les cas individuels.II y a cependant des principes que tous sont obligés d accepter.Pierre était le « Prince des Apôtres » choisi par Jésus lui-même ; son Eglise est donc celle qu il préside, celle qui doit être à la tête de la fraternité.C est logique I II est vrai que les orthodoxes maintiennent que cette présidence en est une d honneur seulement, non de juridiction.Cependant I histoire est là qui proclame que I Eglise primitive a toujours reconnu la nécessité, pour la reconnaissance légale des canons et des définitions conciliaires, de la signature du successeur de saint Pierre, par lui-même ou par ses légats.Une Eglise chrétienne sans I Eglise romaine est une contradiction, une impossibilité, comme un corps sans tête, un Etat sans souverain.L idée des dignitaires de I Eglise russe, telle que formulée quelques semaines avant sa mort par le patriarche Serge et réitérée par le Congrès des Eglises dissidentes récemment tenu à Moscou, semble être celle d\u2019une chrétienté consistant en une fédération d Eglises autonomes, une Eglise sans chef unique, si ce n est peut-être un qui soit choisi librement par elles et qui doive son autorité, nécessairement fort restreinte, non à une institution divine mais à une élection humaine.C\u2019est toujours la vieille notion byzantine des fauteurs du Schisme.A ce point de vue-là, ils n\u2019ont pas fait de progrès.La difficulté pratique d effectuer une réunion réelle viendra, sans doute, principalement de leur côté, lis 86 De Vladimir le Grand à Staline s opposeront toujours à I effort de propagande de réconciliation qui aurait pour résultat de leur donner un supérieur.Peut-être sera-t-on tenté de dire : ne vaudrait-il pas mieux de laisser cette œuvre de réconciliation mutuelle à I activité apostolique parmi les masses ?S il y a peu de ckances d obtenir des concessions des dignitaires, il ne serait pas impossible d effectuer assez de persuasions individuelles pour forcer, pour ainsi dire, la main aux opposants aveugles et les obliger indirectement à en venir à un arrangement que la majorité de leurs ouailles demanderait avec instance.La chose ne serait pas impossible, s il existait en Russie liberté d opinion et de propagande.Or, c est justement ce qui n existe pas, du moins à I heure présente.Staline, il est vrai, a pris sur son cœur 1 ancienne Eglise orthodoxe et effectué avec elle une réconciliation relative.Celle-ci a réciproqué et s est épanchée, maintenant qu elle se trouvait émancipée en dehors de la catégorie des « ennemis de classe » contre lesquels en Russie tout est permis et tout a été fait en félicitations presque adulatoires.L\u2019idée semble être de reconstituer 1 ancienne alliance de 1 autocratie r\u2014 communiste cette fois et du clergé, organisé en une sorte de police spirituelle et de service d endoctrination et de propagande.Naturellement, 1 Eglise nationale verra à ce que la propagande étrangère demeure paralysée et impuissante.II n y aurait de chances que si la bande d athées qui a établi son contrôle politique sur la Russie, s\u2019avisait soudain, que quelque peu d opposition à I Eglise reconnue serait une chose avantageuse aux intérêts communistes.Une Eglise, même nationale, absorbée dans une résistance continue contre des dénominations opposées, aurait beaucoup moins de chance de devenir éventuellement un centre de ralliement et un foyer d opposition contre les pouvoirs en contrôle.Ce qu elle pourrait autrement être tentée de devenir.II y a, de plus, la constitution de papier publiée il y a quelques années et qui proclame la liberté de religion (contre la religion) ; et la logique impliquerait que toute propagande honnête devrait être permise.Mais il y a longtemps que les Bolchéviks ont souscrit implicitement, sinon 87 Revue dominicaine explicitement, an cynique propos bien connu : « Qu est-ce donc que la Constitution a à voir entre amis ?» D autre part le contrôle communiste n\u2019est pas nécessairement éternel.A leur servitude organisée et à leur terrorisme prolongé pourrait succéder inopinément un changement en sens inverse.Qui sait I La guerre mondiale va-t-elle produire un « Napol eonsky » ?Comme on peut le voir, la situation actuelle est susceptible de résultats bien différents, et tous semblent également possibles.Un nouveau Constantin est une possibilité comme aussi une recrudescence d intolérance et de persécution anti-romaniste.Maintenant, plus encore que toujours, serions-nous tentés de dire, toutes choses sont entre les mains de Dieu à la Providence de qui rien n échappe.L avenir sera ce qu il le fera.C est vers Lui principalement qu il faut nous tourner.Prions ! E.L.van Becelære, O.P.Sinsinawa, Wis.88 (1) Ce que devient l'idée de Di eu «.Dieu est Dieu en vérité.Il est un Dieu vivant et un Roi éternel ».(Livre de Jérémie, X.10).Dieu I Etre Suprême, objet par excellence de la pensée humaine puisque de toutes les connaissances à I acquisition desquelles elle peut se livrer c\u2019est la plus noble et la plus séduisante, est, bêlas ! pour un grand nombre d esprits de notre temps I objet de la plus profonde ignorance.Chez une partie considérable, en effet, de I humanité civilisée 1 idée de Dieu est presque disparue, ou, pour le moins, reste sans influence dans sa vie.Chez un nombre grandissant d intellectuels dont plusieurs sont même des « professeurs en Divinité » dans des universités ou autres institutions d enseignement supérieur, cette idée est non seulement jugée sans importance mais elle est même 1 objet de plaisanteries qui vont jusqu à attribuer à 1 Etre Suprême le caractère de mythe grotesque.S il est douloureux pour des croyants de constater 1 oubli de Dieu chez une portion notable du peuple combien ne 1 est-il pas davantage lorsqu un semblable oubli est le fait d intellectuels qui, au lieu de se faire, comme de droit, les protagonistes enthousiastes de 1 idée de Dieu -\u2014¦ de son existence, de sa transcendance et de sa loi \u2014 sont, au contraire, les agents principaux de la perversion de cette idée chez le peuple.Constatons tout d abord à 1 endroit de ces superbes négateurs de la Divinité, qu en notre siècle \u2014 des esprits de la puissance intellectuelle d un Platon et d un Aristote ne foisonnent guère ; mais sans s attendre à voir certains intellectuels contemporains s élever aussi haut dans la connaissance naturelle de Dieu qu il a été donné à ces deux grands philosophes de le faire, ne pourrait-on pas croire que leur qualité d intellectuels dût les 1.Cette étude nous a été suggérée par un article paru dans Y Homiletic and Pastoral Review de New-York, numéro d\u2019août 1944, intitulé : «The Nature of God » et ayant pour auteur l\u2019abbé John O\u2019Brien, professeur à l\u2019Université Notre-Dame, près de South Bend, Indiana.89 Revue dominicaine conduire à une conception au moins rudimentaire de la Divinité, tel qu il arrive parfois à certains esprits frustes mais droits qui, nonobstant leur défaut de science, n en parviennent pas moins, grâce au bon emploi qu ils font de leurs lumières naturelles, à connaître I existence de Dieu et, comme conséquence, la loi morale qu il a inscrite dans leur cœur.Cette impuissance donc cbez nombre d intellectuels contemporains à acquérir une connaissance même embryonnaire de la Divinité n est-elle pas assez révélatrice de la petitesse de leur intelligence ou, en tout cas, de I incomplétude de leur prétendue sagesse ?A quelles études, en effet, pouvons-nous nous demander, ces bommes ont-ils pu se livrer sur Dieu si tant est même qu\u2019ils s\u2019y soient jamais livrés
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.