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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1945-05, Collections de BAnQ.

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de Sport : Le Palais des Sports, 67, Côte d\u2019Abraham, Tél.3-2341, Québec Ascenseurs : La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec Assurances Générales : Bernardin Frères, 1285, Visitation, Tél.CHerrier 3195, Montréal Assurance : National Life Assurance Co.: Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-5785 .Québec Assurance : La Solidarité, Cie d\u2019Assurance-Vie Siège social, 126, St-Pierre, Tél.4-4034 .Québec AUTOBUS À LORETTE, AÉRODROME, CHAMPIGNY, LAC St-Joseph, Ste-Catherine : Drolet, À., Ltée, 155, boul.Charest, Tél.2-8494 .Québec Autobus Fournier Ltée : Québec au Camp Val-CARTIER, STE-FOY, LAC ST-CHARLES : Terminus, 501, boul.Charest, Tél.6182-34, St-Augustin, 2-5946 AUTOMOBILES (Soudure, Débossage, Peinture, Etc.) : Boutet & Fils, 131, Caron, Tél.3-3370 .Québec Gagnon, J.-E., Enrg., 65, Charest, Tél.4-2500 .Québec Automobiles (Hudson et camions reo) : Racine, J.R.Inc., 27, Arago, Tél.2-2019 .Québec Avocats : Boisvert et Corriveau, 80, St-Pierre, Tél.2-3420 .Québec Boyer, Auguste, 159 ouest, Craig, Tél.MA.7031 .Montréal Champeau, Armand, 5585, Canterbury, Tél.AT.9717, Outremont St-Jacques, Henri, 18, Rideau, Tél.2-5055 .Ottawa, Ont.Banques : La Banque Provinciale du Canada, 221 ouest, St-Jacques, Tél.HA.7151, Montréal Beurre d\u2019Érable : Cie Nationale de Beurre d\u2019Erable Inc., 51 ouest, Laurier, Tél.DOllard 2433, Montréal Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, prés., CR.2167, Mtl.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre : Côté, Valère Inc., 187-lère avenue, Tél.4-4491 .Québec Bois et Matériaux de Construction : Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 o., Notre-Dame, WI.6118, Mtl.Bois de Construction, Manufacturiers de Planchers en Bois Franc, Portes et Châssis : Dupuis, J.-P.Ltée, 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928, Verdun Bonbons en Gros : Bonbons Yolande Enrg., Mme J.-B.Cloutier, prop.83, Sault-au-Matelot, Tél.4-1167, Québec Bouchers : Savard, Roméo, 252*/4, St-Olivier, Tél.2-4283 .Québec, P.Q.BOUCHERS, ÉPICIERS : QUÉBEC MARINE GROCERS : Massé, Philippe, 93, Sault-au-Matelot, Tél.2-8505 .Québec Swift Canadian Co.Ltd., 153, St-Roch, Tél.4-2461 .Québec Boulangers (gâteaux et pâtisseries) : Hethrington, T., Ltée, 358-364, St-Jean .Québec Buanderies : Buanderie St-Paul, 2020, Roberval, Tél.WE.6791 .Montréal Langlais & Frère Enrg., 152, de la Couronne, Tél.2-8224, Québec Café - Thé - Confitures : J.A.Désy Ltée, 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Carrosseries D\u2019Auto (DÉBOSSAGE, REMBOURRAGE.ETC.) : Normandeau, A.et Fils, 01152, Charlevoix, WI.5562, Montréal Chapeaux : Chez Charlebois, 708 ouest, Notre-Dame, Tél.MA.5029, Mtl.Charbon (Anthracite et bitumineux) : Madden et F.ls Ltée, 3 boul.Charest, Tél.4-3578 .Québec Syndicat National du Combustible, 67, Buade, Tél.7111, Québec, P.Q.The Canadian Import Co.Ld , 83, Dalhousie, Tél.2-1221; Québec Chauffage et Plomberie : Germain & Frère Ltée, 237, St-Antoine, Tél.76, Trois-Rivières Chauffage et Plomberie (entrepreneur) : Jetté, J.-W.Limitée, 360 est, Rachel, Tél.MA.4184, Montréal Chocolats (fins -\u2014- minuscules) Livraison : Denyse, 4909 ouest, Sherbrooke, Tél.EL.4877 .Montréal Collège Versailles : Fortin Business Colleges, 840, Cherrier, Tél.AM.6440, Montréal Compliments : Compliments d\u2019un ami : C.et G.-,.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : C.N.E.Compliments d\u2019un ami : J.E.S.J.P.Laberge Enrg.Un ami de la Revue.Un ami de la Revue : A.D.& Fils Ltée.W.A.Baker, Palais de Justice .Montréal Constructions, Démolition, Matériaux à Vendre : Tétrault Frères, 1200, av.de l\u2019Eglise, Tél.WI.8152, Verdun Constructions générales .Succession Delphe Maranda, 818*4, St-Vallier, Tél.2-3808, Québec, P.Q.Corsets, Brassières, Lingerie : Mademoiselle Enrg., 89, Cartier, Tél.5522 .Québec Salon Elégant.353*4, rue St-Jean, Tél.3-0543 .Québec Cours Anglais, sténographie bilingue et dactylographie : Sturlon School, 93, Crémazie, Tél.9571 .Québec Courtiers D\u2019Obligations : Frs Letarte, Prés., L.-A.Pedneault, Vice-Prés.La Corporation de Prêts de Québec, 132, St-Pierre, Tél.2-4765, Québec Courtiers en Épiceries : Brault, Anastase, 1891, Roberval, Tél.WE.4237 .Montréal Couvreurs : Falardeau, Eugène Ltée, 141, Dorchester, Tél.9677 .Québec Crème Glacée : Crémerie Mont Blanc Enrg., 149, Renaud, Tél.2-6841 .Québec Directeurs de Funérailles : Bouchard, J.& Fils, 54\u20145e rue, Tél.4-1113 .Québec Directeurs de Funérailles et Fleuristes : Bouvette & Fils, .Trois-Rivières et Shawinigan-Falls, P.Q.Doreurs-Argenteurs-Orfèvres .- Beaugrand Gilles, 846, de l\u2019Epée, Tél.DO.2950 .Montréal Belleville, J.Arsène Ltée, 47, Sous-le-Fort ( Basse-ville) Québec Drive Yourself : Jobidon, Robert, 250, St-Paul, Tél.2-5317 .Québec Eau de Javelle : L\u2019Eau Merveilleuse Enrg.39-7e rue (Limoilou), 4-2661, Québec Entrepreneurs : Bilodeau Ltée, 82, Richelieu, Tél.2-1143 .Québec, P.Q.Entrepreneurs Généraux : Cauchon, Magloire Ltée, 311, de la Salle, Tél.6179 .Québec Lamontagne, F.-X., 411, Boulevard Charest, Tél.3-0590, Québec Michaud & Simard, 460, Arago, Tél.5244 .Québec Ouellet, Ludger.87.St-Cyrille, Tél.2-1710 .Québec Épiciers-Bouchers : Gougeon, J.B., 175, Rochester, Tél.8-0030-8-0031, Ottawa, Ont.VI onnes sses a consu h er Épiceries en Gros i D\u2019Aoust, P.Ltée, 11, York .Ottawa, Ont.Lamarche, J.-H., 6749, St-Laurent, Tél.CR.2165 .Montréal Letellier, J.-B.-E.Enrg., 112,Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec Estampes en Caoutchouc : A.Derorae et Cie Enrg., 25 est, N.-Dame, LA.2392, Montréal Farine, Engrais, Grains, Foin, Bois, Charbon : Gervais, Paul et Frère, 5298, Henri-Julien, CA.1157, Montréal Ferronnerie D\u2019Art : Les Frères Lebrun, 456, Niverville .Trois-Rivières Fourrures: Alain, P.A.Ltée, 203, St-Joseph et 79, de l\u2019Eglise, 5106, Qué.Bernard, Léo, 810, St-Vallier, Tél.3-1329 .Québec Desjardins, Chas, et Cie, 1170, St-Denis, Tél.HA.8191, Mtl.Laliberté, J.-B.Ltée, 145, St-Joseph, Tél.6191 .Québec S&nfaçon, Honoré, 110, rue de la Couronne, Tél.7419, Québec Turcotte, N.-Geo., 162, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-1459 .Québec Grains, Moulées, Provisions = Frenette & Fils Enrg., 176, St-Pierre, Tél.2-8070 .Québec Habits et Merceries : Cusson et Cusson, Place du Marché, rue Cascades, St-Hyacinthe Immeubles : Thibodeau, L.P.R., 326, boul.Charest, Tél.3-5322 .Québec Immeubles (vente, achat, expertise, finance) : Paquet, Geo., 351, boul.Charest, Tél.4-4221 .Québec Importateurs et Fabricants D\u2019Objets de Piété : Génin, Trudeau et Cie, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Imprimeurs (Médéric parent et onil paré, prop.) : Imprimerie Bégin Enrg., 40, St-François, Tél.3-1252, Québec Industrie Laitière (machines, ustensiles, app.frig.) : Trudel, B.et Cie, 304, Carré Youville, Tél.MA.8067, Montréal Laboratoire Farley \u2014 Hull, P.Q.Fabricant des « Antalgines » contre les Maux de Tête.Lait, Crème, Beurre, Œufs et Fromage : Clark Dairy Ltd., 634, Av.Bronson, Tél.5-1811, Ottawa, Ont.Coopérative Lait et Crème, 4101 est, N.-Dame, AM.2171, Mtl.La Ferme St-Laurent Ltée, 6768, Garnier, CR.2188-9, Montréal Laiterie de Québec Ltée, 75, av.du Sacré-Cœur, Tél.7101, Québec Librairie (en gros seulement) : Librairie J.A.Parent, 472, St-Vallier, Tél.5630 .Québec Libraires : Granger Frères Ltée, 56 ouest, N.-Dame, LA.2171 .Montréal La Librairie Dominicaine : 5375,avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.EL.4677 .Montréal 95, avenue Empress, Tél.2-7363 .Ottawa Liqueurs Douces : Fortier, Elzéar Ltée, 115, St-Dominique, Tél.2-3891 .Québec MACHINERIES D\u2019IMPRIMERIE (Réparation, Soudure.Etc.): Le Matériel d\u2019imprimerie Ltée (Demandez M.Langlais), 970, de Bullion, Tél.PL.9011, Montréal Magasins à Rayon : Bouchard,\tL.,\t750-760, St-Vallier, Tél.2-5638 .Québec Dubuc, T.\tD\u201e\t214-218, St-Jean, Tél.\t2-3961 .Québec Dupuis Frères\tLtée, Tél.PL.5151 .Montréal Paquet et\tCie\tLtée 157, St-Joseph,\tTél.8131 .Québec Pharand, J., 85, Champlain, Tél.2-5315 .Hull, P.Q.Syndicat de Québec Ltée, 215, St-Joseph, Tél.4-3561 .Québec Manufacturiers de Fournitures Funéraires : Girard et Godin Ltée, T.-Riv.et 34 o., St-Paul, LA.9214, Mtl.Manufacturiers de Portes et Châssis, Bois : Pilon, Jos.Ltée, 79, Boul.du Sacré-Cœur, Tél.3-1116, Hull, P.Q.Marchand de Fourrures : Zicat, Lauréat, Enrg., 28, chemin Sainte-Foye, Tél.9627, Québec Marchands de Thés, Cafés et Épices en Gros : Bourque, A., 262 est, St-Paul, Tél.HArbour 7630 .Montréal Marchands Tailleurs : Mathieu, Lucien Enrg., 2251, Frontenac.FR.1803 .Montréal Meunier, Ernest, 994 est, Rachel, Tél.FR.9343 .Montréal Matelas, Sommiers, Etc.: Matelas Frontenac Enrg., 15, Boisseau, Tél.5347 .Québec Matériaux de Construction \u2022.Les Industries G.-I.Lachance Inc., 263, St-Paul, 2-6403, Québec Médecins : Castonguay, Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mtl.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.5476 .Montréal Pilon, Dr Henri, 251, boul.St-Joseph, Tél.2-0563, Hull, P.Q.Pouliot, Dr Antoine, 68, Ste-Ursule, Tél.2-4455 .Québec Membres Artificiels : Duckett, J.-A., 2014, Bleury, Tél.HArbour 0630 .Montréal Nettoyeurs, Buanderie : Pfeiffer, P., 4, McMahon, Tél.2-2021 .Québec, P.Q.Notaires : Labrèche et Labrèche, 10 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal McKay, R.E., 4948, av.Verdun, Tél.YO.5322 .Verdun Nouveautés, Merceries, Tapis, Prélarts : Alepin, J.et Frère Ltée, 4295 ouest Notre-Dame, Tél.WE.1108 ; 4719, Wellington, Tél.YO.1144, Montréal Opticiens D\u2019Ordonnances : Derouin,' p.L., 37, Metcalfe.Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Lamontagne, Etienne, 1065, St-Prosper, Tél.2178, Trois-Rivières Optométristes et Opticiens : Ledoux, Arthur, 180, Cascades.Tél.10 .St-Hyacinthe Pharmaciens : Pharmacie Aimé Roussin, 2823, Masson, CH.2103 .Montréal Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235 .Québec Pharmaciens en Gros : Durocher, G.E., 139, Queen, Tél.2-5309 .Ottawa.Ont.Photographes : Studio Bell, 59, St-Joseph, Tél.4-2106 .Québec Pianos : À vendre \u2014 Accordage Marcoux, J.-C., 609, St-Vallier, Tél.9775 .Québec Pierre : Carrière Gravel Ltée, 282, St-Paul, Tél.2-4122 .Québec Plombier s-Cou vreurs-Électriciens : Asselin, J.-A., 37, Hermine, Tél.9670 .Québec Dorion, Jules, 11, rue Ramsay, Tél.4-2916 .Québec Produits Alimentaires (Manufactobiess) : Old City Mfg.Co.Ltd.,* 4, Mgr Gauvreau, Tél.2-5273, Québec Produits Pharmaceutiques : Sylvain Ltée, 406 est, Notre-Dame, Tél.HA.5374 .Montréal Professeur de Musique (GUITARE, MANDOLINE, VIOLON) : Gagnon, T.W-, 208, N.-D.des Anges, Tél.2-3700 .Québec Provisions, Poisson, Fruits, Etc.: Dominion Fish & Fruit Ltd., Tél.2-7036 .Québec Quincaillerie en Gros et Détail : Lemieux, Jos.-E.Enrg.Québec O\u2019Neil & Richard Ltée, 134, du Pont, Tél.2-1594 .Québec Quincailleries Générales : Gravel, Ludger et Fils, 3447, Av.du Parc, Tél.HA.5211, Mtl.Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario.Tél.FA.1167-8 .Montréal Queen Mary Hard.Ltd., 5323 Queen Mary Rd., *EL.1129, Mtl, Taxis (demandez toujours) : Dominion Taxis, Tél.81?3 .Québec, P.Q.Terra Cotta : Montreal Terra Cotta, 1010 o., Ste-Catherine, MA.1816, Mtl.Transports : St-Hyacinthe Transport, 34, Piété, Tél.356-122 .St-Hyacinthe Valeurs de Placement : Dubé, Oscar & Cie Inc., 105, Côte de la Montagne, Tél.2-4061, Québec Société Générale de Finance, Inc., 57 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5168, Montréal VIANDES EN Gros (Fraîches et Fumées) : Marché de Québec Enrg., 26-28,1ère rue, Tél.2-2016 .Québec Violon (Cours Théoriques) : Talbot,.J.Robert, 255, Fraser, Tél.5244 .Québec VII Sommaire Mai 1945 Anne Hébert : Résurrection de Lazare «Je te donne la «mort» pour dernier lit, Homme qui ne peux demeurer seul.Je te donne ma grande servante noire, Sans une parure, nue jusqu\u2019aux os ».Pierre Ricour : Positions nationalistes au XXe siècle «Tandis que se multiplient autour de nous les partis nationaux, ne voyons-nous pas grossir aussi les rangs de l\u2019Internationale \u201c?Est-ce là une simple coïncidence qui loin d\u2019éclaircir la situation ne ferait que l\u2019embrouiller davantage \u2018t» Jean-Charles Falarpeau :\tStratifications sociales « La seule méthode qui nous permettra d\u2019identifier objectivement les critères d\u2019évolution sociale dans notre milieu sera d\u2019observer davantage le comportement des groupes au milieu desquels nous vivons ».Charles-M\\rie Boissonnault : La méthode historique d Ægidius Fauteux « La paresse d\u2019esprit a conduit bien des écrivains à réduire l\u2019histoire à un simple inven- taire méthodique des faits et des événements révolus.C\u2019est un reproche qu\u2019on ne saurait faire à Ægidius Fauteux ».Viriculture et vacances J.-A.Mireault, M.D.: Vibrant plaidoyer pour la vie au grand air : à la campagne, à la montagne, à la mer.Pas d\u2019autre confort que celui de la nature et de l\u2019ingéniosité humaine, et les vacances seront belles et bonnes.Jean-Pierre F)espres : Evolution du Trade-Unionisme international « Il est normal que les travailleurs, en plus de s\u2019unir sur le plan national, tentent d\u2019établir des relations inter-syndicales entre les associations ouvrières de tous les pays ».des faits Le sens G.-H.Lévesque, O.P.: « La Nation par le R.P.J.-T.Delos, O.P.Mario de Andrade : « La peinture canadienne ».Reginald Boisvert : « La Fierté étudiante ».L esprit des livres C.Mariani : «Primauté de saint Joseph» (Albert Lacroix).Fray Mora Diaz, O.P.: «El Clarin de la Victoria» (A.-M.Richer, 0.P.).Jules Romains : «Bertrand de Ganges» (Claude Clément).Alice Duchesnay : «Bestiaire familier» (Ant.Lamarche, O.P.).M ÀURiCE Lebel : «L\u2019enseignement et l\u2019étude du grec» (Yves FUfe).«Semaines Sociales du Canada, XXIe session» (André Diotte).Maurice Gagnon : « Peinture canadienne» (Jacques Boileau).Cardinal Gasparri : «Cours de religion pour adultes» (Ant.Lamarche, 0.P.).Hélène J.Gagnon : «Blanc et noir» (A.Saint-Pierre, 0.P.).Angus Graham : «Napoléon Tremblay» (A.Saint-Pierre, 0.P.).Eddy et Roland Prévost : «Le Passe-Temps» (A.L.).J.-D.Poirier : «Hymne à la vie» (Ant.Lamarche, 0.P.).Abbé A.-M.Lemoine : «Souvenirs de Guerre» (A.L.).Alec et G.Pelletier : « Quartier Nord» (A.L.).E.Gendron et A.-R.Green : «Récréations grammaticales éducatives» (A.L.).J.-P.Archambault, S.J.: «Silhouettes de retraitants» ( Ant.Lamarche, 0.P.).1.0UVIGNY DE Montigny : « Au Pays de Québec» (M.-M.V eilleux, 0.P.).VIII um doihiiviciiniE Directeur ! R.P.ANTONIN LAMARCHE, 0.P.Volume LI\tTome I\tMai 1945 Résurrection de Lazare Dieu lui avait dit : « Voici ma servante la moins parée, La plus stricte et la plus implacable, Ma servante la plus grave et la plus dévouée, La plus sûre et la plus nue.Je te la donne pour ton dernier lit, Homme qui ne peux demeurer seul.Je te donne ma grande servante noire, Sans une parure, nue jusqu aux os ».Lazare ne voulait pas la Mort.Il combattit désespérément celle qui l enlaçait De ses bras serrés.Puis le sommeil vint.Lazare vaincu s endormit En la compagne que lui voulait Dieu.Soudain, Christ dit : « Lazare, sors de ton tombeau l » Le miracle bouleverse l ordre de la Mort ; Comme un somnambule Lazare se lève, Mû par la voix de Jésus de Nazareth.257 Revue dominicaine II a les membres entourés de bandelettes, Il titube dans la lumière.Laf ouïe hurle.Lui regarde en arrière le tombeau vide Et en avant le désert du monde Avec ces hommes sauvages qui crient.En avant, en arrière, les amarres sont coupées.Les ch amps, les villes s\u2019offrent à perte de vue.Le monde est plane, à perte de vue.Lazare est libre, Tragiquement libre.Plus un rite ne le possède.Des jours s\u2019offrent à lui sans rite, Sans points de repère.Des tendresses s avancent Vers lui qui n a plus de lien.Il est I homme sans lien Qu on vient d affranchir.Il est debout et mesure le désert.Dans sa tête brisée, il recompose sans fin Des espaces disparus.Des bras se tendent vers lui.Il est libre, Parfaitement libre.Plus un lien, Plus un seul, Sauf I infrangible lien de la douleur.Anne Hébert 258 Positions Nationalistes au XXe siècle La guerre et la préparation de la paix remettent en question la plupart des problèmes politiques que nous pensions résolus.N est-ce pas un bienfait de notre temps de dissiper les fausses idées claires dont nous étions victimes ?Plusieurs principes jugés essentiels au maintien de la vie nationale et internationale se sont révélés dangereux.II faut les reviser.En étudiant dans deux articles successifs les Positions nationalistes et internationalistes au XXe siècle, I occasion nous sera offerte de contribuer à cette mise au point.Le mot nationalisme a joui d une fortune aussi rapide que brillante.Malgré sa nouveauté, il se voit déjà pourvu de multiples acceptions, et nous disons de Franco ou de Cbiang Kai-Sheh aussi justement que de Maurras ou de Gandbi qu\u2019ils sont des chefs nationalistes, dans des sens évidemment divers.Si nous considérons I emploi de ce terme au XXe siècle, il évoque deux attitudes politiques distinctes, que nous appelons nationalisme d émancipation et nationalisme de protection.C est à rappeler leurs manifestations les plus significatives et à définir leurs caractères que nous consacrerons les pages qui vont suivre.Nationalisme d\u2019émancipation En 1815, le Congrès de Vienne avait refait la carte de I Europe avec une fantaisie tout impériale.Tandis que Metternich présidait à la curée, les grandes Puissances se souciaient moins de répondre aux vœux des minorités que de faire échec aux conquêtes napoléoniennes et de tromper momentanément leur faim.Le triomphe du despotisme fut de courte durée.Malgré la Sainte-Alliance, les peuples se libérèrent des traités, et, si la Turquie fut la première ébranlée par ces sursauts, I Autriche et la Russie payèrent à leur tour le prix de leur égoïsme.La « Question d Orient », sans cesse renaissante, ne leur laissa pas de répit.259 Revue dominicaine Les revendications nationalistes, qui avaient si gravement compromis I équilibre européen durant le XIXe siècle, ne se sont pas apaisées au cours du XXe.Elles en expliquent pour une bonne part les principaux événements internationaux.N est-ce pas un problème de minorité qui fournit au moins le prétexte à la déclaration de guerre de I Autricbe à la Serbie en 1914 ?Depuis que le traité de Berlin, en 1878, avait confié à I Autricbe-Hongrie I occupation et I administration de la Bosnie-Herzégovine, depuis surtout que Vienne avait proclamé, en 1908, I annexion définitive de ce territoire, les relations austro-serbes manquaient de cordialité.Or, le 28 juin 1914, à Sarajevo, un étudiant bosniaque assassinait I arcbiduc François-Ferdinand.Le gouvernement autrichien dénonça dans cet attentat nationaliste un complot machiné par Belgrade.Malgré les démentis, il s entêta dans son hostilité, et, un mois plus tard, à 1 instigation de Berlin, il adressait un ultimatum à la Serbie.Bientôt, par le jeu des alliances, toute I Europe était en feu.Mais cette guerre, déchaînée par I arbitraire des Empires centraux, préparait la revanche des nationalismes.Dès 1917, la déb âcle militaire et la révolution communiste russes donnèrent aux pays baltes le signal de I émancipation : tour à tour, la Finlande, sous I autorité du général Mannerheim, I Esthonie, la Lettonie et la Lithuanie affirmèrent leur indépendance.Ce fut surtout aux traités de paix de 1919-1920 que I on put mesurer le chemin parcouru depuis le Congrès de Vienne.Des Etats ressuscitaient, telle la Pologne ; d autres étaient créés des dépouilles de I\u2019Autriche-Hongrie : la Tchécoslovaquie groupait désormais les Slaves du nord et la Yougoslavie, ceux du sud.L attribution d un territoire prêtait-elle à contestations ?On recourait volontiers à un referendum populaire : d\u2019où les plébiscites de Haute-Silésie, du SIesvig septentrional, de la Sarre.II était manifeste que l\u2019action nationaliste portait ses fruits.Ces succès ne pouvaient dissimuler certains échecs partiels.Même après 1920 ou 1950, les limites territoriales ne coïncidèrent pas avec les frontières linguistiques ou ethniques.N avait-il pas fallu faire droit à certaines nécessités politiques, économiques ou stratégiques, et le vain- 260 Positions Nationalistes au XXe siècle queur, fût-il démocratique, pouvait-il donner en tout point 1 exemple du désintéressement ?.C est ainsi qu un grand nombre de Magyars avaient été arrachés à la Hongrie, que la Pologne, la Tchécoslovaquie et I Italie incluaient des minorités allemandes, que I Italie encore ne répugnait pas à compter parmi ses sujets près d un million de Yougoslaves, tandis que les Croates, catholiques, supportaient mal d être associés aux Serbes orthodoxes.Dans ces circonstances, les sujets de doléance ne manquant pas aux nationalistes, le Troisième Reich en prit occasion pour justifier lune de ses premières annexions : en septembre 1938, en face du gouvernement de Prague il se présenta en libérateur des Sudètes.Dès à présent, on prévoit la difficulté des problèmes minoritaires auxquels devront faire face les Puissances victorieuses de I Allemagne.Sans doute tenteront-elles d écarter pour I avenir la menace de nouveaux conflits, sinon en donnant satisfaction aux exigences extrêmes des nationalistes, du moins en multipliant dans les traités les clauses protectrices des minorités.Dans les cas les plus complexes, on entrevoit la possibilité d un « rapatriement » des nationaux à I intérieur des frontières communes, mais ces migrations massives ne provoqueraient-elles pas des litiges d\u2019un nouveau genre ?Ne peut-on espérer aussi qu une nouvelle structure internationale désarmera partiellement la violence des nationalismes d\u2019émancipation ?L un des mouvements séparatistes les plus actifs en Europe au XXe siècle est celui du nationalisme irlandais.Le Home Rule octroyé par la Grande-Bretagne en 1912, et dont l\u2019application fut d\u2019ailleurs suspendue pendant la Grande Guerre, n\u2019avait pas apaisé les esprits.Le statut d Etat Lib re, au sein de I Empire britannique, accordé en 1922, ne mit pas davantage fin aux récriminations.Ce que veulent les autonomistes dont M.de Valera est le chef, c est I indépendance pure et simple d\u2019une véritable république irlandaise.L Eire a refusé de participer à la lutte du Royaume-Uni contre I Axe : elle sauvegarde sa neutralité, en attendant d être maîtresse de ses destinées.261 Revue dominicaine Hors d Europe, d autres peuples adoptent une attitude au moins analogue à Iégard du cabinet impérial de Londres ; c\u2019est le cas de l'Inde.où I action nationaliste s est constamment intensifiée depuis le début du siècle.Entre temps, alors que IEgypte obtenait de F Angleterre la reconnaissance de son indépendance en 1922, tandis que la Palestine était le théâtre de sanglantes rivalités entre les factions juives et arabes, I opinion publique de plusieurs Dominions donnait des signes manifestes d impatience, notamment en Afrique du Sud et au Canada.Le Statut de Westminster, établi en novembre 1931, semble bien n avoir marqué qu une étape provisoire dans la voie de la libération.De son côté, l\u2019Empire français connaissait de semblables difficultés, soit dans le monde arabe, colonies et protectorats, soit dans les pays sous mandat : Syrie et Liban, ou encore en Extrême-Orient, dans 1 Indo-Cbine française.La politique coloniale du gouvernement français, traditionnellement libérale, paraît actuellement favorable à de très larges concessions.Les causes particulières ou générales d un mouvement de cette envergure sont multiples.Parmi les premières, il faut citer d abord la persistance d\u2019un sentiment national très vif cbez certains peuples, cbez les Polonais par exemple, mais il faut aussi tenir grand compte de 1 influence personnelle de certains hommes.Le plus souvent, la conscience nationale ne s\u2019est pas révoltée spontanément, mais à I instigation de patriotes qui avaient puisé, dans l\u2019étude du passé, la volonté de réformer le présent.On sait que le XIXe siècle a été le siècle de 1 histoire, et particulièrement de I histoire des peuples.Les savants se sont davantage préoccupés, à cette époque, d étudier la sociologie des nations que la survivance des dynasties, et ce sont des ethnologues, des linguistes, des littérateurs, des juristes, épris de la richesse de la tradition nationale, qui ont travaillé à éclairer I opinion publique et à la soulever.Le mouvement séparatiste irlandais est lié à la résurrection du gaélique.C\u2019est un professeur.Masa-ryb, qui est le créateur de la Tchécoslovaquie, et dans la Turquie de Mustapha Kemal, ce sont des intellectuels qui ont dirigé le parti nationaliste.Dans les possessions d\u2019outre-mer, on trouve au premier rang des 262 Positions Nationalistes au XXe siècle dissidents des fonctionnaires frais émoulus d universités européennes, si bien qu aux Indes on assiste à ce spectacle plutôt paradoxal : I anglais servant de langue de liaison entre les divers groupes ethniques qui réclament I émancipation.Pour apprécier exactement la situation, il faut ajouter que les gouvernements ne restent pas indifférents aux revendications séparatistes formulées chez leurs voisins, leurs agents s employant à les exaspérer dans le but soit d affaiblir des rivaux par cette anarchie intérieure, soit même de préparer des annexions.Ces manœuvres ne furent pas étrangères à la constitution de 1 unité italienne et de 1 unité allemande au siècle dernier (Cavour et Bismarck étaient trop perspicaces pour en méconnaître I importance), et de nos jours, elles ont fidèlement servi la cause du pangermanisme, du panslavisme, du panhellénisme, de 1 irrédentisme italien et du Komintern.Si maintenant nous remontons aux causes générales qui expliquent la substitution progressive d une politique des minorités à la politique d équilibre entre les Puissances, nous enregistrerons d abord le fait suivant : au XIXe siècle, à maintes reprises, les libéraux, qui voulaient limiter constitutionnellement I arbitraire des souverains, firent cause commune avec les partis nationaux ; de plus, les journées révolutionnaires de 1830 et de 1848 furent pour les uns et les autres le signal d un regain d activité.Le nationalisme d émancipation serait-il donc solidaire de F idéologie démocratique ?C est, en effet, à la Déclaration des droits de I homme et du citoyen qu il faut se référer pour en découvrir les sources.L article 111 affirme : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation.Nul corps, nul individu ne peut exercer d autorité qui n en émane expressément ».Le pouvoir politique tire son origine de la volonté populaire et non de la fonction du monarque.Ainsi, la Constituante niait les droits de la légitimité comme ceux de l\u2019absolutisme, et elle consacrait, en revanche, la toute-puissance de la nation.C est de I esprit de cet article, sinon de sa lettre, que I on allait déduire le Principe des Nationalités, qui proclame la liberté des peuples de dis- 263 Revue dominicaine poser d eux-mêmes, afin de s organiser en Etats indépendants, selon leurs affinités.Tandis que cette tfiéorie volontariste, plus sociale, à vrai dire, que politique, exaltait fe « vouloir-vivre » collectif des nations et vouait les anciens Etats à I émiettement par sécession de leurs groupes allogènes, une autre tendance, rationaliste celle-là, politique et juridique, visait à une unification et à une centralisation croissantes au sein de l\u2019Etat.II en résultait, de la part des pouvoirs publics, un effort pour atteindre à une homogénéité aussi parfaite que possible, à un conformisme officiel dans tous les domaines, éducatif, militaire, économique, fiscal, législatif.Cette évolution, exaspérant les nationalismes jaloux de leur originalité et de leurs privilèges, ne pouvait qu envenimer leurs récriminations.Et ce fut le cas le plus général.Les exceptions, cependant, ne firent pas défaut, au grand étonnement de I historien qui constate que des peuples, aussi différents de mentalité et de culture que ceux de I Empire allemand, ont accepté I autocratie de la Prusse et toléré dans le Troisième Reich une tyrannie implacable pour les particularismes.Cette capitulation ne serait-elle pas I indice que la doctrine nationaliste n\u2019est pas en tout point cohérente ?Elle affirme qu une nation ne peut vivre, revivre ou survivre, que dans la mesure où elle reste fidèle au passé.Qu est-ce qu une nation, sinon une conscience collective, soutenue sans doute par la communauté de race et de langue, mais constituée principalement d un ensemble de souvenirs, d aspirations, d efforts communs, d où émane une commune volonté pour I avenir.Avant d être progressiste, le nationalisme est traditionaliste, et la tradition sur laquelle il se fonde est spirituelle (la langue elle-même n est-elle pas tout esprit ?).S\u2019il arrive que ce caractère s estompe, c\u2019est par la faute d un pouvoir politique, plus préoccupé d accroître sa force que de protéger ses sujets.Mais pourquoi précisément la doctrine nationaliste se prête-t-elle à ces gauchissements, sinon parce qu elle favorise des équivoques en liant le national au politique, en plaçant dans l\u2019indépendance politique la seule garantie de la vie nationale, en considérant enfin I Etat comme le cou- 264 Positions Nationalistes au XXe siècle ronnement de la nation.Ces principes pouvaient-ils définir plus qu un programme d action, justifié par les circonstances, ou permettaient-ils de fonder une véritable pbilosopflie sociale ?Les impasses où nous voyons acculés certains nationalismes nous invitent à poser la question.Nationalisme de protection Le nationalisme que nous appelons de protection présente originairement un caractère défensif, mais il se prête à de telles métamorphoses qu il finit par afficher parfois la plus dangereuse agressivité.Cette déviation nous étonnera moins, quand nous aurons étudié cette position politique dans deux grandes démocraties modernes : les Etats-Unis et la France.Le nationalisme des « vieux Américains » conservateurs, soutien du parti républicain, se limitait à I origine à un protectionnisme.Sa première préoccupation était la protection du peuple américain contre les excès de 1 immigration.C est qu une double menace se dessinait venant à la fois du Pacifique, dont un flot d immigrants chinois et japonais avait submergé le littoral à la fin du XIXe siècle, et de la côte de l\u2019Atlantique où débarquèrent, bon an mal an, près d un million d Européens de 1900 à 1914.Pour conjurer le péril jaune, les Etats les plus exposés avaient pris des mesures rigoureuses, qu adopta à son tour le gouvernement fédéral et sur lesquelles même il renchérit, jusqu à interdire, en 1926, toute immigration aux Asiatiques.Quant au péril blanc, il tenait moins, aux yeux des purs Yankees, au nombre des immigrants qu à leur pays d origine.Ne fallait-il pas craindre de voir bientôt ces sujets américains de fraîche date, venus en majorité de l\u2019Europe orientale et méditerranéenne, tenir tête à I élément anglo-saxon primitif ?Une question d\u2019hégémonie était en cause.La loi Johnson, votée en 1924, limita assez sévèrement I invasion latino-slave pour rassurer les nationalistes.A la suite de cette victoire, il ne leur resta plus qu\u2019à régler le problème nègre, le plus pressant, quoique résolu en principe, et le plus épineux aussi, puisqu il se pose au sein même de I Union, et que, 1 esclavage une fois aboli, ces 265 Revue dominicaine treize millions de citoyens noirs ne peuvent guère s accommoder d une égalité théorique.Tandis que dans le domaine économique le protectionnisme favorisait rétablissement de tarifs douaniers prohibitifs, il réservait les plus retentissantes de ses interventions à I orientation de la politique étrangère des Etats-Unis.On sait qu en 1823 le président Monroe avait condamné I ingérence de I Amérique dans les affaires européennes, et, en retour, I immixtion des Puissances européennes dans les affaires d Amérique.Au début du siècle, en 1901, le président Théodore Roosevelt rappelait dans un message au Congrès que cette doctrine demeurait essentielle.Et, de fait, ces principes ont constamment guidé les hommes d Etal américains.Si les événements les ont conduits, sous la pression du parti démocrate, à intervenir dans 1 ancien monde, ils n en continuèrent pas moins à défend re jalousement I hémisphère occidental contre les intrusions de l\u2019étranger.Ce qu il importe d observer, d ailleurs, c est que * I historique déclaration de Monroe n était pas formulée au nom des seuls Etats-Unis, mais de tout le continent américain, placé officiellement sous l\u2019égide du drapeau étoilé.On vit bientôt que, de la protection aux formes plus ou moins larvées de domination, la distance est vite franchie.La preuve en fut donnée dès 1 insurrection de Cuba contre 1 Espagne, et, au XXe siècle, les Etats-Unis, sans préjudice de leurs intérêts, ont étendu fidèlement leur tutelle sur 1 Amérique centrale et I Amérique du Sud, à la faveur de la pénétration économique.Entre temps, les fonctions de police qu ils s étaient arrogées leur valaient de prendre place au rang des puissances coloniales.Au scandale de quelques-uns, avec la complicité d\u2019un grand nombre, 1 isolationnisme fraternisait avec 1 impérialisme.C\u2019est une tout autre aventure que nous réserve 1 histoire du nationalisme français.Ses débuts nous reportent à I affaire Dreyfus en 1897.C\u2019est à cette date, en effet, que les nationalistes français tentèrent de se grouper en un parti unique autour de Dérouïède.La Ligue des Patriotes, dont il était le chef, réorganisée en 1898, participa aux campagnes anti- 266 Positions Nationalistes au XXe siècle révisionnistes, en meme temps qu elle présentait des candidats a la dép citation.En 1899, elle fusionna avec la nouvelle Ligue de la Patrie française, dont les membres les plus en vue se nommaient Jules Lemaître, Lrançois Coppée, Drumont, Brunetière.Quoique ce mouvement, à la fois intellectuel et populaire, ne manquât pas de moyens, son action fut éphémère.Dès 1902, son échec aux élections législatives, suivi de la retentissante démission de Coppée, annonçait son déclin.Désormais, les nationalistes iraient grossir les rangs de I Action Française qui serait I organe et le parti du « nationalisme intégral ».Les circonstances prouvent le but défensif de ces groupements.A quoi tendaient leurs efforts, sinon à défendre d abord l\u2019esprit français contre les influences cosmopolites, celles notamment de la « nation internationale » israélite, à protéger ensuite I Etat français contre les forces internes de désagrégation par la sauvegarde des institutions traditionnelles, I armée, la magistrature, I Eglise, sans omettre la défense du territoire français contre I ennemi héréditaire, 1 Allemand ?Au-dessus des doctrinaires et des chefs de partis, deux figures se dressent, adulées entre toutes à certaines heures, et particulièrement originales, celles de Maurice Barrés et de Charles Maurras, le premier, 1 aède, le chantre de 1 idéal national, le second, le technicien de la politique expérimentale.A eux seuls, les titres des ouvrages du Barrés de la deuxième manière révèlent les préoccupations de l auteur : L\u2019Appel au Soldat, La grande Pitié des églises de France, Au service de l\u2019Allemagne, Les Déracinés.Le patriotisme barrèsien est à base de traditionalisme.La fidélité à la terre et aux morts, qui enseigne les disciplines régénératrices, tel est.selon les romans de « I énergie nationale », le secret de la grandeur d\u2019un peuple.Ce sont ces mêmes idées qui inspirent I œuvre de Maurras, mais elles y forment les éléments d une philosophie politique qui en accroît la portée.Le fondateur du néo-monarchisme et son école dénoncent le désordre qui règne dans la maison française.Cette anarchie, qu\u2019ils combattent, 267 Revue dominicaine serait imputable a trois événements historiques : la Réforme, la Révolution, le Romantisme.Ces retours Je barbarie ont ceci Je commun et Je périlleux ^ que tant Jans le Jomaine religieux et politique qu\u2019artistique, ils exaltent I inJiviJualisme.La Jémocratie moJerne, née Je cette triple hérésie, est frappée, cela va sans Jire, J anathème.« La Jémocratie c\u2019est le mal, la Jémocratie c\u2019est la mort.Par Jelà la Révolution, par Jelà Jean-Jacques et Genève, qui nous embrouillèrent Je germanisme et Je bibliomanie, par Jelà 1 anarchisme hystérique soufflé Je l Orient, il existe une noble traJition Je la France, bien reconnaissable en ce qu \u2019elle est heureuse pour les Français, que les Œuvres inspirées J\u2019elle réussissent complètement et que loin J elles nous ne îéalisons rien Je pur ».La restauration Je 1 orJre français est liée à certaines conJitions inéluctables.La politique ne saurait être I œuvre Je la foule anonyme.L\u2019erreur égalitaire, qui triomphe Jans le suffrage universel, Jissimule la Jomination J oligarchies honteuses, à laquelle il faut substituer I autorité Jes aristocraties naturelles, Jont la première est la monarchie « héréJi-taire, traJitionnelIe, antiparlementaire et Jécentralisatrice ».En seconJ lieu, la vie sociale Joit avoir le pas sur la vie inJiviJuelle.« L homme est un animal politique.Politique J aborJ », Jisent les néo-monarchistes, Jisposés à remettre en honneur la « raison J Etat », négatrice Ju Jroit et semeuse Je JiscorJe.Aussi, le nationalisme Je salut public ne s interJit-il pas les professions Je foi agressives.On a pu lire Jans 1 Action Française Jes phrases Je ce genre : « La guerre est 1 état naturel Je tout ce qui vit.Elle est le Jroit, étant la force ; elle est 1 orJre Ju monJe ».Pareille Joctrine est-elle Jigne J\u2019un peuple qui fut Je tout temps le champion Je 1 humanisme ?La vérité, c\u2019est que, Jepuis la GranJe Guerre, le maurrasisme avait perJu contact avec la véritable nation française.Ses inspiratrices, Rome et Athènes, ne pouvaient suffire à régénérer un esprit formé à I école Ju christianisme, c\u2019est-à-Jire J une religion spirituelle, et non politique.L\u2019Action Française 1 apprit à ses Jépens, puisqu elle subit tour à tour les fouJres Ju Vatican et Ju prétenJant au trône Je France.Comment 268 Positions Nationalistes au XXe siècle la France universaliste eût-elle reconnu son image dans un étatisme qui donnait si volontiers raison au machiavélisme ?Manœuvres impérialistes, doctrine étatiste : tels sont les points d a-boutissement des positions nationalistes dans deux grandes démocraties modernes.Nous en concluons que le nationalisme de protection tend à se transformer en politique de domination.Faut-il tant s étonner dès lors que, dans I entre-deux-guerres, les Etats totalitaires, dont I apparition est si caractéristique du XXe siècle, se soient complus dans des attitudes provocatrices, jusqu à ce qu\u2019ils aient obtenu leur guerre, quoiqu ils eussent affirmé, à I origine, ne vouloir que se défendre ?Leur évolution, si elle est un cas extrême, n est pas un fait isolé.L exemple le plus typique est celui de I hitlérisme.II ne manque pas d études consacrées à ce phénomène pathologique et nous n avons nullement I intention de les reprendre ici.Voyons seulement, en analysant sa dialectique interne, comment l\u2019expérience du désespoir a préparé ce déchaînement de violence.Aux alentours de 1930, l\u2019Allemagne donnait des signes évidents de lassitude.Une profonde rancœur contre les politiciens responsables, disait-on, de la défaite de 1918, une animosité persistante contre les signataires de Versailles et l\u2019espoir de la revanche, la crainte d\u2019une nouvelle débâcle économique et chez les meilleurs aussi I horreur d une révolution communiste, tous ces sentiments inspiraient un vif désir d autre chose, quel que fût cet avenir, fallût-il pour sortir des brouillards soulever la tempête.Le peuple allemand était prêt à se livrer à l\u2019aventurier assez habile pour le couvrir de fleurs et de promesses avant de l\u2019enchaîner.Le national-socialisme exploita ces dispositions.Ses récriminations sur la scène mondiale et sa frénésie intérieure comblaient une attente.Hitler prit le pouvoir en sauveur.En réalité, il allait tout perdre.Les principes qui fondaient son nationalisme requéraient un succès continu.Du jour où son étoile pâlirait, la catastrophe serait irrémédiable.Le nazisme proclame, avec la supériorité de la race aryenne, I excellence du Reich, affirmation qui inclut, sur le plan national d abord.269 Revue dominicaine un étatisme absolu.L\u2019Etat constituant I unique fin du citoyen, ses exigences formulent le seul bien de I bomme ; en dehors d elles, il n\u2019existe pas de loi morale.Le devoir de I individu consiste à se fondre dans la communauté nationale.Le « je » doit partout faire place au « nous », au bénéfice de la personnalité du Chef à qui sont confiées les destinées du Reicb.Ce socialisme d Etat, à base de racisme, laisse le cbamp libre au despotisme.Dans le domaine international, le Reicb souverain se refuse à faire cause commune avec les autres peuples.Sous peine de déchoir, il ne peut vivre sur un pied d égalité avec eux, alors que la nature 1 a placé au-dessus d\u2019eux.S il s isole, en faussant compagnie à la Société des Nations, en répudiant les traités ou décrétant 1 autarcie économique, ce n est pas seulement par indépendance ou indifférence ; ce schisme manifeste sa suprématie.Que les nations ouvrent donc les yeux à I évidence et rendent au Reich I hommage auquel il a droit, sinon il serait lui-même contraint de recourir à la guerre pour mettre à la raison les rebelles.Et voilà comment I éminente dignité du Reich consacre le droit de la force, qui, mise à son service, a pour mission d instaurer I ordre nouveau, fondé sur I hégémonie de I Etat allemand.L impérialisme n est pas une conséquence de ce système ; c\u2019en est un élément constitutif.L espace vital du peuple-roi s\u2019étend aussi loin que 1 univers.Aucun des gouvernements totalitaires qui ont pris le pouvoir soit avant soit après F avènement d Hitler n a professé un nationalisme aussi * forcené.L\u2019Italie elle-même, sous la dictature mussolinienne, n a pas énoncé de pareilles prétentions.Il est bien vrai que tous les régimes fascistes tant d Europe que d Amérique du Sud possèdent en commun quelques traits : accroissement de I autorité politique, contrôle sévère ou suppression des libertés publiques, faveur du militarisme, mais seul 1 hitlérisme a rompu systématiquement en visière avec le reste du monde qu il voulait asservir, ne considérant dans ses alliés mêmes que des complices temporaires, destinés en fin de compte à la vassalité, pour prix de leurs services.270 Positions Nationalistes au XXe siècle * * * En dépit de la diversité des circonstances qui ont vu naître ou se développer les nationalismes au XXe siècle, certains éléments se retrouvent partout identiques.A I origine, ce sont des réflexes de défense.Le trésor qu ils veulent protéger contre la tyrannie ou les défaillances de I intérieur, ou encore contre les convoitises de I étranger, est un kéri-tage du passé, qui doit constituer la rickesse de l\u2019avenir.Alors même que le nationalisme consacre la souveraineté de la force, il se flatte de déf endre I esprit contre les empiètements de la violence.Hitler ne s est-il pas volontiers proclamé le soldat de Dieu, ckargé d\u2019une grande œuvre de paix et de la réconciliation des peuples dans une kumanité supérieure ?« J em-krasse mon rival, mais c\u2019est pour l\u2019étouffer.».Les faits démontrent plutôt que les nationalismes, même spirituels, sont des ferments d anarckie et des semences de guerre.La rupture qu\u2019ils provoquent dans la communauté étatique ou internationale s\u2019élargit kientôt en une krècke menaçante.C est pourquoi I on parle couramment du nationalisme en un sens péjoratif, pour caractériser un attackement excessif à la patrie, aux dépens de la concorde entre peuples.Et cependant, tandis que se multiplient autour de nous les partis nationaux, ne voyons-nous pas grossir aussi les rangs de I Internationale ?Est-ce là une simple coïncidence, qui loin d éclaircir la situation ne ferait que I\u2019emkrouiller davantage, ou kien faut-il discerner dans ce doukle courant politique une promesse d apaisement pour les relations entre Etats ?Les positions nationalistes et internationalistes seraient-elles conciliakles ?C\u2019est le proklème que nous étudierons dans un prockain article.Pierre Ricour 271 ication Au R.Père J.T.Delos, O.P., en épilogue à de longues discussions sur le sujet \u201cAlpha children wear grey.They work so much harder than we do, because they're so frightfully clever.I\u2019m really glad that I\u2019m a Beta, because I don\u2019t work so hard.And then we are much better than the Gammas and Deltas.Gammas are stupid.They all wear green, and Delta children wear khaki.Oh no, I don\u2019t want to play with Delta children.And Epsilons are still worse.They are so stupid to be able to read or write.Besides, they wear black, which is such a beastly colour, I\u2019m so glad I\u2019m a Beta\u201d.Aldoux Huxley, Brave New World Si les personnages de la société future conçue par Huxley agissent et réagissent les uns envers les autres avec un maximum d automatisme simpliste et béat déterminé par des expériences cïe laboratoire, ils ne sont cependant que I expression, I extension, à peine caricaturales d\u2019un état de choses inscrit à 1 intérieur de toute société.Je veux parler d un certain système de hiérarchisation en vertu duquel les individus se sentent solidaires de groupes qui se considèrent collectivement et sont respectivement considérés comme supérieurs ou inférieurs, privilégiés ou subalternes, les uns par rapport aux autres dans la structure du tout social.Ou, en d autres termes, de ce que 1 on est convenu d appeler d\u2019une façon générale : l\u2019existence des classes sociales.Toute société, la nôtre comme les autres, est constituée de « classes » sociales.Mais quand je dis : les « classes » de la société canadienne-française, j ai aussitôt conscience d\u2019employer un terme dont la signification reste, pour la plupart d entre nous, excessivement vague.Pourtant il y a un haut et un bas dans notre société ; des étages et des plans intermédiaires.Il y a des clivages, des « distances » sociales, des « rangs » élevés et des « classes » dites inférieures.Nous avons conscience d une 272 Stratifications sociales « échelle » sociale, à un échelon cle laquelle nous nous sentons accrochés tandis que des compagnons d enfance ou des parents ont été laissés en route et que d autres, déjà, nous ont dépassé dans une montée dont les étapes constituent les jalons précis d\u2019une ambition confuse mais quotidienne.Concrètement, I évidence des classes dans notre milieu se manifeste par toutes sortes de subtiles réactions que nous avons, au hasard des rencontres quotidiennes ; par des évaluations, de vagues mépris, des calculs, des ambitions, des accommodements, des attentes et des déceptions.Tout un jeu et un contre-jeu par lequel chacun de nous signifie inconsciemment qu\u2019il s\u2019identifie et veut être identifié avec tel groupe de gens plutôt qu avec tel autre.Monsieur et Madame X., au moment où ils dressent la liste des invités à telle réception, ne songeraient jamais à inviter les A, ni les B, ni les C, tous petits fonctionnaires demeurant dans telle paroisse, et encore moins personne du quartier Z.Ils ont eu assez de dépit de ce que, le soir du Jour de I An, il leur a fallu recevoir les Y.en présence de leur oncle de la campagne.Leurs invités ne seront que des gens « bien », c est-à-dire, bien pour eux, c est-à-dire représentant certaines professions, tel degré d éducation, tel revenu, tel quartier de la ville, telles associations, telles idées, tels goûts, tels préjugés.Leur fils, d\u2019ailleurs, fréquente le collège de C.situé dans un quartier fashionable de la métropole, alors que presque « n importe qui » (« surtout depuis la guerre » I) peut envoyer ses enfants à un séminaire quelconque ou dans un « collège de campagne».Le jeune M., pour sa part, étudiant à I université, venu d une famille ouvrière de petite ville, analyse dès ses premiers mois académiques, les difficultés que pose pour lui la vie urbaine.Que faire pour parvenir (est-ce seulement possible ?) à être invité comme ses camarades indigènes, chez Louise, chez Claire, chez Lucie, plutôt que d être obligé, comme il doit le faire quand il veut « sortir », à se réfugier au cinéma ou dans les clubs sportifs anonymes et « de bas étage » ?Le curé de Saint-P.souvent, durant I année, ranime chez ses ouailles le sens de la « fierté qu il y a à être ouvrier » et les met en garde contre les vices des gens 275 Revue dominicaine riches ; souligne I excellence des « vertus du peuple » par contraste avec les arrogances et les mœurs libres des résidents de tel quartier lesquels, d ailleurs se désintéressent des « causes nationales, de leur paroisse et même de la religion ».Et les exemples, innombrables, quotidiens, sont là qui ne demandent qu à être interprétés.La société canadienne-française traditionnelle, je veux dire, jusqu à il y a trente, quarante ou cinquante ans, pouvait dans son ensemble être considérée comme assez homogène et relativement peu segmentée.D une part, il y avait les campagnes la société rurale, la plus importante, la vraie ; d autre part, deux ou trois grandes villes, quelques petits centres de caractère plus rural qu urbain.Là, une société composée, telle que 1 a décrite Léon Gérin, de familles rurales indépendantes et jouissant toutes d\u2019un statut sensiblement égal.Ici, des assemblages de groupes déjà plus divers \u2014 artisans, ouvriers, commerçants, entrepreneurs, professionnels, clergé et religieux, mais dont chacun restait, par le jeu des mariages, des relations personnelles et des contacts fréquents sur des territoires restreints, facilement compénétrabïe aux autres.Un certain nombre de « bourgeois » ou d « aristocrates » se différenciaient de I ensemble par leur aptitude à se mêler davantage au groupe social supérieur et « étranger », celui des anglophones, généralement installés aux étages supérieurs de la vie sociale.Depuis que notre province a vu les industries proliférer, son propre caractère se transformer et les masses rurales s\u2019agglutiner dans les milieux urbains encore en voie de croissance, notre société, simultanément, a acquis des caractères de complexité, d\u2019hétérogénéité et de segmentation qu elle n avait pas jadis et qui I apparentent de plus en plus aux autres sociétés urbaines, complexes, du monde moderne.On parle, sommairement, de « prolétariat » urbain ; des unions ou des syndicats professionnels ont cristallisé des attitudes, voire des réflexes de « classe » contre d\u2019autres groupes, eux-mêmes encore inhabiles à exprimer toutes les exigences de leur statut soi-disant « supérieur » ; I institution paroissiale, jadis structure homogène et suffisante de la vie sociale, tend, dans les 274 Stratifications sociales villes, à devenir segmentaire, c est-à-dire identifiée à nn groupe de population, à une classe économique ou sociale ; les jeunes conçoivent davantage leur carrière en termes d une ascension combattive qu il faudra réussir en dépit de digues et de remparts sociaux inexistants au temps de leurs pères ou de leurs grands-pères.Ces faits et bien d autres encore signifient que nous assistons dans notre société à I émergence sinon à la solidification de classes sociales nouvelles, en même temps qu à un rebrassage des anciennes compartimentations.L\u2019analyse sociologique de ces faits n a pas encore été abordée de façon adéquate, que je sacbe.Pourtant la connaissance de ce phénomène est nécessaire si nous voulons réellement comprendre notre société, nous comprendre nous-mêmes, tout en comprenant le sens de ce qui se passe autour de nous.Voilà de captivantes analyses qui s offrent dès maintenant aux étudiants en sociologie et à quiconque a I ambition de vouloir connaître réellement notre « milieu » social.Les notes qui suivent indiquent seulement quelques aspects de la perspective générale selon laquelle on pourrait aborder ces faits.Un matin, 1 année dernière, je posai à un groupe d étudiants les deux questions suivantes auxquelles je demandai de répondre sur-le-champ par écrit : l) Qu entendez-vous par classe sociale ?2) A quelle classe sociale appartenez-vous ?Le caractère confus des réponses à la première question, de même que le luxe de désignations mal définies auxquelles donna lieu la seconde nous justifient de les noter brièvement.Voici d abord quelles étiquettes de classe furent mentionnées et le nombre d étudiants qui se répartirent d\u2019eux-mêmes sous chacune d elles : « classe professionnelle (et instruite) » : 1 ; « classe bourgeoise et professionnelle » : 1 ; « classe dirigeante » : 1 ; « classe bourgeoise » : 5 ; « moyenne bourgeoisie » : 1\t« petite bourgeoisie » :\t3 ; « ronds-de- cuir » : 1 ; « classe moyenne » : 7 ; « classe ouvrière » : 2 ; « classe populaire » : 1 ; « classe agricole » : 2.Trois ne répondirent rien.Les définitions plutôt descriptives qui furent données du concept de classe sociale demeurèrent sur le plan général, dans le ton cliché, et 275 Revue dominicaine confirmèrent d une certaine façon une opinion personnelle dont je soumets immédiatement I ébauche.L\u2019idée que nous nous faisons des « classes sociales » est.à mon sens, encore inconsciemment et indûment déformée par des perspectives ou des souvenirs européens, C est pour nous, un concept proprement livresque.Nous pensons dire : nos classes sociales, et, sans analyse, nous insérons de force les faits de notre société américaine dans un lit de Procuste venu tout droit de l\u2019histoire et d Europe.Nous disons : nos classes sociales, et effectivement nous pensons : les classes sociales d Europe telles que nous les trouvons chez nous.Or est-il juste, précisément, d assimiler les stratifications que présentent la société américaine, la société canadienne et notre société canadienne-française, avec les classes sociales traditionnelles ou même contemporaines d Europe ?« Classe sociale » en Europe, par exemple à Paris, veut-il dire la même chose que « classe sociale » en Amérique, au Canada, dans le Québec, par exemple, à Montréal ou à Québec ?La réponse appartient à des études sociologiques comparatives, basées sur les faits, et qui n ont pas encore été entreprises.Quelques données d expérience permettent quand même de situer le problème.Le fait de la classe sociale en Europe possède une sorte de rigidité, de fixité intransigeante qu il n a pas en Amérique, du moins en Amérique du Nord.Considérons même le cas (I URSS mise à part) des sociétés européennes contemporaines.Je crois qu\u2019on peut affirmer que malgré la Révolution, malgré le XIXe siècle et malgré sa glorification des « valeurs » économiques, elles conservent toutes encore sinon des cicatrices, du moins des tendances, des habitudes, des vestiges de mentalité venus de passés lointains.Leurs couches sociales du XXe siècle restent chargées de connotations « historiques ».Même si leurs étiquettes sont changées, elles représentent la persistance moderne de clivages très, très anciens.L identification de certains groupes (quels que soient leurs noms) avec certains privilèges est de l\u2019ordre des réalités quasi inéluctables, acceptées.Le passage vertical d\u2019une couche sociale à l\u2019autre est, 276 Stratifications sociales dans la plupart des cas, sanctionné de tabous.On naît dans une certaine classe et il est très ardu sinon impossible d en sortir sauf au prix d acrobaties épuisantes et souvent sans succès réel ni durable.La description si lucide que fait au journaliste anglais Stephen Bartlett, I économiste français Ernest Torcbecoul, de même que les réflexions de I ouvrier Maillecottin des Hommes de Bonne Volonté de Jules Romains (tomes VI et IX) sur les classes sociales du Paris de 1910 demeurent, malgré 1 évolution sociale qu ils impliquent, des documents impensables en Amérique.Les jeunes sociétés d Amérique, en effet, sont, par définition, des sociétés mobiles, ou mieux, des sociétés à I intérieur desquelles la mobilité verticale est possible.Manquant de traditions séculaires, faites d éléments tous plus ou moins récents et donc sans privilèges immémoriaux les uns sur les autres, elles ont des canons d évaluation sociale qui sont plus de I ordre temporel, économique, que de I ordre culturel ou historique.On les dit des « money-societies ».Les expressions : « échelle sociale », « ascension sociale », « mobilité sociale » ont pris en Amérique tout leur sens de réalités très concrètes et complètes.Quiconque le désire peut, dans I espace d une brève existence, se hausser de plusieurs échelons et ce, d une façon définitive.Je sais qu\u2019il y a le problème des noirs aux Etats-Unis, mais ce problème est de I ordre des ségrégations ethniques (raciales) et comme tel, à la lumière de plusieurs études sociologiques qui en ont été faites, s apparente davantage, comme d\u2019ailleurs tous les faits de ségrégation de « races » en Amérique (par exemple, le traitement imposé aux Israélites dans divers milieux canadiens, la situation des Indiens de nos réserves, etc.) du système des « castes » sociales de 1 Inde.Si nous considérons le seul phénomène des couches sociales à I intérieur de n importe quelle société américaine culturellement homogène, celui-ci nous apparaît si différent du phénomène des « classes » sociales telles qu elles existent en Europe, que je me demande souvent si nous ne devrions pas employer un terme différent.Ou alors si nous employons le même terme de « classe » sociale, il importe de décrire Revue dominicaine avec beaucoup de précision ce qu il signifie concrètement dans nos sociétés locales.Qu\u2019il existe, à I intérieur des sociétés locales d Amérique, à I intérieur de notre société canadienne-française, des stratifications sociales d\u2019un certain ordre, le fait est évident.Que ces stratifications sociales soient en général assez perméables, assez spongieuses, ce fait, d expérience confuse mais réelle, n\u2019exige guère d être illustré davantage.Là où les données nous manquent encore c\u2019est lorsqu il s agit de déterminer avec précision, disons, dans la société québécoise, où commence telle stratification sociale et où finit telle autre.Quelles sont les raisons qui font que tels gens sont considérés comme étant de telle « classe » alors que d autres groupes sont considérés comme étant d une classe différente, supérieure ou inférieure à la première ?La seule méthode qui nous permettra d identifier objectivement les canons, les critères d évaluation sociale dans notre milieu, sera d observer davantage, avec une grande attention et longuement, le comportement des groupes au milieu desquels nous vivons.Imaginons que nous sommes dans une ville donnée et que nous voulons en connaître les classes sociales.Commencer par considérer d abord ce qu un groupe assez défini pense de lui-même ; noter ensuite ce que d autres groupes sociaux pensent et disent de lui, dans quelle perspective ils le considèrent: égal ?supérieur ?inférieur ?Nous aurons alors une série de quatre, six, huit ou x évaluations sociales d un même groupe, Répétons la même expérience avec chacun des autres groupes.Comparant ensuite entre elles ces évaluations réciproques nous serons sur la voie d une ébauche de classification sociale qui aura au moins ce mérite de partir de la réalité.Prenant comme point de départ cette auto-classification de la population, tâchons alors d examiner plus en détail les raisons concrètes qui font que les gens de tel groupe sont, dans I ensemble, considérés comme ils le sont.Est-ce le fait de demeurer dans telle partie de la ville ?Est-ce leur occupation ?Est-ce le fait que leur occupation leur donne tel revenu ?Le fait d avoir tel revenu seul est-il suffisant ?Qu y a-t-il 278 Stratifications sociales d autre : le degré d instruction ?les manières ?le nom de famille ?le nom de famille seul, sans revenu, a-t-il grande importance ?est-ce le fait d appartenir à telles et telles associations ?d être membre de tel club ?ou pas plutôt le fait d appartenir à telle coterie d amis intimes ?Quelques-uns de ces critères, considérés un à un, auront peut-être très peu d importance.Les établir par ordre de chronologie sociale et identifier dans quel sens ils s ordonnent ou se déterminent, s amplifient ou se neutralisent les uns les autres, etc.Le résultat d une telle observation analytique sera peut-être de nous faire voir I ensemble d une population comme formé d une multitude de très petits groupes intimes, rassemblés les uns par rapport aux autres selon les axes, mystérieux ou précis, d un nombre assez restreint de constellations principales.Quoi qu il en soit, nous aurons toutes les chances d avoir à ce moment une première image de ce que nous recherchons : le dessin réel, dans un cas donné, de la répartition des « classes » sociales.Cette méthode est, à peu de variantes près, celle qu ont suivie le professeur W.-L.Warner et ses associés qui ont étudié durant plusieurs années et sont en train de décrire à fond, en 6 volumes, l\u2019intéressante petite ville de la Nouvelle-Angleterre dont 1 anonymat est gardé sous le nom de Yankee City.C est un peu aussi la façon dont a procédé le professeur Everett-C.Hughes dans sa pénétrante étude de la petite ville industrielle canadienne-française de Cantonville présentée sous le titre plus général de French Canada in Transition.C est là aussi ce que nous aurons à faire, en complétant notre analyse d aperçus historiques et économiques, si nous voulons un jour, région par région, approfondir notre connaissance de la société canadienne-française.Au point de vue pratique, la connaissance de certains de ces caractères de notre société empêcherait peut-être à l\u2019avenir, comme elle aurait pu empêcher dans le passé, certaines erreurs de stratégie dans la mobilisation des foules ou des groupements en vue de Faction.Jean-Charles Falardeau 279 La méthode historique d Aegidius Fauteux Quod non est in monumentis non est in historié.II y eut quatre ans le 28 avril dernier que la mort nous enleva Ægid ius Fauteux.Le temps n a pas encore dégagé les traits qui, dans I avenir, feront le charme et la grandeur du souvenir que la postérité en gardera.Ægidius Fauteux \\ historien, archiviste, journaliste, successivement bibliothécaire de Saint-Sulpice, et de la ville de Montréal, naquit en 1876 dans la métropole.II étudia tour à tour les lettres, la philosophie, la théologie et le droit.L oeuvre qu il laisse éparse dans les journaux et les revues de son temps, I originalité de sa pensée, la probité de son intelligence, la méthode véritablement scientifique avec laquelle il a étudié I histoire, lui assurent une place définitive parmi les historiens canadiens.Curieux de documents, doué d une patience méticuleuse, il a publié de captivantes études où il s attache à peindre les figures et les événements du passé.Grâce à une érudition minutieusement informée, il ressuscite la vie canadienne dans de petits tableaux qui sont des « chef-d œuvre de composition, de clarté, de délicatesse, sûre interprétation de la réalité toujours si complexe ».L histoire est une science extrêmement compliquée.II suffit, pour s\u2019en rendre compte, de relire les explications que Fauteux a cru devoir fournir à propos de I ouvrage qu\u2019il a consacré aux chevaliers de Saint-Louis : « Frappé de I incroyable indigence d\u2019Alexandre Mazas (Flistoire de l\u2019ordre royal et militaire de Saint-Louis) et de MM.CoIIeville et Saint-Christo (L es Ordres du roi), au point de vue canadien, j ai osé entreprendre moi-même d y suppléer et, après un travail patient de plusieurs 1.On trouvera dans le sixième (1941) Cahier des Dix une excellente notice bio-bibliographique d\u2019Ægidius Fauteux.280 La méthode historique d\u2019Ægidius Fauteux années, je crois pouvoir dire aujourd Lui que j y ai réussi.II a fallu pour cela grouper et confronter mille renseignements épars dans les archives officielles, dans les registres de l\u2019état civil ou dans les papiers de famille ».N\u2019est -ce pas là le résumé de la méthode historique par excellence ?On le voit : Ægidius Fauteux est surtout préoccupé d établir les limites de la vérité, d analyser la structure du passé, de déterminer la valeur des connaissances que nous en avons, d entreprendre la critique des sources et des prédécesseurs, et de faire ressortir tout ce qui paraît démontré.Tout ceci ne découle peut-être pas directement de la citation qu on vient de lire, mais on voit déjà par quels procédés d investigation il tâche de pénétrer le secret de la vie disparue et d évaluer les qualités et la signification des documents qu il découvre.Contrairement à tel ou tel chercheur, Fauteux s est « toujours souvenu que dans le grand laboratoire de I histoire où s élabore le vrai, suivant le mot d un illustre érudit, la probité est un titre d admiration plus indispensable que I habileté elle-même ».Ce principe qu il affirmait dans une communication à la Société Royale, Æg idius Fauteux s en était fait une règle de travail.II suffit de relire les «Carnets d un Curieux», parus dans La Patrie en 1933-34, pour se rendre compte de sa puissance d\u2019analyse et de sa facilité de généralisation.Impartial et serein, il apporte une grande rigueur scientifique dans ses jugements ; il cherche rarement à mettre en doute les résultats acquis, sauf s il juge I erreur trop grossière.Alors, avec une courtoisie aussi rare chez nos critiques historiques que chez nos censeurs littéraires, il propose les rectifications urgentes et passe ensuite à l\u2019étude du problème à élucider.II procède avec adresse, sincérité, clairvoyance, précisant les points obscurs, tranchant les questions controversées, délimitant nos connaissances.C est ainsi que, grâce à ses recherches, à ses études, à son exégèse, le dépôt des vérités historiques s\u2019est accru considérablement durant les quarante ans qu\u2019il a consacrés à l\u2019examen méthodique de nos archives.La paresse d esprit a conduit bien des écrivains à réduire l\u2019histoire à un simple inventaire méthodique des faits et des événements révolus.C est un reproche qu on ne saurait faire à l\u2019auteur des « Carnets d\u2019un 281 Revue dominicaine Curieux ».L\u2019histoire, estime Ægidius Fauteux, consiste dans « le classement, le groupement, la coordination et la synthèse » des phénomènes collectifs ; elle « n existe vraiment que lorsque les faits ont été réunis, associés et présentés dans leurs rapports mutuels de dépendance, de façon à en faire comprendre la naissance et le développement ».Fauteux se conforme à ces règles.Que I on relise, par exemple, les études qu il a consacrées à 1 ahbé Etienne Chartier et à Amury Girod, dans La Patrie de 1934.On constatera que I histoire, qui tient de la science et de 1 art, ne compte guère de disciples aussi consciencieux, aussi avides de saisir les rapports et les situations tels qu ils sont dans la réalité.II faut voir avec quel discernement il étudie les sources, il en fait la critique, par exemple, quand il s agit d établir les origines d Amury Girod, cet aventurier européen, qui vint mourir dans un champ après avoir largement contribué au soulèvement des Canadiens de Saint-Eustache en 1837.Fauteux s\u2019inspire, non seulement des documents qu il recueille, mais aussi de l\u2019ambiance intellectuelle et morale de I époque et du milieu.Le Canada français est bien placé pour profiter à la fois de 1 érudition anglaise, étatsunienne et française.Ainsi que I écrivit Henri Pirenne, à propos de la Belgique, nos voisins « imposent, en effet, aux érudits la nécessité de ne jamais perdre de vue I histoire des deux Etats et des deux peuples dont ils retrouvent continuellement I action dans I histoire de leur patrie ».La France, I Angleterre, le Canada anglais et les Etats-Unis jouent, chez nous, le rôle que I Allemagne, et la France, sans parler de la Hollande, jouent dans I histoire de la Belgique.Dans les études qu il a données à nos divers périodiques, /Egidius Fauteux a montré tout ce que nos archives, méthodiquement explorées peuvent fournir à l\u2019intelligence dune période aussi tourmentée que celle de 1837-38.II a « largement contribué à enrichir et à nuancer les idées sur une période dont la connaissance exacte est si essentielle à la compréhension de I état de choses au milieu duquel s est formée la société » canadienne. La méthode historique d\u2019Ægidius Fauteux 11 n a connu d autres limites que celles qui lui furent imposées par 1 état de la documentation.La grande qualité de Fauteux, celle qui lui permet d être lu, contrairement à tant d autres historiens, c est qu il fait la critique des témoignages sans surcharger ses travaux ; il ne compile pas ; il fait 1 analyse et la synthèse sans ennuyer le lecteur.Si les historiens d\u2019outre-quarante-cinquième avaient respecté cette loi essentielle pour être lu, le New-York Times et F opinion littéraire de nos voisins ne se seraient jamais émus de 1 ignorance qui se manifeste chez I Oncle Sam à 1 égard de 1 histoire.Fauteux compose un récit intéressant.Il captive son lecteur et 1 instruit.II a une solide formation technique affinée par ses études théologiques, philosophiques, juridiques et complétée par la pratique du journalisme.L\u2019habitude de vérifier les nouvelles et leurs sources lui a servi quotidiennement dans la recherche historique.Le journalisme est I école du doute, du classement et surtout du choix intelligent des éléments les plus propres à reconstituer un événement dans sa réalité.II nous apprend à grouper les faits secondaires autour des faits essentiels.L\u2019image que nous avons du passé se forme par analogie avec celle du présent.II faut savoir distinguer similitudes et dissemblances.Le journalisme forme vite à la méthode résolument objective.L investigation quotidienne du journaliste (lisez reporter) est un excellent noviciat pour l\u2019historien : elle I amène à « soumettre à un examen critique les sources dispersées et altérées de I histoire ».Examiner à la loupe les moindres documents, confronter les témoignages, les corroborer, voir la vie réelle derrière la lettre des textes, voilà ce qui distingue Fauteux.Dans Le Duel au Canada, voyez comment il analyse la conduite de Thomas Storrow Brown, comment il peint les sensations de Charles-Ovide Perrault, comment il fustige les prudents calculs du métèque Leblanc de Marconnay ?Si I on en juge par les portraits de Charles Hindelang, de Pierre-Edouard Leclère, d Amury Girod, d Etienne Chartier, le dictionnaire des patriotes sera un chef-d\u2019œuvre de documentation exacte et précise, au- 285 Revue dominicaine thentique et sûre, et se lira comme un roman.L élégance du récit, I absence des longues citations, I image exacte de I époque et le portrait du personnage caractérisent cet historien qui a conservé du journaliste (reporter) I habitude de ne faire que des affirmations claires, bien définies, sans équivoque, fondées sur des recherches strictement impartiales et scientifiques.Son édition annotée du Journal inédit du Siège de Québec en 1759 se distingue par une critique minutieuse des sources, I établissement scientifique du texte, I élimination des assertions suspectes.Dans toutes ses œuvres, Fauteux manifeste une volonté déterminée d objectivité, un talent d\u2019exposition bien captivant et une érudition considérable.L\u2019intérêt remarquable de ses constatations et la façon de présenter ses résultats sont conformes aux normes de son art.« Les seules règles générales qu on ait le droit de formuler, écrit, en effet, Gabriel Monod, sont le devoir d indiquer les sources où I on a puisé, de fournir autant que possible la preuve de ce qu on avance, et de distinguer nettement les résultats qu on considère comme certains de ceux sur lesquels plane une incertitude ».C\u2019est encore dans son étude sur Girod que I on trouve I une des preuves les plus convaincantes de ce souci scientifique cher à Fauteux.Après avoir décidé, dans un article antérieur (Cf.le Duel au Canada, p.190) que Girod, complètement désespéré, s était brûlé la cervelle au moment d être capturé par les Habits rouges, il revient sur le sujet dans les Carnets d un Curieux et nous donne une version infiniment plus circonspecte de 1 affaire.« Sans doute, écrit-il, il eût mieux valu pour la gloire de Girod qu\u2019après avoir prêché la résistance à outrance, il eût tenu jusqu\u2019au bout et péri dans le combat.Mais d autres avant lui ont fui à la dernière heure lorsque l\u2019issue de la lutte leur paraissait désespérée et on ne leur en a pas autant tenu rigueur.S il ne s agissait que d\u2019avoir fui, et dans les circonstances que j ai dites, je ne vois pas pourquoi on I en devrait blâmer plus sévèrement qu un Thomas Storrow Brown qui a quitté le champ de bataille de Saint-Charles pour des motifs restés douteux, qu un 284 La méthode historique d Ægidius Fauteux Robert Nelson que les patriotes voulurent arrêter parce qu il se sauvait à LacoIIe, qu un Papineau même qui, au lieu cl aller mourir à Saint-Denis ou à Saint-Cbarles avec ceux qu il avait conduits à la rébellion, a pris la route des Etats-Unis ».S il est vrai que les qualités intellectuelles de I historien, son tempérament, ses dons régissent, en définitive, la manière dont il expose les résultats de ses observations et de ses recbercbes, on voit que Fauteux possède les connaissances requises pour écrire I histoire.Il analyse parfaitement le caractère des faits, 1 impression qu ils ont produit sur les témoins, la nature et I autorité de ceux-ci.« L on prétend, continue-t-il, que Girod n a fui que parce qu il était alors en proie à la plus abjecte frayeur.On le dit, mais rien n est moins prouvé.Je sais très bien que j\u2019ai ici l air de faire I apologie de Girod et I on me répondra sans doute par le proverbe : A vouloir blanchir un nègre, I on perd son savon.Loin de moi 1 idée de faire du fameux émigré suisse un héros au lieu du lâche que I on prétend d ordinaire \u2014> il me semble que j ai déjà assez dit quelles étaient ses faiblesses >\u2014> mais j é-prouve naturellement de la sympathie pour ce que les Anglais appellent I underdog et, j avouerai qu au fur et à mesure que j avance dans cette étude, je me suis convaincu que Girod n\u2019a pas reçu de I histoire sa complète mesure de justice ».Une complète mesure de justice î Voilà ce qu\u2019Ægidius Fauteux recherche avant tout dans ses études.N est-ce pas le devoir strict du véritable historien ?Aussi examine-t-il avec soin le degré de crédibilité de chaque fait et distingue-t-il, autant que faire se peut, les bons éléments de 1 erreur dans chaque source.Aux époques troublées, les témoins impartiaux, probes, fidèles, sont rares.Les passionnés à l\u2019instar des calculateurs ont vite fait de transmettre à la postérité des témoignages souvent trompeurs.Les plus honnêtes ne sont pas exempts d inexactitudes.Que de réticences trahissent le parti pris.11 faut même se méfier de certains actes rédigés après coup.285 Revue dominicaine Amury Girod, pour revenir à ce héros étrange, a eu une très mauvaise presse : « Mais quelle était cette presse ?se demande Fauteux.Une presse uniquement bureaucrate et d autant plus acharnée qu elle était dirigée par deux autres métèques, Leblanc de Marconnay et Ram-beau.C est, en effet, presque uniquement au Populaire et à 1 Ami du Peuple que la postérité a emprunté les éléments de son jugement sur le général de Saint-Eustache ».Cette observation vaut pour toute 1 époque, car le témoignage de ces deux feuilles n\u2019offre certes pas F objectivité requise.L\u2019art de choisir les matériaux et de les ajuster convenablement ne présidait point à I élaboration des opinions des chouayens.On ne saurait donc utiliser les journaux antipatriotes qu avec une extrême réserve et seulement après les avoir scrupuleusement soumis à I analyse critique.Malheureusement, les quotidiens qui avaient mené la lutte depuis I assemblée de Saint-Charles, avaient disparu dans la tourmente.Par ailleurs, les exagérations auxquelles se livrent les journaux antipatriotes nous indiquent quelle frousse avait saisi les loyalistes au moment de la rébellion.Ce qu ils disent nous permet souvent de surprendre ce qu\u2019ils taisent.Ægid ius Fauieux ne s\u2019est pas confiné au XïXe siècle.II a également porté ses regards sur les périodes antérieurs.II avait, c\u2019est évident, I horreur du travail facile et ne s attaquait jamais qu à des sujets controversés.Son portrait de François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal, est un modèle de synthèse historique, fondée sur une analyse méticuleuse des documents de I époque.Les archives lui ont toujours paru la meilleure source.II ne dédaignait pas, cependant, d\u2019examiner les études des autres historiens et de les discuter.On ne pourrait pas lui faire le reproche qu\u2019AnatoIe France fait à certains historiens.Ils représentent les faits, écrit-il, « dénués de presque toutes les particularités qui les constituent, par conséquent tronqués, mutilés, différents de ce qu\u2019ils furent ».Fauteux ne tombe pas dans de pareilles erreurs.Son goût, son caractère, ses idées, son tempérament I influencent, c est entendu, mais il a l\u2019intelligence du 286 La méthode historique d Ægidius Fauteux passé, le goût de la vérité, de la clairvoyance dans les idées, une intuition que I induction et la déduction alimentent savamment.« L on ne sert jamais bien une cause en tentant d escamoter à I aide de périphrases et d autres détours, un fait qui I embarrasse peut-être mais qui ne peut pas être nié ; il vaut infiniment mieux le regarder en face et le montrer du premier coup sous son vrai jour ».Tout en relisant les œuvres d Ægidius Fauteux, je songeais à René Descartes.Vraiment, c\u2019est la méthode que ce grand philosophe préconisait que le bibliothécaire de Saint-Sulpice et de Montréal applique dans ses travaux.La règle générale de Descartes, selon Gilson, est subordonnée aux trois préceptes suivants : « ne pas juger avant d avoir atteint l\u2019évidence, ne pas juger en se fondant sur des idées préconçues, ne pas permettre à notre jugement de s étendre au delà de notre évidence actuelle ».Dire toute la vérité connue sans I atténuer, ni I exagérer, sans jamais se contenter de l à peu près, voilà ce que Fauteux ambitionne.Jamais il n\u2019évite un fait, jamais il n omet une particularité, même si elle bouleverse les connaissances accréditées.C est I historien loyal qui embrasse « à la fois la série entière des prémisses et de leurs conséquences ».Ainsi une analyse adroite et un art remarquable dans la composition, en même temps qu\u2019une interprétation historique de la plus haute probité, font d Ægidius Fauteux un maître de l\u2019histoire canadienne.Une intelligente circonspection, tempérée par une intuition sûre des secrets du passé, confère à ses œuvres une vitalité que les progrès de 1 investigation ne pourront guère entamer.Quand mademoiselle Germaine Laflamme aura fait paraître I excellente bibliographie qu elle a dressée de cette belle œuvre, quand les Dix auront publié le Dictionnaire des patriotes, Ægidius Fauteux, déjà tant apprécié et admiré de ses amis et de tous ses lecteurs, prendra place aux yeux du grand public canadien auprès de Garneau et de George-M.Wrong, égal aux plus illustres des historiens canadiens d\u2019aujourd\u2019hui.Charles-Marie Boissonnault Québec 287 Viricult ure et vacances 1 Qui n a le goût de la campagne ?Le bourgeois français faisait son rêve de prendre sa retraite dans une petite maison champêtre, avec un jardin et quelques bêtes.Plus heureux, combien d entre nous organisent leurs fins de semaine estivales à la montagne, près d un lac, au bord d une rivière ?Les mois d été, c est toute la ville qui s en va au bois, je veux dire que toute la ville le voudrait.Ce goût de la nature chez les trop civilisés de l\u2019élite et du peuple n est-il pas comme un remords ; n avons-nous pas mauvaise conscience, parce que presque toute I année nous tournons le dos à la nature et à ses lois, comme cet écrivain maladroit qui, en pleine Gaspésie, tournait le dos à la mer, pour s attabler à sa machine et écrire au cliquetis de ses touches, lorsque la vague calme léchait en susurrant le sable et les galets ?Ce goût de la nature qui entraîne au large de la campagne les citadins harassés se montre excellente école d\u2019entraînement physique et moral.Le changement d atmosphère accompagne un changement de vie.L air du voyage, du petit voyage, renouvelle le climat enfumé et saturé des pièces cérébrales, de toute la maison de l esprit.Il y a des frileux qui n ouvrent pas les fenêtres à leurs poumons empoisonnés et qui laissent s\u2019asphyxier sans plus d\u2019inquiétude leurs puissances intellectuelles.Dans ce cas, une excursion aux champs fera double office.Le touriste, ne serait-il que touriste de fin de semaine, brise avec ses habitudes, avec un confort trop routinier.II s était ankylosé dans le train-train des jours et des tâches et voilà que dimanche ou les vacances le délivrent.Un jour, une semaine, un mois s il est chanceux il mène une vie plus rude, et tant mieux pour son corps, tant mieux pour son esprit.Les voyages reforment l\u2019être tout 1.Chapitre extrait d\u2019un ouvrage intitulé « Viriculture », en cours de publication aux Editions Fides.288 VlRICULTURE ET VACANCES entier.Les voyages à la campagne lui apprennent qu il n est pas seul sur la terre, que des hommes vivent une vie différente de la sienne.Devant ses yeux se déroule la rétrospective des vies ancestrales, dans ces régions où 1 homme reste attaché à la glèhe dont il tire la vie pour les siens et pour ceux qui oublient le sol nourricier.Aujourd hui, nous possédons d excellentes routes qui nous conduisent des hauteurs sauvages de la Gaspésie, avec leurs amples échancrures sur la mer et le large, aux paysages plus modestes des Laurentides, avec leurs lacs paisibles, leurs coulées de sapins sombres sur les pentes et les torrents qui zigzaguent et titubent d\u2019une juvénile ivresse.Ces routes sont une invitation à I auto mais l\u2019auto ne doit pas rester un but, comme ce voyage immobile que décrivait I humoriste français.L\u2019auto n est qu un moyen de transport vers la marche, la natation, les exercices de la rame, qui dérouillent muscles et articulations, lorsque les poumons se gorgent d air pur, que le sang se charge d oxygène et que, sous 1 action du soleil, la peau emmagasine des vitamines qui dispenseront de I huile de foie de morue.L on ne quitte pas la vie pour aller s\u2019asseoir avec un livre sous un arbre.On s enfonce dans la campagne pour se retremper dans un bain d enfance, pour s enfoncer dans I enfance du monde.Quitter la ville pour la campagne, c est un peu le retour au paradis terrestre.Ce paradis n est donné au corps que s il le veut bien, et il ne prouve qu\u2019il le veut que par ses efforts et ses mouvements.L homme fatigué doit savoir que le jeu des muscles et des articulations entraîne une respiration et une ventilation plus naturelles des poumons qui chasse la lassitude.La circulation s en ressent ; avec les combustions, les déchets brûlent et même 1 intestin, ce traînard de notre civilisation, rejoint les autres organes dans leur activité.Un séjour à la campagne, comme on doit le faire, n\u2019est qu une suite de mouvements qui donnent une allégresse salutaire en même temps qu une fatigue délicieuse aux muscles surmenés d\u2019inactivité qui portait à faux.Le voyageur qui revient de la mer atteint-il avec son train les approches de la grande ville qu\u2019il se sent un peu oppressé.II respire mal.2SQ Revue dominicaine « Suis-je enfant, se demande-t-il, que la nostalgie des fins de vacances m étreigne ainsi le cœur ?» Sans qu il en ait conscience, c est 1 être tout entier du voyageur qui se débat, qui essaie de s exprimer.L être humain aspire à la vie naturelle, et nos vastes cités, en dépit de tous leurs parcs et des larges boulevards, des avenues à perspectives interminables, nos villes sont comme ces maisons où toutes les ouvertures sont hermétiquement fermées.On y suffoque, pour ainsi dire, et c est le corps, I esprit du voyageur qui se révoltent, lorsque ses poumons, plus vifs que son observation, ont remarqué que la qualité de l air n était plus la même.II faut donc s accorder de véritables vacances, des vacances en pleine nature ,\u2014¦ comme on met le cheval à I herbe.II faut revenir au pays natal.« Je n ai pas le temps », fait celui-ci.« Impossible de laisser mes affaires », dit I autre.La maladie les forcera bien tous deux à perdre ce temps précieux dont leur avarice mésusait et à laisser leurs affaires.Qu\u2019ils pensent plutôt au visage rajeuni de leur confrère, lorsqu il passe les limites de la banlieue.Déjà, il n est plus le même.L auto I emporte par les champs, et il voudrait descendre, se dégourdir les jambes sur les mottes des sillons, grimper, comme à ses quinze ans, jusqu au bosquet qui escalade la colline, sentir son pied rouler et glisser avec les pierres, les herbes et les brindilles lui chatouiller les mollets, une branche lui fouetter la face.A midi, lorsque le soleil dardera ses rayons les plus brûlants, I on ira chez le paysan, dont on voit fumer le toit là-bas, l\u2019on demandera à la ménagère de nous faire, des légumes les plus frais de son potager, une salade qu on ira manger sous la feuillée.Pour boisson, il y aura bien une source, et tant mieux s il faut se baisser, faire l\u2019hommage de son dos, tout à l\u2019heure perclus, et qui ne s en trouve pas plus mal, à l\u2019eau fraîche que l\u2019on boira au creux de sa main.Ensuite l\u2019on s\u2019étendra : l\u2019on ne couche jamais sur la dure lorsque la terre maternelle nous offre son lit.Allons à la campagne nous désintoxiquer.De nos jours les individus comme les sociétés sont victimes cl une intoxication quotidienne.Une cure de désintoxication s\u2019impose donc, comme à l\u2019ivrogne ou à I habitué des drogues : et qui n est l\u2019habitué d\u2019une drogue, de façon ou de 290 i* «il: VlRICULTURE ET VACANCES I\tautre ?L équilibre des activités humaines n existe plus.L homme des villes souffre presque toujours d hypofonctionnement musculaire et d hypertension nerveuse : deux contraires qui, hélas I ne s annulent pas.Notre manière anormale de vivre entraîne la dégénérescence des forces, voire de I esprit.Les jeunes recrues n\u2019ont pas la capacité de marche de leurs prédécesseurs.Nous avons recours aux sports et cette mode du sport indique plutôt un manque et une déficience chez nous : on se lance à corps perdu dans les sports parce qu\u2019on avait oublié les lois du mouvement, et un sédentaire devient le spectateur enthousiaste des arènes comme la vieille fille lit des romans d\u2019amour.Malheureusement, la mécanisation qui préside à la plupart des actes de notre vie n épargne pas les sports.La machine inanimée tue la machine humaine, chef-d œuvre de la mécanique divine.Non seulement la culture physique qui réhabilite le travail manuel, la marche, le travail de la terre, les courses en plein bois sont médicaments pour le corps et l\u2019esprit, mais aussi remèdes pour les dangers que la civilisation moderne fait courir à notre santé morale.On ne s\u2019écarte jamais impunément des sentiers de fa nature.La meilleure cure comme la meilleure école de nos années troublées est encore les champs et les bois.C est pourquoi le scoutisme arrive à son heure, le scoutisme qui revêt les formes les plus séduisantes de I hygiène et de la viriculture intégrale.II\tpossède un code de santé physique et morale qui s offre à la méditation des vieux comme des jeunes.Le scoutisme, qu\u2019on peut adapter aux vacances des hommes mûrs, fait de la culture physique une sorte de jeu, de jeu vrai, qui rend plaisante la vie saine et simple, rude même, qui aguerrit I âme et le corps.II remédie aux insuffisances et redresse les déviations.Il aide à former des citoyens en formant des hommes ; est-il jamais trop tard pour former un homme ?Les vieux médecins disaient : « Tant qu\u2019il y a de la vie, il y a de l\u2019espoir ».Saint François de Sales aurait aimé le scoutisme qui apprend à se passer du confortable, lorsque le confortable est en passe de devenir le nécessaire, et à ne jouir que de ce qui s avère convenable.291 Revue dominicaine N oublions pas que la salubrité de I âme babite un corps sain : cet axiome des anciens résumait leur idéal de I éducation.C est encore sur ses assises que doit s\u2019élever I édifice humain.Nos tissus ne sont pas exigeants.Ils ne réclament que des nourritures très simples, et dans la vie que nous menons, nous forçons I organisme à un excès de nourriture de la table : nos poumons ont besoin de cette nourriture de I air pur que demande aussi la peau.Ils ont besoin de I alimentation du soleil.Les membres demandent le cordial de I exercice.Le mouvement n est pas le privilège de l\u2019industrie : comme on s en sert pour les turbines et les dynamos, il convient de l\u2019utiliser pour débarrasser sa machine corporelle des déchets et des souillures qui l\u2019encrassent.Un principe qu il faudrait afficher sur les immeubles publics et particuliers, c est que ceux qui meurent vieux meurent toujours trop jeunes et que le bagage de douleurs et de malaises dont on s\u2019encombre jusqu à la fin est un bagage ridicule et inutile à ceux qui savent voyager.La santé n est pas un privilège et la nature démocrate I accorde à ceux qui la méritent.La maladie ne surgit pas à I improviste, pas plus que les krachs pour les financiers avertis : elle se prépare de longue date et nous rencontrons plus de jardiniers soucieux d arroser cette plante morbide que d horticulteurs prévoyants.Notre mère la nature reste douce à qui se soumet à ses lois.L Antiquité possédait un art de vivre qui valait celui de nos païens modernes, de nos païens rabougris et frileux : il y a encore de I espoir pour un paganisme au grand air.A défaut de science, elle avait une connaissance synthétique des choses.L Antiquité, que les nouveaux riches des âges nouveaux méprisent, même lorsqu\u2019ils la pillent, avait f amour du beau corps, le sens de I harmonie, le culte de fa perfection et de la vérité qu elle puisait aux sources naturelles.L\u2019Antiquité n usait pas du mot de tourisme, pour cette excellente raison qu elle vivait volontiers aux champs.Joignez que I Antiquité ne se logeait pas dans des pièces surchauffées, qu elle prenait au soleil des vitamines en même temps que la chaleur, bien qu elle ne connût pas le mot de vitamines ni 292 VlRICULTURE ET VACANCES la littérature publicitaire.Elle agitait ses problèmes sur la place publique /\u2014 et les cerveaux au soleil, par un paradoxe de la nature, s\u2019échauffent moins que dans les salle éclairées a giorno : une place publique non loin de la mer scintillante et sous une lumière qui dorait de vérité les plus dangereux sophismes, qui leur rendait une sorte d innocence.Un athlète avait autant d importance qu un philosophe, parce que I athlète et le philosophe exerçaient tous deux leurs muscles selon les lois de la nature, lois acceptées avec plus d amour que de résignation.La maladie, loin d être cette petite amie maussade qu on entretient à grands frais et qui rit de nous, n était qu un châtiment des dieux cruels.Un sacrifice de viandes fraîches et des fruits nouveaux, le mal était conjuré.L homme au grand soleil et dans la brise salubre vivait une vie humaine.L Antiquité eût connu le vrai Dieu, libéré ses esclaves, et le premier, le principal, son âme immortelle, de 1 idolâtrie du péché, qu elle eût présenté au monde ébloui I âge d or, dont rêvent depuis la chute les pauvres cervelles humaines.L Antiquité adorait la nature, elle lui rendait un culte et suivait ses rites.Nous avons changé tout cela.L époque moderne, dans son jansénisme, répudie toute la nature, fille de Dieu pourtant.La vie moderne, comme ses penseurs et ses politiques, a I esprit de contradiction, elle prend la contre-partie de la nature et du véritable humanisme.La plus libre des bêtes suit une discipline, et chez nous règne une anarchie sans grâce.On se gave de médicaments lorsque « la nature est là qui t invite et qui t aime », on suit les caprices des annonces.On change de pilules comme on change de robe.Les déséquilibrés se multiplient et, avec eux, les maladies du corps et de 1 esprit qui sont mères à leur tour des désordres sociaux.Civilisation signifie progrès, et I on tourne le dos au vrai progrès.Comme le vieillard, I homme moderne descend la côte lorsqu il est salutaire pour ceux qui ont conservé le cœur bon de gravir les pentes en se gorgeant d air et de senteurs balsamiques.La société déifiée par la civilisation actuelle n est plus à la mesure de l\u2019homme.II semble que ce frileux \u2014> marche dans des vêtements empruntés.La science des besoins de Ihomme est à peu près inexistante, si ce n\u2019est que I\u2019homme a inventé la science des besoins nouveaux.Les capacités de développement, tant physiques que morales, sont négligées.Dans cette ère de statistiques, I inventaire des valeurs humaines n\u2019a pas été dressé.Le voyage à la montagne et aux champs prêche le retour à 1 hygiène naturelle.Le respect des lois naturelles est le commencement de la sagesse pour la santé.On apprend mieux que dans les livres et les doctes traités les divers articles de cette législation, lorsqu après une journée de fatigues qui réjouissent et renouvellent le corps, on campe en pleine campagne.Vivre dans le bois, comme Thoreau, enseigne une physiologie dont le corps lui-même se souvient.Qu importe qu on appelle naturalisme ce retour au pays natal.Les fantaisies des excentriques ne sauraient infirmer les pratiques les plus saines, ces pratiques qui nous donnent une vue profonde des relations de 1 être avec le milieu.Leçon d humilité rationnelle qui situe I homme dans le cosmos, dans la création.La vie naturelle a pour ainsi dire le sens de I\tharmonie et de 1 équilibre qui conditionnent la santé.Elle a le sens des rythmes vitaux.Elle reconnaît 1 ordre qui régit toutes choses et elle recommande la soumission à cet ordre, comme la garantie de la santé, la santé étant 1 ordre gardé et retrouvé.L\u2019homme n\u2019est pas un Robinson dans une île déserte.Il doit conformer sa vie à son ambition et comprendre que la maladie est cette échéance que craignent les mauvais débiteurs : rien ne se crée tout seul et tout se paye.Si tu veux vaincre la nature, obéis à ses lois.Serait-ce en vain que la médecine proclame cette vérité si simple de F évidente supériorité, de la prééminence de la santé sur la maladie, du normal sur le pathologique ( L homme d Anatole France cherchait la chemise de l\u2019homme heureux.II\tI\u2019 a sur le dos.C est sa peau exposée aux caresses jamais trop rudes de la nature.La science de la guérison renferme nombre d incertitudes qui ont fait perdre la foi aux Molière de tous les temps.Les doctrines qui ont 294 VlRICULTURE ET VACANCES pour résultat 1 acquisition de la santé, de la force, de la paix de l ame au moyen d une vie sobrement conduite sont si frappantes et si incontestables que les plus sceptiques en reconnaîtront Futilité du médecin qui vous offre des biens à votre portée.Les excursions à travers la belle nature de Dieu offrent encore cet avantage de nous mettre en présence du beau, et le beau n est-il pas un des attributs de Dieu ?La nature est belle ; beau aussi un corps sain au milieu de la nature.Le geste, 1 attitude, sur I herbe des champs, acquièrent une signification que la statuaire et les exercices du stade ne sauraient nous donner.Pascal disait : « Pratiquez d abord, la foi viendra ensuite ».Allez aux champs et avec les leçons d une vie plus saine, inconsciemment, vous atteindrez un sens plus pur de la beauté.Et vous rendrez hommage au muscle, ce muscle qui nous conduit à la beauté, et qui est presque un objet d art par lui-même.Quoi qu il en soit et qu\u2019en disent les poètes, le muscle a du moins ce pouvoir de transformer, par I exercice, I enfant en homme, et de garder 1 homme jeune et actif.C est que le muscle est un rouage merveilleusement complet de tous les tissus et de tous les organismes corporels, rouage si merveilleux que nos muscles constituent notre appareil automatique de chauffage.Encore mieux, si nous ne pouvons améliorer notre appétit par un simple effort de la volonté, quarante minutes de marche rapide accomplissent ce miracle : le muscle nous a été un apéritif, dirait un précieux.Le muscle se nourrit du reste, et la fibre musculaire consiste en une série de petits cylindres, comme ceux d un moteur, qui brûlent 1 essence apportée par la nourriture en une suite d\u2019explosions minimes qui engendrent le pouvoir et la chaleur.On a peur de 1 exercice, parce que 1 exercice empêche de se livrer au repos dont on a un pressant besoin.L immobilisation signifie-t-elle toujours le repos ?Pourtant, 1 exercice le plus fatigant et le plus épuisant consiste à rester debout et tranquille, et ensuite à rester assis.Les muscles 295 Revue dominicaine n ont alors aucune chance de jouir de I élasticité complète qui les nourrit et les débarrasse de leurs déchets.On craint I exercice, et I on sait cependant que le sport garde jeune I homme mûr et empêche de vieillir I homme âgé.Tout le monde répète que I on a I âge de ses artères : on suit aussi la dégénérescence de ses muscles.C\u2019est que durant l\u2019enfance, nous jouons parce que nous sommes jeunes et nous sommes jeunes à I âge moyen, parce que nous jouons.Les dangers de I exercice commencent surtout quand on arrête, comme ces laborieux qui vieillissent en un jour de plusieurs années, s ils se laissent mettre à la retraite.L exercice au surplus développe un appétit qui ne convient pas au sédentaire, et, en cessant ses exercices, il faudrait réduire sa diète.Joignez que le muscle étant la femme de ménage qui nettoie l\u2019organisme, en abandonnant ses exercices on risque de laisser sa demeure corporelle dans la poussière et la saleté.Le repos, de toutes façons, ne signifie pas inaction absolue : le cœur ne cesse pas de battre ni les poumons de respirer lorsqu\u2019ils se reposent.Bien entendu, il faut user de précautions et de tempérance : comme la douleur est un signe, tout exercice qui produit une souffrance et une fatigue marquées est préjudiciable.Le critérium d un excellent exercice serait plutôt 1 euphorie et le plaisir qu il procure.Et ce plaisir est justement l\u2019appât qui incite à continuer ceux qui ont pris la saine habitude de 1 exercice.«Une marche à la montagne me saoûle mieux que naguère le whiskey ou le gin », disait un fantaisiste qui n apprit à marcher qu\u2019en perdant ses cheveux.En effet, et que le sédentaire sache qu il doit consacrer deux heures d exercice au grand air chaque jour : il se consolera et sera payé de sa peine et de son inquiète timidité en se disant et en observant que c est là le cordial le plus stimulant qu\u2019on puisse s offrir.Convertir le désir de ne pas souffrir en actions et habitudes, n\u2019est-ce pas là une des leçons qui se dégagent d\u2019une marche à la montagne, d\u2019une excursion dans la forêt ? VlRICULTURE ET VACANCES Sur cette pierre je fonderai mon Eglise ; la santé se construit sur le roc de la nature.Les préceptes de la nature s\u2019appliquent aussi Lien à la vie moderne qu à I ancienne : saint Thomas n\u2019a-t-il pas exorcisé la philosophie d\u2019Aristote, ne l\u2019a-t-il pas fait entrer à l\u2019église ?Notre corps est notre avoir le plus personnel : on ne le perd qu\u2019avec la vie, et c est la nature qui nous enseigne à le faire fructifier.Que les beautés de la nature, au lieu de nous porter à rougir du chef-d œuvre de la création, nous incitent à le rendre digne d un aussi beau cadre.Les maladies n\u2019ont pas augmenté en nombre ; ce sont toujours les mêmes organes qui sont touchés ; mais les réactions morbides affectent des allures qu elles n avaient pas autrefois.L ingénieur des forces humaines devrait tâcher d adapter la machine humaine à ses nouvelles conditions.Par exemple, les améliorations apportées à nos demeures tendent à plus de confort, en épargnant du temps.Cependant toutes ces facilités privent notre système du mouvement nécessaire.Combien plus salutaire que I eau pure qui sort du robinet, d\u2019aller la chercher à la fontaine, au ruisseau, au puits ! La nourriture qui sort de la boîte de conserves n\u2019a pas les propriétés restauratives de la chasse et de la pêche et de leur produit.On a le chauffage central : songeons au parfum de la bûche que l\u2019on tisonne, après avoir été la chercher au bois.L homme n a su résister à la première tentation : il ne résiste pas non plus à celles du luxe et du confort, en ces âges où le temps est devenu une abstraction, maintenant que la distance est vaincue.J.-A.Mireault, M.D.Montréal, 5 avril 1945 297 Evolution du Trade-Unionisme International A mesure que le trade-unionisme se développe, il est normal que les travailleurs, en plus de s unir sur le plan national, tentent d\u2019établir des relations inter-syndicales entre les associations ouvrières de tous les pays.D\u2019 où le rôle de la Fédération internationale des syndicats ouvriers depuis 1919 \\ C\u2019est aussi dans ce but que le Trade Union Congress convoqua en février dernier un Congrès mondial des unions ouvrières à Londres où se réunirent les représentants de 60 000 000 de travailleurs appartenant à 40 pays.Le Congrès de Londres, s\u2019il a marqué une étape importante dans I évolution du syndicalisme international, ne fut néanmoins que la continuation d une politique déjà éprouvée.* * * En effet, dès 1919, la « Fédération internationale des syndicats ouvriers » était réorganisée après la liquidation de I ancienne Fédération fondée en 1901 à Amsterdam.L\u2019espace me manque pour exposer ici tous les buts et I activité de la F.I.S.O.de 1919 à 1939.Précisons néanmoins qu elle avait pour mission essentielle de promouvoir l\u2019union internationale des travailleurs en resserrant les relations entre les syndicats ouvriers de tous les pays.Jusqu\u2019ici la Fédération américaine du travail et le Congrès des métiers et du travail en faisaient partie.Présidée par Sir Walter Citrine, elle favorisait 1 instruction cbez les travailleurs, la promulgation des lois sociales internationales et elle soutenait les Secrétariats internationaux de métiers qui acceptaient son programme.Afin d atteindre ses buts, la F.I.S.O.maintenait une coopération étroite entre les centres nationaux qui lui étaient affiliés et les Secrétariats internationaux de métiers.La compilation de statistiques et la diffu- 1.Pour plus de clarté dans l\u2019exposé, notons immédiatement que l\u2019expression F.I.S.O.signifie la Fédération internationale des syndicats ouvriers fondée en 1919 et que l\u2019expression «nouvelle Fédération» fait allusion à la Fédération élaborée au Congrès mondial des unions ouvrières tenu à Londres en février 1945. Evolution du Trade-Unionisme International sion J informations se rapportant au mouvement syndicaliste international et à la législation sociale permettaient à la F.I.S.O.de servir le trade-unionisme.Elle surveillait également les intérêts des travailleurs dans les questions d immigration et d émigration.Enfin, elle préconisait I arbitrage et le désarmement.Contrairement à I Organisation internationale du Travail, la F.I.S.0.\tavait surtout une influence morale alors que ro.i.t., composée de représentants patronaux, ouvriers et gouvernementaux, a réglementé la législation du travail dans tous les pays par I application de conventions et de recommandations adoptées par les Etats qui en faisaient partie.Ces deux organismes internationaux, ayant des buts distincts mais complémentaires, ont bien servi les intérêts des travailleurs chacun dans leur spbère propre.La guerre a momentanément suspendu I activité de la Fédération internationale des syndicats ouvriers.Lors de la dernière réunion de son Conseil général, en février, la F.I.S.O.eut à résoudre deux problèmes dont dépendaient son existence et son avenir : l\u2019admission des unions ouvrières soviétiques et du Congrès des organisations industrielles (C.1.\tO.).Ces problèmes mettaient en cause la Constitution même de la F.I.S.O.* * * En effet, la Constitution de la Fédération internationale des syndicats ouvriers stipule qu un seul organisme syndical par pays peut être admis dans ses cadres.Or la Fédération américaine du travail faisant partie de la F.I.S.O., le C.I.O.ne pouvait donc en être membre.Maintenant que le C.I.O.se partage les masses ouvrières américaines avec la F.A.T., il était difficile de I ignorer plus longtemps, au risque d amoindrir le caractère représentatif et l'influence de la Fédération internationale des syndicats ouvriers.En second lieu, les organismes affiliés à la F.I.S.O.doivent grouper des unions ouvrières bona fide, c est-à-dire des syndicats authentiques dont la liberté d action est parfaitement reconnue et admise.Cette dis- 299 Revue dominicaine position de la Constitution de la F.1.S.O.excluait par le fait même la représentation des unions ouvrières soviétiques lesquelles ne posséderaient pas les caractères essentiels des syndicats ouvriers américains, canadiens, britanniques ou français.En 1959, la Fédération américaine du travail s opposa à une résolution des délégués britanniques qui favorisaient 1 admission des syndicats soviétiques et la F.I.S.O.maintint ses positions.Or en 1945, la situation a beaucoup changé.Menacée de disparaître ou d avoir une rivale, la Fédération internationale des syndicats ouvriers dut reconsidérer ces deux problèmes.Flabile tacticien, Sir Walter Citrine, président de la F.I.S.O., convoqua, à titre de secrétaire du Trades Union Congress, un Congrès mondial des unions ouvrières, congrès dont les délibérations ne devaient avoir qu un caractère consultatif.Fe C.I.O.et les Soviets se rendirent à I invitation du T.U.C.tandis que la Fédération américaine du Travail se récusa.Mais avant que s ouvrit le Congrès mondial des unions ouvrières, le 6 février, Sir Walter Citrine avait aussi convoqué le Conseil général de la F.I.S.O .à Fondres dans le but de résoudre les deux problèmes exposés précédemment.Si la Fédération internationale des syndicats ouvriers avait modifié sa Constitution de façon à ce que le C.I.O.et les unions sociétiques puissent en faire partie, le Congrès mondial des unions ouvrières qui se tenait la semaine suivante n\u2019aurait eu qu\u2019à se fondre dans la F.I.S.O.Mais à la dernière minute Sir Citrine partit pour la Grèce à la tête d une mission trade-unioniste et le scenario ne se déroula pas tel qu anticipé par le secrétaire du T.U.C.Robert J.Watt, représentant de la Fédération américaine du travail dans la F.I.S.O., nous rapporte ce qui s\u2019est passé dans The New Leader.Watt rappelle dans son article que l'agenda comprenait deux items : l) projet de reconstruction du mouvement syndicaliste international ; 2) programme économique et social pour l\u2019après-guerre.Malgré que plusieurs délégués eussent consenti à amender la Constitution de la F.1.S.O.afin de résoudre le vieux dilemme qui menaçait de I\u2019écarteler, le 300 Evolution du Trade-Unionisme International Conseil général ne prit aucune décision et il rapporta simplement progrès, les deux questions devant être soumises à une nouvelle réunion en septembre 1945.II semble que I opposition irréductible de Robert J.Watt força la F.I.S.O.à maintenir le statu quo.Mais à ce moment, les délégués ouvriers de 40 pays, inspirés par Sydney Hillman et Lombardo T oledano ainsi que les Soviets, étaient arrivés à Londres avec l\u2019intention de n en pas repartir les mains vides.* * * Selon I opinion de la revue « The Economist », le Congrès mondial des unions ouvrières a été un succès au delà de toutes les espérances.Les écueils ont été contournés, en ce sens que Sir Walter Citrine a dû baisser pavillon devant le C.I.O.et les Soviets appuyés d ailleurs par la grande majorité des délégués, y compris les délégués canadiens, français et mexicains.II a été résolu qu un comité composé de 40 membres, comprenant quelques représentants de la F.I.S.O., prépare un projet de constitution pourvoyant à la fondation d une nouvelle fédération internationale des unions ouvrières.Cette résolution signifie à toute fin pratique la désintégration, lente mais certaine, de la Fédération internationale des syndicats ouvriers, fondée en 1919.Robert J.Watt ne le pardonne pas à Sir Walter Citrine.Dès le début, plusieurs délégués, conduits par Lombardo Toledano, président de la CTAL, firent accepter le principe que le Congrès devait adopter des résolutions et prendre des décisions.Sir Walter Citrine s opposa en vain à cette attitude, rappelant qu\u2019il avait été formellement entendu que le Congrès n aurait qu\u2019un caractère consultatif.Il ne put tenir le coup devant la coalition dirigée par Hillman, Toledano et les Soviets.II en fut de même lorsque le Congrès força Citrine à admettre des représentants de la Finlande, de l\u2019Italie, de la Bulgarie et de la Roumanie.Le Congrès mondial des unions ouvrières adopta des résolutions concernant le traitement à imposer à l Allemagne lors de I armistice.Ces 301 Revue dominicaine résolutions coïncident presque à la lettre avec les décisions prises à Yalta par les grands chefs des Nations-Unies.Quant à la reconstruction économique et sociale d\u2019après-guerre, le Congrès réclame entre autres choses la semaine de 40 heures dans l'industrie, salaire égal à travail égal et vacances payées.De plus, le comité temporaire du Congrès mondial des unions ouvrières fait des démarches pour participer officiellement aux assises de San Francisco.Tels furent les faits saillants de ces assises syndicales internationales.* * * II reste maintenant à considérer les conséquences probables qui découleront de la résolution relative à la fondaton d une nouvelle fédération internationale des unions ouvrières.Affirmons immédiatement qu\u2019une pareille organisation est nécessaire et profitable aux travailleurs.L\u2019œuvre accomplie par la F.I.S.O.au cours de I entre-deux-guerres en fait foi.Quant à ses cadres, réussira-t-on à faire capituler la Fédération américaine du Travail ?La chose ne sera pas facile si I on en juge par l\u2019article que vient de publier Robert J.Watt dans I « American Federationist » du mois de mars.Dans cet article intitulé « Why A.F.of L.Does not sit With Russian Unions », Watt écrit : « We approach the problem of Russian participation in the International Federation of Trade Unions from the simple straightforward position of trade unionist.We believe that there are no free trade unions in Russia.Therefore, we believe Russian membership in the International Federation of Trade Unions at this time is a contradiction in terms.What is a trade union ?It is not a voluntary association of workers of one craft or industry who have joined together to bargain with their employers to secure and maintain the best possible terms and conditions of employment ?» Considérant la nature du régime économique soviétique, particulièrement le fait que I\u2019Ftat est le seul employeur et que l\u2019Etat est censé être constitué par I ensemble du prolétariat.Watt poursuit : « As we see 502 Evolution du Trade-Unionisme International it, you might as well invite the government of Russia to belong to the International Federation of Trade Unions as to invite the so-called Russian trade unions ».L unanimité du Congrès mondial des unions ouvrières ne semble avoir impressionné outre mesure Robert Watt, I un des piliers de la F.A.T.Si Robert Watt est opposé à I entrée des unions ouvrières soviétiques dans une fédération syndicale internationale, les autres leaders unionistes des Nations-Unies persistent à penser le contraire.En dépit de I absence de la Fédération américaine du Travail au Congrès mondial des unions ouvrières de Londres, Sydney Hillman, président du Political Committee du C.I.o\u201e a exprimé I espoir que la F.A.T.reviendra sur sa décision, et il a déclaré qu elle aura certainement une place dans l Exécutif du nouvel organisme dont le but est de grouper dans une fédération mondiale les unions ouvrières de toutes les nations libres et démocratiques, abstraction faite de toute considération raciale, pbilosopbique, politique ou religieuse, selon I expression même de Hillman.L avenir nous dira si le trade-unionisme international d après-guerre pourra acquérir I unité que souhaitent tous les véritables syndicalistes.* Quel sera le rôle de la nouvelle Fédération internationale des unions ouvrières si la F.A.T.change son attitude ou encore quelle action pourront exercer les deux fédérations, la F.I.S.O.et la nouvelle Fédération, si la F.A.T.persiste dans son refus de collaborer avec les unions soviétiques et le C.I.O.?Vraisemblablement, une fédération internationale, quelle que soit sa structure est forcément limitée dans son action.En effet, au delà des intérêts strictement inter-syndicaux, I intervention d une fédération syndicale internationale ne peut guère avoir de portée pratique sans la collaboration des gouvernements et des employeurs.Car, quel que puisse être le degré de socialisation des différents pays dans I après-guerre, il restera plusieurs pays où I économie capitaliste ne pourra être balayée, à commencer par les Etats-Unis si I on tient compte de la Charte Revue dominicaine du Capital et du Travail qui vient d être signée par Eric Johnson, président de la Chambre de Commerce, William Green, président de la F.A.T.et Phil ip Murray, président du C.I.D.D où la nécessité d un organisme international tripartite, groupant les gouvernements, les employeurs et les travailleurs, pouvant contribuer efficacement à I amélioration des conditions de travail et du standard de vie des masses ouvrières.Cet organisme indispensable existe déjà.De fait, il existe depuis 1919 et il a à son crédit une expérience décisive et la confiance des pays démocratiques : c est 1 Organisation internationale du Travail.Institution de droit international public, I O.I.T.« fonctionne sous le contrôle conjoint des représentants des gouvernements, des organisations d employeurs et des organisations de travailleurs.L Organisation internationale du Travail est chargée des questions relatives aux conditions de travail et à I élévation du standard de vie des travailleurs par l\u2019expansion de la législation internationale du Travail.Elle comprend trois organes principaux : Le Bureau international du Travail, le Conseil d administration du Bureau et la Conférence internationale du Travail.Depuis 1919, la Conférence a adopté soixante-sept conventions, et soixante-treize recommandations portant sur la durée du travail, les congés payés, la réglementation des conditions de travail des femmes, la protection des enfants, la prévention et la réparation des accidents de travail, I\u2019assurance-chô-mage-maladie-vieillesse-décès, I apprentissage et la formation professionnelle, etc.A date, ces conventions ont fait I objet de près de 900 ratifications formelles par les gouvernements des Etats-Membres de l\u2019Organisation internationale du Travail.Voilà des résultats que n auraient pu obtenir les travailleurs s ils n avaient eu à leur disposition qu une fédération internationale syndicale, car le progrès social des masses laborieuses dépend d une collaboraton tripartite entre les gouvernements, les employeurs et les travailleurs.C est pourquoi I action éventuelle de la prochaine fédération internationale des unions ouvrières décidée à Londres ne pourra en rien entamer l\u2019influence et le développement de l\u2019Organisation internationale du Travail.304 Evolution du Trade-Unionisme International * * * Pour résumer ces deux organismes internationaux ne s\u2019opposent d aucune façon.Ils ont chacun leur domaine d'action propre.Toutefois si ro.i.t.occupe un plan supérieur à la nouvelle Fédération internationale des unions ouvrières, cette dernière permettra aux travailleurs d exercer une influence plus décisive lors des Conférences internationales du travail.Commentant le programme économique et social élaboré à Londres par le Congrès mondial des unions ouvrières, la revue « The Economist » écrit : « Tfiese are all, of course, matters that require a great deal of argument before tbey can be accepted by Governments and employers as glibly as tbey can be incorporated into tbe resolutions of labour conferences.It mi gHt also be argued tbat tbey are properly tbe province of tbe I.LO and not tbe world trade union federation.But the two cannot he separated, since the effectiveness of the I LO depends largely on the pressure which organised labour can bring to bear in its counsels, nationally and internationally.An effective international movement might be of value in exercising pressure to bring about world-wide improvements in wages and standards of living, wbicb from every bigb standard already to tbe advantage of those who have bigb standards already.» La nouvelle Fédération internationale des unions ouvrières devrait donc diriger son influence dans le sens indiqué par IEconomist.Sans doute elle pourra propager les théories économiques et sociales qui orientent 1 action des unions ouvrières dans le monde entier, mais son rôle immédiat consistera à promouvoir avant tout l\u2019action strictement syndicale, principalement la reconstruction du trade-unionisme dans les pays qui ont connu I occupation nazie.Il appartiendra toujours à l\u2019Organisation internationale du Travail d\u2019assurer la réglementation internationale de la législation du travail ainsi qu\u2019en ont décidé les Nations-Unies à la Conférence de Philadelphie.Jean-Pierre Després Québec, 11 avril 1945\tSecrétaire du Département des Relations Industrielles de Laval Le sens des faits « La Nation » par le R.P.J.-T.Delos, O.P.1 Cet ouvrage est dédié au département de Recherches de la Faculté des Sciences sociales de I Université Laval où I auteur, le Révérend Père Del os, est professeur depuis près de quatre ans et où il s est acquis pour toujours l\u2019estime, F amitié et la reconnaissance de ses collègues et des étudiants.L annonce des Editions de I Arbre affirme que ce livre du Père Delos est « le plus important ouvrage paru en Amérique depuis 1939 ».Pour une fois I enthousiasme publicitaire nous paraît justifiable, même si, personnellement, nous n osons porter un jugement aussi exclusif, ne connaissant pas tous les ouvrages « parus en Amérique depuis 1939 ».Cependant on peut dire sans crainte de se tromper que c est un des plus importants et le plus fort qui ait été publié au Canada français.Ces deux volumes, I auteur le laisse entendre en avant-propos, ne sont que les premiers d une Somme d études qu il se propose de faire sur le problème de la Civilisation dont les données fondamentales sont la Nation, 1 Etat, et les Masses.Les deux tomes déjà parus nous offrent d abord une introduction où 1 auteur définit, compare et précise les concepts de civilisation et de culture, pour ensuite exposer dans ses grandes lignes le problème général de la civilisation avant d étudier à fond le cas spécial de la Nation.Nous souhaitons vivement que les deux ouvrages projetés nous arrivent un jour prochain.En passant, nous avons le plaisir de pouvoir dire au lecteur que, dans une lettre récente, le Père Delos nous apprenait que son travail sur I Etat était déjà sur le métier et qu\u2019il lui consacrait les quelques heures de répit que lui laissent les occupations diplomatiques qui le retiennent présentement à Rome.Le Père Deïos, en effet, est magnifiquement préparé pour traiter de tels problèmes à cause de la grande connaissance théorique et pratique qu il en a.Philosophe formé aux plus sûres disciplines thomistes, juriste éminent sorti de 1 Université Catholique de Lille, sociologue accompli et célèbre tant par ses études personnelles que par son enseignement et sa constante participation aux travaux des Semaines Sociales de Erance et des Archives de la Philosophie du droit et de sociologie juridique, le 1.Les Editions de l\u2019Arbre, Montréal, 1944.2 vol.de 197 et 218 pp.20 cm.306 Le sens des faits Père Delos possède en plus, outre les riches connaissances que lui ont apportées I étudie et I enseignement du droit international, une vaste et inappréciable expérience en ce domaine, acquise par ses contacts multipliés avec des politiques de premier plan, sa fréquentation des milieux de la S.D.N., sa présence dans plusieurs conseils et organismes internationaux, et son action au sein de I Union Catholique d Etudes internationales \\ Une fois posé dans sa grande généralité le problème de la civilisation en regard de la culture, l\u2019auteur commence par démêler les concepts de nation et de race pour bien nous montrer leurs différences essentielles et leur définitive irréductibilité.Tî étudie ensuite l\u2019influence du milieu ethnique dans la formation de la conscience nationale dont il analvse les facteurs sociologiques (terre, maison, institutions économiques, militaires et culturelles, valeurs religieuses).Suit une étude proprement sociologique de la nation et de la vocation nationale en rapport avec la mission historique de l\u2019homme.Après quoi l\u2019auteur consacre de fortes pages au nationalisme libéral et au nationalisme totalitaire en faisant une analyse critique de leurs éléments respectifs et des sources spirituelles dont ils sont issus.Il saisit I occasion de faire le procès du volontarisme politique et du nationalisme raciste hitlérien pour ensuite déterminer quels sont, exactement, au delà de ces deux erreurs, les droits de l\u2019homme et du national et intégrer ces derniers dans un ordre juridique humain total, en indiquant quels doivent être les rapports de la nation et de l\u2019Etat, et les conditions d une efficace protection internationale des libertés nationales.« L\u2019ordre de civilisation ne trouvera de solidité qu en assignant aux nations leur vraie place et en les rendant à leurs fonctions naturelles ».Déjà, en 1929, dans un ouvrage intitulé « La Société internationale et les Principes du Droit Public », le Père Delos avait commencé à exposer quelques-unes des idées développées dans le présent ouvrage.Mais combien sa pensée ne s est-elle pas précisée, enrichie et solidifiée depuis.Sa dernière étude nous apporte, en effet, une synthèse à peu près définitive du problème « national ».Partant, il constitue un ouvrage-clé, un guide indispensable à tous ceux qui, chez nous comme partout ailleurs, ont à s\u2019occuper de résoudre pratiquement des problèmes d\u2019organisation nationale et internationale.1.Dans l\u2019Union Catholique d\u2019Etudes internationales, le Père Delos travailla avec des spécialistes tels que Gonzague de Reynold, le Père de la Bruyère, Mgr Noll, George Makla-koff, le Père Przwara, etc.Aux Archives de Philosophie du droit et de sociologie juridique, il eut comme collaborateurs des hommes comme Louis Le Fur, George Gurwitch, Célestin Bougie, Henri Capitant, Paul Cuche, Félix Senn, Harold Laski, etc.307 Revue dominicaine On ne trouvera de solutions justes et définitives à ces éternelles, délicates et difficiles questions que lorsqu\u2019on se sera résolu à en étudier les données avec plus de raison et moins de sentiment.« le règne de I esprit dans la vie sociale de 1 homme ».La peinture canadienne Georges-Henri Lévesque, O.P.La très intéressante exposition de peinture canadienne qui vient d avoir lieu à Rio de Janeiro et à Sao Paulo a une valeur propre qui a été étudiée par nos critiques d art.Je ne reprendrai pas leur travail.Je me contenterai de quelques considérations générales qui me paraissent pouvoir se résumer en une grande leçon.A la vérité, ce qu\u2019il y avait de plus frappant, me semkle-t-il, dans cette collection de tableaux choisis pour nous présenter la peinture au Canada, c était une unité d esprit et une originalité qui ont laissé les Brésiliens, amateurs de peinture, plutôt abasourdis, si j en juge d après ce que j ai lu et principalement d après ce que j\u2019ai entendu.Sans aller jusqu\u2019à une critique ouverte, en cbercbant même, au contraire, à être compréhensifs, tous les auteurs dont j\u2019ai pu lire les articles ici à Sao Paulo n\u2019ont pas manqué de souligner ce que j appelle avec une certaine audace « I originalité » de la peinture canadienne et sa grande leçon.Tous ils ont parlé de « décorativisme ».Je me demande si ce quali ficatif, qui a aujourd hui un sens péjoratif en critique d\u2019art, convient vraiment au cas spécial que paraît présenter la peinture canadienne.Convient-il vraiment de censurer cette peinture à cause de son « décorativisme » ?Peut-on même employer ce mot pour qualifier la tendance principale des peintres du Canada ?Je pense que non, absolument non.Comme censure, celle-là me semble celle qui convient le moins de toutes.Car il est de toute évidence qu il s agit d une peinture consciemment et volontairement « décorative ».Or, on ne peut reprocher à un objet de posséder un caractère déterminé quand ce caractère a été voulu et recherché en lui-même.Tout comme il ne me paraît pas possible de blâmer un « whiskey » d\u2019avoir un goût de « whiskey » et non un goût de Champagne.Ne vaudrait-il pas mieux alors étudier les éléments spirituels et techniques qui ont permis à la peinture du Canada de réaliser son caractère « décoratif » plutôt que de lui reprocher d avoir ce caractère ?Ne serait-il pas préférable de chercher pour voir s il n y aurait pas la, sous-jacente et implicite, toute une doctrine ?Il existe une conception européenne de peinture »\u2014 admirable sans aucun doute *\u2014- qui s est développée depuis la Renaissance jusqu à nos 508 Le sens des faits jours.De cette peinture européenne, notre civilisation est héritière.Malgré notre culture érudite, encyclopédique et éclectique, nous, Américains, nous avons, à I égard de cette peinture, cela ne fait aucun doute, un préjugé ultra-favorable et je crois même une superstition.Mais nous devrions savoir que ce concept de peinture, cette doctrine, cet idéal, n\u2019est pas Tunique que I histoire des arts plastiques nous présente.Même dans IEurope chrétienne la peinture byzantine dans sa totalité, avec ses ramifications slaves qui se sont développées jusqu à nos jours, et également la peinture gothique des enluminures, sont des styles et des conceptions nettement originales.Aucune de ces deux variétés ne prend comme hase l\u2019illusion d optique, le réalisme visuel et par là même toutes deux supposent à la peinture qui nous a donné Orcagna et Raphaël, aussi bien que Cézanne et même le Picasso le plus cubiste.Et puis, mon Dieu, il y existe bien d autres espèces de peintures et de conceptions picturales : 1 égyptienne, la magdalénienne, 1 aztèque.Souvenons-nous également que la Perse, la Chine, la Nouvelle-Zélande, nous ont donné des peintures originales.On peut croire que deux principes distincts, quoique non pas opposés I un à I autre, régissent toute conception de peinture : le réalisme visuel et ce qu on appelle la « stylisation ».Dans la « stylisation », 1 élément « décoratif » est une exigence logique et une conséquence technique.On peut même dire qu il est le moyen par lequel la beauté exerce sa force d attraction.II me paraît que nous voilà ramenés aux théories de Verworn : substantiation ou transsubstantiation, réalisme ou mysticisme.II n\u2019y a aucun doute, par exemple qu\u2019on perçoit un idéalisme mystique plein d ardeur chez les peintres canadiens les plus originaux et les plus représentatifs.II ne s agit pas cependant chez eux d une mystique théiste, mais d une mystique profane, éminemment agnostique et pratique, d une prise de conscience admirative de la terre, de l\u2019existence et du travail canadiens.Cette mystique possède une allure réellement démocratique, authentiquement démocratique.La peinture canadienne n est d aucune manière le monopole d une classe dominante faite de snobs et de collectionneurs, comme c est le cas des peintures érudites des démocraties tant européennes qu américaines.Je n\u2019insiste pas là-dessus.Si on la considère ainsi comme l\u2019expression d une conception nouvelle de I art et de la peinture, conception mystique et prosélyte et même prophétique d une vie socialisée, la peinture canadienne nous invite à la comparer non seulement à la peinture européenne, mais encore à I excellente peinture mexicaine et à la médiocre peinture russe.La question Revue dominicaine placée à cette hauteur, que reste-t-il à critiquer ?Notons que nous sommes en présence J un groupe de peintres, en général d ascendance française, ckez qui s\u2019entend comme 1 écko, parfois très puissant, des tons mineurs émis par les cors, les kautbois et les guitares de I école de Paris.Cependant ces réminiscences européennes n empêckent pas que I on reconnaisse d\u2019emblée, à travers I euphorie de la plastique, le bouillonnant esprit national canadien.Et cet esprit se distingue essentiellement de l\u2019esprit anglais et même de l\u2019esprit étatsunien.Ce qui frappe le plus dans la peinture canadienne, c est sa grande loyauté en face de la vie, marquée surtout par I importance donnée au sujet.C\u2019est encore son optimisme carrément exprimé par un sentiment de « pean », par une sorte de cantique triomphal des formes et des couleurs.Dans la peinture des Nord-Américains même la plus saine, il reste une certaine critique de la vie, un certain non-conformisme, que la peinture européenne de son côté également conserve, même lorsqu elle est au service de la classe dominante.C\u2019est une conséquence du réalisme visuel.Au cours de ma visite de I exposition canadienne, cette manière de critique non-conformiste je n ai pu I apercevoir, pas même dans la stylisation des tempêtes et des paysages de neige.Jusque dans ses évocations les plus typiques, l\u2019exposition canadienne ne critiquait pas : elle chantait et exaltait.Je fais remarquer que je traite seulement des tableaux et des peintures « décorativistes » présentés à cette exposition.D après ce que je viens d écrire plus haut, il est facile de voir que je ne prétends pas étudier la peinture canadienne à la manière d un critique.J\u2019ai seulement voulu tirer une leçon.La peinture canadienne paraît s\u2019acheminer vers une conception nationale de peinture, diverse de la conception traditionnelle européenne.Cette conception nouvelle dérive d\u2019un esprit mystico-profane, religieusement attaché à la terre et au travail.C\u2019est une peinture qui procède d\u2019une conscience très intime de la nationalité de la terre, d\u2019un amour vibrant de la patrie ou, pour mieux dire, d une acceptation passionnée et satisfaite du pays géographique.De cette mystique dérive un style qui n implique pas le réalisme visuel avec ses illusions d\u2019optique et ses déformations parfois expressionnistes, parfois constructivistes.Ce style neuf exprime le visuel d\u2019une manière didactique, en le traduisant par des hiéroglyphes, des symboles, des allégories qui peuvent être compris immédiatement par le peuple, et qui se trouvent à être par là même prosélytes et collectivistes.II arrive même parfois que ce désir d\u2019enseigner le peuple conduit à la technique des panneaux « géographiques ».310 Le sens des faits il ne convient donc pas de qualifier une peinture de « décorative » (au sens péjoratif), uniquement parce que sa solution pratique se rapproche du style des décorations européennes.La peinture canadienne qui vient de nous être montrée se révèle un art conscient de sa finalité et riche d artistes capables de réaliser avec succès I idéal qu ils se proposent.C est une admirable leçon de liberté personnelle et de conscience nationale \\ Mario De Andrade En marge de la campagne sur La Fierté étudiante « C\u2019est par votre patience que vous sauverez vos vies ».S.Luc, 21, 19.Qu importe le champ d activité.Qu importe la finalité temporelle d un effort donné.Pour être base et pierre d angle d\u2019une fortune colossale et peut-être malhonnêtement acquise, pour être à la fois bâtisseur et esclave d une entreprise en pyramides c\u2019est bien le nom qu\u2019on donne aux grands monopoles industriels \u2014 faut-il croire que l'ouvrier d\u2019usine perd le mérite de son travail, cette raison dans I œuvre servile qui la rend éminemment enrichissante pour celui-là même qu\u2019on y voit enchaîné ?Qu importe à 1 ouvrier d être utilisé comme rouage d une immense machine, si le principe de vie qui 1 anime, si le mouvement intérieur qui le porte en avant lui fournit une force révolutionnaire extensible à I infini et capable de détourner à son profit, à sa formation strictement humaine, un acte qu\u2019un potentat destine au progrès d\u2019un cartel.Nous en convenons : à mesure que s\u2019accélère la production, à mesure que se multiplient les convoyeurs à chaînes, porteurs de l éternel boulon à river, de I éternelle pièce mécanique à tourner, cette mise à profit devient plus difficile.La lassitude, ou tout simplement la monotonie du travail, entrave de plus en plus la liberté de chaque geste.Mais la réaction est toujours possible.Elle est difficile certes.Nous vivons en un monde où tout est difficile, en tout temps.La différence d un siècle à 1 autre, pour sensible qu elle soit, ne peut offrir, à celui qui sait la considérer avec le recul nécessaire, d insurmontables fluctuations d intensité.Nous ne ferons pas à I homme I injure de le croire inférieur à la matière, à la machine, à quelque système, si rigide, si mathématique, si 1.L\u2019auteur de cet article vient de mourir à Sao Paulo.Cet article est l\u2019un des derniers qu\u2019il ait écrits.L\u2019œuvre de Mario de Andrade est très importante et très variée : essais de sociologie, critiques littéraires, études folkloriques et musicales, poésie, contes, romans, histoire littéraire, histoire de l\u2019art, études sur la peinture, la sculpture, l\u2019architecture.Son influence sur la jeune génération est très marquée.Il a prêché à ses compatriotes la connaissance de l\u2019homme et de la terre du Brésil.511 Revue dominicaine « pratique » soit-il.L\u2019homme a été créé libre ; il reste libre.Ni les puissances de l\u2019enfer, ni la volonté de I homme, ni sa propre lâcheté >\u2014> le cercle vicieux de ses fautes et défauts -\u2014¦ ne le peuvent priver de son droit au choix.II lui est toujours possible de jouer son rôle.Jouer son rôle.Jouer, c est-à-dire accorder plus d importance à l\u2019œuvre qu\u2019à soi.Ne pas se regarder jouer mais jouer, simplement, gravement, joyeusement.Soumettre son esprit et son corps aux exigences du jeu, et même à la volonté des hommes.Du metteur en scène, du patron, émane I autorité.A lui la responsabilité des surcroîts de fatigue ; à lui la charge d\u2019utiliser à une fin digne d elles les forces vives sous son commandement.Le seul devoir, le seul rôle, la seule attention de I ouvrier, c\u2019est de poser avec constance des gestes d ouvriers, La seule voix de 1 ouvrier, c\u2019est celle-là, jaillissant des mains, de tout le corps aussi bien que de la tête, qui répète patiemment des vérités d ouvrier.Nous cherchons une fierté ?En voilà une.Elle ne se porte pas comme un drapeau, elle ne s arbore pas comme un insigne.Mais elle peut fort bien compenser pour ce large bouton qu on vous remet à l\u2019entrée de l\u2019usine, après avoir pris vos empreintes digitales et votre photo.Au chiffre-numéro d appel, de liste de paye, numéro de série -\u2014 qu on porte ainsi sur son chapeau, au symbole mathématique d un ordre de fer, voici qu\u2019est opposé le signe d un autre Ordre.La marque qu\u2019on porte au nom ne peut empêcher l\u2019autre marque, jaillie de soi, de sa volonté libre, qu on imprimera sur chacune de trois mille bielles, infimes parties d autant de machines énormes, qui défileront devant soi à trois minutes d intervalle.II importe, pour la dignité de I ouvrier, que les fruits de I arbre- Taylor soient réalisés chacun selon sa vérité, qu ils trouvent naissance avec toutes leurs dimensions propres, dans toute leur exactitude.Tout effort qui n irait pas jusque-là n\u2019est pas digne d un ouvrier.Tout manque de fierté >\u2014> fierté active : la seule « L enseignement et I étude du grec ».Montréal, Editions Fides, 1944.24.5 cm.264 pp.En l\u2019honneur de la culture hellénique M.Lebel cisèle une dizaine de strophes.Si le lyrisme vous en paraît plus ou moins agaçant, la vibration, elle, demeure soutenue.Nous sommes heureux de lire ce très convenable résumé des grandes discussions engagées sur ce thème.Puissent ses suggestions passer à l\u2019acte en terroir intellectuel laurentien ! Mais nos collégiens n\u2019auront intérêt à aborder ce programme Lebel que s\u2019ils sont déjà de solides élèves en français et en latin.Enseigner le grec à des élèves ne sachant pas écrire une page en français authentique, c\u2019est une de nos plus remarquables gageures.Yves Ptlfe Semaines Sociales du Canada, XXIe session « La Restauration sociale ».Montréal, Ecole Sociale Populaire, 1945.24.5 cm.278 pp.Cours et conférences des assises tenues à l\u2019Université d\u2019Ottawa du 28 septembre au 1er octobre 1944.Huit cours, trois conférences, un sermon.Le sermon est net, bref, direct.Les conférences délayent sur le mode académique des laïus aussi vénérables qu\u2019inoffensifs.La plupart des cours sont rédigés d\u2019une façon très claire, avec le minimum de technicité indispensable à cette clarté.\t.\t, , _ .Andre Diotte 315 Revue dominicaine Maurice Gagnon >\u2014> « Peinture canadienne ».Montréal, Editions Pascal, 1945.24.5 cm.160 pp.M.Gagnon évoque ici avec intérêt les premières manifestations de l\u2019art en liaison avec la vie totale du peuple canadien.L\u2019ouvrage témoigne d\u2019une grande information, d\u2019une lecture abondante et d\u2019un sens critique assez libre.On regrettera sans doute un certain décousu dans l\u2019expression.A côté de raccourcis très réussis, il en est d\u2019autres qui paraîtront pauvres et superficiels.L\u2019ensemble fait impression plus qu\u2019il n\u2019instruit.Mais il éveille et \u2014 je le souhaite \u2014 provoquera son lecteur.Jacques Boileau Cardinal Gasparri «Cours de Religion pour les adultes extrait du Catéchisme catholique du Cardinal Gasparri ».Les Editions de L Action catholique, Québec, 1944.17 cm.241 pp.Heureuse idée que d\u2019offrir aux adultes un Cours de Religion.Mais choisir des extraits du « Catéchisme catholique » du Cardinal Gasparri dont le nom seul est une garantie doctrinale est une autre question.Je cherche dans une préface qui n\u2019existe pas les raisons de ce choix.Nous sommes en face d\u2019un effort d\u2019adaptation.L\u2019exposé de ce Catéchisme est assez aride et la présentation pareillement.Est-ce bien ce qui convient à nos adultes ?Tel quel, il peut rendre de grands services.Mais pourquoi, q.207, note 1, cette explication qui n\u2019explique rien : Honorer signifie avoir une idée honorable de quelqu\u2019un ?Puis cette nouveauté, q.254 : la loi de l'abstinence et du jeûne réunis oblige les vendredis et samedis du Carême ?A mon humble avis, le Catéchisme qui conviendrait le plus à nos adultes de toutes classes parce qu\u2019il s\u2019y dégage une fraîcheur presque enivrante et une vie conquérante qui nous ramènent sans cesse à l\u2019Evangile, c\u2019est celui de Mgr Houbaut, évêque de Bayonne, intitulé : « Mon Catéchisme Vécu ».P.Lethielleux, Paris, 1938.C\u2019est un livre qu\u2019on ouvre une fois et qu\u2019on ne referme pas.Il faudrait évidemment y ajouter le 7e Commandement de l\u2019Eglise, supprimer certaines questions, en ajouter d\u2019autres.Tous ceux qui ont eu l\u2019avantage de le lire m\u2019ont avoué qu\u2019une vertu en sortait avec la lumière.Tout en laissant au temps le soin de nous dire que vaut cet effort d\u2019adaptation des Editions de l\u2019Action Catholique, nous souhaitons que ce « Cours de Religion pour adultes » entre dans tous nos foyers avec l\u2019accueil que mérite le culte de la Vérité.\t.\t.r\t,\t\u201e n Antonin Lamarche, U.r.Hélène J.Gagnon « Blanc et noir », récit de voyage.Les Editions de F Arbre, Montréal, 1944.18 cm.264 pp.Ce petit livre vaut la peine qu\u2019on s\u2019y arrête.Il retient l\u2019œil à travers le bric à brac de pacotilles et d\u2019antiquités qu\u2019exhibent à l\u2019envi nos maisons d\u2019éditions, à la faveur des circonstances créées par la guerre.Ce sont les 516 L\u2019esprit des livres impressions d\u2019un voyage et d\u2019un séjour en Afrique reproduites dans un style original, correct, léger et spirituel.On se rend compte dès le début, que l\u2019auteur a compté sur sa délicatesse de sensibilité, sa finesse peu commune d\u2019observation et ses qualités de narratrice pour aborder avec un intérêt renouvelé un genre fort désuet en lui-même.Je n\u2019ai pas la compétence pour juger des idées de Mme Gagnon sur le colonialisme européen en Afrique.Tant pis pour le naïf qui les acceptera sans revision.Pour ma part, j\u2019ai assez de lutter contre la tentation de croire qu\u2019une plume masculine s\u2019est glissée là dedans.J\u2019en suis agréablement distrait par les observations toutes féminines et gracieusement intelligentes qui émaillent le récit presqu\u2019à chaque page : humour cueilli au passage à Londres ou apporté de la vieille Province, je ne sais trop.Sur le navire qui l\u2019emporte d\u2019Angleterre en Afrique, l\u2019auteur note l\u2019attitude des passagers, les uns vis-à-vis des autres.« Chaque passager s\u2019entoure de mystère comme s\u2019il avait la mission de mettre le feu aux Balkans» (p.61).Au cours du voyage, un comte anglais «souffle» à un Américain : « Rien égale les contacts personnels pour vaincre les préjugés de race» (p.65).Un groupe de jeunes militaires écossais comblent de gâteries la voyageuse canadienne : « Qui parle de l\u2019avarice écossaise commet une grossière erreur» (p.70).Des officiers britanniques la complimentent sur sa garde-robe : « Ainsi un Britannique attachait de l\u2019importance à la parure féminine ?Comme ils doivent être malheureux chez eux les pauvres.» (p.70).A Acra, elle se sent fort peu confortablement installée au troisième étage du Commonwealth Trust Buld.: « Mes deux Irlando-Canadiennes par parti pris impérialiste (ô paradoxe) et par zèle trouvèrent l\u2019endroit idéal » (p.87).Sur deux manières de connaître une ville, elle note qu\u2019on peut « la découvrir lentement comme on découvre un ami anglais » (p.93), etc.N\u2019oublions pas de signaler que le récit contient sur les ruines causées par 1 aviation allemande dans les villes anglaises des remarques spontanées, absentes de tout préjugé et de toute visée politique, qui lui aideront à surnager au milieu du flot de productions opportunistes que la fin de la guerre ne manquera pas de rejeter d\u2019un seul coup dans l\u2019oubli définitif.A.Saint-Pierre, O.P.Angus Graham « Napoléon Tremblay ».Traduit de I anglais par André Champroux.Editions Beauckemin, Montréal, 1945.22 cm.400 pp.Il faut que la vie canadienne soit bien riche pour inspirer si différemment des écrivains de nationalités différentes : le Français Louis Hémon, dans « Maria Chapdelaine », le Canadien de langue française Rin-guet, dans « Trente Arpents », l\u2019Anglais Graham, est-il canadien ?dans « Napoléon Tremblay » ; notre Grignon parviendra-t-il à faire la synthèse ?Ici, ce n\u2019est pas seulement une divergence de forme toute imprégnée de 1 humour anglais le plus authentique, c\u2019est le choix d\u2019un thème tout à fait 317 Revue dominicaine nouveau qui laisse apercevoir à travers des scènes et des paysages chers à Adolphe Nantel, des échappées extrêmement précises sur nos mœurs électorales et les manigances de nos bootleggers.« Napoléon Tremblay » est le titre d\u2019un ouvrage plus intéressant par la richesse et l\u2019exactitude de sa documentation que par son caractère vraiment artistique.Il lui manque le panache pour satisfaire totalement un lecteur québécois.Celui-ci, toutefois, a le devoir de rendre une entière justice à l\u2019auteur et au traducteur dont la sympathie vis-à-vis du sujet traité ne peut faire aucun doute.L\u2019auteur a reproduit la réalité sans nuage ni préjugé.Il n\u2019a pas renoncé pour autant aux manières propres à sa race qui créent pour nous une grande part de son originalité.Quant au traducteur, il jongle aussi aisément avec « la parlure canadienne » qu\u2019avec le patois de Bretagne ou de Provence.Serait-il déjà assimilé ?A.Saint-Pierre, O.P.Eddy et Roland Prévost
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