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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1938-11, Collections de BAnQ.

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[" REVUE DOMiNKAÎNE sSp-iii»; - rijsfrl ¦i ¦B Ql\t\t\tE\t\tEC\t E-GEO.ROUSSEAU.a.a.1, RUE FERLAND.TEL.2-4585\tP.Q- I.R.A.C\tTÉL.2-4462 Rousseau & Bégin ARCHITECTES 1, R U E FERLA ND PRÈS RUE DES REMPARTS QUÉBEC, P.Q.\t\t\t\tÉTIENNE BÉGIN ,a d.b.a.- i.r.a.c.38,RUE STE-ANGÈLE TÉL.2-8569 T^l.4-2Q\\3\tRés.4-2219 JULES DORION ~-^ENTREPRENEUR [p I PLOMBIER COUVREUR ÉLECTRICIEN 3erb fan ter/e sur ordre, de toutes sortes.Il, rue RAMSAY,\tQUÉBEC,P.Q.ELIER 4-4451 I mm RLUMRT ^ELECTRICIENS COUVREUR?7 \\ /, BUREAU .'45, rue DUMONT, QUEBEC, P.Q Tél.4-4781 -\\ y TEL.3-4-0 02 iïlflnUFflCTURIER DE FOURRURES 244,rue RICHELIEU, QUÉBEC,RQ.POUDRE fl PÂTE-POUDRE fl PPin>ÉPICES-THÉ-CAFLJRQVRILOE IflOUTURE ETC QUÉBEC,RQ.importateur\u2014,manufacturier TEL.2-5244 4-1538 (poinpù'mentsde- [p bûulhiicerie imnonaiE lue LÉGER DROLET, Prés.8, 6ème RUE, LimOILQU QUÉBEC, P.Q.TEL.9627 M IRM Tl ZICATji fourrures de Luxe CONFECTIONS ET RÉPARATIONS Spécialité: Chot sauvage fTloulon de Perse Renord orgentente.579,RUE ST-JEAN, Que bec, P.Q.Lecteurs : R ecommandez-nous h vos amis'- \"él.4-1 196 R.H.JALBERT, SBRANT Ifa (£\\t dtJTrais jfimér aires it (Québec ffîtèt LUOGER FERLAND, présioent 143, 3êmeAVENUE,QUÉBEC,P.Q.ENTREPRENEURS Tuile, Terrazzo, Marbre, Ardoise, Pierre Artificielle, m il li Pavages, Trottoirs, etc.-« J.IGN.BILODEAU- PRÉS.ETOÉRAHT TÉL.2-II43\tB2,RUE RICHELIEU, QUÉBEC.J.LA BELLE\u2014\u2014 Tél.ô2l6 1 S.Ru\tDiplômé General Motors leUanri CARR< Réparations dAutomobiles et de Rembourage Carrosserie endommagée et débossage de tous genres.\tJSSIER _ Spécialité:\u2014 Peinturage Duco Dupontr Vitrage des Chars Mécanique.2,Christophe Colomb,\tQuébec, RQ.\t QUEST.TÉL.4-1480 mnnuFflCTumcR oe mamas et sommiERs* v486,3s Avenue, LimoiLou, Québec,rq./ r5âS®5r \t\tTelephone Bureau : 80-40 Arthur PELLETIER&CIE.\tm 111\tConstruction de cheminées en brique solide et en brique radiale.Muraqe de bouilloires !67,rueSi-Sauveur.Québec,RQ MATÉRIAUX DECONSTRUCTION Toujours en moins : Ciment, Chaux, Plâtre,Hardwoll, Briques de toutes sortes, Terre à feu, Gyproc, Papier à construction,etc,etc.203,rue du Pont,Québec,PQ.Tél.4-4636 ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 185, Boulevard La n gel ier-Téléphone 2-6864 Les COURS SONT ORGANISES COMME\tBOURSES aux ÉLÈVES MÉRITANTS 1° COURS RÉGULIERS :\tÊ mÈm %\t2° COURS ABRÈGES D'AUTOMOBILE: ® TECHNIQUE, 4 ANNÉES D'ÉTUDES\t&\t\u2014 IO MOIS D'ÉTUDES- ® DES MÉTIERS, 3 ANNÉES D'ÉTUDES\t3 ° COURS DE SOIRS Diplôme Officiel\t.comprenant de nombreux cours libres PROSPECTUS sur DEMANDE mflTELHS\tJl(i|l||jll:Hmmis\t enResiSTRé ^x^monUFflCTURIER DEmflTÊLRS ^^^^^^RÉPflRflTIOnS De TOUTES S0RT6£_ ReiTlBOURRflGE figi DG meUBLGS\tÿo oeTOUTGenRe 15, RUE BOISSERU, QUÉBEC,RQ TÉL.:\t\t5347 BACHELIER ES ARTS DE L\u2019UNIVERSITÉ LAVAL,QUÉBEC.BACHELIER EN OPTOMÉTRIE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL.Sarto fetourneau,Ba.O.Optométriste-Opticien Examen de la vue .Correction DES TROUBLES MUSCULAIRES !Qtrue St-Jean, Québec, RQ Tel.3-3536 \t\t\t \t\u201e\tpi \\ îmsAl .V;jDiON !ü\tPrnrVt, o-,, Wr \u2022PKoto-Lafc'Ko.Z/4 BOUIÆTORD CHARe/T \"\t' rzrx\t\tà\t \t\t\t fliunano nriHTHieu(tel.3-3770) ÊDmoriD sylvam(tél.9898) mnTHiEu a Sylvain enTRepneneuRS, 44,Ste-ursute, Québec,RQ.tel, 2-2240 Meubles de Bureau NEUFS et USAGÉS BOIVIN£|UVASSEUR 117,CÔTE D\u2019ABRAHAM, QU ÉBEC,RQ.LOUIS H.LEVASSEUR,B.A.,Prop.TÉL.2-I77I ?w> \"tqt~ ^=S> «g.LABELLE TÉL.2-2445 LE CHIEN D\u2019OR MAGASIN UE THE ET CAFÉ * Importateur Rôtisseur\" BA.NADEAU, prop.189,ru\u20ac St-Jean,\tQuébec,RQ. IPlML - QUÉBEC SïHWFlMtf Tel.BYwater 0406 Bu anderie Monkland Art.Quenneville, Prop.Prix spéciaux pour Institutions religieuses 8, rue Robert Montréal FR.3186* LAITERIE IPERFECTIONI .DAIRY tiBttK.2565, CHAMBLY MONTREAL J.-Ed.MIGNAULT Optométriste Gradué, docteur en optique de Détroit et Phil.Exp.pour C.N.R.Ursulines : E.Lines, Ltd., etc., Marine, Aviation.Examen de la vue Lunettes, etc.Corrections musculaires Exercices orthoptiques 52, St-Jean Tél.2-1803 ST-HYÀCINTHE TRANSPORT INC.OPÉRflnT /T-HYPCWTHE hrpid mpa/ponr mOfïïRERL 25l.vuunBi»:IIIEJ987\te.maRinni.PROR\t656.yte-[IlorqüeHte\t PRIX 5PÉCIRUX aux COmmunHUTÉS RELIGIEUSES ILES FWDIITS FWIN (ïimUFPCTÜniEH.deodoranh- dé/infectant-/avoiy : 1 ig uide, mou, coco -t?i bé 1600 cirebPancher-poudrealaver.472 3,ST-DENIS L\t\u2014\tWUL-EmflBClL\u2014\tM,, TVOJHW 1734 27764077 4013 Son Excellence M&r Hildebrand Antoniutti Délégué Apostolique au Canada Depuis le départ de Son Excellence Mgr André Cassulo, devenu Nonce Apostolique en Roumanie, en août 1936, la Délégation Apostolique du Canada était sans titulaire.Pendant cette vacance de plus de deux ans, la responsabilité de cette haute fonction fut portée par Mgr Humbert Mozzoni, Chargé d\u2019affaires.Chacun sait avec quelle intelligence, avec quelle haute compétence, avec quelle diplomatie, au meilleur sens du mot, Mgr Mozzoni s\u2019est acquitté de ses fonctions.Mgr le Chargé d\u2019affaires a donné à l\u2019Eglise du Canada une administration au moins égale aux meilleures et, ce qui est rare et manifeste une compréhension adéquate des problèmes et une claire vision des solutions, à la satisfaction de tous.Au moment où Mgr Mozzoni remet la direction des affaires au nouveau Délégué Apostolique, Son Excellence Mgr Hildebrand Antoniutti, il n\u2019est sûrement pas inopportun de lui dire un grand merci, en lui exprimant nos sentiments d\u2019admiration et de profonde affection.Il est de ceux dont le nom restera cher à tous et dont la rayonnante personnalité aura fait le plus de conquêtes pour le bien de l\u2019Eglise du Canada.C\u2019est à l\u2019occasion de la réunion plénière des Archevêques et Evêques du Canada, au Palais cardinalice de Québec, que fut officiellement annoncée la nomination de Son Excellence Mgr Antoniutti ci la charge de Délégué de Sa Sainteté Pie XI au Canada.Dès ce moment il nous tardait de connaître notre nouveau Délégué.169 Kevue Dominicaine Le 22 septembre Son Excellence débarquait à Québec ; le 2J\\ au soir, le clergé et la population catholique d'Ottawa l'accueillaient à la gare, l'escortaient; éi la cathédrale pour la cérémonie liturgique de réception.Son Excellence n'eut qu\u2019à paraître pour gagner tous les cœurs.Sa parole mit ensuite le sceau à cette première impression.Nous étions sûrs d'avoir un Délégué Apostolique de haute valeur et autorité.Son Excellence Mgr Antoniutti est originaire de la Vénétie, dans le diocèse cl'U dine, province clu meme nom, au norcl-est de l'Italie.C\u2019est au Collège Romain que Mgr Antoniutti a fait ses études de théologie et de droit, au centre des traditions romaines et de la diplomatie de l\u2019Eglise.En 1920 il était fait prêtre à Rome même.Le jeune abbé ne s\u2019est pas tout de suite engagé clans la carrière diplomatique.A l\u2019automne 1920, il est professeur au Séminaire d'Udine en même temps que secrétaire cle l\u2019Archevêque.Pendant sept ans il sera occupé à ces deux fonctions.Mais Rome pour son service diplomatique a besoin des meilleures compétences et elle va chercher les valeurs là où elles sont.Aussi bien, en 1927, le Souverain Pontife nommait Mgr Antoniutti Secrétaire cle la Délégation Apostolique en Chine.Promu ensuite au rang cl\u2019Auditeur, pendant trois ans Mgr Antoniutti aura toutes les responsabilités cle la Délégation en qualité cle Chargé d\u2019affaires.Après sept ans cle service en Chine, le Saint-Siège le rappelle en Europe et le nomme Auditeur à la nonciature de Lisbonne au Portugal.Deux ans plus tard, en 1936, à trente-huit ans, Mgr Antoniutti était élu Archevêque cle Synnade et nommé Délégué Apostolique en Albanie, dans les Balkans.Tl occupait ce poste depuis un an à peine quand la conf iance du Saint Père le chargea 170 Son Excellence Mgr Hildebrand Antoniutti cVune mission extrêmement délicate en Espagne, l\u2019accréditant auprès de Franco.C\u2019est là que Son Excellence apprit que Sa Sainteté Pie XI l\u2019avait désignée pour le Canada.« Telle est la carrière sacerdotale et diplomatique de Mgr Antoniutti, âgé ci peine de quarante ans.C\u2019est un Prélat supérieurement préjjaré que la confiance du Saint Père a délégué au Canada, dans un grand sentiment de bienveillance pour nous.L\u2019autre soir, à la cathédrale d\u2019Ottaiva, j\u2019ai eu vivement l\u2019impression que Son Excellence Mgr Antoniutti est un homme de grande lignée et d\u2019exceptionnelle valeur.Assis sur le trône préparé pour lui, en face de celui de VArchevêque d\u2019Ottaiva, il me rappelait singulièrement le Cardinal Merry del Val que j\u2019ai souvent vu pontifier à Rome.Mgr Antoniutti est grand, mince, d\u2019une distinction parfaite, pleine de noblesse et qui inspire le respect.La bonté de son regard révèle son cœur et commande une affectueuse confiance.C\u2019est assez dire avec quel bonheur nous recevons Monseigneur le Délégué Apostolique et sur quelles dispositions il peut compter dans l\u2019accomplissement de sa charge.La charge de Délégué Apostolique au Canada n\u2019est pas toujours facile.Il faut absolument que celui qui en porte les responsabilités puisse compter sur la bonne volonté, la confiance, l\u2019affection, la vénération de tous, sur une soumission f iliale et sans réserve.Le Délégué Apostolique incarne chez nous le Vicaire du Christ ; il est le lien entre nous et notre Père ; ses directions sont celles du Pape.Les sentiments que nous devons avoir pour lui sont ceux que nous avons pour le Père commun des f idèles lui-même ; c\u2019est cela être catholique.171 Revue Dominicaine Nous avons la conviction que Son Excellence Mgr le Délégué Apostolique trouvera ces dispositions d\u2019âme et de cœur chez nous.Ce lui sera une consolation et un réconfort dans l\u2019exercice de ses hautes fonctions parfois si lourdes de responsabilités.Les Dominicains du Canada sont très heureux d\u2019offrir leurs hommages les plus respectueux et de donner l\u2019assurance de leur dévouement dans une filiale ferveur à Son Excellence Monseigneur Hildebrand Antoniutti, Délégué Apostolique.Ad multos annos ! Pie-M.Gaudrault, O.P.Maître en Théologie Prieur des Dominicains d\u2019Ottaiva 172 Le s dimensions du Scoutisme Né il y a à peine un quart de siècle/le scoutisme est déjà répandu dans quarante-huit pays et compte plus de trois millions et demi d\u2019adhérents.On 11e connaît guère de mouvements de ce genre qui aient fait en si peu de temps leur tour du monde.Baden-Powell n\u2019avait peut-être songé au début qu'à ses jeunes compatriotes ; il 11'en laissera pas moins une œuvre qui s\u2019adresse à la jeunesse de tous les temps et de tous les pays.Dans le Québec, le scoutisme a été accueilli tout d\u2019abord avec un peu de méfiance.On se gardait bien de lui nier toute utilité, comme méthode de formation ; mais on mettait en doute son aptitude à former de petits Canadiens-français.D\u2019origine anglo-protestante, il 11e pouvait être introduit chez nous, sans avoir au préalable subi de profondes modifications.Dans un de ses « mots d\u2019ordre », paru en juillet 193G, l\u2019Action française se faisait l\u2019écho de ces craintes.« Il reste, cela va sans dire, que le scoutisme canadien-français 11'aura rien à faire avec le scoutisme officiel, d\u2019origine et d\u2019esprit anglo-protestants ».Depuis lors, les esprits ont évolué.Le scoutisme authentique a été vécu ; et, comme la meilleure façon de comprendre une chose comme celle-là est encore de la vivre, bien des préjugés sont disparus.On a découvert, chaque jour davantage, le caractère humain, universel de la méthode scoute.L\u2019affiliation du scoutisme canadien-français au scoutisme officiel, en 1935, marque le terme de cette évolution.Qui oserait prétendre que ce geste, dû à l\u2019initiative de nos évêques, fut un geste antipatriotique ou antireligieux ?173 -KEVUE Dominicaine iüst-ce â dire qu il 11e reste plus ae trace ae ta ueïiance premiere vis-a-vis du scoutisme omciei ! nous ne le pensons pas.La question scoute a ete meiée a nos questions nationales et a subi le contre-coup de nos controverses, il n\u2019est pas douteux qu\u2019elle gagnerait à s\u2019en dégager.Le scoutisme n\u2019est pas une société patriotique, ni un mouvement national.Prenons-le pour ce qu'il est : une merveilleuse méthode de formation.Tout au plus pourrons-nous nous demander si, avec cette méthode, nous arriverons à former de véritables Canadiens-français, à faire régner une meilleure entente entre les citoyens de notre pays et enfin à créer entre les peuples un large esprit de fraternité.C\u2019est ce que nous voudrions établir dans les pages qui suivent.Comme la géométrie classique, la méthode scoute est à trois dimensions.Elle est d\u2019abord individuelle, puis nationale, enfin elle travaille à rapprocher les jeunesses des différents pays et à créer entre elles, avec une meilleure compréhension, le désir de collaborer ensemble à l\u2019œuvre commune du progrès de l\u2019humanité.I) Le scoutisme et la formation individuelle Au Canada, deux races vivent côte à côte, ayant des devoirs identiques et des droits égaux.Les richesses sont communes et demeurent à la portée de tous.Il est juste que nous en revendiquions, nous Canadiens-français, notre part légitime ; il importe davantage encore que nous nous mettions en état de la prendre.Tant que l\u2019instruction à tous ses degrés ne sera pas devenue notre premier souci ; tant que nous ne serons pas fermement résolus de faire, pour la formation scientifique, technique et professionnelle des nôtres, les mêmes sacrifices que nos concitoyens, nous resterons loin en arrière d\u2019eux, malgré toutes nos 174 Les dimensions du Scoutisme revendications et malgré tonte la fierté patriotique qu\u2019on aura réussi à nous inspirer.Jusqu\u2019ici nous nous sommes gargarisés de mots ; il est plus que temps que nous passions à l\u2019action.11 nous faut donc des hommes instruits.Mais cela ne suffit pas.Ce qui nous manque davantage encore, ce sont des hommes tout court.Et c\u2019est ici que le scoutisme peut nous apporter une aide précieuse.« Le terme de scoutisme, écrit Baden-Powell, a été donné à un système qui, par ses jeux, tend à former des jeunes garçons et des jeunes filles pour leur donner une éducation civique complétant le système des écoles ».Ce que Baden-Powell reproche, en effet, à l\u2019école moderne, c\u2019est de se préoccuper plus d\u2019instruire les enfants que de les éduquer.Et ce serait principalement pour combler cette lacune qu\u2019il aurait organisé le scoutisme.Nous ne pensons pas qu\u2019on puisse faire aux écoles de chez nous le même reproche.L\u2019éducation demeure, pour le moins autant que l\u2019instruction, le but de nos maîtres chrétiens.Qui oserait affirmer pourtant qu'ils aient toujours réussi à nous donner des hommes ?Qui oserait prétendre que leur effort n\u2019a besoin ni d'être complété, ni d\u2019être prolongé ?Que le scoutisme ne soit pas le seul organisme qui puisse venir en aide à l\u2019école : là n'est pas la question.Il n\u2019en reste pas moins l\u2019un des plus efficaces et celui peut-être qui exerce le plus d\u2019attrait sur la jeunesse de tous les pays.Ce qui fait l\u2019efficacité de la formation scoute, c\u2019est qu\u2019elle est avant tout une formation individuelle.Des pédagogues réclament cette formation dans nos écoles.Elle y restera toujours un idéal plus ou moins chimérique.Voici un instituteur qui a trente ou quarante enfants qu\u2019il doit gaver de toutes sortes de 175 Bévue Dominicaine connaissances, parmi lesquels il doit maintenir une discipline uniforme.Il aura beau être psychologue, pourra-t-il étudier le caractère, le tempérament d\u2019un chacun ?Pourra-t-il découvrir toutes les possibilités individuelles pour en tirer le meilleur profit possible ?Pourra-t-il, vis-à-vis de celui-ci et de celui-là, adopter une ligne de conduite différente et appropriée ?Malgré lui, la formation qu\u2019il donnera, restera une formation collective.C\u2019est à une formation personnelle, au contraire, que vise le scoutisme.La tâche du chef, déclare Baden-Powell, c\u2019est de « découvrir dans chaque garçon et de lui faire sortir ce qu\u2019il a en lui, puis de s\u2019emparer de ce qui est bon et de le développer, à l\u2019exclusion de ce qui est mauvais.Il y a cinq pour cent de bien, même dans le plus mauvais caractère.Le jeu consiste à le découvrir et à le développer jusqu\u2019à une proportion de 80 ou 90 pour cent ; c\u2019est l\u2019éducation, et non plus l\u2019instruction ».Le chef devra donc observer chaque enfant et s\u2019efforcer d\u2019en découvrir les qualités et les défauts.8011 action variera à l\u2019infini selon l\u2019âge, le tempérament, le milieu social.La limitation du nombre des garçons dans les unités scoutes, limitation imposée par Baden-Powell lui-même, rendra possible la souplesse de cette direction.Au lieu de s\u2019éparpiller, l\u2019effort du chef se concentrera : ce sera un effort en profondeur.Mais, il y aura en plus une action réciproque des garçons les uns sur les autres, action fondée sur l\u2019exemple et l\u2019émulation.On va créer, autour d\u2019eux, l\u2019atmosphère où leurs qualités naturelles pourront s\u2019épanouir librement.On va leur imposer une attitude collective.Toutefois cette attitude devra être librement consentie, être commandée de l\u2019intérieur, s\u2019inspirer d\u2019une conviction.Autrement, ce ne serait qu\u2019un uniforme qu\u2019on déposerait 176 Les dimensions du Scoutisme en revenant cln camp on en sortant de la réunion.Formation individuelle, attitude de groupe imposée de l\u2019intérieur : voilà l'idéal du scoutisme et ce qui lui permet de venir en aide à l\u2019école et de compléter son œuvre éducatrice.Bernard Thorel, dans son ouvrage « Le scoutisme de Baden-Powell », résume ainsi les éléments de cette formation : « Développement de la santé et de la vigueur », « Développement de l\u2019habileté manuelle et de l\u2019adresse », « Développement du caractère et de l\u2019intelligence ».Tout cela inspiré par la religion et ordonné au service du prochain et à celui de la patrie.Il ne nous est pas possible d'entrer dans le détail de cette formation.Nous nous bornerons \u2014 nous en tenant à la division de Bernard Thorel \u2014 à en marquer les traits principaux.On trouvera, dans les articles qui précèdent, un exposé complet de ce que nous sommes forcé de résumer ici.Le scoutisme a pour but de faire d\u2019abord, de la génération de demain, une génération d'hommes sains et forts.Il apprend aux enfants les devoirs qu\u2019ils ont envers leur corps.Dieu qui nous Ta donné attend de nous que nous le maintenions en santé, que nous le développions harmonieusement, que nous en fassions, au service de l\u2019âme à laquelle il a été uni, un instrument souple et vigoureux.De là le culte du scoutisme pour la vie en plein air et les exercices physiques naturels.Baden-Powell écrit à ce propos : « Dieu n'a pas inventé les mouvements saccadés.Le guerrier Zoulou, quelque beau spécimen qu'il soit de sa race, n\u2019a jamais passé par la gymnastique suédoise.Ce sont les jeux de plein air, la bonne nourriture et le repos nécessaire qui apportent au garçon la santé et la vigueur, d\u2019une façon naturelle et non artificielle ».177 Kevue Dominicaine A l\u2019âge où s\u2019éveillent les passions, est-il rien de plus utile que cette vie au grand air avec les saines fatigues qui raccompagnent.Combien l\u2019est-elle encore davantage pour nos garçons des villes, condamnés à respirer une atmosphère empestée, privés d\u2019exercice, exposés à l\u2019abus du tabac et plus tard de l\u2019alcool, guettés par les vices précoces.Le scoutisme 11e serait-il qu\u2019une école de vie saine qu\u2019il mériterait déjà toute notre attention.Mais il est plus que cela.Il ne se borne pas à faire de 110s garçons des êtres sains et vigoureux, il travaille à les rendre débrouillards et adroits.Il s\u2019applique à déceler leurs aptitudes et leurs goûts, les aidant ainsi à s\u2019orienter plus tard dans la vie.De là ces « badges » de spécialité qui couvrent tous les métiers, les diverses occupations et jusqu\u2019aux arts d\u2019agrément.Ajoutez-v l\u2019étude de la nature, les connaissances variées exigées par le campisme, et vous aurez une idée de l\u2019étendue du savoir pratique qu\u2019un jeune scout peut acquérir en jouant.Enfin, et surtout, le scoutisme a pour but de développer le caractère.« Mon premier souci, écrivait Baden-Powell, en 1919, était de donner du caractère à chacun de mes jeunes soldats ; c\u2019est-à-dire de leur enseigner l\u2019initiative, la maîtrise de soi, le sentiment de l\u2019honneur et du devoir, la responsabilité, la confiance en soi, l\u2019esprit d\u2019observation, le raisonnement.Je faisais cela, à l\u2019aide de la méthode qu\u2019on appelle scoutisme ».Voilà l\u2019idée maîtresse qui a inspiré et continue d\u2019inspirer le mouvement scoute.Initiative, maîtrise de soi, sens de l\u2019honneur, conscience de sa responsabilité : n\u2019est-ce pas ce dont nous avons le plus besoin et ce qui nous manque davantage ?Si l\u2019école, jusqu\u2019ici, a été impuissante à nous le donner complètement, pourquoi n\u2019appellerions-nous pas le scoutisme à son aide ?178 Les dimensions du Scoutisme Quelle est la base de cette formation, le moyen principal mis à la disposition des chefs ?On a montré, dans les articles qui précèdent, que c\u2019était Dieu et la religion auxquels Baden-Powell fait une place à part, la première, dans son mouvement.Le but ?Nous allons dire immédiatement que c\u2019est le service du prochain et l\u2019accomplissement de notre devoir de citoyen.2) Le scoutisme et la formation nationale Faire des hommes, tant au point de vue physique qu\u2019au point de vue moral : voilà l\u2019idéal que le scoutisme poursuit.N\u2019aurait-il aucun but ultérieur, aucune préoccupation plus lointaine qu\u2019il conviendrait encore de lui faire une place dans notre vie nationale, s\u2019il est vrai que tant valent les individus, tant vaut la race.Nous nous empressons d\u2019ajouter que, séparer le scoutisme du service du prochain, c\u2019est le séparer de ce qui en fait précisément l\u2019âme.« Dans le monde entier, écrit Baden-Powell, les hommes sont encore élevés à une école où l\u2019intérêt personnel est présenté comme seul mobile, où le premier principe est de considérer leur valeur au point de vue de leur succès dans leur carrière, et où l\u2019on omet cette qualité plus haute : la soumission de soi-même aux intérêts des autres ».Il a donc voulu introduire un esprit nouveau dans le monde.Il a voulu que les générations à venir développent leur valeur individuelle, mais dans le sens de l\u2019altruisme.Toute la vie du scout s\u2019inspire de cette préoccupation, depuis la B.A.\u2014 la bonne action quotidienne \u2014 jusqu\u2019à la formation des corps de secouristes.Dans l\u2019espace de dix ans, en Angleterre, 1 840 croix de bravoure avaient été distribuées à des scouts, 323 de ces sauvetages avaient failli coûter la vie à Key UE Dominicaine leurs auteurs, et 17 témoignaient d\u2019un héroïsme exceptionnel.Baden-Powell n\u2019avait donc pas tort de rêver que ses scouts seraient les chevaliers modernes, toujours prêts, comme les anciens, à rendre service au prochain.Ajoutons que la vie en patrouille fournit à l\u2019enfant l\u2019occasion de faire un premier apprentissage de la vie en société.Tl va apprendre que, si modeste que soit la place qu\u2019il occupe, si effacé que soit le rôle qu\u2019on lui donne à jouer, on compte pourtant sur lui.Solidarité, sens du devoir, esprit de sacrifice : voilà les qualités qu\u2019on exigera de lui, celles qui en feront plus tard un citoyen utile.Dans tout ce que nous venons de dire, nous sommes assuré de n\u2019avoir pas faussé la pensée de Baden-Powell.Nous sommes donc en présence du scoutisme authentique.Or, est-ce que tout cela n\u2019est pas humain, universel ?Est-ce que tout cela n\u2019est pas apte à former aussi bien un français qu\u2019un anglais ?Le jeu scout peut donc être joué intégralement partout.En fait, il est joué, à l'heure présente, dans quarante-huit pays différents, avec des résultats identiques.Bien plus, « chaque fois, écrit Bernard Thorel, que l\u2019on a voulu « adapter » soi-disant le scoutisme, on a dû bien xite faire machine arrière, et revenir aux prescriptions de Baden-Powell, en constatant que Pon s\u2019était trompé ».Il ajoute que le scoutisme que les associations dissidentes pratiquaient « répondait moins bien que le scoutisme authentique aux aspirations de la jeunesse ».Est-ce à dire que le jeu scout devra être joué de façon identique partout ?On ne l\u2019a jamais prétendu, Baden-Powell moins que personne.Le Français le jouera à la française et le Japonais 180 Les dimensions du Scoutisme à la japonaise.Il est assez large, assez souple pour s\u2019adapter à chaque pays, à chaque nationalité sans risque d\u2019être déformé.Prenons un camp canadien-français.L'atmosphère qu'on y respire est d\u2019abord une atmosphère catholique, avec prière, messe et communion.C\u2019est, en second lieu, une atmosphère française.L\u2019hymne qui accompagne le salut au drapeau, le matin, est YO Canada, les chansons qu\u2019on entend autour du feu sont de vieilles chansons canadiennes ou françaises.La patrie que l\u2019on apprend à connaître et à aimer dans les explorations, c\u2019est bien le Canada et plus particulièrement le Québec.Tout cela concourt donc à faire de nos scouts de véritables Canadiens-français.Or tout cela, c\u2019est du scoutisme authentique.Il n'est besoin, pour y arriver, ni de s\u2019isoler, ni de faire bande à part.Dans un article, paru en janvier 1926, dans U Action française, le P.Dugré écrivait : « Le scoutisme, né, grandi en Angleterre et aux Etats-Unis, comporte un ensemble de noms, de pratiques, d\u2019allusions qui nous déroutent ou 11e nous disent rien.Il faut un robuste appétit pour digérer, comme beaucoup de Français et de Belges, toutes les particularités du scoutisme anglais ».Cette objection, réelle peut-être au début, a déjà perdu et perdra chaque jour davantage de sa force.Toutes ces choses : noms, pratiques, allusions, qui avaient à l\u2019origine, un caractère anglais, ont fini par s\u2019en dépouiller et par faire partie du trésor commun.Le louveteau peut bien être calqué sur une fiction de Kipling ; qui y songe encore et qui a besoin d\u2019y songer ?Il a pris un sens en lui-même, indépendamment de la fiction d\u2019où il a été tiré.Il en est de même pour le reste.Quelles que soient les traces qu\u2019il garde de ses origines, le scoutisme a une vie propre, indépendante.Son expansion universelle lui a enlevé tout caractère particulariste.181 Revue Dominicaine Sans doute, le danger de nous angliciser est plus grand ici (pinailleurs.Mais il y a un autre danger, un danger opposé, qui n\u2019est pas moindre.C\u2019est celui d\u2019un nationalisme étroit et outran-cier.« Une éducation nationale, non pas moins canadienne-fran-çaise, mais plus véritablement canadienne, produirait, écrit le P.Simard, dans son beau livre : « Etude canadienne », infiniment plus de bons résultats ».C\u2019est cette éducation franchement et largement canadienne que le scoutisme doit nous rendre le service de développer chez nous.Notre patriotisme a le tort, trop souvent, d\u2019être uniquement du nationalisme, quand ce n\u2019est pas du régionalisme.C\u2019est renverser la hiérarchie des amours et celle des devoirs.Il n\u2019v a, pour nous Canadiens-français et Canadiens-anglais, qu\u2019une patrie, le Canada, comme il n\u2019y a, pour les Wallons et pour les Flamands, qu\u2019une patrie, la Belgique.Nous avons donc un amour commun : celui du Canada ; un désir identique : celui de sa prospérité.A cette prospérité, tous les intérêts particuliers devront rester subordonnés.Il va de soi que l\u2019amour de notre nationalité devra s\u2019ajouter à l\u2019amour du Canada, mais il ne devra pas s\u2019en isoler, s\u2019y opposer, encore moins se mesurer à notre aversion pour tout ce qui est anglais.Si donc les relations du scoutisme canadien-français avec le scoutisme canadien-anglais pouvaient amener les deux races à une meilleure entente, créer entre elles un véritable esprit de collaboration, nous pensons que le Canada et le Québec lui-même auraient tout à y gagner.3) Le scoutisme et la fraternité humaine Nous venons de voir que le scoutisme était appelé à créer, entre les deux grandes races qui habitent le Canada, un esprit 182 Les dimensions du Scoutisme de fraternité.Mais son idéal est plus vaste et plus élevé.Il voudrait le créer, cet esprit de fraternité, entre tous les peuples et toutes les races qui se partagent le inonde.Or, s\u2019il fut jamais un temps où cet esprit de fraternité humaine a été méconnu, méprisé, combattu, c'est bien le nôtre.Nationalismes exacerbés, racisme, antisémitisme : autant de barrières dressées entre les peuples, autant de germes de haine et de discorde que l\u2019on sème comme à plaisir.Ils ont failli, il y a quelques jours à peine, jeter les uns contre les autres la moitié des peuples de l\u2019Europe, dans une guerre qui aurait été, en partie du moins, la ruine de la civilisation.On comprend que la voix du Souverain Pontife ne cesse de s\u2019élever contre ces formes nouvelles de barbarie.« Malheur à vous, s\u2019écriait Benjamin Kidd, malheur à vous, meneurs aveugles qui voulez changer la face du monde par de fallacieuses discussions.Ecartez-vous du chemin, sans cela le monde devra vous en jeter dehors.Confiez-nous la jeunesse et nous créerons un nouvel esprit et une nouvelle terre en une seule génération ».Ce fut et c\u2019est encore le rêve de Baden-Powell : changer l\u2019atmosphère d\u2019égoïsme, de méfiance mutuelle, dans laquelle les vieilles générations avaient grandi, et créer, pour les générations futures, une atmosphère d\u2019amour et d\u2019entente fraternelle.Aussi, pendant que la plupart des peuples voyaient dans le scoutisme un gage d\u2019espoir, quelques-uns y voyaient une menace pour leur particularisme.Nous constatons, en effet, avec effroi, que l\u2019Allemagne et l\u2019Italie ne figurent plus dans les statistiques compilées pour 1938.Est-il plus beau témoignage de l\u2019esprit international qui anime le scoutisme ?Nous n\u2019ignorons pas qu\u2019il y a un certain internationalisme qui n\u2019est que la désagrégation du véritable patriotisme.Ce n\u2019est 183 Revue Dominicaine pas celui que préconise Baden-Powell.Tout son effort tend au contraire à approfondir la notion de patriotisme, à l\u2019agrandir jusqu\u2019à ce qu\u2019elle rejoigne la belle notion chrétienne de fraternité humaine, «Une fois posées les bases du patriotisme réel, écrit TL Bouchet, dans son livre : « Le scoutisme et l\u2019individualité », appartenir de cœur à une organisation qui groupe sous un même drapeau des millions d\u2019adolescents de tous les pays ; rencontrer périodiquement ses frères étrangers en de vastes camps où règne un esprit d\u2019amitié et de joie ; se visiter, de pays à pays, dans une atmosphère de fraternité ; savoir que sur toute la surface du globe, chaque Scout est fier d\u2019obéir à la même Loi et d\u2019arborer le même insigne ; exalter cette fraternité en de beaux chants, la sublimer en des prières pour tous les Scouts de l\u2019Univers, \u2014 voilà une manière vivante de développer un esprit international, dont le meilleur élément est sans doute la compréhension et le respect mutuel des particularités ethniques ».Cinq rassemblements internationaux \u2014 Jamboree \u2014 ont eu lieu à date.Celui de Londres, en 1920, groupa un demi-million de scouts.Qui dira l\u2019influence de cette camaraderie de quelques jours pour amener les nations de demain à mieux se comprendre et à faire surgir enfin une ère de paix.On comprend que celles qui tiennent avant tout à leur particularisme, qui cherchent à maintenir, entre leurs frontières, un nationalisme exagéré, se mettent en garde contre l\u2019esprit nouveau apporté au monde par Baden-Powell.Uous ne nous attarderons pas à réfuter l\u2019objection de militarisme que l\u2019on fait au scoutisme.Madame Duguay, dans un article récent, n\u2019affirmait-elle pas qu\u2019on la faisait même au gui- 184 Les dimensions du Scoutisme disme ! Cette objection qui a pu un temps être prise au sérieux est tombée devant les affirmations précises, catégoriques, maintes fois répétées de Baden-Powell.« Tout homme, s\u2019écriait-il, qui a un cœur battant dans sa poitrine est pacifiste, ennemi de la guerre ».Il s\u2019est rangé avec tant de conviction parmi ceux qui luttent contre la guerre, que Wade a pu l\u2019appeler « le sonneur de la paix » et qu\u2019on a cru devoir lui décerner le prix Nobel réservé aux grands ouvriers de la paix mondiale.Notre conclusion sera brève.Nous avons, chez nous comme ailleurs, des associations pieuses, des sociétés patriotiques.Tout cela est excellent.mais tout cela n\u2019est pas le scoutisme.Le scoutisme cherche à développer chez nos enfants une religion plus profonde, mieux vécue ; mais ce n\u2019est pas une association de piété.Le scoutisme s\u2019efforce de faire connaître, à chaque enfant, sa patrie ; il s\u2019efforce de la lui faire aimer ; il lui inspire l\u2019ambition de la servir ; mais ce n\u2019est pas une société patriotique, surtout si on donne à ce mot le sens d\u2019un nationalisme outrancier.Ne tentons donc pas de faire dévier le scoutisme dans le sens de nos intérêts, de nos préjugés ou de nos passions du moment.Yivons-le tel que Baden-Powell a voulu qu\u2019on le vive.Ce sera le seul moyen d\u2019en recueillir les fruits qu\u2019il en attendait.M.-Ceslas Forest, O.P.185 A Tours , sur les traces de Marie del Incarnation A propos d\u2019un centenaire (1639-1939) «Le jour de notre départ fut le 22e février de l\u2019an 1639.Monseigneur de Tours nous envoya son carrosse, pour que nous fussions en son palais recevoir sa bénédiction.Il nous fit communier avec lui et voulut que nous prissions notre réfection avec lui ; après quoi, il nous fit une belle exhortation sur les paroles que Notre-Seignenr dit à ses Apôtres, lorsqu\u2019il les envoya en mission.Nous retournâmes dire le dernier adieu à nos Mères, puis nous nous mîmes en chemin.» 1 Ce texte chantait à ma mémoire, lorsque, le 23 août dernier, je parcourais les rues de Tours à la recherche des vestiges de Marie de l\u2019Incarnation.Par une heureuse chance, mon cicerone / était mon ami, l\u2019abbé Cartier, vicaire pendant huit ans à la paroisse qui fut celle de l\u2019illustre Ursuline, Saint-Pierre-des-Corps.Je ne devais donc rien perdre des nombreux souvenirs que conservait soigneusement sa ville natale.Hélas ! j\u2019avais oublié les destructions de la Révolution, en 1793, les spoliations de la crise laïciste en 1905 et surtout le besoin de nos contemporains de percer de larges et rectilignes avenues où nos pères se contentaient de rues étroites et capricieuses.La Loire est toujours là certes, mais est-ce bien celle que connut Marie Guyart ?Aujourd\u2019hui le fleuve ensablé serait bien incapable de porter ces « coches d\u2019eau » que parfois, jusqu\u2019à minuit, elle faisait charger et décharger.Vers 1620-1639, plantés 1.Relation de 1654.cf.Dom Jamet, O.S.B.: Marie de l\u2019Incarnation, Ursuline de Tours, Fondatrice des Ursulines de la Nouvelle France : Ecrits spirituels et historiques, avec annotations critiques, Paris-Québec, Vol.II, po.349-350.C\u2019est à cette édition critique qu\u2019à moins d\u2019indication contraire ie renverrai en indiquant simplement le volume et la page.186 A Tours, sur les traces de Marie de l\u2019Incarnation sur des rives herbues ou caillouteuses, de simples pontons de bois servaient d\u2019embarcadères ; aujourd\u2019hui des quais bordés de majestueuses allées de platanes enserrent la rivière comme dans un somptueux corset de pierres de taille.Si, tout en contemplant à vos pieds cette Loire paresseuse qui se traîne parmi les bancs de sable, et là-bas les villas du faubourg Saint-Symphorien, vous évoquez d\u2019un côté « le bruit des marchands » et le va-et-vient des « crocheteurs, des charretiers et même des cinquante ou soixante chevaux » dont la jeune femme avait la charge, et de l\u2019autre les grâces mystiques qui tenaient son esprit « abîmé dans la divine majesté » et l\u2019élevaient même au mariage spirituel, vous comprendrez beaucoup mieux le miracle perpétuel qu\u2019elle vivait alors.Vous comprendrez aussi que, chaque fois qu\u2019elle le pouvait, elle allait se réfugier dans une caverne « où il y avait des bêtes venimeuses, et dans laquelle, raconte-t-elle, je passais un long temps à prier Dieu et à faire de longues et fortes disciplines » \\ Hélas ! elle a disparu, cette caverne, qui sans doute n\u2019était guère éloignée du port ou des magasins.Après ces flagellations en effet, elle « s\u2019allait coucher sur son ais ou sur une balle de marchandise ».Ce devait être une de ces grottes comme l\u2019on en voit encore de l\u2019autre côté de la Loire, dans l\u2019enclos de Marmoutiers, dont l\u2019abbatiale, en ruines aujourd\u2019hui, vit, le 1er avril 1619, Madame Martin venir consacrer au Seigneur l\u2019enfant qu\u2019elle portait en son sein, celui que, douze ans plus tard, elle sacrifiera d\u2019abord à sa vocation d\u2019Ursuline, et ensuite, en 1639, à sa mission canadienne.1 2 1.\tDom Jamet, II, 259 et I, 173.2.\tOn sait que le fils de Marie de l\u2019Incarnation, devenu bénédictin de Saint-Maur, fut le sauveur de sa congrégation et le promoteur du courant intellectuel qui la rendit célèbre parmi les érudits.Après avoir occupé les grandes charges de son Ordre, il était, à sa mort, 187 Kevue Dominicaine C\u2019est clans l\u2019église cle Saint-Pierre-des-Corps qu\u2019il fut baptisé.Elle est là, cette église, toute proche de la rivière, ruais Marie lie la reconnaîtrait plus.De récentes modifications l\u2019ont tellement transformée que deux chapelles latérales à peine ont survécu.Elle ne reconnaîtrait pas davantage cette rue Mirabeau que nous suivons maintenant, large et soumise aux inexorables lois de l\u2019alignement.Elle y habita pourtant de 1G20 à 1631.La maison a été totalement détruite où, les affaires de son mari liquidées, Marie passa quatre ans près de son vieux père.Elle y vécut une année de solitude, logée « au haut de la maison, où, écrit-elle, en faisant quelque ouvrage paisible, mon esprit portant toujours occupation, mon cœur parlait sans cesse à Dieu»* 1.Vers 162!, elle accepte d\u2019aller presqu\u2019en face, dans la maison de son beau-frère, Paul Buisson, remplir, selon son expression, « l\u2019office de servante envers les serviteurs de son frère » 2.Mais elle ne réside chez lui qu\u2019à partir de 1625.Cette maison, Dieu merci, existe encore ; du moins son identification avec l\u2019actuel numéro 19 est-elle à peu près certaine.Intacte encore il y a une vingtaine d\u2019années, elle fut à cette époque coupée pour motif d\u2019alignement, si bien que sur son mur extérieur on voit encore des traces d\u2019escaliers et de portes et, ça et là, quelques moulures.Autant que j\u2019ai pu m\u2019en rendre compte, elle est constituée de deux corps de logis formant angle droit.Le quadrilatère dont ils constituent deux côtés (les maisons voisines forment les deux autres) est occupé par un vaste entrepôt de quincaillerie.Au rez-de-chaussée et à l\u2019étage, de hautes en 1696, prieur de l\u2019abbaye de Marmoutiers, et c\u2019est dans cette abbatiale où sa mère l\u2019avait naguère offert à Dieu qu\u2019il fut enterré.Dom Jamet croit que « des déblaiements et des fouilles faciles à faire permettraient vite de ramener au jour cette tombe vénérable ».1.\tDom Jamet, II, 187.2.\tDom Jamet, I, 150.188 A Tours, sur les traces de Marie de l\u2019Incarnation chambres carrelées, toutes munies cle cheminées anciennes ; les unes sont habitées, les autres servent de magasin, quelques-unes sont vides et assez délabrées.De l\u2019une de ces dernières, la personne qui nous fait visiter nous dit que « c\u2019était la chambre de la Sœur», que «dans ce coin était son lit».Ce serait donc là que Marie Martin a savouré les douceurs de l\u2019amour divin et subi ses extases ! là qu elle se réfugiait quand cet Amour la pressait trop fort et qu'elle 11e voulait pas « voulait pas tomber devant le monde ! » là qu'elle contempla, une fois au moins, les splendeurs mystérieuses de la Trinité, là enfin qu\u2019après « avoir bien chanté ses louanges à son Bien-aimé, elle prenait une plume et écrivait ses passions amoureuses pour évaporer la ferveur de son esprit ! » * 1 Pourquoi faut-il que cette maison, témoin de telles merveilles, reste un lieu profane ! E11 la parcourant, je 11e pouvais me retenir de souhaiter tout bas qu\u2019un jour vînt où disparaîtrait ce hangar que l'on a appuyé contre ses murs, heureusement sans trop les détériorer ; où ces chambres reprendraient leur aspect du XVIIe siècle commençant ; où surtout « la chambre de la Sœur » \u2014 si vraiment c\u2019est elle \u2014 serait transformée en sanctuaire, sans toutefois lui enlever son cachet primitif.Est-ce trop demander quand il s\u2019agit de celle qu\u2019on a appelée : « l'ime des plus sublimes contemplatives de l\u2019Eglise universelle ?» « Mettant mon fils entre les bras de Dieu et de la Sainte Vierge je le quittai, mon père aussi, fort âgé, qui faisait des cris lamentables.Lorsque je pris congé de lui, il n\u2019y a raison qu\u2019il ne me produisît pour m\u2019arrêter, mais mon cœur se sentait invin- Dom Jamet, Le témoignage de Marie de F Incarnation, Paris, 1932, p.29.Nous avons probablement^ quelques expressions de ces passions amoureuses, dans les « aspirations de 1 ame » publiées dans le même ouvrage, pp.71-73.189 Kevue Dominicaine cible dans son intérieur.Je quittai donc ce que j\u2019avais de plus cher, un matin, jour de la conversion de saint Paid, 1631.Mon fils vint avec moi, qui pleurait amèrement en me quittant.En le voyant, il me semblait qu\u2019on me séparait en deux, ce que néanmoins je ne faisais pas paraître » \\ Cette scène spontanément me revient à l'esprit quand, du logis des Buisson, nous nous dirigeons vers le Monastère des Ursulines, tout proche, ou plutôt vers l\u2019Ecole Primaire Supérieure de Filles qui, depuis 1907, en occupe le site.Quartier tranquille dont les rues bordées de maisons bourgeoises ou de hautes murailles aveugles semblent garder encore leur aspect d\u2019autrefois.On me montre les jardins de l\u2019ancien archevêché, celui oh Marie reçut la bénédiction de Monseigneur d\u2019Eschaux, d\u2019abord le jour de son entrée au couvent, puis, le 22 février 1639, lors de son départ pour Québec.Je passe aussi au lieu (remplacement m\u2019est indiqué bien vaguement !) où, le 24 mars 1620, la jeune veuve « arrêtée subitement, intérieurement et extérieurement » en pleine rue par la grâce, reçut « une vue et expérience si vive et si pénétrante » 1 2 de l\u2019horreur de ses fautes qu\u2019elle appela « ce jour le jour de sa conversion ».Voici enfin l\u2019ancien couvent des Ursulines.Nous nous présentons à la porte.\u2014 Pouvons-nous visiter l\u2019ancienne chapelle ?demande l\u2019abbé Cartier.\u2014 Il n\u2019y a pas de chapelle, répond la concierge étonnée très évidemment de voir deux prêtres à son guichet ; nous sommes dans une école laïque.1.\tDom Jamet, II, 275.2.\tDom Jamet, II, 182 et 484.190 A Tours, sur les traces de Marie de l\u2019Incarnation \u2014 Mais ce bâtiment ancien, là-bas, à droite, qui fait le coin des deux rues.\u2014 Ce n\u2019est pas une chapelle, c\u2019est le vestibule des élèves.\u2014 Sans doute, niais c'en était une autrefois.Mon ami, ajoute le bon abbé, en me désignant, vient du Canada ; il désirerait visiter ce lieu qui garde le souvenir de Marie de l\u2019Incarnation.\u2014 Il n\u2019y a rien à voir là, reprend la brave femme qui ignore tout de Marie de l\u2019Incarnation.Pendant ce dialogue, je regarde avec avidité cette cour d\u2019où partit, il y a trois siècles, la fondatrice des Ursulines de Québec.A ma gauche, la façade d\u2019une vaste chapelle blanche désaffectée, celle qui fut bâtie pour le Petit Séminaire diocésain, établi ici de 1835 à 1907.Le bâtiment principal, tout blanc aussi, se développe en deux ailes se coupant à angle droit.La première, qui fait suite à cette façade, reçoit, du fait de son troisième étage en belles mansardes, un air plus majestueux que la seconde qui, face au portail, ne présente que deux étages plutôt austères surmontés d\u2019un immense toit d\u2019ardoises bleues.A ma droite, les communs.Est-ce bien là le couvent qui se construisait lors de l\u2019entrée en religion de Madame Martin, celui qu\u2019elle sanctifia, qui vit les fredaines douloureuses et bruyantes de son fils réclamant sa mère ?Si oui, comme l\u2019affirment certaines biographies et Dom Jamet (mon compagnon me dit que non), la cellule existe-t-elle encore où, A^ers Noël 1634, Marie eut ce songe prophétique d\u2019un pays lointain et mystérieux où elle devait aller ?Quoi qu\u2019il en soit, la chapelle, dite de Saint-Michel, aujourd\u2019hui vestiaire et salle de bains des élèves de l\u2019Ecole Primaire Supérieure, est bien celle où, le 17 mars 1631, notre moniale eut cette vision de la sainte Trinité que Dom Jamet appelle «le Revue Dominicaine point culminant des grâces extraordinaires de Marie »1 ; où le 25 janvier 1633, elle fit profession ; où enfin, au début de 1636, elle revit la vision de Noël 1634 et en reçut P authentique interprétation : « C\u2019est le Canada que je t\u2019ai fait voir, lui dit le Seigneur, il faut que tu y ailles faire une maison à Jésus et à Marie », et dès lors, ajoute-t-elle « les parties du Canada étaient ma demeure et mon pays » 2.Elle me semble cependant bien petite, cette chapelle pour une communauté d\u2019une trentaine de religieuses au moins et peut-être du double de pensionnaires.Il est donc probable que cette nef, au coin de deux rues, était, selon la coutume des couvents cloîtrés, réservée au public.Il devait y en avoir une autre, perpendiculaire à celle-ci, dans laquelle se tenaient moniales et élèves.Ce serait à celle-là que se rattacheraient en réalité les souvenirs tout à l\u2019heure évoqués.Malheureusement ce chœur n\u2019existe plus ! Si l\u2019accès d\u2019une salle donnant sur la voie publique nous était interdit, à plus forte raison celui de l'ermitage Saint-Joseph, caché au fond du jardin.Il fallut nous contenter d\u2019en apercevoir la toiture par-dessus le mur du parc Mirabeau.Je le regrette vivement, car c\u2019est dans cet ermitage, que, le 22 janvier 1639, fut annoncé à la communauté réunie (Marie était absente, « à dessein, dit-elle, aussi que je servais ce jour-là à la cuisine»), un événement inouï au XVIIe siècle, le départ de religieuses pour les Missions.« Toute chacune fut si surprise de cette nouvelle qu\u2019elles ne pouvaient comprendre qu\u2019elle fut véritable » 3.Dans cet ermitage encore, où quelques jours plus tard, 1.\tDom Jamet, II, 287, en note.2.\tDom Jamet, II, 316.3.\tDom Jamet, II, 344.192 A Tours, sur les traces de Marie de l'Incarnation l'avait poussée l\u2019impulsion divine, elle fut informée de la prochaine venue à Tours de Madame de la Peltrie : sa vocation missionnaire ne tarderait plus à passer dans le domaine des réalités.Redescendant la rue des Ursulines, nous avions légèrement dépassé la chapelle Saint-Michel, quand, m\u2019indiquant un prêtre qui venait dans notre direction : « Le chanoine Danvirav, me dit l\u2019abbé Cartier, vicaire général du diocèse, et comme nous, ancien élève du Séminaire Français de Rome ».Et presqu\u2019aussi-tôt il me présente comme venu du Canada retrouver les traces de Marie de l\u2019Incarnation : « \u2014 Ah ! vous venez du Canada, mon Père ?\u2014 Oui, Monsieur le Chanoine.Nous allons célébrer là-bas le troisième centenaire de l\u2019arrivée à Québec de la sainte Ursuline de Tours ; aussi j\u2019ai tenu à vénérer son souvenir et ses vestiges dans sa ville natale.\u2014 De fait, c\u2019est l\u2019an prochain le troisième centenaire de son départ de Tours.Et vous n\u2019avez pas trouvé grand\u2019chose, eu fait de vestiges ?\u2014 Beaucoup moins que je ne comptais.Encore si le peu qui reste était dans un état digne de celle qu\u2019ils rappellent ! \u2014 Hélas ! \u2014 Pourquoi laisser cette chapelle des Ursulines ainsi délabrée et la ravaler à servir de salle de douches ?Pourquoi l\u2019ermitage Saint-Joseph tombe-t-il en ruines dans son coin ?Pourquoi la maison des Buisson, la maison des extases, est-elle occupée par des kilomètres de fil de fer et, des mètres de tôle ondulée ou non ?193 Revue Dominicaine \u2014 Au fait, intervint alors mon excellent ami Cartier, pourquoi vous autres, Canadiens, précisément à l'occasion de ce centenaire, ne demanderiez-vous pas au Gouvernement de vous céder ces reliques ?Actuellement il est bien disposé pour l\u2019Eglise ; iJ est dans les meilleurs termes avec le Canada.Il ne refuserait pas ! L\u2019idée ne semblait pas déplaire à Monsieur le Vicaire Général.\u2014 Voulez-vous dire, répondis-je, que, par don ou achat, cette chapelle et cet ermitage deviendraient, tout en restant à Tours, propriété canadienne ?Pour prendre l\u2019initiative de cette démarche, le Cardinal de Québec serait tout désigné.Appuyé par l'opinion canadienne-française, par le gouvernement provincial et même par le fédéral (car, après tout, Marie de l\u2019Incarnation intéresse tout le Canada), il aurait de sérieuses chances d\u2019aboutir.La Légation de France à Ottawa serait-elle favorable au projet ?Tout me permet de l\u2019espérer.Par elle l\u2019on pourrait s\u2019aboucher avec le Quai d\u2019Orsay et avec le Ministère compétent.\u2014 Oui ! fit le Vicaire Général, pourquoi cela ne serait-il pas possible ?\u2014 Mais, continuai-je, qui va se charger de présenter l\u2019idée au Cardinal ?Tours aidera-t-il ?.Et pourtant le centenaire prochain est une occasion, unique peut-être, de sauver ces reliques ! Et le Chanoine Danviray de conclure : « Certes, ce serait une excellente chose ! » Cette conversation a-t-elle eu des suites à Tours ?Je l\u2019ignore.Mais cette idée m\u2019est restée dans le cœur.S\u2019il est en France en effet un lieu où le Canada catholique peut et doit se retrouver chez lui, c\u2019est bien ce logis des Buisson et ce couvent tourangeau 194 A Tours, sur les traces de Marie de l'Incarnation où lentement Dieu lui prépara celle que si justement Dom Jamet appelait « la Mère spirituelle de la Patrie ».Pourquoi nos fêtes canadiennes n\u2019auraient-elles pas leur éclio dans sa cité natale ?Pourquoi ces fêtes ne seraient-elles pas centrées, ici et là-bas, autour de cette idée : restaurer à Tours les reliques de Marie de l\u2019Incarnation ?1 Si vraiment, comme l\u2019enseignent d\u2019excellents théologiens, les Elus du ciel suivent avec intérêt les événements terrestres auxquels leur souvenir est mêlé d\u2019une façon ou d\u2019une autre, quel plaisir plus délicat pourrions-nous faire à la Vénérable Ursuline de Tours et de Québec que de redonner à l\u2019Eglise ces lieux qu\u2019elle a aimés ?Et ces reliques rendues à leur antique splendeur seraient, comme la sainteté et le génie de Marie de l\u2019Incarnation, un bien indivis de l\u2019Ancienne et de la Nouvelle France, et formeraient, selon le mot de Mgr Baunard « un lien de plus entre notre pays et cette terre canadienne demeurée si fidèle à l\u2019esprit, au souvenir, à la langue, à la foi de l\u2019ancienne Mère Patrie ».Julien Peghaire, C.S.Sp., Professeur à l\u2019Université de Montréal Collège des PP.du Saint-Esprit Pointe-Gatineau (P.Q.), 20 septembre 1938 1.Ce serait aussi l\u2019occasion de faire des fouilles à Marmoutiers et mettre à jour le tombeau de son fils.195 Le Sens des Faits Les Dominicains en Scandinavie Entre Stockholm et Upsala, clans une cle ces clairières qui coupent ici ou là la monotone forêt suédoise, vers l\u2019extrémité nord du lac Malar, les touristes admirent un joli et paisible village.C\u2019est la Commune, autrefois bien plus importante, de Sigtuna, le berceau de l\u2019Ordre dominicain en Scandinavie.En ces contrées, la Province de Dacie comptait, à l\u2019époque de la Réforme Protestante, quarante-quatre couvents de Frères et quatre de Sœurs.L'humble village offre à la curiosité du passant des ruines intéressantes : trois lourdes constructions en pierres massives, véritables forteresses.C\u2019est la tour à demi ruinée de l\u2019église Saint-Laurent, et deux autres, encore à peu près intactes : Saint-Olaf et Saint-Pierre.Les murs tiennent bon, mais les toits se sont effondrés, sous les injures du temps et les violences des Réformés.Saint-Pierre était la cathédrale du diocèse de Sigtuna, plus tard divisé en ceux de Westeraos et Upsala.Ces trois reliques font voir quel énergique esprit de foi animait la Suède du moyen âge, avant que la fourberie de ses princes l\u2019eût entraînée dans l\u2019hérésie de Luther.Il en est une autre plus vénérable encore : l\u2019église Sainte-Marie, ainsi rappelle-t-on toujours.On la dirait toute moderne, tant ses murs de brique rose rutilent au soleil ; à y regarder de près, on ne peut s\u2019v tromper.La pure ogive de ses portes et fenêtres est bien du meilleur treizième siècle.Voilà l\u2019antique église des Dominicains, devenue bien malgré elle luthérienne.Mais d\u2019être passée au culte officiel de l\u2019Etat lui a valu de devenir monument national et de garder, par une chance inespérée, de précieux trésors artistiques : le retable de son autel, un vrai chef-d\u2019œuvre de l\u2019art médiéval ; plusieurs des statues vénérées par la piété des premiers Frères : un saint Dominique, belle statue de cinq pieds de hauteur, en bois sciüpté et soigneusement décoré.Le saint Patriarche y est représenté coiffé du bonnet de Docteur, comme saint Thomas, hommage rendu à sa haute science apostolique.196 Le Sens des Faits Un mitre monument de grande valeur historique, c\u2019est, adossée au mur septentrional du sanctuaire, la sépulture d\u2019un illustre dominicain, Jarler, archevêque de Sigtuna de 1235 à 1255.Homme d\u2019ordre et administrateur énergique, il a affermi la discipline ecclésiastique en créant des chapitres chargés de surveiller l'observance des lois, spécialement celles concernant le célibat des clercs.Il réussit, ce n\u2019était pas une petite tâche, à soustraire les évêques à la domination de l\u2019Etat.Il s\u2019est employé à unifier et stabiliser la liturgie des églises confiées à sa garde : témoin cette coutume de mentionner dans le Confiteor le nom de saint Dominique ; cela se retrouve chez d\u2019autres nations évangélisées par les Frères Prêcheurs.Les Dominicains arrivèrent à Sigtuna dès les premières années du XlIIième side.Une bulle d\u2019Honorius III, datée du 19 janvier 1221, accorde vingt jours d\u2019indulgence à tous les fidèles du royaume de Suède qui aideraient les Prêcheurs de Sigtuna à bâtir leur couvent et leur église ; et c\u2019était huit mois avant l\u2019arrivée des Frères en Angleterre.Même plus tôt probablement, car cette bulle semble bien avoir été accordée aux prières de Geoffroi, prévôt de l\u2019église Saint-Pierre, première cathédrale de Sigtuna ; ce prélat avait rencontré saint Dominique à Bologne et sollicité pour les pays du nord une bande de ses missionnaires ; démarche prématurée qui faillit tourner en tragédie.La prévention des clercs contre les Mendiants pénétrait déjà dans ces lointaines contrées : elle devait y sévir longtemps.L\u2019archevêque Olaf Bastommer d\u2019Upsala refusa son consentement et enjoignit aux Prêcheurs de porter leurs pénates ailleurs.Ils trouvèrent un abri dans la petite ville de Skohloster où ils attendirent en paix des jours meilleurs.Le temps et la patience amènent souvent de singulières revanches.Un des exilés de Skohloster succéda sur le siège d\u2019Upsala à l\u2019anti-dominicain Olaf Bastommer.Et ce fut cet archevêque Jarler ci-haut mentionné ; on comprend avec quelle joie il introduisit ses frères dans leur premier couvent suédois.D\u2019après le peu qui en reste, ce fut un grand couvent, et la vaste église est toujours debout, affectée comme bien d\u2019autres au culte luthérien.Cette fondation était complète en 1252, l\u2019année même de la mort et sépulture de Jarler au milieu de ses frères.A tous les bienfaiteurs le Légat papal et les évêques accordèrent des indulgences.Plus tard une précieuse relique de la Sainte Croix fut Revue Dominicaine déposée sur un autel où, chaque vendredi de l\u2019année, une messe solennelle était célébrée et une indulgence accordée par l\u2019archevêque d\u2019Upsala.Trois autres dominicains succédèrent à Jarler sur le siège d\u2019Upsala.En 1281, Jean Adolfson, évêque d\u2019Abo, en Finlande, fut transféré à la Métropole où il mourut en 1285.En 1295, un autre Jean, né à Sigtuna et prieur du couvent de cette ville, fut élu archevêque, mais occupa le siège à peine un an.Tl laissa une haute réputation de sainteté.Le dernier évêque dominicain d\u2019Upsala fut Peter Philipson, prieur de Sigtuna puis Provincial.Il mourut en 1341 et fut enseveli aux côtés de ses frères Jarler et Jean.Un de ses contemporains et son prédécesseur à Sigtuna, Israel Erlandson, fut nommé en 1309 évêque de Westeraos ; il administra ce siège jusqu\u2019à sa mort en 1332.Il fut remplacé par Fr.Egislas Bergherson jusqu\u2019en 1352.Tous les deux ont dû être enterrés à Sigtuna.Ce couvent était regardé comme le plus important de la Suède ; le Vicaire Provincial y résidait sous la juridiction du Provincial de Dacie.La populeuse « Provincia Daciæ » comprenait toutes les Maisons de Suède, de Norvège, de Danemark et de Finlande.Ce Provincial de Dacie résidait d\u2019ordinaire en territoire danois, mais gouvernait par ses Vicaires les autres contrées ; un peu comme à la même époque le Provincial d\u2019Angleterre gouvernait les couvents de l\u2019Irlande et de l\u2019Ecosse.Assez souvent le Prieur de Sigtuna fut aussi Vicaire Provincial ; et même quand le Provincial de Dacie était un Suédois, il prenait résidence dans cette importante maison : importante vraiment, car ses trois siècles d\u2019existence ont été marqués par une vie apostolique fervente.En 1461, elle comptait encore trente-sept frères lorsque partout on se plaignait d\u2019un ralentissement de la sève primitive.La ruine arriva, comme en Angleterre, avec la Réforme protestante, mais neuf ou dix ans plus tôt.Il existe une singulière ressemblance entre Gustave Wasa de Suède et Henri AGIT d\u2019Angleterre : même luxure grossière et tyrannie brutale.l es deux premières victimes de Gustave furent l\u2019archevêque élu d\u2019Upsala, Magnus Knute, et l\u2019évêque de Westeraos.Pierre Jacobson, tous deux envoyés à l\u2019échafaud, comme John Fisher en Angleterre, sous prétexte de haute trahison.Leur marche à la mort fut une odieuse dérision ; ils durent chevaucher de misérables haridelles, 198 Le Sens des Faits la figure tournée vers l\u2019arrière et la tête coiffée de mitres de paille.Leurs corps détachés du gibet furent écharpés par la soldatesque, puis jetés à la voirie pour être la proie des corbeaux et des rats.Toujours à court d\u2019argent, Gustave AVasa se fit attribuer par la Diète la propriété de tous les évêchés et monastères.Pour un temps Sigtuna fut épargnée ; mais c\u2019était une feinte.On y entassa les religieux des autres couvents sous prétexte de réforme ; deux ans après le couvent était confisqué et les derniers Dominicains de la Suède, dispersés ou massacrés.La Cathédrale d\u2019Upsala, où tant de Dominicains ont été archevêques, reste un beau monument de l\u2019art gothique peu usité en Suède.Après plusieurs incendies elle a subi des restaurations plutôt regrettables.On y conserve, derrière le maître-autel, la châsse du roi martyr, saint Eric.On trouverait dans le sud de la Suède les vestiges de plusieurs couvents fondés dans le premier siècle de l\u2019Ordre, dans les cités de Lund, Kalmar, Halmstad, Skenninge et d\u2019autres moins importantes.On attribue la fondation de plusieurs à saint Hyacinthe, l\u2019apôtre du nord et de l\u2019est de l\u2019Europe et de régions plus lointaines encore.Son activité très grande et celle de ses nombreux disciples offre à l\u2019histoire un vaste champ d\u2019exploration.Tant de révolutions et de guerres ont passé sur ces pays, beaucoup de documents ont péri ; ces gloires du passé dorment neut-être pour jamais.Non loin du palais royal à Stokholm, on peut voir quelques restes du dernier couvent dominicain fondé en Suède, en 1336.L\u2019église Saint-Nicolas en occupe le site, du moins en partie.Devant le porche de ce temple on a élevé la statue de l\u2019apôtre du luthéranisme suédois ; elle pourrait tout aussi bien personnifier la Superbe et le Fanatisme avec son incroyable expression de fierté farouche.C\u2019était vraiment un digne suppôt de Luther.Aujourd\u2019hui l\u2019Ordre dominicain s\u2019implante tout doucement dans ces contrées du nord profondément imbues de rigide protestantisme.Les Pères de la Province de France possèdent une petite église à Stockholm, une autre plus considérable et bien fréquentée à Oslo, capitale de la Norvège où la tolérance est plus large et les esprits plus ouverts k 1.C\u2019est là que la célèbre romancière.Sigrid Undset, abjura l\u2019hérésie nour entrer dans l\u2019Eglise catholique romaine, puis dans le Tiers-Ordre de Saint-Dominique.(N.D.L.R.) 199 Revue Dominicaine Dans ce dernier pays les Dominicains ont possédé des couvents dès le treizième siècle.Le plus important fut celui de Trondhjem.Un célèbre théologien allemand, Henri Kalteisen, y fut professeur puis devint archevêque.Un autre, Siffrid de Lin-coping, occupa le siège d\u2019Oslo dont la belle cathédrale existe encore sur les bords du Lac Mjosen, en grande partie ruinée et envahie par les eaux.Deux Dominicains ont été évêques de Hamar ; trois autres à Bergen.Cette AÙlle célèbre possédait un grand couvent où vécut et fut enseveli un maître en théologie renommé, Jean Haldorson, d\u2019abord professeur à Trondhjem, ensuite dans les Universités de Paris et Bologne.Nommé éAœque de Skalhot en Islande, il gouverna ce diocèse important de 1326 à 1329, date de sa mort.Comme il n\u2019v aAmit pas de couvent de l\u2019Ordre dans cette île lointaine, ses restes furent ramenés à Bergen.La Province de Dacie n\u2019a donc pas été sans gloire et ses travaux apostoliques des jours anciens devraient mériter aux populations nordiques un prompt retour à la vraie foi.Walter Oumbley, O.P.(Traduit de Blackfriars par J.-D.Brosseau, O.P.) La vie intérieure pour notre temps L\u2019abbé Bremond a naguère réveillé en nous le goût des vieux auteurs spirituels français.Dans son Histoire littéraire du Sentiment religieux en France, il a fait revivre, grâce à sa magie d\u2019historien, beaucoup d\u2019ouvrages ensevelis sous la poussière de nos bibliothèques.Quel lecteur de Bremond, après avoir fermé l\u2019un ou l\u2019autre des onze Amollîmes qui composent VHistoire littéraire, ne s\u2019est, pas surpris en quête d\u2019un humaniste dévot ou d\u2019un Chardon ou d\u2019un Pint)f ?lia littérature religieuse renferme tant de chefs-d\u2019œuvre ! Et commentés par le prêtre français, ils sont si beaux et si pleins du souffle de l\u2019Esprit ! Mais il reste que ces livres sont anciens ; ils ont été écrits il y a bien longtemps.Quatre ou cinq siècles nous séparent des premières gloires de la littérature chrétienne en France.Depuis Yves de Paris ou le P.Binet, le monde a vécu, l\u2019esprit humain a 200 Le Sens des Faits vieilli et la foi a passé par des crises ; nos goûts, nos manières de voir nous poussent souvent à ne découvrir que de la naïveté dans certains traits de génie.Il faut pour profiter de la lecture des grands spirituels des siècles passés une éducation historique que l\u2019on ne saurait exiger du grand nombre : tous n\u2019ont pas la vocation d\u2019historien, et bien peu peuvent revivre les anciens jours de l\u2019Eglise de France.Et d\u2019ailleurs nos problèmes religieux, notre façon, bien à nous, de regarder le catholicisme et sa vie intime, les retrouvons-nous chez les anciens ?On connaît la faillite d\u2019une certaine école philosophique et théologique qui a voulu voir chez S.Thomas, dans quelques réponses aux objections du XTIIe siècle, la réfutation pure et simple de telle et telle doctrine moderne.Elle y est peut-être.Ses principes y sont sûrement ; mais l\u2019histoire doit intervenir et le théologien ou le philosophe doivent repenser S.Thomas, sa philosophie et sa théologie pour exposer à nouveau en face d\u2019esprits nouveaux l\u2019éternelle vérité philosophique et théologique.Ce que nous admettons ici, nous devons l\u2019admettre encore quand il s\u2019agit de la doctrine spirituelle, surtout si celle-ci s\u2019adresse non pas tant à des prêtres qu\u2019à des laïques.Il faut, dans ce domaine comme dans tout autre, moderniser \u2014 au sens le plus orthodoxe de ce mot \u2014 notre exposé de la doctrine chrétienne.Et cette modernisation doit venir de ceux qui, connaissant bien la théologie, connaissent également bien le monde où ils vivent.C\u2019est cette idée infiniment féconde qui a guidé les éditeurs d'une petite collection de vie spirituelle, que j\u2019aimerais à voir répandue dans tous les foyers chrétiens de langue française : la Vie intérieure pour notre temps b Ce titre : la Vie intérieure pour notre temps est peut-être un peu « osé ».Et il le serait sûrement si les volumes déjà parus n\u2019étaient pas là pour nous dire que l\u2019on a réussi à écrire en une langue du XXe siècle et pour des esprits du XXe siècle des livres d\u2019une haute doctrine spirituelle.J\u2019ai déjà eu l\u2019occasion de présenter aux lecteurs canadiens-français les deux premiers volumes de la collection : La Spiritualité de ta Route par Joseph Folliet et Marie notre sœur par Gilbert Livragne, je disais alors que ces deux ouvrages faisaient 1.Bloud et Gay, Editeurs, Paris. Revue Dominicaine augurer beaucoup de bien de la Vie intérieure pour notre temps.Depuis, douze nouveaux livres sont venus enrichir la collection et je dois avouer qu\u2019ils ne m\u2019ont pas déçu.Ils couvrent déjà plusieurs domaines de la spiritualité chrétienne : écoles de spiritualité, vie chrétienne en général, prière, sacrements ; et toujours, c\u2019est le même souci : être actuel sans cependant s\u2019éloigner de la tradition catholique.Qu\u2019on lise le Beau risque de la foi (par l\u2019abbé Joly), Réflexions sur Vesprit du catholicisme (par J.Legendre), Si Jésus-Christ revenait (par Dom Chauvin), Le plus bel amour (par Maurice Brillant), l\u2019Art de souffrir et de mourir (par A.-H.Pan-heleux), Mon Baptême (par Y.Poucel), La Messe et nous (par M.Lepin), la Prière des chefs (par Mgr Lavarenne) et l\u2019on y retrouvera les grands thèmes que développent nos manuels de théologie : l\u2019apologétique chrétienne, l\u2019essence du christianisme, l\u2019amour du Christ, l\u2019abandon à la Providence, les sacrements et l\u2019oraison, mais libres de tout l\u2019appareil didactique et exposés en fonction des exigences de notre temps.Les quatre volumes consacrés aux écoles de spiritualité : l\u2019Ecole de Saint Benoît (par le Dr Denys Gorce), l\u2019Ecole de Saint François de Sales (par Ernestine Le Couturier), l\u2019Esprit de l\u2019école française de spiritualité (par Jean Gauthier) et les leçons du XIXe siècle (par Maurice Yédoncelle), s\u2019appliquent à extraire la sève des maîtres spirituels du passé et à la présenter à des esprits modernes.Comme on peut le voir facilement, la maison Bloud et Gay, en lançant la Vie intérieure pour notre temps, a fait œuvre vraiment catholique.Elle a ajouté à sa Bibliothèque catholique des Services religieux et à ses manuels d\u2019action catholique \u2014 deux collections où les dirigeants d\u2019action catholique peuvent puiser une connaissance sûre de leur religion \u2014 le complément indispensable pour tout chrétien qui, ne se contentant pas d\u2019une science théorique de sa religion, cherche à vivre vraiment son christianisme.Adrien-Marie Brunet, O.P.Projections Pascal et Duhamel D\u2019effort en effort, d\u2019inspiration en inspiration, M.Georges Duhamel s\u2019est hissé vers un sommet d\u2019où per- Le Sens des Faits sonne n\u2019aurait l\u2019audace ni les moyens de le descendre.Ses vertus «y familiales, son patriotisme, ce caractère intègre qui perce dans chacune de ses productions, le font estimer de tous les gens de lettres, ce qui n\u2019est pas un mince privilège au sein de la confrérie.De plus, sans partager notre croyance, il reste ouvert et sympathique à l\u2019idée religieuse.Il lui manque cependant certaines données toutes premières pour toucher le problème de la foi, même quand il se borne à l\u2019étudier tel que pensé et vécu par son écrivain familier, Biaise Pascal.Dans une conférence à l\u2019Université des Annales, 7 mars 1938, intitulée : « Pascal et l\u2019homme qui cherche en gémissant» (comme on le verra tout à l\u2019heure, rien de moins thomiste pour fêter la St-Thomas), il parle avec ardeur de la conversion de son héros, qu\u2019il admet comme intégrale.Mais il lui reproche, ayant piétiné sa raison pour croire, de la relever aussitôt et de s\u2019en servir pour analyser ses motifs.Tenter de la sorte une incursion en apologétique, sans savoir ce que nos traités en disent, c\u2019était, sur un moins large plan, s\u2019exposer au même péril que son ami Mauriac lançant une Vie de Jésus en faisant table rase des exégètes.On sait que ce dernier, abasourdi par une puissante mise au point du P.Lagrange, voulut du moins répondre à d\u2019autres attaques et rajuster ses positions dans une préface à la seconde édition de son œuvre.Après un éloge ému de Pascal, depuis longtemps, surtout pendant la guerre, son « refuge » et son « bouclier », M.Duhamel s\u2019engage dans une âpre controverse à propos du croyant, de son attitude inquiète et raisonneuse en face de la foi.Il ne craint de s'en prendre en passant, sur le même thème, à saint Augustin.S\u2019il existe un drame de Pascal, à mon sens, le voilà.Sans cesse, Pascal revient sur les miracles, et l\u2019observateur, anxieux, finit par se dire que, si Pascal en parle tant, c\u2019est peut-être qu\u2019il a besoin de s\u2019étourdir, de s\u2019enivrer.Il reste un homme de science.Il n\u2019est pas le maître de ses habitudes.11 lui faut des preuves.Il veut démontrer en quoi cette religion chrétienne est aimable et comment elle surpasse les autres.Puis il s\u2019arrête, hors d\u2019haleine, sentant l\u2019erreur.Il déclare, une fois encore, que Dieu est amour et que cela suffit.A peine ce dernier mot s\u2019éloigne-t-il dans l\u2019étendue que, tout aussitôt, Pascal se reprend à parler de preuves.Il écrit : « Preuves de Jésus-Christ ».On reste confondu.Cet homme a reçu la confidence divine et le voilà qui réclame des preuves, qui administre des preuves et qui s\u2019égare en longues explications sur les miracles.203 Revue Dominicaine Il paraît que saint Augustin a dit : « Je ne serais pas chrétien sans les miracles ».Cette parole me choque.N\u2019est-ce pas la parole d\u2019un homme de peu de foi ?Si Dieu lui a vraiment parlé à l\u2019oreille, qu\u2019a-t-il besoin d\u2019un autre miracle ?Il se peut que je me fasse, de la foi, une idée par trop éclatante, et, pourtant, Pascal me jette dans le trouble.Il dit : « Ne vous étonnez pas de voir des personnes simples croire sans raisonner ».Mais lui, qui n\u2019est pas, je veux bien le reconnaître, une personne simple, il ne peut s\u2019empêcher de raisonner.M.Duhamel tente ensuite de corriger ou de clarifier ses dires par des affirmations qui nécessitent à leur tour une mise au point.Les preuves rationnelles ne sont pas à l\u2019usage des incroyants.En revanche, pour celui qui a reçu la confidence divine, les preuves rationnelles peuvent soudain redevenir des preuves : elles sont sanctifiées par l\u2019acte d\u2019amour.Elles passent preuves dans l\u2019éblouissante lumière de l\u2019amour.Que M.Duhamel se rassure, il n\u2019a pas, il ne saurait avoir de la foi une idée trop éclatante ; d\u2019autant qu\u2019il considère surtout, dans son texte, la foi du charbonnier, qui est sans contredit la plus excellente et la plus méritoire, en ce qu\u2019elle comporte dès ici-bas une Béatitude.« Thomas, parce que tu as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui auront cru sans avoir vu ».Mais à côté de cette foi tranquille dans sa demeure et n\u2019en sortant jamais pour en scruter la base, il y a la foi du raisonneur, de l\u2019expérimentateur : d\u2019un S.Thomas ou d\u2019un Pascal.Et nulle part Jésus ne la condamne, soit par ses discours, soit par sa conduite.Il garde parmi son groupe l\u2019apôtre méfiant, récalcitrant, qui reçoit comme les compagnons, en lourd héritage, l\u2019honneur de la prédication et la gloire du martyre.Pourquoi ?Parce que cet apôtre ne cesse de croire, même ayant vu.Qu'a-t-il vu an juste ?Le fait de la résurrection ?c\u2019était déjà chose du passé ; la divinité de son Maître ?c\u2019est un mystère de soi indémontrable.Il a vu qu\u2019il pouvait et qu\u2019il devait croire à l\u2019un et à l\u2019autre ; et il croit, et il s\u2019écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » La tolérance, ou mieux, l\u2019acception du Maître s\u2019explique aussi d\u2019une autre façon.« Sciebat enim quid esset in homine, il savait ce qu\u2019il y avait dans l\u2019homme », c\u2019est-à-dire : au moins deux hommes.Il savait aussi l\u2019extrême variété et opposition entre les hommes, ses contemporains, ses devanciers et les hom- 204 Le Sens des Faits mes de toujours ; ceux que Newman appellera les tempéraments religieux, et les caractères sceptiques ; ceux qui ayant trouvé, s\u2019abstiennent de toute recherche ultérieure, et ceux qui examinent à fond leur trouvaille, leurs titres d\u2019acquisition et de possession.Georges Duhamel se range, trop résolument peut-être, parmi les premiers.Il affirme que s\u2019il recevait la confidence divine, il se contenterait de jouir de son trésor et de conserver « ce précieux viatique », comme ces orantes que la peinture nous montre les mains croisés sur leur cœur comme sur un vivant tabernacle.Pourtant l\u2019apôtre S.Jean a reçu, de plus près que les autres, le message intime du Sauveur : au matin du Grand Jour, il court au tombeau, pour vérifier le témoignage des « saintes femmes ».Et je me demande, connaissant comme la moyenne des lecteurs l\u2019œuvre de Georges Duhamel, les personnages tourmentés qu\u2019il a su créer (v.g.Laurent, dans « Cécile parmi nous », en cours de publication à la Revue des Deux Mondes), si le médecin romancier, placé dans les mêmes circonstances, n\u2019eût pas couru au même endroit.Seulement, avec sa généreuse puissance d\u2019aimer, il eût peut-être « couru plus vite que Pierre ».C\u2019est au bénéfice de tous, incrédules, croyants satisfaits ou chercheurs toujours en quête d\u2019appuis rationnels, c\u2019est pour cette mosaïque d\u2019esprits faisant un monde, que Jésus a multiplié les miracles.11 assigne pour fin à ses prodiges, non seulement la guérison des infirmes et des malades : mais de fonder la crov-anoe.Il demande qu\u2019on le juge à ses œuvres.Il trouve une partie de ses auditeurs insatiable sur ce point ; mais même à une « génération incrédule et adultère » il réserve le miracle des miracles : sa Résurrection.Il administre « les preuves de Jésus-Christ ! » Et M.Duhamel « reste confondu » de voir Pascal repasser ces mêmes preuves pour soi et les exposer pour « l'homme oui cherche en gémissant ».Et M.Duhamel se déclare « choqué » de ce que S.Augustin, « homme de peu de foi », aurait écrit : « Je ne serais pas chrétien sans les miracles ».J\u2019ignore l\u2019authenticité du texte ; mais le saint a bien écrit : « Non credercm, nisi viderem esse credendum, je ne croirais pas, si je ne vovais pas qu\u2019il faut croire ».En quoi Augustin se révèle parfait humaniste avant la lettre.Ce n\u2019est pas lui qui oserait scinder l\u2019homme en deux parts : l\u2019être croyant et l\u2019être pensant.Il prend docilement à son compte l\u2019exhortation de S.Paul, homme de peu de foi, sans 205 Revue Dominicaine doute : « Rationabile sit obsequium vestrum, que votre assentiment soit raisonnable » ; comme aussi celle de S.Pierre : «Parati semper ad satisfactionem omni poscenti vos rationem de ea quce in vobis est spe, soyez toujours prêts à contenter quiconque vous demandera compte de l\u2019espérance qui vit en vous ».Ce langage s\u2019adresse aux contemporains des Apôtres.A combien plus forte raison à l\u2019homme moderne, féru de raisonnement et de recherche.C\u2019est l\u2019état d\u2019esprit qui prévaut dans le monde depuis la Renaissance.Et je regrette qu\u2019une conférence aux Annales, livrée en l\u2019an de grâce 1938, me force à répéter pareille banalité.Evidemment, une muraille se dresse entre Georges Duhamel et le christianisme.De ce côté-ci de la muraille, nous professons avec lui que la foi n\u2019est pas au bout d\u2019un raisonnement.C\u2019est un assentiment de l\u2019intelligence, commandé, non par l\u2019évidence de l\u2019objet, mais par la volonté du croyant, sous l\u2019efficacité de la grâce.Mais nous soutenons aussi que les preuves rationnelles de crédibilité et de «crédendité» sont toujours utiles et parfois indispensables, tant aux incrédules qu\u2019aux plus fermes croyants.Aux incrédules, connue préparation à la foi.D\u2019innombrables récits de conversion l\u2019attestent, dont les auteurs nous tracent l\u2019itinéraire de leur retour à Dieu.Chacun d\u2019eux a subi la contrainte logique d\u2019observations et de raisonnements en conformité avec sa propre tournure d\u2019esprit.Toute voie mène à Dieu, qui se conforme, pour ainsi dire, à cette métaphysique individuelle dont parle ailleurs notre conférencier, la seule qui compte en pratique.Puis, d\u2019ordinaire, un temps d\u2019arrêt, plus ou moins prolongé.La grâce peut attendre ; mais le terrain est préparé.Le lecteur comprendra que le dernier obstacle, comme dans le cas de Brunetière et de tant d\u2019autres, soit fréquemment d\u2019ordre moral.Et les preuves rationnelles sont utiles ou nécessaires au fidèle en confirmation de sa croyance et pour lui permettre de la mieux défendre et propager.M.Duhamel y souscrit, en oubliant que le Pascal dont il nous entretient se trouve en pleine possession de la lumière.Pourquoi alors lui reprocher ses poursuites rationnelles « sanctifiées par l\u2019acte d\u2019amour ?» Une étape viendra \u2014 et notre conférencier l\u2019évoque avec un rare bonheur d\u2019expression \u2014 ou le fidèle adonné aux pratiques pieuses, disons le mot : à l\u2019oraison, sentira le besoin, sous l\u2019influx de la grâce, 206 Lb Sens des Faits d\u2019évacuer le raisonnement, et jusqu\u2019à l\u2019image sensible, pour fixer « dans un regard simple » la pure Vérité.Mais ceci représente un sommet de la vie intérieure.Avant de contempler de la sorte, il s'agit de méditer, c\u2019est-à-dire, de raisonner.Une tendance actuelle en philosophie semble vouloir discréditer la Raison dans son propre domaine.Le grand bienfait de la philosophie chrétienne et de la théologie consiste à l\u2019empêcher de courir au suicide, l\u2019autre en lui opposant sa propre théorie des bases de la connaissance, l\u2019autre en lui conférant un rôle auxiliaire jusque dans le domaine de la foi.Son Purgatoire Dans son « Mystère an seuil du Paradis », qu\u2019un de nos collaborateurs analysa ici de façon très pertinente, le Père Lucas met en lumière une doctrine de plus en plus accréditée en théologie.C\u2019est qu\u2019il est possible, sinon aisé, durant la vie et surtout aux approches de la mort, de se purifier entièrement du péché et des peines temporelles qui lui font suite ; et donc, d\u2019entrer an Paradis sans passer par l\u2019expiation du Purgatoire.Tl faut, bien entendu, dans un détachement complet du mal, accepter de plein gré les ultimes souffrances que Dieu envoie.Comme «l\u2019expérience religieuse» n\u2019a jamais cessé de compter en théologie et reçoit aujourd\u2019hui bon accueil même chez les savants profanes, je rapporterai un fait canadien de nature à confirmer, nour une part, cette doctrine qui laisse planer sur la mort et sur l\u2019austère pensée chrétienne, sa douce lumière.Vers la mi-avril 1926, une jeune fille de la campagne se meurt dans un hôpital de Québec, atteinte de phtvsie au dernier période.Une année de séjour en Alberta, un long stage au sanatorium, n\u2019ont pu enrayer le mal ; et la fin est imminente, au dire unanime des médecins, des nurses et religieuses.Le semblant de village où elle avait vécu, dans une maison confortable, tout près de l\u2019église, en face de la statue de saint Isidore, patron des laboureurs, qui patronnait aux alentours une étendue stérile, n\u2019offrait rien qui pût vraiment pervertir ou même distraire la jeunesse.Tout au plus cette jeune fille, distinguée de nature, belle à faire peur aux prétendants, ayant reçu des Ursulines une éducation complète, s\u2019ingéniait-elle à cultiver ses goûts artistiques, en se tenant au courant, je ne sais trop de quelle façon, des dernières créations de la mode en fait d\u2019habille- 207 Revue Dominicaine ment, de décoration, de musique, «et autres babioles», comme dirait le P.Labat.Du point de vue moral, cela ne tirait guère chez elle à conséquence.Mais quand son mal fut dépisté, elle se mit à penser aux choses sérieuses, à la chose sérieuse entre toutes, la mort.Jeune encore, elle avait, sinon un passé, comme on dit aujourd\u2019hui, mais son passé.Elle le trouvait bien encombrant, ce passé qui assiège la mémoire, comme le colporteur envahit une pièce et déballe malgré vous sa marchandise article par article.Avec plus d\u2019élégance et non moins de vérité, Paul (téraldy le compare à un paléographe.Soit ! Habite-moi.Mets à jour dans les cryptes de ma mémoire tes tables et tes répertoires.Fais le compte de mes victoires, l\u2019inventaire de mes amours.Travaille bien, vieil archiviste ! Tes catalogues et tes listes, engrave-les dans mon cœur triste.Même, pour m\u2019attacher encor et me prendre à ton radotage, triche ! rajuste l\u2019image ! Epoussète, poudre d\u2019or, farde la vieille aventure ! Maquille, repeinturlure la figure et le décor ! Insiste ! Reviens ! Rabâche ! Poursuis ta sinistre tâche d\u2019étiqueteur et d\u2019embaumeur.Mais poursuis-la du moins dans l\u2019ombre.Toi, ta poussière et tes décombres, je vous consigne dans mon cœur ! Obsédée par ses souvenirs, qu'elle confie du moins au prêtre, comptant sur la miséricorde divine, mais effrayée à la pensée des peines du Purgatoire, elle fait à Notre-Seigneur la prière de tout expier ici-bas.Comment sera exaucée la requête et accepté le contrat, nous allons le toucher du doigt en retournant à ce lit d\u2019hôpital où, minable et flétrie comme une fleur coupée depuis des semaines, elle écoute avec une ironie voilée ce verdict du personnel : Courage, vous n\u2019en avez plus pour longtemps à souffrir, avant ce soir le bon Dieu vient vous prendre.Mais elle dure, elle dure, sans aliments ni sommeil ; et des jours et des nuits se passent, à la stupéfaction de personnes munies de savoir et d\u2019expérience, mais déroutées, pour ne point dire déçues dans leurs pronostics.La famille en constante alerte va et vient de l\u2019hôtel à l\u2019hôpital.Seul le père a reçu la confidence de ce mystère au seuil du Paradis.Et quand il entre le matin dans sa chambre, la perpétuelle agonisante lui sourit en disant : « Il faut croire qu\u2019il reste encore une balance à expier ».Or, durant trente jours \u2014 lecteurs, lisez bien, entendez bien \u2014 durant trente jours, elle soutint avec certitude, sans se plain- 208 Le Sens des Faits dre ni même exprimer sa hâte d\u2019en finir, cette sorte de combat avec l\u2019Ange.Elle mourut le 19 mai, ou commença de vivre, cette fois comme les fleurs du pommier dans l\u2019enclos d\u2019en face, qui s\u2019ouvraient ce matin-là.Ce tableau, qui n\u2019aurait besoin d\u2019autres retouches que celles de l\u2019art, puisqu\u2019il est pure vérité, se présente comme un diptyque.Le premier panneau nous montre quelle rigueur d\u2019expiation temporelle implique le péché.Le second, vision d\u2019espoir pour tous nos malades, nos souffrants, nos infirmes, proclame avec force qu\u2019un bilan spirituel se règle comme une affaire \u2014 ne dit-on pas « l\u2019affaire » du salut ?\u2014 et que l\u2019étape du Purgatoire, la grande pensée de novembre, peut être franchie en ce bas lieu.Les belles citations Un de nos lecteurs les plus distingués nous signale dans un journal qui, sans être catholique, est lu sans méfiance par nombre de catholiques : l\u2019Intransigeant (N° du 5 septembre dernier) un écho qui raille « VAnastasie », c\u2019est-à-dire la censure canadienne.Les films français n\u2019ont vraiment pas de chance, an Canada.Depuis le début de l\u2019année, 14 œuvres de chez nous ont été interdites par la censure.Parmi elles, on compte trois films de Jacques Feyder : Le grand jeu, La kermesse héroïque et Les gens du voyage.Les nuits blanches de Saint-Pétersbourg, Un déjeuner de soleil et Quadrille, avec Gaby Morlay, ont subi le même sort, ainsi d\u2019ailleurs que Mademoiselle ma mère, avec Danielle Darrieux ; L\u2019orage, avec Charles Boyer ; L\u2019habit vert, Le fauteuil 47, Le puritain, Chéri-Bibi, Claudine à l\u2019école.Quant aux nombreux autres films français qui n\u2019ont pas été interdits, ils ont été coupés 1 censurés, rendus méconnaissables.Le Canada, cependant, compte encore suffisamment d\u2019habitants de langue française pour qu\u2019on leur laisse la joie d\u2019applaudir des films de France.Nous ne saurions trop féliciter nous-mêmes nos amis canadiens de leur vigilance en pareille matière.Il faut qu\u2019ils sachent que les spectacles qu\u2019avec raison ils interdisent, coupent et censurent au point de les rendre méconnaissables, sont désavoués 1.L\u2019échotier de l'Intransigeant se trompe ou se laisse tromper.Si un film ne peut être coupé sans que la trame essentielle n\u2019en soit rompue, les directeurs de « France Film », au lieu de le rendre méconnaissable, le rejettent tout simplement.Quant aux films jugés par trop dangereux, ils subissent des coupures, il est vrai, mais l\u2019opération est faite selon les règles de la logique et du bon sens.Et je ne vois à s\u2019en irriter que certains journalistes sadiques dont le métier non encore avoué est de corrompre.\u2014 C.209 Revue Dominicaine par un grand nombre de Français qui les considèrent comme déshonorant leur patrie.Oui, c\u2019est précisément parce qu\u2019une certaine presse et une certaine critique vantent ces productions et nombre de publications immorales et même obscènes et les proclament essentiellement « françaises » que notre pays a si mauvaise réputation en certains pays.Les autres peuples ont aussi leurs écrivains pornographiques et leurs publications obscènes, mais on ne les présente pas au monde comme l\u2019expression même de leur propre génie.On ne saurait assez dire tout le mal que font à notre réputation dans le monde entier les romans et spectacles qui font appel aux plus bas instincts et sont dit « suggestifs », c\u2019est-à-dire provoquant la lubricité.Aussi saisissons-nous cette occasion pour demander à nos frères canadiens de croire que grâce à Dieu il y a encore en France des âmes honnêtes qui, avec eux et autant qu\u2019eux, réprouvent ces exportations immorales dont ils ont grande raison de se préserver.(Jean Guiraud: «Pour la moralité publique», dans la Croix, 13 septembre 1938).Nous réprouvons la liberté beaucoup trop grande qui s\u2019est introduite, surtout au littoral, de s\u2019exhiber sans aucun souci de modestie, ce qui devient facilement péché grave à cause du grand scandale.Que les catholiques évitent totalement les endroits et les établissements souillés par de telles exhibitions, et qu\u2019ils n/y conduisent jamais ni leurs fils ni leurs filles.Que les magistrats civils sachent qu\u2019ils manquent gravement à leur devoir professionnel si, par tous les moyens possibles, ils ne veillent pas à la inoralité publique.Le système du « nudisme » ne peut s\u2019accorder avec la doctrine catholique, vu qu\u2019il ne tient pas compte de la concupiscence qui est la suite du péché originel.Rejetant absolument tous vains prétextes, le Concile décrète que, tant dans l\u2019éducation de la jeunesse que dans les rapports de la vie ordinaire, soit gardée cette modestie bien comprise et nullement méticuleuse que l\u2019Eglise a toujours inculquée et qui concorde parfaitement avec les lois psychologiques.Viennent ensuite les journaux appelés « anticléricaux » : tout en concédant que la religion est affaire de conscience privée 210 Le Sens des Faits et en professant de temps en temps un certain respect théorique pour les choses d\u2019ordre religieux, ils sont cependant, en pratique, opposés ci toute manifestation extérieure de la religion.Ils déclarent, en effet, que la religion n\u2019a aucune place clans l\u2019éducation ni clans les affaires de famille ou d\u2019Etat.Ils séparent ainsi de la religion toute la vie.Ils recherchent volontiers les occasions de calomnier les ministres du culte.Ils attaquent systématiquement les laïcs qui dirigent les œuvres catholiques, les traitant d\u2019ennemis de l\u2019ordre social ou d\u2019adversaires politiques, à cause cle leur zèle ci appliquer les principes de la religion clans les divers domaines cle la vie sociale.A cause cle la conception matérialiste cle vie qu\u2019ils exhalent, ces journaux sont en complète opposition avec les principes chrétiens, Men qu\u2019il leur arrive, par opportunisme, cl\u2019admettre une certaine apparence cle tolérance.(Actes et décrets du Ve Concile provincial de Malines (8-10 juin 1937) reproduits dans la Documentation Catholique, 20 septembre 1938).Criticus .Cardinal J.-M.-R.Villeneuve,, O.M.I.\u2014 «La Messe» \u2014 Edition de l\u2019Action Catholique, Québec, 1938.En vente à la Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Prix : $0.75.J\u2019entends la réflexion d\u2019un pieux clerc : encore un livre sur la messe.Oui, c\u2019est vrai, encore un livre sur la messe.Mais on peut dire de la messe, ce que saint Bernard dit de Marie : Numquam satis.C\u2019est-à-dire que de la littérature fade ou la répétition de vieux clichés sur la Sainte Eucharistie, on en aura toujours trop.Mais de la doctrine, sur un sujet si grand, on n\u2019en aura jamais assez.Et c\u2019est cet aspect doctrinal que nous trouvons exposé avec précision dans ce dernier ouvrage de S.E.le Cardinal Villeneuve.Comme on le constate, en lisant le texte de ces conférences, elles ont été préparées aux meilleures sources théologiques et liturgiques.On trouvera ici non seulement de pieuses considérations, mais surtout des données substantielles sur le dogme et sur la liturgie de la sainte messe.C\u2019est une lecture qui plaira, à la fois, aux âmes liturgiques et aux âmes eucharistiques.Les habitués de la messe quotidienne y puiseront des réflexions solides et aptes à augmenter leur ferveur pour cette belle dévotion.Le Concile de Trente, qui a décidé de tant de choses, recommande aux évêques et aux prêtres de prêcher souvent sur le saint sacrifice de la messe.Ces conférences du Cardinal sont donc d\u2019abord un bel exemple de fidélité disciplinaire.Sur le choix du sujet, l\u2019orateur a suivi l\u2019exemple d\u2019illustres devanciers.Richelieu, Bossuet, Bona, n\u2019ont pas cru perdre leur temps en prêchant et en écrivant sur la sainte messe.Et ils ont eu raison.J\u2019entends la réflexion d\u2019un autre, sociologue averti : il me semble qu\u2019il serait plus opportun de traiter, en chaire, des nécessités de l\u2019heure.Ici, la réponse est encore plus facile.Précisément, puisque vous parlez d\u2019opportunité, je crois à la suite de S.S.Pie XI, que dans nos temps si troublés la plus grande nécessité de l\u2019heure, c\u2019est la nécessité de la prière, et de la prière bien faite.Or la prière la mieux faite, c\u2019est encore la messe bien entendue.Afin d\u2019obtenir pour le monde actuel un ordre nouveau plus juste, plus humain, il nous faut absolument l\u2019aide du premier Ordonnateur de l\u2019univers, il nous faut l\u2019aide de Dieu.Des messes entendues avec assiduité, avec piété, nous attireront sûrement ce secours le plus nécessaire à notre humanité.Or pour retirer de nos messes le meilleur résultat, il ne suffit pas de se procurer un beau missel, fût-il le plus complet possible.Il faut d\u2019abord s\u2019éclairer, comprendre toute la valeur de la messe, la richesse et le sens de ses rites.Il faut surtout saisir sa portée collective, sociale.Ce sur quoi, on n\u2019insiste pas assez dans les catéchismes préparatoires à la Communion solennelle.Parmi tous les livres \u2014 et il y en a \u2014 qui se publient sur la sainte Eucharistie, depuis le renouveau liturgique, ces leçons sur la messe s\u2019avèrent un produit de haute qualité.Si dans l\u2019ameublement de nos églises on mettait en pratique la juste remarque du Cardinal, dans sa quatrième instruction, l\u2019on 212 L\u2019Esprit des Livres aurait déjà tiré un réel profit de la lecture de ce livre.L\u2019auteur a bien raison de signaler que « trop souvent la décoration des églises ne s\u2019est enrichie qu\u2019en délaissant le caractère sacré qui convient au Cénacle du Seigneur ».En effet l\u2019église paroissiale et aussi la chapelle des Communautés religieuses ne doivent pas être des musées meublés avec des statues de toutes les couleurs.C\u2019est avant tout la maison de Dieu, domus Dei.Si tous les fidèles de nos diocèses comprenaient, dans le sens que l\u2019explique l\u2019auteur à sa cinquième conférence, toute la beauté et toute la signification liturgique des messes pontificales, on se ferait un devoir de remplir nos cathédrales les jours où l\u2019Evêque pontifie.C\u2019est la prière officielle du Chef spirituel d\u2019un diocèse à laquelle les fidèles ont tout intérêt à s\u2019unir.Comprendre, réaliser la valeur de cette formule liturgique : Prier en union avec son Evêque, c\u2019est avoir excellemment le sens liturgique.Souhaitons que ces conférences soient lues attentivement par un grand nombre, clercs, religieuses et laïques ; et surtout qu\u2019elles soient mises en pratique.On a écrit un livre : « Le prêtre sanctifié par la messe ».L\u2019ouvrage dogmatique et liturgique du Cardinal Villeneuve pourrait s\u2019intituler : « Le peuple chrétien sanctifié par la messe ».Et n\u2019en déplaise à certains opportunistes, un bon ouvrage sur la messe aura toujours sa place dans la collection: Livres de l\u2019heure.La messe étant pour tous les temps et pour toutes les générations une source de bénédictions de toutes sortes, elle restera toujours, pour la chaire sacrée, un sujet de la plus grande actualité.Dans la belle série : Ouvrages du Cardinal Villeneuve, ce dernier volume n\u2019est pas le moins important, ni le moins beau.Il aidera les âmes à accomplir avec plus de perfection l\u2019acte de religion le plus excellent et le plus efficace qu\u2019on puisse accomplir sur la terre.M.-V.Masson, O.P.Jos.Schryvers, C.SS.R.\u2014 « Les principes de la vie spirituelle ».1 vol.in-12, 522 pages.Prix : 30 fr.Desclée de Brouwer et Cie, Paris.Voici que vient de paraître la septième édition des « Principes de la vie spirituelle ».Cette édition a été complètement refondue par l\u2019auteur lui-même, lui ajoutant les problèmes de notre époque actuelle, et la faisant profiter de l\u2019expérience qu\u2019il a acquise au cours des nombreuses années de son ministère.L\u2019auteur nous présente tout ce qui concerne la vie parfaite ; il nous donne une vue d\u2019ensemble de la vie spirituelle en traitant de toutes les questions qui la concernent.Tout d\u2019abord, l\u2019auteur considère la fin de la vie spirituelle, en envisageant les différents aspects de l\u2019idéal chrétien.Puis, il nous fera connaître la cause efficiente de la perfection, en nous révélant toutes nos ressources naturelles et surnaturelles.Enfin, il nous démontrera que la « voie » à suivre pour atteindre cette perfection n\u2019est autre que l\u2019oraison et nos propres actions.Comme l\u2019auteur se proposait d\u2019adopter la forme d\u2019un manuel, nous ne sommes donc pas surpris d\u2019y rencontrer la logique et la méthode un peu 213 Kevue Dominicaine austère que requiert cette forme.Aussi sommes-nous en présence d\u2019un exposé clair, méthodique, et très solidement construit.Il est bien évident que la lecture de ce livre sera d\u2019un vif intérêt pour toutes âmes avides de perfection.Elle leur fournira certainement l\u2019occasion d\u2019approfondir cette science si importante de la vie spirituelle, car selon le R.P.Merkelbach, O.P.: « peu d\u2019ouvrages témoignent d\u2019une science théologique aussi grande et renseignent, d\u2019une manière aussi complète sur l\u2019essence de la vie surnaturelle ».G.-M.B.Paul Philippe, O.P.\u2014 «Le rôle cle l\u2019amitié dans la vie chrétienne selon saint Thomas d\u2019Aquin » \u2014 1 vol.in-8, XIY, 207 pages, Eonie, « Angelicum », 1938.Les amitiés humaines sont-elles un obstacle à l\u2019amitié avec Dieu, ou, au contraire, n\u2019exercent-elles pas une heureuse influence sur notre vie morale et ne peuvent-elles pas nous disposer à un plus grand amour de Dieu ?Grave problème, qui a préoccupé de tout temps les maîtres de la vie spirituelle.La solution ici proposée est empruntée exclusivement à saint Thomas d\u2019Aquin, et repose, comme sur sa base, sur cette affirmation de la Somme théologique que l\u2019homme heureux a besoin d\u2019amis pour bien agir dans les œuvres de la vie active comme dans celles de Ja vie contemplative (la Ilae, 9.4, a.8).Une réponse aussi condensée et aussi énigmatique appelle des développements et des explications.Le Père Philippe les a cherchés dans toute l\u2019œuvre du saint docteur et il y a recueilli plus de 550 textes susceptibles d\u2019étayer l'affirmation thomiste.Ceux qui ont fréquenté saint Thomas ne sont pas sans avoir été frappés de le voir faire intervenir si souvent la notion d\u2019amitié, dans sa doctrine sociale en particulier.Ils sauront gré au P.Philippe du remarquable travail de coordination et d\u2019agencement auquel il s\u2019est livré.Il faudrait bien des pages pour reproduire simplement les cadres et la marche générale de son exposé.Nous ne cacherons pas la satisfaction que nous avons éprouvée à le suivre dans son analyse minutieuse et serrée.Il s\u2019avance pas à pas, ne laissant rien à prouver.De temps à autre, il fait le point et nous repose par des aperçus synthétiques très fermes.En somme, une thèse très nourrie et fortement charpentée, et du plus vif intérêt.Empressons-nous d\u2019ajouter qu\u2019elle se présente avec une allure un peu trop scolastique.Le français dans lequel elle est écrite est encore tout proche du latin de l\u2019Ecole, très souvent même farci de termes latins techniques.Ce problème,_ d\u2019une portée pratique si considérable, est bel et bien résolu ici, mais en principe et dans 1 abstrait.En pratique et dans les cas concrets, il se complique de tout un ensemble de conditions qui expliquent les défiances des auteurs de spiritualité et justifient leurs mises en garde.Malheureusement ces défiances et ces mises en garde contre les abus contribuent à discréditer la chose elle-même.Un rappel des principes est alors opportun.Et il faut louer le P.Philippe de s\u2019en être chargé en se prévalant de la grande autorité de saint Thomas.T.-M.Charland, O.P.214 L\u2019Esprit des Livres Dr Gaston Lapierre \u2014 «Pour la Mère et l\u2019Infirmière» \u2014 Du soin des enfants.232 pages.Imprimé à l\u2019Imprimerie Excelsior, Montréal, 1938.En vente à la Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Prix : $1.25.La maîtresse de maison qui, ayant semé un parterre devant sa porte, le découvre, un bon, ou plutôt un mauvais matin, saccagé par l\u2019orage ou sourdement miné par des insectes, s\u2019en console à la pensée que ce parterre était de toutes façons promis à une brève existence ; qu\u2019il y a toujours l\u2019espoir d\u2019une plantation nouvelle ; et qu\u2019enfin, peu instruite des méthodes de floriculture, elle ne pouvait tout prévoir ni tout empêcher.Mais si cette maîtresse de maison est mère de famille et qu\u2019elle voie mourir ou dépérir ses enfants, faute de soins appropriés, elle se trouve cette fois en face de l\u2019irréparable.Ses fleurs vivantes avaient droit au complet épanouissement.En supposant que l\u2019art médical parvienne à les sauver, ce sera pour en faire des êtres flétris, diminués, inaptes à la lutte pour l\u2019existence.De plus, étant donnés le progrès et la diffusion de la puériculture, il n\u2019en tenait qu\u2019à la maman de se mettre à la page pour prévenir, sauf cas d\u2019exception, la fatale échéance.Quels regrets alors ! C\u2019est bien là l\u2019idée directrice du Dr Lapierre déclarant dans sa préface qu\u2019un enfant « se cultive comme une plante.11 a en effet besoin du milieu favorable, de la chaleur voulue, de la nourriture appropriée, du soleil, de l\u2019air, de la protection nécessaire, et il nous récompense de tant d\u2019efforts, en nous offrant en retour un corps bien venu, sain et robuste, un caractère et une âme bien trempés, qui font la joie et le bonheur de ceux qui ont consacré leur vie à ce rôle fécond, et qui donnent au pays d\u2019utiles citoyens ».Et c\u2019est en vue d\u2019obtenir pareil résultat qu\u2019il présente aux mères, aux infirmières, aux étudiants de la Faculté, une nouvelle édition d\u2019un manuel pédiatrique de nature à les renseigner \u2014 du moins, quant à l\u2019essentiel \u2014 sur tout ce qui concerne le bien-être de l\u2019enfant, depuis sa conception jusqu\u2019à tel degré de croissance où l\u2019on peut tabler sur le présent pour augurer de l\u2019avenir.Je n\u2019ai ni autorité ni compétence pour mettre en valeur le contenu de ce livre.Il m\u2019est aisé, cependant, de témoigner en faveur de l\u2019autorité et de la compétence de l\u2019auteur.Muni de titres variés, professeur de pédiatrie à l\u2019Université et directeur de clinique à l\u2019Hôpital Sainte-Justine, il s\u2019est trouvé depuis de nombreuses années dans un milieu propice à l\u2019observation comme à la pratique.Son enseignement écrit correspond aux leçons orales par une belle ordonnance des matières, basée tout simplement sur l\u2019âge de l\u2019enfant et ses besoins croissant avec l\u2019âge, et par un langage clair et familier, dépou\" pour la circonstance du vocabulaire technique.Et cette revision de son ouvrage lui a permis d\u2019ajouter les plus récents mots d\u2019ordre concernant l\u2019alimentation des bébés.Bien entendu, le Dr Lapierre prône avant tout l\u2019allaitement maternel.Je regrette seulement qu\u2019il n\u2019ait su réduire à sa juste valeur, de façon plus précise, l\u2019opinion extrémiste de Pinard, rapportée à la page 46.La jeune mère qui voudra suivre ces données et directives sentira aussitôt croître son intérêt pour une fonction réglée auparavant par l\u2019à peu près et la routine.Ce qui paraissait besogne accablante deviendra un art des 215 Revue Dominicaine plus agréables.D\u2019autant que le résultat suit de près la méthode.La bonne santé de l\u2019enfant, quelle inquiétude en moins et quelles promesses en plus ! Tout le problème de l\u2019éducation s\u2019en trouve simplifié à son tour, puisqu\u2019on n\u2019a plus à redouter les fatigues précoces de l\u2019école ni les dangers physiques de l\u2019internat.Enfin, si l\u2019on réussissait à propager ces méthodes d\u2019hygiène infantile de maison en maison, tant à la ville qu\u2019à la campagne, songez au profit immense, net et stable, qui s\u2019inscrirait à l\u2019actif de toute une province, de tout un pays.M.-A.Lamarche, O.P.Mme Jean-Louis Audet \u2014 « Les monologues du Petit-Monde » \u2014 Avec Commentaires, quelques éléments de Phonétique et le Cours des moyens.Illustrations de Marie-Laure Cabana.Librairie Beaucbemin Ltée, Montréal, 1938.Parmi tant de professeurs de diction, dont le nombre, chaque année, augmente en proportion des débouchés qu\u2019offre à leur enseignement les goûts du populaire, madame Audet se distingue par son savoir technique, sa longue expérience, sa formation littéraire et son amour de prédilection à l\u2019égard des tout petits et des jeunes.Cet ensemble de qualités est d\u2019ailleurs indispensable ; une classe de diction se rapproche plus ou moins d\u2019une école maternelle ; et rien de ce qui concerne la pédagogie infantile ne doit être complètement étranger au professeur.Quand madame Audet conduit sur la scène Suzette et Lucie, Gérard et Jacqueline, on dirait bien une maman flattée d\u2019introduire au salon la crème de sa marmaille.Et, ma foi, ce sentiment-là perce jusque dans son volume, écrit sur un ton familier, con amore.Il s\u2019agit d\u2019un manuel pour l\u2019enseignement des petits et des moyens (en attendant le Cours des adultes) où des morceaux de choix, intercalés avec art, reposent de la matière technique, servie d\u2019ailleurs avec discrétion.Celle-ci répond aux dernières découvertes et applications de la méthode phonétique, déjà en usage dans les écoles.Quant à la partie littéraire, c\u2019est là que la culture générale de l\u2019auteur lui aura servi davantage.S\u2019il observe une gradation dans le choix des textes, gradation en harmonie avec l\u2019âge des élèves et les progrès de la classe, il nous fait grâce de ces enfantillages bebêtes, cités dans maintes productions du même genre, et de nature, je ne dis pas seulement à corrompre le goût, mais à l\u2019empêcher de naître.De page en page______ son livre manquant de divisions harmoniques \u2014 madame Audet nous promène ainsi des meilleurs auteurs français modernes aux plus réputés, sinon toujours aux plus méritants de nos écrivains canadiens.Remarquons le difficile de l\u2019opération.Car souvent il arrive qu\u2019un maître styliste n\u2019ait rien laissé qui prête un tant soi peu au débit oratoire.Malgré tout, je crois que madame Audet a beaucoup d\u2019autres pièces en réserve, ce qui excitera la hâte du public de voir apparaître le second volume annoncé.Le parler canadien fourmille de défauts sans être pour cela radicalement mauvais.A part le naturel, qu\u2019il faut à tout prix conserver chez un élève, madame Audet insinue clairement à la page 83, à propos de la consonne r, 216 L\u2019Esprit des Livres qu\u2019on doit aussi respecter les habitudes de langage d\u2019une région.11 semble aussi ridicule de prétendre supprimer le grasseyement au « pays de Maria Chapdelaine » que de vouloir l\u2019inculquer aux mioches de Notre-Dame de Grâce et d\u2019Outremont.L\u2019accord sur ce point laisse à désirer.Je connais une fillette qui grasseye en disant et qui roule ses r en chantant.C\u2019est tout à fait simple, pour ne pas dire tout à fait compliqué : l\u2019enfant a deux professeurs : avec une plasticité d\u2019âme égale à la tendresse de ses chairs, elle obéit aux deux ! 11 est donc à souhaiter que maîtres et maîtresses, dont le dévouement n\u2019est pas en cause, dissèquent ce nouveau manuel dans un esprit de sage coopération.M.-A.Lamarche, O.P.Josepli-Michel Madgel \u2014 « Et la lumière fut » \u2014 Poèmes.Maison Aubanel Père, éditeur, Avignon, 1938.L\u2019auteur chante tour à tour avec un rare bonheur les combats séculaires de la raison en lutte avec la foi, puis les exigences de la foi contrariées par les tendances de la chair pervertie.C\u2019est tout le problème du surnaturel présenté sous un grand nombre d\u2019aspects et revêtu des formes poétiques les plus variées depuis la strophe aux longs alexandrins un peu monotones jusqu\u2019au triolet plus léger et vraiment plus gracieux.Certaines stances rappellent les combats que Sully Prud\u2019homme avait avec Dieu, la nuit : « Mais j\u2019ai forcé la nuit rebelle à s\u2019entr\u2019ouvrir ; Refusant de souffrir que l\u2019ombre me domine, J\u2019ai tant fixé le ciel obscur qu\u2019il s\u2019illumine De clartés que mes yeux ont su conquérir ».D\u2019autres ont les accents de Verlaine repenti : « Victime de la volupté, Mais chérissant mon esclavage, J\u2019avais peur de la liberté, Craignant après m\u2019être dompté, De subir un nouveau servage ».Mais ici Dieu remporte la victoire finale et les repentirs sont sincères : « Je sentirai qu\u2019alors la grâce habite en moi, Que l\u2019ombre si souvent obscurcissant ma foi Est à tout jamais dissipée, Que je suis libéré des dettes de jadis, Et qu\u2019en sa pureté, comme dans un grand lis Mon âme est toute enveloppée.» Il faut signaler une doctrine étonnamment juste du péché, de la souffrance et de la grâce, qui, pour se soumettre au rythme et à la rime en rejetant tout vocabulaire technique, ne perd rien de sa rigueur.Ajoutez à ceci une conviction et une plénitude d\u2019accent qui font de chacun des poèmes une profession de foi aux dogmes chrétiens ou un acte d\u2019amour au Christ Sauveur, et vous 217 Revue Dominicaine avez un recueil débordant de sincérité où la rhétorique un peu désuète de quelques pièces disparaît dans mille beautés.A.Saint-Pierre, O.P.Paul FErmite \u2014 Carnet d\u2019un solitaire.\u2014 «La divine Providence ».Les éditions du Lévrier, 95, avenue Empress, Ottawa, 1938.En vente à La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Prix : $0.35 ; la douzaine : $3.50.Pour le catholique éclairé, les dévotions ne vont pas toutes sur le même plan.Il y a dans l\u2019Eglise de Jésus-Christ une hiérarchie du culte comme existe l\u2019échelle des juridictions bien établie par son divin Fondateur.Celui qui voudrait saboter cet ordre des valeurs spirituelles, tomberait en pleine anarchie et verserait dans le sens privé en matière de foi, c\u2019est-à-dire en plein protestantisme.Voilà pourquoi nous savons gré au vénérable solitaire de Châteauguay d\u2019avoir mis en volume les articles si appréciés qu\u2019il donna, ces dernières années, au « Rosaire ».Il faut le remercier de rappeler aux inavertis qu\u2019il existe une hiérarchie en fait de dévotion : la divine, en tout premier lieu et les autres selon leur ordre de dignité, quant à l\u2019objet.Le diable, en effet, se flatte trop souvent de réussir ce tour de force chez les dévots ignorants, de leur faire préférer les dévotionnettes aux dévotions maîtresses, surtout à la dévotion-reine, la dévotion à Dieu.Dans un ouvrage de 125 pages, petit format, mieux écrit et pensé que toiletté, l\u2019auteur plaide la cause de « La Divine Providence », cause si méconnue par manque de foi.Il procède en homme de Dieu qui vit sa doctrine et essaie, par des arguments du plus pur sens chrétien, d\u2019en communier les autres.Il s\u2019adresse, non à des lecteurs quelconques d\u2019un vague public, mais à nos gens « apud domesticos fidei », comme faisait son saint Patron, Saul de Tarse.La foi baisse sensiblement au Canada catholique et partant la croyance et la confiance en la divine Providence.Vie de païens baptisés, vie en marge de la Providence quant à soi, du moins, et l\u2019on est tout douloureusement surpris d\u2019aller de déceptions en déceptions et d\u2019être, ainsi que l\u2019écrit saint Paul, les plus malheureux des hommes « miserabiliores hominum ».Le traité de « La Divine Providence » que l\u2019on nous présente aujourd\u2019hui remet les choses au point.C\u2019est la théologie de la confiance en Dieu, sagesse, bonté, puissance infinie, avec les objections communes tirées du désordre et du mai et résolues conformément à S.Thomas et S.Augustin.Des livres de cette valeur ne se parcourent pas en diagonale ; ils commandent la méditation.A ce prix seulement, celui-ci sortira tous ses effets.H.Couture, O.P.Pierre Schaeffer \u2014 «Clotaire Nicole» \u2014 Préface du R.P.Forestier, aumônier général clés Scouts de France.En vente à La Librairie Dominicaine, Montréal-Ottawa.Prix : $0.25.Le Père Labonté présentait cette biographie scoute, lors de sa première édition, comme un livre d\u2019entraînement, « prêt dans les moments de dépres- 218 L\u2019Esprit des Livres sion à nous inoculer la bonne sève ».L\u2019œuvre complètement refaite que publie sous le même titre Pierre Schaeffer n\u2019a rien perdu de sa valeur de cordial.Cette vie d\u2019ascension continuelle, « jouée », comme l\u2019écrit le Père Forestier dans la préface, « sur la réalité du Christ et du Royaume », incarne un message que nos routiers catholiques auraient profit à entendre.La lecture de ces pages leur fera découvrir un de leurs frères de France, aux prises avec des difficultés semblables aux leurs, toujours soucieux de mener « cette vie abondante dans toute la signification de ce mot », que le Saint Père leur a définie, « d\u2019une puissante respiration, même physiquement parlant, mais plus encore moralement et spirituellement parlant ».Cette lecture affermira aussi leur conviction de conserver à notre route ses caractères propres, de ne point chercher sa formule dans des activités qui devraient demeurer temporaires et accidentelles, i.e.de n\u2019entendre leur vie de routier que comme un contact loyal et sans cesse renouvelé avec la rude nature, engagé toutefois en plein climat surnaturel.Enfin à certains chefs, qui poursuivent leurs études dans les Universités ou les Grandes Ecoles, ces pages inspireront peut-être le désir et le courage d\u2019établir dans leurs milieux des centres routiers similaires au clan des Rois Mages.Nous voulons espérer que la diffusion de ce livre les y aidera.M.-B.M.Philippe Mosane \u2014 « Mieke, la Fiancée du Coin du Diable ».Chez Desclée De Brouwer, Paris.Mieke n\u2019est pas un roman.L\u2019héroïsme des personnages pourrait le faire croire.Nous sommes plutôt en face d\u2019une biographie anonyme où l\u2019auteur a eu le grand mérite de conserver tout le pittoresque possible sans rien sacrifier de la vérité du récit.D\u2019ailleurs, on reconnaîtra sans peine, sous ces noms d\u2019emprunt, quelques-unes de ces belles âmes fortes de nos propres localités.C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une jeune bruxelloise élevée par un rude père communiste et une mère chrétienne, à qui on a défendu toute pratique religieuse, sauf le baptême intéressé de ses enfants.L\u2019enfant a un peu plus de dix ans quand sa mère meurt après une vie malheureuse.Mieke ira dans un pensionnat où elle ne connaîtra pas les consolations de la religion.A seize ans, elle devra comme toute socialiste travailler, quoique son père soit ingénieur.Jusqu\u2019à vingt ans, sa vie est un véritable calvaire ; on retient son salaire et on la prive du nécessaire.Sa conviction pour le parti communiste diminuera en apprenant que son père a déserté avec l\u2019argent de la section et aussi devant le peu de cas que ses compagnons font des vrais nécessiteux.Durant quelques années elle avait été une militante incomparable.Son état de santé devient précaire.Elle devra entrer au sana, car déjà la tuberculose menace.Durant ce séjour, elle remarquera la fraternité, la joie de quelques jocistes, ses nouvelles compagnes et peu à peu sera gagnée.Elle entreprend un voyage à Lourdes après sa conversion pour obtenir la conversion de son fiancé Nel et, si la Vierge le veut, de sa guérison.Elle meurt à vingt-cinq ans après des années de souffrances 219 Revue Dominicaine terribles, mais consolée par la conversion de son fiancé et par tous les secours spirituels de la religion.Nous sommes en face d\u2019une de ces âmes fortes et droites qui se donnent totalement à une cause et qu\u2019aucune difficulté ne peut retenir.En socialiste convaincue elle ne voit de salut qu\u2019en cela.Devenue catholique fervente, elle dira : « Si j\u2019avais mes forces vous verriez quels ravages je ferais ».Seulement elle accepte sa nouvelle vocation de jociste malade.Elle fera le sacrifice de sa vie pour les jocistes, ses bienfaitrices et pour la persévérance chrétienne de Nel.L\u2019intérêt de ce livre vient sans doute de l\u2019art admirable de l\u2019auteur, mais aussi de l\u2019héroïsme chrétien de ses personnages.Tous les jeunes, intéressés aux activités sociales, aux mouvements spécialisés d\u2019action catholique et j\u2019ose ajouter tous les prêtres affectés à ces œuvres trouveront des heures délicieuses en lisant cette biographie anonyme.Vincent Davicm, O.P.Christiane Franc \u2014 « Contes d\u2019une petite vieille » \u2014 Editions Education intégrale, 3, rue de la Sablière, Paris.Contes d\u2019une petite vieille.d\u2019une petite vieille qui pourrait bien n\u2019avoir que trente à quarante ans, à en juger par sa fécondité et son incontestable sens d\u2019observation ; seize ou dix-huit, si l\u2019on s\u2019arrête à la naïveté des récits, à l\u2019insuffisance du style ! De l\u2019esprit dans ces contes et beaucoup de bonnes leçons à retenir.Ils s\u2019ouvrent au coin clu jeu, se poursuivent sous la treille et l'oranger, s\u2019attardent au clair de lune, et près du colombier, s\u2019achèvent.Quelques illustrations de R.Briotet \u2014 dommage qu\u2019il y en ait si peu -\u2014 mettent une note artistique dans ces pages menacées de monotonie.Simple menace, je me hâte de l\u2019ajouter.L\u2019ouvrage, malgré ses mignons défauts, est intéressant et tient une place honorable aux Editions Education intégrale.D\u2019ailleurs, c\u2019est entendu, les grandse personnes sont exigeantes.Ces contes furent écrits pour les petits : ceux-ci n\u2019auront, j\u2019en suis sûre, que des éloges à faire du livre de Christiane Franc.Jeanne-Marie Gay Paul-Aimé Martin, C.S.C.\u2014 « Classification décimale » \u2014 Classe 2 (Religion \u2014 Théologie) et Division 348 (Droit Canonique).Tables revues et complétées d\u2019après la théologie catholique par le Directeur de « Mes Fiches ».Préface de M.Aegidius Fauteux.En vente à 3530, rue Atwater, Montréal, Prix : $1.00.De plus en plus la classification décimale conquiert la faveur des bibliothécaires.L\u2019édition anglaise Dewey est employée dans la presque totalité des 220 L\u2019Esprit des Livres bibliothèques des Etats-Unis.En France, en Belgique et au Canada, beaucoup suivent l\u2019cdition de l\u2019Institut International de Bibliographie de Bruxelles.Cette classification cependant n\u2019est pas sans défauts.Ainsi de l\u2019avis de tous, la classe 2 \u2014 Religion et théologie \u2014 telle qu\u2019établie par Dewey et même après les modifications considérables apportées par l\u2019Institut de Bibliographie, est encore loin de répondre aux besoins de la théologie catholique.Ce qui fait qu\u2019on devait presque se résigner à ne pas profiter dans le domaine des sciences religieuses, des grands avantages d\u2019une cadre décimal.L\u2019auteur du présent volume a voulu, tout en conservant le plan primitif de Dewey et les principales additions de l\u2019Institut, corriger et compléter les cotes, lorsque nécessaire, de façon à présenter dans un ordre aussi logique que possible toutes les matières de la théologie catholique.La même' ligne de conduite a été suivie pour les cotes du Droit canonique données en appendice.De sorte que sur les 1 500 divisions présentées, 500 ont été créées ou corrigées sur les éditions antérieures de la classification décimale.Mais les trois premiers chiffres concordent toujours tant avec l\u2019édition française qu\u2019avec l\u2019édition anglaise.En conséquence, cette classification dans son cadre général n\u2019en demeure pas moins internationale.R.D.R.P.Philippe Deschamps, C.S.Y.\u2014 «La composition française».Enseignement secondaire (Classes de Sixième et de Cinquième).370 pages.Les Clercs de St-Yiateur, 5199, rue St-Dominique, Montréal.Relié toile : $1.25.Voici un extrait de la Préface : Notre manuel de composition française s\u2019adresse particulièrement aux élèves des classes de Sixième et de Cinquième des collèges.Tous ceux qui désirent s initier à l\u2019art difficile de la rédaction pourront néanmoins en tirer du profit.Ils n\u2019y trouveront pas un cours complet, mais une méthode faciïe dont l\u2019application sérieuse nous a déjà permis de constater les excellents résultats.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui nous a permis de publier ce manuel avec confiance Sans l\u2019encouragement des préfets des études de nos petits séminaires et de nos collèges, et sans la collaboration de nos confrères de l\u2019enseignement secondaire, le présent volume ne serait pas sorti des murs de la maison où il a été élaboré et mis à l'essai plusieurs années.Aussi tenons-nous à exprimer notre plus vive gratitude à tous ceux qui ont contribué à la publication de ce travail soit par la bienveillance de leur accueil, soit par le bien-fondé de leurs suggestions.Notre méthode n'est pas nouvelle.Comme tous les meilleurs manuels français et anglais, elle s\u2019inspire de la tendance de la pédagogie moderne à mettre de plus en plus l\u2019enfant en contact avec la réalité avant de lancer son imagination et son intelligence dans les sphères du rêve et de l\u2019abstraction Rendre l\u2019enseignement vivant, n\u2019est-ce pas ce que réclame l\u2019élève ?Et comme il a raison.Dix leçons de botanique apprises, en hiver, dans une salle hermé- 221 Revue Dominicaine tiquement close, n\u2019en vaudront jamais deux dans une campagne ensoleillée, à l\u2019époque où tout est en fleurs.De même dix sujets de rédaction traités à l\u2019aventure n\u2019obtiendront pas le résultat d\u2019un seul sujet préparé de longue main, selon une méthode synthétique et graduée.Aiguiser son esprit d\u2019observation et acquérir un bon vocabulaire, tel est le premier travail qui s\u2019impose à qui veut apprendre à écrire.Nul ne le conteste.Il n\u2019cst pas moins vrai que la description sera l\u2019exercice le plus efficace pour arriver à des résultats appréciables.C\u2019est donc par là qu\u2019il faut commencer.Vouloir traiter tous les genres littéraires, dès le début, serait, nous en sommes convaincu, piétiner sur place.Mais si l\u2019élève en arrive à s\u2019exprimer a/ec un vocabulaire varié dans une phrase correcte, il pourra alors \u2014- mais alors seulement \u2014 entreprendre dans ses classes supérieures, un véritable travail de composition et de style.Les six chapitres qui composent le présent volume se divisent tous de la même manière.Dans une première section, des principes clairs, démontrés par l\u2019étude détaillée d\u2019un modèle, indiquent comment procéder.Us doivent être étudiés avec soin.L\u2019article intitulé vocabulaire servira plutôt de guide à l\u2019élève dans ses exercices d\u2019observation et de rédaction.Ces pages constituent, pour ainsi dire, un lexique d\u2019accès et de consultation faciles.Si le maître propose, par exemple, comme devoir, la description d\u2019une plante que l\u2019élève peut facilement cueillir, ce dernier, en l\u2019observant directement, avec l\u2019aide de son manuel, enrichira forcément son vocabulaire et apprendra à mieux observer.Même au risque de grossir le volume, nous fournissons un vocabulaire aussi étendu que possible de la flore et de la faune canadiennes, malgré l\u2019importance secondaire, au cours de lettres, de la description scientifique.La variété de nos plantes et de nos animaux modifie trop le milieu de chacun pour nous en tenir à la nomenclature de quelques espèces seulement.Notre manuel sera ainsi accessible à un plus grand nombre d\u2019élèves.A la suite du vocabulaire viennent les textes modèles.C\u2019est, à notre sens, la partie la plus importante de l\u2019ouvrage.En concentrant sur un texte les divers exercices de vocabulaire, de grammaire, d\u2019analyse, de lecture expliquée, l\u2019élève finit par comprendre et par assimiler ce texte.C\u2019est l\u2019enseignement du français par le français.La correction grammaticale d\u2019une phrase sciemment mal écrite ou mal construite, l\u2019analyse d\u2019une phrase détachée, le commentaire littéraire d\u2019un texte fait uniquement par le professeur devant un jeune auditoire, tout cela ne produit pas toujours des résultats satisfaisants.Il en sera tout autrement si l\u2019élève est invité à travailler un texte modèle en répondant à une série de questions qui l\u2019amènent à saisir de lui-même les difficultés du vocabulaire, de la grammaire et de l'analyse, les qualités de la composition et du style.Enfin le chapitre se termine par une série de sujets de rédaction.La préparation lointaine doit se faire au préalable par l\u2019étude d\u2019un texte.Il va sans dire que l\u2019élève aura plus de facilité à décrire la cloche de son église ou de son collège s\u2019il a d\u2019abord répondu à toutes les questions du texte intitulé, Les cloches, page 29.222 L\u2019Esprit des Livres Cette préparation lointaine du sujet de rédaction n\u2019exclut pas la préparation immédiate qui se fera par l\u2019observation directe de la chose à décrire et par l\u2019explication détaillée du vocabulaire.Cet exercice peut se donner, en classe, à l\u2019aide de l\u2019objet lui-même ou d\u2019un tableau, ou encore, en promenade, surtout s\u2019il s\u2019agit de la description d\u2019un édifice ou d\u2019un paysage.On remarquera que les sujets sans astérisque de la classe de Sixième comportent une préparation sous forme de questionnaire.Si l\u2019élève est dépourvu d'imagination, et surtout s\u2019il est incapable de construire une phrase correcte, ce qui est malheureusement trop commun, même en éléments latins, il se contentera de répondre directement.L\u2019ensemble des réponses devrait constituer une petite composition parfaite, surtout si la préparation a été attentivement suivie.Qu\u2019on ne nous dise pas que cet exercice supprime toutes les difficultés, partant qu\u2019il est stérile.Ce n\u2019est qu\u2019après avoir acquis un bon vocabulaire, appris à écrire une phrase correcte et à bâtir un paragraphe, que l\u2019élève pourra faire des progrès dans l\u2019art de la composition.Qu\u2019il arrive à ses classes de lettres ainsi préparé et ses professeurs n\u2019auront plus lieu de se plaindre.Les sujets avec astérisque de la classe de Cinquième comportent avec le canevas un plan et un vocabulaire que le professeur expliquera, tout comme en Sixième.Nous sommes assuré qu\u2019en procédant de cette façon les élèves accompliront de rapides progrès.Ils apprendront à observer, ils enrichiront leur vocabulaire, ils sauront s\u2019exprimer correctement et avec ordre.Nous aurons atteint notre but.Dès la première année, les élèves devront avoir parcouru tout le manuel.Si les professeurs donnent une composition par semaine, il suffira de traiter quatre ou cinq sujets par chapitre.Comme les sujets de la classe de Cinquième sont présentés sous une autre forme, nous croyons les difficultés suffisamment graduées.Il est de première importance de ne pas passer trop vite d\u2019un sujet à un autre.Si, pour commencer, le maître donne à décrire un objet, même après avoir suivi scrupuleusement la méthode indiquée plus haut, il aura à relever les imperfections générales et à signaler les fautes de chacun en particulier.Pour tenir compte de ces observations, il importe que l\u2019élève en ait l\u2019occasion.Comment l\u2019aurait-il si, après avoir décrit un objet, il doit aussitôt décrire un paysage ou une scène ?L\u2019expérience nous a appris que c\u2019est à la troisième, et même à la quatrième rédaction seulement que le progrès se fait visiblement sentir.C\u2019est donc à ce nombre qu\u2019il faudra s\u2019en tenir pour profiter de la classe de français.Comme chaque chapitre forme un tout indépendant des autres, le professeur est dispensé de procéder selon l\u2019ordre du manuel.Si les chapitres 1, 3 et 4 peuvent être étudiés en n\u2019importe quel temps de l\u2019année, il n\u2019en est pas de même des chapitres 2, 5 et 6.Ce n\u2019est pas à la fin de l\u2019automne ou en hiver que l\u2019élève peut observer les plantes pour mieux les décrire. Revue Dominicaine On s\u2019étonnera peut-être de ne pas trouver, même en Syntaxe, de narration proprement dite.Est-ce un oubli ?Non pas.Les petites descriptions d\u2019actions et de scènes vues et observées par l\u2019enfant, se rapprochent suffisamment du genre difficile de la narration et sont plus proportionnées à ses facultés intellectuelles que les véritables narrations fantaisistes ou historiques.C\u2019est là un genre qui exige des facultés maîtresses que nous nous proposons de développer dans les classes supérieures, à l\u2019aide d\u2019un prochain manuel, si l\u2019on fait à celui-ci l\u2019accueil espéré.P.D.« La Revue Moderne » La Revue Moderne a publié, dans son numéro d\u2019octobre, « Par peur de l\u2019Amour » de Louis d\u2019Arvers.On trouvera également dans ce numéro un très intéressant reportage sur le Jardin Botanique de Montréal, par Marcelle Lepage, ainsi qu\u2019une très jolie nouvelle de Paul Renaud.Les lectrices de « La Revue Moderne » sont servies à souhait par la publication de plusieurs pages de modes, pages de tricot et de recettes.On y trouve aussi les chroniques de Marjolaine : Le Courrier du Mois, A la découverte des idées, Santé et beauté, La petite poste, Les mots croisés et autres.N.B.\u2014 LA PLUPART DES ABONNEMENTS ONT LEUR ÉCHÉANCE EN DÉCEMBRE, ET NOUS PRIONS LES INTÉRESSÉS DE VOULOIR BIEN SE LE RAPPELER.qu\u2019ils n\u2019oublient PAS NON PLUS QUE LA PRÉSENTATION ARTISTIQUE DE LA REVUE DOMINICAINE EN FAIT UN CADEAU DE NOUVEL AN DES MIEUX APPRÉCIÉS.224 GRÂCE À DES ENTENTES SPÉCIALES\t\u2022 AVEC TOUS LES PRINCIPAUX ÉDITEURS, LA LIBRAIRIE DOMINICAINE PEUT VOUS PROCURER TOUS LES LIVRES DONT VOUS AVEZ BESOIN À #\tDES CONDITIONS AVANTAGEUSES.\u2022\tNOTRE BUT : Diffuser le plus abondamment possible les livres sains et vivifiants.\u2022\tNOTRE PRINCIPAL MOYEN : Fixer nos prix de vente le plus bas possible.SERVICE DE LIBRAIRIE : Nous pouvons vous fournir de tous les livres canadiens ou français, particulièrement dominicains à caractère religieux ou social.DEMANDEZ NOTRE NOUVEAU CATALOGUE (octobre 1938) LA LIBRAIRIE DOMINICAINE L\u2019Œuvre de Presse Dominicaine\tCollège Dominicain 5375, Av.N.-D.de Grâce,\t95, Av.Empress, Montréal\tOttawa Bonnes adresses à consulter ACADEMIES : \u2014 SPECIALITE : (Conversation anglaise) Bart Business College, 221, St-Jean, Tél.2-5889 .Québec ACCESSOIRES D\u2019AUTOMOBILES : Joron, Philippe, 3665, St-Christoplie, Tél.FR.2484, Montréal ACIER & FILS D\u2019ACIER Frost Steel & Wire Co.Ltd., 1105 o., N.-Dame, WI.1149, Mtl ADMINISTRATION DE PROPRIETES & ASSURANCES : Laframboise, J.-H., 2469 est, Ste-Catherine, AM.8345, Montréal ARCHITECTES : Amyot, Bouchard et Rinfret, 313, Charcst, Tél.3-2824, Québec Desmeules, Gabriel, 226, St-Jean, Tél.4-3864 .Québec Dufresne, Adrien, 143, Royale, Tél.4-4559 .Beauport Lévesque, Pierre, 115, St-Jean, Tél.2-2969 .Québec Larue, J.-Albert, 5711, Durocher, Tél.CR.2734 .Montréal Mainguy, L., 132, St-Pierre, Tél.2-2125 .Québec Mathieu, Paul-Emile, 39, Moncton, Tél.7341 .Québec ARPENTEURS-GEOMETRES ET INGENIEURS FORESTIERS : Savard, Paul, 111, Côte de la Montagne, Tél.2-1136 .Québec ARROSEURS AUTOMATIQUES : \u201cAutomatic\u201d Sprinkler Co., of Canada, Ltd., 6998, Jeanne Mance, Tél.DO.3546-7, Montréal ARTISTES : Nincheri, Prof.Guido, 1832, Boul.Pie IX, Tél.CH.7970, Mtl.ASCENSEURS : La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec ASSURANCES : Brissette Edouard, 4003.Hochelaga, Tél.CH.6116, Montréal La Sauvegarde, Cie d\u2019assurance sur la vie .Montréal AUTOMOBILES ET ACCESSOIRES : REPARATIONS : Drolet, Léon et Fils, Enrg.12-14, Caron, Tél.3-0979, Québec Leduc Automobiles Ltée, 3421, av.du Parc, BE.2636, Mtl.Morisset et Frère, 337, Prince-Edouard, Tél.7158 .Québec AVOCATS : Beauregard & Beaudry, 10 o\u201e St-Jacques, HA.4139, Montréal Boisvert et Roy, 80, St-Pierre, Tél.2-3420 .Québec Boyer, Aug., 4 est, Notre-Dame, Tél.MA.7031 .Montréal Champeau, Armand, 10 o., St-Jacques, Tél.HA.3430, Montréal Desjardins, Wilfrid, 80, St-Pierre, Tél.2-2549 .Québec Duguay, René, 231 o., St-Jacques, HA.5111 .Montréal Laurencelle, U.-G., 60 o., St-Jacques, Tél.BE.2219, Montréal Pelletier, L.-C., 10 est, St-Jacques, Tél.HA.1033, Montréal Penverne, J.J., 132 ouest, St-Jacques, Tél.LA.9255.Montréal Vien, Faribault et Trudeau, 132 ouest, St-Jacques, Tél.BE.1088, Montréal BANQUES : La Banque Provinciale du Canada, 221 ouest, St-Jacques, .\tTél.HA.7151, Montréal BLOCS DIVERS (Planage pour bouchers, Tables à tailler) : Constantin, O\u2019Brien & Délisle, 2144, Papineau, AM.9850, Mtl.BOIS ET MATERIAUX DE CONSTRUCTION : Canac-Marquis, Louis Enrg., 1, M.de l\u2019Incarnation, 7697, Que.Dupuis, J.-P.Ltée, 1084, Av de l\u2019Eglise, YO 0928, Verdun Leduc, W., 675, Gordon, Tél.YO.0605 .Verdun BOUCHERS : Gaboury, J.-E., 125, Bourdages, Tél.241 .St-Hyacinthe BRULEURS A L\u2019HUILE : Lapierre, Conrad, 54, Dante, Tél.DO.7540 .Montréal CHARBON : Syndicat National du Combustible, Inc.P.Gingras, Prés.Gér., 67, Buade, Tél.7111, Québec CHIRURGIENS-DENTISTES : Poupart, Dr Roméo, 2852, Masson, Tél.CH.5244, Montréal COMPAGNIES DE CHAUFFAGE: Dragon Ltée, 274 ouest, Ste-Catherine, Tél.MA.4622, Montréal COMPLIMENTS : Un ami de la Revue.CONSERVES & ACCESSOIRES Les Conserves du Fermier Enr\u2019g., 439, Bonsecours, Tél.HA.5821, Montréal CONSTRUCTEURS GENERAUX : Lamontagne, F.-X., 411, Blvd Charest, Tél.3-0590 .Québec COURS PRIVES ; CLASSIQUE ET COMMERCIAL Samson, Rosario-E., 422, St-Jean, Tél.3-2878 .Québec Institut J.Thomas, 25, St-Stanislas, Tél.2-7490 .Québec COURTIERS D\u2019ASSURANCES V Pratte et Côté Enrg., 126, St-Pierre, Tél.2-5671 .Québec COURTIERS : Gameau et Ostiguy, 507, Place d\u2019Armes, PL.2751, Montréal DECORATEURS-CONSEILS : (Installation commerciale) Chaussé, Marcel, 7816, de Gaspé, Tél.CR.7986 .Montréal DENTISTES (Rayons X) : Forget, Dr Ernest, 325 est, Boul.St-Joseph, HA 4340, Montréal Joly, Dr P.-E., 2047, Boul.Rosemont, Tél.CR.' 5122, Montréal Lafrenière, Dr Jules-B., 2003, St-Hubert, FR.0855, Montréal DIRECTEURS DE FUNERAILLES : Cloutier, Charles, 174, D\u2019Aiguillon, Tél.6210 .Québec Dubois, Mlle G., 5720, Monkland, N.D.G., EL.3726, Montréal Lépine, Germain Ltée, 283, St-Valier, Tél.2-2119 .Québec DRIVE YOURSELF : Jobidon, P.-H.,\t65, 1ère avenue, Limoilou, 4-2200, Québec EAU DE JAVELLE : Cie Lavo Ltée, 4413, Marquette, Tél.AM.1942 .Montréal ENCADREURS : Morency, J.-A., 54, Couillard, Tél.2-8741 .Québec ENTREPRENEURS GENERAUX : Concrete Construction Ltée, Jules Toralli, Prés., \u201e ,\t1082, Boul.Décarie, Tél.EL.7335, Montréal Cote & Normandeau Enrg., 1434, Aylwin, CH.4323, Montréal Romo Const.Ltée, (D.Maranda) S12V2, St-Vallier, 9616, Qué.ENTREPRENEURS-PEINTRES : Giard, B., 4280, Parthenais, Tél.AM.1253 .Montréal ENTREPRENEURS-PLATRIERS : Morin, Albert, 1866, Cartier, Tél.AM.8606, .Montréal EPICERIES EN GROS : Letellier, J.-B.-E.Enrg., 112, Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec ESTAMPES EN CAOUTCHOUC : A.Derome & Cie Enrg., 25 est, N.-Dame, LA.2392, Montréal FABRICANTS DE CHAUX : Limoges, Henri, 552, Poupart, Tél.CH.2802 .Montréal FABRICANTS DE VINAIGRE : The Lion Vinegar Co.Ltd., 74, av.Renaud, Tél.3-0405, Québec FER ORNEMENTAL : Gillet, Alphonse, 1673, Demontigny, Tél.AM.5104 .Montréal Maisonneuve Ornamental Iron Works, 4486, Bourbonnière, Tél.CL.5109, Montréal Moore et Frère, 1590, Plessis, Tél.CH.3963 .Montréal FLEURISTES : Chartrand, J.-O., 3976 est, Ontario, Tél.FR.7990, Montréal FOURRURES : Desjardins, Chas.& Cie, 1170, St-Denis, Tél.HA.8191, Mtl.Gourdau, Emile, 1351 est, Craig, Tél.CH.4718 .Montréal Lafleur, J.-Vianney, 562.Guizot, Tél.DU.5177 .Montréal Laliberté, J.-B.Ltée, 145, St-Joseph, Tél.6191 .Québec Luss:er, Aimé, 1262, St-Den.s, Tél.PL.6328 .Montréal GRAINS BOIS, CHARBON, HUILE A CHAUFFAGE : Gobeille, Aldéric, 7195, Boul.St-Laurent, Tél.DO 2436-7, Mtl.HABITS ET MERCERIES : Cusson et Cusson, 195, Cascades .St-Hyacinthe IMPORTATEURS DE DRAPERIES : Lecompte, E., 6602, St-Hubert, Tél.CR.2898.Montréal IMPORTATEURS et FABRICANTS D\u2019OBJETS DE PIETE : Génin, Trudeau & Cie, 38 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal INDUSTRIE LAITIERE (Machines, Ustensiles.App.frig., etc.) : Trudel, B.& Cie, 304, Carré Youville, Tél.MA.8067, Montréal INGENIEURS CONSEILS : I anglais, Zachée, 105, Côte de la Mont., Tél.4-4655, Québec Pitt, Leblanc & Montpetit, 513 est, Rachel, AM.3983, Montréal LAIT, CREME.BEURRF.OEUFS ET FROMAGE : La Ferme St-Laurent Ltée, 6768, Garnier, CR.2188-9.Montréal La Laiterie Frontenac Ltée.142, de l\u2019Eglise, Tél.7175, Québec Limoges, L.& Cie, 644, William, Tél.MA.1341, .Montréal LEVURES : Lallemand, Fred.& Cie, 1620, Préfontaine, FR.3194, Montréal LIBRAIRES : Kirouac, J.-A., 3 et 4^4, St-Jean, Tél.2-3242 .Québec Vaillancourt et Chaloult, 38, Côte de la Mont.4-0286, Québec B onnes adresses a consulter LIQUEURS DOUCES : \u2022 Maurice\u201d Hardy, L.-P., prop., 1031, St-André, HA.6311, Mtl.Robillard, C.Ltée, 925, Robillard, Tél.LA.4141 .Montréal MACHINISTES : Machine Works Ltd., 1006, St-Alexandre, MA.6244, Montréal MAGASINS A RAYON : Dupuis Frères Ltée, Tél.PL.5151 .Montréal Paquet et Cia Ltée, 15/, St-Joseph, Tél.8131 .Québec MARCHANDS DE CHAUSSURES : Desrosiers, J.-D., 141-143, Cascades, Tél.401 .St-Hyacinthe MARCHANDS DE FARINE \u201cREGAL\u201d ; St.Lawrence Flour Mills Co., Ltd., 2110 ouest, Notre-Dame, Tél.WI.7191, Montréal MARCHANDS DE FOURRURES : Thibeault, Gérard, 1206 est, Mont-Royal, AM.4710, Montréal MARCHANDS DE GLACE : Normandeau, A., 2114.Old Orchard, Tél.DE, 6526.Montréal Thibault, J.-A., 2671, Reading, Tél.FI.7188 .Montréal MARCHANDS DE TABACS (gros et détail) : Chartier, F.-X.Enrg., 1264 est, Ontario, AM.1331, Montréal MARCHANDS DE THES ET CAFES : Désy, J.-A., 1459, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Simard, J.A.& Cie, 1 est, St-Paul, Tél.LA.1950, Montréal MARCHANDISES SECHES : Rivet, L., 3917 est, Ste-Catherine, Tél.FR.5030 .Montréal MATELAS, SOMMIERS, ETC.: Literie DeLorimier Ltée, 4264, Châteaubriand, AM.2736, Mtl MATERIAUX DE PLOMBERIE ET DE CHAUFFAGE : Langelier & Fils Ltée, 1203 est, N.-Dame, FR.3212, Montréal Robertson, Thomas & Cie Ltée, 262 o., Craig, HA.5171, Mtl MEDECINS : Baril, Dr Henri, 3192 est, Ste-Catherine, Tél.AM.6658, Mtl.Beaudoin, Dr J.-A.-E., 1615, St-Hubert, Tél.CH.9350, Montréal Castonguay, Dr E.-J.4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mtl.Dionne, Dr L.-René, 1436, Jeanne d\u2019Arc, Tél.FR.4616, Mtl.Fiset, Dr J.-Tancrède, 809, St-Vallier, Tél.3-0831 .Québec Forget, Dr Achille, 3715 est, Ontario, Tél.AM.4033, Montréal Gatien, Dr J.-F.-A., 4765, Adam, Tél.CL.0722 .Montréal Gratton, Dr Albert, ?8i, du Couvent, Tél.WE.5476, Verdun Gratton, Dr J.-Léo, 1659 ouest, N.-Dame, Tél.WI.0141, Mtl.Grenier, Dr Eugène, 487 ouest, Sherbrooke, MA.3944, Montréal Laferrière, Dr J.-E.-A., 1254 est, Ontario, Tél.FR.1071, Mtl.Lafortune, Dr P.-E.(Fils), 2017, St-Germain, FR.8701, Mtl.Légaré, Dr Maurice, 2269 est, Sherbrooke, Tél.FR.1870, Mtl.Mignault, Dr Geo.-E., 45'2 est, Sherbrooke, HA.0740, Montréal Pouliot, Dr Antoine, 68, Ste-Ursule, Tél.2-4455 .Québec Pouliot, Dr G.-E., 200, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.4928, Verdun Samson, Dr J.-Ed., 2150 o., Sherbrooke, WI.8967, Montréal Simoneau, Dr Roland, 7143a, Ch.-Colomb, CR.6934, Montréal Tessier, Dr A.-L., 1817, Boul.Rosemont, Tél.CR.5845, Mtréal Tétreault, Dr Julien, 4806, Delaroche, Tél.CH.9449, Montréal Verschelden, Dr Noël, 2549, des Ormeaux, CL.4242, Montréal Vincent, Dr R., 8072, St-Denis, Tél.DU.0920 .Montréal MEUBLES : Desruisseaux, Alfred, 2339 est, Beaubien, CA.3120, Montréal Corbeil, Paul, 434, Crémazie, coin Berri, DU.5737-38, Montréal MENUISERIE, PORTES & CHASSIS, ETC.: Gariépy, Joseph Ltée, 5200, Delanaudière, AM.7838, Montréal NETTOYEURS DE FOURRURES : Lafleur, J.Vianney, 562, Guizot, Tél.5177 .Montréal NOTAIRES : Beaudoin, Armand, 60 ouest, St-Jacques, LA.1660 .Montréal Bégin, O.-A., 4616, Harvard, Tél.EL.2460 .Montréal Côté, Adjutor, 152 est, Notre-Dame, Tél.HA.2425, Montréal Coupai, Isidore, 10 est, St-Jacques, suite 54, HA.7033, Montréal Labrèche, Albert, 10 ouest, St-Jacques, Tél.MA.3373, Montréal Racine, J.-S., 6560, St-Laurent, Tél.CR.2202 .Montréal OCULISTES : Dubuc, Dr Hector, 1953, Blvd Rosemont, CA.6130, Montréal Lemoyne, Dr M., 379 est, Sherbrooke, Tél.LA.6407, Montréal OPTOMETRISTES ET OPTICIENS : Bélanger, J.-G., M.P.P., 426 est Beaubien, CR.8730, Mtl.Côté, Henri-E., O.D., 6079, Blvd Monk, Tél.FI.3311, Montréal Dorion, André, O.D., 62, St-Joseph, Tél.4-1140 .Québec \u201cElite\u201d (J.Henry Richardson), 888 o., Ste-Cath., LA.3389 Mtl Gingras, Ernest, 6615, Boul.St-Laurent, CR 3737, Montréal A.Phaneuf & A.Messier, 1767, St-Denis, HÀ.5544, Montréal PARFUMERIES : Lota, P\u201e 1821, Amherst, Tél.AM.9488 .Montréal PEINTRES, DECORATEURS : Bruck Frère, 1027, Parc Lafontaine, Tél.AM.0214, Montréal Godin & Drouin, 1267 est, St-Zotique, Tél.DO.8710, Montréal Lamarre, Théo., M.C.P., 3047, Av.Mercier, CL.8331, Montréal Taillefer, J.-Simon, 3161, Evelyn, Tél.WI.4809 .Verdun PEINTURES & VERNIS : Cie de Peintures et Vernis Mont-Royal Ltée, HA.4251, Mtl.PEPSI-COLA : Coulombe, Alex., 112, av.Bigaouette, Tél.8485 .Québec PHARMACIENS : Brunet, W.et Cie, 139, St-Joseph, Tél.8141 .Québec Pharmacie Aimé Roussin, 2823, Masson, CH.2103, Montréal Pharmacie P.-H.Scucy, 85, Cartier, Tél.2-1235 .Québec Pharmacie St-Hyacinthe, 165, Cascades, Tél.156, St-Hyacinthe PIERRE DECORATIVE : Arco Stone, Co., Ltd., 2565, Bélanger, Tél.CR.6090, Montréal PIERRE ET SABLE : Verreault, Elz., Ltée, 194, du Pont, Tél.4-1221 .Québec PLANCHERS : P.Loranger, 5124, Mentana, Tél.DO.4432 .Montréal PLANCHERS SABLEURS : Dufour, E., 82, Côte Ste-Geneviève, Tél.2-4560 .Québec PLAQUEURS (Chrome), DORURE.ARGENTURE ET REPAR.: Achim, J.-Henri, 987 boul.St-Laurent, HA.8775, Montréal PLOMBIERS-COUVREURS : Bélanger, Charles, 1268 est, Bélanger, Tél.CR.7940, Montréal Jetté, J.W.Ltée, 2114 est, Rachel, Tél.AM.1788, Montréal La Cie J.& C.Brunet Ltée, 1095, St-Laurent, LA.1211, Mtl.Meunier, J.-P.\t5344, Bordeaux, Tél.AM.7373 .Montréal Paquette, F.& Cie, 935, St-André, Tél.LA.2559 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Montreal Terra Cotta, 1010 o., Ste-Catherine, MA.1816, Mtl.TRANSPORTS : W.Boucher Express Enrg., 4372, Brebeuf, AM.0936, Montréal St-Hyacinthe Transport, 34, Piété, Tél.356-122 .St-Hyacinthe TRANSPORTS : (Transport général, Pianos, etc.) \u201cAcme Moving\u201d Enrg., 535, Parthenais, FR.4034, Montréal VALEURS DE PLACEMENT : Boulet J.-C.Ltée, 71, St-Pierre, Tél.2-5618 .Québec Dubé, Leblond et Cie Inc., 105, Côte de la M., 2-4061, Québec Laflamme, J.-E.Ltée, 15', Sault-au-Matelot, 2-1264-5,\u2019 Québec Lagueux et Darveau Ltée, IQ'S, Côte de la Mont.2-8271, Québec Société Générale de Finance, Inc., 57 ouest, St-Jacques, Tél.HA.5168, Montréal VALEURS MOBILIERES : Beausoleil & Beausoleil, 477, St-François-Xav.HA.3276.Mtl VOYAGES ; Canada-Voyage, 840, rue Cherrier, Tél.FR.1182 .Montréal Voyages Hone, 374 ouest, Ste-Catherine, HA.3283, Montréal Téléphone DUpont 2033 ACHILLE BILLET TRAVAUX EN CIMENT ET EXCAVATIONS DE TOUTES SORTES Le plus moderne outillage à Montréal au service de 30 années 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