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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
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Revue dominicaine, 1931-03, Collections de BAnQ.

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[" PER » Année Le numéro: 20 sous Mars 1931 * R.P.M.-A.LAMARCHE, o.p.Sur une pensée de saint Thomas.R.P.André QUEVIT, o.p.L\u2019Eglise et la Culture intellectuelle.R.P.Gonzalve PROULX, o.p.Aspirations chrétiennes dans une âme bouddhiste.R.P.Raymond VOYER, o.p.Il y a manuel et manuel.LE SENS DES FAITS.\u2014 Où en est l\u2019Institut Historique Ste Sabine ?par le R.P.Laurent.\u2014 Saint Jean Baptiste, par le R.P.Lamarche.\u2014 L\u2019art chrétien japonais, par le T.R.P.Proulx.\u2014 L\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales d\u2019Ottawa.\u2014 Dans l\u2019Ordre : Mort du P.Becchi.\u2014 Prédications.\u2014 Départ du R.P.Chenu.\u2014 L\u2019incendie d\u2019Ottawa.\u2014 Nouveau couvent à Saekville, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.'\u2014Loslever: L'amour libre (M.-A.L.).Lusseau et Collomb : Manuel d\u2019études bibliques (B.-M.S.) Grimaud: Ma messe \u2014 Morice: La Bonne Providence \u2014 Henri d\u2019Arles: Si scires donum Dei \u2014 Marchet: La merveilleuse Vie de Bernadette.\u2014 Le communisme au Canada \u2014 L\u2019enseignement religieux \u2014 La tempérance \u2014 L\u2019apostolat laïque.\u2014 Autres publications.ADMINISTRATION SAINT-HYACINTHE REDACTION MONTREAL (N.-D.de Grice) REVUE DOMINICAINE Publiée mensuellement Directeur : R.P.M.-A.LAMARCHE, Q.P.ABONNEMENTS (payables d\u2019avance) Au Canada: $2.00 \u2014 A l\u2019étranger: $2.25 Avec le \u201cRosaire pour tous\u201d, 25 sous en plus par an La Revue Dominicaine publie des articles de vulgarisation touchant les Ecritures, la théologie, l\u2019apologétique ou le droit canon, et même des études de philosophie, de littérature, de sociologie ou d\u2019histoire, pourvu que la religion ou la morale y soit concernée.La Revue Dominicaine n\u2019a pas de spécialité proprement dite dans le domaine religieux, mais elle accorde une attention particulière aux questions d\u2019apologétique et aux problèmes de société, envisagés surtout au point de vue canadien.La Revue Dominicaine publie des recensions et diverses chroniques, en s\u2019attachant moins au récit des faits et à l\u2019analyse des ouvrages qu\u2019à leur signification d\u2019ensemble.La Revue Dominicaine ne sera pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique.Prière d\u2019adresser les communications littéraires : manuscrits, volumes, etc., au R.P.M.-A.Lamarche, 5375, Avenue Notre-Dame de Grâce, Montréal; et les communications administratives: abonnements, annonces, etc., au R.P.Jean Bacon, Saint-Hyacinthe.Nous publierons prochainement : \u201cLe rôle de la liturgie dans l\u2019Eglise\u201d, par le R.P.Turgeon, O.P.\u201cNos journaux\u201d, par le R.P.Massé, O.P. ANNONCES REVUE DOMINICAINE l TéL Bureau: 463\tRésidence: 681-\\?H.LETOURNEAU ENTREPRENEUR PLOMBIER-FERBLANTIER Posage d\u2019appareils de Chauffage à l\u2019eau chaude, & la vapeur et réparations générales 265 RUE CASCADES,\tST-HYACINTHE, P.Q.LA CORDONNERIE J.A.LEMAY Réparations générales PRIX RAISONNABLES \u2014 SATISFACTION GARANTIE 212 FUI CASCADES,\tST-HYACINTHE, P.Q Tél.525 E.A.GENDRON PEINTRE-DECORA'riTJR Peintures, Huiles, Vernis \u2014 Tapisseries, Electricité, Vitres 244 RUE CASCADES,\tST-HYACINTHE, P.Q.Téléphone 500 LOUIS BOURGEOIS, Limité.FERRONNERIE EN GROS ET DETAIL 104-110 St-Antoine \u2014 67-61 St-Simon,\tSt-Hyacinthe, P.Q.F.Daoust, gérant Téléphone 59-W LA COMPAGNIE D\u2019EAU MINERALE Propriétaire du célèbre PHILUDOR 148 RUE CONCORDE,\tST-HYACINTHE, P.Q.OSCAR POTHIER OPTICIEN \u2014 BIJOUTIER Montres Rolex, Waltham Elgin \u2014 Bagues fiançailles, joncs mariage Lunettes de toutes sortes et bien ajustées M.O.DAVID & CIE Enrg.MARCHANDS-TAILLEURS 86 St-Simon.ST-HYACINTHE Milîh fttih tur comniDilM à toc H jvi».Feirruc-», Chapeaux «t Cu^ultM.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS I\tANNONCES REVUE DOMINICAINE téléphone Bell 403,\tEtablie en IB 10 JiiTeau Principal et fabrique It -18 -50 rue Laf ram boise.S'IL VOUS PLAIT ADRESSEZ TOUTE COXKKSPON DAX CE A LA COMPAGNIE La Compagnie d\u2019Orgues Canadiennes, Ltée Orgues d\u2019Egiise Tubulaires et Electriques.Orgues de Salon (Une spé-ui&iité).Souffleries Hydrauliques et Electriques des plus Moderne*.ST-HYACINTHE, P.Q.i ¦H\u2014iiiftiiniiK Tibi-wiwMTOraMng^mNriiaiiiiiiiMBBiii ¦mnnwiiMPMBiWBBMWWMMMMMMMMBW\u2014 félépiione Bell 310\tCarrosse No 2 .JOSEPH BERTRAND COCHER Entrepreneur de Pompes fnnèbres No 30 rue Laframboise, ST-HYACINTHE Souries de Louage, Carosses simples et doubles, paur Mariages, Baptêmes, et» Automobile.EXPRESS vniTrwi\u2014MrarTMMiwyiMBB\u2014\u2014m\u2014\u2014\u2014 Pharmacie L.P.GAUCHER Bachelier en Pharmacie GROS et DETAIL 223 rue Cascades,\tSaint-Hyacinthe Téléphone 86 Tél.Bureau 95 HECTOR CHARTIER *\tCommerçant de BOIS et CHARBON RUE G1R0UARD,\tST-HYACINTHE, P.Q.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS ANNONCES REVUE DOMINICAINE 3 Tel.Crescent 2734 M.J.ALBERT LaRUE ARCHITECT® A.A.P.O.\tA.A.P.O 559 Durocher Montréal LAFRANCE & SYLVESTRE Négociants et Importateurs d\u2019Epiceries en gros TEL.BELL 271\t120 ST-ANTOINS, ST-HYACINTÏ1E, P.Q.Tél.Résidence 244W (Le soir) Tel.Résidence 244J Tél.Bureau 5# Maison établie en 1879 A.BLONDIN Limitée 115 Cascades, Saint-Hyacinthe CELOTEX \u2014 BOIS DE CONSTRUCTION FOURNISSEURS EN GROS Plomberie, Chauffage et Matériel de Construction, Peinture et Verni* Téléphone : Bureau 120\tHabitation 41?CT.O IDTnPIR^S NEGOCIANT EN GRAINS, FARINES et GRAINES DE SEMENCE Dépositaire des célèbres farines à pâtisserie \u201cFive Roses\u201d et \u201cJubilé\u201d 29, RUE L AF R AMB OISE ST-HYACINTHF HENRI RAYMOND & .CIE, SAINT-nTACINTHE, Qné.\tTEL.259 ASSURANCE-FEU.Représentant les meilleures compagnies non tarifé©*.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS 4 ANNONCES REVUE DOMINICAINE Ha &efcme Bomtmcatne Canada.$2.00 par année Etranger.2.25 Avec le Rosaire, 25 sous en plus.Prix de l\u2019unité: 20 sous ïe Eoôatre pour Œouô Bulletin mensuel publié par les Dominicains de Saint-Hyacinthe.Canada\u2014Distribué par zélatrices .25 sous par année Envoyé par la poste.35 sous Etranger\u2014Par zélatrices.40 sous Envoyé par la poste.50 sous Prix de l\u2019unité: 10 sous Toute personne ayant recruté 10 abonnements nouveaux à la Revue Dominicaine recevra le onzième gratis.Deux messes sont dites chaque semaine aux intentions des Zélateurs, des abonnés, de la Revue Dominicaine et du Rosaire pour tous.Nous donnons de jolies PRIMES, aux Religieux, aux Prêtres, aux laïques Zélateurs qui nous envoient des abonnés, à l\u2019une ou l\u2019autre Revue.Toute personne qui nous enverra pour $40.00 d\u2019abonnements, aura droit à une affiliation perpétuelle, pour elle-même, ou pour une personne qu\u2019elle nous indiquera, à l\u2019Oeuvre du noviciat des Dominicains chi Canada.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS ANNONCES REVUE DOMINICAINE\t5 Dépensez moins.épargnez plus TOUS les économistes ne s\u2019accordent pas sur les facteurs * déterminants d\u2019une crise mais ils s\u2019accordent sur le principe que chacun doit dépenser moins que ses revenus et se constituer une réserve.Beaucoup regrettent d\u2019avoir trop dépensé, personne d\u2019avoir trop épargné.Soyez prudents.Commencez immédiatement à déposer régulièrement à notre département d'épargne, afin de vous créer une réserve rapportant intérêt.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA \u2014 où les épargnants déposent \u2014 Tel.LAncaster 1907 i Nous nous ferons un plaisir de fournir des estimés pour vos travaux d\u2019impression.Notre motto: Promptitude et satisfaction.4 fIDJ.MENARD 987 St-Lanrent, Montréal ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS ANNONCES REVUE DOMINICAINE J.D.DESROSIERS MARCHAND DE Chaussures, Claques, Valises, Etc.Téléphone Bell 401 143 RUE CASCADES, ST-HYACINTHB DESMARAIS & ROBITAILLE Limitée Marchands d\u2019ornements d\u2019église et d\u2019articles religieux! 70 ouest, rue Notre-Dame, MONTREAL 121 rue Rideau, OTTAWA 145 rue Church, TORONTO Notre maison d\u2019Ottawa peut expédier des vins pour fins sacramentelles dans toutes les parties de la puissance du Canada.111 Tél.27 Rés.891 C.J.HUBERT GRAINS ET FARINES 100 RUE ST-ANTOINE St-Hyacinthe ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS ANNONCES REVUE DOMINICAINE PHARMACIE ST-HYACINTHE ¦ U PLACE DU MARCHE 165 RUE CASCADES Drogues et médecines de première qualité.\u2014 Spécialité : LBJ8 PRESCRIPTIONS.\u2014 Articles de toilette.\u2014 Bonbons, Parfums, etc.\u2014 Seul endfoit où l\u2019on peut se procurer les fameux remèdes REXALL\u201d.\u2014 Nos articles de caoutchouc sont reconnus supérieurs, AGENCES : Articles de photographie, le Kodak EASTMAN.J.-H.-E.BRODEUR, Propriétaire Ouvrage de première classe seulement Dentiers, Ponts.Obturations de tous genres RAYONS X Dr J.-A.Ernest Daigle, B.C.D.CHIRURGIEN-DENTISTE igieia Membre du Dispensaire Anti-Tuberculeux des Comtés de Saint-Hyacinthe et Rouville Spécialité: Chirurgie Buccale, Extraction Dentiers le même jour sur engagement Prix raisonnables\tSatisfaction garantie Ouvert de 9 h.A.I.à 9 h.P.M.79 Ste-Anne\tST-HYACINTHE, P.Q.\tTel.80 m CHAPEAUX ROMAINS Feutre, Soie, Peluche, Cachemire, Paille Catalogue envoyé gratuitement sur demande LIMITEE 1170, rue Saint-Denis, MONTREAL .the THES CAFES CACAO EPICES GELEES ESSENCES Nos 37 années d\u2019expérience sont une garantie pour vous.J.A.SIMARD & CIE.5-7 rue St-Paul Est, Montréal ,\tMONTREAL et NEW-YORK Tel.Main 0103 ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS I 8\tANNONCES REVUE DOMINICAINE CINQUANTE-QUATRIEME RAPPORT ANNUEL\t\t DE\t\t La Société des Artisans Canadiens-Français !\t\t 31 DECEMBRE 1930\t\t RECETTES 1930\t\t Caisse au décès (11.appels mensuels) \t\t$750,521.22\t \u2014 des malades \t\t176,5(59.59\t \u2014 d\u2019assurance infantile (11 appels mensuels) \t\t16,946.58\t \u2014 d\u2019administration centrale \t\t193,342.15\t Certificats et Revision d\u2019examens \t\t2,768.04\t P r i m es\t\t\t304.84\t Intérêts \t\t\t\t587,098.40\t$ 1,727,550.8! Balance \u2014 Actif au 31 décembre 1929 \t \t \t\t\t11,314,334.34 \t\t$13,041,885.16 DEBOURSES 1930\t\t Droits aux héritiers des sociétaires décédés (adultes) \t\t\t$\t592,775.00 \u2014\t-\u2014-\t\u2014\t(infantiles) \t\t\t4,399.50 Sociétaires rachetés, rentes viagères, invalidité, dotations \t\t\t25,826.00 Bénéfices aux malades \t\t\t191,786.771 Prêts aux sociétaires! forclos pour déchéance) \t\t\t40,418.00 Conversion des polices de l\u2019option \u201cB\u201d \t\t\t9,012.29 \t\t$\t864,217.56 Raiust'ement des débentures sur valeur portée aux livres \t\t\t937.63 TOTAL \t\t\t$\t865,155.19 Publicité, abonnements, publications, etc\t\t?\t3,562.91\t Organisation et souscriptions aux succursales \t\t1,560.56\t Salaires des organisateurs \t\t27,728.72\t \u2014\tdes employés \t\t60,571.32\t des officiers \t\t21,300.12\t Frais de représentation des officiers \t\t5,093.11\t Conseil Général et Exécutif \t\t5,109.93\t Bureau Médical \t .\u2014 \t :\t\t900.00\t Loyer, taxes, assurances, chauffage et éclairage des\t\t immeubles \ti\t\t4,599.78\t Impressions et papeterie \t \t\t4,746.21\t Timbres, express, téléphone \t\t5,828.70\t Honoraires d\u2019avocats et notaires \t\t15.35\t Honoraires de médecins \t \t\t \t\t7,825.40\t L\u2019ARTISAN \t\t5,639.04\t Comités \t \t\t716.32\t Insignes et prix de concours \t\t6,263.58\t Fêtes patronales \t\t23.80\t Assurance de garantie \t\t160.25\t Dépenses de voyages, organisateurs \t\t5,192.60\t Dépenses de voyages, exécutif \t\t2,179.25\t Commissions, change aux banques \t\t2,005.68\t Congrès Fraternels \t\t174.25\t Réparation et entretien des immeubles \t\t3,815.04\t Taxes, licences, etc., aux différents gouvernements\t1,200.16\t Actuaires \t\t2,416.40\t Fournitures, bibliothèque \t.\t123.60\t Accueil et renseignements \t\t\t\t174.56\t Conventions \t\t \t _.\t15,534.36\t194,461.00 TOTAL des déboursés .$ 1,059,616.18 Balance \u2014 Actif au 31 décembre 1930 .11,982,268.97 $13,041,885.16 Surplus net pour l\u2019année 1930: $667,934.63 ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS UNE PENSEE DE SAINT THOMAS Il est reconnu en théologie que le Péché dégrade ou altère dans l\u2019âme du croyant l\u2019image surnaturelle de la Divinité.Tantôt c\u2019est l\u2019entière ressemblance qui est détruite; ou bien c\u2019est une ombre iqu\u2019il projette, un trait qu\u2019il efface, lorsque par exemple nous manquons légèrement à telle ou telle vertu.Or, nous dit S.Thomas, si Von veut restaurer une œuvre d\u2019art gâtée par le temps ou endommagée par d\u2019autres causes, la suprême ressource consiste à la rapprocher de l\u2019original, s\u2019il existe encore, à retrouver les procédés de l\u2019artiste, si l\u2019original a disparu.C\u2019est en même temps le dernier espoir et la grande difficulté.Ils l\u2019ont bien connue, cette difficulté, ceux qui entreprirent, après la Guerre, de restaurer la cathédrale de Reims; surtout quand il fallut remplacer ces parties de la rosace frontale, des vitraux et des statues, mises en pièces par le bombardement.On dut alors dépenser beaucoup de temps et de patience, beaucoup d\u2019érudition et de savoir-faire, pour retracer puis mettre en œuvre les procédés des maîtres verriers |et des sculpteurs du Moyen Age.Quand il s\u2019agit de restaurer l\u2019image de Dieu dans l\u2019âme du pécheur, si l\u2019entreprise demeure difficile, du moins cette difficulté-là ne compte pas.Jésus-Christ, l\u2019Exemplaire étemel, est toujours vivant, toujours présent et accessible et le sera jusqu\u2019à la consommation des siècles.Son Ecole \u2014 l\u2019Eglise, les Docteurs et les Saints \u2014 n\u2019est pas morte.Ses procédés \u2014 l\u2019étude, la mortifi- 130 REVUE DOMINICAINE cation, la prière \u2014 ne sont pas perdus.Ses matériaux \u2014\tles sacrements, la grâce, les vertus infuses et les dons \u2014\tne sont pas épuisés.Propterea inexcusabilis es, voilà pourquoi, pécheur, tu es inexcusable de rester ainsi dans ta laideur morale et ton délabrement, d'où qu'ils proviennent.Je suppose que l'âme a subi des assauts particuliers, attaques sournoises ou bombardements (pour garder la comparaison) de la part du Démon devenu, maintenant qu'il a perdu la sienne, ennemi de toute beauté.Jésus-Christ connaît fort bien cet antique adversaire, depuis la défaite initiale et la lutte émouvante renouvelée, pour notre instruction, en plein désert.Vaincra qui voudra vaincre.Quelle âpre jouissance de pouvoir le combattre avec l'armure même du Vainqueur.On croit avoir subi des ans l'irréparable outrage ?Sur le plan surnaturel, il n'y a pas d'irréparable outrage.De si loin que date la difformité ou la laideur, elles se peuvent réparer.\u201cEntre tard et trop tard, par la grâce de Dieu il y a une distance infinie\", répète madame Swetchine .Il est possible et plus à craindre qu'on se soit laissé entamer ou dégrader par faiblesse coupable, aggravée de jour en jour par des concessions au Monde et à tout ce qu'il représente.Allons contempler Celui qui ayant triomphé du monde par la Croix nous tend cette unique planche de salut.En Lui et par Elle, mutilés que nous sommes, nous serons restaurés.Car il ne s'agit pas d'une contemplation muette et stérile, ni d'une simple confrontation, accompagnée d'un haussement d'épaules, entre une copie ravagée et un chef-d'œuvre rendu inimitable.Il s'agit d'un contact réel et d'un commerce vital de l'âme avec Jésus, l'Artiste souverain qui ne demande qu'à la remodeler à neuf, à UNE PENSÉE DE SAINT THOMAS 131 y graver son empreinte, de façon à atteindre indirectement le corps, selon la forte indication du Cantique : Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ! Voilà, je pense, une méditation opportune en temps de carême et aux approches de la fête patronale de S.Thomas d\u2019Aquin.J\u2019ai toujours cru qu\u2019il valait mieux, de nos jours, célébrer celle-ci par des bribes d\u2019enseignement thomiste que par des panégyriques trop connus.Non pas que la mémoire de cet inexpugnable maître défaille soies le poids des traditionnelles louanges: le Christ en personne vint un jour lui porter son imprimatur.Mais la société moderne est si démunie en face de l\u2019erreur, qu\u2019il convient d\u2019oublier ou de paraître oublier le \u201cDocteur Commun\u201d pour mettre de l\u2019avant sa commune doctrine J M.-A.LAMARCHE, O.P.1.\u2014M.Albert Pelletier, dans une récente brochure (\u201cCarquois\u201d, p.17), plaint vivement les professeurs \u2018\u2018armés, pour toute psycho-\u201clogie, de la baguette un peu rudimentaire de saint Thomas, génie \u201cspécultif et mystique, et nullement expérimentatexir et psychologue, \u201cqui classe la plupart des manifestations de nos activités en impul-\u201csions des bons anges ou des démons.\u2019\u2019 M.Pelletier est un jeune critique de rare talent, destiné à faire sa marque dans le domaine littéraire.Mais connaît-il par approche personnelle vingt lignes de 8.Thomas, en particulier, l\u2019analyse de l'acte volontaire en douze temps où pas un ange bon ni mauvais ne bat la mesure.8ait.il que Maur-ras, son guide littéraire a déclaré concernant le thomisme?\u201cRien n\u2019est plus actuel, mieux ordonné ni plus conforme aux postulants pressants de l\u2019esprit critiquée.\u201d A-t.il lu Gonzague Truc sur le même 'sujet ?Il est obligatoire d'en douter.En tout cas, s'il a remontré, pesé ces témoignages de philosophes ultra modernes, si même il a pu soupçonner l\u2019existence de pareils écrits, je soutiens que le diable s\u2019en mêle: car, ma foi, ça n\u2019y paraît guère.Qu\u2019il daigne au moins se rendre compte qu\u2019à côté de la psychologie proprement expérimentale.science née d\u2019hier, aux résultats à peine tangibles, il y a la psychologie rationnelle, à base d\u2019observation elle aussi.Cette dernière a suffi à Aristote et 8.Thomas, comme elle devait suffire \u2014 pardon, si j\u2019enjambe les siècles \u2014 à Marcel Proust et Paul Valéry.Que de services par ailleurs elle rend à M.Pelletier en personne, si j\u2019en juge par diverses flèches de son \u201cCarquois\u201d.\u2014 M.-A.L. L\u2019Eglise et la culture intellectuelle Qui n\u2019a entendu parler de l\u2019obscurantisme de l\u2019Eglise ! Par ce mot, ses ennemis lui prêtaient autrefois une opposition irréductible au progrès intellectuel, à la civilisation.Aujourd\u2019hui, ils n\u2019oseraient plus la lui imputer, leur parti-pris serait trop évident.L\u2019Eglise applaudit à toute conquête de l\u2019homme sur la matière.N\u2019enseigne-t-elle pas à l\u2019homme que son devoir est de tirer profit \u2014 par la science et l\u2019industrie \u2014 de toute l\u2019œuvre divine, la création ?Pour elle, c\u2019est glorifier Dieu que de découvrir, mettre à jour et en valeur les richesses que nous cache encore la nature et que Dieu y a mises pour nous.L\u2019homme est roi de la création ! N\u2019importe ! il y en a qui persistent à dénier à l\u2019Eglise les services intellectuels qu\u2019elle rend.C\u2019est de l\u2019aberration : il n\u2019y a de pires aveugles que ceux qui ne veulent pas voir.L\u2019Eglise est pour nos intelligences un phare divinement lumineux dont nous devons fixer et agréer la clarté.Mieux qu\u2019un phare, elle ne se contente pas de semer sa lumière, elle la fait jaillir intérieurement dans nos esprits par sa vie qui y pénètre.Sous l\u2019influence de la grâce, sa sève, sa vie, la vérité y germe et s\u2019épanouit comme une fleur divine.Expliquons-nous.I Tout d\u2019abord, l\u2019Eglise cherche à nous dégager de l\u2019emprise de la matière, et à nous doter d\u2019une vraie liberté de pensée. L\u2019ÉGLISE ET LA CULTURE INTELLECTUELLE 133 Nous sommes enchaînés à un corps, il nous assujettit à la matière, ce n\u2019est pas douteux.Rien ne parvient à notre intelligence, si ce n\u2019est par l\u2019intermédiaire des sens.Notre activité intellectuelle dépend en grande partie de notre sensibilité.Celle-ci est faite, non des sens proprement dits qui ne sont que ses instruments, mais de tendances très diverses : désir, aversion, crainte, audace, joie, tristesse, colère, etc.qui se manifestent, s\u2019agitent, s\u2019entrechoquent en nous.L\u2019Eglise nous dit : Dominez ces tendances, harmonisez-les, soumettez-les au contrôle de la raison, qu\u2019elles servent votre intelligence au lieu de gêner son action.Mortifiez-les donc dans leurs excès, ma grâce vous y aidera; et que votre âme garde toute sa maîtrise, toute sa liberté.Vous êtes hommes par votre intelligence.Quel service l\u2019Eglise rend déjà à la culture intellectuelle, à l\u2019humanité par de telles directives.Il est des hommes, assez nombreux, hélas ! qui ne l\u2019écoutent pas.Chez eux, la sensibilité prend le dessus, elle commande, et l\u2019intelligence \u2014 avec toute son ingéniosité \u2014 se met à son service.Toute leur vie est orientée vers la satisfaction des sens : la vue, le goût, le toucher.C\u2019est le cas de l\u2019avare, du buveur, de l\u2019impudique, du joueur, du sportman passionné.de tant d\u2019autres.Ils ne pensent plus guère qu\u2019à leur préoccupation favorite.L\u2019Eglise leur rappelle à toute occasion qu\u2019il y a un Dieu à honorer, un Ciel à gagner, un enfer à éviter, une humanité à servir, un sacrement qui remet les fautes, une Eucharistie qui régénère l\u2019âme, et par ses objurgations elle s\u2019efforce de les réveiller de leur torpeur, de les ramener à une plus noble conception de la vie et de les replacer sous le domaine de leur raison.Si l\u2019intel- L\u2019Eglise et la culture intellectuelle Qui n\u2019a entendu parler de l\u2019obscurantisme de l\u2019Eglise ! Par ce mot, ses ennemis lui prêtaient autrefois une opposition irréductible au progrès intellectuel, à la civilisation.Aujourd\u2019hui, ils n\u2019oseraient plus la lui imputer, leur parti-pris serait trop évident.L\u2019Eglise applaudit à toute conquête de l\u2019homme sur la matière.N\u2019enseigne-t-elle pas à l\u2019homme que son devoir est de tirer profit \u2014 par la science et l\u2019industrie \u2014 de toute l\u2019œuvre divine, la création ?Pour elle, c\u2019est glorifier Dieu que de découvrir, mettre à jour et en valeur les richesses que nous cache encore la nature et que Dieu y a mises pour nous.L\u2019homme est roi de la création ! N\u2019importe ! il y en a qui persistent à dénier à l\u2019Eglise les services intellectuels qu\u2019elle rend.C\u2019est de l\u2019aberration : il n\u2019y a de pires aveugles que ceux qui ne veulent pas voir.L\u2019Eglise est pour nos intelligences un phare divinement lumineux dont nous devons fixer et agréer la clarté.Mieux qu\u2019un phare, elle ne se contente pas de semer sa lumière, elle la fait jaillir intérieurement dans nos esprits par sa vie qui y pénètre.Sous l\u2019influence de la grâce, sa sève, sa vie, la vérité y germe et s\u2019épanouit comme une fleur divine.Expliquons-nous.I Tout d\u2019abord, l\u2019Eglise cherche à nous dégager de l\u2019emprise de la matière, et à nous doter d\u2019une vraie liberté de pensée. L\u2019ÉGLISE ET LA CULTURE INTELLECTUELLE 133 Nous sommes enchaînés à un corps, il nous assujettit à la matière, ce n\u2019est pas douteux.Rien ne parvient à notre intelligence, si ce n\u2019est par l\u2019intermédiaire des sens.Notre activité intellectuelle dépend en grande partie de notre sensibilité.Celle-ci est faite, non des sens proprement dits qui ne sont que ses instruments, mais de tendances très diverses : désir, aversion, crainte, audace, joie, tristesse, colère, etc.qui se manifestent, s\u2019agitent, s\u2019entrechoquent en nous.L\u2019Eglise nous dit : Dominez ces tendances, harmonisez-les, soumettez-les au contrôle de la raison, qu\u2019elles servent votre intelligence au lieu de gêner son action.Mortifiez-les donc dans leurs excès, ma grâce vous y aidera; et que votre âme garde toute sa maîtrise, toute sa liberté.Vous êtes hommes par votre intelligence.Quel service l\u2019Eglise rend déjà à la culture intellectuelle, à l\u2019humanité par de telles directives.Il est des hommes, assez nombreux, hélas ! qui ne l\u2019écoutent pas.Chez eux, la sensibilité prend le dessus, elle commande, et l\u2019intelligence \u2014 avec toute son ingéniosité \u2014 se met à son service.Toute leur vie est orientée vers la satisfaction des sens : la vue, le goût, le toucher.C\u2019est le cas de l\u2019avare, du buveur, de l\u2019impudique, du joueur, du sportman passionné.de tant d\u2019autres.Ils ne pensent plus guère qu\u2019à leur préoccupation favorite.L\u2019Eglise leur rappelle à toute occasion qu\u2019il y a un Dieu à honorer, un Ciel à gagner, un enfer à éviter, une humanité à servir, un sacrement qui remet les fautes, une Eucharistie qui régénère l\u2019âme, et par ses objurgations elle s\u2019efforce de les réveiller de leur torpeur, de les ramener à une plus noble conception de la vie et de les replacer sous le domaine de leur raison.Si l\u2019intel- 134 REVUE DOMINICAINE ligence ne règne pas en vous, leur dit-elle, votre vie devient plus animale qu\u2019humaine, vous descendez au lieu de monter; or il vous faut monter, votre vie humaine doit devenir divine.Certains méprisent ses avertissements.Il en est même qui dans la recherche de leurs satisfactions personnelles ne craignent pas de porter atteinte aux biens, à la vie de leurs semblables.La.société pour mettre un frein à leurs débordements, assurer la paix et l\u2019ordre si nécessaires à tout travail intellectuel, dicte des lois et en assure l\u2019exécution par sa police et sa magistrature.Ses lois justes n\u2019ont d\u2019autres bases que l\u2019enseignement de Dieu, de l\u2019Eglise; elles ne sont \u2014 en toute hypothèse \u2014 que l\u2019interprétation de la loi naturelle inscrite par Dieu dans nos consciences et incessamment mise en lumière par l\u2019Eglise qui a pour mission d\u2019en expliquer les données et de n\u2019en tolérer aucune altération.L\u2019Eglise sauvegarde donc la puissance et la liberté intellectuelle de l\u2019homme.Tout ce qui pourrait entraver la culture de sa raison, elle l\u2019écarte.C\u2019est le premier service qu\u2019elle nous rend.II L\u2019Eglise fait davantage, elle enrichit notre pensée, elle l\u2019orne de multiples vérités naturelles et surnaturelles, des essentielles surtout.Elle nous communique, c\u2019est sa mission, la doctrine révélée, l\u2019enseignement que le Christ lui a confié.Cet enseignement répond à toutes les questions importantes que se pose notre intelligence, surtout à celles qu\u2019elle ne pourrait résoudre elle-même, parce qu\u2019au-dessus de sa portée.Cet enseignement est vrai : Dieu ne peut se tromper ni nous tromper.L\u2019Eglise le transmet sans altération, elle est infaillible. L\u2019ÉGLISE ET LA CULTURE INTELLECTUELLE 135 Par qui le transmet-elle ?Par ses évêques, ses docteurs, ses prêtres, par la multitude de religieux, de religieuses qui se sont donnés à elle, par quantité de laïcs qui les secondent.Elle instruit par ses catéchismes, ses écoles, ses universités.Elle instruit par les Saintes Ecritures.et tous les ouvrages, les revues que publient, avec son visa, ceux qu\u2019elle appelle à vulgariser sa doctrine.Et ici je comprends tous les imprimés depuis la Somme Théologique jusqu\u2019à la feuille volante qui se distribue à toute occasion.Elle instruit par la parole: par ses cours, par ses conférences, ses sermons, ses instructions dominicales.Qui enseigne-t-elle ?Tous les hommes sans distinction d\u2019âge, de condition, de temps, de lieu, de race.Elle porte la vérité jusque dans les régions les plus lointaines, chez les sauvages.Elle leur envoie ses missionnaires qui éveillent leur intelligence, les dotent de science humaine et divine et leur font part de tous les biens de la civilisation chrétienne.Il n\u2019est certes aucune société qui serve comme l\u2019Eglise la culture intellectuelle de l\u2019humanité.Elle fait plus qu\u2019instruire.Elle n\u2019est pas seulement une semeuse de lumières, elle est une génératrice de vie.Elle nous enrichit de vie divine et celle-ci fait germer et fleurir la vérité dans nos esprits.Cette vie divine, c\u2019est la vie du Christ lui-même.\u201cJe suis, a-t-il dit, la voie, la vérité, la vie.\u201d Si nous sommes en paix avec Dieu, le Christ vit en nous, se continue par nous.Notre vie ne doit être qu\u2019une collaboration à son œuvre naturelle et surnaturelle.Le Christ vivant en nous, nous éclaire, nous guide, dans la mesure où nous nous y prêtons, où nous l\u2019écoutons.Il nous guide dans la voie du devoir, de la perfection, mais par là 136 REVUE DOMINICAINE même aussi dans la conduite de notre vie, dans nos entreprises, dans nos recherches scientifiques.Il est le principe de tous nos progrès.Voyez les Saints, plus généreux, plus fidèles que nous, ils ont eu de telles lumières qu\u2019ils ont pu percer les mystères de la religion, lire dans l\u2019avenir, dans les consciences.A fortiori Dieu par sa grâce nous éclaire-t-il dans notre travail quotidien.Tous les directeurs d\u2019âmes pourront vous citer des cas surprenants d\u2019illumination divine même dans des âmes au savoir humain très limité.Comment donc a-t-on pu dire que l\u2019Eglise ne servait pas, ne favorisait pas la culture intellectuelle de l\u2019homme.Elle la sert humainement et divinement.Non seulement elle l\u2019instruit à tous les degrés, mais elle l\u2019introduit dans le domaine divin, lui fait partager la science même de Dieu, dont toute science, quelle qu\u2019elle soit, ne peut être qu\u2019une émanation.III Il est néanmoins des esprits spécieux \u2014 peut-être trop imbus d\u2019eux-mêmes qui l\u2019attaquent.On lui imputait jadis une opposition irréductible au progrès intellectuel, à la civilisation.C\u2019était un pur sophisme.L\u2019Elglise n\u2019a jamais barré le chemin qu\u2019à la fausse civilisation, à celle \u2014 oh ! fût-elle scientifique, littéraire ou artistique \u2014 qui ne craint pas de méconnaître la morale, c\u2019est-à-dire la vérité d\u2019ordre pratique.Mieux vaut aux yeux de l\u2019Eglise le bedouin sans culture, mais loyal et de bonnes mœurs, que le gros industriel exploiteur, le financier malhonnête ou le malfaiteur littéraire. L\u2019ÉGLISE ET LA CULTURE INTELLECTUELLE 137 Dût-elle passer pour béotienne \u2014 a-t-on dit en pleine Académie Française 1 \u2014 l\u2019Eglise n\u2019approuve pas, ne peut approuver la littérature dilettante qui comporte au premier degré du marivaudage dangereux, au second de la corruption et au troisième la déliquescence, l\u2019énervement de l\u2019esprit public, qui amène la société elle-même à rétrograder.En s\u2019opposant au progrès de toute civilisation païenne, l\u2019Eglise rend un inappréciable service à l\u2019humanité : elle l\u2019empêche de retourner à des erreurs passées.Qu\u2019elle agrée ou même stimule une civilisation de bon aloi, personne ne peut en douter : elle fait à l\u2019homme de la recherche de la perfection dans tous les domaines un devoir strict.Mais \u2014 et cela va de soi \u2014 elle y respecte et fait respecter la hiérarchie des valeurs et jamais elle ne tolérera que le bien surnaturel cède le pas au bien naturel.Cependant, dira-t-on, l\u2019Eglise, par ses dogmes, ses points de doctrine invariables, n\u2019arrête-t-ellle pas le progrès intellectuel humain ?Non, elle le favorise.Ses dogmes sont invariables, parce qu\u2019ils sont la vérité : la vérité est immuable.Ses dogmes sont et doivent être pour tout esprit réflichi des points acquis à la science humaine dans l\u2019ordre surnaturel.Ils ont dans l\u2019ordre surnaturel la force d\u2019une découverte authentique dans l\u2019ordre naturel.Par exemple.La science moderne a découvert les ondes hertziennes, d\u2019où est née la téléphonie sans fil.Pouvons-nous faire que ces ondes ne soient pas ?Non.Allons-nous les chercher à nouveau?Non.Leur existence est une vérité acquise dans l\u2019ordre naturel et les savants 1.\u2014Discours du Comte de Mun en réponse au discours de M.de Régnier. 138 REVUE DOMINICAINE en tiennent désormais compte dans leurs investigations.De même les vérités de foi, dogmatiques ou morales, sont des vérités acquises à l\u2019esprit humain dans l\u2019ordre surnaturel, parce que révélées et reconnues comme telles par l\u2019Eglise, dont la mission comporte ce contrôle.\u201cQui vous écoute, m\u2019écoute\u201d, lui a dit le Fils de Dieu.Remettre en question les dogmes ou vérités définies serait donc ridicule.Ce serait perdre son temps et ses peines.D\u2019aucuns les ont attaqués dans le passé : ils ne se sont fait du tort qu\u2019à eux-mêmes et à tous ceux qui les ont suivis.L\u2019Eglise, quand on tente de porter atteinte à la vérité qu\u2019elle détient, proteste.Si on lui résiste, elle sévit.C\u2019est non seulement son droit, mais son devoir.Les intérêts qu\u2019elle défend sont trop importants pour les laisser en péril.C\u2019est le bien de l\u2019humanité elle-même qui est en cause.Le progrès intellectuel ne consiste pas à remettre en question des découvertes faites, des vérités acquises, mais à en tirer profit.C\u2019est vrai dans l\u2019ordre naturel, ce ne l\u2019est pas moins dans l\u2019ordre surnaturel.Les dogmes, vérités définitivement acquises, peuvent être étudiés, mis davantage en lumière, mieux appliqués dans telle ou telle circonstance, adaptés aux développements de la science humaine.Leur étude peut faire surgir des idées neuves, amener de nouvelles conclusions dans différents domaines.Voilà le vrai progrès : il ne touche en rien à l\u2019essentiel du dogme qui reste invariablement le même à travers ses diverses applications théoriques et pratiques.L\u2019Eglise non seulement admet ce progrès, mais depuis toujours elle l\u2019assure par l\u2019effort de ses philosophes, de ses théologiens sans cesse au travail. L\u2019ÉGLISE ET LA CULTURE INTELLECTUELLE 139 Ne lui demandez pas d\u2019approuver les exagérations, les marottes, les erreurs sans lendemain qui émeuvent le monde.Elle détient la vérité; elle a pour elle l\u2019éternité.Quelle splendide, quelle bienfaisante activité que celle de l\u2019Eglise dans le domaine intellectuel.La lumière qu\u2019elle diffuse, comme celle du soleil, éveille, épanouit la vie.Relisez dans votre mémoire tout ce que l\u2019art, la littérature, la science elle-même ont produit en Occident, en Orient, depuis la venue du Christ.Leur efflorescence n\u2019a-t-elle pas eu souvent l\u2019Eglise comme inspiratrice ?L\u2019Eglise est pour l\u2019humanité une source abondante de lumière et de vie.A cette source puisons sans cesse et, vivifiés par sa doctrine apprise et sa vie divine vécue, devenons pour autrui des foyers de lumière, des âmes rayonnantes de vérité, de vertu, mieux encore, des âmes conquérantes.Le grand besoin des temps présents, c\u2019est la charité de doctrine.P.A.Quevit, O.P.Bruxelles -*- Aspirations chrétiennes dans use âme bouddhiste Rien de plus commun au Japon, je suppose, puisqu\u2019il y a quelques trente ans l\u2019une des douzes sectes bouddhistes japonaises comptait à elle seule plus de la moitié de notre population, mais le fait de le constater confusément\u2019 d\u2019abord et plus distinctement ensuite dans une belle âme et chez un homme très instruit qui ne s\u2019en doute 140 REVUE DOMINICAINE certainement pas, m\u2019a intéressé.Et voici que l\u2019indulgent Directeur de notre Revue Dominicaine me permet bien volontiers de le raconter tel quel, donc du commencement à la fin.Le printemps dernier par un beau dimanche l\u2019un de nos chrétiens et familiers, M.Yoshida, vint me présenter M.Shiba, professeur et Maître professeur à l\u2019Université de Sendai.L\u2019impression fut des meilleures, mais il ne fut question ni de doctrines ni de choses spéciales.J\u2019appris de lui qu\u2019il avait d\u2019abord professé à Kyoto pendant huit ans et qu\u2019il avait été transféré à Sendai depuis six ans.Je pensai qu\u2019il était venu, comme tant d\u2019autres Japonais, simplement voir ma chambre.On m\u2019apprit qu\u2019il était spiritualiste dans son enseignement, qu\u2019il faisait école et que ses élèves, devenus professeurs à leur tour, se réclamaient de Maître Shiba pour briser les vieux cadres matérialistes.Les choses en étaient là, lorsque pendant une de mes rares sorties au cours de l\u2019été il m\u2019appela au téléphone, sollicitant une entrevue.A mon retour je me rendis à son désir et je l\u2019invitai pour tel jour, à telle heure.Exact comme tout bon japonais il m\u2019arriva, cette fois, à la japonaise des pieds à la tête; ça change tant un homme que je ne reconnus pas bien l\u2019autre M.Shiba demi-européanisé.Rien ne manquait : son tsutsumi 1 contenait un dictionnaire allemand-français et un autre japonais-français.Mais ce tsutsumi à la main, c\u2019était pour un autre motif que pour compléter le costume, c\u2019était un paravent, en cas que le Père Hayasaka qu\u2019il connaît 1.\u2014Espèce de mouchoir de soie changé de destination et qui sert à envelopper petits ou gros paquets, que l\u2019on porte à la main.Porter un paquet non enveloppé du \u201ctsutsumi\u201d, c\u2019est tabou. ASPIRATIONS CHRÉTIENNES 141 bien en vînt à demander l\u2019objet de sa visite, \u2014 selon la politesse japonaise toujours.Alors, il prend place.Il sait aussi peu le français du langage que je sais moi-même le japonais, mais enfin il y a toujours moyen de s\u2019entendre entre gens instruits, au moyen d\u2019un papier.Il avait certainement pensé à son affaire en venant, car sa première parole fut pour me dire qu\u2019il avait étudié assez longtemps les différents sectes bouddhistes, mais qu\u2019il ne trouvait là aucune satisfaction.Vous avez bien raison, lui dis-je, et la preuve que le Bouddhisme ne peut vous donner la vérité, c\u2019est qu\u2019il y a ici au Japon douze sectes bouddhistes au moins, et pourtant il ne peut y avoir qu\u2019une seule vérité, un seul chemin pour aller à Dieu.Et je lui lus la belle réponse du petit catéchisme japonais que voici mot à mot : parce qu\u2019il y a qu\u2019un seul vrai Dieu, une seule vérité, un seul chemin pour l\u2019homme, il ne peut y avoir qu\u2019une seule vraie religion.Cette formule lui plut, elle sonne si bien en japonais.Comme en passant, il fit un bel acte d\u2019humilité, quelque chose de vrai et non une formule de politesse.Il y a plus de quatorze ans, me dit-il, que j\u2019enseigne la psychologie mais sans faire de progrès, je suis toujours au même point, devant les mêmes difficultés.Peut-être l\u2019ai-je surpris en lui faisant ma réflexion : \u201cEh bien, savez-vous ce qui vous manque ?Il vous manque une thèse très importante, la spiritualité de l\u2019âme, la psychologie matérialiste est très avancée dans le domaine de l\u2019expérience par les machines, mais il y a beaucoup plus que cela en nous, il y a l\u2019âme spirituelle.\u201d Mais l\u2019âme, qu\u2019est-ce que c\u2019est, me demanda-t-il.RE IKON WA N AN DE SU K A ?Je pris de nouveau mon petit catéchisme pour le lui dire en japonais, et 142 REVUE DOMINICAINE textuellement : \u201cc\u2019est un esprit qui a été fait par Dieu et qui est pour l\u2019homme le principe de sa vie et de son intelligence\u201d.Oh je crois bien, reprit-il, que l\u2019âme est immortelle, qu\u2019elle ne peut mourir comme le corps, je crois cela depuis longtemps.Ici ma figure a dû s\u2019illuminer de joie, car je pensai vite comme l\u2019éclair : voilà un point d\u2019appui, il a en main un anneau de la chaîne, qu\u2019on lui présente l\u2019autre anneau, Dieu, et il lui faut une religion et la vraie religion.Ça allait tout seul dans ma tête, comme dans les livres, mais dans ces têtes-là ça ne va pas ainsi.Ah ! vous croyez à l\u2019immortalité de l\u2019âme, bien.Pour le raffermir je lui fis sur un bout de papier, moitié graphiquement moitié autrement, une petite démonstration de l\u2019immortalité par le chemin de la spiritualité.Il ne comprenait pas très bien.Alors je lui proposai, et il accepta volontiers, de lui mettre en main une rédaction clavigraphiée sur ce sujet.Et nous nous séparons là-dessus, heureux tous les deux.Je ne tardai pas d\u2019essayer de mettre sur pied un petit travail, \u201cde l\u2019immortalité de l\u2019âme au besoin de Dieu pour remplir convenablement notre grand désir de bonheur.\u201d Et je travaillai cela en tenant bien compte de ce qu\u2019on appelle ici le syllogisme de Gautoma, la façon supposée spéciale de raisonner des Orientaux, je remplaçai^ soigneusement tel axiome philosophique que nous sommes portés à prendre comme majeure par une bonne et belle induction.Je pris soin aussi de faire une rédaction simple et claire, en retranchant tous les que et les qui, choses fort embarrassantes pour le cerveau japonais.Et après avoir convenablement limé ce petit travail, j\u2019attendais en priant Dieu, car c\u2019est toujours la grande puissance, la seule capable de faire produire l\u2019acte de ASPIRATIONS CHRÉTIENNES 143 foi \u2014 adhesio mentis sub imperio voluntatis cum auxilio gratiæ.Le samedi suivant mon M.Professeur arrive ponctuellement, et sans tarder nous nous mettons à lire ma rédaction.Etait-ce déception, parce que je m\u2019attendais à plus, mais ça n\u2019avait pas l\u2019air de bien prendre.Il ne comprenait pas bien le français, il étudierait cela à l\u2019aide de son dictionnaire, etc., et me promit de revenir.Le samedi suivant pas de M.le Professeur, l\u2019autre samedi il répondit à mon appel par téléphone en me disant qu\u2019il était très occupé et de vouloir bien l\u2019excuser, Habe me excusatum.C\u2019est, me dis-je, un gros poisson qui aime l\u2019eau profonde, et que pouvons-nous faire avec nos petites lignes ?Un mois et deux mois se passèrent ainsi.Et voilà qu\u2019une de ces nombreuses fois que j\u2019attendais l\u2019autobus pour me rendre voir le Père Bissonnette, je me trouve face à face avec mon M.Shiba.Il se rendait à l\u2019université, avec sous le bras, une précieuse serviette remplie de plus précieuses notes encore.Et ma rédaction ?ma rédaction, je ne pensais qu\u2019à cela en le revoyant, il fut réticent et fuyant, de plus en plus réticent, il n\u2019avait pas pu bien comprendre, il n\u2019avait pas de dictionnaire pour les termes philosophiques, etc., etc.Non, tout cela n\u2019était pas pure vérité.Un homme qui travaille depuis dix ans dans les livres français de psychologie ne pouvait pas ne pas saisir à première vue ma rédaction si intentionnellement et si réellement claire.Je savais par ailleurs qu\u2019il n\u2019y avait pas chez lui d\u2019obstacle moral, sa vie est exemplaire, et la preuve, c\u2019est que depuis la mort de son épouse, il y a deux ou trois ans, il ne vit que pour ses deux enfants.Serait-ce les exigences d\u2019une intelligence qui réclame ses droits à la 144 REVUE DOMINICAINE lumière et qui ne peut pas voir ce que c\u2019est que Dieu, Tâme, etc.?J\u2019en étais là et je pensais aussi que la moindre goutte de vérité occidentale tombant dans ces cerveaux si différents font l\u2019effet d\u2019un bolide, quand M.le Comte Sforza dans son livre, \u201cEnigme de la Chine\u201d vint m\u2019affirmer : \u201cLa religion Catholique est étrangère et, à mon avis, elle le restera toujours en Chine, non pas parce qu\u2019elle est née ailleurs et que son chef suprême vit à Rome, mais parce qu\u2019elle ne peut que représenter ce qui en nous \u2014 en nous aryens \u2014 les irrite et les fatigue le plus : la précision des idées, des constructions logiques, des déductions inexorables.C\u2019est cela en vérité qui leur est intolérable, à eux qui peuvent toujours abriter dans leur esprit des formules, des doctrines contradictoires.C\u2019est très souvent leur grande force contre nous\u201d.l Tout cela est bien vrai, sans doute, mais ma rédaction était si claire, si bien conduite à la façon orientale.et pourtant rien.Il dèvait y avoir une autre cause encore.Le Bouddhisme mieux étudié me donna la clef de ma petite énigme.C\u2019est que pour un boudhiste l\u2019âme n\u2019est pas une substance vraiment spirituelle, un esprit, mais une manière de fluide éthéré, quelque chose de volatil et d\u2019impalpable, mais qui n\u2019est pas un esprit, et alors à la mort elle retourne au grand Tout Cosmique où elle vit encore et sans jamais mourir.Voilà l\u2019immortalité de mon M.Shiba.Quant à ses préoccupations religieuses, ses inquiétudes, il cherche une doctrine de vie heureuse pour l\u2019heure présente et pour l\u2019heure de l\u2019entrée dans le grand Tout.Voilà ses aspirations chrétiennes : 2.\u2014Comte de Sforza, \u201cEnigme de la Chine\u201d.Paris 1928, p.97. ASPIRATIONS CHRÉTIENNES 145 trouver chez nous une voie plus convenable pour le conduire chez lui avec ses ancêtres.Comme je faisais part de cette dernière mise au point à l\u2019un de nos prêtres japonais, M.l\u2019abbé Iwashita, qui est une intelligence bien vive et qui connaît parfaitement la mentalité de ses compatriotes intellectuels, il m\u2019écouta bien sympatiquement et me dit enfin : \u201cc\u2019est exactement cela, il y a un moment où nous les croyons tout près de nous et le moment d\u2019après ils sont infiniment loin, c\u2019est comme l\u2019immanentisme et le thomisme, très près l\u2019un de l\u2019autre sur certains points et très loin ensuite.\u201d Tel est donc mon cas Shiba qui en est encore^ là, c\u2019est-à-dire très loin de nous, si spiritualiste qu\u2019on le dise.Cette catégorie de bonnes âmes cherche le chemin du bonheur, c\u2019est déjà une prise, mais l\u2019apologétique subjective a besoin, ici, plus qu\u2019en Europe, de bien fixer son terme ad quem.Père Gonzalve Proulx, O.P.Missionnaire, Sendai, Japon.-o- II y a manuel et manuel1 La lecture que je viens de terminer devait, c\u2019était fatal, raviver mes vieilles humeurs à l\u2019endroit de l\u2019article Manuel de Philosophie.Quelle bonne occasion de passer R.P.Angelo Pirotta,, O.P.\u2014 \u201cSumma Philosophies Aristotelico.Thomistioæ,, \u2014 Vol.1.Philosophia naturalis \u2014 Mario-E.Marietti, libraire-éditeur.Turin, Italie. 146 REVUE DOMINICAINE ma bile si, par malheur, celui que je viens de refermer n\u2019avait pas été aussi bien réussi.Toutefois quel mal on fait avec les meilleurs de ces instruments ! Et là, beau prétexte encore aux grosses colères contre l\u2019apepsie intellectuelle, qui rend d\u2019abord nécessaire la fabrication de semblables médicaments, et sait ensuite s\u2019en servir avec tant de maladresse.Je ne promets donc rien pour ce qui va suivre.Le R.P.Ange-M.Pirotta est un vieux maître en Sagesse.Il vécut de philosophie scolastique, et ne fit pour cela d\u2019autre mal à l\u2019humanité que de lui rappeler de temps à autre, dans différents travaux de vulgarisation ou de réédition, quelques-unes des vérités très belles de la pensée antique et médiévale.Le- premier volume, qu\u2019il offre aujourd\u2019hui au public, d\u2019une Somme de la philosophie, annonce un ouvrage d\u2019un rare mérite de compilation ordonnée et adaptée, et se présente comme la synthèse d\u2019une pensée mûrie.C\u2019est un manuel \u2014 puisqu\u2019il faut l\u2019appeler par son nom, \u2014 mais un manuel qui pense encore et capable de faire penser beaucoup, donc d\u2019une espèce peu commune.L\u2019exposition nécessairement concise, de ce compendium le laisse encore suggestif au maximum.Il échappe ainsi glorieusement à une tare de famille, cette sclérose des manuels cat alogues-à-f or mules.Lui aussi il a le raccourci, le résumé violent de la pensée.Mais tout, dans ses états de questions, la conduite de ses preuves, ses corollaires et ses références, avertit qu\u2019il n\u2019est et ne veut être qu\u2019un excitateur, un guide, un soutien de la pensée, de la recherche et, puisqu\u2019il le faut, de la mémoire : le trait rapide, la ligue unique qui doit à elle fixer et évoquer toute une physionomie.C\u2019est cela le manuel.Et cela, ce n\u2019est donc pas toute la philosophie, messieurs les IL Y A MANUEL ET MANUEL 147 Professeurs ! Souvenons-nous en, je vous prie.Si l\u2019élève, et l\u2019élève-débutant, peut s\u2019en contenter, c\u2019est à la condition que nous, du moins, l\u2019ayons dépassé, ayons suivi le geste qui indique les sources.Le présent volume, une Logique, s\u2019ouvre sur une large introduction générale à la Philosophie que j\u2019eusse voulue plus large encore, dix fois plus large, prise de plus haut et conduite plus loin.Il y a là toutefois quelque chose capable de laisser soupçonner à un professeur de philosophie, déjà initié à sa matière, qu\u2019il peut être de quelque utilité d\u2019orienter l\u2019élève au début d\u2019une étude de ce genre, et que le premier acte de réflexion à lui demander doit être de songer, un instant, à la manière dont l\u2019humanité a réfléchi sur les causes des phénomènes, dans ce grand recueillement de la pensée qu\u2019on appelle la philosophie.Eist-ce toujours ce que Ton fait ?J\u2019ai ouï dire, il y a quelques mois, qu\u2019un professeur de philosophie, jouissant d\u2019un certain renom dans la petite province de son institution, termina ainsi un premier cours de philosophie à quarante gamins : \u201cIl faudra retenir, tous, cette définition de philosophie; cet après-midi nous commencerons la Logique\u201d.Retenir pour la classe suivante ! retenir pour le \u201cBace\u201d! et après qu\u2019est-ce qu\u2019ils retiendront ?Heureux jeunes gens qui avez la chance de faire votre philosophie ! Il ne faudrait pourtant pas rire; c\u2019est une pitié.Si, au lieu de cela, on leur crevait cette formule d\u2019une définition, si on les intéressait à l\u2019étude qu\u2019ils entreprennent et qu\u2019ils sont faits pour aimer, si on leur laissait soupçonner un peu, au début, ce que c\u2019est que \u201cphilosopher\u201d et ce que représente cette Somme de la pensée des Siècles ! Ils s\u2019attendent à réfléchir, ils veulent que l\u2019on cultive leur jugement; pourquoi ne pas les faire de suite penser ?La Philosophie ?une connaissance ! 148 REVUE DOMINICAINE mais qu\u2019est-ce que connaître ?combien d\u2019espèces de connaissance ?La connaissance intellectuelle ! quels sont dès lors ses cinq \u201chabitus\u201d ?comment se distinguent-ils les uns des autres ?La philosophie appartient à \u201cl\u2019habitus\u201d Sagesse ! mais d\u2019où viennent ses différentes parties ?à quoi tient la distinction des sciences ?qu\u2019est-ce qu\u2019un objet formel ?comment se retrouve en philosophie les trois degrés d\u2019abstraction de la Physique, des Mathématiques, de la Métaphysique ?Et, où se situe alors la logique ?\u2014 Un monde tout cela, et justement le monde qui intéresse l\u2019élève, celui qu\u2019il se prépare à explorer, et dans le quel il ne s\u2019engagerait plus à l\u2019aveugle.Et ensuite, seulement ensuite on pourrait dire : \u201cpour cet après-midi la Logique\u201d.Mais ce serait un après-midi fin-octobre et non plus début-septembre.Dieu soit béni ! quantité de professeurs ont l\u2019audace de cette perte de temps, en différents collèges.J\u2019en sais de modestes, mais très sensés, qui l\u2019avaient déjà naguère.Us sont encouragés dans leur réaction par ces ouvrages spéciaux d\u2019\u201cIntroduction\u201d, nés nombreux du même souci de dépasser la mémoire de l\u2019élève.Je regrette que le R.P.Pirotta ne nous ait pas offert, en fascicule initial, cette Introduction dont il eût fait une si magnifique synthèse.La Logique se développe selon l\u2019ordre véritablement aristotélicien, et dans une marche quasi triomphale.C\u2019est avec l\u2019ouvrage du R.P.Gredt, le travail de synthèse le plus remarquable que je connaisse.Celui-ci est peut-être encore plus humain, de plus facile pensée, moins esclave des formules.Non moins riche d\u2019inspiration antique, il est plus inquiet de la pensée moderne, plus soucieux de mettre en regard des données aristotéliciennes les trouvailles de notre pauvre siècle philosophe.Je n\u2019ose d\u2019abord complimenter pour le geste qui IL Y A MANUEL ET MANUEL 149 expulse la Critique de la Logique; il semble si naturel à un philosophe, du moins à un Auteur en philosophie, de savoir distinguer une science dont l\u2019objet est l\u2019être de raison, d\u2019une autre ayant pour objet l\u2019être réel.Et pourtant, cette chose évidente, combien de nos élèves, si le Professeur n\u2019y fait attention, et, il faut bien le dire, s\u2019il ne les met en garde contre le manuel, ne l\u2019auront jamais vue ! La logique est donc divisée ici, comme elle devait l\u2019être, en logique for mile et matérielle.Je concède qu\u2019il est peut-être préférable, en pratique, de la diviser de suite d\u2019après les trois opérations de l\u2019intelligence, lesquelles sont étudiées successivement selon leurs concepts logiques formel et matériel.Ce procédé pédagogique ne contredit en rien que la division première ne soit, en théorie, celle donnée ici.On aimerait peut-être que l\u2019auteur expliquât d\u2019avantage le fondé de sa division.C\u2019est si important cette justification des partages, et c\u2019est si philosophique en philosophie î II nous dit bien comment l\u2019objet de la logique n\u2019est pas le concept comme tel, mais l\u2019être de raison, l\u2019objet de seconde intention, le concept reconsidéré, la manière d\u2019être des choses en tant que connues.Si l\u2019on disait alors qu\u2019il y a lieu de distinguer dans ce mode intentionnel des choses, et la représentation même qu\u2019elles ont dans l\u2019intelligence (concept formel), et les choses qui sont ainsi représentées (concept objectif).On montrerait comment c\u2019est selon cette double manière pour les choses, d\u2019exister dans l\u2019intelligence, que la logique tire sa division.\u2014 J\u2019oserai demander pourquoi la notion d\u2019être de raison, comme objet de la logique, n\u2019est donnée qu\u2019après toute la première partie du traité ?Toute la logique formelle n\u2019appartient-elle au même objet propre que la logique matérielle ?Pourquoi faudrait-il ne donner à l\u2019élève qu\u2019après des mois de l\u2019étude du traité, 150 REVUE DOMINICAINE la notion de l\u2019être de raison.Autrement il a l\u2019impression justifiée, qu\u2019avec la logique matérielle, il commence un nouveau traité.Il faudrait maintenant plusieurs pages, après ce paragraphe un peu réticent, pour louanger sans aucune restriction.Je préfère dire d\u2019un mot : cet ouvrage est très bien et fait heureusement oublier bien d\u2019autres manuels.Je le conseille surtout à ceux que pourrait travailler une légère inquiétude de comprendre mieux ce qui sépare, et ce qui peut aussi concilier la pensée antique et la pensée contemporaine.Ils trouveront ici, dans un tout petit corollarium parfois, une réponse à quantité de questions anxieuses qu\u2019ils ont dû se poser déjà, ou auxquelles ils seront au moins invités à réfléchir.Ils auront mieux encore dans les admirables articles que l\u2019auteur a consacré à la notion de science, qui est sans contredit la grande difficulté philosophique actuelle dans sa réconciliation avec le scientisme.Avec M.Maritain, le R.P.a compris qu\u2019il fallait avant tout, sur ce terrain, bien distinguer le procédé inductif de la démonstration.Il s\u2019y est employé magistralement.Les tableaux de classification des sciences, d\u2019après les différents systèmes, que l\u2019auteur a ajoutés à son volume, complètent bien ce grand travail de déblaiement doctrinal.Ce premier volume, de 250 pages, d\u2019une Somme de toute la philosophie, promet donc un ensemble de grande valeur.Raymond-Marie Voyer, O.P.-*- Le sens des faits Où en est l\u2019Institut historique Ste Sabine ?Le développement pris par les sciences historiques depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, n\u2019avait pu échapper à l\u2019attention des Maîtres Généraux des Frères Prêcheurs; aussi bien ceux-ci n\u2019avaient-ils cessé d\u2019en encourager et d\u2019en promouvoir l\u2019étude.Cependant un travail plus systématique s\u2019imposait, la constitution d\u2019un groupe de chercheurs devait être l\u2019aboutissement normal des tâtonnements des premières heures.Le chapitre général tenu à Rome en septembre 1929 chargeait le Rme P.Gillet de constituer un nouveau centre d\u2019études, foyer de vie intellectuelle et religieuse, dont les membres se consacreraient entièrement aux recherches historiques.Par une lettre du 2 février 1930, le Rme Père Général annonçait à l\u2019Ordre la constitution définitive de ce groupe dont la direction technique était confiée au R.P.Théry, professeur au Collège Angélique et à l\u2019Institut Catholique de Paris.Les lecteurs de la Revue Dominicaine ont déjà entendu parler de cette nouvelle fondation, mais nous désirerions ici la leur faire mieux connaître en en précisant le but et les moyens qu\u2019utiliseront ses membres pour le réaliser.Lorsqu\u2019on parcourt la table des Scriptores Ordinis Prædicatorum de Quétif et Echard, on est frappé du nombre de religieux dominicains qui s\u2019occupèrent, au cours des siècles, de l\u2019histoire de notre Ordre.De nos jours encore, deux noms ne peuvent manquer de se présenter à notre esprit lorsqu\u2019on parle de recherches histo- 152 REVUE DOMINICAINE riques : ceux du vénéré P.Henri Denifle et du T.R.P.Pierre Mandonnet.Malgré cela on ne peut s\u2019empêcher de regretter que l\u2019Ordre des Prêcheurs \u201cn\u2019ait pas témoigné plus de sollicitude pour le culte de ses propres gloires et qu\u2019il ait peu ou mal écrit son histoire\u201d.Cette contradiction trouve sa racine profonde dans l\u2019absence de coordination des efforts fournis, et c\u2019est pour remédier à cette perte d\u2019énergie, en travaillant pour un but commun, sous une seule et même direction, que le Rme Père Gillet vient de fonder à Rome un Institut Historique Dominicain.L\u2019antique couvent de Sainte-Sabine, situé sur le Mont Aventin, a été choisi pour abriter cette nouvelle fondation.Nul lieu, ainsi que l\u2019écrit le Chef de l\u2019Ordre, n\u2019était mieux désigné que ce vénérable monastère.Placé au centre de la chrétienté, auprès de ces foyers de vérité catholique que sont les grandes universités romaines, à proximité des riches collections que, depuis Nicolas V jusqu\u2019à Pie XI, les papes se sont plu à grouper dans les vastes salles du Vatican, non loin d\u2019importantes bibliothèques telles que l\u2019Angélique ou la Casanate, le nouvel Institut permettra ainsi à ses membres d\u2019utiliser des instruments de travail que seules quelques rares villes de l\u2019Europe peuvent offrir.D\u2019autre part, les souvenirs de toute sorte qui sont attachés à Sainte-Sabine seront pour nos Frères d\u2019un encouragement constant.Tous nos grands saints ont habité ou visité ce couvent : saint Dominique y vint en 1220 et l\u2019on y conserve encore sa celule; le Bx Albert le Grand et saint Thomas y séjournèrent plusieurs fois; c\u2019est à Sainte-Sabine aussi que résidèrent saint Pie V, saint Raymond de Pennafort, le Bx Innocent V, le Bx Jourdain de Saxe, etc.Le but du nouvel Institut est indiqué par son titre LE SENS DES FAITS 153 même : promouvoir et faciliter les travaux d\u2019histoire et d\u2019érudition dans l\u2019Ordre, aider et renseigner les travailleurs étrangers qui s\u2019intéressent à nos saints, à nos théologiens, à nos traditions : être un trait d\u2019union entre les savants qui ont donné leur vie aux recherches historiques.Le but poursuivi est vaste, et ce ne sera que progressivement, aidés par les prières et les concours de nos amis, que nous pourrons le réaliser.Déjà cependant, pour l\u2019atteindre, diverses sections ont été créées et s\u2019organisent.Une œuvre urgente s\u2019imposait tout d\u2019abord : la continuation jusqu\u2019à nos jours des Scriptores Ordinis Prædi-catorum.Au cours du siècle dernier, le T.R.P.Bonnet avait groupé un certain nombre de notes en vue de cette publication, mais après l\u2019édition d\u2019un numéro spécimen, le savant religieux; n\u2019eut pas la consolation de mener son travail à bonne fin.Avant la guerre, utilisant les documents laissés, l\u2019Archiviste de l\u2019Ordre avait édité 8 fascicules, les écrivains dominicains morts entre les premières années du XVIIIe siècle et 1738 avaient ainsi eu leur notice.La reprise de l\u2019œuvre a été confiée au R.P.Antonin Papillon, de la Province du Canada; la publication sera désormais activement poussée, et le 9e fascicule paraîtra dès la fin de cette année.Une fois ce premier travail achevé, une refonte du volume d\u2019Echard, actuellement introuvable, sera entreprise.La réédition des Scriptores laisse cependant dans l\u2019ombre toute une partie de l\u2019activité dominicaine.On ignorerait ainsi tout ou presque tout des religieux qui se sont dépensés au service de l\u2019Eglise en pays infidèles.L\u2019Institut se devait donc d\u2019étudier spécialement l\u2019apostolat missionnaire des Frères Prêcheurs.Le R.P.Lœrnetz, de la Province de France, fera revivre cette phase de notre 154 REVUE DOMINICAINE histoire, champ vaste et encore mal connu, pour ne pas dire ignoré.Les missions dominicaines sont nées avec l\u2019Ordre même, c\u2019est donc un passé de sept siècles qu\u2019il faudra ressusciter.Pour faciliter l\u2019étude de notre histoire, l\u2019Institut de Sainte-Sabine comprend encore actuellement trois autres sections spécialement attachées à la publication de textes inédits ou difficilement trouvables.Le R.P.Canal, sous-Archiviste de l\u2019Ordre, utilisant les travaux encore manuscrits du R.P.Ligiez, a entrepris une refonte complète du Bullaire des Frères Prêcheurs.De nombreux documents pontificaux sont encore inédits; on ignore parfois l\u2019origine de tel ou tel texte de nos Constitutions, de tel ou tel événement de notre histoire parce que la décision du Souverain Pontife qui lui a donné naissance est encore inconnue.Rares sont les Ordres religieux qui ont bénéficié comme le nôtre de la bienveillance du Saint-Siège depuis Honorius III jusqu\u2019à Pie XI : noblesse oblige.A côté de la publication des documents pontificaux, vient prendre place celle des écrits de nos Frères.Le Moyen-Age, la Renaissance, les Temps modernes ont vu paraître des œuvres de Prêcheurs illustres.Souvent quand on essaie de préciser le mouvement des idées à une époque déterminée, on rencontre un hiatus dans l\u2019évolution de la pensée.Ce vide serait comblé si nous connaissions l\u2019œuvre manuscrite de tel ou tel de nos Frères.Sous la direction du R.P.Meersseman, de la Province de Belgique, et du R.P.Planzer, l\u2019Institut éditera ces ouvrages qui doivent trouver leur place dans une étude de la genèse et du développement de la théologie et de la philosophie chrétiennes.Les monuments historiques de notre Ordre ne seront LE SENS DES FAITS 155 pas laissés de côté.Le R.P.Reichert en avait entrepris la publication; le R.P.Laurent, de la Province de Toulouse, a été chargé de continuer cette œuvre.Successivement verront le jour les anciennes chroniques de nos couvents, les actes des chapitres provinciaux, les procès de canonisation de nos Saints, la vie de nos Maîtres-Généraux, etc.De même sous la direction du même religieux sera bientôt créé à Sainte-Sabine un office bibliographique dominicain auquel tous ceux qui s\u2019intéressent à l\u2019histoire de notre Ordre pourront recourir.Enfin pour élargir le rayonnement de notre Institut, une nouvelle revue, Archivum Fratum Prædicatorum, publiée à la fois à Paris et à Rome et placée sous la direction du R.P.Théry, président de l\u2019Institut, permettra de faire connaître les recherches entreprises, de publier des études doctrinales, des monographies, et d\u2019éditer des textes et des Inventaires.Tel est notre but, tels sont les moyens que nous utiliserons pour le réaliser.L\u2019Institut historique dominicain compte seulement quelques mois d\u2019existence, et déjà il a commencé son œuvre d\u2019information.De nombreux témoignages de sympathie, dus à des personnalités autorisées, sont venus aider les membres dans leur travail d\u2019organisation.On nous permettra de mentionner ici d\u2019une manière plus spéciale les encouragements qu\u2019a bien voulu nous prodiguer le Souverain Pontife.Plusieurs fois déjà Sa Sainteté Pie XI a béni notre œuvre et nos recherches.Placés sous la bénédiction du Pape, aidés par les ordres et les conseils de notre Rme Père Général, nous nous permettons d\u2019espérer que bientôt l\u2019Institut de Sainte-Sabine constituera un nouveau foyer de rayonne- 156 REVUE DOMINICAINE ment intellectuel dans l\u2019Ordre des Frères Prêcheurs et dans l\u2019Eglise entière.Hyacinthe Laurent, O.P.Institut Historique Ste-Sabine, Rome.Saint Jean Baptiste 1 i Il est d\u2019usage d\u2019accorder peu d\u2019importance aux paroles servant de texte, ou mieux de prétexte à l\u2019oratorio, au drame lyrique, à l\u2019opéra.Ce qu\u2019on cherche avant tout dans ces œuvres, c\u2019est le rendement musical.Pourvu que le libretto contienne un peu de couleur locale, pourvu qu\u2019il sonne avec ampleur et générosité, sans trop déformer l\u2019histoire proprement dite ni travestir les personnages réels, on lui pardonne volontiers son insuffisance au point de vue littéraire.Les moralistes eux-mêmes se montrent un peu moins exigeants à son égard que vis-à-vis la comédie et le drame.Le thème écrit sur lequel s\u2019exerça l\u2019inspiration et la technique de Guillaume Couture, dans \u201cJean le Précurseur\u201d, est une adaptation en vers, par Albert Lozeau, d\u2019un livret en prose de l\u2019abbé Antonio Lebel.Il n\u2019offre rien de très remarquable, à part les qualités négatives que je viens d\u2019émumérer.Si la véritable poésie biblique y est rarement atteinte, s\u2019il dénote parfois des surcharges, comme : \u201cen sa grande âme forte\u2019\u201d.\u201csur son beau front divin\u201d, ou des accords brisés sans compensation, comme : \u201cUn autre va venir que de peu je devance\u201d, on y relève avec plaisir des strophes d\u2019une belle simplicité : 1.\u2014Discours prononcé à la Radio, poste C.K.A.C., le 3 février, pour l\u2019émission du poème lyrique : \u201cJean le Précurseur\u201d. LE SENS DES FAITS 157 \u201cEt déjà la cognée est à l\u2019arbre, qui luit.Tout arbre où ne croît pas la richesse du fruit Sera jeté comme une herbe mauvaise Au feu de l\u2019ardente fournaise.\u201d Surtout la vérité historique est sauve et la physionomie morale du héros, respectée.Le personnage qui va darder tout à l\u2019heure ses invectives à travers l\u2019espace est bien celui que la tradition ou mieux la donnée évangélique nous a appris à connaître.Mais, le haut-parlleur vous dira tout cela.C\u2019est pourquoi j\u2019estime plus intéressant d\u2019abandonner ici le libretto, pour peindre à grands traits la figure de Jean-Baptiste, observée dans son milieu, à l\u2019aide d\u2019une biographie dictée par l\u2019Esprit-Saint.Je vous invite, mesdames et messieurs, à quitter un instant votre salon de famille : ainsi nommé par opposition à grand salon, et comme traduction plausible et harmonieuse de \u201cliving room\u201d.Vous allez quitter votre salon de famille pour me suivre en Palestine où vous aurez, du même coup, l\u2019avantage de changer de climat.Car la scène évoquée se passe au mois de mars de l\u2019an 28 de notre ère, trois ans avant la mort de Jésus.\u201cLe printemps, très fugace en cette contrée, donnait toute sa richesse à la fois.Une brise légère secoue les saules, les acacias en fleurs et les palmiers.Les collines sont d\u2019un vert tendre.De jeunes agneaux y bondissent qui deviendront tout à l\u2019heure un symbole immortel.Le long des routes inégales, déjà des anémones, déjà des lis ! Puis, tout au fond du paysage, un fleuve, \u2014 immortel aussi, où quarante jours auparavant fut baptisé 158 REVUE DOMINICAINE le Sauveur, \u2014 le Jourdain, grossi par les coulées des crêtes, apparaît noir et débordant.\u201d 2 Où vont ces bandes de pèlerins, ces larges caravanes ?Vers la région du sud, \u201cà Béthanie au delà du Jourdain\u201d 3 où un nouveau prophète se fait entendre dans le costume et avec la voix d\u2019Elie, où il baptise dans un gué communiquant avec le fleuve.Ils s\u2019y rendent fébrilement, sans s\u2019attarder au \u201cmiracle végétal\u201d, car ils ont hâte d\u2019entendre ce prédicateur au verbe rugueux, triste et violent.Faisons halte avec eux, de préférence à cet endroit.C\u2019est là que Jean Baptiste, recevant une délégation de Jérusalem, déclare nettement ce qu\u2019il n\u2019est pas et révèle ce qu\u2019il est ; là aussi qu\u2019au cours d\u2019une deuxième et d\u2019une troisième rencontre avec Jésus, il manifeste, en toute suavité et discrétion, un aspect de son caractère assez souvent méconnu.Debout sur un tertre, il prêche à la foule, et sa parole jaillit avec tant de force, si péremptoire dans un ton abrupt, heurté et saccadé, qu\u2019il semble avoir jeté toutes ses réserves en avant et qu\u2019on se croit déjà fixé sur l\u2019homme, ou le surhomme, comme on dirait aujourd\u2019hui.De fait, avec ses hardies métaphores, maintenant passées dans toutes les langues, avec ses vipères, son van et sa hache, il peut donner l\u2019impression d\u2019un individu en marge, non seulement de la vie sociale, mais de la vie humaine; ou celle d\u2019un meneur autocrate imposant à ses disciples des fardeaux exorbitants.Impression fâcheuse qu\u2019il convient de dissiper, si l\u2019on veut encore aujourd\u2019hui bénéficier de sa doctrine.Bien entendu, il ne s\u2019agit pas d\u2019estomper ces traits 2.\t\u2014Mme Marnas: \u201cQuel est cet homme\u201d, ch.I.3.\t\u2014S.Jean, I, 8.\u2014 R.P.Lagrange : \u201cL\u2019Evangile de Jésus-Christ\u201d, p.78. LE SENS DES FAITS 159 d\u2019ascète, d\u2019emmieller ce dur langage, ni d\u2019affadir ce sel âcre et mordant.Il faut que Jean Baptiste reste à vos yeux ce qu\u2019il fut en réalité : un arracheur de masques, un niveleur de sentiers, l\u2019arbitre de la justice, le héraut de la pénitence et l\u2019annonciateur de la colère à venir, la ventura ira.Lui demeuré fidèle à son message jusqu\u2019à la mort, n\u2019allons pas, dans une visée opportuniste, le détacher de cette lignée de prophètes-martyrs qui expérimenta, au bénéfice de Dieu et de sa cause, le \u201ctrop parler nuit\u201d et le \u201cça finira mal\u201d des gens prudents.Le trahir de la sorte serait le décapiter de nouveau.Mais une autre façon de le trahir, serait d\u2019insister sur ce rude aspect de son caractère, au point d\u2019oublier ou de paraître oublier l\u2019humilité de ses sentiments, la modération de sa doctrine, et, ne vous récriez pas, l\u2019infinie tendresse de son cœur.Quis est autem homo iste, quel est donc cet homme ?se demandaient les autorités de Jérusalem.Et elles envoient à Béthanie une délégation composée de prêtres, de lévites et de pharisiens.On lui pose directement la question : Es-tu le Messie ?\u2014 Je ne suis pas le Messie \u2014 Serais-tu par hasard le prophète Elie ?\u2014 Non.Ne remontez pas si haut; je ne suis pas un personnage, pas même une personne, à peine une chose : je suis un cri, une voix, ce qu\u2019il y a de plus éphémère dans la création.Je suis la voix qui crie dans le désert : redressez la chemin du Seigneur.Et celui qui viendra bientôt sur cette route, je ne suis pas digne de dénouer sa sandale.A lui désormais de grandir, à moi de m\u2019effacer.\u201d Avouons que ce surhomme n\u2019a rien de commun avec celui que découvrira plus tard Nietzsche et dont la gloire et l\u2019influence doit s\u2019ériger sur la ruine de ses compatriotes, à même leurs richesses et leur sang.\u201cMais, direz-vous, quels anathèmes n\u2019a-t-il point 160 REVUE DOMINICAINE lancés dans le désert, près des rives du Jourdain.\u201d Mesdames et messieurs, sévérité n\u2019est pas outrance et vous allez en juger.Il y avait à cette époque en Israël deux fonctions tenues en mépris, considérées comme mauvaises en soi, ainsi que plus tard dans l\u2019Eglise celle de comédien : les soldats, employés plutôt comme gens de police par le gouvernement, et les publicains ou collecteurs d\u2019impôts, de péages et de douanes; les premiers parce qu\u2019ils vivaient surtout de maraude et de pillage, les seconds parce que, majorant le prix des taxes, ils fraudaient à la fois le public et leurs patrons.Aux uns comme aux autres S.Jean Baptiste, que le P.Lagrange compare à \u201cun prudent directeur de conscience\u201d, avait recommandé de ne pas résigner leur fonction, mais d\u2019y pratiquer la justice et la charité, \u2014 comme il dirait sans doute à nos modernes profiteurs : il n\u2019y a guère de professions malhonnêtes, mais il y a dans chaque profession des individus malhonnêtes, ne soyez pas de ceux-là.Où vous seriez tentés d\u2019apercevoir de l\u2019outrance, laissez-moi découvrir un sentiment de profonde pitié.Oui, c\u2019est vrai, le prophète a jeté toutes ses réserves en avant, mais y compris les réserves de son coeur.Aux approches du supplice et à la vue du Messie, ce coeur, gardé pur et intact comme la dune blanche du désert, va s\u2019épancher un peu plus librement.Le lendemain et le surlendemain du jour où il reçut la délégation juive, le prophète, entouré de quelques disciples, aperçoit Jésus venant vers lui; et il prononce \u201cd\u2019une voix grave, avec un tendre respect dans le regard\u201d : Voici l\u2019agneau de Dieu, celui qui ôte le péché du monde.Voici l\u2019innocence et la sainteté qui s\u2019offrent à purifier, à sauver Israël ! Quel changement dans l\u2019inflexion et dans l\u2019image; quel changement au plus intime de l\u2019âme : LE SENS DES FAITS 161 auparavant, c\u2019était la pitié, à présent c\u2019est l\u2019amour.Il a suffi d\u2019un regard du Sauveur et de quelques paroles pour introduire cette nuance : tant il est vrai que la moindre rencontre avec Dieu nous jette au cœur un fruit immortel.Plus tard, dans la forteresse de Machéronte, Bossuet nous fera voir le prisonier d\u2019Hérode se consolant de sa disgrâce par la vertu d\u2019un souvenir: souvenir qui illumine jusqu\u2019à l\u2019instant tragique de sa mort, et permet au dernier récitatif de se clore en sérénité : \u201cAinsi dans le repos éternel s\u2019endormit, Sa tâche achevée et son œuvre faite, Le plus grand de tous les prophètes.\u201d Mesdames et messieurs, d\u2019avoir tenu un court instant le projecteur sur la figure de Jean-Baptiste, suffira peut-être à vous faire apprécier davantage l\u2019honneur de posséder comme Patron national un saint de cette trempe, un personnage aussi complet.De même vous sentirez-vous plus obligés envers les auteurs littéraires, le compositeur musical et ses magnifiques interprètes d\u2019avoir su exprimer \u201ctoute la lyre\u201d du Voyant, en faisant éclater non seulement la fougue d\u2019un caractère audacieux, mais tout l\u2019incendie d\u2019une âme qui ne ravage que pour mieux purifier, d\u2019un cœur qui trouve encore, après des siècles, le chemin de nos cœurs.L'art chrétien japonais Il commence à s\u2019exprimer, mais il est encore bien jeune.Comment s\u2019en surprendre ?Il n\u2019y a pas encore un siècle que la religion chrétienne a été ressuscitée au Japon, et un siècle c\u2019est trop peu pour permettre à une religion nouvelle de s\u2019enraciner dans l\u2019âme d\u2019un peuple 162 REVUE DOMINICAINE et pour s\u2019exprimer ensuite en termes nouveaux et bien orthodoxes.Faudra-t-il encore un siècle et plus ?L\u2019on va vite au Japon quand l\u2019on s\u2019y met.Et se mettra-t-on à l\u2019œuvre ?L\u2019on devrait, pensent les uns, mais il y a le SED CONTRA.Parler ici de ce que l\u2019on devrait ou pourrait faire, c\u2019est marcher sur un terrain trop brûlant.Je me bornerai à produire quelques échantillons, quelques essais d\u2019art chrétien japonais.N\u2019attendez pas la description de quelque cathédrale d\u2019un style inconnu, oh ! non, je n\u2019ai à vous présenter que quelques crèches de Noël, mais bien artistiques et bien japonaises.La plus belle des trois est celle de l\u2019église de Kanda, une des principales paroisses de Tokyo, la paroisse des artistes, comme on aime à dire au vénérable curé.Cette année les artistes ont eu l\u2019idée de ne pas placer la crèche dans l\u2019église mais à côté, dans la salle paroissiale.Affaire d\u2019être plus libre d\u2019inviter les païens à venir voir, mais affaire surtout d\u2019avoir de l\u2019espace.Donc, la crèche exécutée par nos artistes occupe tout le théâtre de cette modeste salle.La maison de Bethléem est tout au fond dans un coin et le grand espace est occupé d\u2019abord par un jardin près de la maison puis par un champ.Le tout est entouré d\u2019un mur de pierre.Ce mur de pierre entourant une propriété, une villa, est une première note bien japonaise.De la porte d\u2019entrée sur le terrain, le MON, jusqu\u2019à la maison sainte un chemin sinueux est mis en relief par une élévation que quelques pouces.C\u2019est le long de ce chemin que sont disséminés les bergers, des mannequins vêtus à la façon des paysans japonais, les chiens et les moutons.Le tout est dispersé avec un naturel qui fait sourire d\u2019aise.L\u2019un des chiens est déjà rendu LE SENS DES FAITS 163 près de lia maison et attend son maître en l\u2019invitant à presser le pas, un autre est à courir après un oiseau invisible.De même pour les moutons, ce sont de braves bêtes qui ne se doutent de rien, qui s\u2019amusent à brouter la largeur de leur langue ou à boire au ruisseau clair.Ici la note du naturel saute vraiment aux yeux.Et la crèche proprement dite, l\u2019étable, c\u2019est une maison japonaise grande ouverte, les portes à glissoires, les SOJI, sont là poussées dans le coin pour laisser voir l\u2019intérieur où se trouve le Petit-Jésus, qui est une belle poupée européenne, comme celle de nos églises, et S.Joseph et la S.Vierge en adoration.La statue de S.Joseph n\u2019avait pas besoin d\u2019être remise à la mode japonaise, c\u2019est le S.Joseph à genoux avec une cape de couleur brune qui peut être tout aussi bien un kimono qu\u2019un manteau.Mais la Ste Vierge, attention, c\u2019est le personnage principal après l\u2019Enfant-Dieu.Aussi l\u2019a-t-on japonisée autant que possible.La belle statue de la Vierge en adoration s\u2019est enrichie d\u2019une chemisette de soie rose et d\u2019un superbe kimono de soie bleu décoré de petites fleurs de lis.Et elle porte sur sa tête un simple voile blanc, comme tout bonne chrétienne japonaise.Ravissante cette petite Vierge si bien japonisée.De l\u2019ensemble de cette crèche se dégage une note de liberté d\u2019allure, de transposition heureuse, de travail délicat et achevé.C\u2019est un succès comme crèche, et plus encore comme effort d\u2019adaptation.Un autre succès comme effort d\u2019adaptation, au local cette fois, c\u2019est la crèche des petits séminaristes de Tokyo.Ici'ces bons enfants n\u2019avaient pas le grand espace libre ni l\u2019abondance de matériaux.La chapelle comprend l\u2019espace de deux chambres contiguës et sur l\u2019un des côtés, près de l\u2019autel, une porte donne sur la vérandah.C\u2019est 164 REVUE DOMINICAINE dans cet enfoncement, large de deux pieds, que les petits séminaristes se sont laissés aller à leur inspiration pour la crèche de Noël.Ici tout est en miniature, une colline, et au sommet le groupe de la nativité à l\u2019ombre d\u2019un palmier, au plus lointain possible l\u2019étoile des bergers.Eh bien, malgré ce peu d\u2019espace, ils ont conservé la note japonaise: un enclos avec un petit chemin de pierre conduisant là-haut, même liberté d\u2019allure pour les petits animaux, chiens et moutons.Ils n\u2019entourent pas le petit Jésus au milieu des cierges et les lampions, comme ça se voit ailleurs.Le Père directeur me disait : ils ont du talent vraiment, faire si gentil avec rien.Oui quand l\u2019on songe que ce sont des enfants de douze à quinze ans qui ont fait cela, il faut reconnaître qu\u2019il y a chez eux un sens artistique inné.Une troisième crèche où perce le sens artistique japonais tout à fait inné et sans culture aucune, c\u2019est celle des lépreux à Gotenba.J\u2019aillais oublier de jeter un coup d\u2019œil sur cette crèche, tant il y avait de choses à voir chez ces pauvres lépreux.Elle occupe un vaste espace dans leur chapelle.Les statues sont du commun des armoires de la pauvre sacristie.Mais ces lépreux sont habitués aux vastes espaces des champs qu\u2019ils cultivent, et ils ont pensé que ce ne serait pas mal de donner un petit domaine au Maître du monde.Donc, alors qu\u2019une pauvre maison japonaise, à toit écrasé, occupe le fond de la scène, le reste c\u2019est une belle propriété en culture, et comme il y avait de la place, l\u2019âne et le bœuf occupent une étable séparée.pourquoi pas ?La note vraiment inoubliable ici, c\u2019est que cette belle propriété est attentivement gardée par un gros chien assis sur son arrière- LE SENS DES FAITS 165 train et qui domine toute l\u2019avant-scène.Voilà le coup de génie de nos lépreux chrétiens.En plus de ces crèches de Noël, je vous présenterai comme échantillon d\u2019art chrétien japonais le voile du tabernacle de cette chapelle de la léproserie.Oh ! rien de très riche, sur un fond de drap d\u2019or l\u2019on a brodé, couleur naturelle, des branches de cerisiers en fleur.C\u2019est moins symbolique que nos grappes de raisin et nos épis de froment, mais cette multitude de petites fleurs roses et blanches symbolisent bien le vol des âmes pures et fraîches vers Jésus-Hostie.Voilà le peu que j\u2019ai vu, il y a sans doute beaucoup plus mais il me semble que c\u2019est quelque chose comme première expression de l\u2019art chrétien japonais.Est-ce que cette expression s\u2019élèvera jusqu\u2019à la construction des églises en un style nouveau ! Le désir ne manque pas, mais il y a, je le disais, le SED CONTRA.Pour arriver à quelque chose, je ne sais au juste à quoi, il faudrait renoncer résolument à nos voûtes gothiques ou romanes, à nos plafonds en plâtre pour prendre le plafond en bois, la voûte à caisson en bois.Il y a de très beaux modèles, même en dehors de Tokyo, la grande salle de l\u2019hôtel de ville de Sendai, par exemple.Mais c\u2019est toute une question.M.le Comte Sforza dans son livre, Enigme de la Chine, critique librement et même irrévérencieusement tel haut personnage ecclésiastique qui a lancé l\u2019idée de remplacer les tableaux et les autres statues des églises par des inscriptions en gros caractères chinois rouges et or, selon le goût de la population.Il oublie, je crois, l\u2019histoire de l\u2019architecture des premiers siècles chrétiens.Car les faits sont là : les temples payens se sont épanouis en basiliques chrétiennes, tels le Panthéon, Saints Côme et Damien, Sainte Françoise 166 REVUE DOMINICAINE Romaine.Et voici que dans la crypte même de Saint-Pierre, cette impression de continuité qui ne renonce à rien de précieux ni de solide trouve son symbole dans la statue du premier pontife qui est celle d\u2019un consul romain à qui l\u2019on a changé le chef, tant le geste de détruire était inusité quand il était possible d\u2019utiliser, de reconstruire ou de maintenir.Changer le chef, tout est là.Sendai, Japon.Père Gonzalve Proulx, O.P., Missionnaire.L\u2019Institut d\u2019études médiévales d\u2019Ottawa BUT DE LA FONDATION Depuis quelques années, ce ne sont plus seulement les spécialistes de l\u2019érudition qui s\u2019attachent à l\u2019étude du Moyen Age, de sa littérature, de ses arts, de sa civilisation, de ses doctrines philosophiques et religieuses.De tout côté, dans le monde savant, dans les Universités, dans le public cultivé lui-même, se manifestent une curiosité grandissante et une estime de plus en plus éclairée pour une civilisation qu\u2019un sot préjugé faisait considérer comme un âge d\u2019ignorance et de stagnation.En vérité, le Moyen Age est l\u2019une des périodes les plus riches et les plus fécondes de la culture littéraire, artistique, sociale, philosophique, religieuse; et l\u2019on reconnaît maintenant que les temps modernes eux-mêmes ne nous deviennent intelligibles, dans leurs aspirations et dans leurs œuvres, que par recours aux siècles du Moyen Age et au capital de civilisation qu\u2019ils constituèrent. LE SENS DES FAITS 167 Au point de vue catholique, les intérêts en jeu sont plus importants encore, car le Moyen Age a apporté à ïa vie, à la pensée catholique des éléments définitifs, à1 commencer par la synthèse scolastique, dont la théologie authentique est si étroitement unie au dogme lui-même.Il importe donc grandement de ne pas laisser pervertir le sens de cette vie et de cette doctrine.Trop longtemps les catholiques abandonnèrent à leurs adversaires l\u2019étude historique de l\u2019Antiquité chrétienne, et la crise moderniste a montré quels graves dangers courut alors l\u2019interprétation des origines de la foi et de l\u2019Eglise ; il fallut, avant de reconstruire, démolir les thèses adverses qui occupaient un terrain qu\u2019on avait si fâcheusement négligé.Il ne faudrait pas recommencer sur le terrain du Moyen Age cette lamentable expérience, et venir au travail après que d\u2019autres l\u2019auraient engagé et orienté contre notre foi.En dehors même de cette considération apologétique, il serait regrettable que les catholiques, en ce domaine comme en d\u2019autres, demeurent en arrière, et abandonnent comme il leur est trop souvent arrivé, l\u2019initiative de la recherche et du travail.Le crédit et l\u2019honneur de leurs institutions universitaires en pâtiraient gravement.Ce n\u2019est pas seulement en Europe que ces études médiévales ont un si florissant et opportun renouveau.L\u2019Amérique s\u2019est mise elle aussi très activement à la besogne, et la Mediæval Academy, à Harvard University, inspire, entraîne et soutient un grand nombre de travailleurs dont plusieurs sont déjà des maîtres de premier ordre.Le Canada restera-t-il en arrière ?Par les soins de M.Gilson, qui chaque année quitte la Sorbonne pour soutenir cette fondation nouvelle, un Institute of Mediæval Studies est en pleine activité à Toronto.Grâce à 168 REVUE DOMINICAINE ses conseils et à l\u2019appui de l\u2019Institut scientifique franco-canadien, un Institut d\u2019Etudes Médiévales vient d\u2019tre organisé à Ottawa, pour le Canada français, sous l\u2019experte direction de R.P.Chenu.L\u2019intérêt général de ces entreprises se double ici d\u2019un intérêt tout particulier pour le Canada, où le développement des études supérieures arrive à un tournant critique.L\u2019extraordinaire expansion économique réalisée depuis vingt ans amène normalement de nouvelles exigences, intellectuelles et culturelles que les Universités doivent satisfaire sous peine de déchoir, ou de se voir dépossédées de leur prestige, bientôt de leurs droits.Les échanges désormais incessants avec l\u2019Europe contribuent à étendre ces exigences et à constituer une élite qui, dans le domaine des affaires, des sciences, des arts, de la pensée, de la religion elle-même, manifestera, et manifeste déjà, son désir de méthodes renouvelées et de travail plus scientifique.Il pourrait avoir là, si l\u2019on n\u2019y prenait pas garde, les germes d\u2019une crise grave, dans l\u2019enseignement d\u2019abord, dans la vie intellectuelle et religieuse du pays ensuite.Lorsque, après la Révolution, le clergé français reprit son travail d\u2019éducation et de reconstruction, il se porta en masse vers les besognes les plus urgentes, et, pressé de toutes parts, négligea le travail en profondeur dans le domaine de la science, de la philosophie, de l\u2019histoire.Lorsque vinrent le positivisme et le rationalisme, le catholicisme français se trouva inférieur, et les plus admirables dévouements apostoliques se révélèrent inefficaces en face d\u2019une élite intellectuelle et d\u2019une Université qui ne trouvaient pas dans l\u2019Eglise des hommes capables de répondre dignement aux problèmes nouveaux.On paya bien cher, jusque sur le terrain politique, une LE SENS DES FAITS 169 négligence, involontaire sans doute, mais qu\u2019un peu de clairvoyance aurait évitée.En fait ce fut donc une désastreuse économie que de n\u2019avoir pas laissé à leur lent et silencieux travail de recherche les spécialistes qui pouvaient s\u2019y consacrer.Les catholiques français retrouvent seulement aujourd\u2019hui l\u2019initiative du travail scientifique, et l\u2019estime inappréciable qu\u2019il confère.La leçon vaut toujours, et le catholicisme au Canada ne devra point en perdre le profit, fût-ce sous le prétexte des besoins urgents de l\u2019apostolat actif.De toute part d\u2019ailleurs, on en a le sentiment, et on s\u2019inquiète de développer la vie universitaire, de renouveler les études supérieures, de soutenir les travaux qui s\u2019y rattachent, de comprendre les exigences imprescriptibles de la formation de professeurs spécialisés et maîtres en leur matière.C\u2019est peut-être sur le terrain historique qu\u2019on est le moins prêt, en haut-lieu et dans l\u2019enseignement ordinaire, et que les routines sont le plus néfastes au vrai travail et à la recherche critique.L\u2019étude historique du Moyen Age, en particulier de la philosophie chrétienne médiévale, est un terrain propice aux renouvellements nécessaires ; à l\u2019intérêt qu\u2019elle présente en elle-même, elle ajoute l\u2019attrait et les bénéfices d\u2019une large fécondité, car le domaine est demeuré jusqu\u2019ici en grande part inexploré.Si l\u2019Antiquité grecque, dont les oeuvres littéraires et philosophiques tiennent dans une petite bibliothèque, exerce tant de séduction et provoque tant de travaux, pour le plus précieux bienfait de la culture classique, combien les innombrables productions et les oeuvres des maîtres du Moyen Age, au cours de dix siècles de vie européenne (productions et oeuvres encore enfouies dans les manuscrits des bibliothèques), doivent provoquer notre curiosité, humaine et chrétienne. 170 REVUE DOMINICAINE C\u2019est particulièrement au point de vue philosophique et théologique que l\u2019étude du Moyen Age sera féconde et pratique à la fois.La philosophie chrétienne en effet, comme la théologie, se sont alors constituées en un corps de doctrine, qui demeure la base de notre enseignement.On peut sans doute, à s\u2019en tenir aux éléments, enseigner une bonne philosophie et une bonne théologie sans connaître le Moyen Age; mais si vraiment on veut dépasser les étroitesses du manuel, si l\u2019on veut atteindre l\u2019esprit des doctrines, si l\u2019on veut en connaître la genèse et la fécondité native, l\u2019étude de l\u2019histoire philosophique et religieuse du Moyen Age est le cadre nécessaire de l\u2019exposé spéculatif des doctrines.L\u2019histoire de la philosophie et l\u2019histoire de la théologie rentrent d\u2019ailleurs dans la \u201cratio studiorum\u201d normale d\u2019un séminaire ou d\u2019une faculté.Ce sont donc à la fois les futurs professeurs de philosophie ou de théologie, et les professeurs d\u2019histoire qui peuvent bénéficier de la formation garantie par ces études et par leur discipline intellectuelle.Ainsi l\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales d\u2019Ottawa voudrait-il répondre pour sa modeste part, aux exigences du travail scientifique proprement dit, en même temps qu\u2019à la formation pratique des professeurs.Extraits des Statuts L\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales a pour but de former des étudiants aux disciplines et méthodes de l\u2019histoire, en prenant comme champ de travail le cycle de civilisation occidentale connu sous le nom de Moyen Age.Cette période de l\u2019histoire présente en effet un intérêt très particulier: comme type de civilisation, comme exem- LE SENS DES FAITS 171 plaire de culture chrétienne, comme cadre originel de la philosophie et de la théologie catholiques.C\u2019est en outre un domaine très neuf, que de toutes parts on explore et on exploite, en Amérique comme en Europe; il importe que le Canada participe à la fécondité de ce renouveau.L\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales est par son but même et par son objet, en dehors du cycle habituel des facultés d\u2019arts, de philosophie et de théologie.Il ne vise donc à conférer aucun grade, mais il serait heureux de former des travailleurs qui, en dehors de leurs publications, porteraient le bénéfice de leur formation scientifique aux Universités, Séminaires, SooJasticats, Collèges.Il sera cependant loisible à ceux qui auront préparé à l\u2019Institut quelque travail, de le présenter pour l\u2019obtention d\u2019un grade dans une université quelconque.L\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales, fondé et entretenu par les Dominicains, est placé sous la direction scientifique et administrative de leur couvent d\u2019Etudes d\u2019Ottawa.Mais son conseil de direction fait appel aux professeurs religieux ou laïques dont le concours peut être utile au développement des études et des travaux.Ils font leurs cours en français ou en anglais.Le Couvent des Dominicains a bien voulu mettre sa bibliothèque à la disposition de l\u2019Institut, qui, en retour, contribuera par son budget particulier à l\u2019enrichissement de cette bibliothèque, pour des fonds spéciaux.Un comité de patronage sera constitué, pour ceux qui, prenant intérêt à l\u2019enseignement supérieur et aux études médiévales, en favorisant le développement: bibliothèque, photographie de manuscrits, bourses de travail ou de publication.Etabli hors de tout programme académique, l\u2019Institut ne comporte pas un cycle obligatoire d\u2019études ; 172 REVUE DOMINICAINE normalement ceptndant un séjour de deux ans semble requis pour la préparation d\u2019un bon travail ou pour la formation générale.Outre les étudiants médiévistes, l\u2019Institut accueillera volontiers à ses cours des auditeurs libres, désireux d\u2019approfondir leur culture générale.Une partie des cours demeurera intentionnellement accessible à ces auditeurs.Le programme comporte un double enseignement: d\u2019abord des cours sur les matières suivantes: Histoire de la civilisation (vie économique et sociale, littérature, arts), Paléographie et latin médiéval, Histoire de l\u2019Eglise au Moyen Age, Histoire de la philosophie et Sources patristiques, Histoire des Institutions religieuses; \u2014 puis des exercices pratiques, à la bibliothèque, où sera développé et dirigé le travail de la recherche personnelle, qui demeure le but premier de l\u2019Institut.La fixation du programme détaillé des cours et du personnel enseignant sont déjà en bonne voie.Nous nous réservons de les faire connaître dans la livraison de septembre.Dans l\u2019Ordre Italie.\u2014A l\u2019occasion de sa visite en Amérique, le Rme P.Gillet, Maître Général, a reçu des grades honorifiques des universités de Washington, de Détroit et de l\u2019université Laval.\u2014 Le R .P.Constant Becchi est décédé le 11 novembre dernier à Santa Maria Novella de Florence.Durant trente-cinq années il dirigea presque simultanément les revues suivantes: Rosario Memorie Domenicane \u2014 Il VII centenario di S.Domenico \u2014 Il Rosario >\u2014 Le LE SENS DES FAITS 173 Memorie Domenicane \u2014 Le Missioni Domenicane \u2014 Bollettino del Terziario \u2014 Rosario Perpetuo \u2014 et Sicut Rosa, calendrier artistique dont l\u2019apparition chaque année était impatiemment attendue.C\u2019était un écrivain et un artiste entièrement dévoué aux \u201cchoses de l\u2019Ordre\u201d, mais en sa qualité de directeur du Rosaire Perpétuel, il sut joindre constamment aux travaux d\u2019écriture ceux d\u2019un apostolat extérieur intense.Nous prions nos frères et confrères de Santa Maria Novella, à l\u2019occasion d\u2019un si grand deuil, d\u2019accepter nos plus sincères sympathies.Tonquin.\u2014Les \u201cMissions Dominicaines\u201d nous apprennent que le dimanche 2 novembre, Mgr Garcia, O.P., vicaire apostolique de Haiphong (Tonkin Oriental), a reçu la consécration épiscopale des mains de Mgr Dreyer, O.F.M., délégué apostolique, assisté de Mgr Munagorri, O.P., vicaire apostolique de Bui-Chu (Tonkin Central), de Mgr Gordaliza, O.P., vicaire apostolique de Bac-Ninh (Tonkin Septentrional) et de Mgr Chaize, coadjuteur de Mgr Gendrau, vicaire apostolique d\u2019Hanoï.La même revue consacre une série d\u2019articles à la mémoire de S.G.Mgr Altmayer, O.P., ancien archevêque de Bagdad, par le directeur, le R.P.M.-B.Guenin.Etats-Unis.\u2014Le Rme P.Gillet, délégué ad hoc par S.E.le cardinal Hayes, archevêque de New-York, a présidé la bénédiction de la pierre angulaire de l\u2019église Ste Catherine de Sienne.\u2014 Le Dr Herbert F.Wright, professeur de Dro\u2019t international à l\u2019Université catholique de Washington, a donné le 12 novembre au Club catholique de l\u2019Université de Princeton, une conférence intitulée: L\u2019influence dominicaine sur le Droit international.Canada.\u2014La Station et les retraites quadragésimales sont prêchées à St-Jean Baptiste d\u2019Ottawa, par le R.P. 174 REVUE DOMINICAINE A.Bibaud; à Ste Anne de Fall River, par le R.P, Henri Marcil ; aux SS.Pierre et Paul de Lewiston, par le R.P.Thomas Houle; à Notre-Dame de Grâce de Montréal, par le R.P.Dominique-A.Turcotte; à la Basilique de Québec, la Neuvaine a été prêchée par le R.P.Mathieu Dumont.\u2014 Nous empruntons au \u201cDroit\u201d d\u2019Ottawa, numéro du 5 février, le filet suivant: \u201cLe Révérend Père Chenu, de l\u2019Ordre des Dominicains, a été appelé au Canada par l\u2019Institut Scientifique Franco-Canadien pour donner des conférences à Montréal, et par le Provincial des Dominicains pour organiser un centre d\u2019études de philosophie médiévale à Ottawa.Le Père Chenu est arrivé au mois de septembre dernier et repart après un séjour de près de cinq mois.\u201cLa presque totalité de son enseignement a été donnée à Ottawa où il s\u2019est efforcé de préparer un certain nombre de sujets particulièrement qualifiés au travail de la recherche scientifique.\u201cSes cours ont porté sur les caractères et les procédés de la philosophie médiévale et d\u2019une façon générale sur les \u201cSciences du Moyen-Age\u201d.Il a particulièrement insisté sur la \u201cMéthode Historique dans l\u2019histoire de la théologie.\u201d \u201cLe Révérend Père Chenu a bien voulu se faire entendre dans les divers centres universitaires de Montréal et de Québec où le grand public a pu apprécier tout le charme et la solidité de son enseignement.Il a donné un total de 68 cours ou conférences dans les divers centres où il a été appelé à enseigner.\u201cII est probable que l\u2019Institut d\u2019Etudes médiévales d\u2019Ottawa, créé dans un milieu canadien-français, bénéfi- LE SENS DES FAITS 175 ciera l\u2019année prochaine d\u2019un nouveau séjour du révérend Père Chenu pour s\u2019organiser définitivement.\u201cLe travail de l\u2019Institut Scientifique Franco-Canadien ne se borne pas, comme on le voit, à donner de grandes conférences pour le grand public et des cours aux techniciens, mais à organiser le travail en vue des recherches futures.Nul doute qu\u2019avec les qualités des jeunes travailleurs actuellement à l\u2019entraînement on obtienne rapidement de beaux résultats.\u201d Le R.P.Chenu s\u2019est embarqué à New York, le 3 février, sur le \u201cDe Grasse\u201d.La \u201cRevue Dominicaine\u201d se joint au \u201cDroit\u201d pour remercier et féliciter le jeune et brillant professeur de l\u2019œuvre si prometteuse qu\u2019il vient d\u2019instaurer parmi nous.\u2014 Les journaux ont annoncé avec détails la grande épreuve qui vient de frapper le couvent et la paroisse St-Jean Baptiste d\u2019Ottawa et par eux toute la Province St-Dominique.Dans la nuit du samedi 7 février, au moment où la communauté rassemblée au chœur passait de la psalmodie de Matines à celle de Laudes, l\u2019attention fut attirée par un bruit insolite qu\u2019avait précédé une faible odeur de fumée.Déjà un incendie, d\u2019origine inconnue, se communiquait de la sacristie du sous-sol au sanctuaire et aux colonnes de l\u2019église.Les progrès du feu furent très rapides et les pompiers alertés déployèrent en vain, sous la direction du chef Lemieux, un magnifique effort de ténacité, de discipline et d\u2019endurance.A part l\u2019obstacle d\u2019une température glaciale, il faut dire que le site du monastère, séparé par un mur de la rue étroite et basse, ne favorisait guère l\u2019installation et le fonctionnement des pompes.A l\u2019intérieur, le service de préservation et de sauvetage, dirigé par le R.P.Méthot, procureur, 176 REVUE DOMINICAINE obtenait aussi un succès partiel, grâce à des dévoûments qualifiés d\u2019héroïques.Les Saintes Espèces furent sauvées par les RR.PP.Gusman Albert et Clément Pothier.Une partie du mobilier de la sacristie d\u2019en haut échappa encore au désastre.Mais l\u2019église entière et l\u2019aile transversale du monastère, moins la salle commune, furent incendiées.L\u2019édifice qu\u2019on nomme le vieux presbytère, affecté à divers usages et servant d\u2019entrée principale au couvent, fut également protégé.Quant à l\u2019aile neuve, construite à l\u2019épreuve du feu, mais de toutes parts envahie par l\u2019eau, la suie et la glace, elle était devenue temporairement inhabitable.D\u2019autant que, si l\u2019éclatement des fournaises ne s\u2019est pas produit, comme on le craignait fort, la rupture de certains boyaux paralysa tout à fait le système de chauffage.Comme premier résultat de l\u2019incendie, une communauté de plus de cent religieux se trouvait sans abri.Signalons tout de suite avec effusion la charité empressée de plusieurs familles et des communautés-sœurs qui offrirent de les héberger.Malgré l\u2019heure matinale, une foule de paroissiens, d\u2019étrangers mêmes, était sur place, prodiguant l\u2019aide et le réconfort aux sinistrés.Monseigneur l\u2019Archevêque en personne, de nombreux prêtres et religieux, pris de stupeur et touchés de sympathie, offraient la primeur des condoléances qui devaient affluer de partout, de la presse, des parents et amis des Pères, comme des autorités civiles et ecclésiastiques.Pendant ce temps, grâce aux activités des RR.PP.Landry et Labonté, vicaires, aidés des autres religieux et des paroissiens, le service des messes était promptement organisé dans la Salle St-Jean Baptiste.Au prône, le R.P.Dion, curé, sans retenir ses larmes, répétait LE SENS DES FAITS 177 ardemment le mot de la situation: nous pouvons bien gémir, nous n\u2019avons pas le droit d\u2019être abattus.Le R.P.Landry avait tenu le même langage digne et réconfortant.En effet, cette situation de nos frères de la Capitale est des plus graves.Des pertes matérielles évaluées à cinq cent quatre-vingt-dix-sept mille dollars, \u2014 en partie couvertes par des assurances au montant de deux cent soixante-quinze mille; la nécessité d\u2019une reconstruction immédiate en temps de crise ; l\u2019extrême gêne imposée aux études au moment où l\u2019année académique donne son plein rendement: autant de motifs d\u2019alarme justifiés.A joutons-y la perte des impondérables, des souvenirs anciens qu\u2019on ne remplace pas.D\u2019autre part, il n\u2019y eut à déplorer ni accident grave ni perte de vie.Au plus fort de la catastrophe, nos voisines immédiates, les Sœurs Grises de la Croix, réunies dans la chapelle, suppliaient Dieu d\u2019épargner leur couvent et ce qui subsistait du nôtre, tandis que dès 3 h.du matin, le T.R.P.Bibaud, prieur, célébrait la messe à l\u2019oratoire et communiait les frères novices aux mêmes intentions.Nous avons de hautes raisons de rendre grâces à Dieu et aux hommes, aucune d\u2019être abattus.Aujourd\u2019hui la vie régulière de notre Couvent d\u2019Etudes a repris son cours dans un cadre restreint, où s\u2019utilise l\u2019ingéniosité et la bonne volonté des résidents.La largeur de vues et de procédés des compagnies d\u2019assurance et de prêt, les aumônes substantielles déjà reçues, jointes à différentes organisations de secours, font prévoir que l\u2019entreprise de reconstruction sera menée à bon terme, sans délai trop prolongé.Quand une population comme celle de St-Jean Baptiste entonne le refrain: \u201cNous voulons Dieu\u201d, on peut être sûr que le geste accompagne la parole et le sentiment. 178 REVUE DOMINICAINE \u2014 Son Eminence le cardinal Rouleau, archevêque de Québec, a fait part de sa douloureuse émotion à son cher couvent d\u2019Ottawa.Son Excellence Mgr André Cassulo s\u2019est montré vivement affecté par notre malheur.Lord Wellingdon, vice-roi des Indes, ancien gouverneur général du Canada, a envoyé de Londres, par l\u2019entremise de la Délégation Apostolique, un câblegramme de sympathies en son nom et au nom de Lady Wellingdon.\u2014 Notre revue de famille: \u201cSous les cloîtres\u201d, nous est arrivée avec une gravure-frontispice des mieux inspirées et des caractères lithographiques accusant de notables progrès.Il est à souhaiter que ses services ne soient pas trop empêchés par le récent désastre.Quant à la \u201cRevue Dominicaine\u201d, elle avait escompté deux articles de la part des RR.PP.Turgeon et Massé, professeurs au couvent d\u2019Ottawa.On voit assez jusqu\u2019à quel point l\u2019économie du présent numéro a souffert de cette lacune.\u2014 Nos Pères de Middle Sackville, N.B., sont entrés dans leur nouvelle résidence à Sackville, couvent modeste, mais suffisamment confortable et propice au déploiement de la vie régulière.\u2014 Nos abonnés qui se proposent de déménager le 1er mai voudront bien signaler d\u2019avance leur nouvelle adresse au Bureau du Rosaire de St-Hyacinthe.Fra Domenico L\u2019esprit des livres Auguste Loslever \u2014 \u201cL\u2019amour libre\u201d.Nouvelle édition, revue et augmentée.La Pensée Catholique, 38, Quai Mativa, Liège.Librairie Giraudon, 56, rue N.-D.des Champs, Paris Vie, 1930.L\u2019Encyclique \u201cCasti connu.bii\u201d a passé sur le monde chrétien comme un grand vent salubre ipurifiant l\u2019atmosphère des âmes.Que d\u2019esprits raffermis, de cœurs soulagés, surtout de consciences redressées à la lecture de l\u2019immortel document.Peu importe que des théoriciens avancés \u2014 mais à la façon de certains \u2019 fromages, disait le chanoine Desgranges \u2014 aient frémi rageusement, pour eux-mêmes et pour leurs nouveautés, sous la rafale venue de Rome.Le document ne visait pas à encourager les expérimentateurs, américains ou autres, faisant fi de séculaires acquisitions.Un écrivain belge peu connu en ce pays doit particulièrement se réjouir et \u201crespirer enfin\u2019\u2019, comme disait notre abbé Lecoq après la publication de l\u2019encyclique sur le modernisme: c\u2019est le digne magistrat Auguste Loslever, vice-président du tribunal de Liège, et autour de \u201cL\u2019amour libre\u2019\u2019, brochure de 300 pages parue l\u2019an dernier en seconde édition- Le Saint-Père couvre de son autorité les mêmes assertions, et il réfute les mêmes erreurs, à part d\u2019autres plus récentes encore et non moins utopiques et subversives de l\u2019ordre.Pour mieux réduire les arguments, disons mieux, les soubresauts de l\u2019Amour libre, le savant juge utilise une longue expérience jointe à la fréquentation des meilleurs auteurs.Les \u201cnotes et éclaircissements\u201d contenus dans l\u2019Appendice font voir que parmi çes derniers, les professeurs du haut enseignement, les spécialistes des névroses et des maladies sexuelles occupèrent une large place.L\u2019on est ainsi porté à faire confiance à M.Loslever avant que la rigueur de ses propres déductions puis l\u2019alignement des témoignages nous rallient à sa thèse.\u201cA cent lieues de la satire, écrit Mgr Schyrgens, il disserte avec sérénité, il discute avec loyauté, courtoisie, urbanité, donne largement la 'parole aux contradicteurs, garde un imperturbable sang-froid devant les thèses les plus exaspérantes et n\u2019allègue aucune réfutation qui ne soit pertinente et strictement appropriée.Entraîné à parler de questions délicates, 180 REVUE DOMINICAINE voiré scabreuses, qui font réserver la lecture de ce livre aux personnes averties, il sait user de l\u2019honnête liberté scientifique sans jamais blesser les convenances.\u201d Un mot en particulier de la thèse de Léon Blum sur la polygamie temporaire, puisque c\u2019est l\u2019unique addition au volume réédité, et qu\u2019au surplus la renommée de cet orateur communiste au geste sabreur et au verbe claquant, \u2014 je l\u2019ai entendu une fois au Palais Bourbon, \u2014 provoque un certain intérêt.A vrai dire, sa thèse ne diffère des autres que par la base psychologique qu\u2019il prétend lui donner.L\u2019homme est polygame d\u2019instinct jusqu\u2019à l\u2019âge de.(ça peut varier, naturellement) et monogame le reste de ses jours.Il suffit alors de satisfaire au premier instinct, de l\u2019évincer par la fatigue, pour se réfugier ensuite dans le second.Ainsi demeure-t-on ami de l\u2019homme, observateur réaliste, et en même temps partisan du mariage, \u201cinstitution compromise et cede la femme.Celle-ci devra \u201cjeter sa gourme\u201d et \u201cmener sa vie de garçon\u201d avant de songer à un foyer stable.\u2014 Et en attendant, gare à l\u2019enfant ! \u2014 Léon Blum essaie même de voiler la brutalité de ses d res en les saupoudrant de sentiment.Il fait sienne la déclaration d\u2019une héroïne d eson congénère Porto-Riche: Aimer d\u2019abord, se marier ensuite.Que si l\u2019amour persiste dans le mariage, il repose tout entier sur l\u2019harmonie physique et celle-ci requiert auparavant, de la part de chaque conjoint, mais surtout de la femme, un savant apprentissage du plaisir.L'instant polygamique est-il aussi naturel à l\u2019homme et surtout au jeune homme que ce grossier psychologue vient de l\u2019affirmer ?On peut citer à l\u2019encontre tant et tant d\u2019union monogamiques contractées et maintenues, soit avant soit après le mariage.Même en lui concédant le caractère d\u2019universalité, on doit, selon l\u2019aveu de Léon Blum, le considérer \u201ccomme un vice, comme une tare originelle\u201d ; et donc, riposte à bon droit M.Loslever, \u201cl\u2019empêcher de naître, ne rien lui accorder, le délivrer, le réduire, l\u2019anéantir\u201d, ou bien accorder les mêmes satisfactions, temporaires si l\u2019on veut, à tous les autres vices de nature démontrés tels ou supposés.Par ailleurs, l\u2019avocat de la polygamie temporaire admet que tout son dessein repose sur l\u2019identification du plaisir avec l\u2019amour.Son critique aurait beau jeu de lui opposer Paul Géraldy: \u201cEn lui prêtant le nom d\u2019amour nous avons affranchi, lavé, intronisé la volupté.Mais qu\u2019avons-nous fait de l\u2019amour ?\u201d Mais Mgr Schyr-gens vient de nous avertir que c\u2019était un censeur loyal autant que modéré.Le voici qui gourmande Géraldy.Il ne s\u2019agit pas de séparer ni de confondre amour et volupté.Il s\u2019agit d\u2019épurer celle-ci \u201cen y introduisant, de fait, l\u2019affection, l\u2019amitié\u201d.Et c\u2019est là une L\u2019ESPRIT DES LIVRES 181 des fins du mariage.Quant à la période qui précède, l\u2019auteur soutient que la pratique de la continence est possible et n\u2019offre aucun danger sanitaire.Il cite à l\u2019appui non seulement des hommes d\u2019Egise, mais des hygiénistes comme Oesterlen, Beale et Ribbing, des neurologues comme Ch.Féré, Eulenburg et Torel, et combien d'autres.L\u2019opinion de Lionel S.Beale, du Collège Royal de Londres.est à apprendre par coeur et j\u2019allais dire à encadrer : \u201cL\u2019argument qui veut qu\u2019un dérivatif soit nécessaire aux jeunes gens dont le mariage doit être différé, est erroné et sans fondement.Il ne peut être trop clairement établi que la continence et la pureté la plus stricte, sont de conformité parfaite avec la loi physique comme avec la loi morale, et que le fait de céder aux désirs, aux passions, aux appétits sexuels, n\u2019est pas mieux justifié au point de vue physiologique ou physique qu\u2019au point de vue moral et religieux\u201d.Faisons le même honneur à l\u2019opinion concordante du professeur pendant nécessaire.\u201d Cette galante théorie n\u2019est pas au préjudice Eulenburg: \u201cAu lieu de rendre notre jeunesse attentive aux dangers supposés de la continence, il vaudrait beaucoup mieux lui conseiller une vie hygiénique, l\u2019endurcissement, le travail, l\u2019exercice corporel, la utte contre les mauvaises habitudes et les penchants nuisibles, avant tout contre l\u2019habitude de fumer et de boire de façon exagérée\u201d.Le principal argument de Léon Blum en faveur de la polygamie prénuptiale, ce sont les surprises que réserve le mariage aux époux quand ceux-ci n\u2019y apportent pas une égale expérience.Qu\u2019ils y parviennent dans le même état d\u2019innocence, répond M.Loslever à la suite de Tolstoï.A l\u2019éducation des sens, que l\u2019on substitue la formation du coeur.Sans prétendre que tous les malentendus disparaîtront de la sorte ni surtout que l\u2019entreprise sera facile, il enseigne qu\u2019il faut faire confiance à l\u2019humanité, sachant, magré sa faiblesse, \u201cde quels puissants ressorts elle disposa et comme elle peut les faire agir, quand elle veut, pour la réalisation de ce qui est noble, grand et beau\u201d.L\u2019impartial auteur produit des pages entières de l\u2019antagoniste qu\u2019il s\u2019est choisi.Il exagère en ce sens, et c\u2019est peut-être l\u2019unique raison pour laquelle son ouvrage ne peut passer entre toutes les mains.Mais je voudrais le voir entre toutes les mains des rares théoriciens et des nombrbeux pratiquants de l\u2019amour libre au Canada.M.-A.LAMARCHE.O.P. 182 REVUE DOMINICAINE Abbés Lusseau et Collomb \u2014 \u201cManuel d\u2019études bibliques\u201d, rédigé conformément aux directives données par S.S.Pie X aux professeurs d\u2019Ecriture Sainte dans la Lettre apostolique \u201cQuoniam in re biblica\u201d (27 mars 1906).Tome V (Ire Partie), Les Actes des Apôtres.Les grandes Epitres de saint Paid.614 pp.in 8°.Paris, P.Téqui, 1930.Fidèles à la voix des Souverains Pontifes, les catholiques de notre temps s\u2019efforcent d\u2019obtenir dans les études bibliques, comme ailleurs, cette primauté qui de droit divin pourrait être leur partage.Non pas certes que le grand nombre d\u2019ouvrages publiés marque nécessairement un progrès intense, mais tout au moins il le prépare et fomente en lui conciliant l\u2019intérêt du public, condition presque indispensable du travail scientifique.Le manuel des abbés Lusseau et Colomb comprendra 5 volumes, assez compacts, à en juger par le présent fascicule de plus de 600 pages qui traite d\u2019abord des Actes des Apôtres, puis des \u201cgrandes\u201d Epitres de S.Paul, c.-à-d.des 6 Epitres que S.Paul écrivit avant sa première captivité, non excluses les 2 Epitres aux Thessaloni-ciens.Une critique détaillée appartenant aux revues vouées par office aux étuds scripturaires, nous nous limiterons ici à quelques brèves observations.Nous admirons le courage des deux auteurs qui leur a permis de livrer au public, comme fruit d\u2019un enseignement relativement court, un volumineux ouvrage d\u2019ensemble dans une matière qui de jour en jour devient plus difficile parce que plus complexe.Nous admirons leur fidélité à l\u2019Eglise, seule dépositaire de la doctrine du salut.Nous apprécions hautement leur souci de donner aux élèves une notion de toute la littérature inspirée, par une analyse plus ou moins détaillée selon la difficulté des textes en question.Ainsi l\u2019élève, après avoir parcouru le chemin long et pénible de la critique textuelle, sera en état de goûter le délicieux contenu de la parole divine, et de le faire goûter aux fidèles.Nous avons cependant quelques restrictions à faire à propos de ce nouveau manuel.Tout d\u2019abord il manque de cette concision qui, à notre avis, fait le bon manuel: le plus de science possible, et le plus clairement possible, en le moins de paroles possible.Les \u201cPrælec-tiones Biblicæ\u201d commencées par feu le R.P.Simon, C.S.S.R.ont entre autres ce grand avantage (nous avouerons cependant que la langue latine choisie par cet auteur s\u2019y prête particulièrement).Un l\u2019esprit des livres 183 tel manuel, loin de faire double emploi avec renseignement du professeur, est apte au contraire à le rendre intéresasnt et fécond.En second lieu nous signalerons un certain défaut de précision et d\u2019empreinte scientifique, défaut d\u2019autant plus regrettable aujourd\u2019hui qu\u2019en France les recherches historiques ont pris un si grand essor.Nous ne parlerons pas de ce qui peut être dû à une distraction de typographe.Nous nous limiterons aux citations d\u2019auteurs.Quel précieux instrument sont-elles dans la main de l\u2019élève intelligent, lui permettant de remonter incessamment aux sources de la doctrine proposée, d\u2019approfondir par là-même les notions reçues soit du professeur, soit du manuel, voire de les contrôler, en un mot de devenir un homme ncn seulement très informé, mais encore et surtout scientifiquement formé.Mais si ces citations sont souvent imprécises, arbitrairement abrégées, \u2014 et cela, même dans la bibliographie mise en tête de l\u2019Introduction à chaque Livre saint, \u2014 et viciées par des fautes d\u2019impression déconcertantes, comment l\u2019élève ne pourra-t-il pas se croire à son tour dispensé de toute recherche minutieuse ?Pour ce qui concerne l\u2019aspect extérieur du volume, on a eu soin d\u2019en rendre la lecture attrayante par la variété des caractères typographiques.Loin de nous de vouloir méconnaître les mérites de ce nouveau manuel d\u2019études bibliques.S\u2019il ne satisfait pas à toutes les exigences d\u2019un enseignement universitaire, il n\u2019en sera pas moins utile non seulement aux prêtres déjà en charge des âmes, mais aussi dans les maisons d\u2019éducation cléricale.B.-M.SIBLER, O.P.Grimaud.\u2014 \u201cMa\u201d Messe.In-12.P.Téqui, libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte, Paris-Vie.Titre éminemment suggesstif !.Combien de fidèles savent qu\u2019ils ne sont pas seulement spectateurs à la Messe, mais acteurs?.que la Messe est leur Messe ?\u2019\u201d qu\u2019ils célèbrent et s\u2019offrent avec le Christ, leur Chef, dont ils sont les membres ?C\u2019est pour expliquer aux fidèles ces vérités dont la fécondité spirituelle est incalculable, que M- l\u2019abbé Grimaud, dans son style, clair, simple et objectif a développé cette admirable doctrine.Ce livre aura une immense diffusion parce qu\u2019il répond au besoin des âmes, et une portée qu\u2019on ne peut prévoir.Trois Parties dans le Livre : 1° \u201cMa\u201d Part dans le Sacerdoce du Christ; 2° L\u2019Œuvre que i\u2019accomplis en célébrant \u201cMa\u201d Messe; 3° Les moyens de bien célébrer \u201cMa\u201d Messe. 184 REVUE DOMINICAINE L'auteur a divisé chaque chapitre par des sous-titres qui permettent au lecteur de suivre sans fatigue l\u2019exposé de la doctrine.Inutile de dire que cet ouvrage, comme tous ceux de M.l\u2019abbé Grimaud, est écrit avec un charme de style et de pensée qui séduit du premier coup le lecteur et l\u2019entraîne à sa suite à la contemplation de la vérité.Chanoine Henri Morice.\u2014 \u201cLa Bonne Providence\u201d, 1 vol.in-12, 220 p.P.Téqui, libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte, Paris-Vie.Le nouvel ouvrage de M.Morice pourrait avoir comme épigraphe le mot de saint Paul : \u201cLe Christ m\u2019a aimé et il s\u2019est livré pour moi.\u2019\u2019 Dieu aime toutes ses créatures, et il aime chacune d\u2019elles comme si elle était seule.Son amour, inépuisable comme l\u2019infini, ne s\u2019affaiblit pas en se partageant.Comme dit le poète, \u201cchacun en a sa part, et tous l\u2019ont tout entier.\u201d Contrairement à Malebranche qui prétendait que Diieu gouverne le monde par des lois générales, M.Morice est persuadé que l\u2019action divine s\u2019adapte à chacun de nous.U a été amené à cette conviction, moins encore par le raisonnement que par l\u2019expérience.Il a observé dans sa vie intime l\u2019action incessante d\u2019une Providence particulière.Il en est ainsi de beaucoup d\u2019infirmes; quand leurs yeux sont privés de la lumière, ils veulent remplir leur âme des clartés surna turelles; ils cherchent dans leur foi en la bonté divine une consolation et un soutien.C\u2019est ce qui donne à cette étude, pourtant très objective, l\u2019accent ému et pénétrant d\u2019une confidence personnelle.L\u2019ouvrage comprend cinq chapitres.I.\u2014 Chacun de nous existe pour Dieu.II.\u2014 Par quels moyens Dieu agit sur nous.III.\u2014 La politique divine.IV.\u2014 Nos devoirs envers la Providence.V.\u2014 Paix et joie.Ce plan très simple, dont les divisions principales sont indiquées par des sommaires, permet de suivre sans fatigue le développement de la thèse.Çà et là des comparaisons, des traits, des anecdotes nous reposent des considérations profondes ou subtiles : ce sont comme des paliers où nous respirons un peu.Aussi ce livre, quoique substantiel et un peu dense, se lit-il facilement.En 1927, M.le chanoine Morice a obtenu un prix de l\u2019Académie française pour son beau travail sur le caractère de Notre-Seigneur : L'âme de Jésus.C\u2019est une bonne fortune pour un ouvrage de piété.Nous croyons que cette étude sur la Providence L'ESPRIT DES LIVRES 185 ne le cède pas en intérêt à ses devancières.Sous sa forme ramassée, peut-être même est-elle plus suggestive et plus prenante.Puissert-elle être bien accueillie par les directeurs de conscience, et aussi par toutes les personnes portées à l\u2019inquiétude.Dans la foi en une Providence particulière elles trouveront l\u2019apaisement.Henri cI\u2019Arles.\u2014 \u201cSi scires Donum Dei\u201d.Brochure de 200 p.Desclée & Cie, éditeurs pontificaux, Rome, 1930.En vente à L\u2019Action Canadienne-française.AVERTISSEMENT DE L\u2019AUTEUR Cet ouvrage est une réimpression du Mystère de V Euchristie, paru il y a quinze ans.Epuisé depuis longtemps, nous nous proposions, d'année en année, d\u2019en publier une édition nouvelle.La voici.Nous n\u2019avons rien changé au texte primitif, pour ce qui est du fond.Nous avons seulement apporté certaines corrections de forme.Les nombreuses citations de saint Thomas, au bas des pages, y étaient uniquement données en latin.Nous avons reporté ces motes à la fin de chaque chapitre, et avons ajouté la version française.Notre travail avait été très favorablement accueilli par la critique sérieuse.Et nous saisissons cette occasion de remercier Mgr L.-A.Paquet, le T.R.P.Alexis, le R.P.Lamarche, M.l\u2019abbé Victor Germain, des études lumineuses qu\u2019ils voulurent bien lui consacrer.De nombreuses lettres d\u2019évêques, de prêtres, de religieux, témoignèrent aussi de son utilité, et du bien qu\u2019il faisait aux âmes.En le réimprimant, nous avons l\u2019espoir de le voir continuer sa mission, laquelle n\u2019est autre que de faire mieux connaître et mieux aimer le Sacrement de vie.Cette nouvelle édition se présent sous un titre différent, tout divin celui-ci.Pouvions-nous mieux faire que d\u2019emprunter au Christ Jésus Lui-même l\u2019expansion dont II s\u2019est servi, pour dévoiler à la Samaritaine l\u2019infini beauté du mystère d\u2019amour qu\u2019il s\u2019apprêtait à opérer ?Rome, 25 mars 1930.En la fête de l\u2019Annonciation de la T.8.Vierge. 186 REVUE DOMINICAINE R.P.Marchet.\u2014 \u201cLa Merveilleuse Vie de Bernadette\u201d.La Voyante de Lourdes.Lettre-Préface de Mgr du Bois de La Villerabel, évêque d\u2019Annecy et une lettre de l\u2019évêque de Nevers.In-12, illustré de 4 gravures.P.Téqui, libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte, Paris-Vie.Cette vie de Bernadette est destinée au plus grand succès : avec une rare aisance et un charme prenant, le R.P.Marchet fait connaître et aimer la Voyante.Pas une minute l\u2019intérêt ne tarde; la figure de1 la Bienheureuse se détache vivement et une profonde vénération pour elle croît à chaque page.Si les faits de Lourdes sont très connus, il est toujours passionnant de les relire; quand à la vie de Bernadette à Nevers, chez les Sœurs, elle est presque ignorée de la plupart de nos contemporains : qu\u2019ils suivent ces pages et ce sera pour eux une révélation.Us verront que Bernadette a marché à Nevers par \u201cdes voies dures\u2019\u2019 comme dit la Sainte Ecriture : abjection extrême, souffrance, vie cachée.Dieu permet que cette humble religieuse soit méconnue des plus virtueuses de ses supérieures, et, rudeiment traitée par elles, tellement que ses compagnes se déclaraient heureuses de ne pas être Bernadette\u2019\u2019, et qu\u2019une maîtresse des novices conçut des inquiétudes de conscience d\u2019avoir usé envers elle de teilles rigueurs!.Pendant ce temps Bernadette souriait sous l\u2019épreuve, trop heureuse de souffrir, soutenue par la pensée de la \u201cDame de Massabi\u2019elle\u2019\u2019.Mgr de La Villerabel clôt sa lettre-préface en remerciant le R.P.de la joie et de l'édification qu\u2019il lui a procurées.Ce sont les deux mots qui caractérisent le sentiment que l\u2019on ressent à lire ce très beau livre.LE COMMUNISME AU CANADA Le Communisme a fait son apparition au Canada comme ailleurs.Sans être encore ici puissant, il n\u2019en offre pas moins des dangers qu\u2019on ne peut ignorer.Aussi est-il nécesaire de s\u2019opposer à ses menées.Un des bons moyens, c\u2019est de la connaître et de le faire connaître.Tel est le but de la brochure que vient de publier l\u2019Oeuvre des Tracts sous ce titre : Le Communisme au Canada.Elle contient : 1) la lettre de S.G.Mgr Gauthier au clergé de son diocèse sur ce sujet; 2) le rapport du gouvernement fédéral sur les syndt- L\u2019ESPRIT DES LIVRES 187 cats révolutionnaires au Canada; 3) quelques précisions sur les développements du communisme à Montréal; 4) un tract de quatre pages intitulé : \u201cCe que le Communisme a donné en Russie.\u201d La couverture est ornée d\u2019un dessin représentant les ruines accumulées par le Communisme en Russie.Excellente brochure de propagande qu\u2019il faudrait répandre à profusion.Elle se vend 10 sous l\u2019exemplaire, $6.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.\t* L\u2019ENSEIGNEMENT RELIGIEUX, par S.G.Mgr ROSS.De plus en plus les questions d\u2019éducation sont à l\u2019ordre du jour.La remarquable encyclique du Saint Père oblige tous les catholiques à leur accorder une attention croissante.Aussi faut-il être reconnaissant au vaillant évêque de Gaspé, S.E.Mgr Ross, d\u2019avoir trouvé le temps au milieu de ses nombreuses occupations pour traiter l\u2019important sujet de l\u2019enseignement religieux.Il fallait les connaissances doctrinales et l\u2019expérience pédagogique de sa Grandeur pour donner aux parents et aux éducateurs les conseils nécessaires afin que \u201cdans la famille, à l\u2019école, au collège, à l\u2019Université et dans la vie chrétienne1\u201d un tel enseignement porte ses fruits et forme les catholiques que requiert notre époque.Pour ceux qui liront ces pages que publie l'Ecole Sociale Populaire dans son intéressante collection en tireront profit.Il faut leur souhaiter la plus large diffusion.En vente, 15 sous l\u2019exemplaire, $9.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.LA TEMPÉRANCE L\u2019Œuvre des Tracts publiait en brochure, il y a quelques mois, un remarquable mandement de l\u2019évêque de Rimouski, sur la Tempérance.Mais voici qu\u2019après avoir exposé la nature et l\u2019importance de cette vertu, Mgr Courchesne enseigne dans un deuxième mandement comment elle s\u2019acquirt.C\u2019est une pièce magistrale sur l\u2019éducation de la tempérance.\u201cLes théologiens, écrit Sa Grandeur, distinguent les vertus qui sont comme les conditions et les gardiennes de la tempérance, puis ils exposent les formes sous lesquelles apparaît et se pratique la tempérance proprement dite; enfin, ils donnent leur attention à des vertus auxquelles s\u2019étend l\u2019influence modératrice de la tempérance.Quelques remarques pratiques trouveront à se 188 REVUE DOMINICAINE placer sous chacune de ces rubriques, pour indiquer la tâche immense qui s\u2019impose aux éducateurs de la tempérance chrétienne chez la jeunesse des deux sexes.\u201d Nous avons dans ces quleques lignes tout le plan de cette étude où abondent les vues élevées et les observations judicieuses.L\u2019Œuvre des Tracts vient de la publier dans sa collection.Elle se vend 10 sous l\u2019exemplaire, $6.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.L\u2019APOSTOLAT LAÏQUE Traité plus d\u2019une fois, ce sujet si actuel n\u2019avait pas encore été étudié à fond par quelqu\u2019un de chez nous, sur le plan canadien.Car si cet apostolat s\u2019impose aux catholiques de tous les pays, ses modes varieront suivant les milieux et les circonstances.Le R.P.Archambault dont le ministère auprès des hommes et l\u2019étude des problèmes sociaux de notre pays ont rempli la vie, était tout désigné pour exposer aux laïques cette importante question.Il vient de le faire en des pages que S.G.Mgr Gauthier a jugées en ces termes élogieux dans la lettre-préface qu\u2019il a écrite à l\u2019auteur : \u201cLes définitions, les principes, leurs conclusions se tiennent rigoureusement comme dans un traité et s\u2019appuient sur la doctrine authentique de l\u2019Eglise.En outre, vous ne perdez aucune occasion de prendre contact avec les réalités de l\u2019heure, les exigences de notre milieu canadien.Il faut vous louer encore de l\u2019accent apostolique qui ne trompe pas et qui donne à votre appel le rythme le plus entraînant.\u201d Tout prêtre et tout laïque qu\u2019anime l\u2019amour de l\u2019Eglise devraient lire cette brochure que vient de publier l'Ecole Sociale Populaire en un numéro double (202 et 203) de sa collection.Elle contient soixante-quatre pages et se vend 25 sous l\u2019exemplaire, $15.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.R.P.Thona-Barthet.\u2014 \u201cL\u2019Evangile commenté par S.Augustin\u201d \u2014 Centenaire de S.Augustin.Un vol.in-8° carré de 300 pages.P.Lethielleux, éditeur, 10, rue Cassette, Paris Ve.Ce travail est d\u2019une très haute importance; il présente une suite de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, commentée page L\u2019ESPRIT DES LIVRES 189 par page par les textes les mieux choisis et les plus adaptés de la doctrine morale et spirituelle du grand Docteur.L\u2019ensemble des chapitres remarquablement ordonnés constitue une mine inépuisable, soit pour la méditation, soit pour la lecture spirituelle, soit pour la prédication.Il sera facile d\u2019y trouver des textes appropriés pour des lecteurs dominicales ou un thème pour le développement des homélies.Aucun enseignement plus riche, plus attrayant, plus fondé en spiritualité, plus autorisé ne peut offrir une moisson plus abondante et plus substantielle.Cet ouvrage vient à son heure; dans ces dernières années plusieurs ouvrages ont remis en honneur la lecture du grand Docteur Africain dont on vient de fêter le centenaire avec éclat.Louis Bertrand a écrit : \"Comparée à l expérience d'un Bossuet, combien celle de ^Baint-Augustin est pins étendue ! Avec cela une sensibilité frémissante, qui est (encore la nôtre, la sensibilité des époques d'extrême culture, où l'abus de la (pensée a multiplié les causes de souffranôes, en exaspérant le besoin de la volupté.Saint-Augustin, avant sa conversion a l'inquiétude de nos roman-tiques, les mélancolies et les tristesses sans cause, les grands élans nostalgiques qui bouleversaient nos pères.Ji est très près de nous.\" L\u2019on voit donc l\u2019attrait de ce commentaire sur l\u2019Evangile et son actualité, plus qu\u2019en plus de la similitude de tempérament, on peut aussi rapprocher l\u2019époque de trouble et d\u2019invasion du IVe siècle de notre XXe siècle./ Dans une courte préface, le R.P.Thona-Bartliet donne un aperçu synthétique de la vie et des œuvres de saint Augustin.¦En tête de chaque chapitre, après le texte même de l\u2019Evangile, les idées développées par saint Augustin sont mises en relief dans un sommaire.Des tables analytiques et alphabétiques complètent l\u2019ouvrage et en facilitent l\u2019utilisation.Chanoine Toublan \u2014 \u201cLa Troisième Etape de la Vie Spirituelle\u201d ou \u201cLa Vie Unitive\u201d.Un vol.in-8° couronne de 128 pages.P.Lethielleux, éditeur, 10, rue Cassette, 10 \u2014 Paris-Vie.8 fr.; franco 8 fr.75.f-\t- Les âmes d\u2019élite, quelle que soit leur condition, sont éprises de perfection et, à la recherche, à la poursuite de leur idéal, il leur semble n\u2019avoir fait que fort peu tant qu\u2019il leur reste à faire.Elles ont la hantise des sommets, et en s\u2019entraînant à les atteindre, elles voudraient tout au moins en approcher chaque jour davantage. 190 LA REVUE DOMINICAINE Il ne leur suffit pas, elles ont commencé par là, de combattre en elles les passions mauvaises, de les réduire à merci, et d\u2019échapper ainsi à l\u2019humiliation du péché mortel qui est en nous la ruine morale de tout bien.Dans la suite et la fidélité de leurs efforts, elles sont heureuses d'être arrivés à ne plus rien connaître du péché véniel délibéré et de se sentir attachées à une servitude aimée, la servitude du devoir d\u2019état.Pourtant elles veulent mieux encore; elles ont de plus hautes aspirations.Leur ambition est d\u2019avoir avec Dieu une union aussi étroite que possible, sensible même, presque visible, où leur volonté se confondra avec la sienne, et où elles n\u2019auront plus en vue que ce qu\u2019il veut, et comme il le veut.Le présent ouvrage se propose de leur venir en aide et de leur tracer, le long de la route, les étapes et les moyens qui les conduiront des luttes de la vie purgative, et des exigences de la vie illuminative, à la paix active, aux douceurs, aux intimités, comme aux épreuves de la vie unitive.Et il le fait semble-t-il, avec une sûreté de doctrine, un parfum de piété, et une clarté d\u2019exposition qui donne à l\u2019âme une pleine sécurité.M.Duportal.\u2014 \u201cTradition et Progrès\u201d.Un volume in-16 raisin.P.Lethielleux, éditeur, 10, rue Cassette, Paris (Vie).3 fr., franco 3 fr.45.Un double réflexte commande aux actions humaines : élan vers l\u2019avenir, retour \\vers le passé; goût du connu et de l\u2019inconnu; attrait de la nouveauté et charme de l'hahitude.Aux incessants progrès que réalise l\u2019humanité ne se mêle-t-il pas une fréquente régression ?Le battement du cœur de l\u2019homme est double : il tresaille à la rencontre et au contact des choses qu\u2019il reconnaît, des choses familières, dont il a longtemps éprouvé la douceur.\u2019, et il vibre du désir des choses qu\u2019il ignore, il a soif d'imprévu, de découverte et de surprise.M.Duportal nous montre comment ces deux forces en apparence contradictoires s'accordent, comment la tradition jeune et vénérable nous donne le conseil d\u2019aller toujours plus avant, avec une infatigable ardeur, vers le perfectionnement matériel, social et moral. L\u2019ESPRIT DES LIVRES 191 Abbé Francis Trochu \u2014 \u201cUn martyr français au XIXe siècle.Le Bienheureux Théophane Vénard\u201d, d\u2019après sa correspondance, les témoignages de sa cause et de nombreux documents inédits.E.Vitte, éditeur, 3, Place Bellecour, Lyon (Ile).\u201cLe martyre ! voilà le rêve de ma jeunesse.\u201d s\u2019écriait Thérèse de Lisieux.Ce n\u2019est pas le rêve de tous, et ce n\u2019est pas non plus la vocation de tous Thérèse elle-même n\u2019y a pas été appelée.Mais l\u2019amour que Dieu exige de chacun, pour un certain nombre doit prendre cette forme héroïque; et c\u2019est ce que Thérèse admirait dans le jeune missionnaire français qui lui inspirait un culte fervent et fraternel: \u201cmon âme ressemble à la sienne\u201d, disait-elle.Le lecteur qui voudra s\u2019en convaincre, n\u2019aura qu\u2019à ouvrir le beau livre que M.l\u2019abbé Trochu vient de publier.\u201cBeau livre\u201d, en effet: c\u2019est l\u2019appréciation d\u2019un juge particulièrement compétent, M.de Guébriant quii, dans sa lettre a l\u2019auteur, ajoute: \u201cil est digne du héros à qui vous l\u2019avez consacré.\u201d A l\u2019heure où l\u2019Eglise donne à ses Missions un si vigoureux essor, l\u2019opportunité d\u2019un tell ouvrage n\u2019a pas besoin d\u2019être signalée.Avec une pénétration psychologique très aiguisée, un grand sens de l\u2019action que la famille, les camarades, les éducateurs, la grâce surtout, ont exercée sur l\u2019âme de Théophane enfant, collégien, séminariste, missionnaire; avec un souci scrupuleux d\u2019exactitude historique, une lucidité 'toute française, une émotion aussi profonde que discrète, un talent d\u2019écrivain dont la réputation est acquise, Monsieur Trochu nous fait suivre son héros depuis le berceau jusqu\u2019au martyre, jusqu\u2019à la gloire 'de la béatification, avec un intérêt croissant: on voudrait n\u2019avoir jamais à interrompre une lecture si attachante.Belles pages, admirables leçon d\u2019héroïsme chrétien.Jeunes âmes éprises d\u2019idéal, elles sont pour vous ! clom Léon Allain, O.S.B., abbaye de St-Paul de Wisques.Léo-Pol Morin \u2014 \u201cPapiers de Musique\u201d.Librairie d\u2019Ac-tion canadienne-française, Montréal, 1930.Ce livre marque une date.Aucun de nos critiques n\u2019avait encore défini lia situation musicale en notre .pays avec autant de sagaci'S.L\u2019auteur analyse particulièrement notre production dans 192 REVUE DOMINICAINE ce domaine, les influences qu\u2019elle a subies, les questions musico-logiques qu\u2019elle soulève; puis il trace d\u2019une pointe aiguë le portrait des compositeurs qui l\u2019ont illustrée.On sent que M.Morin est vraiment \u201cdu métier\u201d et qu\u2019il possède en outre une connaissance approfondie de la musique européenne.C\u2019est ce qui (lui a permis de situer la nôtre avec tant de précision \u201cdans le temps et dans l\u2019espace\u201d, si je puis dire, en procédant par comparaison, et en jugeant les œuvres de chez nous par rapport à la production étrangère.Je ne dis pas que la conclusion ne soit un peu mélancolique pour nous.S\u2019il n\u2019avait montré que île côté flatteur de notre vie artistique, l\u2019auteur n\u2019eût-il pas mérité île reproche de partialité?Malgré ses sévérités, l\u2019importance même qu\u2019il donne dans cet essai à la musique canadienne ne laisse pas d\u2019être une chose stimulante et qui engage à l'optimisme.Signalons en ce sens, île chapitre intitulé \u201cà la recherche du génie\u201d, l\u2019un des mieux venus de l\u2019ouvrage de M.Léo-Pol Morin.Comme il fallait s\u2019y attendre, certaines pages sont destinées visiblement à un public particulier: le nôtre.Je veux d:re qu\u2019un lecteur étranger, par exemple, serait peut-être un peu surpris de l\u2019insistance avec laquelle l\u2019auteur des \u201cPapiers de Musique\u201d appuie sur de petites habitudes qui nous sont chères, ou des préjugés dont seule une infime minorité est parvenue à s\u2019affranchir.M.Morin lle dit d\u2019ailleurs à un endroit de son livre: \u201cHarmoniser une basse chiffrée ou un chant idonné selon les règles honnêtes et bourgeoises de Théodore Dubois est un mince commencement qu\u2019on confond, chez nous, trop souvent avec la composition.Que l\u2019on ne s\u2019étonne pas de lire autant de vérités élémentaires et enfantines, et que l\u2019on se donne la peine de considérer que, nulle part ailleurs, la situation de la musique obligerait à un aussi grand nombre de lieux communs.\u201d Il ne faut pas incriminer l\u2019auteur si cet état de choses existe: à ceux qui ont fourni jusqu\u2019ici une preuve du contraire, il fait la part belle; sa sympathique \u201cgalerie\u201d de compositeurs peut en témoigner.D\u2019une lecture attachante, l\u2019ouvrage de M.Léo-Pol Morin connaîtra sans doute un gros succès de librairie.En plus d\u2019être édité sobrement et élégamment, il est orné de bois d\u2019Edwin Holgate qui en enrichissent la présentation.Annette LaSalle. ANNONCES REVUE DOMINICAINE 9 Inc.1928 4254 IBERVILLE \u2014 MONTREAL Chandelles liturgiques, lampions, cierges, etc.Notre Bureau-chef et Usine sont à Montréal afin de pouvoir vous servir plus rapidement.UN GUIDE INDISPENSABLE \u201cSUR LES ROUTES DE QUEBEC\u201d Ce merveilleux auxiliaire du tourisme forme un volume de 874 pages.Il contient une description générale de la province ; une description détaillée de chacune des grandes routes, chaque description formant un chapitre ; une carte générale des routes de la province ; 76 cartes de sections de routes ; 33 cartes indiquant l\u2019entrée et la sortie des principales villes ; des renseignements généraux sur les règlements de la circulation, sur les douanes, sur la chasse, la pêche, etc., et il est complété par 325 reproductions photographiques des principaux endroits de la province.Ce guide est indispensable à ceux qui désirent se renseigner sur les endroits qu\u2019ils visitent, ou avoir à la main, lorsqu\u2019ils sont revenus de leur voyage, un livre qui leur rappellera des souvenirs et qui leur fera revivre pour ainsi dire les jours agréables passés sur les routes de Québec.Le guide \u201cSUR LES ROUTES DE QUEBEC\u201d est en vente au ministère de la voirie, à Québec, ou à sa succursale de Montréal, 96 rue St-Jacques Est, ainsi que dans les principales librairies.PRIX î $2.00 Franc de port si on l\u2019achète du département.Téi.WAlnut 1651 £R,osebud Sh Fleurs coupées et en pots Bouquets de noces Tributs mortuaires Notre-Dame de Grâce ouest, rue Sherbrooke ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS \\ Manufacturiers de livres à feuilles mobiles, Livres de Comptabilité reliés, ENVELOPPES ?>?>\u2022\u2022>\u2022i* Notre catalogue vous sera envoyé sur demande.Téléphonez ou écrivez à L\u2019ECOLE COMMERCIALE PRATIQUE COTE 1, rue Saint-Denis Saint-Hyacinthe Tel.654 ou a 120A, rue Notre-Dame Trois-Rivières Tél.925 pour avoir tous les renseignements concernant notre COURS COMMERCIAL bilingue \u2014 rapide \u2014 pratique.DONAT COTE, Directeur.K 'l I iirt:::: ANNONCES REVUE DOMINICAINE LIMITED ST-JEAN, Que (< 11 [Â5BRAIN a jHÂRBDNNEAU 1\t^\u2014\u201c\u2014 Limitée Pharmaciens en Gros Fabricants Chimistes \u2014 Instruments de Chirurgie Instruments pour Dentistes.28-30 rue St-Paul Est -\t- MONT DEMANDEZ NOTRE CATALOGUE ENCOURAGEZ NOS ANNONCEUR ANNONCES REVUE DOMINICAINE 11 TISANES PARFAITES DU Dr LERICHE Ces tisanes sont au nombre de VINGT, toutes différentes, comme composition et comme effets.Chaque Tisane parfaite porte un numéro de 1 à 20.Une brochure sera envoyée sur demande aux adresses suivantes: Distributeurs : St-Hyacinthe, Laboratoire LERICHE, 127 Cascades.Richer & Fils, 124 King Ouest, Sherbrooke.QUEBEC: Pharmacie Barry, 122 St-Joseph.MONTREAL: A.L.Boucher, 4459 Des Erables.DRUMMOND VILLE : L.G.Cadieux, rue Hériot.$1.25 la boîte, ou $6.00 pour 6 boîtes, franco.LISEZ \u201cLA SURVIVANCE\u201d L\u2019organe officiel de l\u2019Association Canadienne-franqaise de l\u2019Alberta.Cet hebdomadaire canadien-français est le plus éloigné de la province-mère.Si vous voulez être renseigné sur l\u2019oeuvre de survivance nationale et religieuse à laquelle s\u2019emploient les Franco-albertains, abonnez-vous à leur porte-parole.RODOLPHE LAPLANTE, directeur Prix de l\u2019abonnement: $2.00 par année LA SURVIVANCE, 9664, avenue Jasper, Edmonton, Alta.V__________________________ ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS \\ V \\ 12 ANNONCES REVUE DOMINICAINE BOURSE pour l\u2019entretien à perpétuité d\u2019un missionnaire dominicain au Japon ($10,000) Le revenu annuel de la Bourse est destiné à l\u2019entretien à perpétuité d\u2019un missionnaire dominicain canadien qui se dévoue à l\u2019évangélisation de l\u2019empire japonais.En la fondant on devient MISSIONNAIRE A PERPETUITE Un Bienfaiteur peut être seul fondateur en versant la somme entière.Plusieurs bienfaiteurs peuvent, en s\u2019associant, contribuer par leur offrande à cette fondation.Tout Bienfaiteur peut aussi au besoin se réserver une rente viagère sur la somme versée, pourvu qu\u2019elle soit d\u2019au moins $100.00.La Bourse pourra porter le nom de son Fondateur ou tout autre nom à son choix: Bourse de Saint-Dominique, Bourse de Sainte-Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, ou encore Bourse X, etc.\"Nous voudrions voir la générosité des catholiques s\u2019intéresser particulièrement aux œuvres dont le but est de venir en aide aux Missions.\u201d (Benoît XV).Les fondateurs de cette bourse devront s\u2019adresser à L\u2019OEUVRE DES MISSIONS :\tCouvent des Dominicains 5375, avenue Notre-Dame de Grâce Montréal .5 soit pour en connaître les avantages, soit pour l\u2019en souscriptions.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEUR? 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