Revue dominicaine, 1 janvier 1926, Janvier
[" / XXXII Année Le numéro: 25 sous Janvier 1926 LA REVUE DOMINICAINE mm R.P.Aug.Leduc, O.P., En lisant S.Thomas : Loi et Droit.\u2014IL R.P.M.-Ceslas Forest, O.P., M.Edouard Montpetit.R.P.Louis-M.Sylvain, O.P., Chronique de Droit canonique.R.P.Louis-E.Trudeau, O.P., La Justice.LE SEîiS DES FAITS.\u2014 Rien à faire, par le R.P.Lamarche.\u2014 L\u2019après-guerre en France, par le Lt-Col.de Salaberry.\u2014 Un cours de Sir L.-A.Jetté, par le R.P.Sylvain.\u2014 \u201cEntre deux mondes\u201d, par le R.P.Voyer.\u2014 Dans l\u2019Ordre, par Fra Domenico.L\u2019ESPRIT DES LIVRES.\u2014 Lottini: Divi Thomae Summa Theologica (Henri Jeannotte) Geoffrion: Zigzags, 2e série \u2014 LeMay: Fables (Hermas Bas-tien) Naval: Theologiae Asceticae et Mysticae Cursus (A.-M.R.) Grabman: La Somme Théologique de S.Thomas (P.-M.G.) Mortier: L'Evangile (R.P.Louis) Autres publications \u2014 Accusés de réception.ADMINISTRATION REDACTION Notre-Dame de Grâce Bureau du Rosaire SAINT-HYACINTHE MONTREAL Publiée mensuellement Directeur : R.P.M.-A.LAMARCHE, O.P.LA REVUE DOMINICAINE ABONNEMENTS (payables d\u2019avance) Au Canada: $2.00 \u2014 A l\u2019étranger: $2.25 Avec le \u201cRosaire pour tous\u2019\u2019, 40 sous en plus par an.La Revue Dominicaine publie des articles de vulgarisation touchant les Ecritures, la théologie, l\u2019apologétique ou le droit canon, et même des études de philosophie, de littérature, de sociologie ou d\u2019histoire, pourvu que la religion ou la morale y soit concernée.La Revue Dominicaine n\u2019a pas de spécialité proprement dite dans le domaine religieux, mais elle accorde une attention particulière aux questions d\u2019apologétique et aux problèmes de société, envisagés surtout au point de vue canadien.La Revue Dominicaine publie des recensions et diverses chroniques, en s\u2019attachant moins au récit des faits et à l\u2019analyse des ouvrages qu\u2019à leur signification d\u2019ensemble.La Revue Dominicaine ne sera pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique.Prière d'adresser les communications littéraires : manuscrits, volumes, etc., au R.P.Antonio Lamarche, 153 Avenue Notre-Dame de G't'âce, Montréal; et les communications administratives : abonnements, annonces, etc., au R.P.Henri Thériault, Saint-Hyacinthe.Nous publierons en février : \u201cCOMMANDITES OUVRIERES\u201d, par Arthur Saint-Pierre.\u201cPERFECTION ET ETAT\u201d, par le R.P.R.-M.Voyer, O.P. La Revue Dominicaine Publiée mensuellement XXXII ANNEE - TROISIEME PERIODE 1926 Couvent des Dominicains SAINT-HYACINTHE ARCHIVES DE LA Province de Québec IMPRIMATUR FABIEN-ZOEL Evêque de Saint-Hyacinthe Snperiorum permissu EN LISANT SAINT THOMAS LOI ET DROIT II Le droit est donc essentiellement la chose juste, le dû.Mais, d\u2019où vient qu\u2019une chose soit due ?D\u2019où vient à un homme son titre à réclamer puis exiger une chose comme à lui due?De la loi.De la loi vient le droit, et du droit le pouvoir ou la faculté morale d\u2019exiger telle ou telle chose; de sorte que dans la série de ces notions, la loi occupe le premier rang.Et ceci nous amène tout naturellement à rappeler comment le droit dépend de la loi.* * * Plusieurs auteurs, disons-nous plus haut, veulent que droit signifie d\u2019abord et principalement loi; le langage courant emploie indifféremment ces deux; termes l\u2019un pour l\u2019autre; et pourtant, les deux notions, à parler strictement, ne sont pas synonymes: saint Thomas, répondant à une objection, dit expressément que \u201cla loi n\u2019est pas le droit lui-même, mais une certaine raison du droit, aliqualis ratio juris.\u201d 10 Qu\u2019est-ce que cette certaine raison du droit ?Saint Thomas l\u2019insinue quand il rappelle que la loi est une certaine règle des actes humains, et les commentateurs traduisent le ratio de ce texte par règleM La loi a donc raison de règle à l\u2019égard du droit: qu\u2019est-ce à dire ?Au sujet du droit l\u2019on peut considérer ou bien le droit lui-même, ou bien celui à qui il est dû, ou enfin 10.\t\u2014lia Ilae, qu.5, art.2, ad 2um.11.\t\u2014Sylvius, op.cit.p.271; Soto, op.cit.p.194. 4 LA REVUE DOMINICAINE celui qui doit le rendre: sur ces trois points la loi exerce son rôle régulateur.Le droit comporte essentiellement la double idée de chose due et d\u2019égalité; sa perfection dépend de la perfection de ce double élément, et c\u2019est pourquoi saint Thomas, après Aristote,12 n\u2019admet comme vrai droit ou juste que le droit ou juste politique qu\u2019il oppose à droit ou juste dominatif: le droit ou juste dominatif \u2014 ou secundum quid \u2014 n\u2019a pas Y égalité parfaite; le droit ou juste politique \u2014 ou simpliciter \u2014 a Yégalité parfaite.Or, continue Aristote, le droit ou juste politique \u201cest déterminé par la loi, determinatur lege.C\u2019est qu\u2019en effet le juste ou droit dépend définitivement de la fin : une chose n\u2019est due que parce qu\u2019elle est exigée par une fin ; un individu, une famille ou une société n\u2019ont de droits que ceux que réclame leur fin.Parce que la fin exige telle ou telle chose, cette chose est due: c\u2019est le droit; parce qu\u2019elle est due, elle peut être réclamée : c\u2019est la faculté morale sortant du droit lequel vient de l\u2019exigence de la fin.Or, c\u2019est précisément le rôle de la loi d\u2019ordonner à la fin ; qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019individu ou de société, les actes de l\u2019un ou de l\u2019autre sont réglés par la loi soit divine soit humaine.Dès lors que l\u2019on admet la Providence divine gouvernant tous les êtres, il faut admettre une loi divine ordonnant tous les êtres vers leur fin : 13 cette loi considérée en Dieu lui-même est la loi éternelle ; considérée comme imprimée dans la nature, comme inclination vers la fin, c\u2019est la loi naturelle.14 Mais parce que la loi divine, tant éternelle que naturelle, n\u2019est pas suffisamment connue et déterminée, il faut que les hommes soient 12.\t\u2014la Ilae, qu.91, art.1.13.\t\u2014la Ilae, qu.91, art.1.14.\t\u2014la Ilae, qu.91, art.2. EN LISANT SAINT THOMAS conduits à leur fin par la loi humaine.15 C\u2019est donc le rôle propre de la loi d\u2019ordonner les hommes à leur fin, d\u2019où c\u2019est son rôle de dire ce qui est dû à tel homme pour qu\u2019il atteigne sa fin, d\u2019où, enfin, de déterminer ses droits, \u201clex est aliqualis ratio juris\u201d.Cette conclusion apparaît encore avec plus d\u2019évidence à qui se rappelle la nature sociale de l\u2019homme.L\u2019homme, comme social, a pour fin la lin de la cité.Ses droits seront donc en fonction de cette fin: \u201cle juste\u201d \u2014 ou droit \u2014 dit saint Thomas \u2014 \u201cse prend de l\u2019ordre à la fin de la cité\u201d.i6 II faut, de toute évidence, qu\u2019une autorité dirige et coordonne les efforts de l\u2019homme vers l\u2019obtention de cette fin: cette autorité est celle de la loi.L\u2019homme ne pourra réclamer comme à lui dû que ce que la loi aura déterminé comme exigé par la fin.La fin de la cité, c\u2019est encore saint Thomas commentant Aristote qui le rappelle,17 c\u2019est de rendre les citoyens vertueux et de leur obtenir une certaine suffisance de biens temporels.Les droits sociaux de l\u2019homme seront donc régis et déterminés par sa fin sociale.Mais qui les réglera sinon la loi dont la raison d\u2019être est précisément d\u2019ordonner vers le bien comme fin de la cité ?Aucune autorité particulière n\u2019est assez puissante pour déterminer les exigences du bien comme fin de la société; seule est capable de ce rôle l\u2019autorité publique qui a la responsabilité du bien commun, et elle le fait par la loi.La loi est l\u2019expression de la raison et de la volonté du chef ordonnant vers le bien commun, fin de la société.C\u2019est de la détermination de la loi que vient le droit, parce que c\u2019est la loi seule qui, légitimement, détermine les exi- ls\u2014Ibid.qu.3.16.\t\u2014III Polit, lec.VII.17.\t\u2014Ibid. 6 LA REVUE DOMINICAINE gences et les nécessités de la fin de la société.Ce qui est dû à la société et à chaque homme dans la société, et qui doit être rendu à la société et à chaque homme, ou, en d\u2019autres termes, le droit de tous et de chacun, vient donc de la loi.La loi, voilà le fondement et la règle du droit ! Que l\u2019on ne dise pas que cette doctrine livre le droit à l\u2019arbitraire du législateur.Sans doute, le législateur est investi de très graves responsabilités; sa dignité est en raison même des pouvoirs qui lui sont confiés; et ces pouvoirs ne sont autres que l\u2019ordination des citoyens vers le bien commun fin de la société.C\u2019est de sa loi que découlent, en définitive, les droits du citoyen ; et, pour le dire en passant, cette considération doit éclairer le choix des législateurs: le législateur doit avoir l\u2019intelligence du bien commun et la volonté d\u2019en imprégner ses lois.Est-ce à dire qu\u2019il a tout pouvoir ?Non.S\u2019il était tout puissant, si le moindre caprice de sa raison ou de sa volonté pouvait devenir loi, il répugnerait évidemment de faire de sa loi la source et la règle du droit, mais, heureusement, il n\u2019en est pas ainsi: son pouvoir législatif est soumis à la règle de la raison, et saint Thomas déclare énergiquement que \u201cla volonté du prince qui n\u2019est pas réglée par la raison est plus une iniquité qu\u2019une loi, magis iniquitas quam lex\u201d ; 18 de même en serait-il de la loi qui n\u2019aurait pas le bien commun pour mesure, règle et limite.19 Il faut donc retenir que le droit, considéré en lui-même, procède de la loi qui le fonde et le règle.Ajoutons immédiatement que cette dépendance s\u2019explique encore 18.\t\u2014la Ilae, qu.90, art.1, ad 3um.19.\t\u2014Ibid.art.2.\u2014 Sur tout ceci il y a grand profit à lire l\u2019art.4 de la qu.96 de la la Ilae où S.Thomas précise ce qu\u2019est la loi juste. EN LISANT SAINT THOMAS 7 mieux si on l\u2019applique tant à celui à qui le droit est dû qu\u2019à celui qui doit le rendre.Celui qui a un droit, c.à.d.à qui une chose est due, est assuré par la loi contre les appétits d\u2019une exigence immodérée.S\u2019il était maître de déterminer les exigences de sa fin, il aurait vite fait d\u2019y faire entrer des réclamations sans fondement.Son jugement ferait vite erreur comme sa volonté serait tôt entraînée par la passion.Il oublierait souvent que d\u2019autres s\u2019orientent, en même temps que lui, vers le bien commun, et il s\u2019attribuerait des droits qui sont dus à autrui.La loi vient mettre de l\u2019ordre: elle corrige et redresse; et surtout elle ne cesse de tirer le droit uniquement du bien commun, fin de l\u2019homme social.Elle s\u2019élève au-dessus des intérêts égoïstes et garantit l\u2019homme contre lui-même, en protégeant bien mieux qu\u2019il ne saurait le faire lui-même, ce que vraiment réclament les exigences de la fin.\u2014 Par ailleurs, elle aide celui qui doit rendre le droit; il pourrait être tenté de se soustraire à ce devoir, comme il pourrait être incertain de l\u2019ampleur de ses prescriptions; la loi intervient pour l\u2019obliger à s\u2019acquitter de ce devoir en même temps qu\u2019elle en détermine l\u2019étendue.Et ainsi, soit que l\u2019on considère le droit en lui-même, soit que l\u2019on considère celui qui a le droit ou celui qui doit le rendre, la dépendance du droit de la loi apparaît comme une condition de stabilité, une source d\u2019ordre et de paix.* * * Cette doctrine se heurte à une objection: comment admettre que certains droits viennent de la loi à laquelle ils semblent être supérieurs ?L\u2019objection oublie qu\u2019au-dessus de la loi humaine il y a la loi naturelle.Tout ce 8 LA REVUE DOMINICAINE qui est juste et droit vient d\u2019une loi, non toujours d\u2019une loi positive humaine, mais au moins de la loi naturelle; et alors le fondement et la règle du droit ont un appui plus ferme parce que divin.D\u2019un mot, le droit, chose due, réalité extrasubjective, objet de la vertu morale de justice, vient de la loi qui le produit en déterminant les exigences de l\u2019homme; il est avantageux qu\u2019il en soit ainsi pour soustraire le droit tant aux exigences immodérées de Yayant-droit, qu\u2019à l\u2019incurie ou à l\u2019incertitude du débiteur.Cette prérogative \u2014 fonder et régler le droit \u2014 confère à la loi et par elle au législateur son éminente dignité.P.Aug.Leduc, O.P.Ottawa, 4 novembre 1925.-?- M.EDOUARD MONTPETIT On trouvera dans Le sens des faits un rapport de la Soirée Montpetit qui eut lieu le 5 décembre à la Salle St-Jean-Baptiste d\u2019Ottaiva.Nous ne désespérons pas de pouvoir publier le texte intégral de lai conférence de M.Montpetit.En attendant, nos lecteurs nous sauront gré de reproduire le charmant discours de bienvenue que lui a adressé le T.R.P.Forest.\u2014N.D.L.R.Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, M.Edouard Montpetit a bien voulu mettre \u201cau service de\u201d l\u2019Oeuvre des vocations dominicaines une parole que Paris et Bruxelles viennent d\u2019acclamer.L\u2019empressement avec lequel vous êtes accourus l\u2019entendre montre l\u2019inutilité de la tâche, d\u2019ailleurs très agréable, M.ÉDOUARD MONTPETIT 9 que Ton m\u2019a confiée de vous le présenter.Vous me permettre seulement de lui dire combien nous sommes sensibles à l\u2019honneur qu\u2019il nous fait et combien nous lui en sommes reconnaissants.Sans rien retirer de notre gratitude, je serais tenté, toutefois, de voir à l\u2019origine de son geste si aimablement spontané, comme un tardif besoin de restitution vis-à-vis de l\u2019Oeuvre des vocations dominicaines.La robe blanche de Lacordaire a exercé, depuis plus d\u2019un demi-siècle, un mystérieux attrait sur les imaginations de vingt ans.Bon nombre, il est vrai, comme Sully-Prud\u2019homme, comme Henri-Robert \u2014 pour ne citer que ceux-là \u2014 en sont restés aux rêves un peu vagues, en tout cas éphémères de leur jeunesse.Mais pour avoir vu passer un jour, à l\u2019horizon de leur vie, la robe blanche de S.Dominique, ils en ont gardé un souvenir qu\u2019ils se sont plu dans la suite à évoquer.Ayant cité un poète comme Sully-Prud\u2019homme, un maître de la parole comme Henri-Robert, je suis plus à l\u2019aise maintenant pour manquer de discrétion et pour vous révéler que M.Montpetit s\u2019appelle aimablement lui-même \u201cun dominicain manqué\u201d.C\u2019est bien, soit dit en passant, le seul rêve de sa vie que M.Montpetit aura manqué.En tout cas, tout vague qu\u2019il soit resté, le rêve de ses vingt ans nous honore, et je voudrais qu\u2019il sentît quelque chose de fraternel dans la joie avec laquelle nous l\u2019accueillons, quelques trente ans plus tard, dans toute la gloire de sa maturité.Parlant de ses velléités religieuses et dominicaines, M.Barthou disait à Mtre Henri-Robert, lors de sa réception à l\u2019Académie française: \u201cCe ne fut que la fausse alerte d\u2019une erreur passagère.Je vous vois mieux en robe noire qu\u2019en robe blanche\u201d.Il ajoutait, au milieu de la joie générale: \u201cLa chaire exige des vertus que je 10 LA REVUE DOMINICAINE ne vous connais pas\u201d.Ayant toutes les vertus d\u2019un homme du monde, on peut présumer que M.Montpetit aurait eu aussi toutes celles d\u2019un dominicain.Mais je le vois mal dans l\u2019humilité, même voulue, du cloître.En robe blanche, M.Montpetit serait professeur de philosophie ou de théologie, l\u2019esprit tout hérissé de ce que Taine appelait \u201cles broussailles scolastiques\u201d ; il serait un prédicateur très couru et sa couronne prématurément blanche attirerait à lui les âmes en quête de lumière ou de consolation.M.Montpetit n\u2019est rien de tout cela, mais il est Secrétaire Général de l\u2019Université de Montréal, Directeur de l\u2019Ecole des sciences sociales, Président de la section française de la Société royale du Canada, Membre de l\u2019Académie royale de Belgique, Chevalier de la légion d\u2019honneur et de l\u2019Ordre de Léopold, Président de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences.J\u2019en omets et, sans doute aussi, j\u2019en oublie.On ne savait jamais quel était le dernier livre de Faguet; on ne sait pas davantage quelle est la dernière tâche dont M.Montpetit se soit chargé, le dernier honneur qui soit venu tout naturellement rejoindre les autres.Dans cette sorte de litanie que je viens de vous réciter et qui s\u2019allongera encore, il y a des charges qu\u2019il honore encore plus qu\u2019elle ne l\u2019honorent, des titres dont il fait d\u2019autant moins parade qu\u2019il les avait mieux mérités.Il y a surtout la preuve d\u2019une activité qui s\u2019étend sans se disperser aux domaines les plus divers.A la table d\u2019un banquet, comme au Palais des Académies de Bruxelles, c\u2019est toujours, chez M.Montpetit le même souci de justesse, de concision, d\u2019originalité dans la pensée ; la même langue, d\u2019ordinaire sobre et magnifique, parfois nuancée et subtile, jamais banale.Sa culture que l\u2019on a célébrée en Europe, comme représentative de M.ÉDOUARD MONTPETIT 11 la culture française en Amérique, est plutôt une de ces fleurs précoces qu\u2019on s\u2019étonne un peu de trouver aux premières tiédeurs de nos printemps canadiens.Je n\u2019insiste pas sur ce qui n\u2019est, en somme, que le côté extérieur, apparent d\u2019un homme qui a si peu vécu \u2014 pour employer un mot de Barrés, à qui on l\u2019a parfois comparé \u2014 à la surface de son âme.Si je n\u2019avais peur de froisser son humilité, je dirais que notre admiration pour M.Montpetit va à l\u2019homme qui a vécu sa vie en beauté à l\u2019écart de la mêlée des appétits.\u2014 Tant il est vrai qu\u2019il y a, pour les âmes d\u2019autres abris que le cloître.\u2014 Elle va au professeur qui fait de son enseignement une sorte de mission, de sacerdoce et que l\u2019on retrouve au début de plus d\u2019une jeune et brillante carrière.\u201cVos livres, ce sont vos élèves\u201d, lui disait, un jour, avec à-propos, M.Carton de Wiart, je crois.M.Montpetit en a fait d\u2019autres qui resteront parmi les plus parfaits jamais écrits chez nous, il en fera d\u2019autres encore, mais ce sont ses livres vivants qui, perpétuant sa pensée et son influence, lui donnent encore les meilleurs titres à la reconnaissance du pays.Ce que nous admirons enfin et par-dessus tout, chez M.Montpetit, c\u2019est le caractère résolument spiritualiste de son œuvre.Dans ce domaine de l\u2019économie politique où s\u2019est surtout concentrée son activité, combien n\u2019ont jamais vu autre chose qu\u2019un conflit de forces matérielles.Ayant trouvé, au contraire, au bout de chacune de ses recherches, la nécessité des forces spirituelles, M.Montpetit s\u2019en est fait le champion, et le témoignage de sa vie venant s\u2019ajouter à celui de sa pensée, il reste l\u2019un des maîtres spirituels de la jeune génération Les intimes de M.Montpetit trouveront que c\u2019est bien mal reconnaître le plaisir qu\u2019il nous fait que de le 12 LA REVUE DOMINICAINE condamner à entendre son propre éloge.Mais, encore une fois, il ne pouvait être question de présenter M.Montpetit à l\u2019élite de la ville d\u2019Ottawa.Et puis, je n\u2019ai pu résister au plaisir de donner au conférencier de ce soir \u2014 à qui je cède enfin la place \u2014 le témoignage d\u2019une admiration déjà ancienne et qui n\u2019avait pas encore eu l\u2019occasion de s\u2019exprimer.P.Ceslas Forest, O.P.-*- CHRONIQUE DU DROIT CANONIQUE Le Code de Droit Canonique n\u2019est pas toujours d\u2019une lecture facile.La plupart dm temps il faut, pour avoir la parfaite intelligence d\u2019un comon, en faire une analyse minutieuse.D\u2019où la nécessité de recourir aux comynen-tateurs.Mais ceux-ci, trop souvent, nous donnent des interprétations divergentes sinon opposées.Il y a bien la \u201cCommission pour l\u2019interprétation authentique du Code\u201d, mais outre qu\u2019elle n\u2019intervient que rarement et ne règle qu\u2019un nombre restreint de difficultés, il arrive assez souvent que ses réponses ouvrent le champ à de nouvelles controverses.La connaissance exacte de la législation ecclésiastiques requiert donc que les esprits soient attentifs à toutes ces interprétations et décisions, ainsi qu\u2019aux études de réelle importance pratique.Les multiples et accablants travaux du ministère, s\u2019ajoutant en bien des cas, à l\u2019impossibilité de trouver près de soi une bibliothèque spéciale, ne permettent pas toujours aux prêtres de suivre d\u2019assez près bien des études qui leur seraient d\u2019un grand secours. CHRONIQUE DE DROIT CANONIQUE 13 Une chronique qui rendrait compte des actes et décisions du Saint-Siège, des travaux et controverses sur les points les plus pratiques de la législation canonique serait donc utile.Parce qu\u2019elle croit à cette utilité et veut répondre aux désirs exprimés par quelques-uns, la Revue entreprend la publication d\u2019une chronique de Droit Canonique.Dans cette chronique des revues et des livres, ne sera rapporté que ce qui paraîtra devoir être utile à nos lecteurs, en particulier aux prêtres et aux religieux.Les chroniqueurs : PP.Leduc et Sylvain, O.P.I A TRAVERS LES REVUES Actes et Documents Pontificaux La S.C.des Rites a adressé une lettre à tous les Ordinaires pour leur transmettre la formule de consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus.Cette consécration devra être faite le dernier jour de décembre.Le Souverain Pontife donnera les explications complémentaires dans ses prochaines Lettres Apostoliques.(A.A.S., 5 nov.1925, p.541.) Le 2 février, la S.C.des Séminaires et Universités a porté un décret ordonnant aux Evêques de lui faire relation, tous les trois ans, de l\u2019état des Séminaires diocésains ou régionaux.Ce décret ne porte pas préjudice au can.340, qui impose également aux Evêques de rendre compte de leurs séminaires, dans leur rapport quinquennal sur leur diocèse.(A.A.S., 5 nov.1925, p.547.) 14 LA REVUE DOMINICAINE Droits du curé au sujet des funérailles \u201cL\u2019Ami du Clergé\u201d, dans le no.du 3 sept.1925, rappelle à ses lecteurs quel est le service réservé au curé propre du défunt.Il s\u2019agit du \u201cservice d\u2019enterrement\u201d proprement dit, i.e.du service chanté en présence du corps avant la sépulture au cimetière, ou, \u201ccorpore absente\u201d, dans le mois qui suit l\u2019enterrement.Les autres messes même solennelles, e.g.services du 3e, 9e, 30e jour ou services anniversaires peuvent être célébrés partout, sans que le curé de la paroisse propre ait à protester ou à réclamer des compensations pécuniaires.Tel est le droit commun, ainsi l\u2019a interprété la S.C.C.en 1924.(cf.A.A.S.1924, p.188.) Rénovation de vœux La même revue dans sa livraison du 10 sept.p.588, fait observer fort judicieusement que la prorogation de vœux ne doit être concédée que pour des causes justes et raisonnables.Sans vouloir condamner absolument l\u2019opinion contraire, l\u2019auteur doute fort que l\u2019on puisse proroger les trois ans de profession temporaire pour \u201cune simple commodité de solennité extérieure\u201d.Chose certaine, on pourrait éviter de tels inconvénients avec un peu plus de prévoyance.Il nous semble cependant, que \u201cL\u2019Ami\u201d ne nous donne pas une interprétation exacte du can.39, parag.3, 5°, quand il nous dit, en s\u2019appuyant sur ce canon, que la rénovation des vœux peut se faire non seulement au retour de la date où les vœux temporaires ont été prononcés, mais tout aussi bien le lendemain.Sans doute on a raison de croire qu\u2019on n\u2019a pas le droit de traduire CHRONIQUE DE DROIT CANONIQUE 15 le mot \u201cpotest\u201d par \u201cdebet\u201d.Mais ce raisonnement porte à faux puisque ce n\u2019est pas le motif invoqué.1 La religieuse doit renouveler ses vœux à la même date qu\u2019à sa première profession et non le lendemain, parce que le temps de ses vœux finit ce jour-là même.Relisons le No invoqué: \u201cSi agatur de actibus ejusdem generis statis temporibus renovandis, e.g.triennium ad professionem perpetuam, tempus finitur eodem récurrente die quo incipit.\u201d Mais à quel moment du jour ?C\u2019est ici qu\u2019intervient le mot \u201cpotest\u201d.Le Code laisse au supérieur le soin de déterminer le moment puisqu\u2019il permet de renouveler l\u2019acte à n\u2019importe quel temps de la journée.C\u2019est ce que la suite du texte fait voir.\u201cTempus finitur eodem récurrente die quo incipit, sed novus actus per integrum diem poni potest.Donc le temps des vœux expire au retour du même quantième, seulement la rénovation de la profession peut se faire à n\u2019importe quel moment du jour.Par conséquent, si la profession temporaire a été émise le 10 avril 1923 elle prend fin le 10 avril 1926, et la religieuse devra faire sa profession perpétuelle, à moins de prorogation pour motif sérieux, dans le cours du 10 avril 1926 et non du 11.Vote des confesseurs pour Vadmission à la profession Y a-t-il lieu d\u2019appliquer aux maisons d\u2019étude des religieux ce qui est prescrit, relativement aux séminaires, dans le can.1361, parag.3 ?En d\u2019autres termes, faut-il dire que le confesseur dans un couvent d\u2019études ne peut voter pour l\u2019admission des religieux à la profession ou à leur promotion aux ordres ?Le R.P.S.Woywod, 1-\u2014Cf.Lacau, \u201cDe Tempore\u201d, p.45. 16 LA REVUE DOMINICAINE o.\tf.m., dans Y Homiletic and Pastoral Review (nov.1925, p.\t189) nie qu\u2019on doive appliquer le parag.3 du can.1361 aux religieux.Le P.W.se base sur ce fait qu\u2019aucun des canons du titre \u201cDe ratione studiorum in religionibus clerica-libus\u201d (587-591) ne se réfère à ce canon.Un seul fait appel à une prescription du traité des séminaires, c\u2019est le No 589 qui recommande l\u2019enseignement de saint Thomas \u201cad normam can.1366, parag.2\u201d.Donc le silence du Code signifie l\u2019intention des législateurs de ne point vouloir appliquer aux confesseurs dans les couvents d\u2019études la règle imposée aux confesseurs dans les séminaires.L\u2019argument du silence a certes, dans le cas, de la valeur.Ne nous conduit-il pas cependant, à une conséquence qui paraît bien être contraire à l\u2019esprit du Code ?En outre, ne faudrait-il pas invoquer ici le can.20 ?On sait ce que dit le can.: \u201cSi certa de re desit expressum præ scrip turn legis sive generalis sive particularis, norma sumenda est, nisi de poenis applicandis, a legibus latis in similibus\u201d.Le can.1361, parag.3, dans le cas, est certes un lieu parallèle.Serions-nous non fondés à l\u2019invoquer pour dire que le confesseur dans un couvent d\u2019études n\u2019a pas plus le droit de voter pour l\u2019admission aux ordres ou à la profession que le confesseur dans le séminaire ?Fiançailles Le can.1017 déclare invalides et nulles, tant au for interne qu\u2019au for externe, les fiançailles qui ne seraient pas contractées conformément aux formalités qu\u2019il prescrit.Ce point est évidemment hors de conteste.Mais, se demande le R.P.Prümmer, dans \u201cHomiletic and CHRONIQUE DE DROIT CANONIQUE 17 Pastoral Review\u201d (oct.1925, p.70), faut-il aller plus loin et dire que de telles fiançailles, de soi, n\u2019entraînent aucun effet moral ?Oui, répond-il avec le plus grand nombre des moralistes et canonistes.Voici son argumentation.On ne saurait donner à la promesse de mariage où a manqué quelque formalité absolument nécessaire, plus de valeur qu\u2019au mariage fait dans les mêmes conditions.Or il est certain qu\u2019un mariage \u201cinforme\u201d est tout à fait nul et, de soi, n\u2019engage aucunement les parties.Il peut être souhaitable que le mariage soit validé; on ne peut forcer les parties à y consentir.Il est certain aussi que d\u2019un tel mariage pourra résulter quelques obligations, dans le cas, par exemple, où il y a eu des enfants, etc., mais cela découle indirectement.Il demeure que de soi, un mariage nul par défaut de forme n\u2019engage en rien les parties.Les fiançailles célébrées non selon les formes pres-criptes par le can.1017 doivent donc, de soi, être considérées comme n\u2019obligeant à rien en conscience.Mariage Le mariage civil n\u2019existe pas chez nous.Il n\u2019en va pas de même pour nos voisins où on peut se marier devant le magistrat civil.Les relations entre le Canada et les Etats-Unis sont trop étroites pour que nous n\u2019ayons pas, une fois ou l\u2019autre, à intervenir dans un de ces cas.Nul ne doute que le mariage purement civil soit dépourvu de toute valeur.On peut se demander cependant, si un catholique ainsi marié a encouru l\u2019excommunication portée par le can.2319 ?Ce can.frappe d\u2019excommunication, réservée à l\u2019Ordinaire, tout catholique qui contracte mariage devant un 18 LA REVUE DOMINICAINE ministre non catholique; mais nous fait remarquer \u201cVEcclesiastical Review\u201d (sept.1925, p.314) le canon ajoute \u201cad normam can.1063, parag.1\u201d.Or le can.1063 parag.1 nous explique ce qu\u2019il faut entendre par le mot ministre non catholique.Ce canon défend aux catholiques de \u201cprêter ou renouveler leur consentement matrimonial devant un ministre non catholique, uti sacris addictus\u201d.Il est certain que le magistrat civil comme tel n\u2019exerce pas un rite religieux, il n\u2019accomplit qu\u2019une formalité civile.Le catholique qui se marie civilement, ne communique donc pas \u201cin divinis\u201d avec les hérétiques; et de ce chef, n\u2019encoure point l\u2019excommunication.Sans doute il se rend grandement coupable, puisqu\u2019il se met dans l\u2019état de concubinage public : le mariage civil n\u2019étant pas, pour les baptisés, un mariage.Nous aurions encore à signaler sur la question du mariage, beaucoup d\u2019études parues en ces derniers temps.Pour cette fois, nous passons sous silence des articles du \u201cCanoniste\u201d, du \u201cMonitore Ecclesiastico\u201d et de \u201cL\u2019Homiletic and Pastoral Review\u201d; nous aurons à en parler dans les consultations du mois prochain.Dans la rubrique \u201cle sens des faits\u201d du présent numéro nous attirons l\u2019attention de nos lecteurs sur le remarquable cours de Sir L.A.Jetté publié par la \u201cRevue du Droit\u201d.Terminons nos glanures à travers les revues en signalant les \u201cannotations\u201d faites par le \u201cMonitore\u201d sur le nouveau Rituel.Ces observations nous permettent de voir facilement la nature et l\u2019étendue des changements apportés au Rituel, pour le mettre en harmonie avec les nouvelles prescriptions du Code. CHRONIQUE DE DROIT CANONIQUE 19 II A TRAVERS LES LIVRES Em.Card.Gasparri.Codicis juris canonici Fontes, \u2014Vol.III.Romani Pontifices.A.1867-1917.\u2014 Romæ, Polyg.Vatic.1925.Le Code est avant tout une œuvre de codification du droit antérieur.Il est donc utile, quelquefois même nécessaire, pour bien comprendre la plupart des canons, de se rapporter à la législation ancienne.Pour faciliter le travail de recherche dans le droit antérieur, Son Em.le Card.Gasparri a entrepris la publication des \u201csources\" du Droit Canonique, i.e.des documents utilisés pour la rédaction du Code.Le volume qui vient de paraître, le troisième de la série, nous donne les documents pontificaux \u2014 à l\u2019exception des Actes des Congrégations Romaines \u2014 de 1867 à 1917.Qui veut connaître son droit de façon plus approfondie, n\u2019aura pas à fouiller de volumineux Bullaires, il n\u2019aura qu\u2019à consulter ces \u201cFontes\u201d, il trouvera immédiatement la partie du document auquel se réfère le canon.C\u2019est signaler suffisamment l\u2019avantage et l\u2019utilité d\u2019avoir près de soi cet ouvrage.* * * Les Indulgences, leur nature et leur usage, par le P.Beringer, S.J., IV édit, franc., 2 vols, Lethielleux, 1925, Paris.Nous n\u2019avons pas à insister sur l\u2019autorité de ce livre, déjà reconnue universellement.L\u2019approbation de la S.Pénitencerie lui donne une valeur incontestable.Ce 20 LA REVUE DOMINICAINE qui fait l\u2019intérêt de la présente édition française, c\u2019est qu\u2019elle est la première depuis la promulgation du Code.L\u2019ouvrage comprend deux volumes.Le premier traite d\u2019abord des indulgences \u201cin genere\u201d: nature, fondements, conditions et pouvoir de les accorder ; ensuite de la concession des indulgences \u201cin particulari\u201d, i.e.des indulgences attachées à telle pratique de piété, à telle dévotion ou à telle prière.Le second a pour objet les associations et Confraternités pieuses.Après avoir relaté les différentes prescriptions du Code sur les Associations de piété ou de charité, l\u2019auteur nous donne le détail des indulgences concédées à ces différentes sociétés.Les livres du P.Beringer se recommandent donc par eux-mêmes, nous n\u2019avons qu\u2019à souhaiter de les voir dans toute bibliothèque cléricale.Leur lecture dispensera de consulter d\u2019autres études sur le même sujet, qui trop souvent, ne sont qu\u2019un pâle résumé de l\u2019ouvrage du P.Béringer.* * * Fanfani Ludovicus, O.P.\u2014De Jure Religiosorum ad normam juris eanonici.\u20141 vol in 8° (édit.II), Romæ-Marietti\u20141925.Nous voici en présence d\u2019un traité fort recommandable par la sûreté de sa doctrine comme par sa très grande utilité.Estimant à bon droit qu\u2019il ne saurait être suffisant de ne faire que le commentaire de la Ha P.du L.Il, intitulée: \u201cDe Religiosis\u201d, l\u2019auteur nous rapporte tout ce qui, dans le Code, intéresse les religieux.C\u2019est ainsi que lorsqu\u2019il nous parle du \u201cgouvernement des communautés\u201d, le P.F.rappelle très utilement les dispositions CHRONIQUE DE DROIT CANONIQUE 21 générales du Code relativement aux procès, aux remèdes pénaux et aux pénitences.C\u2019est également un complément très heureux que de commenter les canons relatifs aux églises et aux oratoires, au culte des images et des reliques, aux processions, aux funérailles et aux cimetières, aux associations pieuses et aux Tiers-Ordre comme à la prédication.Avec beaucoup d\u2019à-propos le P.F.pose ici ou là un \u201cQuæsitum\u201d, un \u201cDubium\u201d, pour régler un détail, donner un application pratique, ou rapporter les dernières décisions des Congrégations.Une table analytique suffisamment détaillée, nous permettant de trouver avec facilité et rapidité la solution de telle ou telle difficulté, achève de rendre ce traité des religieux tout à fait pratique.Nous croyons devoir attirer l\u2019attention de nos lecteurs sur le chapitre que l\u2019auteur consacre aux religieux-curés.Avant cl\u2019être élu Provincial de la Province Romaine le T.R.P.Fanfani était curé de l\u2019Eglise de la Minerve, à Rome.Le P.F.a voulu nous faire profiter d\u2019une science particulièrement approfondie par l\u2019expérience.Nous trouvons, en effet, dans ce chapitre des religieux-curés beaucoup de renseignements qu\u2019on chercherait en vain en d\u2019autres manuels.Cela ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y ait pas, parfois, des conclusions qu\u2019on ne pourrait contester.Ainsi, à la page 458, No 450, \u201cDubium\u201d I, le R.P.dit qu\u2019il appartient au supérieur, et non au curé, de déterminer l\u2019heure des offices à l\u2019église et d\u2019inviter les prédicateurs.L\u2019affirmation est trop absolue, il faut distinguer.C\u2019est au supérieur de régler l\u2019horaire des offices conventuels qui se font à l\u2019église, mais c\u2019est au curé de 22 LA REVUE DOMINICAINE déterminer l\u2019horaire des offices paroissiaux.Evidemment, l\u2019un et l\u2019autre doivent s\u2019entendre et régler tout à l\u2019amiable.Mais le Code prévoit la possibilité de conflit, et donne à l\u2019Ordinaire du lieu le droit de terminer le différend.C\u2019est ce qui ressort nettement des can.609 parag.1 et 415 parag 4.En se basant sur le parag.3 du No 609 au lieu du parag 1, le R.P.F.paraît oublier que le parag.3 parle de l\u2019horaire des offices conventuels, dans \u201cl\u2019église propre du monastère\u201d par rapport à l\u2019église de la paroisse, quand l\u2019église conventuelle n\u2019est pas paroissiale.Pour ce qui regarde l\u2019invitation des prédicateurs, la même distinction s\u2019impose.Le fameux décret de la S.C.C.(28 juin 1917) sur la prédication, le dit explicitement: \u201cS\u2019il s\u2019agit d\u2019un curé d\u2019une église appartenant à un Ordre religieux, (l\u2019invitation doit se faire) par ce même curé pour les prédications qui dépendent de lui\u201d, i.e.pour les prédications paroissiales.C\u2019est en conformité avec ce qui est prescrit par les can.609, parag.1, 415, parag.4 et 1341, parag.3.Ce ne serait peut-être pas la seule interprétation qui pût paraître difficilement acceptable.A la page 156, le R.P.F.prétend que le lieu légitime pour recevoir la confession des religieuses par le confesseur \u201coccasio-nel\u201d (can.522), ne peut être le confessional réservé uniquement aux religieuses.L\u2019opinion contraire doit être dite, au témoignage des canonistes,1 \u201cabsolument sûre, tant par ses motifs que par l\u2019autorité de ses partisans\u201d.Mais ce ne sont pas quelques contestations, qu\u2019on peut soulever assez rarement du reste, qui peuvent vrai- 1.\u2014Creusen, S.J., \u201cReligieux et Religieuses\u201d, p.88; \u201cIl Moni-tore Ecclesiastico\u201d, 1921, p.161; \u201cJus Pontificium\u201d, 1925. CHRONIQUE DE DROIT CANONIQUE 23 ment nuire à l\u2019autorité de l\u2019ouvrage du P.Fanfani.Nous n\u2019hésitons pas à le recommander à tous comme un guide sûr et utile.Fr.Louis-Marie Sylvain, O.P.Ottawa, le 8 décembre, 1925.-?- LA JUSTICE i La divine Providence qui régit toute la création, demande que chaque être évolue conformément à sa destinée propre, et dans le sens de ses aptitudes.Chaque être a donc sa sphère propre d\u2019activité, et cette sphère propre d\u2019activité détermine les conditions diverses dans lesquelles se trouvent placés les hommes vivant en société.De plus, dominant l\u2019ensemble de ces conditions, de ces personnes, de ces activités, une loi subsiste, la loi de solidarité, en vertu de laquelle chaque homme doit collaborer au bien de tous, et par laquelle les intérêts de l\u2019un ne doivent pas s\u2019opposer aux intérêts de l\u2019autre, mais et les uns et les autres doivent converger vers l\u2019idée d\u2019un intérêt commun qui est le bien social.Et, comme l\u2019homme est avant tout un être raisonnable, cette loi de solidarité est, à son tour, fondée sur une vertu qui devient l\u2019idéal à atteindre pour chacun de nous, si nous voulons avoir une vraie vie sociale.Or, cette vertu, c\u2019est la justice.Qu\u2019est-ce que la justice ?On la définit: \u201cUne disposition constante et perpétuelle de la volonté, qui nous presse d\u2019accorder à chacun son droit.\u201d 1.\u2014Ces pages inédites ont été lues le 19 novembre à la Journée diocésaine des Oeuvres de l\u2019Action Sociale Catholique de Québec. 24 LA REVUE DOMINICAINE L\u2019homme vit en société, et pour subsister, la société a besoin d\u2019une variété infinie de travaux, d\u2019efforts, qui crée chez les uns des devoirs, et chez les autres des droits.Non pas des \u201cdroits de l\u2019homme\u201d au sens illimité et vague d\u2019une formule devenue fameuse, mais les seuls droits fondés sur la nature humaine, sur les fonctions, sur les professions, sur le rang social des individus, des droits des hommes, pourrions-nous dire, et c\u2019est par l\u2019équilibre de ces droits, comme aussi par l\u2019accomplissement de ces devoirs, que l\u2019homme peut se maintenir en des conditions qui lui assurent une existence paisible et un développement régulier.Or la justice, principe d\u2019action en cet agent moral qu\u2019est l\u2019homme, a pour objet le droit même du prochain.Son acte propre est de rendre à chacun ce qui lui est dû, c\u2019est-à-dire de faire que lui soient livrées toutes choses qui sont à lui, et, aussi, d\u2019agir en telle sorte que jamais ni d\u2019aucune manière on ne lui cause aucun dommage en quoi que ce soit.Lien social qui unit les hommes entre eux, et qui préside à leurs opérations, la justice est une chaîne tendue entre nous et le prochain, chaîne qui établit un rapport, et que l\u2019on ne peut rompre sans briser du coup l\u2019égalité que ce rapport implique.Car du fait que la justice doit diriger et régler nos opérations, elle nous met dans l\u2019obligation de dire à notre prochain : puisque tu me rends ce qui m\u2019est dû, je crois, moi aussi, respecter cette égalité, et te rendre ce qui t\u2019est dû.La suprématie du droit, voilà donc ce que veut la justice.Cuique suum, à chacun ce qui est sien, c\u2019est-à-dire à chacun son droit; ou encore, à chacun ce que sa personnalité exige,ce qu\u2019il faut qu\u2019il ait, étant donné ce qu\u2019il est lui-même parmi les êtres qui vivent.S\u2019il nous LA JUSTICE 25 est permis, commandé même de faire un choix gradué quand il s\u2019agit de charité, nous sommes, au contraire, liés par la justice qui, elle, s\u2019étend à tous, sans exception.Mais, il y a deux grandes formes de droit, le droit des sociétés, le droit des individus.\u201cIl est manifeste, dit saint Thomas, que tous ceux qui vivent sous le régime de quelque communauté, sont, à l\u2019endroit de cette communauté, dans des relations analogues à celles de la partie à l\u2019endroit du tout.Mais la partie, en ce qu\u2019elle est, dépend du tout et son bien se rapporte au bien du tout.\u201d Il y a donc deux sortes de justice: la justice générale et la justice particulière.Les actes de la justice particulière atteignent le bien de l\u2019individu, tandis que les actes de la justice générale visent à la réalisation du bien commun.La justice particulière règle les rapports des individus entre eux, tandis que la justice générale règle les rapports de chaque individu vis-à-vis de la société dont il fait partie.Autant la justice particulière rend la.société possible, autant la justice générale, que l\u2019on appelle aussi justice sociale, sert à promouvoir directement le bien de la société.En effet, la société étant un tout organisé, dont les citoyens sont les parties et à ce titre sont subordonnés au tout, il n\u2019y aura de vie possible pour la société, que si, dans l\u2019individu, la justice particulière assure la défense des autres individus et que si la justice générale oblige le citoyen de rendre à la société ce qui lui est dû, c\u2019est-à-dire lui prescrit de favoriser le bien commun, de travailler au bien social.Autrement toute société serait vouée fatalement au désordre, à l\u2019anarchie, à la ruine.Aussi bien la principale sauvegarde du droit se trouve-t-elle dans le respect du droit d\u2019autrui, et quelle que soit la source où le droit puise son autorité, la justice 26 LA REVUE DOMINICAINE en devient le champion.D\u2019où il importe que le principe sacré du droit soit respecté partout où il se trouve, mais surtout où il se montre dans sa plus haute expression, en Dieu qui est la raison même du droit, puisque tout Lui appartient.Tout individu, s\u2019il veut être juste et honnête, devra donc reconnaître les droits de Dieu sur toutes choses en général, et en particulier sur le dimanche, par exemple, et en ce faisant, il fera acte de justice car le dimanche est la propriété divine par excellence.De plus, l\u2019autorité divine exerce son pouvoir ici-bas par l\u2019intermédiaire de l\u2019Eglise du Christ.Cette église a des droits incontestables et souverains : son titre de juridiction et de propriété sur les esprits et sur les cœurs, sur les intelligences et les volontés lui a été délivré par Jésus-Christ Lui-même: il sera donc de souveraine et incontestable justice, pour l\u2019homme comme pour la société, de respecter ces mêmes droits, et de les défendre s\u2019ils sont attaqués.Allons plus loin.C\u2019est de Dieu que procède toute autorité, soit qu\u2019elle s\u2019exerce sur les hommes ou sur les choses, par le droit de souveraineté ou par le droit de propriété.Tout homme constitué en autorité devra donc s\u2019agenouiller devant Dieu et proclamer ses droits éternels, sinon, les sujets, dépourvus de religion comme lui, auront mille objections à faire contre les fondements mal assurés de sa souveraineté humaine.De même, si le propriétaire oublie Dieu et son droit, s\u2019il croit que sa fortune est tellement à lui, qu\u2019elle ne relève d\u2019aucun droit, bientôt tout ce qui l\u2019entoure, dépourvu de religion comme lui, aura mille objections à faire contre sa propriété humaine.Allons encore plus loin.On exalte de tous côtés l\u2019égalité, et sous prétexte de ne souffrir aucune supériorité, on acclame la souveraineté du peuple.Que de LA JUSTICE 27 vexations de tout genre s\u2019exercent sous le couvert d\u2019une énorme mystification.Quoi qu\u2019il en soit, la souveraineté du peuple n\u2019est pas illimitée: elle est circonscrite dans les bornes que lui tracent la justice et les droits des individus; et la volonté de tout un peuple ne peut rendre juste ce qui est injuste.Comme loi fondamentale de la société, Dieu transfert à chacun des hommes une portion inviolable de son droit de propriété suprême, droit qu\u2019il sanctionne en ces termes clairs : \u201cTu ne voleras pas.\u201d C\u2019est donc par un sens de justice que l\u2019homme d\u2019affaires et de finances, à la conscience droite, se gardera de violer cette loi ; que le négociant s\u2019abstiendra de pratiquer le poids et la double mesure; que le gérant de biens étrangers ne s\u2019appropriera jamais la moindre part des valeurs mises entre ses mains; que l\u2019ouvrier accomplira sa tâche, non pas en faisant appel à ce droit impérieux que l\u2019on a nommé le droit au travail, et qui, exercé avec rigueur est une spoliation commencée, mais avec le seul droit strict au salaire convenu de part et d\u2019autre, salaire proportionné aux gains qu\u2019il procure et surtout aux nécessités du travailleur.C\u2019est par un même sens de justice que les administrateurs d\u2019une ville, d\u2019une province, d\u2019un pays, que les magistrats et les dépositaires du pouvoir observeront la justice sociale en maintenant les droits pour tous et dans l\u2019intérêt de tous; et que les sujets serviront la cause commune en se soumettant aux lois.Oui, la principale sauvegarde du droit se trouve vraiment dans l\u2019accomplissement de la justice qui lie les hommes entre eux, et qui oblige aussi chaque individu à rendre à la société ce qui lui est dû. 28 LA REVUE DOMINICAINE Notre société canadienne accorde-t-elle à la vertu de justice la place que son rôle essentiel et fondamental lui assigne ?Ce n'est pas ici le lieu de descendre dans la conscience nationale pour l\u2019examiner en tous sens.Il suffit de dire que des faits nombreux démontrent le contraire.Ici comme ailleurs, on attaque parfois des droits qui sont le fondement de la société.Il importe de les rétablir, en gravant les principes dans les esprits.Notre société, comme toutes les autres, si elle ne se réforme pas dans ses doctrines, croulera nécessairement.Là où le droit de Dieu n\u2019est plus rien, le droit des hommes est condamné à périr.C\u2019est bien d\u2019avoir des organisations, et de toutes les sortes, mais ne négligeons pas le fondement.Et parmi la multitude grandissante de ceux qu\u2019anime la haine contre quiconque possède quelque chose, l\u2019on ne parviendra à convertir au respect du droit que ceux que l\u2019on convertira à Dieu.Accomplissons donc, chacun pour notre part, ce qu\u2019exige la justice, nous disant bien que là est le gage du succès, de la tranquillité, de la paix, tant de l\u2019individu que de la société.L.E.Trudeau, O.P.-?- LE SENS DES FAITS Rien à faire ! Rien à faire, elle est trop bête ! Elle se persuade que Vhabit masculin strictement masculin lui est aussi indispensable, pour ses récréations en plein air, qu'une blouse imperméable au peintre en bâtiments, et qu'elle ne pourrait se livrer à aucun sport LE SENS DES FAITS 29 autrement vêtue.Elle professe qu\u2019on doit sacrifier le bon goût et la décence aux modes régnantes et au souci du bien-être, malgré le veto du Pape, et l\u2019opinion des vieilles dames en congrès.Que répondre ?Evidemment la morne série des arguments antiques garde en soi pleine valeur; mais que répondre qui ait la moindre chance d\u2019être entendu ?Essayons quand même, par acquît de conscience et par devoir professionnel.Il est à souhaiter que tous les prédisants de morale en fassent autant, à commencer par les rabbins et les ministres.Le commun des hommes ne ressemble guère à M.Mai'cel Prévost pour qui l\u2019article jeune fille et les articles de la toilette féminine n\u2019ont plus, paraît-il, aucun secret.Nous savons toits cependant qu\u2019il est malaisé de faire du ski ou du patin avec une robe à traîne.Nous admettons volontiers que le plus chatoyant pittoresque convient à l\u2019armée de nos raquetteuses.Nous concédons enfin que certains correctifs du vêtement masculin le rendent en pareilles circonstances tolérable et même avantageux chez une femme.Ceci tout d\u2019abord reconnu, qu\u2019on ne vienne po.s nous faire accroire que la culotte collante, sans jupe ou sans pourpoint, soit nécessaire ou simplement utile pour libérer les mouvements du corps et le prémunir contre le froid; surtout qu\u2019on ne produise pas des raisons d\u2019esthétique en faveur d\u2019un accoutrement déjà insignifiant chez l\u2019homme \u2014 puisque toute la beauté du costume réside dans la draperie \u2014 et qui devient chez la femme d\u2019une bizarrerie, d\u2019une fausseté et d\u2019une laideur sans nom.Du reste, en fait d\u2019élégance, de commodité et d\u2019hygiène, nous avons, nous pro fames, l\u2019appréciation et l\u2019exemple d\u2019un grand nombre de canadiennes, suffisamment dégourdies en apparence, et qui font partie 30 LA REVUE DOMINICAINE de tous les sports d\u2019hiver sans verser dans ces étrangetés synonymes de scandale.Pure question de mode alors.Mais supposé qu\u2019une mode apparaisse, prescrivant des robes de bal identiques à celles qu\u2019exigent nos évêques pour l\u2019entrée dans les églises ou la réception des sacrements, n\u2019est-il pas clair qu\u2019on la tuerait en vingt-quatre heures ! Preuve excellente que les véritables mondains suivent la mode pour autre chose qu\u2019elle-même : pour les sourds instincts qu\u2019elle flatte et les barrières morales qu\u2019elle abat.Si vous croyez que la skieuse m\u2019entend ! Tenez, la voici, par ce beau dimanche montréalais, qui monte dans un tram de l\u2019ouest, tout entière à sa joie fausse de fille émancipée, pour ne pas dire à sa lubricité de garçonne.Casquée, bottée, sanglée à l\u2019imitation parfaite du compagnon, la taille prise dans un lourd capot de khaki ou éparse dans un chandail blanc, vous la prendriez pour un chasseur d\u2019orignal, si elle avait du nemrod la mine circonspecte et la silencieuse attitude.Mais vous Ventendrez tout à l\u2019heure glapir dans la montagne; vous la verrez bousculer ses camarades, se laisser par eux rouler dans la neige ou tirer par les deux pieds: et vous la confondrez cette fois avec la bête de chasse plutôt qu\u2019avec le chasseur.Je ne songe pas à m\u2019excuser ici le moins du monde, car le mot hardi s\u2019impose en face des hardiesses.Non ce n\u2019est pas la chrétienne, indulgente aux folies agréables, mais qu\u2019un instinct plus sûr que tous les codes avertit des saines limites de la vertu.Non ce n\u2019est pas la Française, gentille à profusion, de mise originale et parfois somptueuse, mais s\u2019adaptant constamment et sans effort à la mesure immuable du bon goût.C\u2019est la courtisane antique, telle que la silhouettent nos Livres Saints, abjecte et provocante, furtive et délurée, \u2014 garrula et LE SENS DES FAITS 31 vaga, \u2014 mais sans l\u2019excuse d\u2019un vieux fond de 'paganisme, puisqu\u2019elle sort généralement des volets pudiques derrière lesquels il demeure interdit de manger certaines viandes, ou de mêler les cartes le dimanche.Humainement parlant, rien à faire, vous dis-je.En doutez-vous encore, je citerai après tant d\u2019autres une plus récente expérience.Un ami de Québec rencontre au détour d\u2019une rue montante \u2014 pardon du pléonasme \u2014 trois petites essoufflées, travesties en garçons, et ne représentant que par le nombre les trois Grâces de l\u2019antiquité.Il imagine de les confondre en leur tendant son étui à cigares.Horreur! Elles acceptent en pouffant de rire et font aussitôt craquer l\u2019allumette.Le pauvre homme voit à l\u2019instant sa morale s\u2019évanouir en fumée.Comment ne pas lui souhaiter en revanche une bonne et heureuse année, et à ses compagnes de rencontre d\u2019aller choir dans quelque ravin ou fondrière d\u2019où elles ne puissent sortir que bien décidées à changer d\u2019allures et de costume.M.-A.Lamarche, O.P.L\u2019après-guerre en France La guerre, malgré ses crimes, ses abominations, ses malheurs et ses ruines, n\u2019est pas composée tout entière de mal.Si d\u2019un côté elle fait violemment surgir tout ce qu\u2019il y a de pire dans l\u2019homme, elle est aussi d\u2019un autre, la manifestation éclatante, le resplendissement magnifique de toute la grandeur et de toutes les vertus dont s\u2019honore une race et l\u2019humanité tout entière.On peut faire la guerre en laideur comme un Allemand, mais on peut aussi la faire en beauté comme un chrétien et un Français. 32 LA REVUE DOMINICAINE La guerre, c\u2019est encore le renouveau du patriotisme, c\u2019est le réveil de la torpeur aveugle, c\u2019est la cessation des intrigues mesquines, c\u2019est l\u2019apaisement des discordes impies, des luttes fratricides, des frénésies stériles et stupides; c\u2019est l\u2019union, c\u2019est la force, c\u2019est la grande leçon de discipline et de sacrifice; la guerre, c\u2019est aussi l\u2019antidote du matérialisme, de cet égoïsme qui ravale tout sentiment et tout acte à la mesure d\u2019un gain et d\u2019un profit.Dieu a voulu que la souffrance fût toujours pour les peuples, les institutions et les individus, le grand moyen de relèvement et de purification : la guerre est encore suprêmement cela.En dépit de tout ce qu\u2019on en disait alors, en dépit de toutes ces accusations malveillantes de décadence religieuse, morale, politique et sociale, même de dégénérescence de race: de toutes les nations engagées dans l\u2019atroce conflit de 1914, nulle mieux que la France ne sut démontrer ce que la guerre peut produire de forces, de ressources et de grandeur morale.Son génie militaire, son courage, sa force d\u2019âme, son martyre si fièrement subi lui eurent bientôt regagné le prestige auquel elle a droit, en la réintégrant à la tête de la civilisation.Le 11 novembre 1918 sanctionna sa victoire, couronna ses efforts.Que la France n\u2019ait pas tiré de l\u2019armistice et du traité de paix tous les fruits de sa victoire, qu\u2019elle n\u2019ait pas reçu la récompense si noblement et si ardûment gagnée, qu\u2019elle n\u2019ait pas même obtenu la compensation de ses pertes et la sauvegarde qui lui est nécessaire, la crise financière actuelle le prouve surabondamment.Mais après un tel bouleversement, après tant de catastrophes, pouvait-on espérer rétablir dans un moment et d\u2019un seul trait de plume l\u2019ordre désiré dans les conditions mondiales si profon- LE SENS DES FAITS 33 dément troublées.Il n\u2019y a donc pas lieu de s\u2019étonner ni de désespérer; c\u2019est l\u2019œuvre du temps, et seuls l\u2019effort soutenu, la patience, le travail et le courage fermeront les plaies qui saignent encore.La crise est dure et gagner la paix semble aussi ardu que de gagner la guerre.Mais la vitalité de la race n\u2019est pas morte, son génie si fécond en ressources survit dans toute sa vigueur et ceux qui ont su être si forts, ceux qui par leur courage, leur abnégation, leur amour de la patrie, leur patience inlassable, ont arraché la victoire à l\u2019ennemi, ne sont pas tous tombés! Et puis, debout les morts! Leurs ombres héroïques ne se dresseront-elles pas toujours dans un éternel memento pour sauver encore la terre généreuse où ils dorment leur glorieux et dernier sommeil.Les phalanges de la victoire encore trempées du sang et de la boue des tranchées sauront vaincre dans la paix comme elles ont su triompher dans la guerre.Le bon sens et l\u2019esprit si pratique qui caractérisent le Français moyen unis à l\u2019esprit des anciens combattants, tel qu\u2019il se révèle dans tous les carnets même les plus humbles, maintiendront l\u2019union sacrée si nécessaire au pays et réduiront à néant l\u2019effort funeste des intrigants, des sectaires et des brouillons.Le pays a appris à mieux connaître la valeur de la lutte et la nécessité de la discipline.La vie et la souffrance en commun ont atténué bien des haines et détruit bien des préjugés.La dure expérience a fait justice de bien des idées et de bien des théories.Elle a fait mieux comprendre la fausseté de certains systèmes et le mensonge de certaines doctrines, et aujourd\u2019hui une sélection pratique et éclairée est à s'élaborer par les esprits d\u2019élite et les mieux pondérés.La démocratrie en est assagie d\u2019autant.Enfin, la fatigue, le besoin de repos appellent un ordre de choses 34 LA REVUE DOMINICAINE mieux ordonné et exigent le calme et l\u2019harmonie.Les masses en seront donc moins âpres à chercher dans les luttes sociales le remède à leurs maux et l\u2019amélioration de leur sort.La raison utilitaire de la morale sous l\u2019autorité de Dieu semble mieux comprise et les grands maîtres de la pensée française semblent aujourd\u2019hui dans une large mesure redonner au Christ une loyale allégeance.La déception d\u2019un passé dont on attendait tout a créé une soif de la vérité, un besoin de croyance, et dans les idées un mouvement de recherche qui ne peuvent rester sans effet et qui en éloignant du fatras philosophique ramèneront graduellement les élites vers l\u2019ordre chrétien.L\u2019exemple héroïque des plus grands chefs de la guerre, des grands citoyens, des grands apôtres et de tous ces bons français et françaises, en contraste de tristes et de profondes défaillances, impressionne les foules et impose au moins le respect de l\u2019idée qui les a inspirés et façonnés.Au seul point de vue financier et économique, par la guerre et par les conditions qui ont suivi la paix, la France a énormément perdu, mais combien aussi n\u2019a-t-elle pas gagné par la guerre en prestige mondial, en stabilité et en progrès social et moral.La tâche est bien rude pour beaucoup dont l\u2019esprit a été tellement imprégné de fausses doctrines, dont les idées et les mœurs ont été si profondément perverties; il leur faut revenir de si loin en arrière, brûler tant d\u2019idoles, renoncer à tant de rêves, détruire tant de préjugés, et éteindre tant de haines ! Cependant l\u2019évolution actuelle, dans une grande mesure résultat pratique de la guerre et malgré les perturbations qui en sont aussi la suite naturelle, offre heureusement je crois, les signes d\u2019une renaissance vigou- LE SENS DES FAITS 35 reuse.On comprend mieux que le credo de l\u2019anarchiste n\u2019a aucune force créatrice; que l\u2019évangile du sceptique et du pessimiste n\u2019a pas de sens intelligible quand sa logique et ses commandements empoisonnent la sève même de l\u2019arbre de la vie, \u2014 anéantissant à jamais toute foi, toute espérance et toute charité et flétrissant l\u2019âme humaine jusque dans ses dernières profondeurs.La raison commence à faire le bilan de cette littérature railleuse, impie, souvent obscène, de ces philosophies aussi fantaisistes qu\u2019orgueilleuses et éphémères et enfin de cette critique cynique du christianisme, à la lumière de l\u2019expérience vécue et des résultats pratiques obtenus.L\u2019intelligence s\u2019entr\u2019ouvre à la constatation définitive que la vie n\u2019est pas une farce macabre n\u2019allant vers rien et à la merci de songes creux et de cerveaux doctrinaires; mais qu\u2019elle est un grand facteur sagement ordonné vers un seul but qu\u2019elle doit atteindre ou elle-même périr.Malgré donc les troubles qui peuvent encore bouleverser la France et qui inquiètent tant les esprits, il n\u2019y a pas lieu le crois, au pessimisme.Tout au contraire, car il se trouve en elle une immense espérance: elle possède un bien-être général, contient des éléments de force et de vertu comme le monde n\u2019en a jamais connus, elle offre de telles possibilités et de tels instruments pour le bien, elle a fait tant de choses gigantesques et s\u2019est élevée à une telle hauteur d\u2019inspiration que, comme le dit Lamartine, l\u2019esprit créateur doit nécessairement travailler à mesure que l\u2019esprit destructeur détruit.La transition sera lente, elle sera longue, vu l\u2019extrême difficulté des conditions.Elle est dure, vu le choc violent des passions et des intérêts.Mais derrière le passé qui s\u2019écroule brille une clarté nouvelle, difficile 36 LA REVUE DOMINICAINE peut-être encore à apercevoir dans la poussière que soulèvent la lutte engagée et la danse des fous ; mais elle brille quand même.Le christianisme a gravé son empreinte si profondément dans les âmes même les plus inconscientes et les plus réfractaires que malgré toutes les perturbations, la persécution voilée, les défaillances et les chutes, son sens anime encore vivement les masses.Quelle foi, quel dévouement héroïque, quelle immense charité la guerre n\u2019a-t-elle pas révélés, même et surtout chez les plus humbles ! Des abus séculaires ont produit l\u2019écroulement du vieux monde, mais déjà au milieu des décombres, dans la poudre même des effrondrements se dresse, je crois, un monde nouveau, un monde dont l\u2019enfantement, il est vrai, se fait dans les convulsions et la douleur, mais qu\u2019importe; purifié par la souffrance, il n\u2019en sera peut-être que meilleur et plus grand après l\u2019apaisement et la coordination nécessaires aux conditions nouvelles.Dieu, dit un grand poète français, est toujours l\u2019arbitre des événements et le maître des idées et la croix reste et restera toujours l\u2019instrument des grands mouvements civilisateurs ! Voilà ce que Dieu par la guerre a fait pour la France.Par la souffrance, par la douleur, il la replace dans sa voie pour que les autres peuples puissent encore s\u2019écrier dans leur admiration: \u201cGesta Dei per Francos!\u201d Quant à nous Candiens-français qui sommes aussi les fils aimants de la France, sachons orienter notre développement national dans le sens de notre mentalité, de notre langue et de sang.Puisons abondamment à la source toujours si pure et si féconde du vrai génie français.Il nous donnera non seulement les éléments LE SENS DES FAITS 37 les plus conformes à notre nature et à notre sentiment; mais nous y trouverons toujours l\u2019inspiration, la patriotisme, les plus grandes vertus \u2014 quoi qu\u2019on en dise \u2014 dans toute leur force et leur sublimité.Il nous donnera la haute culture, la philosophie et les sciences dans toute leur profondeur, les lettres dans toute leur perfection et les arts dans toute leur beauté.La France, c\u2019est notre mère ! c\u2019est notre sang ! c\u2019est notre langue ! C\u2019est elle qui a imprégné notre chair et notre sang de ces qualités et qui nous a transmis ces institutions, ces traditions qui ont fait de nous la race vigoureuse et prospère que nous sommes aujourd\u2019hui.Il ne serait être question pour nous à son égard d\u2019abandon, de reniement, mais simplement question de sélection prudente et éclairée.Malgré certaines erreurs, certain sectarisme, certains éléments et agents de dissolution, de toutes les civilisations contemporaines, la France est encore et malgré tout celle qui offre les plus grands exemples de force, de vertu, de foi, de grandeur et de beauté.Aimons-la donc passionnément et tâchons de l\u2019imiter dans tout ce qu\u2019elle a de puissant, de solide, de beau, de grand, de noble et de généreux et nous donnerons ainsi à notre jeune pays l\u2019inspiration, la vigueur et la stabilité, de même que le lustre le plus brillant que puisse désirer une jeune civilisation.Tels sont la pensée, le rêve et le vœu d\u2019un de ceux qui ont eu l\u2019honneur et le bonheur de combattre pour elle, et de la contempler dans toute l\u2019horreur et la sublimité de son martyre.R.de Salaberry.Un cours de Sir L.-A.Jette \u201cN\u2019est-ce pas une aubaine exceptionnelle de pouvoir lire, sous la plume d\u2019un juriste des mieux avertis, des 38 LA REVUE DOMINICAINE pages comme celles que nous allons reproduire\u201d.C\u2019est ainsi que monsieur Léo Pelland présente aux lecteurs de \u201cLa Revue du Droit\u201d, la leçon de feu Sir L.-A.Jetté sur la notion du mariage.Nous ne pouvons, en effet, que nous féliciter de voir exposer si lumineusement les vrais principes sur le mariage: les principes de la Morale et du Droit canonique.Ce que Sir L.-A.Jetté nous dit du mariage non seulement fait honneur à sa science juridique mais nous révèle une foi aussi profonde qu\u2019éclairée.Le mariage est d\u2019origine divine.Avant la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le mariage est un contrat naturel et divin ; depuis la venue de Jésus-Christ, le mariage est un sacrement\u201d.Et l\u2019auteur rappelle que c\u2019est une erreur condamnée par le Syllabus que de \u201cdistinguer et séparer, dans le mariage, le contrat du sacrement, et prétendre que l\u2019un, le contrat, est du ressort de l\u2019autorité civile, tandis que l\u2019autre, le sacrement, est du ressort de l\u2019autorité ecclésiastique\u201d.\u201cOr, reprend-il, si le mariage est un sacrement et qu\u2019il n\u2019y ait pas lieu de distinguer entre le contrat et le sacrement, il est évident que toute la matière du mariage est du ressort exclusif de l\u2019autorité ecclésiastique, et que le pouvoir civil ne peut élever la prétention de la régler en aucune façon\u201d.Voilà donc mis en pleine lumière, établi en toute rigueur, le fondement des droits de l\u2019Eglise en matière matrimoniale.D\u2019ailleurs l\u2019auteur lui-même marque bien nettement la délimitation des droits respectifs du pouvoir ecclésiastique et du pouvoir civil.\u201cIl résulte donc de ces principes: 1° que l\u2019Eglise seule a pouvoir et autorité sur le lien conjugal, et que, par suite, elle seule doit déterminer les conditions de sa validité, établir les empêchements et en dispenser; 2° que le pouvoir civil ne peut LE SENS DES FAITS 39 statuer que sur les effets civils du mariage, sans jamais toucher au lien, ni pour le former ni pour le dissoudre, et qu'il ne peut que reconnaître les empêchements fixés par l'Eglise, sans en déclarer lui-même\u201d.La doctrine de l\u2019Eglise ne saurait être exposée avec plus de netteté.Nous ne pouvons que souhaiter à tous nos juristes, juges ou avocats, de se faire par l\u2019étude une idée aussi nette et aussi exacte des droits de l\u2019Eglise.\u201cIl est grand temps, dirions-nous bien volontiers avec monsieur Pel-land, que l\u2019on songe à ouvrir les yeux sur ces questions d\u2019une gravité exceptionnelle.Il est grand temps surtout que les légistes et philosophes chrétiens cessent de se nourrir d\u2019illusions et d\u2019idées fausses, pour voir les choses telles qu\u2019elles sont et s\u2019efforcer de travailler, pour leur part, à remettre les choses dans l\u2019ordre\u201d.Cependant, à voir nos plus illustres juristes faire preuve d\u2019une si juste connaissance des vrais principes chrétiens, nous pouvons encore, quelles que soient les lacunes regrettables de notre droit civil, avoir confiance, et espérer qu\u2019un jour ou l\u2019autre les amendements opportuns seront faits à notre loi.Fr.Louis-Marie Sylvain, O.P.\u201cEntre deux mondes\u201d Une fois ou deux l\u2019année, ici à Ottawa, un geste s\u2019esquisse, toujours le même, qui reçoit une réponse jamais démentie: une œuvre éminemment charitable jette un appel, des dévoûments se coalisent, un maître fera entendre une parole réputée, des artistes distingués interpréteront quelques chefs-d\u2019œuvre, une soirée est organisée qui réunira l\u2019élite d\u2019une Capitale dans la beauté et la charité.Le dernier de ces concerts-causeries au 40 LA REVUE DOMINICAINE profit de Y Œuvre des Vocations dominicaines était donné le 5 décembre, à la salle Saint-Jean-Baptiste, sous la présidence de l\u2019Honorable Juge Thibaudeau Rinfret.Le conférencier, Monsieur Edouard Montpetit, présenté par le T.R.Père Forest, O.P., commenta ce titre suggestif : Entre deux mondes.L\u2019effet oratoire et artistique d\u2019une semblable soirée mériterait d\u2019être reproduit.Bornons-nous faute d\u2019espace à traduire le sens du fait.Les trois mots, évocateurs d\u2019immensité océanique, auxquels l\u2019écrivain Guil-lielmo Ferrero confiait naguère les impressions d\u2019une traversée, qui longtemps d\u2019avance sur un programme ont fait rêver, que l\u2019on a vu ensuite jeter en saillie de si originales conceptions, résument encore l\u2019impression même de cette conférence, devant cette assemblée, pour cette œuvre : Entre deux mondes.Un Ordre religieux est un monde qui a sans doute sa grandeur.Certaines de ces familles se sont composé, durant des siècles d\u2019un glorieux labeur, des armoiries qui en valent bien d\u2019autres.Les plus récentes et les plus modestes Congrégations, de par leur seule vocation, appartiennent à la même noble chevalerie, ont pris rang dans la même aristocratie de l\u2019âme et de la pensée que n\u2019a pas de peine à reconnaître l\u2019aristocratie au sens profane quand elle est véritable.Cependant, si bien dorés que soient de part et d\u2019autre les blasons, leurs ornements trahiront toujours des origines, une vie, des aspirations différentes.C\u2019est pourquoi l\u2019autre soir, devant l\u2019auditoire qu avait groupé une œuvre de vocations religieuses, nous nous sentions, autour du conférencier, réellement placés entre deux mondes.A cette soirée, toutes les catégories du monde profane, ou du monde tout court, étaient représentées. l\u2019esprit des livres 41 Ministres, sénateurs, juges, députés, hauts fonctionnaires civils, d\u2019abord groupés en comité de Patronage, ont encore voulu pour la plupart payer de leur présence.Des artistes déjà bien connus, qui mériteraient la grande réputation, trouvent assez élevé ce théâtre où leur talent peut se parer de simplicité en même temps que de fini.Un professeur d\u2019Université apporte avec une bienveillance fraternelle son mot châtié où il dira à un maître reconnu l\u2019estime de toute une famille et son admiration personnelle.Enfin, dominant tout cet auditoire de son imposante dignité, l\u2019Honorable Président saura trouver le plus fin remerciement à l\u2019adresse du conférencier qui venait de nous tenir plus d\u2019une heure entre deux mondes.Monsieur Montpetit y a peut-être réussi plus qu\u2019il ne voudrait le croire.Nous osons nous flatter que ses paroles ont été comprises.Cette philosophie d\u2019une attitude, d\u2019un geste, d\u2019un mode de vivre était trop directement tirée du fait, trop manifestement mise en lumière pour ne pas marquer dans les intelligences.La leçon profitera.Les nôtres se rappelleront comment leur tenue doit, ici, manifester leur origine française et, en France, accuser leur âme nationale.Et voilà ces deux mondes tour à tour visités dans cette conférence, à la recherche toujours d\u2019un point de jonction quelquefois assez difficile à apercevoir, toujours agréable à vérifier, plus utile encore à approfondir.Mais \u2014 Monsieur Montpetit nous le pardonnera, il en a été la seule cause \u2014 nous nous sommes quelquefois laissés distraire de ce qu\u2019il nous disait pour voir, dans ce qu\u2019il ne disait pas et ne voudrait pas dire, mais que proclame sa personne et toute son œuvre, comment s\u2019est réalisé magnifiquement pour l\u2019un des nôtres cette union du meilleur de l\u2019âme française et de l\u2019âme canadienne.Personne plus 42 LA REVUE DOMINICAINE que M.Montpetit n\u2019a aimé ces deux âmes, n\u2019a cherché davantage à les pénétrer et à les compénétrer.Personne n\u2019a mieux servi la tradition française par une pensée plus fidèlement nationale, et donc, ne représentait mieux pour nous ce soir-là le point de contact qui peut exister entre deux mondes.s\tP.R.-M.Voyer, O.P.Dans l\u2019Ordre Italie.\u2014A la charge de Maître du Sacré-Palais Apostolique laissée vacante à la fin du mois de juillet dernier par la mort du Révme Père Albert Lepidi, le Saint-Père Pie XI, glorieusement régnant, a daigné nommer, par l\u2019intermédiaire de la Secrétairerie d\u2019Etat, le T.R.P.Marc Sales, de l\u2019Ordre des Prêcheurs, et présentement professeur de Théologie dogmatique positive à l\u2019Univer-sit écatholique de Fribourg, en Suisse.Le Révme P.Marc Sales est né à Sommariva Bosco, au diocèse de Cunéo (Italie), le 2 octobre 1877, et entra étant encore fort jeune, dans l\u2019Ordre des Frères-Prêcheurs où il fit profession le 4 octobre 1893.Ayant terminé ses études philosophiques et théologiques au couvent dominicain de Chieri (Turin), en 1900, et obtenu le grade de Lecteur en Sacrée Théologie, il commença immédiatement sa carrière d\u2019enseignement en ce même couvent de Chieri.Agrégé en mai 1905 à la Faculté Théologique Pontificale de Turin en qualité de Licencié, il fut nommé le 24 octobre 1909 professeur au Collège Pontifical \u201cAngélique\u201d qui venait d\u2019être fondé alors à Rome.Après les années régulières d\u2019enseignement, il fut promu le 8 octobre 1911 au grade de Maître en Sacrée Théologie.Peu de temps après il fut désigné comme professeur de Théologie dogmatique positive à l\u2019Université catholique LE SENS DES FAITS 43 de Fribourg, en Suisse, d\u2019où il vient d\u2019être appelé pour remplir la charge de Maître du Sacre-Palais Apostolique, laquelle, selon une antique et constante tradition, a toujours été confiée à un fils de saint Dominique.Les soucis de l\u2019enseignement n\u2019ont jamais absorbé toutes les énergies de son exubérante activité, car il sut toujours trouver du temps pour vaquer au ministère soit de la parole soit de la plume.Comme prédicateur il s\u2019est acquis une réputation justement enviée, et comme écrivain il a publié dans diverses revues, et notamment dans la revue \u201cDivus Thomas\u201d, de Plaisance, des articles qui furent très appréciés.Durant son long séjour à Fribourg il fut comme le Missionnaire apostolique des Italiens résidant en Suisse.Le Père Sales est universellement connu et apprécié parmi les savants par sa publication de la Bible, accompagnée d\u2019une traduction et de commentaires en italien.Ce travail sera bientôt terminé, l\u2019édition en étant rendue présentement à son septième volume.Le départ du R.P.Sales, lisons-nous dans la Liberté de Fribourg, sera une grande perte pour notre Université, où il était très estimé et très aimé.Sa nomination à une des plus hautes charges du Vatican lui fait grandement honneur; cette honneur rejaillit sur le corps professoral de l\u2019Université en même temps que sur les Dominicains de Fribourg.La charge de Maître du Sacré Palais Apostolique fut établie sous le Pape Honorius III, en 1218, sur le conseil de saint Dominique.Celui-ci avait remarqué que, lorsque les cardinaux et personnages de marque allaient voir le Souverain Pontife, qui alors habitait sur l\u2019Aventin, leurs familiers perdaient leur temps dans les antichambres.Il proposa au Souverain Pontife de les occuper par des prédications et des catéchismes.Le Pape approuva l\u2019idée et 44 LA REVUE DOMINICAINE chargea saint Dominique lui-même de la mettre à exécution.Les prédications du saint produisirent tant de fruit que Honorius III voulut rendre stable cette institution.Telle est l\u2019origine de la charge de maître du Sacré Palais.Les Papes confièrent cette charge à un théologien de l\u2019Ordre de saint Dominique et les attributions en furent étendues jusqu\u2019à faire du maître du Sacré Palais le théologien du Souverain Pontife.Sous le Pape Calixte III (1456), il fut chargé de nommer les personnes qui devaient prêcher devant le Pape et de surveiller leur orthodoxie.Aujourd\u2019hui encore, les discours qui doivent se prononcer en chapelle lui sont préalablement soumis.De même aucun ouvrage sur la théologie, le droit canonique ou l\u2019histoire ecclésiastique ne peut être publié à Rome par un prêtre ou un religieux sans l\u2019approbation et la permission du Cardinal-Vicaire et du Maître du Sacré Palais.Cette charge vaut à son titulaire la dignité de prélat palatin, avec une place spéciale dans les chapelles papales, dans les cortèges et cérémonies officielles; elle lui donne le droit de faire partie d\u2019un certain nombre de Congrégations romaines : le Saint-Office, les Rites, l\u2019Index, les Indulgences et Reliques.Au cours des siècles, bon nombre de ces prélats furent élevés aux honneurs de la pourpre cardinalice: sur un total de 80 maîtres du Sacré Palais, on compte 18 cardinaux.Avant les événements de 1870, ce dignitaire habitait un appartement préparé exprès pour lui, au Quirinal, et dont une des salles avait en peinture toute la série des Maîtres du Sacré Palais, de-pi is saint Dominique jusqu\u2019au dernier en charge.Les attributions et les honneurs attachés à cette dignité montrent l\u2019importance des fonctions du Maître du Sacré Palais. LE SENS DES FAITS 45 \u2014 Le R.P.Cordovani, O.P., professeur à l\u2019Université catholique de Milan, a été nommé membre de l\u2019Académie Romaine de Saint-Thomas d\u2019Aquin.\u2014 Le T.R.P.Hugon, O.P., représentait officiellement le Collège Angélique aux Fêtes du cinquantenaire des Facultés catholiques de Lyon.\u2014 D\u2019un rapport présenté par le R.P.Fanfani, pos-tulateur des causes dominicaines, il ressort que l\u2019on est en droit d\u2019espérer prochainement la canonisation de la Bienheureuse Imelda Lambertini, patronne de la Première Communion.Sont également en très bonne voie, la cause des 1,315 martyrs tonkinois tués en haine de la foi, de 1856 à 1862 ; de même la béatification du vénérable L.-M.Calco; de la Bse Anne Monteagudo d\u2019Aréquipa (Pérou) ; de la vénérable Catherine Paluzzi, dominicaine de Mor-lupo (Italie) ; du vénérable Placide Baccher, 257 martyrs d\u2019Irlande, dont 101 appartiennent à l\u2019Ordre Dominicain.On espère l\u2019introduction prochaine de la cause de Catherine Jarrige, dite Catinon-Menette, de Saint-Flour; de la Rde Mère Claire Moess, de Limpersberg, et de la Rde Mère Agnès, du Saint-Esprit de Valence (Espagne).Par contre, des motifs d\u2019opportunité, d\u2019ailleurs extrinsèques au procès lui-même, retarderaient l\u2019introduction de la cause des martyrs d\u2019Arcueil.Enfin, la cause de la vénérable Mère Agnès de Langeac, dont l\u2019héroïcité des vertus a été proclamée, demeurerait en suspens en attendant que des miracles soient proposés à l\u2019examen du Saint-Siège pour la béatification de la servante de Dieu.\u2014 On sait que lorsqu\u2019en 1921, les autorités municipales firent ériger la statue de Savonarole sur la place où il avait subi le supplice du feu, on avait voulu donner au monument une signification antireligieuse en opposition flagrante avec le caractère historique du Prieur de saint Marc.Les catholiques florentins demandent que 46 LA REVUE DOMINICAINE la statue soit retournée face à l\u2019église, que la croix soit replacée dans la.main du martyr et que soit enlevée l\u2019inscription injurieuse du socle.\u2014 Le Cardinal Merry del Val a accepté la présidence du Comité constitué dans le but de promouvoir dans la Basilique Vaticane un monument à la gloire de sainte Catherine de Sienne, protectrice spéciale de la papauté.\u2014 Un bref apostolique a concédé le titre de Basilique Mineure à l\u2019église Saint-Dominique de Sienne.\u2014 M.Mussolini a assisté dernièrement à la bénédiction de la première pierre d\u2019une église qui doit être érigée à Dovia, son pays natal, sous le patronage de sainte Rose de Lima.\u2014 Un décret spécial du gouvernement assimile aux Instituts d\u2019Etat l\u2019Institut de Marie-Immaculée, annexé à l\u2019Université catholique de Milan et voué spécialement à la haute culture de la jeunesse féminine.Espagne.\u2014Le grand couvent de Corias où se tint le dernier Chapitre Général de l\u2019Ordre, recevait dernièrement la visite du Prince héritier de la Couronne d\u2019Espagne.Le Prince des Asturies fut solennellement reçu avec sa suite à l\u2019entrée du couvent par la communauté assemblée, puis après être entré pour prier dans l\u2019église, il parcourut l\u2019ensemble des lieux réguliers.Un dîner fut servi sous le cloître attenant au jardin et le Prince, pour laisser au couvent un souvenir de sa visite, apposa sa signature sur une Somme théologique de saint Thomas d\u2019Aquin, enrichie déjà d\u2019un autographe du pape Léon XIII.France.\u2014Le T.R.P.Raymond Louis, Provincial de Paris, a lu un rapport sur Les mères et le sacerdoce au Congrès de recrutement sacerdotal tenu à Paris les 21-28 novembre 1925. LE SENS DES FAITS 47 \u2014 Il nous est agréable de présenter à nos Cercles d\u2019études, ainsi qu\u2019aux Canadiennes séjournant en France, le Cercle thomiste féminin et la Revue du Cercle thomiste féminin, dirigés par le R.P.Pellaube, doyen de la Faculté de Philosophie à l\u2019Institut Catholique de Paris.Cette œuvre, qui a son siège à Paris, 20 rue Monsieur, a reçu la plus haute approbation, celle de Sa Sainteté le Pape Pie XI, dans une lettre du 13 juillet 1925 à son Directeur, le R.P.Peillaube.Cette approbation a été réitérée par Sa Sainteté dans une seconde lettre (8 septembre 1925), en réponse à l\u2019hommage du Tome I (année 1924) de la Revue Lumen, qui publiait les cours de l\u2019Œuvre, dirigée par le R.P.Peillaube.Le Saint Père y félicite ce dernier \u201cde la belle part faite dans ce Recueil à la doctrine de l\u2019Ange de l\u2019Ecole\u201d.Ce que loue Pie XI dans la Revue, c\u2019est l\u2019exposition de la doctrine thomiste.Cette nouvelle approbation de la direction donnée à l\u2019Œuvre, dès son origine, a encouragé les professeurs à marcher de plus en plus dans la même voie et les a confirmés dans la décision prise de marquer nettement le caractère de l\u2019Œuvre par l\u2019appellation de Cercle Thomiste Féminin.Cette appellation leur a déjà valu des demandes d\u2019affiliation de la part de plusieurs associations féminines d\u2019études thomistes en province et à l\u2019étranger.L\u2019Œuvre comprend maintenant: le Cercle Thomiste Féminin, et la Revue du Cercle Thomiste Féminin (autrefois Lumen), qui lui servira d\u2019organe.Le Cercle Thomiste Féminin est un Cercle d\u2019Ensei-gnement, complété par des Retraites mensuelles et par un Ouvroir liturgique.Les cours ont lieu le lundi, à 2 h.Yi précises, de novembre à juin. 48 LA REVUE DOMINICAINE Saint Paul et saint Thomas y sont étudiés dans le texte même de leurs écrits : les Epîtres et la Somme théo^ logique.Essentiellement doctrinal, l\u2019enseignement embrasse les matières suivantes : Philosophie chrétienne, Ecriture Sainte, Théologie dogmatique, morale, ascétique et mystique, Histoire de l\u2019Eglise, Liturgie.Ayant affaire à des personnes du monde qui désirent s\u2019initier à la Théologie, les professeurs ont le plus grand souci de la précision et de la clarté.Le cours, d\u2019une heure environ, est suivi d\u2019une discussion \u2014 d\u2019ordinaire très animée et d\u2019une durée souvent égale à celle de la leçon \u2014 où chacune des auditrices peut demander les éclaircissements nécessaires, et toutes profitent des réponses faites.Le but du Cercle n\u2019est pas seulement de s\u2019exercer à la réflexion, ou de s\u2019imposer une discipline intellectuelle, ou même de s\u2019instruire des vérités de la foi \u2014 ces avantages sont plutôt des moyens; \u2014 il cherche surtout à fonder sur le dogme la vie spirituelle.Objet et terme de l\u2019étude, cette vie spirituelle st orientée et alimentée par tout l\u2019enseignement; toutefois, elle l\u2019est d\u2019une manière plus spéciale par les Exercices spirituels de la Retraite du mois : Messe avec Instruction, Méditation d\u2019une heure, Examen de conscience d\u2019un quart d\u2019heure.Les membres du Cercle ont aussi fondé un Ouvroir liturgique fonctionnant sous la direction des Moniales Bénédictines.Cet Ouvroir a pour but la confection des ornements sacrés et de la lingerie d\u2019église.C\u2019est une occasion pour les membres du Cercle de se réunir, de se connaître et de s\u2019employer ensemble à une œuvre utile: l\u2019Ouvroir travaille au profit des Missions, des Chapelles auxiliaires de l\u2019archidiocèse, et, en général, des églises pauvres, selon les ressources dont il dispose.On y entend tantôt une causerie liturgique, tantôt une lecture choisie.L\u2019Ouvroir se réunit le vendredi, à 2 h.Yi. LE SENS DES FAITS 49 La Revue du Cercle Thomiste féminin paraît une fois par mois, durant l\u2019année scolaire, de Décembre à Juillet.Elle publie : 1° La plupart des Cours ; 2° Des articles sur les matières enseignées au Cercle; 3° Des notes sur les notions essentielles, dont la connaissance est indispensable pour s\u2019initier à la doctrine de saint Thomas; 4° Les comptes-rendus des Cours, des Retraites, de tout ce qui constitue la Vie du Cercle; 5° Des plans de Cercles d\u2019études, permettant aux membres du Cercle ou aux lectrices de la Revue d\u2019appliquer plus facilement à l\u2019apostolat l\u2019enseignement reçu; 6° Une Bibliographie critique des livres et articles de Revues se rapportant aux matières de notre enseignement; 7° Une Chronique.La Revue voudrait être l\u2019instrument de travail et le lien des dames et jeunes filles \u2014 elles sont beaucoup plus nombreuses qu\u2019on ne pense \u2014 qui ambitionnent de s\u2019initier à la Théologie et aux Sciences Sacrées, en vue d\u2019une vie spirituelle plus profonde et d\u2019un apostolat plus fécond.La Revue est toujours à la recherche des meilleurs moyens de se rendre utile à celle qui sont empêchées de suivre les Cours.C\u2019est ainsi qu\u2019elle propose et corrige des devoirs, et qu\u2019elle s\u2019efforce de répondre aux questions qui lui sont posées dans le domaine propre de son enseignement.La Revue: 20 fr.pour la France, et 30 fr.pour l\u2019Etranger.Un numéro: 4 fr.Les Cours: 100 fr.Une entrée: 5 fr.Pour tous les envois d\u2019argent, s\u2019adresser à Mlle Roze Alice, 43, rue Saint-Placide, Paris (6e). 50 LA REVUE DOMINICAINE Canada.\u2014La soirée de charité organisée à Ottawa par le R.P.Leduc, au profit de l'Œuvre des Vocations dominicaines, a rapporté la somme de $725, et à cette occasion une bourse de $5000 a été fondée par un bienfaiteur qui nous prie de taire son nom.\u2014 Le R.P.Hyacinthe Dussault a été assigné au Couvent de Saint-Hyacinthe et le R.P.Paul Monty, à la Maison vicariale de Québec.\u2014 Le \u201cRosaire pour tous\u201d, numéro de janvier, vient de paraître sous un format agrandi et une couverture des plus attrayantes.Le prix de l\u2019abonnement n\u2019est pas changé pour les abonnés déjà en règle pour l\u2019année 1926.Les autres voudront bien se conformer au nouveau tarif qui comporte une augmentation de 15 sous, soit : 50 sous pour un abonnement par la poste et 40 sous pour un abonnement par l\u2019intermédiaire d\u2019une zélatrice.\u2014 Une messe est dite chaque jour aux intentions des abonnés de la Revue Dominicaine.Une affiliation 'perpétuelle à VŒuvre du Noviciat \u2014 voir plus loin les avantages qu\u2019elle représente \u2014 est accordée à toute personne qui nous fait parvenir 20 nouveaux abonnements.Quiconque envoie 10 abonnements reçoit le onzième gratis.\u2014 L\u2019Œuvre du Noviciat, fondée depuis 1896, a pour but de recueillir les offrandes des personnes charitables qui veulent assister les Pères Dominicains dans le maintien de leurs noviciats, simple et profès, de St-Hyacinthe et d\u2019Ottawa.Cette Œuvre, d\u2019intérêt public, \u2014 puisque l\u2019apôtre se doit indistinctement à tous, \u2014 a été, dès le début, chaleureusement recommandée par les plus hautes Autorités religieuses, qui comprennent mieux que personne la nécessité d\u2019une longue préparation religieuse et théologique pour assurer la formation de bons missionnaires.Mais, on le comprend, cette préparation, qui dure plus de LE SENS DES FAITS 51 at ter- sept années, entraîne des frais considérables; c\u2019est pour aider à couvrir une partie de ces frais que YŒuvre a été fondée.\u201cQuiconque, dit N.S., donnera un verre d\u2019eau froide à l\u2019un de mes disciples, parce qu\u2019il est mon disciple, ne perdra pas sa récompense.\u201d Que penser alors de la récompense assurée à ceux qui n\u2019hésitent pas à s\u2019imposer de véritables sacrifices pour favoriser la vocation et la formation de missionnaires dont toute la vie est consacrée à faire connaître et aimer Dieu ! \u201cCelui qui reçoit le Prophète entrera dans la récompense du Prophète.\u201d C\u2019est dire clairement la large part que prennent dans la récompense, ceux qui contribuent de quelque manière au triomphe du bien, fût-il accompli par d\u2019autres.Dès lors, les Bienfaiteurs de YŒuvre du Novicat, en assurant dans une certaine mesure la formation de missionnaires pauvres, se donnent le droit incontestable de réclamer devant Dieu leur part de récompense pour toutes les bonnes œuvres accomplies par ces généreux ouvriers.L\u2019Ordre de S.Dominique, considérant comme fait au corps entier le bien fait à l\u2019un ou l\u2019autre de ses membres, met à la disposition de ses bienfaiteurs les richesses de son trésor spirituel : 1*\u2014Participation aux messes, prières, bonnes œuvres et mérites de l\u2019Ordre de S.Dominique près de 5000 messes, chaque jour; office solennel du jour et de la nuit; prières et travaux de ses missionnaires, de ses religieux et religieuses; mérites de ses Saints et Bienheureux, de ses Martyrs (40,000), etc.2-\u2014Après la mort, participation aux suffrages de l\u2019Ordre:\u2014plus de 90,000 messes basses, tous les ans; 4 services anniversaires dans tous les couvents ; une messe chantée et l\u2019office des morts psalmodié en commun toutes les semaines, etc.ARCHIVES DE LA Province de Québec 52 LA REVUE DOMINICAINE 3.\t\u2014Une messe votive du S.Rosaire tous les samedis, au Couvent de S.Hyacinthe, en faveur des membres vivants et défunts de YŒuvre.4.\t\u2014Une messe à la mort de chaque membre, ayant plus de trois mois d\u2019admission.Non seulement les Bienfaiteurs vivants, mais leurs parents et leurs amis défunts peuvent aussi bénéficier de ces précieux avantages, si l\u2019offrande est faite dans cette intention.L\u2019Ordre de S.Dominique est celui dont la règle ordonne le plus grand nombre de prières pour les morts; les 90,000 messes prescrites chaque année, exclusivement pour ses membres et bienfaiteurs défunts, le prouvent éloquemment.Aussi bien, l\u2019on ne saurait mieux s\u2019attirer la reconnaissance des défunts, particulièrement de ceux qui nous sont chers, qu\u2019en leur assurant la faveur de puiser dans cet océan de mérites, par le don généreux d\u2019une Affiliation 'perpétuelle à VŒuvre du Noviciat.On peut s\u2019affilier à Y Œuvre du Noviciat en n\u2019importe quel temps de l\u2019année.L\u2019affiliation est temporaire ou perpétuelle.L\u2019Affiliation temporaire dure douze mois; l\u2019affiliation perpétuelle, comme le mot l\u2019indique, dure toute la vie, et se continue après la mort, aussi longtemps qu\u2019il en est besoin.Pendant le temps de l\u2019affiliation, soit temporaire, soit perpétuelle, la personne affiliée, vivante ou défunte, participe à tous les mérites de VOrdre.Le Bureau de Y Œuvre fait parvenir à tous les membres, soit directement, soit par les Zélatrices, un reçu ou diplôme qui indique le nombre du membre, la valeur de l\u2019offrande, la date de réception et le terme de l\u2019affiliation.Lorsqu\u2019il s\u2019agit des défunts, le diplôme est remis à la personne qui a versé l\u2019aumône.On bénéficie d\u2019une affiliation temporaire en faisant une aumône de 25 sous, chaque année.Il faut transmettre en même temps au Bureau de YŒuvre les aumônes re- LE SENS DES FAITS 53 cueillies et les noms des personnes qu\u2019on désire affilier à cette Œuvre.On peut aussi s\u2019affilier à cette Œuvre pour toute sa vie et après sa mort, en versant, en une seule fois, ou dans l\u2019espace d\u2019un an, $15.00 pour un membre vivant, et $10.00 pour un membre défunt.Une prime sera expédiée à toute personne qui nous transmettra directement quatre affiliations ($1.00) à YŒuvre du Noviciat.Toute zélatrice qui remplit 8 cahiers de YŒuvre du Noviciat ou recrute de nouveaux abonnements à la \u201cRevue Dominicaine\u201d ou au \u201cRosaire pour tous\u201d pour la somme de $20, a droit à une affiliation perpétuelle, pour elle-même, ou pour la personne qu\u2019elle nous désignera.\u2014 A tous nos abonnés, lecteurs, collaborateurs, propagandistes, nous offrons nos souhaits les plus sincères de bonne et heureuse année.Des liens s\u2019établissent entre une revue et son public, que chaque année rend plus forts, plus efficaces.En ce qui nous concerne, les témoignages verbaux ou écrits confirment le fait, dû en grande partie à l\u2019influence doctrinale qui se dégage de nos visites mensuelles.Il est requis deux conditions pour ressentir cette influence et la subir sans disgrâce: aimer la vérité pour elle-même et non pour les intérêts qu\u2019elle pourrait à l\u2019occasion servir ou desservir; s\u2019assurer si la formation antérieurement reçue laissait place à la vie mentale ou si elle fut déposée en couches sédimentaires comme les formations du globe terrestre.Il est évident qu\u2019en ce dernier cas toute influence s\u2019annihile et tout progrès devient impossible.Nous continuerons pour notre part à enseigner le vrai sans nous préoccuper des passions du jour ni des routines stratifiées.C\u2019est le meilleur cadeau que nous puissions offrir à ceux qui s\u2019intéressent à notre œuvre. 54 LA REVUE DOMINICAINE Nous comptons en retour sur la sympathie constante de nos abonnés.Nous comptons même sur leur aide matérielle, mais par la voie ordinaire qui consiste à solder les arrérages, à payer d\u2019avance l\u2019abonnement subséquent, ou à donner avis en cas de renonciation.Il nous plaît ici de transcrire ce que M.l\u2019abbé Arthur Robert, directeur du Canada Français, enseignait dans son dernier cours de Semaine Sociale intitulé: \u201cLa justice et les dettes\u201d.M.Robert parle d\u2019expérience, mais à l\u2019encontre de la formule usitée, il n'est pas payé pour savoir! \u201cOn s\u2019abonne à un journal, on reçoit un périodique.Le paiement de la première, de la deuxième, voire de la troisième année va bien à l\u2019ordinaire, mais après.Demandez aux intéressés, et je vous en prie, prenez en bonne part leurs plaintes.Sans scrupule, on continue à recevoir ces feuilles sans même penser à s\u2019acquitter de la note très souvent reçue.Je mets le doigt ici sur une plaie dont souffrent surtout les bons journaux et la presse catholique en général.Ces abonnements non payés et qui parfois remontent à plusieurs années sont de vraies dettes et c\u2019est manquer à la plus élémentaire justice que de ne pas les solder.\u201d Fra Domenico.\u2014 ^- L\u2019ESPRIT DES LIVRES Johannes Lottini, O.P.\u2014 Divi Thomæ Aquinatis Summa Theologica in breviorem formam redacta, usui Seminariorum aptata,\u201d Marietti, Romæ -Taurini, 1925.Pars.I, pp.698.La S.Congrégation des Séminaires et Universités a prescrit le 7 mars 1916, pour tous les élèves qui ambitionnent les grades académiques en théologie, l\u2019usage de la Somme Théologique de l\u2019esprit des livres 55 saint Thomas comme manuel pour la partie scolastique, simultanément avec quelque autre manuel qui donne l\u2019ordre logique des questions et les preuves tirées des deux sources de la vérité révélée, nos Livres Saints et l\u2019enseignement traditionnel de l\u2019Eglise.L\u2019étude de la doctrine de saint Thomas, puisée à sa source même, a reçu de là une forte impulsion.Mais en même temps, tous les professeurs ont été à même de constater à quelles difficultés se heurtent les élèves qui abordent directement l\u2019étude de la Somme.Deux obstacles entre autres les arrêtent de prime abord.S\u2019il était permis de donner un tour plaisant à des choses très sérieuses, on pourrait dire que c\u2019est la matière et la forme.C\u2019est d\u2019abord l\u2019ampleur de la matière qu\u2019on leur propose d\u2019étudier.Les plus modestes manuels de théologie comprennent au moins trois volumes de théologie dogmatique et deux volumes de théologie morale.Ces manuels indispensables sont déjà considérables, trop longs même assez souvent.Et l\u2019élève qui doit étudier la Somme ee trouve de plus en présence d\u2019un ouvrage qui comprend, dans l\u2019édition manuelle dite Léonine, 5 volumes de texte compact.C\u2019est plus de 3000 articles d\u2019une page et demie environ qu\u2019il faudrait lire et méditer.C\u2019est une matière énorme.D\u2019autant plus que ces articles ne se rapportent qu\u2019à une partie seulement des questions théologiques qui doivent être étudiées.Le développement théologique a en effet fait naître un bon nombre de questions qu\u2019on ne songeait même pas à se poser au temps de saint Thomas.Sans doute, tout n\u2019a pas la même importance dans la Somme, et tout ne mérite pas la même étude.Mais l\u2019élève, précisément parce qu\u2019il est l'élève et débute dans les connaissances théologiques, n\u2019a pas l\u2019esprit d'analyse nécessaire et est incapable de saisir rapidement et du premier coup ce qu\u2019il peut omettre, ce qu\u2019il peut se contenter de parcourir rapidement, et ce qui doit le retenir.Sans un guide expérimenté, il est exposé à se décourager ou à se morfondre en tâtonnements inutiles.Le deuxième obstacle que rencontre l\u2019élève, c\u2019est la forme même qu\u2019a donnée saint Thomas à son enseignement.Toutes les questions sont traitées exactement de la même manière et avec la même ampleur.Saint Thomas expose de la même manière la question TJtrum personae (divinae) distinguantur per relationes ?(Pars I, q.40, a.2) et la question Utrum {aqua) defeat in magna quantitate (vino consecrando) apponi f (Pars III, q.74, a.8).Toutes les questions donnent lieu à au moins trois objections, par lesquelles débutent tous les articles.Ces objections sont résolues ou réfutées à la fin de l\u2019article après l\u2019exposé de la doctrine.Cette manière de procéder est basée sur la logique de notre esprit, et elle a en soi une grande valeur pédagogique, puisqu\u2019elle tend à créer le doute méthodique, essentiel à toute investigation profonde de la vérité.Mais, en fait, cette manière de lui présenter les vérités, même les plus simples, en grand appareil et toutes hérissées de difficultés, est pour l\u2019élève, pour le débutant surtout, plutôt un obstacle qu\u2019un secours.Le P.Lottini, O.P., commissaire général du Saint-Office, s\u2019est impose la tâche très considérable et très louable de faire disparaître ces deux obstacles et de rendre ainsi l\u2019étude de la Somme plus facile et plus profitable aux élèves.Le premier volume de son travail, qui contient la Pars Prima, vient de paraître. 56 LA REVUE DOMINICAINE L\u2019auteur s\u2019est d\u2019abord proposé d\u2019abréger le texte, sans faire de retouches, mais en retranchant tout ce qui n\u2019est pas immédiatement nécessaire à l\u2019intelligence de la doctrine à exposer.' A première vue, la manière la plus simple de diminuer le volume de la Somme semblerait être de supprimer les objections et les réponses, et de ne retenir que le corps de l\u2019article.Mais, comme le fait observer justement le P.Lottini dans sa préface, beaucoup de notions très utiles, dostrinae scitu utiles guam maxime, se rencontrent dans les réponses aux objections.Il a donc voulu faire mieux.Il a glané partout tout ce qui est vraiment utile.C\u2019est-à-dire qu\u2019il a fait pour l\u2019élève, à qui manquent le temps et la compétence pour faire intelligemment ce travail, le triage de tout ce qu\u2019il y a de meilleur et de plus propre à élucider la question étudiée.Dans l\u2019édition du P.Lottini, l\u2019élève aura donc le texte de la Somme, allégé d\u2019une partie considérable moins immédiatement utile, ou franchement inutile, où il aurait été exposé à perdre sou temps, sans cependant avoir la moindre crainte d\u2019avoir négligé rien d\u2019important de la doctrine du grand docteur.Le côté le plus intéressant, et, disons-le, le plus délicat, du travail du P.Lottini, c\u2019est la forme nouvelle sous laquelle il a eu la hardiesse de présenter le texte de la Somme.Il s\u2019est appliqué à lui donner dans la mesure du possible la forme plus pédagogique, lentement élaborée par les siècles, de nos manuels d\u2019aujourd\u2019hui.La matière est divisée en traités, trois dans chacune des trois parties.Les traités sont divisés en chapitres, qui répondent ordinairement aux questions de saint Thomas.Mais les articles, qui se déroulent dans la Somme avec la régularité d\u2019un défilé militaire, sont sacrifiés.Ils sont fondus dans un texte continu, divisé en paragraphes, auxquels sont ajoutés des titres appropriés en caractères gras: Ratio capitis, Quaestio, Conclusio, Scholion, Corollarium, Prob.Resp.lo 2o 3o, etc., ou même une courte proposition qui résume la doctrine.Les objections, quand elles sont conservées, en petit nombre, sont rejetées après les conclusions.Grâce à ce procédé, et à quelques transpositions, l\u2019auteur est arrivé à donner au texte de saint Thomas l\u2019ordre logique accoutumé des auteurs modernes: état de la question, proposition, preuves, objections, corollaires.Le texte de la Somme ainsi disposé présente un tout autre aspect.On ne manquera pas de crier au travestissement.Le P.Lottini a prévu les critiques.Il a passé outre, et il semble qu\u2019il a bien fait.Il n\u2019a pas voulu faire œuvre d\u2019art, il n\u2019a pas voulu refaire la Somme, il a simplement voulu en rendre la doctrine, et même le texte, plus accessible aux élèves.Or, sans aucun doute, les élèves trouveront là l\u2019aide la plus précieuse pour s\u2019assimiler sûrement et rapidement la doctrine de la Somme.Bien que la mosaïque composée par le P.Lottini n\u2019ait pas le bel aspect que présente l\u2019architecture régulière des articles de la Somme, le texte se lit très bien, et il y a bien des professeurs qui seront très heureux de se servir de ce travail fait pour les élèves, et d\u2019y trouver une orientation lumineuse à travers la doctrine de saint Thomas, sans être obligés de battre le fourré des objections.On pourrait même ajouter qu\u2019il est à souhaiter que la voie ouverte par le P.Lottini soit féconde.La Somme ne peut remplacer les manuels, ne fût-ce que pour la raison indiscutable qu\u2019elle est muette sur des traités entiers, comme par exemple sur le traité L'ESPRIT DES LIVRES 57 de l\u2019Eglise.i Le Saint-Siège, d\u2019ailleurs, demande seulement qu\u2019elle spit suivie pour la partie scolastique.Ne serait-il pas désirable d'avoir réunie dans un volume de format raisonnable cette partie scolastique des questions dogmatiques et morales de nos manuels, que les élèves peuvent difficilement tirer eux-mêmes de la Somme ?En attendant, on peut prédire que les élèves aimeront à commencer l\u2019étude de la doctrine de saint Thomas, sous la conduite du P.Lottini et que son livre obtiendra auprès d\u2019eux le succès qu\u2019il mérite.Henbi Jeannotte, P.S.S.Louis-Philippe Geoffrion.\u2014 \u201cZigzags autour de nos parlers.\" (Deuxième série.) Chez l\u2019auteur, 125, rue de la Claire-Fontaine, Québec.Il y a tout juste un an paraissait la première série de ces observations linguistiques.Le succès a incité M.Geoffrion à réunir en un deuxième volume les chroniques publiées sous ce titre dans le Soleil de Québec et dans la Presse de Montréal où la rubrique s\u2019étale, chaque samedi, au milieu d\u2019une mosaïque d\u2019annonces mirobolantes.De par sa fonction de secrétaire de la Société du parler français au Canada, l\u2019auteur est depuis longtemps un observateur de nos parlers.Il s\u2019est acquis une réputation de philologue averti.Ses récherches longues et patientes, ses facilités de documentation dans une trè3 riche collection de dictionnaires, de glossaires et de lexiques, sa connaissance de la langue anglaise lui permettent d\u2019accroître et d\u2019approfondir sans cesse son érudition en matière de langage.Aussi, est-il infiniment plus au courant de sa spécialité que la plupart de nos puristes dont quelques-uns n\u2019ont que la valeur moyenne des correcteurs d\u2019épreuves.L\u2019incompétence de ces censeurs se pare d\u2019un dogmatisme pédant dont le mot d\u2019ordre semble: \u201cJe doute, donc, c'est un anglicisme\u201d.A coup de gourdin ils traquent leurs adversaires.M.Geoffrion n\u2019a rien de ce tempérament.S\u2019il souffle \u201cà l\u2019occasion quelques cierges dans la petite chapelle du puritanisme grammatical\u201d, il se garde bien de juger en dernier ressort ou de définir ex cathedra.Peut-être quelques-uns de ses lecteurs estimeront-ils qu\u2019il abuse de l\u2019argument d\u2019autorité.Des écrivains français, dont il cite les opinions philologiques, plusieurs ne rallient, même en France, qu\u2019un assentiment très relatif.Avouons d\u2019ailleurs que les exemples des dictionnaires ne peuvent qu\u2019aider le sens critique.Le sens critique, voilà le vrai guide du philologue.Les intentions de l\u2019ouvrage ont été énoncées par le préfacier, M.Adjutor Rivard, en tête du premier volume: \u201cII doit inspirer chez ceux qui le liront, dit-il, un amour profond et raisonné de notre langue maternelle, spécialement de notre façon de la parler\u201d.Ce vœu, qu\u2019un helléniste classique rendrait par l\u2019optatif, indique le but de l\u2019auteur.A côté de très justes observations sur la syntaxe, (1) Il s\u2019agit ici du traité dogmatique de l\u2019Eglise, exposé simultanément, pour des raisons d\u2019ordre pratique, avec le tfaité apologétique. 58 LA REVUE DOMINICAINE de pi'écieuses remarques sur de fausses suppositions de termes, prend place l\u2019étude généalogique d\u2019expressions et de mots, comme, étou, en dise de, avoir la chienne (des examens) qui nous laissent douter de leur aptitude et de leurs titres à nous faire aimer, spécialement notre façon de parler français.Sans doute, le peuple applique à son insu les lois de la sémantique et de la francisation des mots allogènes.Le creuset où s\u2019amalgament les éléments des langues, ce sont les classes populaires.Mais le fait de trouver qu\u2019un mot glané sur les lèvres canadiennes a cours dans les parlers populaires français n\u2019augmente en rien la légitimité de cet idiotisme.11 faudrait savoir si les gens instruits l\u2019ont utilisé et dans quelle acception.Et n\u2019oublions pas qu\u2019il existe, même chez les paysans, une élite du beau langage.Les Zigzags laissent subsister un vide entre leur portée pratique et le but que le préfacier leur a assigné.Quiconque les lira sérieusement et à tête reposée, conclura: plusieurs de ces termes et locutions embaument le doux parler français, donc conservons-les.Pourtant, quel homme cultivé voudra les admettre tous indistinctement ?Au point de vue purement théorique, cette seconde série, tout comme la première, du reste, apparaîtra comme un ouvrage d\u2019une grande érudition historique et linguistique où l\u2019auteur, causeur charmant, sait unir le savoir et l\u2019esprit.Et le lecteur des Zigzags ne pourra s\u2019empêcher d\u2019en recommander l\u2019acquisition, selon le mot de Charles Nodier qui sert d\u2019épi-gramme au livre, aux \u201coisifs qui lisent tout, même ce qui peut être utile\u201d.\tHermas Bastien.Pamphile LeMay.\u2014 \u201cFables\u201d.Volume de 150 pages, 5 x 71/2 ; Granger Frères, éditeurs, Montréal, 1925.Ce recueil de fables en est à sa quatrième édition.Le seul en son genre en notre littérature canadienne, il mérite son succès.Son esprit foncièrement chrétien le caractérise autant que son originalité.L\u2019œuvre de l\u2019auteur des Gouttelettes offre une grande variété: poèmes héroïques, sonnets, poésies fugitives, contes.Vers ou prose révèlent en LeMay un narrateur dont les complaisances vont au récit bref et ramassé.Cet aspect de son talent indique le motif pour lequel il a écrit des fables: l\u2019apologue évoque à la pensée une œuvre courte du genre narratif.En s\u2019adonnant à la fable, que 1 on ne cultive plus guère et qui semble un héritage, ancien et fameux, tombé en déshérence, LeMay reste un conteur où les lecteurs reconnaissent vite, au souci de la forme et à la noblesse des sentiments, le poète délicat des sonnets.Evidemment, ces fables canadiennes rappellent des noms classiques.Pour Esope, l\u2019apologue est un théorème moral où la démonstration tire d\u2019un fait une moralité qui sert de conclusion.Presque pas de récit mais une action réduite à l\u2019essentiel.D\u2019autres écrivains anciens ont tenté d\u2019embellir cette affabulation sèche.Citons Socrate dont nous n\u2019avons pas les fables qu\u2019il a versifiées, Phèdre et Babrios.Aucun de ces derniers n\u2019a changé le caractère de la fable ésopique.Phèdre écrivait en vers latins et Babrios en L\u2019ESPRIT DES LIVRES 59 vers grecs; c\u2019est tout.Par eux la fable n\u2019a pas été rendue plus poétique.Seul Horace semble avoir compris que la fable est une source de poésie.C\u2019est La Fontaine qui est le créateur de la fable poétique.Non seulement il a donné plus de vie à l\u2019apologue antique, mais il y a fait pénétrer la nature entière, tout un monde de sentiment., toute l\u2019âme humaine.Et Lamartine s\u2019est trompé \u201csur ces vers boiteux, disloqués, inégaux\u201d.De même, ce serait errer que de reprocher à LeMay le \u201cmanque de symétrie\u201d des vers de ses fables.Cette inégalié des mètres constitue une des principales beautés, beauté souple et ondoyante comme la vie, des apologues canadiens.Chez notre poète, l\u2019animalier et le paysagiste valent presque l\u2019animalier et le paysagiste chez LaFontaine.Si, infailliblement, le mot \u201cFables\u201d fait surgir une comparaison entre le fabuliste français et le fabuliste canadien, on fera bien de se rappeler l\u2019avertissement de Musset: \u201cC'est imÀter quelqu'un que de planter des choux'r.Concédons au premier, avec le prestige de créateur du genre, une insurpassable peinture de mœurs, l\u2019élan lyrique, tous les secrets de l\u2019art \u2014 style et versification \u2014 la science du drame; au second, une naïveté simple, une discrétion dans la moralité des conclusions qu tempère la truculence habituelle du genre, une sensibilité toute parente de la nôtre.En voilà assez pour garantir aux Faites une pérennité à laquelle n\u2019atteindront jamais nos dandys du Parnasse.Hermas Bastiex.R.P.Naval, de la Congrégation Missionnaire des Fils du Cœur Immaculé de Marie.\u2014 \u201cTheologiæ Asceticæ et Mysticæ Cursus, ad usum Seminariorum, Institu-torum Religiosorum Clericorum necnon Moderatorum animarum\u201d.\u2014 Traduit en latin sur la troisième édition espagnole, par le R.P.Joseph Fernandez.Deuxième édition, 1925.In-8, 361 p.Casa Editrice Marietti.Via Legnano, 23, Torina (18), Italia.L\u2019intérêt sans cesse grandissant accordé aux questions d\u2019Ascé-uque et de Mystique a fait éclore depuis quelques années toute Une^i °raiSOn- ^.ravaux en ces matières.Il est vraiment remarquable\u2014 et il a lieu de s\u2019en réjouir vivement \u2014 que ces questions dont s occupaient jadis un nombre assez restreint de théologiens soulèvent de nos jours un intérêt aussi général.Ce goût marqué pour les questions d\u2019Ascétique et de Mystique est-il destiné à durer, ou bien, comme tant d\u2019autres bonnes choses, hélas, à décroître, et finalement à passer?Nous l\u2019ignorons.En tout cas, quel que soit le sort reserve au déploiement actuel d\u2019activité autour des questions de la Spiritualité, il est certain qu\u2019il aura produit de reels et durables résultats.D\u2019abord, au point de vue spéculatif, 60 LA REVUE DOMINICAINE le travail accompli a été considérable.Une foule de questions jadis obscures et au sujet desquelles il n\u2019y avait jamais eu accord parfait entre théologiens ont été l\u2019objet d\u2019études très attentives et même de débats parfois assez vifs, de sorte que les solutions apportées à ces questions constituent désormais autant de points acquis à la doctrine ascétique et mystique.On connaît donc mieux la vie spirituelle sous toutes ses faces: son caractère, son excellence, ainsi que les avantages inestimables qu\u2019elle offre à tous ceux qui sont décidés à s\u2019y adonner avec constance et générosité.On sait mieux distinguer la vraie spiritualité de ses contrefaçons, et, comme conséquence, beaucoup de fidèles redoutent moins de s\u2019engager dans une voie dont les mystérieux attraits ont de tout temps séduit les âmes d\u2019élite mais n\u2019ont laissé que trop indifférent et même défiant le grand nombre, en raison des préjugés qui ont pendant trop longtemps existé à l\u2019endroit de la haute spiritualité.Àu point de vue pratique nombreuses sont les âmes ferventes qui, pour avoir suivi avec intérêt le grand mouvement contemporain de spiritualité et intensifié leur vie intérieure au contact de ses enseignements, se sont senties attirées vers un idéal de vie plus parfaite, désireuses de bénéficier en cela des précieux avantages que procure à l\u2019âme la vie d\u2019union intime avec Dieu.Parmi les ouvrages traitant d\u2019ascétisme et de mysticité parus en ces dernières années et dont la rapide diffusion est un indice non équivoque de leur mérite, il nous fait plaisir de signaler à l'attention de nos lecteurs, dont tout particulièrement les membres du clergé, tant prêtres que séminaristes, le travail du R.P.Naval, de la Congrégation des Fils Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie.Cet ouvrage fut d\u2019abord publié en espagnol en 1915, et en est aujourd\u2019hui à sa troisième édition dans cette langue.Depuis, 11 a été traduit en latin et en est présentement à sa deuxième édition.Ce bienveillant accueil fait à l\u2019ouvrage du R.P.Naval est entièrement justifié, car, ce traité de spiritualité est incon-tablement l\u2019un des mieux faits parmi tous ceux publiés jusqu\u2019à ce jour.L\u2019auteur y traite avec une compétence toute scientifique \u2014 et aussi, à ce qu\u2019il semble, expérimentale \u2014 de tous les points d-\u2019importance se rapportant à son vaste et difficile sujet.Néanmoins, il sait éviter les longueurs inutiles et se tenir à l\u2019écart des disputes d\u2019écoles.Le style en est sobre et clair et d\u2019une précision parfaite.Ce livre, croyons-nous, est appelé à rendre les plus grands services aux membres du clergé qui voudront se donner la peine de s\u2019en^ assimiler l\u2019abondante et substantielle doctrine; et alors, quel précieux appoint pour leur propre gouverne dans les voies de la spiritualité et pour celle des âmes désireuses de perfection qu\u2019il plaira à Dieu de confier à leur ministère.Introduit dans les séminaires pour faire pendant aux cours réguliers de théologié dogmatique et morale, ce traité constituerait un excellent guidé pour l\u2019initiation des futurs prêtres aux enseignements de la théo: logie ascétique et mystique ainsi qu\u2019aux sublimes fonctions qu\u2019ils Seront un jour appelés à exercer en qualité de directeurs d\u2019âmes. l\u2019esprit des livres 61 Mgr Martin Grabmann.\u2014 \u201cLa Somme théologique de S.Thomas d\u2019Aquin.Introduction historique et pratiqueTraduit de l\u2019allemand par Ed.Vansteen-berghe.Paris, Nouv.Lib.Nat., 1925.Mgr Martin Grabmann, professeur à l\u2019Université de Munich, est à l\u2019heure actuelle un des thomistes les plus avertis et les plus écoutés.Il a puisé sa connaissance profonde de saint Thomas à la source la plus pure: le Collège Angélique de Rome; disciple de Denifle, sa méthode historique est supérieure.Comme historien des doctrines de l\u2019époque médiévale, il est, avec le Père Mandonnet, le plus renseigné.Mgr Grabmann a publié, en 1923, l\u2019ouvrage plus haut mentionné, que M.l\u2019abbé Vansteenberghe vient de traduire de l\u2019allemand, pour le public français.C\u2019est une introduction à la Somme théologique, \u201cle livre par excellence où le saint docteur a exposé avec un ordre et une clarté qui tiennent du prodige tout l\u2019ensemble de la doctrine sacrée.\u201d Dans une première partie l\u2019auteur nous donne une \u201cRecherche d\u2019histoire littéraire\u201d sur les Sommes thêologiques en général.Il recherche ensuite l\u2019origine de la Somme de saint Thomas et la place qu\u2019elle occupe dans l\u2019œuvre du saint Docteur; puis il fait l\u2019histoire de la Somme dans ses commentateurs.La seconde partie nous fait pénétrer l\u2019esprit de la Somme et nous en montre la structure intime, tout cela commandé par le but que se propose saint Thomas: \u201caider les commençants.\u201d \u201cDe ces paroles, il ressort avant tout que c\u2019est l\u2019amour de saint Thomas pour ses élèves qui le porte à prendre la plume pour écrire un manuel destiné aux novitii sacrae cloctrinae.\u201d Mgr G.nous donne ici le commentaire historique du prologue de la Somme.Toute cette partie, la plus importante, est le développement des raisons qui ont déterminé saint Thomas à écrire sa Somme.Les novices en science sacrée rencontraient beaucoup de difficultés dans l\u2019acquisition de la science et la formation scolastique.Ils se perdaient dans \u201cla multiplicité des questions, des articles et des arguments inutiles\u201d.Us allaient un peu à l\u2019aventure, cherchant leur doctrine dans un grand nombre d\u2019ouvrages qui en traitaient \u201csans ordre systématique, mais à bâtons rompus, à l\u2019occasion d\u2019explications de textes ou au hasard des discussions.\u201d Enfin \u201cl\u2019inutile et fréquente répétition des mêmes matières dans l\u2019enseignement et les écrits scolastiques engendrait dans l\u2019esprit des auditeurs de la confusion et du dégoût.\u201d Par sa méthode scolastique d\u2019exposition, la disposition extérieure de la Somme, ses nouveautés et ses progrès, saint Thomas a réalisé son but si bien que jusqu\u2019ici \u201caucun ouvrage n\u2019a été produit qui forme un ensemble si harmonieusement composé et si complet\u201d.Un dernier chapitre de portée immédiatement pratique nous dit comment expliquer et utiliser la Somme.\u201cL\u2019nterprétation idéale de S.T.me paraît être celle qui repose sur une connaissance profonde de la personnalité, des idées et des sentiments du grand penseur chrétien, celle qui consiste à retrouver et à revivre en 62 LA REVUE DOMINICAINE quelque sorte, dans l\u2019ensemble et dans le détail, ce qu\u2019il a voulu et pensé dans la Somme théologique.\u201d Nous arriverons à cela par une étude approfondie de la Somme elle-même, ensuite en utilisant les autres ouvrages de saint Thomas: \u201cexpliquer saint Thomas par saint Thomas.\u201d Pour cela aussi les grands et authentiques commentateurs de S.T.nous apprendront beaucoup.La Somme est utilisable dans tous les domaines presque.Les prédicateurs et les mystiques y ont puisé leur doctrine.C\u2019est à cette source qu\u2019il faut chercher les principes de réfutation de toutes les erreurs intellectuelles modernes.Exposé scientifique le plus profond de l\u2019ordre moral chrétien, elle nous fournira les éléments de reconstruction nécessaires à la vie morale, sociale et politique, dans la crise de dissolution qu\u2019elle subit.Tel est l\u2019exposé, nécessairement incomplet, de l\u2019ouvrage de Mgr Grabmann.Il est de nature à rendre de grands services aux maîtres et aux étudiants.Il nous apprendra à aimer devantage la Somme, à la \u201crevivre\u201d avec saint Thomas, à y chercher la plus grande lumière qui soit sur le Créateur et son œuvre.P.-M.G.R.P.Mortier, O.P.\u2014 \u201cL\u2019Evangile\u201d.\u2014 En vente aux bureaux de l\u2019Année Dominicaine, 222, rue du Faubourg St-Honoré, Paris.Le T.R.P.Provincial de France écrit à l\u2019auteur: Mon Révérend et Cher Père, C\u2019est avec un vif plaisir que j\u2019accepte l\u2019hommage de votre ouvrage sur l\u2019Evangile.Ceux de la Famille dominicaine qui ont lu votre Liturgie, auront la satisfaction de retrouver en ce nouveau volume votre manière simple, claire et précise d\u2019exposer les actes et les paroles de Notre-Seigneur.Mais, cette fois, c\u2019est tout l\u2019Evangile que vous présentez et vous le présenterez à tous les fidèles.Le titre dit: Simj)les Commentaires pour la vie chrétienne.Vous voulez que l\u2019on regarde le Maître agir, qu'on L\u2019écoute parler afin de conformer sa vie à ce qu\u2019il fait et à ce qu\u2019il dit.Et vos commentaires sur la vérité intérieure de la vie chrétienne, telle que le Maître l\u2019exige, sont saisissants.Soit qu\u2019il guérisse les malades, le jour du Sabbat, soit qu\u2019il enseigne dans le Sermon sur la montagne ce qui fait cette vérité, le Maître montre avec évidence que seule la vérité intérieure de la vie est agréable à Dieu.C\u2019est le dedans que Dieu pèse et non l\u2019extérieur.Vous le faites sentir, dans vos commentaires, avec une force particulière.On aime en vous lisant, cette vérité de Notre-Seigneur, dans ses actes comme dans ses paroles.C\u2019est elle qui forme la conscience chrétienne.Sujet toujours grave et toujours actuel.Je comprends votre insistance à le rappeler, insistance qui suit celle de Notre-Seigneur lui-même.Mais que dire de sa bonté ! Vous racontez et vous commentez avec joie, avec reconnaissance les témoignages incessants de la miséricorde de Jésus.Plus que sa bonté pour les malades, sa misé- L'ESPRIT DES LIVRES 63 ricorde pour les pécheurs vous émeut.Aussi vos commentaires s\u2019efforcent-ils de donner tout le sens de cette miséricorde.On ne peut lire vos pages sur Marie-Madeleine, sur Zachée, sur Matthieu, sur tous les pardons de Jésus, sans être attendri.Sans aucun doute, ces pages seront la consolation de beaucoup d\u2019âmes, leur lumière aussi.Qui, après avoir lu ces récits évangéliques, hésiterait à se jeter aux pieds du Maître très bon ?Aucun Enfant prodigue ne pourra se refuser à aimer Celui qui accorde ses préférences aux pauvres pécheurs.Il est venu pour eux, disait-il, et vous le faites admirablement comprendre.Je ne puis vous suivre dans tous les commentaires, pleins de piété, des derniers jours que le Sauveur passa sur la terre: la Sainte Eucharistie, les suprêmes entretiens où le Cœur de Jésus se livre tout entier, la Douloureuse Passion, et puis les joies et les gloires de la Résurrection.Chacun y trouvera une nourriture substantielle, celle qui transforme l\u2019âme à fond et la pousse vers le bon Dieu.Je souhaite vivement, mon Révérend et cher Père, que votre ouvrage se répande à profusion et produise tous les fruits que vous en espérez, et je vous prie d\u2019agréer l\u2019assurance de mon affectueux dévouement en Notre-Seigneur.Fr.R.Louis, O.P.R.P.Bauduin, C.SS.R.\u2014 \u201cSur le seuil de l'Eternité.\u201d \u2014 In-32, Paris, Téqui, 82, rue Bonaparte, 1925.Beaucoup de chrétiens n\u2019osent plus penser à la mort.Matérialisés dans la poursuite des biens terrestres, dans les douleurs impatiemment secouées, s\u2019ils croient encore à leur vie éternelle, au Paradis, ils en ont médité si peu la vision et la possession glorifiante qu\u2019ils n\u2019en ont qu\u2019une idée très vague et un désir plus vague encore.Ils n\u2019ont point perdu la foi, mais à peu près inagissante, elle n\u2019aura ni sanctifié leur vie, ni préparé leur mort.Quelle tâche elle risque de laisser à un long et terrifiant Purgatoire ! Un religieux, le P.Emile Bauduin, rédemptoriste, mort saintement à 39 ans, 1922, avait composé à son usage une préparation â la mort qui est un petit chef-d\u2019œuvre.Point de développements d\u2019imagination, de sentimentalité, mais des actes profonds, pleins de la doctrne la plus sûre, la plus vraie, tout remplis de la moelle des Saints Livres.Il s\u2019en servait fidèlement.Il avait spécifié dans ses dernières volontés que le petit manuscrit qui en contenait la formule serait mis en ses mains dans son agonie et déposé avec lui dans son cercueil.Les exécuteurs de ses dernières volontés ont trouvé cette formule si prenante, qu\u2019ils n\u2019ont pas voulu la laisser périr sans en faire bénéficier d\u2019autres âmes qui, s\u2019en édifiant pour leur compte, s\u2019ingénieront à en faire profiter d\u2019autres chrétiens qui n\u2019y songeraient guère d\u2019eux-mêmes.Il serait à souhaiter que cet opuscule se trouve dans toute famille chrétienne. 64 LA REVUE DOMINICAINE Accusés de réception De la Maison P.Téqui, 82, rue Bonaparte, Paris, 6e, nous avons reçu les volumes suivants, mis en vente à la Librairie Notre-Dame et chez Granger Frères: H.Lanier: Le portrait de Notre-Dame par S.François de Sales.G.Massoutié: Les Noms juifs.R.P.Crosnier, O.M.I.: Pourquoi le Coeur de Jésus désire la Sainte Communion.Ch.Thirriet: Almanach de la Bonne Nouvelle, 1926.Chanoines Chaumont, Pangaud et Marullaz: Ce que c'est que la Société des Prêtres de Saint-François de Sales.De M.l\u2019abbé Emile Trudel: Notions de morale médicale: Guide pratique à l'usage de l'infirmicre, de l'étudiant en médecine, du praticien, du prêtre.Brochure in 8° de 45 pp.Un aumônier d\u2019hôpital a été forcé par devoir professionnel de scruter les rapports entre la médecine et la morale.Il a vu de près les conséquences graves, souvent tragiques de l\u2019ignorance et de l\u2019imprévoyance en ces délicates matières.Il s\u2019est décidé à publier ses notes après avoir consulté l\u2019autorité religieuse et plusieurs spécialistes.Nous devons vivement le féliciter et le remercier.L\u2019ouvrage est au point, assez clair pour guider les initiés, assez technique pour écarter tout péril.Nous verrons sans doute une nouvelle et prochaine édition, d\u2019un format plus commode, et sans ces déplorables annonces intercalées jusque dans le texte et qui le font ressembler à un programme de concert.Encouragez nos annonceurs ! Faites mention de la Revue ! ¦ it.Téî.Main 4672 Tél.Main 7437 Bertrand, Foucher, Belanger, Inc.ORNEMENTS D\u2019EGLISE Spécialité Tentures de Deuils et de Fêtes, - Objets d\u2019Art 2G, rue Notre-Dame Ouest, MONTREAL O\u2019Reilly & Bélanger, Ltée MARCHANDS DE CHARBON - GROS et DETAIL \u2014 Toutes sortes - OTTAWA Bureau, 22, rue Sparks Téléphone: Queen 860-8S1 POURQUOI LE COUTEAU ?Le Calcul Biliaire peut se guérir sans opération si l\u2019on emploie le REMEDE du Dr MULLER pour les pierres dans le foie.Demandez-le à votre pharmacien.Au cas où vous ne pourriez l\u2019obtenir, envoyez $3.00 à S.J.MAJOR Limitée, Ottawa DISTRIBUTEURS EN GROS\t126 RUE YORK et nous vous le ferons parvenir. Banque Canadienne Nationale Siège social: Montréal Capital versé et réserve, $11,000,000 Actif, plus de $128,000,000 La grande banque du Canada français 258 succursales au Canada, dont 215 dans la Province de Québec Filiale à Paris: BANQUE CANADIENNE NATIONALE (France) 14, rue Auber, Paris Notre personnel est à vos ordres Téléphone Main 4371-2339-3554 Martineau & Boucher PHARMACIENS EN GROS \u2014 FABRICANTS CHIMISTES Produits Chimiques Drogues Patentes\tParfumerie Instruments Verrerie Spécialités: Elixirs\tSirops Teintures Extraits Vins Sels Effervescents Tablettes\tOnguents Prix spéciaux pour Communautés \u2014 Demandez nos listes de prix.221 Notre-Dame Est, MONTREAL Imprimée par ADJ.MENARD, 133, boulevard Saint-Laurent Tel.LAncaster 1907\tMONTREAL "]
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