Revue dominicaine, 1 décembre 1922, Décembre
[" IIAiiO NUMÉRIQUE Première(s) page(s) manquante(s) ou non numérisiée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec EJ ES ES ES L\u2019EVEQUE DE MONT-LAURIER Il sied moins de féliciter Sa Grandeur Monseigneur Limoges de sa nomination et consécration épiscopales que l\u2019heureux peuple désormais confié à sa garde.Celui-ci comprend \u2014 les Fêtes du 30 novembre Vont démontré arec éclat \u2014 tout l\u2019honneur et tout le gain d\u2019avoir à sa tête, dans la sphère religieuse, un prélat façonné dès longtemps au milieu qu\u2019il gouverne, conscient des besoins tant spirituels que temporels de cette partie des régions du nord où la nature, semant à profusion des paysages qu\u2019Amiel eût voulu presser sur son coeur, compense par un étroit rendement du sol la splendeur émouvante des lacs, des forets et des monts.Cette population était depuis de longs mois devenue veuve de son pasteur, vidTi'&tia paisiflone, selon la langue des parchemins.La vieille image évangélique a-t-elle avec le temps perdu de son charme et de sa vigueur ?Le pasteur guide, nourrit et protège son troupeau.Le bon évêque agit de même vis-à-vis d\u2019un troupeau soi-disant raisonnable, lequel comme certains herbivores perd -aisément le sens de la.direction, ne sait plus trouver les pâturages du vrai et du bien, ni défendre les positions conquises.Oublieux de sa personne, le bon évêque ne songe qu\u2019à ses chères ouailles.En contact assidu .et profond avec les Saintes Lettres, les Pères de l\u2019Eglise, ses plus illustres docteurs, théologiens et philosophes, avec les documents pontificaux et les grandes institutions du droit, il puise à pleines mains dans ce réservoir de lumières qu\u2019il distribue partout.En même temps il observe d\u2019un oeil clair, d'une raison dégagée le cours des événements contemporains.Si des soucis administratifs Varrachent en partie, malgré soi, aux entretiens de doctrine, il m,et à contribution l\u2019acquis des hommes d\u2019étude et d\u2019expérience.Nous félicitons donc les diocésains de Mont-Laurier de pouvoir suivre la houlette d\u2019un pasteur vénéré ayant fourni toutes garanties, dans des sphères moins hautes, qu il Revue Dominicaine, décembre 1922. 482 LA REVUE DOMINICAINE serait à la fois le guide serein et fidèle et l\u2019exemplaire du troupeau : forma gregis.Un aspect de la vie économique de cette contrée justifie davantage le recours au vieux symbole.Quand l\u2019évêque de Mont-haurier parcourra les campagnes du diocèse, il verra tout le long de la route d\u2019agrestes tableaux suggérant son beau rôle.Puisse Dieu lui accorder la grâce, le temps et la force de le remplir dans toute son intégnté ! Fna Domenico L\u2019ETAT ET L\u2019ASSISTANCE DES INDIGENTS Il y aura toujours, dlesi pauvre® parmi nous, a dit 1© Christ, et l\u2018histoire nous prouve que la classe pauvre a existé en tout pays, quelle fut nombreuse et.très souffrante à certaines heures.Il est inhumain de penser que la société peut laisser dans la souffrance une partie 'de ses membres ; il ne paraît pas normal dé penser que l\u2019Etat, le gouvernement, puisse se désintéresser des pauvres.Mais a-t-il le 'devoir de s\u2019occuper effectivement de leur assistance ?(S\u2019il a ce devoir, comment doit-il intervenir dan® l\u2019assistance ?Donner une réponse complète à ces questions, pourrait conduire très loin., plus loin que ne comporte un article de revue.Une réponse abrégée et sommaire 'suffirait, croyons-nous, pour donner les principes qui permettent de juger sainement toute loi d\u2019assistance publique.L\u2019Etat a-t-il le devoir de s'occuper effectivement DE L'ASSISTANCE DES INDIGENTS ?Pour établir le .devoir die l\u2019Etat en cette matière, il importe tout d\u2019abord d\u2019avoir une bonne notion de l\u2019indigen-ce et.du bien-être.L\u2019indigence peut -se définir assez justement : \u201cla corn dition stable et permanente d\u2019un groupe d\u2019individus manquant du bien-être indispensable à la vie humaine, physique et morale.\u201d Le manque de ce qui est absolument piécessai- l\u2019etat et l\u2019assistance des indigents 483 re à la 'vie corporelle ne donne pas une juste notion de l'indigence, ce serait plutôt l\u2019expression de son degré ultime.La notion de l'indigence est beaucoup plus vaste, et elle doit couvrir tons les groupes d'individus qui sout dépourvus du bien-être indispensable à la vie humaine, physique et morale.iEn effet, la vie humaine n'est pas seulement une vie physique, niais encore une vie morale.A ce point de vue aussi il1 peut y .avoir indigence.On conçoit, par exemple, qu'un homme qui est sur le point de se démoraliser, de déchoir de sa dignité humaine est victime d\u2019une plus grande misère que celui qui souffre de la faim.Le bien-être moral est en souffrance dans les conditions misérables de l'habitation, dans l\u2019atmosphère d\u2019abrutissement créée par un milieu moralement vicieux.La vie humaine est encore une vie sociale.L\u2019homme ne peut vivre que dans et par la société.La première cellule de la société est la famille ; l'être physique et l\u2019être moral de l\u2019homme ne peuvent croître et se développer si.ce n\u2019est dans l'organisme d\u2019une famille saine.Lorsque cet organisme est exténué, l\u2019être humain meurt, moralement ou devient un avorton social.Le manque de -bien-être indispensable à la vie sociale semble donc intégrer légitimement 1a.notion du bien-être.Maintenant, quel degré -de bien-être devons-nous exiger pour qu'il n\u2019y ait plus manque ou indigence ?C\u2019est, nous dit saint Thomas, ule bien-être indispensable à la vie humaine, bonne et bien réglée.'' Il faut, dit-il, qu\u2019il existe une somme suffisante de biens dont l'usage est indispensable ià la pratique de 1a.vertu.(1) On voit clairement que pour saint Thomas le bien-être n'est pas restreint à la vie physique, et qu\u2019il le fait entrer dans la vie morale.Le degré de bien-être est moralement fixé : ce qui est indispensable à la pratique de la vertu, à la bonne vie- sSi nous ne cherchons pas des précisions ma thématiques dans les choses morales, nous savons assez par cette -détermination extensive et intensive du bien-être ce qui constitue l\u2019indigence.Et maintenant, avec ces notions d'indigence et de bien- (X), De Regimine principuru, L,I.Ch.15 484 LA REVUE DOMINICAINE être, c\u2019est une chose facile que d\u2019établir le devoir de l\u2019Etat dans l\u2019assistance.Il suffit en effet de rappeler1 deux principes : lo.Le droit naturel des individus au bien-être ; 2o.le bien commun de la société qui peut être mis; en danger par l\u2019indîgen- / ce.lo.Les différentes classes de la société ont-elles un droit naturel au bien-être ?et comment cela peut-il imposer des devoirs à l'Etat dans le domaine de Vassistance f Que les différentes: classes de la, société, que les individus qui font partie de la société aient un droit naturel Tlu bien-être, c\u2019est ce ,qu\u2019il faut concéder.En effet, tout homme a certainement le droit de posséder la somme de biens, le bien-être qui est absolument nécessaire 'à la poursuite de sia fin, la béatitude céleste.Posséder les moyens indispensables à la poursuite de cette fin est pour tout homme un droit, un droit primordial et naturel, disons-nous.Et ce ri\u2019est pais exagération, car étant donnée telle fin pour l\u2019homme, il est requis l\u2019usage de tel ensemble de moyens ; et pour Dieu, assigner telle fin là l\u2019homme c\u2019est lui donner droit à tels moyens, autrement l\u2019axiome philbsophique ne serait plus vrai : uOrdo agentium correspondes debet ordini fininm.\u201d L\u2019homme a donc droit de posséder les moyens indispensables à la poursuite de sa fin.Quels sont ces moyens ?Les plus nécessaires sont, certainement les moyens sur naturels, institués par Dieu pour créer en nous l\u2019organisme surnaturel et pour maintenir ensuite et développer son activité.Mais à l\u2019action de ces moyens surnaturels,, il y a des moyens naturels qui sont supposés et qui sont indispensables.Saint Thomas les groupe sous ce titre : \u201cle bien-être, l\u2019usage de cette somme de biens, nécessaire à la vie vertueuse.\u201d Et donc, nous pouvons conclure que l\u2019homme a un droilt naturel au bien-être indispensable à la.vie vertueuse et nous savons qu\u2019il faut entendre par là le nécessaire !à la vie humaine, physique, morale et sociale.Maintenant ce droit naturel de tout homme au bien-être peut-il imposer des devoirs à l\u2019Etat dans le domaine de l'assistance \\ l\u2019etat et l\u2019assistance des indigents 485 *Si tout homme a droit -an bien-être et s\u2019il y a dans la société des indigents, il -est clair -que la société dont ils font partie doit donner satisfaction ià -ce droit- O\u2019est à la société elle-même de 'voir an besoin des parties '-souffrantes-.Dieu a fait de l'homme u'n être social afin que vivant en société, l'indigence des uns puisse être comblée par le superflu des autres.O\u2019est ce qui fait dire à saint Thomas que la -surabondance de biens que quelques-uns possèdent est due de droit naturel \u2019à la sustentation des pauvres.(2) Mais comment doit se faire l\u2019assistance des indigents ?Est-ce que tous les membres de la société- auraient des- devoirs égaux envers les indigents ?E\u2019en pas- Des devoirs plus pressants et même quelques fois de stricte justice s\u2019imposent aux parents des indigents, car se sont des- prochains plus proches, dirait saint Thomas.Des devoirs plus pressants s\u2019imposent aussi à ceux qui sont dans l\u2019abondance.Ils doivent partager aux pauvres leur superflu.\u201cC est, un -devoir non pas de stricte, justice, sauf le cas d'extrême nécessité, mais Un devoir -de charité chrétienne.\u201d Et ces paroles de Léon XIII (Rerum no varum) paraissent bien -dbuces â côté de certains passages1 de S.Jérôme, de S.Augustin et de S.Ambroise.Il est- sur que les Pères1 de l\u2019Eglise ont toujours regardé le superflu comme le bien des pauvres.Et- saint Thomas reflète bien 1\u2019\u2019enseignement des Pères quand il dit \u201cque les biens que quelques-uns possèdent avec surabondance sont dus de droit naturel h la sustentation des pauvres.'\u2019 Oes biens sont dus de droit naturel, -dit saint Thomas,' il ne parle pas de stricte justice.Et c'est ce point que Léon XIII précise en disant que, sauf le cas d\u2019extrême nécessité, les riches n\u2019ont envers les pauvres qu\u2019un devoir de charité.Mais il peut -arriver, et dans l\u2019état actuel de la.nature humaine, il doit arriver que d\u2019une part les riches n accomplissent pas leurs devoirs de charité envers les pauvres, et que d autre part les parents des1 indigents ne puissent pas ou ne veuil-ienit pas subvenir aux besoins des leurs.Alors c\u2019est l'Et-at, c\u2019est le gouvernement qui doit s\u2019occuper du bien-être des pauvres- 'Si l'indigence existe et que la société familiale (2).-Su-mma Th.2a 2ae Q.66.art.I.; 66.art.2, ad 2.um Et i-deo res quas -aliqui superabundant©?ha-bent, ex naturali jure debentur pauperum sustentationi. 486\tLA\u2019\"revue dominicaine ou la société générale ne fait pas son devoir, c\u2019est le droit et le devoir de l\u2019Etat de forcer môme la, dKarité des riches.C\u2019est le droit et, le devoir de l\u2019fEltat, parce que selon le 'beau mot dé saint Thomas, \u201cles pouvoirs publies ont assumé la tâche d\u2019être dans; la société de que l ame est dans le corps, ce .que Dieu est dans le monde.\u201d (3) Et que l\u2019on ne pense pas que saint Thomas a pris tout là coup le langage oratoire.Tl n\u2019v aurait qu'à relire le chapitre XVe dtu même livre.Après avoir affirmé que le soin des pauvres, appartient spéi-cialement à.Dieu, il ajoute \u201cque les rois et les princes sont en cette matière les lieutenants de Dieu, et qu\u2019en cette qualité de pères des pauvres, ils ont le devoir de 'S\u2019occuper de leurs, sujets moins favorisés1 de la fortune.\u201d Et comme conclusion de ce chapitre, saint Thomas recommande aux princes de pourvoir à Y indigence soit en créant des hôpitaux, soit en les aidant.Il est donc légitime de conclure, du droit des indigents au bien-être, qute c\u2019est pour l\u2019Etat un devoir de s\u2019occuper de l\u2019assistance, si, sans son intervention, la, misère ne peut que durer.2o.Nous pouvons établir ce même devoir en partant du principe du bien commun, fin de la société.Le bien commun de la société peut-il être mis en danger par Vindi-gence devenue plus ou moins générale ?Et dans l\\affirma-tive, Y Etat doit-il intervenir ?Que l'indigence puisse devenir un danger pour le bien collectif d\u2019une société, pour le bien-être public, c\u2019est ce qui ne peut être mis en doute.\u201cIl est clair par exemple que dans la Russie actuelle, après les révolutions qui eurent lieu, le ibieurêtre public est grandement en souffrance à cause de T'indigence devenue générale des individus,\u201d (4) Et alors puisque l\u2019Etat a le devoir de veiller au bien commun de la société, il a par conséquent le droit et le devoir de travailler à supprimer ce qui met en danger le bien commun.Il ne peut y avoir ici de difficulté, à moins1 (3)\t.De Regimine principum, L.I, Cli.XII.(4)\t.Max Hoschiller, Le mirage du tSoviétisme, page 30, Paris, 1921. l\u2019etat et l\u2019assistance des indigents 487 que l\u2019on refuse d'assigner le bien commun comme fin de la société.Du reste le Père Antoine (5) s\u2019exprime \u2018dans les mêmes termes sur ce point.\u201cLe pouvoir public est un gardien de l'ordre social.Or l\u2019ordre social est gravement compromis, lorsquhine partie de la société est plongée dans la misère.Si donc la charité est insuffisante, l\u2019Etat doit intervenir.\u201d Donc du bien commun que l\u2019Etat doit sauvegarder, il est facile de détruire son devoir d\u2019intervenir dans le domaine de l\u2019assistance.Nous sommes heureux de rapprocher de cet exposé le passage suivant de l\u2019Encyclique Rerum no varum.\u201cLa \u201craison formelle de toute société est une et commune à tous \u201cses membres, grands et petits.Les pauvres au même ti-\u201ctre que les riches, sont, de par le droit naturel, des citoyens \u201cc'est-h-dire des membres, des parties vivantes dont se compose par l\u2019intermédiaire des familles, le corps entier de la \u201cnation, pour ne pas dire qu\u2019en toutes les cités, ils sont le \u201cgrand nombre.\u201c¦Comme il serait déraisonnable de pourvoir à une clas-\u201cse de citoyens, et d\u2019en négliger l\u2019autre, il devient évident \u201cque l'autorité publique doit prendre les mesures voulues \u201cpour sauvegarder le stlut et les intérêts de la classe ouvrière.Si elle y manque, elle viole la* stricte justice qui \u201cveut qu!% chacun soit rendu ce qui lui est dû.C\u2019est pourquoi parmi les graves et nombreux devoirsi des gouverne-\u201cments qui veulent pourvoir comme il convient au bien pu-\u201cblie, celui qui domine tous les autres, consiste à avoir soin \u201cégalement de toutes les classes de citoyens.\u201d Comment l'Etat doit-ie intervenir dans le DOMAINE DE L'ASSISTANCE ?¦.Souvent posée en d'autres pays, cette question a été résolue d\u2019iune manière toute différente selon les principes adoptés sur le droit conféré 'à l\u2019Etat dans l\u2019assistance.Toute différente sera en effet la solution selon que l\u2019on pose en principe que l\u2019assistance des indigents est immédiatement et tout, d\u2019abord le devoir de l\u2019Etat, avant d\u2019être le devoir, soit des parents des indigents, soit des individus plus favo- (5).Antoine.Cours d\u2019Economie Sociale, page 153. 488 LA REVUE DOMINICAINE rises par la fortune ; on 'selon que par contre, on ptose en principe, cotnme nous l\u2019avons1 fait, .que l\u2019tasisisitanc'e dès indigents dévitait 1© devoir ici© l\u2019Etat quand la, société familiale et la.société générale ne suffisent pais pour procurer aux indigents\u2019 le bien-être indispensable 'à la bonne vie humaine.Si l'on accepte ce dernier principe, et si l'on procède avec logique dans d\u2019application, le rôle de l\u2019Etat dans l\u2019assistance sera une suppléance donnée à l\u2019insuffisance des initiatives privées, et non un aecaparament des charges ; ce sera un stimulant et même une contrainte a l'aumône, et non pas une destruction de la charité privée ; ce sera, vis-à-vis dies institutions charitables une haute surveillance, et non pas une intrusion administrative.\\ oilà ce qui découle, il nous, semible, des principes que nous avons posés.C ést le devoir de 1 Etat, disions-nous, d\u2019intervenir dans le domaine de l\u2019assistance quand la charité des riches et les ressources des parents des indigent» ne suffisent pas.Tl est clair que ce principe laisse subsister le précepte de 1 aumône et le devoir de la charité.Reconnaissant au contraire, que l'homme privé a des capacités et surtout des obligations, ce principe affirme que l\u2019Etat ne doit que suppléer à l\u2019insuffisance dies initiatives privées.Appliqué sagement, cto principe n\u2019a pas les funestes inconvénients de l\u2019assistance légalement organisée et »e substituant à la.charité privée.En effet le principe de l\u2019oblilgafion de l\u2019aumône supposé admis, et même la charité supposée organisée, que l\u2019insuffisance de ces moyens soit reconnue, alors l\u2019Etat interviendra.Et: comment: ?Il interviendlra : lio.pour favoriser, pour solliciter la.charité prévoyante, celle qui crée des réserves en vue des besoins futurs.Telle est la justification des subsides accordés aux caisses d\u2019iassurauce en cas d accidents, de maladies, de vieillesse et de Chômage ; 2o.pour (procurer à, la.chanifé curative les ressources qui peuvent dans ce domaine faire défaut à la charité privée.Ceci justifiera l\u2019organisation des hôpitaux, des orphelinat», des maisons de relèvement, et de tant d\u2019autres.institutions toujours nécessaires et qui ne peuvent guère se passer du secours de l\u2019Etat.Oe doublé mode d!\u2019aUtervention semble indiscutable, si bien que plusieurs écontomistes d\u2019accord avec l\u2019etat et l\u2019assistance des indigents 489 de (bons théologiens so ut ion non't que HErbat peut prélever un impôt sur les revenus des riches pour assurer aux institutions charitables- les ressources nécessaires.\u201cSi la charité ipriivée est insuffisante, dit le Père Antoine, (6) l\u2019Etat doit intervenir et- il ne peut le faire qu\u2019en ;se procurant par T impôt les ressources nécessaires.\u201d De même le P.Libératoire affirme que dans ces cas le gouvernement doit prélever sur le revenu des riches die quoi subvenir aux misères des pauvres.(7) Et ce n\u2019est pas- l'à une opinion nouvelle et ¦si particulière.Dès le XVI siècle, le cardinal Cajetan, commentant la somme Théologique de saint Thomas- (8) affirme que celui qui ne remplit pas librement ison obligation die donner son superflu aux pauvres peut y forcé par la loi.Il y aurait donc pour ces théologiens, une charité qui peut être contrainte à s'exercer, la charité des riches.Et cela .s'accorde bien avec la doctrine de saint Thotmae \u2014 disant que le superflu des riches' revient de droit naturel aux pauvres ; (9) et dans le traité du gouvernement des princes, que les gouvernante doivent puiser dans le trésor public pour pourvoir aux besoins des pauvres.(10) Ce recours à l\u2019impôt et ce double mode d\u2019intervention dont nous venons de parler sont justifiés par les principes ci ne nous a vons posas.Mais les principes ainsi appliqués, la, charité privée ou organisée subsiste et n a pas à souffrir, bien' plus, l'administration des établissements de charité devrait également n'avoir rien à souffrir.En effet, en vertu du principe posé justifiant l\u2019inter-iventiôn de l'Etat dans l\u2019assistance, la.suppléance aux initiatives privées, l\u2019Etat n\u2019a pas h s\u2019occuper immédiatement de Iadministration des établissements de charité qui ne sont pas sa propriété.'Sa part est .de leur fournir son bienveillant appui, les ressources nécessaires, le concours de ses organisations.Ce système d'intervention dans l\u2019assistance peut -s\u2019appeler a bon droit le système d\u2019iassistaniee mixte, Tassi.st.ance (6)\t.Cours d\u2019Economie Sociale, page 714.(7)\t.Principii, liages 228-229.(8)\t.2a 2ae, q.118, art.4.(9)\t.2a 2ae, q.66, art.7 ; art.I, ad 2um.(10)\t.De Regimine principum, L.II, Ch.XV, fin. 490 LA REVUE DOMINICAINE publique s\u2019exerce avec le concours de© particuliers olia.ritables.\u2019Toutes les personnes qui ont étudié l\u2019organisation pratique de l\u2019assistance sont unanimes !à reconnaître, nous dit E.\u2019Savoy, (11) les grands avantages de ce système, appelé système d\u2019Eïberfeld, diu1 nom d!e la ville où il fut mis1 en pratique.C\u2019est à un système d\u2019assis tance tout différent que nous sommes logiquement conduits, si nous adoptons le principe opposé, savoir que c\u2019est l\u2019Etat qui a.immédiatement et amnt toute autre organisation le devoir d\u2019assister les indigents.M.Fouillée à la suite de Tihielrs a fondé ce devoir de TEtiat sur le fait que la société devait, eti justice reparative porter secours aux indigents.L\u2019on a sans\u2019 doute pensé que la cause principale de l\u2019indigence était l\u2019organisation sociale elle-même.Mais passons: auîx conséquences.Ce principe du devoir immédiat pour l\u2019Etat de pourvoir aux besoins dès- indigents conduit : lo.à supprimer l\u2019obligation de l\u2019aumône, puisque la raison d\u2019etre de l\u2019aumône, surtout sa raison d'obliger n\u2019existe plus.Ce n\u2019est plus l\u2019affaire des riehesi de pourvoir aux (besoins des pauvres, c\u2019est l\u2019affaire exclusive du gouvernement ; 2o.à don-ner aux indigents un droit de stricte justice commutative à être assistés par l\u2019Etat, puisque pour fonder le devoir immédiat de PE ra t dans l\u2019iassistanoe des indigents, l\u2019on fait appel à la justice reparative et non pasi seulefment 'à la jus-tiilce légale.Enfin ce même principe conduit, dans l\u2019application, à la création idle bureaux d\u2019assistance lav'ec leurs fonctionnaires et leur administration bureaucratique, sèche et.sans pitié, qui humilie le pauvre et en fait un révolté.Ce système de l'Etatisme dans ,l\u2019assistance .peut aller jusqu\u2019au \u2022monopole de tout ce que la, charité privée pourrait entreprendre, Etabli, en France par plusieurs' lois successives, celles de 1879, 1881, 18i8'5, 190T et 1912, ce système a eu toutes les tristes consequences de la: substitution de l\u2019Etat à la charité privée et a la icharité organisée par 1\u2019(Eglise.(12) A la vue de ces conséquences, il nous1 sctmble que le choix s\u2019impose encore mieux.Il faut donc accepter en principe que l\u2019Etat a le devoir d\u2019intervenir dans' l\u2019assistance, mais (11)\t.E.Savoy.Paupérisme et bienfaisance, page 158, Fribourg, 1922.(12)\t.Questions actuelles, Tome XII, p.71. l\u2019etat et l\u2019assistance des indigents 491 seulement quand la société, soit familiale, soit générale ne suffit pas.Si maintenant, pendant les premiers siècles du christianisme et durant tout le moyen-âge, la charité libre et la charité privée assurèrent seules une bonne assistance des indigents, pourquoi faudrait-il être obligé d'ans une province presq^exclusivement catholique de faire des lois, sur P assistance ?iSi c\u2019es't nécessaire, c\u2019est que la charité chrétienne est en défaut.Et si c'est nécessaire, quelles doivent être les limites de cette intervention ?La mesure de F intervention de l'Etat est une question d\u2019application qui doit être envisagée d\u2019après les circonstances.\u201cPour que les gouvernants agissent sagement, dit M.Brants, (13) il faut que le-ibien général de la société les sollicite.Il y a un minimum nécessaire partout pour la sauvegarde de l\u2019ordre essentiel, mais le plus ou moins d\u2019intervention du pouvoir, l'extension des services publics est une question de mesure dont les circonstances doivent fournir les elements) d\u2019appréciation/\"'\u2019 Et comme ce!s circonstances sont nécessairement changeantes et qu'en tout cas elles ne nous sont pas suffisalmment connues, la prudence nous commande de laisser à d\u2019autres le soin de déterminer les limites dans lesquelles l'Etat doit accomplir son devoir d\u2019assistance publique dans notre province de Québec.Pour la même raison, nous laissons à d'autres le soin de faire remarquer comment une loi d\u2019assistance doit, dans son application, respecter les droits supérieurs dé l\u2019Eglise, au point de vue moral et religieux, et respecter aussi les droits des organisations ecclésiastiques vouées à la charité.Bien qu\u2019a certains égards, il puisse y avoir ici une question de principe, c\u2019est sur le terrain pratique, dans l'application que les difficultés surgissent.Ottawa, 1er novetmbre 1922.Gonzalve Proulx, O.P.# (13).Brants : Les grandes lignes de Véconomie politique, p.61, LOI D\u2019HIER ET LOI DE DEMAIN Est-il inopportun -de continuer la discussion 'à propos de notre loi sur \u201cPassistance publique\u201d ?Die braves gens le pensent isSérieueement, Je me permets de leur signaler1 l\u2019opinion de deux juiges très compétents en l'affaire : T\u2019Hono-ralbîe Alexandre Taschereau, Premier Ministre de la Province, et monsieur Arthur Sauvé, 'Chef die TOpposition.Le premier, dams un discours du 13 avril 19-21, déclarait : \u201cLe gouvernement ne redoute pas la critique : il l\u2019invite\u201d.Dans un discours récent sur l\u2019adresse, le second demande \u201cà uos autorités, à nos intellectuels,, aux dirigeants de toutes les classes, de s\u2019intéresser là Tadiministration publique et de discuter :à fond la question\u201d des droits de l\u2019Etat.Il nous indique, en mêimie temps, les matières qu\u2019il aimerait à voir discuter.Il place au premier rang la loi de \u201cl\u2019assistance publique.\u201d Oeci suffira, d\u2019iabord, à calmer nos scrupules, et ensuite, à répondre à ceux qui trouvent inopportune la discussion.Notre loi sur l'assistance vient- d\u2019entrer dans sa deuxième année d\u2019existence.Au temps- où elle vit le jour, elle fut l\u2019objet de très vives critiques.L\u2019Opposition en fut naturellement.Nos- publicistes, pronostiquèrent.On plarla très fort de \u201csuppression de la.charité privée,\u201d \u201cd\u2019ingérence de l' Etat dans un domaine qui ne le regardait pais\u201d, \u201cd\u2019étatisation de la charité\u201d.On prononça même le mot \u201cd\u2019inquisition\u2019.O revirement des choses l L'Etat inquisiteur 1 Oes griefs sont-ils fondés ?Il convient de l\u2019examiner froidement.La, plus grave accusation, formulée soit au parlement soit -dans lia presse, est certainement celle \u201cd\u2019étatisation de la charité\u201d.Que vaut-elle ?Rappelons ici une définition qui nous- servira de fil conducteur.\u201cL\u2019Etatisme., dit un grave auteur, est un sysu tèm-e de gouvernement qui tend là la.substitution croissante de l\u2019action de llEtat, de s'a législation et de son administration, iaux initiatives individuelles et aux groupements, spontanés d\u2019intérêts légitimes.\u201d (1) (1).It.P.Alber-t-M.Marion : Le Problème scolaire, p.229. LOI d\u2019hier et loi de demain 493 Sous ce régime que deviendrait l'assistance des indigents ?La définition l\u2019indique clairement.D'abord, \u201cles initiatives privées\u201d, en l\u2019espèce, la charité privée serait inévitablement supprimée ; ensuite, \u201cles groupements) spontanés d\u2019intérêts légitimes\u201d, c'est-à-dire, les institutions de bienfaisance établies et dirigées, soit par dies communautés religieuses, soit par des associations laïques, seraient soumises au contrôle absolu de l\u2019Etat.En un mot, la.bienfaisance serait chose exclusive de l'Etat.Notre loi sur 1\u2019'assistance a-t-elle pour but manifeste de mettre sous la 'direction suprême et exclusive de l'Etat toutes les oeuvres! de bienfaisance de la Province ?C'est ce iqu\u2019il faudrait établir pour avoir le 'droit d\u2019accuser le gouvernement d\u2019étatisme.L\u2019Honorable Premier Ministre a repoussé énergiquement cette accusation.Et pièces en main, il essayé de se justifier.Nous n\u2019avons pas à le défendre ici : aetatem Jiabet.Evidemment., on ne pent l'accuser d\u2019étatisme sous sa forme absolu.Mais s'agit-il bien de cela ?Nous ne le pensons pais.Il n\u2019est guère dans les habitudes des gouvernements, en m;al d'étatisme, de décréter du jour au lendemain, l'étatisation de la.charité.Ils n'agissent pas d\u2019ordinaire avec cette impétuosité.Ce sériait peu1 habile.Nos ministres n'auront certainement pais commis cette énormité.'Souvenons-nous1 que l\u2019étatisme, au moins !à l\u2019origine et quand l\u2019opinion n\u2019est pas encore suffisamment préparée, consiste plutôt dans une tendance à substituer graduellement l'action de l\u2019Etat à toute autre.Pouvons-nous dès loris accuser nos législateurs d'avoir sciemment travaillé dans ce siens ?Ils nous affirment le contraire catégoriquement.Et, en toute justice, nous devons les croire si nous m\u2019avons aucune preuve sérieuse de suspecter leurs bonnes intentions'.La question revient dOnc là ceci : Est-ce que, de fait, les bonnes intentions mises à part, le texte de la.loi actuelle contiendrait des clauses, des dispositifs, dies articles qui pourraient un jour favoriser l'étatisme ou aider à son développement en matière d''assistance publique ?C\u2019est ce que nous croyons, mais jugeons sur pièces.Il y a, dans la loi, deux clauses qui ne laissent pas d\u2019etre inquiétantes.\u201cLe service de l'assistance publique exerce toutes autres fonctions qui lui sont assignées par le 494 LA REVUE DOMINICAINE 1 ieutenant-gouverneur en conseil\u201d (Art.5, par.2,.) ;\u2022 l'Etat \u201cpeut egalement faire tons reglements pour la mise à effet des dispositions de la présente loi\u201d (Art.18, par.2.).Oes clauses n\u2019établissent pas en principe l\u2019étatisme mais ne lui ouvrent-elles pas la porte ?EPa-t-il pas de ce fait des intelligences dans la place ?A nous de garder la cité.L\u2019unique moyen est de remplacer ces; textes vagues et indéfinis par des textes clairs et précis où les pouvoirs et les attributions du service de l\u2019iaslsistance seraient, nettement définis.Oar, dise us-le une fois pour toutes,, c'est le texte qui fait loi et pas autre chose, surtout en pays britannique.Advienne une administration anticléricale, l\u2019on voit immédiatement tout le parti qu'elle pourra tirer d\u2019une loi im- précise.:Si donc, ces deux clauses ne sont pas faites pour nous rassurer pleinement, elles peuvent toutefois, dès, à présent, nous rendre un service signalé.Et ceci n est nullement contradictoire.Pourquoi le gouvernement, qui reconnaît les imperfections de la loi, qui n ignore pais combien elle est d'application pratique difficile, ne sien servirait-il pas pour l\u2019amender dans un sens 'acceptable pour 'tous ?Errare humanum est, surtout en politique.Il n y a aucun déshonneur à l\u2019avouer.L Honorable Joseph Ciauchon, a qui on reprochait d\u2019avoir changé d\u2019opinion au sujet die l,a Confédération, répondait avec à propois : \u201cNous tenons à notre dignité personnelle contre laquelle, du reste, ne milite aucun intérêt ; mais comme l\u2019erreur est possible et fréquente en tout état ide cause, ce sentiment de la dignité personnelle serait absurde s\u2019il se posait en obstacle sur le chemin, de la vérité.Les meilleurs esprits ont souvent payé tribut à la défaillance, et, comme l\u2019infaillibilité est loin d\u2019être un caractère essentiel de l'entendement humain, c\u2019est même man- quer de dignité et de probité que de persister à rester dans l'erreur pour ne pas se contredire et ne pais s\u2019avouer faillible.\u2018Si nous parlons ainsi, ce n\u2019est pas que nous désirions abandonner, sans examen, des convictions sincères, et profondes.Mais si on nous demande de reconsidérer Une question aussi capitale que celle de la 'Confédération, avons-nous le droit de répondre comme l\u2019indien : J\u2019ai ditA De suivre pareil exefmjple, nos, députés s'honoreraient indubitablement. LOI d\u2019hier ET LOI de demain 495 iMaiis voici qui peut justifier davantage le reproche d\u2019ingérence.\"Les iUstitutions .devront se soumettre à la surveillance du service de l\u2019assistance dans, l\u2019etaiploi des sulb-ventions en deniers ou aides quelconques accordées\u201d\u2019 par l\u2019Etat (Art.5d) ; faire connaître au service de Passistance la manière de disposer des octrois reçus', (Art.10) ; sur demande fournir au service de l\u2019assistance tous les renseignements que ce dernier Croit utile pour s'éclairer sur la situation présente de telle institution, (Art.11) ; permettre, en temps ordinaire, le libre accès au chef de l\u2019assistance publique, ou à toute autre personne spécialement autorisée par lui, du local affecté aux indigents (Art, 12).On comprendrait ces exigences- s\u2019il s\u2019agissait d\u2019institutions d\u2019assistance établies par l\u2019Etat, et dirigées par lui.Il serait tout simplement dans, son droit d\u2019agir avec cette sollicitudes.Elles ne sont rien moins que raisonnables quand il s\u2019agit d\u2019institutions; fondées par la charité privée.Il aurait eu à distinguer dans la loi ces deux espèces d'institution®.'Et, encore ces dernières peuvent-elles être classées en deux categories : les établissements appartenant à ides communautés religieuses et ceux appartenant là des association® laïques.Les premiers sont, de droit, soustrait® à la juridiction die l\u2019Etat, Ils relèvent pour1 tout ce qui concerne leur administration 'spirituelle et telmiporelle, et -dan® les limites fixées par le droit canon, de l\u2019autorité religieuse.Afin de prévenir des abus toujours possibles, il aurait été plus simple d\u2019en référer à P autorité compétente qui, en l\u2019espèce, est l\u2019évêque.'C\u2019est là l\u2019évêque qu\u2019appartient régulièrement et ordinairement le droit de haute surveillance sur les; institutions religieuses.Pourquoi n\u2019ù-t-on pas- mis dans la loi une clause invitant respectueusement 1 autorité religieuse à prêter son concours a:u pouvoir civil.1ST os évêques méritaient cette marque do déférence et de confiance que des états moins catholiques que notre province de Québec leur accordent volontiers.Quant aux autres établissements d\u2019ordre privé, ils doivent eux aussi en principe conserver leur autonomie administrative.On ne peut concéder a l\u2019Etat, qu'un 'droit, de haute surveillance qui devrait être nettement délimité et qu\u2019il ne faut pas confondre avec P ingérence, 496 LA REVUE DOMINICAINE E:t voilà coimment le -reproche d'étatisme ne manque pas de raisons justificatives.Et nous aurions! pu en apporter d autres.Celles-ci suffisent amplement, à notre but.Ge danger d ailleurs pourrait être assez facilement écarté.Il faudrait, pour cela, organiser 1!assistance en dehors de la politique.Au lieu dp faire dépendre directement le service de 1\u2019'assistance d\u2019un ministère, n\u2019aurait-on pas pu créer un département de l\u2019assistance tout à fait indépendant.\u2019flous avions déjà un précédent dans notre département de 1 instruction publique, flous aurions eu alors de sérieuses et réelles garanties d\u2019impartialité.La chose paraît-il, aurait été présentée.et refusée.Ole serait à faire douter alors même des 'bonnes intentions du gouvernement.flous voulons croirre que les choses ne se sont point passées ainsi.t L\u2019étude de la loi suggère d\u2019iautres1 rejmarques que nous, ne ferons qu\u2019indiquer brièvement.La question du domicile d\u2019assistance est loin d\u2019etre claire.Lille soulevé tous les jours., dit-on, des difficultés d application pratique.Des précisions sur ce point seraient donc 'à souhaiter.\u2014 Lia procédure pour l\u2019admission des indigents n est-elle pais trop compliquée, j'allais dire traicassiere.Elle ressietrmble 'à celle iqui est en vigueur dans les asiles d\u2019aliénés.On comprend facilement dé telles prén cautiious pour ces derniers : ils ,sont un danger public ; mais ne 'sont-elles, pas déplacées pour les nécessiteux inoffensifs ?\u2018 Lt puis, enfin, pourquoi obliger nos maisons, d\u2019assistance de contribuer pour un tiers aux frais d\u2019entretien des indigents ?fl ont-elles pais suffisamment à supporter par ailleurs : chauffage, éclairage, phatrimaicie, laboratoire, service et rémunération des infirmières, entretien général des maisons.Le gouvernement a sans doute voulu, par cette mesure, sauvegarder les droits de la charité privée.On aura, remarqué que nous n\u2019aivous rien dit des droits et des devoirs de l'Etat en matière d'assistance.Ce n\u2019était bas notre but.Nous renvoyons pour renseignements là l\u2019article du R.P.!G.Proulx : L\u2019Etat et l\u2019assistance des indigents, % L of1'© loi sur l'assistance publique est donc loin d\u2019être parfaite, La loi idéale que nos législateurs seront appelés' DOMINICAINES DE BETHANIE 497 mn jour à créer ne saurait res&emjbler en tout à notre, loi actuelle.La loi acceptable pour tous devrait opérer le® réformes suivantes : l o.L5 institution d\u2019un serv ice de P assistance indépendant de la politique.Ce service serait aidé dhin conseil dont il devrait suivre les directions.2o-.L\u2019engagement' pris: par 1© gouvernement de ne publier aucune loi concernant Y assistance sans l\u2019avoir soumise préalablement au conseil de Eaissistance.3o.La.garantie aux institutions de charité privée de leur autonomie administrative, la haute surveillance de ces établissements relevant soit de l\u2019autorité religieuse, .soit du conseil de l\u2019assistance, suivant les cas.\u2022do.La détermination du.domicile d\u2019assistance.5e.La simplification de la procédure d\u2019admission dés indigents dans les institutions\" de bienfaisance.6o.L entretien des indigent® remis à la charge des municipalités.En vue de favoriser une assistance rationnelle, la répartition des subsidies accordés serait proportionnée aux ressources, aux Charges d\u2019assistance, et aux impôts des municipalités.Henri Es tienne Montréal, 5 novémbre 19'2i2.xxx^ccccxxxx LES DOMINICAINES DE BETHANIE (1> L\u2019Ordre de Saint-Dominique a pour but principal le salut des âmes par L exercice de Yapostolat auprès de toutes les classes, de la société.Celt apostolat doit s\u2019exercer avant tout par la prédication ides vérités de la, foi, miai® il peut revêtir aussi d\u2019autres formes, de telle sorte que ses membres peuvent tous, qui d\u2019une façon qui d\u2019une autre, collaborer (1).Le présent article est en partie le résumé d\u2019une brochure du R.R.Viel, O.P.intitulée La Maison de Béthanie.Cette brochure imprimée par les soins des RR.Srs Dominicaines de Béthanie a pour but de faire connaître d\u2019un plus grand nombre leur admirable Institut.On y trouve tous les renseignements désirables sur l\u2019Oeuvre.Pour toute commande s\u2019adresser à la T.R.Mère Prieure des Dominicaines de Béthanie, Le Plan d\u2019Aups, par Saint-Zacharie, (Var), France. 498 LA REVUE DOMINICAINE effectivement an grand ibut qu\u2019il poursuit, L\u2019apostolat dominicain peut s\u2019exercer surtout de quatre manières' : par la prédication, par l'enseignement, par la prière et la pénitence, et enfin, pair les diverses oeuvres de charité:.Ayant été institué, pour être utile au .prochain, l\u2019Ordre, par ces divers moyens d\u2019action, atteint sa fin de la faeon la plus complète.En effet, par leur Éradication ou leur enseignement les Pères exposent les vérités de la foi et combattent les multiples erreurs qui 1 \"attaquent s,'ans cesse ; par leur vie héroïque de réclusion perpétuelle, de prière et de péni-tenloe, les 'Soeurs du second Ordre obtiennent lest bénédictions du Ofel sur l\u2019apostolat des Pères et coopèrent éminemment au .salut des âmes ; par leur vie laborieuse d\u2019éducatrices les Soeurs enseignantes clïu TierSi-Ordre réjgulier procurent 'à la jeunesse le bienfait sans prix d\u2019une éducation solidement chrétienne et d\u2019une instruction soignée.Enfin, par leur vie de dévouement aux oeuvres de charité de toutes sortes les- 'Soeurs des divers Instituts du TlershOrdre régulier travaillent d\u2019une façon particulièrement efficace au salut et à la sanctification des âmes.\u2014 Quant aux membres du Tiers-Ordre séculier, outre leur sanctification personnelle, ils sont appelés à exercer au sein de la société un véritable apostolat, d\u2019abord par l\u2019exemple d'une vie vraiment chrétienne, puis, par 'l\u2019accomplissement des oeuvres, de miséricorde spirituelles et temporelles.Pouls voulons aujourd\u2019hui entretenir nos.lecteurs- d\u2019une -Congrégation -du TiersrOrdre régulier, de fondation encore relativement récente et trop peu connue, mais dont la grandeur -du Ibult qu\u2019elle poursuit comme son utilité: sociale ne sauraient -être trop adhniiféas.Il suffira, ciroyonshnous, -de faire connaître tant soit peu cette très méritante Congrégation pour lui attirer toutes les sympathies1.* * * Les Dominicaines -de Béthanie furent fondées en Prance en 1866, par le T.R.P.Jean-Joseph Lataste, O.P., de vénérée mémoire.L\u2019Institut est aussi connu .sous les noms de \u201cMaison de Béthanie\u201d oui1 \u201cCongrégation die iSainte-Marie-Madeleine\u201d.Les religieuses suivent la règle et sont revêtues de l\u2019habit de Saint-Dominique, mais la \u201cMaison de Béthanie\u201d est une Congrégation indépendante et distincte de toutes les autres Congrégations: dominicaines en raison DOMINICAINES DE BÉTHANIE 499 d'u ibu't tout spécial qu\u2019elle poursuit.Quel est ce but ?Le voici brièvement exposé : c\u2019est de recevoir les \u201clibérées de justice\u201d et toutes les âmes tombées) et repentantes, d\u2019où qu\u2019elles viennent, en vue de les réhabiliter au sens le plus ptarfait du mot, c\u2019est-à-dire, devant la société religieuse et civile en leur flalsanit non seulement retrouver leur honneur _ perdu, grâce à une vie toute exemplaire qu\u2019elle leur aide à mener, mais encore en leur fournissant le moyen de s\u2019élever, si elles le veulent, jusqu\u2019aux sulblibnesi hauteurs de la vie religieuse.La \u201cMaison de Béthanie\u201d est donc une oeuvre de réhabilitation parfaite, établie en faveur1 2 de pauvres âmes qu\u2019une faiblesse passagère ou qu\u2019une suite même de rechutes 'à flétries aux veux de la société et qui sans elle seraient condamnées', \u2014 du moins pour plusieurs \u2014 malgré leur .repentir, à vivre sans honneur comme sans joie, au milieu d\u2019un monde qui, après les avoir fait déchoir, leur refuse impitoyablement son estime.\u201cCette .Oeuvre s\u2019appuie donc sur l\u2019idée essentiellement évangélique de réhabilitation, idée qui forme Te fond même de la religion chrétienne, car, tout chrétien n\u2019est-il pas un réhabilité du Christ, un racheté de Jésute ?\u201d (1) La réhabilitation a été depuis longtemps déjà un des rêves et l\u2019un des besoins de la société.Nombreux sont les écrivains qui out mi.s au service de cette noble cause leur talent et leur pluime.Mais plusieurs de deux que n\u2019inlspi-raiit pas le génie du 'Christian isme n\u2019ont rêvé qu\u2019une réhabilitation chimérique en ne voulant faire consister la régénération du coupable que dans' la haine et le remords d\u2019une \u2022vie criminelle.D\u2019autres, mieux inspirés, avaient compris que le coupable ne peut être .réhabilité que par une vie de repentir jointe au travail de son amendement moral ; mais, comme ils ne connaissaient pas la source sainte et féconde où les hommes puisent la force de pleurer sur leurs fautes et de pratiquer la vertu, la religion, leurs véhéments plaidoyers en faveur des réhabilités restèrent sans résultat.(2) \u201cPour bon nombre de romanciers et de' dramaturges modernes la réhabilitation s'opère non en améliorant le eou- (1)\t.La Maison de Béthanie, p.9.(2)\t.Voir Le Contemporain, août, 1878, article Les Dominicaines de Béthanie, 500 LA REVUE DOMINICAINE palble (mais en l\u2019excusant, en plaidlant iee circonstances atténuantes, en minimisant la fault©.ICèrtains vont jusqu\u2019à réhabiliter lia faute elle-même, la dépouillant de sion cariac-tère d'immoralité, ]'exaltant comme l'expression nécessaire de la vie intense, proclamant la légitimité et.la beauté de toute palssion.\u201cUn© telle doctrine, en vérité, n\u2019a rien d\u2019évangélique ; elle est loin d\u2019être moralisatrice, obscurcissant les notions de bien et de mal, amoindrissant les consciences, flattant les mauvais penchants, elle n\u2019est en (fait et ne saurait être qu\u2019un ferment de dissolution morale et sociale.\u201cLa.vraie et féconde réhabilitât ion \u2014 celle qui est un pur fruit de la sève évangélique \u2014 s\u2019àdlresise au pécheur, non à.la faute.Oéile-ci reste condamnée, stigmatisée : celui-là est relevé, pardonné,, mis en état de reconquérir à la fois et son âtme et son honneur.(1) Procurer' cet immense bienfait à de pauvres âmes déchues, c'est là toute la.raison d\u2019etre de l\u2019Oeuvre de Béthanie.Mais, dira-t-on peut-être, n\u2019existait-il pas alors coftnme aujourd\u2019hui des Instituts religieux ayafnt pour but spécial cette même oeuvre ?Mous répondons que non.Il y avait, à la vérité, alors comme aujourd\u2019hui des asiles où étaient reçues, même à demeure, ces pauvrets âmes et où elles, pouvaient trouver tout à la fois les moyen® de préservation et.de persévérance dans leur vie amendée.\u2019Elles pouvaient y vivre dans la paix et dans un certain oubli, ce dernier des pardons qu\u2019elles réclamaient du monde qui les avait, fait déchoir.Mais, quelle que fût la réhabilitation à laquelle elles pussent parvenir par leur vie désormais vertueuse, les distances que leur déchéance passée avait mises entre elles et la société ne pouvaient être complètement effacées, toujours elles formaient dans ces asiles le \u201cgroupe des repenties\u20191\u2019 et pouvaient à certains indices particuliers \u2014 par exemple, le costume \u2014 être reconnues, pour telles.A plus forte raison entre elles et les religieuses (vouées à leur soin, une barrière rigide, parfois infranchissable, se dressait en permanence.Tout autre est le caractère de la \u201cMaison de Béthanie\u201d et toute autre aussi la condition faite aux femmes tombée® (1).La Maison de Béthanie, pp.9 et 10. DOMINICAINES DE BÉTHANIE 501 qu\u2019on y reçoit.Béthanie n\u2019est p:as un simple refuge où de pauvrès égarées qui ont cédé aux séductions du monde peuvent aller abriter provisoirement leur déchéance et parer aux conséquences de leur chute ;\u2014 ce n\u2019est pas non plus un asile où elles peuvent se retirer en qualité de repenties pour y mener une vie de réclusion sans jamais pouvoir prétendre à une réhabilitation plus complète aux jeux de la société.\u201cBéthanie est une école permanente de perfection : les âmes déchues qui v (viennent doivent évidemment avoir recouvré, et avec l\u2019intention de ne plus la perdre, la grâce divine, mais elles y viennent aussi .avec l\u2019intention de rester, 'avec le désir d\u2019une vie plulsi parfaite, avec la faculté, enfin, si elles le veulent, de monter jusqu\u2019ià la vie (religieuse, suprême réhabilitation pour elles, puisqu\u2019elle® seront confondues désormais avec celles qui n\u2019on't jamais failli\u201d.(1) On voit donc, encore une fois, toute la différence qui existe entre les autres1 asiles et la \u201cMaison de Béthanie\u20191\u2019.Les autres asiles sont destinés, soit 'à sauvegarder la réputation menacée de celles qui s\u2019y réfugient ; soit à prémunir les âmes repentantes qui y entrent contre les séductions du monde en affermissant leur conversion.Ils n\u2019ont pas pour but de réhabiliter complètement celles qui y viennent ni de les conduire bien loin dans la perfection.Or, \u201caccueillir les âmes tombées et repentantes eu une (société de vierges, vouées à Dieu, qui, les prenant par la (main comme des soeurs, et par des ascensions successives., les élèvent à leur niveau, les confondent dans leurs rangs, les abritent de leur pureté, partagent avec elles leur nom, leur habit, leurs 'voeux, toute leur vie, de telle sorte que nul regard humain ne puisse plus 'discerner désormais les anciennes pécheresses de celles qui n\u2019ont pas péché ; les réhabiliter ainsi à la: face de la terre comme elles le sont déjà à la face du 'Ciel ; par là les consoler des souffrances du passé et les sauver des périls imminents de l\u2019avenir ; adoucir les jours de leur exil en cette vie qui passe, leulr préparer la gloire et le bonheur qui ne finiront pais,\u201d voilà la raison d'etre 'de l\u2019Oeuvre 'de Béthanie.(2) (1).La Maison de Béthanie, passim.(2 .Op.cit., p.23.\u2014A la vérité, toutes n\u2019atteignent pas là, ne montent pas si liant, car toutes iront pas la vocation religieuse à ce degré; mais, admises dans la grande famille dominicaine par le 502 LA REVUE DOMINICAINE Aussi, était-ce avec unie légitime fierté chrétienne que le Pêne La tas te, fondateur die l\u2019Institut, pouvait-il écrire : \u201cVoilà l\u2019oeuvre que ni les tribunaux, ni les sociétés humaines ne pouvaient faire.Je ne pense pas qu\u2019il soit possible de faire davantage en réhabilitation ni davantage en charité, aussi notre ambition ne va-t-elle pas plus loin ; mais elle va juslque là !\u201d.* * * \u201cMaison de Béthanie\u201d, \u201c'Congrégation de \u2018Sainte-Marie-Madeleine\u201d, quels souvenirs évangéliques ces mots- n\u2019évoquent-ils pas ?\u201cBéthanie, c\u2019était la, maison on Jésus se plaisait à venir se reposer de ses courses 'apostoliques.Là vivaient les deux soeurs qu'il aipnait, Marthe, la vierge pure qui n\u2019avait paisi failli, et Madeleine la, pécheresse à laquelle il avait beaucoup remis parce qu\u2019elle avait beaucoup aimé.Le Père Lataste, en fondant son Oeuvre voulut en édifier une semblable, où des amies- innocentes et Avancées dans la vertu consentiraient ià devenir non seulement les maîtresses et les- directrices de ces pécheresses pins, coupables peut-être, plus flétries que ne Bavait été Madeleine, mais leurs mères, leurs soeurs, partageant leur vie et L'associant à la leur, les initiant à.leur vertu, les- défendant contre tous les dangers et les rechutes ! A ces héroïnes de la charité il demandait dé voir dans les criminelles qui seraient leurs campagnes, -des émules dans l\u2019amour de Dieu, leurs soeurs -préférées du Sauveur, celles qui ont choisi la meilleure part ! Marthe et Marie réunies aux pieds de Jésus ! Pourrait-on rêver une plus complète réhabilitation ?Ces pécheresses, ces criminelles -dont tout à l\u2019heure vouls auriez évité le contact et détourné les yeux avec mépris, les voilà revêtues de l\u2019habit des élues du, Seigneur, et non seulement vous ne vous éloignerez plus d\u2019elles, vous;, gens du monde qui les voyez passer, mais- vous éprouverez presque de la vénération, vous les nommerez Ma soeur !\u201d (1) Tiers-Ordre, elles sont -alors 'les \u201cPetites Soeurs Tertiaires.Confiées à une mère maîtresse elles sont formées -avec soin, méthode et continuité, à la piété, an silence, à l\u2019esprit d\u2019oraison, au travail et à toutes leurs obligations.A certaines heures, comme Madeleine aux pieds du Christ, elles viennent devant le Saint-Sacrement, exposé tout le long -du jour, prier, écouter, contempler, adorer.Ibid., pages 63 et 64.(1).Le Contemporain, loc.cit. DOMINICAINES DE BÉTHANIE 503 \\ raiment est-elle assez belle et seeouraible cette Oeuvre qui fait ainsi de malheureuses femmes que les séductions du monde avaient déshonorées et qu\u2019 elles auraient peut-être definitivement perdues, des âmes pures et généreuses qui se dévouent désormais au service de Dieu et à celui d\u2019autres âmes non plus seulement dans les larmes de la pénitence mais aussi 'dans les effusions d'un amour sans cesse grandissant,.llJ.e ne crois pas, disait un jour J\u2019illustre cardinal Mercier, devant un noble auditoire, qu\u2019il j ait une institution qui témoigne plus éloquemment du respect du à la dignité humaine.S\u2019il est vrai que l\u2019Evangile est le code de la miséricorde divine, s\u2019il est vrai que 1STOtre-Seigneur -JésusHChrist s est abaissé jusiqu\u2019ià nous pour nous relever et nous sauver tous, et s'il est vrai qu\u2019il est notre modèle, il faut conclure qu'aucune oeuvre de charité n\u2019approche autant que EOeuvre de Béthanie de l\u2019idéal marqué par EEvan-gile.L\u2019Oeuvre à laquelle les hümbles Dominicaines de Béthanie sie dévouent mérite notre pleine approbation et est digne de tous nos éloges1\u201d, fl) Voila x admirable Institut que nous avons voulu faire connaître dans ces quelques1 pages.Oommencée il y a environ un demi siècle au sein de mille difficultés et du plus extrême dénûment des choses temporelles, l\u2019Oeuvre de Béthanie a vécu et s\u2019est remarquablement accrue ; elle compte aujourd\u2019hui cinq établissements dont trois en France et deux 'en Belgique.Oeuvre éminemment providentielle elle était, appelée à produire d\u2019abondants fruits de sanctification et elle n\u2019a pas manqué à sa destinée.D\u2019une part, riche en mérites a étié la vie de ces admirables religieuses qui, non contentes de se dévouer à la réhabilitation des âmes flétries qu\u2019elles ont accueillies dans leur sainte société, ont généreusement assumé, eu plus, la charge d\u2019expier pour elles.^Ombreuses, d'autre part, ont été les âmes repenties pour qui Béthanie a été non seulement un refuge assuré contre les séductions du monde mais aussi le lieu propice entre tous à une héroïque pénitence et à la pratique dès plus -admirables vertus.Béthanie a été visiblement 'bénie du Ciel qui lui a accordé en peu d'années un merveilleux épanouissement ; (1).La Maison de Béthanie, p.51. 504 LA REVUE DOMINICAINE m'ais elle veut s\u2019accroître davantage afin de prodiguer sur une plus vaste échelle encore son héroïque dévouement.Les âmes à réhabiliter quelle pourrait accueillir dans notre société en déliquescence sont nombreuses : elle veut les accueillir, mais elle a besoin pour cela de vocations fortes et généreuses, avides de se dévouer et de s\u2019immoler même pour la sanctification et le bonheur d\u2019âmee sincèrement, revenues à Dieu mais qui ont besoin d\u2019être aidées et consolées dans la voie de l\u2019expiation et du sacrifice.Puissent ceux de nos lecteurs ou celles de nos lectrices qui ont pleuiré sur les réhabilitées imaginaires de la.littérature romantique ne pas refuser\u2019 leur sympathie aux véritables réhabilitées de Béthanie en offrant à Dieu une fervente prière pour1 rextension et la prospérité de l\u2019Oeuvre qui les.protège et qui les sauve ! Fr.A.-M.Richer, O.P.SOYEZ DES ENTRAINEURS AUX JETXXiRiS GEXiS On connaît suffisamment la fonction des entraîneurs dans le domaine sportif.'Sait-on assez qu'ils ont leur vivante réplique dans le domaine moral ?Ici les entraîneurs sont, ià l\u2019opposé des briseuris d\u2019ailes, ceis ombrageux qui vous disent sans cesse : \u201cassieds-toi'\"\u2019 ; \u201ctu es beaucoup trop jeune\u201d ; \u201cplus tard\u201d.Oe sont plutôt ces généreux qui ont toujours le mot du coeur \u2014 qui peut bien être aussi celui de la raison\u2014pour vous donner courage et même vous fortifier : \u201cplus haut\u2019\u201d ; \u201cencore plus loin'\u2019 ; \u201cvers les sommets'\"\u2019 ; \u201cgravis la montagne, tes destinées t\u2019v appellent.\u201d Les entraîneuinsi jouissent de plusieurs moyens d\u2019action excellents.Le plus simple, le plus pratique n'est-il pas la bonne parole ?Qu\u2019on veuille le bien ou qu\u2019on veuille le mal, partout l\u2019on se sert d\u2019abord de la parole.Les meneurs I hommes, dans leur langage paradoxal, nous disent : \u201cun tel, je le verrai\u201d, c\u2019est-à-dire, je lui paillerai ; et si la conversation est adroite, l\u2019emlbaiidheur toujours chiante victoire.Cependant, constatons que .souvent la jeunesse ne fait pas grand bien par sa conversation.'(Jest presqu\u2019un fait SOYEZ DES ENTRAINEURS 505 qu'avant la trentaine, l\u2019bn ne peut diriger menue un petit courant.T/'insuccès s\u2019explique, malheureusement, par un manque dé sérieux, de bienfaisance et de prudence dans le langage.b ous allons dire une page de la parole du bon apôtre.Vous verrez le sujet mal traité ; ruais pris en lubmeme, \u201cin se\", il ne doit pas vous déplaire.A vingt ans, on se veut une âme apostolique.A vingt ans, on ouvre tout grand son grand coeur.A vingt ans, peut-on ne pais se donner complètement ; peut-on ne pas vouloir sauver le monde et même créer des mondes pour les sauver ! iSoyez donc à vingt ans des entraîneurs, par une conversation sérieuse, bienfaisante et prudente.* * * O\u2019est le sérieux qui donne 'à toute parole humaine sa première chance d\u2019être influente.Et nous le répétons, si grand nombre de nos jeunes gens, ne rayonnent pas, c\u2019est surtout parce qu\u2019ils ne parlent, pas sérieusement.L'on commence toujours par écouter leur conversation, mais., tristement l\u2019on s\u2019aperçoit qu\u2019ils ne visent qu\u2019un objectif : fuir la société des gens: graves et retrouver la compagnie dos-rieurs pour tuer le temps \u2014 comme ils disent dans leur drôlerie \u2014 le temps, trésor si précieux qu\u2019il faut souvent en déplorer la.perte l\u2019éterniké durant.Et aloris, les auditeurs, logiques, concluent que pour nourrir leur intelligence et leur coeur, un \u201cvoyage dans la luné\u201d vaut tout autant que ce discours, réchauffé perpétuel de petites misères et de frivolités.Le jeune homme sérieux, lui, est naturellement influent.Que voulez-vous ! qui mène le monde ?Il faut bien admettre que c\u2019est encore un peu les idées.Qui crée les idées ?Les: paroles de foi.Qui dit, de telles paroles ?C\u2019est l\u2019homme sérieux.-\u2014 Et en passant, nous avons douce souvenance du joli fait suivant.Un soir, à la campagne, dans une vieille maiison blanche, bien tard dans la soirée, une lampe et deux vieux veillaient encore, .attendant un hôte, sérieux, qui viendrait, disait-on, parce qu\u2019il l\u2019avait dit.Et maintenaniti, si nous, prenons ce sérieux parmi vous,, jeunes gens; s'il possède un savoir plu® que modeste, des talents plus qu\u2019ordinaires, n\u2019allez pas poser de limites à 506 LA REVUE DOMINICAINE son influence : vouisi ne savez pais, ne saurez jamais où elle s arrêtera.La grande puissance eslt en acte ; vous- verrez grande destruction ou grande1 édification.Aussi, le \u2018Saint-Esprit pouvait-il -dire : \u201cLa, flanque, c\u2019est le plus faible or-S'an-e et oependan-t c\u2019est le plus puissant de tous.C\u2019est une étincelle, mais cette étincelle met le feu aux familles- et aux cités\u2019\u2019.Donc, d\u2019abord du sérieux dans les- discours.Sans doute, encore de la joie, encore -die l\u2019épanouissement cordial, puisque saint Thomas va jusqu\u2019à faire une vertu de ta bonne humeur, en conversation ; et, il faut voir aussi déposition dun saint François -de Sales aux contenances, renfrognées et mélancoliques,., Mais du sérieux quand même et vous serez une influence.* * * Pour faire du bien, il faut beaucoup plus qu'une parole sérieuse.Fous connaissions des mécréants- ni plus ni moins qui prennent leur rôle tout aussi au sérieux que l\u2019a fait saint Paul.L\u2019apôtre esit, essentiellement bon coeur.Un pauvre polonais, un poète plein d\u2019idées justes ! ! nous a montré, clans un apologue des plus touchants qu\u2019il composa pour son pays malheureux, l\u2019heureuse influence de la bonne parole.Une mère venait de tomber en léthargie.ISon fils appela des, médecins.\u2014Je la traiterai suivant telle méthode, dit.l\u2019un.\u2014-L\u2019on répondit : oh ! non, ce -serait la.mort,.J emploierai tel remède, dit un deuxième.Et ses confreres : oh ! non, ce serait encore la mort,.Alors l\u2019enfant, désespéré, s\u2019écria : oh ! AI aman ! A cette voix émue,, la mere se réveilla, guérie.Vous comprenez donc ! M\u2019allez donc pais- vous croire -déshérités- «de toute domination conquérante parce que vous parlez avec la seule parole du coeur comme arme d\u2019attaque et, de défense.Vous disposez d\u2019une force incommensurable.L\u2019homme résiste a la ruse, il résiste au talent, il résiste à la violence, il résiste même à 1-a grâce, force divine ; il ne désiste pais à une parole sympathique.Il faut qu\u2019il fuie ou qu\u2019il succombe : -car celui qui sait porter la, bonne parole est de la race des forts à qui 1 Ecriture donne le beau surnom de preneurs de villes ; et les a mes ne peuvent lui manquer parce que déjà il a les coeurs. SOYEZ DES ENTRAINEURS 507 'Et vomis savez quel vaste champ d\u2019action vous offre le monde d auj orur d\u2019bu 1 : tant de coeurs mavrési, saignants ; tant d\u2019âmes inquiètes ; tant d'hommes qui nie peuvent se passer d\u2019encouragement, qui s\u2019attristent de leur insuffisance, qui s\u2019alarment de leurs moindres fautes, qui perdraient coeur et se laisseraient même anéantir si de justes éloges, de sincères feli citâtions ne venaient les relever au bon moment.'Combien aussi de volontés timides, hésitantes, reculeraient devant 1 action puiblique, garderaient inexploitées' de précieuses ressources1 d'apostolat, isi une louange opportune nie venait leur donner de l\u2019assurance et mettre en branle leur richesse d\u2019énergie.Combien d\u2019espritsi lassés de travail, abattns par la.critique, décontenancés par la contradiction, obsédés par la tentation de tout abandonner et de s\u2019endormir dans un stérile silence, demandent, exigent qu\u2019un apôtre vienne leur tendre la mjain, leur rendre l'espérance et la force et leur donner, puisqu'il en est capable, la conviction que leur vie n\u2019est pas encore élpuiisée et que la sève en est encore assez féconde pour produire, sinon les riches moissons du génie, au moins des fruits de très; réelle valeur.C\u2019est donc donner de la joie toujours, et c\u2019est parfois sauver des existences, c\u2019est être grand apôtre que de répandre à propos sur des âmes abattues, ce baume réparateur de la bonne parole.Et c\u2019est un peu de la nature d\u2019une parole vraiment bienfaisante que de se faire doublement apostolique.Après avoir aidé le coeur, elle devrait éclairer l\u2019intelligence.Aotre génération demande ce qu' elle n'a pas toujours : de la lumière.Dans bien des âmes aujourd\u2019hui, \u2014- quoi qu'on en pense et surtout quoi qu\u2019on en dise, \u2014 il manque ce flambeau qui, seul peut guider une vile : la vérité divine.C\u2019est souvent parce qu\u2019il fait trop noir que des êtres immortels, destinés 'à la beauté parfaite, s\u2019en vont roulant pêle-mêle dans des sentines dont on devrait ignorer même l'existence.C\u2019est souvent parce qu\u2019il fait trop noir que des consciences tournent au moindre souffle et jettent, sans scrupule, par-dessus bord, ce qui leur restait encore de justice et d'honnêteté, et qu\u2019elles en sont venues, selon .la parole de l\u2019Ecriture, à appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien.Et alors, quel apostolat sd) vous alliez porter dans ces ténèbres quelque lumière.Lacordaire disait : De tous les bienfaits que l\u2019homme ou Dieu même puisse répandre 508 LA REVUE DOMINICAINE je n\u2019en commis, pas die 'Supérieur :à la.charité de doctrine.Quand un homme a donné ià isies frères itouisi ses biens, c\u2019est beaucoup ; pourtant c\u2019est le don d\u2019une chose étrangère à lui ; quand il donne son coeur, c\u2019est beaucoup plus; pourtant ce coeur si précieux, c'est le don d\u2019une chose changeante et mortelle.Maiiis il y a dans hhomime quelque chose de plus grand et de plus beau que l\u2019homme, qui ne passe, ni ne change, ni ne meurt, qui est éternel : c\u2019est la Vérité.,, C\u2019eist pourquoi le don de cette partie de nious-mêmes est le don de soi par excellence, et notre parole n\u2019aura jamais été plus apostolique que le jour où elle aura porté de Ha lumière.Encore une fois, une doctrine et un coeur d\u2019apôtre, c'est toujours assez aux mains de Dieu pour sauver le monde.Les aUnales de l\u2019Eglise avec ses longs combats, mais ses victoires, vérifient nettement cette affirmation, témoignent sans cesse de l\u2019efficacité de la promesse du 'Christ à qui veut le suivre : \u201cJe vous, ferai devenir pêcheurs d\u2019hommes.\u201d ¦x- * * Maintenant, un mot die la prudence.Il semble que nous devrions nous arrêter ici.Car vous dire : \u201c}pais trop vite\u201d, \u201cattention\u201d, voila qui a tout l\u2019air d\u2019un conseil de .briseur d\u2019ailes.Et pourtant, non ! ISoyez prudents1 ! On rencontre des âmes (bien intentionnées qui, avec des paroles quasi divines, ne font plus le bien quelles, voudraient et pourraient faire.Elles manquent de prudence.Il y a longtemps* que la prudence a.subi soin panégyrique.Les théologiens l\u2019appellent d'un nom significatif : \u201ccmriga virtutum, le cocher des vertus\u201d.Elle est une lumière qui marche toujours devant nous, qui signale les excès possibles et qui nous enseigne notai seulement ce qu\u2019il faut dire, ce qu'il faut faire, mais encore en quelles circonstances il faut placer la parole et l\u2019action.Avant die parler vous choisirez donc votre homme et le temps convenable : c est surtout cela que la prudence exige.Choisir son homme, tout le monde convient que c\u2019est de première nécessité.(Rien 'de plus courant que ces incidentes : je vous dis cela, h vous, mais \u2018à un: autre je ne le dirais pas tel quel.Et l\u2019on a bien raison ! Il y a dies, esprits faits autrement que les autres, \u2014 nous ne .disons pas.mieux faits, \u2014 funestement dotés dé la manie de mal interpréter.Une parole de saint, sortie d\u2019un coeur pur, d\u2019un coeur d\u2019or, 509 % SOYEZ DES ENTRAINEURS louer ©ont de texte aux commentaires.d!e la plus noire malveillance.Joubert disait : \u201cJetez quelques vifs rayons dans un esprit naturellement ténébreux et vous verrez jusqu\u2019à quel point il les obscurcira.\u201d Nous pouvons répéter en un sens analogue : jetez quelques grandes idées, de beaux principes, de merveilleuses- considérations dans dies- cerveaux prévenus, dans des coeurs à la pointe mal placée et vous verrez comme tout sera dénaturé.Veillez donc avec le plus grand soin non seulement sur vos paroles mais (aussi sur les vases -dans lesquels; vous te versez.Soyez philosophes assez pour distinguer1 la nature et la capacité de chaque être : choses si variables.Valiez pas non plus négliger les circonstances de temps.Remarquez comme les gens de tact se préoccupent de parler à point ; et si, pour unie raisiou valable, ils doivent dire quelque chose avant (l\u2019heure, l\u2019excuse .précède : \u201cchangement de propos\u201d, disent-ilsi.Ils sont prudents.Le Saint Esprit lui-même insiste l'à-deisisust d\u2019une manière toute particulière : \u201cla- parole dite en son temps ressemble à une belle sculpture mélangée d\u2019or et d\u2019argent, mais un discours inopportun est line musique pendant le deuil1\u20191.Puis ÎNotre Seigneur qui ne voulait faire qu\u2019un tout harmonieux de sa doctrine et de ses exemples, retardait quelquefois- la révélation de certaines vérités moins urgentes que ceux q-ui étaient encore des enfants ue pouvaient pas encore porter.Conduit par son Esprit, il était vraiment- Alpôttre.Soyons- -ses imitateurs.* * -x- Souvent le laboureur, en revenant de ses guérets, peut voir descendre la nuit dans la campagne.Elle Commence par tomber au loin.Elle éteint les -couleurs, efface les contours, couvre chaque beauté de -son voile confus et profond.Le colon regarde ce mélancolique spectacle.Puiis, quand la nuit qui s\u2019approche toujours commence !à le serrer de trop près, instinctivement il r-eleve la teto.Il veut de la clarté et salue dans le ciel les- premières étoiles:.-O\u2019est l\u2019image de la vie.J©urnes, les- -âmes -sont heureuses.Leur avenir leur semble une grande campagne fleurie, pleine d étapes enchantées .il fait si dam.Alais les désillusions s annoncent : on parle ' d un nuage.La -souffrance surgit ; il fait déjà sombre.Les doutes et 510 LA REVUE DOMINICAINE leurs, angoisses se présentent : c\u2019est'la omit et l\u2019on se clem ancle tristement s\u2019il faudra metaier jusqu\u2019à l'a mort ce deuil de ses rêves et de ses espérances.Eh ! hien, mon ! ces âmes ne vivront pa;s comme d\u2019éternelles malheureuses.Jeunes gens, à titre d\u2019iapôtres,' vous serez pour elles des étoiles capables de les aider, de les: guider, heureuses, clans cet -aride désert qu\u2019bu appelle la viè.Dr.Augustin-Marie Seguin, O.P.DANS L\u2019EGLISE ET DANS L\u2019ORDRE Semaine catholique d\u2019Alsace.\u2014 On ne saurait prétendre que la -saison d\u2019été fut pour l'action catholique française, un teimps de repos.(Sans- parler des imposants pèlerinages qui se sont déroulés dans la ipiluplant- -des friands -sanctuaires, et surtout a Lourdes, ou a vu les militants die 1\u2019-ef- fort social et les directeurs de -collèges -chrétiens se .rassem- bler tour à tour en Alsace, les homlmes d\u2019oeuvres tenir1 leurs a'sisiises On Bretagne et, enfin, -de nombreux catholiques apporter un précieux concours- au Gotngrès de lia natalité.Mais on peut constater néanmoins que le- mois d\u2019octobre apporta -encore une recrudeslcence de travail et de réunions.Troi-s- congrès importants se réunirent, -sur trois- points différents, en moins -de quinze jo-ur's.Les- catholiques du Lord et leurs frères des Vosges au nombre de plusieurs milliers, -se sont ralliés autour des évêques de Lille -et -de Saint-Dié.Dans ces deux diocèses, dont le premier souffrit -de l'occupation allemande et le se- cond -des dévastations de la.guerre, on -a- pu reconnaître un relèvement et un progrès remarquables.-Sur le fondement de 1 orthodoxie religieuse, on y Voit -se dresser une organisa- tion de propagande catholique et fleurir ides initiatives sociales.Mais plus brillante encore, et plus- significative, a été la.Semaine des catholiques alsaciens-.Leur première assemblée diocésaine depuis le retour là 1-a mère-patrie ! Huit jours -durant, sous la présidence de l\u2019évêque -de (Strasbourg, s est accompli un travail eff ectif et vigoureux de coordiua- DANS L\u2019EGLISE ET DANS L\u2019ORDRE 511 tien.Puis, le dimanche, un imposant cortège a défilé, dans les rues de la grande cité rhénane, souisi les yeux de Mgr Rucli, entouré de l\u2019évêque de Metz, du général de Castelnau, 'die conseillers municipaux de la ville et de députés du département.Plus de vingt mille h omîmes, en rang, groiuplés par paroisses et omlbraigés de drapeaux, ont affirmé, tout ensemble, et la discipline et la foi des catholiques alsaciens.Bix jours de débats ne ise peuvent résumer en six lignes.Voici, d\u2019après l\u2019enisemble desi rapports, les trois caractéristiques dominantes de ce 'Congrès : admirable vitalité des oeuvres catholiques eu Alsace, tant sur les terrains social, charitable et religieux que dans le domaine de la presse et, de l\u2019enseignement ; entente fraternelle entre les institutions du diocèse de Strasbourg et les iniatives catholiques nées en France, au cours des longues années de séparation ; union, chez les catholiques! alsaciens, de l\u2019attachement le plus invincible à leurs libertés religieuses (dont M.Barthou leur assurait naguère encore, au nom du gouvernement, le maintien! et de leur plus 'enthousiaste et profonde affection pour la grande patrie.Le député de .Strasbourg, M.Oberkirch, en eût été le plus éloquent affiûma-teur, si les interminables ovations de la foule au général de Castelnau n'avaient pas encore dépassé les plus beaux discours.* * * L\u2019Art gratuit \u2014 La publication du Jardin sur l\u2019Oronte de M.Barrés a de nouveau fait surgir au premier plan l\u2019éternelle question des rapports de l\u2019Art avec la règle catholique des moeurs.Plusieurs combattants sont entres en lice, mais les chefs de ligne demeurèrent jusqu\u2019à la fin l\u2019auteur lu,i-m'ême et M.J ose A incent.Qui connaîtra les bons effets de cette polémique, notable par ! élégante courtoisie, fondée sur une réciproque estime, des principaux jouteurs ! Me faudrait-il pas rattacher eu partie a cette discussion le retrait subit de Y Entremetteuse de M.Léon Daudet ?\t.Ce qu\u2019on nommait l\u2019art, pour l\u2019art 'est donc devenu «part gratuit.\u201d On sait qu\u2019eu vertu dé cette théorie l\u2019art ne 'doit pas même songer a être utile.Il suffit a 1 artiste d'atteindre au beau sans souci de servir ni crainte de des- 512 LA REVUE DOMINICAINE servir une cause quelconque.I'I ne faut point s\u2019attarder ind'étfiniment à critiquer une théorie qui renferme une part de vérité, mais qui, formulée de la sorte, Semblerait vouloir placer l'Art au-dessus ides lois d\u2019humanité, de religion, die morale et même d\u2019esthétique, si la morale religieuse est encore unie esthétique supérieure, en même temps qu\u2019un moyen de sialut, Disons simplement qute cette doctrine incomplète ne répond même pas aux exigences de la civilisation moderne.L\u2019art ne remplira, sia fonction totale iqu\u2019ià la condition de retourner taux principes des anciens maîtres italiens sculptant, peignant, dessinant 'à la fois1 des façades d'église ou des voitures de gala, de nobles fresques ou de vulgaires faïences, des arçons de selle ou des bannières de confrérie.La tradition veut que Raphaël lui-même ait fourni des dessins aux damaisiquineurs de Florence, aux emailleurs de Faënza, aux peintres verriers de Marseilles.Mais de nos jours surtout, la vie va trop vite pour qu\u2019on puisse s\u2019arrêter longuement a des jeux de lumière et d'Ombre sur une toile, à des combinaisons de sons et d\u2019harmonie, ù des1 agencements de rimes ou de périodes), si ces créations pittoresques, musicales ou poétiques ne nous font pas progresser dans 1 art de vivre et de bien vivre.Aujour-d hui, ,plus que jamais, nous sommes) en droit de demander à 1 Art : Qur apport es-là à la Vie ?Du bonheur, plus de bonheur qu'autrefois ?De l\u2019idéal, plus d\u2019idéal qu\u2019autre-f°i|S.\u2022 'Sinon, il n\u2019y a plus guère de place pour toi sous le soleil.Si oui, ah ! sois le bienvenu parmi nous, croyants et catholiques qui, à la théorie ide 1 art souverain, voulons substituer la théorie de l\u2019art sauveur.Pour remplir efficacement ce role, il n\u2019est point requis que 1 artiste renonce (à la peinturé des passions.L\u2019Eglise ne proscrit pas les oeuvres dont le ressort principal\u2014Phèdre et- Télémaque reside dans une passion contrariée.Tout lejproiblème consiste à traiter des passions comme Racine, Fénelon et d\u2019autres ont su faire.Aussi, à la dernière question de M.Barrés : \u201cOù est la.voie \\.Où sont les grands modèles,\u20191\u2019 M.José Vincent a-t-il ipu répondre en tonte simplicité par un faisceau hâtif de faits récents : \"De la solution de ce problème, ni M.René Bazin avec dans l\u2019église et dans l\u2019ordre 513 son Charles de F oucauld, ni Gihéon avec son Témoignage d\u2019un converti, chef-d\u2019oeuvre que la Nouvelle Revue française «St 'bien coupable de ne pas réimprimer, ni Bourget avec son Sens de la mort, ni Louie Bertrand avéc son .Sanguis Marty rum et F Infante, ni Héimon avec Maria Chapde-laine iront été autrement embarrassés.Ils l\u2019ont résolue par l'exemple, comme -l\u2019autre démontrait le mouvement en marchant.\u201cAu resite, suis-je sot ! qui l'a mieux résolue que M.Barres lui-même, pour la plus grande gloire de l'art français, en cinq ou six de ses plus grands livres V' * * * A VEtrcvnger\u2014Les Dominicains italiens, qui ont une mission >à Smyrna, ont vu leur église et leur couvent épargnés- par l'incendie qui, le 17 septembrle, a, réduit la ville en cendres.Les flammes se sont arrêtées à 300 [pied® de leur résidence.Mais, pendant les quelques heures où les missionnaires ont dû se réfuigier sur un bateau en mer, tout.a.été pillé chez eux.\u2014Le R, P.Fanfiani, posltulateuir des causes dominicaines auprès de la Cour romaine, a reçu du cardinal Ga-sparri une lettre de félicitation pour son Commentaire du Droit des Religieux, d\u2019après le nouveau code canonique.On dit que Fauteur se propose de publier une traduction française de son Commentaire.\u2022\u2014Mgr Berné, -archevêque dominicain de Bagdad, a été nommé Délégué Apostolique pour la Mésopotamie, le Kurdistan et l\u2019Arménie inférieure.-\u2014Le célébré peintre allemand J.M.Beckert a fait profession, il v quelques mois., tau noviciat des Frères-Prêcheurs -de Dnsiseldorff.Il porte maintenant le nom de fr.Angélique.\u2014Le Révérend J.Holland, ministre anglican de Londres, vient de faire son abjuration chez les PP.Dominicains de IlavePstock IIill.\u2014-Nous lisons da'ns F\u201cAnnée dominicaine\u201d, livraison de novembre : \u201cjSTous avons annoncé, il y a quelques mois, la fondation d\u2019un cours de Saint Thomas à \u201cThe London University Extension\u201d.Ce cours -donné par le R.P.Vincent Mac FTabb a donné les meilleurs résultats et -a été sanction- 514 LA REVUE DOMINICAINE né ipar dies examenis parfaitement réussis.A ce sujet, un journal1 écrit : \u201cLes Conférences ont été très suivies et les étudiants qui les fréquentaient étaient au nombre de cinquante environ.L assistance était, très 'variée et comprenait beaucoup de non-catholique®.Le P.Mat* Niaibb retenait 1 attention de ses auditeurs en se gardant soigneusement de populariser son sujet, li leur donnait la Vérité, la Vérité sans parure, telle que S.Thomas la donnait, la vérité rendue très nette, vivante et intelligible par le talent d'un savant professeur.\"\u2019 \u201cUne nouvelle série, de cours a été organisée pour l\u2019hiver et sera donnée, comme 1a, précédente, pair le P.Mac X ahb qui traitera de la Très Sainte Trinité et de la Création \u2014Le T.R.P.Henri-Dominique Noble a été élu Prieur du ISaulchoir (Kain), couvent d\u2019iEtudes de la Province de Paris, en remplacement du P.P.Delor.-\u2014Le 4 août dernier, :à lia Maison-Litre de la Congrégation nouvelle des dominicaines missionnaires de Mary-knoll, K.-La, tremte-et-une jeunes filles prirent le saint habit et vingt-cinq novices émirent leurs premier® voeux.\u2014Trois religieuse dominicaines ont récemment obtenu le diplôme de Maître ès-arts devant le jury de T'Université catholique de Washington.Une d'elles .avait fait sa thèse sur une question de Mathématiques supérieures, l\u2019autre sur la Pédagogie catholique, la troisième sur La vie de châteaux dans la France du Moyen-Age.L\u2019Université a conféré aussi, honoris causa, le doctorat de Philosophie à la Rév.Mère Marie Oaimilla, provinciale des: dominicaines d\u2019Adrian, en récompense des services rendus par elle à la cause de l'éducation chrétienne.(En outre, les dominicaines de Newburgh, appelées par Mgr Curley, viennent d\u2019établir, sous le patronage de l'Université catholique, une école d\u2019En-seignement supérieur pour les jeunes filles.* * * Dans la province \u2014 Le personnel enseignant de notre Collège St-J eau-Baptiste d\u2019Ottawa est ainsi composé pour l'année 1922-23 : T.R.P.Albert-M.Marion, Bachelier en ;S.Théologie : Régent du Collège, Professeur de Théologie morale, et Lecteur du 'Cas de Conscience,. dans l\u2019église et dans l\u2019ordre 515 T.R.P.Oeslas-M.Forest, Bachelier en 'S.Théologie : Bachelier du Collège, Professeur 'de Théologie dogmatique et d\u2019Histoire des 'Dogmes ; Professeur d\u2019Hisitoire de la Philosophie à la faculté de Philosophie die l\u2019Université de Montréal.R.P.Gabriel Ferras, S.Th.L.: Professeur d\u2019IEcriture Sainte et d\u2019introduction à l\u2019Ecriture Siaiute.R.P.IGonzalve Proulx, iS.Th.IL.: Professeur d\u2019Apologétique et d\u2018Eloquence sacrée, Pro-Maître des Etudiants.R.P.Mairie-Albert Mignault, (S.Th.L.: Professeur de Droit canonique et d\u2019Histoire de l\u2019Eglise.R.P.Pie-Marie Gaudrault, !S.Th.L.: Professeur de Philosophie et duHistoire de la, Philosophie.\u2014 Le R.P.Antonin Bisisonnette ia publié dians le numéro d'octobre de VAction française ses Impressions de Semaine sociale.\u2014Pie R.P.Louis Bourque prêchera le troisième Centex naire de S.Ignace, le 3 décembre, au Gesù (Montréal) et le R.P.Henri Martin, en IVglisie Autre-Dame du Chemin (Québec)., \u2014Le R.P.Raymond Hamel a.été assigné à la Maison vicariale de Québec.\u2014Le R.P.Lamarche a reçu de M.Jacques Maritain, professeur dTIistoire et de Philosophie moderne à L Institut Catholique de Paris, 1a.lettre suivante, d'un intérêt plutôt général, que liront sans doute avec grande satisfaction professeurs' et élèves de .nos collèges Massiques et des deux universités : Versailles, 21 rue Baillet-Reviron 26 octobre 1922 Révérend Père M.-A.Lamarche, O.P.Professeur de Philosophie à 1 Université de Montreal Mon Révérend Père, Je viens dé lire l'article que vous avez bien voulu consacrer à \u201cAntimoderne\u20191\u2019 dans le Devoir et je vous en remercie cordialement.Je suis tirés touché de recevoir ainsi cet encouragement de votre part, a vous qui avez le privilege de vivre dans un pays dont nous devons aduiiiiei et envier l'exemple de fidélité aux prescriptions de Léon XIII.Heu- 516 LA REVUE DOMINICAINE reuse votre jeunesse, d\u2019être formée dès le collège duns la philosophie de saint Thomas.En France il y a actuellement dans1 l\u2019élite un très re-marqUalble mouvement de retour' vers l\u2019Ange de l\u2019Ecole, toutefois il reste encore terriblement 'à faire.Avec quelques amis, nous nous sommes groupés pour essayer, par l\u2019étude et par la prière, de mieux connaître et de mieux faire connaître saint Thomas.Je recommande cette oeuvre à vos prières.Les dernières lignes de votre article m\u2019ont, profondément touché, et certes' se serait une grande joie pour moi de pouvoir aller vous rendre visite.Mkis la besogne ici est si urgente que je me demande comment cela serait possible.lEncore merci, mon 'Révérend Père, et veuillez agréer, je (vous prie, l\u2019expression de mes sentiments, très respectueusement dévoués ih Xto Jfesu.Jacques Maritain.\u2014A la demande d'uine quarantaine d\u2019institutrices de la ville d\u2019Ottawa, le R.P.P.-M.Gaudrault, O.lP ., a inaugu-guré le 8 novembre un cours libre de philosophie scolastique à l\u2019usage de ces dames.Era Dominico r RECENSIONS Calendrier du Bon-Pasteur Le Calendrier du Bon-Pasteur de 1923 ne le cède aux devanciers ni en art ni en piété.On peut se le procurer à la Maison Provinciale, 64.est, rue Sherbrooke.Montréal.Que ce soit là une belle occasion de faire l'aumône, le message suivant nous édifie sous ce rapport : Mon révérend Père.Notre \u201cCalendrier «les familles chrétiennes\u201d vient de nouveau vous prier de le recommander aux lecteurs de la \u201cRevue dominicaine\u201d.En exauçant notre confiant appel, votre charité faciliterait le double but que nous poursuivons : semer de bonmes pensées et procurer quelques ressources de plus à notre oeuvre du salut, des âmes égarées toujours si chères au Coeur du bon Maître.Pour récompenser nos bienfaiteurs, nous comptons sur les libéralités infinies du Coeur de Jésus.A les lui demander en leur faveur, nous mettrons toute la dévotion dont nous sommes capables.Veuillez, mon révérend Père, agréer l\u2019hommage respectueux de nos religieux sentiments.Vos humbles servantes en Notre-Seigneur, Les Religieuses du Bon-Pasteur Almanach du Propagateur des trois Ave Maria.\u2014 Intéressant, édifiant, illustré.Franco : 0.70\u20147 fns lia douiz.Bureaux du Propagateur, à Blois (Loire-etOder) France.Petit Almanach du Propagateur.\u2014 Joint l\u2019édifiant à Pagréable.Parfaitement .adapté à l\u2019âge des enfants de 8 a 14 ans : 0.45\u20144.50 la douzaine, franco.Abbé Paul Buysse \u2014 \u201cVers la croyance\" \u2014 Lettre-Préface de M.Paul Bourget.\u2014Nouvelle édition.In-12, 320 pp.Desclée, De Brouwer et Oie, Bruges^, Belgique : 30, rue SainpSulpice, Paris, 1922.Prix : 8 fr.On peut également s\u2019adresser à l\u2019auteur, 9, Quai au cou, Grand, Belgique.La tâche d'apologiste a été de tout temps, elle est davantage de nos jours, ingrate et périlleuse.L\u2019auteur de cette brochure, lui-même professeur d\u2019apologétique à Gand, en signale une pre- 518 LA REVUE DOMINICAINE miène raison qu\u2019il emprunte à S.E.le cardinal Mercier : \u201cDes préoccupations apologétiques, en apportant à la considération de l\u2019objet d\u2019une science une attention partagée entre cet objet et autre chose, font méconnaître l\u2019essence même dé la spéculation scientifique.\u201d Mais il échappe totalement à ce danger ; son attention ne fut dispersée d\u2019aucune manière ; sans viser au progrès d\u2019une branche particulière, hormis la sienne, il prétend \u201cn\u2019être qu\u2019un humble vulgarisateur qui s\u2019est efforcé de disposer en faisceau lumineux les meilleurs travaux des vingt dernières années.\u201d (Avant-propos) Qu\u2019il s\u2019agisse en effet, dans ce volume-arsenal, de théologie naturelle, de biologie, d\u2019astronomie, de physique ou de chimie, d\u2019histoire ou même de pré-histoire, on s\u2019aperçoit vite que le distingué professeur s\u2019est mis en contact avec les plus hautes oeuvres et les plus grands noms.Les tables de la fin, de même que le schéma ingénieux, détaillé qui clôt chaque chapitre, en font foi Si première vue.Les littérateurs viennent à leur tour témoigner en faveur 'de nos croyances.Certains couplets de virtuoses, \u2014 Ragueneau exposant la recette des tartelettes amandines ! \u2014 tout en servant le but de l'ouvrier, hantaient nos mémoires au point qu\u2019il eût suffi d\u2019un rappel sans citation, l\u2019oeuvre étant déjà trop dense en elle-même et au point de vue de l\u2019exécution typographique.Un autre danger, résultat d\u2019une autre opposition, attend l\u2019apologiste un peu soucieux d\u2019exposer les difficultés avant de les résoudre.'Les hommes d'action, en fièvre de prompte réussite et ne songeant qu\u2019aux succès immédiats, vont lui reprocher \u2019en termes amers ce qu\u2019en général ils reprochent aux hommes d'étude : de s\u2019attarder dans les exposés de principles et délimitations du droit quand un mot d\u2019ordre d\u2019attaque a été donné en divers camps.Le Père Bernard Allô, O.P., Recteur de rUniversité de Fribourg, analyse à fond cette sortie de rivalité intempestive, dans Foi et systèmes, (chapitre premier : La peur de la vérité), tandis que le P.de Tonquédec, S.J., dans un discours sur N.Dominique apôtre de la vérité, désarçonne en un tour de phrase cette apologétique enfantine qui, mesurant l'adversaire 'à sa propre taille, s\u2019imagine qu\u2019il va de confiance accueillir ses arguments sans lés peser, ses textes sans lies confronter, ses omissions sans les combler.L\u2019abbé Buysse a vu nettement ce péril.Il s\u2019est efforcé de préserver son oeuvre \u201cdes défauts qui ont discrédité !\u2019apologétique chez les croyants non moins que chez les incrédules\u201d, en appliquant \u201cles principes posés et développés par un maître, filial disciple de S.Thomas, le P.de Poulpiquet,\u201d dans l\u2019ouvrage intitulé : L'objet intégral de l\u2019Apologétique.(Chapitre premier :Le discrédit de VApologétique).C\u2019est par pure modestie sans doute qu\u2019il présenté Vers la croyance aux cercles d\u2019étude et aux grands élèves de lycée.C\u2019est une oeuvre trop probe et d\u2019allure trop scientifique pour ne pas intéresser professeurs, écrivains, philosophes orthodoxes, sans- compter l\u2019honnête opposant qu\u2019une -sincère dialectique et une sérieuse érudition, jointes à l\u2019entier respect des croyances, nous empêchent de confondre avec la masse des primaires.Enfin le bon défenseur de la foi devra respecter et défendre la tradition et même, \u2014 à un degré beaucoup moins contraignant sans doute, \u2014 les traditions.Ici nouvelle rencontre épineuse avec cette fois les alarmistes, ces ombrageux constamment en quête d\u2019abcès hérétiques : plaies extérieures ou bobos internes, comme des chi- 1 RECENSIONS 519 rurgiens sans clientèle en mal d\u2019intervention.A peu d'exceptions près je n\u2019éprouve aucune hésitation, pour ma part, à les classer parmi les survivants de Vintcgralisme dont disposa si prestement Benoît XV, dès les premiers mois de son pontificat.Des faits tout récents qu\u2019il semble inopportun de raconter dans cet organe, prouvent en effet que la tendance erronée vit encore, et s\u2019exerce à réapparaître, après une prudente éclipse de sept ans.Malgré leur rencontre inévitable, ce serait un rêve inane de prétendre réconcilier ces individus de mauvaise foi avec nos savants de bonne foi.Aux uns et aux autres, aux uns comme châtiment, aux autres comme réconfort, nous offrirons cette remarque de Pie X, dans une lettre à Mgr le Camus.Elle a trait aux études bibliques, mais chaque branche de l\u2019enseignement sacré peut en tirer bénéfice.\u201cIl convient die désapprouver l\u2019attitude de ceux qui n\u2019osenit, en aucune façon, rompre avec l\u2019exégèse scipturaire ayant eu recours jusqu\u2019à présent, alors même que, la foi demeurant d\u2019ailleurs sauve, le sage progrès des études les y invite impérieusement.\u201d (Revue Biblique.avril 1906).Che bella parola ! disait, à propos d\u2019une sentence moins riche, une brave femme d\u2019Italie à Louis Veuillot.L\u2019auteur nous pardonnera ce rappel de principes qu\u2019il a fait siens.Il nous excuserait moins facilement de vouloir à présent démontrer sa parfaite orthodoxie, son Souci d\u2019exactitude, son respect des doctrines déjà fixées : qualités qui transpirent à chaque vient de désapprouver l'attitude de ceux qui n\u2019osent, en aucune page, à chaque paragraphe du livre dont nous conseillons la lecture et la méditation.Mais en même temps, c\u2019est unie vraie satisfaction pour les catholiques sans épithète de le voir, avant ou après chaque preuve centrale, en déterminer la nature, la portée et toutes les conditions logiques, au risquie parfois de renverser certaines positions du catéchisme en famille.C\u2019est ainsi que.dans la démonstration de l\u2019existence de Dieu, l'argument du premier homme se trouve mis au rancart avec celui de la première poule.L auteur avec B.Thomas s\u2019en tient aux séries de moteurs^ ou de causes actuellement et essentiellement subordonnés.De même, poui ce qui concerne la preuve si péremptoire des aspirations du .coeur, qu\u2019il ne faut pas confondre avec la méthode exclusive d immanence, \u2014 il a soin de rappeler que ce désir de 1 infini n offre aucune parenté avec le rêve ou la chimère, et ne jaillit pas .davantage de l\u2019humaine volonté, mais des profondeurs de 1 instinct natui el.Pour tant de mérites auxquels nous n\u2019étions guère habitués jusqu\u2019à ces dernières années, nous devons féliciter de son entreprise IM.l\u2019abbé Buysse et hâter de nos voeux l\u2019apparition d\u2019un second volume en préparation : Vers la foi catholique.M-A.Lamarche, O.F.R.P.Guilloee, S.J.\u2014\u201cLes Secrets de la Vie Spirituelle qui en découvrent les illusions\u201d.In-8 couronne de XVi-576 pages.10 fr.; franco, 11 fr.P.Lefhiel-leux, éditeur, 10, rue'Cassette, Paris (6e).L\u2019an dernier, l\u2019excellent livre du P.Godinez, Praxis Theoloyiae mysticae inaugurait l\u2019importante \u201cCollection .pour Directeurs spirituels\u201d, annoncée par la maison Lethielleux, à Iaxis.» 520 LA REVUE DOMINICAINE Voici que, cette année, la collection s\u2019enrichit d\u2019un ouvrage die grande valeur, sur les Illusions de la Vie spirituelle, dont l'auteur est le Père François Guilloré, S.J.Divers membres du clergé régulier et séculier, allemand, espagnols, italiens, français, ont paillé des Illusions Spirituelles ; nul peut-être en aucune langue n\u2019a fouillé ce sujet difficile autant que le P.François Guilloré.L\u2019auteur écrit principalement pour les directeurs d\u2019âmes ; et ceux-ci seront reconnaissants à ce maître si perspicace d\u2019avoir si bien étudié les causes d\u2019erreur dans la spiritualité pratique, et de leur avoir signalé les multiples formes d\u2019illusions dont leurs disciples pourraient être victimes.Trois livres y font successivement découvrir les illusions d\u2019abord dans les actions extérieures, puis dans les vertus, et enfin dans les opérations de l\u2019esprit.Chaque livre renferme plusieurs traités.Les directeurs spirituels y remarqueront entre autres, les traités sur les illusions du zèle dans la sanctification des âmes, les illusions des ferveurs, celles de l\u2019oraison et celles de l\u2019amour.Voici comment le P.Guilloré procède : \u201cLa méthode que j\u2019observe, dit-il, dans le traité de chaque illusion est : lo de m\u2019objecter à moi-même en peu de mots ce qui a coutume de se dire pour montrer qu\u2019elle ne l\u2019est pas ; 2o je découvre ensuite l\u2019illusion, par les preuves les plus sensibles ; 3o et puis je suggère plusieurs moyens pour ne pas tomber dans cette illusion.\u201d Le présent volume est la reproduction intégrale de l\u2019édition de 1684, corrigée et augmentée avec soin par l\u2019auteur lui-même.Albbâ J.Leclercq \u2014\u201cSainte Catherine de SienneIn-16 7 ifr.50 ; franco, 7 fr.50.P.Lethielleux, éditeur, 10, rue Cassette, Paris! (6e).Sainte Catherine de Sienne a été, depuis quelques années l'objet de nombreuses études.Des publications se succèdent sans lasser l\u2019attention du public ; la traduction de son Dialogue ; celle de sa Vie par son confesseur Raymond de Gapoue s\u2019épuisent rapidement et sont rééditées ; les biographies modernes, comme celle, parue en dernier lieu de Joergensen, atteignent de forts tirages.Personne cependant n\u2019avait tenté jusqu\u2019ici l\u2019intéress(ant travail que nous livre aujourd\u2019hui M.l\u2019abbé Leclercq, une étude synthétique de la sainte, un portrait si l\u2019on veut, où l\u2019auteur tâche, grâce à des citations nombreuses bien ordonnées et commentées, de dégager des oeuvres et de la vie, le caractère de la grande mystique, son type de sainteté.Sans s\u2019attacher à l\u2019ordre biographique il passe successivement en revue les mobiles de sa politique, les principes die sa mystique, sa direction des âmes, sa vie intérieure.Nous voyons la Sainte tour à tour dans ses rapports avec les âmes pieuses et avec les pécheurs, avec les princes et avec les humbles religieux, l\u2019auteur ^esquisse en passant quelques silhouettes touchantes de disciples, et il situe le tout dans le cadre de l\u2019époque, avec une grande préoccupation d\u2019exactitude historique.Ceux qui ont lu le Dialogue on la Vie aimeront à en voir les pensées mises en relief dans ce nouveau travail qui est comme la conclusion philosophique des dernières publications .sur sainte Catherine.Pour ceux qui ne connaissent encore la sainte de Sienne que par ouï-dire, ce volume RECESSIONS 521 sera une agréable prise de contact qui leur donnera le goût de pénétrer plus avant dans son intimité.Mût Ohapon.\u2014 Conférences spirituelles \u201caux Religieuses de la Visitation d'Orléans\u201d.In-12 de 428 p.,, 7 fr.50 ; franco, 8 fr.Téiqui, 8i2, rue Bonaparte, Paris.\u2014 Granger Frères et Librairie Votre-Damc, .Montréal.On a ici les Conférences dominicales que Mgr Chapon adressait voici trente ans aux Visitandines d\u2019Orléans dont il était l\u2019aumônier.Ce sont les Religieuses elles-mêmes qui les ont écrites alors, à mesure qu\u2019elles tombaient des lèvres de l\u2019orateur ; et c\u2019est leur rédaction que l\u2019évêque d\u2019aujourd\u2019hui publie, simples \u201centretiens où ni vous ni moi dit-il.n\u2019avions souci de la forme littéraire\u201d.Mais c\u2019est là un souci dont Mgr Chapon n\u2019a pas besoin de se préoccuper : il atteint de lui-même, et par le seul mouvement de sa pensée et de sa plume, à une forme excellente comme tout vir bonus dicendi peril us.Ces Conférences embrassent tout le cycle de l\u2019année liturgique, dimanches et fêtes.Elles ont été méditées pour des religieuses, qui par état tendent à la perfection ; mais ce sont tous les fidèles que N.-S.appelle à la perfection, et les braves gens de nos paroisses entendront très bien le langage qui leur est parlé ici.Ce volume sera un de nos excellents Cours de Dominicales.\u2014 A la fin de l\u2019ouvrage, une Retraite préparatoire à la Présentation, et un Tri-duum pour la même fête.Mgr Touciiet \u2014\u201cRetraites spirituelles\u201d \u2014 'Conférences prêchées aux Dames' d\u2019Orléans.In-12 de 400 pages.12.; franco, 12.75, Lethielleux, Paris, 10 rare Oasisette.Il ne faut chercher dans ces vingt conférences, ni.sujets amusants, ni plaisanteries piquantes, tout y fut d\u2019une gravité, très \u2019voulue.Monseigneur l\u2019évêque d\u2019Orléans a d\u2019ailleurs pris soin ^ d\u2019exposer dans une préface les règles, qui doivent d\u2019après lui, présider à ce genre die prédication.Nous pensons qu\u2019une chrétienne de bonne volonté peut avec ce livre et, quoiqu\u2019il vaille mieux toujours avoir l\u2019excitation d\u2019exercices en commun, fait seule sa retraite.Des sommaires, placés en tête de chaque chapitre, avec texte de la Sainte Ecriture permettent die transformer ce volume en livre de méditation avec préparation pour la veille au soir, et bouQuet spirituel.L\u2019Auteur est assez connu, comme orateur et écrivain, pour que nous ne parlions pas de ses qualités de vie et de la force oratoire qu\u2019il donne à oes considérations.Dans ces retraites, il est tel qu\u2019il est partout.Mût Medard Emacd \u2014\u201cOeuvres pastorales , T.IV.(1914-1917) dhez Pierre ïiécpri, Libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte, Paris, 1922.S.G.Mgr Emard, le nouvel archevêque d\u2019Ottawa, se dévoue aux fonctions de sa prélature avec une énergie que la multiplicité 522 LA REVUE DOMINICAINE des tâches antérieures ne laissait pas prévoir (à ce degré.De cette activité première sur le siège de Vialieyfield, le courrier nous apporte un autre témoignage avec le tome quatrième des \u201cOeuvres pastorales\u201d de Sia Grandeur.Ce volume nous ramène à l\u2019année de la grande guerre et, par certains sujets importants, plus actuels qui y sont traités, ou peut dire qu\u2019il l\u2019emporte en intérêt sur ses devanciers.Notons en particulier : La guerre européenne \u2014 Le Prêtre-soldat \u2014 U agriculture, toutes études d\u2019un grand mérite à la fois littéraire et doctrinal.\u2022\u2014VI.-A.L.P-P.Ad.Ddgre, IS.J.\u2014\u201cContre le blasphème, tousPublication de ]'Oeuvre des Tracts.L'Action paroissiale, 1300, rue Bordeaux, Montréal.Non sunt multiplicanda entia sine necessitate, il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité, disent ensemble la logique et la métaphysique.A plus forte raison les blasphèmes.Mais, dit le P.Dugré, s\u2019il y en a qui voient du blasphème partout, il y en a d\u2019autres qui n\u2019en voient nulle part.Et il entreprend surtout d\u2019éclairer ces derniers.11 fustige avec unie alerte vigueur, sous une forme drue qui convient au sujet, ce qu\u2019ou peut nommer en toute vérité un vice national, bien que le blasphémateur héroïque des chantiers forestiers d\u2019autrefois, .soit maintenant hors de circulation.Disons du moins que le spécimen se raréfie.Il reste assez de blasphémateurs d\u2019habitude, recrutés \u201cdams tous les corps de métier\u201d, pour justifier la campagne contre le blasphème et la publication de cet opuscule où sont développés des arguments de foi, die bonne éducation, de patriotisme de nature à convaincre les esprits et à toucher les coeurs.Des approbations épiscopales de la fin, jointes au texte du Code criminel punissant le blasphème, viennent renforcer encore l'influence morale de ces pages dont on ne saurait trop recommander la lecture et la diffusion.\u2014 M.-A.L.R.P.Oh.Vv iLLi, C.iS.iS.P.\u2014 \u201cExplication du petit Office de la Sainte Vierge Marne, selon le Bréviaire Romain\u201d, ¦suivie dix \u201cPetit Office de VImmaculée-Conception,\u201d In-18.Prix, brocibe, 3 fr.50 ; franco, 4 fr.5 relié, 4 fr.50 ; 'étranger, 4 fr.80.Montréal, Librairies Granger Frères et tSTotre-Dame.Depuis longtemps déjà, les communautés religieuses obligées de réciter cet office demandaient qu\u2019on leur expliquât le sens et l\u2019économie, nous pouvons dire que le présent ouvrage répond parfaitement à leurs désiderata.Ce livre se divise en 2 parties ; la première s\u2019ouvre par quelques notions préalables sur l\u2019histoire, l'excellence et la composition du petit office.Elle contient de plus les éclaircissements exégétiques indispensables pour tous ceux qui ne sont pas familiarisés avec les questions scripturaires, elle fait nettement ressortir l\u2019économie de cette prière dans son cours diurne comme dans son cycle annuel. RECENSIONS 523 La deuxième partie entre dans ^explication détaillée de tout l\u2019office, grâce à une heureuse disposition typographique, le texte latin est toujours accompagné sur la même page de la traduction et de son commentaire, de sorte que, comme dit l\u2019auteur, \u201cil sera facile, durant la récitation, de retrouver, soit dans la traduction, soit dans le commentaire, le mot qui éclaire l\u2019esprit et réchauffe le coeur.\u201d R.P.F.Million \u2014- \"Paroles d\u2019encouragement, extraites des lettres de saint François de Sales\u201d.2>e ©dit.In-32 de 234 pages.Prix franco 2 fr.20.Librairie P.Telqiii, 82, rue Bonaparte, Paris-Vie.Montréal, Librairies Notre-Dame et Granger Frères.Le Père Million nous met aujourd\u2019hui sous les yeux une suite d\u2019extraits du saint docteur sur les peines de la vie, la manière de les supporter et d\u2019en tirer parti.On retrouve dads ces pages le doux apôtre des petites vertus ; il a sa manière à lui de faire accepter la souffrance et l\u2019épreuve.Ceux qui n\u2019ont pas le loisir de fréquenter les \u201cOeuvres complètes\u201d trouveront dans ce petit livre l\u2019art d\u2019accepter \u201ctout .bellement\u201d les petites croix que la Providence nous envoie.Aibbé J .4M.Texier \u2014 \"A Jésus par Marie, on la parfaite dévotion à la Sainte Vierge\u201d, enseigné par le Bienheureux Grignion de Montfort.In-32 de 400 pages, prix 3 fr.50 ; franco, 4 fr.; étranger, 4 fr.25.Montréal, Librairies Granger Frères et Notre-Dame.L\u2019auteur est l\u2019homme le plus compétent du monde en la matière traitée.L\u2019abbé J.-M.Texier, dont la Revue Mariale a parlé si souvent et toujours avec éloge, est le Directeur du Règne de Jésus par Marie.On peut dire qu\u2019il est par excellence le fils spirituel du B.Grignion de Montfort, l\u2019hérdtier et l\u2019apôtre de sa doctrine, l\u2019esclave modèle de la Vierge Marie.Son livre comprend 31 méditations et peut servir de mois de Maine, de préférence aux personnes pieuses ou qui désirent le devenir à l\u2019école du B.Grignion.II.y a là une méthode et comme un secret pour atteindre la plénitude de l\u2019âge parfait, mériter le titre d\u2019enfant de prédilection de la Vierge bien-aimée et faire d\u2019immenses progrès dans Limitation de ses vertus.A'bbé Charles IGrimaud \u2014 \"Futures épouses\u201d.1 vol.in-12, VI-328 pages.Paris, Têqui.5 francs, franco, 5.50.Montréal, Librairies Granger Frères et Notre-Dame.Dans une première partie, l\u2019Eveil moral, l\u2019auteur étudie les caractéristiques du vouloir féminin, l\u2019Education de la chasteté, VOrganisation de la piété, la formation intellectuelle, les vocations particulières. 524 LA REVUE DOMINICAINE La seconde partie, la Vie de jeune fille traite des Ecueils intimes (coquetteries, jalousie, surexcitation imaginative) de la vie dans le monde ('bals, danses, tennis,, bains de mer, surmenages, sports féminins, sollicitations masculines), de la vie d'intérieur (ménage, couture, cuisine, etc.), de la vie intérieure, de la vie sociale.La troisième partie La Fiancée est une préparation immédiate au mariage : La notion féminine de Vamour (illusion à dissiper, la noblesse des devoirs conjugaux, les conséquences du divorce pour la femme, etc.), L'Initiation matrimoniale (dangers de l\u2019ignorance, fin primaire, fin secondaire du mariage, la continence dans lie mariage, les troubles intimes de la nouvelle mariée, la direction post-matrimoniale), Le choix du Parti (les illusions die l\u2019orgueil, les illusions de l\u2019amour passionné, peut-on convertir son mari ?Ce livre complément de Futurs Epoux auxquels il renvoie souvent, aura, sans aucun doute le même succès. TABLE DES MATIERES ANNEE 1922 JANVIER A nas Abonnés.Fr a Domenico 3 Les Conséquences d\u2019un Jugement \u2014 Tremblay-Despatie- '\tR.P.Augustin Leduc, O.P.4 Notes sur un cours romain \u2014 Le Paraclet, Avocat de la cause chrétienne.R.P.Gonzalve Proulx, O.P.17 La Sainteté \u2014 I.R.P.Albert Richer, O.P.19 Dominicaines du Tiers-Ordre Régulier R.P.J.-D.Brosseau, O.P.24 Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre \u2014Le Congrès de Lausanne \u2014 \u201cSenex\u201d et \u201cPierre l\u2019Ermite\u201d \u2014 Un toast au Pape \u2014 Le Père Vostê \u2014 Nouvelles diverses.A.J.M.-A.L.\t35 Recensions \u2014 Mgr Emard : Oeuvres pastorales, T.I.(M.-A.L.) R.P.Janvier : La vertu de tempérance \u2014- Carême 1921 (Franc) R.P.Alexis : Histoire de Lvmoilou (M.-A.L.) R.Morçay : L\u2019Eglise et l\u2019Etat \u2014 Almanach de la Langue française.46 FEVRIER La Mort du Pape.Pra Domenico Consul tâtions \u2014 Où faire ses Pâques ?\u2014 Pouvoirs du Rosaire R.P.R.-M.Rouleau, O.P.Transsubstantiation et.Présence réelle .\u2022\u2022 \u2022 \u2022 Abbé H.Jeannotte, P.S.S.La Sainteté \u2014 II\t.R.P.Albert Richer, O.P.Le Vote dies Femmes.R-P- Cestas Forest, O.P.49 50 53 65 70 Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre \u2014 Messages du Pape \u2014 Mgr Brunet \u2014 Mgr Gauthier \u2014 Activités dominicaines .R.-M R.Fr.D.84 L Mi»-.fciA\t.\t.Recensions \u2014- L Groulx Dupin : Pourquoi je crois en de sainte Anne en Occident : Vers l\u2019émancipation (Arm.B.) V.Dieu (G.P.) P.V.Oharland : Le culte (La Vie et les Arts liturgiques).93 MARS Dominus conservet eum.Une enquête sur la Critique.S.Thomas d\u2019Aquin \u2014 Modèle .Fr a Domenico 97 .R.P.Lamarche, O.P.98 des étudiants.R.P.Albert Marion, O.P.\t113 526 LA REVUE DOMINICAINE Urne mentalité est nécessaire .Abbé Arm.Beauregard 123 Consultation \u2014 La Civil fcà Gabtolica et l\u2019Ami du Clergé.G.F.\t129 Bans l'Eglise et dans l'Ordre \u2014 A lire \u2014L\u2019Avent du P.Ser- tillamges \u2014 Message du Maître-Général.135 Recensions \u2014 Gomment aires du Gode canonique (R.-M.R.l Mgr Landrieux : L\u2018Histoire et les Histoires dans la Bible (F.-A.B.l C.LeGrand : L'Enseignement de la Somme de S.Thomas dans les Séminaires (L.D.) Th.Pègues : Initiation -thomiste (C.D.) D.G.Morin : L'idéal monastique et la vie chrétienne des premiers jours H.M.Delsiart : Traité de l'amour de Dieu, par S.Bernard.140 AVRIL Trois Vérités,.Fr a Domenico 145 La Chute d\u2019une Ame \u2022\u2014 Aux jeunes gens R.P.Bissonnette, O.P.146 Civilisation .Abbé J.Laferrière 165 Consultation \u2014\u2022 Benoît XV et les langues nationales.R.P.Aug.Leduc, O.P.178 Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre \u2014L\u2019état du catholicisme \u2014 La Fête de S.Thomas \u2014 Nouvelles diverses A.-L.Fr.D.ISO Recensions \u2014 R.P.Allô : S.Jean \u2014 L'Apocalypse (E.-A.L.) R.P.Vosité : Epître aux Ephésiens (G.P.) L.C.Fillion : L\u2019étude de la Bible (V.M.) R.P.Pègues : Initiation thomiste (P.-M.G.) Frères Mnristes : Atlas-Géographie (D.B.) E.Cloutier : Syndicats patronaux (M.-A.L.) R.P.Mundonnet : S.Dominique (Th.C.)\t187 MAI L'Inspiration religieuse chez nos poètes contemporains.Abbé J.-M.Melançon 193 La Divine Comédie.R.P.A.-M.Mignault, O.P.206 Consultation .Abbé Edmour Hébert 210 L\u2019Egoïsme et la Vocation chrétienne R.P.J .-D.Brosseau, O.P.212 Des Oubliés.Abbé J.-G.Gélinas 218 Dans l\u2019Eglise et dans l'Ordre \u2014 Pile XI, Protecteur die l\u2019Ordre \u2014Les PP.de Groot et Van d'en Acker \u2014 Mgr Paquet et le vote des femmes \u2014 Nouvelles-.229 Recensions \u2014 Mgr La veille : Marcellin Ghampagnat ; II.M.Delsiart : Madame de Montmorency-Laval ; R.P.Archambault : Congrès eucharistiques : Jules Tremblay : Trouées dans les No-vales (A.B.) J.D.Michaud : Vallée de la Matapédia (C.D.)\t237 JUIN A la source familiale.Abbé Arm.Beauregard 241 La Grande Artiste.R.P.Paul-V.Charland, O.P.249 Le Jeune Eucharistique.Abbé J.-Z.Dufort 258 Consultation : Molière.R.P.Lamarche, O.P.268 Le Carême du Père Janvier.Raymond de Nys 272 TABLE DES MATIERES 527 Dans VEglise et dans l'Ordre \u2014- Le Rosarium \u2014Mme de Blic et i\u2019albbé Ohooarnie \u2014 Nos Missions \u2014 Un vote immoral \u2014Retraites fermées d\u2019écoliers \u2014 Nouvelles diverses (par Fra Domenico.275 Recensions \u2014 L.Conan : La vaine foi (M.-C.F.) A Saint-Pierre : L'Oratoire Saint-Joseph (M.-C.F.) L.Rouzic : Le choix d\u2019une fiancée (C.D.) E.Hébert : Le salaire ; A.Dugrê : La Compagnie de Jésus ; L\u2019Oiseau bleu ; Autres Publications\t279 JUILLET-AOUT Guerre à TA peu près .Fra Domenico 289 La Religion dans l\u2019Ecole .R.P.A.-E.Dion, O.P.291 Retour sur Maria Chapdelaime.R.P.Lamarche, O.P.298 Sursalaire familial .Max Turmann 30b La Grande Artiste.R.P.Paul-V.Charland, O.P.313 Dans l'Eglise et dans l\u2019Ordre \u2014 Le Père Bêchaux \u2014 Une page de G.Goyau sur le Rosaire \u2014 Un discours de conventum \u2014tS.G.Mgr Emaird \u2014 Le livre du P.Mignault \u2014 Nouvelles diverses.326 Recensions \u2014 A.Guindon : Aux temps héroïques (J.-M.M.) Magali Michelet : Contre le flot (A.B.) Jean Bruchési : Coups d'ailes (A.B.) Marius : Coquillages (C.D.) E.Dubois : Autour du métier (Arm.B.) J.E.La,borde : L'Esprit de S.François Xavier (A.D.)\t332 SEPTEMBRE Théâtre d\u2019automne .Fro Domenico 337 L\u2019Esprit paroissial .Al)l>é Arm.Beauregard 339 La Semaine sociale.R.P.Bissonnette, O.P.353 La Plaie des Grèves.Abbé Antonio Huot 368 Dans l\u2019Eglise et dams l'Ordre \u2014 Unie objection contre nos humanités \u2014 Il y a scouts et scouts \u2014 L\u2019abbé Sabourin contre le Spiritisme \u2014 Nouvelles diverses (par Fr a D omenico ).372 Recensions - Catalogue \u2014 Joybierte Boulanges : Comment ils ont grandi (M.-C.F.) C.-J.Magnan : Eclairons la route (G.P.) Laure Conan : Silhouettes canadiennes (M.-C.F.) Catalogue de livres, revues bulletins publiés en français par les Pères Domi-nicains.\t, \\ 378 OCTOBRE Notre-Dame de Grâce.Le Repos Dominical.La Conversion d\u2019Israël.J.de Maistre et la Papauté.\t\tFr a Domenico\t385 .R.P.\tLouis Trudeau, O.P.\t386 \t\t393 .R.P.\tGabriel P erras, O.P.\t402 Dans l'Eglise et dans l\u2019Ordre \u2014 A l\u2019Etranger \u2014 La Sociologie au Séminaire -\u2014 Semaine Sociale \u2014Fête de S, Dominiçjue / 528 LA REVUE DOMINICAINE \u2014A Notre-Dame de Grâce \u2014 Nouvelles diverses (par R.M.et M.-A.L.i.410 Recension® \u2014 R.P.Lagrange : Saint Luc (L.de G.) R.P.Condamin : Le Livre de Jérémie (T.C.) Le problème industriel au Canada (M.-A.L.) G.Tremblay : Monographie de Tadoussac (A.M.R.) V.tManmy : La vraie vie (Mgr G.) R.P.Gerast : Mystères du Rosaire \u2014 Publications diverses \u2014 Catalogue dominicain 420 NOVEMBRE .Fr a Domenico 489 .Abbé Arm.Beau') egard 484 .R.P.P.-M.Gaudrault, O.P.444 Un double centenaire La Source Nationale Nos défunts.Deux Cités Ouvrières Antimoderne .Abbé Antonio Huot 449 R.P.Lamarche, O.P.454 Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre \u2014 Un document à conserver (M.-C.F.) Notre-Dame du Témisoaming (G.Simard, O.M.I.) Lettre du Saint-Père sur les Etudes cléricales -\u2014 Messages aux PP.Hugon et Janvier \u2014 \u201cAllez à Jérusalem\u201d \u2014 Nouvelles die l\u2019Etranger et de la Province (Fra Domenico)'.457 Recensions \u2014 Atonie de Lestres : L\u2019appel de la race (P.S.D.) L.Groulx : La France d\u2019outre-mer (M.-A.L.) Mgr Hedley : Lex Levitarum (G.S.) E.Georges : La question ouvrière\u2014G.Joannès : O femmes ! ce que vous pourries être \u2014 H.Tapie : Feuilles de route d\u2019un missionnaire \u2014 Catalogue dominicain.\t471 DECEMBRE Fra Domenico 481 L\u2019Evêque de Mont-Laurier L\u2019Etat et l\u2019assistance des indigents R.P.Gonsalve Proulx, O.P.482 Henri Estienne 492 Loi d\u2019hier et loi de demain Les.Dominicaines de Béthanie.R.P.Albert M.Richer, O.P.497 Soyez des Entraîneurs .R.P.Augustin Séguin, O.P.504 Dans l\u2019Eglise et dans l\u2019Ordre \u2014 Semaine catholique d\u2019Alsace L\u2019Art gratuit \u2014 Nouvelles de l\u2019Etranger \u2014 ,JJne lettre de Jacques Maritain \u2014 Le personnel enseignant d\u2019Ottawa \u2014 Nouvelles 'diverses (par Fra Domenico).\t510 Recensions \u2014 Calendrier du Bon-Pasteur \u2014 Abbé Paul Ruysse: Vers la croyance (jM.-A.L.)\u2014R.P.Guilloré: Les secrets de la vie spirituelle\u2014Mgr Chapon \u2022.Conférences spirituelles\u2014J.Leclercq: S te Catharine de Sienne \u2014 Mgr Touchât : Retraite aux dames du monde \u2014 'G.Grimaud : Futures Epouses \u2014 Mgr Emard : Oeuvres pas- toralejS T.IV \u2014 Table des matières, année 1922.517 fiuperiorum permissu De lieentia Ordinarii "]
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