Le devoir, 14 novembre 2012, Cahier A
[" L\u2019ACTUALITE VUE PAR 34 ECRIVAINS Pour souligner l\u2019ouverture aujourd\u2019hui du Salon du livre de Montréal, Le\ta littéralement laissé ses pages à 34 écrivains, essayistes et poètes.Avec la rigueur journalistique que le genre impose, mais tout en laissant libre cours au style littéraire, ils racontent l\u2019actualité du jour, et avec nous, vous offrent cette édition exceptionnelle en guise d\u2019hommage à la littérature.Bonne lecture ! r^rdia i remblay page.i i ?W W W .I (\u2019 (I C \\' 0 i f .(; ennemi ae i avenir ¦ 0 (Il DEVOIR 'ÜNTIELLE 2012 Vol.C I I I 2 6 0\t?I .O 0 s * f Laval LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 1,09 $ + TAXES = 1,25 Aujourd\u2019hui Larry Tremblay > Comment percer le léger mystère du sourire de la juge Charbonneau?Incursion dans la salle d\u2019audiences de la commission.Page A 3 Samuel Archibald > Le retour à réqulllbre budgétaire attendra un an de plus à Ottawa.Page B 1 India Desjardins > Socialement, est-on en train de virer fous avec nos animaux?Regard sur les hôtels de luxe, cafés et spas pour toutous et minous.Page A 9 FILS IN6RAT ! FAIS tA valise Et sors DE ma maison ! Philippe Girard > Passlonrougeman à la rescousse des municipalités gangrénées par la corruption.Une bédé inédite.Page A 7 Serge Bouchard > Une chronique sport sur l\u2019incroyable médiocrité des dirigeants du hockey, du football et du baseball.Page B 7 Georges Leroux > Remise des prix littéraires du Gouverneur général, une preuve de la place des écrivains dans la société de divertissement.Page B12 D Le Making of (\\u Devoir des écrivains > Une Journée pleine de rebondissements racontée en textes et en photos par les écrivains et les reporters.ledevoir.com Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces, Sudoku.,A8 A6 B9 B8 A6 B7 Ecosociété contre Barrick Gold JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manifestation d\u2019appui à la maison d\u2019édition Ecosociété, en 2008, au Palais de justice de Montréal Chut ! On exploite.Le ûommm\\akç,Lepnxdes mots retrace la saga judiciaire d\u2019une petite maison d\u2019édition contre un géant minier STEPHANE BOURGUIGNON Entendez-vous ce silence ?C\u2019est le silence du plus petit qu\u2019on force à se mettre à genoux.Les acteurs sont auteurs et directeur de maison d\u2019édition, mais ce sont aussi des prospecteurs africains qu\u2019on bascule dans des puits et qu\u2019on enterre vivant.Toujours la même histoire, celle de David contre Goliath, mais cette fois l\u2019adversaire est composite.Le prix des mots, film projeté vendredi dernier dans le cadre des rencontres internationales du documentaire de Montréal, raconte la poursuite intentée en 2008 par Barrick Gold VOIR PAGE 12 : DOCUMENTAIRE Riimà la mairie En se posant en successeur de Tremblay, Applebaum risque de faire imploser Union Montréal MICHEL VEZINA Pantalonnades et effet de capes sont au cœur du quotidien de l\u2019Hôtel de ViUe en ce début de semaine mouvementé.Depuis qu\u2019il a démissionné de la présidence du comité exécutif, Michael Applebaum multiplie les efforts pour «assainir l\u2019ambiance à l\u2019Hôtel de Ville» et se poser en digne successeur de Gérald Tremblay.au risque faire imploser son propre parti.Dans une lettre envoyée aux trois chefs des partis municipaux dont Le Devoir a obtenu copie, M.Applebaum se dit «prêt à diriger en tant que maire indépendant».Pour l\u2019heure, il refuse de claquer la porte d\u2019Union Montréal.Les élus doivent s\u2019«élever au-dessus de la mêlée partisane», souligne M.Applebaum dans sa missive.n dit croire «sincèrement que [les Montréa- VOIR PAGE A 12 : RIFIFI Lire aussi > Une chronique de Benoît Dutrizac : Les maires martyrs.Page A 7 La fureur de vivre Le vibrant PmtoA: Syndrome est présenté aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal SIMON BOULERICE VOUS vous rappelez des New Kids on the Block, groupe de Boston créé de toutes pièces au mitan des années 80 pour répondre à une soi-disant demande de jeunes avides d\u2019idoles ?En tout cas, les murs bleu tendre de ma chambre d\u2019enfant et moi, nous nous en souvenons, et pas à peu près.Avec Pertti Kurikan Nimipai-vât, alias PKN, place à un boys band nouveau genre, à l\u2019opposé de mes chers NKOTB.Ils ne sont pas des Américains pop, mais des Finlandais punk rock bourrés de talent Et oubliez les cinq tombeurs fringants.PKN, c\u2019est quatre hommes enrobés, près la quarantaine, souffrant de troubles mentaux.A priori, rien d\u2019affriolanL mais.ERANÇOIS PESANT LE DEVOIR Les membres du groupe punk Pertti Kurikan Nimipâivât, à voir en documentaire et sur scène à la Cinémathèque québécoise «La Finlande est un pays féru Le Woodstock national! Le punk, de musiguepunk.Lepa;^ a même ça s\u2019est donc imposé dès le un festival consacré au genre, ultra-couru, au village de Puntala.VOIR PAGE A 12 : FUREUR André Major PRENDRE LE LARGE Carnets 1995-2000 André Major PRENDRE LE LARGE « Le style, élégant et épuré, purgé de toute enflure.» Louis Cornellier, Le Devoir Boréal www.editionsboreal.qc.ca 232 pages \u2022 24,95 $ PDF et ePub : 18,99 $ 77831302831746 A2 LE DEVOIR LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 ACTUALITES Le Devoir des écrivains Jean-François Usée monte an front « S\u2019il faut que je défende [André Lavallée] pendant un mois, je vais le défendre pendant un mois », affirme le ministre responsable de la Métropole ANNIE CLOUTIER Il se joue, autour de la commission Charbonneau, des drames personnels et politiques qui soulèvent des questions éthiques.Mardi, par exemple, le ministre responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, a jugé bon de défendre son secrétaire général adjoint et bras droit, André Lavallée, une façon de faire inhabituelle, semble-t-il.La porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019éthique et de déontologie.Lise Thériault, avait demandé, jeudi dernier, que soit examinée la probité d\u2019André Lavallée, qui était présent au conseil municipal de Montréal au moment où ont été octroyés certains contrats dont on sait désormais qu\u2019ils sont entachés.La CAQ a fait de même lundi.M.Lisée, qui appuie inconditionnellement son secrétaire général adjoint, semble faire des allégations autour de M.Lavallée une question de principe et une occasion d\u2019établir la base sur laquelle le gouvernement péquiste entend défendre l\u2019intégrité de ses gens de confiance.«Je suis au combat pour l\u2019intégrité et la défense des gens intègres.Et il n\u2019est pas vrai que des chasses aux sorcières vont faire en sorte que l\u2019administration publique québécoise va se passer de gens compétents et intègres qui ont été parmi les premiers à sonner l\u2019alarme [dans le dossier des compteurs d\u2019eau].S\u2019il faut que je défende [M.Lavallée] pendant un mois, je vais le défendre pendant un mois, JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le ministre Jean-François Lisée réaffirme devant les journalistes son appui à son secrétaire général adjoint, André Lavallée.parce qu\u2019il ne faut pas succomber à ce genre de partisanerie crasse qui nuit au Québec.[Il faut] que les honnêtes gens puissent travailler pour le bien de Montréal.» C\u2019est de l\u2019obfuscation, a par ailleurs déclaré le ministre, qui refuse de faire dans les «culpabilités par association rétroactive».S\u2019il faut applaudir la dé- marche du ministre, son usage créatif d\u2019un vocabulaire étranger et sa volonté de faire cesser les sacrifices de personnes honnêtes pour des raisons d\u2019image et de communication publique, la situation laisse songeuse.Qui croire?Interrogé sur les raisons qui ont pu faire en sorte que André Lavallée n\u2019ait pas été mis au courant de l\u2019existence d\u2019un rapport datant de 2004 qui révélait notamment que Montréal payait ses travaux d\u2019infrastructure de jusqu\u2019à 40% trop chers et sur l\u2019identité des personnes qui ont eu intérêt à camoufler des informations lors de l\u2019octroi de contrats lors des conseils municipaux, André Lavallée n\u2019a pu que répondre qu\u2019il ne savait pas.Et le contrat avec la firme Macogep que M.Lavallée aurait contribué à ne pas faire renouveler?«Certains m\u2019ont imputé d\u2019avoir participé à une décision visant à ne pas poursuivre un contrat avec une firme.[.] Dans la mesure où je suis concerné, il n\u2019y a jamais eu de décision pour mettre fin à son contrat.Son contrat est arrivé au bout des crédits qui étaient disponibles et la décision du comité exécutif a été de le renouveler contrat par contrat.C\u2019est arrivé plusieurs fois par la suite.» Ces types de réponse «à la Tremblay» ne satisfont tout simplement pas l\u2019intelligence des citoyennes et des citoyens.Si Lavallée ne constitue qu\u2019un bouc émissaire dans cette affaire et s\u2019il est l\u2019homme responsable qu\u2019il désire faire valoir, comment expliquer qu\u2019il n\u2019ait pas senti la nécessité de scruter les explications des fonctionnaires à propos de certains dossiers?«Mes filles m\u2019ont appelé ce matin après avoir vu circuler des allégations sans aucun fondement depuis deux jours», a raconté M.Lavallée.Doit-on compatir ou, au contraire, se méfier de ce type d\u2019évocation sentimentale qui constitue trop souvent un faux-fuyant de dernier recours ?Un vérificateur à Laval Le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l\u2019Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, impose un vérificateur à la Ville de L^val pour la prochaine année.A un an des élections municipales de novembre 2013, le ministre désire que la population reprenne confiance envçrs les institutions et les élus.A François Legault, qui lui a demandé pourquoi la même procédure n\u2019était pas appliquée à Montréal, le ministre a rappelé qu\u2019un comité exécutif temporaire allait être nommé vendredi.Si cela devait s\u2019avérer insuffisant, d\u2019autres mesures n\u2019étaient pas exclues.En point de presse, M.Gaudreault a aussi rappelé que contrairement à celui de Montréal, le conseil de ville de Laval n\u2019a pas d\u2019opposition.Annie Cloutier Née à Limoilou en 1973.Etudiante au doctorat en sociologie à l\u2019Université McGill, Annie Cloutier est l\u2019auteure de Ce qui s\u2019endigue (2009), de La chute du mur (2010, prix des Abonnés des bibliothèques de Québec 2011) et ôllLne belle famille (2012), trois romans sur les femmes dans l\u2019Occident contemporain parus chez Triptyque.Ses thèmes de prédilection sont la construction de l\u2019identité, la modernité avancée, la sexualité, l\u2019engagement social, le féminisme et la sociologie du quotidien.Elle vit à Sillery avec son mari et leurs trois enfants.Dernier ouvrage paru : Une belle famille, Triptyque, 2012 Il y aura une commission parlementaire sur Gentilly-2 Québec déclenchera une commission parlementaire sur le déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2.Bien qu\u2019elle répète qu\u2019il n\u2019est pas question de revenir sur sa décision de fermer la centrale, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, souhaite étudier les impacts de ce déclassement et du plan de diversification économique que son gouver- nement propose.À cet effet, elle souhaite entendre Hydro-Québec, les Villes de Bécan-cour et de Trois-Rivières, de même que les acteurs socioéconomiques et groupes environnementaux de la région lors de consultations particulières qui se tiendront les 29 et 30 janvier prochains.Les deux partis d\u2019opposition, qui réclamaient une telle commission depuis le début de la session parlementaire, ont critiqué la lenteur du gouvernement à mettre sur pied la commission, mais ont néanmoins donné leur appui à la motion présentée à la période de questions mardi.Le Devoir Guerre de mots à la Santé L\u2019ex-ministre libéral et son successeur péquiste croisent le fer à propos du possible retardement d\u2019investissement dans les infrastructures ANDREE LABERGE T ncompétent total» et ^ X «théoricien».Voilà les termes utilisés par le député libéral Yves Bolduc pour parler de son successeur comme ministre de la Santé, le Réjean Hébert, qu\u2019il accuse «d\u2019attaquer directement les soins aux patients» en voulant retarder, sinon annuler des OUVfRTüRt RWOURII HUI présente SODEC Québec LD WD H Tfit l'miCIlE iiAUiq mm Programmation complete sur salondulivredemontreal corn Président d\u2019honneur : Georges-Hébert Germain Invités d\u2019honneur: Grégoire Delacourt Laurent Gaudé Myléne Gilbert-Dumas Armel Job Marie-Renée Lavoie Georges Leroux Normand Mousseau Bruno St-Aubin Mélanie Watt Heures d\u2019ouverture mercredi 9hà21h jeudi 9hà21h vendredi 9hà22h samedi 9hà21h dimanche 9h à 19h lundi 9h à 16h Matinées scolaires mercredi, jeudi et lundi 9hàl5h Admission générale 8$ Admission générale via Internet 6 $ plus frais de service Aînés (60 ans) 6$ Passeport (photo requise) 12$ PLACE BONAVENTURE LJ Bonaventure 800 rue de la Gauchetière Ouest Montréal ^ Desjardins MERCREDI JEUDI 17HA19H 2pour1 ACHETEZ UNE ENTREE ETOBTENEZ-ENUNE GRATUITEMENT projets d\u2019immobilisation.«Il est inacceptable que le ministre coupe directement dans les budgets des hôpitaux et retarde des investissements nécessaires dans un réseau qui en a grandement besoin», a déclaré mardi le Bolduc, avant d\u2019être sermonné par le président de l\u2019Assemblée, qui réclame à raison un peu de respect et de dignité.Selon le ministre de la Santé, les projets immobiliers dont il est question auraient été annoncés dans un contexte pré-électoral, «sans s\u2019assurer au préalable que les budgets étaient au rendez-vous et que c\u2019était inscrit au plan d\u2019immobilisation».Ces projets, qui représentent plusieurs milliards d\u2019investissements dans les infrastructures jugées vétustes, ne seraient pas appuyés «par aucun dossier au niveau du ministère».Le ministre Hébert se défend toutefois de vouloir couper dans les services et pénaliser les populations des régions touchées.Il parle plutôt d\u2019une mise sur la glace, le temps que soit déposé le premier budget du gouvernement (le 20 novembre prochain), de connaître l\u2019enveloppe d\u2019immobilisation disponible, puis de «prioriser, avec les agences, les projets dans chacune des régions du Québec».Cependant, «il n\u2019y a pas de remise en question du projet du CHUM, ni de celui du Centre de santé universitaire de McGill ou de Sainte-Justine, déjà comptabilisés dans le plan quinquennal d\u2019immobilisation», précise le Hébert.« On parle d\u2019autres projets, qui sont.plus en amont du processus», ajoute le ministre de la Santé, sans toutefois préciser lesquels, décevant les journalistes et s\u2019attirant de nouveau les foudres du Bolduc.Le député libéral est revenu en effet à la charge en citant le cas du Centre hospitalier d\u2019Ama, dont les dirigeants craignent que les travaux d\u2019agrandissement de l\u2019urgence en cours soient retardés, sinon re- JACQUES BOISSINOT PC Le ministre de la Santé, Réjean Hébert portés aux calendes grecques.«C\u2019est une urgence qui a besoin d\u2019être rénovée! C\u2019est une des urgences les plus fonctionnelles et une des meilleures au Québec, au niveau des temps d\u2019attente, au niveau du volume, mais c\u2019est une urgence qui a besoin d\u2019être rénovée», plaide Yves Bolduc.Si le projet ne se concrétise pas, ce sera «l\u2019hécatombe dans la région», s\u2019indigne-t-il en exhibant à preuve un article publié par Le Quotidien.Sans vouloir contester la vétusté des lieux, non plus nier le besoin de nouveaux investissements, je ne peux m\u2019empêcher de constater, une fois de plus, que l\u2019hôpital d\u2019Ama démontre que le bon fonctionnement de notre système de santé et sa capacité de répondre aux besoins de la population ne semblent pas dépendre de la qualité des infrastructures.Peut-être de celles des gestionnaires, des cliniciens, des professionnels.?Mais cette évidence ne semble pas sauter aux yeux des débatteurs qui poursuivent leurs échanges qui, me semble-t-il, tournent en rond (mais je suis ici pour rapporter, non commenter) l\u2019un (Bolduc) qui attaque, accusateur, hargneux, irrespectueux aussi et doublement rappelé à l\u2019ordre par le président de l\u2019Assemblée; l\u2019autre (Hébert) prudent, posé, poli, mais aussi théoricien, pire, livresque! Car «lorsque vous écoutez ces réponses-là, c\u2019est des réponses de livres», nous informe Yves Bolduc, avant d\u2019ajouter que Réjean Hébert va jusqu\u2019à prendre des notes, comme un étudiant, lorsqu\u2019il visite les établissements de santé! J\u2019en suis horrifiée, et aussi honteuse, car j\u2019ai aussi cette mauvaise habitude d\u2019écrire pour me souvenir, et aussi celle de consulter les livres, l\u2019espoir (naïf peut-être) de découvrir dans les mots des autres une ou deux vérités qui m\u2019auraient échappé.Peut-être suis-je, moi aussi, incompétente et théoricienne, ne puis-je m\u2019empêcher de penser en jetant un œil au crucifix, qui trône encore au-dessus de l\u2019Assemblée, et qui a peut-être oublié, ce jour-là, d\u2019inspirer nos élus qui ne parlent que d\u2019argent, de budgets et d\u2019infrastructures.J\u2019aurais aimé m\u2019élever un peu plus haut avec eux.peut-être une autre fois ! Andrée Laberge Née à Québec en 1953.Andrée Laberge détient une maîtrise en service social et un doctorat en épidémiologie.Elle a travaillé comme intervenante en service social, puis comme chercheuse dans le domaine de la santé publique, avant de se consacrer à sa troisième carrière, l\u2019écriture.En 2006, elle a remporté le prix du Gouverneur général pour La rivière du loup, un roman finaliste de plusieurs prix, dont le prix Ringuet de l\u2019Académie des lettres du Québec, le prix des Libraires et le prix des Cinq Continents de la Francophonie.Dernier ouvrage paru : Le fil ténu de l\u2019âme, XYZ, 2012 LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 A3 ACTUALITES Le Devoir des écrivains f J m JACQUES NADEAU LE DEVOIR Il y a toutes sortes de façons d\u2019écouter.Avec attention, avec ennui, avec impatience, avec l\u2019air de n\u2019être pas là, avec amour, fatigue, exaspération, avec crédulité, confiance ou fin de non-recevoir.Comment écoute la juge France Charbonneau?A première vue, avec application.Commission Charbonneau Le visage de la juge LARRY TREMBLAY Dans la salle d\u2019audience de la commission Charbonneau, je regarde le visage de la juge en chef.Je suis assis bien sagement dans la section des spectateurs.Ce matin, nous sommes peu nombreux.Ce qui semble l\u2019habitude depuis le début des travaux : une dizaine de personnes grosso modo, surtout des hommes.Ce qui ne signifie pas que la commission n\u2019est pas suivie par le public.Au contraire.Depuis les Gomery, Bastarache et Bouchard-Taylor, il y a un intérêt grandissant pour ces enquêtes publiques.On préféré les suivre à la course sur le Net, à la télé, on les déguste en boulettes sous forme de twitts, on les commente dans les réseaux sociaux sous forme de pensées du jour, d\u2019injures, on les analyse ou on s\u2019en moque dans les journaux sous forme d\u2019éditoriaux, de caricatures, on s\u2019en gargarise sur les ondes sous forme de lignes ouvertes, de débats, d\u2019indignation, de jets de salive et d\u2019étonnement abusif.(L\u2019étonnement, s\u2019il dure trop longtemps, se transforme en fixation oculaire et provoque alors un aveuglement temporaire.) Je suis donc assis ce matin juste derrière le ruban noir déployé pour former un périmètre qui trace la frontière entre les participants et les observateurs.Le témoin est de dos au public.Des écrans sont accrochés qui retransmettent en alternance des gros plans du témoin et de la procureure.Je suis pourtant attiré par le visage de la juge que j\u2019observe de loin.Elle est assise juste devant moi, sur une tribune surélevée.Elle écoute.Il y a toutes sortes de façons d\u2019écouter.Avec attention, avec ennui, avec impatience, avec l\u2019air de n\u2019être pas là, avec amour, fatigue, exaspération, avec crédulité, confiance ou fin de non-recevoir.Comment écoute Iq juge Charbonneau ?Du moins, ce matin-là.À première vue, avec application.Elle penche souvent la tête sur le côté.Dans ces moments-là, on l\u2019imagine en train de partir quelque part.Mais non.Elle revient en s\u2019agrippant à son stylo et trace quelques notes, se remet droite et joint les mains.J\u2019ai parfois aussi le sentiment qu\u2019elle écoute religieusement \u2014 mais avec un sourire digne de la Joconde \u2014 ces excitantes histoires autour de bouteilles de vin qui ont généré de la part de la procureure une salve bien nourrie de questions.Et je me rends compte à quel point le vin est devenu vital au Québec.Je me souviens qu\u2019entant on ne trouvait dans la Belle Province que du «Gros George», un tord-boyaux que mon père achetait une fois par an pour le jour de Pâques.Si on en croit certains, la corruption aurait toujours existé.J\u2019imagine facilement qu\u2019il y a une époque pas si lointaine, certains de nos élus recevaient en pot-de-vin, non du vin, mais des caisses et des caisses de bière.Ou du gros fort.Quoi d\u2019autre ?Aujourd\u2019hui, à la commission, on a parlé de pot-de-vin en chair et en os, on a laissé entendre que certains entrepreneurs offraient des escortes et tout ce qui s\u2019ensuit.Ce qui me frappe dans les témoignages entendus jusqu\u2019à présent, c\u2019est la nonchalance, l\u2019acceptation, le manque d\u2019indignation.Comme si la cor- JACQUES NADEAU LE DEVOIR La journaliste du Devoir, Kathleen Lévesque, et l\u2019écrivain Patrick Nicol suivent le déroulement de la commission Charbonneau depuis la salle réservée aux médias.ruption était inévitable, faisait partie d\u2019un système de bienséance, une culture occulte mais tout de même conviviale, un peu louche, un peu secrète, mais tout à fait acceptable et, surtout, non blâmable.Autre chose qui suinte des murs de cette commission, de son tapis gris, de ses stores fermés, de son plafond bas, c\u2019est l\u2019aveuglement et la surdité volontaires, pour parodier la pauvreté volontaire.«Je n\u2019ai rien vu, je n\u2019ai rien entendu, je n\u2019étais pas au courant, je n\u2019ai pas posé de questions, je n\u2019avais pas à poser de questions, personne ne m\u2019en a parlé, je ne savais pas, je faisais mon travail.» La salle de presse Oui, ce matin je regarde le visage de la juge en chef et j\u2019aimerais bien percer le léger mystère de son sourire.D\u2019ailleurs, en est-ce un?Dès qu\u2019elle intervient au micro, c\u2019est autre chose.Sa voix est précise, bien découpée et fait contraste avec le marmonnement du témoin.Elle n\u2019aime pas^qu\u2019on tourne trop longtemps autour du pot.À la pause, je retourne à la salle de presse de la commission.Là, c\u2019est une autre ambiance.D\u2019abord, il fait plus chaud.L\u2019espace ressemble à une classe rectangulaire où sont disposées deux rangées de petites tables où les journalistes travaillent deux par deux.Ils sont près d\u2019une vingtaine.Devant eux, un grand écran où sont retransmises les séances de la commission.Au fond, dans un coin, derrière un rideau de plastique gris, on a aménagé un studio de fortune où Isabelle Richer fait de courts reportages en direct pour Radio-Canada.Des photographes et des caméramans, alourdis de leurs appareils, font le va-et-vient entre cette petite salle grouillante de neurones et de clics de clavier et la salle d\u2019accueil où on montre patte blanche.Dès que les portes de l\u2019ascenseur ouvrent pour permettre à un témoin important d\u2019entrer dans cette salle située au neuvième étage, il est accueilli par le flash des appareils.J\u2019assiste en direct à la construction de la nouvelle, à la transformation presque instantanée de la séance du matin en manchettes, en bulletins.J\u2019observe les journalistes devant leur portable, tapant rapidement, certains des écouteurs sur les oreilles.Près de moi, Kathleen Lévesque, du Devoir, écrit des twitts qui sont aussitôt avalés par les réseaux.J\u2019entends des commentaires à voix haute, ironiques ou amusés, qu\u2019on ne lira sûrement pas dans les journaux.L\u2019ambiance est décontractée, tout le monde se connaît.Je regarde de nouveau le visage de la juge Charbonneau mais cette fois-ci sur l\u2019écran.Son visage m\u2019intrigue toujours.Non parce qu\u2019il me cache quelque chose, mais parce qu\u2019il est devenu le point de fuite d\u2019un tableau, l\u2019aboutissement d\u2019une longue perspective faite de kilomètres de pensées qui seront condensées dans un rapport, le sien, un rapport qui tentera de départager entre autres la part de responsabilité entre les corrupteurs et les corrompus.Larry Tremblay Né à Chicoutimi en 1954.Acteur, metteur en scène, spécialiste de kathakali, Larry Tremblay a publié plus d\u2019une vingtaine de livres comme auteur dramatique, poète, romancier et essayiste.Ses pièces, traduites dans une douzaine de langues, ont été créées dans de nombreux pays.En 2012, sa pièce Cantate de guerre a remporté le Prix de la dramaturgie francophone décerné par la SACD et son roman Le Christ obèse, le prix Roman du Salon du livre du Sa^enqy-Lac-Saint-Jean.Il est professeur associé à l\u2019Ecole supérieure de théâtre de l\u2019UQAM.Dernier ouvrage paru : 158 fragments d\u2019un Francis Bacon explosé.Le Noroît, 2012 Vézina n\u2019a rien vu L\u2019ex-ingénieur de la Ville de Montréal aurait appris en même temps que tout le monde les avantages versés à ses collègues PATRICK NICOL La commission Charbonneau n\u2019a rien tiré des deux fonctionnaires municipaux, pourtant suspendus pour enquête administrative, qu\u2019elle a entendus mardi.Elle a en outre eu un épisode de cafouillage procédurier, alimentant les questions quant à son efficacité et à son fonctionnement.La journée a commencé avec la fin du témoignage de l\u2019ex-ingénieur de la Ville de Montréal Gilles Vézina.Celui-ci a refusé toute responsabilité quant aux extras autorisés.Le tout lui semblait «plausible et payable», a-t-il affirmé.S\u2019il faut l\u2019en croire, il a surtout été victime «des tours» joués par Luc Leclerc.Lorsque la juge Erance Charbonneau lui dit: «Vous ne pouvez pas reposer sur tout le monde vos responsabilités», il répond: «Je ne suis pas d\u2019accord avec vous.» Si la commission souhaitait tirer ne serait-ce que l\u2019admission d\u2019une négligence de la part de son témoin, elle a échoué.«Tombé sur le dos» Pas plus de chance s\u2019il s\u2019agissait de le convaincre de complaisance.M.Vézina prétend avoir pris connaissance des avantages versés à ses collègues en même temps que tout le monde.«Je suis tombé sur le dos», a-t-il relaté.M.Vézina ne semblait pas savoir ce qui se déroulait dans son service.Il n\u2019a jamais su que son ami Catania versait des pots-de-vin à son meilleur ingénieur, Luc Leclerc.Il n\u2019a pas non plus réussi à expliquer comment il se faisait qu\u2019il avait toujours assigné cet ingénieur à cet entrepreneur.Lui-même nie avoir touché de l\u2019argent.Des billets de hockey et des invitations à des tournois de golf, des bouteilles de vin et une vingtaine de dîners par année.oui.Et s\u2019il lui est arrivé de se faire proposer d\u2019accompagner des clients à l\u2019hôtel pour utiliser les services d\u2019escortes, il a refusé, mais il est au courant qu\u2019«CM général, les escortes, ça existe».C\u2019est normal, prétend-il, qu\u2019un entrepreneur cherche à savoir «ce qui peut intéresser un gars», mais on restera sur notre faim si on espère savoir pourquoi, dans quel intérêt, les entrepreneurs feraient de telles offres.C\u2019est la première fois qu\u2019un tel avantage est évoqué devant la commission.La fin du témoignage de M.Vézina a été marquée par un incident qui a mal fait paraître la commission.M® Martin St-Jean, représentant la Ville de Montréal, est intervenu pour s\u2019assurer que le témoin serait interrogé sur des documents qu\u2019il a soumis à la commission en septembre.Le document semble perdu.On profite de la pause pour se concerter et la procureure de la commission termine l\u2019interrogatoire à partir des documents en question.Mais il n\u2019y a finalement pas grand-chose à tirer de cet épisode déjà connu.En 2009, M.Vézina aurait approuvé que des montants tirés d\u2019un contrat soient affectés à des travaux déjà exécutés; ce qui, au pire, confirme son laxisme.Un processus complexe Le deuxième témoin entendu était plus éloquent.Yves Themens, chef de section, a passé de longues minutes à expliquer les processus de sélection et de validation des appels d\u2019offres.Affable, il s\u2019est engagé à «essayer de ne pas tout mélanger» les membres de la commission.Par moments, il a semblé perdre les procureurs dans le dédale des procédures administratives.Confronté aux documents produits par la commission sur l\u2019explosion des coûts des matériaux, il n\u2019a pas trouvé mieux que de répondre qu\u2019il «faudrait faire une étude plus poussée», semblant contester la crédibilité des documents soumis.Il a en outre nié avoir donné à Lino Zambito un accès privilégié aux listes des soumissionnaires.Patrick Nicol Né à Chicoutimi en 1964.Patrick Nicol vit à Sherbri Comme quelques-uns des person- !\t^ Patrick Nicol vit à Sherbrooke.nages de ses romans, il enseigne ^au cégep de cette ville.Il a publié huit livres de fiction, dont La notaire (2007) et Les cheveux mouillés (2011) chez Leméac.Son roman Terre des cons, inspiré des événements du printemps érable, vient de paraître aux éditions La Mèche.Avec ce titre, il renoue avec l\u2019humour et le commentaire social qu\u2019il avait quelque peu délaissés depuis Paul Martin est un homme mort (1997).Dernier ouvrage paru : Terre des cons, La Mèche, 2012 A4 LE DEVOIR LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 ACTUALITES Le Devoir des écrivains Médicaments : conflits d\u2019intérêts à tous les étages Aux États-Unis, des dizaines de milliards de dollars de fonds publics sont attribués à des chercheurs ayant des liens financiers étroits avec les fabricants des médicaments qu\u2019ils étudient Tous les produits industriels ne sont pas équivalents.Comme le réfrigérateur ou l\u2019automobile, le médicament est un produit industriel, mais son utilisateur (le patient) n\u2019a pas la liberté d\u2019en user en toute connaissance de cause.Car ce n\u2019est pas lui qui le choisit, mais le médecin.Prescription et consommation des médicaments, on le sait, sont fortement influencées par le marketing industriel, via les publicités visant les médecins et le public.Un long dossier signé Charles Seife, h Drug Research Trustworthy ?, publié dans le numéro de déçembre de Scientific American, montre qu\u2019aux Etats-Unis, cette influence s\u2019exerce aussi à tous les niveaux de la recherche, y compris dans les institutions officielles censées servir de garde-fou.Brossant un panorama désarmant de la recherche sur le médicament aux États-Unis, le dossier montre que toute la chaîne décisionnelle est en effet prise dans les conflits d\u2019intérêts.L\u2019article suit l\u2019itinéraire d\u2019un chercheur, Robert Lindsay, qui dans les années 70, se mit à étudier l\u2019effet des hormones sur la densité osseuse.Le sujet intéressait fortement un industriel, Wyeth, qui désirait promouvoir un œstrogène synthétique pour prévenir l\u2019ostéoporose chez les femmes ménopausées.Impressionné par les travaux de Lindsay, Wyeth l\u2019embaucha pour coécrire une vidéo informative sur le sujet.Leur collaboration ne faisait que commencer.Toujours avides de reconnaissance de la part de la communauté scientifique, nombre de chercheurs se lient en effet aux industriels via des activités de conseil, des conférences ou des articles favorables à leurs produits.Ces liens financiers créent de fait des conflits d\u2019intérêts qui ne sont pas sans influer sur les publications scientifiques : l\u2019article de Charles Seife cite en particulier une étude de la revue Cancer, en 2009, selon laquelle les participants aux essais de médicaments semblent survivre plus longtemps lorsque les chercheurs ont des conflits d\u2019intérêts financiers que lorsqu\u2019ils sont indépendants des fabricants ! En principe, les chercheurs sont censés déclarer leurs conflits d\u2019intérêts aux revues dans lesquelles ils publient leurs résultats ou leurs avis.11 serait cependant illusoire de compter sur la rigueur éthique des médecins pour assurer cette transparence, car les règles ne sont pas respectées : ainsi, en 2009 et 2010, Robert Lindsay, le chercheur dont Seife décrit en détail l\u2019itinéraire, a touché du laboratoire Eli Lilly plus de 124 000 $ d\u2019honoraires de conférencier, mais n\u2019en a pas toujours fait mention aux institutions qui l\u2019exigeaient.11 ne semble pas non plus avoir systématiquement signalé ses collaborations écrites avec les membres d\u2019une officine de rédaction commanditée par l\u2019industriel.Les subventions publiques 11 y a plus grave : les National Institutes of Health (NIH), institutions américaines chargées d\u2019attribuer les subventions publiques destinées à la recherche, ne traquent pas, elles non plus, les conflits d\u2019intérêts potentiels.De ce fait, révèle le dossier de Scientific American, des dizaines de milliards de dollars de fonds publics sont attribués à des chercheurs ayant des liens financiers étroits avec les fabricants des médicaments qu\u2019ils étudient! Ainsi, entre 2005 et 2011, Lindsay a sollicité en tout 3,4 millions de dollars des NIH pour étudier un médicament de.Eli Lilly.Le conflit d\u2019intérêts était patenf mais Lindsay a reçu son financement.Son établissement d\u2019attache, l\u2019hôpital Helen Hayes (NY), ne s\u2019en est pas formalisé : comme de nombreux établissements et universités, il administre ces mêmes financements et, plus les sommes sont élevées, plus son image et sa notoriété en bénéficient.Lorsque ce type de conflits d\u2019intérêts est mis au jour, les conséquences pour le chercheur concerné sont minimes.Seife cite le cas de Charles Nemeroff, chef du département de psychiatrie à la Emory University d\u2019Atlanta (Géorgie), qui lorsque ses liens avec un industriel ont été révélés, a quitté son poste pour se voir offrir un poste équivalent en Eloride.et de nouvelles subventions des NIH ! Pourquoi les NIH n\u2019appliquent-elles pas les règlements qu\u2019elles sont censées faire respecter?Malgré la loi américaine sur la liberté d\u2019information, l\u2019auteur du dossier a dû faire intervenir un juge fédéral pour obtenir des NIH les réponses à cette question.Et celles-ci sont édifiantes: ne sont considérés «conflits d\u2019intérêts» que les sommes et avantages provenant du fi- DARRON CUMMINGS ASSOCIATED PRESS Nombre de chercheurs se lient aux industries pharmaceutiques via des activités de conseil, des conférences ou des articles favorables à leurs produits.nanceur des recherches.Or, ce sont les NIH qui financent, et elles ne versent évidemment pas d\u2019honoraires de conférencier ou de défraiement pour voyages aux chercheurs qu\u2019elles subventionnent ! En revanche, les dons venus de l\u2019industrie n\u2019ont pas à être déclarés ! Ou, du sophisme comme règle d\u2019éthique.Plus grave : en recoupant plusieurs bases de données officielles, Seife a découvert que 70 membres des commissions consultatives des NIH avaient reçu en 2009 et 2010 plus d\u2019un million de dollars d\u2019honoraires pour divers services rendus aux industriels.Or, les NIH accordent larga manu à leurs membres des exemptions les mettant à l\u2019abri des lois et réglementations.À partir de 2013, la Loi Sunshine, nouvelle réglementation introduite par l\u2019administration Obama, imposera à tous les industriels de déclarer l\u2019intégralité des sommes versées aux membres de la communauté médicale.11 faudra plus que cela pour faire le ménage.Martin Winckler Né à Alger en 1955.Médecin de famille en Prance de 1983 à 2008, Martin Winckler a émigré et vit à Montréal depuis février 2009.11 est auteur de romans {La maladie de Sachs, Le chœur des femmes), de manuels sur la contraception et la santé des femmes et d\u2019essais critiques sur la relation de soins et les téléséries.Chercheur en éthique à l\u2019Université de Montréal de 2009 à 2012, il est actuellement écrivain en résidence au département de littérature française de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Derniers ouvrages parus : Petit éloge des séries télé, Gallimard, 2012, et En souvenir dAndré, POL, 2012 \u2019 Pi ' f*'t '\t4?1 ^ » â ¦ ¦ AlÎ'S '.'.¦\u2018Aï ' i.*' çî h MARATHON D\u2019ÉCRITURE LE 8DÉCEMBRE AMNISTIE IKTERNATIONALE amnistie.ca LE DEVOIR LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 A 5 Généreuse McGill ?L\u2019université se tourne vers les tribunaux pour récupérer 317 000 $ dans la poche de son ex-patron, le Arthur Porter ROXANNE BOUCHARD \\ A son départ, l\u2019ex-patron du Centre universitaire de santé de McGill (CUSM), le Arthur Porter, a laissé une dette impayée et des souvenirs encombrants qui embêtent l\u2019Université McGill.Cette dernière vient de déposer une poursuite en Cour supérieure contre Porter dans l\u2019espoir de récupérer 317000$.La situation doit-elle nous surprendre?En mars 2004, le Arthur Porter a été nommé p.-d.g.du CUSM.Les médailles qui brillaient à sa boutonnière avaient de quoi aveugler les quidams de n\u2019importe quel conseil d\u2019administration: aujourd\u2019hui membre à vie du Conseil privé de la reine pour le Canada, il était alors expert auprès de la Banque mondiale et de l\u2019Organisation mondiale pour la santé, en plus d\u2019être gestionnaire spécialiste pour divers hôpitaux à travers le monde.Tel le messie tant attendu, il semblait apparemment capable de faire marcher les culs-de-jatte et de ressusciter les morts.Pourtant, en grattant un peu, on se serait vite aperçu que cet apparat n\u2019était que fausse dorure.En effet, le Porter cumulait à son dossier des faits d\u2019arme pour le moins discutables.Lors de son embauche, il venait de quitter, la queue entre les jambes, le poste de p.-d.g.au Detroit Medical Center du Michigan qu\u2019il abandonnait en pleine crise financière, après avoir cumulé «conflit d\u2019intérêts, mauvaise gestion, menace de tutelle» {Le Devoir, 24 novembre 2004).Ce curriculum n\u2019a pourtant pas eu l\u2019heur d\u2019inquiéter David Culver, ex-président du conseil du CUSM, qui, dès l\u2019embauche, a soutenu le choix de son administration: «Nous avons décidé qu\u2019il n\u2019y avait aucune raison d\u2019empêcher l\u2019embauche d\u2019un homme qui a fait ses preuves» {The Gazette, 25 novembre 2004).Très bien.Embauchons.Et observons.Alors que les directeurs généraux des centres hospitaliers doivent normalement, selon Lise Denis, directrice générale de l\u2019Association québécoise d\u2019établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), «se consacrer exclusivement à la gestion de leur établissement», le D\"^ Porter, lui, a profité de ses huit belles années au CUSM pour multiplier ses activités.En 2004, Arthur Porter a ouvert une clinique privée aux Bahamas (où vous pourriez aujourd\u2019hui vous divertir dans sa chic et sexy boîte de nuit).En 2009, il est devenu conseiller du président de la Sierra Leone où il est nommé au conseil d\u2019administration de la Golden Valley Mines, qui travaille à découvrir des diamants et de l\u2019or dans ce pays où le commerce illicite de diamants a semé la guerre au cours de la dernière décennie.En 2010, il a avoué avoir remis 200000$ au lobbyiste montréalais et ex-marchand d\u2019armes Ari Ben Menashe afin que celui-ci lui trouve 120 millions d\u2019investissements russes pour son entreprise en Sierra Leone.Au service du CUSM, Porter a demandé à son adjointe du CUSM, Lynne Panneton, de lui servir, notammenf d\u2019agente immobilière (service privé gracieusement offert par la fonction publique), avant que son bureau ne soit perquisitionné par l\u2019escouade Marteau, en septembre dernier \u2014 l\u2019Unité permanente anticorruption soupçonnant Porter d\u2019avoir généreusement ouvert la porte à SNGLavalin pour l\u2019obtention du chantier hospitalier.Mais ne vous inquiétez pas: notre héros n\u2019y était plus.11 avait démissionné en décembre 2011 pour aller couler des jours paisibles dans son domaine ultrasé-curisé des Bahamas.Quelques payes de trop Aujourd\u2019hui, l\u2019Université McGill dépose une poursuite à l\u2019endroit du D\"^ Arthur Porter.C\u2019est que, voyez-vous, en 2008, elle lui a consenti un prêt d\u2019un demi-million de dollars à 1% d\u2019intérêt, prêt que le D\"^ Porter n\u2019a pas entièrement remboursé \u2014 il doit encore plus de 285000$ à l\u2019université.Elle lui a également versé 50205$ de trop en salaire, de mai à septembre 2012, alors qu\u2019il n\u2019était plus en fonction depuis décembre 2011.L\u2019Université McGill sera peut-être remboursée par le D\"^ Porter.Peut-être pas non plus.Mais elle l\u2019aura cherché! Parce qu\u2019avec les fonds universitaires, elle a engagé un personnage controversé.Parce qu\u2019elle lui a consenti un prêt considérable à un taux dérisoire.Parce qu\u2019elle lui a versé cinq mois de salaire en trop.Au printemps passé, les étudiants laissaient entendre que les budgets des universités montréalaises étaient mal gérés.On aurait envie de leur donner raison.Roxanne Bonchard Née à Saint-Jérôme en 1972.Roxanne Bou-B chard est notam-ment l\u2019auteure de Whisky et paraboles (prix Robert-Cliche 2005 et Grand Prix de la relève littéraire Archambault 2007) et de La gifle.Elle lance cet automne un roman burlesque.Crématorium Circus (dans le cycle l\u2019Orphéon, chez VLB éditeur), et publiera, à l\u2019hiver, sa correspondance de guerre avec un soldat canadien en mission en Afghanistan.Lanaudoise, elle enseigne la littérature au cégep de Joliette.Dernier ouvrage paru : Crématorium Circus, VLB éditeur, 2012 Novembre 2.012.L\u2019Action NATIONALE Avenir La révolution intranquille -\tVictor-Lévy Beaulieu Commémoration La tête coupée de John A.Macdonald -\tChristian Gagnon Relire octobre La deuxième vie de Pierre Laporte -\tLouis Hamelin Abonnements et achats à la boutique action-nationale.qc.ca au téléphone 514-845-8533 (sans frais: 866-845-8533) par la poste 82, rue Sherbrooke Ouest, Montréal QC H2X 1X3 ce numéro 12 $ taxes et expédition comprises Les Cahierfde lecture TANT QUE L\u2019INDÉPENDANCE n LA LITTÉRATURE, N\u2019EST PAS FAITE.L\u2019ÊTRE ET LE DOUTE Les Cahiers de lecture, la pensée québécoise en essais.Le numéro Automne 2012 est disponible En vente aussi chez Renaud-Bray 4380, rue St-Denis Montréal 514-844-2587 ACTUALITES Le Devoir des écrivains « Un traumatisme collectif » Une cinquantaine d\u2019organismes réclame une enquête publique sur les opérations policières du printemps FANNY BRITT La salle était bondée et l\u2019ambiance, fébrile, lors de la conférence de presse donnée mardi par un regroupement d\u2019une cinquantaine d\u2019organisations réclamant au gouvernement Marois la tenue d\u2019une commission d\u2019enquête publique sur les opérations policières ef fectuées lors du conflit étudiant.Le regroupement comprend, sans surprise, la EECQ, la EEUQ et LASSE, mais également une pléthore d\u2019organisations diverses, de la FTQ au collectif Têtes blanches, carré rouge.Nicole Eilion, de la ligue des droits et libertés, a souligné l\u2019importance de la tenue d\u2019une enquête publique indépendante, afin de marquer «la fin de l\u2019impunité policière».Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019on demande au gouvernement québécois de tenir une enquête publique à ce sujet.Martine Desjardins, présidente de la EEUQ, a rappelé que plusieurs appels en ce sens avaient été lancés au gouvernement Charest lors du printemps érable, en vain, sans compter les demandes répétées au gouvernement Marois depuis son élec-tion.Le même souhait avait d\u2019ailleurs été formulé par le Parti québécois après les émeutes de VictoriaviUe.Le ministre de Injustice, Bertrand St-Arnaud, alors député d\u2019opposition, avait dit souhaiter qu\u2019un groupe de «sages» enquête sur le travail des policiers.Une commission d\u2019enquête publique aurait pour objectif de faire la lumière sur les pratiques adoptées par les forces policières, qu\u2019il s\u2019agisse des JACQUES NADEAU LE DEVOIR Intervention policière lors d\u2019une manifestation en mai dernier fouilles abusives, des blessures infligées ou du profilage politique, et par les instances politiques, par exemple dans leurs stratégies médiatiques.Elle aurait même des ramifications jusque dans les décisions administratives des universités concernant la sécurité, souvent controversées.Mais elle aurait aussi des retombées plus réparatrices, estime M\u201c® Eilion.« Une enquête publique permettrait aux victimes de la répression policière de connaître un début de reconnaissance, en faisant entendre leur témoignage.» Ultimement, l\u2019enquête devrait mener à la mise en place d\u2019une instance indépendante et civile de surveillance des opérations policières.Confiance brisée Eliane Laberge, présidente de la EECQ, estime que le conflit a entraîné un «traumatisme collectif» qu\u2019il faut impérativement apaiser.«Il n\u2019est pas normal que les jeunes se sentent visés chaque fois qu\u2019une voiture de police passe près d\u2019eux.Le lien de confiance est brisé, il faut le recréer.» Du côté de la EEUQ, Martine Desjardins, quant à elle, a tenu à ajouter que la brutalité policière n\u2019a rien de nouveau \u2014 on n\u2019a qu\u2019à penser aux événements du G20 à Toronto en 2010 \u2014 et qu\u2019il y aura d\u2019autres manifestations dans l\u2019avenir, qu\u2019elles soient étudiantes ou citoyennes.«Profitons du climat favorable actuel pour rassurer, expliquer et éviter que cela se reproduise.» Jointe à Québec, la députée de Québec solidaire Erançoise David a dit considérer l\u2019enquête «absolument indispensable, parce qu\u2019il faut faire mieux la prochaine fois».Elle souhaite que cette commission fasse la lumière sur les événements malheureux du printemps et aborde des problèmes de fond concernant les forces policières: «Ya-t-il des lacunes dans la formation des policiers?Quels étaient les mots d\u2019ordre reçus ?Comment expliquer cette culture du mépris et de l\u2019intolérance chez certains policiers ?» Les instigateurs de la demande se disent sûrs d\u2019obtenir une réponse favorable de Pauline Marois, qui a elle-même porté le carré rouge au plus fort de la crise.Martine Desjardins s\u2019est déclarée prête à répéter et marteler son message si nécessaire, tout en ajoutant, un petit sourire aux lèvres, que «lorsqu\u2019on parle fort, on finit par se faire entendre».Les représentants des 51 organisations n\u2019ont d\u2019ailleurs pas tardé à mettre cette idée en pratique : réunis pour une photo de groupe, ils ont spontanément entonné: « On est plus que cinquante, on est plus que cinquante ».Fanny Britt Née en 1977 à Amos, en Abitibi.Auteure dramatique, traductrice et écrivaine, Eanny Britt a signé une dizaine de pièces de théâtre, dont Hôtel Pacifique et Chaque jour.Sa plus récente pièce.Bienveillance, est publiée aux éditions Leméac.Elle oeuvre également en littérature jeunesse, notamment avec sa série Félicien, publiée à la Courte Echelle.Elle vit à Montréal.Dernier ouvrage paru : Jane, le renard et moi, avec l\u2019illustratrice Isabelle Arsenault, La Pastèque, 2012 Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 SALON DES BEAUX-LIVRES DES CENTAINES DE TITRES À DÉCOUVRIR! Du 10 novembre au 6 janvier V I ^ airelibre.Vf une webtélé consacrée aux arts et à la littérature -À voir sur airelibre.tv- ESPACE FRANCOPHONE Découvrez les oeuvres d'auteurs franco-canadiens à travers une websérie exceptionnelle de cinq épisodes ! Profitez du Salon du livre de Montréal pour venir feuilleter les nouveautés franco-canadiennes au stand 617 du 14 au 19 novembre 2012 ! Laire libre KANj^B ^RECF FILMS SecrétorwC auv affaires mterÿouvemementafes eanarUennes Québec H H et: a CL.un DESIGN cQp CUISINE NATURE ARCHITECTUR.E ART MUSIQUE M Librairie .ûPieA librairiemonet.com pour en savoir plus sur la Librairie Monet.monet.ruedeslibraires.com pour commander vos livres numériques et papier.airelibre.tv notre web télé consacrée à la littérature et aux arts.Galeries Normandie, 2752, rue de Salaberry Montréal (QC) H3M 1L3 -Tél.: 514-337-4083 info@librairiemonet.com A 6 LE DEVOIR LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 ACTUALITES Le Devoir des écrivains Perron d\u2019eglise 2.0 Deux nouveaux médias hyperlocaux sont lancés à Québec ISABELLE FOREST à Québec Ils sont citoyens et passionnés.Fiers de leur quartier auquel ils sont terriblement attachés et où ils envisagent de vivre, d\u2019élever leurs enfants et de vieillir.Convaincus de la richesse humaine, économique et culturelle de leur voisinage, ils veulent y participer et en témoigner.Certains d\u2019entre eux étaient présents, hier, au sympathique bouchon Le Pied bleu, lors de la conférence de presse sur le lancement de deux nouveaux médias hyper-locaux de Québec.Le blogue Monlimoilou.com connaît un beau succès depuis sa création en 2008 \u2014 300 entreprises et organismes inscrits et plus de 30000 visites par mois.11 démontre que les médias hyperlocaux répondent à certains besoins essentiels des résidants.C\u2019est pourquoi Arnaud Bertrand, concepteur et fondateur du site, ainsi que son équipe ont travaillé à la réalisation de deux nouvelles plateformes (Monsaintroch.com et Mon-saintsauveur.com).Interrogé sur les motivations ayant mené à l\u2019élaboration du premier média du genre à Québec, M.Bertrand évoque le fossé qui existait entre l\u2019image que la presse rendait de son quartier et la perception que lui-même en avait.«La perception du quartier dans les médias traditionnels ne ressemblait pas à ce que je vivais tous les jours: quand on entendait parler de Limoilou, c\u2019était pour faire ressortir un fait divers négatif; moi, j\u2019avais envfe de parler des bons coups.» A Limoilou, comme à Saint-Sauveur et à Saint-Roch, ces bons coups sont nombreux.Mentionnons la création de commerces (épiceries fines, restes branchés, cafés où on aime tramer, etc.), la formation d\u2019organismes culturels ou communautaires ou bien l\u2019installation de créateurs et de jeunes familles.Tout cela contribue à la vitalité exceptionnelle de ces secteurs.«Saint-Roch, c\u2019est le quartier qui groove, confie Valériane Cossette, biogueuse en chef de Monsaintroch.com.Il y a plein d\u2019idées qui fourmillent.» Ces médias hyperlocaux sont alimentés par des blo-gueurs de différents horizons professionnels (historiens, urbanistes, enseignants, entrepreneurs, etc.) et leurs textes touchent toutes sortes de sujets et d\u2019enjeux d\u2019intérêt public menant à la réflexion et à l\u2019enrichissement culturel.Leur existence permet ainsi au citoyen de s\u2019informer et de s\u2019exprimer, mais également de rester branché sur son quartier.A l\u2019anonymat des rues citadines dans lequel erre le quidam, Monlimoilou et ses frères répondent par leur perron d\u2019église virtuel.Là où le citoyen rencontre son voisin, se soucie de ce qui se passe dans sa collectivité immédiate et développe le sentiment d\u2019appartenance et le goût de l\u2019enga-geaiment communautaire.iti *t\\ YAN DOUBLET LE DEVOIR Quartier Saint-Roch Isabelle Forest Née à Montréal en 1970.Poète et romancière, elle a été commissaire, directrice artistique et coordonnatrice de différents événements littéraires, dont le Printemps des poètes de Québec.Son œuvre poétique {Les chambres orphelines.L\u2019amour ses couteaux \u2014 finaliste au prix Alain-Grandbois) a été récompensée par les prix Alphonse-Piché, Félix-Leclerc et Radio-Canada.Dernier ouvrage paru : Les laboureurs du ciel, Alto, 2012 Si Normand Francœur était mon ami OLGA DUHAMEL-NOYER Normand Francœur est accusé d\u2019être à la tête d\u2019un réseau ayant réalisé une fraude totalisant 5 millions.Le stratagème du réseau consistait à obtenir auprès d\u2019institutions financières du crédit pour de l\u2019équipement d\u2019usinage par le biais de compagnies « coquilles ».Monsieur Francœur, de Sainte-Adèle, devait comparaître le 6 novembre dernier.Il ne s\u2019est pas présenté.La Division des enquêtes sur les fraudes de la Sûreté du Québec sollicite l\u2019aide du public pour retrouver l\u2019homme de 53 ans.Si Normand Francœur était mon ami, je ne composerais pas le 1 800 659-4264 pour signaler sa présence au Majestic Colonial Hotel, dont j\u2019invente le nom à l\u2019instant.Je préférerais le laisser couler des jours heureux dans une perle des Caraïbes.Je ne le dérangerais pas durant sa partie de golf sur les buttes gazonnées d\u2019un improbable terrain, la peau tannée par le soleil généreux du Sud.Si Normand Francœur était mon ami, il serait toujours resté discret sur ses agissements mais il m\u2019aurait peut-être parlé de la belle boutique Hugo Boss d\u2019une petite ville muy caliente.Quelques années plus tôt, dans cette boutique, tandis qu\u2019il essayait un superbe ensemble de lin blanc cassé, il aurait peut-être même fait la connaissance d\u2019un ingénieur qui essayait lui aussi un ensemble magnifique en se regardant avec ostentation dans de grands miroirs impeccables de propreté.Avec cet ingénieur, ils auraient sympathisé autour d\u2019une bonne bouteille un soir.Pourquoi pas ?La Sécurité du Québec ne veut pas trop en dire au téléphone, on ne commente pas les affaires en cours, mais elle sait comme moi que Normand Francœur n\u2019en est pas à ses premiers démêlés avec la justice.Le 17 novembre 2009, la SQ annonçait en effet avoir démantelé un réseau de fraudeurs avec pour tête dirigeante notre homme.Le réseau avait réussi à soutirer plus de 7 millions à une entreprise de services financiers de Laval.Au moyen de prête-noms et munis de faux bilans financiers, l\u2019organisation obtenait du financement pour des équipements industriels qui «n\u2019existaient pas pour la plupart», précise la SQ.Si Normand Francœur était mon ami, ce détail m\u2019aurait peut-être fait sourire.Je me serais habituée au fil des ans au tumulte judiciaire l\u2019entourant.Dix ans plus tôt.Normand Francœur avait 40 ans.Il habitait alors Candiac.S\u2019il était mon ami, cette année-là, je lui aurais même rendu visite deux ou trois fois.Il m\u2019aurait semblé nerveux, traqué, mais n\u2019aurait pas voulu parler de ses problèmes.J\u2019aurais peut-être pensé que c\u2019était une histoire de cœur.Et je serais tombée des nues en apprenant le 22 avril 1999 que 264 chefs d\u2019accusation de fraude et d\u2019usage de faux venaient d\u2019être déposés contre lui et un comparse.On les accusait d\u2019avoir recruté une vingtaine de personnes afin qu\u2019elles contractent des prêts pour l\u2019achat d\u2019automobiles.La fraude totalisait 3,2 millions de dollars envers des établissements bancaires de la région de Montréal.Normand Francœur n\u2019est pas mon ami et je ne sais s\u2019il a une bonne excuse pour ne pas s\u2019être présenté en cour.J\u2019ignore oû il est et s\u2019il a déjà lu Bertolt Brecht qui écrivait: «Qu\u2019est-ce qui est le plus moral, créer une banque ou l\u2019attaquer ?» Olga Duhamel-Noyer Née à Montréal en 1970.Olga Duhamel-Noyer a publié un essai.Motel Univers, ainsi que deux romans, Highwater Ift ^ (Héliotrope, 2006) et Destin (Héliotrope, 2009).Dernier ouvrage paru: Destin, Héliotrope, 2009 Téléphone :\t514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com AVIS DE DECES I \u2022 N \u2022 D REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100*199\tIMMOBILIER RÉSIDENTIEL \t100-150 Achat-vente-échange 160- 199 Location 200 \u2022 299\tIMMOBILIER COMMERCIAL 200 - 250 Achat-vente-échange \t251 - 299 Location 300 \u2022 399\tMARCHANDISES 400 \u2022 499\tOFFRES D'EMPLOI 500 \u2022 599\tPROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 \u2022 699\tVÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14h30 pour l\u2019édition du lendemain.Téiéphone: 514-985-3322 Téiécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit ^IsÀ PROPRIETES A VENDRE PROPRIETES A VENDRE 24 MAISONS EN CONSTRUCTION WHITLOCK WEST PROPRIETES A VENDRE PROPRIETES A VENDRE mM IH W' /-au- Un projet intégré dans la nature, à Hudson.Appelez-nous (450) 458-5688 \u2022 www.whitlockwest.com CANDIAC Maison de villégiature, directement sur ie fieuve navigabie i\u2019été, ski de fond et kite i\u2019hiver, à 15 min.du centre-viiie de Mti.4 C.C., +/- 2400 p.c.habitabie.Terrain de 16870 p.c.Vue imprenabie sur voie maritime et sur Mti.Fini ies voyages au chaiet! 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disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de et à ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.LONGUEUIL- Papineau/Ste-Foy Joli 31/2.Près métro et services.Stat.Pas d'animaux.Nov.600$ équipé.514 806-6489 MÉTRO IBERVILLE 51/2 2 c.c, 2e.Ent.lav-sec.Superposé, frigo et micro-onde inclus.Prêt services et écoles.Frais rénové 875$/m.514 573-8772 MÉTRO LAURIER Boul St-Jospeh, 2 x 5^/2^ salon double, 1 c.à.c., cuis, à l'arrière + pièce style solarium.Ent.l/s, 2®, avec petite terr.arr.1195$ chauffé, eau ch.incL, 3®, petite terr.toit, 1295$ chauffé eau ch.incl.+ de 1050pc.Normand 514 845-2781 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER NDG - Spacieux 3 et 4 ^ ^ 805$ - 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serait glissée.LE DEVOIR ne sera pas responsable des erreurs répétées.Merci de votre attention.Mtrd Ae iMtter contre In fmm nvec Hovt( Lili.NE RAI RE m Un ^^11 de cartes-repas un ^e^te MtQe et de bon ^OKt Dons en ligne et informations : WWW.mNERAIRE.CA LE DEVOIR LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 A 7 Les maires martyrs.Benoît Devant notre compte de taxes, nous avons l\u2019impression de financer la corruption, l\u2019incompétence et l\u2019aveuglement volontaire ¦ A Vous avez entendu nos deux martyrs municipaux proclamer qu\u2019ils sont victimes des méchants médias qui ont entaché leur réputation ?Et dans cet élan de lamentation, les maires du tout Québec dénoncent notre scepticisme quant à leur engagement politique.Mais puisque je suis ici dans l\u2019espace fédéral de Manon Cornellier, la question se pose aussi autrement: les maires québécois sont-ils plus corrompus ou véreux que les maires canadiens ?Pourquoi ce silence sur la politique municipale dans les médias canadiens ?Alors, «googlons» «Canadian mayors corruption».Voici la grande nouvelle qui traite de corruption ou de détournement de fonds publics au cours des derniers mois: le maire de Toronto, Rob Ford, a laissé «deux de ses employés utiliser des téléphones cellulaires fournis par la Ville pour appeler des membres des Raiders de Rexdale, une équipe de la Ligue mineure de football de l\u2019Ontario».C\u2019est tout?Ben oui, c\u2019est tout ce que j\u2019ai trouvé.Donc c\u2019est culturel.Selon vous, dans notre imaginaire collectif, qui est le premier maire à faire dans la spéculation foncière (tiens donc), le trafic d\u2019influence (ah bon !) et surtout le prêt usu-raire (ben coudonc) ?Réponse: Séraphin Poudrier.Un maire avare et malhonnête qui régnait sur les habitants de Sainte-Adèle au début du XX® siècle.Séraphin a-t-il tracé le chemin pour nos maires du XXP siècle ?Il faisait à sa tête.Sans comité exécutif \u2014 à qui rendre des comptes \u2014 ni vérificateur général \u2014 à qui soumettre ses livres \u2014 ni de Bureau municipal d\u2019évaluation des prix \u2014 qui n\u2019existe pas de toute façon.Alors, tous ces cas de maires douteux sont une exclusivité bien québécoise ?Ou le Québec est-il trop petit?Quel est le degré de séparation en politique municipale québécoise ?Le beau-frère qui a travaillé pour l\u2019entrepreneur dont la fille était la meilleure amie du mafieux amical qui venait de donner un pot-de-vin au chef de direction à la municipalité qui embauche la compagnie du dit beau-frère.Le lien de confiance est brisé.On ne croit plus les maires qui nous jurent sur la tête de leurs enfants qu\u2019ils sont là pour le bien commun, et non pas pour se l\u2019approprier.Sœur Angèle nous annoncerait sa candidature à la mairie de Sainte-Anne-de-Beaupré qu\u2019on lui ferait passer un test du polygraphe.Voici pourquoi on ne les croit plus.Gilles Vaillancourt.Maire de Laval (1989-2012).Jamais M.Vaillancourt n\u2019a fait mention des raisons qui l\u2019ont amené à démissionner.Les perquisitions de l\u2019UPAC peut-être ?Gérald Tremblay a, lui, démissionné en plaidant l\u2019ignorance et en jouant à la brebis sacrifiée.Question quiz: qu\u2019ont en commun Richard Marcotte, maire de Mascouche, Frank Zam-pino ancien président du comité exécutif de Montréal (2002-2008), maire de Saint-Léonard (1990-2008), Sylvie St-Jean, mairesse de Bois-briand (2005-2009) et Robert Poirier, maire de Boisbriand (1998-2005) ?Ils ont tous été accusés de fraude, de complot en vue de commettre une fraude et d\u2019abus de confiance.Benoit Labonté, maire de Ville-Marie (2001-2008) et chef de Vision Montréal (2008-2009).En 2009, il a démissionné.Le financement de sa campagne au leadership de Vision Montréal n\u2019était pas, euh ! sans tâche.Je manque d\u2019espace pour énumérer tous ces maires douteux.Devant notre compte de taxes, nous avons l\u2019impression de financer la corruption, l\u2019incompétence et l\u2019aveuglement volontaire.Le message ne passe pas à Montréal.Les élus d\u2019Union Montréal annonceront vendredi qu\u2019ils choisissent Richard Deschamps au poste de maire par intérim.Comment peut-on faire confiance à Richard Deschamps, dont les responsabilités au comité exécutif de la Ville étaient, entre autres dossiers, les infrastructures et les services aux citoyens?M.Deschamps affirme partout qu\u2019il n\u2019a rien vu, rien entendu, rien corrompu.Ça ne vous rappelle pas quelqu\u2019un ?Et on nous demande de les croire sur parole.avec Alexandra Marcoux Benoît Dutrizac Né en 1961.Animateur, écrivain et journaliste, Benoît Dutrizac a écrit, depuis 1987, un scénario de film, une série télé, huit livres \u2014 dont la série Kafka Kalmar \u2014 et des articles de journaux.Après sept ans passés à la barre des Francs-tireurs, puis deux ans au Grand journal de TQS, il est désormais animateur de l\u2019émission quotidienne Dutrizac, au 98,5 FM.Dernier ouvrage paru : Kafka Kalmar, Crois ou crève.Les Intouchables, 2008 ACTUALITES Le Devoir des écrivains MONTRÉAL, automne 2012., 'I * lli.D 'A i , i':\til A trouver ÉES de i 1.M SEULE UNE VO SE PAIT ENtEi AU MILIEU DES Décombres.Vf R0U6E, COULEUR PASSION, JE SUIS LE peintre de TES SAISONS ! RÉVÉLÉ A LA FACE DU MONDE LORS DE LA CRISE étudiante du printemps dernier Et PRATiaUEMENT AU CHÔMA6E DEPUIS, CELUI A aUl CEt APPEL EST destiné L'A entendu, prompt a relever de son BRAS VEN6EUR L'ÉPÉE LUMINEUSE DE LA JUSTICE, IL NE craint pas de SE SALIR POUR UNE BONNE CAUSE.M Et justement- par L'ENFER \u2022 TOI AUSSI/ MON FILS ' JE SENS MW A BESOIN DE MOI ' LES MENTALITES ONT CHANGE Et les gens sont ouverts.AUJOURD'HUI, C'EST Â MON TOUR DE SORTIR DU PLACARD.JE NE VEUX PLUS ME CACHER Et jouer la comédie ! PAPA J'AI DÉCIDÉ DE DEVENIR MAIRE! petit insolent ! as-tu pensé Â tA MÈRE ?TU VAS LUI BRISER LE CCEUR \u2018 oo PAS DE doute, ÇA VA barder SOUS PEU \u2018 MM FILS INGRAT ! FAIS tA valise Et sors DE ma maison \u2018 MONSIEUR, madame, DU CALME ' A aurait pu être Pire.U MOINS, IL NE VEUT PAS DEVENIR INGÉNIEUR au'EsT-CE auE j'ai FAIT AU BON DIEU ?Et si jamais ça NE MARCHE PAS A MONTRÉAL, IL tentera sa CHANCE A LAVAL OU A MASCOUCHE! PHILIPPE girard Philippe Girard Né à Québec en 1971.Philippe Girard est l\u2019auteur de onze albums de bande dessinée.Il a reçu un prix Bédéis Causa en 2001, le Bédélys Québec et un Joe Shuster Award en 2008 ainsi qu\u2019une mention spéciale aux prix Bédélys 2009.Dernier ouvrage paru: Zzz mauvaise fille, Glénat Québec, 2012 Citoyens contre la hansse CAROLE DAVID En janvier 2011, après avoir reçu leur compte de taxes municipales, des citoyens du Plateau Mont-Royal ont été choqués par une hausse démesurée, alors en moyenne de 23,5% sur l\u2019île de Montréal.Ils sont passés à l\u2019action en évitant de déverser leur frustration et leur colère sur le mobilier urbain ou sur des représentants de leur arrondissement.Le regroupement de citoyens «Mile End pour tous» participe depuis activement à la commission des finances de la Ville de Montréal.C\u2019était bien avant le printemps érable, les révélations de la commission Charbonneau et le ras-le-bol généralisé devant autant de cônes orange réels ou imaginaires qui diabolisent le quotidien des Montréalais.Pierre Pagé, retraité de l\u2019Institut canadien d\u2019éducation des adultes (ICEA), participe activement à la vie citoyenne depuis plus de trente ans.Son premier combat?Le cinéma Rialto, qui a bien failli perdre sa vocation culturelle au profit de la marchandisation de ce lieu unique, joyau de l\u2019arrondissement.C\u2019était sous le règne de l\u2019administration Bourque.Alerté par les documenta-ristes Sophie Bissonnette et Martin Duckworth, citoyens du quartier, eux aussi inquiets des conséquences dramatiques de ces hausses, il a fait ses devoirs en assistant d\u2019abord avec d\u2019autres membres du comité aux séances publiques de travail de la Commission des finances.Il a fait sienne cette phrase, souvent galvaudée, du président américain : «Ne vous demandez pas ce que votre ville peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre ville.» Comme d\u2019autres arrondissements de Montréal, ces citoyens tiennent à la mixité de leur quartier.Jeunes familles, artistes, propriétaires de longue date avec de faibles revenus, autant de citoyens qui contribuent à créer la singularité de Montréal et de sa culture.Us sont aussi conscients des dangers du fardeau fiscal induit par l\u2019évaluation et la taxe foncière.Nul besoin d\u2019être un érudit fiscaliste pour deviner la fin de ce roman urbain.Cette charge conduira à plus ou moins long terme à l\u2019exode du «vrai monde» du quartier.Le comité «Mile End» a posé les vraies questions, celles qui n\u2019ont rien de glamour.Des interrogations concrètes pouvant mener à des solutions réalistes pour le bien commun.L\u2019exercice peut paraître fastidieux, mais il n\u2019en est rien.On se demande pourquoi on n\u2019y avait pas pensé avant: «Comment Montréal se compare-t-elle à d\u2019autres villes semblables?», «Qu\u2019est-ce que le contribuable a pour chaque dollar investi?», «Est-il vrai que des employés reçoivent des bonis sans évaluation ?»; l\u2019exercice a duré six jours.Le septième jour, le 24 mai dernier, Claudine Schirardin, membre du comité, a déposé au nom du regroupement un mémoire sur le fardeau fiscal des Montréalais avec des propositions concrètes issues d\u2019assemblées citoyennes.En attendant des réponses à leurs questions, ces citoyens de Montréal devront prendre leur mal en patience.Et ils ne sont pas les seuls: d\u2019autres résidants des régions s\u2019indignent, car ils subissent les impacts de la spéculation immobilière.Car tout se paie, même le bonheur de contempler le fleuve et de rêvasser devant un lac.Carole David Née à Montréal, dans le quartier Rosemont, en 1954.Auteure notamment de Terroristes d\u2019amour (prix Emile-Nelligan), du roman Impala (finaliste.Prix de la Ville de Montréal) et du Manuel de poétique à l\u2019usage des jeunes filles (finaliste.Prix du Gouverneur général, prix Alain-Grandbois), Carole David a publié plusieurs livres tant en poésie qu\u2019en fiction.Elle est présidente du comité Littérature au Conseil des arts de Montréal.Dernier ouvrage paru : Hollandia, Héliotrope, 2011 A8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 ACTUALITES Le Devoir des écrivains ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE Acadiens, Franco-Ontariens, Franco-Manitobains, Fransaskois, etc.étaient naguère canadiens français.«Cette étiquette était ample et généreuse.Comme cela doit être», selon Yann Martel.Nous, les autres Un Canadien français errant en Fransaskoisie YANN MARTEL Traduction: Emile Martel Il n\u2019y a pas si longtemps, on a changé la définition de Fransaskois.Le mot s\u2019appliquait auparavant aux pure laine, soit à ceux et à celles qui parlaient français et qui étaient ici, en Saskatchewan, depuis plus longtemps que les autres francophones.Mais le terme est dorénavant plus inclusif.Dans ses bras accueillants, on inclut maintenant tous ceux dont la langue maternelle est le français, ce qui touche non seulement les gens de Gravelbourg dont la famille est là depuis plus de cent ans, mais moi aussi, qui viens du Québec, ou un immigrant arrivé récemment du Maroc ou de l\u2019Afrique subsaharienne.J\u2019aime bien cette image du Fransaskois maghrébin ou du Fransaskois noir.Je n\u2019ai vraiment rien contre cette nouvelle étiquette de Fransaskois.Chacun d\u2019entre nous porte plusieurs chapeaux.Homme ou femme, hétéro ou gay, séculier ou religieux, jeune ou vieux, grand ou petit, mince ou grassouillet, patron ou employé, ceci ou cela, etc.Notre identité est une mosaïque formée de centaines de pièces différentes et pourtant tout cela se tient.Nous sommes bien peu nombreux à nous lever le matin accablés par la complexité de qui nous sommes.Nous ne nous déplaçons pas comme un Yann Martel Né en Espagne en 1963 de parents \u2018 québécois.Francophone, Yann Martel écrit en anglais et vit maintenant en Saskatchewan.Il a vécu dans de nombreux pays et a étudié la philosophie aux universités Trent et Concordia.Son second roman, Lhistoire de Pi (2001), a connu un succès planétaire : il s\u2019est vendu à plus de sept millions d\u2019exemplaires, a été traduit en plus de quarante langues et a obtenu en 2002 le Man Booker Prize, l\u2019un des plus prestigieux prix littéraires.Dernier ouvrage paru : Béatrice et Virgile, XYZ, 2010 kaléidoscope qui roule tandis que les diverses pièces de notre identité forment une image distincte à chaque instant.Notre manière d\u2019être est beaucoup plus configurée que cela.Chacun et chacune d\u2019entre nous est une unité et cette unité vit sa vie au quotidien.Je suis donc maintenant fransaskois.Ça me va.Je suis aussi québécois.Et quand j\u2019étais plus jeune, on utilisait encore le terme canadien-français.J\u2019aime bien ce dernier terme.C\u2019est celui dont l\u2019accolade est la plus large, la plus grande et la plus chaleureuse.Mes tantes et mes oncles, qui sont maintenant septuagénaires ou plus vieux encore, portaient aisément cette étiquette.Prenez mes oncles Paul et Jean.Le premier, le frère de ma mère, venait d\u2019East-Broughton, en Beauce.Le second, le beau-frère de ma mère, venait de Saint-Boniface, au Manitoba.Ils se sont tous les deux battus pendant la guerre de Corée, et c\u2019est cela qu\u2019ils étaient tandis qu\u2019ils enduraient cette boucherie lointaine qui les a laissés, cinq décennies plus tard, happés par des cauchemars récurrents: ils étaient canadiens-français.Et puis ma tante Colette.Elle a vécu cinquante ans à Toronto.Elle est revenue récemment au Québec, presque septuagénaire, et quand on lui demandait qui et ce qu\u2019elle était, la réponse qui lui venait tout naturellement était qu\u2019elle était canadienne-française.L\u2019ambiguïté même du terme laisse supposer la complexité de l\u2019identité.Pour commencer, qu\u2019est-ce que cela veut dire, «canadien»?Le Canada a deux langues officielles, mais rien d\u2019autre n\u2019y est officiel.Pas de religion officielle, pas de culture monolithique, pas de costume national, rien de tout cela.Puis il y a le mot «français».Eh bien, c\u2019est sûr que nous ne sommes pas des Français, ou si peu.Nous avons hérité de la langue des Français et nous en avons fait véritablement notre langue.Par ailleurs, nous ne partageons pas la culture, les comportements, la vision, la diète, les politiques de ces francophones de l\u2019autre bord de l\u2019Atlantique.C\u2019est pour ainsi dire aussi absurde d\u2019utiliser le terme «français» que d\u2019utiliser le mot «anglais» pour désigner ceux et celles de cet autre grand groupe, les Canadiens anglais.Il y a en effet très longtemps que les Canadiens anglais ont abandonné les Angles qui ont jadis peuplé une grande île humide et froide sur le flanc nord- ouest du continent européen.Et puis, un grand nombre n\u2019étaient même pas anglais au départ: leurs ancêtres étaient irlandais ou écossais ou ukrainiens ou finlandais ou chinois ou de quelque autre origine pas du tout anglaise.Prenez donc deux termes absurdes, rassem-blez-les et qu\u2019est-ce que ça donne?Canadien français, c\u2019est l\u2019étiquette parfaite, voilà ce que je pense.Le mot «Québécois» qui a depuis quatre décennies supplanté l\u2019expression «Canadien français» est une étiquette plus confuse et inexacte.Elle sous-entend, comme la chose a été brutalement rappelée il y a quelques années quand Jacques Parizeau s\u2019est plaint que le deuxième référendum sur l\u2019indépendance ait été perdu à cause du «vote ethnique», que Québécois veut dire francophone de naissance.Mais cela ne peut être vrai puisque le terme «Québécois» n\u2019est qu\u2019une étiquette géographique.Et on ne peut retenir l\u2019identité des gens à l\u2019intérieur de frontières, au risque de montrer un nationalisme rétrograde.Il y a en effet toutes les autres personnes à travers le Canada qui parlent français.Chacune d\u2019entre elles \u2014 celles qu\u2019on case maintenant dans des espèces de ghettos linguistiques: Acadiens, Franco-Ontariens, Franco-Manitobains, Fransaskois, etc.\u2014 était naguère Canadienne française.Cette étiquette était ample et généreuse.Comme cela doit être.Une identité inclusive donne le ton juste en disant toujours: «Bonjour, bienvenue.Joignez-vous à notre cercle.» Les anciens Canadiens français du Québec, les Québécois, ont cessé il y a belle lurette de penser aux Fransaskois, par exemple, ou de se préoccuper à leur sujet.Un Fransaskois, de nos jours, qui va au Québec, est accueilli avec la même condescendance amusée qui frappait les Québécois qui arrivaient en France il y a quarante ans.C\u2019est regrettable.J\u2019aime bien toutes ces étiquettes.Cela me donne l\u2019impression d\u2019être un chimpanzé de cirque sur son trapèze et qui jongle avec des chapeaux.Ou bien, comme j\u2019aime l\u2019image, je suis en effet un kaléidoscope et, puisque j\u2019ai été récemment renommé Fransaskois, il y a, en plus de Québécois et de Canadien français, un morceau additionnel de verre de couleur qui culbute en moi.Entente conclne entre l\u2019Ontario et ses médecins à Toronto Le gouvernement ontarien a conclu une entente de principe pour fixer les honoraires des médecins jusqu\u2019en 2014.L\u2019entente ajouterait 100 millions $ aux revenus totaux des médecins, et annulerait la réduction d\u2019honoraires pour certains actes médicaux imposée en mai dernier.Selon la ministre de la Santé, Deb Matthews, cette entente de principe, conclue avec l\u2019Association médicale de l\u2019Ontario, prévoit des économies dans d\u2019autres secteurs afin de payer des honoraires plus élevés aux médecins.Elle précise que le montant de 100 millions $ ne suffira même pas à couvrir les frais des quelque 600 médecins qui s\u2019installent en Ontario chaque année.Matthews explique aussi avoir décidé d\u2019annuler la réduction d\u2019honoraires pour certains actes médicaux, après avoir entendu les arguments des médecins.L\u2019entente prévoit des honoraires plus élevés pour certains examens radiographiques et pour les visites à domicile des médecins chez les personnes âgées.L\u2019entente doit être entérinée par quelque 25 0000 médecins le mois prochain.Les négociations entre les parties avaient repris en septembre, après avoir été interrompues quand le gouvernement a modifié par décret les honoraires et les primes du régime d\u2019assurance-maladie de l\u2019Ontario.Le gouvernement libéral minoritaire de l\u2019Ontario tente d\u2019imposer un gel des salaires à tous les employés de la fonction publique pour l\u2019aider à réduire un déficit de 14,4 milliards $, ce qui a provoqué la colère et un conflit de travail avec certains enseignants.La Presse canadienne Blocus de gens d\u2019affaires près du chantier La Romaine Baie-Comeau \u2014 Des représentants de l\u2019Association des gens d\u2019affaires de la Minganie (AGAM) tiennent depuis mardi un blocus sur le chemin d\u2019accès au chantier La Romaine, sur la Côte-Nord, afin de demander à Hydro-Québec de respecter ses engagements.La société d\u2019Etat avait promis à l\u2019époque d\u2019implanter le quartier général et ses 110 employés dans la municipalité d\u2019Havre-Saint-Pierre, qui aurait bénéficié de retombées à long terme une fois la construction terminée.Or Hydro-Québec a récemment changé son fusil d\u2019épaule et prévoit maintenant installer le bureau d\u2019affaires au pied de la centrale Romaine-1.Les gens d\u2019affaires s\u2019attendent maintenant à ce que l\u2019hébergement soit aussi offert sur place, de sorte que la municipalité ne verra jamais quelque retombée que ce soit lorsque la centrale sera en service.La Presse canadienne et CHLC an LEGAUX ET APPELS D'OEERES CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE BEDFORD NO 460-22-004622-122 COUR DU QUÉBEC PARKBRIDGE LIFESTYLE COMMUNITIES INC Partie demanderesse c EMILIEN THIBODEAU Partie défenderesse PAR ORDRE DU TRIBUNAL La partie demanderesse avise la partie défenderesse qu'elle a déposé au greffe de la Cour du Québec, district de Bedford, une requête introductive d'instance Une copie de cette requête et de l'avis de présentation ont été laissées à l'intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au Palais de justice de Granby, 77, rue Principale à Granby (Québec) J2G 9B3, salle 1 32, La partie défenderesse est requise de produire une comparution écrite, dans un délai de trente (30) jours de cette publication, personnellement ou par l'entremise de ses procureurs, au greffe du tribunal, au Palais de justice de Granby, La partie demanderesse avise la partie défenderesse que faute par elle de déposer sa comparution écrite dans ce délai, la partie demanderesse pourra procéder à obtenir, contre elle, un jugement par défaut conforme aux conclusions contenues dans la requête introductive d'instance.Si la partie défenderesse comparaît, la requête introductive d'instance sera présentée devant le tribunal le 10/01/2013 à 9h30, en salle 1 32 du Palais de justice de Granby et le tribunal pourra à cette date, exercer les pouvoirs nécessaires en vue d'assurer le bon déroulement de l'instance ou procéder à l'audition de la cause Si la partie défenderesse, qui a produit une comparution écrite, désire contester, elle doit se présenter au Palais de justice de Granby, à cette date VEUILLEZ AGIR EN CONSÉQUENCE A Longueuil, le 2 novembre 2012 Me Valérie Cuierrier-Besner (#277259-1) 32, rue St-Charles Ouest, bur 110 Longueuil (Oc) J4H 1C8 Tél (450)646-4347 Téléc (450) 670-3487 Procureurs de la partie demanderesse A Granby, le 8 novembre 2012 JOSIANE DELISLE JUGE DE LACOUR DU QUEBEC (ou Greffier) AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Louis Cyrille STUCKEY, en son vivant domicilié au 9840, Gouin Boulevard, app 401, Pierrefonds, Quebec, H8Y 3H1, est décédé le 18 octobre 2011 à Sainte-Anne-de-Bel-levue Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, à 4270 St-Laurent, Bureau 200, Montréal, Québec, H2W 1Z3 Donné ce 5 novembre 2012 par Simon Parker CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE TERREBONNE NO 700-17-009412-122 COUR SUPÉRIEURE GEORGES LOULOU Demandeur c ÉMILE GROLEAU et CLAUDE GODIN et RODRIGUE LAPORTE Défendeurs et MADELEINE DROUIN et OLLARD PELLETIER et MUNICIPALITÉ DE SAINT- HIP- POLYTE Mis en cause ORDONNANCE DE COMPARAÎTRE PAR ORDRE DE LA COUR: Le défendeur, RODRIGUE LA-PORTE est, par les présentes, requis de comparaître dans un délai de trente (30) jours de cette publication, personnellement ou par l'entremise de ses procureurs Une copie de la requête introductive d'instance, de l'avis aux défendeurs et de l'avis de dénonciation des pièces a été laissée au greffe de la Cour supérieure, au Palais de justice de Saint-Jérôme, 25, de Martigny ouest, province de Québec, district de Terrebonne, à son intention, laquelle requête est présentable le 20 décembre 2012, à 9 00 en salle B-1 04 De plus, prenez avis qu'à défaut par vous de signifier ou de déposer votre comparution ou contestation des lesdits délais, le demandeur procédera à obtenir contre vous un jugement par défaut conforme aux conclusions qu'elle sollicite Signé à Saint-Jérôme, le 9 novembre 2012 Esther Legault GREFFIER-ADJOINT CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE LONGUEUIL No : 505-12-037412-122 COUR SUPÉRIEURE (Chambre de la famille) MARTINEZ CUELLAR Heriberto Cruz Demandeur c REED, Rebecca Lynn Défenderesse ASSIGNATION (139 C.c.P.) ORDRE est donné à Mme REED Rebecca Lynn de comparaître au greffe de cette cour situé au 1111, boulevard Jacques-Cartier Est Longueuil J4M 2J6, au local Rc-31 dans les 40 jours de la publication du présent avis dans le journal Le Devoir La requête introductive d'instance sera présentée devant le tribunal le 28 janvier 2013, à 9H00 heure en salle 1.17 au Palais de justice de Longueuil Une copie de la requête introductive d'instance a été remise au greffe à l'intention de la défenderesse A défaut de comparaître dans ce délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l'expiration de ce délai A Longueuil, le 9 novembre 2012 (s) Julie Daoust Greffière adjointe PRENEZ AVIS que la compagnie REGINA TOBACCO AND CONFECTIONERY CO LTD / TABACS ET CONFISERIES REGINA LTEE demandera au Re-gistraire des entreprises la permission de se dissoudre.Montréal, le 9 novembre 2012 McMillan SENCRL,srl/LLP Les procureurs de la compagnie La pauvreté ne disparaîtra pas d\u2019elle-même.Faites un don 1-877-488-4222 www.ArmeeduSalut.ca Un don d\u2019espoir poLir la vie AVIS LEGAUX & APPELS D OFFRES HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com I Appel d'offres public ^ Anjou Montréal Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h à la date ci-dessous, à la Direction des affaires publiques et du greffe de l'arrondissement d'Anjou à l'attention de la Secrétaire d'arrondissement au 7701, boul.Louis-H.-La Fontaine, Anjou, H1K 4B9, pour : Services professionnels pour la préparation des plans, devis, appel d'offres et surveillance des travaux de réfection du boulevard Châteauneuf, entre les avenues Rabelais et de Fougeray Catégorie :\tServices professionnels Appel d'offres :\tContrat 2012-16 Date d'ouverture : 29 novembre 2012, 11 h Renseignements : Marie-Thérèse Stephen, au 514 493-8004 Documents : Les documents relatifs à cet appel d'offres seront disponibles à compter du 14 novembre 2012 par le biais du Service électronique d'appel d'offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin et placée dans une enveloppe cachetée portant ridentification fournie en annexe du document d'appel d'offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.L'arrondissement d'Anjou ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 14 novembre 2012 Marie-Thérèse Stephen Secrétaire d'arrondissement AVIS A TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.Avis public Montréal ENTREE EN VIGUEUR DE REGLEMENTS Avis est donné que le conseil d'agglomération, à son assemblée du 27 septembre 2012, a adopté le règlement suivant : RCG 12-016 Règlement autorisant un emprunt de 20 000 000 $ pour l'acquisition d'équipement informatique et de services professionnels en informatique Ce règlement a été approuvé par le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire le 7 novembre 2012.Il entre en vigueur en date de ce jour et est disponible pour consultation durant les heures normales de bureau à la Direction du greffe, 275, rue Notre-Dame Est.Il peut également être consulté en tout temps sur le site Internet de la Ville : www.ville.montreal.qc.ca/reglements Montréal, le 14 novembre 2012 Le greffier de la Ville, M® Yves Saindon Montréal ENTREE EN VIGUEUR DE REGLEMENTS Avis est donné que le conseil de la Ville, à son assemblée du 22 octobre 2012, a adopté le règlement suivant : 12-048 Règlement autorisant un emprunt de 31 930 000 $ pour des travaux généraux de modifications et d'additions au réseau municipal de conduits souterrains ainsi que de travaux reliés à l'enfouissement de fils aériens et de mise à niveau des chambres de transformation (C.T.1500 et C.T.1000) dans les limites de la ville de Montréal, sous la surveillance de la Commission des services électriques de Montréal Ce règlement a été approuvé par le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire le 8 novembre 2012.Il entre en vigueur en date de ce jour et est disponible pour consultation durant les heures normales de bureau à la Direction du greffe, 275, rue Notre-Dame Est.Il peut également être consulté en tout temps sur le site Internet de la Ville : www.ville.montreal.qc.ca/reglements Montréal, le 14 novembre 2012 Le greffier de la Ville, M® Yves Saindon Avis public demersbeaulne AVIS DE PREMIÈRE ASSEMBLÉE DES CRÉANCIERS Dans l'affaire de la faillite de 2540-3957 Quebec inc., société légalement constituée ayant exercé ses activités commerciales au 108-367, boul.Arthur-Sauvé, Saint-Eustache (Québec).AVIS est donné que 2540-3957 Quebec inc., a fait cession de ses biens le 30 octobre 2012 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 21 novembre 2012, à 10 h 30, au bureau du syndic, 1800, avenue McGill College, bureau 600, Montréal (Québec).Montréal, ce 3(?jour d\u2019octobre 2012 Demers Beaulne inc.Tél.: (514) 878-9631 slachance@syndic.corn CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE LAVAL NO 540 22 017955 120 COUR DU QUEBEC (Chambre civile) PRESENT BANQUE ROYALE DU CANADA Partie Demanderesse c.MOHAMED ABDELBASSET ELFEKIH Partie Défenderesse ASSIGNATION ORDRE est donne a MOHAMED ABDELBASSET ELFEKIH de comparaître au greffe de cette Cour situe au 2800 boul Saint Martin Ouest salle RC 05 dans les trente (30) jours de la date de publication du present avis dans le Journal LE DEVOIR La requête introductive d instance (action sur prêts) avis a la partie défenderesse sera presentee devant le tribunal le 7 janvier 2013 a Laval en salle 2 10 au Palais de justice de Laval a 9h30 Une copie de la requête introductive d instance a ete remise au greffe a I intention de M.MOHAMED ABDELBASSET ELFEKIH.Laval le 12 novembre 2012 NICOLE DUCHESNE GREFFIER ADJOINT QTJvIG HUISSIERS DE JUSTICE 500-22-188567-120 COMMISSION DES NORMES DU TRAVAIL dem c RUSSO, TONY def Vente par huissier le 27 novembre 2012 a lOHOO au 7822 av Jean-Vincent, Mont-real(Quebec) Guitares, Cinema maison, etc tels quels ARGENT COMPTANT, CHEQUE VISE, Marc Lemay h j QTMG, Huissiers de justice (514-257-8000) HR Dystrophie musculaire Canada 1.800.567.2236 www.muscle.ca IL FAUT UNE ACTION, UNE ACTION MUSCLÉE! CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE MONTREAL NO 500 22 197175 121 COUR DU QUEBEC PRESENT GREFFIER ADJOINT COMMISSION DES NORMES DU TRAVAIL Partie Demanderesse ESTHER MILLIEN-LINARES Partie Défenderesse ASSIGNATIOÎN ORDRE est dcnne a ESTHER MILLIEN-LINARES de ccmparaître au greffe de cette Ccur situe au 1 Nctre Dame Est Mcntreal Iccal 1 120 dans les trente (30) jcurs de la publicaticn du present avis dans le jcurnal LE DEVOIR Si la partie défenderesse ccmparaît la requête intrcductive d instance sera presentee devant le tribunal le 16 JANVIER 2013 a 9 00 en salle 2 06 au Palais de justice de Mcntreal A defaut de ccmparaître dans ce delai un jugement par defaut pcurrait être rendu centre vous sans autre avis des I expiration de ce delai Une copie de la présente requête introductive d instance avis au defendeur liste de pieces et pieces PI a P6 a ete remise au greffe a I intention de ESTHER MILLIEN-LINARES.Lieu Montreal Date 12 novembre 2012 ELAINE CLOUTIER NEVEU GREFFIER ADJOINT LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 A 9 ACTUALITES Le Devoir des écrivains Mordus de leur chien La logique de la marchandisation des animaux de compagnie est poussée de plus en plus loin au Québec INDIA DESJARDINS Depuis cinq ans, on assiste à une prolifération de la marchandisation de l\u2019animal de compagnie.Hôtels de luxe, cafés, spas, friandises santé, thérapeutes, vêtements et bijoux chics.Les Québécois dépensent plus de 900 millions de dollars par année pour prendre soin de leurs animaux domestiques.Simple tendance,,ou phénomène de société?Etrange, ou attendrissant?En observant quelques photos sur le site de l\u2019hôtel Balte, on découvre des chambres avec lits au look champêtre et télés, repas et collations préparés avec soin et salles de jeux, aires de repos et de divertissements.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une auberge normale, mais plutôt d\u2019un refuge de luxe pour chiens et chats où les propriétaires peuvent laisser leur animal en toute quiétude.«L\u2019idée m\u2019est venue alors que je voyageais et que j\u2019étais toujours inquiète pour mes chiens», raconte la propriétaire Diane Lévesque.«Ici, grâce à notre système de 39 caméras, les parents qui laissent leur animal en pension peuvent les observer à tout moment et se sentir rassurés.» Les parents?«L\u2019animal fait maintenant partie de la famille.On ne parle plus de maîtres.On adopte un animal et on prend la responsabilité de bien s\u2019en occuper.Et quand on le fait garder, on veut qu\u2019il soit bien traité.» Socialement, est-on en train de virer fous avec nos animaux?«C\u2019est de l\u2019anthropomorphisme, on donne à l\u2019animal des propriétés humaines», explique Valérie Gosselin, psychologue et fondatrice de la clinique des services thérapeutiques Amis-Maux.«La société est de plus en plus individualiste, et les animaux sont accessibles et nous tiennent compagnie.Ils viennent combler un vide, un manque.» Il y a quelques années.Pascale Lévesque était célibataire.Sa vie était centrée sur son travail.«Je cherchais un équilibre dans ma vie.Une compagnie.Une raison de sortir pour le simple plaisir de sortir.» Elle l\u2019a trouvée en Scarlett, un coton de Tuléar qui fait naître les sourires sur son passage.« Ça remet les choses en perspective et ça te permet de te centrer sur autre chose que toi-même et les demandes de ton patron.Et quand tu reviens à la maison, quelqu\u2019un t\u2019attend.» De la tête aux pattes Chez Puppy Angel, une boutique de vêtements haut de gamme qui «suit les dernières tendances de la mode», les propriétaires de chiens peuvent se présenter avec leur compagnon et leur procurer manteaux, bottes et même des costumes! «Oui, fai déguisé Scar-lette pour l\u2019Halloween», confie Pascale Lévesque «Ça m\u2019a fait rire au moins quinze minutes.KUloW JACQUES NADEAU LE DEVOIR Chez MUZO, un hôtel pour animaux de compagnie à Montréal, votre chien a accès au salon de toilettage, à des cours de dressage et même à un gym ! ça valait l\u2019investissement.» Pour Marie-Michelle G.Montpetit, propriétaire de Puppy Angel, les vêtements pour chien sont davantage qu\u2019un simple luxe.«L\u2019hiver, on voit beaucoup de brûlures de pattes, à cause du sel épandu sur la rue.Même l\u2019été, le sol est très chaud, alors, les vêtements préviennent certaines blessures.et donc des frais de vétérinaires.» Elle-même propriétaire d\u2019un chien, elle a vu la tendance prendre tout un essor dans les dernières années.«Mon chien a 18 ans, et il y a quelques années, je ne l\u2019habillais pas.Maintenant, je le fais, fen vois les avantages et il aime ça.» Certaines compagnies ont dû s\u2019adapter au désir grandissant des propriétaires de chiens à être accompagnés de leur animal dans tous leurs déplacements.C\u2019est le cas notamment du Château Bonne-Entente, à Québec, où les compagnons à poils sont non seulement les bienvenus, mais très bien accueillis.Ils ont droit à leur couverture et même une petite friandise.«Nous nous sommes ajustés aux demandes des clients», explique Pascale Banville, directrice du marketing de rhôtel.Est-ce que ça cause des dégâts?«Nous n\u2019avons jamais eu de tels problèmes.Les gens qui voyagent avec leur animal le dressent habituellement en conséquence.» Et en ce qui concerne les allergies ?«Après leur départ, les chambres sont désinfectées.Nous n\u2019avons jamais eu de cas d\u2019allergie.Depuis que les chiens sont acceptés ici, ça met de la vie à l\u2019hôtel!» Gagas de leur toutou Célibataires vivant seuls rêvant secrètement (ou non) d\u2019avoir un enfant, couples sans enfants, personnes âgées, tels sont les profils les plus courants des propriétaires particulièrement enclins â gâter leur animal.Surtout en milieu India Desjardins urbain et aisé, évidemment.Car dans les pap en développement, les chiens sont plus souvent errants et on ne penserait jamais â les habiller ou même â leur procurer de la nourriture santé, ni â dépenser des frais exorbitants pour les soigner.Au Québec, les vétérinaires n\u2019ont pas encore de demandes extrêmes comme des chirurgies plastiques, d,e plus en plus courantes aux Etats-Unis ou même dans le reste du Canada.A Vancouver, par exemple, un chirurgien-dentiste peut incruster sur demande des diamants dans les dents de votre animal.«Oui, en clinique, on voit de plus en plus l\u2019anthropomorphi-sation de l\u2019animal», confirme Hélène Perras, vétérinaire.«Par contre, lorsque l\u2019animal porte un beau petit manteau mais que son maître refuse de renouveler ses vaccins, c\u2019est là que ça nous dérange.Ou encore qu\u2019il n\u2019accepte pas de le faire eu-thanasier alors que l\u2019animal souffre.Parfois, l\u2019incapacité du maître à faire son deuil, à laisser aller son animal, nous oblige à de l\u2019acharnement thérapeutique et à ce moment, ça devient problématique.» Selon Christina Monaco, propriétaire du Brandy\u2019s, un café du Plateau Mont-Royal qui offre friandises pour les chiens et consommations pour leurs maîtres, il y aura de plus en plus de cafés comme le sien qui verront le jour dans les prochaines années.« Certaines personnes font deux heures de route pour venir prendre un café avec leur animal de compagnie.Ils préfèrent rester avec lui que de le laisser dehors ou seul à la maison.» Est-ce qu\u2019on peut penser que tout ça reflète quelque chose sur notre société ?«Les gens souffrent beaucoup de solitude.Contrairement à l\u2019être humain, l\u2019animal vit dans le moment présent, ne vit pas dans la performance ni dans l\u2019intellect.Il apporte un équilibre», pense Valérie Gosselin.Depuis la préhistoire, le chien a accompagné l\u2019être humain dans toutes sortes de situations et s\u2019est taillé une place de choix dans la société, lui valant le surnom de meilleur ami de l\u2019homme.C\u2019est la première espèce animale â avoir été domestiquée pour l\u2019usage de la chasse.Nous aiderait-il aujourd\u2019hui â chasser l\u2019ennui ?Née à Québec en 1976.India Desjardins est l\u2019auteure de la série Le journal d\u2019Aurélie Laflamme, dont le premier tome a été adapté au cinéma en 2010.L\u2019hiver dernier, elle a publié Le journal intime de Marie-Cool, recueil de chroniques publiées dans le magazine Cool! de 2001 â 2008.Elle a également participé aux collectifs Cherchez la femme (qu\u2019elle a aussi dirigé) et Amour et libertinage, pour les trentenaires d\u2019aujourd\u2019hui.Cet automne, elle lançait une bande dessinée, La célibataire.Dernier ouvrage paru : La célibataire, avec l\u2019illustratrice Magalie Eoutrier, Michel Lafon, 2012 UNEQ UNION DES ÉCRIVAINES ET DES ÉCRIVAINS QUÉBÉCOIS PROMOTION DE LA LITTERATURE QUÉBÉCOISE ET DÉFENSE DES INTÉRÊTS DES ÉCRIVAINS www.uneq.qc.ca 4 www.lltterature.org B 1 â r-v.2 AnimerMontreai Les meilleures idees pour Montreal a 8h30,12h30 et 16h30 tous les jours du 12 au 16 novembre sur les ondes du 101,5 A 10 LE DEVOIR LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 EDITORIAL Le Devoir des écrivains OFFENSIVE BANCAIRE DE FRANÇOIS HOLLANDE Enfin! Au cours de sa première conférence de presse à grand déploiement et en tant que président de la République, François Hollande a abordé des dossiers évidemment importants, certains d\u2019ailleurs délicats, en précisant la marche à suivre au cours des prochains mois, mais sans jamais arrêter une décision ou commander une politique à une exception : les banques.E Serge Truffaut ntre un commentaire sur la compétitivité de la France en général et le désormais célébré rapport Gallois consacré au sujet, entre ses propos sur le droit de vote des étrangers et le cumul des mandats des élus que les Français débattent depuis que le monde est monde, Hollande a promis qu\u2019une loi réglementera les activités bancaires.Plus précisément, elle «séparera les activités de dépôt, de crédit [.] Elle interdira aussi les produits toxiques et mettra de l\u2019ordre dans les rémunérations comme dans les bonus.» Pour bien mesurer l\u2019importance de cette nouvelle, il faut souligner que pour la première fois dans l\u2019hémisphére occidental un chef d\u2019Etat annonce un re-cloisonnement des banques de dépôts des banques d\u2019affaires.On se souviendra qu\u2019au Royaume-Uni l\u2019ex-premier ministre Gordon Brown avait fait voter, avant son départ, une loi à ranger au rayon du mi-figue, mi-raison.Qu\u2019aux Etats-Unis la réforme commandée par Barack Obama s\u2019est traduite dans les faits par un texte d\u2019une telle timidité, par un tel manque de courage, que les Goldman Sachs, JP Morgan et consorts ont beau pousser des cris d\u2019orfraie, ils ne font pas illusion : ils dorment très tranquilles.Ailleurs?La peur de \u2019Y s\u2019aliéner un secteur financier puissant est si réelle qu\u2019elle a tétanisé les sursauts politiques ^\tobservés au lendemain de la crise de 2008.^\t_ 2^\tPour bien mesurer {bis) combien l\u2019impact prévisible de l\u2019engagement pris par Hollande relève du fait historique, on va puiser dans.l\u2019histoire.Le ton paraîtra impératif, mais il faut bien comprendre que la loi inscrite à l\u2019ordre du jour politique du court terme sera synonyme d\u2019une fin de cycle.Lequel ?Celui du décloisonnement des institutions financières ou de la destruction des piliers qui séparaient les banques, les valeurs mobilières, les fiducies et les assurances.Du décloisonnement amorcé simultanément dans les années 1980 par Ronald Reagan, Margaret Thatcher et Brian Mulroney.En permettant le mélange des genres, en donnant son aval au laisser-faire total dans l\u2019univers de la finance suivi, logiquement d\u2019ailleurs, par un laisser-aller total au niveau des fonctions, des métiers, le trio de chefs d\u2019Etat cités a construit dans les faits une auberge espagnole.Le résultat, on le connaît, mais on tient à le rappeler.Au milieu des années 1990, la banque britannique Barrings a sombré corps et biens pour avoir laissé des jeunesses jongler avec des produits financiers auxquels les dirigeants, les vieux, ne connaissaient strictement rien.Eaute d\u2019avoir tiré des leçons de cette mascarade, les politiciens ont rythmé la valse des aveugles allant, alors que Bill Clinton était président, jusqu\u2019à mettre en bière ce qui restait du cloisonnement.Jusqu\u2019à.Jusqu\u2019à ce que le monde soit percuté en 2008 par la pire crise financière depuis 1929.Sur cette dernière, il faut s\u2019arrêter un instant.Car on ne répétera jamais assez que c\u2019est dans la foulée de celle-ci que Eranklin Roosevelt avait décidé d\u2019ériger des cloisons afin justement que 1929 ne se répète pas.Il se trouve que, pendant une cinquantaine d\u2019années, l\u2019Occident fut épargné par des crises plus financières qu\u2019économiques.Alors que depuis le coup d\u2019envoi du décloisonnement on les compte sur les doigts des deux mains.Cela étant, il faut espérer qu\u2019Hollande ira plus loin.Mais encore ?Il faut qu\u2019il bande les muscles des rapports de force avec les pays récalcitrants ou plus exactement les pays qui refusent de cloisonner, qui refusent donc d\u2019entendre raison pour la satisfaction des mastodontes de la finance.Que, quatre ans après le début de l\u2019explosion bancaire, des établissements qualifiés de «too big too fail», soit ceux qui représentent un risque systémique, demeurent en l\u2019état, cela est proprement scandaleux.Allez, Hollande ! MONTRÉAL Et Denis Coderre ?n sauveur peut-il surgir de nulle part, tel un Superman, pour prendre Montréal sous son aile ?Denis Coderre le croit et, dans son esprit, il est celui-là.Il n\u2019est pas candidat à la mairie, pas encore, mais son ambition est telle qu\u2019elle déborde.L\u2019attitude du député libéral de Bourassa n\u2019est pas sans faire penser à celle de Pierre Bourque, dont la candidature à la mairie en 1994 était venue de nulle part.Il s\u2019était servi de sa notoriété comme directeur du Jardin botanique pour semer l\u2019idée qu\u2019il pourrait être le sauveur de Montréal.De la même manière, Denis Coderre se sert de sa tribune de député pour imposer à nos esprits qu\u2019il est le maire qu\u2019il nous faut.\u2014\t~\tSes appels du pied ne sont pas sans effet.Les Montréalais sont à l\u2019écoute, car s\u2019il est une r\tévidence, que seuls ne voient pas les membres de ce qui reste de l\u2019administration Tremblay, .\tc\u2019est la nécessité d\u2019un changement de garde à l\u2019hôtel de ville.Or, jusqu\u2019ici, Denis Coderre est la seule personnalité nouvelle qui ose se mettre en avant, la seule à montrer un intérêt pour la mairie de Montréal.Résultat, les micros se tendent vers lui.Il arrive ainsi à installer peu à peu sa candidature dans l\u2019espace médiatique.Cette candidature virtuelle est-elle celle dont Montréal a vraiment besoin ?Difficile de juger.Son strip-tease ressemble trop à un jeu pour qu\u2019on puisse le prendre au sérieux.En plus de penser à la mairie, pense-t-il à Montréal ?On connaît son ambition personnelle, mais pas celle qu\u2019il a pour Montréal.Denis Coderre est un bon politicien.Ses talents d\u2019organisateur sont reconnus.Ministre deux fois, il peut prétendre être capable d\u2019assumer la gestion d\u2019une grande administration.Toutefois, la réalité des problèmes de Montréal lui échappe.Sa carrière entière fut tournée vers la politique fédérale, qui est à mille lieues des enjeux quotidiens de la politique municipale.Montréal fait face, redisons-le pour Denis Coderre, à un Everest de problèmes dont les moindres ne sont pas d\u2019ordre administratif et éthique.Au-delà des scandales et des augmentations de taxes, il y a la transformation de l\u2019économie montréalaise et de sa société à laquelle son maire devra se consacrer.Montréal est en voie de devenir une métropole cosmopolite dont on doit s\u2019assurer qu\u2019elle demeure francophone.Cela n\u2019est pas pour un maire qui serait un apprenti sorcier.Montréal a déjà donné.L-X il Bernard Descôteaux LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > EAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFPET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO m 1 1 a 2 religion Plantu est caricaturiste au journal Le Monde.Der-'^ nier ouvrage paru : On a marché sur les urnes: présidentielle 2012.D\u2019après Hergé, Seuil, 2012 LETTRES Sommet sur l\u2019éducation: Everest ou mont Royal ?Le texte suivant révélera certainement mon âge.Il n\u2019y a pas de période phare ou de modèle absolu de l\u2019éducation.L\u2019instruction et l\u2019éducation vont de pair.Même si ce furent des années extraordinaires, les années 70 ont balancé, je ne sais où, des éléments importants de notre éducation au nom d\u2019une prétendue liberté.Certaines valeurs inculquées par les générations précédentes, telles que l\u2019effort, le travail bien fait, une certaine conscience sociale, ont été envoyées au dépotoir des idées.[.] Le sommet sur l\u2019éducation ne doit pas se limiter à la préparation au marché du travail.L\u2019éducation doit former des individus capables de s\u2019exprimer convenablement, capables de penser en utilisant des notions philosophiques, capables aussi de remettre en question l\u2019ordre établi.Il faut que chacun puisse penser librement, ce qui est le point de départ d\u2019un engagement dans la construction d\u2019une société plus humaine.L\u2019individu, étudiant universitaire ou non, doit recevoir une formation générale complète.Car, dès son entrée dans le tourbillon du travail, la passivité s\u2019empare de lui et le laisse ou indifférent, ou écrasé par les événements qui le bousculent sans cesse.A la fin de son cursus scolaire, il sera plus prêt à aflronter les dangers et les écueils de la vie en société.Il sera prêt aussi à la transformer et à l\u2019humaniser.La vie, malgré ses montagnes russes, est extrêmement belle et chaque être humain apprivoisé nous la rend encore plus magnifique.Philippe Roy Gatineau, le 13 novembre 2012 Les bonbons de Pauline Marois Dans le dossier des droits de scolarité, Pauline Marois nous a promis depuis plusieurs mois qu\u2019elle ferait un sommet sur l\u2019éducation supérieure pour prendre le temps d\u2019analyser toutes les pistes de solution.Après avoir voté pour le PQ aux dernières élections, quelle déception de voir que le gouvernement a finalement fait le choix des bonbons et de la partisanerie.S\u2019il y a une chose qui faisait consen- sus au Québec, c\u2019est que les universités sont sous-financées.Que Pierre Duchesne ait remis ce sous-financement en question pour faire plaisir aux associations étudiantes est inacceptable et manque de sens du devoir et des responsabilités.Ensuite, nous avons appris que le gouvernement a décidé de geler les droits de scolarité pour une année de plus, sans attendre les conclusions de son propre sommet, ce qui va nous coûter la coquette somme de 80 millions de dollars.Cet argent nous appartient à tous, et ce sont des millions que nous ne mettrons pas dans les soins pour nos personnes âgées ou nos programmes sociaux.Nous réalisons maintenant qu\u2019au delà des belles paroles, le Parti québécois distribue des bonbons pour faire plaisir aux étudiants, sans prendre le temps de soupeser ses décisions.Ce gouvernement n\u2019agit pas dans l\u2019intérêt de tous les Québécois, il nous a bernés et agit pour servir ses propres ambitions.Quel désappointement ! Paul Sauvé Saint-Bruno, le 12 novembre 2012 LIBRE OPINION À chacun son clavier Cette année encore.Le Devoir a invité quelques écrivains à jouer aux reporters dans ses quartiers.Confier la rédaction d\u2019articles journalistiques à des auteurs est évidemment un bon coup publicitaire, on en parlera dans les chaumières comme du Devoir des écrivains.De plus, s\u2019associant à des gens de lettres, le journal peut se présenter à la grande fête commerciale du Salon du livre quasi comme l\u2019organe officiel des auteurs.Est-ce une bonne idée ?Ce jeu était pratiqué à Libération, Le Devoir l\u2019a adopté.A Paris, un grand nombre d\u2019écrivains a une pratique habituelle du journalisme, le phénomène est plus rare à Montréal.Qu\u2019attend-on des auteurs québécois ?Qu\u2019ils abordent l\u2019actualité avec «candeur, fraîcheur et innocence» ! Si je travaillais pour le quotidien, je serais réticent: l\u2019idée d\u2019une «plume» pour rédiger un article sous ma responsabilité, mais que je ne pourrais rédiger moi-même, m\u2019inquiéterait.Pourtant, dit-on, ce sont les écrivains qui sont anxieux, car la majorité d\u2019entre eux n\u2019a pas l\u2019habitude de régler le sort d\u2019un texte en quelques heures.Le temps de l\u2019écrivain n\u2019est pas celui du journaliste, et malgré tous les efforts pour donner aux uns et aux autres des domaines qui leur conviennent, le plongeon reste court.Je sais bien que le journaliste et l\u2019écrivain peuvent partager le même clavier, pourtant, au fond, un abîme les sépare : l\u2019un doit débusquer une information vérifiable et la rapporter le plus clairement possible, tout en la situant dans son contexte.L\u2019autre, s\u2019il retient une information, va s\u2019empresser de la modifier pour l\u2019intégrer dans sa trame personnelle.Le romancier est un menteur professionnel à la recherche d\u2019une vérité qui n\u2019affleure jamais dans la réalité.Le journaliste, de son côté, est tenu de chercher la vérité dans les faits, il va tenter de les expliciter tout en laissant, idéalement, ses opinions au vestiaire.Quel mal y a-t-il à transformer, dans l\u2019esprit des jeux de télé-réalité, des poètes, romanciers, ou essayistes en journalistes avec chaperons ?C\u2019est que cela encourage, une fois de plus, la confusion des genres et des responsabilités.La tâche de l\u2019écrivain consiste à prendre ses distances avec le quotidien, l\u2019événementiel, le fait divers, il doit se dresser «comme une borne» selon l\u2019heureuse expression de Sartre, tout en laissant une trace dans la culture.L\u2019écrivain est un témoin, son territoire est celui des rapports à «autrui, à l\u2019amour, à la mort, au monde».Le journaliste éclaire, l\u2019écrivain à sa manière braque un projecteur sur la société pour en révéler les ombres.On dira que j\u2019accorde à l\u2019écriture littéraire plus d\u2019importance qu\u2019elle n\u2019en mérite, mais, désolé, je suis un écrivain du XX® siècle.C\u2019était avant la confusion des genres, avant le relativisme culturel, quand il existait une hiérarchie des œuvres.A nos yeux, la littérature était un art issu du domaine du sacré, elle ne faisait aucunement partie du secteur des communications ou du commerce, elle fréquentait la philosophie.Notre place d\u2019écrivain, si on la prend au sérieux, n\u2019est ni sur scène, ni comme ersatz: lisez nos livres, nous y avons mis chacun le meilleur de nous-mêmes.Journaliste d\u2019un jour, l\u2019écrivain dans Le Devoir acceptera de se conformer aux usages et à l\u2019éthique d\u2019une profession qui n\u2019est pas la sienne.Que peut-il y gagner?Un apprentissage et le plaisir fugace de voir sa signature dans le journal.Mais justement, s\u2019il joue le jeu de l\u2019information, est-ce vraiment une signature d\u2019écrivain ?, Jacques Godbout Né à Montréal en 1933.En 1954, Jacques Godbout se ^ rend en Ethiopie, où il en-!\tseigne pendant trois ans.De- \u2014 puis son retour au Canada en j 1958, il a publié de nombreux IN# I romans qui sont devenus des classiques de la littérature québécoise, tel Salut Galarneau ! Dernier ouvrage paru : Lire, c\u2019est la vie, Boréal, 2010 LE DEVOIR LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 A 11 IDEES Le Devoir des écrivains Mots dans le vent ANTONINE MAILLET U haut de ma tour, j\u2019aperçois les éoliennes sur la pointe ouest de l\u2019Ile-cju-Prince-Edouard, et par temps clair, je vois tourner leurs pales.Mes plus proches voisins vous le confirmeraient, donc vous ne sauriez douter de mon dire.Mais aucun des voisins qui encadrent les deux rivières, trois barachois, six ruisseaux, une dune de sept milles de sable blanc allongée de tout son long dans l\u2019Atlantique, et à vue d\u2019œil de mon phare du Fond de la Baie, personne, vous dis-je, n\u2019oserait cautionner la suite de mon discours sur.Laissez-moi vous entrouvrir Antonine Maillet NéeàBouc-H , J touche, au m Nouveau-Bruns-wick, en 1929.Romancière et dramaturge, Antonine Maillet est l\u2019au-teure d\u2019une cinquantaine de livres.Elle a reçu le prix Concourt pour son roman Pélagie-la-charrette en 1979.Pour Le pays de la Sa-gouine, fondé en 1992 et inspiré de son œuvre, Antonine Maillet écrit chaque année de nouveaux textes.Sa carrière et ses œuvres lui ont valu maints prix, récompenses, doctorats hono-rihques et distinctions.Parallèlement à ses métiers d\u2019écrivain et de conférencière, Antonine Maillet est appelée à représenter l\u2019Acadie tant sur le plan national qu\u2019international.Dernier ouvrage paru : L\u2019albatros, Leméac, 2012 la porte sur l\u2019un des trente-six mystères les mieux gardés de mon pays sur le voyagement des mots largués au vent du large quatre siècles passés.C\u2019étaient des mots nés de multiples branches : celtique, latine, burgonde, gauloise, franque.je ne vous apprends rien, et qui finirent par entrer en langue française et s\u2019y établir comme chez eux.Quand ces mots de gorge, puis de gueule, puis de langue se reconnurent entre eux, s\u2019entortillant, s\u2019agglutinant, s\u2019accouplant pour créer de nombreux enfants, ils s\u2019aperçurent un beau matin \u2014 un matin de la nouvelle ère que dame Histoire a prénommée Renaissance \u2014 que leur siècle manquait d\u2019air et d\u2019espace et qu\u2019il était grand temps de prendre le large.Le large du large, qui donnait sur le noroît.Et les mots s\u2019envolèrent tout droit, mais entendons-nous : un tout droit qui virevoltait de l\u2019ouest au sud, au sud-est, au nord, au nord-nordet, ou franc ouest pour aboutir dans nos mers glaciales et là, sans crier gare, figer raide.La bise du large les avait gelés.Des mots gelés, congelés, fixés pour l\u2019éternité.jusqu\u2019au prochain dégel, qui avec les remous qu\u2019on connaît, qui font passer les temps froids aux temps chauds, ne pouvait épargner ces mots qui un jour ou l\u2019autre finiraient bien par s\u2019ébrouer, se décontracter et tout doucement se déposer, sans façon ni vergogne, sur la côte est de l\u2019Atlantique.Je me souviens.C\u2019est-à-dire le fonds indélébile d\u2019une mémoire ancestrale incrustée dans mon subconscient se souvient de cet épisode de mon histoire.Du temps des fondateurs du pays.Un pays qui devait en voir de plus de couleurs que n\u2019en contient l\u2019arc-en-ciel, mais qui grâce aux mots récupérés, s\u2019en sortirait.Comment voudriez-vous qu\u2019on ne s\u2019en sorte pas pr 1 ti 'ii'üi U VALERIAN MAZATAUD LE DEVOIR Ce peuple est toujours là.Il est toujours vivant.Il n\u2019a pas récupéré indemne son trésor, soyons francs, mais certains s\u2019acharnent encore, bon an, mal an, à sauver l\u2019essentiel, c\u2019est-à-dire sa langue.quand on a un trésor à garder et à passer indemne aux générations à venir! Sans le savoir clairement, on pressentait, entendait gigoter au fond des reins ce flot de mots simples ou composés, brefs ou allongés, limpides ou emberlificotés, clairs, sombres, raides, tordus, imagés jusqu\u2019à recomposer le monde perdu dans l\u2019oubb ou paré pour un avenir qu\u2019un peuple rêvait de voir de son vivant.Ce peuple est toujours là.Il est toujours vivant.Il n\u2019a pas récupéré indemne son trésor, soyons francs, mais certains s\u2019acharnent encore, bon an, mal an, à sauver l\u2019essentiel, c\u2019est-à-dire la langue qu\u2019il a dans la bouche.Car aussi longtemps qu\u2019il la garde en bouche, c\u2019est qu\u2019elle lui vient du ventre, et auparavant du cœur, et bien avant d\u2019une mémoire immémo- riale qui remonte «au temps que les bêtes parlaient».Autant dire à l\u2019origine des temps pour l\u2019homo sapiens.Car les bêtes n\u2019ont parlé que dans les contes, fables et légendes.Mais leur discours, projection de notre quête dans l\u2019imaginaire, nous en dit long sur les grandeurs et misères de l\u2019homme qui parle.La langue, amalgame de mots transmetteurs d\u2019idées, d\u2019images, de sensations, de désirs, de rêves audacieux mais toujours inassouvis, la langue qui nous distingue de tous les autres vivants, du lichen au chêne au chien savanf restera à jamais le don le plus imaginatif qu\u2019un dieu farfelu et délirant pouvait inventer.puis nous confier à nous, les êtres parlants.Si vous pensez que j\u2019ai l\u2019intention de m\u2019en priver, de faire le bec fin sur mon héritage ! Sur- tout que le mien \u2014 et forcément le vôtre si vous me lisez \u2014 est descendu en droite ligne de la tour de Babel, a traversé des millénaires de turbulences, fut happé par divers courants-jets, pour aboutir dans les pales des éoliennes plantées dqns la bonne tqrre rouge de l\u2019île-du-Prince-Edouard, mon voisin d\u2019en face.De la tour de mon phare, je reçois le vent de nordet en plein visage, en plein cœur, et j\u2019entends résonner dans mon ventre les mots largués du large quatre siècles passés.Des mots de gorge, des mots de gueule, des mots de cette langue française, qui est venue se transplanter dans mes sables de dune à l\u2019aube des Temps modernes.Une talle de mots, une beauté de mots.Comment voulez-vous qu\u2019a- vec ce don tombé du ciel, le parleur cesse de parler, le conteur de conter, l\u2019écrivain d\u2019écrire ?Et comment voulez-vous qu\u2019on ne se rengorge point sous la saveur douce et salée, râpeuse, rauque, rocailleuse et chatouilleuse qui nous monte de la gargamelle au gosier au palais au plat de la langue, pour aboutir aux lèvres capables d\u2019articuler : Mieulx est de ris que de larmes escrire.Pour ce que rire est le propre de l\u2019homme.J) Lire aussi > Un extrait de Passages américains, de Marie-Ciaire Biais, un essai sur les luttes menées par la jeunesse contre l\u2019autoritarisme politique et toute forme de ségrégation, sur ledevoir.com.L\u2019animal, cette partie mémorielle de nous-mêmes MICHEL ONERAY Philosophe et écrivain ai eu l\u2019enfance d\u2019un petit garçon de campagne : un animal de compagnie, un petit chien bâtard nommé Frisette, plus tard un chat qui était l\u2019animal de ma mère, un genre ^^=1 d\u2019objet transitionnel dont j\u2019enviais les caresses prodiguées par sa propriétaire et qui ailleurs faisaient défaut.Voilà pour l\u2019animalerie domestique.Il y avait également l\u2019animalerie sauvage, celle des vairons et des anguilles de la rivière de mon village natal, des grenouilles pêchées dans les njares alentour, puis mangées à la crème.À quoi il faut ajouter l\u2019animalerie alimentaire, les lapins dans leurs clapiers, les poules et les coqs dans leur basse-cour.Parfois, mes parents allaient chez des amis fermiers, le dimanche.Dans l\u2019étable, je côtoyais les vaches et buvais sans l\u2019aimer le fade lait mousseux tiède au sortir du pis.Tout cela s\u2019accompagne de bruits et d\u2019odeurs, de parfums et de moiteurs.Bouse de vache, urine de lapin, odeur acide de la crotte de poule, crottin des chevaux.Rien de gênant: la nature.La mise à mort des animaux faisait partie des choses de la vie : nous étions malebran-chistes sans le savoir, par tradition cartésienne, autrement dit, par filiation chrétienne, sous prétexte que les animaux n\u2019ont pas d\u2019âme, au contraire des hommes.Dès lors, comme le père oratorien bottait le derrière d\u2019un chien en philosophant qu\u2019il n\u2019y avait là qu\u2019assemblage de ressorts et rouages sans sentiments, les campagnards de mon enfance enfonçaient le couteau dans l\u2019œil d\u2019un lapin avant de le lui arracher pour le saigner ; ils coupaient le cou d\u2019un canard qui pouvait, nonobstant la décapitation, continuer sa course affolée dans le pré ; ils sectionnaient la tête de l\u2019anguille et tiraient avec une pince la peau préhistorique en la tenant avec un papier journal pour la dépouiller plus facilement pendant que, sans tête et sans peau, sans viscères et sans cerveau, elle continuait à onduler ; ils plongeaient la tête d\u2019un pigeon dans un verre d\u2019eau pour l\u2019étouffer avant de l\u2019ébouillanter pour le plumer ; ils jetaient contre les murs la portée de petits chats qui n\u2019avaient pu être placés, sinon ils les enfermaient dans un sac, puis les jetaient à la rivière ; ils assommaient le cochon à la masse, le saignaient, mais, parfois, le coup n\u2019avait pas fait son effet, alors l\u2019animal s\u2019échappait en hurlant dans la nature, puis se déchirait aux barbelés du champ.Traiter son chien comme un lapin?Pourquoi n\u2019aurait-on jamais réservé à Frisette le sort dévolu au lapin?Faire au chien de compagnie ce qu\u2019on imposait à l\u2019animal destiné au civet était impensable.Même le paysan rompu aux brutalités de la ferme n\u2019aurait pas consenti à tuer son chien pourtant traité.comme un chien ! Décharné, dépoilé, croûteux, galeux, le cou abîmé par une courte chaîne, la terre piéti-née et morte à cause des sempiternelles allées et venues du désespoir; il n\u2019aurait tout de même pas accepté le couteau sur la gorge ou la lame rentrée dans l\u2019œil de son chien.Car notre rapport aux animaux est réglé par une loi non écrite héritée du christianisme.Dieu a créé le monde dans l\u2019ordre que nous savons : du ciel et de la terre jusqu\u2019à l\u2019homme, puis la femme, en passant par l\u2019herbe, les arbres, les fruits, les étoiles.Le cinquième jour.Dieu crée les oiseaux, les monstres marins, les bestiaux, les reptiles, les bêtes sauvages.Pour donner un ordre à ce monde, il fut dit aux hommes : «Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout être vivant qui rampe sur la terre.» Depuis, les hommes dominent.C\u2019est-à-dire qu\u2019ils élèvent les animaux pour les manger, se vêtir, se protéger du froid et de la pluie, des ronces et des pierres ; ils les attellent pour ouvrir plus profond le ventre de la terre avec le soc, puis semer ou planter ; ils les gardent auprès du feu comme protecteurs capables d\u2019éloigner d\u2019autres bêtes dangereuses ou d\u2019alerter la tribu assoupie en cas de danger ; ils les chevauchent pour guerroyer ; ils les égorgent pour être agréables aux dieux.Des millénaires plus tard, nous ne sommes guère plus loin.Une part d\u2019immortel Les animaux n\u2019ayant pas d\u2019âme, on conclut qu\u2019ils n\u2019ont pas de langage, d\u2019intelligence, de sentiment, d\u2019affects.Mais quelle est la mesure de l\u2019âme ?Quels sont les critères du langage, de l\u2019intelligence, etc.?L\u2019homme se fait la mesure de toute chose.Dès lors, il extrapole ses fantasmes aussi loin qu\u2019il le peut: sa peur de la mort lui fait inventer un arrière-monde dans lequel les trépassés restent éternellement vivants.Pour ce faire, l\u2019astuce consiste à doter le mortel d\u2019une part immortelle.Elle sera donc invisible, immatérielle, un genre de parcelle de la divinité en nous avec laquelle nous pourrions entamer un dialogue avec Michel Onfray Né à Argentan, en France, en 1959.Docteur en philosophie, Michel Qnfray a enseigné dans les classes terminales d\u2019un lycée technique de Caen de 1983 à 2002 avant de créer une Université populaire à Caen en octobre 2002, puis une Université populaire du goût à Argentan en 2006.Il a publié une cinquantaine d\u2019ouvrages, dont La raison gourmande, Ars Moriendi et La sculpture de soi, dans lesquels il propose entre autres une théorie de l\u2019hédonisme.Dernier ouvrage paru : L\u2019ordre libertaire.La vie philosophique d\u2019Albert Camus, Flammarion, 2012 l\u2019au-delà.Sur le principe que le même va vers le même, l\u2019âme est faite du bois dont on fait Dieu et l\u2019arrière-monde.Les animaux se trouvent exclus de cette fiction : les hommes qui ont une âme ont déçidé qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019âme.À quoi, en effet, conduirait l\u2019hypothèse d\u2019une âme pour les animaux?Un paradis pour les hérissons, un enfer pour les ténias, un purgatoire pour les rats?La fiction chrétienne a postulé l\u2019existence du libre arbitre en l\u2019homme : pour pouvoir être puni, il faut être coupable, pour pouvoir être coupable, il faut être déclaré responsable, pour pouvoir être responsable, il faut bien que nous soyons dotés d\u2019une capacité à choisir, autrement dit: à faire volontairement le bien ou le mal.Donc, nous avons une âme.Les animaux, c\u2019est bien connu, n\u2019ont ni liberté, ni libre arbitre, ils incarnent la quintessence du déterminisme : ils sont condamnés à répéter leur être \u2014 comme si Darwin ne donnait pas tort à cette bêtise ! Les bêtes, qui pourtant ne sont pas bêtes, sont donc assimilables aux arbres ou aux pierres, au restant de la nature.L\u2019homme est bien le sommet de la création, il dispose donc du droit de faire ce qu\u2019il veut de tout ce qui n\u2019est pas lui.[.] Monstres, les animaux?La culture a longtemps été un art de comprendre la nature afin d\u2019y trouver sa place : l\u2019animisme, le totémisme, le poljûhéisme, le paganisme témoignent en ce sens, et ce, pendant des millénaires.Puis, avec l\u2019avènement des cités et le rouleau compresseur monothéiste qui veut des textes et des bibliothèques, des scribes et des prêtres, la culture est devenue ratiocination de cabinet.Le paysan a cessé d\u2019être le modèle, Virgile a laissé place au clergé d\u2019une secte qui a cessé de lire la vérité du monde dans les étoiles, comme les animaux et les paysans, pour se pencher funeste-ment sur les grimoires et les parchemins.Donc, Darwin nous enseigne une vérité considérable: il n\u2019y a pas de différence de nature, mais une différence de degré entre l\u2019homme et l\u2019animal.Dès lors, oublieux de ce dont nous provenons, ingrats quant à notre parentèle immémoriale, arrogants quand il s\u2019agit de rappeler que notre boîte crânienne contient toujours (aussi et encore.) un cerveau reptilien, nous sommes devenus bien souvent des monstres \u2014 ce que ne sont jamais les animaux.Monstre celui qui jouit de tuer, jubile à faire souffrir, monstre l\u2019être dépravé qui met à mort pour le simple plaisir de supprimer une vie, monstre celui qui fait de la mort un spectacle, monstre l\u2019être qui exulte à effacer de la planète l\u2019être d\u2019un être : y a-t-il l\u2019équivalent d\u2019Auschwitz, de Gilles de Rais, de saint Huberfi de Savonarole ou d\u2019El Cordobés chez les animaux?Non.Un animal tue pour manger.Repu, il ne met jamais à mort son prochain \u2014 lui.Il existe donc une humanité chez les animaux qui pourrait donner des leçons à ceux de nos semblables qui manifestent une ani-malité (mais on vient de le voir, le mot ne convient pas.) dans leur hypothétique humanité.Dès lors, on pourrait imaginer que l\u2019éthologie puisse remplacer la théologie pour fonder une éthique post-moderne.Loin de croire qu\u2019il nous faut nous dénaturer pour être véritablement des hommes, je pense que nous devons bien plus tôt nous ensauvager afin de prendre les leçons données par les animaux: ne pas tourner le dos au cosmos, ne pas ignorer la nature, ne pas feindre de n\u2019avoir rien à voir avec ce qui n\u2019est pas nous, écouter ce que nous enseigne l\u2019arbre, ce que nous apprend l\u2019herbe, ce que nous disent les animaux, et ce, afin de parfaire notre humanité.Alors peut-être pourra-t-on envisager que, moins séparés de la nature, plus soucieux de ses leçons de sagesse, nous soyons moins pervers, moins débiles, moins tordus, moins faux, moins menteurs, moins fourbes et hypocrites, moins névrosés, moins psychopathes, moins agressifs.La culture n\u2019est pas une anti-nature, ni une contre nature, mais un art de sculpter la nature.Mais ceci est une autre histoire.D Lire aussi > Le texte complet de Michel Onfray sur ledevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)YsAoien T>eg^se(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales).Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf'saw^cJ ; information politique : Michel Y>dmA(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy DsàWeier (reporters) ,Iean.-Vierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Émilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michéle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)\u2019, Karl Rettino-Parazelli et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec) .PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web),Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 12 LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 ACTUALITES Le Devoir des écrivains RIFIFI SUITE DE LA PAGE 1 lais] méritent que nous pensions à Montréal avant de penser à nos intérêts partisans».Lors d\u2019une rencontre de presse à la mairie de l\u2019arrondissement de Notre-Dame-de-Grâce, M.Applebaum a insisté sur la nécessité de retrouver l\u2019unité et la stabilité à Montréal.«La politique, on peut la faire dans huit mois», a-t-il dit.Menace d\u2019éclatement Tout se déroule de manière excessivement rapide dans les arcanes des affaires municipales d^ puis la démission du maire Gérald Tremblay, le 5 novembre dernier.M.Applebaum a quitté l\u2019exécutif après avoir perdu un vote serré au caucus d\u2019Union Montréal.Les élus lui ont préféré Richard Deschamps pour accéder au poste de maire par intérim.En défiant son propre parti, Michael Applebaum donne l\u2019impression de se rapprocher de l\u2019opposition.Ce faisant, il contribue à l\u2019éclatement éventuel de son propre parti.Union Montréal.Selon une source au sein du caucus, Michael Applebaum bénéficie d\u2019un nombre suffisant d\u2019appuis chez Union Montréal pour battre Richard Deschamps avec l\u2019aide des partis d\u2019opposition.«Si Vopposition présente un candidat, tout le monde à Union Montréal va se rallier derrière Richard.Mais si Michael se présente seul contre lui, les paris sont ouverts.Je ne sais pas ce qui pourrait arriver», affirme notre source.Lors du vote interne pour la succession de M.Tremblay, M.Deschamps a reçu 27 votes contre 22 pour M.Applebaum.Les conseillers d\u2019arrondissements (non présents au conseil municipal) avaient le droit de vote, et ils ont fait pencher la balance en faveur de M.Deschamps.Les appuis de M.Applebaum sont plus importants parmi les 33 élus d\u2019Union Montréal qui siègent au conseil municipal.Le temps du «grand ménage» Louise Hard, chef de Vision Montréal, a interrompu le caucus de son parti, hier après-midi, pour rencontrer les journafistes.Sans révéler l\u2019essentiel de sa stratégie, M\u201c® Hard s\u2019est dite ouverte à toute discussion avec les JACQUES NADEAU LE DEVOIR Richard Deschamps s\u2019adressant à la presse, mardi deux aspirants maires.L\u2019ouverture de Michael Applebaum à accueillir des représentants de l\u2019opposition au sein de l\u2019exécutif n\u2019est pas sans lui déplaire.La chef de l\u2019Opposition officielle espère «un changement en profondeur et un grand ménage» à l\u2019hôtel de ville.«Il faut un maire au-dessus de la mêlée, qui ne fasse pas de partisanerie», estime-t-elle.Elle rejette l\u2019approche de «continuité» défendue par Richard Deschamps, réitérant son souhait qu\u2019il accorde une plus grande place à l\u2019opposition dans l\u2019administration municipale de transition.«J\u2019ai rencontré M.Deschamps cet après-midi, et il n\u2019en est pas là.C\u2019était décevant», a-t-elle déploré.Le caucus de Vision Montréal se réunira à nouveau jeudi.M\u201c® Hard refuse de s\u2019engager maintenant à appuyer l\u2019un ou l\u2019autre des candidats, mais son cœur semble pencher davantage en faveur de Michael Applebaum.Vision Montréal pourrait aussi présenter son propre candidat, avec le risque de diviser le vote au profit de Richard Deschamps.Des élus tels que Réal Ménard et Benoit Dorais ont exprimé leur intérêt pour le poste.Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, n\u2019a formulé aucun commentaire.Tout comme Louise Hard, il s\u2019est entretenu avec Michael Applebaum et Richard Deschamps pour leur faire part de ses conditions.Sur la défensive De son côté, Richard Deschamps a paru sur la défensive, tout en se définissant comme «un homme du consensus».Il a répété avec insistance qu\u2019il était encore en pleine période de réflexion.Il se dit en discussion tant au sein de son propre caucus qu\u2019avec l\u2019opposition.M.Deschamps reste confiant de ses appuis au sein d\u2019Union Montréal.«Je pense que le caucus est solidaire.» Alors que M.Deschamps affirme que le caucus est uni, le vote à la succession fut très serré entre M.Applebaum et lui.Le vice-président du comité exécutif refuse d\u2019envisager l\u2019implosion du parti, un événement qui pourrait se concrétiser vendredi, lorsque le conseil devra élire le prochain maire.M.Deschamps n\u2019a pas voulu expulser Michael Applebaum du caucus même s\u2019il ne cache pas ses intentions de se présenter à la mairie dans sa lettre aux élus.«Si M.Applebaum change d\u2019idée, c\u2019est sa responsabilité, c\u2019est son choix», a dit M.Deschamps.«On ne peut être membre d\u2019un caucus et prendre des décisions à l\u2019encontre.Il faut les consulter, les gens.On ne peut pas jouer sur deux tableaux», a-t-il ajouté.De son côté, M.Applebaum s\u2019est dit «appuyé fortement par plusieurs membres d\u2019Union Montréal pour continuer de discuter avec Louise Hard et Richard Bergeron».Il «met au défi» Richard Deschamps de laisser la partisanerie de côté pour travailler «dans l\u2019intérêt des Montréalais».Le torchon brûle entre les deux hommes qui ne s\u2019étaient toujours pas reparlé au moment de mettre sous presse.«Je sais que je suis critiqué pour ma loyauté, mais ma loyauté ne va pas à un parti, elle va aux Montréalais qui m\u2019ont élu», affirme un Michael Applebaum défiant.Michel Vézina a Né à Rimouski en 1960.Ecrivain et éditeur, Michel Vézina a publié 10 livres dans le premier des deux rôles et environ 70 dans le second.En avril dernier, Michel Vézina faisait paraître Attraper un dfindon sauvçige au lasso, dans la collection Ecrire aux Ed^itions Trois-Pistoles.Dernier ouvrage paru : Attraper un dindon sauvage au lasso.Editions Trois-Pistoles, 2012 ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR L\u2019auteur Simon Boulerice en train de rédiger son article sur le groupe finlandais PKN, mardi, lors de la production du Devoir des écrivains.FUREUR SUITE DE LA PAGE 1 départ», nous confie Jani-Petteri Passi.Il est l\u2019un des deux créateurs du documentaire Punk Syndrome (réalisé avec Jukka Karkkainen) qui dresse un portrait de ce ^oupe fabriqué sur mesure en 2009.«Les gars viennent de disciplines musicales différentes.On les a tous mis ensemble pour constituer PKN», précise Passi.Groupe fabriqué, oui, mais possédant néanmoins un supplément d\u2019âme.Quelque chose de trop souvent inédit dans ce genre d\u2019entreprise.Punk Syndrome suit les tribulations de quatre bad-ass émouvants et complexes, liés par leur passion commune pour la musique.D\u2019abord, il y a Pertti Kurikka, le guitariste qui prête son nom à la formation.Un homme hypersensible qui tient un journal intime (matériau précieux pour les chansons du band).K]o\\xt
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