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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2012-10-27, Collections de BAnQ.

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[" Patrice Chéreau à la sortie des enfers avec Coma, un texte de Pierre Guyotat porté sur la scène du TNM Page E 3 CULTURE CAHIER E > LE DEVOIR.LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 H Bernard Émond, réalisateur du film Tout ce que tu possèdes, en compagnie du comédien Patrick Drolet FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR y BERNARD EMOND Se délester pour survivre Entre littérature et sens à trouver, Tout ce que tu possèdes pose un regard profond sur la perte et le lien ODILE TREMBLAY U Il y a quelque chose dans Téthique paysanne d\u2019entraide qui pourrait nous aider aujourd\u2019hui ne entrevue avec Bernard Émond ressemble à une conversation interrompue qui reprend son fil avant chaque sortie de film.D'autant plus aisément que son univers de cohérence est tissé de leitmotiv, retrouvés en vieilles connaissances.«La possibilité de la rédemption est de plus en plus présen te dans mes films», dit-il.On objecte au cinéaste que la rédemption ne touche d'un film à l'autre que ses héros assez forts pour couper les liens avec leur mode de vie (La neuvaine, 20hl7 rue Darling, La donation et ce dernier film, Tout ce que tu possèdes), alors que les autres (La femme qui boit.Contre toute espérance) se heurtent à un mur ou sont réduits à un cri lancé vers le ciel.Ses personnages doivent se délester pour survivre.«Uhéritage, la transmission, une quête d'éthique, le vide contemporain qu'il faut penser à combler sont aussi au cœur de mon œuvre.A la fin de Tout ce que tu possèdes, Pierre écrira une phrase très belle: «J'ai couché par terre dans la maison de mes ancêtres.» Il y a quelque chose dans l'éthique paysanne d'entraide qui pourrait nous aider aujourd'hui.» Bernard Émond soupire: «Je ne me sens pas très connecté avec le monde contemporain.» Dans son film, qui se déroule à Québec, Pierre Leduc (Patrick Drolet), chargé de cours à l'université en littérature des pays de l'Est, traducteur du poète polonais désespéré Edward Stachura, qui s'est pendu à 42 ans, abandonne ses livres et son travail.Il refuse aussi l'immense succession de son père, des millions jugés mal acquis.La rencontre avec sa fille de treize ans qu'il n'avait jamais connue (Willia Ferland-Tan-guay) changera le cours d'une vie qui file vers son abîme.«De fait, avec Tout ce que tu possèdes, j'ai voulu faire un film sur une personne qui se dépouille.Au mur de Pierre: une reproduction de la fresque de Giotto La renonciation aux biens paternels illustre cet épisode dans la vie de François d'As-sise, qui refusa les richesses de son père.Cette idée qu'on puisse renoncer à une grosse somme d'argent pour des raisons morales semble incompréhensible à bien des gens aujourd'hui, mais mon grand-père y eût adhéré.J'avais aussi en tête l'image de quelqu'un qui vend ses livres.Chez les intellectuels, la littérature et la culture constituent une sorte de religion.Mais celles-ci ne peuvent remplacer la quête de transcendance.Quelques petits faits de bonté sont plus importants que nos livres.» Émond reconnaît que ce film constitue un peu le quatrième volet de sa trilogie sur les vertus théologales.«Il est aussi l'épilogue de La femme qui boit.Le personnage de Pierre Leduc est le fils d'une femme qui s'est réfugiée dans l'alcool.» Le cinéaste se défend d'avoir réalisé un film à thèse.«Je pars, il est vrai, pour chaque scénario, d'une idée, ici le dépouillement, mais cette idée ne colonise pas le film.Au départ, Pierre était un être meilleur.Les choses ont évolué au scénario.Il se croit vertueux en refusant l'héritage du père, mais il n'est pas particulièrement aimable.Il finira par comprendre que la bonté n'est pas ce qu'il croyait, mais plutôt l'acceptation d'un enfant, miracle qui lui tombe dessus.Au fait, la petite Willia Ferland-Tanguay est vraiment formidable.J'avais à peine besoin de la diriger.» Le dénouement, jugé mièvre, a été réécrit au montage, en acceptant tout le poids de la nécessaire transmission.En Patrick Drolet, il retrouvait un complice, déjà mis en scène dans 20h 17, rue Darling, et surtout dans La neuvaine.«Patrick comprend mon univers, précise Émond.Il a les mêmes références que moi, les films d'Ozu et de Dreyer, par exemple.J'avais écrit le rôle pour lui, ayant envie qu'on aille plus loin.Ça aide d'avoir fait VOIR PAGE E 2 : ÉMOND E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 CULTURE EMOND SUITE DE LA PAGE E 1 un bout de chemin ensemble.» Patrick affirme avoir appris à comprendre le cinéaste à demi-mot.«Bernard n\u2019aime pas ce qui dépasse, les fioritures.Il vient des sciences humaines et de la réalisation de documentaires.Avec lui, pas question de réciter, mais de dire.C\u2019est un homme que je respecte, à contre-courant de tout ce qui se fait.Quant à l\u2019univers tourmenté de mon personnage, il m\u2019apparaît familier.J\u2019aime aussi l\u2019œuvre de Stachura.C\u2019est un film littéraire et le passage à vide du personnage est montré souvent à travers les mots d\u2019un autre venu prendre le relais du silence de Pierre.» Depuis longtemps, Emond voulait tourner à Québec, cité photogénique, sauf que le cinéaste cherchait l\u2019envers de la carte postale.«J\u2019aimais les côtes de la ville, le haut et le bas de ses escaliers, comme dans High and Low de Kurosawa.» Il vante le travail exceptionnel de Sara Mishara à la caméra.«Sa lumière est humble, ce qui est rare.Souvent, au cinéma, chaque plan prétend attirer l\u2019attention.Sarah fait le contraire.» Ce Québec-là nous rappelle certains romans de Jacques Poulin: La traduction est une histoire d\u2019amour et L\u2019anglais n\u2019est pas une langue magique.Avec le quartier Saint-Jean-Baptiste en fond de scène, puis la littérature et la traduction comme trait d\u2019union entre les solitaires.«Fruit du hasard, répond-il, mais j\u2019aime aussi cette ville dans ses rues qui ne sont pas offertes en pâture au,x touristes.» Bernard Emond se dit fier d\u2019avoir pu incorporer de façon dynamique de nombreux passages de la poésie d\u2019Edward Stachura, tirés de Me résigner au monde et de sa lettre d\u2019adieu, entre autres.«Comme Pierre est traducteur, il travaille, il efface.» A l\u2019écran de l\u2019ordinateur, on voit donc chaque lettre, chaque mot se tracer à l\u2019écran, parfois remplacé par un autre, ce qui garde l\u2019attention du spectateur en alerte et procure au film sa portée poétique.Emond considère Tout ce que tu possèdes comme un film à la fois très personnel et différent de ses précédents, à cause de son profil littéraire.«Ce poète polonais et son œuvre, c\u2019est le fiilm dans le film, écho au personnage.» Il a déjà écrit son prochain scénario d\u2019après la nouvelle Une banale histoire d\u2019Anton Tchékhov.«Je me suis fait plaisir, dit-il.Tchékhov, c\u2019est le plus grand, avec son mélange d\u2019ironie et de compassion.Ses personnages sont cons et méchants, mais tellement malheureux.» Dans ses tiroirs aussi: un autre scénario, road-movie adapté d\u2019une œuvre de l\u2019Autrichien Robert Musil.Le Devoir La consigne ^ ^ ' Odile , w Tremblay Aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal, on nous annonçait cette semaine un film au profil intrigant, par ailleurs inédit en Amérique.Le regard du bourreau, projeté le 11 novembre prochain, s\u2019inscrira dans un hommage au cinéaste français Chris Marker, disparu à 91 ans bien sonnés en juillet dernier.Silhouette fantomatique fuyant les médias, frère en discrétion de notre Réjean Ducharme national, cet ancien combattant de l\u2019Armée de l\u2019ombre sous l\u2019Occupation, réalisateur de La jetée et de Sans soleil, fut un de ces hommes engagés et intègres, comme les sociétés en enfantent peu en somme.Le public le sent confusément : pareille éthique en création est une pierre rare et précieuse, à admirer trois pas derrière.Si bien que, déjà mythique de leur vivant, le nom de ces artistes grandit après leur départ.Pour tout dire.Le regard du bourreau n\u2019est pas uniquement de Marker, mais une œuvre en mosaïque de regards, justement.Au cours du procès du criminel nazi autrichien Adolf Eich-mann, à Jérusalem, Léo Hurwitz avait capté en 1961 le visage de l\u2019inculpé forcé à regarder le fameux film Nuit et brouillard d\u2019Alain Resnais (sorti en 1956L Nourri de documents d\u2019archives avec trains de condamnés, prisonniers entassés et montagnes de corps squelettiques en charniers dans les camps d\u2019extermination d\u2019Hitler, il dut produire son petit effet sur Eich-mann.En 1981, Chris Marker remontait les images de Léo Hurwitz.En trois époques, trois cinéastes \u2014 Resnais, Hurwitz, Marker \u2014 et un nazi penché sur les conséquences de ses actes.Le regard du bourreau constituerait une mise en abyme des représentations de l\u2019Holocauste.Rappelons qu\u2019Eichmann, fils de comptable, était sous le HP Reich le haut fonctionnaire chargé d\u2019orchestrer la solution finale pour les Juifs.En fuite après la guerre, il fut retrouvé par des agents du Mossad des décennies plus tard à Buenos Aires, sous son nom d\u2019emprunt et dans de nouvelles fonctions de mécanicien.Les agents le kidnappèrent, pour lui offrir un procès exemplaire en Israël en 1961 et 1962.Au bout de longs mois d\u2019audiences, il fut pendu haut et court.LE NTE PRESENTE le SPECULE LES CONQUETES A TRAVER .nllIÏE ENFIN A ESPACE LIBRE \u2022 Gagnant de TROIS PRIX dU mise en scène DANIEL BRIÈRE EDINBURGH FESTIVAL FRINGE production CIRCLE OF ELEVEN BERLIN \\ 4 mm \\ V RIDM Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal rendront hommage à Chris Marker.Son nom ramène en tête les ouvrages de la philosophe et journaliste juive-allemande Hannah Arendt: Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la banalité du mal ainsi que Responsabilité et jugement, réédités, qui m\u2019avaient tant marquée par leurs réflexions pénétrantes sur ce procès-là et par leurs analyses plus vastes des grandes dérives.Plutôt que de voir l\u2019accusé comme un monstre évoluant hors du champ de l\u2019humanité dans une grotte peuplée de dragons puants de son espèce, Hannah Arendt, sans le disculper d\u2019aucune façon, décrivait un homme terne, d\u2019une désespérante banalité, fonctionnaire incliné devant l\u2019autorité, qui n\u2019avait pas pris la peine d\u2019évaluer la portée de ses actes.Son portrait du monsieur Tout-le-monde donnait d\u2019autant plus froid dans le dos que nul ne pouvait le renier comme corps étranger.En d\u2019autres circonstances, il aurait tenu les rênes d\u2019une compagnie sans passion, mais avec discipline, l\u2019occasion faisant souvent le larron.Oui, mais pourquoi ?«Il n\u2019y a rien à comprendre.La consigne, c\u2019est la consigne», répondait l\u2019allumeur de réverbères dans Le Petit Prince de Saint-Exupéry.Cette consigne fût-elle, comme chez Eichmann, d\u2019identifier les Juifs à exterminer en organisant leur déportation vers les camps de la mort.Tâche dont il s\u2019était acquitté avec un zèle et une efficacité jugés admirables par ses supérieurs.Arendt avait compris que les crimes les plus odieux dans un système qui les appuie sont commis en général par des êtres quelconques et sans initiative.A son avis, l\u2019unique façon de résister au pire commande un effort individuel : remettre ses actes en question et contester les systèmes établis aux lois aveugles.Elle suggère en substance de penser par soi-même, exercice plus ardu qu\u2019il n\u2019y semble.Quelques principes de base en garde-fou ne nuiraient pas non plus au succès de l\u2019opération.Cette expression «de la banalité du mal» allait faire florès, décriée par les uns, adoptée par les autres.De temps à autre, la voilà donc qui se repointe dans notre esprit au spectacle de cas moins extrêmes que celui d\u2019Eichmann, bien éloquents pourtant.Prenez le falot Gilles Surprenant à la commission Charbonneau.Rien de flamboyant chez cet homme, on en conviendra.Ni sourire diabolique, ni cynisme triomphant, ni œil dardé de sang, ni panache en bel habit.Que du banal, que du grisou! «Je ne suis pas méchant, je suis un fonctionnaire qui a été corrompu», s\u2019est-il mollement défendu au cours du feuilleton qui passionne et afflige le Québec.Comme si accepter des enveloppes brunes d\u2019entrepreneurs ripoux et de pégreux et rejoindre dans une belle villa du Sud le parrain de la mafia étaient des activités justifiées par les pressions d\u2019autrui.« C\u2019est dans le vide de la pensée que s\u2019inscrit le mal», écrivait de son côté Hannah Arendt.Dans Nuit et brouillard, qui sera présenté aux RIDM en complément de programme au Regard du bourreau, Jean Cayrol, à travers son commentaire, posait en définitive les mêmes questions que la philosophe.«Qui de nous veille de cet étrange observatoire, pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux?Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre?[.] Il y a tous ceux qui n\u2019y croyaient pas, ou seulement de temps en temps.Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s\u2019éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que cela est d\u2019un seul temps et d\u2019un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n\u2019entendons pas qu\u2019on crie sans fin.» otremblay@ledevoir.com ESPACE GO » f ŒPBÉsSÎaTONS COMPlEre» E DUlSmVEMBRE A™gK .\tCLÉMENCE AU 8 DECEMBRE deshoche rs 2/^ O f\" J' DRAMATURGIC K MISE EN SCENE BRIGITTE POUPART MUSIQUE ORIGINALE ARIANE MOFFATT PASCALE MONTPETIT, '-X ACCOMPAGNÉE DE TROIS S INTERPRÈTES-MUSICIENS MNE THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE : 514B4B-4890 ESIWTEGO.COM UNE PRODUCTION D\u2019ESPACE GO Avec la participation de Transtheatre 32A O Bydro Ouéb«< ^transat Lîére DU 30 OCTOBRE au 24 NOVEMBRE 2012 = 1945 RUE FULLUM, RÉSERVATIONS : 514 521.4191 MONTRÉAL WWW.NTE.QC.CA LE DEVOIR LES ENTRETIENS D\u2019ESPACE GO Le jeudi 15 novembre 2012 dès 18 h, découvrez avec nous les enjeux de LA DÉMESURE D\u2019UNE 32A lors d\u2019un entretien avec la metteure en scène Brigitte Poupart et l\u2019auteur-journaliste Georges-Hébert Germain.Une manière unique d\u2019avoir les clefs du spectacle avant d\u2019en être les témoins.En collaboration avec Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 E 3 CULTURE«THEATRE Patrice Chéreau à la sortie des enfers Avec Coma, le metteur en scène, cinéaste et comédien français porte les mots de Pierre Guyotat au TNM \\ SAMUEL ARANDA AGENCE ERANCE-PRESSE Le texte de Guyotat est «un texte qu\u2019on retrouve facilement en le disant à voix haute, dont on touche l\u2019essence en le proférant sur un plateau», raconte Patrice Chéreau.CHRISTIAN SAINT-PIERRE CA est difficile à X croire mais, en un demi-siècle de carrière, Patrice Chéreau, prolifique homme de théâtre, de cinéma et d\u2019opéra, n\u2019a jamais foulé une scène québécoise et pas un seul de ses spectacles n\u2019a pris l\u2019affiche chez nous.La situation est sur le point d\u2019être corrigée puisque Chéreau le comédien montera sur la scène du Théâ-tre du Nouveau Monde (TNM) à sept reprises pour faire entendre Coma, un texte de Pierre Guyotat, écrivain français né en 1940.Rappelons que ce spectacle en remplace un autre, La douleur, dont les représentations à Montréal et Tombeau pour cinq cent mille soldats, son troisième titre, paru chez Gallimard en 1967.L\u2019auteur y fait preuve d\u2019une audacieuse honnêteté, n\u2019hésitant pas à explorer quelques tabous, à commencer par la guerre d\u2019Algérie elle-même, véritable plaie béante entre deux nations, mais également en abordant des sujets aussi délicats que l\u2019homosexualité, le sadomasochisme et la prostitution.Presque quarante ans plus tard, alors que Pierre Guyotat s\u2019est taillé une place de choix dans le paysage littéraire et que son oeuvre est traduite en plusieurs langues, le Mercure de France publie Coma, un récit franchement autobiographique.Plus intime tout en demeurant politique, le livre est le précieux témoignage d\u2019une KK Tout me parlait dans ce livre.Le combat de Guyotat pour vivre, mais aussi cette bataille qu\u2019il mène sans relâche pour retrouver l\u2019écriture, à travailler la langue et à se laisser travailler par elle.)) Patrice Chéreau à Ottawa ont dû être annulées parce que la comédienne Dominique Blanc était souffrante.Appelé comme soldat en Algérie en 1960, Pierre Guyotat est arrêté en 1962.Interrogé pendant dix jours par la Sécurité militaire, l\u2019homme est accusé d\u2019atteinte au moral de l\u2019armée, de complicité de désertion et de possession de livres et de journaux interdits.On le condamne alors à trois mois de cachot, et ce, sans même lui donner droit à un procès.C\u2019est à cet épisode extrêmement douloureux que Guyotat a puisé pour écrire crise identitaire, le fruit d\u2019une véritable introspection.L\u2019écrivain se permet d\u2019y nommer avec une sensibilité extrême les abîmes de la grave dépression qu\u2019il a vécue de 1977 à 1981.Dans tout ce qui le fait souffrir alors, et qui, paradoxalement, le garde en vie, sa quête d\u2019un idéal stylistique et ses pénibles rapports avec le monde extérieur tiennent un rôle crucial.11 écrit: «Mais, hormis ce qui me torture, la solution artistique à trouver, rien, alors, dans les brefs retours de mon être affectif, ne me blesse au- Chéreau, le cinéaste, à Excentris tant que l\u2019incapacité des autres, des plus proches quelquefois, à voir, à comprendre l\u2019effort que je fais pour vivre, pour retrouver la vie.» «Il fallait que je lise ce texte en public, que je le fasse connaître, explique Patrice Chéreau depuis Chicago où il se trouve parce qu\u2019il est membre du jury de la 48® édition du Festival international du film de cette ville de l\u2019Illinois.Tout me parlait dans ce livre.Le combat de Guyotat pour vivre, bien entendu, mais aussi cette bataille qu\u2019il mène sans relâche pour retrouver l\u2019écriture, pour recommencer à créer, à travailler la langue et à se laisser travailler par elle.Je dois dire que c\u2019est une magnifique quête à raconter.C\u2019est le contraire d\u2019une descente aux enfers.C\u2019est une sortie des enfers.Une rédemption par l\u2019écriture.Le plus beau, c\u2019est qu\u2019il a traversé cette crise.C\u2019est quelqu\u2019un qui va bien maintenant, quelqu\u2019un qui fait attention, mais qui va bien.Il y a des kilomètres entre la personne que je croise de temps à autre à Paris et celui qu\u2019on entend dans Coma.» Pour la scène, suivant le conseil de l\u2019auteur, Chéreau n\u2019a retenu du livre, dorénavant publié dans la collection «Folio», que ce qui concerne le présent de la dépression, retranchant tout ce qui tient du souvenir, appartient au passé.Ces pages magnifiques, coupées à regret, le créateur nous exhorte à les lire.Une langue souveraine Si elle est le résultat d\u2019une telle remontée vers la surface, d\u2019un combat aussi rude, d\u2019une lutte aussi âpre, vous imaginez bien que la langue employée ici est singulière, triturée et dense, mais toujours lisible, assurément souveraine.«Certains trouvent cette langue très belle, explique Chéreau.D\u2019autres la trouvent complexe.Chose certaine, c\u2019est une langue rare, celle d\u2019un grand auteur.A mon avis, elle est théâtrale parce Pour souligner la visite de Chéreau au Québec, le cinéma Excentris offre, du 25 au 28 octobre, un survol de son oeuvre cinématographique.On présente La reine Margot (1994) le jeudi à 19 h 15, Intimité (2001) le vendredi à 17 h.Son frère (2003) le samedi à 16 h et Persécution (2009) le samedi à 18 h.La projection de Gabrielle (2005), le dimanche à 18 h, sera suivie d\u2019une rencontre avec Chéreau animée par Marc-André Lussier.«Je ne regarde pas mes anciens films, précise Chéreau./e n\u2019aime pas beaucoup ça.Je ne me sens pas du tout â l\u2019heure des bilans et des rétrospectives.Cela dit, fai du plaisir â discuter avec le public et c\u2019est pourquoi j\u2019ai accepté d\u2019être lâ après la projection de Gabrielle.» On projettera aussi le dimanche, à 16 h, un documentaire de Stéphane Metge qu\u2019on vous recommande chaudement.Dans Une autre solitude (1996), on voit Chéreau dans son milieu naturel, une salle de répétitions, plus précisément celle de la troisième mouture du célèbre duel de Bernard-Marie Kol-tès.Dans la solitude des champs de coton.Les échanges avec le comédien Pascal Greggory, qui joue le Client, alors que Chéreau incarne le Dealer, sont passionnants.En les observant pourchasser le sens, traquer la justesse, épingler la vérité, et ce, jusqu\u2019à ce que les esprits s\u2019échauffent, on se surprend à retenir notre souffle.Quand on tente de lui arracher quelques confessions sur ces futures réalisations, le créateur avoue du bout des lèvres : «Je travaille en ce moment â un film, mais je ne peux pas en dire plus parce que la chose est difficile â mettre en place.Je prévois aussi un opéra et quelques projets de théâtre.En somme, je prépare l\u2019avenir, je vois â m\u2019occuper pour les quelques années qui viennent.» que pétrie d\u2019oralité.Il faut savoir que ce livre a été dicté et non écrit par Guyotat, qui â l\u2019époque n\u2019arrivait pas â écrire.C\u2019est donc un texte qu\u2019on retrouve facilement en le disant â voix haute, dont on touche l\u2019essence en le proférant sur un plateau.On constate que l\u2019écrivain est en rapport avec la nature, les animaux, le ciel et les planètes, qu\u2019il est en communication avec le monde entier, en communion avec la terre qui tourne et tous ceux qui l\u2019habitent.» Depuis quelques années, les lectures, rapidement concrétisées, permettent au metteur en scène et cinéaste de répon- dre à l\u2019urgence qu\u2019il ressent de partager certains textes.Outre les mots de Guyotat, ceux de Dostoïevski, de Gui-bert et de Duras lui ont inspiré de semblables formules.Mise en scène par Thierry Thieû Niang, complice artistique de Chéreau depuis 2005, la lecture de Coma, qui se déroule d\u2019ailleurs sans table et sans lutrin, n\u2019a cessé de gagner en théâtralité.«Maintenant, c\u2019est vraiment du théâtre, explique celui qui a livré le texte en Grèce, en Italie, en Erance et ailleurs en Europe depuis 2008.Je suis debout.J\u2019occupe le plateau.Parfois j\u2019incarne Guyotat et parfois je fais un récit au spectateur.À vrai dire, je ne fais rien d\u2019autre que mon métier de metteur en scène.Je fais en sorte que le texte parvienne au public, que l\u2019histoire soit lisible, qu\u2019elle soit racontée, émouvante.Je suis un passeur, je fais passer le texte â travers moi.» Collaborateur Le Devoir COMA Texte: Pierre Guyotat.Mise en scène: Thierry Thieû Niang.Une production des Visiteurs du soir présentée au Théâtre du Nouveau Monde du 30 octobre au 4 novembre.D\u2019APRÈS L\u2019ŒUVRE DE MICHEL TREMRLAY LE NDUVEAU THÉÂTRE MUSICAL DE RENÉ RICHARD CYR ET DANIEL RÊLANGER UNE PRESENTATION POWER CORPORATION DU CANADA UNE COLLABORATION 21 COMEDIENS/ MUSICIENS SURSCENE DES LE 30 AVRIL BILLETS POUR TOUS LES SPECTACLES TiklHII\t/?A CH/1 OCtCi oaao DE LA SAISON MAINTENANT DISPONIBLES TNM.QW.WA 0l4.O00.O00O ¦ DES LE 13 NOVEMBRE DE MICHEL MARC BOUCHARD mise en scene SERGE DENONCOURT -DÈS LE 15 JANVIER- LE F40I SE MEURT DE EUGÈNE IONESCO MISE EN SCENE FRÉDÉRIC DUBOIS -DÈS LE 5 MARS- JŒASTE FRENE DE NANCY HUSTON mise en scene LORRAINE PINTAL Théâtre du Nouveau IVIonde E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 CULTURE.THEATRE JEUNES PUBLICS Oser Ducharme pour les enfants Le Clou ^xé^mi^Locéantume à la Maison Théâtre SPINPROD Uocéantume prend l\u2019affiche de la Maison Théâtre dès le 30 octobre.MICHEL BELAIR AU téléplione, Sylvain Scott, du Théâtre Le Clou, admet qu\u2019il peut sembler audacieux de présenter Uocéantume de Réjean Ducharme à des enfants de 11 ans.«Audacieux, mais intéressant», précise-t-il.Même si l\u2019œuvre de Ducharme met souvent en scène des enfants \u2014 on retrouvera ici deux autres irréductibles: Iode Ssouvie et Asie Azothe \u2014 , leur révolte face au monde des adultes est si intense et s\u2019inscrit dans une langue si poétiquement drue que tous les textes de Ducharme, romans ou pièces de théâtre, sont habituellement réservés â un public averti.Et «vieux».D\u2019où l\u2019audace.Mais quand on connaît le travail du Clou, on ne s\u2019étonne pas outre mesure puisque l\u2019audace fait partie des exigences inscrites dans chacun des spectacles de la compagnie depuis une bonne vingtaine d\u2019années.Au Clou, on a toujours parlé franchement aux ados de leur réalité iO, FEsrmL mefWAWNAL ARTS jeune: PUBLiC IV-25 A/OI/£MBRf 2012 com talletterie ^\t8^k-2\\72 Articulée i see sh-sps 16 PRODOCTIOA/S lA/EDITES.DONT.1^1 PREMIERE MONDIALE ME DU BOUT DU BIC MUSIQUE THÉÂTRE BOUCHES DÉCOUSUES QUÉBEC Le Sic en chansons et en musique 16,17,18 novembre | Théâtre rouge 22, 23 nov.| Maison de la culture du Plateau Mont-Royal LE PLIJS COURT CHEMIN ENTRE L'ECOLE ET LA MAISON THEATRE MATHIEU.FRANÇOIS ET LES AUTRES [^QUÉBEC À la rencontre d\u2019une « vieille petite fiüe » un peu sorcière, allergique â l\u2019enfance.19, 20 novembre | Théâtre rouge y ^ / PREMIERE MONDIALE PREMIERE NORD-AMERICAINE THEATRE DE RECIT ET IMAGES THÉÂTRE DU PHARE FRANCE À la recherche de la perle rouge, entre rêve et réalité 17,18,19 novembre Théâtre Outremont THEATRE LE THÉÂTRE DE LA PIRE ESPÈCE [^QUÉBEC Avec son père l\u2019homme-vache, rien ne va plus 16,17,18 novembre Aux Écuries PREMIERE NORD-AMERICAINE PREMIERE NORD-AMERICAINE CORPS CES DEUX DANSE HIP-HOP COMPAGNIE DU SILLAGE l JACQUES FARGEAREL [^FRANCE Un duo de hip-hop enlevant 14,15 novembre Usine G THEATRE ACTA FRANCE Velasquez, le cirque et la corrida ! 23,25 novembre Usine G complexe et des «vraies affaires»: le rejet, la violence, l\u2019intimidation, l\u2019amour, le sexe, la mu-sique, la drogue.tout cela compose son riche répertoire.Sylvain Scott explique qu\u2019il voulait depuis longtemps adapter un roman québécois pour le public du Clou ; lorsqu\u2019il a lu Uocéantume de Ducharme, il a su tout de suite qu\u2019il venait de trouver ce qu\u2019il cherchait.«La matière du roman est d\u2019une richesse exceptionnelle et les personnages des deux filles sont tellement extraordinaires que cette histoire de révolte contre le monde des grands et des adultes ne peut qu\u2019intéresser un public pré-adolescent.C\u2019est un texte majeur.Une oeuvre forte qui souligne clairement le deuil de la fin de l\u2019enfance.Concrètement, pour nos jeunes spectateurs, c\u2019est une pièce qui vient illustrer le très difficile passage du monde de l\u2019école primaire à l\u2019immense fourre-tout de la polyvalente.C\u2019est un sujet préoccupant pour les enfants.Je le sais: j\u2019ai une fille de 11 ans qui arrive au secondaire.» Il y a aussi que le personnage d\u2019iode est assez «spécial»: abandonnée â elle-même, seule \u2014\tmère alcoolo, père absent, frère handicapé \u2014 avant de rencontrer Asie Azothe, elle est prête â prendre le large pour se sortir d\u2019une situation difficile.Partir et «courir le vaste monde», cela a toujours fasciné les enfants.Même si, tout au cœur de ce désir de plonger dans «le vrai monde autour», on retrouve de l\u2019angoisse, de la peur, une grande solitude aussi.Exactement le genre de thèmes que l\u2019on aime bien mettre en scène au Clou.Un immense exercice de liberté N\u2019empêche qu\u2019il a fallu passer d\u2019un roman de plus de 300 pages â un spectacle de théâtre d\u2019une heure.«C\u2019est triste, mais c\u2019était évident dès le départ qu\u2019il fallait couper dans le texte tout en respectant l\u2019histoire et la langue de Ducharme: un beau défi.Surtout la langue, qui est exigeante par les images qu\u2019elle conjugue.Mais je n\u2019ai pas fait de compromis; il fallait que les enfants entrent en contact avec une telle richesse.J\u2019ai adapté quelques mots \u2014 \u201ctaureau\u201d plutôt que \u201cgore \u201d, par exemple \u2014\tet quelques expressions pour qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019irritants inutiles, et c\u2019est tout.» Le metteur en scène, qui s\u2019est aussi chargé de la scénographie du spectacle, est entré en contact avec l\u2019éditeur puis avec le couple Ducharme.Selon Sylvain Scott, Ducharme s\u2019est dit «flatté» de voir son texte adapté pour des ados.«Il a suivi le travail tout au long et s\u2019est montré très touché par la version que nous présentons.» Scott a choisi d\u2019adapter le roman en insistant d\u2019abord sur le lien entre Iode Ssouvie et Asie Azothe qui développent une relation presque fusion-nelle ; elles sont en fait prêtes â partir ensemble pour la Terre de Eeu.«Pour moi, reprend le metteur en scène, ce fut un immense exercice de liberté, à l\u2019image de ce que raconte le texte de Ducharme; je me suis permis de suivre mon instinct.[.] Entre le moment où mon choix s\u2019est posé sur L\u2019océan-tume jusqu\u2019à la première version expérimentale avec toute l\u2019équipe, il y a eu plus d\u2019un an et demi de travail, de réunions et de discussions.Le travail en équipe s\u2019est amorcé dès le départ et nous avons développé une sorte de langage commun pour aborder ce monde touffu en avançant ensemble.Ce fut une expérience extrêmement stimulante qui a littéralement allumé tout le monde.» Vous aurez bientôt l\u2019occasion de vérifier tout cela puisque Uocéantume prend l\u2019affiche de la Maison Théâtre (www.maison-theatre.com) du 30 octobre au 11 novembre.Sachez aussi que, si jamais vous n\u2019arrivez pas vraiment â rentrer dans vos pantalons d\u2019ado, le spectacle sera également présenté devant des diffuseurs étrangers lors de l\u2019événement Eocus Québec dans le cadre du festival Coups de théâtre (www.coupsdetheatre.com).Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 E 5 CULTURE«THEATRE % U FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR ET ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Les metteurs en scène de la pièce Good People (Du bon mondé), Pierre Bernard (à gauche) et Roy Surette, s\u2019entendent pour dire que l\u2019une des forces du texte loge dans son empathie sans discrimination.Deux solitudes autour d\u2019uue même Ma^e La compagnie Jean-Duceppe et le Centaur proposent simultanément leur lecture de Good People {Du bon monde) de David Lindsay-Abaire Deux théâtres montréalais, de chaque côté de la barrière linguistique, qui programment la même pièce américaine à une semaine d\u2019intervalle : c\u2019est une coïncidence trop significative pour ne pas en tenir compte.Avec des productions au Centaur et chez Jean-Duceppe, Montréal détient la première canadienne de Good People (Du bon monde).Entretiens avec les metteurs en scène.MARIE LABRECQUE Créée en 2011, Good People serait la pièce la plus présentée en Amérique du Nord cette saison.La conjoncture économique n\u2019est sans doute pas étrangère à l\u2019engouement pour cette œuvre qui débat du choc des classes sociales, d\u2019inégalités économiques et d\u2019accession à la prospérité.«Elle a beaucoup de résonances car elle aborde le fossé entre riches et pauvres, qui s\u2019élargit, explique Roy Surette, directeur du Centaur.Apparemment, David Lindsay-Abaire était surpris de voir que sa pièce devenait de plus en plus pertinente à mesure qu\u2019il l\u2019écrivait.» Pierre Bernard, lui, est un admirateur de longue date de cet auteur, connu notamment pour Rabbit Hole.«Ses comédies sont hilarantes; il parle de plusieurs choses l\u2019air de ne pas y toucher, ce qui est pour moi une marque d\u2019intelligence.Et avec Du bon monde, il est parvenu à aborder le drame psychologique à l\u2019américaine, mais sans trop en dire, sans sortir les violons.» Il a donc proposé la pièce, que la traductrice Maryse Warda avait rapportée de New York, à la Compagnie Jean-Duceppe.Et s\u2019est retrouvé à en signer la mise en scène, la première au théâtre depuis 10 ans pour cet ancien leader du Quat\u2019Sous, qui se considère d\u2019abord comme un directeur artistique.«C\u2019est là où je suis à l\u2019aise», explique cet homme sensible, qui avoue une timidité «maladive».Ajoutez que ses mises en scène lui coûtent cher: «Je finis par vivre avec les personnages dans ma tête, je suis enfermé avec eux, je n\u2019ai plus de vie.Ça devient une obsession.» Fin de la parenthèse.L\u2019héroïne de Du bon monde est la digne mais désargentée Margaret.Mère de famille monoparentale en quête d\u2019un emploi, elle va relancer un ancien copain, devenu médecin, à sa cossue résidence.Lui a réussi, elle lutte toujours pour sa survie.Qu\u2019est-ce qui a fait la différence ?« On est en train de vivre un peu partout l\u2019effritement du rêve américain, constate Bernard.La pièce parle de ce rêve qu\u2019on a entretenu: si on appartenait au monde du travail, on était quelqu\u2019un, et on pouvait avoir accès au confort.» Et elle remet en question le fondement même de ce mythe selon lequel n\u2019importe qui peut s\u2019en sortir, pour peu qu\u2019il travaille fort.Qu\u2019est-ce qui relève de la chance, des circonstances?«Dans cette pièce, la question des choix qu\u2019on pose est fondamentale.Quelles en sont les conséquences ?Mais surtout: est-ce que, dès le départ, on a tous accès aux mêmes choix?Moi, je pense qu\u2019ils ne sont pas les mêmes pour chacun.» Lui-même issu d\u2019un petit village où son rêve «impératif» de faire du théâtre semblait hors de portée, Pierre Bernard sait l\u2019importance de recevoir des coups de pouce, de l\u2019encouragement.Le texte brasse donc des concepts d\u2019inégalité des chances et de responsabilité individuelle qui semblent au cœur de débats actuels et tombent particulièrement pile dans le contexte électoral américain.Mais cette dimension politique, intrinsèque, n\u2019occupe pas l\u2019avant-plan.Ces notions sont très incarnées, via la rencontre complexe entre des personnages représentant deux univers.Les metteurs en scène s\u2019entendent: l\u2019une des forces du texte loge dans son empathie sans discrimination.«Hune des plus belles qualités de David Lindsay-Abaire est de ne pas être manichéen.Il donne des lumières et des zones d\u2019ombre à chacun des personnages, qui sont tous du bon monde», raconte Pierre Bernard.Lui-même adore la forte Margaret, menée par son instinct de survie, qui refuse la charité et lance parfois des piques pour défendre sa fierté.«Son sens de la repartie comique est sa ASSEMBLEE GENERALE ANNUELLE 2012 DE CULTURE MONTREAL Les membres élisent 12 nouveaux administrateurs n Les membres du conseil d'administration, de gauche à droite (* : élus ou réélus cette année) : ÉricM\u2019Boua (représentant de Diversité artistique Montréal), Marie-Andrée Manseau (Commission scolaire de la Pointe-de-l'île); Ségolène Roederer (Québec Cinéma); Pierre Richard, Damian Nisenson* (Masalartes), Aiain Sauinier* (journaliste et contérencier), Simon Brauit* (École nationale de théâtre), Gaétan Morency* (Cirque du Soleil), André Lecierc (Gagné Leclerc et ass.), Nicoias Girard Deitruc* (Festival du Nouveau Cinéma), Manon Barbeau* (Wapikoni mobile), André Dudemaine* (Terres en vue), Marie-Pier Veiiieux* (Chambre de commerce du Montréal métropolitain), Denis Mercier* (représentant de l'Union des artistes), Dinu Bumbaru* (Fiéritage Montréal), Guy Rodgers (English Language Arts Network), Vincent Magnat* (Regroupement art et culture Rosemont-La-Petite-Patrie), Michei Sabourin (Club Soda), Pierre-Paui Savoie* (PPS Danse).Absentes sur la photo : Manon Gauthier (Centre Segal des arts de la scène) et Kathia St-Jean (Partenariat du Quartier des spectacles).Les membres de Culture Montréal se sont réunis le 24 octobre dernier à la Maison de la culture Maisonneuve afin d\u2019élire 12 des 21 membres qui siégeront au conseil d\u2019administration de l\u2019organisme pour un mandat de deux ans (les 9 autres membres ont été élus en 2011 ).Sur Culture Montréal Fondé en 2002, Culture Montréal est un mouvement citoyen et non partisan dont le mandat est d\u2019affirmer le rôle central des arts et de la culture dans toutes les sphères du développement de Montréal.Par le biais d\u2019activités d\u2019analyse, de communication, de recherche et de concertation.Culture Montréal contribue à édifier l\u2019avenir de Montréal, métropole culturelle.L\u2019organisation bénéficie du soutien de ses membres, du ministère de la Culture et des Communications du Québec, de la Ville de Montréal, de la Conférence régionale des élus de Montréal, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Cirque du Soleil.VIsItez-nous et devenez membre en ligne au www.culturemontreal.ca a.Les comédies [de David Lindsay-Abaire] sont hilarantes; il parle de plusieurs choses Vair de ne pas y toucher, ce qui est pour moi une marque d\u2019intelligence )) Pierre Bernard seule façon de garder la tête haute.C\u2019est une battante.» Un beau rôle \u2014 créé sur Broadway par Frances McDormand \u2014 et une occasion d\u2019offrir la vedette à Josée Deschênes.Le metteur en scène a aussi donné un contre-emploi audacieux à Andrée Lachapelle.Histoire d\u2019aller au-delà de l\u2019évidence.«Se fier seulement sur la nature d\u2019un acteur, ça m\u2019intéresse moins.J\u2019aime voir un interprète travailler pour aborder ce qui n\u2019est pas dans son tempérament de base», souligne cet amoureux de théâtralité.Au Centaur, Johanna Nutter s\u2019est au contraire imposée pour le rôle-titre grâce à son mélange «de caractère et de charme».Et aussi parce que l\u2019excellente interprète du solo autobiographique Mon frère est enceinte comprend fort bien ce que grandir dans un contexte difficile signifie.Bienvenue à Southie Good People est très ancré à Southie, un quartier ouvrier assez dur de Boston où l\u2019auteur a grandi.«Enfant, il a eu une bourse pour aller à l\u2019école privée; alors, il avait un pied dans deux mondes très différents», raconte Roy Surette.Une dualité reflétée dans la pièce.Le directeur et, surtout, son actrice principale ont passé un peu de temps dans le secteur, nouant des liens avec la population, ces «Ir-lando-Américains fiers».Ils ont découvert un lieu avec une saveur particulière, qu\u2019ils tentent de capturer sur scène.«Dans l\u2019ensemble, c\u2019est une pièce plutôt naturaliste.Et même si elle traite de thèmes universels, elle a une spécificité.Sans nécessairement la reproduire, on essaie de comprendre la sensibilité d\u2019origine.Nous travaillons avec un coach linguistique afin de rendre les accents correctement.Et le séjour à Southie a influencé notre scénographie.» Pourtant, même si la pièce est conservée à Boston dans les deux productions, le public montréalais ne risque guère d\u2019être dépaysé devant ce portrait de femmes de la classe populaire qui misent sur le bingo dans l\u2019espoir d\u2019améliorer leur ordinaire.«C\u2019est pourquoi moi, je ne les aborde pas précisément comme des gens de Boston, précise Pierre Bernard.Michel Tremblay les a beaucoup mises en lumière, ces femmes-là.Il y a une parenté.Et je crois qu\u2019il y en a partout en Occident, maintenant, des Maggie.» Collaboratrice Le Devoir DU BON MONDE Du 31 octobre au 8 décembre Au Théâtre Jean-Duceppe GOOD PEOPLE Au Centaur Du 6 novembre au 9 décembre OC O CJ LJ U ^N^C^UVEAU ]Xl01SrE>E 7 REPRÉSENTATIONS EXCEPTIONNELLES! DÈS LE 30 OCTOBRE TNM.QC.CA 514.866.8668 PATRICE CHEREAU CO PIERRE GUYOTAT THIERRY THIEUNIANG LES VISITEURS DU SOIR REALISE AVEC LE SERVICE DE COOPERATION ET D ACTION CULTURELLE DU CONSULAT GENERAL DE FRANCE A QUEBEC.RENCONTRES AVEC PATRICE CHEREAU A EXCENTRIS ^ LE CINÉMA DE PATRICE CHÉREAU du 25 au 28 octobre ^PROJECTION DE GABRÊELLEEU PRÉSENCE DU CINÉASTE dimanche 28 octobre à 18h cinemaexcentris.com EN DIRECT DU TNM ^ CATHERINE PERRIN RENCONTRE PATRICE CHÉREAU ET LANCE LES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR LA CULTURE : À QUOI ÇA SERT LES ARTISTES?wr mercredi 31 octobre dès 9 h 4||.95,1 PREMIÈRE CHAÎNE SUR LA SCENE DU TNM ^LORRAINE PINTAL S\u2019ENTRETIENT AVEC PATRICE CHÉREAU jeudi 1®' novembre à 11 h30 / entrée libre Il est tombé tout petit dans la marmite aux pas de bourrés, pirouettes et tours en l\u2019air, en suivant les cours à l\u2019école de danse de ses parents, au Lac-Saint-Jean.Et maintenant, à 30 ans, il est premier danseur au Ballet national de Toronto, reconnu pour son interprétation du Lac des cygnes et des pièces de James Kudelka.Il est des quelques Québécois, trop rares, à se trouver actuellement au rang de premier danseur au sein des grandes compagnies de ballet.Entretien avec Guillaume Côté.ALEKSANDAR ALTONI JEVIC A 15 ans, Guillaume Côté est apprenti au New York City Ballet.A 16, il entrait au corps de ballet du Ballet national.Il s\u2019imagine encore danser jusqu\u2019à la quarantaine.CATHERINE LALONDE C% est alors qu\u2019il X enseignait à l\u2019Ecole supérieure de ballet du Québec, à la fin de l\u2019été, que Le Devoir a enfin attrapé Guillaume Côté.D\u2019avoir ces jeunes devant lui le troublait alors, lui qui a quitté la maison si jeune, à neuf ans, pour aller apprendre le ballet, intensément, à Toronto, en anglais.Peut-on vraiment parler, à cet âge, d\u2019une passion de la danse?«Je crois que non.Tu le fais parce que tu Vas toujours fait.Ce n'est pas avant 14 ans que j\u2019ai vu que je voulais vraiment poursuivre la danse, parce que c\u2019est physique, athlétique.C\u2019est en voyant White Nights [film de Taylor Hack-ford, avec Mikhaïl Baryshnikov], avec la chorégraphie de Roland Petit, que j\u2019ai vraiment décidé que je voulais être danseur.Comme musicien, ton instrument \u2014 piano ou violon \u2014 est devant toi.En danse, il faut être patient, car ton instrument, c\u2019est ton corps: il faut que tu attendes de grandir, que tu fasses tes gammes pendant des années.Pendant quatre ans, je n\u2019ai rien fait d\u2019autre que de la musculation, des tendus, des pliés, des pirouettes et des doubles tours, à un âge où tu veux vraiment qu\u2019il se passe autre chose.Mais quand ça débloque, tout d\u2019un coup, à 14 ans.t\u2019es capable de tout faire, et tu réalises que tes cinq dernières années étaient unjnvestissement.» A 15 ans, Guillaume Côté est apprenti au New York City Ballet.A 16, il entre au corps de ballet du Ballet national.Après seulement un an, le directeur et renommé chorégraphe James Kudelka le fait passer, déjà, deuxième soliste.«Il m\u2019a dit que je devais travailler plus fort.La deuxième année, James a créé un ballet pour moi: The Contract.Je me souviens d\u2019avoir travaillé tellement, tellement fort, que c\u2019était impossible d\u2019avoir la grosse tête.Même en y repensant aujourd hui, ça n\u2019avait pas d\u2019allure, comme rythme.» Guillaume Côté développe alors cette force de travail exceptionnelle.Il est capable encore de passer douze heures en studio.«J\u2019ai plus d\u2019énergie que de contrôle.Des fois, j\u2019en mets trop, j\u2019essaye trop fort, je tente trop déplaire, dit-il, de son allant tout direct, sans jeu de modestie ni de prétention.Peut-être que parfois je vais oublier que le classique, c\u2019est d\u2019abord esthétique, et que je laisse l\u2019émotion s\u2019emparer de moi et que je déforme un peu ce que fai répété en studio pendant des heures.» Que sent-il quand il danse?«Je sens l\u2019oubli.C\u2019est spécial.Danser, c\u2019est penser très peu, dans le fond, une correction, une seule affaire à la fois.Être très patient.» Le soucis du détail Il s\u2019imagine encore danser jusqu\u2019à la quarantaine.Après vin^ ans en ballet, qu\u2019est-ce qui a le plus changé pour lui?«Ça fait 15 ans que je fais Le lac des cygnes partout dans le monde, dans le même costume avec les collants blancs.Une attention aux détails finit par embarquer.Quand tu réalises que ce n\u2019est pas ce que tu fais, mais la façon dont tu le fais qui importe.Plus je vieillis, plus je me mets à regarder la manière dont un danseur touche sa partenaire, dont il parle avec son corps quand il ne danse pas.Avec le ballet, c\u2019est impossible d\u2019être parfait, mais cette obsession de vouloir l\u2019être est belle.Plus tu vieillis, plus t\u2019as de la difficulté, parce que plus t\u2019en sais.Ça change complètement le focus.Par contre, t\u2019es de plus en plus nerveux avant les spectacles.» Lui qui admire comme danseurs Nicolas Leriche, Manuel Legris et Crystal Pite aimerait bien, à l\u2019avenir, repasser par Les quatre saisons de Kudelka et faire Chroma, de Wayne McGregor.Et, grand fantasme.Le jeune homme et la mort, de Roland Petit, onéreux ballet pour deux seuls danseurs.Et qu\u2019éviterait-il?Il hésite, tout sourire, à donner une réponse qu\u2019on sent venue spontanément.«Don Quichotte n\u2019est pas mon préféré, mettons.La technique, ça va.Mais le côté Spanish and sexy and hot, genre Antonio Banderas viril, je l\u2019ai peut-être moins que le côté jeune premier élégant.» Pourquoi n\u2019y a-t-il pas plus de premiers danseurs venant du Québec, selon lui?«Ily a beaucoup de Québécois qui atteignent le plus haut niveau possible, mais en création.On dirait qu\u2019au Québec, les artistes comprennent vite qu\u2019il faut mettre le temps en création plutôt qu\u2019en interprétation.Mais le talent est là.» Où se voit-il plus tard ?Il ne le dira pas, mais aimerait se faire coach, ou directeur de compagnie.Il rêverait de «plus de relations entre les Grands Ballets canadiens et le Ballet national.Des échanges de danseurs, même: ceux de Montréal pourraient faire Wayne McGregor, ou des classiques, alors que ceux du National pourraient venir danser Kylian ».D\u2019ici là, Guillaume Côté poursuit aussi ses débuts chorégraphiques, salués déjà de quelques prix.Il continue à jouer de la musique, du piano, signant parfois les partitions de ses danses.Et on pourra le voir, si on fait le détour par Toronto, au Ballet national, dans la reprise A Alice in Wonderland, où il interprétera le Valet de cœur du 10 au 25 novembre.Le Devoir TOUT CE QUI TOMBE /\t17 TEXTE VÉRONIQUE CÔTÉ MISE EN SCÈNE FRÉDÉRIC DUBOIS 2Q OCTOBRE AU NOVEMBRE 2012 UNE COPRODUCTION DU THÉÂTRE DU TRIDENT ET DU THÉÂTRE DES FONDS DE TIROIRS EN CODIFFUSION AVEC LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI 3900 RUE SAINT-DENIS, MONTREAL INFORMATIONS ET RESERVATIONS/ 514-282-3900 THEATREDAUJOURDHUI QC CA ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE/ADÈLE SAINT-AMAND DÉCORS / MARIE-RENEE BOURGET HARVEY MUSIQUE ORIGINALE / PASCAL ROBITAILLE COSTUMES/YASMINAGIGUERE ÉCLAIRAGES/ CAROLINE ROSS VIDEO/LIONEL ARNOULD DISTRIBUTION/ CATHERINE-AMÉLIE CÔTÉ JULIANNA HERZBERG BENOIT MAUFFETTE OLIVIER NORMAND STEVE GAGNON MARIE-HELENE GENDREAU EDITH PATENAUDE THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 E 7 CULTURE.DANSE Esprit de meute Avec Political Mother^ Hofesh Shechter promet un autre électrochoc de danse et de musique FREDERIQUE DOYON Le plus rockeur des chorégraphes revient décaper les planches montréalaises.Hofesh Shechter, Israélien basé à Londres, s\u2019amène avec sa première œuvre intégrale.Political Mother, pour dix danseurs et sept musiciens.En 2009, Danse Danse révélait ce jeune talent au public québécois en présentant le doublé Uprising et In Your Room.Un moment de grâce en forme d\u2019électrochoc.Il s\u2019agissait de ses troisièmes créations à vie, déjà propulsées sur les grandes scènes du monde.« [Political Mother] est beaucoup plus complexe à maints égards, elle aborde plusieurs sujets et couches de sens et amène différents mondes et diverses réalités sur scène, explique-t-il au bout du fil, d\u2019une voix douce qui contraste avec son œuvre vigoureuse.Le jeu se fait à travers le montage de ces mondes» qui s\u2019entrechoquent.Pour l\u2019artiste, la danse est une affaire d\u2019énergie et d\u2019ex-trémes: de la pénombre à la surexposition lumineuse, des harmonies lancinantes aux décharges sonores, de la danse libératrice à l\u2019aliénation de la meute.Furieuse et incarnée, celle-ci alterne solos/duos et tableaux d\u2019ensemble, en les braquant.Et elle s\u2019accompagne toujours d\u2019une musique tonique, voire tonitruante, entre rock sale et harmonies moyen-orientales, qu\u2019il compose lui-méme, en dialogue avec les musiciens qui l\u2019interpréteront en direct sur scène.«Ce n\u2019est pas une pièce philosophique, prévient-il, c\u2019est de la danse, alors ça revient toujours à l\u2019énergie \u2014 et d\u2019abord celle des danseurs qui évoquent un groupe d\u2019adeptes enthousiastes ou de suiveurs soumis à des diktats opprimants.» Des enjeux de pouvoir et d\u2019émulation qu\u2019on retrouve tant dans l\u2019arène politique que dans la cellule familiale, d\u2019où le titre de la pièce.Political Mother carbure à l\u2019ambiguïté des sentiments d\u2019amour/haine, d\u2019empathie/ domination.«Ce qui est intéressant, c\u2019est d\u2019expérimenter les différences et les liens émotijs, et d\u2019explorer le matériel gestuel, sonore et musical en rapport avec tout ça.» Au-delà des mots Shechter s\u2019intéresse d\u2019abord à ce qu\u2019on peut apprendre hu- GAEBIELE ZUCCA Si quelques fragments de texte traversent Political Mother, Hofesh Shechter s\u2019en sert « comme un écho > La pièce parle de «destruction pour nous aider à nous concentrer sur les corps» mainement du langage brut de la danse, de la musique et de la performance scénique.Comment faire autrement quand les tensions à l\u2019œuvre dans le monde ne suivent elles-mêmes aucune logique ?Quand on lui demande s\u2019il y a plus de rage que de tendresse dans son travail, il formule le souhait que les deux s\u2019équilibrent.Le «chaos massif» de sa pièce reste encore bien celui d\u2019une ville écrasée sous les tirs des AK-47.La pièce parle de «destruction pour nous aider à nous concentrer sur les corps».Son œuvre n\u2019a pourtant rien à voir avec la guerre, hormis peut-être les émotions radicales qu\u2019elle brasse et qui tiraillent les humains.Mais Israël demeure après tout sa terre natale, cœur d\u2019un déchirement géopolitique insonda- ble.Il a aussi été formé à la Batsheva Dance Company d\u2019Ohad Naharin, dont il se réclame encore aujourd\u2019hui.Sa danse en porte la marque, avec une influence marquée de Wim Vandekey-bus (qu\u2019il a côtoyé au sein de la Batsheva) : physiquement puissante, tragique dans l\u2019exultation, émanant d\u2019un propos sociopolitique sous-jacent, latent, qui ne se manifeste jamais de manière logique ou littérale.Si quelques fragments de texte traversent Political Mother, il s\u2019en sert «comme un écho».Hofesh Shechter a connu une ascension rapide.Formé en danse et en musique en Israël, il arrive à Londres en 2002, après un séjour à Paris.Il crée le duo Fragments en 2004 au théâtre The Place, dont il devient l\u2019artiste associé.Le succès est immédiat, la tournée s\u2019ensuit.Il créera ensuite Cuit, suivi des deux pièces vues à ici en 2009.Le revoici, une poignée de chorégraphies \u2014 et plusieurs tournées \u2014 plus tard.Prêts pour un autre électrochoc ?Le Devoir POLITICAL MOTHER Du 1\" au 3 novembre au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.lY Voir aussi > Un extrait ^ vidéo de Poiiticai Mother d\u2019Hofesh Shechter.ledevoir.com/culture/danse Née.d\u2019une boucle de batterie Qu\u2019est-ce qui vient en premier, la chorégraphie ou la musique ?Hofesh Shechter, rompu à la danse comme aux percussions, pourrait bien répondre les deux.«Im musique définit beaucoup l\u2019énergie et la structure de la pièce, elle est toujours très liée à la chorégraphie», explique-t-il en insistant sur le fait que les musiciens, dans sa pièce Political Mother, font partie des «personnages» sur scène et contribuent au processus de provocation émotive qui s\u2019y joue.Dans l\u2019avant-propos du dos- sier de presse, signé de sa main, il raconte méticuleusement son processus de création, allers-retours entre les deux arts.Et souligne sa «passion pour les basses fréquences».L\u2019œuvre est née d\u2019une boucle de batterie initiale \u2014 très librement inspirée d\u2019un groove de Peter Gabriel \u2014 aussi obsédante qu\u2019inexorable.Amplifiée de chants aux sonorités égyptiennes, puis de cordes.Le tout finalement interprété par un bassiste, cinq batteurs-guitaristes et un percussionniste.CONSERVATOIRE d\u2019art dramatique de Montréal LES FINISSANTS DU CONSERVATOIRE ENTRENT EN SCENE LES ENFANTS! RÉVEILLEZ VOS PARENTS DIMANCHE! DE DENNIS KELLY / CHATROOM D\u2019ENDA WALSH «Grâce à sa direction d\u2019acteur ultra précise et à son talent évident pour décloisonner la réflexion et la création.Olivier Choiniére réussit.un véritable tour de force.» Samuel Lanochelle, patwhite.com « La nouvelle proposition d\u2019Olivier Choiniére est audacieuse.» Jean Siag, La Presse TRADUCTION: FANNY BRITT / TRADUCTION : ETI ENNE LEPAGE EN SCÈNE: SYLVAIN BÉLANGE R DU 26 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE 20 1 2 THÉÂTRE ROUGE, 4750, AVENUE HENRI-JULIEN/ WWW.CONSERVATOIRE.GOUV.QC.CA NOM DE DOMAINE 16 octobre au 10 novembre 2012 Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous Texte et mise en scène Olivier Choiniére Avec Aurélia Arandi-Longpré ou Alexandra Sicard, Stéphane Jacques, Dominique Leduc et Jean-François Pronovost Concepteurs Jean Bard, Florence Cornet, Bien Ewing, Eric Forget, Jean Gaudreau, Martin Sirois BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM Québec h 9b Cormildeivts Caw duCanada forthi M LEDEVOIR SAISOM zon \u2022 Z013 BILLETS: 10$, 5$ ÉTUDIANTS/ BILLETTERIE DU CONSERVATOIRE OU SUR ADMISSION / AU AU PAYS D'ALICE CONTE ET MUSIQUE UN ÉTRANGE ÉTRANGER ET ALICE SANS MALICE 11 NOVEMBRE 11H ANNABELLE SUIT SA VOIX SONS ET BRIOCHES\u201d LA PLUS GRANDE CHANTEUSE DU MONDE ENTIER !!! Conservatoire de musique et d'art dramatique Québec« DES 10 H 20 : ACCUEIL DES SPECTATEURS.BRIOCHES.CAFÉS ET JUS SERONT SERVIS AVANT LA REPRÉSENTATION.Iaplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Présenté gréce à l'appui financier de la Fondation de la Place des Arts. E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 CULTURE'MEDIAS Rene Levesqne et la politique du spectacle Le communicateur est passé de journaliste à politicien critique des médias STEPHANE BAILLARGEON Décembre 1980.Le premier référendum perdu, le premier ministre souverainiste René Lévesque se pointe au congrès de la Fédération des journalistes du Québec pour reprocher à ces derniers de ne pas avoir «saisi la chance historique d\u2019être du côté du vrai changement», comme le résumera plus tard sa directrice de cabinet.L\u2019ancien journaliste émérite, devenu chef politique hors norme, vient régler ses comptes avec ses anciens collègues.«Il nous avait presque fait une crise en nous accusant, nous les journalistes, d\u2019être responsables de la défaite référendaire, à cause de notre cynisme, se rappelle Jean-François Lé-pine de Radio-Canada, en entrevue au Devoir.Ça avait été une soirée très difficile.Comme fêtais président de la Fédération, fêtais assis à côté de lui, et je voyais à quel point il était tendu et un peu amer.Lui, journaliste, avait trouvé que les journalistes l\u2019avaient traité très durement.Je pense que ce n\u2019était pas vrai, au contraire.On a traité Lévesque comme tout le monde.Les politiciens, quels qu\u2019ils soient, sont toujours critiques de leur couverture médiatique.» Le parcours atypique de ce journaliste politicien signale quelque chose d\u2019assez unique.Sa carrière exceptionnelle de Le parcours journalistique de René Lévesque 1941-1944 : reporter radio.1944-1945 : agent de liaison et correspondant de guerre pour l\u2019armée américaine.1945-1955 : metteur en ondes, présentateur, chef de reportage et correspondant de guerre pour la radio de Radio-Canada.1956-1959 : animateur de Point de mire à la télévision de RC.1959 : participant de la grève des réalisateurs de RC.24 avril 1960 : démission de RC et élection dans Montréal-Laurier sous la bannière libérale.1966-1976 : rédaction de nombreuses chroniques dans différents journaux (Le Journal de Montréal, Dimanche matin.Le Jour.).JACQUES NADEAU LE DEVOIR La carrière de René Lévesque, communicateur surdoué a été décortiquée iors d\u2019un coiioque dont ies actes viennent de paraître sous ie titre René Lévesqtie.Homme de la parole et de l\u2019écrit.communicateur surdoué a été décortiquée lors d\u2019un colloque dont les actes viennent de paraître sous le titre René Lévesque.Homme de la parole et de l\u2019écrit (VLB), sous la direction d\u2019Alexandre Stefanescu et Eric Bédard.«Il serait erroné de considérer qu\u2019il y aurait eu deux Lévesque, l\u2019un journaliste, l\u2019autre politicien, écrivent les chercheurs dans leur présentation.L\u2019un curieux de traquer les informations et de synthétiser les grandes questions de l\u2019heure dans le but de les transmettre à un public avide de connaître; l\u2019autre, désireux d\u2019élaborer et de proposer au Québec un programme de gouvernement et de pays.Ce qu\u2019il y a de commun ente ces deux Lévesque, n\u2019est-ce pas la conscience de la nécessité impérieuse de décrypter par les mots un monde en train de se faire et d\u2019en éclairer la marche ?» L\u2019unité ne se fait-elle pas aussi dans un rapport complexe à la spectacularisation du politique?Dire que la politique se transforme sous le regard des médias semble banal.Rappeler que la médiatisation spectaculaire devient une des règles fondamentales du jeu démocratique postmoderne présente 0 KSIUSnces de NICOLAS CANTIN GRAND SINGE 30, 3i oci, i nov BELLE MANIÈRE 2, 3, 6 nov MYGALE 8, g, lo nov LA TRILOGIE il nov « On prend plaisir à se perdre dans cet univers étrange et dépouillé.[.] C'est un théâtre du presque rien, très fin, intelligemment mené et joué.Une découverte.» - Le Devoir tient de l\u2019évidence.Affirmer que René Lévesque concentre lui-même l\u2019intrication congénitale de la politique et de la communication, c\u2019est finalement plus audacieux.L\u2019historien Jocelyn Saint-Pierre ose s\u2019aventurer un peu sur ce terrain analytique.«Au Québec, la spectacularisation aussi a commencé avec le développement de la télévision, avec le premier débat des chefs Lesage-Johnson télédiffusé en 1962, par exemple, propose en entrevue celui qui a participé au colloque du 4 novembre 2011.René Lévesque a contribué à cette mise en spectacle du politique, d\u2019une certaine façon.En tout cas, il a beaucoup profité de son statut de journaliste-vedette.D\u2019anciens journalistes m\u2019ont par exemple dit qu\u2019on voyait bien qu\u2019il était une ancienne vedette de la télé.» Docteur en histoire, Jocelyn Saint-Pierre a consacré toute sa vie professionnelle à l\u2019histoire parlementaire et en particulier à celle de la presse parlementaire.On lui doit la reconstitution des débats d\u2019avant 1963 à l\u2019aide des articles écrits pendant les décennies précédentes et la structuration des archives de l\u2019Assemblée nationale.11 travaille maintenant au deuxième tome d\u2019une monumentale Histoire de la tribune de la presse de Québec, qui couvrira les années 1960 à 2011, période dominée par René Lévesque.11 a évidemment réussi à rester le même d\u2019un bout à l\u2019autre de cette fructueuse existence.La plupart, sinon toutes les personnalités interviewées aujourd\u2019hui dans le dossier spécial publié à l\u2019occasion du 25® anniversaire de sa disparition soulignent l\u2019indéniable authenticité de l\u2019homme, tout d\u2019un bloc, imperméable aux faiseurs d\u2019images qui dominent maintenant la politique-spectacle.Là encore, M.Saint-Pierre ne voit pas de contradiction dans l\u2019idée qu\u2019il incarne une complexe fusion entre l\u2019un et l\u2019autre monde.«Jean Lesage sera préparé pour le débat de 1962, dit-il.Robert Bourassa est en partie une création pour les médias.M.Lévesque, jamais personne ne l\u2019a formaté parce qu\u2019il était dans les médias comme un poisson dans l\u2019eau.Ce n\u2019est pas une création artificielle, mais une immense vedette des médias et du journalisme.Evidemment, quand on regarde Point de mire aujourd\u2019hui, c\u2019est insupportable, mais à l\u2019époque, c\u2019était formidable et inédit.C\u2019était un homme des médias et il savait très bien comment s\u2019en servir.» Le mariage parfait a donc éclaté au moment du référendum et par la suite.«Je pense aussi que, si sa vie politique avait été plus agréable, René Lévesque n\u2019aurait pas été aussi cynique face aux journalistes, dit encore Jean-François Lé-pine.Plus tard, Lucien Bouchard, que j\u2019ai aussi bien connu, a confié qu\u2019il avait compris pourquoi René Lévesque était devenu presque malade à la tête de ce parti qui épuise ses chefs.» M.Saint-Pierre parle aussi d\u2019une «fin de règne très difficile».11 tient cependant à contextualiser le problème en l\u2019insérant dans la longue trame des rapports entre les deux mondes.«A la Tribune, on est vraiment passé d\u2019un journalisme d\u2019analyse et de recherche dominé par l\u2019écrit à un journalisme du commentaire et de l\u2019anecdote, dit l\u2019historien.Jusqu\u2019aux années 1970, les journalistes s\u2019effacent devant les acteurs.Depuis, ils se placent au centre de la nouvelle qu\u2019ils rapportent en la commentant.Il y a des exceptions, bien sûr, et je ne lance pas la pierre aux membres de la Tribune, qui sont souvent malheureux de cette situation nouvelle qui les oblige à intervenir en temps réel.En gros, l\u2019information devient accessoire par rapport à la communication.Je crois que M.Lévesque avait vu venir ce mouvement.Ça montre encore son extraordinaire perspicacité.Je crois que c\u2019est le sens profond de son iriter-vention de décembre 1980 au congrès de la FPJQ, devant ses anciens collègues.» Le Devoir SAISOM EoiE \u2022 E013/ 28 OCTOBRE UH.m LES POURQUOI BENOÎT ARCHAMBAULT PARTENAIRE PRIVILEGIE OUBBBran\tBILLETTERIE 514 521-4493/USINE-C.COM\tVOX Québec\t1*1 Sïïsr gsS\"\t^VIDÉOTRON CHANTE ET RACONTE.SYMPA, DRÔLE ET CABOTIN! MUSIQUE FESTIVAL DU MONDE ARABE Les chuchotements de la Perse profonde Hamid Motebassem dirige la chanteuse Sepideh Raissadat dms Zemzemeh ha YVES BERNARD Sepideh Raissadat, jeune chanteuse lumineuse de musique savante persane, livrera dimanche soir à la salle Pierre-Mercure ses délicates ondulations vocales au son de l\u2019Ensemble Mezrab, un groupe de musiciens de Factuelle génération sous la direction d\u2019Hamid Motebassem, l\u2019un des plus importants compositeurs et instrumentistes iraniens contemporains.Pour les musiciens de Mezrab, il a conçu le spectacle Zemzemeh ha, qui signifie «chuchotements».Virtuose du tar et du sétar, Motebassem a aussi fondé l\u2019Ensemble Dastan, le plus reconnu des groupes persans sur la scène internationale.«Mezrob est conçu autour de quatre instruments à plectre et une percussion, relate-t-il.Comparativement à Dastan, l\u2019ensemble est composé de musiciens plus jeunes et sa formule est moins traditionnelle.Si Dastan est très mature, Mezrab offre d\u2019autres possibilités à cause de l\u2019énergie de ses participants.» A la base de la musique des deux ensembles, des ornements subtils, des emportées rythmiques et beaucoup de finesse dans le radif, le système qui permet de déterminer le mode à partir duquel les musiciens improvisent fréquemment.Le radif est à la musique persane ce que le raga est à la musique indienne, et dans ce type de répertoire la poésie occupe souvent une place prépondérante.Cela sera le cas dimanche soir, alors que l\u2019Ensemble interprétera des poèmes d\u2019Akhavan Sales et de Mohammad Reza Shafi Kadkani, l\u2019un des plus importants écrivains iraniens ac- tuels et auteur de Zemzemeh ha-Chuchotemepts, le poème titre du concert.A l\u2019instar des poètes soufis médiévaux tels Rûmi ou Hâfez, l\u2019œuvre peut évoquer l\u2019amour du mystique ou l\u2019amour charnel.«C\u2019est la personne qui écoute qui fait son interprétation du poème.Ici, je pense que l\u2019histoire du poème est celle d\u2019une relation amoureuse avec une personne qui a existé et j\u2019ai composé la musique en conséquence, mais un autre compositeur pourrait l\u2019interpréter autrement», explique Hamid Motebassem.Sa sœur Tahereh Motebassem, présente à l\u2019entrevue, tenait à livrer sa perception du spectacle: « Sepideh Raissadat parvient à dire en chantant ce qu\u2019Hamid veut exprimer en musique.Dans ce sens, c\u2019est une révolution de la musique iranienne.En écoutant la voix, on parvient à comprendre ce que sont le soleil, les reflets de la mer et le sentiment de l\u2019amour que révèlent les poèmes.» Sepideh Raissadat fut la première femme à se produire en solo en Irqn après la révolution de 1979.A l\u2019époque, cela n\u2019était pas permis: «fêtais jeune et non consciente de la portée politique de mon geste.En Iran, tout est permis sans être permis.» Aujourd\u2019hui installée à Toronto, Sepideh Raissadat a appris son art de Pansa, Parviz Meshkatian et Mohammad Reza Lotfi, des maîtres accomplis du radif.Elle en offrira les chuchotements sensibles et la grandeur éthérée.Collaborateur Le Devoir ZEMZEMEH HA A la salle Pierre-Mercure, dimanche 28 octobre à 20 h.FESTIVAL DU MONDE ARABE L\u2019un des plus importants compositeurs et insti-umentistes iraniens contemporains, Hamid Motebassem, a conçu le spectacle Zemzemeh ha, qui signifie «chuchotements».novembre 2012 A SAMUEL BECKETT © Les éditions de Minuit « Ce Premier Amour, sobre et fin, représente un joli hommage à Beckett et à ses obsessions, mais aussi un plaidoyer pour un théâtre qui consisterait à ouvrir une brèche et à écouter, pour un temps, les voix provenant des profondeurs.» Alexandre Cadieux Le Devoir, 11 novembre 2010 avec Roch AUBERT sous la direction de Jean-Marie PAPAPIETRO Une production du Théâtre de Fortune en codiffusion avec le Théâtre Denise-Pelletier laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Présenté grâcn à l\u2019appui financier de la Fondation de la Place des Arts.DENISE-PELLETIER A la Salle Fred-Barry www.denise-pelletier.qc.ca // www.theatredefortune.com Diiiettene 514 253-8974 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 E 9 CULTURE>MÜS10,1IE CLASSIQUE Dix compositeurs pour élargir son répertoire musical Notre critique, Christophe Huss, propose cette semaine une sélection de disques compacts dans divers styles et diverses époques musicales J) Écouter aussi > Dix extraits sonores pour dix albums choisis sur ledevoir.com/culture/musique.Johann Georg Reutter AricftSinfonie 1 I Olivia vermeuler Nuûvû Aspettü REUTTER: ARIE ET SINEONIE Olivia Vermeulen (mezzo), Nuovo /ispetto.Accent ACC 24275 (SRI) Andreas Hammerschmidt Machet die Tore weit ¦ Gli Scaiiattlsti - Jochen Arnold HAMMERSCHMIDT: MACHET DIE TORE WEIT.Gli Scarlattisti, Jochen Arnold.Carus 93.375 (Naxos) FRANÇOIS DEVIENNE Six Trios op.17 Premier enregistrement I DEVIENNE: SIX TRIOS OP.17 POUR BASSON, VIOLON ETVOLONCELLE Mathieu Lussier, Pascale Gi-guère.Benoit Loiselle.Atma ACD 2583 Ainsi s\u2019achève, par d\u2019autres premières mondiales, l\u2019admirable travail de Mathieu Lussier sur la musique de François Devienne (1759-1803), le bassoniste du Concert spirituel.à la musique toute spirituelle.Disque d\u2019agrément parfait à la gloire de ce petit Mozart français.WALLACE: CHOPINESQUE Rosemary Tuck (piano).Naxos 8.572 776 WTIIum VincL'nt WALLACE Chopinesque Le/eph^ WiHidljncl Murmurs Le C'haiil des Oisi-yux Rosemary l^ck Piano Tait Chamber Orchestra Richard Bonynge Johann Georg Reutter (1708-1772), dont je n\u2019avais jamais entendu parler, est un Viennois.Il fit à Venise, en 1730, un séjour qui ne passe pas inaperçu dans sa musique.Splendidement défendu par Nuovo Aspetto, Reutter charme notamment par l\u2019utilisation du psaltérion qui, par sa proximité avec le Hackbrett, donne une tonalité très autrichienne et populaire à ce disque vivifiant.La musique chorale sacrée d\u2019Andréas Hammerschmidt (1611-1675) intéressera ceux qui explorent la musique vocale avant Jean-Sébastien Bach.On parle de Schütz, de Schein et de Rosen-müller, dont un dense Magnificat conclut le disque.La surprise principale, ici, est néanmoins que l\u2019aura des œuvres de Hammerschmidt approche de près celle des œuvres de Heinrich Schütz! Vous aimez les valses de Chopin, le piano romantique d\u2019agrément et avez déjà découvert le compositeur brésilien Ernesto Nazareth pour vous nourrir de danses diverses.Voici pour vous un contemporain de Chopin, William Vincent Wallace (1812-1865), composant du simili Chopin à s\u2019y méprendre (ou presque).Petit bémol sur le réglage du piano, mais musique charmante.OFFENBACH Un mari à la porte A Husband at the Door Anaïk Morel Gabrielle Philiponet Stéphane Malbec-Garcia Marc Canturri Vasily Petrenko Royal Liverpool Philharmonic Orchestra OEEENBACH: UN MARI A LA PORTE.EABLES DE LA EONTAINE Vasily Petrenko.Liverpool Philharmonic LPO RFC 0021 (Naxos) GERNSHEIM: LES SONATES POUR VIOLON ET PIANO Stefan et Andreas Kirpal.2 CD Brilliant 94403.George W Chadwick CHADWICK: ADONAIS, CLEOPATRA, PASTORAL PRELUDE, SINEONIETTA.BBC Concret Orchestra, Keith Lockhart.Dutton CDLK 7293 (HM).Offenbach (1819-1880) à découvrir?Oui, parce que nombre de ses œuvres sont méconnues, telle cette plaisante opérette en un acte.Un mari à la porte, bien défendue par de jeunes chanteurs francophones et un chef d\u2019élite.Ce sont pourtant les 25 minutes de complément qui piquent le plus la curiosité : six fables de La Fontaine transformées en mélodies avec piano.Anecdotique, seulement, mais titillant.Parution, mardi 30 octobre.Nous vous avons déjà parlé ici de la musique de chambre de Friedrich Gernsheim (1839-1916), et ce premier enregistrement mondial de ses quatre Sonates pour violon et piano montre qu\u2019il est un épigone de Brahms de très haut vol.On peut espérer que des interprètes de plus grande envergure reprennent le flambeau pour défendre cette passionnante musique.Le nom de George W.Chadwick (1854-1931) avait fait surface lorsque Howard Hanson enregistra les Esquisses symphoniques clans un disque Mercury arborant une tète de Bozo le clown.A part la Sinfonietta de 1904, nous avons ici trois inédits de ce compositeur de la Nouvelle-Angleterre au généreux romantisme qui donne l\u2019impression de digérer à sa manière le XIX® siècle allemand.Plaisant et bien troussé.ALFREDO CASELLA Concerto for Orchestra, 0p.6l Pagine di Guerra, 0p.25bis \u2022 Suite, Op, 13 Orchestra Sinfonica di Rama Irancesco L^Vecchia CASELLA: CONCERTO POUR ORCHESTRE, PAGES DE GUERRE, SUITE OPUS 13 Orchestre symphonique de Rome, Francesco La Vecchia.Naxos 8.573004.BENEDIKT KOEHLEN WJ LOURIE: PIECES POUR PIANO ET ARRANGEMENTS Benedikt Koehlen.Telos CD TLS 134 (Naxos).SOUNDS OF NORTH TWO CENTURIES OF CANADIAN PIANO MUSIC SONS DU NORD: DEUX SIÈCLfS DE MUSIQUE CANADIENNE POUR PIANO DEUX SIECLES DE MUSIQUE CANADIENNE POUR PIANO Gala 4 CD 108.La couverture accroche sur le titre Concerto pour orchestre et l\u2019image représente un canon, mais de ces trois premières mondiales, c\u2019est la Suite op.13 qui est renversante.Hommage à Mahler, dont Casella (1883-1947) dirigea la musique, cette œuvre culmine dans une bourrée finale qui entremêle la # Symphonie du compositeur morave et la 3^^ Symphonie de Sibelius.Inattendu et subjugant.Naxos distribue ce disque allemand, à parmtre mardi prochain, de la musique du Russe Arthur Lourié (1892-1966).Gidon Kremer avait tenté de remettre au répertoire le nom de ce cadet de Stravinski et de Prokofiev.La musique de Lourié intéressera les mélomanes concernés par le post-debussysme, par Scriabine et Stravinski, dont Lourié a adapté le Concertino et la Symphonie d\u2019instruments à vents.Austère et intello, mais intéressant.Les disques Gala ont entrepris avec la pianiste Elaine Keillor un parcours inédit et sans équivalent à travers le répertoire canadien pour piano, de la petite bluette mozartienne de 1800 à aujourd\u2019hui, en passant par le simili Chopin et la musique de salon.On peut juger le portrait partial (pas une pièce d\u2019André Mathieu!), mais des dizaines de compositeurs refont surface.Production (réglage et captation du piano) moyenne, hélas.NOUVEAU ANNE PLAMONDON FORFAIT tSM ANNIVERSAIRE 3 SPECTACLES DIFFÉRENTS À 15% DE RÉDUCTION.QUANTITES LIMITEES.LES MEMES YEUX QUE TOI 7, 8, 9 NOVEMBRE / 20 H HOFESH SHECHTER COMPANY POL T CAL MOTHER Hofesh Shechter .2.3 NOV.¦ Théâtre Maisonneuve % { 'à f.r CREATION ] ANNE PLAMONDON ET MARIE BRASSARD CHORÉGRAPHE ET INTERPRÈTE ]ANNE PLAMONDON DRAMATURGIE ET MISE EN SCÈNE ] MARIE BRASSARD LUMIÈRE ET DIRECTION TECHNIQUE I YAN LEE CHAN MUSIQUE ] NJO KONG KIE COSTUMES I JULIE CHARLAND BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTREAL WWW.AGORADANSE.COM Billetterie de la Place des Arts AGORA DE LA DANSE laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 dansedanse.net PHOTO ] MICHAEL SLOBODIAN E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 CULTURE >MÜSI01IE COUP DE CŒUR FRANCOPHONE Peter Peter, la tristesse, en mieux Le Montréalais d\u2019adoption nous plonge dans une pop raffinée aux mélodies fortes PHILIPPE PAPINEAU Pas tout, mais presque, est dans le titre: Une version améliorée de la tristesse.Dans son deuxième disque paru fin août et qu\u2019il défendra vendredi au Coup de cœur francophone, le Québécois Peter Peter nous plonge dans sa bulle complexe où se confrontent la solitude et la fête, l\u2019euphorie de l\u2019ivresse et la douleur.Ce n\u2019est pas le bonheur, mais c\u2019est mieux que la tristesse.Peter Peter, auteur-compositeur-interprète de 28 ans, a le regard à la fois un peu triste et malin, l\u2019allure presque androgyne, une voix douce au débit nonchalant.Depuis son premier disque, lancé l\u2019année dernière, le Montréalais d\u2019adoption nous plonge dans une pop raffinée aux mélodies fortes, un écrin tout indiqué pour ses textes au spleen avoué.Apparu sur la scène musicale avec Ma première Place des Arts, Peter Peter a pris des chemins de traverse pour arriver jusqu\u2019où il est aujourd\u2019hui.«Ça m\u2019a pris beaucoup de générations de chansons avant d\u2019arriver à quelque chose que j\u2019aimais, j\u2019en composais douze et je recommençais.» Recruté par l\u2019étiquette Audiogram \u2014 qui a pris depuis quelques années plusieurs risques avec des artistes méconnus \u2014, le musicien décide que son premier disque sonnerait «le plus mal possible».Façon de parler, mais Peter Peter veut surtout rester dans une tradition lo-fi, celle de la musique indie américaine des années 1990.«Je voulais faire de la musique qui avait un certain cachet pour les anglophones, et ç\u2019a quand même bien marché pour ça; il y a même eu des échos à Los Angeles, à New York aussi.Que ce soit une musique francophone qui ait plu à une communauté anglo-saxonne, c\u2019est pour moi le gros succès du premier album.» Question d\u2019esthétisme Si, pour son premier-né, le ^ f\u2019Alt' ^ « FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Depuis son premier disque, iancé i\u2019année dernière, Peter Peter, auteur-compositeur-interprète de 28 ans, propose des textes au spieen avoué.natif de Chicoutimi avait construit ses fondations sur la guitare acoustique \u2014 il évoque lui-même Elliott Smith {«j\u2019en ai tellement écouté») \u2014, Une version améliorée de la tristesse se situe dans un univers plus synthétique, où se multiplient les claviers et les textures froides.En studio, il s\u2019est entre autres associé à l\u2019ingénieur du son Pascal Shef-teshy çt au guitariste Emmanuel Ethier (Jimmy Hunt, Kandle).«En studio, tout devient un choix, dit Peter Peter./e me suis fait une petite équipe qui aimait la même musique que moi, qui comprenait les degrés avec lesquels je voulais utiliser les trucs, qui DU 1\u201c AU 11 novembre 2012 COUPDECOEÜR.CA llh!ï|jlllllllll!!llllllllllllllllllll!lllll ctl (((Siriusxm») MARIE-PIERRE ARTHUR bU&üùüiy fSÿ T f DANSE LHASA A N S E AVEC\tBIA,\tALEXANDRE\tDESILETS, GÉNEVIÈVE TOUPIN, ALEJANDRA RIBERA, KAREN YOUNG, THOMAS HELLMAN +\t12 DANSEURS EN\tTOURNÉE\tAU\tQ U É B_ E c\u2018 /jj) DU 16 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012\t^ I C H EL R I V A R D RICHARD DESJARDINS G R O S MENE ADAMUS LES SŒURS B O U L A Y PATRICE MICHAU FANNY\tB L 00 M PROFITEZ DES PASSEPORTS DECOUVERTES 5 P $ : P .O Ù R S S\\P.E C T À C L E S , EN VENTE , EXCLUSIVEMENT\tLA VITRINE.TOUS LES D.ÊT A IL S S U R L A V I T R I N E .C:0 M - - - i-\"çi Cdildcla Quebecfî\" Montreal@ TV5 lÆ DEVOIR CMMÜ\tAKUFEN so-an sacemf (?ir admission savait ce qui était ironique dans certains cas et assumé dans d\u2019autres.» Le parfait exemple est l\u2019utilisation du saxophone, un instrument hyper connoté qui revient à quelques reprises sur Une version améliorée de la tristesse.«Pour moi, ce n\u2019est pas \u201cdrôle \u201d de mettre du saxophone.Quand j\u2019ai vu [le groupe canadien] Destroyer en spectacle, j\u2019ai vraiment flippé, je me suis dit qu\u2019il fal- lait absolument qu\u2019il y ait du saxophone sur mon album.L\u2019interdit, là, était vraiment tombé.Une fois que tu t\u2019ouvres, ça ranime beaucoup de références.Moi qui n\u2019avais pas du tout écouté de Pink Floyd depuis l\u2019adolescence, je réécoute ça maintenant et je fais \u201cwow \u201d.Et mon oreille va encore bouger.» Au rythme des pas Nourri de batteries électro- niques, ce deuxième disque propose un rythme plutôt lent, où on a le temps d\u2019entendre les mots et d\u2019imaginer les histoires.On ne court pas avec Peter Peter, on marche dans la ville.«C\u2019est vrai, c\u2019est contemplatif un peu.Et je suis quelqu\u2019un de très solitaire, même si fai des amis.J\u2019ai beaucoup de temps de libre, et je le passe à marcher.Quand je suis arrivé à Montréal, favais pas un sou; je pas- sais le plus clair de mon temps à la bibliothèque ou dans les cafés, je connaissais les cabines téléphoniques qui coûtaient 25 cents au lieu de 50, je connaissais les places où je pouvais aller pisser sans prendre un café.Et fai encore cette habitude-là de vagabonder, même si j\u2019ai tout ce qu\u2019il faut chez nous.Pour ne pas devenir complètement dingue, je dois avoir du temps pour réfléchir.Quand je suis tout le temps avec des gens, je deviens mélangé.» Et son décor, comme dans ses chansons, c\u2019est Montréal, ses ruelles, le mont Royal.Déjà, sur son premier album, il chantait HoMa et Montréal neige sale.«J\u2019ai habité à Québec à partir de 12 ans, et je suis parti à Montréal vers 22 ans.C\u2019est une grande ville dont je ne me suis pas encore tanné.C\u2019est un endroit qui m\u2019aide à garder un certain équilibre.» Vendredi, à L\u2019Astral, tout juste avant Fanny Bloom, Peter Peter défendra ses nouvelles chansons dans une formule plus complète et plus assumée que lors de sa précédente tournée.«Le premier album a été plus dur à défendre sur scène, avoue-t-il.Comme c\u2019était quelque chose d\u2019assez neurasthénique, j\u2019ai voulu en mettre plein la vue, comme pour prouver aux gens que c\u2019était pas ça.J\u2019ai peut-être pas assez assumé.Maintenant, c\u2019est mon amour pour la musique qui compte; on est six sur scène et ça va sonner.Ça revient à une question de texture, au fond!» Le Devoir D Écouter aussi > La pièce Tout prend son sens dans le miroir, tirée du dernier album de Peter Peter, ledevoir.com/culture/musique Fanny Bloom, de Montréal à Brnxelles, en passant par Paris ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Après avoir lancé deux disques avec sa défunte formation La Patère rose, la chanteuse Fanny Bloom a décidé il y a quelque temps de poursuivre sa carrière en solo.Elle ne doit pas le regretter aujourd\u2019hui, puisqu\u2019elle a remporté lundi le Félix du meilleur album alternatif, remis lors de l\u2019Autre Gala de l\u2019ADISQ.Son disque Apprentie guerrière \u2014 dont la pièce éponyme a été composée par le parolier d\u2019Avec pas d\u2019casque, Stéphane Labeur \u2014 est fait d\u2019une pop féminine où se côtoient des sons organiques et électroniques.La route la mènera à la hn du mois de novembre en Europe, pour deux soirs à Paris et un autre à Bruxelles.CONCOURS INTERNATIONAL D\u2019ORGUE DU CANADA CANADIAN INTERNATIONAL ORGAN COMPETITION RENDEZ-VOUS DES GRANDS T 2012 2NOV-19H30 DAVID BASKEYFIELD CHRISTIAN LANE MICHAEL SCHÛCH ¦basilique NOTRE-DAME 110, rue Notre-Dame 0.¦ 4N0V-16H JONATHAN OLDENGARM LAUREATS DE PREMIERS PRIX INTERNATIONAUX EN 2011 Quelques-unes des plus belles pages du répertoire pour orgue 3N0V-17H EGLISE ST.ANDREWI & ST.PAUL I Angle Redpath & Sherbrooke 0.MAURICE DURUFLÉ Requiem, opus 9 (version pour orgue) Autres œuvres symphoniques transcrites pour orgue 4NOV-19H30 JEAN-WILLY KUNZ ¦salle bourgie SALLE REDPATH UNIVERSITÉ MCGILL 3461.rue McTavish HANS-OLA ERICSSON L'organiste, le compositeur 1339 rue Sherbrooke O.W.A.MOZART Sonates d'église et fantaisies pour orgue DECOUVREZ QUELQUES-UNS OES MEILLEURS JEUNES ORGANISTES OU MONDE ! WWW.CIOCM.ORG/RVG T.514 510 5678 Pro Musica fait vivre la musique de chambre dans toute son intimité depuis 64 ans.Le lundi 5 novembre prochain à 20h, Le Quatuor Zemlinsky présentera Haydn, Janàcek, Mendelssohn dons le confort de la Maison Symphonique.Mu^S La musique dans toute son intimité www.promusica.ca / 514845.0532 / conceit5@piomusi(ax]cca Une présentation Hydro Québec a\" ©laplacedesarts.com 514 842 2112 /1 866 842 2112 ^Alternatives CONSTRUU^E EMSE^LE UN ^eraté Pour nous appuyer : www.alternatives.ca \u2022 314.982.6606 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 E 11 CULTURE>MÜSIQÜE FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Sur cet album, Moran, de nature plutôt sauvage, fait équipe avec ses amis musiciens Thomas Carbou et Sylvain Coulombe, présents depuis le début.Certaines des musiques de Sans abri sont même signées à trois.Moran, le vrai visage Qu\u2019est-ce qu\u2019un album réussi?Des chansons abouties.Et un emballage qui le dit.SYLVAIN CORMIER Ses trois disques sont côte à côte sur la table, dans Tordre de parution.On voit ce qu\u2019on voit, hein, JF Moran?Filet de fumée et rien d\u2019autre pour le recto du premier, Ta-baCy Talbum de 2006 qui aurait dû «capitaliser», comme on dit dans le monde du capital, sur la victoire de Tauteur-composi-teur-interprète à Ma première Place des Arts, Tannée d\u2019avant.«Apparemment, sur un premier disque, faut que tu mettes ta face.La mienne est au verso.» Facteur aggravant: Talbum est pour ainsi dire un démo.Grandes chansons menées nulle part.Autre stratégie d\u2019échec pour Talbum suivant.Mammifères, en 2009 : Moran y est méconnaissable, à la limite du franchement repoussoir au recto, carrément monstrueux au verso.«On m\u2019a obligé à la mettre, ma face.Alors, fai mis celle-là.» Il rit, se regarde, rit plus fort.«Je pense qu\u2019on peut dire que je me sabotais un peu», lâche-t-il de sa belle voix basse, souriant du séduisant sourire qu\u2019encadre son beau visage.Ce visage-là est avantageusement cadré au recto de Sans abri, troisième et nouvel album.Les yeux sont baissés, mais c\u2019est lui.Moran, s\u2019affichant Moran.Finalement.«Ce n\u2019est pas le résultat d\u2019une séance de pose, tient-il à préciser, simplement l\u2019initiative d\u2019un gars, Lionel Baunot, qui a saisi un moment dans un spectacle [au Zèbre de Belleville, à Paris].ne suis pas en train de réfléchir à ce dont j\u2019ai l\u2019air.Et en spectacle, je suis dans un bon endroit, c\u2019est là que j\u2019arrive à me rapprocher du monde.Alors que dans la vie, je suis plutôt sauvage.» Relativisons: Moran partage la vie de Catherine Major, ils ont une petite fille grandissante.Il est aussi le père d\u2019une a Je pense qu\u2019on peut dire que je me sabotais un peu yy Moran, concernant la pochette de son second album déjà grande jeune fille.Avec ses amis musiciens Thomas Carbou et Sylvain Coulombe, présents depuis le début, il fait véritablement équipe: certaines des musiques de Sans abri sont signées à trois.Il y a aussi un texte de Christian Mistral.Et deux musiques de Catherine.Un sauvage qui se soigne, Moran.«Sauvage de nature, mais de moins en moins: je suis trop heureux dans ma vie personnelle.Je ne me demande plus avec qui je vais finir ma vie.Mon bonheur est là.Ça libère l\u2019esprit pour le reste.» Le reste : son métier, ce qu\u2019il faut bien appeler une carrière d\u2019auteur-compositeur-interprète.Encore et toujours en devenir.«Les deux premiers albums ont été un combat contre moi-même, ma tendance à me refermer.C\u2019est ce qui a été tellement différent pour Sans abri: j\u2019ai fait confiance, fai été vers les autres.» Main tendue à Yves Desrosiers \u2014 ancien de La Sale Affaire de Leloup, collaborateur de Lhasa \u2014 pour la réalisation.Première vraie direction artistique en trois disques.«On arrivait prêts, on connaissait les chansons, mais Yves a poussé chacun au-delà de ses limites.Il disait à Sylvain: \u201cQuand il/aut que tu bûches, bûches.\u201dÀ moi, c\u2019était: \u201cOccupe-toi de rien; toi, tu chantes.\u2019\u2019Alors, j\u2019ai chanté.Chanté pas juste pour moi tout seul.Chanté pour être entendu.» Les chansons parlent du Darfour, de la maladie mentale, de la rue : «Le sujet de l\u2019album, c\u2019est moins moi moi moi.Quand t\u2019es dans tes bottines, émotionnellement, t\u2019as de la place pour le sort des autres.» Ça donne un album tout en crescendos.Le plus souvent ça commence délicatement, à la guitare acoustique ou électrique, léger strumming, simple picking, un peu de perçus, et puis ça s\u2019intensifie.Dans L\u2019idiot, par exemple, la chanson ne prend pas corps tout de suite, il y a une tension entre les instruments, et puis ça y est: la chanson se met à exister intensément.«Ne me laisse pas tout seul / Au volume du courage / Ne me laisse pas tout seul / Au milieu du tapage [.] Ne me laisse pas tout seul / Comme un point sans repère».Ça donne Talbum que Ton attendait de Moran.Dont tout le monde savait Moran capable.Sauf Moran.Explication: «Prendre une guitare dans tes mains pour la première fois à 30 ans et puis gagner Ma première Place des Arts comme si ça ne comptait pas, ça t\u2019aide pas à savoir qui t\u2019es par rap- port à tes pairs.J\u2019avais eu d\u2019autres vies avant [en théâtre, notamment], oû f avais toujours été le beau bonhomme, le gars qui jouait Roméo, tu sais ?Et puis là, je me retrouvais à faire le chanteur et je lisais dans les critiques que fêtais \u201cune bête de scène\u201d: ça n\u2019avait pas de valeur.Tout ce que je savais, c\u2019est que je ne voulais pas mettre ma vraie face en avant.» «Et puis la confiance est venue.Je vais avoir 40 ans dans un an et demi, j\u2019ai des enfants, une femme, une famille.J\u2019ai écrit des chansons pour Catherine, et Catherine en a composé pour moi.Et ça fait que fai un album qui n\u2019a pas été fait à moitié, qui vaut ce que je vaux vraiment.» De quoi vivre avec le beau visage qu\u2019il a.«Je pense avoir compris que de me rendre accessible ne trahit rien.» Pas trop tôt, Moran.Pas trop tard non plus.Le Devoir SANS ABRI Moran Ad Litteram/Kartel IA Écouter aussi > Sans abri, ^ la chanson-titre du nouvel album de Moran, lede-voir, com/culture/musique DE VISU Tàpies, le Catalan libre ISABELLE PARE Trop rare à Montréal, l\u2019œuvre d\u2019Antoni Tàpies, peintre catalan dont Tart a marqué la deuxième moitié du XX® siècle, fait une brève incursion au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).Décliné en 33 estampes, l\u2019hommage offert à l\u2019artiste décédé en février 2012 entrouvre une porte sur Tart atypique de cet amoureux des textures et du papier.Avec un seul tableau de Tàpies dans toute la métropole, intégré à la collection du Musée d\u2019art contemporain (Vellut granate, 1963), il faut saisir cette rare occasion de goûter à la production pourtant prolifique de cet artiste représenté dans les plus grands musées d\u2019art moderne du monde, dont le MoMA, le Guggenheim et le Centre Pompidou.Une précieuse fenêtre s\u2019ouvre donc au MBAM, qui expose depuis mardi et jusqu\u2019au 9 décembre 33 estampes et un dessin de ce Barcelonais inclassable, tirés de sa collection d\u2019arts graphiques qui en regroupe en tout près d\u2019une centaine.Intitulé In Memoriam, ce clin d\u2019œil furtif permet d\u2019apprécier la touche unique de Tàpies, gourmand d\u2019art graphique et fils de parents éditeurs, dont toute l\u2019œuvre exhale l\u2019amour du papier, de la calligraphie et de l\u2019imprimé sous toutes ses formes.Héritier de Joan Miré et grandement influencé par Klee, Antoni Tàpies, peintre, sculpteur et graveur, demeurera durant ses 40 ans de carrière fidèle à son style unique, resté en marge des grands mouvements de Tart moderne.La production présentée au MBAM, qui comprend des œuvres tardives (jusqu\u2019en 1988), illustre la constante expéri- mentation à laquelle s\u2019adonnait Tàpies, avec des techniques de gaufrage, de flocage et d\u2019impressions diverses, à la recherche constante de textures très expressives.Son obsession pour la croix, les lettres et le graffiti, sa palette quasi monochrome obnubilée par le noir, rarement ponctuée d\u2019explosions de rouge ou de tons bistre, resteront jusqu\u2019à sa mort son vocabulaire de prédilection.«Les peintures de Tàpies soulèvent plus de questions qu\u2019elles n\u2019offrent de réponses.Il n\u2019y a jamais d\u2019iconographies précises, mais des gestes calligraphiques et des techniques diverses.Il est toujours resté en marge de mouvements de l\u2019art moderne de son époque, comme le pop art ou l\u2019automatisme», explique Anne Grace, conservatrice en chef de Tart moderne au MBAM.Inspiré par la philosophie orientale, Tàpies traverse dès 1945 ses œuvres de larges traits noirs au pinceau, rappelant la calligraphie japonaise.Son ascension est fulgurante.Exposé à Barcelone en 1948, puis à New York dès 1950, il participe en 1952 à la Biennale de Venise.Les musées d\u2019Europe, du Japon et d\u2019Amérique appuient rapidement son travail singulier.«Tout en étant difficile à déchiffrer, Tàpies s\u2019est posé comme un défenseur de la Catalogne», explique Anne Grace.Deux magnifiques œuvres arborant le rouge et le jaune de la Catalogne traduisent d\u2019ailleurs cette passion bouillonnante de l\u2019artiste, victime de la guerre, pour son coin de pays.Minimalistes, lancées à la manière de slogans indéchiffrables, ces œuvres tiennent parfois plus de l\u2019écriture que du dessin.Le Devoir y © SUCCESSION ANTONI TAPIES / SODRAC (2012) Antoni Tàpies, Sans titre (1972).De la série «Suite Catalana», aquatinte, 76,1 x 101,5 cm MBAM, don de Yvon Tardif, m.d.mm LA CHAPELLE DE QUEBEC BERNARD LABADIE SAISON 2012.2D13 VIOLON Retrouvailles attendues avec une magnifique artiste touchante de sensibilité, éblouissante de virtuosité ! LUMINEUSE SANDRINE PIAU MOZART I HANDEL CONCERT A MONTREAL PRESENTE PAR RioTinto Alcan BERNARD LABADIE CHEF\t^ NOVEMBRE À 20h /palais montcalm SANDRINE PIAU, SOPRANO SAMEDI 3 NOVEMBRE À 19h30 /maison symphonique de Montreal PALAIS\t\t mOntcalm\tPARTENAIRE DE SAISON A QUEBEC\tPARTENAIRE DE SAISON A MONTREAL CK LaCapitale LE DEVOIR Groupe financier /!>7
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