Le devoir, 27 octobre 2012, Cahier B
[" '\\h ^\t'*} \u2018* J** '\t¦¦ /'¦ '\t'Y > .'\t\u2022 \u2018\u2018V * f 4 r./\t*\t'¦¦¦' /\t'\tJ>\ty'^-' , \"i-v,lis^V-'-/ \u2022':'^' ^ -, ¦w.La dernière collection du créateur Helmer est un éblouissement pour les sens Page b 6 Idées : Victor-Lévy Beaulieu et la révolution intranquille Page b 5 Cyclisme : La parole, la science et la police contre les faussaires Page b 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 Les bibliothèques sont de plus en plus fréquentées par les familles immigrantes.INTÉGRATION DES IMMIGRANTS La bibliothèque pour rompre l\u2019isolement JACQUES NADEAU LE DEVOIR ISABELLE PORTER Outre le déclin du français à Montréal, les données du recensement a révélé cette semaine que les allophones étaient de plus en plus présents en banlieue.Mais comment intégrer les familles immigrantes dans un milieu aussi propice à l\u2019isolement ?La solution passe notamment par les bibliothèques.Selon la chercheuse Annick Germain de l\u2019institut national de la recherche scientifique 0NRS), les bibliothèques jouent un rôle «central» dont on ne mesure pas assez l\u2019importance.«Dans l\u2019enquête qu\u2019on fait en ce moment, c\u2019est clair que les bibliothèques sont de plus en plus fréquentées par les familles immigrantes, explique la directrice du centre de recherche immigration et métropoles.A Toronto et à Vancouver, ils ont compris que les bibliothèques sont des institutions tout à fait importantes du point de vue de l\u2019intégration, y compris linguistique.» L\u2019équipe de M\u201c® Germain mène des recherches sur les lieux de «cohabitation interethnique».Ces lieux étant plus rares en banlieue, elle s\u2019est concentrée sur les parcs et les bibliothèques.Or les bibliothèques n\u2019ont pas encore «adapté leur offre» aux immigrants.«Dans les quartiers comme Chomedey [à Laval], où il y a de l\u2019immigration depuis très longtemps, ils savent quoi faire.Mais dans les banlieues qui sont en train de se diversifier rapidement, comme Vi-mont, c\u2019est autre chose.» Ce n\u2019est pas tant de livres qu\u2019on manque mais d\u2019activités, ajoute-t-elle.«Il ne faut pas oublier que les immigrants qu\u2019on a sont très scolarisés et demandeurs d\u2019activités pour leurs enfants.Ce sont de grands consommateurs de services.» Comme quoi?«Les activités pour les enfants et les familles ont un succès fou», dit-elle en mentionnant les activités consacrées aux contes.La juridiction municipale Michèle Vatz-Laaroussi étudie l\u2019immigration dans les zones à faible densité d\u2019immigrants à rUniversité de Sherbrooke.Elle trouve cette piste très intéressante.«A Sherbrooke, la bibliothèque municipale joue un rôle important dans l\u2019intégration et la francisation des nouveaux immigrants, dit-elle.C\u2019est important d\u2019avoir des espaces de rencontre dans les banlieues qui attirent les gens.» Le hic, c\u2019est que les bibliothèques relèvent des villes et l\u2019intégration des immigrants, du ministère de l\u2019Immigration, note Stephan Reichhold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.«Toute la stratégie d\u2019immigra- tion est éparpillée », d,éplore-t-il en soulignant que le ministère de l\u2019Éducation et Emploi-Québec comptent aussi.M.Reichhold souligne par ailleurs que les banlieues sont des «déserts» en matière de services aux immigrants et que dans la région de Montréal la pluparffont la navette vers l\u2019île pour en recevoir.«A ma connaissance, il y a deux organismes sur le territoire de Laval contre une quarantaine à Montréal.» 11 pense qu\u2019on devrait renouer avec le programme de jumelage entre familles, qui a été abandonné il y a une dizaine d\u2019années.«Ce que les familles déplorent le plus, c\u2019est l\u2019isolement, dit-il.Il y a très peu de choses qui se font en rapprochement interculturel alors que, dans le reste du Canada, on a investi massivement là-dedans et ça donne des résultats au niveau linguistique autant que pour la connaissance de l\u2019autre.» « En Ontario ou en Et pendant ce temps, sur l\u2019île.À Laval, entre 2001 et 2011, la population dont la langue maternelle est le français est passée de 74,2% à 62,2 %, selon le dernier recensement.Pendant ce temps, les langues maternelles autres que l\u2019anglais sont passées de 19 à 29,8%.Malgré tout, l\u2019étalement urbain de l\u2019immigration se fait plus lentement au Québec qu\u2019ailleurs au Canada.«Le Québec est tout à fait exceptionnel à cet égard, note Annick Germain.En Ontario ou en Colombie-Britannique, les immigrants s\u2019installent autant sinon plus dans les banlieues qu\u2019en ville, alors qu\u2019ici c\u2019est l\u2019inverse.La majorité s\u2019installent encore sur l\u2019île de Montréal.» Ainsi, ce n\u2019est pas tant le déplacement des allophones vers les banlieues qui préoccupe que celui des familles dont la langue maternelle est le français.Sur l\u2019île, la proportion de gens dont la langue maternelle est le français est passée à 48,5%.Une situation de déséquilibre pour le ministre responsable de Montréal, Jean-Erançois Lisée.«Moins il y a de francophones dans l\u2019île, moins les francophones peuvent intégrer les autres», disait-il cette semaine.D\u2019où cette idée d\u2019intervenir sur l\u2019offre en logements pour freiner l\u2019exode des familles francophones vers la banlieue.Une démarche que le professeur Daniel Gih de l\u2019Université de Montréal qualihait d\u2019inutile encore tout récemment.«Je le dis souvent aux gens de la Ville de Montréal: \u2018N\u2019essayez pas de garder les familles à Montréal, ça ne fonctionne pas !\u2019», disait-il dans un reportage sur la densihcation il y a deux semaines.Annick Germain est plus nuancée.«Je suis Colombie-Britannique, les immigrants s\u2019installent autant sinon plus dans les banlieues qu\u2019en ville, alors qu\u2019ici, c\u2019est l\u2019inverse » un peu moins pessimiste que Daniel GUI», dit-elle.Le problème, selon elle, c\u2019est que «les grands logements locatifs ne sont pas rentables pour les constructeurs privés.Il faut intervenir en amont sur la construction de logements».Elle est toutefois moins convaincue par l\u2019idée de franciser les garderies.« On a déjà assez de problèmes à mettre sur pied les services de garderie ! » M.Reichhold renchérit en avançant que la plupart des immigrants ne trouvent pas de place de toute façon.Tout en reconnaissant les efforts réalisés ces dernières années, les deux insistent sur les efforts à déployer dans le monde du travail.Encore trop d\u2019immigrants qui parlent très bien français ne se trouvent pas d\u2019emploi, rappelle M.Reichhold.Autre souci : les travailleurs temporaires, note M\u201c® Germain.«A mon avis, c\u2019est le problème principal auquel on va faire face.On admet presque autant de travailleurs temporaires que d\u2019immigrants sélectionnés, mais pour ce qui est des exigences en matière de langue, c\u2019est un peu comme si on s\u2019en remettait aux employeurs.» D\u2019autres trouvent que les cours de francisation pour adultes sont insuffisants.« Ce n\u2019est pas sérieux, affirme le spécialiste des questions linguistiques Michel Paillé.On reçoit 1000 immigrants par semaine et il y a des sessions de cours qui débutent quatre fois par an.En attendant que les cours débutent, s\u2019ils trouvent un emploi en anglais, c\u2019est fini pour eux.Il faudrait mettre sur pied chaque semaine de nouvelles classes.» Dire que le PQ est sensible à l\u2019enjeu linguistique est un euphémisme.Mais que priorisera-t-il?Qn parle de freiner les écoles passerelles, de soumettre les petites entreprises à la Charte de la langue française, de faire baisser le seuil d\u2019immigration à moins de 50000 nouveaux arrivants par année.La ministre responsable de la Charte, Diane De Courcy, a promis «une réforme costaude».Mercredi prochain, la première ministre en décrira l\u2019essence dans son discours inaugural à l\u2019Assemblée nationale.Comment l\u2019opposition réagira-t-elle ?Pour l\u2019heure, les libéraux se montrent prudents.« On verra avec le discours inaugural, a expliqué le porte-parole en matière de langue, Marc Tanguay.Il faut trouver un équilibre entre l\u2019épanouissement du français et le respect des libertés individuelles.Ça requerra une vigilance de tous les instants.» Le Devoir Quel avenir pour la filière du gaz ?Malgré l\u2019importante controverse entourant l\u2019exploitation éventuelle du gaz de schiste au Québec, l\u2019industrie n\u2019en démord pas.Son principal porte-parole, Lucien Bouchard, a d\u2019ailleurs fait valoir cette semaine que la province devra inévitahlement se tourner vers cette ressource puisque celle-ci représente, selon lui, la transition «par excellence» vers les énergies plus propres.Les groupes environnementaux estiment au contraire que le recours accru au gaz non conventionnel ne peut que retarder un virage vert plus que jamais nécessaire pour éviter la catastrophe climatique.ALEXANDRE SHIELDS Le président de l\u2019Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Lucien Bouchard, l\u2019a dit sans détour : la planète vit présentement un véritable «âge d\u2019or» du gaz naturel, une période d\u2019abondance et de bas prix qui s\u2019appuie de plus en plus sur l\u2019exploitation des réserves de gaz de schiste.Une bonne nouvelle, selon lui, puisque cette ressource permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre en remplaçant d\u2019autres énergies fossiles plus polluantes.«L\u2019occasion est belle de bonifier le bilan environnemental, non pas seulement au Québec et au Canada, mais dans le monde entier, a soutenu mardi M.Bouchard devant un parterre de membres de l\u2019APGQ réunis dans un hôtel de Montréal.Le gaz naturel est l\u2019énergie de transition par excellence, en attendant qu\u2019on développe des sources d\u2019énergie réellement alternatives.C\u2019est la plus écologique des énergies courantes et la plus conforme aux impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.Si la prise de conscience écologique s\u2019intensifie, la tendance sera forte pour augmenter encore plus qu\u2019on ne le prévoit aujourd\u2019hui l\u2019utilisation du gaz naturel.Il n\u2019y a pas d\u2019autre source d\u2019énergie qui puisse présentement combler les besoins énergétiques grandissants tout en limitant la croissance des émissions de gaz à effet de serre.» En plus de jouer la carte environnementale, le personnage le plus en vue du lobby des énergies fossiles a insisté sur l\u2019essor fulgurant que prend le gaz naturel dans le paysage énergétique planétaire.En fait, selon l\u2019Agence internationale de l\u2019énergie (AIE), le gaz est la seule source fossile qui prendra de plus en plus de place au cours des prochaines années, passant de 23% de la consommation mondiale en 2009 à 35% en 2030.«Des pays comme le Japon et la Chine devront importer des quantités massives de gaz naturel liquéfié», a précisé M.Bouchard.Les pays émergents devraient accaparer une bonne partie de ce gaz.En Inde, on prévoit que la consommation sera multipliée par trois d\u2019ici 20 ans.Et l\u2019engouement pour l\u2019exploitation du gaz de schiste est tel aux États-Unis que le pays pourrait bien devenir d\u2019ici quelques années le deuxième exportateur mondial, derrière la Russie.Chez nos voisins, où des dizaines de milliers de puits ont été forés et fracturés, le « shale gas» représente déjà 26% de la production nationale.Cette proportion devrait dépasser les 50% d\u2019ici 20 ans.Le président Barack Qbama ne cache d\u2019ailleurs pas son intention de favoriser le développement du secteur.Dans ce contexte, Lucien Bouchard estime que le Québec devra ouvrir le sous-sol des basses-terres du Saint-Laurent aux entreprises qui veulent exploiter le gaz au profit de leurs actionnaires.«Sommes-nous tellement riches que nous puissions lever le nez sur une richesse dont la nature nous a heureusement pourvus?», a-fil demandé cette semaine.Le gaz naturel compte pour 12% de la consommation énergétique de la province.Rappelant que le mazout pèse plus lourd dans le bilan, il s\u2019est dit convaincu que le gaz québécois pourrait constituer un bon substitut.L\u2019ancien premier ministre a du même coup affirmé que nous importons déjà du gaz non conventionnel.« Une partie significative du gaz consommé par les Québécois, on parle de 30%, est du gaz de schiste acheminé de l\u2019Ouest canadien sans que personne puisse constater de différence.Mais puisqu\u2019il est produit ailleurs, on peut le consommer sans vergogne.» Des chiffres «Des pays comme le Japon et la Chine devront importer des quantités massives de gaz naturel liquéfié» VOIR PAGE B 3 : EILIERE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 PERSPECTIVES fer\" *\ti !â>4^ï! JOEL SAGET AGENCE ERANCE-PRESSE AFFAIRE LANCE ARMSTRONG La parole, la science et les gendarmes contre les faussaires En apparence, ce n\u2019est pas la science qui a eu raison de Lance Armstrong.Le système de dopage ultraperfectionné du champion déchu a plutôt été déjoué par la parole humaine.Mais dans le contexte actuel de la lutte antidopage, tout est hon, disent des observateurs.La science aide, les gendarmes font leur part, la dénonciation contribue.Et des champions tombent, même si le processus a ses failles.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Je me suis déjà senti mieux, mais je me suis aussi déjà senti pire», disait Lance Armstrong lors d\u2019un événement de sa fondation vendredi dernier.Pire?Il fallait bien un survivant improbable du cancer pour trouver dans sa vie quelque chose de «pire» que la déchéance publique qui frappe actuellement Armstrong.\\ja.semaine qui vient de s\u2019écouler a scellé le sort de l\u2019ancien champion cycliste.Il a officiellement tout perdu : ses sept maillots jaunes du Tour de France, la présidence de sa propre fondation (Livestrong), ses généreux commanditaires.Nike ne l\u2019habille plus, Giro ne fournira plus ses casques, ni Trek ses vélos.Le roi de la petite reine est nu.Honni.«Il n\u2019y a plus de place pour Lance Armstrong dans le cyclisme, a indiqué le président de l\u2019Union cycliste internationale GJCI), Pat McQuaid.Il mérite d\u2019être oublié.» Une connerie, ce commentaire, rétorque l\u2019avocat montréalais Dick Pound, ex-président de l\u2019Agence mondiale antidopage.«Armstrong ne doit pas être oublié: il doit rester dans les mémoires comme un exemple d\u2019une ère de tricheurs dans le cyclisme, d\u2019une période où on n\u2019a pas agi assez vite pour les disqualijîer.» Souhaiter simplement que le public «oublie» Armstrong, c\u2019est le «même vieux modèle qui ne fonctionne pas», estime M.Pound.Il énumère: «Quand il y a eu l\u2019affaire Festina en 1998 [le scandale touchant toute une équipe cycliste, qui a révélé l\u2019emprise de l\u2019EPO dans le monde cycliste], ils ont dit: ah, c\u2019est juste une équipe, on repart à neuf avec un nouveau champion [Armstrong, gagnant du Tour en 1999].Quand il y a eu Floyd Landis [vainqueur déchu du Tour en 2006], ils ont dit: ah, c\u2019est juste un coureur, le reste du peloton est propre.Et là, on veut donner l\u2019impression qu\u2019Armstrong et son équipe étaient une exception, qu\u2019il faut juste oublier.Non.» Ils sont plusieurs à soupçonner l\u2019UCI d\u2019avoir protégé Armstrong au fil des ans.L\u2019organisme a d\u2019ailleurs confié vendredi à un comité indépendant le soin d\u2019évaluer sa conduite.L\u2019ancien triple vainqueur du Tour, l\u2019Américain Greg Lemond, y est allé d\u2019une charge virulente contre le président de rUCI cette semaine.«Vous saviez fichtrement bien ce qui se passait dans le cyclisme, écrivait-il.Le problème de ce sport, ce n\u2019est pas le dopage, mais la corruption.Et vous [Pat McQuaid et son prédécesseur] en êtes l\u2019incarnation même.» Et Lemond de demander «au monde du cyclisme de [le] rejoindre pour dire à Pat McQuaid d\u2019aller se faire foutre et de démissionner».Reste que la décision de l\u2019UCI d\u2019entériner les recommandations de l\u2019Agence américaine antidopage (USADA) a été largement saluée.L\u2019étendue de la preuve présentée par l\u2019USADA rendait cette décision incontournable, croit Dick Pound.Car cette preuve n\u2019était pas que des oui-dire, dit Christiane Ayotte.La chercheuse spécialiste du dopage à l\u2019Institut Armand-Prappier soutient ainsi que la science a contribué à faire tomber Armstrong.«Les tests EPO urinaires ont été disponibles à compter de 2001, rappelle-t-elle au Devoir dans une conversation courriel.Dès lors, le laboratoire de Lausanne a rendu un premier résultat suspect [pour Armstrong], ç\u2019a été le laboratoire de Paris l\u2019année suivante.Armstrong a été rencontré par l\u2019UCI à ce moment.Or les échantillons du Tour de JOEL SAGET AGENCE ERANCE-PRESSE Lance Armstrong Armstrong, plus fort que les autres?Lance Armstrong aurait-il gagnç le Tour de Prance sans produits dopants ?A cette question, le journaliste Prançois Thomazeau répond que, « contrairement à la légende populaire, les pays du bloc de l\u2019Est n\u2019ont jamais transformé des petits rats du Bolchoï en lanceuses de poids ! Le dopage consiste à prendre un athlète doué, voire surdoué, et de li- France de 1999 [le premier gagné par Armstrong] étaient encore disponibles.Pourquoi l\u2019UCI n\u2019a-t-elle jamais demandé la réanalyse de ceux-ci?Lorsque le laboratoire de Paris l\u2019a fait pour des motifs de recherche [pour améliorer ses rqéthode], les résultats ont été coulés au journal L\u2019Equipe et ils montraient des résultats positijs à l\u2019EPO pour Armstrong [une histoire qui avait fait beaucoup de bruit lorsqu\u2019elle est sortie en 2005].Mais puisque ça c\u2019était fait hors du contexte strict du dopage, il n\u2019était pas possible de poursuivre Armstrong pour une infraction.» Cela dit, Ayotte rappelle que de nombreux cyclistes se sont fait pincer par la science dans les dernières années: Ployd Landis, Tyler Hamilton, Alberto Contador, Pranck Schleck et plusieurs autres ont été démasqués.Des «succès de la science», dit-elle.Et ce furent souvent ces contrôles positifs qui ont ensuite forcé les cyclistes à se mettre à table pour dénoncer Armstrong (notamment Hamilton et Landis).«Alors, je dis que la science a permis de lever le voile sur cette sale histoire», soutient\tAyotte.«Si les contrôles ne servaient à rien, on n\u2019aurait pas perdu deux vainqueurs du Tour en cinq ans, ajoutait cette semaine le directeur du Tour, Christian Prudhomme.Que les contrôles n\u2019aient pas été efficaces pendant la période Armstrong, je le constate.Je ne pense pas qu\u2019ils soient inefficaces aujourd\u2019hui.La différence avec le passé, c\u2019est qu\u2019autre-fois la police et les douanes trouvaient les affaires.Aujourd\u2019hui, c\u2019est aussi le monde du sport [qui y contribue].» Pour Prançois Thomazeau, auteur et journa- «Si les contrôles ne servaient à rien, on n\u2019aurait pas perdu deux vainqueurs du Tour en cinq ans > miter encore les risques de défaite en en faisant un surhomme.Armstrong avait certainement des qualités physiques hors du commun.C\u2019est surtout une personnalité extrêmement complexe, un mental et une détermination exceptionnels.Quiconque a rencontré le personnage ne peut se départir d\u2019une certaine fascination.» liste français qui a couvert une vingtaine de Tours de Prance pour l\u2019agence Reuters et Le Monde, il y a des signes encourageants montrant que la lutte fonctionne.«Depuis Festina, les coureurs se font attraper et tous les grands noms sont tombés, ou presque.Il n\u2019y a pas un sport qui ait à ce point fait le ménage, au risque d\u2019en crever.Ne soyons pas naïfs, d\u2019autres sports sont aussi gangrenés par le dopage (athlétisme, ski de fond.), mais ils n\u2019ont pas encore entamé leur révolution culturelle.Parce que c\u2019est vraiment d\u2019une culture mafieuse qu\u2019il s\u2019agit.Armstrong n\u2019est que l\u2019héritier d\u2019une longue tradition de \u201cpas vu, pas pris\u201d, d\u2019omerta, de mensonge et de dissimulation qui fait partie de la génétique du vélo.Et c\u2019est cette culture qui, petit à petit, tend à s\u2019effacer.L\u2019ère du secret est sans doute en train de cesser.même si certaines performances continuent d\u2019entretenir le doute.» Thomas Voeckler, par exemple.Le chouchou des Prançais a offert cet été un numéro stupéfiant sur les pentes des Pyrénées, selon un ancien entraîneur de Pestina.Antoine Vayer a calculé pour Le Monde (à l\u2019aide d\u2019une formule qui établit la puissance en watt développée par les coureurs) que Voeckler avait atteint une «puissance mutante» proche de celle de Richard Virenque, un des sjmiboles du scandale Pestina (celui qui disait avoir été «dopé à l\u2019insu de son plein gré>>).De façon plus concrète, Voeckler a conclu cet été la plus grosse étape de montagne du Tour en 5 h 35, soit 14 minutes de moins que Pantini en 1998 pour exactement la même étape.Le changement de culture est plus lent que le peloton, reconnaît Prançois Thomazeau.«Les cou- reurs ont du mal à comprendre» ce qui est en train de se passer, dit-il.«ùs contrôles ne sont qu\u2019une toute petite partie de l\u2019arsenal à la disposition de la lutte antidopage.Les coureurs sont encore persuadés que, tant qu\u2019ils ne sont pas contrôlés positijs, ils ne risquent rien.C\u2019est faux.Depuis 15 ans, c\u2019est la police qui s\u2019occupe de leurs affaires.S\u2019ils trichent, ils finissent en garde à vue, devant un juge, voire en prison [d\u2019ailleurs.Lance,Armstrong pourrait être accusé de parjure aux Etats-Unis].Des coureurs disent encore: nous ne sommes pas des criminels! C\u2019est de la pure inconscience.Armstrong a gagné des millions au moyen d\u2019un système qui s\u2019apparente à de l\u2019escroquerie de masse.C\u2019est le Bernard Ma-doffdu vélo!» Mais le journaliste se dit convaincu que le milieu cycliste, les commanditaires, les équipes veulent en finir avec ce problème.«Longtemps, tout ce beau monde a nagé en eaux troubles en se voilant la face.Mais c\u2019est [maintenant] ut\\ risque trop grand pour les commanditaires.» À cet égard, l\u2019exemple de Nike est probant: la compagnie a toujours soutenu ses athlètes dans la tourmente, Armstrong comme Tiger Woods ou Koby Bryant.Jusqu\u2019à la semaine dernière : Armstrong n\u2019a pas trompé sa femme, mais tout un sport.Et ça, pour Nike, c\u2019est impardonnable.Et maintenant?Et maintenant, quoi?Qn oublie Armstrong et on recommence ?Comme on a tenté d\u2019oublier Pestina et Pantani (vainqueur en 1998) ?Comme on a tenté d\u2019oublier Landis ou la désolante édition 2007 ?C\u2019était l\u2019année où il y avait tellement de testés positifs que Libération s\u2019était mis à encourager le dernier au classement, la «lanterne rouge»-.«Allez, moins vite!» Selon Prançois Thomazeau, il est bien difficile de croire à un simple renouveau du cyclisme, comme on le proclame après chaque crise.«Lors de l\u2019annonce du parcours du Tour 2013 cette semaine, la plupart des coureurs étaient fatalistes en la matière, observe-t-il.Le champion du monde, Philippe Gilbert, ne cachait pas que lui-même et ses camarades avaient \u201cperdu toute crédibilité \u201d.» Dick Pound estime pour sa part qu\u2019il faudrait mettre sur pied une forme de commission vérité-réconciliation sur le dopage, un peu comme l\u2019Afrique du Sud post-apartheid l\u2019a fait.«Ça prend un changement spectaculaire.Une commission comme ça permettrait de tout mettre sur la table, de dire: c\u2019était horrible, mais à partir de maintenant, on suit de nouvelles règles pour aller de l\u2019avant.» L\u2019idée a été avancée par l\u2019USADA au cours des dernières semaines.Elle plaît à certains, mais d\u2019autres s\u2019opposent à ce qu\u2019on efface l\u2019ardoise sans punir les coupables.Dans l\u2019attente, certains prennent leurs propres initiatives.Pondé en 2007, le Mouvement pour un cyclisme crédible regroupe actuellement 11 équipes professionnelles, dont quatre qui participent au Tour.Les membres acceptent des règles plus sévères, notamment en matière de sanctions.Port bien.Mais ce n\u2019est là qu\u2019un élément du dossier, notait mercredi en éditorial le quotidien belge Le Soir.Celui-ci faisait remarquer que le problème du dopage excède le cadre sportif \u2014 et encore plus le cadre du vélo.Les «structures élargies» du dopage touchent au crime organisé, au «business clandestin des produits dopants».«Seulement la moitié des pays européens criminalisent le trafic de produits dopants dans leur législation nationale.» L\u2019affaire Armstrong devrait en ce sens mener à un profond examen de conscience, souhaite Le Soir.Pour qu\u2019un jour la blague de Coluche ne soit plus qu\u2019une blague, justement: «Mais s\u2019ils ne se dopaient pas, les coureurs.il faudrait que le Tour parte à Noël pour arriver sur les Champs le 14 juillet!» Le Devoir ÉTATS-UNIS Comment Obama et Romney jonglent avec\tswing states PIERRE BOUVIER Les sondages nationaux, comme celui du Washington Post-NBC, placent Mitt Romney devant Qbama.Dans ce sondage, Mitt Romney recueille 50% d\u2019intentions de vote et le président Qbama, 47%.Le quotidien rappelle que cette marge n\u2019est pas statistiquement significative, mais que d\u2019autres indicateurs montrent une tendance favorable au candidat républicain : 52 % des électeurs pensent qu\u2019il est plus à même de remettre l\u2019économie en marche (seuls 43 % pensent que le président en est capable).Le candidat républicain a aussi rattrapé son retard en ce qui concerne la capacité des candidats à prendre en considération les problèmes des électeurs (46% pensent que Romney se sent concerné par leurs problèmes, 48% estiment que le président se sent plus concerné).Le blogue PiveThirtyEight du New York Times relativise cette impression et estime que le momentum, la poussée dans les sondages de Mitt Romney observée après le débat de Denver, semble avoir pris fin.L\u2019Ohio, clé de l\u2019élection Le New York Times note que l\u2019équipe du candidat démocrate n\u2019est guère impressionnée par ces chiffres.Elle affirme avoir entamé sa campagne plus tôt que celle des républicains, qu\u2019elle a identifié, poussé à s\u2019inscrire et mobilisé les électeurs clés dans les Etats décisifs.A l\u2019appui de cette affirmation, un, sondage de Time indique que, dans l\u2019Qhio, l\u2019État qui pourrait à lui seul décider de l\u2019élection, Barack Qbama dispose de cinq points d\u2019avance parmi les électeurs qui ont voté et ceux qui affirment qu\u2019ils vont voter.Ce sondage indique qu\u2019il y a deux élections dans le « Buckeye State » : parmi les électeurs qui n\u2019ont pas encore voté, les deux candidats sont à égalité (45% d\u2019intentions de vote), mais parmi ceux qui ont voté \u2014 en 2008, le tiers des électeurs avaient voté par anticipation \u2014, Qbama aurait recueilli 60% des suffrages (30% pour Romney).En ajoutant ces deux groupes, le président sortant obtient 49% des votes (44% pour Romney).Le sondage montre que \\e gender gap est aussi favorable à Qbama: 56% des électrices choisissent Qbama (37% Romney), 51% des hommes soutiennent Romney (42% Qbama).Romney reçoit 49% des appuis parmi les électeurs blancs (42% pour Qbama).Qbama recueille 65% des intentions de vote parmi les moins de 40 ans alors que Romney séduit les plus de 65 ans et est en tête parmi les indépendants (53% contre 38% pour Qbama).Les grands électeurs S\u2019ils veulent l\u2019emporter, les candidats en,sont réduits à jongler avec les swing states (États charnières).BuzzPeed présente en deux graphiques réalisés par l\u2019institut de sondage (républicain) Public Qpinion Strategies les différentes options qui s\u2019offrent aux candidats pour atteindre les 270 voix du Collège électoral.Pour Mitt Romney, la victqire passe par le 3-2-1.Il doit remporter tous les États gagnés par John McCain en 2008 (soit 173 grqnds électeurs), auxquels il faut ajouter trois États historiquement rouges mais perdus par le sénateur de l\u2019Arizona (Caroline du Nord, Virginie et Indiana, soit 39 voix), puis les deux plus importants (par le nombre de grands électeurs au Collège électoral) swing states remportés par Bush en 2000 et en 2004 (Pl,oride et Qhio, soit 47 voix) et n\u2019importe quel État «joker» (New Hampshire, Nouveau-Mexique, Minnesota, lowa.Nevada, Colorado, Wisconsin, Michigan, Pennsylvanie)., Pour Qbama, il s\u2019agit de reprendre la carte des États gagnés par John Kerry en 2004 (251 grands électeurs) puis de choisir une route : celle des États de l\u2019Ouest (Nouveau-Mexique, lowa.Nevada, Colorado, qui lui donne 272 voix du Collège électoral), cellç de la Ploride (qui lui en donne 275), celle des États du Sud (Virginie et Caroline du Nord, qui lui en donnent 274) ou celle du Midwest (Ohio et lowa, qui lui donnent 270 voix).L\u2019agrégateur de sondages du site PiveThir-tyEigJit du New York Times permet de suivre les neuf États charnières qui vont décider de l\u2019élection le 6 novembre.Il propose de suivre les sondages au jour le jour, les visites des candidats, etc., et affirme, en date du 26 octobre, que le président a 73,1 % de chances de remporter l\u2019élection, avec 294 voix au Collège électoral.Le Monde LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 B 3 PERSPECTIVES Les ados et leur santé Le nombre de jeunes avec un surplus de poids a augmenté récemment Lundi dernier, l\u2019Institut de la statistique du Québec a rendu publique une étude sur la santé et les habitudes de vie des adolescents québécois.Alimentation, activités physiques, poids, tabagisme et consommation d\u2019alcool chez les élèves du secondaire ont été scrutés à la loupe par les évaluateurs de l\u2019Institut.JEANNE CORRIVEAU Une minorité d\u2019adolescents québécois mangent quotidiennement les six à huit portions de fruits et légumes recommandées par le Guide alimentaire canadien ou consacrent 60 minutes d\u2019activités physiques par jour comme le prescrivent les autorités de santé publique.Le nombre d\u2019élèves du secondaire souffrant d\u2019embonpoint continue de grimper et le quart d\u2019entre eux sont sédentaires.Faut-il s\u2019inquiéter de nos ados?Suzie Pellerin, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids, croit que oui.« Ce qui nous inquiète surtout, au-delà du surpoids, ce sont les maladies qui y sont associées, comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et différents cancers.On sort d\u2019une campagne électorale au cours de laquelle il a beaucoup été question des médecins de famille et des listes d\u2019attente dans les urgences.On se doit de mettre autant d\u2019énergie à prévenir l\u2019obésité parce que ce sont les générations futures qui risquent d\u2019être plus malades et de vivre moins longtemps que les générations précédentes», dit-elle.Professeur d\u2019éducation physique à l\u2019école se-condajre Sophie-Barat, dans Ahuntsic-Cartier-ville, Eric Laforest estime lui aussi que l\u2019état de santé des jeunes est préoccupant.11 y a des indices qui ne trompent pas, comme l\u2019endurance des jeunes au niveau cardiorespiratoire, si-gnale-t-il: «Parfois, on fait des échauffements de 5 à 10 minutes et ils sont finis.» Selon lui, le portrait dressé par l\u2019enquête de l\u2019ISQ est fidèle à la réalité.Sur le terrain, il observe une augmentation du nombre d\u2019adolescents avec un surplus de poids.Une infime proportion des jeunes font de l\u2019exercice de leur propre chef à l\u2019extérieur de l\u2019école, de là l\u2019importance d\u2019assurer des cours d\u2019éducation physique à l\u2019école, dit-il.Au cours des 23 dernières années, il a d\u2019ailleurs noté une baisse quant au goût pour l\u2019effort de la part de ses étudiants.«C\u2019est clair que ce n\u2019est plus comme avant, souligne-t-il.Il faut que ce soit facile et, lorsqu\u2019ils se retrouvent devant un exercice plus difficile, ils n\u2019aiment pas ça.Il faut que je les pousse plus qu\u2019avant, mais quand la relation est établie, ça va bien.» «Pourtant, les adolescents sont heureux quand ils bougent, poursuit-il./e vois des sourires et f entends des rires à chacun de mes cours.» S\u2019il croit que l\u2019état de santé des ados est préoccupant, il relève tout de même quelques aspects positifs : «Au niveau de la consommation de drogue, d\u2019alcool et de cigarette, il y en a toujours eu et il va toujours y en avoir, malheureusement.Au moins, je constate que la cigarette a diminué.Dans mon temps, il y avait un local pour fumer dans mon école secondaire.Donc, c\u2019est mieux aujourd\u2019hui.» 11 note aussi que l\u2019alimentation des jeunes s\u2019est améliorée, mais que la présence de restaurants offrant de la malbouffe autour des écoles constitue une sérieuse menace pour les saines habitudes en matière d\u2019alimentation.Poids, régimes et boissons sucrées 11 est difficile de mesurer avec précision les progrès ou les reculs en matière de santé des ados car la méthodologie de l\u2019enquête de l\u2019ISQ publiée lundi dernier diffère des précédentes études réalisées au Québec et au Canada sur les mêmes thèmes.Cette fois-ci, 63 200 jeunes fréquentant 470 écoles secondaires québécoises ont été sondés, ce qui constitue un vaste échantillonnage.« C\u2019est une photographie des jeunes du secondaire.Pour moi, c\u2019est l\u2019occasion de voir ce sur quoi il faut travailler », estime Chantal Bayard, chargée de dossiers à l\u2019Association pour la santé publique du Québec, qui hésite à se prononcer sur les écarts entre l\u2019état de santé des ados d\u2019aujourd\u2019hui et ceux des générations précédentes.Le mode de vie des Québécois a changé, tout comme l\u2019environnement familial : le fait que les deux parents \u2014 quand ils sont encore ensemble \u2014 travaillent JACQUES NADEAU LE DEVOIR Québec prépare un nouveau plan d\u2019action sur la santé des jeunes qui devrait être dévoilé d\u2019ici un et l\u2019attrait des ados pour les écrans d\u2019ordinateur et les consoles de jeu ne sont pas sans effets sur les habitudes en matière d\u2019alimentation et d\u2019activités.Une chose est sûre : la proportion de jeunes affichant un surplus de poids a augmenté au cours des dernières années et atteint maintenant 21%, alors que l\u2019obésité touche 7 % des adolescents.Chantal Bayard est particulièrement préoccupée par le recours, par un nombre croissant de jeunes, à des méthodes parfois dangereuses pour contrôler ou perdre du poids.Les adolescents qui, au cours des six mois précédant l\u2019enquête, ont posé des gestes à cet égard ont choisi de sauter des repas (souvent ou quelques fois) dans une proportion de 28%, de suivre une diète (12 %) ou de ne pas manger de (ajournée (11%).Ces stratégies sont néfastes, souligne Bayard.Quant aux régimes, les études démontrent qu\u2019ils sont inefficaces à long terme et que 95% des gens qui ont recours à cette méthode reprennent le poids perdu dans les cinq années suivantes.Selon Bayard, il est temps de se préoccuper de cette question qui est intimement liép à l\u2019apparence corporelle et à l\u2019estime de soi.A cet égard, l\u2019enquête révèle que 49% des jeunes sont insatisfaits de leur apparence physique.De son côté, Suzie Pellerin, de la Coalition Poids, espère que Québec prendra des mesures pour réduire la consommation des boissons énergisantes par les jeunes.Les députés français viennent tout juste de voter en faveur d\u2019une augmentation de 700% de la taxe spéciale sur les boissons énergisantes.La Coalition es- «Les adolescents sont heureux quand ils bougent.Je vois des père que cette mesure inspirera le gouvernement du Québec et elle suggère qu\u2019une redevance soit imposée aux fabricants ,de ces produits qui sont soupçonnés, aux Etats-Unis, d\u2019être liés à cinq décès.«Il y a 10 à 15 cuillerées à soupe de sucre dans ces boissons, en plus de la caféine, et on ne connaît pas les effets à long terme de leur consommation», souligne Pellerin.sourires et j\u2019entends des rires à chacun de mes cours.» Plan d\u2019action En 2006, Québec avait dévoilé un plan d\u2019action doté d\u2019une enveloppe de 400 millions de dollars pour promouvoir les saines habitudes de vie.Le plan comportait 70 mesures impliquant sept ministères sur des thèmes tels que l\u2019activité culturelle, l\u2019alimentation, l\u2019image corporelle les transports, l\u2019aménagement urbain et l\u2019éducation.Six ans plus tard, les résultats sont-ils tangibles ?Suzie Pellerin hésite.Le plan d\u2019action était «intéressant» et «pertinent», mais, selon elle, il avait le défaut de s\u2019éparpiller dans toutes les directions sans fixer d\u2019objectifs clairs.Un nouveau plan d\u2019action est en cours de préparation et devrait être dévoilé d\u2019ici un an.«Ily avait tellement d\u2019actions dans ce plan-là \u2014 il y en avait 75.Dans le cadre de la rédaction du nouveau plan d\u2019action, ma recommandation serait qu\u2019on se limite à une action significative par ministère», suggère-t-elle.Les solutions pour favoriser les bonnes habitudes de vie sont multiples, insiste-t-elle, pas seulement à la maison et à l\u2019école, mais également dans l\u2019environnement urbain et les transports.Mais encore faudrait-il en faire une réelle priorité.Le Devoir FILIERE SUITE DE LA PAGE B 1 contestés par l\u2019Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.«M.Bouchard sème la confusion quand il déforme les chiffres en parlant de 30% d\u2019intégration du gaz de schiste en provenance de l\u2019Ouest alors que l\u2019Office national de l\u2019énergie parle plutôt de 4 %>.Le site de l\u2019industrie Gaz naturel canadien mentionne même que la production à grande échelle n\u2019est pas encore une réalité au Canada», a expliqué son président, André Bélisle.Difficile, en fait, de connaître le taux exact.Gaz Métro ne le connaît pas.Oui et non L\u2019exploîtatîon du gaz de schîste québécoîs pourraît effectivement constituer une bonne option énergétique, estime Pîerre-Olîvîer Pî-neau, spécîalîste des polîtîque,s énergétiques et professeur à HEC Montréal.A condition toutefois de s\u2019assurer de la sécurité, environnementale de l\u2019exploitation, que l\u2019Etat ne subventionne pas le secteur, mais aussi qu\u2019on se dote d\u2019un véritable plan de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES).Et ce plan ne peut passer que par une réductlqn de notre consommation effrénée d\u2019énergie.A lui seul, le secteur des transports est responsable de plus de 40% des émissions de GES.Un secteur oû le gaz naturel ne sera pas appelé à jouer un rôle Important au cours des prochaines années.Les groupes environnementaux appellent au contraire à toqrner le dos à cette filière.Le porte-parole d\u2019Equiterre, Steven Guilbeault, rejette l\u2019idée voulant que le gaz de schiste constitue une énergie de «transition » vers des sources plus «propres».Citant l\u2019AIE, il a rappelé que l\u2019organisme a déjà reconnu que les investissements massifs dans le gaz de schiste avaient plutôt tendance à ralentir ceux nécessaires pour développer le secteur des énergies renouvelables.«Si on met beaucoup d\u2019argent pour développer le gaz de schiste, c\u2019est de l\u2019argent qu\u2019on ne peut pas mettre dans les énergies propres ou utiliser pour améliorer notre efficacité énergétique.Les investissements dans le secteur de l\u2019énergie ne sont pas un puits sans fond, notamment dans un contexte d\u2019incertitudes économiques mondiales.» «Ces investissements nous enferment également dans un système énergétique toujours basé sur les combustibles fossiles émetteurs de gaz à ef- fet de serre», a-t-il ajouté.Un phénomène qui risque d\u2019affecter le Québec si le gouvernement donne son aval à l\u2019exploitation des hydrocarbures.Sans oublier les risques environnementaux qui restent à préciser.M.Guilbeault ne croit pas non plus à la possibilité de lutter efficacement contre les changements climatiques en recourant davantage à une source d\u2019énergie fossile.«L\u2019exploitation du gaz de schiste ne permet pas vraiment de réduire les émissions de GES.Il y a aussi tout un débat sur le bilan carbone des gaz de schiste, et ce, même par rapport au charbon.Oui, le gaz naturel est plus propre d\u2019un point de vue de bilan atmosphérique.Mais d\u2019un point de vue de réduction des GES, ce n\u2019est pas la panacée.Et ce n\u2019est certainement pas ce dont nous avons besoin pour nous diriger vers une réduction des émissions.» Une étude publiée plus tôt cette année par la National Qceanic and Atmospheric Administration des Etats-Unis et l\u2019Université de Boulder au Colorado concluait même que les émissions de gaz de schiste sont deux fois plus importantes que ce que rapporte cette industrie, au point d\u2019équivaloir à celles du charbon, le pire combustible fossile pour le climat planétaire.Le Devoir Le bout du chemin Michel David Fred Pellerin a terminé l\u2019hommage à René Lévesque qu\u2019il a transmis au Devoir çar les mots suivants: «Et nous sommes toujours en chemin.» Vingt-cinq ans après la mort du père fondateur du Parti québécois, on n\u2019en voit toujours pas le bout.111 \u2019avait bien dit dans ses mémoires : « Ce qui restera vrai, cependant, c\u2019est que l\u2019idée de l\u2019indépendance a besoin d\u2019apprendre à patienter, à durer jusqu\u2019au jour où elle reposera non plus sur un mouvement, si vaste soit-il, mais carrément sur un peuple.» M.Lévesque citait lui-même Pierre Vadebon-cœur, qui écrivait en 1984, au moment oû le PQ était menacé d\u2019éclatement par le « beau risque » qu\u2019il lui proposait: «L\u2019indépendantisme ne doit pas tuer l\u2019indépendance [.] Il ne doit pas devenir une politique imaginaire empêchant toute politique réelle.Autrement, que restera-t-il de nous, vraiment?» Après un quart de siècle, ces remarques sont toujours d\u2019actualité.La courte victoire péquiste du 4 septembre dernier a eu pour effet de mettre temporairement en veilleuse le débat entre les impatients et ceux qui sont moins pressés, mais il reprendra inévitablement au lendemain des prochaines élections, que le PQ obtienne une majorité parlementaire ou qu\u2019il soit renvoyé dans l\u2019opposition.Après le coup de force constitutionnel de 1982, le « beau risque » a été perçu comme une véritable trahison de la cause souverainiste.Force est toutefois de reconnaître que la majorité des Québécois ne s\u2019étalent pas plus Indignés de la forfaiture de Pierre Elliott Trudeau qu\u2019ils n\u2019ont réagi à l\u2019adoption de la Loi sur la clarté dix-huit ans plus tard.M.Lévesque avait exposé ses raisons très clairement dans une entrevue publiée l\u2019année de sa mort dans la revue française Toudi.«Il ne fallait à aucun prix recommencer.à tout recommen-« L\u2019idée de\tproprement enquiquiner les gens avec une question l\u2019independance qui, pour l\u2019heure, n\u2019était plus ,\t.\tleur souci majeur.En un a Desoin\tmot, U fallait éviter de se ti\u2019annrpntirp\tbalayer de la carte, éli- miner.Mais l\u2019idée de souveraineté, je ne l\u2019ai jamais abandonnée.» 11 avait même laissé un cadeau d\u2019adieu empoisonné au camp fédéraliste.L\u2019accord du lac Meech était contenu en germe dans le «Projet d\u2019accord constitutionnel» qu\u2019il avait transmis à Brian Mulroney tout juste avant sa démission.Certes, la reconnaissance du «peuple québécois » a été remplacée par celle de la « société distincte», et les «conditions» de l\u2019adhésion du Québec à la Constitution canadienne ont été diluées, mais les deux textes prévoyaient une nouvelle ronde de négociations pour revoir le partage des pouvoirs.M.Lévesque savait très bien que, peu importe l\u2019identité de son successeur, le PQ était voué à retourner dans l\u2019opposition.Un autre que Robert Bourassa n\u2019aurait peut-être pas réactivé le dossier constitutionnel, d\u2019autant moins que l\u2019opinion publique ne le réclamait aucunement, bien au contraire.M.Lévesque connaissait cependant son ancien collègue suf fisamment bien pour se douter qu\u2019il s\u2019en sentirait l\u2019obligation.à patienter» -René Lévesque «L\u2019indépendance a besoin d\u2019apprendre à patienter.» C\u2019est le principe qui sous-tend la stratégie du PQ, y compris la «gouvernance souverainiste » de Pauline Marois, depuis l\u2019échec de 1995.La formule du «référendum le plus tôt possible à l\u2019intérieur du prochain mandat», officiellement inscrite dans le programme entre juin 2005 et avril 2011, n\u2019a jamais été autre chose qu\u2019un vœu pieux imposé par la gestion interne du parti.Les données du recensement de 2011 rappellent toutefois cet autre avertissement qu\u2019avait lancé M.Lévesque: «Si, d\u2019ici à l\u2019an 2000, le Québec n\u2019a pas accédé à l\u2019indépendance, nos chances diminueront pour des raisons démographiques, sociales et économiques.» La déclaration de Jacques Parizeau à propos des votes ethniques était sans doute maladroite au plan politique, mais elle n\u2019en était pas moins juste.Tous les sondages effectués depuis 1995 confirment que les non-francophones demeurent catégoriquement opposés à la souveraineté, et ils représentent une part grandissante de l\u2019électorat.La nécessité de contrer les effets du recul du français à Montréal, qui se manifeste maintenant dans ses banlieues, illustre très bien l\u2019opposition entre «politique imaginaire» et «politique réelle» qu\u2019évoquait Pierre Vadeboncœur.La souveraineté serait sans doute l\u2019amendement à la Charte de la langue française le plus efficace, mais chacun sait que le mieux est l\u2019ennemi du bien.Vu l\u2019urgence d\u2019agir, ne vaut-il pas mieux utiliser les pouvoirs dont dispose un «bon gouvernement» provincial plutôt que de tout miser sur un hypothétique référendum gagnant?Pour paraphraser M.Vadeboncœur, que res-tera-t-il de nous, vraiment, si la bataille de la langue est perdue?Qu\u2019y aurait-il au bout du chemin de Fred Pellerin?mdavid@ledevoir.corn B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 EDITORIAL INVESTISSEMENTS Dire non à la Chine Après avoir requis un mois de réflexion supplémentaire, Ottawa annoncera sous peu s\u2019il autorise la société d\u2019Etat chinoise CNOCC à acquérir la pétrolière albertaine Nexen inc.Alors que certains n\u2019y voient aucun problème, d\u2019autres se méfient d\u2019un Etat comme la Chine dont le seul objectif est d\u2019ajouter les richesses des autres nations à son portefeuille de ressources stratégiques.Ils ont raison ! L Jean-Robert Sansfaçon a Chine a soif de ressources et, grâce aux billions de dollars accumulés ces dernières années, la voilà à l\u2019assaut des régions du monde qui peuvent les lui fournir à bon prix.Comme d\u2019habitude, l\u2019approche adoptée par le gouvernement chinois est aussi stratégique que le produit convoité, et les sommes offertes sont colossales au regard de la valeur souvent dévaluée des entreprises convoitées.La Chine a compris les faiblesses du capitalisme et appris à en tirer profit! A cause de son ouverture exceptionnelle aux investissements étrangers, le Canada, et dans une moindre mesure le Québec, est dans la mire des sociétés d\u2019Etat chinoises.C\u2019est le cas du géant de l\u2019acier WISCO, qui exploite une mine de fer au nord du Québec, et plus récemment de la China National Qffshore Qil Petrolium (CNQQC), qui a offert 15,1 milliards de dollars pour acquérir la société albertaine Nexen, classée douzième au palmarès des pétrolières canadiennes.Pour Nexen, la prime consentie équivaut à 60% de la valeur en Bourse au moment ___ de l\u2019offre d\u2019achat.Comme pour chaque tentative d\u2019acquisition ^\t' de grandes compagnies par des intérêts étran- gers, la loi exige d\u2019Qttawa qu\u2019il juge si la transaction comporte un «avantage net» pour le pays avant de donner son aval.Qr, comme il n\u2019existe aucune définition de ce qu\u2019est un avantage net, la décision gouvernementale varie au gré des humeurs et des forces en présence au moment de la transaction.Rares sont les cas de refus, mais il y a deux ans, Qttawa avait bloqué l\u2019achat de Potash Corp.par des intérêts anglo-australiens sous la pression du gouvernement de la Saskatchewan.Dans une autre cause, il avait pris la même décision pour des raisons de sécurité nationale et, la semaine dernière, il refusait la vente de la Progress Energy à la société d\u2019Etat malaisienne Petronas sans justifier sa décision.Dans les milieux financiers, on dit craindre que ces quelques refus lancent un message de fermeture aux investisseurs étrangers.Ce qui n\u2019est évidemment pas le cas ! Au contraire, s\u2019il faut craindre quelque chose, ce sont plutôt les ventes au rabais de sociétés détenant des droits d\u2019exploitation de nos ressources collectives.Surtout quand l\u2019acheteur est le gouvernement d\u2019un pays soupçonné d\u2019espionnage industriel, aussi peu respectueux des lois du marché et des règles du commerce international que la Chine ! Le Canada et le Québec ont besoin de partenaires pour développer leurs ressources, cela est une évidence.Ce qui n\u2019interdit pas l\u2019extrême prudence à l\u2019endroit de sociétés sous contrôle de gouvernements étrangers aux ambitions politiques parfois diamétralement opposées aux nôtres.Dans le cas précis du projet d\u2019acquisition de Nexen par la CNQCC, Ottawa doit dire non en précisant qu\u2019à l\u2019avenir, aucune société d\u2019Etat sous contrôle d\u2019un gouvernement non démocratique ne pourra détenir une participation majoritaire au capital d\u2019une firme canadienne d\u2019exploitation de ressources.Il en va du contrôle que nous exerçons sur le rjjhme d\u2019exploitation de nos ressources et de l\u2019usage qui en sera fait à l\u2019avenir.j-rsansfacon @ledevoir ca RÉFÉRENDUM À SOREL Résistance culturelle D Josée Boileau imanche se tiendra à Sorel un référendum qui ne peut que susciter l\u2019étonnement et qui est pourtant l\u2019archétype de discussions qui ont cours dans bien des villes, petites ou moyennes, du Québec dès qu\u2019il est question d\u2019aménagement.Eaut-il ou non que la Ville investisse dans un bâtiment historique doté d\u2019une salle de spectacle pour lequel des subventions de Québec et d\u2019Qttawa totalisant six millions de dollars sont déjà acquises si Sorel va de l\u2019avant?Tous les partis politiques provinciaux appuient le projet, tout comme la Chambre de commerce de l\u2019endroit.La réponse devrait donc aller de soi, et, pourtant, ça branle dans le manche ! Même l\u2019ancien député du coin, Sylvain Simard, péquiste affirmé, vient de vanter les efforts déployés par l\u2019ex-ministre libérale de la Culture, Christine St-Pierre, qui a dû batailler fort pour débloquer les subventions nécessaires à la rénovation de l\u2019historique Marché Richelieu, situé en plein cœur de la ville.Les 5,2 millions promis par Québec, «ça ne repassera pas dans deux mois, ni dans deux ans», a-t-il souligné avec raison.Les adversaires du projet craignent que les 1,4 million de dollars requis de la Ville, outre de l\u2019endetter, soient investis dans un projet mal ficelé et qui ne pourra être rentabilisé.Leur opposition n\u2019est pas liée à la conservation du bâtiment, mais à sa vocation, jurent-ils.Reste que l\u2019arrière-fond de cette affaire laisse songeur.C\u2019est de culture, qu\u2019on cause, pas d\u2019un aréna, et, en ce domaine, on a la suspicion rapide au Québec.Pourquoi investir dans une salle de 400 places au centre-ville quand on a deux poljwalentes pour accueillir les artistes ?entend-on à Sorel.Et ce soutien au centre-ville, n\u2019est-ce pas une concurrence déloyale pour les commerces situés à l\u2019extérieur, qui ne vivent pas, eux, aux crochets de l\u2019argent public ?La Ville a au moins eu l\u2019intelligence, en mars, de faire citer le Marché Richelieu comme bâtiment patrimonial, ce qui oblige à l\u2019entretenir.Un vrai contraste avec ce qu\u2019on a pu voir l\u2019an dernier à Saint-Hyacinthe, qui a laissé démolir avec la plus grande indifférence la Maison Dessaulles, où a vécu Henriette Des-saulles, première femme journaliste au Québec.Le conseil municipal avait refusé d\u2019exercer son droit de citer la résidence.La maxime de bien des Québécois est simple : les vieilles bâtisses, ça s\u2019apprécie seulement quand on joue les touristes en Europe ! Et même quand, comme à Sorel, des élus ont à cœur ce qui devrait aller de soi \u2014 la préservation de l\u2019histoire, la vitalité d\u2019un centre-ville, l\u2019expansion de la culture, si mal desservie hors des grands centres \u2014, la résistance est implacable.Qn a bien peu appris depuis que tout le Québec chantait Rue principale des Colocs, il y a presque 20 ans.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO T 'Wit-lo.xl LETTRES La girouette québécoise Un sondage CRQP réalisé pour le compte de La Presse nous apprend que, si Justin Trudeau était le chef du Parti libéral du Canada, le parti serait premier dans les intentions de vote au Québec.Qr, sans le nom «Trudeau» sur le bulletin, le parti chute de 16% dans les appuis.Je ne peux m\u2019empêcher de croire que nous sommes assez dupes pour voter en fonction d\u2019un simple nom.Rappelez-vous la vague orange qui a déferlé sur le Québec lors des dernières élections fédérales.Beaucoup de gens ont voté pour Layton sans savoir pourquoi, seulement parce qu\u2019il avait fait bonne impression à Tout le monde en parle.Sans rien enlever à M.Layton, pour être élu au Québec, il semble que tout ce que ça prend, c\u2019est un beau sourire, et avoir l\u2019air vrai.Depuis qu\u2019il a annoncé sa candidature à la chefferie du PLQ, Justin Trudeau semble avoir disparu.Il est très effacé dans les médias, mais son nom fait son petit bout de chemin dans les intentions de vote.Sans dire un mot, l\u2019électorat québécois en a fait son chouchou, paraît-il.Encore une preuve de notre naïveté collective.Avec ces conclusions, tout porte à croire que, ce qui manque au Québec pour avoir son pays, c\u2019est le retour d\u2019un sympathique personnage fervent défenseur du Oui.Ça pogne plus que les convictions de nos jours, semble-t-il.Yanick Desrochers Etudiant au cégep de Lanaudière à Joliette Joliette, le 25 octobre 2012 Honte à vous J\u2019en veux à ces égocentriques qui ne pensent qu\u2019à eux.J\u2019en veux à ces mafieux, ces mauvaises personnes, qui ne pensent qu\u2019au pouvoir de l\u2019argent.J\u2019en veux à ces politiciens malhonnêtes, à ces cadres et à ces ingénieurs corrompus qui deviennent leurs complices.Ils nous volent des millions de dollars.Ainsi, ils nous appauvrissent.Ils mutilent et fragilisent notre société et notre humanité.Pendant ce temps, les écoles et les hôpitaux souffrent de sous-financement.Il n\u2019y a pas assez de psychologues dans nos écoles pour aider nos enfants qui souffrent, car il n\u2019y a pas d\u2019argent.Les urgences débordent.Les listes d\u2019attente n\u2019en finissent plus.Chose certaine, le contexte social actuel « d\u2019insalubrité » et de puanteur me donne beaucoup de matière à discuter avec mes élèves.Honte à vous, ignobles individus ! Alain Tremblay Enseignant du cours Éthique et culture religieuse en 4'- secondaire Le 25 octobre 2012 S.O.S.101 Le Parti québécois a annoncé son intention de renforcer la loi 101 afin de l\u2019appliquer au niveau collégial, interdisant ainsi aux francophones de fréquenter les cégeps anglophones.C\u2019est une mesure tout à fait radicale, irréfléchie de la part du PQ.Quiconque devrait pouvoir choisir la langue propice à favoriser la réussite de ses études, surtout lorsqu\u2019on parle d\u2019études supérieures.Bientôt, les cégeps francophones seront surpeuplés; c\u2019est impensable d\u2019imaginer qu\u2019ils peuvent présentement accueillir tous les étudiants issus de milieux non anglophones.Ce n\u2019est pas que la langue qui est en jeu, c\u2019est l\u2019avenir de centaines de milliers de jeunes.Gabrielle Martineau Étudiante au cégep de Lanaudière à Joliette Saint-Jacques, le 25 octobre 2012 REVUE DE PRESSE Pauvre démocratie.MANON CORNELLIER Lm état de notre démocratie est un ^ sujet récurrent dans les chroniques publiées dans la presse anglophone.Il faut dire que la matière ne manque pas.Une pièce de choix: le second projet de loi budgétaire C-45, ce mammouth hétéroclite que le gouvernement veut faire adopter rapidement.Comme le note Stephen Maher, de Postmedia News, il faut féliciter le premier ministre Stephen Harper pour la réduction de sa propre pension et de celles des parlementaires, mais il serait bien qu\u2019il permette aux députés de mériter leur paie en leur donnant la possibilité d\u2019étudier et de débattre les projets de loi.John Ivison, du National Post, trouve tout aussi intrigant cette volonté apparente du gouvernement de vouloir garder les députés dans le noir, y compris les siens, quand vient le temps de faire approuver ses dépenses.Les documents budgétaires et financiers sont alambiqués, les députés arrivent mal à s\u2019y retrouver et le gouvernement ne fait rien pom les aider alors que «le rôle le plus important des élus est de s\u2019assurer que les contribuables en ont pour leur argent».Un comité parlementaire a, dans un rapport unanime et donc appuyé par les membres conservatems, recommandé de modifier le moment et la façon de présenter, pour approbation, le plan de dépenses du gouvernement.Ce dernier a rejeté l\u2019essentiel des recommandations.Ivison s\u2019inquiète de l\u2019érosion du rôle de gardien des finances publiques du député.«Il ne s\u2019agit pas de l\u2019argent du Parti conservateur, écrit-il, ils doivent obtenir la permission du Parlement pour le dépenser.Il ne faudrait pas, pour ce faire, exiger des députés qu\u2019ils aient les pouvoirs d\u2019enquête de Sherlock Holmes, le génie des mathématiques [.] et la patience de Job.» Les remparts Dans ce contexte, la bataille du directeur parlementaire du budget Kevin Page pour obtenir des données sur les compressions budgétaires apparaît plus pertinente que jamais, écrit Tlm Harper, du Toronto Star.Elle est même fondamentale pour notre système parlementaire.Le fait qu\u2019il soit forcé de menacer le gouvernement d\u2019une poursuite judiciaire «en dit long sur la culture de peur qui sévit dans la capitale, sur la prédilection de ce gouvernement à diaboliser ses opposants et sur le peu de cas qu\u2019il fait de sa promesse de transparence et de reddition de comptes, la principale raison pourquoi nous envoyons des députés à Ottawa ».Andrew Coyne, du National Post, va dans le même sens.Il revient sm l\u2019étude du plan de dépenses du gouvernement, communément appelé l\u2019étude des crédits.«Comme à peu près tout dans notre Parlement actuel devenu largement cérémonial, les députés posent les gestes requis pour la forme, privés qu\u2019ils sont du temps ou des faits nécessaires pour voter de façon informée.» Selon lui, le manque de données financières mène à une absence de reddition de comptes.Il déplore l\u2019Intimidation, le harcèlement et l\u2019obstruction auxquels fait face le DPB, une créature des conservatems.Plus Inquiétant à ses yeux est le piètre état dans lequel se trouvent les mécanismes traditionnels de supervision du gouvernement.Crise et solutions Pour plusieurs commentateurs, notre démocratie est en crise.Don Lenihan, sm le site iPolitics, estime toutefois qu\u2019il faut regarder au-delà des personnes et identifié les problèmes systémiques, dit-il.L\u2019un d\u2019eux est le passage de la défense du bien commun à la technique du marketing politique.Qn ne répond plus aux besoins.Qn traite les citoyens en consommateurs à qui on offre des politiques taillées sur mesme pour obtenir îem vote.Le renversement de cette tendance dépend de l\u2019engagement des citoyens, des médias et de politiciens prêts et aptes à changer cette façon de faire, dit Lenihan.Tout un programme.Barbara Yaffe, du Vancouver Sun, ne se fait pas d\u2019illusions.Selon elle, «les Canadiens ont la démocratie qu\u2019ils méritent».C\u2019est parce qu\u2019ils s\u2019en préoccupent peu que certains politiciens peuvent prendre des libertés avec nos traditions parlementaires.Ils prorogent prématurément des sessions, présentent des projets de loi omnibus et les citoyens haussent les épaules.«Nos Parlements sont pourtant le lieu où les chejs et les ministres doivent rendre publiquement des comptes sur leurs décisions et les dépenses publiques et où les députés de l\u2019opposition peuvent jouer un rôle modeste dans la gouverne du pays.» Michael DenTandt, de Postmedia News, croit aussi que les citoyens ont lem rôle à jouer pour remédier à la situation actuelle.«Les partis politiques ne peuvent guérir leurs propres maux.Pas d\u2019eux-mêmes, du moins.Ils sont en conflit d\u2019intérêts.Seule la volonté populaire peut les pousser vers une réforme.Mais avant que cela arrive, il faudra que les Canadiens ordinaires, ces amateurs de Tim Hortons dont la somnolence est tenue pour acquise depuis longtemps par le gouvernement Harper, cessent d\u2019accepter les violations servies goutte à goutte.Les Canadiens commencent peut-être à réaliser qu\u2019une tradition parlementaire centenaire, basée sur les conventions de décence, d\u2019équité et de retenue, est réécrite au fil des jours.Si Jean Chrétien a écorné le recueil des règles non écrites, Harper et McGuinty Vont brûlé.» D\u2019où l\u2019mgence de réagir.mcornellier@ledevoir.com LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 B 5 IDEES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Depuis les rébellions de 1837-1838, le syndrome Louis-Joseph Papineau conditionne noti*e inconscient collectif.Plus que la défaite, la victoire nous fait peur.POLITIQUE QUEBECOISE La révolution intranquille VICTOR-LEVY BEAULIEU Écrivain Nous publions une version écourtée d\u2019une conférence prononcée vendredi au Souper-conférence 2012 de L\u2019Action nationale.La version complète sera publiée dans le prochain numéro de la revue.a maladie a parfois ceci de bon qu\u2019elle vous oblige à vous détacher des choses lointaines pour vous préoccuper davantage de celles qui sont proches.J\u2019ai passé la récente campagne électorale assis dans mon fauteuil, devant le petit écran ou devant mon portable, à en suivre les péripéties.J\u2019avoue ne pas avoir compris pourquoi analystes et commentateurs n\u2019ont cessé de dire à quel point cette campagne était fascinante à observer.[.] Durant la dernière semaine de la campagne électorale, qui fut d\u2019un vide absolu, je crois bien que tout le monde avait compris que, peu importe le parti qui serait porté au pouvoir, il n\u2019y aurait guère de changements fondamentaux dans la société québécoise.Les trois grands partis ont donc obtenu, à quelques points près, le même nombre de voix.[.] L\u2019inconscient collectif québécois n\u2019a guère changé depuis 1976: si notre peuple ne cesse de s\u2019interroger sur son identité, sur sa précarité, voire sur sa fin, c\u2019est que nous vivons toujours le cauchemar de la défaite.Dans une autre société que la nôtre, Jacques Parizeau n\u2019aurait sans doute pas démissionné de sa fonction de premier ministre au lendemain du référendum de 1995.Le premier ministre aurait sans doute eu recours à tous les moyens pour dénoncer les malversation^ antidémocratiques du gouvernement fédéral.A la limite, il aurait pu déclencher un deuxième référendum.Dommage pour nous qu\u2019il ne l\u2019ait pas fait puisque, collectivement, nous en eûmes les jambes coupées et avons accepté passivement que ce référendum que nous avons dans les faits gagné devienne une amère défaite.C\u2019est ce que j\u2019appelle le sjmdrome Louis-Joseph Papineau qui, depuis les rébellions de 1837-1838, conditionne notre inconscient collectif.Plus que la défaite, la victoire nous fait peur.Pourquoi?Inconscient collectif fissuré Peut-être nos élites politiciennes ne savent-elles pas amalgamer les choses proches et les choses lointaines, de sorte qu\u2019il y a là dissociation de la pensée collective.Et quand il y a ainsi dissociation de la pensée collective, il ne peut pas y avoir véritablement de projet de société.Le seul que le Québec s\u2019est donné au siècle dernier, c\u2019est celui de la Révolution tranquille, donc il y a plus de 60 ans.[.] Aujourd\u2019hui, les Québécois paraissent divisés comme ils ne l\u2019ont jamais été, fragiles comme ils ne l\u2019ont jamais été, ouverts à tout et, en même temps, fermés à tout, les choses se passant comme si notre inconscient collectif s\u2019était fissuré, pour ne pas dire fractionné à son extrême limite.Quand un peuple en arrive là, la conscience nationale devient peau de chagrin.[.] Voilà pourquoi je pense que Pauline Marois s\u2019est peut-être fait à elle-même un cadeau de Grec en devenant la première femme de notre histoire à devenir première ministre du Québec.[.] Par chance, les péquistes furent élus, mais pour former un gouvernement minoritaire.Qn sait jusqu\u2019à quel point le premier mois du gouvernement de Pauline Marois fut chaotique.Il nous a remis en mémoire le gâchis du Mario Dumont de 2007, qui devint le chef de l\u2019opposition officielle.[.] On connaît trop bien la suite pour ne pas s\u2019inquiéter de ce que pourra vraiment faire le gouvernement péquiste des projets les plus importants de son programme sur la langue, les ressources naturelles, l\u2019environnement, la réforme fiscale et la culture.[.] Il ne faut donc pas attendre de miracle de ce gouvernement.Forcé à ne voir qu\u2019aux choses proches, il devra mettre beaucoup d\u2019eau dans son vin, ne serait-ce que pour conserver le pouvoir jusqu\u2019à ce que le Parti libéral renouvelé représente à nouveau un fameux risque non seulement pour le Parti québécois, mais pour l\u2019idée même de l\u2019indépendance.[.] Faut-il alors désespérer,de tout?Peut-on se réconforter à l\u2019idée que les Ecossais tiendront bientôt un référendum sur leur indépendance, que les Basques et les Catalans semblent aussi s\u2019y diriger?Pas tout à fait.Les Ecossais, les Basques et les Catalans forment des sociétés homogènes sur des territoires qu\u2019ils occupent en totalité.Ce n\u2019est pas notre cas au Québec.[.] Uintranquillité Après les élections du 4 septembre, après le premier mois chaotique du gouvernement Marois et face à la prochaine session parlementaire, ça serait encore faire montre de naïveté que de croire que nous ne vivrons pas l\u2019intranquillité.Majoritaire, le gouvernement du Parti québécois aurait sans doute pu se livrer à une gouvernance souverainiste peu dérangeante.Mais ça ne sera pas le cas, parce qu\u2019il est minoritaire et qu\u2019il n\u2019est pas préparé à gouverner autrement.Avec des adversaires politiques qui ont tout intérêt à le faire mal paraître, les frustrations s\u2019ajouteront aux frustrations, les turbulences aux turbulences, les crises aux crises, autrement dit à une intranquillité telle que le Parti québécois ne pourra pas y faire face à moins de se réinventer.Si le passé est garant de l\u2019avenir, je doute fort que le Parti québécois y arrive de son plein gré, qu\u2019il sache profiter de cette intranquillité pour en faire une force victorieuse, aussi bien dans les choses proches que dans les choses lointaines.Depuis trop longtemps électoraliste, le syndrome Louis-Joseph Papineau, celui de la défaite, trop profondément gravé en lui, le Parti québécois, même malgré nous, pourrait bien nous forcer à des choix radicaux.Peu de temps devant nous Nous devons nous y préparer dès maintenant.Voilà pourquoi je propose que nous nous inspirions de ces mouvements de masse qui émergent en Europe, qui rassemblent les femmes et les hommes politiques de toute allégeance, les étudiants et les groupes de pression, les syndicalistes et les entrepreneurs, les scientifiques et les agriculteurs, les intellectuels et le monde dit ordinaire, autrement dit les forces vives de la nation, et cela dans un but commun: sortir de l\u2019intran-quillité par une remise en question des institutions, de la bureaucratie qui les parasite, du corporatisme qui en est le corollaire et du grand capitalisme qui force vicieusement le monde à danser en rond.Nous vivons la fin d\u2019un Moyen Age et nous avons à inventer la Renaissance.Pour que l\u2019indépendance du Québec devienne une réalité, seul un véritable projet national, donc révoludonnaire-ment intranquille, mais capable de relier les choses proches et les choses lointaines, peut en être le catalyseur.Nous avons peu de temps devant nous pour mener dans ses grosseurs cette révolution intranquille.Mais si les étudiants ont réussi à créer le «printemps érable», pourquoi un grand rassemblement des forces vives de notre nadon ne pourrait-il pas y arriver?[.] Qn ne vient pas au monde si on ne bat pas avec fureur des mains et des pieds, si on n\u2019apprend pas à hurler! Un pays, ce n\u2019est pas autre chose que le soi naissant aspirant au nous reconnaissable et reconnu.Jouer de la casserole ne suffit malheureusement pas pour passer de ce soi naissant au nous reconnaissable et reconnu.Comme l\u2019a encore écrit Nietzsche, il faut qu\u2019il y ait transvaluation de foutes les valeurs pour qu\u2019on puisse échapper à l\u2019Eternel Retour du Même.Il m\u2019apparaît urgent qu\u2019on en prenne conscience dès maintenant et qu\u2019on agisse en consequence ¥ m AGENCE ERANCE-PRESSE Je propose que nous nous inspirions de ces mouvements de masse qui émergent en Europe.Pourquoi i i?\u20221\u2014 ' \\ / / \u2018 : Denise I.Bombardier Pour comprendre l\u2019acharnement que le maire Gérald Tremblay déploie pour achever son mandat, il faut faire appel au système de valeurs qui inspire les actes de trop de braves gens qui se font une gloire de ne pas se mêler des affaires des autres, comme ils disent.Le maire ne se représentera pas, mais il persiste à se vivre comme une victime du système de corruption qui prévalait autour de lui.Jadis, celui qui exerçait l\u2019autorité se sentait responsable de ses subordonnés.Au Japon, des dirigeants se sont déjà fait hara-kiri à la suite de la faillite de leurs entreprises.Qn n\u2019en demande pas tant sous nos deux.Mais il ne fait pas de doute que l\u2019idée même de responsabilité s\u2019est diluée.Qr l\u2019exercice de tout pouvoir est indissociable de la responsabilité.Ne pas savoir est aussi un choix d\u2019une moralité douteuse.Fermer les yeux ouvre la porte à toutes les dérives.L\u2019ingénieur Gilles Surprenant ne peut pas exister sans son Gérald Tremblay.Les corrupteurs ont besoin des non-voyants, des «je ne sais pas ce qui se passe» qui, par contre, détiennent l\u2019autorité.Cette mentalité, on la retrouve dans tous les secteurs d\u2019activité et à chaque niveau hiérarchique.Ne pas savoir met à l\u2019abri non seulement des critiques, mais de la culpabilité, dont on a la phobie au Québec depuis que l\u2019on s\u2019est cru affranchi des péchés, des interdits et des tabous dans une confusion générale des genres.Le maire de Montréal ne savait pas, donc il n\u2019est pas coupable de la corruption qui régnait dans les murs de la ville.Et comme il ne se sent pas coupable, personne ne peut lui faire de reproches.Il a les mains nettes même s\u2019il a la mine grise depuis quelque temps.Et probablement qu\u2019il ne comprend pas ce qu\u2019il a fait de mal.Son angélisme désarçonne, mais l\u2019angélique ne commet pas de crime.Il n\u2019ouvre que la voie de ceux qui, eux, passent à l\u2019acte.Et pourquoi tous ces fonctionnaires, petits ou hauts, qui eux baignaient au jour le jour dans le climat pourri, se taisaient-ils ?Pour ne pas avoir de problèmes, évidemment.Se tenir à carreau est une posture moins risquée, et n\u2019est-ce pas celle d\u2019une majorité de gens soucieux de leur confort, allergiques aux soucis, ayant peur de perdre leur job?C\u2019est humain, somme toute.Les courageux ne courent pas les rues, cela se saurait.Ceux qui parlent aujourd\u2019hui, qui se confessent publiquement, le font sous la contrainte en essayant de faire pitié et en prenant un plaisir à peine contenu à raconter leurs forfanteries.De là notre malaise à les observer mutés en stars d\u2019un soir avant que la nuit pénitentiaire ne les renvoie au silence.Les citoyens des villes, Montréal avant tout, ont érodé leur intérêt pour la chose municipale sans se soucier qu\u2019en ne s\u2019occupant pas de leurs affaires, des petits malins assoiffés d\u2019enveloppes brunes ou de gros vautours à l\u2019asphalte brûlant allaient, mine de rien, s\u2019introduire dans les interstices des partis politiques ou des institutions démocratiques.Nous en sommes à constater les dégâts.Comment alors remettre de la responsabilité dans la tête des gens qui se mêlent de leurs affaires ?Nous habitons tous la maison commune qu\u2019est le Québec.Nous habitons tous une ville, un milieu de vie, un métier, un syndicat, une entreprise.Notre responsabilité n\u2019est pas que verticale, elle est aussi horizontale.L\u2019éthique collective n\u2019est pas la somme des éthiques personnelles.Et ceux qui l\u2019incarnent de par leur fonction doivent en assumer les dérapages et les perversions.Tous les «je me mêle de mes affaires», les «je ne sais pas» et les «ça ne m\u2019intéresse pas » devraient faire leur mea-culpa.Ne pas savoir met à l\u2019abri non seulement des critiques, mais de la culpabilité, dont on a la phobie au Québec denbombardier@videotron.ca Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)Y2Aoien T>eg^se(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales).Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertésaw^cJ ; information politique : Michel Y>dN\\A(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Tailleferfrcpcr^crsJ, Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Émilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michéle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai' (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web),Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 ARCHITECTIIRB H).DESIGN ¦l ., 1 l ' \\n w I i PHOTOS VITTORIO VIEIRA VEFFIA Avec ses coupes parfaitement exécutées, ses superpositions de silhouettes, ses trouvailles en matière de broderie, d\u2019ornements et d\u2019accessoires, Helmer, créateur de mode, expérimente à fond.Pourtant, malgré sa vision et son talent indéniable, les Montréalaises boudent cette élégance haut de gamme.EMMANUELLE VIEIRA La dernière collection printemps-été 2013 du créateur de mode Helmer est un éblouissement pour les sens.Travaillée comme un patchwork de styles aux origines multiculturelles, elle évoque les différentes facettes de la femme d\u2019aujourd\u2019hui, sous un angle délicieusement audacieux et toujours élégant.Avec ses coupes parfaitement exécutées, ses superpositions de silhouettes, ses trouvailles en matière de broderie, d\u2019ornements et d\u2019accessoires, Helmer expérimente à fond.Pourtant, malgré sa vision et son talent indéniable, les Montréalaises boudent cette élégance haut de gamme.Or toutes les grandes capitales l\u2019ont compris: l\u2019image d\u2019une ville passe autant par l\u2019architecture que par la personnalité des fqmmes qui s\u2019y promènent.A force,de «ne pas oser», on se perd.A force d\u2019ignorer nos génies créateurs, surtout en mode et en architecture, on les perd et ce sont les autres qui en profitent.Helmer n\u2019est plus à présenter.Connu dans le milieu de la haute couture parisienne, ce petit génie a dans les doigts des milliers d\u2019heures d\u2019expérience auprès de John Galliano, de Thierry Mugler, de Karl Lagerfeld et de Lesage.Il en a vu passer, des robes, des tissus, des perles, des collections toutes plus folles les unes que les autres.Il a vécu l\u2019insomnie et la magie des semaines avant le défilé.Il a vu l\u2019importance des petites mains, la force d\u2019une équipe bien huilée derrière un couturier.Depuis qu\u2019il a ouvert sa boutique au 2020, boulevard Saint-Laurent à Montréal, Helmer a aussi ouvert, sans le savoir, une porte vers un autre design de mode, plus cultivé, plus élégant, plus avant-gardiste.Dans chacun de ses défilés, on retrouve cette magie des grands spectacles parisiens, mais ses collections sont bien ancrées ici.Donnant l\u2019image d\u2019une ville forte, multiculturelle et libre, il est étrange qu\u2019Helmer ne soit pas encore l\u2019ambassadeur d\u2019une mode de qualité made in Montréal! Aurions-nous besoin de nettoyer nos lunettes pour admirer la perle posée devant nos yeux?Design ?et travail ! Frédéric Metz, figure incontournable du design à Montréal, n\u2019a pas eu besoin de les nettoyer, lui.Designer décoiffant.« Sur chaque collection, c\u2019est le défi technique qui m\u2019attire en premier.Mes créations ne naissent pas de la facilité, mais plutôt d\u2019une expérimentation longue, éprouvante et amusante», explique Helmer.à l\u2019image de l\u2019accent grave qu\u2019il a fait mettre,sur le logo de l\u2019UQAM (UQAM), Metz vient de sortir récemment un livre intitule Design ?qui étudie les valeurs d\u2019un design de qualité, toutes disciplines confondues.Metz s\u2019est toujours questionné sur le rôle et la force du bon design.Il a toujours aussi été très impliqué dans le milieu de la mode, d\u2019abord en Suisse, où il a défilé comme mannequin et créé des robes pour sa sœur et ses amies.Puis à Montréal, où il a fondé l\u2019École de mode.Fervent admirateur d\u2019Hel-mer, il suit son travail avec passion depuis le début: «Helmer est toujours hypercréatif, dit Metz.Ses créations sont audacieuses, intrigantes.Cest beau, rigolo, ça éclabousse.Il sait chatouiller nos sens et parvient à m\u2019émerveiller à chaque défilé», souligne-il.Pour la dernière collection d\u2019Helmer, Metz dit avoir été impressionné par la variété des tenues et même un peu dérouté par l\u2019absence^d\u2019un seul fil conducteur.«À la différence des collections du prét-à-porter, dit Helmer, je conçois une tenue pour chacune des occasions dans la journée d\u2019une femme», dit-il, d\u2019où la variété des univers proposés lors d\u2019un défilé.Ainsi, on a vu apparaître une extraordinaire petite robe noire fendue des deux côtés, qui allongeait le corps en le sculptant et donnait l\u2019impression, lorsque la silhouette se mettait à marcher, d\u2019une robe en ligne A.Toute rebrodée à la main à l\u2019aide de sequins anthracite, la robe a représenté le plus beau défi technique pour le couturier.D\u2019autres pièces de la collection ont retenu notre attention, notamment le corset blanc et son pantalon en guipure de dentelle rebrodée, accompagné d\u2019une traîne en tulle ayant subi toute une série de traitements, dont la pose de paillettes.Au plissage de la traîne, la vapeur a cuit les paillettes, ce qui donne un très bel effet nacré ou d\u2019écailles de poisson.Et que dire du masque de la tenue de mariée! Fruit d\u2019une collaboration entre le couturier et l\u2019artiste verrier Jean-Marc Giguère, le masque a complètement bousculé l\u2019image de la femme romantique.Ainsi, la mariée sans tête et avec une queue de poisson, serrée dans un corset et dans un pantalon brodé, entrouvre la porte vers un univers sur-rédiste des plus sublimes.Mais la collection met aussi en scène d\u2019incroyables tissus, notamment africains.Helmer, qui a reçu en cadeau une grande quantité d\u2019imprimés anciens de collection, a tenu à rendre hommage à cet artisanat.Les bijoux en forme de dents, de la céramiste Mary-vonne BoffoHier, sont venus rehausser certaines tenues avec brio.«Sur chaque collection, c\u2019est le défi technique qui m\u2019attire en premier.Mes créations ne naissent pas de la facilité, mais plutôt d\u2019une expérimentation longue, éprouvante et amusante», explique Helmer.Et c\u2019est toute la différence avec l\u2019industrie du prêt-à-porter.Là où certains dessinent pour un mode de production massive, Helmer préfère l\u2019angle artisanal et artistique, comme le font tous les inventeurs dans quelque domaine que ce soit.Assumer les tenues d\u2019Helmer Il existe 15 synonymes pour exprimer l\u2019élégance : adresse, beauté, cachet, chic, coquetterie, délicatesse, distinction, finesse, grâce, raffinement, savoir-vivre, style, sveltesse, tact, tenue.La Québécoise devrait exprimer toutes ces facettes dans sa manière de s\u2019habiller, or on a l\u2019impression qu\u2019elle a peur de le faire.Est-ce un manque de culture ou la peur de trop affirmer sa féminité ?Quoi qu\u2019il en soit, il est triste de voir encore aujourd\u2019hui dans les galas, ou aux bals de finissants, toutes ces belles femmes affadies par des tenues qui ne leur correspondent pas.«Les femmes ont peur d\u2019assumer mes tenues.C\u2019est trop osé, trop décolleté^ trop coloré», lance Helmer.«A Montréal, on se contente de peu, poursuit Frédéric Metz.Les gens confondent souvent travail bien fait et arrogance.Or, pour être élégant, il faut aimer la perfection.Il faut se casser la tête, se remettre en question.» Pas de soutien aux créateurs hors normes Pour Metz, Helmer est une personne à découvrir.Les deux hommes s\u2019apprécient pour leurs valeurs communes: ils sont des travailleurs exigeants.Ils aiment voyager, entretenir leur culture et leurs références.Le bon design, c\u2019est pour eux une manière de vivre, une façon de s\u2019élever vers le beau et de communiquer avec grâce.«La mode au Québec est difficile pour le créateur, dit Metz, car on n\u2019a jamais beaucoup investi dans ce domaine.» Pour commencer, il n\u2019y a pas d\u2019ordre professionnel pour les créateurs de mode.Montréal possède son Bureau de la mode, mais on se demande bien à quoi il sert, ou plutôt qui il sert.La même chose avec tous ces organismes ou festivals qui fleurissent avec l\u2019argent de l\u2019Etat.Mission Design a récemment lancé le concours Facteur d.Or, parmi les sept catégories créées, aucun design de mode.L\u2019organisme Sensation Mode n\u2019est pas clair non plus : il invite certains créateurs très in à participer gratuitement aux festivals Mode et Design ou à la Semaine de mode de Montréal, mais demande à des Helmer et à bien d\u2019autres de payer pour faire partie du festivd! Où est la logique, surtout lorsque l\u2019on sait que le public doit lui-même payer sa place pour assister aux défilés ?Pendant que certains s\u2019en mettent plein les poches, des artisans couturiers ont bien du mal à se sortir la tête de l\u2019eau.Des gens comme Helmer, qui misent sur la qualité plutôt que sur la quantité, sont primordiaux pour Montréal.Car ces types de créations sont des moteurs ; ils lancent les tendances et donnent un ton ou une identité forte à une ville.Retirez-les de Paris et la Parisienne meurt.Rayez-les de New York et toute l\u2019audace new-yorkaise disparaît.L\u2019expérimentation en mode, ça n\u2019a pas de prix! Il serait temps que Montréal le comprenne.«On a plus de talents ici qu\u2019à Toronto, dit Metz.Mais ici on s\u2019entredéchire, on se tire dans les pattes, alors que pendant ce temps les Torontois regroupent leurs intérêts et prennent plusieurs longueurs d\u2019avance sur nous.» Collaboratrice Le Devoir Modèle: Maude Guilmette.Maquillage: Maria Vizzi, salon Aveda (boulevard Saint-Laurent).Coiffure: Victor."]
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