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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2012-10-20, Collections de BAnQ.

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[" Idées L\u2019opinion sur Justin Trudeau dépend beaucoup de celle sur son père Page b 5 Michel Davis se demande si le PQ utilisera la «méthode Charest» Page b 3 Philosophie: les coopératives pour assurer la dignité de tous Page b 6 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 OCTOBRE 2012 LIBERAUX La famille orpheline Partout au pays, les libéraux se cherchent des chefs Que se passe-t-il avec les libéraux du pays?La démission-surprise de Dalton McGuinty lundi a provoqué une septième course au leadership libérale simultanée au pays.Du jamais vu qui témoigne d\u2019un certain effritement de l\u2019image de marque libérale.Mais qui relève aussi de la coïncidence.est morte » GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ La famille libérale canadienne a un petit air étêté en cet automne 2012 au Canada.D\u2019un océan à l\u2019autre, sept partis libéraux sont actuellement à la recherche d\u2019un nouveau chef.Certains veulent bien y voir la fin des haricots pour les rouges.Mais certainement pas Bob Rae.Au téléphone, il rigole quand on lui énumère la longue liste des partis libéraux orphelins au pays: Québec, Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et le Parti libéral du Canada, dont M.Rae est le chef intérimaire depuis la débandade électorale de mai 2011.«C\u2019est assez particulier», convient celui qui fut aussi premier ministre ontarien entre 1990 et 1995.«Mais soyons honnêtes: cela tient beaucoup à la conjoncture.Les circonstances des départs des différents chefs sont très différentes d\u2019un parti à l\u2019autre.Et quant à moi, la situation ne reflète pas tant un problème qu\u2019une grande possibilité de renouveau.» Tous ceux à qui Le Devoir a parlé de cette pénurie de leaders libéraux cette semaine abondent dans le sens de M.Rae : on ne peut conclure à une faillite de l\u2019idée libérale à cause d\u2019un calendrier chargé.«C\u2019est le fruit du hasard», soutient Robert Josselin, directeur associé de l\u2019École supérieure d\u2019affaires publiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa et conseiller de plusieurs chefs libéraux au fil des ans \u2014 il joue aussi ce rôle dans la campagne de Justin Trudeau.La conjoncture «On n\u2019y verra quand même pas un complot pour tuer le mouvement libéral.Chaque province a sa conjoncture politique pour expliquer la situation», dit-il.Usure du pouvoir au Québec et en Ontario (où Dalton McGuinty quitte un gouvernement minoritaire rongé par plusieurs controverses), perte graduelle d\u2019appuis au fédéral depuis une décennie, marginalisation historique du Parti libéral au Manitoba (éloigné du pouvoir depuis 1958).les raisons de vacances de postes sont multiples et non uniformes.M.Asselin souligne aussi qu\u2019il n\u2019y a pas de liens directs entre les partis provinciaux libéraux et celui fédéral.Au Nouveau Parti démocratique, les structures sont au contraire interreliées.Une carte de membre provinciale donne aussi une carte de membre fédérale.Ce qui fait par exemple que le projet de « C\u2019est vraiment mal connaître l\u2019histoire politique canadienne et le pays que de penser que l\u2019idée libérale créer un NPD-Québec est actuellement mené par le chef fédéral, Thomas Mulcair.« Chez les libéraux, ce sont des bêtes très différentes», dit M.Asselin.Nelson Wiseman souligne lui aussi l\u2019autonomie des structures.Les liens entre les libéraux du pays forment un tableau contrasté, dit le politologue à l\u2019Université de Toronto.«Dans les Prairies, les électeurs qui votent libéral au fédéral votent souvent NPD au provincial.Mais, contrairement au Québec, les liens entre les élites et les leaders libéraux [de cette région] sont solides.En Colombie-Britannique, le Parti libéral est une coalition de libéraux fédéraux, de conservateurs, de vieux réformistes.Alors qu\u2019en Ontario et dans les Maritimes, les structures sont plus intégrées», dit-il.Bref?Rien n\u2019est ici monolithique.Garder le centre Cela dit, la situation actuelle démontre quand même que l\u2019image globale de marque libérale \u2014 le «branding» \u2014 a du plomb dans l\u2019aile, estime M.Wiseman.«Idéologiquement, le branding libéral a toujours été plus faible que celui des conservateurs ou du NPD.Ces partis sont identifiés à la droite et à la gauche, respectivement.Mais selon le chef qu\u2019ils ont et selon la province, les libéraux sont perçus parfois au centre, parfois à droite, parfois au centre gauche (comme Louis Robichaud au Nouveau-Brunswick).» Cette flexibilité idéologique peut être une force, dit M.Wiseman \u2014 le parti peut s\u2019adapter.Mais elle peut aussi représenter un danger.« On le voit en Europe et en Grande-Bretagne [où les libéraux sont marginalisés et ne trouvent pas leur voie].C\u2019est un peu ce qui se passe sur la scène fédérale et dans certaines provinces ici.Mais en même temps, on est dans une époque où les électeurs sont beaucoup moins fidèles qu\u2019avant.» Alors, ce qui un jour est une faiblesse peut rapidement devenir payant, suggère-t-il.Surtout que les Canadiens n\u2019apprécient pas beaucoup les débats très polarisés, croient les professeurs Wiseman et Asselin.«Je suis d\u2019accord pour dire que l\u2019image de marque libérale a été mise à mal ces dernières années, dit Robert Asselin.Pour toutes sortes de raisons, d\u2019ailleurs.Mais je vois la politique comme une chose cyclique.Pour tous les partis, il y a des hauts et des bas.On est plutôt dans un bas présentement.Mais à mon sens, c\u2019est vraiment mal connaître l\u2019histoire politique canadienne et le pays que de penser que l\u2019idée libérale est morte.Elle a besoin d\u2019être réarticulée, mais elle va perdurer.» Robert Asselin doute que la polarisation du débat entre la II NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Dalton McGuinty est le dernier en date a avoir quitté son parti.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Michael Ignatief, le dernier chef du PLC JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Jean Charest a quitté le PLQ en septembre.droite et la gauche \u2014 illustrée par les résultats de l\u2019élection fédérale de 2011, qui a relégué le PLC au rang de tiers parti \u2014 s\u2019implante profondément au pays.Il se met ainsi en porte-à-faux de plusieurs analystes.«Mais quand on regarde l\u2019histoire de ce pays, on voit qu\u2019il a toujours été dirigé par des gouvernements relativement centristes, même si c\u2019est moins vrai avec les conservateurs actuels, plaide M.Asselin.C\u2019est un pays de compromis, basé sur la modération.Alors, quand j\u2019entends les observateurs de toutes sortes dire que le centre ne peut pas payer et que le Canada est passé à autre chose, je ne suis pas d\u2019accord.A cause de la nature même de ce pays.» Des solutions Les libéraux «ne sont ni socialistes ni radicaux de droite», affirme Bob Rae.«Nous ne sommes pas dominés par des idéologies ou des théories abstraites de la politique.C\u2019est vrai.Mais quand on regarde l\u2019histoire du parti fédéral, on se rend compte que c\u2019est lui qui a défini les changements sociaux les plus importants au Canada.Alors, la question n\u2019est pas d\u2019être des centristes sans position, mais de trouver les bonnes solutions aux défis qui se posent.» Et face aux défis qui se posent précisément aux libéraux, M.Rae affirme que «la chose à éviter, c\u2019est de faire preuve de complaisance et de dire un peu partout qu\u2019on va revenir au pouvoir parce qu\u2019on y a été longtemps.Il n\u2019y a aucune justification à la complaisance.Il faut donc faire les efforts requis pour définir la vision libérale telle qu\u2019elle est aujourd\u2019hui.Et nous avons cette possibilité plus que jamais avec ces courses dans sept partis.» Les libéraux du Nouveau-Brunswick seront les premiers à se choisir un chef le 27 octobre.Suivront le Québec (17 mars 2013), le Parti libéral du Canada (14 avril 2013) et Terre-Neuve (17 novembre 2013).Les dates ne sont pas connues pour l\u2019Ontario, la Saskatchewan et le Manitoba (automne 2013).Le Devoir ESPAGNE Au tour des Basques FRANÇOIS MUSSEAU à Durango Une longue ikurrina, le drapeau basque vert-blanc-rouge, ceint le balcon municipal ; dans les ruelles du quartier historique ou aux abords du collège jésuite de San José, beaucoup s\u2019activent de partout pour achever en beauté ce week-end, les fêtes du saint pa-tron.On peint avec soin en euskera (la langue régionale) des banderoles à la gloire du «peuple basque», des groupes de danse traditionnelle Kriski-tin peaufinent leur chorégraphie, les installations foraines n\u2019attendent que l\u2019invasion des enfants.Les réjouissances annuelles de Durango, grosse bourgade de 28000 habitants à mi-distance entre Bilbao et Saint-Sébastien, coïncident avec le scrutin, dimanche, qui va renouveler le Parlement autonome basque.Ici, dans ce bastion nationaliste, c\u2019est un double motif d\u2019allégresse : selon tous les sondages, la coalition « espagnoliste » \u2014 socialistes et parti populaire \u2014 qui gouverne l\u2019Euskadi depuis 2009 devrait être largement devancée par les deux grandes forces nationalistes, les conservateurs modérés du PNV (la formation hégémonique depuis la fin du franquisme) et les indépendantistes radicaux d\u2019EH Biidu, issus de la vitrine politique d\u2019ETA, l\u2019organisation terroriste moribonde qui a déposé les armes en octobre 2011, après quatre décennies d\u2019attentats et l\u2019assassinat de 823 personnes.Construire le pays «Ce cauchemar et cette violence sont enfin derrière nous, se félicite Aitziber Irigoras, le maire de Durango depuis quatre ans.Cette paix nous rend plus fort, nous les nationalistes, pour construire ce pays.» Dans son bureau, pas de portrait du rqi Juan Carlos, le chef de l\u2019État (comme c\u2019est la norme), ni de drapeau espagnol, seulement une ikurrina.Eemme énergique de 38 ans, juriste de formation, cette militante du PNV est persuadée que son camp fera un score historique : avec EH Biidu, sa formation devrait disposer d\u2019une large majorité parmi les 75 députés du Parlement de Vitoria, la capitale basque.«Nous avons le vent en poupe, poursuit-elle.Les gens ont toujours préféré que les nationalistes gèrent les affaires de notre peuple; avec la crise, les coupes budgétaires, l\u2019inquiétude du lendemain, ce besçin est plus fort encore».A Durango, au cœur d\u2019une vallée vert sombre où les traditions basques et l\u2019euskera sont très enracinés, le sentiment nationaliste ne se discute pas.Le vote est une question de foi.En près de 40 ans de démocratie, jamais la mairie n\u2019a été dirigée par un «espagnoliste»; sur les 21 élus municipaux, 16 sont nationalistes, dont la moitié sont d\u2019ardents partisans de l\u2019indépendance.La conjoncture a attisé les ardeurs nationalistes.Sur le plan économique, tout d\u2019abord, avec un chômage à 14% (le double qu\u2019en 2009) qui grignote l\u2019emploi dans les VOIR PAGE B 3 : BASQUE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 OCTOBRE 2012 PERSPECTIVES ETATS-UNIS Les candidats à la Maison-Blanche ignorent le mur budgétaire Précipice, gouffre, mur budgétaire (fiscal cfiff) : quel que soit le nom de l\u2019échéance, les Etats-Unis se dirigent droit vers une augmentation massive des impôts et de brusques coupes budgétaires au 2 janvier, au risque de provoquer une nouvelle récession aux répercussions mondiales.De Barack Obama à Mitt Romney, la classe politique dénonce les conséquences du «mur», mais personne ne cède.Selon le Washington Post, le président serait prêt à opposer son veto à tout accord temporaire qui ne prévoirait pas une augmentation des impôts des plus riches, une stratégie de la corde raide.Le camp républicain accuse le président Obama de laisser pourrir la situation en n\u2019adressant plus la parole à John Boehner, le président (républicain) de la Chambre des représentants.Le Financial Times s\u2019en inquiète, le vendredi 19 octobre.Le Washington Post indique que les patrons de grandes banques de Wall Street ont écrit au Congrès pour les alerter, sur le risque économique.A moins d\u2019un accord entre démocrates et républicains du Congrès et le président Barack Obama d\u2019ici le 31 décembre, une refonte automatique et aveugle du budget entrera en vigueur en 2013, rendant de fait illusoires les promesses de campagne de Barack Obama et de Mitt Romney.Les candidats ont largement fait fl de l\u2019échéance jusqu\u2019à présent, mais l\u2019impact économique et diplomatique du «mur» n\u2019en serait pas moins catastrophique.Washington récolte Iq tempête après qvoir lui-même semé le vent.A l\u2019été 2011, les Etats-Unis évitent de justesse le défaut de paiement, républicains et démocrates ayant bataillé plusieurs mois sur le relèvement du plafond de la dette et un plan de réduction du déficit abyssal.Une loi est alors votée pour inscrire dans le marbre une réduction coûte que coûte du déficit de 1200 milliards de dollars sur 10 ans, à partir de 2013.Une commission spéciale est chargée de concocter ce plan de réduction.Coupes automatiques Une clause empoisonnée de cette loi prévoit l\u2019entrée en vigueur de coupes automatiques en cas d\u2019échec de la commission \u2014 un scénario devenu réalité fin 2011, quand les membres n\u2019ont pu que constater leurs divergences sur la question de la hausse des impôts.Le budget fédéral doit donc subir des baisses automatiques d\u2019environ 10% pour tous les ministères dès 2013.Les impôts augmenteraient parallèlement de 20% pour tous, équivalant à 2000$ par an pour les ménages de la classe moyenne, selon le Tax Policy Center.Le vote d\u2019une nouvelle loi par le Congrès pour annuler l\u2019automatisme, ou en reporter la mise en oeuvre de quelques mois, est possible, mais en pleine année électorale, les négociations, sont bloquées.Les dépenses de l\u2019État fédéral, y compris militaires, pour l\u2019exercice budgétaire 2013, qui a commencé le W octobre, seraient réduites de 109 milliards de dollars, ce qui, ajouté au relèvement des impôts, ramènerait le déficit budgétaire à 641 mUliards, soit 4% du PIB (contre 7,6% en 2012).Mais le taux de chômage officiel bondirait à 9,1% fin 2013 (contre 7,8% en septembre), selon le bureau du budget du Congrès.Le Ponds monéfaire international a averti de son côté que les États-Unis pourraient perdre quatre points de croissance et retomber en récession, entraînant avec eux le reste de l\u2019économie mondiale.Quoiqu\u2019il arrive, les nouveaux président et Congrès élus le 6 novembre n\u2019entreront en fonction qu\u2019en janvier, et ce seront donc Barack Obama et l\u2019actuel Congrès qui négocieront en novembre et décembre, peut-être jusqu\u2019à la Saint-Sylvestre.Le Monde Avee TAgenee Franee-Presse Le financement de la vertu À lui seul, le financement public des partis politiques ne parviendra sans doute pas à éliminer les enveloppes brunes Le gouvernement Marois a promis de faire de l\u2019intégrité une priorité des 100 premiers jours de son mandat.Le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, s\u2019apprête à déposer un projet de loi pour réduire à 100$ les dons aux partis politiques nationaux.Mais les voix de certains maires s\u2019élèvent pour qu\u2019il change aussi les règles du financement politique dans le monde municipal.Or rien dans ces projets de loi ne garantira que disparaîtront les enveloppes brunes, remplies d\u2019argent comptant, que sollicitent les organisateurs politiques.ROBERT DUTRISAC Il y a six ans, l\u2019ex-juge Jean Moisan rendait public son rapport qui, dans la foulée des révélations faites à la commission Gomery, concluait que des prête-noms avaient engraissé les caisses du Parti québécois et du Parti libéral du Québec.Le stratagème était bien documenté et, en dépit des recommandations de l\u2019ex-juge, il s\u2019est perpétué.Lundi, devant la commission Charbonneau, Lino Zambito attestait que l\u2019usage des prête-noms était une pratique toujours bien vivante il y a quelques années à peine.Et quand le cercle de nos parents et connaissances ne suffit plus, une enveloppe remplie de dizaines de milliers de dollars, comme l\u2019ex-entrepreneur dit en avoir remis à l\u2019influent organisateur libéral Pierre Bibeau, fait encore mieux l\u2019affaire.En 2010, la firme d\u2019ingénieurs AXQR avait plaidé coupable à l\u2019accusation d\u2019avoir utilisé des prête-noms pour financer les trois partis politiques entre 2006 et 2008.Ce n\u2019était pas le Directeur général des élections du Québec (DGE) qui s\u2019était aperçu de l\u2019affaire, mais plutôt le minuscule service de recherche de Québec solidaire qui avait attaché le grelot.Lino Zambito a allègrement enfreint la loi en multipliant le recours aux prête-noms : son père, sa mère, ses sœurs, ses amis, ses employés et tutti quanti ont été mis à contribution.Il y a eu aussi les 30000$ qu\u2019il affirme avoir donnés dans une enveloppe à Pierre Bibeau.La pratique n\u2019est pas nouvelle: en 2005, Marc-Yvan Côté, qui d\u2019ailleurs travaille pour la firme d\u2019ingénieurs Roche, avouait à la commission Gomery qu\u2019en tant qu\u2019organisateur du Parti libéral du Canada, il avait reçu 120000$ au comptant du parti en 1997 pour des dépenses électorales.«L\u2019argent sale a un avantage: il permet de payer des faux bpnévoles», souligne le professeur d\u2019éthique à l\u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP) Yves Boisvert.«Les faux bénévoles sont plus efficaces que les vrais», fait-il remarquer.Sous Charest Sous le gouvernement Charest en 2010, dans la foulée de la série de projets de loi censés remplacer la nécessité de tenir une commission d\u2019enquête publique, la contribution maximale aux partis politiques a été réduite à 1000$.En campagne électorale, le PQ a promis d\u2019abaisser cette limite à 100$.Pour compenser le manque à gagner, Bernard Drainville a précisé que le financement public des partis sera haussé de 6,5 milliqns par année, soit le montant que coûte à l\u2019État le crédit d\u2019impôt lié aux contributions aux partis.Avec une limite aussi modeste, impossible de recourir à des prête-noms ; il en faudrait trop.Mais il y a un écueil.« Vous avez beau descendre les contributions, si les campagnes coûtent de plus en plus cher, vous ne réglez pas le problème.Au contraire, vous l\u2019amplifiez», croit Yves Boisvert.«Le problème, c\u2019est qu\u2019un financement à 100 % public ne donne aucune garantie qu\u2019il n\u2019y aura pas d\u2019autres petites enveloppes brunes qui conti- m ¦> III* JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les révélations de Lino Zambito ont précipité les choses sur le financement illicite.nuçnt à circuler», croit-il.A ce sujet, le point de vue de l\u2019éthicien rejoint celui du malfrat.«[.] les partis politiques ont besoin d\u2019argent pour leur campagne.Donc, si on fait juste baisser les contributions et qu\u2019on n\u2019intervient pas d\u2019autres façons, on va juste [.] avoir beaucoup plus d\u2019argent au noir pour se financer», a affirmé Lino Zambito à la commission Charbonneau.Bernard Drainville reconnaît que les mesures qu\u2019il propose ne mettront pas fin à «l\u2019échange de valises d\u2019argent».Mais il n\u2019écarte aucune suggestion pour contrer le phénomène.«Il va peut-être falloir en faire plus, mais on ne peut pas passer un projet de loi sur la nature humaine.» Le ministre est prêt à discuter du plafonnement des dépenses électorales avec la Coalition avenir Québec, dont c\u2019est une proposition.Il attend d\u2019ailleurs les propositions du Parti libéral, qui n\u2019a pas parlé d\u2019intégrité en livrant ses attentes relatives au discours inaugural que prononcera Pauline Marois le 31 octobre prochain, a fait observer le ministre.La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hi-laire, insiste, de son côté, pour que Québec réforme le financement politique dans les municipalités avant les prochaines élections de novembre 2013, à tout le moins pour les municipalités de 100000 habitants ou plus.Le conseil municipal de Longueuil a adopté mardi une motion en ce sens.Une résolution semblable sera soumise à l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ).«Je n\u2019ai pas envie que les citoyens n\u2019aient pas le goût d\u2019aller voter parce qu\u2019ils ont l\u2019impression, avec tout ce qu\u2019ils entendent à la commission Charbonneau, que nous sommes tous dans le même bateau, déjà tous condamnés», lance-t-elle.Le porte-parole de la CAQ en matière de justice, Jacques Duchesneau, a aussi réclamé que le gouvernement Marois « On ne peut pas passer un projet de loi sur la nature humaine » change les règles visant les municipalités d\u2019ici les prochaines élections municipales.Jusqu\u2019ici, Bernard Drainville a exprimé des réserves.Les partis politiques municipaux, quand ils existent, sont souvent éphémères ; il s\u2019en crée souvent de nouveaux lors de chaque élection.Dans ce contexte, qui doit-on financer?Quels sont aussi les coûts engendrés par le financement public des campagnes électorales dans les municipalités ?se demande-t-il.Mais il se dit prêt à consulter les maires sur une réforme prochaine.Il n\u2019écarte pas d\u2019emblée la possibilité qu\u2019un projet de loi en ce sens soit adopté au printemps.En ce qui a trait à l\u2019éthique publique, les deux principaux partis à Québec ont «deux gros défauts complètement opposés», estime Yves Boisvert.«Les libéraux font preuve de laxisme, d\u2019un certain je-m\u2019en-foutisme, à l\u2019égard de la loi.Les péquistes essaient toujours des lois très vertueuses, mais leurs lois pleines de vertu engendrent des problèmes hyper importants.» C\u2019est le cas, selon lui, de la Loi sur le lobbyisme, qui n\u2019est pas très efficace parce qu\u2019elle ne vise pas suffisamment les agents publics.En matière d\u2019éthique publique, la précipitation est mauvaise conseillère, prévient l\u2019universitaire.Il suggère que le gouvernement tienne une commission parlementaire avec un mandat spécial pour évaluer tous les scénarios possibles, en tenant compte des expériences réalisées dans d\u2019autres pays, et pas seulement en matière de financement des partis politiques.Le DGE actuel et ses prédécesseurs devraient participer à cette commission, tout comme les commissaires à l\u2019éthique et au lobbyisme.«Nous avons besoin d\u2019un réajustement beaucoup plus large de nos lois sur l\u2019éthique publique», plaide Yves Boisvert.Le Devoir BASQUE SUITE DE LA PAGE B 1 usines d\u2019assemblage de pièces automobiles, la principale activité de la vallée.Sur le plan politique, ensuite.L\u2019anponce d\u2019un référendum d\u2019autodétermination en Écosse pour 2014 et surtout la volonté de la Catalogne d\u2019organiser aussi une consultation pour s\u2019émanciper de l\u2019Espagne d\u2019ici 2016, ont eu l\u2019effet d\u2019une gifle.«Cela nous rend jaloux, autant dire les choses comme elles sont», s\u2019exclame Pilar Alberdi, 65 ans, retraitée responsable d\u2019un groupe de danse folklorique.La mairesse Aitziber Irigoras ne cache pas non plus se sentir dopée par la détermination des Catalans : «Moi, chaque matin, cela me donne encore plus de tonus pour prendre des décisions en faveur d\u2019Euskadi, ma seule et unique patrie.» Pour autanf à Durango, Bilbao ou Saint-Sébastien, l\u2019effervescence « souverainiste» est bien moindre qu\u2019à Barcelone, Gé-rone ou Lleida.Qn se montre ici plus prudent, moins audacieux à l\u2019égard du pouvoir central.Inigo Urkullu, le chef du PNV, favori pour présider l\u2019Euskadi à l\u2019issue des législatives de ce dimanche, parle certes d\u2019un «nouveau statut politique» vis-à-vis de l\u2019Espagne, mais sans en préciser les contours ni la date.«Moi, je crois qu\u2019ici, on est un peu convalescent, estime Pilar Alberdi.Il y a comme une grosse fatigue après toutes ces années d\u2019attentats, de bombes ventouses, de tueries d\u2019ETA, et aussi de répression des forces de l\u2019ordre espagnoles.Vous savez ce qu\u2019est l\u2019enfer, dans une petite bourgade, de supporter quatre corps policiers, les municipaux, l\u2019ertzaintza (régionale), la police na- tionale et La Garde civile?» Non loin de l\u2019église Santa Ana, un commerçant sourit: «Moi, cet apaisement n\u2019est pas pour me déplaire.Cela fait des années que les médias espagnols nous associent au pire, nous les Basques, nous montrent du doigt, nous criminalisent.Cette fois-ci, ce sont les Catalans qui sont sur le devant de scène; à eux de prendre les coups.Moi, je regarde.» Si, au Pays Basque, les esprits sont moins excités qu\u2019en Catalogne, c\u2019est aussi parce que cette région convoite ce qui ponstitue ici un acquis : la souveraineté fiscale.À Barcelone, on s\u2019estime «spolié» par Madrid sur le plan financier: 8% du PIB catalan, 16 milliards d\u2019euros, serait perdu «au profit de l\u2019Espagne», affirment les autorités régionales.Celles-ci réclament le «concert économique» d\u2019Euskadi, accordé en 1978, en vertu duquel tous les impôts sont levés et gérés sur place, hormis une quote-part reversée à Madrid au titre des services rendus par l\u2019État au Pays basque.Personne ici ne veut remettre en question ce droit (ce «privilège», selon le gouvernement de Rajoy, à Madrid), ni même les formations «espa-gnolistes».«C\u2019est un trésor que tous chérissons, se réjouit l\u2019élue socialiste Pilar Rios.Les ressources financières restent ici, cela nous donne une grande marge de manoeuvre.» La plupart savent bien que c\u2019est le nerf de la guerre.«J\u2019avais idéalisé les Catalans comme de bons gestionnaires, dit Nerea Mugica, qui préside la prestigieuse foire du livre de Durango./e constate que notre situation est bien meilleure à ce niveau.» Se reposer donc sur ses lauriers?Les plus nationalistes entendent à tout prix éviter ce piège.Au premier chef, bien sûr, les indépendantistes, pour qui toute présence espagnole est perçue comme une «invasion».Pour Urdaspal Bolinaga, ROJA RIMON AGENCE ERANCE-PRESSE Un rassemblement de la coalition Bildu à Baracaldo.un instituteur de 30 ans également élu municipal de Bildu, une formation qui milite pour la création d\u2019Euskal Herria, un «grand» Pays basque qui inclurait la Navarre et la partie française, «indépendants, on ferait les choses autrement, plus proches du peuple; on abandonnerait par exemple le TAV [le TGV basque, en travaux], un de ces chantiers mégalos qui a ruiné l\u2019Espagne».À la plaza Pinondo, le jeune séparatiste Iker travaille pour un organisme qui promeut l\u2019euskera, la langue basque : «Aujourd\u2019hui, enfin, je vois désormais de la lumière au bout du tunnel.» Libération LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 OCTOBRE 2012 B 3 PERSPECTIVES - f j-j.v 'l .WJ.*¦*.-¦r^^\u2019':^\u2019*i*i*ffli4iâ^:»j-'!.fù Jit^'JfK'ê.' fJiF> VA 'i -¦:>'\t_ .iiwiiii ni ' ¦ ¦\u2022!¦¦ '- ¦'It.'^'\t¦fff^l ^¦Wl>r*ifTgif^ -*1- \u2022 -i^\"-*^ iTv^i'*''^i \"Ti-\t.: .\t-vtr^t;.-^vl I l'-\u2019.^^^B.ÎÎ' Le gouvernement de René Lévesque avait misé sur !\u2019« or blanc ».f V #.ï^ '.Mil-if-\t' M JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La nliere de 1 amiante, de 1 histoire Avec le retrait de l\u2019aide à la mine Jeffrey, Québec sonne le glas du minerai Avec la mort annoncée des deux derniers projets de relance de mines d\u2019amiante, il est pour ainsi dire acquis que son exploitation est chose du passé au Québec.Mais ce minerai honni et banni dans plus de 50 pays a longtemps été qualifié d\u2019« or blanc » et utilisé à très grande échelle.Même que le gouvernement de René Lévesque, convaincu de l\u2019avenir du secteur, avait nationalisé une partie de l\u2019industrie.Un projet très coûteux achevé au moment où l\u2019amiante amorçait sa lente agonie.ALEXANDRE SHIELDS Les derniers espoirs de relance de l\u2019industrie minière à Asbestos et à Thetford Mines se sont complètement envolés en quelques jours.C\u2019est d\u2019abord Mine Jeffrey qui a eu la confirmation que le gouvernement pèquiste lui retirait le prêt de 58 millions de dollars consenti par les libéraux en juin dernier.Impossible, dans ses conditions, de reprendre l\u2019exploitation du gisement.Puis, jugeant qu\u2019Ottawa et Québec désavouent tout le secteur de l\u2019amiante, les dirigeants de LAB Chrysotile, à Thetford Mines, ont décidé de suspendre «indéfiniment» la relance de leur mine.Un coup très dur pour cette région, puisque le retour de l\u2019extraction d\u2019amiante aurait permis la création de plus de 800 emplois directs.Le maire de Thetford Mines, Luc Berthold, a carrément accusé le Parti québécois (PQ) d\u2019avoir «tué» le projet de relance de la mine Lac d\u2019amiante.«On n\u2019avait pas envisagé que notre propre gouvernement vienne torpiller de l\u2019intérieur notre plan de relance», a-t-il ajouté.Le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe, a pour sa part dénoncé le retrait du prêt, qui survient alors que la mine était sur le point d\u2019être opérationnelle.En entrevue au Devoir, il a toutefois dit vouloir «sécuriser» la mine afin de protéger un gisement dont il évalue la valeur à plus de huit milliards de dollars.La ministre déléguée à la politique industrielle, Elaine Zakaïb, a tenté de rassurer la région en promettant une enveloppe de 50 millions de dollars destinée à développer de nouvelles entreprises à Asbestos.Elle a aussi annoncé la mise sur pied d\u2019un comité qui présidera à la diversification économique de la région.Mais rien n\u2019est prévu pour Thetford Mines, a confirmé son attachée de presse, qui a dit qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019une «décision d\u2019affaires».Une commission parlementaire devrait suivre pour discuter de «l\u2019avenir de l\u2019amiante» au Québec, a dit le PQ sans plus de précision.Ottawa, qui ne compte plus s\u2019opposer à l\u2019inscription de l\u2019amiante à la Convention de Rotterdam sur les substances dangereuses, a pour sa part promis 50 millions pour la région.Des experts en santé publique d\u2019ici et d\u2019ailleurs ont salué le choix du gouvernement de Pauline Marois.«Le fait que le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada cessent d\u2019appuyer l\u2019industrie de l\u2019amiante aura un impact très positif pour leur réputation dans le monde.Ils ont essuyé énormément de critiques sur la scène internationale puisqu\u2019ils étaient considérés comme des ennemis des efforts menés pour cesser l\u2019utilisation de l\u2019amiante», a résumé Kathleen Ruff, qui milite contre l\u2019amiante depuis plusieurs années.L\u2019âge d\u2019or de l\u2019«or blanc» Cette volonté du Québec de tourner le dos à l\u2019industrie de l\u2019amiante fait effectivement écho à un rejet de plus en plus répandu dans le monde.Cette ressource est tout simplement bannie dans plus d\u2019une cinquantaine de pays sur la planète.Quelque deux millions de tonnes sont toutefois vendues chaque année, essentiellement dans des pays émergents comme l\u2019Inde, Jusque dans les années 1970, l\u2019industrie de l\u2019amiante semblait prometteuse la Chine ou la Thaïlande.Cette dernière, qui aurait été un important client pour Mine Jeffrey, se dirige cependant vers l\u2019interdiction du chrysotile.11 fut pourtant une époque où l\u2019amiante \u2014 qui vient d\u2019un mot grec qui signifie «indestructible » \u2014 était perçu comme un matériau miracle, en raison de sa résistance à la chaleur, au feu, à la tension et aux produits chimiques.Elle a été utilisée largement dans diverses industries, dont celle de la construction.Difficile à imaginer aujourd\u2019hui, mais pendant plus d\u2019un siècle, le Canada a été le poids lourd mondial de cette industrie.Asbestos et Thetford Mines sont nées grâce à cette industrie.Dans la seule région de Thetford Mines, l\u2019activité minière a déjà représenté plus de 5000 emplois directs.Lors de la fermeture de la dernière mine, en 2011, ils n\u2019étaient plus que 350 travailleurs.L\u2019amiante exploité au Canada ne représentait pas moins de 85% de la production mondiale au début des années 1900, et la production annuelle du pays a atteint un sommet de 1,69 million de tonnes en 1973.Même que Washington avait élaboré des plans pour protéger les exploitations canadiennes lors de la Seconde Guerre mondiale, en cas d\u2019attaque allemande.Sous la houlette des nazis, Berlin a d\u2019ailleurs acheté de l\u2019amiante en provenance du Canada jusqu\u2019au déclenchement du conflit, afin de rendre des édifices plus résistants au feu.Si les entreprises qui vendaient le minerai ont amassé des fortunes, les emplois en sol québécois ont longtemps été mal payés et dangereux.En fait, les travailleurs ont dû supporter des conditions de travail déplorables pendant des décennies.Plusieurs sont morts des suites de l\u2019exposition continue, et sans aucune protection, à la poussière d\u2019amiante.D\u2019autres ont subi les foudres des autorités pour avoir osé réclamer un meilleur traitement.La grève d\u2019Asbestos de 1949 a été l\u2019un des conflits de travail les plus sévèrement réprimés de l\u2019histoire du Québec.Nationaliser l\u2019amiante Jusque dans les années 1970, l\u2019industrie semblait tellement prometteuse que le gouvernement a même tenté de prendre en partie le contrôle du secteur.Si c\u2019est aujourd\u2019hui le Parti québécois qui souhaite tourner le dos à l\u2019amiante, c\u2019est ce même parti qui a mené la seule tentative de nationalisation de l\u2019industrie.L\u2019opération a été engagée sous le règne du premier gouvernement de René Lévesque, dès 1977.Québec a alors créé la Société nationale de l\u2019amiante, dont le rôle était d\u2019exploiter et de transformer le minerai, mais aussi de trouver de nouveaux débouchés commerciaux.Au prix de négociations ardues, l\u2019État a racheté notamment les actions que l\u2019entreprise américaine General Dynamisas détenait dans Asbestos Corp., de quoi lui assurer le contrôle de 55% des actions.Mais l\u2019opération a été coûteuse.En 1981, 165 millions de dollars de fonds publics ont été investis dans cette transaction, ce qui équivaut à 85$ par action.Le hic, c\u2019est que cette tentative menée notamment par le ministre des Einances de l\u2019époque, Jacques Parizeau, est survenue au moment où l\u2019industrie amorçait sa lente agonie, au fur et à mesure que des études associaient l\u2019exposition à l\u2019amiante à des maladies pulmonaires et au cancer.En 1989, l\u2019Environnement Protection Agency a même recommandé de bannir tous les produits à Jiase d\u2019amiante sur le territoire des États-Unis pour des raisons de santé publique.Progressivement, à peu près toutes les organisations de santé importantes du globe ont emboîté le pas pour réclamer le bannissement de l\u2019amiante.Si plusieurs pays développés sont allés de l\u2019avant, ce n\u2019est toujours pas le cas du Canada.Malgré les tentatives de regroupement des différentes mines en activité, le secteur n\u2019a pas cessé de reculer au cours des années 1980.Le libéral Robert Bourassa a donc finalement décidé, en 1992, de privatiser les parts du gouvernement détenues par la Société nationale de l\u2019amiante dans trois entreprises d\u2019extraction.L\u2019aventure a coûté pas moins de 500 millions de dollars au Québec.Mais Bernard Coulombe, qui travaille pour Mine Jeffrey depuis 43 ans, croyait toujours à l\u2019avenir du chrysotile.«Il y a à peine 10 ans, le Parti québécois avait déposé une politique d\u2019utilisation sécuritaire et accrue du chrysotile.Il a subi les attaques des anti-amiante et a reculé.» Avec une production annuelle de 200000 tonnes, il souhaitait fournir 10% de la demande mondiale, dont 85 % se situe en Asie et en Europe de l\u2019Ést, dès l\u2019an prochain.Malgré la mort clinique de l\u2019industrie, il se dit convaincu que le gouvernement ne bannira pas l\u2019amiante.D\u2019où la nécessité, selon lui, de protéger la ressource qui se trouve encore dans le sous-sol.«Dans 10 ans, la mentalité sur le chrysotile pourrait avoir changé.» Le Devoir JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La mine Jeffrey La méthode Charest ï?Michel é David Par définition, la lune de miel est un concept qui s\u2019applique difficilement aux gouvernements minoritaires.Les lendemains de leur élection se caractérisent rarement par une grande popularité, même si les^ choses peuvent s\u2019améliorer par la suite.A peine deux mois après avoir été réélu de justesse avec 33% du vote le 26 mars 2007, le PLQ, doublé par l\u2019ADQ et le PQ, avait déjà perdu cinq points et près des deux tiers des Québécois se disaient insatisfaits du gouvernement de Jean Charest.Même chez les libéraux, on conjecturait déjà sur sa succession.Ragaillardi par l\u2019arrivée de Pauline Marois, le «nouveau PQ» semblait renaître de ses cendres.Mario Dumont, qui se voyait déjà premier ministre, menaçait de renverser le gouvernement à la première occasion.Personne n\u2019aurait parié que cinq autres années de pouvoir attendaient le PLQ.Selon le dernier sondage Léger Marketing-QMl, le taux d\u2019insatisfaction à l\u2019endroit du gouvernement Marois est de 56%, mais les intentions de vote en faveur du PQ se maintiennent à 32%, soit exactement le même niveau qu\u2019aux dernières élections.On n\u2019a pas apprécié la façon dont le dossier de la taxe santé a été géré, mais 61 % des personnes interrogées ont dit approuver le «compromis» proposé par Nicolas Marceau.En mai 2007, 71 % auraient préféré renoncer à une baisse d\u2019impôt de 950 millions pour les investir plutôt dans la santé et l\u2019éducation.En comparaison, la situation actuelle du PQ n\u2019a donc rien de désastreux.Même avec Philippe Couillard à sa tête, le PLQ progresserait d\u2019à peine deux points par rapport au 4 septembre.C\u2019est sans doute mieux que d\u2019en perdre, comme ce serait le cas avec ses deux principaux rivaux, mais cela demeure très modeste, compte tenu des débuts chaotiques du gouvernement Marois.11 va de soi que la nouvelle première ministre devra discipliner son Conseil des ministres, qui a pris des allures de basse-cour.Nettement plus expérimenté, le cabinet Charest de 2007 ne s\u2019était pas abandonné à une telle cacophonie.C\u2019est cependant en montrant patte blanche que M.Charest avait réussi le rarissime exploit de retrouver une majorité parlementaire après l\u2019avoir perdue.Après avoir multiplié les irritants lors de son premier mandat, il les avait systématiquement éliminés durant le deuxième.On avait même découvert un «nouveau Charest», plus détendu, qui savait écouter la population.Sa première initiative significative avait été l\u2019annulation de la vente du mont Orford, prélude à un spectaculaire virage vert.Les parents souhaitaient un retour au bulletin chiffré?Pas de problème.Du jour au lendemain, l\u2019apôtre de la réingénierie de l\u2019État s\u2019était métamorphosé en défenseur du modèle québécois.Le rapport commandé à Claude Castonguay a été vivement tabletté pour permettre au gouvernement Charest de se faire le champion d\u2019un système de santé à une seule vitesse.11 se permettait même des incursions sur le terrain identitaire.Le moment était venu pour le Québec de se doter d\u2019une constitution, disait Benoit Pelletier.Le premier ministre lui-même promettait de redonner au français sa prééminence dans l\u2019espace public.Én six mois, le PLQ avait repris la première place dans les sondages.Le Conseil des ministres a pris des allures de basse-cour 11 ne sert à rien aux ministres péquistes de réfléchir tout haut à ce qu\u2019ils feraient s\u2019ils faisaient partie d\u2019un gouvernement majoritaire, qu\u2019il s\u2019agisse du financement des écoles privées ou encore de l\u2019extension de la loi 101 aux garderies.Pourquoi payer inutilement un prix politique pour des batailles impossibles à gagner ?Vaut-il vraiment la peine de faire un ba-roud d\u2019honneur sur la question du cégep?Pour le moment, l\u2019objectif devrait plutôt être de faire en sorte de s\u2019assurer une majorité qui permettra éventuellement d\u2019y revenir dans des conditions gagnantes.Bien entendu, cela exige un minimum de discipline, non seulement au Conseil des ministres, mais également au PQ.11 est sans doute enrageant pour un militant souverainiste de voir Pauline Marois roucouler aux côtés d\u2019un Stephen Harper triomphant au Sommet de la Erancophonie, mais s\u2019époumoner à réclamer de nouveaux pouvoirs sans avoir le moindre rapport de force ne pourrait qu\u2019amener la population à conclure qu\u2019on veut simplement la chicane.Prendre exemple sur Jean Charest pourra en gêner certains, mais pragmatisme et compromission ne sont pas nécessairement synonymes, même si l\u2019expérience des dernières années autorise cette confusion.Tout cela suppose évidemment qu\u2019on fasse minimalement confiance à M\u201c® Marois.11 serait dommage qu\u2019elle se sente obligée de prendre des initiatives malheureuses simplement pour démontrer la vigueur de sa foi souverainiste.mdavid@ledevoir.corn B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 OCTOBRE 2012 EDITORIAL BELL-ASTRAL Durs lendemains Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes a tranché : parce qu\u2019elle n\u2019a pas réussi à prouver que la transaction «sert l\u2019intérêt public», Bell Canada ne pourra pas acquérir le radiodiffuseur Astral, avec qui elle s\u2019était pourtant entendue.Ce faisant, le CRTC rompt avec la tendance récente du laisser-faire.Une très bonne nouvelle ! c i'-j Jean-Robert Sansfaçon eux qui croyaient que l\u2019arrivée d\u2019un nouveau président à la tête du CRTC, Jean-Pierre Blais, ne changerait rien à l\u2019orientation pour le moins libérale adoptée au cours des dernières années ont été confondus.En rejetant le projet d\u2019acquisition d\u2019Astral par Bell que tous les experts tenaient pour acquis, le CRTC marque une pause dans le processus de concentration en cours depuis une vingtaine d\u2019années dans l\u2019industrie des télécommunications.Parlons seulement d\u2019une pause, car si le CRTC rejette du revers de la main l\u2019argument de Bell selon lequel cette transaction de 3,38 milliards de dollars était indispensable pour doter le Canada d\u2019une entreprise capable de concurrencer les géants comme Netflix, Apple et Google, il ne s\u2019aventure pas à préciser s\u2019il serait plus acceptable que ce soit Rogers, Vidéotron, Cogeco ou Teins qui mettent la main sur «le dernier grand radiodiffuseur ^indépendant non intégré» Au Pf\tEn acquérant Astral, Bell aurait contrôlé 'A ^ ^\t42,7% des parts de marché de la télévision en ^\tanglais et 33,1 % de celles de la télé en français.b\t1 '\tDans le secteur de la télévision spécialisée, le i\tnouveau géant Bell-Astral aurait accaparé près Ay y.j des deux tiers de la tarte publicitaire au pays.Une telle concentration d\u2019actifs entre les mains d\u2019un seul joueur lui aurait permis de faire du dumping publicitaire à volonté aux dépens de ses concurrents, par exemple en offrant des canaux sportifs ou francophones en prime aux gros annonceurs nationaux.Au Québec, la transaction aurait donné naissance à un concurrent solide pour affronter Québécor, qui détient le premier rang avec 35% du marché de la télévision.Mais compte tenu de l\u2019envergure du monstre qu\u2019on aurait laissé naître, même les Québécois y auraient perdu au change après quelques années, cela semble évident.Le marché canadien de la télévision et des télécommunications est déjà trop peu concurrentiel, avec les conséquences que l\u2019on sait sur les prix de la câblodistribution, de la télévision par câble, de l\u2019Internet et du téléphone cellulaire qui sont plus élevés que n\u2019importe où au monde, même en Afrique ! Et il est aussi beaucoup trop concentré de bas en haut de la chaîne de production et de dîstrîbutîon à cause des décîsîons du même CRTC quî a autorîsé trop rapîdement les distributeurs de services à se porter acquéreurs de stations et de réseaux de télévision.Maintenant que le CRTC a dit non à Bell, Astral redevient disponible et l\u2019on peut s\u2019attendre à ce que ceux-là mêmes qui se sont opposés à la dernière transaction tentent à leur tour de mettre la main sur le joyau.La question est de savoir si le CRTC, qui s\u2019est enfin souvenu que son rôle n\u2019étalt pas d\u2019abord la valorisation de l\u2019Investissement des actionnaires, mais le développement d\u2019une Industrie de la télévision diversifiée et concurrentielle, gardera le cap sur cet objectif.Auquel cas, il doit lancer le message clair aux intéressés que l\u2019achat d\u2019Astral devra répondre à des critères de qualité du projet présenté avant toute autre considération puisqu\u2019on matière de télévision, le contenu ne doit pas devenir un banal outil de marketing pour augmenter les ventes de biens et de services technologiques.LES VICES PRIVES DE FACEBOOK ET CONSORTS Le droit à l\u2019oubli D ü epuis des années et non des mois, on insiste, les autorités américaines et européennes se livrent un combat qui relève davantage du bras de fer que du fleuret moucheté, car des milliards sont concernés.L\u2019origine de cette lutte est la volonté des Européens d\u2019imposer aux Eacebook, Twitter et autres Google le droit à l\u2019oubli, soit le pouvoir accordé à l\u2019individu de gommer toutes les informations dont il est le sujet et l\u2019auteur, ainsi que le droit de soustraire quand bon lui semble certaines des informations qu\u2019il a glissées dans un des réseaux sociaux.Bref, le Vieux Continent tient à ce que le citoyen demeure « propriétaire» de son libre arbitre, contrairement à Eacebook et autres commerçants de la Toile.\"V Pas plus tard que cette semaine, une rencon-tre au sommet entre représentants américains \\ des ministères du Commerce, de la Justice et ^\t_ de l\u2019Intérieur et leurs homologues de la Com- mission européenne (CE) s\u2019est transformée en une foire d\u2019empoigne.Arguant des vices et des drames personnels que le mécanisme de pro-Serge\tduction arrêté par Eacebook qui fait, par exem- Truffaut\tcette dernière s\u2019arroge notamment des droits d\u2019auteur sur les clichés pris par des individus, la commissaire à la Justice de la CE, Viviane Reding, a prévenu que la loi sur le droit d\u2019oubli serait un premier pas.Son intention étant de serrer la vis afin, on l\u2019aura deviné, de mettre une sourdine au Ear West que les militants du Saint-Graal informatique souhaitent maintenir à des fins strictement, exclusivement pécuniaires.La sociabilité étant brandie pour confondre les crédules.Pour leur part, les patrons des réseaux et leurs vassaux des ministères américains avancent que l\u2019imposition du droit à l\u2019oubli est en fait une licence accordée à la censure, dixit Google.Quoi d\u2019autre ?Si jamais les parlementaires européens adoptent les positions défendues par Reding, alors le travail des services chargés de traquer le malfrat et le terroriste sera beaucoup plus difficile.En clair, Washington tient mordicus au maintien du laisser-aller, du laisser-faire.Eait à noter qui en dit long sur les visées de Eacebook et compagnie, les sièges sociaux de ces dernières sont en général situés en Irlande.Un, parce que ce pays s\u2019est fait le champion du dumping fiscal.Deux, parce que ses balises en matière de protection des droits des individus logent à l\u2019enseigne du.laxisme ! Bien évidemment, cela n\u2019a pas échappé aux autorités européennes.Tellement pas qu\u2019elles sont justement décidées à imposer aux entreprises américaines un alignement sur le cadre réglementaire européen et plus seulement irlandais.Cela est plus que souhaitable.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO LETTRES MTL.à potentiel d\u2019amélioration ! Cette semaine, je suis allé chercher, à l\u2019aéroport PET, un couple d\u2019amis marocains qui n\u2019avait jamais mis les pieds à Montréal.S\u2019imaginant une ville nord-américaine des plus modernes, ils ont vite déchanté à peine après avoir mis le nez hors de l\u2019aéroport.Pour moi, c\u2019était amusant de les voir regarder, chacun par une fenêtre, la forêt de cônes orange qui balisait notre chemin comme si, spécialement pour les accueillir, on avait installé une haie d\u2019hon-neqr jusqu\u2019à chez moi.A un moment donné, le regard inquiet, le gars m\u2019a demandé: «Est-ce que c\u2019est suite au tremblement de terre de la semaine dernière?» J\u2019ai dit: «Non, non, non, Bena-chir, Montréal est comme ça, vous allez vous habituer, c\u2019est un territoire occupé.» Soudain, on a tapé un nid-de-poule, qui a secoué la voiture étrangement, et la fille m\u2019a dit: «J\u2019ai lu dans l\u2019avion que le parc d\u2019attraction La Ronde était encore ouvert, on pourra y aller?» «Si la bretelle du pont n\u2019est pas fermée, sans doute», ai-je répondu.Puis, sous le tunnel Ville-Marie, de mon rétroviseur, je les ai vus se coller ensemble tous les deux et se tenir par la main, comme si je les emmenais dans un endroit particulièrement dangereux.N\u2019ayez crainte, lem ai-je dit, c\u2019est un site à potentiel d\u2019amélioradon, comme dit notre ministère des Transports, et ce qu\u2019il y avait à tomber est tombé déjà.Rendus à la maison, pour leur changer les idées, j\u2019ai ouvert la télévision, c\u2019était la tête d\u2019un type en gros plan qui parlait de «Monsieur 2,5%».Le chef d\u2019antenne a parlé ensuite de «Monsieur TPS» et de «Monsieur 1%».L\u2019œil en accent circonflexe, Malika m\u2019a demandé si on pouvait changer de poste.J\u2019ai dit bien sûr ! Sur l\u2019autre chaîne débutait un reportage sur le « Matricule 728 ».Les gens ont des drôles de noms, ici, vous ne trouvez pas ?Alain Petel Le 19 octobre 2012 L\u2019histoire de l\u2019enseignement de l\u2019histoire an Qnébec Monsieur Loyola Leroux, Dans votre lettre publiée le 17 octo- bre, vous posez des questions très pertinentes d\u2019autant que curieusement, à l\u2019instar du cordonnier mal chaussé, les enseignants d\u2019histoire, les historiens, voire les dirigeants du système d\u2019éducation se sont peu penchés sur l\u2019histoire de l\u2019enseignement de l\u2019histoire et, en particulier, sur celle de l\u2019histoire nationale.C\u2019est pour répondre au genre de questions que vous posez qu\u2019avec le concours de quelques-uns de mes collègues, nous avons entrepris de rédiger une histoire de l\u2019enseignement de l\u2019histoire nationale à l\u2019école québécoise.Le résultat de nos recherches et de nos analyses se retrouve dans un ouvrage que les éditions du Septentrion viennent de publier sous le titre L\u2019histoire nationale à l\u2019école québécoise.Regards sur deux siècles d\u2019enseignement.Nous espérons que cet ouvrage répondra à vos questions et contribuera à situer dans le débat sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire nationale.Michel Allard Professeur retraité, mais toujours historien Le 17 octobre 2012 REVUE DE PRESSE La meute MANON CORNELLIER ncore cette semaine, les conservateurs ont donné des munitions aux chroniqueurs les plus inquiets de l\u2019état de santé de notre démocratie.Dépenses électorales contestées, crise du bœuf contaminé qui se poursuit.Le sommet a sûrement été atteint avec la présentation d\u2019un autre projet de loi omnibus de mise en œuvre du budget.Un texte en particulier a attiré l\u2019attention, celui d\u2019Andrew Coyne, du National Post.Champion du respect des institutions et des principes parlementaires, Coyne s\u2019est laissé inspirer par son père, ancien gouverneur de la Banque du Canada, décédé la semaine dernière.Il est passé à l\u2019histoire pour avoir refusé de plier devant les ingérences du gouvernement, sa démission consolidant une indépendance qui se confirme encore aujourd\u2019hui.Coyne insiste sur la crédibilité associée à cette fonction.Seul un gouverneur peut, comme en avril 2009, annoncer qu\u2019il ne changera pas le taux de base pendant 15 mois et être cru par tout le monde.En politique, même à ses plus hauts échelons, c\u2019est une autre paire de manches.Le premier ministre donnerait l\u2019heure, ironise-t-il, et on douterait de lui.Pour cette raison, les politiciens ne peuvent influencer les événements de façon indirecte, à travers les attentes et actions du public.«Le gouverneur de la banque peut, lui, compter sur la confiance du public et planifier ses politiques en conséquence.Un premier ministre, qui a miné cette confiance, ne le peut pas.» Cojme reconnaît que le gouverneur de la banque et les fonctionnaires du Parlement n\u2019ont pas à faire face à l\u2019électorat ou à des rivaux sans scrupule.«La politique est une affaire de meute.Le parti le plus impitoyable, le plus discipliné, le plus soudé écrase et soumet les autres.Il privilégie la loyauté à l\u2019exclusion de toute autre vertu.\u201cOn chasse ensemble\u201d, se fera dire le nouveau venu.\u201cReste avec la meute.\u201d Chacun apprend alors à écorcher et à médire, à promettre ou à menacer, exactement comme on le lui demande.» (J\u2019est ce qu\u2019on appelle le pouvoir insfitufionnel, dit Cojme.Ce qui est intéressant, par contre, c\u2019est lorsqu\u2019il y a collision entre ce pouvoir et les principes, «quand la meute est confrontée, non pas à une autre meute, mais à un individu déterminé à défendre les siens.La meute n\u2019est pas préparée à cela.Confrontée à quelqu\u2019un qu\u2019elle ne peut effrayer et qui n\u2019attend rien d\u2019elle, elle est déconcertée.Ses tactiques habituelles deviennent inutiles et son pouvoir tourne en poussière.» Il cite comme exemple le direc-tem parlementaire du budget.Kevin Page, que les conservateurs dénigrent publiquement depuis des années sans arriver à le museler.Coyne convient que le gouverneur de la Banque et les fonctionnaires du Parlement sont inamovibles, donc protégés contre les aléas politiques.Lem crédibilité dépend de plus que cela, poursuit-il.Elle repose sur leur conduite et celle de leurs prédécesseurs et bénéficie, écrit-il avec un évident plaisir, d\u2019un faible qu\u2019ont les Canadiens pour le loup solitaire qui refuse de suivre la meute ou de plier devant elle.Quelqu\u2019un comme son père.Résister Susan Riley, de l\u2019Ottawa Citizen, aborde elle aussi la question de la résistance à la meute.Qui, le gouvernement est majoritaire et est toujours prêt à utiliser le pouvoir absolu que lui accorde notre système, dit-elle.Qui, il esquive les questions sur la compétence de certains de ses ministres, des dépenses électorales contestées, les entorses au parlementarisme.Qui, il cache ses ministres pour laisser ses plus matamores répondre à leur place.Après tout, deux règles non écrites gouvernent l\u2019action des ministres conservateurs: «ne jamais reconnaître publiquement leur responsabilité et ne jamais paraître céder devant la furie de l\u2019opposition ».Résister n\u2019est pas futile cependant, mais nécessaire, insiste-t-elle, même si les moyens,sont limités et de portée douteuse.«Etant donné l\u2019immense pouvoir de tout gouvernement majoritaire, les freins les plus efficaces à l\u2019abus demeurent une presse robuste, un public aux aguets et des ministres inspirés par les plus hautes normes éthiques.Qu\u2019il y ait quelqu\u2019un ou non qui surveille», conclut-elle.Mais est-ce possible quand le gouvernement a recours à répétition à des projets de loi budgétaire omnibus?Dans le Toronto Star, Tim Harper note que la présentation cette semaine d\u2019un autre projet du genre démontre qu\u2019aux yeux des conservateurs, le tollé provoqué le printemps dernier, le vote marathon de 24 heures, les doutes exprimés par quelques députés conservateurs n\u2019ont pas eu lieu.Si certains ne l\u2019avaient pas encore compris, c\u2019est la façon de faire les choses de ce gouvernement, souligne Tim Harper.Selon lui, les conservateurs calculent qu\u2019ils n\u2019ont rien à perdre car ils croient que tout le bruit fait contre C-38 était causé par des gens qui ne voteront jamais pour eux.«Stephen Harper n\u2019a pas inventé la prorogation et les lois omnibus, mais il a fait entrer dans le langage courant deux termes obscurs de notre lexique politique.Il a enrichi notre vocabulaire, mais amoindri notre démocratie.» Et le plus préoccupant, poursuit le chroniqueur, est qu\u2019il semble avoir fait des émules, puisque le premier ministre ontarien Dalton McGuinty a prorogé le Parlement sans raison au même moment où il annonçait sa démission.mcornellier@ledevoir.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 OCTOBRE 2012 B 5 IDEES ETRE TRUDEAU AU QUEBEC L\u2019héritage d\u2019un patronyme MEBS KANJI Professeur agrégé au Département de science politique de l\u2019Université Concordia SOHEYLA SALARI Attachée de recherche à l\u2019Université Concordia KERRY TANNAHILL Etudiante au doctorat en science politique à l\u2019Université Concordia es opinions ne manquent pas sur la perspective de voir Justin Trudeau devenir le prochain chef du Parti libéral du Canada.Elles ne manquent pas non plus sur celle de le voir devenir le prochain premier ministre du Canada, étant donné que son père, Pierre Elliott Trudeau, a déjà joui d\u2019une immense popularité dans cette fonction.Les initiés et les stratèges en communications des différents partis ont donné leur avis.Mais que disent les citoyens qui seront appelés à voter sur ces perspectives ?Au Québec, ce que pensent les électeurs de Justin Trudeau dépend beaucoup de ce qu\u2019ils pensent de son père.Voilà une des conclusions d\u2019une enquête réalisée en ligne après l\u2019élection provinciale du 4 septembre.Le Comparative Provincial Election Project, initiative pancanadienne inédite lancée l\u2019automne dernier par une équipe de chercheurs de dix universités du pays, vise à recueillir et à analyser des données sur les modalités du vote aux élections provinciales.D\u2019après les résultats préliminaires du volet québécois de cette étude, la plupart des résidants de la province qui tiennent Pierre Elliott Trudeau en haute estime éprouvent le même sentiment envers Justin Trudeau.Cependant, la proposition inverse est aussi vraie : les Québécois qui n\u2019aiment pas Trudeau père ressentent la même antipathie envers son fils.11 semble donc peu probable que les gens qui considèrent le legs de l\u2019ancien premier ministre comme une trahison des aspirations des Québécois accueillent avec enthousiasme les aspirations de son héritier.Popularité déclinante Cette opinion négative de Pierre Elliott Trudeau ne serait guère inquiétante si la popularité dont il jouissait au Québec à la fin des années 1960 avait duré.Toutefois, selon notre enquête, la popularité de l\u2019ancien premier ministre a beaucoup décliné, étant passée de plus de 70% (soit le score maximum possible) à moins de 50%.Bien que le prestige des anciens chefs se ternisse généralement quelque peu au fil du temps, ces résultats donnent à penser que le battage médiatique suscité par JACQUES NADEAU LE DEVOIR Justin Trudeau en compagnie de son épouse, Sophie Grégoire, et de ses enfants, Xavier-James et Ella-Grace, lors du lancement de sa campagne à la chefferie libérale, le 3 octobre.l\u2019éventualité d\u2019une seconde vague de trudeau-manie est exagéré.L\u2019aspect positif de l\u2019héritage Trudeau pourrait encore se révéler précieux chez certains groupes d\u2019électeurs, par exemple les fédéralistes, les non-francophones, les aînés et les immigrants.Chez ces groupes, en effet, la cote de popularité de l\u2019ancien premier ministre se maintient entre 7 et 25 points de pourcentage en moyenne au-dessus de celle qui lui est accordée par les autres Québécois.Cet appui ne procurera toutefois qu\u2019un élan limité à Justin Trudeau.Pour connaître du succès aux urnes, Justin Trudeau et les libéraux devront repousser la vague orange.Or, nos données semblent indiquer que le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Thomas Mulcair, est plus populaire auprès des Québécois que Justin Trudeau, obtenant une cote moyenne de 58%.Ce résultat dépasse de loin le score de 47% de M.Trudeau, de même que celui de tous les autres chefs de parti dans la Belle Province, observation qui vaut pour les trois ordres de gouvernement (fédéral, provincial et municipal).Trudeau et Mulcair, même défi L\u2019enquête révèle également que Thomas Mulcair a un défi en commun avec Justin Trudeau.Les deux hommes doivent composer avec l\u2019héritage d\u2019un ancien chef de parti puis- sant et charismatique.11 apparaît en effet que M.Mulcair doit au moins une partie de sa popularité à celle de son prédécesseur, Jack Lay-ton.Ce lien est semblable à celui qui unit Pierre Elliott Trudeau et son fils, quoiqu\u2019un peu plus faible.Pour Justin Trudeau, cependant, la prudence s\u2019impose, car la popularité de Jack Layton au Québec est actuellement beaucoup plus importante et répandue que celle de son défunt père.Les Québécois donnent en effet à M.Layton une cote moyenne de 75%, laquelle excède le score de 70% qu\u2019ils attribuent au défunt ancien premier ministre René Lévesque, autrefois le politicien le plus aimé au Québec.Par ailleurs, une majorité de Québécois ont indiqué que le programme et les politiques des partis étaient des facteurs particulièrement importants dans leur choix au dernier scrutin provincial.Or Justin Trudeau n\u2019a pas encore exposé en détail les valeurs qu\u2019il entend défendre.Pour réussir au Québec et supplanter le NPD aux prochaines élections fédérales, il ne lui suffira vraisemblablement pas d\u2019avoir un patronyme légendaire.Si, comme il le soutient avec insistance, il souhaite vraiment l\u2019occasion de faire ses preuves et la démonstration de ses propres compétences, il devra se retrousser les manches pour remporter la bataille du Québec.CONEUIT ETUDIANT Un triomphe à la Pyrrhus pour les étudiants radicaux SANDY WHITE Etudiant en droit à l\u2019Université Laval et ancien conseiller politique et adjoint spécial du ministre Christian Paradis aux Travaux publics vec l\u2019année scolaire maintenant bien engagée, les bouleversements de la crise étudiante du printemps dernier se sont achevés au Québec.Pour les adversaires de la hausse des droits de scolarité, l\u2019élection du Parti québécois se présente comme une victoire car la nouvelle première ministre, Pauline Marois, a abandonné la proposition de l\u2019ancien gouvernement libéral.Tout en se sentant justifiés dans leur combat pour des droits de scolarité plus bas, les leaders étudiants vont découvrir que cette célébration sera au mieux de courte durée et au pire un triomphe à la Pyrrhus.La décision du gouvernement péquiste d\u2019annuler l\u2019augmentation des droits précipitera inévitablement le déclin des établissements d\u2019éducation tertiaire de la province, qui souf frent depuis des années par rapport aux autres universités canadiennes, principalement en raison de contraintes budgétaires.A de nombreux égards, les universités québécoises font face à une pénurie de dizaines de millions de dollars chaque année, un déficit qui ne peut pas être anéanti par la prestidigitation financière du gouvernement.11 est donc presque certain que cette décision entraînera à la fois une augmentation de l\u2019énorme dette provinciale et la décrépitude des universités de la province.faisant fi des 70% de Québécois qui sont en faveur de l\u2019augmentation des droits, le PQ et ses partisans dans le mouvement étudiant et dans les syndicats ne font que retarder l\u2019inévitable.Les droits universitaires vont forcément augmenter éventuellement.Après le départ du gouvernement Marois, il est certain qu\u2019un nouveau gouvernement, qu\u2019il soit d\u2019un Parti libéral renouvelé ou de la Coalition avenir Québec, réintroduira une augmentation des droits de scolarité.Demandes extravagantes Après avoir cyniquement appuyé les caprices des violentes manifestations étudiantes, madame Marois et le PQ se sont ouverts à des revendications qui seront, on le constate déjà, de plus en plus extravagantes.Le groupe étudiant le plus radical, la CLASSE, a déjà lancé une campagne pour l\u2019élimination complète des droits de scolarité universitaires.Le gel actuel des droits, qui restent parmi les plus bas en Amérique du Nord, ne leur suffit pas.Ces activistes étudiants vont donc continuer à réclamer des concessions illogiques puisqu\u2019on leur a appris qu\u2019avec suffisamment de persévérance et de violence tout leur est permis.Le PQ n\u2019a ni le courage moral ni la conviction philosophique nécessaires pour leur dire non.Le débat sur les droits de scolarité ne s\u2019explique pas comme un prétendu schisme idéologique entre «néolibéraux», qui sont en faveur de l\u2019augmentation, et «progressistes», qui s\u2019y opposent.Et non plus comme un conflit entre générations opposant les jeunes contre les vieux.11 s\u2019agit plutôt d\u2019une divergence d\u2019opinion au sein même de la jeunesse, car d\u2019importantes fissures existent parmi les jeunes du Québec sur la façon dont ce problème devrait être résolu.A peine 30% des étudiants universitaires ont voté pour une «grève» au début de 2012, tandis que 70% ont préféré rester en cours.Contexte global Plutôt que philosophique ou générationnel, le débat sur le financement des universités doit être pratique, tout en prenant en considé- ration le contexte global dans lequel il se manifeste.Dans la plupart des marchés, le prix de l\u2019éducation, comme tout autre bien ou service, dépend en grande partie des avantages, à la fois financiers et scolaires, que l\u2019on peut en tirer.Cette analyse quantitative et qualitative est le calcul le plus important dans la décision de l\u2019étudiant d\u2019investir ou non dans des études supérieures.C\u2019est la réalité du monde dans lequel nous vivons.Ceci est la raison pour laquelle les universités comme Harvard coûtent plus cher que les autres et qu\u2019un diplôme en médecine revient plus cher qu\u2019un diplôme d\u2019études collégiales.11 est vrai qu\u2019augmenter les droits de scolarité ne garantit pas une meilleure qualité d\u2019enseignement de nos écoles.Mais comme celles-ci sont scandaleusement sous-financées, il est probable que cette hausse leur permettrait d\u2019offrir à leurs élèves une bien meilleure expérience scolaire.Ceci est d\u2019autant plus critique que le gouvernement provincial, qui subventionne déjà 87% du coût d\u2019un diplôme de premier cycle, s\u2019écroule sous ses dettes.Plus inquiétant encore, le PQ n\u2019a mis au point aucun plan politique cohérent qui pourrait financer le déficit budgétaire des universités.Et ne parlons pas des nouveaux prêts et bourses que propose le gouvernement.Pour l\u2019instant, les adversaires de l\u2019augmentation des droits de scolarité peuvent naïvement savourer leur victoire.Malheureusement, ces mêmes étudiants, ainsi que les 70% qu\u2019ils ont entraînés dans leur misère, réaliseront très vite que leur futur et celui de leurs enfants resteront accablés de dettes et que le calibre de leurs écoles continuera de baisser.Une fois de plus, le PQ a démontré que, sous sa direction, le Québec peut s\u2019attendre non seulement à une gouvernance cynique, mais à un programme politique qui est fondamentalement nocif à l\u2019évolution de la province.Chacun son tour Denise Bombardier La semaine derniqre, c\u2019était donc celui de la ministre de l\u2019Éducation, Marie Mala-voy, qui a réussi à déplacer les réflecteurs et les micros vers elle.Dans la foulée des défoulements ministériels que Pauline Marois a tempérés depuis Paris, l\u2019attaque contre l\u2019école privée fut frontale.Une proportion de Québécois, appelons-les les niveleurs, rêve d\u2019en découdre avec l\u2019élitisme, ce mal qui répand la terreur comme la peste, dixit le fabuleux fabuliste Jean de La Eontaine, connu des «élitistes» de la culture humaniste qu\u2019on a virée au profit de l\u2019égalitarisme pop.Même des lecteurs de ce journal regardent avec condescendance la presse populaire tout en s\u2019accordant une sorte de diplôme intellectuel du simple fait de lire Le Devoir.Pourtant, ils se découvrent les zélotes les plus vibrants quand il s\u2019agit de couper les vivres aux écoles privées, ce foyer élitiste.L\u2019Ontario vient à leur secours puisqu\u2019il n\u2019y a, de fait, aucun financement public de ces écoles, sauf pour les catholiques.Ce qui signifie brutalement que seuls les très riches s\u2019offrent ces Upper Canada Colleges à 27 000$ oû se forment les futurs leaders du Canada anglais.A noter que les droits de scolarité chez nos voisins sont totalement déductibles d\u2019impôts, contrairement au Québec.Les écoles privées sont pour les riches, disent les détracteurs de l\u2019école privée qui croient que les taxis qui attendent aux portes de nombreux établissements d\u2019enseignement privés à Montréal viennent chercher les enfants des riches.Erreur.Ces chauffeurs, souvent haïtiens, y cueillent leurs propres enfants, pour lesquels ils se serrent la ceinture, comme tant de parents québécois de la petite classe moyenne et d\u2019immigrants pour qui l\u2019éducation est une valeur fondamentale et qui n\u2019ont plus confiance dans le système public pour assurer un apprentissage intellectuel de qualité.Que les écoles privées sélectionnent les enfants selon des critères scolaires élevés est objet de scandale pour plusieurs.Mais alors, il faut aussi condamner la sélection dans le système public à vocation internationale et en médecine, en droit, à HEC et à Polytechnique.Est-ce la sélection qui pose problème ou le financement public à hauteur de 60%, ce qui entraîne un coût de 40% pour les parents qui parfois sont ministres, souvent enseignants ou cols blancs ou cols bleus ?Quel serait donc le coût de l\u2019abolition des écoles privées si le public devait absorber ces dizaines de milliers d\u2019enfants ?Au Québec, on se méfie des surdoués.Quant aux élèves moyens, à savoir la majorité, ils ne reçoivent pas toute l\u2019attention à laquelle ils ont droit car les élèves en difficulté mobilisent du personnel et des moyens considérables.Certes, il faut s\u2019occuper des enfants en difficulté, mais l\u2019école est un lieu d\u2019apprentissage des connaissances avant tout.L\u2019intégration se fait autour de l\u2019enseignement commun.Si plus de 30% des élèves fréquentent l\u2019école privée à Montréal, c\u2019est que l\u2019école publique a perdu de son humanité et sa compétence professionnelle aux yeux de plusieurs.Ce ne sont pas les écoles privées qui l\u2019en ont privée.C\u2019est la politique ministérielle depuis des décennies.L\u2019école publique traite mal ses élèves et ses enseignants, moins en dehors de Montréal, dans les petites villes et les villages, oû l\u2019école, à l\u2019abri des bouleversements démographiques et sociologiques urbains, demeure plus souvent un lieu studieux à dimension humaine oû la compétence et l\u2019attention aux enfants sont indissociables.En dehors de Montréal, 20% des élèves seulement se retrouvent dans le secteur privé.Au secondaire en particulier, niveau problématique, on le sait.La première ministre n\u2019a pas le projet, «pour le moment», d\u2019ouvrir ce débat révélateur de l\u2019un de nos démons collectifs, cette hargne à l\u2019endroit de l\u2019« élitisme » dont les effets sont infiniment moins répandus, disons-le, que le nivellement qui sévit et nous rapetisse inéluctablement.denbombardier@videotron.ca Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les çommentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cirino (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec)Vcih\\Q\\\\.Deglise(société), Jean Dion (sports), 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Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par interim service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Beliveau (adjointe administrative), Celine Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 OCTOBRE 2012 PHILOSOPHIE Le Devoir de philo John Stuart Mill et l\u2019Année internationale des coopératives D\u2019après le philosophe, ces institutions sont un moyen de garantir la dignité de tous et de promouvoir les valeurs démocratiques tout en conservant une économie efficace Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie, d\u2019histoire et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.THOMAS FERRETTI L\u2019auteur prépare un doctorat à la Chaire Hoover d\u2019éthique économique et sociale de l\u2019Université catholique de Louvain.Ses recherches portent sur les théories de la justice sociale, le mouvement coopératif et la réglementation économique.Notre modèle économique est exsangue.Depuis 30 ans, les inégalités se sont creusées.La financiarisation et la dérégulation de l\u2019économie ont engendré plusieurs crises qui ont touché durement les plus pauvres.La mobilité des grandes entreprises et des capitaux a fait exploser la concurrence internationale, affaiblissant ainsi les outils de solidarité et de développement collectif que sont les Etats ou les syndicats.Et la course aveugle vers une croissance mal comprise n\u2019a fait qu\u2019aggraver les problèmes environnementaux.Un autre modèle économique est nécessaire, plus juste, plus démocratique et plus stable.C\u2019est ce que proposent, depuis John Stuart Mill déjà, les dé- Dans son traité De la liberté, publié en 1859, Mill défend plusieurs idées aussi diverses que la liberté d\u2019expression et l\u2019émancipation des femmes tenseurs du modèle coopératif.C\u2019est d\u2019ailleurs pour reconnaître la contribution économique et sociale du modèle d\u2019entreprise coopératif que l\u2019Organisation des Nations unies a proclamé 2012 «Année internationale des coopératives ».Dans ce cadre, un sommet international vient de se tenir à Lévis, du 8 au 11 octobre, rassemblant les 300 plus importantes coopératives du monde, dont plusieurs entreprises québécoises, pour un grand événement visant à accroître le rayonnement et l\u2019influence des coopératives et des mutuelles.Il était temps ! Car le mouvement coopératif existe depuis longtemps.John Stuart Mill (1806-1873) est l\u2019un des philosophes et des économistes britanniques les plus importants du XIX® siècle.Grand érudit, ses idées ont eu une influence considérable sur la pensée politique et économique et ont bouleversé de nombreux champs de la pensée.Le bonheur de la collectivité Il a notamment publié un traité éthique.L\u2019utilitarisme, dans lequel il s\u2019emploie à défendre le principe selon lequel nous devons chercher dans nos actions à maximiser le bonheur de la collectivité.Dans un autre grand livre, le traité De la liberté, publié en 1859, il défend plusieurs idées aussi diverses que la liberté d\u2019expression et l\u2019émancipation des femmes.Ses Principes d\u2019économie politique se veulent une synthèse de la pensée économique classique de son époque.A la fin du livre IV, il évoque les coopératives de travailleurs.Il est l\u2019un des premiers penseurs à y avoir vu un modèle d\u2019avenir.Ses arguments en faveur de ce modèle sont d\u2019une actualité renversante.Pour John Stuart Mill, les coopératives sont une forme d\u2019organisation plus égalitaire qui peut assurer à tous l\u2019auto- nomie et la dignité.Elles favorisent aussi le développement des valeurs démocratiques et des libertés politiques.Einale-ment, elles sont efficaces et permettent de conserver les avantages d\u2019une économie concurrentielle et décentralisée.Pour Mill, le modèle d\u2019entreprise qui doit dominer l\u2019économie est « l\u2019association des travailleurs eux-mêmes sur une base égalitaire, détenant collectivement le capital de leur entreprise et travaillant sous le contrôle de gestionnaires élus et qu\u2019ils peuvent remplacer » (IV.7§6).En effet, pour lui, la structure des entreprises dans lesquelles le capital récolte le pouvoir et le profit crée et perpétue les inégalités sociales, la domination exercée par les détenteurs de capital et l\u2019asservissement des travailleurs.D\u2019ailleurs, au-delà des inégalités de revenu qu\u2019il faut bien sûr réduire.Mill accorde surtout de l\u2019importance à la dignité et à l\u2019autonomie de tous les travailleurs ainsi qu\u2019au développement de leur intelligence et de leurs habiletés.En favorisant l\u2019indépendance des travailleurs, en remplaçant l\u2019obéissance aux patrons par le respect volontaire de règles décidées collectivement, l\u2019opposition stérile des intérêts individuels par une coopération égalitaire en vue du bénéfice collectif de l\u2019entreprise, le modèle coopératif assure à tous la dignité, la reconnaissance et le développement de soi.Aujourd\u2019hui, la structure des entreprises dominantes est encore responsable de la création d\u2019inégalités de revenu, de la répartition souvent injuste des profits entre le capital et le travail, de la division des tâches et donc de l\u2019émergence d\u2019emplois plus ou moins valorisants.Malgré la distribution un peu plus large du capital dans les pays riches, 30 % de la population détient encore 70 % du capital des entreprises.C\u2019est pire dans les pays en voie de développement.De plus, la spécialisation extrême et la multiplication de formes de travail précaires, compétitives et abrutissantes rendent l\u2019expérience du travail de moins en moins satisfaisante.Plusieurs chercheurs contemporains défendent l\u2019idée qu\u2019il ne suffit pas de redistribuer les richesses par l\u2019impôt et des politiques d\u2019aide sociale car cela ne règle pas les problèmes de stigmatisation et de dépendance qui affligent les plus démunis.Comme le souligne le Prix Nobel d\u2019économie Amartya Sen, la pauvreté est un phénomène complexe.Il faut donc réformer les institutions sociales et économiques non seulement pour réduire les inégalités de revenu, mais aussi pour garantir à tous une égale dignité, un travail décent et le plein développement de leur potentiel et de leur autonomie.Les coopératives se veulent une solution à ces problèmes.John Stuart Mill invoque un deuxième argument pour défendre les coopératives de travailleurs.Ce modèle économique permet, selon lui, le développement d\u2019un « esprit démocratique » (IV.7 § 6) dont nous aurions bien besoin aujourd\u2019hui.En effet, l\u2019individualisme et INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY John Stuart Mill (1806-1873) est l\u2019un des philosophes et des économistes britanniques les plus importants du XIX® siècle.Grand érudit, ses idées ont eu une influence considérable sur la pensée politique et économique et ont bouleversé de nombreux champs de la pensée.tudes décisionnelles et citoyennes.Encore une fois, on retrouve ces arguments dans les recherches récentes en sciences sociales.Plusieurs exemples réussis Bien sûr, la première critique (souvent la seule) lancée par les détracteurs du modèle coopératif consiste à dire que ce type d\u2019économie n\u2019est pas efficace.C\u2019est faux ! S\u2019il reste des défis économiques à relever pour étendre le modèle coopératif, notamment pour permettre aux coopératives de trouver du financement, des solutions existent.H n\u2019est pas utopique de vouloir l\u2019expansion du modèle coopératif, qui compte déjà plusieurs exemples réussis.Environ 3300 coopératives sont actives au Québec dans différents secteurs ; elles regroupent des millions de travailleurs, producteurs et consommateurs et elles ont une importance croissante dans l\u2019économie.En Espagne, les coopératives regroupées dans la corporation Mondragon constituent le septième groupe industriel en importance et le premier employeur du Pays basque.John Stuart Mill expliquait déjà l\u2019efficacité des coopératives de travailleurs de nombreuses manières.Premièrement, dans ce type d\u2019organisation, les employés ont « un intérêt direct au développement de l\u2019entreprise », ils s\u2019organisent collectivement selon des règles qu\u2019ils choisissent, ils divisent les tâches de la manière qui leur convient et ils développent leurs habiletés (IV.7 § 6).Tout cela favorise la motivation et la productivité des travailleurs au sein de chaque entreprise.Deuxièmement, pour Mill, les coopératives assurent plus de justice sociale tout en conservant les avantages de la décentralisation des décisions COLLECTION PERSONNELLE Thomas Ferretti: «Les Principes d\u2019économie politique de John Stuart Mil! se veulent une synthèse de la pensée économique classique de son époque.À la fin du livre IV, il évoque les coopératives de travailleurs.Il est l\u2019un des premiers penseims à y avoir vu un modèle d\u2019avenir.Ses arguments en faveur de ce modèle sont d\u2019une actualité renversante.» les grandes inégalités de richesse et de pouvoir ne sont pas pour rien dans l\u2019apparition des scandales de corruption que nous connaissons au Québec, dans le désaveu adressé à la classe politique qui semble trop souvent servir les intérêts Environ 3300 coopératives sont actives au Québec, regroupant des millions de travailleurs, producteurs et consommateurs mocratiquement par la délibération entre les membres favorise la diffusion de valeurs démocratiques comme l\u2019égalité, la participation et le sens du compromis.Un tel mode d\u2019organisation aide aussi chacun à développer l\u2019intelligence et les habiletés nécessaires pour être, en dehors de la sphère du travail, un citoyen plus autonome, plus res- ponsable et plus des plus riches et dans le dés- exigeant en matière de justice intérêt d\u2019une partie de la population pour le débat public.C\u2019est tout un système qui fragilise notre démocratie et donc nos mécanismes de solidarité sociale.Au contraire, pour Mill, le fait que les décisions dans les coopératives soient prises dé- sociale et de démocratie.S\u2019il est bien entendu possible de développer ces aptitudes même lorsqu\u2019on travaille dans une entreprise hiérarchique et inégalitaire, les coopératives favorisent grandement cet esprit démocratique et le développement des apti- et les bienfaits d\u2019une concurrence saine entre entreprises économiques (contrairement au socialisme).Eaisant sienne la position de certains de ses contemporains, il affirme que « la racine la plus profonde des maux et des iniquités qui couvrent le monde industriel, n\u2019est pas la concurrence, mais bien l\u2019exploitation du travail par le capital » (IV.7 § 7).En des termes plus actuels, les coopératives permettent de diffuser la propriété du capital, de limiter la vulnérabilité des travailleurs, de développer leur autonomie et de promouvoir les valeurs démocratiques, et cela, tout en conservant l\u2019efficacité et le dynamisme de l\u2019économie de marché.Un modèle d\u2019avenir Certes, nous sommes encore loin d\u2019une économie entièrement composée d\u2019associations libres de travailleurs et de coopératives telle que décrite par John Stuart Mill.Mais c\u2019est précisément la raison pour laquelle il faut défendre le modèle coopératif dès maintenant sur toutes les tribunes.Car les options politiques justes et désirables ne deviendraient jamais politiquement réalistes si nous ne commencions pas bien longtemps avant à y réfléchir, à en débattre et à montrer l\u2019exemple.Le nouveau gouvernement du Parti québécois doit continuer à être à l\u2019écoute des idées et solutions de rechange concrètes discutées à Lévis, comme il l\u2019a promis lors du Sommet international des coopératives.Les dirigeants du Mouvement Desjardins doivent aussi veiller à rester fidèles aux valeurs qui ont enfanté ce géant.Il est possible dès maintenant de faciliter et de soutenir davantage les coopératives et l\u2019économie sociale, notamment en développant des institutions chargées d\u2019aider les coopératives et de les financer par des subventions ciblées.Il faudrait aussi refondre les lois afin de faciliter et d\u2019alléger le processus de création des coopératives, aider les employés à racheter des parts de leur entreprise ou favoriser les entreprises d\u2019économie sociale dans les appels d\u2019offres du gouvernement.Peut-être qu\u2019un jour, comme le souhaitait Mill, nous pourrons passer « d\u2019une forme de conflit permanent pour le profit personnel à une rivalité amicale dans la poursuite du bien commun, une élévation de la dignité des travailleurs, un nouvel état de sécurité sociale et d\u2019indépendance et la conversion de l\u2019activité quotidienne de chacun en une école de la solidarité sociale et de l\u2019intelligence pratique » (IV.7 § 6).Un autre philosophe et mathématicien, Bertrand Russell, s\u2019inscrivant aussi dans cette critique de l\u2019organisation actuelle du travail, nous offre d\u2019ailleurs ce conseil avisé : « Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l\u2019aisance et la sécurité.Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n\u2019y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment.» ?Des commentaires ?Ecrivez à Antoine Robitaille : arobitaïlle® ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d\u2019histoire : www.ledevoir.com/societe/le-de-voir-de-philo."]
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