Le devoir, 6 octobre 2012, Cahier B
[" rs m Architecture : Des approches pour créer des espaces de vie pour les sens Page b 6 Michel David se penche sur le financement des partis municipaux Page b 3 Un républicain à la Maison-Blanche, un plus pour le Cmsidd,?Page B 5 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 ETATS-UNIS Quand le bœuf voit rouge La crise dans le secteur alimentaire suscite de virulentes critiques du système d\u2019inspection À chaque jour qui passe, le nombre de produits de bœuf potentiellement contaminés à l\u2019E.coli et faisant l\u2019objet d\u2019un rappel augmente.Cette nouvelle crise, qui touche l\u2019usine albertaine XL Foods, n\u2019est pas sans rappeler celle de la vache folle, en 2003, ou de la listériose, en 2008.Malmenée dans cette affaire, l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments (ACIA) est-elle assez vigilante ?JEANNE CORRIVEAU Le Canada connaît le plus important rappel de produits alimentaires de son histoire.La bactérie E.coli a été détectée par les autorités américaines le 4 septembre dernier, mais il a fallu attendre au 27 septembre avant que l\u2019ACIA suspende le permis de XL Foods.L\u2019affaire s\u2019est transformée cette semaine en tempête politique, les partis d\u2019opposition à la Chambre des communes accusant le ministre de l\u2019Agriculture, Gerry Ritz, d\u2019avoir lamentablement géré cette crise.L\u2019industrie agroalimentaire n\u2019en est pas à sa première crise au Canada.Si le nouvel épisode mettant en cause l\u2019abattoir de XL Foods implique un rappel de produits d\u2019une ampleur jamais vue au pays \u2014 plus de 1500 produits \u2014, il est jusqu\u2019à maintenant moins meurtrier que la crise de la listériose des produits Maple Leafs qui avait fait 22 morts en 2008.N\u2019empêche, les critiques pleuvent sur le gouvernement de Stephen Harper, accusé de négligence dans cette affaire.Alors que les débats faisaient rage aux Communes cette semaine, le ministre Gerry Ritz brillait par son absence.Celui-ci a finalement effectué une brève apparition publique mercredi lors d\u2019une visite de l\u2019usine XL Foods, à Brooks, en Alberta.Et jeudi, il a finalement affronté les questions de l\u2019opposition à la Chambre des communes.Aux yeux du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mul-cair, il ne fait pas de doute que le ministre a caché des informations aux Canadiens et omis de les prévenir du danger.Il doit démissionner, a soutenu M.Mulcair.De son côté, le chef du Parti libéral du Canada par intérim.Bob Rae, a insisté sur le fait que les Américains ont été protégés du danger deux semaines avant les Canadiens.Le Syndicat de l\u2019agriculture s\u2019est lui aussi lancé dans la mêlée en reprochant au gouvernement Harper de mettre la sécurité des Canadiens en péril en imposant des compressions budgétaires de 10% à l\u2019ACIA.Mais le ministre Ritz a rejeté les critiques, assurant que la salubrité des aliments était la priorité du gouvernement et que celui-ci avait même embauché 700 nouveaux inspecteurs, dont 170 pour le secteur des viandes.Les compressions n\u2019affecteront que des postes administratifs à l\u2019agence, a-t-il clamé.L\u2019ACIA efficace ?Malgré les critiques à l\u2019endroit de l\u2019ACIA et du gouvernement fédéral, Sylvain Charlebois, chercheur à l\u2019Université de Guelph, estime que l\u2019ACIA a tiré des leçons de la crise de la listériose et qu\u2019elle a, depuis, amélioré sa performance.«En 2008, l\u2019Agence avait mis pratiquement deux mois et demi avant d\u2019agir, alors que cette fois on parle plutôt de 12 jours [entre la détection de la bactérie E.coli et le premier avis à la population canadienne].En soi, c\u2019est rassurant», explique-t-il.Il juge aussi inédite l\u2019attitude du président de l\u2019ACIA, George Da Pont, qui a publiquement reproché à XL Foods d\u2019avoir tardé à fournir les renseignements que lui demandait l\u2019Agence.L\u2019ACIA détient des pouvoirs limités comparativement à l\u2019agence américaine U.S.Food and Drug Administration, et le projet de loi du gouvernement Harper pourrait remédier à ce problème.«A mon avis, ça marque l\u2019histoire de la salubrité canadienne parce qu\u2019on met vraiment le doigt sur le bobo», dit-il.Selon lui, le problème de l\u2019ACIA, ce n\u2019est pas qu\u2019elle manque d\u2019inspecteurs, mais plutôt Le Canada fait bien piètre qu\u2019elle ne fait pas suf fisamment preuve de transparence, ce qui donne l\u2019impression aux consomma teurs canadiens qu\u2019«il ne passe rien».Une équipe de c h e r -cheurs a d\u2019ailleurs effectué des études \u2014 «benchmarking» \u2014 pour comparer les performances de 17 pays parmi les plus industrialisés en matière de salubrité alimentaire.«Le Canada s\u2019en tire extrêmement bien.Toutes ca tégories confondues, le Canada s\u2019était classé au 4\u201d rang en 2010.Ce qui est excellent comme performance», souligne M.Charlebois.II signale également que les sommes consacrées par les autorités canadiennes à la salubrité des aliments sont élevées ; elles correspondent, dit-il, à 10$ par habitant.«Le Canada est, de loin, celui qui dépense le plus en salubrité alimentaire par habitant au monde», dit-il.En revanche, le Canada fait bien piètre figure quand il s\u2019agjt de transparence et de traçabilité.A l\u2019égard de ce dernier principe, le chercheur note que le Canada est désavantagé en raison de l\u2019étendue du pays et des grandes distances qui séparent parfois les sites d\u2019élevage et les abattoirs.figure quand il s\u2019agit de transparence et de traçabilité Coup dur pour l\u2019industrie Un rappel aussi massif de viande de bœuf n\u2019est jamais une bonne nouvelle pour l\u2019industrie bovine, mais, à la Fédération des producteurs de bovins du Québec, on rappelle que les éleveurs n\u2019en sont pas à leur première tempête et que, malgré les crises traversées dans le passé, la consommation de bœuf est demeurée relativement stable.Selon Sonia Dumont, du service des communications de la Fédération, il est encore trop tôt pour mesurer l\u2019impact que le rappel actuel aura sur l\u2019industrie à plus long terme.«C\u2019est sûr que, lorsqu\u2019il arrive des épisodes comme ça, ce n\u2019est jamais quelque chose de positif pour nos producteurs, mais ce qu\u2019on constate, c\u2019est que les inspections ont fonctionné et qu\u2019elles ont permis de déceler cette bactérie», dit M\u201c® Dumont, L\u2019ampleur du rappel actuel est attribuable au système canadien de transformation et de distribution des viandes au Canada, qui fait en sorte que la concentration des activités a des répercussions à la grandeur du pays, souligne-t-elle.L\u2019usine XL Foods, faut-il le rappeler, traite environ 35% du bœuf produit au Canada.Selon elle, les producteurs québécois souffrent bien davantage des épisodes de sécheresse et de l\u2019augmentation du coût des grains.Reste que certaines données sont surprenantes.Selon le ministère québécois de l\u2019Agriculture (MAPAQ), 4% du bœuf consommé au Québec en 2012 serait produit au Québec, ce qui représente une chute importante par rapport à 2010, alors que ce taux était évalué à 23%.Cette baisse serait attribuable, selon le MAPAQ, à l\u2019arrêt des activités de l\u2019abattoir de bovins Levinoff-Colbert, à Saint-Cjuille-de-Wen-dover, au nord-est de Drummondville.Les données de 2012 comprendraient les bêtes élevées et abattues au Québec et excluraient la viande de veau, a précisé Caroline Fraser, porte-parole du MAPAQ.La part des importations s\u2019élèverait à 5% de la consommation québécoise.Ainsi, 91% de la consommation québécoise proviendrait des autres provinces canadiennes.«Une partie de la viande peut provenir de bovins élevés au Québec, mais abattus en Ontario, qui reviendraient ici sous forme de viande, mais on ne connaît pas la proportion exacte», a souligné M\u201c® Fraser.Le MAPAQ observe par ailleurs que le bœuf, tout comme les viandes rouges en général, a connu une baisse de popularité au profit de la volaille au cours des dernières années, tant au Canada qu\u2019au Québec.Des pertes Pour les détaillants en alimentation, un rappel massif des produits de bœuf engendre inévitablement des pertes financières, mais qui seront en partie compensées par l\u2019entreprise mise en cause, signale l\u2019Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ).«Des rappels, on en a au quotidien.La majorité des rappels passent inaperçus, mais ils sont effectués avec le même sérieux au point de vente.On ne veut vendre aucun produit qui puisse intoxiquer un consommateur.Dans ce cas-ci, il s\u2019agit d\u2019un rappel massif pour des viandes, mais dans d\u2019autres cas, il peut s\u2019agir d\u2019une boîte de céréales sur laquelle l\u2019affichage en français est mal inscrit, et le fournisseur va rappeler le produit pour que les correctifs soient apportés», indique Pierre-Alexandre Blouin, vice-président de l\u2019ADAQ.XL Foods a reconnu sa responsabilité dans cette affaire jeudi, par voie de communiqué.«Nous pensions que XL Eoods était un chef de file de l\u2019industrie de la transformation du bœuf en matière de salubrité alimentaire, mais nous avons appris que ce n\u2019était pas suffisant.Nous assumons l\u2019entière responsabilité pour les activités de notre usine», a indiqué l\u2019entreprise.Les autorités albertaines enquêtent sur neuf cas de contamination à XE.coli, dont quatre ont déjà été liés à la consommation de viande provenant de l\u2019usine XL Foods.Au Québec, aucune victime liée à cette crise n\u2019a été recensée.UE.coli, une bactérie susceptible d\u2019être présente dans la viande, le lait cru ou de l\u2019eau non traitée, peut causer des diarrhées, des vomissements et même la mort.Les consommateurs doivent d\u2019ailleurs se méfier de la viande hachée, car la bactérie peut se retrouver à l\u2019intérieur d\u2019une boulette.Comme la cuisson détruit la bactérie, il est généralement recommandé de bien cuire la viande hachée.Dans le cas du rappel actuel, l\u2019ACIA presse toutefois les consommatems de jeter la viande visée par le rappel.Le Devoir L\u2019estocade ratée La course à la Maison-Blanche est entrée dans la dernière ligne droite avant le scrutin du 6 novembre avec le premier déhat télévisé entre les deux principaux candidats mercredi.Elle a peut-être aussi pris un tournant à la suite de la bonne prestation de Mitt Romney.MARIE-CHRISTINE BONZOM à Washington Après un an et demi de campagne qui n\u2019a vu Barack Qbama se détacher de Mitt Romney que depuis septembre, le premier débat télévisé, mercredi, a créé une dynamique en faveur du républicain: Barack Qbama et Mitt Romney se retrouvaient face à face pour la première fois, et c\u2019est l\u2019ancien gouverneur du Massachusetts qui a dominé la rencontre.Mieux rodé grâce aux 23 débats qui ont émaillé les primaires du Parti républicain, Mitt Romney s\u2019est montré beaucoup plus à l\u2019aise que le président sortant.Barack Qbama, quant à lui, a bafouillé, est resté sm la défensive et a omis de répéter ses attaques contre son adversaire, et, au bout du compte, il a raté l\u2019occasion de lui donner l\u2019estocade.Cela, au grand dam des amis démocrates du locataire de la Maison-Blanche.«Où était Obama ce soir?», s\u2019est étonné juste après le débat Chris Matthews, l\u2019un des animateurs les plus pro-Qbama de la chaîne câblée MSNBC.«Je suis sidéré», confiait son collègue Ed Schultz.Sur la BBC, le cinéaste Michael Moore jugeait «décevante» la prestation du président.Pour sa part, le comédien Bill Maher, généreux donateur d\u2019un SuperPAC pro-Qbama, écrivait sm Twitter: «Il semble qu\u2019Obama a vraiment besoin du téléprompteur.» Bill Maher faisait allusion à l\u2019habitude décriée qu\u2019a le chef de la Maison-Blanche de prononcer ses discours à l\u2019aide de cet appareil qui fait défiler son texte sur deux écrans situés de chaque côté du micro.Pourtant, l\u2019enjeu du premier débat était particulièrement important.L\u2019histoire moderne montre en effet que le premier débat entre des prétendants à la Maison-Blanche, parce qu\u2019il est le plus regardé par les Américains, peut jouer un rôle crucial pour fixer ou changer le message et l\u2019image associés à chaque candidat dans l\u2019esprit des électeurs.L\u2019institut d\u2019audiométrie Nielsen annonce d\u2019ailleurs que le débat de mercredi a battu tous les records en rassemblant plus de 67 millions de téléspectateurs, contre moins de 53 millions pour le premier débat entre Barack Qbama et John McCain en 2008.Qr, après avoir été au coude à coude avec Mitt Romney pendant des mois, Barack Qbama arrivait au débat en favori.Il était en tête dans les sondages au niveau national, même si le plus souvent dans leur marge d\u2019erreur statistique.Plus important encore dans un système où le président est élu au suffrage universel indirect au sein d\u2019un collège électoral où les Etats les plus peuplés de la fédération ont plus de poids que les autres, Barack Qbama disposait d\u2019une nette avance dans quasiment tous les Etats en ballottage {swing states), à commencer par les poids lourds au collège que sont la Floride et l\u2019Ohio.C\u2019est que, jusqu\u2019à présent, le président Qbama avait réussi à faire du scrutin un référendum sur son rival républicain plutôt que sur propre bilan.Dans cette entreprise, Barack Qbama a été considérablement aidé par les nombreuses gaffes de son rival et par l\u2019énorme fossé qui existe entre un riche homme d\u2019affaires comme Mitt Romney et les soucis des Américains moyens se débattant face au chômage, aux saisies immobilières, aux aléas de leur retraite par capitalisation et aux failles du système de santé.Cependant, arrivant sur le plateau en sachant qu\u2019il était beaucoup moins apprécié sur le plan personnel que Barack Qbama et très critiqué pour sa stratégie par certains de ses amis républicains, Mitt Romney a su saisir mercredi la dernière ^ande occasion qu\u2019il avait de changer la dynamique de la campagne.Il a visé les 14% d\u2019électeurs parmi les plus susceptibles d\u2019aller voter le 6 novembre qui suivaient le débat en se disant qu\u2019ils pourraient changer de candidat en fonction de son déroulement.«Romney effectue un virage en douceur vers le centre», titrait le Los Angeles Times au lendemain du débat.Le journaliste politique David VOIR PAGE B 2 : ESTOCADE Lire aussi > Le sud des États-Unis sort-ii de son insuiarité ?Page B 2 B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 PERSPECTIVES EVALUATIONS ENVIRONNEMENTALES STRATEGIQUES Des évaluations biaisées ?LOUIS-GILLES FRANCŒUR On a beaucoup parlé depuis un an à\u2019«études environnementales stratégiques», ou «EES».La semaine dernière, Martine Ouellet, la ministre des Richesses naturelles, voulait en lancer une sur l\u2019exploration et l\u2019exploitation de l\u2019uranium.Une première EES a été entreprise par le ministère des Richesses naturelles et de la Eaune (MRNE) sur l\u2019exploration gazière et pétrolière dans le fleuve.Après l\u2019avoir sous-traitée à AE-COM, sur la foi de ses résultats préliminaires, Québec décrétait un moratoire sur l\u2019exploitation des hydrocarbures dans le fleuve et l\u2019estuaire, jusqu\u2019à la pointe ouest d\u2019Anticosti.Une autre EES, sous-traitée cette fois à Génivar par le MRNE, analyse présentement les impacts potentiels de l\u2019exploitation des hydrocarbures dans le golfe.Génivar, qui est responsable de la définition des enjeux, des études et de la consultation des populations riveraines, sera aussi responsable d\u2019en tirer des conclusions.Par contre, après que le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) eut remis son rapport sur les gaz de schiste, Québec a voulu calmer la grogne persistante avec une autre EES dont il a confié la réalisation à un comité d\u2019experts, parrainé par son ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et des Parcs (MDDEP).Le BAPE a même été invité à suggérer la liste des experts du comité ! Ce comité, dont la crédibilité et la représentativité ont été mises en doute par les opposants à la filière, définit lui-même les enjeux à étudier, encadre la participation publique, définit et commande les études pertinentes, les évalue, les analysera et en tirera des conclusions.Conflits «Cette façon de faire recèle plusieurs conflits d\u2019intérêts.Pas au niveau des personnes, ce que d\u2019autres ont dénoncé.Mais il y a conflit d\u2019intérêts entre ceux qui font le travail et ceux qui doivent l\u2019évaluer, entre les experts et ceux qui doivent assurer la primauté de l\u2019intérêt public.Il faut dans ce domaine un cadre plus sérieux pour donner à la population plus de garanties de transparence, de rigueur et d\u2019indépendance.Et pour donner l\u2019assurance au gouvernement, par un jugement indépendant, qu\u2019il peut compter sur un processus rigoureux, censé l\u2019aider à prendre la meilleure décision possible», explique Luc Quimet.Ce dernier, qui a fait partie de la première équipe de commissaires du BAPE au début des années 1980, a participé à l\u2019élaboration du processus d\u2019audience, qui aide depuis 30 ans le gouvernement à prendre, en principe, les meilleures décisions dans chaque dossier ayant des incidences environnementales.Après avoir quitté le BAPE, il a été le président fondateru du Brueau de consultation de Montréal (BCM), le défunt équivalent montréalais du BAPE.11 est aujorud\u2019hui président du Centre de consultation et de concertation, une entreprise de consultation publique.«S\u2019il est bien fait et bien géré, dit-il, ce processus permet de saisir dans leur globalité la totalité des enjeux propres à chaque dossier.» De plus, ajoute YAN DOUBLET LE DEVOIR Pour calmer la grogne, Québec a lancé une EES sur les gaz de schiste.Luc Quimet, toute audience publique est fondamentalement un lieu d\u2019apprentissage où chacun peut mûrir sa vision en l\u2019enrichissant des informations nouvelles, dont il ne disposait pas auparavant.C\u2019est pourquoi il faut plaider, insiste-t-il, polu que le BAPE utilise tous les mécanismes d\u2019information disponibles \u2014 Internet, canal de l\u2019Assemblée nationale, télévision, etc.\u2014 poru que le public puisse approfondir le dossier en même temps que les commissaires.Une EES doit chiffrer et analyser différents scenanos, y compris celui de ne rien faire Étude d\u2019impact ou EES Pour M® Jean Baril, un juriste environnemental qui est aussi vice-président du Centre québécois de droit environnemental (CQDE), il faut distinguer deux approches en matière d\u2019évaluation environnementale, ce dont le grand public et les politiciens ne sont pas tou-joius conscients.Le règlement sur l\u2019évaluation environnementale impose aux promoteurs de grands projets d\u2019en évaluer les impacts à partir d\u2019une «directive» émise par le ministère du Développement druable, de l\u2019EnvironnemenL de la Panne et des Parcs (MDDEPP).Cette directive précise au promoteur les sujets qu\u2019il doit traiter et les questions auxquelles il doit absolument répondre poru rendre possible un débat éclairé.C\u2019est seulement lorsque la commande est réalisée à sa satisfaction que le ministère autorise le BAPE à divul- ^er l\u2019étude d\u2019impact, ce qui démarre la consultation publique.L\u2019EES, explique M® Baril, ne porte pas sur le projet précis d\u2019un promoteur, privé ou public, comme une centrale thermique ou une autoroute.Elle porte sur des sujets plus généraux, soit sur les plans, programmes et politiques du gouvernement.Mais il n\u2019y a présentement dans le Règlement sur l\u2019évaluation des impacts environnementaux aucune obligation poru le gouvernement d\u2019assujettir à une évaluation environnementale les plans, programmes et politiques des ministères et organismes publics.Pourtant, dès 1988, le rapport Lacoste, du nom du recteru d\u2019alors de l\u2019Université de Montréal (Paul Lacoste), recommandait d\u2019inclure cette obligation de façon à simplifier la procédure d\u2019examen des projets qui découlent de ces programmes et pofitiques.Une commission parlementaire devait à l\u2019unanimité recommander la même chose en 1993,15 ans après que cette qxigence fut devenue une politique coiuante aux Etats-Unis et une règle quasi universelle en Europe.Ce processus en rodage au Québec est pourtant balisé depuis 1998 dans 39 pays par la Convention D\u2019Aarhus sur l\u2019accès à l\u2019information, la participation du public au processus décisionnel et l\u2019accès à la justice en matière d\u2019environnement.Jacques Parizeau s\u2019était engagé à en faire une exigence réglementaire, mais il n\u2019a pas tenu cette promesse électorale.Qn n\u2019a donc pas encore établi au Québec un modèle définitif, à partir des principes expérimentés avec succès par le BAPE depuis 30 ans, comme le démontre la diversité des EES tentées depuis deux ans.Toutefois, le Québec a néanmoins fait avec succès l\u2019expérience de quelques «audiences génériques», soit la partie «audience» du complexe processus de l\u2019EES.Dans l\u2019audience sur la production porcine, c\u2019est le BAPE qui avait commandé les études pour étoffer le dossier.Dans celui de la régénération naturelle des forêts, c\u2019est le MRN qui avait fait ce déblayage avant que le BAPE le porte en audience.Dans tous ces exemples, toutefois, le BAPE pouvait porter un jugement en toute indépendance par rapport aux ministères à vocation économique et aux experts, ce qui est fondamentalement différent des processus d\u2019EES en cours, qui n\u2019offrent pas un processus balisé de consultation du public.Scénarios incomplets Normalement, insiste M® Baril, c\u2019est l\u2019organisme indépendant qui doit définir dans une première phase de la consultation publique quels sont les enjeux que doit couvrir une EES à la lumière des vœux du public.EL en toute rigueur, ce devrait être le ministère de l\u2019Environnement qui en tire une directive d\u2019impacts pour forcer l\u2019examen des enjeux soulevés par le public.Tout le contraire de ce qu\u2019on a vu dans le dossier des gaz de schiste.Toutefois, ajoutent Luc Quimet et M® Baril, comme le dit son nom, une EES doit chiffrer et analyser différents scénarios, y compris celui de ne rien faire, afin d\u2019identifier la meilleure stratégie à suivre dans un dossier.Dans celui des gaz de schiste, par exemple, le public n\u2019a pas eu droit à cet examen même après avoir dit et redit dans ses mémoires qu\u2019il fallait examiner la pertinence de développer maintenant cette filière, ou de laisser le gaz sous terre pour la prochaine génération, ou de développer progressivement cette filière, une région à la fois, etc.Poru Luc QuimeL une véritable EES est tout à l\u2019avantage économique des promoteurs.Ceux qui œuvrent dans l\u2019éolien détestent, avec raison, avoir à débattre de la pertinence d\u2019installer leurs équipements en milieu périurbain, tout comme les promoteurs de petites centrales hydroélectriques pestent contre l\u2019obligation de défendre la pertinence de leur filière au lieu de pouvoir s\u2019en tenir aux impacts de leurs projets.Si une audience générique avait statué qu\u2019il fallait abandonner une filière ou la développer avec des règles claires sru les distances séparatrices, sru les compensations, les impacts visuels, etc., plu-sieius crises locales auraient été évitées.Présentement, l\u2019absence de balises réglementaires sur la manière de réaliser des EES au Québec est une des failles majeures du processus québécois, concluent Jean Baril et Luc Quimet.L\u2019équipe du recteru Lacoste disait la même chose il y a près de 25 ans.Le Devoir Présidentielle américaine : le Sud sorMl de son insularité ?GUY TAILLEFER Toute historique que fut sa victoire en 2008, Barack Qbama ne l\u2019aurait pas emporté sans l\u2019appui massif des minorités noire, hispanique et asiatique.«Seulement» 43% des électeurs blancs ont voté pour lui il y a quatre ans, alors que l\u2019ont choisi 96% des Noirs, les deux tiers des Hispaniques et une bonne majorité d\u2019Asiatiques.Or le poids des minorités ne cesse d\u2019augmenter au sein de l\u2019électorat américain.Elles en formaient le quart en 2008, elles en constitueront le tiers en 2020.«La tendance de fond à l\u2019échelle nationale n\u2019est pas du côté des conservateurs blancs», dit Seth McKee, politologue et historien à l\u2019University of South Elo-rida.Ces «conservateurs blancs et mâles» ont donné 90% de ses voix à John McCain, le candidat républicain à la dernière présidentielle.Uqe part importante de ces voix lui est venue des Etats du Sud, là où pourtant se concentre la minorité afro-américaine, mais de façon trop éparpillée pour être en mesure de contrebalancer le vote des «Anglos», vu la façon dont fonctionne le système électoral améripain.McCain l\u2019a emporté dans huit des onze Etats du Sud, Qbama arrachant au républicain la Virginie, la Caroline du Nord et la Eloride.La majorité blanche du Sud vote massivement républicain à l\u2019échelle nationale depuis la loi de déségrégation de 1964 adoptée sous la présidence démocrate de Lyndon B.Johnson, et la politique dans cette région demeure profondément marquée par la question raciale.«Le Sud reste le Sud», affirme pour sa part Richard Vengroff, politologue à la Kennesaw State University, en Géorgie, et continuera de voter bien à droite à la présidentielle du 6 novembre prochain.Mais les trois victoires d\u2019Qbama en 2008, constatait cette semaine le professeur Vengroff dans le cadre d\u2019un ^ébat organisé par l\u2019Qbservatoire des Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de rUQAM, sont une indication que le Sud sort de son «insularité» et «devient de plus en plus comme le repte des Etats-Unis», surtout dans ses Etats périphériques.Emerge, dit-il, un «nouveau Sud» qui s\u2019explique par les changements démographiques liés à la croissance de la communauté hispanophone et l\u2019importante migration d\u2019Américains venus d\u2019ailleurs au pays., Par Sud, on entend grosso modo les onze Etats esclavagistes qui ont voulu faire séces- On n\u2019a pas idée à quel point ce Sud continue de cultiver de l\u2019animosité et de la méfiance à l\u2019égard du gouvernement fédéral sion dans les années 1860 en formant les États confédérés d\u2019Amérique: les Carolines du Nord et du Sud, le Mississippi, la Eloride, l\u2019Alabama, la Géorgie, la Louisiane, le Texas, la Virginie, l\u2019Arkansas et le Tennessee.Qn n\u2019a pas idée, note Chris Young, professeur en administration à la Georgia Tech University, à quel point ce Sud continue aujourd\u2019hui de cultiver de l\u2019animosité et de la méfiance à l\u2019égard du gouvernement fédéral.Qn le voit à la façon dont la Eloride résiste à l\u2019application de l\u2019« Qbama Care », la nouvelle loi fédérale destinée à élargir la couverture des Américains en assurance-maladie.Vieille région agricole, le Sud s\u2019est industrialisé et urbanisé depuis 50 ans.Statistiquement, c\u2019est une région qui a connu, nonobstant l\u2019interminable crise actuelle, l\u2019une des croissances économiques les plus vives au pays.Ce qui ne l\u2019empêche pas d\u2019enregistrer des taux de pauvreté supérieurs à la moyenne nationale, suçtout en milieu rural.En 2pil, neuf des dix États les plus pauvres des États-Unis étaient du Sud.C\u2019est que, explique M.Young, qui se dit néanmoins «répu- blicain modéré», les gouvernements y appliquent des politiques économiques particulièrement néolibérales.Les congés de taxe, combinés à un droit du travail antisyndical, font le bonheur des grandes entreprises, notamment automobiles, qui viennent s\u2019y installer.Atlanta, capitale de la Géorgie, « the city too busy to hate», est une référence.Au demeurant, note-t-il, le Sud a beaucoup investi dans l\u2019enseignement supérieur.«L\u2019université et le monde des affaires marchent main dans la main comme nulle part ailleurs, pendant que l\u2019éducation de base souffre de lacunes criantes.» Encore faudra-t-il, pour que continue de progresser le «nouveau Sud» plus diversifié dont parle M.Vengroff, que les électeurs démocrates aillent au moins voter lors de la présidentielle qui aura lieu dans un mois.M.McKee, qui travaille en Eloride, sent que {\u2019«intensité électorale» n\u2019est pas aussi grande parmi les démocrates qu\u2019elle l\u2019était en 2008.Elle l\u2019est en revanche, croit-il, parmi les républicains qui, viscéralement allergiques au président noir sortant et à son interventionnisme étatique, sont prêts à tout pour lui barrer la route, y compris voter pour Mitt Romney.Le Devoir ESTOCADE SUITE DE LA PAGE B 1 Lauter faisait observer que Mitt Romney avait utilisé le débat pour tenter de combler le déficit de sympathie et d\u2019empathie qu\u2019il enregistre par rapport à Barack Qbama dans l\u2019opinion.11 ajoutait que Mitt Romney avait parlé de choses que les électeurs «auraient pu espérer entendre de la bouche du président».L\u2019ancien gouverneur a notamment proposé de démanteler les grandes banques pour faciliter la reprise du crédit, de l\u2019emploi et de l\u2019immobilier.La prestation de Mitt Romney a porté.Selon un sondage à chaud réalisé pour CNN, 67 % des téléspectateurs l\u2019ont déclaré vainqueur du face-à-face.Certes, il est arrivé qu\u2019un président sortant vacille lors du premier débat.Ce fut le cas de Ronald Reagan en 1984, de George Bush père en 1992 et de son fils en 2004.La raison réside sans doute daps la grapde déférence accordée au chef de l\u2019État aux États-Unis pendant son mandat, y compris de la part des médias.Mais, comme le souligne Keating Holland, le directeur politique de CNN, «aucun candidat à la présidence n\u2019a dépassé 60% dans le sondage à chaud que CNN effectue après le premier débat depuis 1984».Vendredi, Gallup indiquait que Mitt Romney a réduit son retard par rapport à Barack Qbama de deux points dans les intentions de vote.Jeudi, Ipsos montrait le même resserrement et ajoutait que l\u2019ancien gouverneur a dépassé pour la première fois la barre des 50% pour ce qui est de sa cote personnelle.Dans ce sondage, il est aussi considéré comme le meilleur candidat pour l\u2019économie, l\u2019emploi et le déficit, les trois préoccupations principales de l\u2019électorat.«La victoire est en vue», a lancé Mitt Romney jeudi.C\u2019est aller un peu vite en besogne.L\u2019impact du premier débat est encourageant pour lui\u201e mais reste à savoir s\u2019il durera.À cet égard, l\u2019annonce vendredi par le ministère du Travail que le taux de chômage est enfin descendu en deçà de 8% et à son niveau le plus bas depuis l\u2019entrée de Barack Qbama à la Maison-Blanche pourrait convaincre des indécis que le pays va dans la bonne direction et que le président sortant mérite un second mandat.Mitt Romney et Barack Qbama se retrouveront pour deux débats d\u2019ici la fin du mois.L\u2019un, le 16 octobre, permettra à des citoyens de les interroger sur la politique intérieure et extérieure.L\u2019autre, le 22 octobre, sera consacré à la politique étrangère.Traditionnellement, les débats suivants sont néanmoins beaucoup moins regardés que le premier et ont beaucoup moins d\u2019influence dans la campagne.C\u2019est pourquoi, à moins d\u2019une gaffe majeure d\u2019un candidat ou de son colistier, à moins d\u2019une crise majeure sur la scène mondiale, le scrutin se jouera sur la mobilisation de la base respective des candidats ainsi que sur les électeurs indépendants et indécis.Cette mobilisation passera par des tirs de barrage de publicités télévisées ciblant les personnes de plus de 65 ans, les Latinos, les Noirs, les femmes de la classe moyenne et les ouvriers blancs qualifiés.La mobilisation passera aussi par une présence accrue de Barack Qbama, de Mitt Romney et de leurs colistiers sur le terrain qui compte surtout, soit celui des neuf États en ballottage qui détiennent la clé de la victoire avec un total de 110 voix au collège électoral sur les 270 nécessaires.Dès jeudi, Barack Qbama sillonnait ainsi le Colorado, l\u2019lowa et le Wisconsin, tandis que Mitt Romney partait en Eloride, les deux hommes faisant un crochet par la Virginie.Partout, M.Qbama fait désormais valoir que «le vrai Mitt Romney » n\u2019est pas celui du premier débat et n\u2019est pas digne de confiance pour la présidence.Partout, M.Romney affirme que les politiques menées par M.Qbama «ont échoué» et qu\u2019il veut être «le président de 100%)» des Américains, et pas simplement celui des riches.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 B 3 PERSPECTIVES AVORTEMENT Derrière la controverse, l\u2019absence de débat C\u2019est un combat redouté ou ardemment souhaité, selon le point de vue.Celui du droit des femmes contre le droit du fœtus.Sous une fascinante question à teneur philosophique \u2014 quand donc commence la vie ?\u2014 gît une immense controverse que seuls les tribunaux ont réussi à ce jour à animer, laissant le secteur politique coincé entre deux camps.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD La motion (M-312) du député conservateur Stephen Woodworth n\u2019était pas sitôt battue la semaine dernière à Ottawa qu\u2019une nouvelle motion, soupçonnée elle aussi de cibler l\u2019avortement criminalisé, «voyait le jour», M-408.Depuis la fin des années 1980, une quarantaine de motions ou projets de loi privés proposés par des députés conservateurs d\u2019arrière-banc ont visé la réouverture du débat sur l\u2019avortement, sans succès.Le premier ministre Stephen Harper réaffirme sans cesse son intention de ne pas ouvrir cette boîte de Pandore, mais le rythme effréné avec lequel ses troupes reviennent à la charge, souvent par la bande, ne rassure pas les associations médicales et les groupes de défense des intérêts des femmes, qui craignent un retour à l\u2019avortement criminalisé.La motion 312 visait la création d\u2019un comité parlementaire destiné à réévaluer le moment où un fœtus devrait être considéré comme une personne, le tout en lien direct avec le Code criminel canadien et l\u2019application des lois sur l\u2019homicide.Défaite par 203 voix (dont celle du premier ministre Stephen Harper) contre 91 (comptant celle de la ministre de la Condition féminine Rona Ambrose), cette tentative d\u2019opposer le droit des femmes au droit du fœtus a échoué.La dernière des motions, M-408, proposée par le conservateur d\u2019arrière-banc Mark Warawa, touche l\u2019avortement pratiqué en fonction du sexe, une réalité connue en Orient et entrée sournoisement au Canada par l\u2019immi^a-tion semble-t-il, dans des communautés originaires de l\u2019Inde ou de la Chine.Le fœticide en fonction du sexe est dénoncé comme une nouvelle forme de discrimination faite aux femmes, ce que M-408 vise à condamner.La voix des tribunaux Depuis le célèbre arrêt R.c.Morgentaler de la Cour suprême, en 1988, qui a conclu à l\u2019in-constitutionnalité des dispositions du Code criminel sur l\u2019avortement, c\u2019est encore et toujours par la voie des tribunaux que l\u2019équilibre des droits entre fœtus et femme est jaugé, le législateur n\u2019ayant jamais réussi à clarifier ses positions sur cette matière hautement délicate.Aux yeux du droit canadien actuel, le fœtus n\u2019est pas une personne, un statut qu\u2019il n\u2019acquiert que lorsqu\u2019il est «né vivant» du ventre de la mère.C\u2019est en s\u2019appuyant sur ce socle juridique que les tribunaux tranchent les causes qui leur sont invariablement transmises portant sur la lutte des droits femme-fœtus.Dans la célèbre affaire Chantal Daigle contre Jean-Guy Tremblay, la Cour suprême avait rappelé en 1989 : « Pour pertinents que puissent être les arguments métaphysiques, ils ne sont pas l\u2019objet principal de l\u2019analyse.Les arguments scientifiques sur le statut biologique du fœtus ne sont pas déterminants non plus.La classification juridique et la classification scientifique du fœtus sont deux démarches différentes.[.] Bref, la tâche de cette cour est juridique.Les décisions fondées sur des choix sociaux, politiques, moraux et économiques au sens large doivent plutôt être confiés au législateur.» Le plus haut tribunal avait conclu, on s\u2019en souviendra, qu\u2019une personne ne peut invoquer la protection des droits du fœtus pour obtenir une injonction empêchant l\u2019avortement d\u2019une autre personne.Sur des sujets complètement autres que l\u2019avortement, le statut d\u2019être humain non conféré au fœtus fut également observé.Par exemple, en 1991, quand la Cour suprême a invalidé un jugement de première instance ayant reconnu coupables deux sages-femmes de négligence criminelle ayant causé la mort d\u2019un enfant.Cette fois encore, c\u2019est la notion de « né vivant» en vertu du Code criminel qui a servi de terreau aux magistrats pour disculper les deux femmes, car le bébé était mort alors qu\u2019il se trouvait encore dans la filière génitale.Où Ê- Six ans plus tard, dans un tout autre contexte, la même cour a annulé une poursuite intentée contre une femme enceinte dépendante de l\u2019inhalation à la colle, que les services familiaux de Winnipeg souhaitaient confiner à un centre de santé jusqu\u2019à la naissance du bébé afin d\u2019éviter qu\u2019elle n\u2019endommage le système nerveux du petit (deux de ses enfants étaient nés gravement handicapés auparavant).Sous l\u2019argument de la personne unique \u2014 «Avant la naissance, la mère et l\u2019enfant qu\u2019elle porte ne font qu\u2019un» \u2014, le tribunal a conclu que le fœtus à protéger n\u2019avait pas de « personnalité juridique ».La diversité de ces causes illustre parfaitement les dérives possibles advenant que le débat soit rouvert.Les groupes pro-choix tressaillent à l\u2019idée de voir la discussion animée par les membres du camp pro-vie, guidés par des considérations d\u2019ordre religieux, ainsi que la campagne présidentielle américaine continue de le démontrer de manière percutante.Fœticide en fonction du sexe Est-ce que le débat autour de la valeur juridique d\u2019un fœtus ressurgira de la manière la plus inattendue, autour des avortements sélectifs en fonction du sexe?Voilà sans doute la prétention de M-408, et c\u2019est un sujet potentiel de déchirements pour tous ceux qui défendent les droits des femmes: en s\u2019opposant de manière virulente à la discrimination faite aux femmes par ces avortements sélectifs, discréditent-ils leur position sur l\u2019avortement tout court?C\u2019est une question brûlante qu\u2019a posée la ju- ILLUSTRATION TIFFET riste et éthicienne Margaret Somerville dans une récente édition du National Post, rappelant en préambule d\u2019une longue lettre d\u2019opinion que «plus de 100000 avortements sont pratiqués chaque année au Canada, seul pays dans les démocraties occidentales à ne pas posséder de législation encadrant l\u2019accès à la procédure médicale», et appelant en toute fin de texte à une ouverture du débat sur la question.Pourquoi, soudainement, tout ce tapage autour de l\u2019avortement sélectif en fonction du sexe?demandait M\u201c® Somerville.Si une femme peut avoir accès à l\u2019avortement peu importe la raison, pourquoi pas parce qu\u2019un bébé d\u2019un sexe ou de l\u2019autre est nettement préféré ?«L\u2019avortement sélectif en fonction du sexe a fait porter l\u2019éclairage analytique, éthique et légal de la femme enceinte (qui est le cœur de la vision prochoix) sur le fœtus (qui est normalement ignoré dans l\u2019analyse pro-choix) », exposait en janvier la fondatrice et directrice du Centre de médecine, d\u2019éthique et de droit de l\u2019Université McGill.«Et c\u2019est simplement parce que dans ces avortements sélectijs, contrairement à tous les autres avortements, la femme veut un bébé \u2014 sauf si c\u2019est une fille! Et à cause de l\u2019accent mis sur le fœtus, soudainement, on voit l\u2019avortement sous un angle éthique et légal complètement différent.» Avec M-408 dans le collimateur parlementaire, c\u2019est une question qui devrait ressurgir sous peu.Le débat n\u2019a pas officiellement lieu, mais partout, on en discute.Le Devoir Le vote sanction des Géorgiens HELENE DESPIC-POPOVIC envoyée spéciale à Tbilissi C> est un vote sanction que les électeurs géorgiens ont infligé au président réformateur pro-occidental Mikhéil Saakachvili en donnant aux législatives de lundi une majorité de voix à une coalition hétéroclite dirigée par un milliardaire enrichi en Russie encore inconnu il y a un an.«Ce n\u2019est pas Bidzina Iva-nichvili qui a gagné les élections, c\u2019est le Mouvement national unifié de Saakachvili qui les a perdues», note le politplogue GotchaTskitish-vili.Le jeune chef de l\u2019État, au pouvoir depuis la révolution des roses de 2003, a eu, dans un geste plutôt inédit dans la région, l\u2019élégance de reconnaître sa défaite.«Il est clair que Rêve géorgien a obtenu la majorité.Cela signifie que la majorité parlementaire devrait former un nouveau gouvernement et, en tant que président, conformément à la Constitution, je ferai tout mon possible pour faciliter son fravail », a déclaré à la télévision le chef de l\u2019État, dont la formation avait dans un premier temps revendiqué la victoire.«Le peuple géorgien prend ses décisions à la majorité.C\u2019est ce que nous respectons le plus.Le Mouvement national unifié, dont je suis le leader, va donc dans l\u2019opposition », a encore dit le président géorgien.Ainsi a été inaugurée une période originale de cohabitation qui pourrait durer jusqu\u2019à la présidentielle de l\u2019automne prochain, lorsque certains pouvoirs supplémentaires seront transférés du chef de l\u2019État au premier ministre.Le vainqueur du scrutin n\u2019a pas caché qu\u2019il préférerait que le président «donne de lui-même sa démission», mais ce dernier n\u2019a aucune obligation constitutionnelle de le faire.Son second mandat s\u2019achève dans un an.Il ne peut pas en briguer un troisième.Derrière l\u2019érosion progressive de sa popularité se trouve aussi un style de gouvernement de plus en plus critiqué pour son arrogance.Neuf ans après la révolution post-soviétique, l\u2019appel à ses valeurs ne suffit plus à mobiliser.«L\u2019équipe au pouvoir depuis neuf ans a échoué à amener de nouveaux visages, les ministres actuels ne font que changer de place entre eux.Elle a aussi limité non pas la liberté d\u2019expression, car il existe de nombreux médias, mais le débat public.Inexistant sur les chaînes de télévision progouvernementales, ce débat s\u2019est réfugié dans les médias d\u2019opposition», constate le politologue Torniké Charachenidzé, de l\u2019Institut géorgien des affaires publiques.Le politologue Gotcha Tskitishvili reproche aussi au jeune président géorgien de s\u2019être isolé de la société.«Sa communication est devenue de plus en plus technique.Il parle des kilomètres de route que le gouvernement a construits, mais ne parle pas des gens qui vont emprunter ces routes.Le nombre de kilomètres et de ponts ne suffit pas pour rendre les gens heureux.Il y a le chômage, la pauvreté.Et les gens ne réussissent pas à se projeter dans l\u2019avenir, même proche, parce qu\u2019ils ne se sentent pas protégés.» L\u2019échec du parti au pouvoir est particulièrement visible dans les villes.Ce dernier s\u2019attendait plus ou moins à un échec à Tbilissi, où vit un tiers de la population, dont de nombreux chômeurs, mais pas à Batoumi, où des sommes énormes ont été dépensées pour moderniser ce port, reconstruire la ville et faire venir des touristes.Au siège hypermoderne du Mouvement national unifié, alors que le parti croyait encore jusque dans la nuit de lundi à mardi être en mesure de l\u2019emporter, la porte-parole du parti, Tchiora Taktakichvili, reconnaissait qu\u2019il faudrait s\u2019interroger sur ces mauvais résultats.Libération Battre le fer Michel David Le nouveau ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a saisi au bond la balle que lui a envoyée le maire de Québec, Régis Labeaume.Après avoir versé quelques larmes de crocodile sur les malheurs de son collègue de Montréal, dont il a remis la légitimité en question à mots à peine couverts, M.Labeaume a invité le nouveau gouvernement à se pencher sur le financement des partis municipaux à la lumière des révélations fracassantes de l\u2019ancien entrepreneur Lino Zambito.M.Drainville, qui semblait en panne politique, après avoir eu droit à la portion congrue lors de la formation du Conseil des ministres, a là une magnifique occasion de se remettre en selle.Ne pouvant s\u2019appuyer sur une majorité à l\u2019Assemblée nationale, M.Drainville a dû renoncer au référendum d\u2019initiative populaire, à la citoyenneté québécoise et sans doute à la Charte de laïcité, mais le moment semble plus propice que jamais à une refonte en profondeur du régime de financement des partis que le gouvernement Lévesque avait instauré en 1977.Tout le monde reconnaît que la nécessité de financer leurs activités expose les partis à la tentation de la corruption, et ce qu\u2019a raconté M.Zambito confirme que le coût est considérable pour les contribuables, sans parler de la crise morale qui en résulte.Même un financement entièrement public des partis n\u2019éliminerait pas la corruption à des fins d\u2019emichissement personnel.Aucune loi n\u2019a encore réussi à changer la nature humaine, mais on peut faire en sorte de limiter les effets de sa faiblesse.Dans un mandat qui s\u2019annonce particulièrement difficile, une réforme audacieuse pourrait devenir la réalisation phare du gouvernement Marois, qui risque de connaî-Aucune loi\tsérieux déboires sur les plans économique et fi- n\u2019a encore réussi à changer nature humaine nancier.Sur un air bien connu, le ministre des Finances et son collègue du Conseil du trésor ont bien tenté de faire porter aux libéraux la responsabilité d\u2019une impasse budgétaire de 1,6 milliard, mais c\u2019est le PQ qui devra payer le prix politique des compressions nécessaires au retour à l\u2019équilibre, et ce prix pourrait être élevé.Il faudrait bien qu\u2019il marque des points quelque part.Malgré son ouverture à la suggestion du maire Labeaume, M.Drainville a mis un bémol.«On va analyser ce que ça implique, notamment au niveau budgétaire.Et avant de proposer quoi que ce soit, il va falloir consulter le monde municipal», a-t-il expliqué au Soleil.Il faut cependant battre le fer pendant qu\u2019il est chaud.Tant que les histoires d\u2019horreur se multiplieront à la commission Charbonneau, l\u2019opinion publique sera réceptive à l\u2019idée d\u2019investir davantage de fonds publics dans la préservation de l\u2019intégrité et de la démocratie, mais le passé enseigne que l\u2019indignation est souvent éphémère.Dans le cas des partis provinciaux, l\u2019Assemblée nationale sera bientôt saisie d\u2019un projet de loi qui abaissera de 1000$ à 100$ le montant maximum qu\u2019un individu peut contribuer à la caisse d\u2019un parti et augmentera le financement public en conséquence.Ce qu\u2019il n\u2019aura plus à verser en déductions fiscales devrait théoriquement permettre à l\u2019État de s\u2019en tirer à coût nul.Le gouvernement devrait aussi pouvoir s\u2019entendre avec la CAQ pour diminuer le montant maximum qu\u2019un parti sera autorisé à dépenser chaque année et durant une campagne électorale, même si le plafond de 4 millions suggéré par la CAQ lui paraîtra sans doute trop bas.Gérard Deltell a raison de dire qu\u2019un débat d\u2019idées vaut mieux qu\u2019un débat de publicité, mais l\u2019un ne peut pas aller complètement sans l\u2019autre.Une plus grande frugalité dans les dépenses n\u2019est pas dans l\u2019intérêt du PLQ, qui a toujours plus de moyens que ses rivaux.Dans le contexte de la course au leadership, les trois candidats à la succession de Jean Charest voudront cependant rivaliser de vertu, et ils seraient bien mal venus de s\u2019opposer à des mesures souhaitées par la population.Le problème est nettement plus complexe au niveau municipal, où les partis poussent souvent comme, des champignons.Sur papier, le coût pour l\u2019État ne pourra pas être nul, mais l\u2019élimination au moins partielle de la corruption et des élections «clé en main» le justifierait sans aucun doute, même si les économies réalisées seraient impossibles à quantifier.La principale difficulté serait de déterminer qui il faudrait financer.Qui trop embrasse mal étreint.Bien sûr, la corruption existe aussi dans les municipalités où les partis politiques n\u2019existent pas ou sont simplement des coquilles vides qui ne sauraient servir de base de financement, mais il faut aller au plus urgent, c\u2019est-à-dire là où le volume de contrats est le plus important.De toute manière, le temps est compté pour M.Drain-villç et le PQ.A Montréal et à Québec, la Ville verse déjà aux partie une subvention de 0,35 $ par voix obtenue.L\u2019État n\u2019aurait qu\u2019à compléter.Le grand ménage semble enfin avoir commencé à l\u2019hôtel de ville de Laval.Il ne faudrait surtout pas s\u2019arrêter en si bon chemin.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 EDITORIAL LAVAL Un maire à part Ah, Laval et son maire ! On s\u2019y intéresse tellement peu souvent, obsédés que nous sommes par des maires plus typés, ceux de Montréal, Québec, Saguenay.Ce qui ne manque pas d\u2019injustice.Après tout, Gilles Vaillancourt est un cas en soi.Peut-être même à part.E Josée Boileau n matière de corruption municipale, les médias n\u2019en ont que pour Gérald Tremblay, dont la candeur à répétition garantit de belles manchettes.Avantage pour les journalistes : l\u2019homme ne se cache pas, va même à leur rencontre.De toute manière, la forte opposition qui siège à Montréal ne lui laisse aucune chance de s\u2019échapper.Laval, c\u2019est plus reposant.« Une île, une ville, un Gilles», comme le dit l\u2019adage qui circule en coulisse.Pas d\u2019opposition élue, des conseillers qui se tiennent, des médias nationaux de l\u2019autre côté du pont (autant dire la brousse dans la géographie journalistique).Et un maire pas candide du tout.A la différence de Gérald Tremblay qui-ne-sait-pas-mais-qui-agit-quand-il-sait, Gilles Vaillancourt est un homme «surpris» mais toujours «en paix avec lui-même».C\u2019est ce qu\u2019il dit chaque fois qu\u2019on a l\u2019impression qu\u2019il est pris la main dans le sac d\u2019une quelconque manigance.En 2010, par exemple, quand deux députés, dont l\u2019ex-ministre Serge Ménard, affirment que le maire Vaillancourt lui-même leur a offert de l\u2019argent, celui-ci nie tout, se dit «surpris», «renversé».Quand, au fil des ans, des transactions plus que douteuses viennent à la surface \u2014 car parfois, oui, les médias arrivent à mettre en lumière certaines ventes de terrain ou de curieuses manières d\u2019attribuer des contrats \u2014, M.Vaillancourt ne se fâche pas, reste en contrôle : il n\u2019a rien à se reprocher, il ne commentera pas les rumeurs, il ne quittera pas son poste et il agit au bénéfice de sa municipalité.Vendredi était donc quasiment un jour comme les autres pour lui.«Je ne démissionnerai pas», a-t-il pu affirmer quand il est enfin apparu devant les journalistes.Il a beau vivre «un choc», c\u2019est une affaire de «devoir».Il est vrai que voir la police fouiller son bureau et sa maison, c\u2019est assez rare pour un maire pour qu\u2019on puisse en conclure que «ce n\u2019est pas une situation très plaisante», comme a dit M.Vaillancourt.Mais il a déjà souffert avant.En décembre 2010, année de bien des allégations à son endroit, il s\u2019épanchait ainsi devant les journalistes : «Je dirai pas que c\u2019est les meilleures [années] de ma vie, mais je fais de la politique [.].C\u2019est une joute extrêmement rude, généralement très cruelle.» Mais, quelle chance!, la cruauté l\u2019a toujours épargné.Par exemple, quand le ministère des Affaires municipales a enquêté ces dernières années sur l\u2019adjudication de contrats à Laval, il a relevé des irrégularités, des pratiques douteuses., mais de l\u2019illégalité?Non.Quant aux perquisitions policières de cette semaine, d\u2019ici à ce que tout ça débouche devant les tribunaux, on aura eu le temps de retourner en élections, où M.Vaillancourt a toujours triomphé : 23 ans comme maire, presque 40 ans à siéger au conseil municipal.Bien la preuve que la démocratie a un sens ! Et cela garantit que personne, encore moins Québec, n\u2019est très empressé d\u2019enquiquiner un maire aussi puissant.En fait, le seul élu que M.Vaillancourt a vraiment sur le dos, c\u2019est Peter Trent, le maire de Westmount, qui, comme déjà réclamé dans le passé, veut que M.Vaillancourt quitte son siège à l\u2019exécutif et au conseil de I\u2019Union des municipalités du Québec.Lui-même refuse d\u2019y siéger tant que le maire de Laval y sera.Mais on ne voit pas le jour où M.Trent réintégrera l\u2019organisme.Toute l\u2019ironie des magouilles dont on entend parler au Québec tient en ces quelques mots là.FINANCES DU QUÉBEC Équilibre incertain TS.Bernard Descôteaux e ministre des Pinances et de l\u2019Economie du Québec a réitéré vendredi, en compagnie de son collègue du Conseil du trésor, l\u2019engagement du gouvernement de Pauline Marois à respecter les objectifs budgétaires J du gouvernement précédent.Le déficit zéro sera ^^=1 atteint au terme de l\u2019année budgétaire 2013-2014.Tant mieux si cela se réalise, car trop d\u2019efforts ont été faits pour y arriver, cela tant par les gouvernements Bouchard et Landry que par le gouvernement Charest.On doit saluer la volonté du nouveau gouvernement, même si on peut penser que l\u2019atteinte de cet objectif fait partie des «conditions gagnantes» à réunir en vue d\u2019un prochain référendum.Cependant, le niveau de difficulté pour y arriver est élevé.Les paramètres du défi budgétaire avec ~ lequel est aux prises le ministre Nicolas Marceau pour l\u2019année en cours se résument \u2019\tsimplement.Le déficit de 1,5 milliard inscrit au budget Bachand était déjà atteint au 30 juin, trois mois seulement après le début de l\u2019année '\t-\t™ financière.Les dépenses des ministères ont crû de 2,5% au lieu de 2%, tandis que les revenus se révélaient moindres en raison du ralentissement de l\u2019économie.Le manque à gagner est évalué à 500 millions pour le moment.Tout dépendra du comportement de l\u2019économie.Du côté des dépenses, la solution est bien connue de tous les gouvernements.Il s\u2019agit de reprendre le contrôle de la machine.Le président du Conseil du trésor a déjà demandé que le niveau moyen des dépenses soit ramené à ce qu\u2019il devait être pour l\u2019année, ce qui entraînera des compressions de 1,1 milliard de dollars.Du côté des revenus, Nicolas Marceau évoquait vendredi l\u2019accélération de la récupération fiscale comme moyen de compenser la perte de ces 500 millions de revenus.Il sait bien que le gouvernement précédent a déjà pressé au maximum ce citron.Il n\u2019aura pas d\u2019autre choix que d\u2019ajouter ces 500 millions à l\u2019effort de compressions de dépenses.La marge de manœuvre du gouvernement en sera d\u2019autant réduite.Mauvaise nouvelle pour qui tient à faire tout, tout de suite, et toujours à coût nul.Ce contexte budgétaire devrait inciter le gouvernement Marois à la prudence, notamment lorsqu\u2019il s\u2019agit de pçser des gestes qui peuvent avoir un impact sur les revenus.Evoquée pendant la campagne électorale, la réduction des investissements dans les infrastructures est écartée.Il a compris qu\u2019il ne ferait qu\u2019ajouter à son problème de revenus.Il nous dira la semaine prochaine comment il entend financer l\u2019abolition promise de la taxe santé qui le privera de 1 milliard en revenus.Il ne pourra pas ne pas tenir compte dans ses choix du contexte économique.à moins de vouloir jouer à l\u2019apprenti sorcier.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO arauf t*Histoire R\u20actie^»^RA.IL v'oulmT 9 rR.\u20acMiÇiz M(iV(trai LETTRES Merci les États-Unis, désolé l\u2019OMVQ Le 15 avril 2012, l\u2019Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) s\u2019inquiétait des compressions fédérales dans l\u2019inspection des aliments.Le communiqué publié pour l\u2019occasion dénonçait la mise à pied d\u2019une centaine d\u2019inspecteurs à l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments par le gouvernement fédéral.L\u2019organisme avait peur que d\u2019autres crises comme celle de la listériose de 2008 arrivent.Par chance, des membres du service d\u2019inspection alimentaire de la U.S.Drug Authority ont pu détecter la présence de la bactérie E.colt dans des viandes provenant de l\u2019usine albertaine de XL Foods le 3 septembre dernier.Si l\u2019OMVQ avait été écouté, le plus grand rappel d\u2019aliments de l\u2019histoire du Canada aurait peut-être été évité.C\u2019est maintenant les Etats-Unis qui empêchent les Canadiens de s\u2019empoisonner ! Michel Gourd L\u2019Ascension-de-Patapédia, le 4 octobre 2012 Emplois insoutenables Alors que dans presque tous les pays où l\u2019énergie nucléaire est utilisée comme source d\u2019électricité, la population descend dans les rues pour demander son démantèlement, nous assistons au cœm du Québec à des manifestations pour conserver cette somce d\u2019énergie et les lucratifs emplois qui y sont liés.Et s\u2019il n\u2019y avait pas de centrale nucléaire à Bécancour et qu\u2019il serait proposé d\u2019en construire une, la même population et ses élus s\u2019y opposeraient probablement très vigomeusement alléguant notamment les risques pour la santé, l\u2019absence de besoin réel, les coûts démesmés, etc.Quant à la colère des élus locaux, les Lévesque et St-Amand, respectivement maire et députée libérale de Trois-Rivières, lem opposition relève probablement autant de l\u2019idéologie politique que de l\u2019intérêt de la région.Pom une rare fois, un gouvernement gère en regardant plus loin que le bout de son nez et en ne conservant pas des emplois électorale-ment payants mais économiquement et envi-ronnementalement insoutenables.Jean-Maurice Hamel Québec, le 5 octobre 2012 Valorisation des matières résiduelles radioactives Avec la fermeture de Gentilly-1 il y a quelques années et celle, maintenant annoncée, de Gentilly-2, le site de Gentilly devient, de loin, et ce, pour au moins quelques dizaines d\u2019années, le principal site de déchets nucléaires au Québec.Serait-il possible d\u2019envisager que ce site de Gentilly devienne sm-tout le principal site de «valorisation des matières résiduelles radioactives» du Québec?Sans être un expert de l\u2019utilisation civile des isotopes radioactifs et sous réserve d\u2019inventaire, je me permets d\u2019évoquer leurs nombreux usages dans le domaine biomédical et dans celui des capsules d\u2019énergie de longue durée (dizaines et centaines d\u2019années) utilisées dans les domaines de l\u2019exploration spatiale et de la télémétrie à longue portée des détecteurs de divers phénomènes terrestres en régions difficilement accessibles.Denis W.Roy Géologue, professeur émérite.Université du Québec à Chicoutimi Le 3 octobre 2012 REVUE DE PRESSE D\u2019un extrême à l\u2019autre MANON CORNELLIER Il n\u2019y a pas à dire, Justin Trudeau sait attirer l\u2019attention.Son entrée dans la course à la direction du Parti libéral du Canada a suscité un record de commentaires, une marée facile à résumer.Il y a ceux qui se moquent et n\u2019arrivent pas à le prendre au sérieux, comme Mike Strobel, du Toronto Sun, qui va jusqu\u2019à comparer Trudeau à Justin Bieber.Il y a ceux qui affichent un brin d\u2019impatience devant le peu de profondeur de son propos.Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, note que Trudeau a le pouvoir d\u2019attraction d\u2019une vedette, qu\u2019il doit largement à son nom et à son charisme, mais pas à ses positions, qui restent un mystère.Tout autre député d\u2019arrière-banc ayant la même expérience que lui devrait offrir plus pour attirer une fraction de l\u2019attention qu\u2019il reçoit.L\u2019équipe éditoriale du Toronto Stor fait écho à Simpson quand elle écrit que « Trudeau a besoin de faire davantage, même dans les premiers jours de la campagne, pour secouer cette image de poids léger en matière de politiques».Il y a finalement ceux qui parlent du danger de le sous-estimer.John Ivison, du National Post, écrit même que les conservateurs craignent l\u2019effet perturbateur de son pouvoir d\u2019attraction «sur leur domination incontestée en matière de collecte de fonds».Trudeau pourrait susciter la passion nécessaire.Son lancement sans bavures lui a déjà attiré des centaines de supporteurs.Son message cible les jeunes et la classe moyenne et il a démontré par le passé qu\u2019il n\u2019avait pas peur de sillonner le pays pour inciter les gens à s\u2019impliquer.Ivison va jusqu\u2019à faire un parallèle avec Barack Obama, qui a mobilisé les jeunes et misé avec brio sur les médias sociaux.David Colette, sondem de l\u2019agence QMI, renchérit en notant que Trudeau sait s\u2019adresser aux jeunes du «millénaire», ceux qui votent peu mais qui pourraient être incités à le faire par un chef connu, charismatique et qui maîtrise les médias sociaux.Khadr Si la crise du bœuf contaminé a généré un flot continu de reportages, elle a par contre suscité peu de commentaires jusqu\u2019à présent.Il en va autrement du rapatriement d\u2019Omar Khadr.Là encore, trois camps se dessinent: ceux qui le traitent de méchant terroriste à garder derrière les barreaux, ceux qui demandent qu\u2019on le libère rapidement et, entre les deux, ceux qui sont soulagés de le voir sorti du no man\u2019s land juridique de Guantanamo pour entrer dans un système capable d\u2019encadrer sa réhabilitation.Le Globe and Mail résume bien le point de vue de ce dernier groupe.Oui, « Omar Khadr a été élevé pour devenir un terroriste et l\u2019est devenu, mais le Canada n\u2019a aucune raison de le détester ou de le punir davantage.Ce pays doit faire ce qu\u2019il aurait dû faire il y a des années: se concentrer sur la façon sécuritaire d\u2019assurer sa réhabilitation.» Selon le Globe, il faut maintenant donner à Khadr la chance de connaître une vie normale, avec le soutien et l\u2019encadrement qu\u2019offre le système de libération conditionnelle.Le Canada ne devrait pas le punir pour sa famille controversée, ni se servir politiquement de ce fait, dit le Globe.«Il a payé un lourd prix pour ses crimes et ceux de sa famille.M.Khadr a besoin maintenant de vivre comme un être humain et non comme un symbole.» Au Toronto Star, on est plus pressé.L\u2019équipe éditoriale reconnaît que beaucoup de Canadiens se sentent trahis par Khadr et sa famille, mais «il est un citoyen canadien qui a été, dans les faits, abandonné par son propre gouvernement dans la quasi-hystérie qui a suivi les attentats du 11-Septembre».Il a passé plus de temps en prison que s\u2019il avait été jugé comme un jeune contrevenant, et encore amait-il fallu qu\u2019un vrai tribunal juge crédible l\u2019accusation de meurtre.Maintenant qu\u2019il est au Canada, écrit le Star, «le service correctionnel et la Commission des libérations conditionnelles devraient chercher à le libérer à la première occasion jugée sécuritaire, dans le cadre d\u2019un programme de réhabilitation» complet.A l\u2019agence QMI, on croit au contraire que Khadr doit rester derrière les barreaux aussi longtemps que possible et que le gouvernement a bien fait de prendre son temps.On rejette la notion d\u2019enfant-soldat et ridiculise ceux qui l\u2019invoquent.Aux yeux de l\u2019agence, Khadr demeure «un terroriste condamné dont la famille aux yeux égarés vénère encore al-Qaïda».Comme à son habitude, le chroniqueur-vedette de SunMedia, Ezra Levant, va encore plus loin, s\u2019attaquant à ce qu\u2019il appelle les mythes entourant l\u2019affaire Khadr.Il affirme, entre autres, que le Canada n\u2019était pas obligé de rapatrier Khadr puisqu\u2019il aurait pu purger une peine de 40 ans de prison à Guantanamo.Peter Worthington, aussi de l\u2019agence QMI, a un tout autre point de vue, même s\u2019il n\u2019éprouve pas de sympathie particulière pour Khadr.« Quand vous examinez son cas, vous notez qu\u2019il n\u2019a commis aucun crime contre le Canada et que peut-être il ne devrait même pas être en prison.» Worthington ajoute: «Il est peut-être un homme dangereux aujourd\u2019hui après avoir été incarcéré une décennie aux côtés de fanatiques à Gitmo, mais peut-être que non.» Worthington ne voit pas de raison de ne pas le relâcher rapidement, tout en notant qu\u2019«î7 a peut-être besoin de temps pour s\u2019ajuster, pour réapprendre ce qu\u2019est la vie dans une société ordonnée».mcornellier@ledevoir.com LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 B 5 IDEES PRESIDENTIELLE AMERICAINE Un républicain à la Maison-Blanche : un plus pour l\u2019économie canadienne ?PIERRE MARTIN Professeur de science politique et titulaire de la Chaire d\u2019études politiques et économiques américaines à l\u2019Université de Montréal eme si nous ne pouvons pas y M participer, les élections américaines nous fascinent.Les ac-t;ons du gouvernement des Etats-Unis ont un réel impact chez nous et il est donc normal que les Québécois et les Canadiens aient des préférences véri-^^^=1 tables en matière de politique américaine.Depuis au moins les vingt dernières années, nous préférons les démocrates.Rien d\u2019étonnant.Qu\u2019il soit question de politiques sociales ou économiques, d\u2019immigration, de religion, d\u2019environnement ou de politique étrangère, nos préférences et opinions sont nettement plus proches de celles des démocrates que de celles des républicains.Les sondages sont catégoriques : si nous pouvions voter le 6 novembre, Barack Qbama recueillerait une solide majorité de nos appuis.Le premier débat télévisé a remis Mitt Romney dans la course, et sa victoire semble maintenant une réelle possibilité.Certains chez nous se consolent en pensant que, même si on n\u2019aime pas vraiment ce scénario, un répubbcain à la Maison-Blanche serait meilleur pour l\u2019économie cana-diepne.Est-ce vraiment le cas?A chaque élection américaine, les «experts» des relations canado-américaines et les commentateurs pobtiques de droite ne manquent pas de nous rappeler que notre préférence pour les démocrates est irrationnelle.11 est selon eux évident que les républicains, champions autoproclamés du bbre-échange, de la discipline fiscale et de l\u2019indépendance énergétique nord-américaine, sont de loin préférables aux démocrates pour le Canada, d\u2019un point de vue économique.N\u2019est-il pas naturel que le Parti républicain, qui nous a donné le libre-échange, soit le meilleru choix pour nos exportaterus?Perception et réalité Plus tôt cette année, je demandais à une assemblée d\u2019économistes de me dire si, à leru avis, d\u2019un président démocrate ou républicain, est généralement préférable poru l\u2019économie canadienne.Les trois quarts ont répondu avec confiance: un républicain.Cette réponse était prévisible: la perception que les républicains sont préférables aux démocrates poru l\u2019économie canadienne est si courante que persoime ne se donne la peine de vérifier les faits.Le test est porutant simple.11 s\u2019agit de comparer divers indicaterus de performance économique au Canada pendant les aimées républicaines et pendant les années démocrates, avec un délai d\u2019un an pour tenir compte du fait que les politiques économiques n\u2019agissent pas instantanément.Les résultats sont clairs, et ils en étonneront plus d\u2019un.En moyenne, depuis 1961, la croissance annuelle du PIB réel par habitant au Canada a été de 2,9% quand un démocrate occupait la Maison-Blanche et de 1,3% quand un républicain y était.Les démocrates ont aussi été favorables à l\u2019emploi au Canada.Le taux de chômage canadien était en moyenne de 8,0% pendant les 0 JEWEL SAM AD Mitt Romney, le prétendant républicain, est plus que jamais dans la course après le débat de mercredi.années républicaines et de 6,9% pendant les années démocrates.Très bien, mais qu\u2019en est-il du commerce?Les démocrates ne sont-ils pas censés être de vilains protectionnistes?Les démocrates sont les ennemis des manufacturiers canadiens, n\u2019est-ce pas évident?Les flux de commerce sont très variables d\u2019année en année et les comparaisons sont délicates, mais la croissance aqnuelle des exportations canadiennes vers les Etats-Unis depuis 1972 a été en moyenne plus élevée pendant les années démocrates (12,7%) que pendant les années républicaines (7,3%).La croissance annuelle réelle de la production manufacturière se prête mieux aux comparaisons dans le temps.Depuis les années 1950, cet indicateur a enregistré une croissance annuelle moyenne de 5,7% pendant les années démocrates, mais de seulement 1,7% pendant les années républicaines.Tout simplement un mythe D\u2019accord, mais qu\u2019en est-il du Congrès?Les experts ne disent-ils pas que c\u2019est le contrôle du Congrès qui importe vraiment pour l\u2019économie canadienne?Et tout le monde sait que les démocrates du Congrès ne sont pas commodes, n\u2019est-ce pas?En fait, pour les quatre indicateurs, le contrôle du Congrès ne change rien.Je ne dis pas que les présidents démocrates sont en toutes circonstances uniformément préférables aux républicains pour tous les secteurs de l\u2019économie canadienne, mais les données disponibles montrent sans équivoque que l\u2019idée préconçue selon laquelle les présidents républicains et leurs politiques sont en général ce qu\u2019il y a de mieux pour l\u2019économie canadienne est tout simplement un mythe.Le contraire aurait plus de chances d\u2019être vrai.Au bout du compte, certains diront que la croissance, l\u2019emploi, les exportations et la production manufacturière ne comptent pas vraiment.L\u2019important, ce sont les profits.Sans conteste, les actions canadiennes en Bourse devraient se porter mieux avec les politiques pro-marché et anti-réglementation des républicains que sous le joug interventionniste des démocrates, non?Ça se vérifie.Supposons que deux investisseurs ont placé 1000$ chacun dans un fonds attaché à la valeur de l\u2019indice TSX de la Bourse de Toronto le 20 janvier 1953, mais que leur fonds respectif ne peut fructifier que lorsque leur parti américain préféré occupe la Maison-Blanche.Aujourd\u2019hui, après avoir été actif pendant 36 des 60 dernières années, le fonds républicain vaudrait environ 2200$.Toutefois, après seulement un peu moins de 24 ans d\u2019activité, le fonds démocrate vaudrait aujourd\u2019hui plus de 16000$.Y a-t-il d\u2019autres questions?r Election fondamentale Depuis des années, les Canadiens ont une nette préférence pour les démocrates à chaque élection présidentielle, et c\u2019est encore plus vrai pour les Québécois.11 est clair que ce choix tient d\u2019abord au fait que les valeurs des démocrates sont plus proches des nôtres et que leur politique étrangère correspond mieux à notre vision du monde.Mais quand on prend la peine de considérer les faits, il est tout simplement faux de dire que cette préférence est économiquement irrationnelle.Cela dit, la vraie raison pour laquelle cette élection est importante pour nous n\u2019a pas grand-chose à voir avec nos intérêts économiques.Cette année, deux visions plus contrastées que jamais de la société, de l\u2019économie, de l\u2019environnement et de la politique étrangère s\u2019affrontent dans l\u2019élection présidentielle américaine.Le choix de nos puissants voisins affectera inévitablement le monde où nous vivons et les choix de société que nous ferons.C\u2019est pour ça que cette élection est fondamentale pour nous.Ce texte est basé sur un article à paraître dans la prochaine livraison de la revue International Journal.On peut lire le blogue de Pierre Martin sur les Etats-Unis sur le site de L\u2019actualité.Sortez vos lolos ! Allaiter, c\u2019est glamour ! 0 MELISSA MAYA EALKENBERG Animatrice et réalisatrice n peut être coquette, professionnelle et très occupée, mais allaiter tout de même son enfant; j\u2019en suis la preuve.» C\u2019est ce que Mahée Paiement dit au magazine La Semaine qui, cette semaine, nous sensibilise aux bienfaits de l\u2019allaitement.Et pour appuyer les propos de la comédienne, une photo de Mahée allaitant.Logique.Et ô combien vendeur.Mais d\u2019un ridicule tellement ridicule que j\u2019ai dû dire à mon chum : « Chéri, peux-tu f occuper de la petite une heure ?» 11 fallait le faire! Le chum qui donne le biberon pour que j\u2019écrive un billet.sur l\u2019allaitement.Qui, Mahée, on a toutes l\u2019air de ça quand on allaite! 11 ne manque que quelques «régurgis» sur le tapis, et c\u2019est 100% réaliste.C\u2019est ce que j\u2019ai d\u2019abord lancé sur Eacebook, en partageant ladite photo.Et quelques heures plus tard, près de 200 personnes avaient partagé l\u2019image, partageant ainsi, elles aussi, leur état d\u2019irritation.11 faut dire qu\u2019au final, l\u2019image a également provoqué un nombre important de commentaires ironiques (et foutrement drôles, au moins l\u2019ironie a cet avantage).«Attention ! Il est TRES important de soigner sa coiffure et de courir mettre ses talons hauts quand bébé hurle de faim ! », rappelle mon amie Paule.Qui, il faut rire un peu, parce qu\u2019on pourrait pleurer longtemps.Qn n\u2019a pas fini de se faire parler comme si on était des imbéciles.Le «si» est d\u2019ailleurs ici essentiel, parce qu\u2019on est loin de gober tout ce que les médias aimeraient nous faire gober ; Dieu merci, les médias ont aussi bâti notre esprit critique.Ainsi, les lecteurs peuvent interpréter le message comme ils le désirent.Que veut exprimer la campagne Moi aussi j\u2019allaite ?Qu\u2019allaiter, c\u2019est glamour?Qu\u2019un verre de lait, c\u2019est bien, mais que deux, c\u2019est mieux (hé hé !) ?Qu\u2019il ne faut pas être gênée de se dénuder en public pour nourrir bébé ?Qu\u2019il est facile d\u2019allaiter et qu\u2019on peut le faire n\u2019importe où, même dans sa loge cinq minutes avant d\u2019entrer en ondes ?« Quand j\u2019ai vu Céline Dion dans un documentaire qui s\u2019apprêtait à donner un spectacle et qui avait demandé si son lait avait été envoyé pour les jumeaux, je me suis dit: Mahée, si Céline est capable, toi aussi.», conclut la comédienne.Peu importe.Cette campagne, malgré ses bonnes intentions, est une insulte.Un manque flagrant de jugement.Les escarpins étaient-ils vraiment nécessaires ?Pourquoi ne pas avoir créé une image aussi forte, mais plus naturelle ?Pourquoi tout doit-il être glam ?Et surtout, est-ce en sexualisant l\u2019allaitement que l\u2019on va en briser les tabous et rendre son action naturelle aux yeux de tous ?A une heure où presque tous les magazines féminins suggèrent 10 trucs pour rester zen, 10 trucs pour se sentir bien dans sa peau, 10 trucs pour concilier bébé-boulot-lolo, les femmes n\u2019ont pas besoin de cette représentation impraticable du summum de l\u2019idéal féminin actuel.Qn sait que la pub vend du rêve, mais il y a des limites.Attendez.Ai-je bien dit pub?Parce qu\u2019il s\u2019agit bien là d\u2019un message de l\u2019Agence de la CRILAPHOTO ASSISTE DE SEBASTIEN MIRAN santé et des services sociaux de Montréal, oui, oui, du ùgouvernement du Québec, avec le petit drapeau fleurs de lys officiel juste en dessous.Et Mahée en est.l\u2019ambassadrice.Titres qui, à mon avis, devraient être porteurs de sensibilité et de responsabilité sociale.« O.K.chéri, tu peux aller te coucher et me ramener la p\u2019tite ! » Chronique écrite en pieds de bas et en robe de chambre (marque Véro, achetée à L\u2019Aubainerie).Mauvaise passe 1 '\u2014 /\u2022 Denise s ^\t' Bombardier A ?La période est dominée par les allégations de la commission Charbonneau, mais on se rend compte, ailleurs dans les réseaux sociaux, que les « allégateurs » de tous genres ont la cote.Bien sûr, il appert que les propos de Lino Zambito ne seraient que la confirmation des preuves que détiennent les enquêteurs sur cette corruption mafieuse qui nous pourrit tous la vie et dégrade la politique municipale à Montréal.Mais qu\u2019on nous permette d\u2019exprimer un bémol.Aucun lecteur ne devrait conclure ici que ce souci serait une défense des pratiques criminelles.Disons simplement que la diffusion médiatique d\u2019allégations, que le système judiciaire seul sera en mesure de départager entre vrai ou faux, pose problème.Qui, nous croyons que Lino Zambito, qui défend sa peau, dit sa vérité.Mais comme il est partie du système dont il a abusé, lui aurait-on, il y a encore un an, donné le bon Dieu sans confession?Après lui, d\u2019autres viendront raconter des histoires d\u2019horreur mettant en cause des gens qu\u2019ils montreront du doigt.Ils auront juré sur la Bible, sur leur honneur, mais de nos jours, on jure sur n\u2019importe quoi.Demandez aux juges d\u2019expérience à quel point jurer a perdu de sa solennité et de sa gravité.Et que penser de Gérald Tremblay, celui qui ne savait pas, et ne voulait pas savoir ?L\u2019autruche est l\u2019animal qui le décrit le mieux.Et inutile d\u2019être spécialiste de la psychologie des profon-On ne serait deurs pour comprendre que ^\tl\u2019angélisme du maire, dou- meme pas blé d\u2019une candeur normale-,\t.ment réservée aux bam- etonneque,si bi^s, est son arme défen- pots-de-vin il y «ive Le maire d\u2019une ville qui bruisse depuis des lus-a eu, cela Tes de rumeurs malsaines, entachée de scandales, où la ressemble voie carrossable est défon-.\t+ rt ' eée, où les contrats ne sont aavaniage a distribués, sauf exception, des pots de fJ^\u2019à des entreprises ita-^\tbennes, comme a Naples ou sauce à\tla mafia règne en maître, ce maire réussit à ne pas voir spaghetti de la et à ne pas croire la réalité V .qui l\u2019encercle.nonna ou a au ^e pire, c\u2019est que son hon- vmaigre balsamique hors d\u2019âge nêteté personnelle ne fait aucun doute.L\u2019homme n\u2019a certainement pas mis un sou dans sa poche, on peut en être convaincu.L\u2019explication n\u2019est pas à proprement parler politique.Gérard Tremblay est une personne qui aime être flattée et il n\u2019est pas le premier à avoir cédé sa morale et sa lucidité à la flatterie.11 aime qu\u2019on lui dise qu\u2019on l\u2019aime, qu\u2019il est bon, gentil et qu\u2019il travaille fort.C\u2019est une espèce de carencé affectif qu\u2019insupportent les conflits, les tensions et les critiques.11 a le profil idéal pour les mafieux, dont on aurait tort de sous-estimer l\u2019intelligence séductrice.Les mafieux aiment monsieur le maire et se sont certainement assurés de lui envoyer des émissaires aussi rusés que charmants.Qn ne serait même pas étonné que, si pots-de-vin il y a eu, cela ressemble davantage à des pots de sauce à spaghetti de la nonna ou à du vinaigre balsamique hors d\u2019âge impossible à refuser même par un homme incorruptible.11 faut en rire tellement cette mise à sac de Montréal, d\u2019un parti politique et des fonds publics est terrifiante.Comment en sommes-nous arrivés à cette dégradation et à quoi ne faut-il pas ^s\u2019attendre dans les semaines qui viennent?À Laval peut-être ?Voilà une conséquence du laisser-aller démocratique oq les meilleurs se tiennent loin de la politique.À ce jour, seul le voyant, bruyant et populiste député libéral Denis Coderre serait sur les rangs pour diriger Montréal.Difficile de faire comprendre en dehors de Montréal que la catastrophe montréalaise plombe l\u2019avenir du Québec.Que le kidnapping de villes par la mafia est préoccupant non seulement dans sa réalité, mais dans ce qu\u2019il suppose de laxisme et de complicité à tous les niveaux des structures de nos institutions publiques.denbombardier@videotron.ca Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les çommentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Mane-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Bélair-Cinno (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec)Y2Aoten T>egh.se(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (education), Pauhne Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Améhe Daoust-Boisvertf'saw^cJ , information politique Michel Y>dmA(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) , information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Juhe Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Enc Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy DaiWeier (reporters) ,}ean.-V\\erre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Emihe Eohe-Boivm (pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger, Phihppe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Mane-Pier Erappier et Geneviève Tremblay (commis internet) , Améhe Gaudreau (secretaire a la redaction), Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racine (commis a la redaction) DOCUMENTATION GiUes Paré (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Ehmam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Améhe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal RainviUe, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Ohvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Monn, Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(KanseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Ohvier Leclerc (responsable par interim service a la clientele), Nancy Beauheu, Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Mane-Lune Houde-Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béhveau (adjointe administrative), Céhne Euroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2012 ARCHITECTURE^DESIGN 1 jeannfî Mance % L Scène urbaine à Montréal.Des études d\u2019ambiances et d\u2019humains en action devraient alimenter toute prise de décision dès qu\u2019on touche à des projets destinés à durer des siècles et des siècles.L\u2019humain a droit de cité Des chercheurs, des créateurs et des artistes réunis à Montréal ont discuté de nouvelles approches visant à créer des espaces de vie connectés sur les cinq sens Les villes grandissent vite, mais leurs modes de création ne bougent pas beaucoup.Calqués sur des modèles d\u2019affaires et de géométrie, les schémas de conception urbaine privilégient un système de performance dans lequel le fonctionnel et le visuel l\u2019emportent toujours sur les autres aspects.Des chercheurs, des concepteurs et des gens du public se sont réunis à Montréal il y a une dizaine de jours pour discuter et ejqjérimenter de nouvelles approches visant à créer des espaces de vie reconnectés sur nos cinq sens et nos émotions.En s\u2019appuyant sur des notions à la fois intuitives et scientifiques, les participants au congrès Ambiances en acte(s) ont tenté de donner une autre dimension à la ville.JAN VAILHE EMMANUELLE VIEIRA Avez-vous déjà senti les espaces qui vous entourent autrement que par un simple coup d\u2019œil?Vous êtes-vous déjà concentré sur l\u2019ombre, les odeurs, le bruit de vos pas ou encore les écarts de température?Êtes-vous déjà sorti de vos repères habituels pour mieux comprendre de quoi est fait l\u2019espace en général?C\u2019est ce qu\u2019ont fait chercheurs, artistes et acteurs engagés dans l\u2019analyse de l\u2019environnement construit et dans l\u2019univers sensible du monde contemporain lors du 2® Congrès international sur les ambiances, qui s\u2019est tenu récemment au Centre canadien d\u2019architecture (CCA) à Montréal.Organisé par le Réseau international Ambiance, animé par les laboratoires CERMA (Centre de recherche méthodologique d\u2019architecture) et CRESSON (Centre de recherche sqr l\u2019espace sonore et l\u2019environnement urbain) des Écoles nationales supérieures d\u2019architecture de Nantes et de Grenoble, avec le CCA et le Centre for Sensory Studies de rUniversité Concordia, le congrès a proposé une approche à la fois sociale, technique, esthétique et historique de la ville à travers les sens, avec de nouveaux outils dans diverses disciplines.Pour une ville multisensorielle En 2005, le CCA avait déjà lancé le sujet avec l\u2019exposition Sensations urbaines, accompagnée d\u2019un livre très intéressant publié sous la direction de son directeur et conservateur en chef, Mirko Zardini.L\u2019exposition et le livre jetaient les bases d\u2019une réflexion approfondie sur la place et le rôle des sens dans la ville.Le congrès Ambiances en acte (s) a poursuivi ce travail de façon remarquable.«Les réponses émergeant des recherches et du congrès témoignent d\u2019une nécessité réelle d\u2019envisager la ville et ses espaces d\u2019un point de vue multisensoriel, explique Daniel Siret, architecte et chercheur au CERMA, en France, et coresponsable du congrès.Le marketing, qui est parfois utilisé par les villes, tend lui-même à évoluer ver§ cette approche plus expérientielle.» A quel moment les Comités consultatifs d\u2019urbanistes (CCU), les décideurs et autres acteurs de la ville ont-ils l\u2019intention de se mettre au parfum?Quand vont-ils délaisser la culture du by the book et oser s\u2019aventurer vers des chemins de traverse ?Il serait temps que les discussions et les concertations se fassent sur autre chose que de simples photos, plans, rendus, codes et autres statistiques.très statiques.Des études d\u2019ambiance et d\u2019humains en action devraient alimenter toute prise de décision dès qu\u2019on touche à des projets destinés à durer des siècles et des siècles.Après tout, nous ne sommes pas des robots et la ville n\u2019est pas qu\u2019une machine programmable ! Il faut ramener l\u2019humain, son corps et son identité au cœur du processus d\u2019invention.L\u2019ambiance indissociable de l\u2019action «La notion d\u2019ambiance vient donner un point de vue nouveau et mal compris sur l\u2019architecture ou l\u2019urbanisme, puisqu\u2019on abandonne une analyse qui prône le cartésianisme pour aller vers une dynamique de mobilité et de ressenti, explique Jean-Paul Thibaud, directeur de recherche CNRS, CRESSON-ENSA de Grenoble et coresponsable du congrès.Un des mouvements importants de la science contemporaine consiste à reconsidérer la place du corps dans notre façon d\u2019appréhender le monde; l\u2019ouverture de la perception à sa dimension affective est donc primordiale dans tout processus de création spatiale.» Grâce au congrès et aux travaux des chercheurs rattachés au Réseau international sur les ambiances, le mythe de l\u2019espace comme étendue homogène continue et divisible est remis en question.Ils ne regardent plus la ville comme une succession d\u2019espaces publics étiquetés, mais l\u2019envisagent plutôt comme un continuum, un tout dans lequel le corps peut s\u2019orienter, s\u2019exprimer et s\u2019investir.La perspective est toute autre ! Ainsi, il n\u2019y a pas de ville sans citadin et le corps de celui-ci ne peut pas être rattaché à un simple système d\u2019organisation basé uniquement sur la géométrie.Autrement dit, il est bien artificiel de décider des limites d\u2019un quartier, de le qualifier de quartier des affaires ou de quartier des spectacles.C\u2019est réducteur, mais c\u2019est très vendeur! «A une théorie de l\u2019espace sans qualités doit se substituer une approche du lieu incarné», dit très justement Jean-Paul Thibaud.Le congrès de Montréal a fait l\u2019objet de plus de 80 présentations et ateliers, mais le travail de quelques chercheurs et créateurs s\u2019est révélé particulièrement passionnant.L\u2019un des participants, Jean-François Richer, a lu un extrait de La comédie humaine de Balzac pour montrer la poétique des effets sonores dans les ambiances balzaciennes.Cette prise de conscience du son dans la construction d\u2019un univers s\u2019est poursuivie avec les expériences menées à Montréal par plusieurs équipes.Ainsi, l\u2019artiste Sandra Volny a introduit une équipe de curieux à la Fonderie Darling pour tenter une expérience sur les espaces sonores d\u2019un bâtiment.La prise de conscience de la réverbération sonore dans un volume transforme la perception et l\u2019idée que nous nous faisons de ce volume.Il y a eu aussi le travail de recherche de Guillaume Meigneux, du CRESSON, intitulé Santo H UNAI MIQUELAJAUREGUI Une expérience sur l\u2019espace sonore a été menée à la Fonderie Darling pendant le congrès Ambiances en acte(s), qui s\u2019est tenu récemment à Montréal.Domingo n°863, qui utilise la vidéo comme moyen d\u2019introduire une dimension temporelle dans l\u2019analysç et la conception urbaine ou architecturale.A l\u2019aide d\u2019une image décortiquée et éclatée dans le temps, Guillaune Meigneux explore une méthodologie pour appréhender l\u2019espace à différentes temporalités \u2014 hiver/été, semaine/week-end, matin/soir \u2014 et tenter de restituer l\u2019expérience de ces différentes durées en les reliant à la pratique de l\u2019espace en question: la traversée, la contemplation, le quotidien.n a recours à une technique cinématographique, le compositing, qui permet d\u2019articuler ces durées et temporalités pour les restituer sous forme d\u2019une vidéo qui condense en quelques minutes des heures d\u2019observation.Ayant travaillé comme chercheur en agence d\u2019urbanisme, il a tenté d\u2019introduire ces protocoles vidéographiques dans les processus de conception du projet urbain.«I^ simple fait de projeter un plan fixe d\u2019une minute plutôt que de présenter une photo du site, lors d\u2019une réunion avec les élus, change radicalement la manière dont le site s\u2019actualise dans la réunion, explique Guillaume Meigneux.Cela laisse la place, lors des échanges, à une dimension sensible qui permet d\u2019introduire des phénomènes liés à la notion d\u2019ambiance.» Le futur des grandes villes L\u2019approche de la ville et de l\u2019architecture par les ambiances permet de mieux articuler l\u2019espace et l\u2019usager et de montrer que les deux sont inséparables.On en revient donc à des questionnements essentiels: qu\u2019est-ce que c\u2019est que d\u2019habiter?Construire l\u2019espace urbain, est-ce créer du vide, des sons, des odeurs, de la lumière, des actions et, ultimement, des émotions?Or, avec l\u2019arrivée des nouveaux médias à l\u2019échelle urbaine, nos repères corporels et émotionnels sont mis à rude épreuve.L\u2019apparition de façades lumineuses interactives, de projections multimédias expérientielles ou d\u2019aménagements comme les 21 balançoires musicales d\u2019Andraos et Mongiat, sur la Promenade des artistes à Montréal, donne une teinte forte à l\u2019espace urbain, surtout la nuit.Incitant la participation physique du public, ce type d\u2019installation entraîne un autre genre d\u2019expérience dans la vüle, mais, encore une fois, on est beaucoup dans le domaine du visuel, du spectaculaire et de l\u2019éphémère.Même avec ces nouvelles technologies mises à notre disposition, on doit penser les choses en profondeur et ne pas perdre de vue le développement temporel et spatial des projets urbains.Lq ville, c\u2019est comme un jardin ou une symphonie.A trop vouloir 1^ résumer en une image, on en perd toute poésie.A trop vouloir la qualifier ou la planifier, on en tue l\u2019étrangeté, la singularité, l\u2019imprévisible.Toute la profondeur du discours urbain, toutes les dimensions qui résident dans les superpositions de couches texturées et de sens qui composent la ville, n\u2019existent qu\u2019à travers ces espaces que l\u2019on ne maîtrise pas totalement La vie se faufile toujours dans les failles et la magie n\u2019opère que par effet de surprise ! On doit créer des environnements sensibles capables d\u2019accueiUir ou de générer ces petits plus qui font toute la différence.Collaboratrice Le Devoir Pour approfondir la question ¦ ambiances.net, cerma.archi.fr, cresson.ar chi.fr, centreforsensorystudies.org, cca.qc.ca/fr.A lire: Sensations urbaines: une approche différente à l\u2019urbanisme.Centre canadien d\u2019architecture et Lars Muller Publishers, Montréal et Baden, 2005."]
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