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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2012-08-04, Collections de BAnQ.

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[" 4- De visu : un regard états-unien sur Tart canadien au Mass MoCA ^ Marie-Claire Blais met en question récriture des romans actuels Page e 7 Culture livres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOUT 2012 y\" V.' ' \" i4-\"\t.y' .y y cri »®s ras PHOTOS CORRESPONDANCES D\u2019EASTMAN Pour une dixième année, les amoureux du verbe vont se rendre à Eastman pour écrire des lettres et participer à différentes activités.Dix ans de correspondances à Eastman Le festival Les Correspondances d\u2019Eastman ouvre ses jardins aux passionnés de lettres Pour son 10® anniversaire, le festival littéraire Les Correspondances d\u2019Eastman élargit ses horizons tout en demeurant fidèle à ses origines, assure la cofondatrice et porte-parole Louise Portai.FRANÇOIS LEVESQUE C% était à l\u2019été 2003./ Amoureux du verbe et chantres de la plume avaient alors investi la magnifique municipalité d\u2019Eastman, dans les Can-tons-de-l\u2019Est, pour la première édition des Correspondances d\u2019Eastman, seul festival littéraire estival en Amérique du Nord.Louise Portai, comédienne, écrivaine et cofondatrice de l\u2019événement et porte-parole, y était.Après avoir cédé la place ces dernières années, Louise Portai est de retour à l\u2019occasion de cette édition anniversaire, la dixième.Le Devoir s\u2019est entretenu avec elle.Hasard providentiel Désireuse d\u2019offrir un rendez-vous culturel estival qui se démarquerait, la Ville d\u2019Eastman était en mode recherche lorsque Louise Portai revint d\u2019un voyage en France avec un volumineux dossier de presse sous le bras.«Jacques Allard, mon directeur littéraire qui habite lui aussi Eastman, m\u2019avait demandé de réfléchir au genre de projet qu\u2019on pourrait développer juste avant que je m\u2019envole pour la Semaine du cinéma du Québec à Paris», relate Louise Portai.Là-bas, Robert Desbiens, directeur du Centre culturel du Québec à Paris et ami de longue date de l\u2019actrice, lui présente Jean-François Michel, le fondateur des Correspondances de Manosque, un village près de Marseille dont s\u2019amouracha Jean Giono.Une fois l\u2019an, on y rédige des lettres que l\u2019on envoie à l\u2019autre bout du monde ou à la porte d\u2019à côté, voire que l\u2019on écrit pour soi.Dès sa fondation, l\u2019événement Iæs Correspondances d\u2019Eastman attire quantité d\u2019épis-toliers ravis.On vient de partout pour poster gratuitement sa correspondance ou la laisser poste restante, selon le désir de chacun.On assiste aux cafés littéraires, aux lectures publiques et aux spectacles de musique et de poésie.Eastman se meut en une vaste écritoire champêtre.Il est déjà quelques immortels, dont le spectacle Le bonheur de lire de Dany, que Dany w La cofondatrice Louise Portai.Laferrière offrit l\u2019an dernier depuis une baignoire.«Je me rappelle la performance de Bernard Giraudeau dans l\u2019église d\u2019Eastman.Il était venu avec ses musiciens chiliens», se souvient Louise Portai.On ne s\u2019étonnera pas si cette année le nouveau spectacle de Fred Pellerin, De peigne et de misère, présenté à guichets fermés en grande première, accède d\u2019office au panthéon des grands moments.Et maintenant?Justement, qu\u2019en est-il de cette 10® édition?«Je trouve tellement que le thème a été bien choisi: «Le bal des lettres et des arts».Ça nous permet d\u2019explorer les différentes correspondances entre l\u2019écriture et les autres formes d\u2019art.» C\u2019est ainsi que, lors de ce dixième bal des mots, l\u2019écriture prendra pour partenaires successifs la scène, le cinéma, la sculpture, et même la danse, comme on pourra le constater lors d\u2019une table ronde animée par la collègue Catherine Lalonde.On ira entendre l\u2019hommage au poète Alfred DesRochers au théâtre de la Marjolaine en compagnie de sa fille Clémence et de Dany Laferrière.On ira voir cette Lettre d\u2019une inconnue, de Stephan Zweig, interprétée par Alexis Martin et Louise Portai.On ira apprendre à Vérité et fiction au cinéma, en présence de Manon Barbeau, de Philippe Lavalette, de Julie Hivon et de Michel Coulombe.On ira rire (et s\u2019instruire) au karaoké-hommage à Georges Brassens au Piano rouge.On ira, on ira.Ce n\u2019est jamais qu\u2019un chif fre mais, passé le cap des dix ans d\u2019existence, peut-on souf fier en se disant que la pérennité de l\u2019événement est assurée ?« Oh non, s\u2019empresse de répondre Louise Portai.Bon an, mal an, il y a 125 bénévoles qui se mobilisent et qui nous donnent leur temps et leur passion.Et il y a notre conseil d\u2019administration avec des gens comme Jacques Allard et Nicole Eontaine qui sont là depuis le début, et dont la présence est essentielle.En culture, chaque acquis demeure précaire.» La preuve ?Après des années de participation.Postes Canada vient de retirer son soutien aux Correspondances d\u2019Eastman, et ce, en dépit du fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une rare vitrine permettant à la société fédérale de renouer avec ses lettres de noblesse d\u2019antan.De fait, l\u2019acte d\u2019écrire à quelqu\u2019un revêt, selon Louise Portai, un caractère unique, irremplaçable.«J\u2019ai entretenu une grosse correspondance amoureuse dans ma vie, confesse-t-elle le sourire dans la voix.J\u2019ai correspondu avec mon père, mais également avec Doris Lussier, avec le père Ambroise.Le lien épistolaire est précieux.La relation épistolaire permet des confidences, un épanchement, qu\u2019on ne peut pas avoir autrement, que ce soit au téléphone ou lors d\u2019une rencontre face à face.Les courriels, c\u2019est bien, mais il n\u2019y a rien comme recevoir une lettre ou une carte postale rédigée à la main.» Qu\u2019on se le tienne pour écrit! Le Devoir Information : www.lescorrespondances.ca «Les courriels, c\u2019est bien, mais il n\u2019y a rien comme recevoir une lettre ou une carte postale rédigée à la main» De fait, l\u2019acte d\u2019écrire à quelqu\u2019un revêt un caractère unique, irremplaçable BILLETS A MOITIE PRIX* LES MERCREDIS DE I7HÀ2IH *Appllcable à l'achat d'un billet pour adulte au prix courant de 15 $ GRATUIT POUR LES ENFANTS DE 12 ANS ET MOINS** Non applicable aux groupes.VISITES GUIDEES Horaire sur mbam.qc.ca/popart OFFREZ-VOUS UNE SORTIE HAUTE EN COULEUR OANS L\u2019UNIVERS POP OE TOM WESSELMANN ! mbam.qc.ca/popart M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL métro B Mi AIRCANADA $ TOM WESSELMANN Cette exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal, avec le soutien de la Succession Torn Wesselmann, New York.Torn Wesaehnann, Sunset Nude wHh M^Mstnam [Nu au crépuscule avec Wesselmann], 2003.HoustorL Sanders Collection, avec l'aimable concours de la MeClaIn Gallery.® Succession Torn Wesselmann / SODRAC, Montréal / VAGA, New York (201^.Photo Rick Gardner. E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOUT 2012 CULTURE Vent du large ^ Odile Tremblay C\u2019 est un secret sans doute trop bien gardé, si bien que l\u2019endroit attire peu de Québécois.Ceux qui se risquent jusqu\u2019à Terre-Neuve partent plutôt à l\u2019extrémité nord de la province, dans le bout du parc Gros-Morne, de l\u2019i^se-aux-Meadows, où un ancien site viking du xU siècle, peut-être le mythique Vinland des sagas, attire les visiteurs.Mais la péninsule d\u2019Ava-lon, au sud-est, m\u2019a semblé boudée.De vieux préjugés nous divisent.Il y a eu trop de farces sur les Newfies et pas assez de dialogues, faut croire.Et pourtant.Quand je suis arrivée à Saint John\u2019s cet été, la beauté de la ville m\u2019a prise à la gorge avec ses façades colorées, ses rues sinueuses qui grimpent, bientôt transformées en escaliers, ou en impasses.Rien n\u2019est rectiligne là-bas.La carte de la ville tient du lacis aux lignes entortillées.S\u2019y perdre et s\u2019y retrouver est un poème.On tombe amoureux de Saint John\u2019s d\u2019emblée, comme une évidence.Et pourquoi n\u2019y avais-je jamais mis les pieds auparavant?Son célèbre brouillard n\u2019était pas au rendez-vous, ou si peu, et le soleil y luisait aussi fort que chez nous.On n\u2019échappait pas au bel été.C\u2019est qu\u2019ils nous ressemblent, les Terre-Neu-viens, leur anglais hritish ou irlandais mis à part.On a des valeurs communes.Ils n\u2019ont rien à cirer du gouvernement d\u2019Harper, se battent pour leur culture.Société distincte là aussi.Après tout, ces insulaires ne font partie du Canada que depuis 1949, à la suite des résultats bien serrés d\u2019un référendum qui laissa des amertumes.Ils ont de bonnes raisons de se sentir à part.On rencontre des personnes âgées qui vous disent: oui, notre vie était plus difficile avant l\u2019adhésion au Canada, mais on était plus autonomes.A l\u2019époque, la pêche était la grande affaire dans les petits villages, avant que le moratoire sur la morue en 1992 ne leur coupe les vivres.C\u2019est encore pauvre, Terre-Neuve.Des histoires de naufrages, de fantômes de capitaines errants courent toujours.Un ethnologue, Dale Jarvis, publie un tas de livres sur les spectres, les fées, les monstres et d\u2019autres créatures qui pullulent dans leur intermonde em-brouillardé.Il a même organisé un Ghost Tour des maisons hantées de Saint John\u2019s, qui la nuit tombée nous entraine de collines en culs-de-sac sur le site d\u2019anciens cimetières, de gibets, aux abords des maisons où le sang coula.Des amants vengeurs, des dames au cœur brisé, des soldats pleins de remords et des marins évaporés en plein fog reviennent visiter les vivants.Pas besoin d\u2019y croire.Suffit de grimper les rues qui tournent et de frissonner.Le passé est présent là-bas partout.Alors, on fait au détour le plein de légendes.D\u2019autant plus que, dans un musée de la ville, The Rooms, une exposition du grand peintre graveur David Blackwood, I i- 1 Le village de Dildo à Terre-Neuve, province où notre journaliste a découvert une culture près de ses racines.JACINTHE TREMBLAY issu de générations de capitaines, se concentre sur les grands malheurs en mer devant des baleines à gueules goules et d\u2019inquiétants icebergs.C\u2019est la culture de Terre-Neuve qui m\u2019a épatée, plus proche de ses racines que la nôtre, riche d\u2019une musique issue du riche folklore irlandais, anglais et francophone, comme celle de The Once, de The Navigators et de The Great Big Sea.On va acheter des albums chez Ered\u2019s, où à peu près tous les commis sont musiciens.Les disques les plus vendus sont trad là-bas, à part Leonard Cohen qui fait toujours fureur.Je me suis prise à rêver un moment de voir réunies nos provinces, sur la base des valeurs justement, en protégeant le français sur notre territoire mais en créant des alliances ailleurs.Si le Canada s\u2019enlise longtemps avec Harper, il y aurait peut-être des solutions de rechange à l\u2019indépendance du Québec, même si la réunion de nos deux provinces plutôt pauvres ne ferait pas exploser le capital.Une idée, comme ça.De fait, ça ne se passera peut-être pas comme on l\u2019avait prçvu, cette partition du pays.A Saint John\u2019s, tout le monde me parlait du groupe CODCO (acronyme de Cod Company), qui avait entrainé Terre-Neuve du côté de la modernité à la fin des années 60 et durant les décennies 70 et 80, avec des noms de comédiens humoristes et dramaturges là-bas mythiques, comme Greg Mallone, Andy Jones, Mary Walsh, Cathy Jones.A l\u2019encontre de plusieurs provinces du Canada anglais qui peinent à se créer un star-système à l\u2019ombre des Etats-Unis, Terre-Neuve y arrive, comme le Québec.Ces artistes-là avaient fait des pièces satiriques sur leur société, vraie nouveauté dans un monde traditionnel, puis monté deux émissions comiques, restées cultissimes : Wonderful Grand Band et CODCO.Je me suis procuré des DVD.Ça tient à la fois de La p\u2019tite vie, du Grand Cirque ordinaire et de L\u2019osstidcho à la sauce terre-neuvienne, avec des rôles féminins tenus souvent par des hommes et vice-versa, comme les popa et moman de l\u2019émission de Meunier, qui s\u2019en est peut-être inspiré.Ils roulent toujours, ces comédiens-là.Mary Walsh a animé la populaire et folle émission This Hour Has 22 minutes.Elle et Cathy Jones joueront dans The Grand Seduction, le remake du film de Jean-Erançois Pouliot, en tournage cet été à Terre-Neuve.Ici, le nom de cette grande dame ne dit pas grand-chose à certains (elle jouait quand même dans Mambo Italiano), mais on manque quelque chose.C\u2019est comme Greg Mallone, qui fut un des éléments les plus créatifs de CODCO.Il possède un réseau de fans finis à Terre-Neuve, qui se remémorent ses sketchs les plus désopilants et s\u2019en tiennent encore les côtes.A Cupids, un petit village d\u2019Avalon, je suis allée le voir jouer Prospero dans The Tempest de Shakespeare, où les esprits aborigènes étaient transformés en Béothuks, ces autochtones de Terre-Neuve décimés au xix® siècle.Ça n\u2019avait certes pas l\u2019envergure de La tempête version opéra, mise en scène par Robert Lepage, dont la première a fait grand bruit dernièrement à Québec.Mais dans cette enceinte copiée sur les vieux théâtres élisabéthains où jouait Shakespeare, tout en bois et où l\u2019air s\u2019engouffrait entre les planches, je regardais Greg Mallone incarner un merveilleux Prospero.Et après la pièce, les spectateurs allaient le féliciter en ayant l\u2019impression de toucher une icône.Songeant qu\u2019il y avait plus que deux solitudes culturelles au Canada, j\u2019ai été ravie d\u2019en avoir touché une du doigt, en passant par ces côtes.otremblay@ledevoir.corn ^^^ydro Québec présente LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET LA MUSIQUE DES GRANDS ESPACES DU 16 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 Jeudi 9 août, 20 h BACH ET BEETHOVEN, SIMPLEMENT DIVIN! Jeanne Lamon, Mark Steinberg, Jonathan Swartz, violons Hariolf Schlichtig, alto Raphaël Walifisch, Benoît Loiselle, violoncelles Un Raphaël retrouvé Le tableau Portrait d\u2019un jeune homme, du peintre Raphael, a été retrouvé dans un coffre d\u2019une banque dont on n\u2019a pas encore révélé la localisation.L\u2019œuvre, non signée, mais attribuée à l\u2019artiste par les histo- riens, était l\u2019un des plus célèbres «tableauxperdus» de la Deuxième Guerre mondiale.Les nazis l\u2019avaient dérobé à la famille Czartoryski, à Cra-covie, en Pologne.Peinte entre 1513 et 1514, cette huile sur bois mesure 75 par 59 cm et représente un jeune homme élégamment vêtu.Le Devoir I Hydro L Québec I événemnt unipue à Motim pour la relève lyrlpue et les amoureux è chaot.FESTIVAL ART VOCAL 2012 Caroline Dhavernas tient tête à Hannibal Lecter Hannibal, la série policière très attendue de la chaîne américaine NBC, vient de trouver sa vedette féminine : l\u2019actrice québécoise Caroline Dhavernas {Surviving my Mother, The Pacific, Mars et Avril).Inspiré par les personnages créés par le romancier Thomas Harris, Hannibal relate l\u2019enquête sur un tueur en série que mènent deux « profiteurs » : l\u2019agent Will Graham (Hugh Dancy), du EBI, et la docteure Alana Bloom, une consultante externe.Dans ce qui ressemble à un pacte avec le diable, le tandem sera aidé dans ses recherches par le psychiatre Hannibal Lecter, un être supérieurement intelligent, mais qui est également un psychopathe doublé d\u2019un cannibale.Rendu célèbre par l\u2019acteur Anthony Hopkins dans le film The Silence of the Lambs, de Jonathan Demme, le rôle-titre sera cette fois défendu par le Danois Mads Mikkelsen {Casino Royale, Coco Chanel & Igor Stravinsky) .Le concepteur Bryan Puller avait déjà travaillé avec Caroline Dhavernas sur une série antérieure, Wonderfalls, dont elle tenait également la vedette.Le premier épisode dêHannibal devrait être diffusé en janvier prochain.Le Devoir Jeanne Lamon Vendredi 10 août, 20 h Le Quatuor à cordes Ébène Augustin Dumay, violon | Louis Lortie, piano Œuvres de Mozart, Tchaikovski et Chausson Quatuor Ébene Samedi 11 août, 20 h OLIVER JONES en trio Éric Lagacé, contrebasse Jim Doxas, batterie \\ INSTITUT ICAV\\ CANADIEN 12-25 AOUT Desjardins OU 31 JUILLET AU 18 AOÛT Oliver Jones Dimanche 12 août, 15 h CONCERT-DÉGUSTATION Louis Lortie, piano | Augustin Dumay, violon Raymond Chabot Grant Thornton Louis Lortie LES BRUNCHES-MUSIQUE 12 août 110 h 30 et 12 h 30 Évasion gastronomique et musicale Annie Poulain, chanteuse | Vincent Gagnon, piano INFORMATION ET RÉSERVATIONS : 1 888-DFORGET (336-7438) domameforget.com Domaine 1^1 canadien Heritage Québec S H\t(C(S)C0GIE< CETTE SEMAINE MISQA\u201d DIRECTEUR GENERAL&ARTISTIQUE ANDREJ ROY CLAUDE WEBSTER Coach vocal de lAtalier lyrique de lODM 6 CONCERTS EXCEPTIONNELS QUATUORS À CORDES: MICHEL SENECHAL ^1 OUVERTURE 0 - Etats Unis (hers campus) ) - Etats Unis (hors campus), 12 08 ENDELLION 16\t08 GALATEA*\"/TESLA'™^ 17\t08 ARCADIA ™\u201c7N0GA ERANCE SUISSE 23\t08 TESLA \"'\"\u201c/GALATEA 24\t08 N0GA™\u201c\"/ARCADIA 25-08 amaryllis ARTISTES INVITES GERHARDSCHULZ-MICHAELTREE-PAULKATZ I Université fHl\tl\\/\\l de Montreal\tIVHI Merle and Bernard Stotland Family Foundation U DEVOIR SALLE POLLACK ¦ 19H ENTRÉE GRATUITE / RÉSERVEZ VOS PLACES MISQA.COM ¦ 514,550,8057 ¦ 514,883,2976 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOUT 2012 E 3 CULTURE )MÜSI0,ÜE MUSIQUE CLASSIQUE Kent Nagano propose nn déluge de concerts en une journée Avec La Virée classique, 20 concerts en une journée à la Place des Arts le samedi 11 août, Kent Nagano apporte une nouvelle proposition artistique à l\u2019été montréalais.CHRISTOPHE HUSS Kent Nagano aura vraiment tout essayé pour rafraîchir l\u2019été classique de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM).Après un an de mandat, il avait condamné Mozart Plus, un gentil rendez-vous hebdomadaire, à la basilique, pour touristes et habitués.Le Festival de Lanaudière a décalé ses dates pour s\u2019adapter au calendrier personnel du chef, occupé en juillet à Munich.Puis, Nagano est allé créer le «Glynde-bourne du Nouveau Monde» niché sous des tentes dans des impasses des boisés des recoins friqués des Cantons-de-l\u2019Est.Finis au bout de deux ans, l\u2019aventure Knowlton et son ballet de VIP en bus scolaires.La merveille suivante, c\u2019était un raid sur Or-ford, juste à côté, les musiciens de l\u2019OSM donnant des leçons de maître, une charge pour madame Nagano, des concerts en dîverses formations.Maïs le directeur musical a dû apprendre que son adage préféré, «Quand la volonté est là, l\u2019argent suit», a ses limites, surtout au Québec.L\u2019amphétamlnlsatlon d\u2019Orford a duré un an, avant un repli à ce format modeste par lequel le partenariat Orford-OSM aurait dû débuter afin de se construire.Et voilà le nouveau lapin qui sort du chapeau : La Virée classique ! Une journée, 20 concerts de 45 minutes présentés en rafale dans trois salles de la Place des Arts, samedi 11 août, dès 11 h du matin, avec l\u2019OSM et des Invités tels que le Trio Tetzlaff, Marianne Flset ou Marc-André Hamelln.Un concept à la mode Beaucoup de rumeurs couraient depuis quelques mois sur l\u2019Importation à Montréal du concept de «Folle journée», créé à Nantes par René Martin et exporté dans plusieurs pays.René Martin avait même fait le voyage à Montréal 11 y a quelques mois.Nous ne savons pas quelle tête faisait ledit René Martin à l\u2019annonce, quelques semaines plus tard, sans lui, d\u2019un succédané de Folle journée en format réduit qui n\u2019en porte pas le nom.Mais tout est possible dans un pays qui a su Inventer le concept d'« extrait de vanille artificielle».Oui, «extrait de vanille artificielle», on trouve cela dans toutes les épiceries et ça vaut le coup de s\u2019y attarder: la «vanille artificielle» n\u2019existant pas dans la nature, on ne peut donc l\u2019extraire ! La vanille artificielle, c\u2019est une molécule, la vanllllne, et on la synthétise chimiquement dans de gros alambic.Je sens d\u2019Icl l\u2019ami Jean Dion gamberger durement.En musique, «l\u2019extrait de Folle journée artificielle» répond à un concept à la mode qui calque nos comportements consuméristes : la consommation (sur) abondante dans un même endroit en un temps réduit.Cela a-t-11 quelque chose à voir avec l\u2019art?Interrogé par Le Devoir, Kent Nagano pense que oui: «Ce que nous proposons n\u2019a rien à voir CHRISTINA ALONSO Le chef d\u2019orchestre Kent Nagano souhaite intégrer la musique classique à «l\u2019atmosphère très spéciale de Montréal pendant l\u2019été» grâce à La Virée classique.avec la consommation; l\u2019idée est de proposer le plus de variété possible.Le Tetzlaff Trio, notre ensemble en résidence, est synonyme d\u2019excellence.Nous agissons sur la juxtaposition, la longueur des concerts et leurs contrastes.» Le but du chef est d\u2019intégrer le classique dans le cadre de «l\u2019atmosphère très spéciale de Montréal pendant l\u2019été».De ce point de vue, il considère que, «si l\u2019on veut être présent pendant cette période, il faut penser à la manière de présenter la musique classique sans compromis sur la qualité, mais dans un concept qui tienne compte de cette atmosphère très différente.Le format d\u2019il y a 25 ans n\u2019est pas le bon pour le XXL siècle dans ce contexte.» Le chef admet que La Virée classique est un «projet expérimental», mais Iç plan marketing ne repose pas sur du béton.A la question «A qui vous adressez-vous et à combien de concerts désirez-vous que le spectateur moyen assiste ?», le chef ne s\u2019avance pas.«Nous n\u2019avons pas fait d\u2019analyse démographique et ne savons pas qui sera le public.On connaît la tradition de Lanaudière, celle d\u2019Orford, mais à Montréal on laisse la porte ouverte.» «Je ne sais pas combien de nouveaux auditeurs nous aurons, mais fen espère le plus possible», ajoute Kent Nagano.La journée se lancera, à 11 h, avec le Concerto pour violon de Mendelssohn par Christian Tetzlaff, question tout de même de rassurer tout le public : les habitués et les novices.Galop d\u2019essai Un tiers des concerts a lieu à la Maison symphonique de Montréal, un tiers à la Cinquième salle et un tiers au Studio-théâtre, aux prix respectifs de 30$, 15$ et 10$ la séance de 45 minutes.Grosse surprise, par rapport à des manifestations équivalentes : les mélomanes pris au jeu de la frénésie consumériste musicale ne bénéficient pas de tarifs dégressifs ou de passeports.« C\u2019est un territoire à observer et à étudier, mais ce n\u2019est pas facile d\u2019essayer quelque chose de complètement nouveau.Il y a des limites à ce qu\u2019on peut faire d\u2019un coup, surtout si on ne veut aucun compromis sur la qualité», explique Kent Nagano, ajoutant: «Evidemment, si l\u2019on réduit le nombre de répétitions et qu\u2019on explose le nombre de concerts, cela a des incidences sur le résultat ou la billetterie.Là, nous avons une ligne prudente, soucieuse de qualité et de variété.Si cela fonctionne, il faudra devenir plus sophistiqué dans le modèle.» Au chapitre des objectifs qui permettront de déterminer si «cela fonctionne», impossible d\u2019avoir des chiffres d\u2019un nombre de spec- tateurs souhaités.Va-t-on vers une Folle journée si les résultats sont à la hauteur?Kent Nagano trouve le concept de René Martin «très intéressant», mais il est inflexible sur un point: «Pas question de privilégier la quantité sur la qualité.Je ne dis pas que c\u2019est ça, la philosophie de Folle journée, mais il faut faire attention de ne pas déborder de ce qui est approprié pour Montréal.» On sent que le galop d\u2019essai d\u2019un jour prélude à un rêve de «grand week-end classique».«Il faut établir quelque chose.Si cela fonctionne cette année, on aura fait un statement » Rendez-vous, donc, le 11 août.Avant cela, le jeudi 9, à 19 h 30, Kent Nagano donne rendez-vous au public pour un concert gratuit au parc Olympique.Il est bien heureux d\u2019avoir trouvé 100 cuivres pour Les pins de Rome et {\u2019Ouverture 1812.Décibels en perspective.Renseignements: www.osm.ca Le Devoir LA SEMAINE DE KENT NAGANO Ce soir, samedi 4 août, au Festival de Lanaudière; les mardi 7 et mercredi 8 août au Centre d\u2019arts Orford; jeudi 9 août au parc Olympique; samedi 11 août: La {7irée classique Le jazz à trois et à l\u2019hôtel SERGE TRUEEAUT Il y a quatre semaines de cela, on a souligné tout le bien ressenti à l\u2019écoute de l\u2019album Something Beautiful signé par le pianiste Eric Reed en compagnie du contrebassiste Reuben Rodgers et du batteur Rodney Green.L\u2019étiquette?WJ3 Records.Certains parmi vous qui avez acheté ce disque ont signalé, par courriel évidemment, que le bien évoqué plus haut était partagé.Un lecteur est même allé jusqu\u2019à demander que l\u2019on suggère des productions semblables.Mais voilà, on a sup- Dans le jazz, le piano a ceci de singulier qu\u2019il est le seul instrument lié à l\u2019hôtel primé par mégarde le message en question.Et comme on a l\u2019impolitesse en horreur, on a donc décidé que le sujet du jour d\u2019aujourd\u2019hui serait la réponse à la requête formulée.On a retenu quatre albums : Yes ! d\u2019Aaron Goldberg sur étiquette Sunnyside ; E.Iverson, A.Heath, B.Street Live at Smalls sur Smalls; Haunted Heart d\u2019Eddie Higgins sur Sunnyside ; et enfin Blackbird de Shelly Berg sur Concord.On précise, on rappelle, qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019enregistrements dont la facture musicale ressemble passablement à celle déclinée par Reed.On aimerait des disques où l\u2019improvisation est à l\u2019honneur qu\u2019on aurait avancé les noms de Marc Copland et de Bill Carrothers.Toujours est-il que, depuis plusieurs mois maintenant, on ne se lasse pas d\u2019écouter le Yes ! de Goldberg.Son trio a ceci de magique, de convaincant et de séduisant qu\u2019il est à l\u2019image des trios qui ont frappé les esprits «bibeaupes» des années 50 et 60, soit ceux dirigés par Red Garland, Elmo Hope, Hampton Hawes, Carl Pefkins et Sonny Clark.A l\u2019instar de ces messieurs, Goldberg est partisan d\u2019un style où la fluidité et la limpidité côtoient le blues ponctué par des phases funky.C\u2019est un jazz joyeux, parfois trépidant, détaillé dans un programme où les compositions originales voisinent avec celles de Thelo-nious Monk (Epistrophy) et de Duke Ellington (JVay JVay Back et The Sherpherd).Après Goldberg, Ethan Iverson, pianiste surtout connu pour son appartenance au trio The Bad Plus.En novembre 2009, en compagnie du vétéran Albert Tootie Heath, batteur de la finesse, et Ben Street à la contrebasse, il a enregistré le meilleur live, à nos yeux, de la décennie.Cet album est remarquable de bout en bout, de la première à la dernière seconde.Remarquable parce qu\u2019on a l\u2019impression d\u2019entendre un groupe soudé depuis des années alors qu\u2019en fait ils viennent juste de se rencontrer.Remarquable par son programme.Ils ont.A l\u2019évidence, Iverson, Heath et Street maîtrisent l\u2019art du choix comme pas un.Ils amorcent leur prestation avec Pound Cake de Lester Young et la terminent par Oh Lady Be Good de Gershwin.Entre les deux, ils détaillent aussi bien Confirmation de C.Parker que A Flower Is a Lovesome Thing et Chelsea Bridge de B.Stray-horn.C\u2019est bon, c\u2019est tout bon.Dans le jazz, le piano a ceci de singulier qu\u2019il est le seul instrument lié à l\u2019hôtel.Oui, oui, oui.Il existe bel et bien une catégorie dite jazz d\u2019hôtel que Bill Evans admirait, respectait et défendait avec d\u2019autant plus de force que les pianistes qu\u2019on entend dans ces lieux sont des savants.Mais encore?Ils ont une connaissance encyclopédique du répertoire, des standards de Carmichael aux compositions de Benny Golson.Dans cette catégorie où par ailleurs le jazz dans sa forme la plus classique est de mise, deux noms, deux disques sont à retenir: Haunted Heart par Eddie Higgins, soutenu par Ray Drummond à la contrebasse et Ben Riley à la batterie, et Blackbird de Berg, avec Chuck Berghofer à la contrebasse et Gregg Field à la batterie.C\u2019est bien simple, si on apprécie le jazz défendu par Tommy Flanagan et Hank Jones, on va adorer ces deux albums.Point.Le Devoir t f Iflli Jackson DaronGoldbery Omernuit \\c- Premiere mondiale le 5 juillet et les 6, 7, 12, 13, 14 - juillet 2012 SUPPLEMENTAIRES 2, 3, 4, 9, 10 et 11 août, 20 h 819 322.1414-prix: 33$ Théâtre du Marais.1201,10° avenue, Val-Morin Sortie 76 de i\u2019autoroute 15 nord Direction Vai-David, Vai-Morin Suivre ies indications pour Théâtre du Marais THEATRE DU MARAIS \u2022 e e er www.poipeiietier.com DE VAL MOR N CREE HORS DES GRANDES VILLES AU THÉÂTRE DU MARAIS DE VAL-MORIN E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AOUT 2012 CULTURE-CINEMA Tourner dans le vide 360 Réalisation: Fernando Meirelles.Scénario: Peter Morgan, d\u2019après la pièce d\u2019Arthur Schnitzler.Avec Anthony Hopkins, Jude Law, Rachel Weisz, Ben Foster, Moritz Bleibtreu, Jamel Debbouze.Image: Adriano Goldman.Montage: Daniel Rezende.Grande-Bretagne-Autriche-France-Brésil, 2011,111 min.ANDRÉ LAVOIE La fameuse théorie des six degrés de séparation, voulant que nous soyons tous reliés les uns aux autres, à quelques personnes près et peu importe où l\u2019on habite, trouve une nouvelle illustration dans 360, du cinéaste brésilien Fernando Meirelles.En cette époque de communications instantanées, le concept n\u2019apparaît guère fumeux, ce qui ne signifie pas qu\u2019il constitue une matière pro- pice à du grand cinéma.Le scénariste Peter Morgan (Xhe Queen, Frost/Nixon) s\u2019est librement inspiré de la pièce d\u2019Arthur Schnitzler La ronde, écrite en 1897 et située à Vienne.11 en a fait une version «mondialisée», multipliant les villes et les paysages, mais gardant toutefois cette idée du mince fil attaché à tous les personnages, peu importe leur âge, leqr origine ou leur statut social.A partir de cette stratégie narrative, finalement pas si nouvelle (Max Ophüls a tiré de la même pièce un film délicat et délicieux), il a tissé un récit où le concept, schématique à souhait, l\u2019emporte trop souvent sur les sentiments.Fernando Meirelles n\u2019a pourtant rien d\u2019un cinéaste cérébral, lui qui s\u2019est imposé avec un film aussi puissant, et violent, que City ofGod.La suite fut plus léchée et consensuelle (The SEVILLE EILMS 360 est une version «mondialisée» de la pièce La ronde.Constant Gardener, Blindness), et cette course à relais, de Vienne à Paris en passant par.Denver, accentue quelque peu notre déception de voir un créateur aussi fougueux devenir aussi sage.Ce n\u2019est pourtant pas faute de moyens, encore moins de talents, 360 alignant une distribution prestigieuse et éclectique où les stars Gamel Debbouze, Anthony Hopkins) ne font pas ombrage aux nouveaux venus, qui parlent aussi bien portugais que russe.Ce petit manège aux ramifications multiples s\u2019amorce sur les tristes réalités de la prostitution (autre élément tiré de la pièce, et toujours d\u2019actualité) en Europe de l\u2019Est.11 suffira de l\u2019embarras évident d\u2019un homme d\u2019af faires anglais Gude Law) à utiliser les services d\u2019une escorte lors de son passage à Vienne pour que s\u2019enclenche, d\u2019un bout à l\u2019autre du continent, et même au-delà, une série d\u2019incidents mettant en cause des personnages en quête d\u2019amour, ou d\u2019indépendance.Car à Londres, la conjointe (Rachel Weisz) de ce mari somme toute fidèle s\u2019envoie en l\u2019air avec un photographe brésilien, au grand désespoir de sa compagne, déterminée à prendre le premier avion pour Rio.Ce voyage, interrompu par une tempête de neige au Colorado, provoque de nouvelles rencontres qui nous ramènent aussi bien à Vienne qu\u2019à Paris.Décliné ainsi, 360 pourrait évoquer l\u2019ambition d\u2019un film comme Babel, d\u2019Alejandro Gonzalez Inârritu, où les jeux de hasard à l\u2019échelle de la planète se révélaient fascinants et énigmatiques.Rien de tel dans cette coproduction internationale terriblement formatée et toujours d\u2019un grand chic, peu importe que nous soyons chez les prolos ou les bourgeois.Tous les acteurs ont droit à leur grande scène, mais cette approche réglée comme une horloge confine vite à l\u2019ennui.La formule prend toujours le pas sur l\u2019émotion, symptôme d\u2019un cinéma lui aussi mondialisé, standardisé, dont Fernando Meirelles se fait le chantre, sans doute un peu malgré lui.Collaborateur Le Devoir Zoe Kazan : muse et créatrice Après avoir fait ses classes comme actrice dans des seconds rôles, Zoe Kazan signe son premier scémiio, Ruby Sparks FRANÇOIS LEVESQUE Ruby Sparks relate l\u2019histoire de Calvin, un jeune romancier qui a eu le m^eur de pondre un chef d\u2019œuvre à l\u2019adolescence et qui vit depuis un blocage créatif prolongé.Hanté par le rêve d\u2019une mystérieuse rouquine prénommée Ruby, Calvin décide un jour d\u2019en faire la protagoniste de son prochain roman.O miracle! L\u2019inspiration est au rendez-vous.Puis un soir, Calvin est accueilli chez lui par une Ruby en chair et en os.Non seulement l\u2019écrivain n\u2019a pas la berlue, mais il appert que tout ce qu\u2019il écrit.Ruby l\u2019incarne.Zoe Kazan joue la muse, mais elle est également l\u2019auteure du scénario.«Je suis heureuse que vous ayez relevé l\u2019ironie», lance-t elle au bout du fil.L\u2019ironie ne s\u2019arrête pas là, car le récit s\u2019avère assez critique dans le regard qu\u2019il pose sur le créateur.Présenté comme un garçon sensible et réservé, et affichant toutes les angoisses et insécurités propres au tempérament artistique, Calvin révèle graduellement un côté sombre.Passé le stade de la lune de miel, la jalousie commence à lui étreindre le cœur.Ruby «devenant» littéralement tout ce qu\u2019il couche sur le papier : elle sera tour à tour douée en français.esprit libre, puis dépendante affective.Tout du long, la fiancée de Frankenstein ignore qu\u2019elle est un joli pantin.«Je ne perçois pas Calvin comme un narcissique, plaide Zoe Kazan.Il souffre d\u2019insécurité.La possibilité de perdre Ruby lui est insupportable; il l\u2019aime vraiment.Il essaie de contrôler ce qu\u2019il peut, mais s\u2019y prend très mal.» Petite-fille du réalisateur Ella Kazan, Zoe Kazan est pour ainsi dire née, encore une fois à l\u2019instar de son personnage, dans l\u2019univers de la création.Autre aspect intéressant, dans le film, la comédienne et scénariste donne la réplique à son fiancé à la ville, facteur Paul Dano (le prédicateur adolescent de There Will Be Blood).«Au départ, il n\u2019y avait rien de prémédité.Je ne me suis pas installée devant mon ordinateur pour m\u2019écrire un rôle.Il y avait longtemps que je jonglais avec cette variation autour de Pygmalion.Quand j\u2019ai fait lire le synopsis à Paul, sa première question par la suite a été: «As-tu écrit ça pour nous?» L\u2019idée m\u2019a séduite, forcément.» Zoe Kazan et Paul Dano approchèrent un autre couple, Jonathan Dayton et Valerie Paris, pour mettre en scène le scénario de la première.Toujours à la recherche d\u2019un second projet six ans après le succès-surprise de Little Miss Sunshine, Dayton et Paris acceptèrent d\u2019emblée.Et comment Zoe Kazan vécut-elle (expérience de confier son histoire à quelqu\u2019un d\u2019autre tout en tenant le rôle-titre dans ladite histoire?«Du moment que Jonathan et Valerie ont pris la barre du projet, leur vision était tellement précise que tout s\u2019est enchaîné de manière très organique.Pendant le tournage, tout allait de soi; leurs indications, leur approche visuelle.» Ainsi, contrairement au personnage de Calvin, Zoe Kazan put lâcher prise et libérer sa créature pour mieux la laisser s\u2019épanouir.Ruby Sparks prend l\u2019affiche vendredi.Le Devoir Piquez vos sens FESTIN CULTUREL de Brossard Samedi 11 août 14 h Parc Poly-aréna 3055, boul.de Rome ^ Gastronomie internationale ?\tArt et artisanat Espace famille ?\tFeux d'artifice ENTREE ET SPECTACLES GRATUITS! 14\th Spectacles de danse internationale 15\th 30 Nathalie Choquette 17\th Gadji-Gadjo 18\th 15 Barbara Ruiz 19\th 30 Nadja 20\th 45 Marco Calliari F Information : brossard.ca agglomération de ^ Longueuil Développement economique Longueuil brossard STÉPHANIE CHARLES-ALEXANDRE LOUIS LAPOINTE\tDUBÉ\tMORISSETTE LIVERPOOL UN FILM DE MANON BRIAND \u2022UN FEEL-GOOD-MOVIE!^ Catherine Beauchamp, 96.5fm \u2022UN RAFRAICHISSEMENT PENDANT L\u2019ÉTÉ I» Joann/e Forrin, CKOI \u2022UN VERITABLE PETIT BIJOU l> Catherine Magny, CFOM MAX a PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE \\^uillez consular les guides-horaires SOIRÉE D\u2019OUVERTURE l /SÉLECTION OFFICIEllE S\u2019il n\u2019y a pas de droit de parole, chaque vie aura été vécue en vain.-Ai Weiwei i Weiw I ' wê NEVER SORRY VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TTTRES ANGLAIS UN FILM DE AUSON KLAYMAN X B™ métroDole PRÉSENTEMENT version originale i-CINEPLEXODEON-1 consultezles \u2014____________ _ ________AUC/HoniIB-111L.I-0\tI AIiinras.unDAïQras I CINEPLEXODEON i CONSULTEZ LES | S A L'AFFICHE!\tIforum cinem^\t| metropolefilms.com Le voyage en ballon ZARAFA Réalisation : Rémi Bezançon, Jean-Christophe Lie.Scénario: R.Bezançon, Alexander Abela.Voix: Max Renaudin, Simon Ab-karian, Vernon Dobtcheff Thierry Frémont, François-Xavier Demaison.Musique: Laurent Perez Del Mar.France, 2012, 78 min.FRANÇOIS FÉVFSQUF \\ A (avènement de (animation par ordinateur, le cinéma d\u2019animation dite traditionnelle accusa une baisse de popularité considérable et devint pendant un moment (apanage presque exclusif des festivals, les multiplex n\u2019en ayant plus que pour Pixar et ses ersatz.Exception faite des œuvres des studios Ghibli et de celles de sa figure de proue, le cinéaste Hayao Miyazaki, les longs métrages d\u2019animation entièrement exécutés à la main ont eu du mal à déplacer les foules au cours des 15 dernières années.Depuis 2009, après un processus louable d\u2019essais et erreurs, les vénérables studios Disney sont parvenus à imposer de nouveau leur technique d\u2019autrefois tout en conservant la faveur du public.Zarafa, une production française dotée d\u2019un budget de 8,2 millions d\u2019euros (un peu plus de 10 millions $CAN), témoigne de ce regain d\u2019intérêt pour l\u2019animation traditionnelle.Rien qu\u2019en France, en effet, le film a cumulé 1,3 million d\u2019entrées.Pour le compte, l\u2019indice nostalgie se révèle très élevé dans le récit lui-même.Campée au Soudan dans les années 1820, l\u2019intrigue relate les péripéties de Maki, un garçon de 10 ans qui, après s\u2019être enfui de chez un esclavagiste français, se fait le protecteur d\u2019un girafon, Zarafa.Après que (animal eut été capturé par un chasseur.Maki continue de surveiller son ami de loin en loin jusqu\u2019à ce que le chasseur, un certain Hassan, consente à le prendre avec lui.Leur destination?Alexandrie.En effet, le vice-roi d\u2019Egypte entend offrir le girafon à Charles X afin que le monarque français lui envoie des troupes.C\u2019est que le port d\u2019Alexandrie est assiégé par les Turcs ! Mais justement, comment envoyer Zarafa en France dans ces conditions?Mais, en ballon, pardi! Librement inspiré d\u2019un fait historique, à savoir la girafe of ferte à Charles X par Méhémet Ali en 1827, Zarafa relève du conte initiatique, mais il n\u2019évacue pas la leçon d\u2019histoire pour autant.Avec ses paysages exotiques et son intrigue à la Jules Verne, Zarafa dégage un charme suranné irrésistible.On parle d\u2019une aventure plus grande que nature, fertile en rebondissements, avec les gentils très gentils et les méchants très méchants.Oui, les personnages sont typés, mais ils n\u2019en sont pas moins savoureux.Les auteurs ont même pensé offrir aux cinéphiles un clin d\u2019œil à Zorba le Grec, avec un personnage d\u2019aventurière surnommée Bouboulina qui part couler des jours plus tranquilles en Grèce.Comment résister ?Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AOUT 2012 E 5 ICINEMA ùnTiiimiSStëfà^lvanov ?CONSULTEZ LES F GUIDES-HORAIRES EXC3NTRIS 514847-2206 A L\u2019AFFICHE! ?ENTREVUE AVEC RADU MIHAILEANU Grève du sexe ODILE TREMBLAY Radu Mihaileanu est un oiseau bariolé qui jongle avec les cultures.Français d\u2019origine juive, né en Roumanie, il a signé des films comme Trahir en 1993 et Train de vie en 1997, métaphore sur l\u2019Holocauste dans sa Roumanie natale.En France, il connaît la consécration avec Vas, vis et deviens, abondant en 2005 la vie des Juifs d\u2019Ethiopie en Israël (César du meilleur scénario) , mais le vrai succès public (1,9 million de spectateurs en France) lui tomba dessus grâce à sa comédie Le concert (2009), dans laquelle un orchestre russe exclu du Bolchoi entend se produire au Théâtre du Châtelet â Paris.Rechangement de cap avec La source des femmes, donnant la vedette â Leila Bekhti et Haf-sia Herzi.Le film, en compétition â Cannes en 2011, n\u2019a pas fait recette dans l\u2019Hexagone.«En tournant Le concert, je ne parlais pas russe, mais des dialogues en français parsemaient le film, alors je me suis débrouillé, évoque le cinéaste.La source des femmes possédait un coefficient de difficulté supplémentaire.Il est tourné à 100% en arabe marocain dans un petit village de l\u2019Atlas, à 50 kilomètres de Marrakech.Ça réclamait une attention particulière.Même mon actrice principale, Leila Bekhti, qui est d\u2019origine algérienne, ne connaissait pas l\u2019arabe marocain.Il fallait que chacun et chacune se mette le texte en bouche sans improvisation possible, jusqu\u2019à ce que les mots deviennent inconscients.Mais grâce à la musique du verbe, je savais quand une phrase ne sonnait pas juste.» Tout est né d\u2019un coup de foudre.En 1987, Radu Milhai-leanu tomba fou du pays, de ses couleurs et de sa beauté.Il brûlait de tourner lâ-bas.Oui, mais comment?Se sentant étranger â l\u2019esprit du lieu, â sa culture, bloqué par le barrage de la langue, il n\u2019osait foncer.La lecture d\u2019un fait divers fut le grand déclencheur du scénario.Dans un village d\u2019Anatolie en 2001, des femmes, lasses de se blesser en ramenant l\u2019eau de la source au haut de la montagne, ont entrepris la grève du sexe, exigeant que leurs maris trouvent une façon d\u2019avoir des canalisations.Le cinéaste y trouvait un écho au Lysistrata d\u2019Aristophane, dans lequel la grève de l\u2019amour constitue un outil d\u2019opposition â la guerre, oeuvre qu\u2019il a relue avec passion.Le cinéaste et son coscénariste Alain-Michel Blanc se sont énormément documentés : inter- views de théologiens, de sociologues, lectures du Coran, des Hadiths, témoignages de nombreuses femmes â travers les villages du Maroc qui leur ont raconté un tas d\u2019anecdotes.«Plusieurs coopératives de femmes défendent les droits féminins.La violence conjugale, les inégalités sont grandes.80% des hommes en milieu rural sont des éjacula-teurs précoces.Les femmes n\u2019éprouvent pas de plaisir.» Après l\u2019écriture du scénario, Mihaileanu a cherché une femme d\u2019origine arabe pour prendre la barre du film, mais faute de trouver sa perle rare, il en a assuré la direction.La source des femmes est un chant choral avec plusieurs actrices, telles Hafsia Herzi {La graine et le mulet) et Hiam Ab-bass {FreeZone, ùs citronniers).«Je me suis laissé inspirer par beaucoup de femmes des villages que nous avons arpentés.Le personnage de Leila Bechti a la liberté de celle qui vient d\u2019ailleurs: elle est née au Sud et possède le recul qui lui permet de fomenter la grève.Quant à Vieux Fusil, la vieille femme sage qui préside à tous les rituels, on a rencontré sa version originale dans un village.Elle avait une autorité extraordinaire, chantait les injustices du bled et de la région et tout le monde la craignait » Le film se veut un conte, construit â l\u2019oriental, façon Mille et une nuits.Mihaileanu lui a ajouté des séquences musicales, après avoir assisté aux colorées fêtes berbères.Le film fut tourné avec une petite caméra, généralement â l\u2019épaule, cherchant la proximité avec les interprètes, captant la lumière violente de la terre, des costumes, l\u2019âpreté des paysages.Son film, tourné avant le printemps arabe, semble parfois le préfigurer.«En 2006, ça frémissait déjà d\u2019indignation, dit-il.Les femmes accédaient de plus en plus aux études.En Tunisie, elles étaient plus diplômées et se préparaient à monter à l\u2019assaut des classes dirigeantes.Avec Internet, les antennes paraboliques, la modernité pénétrait tout, mais les islamistes, mieux organisés, ont su convaincre beaucoup de monde qu\u2019ils étaient seuls aptes à rétablir l\u2019ordre et la morale, à combattre la corruption.Il me semble évident que la révolution ne peut se faire que par et avec les femmes.C\u2019est ce que mon film tente de dire.» Le Devoir Odile Tremblay était l\u2019invitée d\u2019Unifrance.Fascinants Tziganes LA ROUTE DEVANT Réalisation et scénario: Stefan Ivanov.Caméra : Stefan Ivanov et Gueo Ivanov.Montage: Annie Jean.Musique: l\u2019Orchestre des cygnes blancs et autres musiciens tziganes.Canada, 2011, 94 min.ODILE TREMBLAY On ne peut que recommander ce documentaire si vivant et fascinant sur des Tziganes bulgares, tant il donne envie de prendre la route avec les êtres merveilleux qui le peuplent.Stefan Ivanov, qui s\u2019est fait en quelque sorte adopter par les gens qu\u2019il filme, dont il a gagné la confiance, nous offre un film de poésie et de nostalgie sur un peuple au bout de son chemin et qui s\u2019exprime ici avec une humanité merveilleuse.Le documen-tariste, grand directeur photo d\u2019origine bulgare, est parti sur leurs traces dans ce documentaire intime et émouvant.Le seul cadre des villages bulgares vaut le détour pour la beauté de ses maisons délabrées aux courbes médiévales.La route devant n\u2019aborde pas le cliché sinistre des Tziganes voleurs et pilleurs, qui entraîne leur ostracisme en Europe de l\u2019Est et ailleurs, mais, le peuple des petits métiers.Etameurs, musiciens ambulants, éleveurs de chevaux, ancien montreur d\u2019ours, également jeunes filles â marier lors d\u2019une fête, poète ayant poussé sur les cahots de la route, etc.Ils sont les ultimes représentants d\u2019un monde en effondrement.La chute du régime communiste fut aussi la leur, alors que le pays entrait en modernité.Ils ont un charme fou, parlent sans cesse de respect, eux si souvent exclus, conservent une liberté qui s\u2019effrite.Derniers des Mohicans nomades, ils voient leurs traditions s\u2019évanouir, leurs métiers tomber en désuétude \u2014 qui fait encore affaire avec des étameurs et des chaudronniers?Ils sont si riches pourtant, si attachants.Il faut entendre Tatako parler des grands jours de son orchestre ambulant et surtout Rady, clou du film.Ce montreur d\u2019ours dut se débarrasser de l\u2019animal lorsque de nouvelles lois l\u2019empêchèrent de le trimballer de ville en ville, mais le vieux musicien ne s\u2019en console pas, évoque les jours heureux où il s\u2019enivrait avec sa bête et où, de Sofia â Istanbul, tous lui faisaient la fête.Il viendra même revoir l\u2019ours dans sa nouvelle tanière, mais celui-ci le reconnaît-il vraiment?La route devant, avec sa caméra de souplesse et de proximité qui capte, des chevaux broutant, une petite fille dansante, les regards et les couleurs d\u2019un peuple en marche, restitue avec sa musique tout le lyrisme et la nostalgie d\u2019une communauté qu\u2019on souffre de voir disparaître au vent du jour.Le Devoir Entre poivre et sucre LIVERPOOL Réalisation et scénario : Manon Briand.Avec Stéphanie La-pointe, Charles-Alexandre Dubé, Louis Morissette, Gilles Ren-daud, Giovanni Apollo.Image: Claudine Sauvé.Musique originale: Ramachandra Borcar.Montage: Richard Comeau.Canada, 2012, 113 min.ODILE TREMBLAY Le dernier film de Manon Briand déconcerte.Depuis La turbulence des fluides il y a dix ans, la cinéaste semblait s\u2019être évaporée.On manque de regards féminins au cinéma et celui de Manon possède une modernité et un punch, même si ses scénarios ne sont pas toujours â la hauteur de ses talents de mise en scène.C\u2019est le cas hélas de Liverpool, qui aligne de bons flashs sur une histoire souvent mal emboîtée et trop gentillette, en définitive.Comme si elle avait égaré ses dents dans une aventure qui vire â l\u2019eau de rose.Mais la dernière partie (malgré un scénario écrit avant les événements), qui fait intervenir réseaux sociaux et manifestations étudiantes renversant l\u2019ordre établi, semble faire écho â notre printemps érable, d\u2019autant plus que la corruption est â l\u2019ordre du jour, â l\u2019instar de notre beau Québec sous la bannière Cha-rest.Louis Morissette incarne d\u2019ailleurs un méchant magouil-leux (mais, comme Stéphane Rousseau dans Omertà, ses contours sont trop doux pour le rôle).Ce qui n\u2019est guère le cas de Tony Conte, autre vilain de l\u2019affaire, qui possède indubitablement le profil de l\u2019emploi.Autre point commun avec nos propres turbulences des derniers mois: la ressemblance criante de l\u2019acteur Charles-Alexandre Dubé (premier rôle au grand écran) avec Léo Bureau-Blouin, l\u2019ex-président de la FECQ lancé en politique.Son aspect prémonitoire constitue le meilleur atout de Liverpool.De la cinéaste de 2 secondes (1998), on retrouve la griffe de celle qui sait filmer Montréal, avec une sorte d\u2019urgence, au milieu des recoins de la zone.Ici, les bars, le port, les ponts vibrent.Techniquement, tout est au poil et la caméra de Claudine Sauvé parcourt les rues comme un gyrophare, mais la musique, en général réussie, souligne un peu trop les émotions.Que d\u2019invraisemblances au menu toutefois ! Liverpool est â la fois un 'i\t\u2014¦- ^ REMSTAR Les acteurs Stéphanie Lapointe et Charles-Alexandre Dubé, qui jouent le couple formé par Emilie et Thomas, se cantonnent dans un registre bien sage, sans étincelles.film romantique teinté de nostalgie, quoiqu\u2019avant-gardiste, un thriller et une oeuvre de dénonciation sociale.Les tons divers se marient mal et le scénario boite.Le titre vient du nom de la discotlièque où travaille l\u2019héroïne Emilie (Stéphanie La-pointe, vue dans La peur de l\u2019eau), la fille du vestiaire vouée â l\u2019ombre.Mais quand une cliente fait une surdose, la jeune femme sort de sa réserve et, cherchant â rejoindre la malheureuse, se retrouve au cœur d\u2019un monde interlope, dans lequel elle va entraîner le timide Thomas (Charles-Alexandre Dubé), sa flamme secrète, qui l\u2019aime aussi.Tant Stéphanie Lapointe que Charles-Alexandre Dubé se cantonnent dans un registre bien sage, sans étincelles, même au cœur des moments de terreur.Manon Briand, qui avait dirigé Charlotte Laurier dans 2 secondes et Pascale Bus-sières dans Lao turbulence des fluides, n\u2019a pas trouvé ici des interprètes â cette hauteur.Trop de méchants de caricature flirtent avec la parodie de la série noire, sans s\u2019y ancrer vraiment.Les deux tourtereaux sont curieux et prennent des risques irréalistes, qui minent la crédibilité de l\u2019intrigue.Par ailleurs, le contraste entre la pudeur de leurs rapports amoureux, qui semble issue d\u2019un temps révolu, et l\u2019utilisation trépidante des nouvelles technologies suscite un déséquilibre.Ce problème de tons traverse Liverpool, mais se désamorce en fin de parcours, la meilleure partie du film étant sa finale de solidarité, malgré un petit baiser plaqué pour la romance sucrée.Le Devoir EXC3NTRIS OSLO 31 AOUT JOACHIM TRIER, 95 MIN.V.O.NORVÉGIENNE AVEC S.-T.F.13H00,17H00, 21H45 BILLETTERIE : Bl'l 8-17-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: LA ROUTE DEVANT STEFAN IVANOV LES GEANTS BOULI LANNERS ROME MON AMOUR WOODY ALLEN LES BETES DU SUD SAUVAGE BENH ZEITLIN MOONRISE KINGDOM WES ANDERSON DES REALISATEURS CANNES 2011 - Karl FUion, CINOCHE ¦ Aleksi K, Lepage, LA PRESSE «On en redemande.» - André Lavoie, LE DEVOIR I LIBREMENT INSPIRE DE LA VERiïABLE HISTOIRE DE LA PREMIERE GIRAFE DE FRANCE «UNàp^U^E MERVEILLE.» ^\t^ ^\tLe'Figoroscope «UN VÔYAGE PASSIONNANT.» - Excessif «UNE SUPERBE HISTOIRE QUI SAURA ÉMOUVOIR ET DIVERTIR LES ENFANTS ET LES ADULTES.» i UnfilmaëHéml Bezançoh*efJeân-Ghriilophe Lie H UNEA müiom RimÉ FRANŒ 3\tSCOFE PIOIIRES H U nul n;: RÉMI DEZiiflpN ¦ JEAIKHlilSIDFIIE UE sctta: n me «NIER ADEIA n rEMI [OAHpi ïiïüdi EÉMI DEZANÇCR IMRAHPS HiIUN I ViNESSA Ftm t'a* » lé\tl'AIBEANKR ADBA I£MI DEZiüp F JËilKlAUDE JEAN otTra U'nirif JËWOlRISrOFtf UEx isran SIMON Wm FRIÇOISOIER [EMilSON soûls RCÜiïElKAGElZ FEUAE OEGOiAHFRAiOS THIERRITFREIIIIOHI FUILFEMOREUENOUD CIMOUIUCHKI MtKREMAUUN MOSiraSIIIliUiifCuH'iElAURENIFfiiEZDELlRriii'ir^ra.'iiLinrAwr lOUCHEI KIHIEHDOUCMl ANIDINEmil IKRIW lAURENINRCHER EMMAMcCANN ÉRICCPO JEIllUICSERRAND YOSMIIIUQIITÙMURA«.«heSOPHEROIEiiPl^ROUGEranintVlfRIESCHERMANN nxuniK VMEN ASIANIAN «c i; Eisncran ce CANAIf CINh ¦ ci FRiiflCE TELEVISICIIS qïs if cxe ii fOL£ IMAK MIISEUS « li ma et dIfMEMEHI DE lA CHSREMIE ¦ ci lA REGION POIIOlKllâRENIES B KiJKnn: lE CNC iÉiC MC lE £(¦¦ 011AX SHEUS 01GOUVERNHHI FEDQiÂL [f DELGIQUE \u2022 WWWiARAFAlEnLM.CCM UKBOCimUllllilSXSr'lUllMHUiEArOJiniOiG/rEllÉmJICIIDII/IËilŒaaËlBl/OliLXCff/KOKnCliæ PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! r EXC3NTRIS\u2014| rCINÉMABEAUBIEN] 514847-2^ I [2 \u2019 ^ WWWJAItArA.CA E LESFILMSCHRISTAL £
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