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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2012-07-28, Collections de BAnQ.

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[" Des questions surgissent autour du retour raté de Part au Parc olympique Page b 3 Des artistes interpellent Stephen Harper sur les coupes en culture Page b 5 En Syrie, la peur a changé de camp avec les combats kMep Page B 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2012 LE CONSEIL DE LA FEDERATION Comment penser l\u2019énergie autrement Les premiers ministres ont mis sur pied un groupe de travail pour évaluer les nouveaux défis HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Halifax \u2014 Les premiers ministres provinciaux réunis cette semaine à Halifax pour le Conseil de la fédération ont tenté une fois de plus de jeter les bases d\u2019une stratégie nationale de l\u2019énergie.Mais pour les groupes en-vironnementalistes, ils passent à côté de l\u2019essentiel, soit de planifier la transition vers des énergies renouvelables.La discussion sur la question énergétique n\u2019a pas donné lieu à un accord retentissant.Tout au plus les premiers ministres des provinces se sont-ils entendus pour mettre sur pied un groupe de travail pour «évaluer les nouveaux défis auxquels le secteur de l\u2019énergie est confronté et s\u2019assurer que le pays dispose d\u2019une approche stratégique avant-gardiste en matière de développement durable de l\u2019énergie», est-il écrit dans le communiqué de presse final.Les premiers ministres de l\u2019Alberta, Ali-son Redford, de Terre-Neuve, Kathy Dunder-dale, et du Manitoba, Greg Sellinger, dirigeront le groupe.Ils consulteront les ministres provinciaux responsables de l\u2019énergie.La Colombie-Britannique a claqué la porte.La première ministre, Christy Clark, refuse d\u2019y prendre part, faisant valoir que, tant et aussi longtemps que les autres provinces ne voudront pas s\u2019asseoir avec elle (en particulier l\u2019Alberta) pour négocier une compensation pour l\u2019oléoduc de Northern Gateway, qui traversera sa province, rien ne sert de parlementer.«La Colombie-Britannique ne participera pas à ces discussions aussi longtemps que ses conditions pour autoriser le transport de pétrole lourd ne seront pas respectées, a-t-elle dit.Avant d\u2019avoir une discussion générale qui engage les provinces sur l\u2019énergie, nous devons démontrer qu\u2019en tant que premiers ministres, nous sommes capables de faire des progrès sur de plus petits défis, quoique d\u2019importance nationale, quand ceux-ci surviennent.Autrement, on ne fait que parler pour parler.» Pour les environnementalistes, l\u2019enjeu est ailleurs.«Nous mettons au défi les premiers ministres de conclure un accord sur les énergies propres, une stratégie énergétique digne du xxf siècle qui va créer des emplois et de l\u2019énergie propre tout en combattant le réchauffement climatique et en réduisant notre dépendance aux énergies fossiles.Alors que les premiers ministres discutent de stratégie énergétique, nous sommes ici pour leur rappeler que les Canadiens attendent d\u2019eux qu\u2019ils voient plus grand qu\u2019un simple pipeline», a lancé Merran Smith, la responsable du dossier énergie propre chez Tides Canada, lors d\u2019une conférence de presse tenue en marge du Conseil de la fédération cette semaine à Halifax.Tides Canada participe aux audiences publiques sur le futur oléoduc Northern Gateway.Une enquête Le groupe a commandé une enquête qui conclut que les Canadiens attendent que leurs gouvernements pensent autrement les questions énergétiques.Ainsi, selon ce sondage réalisé par la firme Harris-Decima auprès de 1005 répondants, 83 % des Canadiens sont tout à fait ou plutôt d\u2019accord pour que le Canada mette de côté une partie de l\u2019argent acquis dans l\u2019industrie du pétrole pour préparer la transition vers les énergies renouvelables.Presque autant (82%) pensent que la priorité maximale ou élevée devrait être l\u2019amélioration de l\u2019efficacité énergétique et 74%, que cette priorité devrait être la création d\u2019emplois dans le domaine des énergies propres.Seulement 33% ont indiqué comme priorité maximale ou élevée l\u2019exportation accrue de pétrole vers les marchés étrangers.Ce sondage effectué par téléphone af fiche une marge d\u2019erreur de plus ou moins 3,1, 19 fois sur 20.Les personnes interrogées dans ce sondage ne se sont pas fait demander ce à quoi elles étaient prêtes à renoncer pour parvenir à cette fin, ont fait remarquer certains, journalistes, mais selon Steven Guilbeault, d\u2019Equiterre, cela est un faux problème.«Je conteste cette notion de sacrifice, dit-il.Si vous regardez nos voisins Scandinaves, ils polluent en moyenne trois ou quatre fois moins, par habitant, que les Canadiens.Quand je parle avec des Danois ou des Finnois, jamais ils ne disent: \u201cMon Dieu, j\u2019aimerais être Canadien pour pouvoir polluer davantage.Je serais tellement plus heureux !\u201d Nous avons cette façon tordue en Amérique du Nord de ANDREW VAUGHAN PC Quelques premiers ministres provinciaux, dont Jean Charest, lors d\u2019une pause à la rencontre d\u2019Halifax.penser que notre niveau de vie est étroitement lié à la quantité de pollution que nous produisons.» Gil McGowan est président de l\u2019Alberta Federation of Labour, un regroupement de 29 syndicats qui représentent notamment 25000 travailleurs du secteur de l\u2019énergie albertain.Selon lui, cette stratégie énergétique dont parlent les premiers ministres doit également s\u2019intéresser à la création d\u2019emplois à valeur ajoutée.L\u2019exportation du pétrole brut «gj vous est ridicule dans la mesure où les emplois de transformation sont envoyés regardez ailleurs, plaide-t-il.De plus, cette stra-\t, , tégie devrait s\u2019articuler autour de la *^08 voisins sécurité énergétique nationale.Les infrastructures «Bien que nous soyons un exportateur net d\u2019énergie, le Québec et les Maritimes importent jusqu\u2019à 80% de leur pétrole de l\u2019étranger, d\u2019endroits tels que l\u2019Arabie Saoudite, l\u2019Algérie, le Nigeria et le Venezuela.Pourquoi ?Parce que presque tous les oléoducs vont du nord vers le sud.Nous n\u2019avons pas l\u2019infrastructure pour envoyer le pétrole que les sables bitumineux produisent vers nos citoyens de l\u2019est du pays.Si on cherche de nouveaux marchés pour notre pétrole, il serait beaucoup plus logique d\u2019avoir des oléoducs qui mettent en contact l\u2019Ouest et l\u2019Pst dans notre propre pays que de construire des pipelines pour alimenter les raffineries du Texas et de la Chine.» D\u2019ailleurs, c\u2019est dans ce contexte que la première ministre de l\u2019Alberta mentionne de plus en plus souvent son intérêt pour les pipelines vers l\u2019est du pays, les nouveaux comme ceux déjà existants dont le flux peut être renversé.M\u201c® Redford a confié à des journalistes cette semaine qu\u2019elle espérait qu\u2019il y aurait «plus de discussions à propos de pipelines Pst-Ouest, de pipelines qui vont vers l\u2019Pst».Une telle demande est présentement à l\u2019étude d\u2019ailleurs, Enbridge demandant la permission d\u2019inverser le flux de son pipeline nu- scandinaves, ils polluent en moyenne trois ou quatre fois moins, par habitant, que les Canadiens » méro 9 qui se rend de Sarnia (sud de l\u2019Ontario) jusqu\u2019à Montréal.Les préoccupations écologiques devant ce renversement du flux viennent du fait que le pétrole qui sera transporté sera d\u2019une nature différente de ce pourquoi l\u2019oléoduc a été conçu à l\u2019origine.Le pétrole qui y circule présentement est un pétrole conventionnel léger qui, en cas de déversement, reste à la surface de l\u2019eau.Le pétrole issu des sables bitumineux est beaucoup plus visqueux et lourd.(11 doit d\u2019ailleurs être mélangé à des substances plus légères, comme le benzène, pour pouvoir être acheminé par oléoduc).11 est du coup plus abrasif et il endommage donc davantage, selon les environnementalistes, les parois des pipelines.En cas de déversement, le benzène s\u2019évapore, ce qui cause des problèmes de santé publique, tandis que le bitume coule au fond de l\u2019eau, rendant sa récupération plus difficile.« On pompe du pétrole lourd dans de vieux tuyaux qui n\u2019ont pas été conçus pour ça et on nous dit que c\u2019est sécuritaire», déplore Gillian McEachern, d\u2019Environmental Defence.Elle rappelle que le déversement de 2010 aux Etats-Unis dans la rivière Kalamazoo a coûté près de 800 millions de dollars jusqu\u2019à présent pour le nettoyage, ce qui en fait le déversement terrestre le plus coûteux de l\u2019histoire.Le groupe américain Natural Resources Defense Council a calculé que le déversement a coûté 20 fois plus cher à nettoyer, baril pour baril, qu\u2019un déversement de produit conventionnel (40 000$ par baril contre 2000$).Mme McEachern rappelle que le pipeline d\u2019En-bridge qui a coulé a le même âge et les mêmes caractéristiques que le pipeline numéro 9 dont on veut changer la vocation.Enbridge a été critiquée par les instances américaines il y a quelques jours pour sa piètre réponse à ce déversement.Cette critique l\u2019a d\u2019ailleurs amené à promettre la semaine dernière des mesures de sécurité supplémentaires, au coût d\u2019un demi-milliard de dollars, pour son projet de Northern Gateway dans l\u2019ouest du pays.Vœux pieux?Un certain scepticisme anime les groupes environnementalistes devant les intentions énergétiques des premiers ministres provinciaux.Ceux-ci s\u2019étaient dotés d\u2019une stratégie sur l\u2019énergie lors de la réunion du Conseil de la fédération en 2007.D\u2019ailleurs, ils ont promis hier de maintenir cette stratégie et de la renouveler afin qu\u2019elle « demeure pertinente ».Equiterre s\u2019est attelé à vérifier l\u2019atteinte des objectifs fixés en 2011.Les résultats sont décevants.Par exemple, les provinces s\u2019étaient engagées à produire 25000 mégawatts supplémentaires d\u2019électricité provenant de sources renouvelables.Après calcul, seulement 3000 mégawatts d\u2019énergie éolienne ont été ajoutés.Plusieurs projets hydroélectriques sont en construction et entreront en activité au cours des prochaines années (comme La Romaine au Québec), mais pour un total d\u2019un peu moins de 6000 mégawatts.«Afin d\u2019atteindre cet objectif, les provinces et les territoires devront accélérer la cadence», conclut Equiterre.Les premiers ministres s\u2019étaient également engagés à développer un réseau pancanadien de distribution de biocarburants et d\u2019hydrogène, mais quatre ans plus tard, force est de constater que ce réseau n\u2019existe pas pour les automobilistes.Selon Transports Canada, seuls quelques endroits existent en Ontario et au Québec et ce sont surtout les secteurs des transports en commun et de l\u2019agriculture qui y ont accès.«Alors que certains engagements ont été respectés, Pquiterre constate que plusieurs ont été oubliés en cours de route, et qu\u2019il semble y avoir eu un relâchement du Conseil sur la question des changements climatiques.[.] Nous déplorons également le fait que plusieurs objectijs entérinés dans le cadre de ces rencontres ne soient ni chiffrés ni mesurables, et qu\u2019ils ressemblent davantage à de simples vœux pieux», concluait le rapport.Le Devoir B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2012 PERSPECTIVES ANALYSE L\u2019avantage du régime, c\u2019est qu\u2019il dispose de centaines de pièces d\u2019artillerie, de milliers de chars et de l\u2019aviation La peur change de camp en Syrie C\u2019est désormais à Alep que se joue la lutte contre Bachar al-Assad.La population favorable au régime commence à sentir le vent tourner, et des discussions sur la transition ont commencé.JEAN-PIERRE PERRIN Depuis le début de l\u2019insurrection, en mars 2011, le régime syrien a été confronté à deux événements majeurs qui ont permis à l\u2019opposition de monter en puissance.Le premier tournant est la vidéo du corps de Hamzeh al-Khatib, un garçon de 13 ans, mutilé et torturé à mort fin avril 2011 par les services secrets, qui a témoigné de l\u2019inhumanité absolue du régime et, en réaction, a beaucoup contribué à la mobilisation de l\u2019opposition.Le second tournant est l\u2019attentat de la semaine dernière, qui a tué quatre hauts responsables et montré que personne, au sein du régime, n\u2019était désormais invulnérable.L\u2019attentat a coïncidé avec l\u2019attaque de quartiers du centre-ville de Damas par la rébellion qui, depuis plusieurs mois, contrôlait des faubourgs du «grand Damas».Pour la première fois, selon le témoignage de diplomates et d\u2019habitants, un sentiment de panique s\u2019est emparé de la population favorable au régime, qui a alors senti que la situation pouvait basculer.Aujourd\u2019hui, les forces de sécurité et la 4® division blindée commandée par Maher al-As-sad, le frère cadet du président syrien, sont en passe de reconquérir les zones de Damas infiltrées par la rébellion.C\u2019est donc un relatif échec pour les insurgés, qui avaient infiltré environ 2500 hommes, mais qui ont été incapables de tirer profit de l\u2019attentat qui, aujourd\u2019hui encore, reste mystérieux.«Son mode opératoire laisse supposer qu\u2019il a été commis soit par un groupe radical islamiste, soit par le régime lui-même dans le cadre de règlements de comptes internes, mais certainement pas par l\u2019Armée syrienne libre [ALS] », analyse un diplomate en poste à Damas.Les forces loyalistes devraient se concentrer sur Alep, la deuxième ville du pays, avec 2,5 millions d\u2019habitants, qui a longtemps été calme avant d\u2019être saisie par la guerre.Comme à Damas, l\u2019opposition y contrôle certains quartiers de la périphérie, dont la population provient des campagnes.Elle ne tient pas, en revanche, les quartiers centraux et ceux de l\u2019ouest, peuplés par la bourgeoisie, les chrétiens et surtout les Alépins d\u2019origine.Plus qu\u2019à Damas, où les attaques des rebelles ont surtout été des escarmouches destinées à alléger la pression militaire sur la ville de Homs, c\u2019est désormais à Alep que tout se joue.«Si les rebelles parviennent à contrôler cette ville et la région qui va jusqu\u2019à la frontière turque, ils peuvent reproduire le même scénario qu\u2019en Libye.Alep serait alors l\u2019équivalent de Benghazi [la première grande ville libyenne contrôlée par l\u2019opposition].C\u2019est tout l\u2019enjeu de cette bataille», explique le politologue Khattar Abou Diab.L\u2019avantage du régime, c\u2019est qu\u2019il dispose de centaines de pièces d\u2019artillerie, de milliers de chars et de l\u2019aviation face à une opposition qui n\u2019a pas le centième de sa puissance de feu, même si elle est mieux armée depuis plusieurs mois.La force de l\u2019opposition est de contrôler des quartiers où, à cause de l\u2019étroitesse des rues, les blindés ne peuvent guère manœuvrer et sont des cibles pour les lance-roquettes de la rébellion, comme le montrent certaines vidéos.Reste que la bataille de Damas nous instruit sur deux points: d\u2019une part, l\u2019insurrection ne peut pas tenir longtemps face aux chars, à l\u2019artillerie et aux hélicoptères.D\u2019autre part, l\u2019armée est incapable d\u2019exploiter sa victoire, les rebelles parvenant en général à s\u2019enfuir et étant donc en position de revenir.Deux autres éléments sont à prendre en compte : Aeroflot a suspendu ses vols, et la Russie a invité ses ressortissants à quitter la Syrie.«Cela signifie que soit les Russes commencent à lâcher Bachar, soit ils pensent qu\u2019il va tout casser», analyse Abou Diab.De grandes manœuvres sont donc en cours.Si le Conseil national syrien (CNS) a assuré qu\u2019une personnalité de l\u2019opposition, qui n\u2019a pas fait partie du régime de Bachar al-Assad, sera chargée de superviser la transition, Washington a fait connaître une tout autre position.La secrétaire d\u2019Etat américaine, Hillary Clinton, a souligné que les combattants de l\u2019opposition sont «de mieux en mieux organisés et occupent un territoire de plus en plus important».Une façon de dire au régime qu\u2019il n\u2019en a plus pour longtemps et qu\u2019il est temps pour lui de «commencer à programmer une transition qui permette de trouver un moyen de mettre fin à la violence».Puis, elle a mis en garde l\u2019opposition, lui demandant aussi de «se préparer à commencer à travailler à un gouvernement ifitérimaire».C\u2019est donc un revirement des Etats-Unis qui, ces dernières semaines, avaient martelé que Bachar al-Assad « devait partir ».Washington aurait-il trouvé l\u2019homme idéal capable de réaliser cette transition ?Cela pourrait être Manaf Tlass, le général sunnite qui a fait défection il y a quelques semaines.Libération BULENT KILIC AFP À Alep, les rebelles cherchaiient cette semaine à débusquer les tireurs d\u2019élite du régime.Syrie : l\u2019avenir en cinq questions Partition, extension du conflit, affrontements confessionnels.Bachar al-Assad n\u2019est pas encore tombé, mais sa succession se prépare dans la difficulté.CORDÉLIA BONAL Bachar al-Assad n\u2019est pas encore tombé.Peut-être en est-il encore loin.Mais les récents développements sur le terrain, à Damas et à Alep, laissent penser que le pouvoir vacille.Pour beaucoup, la question n\u2019est plus de savoir si le dictateur tombera, mais quand.Et surtout avec quelles conséquences pour les Sjniens et leurs voisins.Le régime peut-il s\u2019effondrer d\u2019un coup?L\u2019attentat, toujours inexpliqué, contre de hauts gradés du régime à Damas le 18 juillet, suivi de la rapide progression dans la capitale des rebelles, a pu faire croire à un basculement décisif.Emballement renforcé par les rumeurs de fuite du couple présidentiel, avec une Asma al-Assad qu\u2019on dit déjà réfugiée en Russie.Mais les forces du régime ont rapidement repris l\u2019avantage dans la capitale.Et Bachar al-Assad est resté à son poste.Ce qui fait dire à la plupart des analystes que le conflit peut très bien durer encore comme ça des mois.«Le régime n\u2019est pas encore totalement aux abois.Bachar al-Assad a encore de la ressource, militairement, mais aussi socialement», rappelle Didier Billion, spécialiste du Moyen-Orient à l\u2019Institut de relations internationales et stratégiques 0RIS).Bachar al-Assad a toujours rejeté l\u2019option d\u2019un départ négocié et n\u2019est pas homme à prendre la tangente si le vent tourne trqp, comme un Ben Ah a pu le faire en Tunisie.A en croire Ayman Abdel Nour, un ancien membre du parti Baas syrien interrogé par Le Monde de mercredi, «il pense qu\u2019il a été choisi par Dieu pour conduire la Syrie.[.] 7/ finira comme Kadhafi.Un homme choisi par Dieu ne peut pas prendre la fuite, n ira jusqu\u2019au bout: soit il se fait dessouder, soit il se réfugie dans ses montagnes alaouites», résume Didier Billion.En attendant, les regards sont braqués vers Alep, ville du Nord longtemps épargnée par le conflit armé.L\u2019issue de la bataille qui y fait rage ces jours-ci sera décisive.«Le régime aura du mal à se maintenir à Alep», prédit Eabrice Ba-lanche, directeur du groupe de recherche et d\u2019études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient à l\u2019Université Lyon-II, auteur de la Région alaouite et le pouvoir syrien (Karthala, 2006).«Les campagnes alentour sont globalement hostiles à Bachar, et la ville compte presque une moitié de quartiers «informels», peuplés de gens venus de la campagne, où les rebelles sont en territoire ami.Ensuite, contrairement à Damas, Alep est proche de la Turquie, ce qui facilite le ravitaillement de l\u2019Armée syrienne libre.Enfin, la bourgeoisie alépine, d\u2019abord fidèle au régime, a pris ses distances et est aujourd\u2019hui plus dans l\u2019attente de voir comment les choses vont tourner.» Vers une partition du pays?C\u2019est l\u2019hypothèse la plus répandue.Une Sjnie coupée en trois.«D\u2019ici quelques mois», avance Eabrice Balanche.D\u2019un côfé, le fameux «réduit alaouite », sorte de micro-Etat constitué le long de la côte, autour de Lattaquié et de Tartous, où se retrancherait cette minorité dont est issu le clan Assad.Déjà, on parle d\u2019officiers de Damas qui auraient envoyé femmes et enfants sur la côte.Selon Didier Billion, «tous les alaouites ne soutiennent pas Bachar comme un seul homme, mais il y a sans conteste chez eux l\u2019idée qu\u2019il faudra se défendre le dos au mur le moment venu.D\u2019où la tentation, sans qu\u2019il soit question d\u2019une partition formelle du pays, de se réfugier dans une sorte d\u2019alaouitistan ».«Pour Assad, c\u2019est un dernier recours, une assurance vie, lui fait écho Eabrice Balanche.Mais cela ne veut pas dire qu\u2019il renoncera à revendiquer sa légitimité sur l\u2019ensemble du pays.» Deuxième zone, au nord-est, celle des Kurdes.Comptant pour 10% à 15% de la population, discriminés, ils développent des propensions autonomistes.Si plusieurs dirigeants kurdes ont rejoint le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l\u2019opposition, d\u2019autres font cavalier seul.«Ce refus de rallier le CNS montre que le problème pour eux est bien la question kurde et rien d\u2019autre, note Didier Billion.On peut penser qu\u2019ils ont le projet d\u2019une zone kurde autonome, à la mode irakienne.Même s\u2019ils sont bien moins organisés que ne l\u2019étaient les Kurdes d\u2019Irak.» De fait, le drapeau kurde flotte aujourd\u2019hui sur les bâtiments officiels des zones kurdes sjniennes, délaissées par l\u2019armée.«Le régime est en train de leur abandonner la région.Il crée un troisième acteur dans le dos de l\u2019ASL dans l\u2019espoir qu\u2019il lui compliquera la tâche», analyse aussi Fabrice Balanche.«A l\u2019évidence, les Kurdes profitent de la désorganisation pour avancer.» Enfin, les zones tenues par les rebelles de l\u2019ASL s\u2019ils venaient à prendre clairement le dessus.Entre ces trois territoires, des lignes de démarcation fragiles, défendues par les armes.Et à l\u2019intérieur, des fragmentations possibles.Existe-t-il un risque de guerre communautaire?La crainte d\u2019une libanisation du conflit se profile.D\u2019un côté, les sunnites, confession de la majorité des rebelles.De l\u2019autre, les alaouites, courant issu du chiisme, minoritaires en nom- « La révolution a donné naissance à une nouvelle génération de jeunes Syriens, de toutes origines, dont le destin est à jamais marqué par la lutte politique» bre, mais détenant le pouvoir.Mais aussi un conflit ethnique, entre Arabes et Kurdes.Sans oublier les autres minorités: chrétiens, druzes.Pour les analystes, tous les ingrédients sont là.Et la guerre confessionnelle est en réalité déjà en marche.Ainsi, les massacres de Houla et de Treimsa ont été lus comme les manifestations d\u2019une épuration ethnique de la part d\u2019alaouites, manipulés ou non par le pouvoir, à l\u2019encontre de sunnites.Cela étant, «les lignes de fracture sont, pour l\u2019heure, moins communautaires et confessionnelles qu\u2019économiques et surtout politiques», nuançait dans Libération à la mi-juin l\u2019anthropologue Thierry Boissière.«La révolution a donné naissance à une nouvelle génération de jeunes Syriens, de toutes origines, dont le destin est à jamais marqué par la lutte politique, mais aussi à un nouveau sentiment d\u2019appartenance, qui transcende les identités meurtrières dans lesquelles le régime souhaite cantonner cette opposition.» fi ¦ ^ ¦' -If K I li.n » V m.AGENCE FRANCE-PRESSE Homs a souffert des semaines de bombardements.Quel scénario de transition?Le Conseil de sécurité de l\u2019ONU étant bloqué par les veto répétés de la Russie et de la Chine, la tâche des diplomates est ardue.Quant au CNS, il est critiqué pour son éloignement du terrain et suspecté d\u2019être noyauté par les Frères musulmans.Redoutant le chaos qui s\u2019annonce, Washington pousse activement l\u2019opposition à préparer une transition autour d\u2019un rassemblement «pluraliste» qui protège les minorités.Un groupe d\u2019une cinquantaine d\u2019opposants syriens planche en ce moment à Berlin sur la rédaction d\u2019une nouvelle Constitution pour l\u2019après-Bachar, à l\u2019initiative de l\u2019Institut américain pour la paix (USIP).Le texte pourrait servir de base de discussion en cas de transition.Les rebelles «doivent se préparer à commencer à oeuvrer à un gouvernement intérimaire», a insisté mardi la chef de la diplomatie américaine, Hihary Clinton.Pour Fabrice Balanche, «les militaires de l\u2019ASL vont vouloir dominer l\u2019opposition.Ils ont la force des armes, ils vont facilement dominer le CNS.Et ils vont pactiser avec la bourgeoisie sunnite».Le scénario porté par les Occidentaux est celui d\u2019un gouvernement de transition avec des groupes se réclamant du CNS, des représentants de l\u2019opposition dite de l\u2019intérieur et d\u2019exmembres du régime considérés comme à peu près acceptables.Parmi ces derniers, quel sera le rôle du général Manaf Tlass ?Ami d\u2019enfance de Bachar, il a fait défection sans pour autant prendre le risque de condamner fermement le régime.Depuis, il a affiché une posture à la fois vague et rassembleuse, annonçant jeudi qu\u2019il préparait une feuille de route pour une sortie de crise impliquant «toutes les personnes honnêtes qui veulent reconstruire la Syrie, qu\u2019elles soient au CNS ou à l\u2019ASL [.] ou même au sein du régime».Tlass, qui présente l\u2019avantage d\u2019être à la fois sunnite et issu du régime, ne trouvera guère d\u2019appui au CNS, mais dispose de relais de certains opposants historiques.Enfin, il faudra compter avec la Russie, qui jusqu\u2019ici n\u2019a pas lâché Assad et ne donnera son feu vert qu\u2019à une solution qui préservera ses propres intérêts dans la région.Ce jeudi, Moscou s\u2019est d\u2019ailleurs placé en médiateur, via l\u2019ambassadeur russe à l\u2019ONU, Vitali Tchour-kine, qui a assuré que son pays était prêt à organiser des contacts entre le pouvoir sjnien et l\u2019opposition dans le but de favoriser un «dialogue intersyrien ».Une extension du conflit aux pays voisins est-elle possible?Au Liban, d\u2019abord.«Les sunnites y sont déjà enhardis par ce qui se passe en Syrie, souligne Fabrice Balanche.Le Hezbollah sera clairement la prochaine cible.» En Jordanie ensuite qui, tout comme le Liban, pourrait être déséquilibrée par l\u2019afflux de réfugiés.Tandis que la Turquie, elle aussi débordée de réfugiés, se trouverait rattrapée par la question du Kurdistan.Libération LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2012 B 3 PERSPECTIVES Savoir recevoir et refuser un don d\u2019art Le retour raté de l\u2019art au Parc olympique soulève des questions sur l\u2019art public À la suite des protestations du milieu des arts visuels, la monumentale sculpture Recevoir d\u2019André Desjardins ne nichera finalement pas sur l\u2019esplanade du Parc olympique de Montréal.Ce retour raté de l\u2019art au Parc olympique soulève des questions sur l\u2019art public, sur le côté sombre du mécénat, sur la marchandisation de l\u2019art et sur la portée limitée du ministère de la Culture.CATHERINE LALONDE Après une semaine de déclarations contradictoires aux médias, ce ne sera finalement pas en 2013, à moins d\u2019un énième revirement, qu\u2019on verra le retour de l\u2019art public au Parc olympique de Montréal.Résumons: le ministère du Tourisme et le Parc olympique annonçaient fièrement le 10 juillet un don de la californienne Academy of Fine Art Foundation.La sculpture Recevoir, un bronze représentant une femme de 3,7 mètres pensé par le peintre et sculpteur André Desjardins, estimé à 1,1 million de dollars par ses donateurs, nicherait dès 2013 sur l\u2019espace bétonné de l\u2019esplanade.Un lieu fort symbolique : c\u2019est là que La joute de Riopelle était installée, avant son déménagement de 2003 au Quartier international.Au lieu de se réjouir, le milieu des arts visuels n\u2019a pas tardé à protester avec force lettres et pétitions.Ce processus d\u2019insertion d\u2019une œuvre sur une place publique, sans avis de spécialistes, a fait tiquer.Il nie, selon ses détracteurs, les acquis de 50 ans d\u2019intervention en art public au Québec.Premier constat et première déception : en dehors de la politique dite du 1% d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture, le ministère de la Culture n\u2019a aucune portée et aucun pouvoir, même sur les décisions purement artistiques des autres ministères.Le ministère du Tourisme avait donc le droit, et l\u2019a fait amplement savoir, d\u2019agir comme bon lui semblait et, dans ce cas de figure, comme l\u2019aurait faif une entreprise privée plutôt qu\u2019une société d\u2019Etat.La controverse, finalement, a poussé l\u2019Academy of Fine Art à retirer son don.«La face de l\u2019esplanade est en train de changer; on en est très fiers, a précisé en entrevue le conseiller en communications du Parc olympique, Christian Gagnon.On a accepté ce don, cette statue, parce qu\u2019on avait le droit de le faire.Ce qu\u2019on dit depuis le début, ce que David Heurtel [p.-d.g.du Parc olympique] disait également, c\u2019est qu\u2019on souhaitait le retour de l\u2019art visuel.Peu importe la forme que cet art-là va prendre.» Ah ?Qn pourrait donc, sous cette bannière philosophique, envisager un stade olympique rose nanane, tapissé des clowns de Muriel Millard ou orné d\u2019une sculpture de vieux pneus en feu.Le Parc olympique a le droit, donc.Mais la compétence ?Et le dçvoir du choix éthique en tant que société d\u2019Etat ?Pourquoi avoir accepté sans conditions le don de cette sculpture?«Parce qu\u2019on nous l\u2019a donnée.» Pourtant, tous les établissements muséaux \u2014 Musée des beaux-arts.Musée d\u2019art contemporain.Bureau d\u2019art public de Montréal \u2014 encadrent la réception de dons.Règles esthétiques, d\u2019aménagement, d\u2019intégration et de financement guident les comités d\u2019évaluation, qui refusent, chaque année, plusieurs offres de particulier.Qn peut question- ts Le milieu des arts a dénoncé l\u2019absence de plan d\u2019intégration au Parc olympique.ner aussi l\u2019allant du Parc olympique, prêt à investir 50000$ dans le transport de l\u2019œuvre de la Californie, où elle aurait été coulée, alors que la Fonderie d\u2019art d\u2019In-verness, beaucoup plus près, possède l\u2019expertise pour faire le même boulot à moindre coût.Et made in Québec.Le milieu des arts a dénoncé, dans l\u2019élan, la marchandisation de l\u2019art et l\u2019utilisation d\u2019un espace public à des fins de spéculation.Penchons-nous sur ce don: l\u2019artiste André Desjardins signe en 2008 un important contrat de dix ans avec Masterpiece Publishing, une agence de Californie pour artistes visuels.Comme toutes les agences du monde, qui fonctionnent au pourcentage des ventes, celle-ci a tout avantage à faire monter la valeur de ses artistes.Quand on sait que l\u2019Academy of Fine Art Foundation, le donateur, a été fondée grâce à un don substantiel de Masterpiece Publishing, on peut douter de la pureté philanthropique du don fait au Parc olympique.Car la valeur et le CV de Desjardins acquerraient une plus-value si celui-ci avait une œuvre en ce lieu, surtout suivant celle de Riopelle.Les établissements muséaux encadrent la réception de dons.Règles esthétiques, d\u2019aménagement, d\u2019intégration et de financement guident les comités d\u2019évaluation En acceptant Recevoir sans consultations préalables, le Parc olympique a nié son propre précédent.« On avait le droit de le faire», répète Christian Gagnon.En 1974, quand Jean-Paul Riopelle, en pleine carrière ascendante, pense poser là La joute, la ramenant, critiques à l\u2019appui, d\u2019une expo au Musée d\u2019art moderne de la Ville de Paris, Jean-Paul L\u2019Allier, à la tête du ministère des Affaires culturelles, s\u2019en mêle, exigeant que la pièce soit évaluée.Malgré le fait que le ministère du Tourisme est indépendant de celui de la Culture \u2014 ou des Affaires culturelles, selon l\u2019époque \u2014, c\u2019est alors un comité de spécialistes, mené par le Musée d\u2019art contemporain, qui avait jaugé et accepté l\u2019œuvre.Aujourd\u2019hui, le ministère du Tourisme aurait pu faire appel, malgré «son droit» de ne pas le faire, à l\u2019expertise du ministère de la Culture, ou du Bureau d\u2019art public de Montréal en place depuis 23 ans.«Tous les grands parcs urbains de ce monde qui se respectent, comme le Millenium Park [de Chicago], ont de l\u2019art visuel», poursuit M.Gagnon, pour le Parc olympique.Cet exemple, comme celui du Central Park de PEDRO RUIZ LE DEVOIR New York, est revenu à plusieurs reprises dans la bouche du p.-d.g.David Heurtel.Pourtant, ces deux parcs ont des plans d\u2019intégration de l\u2019art très serré qui incluent des consultations citoyennes ou le recours à une commission artistique indépendante.Parfois les deux.Le Parc olympique semble ici aspirer à des fins sans prendre les moyens qui assureraient, artistiquement du moins, la grandeur de ses visées.«On en appelle depuis des années à plus de mécénat au Québec.Ce dossier a l\u2019avantage de nous dévoiler le côté sombre de cette médaille», a indiqué une source proche du milieu des collectionneurs qui a voulu garder l\u2019anonymat.Elle souligne l\u2019importance d\u2019instaurer des balises pour que ce genre de situation, typique du marché de l\u2019art états-unien, ne puisse se reproduire.«Ça va se produire de plus en plus souvent», a-felle ajouté.Faudrait-il, pour prévenir le coup, élargir le champ d\u2019action du ministère de la Culture ?A ce jour, aucune réponse du ministère de la Culture ou du ministère du Tourisme n\u2019a été donnée pour répondre aux lettres et inquiétudes du milieu des arts visuels.Pour sa part.Le Devoir n\u2019a pas réussi à joindre l\u2019Academy of Fine Art Foundation.Le Devoir FRANCE Pas de signe évident d\u2019exode fiscal La fuite annoncée après l\u2019annonce d\u2019une taxe de 75 % sur les revenus au-delà d\u2019un million d\u2019euros ne semble pas s\u2019être produit CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Il y a deux semaines, une pleine page de publicité dans le quotidien français Le Monde attirait l\u2019attention des lecteurs peu habitués à ce genre de message.Le cabinet Carmignac mettait en garde le nouveau gouvernement de François Hollande contre l\u2019exode des grandes fortunes et des entreprises qui suivrait une hausse des impôts des plus riches.«La mise en place d\u2019une fiscalité confiscatoire décapiterait les états-majors de nos entreprises, accélérant l\u2019exode de nos dirigeants, tout en gelant l\u2019investissement chez les PME», disait la publicité.Brandie par la droite pendant la campagne présidentielle, au moment où François Hollande annonçait son intention de taxer à 75% les revenus au-delà d\u2019un million d\u2019euros, la fuite des grandes fortunes et des entreprises ne semble pas s\u2019être produite.Du moins pas pour l\u2019instant.De cet «exode» qu\u2019avait évoqué le député UMP Patrick Balkany, la presse française ne semble pas avoir trouvé la preuve ni en Grande-Bretagne, où de nombreuses entreprises françaises sont déjà installées, ni en Suisse, ni en Belgique.Après avoir soigneusement choisi un mot qui évoque en France l\u2019exode de 1940 pendant l\u2019invasion allemande, Balkany avait ensuite comparé la politique de François Hollande à celle de la.Corée du Nord.Pas d\u2019exode vers Londres Il n\u2019existe cependant aucune donnée officielle concernant l\u2019expatriation des grandes fortunes françaises.Dans son édition du 19 juillet du quotidien Le Figaro, Jean-Yves Mercier, avocat associé chez CMS Bureau Francis Lefebvre, affirmait néanmoins que, «depuis l\u2019élection présidentielle, les projets d\u2019expatriation fiscale se concrétisent.[.] Je n\u2019ai d\u2019ailleurs jamais vu autant de départs».Mais, au-delà de quelques affirmations personnelles de ce genre, les preuves de, cet exode ne semblent exister nulle part.A la suite d\u2019une enquête menée à Londres, le correspondant du quotidien Le Monde affirmait au contraire n\u2019avoir vu déferler aucune vague d\u2019exilés fiscaux sur la capitale britannique.Et cela malgré les appels lancés par David Cameron.Lors du sommet du G20 tenu au Mexique, le premier ministre britannique avait en effet affirmé sans la moindre gêne qu\u2019il était prêt à «dérouler le tapis rouge» et à « accueillir plus d\u2019entreprises françaises au Royaume-Uni».Une déclaration qualifiée avec ironie A\u2019«humour anglais» par le ministre français des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve.Joignant le geste à la parole, le ministère du Commerce et de l\u2019Investissement du Royaume-Uni a fait une campagne d\u2019affichage dans les gares et les aéroports pour inviter les jeunes entrepreneurs français à venir fonder des entreprises au Royaume-Uni.Contrairement à la France, la Grande-Bretagne vient en effet de baisser son taux supérieur d\u2019imposition de 50 à 45%.De plus, au Royaume-Uni, les étrangers peuvent être résidents sans payer d\u2019impôt sur l\u2019argent et le patrimoine qu\u2019ils détiennent à l\u2019étranger.Ils ne sont imposés que sur l\u2019argent qu\u2019ils rapatrient au Royaume-Uni.Malgré tous ces incitatifs, l\u2019importante population française déjà installée à Contrairement à la France, la Grande-Bretagne vient en effet de baisser son taux supérieur d\u2019imposition de 50 à 45% Londres aurait plutôt diminué depuis un an, à cause notamment de la disette qui touche toujours des institutions financières de la City.En Suisse non plus, on n\u2019a pas noté d\u2019exode.Rien de comparable du moins à ce qui s\u2019était produit en 1981 après l\u2019élection de François Mitterrand.De nombreux Français répugnent en effet à acquitter le forfait de 100 000 euros exigé lors de leur installation.Un forfait récemment supprimé par le canton de Zurich en faveur d\u2019une taxation plus consistante des exilés fiscaux.Ebranlé par les scandales bancaires, le reste du pays songe d\u2019ailleurs à suivre l\u2019exemple de Zurich.Cette incertitude n\u2019est évidemment pas attirante pour les fortunes en quête de quiétude.Selon la Cour des comptes française (équivalent du Vérificateur général), les expatriations sont loin d\u2019être aussi nombreuses que le laissent entendre les polémiques publiques.Elles seraient d\u2019ailleurs essentiellement dues à des raisons professionnelles.Sur une période de dix ans, la Cour des comptes note peu de variations entre le nombre de départs et de retours.Les chiffres sont demeurés stables, même lorsque Nicolas Sarkozy avait créé le «bouclier fiscal» destiné notamment à ramener au pays les expatriés fiscaux.Depuis 2011, la France impose aussi un «impôt sur le départ» à ses résidents fortunés.Une mesure dissuasive qui en fait réfléchir plusieurs.Une goutte d\u2019eau Il n\u2019est pas certain que les frais très importants que nécessite une expatriation fiscale soient justifiés pour éviter la mesure temporaire que représentera la taxation à 75% des revenus au-dessus d\u2019un million d\u2019euros.En effet, cette taxe éminemment symbolique est présentée par le gouvernement comme une mesure «exceptionnelle», et même «patriotique», justifiée par la crise tout aussi exceptionnelle que traverse l\u2019Europe.Le gouvernement étudie d\u2019ailleurs les moyens d\u2019en limiter l\u2019impact.La Commission sur l\u2019évasion des capitaux, qui vient tout juste de déposer son rapport, propose notamment que l\u2019on applique une fiscalité particulière aux sportifs.Elle suggère que, en échange d\u2019une forte taxation de leurs revenus pendant la période où ils sont le plus actifs, l\u2019État soit par la suite plus clément afin de favoriser leur reconversion en fin de carrière.La Commission a aussi proposé la création d\u2019un Haut-Commissariat à la protection des intérêts financiers publics afin de lutter contre l\u2019évasion fiscale et d\u2019avoir une idée plus précise de son importance réelle.Elle suggère aussi la publication d\u2019une comptabilité pays par pays pour toutes les multinationales afin de limiter la fuite de capitaux.Mais les commissaires ont déjà une certitude: les gens fortunés fuyant l\u2019imposition à 75% ne représentent qu\u2019une toute petite goutte d\u2019eau à côté des 50 milliards d\u2019euros qui échappent chaque année au fisc français grâce aux paradis fiscaux et aux subtilités juridiques qu\u2019utilisent les grandes sociétés présentes dans plusieurs pays.Malgré son impôt sur les grandes fortunes créé en 1982, la France demeure le troisième pays du monde où l\u2019on compte le plus de millionnaires.Le Devoir B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2012 EDITORIAL CHINE-CANADA Jean-Robert Sansfaçon Pour une poignée de milliards Quelle ironie que cette offensive des sociétés d\u2019État chinoises pour prendre le contrôle des ressources naturelles partout sur la planète, y compris au Québec et au Canada ! Devant cette surenchère conduite à coups de milliards, les gouvernements sont coincés entre leurs idéaux démocratiques, la protection des ressources et les retombées économiques.1 n\u2019y a pas si longtemps, la plupart des gouvernements occidentaux n\u2019hésitaient pas à gronder la Chine au sujet des droits de la personne.Le Canada n\u2019était pas en reste avec un premier ministre conservateur qui se permettait même de bouder la deuxième puissance économique mondiale.En 2006, par exemple, M.Harper affirmait: «Je crois que les Canadiens veulent que nous fassions la promotion de nos relations commerciales à travers le monde.Nous le faisons, mais je ne crois pas que les Canadiens veulent que nous bradions nos valeurs, notre croyance dans la démocratie, la liberté et les droits de la personne.Ils ne veulent pas que nous sacrifiions cela sur l\u2019autel du dollar tout-puissant.» Cette attitude ferme envers la Chine lui avait valu des reproches de la part des dignitaires chinois, mais aussi de la part des milieux d\u2019affaires canadiens.Sont-ce ces gens qui ont convaincu le premier ministre de « normaliser » ses relations avec les autorités chinoises, pour qui toute relation d\u2019affaires exige d\u2019abord la confiance réciproque ?Lors de son voyage officiel à Pékin, en février, M.Harper signait une première entente de respect mutuel, non pas des droits de la personne, mais des investissements.En guise de reconnaissance de ce réchauffement diplomatique, les autorités chinoises prêtaient deux pandas au Canada, un privilège réservé aux amis de la Chine.Derrière ce geste, comment ne pas soupçonner l\u2019intérêt pour ce que le Canada a de plus précieux à offrir : ses richesses naturelles.Cette semaine, nous apprenions que la société d\u2019État China National Offshore Oil Petrolium (CNOOC) allait engager la somme fabuleuse de 15 milliards de dollars pour acquérir la pétrolière canadienne Nexen, soit 60% de plus que sa valeur en Bourse.Que ce soit par le biais d\u2019acquisitions ou le plus souvent, dans un premier temps, par une prise de participation minoritaire au capital, la Chine profite de ses énormes réserves en devises étrangères pour accumuler les investissements stratégiques qui lui permettront bientôt de devancer les États-Unis comme première puissance économique mondiale.Jusqu\u2019à ce jour, la CNOOC était actionnaire minoritaire de Nexen, et cela ne posait aucun problème.Après tout, Nexen n\u2019est que la douzième société pétrolière au pays.Mais avec la proposition qui vient d\u2019être déposée, la donne change et Ottawa doit se demander s\u2019il est dans l\u2019intérêt à long terme du Canada de céder l\u2019exploitation de ses richesses naturelles au gouvernement chinois.Nexen aujourd\u2019hui, pourquoi pas Suncor demain ?Un pays comme le Canada a besoin de partenaires solides pour investir à risque dans l\u2019exploitation des ressources.Mais parce qu\u2019elle est encore loin de respecter les règles en matière de protection des droits de la personne et de droits commerciaux, la Chine n\u2019est pas un pays comme les autres.Quant aux sociétés d\u2019État chinoises comme CNOOC ou WISCO, le géant de l\u2019acier qui possède des intérêts au Québec, elles n\u2019ont qu\u2019une faible marge d\u2019autonomie.Au moindre froid diplomatique, le gouvernement chinois ne se gênera pas pour faire chanter ses partenaires commerciaux, que ce soit en menaçant de fermer des installations ou en intervenant sur les marchés pour choisir ses fournisseurs et ses clients.La loi canadienne exige d\u2019Ottawa qu\u2019il examine cette transaction pour déterminer si elle présente des « avantages nets » pour le pays.Une analyse pour le moins subjective puisqu\u2019il n\u2019existe encore aucune règle.C\u2019est donc au premier ministre lui-même, Stephen Harper, qu\u2019il reviendra de trancher.Or, entre les déclarations de 2006 et aujourd\u2019hui, les priorités de M.Harper ont bien changé: elles vont désormais aux investissements pétroliers et à la recherche de débouchés du côté de l\u2019Asie.Comment croire que les intérêts à plus long terme des Canadiens seront sérieusement pris en compte dans cette réflexion?j-rsansfacon @ledevoir.com LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO oi.'tMPi^îuES, C£ nTST ?AS CtfU* ûyl A (sA(rAl£ LA ÇifiiVAL îtPARJ.LETTRES La démocratie étudiante Léo, Tu viens de présenter ta candidature pour être député péquiste dans Laval-des-Rapides.Je dois m\u2019avouer très peu surpris par tes «nouvelles» allégeances partisanes ; tout au long de notre combat, tu as tenté de t\u2019imposer comme l\u2019acteur «raisonnable » de notre mouvement, mettant de l\u2019eau dans ton vin jusqu\u2019à ce qu\u2019on ne sache presque plus ce que l\u2019on buvait.Je ferai donc très peu de cas de ta nouvelle occupation, car suffisamment d\u2019encre a déjà coulé à ce sujet.J\u2019aimerais bien cependant croiser la plume au sujet de cette condamnation de la CLASSE que tu as faite au passage.Tu trouves ainsi inacceptable que celle-ci refuse de reconnaître d\u2019avance le résultat des imminentes élections provinciales, malgré le fait que ses membres n\u2019en aient jamais donné le mandat à la Coalition.J\u2019ignore si c\u2019est pour toi une méconnaissance ou une indifférence quant au fonctionnement des associations étudiantes par démocratie directe.Ceci vient par contre appuyer la thèse que je te propose ici : tu n\u2019as jamais été un militant du mouvement étudiant, tu n\u2019auras été du début de la grève jusqu\u2019à aujourd\u2019hui qu\u2019un politicien professionnel de plus.Vois-tu, la démocratie, c\u2019est-à-dire le pouvoir au peuple, ne se déroule pas dans une urne où on va abdiquer notre souveraineté à une «élite», et encore moins à l\u2019Assemblée nationale où cette même «élite» déconnectée va se chamailler pour quelque intérêt partisan, bien loin des intérêts populaires.Non, la vraie démocratie, elle est directe et elle s\u2019exerce par et pour le peuple, point.Nous, les étudiantes et étudiants de partout au Québec, favorables ou pas au mouvement de grève, nous l\u2019avons vécue pendant des mois dans nos assemblées générales.Tout ce qui me désole pour toi, c\u2019est que tu n\u2019aies jamais vécu et ne vivra probablement jamais cette expérience.Maintenant, du moins, il sera beaucoup plus limpide pour tous de quel côté de la table des négociations tu vas siéger, considérant l\u2019historique du PQ en la matière.Tiens, si tu es élu, tu auras peut-être même la chance de répéter la tentative ratée de ta chef de hausser les droits de scolarité en 1996.Ne fattends seulement pas à un traitement de faveur de notre part parce que tu fes prétendu notre camarade: tu te heurteras au même mur immuable de résistance auquel s\u2019est frappé le gouvernement actuel.Sincèrement, Félix Vincent Ardea Militant étudiant au cégep de L\u2019Assomption Le 26 juillet 2012 Vous avez fait fort Après la lecture de l\u2019éditorial de Serge Truffaut Difformités en jeux, surtout le dernier paragraphe où il mentionne que le CIO «exige, pour reprendre les mots du journal The Guardian, des pays candidats qu\u2019ils s\u2019engagent à adopter une législation ad hoc pour fournir un train supplémentaire de sanctions légales» au seul bénéfice des entreprises privées.Après la lecture de l\u2019article «Conseil de la fédération \u2014 Québec fait cavalier seul en santé», sur la déclaration de Russell Williams, le président de Rx D, qui insiste sur la menace de pénuries de médicaments.Après la lecture du texte «Annonce de la fermeture de la plupart des 64 magasins Zellers » qui mentionne qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une ruse pour se débarrasser des employés.Après la lecture de l\u2019article «L\u2019environ- nementaliste Paul Watson fuit la justice allemande» après une demande d\u2019extradition de la part du Japon pour «l\u2019accuser d\u2019avoir entravé des activités de pêche à la baleine», dit-on.Et je ne parle même pas de l\u2019article de Christian Rioux «Le fou du roi».J\u2019ai ri jaune en pensant aux casseurs qui ont terrorisé le Québec ces derniers mois.Je crois pour ma part que beaucoup de terroristes portent veston et cravate et que leur nom n\u2019est sur aucune liste noire.Bonne fin de semaine quand même ! Mario Tremblay Le 26 juillet 2012 Esclaves des textes ?Plus nous vieillissons, plus le passé nous apparaît, parfoîs, comme l\u2019âge d\u2019or de notre vie.Étions-nous plus libres que les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui continuellement absorbés par leurs téléphones Intelligents et autres gadgets prônant la communication?Au restaurant, dans la rue, au volant, même en groupe, au Heu d\u2019échanger, de rétorquer, de contester son Interlocuteur, de l\u2019observer, de reprendre ses mimiques, d\u2019admirer son éloquence, de l\u2019envoyer promener, je ne peux plus savourer le temps qui passe, je ne puis plus m\u2019accrocher au farniente, je culpabilise, je suis en manque si je ne réponds pas Immédiatement, la vie n\u2019exlste que si j\u2019al le téléphone à la main, précieuse bouée d\u2019une vie qui coule, d\u2019une vie maudlte-ment plate.Communlqué-je vraiment ou tous ces outils technologiques ne tradul-sent-lls qu\u2019un mal de vivre ou encore ne sont-ils que dérisoires fuites vers une recherche de moi-même ?Philippe Roy Gatineau, le 26 juillet 2012 LIBRE OPINION « Élections, piège à cons ! » JULIEN CARDINAL Président du Parti de la réforme proportionnelle-mixte Dans son dernier livre.Réinventer la démocratie, Jean Laliberté nous rappelle ce slogan de mai 1968 selon lequel les citoyens bien instruits et informés ne peuvent se satisfaire uniquement de voter une fois tous les quatre ans.L\u2019auteur invite le lecteur à reconsidérer la démocratie élective pour une démocratie participative.Sa réflexion part du constat que la démocratie est de plus en plus malade.En effet, les grandes manifestations étudiantes du printemps témoignent de certaines carences de notre vie démocratique.On peut effectivement se demander pourquoi notre système démocratique n\u2019a pas été en mesure d\u2019intégrer dans ses politiques la volonté populaire symbolisée par des manifestations pacifiques de centaines de milliers de citoyens?Il existe pourtant bien des instances qui permettent l\u2019expression populaire, telles que les consultations publiques, les états généraux, les pétitions, etc.Cependant, lorsqu\u2019elles ne permettent pas adéquatement à la population de se faire entendre, celle-ci peut exercer son ultime recours pacifique qui est l\u2019occupation de l\u2019espace public, par exçmple la rue.A une époque où les citoyens sont incités à se replier dans leur espace privé, force est de constater que cet ultime recours est loin d\u2019être banal.Pourtant, le gouvernement considère, quant à lui, que ce type d\u2019engagement doit être à la limite toléré, mais sans plus.Pire encore, au lieu de reconnaître cette volonté populaire, le gouvernement Charest tente plutôt de banaliser et même de ridiculiser l\u2019expression de la rue.En regardant de plus près notre mode de scrutin, on comprend mieux pourquoi le gouvernement actuel peut ignorer les manifestations les plus importantes que le Québec ait connues.En ayant les «deux mains sur le volant», c\u2019est-à-dire en étant majoritaire, le gouvernement a la possibilité ultime d\u2019agir de manière autoritaire et unilatérale.Ceci est d\u2019autant plus vrai si le gouvernement considère que les électeurs n\u2019ont droit de parole qu\u2019aux élections et qu\u2019ensuite le gouvernement peut tout se permettre.M.Bachand et bien d\u2019autres membres du gouvernement ont d\u2019ailleurs exprimé cette vue en mentionnant que les prochaines élections trancheraient le conflit étudiant.Comme si une soi-disant «majorité silencieuse» et mythique pouvait en toute légitimité cautionner toutes les actions passées du gouver- nement en un seul vote.Cette idée reçue selon laquelle la démocratie se réduit à la décision du plus grand nombre est non seulement erronée, elle est aussi antidémocratique.C\u2019est ce que bon nombre de penseurs, dont J.Stuart Mill, appellent la «dictature de la majorité».Quant à Tocqueville, c\u2019est de «germe de la tyrannie» qu\u2019il qualifie le fait qu\u2019un gouvernement se permette, au nom de sa majorité, de faire taire une minorité.Bien qu\u2019un gouvernement majoritaire puisse agir unilatéralement, il est de tradition au Québec et au Canada d\u2019exercer le pouvoir à travers des consultations, des concertations et des consensus.En fait, c\u2019est de cette manièrç que notre démocratie s\u2019exerce réellement.A vrai dire, ces mécanismes sont extrêmement importants puisque le mode de scrutin uninominal à un tour ne permet péniblement la diversité d\u2019opinion.En effet, notre mode de scrutin, bien qu\u2019il soit plutôt simple, a le grand inconvénient d\u2019amener une distorsion de la volonté populaire puisqu\u2019elle permet l\u2019élection de gouvernements majoritaires n\u2019obtenant quasi jamais une majorité des voix.Le Parti libéral, bien que majoritaire en nombre de députés, n\u2019a obtenu que 42% des voix en 2008.Un autre inconvénient majeur est qu\u2019il ne pousse pas l\u2019électeur à effectuer un vote de préférence, mais plutôt un vote stratégique.Le vote stratégique est une castration de la volonté de l\u2019électeur.Elle introduit une logique binaire et abrutissante qu\u2019on résume sous l\u2019idée de gagner ou perdre ses élections.Voter se résume alors à parier.Mais est-ce bien ce à quoi on doit s\u2019attendre d\u2019une démocratie ?C\u2019est-à-dire de voter pour un pis-aller détenant une chance signifiante d\u2019être élu, et ce, selon les sondages ?A voter non pas po,ur un candidat, mais contre tous les autres ?A voter pour contester et non pour proposer?D\u2019un côté, le fait de ne pas pouvoir voter librement pour un candidat sans avoir le sentiment de trahir ses convictions ou de voir son vote non considéré à sa pleine valeur démocratique explique en partie les hauts taux d\u2019abstention.D\u2019un autre côté, voter, c\u2019est légitimer le mode de scrutin actuel.C\u2019est ainsi ce que certains soixante-huitards surnommaient le processus électoral de «piège à cons».Tout est déjà pipé pour l\u2019alternance du pouvoir.Un mode de scrutin proportionnel-mixte, ou encore le mode P3, comme l\u2019a proposé récemment Stéphane Dion, serait déjà un énorme pas vers une démocratie participative.Mais tant qu\u2019aucune réforme ne sera réalisée, n\u2019en déplaise à ceux qui pensent à tort qu\u2019il est primordial de voter, vous vous ferez encore piéger.Bref on ne gagne pas des élections, on les subit. LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2012 B 5 IDEES COUPES EN CULTURE Caresser ou écraser Lettre au premier ministre Stephen Harper LOUIS FORTIER Acteur et metteur en scène COLLECTIF D\u2019ARTISTES « Vous devez ou caresser ou écraser les gens.Si vous vous contentez d\u2019une légère offense, ils chercheront à se venger, alors que si vous les écrasez, ils seront incapables de le faire.Quand vous devez faire du mal à quelqu\u2019un, faites-le de telle manière que vous n\u2019ayez jamais à redouter sa vengeance.» \u2014\tNicolas Machiavel « Horatio: Que nous réserve donc tout ceci?Marcellus: Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.» \u2014\tWilliam Shakespeare, Hamlet a politique culturelle que vous mettez en oeuvre depuis votre arrivée au pouvoir nous porte à croire, certes, que vous connaissez bien l\u2019œuvre de Machiavel, ce qui est tout à votre honneur, mais nous oblige aussi à nous demander s\u2019il n\u2019y a pas «quelque chose de pourri» au royaume du Canada.Dès 2007, nous déplorions la suppression des programmes Promart et Routes commerciales, deux programmes essentiels à la diffusion de la culture canadienne à l\u2019étranger.En avril 2012, nous apprenions une diminution considérable des crédits fédéraux accordés à la Société Radio-Canada, à l\u2019Office national du film du Canada ainsi qu\u2019à Téléfilm Canada.Début mai 2012, nous apprenions la suppression des crédits à la recherche fondamentale ainsi que l\u2019abolition du soutien fédéral au programme d\u2019études canadiennes partout dans le monde, mesure qui met en péril la survie du Conseil international d\u2019études canadiennes (ClEC), après trente ans d\u2019existence.Le 25 juin 2012, nous apprenions la fermeture définitive de la Bibliothèque du Centre culturel canadien à Paris, de même qu\u2019une série de suppressions de postes dans plusieurs missions culturelles canadiennes, notamment ceux de responsable des arts de la scène à Berlin et de directrice adjointe (partenariats et communications), chargée des arts de la scène, de la littérature et du cinéma à Paris.Conséquences dramatiques Ces attaques répétées de votre gouvernement contre les milieux universitaire, intellectuel, artistique et culturel, au nom d\u2019un soi-disant plan de redressement financier, nous inquiètent au plus haut point.Car elles ont des conséquences dramatiques non seulement sur l\u2019ensemble de ces pratiques pourtant vitales au progrès et à la vitalité de notre pays, mais aussi sur l\u2019ensemble de la population canadienne.La politique culturelle de votre gouvernement \u2014 qui n\u2019est rien d\u2019autre que la mise en place brutale et savamment orchestrée de la destruction de notre patrimoine culturel national \u2014 nous amène légitimement à nous interroger sur la société canadienne que vous cherchez à bâtir et à douter de la pertinence de vos actes et décisions.En effet il est juste de se demander à quoi servira désormais le Centre culturel canadien à Paris, alors que plusieurs des secteurs culturels n\u2019y sont plus représentés?Comment à Paris, à Berlin, à Londres, à Rome et ailleurs, les artistes canadiens se produisant à l\u2019étranger seront-ils désormais soutenus?Le seront-ils?Ou seront-ils utilisés seulement comme faire-valoir de votre poli- r r' PHOTO SEVILLE Plusieurs artistes ont porté très haut la renommée culturelle du Canada.Ci-dessus: une scène d\u2019incendies, un film de Denis Villeneuve basé sur une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad.tique étrangère lors d\u2019activités prestigieuses?Destruction du réseau culturel Depuis plus de quarante ans, la culture canadienne s\u2019est fait connaître à travers le monde entier grâce au soutien de programmes ambitieux mis en place par le gouvernement fédéral.C\u2019est pourquoi nous ne pouvons que déplorer et dénoncer votre politique de destruction systématique du réseau culturel patiemment et efficacement mis en place au fil des décennies par vos prédécesseurs.Margaret Atwood, Rober,t Lepage, David Cronenberg, Denis Marleau, Edouard Lock, Wajdi Mouawad, Philippe Palardeau, Marie Chouinard, Atom Egoyan, Ered Pellerin, Marie Brassard, Robert Car sen, Yann Martel, Alberto Manguel, Gilles Maheu, Denis Villeneuve, Nancy Huston, Paul-André Portier, Denys Arcand, Guy Maddin, Marie-Nicole Lemieux, Yannick Nézet-Séguin, tous et bien d\u2019autres encore ont porté très haut la renommée culturelle du Canada, et ce, bien au-delà de nos frontières nationales.Nous croyons que chacun des actes que vous posez, en usant avec outrance de l\u2019argument de la rentabilité économique, n\u2019a d\u2019autre visée que l\u2019anéantissqment de toute politique culturelle canadienne.A titre comparatif, la France \u2014 nation cofondatrice du Canada et membre comme celui-ci du G8 \u2014 affirmait récemmenfi via le site Internet de son ministère des Affaires étrangères, que ï«action culturelle est aujourd\u2019hui indissociable de la prise en compte des enjeux globaux qui déterminent l\u2019avenir de l\u2019humanité et doit, en conséquence, pouvoir contribuer à une gouvernance harmonieuse de la mondialisation».Comment votre gouvernement peut-il choisir d\u2019ignorer le fait que les milieux culturel, universitaire, intellectuel et artistique canadiens ont la capacité de pouvoir associer très largemenfi au-delà des partenaires de leurs propres réseaux, l\u2019en- semble des êtres et des institutions qui composent la société civile et qu\u2019ils permettent ainsi de générer des profits considérables?Un acte de sabotage La volonté avec laquelle vous tentez d\u2019annihiler un héritage et une vie culturels de renommée internationale s\u2019apparente à un acte de sabotage et témoigne d\u2019une politique dont les conséquences resteront durablement gravées dans la mémoire des futures générations canadiennes comme étant de votre fait.Chacun de vos choix politiques s\u2019inscrit dans une tentative cynique et déterminée de marginaliser la culture, de la museler, voire de la censurer, en privant les artistes canadiens du soutien logistique, financier et humain essentiel à l\u2019acte de création.Rien de,moins.Nous refusons cet obscurantisme d\u2019Etat.Et nous choisissons aujourd\u2019hui de le dénoncer publiquement en demandant officiellement le retour aux politiques fédérales qui prévalaient jusqu\u2019à votre arrivée au pouvoir, notamment en matière de culture, de recherche, d\u2019éducation et de protection du patrimoine canadien.Vous anéantissez les moyens qui permettaient à la parole des artistes canadiens de voyager au-delà des frontières, des océans, des époques et des guerres, par-delà la diversité des cultures, des langues et des croyances.Vous étouffez cet espace de liberté qui permet encore aux êtres humains de se reconnaître, de s\u2019émouvoir, de réfléchir à notre condition de vivants et de se responsabiliser face aux défis que devront affronter les générations futures.Cri et colère Nous ne sommes que quelques-uns à signer cette lettre aujourd\u2019hui.Mais nous sommes en réalité des millions, issus du monde entier, car à notre cri s\u2019ajoute la colère de tous ceux qui, depuis des décennies, viennent à la rencontre de nos œuvres, découvrant souvent en elles l\u2019écho et le reflet de leurs propres rêves, espoirs et projets.Comme l\u2019écrivait dans ses Quatrains le poète médiéval Omar Khaj^am, qui vécut en Perse, l\u2019actuel Iran: «Cette voûte céleste devant laquelle nous restons interdits.Nous savons qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019une sorte de lanterne magique; Le soleil est la lampe; l\u2019univers, la lanterne; Et nous, les images qui tournent » N\u2019oubliez pas.Monsieur le Premier Ministre, que vous aussi vous tournez.Appuie ce texte un collectif composé, à ce jour, des artistes suivants: Alexandrine Agostini, Sylvio Arriola, Hugo Bélanger, Audrey Bergeron, Hélène Blackburn, Monique Blin, Michel Marc Bouchard, Sophie Brech, Sophie Cadieux, Gil Champagne, Violette Chauveau, Fabien Cloutier, Sébastien Cassette, Véronique Côté, Marie-Dominique Cousineau, Yves Dagenais, Julie de Lafrenière, Marc Doré, Frédéric Dubois, Marcelle Dubois, Philippe Ducros, Martin Faucher, Ginette Ferland, Martine Franche, Steve Gagnon, Michel Gatignol, Jean Gaudreau, Marie Gignac, Cai Glover, Marc Gour-deau, Denis Gravereaux, Marie-Ginette Guay, Martin Héroux, Laen Hershler, Eric Jean, Jean-Philippe Joubert, Olivier Kemeid, Merryn Kritzinger, Christian Lapointe, Benoît Laroche, Jacques Laroche, Annick Lefebvre, Paul Lefebvre, Linda Laplante, Catherine Larochelle, Daphnée Laurendeau, Marcel Lebœuf Véronique Makdissi-Warren, Julie McClemens, Michel Nadeau, Anne-Marie Olivier, Edith Patenaude, Jean-Philippe Pearson, Marilyn Perreault, Laurier Rajotte, Lydie Revez, Martin Ro-bidoux, Isabelle Roy, Louis Sédillot, Philippe Solde-vila, Emmanuel Schwartz, Christian St-Denis, Klervi Thienpont, Georges-Nicolas Tremblay, Michel Tremblay, Catherine Viau, Julie Vincent, Anne-Marie HEPATITE C Un virus qui se traite et se guérit C MARIE-EVE MORIN Médecin spécialisée en toxicomanie et hépatite C aux cliniques médicales 1851 et OPUS e 28 juillet 2012, nous soulignons la Journée mondiale des hépatites virales.Parmi celles-ci fi^re l\u2019hépatite C, une maladie transmise exclusivement par contact sanguin qui, depuis ________ son identification à la fin des années 1980, a souvent été surnommée «l\u2019hépatite des junkies ».En effet, l\u2019hépatite C est un virus qui se transmet principalement par partage de matériel de consommation de drogue, que ce soit les serinées souillées ou autre matériel utilisé pour s\u2019injecter des drogues, ou encore les pipes à crack et les pailles utilisées pour «sniffer».Ce virus peut également se transmettre par toute procédure pouvant impliquer un contact avec le sang, c\u2019est-à-dire les tatouages, les transfusions (avant 1992 au Canada) et le piercing.De plus, certaines prati^es sexuelles à risque élevé, dont le fist fucking (introduction d\u2019un poing dans l\u2019anus), peuvent aussi permettre la transmission du virus de l\u2019hépatite C, en raison du risque de lésions et de sai^ements.Depuis le milieu des années 90, l\u2019hépatite C peut être traitée et même guérie grâce à un traitement qui s\u2019échelonne sur une durée de six à douze mois.Par ailleurs, les taux de éérison obtenus avec le traitement que nous avions jusqu\u2019à tout récemment ne pouvaient guérir globalement que 50 à 60% des personnes atteintes.Un frein causé par la stigmatisation Encore aujourd\u2019hui, il existe un très grand nombre de patients atteints d\u2019hépatite C ignorant qu\u2019il existe un traitement efficace pour guérir cette maladie.Dans le milieu médical, l\u2019éducation se fait peu à peu, tant auprès du personnel médical qu\u2019auprès du personnel infirmier, à savoir que ce virus peut être enrayé éâce au traitement.La stigmatisation reliée à la clientèle touchée contribue à rendre l\u2019accès au traitement, encore aujourd\u2019hui, difficile.Actuellement, au Canada, il y aurait de 250000 à 300000 cas d\u2019hépatite C active, dont plus du quart ignorent leur diagnostic.On évalue la prévalence de l\u2019hépatite C à environ 1% de la population canadienne, et il y a chaque année de 3200 à 5000 nouvelles personnes qui s\u2019infectent.MalheureusemenL seulement 5% à 10% des patients atteints de ce virus ont ou ont eu accès au traitement.Et la mobilisation?A quand la marche contre l\u2019hépatite C?A quand la mobilisation des toxicomanes, actifs ou anciens, qui militent afin d\u2019avoir un meilleur accès au traitement de l\u2019hépatite C?Sachant qu\u2019il existe de cinq à sept cas d\u2019hépatite C au Canada pour un cas de VIH, et que cette maladie est traitable et guérissable en moins d\u2019un an, il est grand temps de donner accès au traitement à tous ceux qui en sont porteurs.Une hépatite C chronique active non traitée peut évoluer dans 20% des cas vers une cirrhose du foie, et même un cancer du foie, dont le seul traitement ultime repose sur la greffe hépatique, souvent difficile d\u2019accès.Lorsqu\u2019une personne est atteinte en plus du VIH (co-infectée), l\u2019hépatite C peut évoluer vers la cirrhose du foie deux ou trois fois plus rapidement.En cette Journée mondiale de l\u2019hépatite C, il va sans dire qu\u2019il importe de continuer de transmettre le message en lien avec l\u2019apparition, au cours des cinq prochaines années, de multiples nouveaux traitements pouvant traiter et guérir l\u2019hépatite C avec des taux pouvant atteindre plus de 80% de chances de guérison.Message d\u2019espoir Fait à souligner: au même titre que pour le VIH, la principale façon de prévenir la transmission du virus de l\u2019hépatite C repose sur le traitement de la maladie.Et dans le cas de l\u2019hépatite C, on peut maintenant escompter une guérison chez la très grande majorité des personnes traitées.Lorsque des personnes ayant utilisé des drogues injectables dans le passé sont atteintes d\u2019hépatite C, même après 15 ans d\u2019abstinence de consommation, elles ont souvent l\u2019impression de traîner le boulet de leur toxicomanie, même ancienne.Grâce au traitement, et à l\u2019éradication du virus de l\u2019hépatite C, plusieurs de ces personnes finissent par reprendre une vie normale, retournent à l\u2019école, reprennent le marché du travail, fondent une famille.Elles sortent enfin du statut stigmatisant relié à leur passé, celui de la toxicomanie, ce «mal» qui n\u2019a pas de visage ni de statut social et qui pourtant, «étiquette» tous ceux qui en souffrent.Il existe déjà quelques centres à Montréal, hospitaliers ou cliniques communautaires, qui traitent les patients atteints d\u2019hépatite C.C\u2019est donc un message d\u2019espoir que je tenais à transmettre aujourd\u2019hui, à tous les gens porteurs d\u2019hépatite C, ainsi qu\u2019à leur famille et leur conjoint, en cette Journée mondiale des hépatites virales.Vivement l\u2019accès au traitement de l\u2019hépatite C ! L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Mane-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Bélair-Cinno (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales, JMIontreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec)Y2Aoien T>egh.se(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf'saw^cJ , information politique Michel T>am6.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) , information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Enc Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy DaiWeier (reporters) ,Jean.-Vierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eolie-Boivm (pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Mane-Pier Erappier et Geneviève Tremblay (commis internet) , Amélie Gaudreau (secretaire a la redaction), Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racine (commis a la redaction) DOCUMENTATION GiUes Paré (directeur), Manon Derome (JMIontreal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal RainviUe, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eilion, Yannick Monn, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(KanseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par interim service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Eilion, Mane-Lune Houde-Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Euroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2012 JEUX DE MOTS Chaque samedi pendant la saison estivale, pour une cinquième année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances, et surtout leur patience, à l'épreuve en complétant les jeux préparés par notre collaborateur Michel Roy, professeur de français à la retraite.En règle générale, les amateurs de mots croisés ou de sudoku retrouveront aussi leur passe-temps favori dans cette page.QUI DIT QUOI?28 JUILLET 2012 Dans le jeu suivant, on vous donne huit citations humoristiques dont chacune a été amputée d'un mot.Une liste des huit mots manquants figure ci-après; et vous aurez à placer chacun correctement aux endroits indiqués par un tiret.Comme deuxième épreuve, on vous demande d'identifier les auteurs de chacune des citations, en puisant dans la liste des noms qui figure à la fin.\u2014 Les hommes sont devenus les 1 2 3 4 5 6 \u2014 On ne fait rien de grand sans le Elles sont bien noires, les________ .des nuits blanches._____de leurs malheurs.Je ne suis pas superstitieux; cela porte_____ Partir, c'est mourir un peu; mais mourir, c'est.beaucoup.La dictature, c'est «ferme ta gueule» et la__ c'est «cause toujours».7 8 \u2014 Vouloir être de son On compare parfois la., c'est déjà être dépassé, de l'homme à celle des fauves; c'est faire injure à ces derniers.Liste des mots à ajouter (par ordre alphabétique) : CRUAUTÉ, DÉMOCRATIE, FANATISME, MALHEUR, OUTILS, PARTIR, PENSÉES,TEMPS Liste des auteurs (par ordre alphabétique) : ALPHONSE ALLAIS, WOODY ALLEN, FIODOR DOSTOÏEVSKI, GUSTAVE FLAUBERT, EUGÈNE IONESCO, BERNARD SHAW, HENRI THOREAU, LES CONCOURT L\u2019INTRUS I 28 JUILLET 2012 Associez chacun des douze (12) éléments de la colonne de gauche à l'un des treize (13) éléments de la colonne de droite.Si le travail est bien fait, il restera un élément non utilisé dans la colonne de droite.C'est lui l'intrus.VERBES NOMS COMMUNS 1 \u2014\tAvoir\ta \u2014\tattention 2 \u2014\tChercher\tb \u2014\tbataille 3 \u2014\tConter\tc \u2014\tcompte 4 \u2014\tDonner\td \u2014\tface 5 \u2014\tFaire\te \u2014\tfleurette 6 \u2014\tLivrer\tf \u2014\tgrâce 7 \u2014\tPerdre\tg \u2014\tmain 8 \u2014\tPorter\th \u2014\tnoise 9 \u2014\tPrêter\ti \u2014\tpied 10 \u2014\tRendre\tj \u2014\tpile 11 \u2014\tTenir\tk \u2014\tplainte 12 \u2014\tTomber\tl \u2014\traison \t\tm \u2014\ttort L'INTRUS = PROVERBES DESORDONNES I 28 JUILLET 2012 Voici quatre proverbes étrangers dont les mots ont été volontairement mélangés.Vous devez donc les reconstituer sous leur forme originale en replaçant le tout dans le bon ordre.1\t\u2014 on on le offense oublie retient l'don (italien) 2\t\u2014 forêt son par la brûlée est bois propre (arabe) 3\t\u2014 peu davantage en entends parlant tu (russe) 4\t\u2014 dans le le fait oublié calme vœu dans est la tempête (anglais) CO Z O O CO 4-»\t= t Q 3\tO\t-s\t>\t^ E\tI\tra\t¦'f \u2022J-\t00\tÿ\t_C\tvo\t' '\t^\tO\t^\tfD ai\tI\t^\tI\t^ £\t^\tI-\t^\t
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