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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2012-07-07, Collections de BAnQ.

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[" - g r H Lanaudière: festival international aux artistes québécois Page e 4 ' La cinquième enquête d\u2019Armand Gamache ne révèle pas tout Page e 7 Culture Livres CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2012 FESTIVAL INTERNATIONAL NUITS D\u2019AFRIQUE G N AW A DIFFU Le rouge et le noir des insoumis YVES BERNARD Ils seront plus de 500, viendront de 32 pays, arriveront souvent de loin pour offrir plus de 90 prestations lors de la 26'\" édition du Festival international Nuits d\u2019Afrique (FINA), qui se déroule du 10 au 22 juillet dans sept salles montréalaises et sur le parterre du Quartier des spectacles.Ils battront tambours, affirmeront l\u2019urbanité et clameront l\u2019écho de la rue.En ouverture officielle mercredi soir au Métropolis, le Gnawa Diffusion nouveau, pionnier parmi les groupes mani-festifs métis et reformé après cinq ans d\u2019absence, offre un concert dans l\u2019air du temps.«Le retour de la formation est fortement lié à Vactualité et sera de ce fait teinté du rouge et du noir de la colère des peuples», affirme le leader Amazigh Kateb dans les notes de la pochette d\u2019Audio-Globine «J\u2019ai plus 20 ans d\u2019âge., la compile parue cette semaine sur le label des Nuits d\u2019Afrique.En plus d\u2019une pièce inédite, l\u2019album comprend des titres de chaque album, dont presque la moitié est tirée à\u2019Algeria, le CD paru en 1997 et qui avait permis à Gnawa Diffusion de marquer les bases d\u2019un style qui a fait école : une attitude rock sur un flot ragga et des musiques comme le reggae et le gnawi pour revendiquer la du systeine révolte.A la compilation s\u2019ajoutera un nouveau disque original à la rentrée.Que nous réserve-t-on?«On continue de travailler sur une trame qui marque l\u2019africanité du Maghreb sur un fond d\u2019actualité», relate Amazigh Kateb, poète de l\u2019oralité, venu d\u2019Al- capitalisme» gérie.«Je tenais vraiment à exprimer cette fierté par rapport à tous ces gens qui ont eu le courage de braver les canons de la répression.Mais je ne voulais pas borner les expériences révolutionnaires dans le temps.Je trouve que les médias ont un effet néfaste lorsqu\u2019ils parlent de printemps arabe.Ça devient pittoresque.On oublie que ces révolutions ont des motivations profondes, que ces motivations ne sont pas encore assouvies, ne le seront peut-être jamais, et que, finalement, la seule véritable route que les peuples ont à suivre est celle de la révolution permanente.» de chansons qui parlent globalement planétaire son prénom en berbère, l\u2019arabophone Amazigh Kateb parlera aussi des allers-retours entre Gnawa Diffusion et la carrière solo qu\u2019il a entreprise après la séparation du groupe en 2007.«On s\u2019est quittés à un moment où ça allait bien et il n\u2019y a pas eu de divorce.J\u2019avais besoin de créer un CD plutôt calme et axé sur les textes, mais cette expérience du solo m\u2019a donné envie de revenir à une histoire collective, d\u2019autant qu\u2019après la sortie de mon disque Marchez noir, j\u2019ai rejoué avec mes musiciens de Gnawa pour changer le son.C\u2019est vraiment une histoire d\u2019amitiés qui continuent.» Pour la reformation, plusieurs musiciens sont revenus, forts de nouvelles expériences, de nouveaux patterns et de nouvelles harmonies.D\u2019autres se sont ajoutés, comme le clavié-riste Blaisse Bâtisse \u2014 dit Blez \u2014 et le DJ Boulaone.Est-ce un nouveau projet, finalement?Réponse d\u2019Ama-zigh Kateb : «Il y a une continuité, un aspect historique, mais on n\u2019a pas remonté le Gnawa en faisant seulement des reprises des anciens morceaux.On est toujours dans la même audio glo-bine, mais il y a de la fraîcheur et une véritable envie de jouer.On s\u2019est dit qu\u2019on repart pour un disque, et après on verra.» Un CD live de la prochaine tournée pourrait suivre, pendant que le leader poursuit aussi sa carrière solo en confectionnant des chansons qui pourraient devenir plus dénudées, mais toujours toutes de rouge et de noir vêtues.et du Partir, revenir Sur le SO*\" anniversaire de l\u2019indépendance de son pays natal, l\u2019artiste pose aussi un regard critique: «Je n\u2019ai pas fait de chanson là-dessus parce qu\u2019on fait une chanson sur l\u2019indépendance lorsqu\u2019on l\u2019a vraiment.J\u2019ai plus de chansons qui parlent globalement du système planétaire et du capitalisme.» En homme libre, ce que signifie Autres histoires, autres voix Au FINA, plusieurs autres artistes chanteront les histoires ou misères de la vie en donnant un sens au mot « humanité ».Les Sierra Leone\u2019s Refugee All Stars en incarneront l\u2019un des plus vibrants aspects avec leur reggae, leur danse old school et leurs effets de dub.Les Tambours de Brazza s\u2019amènent avec six jeunes fougueux joueurs de fambours ngoma sous la direction du batteur Emile Biayenda pour faire jaillir la flamme congolaise.Oliver Mtukudzi laissera l\u2019empreinte du grand frère Shona avec toute sa sagesse et sa voix aux inflexions spirituelles.Puis, il y a ce projet nommé Madagascar Wake Up, mené par la chanteuse Razia Said avec de brillants artistes malgaches, comme Jaojoby et consorts, pour sensibiliser à la richesse d\u2019une biodiversité menacée.D\u2019autres créateurs présents portent une forte parole inspirée des vagues humaines et des grandes tragédies de la décennie : Bélo, qui est la voix de toute une génération en Haïti, aux VOIR PAGE E 2 : INSOUMIS N LAURENCE ERAGNOL Amazigh Kateb, leader de la formation Gnawa Diffusion f il i r ^ ^ m.m Siiinr BILLETS A MOITIE PRIX* LES MERCREDIS DE I7HÀ2IH Applicable à l'achat d\u2019un billet pour adulte au prix courant de 15 $ GRATUIT POUR LES ENFANTS DE 12 ANS ET MOINS** ** Accompagnés d'un adulte.Non applicable aux groupes.VISITES GUIDEES Horaire sur mbam.qc.ca/popart OFFREZ-VOUS UNE SORTIE HAUTE EN COULEUR DANS L\u2019UNIVERS POP DE TOM WESSELMANN ! mbam.qc.ca/popart M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL métro 3 astral Mï AIR CANADA é WESSELMANN Cette exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal, avec le soutien de la Succession Torn Wesselmann, New York.Torn Wesselmann, Sunset Nude ¥nth Wèssebnann [Nu au crépuscule avec Wesselmann], 2003.Houston, Sanders Collection, avec l'aimable concours de la McClain Gallery.® Wesselmann / SODRAC, Montréal / VAGA, New York (2012).Photo Rick Gardner. E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUILLET 2012 CULTURE >MÜSIQIIE Festival d\u2019été de Québec Underground : plus qu\u2019un film ISABELLE PORTER à Québec La fanfare serbe à laquelle on doit la musique du film Underground est de passage pour deux soirs au Festival d\u2019été de Québec (FEQ).Vive le dépaysement! Le Slobodan Salijevic Orkestar fait partie des exclusivités du Festival cette année, et c\u2019est la première fois qu\u2019il se produit au Canada.Les fans du cinéaste Emir Kusturica connaissent ce groupe sans le savoir, puisque c\u2019est lui qu\u2019on entend dans sa bande sonore de film la plus connue, impossible d\u2019obtenir une entrevue avec l\u2019un des huit membres du groupe : ils ne parlent ni français ni anglais.C\u2019est donc Arnaud Cordier, de l\u2019équipe de programmation, qui répond à nos questions.Leurs spectacles sont tout à fait dans l\u2019esprit du film de Kusturica, dit-il.«C\u2019est une formation à base de cuivres; c\u2019est super entraînant et dansant et en général les mecs ont le sourire ! » C\u2019est grâce au cinéma et au compositeur Goran Bregovic que ce répertoire s\u2019est fait connaître de notre côté de l\u2019Atlantique.«Bregovic est l\u2019instigateur de tout ça.Dans ses trames sonores, il est toujours allé chercher des groupes de musique locaux.C\u2019est une culture qui était connue en Europe depuis longtemps, mais sans lui il n\u2019y aurait pas autant de groupes qui seraient sortis de là.En Erance, ils s\u2019y intéressaient déjà beaucoup.Les Tryo de ce monde s\u2019inspirent beaucoup du genre, alors qu\u2019ici, c\u2019est vraiment associé à la culture cinématographique.» Rien à voir toutefois avec le groupe qu\u2019a créé depuis le cinéaste Kusturica \u2014 le No Smoking Orkestar \u2014, qu\u2019on a vu en 2010 au EEQ et ces derniers jours à Montréal.«Chez Kusturica, c\u2019est plus punk dans l\u2019attitude.Ici, on va plutôt chercher la tradition», explique encore Cordier.En ce sens, le Slobodan Salijevic Orkestar se rapproche d\u2019autres Le Slobodan Salijevic Orkestar est une fanfare à part entière, hyper festive groupes déjà passés au Eestival, comme Taraf de Haïdouks ou Bratsch.«C\u2019est une fanfare à part entière, hyper festive.Les racines sont les mêmes que celles de No Smoking, mais le rendu est différent » Et depuis Underground, qu\u2019est-ce qui s\u2019est passé dans la vie du groupe?Des mariages.Et beaucoup, beaucoup, beaucoup de festivals.«Le film leur a donné une visibilité incroyable.Il y a des festivals de musiques du monde partout Ces groupes-là sont criblés de dates.» Leur succès sur la scène des «musiques du monde» se compare d\u2019ailleurs à celui des bands de musique traditionnelle québécoise invités partout, remarque-t-il.A voir dimanche à 21 h 30 et lundi à 18 h sur la place d\u2019Youville.Riche en soul et en funk Arnaud Cordier a travaillé à ériger une partie de la programmation «en dessous des Plaines», comme il dit, et il connaît bien le volet musiques du monde.Cette année, l\u2019offre est assez riche en musique funk et soul, avec des groupes comme Soul Rebels, Tower of Power, Big Sam\u2019s Eunky Nation, Irreverend James & The Critical Mass Choir, Charles Bradley and His Extraordinaires, Galactic et Bettye LaVette.Cordier attire l\u2019attention sur la formation américaine Orgone et sa «chanteuse à la voix incroyable».Dans le registre des curiosités, il cite aussi la prestation d\u2019Osaka Monaurail, un groupe de funk japonais dont on vous parlera plus longuement lundi.Enfin, dans le créneau des musiques latines, il recommande le groupe belge La Chiva Gantiva et sa mosaïque de nationalités (Colombie, Belgique, Erance, Asie), qui «fait quelque chose d\u2019hy-perexplosif».Dans le bon sens du terme, bien sûr.Pour les détails de la programmation : www.infofestival.com Le Devoir r ¦\t\u2018 * Le Slobodan Salijevic Orkestar vient jouer au Canada pour la première fois.FESTIVAL D\u2019ETE DE QUEBEC JUILLET - DANSE - THE HONG KONG BALLET (CHINE) CAS PUBLIC (Québec) MOMIX(états-unis) ESMERALDA ENRIQUE SPANISH DANCE COMPANY (canada) TREY MCINTYRE PROJECT (états-unis) - MUSIQUE- GINO QUILICO LEWIS FUREY CANADIAN VOCAL ARTS INSTITUTE WWW.FASS.CA P* T CKETPR01 -see-goB-goQO 14^1 PatrlmolPG ' Canadian \u201c ^ \u201c canadien Heritage vxUldlLlci Québec U U ] Desjardins Cniwa dci LwGfrtidci Nord CalMedebV&aâe de* Byi-creiihHaiit Festival international de jazz de Montréal Pays-d\u2019en-Haut AGENCE FRANCE-PRESSE Norah Jones sera en spectacle ce samedi à la salle Wilfrid-Pelletier, En attendant Norah Jones SYLVAIN CORMIER \\ A quelques dizaines d\u2019heures du spectacle, je réécoute.Little Broken Hearts, le disque recensé en ces pages pas plus tard qu\u2019il y a deux mois, et, titillé, plus qu\u2019excité, au bord de l\u2019apoplexie, je me dis: et si?Serait-il Dieu possible que ce samedi soir, sur la scène de Wilfrid, ce soit la Norah Jones ébou-riffée de la pochette qui s\u2019amène, agressive, dangereuse, déchaînée comme les héroïnes de Russ-l\u2019obsédé-des-nichons-as-sassins?Adieu Norah la tendre et son ronron jazzy-soft, bienvenue Norah la craquée, larguée une fois de trop, attaquant pour mieux se défendre, oeü pour œil, dent pour dent, transformée en tigresse toutes griffes dehors, dévoreuse d\u2019hommes et.bête descène?Allez, je me cite intégralement, c\u2019est pas de l\u2019onguent: «La pochette annonce la couleur: pastiche de l\u2019affiche d\u2019un film de Russ Meyer, série B fich-trement amorale de 1965, cul-tissime Mudhoney.Histoire de mauvaise fille.Norah y est la dangereuse échevelée à la place de la pulpeuse Antoinette Chris-tiani.Comprendre : on est en plein \u201ccamp \u201d, au second degré sulfureux.Norah s\u2019amuse ici avec Brian \u201cDanger Mouse \u201d Burton comme celui-ci s\u2019est amusé avec elle pour la bande sonore de son western-spaghetti imaginaire : le génial projet Rome de l\u2019an dernier.De la même façon qu\u2019il s\u2019était bombardé Morricone junior, le voilà Lee Hazlewood de service pour une Norah quasi Nancy Sinatra dans l\u2019attitude.Ouste la douce fille de Ravi et sa tapisserie de ballades jazzy (qui lui ont valu le vilain surnom de Snorah: la soporifique), bonjour la criminelle de Miriam, la vengeresse de la chanson-titre, la désabusée de Say Goodbye.Chaque chanson est un court métrage qui finit dans le sang, la solitude, l\u2019amertume ou le malheur.C\u2019est dire le plaisir.» Bougera?Grincera?De quoi s\u2019attendre à un carnage, non?Pas à en croire Caroline Sullivan du Guardian, qui est sortie début juin du Royal Festival Hall de Londres sur sa faim.Trop détachée, Geethali Norah Jones Shankar.Languissante.Pas concernée.Pas d\u2019ardeur au boulot.Bigre.La collègue Emily Jupp, dans {\u2019Independent, parle du «growing tedium of one languorous song following the next», malgré le bel effet conjugué de la chevelure désordonnée et de la Fender rouge pétant.Inquiétant.En mai, après un spectacle dans une petite salle de Brooklyn, un blogueur décrivait pourtant une jeune trentenaire à l\u2019aise, drôle, sensuelle, capable d\u2019interaction enjouée.C\u2019est le souvenir que j\u2019ai de son passage au Saint-Denis en 2007 : tension sexuelle dans les ballades plus lentes que lentes, mais aussi des exutoires, Creepin\u2019 In donnée quasi rockabilly, saine saucette dans le marécage de Green River (reprise de Creedence Clearwater Revival).Du bon temps.Alors quoi?Alors, quand on regarde les listes récentes des chansons du spectacle, il y a Black, joyau néo-ravioli du projet Rome : ça pourrait bien saigner comme dans un Django.11 y a aussi pas mal de chansons du nouvel album, la grinçante 4 Broken Hearts, la méchante Miriam, la presque twist Out On the Road.Eaute de sueur à la grandeur, on peut raisonnablement souhaiter quelques frissons dans le dos.Et rêver d\u2019égratignures.Le Devoir En spectacle samedi à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA, avec le Jim Campilongo Trio en lever de rideau.A 19 h 30.DÀ écouter > Un extrait du dernier album de Norah Jones, la chanson 4 Broken Hearts sur ledevoir.com Le flamenco libre YVES BERNARD David Pena Dorantes, Renaud Garcia-Pons etThéodosii Spassov: trois artistes de passion aux traditions différentes qui ont rencontré le flamenco d\u2019une façon ou d\u2019une autre.Dorantes, le pianiste andalou, marie le flamenco au jazz et à la musique classique.Garcia-Pons, le contrebassiste français, fait corps et âme avec la Méditerranée.Spassov, le flûtiste bulgare, a révolutionné le kaval.L\u2019union créatrice de ces trois artistes d\u2019exception donne le Pree Plamenco Trio, le projet qu\u2019ils offrent samedi à la Maison symphonique avec Tete Pena, percussionniste et quatrième mousquetaire.Au centre du projet.Dorantes: «J\u2019avais travaillé avec Spassov en Bulgarie et je l\u2019avais invité sur mon disque Sur, raconte-t-il par écrit.Quant à Garcia-Pons, fai souvent collaboré avec lui.En trio, nous nous sommes réunis pour la première fois en Hollande et, vraiment, nous fûmes enchantés de l\u2019expérience.» Le son des autres Si le répertoire du Pree Plamenco Trio repose essentiellement sur les compositions de Dorantes, les deux autres créateurs feront entendre une de leurs œuvres, en plus de s\u2019accorder des solos.En quels mots Dorantes décrit-il ce moment dénué de contraintes et pourtant ancré dans le flamenco ?« Un projet de liberté avec bon goût et beaucoup de connaissances.» 11 a placé le piano en avant dans un monde de guitare, de chant et de danse.Sur disque, il a créé un style aéré sur un flamenco jazz très orchestré, coloré de teintes brésiliennes et même orientales.Sa musique respire, mais son attaque peut devenir percutante.11 dépeint Garcia-Pons: «C\u2019est la beauté du son, la précision, l\u2019amplitude de l\u2019esprit et une expression merveilleuse.» Ajoutons d\u2019autres mots qui lui conviennent: vélocité, pizzicato, résonances du guimbri, du kalimba, du berimbau autant que du violoncelle, de l\u2019alto et même de l\u2019oud au bout d\u2019un seul instrument.Dès 1997, à la sortie du disque Oriental Bass, le maître des voyages imaginaires en cinq cordes écrivait son intention : «J\u2019ai rêvé d\u2019une contrebasse, mi-tzigane, mi-mau-resque, voyageant de l\u2019Inde à l\u2019Andalousie.» Reste ce Spassov, le moins connu des trois pour l\u2019instant: figure nationale en Bulgarie, emblème de la flûte ancestrale des bergers, issu des mondes de Philip Koutev, du Mystère des voix bulgares et même de Riverdance.11 a posé son instrument sur le folklore, qu\u2019il mélange au jazz et à la musique classique, tout comme Dorantes qui lui réserve également quelques mots : « Un virtuose avec un sens du rythme prodigieux.» Le parcours semble tracé pour un flamenco libre aux essences universelles.Collaborateur Le Devoir DORANTES, RENAUD GARCIA-FONS ET THEDOSII SPASSOV, FREE FLAMENCO TRIO A la Maison symphonique de Montréal, samedi 7 juillet à 19 h Renseignements: b- 514 871-1881, 1 85jazzfest INSOUMIS SUITE DE LA PAGE E 1 muses vaudou, soul et reggae; Emel Mathlouthi, une figure de proue de la révolution tunisienne pour la première fois ici en version actualisée; Dub Inc et son reggae ragga toujours efficace; Lamine Pellah et Sarazino, avec son ska reggae mondial; Rômmel Ribeiro, un espoir de la chanson brésilienne de Montréal; et l\u2019attendrissant Zal Sissokho, dans son écho mandingue.Depuis quelques années, sous l\u2019impulsion des programmateurs Prédéric Kervadek et Hélène Dimanche, le PINA a réussi le pari de l\u2019équilibre entre les musiques de racines et les nouvelles tendances urbaines.A cause de cela, l\u2019édition de l\u2019an dernier fut l\u2019une des meilleures.Rien n\u2019indique, du moins sur papier, que le calibre de cette année seça inférieur.Et le spectre y sera plus large.A preuve, la série Nuits d\u2019Afrique Sound System, qui revient avec Awadi et Spoek Mathambo, Saltarello avec ses voies caverneuses et éthérées, Roberto Lopez avec six spectacles différents, entre autres.Sans compter quatre jours de concerts gratuits à l\u2019extérieur, dont ceux de Sergent Garcia, de Calypso Rose, de Nimbaya et du dernier allumeur: Tiken Jah Pakoly.Quand l\u2019insoumission et la tradition s\u2019emparent de la place du village.Collaborateur Le Devoir FESTIVAL INTERNATIONAL NUITS D\u2019AFRIQUE Du 10 au 22 juillet, dans sept salles et au parterre du Quartier des spectacles Renseignements: b 514499-FINA www.festivalnuitsdafrique.com D A écouter > la pièce Malika Mouta 7 ajiba de Gnawa Diffusion sur ledevoir.com LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUILLET 2012 E 3 CULTURE CIRQUE Danser dans son assiette ISABELLE PARE Après un printemps auréolé de casseroles, Montréal complètement cirque ajoute au tintamarre avec Cuisine de Pan, un objet curieusement hybride où hip-hop et cirque s\u2019insinuent entre poêle et frigo.Entre la pomme et la poire, six danseurs et acrobates sont aux fourneaux pour faire lever la sauce, mettre la cuisine sens dessus dessous et faire sauter la marmite.Toute une allégorie culinaire, que cette Cuisine de Pan, servie sur lit de break dance par la compagnie française Chute libre, abonnée aux prestations livrées dans des lieux incongrus, inspirés du quotidien.Pour sa première visite à Montréal, la bande fera feu de tout bois en propulsant sa danse échevelée sur le plancher et les murs de la cuisine, là où se touille la bouffe et se préparent les agapes.Au Québec, s\u2019ajoute une énième dimension au choix de ce lieu iconique, puisque c\u2019est en cuisine que naissent ici les partys, les assemblées où l\u2019on refait le monde, et où mijotent les microrévolutions, tranquilles ou pas.Née de la rencontre de Pierre Bolo, danseur hip-hop depuis 1995, et d\u2019Anabelle Loiseau, la compagnie nantaise Chute libre en est à sa cinquième création avec cette chorégraphie qui rapatrie le cirque dans son giron.«Nous aimons pirater l\u2019ordinaire dans des chorégraphies décalées.Quatre de nos créations se passaient dans des lieux du quotidien.Pour nous, la cuisine, c\u2019est l\u2019intériorité et l\u2019expression de la diversité des personnages.C\u2019est l\u2019exploration d\u2019un monde intérieur.Ce lieu parle à tout le monde, mais chacun peut y voir sa propre symbolique», explique Pierre Bolo, un friand de cirque qui a recruté pour l\u2019occasion un spécialiste du mât chinois.Le premier opus du groupe était planté dans un salon, le second, dans un jardin.Cette fois, la cuisine est le lieu d\u2019une joyeuse tambouille qui tiendra plus de la ripaille festive et du combat des chefs que de la nouvelle gastronomie.Comme un cheveu sur la soupe L\u2019action démarre, pépère, lors d\u2019un déjeuner, si- STEPHANE TASSE Cuisine de Pan mitonne un cirque à la sauce break dance et danse de rue.mulacre du train-train ennuyant de la routine quotidienne.Mais rapidement la danse et le jeu vont mettre le feu aux fourneaux et insuffler un joyeux bordel dans cette bulle.Ultimement, on met la table pour que le presto éclate, et les graffitis et les explosions font office d\u2019éclaboussures.Bref, on brasse, ça mijote, puis ça bout, jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019une ratatouille bien piquante.«C\u2019est un spectacle complètement chorégraphié avec une toile de fond assez théâtrale.On joue sur les différentes surfaces d\u2019appui, les murs obliques, les tables à plat», explique Pierre Bolo.La gestuelle, empruntée au break dance et à la danse de rue, mime aussi les gestes et rituels culinaires, essuyant une table au passage, hachant menu le plat du jour.Le mât chinois viendra faire incursion dans cette tablée où l\u2019on passe sur et sous la table, où on débarque comme un cheveu sur la soupe, s\u2019éjectant du frigo, sans demander son reste.Le plat du jour se mitonne au rythme d\u2019une macédoine musicale assez hétéroclite, mêlant bruits de friture, murmures radiophoniques et échantillonnages de chansons de Jacques Brel et d\u2019airs d\u2019opéra.«Au départ, c\u2019est plus un spectacle de danse, auquel le cirque vient donner un relief», de dire le chorégraphe.L\u2019inclusion de Chute libre dans la programmation de Montréal complètement cirque traduit tout à fait le vent qui souffle depuis quelques années sur les arts de la piste, de plus en plus poreux aux autres formes d\u2019art, que ce soit la danse contemporaine, les arts visuels ou le théâtre.L\u2019inverse est aussi vrai, puisque plusieurs formes d\u2019art, dont la danse, invitent désormais le cirque à leur table.Avec Cuisine de Pan, le couvert est mis, sans menu définitif, dans le but avoué que chacun y ajoute son grain de sel et sa folie.Le Devoir CUISINE DE PAN Chute libre À l\u2019Usine C Du 7 au 9 juillet, 16h et 19 h Cette fin de semaine à Montréal complètement cirqne : LÉO atterrit à Montréal samedi et jusqu\u2019à lundi, au théâtre Outremont.Le spectacle mis en scène par le comédien québécois Daniel Brière a été encensé lors de son passage au Carrefour de théâtre de Québec, début juin.Vague de cirque présente Carrousel et corde à linge aujourd\u2019hui (16h et 19h) et demain à la Tohu.Ia Bande artistique, duo formé d\u2019une chanteuse d\u2019opéra et d\u2019un clown, propose à l\u2019Espace libre Parfois dans la vie les choses changent, aujourd\u2019hui (14 h et 19 h) et demain.Evénements extérieurs: Carpe Diem offre au public (14h et 20h) des envolées quotidiennes au trapèze dans le Vieux-Port de Montréal.FRANCE TELEVISION François-Xavier Demaison a confirmé son talent d\u2019acteur dans la quatrième saison de la série télévisée Fais pas ci, fais pas ça, diffusée sur les ondes de France Télévision.Il y jouait le rôle de Jean-Pierre Bouley.Le cri de la liberté de François-Xavier Demaison FABIEN DEGLISE Il a été fiscaliste à New York, bouleversé par les attentats du 11-Septembre, qu\u2019il a vécus de près depuis son bureau de Manhattan.Mais dans une vie antérieure, François-Xavier Demaison semble aussi avoir été un petit oiseau en cage qui aujourd\u2019hui aime crier sur scène son goût de la liberté.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que l\u2019artiste a fait à Montréal il y a quatre ans avec sa première création comique, intitulée Demaison s\u2019envole, accueillie favorablement par la critique.Cette année, il est de retour avec Demaison s\u2019évade, nouveau spectacle pour homme seul.Et bien sûr, tout ça témoigne d\u2019une certaine suite dans les idées.«Il faudrait demander pourquoi à mon psychanalyste, mais il y a effectivement dans le titre une énergie qui me ressemble», lance à l\u2019autre bout du fil l\u2019humoriste atypique qui, le 14 juil-leL va monter sur la scène de la Cinquième salle de la Place des Arts, pour quatre soirs de représentation dans le cadre du festival Juste pour rire.«Je suis effectivement épris de liberté et la scène me donne l\u2019occasion d\u2019assouvir ce besoin.C\u2019est un espace dans lequel je peux m\u2019échapper de mon quotidien, des codes, des certitudes, des systèmes.J\u2019y incarne des personnages qui donnent leur regard sur le monde et surtout qui ont la liberté de dire des choses que je n\u2019oserais pas dire moi-mème ailleurs que là.» La formule a été éprouvée dans sa première proposition artistique qui, au milieu des années 2000, a assuré cette mutation qui l\u2019a fait passer de la condition d\u2019homme de chiffres et de finance troublé par la vacuité de sa profession à celle d\u2019artiste drôle, solide et adulé.En 2008, rappelons-le, il a incarné avec force son prédécesseur sur la scène de l\u2019humour en France, Coluche, dans un film orchestré par Antoine De Cannes.L\u2019automne dernier, à la Gaîté Montparnasse de Paris, c\u2019est avec la même fougue et surtout la même philosophie, celle de disséquer son présent par le rire, que Demaison a assemblé ce nouveau spectacle dans lequel il avoue avoir ajouté un petit plus: du cynisme, en dose suffisante, que le présent aurait apporté de lui-même dans la préparation, dit-il.Travers et paradoxes Avec la même rigueur, Demaison prévient qu\u2019il va une nouvelle fois observer ses contemporains, sans complaisance, pour mieux tirer sur le fil de leur folie, de leurs travers, de leurs paradoxes, jusqu\u2019au rire.«Je ne fais de cadeau à personne, dit-il.Le réel et les gens que je rencontre m\u2019inspirent.Parfois, après le spectacle, des personnes viennent me voir pour me dire que je suis allé trop loin dans certaines caricatures.Je leur réponds que c\u2019est finalement en dessous de la réalité que j\u2019ai pu observer.» Trop loin?Demaison n\u2019est pas réputé pour y aller.Mais il pourrait s\u2019en approcher avec son personnage de grand patron d\u2019une entreprise cotée au CAC 40 \u2014 l\u2019indice boursier français \u2014\tobligé d\u2019aller prendre l\u2019air sur un terrain de golf après que son usine a été prise d\u2019assaut et occupée par des employés en colère.Même chose avec ce couple de bourgeois parisiens franchement «colons» \u2014 c\u2019est lui qui le dit \u2014 qui viennent d\u2019acheter un riad à Marrakech, au Maroc \u2014\tces maisons traditionnelles des milieux urbains marocains \u2014, pour le transformer en auberge.Quant au séminaire fictif conçu pour apprendre à tromper son mari ou sa femme sans se faire attraper, il annonce forcément le pire.Les grandes lignes sont livrées.Elles devraient aussi s\u2019inscrire dans une trame comique finement tissée par Demaison, dont le style, par les temps qui courent, fait plaisir à rire.Une trame qui trouve sa source dans la critique du présent mais aussi dans la violence de ses injustices et de ses dérives, que l\u2019artiste aime souligner sans ménagement.«J\u2019aime que mes personnages lâchent des énormités avec beaucoup de sincérité, et surtout avec une violence qu\u2019ils ne mesurent pas.» Et forcément, les planches de la Place des Arts devraient s\u2019en souvenir.Le Devoir DEMAISON S\u2019ÉVADE François-Xavier Demaison A la Place des Arts, du 14 au 17 juillet 2012 ZOOFEST Quand le Bref mène loin FABIEN DEGLISE On aurait pu croire qu\u2019il n\u2019était que l\u2019ami un peu grossier du personnage principal de la websérie phénomène Bref, cette création originale qui a fait sensation l\u2019automne dernier en France et partout ailleurs sur la Toile.Que non ! Le comédien français Kheiron \u2014 oui, celui qui adresse le fameux texto contenant huit «a», comme dans «baise-làààààààà», à son pote en train de draguer \u2014 serait finalement bien plus que ce barbu furtif passant ici et là dans ces capsules vidéo bien de leur temps.Et il compte en faire la démonstration dès lundi avec son spectacle comique intitulé Libre éducation, présenté dans le cadre de Zoofesp cuvée 2012.En première nord-américaine.«Montréal, c\u2019est la mecque de l\u2019humour pour moi, lance l\u2019artiste, accroché cette semaine au bout de son cellulaire à Paris, entre une visite chez le dermatologue et un panini mangé lors de l\u2019entrevue pour ne pas perdre de temps.Ce sera une première pour moi et je suis très excité à l\u2019idée de jouer à cet endroit, sur la terre de Pierre Légaré et de Sugar Sammy, que j\u2019admire beaucoup.» Montée par la succursale française de l\u2019empire Juste pour rire au Théâtre de Dix Heures à Paris au début de l\u2019année, l\u2019aventure comique met en scène l\u2019artiste seul avec sa rafale de blagues en tout genre, testées sur des humains «lors des cinq dernières années un peu partout en France» et dont il «n\u2019a conservé que les meilleures» pour ce spectacle «sans fil conducteur», dit-il, lui qui prétend vouloir faire rire les gens qui s\u2019y exposent une fois «toutes les sept secondes».11 va y être question de lui, des autres, de sa famille, de son public qu\u2019il malmène parfois, du regard qu\u2019il pose sur les obligations de son époque et un peu de son passé d\u2019éducateur en garderie, un job dont il s\u2019est débarrassé depuis, la faute à sa carrière sur scène en pleine ascension.Fils de.Acerbe, caustique, fin et plutôt rentre-dedans, comme on dit par chez lui et à en juger par le matériel qui circule actuellement sur une Toile près de chez nous, Kheiron a fait ses classes dans le cadre du Comedy Club de Jamel Debbouze.11 promet de n\u2019épargner personne, ni même les nombreuses ethnies composant l\u2019humanité que ce fils du sociologue iranien Hibat Tabib, spécialiste entre autres du décrochage scolaire, aime souvent chatouiller.«Il n\u2019y a pas de politique, pas d\u2019actualité, que des sujets intemporels», résume l\u2019artiste qui, aux côtés de Kyan Khojandi, Alice David, Bérengère Krief et d\u2019autres, a donné corps à la série Bref.Les producteurs ont toutefois annoncé la semaine dernière qu\u2019ils débranchaient la prise après quelque 80 épisodes et un succès mondial.dans la francophonie du moins, plutôt retentissant.Kheiron, qui dit ne pas manquer de projets, ne s\u2019en inquiète pas.«Bref, ç\u2019a été une vitrine extraordinaire, un joli coup de projecteur», dit-il quand on lui demande quelle sera sa vie après l\u2019aventure.«Pour moi, il n\u2019y a pas eu de véritable avant et après Bref.C\u2019est un grand tout.» Bien sûr, ses apparitions comiques dans ces capsules, mettant en scène l\u2019air du temps, lui ont valu la visite d\u2019un plus grand nombre de journalistes au théâtre parisien où il vient de s\u2019exposer, surtout pour un «inconnu de son espèce», comme il aime se définir.Elles lui confèrent aussi, à l\u2019aube de la présentation de son spectacle ici, le même intérêt démesuré par rapport à d\u2019autres artistes de la grille de programmation.Intérêt avec lequel Kheiron compose avec un naturel évident et une absence de suffisance qui l\u2019honore.«C\u2019est vrai que j\u2019arrive à Montréal dans des conditions idéales», dit celui qui va également être mis à contribution dans deux galas de Juste pour rire ainsi que dans un spectacle en plein air.«Mais pour moi, c\u2019est un test; ça va me permettre de jauger ce que valent mes blagues ici», et pas juste celles qui contiennent huit «a» ! Le Devoir LIBRE ÉDUCATION Kheiron Aux Katacombes de Montréal, du 9 au 13 juillet r\\ Hydro Québec LE FESTIVAL DE lanaudiere Le plus grand festival de musique classique au Canada MOMENTS UNIQUES 7 JUILLET au 5 AOÛT 2012 présente en collaboration avec CONCERT D\u2019OUVERTURE \u2014 35^ ANNIVERSAIRE Samedi 7 juillet / 20 h ORCHESTRE DU FESTIVAL\tCHŒUR SAINT-LAURENT Jean-Marie ZEITOUNI, direction CANTATA SiNGERS OF OTTAWA Frédéric ANTOUN, ténor\tMichael ZAUGG, chef de chœur Programme : BERLIOZ a\" Hydro Québec OJoliette CONCERT MARIE-NICOLE LEMIEUX CHANTE ROSSINI Vendredi 13 juiiiet/20 h ORCHESTRE DE CHAMBRE I MUSICI DE MONTRÉAL Jean-Marie ZEITOUNI, direction Marie-Nicole LEMIEUX, contralto Programme : ROSSINI Billetterie 450 759-4343 /1 800 561-4343 | lanaudiere.org ODesJaidins ^ Canada E] \"\"©YAIIIAHA\tÔSSÏÏÏSaSS Compétition OURS D\u2019ARGENT FESTIVAL DE BERLIN ?-Marc-André Lussier.«Une Sidérante La Presse\tbeoute picturole.» - Martin Biiodeau, Le Devoir LE CHEVAL DE TURIN UN FILM DE BELA TARR a A L\u2019AFFICHE! E V.O.AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS EXC3NTRIS \u2014II-CINÉMA 514847-2206 CONSULTEZ L ¦ B\tA n I GUIDES-HOIV^IRES LE CLAP DES CINÉMAS ?« Une œuvre sensuelle et puissante! » Véroniquo Harvoy, 24 houres « Un plaisir sensuei conçu pour ie grand pubiic.» Aline Apostolska, La « D\u2019une grande beauté et d\u2019une remarquable qualité d\u2019exécution.» André Lavoie, Le Devoir 88 un film de CARLOS SAURA rr»!\tUjggug\tmétrDfDole G À\tI VERSION ORIGINALE TCINÉMA REAURIEN1 A I \"AEEIOIIB 1 ESPAGNOLE AVEC yEfDK-ciiriSnf GUIDES-HORAIRES A k ArriwnE ¦ SOUS-TITRES FRANÇAIS I 2306, Beaubien E.721-6000 | qeS CINÉMAS lefilms.com î Hydro Québec présente LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET LA MUSIQUE DES GRANDS ESPACES DU 16 JUIN AU 2 SEPTEMBRE 2012 Ce soir : Les deux plus grands duos de guitares de la scène internationale réunis au Domaine Forget Jeudi 12 juillet, 20 h JAN LISIECKL piano Œuvres de Messiaen, Bach, Martinu, Mozetich, Paderewski et Chopin ^ iA 1^ Desjardins IS&I Caiss« d'économie $olidair« Jan Lisiecki Vendredi 13 Juillet, 20 h Soirée russe en compagnie du légendaire QUATUOR BORODINE Œuvres de Tchaikovski et Glinka Quatuor Borodine Samedi 14 Juillet, 20 h L'INCOMPARABLE MARIE-NICOLE LEMIEUX CHANTE ROSSINI I Musici de Montréal Jean-Marie Zeitouni, chef d'orchestre Marie-Nicole Lemieux LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de l'été, 10 h 30 et 12 h 30 Évasion gastronomique et musicale 8 Juillet I De DJango à Grappelli en passant par Ellington et Parker Sylvain Neault Jazz Trio INFORMATiON ET RÉSERVATIONS : 1 888-DFORGET (336-7438) domaineforget.com 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage v^U\u20acD\u20acCEaii ^^^JEUNESSE^ L\u2019AGENDA L\u2019HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR E4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2012 ï MUSIQUE unTfilm deiStefamlvanov FESTIVAL DE LANAUDIERE 2012 Talents d\u2019ici et d\u2019aUleurs CHRISTOPHE HUSS Le Festival de Lanaudière s\u2019ouvre samedi aux sons, tonitruants et parfois effrayants, du Requiem de Berlioz.L\u2019édition 2012 se distingue par la forte présence de talents québécois à l\u2019éminence croissante.Le père Fernand Lindsay, créateur du Festival de Lanau-diére, n\u2019aurait peut-être jamais osé en rêver: un festival, le plus grand en ce qui concerne la musique classique au Canada, qui peut revendiquer la dénomination de «festival international» et dont la programmation implique majoritairement des artistes québécois.Prophètes ailleurs De tout temps il y eut des artistes québécois \u2014 chanteurs notamment \u2014 à grande réputation internationale.Mais certainement pas au point de cimenter la programmation d\u2019un festival couvrant cinq fins de semaine! Et on ne parle même pas là des concerts, les 3 et 4 août, de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, vieil habitué de Lanaudière, au point de faire partie des us et coutumes.Non, on pense, par exemple, à Marie-Nicole Lemieux, qui se produira le 13 juillet.(3ette chanteuse de Dolbeau-Mistassini, coqueluche du Tout-Paris lyrique, conquiert toutes les scènes européennes.Si l\u2019amphithéâtre était en banlieue parisienne, il serait déjà complet! Yannick Nézet-Séguin, qui reproduira le 28 juillet un fameux concert de 1808 qui vit la création, le même soir, des Symphonies 5 et 6 de Beethoven, nous arrive de Berlin, où il vient de diriger pour la seconde fois le fameux Philharmonique.Ses concerts au huppé auditorium de Baden-Baden sont courus et il enregistre les opéras de Mo- zart pour Deutsche Grammo-phon \u2014 première parution Don Giovanni à l\u2019automne.Les Violons du Roy et Bernard Labadie, qui aborderont la 9\" Symphonie de Schubert le 20 juillet, font se lever les foules à (Carnegie Hall et à Los Angeles.Labadie est l\u2019un des çhefs les plus demandés aux Etats-Unis pour enseigner le répertoire classique aux grandes formations orchestrales.Alain Lefèvre tentera de remplir Uam-phithéâtre, samedi 14 juillet, avec un récital de piano seul, lors duquel il créera les 24 préludes d\u2019un compositeur québécois: François Dompierre! Quant au ténor soliste de ce soir, Frédéric Antoun, il a désormais l\u2019estampille du Curtis Institute of Music de Philadelphie et a chanté au New York City Opera, au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, au Châtelet à Paris et s\u2019apprête à faire ses débuts au Royal Opera House de Covent Garden à Londres.En ajoutant Jean-Marie Zeitouni, chef de l\u2019Orchestre de Columbus, pour le concert d\u2019ouverture et celui du 13 juillet, et un concert Gershwin de Stéphane Laforest, on se retrouve, sans vraiment rougir, avec une seule grande visite internationale à l\u2019Amphithéâtre Fernand-Lindsay : celle de l\u2019Orchestre symphonique de Pittsburgh et de son chef Manfred Honeck, les 21 et 22 juillet.Le plus européen des orchestres américains La venue au Festival de Lanaudière, il y a deux ans, de l\u2019Orchestre de Pittsburgh fut une véritable révélation.Les deux concerts, avec de mémorables prestations dans des chevaux de bataille du répertoire (7\" Symphonie de Beethoven et 1\" Symphonie de Mahler), ont illustré à quel point certaines FELIX BROEDE Le chef Manfred Honeck phalanges B des Etats-Unis \u2014 Pittsburg, Cincinnati, Minnesota, Saint Louis, pour nommer le carré d\u2019as des outsiders \u2014 rivalisent désormais en qualité avec le fameux «Top 5» que sont New York, Chicago, Boston, Cleveland et Philadelphie.«L\u2019Orchestre de Pittsburgh n\u2019est pas une machine américaine clinquante: son principal atout est de témoigner d\u2019une culture sonore qui allie les atouts de fermeté et de puissance des orchestres du continent et des couleurs qui pourraient provenir d\u2019Europe centrale.» C\u2019est ce que Le Devoir écrivait il y a deux ans.On espère vivre les mêmes frissons dans la 5\" Symphonie de Tchaïkovski, le Concerto pour violoncelle de Dvorâk samedi et les.Valses de Strauss dimanche.A ce propos, rappelons que Manfred Honeck, ancien membre du Philharmonique de Vienne, a joué certaines de ces valses sous la direction de Carlos Kleiber.Dans les églises Les autres visites internationales seront celles de solistes, qui se produiront dans les églises de la région les lundis et mardis.C\u2019est la violoniste ja- ponaise Midori qui ouvre la séquence, avec les sonates et partitas de Bach, à Sainte-Mé-lanie et à Repentigny, les 9 et 10 juillet.La semaine suivante est nettement plus affriolante, avec deux grands pianistes : le raffiné Benedetto Lupo, lundi 16 juillet à Saint-Sulpice, et le puissant Alexander Melnikov, mardi 17 juillet à l\u2019église de Saint-Paul-de-Joliette.Le pianiste italien, bien connu dans Mozart à Montréal, nous a surpris cette saison avec un grandiose Concerto pour la main gauche de Ravel à la Maison symphonique.Il se présentera au Festival de Lanaudière avec Schumann {Fantasiestücke op.12 et Nachtstücke op.23) et Brahms {Rhapsodies op.79 et Fantaisies op.116).Melnikov, qui vient de nous donner, chez Harmonia Mundi, la plus magique interprétation des deux Concertos pour piano de Chos-takovitch, l\u2019un des disques de l\u2019année 2012, présentera la Wanderer Fantasie de Schubert et les Préludes et Fugues, op.87 1 k 12 de Chostakovitch, qu\u2019il a joués à Berlin, à New York et à Tokyo.La semaine suivante sera entièrement assumée par le nouveau Quatuor Orford.Les trois Quatuors «Razoumovski» de Beethoven seront le fil conducteur de ces trois soirées, et c\u2019est un autre Canadien, le pianiste Stewart Goodyear, qui conclura la présence festivalière dans les églises en interprétant des sonates pour piano de Beethoven, un corpus qu\u2019il est en train d\u2019enregistrer.Le Devoir FESTIVAL,DE LANAUDIERE Du 7 juillet au 5 août.Renseignements: lanaudiere.org.Billets: 1 800 561-4343 CULTURE.CINEMA Bons cops, bad cops Dans le film Omertà, politiciens et mafieux semblent se rouler dans la même fange FRANÇOIS LEVESQUE AU milieu des années 1990, la série Omertà fît les bçlles heures de la télévision d\u2019Etat.En flic pugnace, Michel Côté marqua l\u2019imaginaire collectif.Omertà révéla en outre au public un certain Luc Picard et vint asseoir la réputation de scénariste de Luc Dionne.Aux côtés du vétéran Michel Côté, Patrick Huard fait son entrée dans l\u2019univers sinueux et viril de l\u2019auteur, qui assure cette fois lui-même la mise en scène du long métrage Omertà.Tous trois se sont entretenus avec Le Devoir.Inspiré par la saisie à Hong-Kong de 16000 tonnes d\u2019or fourré au tungstène, Omertà ramène à Uavant-scène l\u2019enquêteur Pierre Gauthier, aujourd\u2019hui riche propriétaire d\u2019une firme de surveillance.Embauché par son ancien patron (devenu entre-temps ministre), Gauthier charge sa meilleure recrue d\u2019infiltrer le personnel de Steve Bélanger, un restaurateur montréalais acoquiné à la mafia, laquelle s\u2019apprêterait à inonder le marché d\u2019or de pacotille.Flic story Michel Côté a l\u2019habitude de revisiter ses personnages.On pense aux quatre protagonistes de Cruising bar 1 et 2, mais surtout à Broue.«Dans ma carrière, j\u2019ai fait relativement peu de télévision, rappelle Michel Côté.Mais en 1996, j\u2019ai vraiment été gâté.Le même soir, je jouais Jean-Lou dans La petite vie et Gauthier dans Omertà.» La folle et le flic: large éventail, on en conviendra.Très franc, l\u2019acteur précise que reprendre un personnage comporte des avantages, mais aussi des inconvénients.«Quand tu connais ton personnage, t\u2019as pas à le recréer.Tu sais que tu peux faire ça et ça, ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le réalisateur Luc Dionne et les acteurs de son film lors du lancement le 18 juin.mais pas ça; que tu peux aller là et là, mais pas là.T\u2019as pas à te casser la nénette.Sauf que moi, je suis un acteur qui aime disparaître derrière ses personnages et risquer des rôles différents, comme d\u2019incarner le commandant Fiché et ensuite le psychopathe dans Le sens de l\u2019humour.Je suis aussi un acteur fier.Or, Gauthier, je l\u2019ai joué dans trois séries et c\u2019est certain que de l\u2019incarner de nouveau, ça ne va pas impressionner les gens », confesse-t-il avec une candeur désarmante.Au dire même de Michel Côté, le rôle qui risque d\u2019attirer l\u2019attention est celui défendu par Patrick Huard.Agent trouble «Je n\u2019éprouve aucun problème à camper un personnage antipathique ou moralement ambigu, confesse pour sa part la vedette de Funkytown.Les zones d\u2019ombre sont intéressantes.Quand Luc Dionne m\u2019a dit qu\u2019il était en train de m\u2019écrire un rôle, surtout qu\u2019il m\u2019a donné les grandes lignes du personnage de Steve Bélanger, fai tout de suite embarqué», révèle Patrick Huard.Une fois l\u2019intérêt de l\u2019acteur confirmé, Luc Dionne demeura en contact avec lui afin de discuter du personnage.«Ce niveau d\u2019implication là est vraiment stimulant.Après, à la lecture du scénario, il y a comme un petit côté sur mesure.Star-buck, ça s\u2019est présenté comme ça aussi.» Contrairement à l\u2019attendrissant David Wozniak cependant, Steve Bélanger risque fort de s\u2019attirer l\u2019opprobre des spectateurs.Une perspective que Patrick Huard accueille avec le sourire.«Je veux bien que les gens m\u2019aiment comme acteur, mais ils ne sont pas obligés d\u2019aimer mes personnages.» Le maître de la Camorra Intimidant pour Luc Dionne de revisiter le succès qui l\u2019a lancé?«Non, de répondre fauteur tout de go.Cet univers-là, c\u2019est moi qui l\u2019ai créé.Je le connais à fond.Et j\u2019y suis très à l\u2019aise.Retrouver ces personnages, c\u2019est comme retrouver un amour de jeunesse.» Omertà est personnel à plus d\u2019un égard.Ces dernières années, en effet, Luc Dionne a davantage baigné dans la réalité historique en pondant le scénario de Monica la Mitraille et en écrivant et en réalisant des films sur Aurore Gagnon et André Mathieu.«La biographie est un genre contraignant.Je ne peux pas inventer une vie à André Mathieu.Dans Omertà, Je tombe dans la fiction.Je peux faire faire n\u2019importe quoi aux personnages.» Lorsqu\u2019on lui demande si, à l\u2019instar de ce que suggère le film, Luc Dionne est d\u2019avis que la politique et la mafia, c\u2019est du pareil au même, le réalisateur répond par des questions.«Est-ce que, parce qu\u2019une chose est légale, elle est moralement acceptable ?Pourquoi, jadis, la police entrait dans les bars de machines à sous et arrêtait tout le monde alors qu\u2019aujourd\u2019hui, les mêmes machines à sous placées dans les mêmes bars appartiennent au gouvernement?Qu\u2019est-ce qui a changé ?Est-ce que c\u2019est moralement plps acceptable parce que c\u2019est l\u2019État qui gère les machines?» Des questions à placer sous omertà?Le film prend l\u2019affiche mercredi.Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUILLET 2012 E 5 CULTURE >CINEM A -i- frt WÉ t;Ut //; 7, .' \u2022\u2019\u2019é iUê 'ihH\u2019' ' V' mméff.\t¦ 4 m!ilm i /SI\u2019 l'W-fk 'r UNIVERSAL Ce film met en scène les membres d\u2019un réseau de vente de cannabis de la Californie.Appelez Drogue secours ! Savages est parmi les moins bons coups d\u2019Oliver Stone SAUVAGES (V.F.DE SAVAGES) Réalisation: Oliver Stone.Scénario: O.Stone, Shane Salermo, Don Winslow, d\u2019après son roman.Avec Blake Lively, Aaron Johnson, Taylor Kitsch, Salma Hayek, Benicio Del Toro,John Travolta.Photo: Daniel Mindel.Montage: Joe Hutshing, Stuart Levy, Alex Marquez.Musique: Adam Peters.États-Unis, 2012,130 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Savage^ marque pour Oliver Stoue uu retour daus l\u2019uui-vers des uarcotrafiquauts.Eu effet, avaut de s\u2019imposer comme ciuéaste avec Platoou, eu 1986, le laruéat d\u2019uu Oscar pour le scé-uario de Midnight Express écrivit celui du film-culte Scarface poru Briau De Palma.Eu cette occa-siou, Stoue ue se couteuta pas d\u2019adapter le film origiual de Howard Hawks: il trausposa l\u2019ac-tiou de Chicago à Miami, remplaça la coutrebaude d\u2019alcool par le trafic de cocaïue, et fit du gaugster italo-américaiu uu émi-cubaiu débarqué eu sol amé-ricaiu daus la foulée de l\u2019exode de Mariel.Recherchiste infatigable et déjà cousommateur de drogue uotoire, Oliver Stoue passa deux mois au pays de Ei-del Castro afin de fouiller convenablement son sujet.Devant son plus récent long-métrage, on doute qu\u2019il se soit donné tant de mal cette fois.Les choses s\u2019annoncent poru-tant bien.Un fini granuleux, des silhouettes masquées, des hommes enchaînés qui supplient l\u2019objectif du regard, un bruit de tronçonneuse: ainsi, Oliver Stone s\u2019oflfe un clin d\u2019œil grinçant à l\u2019une des plus célèbres scènes de Scarface en guise d\u2019ouverture.C\u2019est de circonstance.Si seulement le reste avait été de la même eau.Savages se déroule dans l\u2019environnement luxueux et sexy de Laguna Beach, en Californie.Tout le monde il est beau, tout le monde il est jeune, tout le monde il est surfeur.Et tout le monde il fume du pot.Ben et Chon (à ne pas confondre avec Cheech et Chong) l\u2019ont compris et, depuis six ans, ils sont à la tête d\u2019un réseau de vente de cannabis suffisamment développé pour leur assurer une vie de pacha, à eux ainsi qu\u2019à Ophelia, la fille qui leur a donné son cœur à tous les deux.En faif la marijuana de Ben et Chon est tellement bonne qu\u2019Elena, une narcotrafiquante mexicaine, a décidé de procéder à un rachat hostile.Question de mettre un peu de pression sur les entre-prenerus indépendants, la seno-rita sadique kidnappe la pauvre Ophelia.Entre brosse à dents et salade verte, les demandes de cette dernière envers ses geôliers ne permettent guère de conclure à un profond état de choc, mais passons.On comprend que quelque chose cloche bien avanf dès la deuxième scène.11 s\u2019agit du véritable prologue, ce qui n\u2019empêche pas ensuite une très longue et très laborieuse mise en place en attendant l\u2019action.Bref, dans la séquence en question, l\u2019image vire inexplicablement au noir et blanc alors que la ravissante Ophelia prend la pose sur la plage, sa silhouette sculpturale se découpant devant un océan aussi photogénique qu\u2019elle.Vrai que Blake Lively, l\u2019actrice qui interprète Ophelia, pourrait faire de la réclame pour Calvin Klein.N\u2019empêche, cet es-thétisme-là paraît à présent un brin ringard.Surtout, on ne comprend pas trop sa pertinence.De telles coquetteries formelles.Savages en est truffé.Avance rapide L\u2019un des procédés favoris du réalisateur s\u2019avère à cet égard celui de la télécommande.Remarquez que son recours poussif à la fonction «avance rapide» ne distrait jamais des nombreuses longueurs qui plombent son récit.Le jeu des acteurs n\u2019aide pas puisque, d\u2019un côté, il y a ceux qui prennent la proposition au sérieux et, de l\u2019autre, ceux qui se croient chez Tarantino, dont un John Travolta très en forme, mais hors tempo.Peut-être parce qu\u2019elle a vu Sunset Boulevard, Ophelia as- Le pêcheur et son porc LE COCHON DE GAZA Réalisation et scénario : Sylvain Estibal.Avec Sasson Gabay, Baya Bêlai, Myriam Tekaïa, Gassan Abbas.Image: Romain Winding.Montage: Damien Keyeux.Musique: Aqualactica, Boogie Balagan.France, 2011, 99 min.ANDRÉ LAVOIE La réalité des territoires occupés et celle du conflit israélo-palestinien n\u2019apparaissent pas comme de grands sujets comiques, et encore moins à fort potentiel commercial.Pour son premier long-métrage, Le cochon de Gaza, Sylvain Estibal a décidé de tenter le sorf et de jouer gros.dans tous les sens du terme.Car se moquer, avec un sourire attendri, du quotidien d\u2019un peuple meurtri ety parachuter une bête dont la laideur, l\u2019hygiène, voire l\u2019impureté détournent tous les regards, c\u2019était un pari audacieux à relever.Mauvaise pêche 11 décline le tout de manière souvent absurde, à commencer par l\u2019arrivée spectaculaire de cet animal au lendemain d\u2019une tempête, pris dans les filets de Jaffar (Sasson Gabay, très physique et plein d\u2019aisance), un pêcheur gaffeur, endetté et pris entre son épouse insatisfaite et deux soldats israéliens qui occupent le toit de sa maison en ruine pour surveiller les environs.Que pourrait-il bien faire de ce petit monstre encombrant?Après avoir tenté de le vendre, il fait la connaissance de Yelena (Myriam Tekaïa), une Israélienne d\u2019origine russe installée dans une colonie et qui dorlote un petit troupeau 1 FILMS SEVILLE Un cochon bouleverse la vie d\u2019un pêcheur palestinien dans le premier long-métrage de Sylvain Estibal.avec discrétion.Le sperme de la découverte de Jaffar pourrait l\u2019intéresser, et elle est prête à débourser ce qu\u2019il faut pour l\u2019oljtenir.A partir de cette proposition d\u2019affaires, les choses s\u2019accélè-renf et se compliquenf pour celui qui commence à afficher une certaine aisance financière mais qui suscite aussi des doutes à cause de son comportement étrange et ses angoisses spirituelles sur l\u2019impureté.De plus, cacher un tel amas de graisse, de viande et d\u2019odeurs suspectes n\u2019est pas de tout repos, devenant même un geste de trahison qui devra être pardonné par un acte de terrorisme.Ce pêcheur d\u2019infortune, puisant dans la mer plus d\u2019ordures que de poissons, apparaît souvent comme un clown, une sorte de Chariot sans chapeau ni canne, traversant le paysage avec la dégaine de l\u2019homme un peu niais, constamment dépassé par les événements.Cette posture affiche son charme, mais aussi ses limites, car le récit s\u2019embourbe peu à peu dans une succession de scènes grotesques où le cinéaste ne cherche qu\u2019à souligner la drôlerie à gros traits, rarement l\u2019humanité.Pour tout dire, ce héros improbable se comporte avec une désinvolture qui épuise vite son capital de sympathie.Qn ne voit qu\u2019une mécanique comique efficace à certains égards, surtout quand l\u2019ou-trance cède la place à quelques finesses.S\u2019il est vrai qu\u2019il faut savoir manier l\u2019audace, il est bon de connaître aussi l\u2019art du dosage.Collaborateur Le Devoir sure (fort mal) la narration en voix hors champ en prenant soin de mentionner que ce n\u2019est pas parce que c\u2019est elle qui raconte l\u2019histoire qu\u2019elle s\u2019en tire à la fin.Les dialogues regorgent de ce genre de précisions, par exemple lorsque la belle évoque le film Butch Cassidy and the Sundance Kid en comparant ses amants à Paul Newman et Robert Redford, et elle-même à Katherine Ross.Si seulement! Devant tant d\u2019impudence, on ne manque pas de se rappeler que tout ce beau monde savait jouer, une qualité de base qui fait cruellement défaut au trio plastique de Savages.Du réalisateur de Natural Born Killers, on attendait mieux.Collaborateur Le Devoir Ils se sont tant aimés JOSE AND PILAR , (V.O., S.-T.A.DE JOSE Y PILAR) Réalisation : Miguel Conçoives Mendes.Photo: David Neves.Montage: Claudia Rita Oliveira.Portugal, Espagne, Brésil, 2011, 117 min.ERANÇOIS LÉVESQUE T) ilar», entend-on alors L que l\u2019écran est toujours noir.Puis l\u2019image se précise : dos à de majestueuses montagnes brumeuses, José Sara-mago se tient bien droit.Impossible de deviner qu\u2019il se meurt.«Pilar, répète-t-il.Nous nous reverrons autre part.» Promesse d\u2019amour renouvelée.Si l\u2019on en croit l\u2019adage désueL une femme se cache derrière chaque grand homme.Le documentaire José y Pilar prouve à quel point ce fut vrai pour l\u2019écrivain portugais José Saramago, auteur notamment des romans L\u2019évangile selon Jésus-Christ et L\u2019aveuglement, et lauréat en 1998 çlu prix Nobel de littérature.Epouse et muse, Pilar Del Rio fut également pour son conjoint une traductrice, une administratrice et, peut-être sur-touL un refuge.Sachant cela, on ne s\u2019étonnera pas de ce que le documentaire de Miguel Conçalves Mendes lui fut dédié.Divisé en chapitres (c\u2019est de circonstance), José y Pilar débute à l\u2019hiver 2006, alors que José Saramago s\u2019apprête à lancer As pequenas memôrias {Petites mémoires) et à commencer le travail sur son nouveau roman, Le voyage de l\u2019éléphant, une autre de ses ambitieuses paraboles.Dans sa villa blanche aux lignes pures sise au bord de la mer, sur l\u2019île de Lanzarote, le couple fait construire une bibliothèque.Bientôt, il s\u2019envolera pour le Portugal, puis pour le Japon.Assis devant son or- dinateur, l\u2019écrivain s\u2019exerce au jeu de patience au lieu d\u2019écrire.«C\u2019est pour déjouer la maladie d\u2019Alzheimer», se défend-il.En retrait mais néanmoins inquisitrice, la caméra glane des bouts d\u2019un quotidien rimant avec entrevues, correspondance, hommages et récriminations.Plus significatif encore, la caméra cueille les silences et les moments creux, instants contemplatifs où le temps suspend son cours et durant lesquels la communion du couple transcende l\u2019écran.La manière d\u2019être homme Graduellement, la relation qu\u2019entretiennent les deux époux depuis plus de vingt ans apparaît de plus en plus riche, profonde.Au-delà de l\u2019accès privilégié à l\u2019infimité d\u2019un géant de la littérature moderne, c\u2019est cette complicité muette qui émeut le plus.Que d\u2019amour dans les non-dits que partagent ces deux-là, que de compréhension dans les regards furtifs qu\u2019ils échangent.11 se dégage de cette union un équilibre étonnant, lui affichant une modestie qui eût l\u2019heur d\u2019enrager ses détracteurs, elle s\u2019activant en coulisses sans jamais donner l\u2019impression de s\u2019oublier.Qn décèle chez eux une complémentarité inspirante et porteuse d\u2019espoir pour les romantiques de ce monde.Voilà qui ne manque pas d\u2019ironie, José Saramago ayant sa vie durant été un humaniste pessimiste.«Mauvais, les hommes le sont tous, la différence réside seulement dans la manière de l\u2019étre», écrivit-il dans Le Dieu manchot.Qr, de par son existence et de par la vie qu\u2019il mena aux côtés de Pilar Del Rio, il prouva lui-même la possibilité du contraire.Collaborateur Le Devoir NOTRE TOUT LE MONDE EN PARLE ! «Très bonne pièce, pour ses 30 ans, Juste pour rire frappe TRÈS FORT! » - Catherine Richer, Puisqu'il faut se lever 98,5 FM « Mise en scène EFFICACE de Serge Denoncourt (.) À voir ABSOLUMENT! » -\tVaiérie Guibbaud, Rytimie FM « 5 acteurs brillants, EXCELLENTS! (.) TELLEMENT drôle, on rit, on se tord de rire (.) Allez-y, c\u2019est du pur bonheur !» -Marie-Christine Prouix, Salut Bonjour! « Un show à voir ABSOLUMENT, rire à en pleurer ! » -\tMéianie Maynard, snr nvitter « Le Prénom: une pièce qu\u2019on ne fait pas que recommander aux amis, ON RETOURNE AVEC EUX! » -\tLuc Bouianger, La Presse « Le Prénom sera sans contredit le SUCCÈS théâtral de l\u2019été 2012 ! » -\tHerby Morean, snr TWitter « DRÔLE à mourir.Acteurs FORMIDABLES ! » -\tNathaiie Petrowski, sur Twitter 1 AUSSI DISPONIBLE AVEC LE PASSEPORT 30^ ANNIVERSAIRE PLUS DE DÉTAILS AU HAHAHA.CDM/PASSEPORT 1 Mise en scène Serge Denoncourt Une pièce de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière Adaptation Maryse Warda Direction artistique Pierre Bernard Christian Bégin Patrice Robitaiiie Gabriei Sabourin Catherine-Anne Toupin isabeiie Vincent Réservez dès maintenant VIDÉOTRON Billetterie Juste pour rire hahaha.com 514 845-2322 514-871-2224 rythme, Canada Québec SS Montréal 13881 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2012 CULTURE>DE VISU m i M a 1 B m m 1 11 1 i m GUY L\u2019HEUREUX La Courte-pointe monumentale de Philippe Allard et Justin Duchesneau accueille les visiteurs à rentrée de la Fonderie Darling.Entre vide et matières omniprésentes Trois projets présentés à la Fonderie Darling jouent avec la notion du vide et de la perception LES ŒUVRES QUI N\u2019ETAIENT PAS LÀ De Guillaume La Brie, Jon Knowles, Philippe Allard et Justin Duchesneau Fonderie Darling 745, rue Ottawa Jusqu\u2019au 2 septembre.JÉRÔME DELGADO Trois projets \u2014 sculptures ou installations \u2014 sont à l\u2019affiche cet été à la Fonderie Darling.De nature fort différente, les trois négocient avec une certaine idée du vide.Les images en négatif, récipients troués et poutres sans fonction qui animent l\u2019un ou l\u2019autre des univers reposent néanmoins sur la présence de matériaux, parfois très visibles, très présents.Avant même d\u2019entrer dans le bâtiment, la Courte-pointe de Philippe Allard et Justin Duchesneau joue avec l\u2019immensité du plein air de manière audacieuse.Monumentale, la structure multicolore et carrelée fonctionne aussi, selon la volonté de ce duo artiste et architecte, comme une miniature.Le titre le dit: il s\u2019agit d\u2019une couette, un tissage maison qui semble fabriqué par un artisan géant.À l\u2019abri L\u2019assemblage, parce que c\u2019en est un, est pourtant fait de caisses de lait en plastique plutôt que de fils de laine.Il repose à la verticale sur une partie de la façade de la Fonderie.Son apparence plate et lisse s\u2019estompe dès qu\u2019on s\u2019en approche.La courtepointe devient un véritable abri, une architecture sous laquelle on doit passer pour entrer dans le bâtiment.Allard et Duchesneau avaient occupé en 2009 le bassin de la Place des Arts avec un ensemble de barils en forme d\u2019arc-en-ciel.Ludique et ornemental, basé sur le noble recyclage d\u2019objets industriels, leur art frôle l\u2019insignifiance, celle qui accompagne les oeuvres design, de plus en plus présentes dans l\u2019espace urbain, comme celles qu\u2019on voit depuis quelques étés sur l\u2019esplanade de la station du métro Mont-Royal.Courte-pointe est au-dessus de ces propositions spectaculaires faites pour épater.Sa paroi percée fonctionne comme un vitrail.Elle laisse percer suffisamment de lumière pour jouer son rôle architectural.L\u2019œuvre commente, en toute subtilité, cette soif de construction dont les villes, Montréal y comprise, sont incapables de se rassasier.La grande salle de la Fonderie Darling pose un beau défi que Guillaume La Brie relève avec Les œuvres qui n\u2019étaient pas là.Lui aussi joue de la perception.C\u2019est avec raison que la visite doit commencer par le milieu de la pièce : le jeu d\u2019ombres, bien manié par l\u2019éclairage des néons et naturel, ne serait pas possible autrement.Scénographie Guillaume La Brie n\u2019est pas metteur en scène, mais sculpteur, dans une tradition pure, celle qui lui fait couper, tailler et modeler le bois.Mais le natif de Saint-Hyacinthe est aussi animé d\u2019un sens de la scénographie.Un de ses projets, en 2006-2007, Les envahisseurs de l\u2019espace, se vivait comme un véritable théâtre du chaos.Pour Les œuvres qui n\u2019étaient pas là, La Brie joue entre l\u2019illusion, la mémoire et l\u2019accumulation.Il marie les époques, manie le «choc des cultures».Deux seuls éléments, l\u2019un d\u2019une puissance verticale, l\u2019autre accroché très haut sur un mur, ont été disposés à bonne distance l\u2019un de l\u2019autre.Chacun est composé de son mobilier, que l\u2019artiste détourne et à partir duquel il a créé, dans le vide, en négatif, deux silhouettes.L\u2019artiste est connu pour ses œuvres massives, ses structures brutes sans identité ou alors ses objets très reconnaissables, des chaises par exemple.Cette fois, il s\u2019est tourné vers la tradition statuaire, en s\u2019appuyant sur le motif du socle et du personnage historique, ici George Washington.Il semble lancer un salut à Pierre Ayot, dont les structures monumentales étaient un condensé d\u2019histoire de l\u2019art et de trompe-l\u2019œil.Chez La Brie, rien n\u2019est visible au premier regard et les apparences nous trompent.Ce qui fascine.Et le meilleur ici.Pour Les œuvres qui n\u2019étaient pas là, La Brie joue entre l\u2019illusion, la mémoire et l\u2019accumulation cultures ÊMIDE.EKOmniKlS! Y -,; ^ fl comme c\u2019est souvent le cas dans cette vaste salle, vient du fait qu\u2019elle n\u2019est occupée qu\u2019avec parcimonie.Le troisième artiste, Jon Knowles, puise pour son projet Mixed Misuse dans le faux-semblant et étale une trentaine de poutres en acier, tirées en apparence des ateliers mêmes de la Fonderie.Knowles, qui était de la première cuvée de la Triennale québécoise en 2008, travaille l\u2019accumulation, voire la collection, de manière minimaliste.Ici, il suggère que tout s\u2019imbrique, s\u2019alimente de son entourage, autant une communauté vivant sous un même toit qu\u2019un lieu comme la Fonderie, qui milite pour la sauvegarde de son quartier.Au final, malgré tout, l\u2019expo déroute.Et bien qu\u2019elle finisse par faire sourire à la découverte de tous ces faux végétaux laissés autour des poutres, on reste sur notre faim.Collaborateur Le Devoir Découvrir une chapelle et un quartier disparus DU 20 JUIN 2012 AU 26 JANVIER 2013 690, RUE SHERBROOKE OUEST | ^ McGILL | MUSEE-MCCORD.QC.CA Tournées découvertes Mardi au dimanche en après-midi 1\"juin au 2 septembre 2012 Tarifs Aduite_______________10 $ Étudiant et aîné________7\t$ Enfant__________________5\t$ Famiiie________________20\t$ MUSEE MARGUERITE-BOURG EOYS 400, me Saint-Peul Est, Vieux-Montréal 514-2B2-8670 © Champ-de-Mars www.marguerite-bourgeoys.com CI Baladodiffusion www.marguerite-bourgeoys.com/bon-secours Québec b ^astral\tK-^eiia CofidRftNi MiMkiSM Québec DQ Montréal! Ce projet a été réalisé dans le cadre de l'Entente sur le développement culturel de Montréal ^rtenaire ^ DEVOIR ITlüUla\tUhrs fie nenser -GALERIE D'ART- Stewart Hall \u2022ART GALLERY- Du 8 juillet au 26 août 2012 DAVID MOORE : Le musée imaginaire du mouiin PIQUE-NIQUE VERNISSAGE ANNUEL : Dimanche 8 juiiiet,de midi à i6 h Apportez votre goûter! Crème glacée et grignotines sont offertes! Atelier de création pour toute la Emilie de midi à 14 h & Performance musicale de Tôôt Lahorn jouant de la clarinette et de l\u2019ocarina sur la terrasse Entrée libre INFO :5i4 630-1254 vwwv.ville.pointe-claire.qc.ca LES JARDINS DU PRÉCAMBRIEN Symposium international d'art in situ Du 14 juillet au 14 octobre 2012 à Val-David Vivez une expérience pour toute la famille dans les Jardins du précambrien : trois kilomètres de sentiers, visites guidées, symposium d\u2019art in situ, concerts et conférences ! Ouverture des Jardins Du 14 juillet au 3 septembre 2012 : ouvert 7 jours/semaine, de 10 h à 17 h Du 8 septembre au 14 octobre 2012 : ouvert les samedis et dimanches, de10hà17h FONDATION DEROUIN 1301, montée Gagnon, Val-David I www.jardinsduprecambrien.com L'ARBRE DE LA MEMOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE 21 JUILLET Henri Dorion, géographie 28 JUILLET Pierre Nepveu, poésie 4 AOÛT Michel Allard, histoire\t\"§§ 11 AOÛT\ti Manon Regimbald, art\tii^ 35^ ANNIVERSAIRE DE LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUILLET 2012 E 7 LIVRES Réinventer le polar L\u2019inspecteur-chef Armand Gamache poursuit sa série d\u2019enquêtes Danielle Laurin eurtre, mystère, enquête.D\u2019accord.Mais, aussi, considérations sur la psychologie, la philosophie, la poésie, l\u2019art en général.Et humour, fantaisie.Tout cela entremêlé de remarquable façon.Encore une fois.Encore une fois, l\u2019inspecteur-chef de la Sûreté du Québec Armand Gamache et son équipe débarquent dans le petit village enchanteur de Three Pines, situé dans les Cantons-de-l\u2019Est.Où l\u2019on retrouve la même bande d\u2019amis.Décidément, on ne se lasse pas de cette série plusieurs fois primée, traduite dans une vingtaine de pays.L\u2019auteure, Louise Penny, exjournaliste née à Toronto et Québécoise d\u2019adoption, parvient à se surpasser d\u2019étonnante façon dans Révélation brutale, le cinquième volet de la série «Armand Gamache enquête».Autant on prend plaisir à renouer avec les lierrx et les persormages qui reviennent de livre en livre, autant on est séduit par l\u2019ingéniosité avec laquelle se dénoue l\u2019enquête.L\u2019émotion est là.La fascination aussi.Et en même temps, on est sur les dents.Le cadavre d\u2019un homme est retrouvé dans le bistro d\u2019Qlivier, point de rencontre des habitants du village, où l\u2019on sert dans une ambiance chaleureuse de la bonne bouffe et du bon vin.Branle-bas de combat.Questions, questions Qui a tué ce vieillard qui a toutes les apparences d\u2019un sans-abri et que personne ne semble connaître au village ?Et pourquoi a-t-on transporté le corps spécifiquement dans le bistro d\u2019Qlivier ?Car Gamache s\u2019en rend compte très vite, le meurtre n\u2019a pas été perpétré sur place.Qù, alors ?Par qui ?Et pourquoi ?Au-delà des questions de routine, Gamache s\u2019interroge avant tout sur l\u2019émotion derrière.L\u2019émotion derrière le meurtre.Ses coéquipiers le savent, et le jeune enquêteur qu\u2019il prend sous son aile va le découvrir très vite : «[.] on ne voit pas ce qui tue, d\u2019où le danger.Ce n\u2019est ni un revolver, ni un couteau, ni un poing.C\u2019est une émotion.Rance et putride.Attendant l\u2019occasion de frapper.» Cette émotion est nécessairement liée au passé.Et a bien souvent à voir avec des secrets enfouis.D\u2019où le besoin de mentir.C\u2019est la façon de voir de Gamache, celle qu\u2019il transmet à son équipe.Alors, qui a quelque chose à cacher à Three Pines ?Qui a intérêt à mentir ?Bien des gens, semble-t-il.Bien des gens se livrent à une lutte intérieure.C\u2019est ce qu\u2019on comprend.Qn n\u2019est pas dans le noir ou blanc ici.Bientôt, les suspects au village vont se multiplier.Parmi les habitués, consternés.Mais aussi chez les nouveaux arrivants de l\u2019endroit, ceux qui viennent d\u2019acquérir, pour la transformer en auberge de luxe, une vieille demeure au lourd passé, où des meurtres ont déjà été commis.L\u2019imbroglio est total.Histoires de concurrence, de jalousie, de vengeance.De cupidité.De trahison.Histoires de peur, de terreur.Tout cela s\u2019entrecroise.L\u2019enquête va dans tous les sens.Elle nous conduit jusqu\u2019aux îles de la Reine-Charlotte, en Colombie-Britannique.Sur la piste du cèdre rouge, de l\u2019artiste Emily Carr et de l\u2019éco-terro-risme.Ça fait beaucoup, oui.Un peu chargé.Mais ça se tient.Qn est aussi amené, chemin faisant, à replonger dans l\u2019histoire des pays de l\u2019Est, à revenir à l\u2019époque de l\u2019effondrement de FUnion soviétique, à remonter la filière jusqu\u2019en Tchécoslovaquie.Mais le plus souvent, nous sommes ramenés dans une cabane, en forêt, à vingt minutes de marche de Three Pine.Là vivait, entouré d\u2019œuvres d\u2019art de grande valeur, un ermite, sculpteur de talent.Là se trouve la véritable solution de l\u2019énigme.11 nous faudra encore apprendre à décrypter, avec Gamache, de mystérieuses inscriptions, à l\u2019aide de codes secrets.Tout cela s\u2019avère fort ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Louise Penny, Québécoise d\u2019adoption.complexe.Et très divertissant.Les fils aux nombreuses ramifications se dénouent lentement.En laissant chaque fois en plan une part de mystère.Nous tenant en haleine, jusqu\u2019à la toute fin.Même une fois identifiés pour de bon l\u2019homme assassiné, le meurtrier et le motif concret du meurtre, restera à éclaircir une part de l\u2019énigme.Brillant.La poésie, même Pendant ce temps, les petites choses du quotidien, les petits rien de la vie n\u2019en continuent pas moins d\u2019exister.C\u2019est ce qui donne une touche toute particulière aux romans de Louise Penny, à Révélation brutale en particulier: on voit vivre au jour le jour tout un chacun, policiers autant que villageois, aux prises avec leurs émotions, leurs contradictions.Qn voit un couple de peintres, Peter et Clara, lui artiste reconnu, elle en train de le surpasser.Qn sent la tension.Qn entend leurs questionnements.Qn est dans leur maison, dans leurs ateliers respectifs.Peter et Clara font partie des personnages redondants de la série.Tout comme Qlivier, le proprio du bistro.Un gai, qui vit en couple avec Gabri, dans le gîte qu\u2019ils ont mis sur pied.Qn est dans leur vie à tous les deux, comme on est dans la vie du bistro, quand tous se réunissent pour manger ou boire un verre.L\u2019un des personnages les plus fantaisistes de la série est sans doute cette vieille poète célèbre, mais folle et alcoolo, appelée Ruth.Elle déblatère des insultes à tout venant.Et elle est du genre à se balader avec à ses côtés un canard, un vrai canard vivant, habillé avec des vêtements d\u2019enfant.Elle est du genre à servir, quand elle reçoit ses amis à souper dans sa maison capharnaum, des pêches en conserve, des morceaux de bacon, du fromage et des oursons en gélatine.Le tout arrosé de scotch, que les invités sont sommés de boire dans de grands bols.Savoureux.Ces incursions, parfois très comiques, dans la vie de chacun ponctuent avec bonheur le récit.Le tout est parsemé de poésie.Celle de la vieille poète folle qu\u2019affectionne particulièrement Gamache et qui rebute son adjoint.Mais pas seulement.Les allusions et citations littéraires sont nombreuses.Qn passe de Thoreau à Pascal, on visite Charlotte Broute.Et ça coule, c\u2019est sensé.C\u2019est riche.Inspiré.Bien plus que du polar.RÉVÉLATION BRUTALE Louise Penny Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Claire et Louise Chabalier Flammarion Québec Montréal, 2012, 480 pages POLAR Un Québécois, un Canadian Des enquêtes surréelles soulignent à leur façon les deux solitudes MICHEL BELAIR D> un côté, une histoire un peu molle \u2014 pas tellement à cause de son sujet qu\u2019à cause de la façon dont elle est menée.De l\u2019autre, un truc invraisemblable à la frontière même de l\u2019étrange, du gore et de l\u2019insupportable.Jean Lemieux mène lentement, presque précautionneusement, son enquêteur André Surprenant.Robert Pobi nous plonge d\u2019entrée de jeu dans une sanguinolente histoire où un tueur en série se cache sous des traits insoupçonnables.Deux angles d\u2019attaque fort différents : l\u2019un résolument nord-américain sans frontière aucune ; l\u2019autre carrément d\u2019ici, plus restreint, presque pépère.Le tout dessiné par deux écritures aux antipodes l\u2019une de l\u2019autre.Celle de Pobi \u2014 la nouvelle découverte de l\u2019éditeur Sonatine \u2014 est flamboyante, crue, brute, sidérante souvent.Cet écrivain canadien indiciblement doué, surgi de nulle part, ouvre son tout premier livre traduit en français par une description qui vous jettera par terre, celle de débris de toutes sortes, carcasses en tous genres transhumant lentement au fond de l\u2019océan le long des côtes américaines surpeuplées.Comme par hasard, un ouragan de force 5 se prépare à Robert Pobi nous plonge dans une sanguinolente histoire où un tueur en série se cache sous des traits insoupçonnables frapper la Nouvelle-Angleterre au moment où s\u2019amorce L\u2019invisible-, cette violence extrême va accoucher d\u2019une violence encore plus terrible puisque Robert Pobi met en scène un sadique grand S qui s\u2019amuse à écorcher vives ses victimes.Qn vous prévient: il y a là des lignes, et même des paragraphes entiers, si insupportables que l\u2019on devra parfois cesser de lire et prendre un peu d\u2019air frais.Mais quels personnages ! Quelles vies ! Polies, déjantées; entre autres celle de ce peintre de l\u2019école de Jackson Pollock, célèbre depuis longtemps, adulé, foudroyé par l\u2019alzheimer.et par une panique virulente qui lui brûle le fond des yeux lors de ses rares moments de lucidité.Celle de Jake aussi, le spécialiste du PBl, son fils, qui mène l\u2019enquête.Enquête un peu longue d\u2019ailleurs, comme si on avait souhaité faire durer l\u2019horreur pour que la fin de l\u2019histoire nous saute encore plus au visage, inconcevable.Brrrrr.Mais quel style! Qn relira sans aucun doute ce Robert Pobi, aussi Canadian soit-il.Mouton noir?André Surprenant, lui, ne nous réserve rien de tel.Même si Jean Lemieux tente de faire de lui un mouton noir de la SQ, il est toujours l\u2019homme posé et calme ren- contré lors de sa dernière enquête aux îles de la Madeleine, le long du chemin des Arsènes.Surprenant n\u2019a rien de surprenant, et l\u2019on devine rapidement que ses amis se couchent d\u2019aussi bonne heure que lui.Ici, dans L\u2019homme du jeudi, il enquête sur la mort d\u2019un jeune garçon retrouvé dans la rivière Saint-Prançois après avoir été frappé par un chauffard.Un peu ennuyant, presque beige.Surprenant est néanmoins tenace, même si ce n\u2019est pas d\u2019abord lui qui rend cette histoire de délit de fuite intéressante au bout du compte.C\u2019est en fait la constante qualité d\u2019écriture de Jean Lemieux et la justesse des traits qu\u2019il prête à ses personnages \u2014 même si on a souvent l\u2019impression qu\u2019ils ne sont qu\u2019esquissés \u2014 qui vous mèneront jusqu\u2019à une conclusion étonnante dans un chalet perdu au fond des bois.Qn se surprendra quand même à souhaiter que le lieutenant Surprenant s\u2019éclate un peu, qu\u2019il sorte un jour des sentiers battus et qu\u2019enfin il parvienne, oui, à nous surprendre.Le Devoir LTNVISIBLE Robert Pobi Traduit de l\u2019anglais par Fabrice Pointeau Editions Sonatine Paris, 2012, 426 pages L\u2019HOMME DU JEUDI Jean Lemieux La Courte Échelle Montréal, 2012, 256 pages Une revue américaine, en français Le Believer arrive, quatre fois par année CATHERINE LALONDE Depuis 2003, la revue américaine The Believer paraît tous les mois, sous les bons soins des éditions McSweeney\u2019s de San Pran-cisco.S\u2019y trouvent des fictions, des réflexions sur l\u2019écriture, des fiches critiques et des conversations entre auteurs, de formes et de longueurs absolumenflibres.En Angleterre et aux États-Unis, le magazine, version originale, est feuilleté, dit-on, par quelque 50000 lecteurs.Pas de la petite bière pour une revue littéraire.De l\u2019imaginaire des littéraires Est arrivé sur les tablettes il y a quelques semaines le premier numéro de la version française.Le Believer présentera ainsi tous les trois mois le meilleur de son pendant américain.Qn trouve dans le numéro d\u2019ouverture, porté par des traductions vivantes et élégantes, une conversation sur Bob Dylan entre le romancier Don De-Lillo et le journaliste musical Greil Marcus ; une visite de la maison autrichienne de Thomas Bernhard par Jonathan Taylor; un essai sur l\u2019importance du bunker dans l\u2019imaginaire américain, de Cormac McCarthy à Prie-drich Nietzsche, signé Alena Graedon ; une conférence de Zadie Smith sur l\u2019art et l\u2019artisanat d\u2019écrire qui dévoile les méfaits psychologiques du trouble de finalité des 20 premières pages d\u2019un roman.Entre autres.Le graphisme et la présentation sont acidulés, la lecture est agréable et intelligente.Samedi 11 août - exposition à QUÉBEC Les aventures surréalistes des femmes artistes du Mexique et des États-Unis Du 13 au 15 août : voyage aux ÉTATS-UNIS Le Musée Shelburne (Vermont) Le Musée d\u2019art Fenimore (Cooperstown, NY) AIDA au Glimmergiass Opera Festival Réservations jusqu\u2019au 10 juiiiet / JF Les, beaux détours CIRCUITS www.iesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d'un Permis du Québec A L ECHANGI Qn annonce pour les prochains numéros des nouvelles graphiques, Paul Auster, David Lynch et Bret Easton Ellis.Une belle façon de survoler la création, américaine contemporaine.À suivre.Le Devoir LE BELIEVER Revue trimestrielle Éditions Inculte France, 2012, 130 pages iiH t:.' |3 ?l^Gaspard-LE DEVOIR ^ JTalmarès\t\t \u201c \u2014\tDo 25 jnin au juillet 2012\t \t\t Romans québécois\t\t 1 La chasse est ouverte\tChrystine Brouiiiet/Courte écheiie\t1/3 2 Vbtte-face et malaises\tRafaéie Germain/Ubre Expression\t3/15 3 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 2 Michei\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t2/3 4 Litdoubie\tJanette Bertrand/Ubre Expression\t4/10 5 Au bord de ia rivièie \u2022 Tome 3 Xavier\tMichei David/Hurtubise\t5/10 6 Les héritiers d'Eniddiev \u2022 Tome 5 Abussos\tAnne Robiiiard/Weiian\t6/10 7 Mémoires d'un Quartier \u2022 Tome 11 Bernadette, ia suite Louise TrembiavtTEssiambte/Guv Saint-Jean 7/12\t\t 8 Souvenirs de ia baniieue \u2022 Tome 1 SyMe\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\tB/2 9 BAnoials\tDenise Bombardier/Robert Laffont\t9/14 10 Féiicité \u2022 Tome 2 La grande viiie\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t10/13 Romans étrangers\t\t 1 7 ans après.\tGuiiiaume Musso/XO\t1/12 2 Vbite-iace\tMichaei Conneiiy/Caimann-Lévy\t2/8 3 L'été de ia deuxième chance\tElln Hiiderbrand/Lattès\t-/I 4 SI c'était à retaire\tMarc Levy/Robert Laffont\t3/10 5 La liste de mes envies\tGrégoire Deiacourt/tattès\t4/10 6 Les années perdues\tMary Higgins Ciark/Albin Michei\t5/5 7 L'œii du iéopard\tHenning Mankeil/Seuii\t6/8 8 L'attente de l'aube\tWiiiiam Boyd/Seuii\t7/3 9 La mort s'invite à Pemberiev\tRD.James/Fâyard\t-/I 10 Les partenaires\tJohn Grisham/Robert Laffont\t8/7 Essais québécois\t\t 1 Les iaces cachées d'AmirKhadir\tPierre K.Maiouf/Accent grave\t-n 2 Desmarais.La Dépossession tranauiiie\tRichard Le Hir/Michei Brûlé\t4/12 3 C'était au temps des mammouths iaineux\tSerge Bouchard/Boréal\t1/21 4 L'art presQue perdu de ne rien taire\tDanv Laferrière/Boréal\t6/3 5 Un Qouvemement de trop\tStéphane Gobeil/VLB\t3/8 6 Rn de cycle.Aux origines du malaise politiQue québécois Mathieu Bock-Côté/Boréai\t\t-n 7 L'avenir du Québec.Les entrepreneurs à la rescousse Pierre Duhamei/La Presse\t\t7/5 8 La soif de bonheur\tCollectif/Bavard\t5/g 9 L'état du Québec 2012\tCollectif/Boréal\t-n 10 Québécois 101.Notre portrait en 25 traits\tPierre Cêté/Québec Amérique\t8/8 '^^Essais étrangers\t\t 1 Destruction massive.Géopolitiaue de ia faim\tJean Ziegler/Seuil\t1/13 2 4000 ans de mystihcations historiques\tGerald Messadié/Archipel\t-n 3 L'ordre iibertaire.La vie philosophique d'Aibert Camus Michei Oirfray/Rammarion\t\t-n 4 Le goût de vivre et cent autres propos\tAndré Comte-Sponville/LGF\t8/2 5 Le dérèglemeirt du monde.Quand nos cirlisalions s'épuisent Amin Maaiorrf/LGF\t\t5/3 6 Mt cours d'autodéfense en économie Labc du capitaiisme Jim Stanford/Lux\t\t-n 7 L'empire de riiiusion\tChris Hedges/Lux\t3/13 8 Humain.Une enquête phiiosophlque sur ces rèvoiutions.Monique Allan I Roger-Pol Drail/Flammarion -71\t\t 9 Votre cerveau n'a pas fini de vous étonner\tCollectif/Albin Michel\t-n 10 Je taime A ia phiio.Quand ies phiiosophes parient.\tOlivia Gazalé/Robert Laffont\t-n La BRF (SoclëË de gesScn de la Qanque de tities de langue fiangaise) est pnpridtaiie du sj^me d'Ialoinaton et d'analyse Asyim/ sur les ventes de livres fiangais au Caréda.Ce palmarès est extrait de et est censttué des relevés de caisse de 215 polnis de vente.La BIIF reçoit un soutien Cnancler de Patrimohe canadien pour le pmjet ksçml.© BIIF, toute reproduction tolale ou partielle est Interdite. E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUILLET 2012 LIVRES ESSAI Dans le dédale de Michel Morin U) Louis CORNELLIER Aussi bien vous prévenir : Michel Morin n\u2019est pas un philosophe facile.«Refuser, écrit-il, qu\u2019une pensée s\u2019exprime dans un langage autre que le langage habituel, que ce langage soit plus condensé, plus abstrait, plus chargé, voire même plus allégé (du fait d\u2019une certaine allégresse), c\u2019est simplement refuser la pensée, la rabrouer, chercher à la faire taire.» Philosophe de la voîk intérieure, du «murmure signifiant» de l\u2019âme qui balbutie, en nous, « le drame qu\u2019il y a à être soi et à ne pas l\u2019être, à ne pas coïncider avec soi, ce qui correspond à l\u2019expérience proprement dite de la conscience», Michel Morin, dans De vive voix, propose d\u2019abord une «poétique», c\u2019est-à-dire, ici, une sorte de discours de sa méthode, et, ensuite, une «politique», soit une réflexion sur ce que peut vouloir dire philosopher au Québec.En «révolte contre la société moderne qui affirme l\u2019emprise du spectacle, du visuel au premier degré, sur l\u2019expérience intérieure, à la limite réputée non existante», le philosophe ne veut pas tant soumettre des thèses critiques à la discussion que proposer une démarche nous permettant de renouer avec l\u2019essentiel, qui n\u2019est rien d\u2019autre que la voix intérieure.«Happés par le présent, écrit-il, les hommes deviennent absents à ce qui pourrait se laisser entendre de l\u2019intérieur d\u2019eux, cette parole unique [.] qu\u2019ils pourraient peu à peu apprivoiser et exprimer.» Une philosophie réduite à des thèses et à des contenus à discuter lui semble insignifiante.Philosopher, pour Morin, c\u2019est se mettre à l\u2019écoute du « dialogue intérieur, issu du décalage de soi à soi, » qui nous habite, pour tenter, ensuite, de le « transposer» dans l\u2019écriture.Le style, en ce sens, n\u2019est pas que l\u2019ornement d\u2019une thèse, mais participe pleinement de la philosophie en tant que telle.« On doit pouvoir entendre à travers l\u2019écriture, explique Morin, le son fêlé de [la voix de l\u2019écrivain], le trouble de son être dans les fluctuations de sa sensibilité qui se transmettent à la phrase, et se réjouir avec lui de l\u2019ordonnance à laquelle il est parvenu de ces phrases entre elles, restituant ou faisant apparaître une «logique» là où, comme lui, à travers le chaos ou l\u2019obscurité traversés, on avait désespéré d\u2019y parvenir.» Transposition dans un style unique de la voix intérieure, de «l\u2019aventure d\u2019une âme en exil dans ce monde», l\u2019œuvre véritablement philosophique, suggère Morin, n\u2019a pas à se soucier de sa clarté \u2014 puisque «si l\u2019homme est fait pour la lumière, son véritable séjour est l\u2019obscurité» \u2014, mais doit plutôt chercher à recréer une «atmosphère», offerte en partage au lecteur.Cet essai, d\u2019ailleurs, ne fait pas autre chose.Généreux, on dira qu\u2019il est exigeant.Irrité par son obscurité revendiquée, on conclura qu\u2019il est brumeux.Engagé dans le dédale de Michel Morin, je me sens à la fois généreux et irrité.11 y a, chez ce penseur, une sorte de courage de la désertion devant notre époque qui méprise la transcendance.Le philosophe, écrit Morin, doit être un rebelle métaphysique.11 «existe à chaque époque pour rappeler à l\u2019homme que les soucis de son époque et de sa vie de tous les jours ne doivent pas l\u2019emporter sur un souci plus fondamental, celui de son âme, de son esprit, de son être moral».Beautés et aveuglement A l\u2019ère de la mort de Dieu et de la domination techno scientifique du monde par l\u2019homme, le philosophe rappelle que «la connaissance est impuissante à donner un sens à l\u2019existence humaine» et que, «si l\u2019homme est de ce monde, il est toujours aussi d\u2019un autre, et c\u2019est cet autre qui est à la source de celui-ci, le porte au-delà de lui-même et, de la sorte, lui donne un sens».Morin retrouve par là «le sens intérieur et l\u2019esprit du christianisme» d\u2019avant sa sclérose institutionnelle, le souci canadien-français «de la vie spirituelle par rapport au matérialisme ambiant de l\u2019Amérique du Nord», et c\u2019est profond et beau.11 y a aussi, chez ce philosophe, une sorte d\u2019individualisme forcené qui le mène à négliger les considérations sociologiques et à s\u2019aveugler sur le réel.Morin, par exemple, encense le libéralisme démocratique, décrété seul système à même d\u2019assurer l\u2019émancipation individuelle, dans la mesure où il ne s\u2019abîme pas dans le productivisme débridé.Morin sepible craindre comme la peste l\u2019emprise des Etats nationaux sur les consciences individuelles, piais ne voit pas que, aujourd\u2019hui, ces mêmes Etats constituent le dernier rempart contre l\u2019assaut du productivisme transnafional.On a l\u2019impression que, pour lui, tout Etat est d\u2019essence plus ou moins fasciste et écrase plus l\u2019individu que le rouleau compresseur du marché mondialisé.Cette douteuse lecture du réel l\u2019amène à s\u2019opposer radicalement au souverainisme québécois, qu\u2019il qualifie de «cage idéologique» ayant pour but d\u2019enfermer les Québécois dans un nouvel État autocratique, les privant ainsi de leur «esprit d\u2019aventure».A trop vivre dans son monde intérieur, Michel Morin semble avoir perdu sa capacité d\u2019analyser le monde extérieur.Le Québec, écrit-il, est une société libre et prospère dont le caractère français se porte très bien, appuyé par «des extensions à travers tout le territoire canadien».Le supposé «malheur» québécois ne serait qu\u2019une fable entretenue par une classe intellectuelle, artistique,et bureaucratique qui veut fqire main basse sur l\u2019État.Que l\u2019État canadien impose lourdement sa vision du monde au mépris de l\u2019opinion majoritaire québécoise, que le français soit en voie de disparition dans le RQC et en recul au Québec (même le simple travailleur se fait dire d\u2019apprendre l\u2019anglais pour pouvoir gagner sa vie), que le Québec n\u2019ait pas directement accès à la scène internationale et que son statut de province entrave son esprit d\u2019aventure collectif, une situation qui se répercute inévitablement sur les consciences individuelles (la fatigue culturelle du Canada français, ça vous dit quelque chose ?), Michel Morin n\u2019en a cure.Dans une sorte de baroud d\u2019honneur romantique aux accents trudeauistes, il propose de renouer avec le souci de l\u2019intériorité propre à la tradition culturelle canadienne-française et de s\u2019affirmer par les œuvres.11 oublie que s\u2019émanciper individuellement dans une société folklori-sée par le dur réel s\u2019apparente à la désertion sans noblesse d\u2019un rebelle sans cause.louisco @sympatico.ca DE VIVE VOIX Michel Morin Les Herbes rouges Montréal, 2012, 176 pages POESIE Tenir beau le cœur «ecnre consiste à poser des trous devant ce qu\u2019on écrit», - Laurent Albarracin HUGUES CORRIVEAU Trouver un livre d\u2019aphorismes creux, c\u2019est facile, mais en trouver un composé d\u2019aphorismes poétiques, c\u2019est réservé à ceux et celles qui auront le goût de plonger, à l\u2019Qie de Cravan, dans Résolutions de Laurent Albarracin, Angevin de naissance, orrézois d\u2019adoption.Les influences y sont multiples et les clins d\u2019œil nombreux.Si «le gris est le cendrier du soleil » pour Malcolm de Cha-zal, «le bleu est du baume au ciel» pour Albarracin.Si, pour le premier, «les animaux ne manquent jamais de naturel sauf à l\u2019état domestique», pour le second, «la vache a la tête dans le guidon» et «les larmes de joie du crocodile, ce sont ses dents».Aucun doute, on retrouve partout ce Chazal tutélaire à travers ce recueil à la voix douce, plein d\u2019une tendresse ébaubie.De même, et cela va presque de soi, y décèle-t-on aussi une manière proche de Erancis Ponge réfléchissant sur les choses et sur la vie.Par exemple, ce dernier se penche sur l\u2019inéluctable fin: «Cependant la bougie, par le vacillement des clartés sur le livre au brusque dégagement des fumées originales encourage le lecteur, \u2014 puis s\u2019incline sur son assiette et se noie dans son aliment»-, alors qu\u2019Albar-racin réfléchit sur l\u2019état même de la matière d\u2019une manière qui lui est très proche : «la neige porte en elle sa contradiction : elle la transporte et se l\u2019inflige.S\u2019en fouette les flancs.Mousse de se consumer.Abonde en l\u2019apaisement de sa brûlure.» C\u2019est souvent très joli, quelque peu naïf, mais surtout précieux, car les sens à vif et l\u2019esprit clair y sont sollicités à chaque mot et, aux aguets, l\u2019aventure furtive et le désir en prime.Qn aurait évidemment souhaité moins de scories, de facilités étonnantes, comme si un petit cancre s\u2019amusait parfois à brouiller les pistes: «le train est assez bruyant, et dangereux, et content: il arrive en criant gare», «le canard laque le lac» ou, pire, «Le nez camus.L\u2019œil Sartre» et «l\u2019occasion fait le là rond» ! S\u2019il est vrai qa\u2019« écrire consiste à poser des trous devant ce qu\u2019on écrit», on peut croire aussi que «porter une chose à son extrême est l\u2019amener à son plus haut degré d\u2019ambivalence».La mère morte En 2009, la mère de Eer-nand Durepos meurt.La défection creuse un abîme.tranche le temps des enfances, des tendresses assouvies.Sous un titre assez vilain, L\u2019arrière-boutique de la beauté, se dévoile une passion affirmée pour la femme en allée.«Jamais / je n\u2019aurais pensé un jour / tituber d\u2019une panique aussi / naturellement dansée», avoue le poète en émoi.Est-il possible de garder l\u2019œil critique devant un tel sujet alors que le poète accumule les maladresses stylistiques à force de vouloir incarner la douleur qui le transperce?Hélas ! Qui ! Car un poète, aussi percutant et ressenti que soit le sujet qu\u2019il aborde, ne saurait ne pas être vigilant.Ainsi, comment ne pas sursauter quand on nous parle «des cris / [qui] perdaient pied / aux parois de ta gorge», quand on nous décrit «la tristesse de quelques regards amis» comme «un coupe-froid de l\u2019âme»?Ces images forcées et maladroites font écran à cette vérité profonde qui tend à témoigner de l\u2019accablement de la perte.Comment comprendre qu\u2019il puisse se décrire comme un «bagnard en [ses] souvenirs / tel un repris de justesse»?Cela est lour-dingue et artificiel.Mieux vaut nous attarder et voir simplement «sur la pointe des pieds / un petit garçon de quarante-sept ans / [qui] attend quelque part / le sourire radieux de sa mère».Collaborateur Le Devoir RÉSOLUTIONS Laurent Albarracin L\u2019Oie de Cravan Montréal, 2012, 80 pages UARRIÈRE-BQUTIQUE DE LA BEAUTE Fernand Durepos L\u2019Hexagone Montréal, 2012, 88 pages Affaires américaines GILLES ARCHAMBAULT Doris Nightingale, divorcée de son mari compositeur e musique, rentre à peine \u2019un voyage en Europe lorsque son frère Marvin lui demande de se rendre à Paris pour convaincre son fils Julian de quitter cette ville où il végète.Après avoir tergiversé, Doris accepte la proposition.Elle se retrouve ainsi au début des années cinquante dans une ville hostile dont elle ignore les usages.Ce qui ne facilite pas sa tâche, le neveu se montre parfaitement réticent.Non seulement refuse-t-il de rentrer, mais il indique clairement son intention de continuer à vivre d\u2019expédients.Garçon de café à l\u2019occasion, il devient amoureux d\u2019une femme plus âgée que lui qui a connu lavie dans un camp de concentration.Laquelle se comporte avec lui comme une mère.D\u2019ailleurs, n\u2019est-il pas qu\u2019un adolescent attardé ?Marvin, homme d\u2019affaires, n\u2019accepte pas qu\u2019on lui résiste.Mais que faire avec Julian, ce fds de vingt-trois ans qui veut devenir écrivain et qui pour l\u2019heure n\u2019a réussi qu\u2019à placer un texte dans une revue à tirage confidentiel et qui, de plus, s\u2019est lié avec un charlatan, inventeur de potions faussement magiques?Ce n\u2019est certes pas sa fille.Iris, qui lui viendra en aide.Se rendant elle aussi à Paris, elle finit par s\u2019acoquiner avec le même faux homme de science, boit de façon inconsidérée et n\u2019a de cesse qu\u2019elle n\u2019ait contrecarré les plans de son paternel.Rêve américain Je ne vous ai donné que quelques-unes des pistes exploitées par une romancière que ne rebute certes pas le recours aux rebondissements d\u2019une intrigue touffue.Citant Henry James en exergue, Cynthia Ozick oppose l\u2019Europe de l\u2019immédiat après-^erre à une Amérique en plein essor.Qn s\u2019en doute bien un peu, on est loin toutefois des milieux bourgeois ou aristocrates décrits par l\u2019auteur de Washington Square.La vision qu\u2019elle offre de Paris est celle d\u2019une ville dévastée dans laquelle la ruse et la méfiance s\u2019opppsent à la naïveté américaine.A peu près aucune mention n\u2019est faite de l\u2019intérêt culturel que pourraient chercher ces exilés.Que Doris se sente dépassée par les événements n\u2019a rien de surprenant.Institutrice, sans expérience du monde, elle ne possède pas les clés qui lui ouvriraient de nouveaux univers.Quant à Marvin, il n\u2019accepte pas qu\u2019on lui résiste et ne croit qu\u2019à la puissance de l\u2019argent.L\u2019argent est le maître mot.11 y a aussi la paternité.Marvin peut se montrer parfaitement ignoble vis-à-vis de sa femme Margaret, mais il tient mordi- st.x .¦ AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019auteure Cynthia Ozick transporte le lecteur dans le Paris des années 1950.eus à la famille comme institution.Aussi n\u2019a-t-il jamais admis que Doris ait troqué son nom d\u2019origine pour le patronyme de Nightingale.11 baigne dans les préjugés de tous ordres.Pour obtenir ce qu\u2019il estime être la paix, il est prêt à presque toutes les redditions.Il est l\u2019incarnation de l\u2019image type qu\u2019on aime véhiculer du self-made man a l\u2019américaine.Pour lui, l\u2019Europe représente l\u2019inconnu, voire le mal.Ne pas oublier que cette vieille Europe a donné naissance à la folie meurtrière hiüérienne.Lili, la femme que finira par épouser Julian, sera injustement congédiée par un patron raciste.Les concierges parisiennes que rencontrent nos exilés ne portent pas les Juifs dans leur cœur.Élles sont à première vue hostiles, âpres au gain, bien mal disposées envers des personnes qu\u2019elles tiennent pour des envahisseurs.Aussi réserve-t-on à ces Américains d\u2019origine juive un accueil jamais très loin du refus.Cynthia Qzick décrit avec une constante habileté ces Juifs errants qui sont pour elle des «corps étrangers», incapables de se raccrocher à une réalité.Il n\u2019y aurait à tout prendre que Marvin qui a trouvé dans le pouvoir, bientôt bafoué, une raison de vivre.Elle manie les dialogues avec la précision d\u2019un dramaturge.Il y a d\u2019ailleurs dans la structure même du roman une rigueur qui rappellerait celle d\u2019un scénario de film.Chacun des personnages est dessiné nettement et a un destin qui est plus qu\u2019esquissé.A ce chapitre, l\u2019aventure matrimoniale de Doris fait un peu hors-d\u2019œuvre.Pourtant, c\u2019est avec elle que se termine le roman.Ce qui n\u2019empêche en rien le lecteur que je suis d\u2019avoir dévoré ce livre qui donne vie à des personnages dont le moins qu\u2019on puisse dire est qu\u2019ils sont hors du commun.A-t-on raison d\u2019évoquer la figure de Kafka en quatrième de couverture?Il me semble que non.Peut-être ai-je tort.Collaborateur Le Devoir CORPS ÉTRANGERS Cynthia Ozick Editions de l\u2019Olivier Paris, 2012, 306 pages vieNt De paRaitRe Dossier L\u2019eau du Québec entre nos mains Numéro 758 \u2022 août 2012 Les auteurs sont: Marie-Célie Agnant, Normand Breault, Serge Cantin, Amélie Descheneau-Guay, Raymond Lemieux, Jasmin Miville-Allard, Jacques Monet, Virginia Pésémapéo Bordeleau, Jean-Claude Ravet.A lire aussi : le carnet de Wajdi Mouawad, la chronique littéraire de Suzanne Jacob, un article sur les Autochtones marginalisés de l\u2019Inde, une introduction à la permaculture et un débat sur l\u2019action politique: doit-elle être partisane ou non?Artiste invitée: Milena Doncheva Sommaire détaillé et abonnement en ligne: www.revuerelations.qc.ca R^LatioNs mi veut une société iZW\tX ^ ^3 La mémoire vivante Le danger d\u2019oubli Notre passé religieux entre complaisance et mépris Madeleine Parent, inspiratrice de nos luttes Traces d\u2019histoire Les voix des ancêtres Mémoires urbaines Remémoration subversive Les Autochtones marginalisés de l\u2019Inde artiste INVITÉE: MILENA DONCHEVA 8 NUMÉROS PAR ANNÉE, 44 PAGES Un an: 40$ Deux ans: 70$ À l\u2019étranger (un an) : 55 $ Étudiant: 25 $ (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 $ (un an) (514) 387-2541 p.226 I relations@qf.qcca Relations: 25, rue jarry Ouest Montréal (Québec) HzP 1S6 EN VENTE DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 5,50 $-f TAXES Oui, je désire un abonnement de.an(s), au montant de.ADRESSE TÉLÉPHONE ( .-) Je paie par chèque (à l\u2019ordre de Relations) D ou carte de crédit D NUMÉRO DE LA CARTE I I I I I I I I I I I I I I EXPIRATION I______I_____I_____I\tSIGNATURE_______________________ "]
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