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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier H
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2012-05-19, Collections de BAnQ.

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[" SANTE DÉFIS SOCIAUX i La CSN dit non au principe de Tutilisateur- payeur Page 2 Il I Les problèmes de santé mentale chez les jeunes ^ Québécois i Page 5 CAHIER SPECIAL H > LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MAI 2012 \\\\\\ UNIVERSITE MCGILL Des étudiants en médecine et en sciences infirmières, en formation au CLSC Côte-des-Neiges, à Montréal, avec le David Eidelman, vice-principal (santé et affaires médicales) et doyen de la Faculté de médecine L\u2019Université McGill valorise la médecine familiale « Il faut vraiment que nos activités soient arrimées aux besoins de la population » La Faculté de médecine de l\u2019Université McGill met désormais l\u2019accent sur la formation d\u2019omnipraticiens ainsi que sur la recherche en médecine familiale.Outre la mise en place d\u2019un train de mesures visant à exposer davantage ses étudiants à cette pratique de la médecine, le Département de médecine familiale est désormais chapeauté par un chercheur de renommée internationale, ce qui, aux dires du doyen de la faculté, démontre clairement l\u2019importance que McGill accorde à présent à la médecine familiale.UNIVERSITE MCGILL Des étudiants et résidents de McGill en formation à l\u2019unité de médecine familiale de Gatineau.Chaque année, de 80 à 90 % des résidents de McGill qui y effectuent leur formation décident de s\u2019installer dans la région pour pratiquer la médecine.CLAUDE LAFLEUR Les facultés de médecine ne fonctionnent pas en vase clos, indique le David Eidelman, vice-principal (santé et affaires médicales) et doyen de la Faculté de médecine de l\u2019Université McGill.Parmi nos différentes missions, nous avons celle de pourvoir aux besoins de la population.Or, au Québec comme partout ailleurs, il y a de grands besoins à combler dans les soins de première ligne.Le gouvernement a d\u2019ailleurs fait de la première ligne l\u2019une de ses priorités et, comme nous constatons qu\u2019il y a une pénurie de médecins de famille, nous avons vraiment changé notre approche.» Le Eidelman rappelle qu\u2019il n\u2019est doyen de la Faculté de médecine que depuis janvier, mais que, pour lui, «la première ligne, c\u2019est une priorité incontournable, puisqu\u2019il faut vraiment que nos activités soient arrimées aux besoins de la population».En fait, ce virage remonte déjà à quelques années, sou-ligne-t-il, puisque McGill a été la première université au Canada à offrir un diplôme de maîtrise en médecine familiale.«Ce programme nous permet non seulement de former des médecins de famille, mais également de faire de la recherche sur la façon d\u2019améliorer la qualité des soins auprès des patients», explique David Eidelman.En outre, la faculté a accru la visibilité de la médecine familiale auprès de ses étudiants.«En particulier, dit-il, tous les étudiants passent, dès leur première année d\u2019études, du temps dans le bureau d\u2019un omnipraticien, afin d\u2019être vraiment exposés à la pratique de la médecine familiale.Nous croyons que cela les encourage à choisir la médecine familiale plutôt qu\u2019une autre spécialité.» Il souligne d\u2019ailleurs avec fierté que cette stratégie porte ses fruits.«Cette année, nous formons 84 résidents en médecine familiale, dit-il, alors que, l\u2019an dernier, on n\u2019en avait attiré que 77 et 62 l\u2019année précédente.» Ces 84 omnipraticiens ne représentent toutefois que le tiers des médecins formés à McGill cette année.«Nous sommes encore loin des 50% que vise le secteur de la santé, admet sans réserve le doyen, mais, pour nous, c\u2019est un grand pas qu\u2019on a franchi, puisque, il n\u2019y a pas si longtemps, on n\u2019en était qu\u2019à 17%.Nous considérons donc que nous avons vraiment fait du chemin!» Externat intégré En outre, afin de mieux répondre aux besoins de la société, la Faculté de médecine encourage ses étudiants à œuvrer en région et en français.«Dans la région de Gatineau, on a mis en œuvre un nouveau programme d\u2019externat qui diffère de notre externat traditionnel», indique David Eidelman.L\u2019externat, rappelle-t-il, est la portion de la formation où l\u2019étudiant passe du temps auprès des patients afin d\u2019apprendre à les soigner.«Nous avons conçu ce qu\u2019on appelle un externat intégré, où les jeunes médecins sont exposés à toutes les spécialités à la fois, ce qui est plus proche de la pratique de première ligne, dit-il.Et, pour la première fois, on donne de la formation en français.Ce n\u2019est qu\u2019un début, puisque ce programme d\u2019externat ne touche qu\u2019un petit groupe d\u2019étudiants, mais c\u2019est un pas important pour nous.» Le L'ornai, l\u2019Université McGill a annoncé la nomination du D\"^ Howard Bergman à la direction du Département de médecine familiale, afin d\u2019accentuer l\u2019enseignement, la recherche et les activités cliniques.Professeur en médecine familiale, en médecine et en oncologie à McGill, le D\"^ Bergman est déjà reconnu comme un instigateur de changements au sein du réseau de la santé québécois.«En plus, c\u2019est une personne de renommée internationale dans le domaine de la gériatrie et du vieillissement, ajoute le D\"' Eidelman.Or, comme le vieillissement touche tout le monde, c\u2019est une portion particulièrement importante de la pratique des soins de première ligne.» Le doyen de la faculté souligne que cette nomination vise ni plus ni moins à rehausser l\u2019importance de la médecine familiale.«Pour une fois, le directeur est une personne de calibre international, déclare-t-il.Cela démontre du coup que nous considérons que notre département de médecine familiale est aussi important que les autres départements.Ce qui n\u2019a pas toujours été le cas chez nous!» Le D\"^ Bergman est un chercheur expérimenté dans le domaine de la recherche clinique.Or, rapporte David Eidelman, le ministère de la Santé, de concert avec l\u2019ensemble des facultés de médecine, élabore actuellement un vaste programme de recherche auprès des patients.Le D\"^ Bergman participe activement à ce projet, dit-ü.Il précise en outre que les thèmes de recherche abordés en médecine familiale portent entre autres sur la façon d\u2019organiser les soins pour être sûr que les patients reçoivent précisément ce dont ils ont besoin.«Il s\u2019agit par exemple de mener des recherches sur l\u2019organisation des soins, sur l\u2019utilisation optimale des ressources, sur la façon d\u2019assembler des équipes interdisciplinaires et donc de pourvoir aux besoins de la personne, sur la bonne façon de dispenser les soins, etc.Et c\u2019est la mission que nous voulons précisément remplir au Département de médecine familiale.» Collaborateur Le Devoir H 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MAI 2012 SANTE La CSN ET LA SANTÉ Le principe de l\u2019utilisateur-payeur doit être abandonné «Nous sommes tout à fait disposés à collaborer avec les directions des établissements de santé» La santé a toujours été au Québec un enjeu social et politique important.On ne se surprendra guère alors de voir la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s\u2019y intéresser et se faire la gardienne des valeurs du système de santé public québécois.PIERRE VALLEE Dans la mire, cette fois, de la CSN : les soins de santé prodigués aux aînés.«On vient de lancer, en mars dernier, une importante campagne intitulée \u201cVieillir dans la dignité\u201d, dans laquelle nous offrons des pistes de solution pour améliorer l\u2019offre de soins de santé aux aînés», explique Jean Lacharité, deuxième vice-président de la CSN.Il y a d\u2019abord la question de l\u2019hébergement des personnes âgées atteintes d\u2019une lourde perte d\u2019autonomie.«Il manque de places d\u2019hébergement pour ces personnes dans le système de santé et la solution passe par une offre accrue d\u2019hébergement public.» La réponse ne saurait donc être l\u2019arrivée des partenariats publics-privés (PPP) dans la construction et la gestion des Centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).« On est très inquiet par le recours aux PPP pour loger des personnes aînées nécessitant des soins plus lourds.Par définition, le partenaire privé voudra faire des profits.Comment les réalisera-t-il?En rognant sur la qualité des services ou en exigeant des frais plus élevés pour ces mêmes services ?» Il s\u2019interroge aussi sur les conditions de travail qui pré- vaudront dans ces CHSLD en PPP.«Le partenaire privé sera-t-il en mesure d\u2019offrir à ces travailleurs de bonnes conditions de travail ?Sera-t-il capable de répondre aux besoins de formation de ces derniers?S\u2019il n\u2019y arrive pas, on assistera alors à un important roulement de personnel.Cela nuira au lien entre les patients et les personnes qui les soignent, un lien d\u2019autant plus important puisqu\u2019il s\u2019agit de personnes âgées.» Maintien à domicile La CSN prône aussi un meilleur appui financier au maintien à domicile des personnes aînées désîrant demeurer à leur domicile le plus longtemps possible.Selon les chiffres fournis par la CSN, le Québec est une des sociétés qui investissent le moins en soutien à domicile.A titre de comparaison, la part du budget public consacré aux aînés qui est dédiée au soutien à domicile est de 18% au Québec, tandis qu\u2019en France elle atteint 43%.Au Danemark, on parle plutôt de 73%.«On croit qu\u2019un investissement immédiat de 500 millions de dollars dans le maintien à domicile permettrait d\u2019amorcer le virage nécessaire et d\u2019assurer dès maintenant des soins à domicile suffisants pour satisfaire au minimum 40% des besoins JEAN-PAUL PELISSIE REUTERS Les partenariats publics-privés dans la construction et la gestion des CHSLD créent des inquiétudes sur la qualité des soins et services qui y seront prodigués.des personnes âgées en perte d\u2019autonomie.Sans compter que ce virage aurait pour effet de désengorger les urgences, souvent le seul recours pour les personnes âgées, et de libérer des lits d\u2019hôpitaux occupés par des personnes âgées, faute de solution de rechange.» Mais, pour que ce nouvel ef-fort de maintien à domicile donne les fruits escomptés, il faut aussi s\u2019attarder à la livraison desdits services.«Les services en maintien â domicile doivent être mieux intégrés et mieux coordonnés.» Une coordination qui, selon la CSN, de- vrait être confiée aux Centres de santé et de services sociaux (CSSS).La CSN dénonce aussi la contribution santé que doit maintenant acquitter le contribuable québécois.«C\u2019est une taxe régressive qui ne tient absolument pas compte du revenu et de la capacité de payer des personnes.Il faut tout simplement l\u2019abolir.S\u2019il faut aller chercher plus d\u2019argent dans la poche des contribuables pour mieux financer le réseau de santé public, on peut le faire facilement en ajoutant un autre palier d\u2019imposition.» Se cache aussi derrière cette contribution santé, croit-il, le principe de l\u2019utilisateur-payeur.«Ce principe en santé ne peut que créer des problèmes médicaux.Il ne faut pas mettre le doigt dans cet engrenage.» La CSN dénonce aussi l\u2019utili-sation de plus en plus fréquente du secteur privé en santé.«Le recours aux cliniques médicales privées par les centres hospitaliers pour la livraison de certains soins est illogique.Il y a un nombre X de médecins et d\u2019infirmières au Québec.Le recours au secteur privé ne fait pas augmenter ce nombre.Tout ce qu\u2019il fait, c\u2019est qu\u2019il déplace les médecins et les infirmières vers le secteur privé et, par conséquent, vide le réseau public.On n\u2019y gagne certainement pas au change.» Idem pour la présence des agences de placement privées.«C\u2019est une façon de faire qui est très coûteuse pour les centres hospitaliers, puisque ces derniers doivent non seulement débourser le salaire de l\u2019infirmière, mais aussi le pourcentage qu\u2019on remet â l\u2019agence pour ses services.Il serait moins coûteux de permettre aux centres hospitaliers d\u2019ouvrir de nouveaux postes lorsqu\u2019ils sont en déficit de personnel, plutôt que de se référer aux agences de placement.» Jean Lacharité admet qu\u2019il y a des gains en efficience ef par conséquent, des économies d\u2019argent à faire, dans une meilleure organisation du travail et des services.«Comme syndicat, nous sommes tout â fait disposés â collaborer avec les directions des établissements de santé.Mais cette réorganisation des services et du travail doit se faire de façon paritaire.Si les décisions viennent seulement d\u2019en haut, ça ne peut pas marcher.Les travailleurs ne se sentiront pas associés â ces décisions et cela ne peut qu\u2019augmenter la résistance au changement.On ne remet pas pour autant en question la compétence des cadres, mais les travailleurs, ceux qui sont sur le terrain et qui dispensent les soins, ont une importante contribution â faire.» Collaborateur OSTHEOPATHIE L\u2019osthéopathe est toujours en attente d\u2019une reconnaissance professionnelle Le deuxième cycle de formation s\u2019effectue généralement sur une période d\u2019un an et demi Le Collège d\u2019études ostéopathiques ouvre ses portes en 1981 à Montréal.Depuis, il sème des instances un peu partout au Canada et ailleurs dans le monde et ses activités ne cessent de se multiplier.Mais qu\u2019est-ce qu\u2019on enseigne à ces futurs ostéopathes?Petit survol des programmes offerts au Collège.MARIE-HELENE ALARIE Un jour ou l\u2019autre, on ressent tous la douleur de cette blessure qu\u2019on s\u2019est infligée il y a quelques années et qui s\u2019obstine à revenir nous hanter.C\u2019est peut-être là l\u2019occasion de consulter un ostéopathe.Celui-ci est «un ingénieur, un horloger de l\u2019organisme qui non seulement évalue et traite les causes des troubles fonctionnels, mais qui vérifie aussi préventivement les rouages essentiels de notre physiologie qui régissent l\u2019équilibre et la santé de l\u2019être humain », affirme Philippe Druelle, fondateur du Collège d\u2019études ostéopathiques (CEO) de Montréal.Mais, si on fait déjà partie des adeptes de l\u2019ostéopathie, peut-être qu\u2019on voudra, à son tour, soigner ces fameuses blessures chez les autres.Quand il crée le CEO avec l\u2019aide de Jean-Guy Sicotte et de Denise Laberge, M.Druelle K' - Les travailleurs et les travailleuses qui soignent nos malades, prennent soin des gens qui nous sont chers, assurent l'hygiène des lieux et traitent les dossiers médicaux, méritent tout notre RESPECT et notre RECONNAISSANCE.AAerci 3 ©SCFPQuebecInfos SCFP-Québec Infos scfp.qc.ca SCFR Syndicat canadien de ^ la fonction publique fto donne à cet établissement la mission de réunir tout le patrimoine de l\u2019ostéopathie traditionnelle, qui regroupe les différentes méthodes thérapeutiques appliquées à la sphère crânienne.M.Druelle fut donc le premier à établir une méthodologie clinique complète qui utilise ces différentes méthodes afin que ses étudiants puissent répondre aux besoins de chaque patient.La première école d\u2019ostéopathie venait de voir le jour au Canada.Aujourd\u2019hui, plusieurs écoles bénéficient de la formation mise au point par M.Druelle.On les retrouve ici au Canada, à Toronto, Québec, Vancouver et Halifax, mais aussi en Allemagne et en Suisse.En 1982, Philippe Druelle met sur pied la Fondation canadienne pour l\u2019enseignement et la recherche en ostéopathie.Cette fondation permet à des enfants atteints de dysfonctions neurologiques d\u2019être soignés par les étudiants du CEO.Depuis 1981 et jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, le collège et ses représentants mènent des actions afin de faire reconnaître la profession d\u2019ostéopathe tant au Québec qu\u2019au Canada.Les candidats Tous les programmes du CEO, de niveau universitaire, permettent à leurs étudiants d\u2019obtenir un diplôme en ostéopathie du Québec, c\u2019est-à-dire un D.O.Les programmes offerts sont destinés soit aux étudiants qui détiennent un diplôme d\u2019études collégiales (DEC), soit aux universitaires de premier cycle dans tous les domaines des sciences de la santé.Le programme à temps plein en ostéopathie s\u2019adresse à tous les détenteurs d\u2019un DEC.Bien sûr, s\u2019il y a une trop grande demande d\u2019admissions, le collège privilégiera les diplômés ayant une formation dans une discipline des sciences de la santé.Le premier cycle de ce programme à temps plein est va-fidé par l\u2019Université du pays de Galles (G.-B.), et les étudiants ayant réussi les examens se verront remettre, en plus de leur attestation du CEO, un baccalauréat en sciences de l\u2019ostéopa- thie de l\u2019Université du pays de Galles.L\u2019autre programme d\u2019études en ostéopathie s\u2019adresse, quant à lui, aux diplômés du premier cycle en sciences de la santé.Cette formation est adaptée à ceux qui, ayant déjà de nombreuses connaissances dans le domaine de la médecine, désirent pratiquer l\u2019ostéopathie.Les programmes Dans les cas des deux programmes offerts au CEO, afin d\u2019obtenir leur diplôme d\u2019ostéopathe du Québec, les étudiants doivent réussir deux cycles d\u2019études.Le premier cycle concerne les sciences de la santé et l\u2019ostéopathie et permet à l\u2019étudiant d\u2019acquérir les compétences cliniques, le savoir-faire et la palpation requises pour chaque domaine de l\u2019ostéopathie.Ce premier cycle permet aussi de connaître la méthodologie clinique, afin de répondre aux besoins des patients de manière efficace et tout à fait sécuritaire.Le programme à temps plein s\u2019étend sur quatre ans et demi, et chaque année comprend deux sessions, de septembre à avril.Le premier cycle de l\u2019autre programme s\u2019étend, pour sa part, sur cinq ans et comprend des séminaires de cinq jours, dont le dernier est consacré à l\u2019intégration clinique.Le deuxième cycle Quand on aborde le deuxième cycle, les étudiants des deux programmes sont réunis dans un tronc commun.Les études se font alors à temps partiel.L\u2019objectif de ce cycle est de permettre un apprentissage avec des experts.L\u2019étudiant acquiert un esprit de synthèse, d\u2019analyse et d\u2019autocritique.Il y apprend aussi à trouver les moyens nécessaires pour résoudre la complexité d\u2019un cas clinique, puis, avec les connaissances acquises, le futur ostéopathe pourra alors travailler au sein d\u2019équipes multidisciplinaires.Ce qui est transmis ici, ce ne sont pas que des notions scolaires, mais aussi des valeurs C\u2019est à ce niveau que les étudiants choisissent le profil pour acquérir l\u2019expérience et l\u2019expertise axées soit sur la recherche, soit sur la clinique.Ils rencontrent des experts dont les connaissances leur permettront d\u2019effectuer un travail de recherche fondamentale, clinique ou qualitative.Deux possibilités s\u2019offrent aux étudiants du deuxième cycle : la rédaction d\u2019un mémoire ou l\u2019internat avec essai.S\u2019il choisit la rédaction d\u2019un mémoire, l\u2019étudiant devra rédiger et présenter un protocole de recherche de 20 pages ainsi qu\u2019un mémoire de 100 à 150 pages.De manière optionnelle, il pourra aussi assister à des cours spécialisés et à des symposiums.Quant aux étudiants qui choisissent l\u2019internaf ils s\u2019inscrivent dans un programme axé sur l\u2019application clinique des connaissances acquises et des méthodes enseignées par les experts.Ils pourront acquérir une expérience clinique chez un ostéopathe, en mission humanitaire ou dans un travail hospitalier.Les étudiants suivront aussi des cours de postgradués, une initiation pour devenir superviseur et ils participeront aussi à d\u2019autres projets ou activités.Pour l\u2019obtention de leur diplôme, les étudiants devront aussi rédiger l\u2019analyse de deux cas cliniques sous la forme d\u2019un essai d\u2019environ une vingtaine de pages.Ce deuxième cycle s\u2019effectue généralement sur une période d\u2019un an et demi.Comme on peut le constater, on aborde ce cours d\u2019une manière très sérieuse.Mais, ce qui est transmis ici, ce ne sont pas que des notions scolaires, mais ce sont aussi des valeurs.Ainsi, on souhaite que les étudiants du CEO développent leurs propres talents et leur personnalité.Le collège s\u2019efforce de promouvoir le respect, l\u2019éthique et la loyauté, et sa mission s\u2019inscrit dans la continuité de la tradition, tout en favorisant le savoir-faire autant que le savoir-être.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MAI 2012 SANTE H 3 SOINS DE LONGUE DUREE Quand la mort veille.En soins de fin de vie, « chaque individu est un cas particulier » Une personne qui entre au centre d\u2019hébergement de l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal décède en moyenne dans les trois années qui suivent.Une situation qui n\u2019est pas facile à gérer émotionnellement tant pour le personnel de santé que pour les proches.Depuis 2008, l\u2019Institut a mis en place un programme interprofessionnel de formation sur les soins de fin de vie en soins de longue durée, pour aider son personnel à mieux gérer et accepter l\u2019inéluctable.Louise Fran-cœur, conseillère en soins infirmiers spécialisés, est la responsable de ce programme.HELENE ROULOT-GANZMANN Le programme est destiné à tous les intervenants qui gravitent autour de la personne en situation de fin de vie, explique Francœur.Aussi bien l\u2019infirmière que le médecin, le préposé; ça va être également l\u2019ergothérapeute, le physiothérapeute, le nutritionniste, l\u2019inhalothérapeute, même l\u2019intervenant spirituel, des bénévoles.On a eu parfois jusqu\u2019à treize professionnels différents.Le programme est destiné à toutes ces personnes-là.» Les gens qui entrent en soins de longue durée vont y mourir.L\u2019an dernier, à l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal, 26% de la clientèle est décédée.Or les diplômes des différents personnels les préparent généralement peu à cette éventualité.D\u2019où l\u2019idée de développer sa propre formation.Une formation qui a tellement bien démontré son efficacité qu\u2019elle est aujourd\u2019hui dispensée à des formateurs, qui vont eux-mêmes la délivrer au personnel d\u2019autres établissements spécialisés dans les soins de fin de vie.L\u2019objectif de ce programme de trois jours est d\u2019acquérir quatre compétences.Contribuer selon son champ de compétence professionnelle au confort et à la qualité de vie des résidents âgés en fin de vie, accompagner le résident et ses proches durant la dernière étape de la vie, agir de façon éthique et participer au travail d\u2019équipe interprofessionnel afin d\u2019assurer la qualité et la continuité des soins offerts en fin de vie.«Souvent, les familles sont très présentes, mais elles sont ignorantes, elles ne savent pas trop comment ça va se passer.Les proches sont particulièrement visés dans notre programme, parce que c\u2019est une des grandes problématiques auxquelles les intervenants ont à faire face.Les familles leur posent beaucoup de questions et ils ne savent pas toujours quoi leur répondre.Le personnel doit accompagner le patient pour que le passage vers la mort se fasse en douceur, de façon digne, mais il doit aussi soulager les proches, agir avec compassion, et à ça, quelle que soit YURIKO NAKAO REUTERS Les professionnels de la santé peuvent bénéficier d\u2019une formation particulière pour accompagner des personnes âgées en situation de fin de vie.son expérience, il n\u2019est pas forcément préparé.» L\u2019éthique tient également une grande place dans le programme.Parce que le personnel se retrouve très souvent devant des dilemmes qui le mettent mal à l\u2019aise par rapport à ses propres valeurs.La formation tente, plus que de lui apporter des réponses toutes faites, de lui donner des clés qui vont lui permettre de réagir de manière adaptée.« Car, en soins de fin de vie, chaque individu est un cas particulier, estime Louise Francœur.Un grand nombre de nos résidents ont des déficits cognitifs sévères et ne peuvent plus s\u2019exprimer.L\u2019aspect reli- gieux, l\u2019aspect culturel apportent parfois des dilemmes entre ce qu\u2019on voit, ce qu\u2019on sent que le patient voudrait, ce qu\u2019on pense qui serait le mieux pour lui et les décisions que prennent les proches, conjoint, enfants ou toute autre personne significative.On travaille donc sur l\u2019accompagnement de ces proches, car il y a souvent une incompréhension de la situation, mais aussi des aspects émotionnels et relationnels qui entrent en compte.Prendre conscience que son parent va mourir, que c\u2019est inéluctable.Accepter de prendre les bonnes décisions pour le laisser partir dans la dignité.Si on accompagne ces sentiments-là, ça permet à la famille de prendre conscience de la situation et de faire ce qu\u2019il y a de mieux pour le patient.Encore faut-il trouver les bons mots et sortir nous-mêmes de l\u2019émotion, parce qu\u2019en définitive nous sommes nous aussi dans un processus de deuil et nous devons vivre avec ça.» Et, pour y parvenir, encore faut-il que l\u2019équipe travaille bien ensemble.Qu\u2019elle communique, qu\u2019elle fonctionne en synergie pour arriver à de meilleurs soins.On se rend compte alors qu\u2019on peut agir plus rapidement, de manière plus structurée.Ça rassure les proches sur la compétence des intervenants, donc sur la crédibilité des informations qu\u2019ils leur donnent.Ils s\u2019en remettent plus volontiers à leur avis.Ils acceptent plus facilement que la situation soijt irréversible.A l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal, la moyenne d\u2019âge des résidents est très élevée, au-delà de 80 ans.Tous nécessitent plus de trois heures de soins par jour dans des domaines très variés.«Cette formation, ce n\u2019est que le début d\u2019un processus, estime M\u201c® Francœur.Le but, c\u2019est d\u2019outiller une équipe pour qu\u2019elle puisse développer ses compétences et progresser.Que, lorsqu\u2019elle rencontre une situation difficile sur le plan émotionnel ou éthique, elle puisse avoir des automatismes pour savoir ce qu\u2019il faut faire.Qu\u2019elle puisse communiquer, informer, aller chercher de l\u2019aide, même.Parce que, parfois, il y a matière à aller jusqu\u2019au comité de bioéthique ou vers d\u2019autres instances, parfois ça va nous chercher dans nos valeurs.Prenons seulement l\u2019exemple de la morphine: il y a des familles qui n\u2019en veulent pas parce que, pour elles, ça signifie la fin.Alors que, de notre côté, on ne souhaite que soulager.Ça peut être difficile à gérer pour une infirmière qui voit le patient souffrir.Tout comme les soins palliatifs: il y a des proches qui ne veulent pas s\u2019en aller là-bas et qui poursuivent dans les soins curatifs, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas tout compris de la situation ou qu\u2019ils ne peuvent pas l\u2019accepter.Pour l\u2019équipe médicale, ce sont des moments qui ne sont pas faciles à gérer, d\u2019autant qu\u2019elle aussi développe un attachement pour le patient.» Collaboratrice Le Devoir i MCGILL PREND SOIN DES QUEBECOIS DEPUIS PRES DE 2 0 0 ANS.à Le Québec a besoin de médecins de famille, Et la Faculté de médecine de McGill répond à l'appel.84 Cette année, 84 étudiants entreprendront leur résidence en médecine familiale à McGill, une hausse de 36 % depuis trois ans.W McGill Plus de 90 % de nos étudiants en médecine sont du Québec.1,8 million Le Réseau universitaire intégré de santé de rUniversité McGill contribue à offrir des soins de santé ainsi que de la formation à 63 % du territoire québécois, où vivent près de 1,8 million de Québécois.Pour en savoir plus sur la façon dont l\u2019université québécoise classée au 17® rang mondial améliore la vie des Québécois, visitez le www.mcgill.ca/community/fr/quebec. H 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MAI 2012 SANTE fédération interprofessionnelle de la santé La FIQ réclame la tenue d\u2019états généraux La fédération célèbre cette année ses 25 ans d\u2019existence En cette année du 25e anniversaire de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), sa présidente, Régine Laurent, parcourt le Québec dans un esprit festif à l\u2019occasion du mois de la santé; elle invite ses membres à «prendre soin d\u2019eux».Elle n\u2019a pourtant pas que le cœiu* à la fête, un quart de siècle plus tard: elle est lasse de taper toujours sur les mêmes clous sans obtenir les résultats escomptés.RÉGINALD HARVEY Interpellée sur les défis actuels qui se présentent en santé et pour le mouvement syndical, Régine Laurent profite de cet anniversaire pour formuler en priorité et avec conviction un souhait: «Est-il possible d'arrêter?Arrêt sur Vintage, s'il vous plaît! Peut-on le faire enfin et regarder vraiment ce qui se fait et comment ça se fait ?Est-ce que ça répond aux besoins des patients à moitié ou en totalité ?Quelles sont les améliorations qu'on peut apporter?Qu'est-ce qui se passe dans la communauté?Traite-t-on de façon adéquate les personnes âgées ?» Elle insiste et pose le constat que le temps est venu d\u2019une réflexion en profondeur : «Il faut s'arrêter! Nous avons besoin d'un grand questionnement, et c'est l'un de mes rêves que de voir les différents acteurs sur le terrain, peu importe leur mission, prendre un temps d'arrêt afin de tenir des états généraux sur la santé, » Et, pour la suite des choses, elle adopte cette position: «Une fois ceux-ci tenus, peu importe le ministre qui va arriver au gouvernement, on maintient le cap sur les choix qu'on a faits.» Elle fournit un meilleur éclairage sur sa pensée: «Il faut prospecter pour savoir vers où on veut s'en aller.Les CLSC, quels sont leurs rôles ?On doit les définir et, une fois que c'est décidé, je refuse que le prochain ministre arrive en me disant que son dada c'est autre chose.Encore une fois, je le répète, il faut qu'on arrête, car, depuis 1995, on fait virer le réseau dans tous les sens.Ça suffit! Et tel est mon premier soujiait en cet anniversaire.» A partir de là, elle consent à aborder certains dossiers; il lui apparaît que, ce qui est important pour la population, c\u2019est la première ligne: «Ce n'est vraiment pas tout le monde qui a besoin de se ramasser à l'urgence, mais, comme il n'y a pas d'autres endroits où se diriger, c'est là que vont les gens.» Quelle est la solution?«Elle passe par les médecins de famille, mais ça peut aussi vouloir dire d'avoir la présence d'infirmières dans la corn- O JACQUES GRENIER LE DEVOIR La présidente de la FIQ, Régine Laurent munauté, parce qu'il y a tout de même une proportion assez importante de la population qui souffre de maladies chroniques; les infirmières peuvent donc effectuer un suivi auprès de ces gens dans leur milieu, en lien avec les médecins.Je crois aussi qu'on peut effectuer plus de suivi qu'on en fait actuellement en ce qui concerne les personnes âgées.» Elle résume en trois points ce qui figure, à son avis, au cœur même des préoccupations des patients: «La première ligne, les maladies chroniques et la prise en charge des personnes âgées pour leur dispenser les soins requis.C'est ce qui m'apparaît majeur pour l'instant.» Elle soulève un autre aspect de la problématique qui apporte du sable dans l\u2019engrenage du réseau: «La loi 90 modifiant le Code des professions n'est toujours pas en application partout et à pleine capacité, ce qui a un impact important sur les professionnels en soins, mais aussi sur les patients et sur la prise en charge.On doit aussi revoir toute la structure des postes; on est en période de pénurie et il y a encore des employeurs qui affichent des postes à deux jours par semaine; c'est une pratique qui se poursuit malheureusement.» Privatisation «insidieuse» A titre d\u2019organisation syndicale, la Eédération ne peut rester insensible à la privatisation qui s\u2019insinue dans le système des soins de santé sous différentes formes.Régine Laurent dénonce les démarches qui vont dans ce sens-là: «Il y a toute la question de la main-d'œuvre indépendante qui en est un des aspects, mais il y a également la privatisation insidieuse qui est due, entre autres, au sort réservé aux personnes âgées; ce n'est pas quelque chose d'inéluctable et je le vois comme un défi pour le réseau, parce qu'il y a là des choix politiques et de société qu'on doit exercer.» Devant les gains que le secteur privé ne cesse d\u2019enregistrer de manière directe ou par la bande, elle se montre convaincue que le véritable engagement consiste à renforcer le réseau public plutôt que de l\u2019affaiblir: «C'est possible d'y arriver et il y a des choses intéressantes qui se font quotidien- nement dans ce sens-là.» Une fois ces sujets abordés, la question se pose tout naturellement : comment arriver finalement à trouver les moyens de remettre le réseau sur ses rails une fois pour toutes?La présidente affiche ses couleurs : «Je vous dirais très honnêtement que ça prend peut-être un ministre de la Santé et un gouvernement qui ont le courage de le faire.» Elle se refuse à blâmer les structures actuellement en place : «Le problème majeur ne vient pas des agences, quoiqu'elles pourraient être allégées.Par contre, il y a une difficulté majeure sur le plan de la gestion des établissements; on voit là des aberrations, et je crois qu'il faut insuffler dans le réseau une nouvelle philosophie de gestion en tenant compte des patients.Mais aussi d'une façon beaucoup plus respectueuse de se comporter envers les ressources humaines dans le réseau.» Et Laurent revient au point de départ: «Il est nécessaire de s'arrêter et de tenir des états généraux pour tracer les lignes directrices et pour savoir vers où on s'en va réellement.» Il existe des gens de terrain compétents qui seraient en mesure d\u2019apporter leur contribution au sein d\u2019un tel débat élargi et de contribuer à fixer des orientations.Collaborateur En 1987 naquit une nouvelle centrale Tout prend forme avec la négociation d\u2019une première convention collective des infirmières regroupées En 1987, trois syndicats indépendants s\u2019unissent poiu* former la Fédération indépendante des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), qui deviendra, en 2010, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).Ce syndicat de professionnels de la santé regroupant plus de 60000 membres a mené des luttes épiques, subi des coups durs, remporté des victoires et milité pour des causes sociales en 25 ans d\u2019existence.Retour sur une organisation marquée par une solidarité indéfectible.RÉGINALD HARVEY Michèle Boisclair, première vice-présidente de la FIQ, totalisera bientôt 40 ans de vie infirmière et d\u2019engagement syndical.Elle accompagne Le Devoir pour remonter le cours du quart de siècle d\u2019existence du mouvement et se tourne en premier lieu vers la fusion en 1987 : «Celle-ci est venue d'une volonté très forte de la base; on se rendait compte que, lorsqu'il y avait des périodes de maraudage ou des négociations, le gouvernement se servait de nos trois fédérations pour tenter de nous diviser en donnant une petite affaire à chacune d'elles.Sur le terrain, on a donc fini par trouver qu'il était ridicule de se battre entre nous.» Fait plutôt inusité, c\u2019est un projet de loi d\u2019intérêt privé adopté à l\u2019Assemblée nationale qui sanctionne le fusionnement des trois entités: «Cela a créé une force syndicale extraordinaire.A l'époque, on était 36000 et la première présidente élue fut Diane Lavallée (1987-1993).» Au fil du temps, lui succéderont Jennie Skeene (1993-2005), Lina Bonamie (2005-2009) et l\u2019actuelle présidente, Régine Laurent (2009-).«On s'est mis au travail pour relever notre premier grand défi, qui était la négociation d'une première convention collective des infirmières regroupées en 1989; déjà, à ce moment, on voyait poindre un problème sur le plan de la pénurie, de telle sorte que notre thème était \u201cPour être là demain \".On voulait vraiment obtenir une reconnaissance professionnelle et dire au gouvernement Bourassa: c'est fini la vocation, et on passe de celle-ci à la profession», se souvient Boisclair.Un premier affrontement musclé L\u2019interlocuteur patronal fait plutôt la sourde oreille aux revendications de la FIIQ, ce qui aura pour conséquence le déclenchement d\u2019une grève illégale de sept jours en septembre 1989.Une loi spéciale d\u2019une sévérité historique est adoptée pour y mettre fin : «C'est la loi 160, qui avait des dents et qui entraînait une cessation de l'application de la formule Rand pour le prélèvement à la source des cotisations syndicales, accompagnée d'un grand nombre d'autres pénalités et d'une suppression d'ancienneté.» Elle assure que les infirmières ont alors fait preuve de beaucoup de solidarité pour atténuer les conséquences de cette pièce législative en recourant à diverses solutions: «Les infirmières sont très imaginatives et créatrices; on s'est organisé pour que ça fasse moins mal et on s'est soigné, si on peut dire cela.» Elle s\u2019indigne du sort réservé à ses collègues, tout en se réjouissant des avancées ob- I SHAUN BEST REUTERS La grève des syndiqués de la Fédération indépendante des infirmières et infirmiers du Québec en 1999 a été interrompue par une loi spéciale.tenues à ce moment: «C'est incompréhensible, la façon dont ils ont traité des gens qui, au quotidien, ont à prendre soin du monde.D'un autre côté, on a réussi à faire des percées incroyables, qui ont ouvert la porte à une amélioration des conditions de travail et qui ont des répercussions encore aujourd'hui.» Toujours à la même époque, elle fait ressortir tout l\u2019engagement social de la Fédération en cette période particulièrement fertile en débats de société.La FIIQ s\u2019engagera fermement en faveur du droit à l\u2019avortement à ce moment.Plus tard, dans les années 1990, elle sera de la marche mondiale des femmes contre la pauvreté (Du pain et des roses) : «Cette pauvreté engendre toutes sortes de problèmes pour la santé.Déjà, à ce moment-là, on était très active dans ce genre de manifestation.» Des milliers de postes s\u2019envolent En 1997, des infirmières quittent leurs fonctions,dans le cadre de la quête du déficit zéro de l\u2019Etat prônée par le gouvernement de Lucien Bouchard.Le gouvernement n\u2019a pas vu venir le coup et son programme de départs volontaires cause la prise de retraite prématurée de près de 19000 employés de la santé, dont 3600 infirmières: «Les dirigeants gouvernementaux n'avaient pas prévu le niveau de détresse et de profond découragement, avec toutes les transformations et les restructurations qui étaient annoncées dans le réseau.» Le virage ambulatoire se pointe en effet dans le décor durant ces mêmes années '.«On a souscrit à cette idée, dans le contexte de l'évolution des technologies et des avancées dans les techniques chirurgicales.On avait quand même un doute que l'argent pour l'appliquer ne serait pas là.» Et s\u2019ajoute l\u2019adoption de la loi 90, qui vient modifier le Code des professions et transformer la pratique infirmière.La grève de 1999 marque la vie ^ndicale C\u2019est dans ce contexte plutôt trouble que se préparent en 1998 les négociations de 1999.La Fédération fait ses devoirs et lance un programme de formation très poussé dans l\u2019organisation du travail, auprès de ses représentantes dans 350 établissements: «On veut être un pas en avant sur les changements en cours et leurs conséquences.» Comme moyen de pression pour faire valoir leurs revendications, les infirmières cessent de faire des heures supplémentaires.Elles sont forcées d\u2019abandonner cette stratégie, mais elle porte fruit sur plusieurs points; le Conseil des services essentiels leur donne en bonne partie raison.Malgré toute cette démarche préparatoire, dix ans après la grève de 1989, celle de 1999 éclate.Elle résume les points en litige : «Le fardeau des tâches est toujours présent, l'organisation du travail est problématique et on veut une diminution de la précarité; notre thème est le suivant: \u201cAssez, c'est assez\".Le gouvernement rejette nos demandes, jugées excessives, les infirmières frappent un mur, elles en ont plein les bras et décident d'aller en grève encore une fois.» Deux lois spéciales frappent le mouvement et imposent le retour au travail, la loi 160 et la loi 72, après 23 jours d\u2019arrêt de travail; la formule Rand écope et les amendes salées pleuvent.Dans un geste de solidarité sans pareil, les infirmières reçoivent pour une deuxième fois une aide financière généreuse de leurs collègues du Canada, ce qui leur servira à sortir la tête de l\u2019eau et à sauver leur syndicat en déroute : «Elles ont été d'une générosité extraordinaire».La solidarité des membres et les efforts financiers qu\u2019elles consentent feront le reste; la FIIQ survivra au prix de bien des sacrifices.Et pendant les années 2000.Un autre siècle se pointe et Michèle Boisclair porte ce regard sur ce qui se passe alors: «Je vois ces années marquées par les bouleversements; elles sont entachées par le manque de respect envers les structures syndicales et celles-ci sont profondément modifiées par les lois 25 et 30.On assiste aux lois adoptées sous le bâillon.La privatisation gagne du terrain dans le réseau de la santé et devient pour nous un des grands dossiers majeurs.On continue également de dénoncer et de lutter contre la pauvreté qui frappe les femmes et de prendre position sur d'autres problématiques sociales.» La Fédération envisage les changements structurels avant même qu\u2019ils ne surviennent, de telle sorte qu\u2019elle absorbera mieux le choc causé dans le monde syndical par l\u2019adoption de la loi 25 et de la loi 30: «On est d'abord devenu la \u201cEIIQ Plus \" en se fusionnant et en créant des postes de vice-présidence réservés aux infirmières auxiliaires et aux inhalothérapeutes; au congrès de 2005, cette démarche a été officialisée par un vote pour combler ces deux postes.» La FIIQ adopte une approche de soins pour obtenir par la suite l\u2019adhésion démocratique fortement majoritaire de ces deux groupes de professionnels, en plus de celle des «perfusion-nistes»: «On s'est penché sur les fusions des syndicats avec une vision soignante, en regardant qui sont les professionnels en soins autour de notre patient; on était bien placé pour parler d'organisation du travail en réunissant une telle équipe.Cette logique-là sera respectée par les autres groupes.» Tant et si bien que la FIIQ devient la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) au début de décembre 2006: «Cette appellation reflétait vraiment la nouvelle réalité de notre organisation, dont le nombre de membres tournait à ce moment-là autour de 55000.» De 2006 à 2012, il y aurait matière à relever quelques autres événements marquants, mais qui appartiennent davantage au présent.Retenons ces propos de M\"\"^ Boisclair pour résumer ces années-là: «Depuis ce temps, on a un thème qui nous tient à cœur et on veut que la Eédération soit reconnue à travers celui-ci, étant donné qu'on regroupe toutes les professionnelles en soins qui sont autour du patient: \u201cLa EIQ, une voix qui porte, des gestes qui comptent \".» Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MAI 2012 H 5 PSYCHIATRIE ET SANTE MENTALE Avoir 15 ans.« La maladie complique la vie, mais une vie compliquée aggrave l\u2019évolution de la maladie » « Santé mentale des jeunes adultes : nous pouvons faire mieux ! » Tel est le thème qui coiffait un colloque interétablissements en psychiatrie et santé mentale qui s\u2019est tenu à Québec les 29 et 30 mars.Il y a été question de recherche, d\u2019organisation des soins et des services.Bilan et perspectives avec son président, le psychiatre Philippe Baruch.THIERRY HAROUN 'plusieurs troubles, tels la schizophrénie, les troubles bipolaires ou les troubles de personnalité, apparaissent le plus souvent à l\u2019adolescence ou au début de l\u2019âge adulte.Leurs conséquences sont, hélas, trop souvent dévastatrices à cette période de la vie.Des progrès ont été faits au cours des dernières années pour aider ces jeunes adultes, mais nous pouvons et devons encore mieux faire.» Voilà ce qu\u2019on lit notamment dans la documentation du colloque qui a proposé 58 communications et quatre forums et qui, par la même occasion, met la table à notre entretien avec le Baruch, également directeur de l\u2019enseignement à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Québec.« On est très heureux de l\u2019audience, qui a été très importante, note M.Baruch.Nous avons en fait eu à peu près 450 participants, soit des intervenants, des gens qui travaillent dans le milieu hospitalier, en première ligne des soins de santé, des gens des CLSC, des groupes communautaires, etc.Ce sont des gens qui ont vraiment participé au colloque, parce que, vous savez, il y a des colloques auxquels les gens s\u2019inscrivent, mais ils passent leur temps à faire du tourisme.» Ainsi, le thème du colloque, c\u2019est M.Baruch qui l\u2019a choisi.«En fait, mon intérêt en psychiatrie porte essentiellement sur les troubles de l\u2019humeur et surtout sur les troubles bipolaires [connus autrefois sous l\u2019appellation de maladies maniaco-dépressives].La maladie apparaît en général à la fin de l\u2019adolescence ou au début de l\u2019âge adulte, soit entre l\u2019âge de 15 et 25 ans, pour beaucoup d\u2019entre eux.Le trouble bipolaire se manifeste par des épisodes de dépression et d\u2019excitation, ce qu\u2019on appelle des .^ AAA ,Ll:V L\u2019Institut universitaire en santé mentale de Québec est affilié à l\u2019Université Laval.manies plus ou moins sévères selon le cas.Et cela a des conséquences sur le développement personnel, sur les études, les relations amoureuses, l\u2019installation dans la vie, etc.Par exemple, si on a un jeune qui fait une dépression sévère â 19 ans et vit une période d\u2019excitation â 21 ans, il est certain que, si rien n\u2019est fait, les épisodes vont se répéter, et probablement qu\u2019â l\u2019âge de 30 ans cette personne aura déjà été hospitalisée trois ou quatre fois.» La tendance, sur le plan du diagnostic et de l\u2019intervention, repose, dit-il, sur une organisation des services qui permettrait une détection plus précoce de la maladie et sa prise en charge.«L\u2019idée est d\u2019avoir une organisation de services qui intervienne de manière plus efficace et plus tôt.Et je vous dirais que, souvent, c\u2019est le milieu scolaire qui va permettre la détection de ces troubles.Ce peut être un psychologue au cégep, par exemple.On peut aussi le remarquer aux niveaux secondaire ou universitaire.» Sur le plan des traitements, rappelle le professeur Baruch, il y a, dans un premier temps, «les aspects spécifiquement liés aux soins, que ce soient des traitements psychotropes, des prises en charge psychothérapeutiques individuelles ou collectives.On insiste également beaucoup sur ce qu\u2019on appelle la psycho-éducation.C\u2019est au fond une manière de permettre aux jeunes adultes d\u2019avoir une meilleure connaissance de la maladie et de développer des habitudes de gestion de la maladie.En fait, on insiste beaucoup aujourd\u2019hui sur la notion d\u2019intégration et de trajectoire.Il est donc moins question d\u2019attendre une espèce de molécule-miracle ou de la psychothérapie-miracle.» Guérison En ce qui concerne la guérison, M.Baruch précise que, au sens strict du terme, la guérison «n\u2019est pas facile â obtenir.La plupart des troubles mentaux sont souvent des maladies INSTITUT UNIVERSITAIRE EN SANTE MENTALE DE QUEBEC chroniques.Les traitements vont en limiter l\u2019impact.Encore lâ, l\u2019idée, c\u2019est que plus les gens ont des relations sociales et des projets, plus on peut espérer que, malgré la maladie, on peut avoir une qualité de vie.Ça joue en fait dans les deux sens, en cela que la maladie complique la vie, mais une vie compliquée aggrave l\u2019évolution de la maladie.» Philippe Baruch tient à rappeler en fin d\u2019entrevue qu\u2019il est en train de développer, avec une collègue à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Québec, un programme axé sur la santé mentale des jeunes adultes.«On va tenter d\u2019organiser au mieux les services de notre institut et d\u2019avoir les partenariats les plus efficaces possibles afin d\u2019aider ces jeunes.C\u2019est d\u2019ailleurs un axe qu\u2019on veut lier â des activités de recherche clinique.Il y a encore énormément de travail â faire.» Collaborateur Le Devoir SYNDICAT CANADIEN DE LA EONCTION PUBLIQUE L\u2019état actuel du réseau inquiète « C\u2019est par le public que passe l\u2019amélioration du système de santé » Le SCFP est alarmé de voir à quel point on ouvre la porte au secteur privé dans le réseau de la santé.Il déplore également les réformes administratives du réseau qui ne livrent pas leurs promesses et qui essoufflent les travailleurs.Entrevue avec Marco Lutfy, président du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS) du SCFP.MARTINE LETARTE TA es réformes, il y en a eu trois grandes depuis 15 ans dans le réseau de la santé et chacune promettait beaucoup.Nous remarquons toutefois qu\u2019elles étaient surtout des réformes de structure, qui n\u2019ont pas amélioré l\u2019état du réseau de la santé», affirme Marco Lutfy.La plus récente a été le regroupement des établissements de santé d\u2019un secteur en un Centre de santé et de services sociaux (CSSS).«On nous avait dit que fallait diminuer le fardeau administratif, mais on a vu que ça l\u2019a augmenté.Le nombre d\u2019indiens que peut avoir un chef ne change pas vraiment, vous savez.Si le patron a plus de responsabilités et plus d\u2019employés sous son égide, il va se chercher plus d\u2019adjoints.C\u2019est ce qui s\u2019est passé.Le niveau du personnel administratif et cadre a augmenté de 15 â 20%», affirme M.Lutfy Six ans après la fusion, le président du CPAS affirme que plusieurs CSSS n\u2019ont tou- jours pas réussi la transformation.« C\u2019est une grande réorganisation.Il faut tenir compte des différentes missions.Dans beaucoup d\u2019endroits, les hôpitaux sont venus drainer des ressources humaines et financières d\u2019autres établissements.Sur le terrain, en réalité, on n\u2019a pas vu d\u2019amélioration», affirme Marco Lutfy.L\u2019essoufflement des travailleurs Le CPAS, qui représente plus de 20 000 travailleurs dans le secteur de la santé et des services sociaux, remarque toutefois un essoufflement.«Dans les établissements de santé, les employés sont très essoufflés.Les réformes ne changent pas le nombre de patients dont ils ont â s\u2019occuper.Toutefois, â chaque réforme, ils doivent s\u2019adapter â de nouvelles réalités, â de nouveaux patrons, â de nouvelles façons de faire.C\u2019est essoufflant », remarque Marco Lu^.Le syndicaliste affirme toutefois que certains éléments de ces réformes sont tout à fait positifs.«Par exemple, l\u2019idée de faire en sorte que les établissements soient des milieux de vie.Je pense surtout aux centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), où on veut que les gens se sentent chez eux plutôt que dans un hôpital.C\u2019est bien, mais c\u2019est un gros changement.E n\u2019y a pas eu de personnel additionnel pour faciliter l\u2019adaptation.Ça essouffle», explique-t-il.M.Lutfy constate aussi que plusieurs responsabilités ont été données aux CSSS.«On exige d\u2019eux le déficit zéro, en même temps, on leur demande toutes sortes de choses, comme implanter l\u2019informatisation des données sur la santé.C\u2019est un projet de Québec, mais les CSSS n\u2019ont pas de nouveaux fonds pour le faire.Les CSSS prennent des montants dans leur enveloppe budgétaire et ensuite, pour ne pas être en déficit, ils doivent couper des postes et des heures ici et lâ.Encore une fois, ça essouffle les travailleurs.» Il s\u2019inquiète aussi des répercussions de la loi 100, qui met en œuvre certaines dispositions du discours sur le budget de 2010 et vise le retour à l\u2019équilibre budgétaire en 2013-2014 ainsi que la réduction de la dette.«On réaffiche maintenant un poste sur deux, précise-t-il.Cette politique ne fait pas en sorte que la fonction du deuxième poste disparaît.Les tâches sont redistribuées dans les équipes et c\u2019est encore plus essoufflant.» Dans un tel contexte, il affirme que les difficultés d\u2019attraction et de rétention du personnel sont toujours très sérieuses.«Les jeunes préfèrent vendre des cellulaires plutôt que de devenir des préposés aux bénéficiaires.Ça fait qu\u2019il manque de personnel, donc c\u2019est difficile de donner des congés parce qu\u2019il n\u2019y a pas de remplaçants.Ça essouffle encore plus et ça attire encore moins de relève.» Le secteur privé La question des agences de placement dans le milieu de la santé est toujours un enjeu pour les syndicats, comme pour le ministère de la Santé et des Services sociaux.«Le gouvernement reconnaît que la question de la main-d\u2019œuvre indépendante est un problème.En même temps, actuellement, on ne pourrait pas faire disparaître les agences parce qu\u2019il manquerait de personnel.Il faut regarder pourquoi ces personnes préfèrent être employées par des agences plutôt que par le réseau public.Il faut attirer ces travailleurs dans le réseau, donc regarder les conditions du travail.Un comité a d\u2019ailleurs été créé pour se pencher sur la question.On cherche une solution, mais ce n\u2019est pas évident sans nouveaux fonds», explique M.Lutfy, qui est préposé aux bénéficiaires de formation.Les problématiques sont donc nombreuses et, aux yeux de Marco Lutfy, il n\u2019y a pas de solution-miracle.«Ce n\u2019est certainement pas le secteur privé qui viendra nous sauver! C\u2019est un mythe incroyable de penser que rajouter la notion de profit dans l\u2019équation viendra aider.Le secteur privé ne coûte pas moins cher que le secteur public.Le secteur privé draine les ressources et crée deux classes de citoyens: les riches, qui peuvent se payer les services, et les pauvres, qui doivent se tourner vers un réseau public affaibli.» D\u2019ailleurs, le président du CPAS s\u2019inquiète énormément des conséquences que pourrait avoir l\u2019Accord économique sur le commerce global (AECG) entre le Canada et l\u2019Union européenne.«Les négociations se font présentement dans le secret.Ce que nous avons eu comme information, c\u2019est qu\u2019il découlerait de l\u2019AECG une ouverture des prestations de soins aux entreprises internationales.Ce genre d\u2019accord prévaut sur les lois canadiennes, provinciales et municipales.C\u2019est très inquiétant, puisqu\u2019on n\u2019a pas de contrôle Marco Lutfy lâ-dessus, parce que rien n\u2019est public dans ces négociations», déplore M.Lutfy.Quelle est la stratégie à adopter, d\u2019après le président du CPAS?«La sensibilisation, affirme-t-il.Lorsqu\u2019on demande â la population si elle veut plus de soins publics, de 80 â 90% des répondants disent oui.C\u2019est par le public que passe l\u2019amélioration du système de santé.Il faut se mobiliser pour arrêter le mouvement vers une recherche de profits toujours plus élevés.» Collaboratrice Le Devoir SS fii Forte de ses 60 000 membres, la FIQ défend avec conviction les professionnelles en ^ soins du Québec INFIRMIÈRES j INFIRMIÈRES AUXILIAIRES j INHALOTHÉRAPEUTES j PERFUSIONNISTES FEDERATION INTERPROFESSIONNELLE DE LA SANTÉ DU QUÉBEC www.fiqsante.qc.ca H 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MAI 2012 SANTE Gadamer et les soins De rimportance du dialogue dans le soin humain Un nouveau programme universitaire mettra l\u2019humanisme au cœur de la pratique Dans un système de santé où tout va de plus en plus vite, où la performance est une loi qui régit les interactions du soignant et du patient, le temps vaut de l\u2019or.Mais si on utilisait une petite parcelle de ce temps pour le consacrer au dialogue ?C\u2019est du moins ce que la philosophie nous suggère.MARIE-HÉLÈNE ALARIE Cyndie Sautereau croit sans conteste au pouvoir du dialogue et en a fait la démonstration en livrant sa conférence intitulée «La place du dialogue dans le soin humain», vendredi dernier, lors du Congrès de l\u2019Acfas (Association francophone pour le savoir), prenant appui sur la pensée du philosophe allemand Hans-Georg Gadamer (1900-2002), dont la série de conférences, «Philosophie de la santé», l\u2019a beaucoup inspirée.Cyndie Sautereau étudie actuellement au doctorat en philosophie.Elle n\u2019est pas directement présente dans le domaine des soins aux patients, n\u2019ayant pas de formation en médecine, mais elle développe un intérêt marqué pour le sujet.«En fait, tout commence avec une thèse en philosophie portant sur la relation à autrui, où je me suis intéressée en particulier à un courant qu\u2019on appelle l\u2019éthique du care, c\u2019est par ce biais que f en suis venue à la question du soin», raconte Sautereau.Le terme «care» qualifie une théorie et est difficile à traduire en français, car il désigne à la fois ce qui relève de la sollicitude et du soin.Selon Gadamer Le philosophe Hans-Georg Gadamer inscrit sa pensée dans un courant qu\u2019on nomme l\u2019herméneutique, qui est la théorie de la compréhension et de l\u2019interprétation de la question «qu\u2019est-ce que comprendre?».Ce sont ces grands questionnements sur la compréhension de l\u2019autre et sur le dialogue qui sont au centre de sa démarche.Cette philosophie ne repose pas sur la compassion ou l\u2019empathie: «On n\u2019est pas là, parce JtT'.MARTIN BUREAU AFP Le dialogue permet de remettre le patient au centre du système de soins.que souvent, dans la compassion, on va s\u2019identifier à l\u2019autre, on va partager sa souffrance.Ce qu\u2019on veut, c\u2019est de trouver la juste distance entre une trop grande proximité, qui serait celle de la compassion, voire de l\u2019empathie, et une distance trop grande, où l\u2019autre serait objectivé, où on ne verrait plus que son corps», explique Cyndie Sautereau.Selon Gadamer, cette juste mesure ne se trouve que dans le dialogue, «où il s\u2019agit de faire valoir la parole de l\u2019autre et d\u2019essayer, grâce à un échange, de s\u2019entendre sur ce qu\u2019il appelle la chose même, qui serait ici le rétablissement.C\u2019est donc de prendre en considération l\u2019expérience vécue de l\u2019autre qui, dans la compréhension davantage scientifique du soin, et dont on a besoin par ailleurs, n\u2019est peut-être pas assez prise en compte», renchérit Sautereau.Ce dialogue doit donc s\u2019établir sur la base de l\u2019écoute et de l\u2019ouverture à autrui.Gadamer dira qu\u2019il faut, pour y arriver, mettre de côté ses préjugés et ne pas être centré sur soi, sinon on se coupe totalement de l\u2019autre.Le dialogue doit intervenir tout au long du processus qui ultimement mènera à la guérison.Ouverture à l\u2019autre La formation d\u2019un médecin est longue et ardue.Parfois, l\u2019humanisme et l\u2019ouverture à l\u2019autre peuvent sembler être des qualités si évidentes qu\u2019elles ne sont que rarement abordées dans les années d\u2019étude.Pourtant, selon Cyndie Sautereau, pour compléter une formation dans ce sens, «il faudrait essayer de travailler avec des études de cas pour tenter de développer cette ouverture à l\u2019autre».Concrètement, même si c\u2019est difficile de toujours remettre en question son savoir, il faut pendant un moment le laisser de côté pour avoir une approche plus globale.Gadamer parle aussi des soins palliatifs, où cette notion de dialogue intervient constamment.Car, évidemment, dans certaines spécia- lités, le dialogue est très présent: on n\u2019a qu\u2019à penser au médecin de famille et à l\u2019obstétricien, chez qui le rôle d\u2019accompagnement est primordial.Mais le dialogue ne serait-il pas utile aussi au chirurgien ?Selon M\u201d® Sautereau, peu importe la situation, on devrait toujours remettre le patient au centre du système de soins : «Pour voir que l\u2019expérience vécue de la personne et la manière dont elle ressent la maladie peuvent être très significatives pour le soignant.» Souplesse Au niveau des établissements, on souhaiterait plus de souplesse dans l\u2019approche humaine, alors que l\u2019approche scientifique du soin est, elle, omniprésente : « On vit dans un monde dominé par la science et la technique, et le côté humain est peu légitimé, a peu de place, que ce soit dans la formation des médecins ou même dans les établissements», ajoute Cyndie Sautereau.Bien sûr que notre chercheuse rêve d\u2019un rapprochement entre les facultés de philosophie et de médecine.On fait déjà les premiers pas dans ce sens, puisque, à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal, on est en train d\u2019élaborer un nouveau programme, qui sera mis en place au fur et à mesure de l\u2019arrivée de nouvelles cohortes et qui place l\u2019humanisme au cœur de la pratique.«A plus long terme encore, il devra y avoir un changement dans la société pour que la science n\u2019ait plus cette préséance qu\u2019elle a actuellement.On sent que le sujet est une évidence pour ceux qui réfléchissent sur le soin, mais que ça ne se reflète pas encore dans les établissements», ajoute M\u201c® Sautereau.Nous laissons à Hans-Georg Gadamer le mot de la fin lorsqu\u2019il écrit: «Il semble que, souvent, dans le savoir-faire d\u2019un grand médecin, des éléments de son expérience de la vie la plus intime sont en jeu.» Il faudrait donner la chance aux médecins de reconnaître l\u2019utilité de ces éléments.Collaboratrice Le Devoir Survivre à la chirurgie Miser sur une prise en charge de sa propre maladie De 30 à 50 % des personnes souffrant d\u2019obésité abandonnent leur traitement clinique Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) a regroupé, en juillet dernier, sa Clinique d\u2019ohésité et sa Clinique de chirurgie hariatrique.Caroline Cyr mène actuellement une recherche sur les impacts que cette unification des trajectoires de soins aura sur le vécu des patients.ETIENNE ÉMOND PLAMONDON AU CHUS, dans les anciens services de soins accordés aux patients souffrant d\u2019obésité, les personnes en attente d\u2019une chirurgie bariatrique étaient ceux qui présentaient le plus de symptômes de détresse, d\u2019anxiété, de dépression et de boulimie.C\u2019est ce qu\u2019ont révélé les premiers résultats d\u2019une étude menée par la doctorante Caroline Cyr, dévoilés le 7 mai dernier, lors d\u2019un colloque sur la santé des populations inscrit dans la programmation du 80® Congrès de l\u2019Acfas.Dans le cadre de cette recherche, 59 participants ont été interrogés dans des groupes témoins, puis par le biais de questionnaires pour évaluer leur qualité de vie et leur motivation.Marie France Langlois, pro-fesseure à l\u2019Université de Sherbrooke, qui supervise les recherches, avait prévu des conclusions allant en ce sens, mais elle ne s\u2019attendait pas à ce que les résultats soient «aussi clairs.C\u2019est certain que les personnes qui sont en attente d\u2019une chirurgie, souvent, elles ont en moyenne un excès de poids qui est plus élevé que les clients qui étaient dans la Clinique médicale d\u2019obésité.Cela peut expliquer une partie du résultat, mais je pense aussi que ce qui explique une autre partie des résultats \u2014 dont on n\u2019avait peut-être pas anticipé l\u2019ampleur \u2014 c\u2019était le processus de l\u2019attente.On leur demandait de faire des changements, mais ils étaient, à ce moment-là, peu accompagnés pour les faire.» Caroline Cyr explique que, «en chirurgie bariatrique, le patient était suivi par son infirmière et son équipe de chirurgiens, mais il était vraiment laissé à lui-même pour faire le recalibrage de ses habitudes de vie.Tandis que, à la clinique d\u2019obésité, il était pris en charge par l\u2019infirmière, la nutrition- niste et l\u2019équipe d\u2019endocrinologues.» Or les changements comportementaux nécessitent tout autant un accompagnement serré chez les personnes en attente d\u2019une chirurgie bariatrique, puisque, pour la réussite de l\u2019opération, elles doivent, par exemple, impérativement cesser de fumer et de boire des boissons gazeuses, comme la bière, les sodas ou l\u2019eau Perrier.Or, au CHUS, tous les soins dédiés aux problèmes d\u2019obésité sont maintenant regroupés depuis juillet 2011 à Tinté-rieur d\u2019une seule clinique : la Clinique médico-chirurgicale du traitement de l\u2019obésité.La mise en place d\u2019un guichet unique vise entre autres à éviter que des patients ne se retrouvent inscrits sur les deux listes d\u2019attente, mais cette nou- «Le patient doit vraiment prendre en charge sa propre maladie pour avoir un succès, parce que ça dépend beaucoup de ses comportements» velle organisation pourrait avoir d\u2019heureuses conséquences sur le processus de soins.Une équipe pluridisciplinaire composée d\u2019endocrinologues, de nutritionnistes et de kinésiologues fait dorénavant un suivi du processus chez chaque patient.Marie-France Langlois croit que «c\u2019est pas mal unique au Québec qu\u2019il y ait une équipe médicale qui travaille avec une équipe chirurgicale et qu\u2019il y ait une aussi grande intégration professionnelle au niveau de la modification des habitudes de vie».Des réunions hebdomadaires permettent maintenant de voir si chaque patient évolue bien dans ses démarches.Pour les personnes en attente d\u2019une chirurgie bariatrique, «on se demande si on va retrouver les mêmes symp- tômes sur la trajectoire des soins unifiés», dit Caroline Cyr, pour qui la prochaine étape consiste à évaluer la qualité de vie, la motivation et l\u2019« autosoin», soit comment le patient est prêt à se prendre en charge, maintenant que le CHUS a réorganisé ses services dans ce secteur.Plutôt que de faire des analyses anthropométriques, Caroline Cyr s\u2019attarde donc à ce que vit le patient.Un aspect important, alors qu\u2019on estime que de 30% à 50% des personnes souffrant d\u2019obésité abandonnent leur traitement clinique visant à leur faire perdre du poids.«Quand les patients sont vraiment motivés et s\u2019engagent dans leurs soins, ils vont réussir à atteindre leurs objectifs de traitement.[.] C\u2019est pour ça que je mesure la motivation, parce que ça m\u2019intéresse de voir comment on sait quand le patient est motivé, comment on l\u2019aide à soutenir cette motivation, où est le point sur la trajectoire de soins où je sais que je dois aller maintenir la motivation ou la stimuler.» Une logique qui s\u2019applique aussi aux patients indisposés par d\u2019autres maladies chroniques, comme le diabète ou la haute pression.«Le patient doit vraiment prendre en charge sa propre maladie pour avoir un succès, parce que ça dépend beaucoup de ses comportements, explique Marie-France Langlois à propos de ce type de cas.Le traitement, la prise de médicaments, l\u2019adoption de saines habitudes de vie, qui sont souvent les mêmes pour toutes ces conditions, c\u2019est sùr que c\u2019est un processus qui est difficile.Et traditionnellement, dans le milieu médical hospitalier, on a tendance à faire une prescription et à envoyer les patients avec ça.Mais on sait qu\u2019au bout d\u2019un an, parmi les gens souffrant d\u2019une maladie chronique, si on ne fait pas de suivi et qu\u2019on ne les engage pas dans leur traitement, il y en a beaucoup qui vont abandonner.» D\u2019ailleurs, l\u2019étude de Caroline Cyr observe aussi les difficultés des patients qui sortent d\u2019une chirurgie bariatrique, qui n\u2019est pas une «solution-miracle», estime la chercheure.«Ils doivent réapprendre à se reconnaître et à apprivoiser leur corps», qu\u2019ils ne reconnaissent plus, observe-t-elle, à la suite de la première partie de l\u2019étude.Elle s\u2019est aussi penchée sur les motivations qui ont amené les personnes souffrant d\u2019obésité à entreprendre des démarches pour perdre du poids.Ceux qui étaient dirigés vers la Clinique d\u2019obésité avaient généralement des motivations extrinsèques, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils amor- çaient souvent le processus à la suite de la pression ou de la suggestion de proches, lorsque ce n\u2019était pas à cause d\u2019un problème de santé majeur qui les forçait à modifier leurs habitudes de vie.Pour les patients qui se retrouvaient en attente d\u2019une chirurgie bariatrique, les motivations s\u2019avéraient généralement intrinsèques, comme le désir de pouvoir faire du sport avec leurs enfants ou de retrouver une indépendance et une liberté dans leurs activités.Caroline Cyr assure qu\u2019une constante revient par contre chez tous les patients.«Je n\u2019ai rencontré aucune personne qui portait des lunettes roses.Elles avaient toutes une conscience de leurs limites, de leurs capacités, de ce qu\u2019elles doivent faire, mais aussi des changements à effectuer, des difficidtés au quotidien à surmonter et de la discipline de vie que ça prenait Et ça, c\u2019est un élément qui a été vraiment frappant», assure-t-elle.Collaborateur Le Devoir "]
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