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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2012-05-05, Collections de BAnQ.

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[" SCIENCES ET CÜLTÜRE 80® CONGRES DE L\u2019ACEAS «Parce que j\u2019aime le savoir», au Palais des congrès Page 2 Auteurs et \u2018i scientifiques font .«la preuve par l\u2019image» 7 Les femmes, les sciences et le génie Page 8 CAHIER SPÉCIAL G » LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MAI 2012 i AT 1111 ! ÎT V [«ïSl L\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas) tiendra son congrès dans l\u2019espace lumineux du Palais des congrès de Montréal, du lundi 7 au vendredi 11 mai 2012.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Il y a 89 ans, des professeurs et des chercheurs se rencontraient au Cercle universitaire.« La recherche scientifique dessine la société dans laquelle on vit » Le 15 juin 1923, des médecins, des professeurs et des chercheurs se réunissent au Cercle universitaire, situé au 191, rue Saint-Hubert, à Montréal.De cette rencontre de l\u2019intelligentsia scientifique québécoise de l\u2019époque naîtra l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences, l\u2019Acfas.PIERRE VALLEE Si le fonctionnement et les activités de rAcfas demeurent les mêmes pendant de nombreuses années, essentiellement centrés sur la tenue d\u2019un congrès annuel, dont on célèbre cette année la 80® édition, l\u2019arrivée du nouveau millénaire force l\u2019organisation à rectifier le tir.Si elle conserve l\u2019acronyme «Acfas», elle modifie son nom, qui devient l\u2019Association francophone pour le savoir, reflétant en cela le fait que son rayonnement a maintenant dépassé les frontières québécoises et même canadiennes.En 2009, l\u2019Acfas se dote d\u2019un plan stratégique quinquennal articulé sur quatre grandes orientations.Si les deux dernières orientations concernent essentiellement le fonctionnement interne de l\u2019organisme, les deux premières, plus ambitieuses, ont trait au rapport entre l\u2019Acfas et la société.Ainsi, la première orientation porte sur le rôle fédérateur de l\u2019Acfas au sein de la communauté scientifique.Mais, après 89 années d\u2019existence, n\u2019assumait-elle pas déjà ce rôle?«Au fond, non, précise Pierre Noreau, président de l\u2019Acfas, car VAcfas ne prenait jamais position dans l\u2019espace public.Nous craignions alors qu\u2019une position publique pût diviser le milieu scientifique.Il ne faut pas oublier que toutes les disciplines scientifiques, des sciences pures aux sciences humaines, cohabitent à VAcfas.«Aujourd\u2019hui, on parle beaucoup de l\u2019économie du savoir.Nous avons poussé la réflexion plus loin et nous en sommes arrivés au concept de la société du savoir.» Autour de quel thème alors faire l\u2019unité du milieu scientifique ?Aujourd\u2019hui, on parle beaucoup de l\u2019économie du savoir.Nous avons poussé la réflexion plus loin et nous en sommes arrivés au concept de la société du savoir.Une société dans laquelle les citoyens doivent être conscients de ce qui se développe dans le monde de la recherche scientifique, car la recherche scientifique dessine la société dans laquelle on vit.Cette notion de société du savoir a fait l\u2019unanimité et permet maintenant à l\u2019Acfas de prendre une position publique dans des dossiers à saveur scientifique.» La présence de l\u2019anglais L\u2019anglais est devenu la lingua franca de la planète.Cela est particulièrement observable dans le milieu scientifique, où les plus importantes revues scientifiques sont publiées en anglais et où les chercheurs, peu importe leur langue maternelle, n\u2019hésitent plus à publier les résultats de leurs recherches en anglais.Dans pareille situation, vouloir préserver une communauté scientifique francophone est-il possible ?«Il y a d\u2019abord une tradition intellectuelle française et francophone et donc une communauté linguistique francophone de la science qu\u2019il faut préserver.Il y a aussi d\u2019autres communautés scientifiques linguistiques, comme l\u2019espagnole, qu\u2019il faut aussi préserver.Lorsque la recherche scientifique se fait à l\u2019intérieur d\u2019une communauté linguistique particulière, elle se fait souvent à l\u2019abri des autres influences, ce qui donne des points de vue et des angles nouveaux.C\u2019est cette diversité qu\u2019on doit préserver, car elle enrichit le développement de la science.Que l\u2019anglais soit la langue de communication entre les différentes communautés linguistiques scientifiques, je veux bien, mais cela ne doit pas masquer le fait que le multilinguisme demeure la meilleure voie pour la science.» U internationalisation de TAcfas Le changement de nom en 2001 confirmait que l\u2019Acfas, au fil des ans, s\u2019était internationalisée.Les premiers pas se font faits tout naturellement vers les pays, comme la France et la Belgique, où le français est la langue d\u2019usage.L\u2019ouverture s\u2019est ensuite faite vers des pays où le français n\u2019est pas une langue officielle, mais où il y a un certain nombre de locuteurs francophones intéressés par la communauté scientifique francophone.«Nous accueillons à notre congrès an- nuel environ 500 participants en provenance de l\u2019étranger.Nous avons des collègues en Amérique du Sud comme en Europe de l\u2019Est et en Asie du Sud-Ouest.Et nous devons accentuer cette internationalisation, car je crois qu\u2019elle représente l\u2019avenir de l\u2019Acfas.On doit surtout faire un effort supplémentaire auprès de nos collègues africains, parce que, comme on s\u2019entend pour le dire, l\u2019avenir de la francophonie passe aussi par l\u2019Afrique.J\u2019ai fait un séjour en Côte d\u2019ivoire et fai pu constater à quel point la guerre avait mis à mal physiquement les universités.Mais pas les recteurs, qui entretiennent toujours de grandes ambitions pour leurs universités.On se doit de leur tendre la main et de les soutenir dans leurs efforts à vouloir construire un milieu universitaire dynamique.» Le rôle du scientifique en société Quel est l\u2019idéal des chercheurs scientifiques?Améliorer la vie et la société, croit Pierre Noreau.Et la société a besoin de la science pour mieux se connaitre.«Le scientifique est un citoyen comme un autre.D\u2019accord, il est peut-être plus inquiet que les autres, mais cela ne doit pas l\u2019empêcher de jouer le rôle qu\u2019il doit jouer en société.Le scientifique a une contribution à apporter dans le débat public.D\u2019ailleurs, on l\u2019a récemment vu jouer ce rôle dans le dossier des gaz de schiste.Mais il faut éviter le mélange des genres.La contribution d\u2019un scientifique doit être celle d\u2019un expert.Si sa position est une position purement personnelle, en tant que citoyen, par exemple, l\u2019éthique lui commande de l\u2019indiquer clairement.» Mais comment promouvoir une plus grande participation des scientifiques au débat public, lorsque le gouvernement en place semble faire la sourde oreille aux données scientifiques?«Depuis la Renaissance, l\u2019humanité a entrepris un long voyage vers la connaissance.La situation présente avec le gouvernement Harper, tout comme avec le gouvernement américain sous Bush, ne représente qu\u2019un épisode de ralentissement.Mais le vent va tourner, car le mouvement vers la connaissance est irrépressible.» Collaborateur Le Devoir G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 ACFAS PARCE QUE J\u2019AIME LE SAVOIR Il faut informer davantage ! L\u2019avenir de la recherche passe par l\u2019enrichissement du dialogue entre la communauté scientifique et la population Du 7 au 11 mai prochain, à l\u2019occasion de la 80® édition du congrès de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas), près de 5000 scientifiques et curieux seront réunis au Palais des congrès de Montréal.S\u2019articulant sur le thème «Parce que j\u2019aime le savoir», l\u2019événement sera largement axé sur la nécessité d\u2019enrichir le dialogue entre la communauté scientifique et la population.EMILIE CORRIVEAU «T) arce que j\u2019aime le sa-± voir \u201d», c\u2019est un thème qui peut se décliner de deux façons, avance d\u2019emblée M.Pierre Noreau, président de l\u2019Acfas.Il peut s\u2019agir de l\u2019amour du savoir, de la connaissance, de la science, mais c\u2019est aussi l\u2019expression de la curiosité de la personne qui veut en savoir plus, qui désire être informée au sujet de la société dans laquelle elle vit et va vivre.Ce que nous avons voulu soulever, avec ce thème à double sens, c\u2019est la nécessité de dialoguer davantage, de multiplier les ponts entre les chercheurs et la population.» Se comprendre D\u2019après l\u2019Acfas, il s\u2019agit là d\u2019un des enjeux les plus importants pour l\u2019avenir de la recherche.Selon M.Noreau, bien qu\u2019on ait fait des progrès en la matière depuis quelques années, la communauté scientifique se doit d\u2019enrichir son dialogue avec la population si elle désire conserver son dynamisme.«Ce qu\u2019il faut comprendre, c\u2019est que l\u2019avenir de la recherche tient largement dans l\u2019appui que la population lui consent, précise-t-il.C\u2019est la population qui vote pour les gouvernements et ce sont les gouvernements qui établissent les grands cadres des politiques scientifiques et des stratégies de recherche.Au final, l\u2019évolution du monde scientifique est donc grandement influencée par les choix de la population.» D\u2019où la nécessité de bien faire comprendre au public l\u2019importance de la recherche pour l\u2019avancement de la société, dit le président de l\u2019Acfas.Mais cela n\u2019est pas toujours évident.Selon les domaines, l\u2019utilité et l\u2019intérêt de certaines recherches peuvent parfois paraître plus ou moins nébuleux aux non-initiés.«Dans des domaines comme celui de la santé par exemple, l\u2019apport de la recherche est assez évident.Les gens comprennent qu\u2019il y a un lien entre le prolongement de l\u2019espérance de vie et la recherche scientifique.Ce qu\u2019il faudrait, c\u2019est que ce soit saisi dans tous les autres domaines, y compris dans les domaines qui ont l\u2019air plus flou, comme les sciences humaines et sociales, la sociologie par exemple, l\u2019anthropologie, la politique, etc.» Pourquoi?Parce qu\u2019il s\u2019agit de domaines d\u2019où découlent des recherches qui, en principe, devraient avoir une grande influence sur les politiques publiques, mais qui, parce qu\u2019elles ne sont pas suffisamment valorisées et que leur impact n\u2019est pas aussi tangible que celui des sciences de la nature, ne sont souvent pas appréciées à leur juste valeur.I I n !' 'tUr < ¦IP'h-, 1 I JACQUES GRENIER LE DEVOIR Quelque 5000 scientifiques et curieux seront réunis au Palais des congrès de Montréal, du 7 au 11 mai, afin de prendre part au congrès de l\u2019Association fi-ancophone pour le savoir (Acfes).«Par exemple, le gouvernement fédéral canadien a pris, ces dernières années, certaines décisions importantes à l\u2019abri des résultats de la recherche.On a eu tendance à faire des choix moraux plutôt que de prendre des décisions basées sur des faits.Je pense par exemple à l\u2019adoption de la loi C-10, qui a trait à la question de la gestion de la criminalité et aux jeunes contrevenants.Si on avait accordé plus d\u2019importance aux recherches portant sur le sujet, je ne crois pas que la décision aurait été la même», affirme M.Noreau.S\u2019il se désole que les gouvernements n\u2019accordent pas toujours autant d\u2019importance qu\u2019ils le devraient à la recherche, le président de l\u2019Acfas se dit tout Université d'Ottawa Une passion pour la recherche Notre engagement envers l'excellence attire les plus grands chercheurs du Canada et du monde entier.Les fruits de nos recherches profitent à l'ensemble des Canadiens et rehaussent la réputation de notre pays comme foyer d'innovation et acteur de premier plan sur la scène mondiale.Lucie Lamarche Droits de la personne Paul Corkum Photonique nm uOttawa.ca Pour en savoir davantage sur nos chercheurs et domaines de recherche, visitez notre site web.de même optimiste quant à la capacité de la communauté scientifique à sensibiliser davantage la population aux impacts de la recherche.«Quand on s\u2019attarde à certaines décisions que prennent les gouvernements, on a le sentiment qu\u2019il y a une régression de la communauté scientifique et de l\u2019influence de la recherche sur les politiques publiques, mais il faut voir ça comme un épisode.Il faut penser à long terme et continuer à sensibiliser la population à l\u2019importance de la recherche scientifique.Rus tard, nous verrons certainement les résultats», estime-t-il.La recherche en français Et qu\u2019en est-il de l\u2019avenir de la recherche francophone dans un monde où l\u2019anglais s\u2019impose depuis déjà bon nombre d\u2019années comme la langue de communication universelle?D\u2019après M.Noreau, la question ne doit pas se poser uniquement en ces termes; mieux vaut plutôt s\u2019interroger sur ce que le fait de savoir communiquer en français a à apporter aux chercheurs d\u2019origine francophone.«Est-ce qu\u2019il y a un avenir pour la recherche en français ?Oui, il y a un avenir, mais il faut le voir au bon endroit, conclut M.Noreau.Certes, il faut qu\u2019il y ait des chercheurs qui travaillent en français, mais il faut aussi que les chercheurs francophones soient capables de pu- blier dans d\u2019autres langues, puisque l\u2019avenir de la science repose sur le multilinguisme.Ce que créent la francophonie universitaire et la francophonie scientifique, c\u2019est une communauté de chercheurs qui ont des rapports privilégiés entre eux parce qu\u2019ils parlent la même langue, mais qui réussissent également à engendrer des idées différentes de celles des chercheurs unilingues.Et ça, c\u2019est à leur avantage.Je crois qu\u2019il faut considérer la chose de cette façon, la voir pour la qualité particulière de ce qu\u2019on amène, et là, ça arrête d\u2019être désespérant.» Collaboratrice Le Devoir SCIENCES Que l\u2019antimatière soit ! Lundi prochain, pour le congrès de l\u2019Acfas, François Fillion-Gourdeau, chercheur postdoctoral au Centre de recherches mathématiques (CRM), présentera une conférence intitulée « Nouveau mécanisme pour la production d\u2019antimatière dans l\u2019interaction laser-molécule».Sa présentation s\u2019insère dans le colloque «Science aux échelles de temps ultrarapides et applications », dans la section traitant des interactions laser-matière à ultrahaute intensité.JACINTHE LEBLANC Si, pour François Fillion-Gourdeau, «plusieurs personnes travaillent sur la production d\u2019antimatière, [.] le fait d\u2019utiliser l\u2019effet Stark pour faire descendre l\u2019énergie fondamentale plus bas, proche de la mer négative, ça n\u2019a jamais été étudié.» M.Fillion-Gourdeau va donc exposer, dans une sorte de première mondiale, un modèle-jouet, «qui est un modèle simplifié d\u2019un atome et d\u2019un laser», à un public scientifique averti.«Ce qu\u2019on veut montrer, soutient le chercheur, c\u2019est que le processus peut être fait » La recherche qu\u2019il mène, un mélange entre science des lasers et physique des particules, se fait sous la supervision d\u2019André Dieter Bandrauk, de l\u2019Université de Sherbrooke, et d\u2019Emmanuel Lo-rin, de l\u2019Université Carleton.Elle propose «d\u2019utiliser un effet connu dans les molécules qui nous permet de créer des paires à des intensités accessibles avec les lasers qu\u2019on a en ce moment».Par «paire», François Fillion-Gourdeau précise qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un électron et d\u2019un positron, qu\u2019on retrouve toujours lors de la production d\u2019antimatière.L\u2019idée générale de la recherche des Fillion-Gourdeau, Bandrauk et Lorin consiste à trouver le moyen de faire passer un électron d\u2019une mer d\u2019énergie à une autre.Une fois que l\u2019électron a réussi à changer de mer, il laisse un trou dans celle qu\u2019il vient de quitter.Ce trou aura une charge positive qu\u2019on appelle «positron» ou «antiélectron».La difficulté vient du fait qu\u2019entre les deux mers d\u2019énergie se trouvent «des énergies qui ne sont pas accessibles pour l\u2019électron.[.] Ce n\u2019est pas un vide, mais il ne peut jamais avoir cette énergie-là.Et c\u2019est pour ça que c\u2019est difficile, parce que de monter ça [l\u2019électron] en haut, ça prend beaucoup d\u2019énergie», explique François Fillion-Gourdeau.Donc, pour diminuer l\u2019écart entre les deux mers, les chercheurs y insèrent, par exemple, un noyau d\u2019uranium.«Quand on fait ça, il y a des choses nouvelles qui apparaissent», précise M.Fillion-Gourdeau.là où l\u2019équipe se démarque, c\u2019est qu\u2019elle pro- Rayon laser pose de mettre deux atomes au lieu d\u2019un seul.Ainsi, l\u2019effet Stark, qui se produit par l\u2019effet d\u2019un champ électromagnétique, réduit encore plus l\u2019énergie nécessaire pour que l\u2019électron puisse passer d\u2019une mer à l\u2019autre.«Et, dans le fond, même si on est capable de le [l\u2019électron] faire descendre vraiment dans la mer négative, on va produire des paires! C\u2019est un peu ça, l\u2019idée», conclut le chercheur.Application concrète La recherche que mène François Fillion-Gourdeau au CRM est principalement théorique.Dans l\u2019immédiaL la lester en laboratoire serait pratiquement impossible puisque les lasers, pour produire l\u2019énergie requise pour la production de l\u2019antimatière et des paires, ne sont pas assez puissants.Ce qui explique le travail qu\u2019il fait pour développer «un mécanisme qui permettrait de produire ces paires-là, mais à des intensités de laser beaucoup plus basses, qui sont proches de ce qui pourrait être fait expérimentalement».Mais, concrètement, qu\u2019est-ce que cela donne?D\u2019abord, «à court terme, souligne M.Fillion-Gourdeau, c\u2019est de vérifier si nos théories sont bonnes».Puis, une fois les paires produites et les théories validées, «ce qu\u2019on peut faire, c\u2019est prendre notre électron et notre antiélectron et les annihiler, donc les coller ensemble.Et ce que ça fait, c\u2019est que ça produit du rayonnement, donc de la lumière.Donc, peut-être que, ultérieurement, il y aurait des applications pour la lumière qui est émise par ça.» Le but ultime de ces travaux, «ce serait vraiment de faire un vrai calcul pour une vraie molécule avec un vrai champ laser, avance M.Fillion-Gourdeau.Mais, pour ça, ça nécessite beaucoup de calculs sur des ordinateurs et tout ça, mais on n\u2019est pas encore au point de faire ça.On n\u2019est pas trop loin, mais on n\u2019est pas encore là.» François Fillion-Gourdeau en est présentement à taire le calcul du nombre de paires produites: «Là, on aurait vraiment un argument plus solide pour dire que ça, ça produit vraiment beaucoup de paires par rapport à d\u2019autres façons», soutient-il.Cette partie sera-t-elle assez avancée pour être dans sa présentation?Il iaudra y assister pour le savoir.Collaboratrice Le Devoir SCIENCE AUX ÉCHELLES DE TEMPS ULTRARAPIDES ET APPUCATIONS Nouveau mécanisme pour la production d\u2019antimatière dans l\u2019interaction laser-molécuie Lundi 7 mai à 15 heures Salle 512F du Palais des congrès électron noyau relativiste positron LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 G 3 ALFAS 80E CONGRES DE L\u2019ASSOCIATION ERANCOPHONE POUR LE SAVOIR Une programmation hante en conlenrs Du 7 au 11 mai prochain aura lieu, au Palais des congrès de Montréal, le 80® congrès de l\u2019Association francophone pour le savoir (Ac-fas).Réunissant près de 5000 participants, l\u2019événement constituera le plus important rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche dans la Francophonie à être tenu cette année.Histoire de souligner en grand cette édition, qui se déroulera sous le thème « Parce que j\u2019aime le savoir», les organisateurs ont prévu une kyrielle d\u2019activités et de rencontres toutes plus inventives les unes que les autres.ÉMILIE CORRIVEAU Depuis sa création, c\u2019est la première fois que l\u2019Acfas choisit de tenir son congrès annuel ailleurs que dans une université québécoise.«Nous souhaitions marquer le coup de façon particulière et nous voulions que l\u2019endroit reflète nos préoccupations actuelles, explique à ce sujet Pierre No-reau, président de l\u2019Acfas.Ça fait quelques années que nous travaillons à établir un dialogue entre la science et la société.Le Palais des congrès, qui est très accessible, nous paraissait être un endroit idéal pour tenter de rapprocher davantage les scientifiques et le public.» Si l\u2019endroit est effectivement susceptible de s\u2019avérer plus convivial pour créer des rapprochements entre la communauté scientifique et la population, l\u2019organisation qu\u2019implique la tenue de cette 80® édition du congrès ailleurs que dans une université se veut particulièrement complexe.«L\u2019idée, c\u2019est que c\u2019est l\u2019ensemble du milieu postsecondaire québécois qui tient le congrès cette année et qui invite la communauté scientifique francophone à se réunir, plutôt qu\u2019une seule université en collaboration avec l\u2019Acfas.En matière de logistique, c\u2019est tout un casse-tête ! Il a fallu faire appel à l\u2019ensemble des vice-recteurs à la recherche et à tous les établissements collégiaux qui oeuvrent dans le milieu de la recherche.Mais la réponse a été extrêmement satisfaisante.Grâce à la collaboration du milieu, le congrès s\u2019annonce particulièrement haut en couleurs», confie Esther Gaudreault, directrice générale de l\u2019Acfas.Programmation spéciale Du côté de la programmation, la 80® édition du congrès s\u2019avérera diversifiée et davantage accessible au grand public que par le passé.Elle comportera un programme scientifique qui regroupe plus de 3500 communications touchant une quarantaine de domaines de recherche et réparties entre 169 colloques.A cette planification s\u2019ajouteront une quinzaine d\u2019activités gratuites ouvertes au public.«Cette année, on a voulu créer une programmation spéciale pour souligner le 8(L.Nous voulions une programmation qui s\u2019inscrive dans la vision que l\u2019Acfas a de favoriser de plus en plus le dialogue entre science et société et le transfert de connaissances», note M\u201c® Gaudreault.Concrètement, cette volonté se traduira notamment par la tenue, à la Grande Bibliothèque (BAuQ), d\u2019une journée consacrée aux femmes et à la science.Pour l\u2019occasion, des chercheurs, des représentants d\u2019entreprises et d\u2019organisations gouvernementales s\u2019interrogeront sur la place des femmes en sciences.La journée se conclura par un regard croisé entre les astronautes Julie Payette et Claudie Haigneré.Au cours de cette rencontre, elles témoigneront de leur expérience et de leur vision quant à la place des femmes en sciences et en génie.Dans le même esprit, l\u2019Acfas tiendra l\u2019exposition La preuve par l\u2019image à la BAuQ.Celle-ci présentera une série de photographies issues de la recherche, en lice pour le concours «La preuve par l\u2019image 2012», organisé par l\u2019Acfas et Radio-Canada, en partenariat avec le Ees-tival Eurêka!.Les images seront accompagnées de légendes explicatives rédigées par des chercheurs et de textes poétiques concoctés par des écijvains québécois.A cela s\u2019ajouteront la tenue d\u2019une conférence gratuite d\u2019Hubert Reeves à la BAnQ, sous le thème «Cosmologie et créativité», ainsi que l\u2019enregistrement devant public des émissions Les années lumière !, un magazine d\u2019actualité et de culture scientifiques diffusé à la Première Chaîne de Radio-Canada, et La tête au carré!, une quotidienne scientifique diffusée sur les ondes de Prance Inter.Place à la relève La relève scientifique occupera également une place importante lors de cette 80® édition du congrès.«Il n\u2019est pas rare que le congrès de l\u2019Acfas soit la première occasion pour un étudiant à la maîtrise ou PEDRO RUIZ LE DEVOIR «J\u2019espère que les gens qui y participeront reviendront à la maison avec de beaux souvenirs et beaucoup de nouvelles idées», souhaite Esther Gaudreault.au doctorat de présenter ses résultats de recherche.Nous croyons que c\u2019est important de faire une place à cette relève lors du congrès; c\u2019est important pour son cheminement scientifique et émotif», soutient M\u201d® Gaudreault.C\u2019est notamment pour cette raison que l\u2019Acfas a décidé de lancer cette année l\u2019activité «Votre soutenance en 180 secondes».Se voulant un difficile exercice de concision, ce concours regroupera des étudiants à la maîtrise et au doctorat issus de l\u2019ensemble des universités.Ceux-ci tenteront de vulgariser leurs travaux en trois minutes, le tout de façon créative, puisqu\u2019ils devront parvenir à intéresser le jury à leurs recherches.Des prix seront remis aux lauréats au terme de l\u2019activité.Une application pour téléphones intelligents Signe qu\u2019elle est à la page, l\u2019Acfas a créé cette année une application pour téléphones intelligents.«Il y a tellement de colloques et d\u2019activités à faire dans le cadre du congrès que, parfois, c\u2019est un peu compliqué de s\u2019y retrouver.Nous nous sommes dit que ce serait une bonne idée de créer une application pour téléphones intelligents qui permette aux congressistes d\u2019avoir accès facilement à toute l\u2019information nécessaire», précise M\u201d® Gaudreault.Bien conçue, l\u2019application gratuite permettra entre autres aux participants de consulter le programme scientifique par thèmes ou par dates, d\u2019obtenir les résumés biographiques des conférenciers invités, de consulter le plan du Palais des congrès et de créer un agenda sur mesure.«L\u2019application est vraiment conviviale.Nous sommes très emballés par le résultat», souligne la directrice gépérale de l\u2019Acfas.A quelques heures de l\u2019ouverture du congrès, M\u201c® Gaudreault se dit fort enthousiaste quant à cette édition: «J\u2019espère que les gens qui y participeront reviendront à la maison avec de beaux souvenirs et beaucoup de nouvelles idées.Je souhaite également que la population sache profiter de cette communauté qui possède un immense savoir et qui ne demande pas mieux que de le partager!» Pour plus de détails sur la 80® édition du congrès de l\u2019Acfas: www.acfas.ca.Collaboratrice Le Devoir SUR LE TERRAIN DEPUIS 1663 Dans l'Arctique comme a Quebec, l'avancement et le partage des connaissances sont au cœur de notre mission.Nos activités de recherche contribuent chaque jour à enrichir et à maintenir à la fine pointe nos programmes de formation.À rUL, le savoir fait partie de nos gènes depuis 1663.CAMPUS SAVOIR I a - * ulavai.ca Animés par un esprit critique et un souci de I excellence, les professeurs, chercheurs et étudiants de l'UQAM optimisent les retombées de leurs travaux.Que ce soit sur les plans scientifique, économique, social ou culturel, leurs activités de recherche et de création trouvent une finalité dans la force de leur impact.UNIVERSITE LAVAL uqam.ca G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 ACFAS LA SCIENCE QUE NOUS VOULONS La consultation se poursuivra en direct an siyet de rétablissement 4une politique de la recherche Le colloque intitulé «La science que nous voulons: un énoncé de politique scientifique issu de la société québécoise» donnera un deuxième souffle à une vaste consultation amorcée via Internet.Les chercheurs comme les citoyens y sont invités à débattre des orientations gouvernementales qui encadrent et financent la recherche.Le but: «brasser des idées» pour en arriver à publier des recommandations, issues de la société civile, afin d\u2019inspirer les partis politiques dans ce domaine.ÉTIENNE PLAMONDON ÉMOND AU départ, le congrès de l\u2019Acfas de cette année figurait à l\u2019ordre du jour comme le moment pour rédiger le premier jet d\u2019un énoncé politique.L\u2019association Science et bien commun, instigatrice du projet, s\u2019est ravisée.La consultation électronique, lancée le 8 février dernier sous le titre de «La science que nous voulons», s\u2019est révélée être un projet beaucoup plus ambitieux que prévu.«Les gens n\u2019ont pas répondu comme on le pensait, admet Florence Piron, professeure agrégée au Département d\u2019information et de communication de l\u2019Université Laval.On s\u2019est rendu compte que ça prenait un peu plus de temps.On garde toujours le même objectif, mais on va plutôt considérer le colloque de l\u2019Acfas comme un lancement » Nouveau départ Un nouveau départ, alors qu\u2019elle reconnaît qu\u2019«MM contact humain est important» pour lancer une telle consultation.Ce détail a fait défaut lors du lancement de lasciencequenousvoulons.scien-ceetbiencommun.org, un site destiné à recueillir les commentaires et les réflexions.Aussi, le sujet demeure complexe et nécessite une sensibilisation.«Les gens qui comprennent qu\u2019il y a une politique scientifique au Québec et qu\u2019elle a un impact sur la façon dont la science se fait ne sont pas si nombreux que ça», remarque Florence Piron.Lors du colloque prévu le 10 mai prochain, des vidéos diffusées pour la première fois présenteront des entrevues avec des gens issus d\u2019horizons variés et ayant des opinions diverses.Leurs propos lanceront des débats sur la gouvernance, l\u2019organisation, l\u2019éthique, la transparence ou le financement de la recherche.Ces capsules, espère-t-elle, circuleront ensuite dans le web ou dans les salles de cours pour inciter davantage de personnes à émettre leur point de vue.«On veut vraiment que ce soit démocratique, c\u2019est-à-dire que ça touche un grand nombre de chercheurs provenant de différentes disciplines, mais aussi des gens qui sont en dehors du milieu scientifique.Ce serait facile pour moi et quelques collègues de pondre une petite affaire, mais ce n\u2019est pas ça qu\u2019on veut.C\u2019est pour ça que c\u2019est plus difficile et que ça va prendre plus de temps.On veut vraiment sensibiliser beaucoup de gens pour qu\u2019ils comprennent que la science, ça les regarde.» Établir les priorités « La science que nous voulons » s\u2019est d\u2019abord développé en réaction à la plus récente Stratégie québécoise de la recherche et de l\u2019innovation (SQRI), dont les sommes favorisent explicitement la recherche appliquée qui répond aux besoins des entreprises et de l\u2019industrie technologique dans le secteur de l\u2019économie verte.Certaines consultations, «discrètes», selon Florence Piron, ont été réalisées pour la SQRI.Mais aucun débat public ou commission parlementaire n\u2019a été mis sur pied pour déterminer les grandes lignes de son orientation.Or ces décisions ne concernent pas que les experts, et la population a voix au chapitre, consi- dère Florence Piron.«Moi, je suis une cher-cheure, mais je suis aussi une citoyenne qui paie des impôts et qui s\u2019intéresse à ce que les gouvernements font de nos ressources collectives», rappelle-t-elle, alors que les priorités dans la recherche ne doivent pas être perçues comme «inéluctables».«La science n\u2019a pas une logique interne qui la rendrait complètement autonome.Elle ne peut exister que dans une société qui l\u2019appuie et qui la finance.Ça ne veut pas dire pour autant qu\u2019elle doit être assujettie aux désirs du pouvoir politique et économique.Ce qui est important, pour moi, c\u2019est que les citoyens comprennent que la science leur appartient aussi \u2014 et pas juste aux scientifiques \u2014 car ils l\u2019appuient ou la financent et ils peuvent attendre des choses d\u2019elle, par exemple qu\u2019elle vienne éclairer certains problèmes ou défis.De ce point de vue, il faut créer des lieux de débat et de discussion sur les orientations de la science, la façon dont elle est pratiquée, dont les résultats sont diffusés et auxquels on a accès.» Un chantier à long terme qui nécessite «un changement de culture».Relever les défis En résumé, «La science que nous voulons» ne vise ni une recherche trop liée aux intérêts économiques et industriels, ni une recherche enfermée dans «une tour d\u2019ivoire», bien au contraire.Florence Piron défend plutôt «une science socialement responsable», c\u2019est-à-dire «une science qui répond à la société de ce qu\u2019elle fait et qui répond aux préoccupations des citoyens».Surtout qu\u2019à notre époque, argue-t-elle, le fruit des recherches scientifiques a des répercussions plus importantes et plus rapides sur la société.Elle évoque en exemple les recherches en psychothérapie, comme celles sur les thérapies par le langage, de plus en plus abandonnées au profit de celles en psychiatrie, qui se penchent sur les molécules et les antidépresseurs.Un choix qui, à son avis, engendre en ce moment «une surmédi- calisation des souffrances psychiques».Florence Piron regrette que le projet Perspectives STS, mené de 2003 à 2005 par le Conseil de la science et de la technologie du Québec, n\u2019ait jamais abouti à des résultats.L\u2019objectif de cette démarche était justement «de mettre les connaissances issues de la recherche scientifique et technologique au service des grands défis de société», dixit le site du MDEIE.Une enquête sur les préoccupations des Québécois avait établi sept défis prioritaires, dont promouvoir l\u2019adoption de saines habitudes de vie, exploiter plus efficacement les ressources naturelles dans la perspective du développement durable et rendre accessible à toutes et à tous une formation de haute qualité.Or le rapport déposé en 2005 n\u2019a jamais eu de suite, déplore Florence Piron.Pourtant, elle assure que l\u2019Union européenne, de son côté, «finance beaucoup de choses sur les rapprochements entre la science et la société et toutes sortes de projets fascinants de débat public sur les nanosciences».En Grande-Bretagne, «chaque organisme a son instance de participation du public», évoque-t-elle.Des idées qu\u2019elle trouverait «formidables» pour le Québec, mais qu\u2019elle refuse d\u2019imposer dans le débat qu\u2019elle organise, demeurant ouverte à toutes les discussions.«Si on me dit que les citoyens québécois, après avoir été informés et avoir compris les enjeux, se disent que, oui, la science doit être de plus en plus appliquée et proche de l\u2019industrie, moi, je l\u2019accepterai.S\u2019il y a eu un débat et que c\u2019est vraiment une volonté collective qui ressort d\u2019un débat éclairé, je la respecterai», dit-elle.Collaborateur Le Devoir LA SCIENCE QUE NOUS VOULONS UN ÉNONCÉ DE POLITIQUE SCIENTIFIQUE ISSU DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE Jeudi 10 mai, au Holiday Inn Sélect Le cerveau est bilingue Les mythes et les malentendus entourant l\u2019acquisition de deux langues chez l\u2019enfant Professeur au Département de psychologie de l\u2019Université McGill, Fred Genesee fait le point sur « les mythes et les malentendus entourant l\u2019acquisition de deux langues chez l\u2019enfant».En offrant une revue accessible des dernières recherches sur le sujet, il souhaite répondre aux questions typiques que lui posent les parents, les éducateurs et les décideurs.Le Devoir l\u2019a rencontré à son bureau de l\u2019établissement montréalais.BENOIT ROSE A vec son accent anglophone, le professeur d\u2019origine ontarienne prévient son interlocu- teur qu\u2019il a parfois de la difficulté à s\u2019exprimer clairement en français.«Parce que ce sont des affaires qui sont assez compliquées», explique-t-il, un peu inquiet.Sa maîtrise du français, sa langue seconde, s\u2019avérera pourtant très adéquate, malgré quelques hésitations lors de la traduction de certains concepts.Ce sont là les joies du bilinguisme, et le chercheur est bien placé pour les comprendre.Enseignant à McGill depuis près de 40 ans, Fred Genesee s\u2019intéresse aux sciences cognitives et au développement du langage.Il a d\u2019abord orienté ses recherches sur les enfants qui apprennent deux langues ou une deuxième langue.Jusque dans les années 1990, il évaluait les programmes d\u2019immersion en français chez les étudiants anglophones.«Puis, j\u2019ai changé de S fait partie du programme Participer à une culture d innovation.Conjuguer la théorie et la pratique.Réussir des percées scientifiques majeures \u2022\t83 programmes de maîtrise et de doctorat \u2022\tPlus de 100 chaires et centres de recherche UNIVERSITE DE SHERBROOKE USherbrooke.ca sujet et j\u2019ai commencé à faire de la recherche sur les enfants qui sont élevés dans une famille bilingue à Montréal, en français et en anglais.Je fais aussi de la recherche sur ceux qui ont des problèmes d\u2019apprentissage du langage.» Bien au fait des récentes recherches internationales sur le sujet, il entend faire mentir certains mythes qui circulent dans la population à propos de l\u2019acquisition de deux langues chez l\u2019enfant d\u2019âge préscolaire.Le mythe du cerveau unilingue Beaucoup de craintes découlent d\u2019une conception de base erronée: une partie de la population s\u2019imagine que le cerveau est en quelque sorte unilingue et que d\u2019apprendre deux langues simultanément est plus difficile et risque de créer un retard dans le développement du langage chez l\u2019enfant.Or c\u2019est faux : le cerveau est bel et bien « bilingue », c\u2019est-à-dire apte à apprendre deux langues en même temps sans se surcharger ni subir de retard.«On a constaté que, si les enfants ont suffisamment d\u2019exposition à chacune des langues, ils apprennent les deux aussi facilement qu\u2019une seule.» Les étapes importantes du développement du langage, comme la prononciation des premiers mots vers l\u2019âge de 12 mois ou des premières petites phrases à 24 mois, sont franchies au même moment par les enfants bilingues et les enfants unilingues.Idéalement, l\u2019enfant doit être exposé aux deux langues dans la même proportion (50-50) afin qu\u2019il puisse les acquérir toutes les deux de façon complète.Autrement, il développera tout simplement une langue forte et une autre plus faible.Par exemple, si l\u2019enfant vit avec sa mère fi'an-cophone cinq jours sur sept et ne voit son père anglophone que les fins de semaine, son anglais sera moins fort que son fi-ançais, mais aussi moins fort que l\u2019anglais d\u2019un enfant unilingue anglophone.Le mythe de la confusion On croit aussi souvent que le mélange des langues, comme lorsque l\u2019enfant utilise des mots anglais dans une phrase en fi-ançais et vice-versa, est un signe de confusion.Or il n\u2019en est rien.«Quand les enfants mélangent les codes, ce n\u2019est pas une indication de faiblesse, mais plutôt de compétence dans les deux langues.» Un enfant d\u2019âge préscolaire, qu\u2019il soit unilingue ou bilingue, a un vocabulaire limité.Mais l\u2019eMant bilingue dispose d\u2019une ressource supplémentaire, à la fois d\u2019ordre cognitif, socioculturel et linguistique.«Il a accès aux deux langues quand il parle et il utilise les compétences dans ces deux langues pour éviter les erreurs.Ce sont comme deux programmes informatiques qui sont actifs en même temps et qui communiquent quand l\u2019enfant s\u2019exprime.» La plupart du temps, l\u2019enfant utilise un mot de l\u2019autre langue quand il ne connaît pas son équivalent dans celle qu\u2019il est en train de parler.Les recherches démontrent d\u2019ailleurs que l\u2019enfant qui grandit dans un foyer bilingue utilise davantage le fi'ançais avec le parent francophone et l\u2019anglais avec le parent anglophone.Certains mots sont associés à des domaines particuliers.Par exemple, si l\u2019enfant pratique toujours un sport avec un parent dans un contexte anglophone, il est normal qu\u2019il utilise les mots anglais associés à ce domaine dans ses discussions en français.Au besoin, le cerveau finira par combler les lacunes dans chacune des langues.S\u2019il y avait vraiment confusion chez l\u2019enfant bilingue, on serait en droit de s\u2019attendre à ce que le mélange des codes se fasse au hasard.Or, «quand on examine les phrases mélangées -Z ^ Hé JACQUES NADEAU LE DEVOIR Il y a des avantages cognitifs propres au bilinguisme en ce qui concerne les fonctions du «contrôle exécutif».des enfants, on voit que, dans environ 90 % des cas, il y a une cohérence grammaticale dans ce qu\u2019ils font».Le mot anglais présent dans une phrase en français est généralement utilisé «à la bonne place», dans le meilleur respect possible des structures et contraintes du langage.« Ça indique que, dans leur tête, ils connaissent les règles de grammaire dans chaque langue.» Les mythes de l\u2019immersion L\u2019enfant anglophone qui passe ses trois premières années scolaires en immersion française ne compromet pas l\u2019apprentissage de sa langue maternelle, soutient le professeur Genesee.C\u2019est un autre mythe qui ne tient pas compte du fait que l\u2019enfant qui apprend à bien lire et bien écrire, même dans sa langue seconde, développe une base commune aux deux langues.Certains apprentissages se transfèrent de l\u2019une à l\u2019autre, si bien que ces enfants, une fois arrivés dans le ch^ minement anglophone régulier, réussissent aussi bien sinon mieux que les autres.«Es développent une aptitude linguistique du fait qu\u2019ils peuvent comparer et penser dans deux langues.Ça, c\u2019est totalement l\u2019inverse de ce que tout le monde croit.» Il apparaît même préférable pour des parents italiens qui immigrent dans un pays francophone, par exemple, de bien apprendre leur langue maternelle à leur enfant à la maison plutôt que de tenter de lui apprendre tôt un français qui serait inadéquat.L\u2019environnement italophone sera plus riche et fournira à l\u2019enfant les outils dont il a besoin pour développer ses aptitudes linguistiques et ses compétences à apprendre.Le statut socio-économique a plus d\u2019impact sur la réussite scolaire que la langue maternelle, si bien qu\u2019un enfant élevé en italien au Québec par des parents éduqués est plus susceptible de bien réussir à l\u2019école française qu\u2019un enfant francophone élevé par des parents peu scolarisés.Les recherches révèlent aujourd\u2019hui, chez les enfants bilingues, certains avantages cognitifs au niveau des fonctions du «contrôle exécutif».Ils auraient entre autres une plus grande aisance à transférer leur attention d\u2019une chose à l\u2019autre, à faire fi des distractions et à se concentrer sur les informations pertinentes pour une tâche.Collaborateur Le Devoir LES MYTHES ET MALENTENDUS ENTOURANT L\u2019ACQUISITION DE DEUX LANGUES CHEZ L\u2019ENFANT Mardi 8 mai à 12h45 MERCI À NOS AUTEURS POUR TOUTES LES NOUVEAUTÉS 2011-2012 CHRISTIAN AGBOBLI .ALAIN A.GRENIER .WALTER GERARD AM EDZRO ST-HI LAI RE .MARC A.PROVOST .NATHALÈNE ARMAND .CHRISTOPHER A.SCOTT .JEAN-PIERRE AUGUSTIN .AKIÇA BAHRI .MARC ANDRÉ BARSALOU .JUAN BAZTAN .SYLVIE BEAUDOIN .MARIO BÉDARD .SALIM BEGHDADI .HÉLÈNE BELLEAU .CÉLINE BELLOT .GAVIN BENNETT .NATHALIE BIG RAS .GABRIEL BLOUIN GENEST .ELENA BODROVA .MAUDE BONENFANT .CAROLINE BOUCHARD .LOUISE BOUCHARD .NANCY BOUCHARD .CAROLE BOUDREAU .ALEXANDRE BRASSARD .DIANE BRASSARD .ALEXANDRE BRUN .LOUISE CADIEUX .PIERRE CADIEUX .ROBERT CADOTTE .JACQUELINE CARDINAL .PAUL CARLE .JEAN-CLAUDE CASTEX .OMARCHAALLAL .CHRISTINE CHAMPAGNE .ÉRICCHAREST .DANIEL CHARTIER .LAURENCE CHARTON .OMERCHOUINARD .JEAN CLÉNET .SONIA CLOUTIER .EMMANUEL COLOMB .DAVID COURTEMANCHE .BENOIT CORDELIER .ELLEN CORIN .CLAUDIA CORRIVEAU .GILLES CORRIVEAU .RAYMOND CORRIVEAU .ANDRÉ CORTEN .LOUIS CÔTÉ .JOCELYNE COUTURE .FRANÇOISE CRÛS .ROMAIN CRUSE .PIERRE CURCHOD .DENISE CURCHOD-RUEDI .MIREILLE CYR .LUCIE DAIGNAULT .DANIEL JACOBI .DANIELLE DESMARAIS .ERNESTINE DAUBNER .EDUARDO DAVEL .MICHEL DE LA DURANTAYE .PIERRE DELORME .MARC-HUBERT DEPRET .MARIE-PAULE DESAULNIERS .JEAN-FRANÇOIS DESBIEN .BÉRANGÈRE DESCHAMPS .LUCIE DESLAURIERS .MARTIN DESMEULES .RICHARD DESNOILLES .PIERRE-ANDRÉ DOUDIN .JACINTHE DOUESNARD .LYNN DRAPEAU .PAY DRECHSEL .CAROLINE DUFOUR .ROSE DUFOUR .CAROLINE DUFRESNE .BRENDA DUNN-LARDEAU .NATHALIE DUPONT .CLARENCE EPSTEIN .GUILLAUME ETHIER .LOUIS FAVRE AU .JOSETTE FÉRAL .MAUDE FLAMAND-HUBERT .CAROLE FLEURET .ISABELLE FORTIER .FRÉDÉRIC JULIEN .PAULO FREIRE VIEIRA .MATHIEU GAGNON .YVES-CHANTAL GAGNON .LOUISE GAGNON-ARGUIN .DIANE GAUTHIER .JOËLLE GAUTHIER .JOCELYNE GÉLINAS .JEANNE-MARIE GINGRAS .MARTIN GOYETTE .ROBERT GOYETTE .GINO GRAMACCIA .CHANTAL GRAVEL .MARTIN GRAVEL .FRANÇOIS GUILLEMETTE .ABDELILLAH HAMDOUCH .ABDELKRIM HASNI .LORNA HEATON .MARTINE HÉBERT .GABY HSAB .CATHERINE HUART .SUMARLIDI ISLEIFSSON .MARIE J.BOUCHARD .DEBORAH J.LEONG .NASREEN JESSANI .LOUIS JOLIN .FRANCE JUTRAS .LUCIE K.MORISSET .DIETER K.MÜLLER .MICHEL KADOCH .JUAN-LUIS KLEIN .MICHELINE LABELLE .JEAN-MARIE LAFORTUNE .LOUISE LAFORTUNE .NATHALIE LAFRANCHISE .FRANCE LAMONTAGNE .SIMONE LANDRY .MARCLAPPRAND .JACQUES LARIVIÈRE .VALÉRIE LAROSE .FRÉDÉRIC LASSERRE .LAURENT LAPIERRE .MARIE-ÈVE LAURIN .JOCELYNE LAVOIE .MARIE LE FRANC .CLAUDE LECLERC .TANIA LECOMTE .LISE LEMAY .JEAN-PASCAL LEMELIN .JACQUES LEMIEUX .LOUISE LEMIRE .JOSEPH JOSY LÉVY .MONIQUE LHOSTIE .JASON LUCKERHOFF .AQQLUK LYNGE .GEORGE M.TARABULSY .DAVID M AG IS .ISABELLE MAHY .JEAN-CLAUDE MARSAN .GAÉTAN MARTEL .AGNÈS MARTIAL .CLAUDE MARTIN .SABINE MAS .PHILIPPE MAUBANT .WILLIAM MENVIELLE .LUCIE MERCIER .OLIVIER MESLY .ANIK MEUNIER .MÉLANIEMILLETTE .ISABELLE MIRON .ERNESTO MOLINA .PIERRE MONGEAU .ISABELLE MONTÉSINOS-GELET .MARTINE MORISSE .INA MOTOI .AHMED NACIRI .DAVID NIGET .THÉOPHILE SERGE NOMO .DENISE NORMAND-GUÉRETTE .JEAN PANET-RAYMOND .SYLVIE PAQUEROT .KARINE PAQUETTE-CÔTÉ .ANNE MARTINE PARENT .MARIE PARENT .SOPHIE PARENT .RICARDO PENAFIEL .CHARLES PERRATON .MARTIN PETITCLERC .JEAN-FRANÇOIS PICHÉ .SCHALLUM PIERRE .ANDRÉ PLAMONDON .MARIE-LAURENCE POIREL .LOUISE POISSANT .DANIEL POISSON .ANNIE PONTBRIAND .BÉATRICE POTHIER .DENISE POTHIER .PATRICE POTVIN .KARINE PRÉMONT .JÉRÔME PROULX .MARC-URBAIN PROULX .SERGE PROULX .GILLES RAÎCHE .SHARON RANKIN .LIQA RASCHID-SALLY .MARK REDWOOD .JACQUES RHÉAUME .LOURDES RODRIGUEZ .SÉBASTIEN ROLDAN .DAVID ROLLAND .CATHERINE RONDEAU .LOUIS ROUSSEAU .MARTIN ROY .LORI SAINT-MARTIN .MAURICE SAINT-YVES .GHISLAIN SAMSON .BRUNO SARRASIN .JEAN-FRANÇOIS SAVARD .GUILLAUME SIROIS .CARLO SPALLANZANI .HASSANE SQUALLI .CORINNE TANGUY .JEAN-CLAUDE THIBODEAU .MARCTOURIGNY .DIANE-GABRIELLE TREMBLAY .GAÉTAN TREMBLAY .JACQUES TREMBLAY .MÉLISSA TREMBLAY .ÉRIC TRUDEL .SYLVAIN TURCOTTE .LYSETURGEON .GILLESVANDAL .JEAN-PAULVANDERLINDEN .MICHÈLE VILLEGAS-KERLINGER .JEAN-PATRICKVILLENEUVE .LOUISE VILLENEUVE .FRANK W.REMIGGI .NICOLAS XANTHOS .CÉLINE YELLE .Presses de l'Université du Québec PUQ.CA G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 ACFAS « Les technologies sont modelées par le genre Et.les technologies modèlent le genre » Si les garçons adolescents reçoivent en moyenne leur premier ordinateur à 12 ans, les jeunes filles doivent attendre jusqu\u2019à leur quatorzième anniversaire, voire au quinzième.Une différence qui peut expliquer l\u2019absence de vocation chez les adolescentes pour les carrières en informatique.Christina Hara-lanova, doctorante à l\u2019Université Concordia, s\u2019est intéressée à la participation des femmes au développement du logiciel libre et à ses conséquences.HELENE ROULOT-GANZMANN Les parents d\u2019un garçon investissent quatre fois plus dans des gadgets informatiques que lorsqu\u2019ils ont une fille, note Christina Harala-nova.C\u2019est une notion très importante dont il faut tenir compte pour comprendre le déséquilibre qu\u2019on retrouve ensuite.Les années d\u2019adolescence sont une période où on a du temps pour expérimenter des choses, notamment les loisirs basés sur les technologies.Une période où on commence à savoir ce qu\u2019on veut faire plus tard dans la vie aussi.Si on ne permet pas aux filles de s\u2019intéresser à l\u2019informatique à ce mo-ment-là, ce n\u2019est pas ensuite, avec les études, puis la carrière, les enfants, etc., qu\u2019elles vont le faire.Alors, forcément, ces do-maines-là resteront en grande majorité dans les mains des hommes, du moins pour ce qui est des postes d\u2019ingénieur, de développeur, de concepteur.Bref, les mieux payés.» Divisions sexuelles Selon certains chercheurs, les technologies engendrent des divisions sexuelles en imposant aux hommes et aux femmes des rôles différents dans la vie quotidienne.La fracture proviendrait initialement des modèles de socialisation des enfants, ainsi que de la ségrégation de genre dans les activités professionnelles et domestiques.Aussi, l\u2019omniprésence de la gent masculine s\u2019exprimerait autant par les stéréotypes sociaux imposés dans l\u2019usage domestique et profes- sionnel des machines que par le langage masculin en oeuvre dans les domaines de l\u2019informatique, de l\u2019ingénierie et des sciences en général.Cette logique masculine constitue l\u2019un des principaux facteurs d\u2019exclusion des femmes dans les domaines relatifs aux technologies de l\u2019information et des communications (TIC).Il n\u2019est donc pas surprenant que les femmes se trouvent si peu nombreuses parmi les développeurs.En 2003, au Québec, les informaticiens comptaient dans leurs rangs à peine 25% de femmes, et les ingénieurs informatiques, une maigre proportion de 8%! Et encore.Afin de s\u2019intégrer dans les domaines technologiques, bon nombre de femmes ont dû sacrifier des aspects importants de l\u2019identité de leur genre.Pour faire une belle carrière dans le milieu des technologies de l\u2019information, elles doivent savoir naviguer parmi les multiples cultures masculines associées non seulement aux emplois relevant de la technologie, mais également au niveau des postes de gestion.Des sacrifices auxquels, de leur côté, les hommes ne sont pas confrontés.Or, au Canada comme dans la majorité des pays développés, presque la moitié des utilisateurs sont des utilisatrices.«Selon une chercheure contemporaine, Mavic Cabrera-Bal-leza, le fait que le secteur du développement des nouveaux moyens de communication est largement dominé par les hommes, notamment ceux des pays du Nord, définit la qualité de l\u2019information circulant dans Internet et via les autres moyens K VrVEK PRAKASH REUTERS Les parents d\u2019un garçon investissent quatre fois plus dans des gadgets informatiques que lorsqu\u2019ils ont une fille, fait remarquer Christina Haralanova.de communication basés sur les technologies numériques, comme les jeux vidéo», explique Christina Haralanova.Elle souligne que, dans ce cas, «les images des femmes qui prédominent dans Internet sont stéréotypées, à forte connotation sexuelle, souvent sexistes, et elles reflètent l\u2019image populaire des styles de vie des développeurs de contenus.L\u2019exemple le plus pertinent reste la caricature que représente le personnage de Lara Croft dans le jeu Tomb Raider.» Pour le logiciel libre ! Devant ce constat, le logiciel libre, thème principal des études menées par Christina Haralanova, tient une place toute particulière.Afin de garantir certaines libertés induites des utilisateurs, les programmes informatiques (ou logiciels) de code source ouvert permettent la libre utilisation, étude, modification et duplication en vue de sa diffusion, techniquement et légalement.«Malgré les libertés d\u2019usage des logiciels libres, le taux des femmes qui s\u2019investissent dans le développement du logiciel libre ne représente qu\u2019un petit pourcentage, regrette Christina Haralanova.Or il y a un lien évident entre logiciel libre et féminisme.Ça fait partie de la même lutte: parce que, via ces programmes, on peut lutter pour la liberté des femmes et la liberté de parole.Parce que, étant donné que le code source est ouvert, que tout le monde peut le voir, l\u2019analyser et le modifier, il ne peut y avoir de mauvaise surprise, notamment sur la question du respect de la vie privée.Prenons l\u2019exemple des lesbiennes dans un pays musulman où l\u2019homosexualité est criminalisée, poursuit la chercheure.Utiliser des logiciels réguliers qui regorgent de programmes-espions, ou même s\u2019inscrire dans Facebook, serait très dangereux pour elles, parce que le pouvoir pourrait les repérer.En utilisant un logiciel libre sécuritaire et vérifié, elles sont certaines de pou- voir rencontrer d\u2019autres femmes, ainsi que d\u2019envoyer et de partager des informations en ligne sans prendre de risques démesurés.» Ainsi, s\u2019agissant d\u2019un modèle de conception ouverte participative, le logiciel libre a le potentiel de contourner les relations de pouvoir dans la société, de réduire la différence entre les experts et les non-experts, entre les développeurs et les utilisateurs, entre les pays développés et les pays en développement, entre les riches et les pauvres.«La critique féministe a pour but de dénoncer toutes sortes d\u2019inégalités dans le monde, ajoute Christina Haralanova.Appliquées au champ des technologies, qu\u2019on parle de l\u2019usage ou de la conception, les approches féministes aident à lutter contre les inégalités non seulement entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les groupes majoritaires et les groupes minoritaires, entre les classes dominantes et les classes dominées.» Collaboratrice Le Devoir UNE CRITIQUE FEMINISTE DES TIC Lundi 7 mai à 16hl5 Local 518B du Palais des congrès Christina Haralanova MODE ET GESTION Le vêtement a sa grammaire « L\u2019esthétique qui gère nos vies est basée sur l\u2019expérimentation et non plus sur la connaissance » Notre rapport à la mode change et, dans ce nouveau contexte, on cherche à savoir ce qui différencie la mode d\u2019aujourd\u2019hui de celle d\u2019il y a une quarantaine d\u2019années.Que signifient ces changements?D\u2019ailleurs, maintenant, la mode va bien au-delà de la coiffure et du vêtement; on parle de mises en scène corporelles.MARIE-HELENE ALARIE Ahhhhh ! La mode, quel animal étrange ! Quand on est un enfant, on s\u2019en fout, adolescent et jeune adulte, souvent on ne pense qu\u2019à elle jusqu\u2019à en devenir une victime efi plus tard dans la vie, on aura beau courir après elle, la mode finira toujours par nous dépasser.Cette vérité existe depuis les années 40, mais aujourd\u2019hui on voudrait en modifier Içs règles.Mariette Julien, de l\u2019École des sciences de la gestion (ESG) de rUQAM, se penche sur la complexe question, à savoir en quoi la mode des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui est-elle si différente?Les PUL seront présentes au Congrès de l'ACFAS Du 7 au 11 mai stand 518 n Vehez nous visiter - ^ / 0 Plus d\u2019informations sur www.pulaval.com Née dans une famille de mode, avec un père tailleur mais, dans les faits, designer et une mère couturière, Mariette Julien l\u2019avoue : «J\u2019ai toujours fui la mode, je ne sais pas coudre même un bouton, je déteste ça!» Mais, comme c\u2019est souvent le cas, notre enfance finit par nous rattraper et, après des études en communications couronnées d\u2019un doctorat ayant porté sur l\u2019image des parfums, ou comment une image peut traduire une odeur, Mariette Julien se spécialise en marketing et va enseigner cette matière pendant 10 ans à l\u2019Université de Montréal, puis à l\u2019école de mode où elle enseigne les médias et la mode.«Je n\u2019enseigne pas la sociologie de la mode, mais, comme c\u2019est d\u2019abord l\u2019humain qui m\u2019intéresse, je m\u2019inspire de la sociologie et j\u2019en ai fait mon objet de recherche.» «La mode est un phénomène de jeunesse : tous les jeunes suivent la mode, mais pas nécessairement la même», nous dit M\u201d® Julien, ajoutant que, «quand on pose la question à un jeune, il affirme toujours et avec le plus grand sérieux ne pas suivre la mode et avoir son propre style, mais, quand on regarde son allure dans l\u2019ensemble, on trouve une \u201cgrammaire visuelle \u201d qui ressemble à plusieurs autres.» Ce qui intéresse particulièrement Mariette Julien, c\u2019est la mode de la rue et non celle des designers et leur mode des podiums.La mode est, depuis toujours, née dans la rue.Le corps comme un canevas Qn dit que la mode comme expression rebelle nous vient des rockers des années 40 qui, dans la vie, endossent des vê- tements de travail \u2014 les jeans de l\u2019agriculteur et le t-shirt des débardeurs \u2014 afin d\u2019en détourner le sens pour prôner la liberté.Mais, depuis le milieu des années 70, le phénomène le plus significatif est celui du mouvement punk: «L\u2019esthétique punk est visible encore aujourd\u2019hui dans l\u2019apparence des jeunes et est très présente, on n\u2019a qu\u2019à penser à cette mode des mèches de couleur, elle provient directement des punks.Pour les tatouages et les perçages, c\u2019est la même chose; ils existent depuis toujours dans les sociétés ancestrales, mais, chez les punks, ce sont les individus qui décident de se faire tatouer et non la communauté», poursuit «La mode n\u2019a pas tellement évolué, révolution s\u2019opère beaucoup plus dans la transformation des corps» Mme Julien.Aujourd\u2019hui, ces éléments de mode se sont immiscés dans la société et leur valeur symbolique d\u2019origine perd de son importance, au profit d\u2019un simple phénomène de mode.Mais il n\u2019y a pas que les tatouages qui modifient le corps.La mode s\u2019adapte à une volonté d\u2019exposer les corps, qui sont devenus «non seulement un canevas artistique en constante rénovation, mais un objet de gratification », explique Mme Julien.Les jeunes vont transformer leur corps en le musclant au point de souffrir de bigorexie, cette pathologie qui consiste à vouloir développer à outrance sa masse musculaire.Qn voit même apparaître le phénomène de la femme musclée : «A travers l\u2019histoire, jamais les femmes n\u2019ont été musclées, parce qu\u2019elles étaient associées à l\u2019intériorité.Le muscle, quant à lui, est associé à l\u2019effort, à la force, qui sont des valeurs masculines.Le ventre plat chez la femme est synonyme d\u2019émancipation et constitue une manière de montrer qu\u2019elle est en contrôle.Tout ce travail pour atteindre les canons de beauté modernes, on veut le montrer, d\u2019où cette mode du nombril à l\u2019air!» «Depuis les trente dernières années, au niveau vestimentaire, la mode n\u2019a pas tellement évolué, l\u2019évolution s\u2019opère beaucoup plus dans la transformation des corps», dira M\u201c® Julien.Cette stagnation pousse les influences et les tendances à se mélanger perpétuellement, ce qui permet ainsi à la mode de bien pénétrer toutes les couches et tous les âges de la société.«La peau est en soi le seul vêtement qui va distinguer le jeune de l\u2019adulte», ajoute Mariette Julien.Le tatouage et le muscle font partie de l\u2019esthétique contemporaine.Porter et jeter La «célébrièveté» est le phénomène issu des télé-réalités : «Les gens ne se contenteront plus de contempler les vedettes, ils vont vouloir eux aussi devenir ces vedettes.» C\u2019est du moins ce qu\u2019on observe au niveau de la représentation.La mode aujourd\u2019hui reflète cette nouvelle ambition.«Onpense aux harajuku girls, au look glamour avec ses faux cils, ses faux ongles et ses paillettes.On est dans l\u2019aspect du corps-spectacle et cela rejoint cette dépendance envers la \u201cstarisation \u201d que les jeunes ont beaucoup maintenant Ils veulent être remarqués, parce que, si on ne passe pas à la télé, on rate sa vie.» Les blogues de mode de la rue pullulent dans le web.Ils viennent encore une fois mettre en scène les «gens ordinaires».Les animateurs de ces blogues prétendent que c\u2019est pour humaniser la mode, une espèce de quête d\u2019authenticité, et le fait de se faire remarquer, c\u2019est aussi une preuve d\u2019authenticité.Cette instantanéité définit bien notre monde contemporain et ses tendances sociologiques.Notre relation avec les objets est éphémère et on en change pour changer.L\u2019opération donne l\u2019impression de rajeunir.Si c\u2019est vrai pour les modes, il en va de même dans d\u2019autres sphères de notre vie : «On rajeunit notre environnement et donc on se rajeunit soi-même.Cela crée un entraînement au niveau du cerveau, qui est maintenant prêt à aller jusqu\u2019à changer souvent de partenaire.Présentement, sur le plan philosophique, l\u2019esthétique qui gère nos vies est basée sur l\u2019expérimentation et non plus sur la connaissance : pour que quelque chose soit beau, il doit aussi être associé à la notion de plaisir.» Cette philosophie ne s\u2019applique pas seulement aux objets, mais aussi à nos relations avec les êtres.Qn parlera de «déliaison amoureuse» et de dématérialisation de la personne dans ce monde marchand et capitaliste.Mariette Julien conclura en affirmant que «la mode exprime les valeurs de notre temps, mais la mode est amorcée par une première proposition esthétique faite par des jeunes qui vont transformer nos valeurs, comme les punks Vont fait et les rockers avant eux».Collaboratrice Le Devoir L\u2019ÉTAT DE LA MODE CONTEMPORAINE EN QUOI LA MODE DES JEUNES d\u2019aujourd\u2019hui EST-ELLE SI DIFFÉRENTE ?Lundi 7 mai à 8h30 Local 519A du Palais des congrès http://www.pulaval.com LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 G 7 ACFAS Pour voir ce que les chercheurs voient Vingt auteurs réagissent aux « images » des scientifiques\tLa preuve par lïmage L\u2019image d\u2019abord, les mots ensuite: l\u2019explication scientifique prend son origine désormais dans le visuel.Voici l\u2019expo qui le prouve, non sans prendre plaisir dans des envolées poétiques.Rendez-vous à la Grande Bibliothèque.JÉRÔME DELGADO Montrer la science «par l\u2019autre bout»: l\u2019exposition La preuve par l\u2019image, présentée depuis deux ans dans le cadre du congrès de l\u2019Association francophone pour le savoir, repose sur une manière inusitée de vulgariser.Elle réunit des photographies utilisées par les chercheurs dans le cadre de leurs travaux et honore, par le fait même, le pouvoir de synthèse de l\u2019image.«On présente la science par l\u2019autre bout, explique Johanne Lebel, rédactrice en chef de Découvrir, la publication de l\u2019AC-FAS autrefois connue sous le nom ^\u2019Interfaces.On part de l\u2019image pour susciter l\u2019intérét, puis on l\u2019explique par le texte.En vulgarisation, c\u2019est l\u2019inverse.L\u2019image vient habituellement expliquer ce que dit le texte.Là, c\u2019est le cortex visuel qui travaille d\u2019abord.» L\u2019expo est un concours aussi : près de 80 propositions ont été envoyées au bureau de la responsable des projets spéciaux de l\u2019ACFAS et seules une vingtaine d\u2019entre elles ont été retenues.Le jury, formé de scientifiques et de «profanes», donnera trois prix.Un prix du public sera également attribué.«L\u2019image doit être intéressante, mais la recherche derrière elle aussi, estime Johanne Lebel.Il faut qu\u2019il y ait une bonne histoire.» Parfois, ce sont des histoires d\u2019erreurs, «et non d\u2019horreurs.Les erreurs, c\u2019est ce qui fait la recherche.C\u2019est par elles que les chercheurs apprennent, c\u2019est fondamental.» Une troisième édition La troisième édition de La preuve par l\u2019image ne s\u2019en tient pas à cette seule dialectique.Destinée à la clientèle de la Bibliothèque nationale du Québec, la série des diptyques photos-textes aura un volet supplémentaire, hors de la sphère rationnelle, les deux pieds dans l\u2019univers littéraire.Invités à pondre un texte à partir d\u2019une des explications scientifiques, vingt romanciers, poètes ou essayistes de la trempe de Louis Hamelin et d\u2019Élise Turcotte ont répondu à l\u2019appel.Devant l\u2019image riche en polychromie du cerveau d\u2019un nou-veau-né et d\u2019après l\u2019énoncé du chercheur Marc Fournier, de l\u2019Université de Montréal, autour d\u2019une étude visant à établir la relation entre l\u2019anatomie et l\u2019activité cérébrale à un si jeune âge, l\u2019auteur Francis Catalano imagine les propos du bambin.«Maman, tu me manques, écrit le romancier et traducteur.Je sens une île, un archipel des ondes qui n\u2019ont point de cesse, ma croissance se meut, c\u2019est une marée bleue de syzygie.» Raison et fabulation Pour Johanne Lebel, ce mariage de la raison et de la fabulation n\u2019a rien d\u2019insensé.Au contraire, estime-t-elle, les deux mondes gagnent à être rapprochés.«Les chercheurs sont très créatifs, dit-elle.Tout le temps.Et les écrivains ont une forme de rationalité.Leur matière est différente, leur but aussi.Mais ils essaient aussi de comprendre notre monde.» Au cours de la dernière décennie, le rôle de l\u2019image dans la recherche a pris de l\u2019ampleur, croit cette journaliste scientifique.L\u2019imagerie numérique, les moyens de communication virtuelle et la multiplication des outils.«La capacité de faire des images a explosé», soutient-elle.Plus que jamais, celles-ci seraient le meilleur outil pour rejoindre les collectivités non scientifiques.C\u2019est un peu le constat auquel une expo comme La preuve par l\u2019image tente d\u2019arriver.Une expérience esthétique d\u2019abord, souvent même à travers des compositions ouvertes, sans éléments reconnaissables, qui mène à comprendre une réalité complexe et invisible.Sa meilleure preuve, Johanne Lebel la tient dans une image de bactéries, qui ont toutes l\u2019air de gouttes d\u2019eau.La photo, intitulée La forêt des affamés, de Steve Charette, chercheur à l\u2019Université Laval, explicite une situation de famine chez des organismes unicellulaires.«Depuis quinze ans, commente la rédactrice en chef de Découvrir, on sait que les bactéries ont une vie sociale très intense, qu\u2019elles travaillent en réseau.Ce sont des micro-organismes qui vivent leur vie.» Les exemples qui seront exposés touchent à tout, du macroscopique au microscopique, du soleil aux minéraux, des effets de la sécheresse sur un peuplier aux ovules des vaches décortiqués en ADN et en ARN.Et les histoires, les bonnes, abondent.La preuve par l\u2019image se tient du 5 au 24 mai et aura une deuxième vie, en juin, lors STEVE CHARETTE La photo intitulée La forêt des affamés explicite une situation de famine chez des organismes unicellulaires.BOILY YVES ALAIN Photo intitulée Abeille du festival Eurêka!, dans le Vieux-Port de Montréal.Le Piège à'photons Collaborateur Le Devoir Dans le cadre du Congrès de l\u2019ACFAS L\u2019Agence universitaire de la Francophonie (AUF), en collaboration avec l\u2019Observatoire démographique et statistique de l\u2019espace francophone (ODSEF) et l\u2019Organisation internationale de la Francophonie organisent un colloque intitulé : LA PRODUCTION DES SAVOIRS SCIENTIFIQUES ET LES ESPACES LINGUISTIQUES Mardi 8 mai 2012 au Palais des congrès de Montréal, salle 513A La production scientifique s\u2019inscrit de pius en pius dans un espace de communication des savoirs où les frontières existantes sont extrêmement poreuses.Les réalités de l\u2019interdisciplinarité s\u2019ajoutent au contexte de mondialisation et modifient ainsi passablement le travail des scientifiques.La production scientifique est-elle donc influencée par le contexte linguistique de provenance des chercheurs?Toute personne qui souhaite participer doit obligatoirement être inscrite au Congrès de l\u2019ACFAS.Questions et inscription recommandée : ameriques@auf.org QGGnCE UniUERSITDIRE DEUKIinCOPIIOniE Organisateurs : Partenaires : ^\tI «\t¦ 1\tORGANISATION I « I » Ij I.\tINTERNATIONALE DE V_y JlJ O JT la francophonie rA.\ta a Université I L^eDeCua de Montréal ifHl IDRC§gCRDI 9 établissements universitaires regroupés en réseau ¦\tplus de 208 millions de dollars en subventions et contrats de recherche ¦\t750 programmes de 1% 2® et 3® cycles ¦\t92 000 étudiants répartis dans les universités, écoles et institut 30 % des contributions présentées à l'ACFAS Saguenay Rimouski Rouyn~Noranda Québec Trois-Rivieres Gatineau Montreal www.uquebec.ca \"Ê Université du Québec E Université du Québec à Montréal I Université du Québec à Trois-Rivières I Université du Québec à Chicoutimi I Université du Québec à Rimouski I Université du Québec en Outaouais I Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue I Institut national de la recherche scientifique I École nationale d'administration publique I École de technologie supérieure G 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2012 ACFAS À LA Bibliothèque nationale du Québec Quelle sera la place des femmes en sciences et en génie ?« Les femmes ont une manière de travailler différente, plus collaborative » Avec tous les défis auxquels elle est confrontée, l\u2019humanité ne peut pas se permettre de se passer de la contribution des femmes en sciences et en génie.Pourtant, les chiffres ne sont pas très encourageants en ce qui concerne la place qu\u2019elles occupent dans ces domaines.Elles forment seulement 12% des ingénieurs.Et, de 1999 à 2007, le nombre d\u2019étudiantes aux baccalauréats dans les domaines scientifiques a diminué, passant de 16,3% à 12,2%.CAROLINE RODGERS Le 9 mai, une journée entière sera consacrée à la place des femmes en sciences et en génie, lors du 80® congrès de l\u2019ACFAS.Claire Deschênes, professeure au Département de génie mécanique de l\u2019Université Laval et coprésidente de l\u2019Association de la Francophonie à propos des femmes en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques, en sera l\u2019animatrice.«On a besoin de scientifiques pour développer la société, l\u2019économie, dit-elle.Il y a beaucoup de travail à faire dans l\u2019avenir pour le bien-être des populations et l\u2019environnement, et il faudra que les femmes fassent partie de la relève scientifique pour y arriver.» Sur le plan personnel, une carrière en sciences peut apporter une grande satisfaction aux femmes qui la choisissent.«Ce sont des carrières méconnues, dans lesquelles les femmes pourraient contribuer de façon importante à la société, mais elles ne le voient pas au départ, ajoute la professeure.On sait que les femmes ont une manière de travailler différente, plus collaborative.Les femmes chefs d\u2019équipe ou directrices de projet sont plus rassembleuses, moins autoritaires, et elles obtiennent de bons résultats.» De plus, les femmes cher-cheures peuvent avoir des préoccupations différentes, être attirées par des sujets de recherche moins explorés par leurs collègues masculins et apporter des idées originales, selon elle.Priorité à la santé Au cours des dernières années, les femmes ont investi massivement les sciences de la vie et la médecine.Mais, dans d\u2019autres domaines, elles sont sous-représentées.Ainsi, seulement 9,7% des jeunes femmes qui choisissent de faire un baccalauréat en génie optent pour le génie mécanique, et 8,6%, pour le génie informatique, selon les données recueillies par la Chaire CRSNG-Industrielle Alliance pour les femmes en sciences et en génie.«Après la santé, on essaie maintenant de créer un intérêt pour les autres domaines de la science, dit Claire Deschênes.Différentes chaires et associations y sont consacrées.On essaie de comprendre pourquoi les filles ne choisissent pas davantage de faire carrière en sciences, et de trouver comment renverser la vapeur.C\u2019est certainement dû en partie à un manque de motivation intrinsèque de leur part, mais il y a aussi un contexte scolaire et social à considérer.On a l\u2019impression que l\u2019image du scientifique véhiculée par la société n\u2019est pas assez attirante pour les jeunes filles.Il y a moyen d\u2019agir à cet égard.» Des programmes pour sensibiliser les jeunes filles à une carrière en sciences ont été mis sur pied, comme Les filles et les sciences, un duo électrisant destiné aux élèves du secondaire.«Il est important que les différents ministères continuent d\u2019appuyer ce genre d\u2019activité.Et il faudrait qu\u2019on voie plus de femmes scientifiques dans les médias.Les jeunes ont besoin de modèles.Malheureusement, il y a peu d\u2019émissions et d\u2019articles consacrés aux sciences dans les médias actuellement.» En affaires aussi Par ailleurs, en ce qui a trait aux postes de pouvoir, les femmes en sciences se heurtent également à ce fameux «plafond de verre» dont on parle tant dans le monde des affaires.«Il n\u2019est pas évident de se faire reconnaître d\u2019emblée comme une bonne scientifique.Il faut toujours défendre qui l\u2019on est.Tout comme il y a peu de femmes chef d\u2019orchestre ou p.-d.g.d\u2019une grande firme, il y a moins de femmes dans les lieux de pouvoir en sciences.» Un groupe de trois femmes scientifiques se penchera donc sur la question pendant la première partie de cette journée spéciale animée par Claire Deschênes.Nadia Ghazzali, titulaire de la Chaire Industrielle-Alliance pour les femmes en sciences et en génie et rectrice de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, parlera de l\u2019évolution de l\u2019orientation universitaire des étudiantes aux deuxième et troisième cycles et des facteurs déterminants.Maud Cohen, présidente de l\u2019Ordre des ingénieurs du Québec, abordera la question de la place r JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les femmes ont investi massivement ies sciences de ia vie et ia médecine au cours des dernières années.des femmes en ingénierie et relies et en génie du Canada la participation des femmes FÇMMES, SCIENCES ET des besoins de main-d\u2019œuvre.(CRSNG), présentera des poli- en sciences et en génie.\tGENIE : QUELLE PLACE Et Suzanne Fortier, prési- tiques et des programmes mis\tPOUR LES FEMMES?dente du Conseil de re- en place ou à mettre en place\tCollaboratrice Mercredi 9 mai, de 9hà midi, cherches en sciences natu- pour favoriser la formation et\tLe Devoir Bibliothèque nationale du Québec ¦D «INFINIMENT PLUS INTELLIGENTS QUE LE PLUS INTELLIGENT DES TÉLÉPHONES INTELLIGENTS, LES CHERCHEURS PRÉSENTS À UACFAS RÉPONDENT À NOTRE BESOIN DE LUMIÈRES NOUVELLES SUR LE MONDE ET SUR NOUS-MÊMES.ET VOUS SEREZ CONQUIS PAR LEUR HUMANITÉ!» MONIQUE CORMIER Professeure titulaire Département de linguistique et de traduction Présidente du comité scientifique du 80^ Congrès de l\u2019Acfas Université nn de Montréal "]
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