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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2012-02-11, Collections de BAnQ.

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[" LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 MEDIAS L\u2019avenir de la série est-il dans le Web?Page E 5 EXPOSITIONS Le basta! résolument féministe du MACM Page E 8 CULTURE Rendez-vous d \\ Après Berlin et Sundance, le nouveau film Bestiaire de Denis Côté ouvre les Rendez-vous i «Je me laisse obséder par les notions de cadrage, et la bête devient ici une matière abstraite» ODILE TREMBLAY Les animaux d\u2019un zoo beuglent, mâchent et ruent à l\u2019intérieur de cadrages insolites, au milieu de sons inquiétants.Etrange objet filmique que ce Bestiaire, qui assurera l\u2019ouverture des 30es Rendez-vous du cinéma québécois mercredi prochain.Son maître d\u2019œuvre, Denis Côté, grand Jack tatoué apparemment revenu de tout, s\u2019en étonne encore.«J\u2019avais reju-sé dans un premier temps d\u2019ouvrir les Rendez-vous.Pour leur 30\u201c anniversaire, voyons donc! Pas de tapis rouge ni de vedettes, et avec un tel film! Je ne fais pas de cinéma pour tout le monde, faut dire.» «Ils ont insisté.Voilà! Je crois que les dirigeants des Rendez-vous veulent montrer quel genre de cinéastes ils entendent appuyer.» Ovni marginalisé Hier avait lieu à la Berlinade la première projection du Bestiaire en question, dans la catégorie Forum, dont le Festival de Sun-dance avait eu la primeur.Berlin, Denis Côté en rêvait pour cette œuvre à laquelle il trouve un côté conceptuel allemand et au- trichien (comme dans les films d\u2019Ulrich Seidl).Lui qui a tant fréquenté le Festival de Locarno, où trois de ses films furent primés (Les états nordiques, Elle veut le chaos et Curling), lui dont le Carcasses avait été projeté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, s\u2019aventure pour la première fois du côté des Teutons, bien ravi d\u2019en être.Longtemps critique de cinéma à Ici, ce cinéaste unique et intransigeant, reconnu par le milieu et par ses pairs, demeure un ovni marginalisé au Québec.Son Curling, qui se voulait plus rassembleur, déconcerta une partie du grand public chez nous, tout en fascinant les Français.Les Cahiers du cinéma l\u2019en-censent.11 eut droit l\u2019an dernier à sept rétrospectives à travers le monde, mais aimerait quand même être un peu prophète en son pays.Qu n\u2019est jamais aussi farouche qu\u2019on en a l\u2019air.Voyageur au long cours dans les innombrables festivals où il traîne son bâton de pèlerin, il pose le regard oblique de sa caméra sur des lieux balayés par les vents, où le pire semble toujours au bord de surgir, et le fait souvent.Côté se plaît à répéter que, dans tout lac, il voit le monstre au fond.«J\u2019aime mythifier les lieux que je ne connais pas», précise le gars de la ville qui plante sa caméra dans des zones à demi sauvages, avant d\u2019ajouter: «Mon regard est détaché et distant.Ça rend le spectateur mal à l\u2019aise.» Alors, ceux qui attendent un documentaire animalier en prendront pour leur rhume avec Bestiaire.Ni ceci, ni cela.Le film a coûté la somme astronomique de 40 000 $, la moitié provenant du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), l\u2019autre du Studio national des arts Le Fesnoy, en France, où il était allé donner des ateliers.Une équipe minimale eL partauL la liberté.Tout a commencé lors de son précédent film Curling, où on voyait un fi^e et une jeune fille établir un lien mystérieux.Les scènes avaient été tournées au parc Safari de Hemmingford.«On m\u2019a dit là-bas: \u201cReviens quand tu veux.\u201d» Mais pour Bestiaire, la direction du Parc Safari s\u2019est réservé un droit de regard sur le film.Après des discussions avec les avocats, qui s\u2019inquiétaient à la perspective de le voir prêter main-forte aux Brigitte Bardot de ce monde, en dénonçant un univers concentrationnaire, le feu vert est venu, presque de guerre lasse.«Faites ce que vous voulez.» Un film sur le regard Ni outil promotionnel, ni charge militante.«Ce n\u2019est pas un film \u201canti quelque chose\u201d, mais un zoo est un zoo, avec un côté pathétique, et fai utilisé les cages comme motif esthétiques», explique Côté.11 a tourné des scènes chez un taxidermiste aussi, en couvrant ainsi le cycle jusqu\u2019à la mort, et la survie en animaux empaillés.Denis Côté s\u2019était demandé «comment positionner un œil caméra de façon originale devant un animal sans chercher à informer, ni à faire rire, pas plus qu\u2019en posant un regard anthropomorphique».Les zoos, il ne les fréquentait guère au cours de son enfance à Longueuil.Ni chat, ni chien à flatter au coin du feu.«Je ne suis pas un amoureux des animaux, ni un militant anti-zoos.Je n\u2019ai rien à vendre.» Son filin porte sur le regard.Les animaux sont accessoires au fond.«J\u2019ai destiné Bestiaire au public, qui se projettera sur lui.Il ne peut exister hors de l\u2019œil VOIR PAGE E 12: BESTIAIRE théâtre Noël en trois temps Michel Tremblay parle de sa plus récente pièce, L\u2019oratorio de Noël, qui prend l\u2019affiche chez Duceppe MARIE LABRECQUE La mémoire est, passez-moi l\u2019expression, le fonds de commerce de Michel Tremblay.Comme le résume lui-même l\u2019écrivain: «Je gagne ma vie avec ma mémoire!» Peu de créateurs ont su comme lui transformer son histoire familiale, son passé, en une œuvre cohérente, immense, aux tentacules à la fois théâùaux et romanesques.Disparition progressive Sa nouvelle création n\u2019est pas rattachée à cette grande saga artistique, mais la mémoire y joue un rôle crucial.L\u2019oratorio de Noël plonge dans la psyché défaillante d\u2019un homme atteint de la maladie d\u2019Alzheimer.«J\u2019avais remarqué que, lorsqu\u2019on parlait d\u2019alzheimer au cinéma et au théâtre, on parlait surtout de son effet dévastateur sur l\u2019entourage, explique Michel Tremblay, de sa résidence à Key West.On donnait rarement la version des malades.Moi-même j\u2019ai écrit une pièce.Impératif présent, où le malade était trop avancé dans son mal pour pouvoir communiquer.Et j\u2019ai pensé que ce serait intéressant de rendre malade quelqu\u2019un qui, toute sa vie, a sauvé les autres en fouillant dans leur cerveau.» D\u2019où le changement d\u2019univers et de personnages dans cette pièce qui donne la parole à un neurochirrugien contrôlant qui voit son esprit lui échapper.Ultime cruauté: l\u2019orgueilleux Noël comprend donc ce qu\u2019il vit et est conscient du terrible sort qui l\u2019attend.D\u2019autant que l\u2019auteru l\u2019a saisi délibérément à mi-chemin de sa maladie, alors qu\u2019il est encore assez lucide poru constater qu\u2019il est sujet à des absences.Rien de pire que cette «mort à petit feu», cette disparition progressive de nos repères, qui avale peu à peq des bouts de notre quotidien.Etre «très contrôlé», l\u2019affable Michel Tremblay avoue la terreur que lui inspire cette perte de la conscience.«C\u2019est ce qui me fait le plus peur, de perdre le contrôle sur mon cerveau», sru la chose qui fonde son identité, qui il est et ce qu\u2019il fait.«J\u2019ai un ami qui commence à être atteint [de l\u2019alzheimer].C\u2019est absolument dévastateur de parler à quelqu\u2019un pendant une demi-heure et de se faire répéter trois fois la même chose.» Un thème pas facile à traiter poru ce survivant du cancer.«Je pense que je n\u2019aurais pas pu écrire cette pièce-là, de cette façondà, si je n\u2019avais pas failli mourir deux fois, confie le dramaturge.Mes expériences ont dû m\u2019aider, du moins [à décrire] ce qu\u2019on ressent.L\u2019espèce d\u2019impuissance.Noël ne peut pas lutter.Tandis que moi, je pouvais lutter, puisqu\u2019on m\u2019avait dit que favais 80 % de chances de m\u2019en sortir.» Et l\u2019auteur à\u2019Albertine, en cinq temps sait que l\u2019impuissance, «qui amène la rage», est une madère très théâtràe.Mémoire chorale Poru un dramaturge, c\u2019est un beau sujet pour jouer avec la structrue.L\u2019oratorio de Noël \u2014 référence à l\u2019œuvre de Bach qui a servi de déclencheur à la VOIR PAGE E 3: ORATORIO E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 CULTURE Les fantômes de la Main Odile Tremblay n 1995, Claude Chamberlan, jamais avare d\u2019initiatives loufoques, avait organisé pour son Festival du nouveau cinéma, avec l\u2019appui du patron de la Sexothèque, angle Saint-Laurent et Sainte-Catherine, un «Peep Show».Quinze des 60 canaux dévolus aux vidéos pornos se voyaient consacrés aux hlms du FNC.Braves journalistes, on avait fait la fde avec les habitués du lieu \u2014 pas trop ragoûtants, les gars, si mon souvenir est bon.Hop! dans sa petite cabine, avec écran, chaise et kleenex.Chacun s\u2019était finalement tapé des hlms pornos.Mais ils étaient trop nuis, alors j\u2019ai fini par sortir de là, pourchassée par un client qui se disait qu\u2019une femme dans un peep-show.Faut comprendre.Cré Chamberlan! Lundi soir dernier, sur les ruines de la défunte Sexothèque, longtemps bête noire de la mairie, un vent de changement avait balayé mon unique souvenir des lieux.Tout vitré, le 2-22, temple rutilant où politiciens et bonzes de la culture trinquaient lors du baptême.Christian Yaccarini, à la tête de la Société de développement Angus (SDA), pilota la saga houleuse du 2-22 durant sept ans, nourrie de retards et de revirements, dont le remplacement à grands frais de l\u2019architecte français Paul Andreu aux visions pharaoniques.11 se sentait soulagé, cette semaine à l\u2019inauguration.La Vitrine culturelle, la station de radio CIBL, la galerie et centre de diffusion Vox, le centre de recherche en art contemporain AR-TEXTe, etc., y installent leurs pénates.Ouf jVlais le cinéma Parallèle, la librairie Olivieri, l\u2019École de danse contemporaine avaient eu le temps de s\u2019installer ailleurs, avec tous ces délais! Changez vot\u2019 compagnie! Le projet voit le jour quand même.C\u2019est beau, la ténacité! Le nom du restaurant St-Cyr, au rez-de-chaussée du 2-22, évoque les années 40 et 50 sous le règne de l\u2019effeuilleuse Lili St-Cyr, qui ensorcelait les hommes en émergeant nue d\u2019une baignoire pleine de bulles.Ce qui n\u2019empêche pas le Quartier des spectacles d\u2019avaler quand même une artère rouge, malgré de farouches foyers de résistance.Car le projet du 2-22 s\u2019est longtemps marié à celui d\u2019un quadrilatère sur le côté ouest de Saint-Laurent, entre Sainte-Catherine et le Monument-National, qui devait abriter un complexe à bureaux et qui disparut un temps dans les limbes.Le propriétaire du Café Cléopâtre, cabaret de variétés et de spectacles érotiques, refusait de quitter son domaine et la SDA avait fini, de guerre lasse, par renoncer à l\u2019inclure dans ses projets de construction.Qr, une fois le 2-22 mis sur ses rails, Christian TEXTE : ALEXIS MARTIN | MISE EN SCENE : DANIEL BRIERE AVEC: ËMILIE BISEAU, BENOÎT DROUIN-GERMAIN, LUC GUÉRIN, PIERRE-ANTOINE LASNIER, ALEXIS MARTIN,CARL POLIQUIN, DANIELLE PROULX,MARIE-ËVE TRUDEL 7 FEVRIER AU 8 MARS 2012 1945 RUE FULLUM RESERVATION: 514 521-4191 | WWW.NTE.QC.CA I .n LE NTE PRESENTE L\u2019H STO RE REVELEE DU CANADA FRANÇAIS \u2014 1608-1998 \u2014IVOLET I J mm SOURCE SOCIETE DE DEVELOPPEMENT ANGUS Le Monument-National et les façades endommagées du boulevard Saint-Laurent, dans le Quartier des spectacles Yaccarini entend aller de l\u2019avant avec ce qui reste du quadrilatère, caressant des projets encore mystérieux, mais s\u2019engageant à démanteler, puis à reconstruire les façades des bâtiments (bien endommagées pourtant, on s\u2019en désole) afin de les inclure dans les développements futurs.Sauf que, depuis le début, nombreuses sont les voix à s\u2019élever pour défendre le patrimoine architectural de ce coin de la vieille Main.Ne fut-elle pas le nombril de manifestations culturelles francophones et yiddish, avec son Monument-National et ses carrefours?Ce quartier raboteux abrita aussi des boîtes de jazz et liçux de plaisirs, à l\u2019heure où la Prohibition aux États-Unis persuadait les Américains et leurs artistes de s\u2019encanailler chez nous, en débauchant la faune locale au grand dam des curés de l\u2019époque.Cette Main-là, à la dégaine hirsute, petit boulevard du crime dans tous les sens du terme, au charme mal famé, mérite bien de conserver son âme, fût-elle vendue au diable.Le Café Cléopâtre fait, à telle enseigne, office de gar-diqn des traditions.A l\u2019inauguration du 2-22, j\u2019ai rencontré Simon Braulf le président de Culture Montréal, qui dirige aussi l\u2019École nationale de théâtre, propriétaire du Monument-National, lequel abrite, comme chacun saif un fantôme.Avec les autres défenseurs du patrimoine, Simon Brault s\u2019inquiète des projets de la SDA sur la Main, leur opposant des arguments aux contours aussi vaporeux qu\u2019irréfutables: l\u2019âme, le charme, la magie, le génie d\u2019un lieu à préserver.Des mots dont le sens nous va droit au cœur pourtant.«C\u2019est la garde rapprochée du fantôme du Monument qui est menacée», déclare-t-il.Aux yeux de Simon Brault, le caractère même du (Quartier des spectacles constitue un danger pour l\u2019esprit de la Main.«On assiste à un clivage entre deux visions du développement: l\u2019approche clinique et des projets créant une continuité entre le patrimoine et la culture, dit-il.De l\u2019autre côté de la rue, la Société des arts technologiques [SAT] et le Club Soda se sont fondus dans le paysage derrière leurs vieilles façades.Ils ont gardé l\u2019esprit de la Main.Pour la SDA, on s\u2019arme de vigilance.» 11 espère que les citoyens se mobiliseront pour garder à la rue sa dégaine et son style, faute de quoi le cœur battant de Montréal ressemblerait bientôt à n\u2019importe quel centre-ville nord-américain.Sans la couleur, sans la mémoire de notre courtepointe, toutes langues confondues.Dinu Bumbaru, d\u2019Héritage Montréal, rend lui aussi hommage au déhanchement du boulevard Saint-Laurent.11 craint que certaines façades déjà endommagées ne soient jugées trop abîmées pour pouvoir être réintégrées dans le projet de la SDA.«Même conservées, ces façades ne joueront-elles pas le rôle artificiel d\u2019un papier peint plaqué sur un monolithe?», se demande-t-il.J\u2019ignore aussi quels sont les projets de Christian Yaccarini et de sa SDA pour ce tronçon de la Main à la mémoire longue.11 devrait les divulguer bientôt.En attendant, on croit entendre des hululements de fantômes urbains dans le froid de l\u2019hiver, qui disent: «Ne m\u2019oubliez pas! Ne m\u2019oubliez pas!» Faut les écouter en se rinçant l\u2019œil au passage.C\u2019est qu\u2019ils font un drôle de petit striptease avec leurs suaires.otremblay@ledevoir.corn Lt DEVOIR Une PRODUCTion ne ONDINNOK en coDiFFusion avec ce THéarne Denise-PeLLerieR -THEATRE- DENISE-PELLETIER SALLE FRED-BARRY 4353, rue Sainte-Catherine Est, Montréal Billetterie : 514 253-8974 www.denise-pelletier.qc.ca www.admission.com 514 790-1245 8 AU 25 FEVRIER 2012 DU MARDI AU SAMEDI À19H30 TRADUCTION : JEAN-FRÉDÉRIC MÉSSIER MISE EN SCÈNE : CATHERINE JONCAS COLLABORATION MISE EN SCÈNE / DIRECTION MOUVEMENT: FRANCINEALEPIN AVEC CATHERINE JONCAS, JEAN-FRÉDÉRIC MESSIER ET KATHIA ROCK CONCEPTEURS ET COLLABORATEURS ARTISTIQUES : JOSIANE FONTAINE-ZUCHOWSKI.PATRICE CHARBONNEAU-BRUNELLE.SHARON SCOTT, YAN LEE CHAN, JEAN-FRÉDÉRIC MESSIER oi -*»\trhm/ce.DU 6 AU 31 MARS 2012 PRESENTE A ESPACE GO 4090, bout.Saint-Laurent, Montréal mardi à 19h,du mercredi au vendredi à 20h, Le samedi à 16h uniquement billetterie 514 845-4890 +dspacego.com AVEC MARILYN CASTONGUAY + SÉBASTIEN DODGE + PATRICE DUBOIS + ÊVELINE GÊLINAS AINSI QUE BENOÎT CÔTÉ OU GAËL LANE LÉPINE ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE CATHERINE LAFRENIËRE/SCËNOGRAPHIEOLIVIER LANDREVILLE/ÉCLAIRAGES ANNE-MARIE RODRIGUE-LECOURS/MUSIQUE BENOÎT CÔTÉ/ COSTUMESJULIE BRETON/ACCESSOIRES FANNIE BRETON-YOCKELL/RËPÉTITEUR MANISOLEYMAN LOU/DIRECTION TECHNIQUE ALEXANDRE BRUNET /IRC' rr/Çtîf (Jmk Poia/inT»r fAu,VUrù\tCoM P e à O JANVIER http://theatrelalicorne.com/lic_pieces/orphelins/ LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 E 3 CULTURE CHANSON Philippe B : le deuxième élan d\u2019un chanteur semi-populaire PHILIPPE PAPINEAU Il y a des disques incandescents qui brillent comme des feux d\u2019artifice et il y a des disques qui se consomment et se consument comme des chandelles.C\u2019est le cas du troisième disque de Philippe B., Variations fantômes, qui, sans tout fracasser, connaît en ce moment un regain certain à la suite des nombreux éloges dont il a été couvert dans les divers palmarès de fin d\u2019année.Le «chanteur semi-populaire», comme il se chante, ne s\u2019en plaindra pas.Auteur-compositeur-inter-prète, Philippe B a distillé sur Variations fantômes un folk simple mais terriblement efficace, inspiré des mélodies et des thèmes de pièces choisies de la musique classique du XX® siècle.Avec ce touchant album de rupture, l\u2019Abitibien d\u2019origine contrôlée avait en main les armes pour se cohe-tailler avec les Dumas, Richard Desjardins, Martin Léon ou Richard Séguin du Québec.Mais le parcours a été plus ardu.Philippe B a séduit quelques milliers d\u2019initiés, qui connaissaient ses autres albums solos, intitulés Philippe B et Taxidermie, en plus de jouer à Radio-Canada, à CIBL, à CISM et chez d\u2019autres diffuseurs non commerciaux.Mais la vague s\u2019est calmée.Même qu\u2019au GA-MIQ, le Gala alternatif de la musique indépendante du Québec, il est reparti bredouille, détrôné par le non moins talentueux Jimmy Hunt.Coup de main, coup de gueule Il aura fallu l\u2019étampe d\u2019approbation de nombreux palmarès 2011 de journalistes culturels \u2014 dont celui de l\u2019auteur de ces lignes, soyons transparent \u2014 pour titiller quelques tympans.«L\u2019accumulation de tout ça a vraiment donné quelque chose.Ça nous aurait coûté cher pour arriver à une visibilité équivalente.Moi, il y a une couple d\u2019années, c\u2019est en lisant les rétrospectives de fin d\u2019année que j\u2019ai acheté le Illinois de Sujjan Stevens, parce que je me sentais un peu cave de ne pas l\u2019avoir alors que c\u2019était LE disque qui revenait dans toutes les listes!» Autre tremplin, il y a aussi le coup de gueule de son ami et collègue musicien Pierre La-pointe, qui a déploré au dernier Gala de l\u2019ADISQ l\u2019absence de PEDRO RUIZ LE DEVOIR Auteur-compositeur-interprète, Phiiippe B a distiiié sur Variations fantômes un foik simpie mais terribiement efficace.nominations pour Variations fantômes (qui n\u2019était en liste que pour la pochette de l\u2019année, une mince consolation).«En y repensant, je ne me souvenais même plus c\u2019était pour quelle catégorie qu\u2019il avait pété sa coche.C\u2019était pour l\u2019album folk contemporain.Et après, qui a gagné?C\u2019étaient les Douze hommes rapaillés.Mais peut-être que, comme moi, il y a plus de gens qui se souviennent de Pierre qui parle de moi que des gagnants.» L\u2019impact est bien concret.Voici que les salles de spectacles et les télés rappellent maintenant Philippe B.«Au fond, pour bien du monde, l\u2019album n\u2019est pas sorti en avril, mais cet hiver.Ça donne cette impression-là.On a le vent dans le dos, mais on a encore un petit voilier.Je suis allé à Belle et Bum pour la première fois de ma vie par exemple, c\u2019est la première fois qu\u2019ils me demandent.Tout d\u2019un coup ça passait pour eux.C\u2019est un peu le concept de la saucisse Plygrade», dit-il sans amertume aucune.Variations de publics Pour la suite des choses, Philippe B aimerait bien varier son public, qu\u2019il trouve «malheureusement encore trop montréalais, jeune et cool».«Ça me prendrait toutes sortes d\u2019autre monde.Il faut encore tourner, et justement, là, on est dans une logique intéressante pour ça.Il faut viser la région québécoise, les adultes qui achètent encore des disques.C\u2019est la \u201ctalk\u201d de monde que je peux aller rejoindre, qui aime la chanson francophone, et que je n\u2019ai pas encore convaincue.» ORATORIO SUITE DE LA PAGE E 1 pièce, «d\u2019inspiration plutôt que d\u2019armature» musicale \u2014juxtapose ainsi les époques dans la vision subjective du protagoniste.Nageant en pleine confusion, le pauvre Noël voit apparaître ses proches à trois âges différents, trois périodes mélangées de leur vie.La pièce entretient le doute quant à la présence réelle des personnages contemporains et quant à la source de toute cette confrontation.«Ce que je trouve intéressant, c\u2019est qu\u2019on ne saura jamais si c\u2019est sa maladie qui déclenche ce qu\u2019il vit ou si c\u2019est plutôt un bilan qu\u2019il s\u2019impose à lui-même.Il y a sûrement plusieurs choses qui viennent de la maladie.Mais il y a aussi des regrets, que je suppose qu\u2019il ne peut pas exprimer, étant un homme québécois, autrement qu\u2019en prenant un détour.» Cette espèce de monologue à plusieurs voix pose un dur jugement sur ce médecin ambitieux qui a préféré sa carrière à sa famille, et a voulu imposer sa volonté à ses enfants.«Mon défi était de partir d\u2019un personnage que tout le monde trouve touchant parce qu\u2019il est malade, puis de rendre le public critique au milieu de la pièce, lorsqu\u2019on se rend compte qu\u2019il n\u2019a pas été un être humain très respectable.et finalement, de le rendre touchant à nouveau, parce qu\u2019il souffre.» Un voyage émotionnel.«Et avec l\u2019aide de Raymond Bouchard, qui semble-t-il est incroyable, ce côté-là va passer.» Quant à cette structure en conversations parallèles, qu\u2019il a inventée dans A toi, pour toujours, ta Marie-Lou et utihsée souvent, elle a \u2014 outre la dimension musicale, beaucoup discutée \u2014 une utihté primordiale pour l\u2019auteur: «Ça m\u2019oblige à toujours aller à l\u2019essentiel.Il n\u2019y a pas de place pour la conversation de salon, pour l\u2019anecdote.Dans l\u2019absolu, il faut que tout ce qui est dit serve à quelque chose.» Cette écriture non conventionnelle permet aussi à Tremblay de composer ses tragédies en hu.t.4É Québec HH\tQUÉBEC aTHËAiRE D'AUNURD\u2019HIII ubu^ÉJans a\u2019 1 \u2022^4 « Seule compte l'émotion intense qui monte au cours de cet extraordinaire et poignant spectacle.» \u2014 L'EXPRESSMAC, Paris L £5 £ ÏEUSL £5 FANTASMAGORIE TECHNOLOGIQUE MAURICE MAETERLINCK CONCEPTION ET RÉALISATION DENIS MARLEAU AVEC Céline Bonnier | Paul Savoie COLLABORATION ARTISTIQUE Sté phanieJasHTiin ÉQUIPE DE CRÉATION Angelo Barsetti | Élaine Hamel Wes Labelle | Pierre Laniell Michel Pétrin | Claude Rodrigue | Nancy Tobin COPRODUCTION : UBU, Musée d\u2019art contemporain de Montréal, Festival d\u2019Avignon 22 FEVRIER AU 11 MARS 2012 MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Salle Beverley Webster Rolph Billets en vente sur place INFORMATIONS 514 521-0403 | ubucc.ca RÉSERVATIONS 514 790-1245 | ADMISSION.CA NICOLAS RUEL Une scène de Straight Right ou l\u2019art d\u2019être Nulle Part Ailleurs DANSE Mon pays, ce n\u2019est pas nn pays, c\u2019est la danse Elles ont chacune quitté la maison pour aller danser.Les pointes en baluchon, elles ont dès la fin de Tadolescence suivi compagnies et contrats, se sont retrouvées en Europe et dans les pays nordiques, et, quelque vingt ans plus tard, à \\ Montréal.Les danseuses Eve Garnier et Victoria May invitent maintenant quatre chorégraphes à poser un regard sur leurs vies nomades, le temps d\u2019un spectacle.CATHERINE LALONDE Straight Right ou l\u2019art d\u2019être Nulle Part Ailleurs est le deuxième spectacle de la saison 30\" anniversaire de Danse-Cité.Une saison qui met les femmes à l\u2019honneur.Ici, ce sont deux danseuses qui, par le volet Traces-Interprètes, deviennent directrices artistiques.Eve Garnier vient de la France, un pays qu\u2019elle a quitté vers 17 ans pour se retrouver au Danemark à danser à TOpéra Royal et au Mancopy Danse-kompani.De passage à Montréal pour explorer des possibilités de diffusion et d\u2019échanges, elle intègre de 2009 à 2011 la compagnie Marie Chouinard et reste depuis ici.Victoria May, de Winnipeg, est partie de chez elle à 14 ans pour aller étudier le ballet, «un parcours qui semble normal dans le monde du ballet, mais qui ne l\u2019est pas en dehors, où à cet âge tu n\u2019es encore qu\u2019un enfant, explique-t-elle en anglais de sa voix toute douce./al vécu depuis ce que de l\u2019extérieur on pourrait appeler une vie de gip-sie, avec la danse au centre, à me faire des tournées d\u2019auditions sac au dos, avec les pointes et les vêtements d\u2019entraînement, à recommencer plusieurs fois à zéro.La danse me groundait Même si fêtais sortie la veille, fallals en classe le matin pour me préparer et me réchauffer, je courais après les directeurs de compagnie pour leur donner ma cassette vidéo démo \u2014 c\u2019était l\u2019époque des grosses cassettes VHS \u2014, pour tenter d\u2019avoir une audition.Et si f en obtenais une, c\u2019était galère sans Internet; dans un pays étranger, il fallait trouver le bon studio, téléphoner quand tu te perdais, courir à travers la ville.C\u2019était le Moyen Age des auditions, mais.Dieu merci, il y avait les fax!» Eve Garnier et Victoria May se sont rencontrées au Danemark en 1998, travaillant dans le même édifice pour des chorégraphes différents, dans une communauté danse très petite.Leur spectacle porte «sur la migration parce que, bêtement, c\u2019est ce qu\u2019on connaît, indique Eve Garnier.Quand on part, c\u2019est qu\u2019on dé- cide aussi de ne pas rester.Pas nécessairement parce qu\u2019on n\u2019est pas bien.Est-ce pour s\u2019autoriser à se montrer d\u2019une façon différente?Toutes deux, on a fini dans des pays Scandinaves, alors qu\u2019on n\u2019a pas du tout le physique des Danoises ou des Suédoises.C\u2019est sûr alors qu\u2019on se démarque.Ça pousse à la fois à assumer qui on est, à se retrancher de temps en temps.Au début, dans un nouveau pays, il y a une excitation: toutes tes impressions sont en technicolor, c\u2019est exaltant.Il faut dire aussi qu\u2019on a été dans des pays qui ne sont ni anglophones ni francophones.C\u2019est autre chose.Et qu\u2019on est restées très longtemps au Danemark, jusqu\u2019à faire partie de la société.» La cantatrice chauve Pour chacune des quatre pièces du spectacle, les danseuses-directrices artistiques ont zoomé sur un ou deux aspects précis de la migration, qui ont marqué ce qu\u2019elles appellent «leurs démarches nomadiques».La chorégraphe Louise Bé-dard, qui avait travaillé avec Victoria May dans sa dernière pièce.Enfin vous zestes, lui signe un solo.«Avec Louise, ça commence toujours par le mouvement.C\u2019est une improvisation très structurée sur les frustrations et les joies d\u2019être dans un nouvel environnement, en ayant du mal à communiquer.J\u2019ai puisé dans des souvenirs accumulés que f avais oubliés, qui sont ressortis.Comme ma première classe de danois: il nous /aillait mémoriser deux phrases, sans en savoir la signification: \u201cJe travaille dans une usine et j\u2019habite dans cette banlieue\u201d, un stéréotype total de l\u2019immigrant au Danemark, alors que fêtais une danseuse qui travaillait au centre-ville.Ça m\u2019a enragée quand mes amis m\u2019ont traduit ça.» Martin Bélanger compose pour Eve Garnier un solo sur «l\u2019attente pour les papiers, et cette tension spéciale duns les salles d\u2019attente, les heures passées pour obtenir ses permis, où on se demande si on a bien compris, si on est fou ou si c\u2019est le système, avec cette impression que c\u2019est sur ta vie qu\u2019on te juge et qu\u2019on peut te refuser.» Dominique Porte, Française établie désormais ici, pond un duo où les danseuses se risquent à la parole.«On a ce lien avec Dominique, celui de voyager, de déménager pour la danse, pour le travail.» Du Danemark, Anders Christiansen, «le chorégraphe qui finalement nous connaît le mieux et depuis le plus longtemps», propose aussi un duo, sur «les choses qu\u2019on laisse derrière soi lorsqu\u2019on repart».Tandis que ce Nulle Part Ailleurs de speçtacle est une des choses qu\u2019Eve Garnier et Victoria May posent dans leur nouveau chez-soi.Le Devoir STEtAIGHT RIGHT OU L\u2019ART D\u2019ÊTRE NULLE PART AILLEURS De Louise Bédard, Martin Bélanger, Anders Christiansen et Dominique Porte.Avec Eve Garnier et Victoria May.Une présentation de Danse-Cité à l\u2019Espace Go, du 16 au 22 février.NICOLAS RUEL Le deuxième spectacle de la saison 30\" anniversaire de Danse-Cité met les femmes à l\u2019honneur. LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 E 5 CULTURE MEDIAS Laveiùr de la sérié esfril dans le Web?Manigances etDakodak, un duo de webséries alléchantes STEPHANE BAILLARGEON Deux d\u2019un coup et ça vaut le coup.Cette semaine débute la diffusion de deux webséries alléchantes produites par des maisons indépendantes québécoises.Qu\u2019est-ce qu\u2019on dit?Merci! La production Dakodak lance sa deuxième saison mercredi, en exclusivité sur Tou.tv, avec deux épisodes en rafales s.v.p.Cette série humoristique et autocritique, mettant en vedette François Chénier, Pierre Cha-gnon et Sophie Desmarais, dévoile les hauts et les bas de l\u2019agence Dakodak, spécialisée dans la production vidéo.La veille, Kebweb.tv amorcera la diffusion d\u2019une autre création québécoise, baptisée Manigances.Cette fois, l\u2019intrigue se développe sur un canevas policier avec l\u2019imitateur Jean-Guy Moreau et l\u2019humoriste Maxim Martin pour mener l\u2019enquête sur un meurtre fdmé par tous les invités d\u2019une étrange et inquiétante soirée.«Très franchement, je pense que l\u2019avenir est là», dit Isabelle Dréan, cofondatrice de la maison Kebweb et coréalisatrice de la série Manigances avec Simon Côté.«On a vu le genre évoluer très rapidement et on voit bien que le public l\u2019adopte tout aussi vite.Les gens délaissent la télé, ont de moins en moins de temps à consacrer à cet écran, et surtout pas à heure fixe.La webtélé est souple et souvent en petit format On peut même en regarder un petit dix minutes au travail.Pour nous, en tout cas, c\u2019est clair que c\u2019est là que la société s\u2019en va: vers le court, accessible partout» La webtélé s\u2019emballe et emballe.En octobre dernier, Neten-dances montrait que 2,8 millions de Québécois regardent des contenus vidéo en ligne et que le tiers de la population visionne des émissions de télé sur la Toile.Le rapport établissait la croissance du phénomène à plus de 50 % en une année seulement.Isabelle Dréan dit avoir eu il y a une décennie la vision de cette L Une scène de Dakodak révolution.Kebweb, un diffuseur de webtélé indépendant, est né hn août 2010.Le portail relaie les productions de qualité, dont Reinerouge.tv et Temps mort, mais aussi des courts métrages et le blogue de la fine passionnée Catherine Brunet.Au total, le carrefour abrite déjà environ 25 productions.Le duo de réalisateurs a tourné des making o/d\u2019autres séries et signe sa première grosse webhction avec Manigances.La proposition de collaboration du scénariste Ghislain Q\u2019Prêtre est arrivée en décembre 2010 et lui a plu immédiatement avec son intrigue intelligemment hcelée, un huis clos capté sous différents angles par les caméras des protagonistes, avec au surplus une déconstruction du récit par flash-back.Manigances, c\u2019est une histoire d\u2019Agatha Christie revisitée par des narrateurs postmodernes.La série en série Le Fond indépendant de production (FIP) appuie aussi l\u2019autre production indépendante, qui en est donc à sa deuxième mouture.Normal: cette websé-rie diffusée par Tou.tv raconte précisément l\u2019histoire de «trois amis qui obtiennent une subvention gouvernementale pour créer Dakodak, une série de capsules vidéo culturelles humoristiques», selon le descriptif officiel.L\u2019autofiction se complexifie quand la vie des producteurs s\u2019insère dans la création et que la hc-tion affecte leur vie réelle.Surtout c\u2019est franchement très bon, avec des personnages jute assez «attachiants» et des dialogues forts au service d\u2019un canevas cynique à souhait Laurence Morais Lagacé et Laurent K.Blais, coconcepteurs de la série, étaient des collègues de longue date chez 33 Mag, maison de production liée à un site Web, quand ils ont eu cette bonne idée.«La série est pratiquement écrite au fur et à mesure avec ce qui nous entoure», explique M.Blais, tandis que M.Morais Lagacé ajoute: «On en profite pour s\u2019interroger sur les rapports entre la série télé et la websérie, en ridiculisant notre monde.Mais au fond, nous croyons beaucoup à ce nouveau média qui n\u2019est pas si nouveau.» En même temps, comme pour ajouter à la complexité de sa brillante démonstration, Dakodak emprunte des techniques à l\u2019ancienne forme, par exemple en donnant du temps à certaines alors que la websérie a plutôt tendance à accélérer le rythme pour concentrer ses épisodes en quelques minutes.«La websérie est punchée, hyperactive, voire SOURCE TOU.TV grasse et crue, comme dans Contrat d\u2019gars [diffusée par V], explique M.Blais.Nous avons plutôt respecté une façon assez traditionnelle de raconter une histoire, de manière linéaire avec un débit un peu plus lent» Toute une websérie semblable coûte environ 200 000 $, soit le tiers ou le quart d\u2019un épisode de série télé.Cela dif les deux compères créateurs se demandent si l\u2019avenir s\u2019annonce aussi radieux, non pas pour le genre, mais pour les maisons de production indépendantes comme la leur.«Nous ne sommes pas liés à une grosse maison, dit M.Blais.Ça nous donne une liberté, un ton qui enrichit et diversifie la websérie.Mais les gros joueurs risquent maintenant de tout rafler.» Le site 33 Mag a été vendu.Les coconcepteurs sont redevenus des travailleurs indépendants.«On travaille tous pour le monde de la pub pour faire de l\u2019argent afin de faire d\u2019autres merveilleux projets qui vont nous permettre de dominer le monde culturel québécois, lance ironiquement M.Morais Lagacé.Une troisième saison de Dakodak est toujours possible.Mais ça nous prend un peu de fonds.Ça ne nous en prend pas beaucoup, mais ça nous en prend un minimum.» Le Devoir JAZZ Pepper est de retour SERGE TRUEEAUT Il y a de quoi ordonner les roulements de tambour et former une armada de trompettes pour annoncer une grande nouvelle «écono-jazz».Gui, oui, oui.En cette période de disette hnancière, voilà-t-il pas que le label britannique Not Now a rassemblé deux albums de l\u2019immense, l\u2019énorme, l\u2019incontournable saxophoniste Art Pepper.Deux galettes vendues à petit prix: 15 $ sans les taxes.De quoi entonner à tue-tête Ta de la joie du Fou chantant.Bon, on se calme.Non! Gn s\u2019emballe.Parce que Not Now nous propose Art Pepper Meets the Rythm Section publié en 1957 par l\u2019étiquette Contempo- rary, soit l\u2019étiquette emblématique du cool jazz, ou West Coast jazz, etMucho Catorparu sur Andex Records, que nos amis british ont sorti des boules à mites.Sur la pochette de ce «deux-dans-un», il est souligné que les bandes ont été «digitally remastered».Bien, le topo est le suivant: à la hn des années 50, Pepper est aussi obsédé qu\u2019admiratif devant les menus travaux musicaux accomplis alors par Miles Davis en compagnie de John Coltrane, de Red Garland au piano, de Paul Chambers à la contrebasse et de Philly Joe Jones à la batterie.Il est particulièrement obsédé par la manière qu\u2019a Coltrane de sculpter le son et par sa maîtrise des ava- lanches harmoniques.À noter d\u2019ailleurs que Pepper aura été beaucoup plus influencé par le ténor Coltrane que par l\u2019alto de Charlie Parker dont s\u2019imprégnaient alors les altos.Dans sa remarquable autobiographie Straight Life, il confessera que, lors de ses séjours en prison pour usage de stupéhants, il passait des heures et des heures à retranscrire les innovations de Coltrane sur son alto.Toujours est-il que cette obsession pour la formation de Davis est à l\u2019origine de ce rendez-vous intitulé Pepper Meets the Rythm Section, car il s\u2019agit bel et bien d\u2019une rencontre avec Garland, qu\u2019on estime encore et toujours comme étant le pianiste le plus méconnu de l\u2019histoire du jazz.Chambers et Philly Joe Jones.Le programme?Il est fait de compositions originales parfois gracieuses, parfois saisissantes.C\u2019est remarquable de bout en bout.L\u2019autre CD, c\u2019est au fond la mise en relief de l\u2019affection que ce Californien cultivait pour les sonorités mexicaines.Il s\u2019agit d\u2019un live enregistré en 1957 au Forum Theatre de Los Angeles en compagnie d\u2019un sextet.Pour faire court, soulignons que ce A Taste of Pepper est un incontournable.Le Devoir STR/n &HT RiéHT ()\\j I a/f dêWe, Alulk AlllctiCÇ VICTORIA MAY ET ÈVE GARNIER straces-iwierprèies direction artistique et interprétation Ève Garnier et Victoria May chorégraphes Louise Bédard, Martin Béianger, Anders Christiansen et Dominique Porte compositeur Olivier Girouard conception des éclairages Rasmus Sylvest une preduction de Danse-Cité en coproduction avec Louise Bédard Danse et Dansens Hus avec le soutien financier du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Danish Arts Council LE DEVOIR 16 AU 18 ET 22 AU 25 FÉVRIER 2012:: 20 H % ESPACE GO 4890, boul.Saint-Laurent Billetterie 514.845.4890 danse-cite.org MONTRthV EN LUMItRE.TEXTE LLUISACUNILLE TRADUCTION GENEVIÈVE BILLETTE MISE EN SCÈNE CLAUDE POISSANT H FORFAIT 2 SPECTACLES APRÈS MOL LE DÉLUGE + EMOVERE= 50$ ^\t\\\tASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE MAUDE BÊTY m\tSCÉNOGRAPHIE GUILLAUME LORD ^\tCOSTUMES CAROLINE POIRIER ^\tÉCLAIRAGES ERWANN BERNARD CONCEPTION SONORE ANTOINE BÉDARD .' MAQUILLAGES ET COIFFURES FLORENCE CORNET k\tACCESSOIRES JULIE MEASROCH ^\tAVEC GERMAIN HOUDE ET A\tMARIE-FRANCE LAMBERT r APRÈS MOI, Ile DÉLUGE 21 février au 18 mars 2012 ^UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DE QUAT'SOUS THEATRE DE QUAT'SOUS 100 AVENUE DES PINS EST | MONTRÉAL BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM BIRTH OF MONTRÉAL, ARTS INTERCULTURELS Création interdisciplinaire : RHODNIE DÉSIR 9-12 FÉVRIER 23^25 FEV 2012 LEGENIE DE JAN FABRE EST SUBLIME, ENVOUTANTES 3680, rue Jeanne-Mance BILLETTERIE 514 982- 3386 Montréal m-a-i.qc.ca DE ET AVEC_LISBETH GRUWEZ m'inrrn .MUSICIENS_DAVE SCHROYEN / MAARTEN VAN CAUWENBERGHE Production iVoetvolk en coproduction avec Buda kunstencentrum, TROUBLEYN/Jan Fabre Birth of Prey a bénéficié du soutien de Vlaamse Gemeenschap BILLETTERIE 514.521.4493 / www.usine-c.com http://www.m-a-i.qc.ca/ E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Le petit Robert (Lepage) illustré CHRISTOPHE HUSS Aujourd\u2019hui, à compter de midi, les cinémas du monde entier retransmettront en direct de New York Le crépuscule des dieux, dernier volet du Ring des Nibelungen \u2014 ou tétralogie \u2014 de Wagner.Le spectacle a été mis en scène par Robert Lepage et son équipe d\u2019Ex-Machi-na.Voici un petit guide d\u2019écoute et de découverte de l\u2019univers de cet opéra et du metteur en scène.Lourde machinerie Cela fait cinq années que Robert Lepage et son équipe méditent sur Das Ring des Nibelungen.Le dispositif central qui unifie les quatre opéras est une machine de 45 tonnes qui a nécessité un renforcement de la scène du Metropolitan Opera.Elle est composée de 24 pales qui se plient et se déplient.Ces pales peuvent délimiter un espace, comme le repère de Mime dans le premier tableau de Siegfried ou l\u2019intérieur du château des Gibichungen dans Le crépuscule des dieux.Le recours à des accessoires (une grande table dans ledit château) est limité.Des projections sur cet ensemble articulé permettent d\u2019évoquer des cadres, tels le Rhin dans Le crépuscule des dieux ou la forêt dans Siegfried, mais aussi, de manière générale, des éléments comme le feu et l\u2019eau.Cette lourde machinerie a pour désavantage, en salle, d\u2019émettre des cliquetis lorsqu\u2019elle se déploie.Or les reconfigurations s\u2019opèrent fréquemment lors des interludes orchestraux, moments musicaux cruciaux d\u2019évocations poétiques.Ceux qui, à New York, huent Lepage sont probablement des «anti-machines».Certains d\u2019entre eux, peut-être, ne se privent pas de tousser, c\u2019est-à-dire d\u2019émettre des irritants auditifs de même nuisance.Mais on ne peut nier que ces parasites sonores sont un problème du «Ring de Lepage», car ils surviennent à de mauvais moments.Parmi les avantages de la machine, il y a les rapides changements d\u2019atmosphère.Passer du feu à l\u2019eau n\u2019est pas un défi majeur lorsque les éléments sont évoqués par projections sur une surface plane.Wagner pose des problèmes insurmontables aux metteurs en scène.Ainsi, à la fin du Crépuscule des dieux, l\u2019héroïne enfourche un cheval pour se jeter dans un bûcher ardent, le monde entier brûle, avant d\u2019être inondé par une crue du Rhin, d\u2019oû les Pilles du Rhin s\u2019extraient pour récupérer l\u2019anneau.Mais elles reviennent dans le lit du fleuve pour y engloutir Hagen (un méchant monsieur), alors qu\u2019au loin un château, renfermant les dieux assis autour d\u2019une table, s\u2019embrase.Le pari de Robert Lepage et de son équipe a été de prendre le plus possible ces indications \u2014 ce qu\u2019on appelle des didas-calies \u2014 de Wagner et de mettre la technologie au service de la narration.La nature des projections a évolué tout au long du cycle.Elles ont dessiné des lieux et des ambiances de manière évocatrice avant de devenir très technologiques dans Siegfried, avec une simili-3D très efficace, pour revenir à une sorte de symbolisme des éléments (eau, bois, feu) dans le Crépuscule.Débat esthétique Le crépuscule des dieux contient des images fortes qui égalent celles du voyage de Wotan et Loge dans Das Rheingold, de la chevauchée des Walkyries dans La Walkyrie ou de l\u2019épée forgée dans Siegfried.La plus belle se niche dans la première scène, oû les Nornes, filles de la déesse de la terre, tissent la corde du destin en résumant l\u2019histoire et en prédisant la chute finale (la corde se rompt à ce moment-là).La machine permet à Lepage de soulever la corde qui dessine alors l\u2019image très symbolique du frêne du monde, l\u2019arbre que Wotan, à l\u2019origine, mutila pour tailler sa lance, causant le dépérissement de l\u2019arbre et enclenchant un désordre écologique.La catastrophe ultime est annoncée en évoquant le lieu du «péché originel».Ce lien symbolique précieux semble avoir été inventé en 1933 à Bayreuth par le tandem Hans Tietgen et Emil Preetorius.La fidélité de Lepage à Wagner, une attitude rare dans le monde de l\u2019opéra, qui en a fait son deuil depuis des décennies au profit de réinterprétations diverses de la symbolique du Ring des Nibelungen, est un point de débat légitime sur le travail scénographique.L\u2019approche mue par la volonté de coller aux didascalies du compositeur rend-elle justice à l\u2019imaginaire de Wagner ou fos-silise-t-elle l\u2019action théâtrale?Par exemple, dans le Crépuscule, la «soif de l\u2019or», cette ardeur mise par Hagen, fils du nain Al-berich (celui qui, initialement, vola l\u2019or), est assez peu perceptible en salle.Hagen met en branle un MONTRÉE EN LUMIERE LE FESTIVAL DÉBillli§EUDI SOYEZ DE LA FÊTE! ^\t16 AU 26 FÉVRIER '' y!\tWALLONIE-IRUXELLES-réfions A l\u2019honneur ^m\\ CONCERT DE CLOTURE HEMEOUinEPAS: UN HOMMAGE À JACQUES BREL Piano BENOÎT SARRASIN Mise en scène LUCDELAROCHElilERE COPRÉSIDENT D'HONNEUR SUPPLÉMENTAIRE dimanche 26 FÉVRIER, 16 h CONCERT D\u2019OUVERTURE coMPixr DIMANCHE 26 FEVRIER \u2022 16 h et 20 h MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL BÏA BRUNO PELLETIER .\tDIANE TELL Ig mCRELAROCIEllJtlIE f MARCHERVIEUX MARIE-ÊIAIIETIIBERT PAULPICHÊ PIERRE FLVNN PIERRE LAPOINTE flUMJT DANIELLE ODERRA collaboration CBC ^ Radio Canada CE JEUDI! LES PRIMEURS Financière Sun Life PREMIÈRE MONTRÉALAISE De retour avec son nouvel album : Rideaux ouverts êÆ DIAlf JEÜ M LES PRIMEURS Financière^ Sun Life PREMIÈRE PARTIE : JASON LANG SOLO PREMIÈRE MONTRÉALAISE LUNDI 20 FEVRIER *20 h LASTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN L\u2019ASTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN \u2022 20 h PREMIÈRE MONTRÉALAISE f MARIEl^NiSE PELLETIERN BILLETS MERCREDI 22 FÉVRIER *20 h LUSTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN RENSEIGNEMENTS n facebook.com/Montrealenlumiere 514 288-9955 * I 85LUMIERES et mtlenlumlere #mtlenlum PLACE DES ARTS et MAISON SYMPHONIQUE DE MONTREAL 514 842-2112 /1866 842-2112 ¦ laplac«lesarts.com L\u2019ASTRAL, MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN 1855 790-1245 admission.com ¦ ticketmaster.ca g B # juiiiiaaïuii.uuiii ¦ uuReuiidbiei.ud\t® s te montrealenlumiere.com èm Q»éb^ss Bell I KEN HOWARD/METROPOLITAN OPERA La scène des géants dans L*or du Rhin de Wagner, mis en scène par Robert Lepage stratagème qui finit par le dépasser.Mais il a l\u2019air d\u2019assister au déraillement de ses plans en spectateur figé plutôt qu\u2019en acteur.Il sera intéressant de voir au cinéma si la proximité et les caméras corrigeront cette impression.Le débat de fond ouvert par le Ring de Lepage, par rapport à tout ce qui se fait \u2014 ailleurs qu\u2019au Met \u2014 depuis 35 ans, est celui de la littéralité face à la symbolique et au signifiant Il est de ce point de vue très intéressant de juxtaposer deux images: la même scène de Rheingold {L\u2019or du Rhin) oû Wotan, sa femme Fricka et la déesse de la beauté et de l\u2019éternelle jeunesse, Freia, font face ^ux géants Fafner et Fa-solt.A l\u2019imaginaire très m3fiho-logique de Lepage s\u2019oppose la vision d\u2019Andréas Kriegenburg dans le nouveau Ring de Munich, dirigé par Kent Nagano et qui vient de prendre l\u2019affiche, samedi dernier.Kriegenburg, dans une vidéo postée sur le site Internet de l\u2019Opéra de Bavière, déclare vouloir déployer une «narration collective» en illustrant, par un usage massif de figurants plus ou moins déshabillés, «la réalité qui entoure les personnages» tout en revendiquant «une cer- taine naïveté».À Munich, même l\u2019or est symbolisé par un enchevêtrement de corps éclairés en jaune! En Europe, et principalement en Allemagne, on est allé dans les vingt dernières années bien plus loin que Patrice Chéreau qui, à Bayreuth en 1976, osa le Ring comme allégorie de la révolution industrielle au XIX*' siècle.Bruno Lussato, dans son ouvrage Voyage au cœur du Ring, écrit: «Certaines réalisations [.] n\u2019échappent au ridicule des contraintes scéniques qu\u2019au prix de distorsions importantes de la vision tétralogique.Il faut avouer à leur décharge que la scène semble impuissante à reproduire de manière satisfaisante la vision intérieure du créateur, telle qu\u2019on peut la deviner à partir des didascalies et des répliques.» Wagner était atterré des résultats scéniques qu\u2019il avait vus de son vivant.Il avait bien perçu les problèmes posés par ses indications scéniques.Aurait-il voulu opérer des simplifications?Sans doute pas.De manière très pertinente, Lussato établit un parallèle entre le rapport de Wagner à la vue et celui de Beethoven à l\u2019audition.Tous deux ne pouvant WILERIED HOESL Les géants dans la production de Munich voir (ou entendre, s\u2019agissant de Beethoven) «leur chef-d\u2019œuvre que de l\u2019intérieur, en tant que spectateurs d\u2019une représentation fantasmatique».Un fantasme affranchi de toutes contraintes.Les tempos frénétiques de Beethoven et les didascalies illuminées de Wagner laisseront à leurs interprètes encore bien du grain à moudre et pour bien longtemps.Le Devoir La Place des Arts présente Ûllimo Tango ¥: i IrJ Fulgurance des pas, subtilité du jeu de jambes, cette célèbre troupe argentine allie avec brio virtuosité, éléganc^ et sensualité.Æ 12 des meilleurs danseurs de Buenos Aires Sous la direction du chorégraphe Hector Zaraspe et la musique vivifiante de Juan Carlos Zunini, brillamment interprétée par le Tango Pasiôn Sexteto.Du 23 au 25 février I Théâtre Maisonneuve laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 îS\"* Montréal® CanadS LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 E 7 mm Sculptures débridées VALERIE BLASS Musée d\u2019art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu\u2019au 22 avril MARIE-ÈVE CHARRON Cette première exposition en solo de Valérie Blass au Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MACM) ne pouvait qu\u2019être attendue.Depuis au moins 2005, son travail retient sérieusement l\u2019attention des spécialistes et des amateurs qui l\u2019ont vu évoluer si rapidement que la consécration muséale s\u2019imposait.Résultat: le MACM, avec la commissaire Lesley Johnstone, a su composer avec la difficulté de réunir dans un espace ouvert plusieurs oeuvres de l\u2019artiste, lesquelles sont des sculptures autoportantes au demeurant fort variées dans leur facture.De fait, jamais auparavant le travail de Blass, des pièces inédites et d\u2019autres qui ont été marquantes dans son parcours, n\u2019a été aussi bien mis en valeur.Plusieurs salles accueillent d\u2019ailleurs les oeuvres de la sculptrice.L\u2019absence de cloison permet de les embrasser du regard, une saisie de l\u2019ensemble qui plaît et déroute à la fois parce qu\u2019elle ne permet pas de savoir par où commencer.Il y a tant à voir, et l\u2019accrochage ne favorise pas un trajet spécifique ni, de toute évidence, de suite chronologique d\u2019une oeuvre à l\u2019autre.Le plaisir commence là, dans la possibilité de s\u2019approcher de ces formes qui interpellent et dans cette profusion déstabilisante.Quelque part, dans chacune des sculptures se rejoue cette tension qui fait la force du travail en général.Hybridités Valérie Blass réalise en effet des oeuvres profondément hybrides en employant et en combinant les différentes techniques de la sculpture que sont la taille, le moulage et l\u2019assemblage.Entre ses mains, chacune de ces techniques, qui porte en elle une histoire et des conventions, trouve une raison d\u2019être sans que l\u2019une par rapport à l\u2019autre soit plus considérée.Au départ, toutefois, ce sont bien souvent des objets décoratifs, des bibelots ou des jouets qui entrent dans la composition des oeuvres, qu\u2019ils soient, au final, assemblés tels quels ou moulés.Du reste, l\u2019artiste multiplie le tj^e de matériaux dont elle fait usage, du plus artisanal, comme la céramique, au plus synthétique, comme le polystyrène.Elle use aussi avec brio de faux finis, ce qui octroie à ses sculptures des apparences trompeuses.L\u2019exposition donne à voir, par exemple, une forme monolithe grise d\u2019où émerge un bras brandissant un bâton pointu (Ce nonobstant, 2011); une autre, plus graphique, assemble un bas résille et une structure en bois (Pont à poutre en porte-à-faux, 2009).De 2012, l\u2019œuvre La taupe est inconsciente mais elle creuse dans des directions déterminées prolonge les extrémités d\u2019un support en bois par des mains en plâtre peintes à l\u2019effigie d\u2019animaux (zèbre, éléphant, hibou).L\u2019exposition permet d\u2019ailleurs de constater la récurrence du motif de la main dans les œuvres de Blass, des mains détachées ou non du corps, qui proposent une gestuelle codée (doigt d\u2019honneur, le signe «V» et des mains qui preimenfi accueillent ou repoussent) comme il en serait d\u2019un langage.C\u2019est aussi, il me semble, un indice de la place que l\u2019artiste accorde à la fabrication dans son œuvre, elle qui renoue avec certains savoir-faire et dont le travail en atelier Plusieurs sculptures, voire toutes, prêtent aux objets la qualité de sujet, en ayant une apparence anthropomorphique et en passant de l\u2019inanimé à l\u2019animé fait place à des manipulations expérimentales et débridées qui remettent en perspective la production industrielle dont sont issus beaucoup des objets qu\u2019elle s\u2019approprie.Objets animés Avec les œuvres antérieures que sont L\u2019homme paille (2008) et L\u2019homme souci (2009), des pièces majeures faisant désormais partie de collections, et d\u2019autres sculptures plus récentes, c\u2019est toute la figure humaine qui apparaît importante.Elle revêt des apparences ambiguës quant à son genre sexuel et à son espèce, parfois plus animale qu\u2019humaine.Les silhouettes, ni masculines ni féminines, sont recouvertes par exemple de cheveux synthétiques ou de jute cordé.Quand il ne s\u2019agit pas clairement d\u2019une figure humaine, plusieurs sculptures, voire toutes, prêtent aux objets la qualité de sujefi en ayant une apparence anthropomorphique et en passant de l\u2019inanimé à l\u2019animé grâce à quelques astuces bien exploitées par l\u2019artiste qui expliquent pourquoi d\u2019ailleurs on a souvent dit de son travail qu\u2019il puisait dans les stratégies surréalistes.Parmi ces stratégies, il y a l\u2019assemblage que Blass pousse encore plus loin dans la sculpture Comme dans l\u2019an quarante (2011).Le regard peine d\u2019abord à identifier les différentes composantes imbriquées dans l\u2019œuvre, dont la surface est unifiée par un fini noir velouté profond.Quelques objets se détachent pourtant, tels un buste de Néfertiti, une tête de poupée et une tête de caniche.Certains fragments ont conservé leur apparence initiale, comme une petite botte en plastique transparent et un cygne bleu, marquant l\u2019hétérogénéité préalable à cet ensemble que l\u2019artiste invite à GUY L\u2019HEUREUX Déjà donné, 2011, Valérie Blass.Avec la permission de la Parisian Laundry.considérer dans ses parties, dans son tout, puis par tous les angles sans que jamais une figure définitive clôture i l\u2019expérience perceptive ou que les objets soient clairement catégorisés.Chez Blass, l\u2019assemblage est complexifié par des opérations de reproduction, de moulage et de recouvrement.La sculpture noire, qui est faite d\u2019objets réels partiellement camouflés, a été numérisée en plus grand, puis découpée dans de la mousse de polystyrène qui, elle, a l\u2019apparence du grès.La mise en place ouverte de l\u2019exposition permet au demeurant de jauger ce qui éloigne ou rapproche ces deux œuvres qui ne sont pas côte à côte, exigeant ainsi une dou-ble attention; la sculpture pour elle-même et en relation avec l\u2019autre, ou les autres.Bien que les œuvres soient Valérie Blass réalise des œuvres profondément hybrides en employant et en combinant les différentes techniques de la sculpture que sont la taille, le moulage et l\u2019assemblage parfois isolées par un socle, plusieurs sont regroupées sur des socles communs, des plateformes assez hautes qui les rapprochent fructueusement malgré les dissemblances formelles.Cela accentue aussi le rapport de réciprocité entre le corps du spectateur et la masse des œuvres près desquelles il évolue.Pour ces raisons, la mise en espace contribue en grande partie à une meilleure compréhension des œuvres.Le catalogue d\u2019exposition, enrichi avec pertinence par les essais de Lesley Johnstone et d\u2019Amelia Jones, est le complément obligé de cette incursion dans le travail de l\u2019artiste, la plus significative à ce jour.Collaboratrice du Devoir Ce nonobstant, 2011, Valérie Parisian Laundry.GUY L\u2019HEUREUX Blass.Avec la permission de la 22 avril 28 avril 7-8-9 mai Bientôt peaux Aetours QUÉBEC - deux expositions Chapeau! et Mode et apparence GATINEAU - l\u2019art et le sacré L\u2019exposition Dieu(x) TORONTO - exposition Picasso et l\u2019opéra Les Contes d\u2019Hoffmann OTTAWA - exposition Van Gogh www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont IMPRESSIONNISME?Œuvres choisies de ia coiiection du | Musée national des beaux-arts du Québec\t| /-v\t^ I E9 Q Quebec a a A la maison de la culture Mercier Du 14 janvier au 19 février 2012 Clarence Gagnon, RMère au dégel, entre 1Ç\u20ac6 et 1913 Entrée libre Bienvenue aux groupes scolaires sur réservation Maison de la culture Mercier 8105, rue Hochelaga WMercier H1L2K9\tHochelaga-Maisonreuve 514 872-8755\tMOIltrCSl Horaire : Mardi et mercredi : 13 h - 20 h Jeudi au dimanche : 13 h - 17 h maison_me@ville.montreal.qc.ca accesculture.com E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 CULTURE EXPOSITIONS Le basta ! féministe duMACM WANGECHIMUTU ETGHADAAMER Musée d\u2019art contemporain de Montréal, 185, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu\u2019au 22 avril.JÉRÔME DELGADO LJ année du Musée ' d\u2019art contemporain (MACM) démarre r sous des univers féminins, féministes même.Le choix d\u2019exposer en solo trois femmes peut paraître comme une prise de position très ferme.Dans cet établissement accusé il n\u2019y a pas si longtemps de ne s\u2019intéresser qu\u2019à des hommes, lors du court règne de Marc Mayer notamment (2004-2008), les choses devaient changer.La présence simultanée de Ghada Amer, de Wangechi Mutu et de Valérie Blass \u2014 voir notre autre texte en page B 7 \u2014 relève dès lors d\u2019un geste fort symbolique.11 serait trompeur de décrire ce trio de solos comme une première.Déjà, à l\u2019automne 2009, le MACM réunissait Francine Sa-vard, Tricia Middleton etTacita Dean.Cette fois, tout de même, l\u2019intention féministe est d\u2019une grande évidence, surtout devant le travail de Wangechi Mutu et de Ghada Amer.Les deux dénoncent, bien que de manière subtile, la commercialisation du corps des femmes.Rien d\u2019éton-nant que, parmi leurs sources iconographiques, figurent les magazines pornographiques.Cris de rage Le fait de réunir Wangechi Mutu et Ghada Amer, deux «Afii-caines» de surcroît, de faire suivre les installations ensanglantées de l\u2019une par les toiles brodées de l\u2019autre, ne peut être pure coïncidence.Les deux expos relèvent de cette volonté de donner la parole à la marginalité.Que » 1 Moth Girls (détail), 2010 Mutu et Amer fassent partie aujourd\u2019hui du mainstream, elles qui vivent à New York et bénéh-cient de l\u2019appui de galeries répu- DIMANCHE S6 FETBIEB \\ 141i Les Dimanches-familles en musique Flûte de flûte Victor! Pour les 3 ans et plus MEBCBEDI se FÉTBIEB \\ IQhSO Claude Debussy : musique et pensées François Chaplin, piano Jean Marchand, lecteur FESTIVAL UNE FUGUE AU MUSEE Présenté en lien avec l\u2019exposition Lyonel Feininger : de Manhattan au Bauhaus.JEUDI 8 MABS \\ 1411 Le téléphone bien tempéré Ensemble de la SMCQ JEUDI 8 MABS \\ 19h30 Préludes et fugues de Chostakovitch David Jalbert, piano SAMEDI 10 MABS \\ 19h30 L'Art de la fugue de J.S.Bach Les Idées heureuses DIMANCHE 11 MABS \\ 191130 Les six Concertos Brandebourgeois de J.S.Bach Ensemble Caprice L\u2019intégrale du Clavier bien tempéré de J.S.Bach en quatre concerts Vendredi 9 mars\\ 18h \\ 20h Dimanche 11 mars\\ 14h \\ 16 h avec Luc Beauséjour, Torn Beghin, Jean-Willy Kunz et llya Poletaev Et aussi des conférences, des films et des cours! sallebourgie.ca - 514-285-2000 (option 4) 1339, rue Sherbrooke Ouest MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL \"ARTE MUSICA tées (Susanne Vielmetter Los Angeles Projects pour l\u2019une, Cheim & Read pour l\u2019autre), importe peu.Leurs propos ont quelque chose du cri de rage, d\u2019un basta! yem des tripes.Kenyane de naissance, Wangechi Mutu fait de l\u2019identité, des identités \u2014 l\u2019Africaine, la femme, l\u2019exilée \u2014, son principal sujet, quels que soient les moyens, un collage sur papier, une sculpture dadaïste.Ce sont deux vidéos qui ouvrent le parcours, dont l\u2019une, par ses images à contre-jour, ses ralentis et son traitement sonore, en sourdine, est remarquable.Mais pas seulemenL Cutting, monobande de 2004 qui met en scène une femme, machette à la main, est exemplaire du souhait d\u2019aller au-delà des stéréotypes et des codes.Non sans ambiguïté: le ralenti magnihe-t-il un acte de bravoure, de violence presque, ou appelle-t-il à prendre notre temps, à vivre selon notre rythme et nos capacités?Tout n\u2019est pas d\u2019égale qualité dans cette expo composée de vingt oeuvres et signée Josée Bé-lisle, conservatrice de la collection permanente du musée.La série de dessins et de collages, compositions un brin érotiques, souffre de leur éparpillement.L\u2019installation vidéo, dotée de rideaux au cœur de la salle, est une masse qui condamne le reste à vivre dans d\u2019étroits corridors.Deux installations font l\u2019expo.L\u2019une, composée de multiples bouteilles de vin qui se vident, goutte à goutte, propose une troublante métaphore des conditions des femmes.Le vin n\u2019est ici que sang, un sang qui tache et dont on aimerait mieux ne pas avoir connaissance.L\u2019autre, Moth Girls, installation murale acquise par le MACM, réunit sous forme de grille plus de 200 hgurines en porcelaine, cuir et plumes.Ces femmes-insectes, prêtes à s\u2019envoler mais condamnées à l\u2019inertie.Lauréat An 15 -10 Al Concert de l'année - musiques moderne, contemporaine Concert hommage à Xenakis - 6 octobre 2010 Création de l'année - « Mutation » de Denis Gougeon - 2011 Nouvel Ensemble Moderne sous la direction de Lorraine Valllancourt «ANS\tU ¥0Y^î fl RYTHMES EN VOLTIGE MISIRÜ AHMET (TURQUIE) ZOHAR FRESCO (ISRAEL) ZIYA TABASSIAN ¦ percussions KIYA TABASSIAN ¦ sétar & voix PIERRE-YVES MARTEL - viole de gambe AMIR AMIRI - santour MONTRÊM £N LUMIERE Lundi 20fevrtier 2012 SALLEPJERRE-MERCURE Québec S Tarifs: 305,24$, 125- ^ Billêterie: (514)987-6919 www.admission.com LE Devoir LE VOYAGE D\u2019HIVER DE SCHUBERT UNE INTERPRÉTATION COMPOSÉE DE HANS ZENDER POUR TÉNOR ET 24 MUSiCIENS SALLE BOURGIE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL MERCREDI [ 20h ] 22 FÉVRIER Blllefferle 514-285-2000, opfion 4 www.lenem.ca | 514 343-5636 | info@lenem.ca Cbraeffdsf arti etdMfcWet Québec U U CCNSEILnESORIt M y H mNîiiçiL\t\u2022\u201cH'?.\"' LEliEVoni, auiMitiiE VIVIER loai- Université A de Montréal portent une sorte de désespoir.Leur silence, le fond noir de la surface, les traces de craie \u2014 comme des souvenirs difhciles à effacer \u2014, nombreux sont les éléments qui suscitent malaise et douleur.\\ A l\u2019abri des regards L\u2019expo Ghada Amer est beaucoup moins éclatée.C\u2019est que le travail çle l\u2019artiste, née quant à elle en Egypte, puis passée par la France où elle a vécu vingt ans, repose essentiellement sur le même procédé de la broderie.Sauf erreur, la trentaine d\u2019œuvres exposées, sur toile ou sur papier, sont des amas de bis.Des amas qu\u2019Amer dispose en dessinant, parfois, des figures féminines aux poses érotiques explicites.Le résultat chez Ghada Amer, fascine, ensorcelle.D\u2019abord et avant tout parce que l\u2019artiste travaille par superposition.En surface, les motifs ne sont que pure abstraction, commentaire direct à l\u2019expressionnisme abstrait américain.Eux, c\u2019était de la peinture.Elle, un matériau dit pauvre, associé à des tâches domestiques et féminines.Sous ces premiers fils, d\u2019autres surgissent du fond, sous la forme PHOTO DAVID REGEN © WANGECHI MUTU d\u2019un motif répété inlassablement, comme on le ferait pour une tapisserie décorative.La pose suggestive projette de révéler, ou de montrer, la sexualité féminine comme un acte intime, un plaisir solitaire à l\u2019abri des regards.En Mf les lectures peuvent varier et c\u2019est ce qui fait la richesse de ce travail, à la fois séducteur et critique.Des œuvres comme Color Misbehavior ou D as in Drip véhiculent même l\u2019idée que la broderie n\u2019est pas qu\u2019une surface jolie et ordonnée.Le résultat peut aussi êde brut et enchevêdé.En dehors de récentes explorations de la collection permanente, Ghada Amer se distingue enfin pour êde la première véritable exposition signée par quelqu\u2019un de l\u2019extérieur du MACM.(J\u2019est Thérèse St-Gelais, historienne de l\u2019art féministe associée à l\u2019Université du Québec à Montréal, qui a eu cet honneur.En tant que commissaire, elle est aussi derrière les expos Loin des yeux, près du corps, en cours à la galerie de l\u2019UQAM (où d\u2019audes toiles d\u2019Amer sont présentées), etArchi-féministes, encore visible au cende Qptica.Collaborateur du Devoir SOURCE MACM 100 Words of Love, 2010 © Ghada Amer BEETHOVEN / HAYDN / MOZART LUNDI 27 FÉVRIER 20H DEBUSSY / LISZT LUNDI 30 AVRIL 20H A LA MAISON SYMPHONIQUE AVJ-SS\\ VCAï R\tOÊ Une présentation Hydro Québec q: Québec t! STANDARD LIFE Mu^ Renseignements / Abonnements [promusica.qc.ca] ou [514.845.0532] Billets à l'unité disponibles ©laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 E 9 RELACHE DU 4 AU 11 MARS Festival international du film pour enfants de Montréal Une quinzième édition avec 23 pays ! Et les bébés cinéphiles auront des films que pour eux Comme chaque année, la semaine de relâche nous ramène le Festival international du film pour enfants de Montréal, le FIFEM.C\u2019est un événement très attendu, tant chez les enfants \u2014 des tout-petits de 2 ans jusqu\u2019aux ados de 102 \u2014 que chez leurs parents.Voyons ensemble toutes les raisons qui font le succès de ce festival.MARIE-HELENE ALARIE On aime bien les chiffres ronds et le FIFEM aussi: c\u2019est pourquoi sa directrice, Jo-Anne Blouin, n\u2019a pu s\u2019empêcher de faire de sa 15® édition une aventure toute spéciale.Cette année, on a choisi Joël Legendre comme parrain d\u2019honneur de l\u2019édition.C\u2019est pour de bonnes raisons que Jo-Anne Blouin l\u2019a approché: «Joël est toujours très engagé dans les causes avec les enfants, tout en représentant la famille pas tout à fait traditionnelle.» Et parce qu\u2019on ne fait pas les choses à moitié, c\u2019est la ministre de la Culture du Québec, madame Christine St-Pierre elle-même, qui est la présidente d\u2019honneur: «Après tout, c\u2019est un 15\u2018!!!» Et, pour présider le jury international, le festival s\u2019est tourné vers la comédienne Marie Turgeon.Panorama des films pour enfants Comme se plaît à le rappeler Jo-Anne Blouin, le film pour enfants n\u2019est pas un genre en soi, mais il est composé de drames, de comédies, de science-fiction, d\u2019animation et de documentaires.C\u2019est pourquoi fe FL FEM ne se contente pas de «présenter un panorama de différents pays, mais un panorama de toutes les différentes histoires qu\u2019on peut raconter.C\u2019est ça qui est important.» La programmation du FIFEM reflète les préoccupations de sa directrice: des films en provenance de plus de 23 pays.En tout, 38 moyens et longs métrages, 30 courts métrages.C\u2019est en fait une vitrine de fa production cinématographique mondiale qui s\u2019offre aux enfants et aux adolescents.Animée par un esprit curieux, fa direction du FIFEM sélectionne des films qui étonnenf qui surprennent et qui émeuvent.«Pour nous, la programmation regroupe des films récents aux thèmes variés et très pointus, comme la relation avec les parents, le passage de l\u2019enfance à l\u2019adolescence.Il y a des premières mondiales, internationales et nord-américaines, certains de ces films représentent leur pays aux Oscar», explique Mme Blouin.La compétition officielle On retrouve quatre films en compétition officielle.Tout d\u2019abord, pour les enfants dès l\u2019âge de 6 ans, Nicostratos le pélican, non pas d\u2019Emir Kusturica mais avec lui et réalisé par Olivier Horlait, une coproduction de la France et de la Grèce qui raconte l\u2019histoire de Yannis, un garçon de 14 ans qui vit sur une petite île grecque demeurée sauvage.C\u2019est lorsqu\u2019il sauve d\u2019une mort probable un jeune pélican du nom de Nicostratos que Yannis devient une vedette dans son île grâce à la popularité de ce magnifique pélican blanc, le plus grand oiseau de l\u2019Europe.Charmant! De l\u2019Irlande, on pourra voir La piste d\u2019atterrissage, réalisé par lan Power (dès 6 ans).Cette fols, on rencontre le petit Paco qui aime faire les quatre cents coups avec son meilleur ami.Mais Paco ne connaît pas son père, qui vivrait en Espagne selon les histoires et légendes que lui raconte sa mère.Quand un pilote colombien s\u2019écrase dans le petit village de l\u2019Irlande, Paco trouve enfin le modèle qu\u2019il recherchait et se fait un devoir de lui venir en aide.Toujours pour les enfants de 6 ans ou plus.Parmi les loups, du réalisateur espagnol Gerardo Olivares.Dans l\u2019Espace de 1954, Marco, un gardien de chèvres dont le troupeau de la famille a été décimé par les loups, est forcé de travailler pour un homme rustre qui se Le film chinois Un pont pour Vécole est destiné à un pubiic âgé de 8 ans ou pins.révélera tendre.À ses côtés, 11 apprendra à vivre en communion avec la nature, au milieu des biches et des sangliers et, surtouf parmi les loups.Finalement, le film qui complète la compétition officielle nous vient de la Chine: Un pont pour l\u2019école est destiné à un public âgé de 8 ans ou plus.Les réalisateurs Peng Jlahuang et Peng Chen mettent en scène Wawa, un garçon de sept ans qui n\u2019a qu\u2019un seul rêve: aller à l\u2019école comme sa grande sœur.Mais le trajet pour s\u2019y rendre est périlleux: l\u2019école se trouve de l\u2019autre côté d\u2019un fleuve tumultueux et 11 n\u2019y a qu\u2019un câble suspendu pour le traverser.Un terrible accident viendra confirmer le danger de cette traversée.Ce film s\u2019inspire d\u2019une histoire vraie.Les minicinéphiles Ils ont deux ans et ils vont au cinéma!!! Ce sont les minicinéphiles, et une section de la programmation leur est consa- crée.Mais à quoi ressemble une salle pleine de bébés cinéphiles?«Le premier coup d\u2019œil est assez impressionnant: on a l\u2019impression que la salle est vide, on ne les voit pas! Mais, peu à peu, on entend une espèce de babillage, et quand l\u2019écran s\u2019allume, c\u2019est extraordinaire parce que souvent c\u2019est leur premier contact avec le grand écran.» Tous ces films sont construits afin de stimuler l\u2019interaction, ils ne con-tien-nent évidemment pas beaucoup de dialogues et sont pleins de couleurs.Dans cette catégorie pour les tout-petits, on retrouve entre autres deux films lettons.Le bal des lucioles est réalisé par Nil Skapans, Janis Cimermanis et Dace Riduze.En faif c\u2019est toute une série de courts métrages qui regroupe les mêmes personnages du monde des insectes, à qui il arrive des tonnes d\u2019aventures.Autre film, cette fois réalisé par Dace Riduze et Janis Cimermanis, Le tigre et les autres animaux de la forêt met en scène des cochons amoureux, un cirque, un chasseur et un vieil homme, quatre courts métrages qui finiront de convaincre les plus sceptiques.Attache ta tuque ! Au FIFEM, chaque année, on aime bien mettre l\u2019accent sur certains films.Ça devient intéressant de les rassembler et de leur donner un écrin un peu plus particulier.Cette année, le projecteur se pose sur le cinéma d\u2019animation russe et plus particulièrement sur le réalisateur Garri Bardine.«C\u2019est un monsieur aujourd\u2019hui assez âgé qui a déjà gagné un Oscar et une Palme d\u2019or pour ses films d\u2019animation.Il y a deux ans, il a tourné le classique Vilain petit canard», explique Jo-Anne Blouin.Ce conte d\u2019Andersen, qu\u2019on con-naît très bien, devient, dans l\u2019imaginaire de Bardine, un film d\u2019animation sur la musique de Tchaikovski et le conte se transforme en comédie musicale chantée par des SOURCE FIFEM canards et des oies.Et, toujours dans l\u2019esprit de la comédie musicale, Bardine nous offre aussi Chouchou la nounou sur des airs de Glen Miller.Les deux courts métrages de Chouchou seront présentés dans la catégorie minicinéphiles.Mais c\u2019est en plein air que sera projeté Le vilain petit canard.Eh oui, en plein air! C\u2019est le grand happening du FIFEM: «Attache ta tuque!».Tous les soirs dès 17h30, dans le parc Molson, juste en face du cinéma Beaubien, on convie les cinéphiles à une grande projection en plein air.Il ne faut surtout pas oublier sa tuque, ses mitaines, sa chaise pliante et le chocolat chaud.Collaboratrice du Devoir LE FIFEM Du 3 au 11 mars 2012, au Cinéma Beaubien et au Théâtre Outremont 514-967-8893 www.fifem.com HOTELS Souriez à l\u2019hiver! TOUT LE MONDE EST UNIQUE Pour vivre les plus belles escapades hivernales, rien ne vaut le confort et les avantages jumelés à la tradition d\u2019accueil des Hôtels Fairmont.De Charlevoix à Montebello \u2014 en passant par Québec, Montréal et Tremblant \u2014 retrouvez le même service personnalisé, une gastronomie raffinée et une multitude d\u2019activités pour se détendre ou profiter du grand air.Ski, patin à glace, curling, glissade, traîneau à chiens.Village des neiges (Montréal), Parc Oméga (Montebello), motoneige, magasinage, massothérapie et plus encore.À vous de choisir! 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On se concentre davantage sur l\u2019atmosphère, précise le professeur Pierre-Daniel Rheault, qui supervise les étudiants.La musique, ça amplifie la narration de Ihistoire.» Engouement renouvelé Si on ajoute au succès des projections de la Cinémathèque la sortie fort remarquée du film français The Artist et la récente restauration du classique de 1902 de Georges Méliès, Le voyage dans la lune, assisterions-nous à un renouveau de l\u2019intérêt pour le cinéma muet?Doctorant à l\u2019Université Concordia, Louis Pelletier s\u2019intéresse depuis plusieurs années au cinéma muet et constate effectivement un nouvel intérêt pour le cinéma muet et le burlesque, qu\u2019il attribue à l\u2019amélioration de la qualité des copies projetées, mais aussi au caractère universel du genre.«Le cinéma muet, c\u2019est un climat particulier.La vitesse de la projection, généralement plus rapide que la vitesse réelle, crée un monde merveilleux.[.] En plus, il y a quelque chose d\u2019intemporel dans le cinéma muet et burlesque.Que ce soit avec Chariot ou Laurel et Hardy, ce sont tous des personnages dans lesquels on peut facilement se projeter», ajoute-t-il.Pas de doute non plus pour Pierre-Daniel Rheault.Le ciné- ma muet, c\u2019est un «langage universel» qui rallie autant les parents que les enfants.«Une fois qu\u2019on adhère au genre, qu\u2019on adhère au discours, on admet que c\u2019est farfelu.et on aime ça!», lâche-t-il au bout du fil.Visuellement impuissant face aux films actuels qui multiplient les effets spéciaux et qui repoussent les lirnites de la fiction en intégrant désormais la 3\" dimension, le cinéma muet et burlesque possède un atout non négligeable: l\u2019importance accordée à la qualité de l\u2019histoire.«On peut ajouter de belles images, de beaux effets, mais ce qui fait le succès d\u2019un film, c\u2019est son histoire, résume M.Pelletier.Par exemple, ce qui fait le succès des films d\u2019animation de Pixar, c\u2019est bien sûr la qualité des animations et des images, mais c\u2019est d\u2019abord et avant tout que les films racontent des histoires intéressantes», insiste-t-il.Un constat partagé par M.Rheault, qui espère que ce nouvel engouement pour le cinéma muet pourra «ramener le cinéma bavard à des valeurs plus minimalistes, pour se concentrer davantage sur l\u2019histoire».Cela dit, il y a l\u2019histoire, oui, mais il y a plus.«Du cinéma burlesque, ce n\u2019est pas simplement un film: c\u2019est une chorégraphie, une danse, un ballet», croit Louis Pelletier.Force est de constater que, dans le cas de Laurel et Hardy, les pas semblent parfois maladroits, mais que la chorégraphie, elle, est réussie.Entrerez-vous dans la danse?Collaborateur du Devoir VOICI LAUREL ET HARDY! Tous les jours à 14h, du 5 au 9 mars, à la salle Claude-Jutr^ de la Cinémathèque québécoise.A l\u2019achat d\u2019un billet adulte à 11 $, obtenez un billet pour entant (6-15 ans) gratuit 6 $ p^ entant supplémentaire.Etudiants et aînés: 9 $.Information: http://wumcinematheque.qaca.itiJ CT FESTIVAL INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES POUR ADULTES ET ENFANTS 8-11 mars 2012 Theatre Outremont gratuit MuséeMcCord, 690, Sherbrooke Ouest, Montréal ^McGill Jusqu\u2019au 11 mars 2012 musee-mccord.qc.ca d^FiEPèKNoË DESTINATION » CENTRE-VILLE OGILVY Mawianpôurla'/ic.cow ALBERTÙ a!ltr astra M FEST VAL.CASTEL ERS.CA THEATRE OUTREMONT 514.495.9944 RESEAU ADMISSION 514.790.1245 Uutremont\tCanadian Patilmoln©\t___ Montrea ct3\tHomagG canaden\tLjueDec LE L^VCIR Montréal ;EIIOIfTHÉAl [THEATRE 0UTREMDNT| MARIE-PIERRE SIMARD Le cygne, une production du Théâtre de deux mains, sera présentée à l\u2019occasion des Trois jours des Casteliers.Les trois jours de Casteliers Les marionnettes envahissent l\u2019Outremont Une belle place a été faite à la France cette année Ils sont comme les trois mousquetaires.Ils sont trois, mais en fait ils sont quatre.Ce sont Les trois jours de Casteliers, un festival mettant en vedette Part de la marionnette sous toutes ses formes.Sur scène, pendant quatre jours, des histoires de cape et d\u2019épée, mais aussi des contes déjantés, des thrillers, des cabarets, des saltimbanques, de l\u2019opéra, des ateliers, des expositions et des créations audacieuses qui tentent de repousser les frontières de la marionnette.JESSICA NADEAU Dans l\u2019imaginaire collectif, la marionnette est encore trop souvent associée à l\u2019enfan-ce.Louise Lapointe, directrice de l\u2019organisme Casteliers, est la première à le reconnaître.C\u2019est un préjugé qu\u2019elle tente de déboulonner en diffusant des œuvres de tous horizons s\u2019adressant tant à un public d\u2019enfants que d\u2019adultes.«Encore aujourd\u2019hui, lorsqu\u2019on parle de marionnettes, les gens associent cela au théâtre pour enfants.Pourtant, il y a de plus en plus de compagnies de théâtre et même des artistes de différentes disciplines qui s\u2019y intéressent pour leur création.» Elle parle de créateurs en danse, en musique et en cinéma qui commencent à explorer les différentes facettes et techniques de la marionnette pour l\u2019intégrer à leur art.Pour promouvoir Part de la marionnette au quotidien, l\u2019organisme Casteliers crée des liens entre les différents organismes de diffusion, de création et d\u2019enseignement, tant sur la scène locale qu\u2019internationale.Le travail de sensibilisation culmine avec le festival international de marionnettes.Les trois jours de Casteliers, qui revient chaque année au Théâtre Outremont pendant la semaine de relâche scolaire.«C\u2019est intéressant d\u2019organiser un festival et d\u2019offrir des plages de diffusion à ces travauxdà, qui sont souvent plus difficiles à incorporer dans les saisons tradi- tionnelles», explique la directrice de Casteliers.Des débuts modestes Issue des arts visuels et de la scénographie, Louise La-pointe s\u2019est lancée dans l\u2019univers de la marionnette il y a un quart de siècle déjà.Ce qui la fascine, c\u2019est son aspect visuel, multiforme, qui profite à la fois du geste, du mouvement, de la matière, de la couleur et des sons.C\u2019est l\u2019art pour l\u2019art, sans nécessairement passer par le texte, comme c\u2019est généralement le cas au théâtre.«Je reviens toujours à sa force métaphorique, à sa force poétique.Je crois que la marionnette répond au besoin d\u2019expression contemporaine d\u2019une façon tellement visuelle que cela s\u2019inscrit dans le courant actuel de la vidéo.» C\u2019est donc en 2005 que Louise Lapointe a fondé Casteliers à Montréal.Très rapidement, la responsable des activités culturelles de l\u2019arrondissement d\u2019Ou-tremont lui a proposé de monter un festival qui mettrait en valeur cet art aux multiples facettes.«On répondait vraiment à un besoin du milieu», assure Louise Lapointe en entrevue.La réponse s\u2019est matérialisée l\u2019année suivante, en 2006, avec la toute première édition des Trois jours de Casteliers.«C\u2019était vraiment très modeste, se remémore la fondatrice de l\u2019événement.A ce moment-là, les gradins étaient directement VOIR PAGE E 11: CASTELIERS \\a tnuÇPVi® , m PENDANT LA RELACHE SCOLAIRE sur nie de Montréal nnaaii au'?a« www.jmcanada.ca 514 845-4108 En collaboration avec le réseau Les Jeunesses Musicales du Canada remercient chaleueusement leurs partenaires : Montréal^ LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 E 11 RELACHE CASTELIERS SUITE DE LA PAGE E 10 sur la scène.C\u2019était tout petit, mais on a eu un succès remarqué.» Depuis ce jour, l\u2019engouement pour l\u2019art de la marionnette ne cesse de s\u2019accroître et, année après année, les festivaliers sont de plus en plus nombreux à fouler le parvis du Théâtre Outremont pour assister à la magie des Casteliers, vieux nom français désignant les montreurs de marionnettes.«Notre assistance a triplé depuis les débuts, s\u2019emballe Louise Lapointe.La première année, nous avons eu un peu plus de 500 spectateurs.L\u2019an dernier, nous étions rendus à 1600, et nous espérons encore que ça augmentera cette année.» Nouvelles créations Pour sa septième édition, le festival innove en sollicitant l\u2019aide des commerçants de l\u2019arrondissement, dont un peu plus d\u2019une vingtaine ont accepté de se prêter au jeu.«Nous profitons de l\u2019événement pour exposer des marionnettes dans les vitrines des commerçants.Ça va nous permettre d\u2019avoir une exposition de parcours pendant trois semaines \u2014 la semaine du festival et les deux précédentes \u2014 et donc d\u2019être très visibles et de toucher un public plus large.» Cette année, onze spectacles sont au menu, dont six s\u2019adressent à la famille.Nombre d\u2019entre eux sont de nouvelles créations de compagnies québécoises, comme Le cygne, du Théâtre de deux mains, et Les voyages de Gulliver, du Petit Théâtre de Sherbrooke.«C\u2019est vraiment très intéressant de pouvoir aider à la diffusion de nouvelles créations», se réjouit Louise La-pointe, qui réserve également une soirée aux diplômés des écoles de marionnettes.Casteliers signe même sa toute première coproduction.Pomme, une création franco-québécoise du Théâtre des petites âmes, de Montréal, et de la Compagnie Garin Tousebœuf, de la France.Une oeuvre qui se définit comme un «road-movie», un «poème marionnettique à déguster en famille».Les adultes ne sont pas en reste, avec des oeuvres éclatées comme Anatomie de l\u2019objet, du Théâtre de la pire espèce, ou The House, un thriller comique de la Danoise Sofie Krog.La France à l\u2019honneur Le festival profite de la venue d\u2019artistes reconnus, de passage à Montréal, comme le musicien électroacousticien Laurent Bigot, de la Compagnie Sidoine, qui met en mouvement des objets sonores dans son numéro, Ix petit cirque, acclamé en Europe.Les trois jours de Casteliers accueille également Bob Théâtre, de la France, avec le spectacle pour enfants Princesse K, et le Théâtreenciel, qui présente Ni fini ni infini, une oeuvre pour tous dirigée par la sommité de la marionnette, Roland Shôn, qui en est à sa première visite au Canada.Une belle place a été faite à la France cette année, mais c\u2019est un peu par hasard, explique Louise Lapointe.Car son équipe et elle ne travaillent pas par thème, mais plutôt en suivant les oeuvres et les artistes au fil de leurs créations.«L\u2019élément central, c\u2019est la qualité.C\u2019est le premier critère de nos programmations et de nos sélections.Nous voyons les spectacles, nous faisons d\u2019abord un choix par rapport à la qualité et ensuite nous essayons de voir s\u2019il y a un thème qui en ressort.» Rythme de croisière Depuis sept ans, le festival Les trois jours de Casteliers est devenu un incontournable.Le festival a atteint son rythme de croisière et il est devenu, selon sa directrice, un événement attendu au calendrier culturel montréalais.«Je pense que nous avons atteint l\u2019âge de raison, plaisante Louise Lapointe.Nous sommes vraiment heureux de voir comment le festival se développe et, même si nous restons un jeune organisme, c\u2019est intéressant de savoir que nous posons nos bases et que nous sommes reconnus pour le travail que nous faisons, pour l\u2019apport de la reconnaissance des arts de la marionnette.» Les incontournables?Ses préférences?Elle n\u2019ose pas se compromettre.«Nous avons une sélection vraiment pointue et les spectacles que nous offrons sont tous marquants.Je demande aux gens d\u2019être curieux et de s\u2019aventurer au Théâtre Outremont» Collaboratrice du Devoir Musée McCord Bienvenue au pays du soleil de minuit Les activités de la semaine de relâche sont conçues autour du thème de la culture contemporaine inuite Fidèle à sa vocation éducative, le Musée McCord ouvre grand ses portes aux familles.Jusqu\u2019au 25 mars, les adeptes d\u2019activités culturelles familiales pourront y tester plusieurs formules.Tous les dimanches, de llh à 16h, des ateliers bilingues d\u2019arts plastiques et de découvertes s\u2019adressent aux 3 ans ou plus.Chaque dernier mercredi du mois, ce sont les tout-petits qui sont invités à faire leurs premiers pas créatifs, et, pendant la semaine de relâche, le musée proposera une semaine entière d\u2019activités et de découvertes sous le signe de l\u2019art inuit.ASSIA KETTANI Inaugurée l\u2019année dernière à l\u2019occasion de l\u2019exposition Jouets, thème particulièrement propice à la sortie familiale culturelle, la formule des Dimanches en famille a prouvé son succès et est revenue cette année confirmer l\u2019essai.Le principe: des ateliers de création et d\u2019expression corporelle en lien avec l\u2019exposition en cours et un thème mensuel, qui se déclinent en trois formules.Les ateliers d\u2019arts plastiques, pour les 4 ans ou plus, les activités d\u2019Histoire en mouvement, pour les 3-5 ans, et le Club curiosité, pour les 6-10 ans, sont fondés autour de scénarios créatifs élaborés et apimées par Josée Lavigne et Emilie Lesage, respectivement artiste et historienne de l\u2019art.Autour de Jouets 2 C\u2019est actuellement l\u2019exposition Jouets 2, une exposition féé-rique et interactive présentée jusqu\u2019au 11 mars, qui donne le ton des ateliers.Le thème du mpis de février invite à partir «A l\u2019aventure»: les ateliers de création et les visites proposent une aventure entre réalité et imaginaire, des deux côtés du miroir, s\u2019inspirant du monde dîAlice au pays des merveilles.Invités par le Chapelier fou, les petits aventuriers pourront suivre la route des thés à travers l\u2019exposition, fil directeur qui leur permettra de se lancer dans un voyage sensoriel.Lors des ateliers de création, les enfants pourront décorer une tasse de thé avec de la peinture ou fabriquer un chapeau fou orné de cartes de jeu.Le départ à l\u2019aventure des 3-5 ans sera marqué par Un stage photo spécialement pour ados ?\tCamp de la relâche du 5 au 9 mars ?\tCamp d'été à partir du 25 juin Le « Camp photo » de la relâche scolaire revient avec sa formule pratique.1, 3 ou 5 jours de plaisirs photographiques.À deux pas du Métro Place d'Arnnes 514-567-3225 www.entrequatreyeux.conn I CINÉMATHÈQUE québécoise: PS un tour du monde à pas de danse, mêlant les danses africaines et indiennes ou encore une gigue canadienne aux odeurs de thés venus des quatre coins du monde, comme le thé du Labrador, le rooibos, le chaï ou le thé anglais.Les enfants plus âgés pourront se joindre au Club curiosité pour jouer les détectives à travers des visites-rallyes de l\u2019exposition.Ces initiatives sont autant de façons «ludiques et informatives», selon Nadia Martineau, agente marketing communications du musée, de s\u2019initier à l\u2019histoire et au patrimoine et de faire un voyage éducatif dans l\u2019univers des arts, des sciences et de la culture.La mission afh-chée est dé «encourager les jeunes â devenir des citoyens mieux informés, ouverts sur le monde et socialement engagés».Inuit?Oui! Pendant la semaine de relâche, du 6 au 11 mars, le musée met les bouchées doubles tout en conservant la même formule.Comme pendant les Dimanches en famille, le musée propose des activités de découverte et d\u2019arts plastiques en continu à partir de 10 heures.Mais, cette fois-ci, on change de thème: à l\u2019occasion de l\u2019exposition Art moderne inuit, qui ouvrira ses portes le 24 février, les activités durant la semaine de relâche seront une invitation au «Voyage au pays du soleil de minuit».Cette exposition met- SOURCE MUSEE McCORD L\u2019igloo magique, conçu par Lu-pien + Matteau architectes tra de l\u2019avant la collection Es-ther-et-Samuel-Sarick et présentera plus de 175 oeuvres de 75 artistes d\u2019art inuit du XX\" siècle, y compris des sculptures, des imprimés et des dessins entre traditionnel et contemporain.Lors de cette semaine de relâche «rivée sur le ludique», selon les mots de Mélanie Devault, coordonnatrice des programmes éducatifs, le musée offrira, aux enfants âgés de 6 à 12 ans et accompagnés de leurs parents, des ateliers d\u2019impression pour réaliser des oeuvres graphiques inspirées de l\u2019art inuit et il invitera les petits et grands à parcourir les expositions en suivant la trace de différents animaux.«Les activités de la semaine de relâche sont conçues autour du thème de la culture contemporaine inuite.Nous élaborons nos scénarios â partir des objets de la collection», précise-t-elle.Durant les autres activités du mois de mars proposées autour de la même thématique, les ateliers d\u2019arts plastiques s\u2019inspireront des gravures d\u2019une artiste et les Histoires en mouvement puiseront dans le répertoire des légendes innues, en faisant une place d\u2019honneur à l\u2019importante tradition orale de cette culture.Et, pour ajouter une touche de féérie à la sortie en famille, on profitera de l\u2019igloo magique, conçu par Lupien -i- Matteau architectes dans le cadre de l\u2019exposition Jouets 2, pour se glisser dans l\u2019univers polaire et faire la rencontre d\u2019oursons en peluche et de poupées sur des banquises à la dérive.En dehors de ces grands thèmes de la programmation culturelle, les plus petits ont aussi leur place dans les réjouissances: les mercredis 29 février et 28 mars auront lieu des ateliers de création destinés aux parents avec leurs poupons.Les ateliers peuvent se faire avec bébé réveillé ou bébé endormi: ils invitent les moins de 18 mois à explorer formes et couleurs et les parents à se lancer dans l\u2019origami ou la confection de petites bestioles aimantées pour le frigo.Collaboratrice du Devoir À RETENIR: Dimanches en lamille: jusqu\u2019au 25\tmars Ateliers d\u2019arts plastiques (4 ans ou plus) : les 19 février, 4 et 18 mars Histoires en mouvement (3-5 ans) : les 12 et 26 février, 11 et 25 mars, de 10h30 à 12h30 Club curiosité (6-10 ans) : les 12 et 26\tfévrier, 11 et 25 mars, de 13h à 16h Semaine de relâche, du 6 au 11 mars: Voyage au pays du soleil de minuit Parents-poupons: les 29 février et 28 mars, de 13h à 15h30 Aucune réservation nécessaire Pour plus d\u2019information: http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/activites/activi-tesculturelles.nSTïVAl INTERNATIONALDUfirM ^ f 0«R ENFANTÎ DE MONTRf/l \" pendant la semaine de relâche^ Des films pour tous les goûts et pour tous les âges! ,-iJ G ii ' \u2022 11» \u2022,?% HARDY! CINEMA 1 i i w m LE TIGRE ET LES LES CORTES DE LA NUIT ANIMAUX DE LA fORêT PARMI LES LOUPS INFOT ET BILLETTERIE : WWW.FZFEH.CON DÉCQUVREZ CE CÉLÈBRE DUO COMIQUE LORS DE PROJECTIONS SPÉCIALES ACCOMPAGNÉES EN MUSIQUE PAR LES ÉTUDIANTS DE LA FACULTÉ DE MUSIQUE DE L\u2019UNIVERSITÉ DE MDNTRÉAL.TDUS LES JOURS A14 h : BIC BUSINESS (1929), DOUBLE WHOOPEE (1929) ET UBERTY (1929).OBTENEZUNBILLETPOURENFANTÎRHUIIAL\u2019ACHATD\u2019UNBILLETPOÜRADULTEAUÎ, ENFANT SUPPLÉMENTAIRES}.QC.CAi LA PASSION PLEIN ÉCRAN 335, BOUL DE MAISONNEUVE EST \u2022 MÉTRO BERRI-UÛAM \u2022 TÉL.: 514-842-9763 PRÉSENTATEURS OFFICIELS Achetez vos billets en ligne dès maintenant! Caisse Desjardins De Lorimier-Viiieray Caisse Desjardins Préfontaine-Hocheiaga Caisse Desjardins de Rosemont-La Petite-Patrie EN COLLABORATiON AVEC Desjardins Montréal ( FIFEM leiiiQiideestp*fit E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 CULTURE CINEMA Les Boys de l\u2019Hexagone LE FILS À JO Réalisation et scénario: Philippe Guillard.Avec Gérard Lanvin, Olivier Marchai, Vincent Moscato, Jérémie Duvall, Karina Lombard.Image: Ludovic Colbeau-Justin.Montage: Elodie Codaccioni, Damien Codacccioni.Musique: Alexis Rault.France, 2010, 95 min.ANDRÉ LAVOIE Cultiver une passion, c\u2019est une chose honorable; savoir la communiquer en est une autre.Le cinéaste Philippe Guillard ne cache pas son amour du rugby, lui-même un ancien joueur, mais dans son premier long métrage.Le fils à Jo, il prouve que la dévotion peut rendre aveugle.L\u2019aveuglement constitue d\u2019ailleurs un thème récurrent dans ce film où, par dévotion pour le sport ou pour les prohts (une belle capitaliste vient semer la pagaille, mais pas très longtemps), les personnages adoptent parfois des comportements discutables devant leurs enfants, leurs collègues ou leurs amis.Mais ces débordements sont vite contenus et balisés dans un unanimisme qui aurait même fait bâiller d\u2019ennui Marcel Pagnol.Les jeunes victimes de parents trop zélés dans les gradins des arénas et des terrains de balle-molle reconnaîtront leur tendre tortionnaire sous les traits impassibles de Gérard Lanvin en papa nostalgique de son passé de joueur de rugby.Cet héritier d\u2019une longue dynastie de champions voudrait que son fils poursuive la tradition, mais le garçon a la tête ailleurs.Devant la fatalité de voir le terrain des environs devenir la propriété d\u2019une scierie sauvée de la fermeture par une entreprise britannique, Jo décide de former une équipe de joueurs peu doués avec l\u2019aide d\u2019un vieux copain (Olivier Marchai en Casanova de dépanneur) et d\u2019un simple d\u2019esprit, variation française d\u2019un Ti-Cou-ne sans chaise berçante.Entre les ruades, les bons sentiments et les leçons de vie déguisées en conseils sportifs.Le fils à Jo a bien peu à offrir si ce n\u2019est la triste impression que l\u2019esprit des Boys se moque des frontières et des distinctions culturelles.Mais il faudrait bien plus pour que les amateurs de sports versent une larme devant cette tranche de vie familiale plombée par les clichés (dont celui de la mère décédée et idolâtrée).Une autre preuve, si cela était nécessaire, que le cinéma est aussi un sport dangereux.Collaborateur du Devoir SOURCE FILMOPTION Gérard Lanvin en papa nostalgique de son passé de joueur de rugby.Montrer les gens derrière l\u2019Holocauste La cinéaste Agnieszka Holland nous confronte à une image ni mensongère ni manichéenne du terrible épisode Son film In Darkness est en nomination aux Oscar pour le meilleur film en langue étrangère, en concurrence avec Monsieur Lazhar.Cette sombre et troublante histoire de juifs cachés dans les égouts de Lvov, en Pologne, sous l\u2019occupation nazie, prend l\u2019affiche vendredi prochain dans nos salles.ODILE TREMBLAY Agnieszka Holland, qui toiu-nait déjà en 1977, parle à\u2019In Darkness (coproduit au Canada) comme d\u2019un triomphe incompréhensible.Siu les écrans polonais depuis un mois, sans vedette à sa distribution, il a rallié 900 000 spectateurs.«On va atteindre le million, s\u2019étonne-t-elle.Les gens sont très touchés.Je voulais les confronter à une image ni mensongère ni manichéenne de cet épisode terrible et ils y ont adhéré.» Ce n\u2019est pas la première fois que la cinéaste polonaise aborde au cinéma la douloureuse question de l\u2019Holocauste.En 1990, son remarquable Europa Europa, sur un jeune juif contraint de se fondre dans les rangs nazis pour survivre, fut un immense succès, ^on Amère récolte en 1985, sur l\u2019équipée d\u2019une jeune juive évadée des trains de la mort en Pologne, lui avait déjà valu, comme pour Europa Europa, une nomination pour l\u2019Oscar du meilleur film en langue étrangère.Ajoutez qu\u2019Agnieszka Holland cos-cénarisa pour Andrzej Wajda Un amour en Allemagne (1983), histoire d\u2019une relation amoureuse interdite sous l\u2019Allemagne nazie.«L\u2019Holocauste est dans l\u2019histoire de l\u2019humanité un événement frontière qui changea notre vision de l\u2019humanité, en révélant au grand jour cette haine irrationnelle, jamais éradiquée, qui devait resurgir en Bosnie et au Rwanda.Mais je ne traite pas de l\u2019Holocauste, préférant me concentrer sur les gens, leurs choix, leurs peurs, leurs faiblesses, dans le tourbillon de ces situations absurdes et épouvantables.» Voyage dans la condition humaine Sa mère polonaise était dans la Résistance et sauva un couple de juifs fuyant le ghetto, ce qui lui a valu le titre de Juste.«Mon père juif s\u2019était réfugié en pdajunior ® SERIE DE LA PLACE DES ARTS L'HEURE DU CONTE SUR LES RYTHMES ROUMAINS Sons et Brioches - Présenté par la Place des Arts et Vision Diversité Musique et marionnettes 3 a ns + f 12 FEVRIER 11 h I PIANO NOBILE Aliona et ses musiciens nous transportent, sur des airs roumains, dans une aventure où se rencontrent loup et petits chevreaux.MATINEE CIRQUE Présenté par la Place des Arts Cirque (mât chinois) et théâtre de mouvement 4 ans + / 19 FEVRIER 11 h I PIANO NOBILE Q ^ I Une matinée cirque époustouflante qui amalgame mât chinois et théâtre de mouvement dans un programme double mettant en vedette Catherine Viens, Sandy Bessette et Xavier Malo.PROGRAMMATION COMPLÈTE PDAJUNIOR.COM FONDATION DEIASBSlDESAKrS lin Iaplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 SOURCE METROPOLE FILMS La réalisatrice Agnieszka Holland sur le plateau de tournage d\u20197n Darkness Union soviétique.Tous les membres de sa famille, sauf une de ses soeurs, sont morts dans le ghetto.J\u2019ai écouté ces histoires durant mon enfance, accumulant des informations, partageant les sentiments des survivants.Il y a eu beaucoup de films sur l\u2019Holocauste et le Troisième Reich, mais la mode en était passée dernièrement.J\u2019avais refusé deux projets sur le sujet.» Le scénariste David E Sha-moon s\u2019était documenté sur l\u2019histoire de Leopold Socha (joué par Robert Wieckiewicz), un catholique polonais à moitié brigand, travailleur dans les égouts de Lvov, qui y avait caché des juifs pour leur soutirer de l\u2019argenL puis s\u2019était attaché à eux, au point de les protéger au péril de sa vie.Il a su me convaincre.Le livre de Robert Marshall, In the Sewers of Lvov, racontait cette aventure, transposée en scénario, dont elle a pris les commandes.Elle considère qu\u2019il n\u2019est nul besoin d\u2019inventer des histoires siu la Shoah, tant la réalité fourmille d\u2019aventures plus invraisemblables les unes que les autres.La cinéaste parle A\u2019In Darkness comme du film le plus difficile de sa carrière, une sorte d\u2019enfer, à cause de la noirceur environnante, mais aussi du plus satisfaisant.Vingt pour cent des égouts représentés sont ceux de Lodz et de Leipzeig; le reste du réseau fut reproduit en studio.«On courait sans arrêt dans le noir, le froid, avec la caméra Red, sans trop savoir ce que l\u2019ensemble donnerait à l\u2019image au bout du compte.» Elle déplore que plusieurs films sur la question soient toiunés en anglais.«Même dans l\u2019excellent Pianiste de Polanski, la langue anglaise m\u2019a quand même gênée.Dans In Darkness, on utilise le polonais, l\u2019allemand, le yiddish, le russe, l\u2019hébreu, l\u2019ukrainien ainsi que le balak, un dialecte polonais aujourd\u2019hui disparu.Je voulais montrer la mosaïque des cultures qui baignait tout.Mon film constitue un voyage dans la condition humaine, sous les pires conditions, et c\u2019est pourquoi il touche les gens.» Le Devoir SOURCE MÉTROPOLE EILMS Une scène d\u2019In Darkness BESTIAIRE SUITE DE LA PAGE E 1 du spectateur.Et chacun y trouve ce qu\u2019il apporte.Les deux tiers de ces animaux ne possèdent que trois secondes de mémoire, dé-clare-t-il.Au zoo, ils bénéficient d\u2019une diète parfaite, avec des soins constants.Tout est relatif Mais l\u2019endroit reste toujours un peu pathétique, évidemment.» La griffe du cinéaste se pose à travers trois saisons sur chaque pelisse, chaque plumage, en des lieux insolites, qui évoquent son film Carcasses, des cadrages souvent décalés, une trame sonore nourrie d\u2019inquiétude où bruissements, feulements, cris de bêtes, bruits de pas et de pattes paisibles ou affolés nous entraînent en des dimensions parallèles.Sur une trame dramatique sans narration, des cages frontalières, à travers les barreaux desquelles des humains et des animaux se côtoient, se touchent parfois.Mais qui regarde qui?Et qui comprend quoi?La hyène ou les filles qui la soignent?Les lions ou les visiteurs du bel été qui les filment à travers la vitre de leur voiture?Mystère! Dans Bestiaire, des zèbres s\u2019affolent, l\u2019œil d\u2019une autruche amuse la galerie.L\u2019œuvre est contemplative; moment d\u2019ennuis y compris.«Plus f avance, moins la narration au cinéma m\u2019intéresse, dit-il./e me laisse obséder par les notions de cadrage, et la bête devient ici une matière abstraite.Quatre-vingts pour cent de la bande-son est faite en studio par \t L- 1 m\t t Td\t ^ 1\t :\tim\t \t i\tf\t3\t \t i ¦\t .L., in.t- .JCUf!» - -m ¦ T',, L_ \u2022 ; .JH-\t^ Le cinéaste Denis Côté Erédéric Cloutier, qui s\u2019en est donné à cœur joie.On crée une atmosphère dramatique avec les effets sonores.» Denis Côté avance un pas en avant, un pas en arrière.Bestiaire se veut une réaction à Curling, sur lequel travaillait une équipe de 25 personnes.Et Carcasses réagissait de son côté à Elle veut le chaos.«Les grosses productions m\u2019excitent moins que les Bestiaire et les Carcasses.Ainsi, dans mon prochain film Vie et Elo ont vu ANNIK MH DE CARUFEL un ours, j\u2019aurai Marc-André Grondin, Pierrette Robitaille et la Prançaise Valerie Donzelli [actrice et cinéaste de La guerre est déclarée] sur un scénario très dialogué.Une grosse machine.» Succès public en vue?Ad-venant le cas, Denis Côté devrait y répondre ensuite par un petit film à trois sous.Juste pour respirer, pour se retrouver, pour s\u2019ébrouer comme un cheval fou.et libre.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 E 13 CAFE DE FLORE de Jean-Maic^llée Canada (Québec).2011.120 min.Avec Vanessa Paradis, Kevin Parent, Hélène Rorent, Évelyne Brochu, Marin Gerrier, Joanny Corbeil-Picher, Évelyne De la Chenelière, Michel Dumont, Alice Dubois et Emanuelle Beaugrand-Champagne.(G).[T ¦ni DI YVES SIOUI DURAND THEATRE DUTREMDNT m A L'AFFICHE DES LE VENDRED117 FEVRIERI Cœurs transis LES REVOLTES DE UILE DU DIABLE (sous-titres français) Réalisation: Marins Holst.Scénario: Dennis Magnusson, Eric Schmid.Avec Benjamin Helstad, Trond Nilssen, Stellan Skarsgârd, Kristoffer Joner.Photo: John Andreas Anderen.Montage: Michal Leszczylowski.Musique: Johan Sôderqvist.Norvége-Suéde-Po-logne-France, 120 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Les révoltés de Vile du Diable: cela sonne comme un de ces fdms d\u2019exploitation des années 1970, avec exotisme, aventure et horreur à mesures égales.Que le titre ne vous décourage pas.Certes, le long métrage du Norvégien Marins Holst raconte une révolte sur une île dominée par un diable, mais ce récit-là n\u2019a rien d\u2019exotique et les horreurs rapportées sont réelles, bien trop réelles.Inspiré de faits vécus.Les révoltés de Vile du Diable s\u2019intéresse à un pan sombre de l\u2019histoire de la Norvège par le biais de l\u2019un de ses plus tristes établissements: le centre correctionnel Bastoy.En guise de murs infranchissables, les jeunes délinquants doivent composer avec des kilomètres de mer glacée.A l\u2019hiver 1915 arrive Erling, 17 ans, prétendument coupable de meurtre.Une forte tête, Erling gagne le respect de ses compagnons d\u2019infortune et remet en cause les motivations du directeur bigot ainsi que ENTREVUE Le monde très dur des Révoltés de Vile du Diable celles de son assistant aux mains longues.Le gouvernement norvégien rougit encore des représailles dont furent victimes ces garçons-là.Réalisation et direction photo travaillent de concert afin que l\u2019on perçoive la froidure hivernale par-delà l\u2019écran.Pour un peu, on grelotterait avec ces pauvres jeunes gens (des acteurs non professionnels uniformément crédibles).Le scénario est quant à lui persuasif, quoique prévisible, mais prenant justement à cause de cela: on se doute de ce qui va arriver, on espère que non, puis on est catastrophé lorsque survient l\u2019inévitable.Entendu que cette his-toire-là a déjà été racontée, comme ça ou autrement.Les variations sur le même thème sont en effet nombreuses: Oliver Twist (voir le vidéoclip Désenchantée qui s\u2019en inspira).Escape from Alcatraz, The Shawshank Redemption et surtout de The Magdalene Sisters.Sans posséder la puissance de cette dernière œuvre, celle de Marins Holst n\u2019en est pas SOURCE EVOKATIVE EILMS moins valable.Et choquante.Car pour connus qu\u2019ils soient, les sévices infligés à ses adolescent^ ne manquent pas d\u2019enrager.A cet égard, et bien qu\u2019une (très diffuse) lumière perce à la fin, le film ne tente pas de rassurer le spectateur éprouvé en suggérant que les méchants furent punis.Dans les faits, le centre correctionnel Bastny avait encore à ce stade près de quarante belles années d\u2019activité devant lui.Collaborateur du Devoir Le diable et Stellan Skarsgârd Acteur d\u2019une rare polyvalence, Stellan Skarsgârd semble récemment s\u2019être fait le spécialiste de la part vénale de l\u2019âme humaine â travers une série de portraits sombres.FRANÇOIS LÉVESQUE Le diable dans Les révoltés de Vile du Diable, c\u2019est lui.Révélé aux cinéphiles en 1996 dans le rôle du mari impotent de l\u2019héroïne de Breaking the Waves, puis apprécié par le plus grand nombre en mathématicien imbu de sa personne dans Good Will Hunting l\u2019année suivante, Stellan Skarsgârd surgit souvent là où on ne l\u2019attend pas, tour à tour policier hanté par la culpabilité dans Insomnia et aventurier poussant la chansonnette dans Mamma Mial.Au bout du fil, l\u2019acteur suédois avoue abominer l\u2019idée d\u2019un plan de carrière.«J\u2019hésite toujours beaucoup avant d\u2019accepter un projet Je ne veux pas savoir ce que je ferai dans deux ans», explique-t-il.Il en alla de même pour Ixs révoltés de Vile du Diable, un récit véridique très dur campé dans un centre correctionnel pour mineurs où eut lieu à l\u2019hiver 1915 une rébeUion qui provoqua une réplique gouvernementale aberrante.Stellan Skarsgârd interprète le directeur de l\u2019établissement, un homme en apparence dévoué à la cause des enfants mais qui cache une nature hypocrite et veule.Ce rôle constitue l\u2019exact opposé de celui du professeur Lambeau dans Good Will Hunting qui, sous couvert d\u2019opportunisme vis-à-vis du jeune prodige à problèmes, révèle finalement une nature empathique.Le côté obscur du cœur Tourné en 2010, Les révoltés de Vile du Diable amorça une série de rôles antipathiques pour Stellan Skarsgârd.En choisissant ensuite de jouer le patron infect de Kirsten Dunst dans Melancholia, de son vieux complice Lars Von Trier, puis le psychopathe Martin Vanger dans The Girl with the Dragon Tattoo de David Fincher, Facteur craignait-il qu\u2019on le cantonnât ensuite dans les partitions de vilains?«J\u2019essaie de ne pas y penser.Qui plus est, il s\u2019agit de deux cinéastes à qui on ne peut pas dire non!» C\u2019est d\u2019ailleurs souvent ce qui le motive: la perspective de travailler avec tel ou tel metteur en scène.«Cela prime souvent le rôle lui-méme.» «Marius Holst, le réalisateur, m\u2019a approché il y a plusieurs années déjà, poursuit Stellan Skarsgârd.Le financement a été long à réunir.J\u2019ai lu dans l\u2019intervalle plusieurs versions du scénario, sans m\u2019engager.» Puis un jour, Holst décida que des adolescents ayant réelle- ment fréquenté de tels centres devraient jouer ceux du film.Des camps non pas de travail, mais de jeu, furent ainsi mis sur pied par la production.«Cette approche m\u2019a plu.Ce n\u2019était pas la première fois que je travaillais avec des amateurs, mais dans une telle proportion, si.Vous savez, à ce stade de ma carrière, ce qui me motive, c\u2019est d\u2019apprendre quelque chose de nouveau à chaque film.A cet égard, celui de Marius m\u2019a comblé, assure Facteur en s\u2019enflammant.Dans pareil contexte, avec une troupe de jeunes non professionnels, on ne peut pas se cacher derrière la technique et les trucs du métier: on doit être aussi vrais qu\u2019eux afin de ne pas rompre le charme.C\u2019est un défi formidable pour un acteur, car le jeu retrouve ainsi une certaine fraîcheur.Ça garde.jeune!», conclut Stellan Skarsgârd.Collaborateur du Devoir ?«Téchiné a insufflé une vraie énergie à une intrigue étrange qui reste toujours sur le fil du polar.» D'APRES LE ROMAN DE PHILIPPE DJIAN AlllDRÉ DUSSOllIER CAROLE RDUQUH WIÉLANIE THIERRY ADRIANA ASTI MAURO CONTE IMPARDONNABLES un niM DE ANDRE TECHINE lDBBIÜ]ii»>ki»nHiiANDRÉTÈ;HINÉiiMEHDI BEN AIDA bbiuiiPHIIIPPE DJIANæMisiiiiiiiinimyiiii]iii métrofDole aNEPi^ivERTissEMEm-T rCINÉMA BEAUBIEN] 2396, Beaubien E.721-6000 I Al\trC'NEPlBCDIVERnSSEMEMTTri LAnnIOMt! rQUARflERLATINll pCINEPLfX DIVEFmSSEMEm'-i,-CINÉMA PINE- I BOUCHERVILLE I IsTE-ADÈLE LE CLAP ^ metropoletilms.com CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS M\t¦ 11 ¦ international\tM\t^\tw ^\t^11 l\u2022Ôlmf^tivar\tDocumentary \"^^OFFICIALSELECTION 2011^^\tÎCtfO 2011 Và ^ IDFA Competition ^0 for Feature-Length à L1 Industrie du Ruba Réalisé par Léa Pool rose Commercialiser l\u2019espoir ?-Le Soleil ?-24 Heures ?« Cest le genre de film que tout le monde devrait voir.» Denise Martel -Journal de Montréal 'k'k'ki « .documentaire fascinant et déstabilisant.» Marc Cassivi -La Presse A OCSk I onf.ca/f08e Qui trop explique mal étreint IMPARDONNABLES Réalisation: André Téchiné.Scénario: A Téchiné, Mehdi Ben Atti^ d\u2019après le roman de Philippe Djian.Avec André DussoUier, Carole Bouquet, Adriana T^ti, Mélanie Thierry, Mauro Conte, Andrea Pergolesi, Sandra Toffolatti.Photo: Julien Hirsch.Montage: Hervé de Luze.Muâque: Max Richter.France, Italie, 2011,111 min.FRANÇOIS LEVESQUE Avec Barocco, Le lieu du crime ou encore Les voleurs, des œuvres noires dont on ne sait trop si le mystère émane de la forme et contamine graduellement le fond ou l\u2019inverse, le cinéaste André Téchiné s\u2019est fait le chantre de l\u2019ambiguïté.L\u2019ambiguïté sexuelle, l\u2019ambiguïté amoureuse, l\u2019ambiguïté des intentions.Surtout, l\u2019ambiguïté du sens à donner à toute cette l\u2019ambiguïté.Observer les regards et les gestes des personnages, chercher à comprendre les raisons qui poussent untel à agir comme il le fait, à dire ce qu\u2019il dit comme il le dit, puis formuler des hypothèses par-devers soi pour les voir être invalidées plus loin; recommencer: pour peu qu\u2019on ait l\u2019âme psychologue, le cinéma d\u2019André Téchiné, c\u2019est souvent du bonheur cinéphile.En cela.Impardonnables constitue une bien petite gâterie: meilleur que son film précédent, La fille du RER, mais en deçà des Temps qui changent et des Témoins.Un écrivain en panne (un archétype dont on ne se lasse pas) venu chercher l\u2019inspiration à Venise.L\u2019agent d\u2019immeubles, une ancienne femme fatale au cœur tendre, dont il s\u2019éprend.La détective privée embauchée par le premier et qui aima jadis la seconde.Et la progéniture des uns et des autres qui génère l\u2019angoisse parentale: une fille disparaît, un fîls sort de prî-son.«On devrait passer une loi contre la procréation.Ce serait le seul remède contre la culpabilité», déclarera le romancier (André DussoUier, en forme).A sa décharge, le film aurait pu s\u2019appeler Lrs enfants terribles.Adapté d\u2019un roman de PhlUp-pe Djian, Impardonnables fut scénarlsé par le cinéaste et par Mehdl Ben Attia.Téchiné a tou-jours écrit en collaboration (avec Pascal Bonltzer et Gilles Taurand pour le melUeur).Cette fols, force est de constater que la symbiose n\u2019est pas au rendez-vous.Divisé en quatre volets de longueurs variables, de l\u2019été au printemps, le récit s\u2019annonce pourtant Intrigant.Un parfum délétère plane: quoi de plus normal dans la cité lacustre ayant Inspiré Ne vous retournez pas et Obsession.Au cours de l\u2019été, on s\u2019attend à voir remonter un corps à la surface de la lagune.SI seulement! L\u2019automne venu, le mystère se dissipe.L\u2019Intérêt aussi.Durant le court segment hivernal, les personnages s\u2019expliquent (pourquoi ces actions, pourquoi cette parole) lors de deux scènes d\u2019exposition particulièrement lourdes (au café, puis au mariage, avec au moins à l\u2019arrière-plan un hommage Inattendu à Amarcord).Téchiné n\u2019a pourtant pas l\u2019habitude de donner dans la pédagogie.De sa part, c\u2019est décevant.Ça tue l\u2019ambiguïté.Collaborateur du Devoir SOURCE METROPOLE EILMS Carole Bouquet et André DussoUier dans Impardonnables « D\u2019une redoutable EFFICACITÉ ! Une réalisation APPLIQUÉE.Une distribution de TOUT PREMIER ORDRE.» - Marc-André Lussier, La Aîssse « Scénario d\u2019une GRANDE RICHESSE, AVEC DE MERVEILLEUX DIALOGUES.» - Odile Tremblaï, Le Devoir « .A DE QUOI RAVIR LES NOSTALGIQUES DE PAGNOL.Auteuil et Merad savoureux.» -\tManon Dumais, Voir « Jean-Pierre Darroussin TOUCHANT ET ATTACHANT.Œuvre PARFAITE.» - Martin Gignac, LeCinemaca « Astrid Berges-Frisbey EXCELLENTE et DÉLICATE.» -\tKarl Filion, Cinoche « PITTORESQUE.» - Normand Provencher, Le Soleil Fl 1.1 .F.nil PUISATIER D'APRÈS L\u2019ŒUVM DE\tUN FILM DE MARCEL PAGNOL DANIEL AUTEUIL DANIEL AUTEUIL SABINE\tJEAN-PIERRE AZEMA\tDARROUSSIN ' NICOLAS\t.ASTRJD DUVAUCHELLE BERGÈS-FRISBEY ç™ B» 17-» PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE ! CHR^TIU.WWMARCEL-PACNOLCOM G racebooilcom/LaFilleDuPuisatier PRECEDE DE DIMANCHE DE PATRICK DOYON, EN NOMINAnON POUR LtISCAR DU MEILLEUR COURT METRAGE D'ANIMAHON PRESENTMENT A L\u2019AFFICHE! '\tVERSION ORIGINALE ANGLAISE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS CONSULTEZ [£S GUIDESnORAIRES DES CINÉMAS -(s srak I E 14 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 FEVRIER 2012 CINEMA SOURCE FILMS SEVILLE Vivre l\u2019enfer WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN Réalisation: Lynne Ramsay.Scénario: Lynne Ramsay et Rory Stewart Knnear, d\u2019après le roman de Lionel Shriver.Avec Tilda Swin-ton, John C.Reilly, Ezra Miller.Image: Seamus McGarvey.Montage: Joe Bini.Musique: Jonny Greenwood.112 min.ODILE TREMBLAY Ceux qui ont lu le fort populaire roman de Lionel Shri-ver We Need to Talk About Kevin crient souvent à la trahison en voyant le film que la Britan-pique Lynne Ramsay en a tiré.A l\u2019écrit, il s\u2019agissait d\u2019un monologue, celui d\u2019une mère assez monstrueuse qui remontait le fil de sa vie après des crimes horribles perpétrés par son fils.Le cinéma, qui peut manier l\u2019image, le son et illustrer les souvenirs de l\u2019héroïne, permet d\u2019ajouter à sa voix un tas d\u2019éléments, pour le meilleur ou pour le pire.Ici, la cinéaste qui nous avait donné le brillant et condensé Ratcatcher et le plus artificiel Morvern Callar livre une œuvre de haute facture, mais échevelée côté montage, qui peine à trouver son point de vue.L\u2019enfant maléfique devient le monstre, et le personnage maternel (incarné avec une ambiguïté troublante par Tilda Swin-ton, dont le beau visage sensible exprime toute une gamme d\u2019expressions: haine, amour, crainte, etc., mais jamais l\u2019écroulement) relève presque de la victime d\u2019un enfant pervers qui lui rend la vie impossible depuis le berceau et lui coûte sa carrière.Changement d\u2019axe, donc, par rapport au roman, et sujet tabou de toute façon que celui du désa-mour maternel.Le rouge dominera partout, en peinture, en confiture, en symboles sanglants sursaturés, annonciateurs d\u2019orage, sur des images très sophistiquées, qui jettent souvent de la poudre aux yeux, épatent aussi, mais écrasent la trame psychologique de leur virtuosité.Nous voici, à coups de flash-back et de temps mêlés, dans l\u2019univers d\u2019un couple au départ heureux et créatif, puis, à coups de scènes éprouvantes, peu à peu démoli.Elle (SwintonX omniprésente et charismatique; lui (John C.Reilly, juste dans la bonté hébété), en retrait.Au milieu: un garçon, d\u2019abord bébé hurleur, puis enfant qui déteste sa mère, et adolescent au regard diabolique (l\u2019inquiétant Ezra Miller, qui en rajoute dans le profil noir), pourtant tendre avec papa.Est-il mauvais avec sa mère ou le voit-elle ainsi?Elle et lui seraient-ils seuls au monde à se comprendre?Un mystère plane.Le personnage joué par Tilda Swinton s\u2019autodétruit dans un sentiment de culpabilité, qui se justifierait davantage si les torts de la mère étaient mieux marqués.Ici, l\u2019enfant porte le vice.Et la mère devra vivre son enfer, après la catastrophe, en acceptant les brimades horribles de tous, par-delà sa vie brisée.Le mal est-il inné ou acquis à cause de l\u2019impossibilité de la mère à aimer son rejeton?On ne le saura jamais, tout en appréciant l\u2019ironie du titre, We Need to Talk About Kevin, alors que les parents n\u2019abordent jamais directement, en 17 ans, le problème énorme de cet enfant au pœur du naufrage familial.Echevelé, soit, ce montage, ce qui n\u2019empêche pas le film de distiller une angoisse palpable et affolante de bout en bout.D\u2019excellentes chansons country apportent une touche d\u2019humour, en opposition avec les sonorités stressantes et fascinantes qui confèrent sa ponctuation au suspense psychologique.Le film ne fera pas l\u2019unanimité, dérangeant les uns mais passionnant les autres, qui apprécieront le soin maniaque apporté aux éléments techniques, l\u2019interprétation exceptionnelle de Swinton et ce malaise profond qui nous étreint longtemps après la chute du générique.Le Devoir Cendrillon n\u2019ira pas au bal MISS BALA Réalisation et montage: Gerardo Naranjo.Scénario: G.Naranjo, Maurido Katz.Avec Stephanie Sigman, Noe Hernandez, Miguel Couturier, James Russo.Photo: Mâtyàs Erdély.Musique: Lynn Ealchtein.Mexique, 2011,113 min.ERANÇOIS LEVESQUE \\ A l\u2019ombre des grosses pointures mondiales que sont devenus les Alejandro Gonzalez Inàrritu {Amours chiennes, Bi-utiful), Guillermo Del Toro {L\u2019échine du diable, Le labyrinthe de Pan) et Alfonso Cuarôn {Y tu mamâ también, Children of Men), de plus petits joueurs œuvrant sur le circuit indépendant mexicain confirment l\u2019incroyable vitalité dont continue de jouir ce cinéma national.La bonne, Alamar, Les volontés de Nora: des budgets microscopiques ne sauraient empêcher une bonne histoire d\u2019être filmée et, à travers celle-ci, un pays d\u2019être raconté.Miss Bala s\u2019Jnscrit dans le même sillon.A l\u2019instar des longs métrages précédents, celui de Gerardo Naranjo revêt des atours naturalistes favorisant l\u2019émergence, à l\u2019arrière-plan, d\u2019une peinture sociale vériste.Miss Bala relate les mésaventures de Laura Guerrero, une jeune Mexicaine de Tijuana qui espère extraire sa famille de la pauvreté en s\u2019inscrivant à un concours de beauté.Or rien ne se déroule comme prévu et, par des circonvolutions narratives qu\u2019il vaut mieux taire, Laura devient un pion dans une partie d\u2019échecs mortelle entre policiers et narcotrafiquants.Financé par Gael Garcia Bernai et Diego Luna, les vedettes du film Y tu mamâ también devenus des réalisateurs et des producteurs très impliqués dans la cinématographie mexicaine, Miss Bala s\u2019apparente à un conte de fées pervers.En effet, le rêve naïf de l\u2019héroïne, sorte de Cendrillon moderne, vire progressivement, méthodiquement, au cauchemar.Initialement refusée au bal, la belle y sera finalement conviée, mais après que le carrosse se fut changé en citrouille et que le charme d\u2019avant minuit eut laissé place à la gueule de bois.Privée d\u2019un budget faramineux, la réalisation de Gerardo Naranjo n\u2019en apparaît que plus ingénieuse, notamment dans sa manière d\u2019évoquer le chaos hors champ et de gérer les allers-retours de la caméra sur la protagoniste, dont le point de vue soutient tout le film.Bien observé et d\u2019une ironie implacable, Miss Bala est l\u2019une des bonnes surprises de ce début d\u2019année.Collaborateur du Devoir J 1 SOURCE METROPOLE FILMS www.cinemaduparc.com Gonmult&x notr& mlt& Int&rn&t 24 FILMS D\u2019ALFRED HITCHCOCK MAlTBE DU SUSPENSE IVI I S S BALA LES COURTS MÉTRAGES EN NOMINATION AUX OSCARS MONSIEUR LAZHAR Métm Place dGS Arts [CINÉMA DU PARC-I É] Autobus 80/129 I 3575 Du Parc 514-281-1900 | EVDKATIH FILMS ET FILM MOVEMENT PRÉSEHnNT \u201cImplacable et effrayant!\u201d -EMMANUÊLE FROIS, LE FIGAROSCOPE EN NOMINATION AUX OSCARS MEILLEUR FILM EN LANGUE ETRANGERE < UNE HISTOIRE DE COURAGE SIGNEE AGNIESZKA HOLLAND.UN DRAME SUPERBE ET SINGULIER, INSPIRÉ D\u2019UNE HISTOIRE VRAIEI » Joe Morgenstern, The Wall Street Journal ü SOUS TERRE DE LA RÉALISATRICE DE «EUROPAEUROPA» (SËLECTIOH OFFICIELLE\t/ SELECTION OFFICIELLE \\ TELLURIDE FILM FESTIVAL) (tORONTO FILM FESTIVAL) unfilmdeAGIIIESZIUHOLLAND iveiROBERTWIÇCKIEWICZ BENNOFDRIIANN AGNIESZKAGROCHOWSKA MARIA SCHRADER HERBERT KNAUP KINGAPREIS KRZYSZTOF SKONIECZNV 1*1 SïSÏÏ\" CMYRi A'gy, | www.indarknessfiljm.com |\t3^\u201d ITIYîW mét/Opole DÈS LE VENDRED117 FÉVRIER! etropolefilms.com < Une œuvre sans prétention et touchante I » 'Gliome GÉRARD\tOLIVIER\tVINCENT LANVIN\tMARCHAL MOSCATO I «Jl KAKINA LOMBARD DUVALL le fils a Jo UN FILM DE\tluJHFilmoption PHILIPPE GUILLARD JuJHIntemational PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE rCINÉBCA BEAUBIEN] |\u2014-1 I 280C.DeaublenE.721-OOBO I I LE CLAP | CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS mÊÊk 4MiBk EAINAIT FEITIIAL DU FILM rÉDIMBDURB MEILLEIRE PIEHItDE PEDEOIMANGE D\u2019ACTEID.KlECTIDII OFFICIELLE FEITLVAL FANIASIA GAiD UNFILMDEMARIUIHDLST WWW.FILMMOVEMENT.COM WWW.EVOKATIVEFILMS.COM À L'AFFICHE DÈS LE 10 FÉVRIER AH CIHÉMA REAHRIEH (S.T.F.] ET AD AMC FORHM |S.T.A.] "]
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