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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2012-02-11, Collections de BAnQ.

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[" LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 IDEES Une odieuse légitimation de la torture Page B 5 SCIENCES Lire dans les pensées Page B 6 PERSPECTIVES Pour rompre le silence Le fossé entre les deux solitudes au Canada se creuse.Il faudra bien reprendre le dialogue.Depuis plus de 15 ans, la place du Québec dans la fédération ne fait plus l\u2019objet d\u2019une réflexion commune et, surtout, d\u2019un dialogue soutenu entre le Québec et le reste du pays.Le fossé entre les deux solitudes s\u2019est creusé.Le temps est venu de rebâtir les ponts, croient les organisateurs d\u2019une conférence tenue cette semaine à Toronto.Il reste à trouver la manière, cependant.MANON CORNELLIER Le 30 octobre 1995, les résultats du référendum sur la souveraineté du Québec tombent comme une bombe: 50,48 % pour le Non et 49,42 % pour le Oui.Les forces fédéralistes sont sous le choc.Le Canada est passé à un cheveu de voir le Québec lui tourner le dos.Mais près de la moitié de la population québécoise vient aussi de lui dire qu\u2019elle est profondément insatisfaite du statut actuel du Québec.Au lieu de chercher une façon de remédier à la situation et de renouer avec ces citoyens, le Canada cherchera, dans les mois et années qui suivront, à verrouiller la porte.Suivront le renvoi à la Cour suprême et la Loi sur la clarté.Après, le silence s\u2019est installé.Des deux côtés, accompagné d\u2019une indifférence mutuelle croissante poussant chacun à vaquer de façon isolée à ses affaires.«L\u2019absence de réaction du reste du Canada a fait en sorte que bien des Québécois ont conclu qu\u2019il n\u2019y avait rien à attendre du reste du pays», note le politologue Luc Turgeon, de l\u2019Université d\u2019Ottawa.De leur côté, les Québécois se sont cantonnés dans une «politique du refus et de la chaise vide» et un désintérêt pour les grands débats sur l\u2019avenir du pays, incitant ainsi le Canada à regarder ailleurs.Résultat, le problème à la source de ce malaise n\u2019est toujours pas résolu, notait la professeure de droit constitutionnelle Eugénie Brouillet, dans le cadre d\u2019une conférence sur la «question du Québec pour la prochaine génération», tenue à I\u2019Uni-versité de Toronto cette semaine.Il faut se parler Organisée par le Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales de l\u2019UQAM et la School of Public Policy and Governance de l\u2019Université de Toronto, la rencontre avait justement pour but de briser ce silence et de créer de nouveaux canaux de communication parmi une nouvelle génération de chercheurs et d\u2019experts qui n\u2019ont pas connu les batailles passées.«L\u2019objectif est d\u2019opérer un rapprochement, de briser le silence sur les deux solitudes, parce qu\u2019on est de plus en plus deux communautés aliénées une de l\u2019autre», explique l\u2019instigateur Alain-G.Gagnon, de rUQAM.«On partage un espace géopolitique, on aurait donc intérêt à s\u2019entendre sur les enjeux importants et un ensemble de politiques publiques.» Plus d\u2019une centaine d\u2019universitaires, de juristes et de politiciens du Québec et du reste du Canada ont répondu à l\u2019appel, désireux eux aussi de relancer le dialo^e.Et dialogue il y a eu, bien qu\u2019il ait eu parfois les allures d\u2019un dialogue de sourds.On s\u2019entendait sur la nécessité de résoudre cette fameuse question du Québec, mais on divergeait sin les moyens.Les conférenciers de l\u2019extériein du Québec ne pouvaient se résoudre à l\u2019idée de rouvrir la Constitution.Du moins pas maintenant.L\u2019ancien premier ministre ontarien David Peterson a donné le ton dès le début des travaux en disant qu\u2019il ne croyait plus possible de la modifier.Le Canada, dit-il, a raté «la chance d\u2019une vie» avec l\u2019accord du lac Meech.Le constitutionnaliste Patrick Monahan a renchéri.«Est-il sage de se pencher sur cette question maintenant?La réponse est non», a-t-il dit.Vétéran des négociations passées, le professeur David Cameron, de l\u2019Université de Toronto, a dit croire que la Constitution serait un join modifiée, mais par la nouvelle génération.L\u2019ancien ^effier du Conseil privé Mel Cappe et l\u2019ancienne juge à la Cour suprême Louise Arbour jugent eux aussi qu\u2019il ne faut pas relancer délibérément ce débat.Différentes voies Les suggestions n\u2019ont pas manqué pour rétablir les liens et faire face ensemble aux nouvelles pressions qui s\u2019exercent sur la fédération canadienne.Ancienne députée libérale, Martha Hall Pindlay a souligné les risques posés par les tendances économiques actuelles avec le déplacement du centre de gravité économique et les disparités entre les provinces.Selon elle, les provinces doivent immédiatement se concerter pour y faire face.Se doutant de ce que le recensement allait nous apprendre cette semaine, David Peterson a soulevé la question des changements démographiques qui accompagnent ce mouvement vers Ne Ë r PETER JONES REUTERS PEDRO RUIZ LE DEVOIR h SHAUN BEST REUTERS Deux premiers ministres un an après ie dernier référendum sur i\u2019indépendance du Québec.l\u2019Ouest.À son avis, il est urgent de renouer le dialogue pour identifier les valeurs communes aux diverses régions.Et on veut que le Québec y contribue tout en y défendant ses intérêts.Mais encore faudrait-il que le Québec y mette du sien, surtout dans le contexte actuel, en étant plus actif, par exemple, au sein du Conseil de la fédération, une institution qu\u2019il a contribué à créer mais où il joue un rôle effacé depuis le départ du ministre Benoît Pelletier, déplore Alain-G.Gagnon.Des outils existent pour rétablir la communication entre tous les partenaires, ont dit plusieurs participants, mais la plupart refusaient pour le moment d\u2019envisager la voie constitutionnelle.Or, ont rappelé la plupart des experts québécois présents à Toronto, on ne pourra y échapper.Luc Turgeon convient que le contexte actuel ne s\u2019y prête guère avec un gouvernement fédéral qui a opté pour le désengagement, en plus d\u2019irriter bien des Québécois avec les symboles qu\u2019il valorise.Mais, a-t-il dit, «pour vraiment renouer avec les Québécois, il faudra passer par la Consti- tution».Eugénie Brouillet est du même avis La source du problème étant constitutionnelle, la solution doit l\u2019être aussi, dit-elle.«La Constitution, c\u2019est important, surtout dans une fédération comme la nôtre.Et quand une Constitution souffre d\u2019un déficit de légitimité d\u2019une large partie de la population, comme c\u2019est le cas ici, on ne peut laisser faire.» Premier pas Alain-G.Gagnon ne s\u2019inquiète pas de ces divergences.Il faut, rappelle-t-il, renouer la conversation, voir où chacun en est, explorer de nouvelles idées, intégrer la nouvelle génération de penseurs à l\u2019exercice avant de pouvoir trouver des terrains d\u2019entente.Et cette conversation ne fait que redémarrer.En fait, il se disait encouragé par l\u2019intérêt suscité par cette conférence alors que la question du Québec est reléguée à l\u2019arriè-re-plan depuis des années.Lui-même voit des signes d\u2019évolution.Comme VOIR PAGE B 3: SILENCE « Cuba sort la tête de l\u2019eau» Raùl Castro affirme sa volonté de moderniser le pays.Optimiste et prudente, la population observe.GERARD THOMAS La Havane \u2014 Ivano fait une moue dubitative.«Rajeunir les dirigeants cubains?Sûr que ce serait une bonne chose, puisque nombre d\u2019entre eux sont plus que septuagénaires, note-t-il en esquissant un sourire.Mais les figures historiques du régime, souvent des compagnons d\u2019armes du président Raùl Castro, s\u2019accrochent au pouvoir et Raùl a confiance en elfes.» Cet enseignant de 28 ans, lunettes noires et chapeau de paille fiché sur fa tête, n\u2019est pas membre du Parti communiste cubain (PCC), mais if a suivi les débats de fa conférence nationale \u2014 sorte de mini-congrès du PCC \u2014 qui s\u2019est tenue les 28 et 29 janvier au Palais des conventions de La Havane, en présence de 811 délégués.Une première du genre depuis fa fondation du parti par Pidef Castro, en 1965.Au menu de fa conférence: fe rajeunissement des cadres, fe «changement des mentalités», fa lutte contre fa corruption et fa rectification des «inepties du passé».Vaste programme, destiné avant tout à «actualiser fe socialisme» et à soutenir fes réformes économiques décidées en avril, fors du 6e congrès du parti.«Ou nous changeons ou nous coulons», avait prévenu Raùf Castro en convoquant cette conférence.If a tempéré ses propos quelques jours avant son ouverture, en assurant qu\u2019if ne fallait «pas se faire trop d\u2019illusions».Le bilan des discussions peut en effet paraître modes-« On peut\tte.Le rajeunissement des .\tcadres, régulièrement présen- trouver la\tcomme une priorité par le président cubain, se fera à un rjtihme de sénateur: 20 % des trop lourde, effectifs seulement seront renouvelés d\u2019ici au prochain les progrès congrès prévu dans quatre .\tans.Une limitation à deux trop lents, mandats de cinq ans pour les les décisions p.^cipaux responsables politiques du pays a par ailleurs difficiles\tété adoptée.Elle devrait s\u2019ap- pliquer à Raùl Castro, octogé-à mettre\tnaire et président depuis .,\tmaintenant quatre ans, mais rapiaement gUg permet surtout à la «génération qui a fait la révolution» de 1959 de rester aux comil est\tmandes pratiquement jusqu\u2019à la fin de sa vie.incontestable «On peut trouver la machi-,\tnerie trop lourde, les progrès que les\tIgnts, les décisions difficiles choses sont ^ mettre rapidement en œuvre.il est incontestable en train de due les choses sont en train de changer dans notre pays», s\u2019en-changer dans thousiasme cependant Neysa, la quarantaine, qui se décrit notre pays » comme une militante de base.Même diagnostic pour Andrés, 86 ans, qui observe avec attention les manœuvres d\u2019entrée d\u2019un bateau vénézuélien dans le port de La Havane.«Je crois que Cuba, qui a cruellement souffert politiquement et économiquement de l\u2019effondrement du grand frère soviétique en 1992, est en train de sortir la tête de l\u2019eau.Nous sommes sur la bonne voie et Raûl prend les mesures adaptées.» en œuvre.Le lent dégel Depuis qu\u2019il a définitivement succédé en février 2008 à son frère Eidel, rongé par la maladie, Raùl Castro orchestre le lent dégel cubain et tente d\u2019incarner l\u2019image d\u2019un réformateur prudent, désireux d\u2019ouvrir le pays sur l\u2019extérieur et à l\u2019économie de marché.Longtemps brocardé en comparaison avec le très médiatique «Lider maxime», l\u2019homme qui fut durant 49 ans le patron incontesté des Eorces armées révolutionnaires (EAR, l\u2019armée cubaine) a peu à peu pris de l\u2019étoffe dans ses habits civils.Au point de remplacer les dirigeants «lidélistes» par des hommes à lui, la plupart du temps des militaires qui ont servi sous ses ordres.Il a favorisé le développement des activités commerciales privées et annoncé la suppression progressive de 1,3 million de postes dans le pléthorique secteur public.En 2012, 170 000 fonctionnaires devraient ainsi être rayés des listes.Le président a également procédé à des distributions de terres d\u2019Etat aux paysans, pour tenter de relancer une production agricole dramatiquement insuffisante pour subvenir aux besoins de la population, et levé «les interdictions absurdes» qui pénalisaient les Cubains.Ces derniers peuvent désormais acquérir des ordinateurs et des téléphones portables, fréquenter les hôtels jusqu\u2019à présent réservés aux étrangers, louer des automobiles, vendre ou acheter leur logement ou accéder au crédit bancaire.«A condition de pouvoir s\u2019offrir tout cela», module Ivano, rappelant avec humour qu\u2019avec son salaire équivalant à environ 18 $CAN par mois, VOIR PAGE B 3: CUBA B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 PERSPECTIVES DES IDEES EN L\u2019ERE L\u2019inconvénient d\u2019être « périphérique » \\ m f Antoine Robitaille « P ériphérique»: quand on utilise ce mot, les Français voient des autoroutes qui ceinturent une ville.A mes yeux, le terme décrit bien une partie de notre état d\u2019esprit, notre psyché.«Le Québec est périphérique à plusieurs égards (au sein de la francophonie, du Canada, des Amériques)», faisait remarquer le professeur et traducteur Louis Joli-cœur dans un texte récent.Nous ne sommes pas un centre.Ni New York, ni Paris, ni Toronto.Dubaï et Shanghai sont très loin.Mais Dieu que les grenouilles que nous sommes rêvent souvent de se faire grosses comme ces bœufs.Quand j\u2019ai vu Régis Labeaume, cette semaine, participer avec fierté à l\u2019annonce de la venue de Madonna à Québec \u2014 laquelle se produira dans un parc public, les plaines d\u2019Abraham \u2014, ce mot m\u2019est venu à l\u2019esprit: «périphérique».Une des principales obsessions du périphérique, c\u2019est de se mettre sur la «map».La fameuse «map».Devenir, ne serait-ce que l\u2019espace d\u2019un court instant, un «centre».Cet état d\u2019esprit a ses avantages: on «rêve grand»; on cherche à se dépasser; on est forcément ouvert sur le monde; l\u2019orgueil national est naturellement modéré.L\u2019esprit périphérique comporte plusieurs risques cependant.Le principal est de passer à côté de soi.Si, dans ses versions pathologiques, le nationalisme nous ferme sur le monde, le syndrome du périphérique, lui, referme le monde sur nous.«L\u2019ouverture sur le monde» est devenue une valeur cardinale du système scolaire, me faisait remarquer le politologue Marc Chevrier dans une entrevue.Cette «attraction immodérée de l\u2019extérieur», soulignait-il, peut déboucher sur une envie de «sortir à tout prix de soi.c\u2019est l\u2019altérité dévoreuse de soi».Quand on est atteint du sjmdrome du périphérique, il faut invoquer l\u2019Autre, le centre, le plus possible.Dans les années 1990, la Faculté d\u2019administration de l\u2019Université Laval avait lancé un slogan typiquement «périphérique»: elle promettait d\u2019être «le Harvard du Nord».Depuis l\u2019arrivée de Régis Labeaume à la mairie de Québec, les sjmiptômes de la maladie se font de plus en plus fréquents.En 2009, une station de radio avait diffusé une vidéo promotionnelle sur le Web pour Régis Labeaume, qui déjà trônait avec 87 % d\u2019appuis dans les sondages.Très bien fait, plein d\u2019humour et d\u2019hyperboles, le «lipdub» filmé et parfaitement sjmchronisé dévoilait cependant un état d\u2019esprit particulier: il martelait sur un air des Black Eyed Peas que Régis allait mettre Québec «su\u2019a map», envoyer le «Rouge et or au Super Bowl»; apporter la «tour Eiffel, le Grand Canyon» sur la Grande Allée.Et Broadway s\u2019installerait «sur la rue Cartier».Lorsqu\u2019il veut célébrer son histoire, le périphérique ne trouve plus suffisant de parler de soi, de son passé, de son avenir.11 faut qu\u2019il invite.Et ça doit être de la «grosse visite»: Paul McCartney pour le 400® de Québec; Rod Stewart pour le 375® de Lévis.Et claquons sans remords des fonds publics! Ceux qui s\u2019étonneront, qui mettront en question le lien entre un rocker millionnaire déclinant et l\u2019histoire de villes fondées à l\u2019époque de la Nouvelle-France?Qn les somme de se taire, les soupçonne de racisme et leur reproche de refuser la «mouvance contemporaine».(Ce sjmtag-me, que j\u2019ai vu à plusieurs endroits récemment, peut-on me le définir?) À force de regarder ailleurs, le périphérique finit par exceller dans l\u2019art de l\u2019imitation.Nous sommes tous un peu, à certains moments, des André-Philippe Gagnon qui tentent de reproduire parfaitement We Are the World.Et pour aspirer au poste de premier ministre, François Legault devrait parler anglais «sans accent», ne l\u2019oubliez pas.Effacer toute trace du Québécois lorsqu\u2019il s\u2019exprime dans la langue de la «mouvance contemporaine».Je vous entends répondre: mais périphérique, c\u2019est «colonisé».Peut-être.Mais pas tout à fait.Les colonisations ont sans doute laissé le germe de la haine de soi dans l\u2019esprit québécois.Du complexe d\u2019infériorité.Le rapport de domination dénoncé dans le temps par les Fanon, Memni, Falardeau, etc., est, toutefois, passablement disparu chez nous.Mais une «haine de soi» affleure de nouveau en nous, comme dans le temps.Jadis, le colonisé avait son colonisateur.Dans son extrémité pathologique contemporaine, le périphérique s\u2019auto-colonise.Des essayistes commencent heureusement à pointer ce symptôme: Jean-François Lisée et, prochainement, Mathieu Bock-Côté (qui publiera Fin de cycle chez Boréal le 20 février).Périphériques, nous le sommes, c\u2019est un fait géographique, linguistique, continental, civilisationnel.Nous le serons d\u2019autant plus que les forces démographiques et économiques déplacent tranquillement le pôle, le centre, plus loin de nous que jamais: vers l\u2019ouest du continent américain et vers le Pacifique.(Vous avez vu comme moi les dernières données du recensement.Et Stephen Harper, né en Qntario, mûri en Alberta, en opération séduction en Chine).Résister au «périphérisme» sera de plus en plus difficile, diront certains.Mais l\u2019histoire n\u2019est jamais écrite d\u2019avance.Qn cite souvent cette belle phrase du poète allemand Hôlderlin: «Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.» 11 y a quelque chose de québécois là-dedans, vous ne trouvez pas?arobitaiUe@ledevoir.corn ETATS-UNIS Discretion et influence Les évangéliques et le Tea Party ne mènent pas nécessairement le même combat chez les républicains Contrairement à ceux qui les croyaient disparus de la vie politique américaine depuis la reconquête républicaine de la Chambre en 2010, les évangéliques et le Tea Party se sont fait entendre avec force mardi soir en donnant au candidat ultraconservateur Rick Santorum la victoire dans les primaires républicaines du Colorado, du Missouri et du Minnesota.Mais les évangéliques ne sont pas un groupe monolithique et ne se confondent pas totalement avec le Tea Party.MARIE-CHRISTINE BONZOM Washington \u2014 La victoire en trois exemplaires de Rick Santorum cette semaine souligne le virage vers la droite ultraconservatri-ce opéré par le Parti républicain.11 l\u2019emporte notamment dans le Missouri et le Minnesota, deux Etats que Mitt Romney avait gagnés pendant les primaires républicaines de la campagne présidentielle de 2008.De fait, Mitt Romney était alors considéré comme un conservateur tandis qu\u2019aujourd\u2019hui il fait figure de modéré.C\u2019est que la radicalisation du Parti républicain s\u2019est accentuée depuis 2008.Les évangéliques et les membres du Tea Party, qui sont souvent les mêmes personnes, mais pas toujours, ont permis au Parti républicain de reconquérir la Chambre des dépqtés ainsi que des assemblées locales dans les Etats lors des élections de mi-mandat en 2010.Mais ils sont loin d\u2019avoir disparu de la circulation.Pendant un an et demi, ils ont agi dans les couloirs du pouvoir.Ils ont avancé leurs idées à travers leurs élus au Congrès, dans les assemblées locales, et maintenant dans les programmes de la plupart des candidats qui se sont présentés à l\u2019investiture du parti en vue de la présidentielle de novembre prochain.Au fd de la campagne en cours, ils ont misé tour à tour sur Michèle Bachmann, fondatrice du sous-groupe parlementaire du Tea Party à la Chambre, sur Rick Perry, le gouverneur du Texas, sur Herman Cain, un chef d\u2019entreprise de la Géorgie, sur Newt Gingrich, l\u2019ancien président de la Chambre.Ils misent désormais sur Rick Santorum et, dans une moindre mesure, sur Ron Paul.Bien que catholique, et non pas protestant, Rick Santorum a le soutien officiel de plusieurs pasteurs et autres dirigeants évangéliques qui regardent les mormons comme Mitt Romney avec encore plus de suspicion que les catholiques.Parmi ces dirigeants évangéliques se trouve James Dobson, fondateur de Focus on the Fajni-ly, dont le siège se trouve dans le Colorado, l\u2019État qui a donné à l\u2019ancien sénateur sa troisième victoire mardi soir.Une présence constante «Les gens qui se reconnaissent dans le mouvement évangélique et la mouvance du Tea Party sont toujours là, mais ils étaient là aussi bien avant que les journalistes et les sociologues leur collent ces étiquettes», indique au Devoir David Campbell, professeur de sciences politiques à l\u2019Université Notre-Dame et auteur, avec son collègue de Harvard Robert Putnam, d\u2019une étude sur les évangéliques et le Tea Party publiée l\u2019an passé.«Ils ont émergé en force en 2010 en raison de leur opposition à la réforme de santé de Barack Obama et des législatives de mi-mandat et ils vont de nouveau se faire entendre à mesure que nous approchons des scrutins présidentiel et législatif de novembre.» Mais les évangéliques et le Tea Party ne sont pas sjmonjmies.11 est estimé que 28 % des Américains sont évangéliques, soit quelque 80 millions de personnes.A l\u2019évidence, les deux groupes ne se recoupent pas complètement.«Les sympathisants du Tea Party ne sont pas plus susceptibles d\u2019être évangéliques que n\u2019importe quel autre républicain», confirme le professeur Campbell.Du reste, les évangéliques ne forment pas un bloc sur le plan politique.«Les évangéliques, surtout les jeunes, penchent largement du côté des républicains et leur conservatisme est d\u2019abord social; ils sont donc plus opposés à l\u2019avortement ou au mariage homosexuel que les autres républicains.Mais en dehors de ces questions, ils ne sont pas plus conservateurs que d\u2019autres républicains», explique le politologue de l\u2019Université Notre-Dame.Par ailleurs, certains évangéliques, bien que républicains, se situent plus au centre.D\u2019autres, même si cette proportion est «relativement faible» selon le professeur Campbell, sont indépendants ou appuient Barack Qbama et ses amis démocrates.Ènfm, il y a des évangéliques qui n\u2019ont jamais voulu toucher à la politique ou qui ont été refroidis par elle.Hans Moser, un évangélique, est le vice-président du Parti yépublicain d\u2019un comté en Caroline du Nord, un État dont la primaire est fixée au 8 mai.11 déplore la caricature qui est faite des évangéliques ou que certains évangéliques ont faite de leur communauté, de même que l\u2019évolution du Parti républicain.«Qu\u2019est-ce qu\u2019un évangélique?Il y a beaucoup de controverse autour de cette question, indique Hans Moser au Devoir.Si vous dites que vous êtes évangélique et que vous soutenez un mormon ou un catholique, les gens ont du mal à comprendre», dit-il, avant de confier qu\u2019il compte voter pour Rick Santorum.«Santorum est catholique, mais il a raison sur les dossiers importants pour moi: il est contre l\u2019avortement et le mariage homosexuel, pour un gouvernement qui ne soit pas trop étendu, pour l\u2019appui aux activités sociales des églises, pour la liberté d\u2019expression, et donc de religion», explique-t-il.Pour Hans Moser, être évangélique et apparte- h SARAH CONARD REUTERS Les victoires de Rick Santorum cette semaine dans ie Missouri, ie Minnesota et ie Coiorado souiigne ie virage uitraconservateur des répubiicains.nir au Tea Party, ce sont «deux choses totalement différentes».11 discerne notamment des relents fascistes dans le Tea Party.«Le Tea Party, c\u2019est la protestation, la polémique, c\u2019est comme de l\u2019intimidation; c\u2019est leur façon de voir ou rien.En fait, c\u2019est très semblable à ce qu\u2019on a vu en Allemagne et en Espagne dans les années 1930.Or, pour moi, la bonne politique doit faire des compromis, ob-serve-t-il.C\u2019est une erreur de mettre les évangéliques dans le mouvement conservateur, c\u2019est un énorme malentendu car le Christ était pour les pauvres et pour réduire le fossé entre riches et pauvres.En fait, la Bible nous dit que nous avons le devoir d\u2019aider les pauvres et moi, je pense que les riches doivent payer des impôts et toute leur part des impôts», souligne M.Moser, en ajoutant que le Parti républicain «a besoin d\u2019être moins vers l\u2019extrême droite»., À Richfield, dans le Minnesota, un État qui a donné mardi soir à Rick Santorum une victoire de plus de 20 points sur son rival immédiat, le libertarien Ron Paul, qui fut l\u2019une des inspirations des créateurs du Tea Party, Carl Nelson est président de Transform Minnesota, une organisation évangélique.11 indique au Devoir que «certains évangéliques sont engagés très activement dans la politique, mais que beaucoup d\u2019autres font très attention à l\u2019éviter et mettent plutôt l\u2019accent sur l\u2019aspect religieux.Parce qu\u2019en tant que chrétiens évangéliques, nous considérons que le vrai changement, la vraie transformation provient des relations personnelles, de l\u2019amour et du service de l\u2019autre, pas de moyens politiques».Cari Nelson affirme que l\u2019organisation qu\u2019il dirige «comprend des membres qui représentent toute la gamme des idéologies».Elle a d\u2019ailleurs «pris la décision délibérée d\u2019éviter tout engagement partisan» et «ne fait rien dans le domaine politique».«Il y a le sentiment que beaucoup d\u2019évangéliques se sont trop alignés sur les républicains de droite.Aujourd\u2019hui, beaucoup de dirigeants évangéliques font beaucoup d\u2019efforts pour que les évangéliques ne soient plus définis par des opinions politiques, mais par des positions théologiques», explique M.Nelson.Un long passé Les évangéliqpes sont enfrés en politique il y a longtemps aux États-Unis.A la fin du XIK® siècle, ils jouèrent un rôle important dans la lutte contre « C\u2019est une erreur de mettre les évangéliques dans le mouvement conservateur, c\u2019est un énorme malentendu car le Christ était pour les pauvres » la production, le transport et la vente d\u2019alçool qui aboutit à la Prohibition, d\u2019abord dans les États de la fédération, puis au niveau fédéral par l\u2019adoption d\u2019un amendement à la Constitution en 1919 qui resta en vigueur jusqu\u2019en 1933.Quarante ans plus tard, l\u2019arrêt Roe contre Wade rendu par la Cour suprême, qui instaura le droit à l\u2019avortement, ramena les évangéliques à l\u2019action politique, cette fois en alliance avec leurs anciens adversaires catholiques du temps de la Prohibition.Ils placèrent leurs espoirs en Jimmy Carter, le premier évangélique déclaré à occuper la Maison-Blanche.Puis, déçus par Carter, ils se mobilisèrent autour de mouvements expressément politiques, comme la Moral Majority du pasteur Jerry Falwell, pour faire élire Ronald Reagan en 1980.Les évangéliques n\u2019éprouvent pas la haine du gouvernement manifestée par les sympathisants du Tea Party.En 1919 comme en 1980, ils firent appel au gouvernement pour lutter contre ce qu\u2019ils percevaient comme un fléau moral et social.Le Tea Party, quant à lui, est quasi obsessionnel dans son désir de diminuer le rôle et la taille du gouvernement, de réduire les impôts, le déficit et la dette publics.Dans la campagne présidentielle actuelle, c\u2019est Rick Santorum qui est le plus en phase avec le point de vue évangélique et c\u2019est Ron Paul, dont le fils Rand est un élu du Tea Party au Sénat, qui incarne le plus cette mouvance.«Paul est un libertarien et Santorum est davantage un \u201ccommunautarien\u201d, si l\u2019on peut dire; il voit plus un rôle pour le gouvernement, notamment dans le soutien à la famille», note le politologue David Campbell, de l\u2019Université Notre-Dame.Mais 1980 marqua un tournant dans les relations entre les évangéliques et la politique dans la mesure où ils devinrent associés étroitement et durablement à une formation: le Parti républicain.Aujourd\u2019hui, de plus en plus d\u2019évangéliques aspirent à une rupture avec ce parti, voire à un retrait de la sphère politique.Cari Nelson, le président de Transform Minnesota, le laisse entendre ainsi au Devoir.«Mon espoir, c\u2019est que nous puissions revenir à la situation qui était la nôtre avant les années 80», confie-t-il en effet.Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 B 3 PERSPECTIVES QUEBEC De Fart de contourner nn referendum La menace que représentait un référendum sur l\u2019îlot Irving a forcé le promoteur à faire des concessions ISABELLE PORTER Québec \u2014 La Ville de Québec n\u2019a connu que trois référendums locaux dans son histoire, mais dans deux cas sur trois, la victoire du «non» a entraîné le retrait des logements sociaux du projet.Le président du groupe Norplex, Yves Doyon, a suivi la saga de l\u2019îlot Irving avec une pointe d\u2019amertume.L\u2019annonce du rejet du projet de GM Développement lors d\u2019un référendum dimanche lui a rappelé de vieux souvenirs.En 2004, son projet de transformation de l\u2019école des Saints-Martyrs en immeuble à condominiums avait, lui aussi, été défait lors d\u2019un référendum.«Figurez-vous qu\u2019on proposait également un volet social, lance le promoteur.Et il avait été battu de la même manière!» Le mouvement d\u2019opposition à l\u2019époque était dirigé par l\u2019actuelle conseillère municipale Anne Guérette.Les citoyens, raconte-t-elle, voulaient préserver une partie de la vocation publique de l\u2019immeuble.«On n\u2019était pas contre le projet.On voulait juste que l\u2019école ne soit pas transformée à 100 % en résidence.» Le complexe de 98 condominiums et 24 logements sociaux a finalement été abandoimé au profit d\u2019un immeuble moins imposant et sans logements sociaux.Pour M.Doyon, c\u2019espclair: on en demande trop aux promoteurs.«A force de vouloir faire baisser les gabarits et le nombre d\u2019unités, à un moment donné, les projets ne sont plus rentables! Ça coûte une fortune en ville!» Pire encore Or, malgré ces contraintes, M.Doyon continue de brasser des affaires sru les terrains du centre-ville.C\u2019est lui qui est derrière le projet «Eruopa», tout près de l\u2019îlot Irving.Ce projet de condos de luxe étalé sur huit étages doit être construit à l\u2019autre extrémité du quartier Saint-Jean-Baptiste, le long du boulevard Dufferin.Selon le porte-parole du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, Nicolas Lefebvre-Legault, Europa est «bien pire» que le plan proposé pour l\u2019îlot Irving.Non seulement le projet ne comprend aucun logement social, mais il «fait dos» au quartier et est beaucoup plus massif, explique-t-il.Or le hic, c\u2019est que le Comité ne peut rien faire contre Europa.«Pour moi, c\u2019est clair qu\u2019il y avait plus de raisons de s\u2019opposer à Europa, dit-U.C\u2019est un peu frustrant.[.] On n\u2019a pas de poignée légale.» Pourquoi?Parce que le changement de zonage nécessaire à Eruopa (l\u2019équivalent de celui réclamé à l\u2019îlot Irving) a été approuvé dans le dernier Plan particulier d\u2019rubanisme (PPU) de la colline parlementaire et ne peut donc pas être contesté.Ce n\u2019est pas pour rien que les référendums sont rares à Québec.La Ville détient toutes sortes d\u2019outils légaux et réglementaires pour se soustraire à leur application.En plus du PPU, l\u2019article 74,4 de sa Charte peut empêcher la tenue d\u2019un référendum ou même en bloquer les résultats.C\u2019est ce qui s\u2019était produit lors du seul autre cas de référendum depuis l\u2019entrée en scène de ce pouvoir avec les fusions.C\u2019était en 2007, encore dans la haute-ville.Un groupe de citoyens avait rejeté l\u2019ajout d\u2019une toru de sept étages à un complexe pour personnes âgées, la Champenoise.Ils disaient craindre l\u2019ombre et les corridors de vent et avaient dit non, mais la Ville avait contré leru résultat en se prévalant de la Charte.Depuis, la Ville s\u2019est également prévalue de l\u2019article 74,4 poru empêcher un référendum sur l\u2019écoquartier de Cité verte et plus récemment sru Maria-Goretti, un projet résidentiel qui se butait à de la résistance dans le secteur de Charlesborug.i>i) YAN DOUBLET LE DEVOIR La conseillère de district a convaincu le promoteur de l\u2019îlot Irving qu\u2019en incluant des logements sociaux et des éléments verts, son immeuble se ferait mieux accepter.Fini Trois référendums, c\u2019est peu, mais c\u2019est trop pour l\u2019administration Labeaume, qui a réclamé à plusieurs reprises leur abolition.Le gouvernement a préféré couper la poire en deux et a introduit un outil de plus pour les bloquer: les zones franches.Selon la conseillère Anne Guérette, c\u2019est fini.«Il n\u2019y en aura plus, de référendum.Je pense que c\u2019était le dernier à Québec.Avec le PPU, les zones franches et l\u2019article 74.4, tout va devenir possible.[Le maire] va être capable de tous les empêcher.» Les défenseurs du concept de zones franches pensent qu\u2019on pourra ainsi contrer le syndrome du «pas dans ma cour» au profit d\u2019une vision plus globale de la ville.Lait intéressant, le débat sur l\u2019îlot Irving présageait déjà de l\u2019affrontement entre le local et le global puisque l\u2019administration Labeaume a cherché à inscrire le projet dans sa stratégie de densification et de mixité sociale.En fait, la menace que représentait le référendum avait forcé le promoteur à faire des concessions.La conseillère de district l\u2019avait convaincu qu\u2019en incluant des logements sociaux et des éléments verts, son immeuble se ferait mieux accepter.«Quand M.Campeau [le promoteur] est venu me rencontrer la première fois, il m\u2019a présenté un «Avec le PPU, les zones franches et l\u2019article 74.4, tout va devenir possible » projet de neuf étages», a raconté la conseillère Chantale Gilbert lundi au conseil municipal.«Je lui ai dit: \u201cLe projet ne passera jamais dans Saint-Jean-Baptiste parce que je connais la sensibilité des gens de SJB pour la hauteur.\u201d» La conseillère lui a alors expliqué qu\u2019il lui serait plus facile de «défendre un tel projet» si, «au niveau de l\u2019architecture, il était extraordinaire, s\u2019il avait des valeurs environnementales et sociales».Le promoteur a accepté notamment d\u2019insérer 20 % de logements sociaux, mais ça n\u2019a pas suffi.Depuis la victoire du «non», le maire Labeaume a réitéré sa volonté d\u2019insérer des logements sociaux dans les projets immobiliers réguliers.Mais attention! Pas question d\u2019en faire une politique ou un règlement.Sans référendum et sans politique, la question est maintenant de savoir comment il va s\u2019y prendre pour convaincre les promoteurs d\u2019embarquer.Yves Doyon martèle que les référendums nuisent au logement social et qu\u2019Europa n\u2019aurait pas été «prioritaire» pour son entreprise s\u2019il y avait eu un risque de référendum.Mais son complexe n\u2019inclut pas de logements sociaux.Pourquoi?«Pas dans celui-là, dit-il.Dans d\u2019autres projets, ça peut se présenter.» Le Devoir SILENCE SUITE DE LA PAGE B 1 l\u2019ouverture de plusierus conférenciers à ce qu\u2019on appelle la doctrine Gérin-Lajoie, c\u2019est-à-dire le pouvoir du Québec d\u2019intervenir sur la scène internationale dans les domaines qui relèvent de ses compétences.La question de l\u2019environnement a souvent servi d\u2019exemple.Proche du Nouveau Parti démocratique et des mouvements progressistes canadiens, Michael Byers, de l\u2019Université de Colombie-Britannique, a aussi tenu à nuancer l\u2019image d\u2019un Québec dépoiu-vu d\u2019influence.Sans lui, le Canada aruait participé à la guerre en Irak en 2003, rappelle-t-il.En matière de politique étrangère, sociale, environnementale, le Québec fait sentir son poids, croit-il.La.rencontre n\u2019était pas destinée à créer un consensus, mais il s\u2019en est dégagé un: le refus de la complaisance.Personne n\u2019a osé sonner le glas du mouvement souverainiste.Qn a, en fait, reconnu sa résilience.D\u2019où le désir de tous ces experts de rétablir la communication et de contribuer à la recherche commune de solutions.Le seul qui semblait se satisfaire du silence qui prévaut depuis des années était lan Brodie, l\u2019ancien chef de cabinet de Stephen Harper.Il pense que les changements économiques, démographiques et politiques en faveur de l\u2019Quest ont changé le cadre du débat autrefois fondé sur ce qu\u2019il appelle le consensus laurentien.Qn préfère enfin parler des vraies choses, comme la santé, l\u2019éducation, la fiscalité, et il est persuadé que les Québécois aussi en sont herueux.L\u2019impression laissée à cette conférence est que, si initiative il y a sru le front constitutionnel, elle viendra du Québec.Mais quand?Les prochaines élections provinciales fourniront peut-être la réponse.CoUaboratriee du Devoir CUBA SUITE DE LA PAGE B 1 il n\u2019est pas près de pouvoir se payer une Lada d\u2019occasion.«Mais on se débrouille pour arrondir les fins de mois», lance-t-il d\u2019un air entendu.A La Havane, la plupart des activités «complémentaires» ont un rapport avec le tourisme international, un secteur en plein développement à Cuba, qui a accueilli près de 2,5 millions d\u2019étrangers l\u2019an dernier.Ivano revend des cigares que son père, qui travaille dans une manufacture de tabac, récupère toutes les semaines.Son copain Gustavo a retapé une vieille Cadillac des années 50 et, après sa journée d\u2019ouvrier-électricien, il trimbale des cargaisons de touristes peu regardant sur la dépense.Tony véhicule les étrangers à la force des mollets sru son «bicjùaxi».Tomasa rameute des groupes de Canadiens vers un restaurant ami qui la rétribue de la main à la mqin.Pour le reste, les Cubains exilés aux Etats-Unis, essentiellement en Lloride, à peine distante de 150 kilomètres, comblent les trous de leurs familles.La course au peso convertible (CUC), la monnaie forte des non-résidents, échangeable à raison d\u2019un euro poru 1,25 CUC (contre 30 pesos cubains pour un eruo), est devenue un sport national.Le «convertible» est le seul moyen de faire le plein de carbruant (1 euro le litre d\u2019ordinaire, 1,15 le super) lorsque les pompes ont été alimentées ou de s\u2019offrir une heure d\u2019Internet (8 SCi^.Les autorités laissent faire, estimant «que les initiatives privées sont toutes les bienvenues».Le seul point d\u2019achoppement repose sur la volonté irréductible de refuser le multipartisme.«Parce que tout autre parti serait celui de l\u2019impérialisme, le parti des Etats-Unis qui continuent de financer ce qu\u2019on appelle à l\u2019extérieur l\u2019opposition», précise Lernando Rojas, vice-ministre de la Culture.Une idée fixe entretenue pqr les financements occultes du département d\u2019Etat américain à l\u2019opposition et la pression des anticastristes \u2014 dont certains ouvertement d\u2019extrême droite \u2014 qui s\u2019agitent du côté de Miami.La poursuite de l\u2019embargo américain sur tous les produits non alimentaires, qui dure depuis un demi-siècle, ne risque pas d\u2019amadouer les dirigeants cubains.En libérant 3000 prisonniers, dont quelques «politiques», fin décembre, Raül Castro a pourtant adressé un si^e à la communauté internationale.Seuls une cinquantaine «d\u2019opposants» seraient encore emprisonnés, selon les organisations de défense des droits de la personne elles-mêmes.La visite du pape Benoît XVI, qui sera reçu en grande pompe le mois prochain à Cuba, pourrait être l\u2019occasion d\u2019un nouveau geste.Pour sortir de l\u2019étouffement économique qui menace malgré les «réformes», Cuba mise sur les prometteuses recherches pétrolières qui viennent de débuter dans ses eaux territoriales sous la houlette des Espagnols, des Norvégiens et des Indiens.Il peut aussi compter sur la Chine et le Vietnam, et surtout sur ses deux principaux amis et partenaires commerciaux latino-américains: le Venezuela socialiste d\u2019Hugo Chavez et le puissant Brésil de la présidente Dilma Roussel Plus de 110 000 barils/jour de pétrole brut sont ainsi envoyés à Cuba par Caracas en échange des centaines de médecins ou de professeurs cubains qui officient au Venezuela.De son côté, Roussel en visite en début de semaine à Cuba, a annoncé que son pays allait investir quelque 650 millions d\u2019euros dans le port de Mariel (50 kilomètres de La Havane) pour en faire la plaque tournante du commerce de l\u2019Amérique latine et des Caraïbes.Une sorte de «hub» commercial qui pourrait à terme devenir le principal port, d\u2019entrée des marchandises latinos vers les Etats-Unis voisins.Cuba et son socialisme tropical y trouveraient largement leur compte.Libération La lutte des classes Michel David Lm heure est à l\u2019Apocalypse chez les libé-^ raux.Après Erançois Legauk, accusé de vouloir «démolir» le système de santé, voilà que Pauline Marois voudrait relancer la «lutte des classes».Diable, à quand la guerre des mondes?Il n\u2019y a rien d\u2019étonnant à ce que le PQ promette l\u2019abolition de «l\u2019impôt santé», qu\u2019il avait dénoncé si vigoureusement lors de son introduction au printemps 2010.Le scandale aurait plutôt été qu\u2019un gouvernement péquiste le maintienne.Aussi bien Claude Castonguay que Jacques Ménard et Michel Clair, qui avaient présidé à tour de rôle des comités sur le financement du système de santé au cours des années précédentes, étaient d\u2019avis que le gouvernement faisait fausse route en imposant une contribution uniforme sans égard au revenu.Gérard Deltell avait été particulièrement cinglant.Le premier ministre «va-t-il regarder dans les yeux l\u2019humble travailleur à 25 000 $ par année et lui dire: je gagne 258 000 $ par année, mais je paye 200 $ comme toi»! Ni les experts, ni le PQ, encore moins l\u2019ADQ, n\u2019avaient cependant proposé de faire porter la totalité du fardeau aux contribuables les plus fortunés, comme Mme Marois s\u2019y est engagée cette semaine.La création d\u2019un nouveau parti dirigé par Pran-çois Legault n\u2019était encore qu\u2019une rumeur à l\u2019époque et la chef péquiste, qui entendait récupérer les vestiges de l\u2019ADQ, avait mis résolument le cap sur la création de la richesse.Malgré les représentations du SPQ libre, qui n\u2019avait pas encore été muselé, il était hors de question de «faire payer les riches».Au contraire, on examinait divers moyens d\u2019alléger leur fardeau.Le paysage politique a cependant changé depuis, tout comme les intérêts électoraux du PQ.La Coalition avenir Québec est maintenant bien campée à la droite du centre et le PQ doit se tourner vers la gauche pour se remplumer.Ceux qui militaient en faveur d\u2019une alliance électorale avec Québec solidaire ne le faisaient pas pour des raisons d\u2019ordre idéologique.Les projections locales faites à partir des sondages nationaux demeurent aléatoires, surtout dans une lutte à trois, quatre ou cinq, mais il serait imprudent de les ignorer complètement.Si on applique les résultats du dernier sondage Léger Marketing-Lc Devoir au modèle de simulation proposé sur le site Too Close to Call, on voit mieux les effets possibles du fractionnement du vote progressiste.Pour l\u2019ensemble du Québec, Léger Marketing accordait 32 % des intentions de vote à la CAQ, 26 % au PLQ, 25 % au PQ, 9 % à Québec solidaire et 6 % au Parti vert.Cela pourrait se traduire par 53 sièges à la CAQ, 40 au PLQ, 30 au PQ et 2 à QS.Il est à noter que le sondage faisait abstraction d\u2019Qption nationale.Dans Laurier-Dorion, l\u2019absence d\u2019un candidat du PQ (25 %) ou de QS (20,1 %) pourrait théoriquement empêcher la réélection du député libéral Gerry Sklavounos (27,5 %), mais il n\u2019y a pas que Montréal.Même si le report des voix d\u2019un parti sur l\u2019autre n\u2019est pas automatique, Véronique Hivon bénéficierait certainement du retrait de QS, qui est crédité de 11,2 % dans Joliette, où le PQ a 6 points de retard sur la CAQ Dans Borduas, où le PQ et la CAQ sont à égalité, les voix solidaires (9,8 %) pourraient aussi faire pencher la balance.Encore faudrait-il que le PQ trouve le moyen de rapatrier Pierre Curzi ou qu\u2019il décide de quitter la politique.Un des principaux obstacles à une alliance était l\u2019impossibilité de convaincre Nicolas Girard et Prançoise David de renoncer à leur candidature dans Gouin.Qn peut comprendre l\u2019entêtement de la porte-parole de QS.Selon le modèle de Too Close to Call, elle l\u2019emporterait par 9 ppints.A défaut d\u2019alliance, le PQ devra débaucher les électeurs de QS un à un, mais un déplacement vers la gauche a nécessairement pour effet d\u2019élargir le centre, que le premier ministre Cha-rest ne demande qu\u2019à monopoliser.Le mieux est souvent l\u2019ennemi du bien.La promesse d\u2019une contribution santé progressive aurait sans doute eu un effet aussi positif sur l\u2019opinion publique sans exposer le PQ à la caricature.Certains des opposants à une alliance avec QS disaient craindre d\u2019être taxés de radicalisme par association.Tant qu\u2019à en subir les inconvénients, il aurait été préférable d\u2019en conserver les avantages.La position du PQ a au moins le mérite de la clarté, alors que la CAQ a donné encore une fois l\u2019impression d\u2019un amateurisme inquiétant.Peu après l\u2019annonce de Pauline Marois, le porte-parole officiel de la CAQ en matière de finances, Erançois Bonnardel, qui avait manifestement oublié le discours adéquiste de 2010, expliquait à La Presse qu\u2019un gouvernement ca-quiste maintiendrait la contribution uniforme de 200 $.L\u2019entourage de M.Legault a dû «corriger le tir» par voie de communiqué avant que M.Bonnardel ne découvre enfin le caractère «profondément inéquitable» de cette contribution, qui devra conséquemment être modulée.Qn comprend le premier ministre Charest de vouloir jouir un peu de ce pittoresque spectacle avant de déclencher des élections.mdavid@ledevoir.corn B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 EDITORIAL Harper en Chine Les affaires d\u2019abord Le premier ministre Stephen Harper termine aujourd\u2019hui une visite officielle en Chine.Le donneur de leçons sur la question des droits de la personne qu\u2019il fut lors de son précédent séjour s\u2019est mué en voyageur de commerce.Si son objectif de renforcer les liens commerciaux entre la Chine et le Canada a été atteint, force est de constater que c\u2019est pas à pas que se réalisent les progrès.E l\\ Bernard Descôteaux I établissement de relations commerciales avec la Chine est un long fleuve qu\u2019avait entrepris de remonter le premier ministre Pierre Elliott Trudeau.Voilà 40 ans, il y envoyait une première mission commerciale, qui fut suivie d\u2019un voyage officiel de sa part l\u2019année suivante à l\u2019occasion duquel se fit la reconnaissance officielle de Pékin par Ottawa.L\u2019objectif de Trudeau, partagé par tous ses successeurs, était de diminuer la dépendance du Canada au mar-I ché américain.Quarante ans plus tard, la Chine est le deuxième partenaire du Canada, avec des échanges bilatéraux de 60 milliards.loin tout de même des échanges canado-américains, qui sont de 650 milliards.Les premiers pas de Stephen Harper en Chine avaient marqué une rupture avec cette politique.En 2006, il taisait valoir sans détour que le Canada ne compromettrait pas les valeurs canadiennes de promotion des droits de la personne au nom du «tout-puissant dollar».Cela, ajouté à son relus d\u2019assister à l\u2019ouverture des Jeux oljunpiques de Pékin et à ~ son appui au dalaï-lama, a refroidi considérablement le climat entre les deux capitales.J\tCette semaine, il aura tout fait pour rétablir la ^\t^ cordialité passée.Comme ses prédécesseurs, il H\t^ ^ parlé affaires avant droits de la personne.Il m\\\tétait là poiu vendre du pétrole des sables bitu- mineux de l\u2019Alberta, suivant le principe que l\u2019on vend à qui veut acheter.Témoigne bien de ce changement d\u2019attitude l\u2019entente conclue poiu la vente d\u2019uranium.Ottawa permettra l\u2019exportation de l\u2019uranium de la Saskatchewan sans contraindre Pékin à limiter son usage à des fins pacifiques, ce qu\u2019il avait toujoius refusé.En contrepartie, Pékin a enfin accepté de signer un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers dont les termes restent à être précisés.Le Canada attendait cette faveur depuis 4994.La bonne façon de faire des affaires consiste à mettre de côté nos différends, a fait observer le vice-premier ministre Li Keqiang à un parterre d\u2019hommes d\u2019affaires canadiens.Le message a été bien reçu, car M.Harper est resté modéré dans l\u2019expression de critiques à l\u2019endroit des pratiques chinoises en matière de protection des droits de la personne.Il a abordé le sujet en public hier, mais de manière vague, sans soulever aucun cas précis, comme celui par exemple du Prix Nobel Liu Xiaobo, emprisonné.Son auditoire ne comptait aucun membre du gouvernement chinois.Cette timidité du premier ministre est étonnante.Il a opté pour l\u2019approche pragmatique des droits de la personne.Influencer plutôt que dénoncer.Il a choisi de miser sur le commerce comme levier pour améliorer les conditions économiques de ce pays et de sa population.Cela est fort bien, toutefois les fruits sont pour après-demain.Mais aujourd\u2019hui, il y a des travailleurs qui sont exploités, des artistes qui sont emprisonnés, des citoyens qui n\u2019ont pas droit de parole, ni de manifester.Et il y a le Tibet qui est toujours occupé.Les Canadiens, comme tous les Occidentaux qui profitent des biens produits à moindres coûts, ne peuvent être indifférents à leur sort.Leurs gouvernements non plus.Il y a là des désaccords avec les autorités chinoises qui ne peuvent être tus.Manifestations en Russie Courageux! Serge Truffaut Is sont tenaces et courageux, les Russes qui contestent les nombreuses dérives antidémocratiques que Vladimir Poutine chérit tant.Toutes les fins de semaine ils bravent des froids sibériens, à Moscou comme ailleurs dans les grandes villes, pour exprimer le profond ras-le-bol, il n\u2019y a pas d\u2019autre mot, que suscitent les escroqueries que le locataire du Kremlin a conçues afin de brider l\u2019indépendance du judiciaire, étouffer la liberté d\u2019expression, alimenter le culte de la personnalité par l\u2019intermédiaire de la télévision, encadrer l\u2019activité économique à son avantage et à celui de ses soutiens, etc.Bref, ces milliers de manifestants ne veulent plus de ce mélange des genres auquel Poutine est abonné depuis des années.Leur ambition?Que Poutine ne soit pas élu président à la faveur du premier tour du scrutin qui se tiendra le 4 mars prochain.Ils rêvent donc de lui imposer un deuxième tour.Ils souhaitent ébranler les balises que l\u2019ex-colonel du KGB a érigées pour encadrer un système électoral à des fins que tout un chacun devine.Un exemple?Depuis 2004, les gouverneurs des provinces ne sont plus élus mais choisis par lui.Autrement dit, ces derniers lui obéissent au doigt et à l\u2019œil, comme en témoignent les contre-manifestations qu\u2019ils ont organisées pour faire passer les opposants comme des individus à la solde de l\u2019Qccident en général, et des Etats-Unis en particulier.Poutine fait aujourd\u2019hui ce que ses prédécesseurs faisaient avant lui: aiguiser toutes les fibres de la mentalité d\u2019assiégés.Pour l\u2019instant, la cohorte de manifestants est issue des classes moyennes.Les chefs de file du mouvement sont avocats, journalistes, cinéastes, écrivains.Ils sont unis par un seul dénominateur commun: la critique de Poutine et plus particulièrement de sa «démocratie dirigée», qu\u2019il a érigée en principe cardinal de l\u2019État russe.Réunis dans la Ligue des électeurs qu\u2019ils ont fondée après les législatives de décembre dernier caractérisées par une cascade de fraudes de l\u2019Qural à la Sibérie orientale, ces contestataires veulent en finir avec ce qu\u2019il considère comme un absolu du paternalisme.Le problème est que cette opposition est trop hétéroclite, pour l\u2019instant du moins, pour espérer la fin du «poutinisme».En effet, elle rassemble des anarchistes comme des nationalistes de l\u2019extrême droite, des homosexuels gauchistes, des sociaux-démocrates, des libertariens et d\u2019autres qui n\u2019envisagent pas d\u2019alliance avec les partis officiellement reconnus.Qn peut les comprendre.Ceux-ci servent au fond de paravents à Poutine qui, grâce à eux, y compris le Parti communiste, peut déclarer le système comme appartenant à la catégorie des démocraties.Cela étant, il faut souligner que, depuis la chute du Mur, la mobilisation des Russes n\u2019a jamais été aussi imposante en nombre.Un nombre qui devrait exploser au printemps, les manifestants ayant promis d\u2019installer des tentes dans les milieux urbains pour maintenir en vie un mouvement qui présente des singularités s\u2019apparentant davantage à Mai 68, version russe évidemment, qu\u2019au printemps arabe.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO ///\t\t\t\t//.\t\t\t///\t\t\t \t\t\t\\ ^\t\t\t\t\t\t\t \t\tV\tt\t2^\t\tJLSPVM w S£(i\\lict PC PoLîfrf TE LA Viiif PCMeNrséAt i\t*\t\t\t\t/T /// C\t\u2014\t\t\t3\tegXise(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertés«wtéJ ; information politique Michel\t(chroniqueur), Hélene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen lAvesque (reporters) ; information culturelle \u2022 Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique \u2022 Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Eric Desrosiers et Alexandre Shields^ (reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale \u2022 Serge Truffaut (éditorialiste), Claude lAvesque et Guy TmWeîeY (reporters), jean-Fierre I^gault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Émilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et I^urence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Genevieve Trembly (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Karl Rettino-Parazelli et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec) .PUBLICITE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlene Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique I^nglois, Simon I^noie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Importe, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur lLfe&J,Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier œderc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine I^fleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 EEVRIER 2012 SCIENCES Lire dans les pensées Des chercheurs ont décodé les mots entendus et les images vues par une personne à partir de son activité cérébrale D\u2019ici quelques années, on pourra probablement lire dans les pensées d\u2019une personne en décodant l\u2019activité de son cerveau.Un premier pas vient du moins d\u2019être franchi dans cette direction, alors que des scientifiques affirment avoir réussi à reconstituer les mots et les images qu\u2019un individu a entendus ou vus en analysant l\u2019activité cérébrale engendrée par ces stimuli.PAULINE GRAVEL Dans un article scientifique publié la semaine dernière par la revue PLoS Biology, des chercheurs de l\u2019Université de Californie à Berkeley expliquent comment ils sont parvenus à identifier et à reproduire les mots qu\u2019une personne venait d\u2019entendre en décodant l\u2019activité nerveuse de son cerveau à l\u2019aide d\u2019un programme informatique doté d\u2019un algorithme de décodage.Maintenant qu\u2019ils savent décrjqiter les ondes cérébrales générées par l\u2019écoute de mots du langage, ces mêmes scientifiques caressent désormais le projet de déchiffrer l\u2019activité cérébrale qui est induite par le simple fait de penser à des mots, ou à des phrases particulières.ce qui en vérité leur permet- On ne doute sées de la personne.pas de réussir Bien que cette perspecti-,\tve puisse donner froid d ICI peu\tdans le dos, elle pourrait '\taboutir à des applications a reconstituer\tpositives, font valoir notre cinéma\tchercheurs, qui espè- rent ainsi être en mesure intérieur, voire de redonner la parole à des ^\tpersonnes incapables de nos reves et\ts\u2019exprimer verbalement à J, ,\tf suite d\u2019un accident céré- nos laniasmes.\tvasculaire ou privées de toute forme de communication parce qu\u2019elles sont atteintes du sjnidro-me d\u2019enfermement (locked-in-syndrome), ou encore qui se trouvent dans le coma tout en ayant toujours conscience de leur environnement.«Ce serait extraordinaire de pouvoir décoder les intentions de ces individus», affirme le neuros-cientifique Robert Zatorre, de l\u2019Institut neurologique de Montréal QNM), qui connaît bien l\u2019article paru dans la revue PLoS Biology pour en avoir supervisé la révision par des pairs.Le premier auteur de l\u2019article.Brian Pasley, a profité du fait qu\u2019un neurochirurgien enregistrait l\u2019activité cérébrale d\u2019une quinzaine de ses patients atteints d\u2019une forme sévère d\u2019épilepsie dans le but de localiser précisément la zone qui induisait leurs crises.Ces patients étaient donc en observation avant de subir une intervention chirurgicale visant à exciser cette zone.Un réseau d\u2019électrodes était disposé à la surface de leur cerveau mis à nu, en l\u2019occurrence sur le lobe temporal de leur cortex cérébral, une région impliquée dans l\u2019audition et le traitement du langage.Ces électrodes ont donc permis d\u2019enregistrer de très près les signaux électriques générés par les neurones du cortex auditif pendant qu\u2019on faisait entendre aux patients des séries de mots isolés, tels que deep, jazz, cause-, de faux mots, tels que fook, ors, nim-, et de phrases.Deux modèles mathématiques Le chercheur qui travaille dans le laboratoire du professeur Robert Knighf de l\u2019Institut de neuroscience Helen Wills à Berkeley, a ensuite fait appel à deux modèles mathématiques intégrant les connaissances que nous détenons actuellement sur la façon dont le cortex auditif encode certaines caractéristiques des sons du langage.Ces modèles ont ensuite été entraînés par la méthode d\u2019apprentissage-machine {machinelearning) , qui a consisté à présenter aux modèles chaque mot (sous la forme de son spec-trogramme qui est l\u2019évolution du contenu fré-quentiel du son en fonction du temps) qu\u2019on avait fait entendre aux participants, accompagné de l\u2019enregistrement de l\u2019activité cérébrale qui y correspondait.Les modèles ont alors appris essentiellement à associer chaque son à une activité cérébrale particulière.Un entraînement effectué avec de nombreux mots différents a ainsi permis aux modèles d\u2019évoluer et de se raffiner, explique M.Zatorre.Une fois l\u2019entraînement terminé, on a éprouvé les modèles en leur demandant de décoder l\u2019activité cérébrale qui avait été induite par l\u2019écoute de nouveaux mots, qui n\u2019avaient jamais été présen- Bien que la perspective de décrypter les images et les mots enregistrés par le cerveau donne froid dans le dos, elle pourrait aboutir à des applications très positives: les chercheurs espèrent ainsi être en mesure de redonner la parole à des personnes victimes d\u2019un accident cérébral vasculaire ou atteintes du syndrome d\u2019enfermement, ou encore à des individus dans le coma qui ont toujours conscience de leur environnement tés au modèle.«Si, après un entraînement, le modèle n\u2019arrive pas à généraliser de nouveaux mots, il n\u2019a aucun intérêt», indique M.Zatorre.Les modèles ont relativement bien réussi à décoder et à reconstituer la structure des mots (le fichier audio est sur notre site Internet: www.ledevoir.com).«Le décodage ne nous apparaît peut-être pas très bon, mais il faut se rappeler que nous entendons le cerveau qui parle, ce qui n\u2019est pas rien.C\u2019est même extraordinaire!», commente M.Zatorre, tout en faisant aussi remarquer que les enregistrements cérébraux qui ont servi au décodage provenaient d\u2019une quinzaine d\u2019électrodes à peine, «alors que, dans le cerveau, des centaines de milliers de neurones s\u2019activent en même temps».«De plus, poursuit le neuroscientifique, les électrodes n\u2019étaient disposées qu\u2019à la surface du cerveau et n\u2019enregistraient donc pas ce qui se passait plus en profondeur.Elles étaient séparées par un espace de quelques millimètres, lequel peut contenir des milliers de neurones, et elles avaient été installées par le neurochirurgien aux endroits requis pour le traitement.Sûrement que des sites d\u2019enregistrement plus nombreux auraient accru la performance du modèle.» L\u2019équipe de Berkeley désire maintenant répéter l\u2019expérience, mais cette fois en tentant de décoder l\u2019activité cérébrale générée lorsque la personne pense volontairement à des mots.Pour sa part, l\u2019équipe de Robert Zatorre a déjà étudié {\u2019«imagerie auditive» \u2014 le fait de penser à des sons (des mots ou un air musical) \u2014 à l\u2019aide d\u2019un appareil d\u2019imagerie par résonance magnétique fonctionnelle QRMf) qui enregistre les variations du flux sanguin dans les différentes régions du cerveau.Cette méthode d\u2019imagerie permet de déterminer les zones qui sont activées lorsque la personne effectue une tâche particulière puisque, dans les zones où les neurones sont stimulés, s\u2019observent un accroissement de la consommation en oxygène et une augmentation du débit sanguin.Les régions du cortex auditif Dans le laboratoire de M.Zatorre, qui est codirecteur du laboratoire international BRAMS (Brain, Music and Sound Research), on a demandé à des individus de penser à un air musical tandis qu\u2019on enregistrait l\u2019activité de leur cerveau dans un appareil d\u2019IRMf.Il est alors apparu que plusieurs zones du cortex auditif s\u2019ac- R.J.ZATORRE - A.R.HALPERN Le cortex auditif qui apparaît ici en couieurs s\u2019active, même en i\u2019absence de sons, pendant que ia personne pense à un air musicai.tivaient pendant que les participants imaginaient un air musical de leur choix.Les régions du cortex auditif qui s\u2019activaient n\u2019étaient toutefois pas exactement les mêmes que celles qui étaient sollicitées quand une personne écoutait et entendait cet air musical.«Les régions du cortex auditif activées lors de l\u2019imagerie ne sont qu\u2019un sous-ensemble des régions activées par le vrai son.En revanche, il y a des régions de la zone frontale qui ne sont activées que lors de l\u2019imagerie.B s\u2019agit probablement de mécanismes de rappel qui sont nécessaires pour l\u2019imagerie», précise M.Zatorre.Actuellement, son équipe cherche à comprendre comment «la relation harmonique entre les notes d\u2019un accord majeur et mineur est encodée par le cerveau».Pour ce faire, on a enregistré par IRMf l\u2019activité du cerveau d\u2019auditeurs auxquels on a fait entendre des accords majeurs et mineurs.On a ensuite introduit ces données dans un modèle mathématique afin de l\u2019entraîner par la méthode d\u2019apprentissage-machine à distinguer l\u2019encodage cérébral des accords majeurs de celui des accords mineurs, en espérant qu\u2019il arrive à reconnaître les accords majeurs des accords mineurs en analysant le patron d\u2019activité cérébrale.NEWSCOM «Les résultats préliminaires montrent que le modèle y arrive dans 70 % des cas, ce qui n\u2019est pas mal du tout», affirme M.Zatorre, avant d\u2019ajouter que ces expériences sur les accords permettent aussi de mettre en lumière le niveau de formation musicale d\u2019une personne.«L\u2019habileté du cerveau à décoder ces sons-là nous permet d\u2019évaluer le niveau de connaissances musicales d\u2019une personne.Selon son niveau de formation musicale, une personne saura plus ou moins bien reconnaître qu\u2019un accord est mineur ou majeur.Tandis que dans la parole, si vous parlez la langue, tout est clair, si vous ne la parlez pas, vous ne pouvez distinguer aucun son», explique M.Zatorre.Des dangers d\u2019espionnage ?L\u2019équipe de Jack Gallanf de l\u2019Université de Californie à Berkeley, a pour sa part réussi à reconstituer les images que venaient de voir des personnes, en analysant l\u2019activité cérébrale engendrée par ce visionnemenf selon un article publié le 27 septembre dernier dans la revue Current Biology.Dans un premier temps, les chercheurs ont enregistré l\u2019activité cérébrale de trois sujets (qui en l\u2019occurrence étaient des membres de l\u2019équipe de recherche) tandis qu\u2019ils regardaient les bandes-annonces de films américains à l\u2019intérieur d\u2019un appareil d\u2019IRMf.Ces heures d\u2019enregistrements cérébraux ainsi que les séquences visuelles auxquelles ils correspondaient ont ensuite été introduites dans un programme informatique mettant en œuvre un modèle mathématique intégrant nos connaissances actuelles sur le fonctionnement du système visuel.Le logiciel a ainsi appris comment le cortex visuel réagissait aux scènes visuelles qui lui étaient présentées.Une fois cet entraînement terminé, les chercheurs ont projeté de nouvelles séquences vidéo aux participants, que le logiciel \u2014 doté d\u2019un algorithme de décodage \u2014 s\u2019est appliqué à recréer en décortiquant l\u2019activité cérébrale qui avait été générée lors du visionnement de ces films.Bien que passablement floues, les reproductions produites par le logiciel permettent néanmoins de reconnaître les silhouettes qui sont en mouvement dans les films originaux (les re-productions sont sur notre site Internet: www.ledevoir.com).Forte de cette réalisation scientifiquement impressionnante, l\u2019équipe de Jack Gallant ne doute pas de réussir d\u2019ici peu à reconstituer notre cinéma intérieur, voire nos rêves et nos fantasmes! Mais ceux qui s\u2019inquiètent du fait que cette technologie permette d\u2019espionner nos pepsées les plus intimes peuvent se rassurer.Etant donné sa lourdeur (des heures passées dans un scanneur ou des électrodes installées sous les méninges), il faudra nécessairement donner notre consentement à ceux qui voudront connaître le fond de notre pensée.Le Devoir "]
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