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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2012-02-09, Collections de BAnQ.

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[" Pauline Marois veut abolir la contribution santé Page A 4 Syrie : la âiite en avant de Bachar al-Assad WWW.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.C1IIN°27 4 LE JEUDI 9 EEVRIER 2012 1,09$ + TAXES = 1,25$ Recensement 2011: l\u2019Ouest gagne, le Québec perd \"'4Ï L ï JEFF MCINTOSH CANADIAN PRESS L\u2019argent est là: les gens aussi.Les premières données du recensement 2011, dévoilées hier par Statistique Canada, confirment l\u2019attrait grandissant des provinces de l\u2019ouest du pays.Pour la première fois, la population de celles-ci excède celle des Maritimes et du Québec, un tournant historique qui a beaucoup à voir avec le succès économique de la région.Le recensement souligne parallèlement la perte de poids démographique du Québec: en 1951, les Québécois représentaient 28,9 % de la population canadienne.Aujourd\u2019hui, ils ne sont plus que 23,6 %.Globalement, la population canadienne s\u2019établit aujourd\u2019hui à 33,5 millions d\u2019habitants, en croissance de 5,9 % depuis 2006.Ci-dessus, de jeunes spectatrices au Stampede de Calgary.Page A 3 PEDRO RUIZ LE DEVOIR CULTURE 30 ans de Rendez-vous du cinéma québécois ¦ À lire en page B 10 REUTERS POLITIQUE Ottawa fait installer un unifolié à 25 000 $ ¦ À lire en page A 5 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.B 6 Économie.B 1 Idées .A 9 Météo.A 6 Monde.A 7 Mots croisés.B 8 Sports.B 7 Sudoku.B 5 Éditorial .A 8 Télévision.B 9 Et si le politicien descendait bel et bien du singe.FABIEN DEGUISE Sale temps pour Yhomo politicus qui devrait y penser à deux fois avant de dénoncer l\u2019attitude primitive de ses adversaires, avant de faire des singeries sur la place publique ou pire, avant de remettre sérieusement en question la théorie de l\u2019évolution de Charles Darwin.Par respect pour les siens.C\u2019est que sous l\u2019effet de la communication politique, des faiseurs «Je voulais seulement ecnre un essai d\u2019anthropologie évolutionniste de la politique» d\u2019images, de l\u2019information en continu ou encore de l\u2019effritement du débat et du monde des idées dans la société, l\u2019homme politique ne s\u2019est jamais autant rapproché, dans sa pratique politicienne, du singe et plus particulièrement du chimpanzé, estime le paléoanthropologue français Pascal Picq, auteur de Lhomme est-il un grand singe politique?(Odile Jacob).Un rapprochement facilement perceptible au quotidien, dit-il, et qui devrait inciter à l\u2019avenir les politicologues à se faire éthologues, ces fins VOIR PAGE A 10: POLITICIEN ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR «Les politiciens se rapprochent désormais des maîtres de la politique sans langage, c\u2019est-à-dire les chimpanzés», estime le paléoanthropologue français Pascal Picq.Kevin Page Le directeur du budget coutredit Harper Pas de crise, le programme de la Sécurité de la vieillesse est viable, conclut Kevin Page MARIE VASTEL Ottawa \u2014 Alors que les conservateurs affirment qu\u2019ils doivent modifier le programme de la Sécurité de la vieillesse pour assurer sa pérennité, le directeur parlementaire du budget est venu contester cet argument brandi depuis deux semaines par le gouvernement.Malgré l\u2019arrivée des baby-boomers à la retraite, le fédéral aura l\u2019argent nécessaire pour verser à tous leurs prestations, et ce, même au moment où le plus grand nombre d\u2019entre eux les réclameront.Aussitôt contredits, les conservateurs s\u2019en sont pris une fois de plus à la crédibilité de Kevin Page.Dans son rapport publié hier, le directeur parlementaire du budget conclut que le fédéral pourrait avoir exagéré la «crise financière» appréhendée à la suite du départ des baby-boomers du marché du travail pour la retraite.Car, puisque le gouvernement fédéral a choisi de réduire la croissance de ses transferts aux provinces en matière de santé \u2014 un changement annoncé en décembre \u2014, le bureau de M.Page a revu ses estimations et déterminé «que la structure financière au niveau fédéral était viable».Kevin Page reconnaît que le paiement des pensions de retraite des baby-boomers se fera sentir dans les coffres d\u2019Ottawa, mais il note que le gouvernement a une marge de manœuvre pour y répondre.Il n\u2019y aurait pas d\u2019imminent danger que le programme social destiné aux aînés et financé VOIR PAGE A 10: SÉCURITÉ Citizen Arianna Le Huffington Post Québec est né STEPHANE BAILLARGEON Le Devoir n\u2019est pas La Gazette Bourassa.Le Journal de Montréal ne s\u2019appelle pas Le Péla-deau Post.Il faut beaucoup assumer (ou ne pas se prendre pour un sac de chips?) pour nommer son média en son propre honneur.Michael Bloomberg, devenu maire de New York, l\u2019a fait en fondant son service éponyme d\u2019informations financières.Paul Julius Reuter aussi, au XIX® siècle, en lançant son agence de presse.Arianna Huffin^on, née Stassinopoulos et d\u2019origine grecque, a osé elle aussi.Elle a donc donné son nom, enfin le nom de son ex-mari (Michael Huffington, représentant au Congrès), au média en ligne qu\u2019elle a lancé en mai 2005, aux Etats-Unis.L\u2019agrégateur de contenus empruntés, lié à des centaines de blogues non rémunérés, a vite connu une immense popularité.Le Huffington Post revendique maintenant plus de 37 millions de vi- Arianna siteurs uniques par mois.\tHuffington Résultat: le géant America on Line (AOL) a payé l\u2019an dernier 315 millions pour l\u2019entreprise-cendrillon.La fondatrice a alors été la seule à empocher, tout en devenant éditrice en chef du Huffington Post Media Group.Socialisation du contenu.Hyperprivatisation des profits.Il y avait effectivement de quoi personnaliser l\u2019appellation contrôlée.Et bienvenue dans le modèle d\u2019affaires d\u2019un média du XXI® siècle.Le modèle qui se mondialise avec le lancement de versions nationales.La mouture canadienne existe depuis mai 2011, et la française depuis un VOIR PAGE A 10: HUFFINGTON 77831302832406 A 2 LE DEVOIR LE JEUDI 9 EEVRIER 2012 ACTUALITES Taupe au SPVM : la SQ enquêtera sur les fuites Les allégations de divulgations d\u2019informations confidentielles dans l\u2019affaire ian Davidson, cet ex-policier soupçonné d\u2019être la «taupe» qui aurait tenté de vendre une liste «d\u2019informateurs» de la police à la mafia, feront l\u2019objet d\u2019une enquête de la part de la Sûreté du Québec (SQ).Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a confirmé hier qu\u2019il a confié le mandat à la SQ de faire la lumière dans ce dossier.C\u2019est le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui a demandé au ministre de déclencher une enquête, estimant que certains médias avaient dévoilé des informations confidentielles relativement à cette affaire.Le DPCP souligne qu\u2019une enquête policière était toujours en cours et que personne n\u2019avait encore été arrêté ou accusé dans ce dossier lorsque plusieurs informations concernant M.Davidson ont été rendues publiques.Puisque des enquêtes sont encore en cours, M.Dutil a indiqué par voie de communiqué qu\u2019il ne fera aucun commentaire à ce sujet dans l\u2019immédiat.Le SPVM entend collaborer En point de presse, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, a dénoncé les fuites d\u2019informations, ajoutant qu\u2019il allait appuyer et collaborer à l\u2019enquête de la SQ.Selon M.Parent, la divulgation d\u2019informations confidentielles nuit au travail policier et peut menacer la sécurité de la population.«Quand l\u2019enquête est d\u2019une telle sensibilité, cela m\u2019agace, me choque et met en péril la sécurité des citoyens, des enquê- teurs et des policiers concernés», a-t-il expliqué, faisant référence au dossier Davidson.M.Parent s\u2019est défendu contre l\u2019idée que ce genre d\u2019enquête puisse servir de prétexte aux autorités policières pour mettre la main sur des informations confidentielles détenues par certains journalistes.Affirmant que les médias ont voulu faire leur travail en ce qui a trait au dossier de M.Davidson, le directeur du SPVM a indiqué que l\u2019enquête de la SQ devrait principalement s\u2019attarder au domaine policier.«Ce n\u2019est pas moi qui ai la responsabilité de l\u2019enquête, mais c\u2019est le coulage de l\u2019information qui est visé, qu\u2019il provienne du SPVM ou de l\u2019appareil judiciaire au grand complet, a-t-ü dit.Nous sommes très loin de l\u2019écoute électronique auprès des journalistes.» Inquiétudes Ces propos n\u2019ont pas rassuré le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Brian Myles, qui demande au ministre Dutil de clarifier le mandat de l\u2019enquête afin d\u2019en exclure les journalistes.«En ce moment, a déclaré M.Myles, je regarde ce que le ministre Dutil a demandé et il n\u2019y a rien qui nous garantit qu\u2019on ne commencera pas à mettre les journalistes sous écoute, qu\u2019on ne fouillera pas dans nos sources, et ça c\u2019est très grave.» «Les journalistes, jusqu\u2019à preuve du contraire, ont exposé un problème d\u2019intérêt public: ce sont les failles dans la sécurité et dans la protection des informateurs au SPVM», a-t-il estimé.Soupçonné d\u2019être une taupe parle SPVM, M.Davidson s\u2019était enlevé la vie dans un hôtel de Laval, le 18 janvier dernier.La Presse canadienne Recours au privé à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal Louise Harel s\u2019amende partiellement La firme Macogep n\u2019est pas satisfaite et menace d\u2019intenter des poursuites JEANNE CORRIVEAU Sommée par la firme Macogep de se rétracter à la suite des propos qu\u2019elle a tenus la semaine dernière, Louise Harel s\u2019est partiellement amendée hier.La chef de l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal s\u2019est contentée de reconnaître que Macogep n\u2019avait pas eu recours à un prête-nom, ce qui ne satisfait pas le président de la firme qui menace d\u2019intenter des poursuites contre elle.«C\u2019est un pas dans la bonne direction, mais ce n\u2019est pas suffisant», a fait savoir Macogep hier après-midi, peu de temps après que Louise Harel eut dif fusé un communiqué de presse pour «apporter des précisions».En matinée, les avocats de Macogep avaient fait parvenir une mise en demeure à Louise Harel ainsi qu\u2019à la mairesse de l\u2019arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, et au parti Vision Montréal pour exiger une «rétractation claire et limpide» de leur part d\u2019ici lundi 17h.La firme spécialisée dans la gestion de projets, qui a obtenu plusieurs contrats à la Ville au cours des dernières années, reproche aux deux élues d\u2019avoir véhiculé des «faussetés» le 2 février dans une conférence de presse au cours de laquelle Mme Harel a accusé Macogep d\u2019avoir usurpé l\u2019identité d\u2019un fonctionnaire pour valider un sommaire décisionnel, document sur lequel les élus se basent pour prendre des décisions.Hier, Louise Harel a admis que l\u2019utilisation du nom du fonctionnaire n\u2019était pas attribuable à la firme, mais au supérieur de l\u2019employé en question.Macogep estime par ailleurs \\ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pour Louise Harel, le fond du problème demeure le même: la Ville de Montréal a recours à des firmes externes et elle permet à leurs employés de s\u2019installer dans ses bureaux et de rédiger des sommaires décisionnels.que Mme Harel a erronément identifié l\u2019entreprise comme une d\u2019un nombre suffisant de délégués, puisse re-\" doubler d\u2019ardeur contre le champion des dé-.\tmocrates.Que Santorum, qui a perdu son \\\tposte de sénateur de la Pennsylvanie, chucho- tent-ils ici et là, ait remporté le Colorado, le Minnesota et le Missouri dépasse à leur avis ^^1 l\u2019entendement.Romney comme les patrons du parti sont d\u2019autant plus agacés qu\u2019il est écrit dans le ciel que l\u2019affrontement, en vue du «Super Mardi» du 6 mars et de ses 11 primaires, va tourner à la foire d\u2019empoigne.Pour s\u2019en convaincre, il suffit de s\u2019attarder à la tactique et aux mots employés par Newt Gingrich.Bien conscient que ses chances au Colorado et au Minnesota étaient minces, il a décidé d\u2019arpenter l\u2019Qhio en multipliant les flèches à l\u2019endroit de Romney, qu\u2019il essaie de faire passer pour une copie carbone d\u2019Qbama.Par ailleurs, grâce à son succès, Santorum vient d\u2019assurer ses arrières sur un flanc aussi délicat qu\u2019important: le financement de sa campagne.Il va avoir à sa disposition une cagnotte qui va lui permettre de copcevoir des pubs, de tapisser certains Etats, si ce n\u2019est tous les Etats conviés à voter le 6 mars, de pubs «démolissant» le très riche Romney et l\u2019iconoclaste Gingrich.Cela rappelé, la défaite de Romney n\u2019est pas exempte d\u2019une bonne nouvelle pour lui et ses conseillers.De quoi s\u2019agit-il?Ils constatent que le vote anti-Romney se divise entre Santorum et Gin^ich et caressent l\u2019espoir que l\u2019on assistera à ce à quoi l\u2019on avait assisté il y a quatre ans: McCain avait gagné puis perdu des primaires avant de faire un bon score lors du «Super Mardi» qui lui avait assuré un socle passablement solide.Pour les démocrates, on l\u2019a dit et on le répète, les résultats d\u2019avant-hier proposent bien de ces caractéristiques que l\u2019on prête au scénario idéal.Et ce, quatre jours après la publication d\u2019une nouvelle appartenant à la catégorie dite de la divine surprise: la création d\u2019emplois enregistrée en janvier a été à la fois si importante et si inattendue qu\u2019elle annonce une baisse du taux de chômage structurel, et d\u2019une.Et de deux: cela fait quatre mois consécutifs que l\u2019on observe une embellie sur ce front.Et de trois: le taux en question est à son plus bas niveau depuis trois ans.Difficile dans ces conditions de faire passer le président pour un fossoyeur d\u2019emplois.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO PtPwiSSioN P\u2019UTîPiÇEP Atrt CAiVAPA INf&PMATÎONS\tfouS UToPtwItf.uE CAaaAiiAPE Hu JiwTAc) 5fRA RAM' ^ AüôMfNTfP 5iES ÇkPoRTATÎonS MEAStCCAWW \\/0ü5 tN VOnUï 0-' I Sous-traiter la torture ! Monsieur Stephen Harper, D\u2019un strict point de vue économique, croyez-vous souhaitable que la torture, bien sûr tolérée à des fins de sécurité nationale, soit sous-traitée dans des dictatures étrangères à la nôtre?Ce n\u2019est pas que je remette en question le fait d\u2019administrer des interrogatoires musclés afin de protéger nos valeurs démocratiques et humaines, ni que je doute de l\u2019expertise de ces autres régimes délinquants; bien au contraire! Seulement, je suis persuadé que nous possédons toutes les compétences et le savoir-faire requis, en particulier parmi vos partisans, pour exécuter efficacement ces mandats délicats.Qui plus est, cela créerait des emplois bien rémunérés.Qn doit aussi penser à l\u2019économie, dois-je vous le rappeler?En outre, par égard pour les membres du SCRS, je vous en conjure.Monsieur Harper, il faut mettre un terme à cette concurrence internationale vraiment déloyale.A ce scandaleux dumping de la torture dont certains pays se sont maintenant fait une spécialité.Et surtout, veiller à éduquer nos masses dont les considérations morales l\u2019emportent trop souveqt sur le calcul des intérêts immédiats.A l\u2019heure actuelle, notre balance commerciale, en matière de torture, est totalement déficitaire! De quoi avons-nous l\u2019air?Monsieur Harper, j\u2019en appelle à votre esprit comptable.Ne laissez pas une telle injustice impunie.François Grenier Le 8 février 2012 L\u2019âgisme à Régis Monsieur le Maire Régis Labeaume, Permettez que je vous appelle Régis puisque nous sommes, à une couple d\u2019années près, du même âge.Ainsi donc, estimez-vous, ce sont les vieilles croûtes de LETTRES notre âge, à vous comme à moi, qui ont fait basculer le référendum sur le projet de l\u2019îlot Irving du côté du «Non».Sur le coup, vous m\u2019avez fait bondir puisque j\u2019ai voté «Qui», comme d\u2019ailleurs de nombreuses connaissances d\u2019un âge aussi vénérable que nous.Puis, je me suis consolée, réjouie même, en me disant qu\u2019au fond, mon vote prouve bien que je suis encore jeune! Non, sérieusement, mon cher Régis, dispensez-nous d§ ces remarques âgistes, dignes d\u2019un Eric Duhaime.Comme le sexisme et le racisme, de tels arguments sont indignes d\u2019un maire.Ce n\u2019est certes pas en stigmatisant les personnes en fonction de leur âge qu\u2019on renforce la démocratie et qu\u2019on fait avancer le débat social.Surtout lorsque de telles remarques sont absolument infondées.Et quel exemple donnez-vous à vos commettants en usant de telles attaques fondées sur l\u2019âge pour défendre, comme vous le prétendez, la mixité sociale! Le cœur n\u2019a pas d\u2019âge, mon cher Régis.Ne l\u2019oubliez pas.Claire Minguy Le 7 février 2012 La CAQ et M.Lazhar Je n\u2019ai pas encore visionné le film de Phlippe Falardeau, je l\u2019avoue.Cependant, dans son éditorial du 8 février, Marie-Andrée Chouinard nous dit que parler, «c\u2019est le choix de M.Lazhar, envers et contre les volontés de parents bornés ou d\u2019une direction d\u2019école coincée».Avec la CAQ au pouvoir, quelle aurait été l\u2019évaluation de ce professeur \u2014 trop \u2014 humain?Recevrait-il une bonne note de la part de son directeur?Laissez-moi en douter.Qn lui aurait plutôt reproché, à mots couverts, de perdre son temps et de risquer de faire baisser la «cote» de son école.Les notes des élèves risqueraient d\u2019en pâtir, et la fréquentation de l\u2019école aussi.La vision technocrate de la société.avec chiffres et données rassurantes, n\u2019a que faire des bons sentiments.Le «remède» sans âme proposé par la CAQ en éducation fera-t-il plus de «Martine Lachance»?H faudra beaucoup de M.Lazhar, c\u2019est là que peut résider l\u2019espoir.Lucie Bergeron Québec, le 8 février 2012 Perdre le nord Gérard Deltell, maintenant chef parlementaire de la CAQ, y est allé d\u2019une sortie dans laquelle il renie ses années politiques à l\u2019ADQ.Dénonçant l\u2019annonce de Charest sur les aires protégées du Plan Nord, il a du même souffle dénoncé le manque de places en garderie et le manque d\u2019infrastructures sociales en région! Adieu le «moins d\u2019Etat pour mieux gouverner», l\u2019argent donné directement aux parents plutôt qu\u2019aux CPE, valeurs qu\u2019il défendait à l\u2019ADQ.Non, maintenant, il nous propose plus de ce qui ne marche pa§! A quelques jours d\u2019une possible grève qui fera des parents québécois des otages de leur gardienne, entendre Deltell réclamer plus de ce système à repenser ne peut nous mener qu\u2019à une conclusion: il a perdu sa boussole dans la fusion.Daniel Castonguay Contrecœur, le 7février 2012 Une grand-mère indignée Que fait-on lorsqu\u2019un administrateur puise dans les fonds publics pour s\u2019acheter des médailles?Non pas pour un ou deux dollars, non.Pour des millions de dollars.Que fait-on quand il achète des avions pour jouer à la guerre?Que fait-on quand il dit que les vieux coûtent trop cher et qu\u2019il faut réviser leur pension?Dites-moi, que peut-on faire?Rollande Boivin Laval, le 6 février 2012 LIBRE OPINION L\u2019agence S&P : un gendarme d\u2019opérette MICHEL NADEAU Directeur général de l\u2019Institut sur la gouvernance d\u2019organisations privées et publiques (IGOPP) Avec la gravité d\u2019un magister impitoyable, l\u2019agence de notation Standard & Poor\u2019s envoyait, il y a six mois cette semaine, un solide coup de semonce au gouvernement américain.Les experts de S&P ont voulu écrire l\u2019histoire en retirant les trois A à la cote du crédit considérée comme la plus sûre de la planète.Et le chœur des stratèges, y compris Bill Gross, le gourou de la plus grande firme de gestion obligataire américaine PIMCQ, implorait les investisseurs de délaisser les titres de l\u2019oncle Sam et même de les vendre à découvert.Plusieurs courtiers proposaient à leurs clients d\u2019aller chercher refuge dans des titres plus tendance comme les entreprises d\u2019énergie propre ou les petites sociétés chinoises.Encore une fois, S&P a joué le rôle de gendarme d\u2019opérette en sonnant la charge une fois la bataille passée.L\u2019indice Bar- clay\u2019s des obligations de plus de 20 ans du Trésor américain a affiché un rendement de 33,84 % en 2011, la meilleure performance de tous les véhicules financiers (ce résultat vient d\u2019une baisse des taux de 1,44 %: une diminution de 1 % fait augmenter de 18 % la valeur d\u2019une obligation de 30 ans).Avoir une vue à long terme sur les obligations était la stratégie gagnante en 2011! Les titres américains pour une échéance de 10 ans ont baissé de 2,56 % à 1,88 % entre août et fin décembre.Ce mouvement de 68 % fut identique à celui du Canada (repli de 70 %) qui n\u2019a pourtant pas reçu l\u2019opprobre de l\u2019agence new-yorkaise.L\u2019écart entre les obligations américaines et les valeurs similaires allemandes est passé de 15 % avant le début d\u2019août à seulement 5 %.La valeur relative du crédit américain s\u2019est améliorée.Qui a été pénalisé par S&P?La panique provoquée par S&P en août dernier n\u2019a pas eu d\u2019effet réel; l\u2019ensemble du crédit s\u2019est amélioré en raison de la crise financière européenne.Les chiffres très positifs de l\u2019emploi aux Etats-Unis de vendredi dernier montrent que les prophètes qui voyaient dans leur boule une chute brutale de l\u2019économie américaine ont publié un avis mortuaire précoce.Les agences de notation apportent des manchettes spectaculaires aux chaînes d\u2019information continue.Mais le marché bouge au-delà de ces analyses prétendument objectives.Les investisseurs cherchent un rapport raisonnable entre le rendement et le risque disponibles.Malheureusement, le petit épargnant se fait souvent prendre par ces prétendus oracles qui regardent le risque dans le rétroviseur des bilans passés.Qn cherche ainsi à déplacer le troupeau des investisseurs prêts à boire à la première source venue.Au fait, l\u2019ensemble des titres des entreprises d\u2019énergie propre et des petites compagnies chinoises ont perdu en 2011 respectivement 44,6 % et 38,3 %.Donc, ceux qui n\u2019ont pas écouté les grands prêtres du crédit et sont demeurés investis en obligations ont mieux fait de plus de 70 % que les acheteurs de la saveur du mois.Sacré oncle Sam!!! LE DEVOIR, LE JEUDI 9 EEVRIER 2012 A 9 IDEES La réplique > Retrait du Canada de Kyoto Le Québec doit s\u2019exprimer directement LOUISE BEAUDOIN Députée de Rosemont a semaine dernière, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, affirmait ceci: «Avec le gouvernement conservateur, les portes du monde se referment sur le Québec.Il faut changer ça, et un gouvernement du Parti québécois va continuer dans la voie de Kyoto.Nous aurons notre propre politique étrangère.Nous ouvrirons les portes et nous dirons au monde que le Canada, ce n\u2019est pas le Québec.» Je suis totalement d\u2019accord avec ces propos, ayant au mois de décembre dernier dénoncé le retrait du Canada de Kyoto et marrainant actuellement sur le site de l\u2019Assemblée nationale une pétition en ce sens initiée par un citoyen de Rosemont, Frédéric Bourrely, directeur général de la Société de développement environnemental de Rosemont (SODER).Sachant bien que le gouvernement en place est farouchement fédéraliste, on voudrait bien que le Québec puisse quand même faire entendre sa voix au sein des forums internationaux.Deux députés du Parti québécois, Alexandre Cloutier et Scott McKay, demandent donc au gouvernement Charest qu\u2019il réclame pour le Québec un statut de gouvernement participant dans le cadre des discussions post-Kyo-to qui se tiendront au Brésil en juin prochain.11 y a là une proposition pleine de sens et qui repose sur des précédents qui ont porté leurs fruits.Mais dans le contexte actuel, elle manque de réabsme.Des conditions nécessaires Le statut de gouvernement participant a été accordé au Québec en deux occasions dans les instances de la Francophonie.La première fois, en 1970, lors de la création de l\u2019Agence de coopération culturelle et technique; la seconde, en 1985, au moment de la mise sur pied des sommets de la Francophonie.Grâce à l\u2019appui ferme et indéfectible de la France, le Canada a accepté que le Québec siège à l\u2019Agence et au sommet.Deux conditions sont cependant nécessaires pour obtenir ce statut: l\u2019appui d\u2019un Etat membre et l\u2019accord du Canada.Qr, le Canada vient de dénoncer le protocole et de s\u2019en retirer.Quant à la France, le président Nicolas Sarkozy a écrit à la chef du Parti québécois et au chef du Bloc québécois en 2009 pour leur dire clairement que la France, sous sa gouverne, n\u2019appuierait plus jamais le Québec contre la volonté canadienne.Ce qui avait été le cas dans les deux dossiers cités, la France ayant littéralement fait plier le gouvernement fédéral en 1970 et en 1985.Le déclencheur > Gouvernement participant Dans Le Devoir du 6 février, les députés du PQ Alexandre Cloutier et Scott McKay s\u2019exprimaient ainsi à propos du retrait du Canada de Kyoto et de la nécessité pour le Québec d\u2019y réagir: «[.] il est urgent que l\u2019engagement du Québec en faveur du protocole de Kyoto soit reconnu au sein de la communauté internationale.Le Parti québécois estime que le gouvernement du Québec doit prendre les devants afin d\u2019obtenir une forme de reconnaissance de ses actions par l\u2019Organisation des Nations unies.[.] Nous estimons que le gouvernement du Québec devrait proposer [.] un statut de gouvernement participant auprès des parties du protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.» Prise de parole directe 11 n\u2019y a donc rien à attendre ni du Canada, ni de la France de Sarkozy.Le moment est venu pour le Québec de ne compter que sur ses propres moyens.Qr, en tant que province, le Québec n\u2019est pas en mesure de négocier directement avec les membres des Nations unies pour obtenir ce statut de gouvernement participant.C\u2019est la dure réabté du monde d\u2019aujourd\u2019hui.Par conséquent, pour défendre ses propres intérêts, ceux, dans ce cas précis, de ses entreprises qui seront éventuellement obligées de payer des droits de douane majorés, imposés, par exemple, par l\u2019Union européenne en guise de représailles contre les pays ne respectant pas Kyoto (François Hollande a d\u2019ailleurs repris cette idée dans son grand discours au Bourget le 26 janvier dernier), pour promouvoir l\u2019essor de sa b-bère environnementale et pour répondre adéquatement aux attentes des Québécois en matière de lutte contre les changements climatiques, le Québec n\u2019a d\u2019autre choix que de s\u2019exprimer directement sur la scène internationale.L\u2019indépendance Pour ce faire, il n\u2019y a qu\u2019une seule vraie solution, l\u2019accès du Québec à sa pleine indépendance, la plus belle, la plus ambitieuse, la plus efficace réponse aux décisions d\u2019un Canada qui nous ressemble et nous représente de moins en moins.Dans le système fédéral canadien, les progrès pour le Québec ne sont en effet plus possibles.Mes amis du Parti québécois et moi nous nous rejoignons sur les principes et la volonté que le Québec mette en oeuvre sa propre politique étrangère.Nous nous rejoignons aussi sur le seul moyen possible: l\u2019indépendance du Québec.Le Québec peine internationale.\u2014 et c\u2019est le cas en environnement \u2014 JACQUES GRENIER LE DEVOIR à se faire entendre sur la scène Industrie minière : entre rêve et réalité D BRYAN A.COATES Vice-président Finances et chef de la direction financière à la Corporation minière Osisko ans Le Devoir du 30 janvier dernier, Yvan Allaire nous propose un «nouveau modèle» pour le partage équitable des bénéfices générés par l\u2019industrie minière.Au cours des derniers mois, M.Allaire a manifesté beaucoup d\u2019intérêt pour le partage de profits d\u2019une industrie qui ne lui semble pas très familière.Je soubgne au passage que le débat en cours, auquel il se joint tardivement, ne me semble avoir provoqué aucune hystérie jusqu\u2019à présent.Pour être productif, un débat doit néanmoins reposer sur des faits et une analyse rigoureuse.Je me permets donc d\u2019intervenir en me basant sur mes trente années d\u2019expérience passées dans le domaine de la finance minière \u2014 métier qui concerne notamment l\u2019évaluation et la décision d\u2019investissements.L\u2019entrepreneuriat et la création de richesse Depuis la réforme Bachand du régime des droits miniers, les gouvernements fédéral et québécois exercent une ponction sur les profits miniers à un taux statutaire total de 43 %.Pour une grande entreprise manufacturière au Québec, la ponction totale est de 27 %, et pour une PME, 19 %.Dans la province voisine de l\u2019Qntario, la ponction totale statutaire sur les profits miniers varie de 30 % à 35 % et les 10 premiers milbons de profits d\u2019une nouvelle exploitation sont exempts.De plus, les entreprises enrichissent la collectivité de bien d\u2019autres façons (contributions patronales aux programmes de santé et aux programmes sociaux, taxes municipales, etc.) En augmentant significativement les taux nominal et effectif de fiscalité minière, la réforme Bachand profite aux Québécois en augmentant la çontribution du secteur à la collectivité.À lire M.Allaire, on a l\u2019impression que l\u2019industrie minière tire des rendements faramineux d\u2019in- vestissements à peine plus risqués que des obligations du gouvernement du Canada.Des rendements de 50 % à 80 %?Sans risque?Diable! Si tel était le cas, la meilleure stratégie de partage de richesse serait de faire de chaque Québécois un actionnaire de sociétés minières.Les investisseurs se battraient à ma porte pour financer nos projets! Qr, c\u2019est loin d\u2019être le cas.Monsieur Allaire semble mélanger les pommes, les oranges et les navets.D\u2019abord, il parle du risque d\u2019une «exploitation minière».11 semble ignorer qu\u2019on mesure le risque et le rendement sur la totalité du cycle minier \u2014 depuis la prospection jusqu\u2019à la fermeture de la mine.Selon le ministère québécois des Ressources naturelles et de la Faune, un seul projet d\u2019exploration sur 2000 débouche sur une exploitation minière.Là se trouve le premier et principal risque associé à l\u2019activité minière.Faire abstraction de ce fait, c\u2019est comme évaluer le risque d\u2019un billet de loterie gagnant.le lendemain du tirage.Ce risque se traduit en coûts réels.11 y a quelques mois, Qsisko a abandonné un projet d\u2019e^loration après y avoir investi 15 millions.Pas au Pérou, ni au Venezuela, mais bien en Abitibi, pour la simple raison que la perspective de rentabilité ne justifiait pas qu\u2019on y fasse des investissements supplémentaires.Des décisions semblables, l\u2019industrie en prend des dizaines par année.Depuis 2006, les investissements en exploration au Canada totalisent entre 2 et 3,8 milliards par an.La majeure partie de ces investissements passent aux pertes.Ils sont néanmoins nécessaires: s\u2019il est vrai que le minerai ne s\u2019en ira pas, il coûte très cher à trouver.Et s\u2019il est vrai que les mines en exploitation ne peuvent déménager, les capitaux d\u2019exploration, eux, sont très mobiles.Ils luiront une juridiction oû la fiscalité n\u2019est pas concurrentielle.Qr c\u2019est maintenant qu\u2019il faut chercher les gisements qui, dans dix ou quinze ans, remplaceront les mines qui fermeront d\u2019ici là.Depuis 2006, les investissements en exploration au Canada totalisent entre 2 et 3,8 milliards par an Même au stade de l\u2019exploitation, le risque reste beaucoup plus important que M.Allaire semble le croire.L\u2019industrie minière fait face à plusieurs risques dans ses opérations journalières, dont un risque d\u2019estimation des réserves (le modèle géologique et l\u2019estimation des réserves sont-ils conformes à la réalité pour l\u2019ensemble du gisement?), les risques opérationnels, de ressources humaines et des marchés (demande du produit et de prix).En une décennie, les coûts d\u2019exploitation directs au comptant {cash costs) par once de la mine d\u2019or médiane au monde sont passés de 228 $US à 628 $US: une hausse de 10,7 % par an, ce qui est très supérieur à l\u2019inflation.Cette progression reflète la hausse des salaires et des prix des intrants, stimulés par une forte demande.La «rente» minière est déjà largement partagée par toute la chaîne de création de valeur.S\u2019agissant de risque, monsieur Allaire semble ignorer la récente fermeture de la mine d\u2019or Goldex à Val-d\u2019Qr, propriété de Mines j^nico-Eagle, qui a engendré une radiation comptable de plus de 260 millions et une baisse de sa capitalisation boursière d\u2019environ 22 % (2,2 milbards).Cette fermeture est attribuable à des conditions de terrain difficiles.Comment cette fermeture de mine s\u2019intégrerait-elle dans le nouveau modèle proposé par monsieur Allaire?[.] Détermination du taux de rendement Voilà pour le risque.Qu\u2019en est-il du rendement?M.Allaire évoque pour l\u2019industrie minière son plafonnement à 30 %, seuil au-delà duquel il serait confisqué.Depuis cinq ans, selon les indices sectoriels de la Bourse de Toronto, l\u2019industrie minière a produit un rendement annuel de 18 % pour ses investisseurs, en plein boom des matières premières.Ça, c\u2019est la réalité: elle est très loin des 50 % à 80 % tabulés par M.Allaire.Pendant ce temps, l\u2019industrie pharmaceutique a produit un rendement annuel de 124 % \u2014 au-rait-on dû lui confisquer l\u2019excédent de 30 %?Quant à l\u2019industrie aérospatiale, elle a produit un rendement négatif de 5 %.Dans la logique allai-rienne, le gouvernement aurait-il dû compenser cette perte, dans une industrie déjà lourdement subventionnée?Une société d\u2019État maître d\u2019œuvre?La suggestion de confier la maîtrise d\u2019œuyre du développement minier à une société d\u2019Etat me semble témoigner d\u2019un manque de mémoire.A-t-on déjà oubbé Sidbec, SQQUEM et la Société nationale de l\u2019amiante?L\u2019exploration et l\u2019exploitation minières demandent une audace, une souplesse et une tolérance au risque qu\u2019on retrouve plus volontiers daqs une entreprise privée que dans une société d\u2019Etat.Les Québécois profitent du boom minier bien plus qu\u2019ils ne le réalisent.Pas seulement par les droits et taxes ou par la création de dizaines de mil-bers d\u2019emplois bien rémimérés, mais en tant qu\u2019ac-tionnaires, directement ou par l\u2019entremise de caisses de retraite, de fonds d\u2019bivestissement, du Fonds de sobdarité, d\u2019investissement Québec et, au premier chef, de la Caisse de dépôt et placement, notre fonds souverain.La cobectivité pourrait bénéficier davantage des ressources de notre sous-sol en investissant davantage dans la recherche, l\u2019exploration, la mi^ en valeur et le développement des gisements.Etant donné ses convictions sur le faible risque et les rendements élevés de l\u2019bidustrie minière, j\u2019imagbie que M.Abaire y a déjà investi la majeure partie de son portefeuibe.L\u2019industrie minière mondiale est en effervescence.Ebe offre des occasions de création de richesse qu\u2019il faut saisb et développer.En cette matière, les Québécois seront mieux servis par une industrie québécoise privée, robuste et bien financée, dans laquebe bs devraient bivestir.Toute fiscalité confiscatobe ferait fub l\u2019exploration.Ce serait un cas typique de myopie et de mise à mort de la poule aux œufs d\u2019or.En paieraient le prix les générations futures, celles-là mêmes qu\u2019on prétend favoriser.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)YeAA&n D&gh.s&(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf'siïw^éJ ; information politique : Michel Dav\\A(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane BaÜlargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields^ {reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy 'TaiWeier (reporters) ,j&axi-V\\eTr& Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Emilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena BÜyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 10 LE DEVOIR, LE JEUDI 9 EEVRIER 2012 ACTDALITES SECURITE SUITE DE LA PAGE 1 par les recettes du gouvernement croule sous le fardeau financier, car un dividende budgétaire de 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) découle des réductions des transferts fédéraux en santé, dont la croissance annuelle sera désormais arrimée sur la croissance économique plutôt que sur le taux de 6 %.Uenveloppe libérée se chiffrerait à 7 milliards de dollars en 2011-2012, pour augmenter par la suite avec le PIB.«Selon la projection du DPB [directeur parlementaire du budget], le gouvernement fédéral pourrait réduire ses revenus, augmenter ses dépenses de programme ou une combinaison des deux de 0,4 % du PIB, tout en maintenant une viabilité financière», tranche le document.Avec les changements démographiques à venir, les prestations versées aux aînés devraient passer de 14,8 % des dépenses de programme en 2010-2011 à 20,9 % en 2030-2031.Et pendant la période de croissance, la dette nationale devrait continuer de diminuer.Les prestations prévues pour les aînés auront dans 20 ans atteint un sommet, pour retomber par la suite à 14,9 % des dépenses de programme.Confronté à ces conclusions du directeur parlementaire du budget qui défont carrément l\u2019argument au cœur du plaidoyer des conservateurs, le ministre des Finances, Jim Flaherty, les a simplement rejetées du revers de la main.Le ministre a indiqué hier que ce même M.Page, lors d\u2019un passage en comité parlementaire l\u2019an dernier, avait lui-même dit que le déficit fiscal était causé par les changements démographiques.«Et aujourd\u2019hui il sort un rapport qui dit tout le contraire.Incroyable, non fiable et non crédible», a scandé M.Flaherty à sa sortie des Communes.«Combien de fois M.Flaherty s\u2019est-il trompé dans ses prévisions?[.] S\u2019il y a quelqu\u2019un qui manque de crédibilité, c\u2019est ce gouvernement fédéral et le ministre des Finances [.] pas le directeur parlementaire du budget»,^ a rétorqué le porte-parole néodémocrate en matière de finances, Peter Julian.A l\u2019intérieur de la Chambre, ses collègues avaient tour à tour refusé de commenter le rapport, de même que de préciser les intentions de leur gouvernement quant au sort du programme de la Sécurité de la vieillesse.La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a simplement affirmé qu\u2019il était «très important d'écouter les autres experts qui disent que, si rien n'est fait aujourd'hui, il y aura vraiment et sûrement une grande crise dans ce programme».Il y a deux semaines, en Suisse, le premier ministre Stephen Harper avait annoncé que le fédéral apporterait des changements au régime de retraite «afin d\u2019en assurer la viabilité pour la prochaine génération».Or, voilà que le directeur parlementaire du budget vient de saper son argumentation.«Si le gouvernement décide de faire quelque chose, il doit trouver un autre argument, parce que l'argument de la viabilité, de la durabilité, franchement, n'existe pas», a dénoncé le chef intérim du Parti libéral.Bob Rae.L\u2019une des options envisagées par les conservateurs serait de %- REUTERS Le ministre des Finances, Jim Flaherty, juge non fiable et non crédible le rapport de Kevin Page, directeur parlementaire du budget.hausser l\u2019âge d\u2019admissibilité au programme de la Sécurité de la vieillesse de 65 à 67 ans.Kevin Page a été nommé par M.Harper en 2008, lorsque le premier ministre a créé son poste en lui donnant le mandat de «présenter au Parlement une analyse indépendante sur l\u2019état des finances de la nation, le budget des dépenses du gouvernement, ainsi que les tendances de l\u2019économie nationale».Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019il doit subir les attaques des troupes conservatrices.Au début de 2011, il s\u2019était attiré leurs foudres en contestant leurs prévisions que leur déficit record pourrait être réduit sans douleur notamment grâce aux départs volontaires de milliers de fonctionnaires fédéraux.En réaction à un rapport de M.Page qui mettait en doute ses projections, le président du Conseil du trésor de l\u2019époque, Stockwell Day, l\u2019avait accusé d\u2019avoir «grossièrement tort», scandant que ce pouvait bien être lui qui se trompait puisque «le directeur parlementaire du budget n\u2019est pas le pape»\\ Les conservateurs ont revu depuis leur plan de réduction du déficit, devenu plus rigoureux et réclamant désormais à tous les ministères des plans de réduction de leurs dépenses prévoyant des compressions de 5 % ou 10 % de leurs budgets.Le ministère des Finances devait au départ choisir parmi ces deux plans pour économiser 4 milliards par année en exigeant des compressions plus importantes de certains ministères si d\u2019autres étaient incapables d\u2019en faire suffisamment.Depuis quelques semaines, des ministres parlent de compressions atteignant 8 milliards et l\u2019appareil gouvernemental s\u2019attend à d\u2019importantes réductions de personnel avec le prochain budget, attendu dans quelques semaines.Le Devoir POLITICIEN SUITE DE LA PAGE 1 observateurs du comportement des mammifères.Et inversement.«Rien ne serait plus normal», lance, confortablement installé dans un canapé, le spécialiste du primate et de l\u2019humain, maître de conférences à la Chaire de paléoanthropologie et préhistoire du Collège de France.L\u2019animal pensant est de passage à Montréal cette semaine à l\u2019invitation de l\u2019émission d\u2019affaires publiques Bazzo.tv (Télé-Québec) à laquelle il va participer ce soir à titre d\u2019invité principal.«La télévision, les communicateurs politiques ont changé la donne de la politique.Conséquence: pour éviter les bourdes, les politiciens n\u2019osent plus parler.Ils sont davantage dans l\u2019image et le comportement que dans le discours.Et, en ce sens, ils se rapprochent désormais des maîtres de la politique sans langage, c\u2019est-à-dire les chimpanzés.» Assassinat politique pour se débarrasser d\u2019un rival dans une course à la chefferie, serrage de mains en rafale pour se rapprocher de l\u2019électeur ou du puissant financier, coup de gueule, jeu de coulisse, avec intrigues sexuelles, Vhomo politi-cus des temps présents n\u2019a finalement rien inventé, donnant raison en partie à Aristote qui a qualifié l\u2019humain de «zoon politikon», d\u2019animal politique, et aux éthologues qui, au fil des années ont compris en observant les chimpanzés que «les racines de la politique sont plus anciennes que l\u2019humanité», écrit Pascal Picq.Cette famille d\u2019hominidés qui englobe les chimpanzés communs et le bonobo est en effet «machiavélique, parfois même démoniaque», «très douée pour la politique» et le pouvoir de ses élites dépend des «capacités des individus à constituer des coalitions et des alliances dans le but de monter dans la hiérarchie et de se maintenir dans l\u2019exercice du pouvoir, de gagner les privilèges et d\u2019en assumer plus ou ou moins bien les obligations morales envers ses alliés et les autres», ajoute l\u2019auteur qui, en 2007, a signé également l\u2019excellent et l\u2019obscurantisme (Odile Jacob).La planète des singes A une époque où pour atteindre le sommet, «il est préférable d\u2019avoir la meilleure image possible que le meilleur programme», résume le paléoanthropologue, la distance entre les deux univers politiques, celui de l\u2019humain et celui du chimpanzé, tend donc à diminuer.Un peu parce que les politiciens se font plus singes.Un peu aussi parce que le chimpanzé «est plus humain qu\u2019on le pensait».Conséquence, cette politique sans langage, qui au Québec s\u2019éloigne des grandes envolées discursives des Jean Lesage, Henri Bourassa, René Levesque, Pierre Bourgault ou de l\u2019oublié Armand Lavergne, pour se concentrer sur la couleur d\u2019un carré Hermès ou l\u2019attitude d\u2019un candidat par rapport à son téléscripteur, donne aujourd\u2019hui un avantage aux rois de l\u2019épouillage, base du comportement du chimpanzé qui, par ce geste sanitaire, lui permet d\u2019avoir des relations avec les autres, dit-il.«Jacques Chirac en France était très bon là-dedans», en ne rechignant pas devant une andouillet-te partagée avec un citoyen lambda.Idem pour «Barack Obama, qui donne régulièrement des sueurs froides à ses services de sécurité en se rapprochant des gens pour les toucher ou leur parler».«Les liens entre les individus se tissent au travers de séances d\u2019épouillage soutenues et le partage de nourriture, écrit Picq.Es installent des relations de réciprocité qui se révèlent précieuses dans les conflits» qui, en politique humaine comme en politique des singes, sont nombreux et conduisent parfois au drame.Meurtre pour le pouvoir Le primatologue néerlandais Frans de Waal a été témoin de la chose au zoo d\u2019Arnhem, au pays des canaux et des moulins, en assistant au meurtre d\u2019un chimpanzé fomenté par deux mâles coalisés, rapporte Picq dans son bouquin.Dans cette communauté, en cage comme en pleine nature, ce genre de violence pour se débarrasser d\u2019un rival \u2014 souvent symbolique dans le monde des humains \u2014 est monnaie courante et implique aussi parfois des femelles dont leur rôle, dans cette politique du singe, n\u2019est pas à négliger.«Il y ale pouvoir formel et les réseaux informels qui permettent de le maintenir et dans lesquels les femelles occupent une place importante», dit Picq en évoquant quelques intrigues à saveur sexuelle qui viennent parfois pimenter les rapports de force entre hominidés.Un doute?Chez les bono-bos, une femelle peut briser une coalition en formation qui menace un mâle dominant.«Elle se pliera par la suite à un accouplement avec les deux protagonistes pour aider à faire passer la pilule», résume le paléoanthropologue.Dans cette mise en parallèle amusée et amusante, l\u2019homme évite, à quelques exceptions près, de nommer, de mettre un visage connu sur un comportement animal.«Je ne voulais pas faire dans la caricature, dit-il.voulais seulement écrire un essai d\u2019anthropologie évolutionniste de la politique.» Mais il se plie toutefois au jeu des comparaisons entre certaines tribus de singes et des formations politiques.Ainsi, l\u2019extrême gauche politique serait, selon lui, incarné dans la sphère animale par les cercopithèques, ces petits singes à longue queue qui «crient beaucoup et agissent peu», des bêtes outrées en somme qui se nourrissent des fruits de la nature, vont parfois voler dans des champs cultivés et se tiennent en groupe restreint, explique l\u2019auteur.La droite pragmatique et intrigante, quant à elle, trouve certainement ces racines chez la communauté des macaques, un groupe dont les «fossiles vivants sont encore actifs», où la hiérarchie est stable et où le pouvoir repose non pas sur la force, mais sur la capacité à «nouer des relations avec des alliés».Et forcément, «toute ressemblance avec des personnages ou des groupes politiques connus n\u2019est pas coïncidence fortuite», comme le dit l\u2019auteur qui avoue, avec son bouquin, ne chercher rien d\u2019autre qu\u2019à souligner nos «archaïsmes culturels» en passant par les chimpanzés.Cette description des origines naturelles de la politique se veut d\u2019ailleurs sans cynisme, sans ironie, mais avec un constat toutefois: «Si Aristote revenait sur terre, il serait effaré par la médiocrité de nos arènes médiatiques», écrit-il.Médiocrité qui, à l\u2019image des singes dans une cage au zoo, a le mérite de divertir pour, sous la houlette d\u2019un paléoanthropologue, mieux faire réfléchir.Le Devoir BUFFINGTON SUITE DE LA PAGE 1 mois.Anne Sinclair, épouse du réputé scandaleux Dominique Strauss-Kahn, dirige celle-là.Des éditions espagnole et italienne sont en préparation.Le Huffington Post Québec (HPQ), lui, est né officiellement hier.«Sans un site distinct, nous n\u2019aurions pas pu capter la particularité culturelle, linguistique et identitaire du Québec», explique Arianna Huffington, rencontrée à Montréal avec une douzaine de reporters plus ou moins spécialisés dans la couverture médiatique.L\u2019éditrice assure que cette nouvelle édition sera «tout sauf \u201cprovinciale\u201d».Le branchement à quebec.huffingtonpost.ca ou à sa version canadienne demeurait bien difficile hier, du moins à partir des ordinateurs du Devoir.Le site reproduit le modèle éprouvé avec huit employés (dont quatre permanents) pour produire et reproduire des nouvelles à profusions réparties en trois grandes catégories (politique, divertissement et sports) et relayer des blogues jusqu\u2019à plus soif Des personnaKtés de tous les milieux signent ces carnets Web: l\u2019animatrice branchée Anne-Marie Withenshaw, la journaliste féministe Francine Pelletier, la sexologue Jocelyne Robert, l\u2019avocat Julius Grey le président d\u2019Hàiti, Michel Martely.Aucun blogueur n\u2019est rémunéré pour sa contribution.En décembre, plusieurs candidats potentiels ont finalement refusé de contribuer gratuitement au site de propriété américaine.La plupart sont depuis passés au voir.ca.«Nous sommes une plateforme et en tant que telle, nous offrons la distribution de contenus à des gens de qualité, dit Mme Huffington.Es nous fournissent du bon contenu et en échange, nous leur offrons une audience, une interaction avec une large communauté.» Elle fait observer l\u2019étendue de cet échange intéressé.Après tout, hier, elle-même a multiplié les entrevues avec des médias québécois sans être payée.Elle «ploguait» son «produit» et la radio ou la télé bénéficiait de sa notoriété, chacun sortant gagnant de l\u2019échange égalitaire.De même, les clients de Twitter ou Facebook, y compris d\u2019innombrables journalistes, ne reçoivent pas d\u2019argent pour y publier des infos alors que ces compagnies accumulent des fortunes.«Un échange différent est à l\u2019œuvre maintenant, ajoute la capitaliste postmoderne.Il faut penser nos blogues comme des comptes Twitter où les contributions ne sont pas limitées à 140 caractères à la fois.Le blogueur peut écrire 1000 ou 5000 mots et conserver le contrôle total de son message.» Ni-ni Le mélange des genres possible et les conflits d\u2019intérêts potentiels ne l\u2019ébranlent pas davantage.La liste des blogueurs du HPQ comprend des militants (comme l\u2019écologiste Karel Mayrand), des députés (Fatima Houda-Pepin, YvesrFrançois Blanchet.) et des spécialistes des relations publiques, comme Bruno Guglielminetti, directeur de la communication numérique au cabinet National.Comment s\u2019assurer que lui ou d\u2019autres ne pistonnent pas leurs clients?«Tant que les blogueurs se présentent clairement, il n\u2019y a pas de conflit d\u2019intérêts, tranche la patronne.Es exposent en toute transparence leurs affiliations, leurs associations, leurs employeurs, peu importe.» Tout devient ni-ni avec Arianna Huffin^on.Son média ne se veut ni de gauche ni de droite.«J\u2019aime bien qu\u2019on nous décrive comme \u201cprogressifs\u201d, mais ce n\u2019est pas une position de droite ou de gauche», dit celle qui a muté idéologiquement.D\u2019abord associée aux conservateurs américains, elle a glissé vers des positions plus libérales à la fin du siècle dernier.Elle assure aussi que son site ne prendra pas position dans le sempiternel débat constitutionnel ca-nado-québécois même si elle-même a dit à la radio de la CBC qu\u2019elle souhaitait que le Québec reste au sein du Canada.«Ce n\u2019est pas à nous de prendre position», affirme-t-elle tandis que son rédacteur en chef Patrick White ajoute que la couverture du site ne sera «nipéquiste, ni adéquiste, ni libérale».La Citizen Kane du XXI\"^ siècle ne croit d\u2019ailleurs pas à la disparition prochaine des bons vieux médias écrits et imprimés que sa machine à nouvelles siphonne avec joie et allégresse.En France, le HP est allié avec Le Monde.En Espagne, dans quelques mois, il sera lancé avec le contenu du El Pais.«L\u2019avenir des médias imprimés ne me semble pas aussi sombre qu\u2019on le dit, affirme celle dont le nom annonce un nouveau monde médiatique.Personnellement, j\u2019aime lire les journaux.Mes filles, qui sont au collège, achètent encore beaucoup de magazines, même si elles consomment tout le reste en ligne, y compris la télévision.» Le Devoir Rectificatifs Dans l\u2019article de Catherine Lalonde intitulé «Toutes pour une et une pour toutes», paru les samedi 4 et dimanche 5 février en page E 4 du cahier Culture, les chiffres du Conseil des arts et des lettres du Québec étaient erronés.On aurait dû lire qu\u2019aux dernières inscriptions aux subventions de projets de productions en danse, 13 projets ont été acceptés sur 33 demandes.Un taux de réponse de 39 %, à 28 % des montants demandés.?Dans l\u2019article «Thériault confronte la FTQ-Construction» de Kathleen Lévesque publié le 3 février 2012, il aurait fallu lire que Bernard Gauthier est le représentant syndical de l\u2019Union des opérateurs de machinerie lourde (local 791), plutôt que du syndicat des grutiers.LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel Bureau de Québec 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 418-643-1541 La publicité Au téléphone\t514-985-3399 Par télécopieur\t514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514-985-3344 Par télécopieur\t514-985-3340 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone\t514-985-3322 Par télécopieur\t514-985-3340 Les abonnements Au téléphone\t514-985-3355 du lundi au vendredi de\t7h30 à 16h30 Par télécopieur\t514-985-5967 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L\u2019agenda culturel Au téléphone\t514-985-3346 Par télécopieur\t514-985-3390 Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9\" l\u2019imprimerie du Journal de Quebec, 450 avenue Bechard, Quebec qui est la propriété d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi etage, Montreal, (Quebec), H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc, 12 800 rue Brault, St-Janvier de Mirabel, Quebec, division de Québécor Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de de Corporation Sun Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal \u2014 Enregistrement n° 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007 "]
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