Le devoir, 4 février 2012, Cahier G
[" imiATIONAL COOPÉRATION QUÉBÉCOISE Rio+20 a monopolisé Tensemble des discussions à Porto Alegre Page 3 1 Suzanne Gendron et le futur Sommet international des coopératives Page 5 Le Congo est un pays à reconstruire Page 6 CAHIER G > LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 EÉVRIER 2012 WM\"; ¦f-.n Ul PRAKASH MATHEMA DEVOIR Le 26 novembre 2011, une infirmière népalaise examine un enfant de 2 ans qui souffi'e de malnutrition dans la ville de Mangalsen, située à environ 800 km à l\u2019ouest de Katmandou au Népal.Et si on travaillait «ensemble» L\u2019intérêt des populations locales doit être la priorité Le Népal n\u2019a ainsi pas besoin du blé canadien pour se nourrir, mais plutôt d\u2019apprendre comment mettre à profit ses propres ressources pour passer / d\u2019un Etat de survivance à une situation normale de vie.Investir de façon responsable n\u2019a de sens que si là où cela a lieu les conditions deviennent meilleures pour tous.Et cette évaluation qui vaut quand on parle de développement local s\u2019applique aussi à l\u2019échelle internationale.Coopérer n\u2019aura de raison d\u2019être que si localement les conditions de vie s\u2019améliorent.L\u2019aide internationale doit-elle être évaluée par les seules retombées générées dans le pays donateur?NORMAND THÉRIAULT La ville faisait rêver: combien de jeunes Occidentaux ont-ils tout misé sur cette destination où nature et plaisirs, licites ou illicites, se conjuguaient, comme si en altitude on était déjà à la porte d\u2019un paradis?Et Katmandou était devenue une ville exotique, l\u2019étape finale d\u2019une route qui mènerait à un nirvana.Depuis, on a découvert qu\u2019il y avait quelque chose de «pourri» au Royaume du Népal.Si la lutte pour le pouvoir politique en a découragé plus d\u2019un et d\u2019une de s\u2019y rendre, il s\u2019est aussi produit que de ces voyages passés, on a découvert un pays où misère et pauvreté avaient engendré des conditions de vie souvent misérables.Et certains se sont donc rendus là, en pleine Asie, au cœur de l\u2019Himalaya, pour améliorer le sort des populations locales.Et ce avec succès, quand on évalue le déplacement en matière de résultats.«Travailler ensemble» Nous sommes en région montagneuse, où vivent isolées des populations où les taux de mortalité maternelle et infantile affichent des ratios effarants: de 415 et de 64 respectivement par 100 000 individus.En fait, le Népal a le plus mauvais taux de santé de cette grande région asiatique.Alors le Centre d\u2019étude et de coopération internationale, le CECI, est intervenu.Et le bilan aujourd\u2019hui déposé témoigne d\u2019améliorations notables.Les services prénataux rejoignent ainsi 88,4 % des femmes, et non plus seulement la moitié d\u2019entre elles; quand un programme d\u2019injections fait qu\u2019au lieu du quart, ce sont 84 % des bitures mères qui en profitent.Même plus d\u2019un accouchement sur deux se fait avec des ensembles stérilisés, et non plus un seul sur 5.Quant à la malnutrition, elle a été diminuée de 9 % pour s\u2019établir à un tiers de la population dans cette région.Et le sort des enfants, où les problèmes de diarrhée chronique faisaient augmenter les taux de mortalité, a été modifié en ce qui concerne l\u2019espérance de vie.Et ce projet, le Sahakarya, ce «travailler ensemble» en népali, avait cependant une portée plus vaste, l\u2019objectif étant de faire en sorte que l\u2019agriculture passe en mode de subsistance en un outil capable de générer des revenus.Et cela se fait souvent tout simplement, quand on arrive à faire prendre conscience que le «travail ensemble» permet de faire exécuter de façon coordonnée par un seul ce que chacun hier encore n\u2019exécutait que pour lui-même: une seule femme ira à un marché éloigné pour vendre les produits de toute la collectivité.Interventions utiles On parle alors de coopération.Et l\u2019aide internationale rejoint des populations locales, et son expertise sert à donner à d\u2019autres des outils, et non pas simplement à apporter une aide de secours: le Népal n\u2019a ainsi pas besoin du blé canadien pour se nourrir, mais plutôt d\u2019apprendre comment mettre à profit ses propres ressources pour passer d\u2019un Etat de survivance à une situation normale de vie.Ce ne sera pas le pactole, comme on en rêve dans nos populations où la surconsommation est comme une règle imposée, mais un retour à un mode de vie où l\u2019équilibre s\u2019établit entre l\u2019ufilisation des ressources disponibles et la satisfaction des besoins de base.Ailleurs, en Afrique, le Mouvement Desjardins a ainsi mis en place des réseaux de microcrédit: on ne passe ainsi plus à la caisse, mais le caissier se rend là où les gens vivent.C\u2019est peu, mais beaucoup, car il devient ainsi possible de fonctionner dans une économie de marché, là où auparavant le troc n\u2019était souvent que le seul outil économique possible.Interventions ciblées La coopération internationale a beaucoup évolué dans un dernier demi-siècle.On se souvient comment dans le passé on «prêtait» pour qu\u2019en retour certains puissent acheter les surplus des grandes puissances: le riz du Texas ou, localement, les surplus en blé ou beurre canadiens, voire pour Cuba la surproduction de dindes québécoises.Bref, le commerce des ressources premières de ce qui s\u2019appelle encore le Sud était matière à soutenir les industries des pays dits du Nord.Dans un tel contexte, le sort des indigènes importait peu, d\u2019autant plus que sou- Quand la l(^que première est commerciale, peut-on croire que le mot coopération y trouvera sa place?vent, au temps de la «guerre froide», les grands blocs définissaient en termes militaires les campagnes d\u2019aide.Commerce et politique On a cru un moment que cela n\u2019était plus.Mais voilà que s\u2019élèvent des voix pour dénoncer ce qui se passe ici depuis plusieurs années.«Nous sommes perplexes devant les orientations de l\u2019aide publique au développement qui vient du fédéral Les nouvelles priorités de l\u2019ACDI ont été décidées un peu dans l\u2019ombre sans vraiment de concertation avec les gens qui travaillent dans le monde du développement international Je suis inquiet des récentes déclarations de la ministre Oda, qui disait qu\u2019elle ne séparait pas les intérêts commerciaux et de politique étrangère de la mission de soutien et de développement international.Je veux bien qu\u2019on aide à développer la compétitivité des entreprises canadiennes, du secteur minier en l\u2019occurrence, j\u2019imagine, en rehaussant la capacité de ces entreprises à gérer des risques sociaux et environnementaux, mais c\u2019est largement insuffisant» Car pour Lucien Albert, directeur de l\u2019Unité de santé internationale de l\u2019Université de Montréal, voilà la seule explication pour comprendre que le Canada préfère que son aide ne rejoigne plus l\u2019Afrique, mais les régions sud-américaines, où investissent les multinationales d\u2019ici.C\u2019est d\u2019ailleurs un même constat que fait l\u2019Observatoire sur la coopération internationale de l\u2019UQAM, qui voit que l\u2019aide n\u2019est plus pensée en fonction des besoins locaux, mais comme un outil pour corriger les «erreurs» que génère tout développement dont la raison première est la recherche du profit plutôt qu\u2019une exploitation concertée des ressources.En Mt, si on met à mal toute une ré^on, voire un continent, en exploitant sans souci environnemental réel des sables bitumineux, ou des gaz de schiste, pourquoi ne pas attribuer aux «autres» la même médecine qu\u2019on sert à ses propres concitoyens?Et quand la logique première est commerciale, peut-on croire que le mot coopération y trouvera sa place?Pourtant, dans un univers où partout le mot mondialisation revient, il s\u2019en trouve encore pour dire qu\u2019une réelle qualité de vie est une norme souhaitable.Et alors, qu\u2019on soit individu, coopérative ou ONG, on intervient là où souvent un petit geste ou une petite action rendront le monde meilleur à vivre.Le Devoir K A V NOUS SOMMES NOMBREUX À CROIRE QUE LES ENTREPRISES COOPÉRATIVES BÂTISSENT UN MONDE MEILLEUR.2012 Année Internationale des X Desjardins Coopératives Coopérer pour créer l'avenir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE EEVRIER 2012 G 3 COOPERATION Vers la rencontre de juin 2012 Rio+20 a monopolisé presque l\u2019ensemble des discussions à Porto Alegre « L\u2019économie verte est devenue du super capitalisme dont il ne reste de vert que le nom » La Conférence de Rio+20 sur le développement durable, prévue en juin prochain, a été au centre des débats et des critiques lors du Forum social de Porto Alegre.Le Devoir s\u2019est entretenu par téléphone avec Michel Lambert, directeur général d\u2019Alternatives, alors qu\u2019il séjournait au Brésil pour participer à ce rendez-vous altermondialiste.ETIENNE PLAMONDON EMOND Le texte préliminaire exposant les enjeux qui seront négociés lors de la Conférence de Rio+20 sur le développement durable, publié sur le site des Nations unies (ONU) le 10 janvier dernier, a été la cible d\u2019un feu nourri de critiques durant le Forum social de Porto Alegre.Ce rendez-vous altermondialiste, qui s\u2019est déroulé du 24 au 29 janvier, n\u2019était pas un forum social mondial (FSM), mais plutôt un forum social thématique, comme il s\u2019en est organisé une cinquantaine entre les FSM de Belém, en 2009, et de Dakar en 2011.Avec pour titre «Crise capitaliste, justice sociale et environnementale», il s\u2019agissait tout de même d\u2019une étape importante dans le calendrier de mobilisation menant au Sommet des peuples, prévu du 13 au 22 juin 2012 en marge de la Conférence de Rio+20.Michel Lambert, directeur général et cofondateur d\u2019Alternatives, assure que Rio+20 a monopolisé presque l\u2019ensemble des discussions durant le Forum social de la semaine dernière.Rio+20 se veut la suite de la Conférence de Rio de Janeiro sur l\u2019environnement, où 178 gouvernements avaient adopté l\u2019Agenda 21 en 1992.L\u2019ONU çonvie de nouveau tous les Etats dans la métropole brésilienne pour relancer l\u2019engagement international envers le développement durable.Initialement prévue du 4 au 6 juin 2012, Rio +20 a été déplacée les 20, 21 et 22 juin, pour ne pas entrer en conflit d\u2019horaire avec les festivités entourant le jubilé de la reine Elizabeth 11 et ainsi assurer la participation des pays du Commonwealth.La Conférence s\u2019articulera autour de deux thèmes principaux, soit celui de la coordination internationale en faveur du développement durable et celui de l\u2019économie verte.r Economie verte détournée ?L\u2019orientation donnée par l\u2019avant-projet de la déclaration finale de Rio+20, officiellement désigné la «copie zéro», n\u2019a pas du tout plu à plusieurs alter-mondialistes qui ont manifesté leur mécontentement à Porto Ale^e.Ce document, qui a été l\u2019objet d\u2019une première ronde informelle de négociation du 26 au 28 janvier dernier au siège de l\u2019ONU, évoluera au fil de trois autres rondes avant la Conférence.Le 26 janvier, lors d\u2019un moment fort du Forum social, Dil-ma Rousseff, présidente du Brésil qui a tourné le dos au Forum économique de Davos tenu au même moment, a tenté de convaincre une foule de 4000 personnes de continuer à croire en Rio+20.Elle en a appelé à une plus grande participation de la société civile lors A lOCXibTct DESCOLONIZ^ OESCOLON Manifestation dans ies rues de Porto Alegre, à i\u2019occasion du Forum sociai qui s\u2019y tenait jusqu\u2019à samedi dernier.de cette conférence sur le développement durable, mais le document publié par l\u2019ONU continue de susciter beaucoup d\u2019inquiétude.Après la déception à la suite des ententes minimales conclues à la Conférence de Durban sur le climat, «on regardait Rio+20 avec beaucoup d\u2019espoir.C\u2019était une possibilité de remettre les cartes sur table dans un autre espace», reconnaît Michel Lambert, aujourd\u2019hui agacé à la suite de sa lecture de la «copie zéro».11 déplore, entre autres, la discrétion sur les changements climatiques à l\u2019intérieur du document.Mais ce qui l\u2019alarme surtout, c\u2019est le nouveau sens accordé à l\u2019économie verte.«En fait, on parle d\u2019économie tout court», déplore à ce sujet M.Lambert.«C\u2019est comme si on avait pris l\u2019expression économie verte \u2014 que nous avons nous-mêmes mis de l\u2019avant pendant des années \u2014 et que finalement, c\u2019était devenu du super capitalisme dont il ne reste de vert que le nom.» L\u2019expression a-t-elle donc été détournée?«On appelle ça un grand vol», rétorque aussitôt M.Lambert.«Beaucoup ont été choqués en constatant que la question de sauver la planète ne faisait pas tellement partie de la discussion.Ce qu\u2019on nous présente, c\u2019est une espèce de privatisation de la nature au nom de faire de l\u2019argent dans un contexte de crise.Il y a une crise financière, on n\u2019est pas capable de s\u2019en sortir et la nature représente une opportunité de le faire.Ça fait peur.» Michel Lambert demeure sceptique par rapport à la «valorisation de la nature» qui s\u2019établit en fixant «un chiffre, une valeur monétaire à des choses que nous considérons qui devraient relever des droits communs, des biens communs, comme l\u2019eau et l\u2019air».Même appré- hension par rapport à une stratégie qui, en attribuant un rôle important aux entreprises, remet entre leurs mains la protection de l\u2019environnement.«C\u2019est plate à dire, mais le capitalisme n\u2019a pas démontré, dans les dernières années, une grande capacité à répartir la richesse, mais plutôt à créer des injustices.Finalement, on ne voit pas comment il va réussir à répartir des biens communs.» Cap sur le Sommet des peuples Les débats soulevés par Rio+20 constituaient justement l\u2019une des principales raisons pour lesquelles Alternatives s\u2019était déplacée à Porto Alegre, question de connaître la position de la société civile internationale et coordonner son message.Le Sommet des peuples, planifié au même moment et dans la même ville, agira d\u2019ailleurs comme le porte-voix d\u2019un message plus axé sur la solidarité que l\u2019économie.Alternatives a déjà annoncé sa participation à cet événement parallèle, où elle conduira une délégation de 80 personnes avec le YM CA du Québec et UniAlter.«On a toujours une double stratégie», explique M.Lambert.Si certains altermondialistes seront conviés à Rio+20 et participeront au débat à l\u2019interne, «il y a tout de même pas mal de monde qui ne réussira pas à entrer et qui va faire valoir des positions peut-être plus radicales par rapport à ce qui va se dire à l\u2019interne», explique-t-il pour justifier le Sommet des peuples.Dans les prochains mois.Alternatives préparera non seulement sa délégation pour juin prochain, mais va aussi entreprendre une tournée de formations à travers le Québec «pour expliquer aux gens quels sont les enjeux et pourquoi Rio+20 sera importante.On va se joindre à une campagne internationale pour dire que l\u2019économie verte, telle qu\u2019on nous la définit maintenant, ce n\u2019est pas acceptable pour nous et ce n\u2019est pas acceptable pour les générations futures.» Contrairement à l\u2019essoufflement accolé aux forums sociaux par certains observa- teurs, M.Lambert juge plutôt que le moral des troupes est gonflé à bloc.«On sent un mouvement qui est près à aller de l\u2019avant et l\u2019on voit justement de nouvelles forces vives arriver, de nouveaux mouvements se créer, de nouvelles possibilités», se ré-jouit-il.Le Forum de Porto Alegre a d\u2019ailleurs été marqué par la présence de représen- CHRISTOPHE SIMON AFP tants des indignés d\u2019Espagne, d\u2019Qccupy Wall Street, du Printemps arabe et des étudiants du Chili.«Sur le fond, on dit pas mal la même chose, remarque M.Lambert à propos de ces jeunes mouvements.On sent que c\u2019est de la famille qui arrive en ville.» Collaborateur du Devoir INTERNATIONAL COOPÉRATION QUÉBÉCOISE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT ntherianlt@ledevoir.com 2050, me de Blenry, 9\u2018 étage, Montréal (Qnébec) H3A 3M9.Tél.: 5 14 985-3333 redaction@ledevoir.com FAIS CE QUE DOIS Pour qu'un monde plus Juste prenne racine i G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE FEVRIER 2012 COOPERATION À rUniversité de Montréal L\u2019Unîté de santé internationale inscrit le partenariat an cœur de toute action « Nous sommes perplexes devant les orientations de l\u2019aide publique au développement qui vient du fédéral » HELENE ROULOT GANZMANN Pour former le personnel de santé dans les pays du Sud pour améliorer la condition des populations, il n*y a pas de solution clés en main.Depuis plus de vingt ans que TUnité de santé internationale (USI) existe et qu^elle œuvre dans les pays en voie de développement, elle a gardé la même manière de faire: guider plutôt que de se substituer.mortalité maternelle, de la nutrition, etc.» Tous continents Vingt ans plus tard, une centaine de projets ont vu le jour: en Haïti, en Afrique francophone, au Maghreb principalement, mais aussi en Amérique latine, en Europe de TEst et dans quelques pays d'Asie.Des interventions variées, même si beaucoup tournent autour du renforcement des capacités et de l'expertise.«Si on arrive à appuyer les compétences dans les systèmes de san té, on a de fortes chances, sur le moyen/long terme, d'améliorer la santé de la population, estime Lucien Albert.L'intérêt, c'est de former des masses critiques.Former dix personnes, c'est bien.Mais en former quel-ques centaines qui partagent les mêmes valeurs, les mêmes façons de voir les choses, ça aide un système de santé à s'orienter.En Haïti, nous avons formé localement, en relation avec l'Université d'Etat, quelque deux cent cinquante personnes qui occupent des postes de responsabilité un peu partout dans le système de santé.Et la grande satisfaction, c'est que ce programme, que nous avons soutenu, va continuer à être donné par la Faculté de médecine alors que nous-mêmes, nous nous retirons dans le courant de l'année.» Même processus concernant la nutrition en Afrique subsaharienne.Le but: former des spécialistes qui vont être capables de faire remonter les problèmes.«Nutrition, dans cette région du monde, ne signifie pas Le but, c'est qu'au final, ils n'aient plus besoin de nous et que nous vivions dans un monde plus juste, plus équitable, plus solidaire, assure Lucien Albert, directeur de l'USI.Pour cela, il faut respecter le leadership de nos partenaires locaux, universités, hôpitaux, ministères de la Santé.Ils sont associés aux programmes.Mieux, ils pilotent les interventions dans toutes les étapes, depuis la conception jusqu'à l'évaluation.» Échanges et interventions En 1989, la Laculté de médecine de l'Université de Montréal souhaite élargir ses partenariats internationaux avec les pays du Sud afin de promouvoir son expertise.C'est la naissance de l'Unité de santé internationale.A l'époque, il s'agit principalement d'échanges universitaires, de formation et de recherche.«Au fil des années, poursuit M.Albert, nos activités se sont développées rapidement.Nous avons élargi le cadre de nos interventions pour répondre à des besoins qui nous étaient adressés par nos partenaires, particulièrement par les ministères de la Santé.On a donc dépassé le cadre de la formation pour apporter de l'appui à la fois dans l'évaluation des politiques de santé, dans la gestion des services de santé et dans la mise en œuvre de programmes de santé publique.Nous avons travaillé dans le domaine du VIHsida, de la y.k Lucien Albert, directeur de PUnité de santé internationale seulement malnutrition, précise le directeur de l'USI.Le problème que vit l'Afrique aujourd'hui, c'est qu'il y a toute une série d'autres maladies liées à des problèmes de surcharge pondérale, d'obésité, de diabète, d'hypertension.Il faut qu'il y ait des gens qui commencent à se préoccuper de ce qu'on appelle le double fardeau nutritionnel.Les deux cohabitent et ça va devenir extrêmement compliqué à gérer parce que les solutions ne sont pas les mêmes.» Contrer la mortalité maternelle Autre champ d'action, dans le domaine de la santé publique cette fois, la lutte contre la mortalité maternelle.Si dans les pays du Nord, une grossesse sur 4000 risque de se terminer fatalement, au Sud, c'est une sur douze.Quels sont les obstacles qui mènent au retard dans la reconnaissance des signes de danger?Où se dressent-ils et à quel moment?«Nous intervenons dans ce domaine au Mali, explique Lucien Albert.Ces retards peuvent être liés au transport, mais même quand on arrive à temps à l'hôpital, il peut ne pas y avoir de personnel qualifié, ou pas de sang, pas de plateau technique, etc.Il s'agit donc de voir, selon les contextes, quels sont les re- SOURCE USI tards qui sont le plus en cause dans la mortalité maternelle, et à partir de là, on construit des interventions.C'est ce que nous sommes en train de faire là dans plusieurs régions, avec beaucoup de succès.Nous travaillons avec la communauté pour qu'elle aide les femmes à reconnaître les différents signes de danger.» Financement public Mais tous ces programmes ont bien évidemment un coût.Si l'Unité de santé internationale est aujourd'hui rattachée à la fois à l'Université de Montréal d'une part, et au CHUM d'autre part, elle ne tire aucun financement de ces deux insti- tutions d'appartenance.Les principales sources de revenus proviennent de contrats ou de subventions, en l'occurrence de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), mais aussi de banques de développement comme la Banque mondiale ou la Banque interaméricaine de développement, de fondations ou d'organismes des Nations unies.«Notre financement dépend de la région ou l'on est, de l'origine du projet, du domaine d'action.Il est très diversifié.et c'est d'ailleurs ce qui nous sauve, assure M.Albert.Car nous sommes perplexes devant les orientations de l'aide publique au développement qui vient du fédéral, lœs nouvelles priorités de l'ACDI ont été décidées un peu dans l'ombre sans vraiment de concertation avec les gens qui travaillent dans le monde du développement international.Je suis inquiet des récentes déclarations de la ministre Oda, qui disait qu'elle ne séparait pas les intérêts commerciaux et de politique étrangère de la mission de soutien et de développement international.Je veux bien qu'on aide à développer la compétitivité des entreprises canadiennes, du secteur minier en l'occurrence, j'imagine, en rehaussant la capacité de ces entreprises à gérer des risques sociaux et environnementaux, mais c'est largement insuffisant.Nous avions une tradition de présence et de soutien aux pays en développement extrêmement importante et valorisée, conclut le directeur de l'Unité de santé.Aujourd'hui, nos partenaires nous manifestent que, eux aussi, s'interrogent sur ce que le Canada fait et va faire à l'avenir.C'est préoccupant!» Collaboratrice du Devoir Observatoire sur la coopération internationale Le Canada a une structure de veille des politiques « Les intervenants du Sud sont ceux qui détiennent l\u2019expertise sur le développement » Pauvreté endémique, guerres et catastrophes naturelles, par les temps qui courent, le monde a bien besoin des organismes non gouvernementaux.Mais dans toute cette urgence, parmi tant de besoins, heureusement qu^il y a PObservatoire sur la coopération internationale de l^UQAM qui veille.Entrevue avec son coordonnateur, Gabriel Goyette.MARIE-HÉLÈNE ALARIE \\ A l'origine, il y a une chaire, la Chaire C.-A.Poissant de recherche sur la gouvernance et l'aide au développement.Londée en 2006 à l'UQAM, cette Chaire «questionne non seulement l'organisation de l'aide internationale, la chaîne de distribution qu'elle utilise pour transférer ces apports, mais également les modèles, les mesures et les moyens retenus par les organismes internationaux spécialisés en cette matière pour atteindre les objectifs, permettant ainsi de contribuer sur une base durable au développement économique et social des pays concernés», peut-on lire dans un document de présentation.Quant à lui, le CIRDIS (Centre interdisciplinaire de recherche en développement international et société) et son Observatoire sur la coopération internationale se veulent le prolongement de cette chaire.Toutefois, il est «plus polycentrique avec plus de professeurs impliqués; le CIRDIS est un centre pluriu-niversitaire.On a des partenaires à Concordia, à l'Université de Montréal et d'Ottawa, et à Harvard.Es sont directement impliqués dans les projets de l'Observatoire.On est également pluridisciplinaires en intégrant des professeurs de sociologie, d'anthropologie et de santé publique», précise Gabriel Goyette.Le CIRDIS naît de la volonté d'un groupe de chercheurs de doter le Canada d'une structure de veille des politiques en matière de coopération internationale.«Il n'y avait pas de réflexion qui se faisait sur l'évolution des pratiques de développement, et l'on constatait qu'il y avait une demande d'informations de plus en plus importante de la part des différents intervenants sociaux, mais aussi de la part des décideurs, qui font de plus en plus appel aux chercheurs», explique M.Goyette.Donc, il y avait une demande pour une recherche de qualité basée sur la révision par les pairs et de grande qualité scientifique.Jouer sur les deux tableaux Une préoccupation qui guide les chercheurs de l'Observatoire est d'essayer de se mettre en lien m a>- 1- PILAR OLIVARES REUTERS Lima, au Pérou.Les pays qui ont remplacé les pays africains à faibles revenus en ce qui concerne Laide canadienne sont entre autres la Colombie et le Pérou, avec qui le Canada a signé des accords de libre-échange.avec les milieux d'intervention.Même si le but n'est pas que l'Observatoire devienne un outil au service des ONG, il n'est pas souhaitable non plus d'y pratiquer une recherche qui est uniquement autoréférentielle.Oui, on cherche à avoir de la visibilité dans les revues scientifiques, mais on essaie aussi d'avoir une recherche qui peut être utile pour les acteurs et les décideurs, et donc dans ce contexte-là, on entretient des liens avec différentes coalitions d'ONG.L'Observatoire est aussi très présent sur le terrain.A son comité consultatif, qui sert à institutionnaliser les rapports avec différents groupes, siège une chercheuse qui est une ancienne directrice d'ONG ici au Canada, mais qui maintenant travaille en Afrique pour une ONG africaine.«Moi, je fais beaucoup de formation dans les ONG.Pour des stagiaires ou pour des groupes de direction, et par le passé, je l'ai même fait pour des conseils d'administration.On réussit comme ça à rester bien au fait de ce qui se passe dans le milieu.Avec les préoccupations actuelles, on essaie de jouer sur les deux tableaux: à la fois scientifique et sur le terrain», ajoute M.Goyette.Aussi, il est important pour l'Observatoire d'intégrer les chercheurs du Nord et du Sud.Un partenariat de recherche est établi depuis longtemps avec le Sud: leurs travaux sont publiés et diffusés ici, et les chercheurs sont invités dans les conférences et les colloques.On fait entendre des voix du Sud sur le développement.Et comme le constate Gabriel Goyette: «C'est étonnant comme on n'entend pas les intervenants du Sud eux-mêmes, alors que ce sont eux qui détiennent l'expertise sur le développement.» L'Observatoire s'est aussi donné comme mandat de valoriser les travaux des étudiants des cycles supérieurs du programme de formation en coopération internationale.On demande aux étudiants de faire une analyse des stratégies de certains bailleurs bilatéraux.Tous les ans, les travaux sont rendus disponibles sur le site du CIRDIS et finissent par constituer une banque qui permet de faire le suivi sur les politiques de ces principaux bailleurs.«C'est un outil intéressant, une information qui est à jour même sur les bailleurs un peu moins connus et ceux qui sont arrivés plus récemment, comme la Corée du Sud, pour qui l'on a déjà une analyse de la politique», précise M.Goyette L\u2019état de la coopération internationale A l'heure actuelle, on assiste à des transformations importantes dans les pratiques de coopération internationale au Canada, mais ce phénomène apparaît aussi un peu partout dans le monde.«Tous les débats des dernières années sur l'efficacité de l'aide ont mis l'accent sur la gestion axée sur les résultats; on assiste à une certaine technicisation des stratégies de coopération et, en même temps, à l'émergence de nouveaux bailleurs qui viennent changer un peu la donne.» M.Goyette cite l'exemple du Brésil impliqué dans la reconstruction d'Haïti, ainsi que de la Chine très présente en Afrique.De plus, de nouvelles fondations qui disposent de sommes d'argent colossales ont un pouvoir structurel accru.Ce sont les nouveaux acteurs de la coopération internationale, le privé aux côtés des instances gouvernementales.«On a vu que les baisses principales de l'aide au développement sont venues avec les années 90 et l'effondrement de l'URSS, car à ce moment, l'aide qui pendant longtemps avait été un instrument géostratégique perdait de son utilité.Mais l'offre a commencé à remonter dans le courant des dix dernières années, et ce, de manière assez constante.Avec la crise, on peut s'attendre à une stagnation ou même à un certain recul», déplore Gabriel Goyette.Aider moins, aider mieux?Depuis quelque temps, le gouvernement du Canada a choisi d'orienter son aide vers les pays de l'Amérique latine.Selon sa stratégie, ce choix s'explique par le fait que dans ces pays, les conditions institutionnelles sont fortes, l'État, robuste.Ici, l'aide canadienne est susceptible d'avoir davantage d'impact que lorsqu'on investit dans des pays à très faibles revenus et où les conditions institutionnelles ne sont pas nécessairement propices au développement; à ce moment-là, l'aide serait davantage détournée à cause de la corruption.Toutefois, on peut se questionner sur certaines décisions qui auraient été prises selon des considérations d'ordre plus politique que d'efficacité: «Les pays qui ont remplacé les pays africains à faibles revenus sont entre autres la Colombie et le Pérou, avec qui le Canada a signé des accords de libre-échange quelques mois avant qu'ils ne deviennent des pays de concentration.On a vu apparaître, sur cette même liste des pays de concentration, le Pakistan.Ce choix relève d'une priorité de politique étrangère bien davantage que d'une préoccupation d'efficacité de l'aide, explique Gabriel Goyette.Par ailleurs, ça ne veut pas dire que le Pakistan ou les Colombiens n'ont pas besoin légitimement de l'aide canadienne.La question est: pourquoi le Canada prend-il ces décisions et au nom de quoi?» Au cours des derniers mois, les recherches de Gabriel Goyette ont porté sur l'évolution des politiques d'aide canadienne: «On a vu des changements assez importants dans les mécanismes de fourniture de l'aide, un recours accru aux appels d'offres dans le financement des organisations.On travaille aussi sur la question de la responsabilité sociale des entreprises: on semble voir en ce moment certains contrats accordés à des ONG canadiennes pour gérer les rapports entre les communautés affectées par les projets d'extraction minière des entreprises.C'est un nouveau modèle que semble adopter le Canada, modèle qui pose un certain nombre de questions.On va voir ça de plus près au cours des mois qui s'en viennent.» Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE EEVRIER 2012 G 5 COOPERATION Un grand rendez-vous à Québec et Lévis Le sommet international des coopératives connaît nn accneil enthonsiaste Les 750 000 coopératives et mutualistes emploient 100 millions de personnes et génèrent un chiffre d\u2019affaires de 1100 milliards de dollars Le premier Sommet international des coopératives, qui se tiendra du 8 au 11 octobre 2012 au Centre des congrès de Québec et à Lévis, a réussi à s\u2019imposer comme une rencontre incontournable du monde coopératif et mutualiste.ASSIA KETTANI Organisé dans le cadre de l\u2019Année internationale des coopératives par le Mouvement Desjardins, l\u2019Alliance coopérative internationale et l\u2019Université Saint Mary\u2019s, le premier Sommet international des coopératives a l\u2019ambition de rassembler quelque 1500 dirigeants, délégués, acteurs, décideurs et cadres du monde coopératif, provenant de 90 pays et représentant différentes sphères, qu\u2019il s\u2019agisse de finance, d\u2019agriculture ou encore de commerce.L\u2019objectif poursuivi est de faire rayonner le mouvement coopératif et de consolider son influence sur la scène politique et économique mondiale.Quatre Nobel présents Neuf mois avant le début du sommet, les ambitieux projets de départ se concrétisent: politiciens, universitaires, acteurs du milieu des affaires, chefs d\u2019associations coopératives et quatre prix Nobel ont répondu à l\u2019appel, et le sommet est sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs.«Je suis étonnée de voir l\u2019intérét qu\u2019il y a pour le sommet, admet Suzanne Gendron, vice-présidente, Soutien à la Présidence et à la direction au Mouvement Desjardins et responsable de l\u2019organisation du sommet.Tout le monde est très enthousiaste.Près de 70 conférenciers sur 125, issus de 36 pays, ont déjà confirmé leur présence.Il n\u2019y a pas une semaine sans que je reçoive un courriel de l\u2019étranger qui nous annonce la venue d\u2019une délégation.Il y a actuellement un momentum extraordinaire sur la planète.» Dès son lancement, l\u2019annonce du sommet a d\u2019ailleurs été reprise par différents médias autour du monde, avec une attention particulière des médias du Mexique et d\u2019Amérique latine.La raison du succès?Sans doute parce que le monde coopératif, même s\u2019il génère un chiffre d\u2019affaires global de 1100 milliards de dollars américains et qu\u2019il emploie 100 millions de personnes au sein de 750 000 entreprises coopératives ou mutualistes de par le monde, ne bénébdait pas d\u2019un www.polymtl.ca/pub 1 rnternational \u2022 Development utionj^^nning n^lônitoring ¦S = ¦s ^ E .O \u201c g '5 0\tC) ÿ «« û 0 i.= i 1\ts O S di g Q-OT % Coopération Humain fU c O '4-> rJ c O) 4-> c Projets événement de cette envergure spécibquement axé sur ses enjeux d\u2019aJffaires.«Il n\u2019existe aucun forum similaire, souligne Mme Gendron.Souvent, ce type d\u2019événement concerne un pays en particulier, alors qu\u2019ici, le sommet s\u2019adresse à un niveau international.» Un réseau planétaire L\u2019une des autres clés du succès réside dans l\u2019importance du réseau coopératif à l\u2019échelle mondiale.Ce réseau a d\u2019ailleurs été mobilisé dès l\u2019origine du projet.«Quand on annonce un projet de la sorte, la première chose à faire est de parler avec tous les intervenants du réseau, de rassembler les chefs d\u2019influence des sphères politiques, économiques et universitaires afin de développer un projet commun avec l\u2019ensemble du monde coopératif), explique Suzanne Gendron.Tous les grands acteurs du mouve- ment ont ainsi donné une réponse favorable, notamment la CQCM, Agropur ou la Coop fédérée, et, au niveau canadien, les associations canadiennes de coopération, Vancity ou encore Moutain Equipment coop.L\u2019idée du sommet a d\u2019ailleurs émergé d\u2019un projet commun avec l\u2019Université Saint Mary\u2019s.«Cette université, qui offre un programme de 2 cycle en gestion des coopératives unique au Canada, sinon au monde, est avec nous depuis le premier jour.Elle avait le projet d\u2019un grand rassemblement des coopératives autour d\u2019enjeux économiques.Nous avons donc décidé d\u2019unir nos forces», explique Suzanne Gendron.Du côté de la promotion, le milieu coopératif est également au cœur du mécanisme.«Pour nous assurer que les gens soient au courant et pour sensibiliser le public à ce sommet, nous participons à beaucoup d\u2019événements coopératifs.Il y a une belle promotion naturelle du sommet dans le milieu», souligne-t-elle.Le Forum économique mondial de Davos représente à ce titre SOURCE MOUVEMENT DESJARDINS Suzanne Gendron, responsable de l\u2019organisation du Sommet international des coopératives une occasion idéale pour diffuser la nouvelle.«C\u2019est un lieu privilégié pourparler des enjeux des coopératives et de l\u2019importance de leur contribution à l\u2019économie mondiale.La réception y a été extrêmement positive», poursuit-elle.Événements parallèles L\u2019une des preuves de l\u2019émulation suscitée par le sommet tient d\u2019ailleurs dans la multiplication des événements parallèles en marge de l\u2019événement.«Nous sommes agréablement surpris de l\u2019intérét pour les événements parallèles.Plusieurs organisations nous ont contactés pour mettre en place des événements autour du sommet, et nous continuons de recevoir des demandes.Nous accueillons cela de manière très positive, et nous faisons tout pour accommoder les demandes, même si elles sont parfois complexes.Au début du projet, nous en espérions quelques-unes, alors qu\u2019une dizaine sont actuellement prévues.Cest au-delà de nos attentes.» Citons parmi ces événements parallèles le Sommet international des coopératives funéraires de la FCFQ, le Sommet mondial de la finance coopérative de l\u2019AIBC, le Forum coopératif du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), une soirée de réseautage des co-opératives agricoles, la rencontre annuelle du réseau Prox-fm, ainsi que des ateliers d\u2019échanges sur les enjeux forestiers et coopératifs.À l\u2019heure actuelle, la préparation du sommet bat son plein.«Pour un événement d\u2019une telle ampleur, il y a beaucoup d\u2019éléments logistiques à prendre en compte, qu\u2019il s\u2019agisse de sécurité, de déplacements ou de visas.Il reste énormément de travail à compléter dans les prochains mois: il faut notamment finaliser la programmation, la participation des conférenciers et les inscriptions.» Le programme sera axé sur les enjeux économiques et financiers et englobera quatre grands thèmes: la place des coopératives et des mutuelles dans l\u2019économie mondiale, la performance du modèle d\u2019affaires coopératif et mutualiste, l\u2019évolution de ce modèle d\u2019affaires, et l\u2019influence sociopolitique mondiale des coopératives et des mutuelles.L\u2019appel de propositions d\u2019articles scientibques s\u2019achèvera le 26 mars, et les inscriptions vont commencer au début du mois de février sur le site.Collaboratrice du Devoir Pour plus d\u2019information: www.sommetinter2012.coop ¦D « COOPERER CEST APPRENDRE L\u2019UN DE L\u2019AUTRE ET FAIRE DU MONDE, UN MONDE MEILLEUR.» Louise Poirier Chercheuse en sciences de l\u2019éducation A Université ITn de Montréal PRESSES INTERNATIONALES P a LY TEDHNigUE G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE EEVRIER 2012 COOPERATION Développement et paix Le Congo est un pays à reconstruire « Des richesses fabuleuses, mais une pauvreté épouvantable » CLAUDE LAFLEUR « Qui a dit qu\u2019être un pays où les matières premières abondent est signe de richesse et de prospérité?Plus d\u2019un, donnant en exemple des pays du Nord ou des émirats moyen-orientaux.Elles abondent au Congo, mais le pays se classe bon dernier selon l\u2019indice de développement humain.Aussi, Développement et paix œuvre à rebâtir la démocratie.Les conséquences d\u2019un Etat faible Ce pays d\u2019Afrique centrale est une fois et demie plus vaste que le Québec et compte dix fois plus d\u2019habitants.C\u2019est le quatrième pays le plus peuplé d\u2019Afrique, et le plus peuplé de la francophonie.Depuis son accession à l\u2019indépendance en 1960, cet ancien Congo belge s\u2019est successivement appelé Congo-Léopold-ville puis Congo-Kinshasa ^our le différencier du Congo-Brazzaville voisin), puis Zaïre jusqu\u2019en 1997.Il est désormais appelé République démocratique du Congo (RDC) ou RD Congo, ou tout simplement Congo.Cette succession de noms illustre l\u2019histoire tourmentée qu\u2019a connue ce pays.Et cette République démocratique n\u2019a rien de démocratique, puisqu\u2019elle est aux mains d\u2019une multitude de brigands.«Le pays souffre d\u2019une forme d\u2019exploitation qui frise le banditisme», résume Serge Blais.En plus de nos multinationales qui s\u2019en mettent plein les poches, le Congo est aux mains de bandes armées qui contrôlent des portions du pays.«On pourrait dire que ça ressemble au Far West du XIX\u2018 siècle, dit-il.C\u2019est-à-dire qu\u2019en l\u2019absence d\u2019un Etat capable d\u2019assurer le respect des lois sur son territoire, des aventuriers de toutes sortes y sévissent, souvent avec la complicité des dirigeants du pays.» Ces dernières années, un nouveau joueur s\u2019est ajouté: la Chine, qui investit massivement dans ce pays aux mille richesses.Or, estime M.Blais, le fait que les Chinois sont maintenant présents «ne fait aucune différence».Comme au temps des colonies, «la \u201cmétropole\u201d vient chercher les ressources dont elle a besoin pour se développer, dit-il.Le Congo demeure une source de ressources qui sont mises en valeur par d\u2019autres, que Le Congo est un pays aux richesses fabuleuses, rapporte Serge Blais.On y trouve du pétrole, des diamants, de l\u2019or et du cuivre en grande quantité, ainsi que du cobalt et des métaux précieux, qu\u2019on utilise dans les nouvelles technologies.On y trouve également la deuxième plus grande forêt tropicale au monde (après celle d\u2019Amazonie), ainsi que le deuxième plus grand fleuve (en matière de débit), ce qui procure une richesse en agriculture et en hydraulique.On dit même que si on mettait à profit le potentiel hydroélectrique du Congo, on pourrait électrifier toute l\u2019Afrique! Mais, aussi, le Congo se classe bon dernier selon l\u2019indice de développement humain.Ce pays est donc un immense paradoxe, puisqu\u2019il recèle des richesses fabuleuses, mais aussi une pauvreté épouvantable.» Serge Blais est chargé de programmes pour la République démocratique du Congo pour le compte de Développement et paix, l\u2019organisme officiel 4e solidarité internationale de l\u2019Église catholique du Canada.Il a vécu cinq ans au Congo et il y retourne trois ou quatre fois par année afin de superviser les projets que finance son ONG.«Développement et paix est une organisation de solidarité avec les populations qui cherchent à résoudre leurs problèmes, dit-il.Sauf exception, nous n\u2019avons pas de coopérants sur le terrain, nous venons plutôt en appui direct aux populations qui s\u2019organisent sur place.» L\u2019ONG récolte des fonds au Canada pour financer des initiatives conçues et mises en œuvre par des organisations locales en Afrique, en Asie et en Amérique latine./ FINBARR O\u2019REILLY REUTERS Mine d\u2019or au Congo.Le contrôle des richesses minières du pays est l\u2019une des principales causes des conflits armés qui affligent la République démocratique du Congo.ce soient les Européens, les Canadiens, et maintenant les Chinois et les Indiens.» Victime de guerres civiles à n\u2019en plus finir, on estime qu\u2019au cours des quinze dernières années, de cinq à six millions de Congolais sont morts \u2014 soit presque autant que la population du Québec, et le dixième de celle du Congo.Le pays est en outre en proie à une corruption systémique de ,1a part des fonctionnaires de l\u2019État, des policiers et de l\u2019armée.«Ceux-ci ne sont pas payés ou si peu, explique Serge Blais, ce qui fait qu\u2019ils se servent à même la population.C\u2019est ainsi que lorsque le mais vient à maturité dans les champs, les militaires viennent le voler, ou ils font des barrages sur les routes, ou inventent de fausses taxes dans les marchés.Ils agissent ainsi sou- vent pour une question de survie, pour nourrir leur propre famille.Mais cela a pour effet de décourager toute population qui tente de s\u2019en sortir.» Enfin, les nombreuses guerres et les zones sous contrôle de bandes armées provoquent des déplacements de populations.«Des gens qui vivaient déjà dans une extrême pauvreté se trouvent maintenant à vivre dans la grande misère en forêt», commente le chargé de programmes poiu la RDC.Rebâtir par la démocratie Depuis des décennies.Développement et paix tente de porter secours et d\u2019aider un tant soit peu la population.«Au Congo, il y a toujours, et de façon continue, des situations d\u2019urgence, indique Serge Blais.On ap- puie donc des programmes de fourniture d\u2019abris et de biens de première nécessité aux populations déplacées.» «Nous cherchons aussi à relancer les capacités productives des populations en aidant, entre autres, les femmes à produire des fruits et légumes qui sont vendus dans les écoles, poursuit-il.Ceci permet à la fois de nourrir les élèves et encourage les initiatives économiques locales.» Plus globalemenf le malheur 4u Congo est qu\u2019il n\u2019y a pas un État de droit.Développement et paix cherche donc à favoriser des changements de gouvernance et politique.Selon ce que constate M.Blais, la corruption systémique qui mine le pays est due au fait que les politiciens au pouvoir n\u2019ont pas 4e comptes à rendre à leiu population.«L\u2019idée fondamentale de tenir des élections, c\u2019est d\u2019obtenir des élus qui ont des comptes à rendre, dit-il.Autrement, ils font à leur tête et s\u2019en mettent plein les poches.Les élections servent donc à la création d\u2019un Etat de droit, pour qu\u2019il y ait des lois dans un pays et que celles-ci soient respectées.» De l\u2019avis des Congolais avec lesquels Développement et paix travaille depuis longtemps, il faudrait commencer par organiser de véritables élections locales.«Commencer au niveau local permettrait de régler des problèmes concrets et à court terme, indique Serge Blais.Puis, avec le temps, les élus locaux pourraient constituer une nouvelle classe politique susceptible de faire du Congo un Etat de droit» Collaborateur du Devoir Université de Sherbrooke « Aujourd\u2019hui, les gens sont fiers d\u2019être membres d\u2019une coopérative L\u2019IRECUS est l\u2019instigateur du réseau uniRcoop, regroupant 22 universités dans 15 pays d\u2019Amérique latine et d\u2019Amérique du Sud » Les coopératives et les mutuelles sont des entreprises qui se distinguent des entreprises traditionnelles à cause de la philosophie particulière qui les anime.Cette distinction fait en sorte que l\u2019on doit former et soutenir leurs gestionnaires différemment.Et c\u2019est justement le mandat de l\u2019Institut de recherche et d\u2019éducation pour les coopératives et les mutuelles de l\u2019Université de Sherbrooke (IRECUS).PIERRE VALLÉE Pour l\u2019entreprise privée traditionnelle, les personnes sont des moyens de réaliser le maximum de profits afin d\u2019accroître le plus possible l\u2019avoir des actionnaires, explique Michel Lafleiu, directeur de URECUS.Par contre, pour les coopératives et les mutuelles, l\u2019argent n\u2019est pas la finalité mais plutôt le moyen qui permet de servir les personnes, c\u2019est-à-dire leurs membres et leurs communautés.» Mais que l\u2019argent ne soit pas une finalité ne veut pas 4ire qu\u2019une coopérative ou une mutuelle peut se permettre d\u2019être mal gérée.«Les coopératives et les mutuelles ne sont peut-être pas des entreprises comme les autres, mais comme les autres, elles sont des entreprises.» Un institut bien particulier L\u2019IRECUS ne date pas d\u2019hier, sa fondation remonte à 1976.«La création d\u2019un pareil institut est due à l\u2019initiative de professeurs d\u2019économie de l\u2019Université de Sherbrooke, qui constataient le peu de recherche qui se faisait alors dans le domaine des coopératives et des mutuelles.C\u2019est le mouvement coopératif québécois qui en a assuré le financement et qui a permis sa fondation.» Les premières années de l\u2019IRECUS ont surtout permis de mieux circonscrire et comprendre les particularités inhérentes à ce que l\u2019on appelle le paradigme coopératif «Une fois ce paradigme bien compris, l\u2019IRECUS a voulu mettre en place un outil pour en permettre l\u2019application au quotidien.» Cela a mené à la création en 1981 du programme de maîtrise en gestion et gouvernance des coopératives et des mutuelles, encore aujourd\u2019hui le seul programme de maîtrise sur le sujet au Canada.«Dans les facultés d\u2019administration des universités comme dans les écoles de gestion, le seul et unique modèle de gestion étudié est celui de l\u2019en- GONZALO ESPINOZA AEP Les Ayamaras du Chili s\u2019intéressent au modèle coopératif pour se donner des services et ainsi assurer leur développement.L\u2019IRECUS est intervenue à la demande de l\u2019Université du Chili à Santiago pour que les Ayamaras puissent proflter de l\u2019expérience des Inuits dans ce domaine.treprise privée traditionnelle.Cette approche ne permet pas aux futurs gestionnaires de se familiariser avec le modèle coopératif, d\u2019où l\u2019importance de notre programme.» Le financement de l\u2019IRECUS se fait par le biais des subventions de recherche obtenues, soit des organismes subventionneurs habituels, comme le CRSH, ou soit de dotations privées.Depuis 2009, l\u2019IRECUS possède aussi une chaire 4e recherche dotée d\u2019un budget de 1 000 000 $ sur cinq ans fourni par le mouvement coopératif québécois.Deux cadres de recherche Les projets de recherche menés par les chercheurs de l\u2019IRECUS se font soit sur le plan national, donc au Québec, soit sur le plan international.Sur le plan national, les projets de recherche portent principalement sur la formation d\u2019outils de gestion adaptés à l\u2019identité et à la réalité des coopératives et des mutuelles.Plusieurs de ces projets de recherche sont menés de concert avec des chercheurs d\u2019autres universités et en partenariat avec des organismes impliqués dans le mouvement coopératif.Par exemple, l\u2019IRECUS s\u2019est penché sur la performance économique des territoires et sur la place de la coopération dans la construction de ces territoires.Sur le plan international, l\u2019IRECUS a surtout cherché à créer des alliances avec d\u2019autres universités.Déjà, riRECUS a signé des ententes avec l\u2019Université de Rennes 2 et l\u2019Université de Bretagne Occidentale à Brest.L\u2019IRECUS est aussi l\u2019instigateur du réseau uniRcoop qui a permis de rapprocher 22 universités dans 15 pays d\u2019Amérique latine et d\u2019Amérique du Sud.Parmi les projets de recherche internationaux qui méritent attention, notons celui qui a permis le rapprochement entre les Inuits et les Ayamaras de l\u2019Altiplano chilien.«C\u2019est notre partenaire chilien, l\u2019Université du Chili à Santiago, qui a eu l\u2019idée de ce projet, parce qu\u2019il avait constaté que les Ayamaras s\u2019intéressaient au modèle coopératif pour se donner des services et ainsi assurer leur développement.Nous les avons donc mis en contact avec la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec.Inuits et Ayamaras ont donc pu se rencontrer, et malgré les différences culturelles évidentes, il y a eu un réel rapprochement et les Ayamaras ont pu profiter de l\u2019expérience des Inuits.Ce fut un projet humain extraordinaire.» Mais qui malheureusement est aujourd\u2019hui sur la glace, comme d\u2019autres projets internationaux de l\u2019IRECUS, faute de financement.«Depuis l\u2019arrivée du gouvernement Harper à Ottawa, il devient de plus en plus difficile de trouver du financement pour des projets internationaux.» Enseignement et formation Le volet enseignement prend par contre de l\u2019expansion.En septembre 2012, l\u2019IRECUS offrira aux cadres en exercice une maîtrise en gestion et gouvernance des coopératives et des mutuelles.Ce programme à temps partiel sera of fert au campus Longueuil.L\u2019IRÉCUS travaille aussi à la mise en place d\u2019une certification à l\u2019intention des administrateurs et des agents de développement des coopératives et des mutuelles.«L\u2019IRECUS donne beaucoup de formation en entreprise et ces formations rejoignent 2000 personnes par année.La certification serait une façon d\u2019attester qu\u2019elles ont bien suivi ces formations.» Quant à la maîtrise à temps plein à Sherbrooke, bien que le candidat doive détenir un baccalauréat pour s\u2019y inscrire, il n\u2019est pas nécessaire que ce 4ernier soit en a4ministration ou en gestion.«Nous cherchons à attirer des candidats de tous les horizons.Et pour ceux qui n\u2019ont aucune notion de gestion, on a mis en place une courte propédeutique.» Qui plus est, le programme gagne en popularité.«Le Sommet économique sous Lucien Bouchard a mis l\u2019économie sociale au goût du jour et depuis une dizaine d\u2019années, on sent un intérêt plus grand pour le domaine.Aujourd\u2019hui, les gens sont fiers d\u2019être membres d\u2019une coopérative.» Collaborateur du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE FEVRIER 2012 G 7 COOPERATION Le CECI au Népal L\u2019agriculture de survie se transforme en mode commerce « Nous formons les organisations locales pour qu\u2019elles soient plus en mesure d\u2019écouter les besoins de la population » Au Népal, plus de la moitié de la population vit avec moins de 1,25 $ par jour.La population des régions rurales a besoin de soutien pour améliorer ses conditions économiques et sa sécurité alimentaire.C\u2019est ce sur quoi travaille le Centre d\u2019étude et de coopération internationale (CECI), grâce au financement de l\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI).Le projet a comme nom Sahakarya, «travailler ensemble» en népali.MARTINE LETARTE Aujourd\u2019hui, de nombreux agriculteurs des montagnes de l\u2019Ouest et de l\u2019extrême Ouest du Népal ont un système d\u2019irrigation.En plus des céréales, ils peuvent donc cultiver des légumes et des herbes médicinales.De plus, ils font trois récoltes par année plutôt qu\u2019une.Les Dalits, la population exclue du système de castes népalais, n\u2019ont pas de terres.Plusieurs élèvent donc maintenant des cochons et des a-beilles pour le miel.Voilà quelques exemples de ce qui a changé depuis que le CECI est actif dans cette région du Népal.Plus de 55 000 ménages ont bénéficié du projet à travers 1300 organismes communautaires issus de près de 900 collectivités.«Les régions où nous sommes actijs sont très éloignées de la capitale, Katmandou.Elles sont très pauvres.Le projet, démarré en 2003, est donc composé de plusieurs volets intégrés pour avoir un véritable impact», indique Dilip Chinnakonda, chargé de projets Asie, au CECI.Parce que pour améliorer les conditions économiques d\u2019une population, il faut d\u2019abord s\u2019assurer qu\u2019elle a accès à l\u2019eau potable et qu\u2019elle mange à sa faim.Améliorer la production Lorsque le CECI a permis de créer un système d\u2019irrigation dans les montagnes de l\u2019Ouest du Népal, l\u2019impact a été visible sur différents volets de la vie des habitants de ces régions éloignées.«Le fait de cultiver et de manger des légumes a bien sûr amélioré la nutrition de ces populations.Ensuite, comme ils ne sont plus dépendants de la pluie pour cultiver, ils ont trois récoltes par année au lieu d\u2019une et ils cultivent plus de terres.Ainsi, ils ont beaucoup plus de produits à manger et ils peuvent même en vendre», explique M.Chinnakonda.Du travail est également fait dans le domaine des herbes médicinales.«Plusieurs fermiers collectent des herbes médicinales pour les vendre à des commerçants puisqu\u2019elles sont très recherchées sur le marché.Des équipes ont donc montré aux fermiers des techniques de cueillette durable pour la forêt et comment cueillir seulement des herbes de bonne qualité.De plus, les fermiers cultivent maintenant plusieurs de ces herbes sur leurs terres pour réduire leur dépendance à la forêt», explique Dilip Chinnakonda.Le CECI a aussi travaillé avec les fermiers pour améliorer la qualité du lait produit par les vaches.«Nous avons entre autres aidé à améliorer l\u2019alimentation des vaches, notamment grâce à l\u2019irrigation.Avant, ces SOURCE CECI Lorsque le CECI a permis de créer un système d\u2019irrigation dans les montagnes de l\u2019Ouest du Népal, l\u2019impact a été visible sur différents volets de la vie des habitants de ces répons éloignées.fermiers avaient généralement seulement une vache pour leur propre consommation.Maintenant, ils ont souvent deux ou trois vaches sur leurs petites terres et ils vendent le surplus de lait.Pour faciliter les choses, des petites coopératives de produits laitiers ont aussi été formées», indique M.Chinnakonda.Sur son site Internet, le CECI publie un témoignage du fermier Bikha Nepali de Jumla.Ses revenus ont augmenté de plus de 62 % grâce à Sahakarya et il engage maintenant des gens pour travailler avec lui sur sa ferme.Améliorer la vie des moins privilégiés Le CECI tente toujours d\u2019aider particulièrement les grou- pes désavantagés dans la société népalaise.Entre autres, plusieurs actions ont permis d\u2019alléger le fardeau des femmes.«Avant, lorsqu\u2019il fallait aller vendre des produits au marché, les femmes devaient marcher pendant une journée pour aller porter leur marchandise.Nous avons donc mis sur pied un centre de collecte à proximité pour recueillir les provisions des différents fermiers du village.Nous avons aussi fabriqué une plateforme élévatrice pour charger et décharger les camions ou les autobus qui transportent la marchandise par la suite jusqu\u2019au marché», explique le chargé de projets Asie, au CECI.Ainsi, le CECI n\u2019arrive pas dans les pays avec des solu- tions toutes faites.Par son approche participative, il travaille avec des organisations locales pour voir quels sont les besoins de la population.«Nous formons les organisations locales pour qu\u2019elles soient plus en mesure d\u2019écouter les besoins de la population.Leurs capacités sont donc renforcées et lorsque nous quitterons la communauté, elles pourront continuer», explique M.Chinnakonda.Le CECI est aussi en contact avec les gouvernements locaux et accompagne la population lorsqu\u2019il y a des fonds et des permis à aller chercher.«Le gouvernement est très content de voir que des projets si peu dispendieux peuvent avoir de si bons résultats», précise-t-il.Le CECI multiplie égale- ment les efforts pour améliorer la situation économique des Dalits.Ces gens, exclus du système de castes, ne possèdent pas de terres, donc le CECI a travaillé avec eux sur des solutions différentes.«Ils peuvent maintenant élever des cochons, puis les vendre.Ils peuvent aussi avoir des abeilles et vendre le miel.Tout ça, sans avoir de terre.Nous les avons aidés, avec les techniques à apprendre, puis avec la mise en marché», explique M.Chinnakonda.Ce qu\u2019il reste à faire Les Népalis qui bénéficient des projets du CECI arrivent donc maintenant à vendre des produits au marché.«Maintenant, nous aimerions que ces fermiers développent une meilleure efficience, indique M.Chinnakonda.Nous aimerions qu\u2019ils soient mieux outillés pour aller sur les marchés régionaux et internationaux.Seulement traverser la frontière indienne, c\u2019est compliqué.Il y a différents enjeux.» Le CECI souhaite donc travailler prochainement sur des questions, par exemple, d\u2019amélioration de la qualité des produits et d\u2019emballage.«Si on augmente la qualité des produits et qu\u2019on a des emballages qui empêchent les produits de s\u2019abîmer, les fermiers pourront vendre leurs produits plus cher», précise M.Chinnakonda.Pour y arriver, le CECI déposera prochainement une nouvelle demande de financement à l\u2019ACDI.«Nous espérons, précise-t-il, avoir un prolongement du financement pour ce projet pour une période de cinq à sept ans.» Collaboratrice du Devoir Microfinance et microcrédit DID maintient ses interventions et s\u2019adapte aux transformations « Des solutions innovantes pourraient même être pertinentes chez nous » En dépit de la crise dans le secteur de la microfinance.Développement international Desjardins (DID) poursuit sur sa lancée des années 1970 dans le déploiement de l\u2019expertise du Mouvement à l\u2019étranger.Les institutions de proximité qu\u2019il accompagne fournissent des appuis financiers spécialisés de plusieurs ordres (épargne, crédit, assurance, transferts de fonds, technologies de support et autres services) à quelque 8,5 millions de familles et d\u2019entreprises à travers le monde.REGINALD HARVEY En juin dernier, DID prenait fermement position en citant en exemple les bonnes pratiques de gestion qu\u2019il préconise depuis plus de 40 ans à titre d\u2019organisme à but non lucratif; du même coup, il incitait ses bailleurs et partenaires à maintenir le cap sur la finalité de la microfinance: l\u2019accroissement de l\u2019accès aux services financiers pour tous.Il y a quelques mois, un virage important survenait sur le plan de l\u2019investissement au moment où le Fonds Desjardins pour la finance inclusive était créé; il est doté d\u2019une enveloppe de départ de 5 M$ qui pourra atteindre les 10 M$ à terme; celle-ci servira, entre autres, à mettre sur pied des centres financiers pour les entrepreneurs.Pendant ce temps.Microcrédit Desjardins lan^t au Québec un nouveau produit de solidarité offert en partenariat avec les organismes membres du Réseau québécois de crédit communautaire.De là découle cette question posée à France Michaud, responsable des communications chez DID: est-il possible de tracer un parallèle entre les pratiques de Desjardins au Québec et à l\u2019étranger en matière de microfinance ou de microcrédit?«Il existe beaucoup de ressemblances.Notre travail s\u2019effectue largement en s\u2019inspirant des méthodologies et des produits Desjardins, dès le point de départ Il en va ainsi sur le plan de la professionnalisation, où toutes nos interventions visent à former les agents de crédit et à conférer un caractère professionnel à toutes les opérations; il en va de même ici et c\u2019est une composante importante de ces ressemblances.» Réalités des terres étrangères Elle invite toutefois à prendre bonne note que les interventions s\u2019effectuent hors Québec: «On travaille dans des pays où, premièrement, le cadre légal est souvent déficient et où n\u2019existent parfois pas les lois ou la législation nécessaires en vigueur pour supporter les coopératives; il en résulte qu\u2019une partie de notre travail vise aussi à appuyer les gouvernements pour procéder dans le sens de l\u2019adoption de telles mesures.Entre-temps, on incite les caisses qu\u2019on appuie pour qu\u2019elles fassent preuve de rigueur et qu\u2019elles exercent un contrôle interne resserré dans l\u2019attente de l\u2019existence de procédures externes.» Mme Michaud pose de plus ce constat: «Dans les pays en développement, les gens n\u2019ont pas de voiture et ils ne peuvent pas se déplacer pour se rendre à la caisse à deux rues de là où ils habitent.Toute la question de l\u2019accessibilité est importante et il est intéressant de voir qu\u2019il en découle souvent des innovations qu\u2019on ne voit pas ici.» Elle fournit un exemple: «Ily a le produit \u201cAMIO\u201d (Application mobile d\u2019information sur les opérations), qui est en fait un outil portable utilisé avec un microordinateur et qui sert à lui seul à informatiser complètement une SOURCE DID Avec le support d\u2019Internet, une petite caisse rurale peut importer les logiciels transactionnels sans avoir besoin de tout un système complet caisse, ce qui est beaucoup moins coûteux qu\u2019un système informatique complet; avec le support de l\u2019Internet, une petite caisse rurale peut importer les logiciels transactionnels sans avoir besoin de tout un système complet.Pour leur part, les agents de crédit peuvent se déplacer avec le petit outil et effectuer les transactions informatisées sur place avec les commerçants du marché ou avec les membres d\u2019une communauté dans un petit village éloigné.» Elle apporte ce point de vue: «Quand on fait des affaires dans des contextes plus difficiles qui comportent des contraintes, cela pousse vers des solutions innovantes qui pourraient même être pertinentes chez nous.» En fait, toutes les technologies cellulaires ont la cote partout dans le monde et elles font bon ménage avec l\u2019AMIQ dans l\u2019acheminement des transactions à partir de tous lieux.Une évolution en mode accéléré L\u2019année 2011 a été marquée, encore une fois, par les transformations majeures qui se poursuivent dans l\u2019aide au développement, ce qui n\u2019échappe pas à Développement international Desjardins (DID), qui a été un témoin privilégié des change- ments encourus dans cette sphère d\u2019activités, où il s\u2019affaire depuis plus de 40 ans.France Michaud indique ce qui se passe vraiment actuellement dans des pays étrangers gravitant dans le rayon d\u2019action de cet organisme: «Du côté de nos partenaires, qui sont eux-mêmes les institutions financières qu\u2019on soutient dans les pays en développement ou émergents, il y a un réel progrès, et souvent, ils évoluent plus vite encore que l\u2019a fait ici le Mouvement Desjardins, parce qu\u2019ils bénéficient d\u2019une sorte de cours de transfert; en ce sens qu\u2019ils ne répètent pas les mêmes erreurs qu\u2019on a pu commettre ici dans le passé.» Elle cite le Burkina Faso à titre de modèle du genre: «Si je prends l\u2019exemple du réseau des caisses là-bas, en 1970, on en mettait certaines en place, on commençait à introduire des produits et tout cela; au fil des années, les caisses se sont multipliées, elles se sont regroupées en réseau et il y a maintenant une fédération et des unions régionales; au bout d\u2019un certain autre temps, les gens se sont rendu compte qu\u2019il fallait améliorer l\u2019efficacité, restructurer le réseau et qu\u2019ils devaient procéder à de la reconfiguration et de l\u2019informatisation.» DID s\u2019adapte en conséquence: «On doit toujours rester à la fine pointe des changements et demeurer à l\u2019affût des transformations.Si on avait maintenu notre expertise seulement dans la mise en place de caisses de base, on serait complètement dépassés aujourd\u2019hui.On doit être en mesure d\u2019évoluer au même rythme que nos partenaires; c\u2019est la première des choses.» Deuxièmement, elle fait observer que DID est étroitement et constamment associé à des bailleurs de fonds publics dont les exigences aug- mentent sans cesse: «Souvent, les mandats raccourcissent et on dispose de moins de marge de manœuvre, ce qui nous rend la tâche plus difficile pour avoir une vision à long terme, parce qu\u2019il faut bien reconnaître que mettre en place un réseau de caisses, c\u2019est une opération qui ne se fait pas du jour au lendemain en raison des relations de longue durée et soutenues qu\u2019il importe d\u2019établir avec nos partenaires; c\u2019est un des enjeux auxquels on fait face.» Collaborateur du Devoir Chaire Raoul Dandurand en etudes stratégiques et diplomatiques Raoul Dandurand Chair of Strategic and Diplomatic Studies Écoles d'été 2012 Missions de paix, opérations humanitaires et consolidation de la paix Séminaires d'approfondissement offerts aux professionnels et aux étudiants des cycles supérieurs de toutes les universités (4 crédits).Dates d'inscription; Étudiants: du 1 er au 31 mars 2012 Profession neis: jusqu'à 3 semaines avant les séminaires Renseignements et inscriptions: 514 987-3000 poste 5009 chaire.strat@uciam.ca >\tMissions de paix des Nations Unies 30 avril au 11 mai 2012 >\tOpérations humanitaires 22 mai au 1er juin 2012 >\tConsolidation de la paix 11 au 17 juin 2012 UQÀM Faculté de science politique et de droit\tj j j Université du Québec è Montréal www.aandurana.uqam.ca SOIREE DE SLAM SUR LE THEME DE LA SOLIDARITE INTERNATIONALE IVY QUEEN KA & invités PIERRE BOUDREAU O Patro Vys 354, BOUL.MONT-ROYAL EST MARDI 7 FÉVRIER 20 H ® MONT-ROYAL ENTREE GRATUITE POUR LES 2 ÉVÉNEMENTS Al .i'] IlSbJ UNE SOIREE CINEMA SUR L\u2019ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE CWVIAOotBIlOCprôseiriBiit SOLUTIONS LOCALES POUR UN DÉSORDRE Caméra au poing.Coline Serreau a parcouru ie monde pendant près de trois ans à ia rencontre de femmes et d\u2019hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent iocaiement, avec succès, des soiutions pour panser ies piaies d\u2019une terre trop iongtemps maitraitée.f Projection suivie d'un rminentaire de fabienDe9liseM^teauDevoi.et d'une EN PREMIERE PARTIE DE JEUNES ENTREPRENEURS SÈMENT L\u2019ESPOIR EN AFRIQUE UN COURT-MÉTRAGE RÉALISÉ PAR LE CECI, SOCODEVI ET UUPA '«451 \"oia f -R ¦ ¦.ÿk \u2019\u2018J)', l'i L«3?V UN FILM DE COLINE SERREAU EBin|.rikJ::.L:;]:;ilOI[DlllE:ElEAU-fflODUi:iaiiSMATllEUIIWrEI)BUILliMEPAHEIR-lttrAGEIIilACEi;AMHIIEHEIIAUll[liDEIHIIlESSE-tOBEIllEljMliyOIIEIin(ll)llDIDI-lttrACE»IIIAnHIEUDENIAUT-yn^^ RU II nBk.i;\u201eiiuEllDHADElEIIEDESSDI-mDIEIIOIDElEGiaCIIEHi-EICOPIlQDUn]DIAVE(EllllO(nUDIDa7UDIMHIASSEPIIDDU[IIDISIUIDEAnOIIT-MLAFAiniCmDEOIiAIIGECIIEMASEHIES-EICDlU;aQtUIIDiailEC ni>j;iniafl>\u2019'lRIAlHEIllllllllBIE-[iniI]ll[aHl»MNEIIDnUfi[]»DUnQIIEDm0IEII]r[»lil»SE-nnESIIIBill[lllBSIUDI037IBB^\t[J H\t\u2014 Qblocoopi f^ndationsqli\t|w\u2014.iolrtloii8localas-lBlllin.eoin| l''^\trrwTwjlg JEUDI 9 FEVRIER 18 H 30 Cinéma Beaubien 2396, RUE BEAUBIEN EST // angle ave.louis-hébert RSVP POUR LES DEUX ÉVÉNEMENTS || Josée || joseef@ceci.ca || 514.875.9911 poste 244 uütena (ï UN PROGRAMME CECI &EUMC CECI WUSC4EUMC Le programme Uniterra est réalisé avec l\u2019appui financier du gouvernement du Canada agissant par i\u2019entremise de l\u2019Agencecanadiennededéveloppementinternational(ACDi).SoiréGS organiséGS par Ig CECI dans Ig cadrG du programmG UnitGrra, à l'occasion dG la SEMAINE DU DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL.!?! Agence canadienne de développement international Canadian International Development Agency "]
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