Le devoir, 7 janvier 2012, Cahier E
[" LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JANVIER 2012 CINEMA Entrevue avec David Cronenberg Page E 5 LITTERATURE Une biographie avec Mordecai Richler Page E 7 à ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR RUSSIE Le comédien Sasha Samar a convaincu Oiivier Kemeid (en arrière pian) de mettre des mots et des personnages sur ie canevas rugueux que constitue ia survie ordinaire en territoire russe.ROUGE Sur les traces d\u2019un enfant trompé, Olivier Kemeid et Sasha Samar replongent dans rURSS de Brejnev avec Moi, dans les mines rouges du siècle au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui MICHEL BELAIR Pas drôle le XX® siècle.Avec ses deux «Grandes» ferres et ses milliers de «petites», il aura laissé des dizaines de millions de morts inutiles derrière lui et tout autant de rêves bafoués.Des utopies aussi, des grandes et des petites encore une fois,, dont celle du communisme d\u2019Etat et de la dictature du prolétariat, ah, ah.Sasha Samar a goûté à tout cela de très près, lui qui a fait son service militaire sur les hauts plateaux afghans, dans l\u2019Armée rouge qui occupait alors le territoire avant l\u2019ère des talibans.Pour mieux parler de rêve et de réalité, de vérité, de mensonge et de terreur sans cesse redéfinie, le comédien d\u2019origine russe a convaincu Olivier Kemeid de mettre des mots et des persormages sur ce canevas rugueux de la survie ordinaire en territoire russe.De donner vie à sa vie au pays des leurres en tous genres.Cela donne Moi, dans les ruines rouges du siècle, qui prend l\u2019affiche au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui ce mardi.Le petit mensonge dans le grand Samar et Kemeid se connaissent depuis longtemps; ils ont développé tous deux une forte complicité, que l\u2019on sent tout de suite quand on les voit ensemble.Ils se sont rencontrés autour du Théâtre de Quaf Sous.Le metteur en scène et dramaturge a d\u2019abord vu le comédien dans le Six personnages en quête d\u2019auteur monté par Wajdi Moua-wad, puis, quelques années plus tard dans Les mains, un spectacle que Kemeid a cosigné avec Eric Jean dans l\u2019ancienne synagogue de l\u2019avenue des Pins, selon la méthode d\u2019immersion bien particulière du «patron».Le metteur en scène explique que Samar lui a tout simplement raconté sa vie en Russie jusqu\u2019à ce qu\u2019il quitte le Conservatoire de Kiev avec femme et enfant pour demander ici le statut de réfugié.Armé de sa grande sensibilité aux mouvements qui agitent la planète, Kemeid a rencontré «formellement» Samar avec ses carnets et ses crayons.Et il a pris des notes pendant des mois au rythme d\u2019une rencontre/semaine jusqu\u2019à ce qu\u2019il sente surgir, de ces histoires abracadabrantes mettant toujours en jeu la survie et le mensonge, une histoire hna-lement plutôt rouge sombre.«Je ne savais pas encore si ce tout cela déboucherait sur un roman, un film ou une pièce de théâtre, raconte Kemeid.Mais j\u2019ai tout de suite saisi le potentiel dramatique incroyable de l\u2019histoire de Sasha: la rare odyssée d\u2019un homme seul avec son fils dans les méandres du système soviétique en ruine.Et peu à peu, j\u2019ai été happé par cette relation entre le fils et le père, parce que c\u2019est en quelque sorte liiistoire d\u2019un petit mensonge inséré dans le mensonge beaucoup plus large, global et systémique de la Russie de Brejnev.» D\u2019autant plus que, encore tout jeune, le personnage de Sasha apprendra que sa mère n\u2019est pas morte comme on le lui avait toujours dit; et tout tournera bientôt autour de l\u2019histoire de cet enfant qui veut retrouver sa mère dans un monde qui s\u2019écroule de toutes parts.Tout et rien Droit afhchant le prohl et le regard d\u2019une sorte de grand oiseau de proie, Sasha Samar enchaîne en précisant qu\u2019il ne tenait pas à jouer son propre rôle mais que Kemeid a insisté.Peut-être parce que le metteur en scène percevait qu\u2019il était le seul à pouvoir sentir, de l\u2019intérieur et mieux que quiconque, le monde de paranoïa et de fantasme dans lequel s\u2019agite le Sasha du spectacle.«Le personnage est plus complue qu\u2019il ne le paraît.Rapidement, il en vient à vouloir se démarquer pour que sa mère, où qu\u2019elle soit et qui VOIR PAGE E 2: RUSSIE E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JANVIER 2012 CULTURE Même jour, même heure, l\u2019an prochain té Odile Tremblay Chacun se concocte sa propre revue de l\u2019année, le jour du changement de calendrier.Comparant son menu aux plats officiels servis à la télé, tout Québécois digne de ce nom juge le sien plus subtil et mieux équilibré.Les rétrospectives du 31 décembre offrent une tonique provocation à tous ceux, on s\u2019inclut dans le lot, qui auraient mieux épicé la sauce et râlent devant ses grumeaux.Alors, les avis tombent après les douze coups de minuit.Faut respecter les grandes traditions.«Belle présentation, mais manque de sel! De fait, on a roupillé la moitié du temps.Trop de sacres, trop de numéros de variétés et de politique pure laine.» Mais entre vous et moi, mieux vaut trop de politique que douze pastiches de sottes émissions télé du réseau concurrent, qu\u2019on avait refusé de regarder.La blogosphére du premier janvier offrait, à l\u2019œil encore aviné du spectateur de la veille, un aperçu du verdict collectif.Entre «C\u2019était bien mieux dans le temps de Dodo et de RBO!» et «Bravo pour les effets spéciaux!», le Bye Bye de samedi dernier à la SRC y recueillait autant d\u2019éloges que d\u2019anathémes, certains d\u2019une violence toujours nauséabonde.Le voici estampillé vox populi avec raison crû moyen, ce qui permet à ses auteurs de vivre à peu prés en paix jusqu\u2019au prochain, car ils ont connu pire, et celui-ci valut au couple ses meilleures cotes d\u2019écoute des trois éditions.De fait, suite à leur cuvée catastrophique de 2008, la glace est mince, sur laquelle Véro, Louis et leurs comparses ont le droit d\u2019avancer sans tomber tête baissée dans le trou du racisme (Alerte rouge!) ou du mauvais - goût (Là, ils ne peuvent pas toujours s\u2019en empêcher.Chassez le naturel!) «Se faire traiter de ^ .tas de merde par un fils de P.E.T.!», lançait, pas trop sûr de son effet et pour cause, Louis Morissette en guise de commentaire suite aux injures sca-tologiques proférées en Chambre au ministre de l\u2019Environnement par Justin Trudeau.Scusez là! On veut bien, mais visez donc un peu plus haut la prochaine fois.D\u2019ailleurs, voici quelques râles en offrande pour l\u2019an neuf, tels qu\u2019annoncés plus haut.Pas de doute, ce Bye Bye fut bel et bien une radiographie de l\u2019année, autant par les sujets abordés \u2014 la politique municipale, provinciale et fédérale jusqu\u2019à plus soif, agitée il est vrai, du bocal en 2011 \u2014 que par ses omissions, en l\u2019occurrence à peu près tout le reste sur la sphère internationale \u2014 sauf Ben Laden \u2014, dont les soubresauts du printemps arabe.Même les déboires de Berlusconi et de DSK, invitant aux pastiches les plus olé olé, furent hélas! à peine esquissés.C\u2019est qu\u2019on est plutôt resté entre nous, au coin du feu avec la ligue du vieux poêle, en s\u2019indignant maison (Pas trop fort, on est frileux!), en compagnie d\u2019Harper, de Marois, de Cha-rest, de Labeaume, qui adore être en vedette et dont les vœux d\u2019omniprésence furent exaucés, etc.Mais grand merci à Infoman d\u2019avoir précédé le Bye Bye à la grille horaire en invitant aussi les Québécois à mettre le nez dehors sur une planète en ébullition.La culture?Pas trop au rendez-vous.Sinon pour rire (facile) de la médiocrité de TVA ou de la mythomanie de Michèle Richard.Suffit de se baisser pour ramasser ces fruits-là, mais cueillir les pommes placées en haut de l\u2019arbre?Trop fatiguant, faut croire.Quasi occultée, la lancinante affaire Bertrand Cantat, qui vit s\u2019entrechoquer les seuils de tolérance des uns et des autres, en manquant soulever un tsunami dans le Saint-Laurent.On avait certes recollé depuis avec précaution ces alarmantes plaques tectoniques.L\u2019équipe derrière ces adieux à 2011 n\u2019eut guère l\u2019audace de les rouvrir.Ce Bye Bye nous aura aussi offert un vrai festival de sacres dans la bouche des messieurs-dames: politiciens, reine, etc., tous unis pour parler comme des charretiers.Blasphèmes en bouquet résonnaient au milieu de phrases si pauvres, côté syntaxe et vocabulaire, qu\u2019elles nous parurent réduites à 100 mots malingres et souffreteux, pas trop ravis de se rassembler.C\u2019est que l\u2019équipe du Bye Bye a de toute évidence investi beaucoup d\u2019énergie dans le superbe emballage: chapeau pour la ville de Montréal en effondrement! et pour quelques bons flashes: la boîte du jeu LEGO qui s\u2019ouvre à droite et à gauche comme le programme du CAQ, Kinkin, Le secret du Plan Nord.Mais qui voulut s\u2019appliquer à l\u2019exercice d\u2019écrire le texte, langue sortie pour concentration accrue?Pas grand monde, à vue de nez.D\u2019ailleurs, le public allait-il s\u2019en soucier devant son écran du party?Si les mimiques, les steppettes de Véro et les effets spéciaux font la job, comme on dit, à quoi bon leur adjoindre un souci du langage, fut-on de service à la SRC?L\u2019analphabétisme va si bon train dans les chaumières.Et ça se dit comment, au juste, en bon français: «Ostie que t\u2019es épais!»?Hep! On a été plusieurs à ciller de l\u2019oreille entre deux coupes de champagne.Juste assez pour couronner le français grand perdant de la revue Véro Louis.Plus grave encore, ne serait-il pas, écho fidèle, le grand perdant de l\u2019année 2011 tout court, ce français-là?Pas seulement à cause des unilingues anglophones qui nous firent maints pieds de nez au cours des derniers mois, ni par la descente aux flambeaux du nationalisme.Surtout parce qu\u2019on massacre nous-mêmes notre langue avec une ardeur pavant la voie à de futurs Bye Bye présentés bientôt en 3D certes, mais balbutiés \u2014 quoi d\u2019autre?\u2014 en onomatopées.otremhlay@ledevoir.corn RADIO CANADA Le Bye Bye s\u2019est payé la tête de Michèle Richard, personnifiée ici par Véronique Cloutier.Ruines rouges n lequel repose le ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR \u2019est pas une pièce politique, la Russie soviétique servant plutôt de «cadre dans mensonge de la fausse famille».RUSSIE SUITE DE LA PAGE E 1 qu\u2019elle soit, puisse le reconnaître.Dans la vraie vie, je l\u2019avoue, c\u2019est un peu cela qui m\u2019a amené, moi, à faire du théâtre.» La discussion se fait encore plus animée; les idées et les éclats de rire se succèdent en cascades.Mais les deux hommes tiennent à préciser qu\u2019il ne faut pas anticiper une pièce «politique»: pas de thèse ici qui s\u2019appuierait sur un fond didactique d\u2019expériences vécues.«E faut voir le \u201crouge\u201d du titre comme une sorte de métaphore, dira Olivier Kemeid.Nous sommes bien en Russie soviétique, c\u2019est à dire en plein mensonge orchestré; dans ce mélange de désillusion, de désespoir et d\u2019aspiration à la liberté aussi: oui.Mais tout cela est en arrière-fond: ce n\u2019est pas le sujet de la pièce, plutôt le cadre dans lequel repose le mensonge de la fausse famille.» Par contre, dès son retour d\u2019Afghanistan, le «vrai» Sasha s\u2019est bien inscrit au Conservatoire de Kiev oû l\u2019on a vite reconnu ses talents de comédien.Il a pourtant beaucoup de mal à intégrer la «nouvelle Russie».Il dit avoir rencontré là, en 1995, «une Russie du tout et rien» dans laquelle la violence et les mafias en tous genres jouent un rôle considérable: c\u2019est ce climat insoutenable et dangereux qu\u2019il a fui avec sa jeune famille.Olivier Kemeid s\u2019est bien sûr approprié l\u2019histoire de Samar puisqu\u2019il n\u2019a jamais été question d\u2019écrire un docu-fiction ou une biographie.Il a même pris un recul de six mois avant de revoir le comédien pour lui remettre sa première version finale; il avait d\u2019ailleurs un peu le trac, puisqu\u2019il est plutôt rare de faire lire à quelqu\u2019un un texte inspiré de sa propre histoire.Le dramaturge ajoute que ses personnages sont construits à partir de ce que Sasha lui a raconté.«Ce sont d\u2019abord des personnages de théâtre, des gens qui vivent dans l\u2019excès, dans l\u2019extrême: des Slaves.Ce qui, par définition, les rend intéressants pour un auteur de théâtre et pour un metteur en scène.» Si jamais tout cela n\u2019avait pas titillé votre curiosité, sachez que Annick Bergeron, Sophie Cadieux, Robert Lalonde et Geoffrey Gaquère complètent la distribution.Le Devoir MOI, DANS LES RUINES ROUGES DU SIÈCLE Texte et mise en scène d\u2019Olivier Kemeid d\u2019après le récit de Sasha Samar.Au Tliéâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 10 janvier au 4 février : - -\t- V w w\tHy\t'\t.SS » -f:\t^ ASSISTANCE A LA MISE EN SCENE MARIE-HEL£NE DUFOil n^rnn ninfiEB lAMiniEiniiE nnQtiiMi»: CTÉPuauiE ni Énninr JÆCOR OUVIEB LANDItEVIil COSTUMES STEPHANIE CLEIWUX ^ .r «I / ÉCLAIRAGES ANDRÉ iqOIIX MUSIQUE ÉRK FORGET V «\tACCESSOIRES PATRICIA RUEL M\ti\t- THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL SAINT-LAURENT, MONTRÉAL | BILLETTERIE :514845-4890 ESPACEGO.COM îf559 Papineau, Montreal / theatrelalicorne.com / Billetterie: 51^i 523.2246 1\tC\tQN^ILDESARTS\tM ?E MONTRÉAL transat PARTENAIRE DE SAISON Ginseil des Arts du Canada Canada Council «or the Arts Québec El E3 LE DEVOIR ^élécQyébçtS http://theatrelalicorne.com/lic_pieces/orphelins/ LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JANVIER 2012 E 3 CULTURE DOCUMENTAIRE Fans pour la vie SYLVAIN CORMIER Elles commencent par se nommer.Prénoms seulement: Danielle, Cindy, etc.Puis avouent, comme on dirait «Je suis alcoolique.» dans les meetings des AA: «Je suis fan.» C\u2019est le titre du documentaire de Yanie Dupont-Hébert, l\u2019ex-globe-trotter de MusiquePlus, difiisé ce limdi 9 janvier dans le cadre des Grands reportages de RDI.Redif-iisions en mars à Artv etTFO.Etre fan, c\u2019est formidable, nous dit en substance Yanie Dupont-Hébert, par la vok de très jeunes femmes (fans de Simple Plan), de moins jeunes femmes (une Française fan de Roch Voisine) et de femmes qui étaient jeimes au temps où elles son( devenues fans de Paul Anka.Etre fan aide à vivre son adolescence, peut susciter des vocations, ça vous accompagne dans les bons et moins bons moments de la vie, souvent toute la vie.Que du bon.Ces femmes, que la documen-tariste suit des PHines d\u2019Abraham à New York et de Las Vegas à Tokyo, sont heureuses et contentes d\u2019être heu-Le portrait\treuses: leurs idoles, il faut est\tdire, sont et ,\tgentils avec affectueux,\telles, affables c\u2019est voulu\tet attentifs, prennent vo-comme tel\tlontiers la ,\t.\tpose, les re- et réussi\tconnaissent.En entrevue, l\u2019un des gars de Simple Plan (ne me demandez pas lequeb les loue à coups de compliments, et se les approprie même un peu: «C\u2019est vraiment eux, avec Twitter et Face-book, qui sont devenus tes milliers de petits ER [relationnistes] dans le monde.» Le portrait est affectueux, et voulu comme tel.On n\u2019est pas dans le film Parlez-nous d\u2019amour de Jean-Claude Lord, pas question ici de montrer le dessous des cartes, encore moins les dessous des jupes: l\u2019aparté consacré aux groupies, assorti d\u2019une entrevue avec la fameuse Pamela DesBarres, qui connut biblique-ment les Stones, les Mothers de Zappa, les Who, Led Zep et tutti quanti, est traité sous l\u2019angle du souvenir attendri.Il s\u2019agit bien de montrer que, de génération en génération, c\u2019est pareil: les jeunes filles s\u2019entichent d\u2019un beau chanteur, et le beau chanteur le leur rend bien, et tout ça est très sain, voyez cette mère et sa fille, ravies de leur «bonding» dans l\u2019adoration de Simple Plan.Par ce bout de la lorgnette teintée rose, c\u2019est très réussi: on s\u2019attache à ces fans, leur dévotion émeuf le caractère indéfectible de leur passion rassure.On applaudit presque quand la jeune femme qui a vu Simple Plan tant de fois est appelée sur scène pour aller chercher une ^itare basse des mains du bassiste, cadeau des cadeaux.Il manque ce qu\u2019il y avait dans Lonely Boy, le documentaire de l\u2019ONF qui suivait déjà en 1962 les fans de Paul Anka, à peine échantillonné ici: im certain ras-le-bol de la vedette, lasse d\u2019être assaillie tout le temps.Ici et là un contre-exemple, une Sylvie Mathurin qui aurait raconté la tyrannie d\u2019un Claude François (elle en a fait im livre passionnant) , aurait utilement nuancé im propos qui, par moments, confine au conte de fées.Collaborateur du Devoir w JACQUES NADEAU LE DEVOIR MUSIQUE CLASSIQUE Vers une année catastrophique?Difficile de se souvenir d\u2019une année pour laquelle le simple fait d\u2019énumérer les enjeux à venir dans le domaine de la musique classique soit aussi naturellement générateur de frissons.En dépit de tous les vœux du monde, l\u2019année 2012 s\u2019annonce assez catastrophique du côté de la musique classique.Ces tristes perspectives valent qu\u2019on s\u2019y arrête un peu.CHRISTOPHE HUSS Les institutions musicales en Amérique du Nord ont subi de plein fouet, entre 2009 et 2011, les conséquences du krach de 2008.Certains orchestres ont licencié la moitié de leur personnel administratif, coupé les salaires de leurs musiciens, voire de leurs directeurs musicaux.L\u2019existence même de certaines petites formations a été mise en péril.Les plaies de ce traumatisme commencent à cicatriser, mais l\u2019année 2011 risque de créer à court et moyen terme un ressac financier majeur.On rappellera en effet que le budget des grands orchestres américains est largement nourri par les rendements financiers de leurs fonds de dotation.Non seulement ces fonds et leurs rendements sont érodés par les bourrasques boursières à répétition, mais les institutions souffrent aussi d\u2019un autre facteur: l\u2019incertitude qui plane.Mot d\u2019ordre: renouvellement Le fait de ne pas connaître le sens du vent et l\u2019ampleur de la tempête aura des conséquences majeures en termes de planification, et donc de programmation.Nous entamons probablement, sur le plan artistique, une phase de repli et de conservatisme qui, une fois de plus, va aller à l\u2019encontre du redéploiement du ré-pertoire proposé, et donc d\u2019une stimulation éventuelle, mais risquée, de la clientèle.Pour miser sur un espéré renouvellement du public, les institutions actionnent un autre levier: le rajeunissement des directeurs musicaux.Les nouveaux visages sont censés brasser les cartes, attirer une clientèle plus jeune et conférer aux institutions une image dynamique.Le Philharmonique de Los Angeles a donné le signal de départ il y a trois ans en nommant Gustavo Du-damel.L\u2019Orchestre de Philadelphie adopte la même stratégie qvec Yannick Nézet-Sé-guin.A notre échelle, c\u2019est le même raisonnement qui a valu à Fabien Gabel sa nomination à l\u2019Orchestre symphonique de Québec.Même en musique classique, les choses bougent vite et les modes sont galopantes.Il y a deux ans, lorsque s\u2019entamait la recherche d\u2019un successeur à Yoav Talmi, les critères évoqués étaient la capacité de lâire progresser l\u2019orchestre eL à demi-moL le carnet d\u2019adresses du nouveau venu, afin de doper le développement de Québec en tant que place forte fy-rique estivale.Quand Fabien Gabel est arrivé, Grégoire Legendre, directeur de l\u2019Opéra de Québec, ne lui avait encore jamais même parlé.Mais Gabel va renouveler l\u2019auditoire.C\u2019est ce que la direction de l\u2019orchestre espère.C\u2019est ce qu\u2019on verra.Dans ce même esprit, les yeux seront tournés vers Boston et son orchestre symphonique, dont le poste de directeur musical est le plus convoité.Si le même raisonnement est appliqué, le buzz de l\u2019heure, la baguette hype du moment, est le Letton Àndris Nejsons.Sa substance musicale?Avoir.Pour ce poste il semblait batailler contre le vétéran Riccar-do Chailly, que des problèmes cardiaques semblent avoir écarté de la course.La nomination du successeur de James Levine à Boston sera très significative.Certains espèrent encore un HECTOR MATA REUTERS Yannick Nézet-Séguin (en haut), Gustavo Dudamel (ci-dessus) et Fabien Gabel font partie de cette nouvelle génération de chefs sur qui misent les grands orchestres pour renouveler leur public.coup de barre en faveur de l\u2019expérience.Peut-on prendre les gens impunément pour des valises?Le «renouvellement» jus-tifie-t-il tout?Excellent baromètre, le Philharmonique de New York est en train de tester les frontières de l\u2019exercice avec son chef Alan Gilbert.L\u2019Europe sinistrée Le gros coup de massue appréhendé se passera sans doute en Europe, où le modèle économique est radicalement opposé.Orchestres et opéras dépendent largement de subsides publics au point où la part de la vente des billets dans les budgets annuels est fréquemment inférieure à 20 %.L\u2019année 2012 risque d\u2019être le point de départ d\u2019une sérieuse remise en cause, car daps les coupes budgétaires d\u2019Etats fragilisés, la culture risque d\u2019être un des premiers postes à en faire les frais.Le problème est que personne n\u2019est prêt à faire face à une re-distribution des cartes: les coupes de crédit viendront bien avant la mise en place d\u2019un système (de fiscalité, entre autres) qui permettrait l\u2019émergence de «plans B» ou d\u2019une nouvelle culture dans la structure financière des institutions.Du coup, aux Pays-Bas, avec une coupe budgétaire anticipée de 30 %, on est allé jusqu\u2019à envisager la fusion de l\u2019Orchestre de la Résidence de La Haye avec le.Philharmonique de Rotterdam! Yannick Nézet-Séguin risque donc d\u2019avoir sur les bras d\u2019un côté de l\u2019AÜantique le sauvetage d\u2019un orchestre placé sous la protection de la loi sur la faillite, et de l\u2019autre, la fusion de deux institutions symphoniques ancesùales! Les coupes annoncées sont de 15 % au Royaume-Uni et de 33 % en Italie, ce qui a valu à Riccardo Muti l\u2019estime de tous, en mars dernier, pour son coup d\u2019éclat anti-Berlusconi à l\u2019Opéra de Rome.Le chef a pris la parole en pleine représentation de Nabucco et a lait chanter le fameux chœur «Va Pensiero» par le public.L\u2019acte de bravoure, impressionnant de dignité et de force, est facile à visionner sur YouTube (cherchez «Muti Nabucco»).Tout cela n\u2019est peut-être qu\u2019un hors-d\u2019œuvre de ce qui attend le monde musical et culturel en Europe à moyen terme, si la tendance se maintient.Et ici?Au Québec et pour les artistes québécois, l\u2019année 2012 sera intéressante à observer sur bien des points.On surveillera ainsi non seulement les débuts de Fabien Gabel à Québec, mais aussi la tournure et la configuration de la seconde édition du Festival d\u2019opéra de Québec.Dans la métropole, l\u2019Opéra de Montréal nous a promis de revenir à cinq spectacles annuels en 2012-2013.Aura-t-il les moyens de tenir ses promesses?Par ailleurs, l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, qui a annoncé en septembre 2010 une prolongation du mandat du directeur musical Kent Nagano jusqu\u2019en juin 2014, devra se pencher sur la suite de l\u2019union avec son chef Car la programmation de la saison 2014-2015, il va falloir déjà y penser dans quelques mois.Stratégiquement, on observera si rOSM persiste dans sa programmation assez germanique et mitteleuropéenne, où opère enfin un recentrage vers le répertoire français, qui lui a valu sa réputation internationale.Il faudra aussi voir si la maison symphonique cherche à se doter d\u2019un équipement audiovisuel ad hoc permettant d\u2019ouvrir les murs de la salle et de diffuser ses spectacles via Internet partout au Québec et dans le monde.L\u2019opportunité n\u2019a pas été saisie lors de la construction.L\u2019erreur stratégique sautera-t-elle aux yeux de certains?Enfin, sur une note plus positive, on tirera un premier bilan de l\u2019ajout de la salle Bourgie au paysage musical québécois, et on surveillera le développement des carrières internationales de nos jeunes gloires du chant: Michple Losier, Julie Bouliapne, Etienne Dupuis, Marie-Eve Munger, Phillip Addis et quelques autres.Le Devoir THEATRE SALLE DENISE-PELLETIER Du 18 janvier au 10 février 2012 Inspiré de l\u2019œuvre Lettres à un jeune poète de Rilke I Texte de Sébastien Harrisson I Mise en scène de Martin Faucher Une production du Théâtre Bluff en collaboration avec le Théâtre Denise-Pelletier Avec Maxime Carbonneau, Sophie Desmarais, Macha Limonchik, Albert Miliaire, Éric Paulhus Billetterie 514 253-8974 E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JANVIER 2012 CULTURE THEATRE Quand les morts rêvent leur vie Christian Lapointe clôt son cycle de la disparition avec Sepsis PHILIPPE COUTURE Quelque chose ne tourne pas rond, me suis-je dit, quand Christian Lapointe a pris une grande respiration et prononcé les mots fatidiques: «Cest Vhis-toire d\u2019un gars.».Quoi?L\u2019histoire d\u2019un gars?Il a ri, puis il a repris.«En fait, je dirais que ce qui est mis en jeu, c\u2019est comment de petites narrations individuelles, qui, au contact les unes des autres, créent un fil narratif qui est plus grand que ceux qui le fabriquent, et qui leur échappent.» J\u2019ai retrouvé contenance.Et j\u2019ai écouté la suite.n est vrai que, dans C.H.S., le premier spectacle d\u2019une tétralogie que Lapointe a intitulée «Le cycle de la disparition», il nous racontait l\u2019histoire d\u2019un gars qui allait acheter de l\u2019essence.Dans la mesure où on prend en considération la quantité de discours sous-entendus dans cette histoire, c\u2019était quand même «l\u2019histoire d\u2019un gars».Lapointe n\u2019a pas l\u2019habitude du réalisme et de la narration linéaire: ses textes sont cérébraux, tissés d\u2019une pensée complexe et orientés vers la recherche d\u2019une communion des âmes dans la pensée, dans un certain au-delà.Dans la vie, il peut avoir les deux pieds sur terre.Mais dans son œuvre, il plane.Du moins dans ses spectacles les plus symbolistes (ceux du cycle, comme Anky ou la fuite et Trans (e), mais également ses mises en scène orientalisantes de l\u2019œuvre de William Butler Yeats).Sepsis n\u2019échappera pas à la règle, mais questionne tout de même la narrativité et cherche du sens à travers de petits récits qui, au départ, s\u2019inscrivent dans la quotidienneté.«Je veux mettre en scène, prédse-t-il, des gens qui revivent leur vie à travers la mort, dans une sorte d\u2019espace-temps suspendu où sont mises en jeu leurs petites destinées.Au contact les unes des autres, ces petites destinées créent un récit presque mystique.Ce sont des morts qui rêvent leur vie à nouveau.» Une spiritualité laïque Ce n\u2019est pas la première fois que Christian Lapointe place la mort au centre de son travail.Dernier tabou de notre société, presque devenue au fil du temps la seule étape de vie nous inspirant des élans rituels, il en a fait un objet de réflexion constant, au centre d\u2019une esthétique épurée, Mte d\u2019éclairages clairs-obscurs et d\u2019une parole découpée, déréalisante, qui adopte le rythme de l\u2019écriture (ou de la pensée) plutôt que celui de la conversation.Il cherche par là à retrouver une sorte d\u2019élévation spirituelle, un sens commun qui n\u2019aurait rien à voir avec celui qui nous propose les structures sociales collectives ou les grandes religions.Une «spiritualité laïque» quoi.Dans Sepsis, il dit travailler exactement cette idée-là, et s\u2019inté resse à la mort comme manière de reprendre contact avec l\u2019esprit du vivant et de reconnecter à la collectivité.Rien de moins.«Je crois, ajoute-t-il, que mes shows ont cette dimension sacrée, qui est de l\u2019ordre du rituel, mais aussi de THÉÂTRE ÉMERGENT premieracte.ca PREMIER ACTE et THEATRE HARENG ROUGE PRESENTENT HUGO LAMARRE mise en scène THOMAS GIONET-LAVIGNE texte 870, DE SALABERRY, QUÉBEC isHisran 418 643-8131 Québec Québec canadign Heritage Entente^dâvelcppemant ci C^L LE DEVOIR Dusiuii: JM 2012 PERSONAL JESUS THÉÂTRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BLLEHERIE 514.526.6582 AUCUN FRAIS DE SERVICE THEATREPROSPERO.COM MISE EN SCENE PAR JACQUES BROCHU ET MARIE-STÉPHANE LEDOUX DU MARDI AU SAMEDI A 20 N LE MERCREDI 11 JANVIER À 13 H LESDIMANCHESÀ15H RESEAU ADMISSION: 1 855 790-12451 frais s appliqueront) l\u2019ordre du manège, du revirement, du bousculement» La caméra-masque On peut s\u2019attendre, comme souvent chez Lapointe, à un certain immobilisme des acteurs, mais surtout à un rapport particulier avec l\u2019espace.«Cette fois, la scénographie et la mise en scène sont vraiment plus intimement liées que jamais.On fait un travail de désaxage du point de vue du spectateur: on cherche à positionner symboliquement le spectateur à l\u2019endroit où, dans l\u2019imaginaire collectif devraient être ceux qu\u2019on regarde et qui sont morts.Comme si, quelque part, on se retrouvait dans la mort.» Le metteur en scène travaille aussi plus que jamais avec la vidéo, qu\u2019il dit utiliser comme un masque.«L\u2019acteur, derrière un masque, est soucieux de la précision de son mouvement pour que l\u2019image soit juste \u2014 il arrête de croire qu\u2019il est conscient de ce qu\u2019il dégage.Le masque nous ramène à cet état brut, celui de ne pas savoir ce qui émane de nous.J\u2019utilise la caméra dans cette optique: c\u2019est la caméra comme masque.» Pas étonnant, à entendre ces paroles, que Christian Lapointe ait été choisi comme codirecteur artistique des productions Recto-Verso, à Québec, avec le dramaturge Daniel Danis et la chorégraphe Line Nault.Tous trois vont donc prendre en charge une partie de la programmation de la coopérative Multi, haut lieu de l\u2019interdisciplinarité de la Capitale.«Je rêve d\u2019une véritable programmation interdisciplinaire annuelle, dit-il, quelque chose qui ressemblerait à ce que fait Jack Udashkin à La Chapelle à Montréal.Dans une ville comme Québec, ça pourrait avoir un impact formidable sur le milieu des arts vivants.» Et ils sont nombreux, dans la Capitale, à rêver avec lui.Collaborateur du Devoir SEPSIS De Christian Lapointe Productions Recto-Verso et Théâtre Péril Du 10 au 14 janvier àla sale Multi de la Coopérative Méduse, à Québec Du 17 au 21 janvier au Théâtre La Chapelle (Montréal) DANSE Les personnalités mnltiples de José Navas CATHERINE LALONDE En plus d\u2019être chorégraphe, José Navas officie depuis des années déjà comme danseur soliste.En 2009, son Vïllanelle en solo s\u2019insérait juste avant S, sur les notes d\u2019Erik Satie, dansé par sa compagnie.Ses Miniatures, comme sept confessions des moments clés de sa vie, vues ici en 2008, continuent de tourner sur les scènes du monde.Revoilà, avec Personae, José Navas en plongée dans les archétypes, les êtres et personnages multiples terrés en son cœur d\u2019interprète.«J\u2019aime le solo parce qu\u2019il faut que tu connaisses ton métier pour en faire.E faut connaître ta technique.» Le chorégraphe d\u2019origine vénézuélienne, visage racé, regard chaleureux et boule à zéro, reçoit Le Devoir dans le studio de sa compagnie, rue Sainte-Catherine à Montréal.Son français, autrement riche, chuinte d\u2019accent espagnol.«E faut avoir de l\u2019expérience comme interprète pour être soliste, et que le spectacle ait quelque chose à dire.Surtout quand on arrive à mon âge, 46, presque 47 ans: je ne fais pas d\u2019acrobaties, je ne fais pas huit pirouettes en scène.E faut qu\u2019il y ait autre chose.Les pièces dégroupé peuvent être écrites presque comme de l\u2019architecture, en mettant des corps en relation dans l\u2019espace.Le solo, c\u2019est de la poésie, la parole, les images et tous les gestes évocateurs.» Pour trouver ce quelque chose à dire, José Navas s\u2019est attaqué au double thème du désir et de la divinité.Les six courts solos qui en résultent sont «moins prévisibles que je ne le pensais.E y des archétypes, et oui, un travail de symétrie, de relation entre le haut et bas.» La musique apporte ici une touche sacrée, avec une pièce religieuse de Vivaldi en ouverture, et là la pompe attendue, dans ce Boléro de Ravel en finale, un peu hommage à Maurice Béjart, une partition que le chorégraphe a mis longtemps à assumer.«J\u2019ai déjà touché ces thèmes du désir et du divin dans mon travail, poursuit José Navas.Pour faire une différence avec Miniatures, qui était une recherche plus personnelle, j\u2019ai aussi fait VALERIE SIMMONS José Navas s\u2019attaque au double thème du désir et de la divinité.r une étude de couleurs.Dans le spectacle, on voit du blanc, du rouge, du noir, des couleurs liées au pouvoir; un drapeau nazi ou une église catholique.» Car cette divinité qu\u2019interpelle Navas, c\u2019est celle des chrétiens.«J\u2019ai été élevé comme catholique, et je trouve que cette religion parle surtout de désir.L\u2019imagerie est morbide, parfois érotique, avec le corps, le sang, ces choses ani-males, et cette croyance qu\u2019il y a autre chose qui nous regarde, lance Navas.Qu\u2019est-ce qu\u2019on cherche avec le sexe, avec la sexualité?Quand on a un orgasme, qu\u2019on nomme aussi la petite mort, on sent une connexion avec quelque chose d\u2019autre», presque avec plus grand que soi.La promesse de l\u2019enfer La friction entre le désir et le divin vient d\u2019une révélation très personnelle.Gamin, avant même ses 11 ans, José Navas sait qu\u2019il est homosexuel, lui qui a été élevé dans un milieu très religieux.«J\u2019ai tenté de me suicider trois fois avant mes onze ans.Tu vois ce monde d\u2019hommes, ce monde de la religion, très attirant d\u2019un côté, mais tu sais que tu y es destiné à l\u2019enfer.» L\u2019ouverture de ses parents, croyants, qui l\u2019accepteront, rassénérera l\u2019enfant.Ce sont eux qui vivront une crise de foi subséquente, déchirés par cette religion qui ne peut, ou ne veut, inclure leur fils.José Navas a trois têtes de chorégraphe.Celle qu\u2019il utilise pour ses pièces de groupe, comme S, dernière en date, pour huit danseurs.Ces pièces-là, il les compose pratiquement comme de l\u2019art visuel mouvant.Son autre visage de chorégraphe est tout nouveau: Navas revisite actuellement pour le Ballet British Columbia le romantique Giselle.«Ça m\u2019intéresse d\u2019entrer davantage dans le monde classique», lance Navas, comme un souhait.Et finalement, son travail, chorégraphique et d\u2019interprétation solo, seul sous le feu des regards, à s\u2019ouvrir à toutes ses Personae.«Ma mission, si j\u2019en ai une, et je dis ça de façon toute personnelle, c\u2019est de laisser quelque chose de bien écrit, de positif et beau.Je trouve qu\u2019il y a une morbidité autour de nous, dans les arts et dans la vie en général, une négativité, une lourdeur, comme si on revenait aux temps médiévaux.On a davantage de choix pourtant quand on regarde vers le haut, vers l\u2019élévation, que l\u2019inverse.» Encore novice A l\u2019approche de la cinquantaine, que devient la danse de José Navas?«Plus je deviens vieux, mieux je danse, si je puis me permettre», souligne le chorégraphe, qui rigolera plus tard quand on lui soulignera l\u2019ironie du fait que les danseurs de sa compagnie, à l\u2019inverse, semblent rajeunir d\u2019année en année.«Mon projet est de danser jusqu\u2019à ce que je décède», dit celui qui est très inspiré du parcours de Kazuo Ohno.«Sa vie d\u2019interprète a vraiment commencé à 75 ans.La première fois que j\u2019ai vu, avec sa vieille peau, ce dinosaure qui dansait, c\u2019était d\u2019une beauté incroyable.J\u2019aimerais beaucoup pouvoir danser à 90 ou 100 ans, avoir des années et des années et des années d\u2019expérience, avoir un corps qui fonctionne, à sa façon, et de continuer à écrire des solos pour ce corps.Ce qui est drôle, c\u2019est que je suis encore trop jeune pour ce nouveau projet.» Qu\u2019est-ce que le temps, jusqu\u2019à maintenant, a le plus changé à sa danse?«L\u2019assurance», répond du tac au tac le chorégraphe-interprète.«Et la compréhension, que je n\u2019avais pas avant, d\u2019être marié à mon métier.C\u2019est un service.C\u2019est presque religieux.» Nous y revoilà.Le Devoir DANSE DANSE PRÉSENTE PERSONAE De et avec José Navas À la PDA du 11 au 28 janvier Moi, dans les ruines rouges du siècle texte et mise en scène Olivier Kemeid idée originale Sasha Samar et Olivier Kemeid du 10 janvier au 4 février 2012 une création de Trois Tristes Tigres avec Sasha Samar Annick Bergeron Sophie Cadieux Geoffrey Gaquère Robert Lalonde collaborateurs A Philippe Brault pj Stéphanie Capistran-Lalonde Estelle Clareton.7 .Romain Fabre Martin Labrecquç^lÿ'^TÈ Catherine La Frenièrefi^ ' Jean-Philippe Charbohnëàu en résidence au Centre du Théâtre d*Aujourd*hui direction artistique Marie-Thérèse Fortin informations et réservations 3900, rue Saint-Denis, Montréai QC H2W 2M2 514-282-3900 theatredaujourdhui.qc.ca/ruinesrouges ____________partenaires de saison_______________ a\"®,* Le Devoir BMO Groupe fimoMcier En coproduction avec le Theatre français e national des Arts du Canada Texte et direction artistieffie^Sï^roJet ciàude Guilmain.Mise en scène Louise Naubert.Distribution Marcelo Arroyo, Vincent Leclerc, Bernard Meney, Pier Paquette, Victor Trelles Turgeon, Marie Turgejj^T/vîooq\t^ JEUDI 12 JANVIERÀ19H Suivi d'une discussion animée par Philippe Ducros VENDREDI 13 JANVIER À18H30 Suivi d'une table ronde animée par Paul Lefebvre PREVENTE pour les 11-12-13 janvier LE DEVOIR CARTE PREMIÈRES .; AVEC L'AIDE DU SECRETARIAT AUX AFFAIRES INTERGOUVERNEMENTALES KT LA CAISSE DE LA CULTURE 1945 rue Fullum Billetterie 514 5214191 www.espacelibre.qc.ca http://bit.ly/fpt8tH?r=qr http://www.laveillee.qc.ca/saison11-12/Personal_Jesus.shtml LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JANVIER 2012 E 5 TROU STORY de Richard DesJardins et Robert Monderle Canada (Québec).Documentaire.80 min.(G).Richard Desjardins et Robert Monderie renouent avec la veine pamphlétaire de LERREU R BORÉALE dans TROU STORY.THEATRE DUTREMDNT EXC3NTR S CINÉMA BEAUBIEN I- CINÉMAS AMC -1 Ile forum 221 METROPOLE Kate Winslet en épouse angoissée noyée dans Talcool, dans le dernier Polanski Polanski et le massacre social de Camarge CARNAGE Réal.: Roman Polanski.Scénario: Roman Polanski et Yasmina Reza d\u2019après sa pièce Le dieu du carnage.Avec Jodie Foster, Kate Winslet, Christopher Waltz, John C.Reilly, Elvis Polanski, Eliot Berger.Image: Pawel Edelman.Musique: Alexandre DesplaL Montage: Hervé de Luze.ODILE TREMBLAY Ceux qui ont pu savourer en 2010 au TNM la pièce décapante de Yasmina Reza, dans l\u2019esprit de Who\u2019s Afraid of Virginia Wolf, Le dieu du carnage brillamment servie par Anne-Marie Cadieux, James Hynd-man, Christiane Pasquier et Guy Nadon (Le Centaur en a présenté dernièrement sur ses planches une version anglaise) apprécieront particulièrement son transfert sur grand écran par Roman PolansM.Les autres y découvriront les joies en joutes dialoguées de la plus féroce misanthropie, à l\u2019heure où le vernis bourgeois de civilisation craque, en laissant hurler la bête tapie derrière.On ne s\u2019étonnera pas de voir le cinéaste de Répulsion, de Rosemary\u2019s Baby et du Locataire, grand amateur d\u2019angoisse en lieu clos, afficher des affinités avec l\u2019univers grinçant de Reza.L\u2019homme qui a traversé tant de drames depuis son enfance dans le ghetto de Cracovie, plus tard après le terrible assassinat de sa femme, eut de nouveau l\u2019occasion de méditer sur la vie lors de la récente saga en sol helvète.C\u2019est d\u2019ailleurs lors de sa retraite forcée en Suisse, sous menace d\u2019extradition, qu\u2019il adapta avec Reza Le dieu du carnage en transférant l\u2019action à New York et en langue anglaise, tout en tournant cette tragi-comédie dans un studio de la banlieue parisienne.Les unités de temps, de lieu et d\u2019espace sont quasi respectées, hormis le début et la fin du film tournés en extérieur (on y trouve quelque connivence avec le dénouement de Caché de Haneke), mais si la mise en scène de Polanski relève d\u2019une épure, le cinéaste du Pianiste ne laisse aucune rémission à ses personnages, vite acculés à leurs derniers retranchements, dérisoires coléoptères s\u2019agitant sous la loupe.La trame est toute simple; deux couples dont le fils a été violenté à l\u2019école viennent rencontrer les géniteurs de l\u2019enfant agresseur.Et dans ce salon de prétention, sous couvert de défendre leur progéniture, les masques tombent et les vices de chacun bousculant la bonne conscience du vernis d\u2019honorabilité, se révèlent.Les voici cyniquement attachés à leur petit confort, à leurs haines de couple, à la quête du profit, à leurs présomptions absurdes, à une violence latente qui explose.Un téléphone cellulaire, qui n\u2019en finit plus de sonner avec ses contrats d\u2019affaire à la clé, ancre ces dérapages dans une modernité virtuelle d\u2019absurdité.Tout repose sur l\u2019extraordinaire quatuor d\u2019acteurs où dominent Christoph Waltz, en féroce capitaliste, et Jodie Foster, en maîtresse de maison frustrée et pétrie de préjugés.Mais John C.Reilly, en faux chic type et Kate Winslet, en épouse angoissée noyée dans l\u2019alcool et l\u2019hystérie rivalisent de talent aussi.Tous ces personnages semblent évoluer dans une prison où les dialogues aiguisés comme des lames, méchants, fielleux, se mêlent aux vomissures et aux règlements de compte sans pitié.Les jeux d\u2019alliance changent en cours de route: couple contre couple, hommes contre femmes, classe sociale contre classe sociale.En s\u2019appuyant sur ces interprètes qui carburent à l\u2019émulation et sur le texte brillantissi-me de Yasmina Reza en jeu de massacre social, Polanski ne s\u2019est pas abstrait des conventions du théâtre filmé dans sa mise en scène de fluidité sans esbroufe.Loin de son précédent The Ghost Writer aux prouesses stylistiques, le voici jubilant simplement devant le jeu, le verbe, mettant la nature humaine à nue, comme il l\u2019aime sans le moindre espoir de rédemption.Le Devoir Cinéaste.et a^ectif Le style classique et élégant du nouveau David Cronenberg en a déconcerté plusieurs ODILE TREMBLAY Rencontré dans les coulisses du festival de Toronto, David Cronenberg semblait un peu déstabilisé.Son film A Dangerous Method, abordant au début du XX' siècle les rapports tendus entre Cari Gustav Jung, son mentor, le père de la psychanalyse Sigmund Ereud et une belle patiente juive russe, Sabina Spielrein, bientôt psychanalyste, avait été tièdement accueilli par la critique à Venise et dans la Ville Reine.Plusieurs lui reprochaient d\u2019être trop classique et éloigné de ce qui a fait sa gloire.«J\u2019avais eu le même problème en 1994 avec mon film M.Butterfly.» Le cinéaste torontois a habitué ses fans à des œuvres mêlant l\u2019horreur, la violence et l\u2019onirisme, avec marques et mutations du corps humain invitant à toutes les métamorphoses psychiques, et lorsqu\u2019il s\u2019aventure hors de son carré de sable, il déconcerte.«Mon univers consacré dans Videodrome, Crash, Naked Lunch, The Dead Zone, etc., consiste à mettre en scène un petit groupe de gens qui veulent régner sur le monde, ne serait-ce qu\u2019en rêve, et créent un microcosme.» Rançon du succès «Je suis devenu un adjectif, confesse-t-il.Pas question de m\u2019en plaindre, car d\u2019un côté, ça veut dire que vous avez apporté au cinéma quelque chose d\u2019inédit, mais quand vous ne faites pas ce que les gens considèrent être cronenbergien, ils sont déçus.Tout ce que je désire, en fait, c\u2019est d\u2019adapter mon style au sujet traité.Dans A Dangerous Method, il fallait un style élégant, collé à l\u2019époque [faction démarre avant la Première Guerre mondiale] et aux lieux: Zurich et Vienne.» A Dangerous Method est adapté de la pièce The Talking Cure de Christopher Hampton, qui avait multiplié les recherches sur ces pionniers de la psychanalyse, entre autres à travers les lettres de Sabina à Prend et Jung.«La pièce avait été présentée au National Theatre de Londres au milieu des années 90, et Ralph Fiennes y jouait Jung.\u201cÇa ferait un excellent film\u201d, m\u2019a-t-il dit.J\u2019ai de- FILMS SEVILLE David Cronenberg sur le plateau de A Dangerous Method mandé plus tard à Christopher Hampton d\u2019en tirer un nouveau scénario en développant les relations entre les personnages et leurs échanges intellectuels.» Pour Cronenberg, se pencher sur trois personnalités ayant marqué l\u2019histoire constituait une grande source d\u2019inspiration, d\u2019autant plus que l\u2019ambition, l\u2019amour, la sexualité, ses blocages et son pouvoir libérateur étaient de la fête.«Les théories de Freud sont toutes basées sur le corps humain et les pulsions sexuelles.Jung, dont le père était pasteur, considérait au contraire que la sexualité occupait trop de place dans ses interprétations et il cherchait également des réponses spirituelles.Personnellement, je me sens proche de Freud et mon cinéma est celui du corps, mais mon approche est neutre.Je place mes personnages dans une situation et regarde ce qui leur arrive.» Il voulait bien évidemment de grands acteurs pour leur donner vie.Ralph Piennes, son acteur fétiche, incarne ici Jung, Michael Passbender (l\u2019interprète de Shame): Prend et Keira Knightley {Pride and Prejudice), la jeune Sabina d\u2019abord traumatisée, patiente de Jung, puis son amante.qui deviendra à son tour une grande psychanalyste.Ajoutez Vincent Cassel en psychanalyste hautement sexualisé.Aux yeux de Cronenberg, Keira KnighÜey est une actrice sous-utilisée.«Sa beauté lui nuit.J\u2019ai voulu lui offrir un grand rôle à sa mesure.» Le cinéaste s\u2019est montré extrêmement méticuleux dans sa reconstitution historique.Il a demandé entre autres à ses collaborateurs Carol Spier et James McAteer de refaire à l\u2019identique le fascinant bureau de Preud, qui tient de l\u2019insolite cabinet de curiosité.Il est quand même ailleurs.Cronenberg a tourné depuis Cosmopolis, adapté du roman de Don DeLillo, l\u2019histoire d\u2019un riche New-Yorkais qui, en écrasant un chien, se voit projeté dans le passé.Sa sortie est prévue en 2012.Le Devoir ¥fww.cinemaduparc.com unSbtide STEVE McQUEEN SHAME/LA HONTE fsi9 LE FILM NO.IDE 2011 Selon les deux critiques du Devoir, Odile Tremblay et François Lévesque Métm Place des Arts rCINÉMA DU PARC-I É Autobus 00/129 I 3878 Du Pare 514-261-1900 | « BRILLANT ! EXEMPLAIRE ! SOPHISTIQUÉ ! TIENT EN HALEINE JUSQU'A LA FIN; FACILEMENT UNE DES MEILLEURES ADAPTATIONS D'UN LIVRE DE JOHN LE CARRÉ.UN PLAISIR DETDUS LES INSTANTS ! » MARTIN EISIIAC,I»«VfW.Ci] « ÉLÉGANT.UNE PRESTIGIEUSE DISTRIBUTION.» MaRI»NDRÉLU8SIER,UffifSSf GARYDLDMAN LA TAU PE VFDEIlIKERmDRSQLDIElISPT COLIN TDH\tJOHN\tTDBV NARK FIRTH\tHARDY\tHURT\tJUNES\tSTRONG RI FILM DE IDNASMFREDSDI INSPIRÉ DU BEST-SELLER DE JDHN Is CARRE .> E LaTBupoloFlIm VERSION FRANÇAISE pCINEPLBC DIVEFmSSEMENTn VERSION DREINALEANELAISE CINÉMAS AMC I À L\u2019AFFICHE EN EXCLUSIVITÉ ! rCNEPLEXO^ERnUSEMENT.CINSM/^AMC -, 1\tcoNsuLTuzLESGuiDEs-HonAiRESDEsciNÉMAs rQUARTIER LATInJ [lE FORUIVR ^ V- ?« Un voyage émouvant et inoubliable!» Aline Apostolsira, La Presse «(Fascinant!» Odile Tremblay, Le Devoir www.pina-lefîlm.ca métroQole [G] PRÉSENTEMENT A L-AFFICHEI VERSIONORIGINALEAVECSOUS-TTTFIESFRANÇAIS ?®^«.irciNÉMA BEAUBIEN] I QUARTIER LATIN || 2396.Beaubien E.721-0060 11 BOUCHERVILLE I I-MAISON DU CINÉMA- I SHERBROOKE -CINEMA-1 LE CLAP I ^^^metropoletîlms.com VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS CINÉM/^AMC I- CINEM/^AMC -1 Ile forum 221 UNE COMEDIE SANS AUCUN RESPECT r^NOMINATIONS AUX PRIX GOLDEN SxlfS MEELLEUKE ACTRICE î IODEE FOSTER I MEILLEURE ACTRICE! KATE WINSLET I PIIWYDI» I I L fiuH Rsinnu.J i.% 2011 # \\ GAGNANT\\ / MEILLEURE \\ S PERFORMANCE I I D'EQUIPE / V IHDHROITSOanTOFflIJIlCRniG# » GAGNANT MEILLEURE «UN FILM ABSOLUMENT TORDANT! REDOUTABLEMENT DRÔLE! UN QUATUOR EN OR!» -Karen Durbin, ELŒ «DES DIALOGUES SAISISSANTS ET HILARANTSI» -Rick Warner, BLOOMBERG NEWS «QUATRE PERFORMANCES COLORÉES, CAPTIVANTES ET FONDAMENTALES!» -Rex Reed, NEW YORK OBSERVER JOHN C.REIUY JODIE FOSTER «LES COUPLES SE RETOURNENT L'UN CONTRE L'AUTRE, LES MARIS SE RETOURNENT CONTRE LEURS ÉPOUSES, ET LES TULIPES, SACOCHES ET FLUIDES CORPORELS VOLENT BAS.LE NIVEAU DE CRÉATIVITÉ DE CE FILM EST INIMAGINABLE.» -Justin Chang, VARIETY CARNAGE UN FILM DE ROMAN POUVNSKI ADAPTÉ DE LA PIÈCE «LE DIEU DU CARNAGE» PAR YASMINA REZA scmtfcivBaaàsslcr WWW.CARNAGE-LEFILM.COM métiDgob PRESENTEMENT VERSCN FRANÇU i\t|\u2014EXC3NTRIS \u2014I I- CINÉMASAMC -1 À L AFFICHEI rQUARTIER latin! r 5i4&].7n22Cie\t\\ [le forum 2^ CONSULTEZ LES aUlDEGUCRAIRES ?SSCMÉMAS 01 M- EN NOMINAnON POUR UN GOLDEN GLOBE MEniJEURACnmJRDESOUIlEN-VIGœMOKrENSEN L\u2019UN DES MEILLEURS FILMS DE L\u2019ANNEE ! UNE HISTOIRE INTELLIGENTE AUX CONFINS DU DÉSIR SEXUEL ET DES DANGERS DE L\u2019AMBITION SCIENTIFIQUE.» (9^ iNclir |]oHc Qftilicci « VIGGO MORTENSEN FAIT REVIVRE FREUD.» HoHyumé « JAMAIS LA PSYCHANALYSE N\u2019A ÉTÉ AUSSI SEXY QUE DANS CE FILM.» ELLE « CRONENBERG MET EN SCÈNE AVEC SÛRETÉ ET PRÉCISION CE GRAND SPECTACLE INTELLECTUEL.» Xtinonar ft GAGNANT U\tjt GAGNANT U INSPIRÉ DE LA VÉRITABLE RELATION ENTRE JUNG ET FREUD.KEIRA\tVIGGO\tMICHAEL VINCENT KNIGHTLEY MORTENSEN PASSBENDER CASSEL UNE MÉTHODE DANGEREUSE UN FILM DE DAVID CRONENBERG RÉALISATEUR DE « A HISTORY OF VIOLENCE » & « EASTERN PROMISES » \u2022 Mass; iprimsSevIlle D LesFIImsSevIlle ybiifiTir) 0 LesFümsSe'vflIe A L'AFFICHE DES LE VENDRED113 JANVIER ! LES FILMS SEVILLE E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JANVIER 2012 LIVRES LITTERATURE QUEBECOISE Les femmes, la guerre, la folie des hommes La nuit d\u2019Ostende CHRISTIAN DESMEULES La guerre, c\u2019est une évidence, est un révélateur.Elle accroît les contrastes, montre la véritable nature des femmes et des hommes qui y sont plongés.La nuit dVstende, le 6 roman de Paule Noyart, immerge le lecteur dans 25 ans d\u2019histoire de la Belgique à travers le destin tourmenté d\u2019une petite famille de grands bourgeois.L\u2019année des 12 ans de Delphine, en 1927, comme pour toute jeune fille de bonne famille, sa mère décide de la mettre en pension.Cantatrice frustrée qui vit la maternité comme une tragédie personnelle, Alma maudit en secret cette fameuse «nuit d\u2019Ostende» où a été scellé sans retour le malentendu: un bref instant où elle a cru aimer et être aimée.Ce père soumis et affectueux dont elle est proche a une sœur, Irène, dont il pourrait être l\u2019exact contraire.Fascinant personnage de femme libre, abonnée à la passion amoureuse et aux voyages, cette belle rousse divorcée incarne à fond une certaine Europe d\u2019avant le chaos.Un monde où on pouvait croiser des princes russes déchus devenus chauffeurs de taxi, où on glissait doucement, selon la saison, de Paris à Vienne à la Côte d\u2019Azur, des pentes de ski aux maisons d\u2019opéra italiennes.Malgré leurs différences, ou justement à cause d\u2019elles, son frère lui sert de «port d'attache».Ainsi, La nuit dVstende réunit trois générations de femmes et alterne les points de vue de Del- PAULE NOYART phine, d\u2019Irène, et de sa fille, Odile, d\u2019abord enfant puis adolescente qui écrit son journal (fautes d\u2019orthographe comprises), témoin de moins en moins naif de «la folie des hommes».La Seconde Guerre mondiale est bien sûr le noyau lourd du roman.En mai 1940, l\u2019armée d\u2019Hitler envahit la Belgique.L\u2019occupation allemande est un cataclysme qui touche tout le monde.Une autre nuit, en quelque sorte.Et jusqu\u2019à la Libération quatre ans plus tard, Delphine, Irène et d\u2019autres encore, vont participer activement à la résistance, parfois au péril même de leur vie.La guerre est un thème récurrent chez cette femme née en Bel-^que en 1937, nouvelliste, romancière et traductrice, installée au Québec depuis une trentaine d\u2019années.Elle l\u2019abordait déjà dans La danse dLssam, qui plongeait un photoreporter français dans la marmite libanaise, avant Un amer remarquable et Le Pékinois de monsieur Chang (Leméac, 1998,2002 et 2004).Roman étendu et ambitieux, inspiré de personnages réels, La nuit dVstende est né de la volonté de l\u2019écrivaine de témoigner du courage, de la volonté et de la té nacité de ces femmes qui ont marqué durablement son enfance et son adolescence.Des personnages denses qu\u2019elle fait vivre «dans un espace immense et tiède» où on se laisse à notre tour couler avec un certain plaisir.Collaborateur du Devoir LA NUIT D\u2019OSTENDE Paule Noyart Leméac, 2011,640 pages > {Westfalische Nachrichten, Münster, 2011) JOSÉ iVflS / -COMPAGNIE FLOP PERSONÆ JOSÉ NOVflS 11 > 28 JANVIER Cinquième Salie ËSdansedanse.net laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JANVIER 2012 E 7 LIVRES Un parvenu honnête et civilisé Louis Hamelin On dit que dans tout homme se rencontrent trois personnes: celle qu\u2019il voudrait être, celle qu\u2019il croit être et celle que les autres voient.Décomposée à la lumière du spectre politique, la personnalité de Mordecai Richler pourrait accoucher, respectivement, du trio suivant: 1) un aristocrate juif; 2) un socialiste de cœur parvenu à l\u2019aisance matérielle; 3) un authentique libéral (le cœur à gauche, le portefeuille à droite), membre de Vestablishment.L\u2019évolution politique de Richler, inséparable d\u2019une ascension sociale annoncée dès le titre de la version originale anglaise {Leaving St.Urbain, 2008), sert de fil conducteur à la biographie que signe Reinhold Kramer, parue à la fin de l\u2019automne au Septentrion.«Sur les rochers se dressent des maisons blanches et carrées sur lesquelles le soleil fait comme des taches.» Hemingway aurait pu écrire ça.De fait, le Canadien de 19 ans qui aligne ces mots en regardant se rapprocher la côte d\u2019Ibiza, une île des Baléares, a quitté son «ghetto» montréalais et la cour d\u2019un grand-père marchand de ferraille pour ferrailler à sa façon: partir à la conquête du Paris et de l\u2019Espagne de Hemingway, de ce m3dhe romantique viril.Avec dans les poches un dictionnaire d\u2019espagnol et l\u2019édition Penguin de Don Quichotte.L\u2019œuvre qu\u2019il médite est «un appel de clairon pour les progressistes qui semblent se replier».Mais il arrive bien trop tard pour les brigades internationales, et trop tôt pour les hippies qui dk ans plus tard éliront cette plage.Richler, en disant adieu aux armes, trinque néanmoins avec le spectre de Papa: après une bordée de six mois en compagnie des pêcheurs locaux, il est expulsé de l\u2019Espagne de Eranco.Plus tard, à Londres, Mordecai «se considère toujours comme un bohème» quand Brian Moore, l\u2019ami et rival, lui fait remarquer «qu\u2019il entretient des espoirs \u201cbourgeois\u201d et parle beaucoup d\u2019argent et de ventes».«Richler, note Kramer, n\u2019est pas vraiment un gauchiste comme il le laisse entendre, mais ses flatteries démontrent qu\u2019il connaît déjà l\u2019importance d\u2019entretenir les relations qui peuvent le faire progresser dans sa carrière.» Londres sera le tremplin littéraire de Richler: le thé avec E.M.Eorster, les contrats de télé pour «faire de l\u2019argent rapidement», les premières plaintes pour «vulgarité» {The Acrobats, mis sur la liste noire d\u2019une chaîne de lîbraîrîes).Là s\u2019amorce la courbe qui va du rédacteur anonyme de la série Robin des Bois au romancier célébré qui, dans son âge mûr, s\u2019assoit à une bonne table pour se négocier une chronique hebdomadaire à 2000 dollars la shot avec le magnat des médias et futur taulard Conrad Black, l\u2019homme qui volait les riches pour donner aux multimillionnaires.Un œil sur le marché, fier pourvoyeur d\u2019une famille de cinq enfants, Richler connaissait sa valeur, fixait sa propre cote, jouait son talent à la hausse.La réception piégée Le sous-titre retenu en français.Entre séduction et provocation, pointe vers la réception piégée qui est le lot de la plupart des lecteurs pure laine de Richler.Lequel, pourtant, était le premier conscient de l\u2019importance de faire la part de la littérature et de la politique, comme le montre son admiration jamais reniée de Louis-Eerdinand Céline, sulfureux parangon d\u2019antisémitisme s\u2019il en fut! En reprenant sans les vérifier certaines assertions dues à la notoire tendance à l\u2019exagération de son sujet \u2014 le casque de soldat allemand porté par le motard Trudeau devient ici «un uniforme militaire allemand», les bagarres de quartier entre gamins juifs et francophones, de véritables pogroms où les «étudiants canadiens-français (s\u2019amusent) à terroriser les Juifs», où «une foule (manifeste) dans le quartier juif en criant: \u201cMort aux Juifs!\u201d» \u2014, Kramer ne nous aide cependant guère à discerner le littéraire du politique.Comme si sa propre prose subissait la contamination de la verve pamphlétaire du romancier, il va jusqu\u2019à attribuer au nazi canadien Adrien Arcand un portefeuille ministériel dans un gouvernement Duplessis! La timide rectification de l\u2019éditeur québécois apparaît sous la forme d\u2019une note en caractères minuscules insérée à la fin du livre plutôt qu\u2019en bas de page.D\u2019un tel biographe, on pouvait craindre le pire au moment d\u2019aborder le contentieux de l\u2019écrivain avec le nationalisme québécois et la langue locale.Mais Reinhold sait adopter, à l\u2019occasion, un ton mesuré, il lui arrive même de prendre une posture assez proche de la distanciation critique.«La pauvreté de sa famille pendant la Grande Dépression avait fait de Richler un radical dans les années 40 et, bien qu\u2019il ait perdu ce radicalisme avec les années, il se sentait toujours plus proche (en 63) de Pierre Vallières, un poseur de bombes (sic) du FLQ (.), que de Lester Pearson.» Toujours, mais de moins en moins.Car d\u2019une part, l\u2019émergence de Trudeau, grand bourgeois viveur avec qui il semble désormais possible, sur cette plate-bande toundrique et désespérément provinciale qu\u2019est le Canada, de jaser de Malraux et de Céline, va, de concert avec les bombes du ELQ, réconcilier Richler avec la politique locale, ultimement lui ouvrir les portes de Vestablishment.D\u2019autre part, envoyé spécial du Maclean\u2019s au Samedi de la matraque, tôchler, à la vue d\u2019un Québec libre peint sur un viaduc, se souvient du «À bas les Juifs» graffité sur le roc laurentien de son enfance.«L\u2019avenir, remarque Kramer, lui donnera finalement tort.mais ce qu\u2019il a vécu dans les années 40 l\u2019empêche alors de se sentir à l\u2019abri.» Deux mondes Ceux qui reprennent ces vieilles rengaines semblent encore aujourd\u2019hui incapables d\u2019apprécier le fait suivant: entre le Québec ensoutané et pétainiste de l\u2019an 40 et celui qui va un jour flirter avec Alger et Cuba, un événement, la Révolution tranquille, a transformé le nationalisme québécois.L\u2019entreprise de décolonisation va engendrer un courant de pensée plus pro^essiste que ne le sera jamais le socialeux velléitaire d\u2019Ibiza.Kramer souligne ailleurs, avec justesse, un paradoxe: en pourfendant, en guise de moulins à vent, un cégep et une station de métro nommés d\u2019après le chanoine Groulx, Richler se retrouvait malgré lui du bord de la rectitude politique, une de ses bêtes noires.Du jeune écrivain en rebelle romantique, ennemi déclaré de la bourgeoisie, à ce «parvenu honnête et civilisé» que salue Kramer, le grand romancier brouille sans cesse les pistes entre la polé mique et la satire: au parti Rhinocéros de Jacques Eerron répond la Impur Laine Society de 1995.Les aller-retour du biographe entre l\u2019œuvre qt la vie ne sont pas d\u2019un intérêt toujours évident.A sa décharge, il faut dire que la clarté de sa pensée se voit sans cesse menacée par une traduction à la va-comme-je-te-pousse, incompréhensible par grands bouts.L\u2019histoire est en train de donner raison à Richler, elle devient ce rêve canadien made in Québec avec ses bilinguili-guili auxquels appartient de plein droit ce gros tas de pages disponible dans la langue «désyntaxée» de Jean Chrétien.Ce livre qui veut vous arracher 40 dollars en librairie mérite d\u2019être dénoncé: c\u2019est un scandale.MORDECAI RICHLER, ENTRE SÉDUCTION ET PROVOCATION Reinhold Kramer Septentrion, Québec, 2011,670 pages Secrets et vérités sur Kapuscinski Le grand reporter polonais a parfois puisé dans son imaginaire LISA-MARIE GERVAIS T es secrets de Kapuscins-^-L/ki.Est-ce le titre que je devrais donner à mon livre sur \u201cle reporter du XX^ siècle\u201d, sur mon mentor, sur cet ami singulier, proche sans l\u2019être entièrement, que je ne vais, me semble-t-il, réellement découvrir que maintenant?», s\u2019interrogeait en introduction le journaliste Artur Do-moslawski, auteur de la biographie de Ryszard Kapuscinski {«Le vrai et le plus que vrai»).Bien que ses disciples soient nombreux de par le monde, peu de gens connaissent réellement le globe-trotter polonais qui a parcouru les continents asiatique, africain et latino-américain.Pas même ses amis et collègues.Après avoir voyagé trois ans dans sa vie, Domoslawski est à même de constater que bien plus de choses ont été écrites sur ses ouvrages que sur le protagoniste.C\u2019est ainsi qu\u2019alors qu\u2019on pensait avoir tout appris de Kapuscinski, de sa plume, de son art de l\u2019entrevue et de son approche humaine du journalisme dans Autoportrait d\u2019un reporter, on réalise que l\u2019ouvrage, comme d\u2019autres, a continué d\u2019alimenter le m3frhe.Non pas que Kapuscinski n\u2019ait pas été l\u2019un des meilleurs journalistes du siècle précédent, porté aux nues par Gabriel Garcia Marquez, auteur d\u2019une vingtaine d\u2019ouvrages, dont l\u2019incontournable Ébène.L\u2019homme a bel et bien été à la hauteur de sa réputation, un grand journaliste de terrain profondément humain, un «décrypteur» comme le disait Salman Rushdie, car Ryszard Kapuscinski ne s\u2019est jamais contenté Le récit de ses «exécutions» était une «licence poétique» d\u2019être un observateur de l\u2019histoire et des profonds changements qui s\u2019opéraient sous ses yeux: il les vivait.Mais en croisant avec les faits, les écrits, les récits et les anecdotes de ceux qui l\u2019ont bien connu \u2014 travail colossal de Domoslawski \u2014, le biographe constate que le reporter a parfois puisé dans son imaginaire et lorgné \u2014 à peine \u2014 du côté de la fiction, comme par souci d\u2019ultraréalisme.Petits travers que l\u2019éditeur de la biographie, Jan Krauze, lui pardonne aisément: «[Rysiek] avait des faiblesses très humaines, des attitudes parfois déconcertantes, il lui arrivait de décevoir.Mais [.] il reste un très grand bonhomme, et ses œuvres, aussi critiquables qu\u2019elles puissent être dans le détail, des chefs-d\u2019œuvre.» Des emprunts à la fiction Le récit de sa vie, avant que Kapuscinski ne commence à être envoyé, début vingtaine, comme reporter à l\u2019étranger, révèle d\u2019abord un petit garçon issu d\u2019une famille très pauvre, de parents instituteurs, très proche de sa mère, dont l\u2019enfance a été marquée par la Deuxième Guerre mondiale.Il devient un jeune homme beau, brillant, affable, passionné de poésie et doté d\u2019un esprit de sacrifice, d\u2019un enthousiasme et d\u2019une certaine abnégation qui font de lui un excellent candidat au Parti communiste \u2014 il passe d\u2019ailleurs ses belles années dans l\u2019Union de la jeunesse polonaise, où naît sa fol révolutionnaire profonde.Cette époque, bien relatée dans la biographie, permet de L\u2019HERITAGE DE CHAMPLAIN Samuel ot Champlain \\u SUdUls iIl l\u2019AmciiqiK IruKiKL VOYAGES M>\\ \\ l'i\u2019n'iV I ( ana'da' Ce dernier grand livre de Champlain est paru en 1632.Grâce à Éric Thierry, il est désormais possible de le lire intégralement en français moderne et de découvrir, au fil de l\u2019introduction et des notes, les dessous de la disgrâce du père de la Nouvelle-France.Champlain a été la victime de la volonté d\u2019expansion de l\u2019Angleterre de Charles 1\u201c désireux de lui faire payer chèrement ses affinités avec le parti des dévots.49,95 $ DISPONIBLE EN FORMAT NUMÉRIQUE FEUILLETAGE EN UCNE: 3210 ?u ^SEPTENTRION.QC.CA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC mieux saisir la profondeur du personnage, mais sème aussi le doute sur sa vie et ses convictions.Comment, et surtout pourquoi, va-t-il s\u2019engager avec autant de ferveur dans le communisme, sachant très bien tout ce que les soviets avaient fait, y compris dans le village qu\u2019il a fui?Plus tard, ayant compris que son héroïsme et son image de reporter téméraire séduisaient ses lecteurs, il avait même enjolivé de détails croustillants les moments où il avait frôlé la mort.«A nous, ses amis, il racontait ses \u201cexécutions\u201d avec un clin d\u2019œil.Nous savions que c\u2019était une licence poétique.Mais avec le temps, il a commencé à les prendre au sérieux», raconte dans le livre son grand ami Jerzy Nowak.Le reporter avait-il une mémoire sélective ou se laissait-il emporter par le vernis de la fiction?Troublant pour les fans de «Kapu», qui reconnaîtront néanmoins leur Idole et appré- cieront les anecdotes sur le brise-cœur qu\u2019il était: son hypocondrie, quelques histoires Inédites sur ses voyages \u2014 comme lorsqu\u2019il s\u2019est lancé à l\u2019aveugle dans une traversée du Congo de 900 kilomètres, sachant qu\u2019à tout moment, la voiture pouvait être prise sous une rafale de tirs.Comment a-t-11 fait?C\u2019est un peu la question que tous se posent et à laquelle Domoslawski répond brillamment dans cette biographie qui brosse un portrait Impressionniste du reporter jusqu\u2019aux derniers moments de sa vie.A la fin, Kapuscinski apparaît, «plus que vrai», comme un hologramme qui se détache d\u2019une trame Impressionniste.Le Devoir KAPUSCINSKI, LE VRAI ET LE PLUS QUE VRAI Artur Domoslawski Les Arènes, 543 pages KbJUH \u201c\u2018attfitoeysaiye S L KUtlG 713 MONT-ROYAL EST LIVRES CD DVD BLU RAY BD JEUX VIDÉO D\u2019OCCASION Ouvert 7 jours de 10h à 22h O Mont-Royal, 514-523-6389 Nous saluons la mémoire de Jean-Pierre Guay.1946-2011 LES HERBES ROUGES PETER ANDREWS REUTERS L\u2019écrivain-journaliste Ryszard Kapuscinski, photographié en 2006, un an avant son décès Il Gaspard LE DEVOIR ALMARÈS Du 26 décembre 2011 au 1®^ janvier 2012 AUIEUR/^OnEUR W' Romans québécois\t\t 1 La serveuse du Café Cherrier\tYves Beauchemin/Michel Brûlé\t1/9 2 Malphas \u2022 Tome 1 Le cas des casiers carnassiers\tPatrick Senécal/Aliro\t2/9 3 Mémoires d\u2019un quartier \u2022 Tome 10 Évangéiine, ta suite\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambie/Guy Saint-Jean\t4/7 4 Bonheur, es-tu tà?\tFrancine Ruel/Ubre Expression\t3/10 5 Féticité \u2022 Tome 1 Le pasteur et ta brebis\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t6/8 6 Au bord de ta rivière \u2022 Tome 2 Camilte\tMichel David/Hurtubise\t7/11 7 La grande mêtée\tMichel Tremblay/Leméac\t5/6 8 Les héritiers d\u2019Entddiev \u2022 Tome 4 Le sanctuaire\tAnne Robillard/Wellan\t9/14 9 Au bord de ta rivière \u2022 Tome 1 Baptiste\tMichel David/Hurtubise\t8/5 10 A toi\tKim Thûy j Pascal Janoyjak/Libre Expression -/I\t W' Romans étrangers\t\t 1 Toyer\tGardner McKay/Cherche Midi\t3/6 2 Umonov\tEmmanuel Carrère/POL\t1/7 3 Le Chinois\tHenning Mankell/Seuil\t2/9 4 Ateph\tPaulo Coelho/Flammarion\t4/9 5 Un havre de paix\tNicholas Sparks/MichelLafon\t8/11 6 Mort ou vif \u2022 Tome 1\tTom Clancy/Albin Michel\t9/8 7 La poursuite dans ta peau.Objectif Bourne\tEric van Lustbader/Grasset\t7/6 8 Le Women murder ctub \u2022 Tome 9 Le 9^ jugement\tJames Patterson | Maxine Paetro/Lattès\t-/I 9 L\u2019honneur d\u2019Edward Finnigan\tA.Roslund | B.Hellstrdm/Presses de la Cité\t6/3 10 Le passager\tJean-Christophe Grangé/Albin Michel\t-/I ?\u2019Essais québécois\t\t 1 L\u2019art presque perdu de ne rien faire\tDany Laferrière/Boréal\t1/4 2 Tntin et te Québec.Hergé au cœur de ta Révolulion ttanquile\tTristan Demers/Hurtubise\t2/5 3 Mafia inc.Grandeur et misère du ctan sicitien au Québec\tAndré Cédilot I André Noël/Homme\t3/62 4 De cotère et d\u2019espoir\tFrançoise David/Écosociété\t5/10 5 Les sotdats d\u2019Attah à t\u2019assaut de t\u2019Occident\tDjemila Benhabib/VLB\t7/16 6 De quoi le Québec a-t-il besoin?\tJ.Barbe I M.-F.Bazzo IV.Marissal/Leméac\t6/11 7 Le camp des justes\tGil Courtemanche/Boréal\t4/7 8 Pour en finir avec te gouvememaman\tJoanne Marcotte/Francine Breton\t9/6 9 On veut votre bien et on t\u2019aura.Comment t\u2019insidieuse.\tJacques Nantel | Ariane Krol/Transcontinental 8/Tl\t 10 Ces impossibles Français\tLouis-Bernard Robitaille/Gallimard\t-/I ?Essais étrangers\t\t 1 Pei cours d\u2019autodéfense en économia Labc du capitatisme\tJim Stanford/Lux\t1/8 2 Indignez-vous!\tStéphane Hessel/Indigène\t3/49 3 Les mots de ma vie\tBernard Pivot/Albin Michel\t5/5 4 Brève histoire du progrès\tRonald Wright/Bibliothèque québécoise\t4/8 5 Tintin au pays des phitosophes\tCollectif/Philosophie Magazine\t2H1 6 Demain, qui gouvernera te monde ?\tJacques Attali/Fayard\t7/5 7 Pour sauver la planète, sortez du capitalisme\tHervé Kempf/Points\t10/2 8 Le crépuscule d\u2019une idole.Laffabulation freudienne\tMichel Dnfray/LGF\t-/I 9 Tous ruinés dans dix ans?\tJacques Attali/LGF\t-/I 10 Premier bilan après l\u2019apocalypse\tFrédéric Beigbeder/Grasset\t-/I sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Ba^riei est constitué des relevés de caisse de ïïl points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Sa^.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite. E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JANVIER 2012 LIVRES Essais québécois Le Québec, la souveraineté, le monde Louis Cornellier Pierre Dubuc irecteur et rédacteur en chef du mensuel L\u2019aut\u2019journal, Pierre Dubuc analyse l\u2019actualité avec le regard d\u2019un indépendantiste de gauche.Selon lui, au Québec, les questions nationale et sociale sont indissociables.La question nationale, explique-t-il, n\u2019est pas seulement une question constitutionnelle ou une simple lutte de pouvoir entre les bourgeoisies canadienne et québécoise; «c\u2019est d\u2019abord et avant tout la lutte d\u2019un peuple contre son assujettissement économique, politique et culturel».Le parti Québec solidaire (QS), en gros, ne dit pas autre chose.Qr, Dubuc refuse d\u2019y adhérer parce qu\u2019il considère que cette formation, au fond, continue de faire passer le social avant le national, comme en témoignent ses positions mitigées en matière de défense du français (oui au français langue de travail, mais non à l\u2019application de la loi 101 au collégial) et ses accointances avec le NPD.Plus encore, Dubuc croit à la nécessité d\u2019un grand parti populaire pour réaliser la souveraineté, d\u2019où son adhésion au Parti québécois (PQ), qu\u2019il tente cependant de firer vers la gauche avec le SPQ libre.A QS, donc, pour le moment, le social prime sur le national, alors qu\u2019au PQ, c\u2019est l\u2019équation inverse qui prévaut.Remarquons, au passage, pour donner raison à Dubuc, que les questions nationale et sociale, dans la situation actuelle, n\u2019évoluent pas dans un sens favorable aux indépendantistes de gauche.Une perspective large Dans Le Québec et la nouvelle donne internationale, un recueil d\u2019articles parus, pour la plupart, dans les pages de L\u2019aut\u2019journal, Dubuc inscrit sa réflexion dans un contexte plus large.«Nous avons souvent l\u2019impression, écrit-il, que le Québec se retrouve à l\u2019écart des grands courants politiques internationaux et nous oublions trop facilement que notre destin a été façonné par la vie internationale.» Sur le plan historique, l\u2019affaire est évidente.En 1763, le Québec subit les contrecoups de la Guerre de Sept ans, qui oppose principalement la France à l\u2019Angleterre.En 1774, l\u2019imminence de la Révolution américaine force la Grande-Bretagne assimilatrice à jeter du lest avec l\u2019Acte de Québec.Plus tard, cette même révolution inspire les patriotes.Au XX\" siècle, les mouvements de décolonisation et celui des droits civiques des Noirs américains devien- nent à leur tour des sources d\u2019inspiration pour les Québécois progressistes.On constate donc, avec Dubuc, que «le Québec a toujours été au confluent des grands mouvements sociaux et politiques qui agitaient la planète».La remarque s\u2019applique aussi à notre droite nationale, teintée par le fascisme européen ou le maccarthysme américain.Aujourd\u2019hui, alors que le Canada conservateur se redéfinit sans le Québec en tablant sur les sables bitumineux de l\u2019Alberta, en se rapprochant de la Chine (qui investit dans les précé-cjents) et en devenant le valet militaire des Etats-Unis, le mouvement indépendantiste doit déterminer sa «propre stratégie de positionnement mondial».Des liens avec l\u2019étranger Dubuc, par exemple, estime que la militarisation de l\u2019Arctique à laquelle se livre actuellement le gouvernement canadien vise moins à contrer cjes menaces étrangères (Russie, Danemark, Etats-Unis) sur la souveraineté de ce territoire qu\u2019à prévenir les velléités indépendantistes des _ Inuits du Nunavut et du Nunavik.En 2021, en effet, les Inuits du Groenland obtiendront probablement leur indépendance complète du Danemark.Leurs frères des territoires canadiens seront alors tentés de les rejoindre, suggère Dubuc 4ans un exercice de prospective.Les Etats-Unis, qui contestent la souveraineté canadienne sur les eaux de l\u2019Arctique, pourraient appuyer les Inuits.Que feront, alors, les indépendantistes québécois, surtout si le Plan Nord bat son plein?«Est-ce qu\u2019ils feront cause commune avec le gouvernement fédéral pour s\u2019y opposer et défendre l\u2019unité canadienne, demande Dubuc, ou bien feront-ils alliance avec les Inuits contre le fédéral, liant leur combat pour la souveraineté du Québec à celui des Inuits, dans le cadre de ce qui pourrait être une souveraineté-association ?» Dans un autre texte qui montre que le Québec entretient des liens avec la scène internationale, Dubuc illustre que la droite québécoise (Legaulf Dumonf NDQ,, Journal de Montréal) s\u2019inspire, actuellement de l\u2019exemple du Wisconsin, un Etat américain qui, au nom du réalisme budgétaire, mène une attaque frontale contre les syndicats de la fonction publique.Les indépendantistes, dont le mouvement syndical constitue la principale base organisationnelle, ne peuvent laisser faire, sous peine d\u2019être rayés de la carte.«Que l\u2019offensive contre le mouvement syndical soit coordonnée avec une attaque contre le mouvement indépendantiste, comme on le voit avec l\u2019initiative de François Legault, et que les deux soient soutenus par les mêmes organes de presse, n\u2019est pas un hasard.Il faudrait que les membres et les dirigeants de deux mouvements, syndical et national, en prennent conscience et tirent les leçons qui s\u2019imposent.» Les croissants moraux de Ruwen LOUIS CORNELLIER Existe-t-il, dans une perspective non religieuse, un fondement de la morale, un principe ultime qui expliquerait et justifierait nos croyances et comportements moraux?Dans L\u2019influence de l\u2019odeur des croissants chauds sur la bonté humaine (Grasset, 2011), le philosophe analytique français Ruwen Qgien se penche sur cette question de manière originale, en proposant des «expériences de pensée», c\u2019est-à-dire des petites bctions qui soulèvent des dilemmes moraux.Est-il acceptable, par exemple, de tuer une personne en bonne santé afin de se servir de ses organes pour sauver cinq personnes malades?Un frère et une sœur adultes qui pratiquent l\u2019inceste une fois, avec plaisir et en veillant à ne pas procréer, commettent-ils une faute morale, même s\u2019il n\u2019y a pas de victime?Dans cette «introduction générale à l\u2019éthique», Qgien explore nos intuitions morales et questionne les interprétations philosophiques qu\u2019on leur réserve (déontologisme, conséquentia-lisme, éthique des vertus) pour finalement conclure qu\u2019aucun fondement de la morale ne s\u2019impose et que le pluralisme critique, en cette matière, vaut mieux que le simplisme moral.11 nous apprend aussi, au passage, que l\u2019odeur des croissants chauds peut avoir plus d\u2019effet sur notre comportement moral que l\u2019éducation.Vive les boulangers, alors.Collaborateur du Devoir 2012-\tune saison d\u2019art et de culture! 11 mars\tLancement de la saison 29 mars -avril BOSTON au temps de Pâques -\tla Passion selon saint Matthieu de Bach -\tle Musée des icônes nisses.Prix spécial jusqu\u2019au 13 Janvier\t 7-8-9 mai\tTORONTO : exposition PICASSO Horaire détaillé sur demande Les! peaux Aaetours\twww.lesbeauxdetours.com \t514 352-3621 CIRCUITS ;r\tCULTURELS\tEn collaboration avec Club Voyages Rosemont \t CONCERT LITTERAIRE THOMAS HELLMÂN 16 JANVIER 19 h 30 I Cinquième Salle Nous avions envie de découvrir la bibliothèque idéale de Thomas Heilman, il a choisi de nous offrir un véritable voyage littéraire.et musical.Accompagné du contrebassiste de jazz Sage Reynolds, il lira et chantera ses auteurs préférés : les poètes beat John Giorno et Allen Ginsberg, Eduardo Galeano, Leonard Cohen, Yann Martel, Samuel Beckett, Patrice Desbiens et de nombreux autres.Une série élaborée par Michelle Corbeil et Lou Arteau Une coproduction des Capteurs de mots et de la Place des Arts Conseil dos arts etdeslettres Québec H II )NDCTION E IA DES APIS Mam m I w laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Le grand mérite de cet ouvrage, dont le propos est hasardeux par moments, est de rappeler aux indépendantistes et aux autres que la question nationale n\u2019est pas qu\u2019une chicane provinciale, mais s\u2019inscrit dans le grand jeu international.Les indépendantistes des années 1930 Avant de s\u2019inspirer des mouvements internationaux de gauche, les indépendantistes ont donc flirté avec des idéologies étrangères de droite.Le jeune historien Mathieu Noël le démontre dans Lionel Groulx et le réseau indépendantiste des années 1930.11 se penche principalement sur trois groupes qui ont mis l\u2019idée d\u2019indépendance au cœur du débat québécois dans cette période agitée.Admirateurs de Lionel Groulx, un nationaliste autonomiste qui refuse de provoquer la rupture avec le Canada tout en la souhaitant, les jeunes intellectuels de ces mouvements n\u2019ont pas la retenue de leur chef spirituel.Les Jeune-Canada, menés par André Laurendeau, «acceptent le parlementarisme et la démocratie», mais ne sont pas à l\u2019abri des dérapages antisémites et antiimmigrants.Les collaborateurs du journal La Nation, dirigé par Paul Bouchard, et les membres des Jeunesses patriotes, dont Dostaler Q\u2019Leary est la bgure dominante, s\u2019opposent au fédéralisme d\u2019inspiration nazie d\u2019Adrien Arcand, mais c\u2019est pour mieux prôner un Québec indépendant et fasciste, de type mussolinien.«Les indépendantistes n\u2019ont pas réussi à travailler ensemble à un objectif commun, conclut Mathieu Noël pour expliquer la chute du réseau.Trop souvent, ils se sont divisés en clans et ont préféré lutter entre eux.» 11 y a donc des choses qui ne changent pas.louisco@sympatico.ca LE QUEBEC ET LA NOUVELLE DONNE INTERNATIONALE Herre Dubuc Renouveau québécois Montréal, 2011,152 pages LIONEL GROULX ET LE RÉSEAU INDÉPENDANTISTE DES ANNÉES 1930 Mathieu Noël VLB Montréal, 2011,144 pages Invitation à notre rentrée d'hiver Le vendredi 13 janvier 2012 à i7h30 À la Librairie Olivieri 5219, Côte-des-Neiges, Montéal [Métro Côte-des-Neiges] TéL: 514-739-3639 Pour information et abonnement : spiralemagazine@yahoo.com arts lettres sciences humaines Prix Spirale Eva-Le-Grand C'est avec plaisir que le magazine Spirale remettra son prix de l'essai à Pierre Ouellet pour son remarquable ouvrage Où suis-je ?Paroles des Égarés (VLB éditeur).Le prix sera offert par l'artiste Dominique Blain.Ou SUIS-JE f Paroles des Ég.«Nouveaux Essais Spirale» Nous soulignerons également la parution des trois plus récents titres de la collection « Nouveaux Essais Spirale » aux Éditions Nota bene : - Chantiers de l'image, de Sylvain Campeau Les rêveries de la Plaza St-Hubert, de Nicolas Lévesque - La crise du discours économique, d'Éric Méchoulan Sylvain Campeau Chantiers de lTmage NES EiionsNolaliene Numéro 239 (hiver 2012) Nous profiterons aussi de l'occasion pour lancer notre numéro d'hiver dont le dossier est consacré à « Jean-Luc Nancy \u2014 Lignes de sens Philosophie, art, politique », et le portfolio à l'artiste Gilles Mihalcean.Trou de ver, 2006-2009 (détail) "]
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