L'itinéraire, 1 janvier 2016, mercredi 15 juin 2016
[" Volume XXIII, n\"12 Montréal, 15juin2016 www.itineraire.ca DES SOINS POUR TOUS ! ACTUALITES Paradis fiscaux 62 individus gagnent autant que la moitié de l'humanité ! RENCONTRE Phillippe Brach L'art de ne pas laisser indifférent LECTURES David Goudreault La bête et sa cage Récit d\u2019une lecture qui bouscule tionale f * v csn.qc.ca ilimHitikir tranipwt £MWn Investissons pour l\u2019avenir.f facebook.com/lacsq | lacsq.org | -IP twitter.com/csq_centrale L\u2019austérité .n a pas sa place en éducation, bs cégep a; tfe lux ftevolra Rtpvrlagti EXTRA PhntosEXTRA Videos.EXTRA FOUR V ACCEDER : INSCRIVEZ VOUS rflNÎRAlHE.GA/ÉKÏRA ITINERA1RE.CA/EXTRA Nom Denis Bourgeois | Camelot n° 1381 | Âge 48 ans Point de vente Christophe-Coiomb / Jean-Taion Issu d\u2019un milieu familial violent, Denis supporte mal les chicanes qui éclatent autour de lui.Après une enfance et une adolescence difficiles marquées par le rejet et le harcèlement, il aspire à une vie tranquille, nourrie de travail, de son passe-temps préféré et de rêves d\u2019un monde meilleur.A L\u2019Itinéraire, Denis participe à un programme d\u2019insertion sociale depuis 2014, au début comme plongeur en cuisine et maintenant comme concierge.Depuis quelques mois, il est aussi camelot.« C\u2019est nouveau pour moi.je dois être patient car des fois, je peux attendre une ou deux heures avant que quelqu\u2019un ne m'achète le magazine.Mais les gens sont gentils et je suis de plus en plus à l'aise.» L\u2019Itinéraire, ce n\u2019est pas que le travail.« C\u2019esf ici que j\u2019ai rencontré ma blonde.Aujourd\u2019hui, elle n\u2019est plus ma blonde, mais elle est mon amie pour la vie.Même quand j'aurai 98 ans, elle sera toujours dans mon cœur.» Denis s\u2019est aussi fait de nouveaux amis.« Maintenant, je les choisis bien, j\u2019ai eu un ami pendant trois ans.je pensais qu\u2019il était le grand frère que je n\u2019ai jamais eu.Malheureusement, il a abusé de ma vulnérabilité.Il a passé son temps à m\u2019humilier et à m'abaisser devant les autres.Bien sûr, j\u2019aurais aimé avoir un frère plus vieux que moi pour lui demander des conseils, mais pas quelqu\u2019un comme lui.» A L\u2019Itinéraire, il y a aussi « mon intervenant, jeff, mon confident, qui est bon pour moi et me comprend très bien ».Un passe-temps qui fait rêver Denis rêve de visiter la Suède, la Norvège et le Danemark.Il nourrit son projet en créant des photomontages de ses idoles d\u2019enfance.Il y a vous dites d\u2019abord Fifi Brindacier, personnage d\u2019une populaire télésérie des années 1970 interprété par la Suédoise Nilsson.Ensuite, le groupe ABBA chanteuse préférée, Anni-Frid (Frida), une Norvégienne émigrée en Suède.Dans ses montages, Denis présente entre autres des photos de lui-même entouré de ses idoles, avec la ville de Stockholm en arrière-plan.Le monde selon Denis Denis aimerait bien que le monde soit moins compliqué.« Il n\u2019y aurait pas de sexes ; l'humain n\u2019aurait pas de parents, pas de frères ni de sœurs.Il naîtrait de la terre, déjà adulte.Les animaux naîtraient aussi adultes et ils pousseraient dans les arbres, comme les fruits.Il n\u2019y aurait pas de couples, seulemei des amis.S\u2019il n\u2019y avait pas de sexes, il n\u2019y aurait pas de viols, pas de pédophiles.» En tant que travailleur manuel, Denis pense que « ça serait plus pratique si on avait quatre bras.En revenant du marché avec des sacs, on aurait trois bras pleins et il en resterait un pour débarrer la porte ».La vraie vie Denis raconte : « A sept ans, j\u2019ai failli me noyer dans la piscine publique lors d'une sortie avec l\u2019école.Un prof m'a sorti l\u2019eau.Des fois, je me dis que j\u2019aurais dû rester au fond de l\u2019eau.» A 48 ans, il n\u2019a plus de contacts avec sa famille depuis longtemps et il n\u2019en souhaite pas non plus.« Est chiante, la vie.Est dure, la vie.C\u2019est comme ça.» Malgré tout, Denis a le cœur à l\u2019ouvrage, il prépare de nouveaux photomontages et il prend soin des gens autour de lui.Résilience, Par Christine Barbeau benevole a la redaction Photo : Alexandra Guellil Larrondissement de Ville-Marie reconnaît ÏUI Caslit l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L'Itinéraire. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 à Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : shawn.bourdages@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS 11*1\t,\tvme-iviarie Canada Québec SS Montréal# Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'île-de-Montréal pour leur contribution financière permettantainsi la poursuitede notre mandat.QUEBECOR PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS LdLJYKL èb\\ & fondation Carmand Normand Fondation du Grand Montréal lONDHl JOH R Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal EPS Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal >stm RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514597-0238 Télécopieur 514597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTRICE GÉNÉRALE : CHRISTINE RICHARD RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable sociét ALEXANDRA CUELLIL Photograph' MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Responsable de la formation des participants : CHARLES-ÉRIC LAVERY Chargé de l\u2019accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Stagiaire à la rédaction : RENÉ-MAXIME PARENT Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Stagiaire en multimédia: MOLIÈRE SOLON Collaborateur : IANIKMARCH Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Adjoints à la rédactioi CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRI0N, DANYCHARTRAND, SARAH DÉRY, CAMILLE GARNIER, SARAH LAURENDEAU, HÉLÈNE MAI, JENNIFER PIT0SCIA, LAËTITIATHÉLÈME, CHANTALVANASSE Révision des épreuves PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, MICHÈLE DETEIX Photos de la un ALEXANDRACUELLIL ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines : DUFFAY ROMANO Responsable de la comptabilité LYNE COUSINEAU Adjointeadministrative : NANCYTRÉPANIER Responsable du financemen DOMINIQUE RACINE DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chefdu développement social :SHAWN BOURDAGES Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE Responsable du Café PIERRE T0UCAS CONSEIL D'ADMINISTRATION Présiden GUY LARIVIÈRE Vice-président: JEAN-PAUL LEBEL Trésorier GRÉGOIRE PILON Secrétaire : J0 REDWITCH Administrateur MARIO C.DUSSEAULT, ALEXANDRE PÉL0QUIN, KATHERINE NAUD, ISABELLE M0NETTE, TANIA CROISETIÈRE-LANCEVIN Représentant des camelots: GABRIEL BISS0NNETTE VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE 1514 848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projet; MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 L'ITINERAIRE EST MEMBRE DE insp AgECQ fï/yPSLM A\u2014\\ faim 4 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'/tfnéra/re en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.A\tMIXTE V-lP FSC wwwfsc.org\tPapier issu de sources responsables \tFSC* C011825 MOTS DE CAMELOTS Roger Perreault.11 Michel Dumont.11 Mostapha Glillah.11 Gaétan Vaillancourt.17 Steve Saint-Yves.21 Maxime Valcourt.21 Lucette Bélanger.21 Josée Cardinal.32 Siou.32 Norman Rickert.32 France Beaumont.42 Adam Raymond.42 Daniel Rodrigues.42 y ri: DOSSIER DES SOINS POUR TOUS \u2022Saisir la phytothérapie \u2022\tPhytothérapie : sous le sceau de Santé Canada Par René-Maxime Parent \u2022\tMassothérapie : des gestes qui font du bien \u2022Se soigner à tout prix Par Alexandra Guellil ( E ACTUALITÉS Paradis fiscaux 62 INDIVIDUS GAGNENT AUTANT QUE LA MOITIÉ DE L'HUMANITÉ ! Après ['affaire des Panama Papers, nous avons rencontré ie philosophe Alain Deneault, qui nous aide à y voir plus clair sur les paradis fiscaux et la législation de complaisance des États.Par Mathieu Thériault SOMMAIRE ÉDITORIAL.7 Solidarité et solutions Par Josée Panet-raymond ROND-POINT.8 ROND-POINT INTERNATIONAL .10 DANS LA TÊTE DES CAMELOTS.24 RENCONTRE.27 Philippe Brach, ou l'art de ne pas laisser indiPPérent Par Jean-Guy Deslauriers « L'expérience, ça ne s'achète pas» Par Jo-An Blanchet-Girard VIE CITOYENNE.30 L'insertion sociale et au travail par l'artisanat Par Isabelle Raymond BD.31 Par Isabelle Raymond PROJET.32 Errez là-dessus CARREFOUR.33 RAPSIM.34 80 000 nuitées dans les reFuges Par Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM COMPTES À RENDRE.35 Soleil de plomb Par lanik Mardi, économiste indépendant LECTURES.36 Récit d'une lecture qui bouscule Par Siou ARTS URBAINS.38 id Action Mobile - Une caravane qui pense Par Mario Alberto Reyes Zamora MY NEIGHBOURHOOD.40 By Bill Economou DÉTENTE.44 À PROPOS DE LA MÉDECINE.46 Mç35*LECTEURS Les camelots Un magazine à votre image ! Cher lecteurs et lectrices, on veut votre opinion ! Quelle est votre section préférée dans le magazine ?Quels sont les textes que vous aimez lire ?Qu'est-ce que vous aimeriez voir dans VOTRE magazine ?Écrivez-nous pour nous le dire ! sont des travailleurs autonomes.50% du prix de vente du magazine leur revient.coumer@itineraire.ca ÉCRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! La Rédaction le droit d' Don en cartes repas geste solidaire! Le don d\u2019une carter-repas à 6S permet à une personne démunie de s'alimenter gratuite ment au Café L' I tinéra i re ou chez l'un de nos partenaires : Comité social Centre-Sud, MultiCaf, Resta Plateau.Le Phare et Chie Resta Pop.Grâce à vos dons, plus de ! 5000 repas complets sont servis chaque année aux personnes se retrouvant dans le besoin.Vous pouvez choisir de les distribuer vous- même ou bien nous laisser le soin de le faire pour vous à\tÆ Travers notre service d'in- - tervention et de réinsertion - jHM' sociale,\t\u201d i fl i1.1 f Pour plus d\u2019informations un faire un don en ligne: si sv'V.ïtin eraire.ca Oui, j'appuie L'Itinéraire \u2022\tDONS V \u2022\tCARTES-REPAS \u2022\tABONNEMENT Pour rejoindre notre service aux donateurs © 514 597-0238, poste 240 @ dominique.racine@itineraire.ca IDENTIFICATION JE FAIS UN DON DE: O 40$ O 50$ O 75$ O 100$ ou ______________________$' Nom: JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : Prénom : J'offre__________cartes-repas à 6$ chacune = $' Adresse: TOTAL DE MA CONTRIBUTION:\t_______________________$' DONS + CARTES-REPAS JE VEUX M'ABONNER AU MAGAZINE : Je m'abonne pour une période de : 012 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 06 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Ville :______________________________Code postal :_I_I.Courriel :____________________________________________ Téléphone:!_______) __________________________________ MODE DE PAIEMENT O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : O Visa O MasterCard ¦ fjij\t\u2019 Pour respecter l'écologie et réduire ses frais postaux, L'Itinéraire envoie le reçu d'impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.NE\tVous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca N°de la carte : I_I___I__I___I__I___I___I__I___I__I___I__I___I__I___I___I__I Expiration.RAI (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte RE Qx4ùwci/ N° de chanté de l'organisme : 13648 4219 RR0001 Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9 itr'i- Solidarité et solutions Camelots du journal de rue Shedia EDITORIAL PAR JOSEE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF \t \ti rj '1 7 \t V ¦\t i\t \t Au moment de lire ces lignes, je serai à Athènes avec mon collègue Shawn Bourdages pour participer au Sommet 2016 de l'INSP, le réseau international de journaux de rue dont Fait partie notre organisme.Et, pour la première Fois, de mémoire d'itinéraire, un de nos camelots, Guy Boyer nous accompagne pour participer activement à ce grand rassemblement.Aller en Grèce pour le travail, j\u2019avoue que c\u2019est pas mal comme perspective.Je n\u2019y suis jamais allée et je me réjouissais depuis des mois à l\u2019idée découvrir ce pays mythique, berceau de la civilisation.L\u2019Acropole, le Parthénon, les petits cafés avec une vue sur la mer d\u2019un bleu incroyable, les îles, les maisons blanchies à la chaux avec les toits azurs.Mais la Grèce vit une réalité qui est loin d\u2019être aussi séduisante que son image de carte postale.Ce pays qui tente péniblement de se sortir du gouffre économique dans lequel il est enfoncé connaît son lot de souffrances.Avec une dette faramineuse (180 % du PIB), des mesures successives d\u2019austérité qui ont entraîné des hausses de 53 % des impôts, accompagnées de diminutions de 30% des salaires, coupures drastiques des pensions et un taux de chômage qui frise les 25 %, le pays peine à se tenir la tête hors de l\u2019eau.Et puis, aux problèmes de pauvreté qui s\u2019étendent en Grèce, s\u2019ajoutent ceux des nombreux migrants qui continuent de s\u2019échouer sur les côtes et la surpopulation des camps de réfugiés.On ne compte plus les manifestations, les grèves et les fermetures d\u2019hôpitaux et d\u2019écoles.En fait, deux semaines avant notre départ, les organisateurs du Sommet nous informaient qu\u2019un des hôtels qui devait héberger un grand nombre de délégués fermait pour cause d\u2019endettement.Une opportunité unique Pourquoi en Grèce?C\u2019est Chris Alefantis, le rédacteur en chef de Shedia, le journal de rue hôte du Sommet, qui résume le mieux les avantages de tenir cette rencontre globale à Athènes : « En tant que pays, nous faisons face à des temps difficiles.Nos collègues venus d\u2019ailleurs et le Sommet lui-même nous donneront non seulement de l\u2019inspiration, mais nous unira dans notre lutte commune vers une société plus juste, une société pour tous.» Etre en Grèce nous permettra à tous de découvrir sur le terrain l\u2019impact réel de la crise socioéconomique qui sévit dans ce pays.Mais ce sera aussi une occasion de partager les uns avec les autres les initiatives, projets et autres réalisations innovatrices de notre réseau.Shawn Bourdages, le chef du développement social de L\u2019Itinéraire parlera des projets de notre organisme, dont celui du Café de la maison ronde au Square Cabot, entre autres initiatives d\u2019économie sociale impliquant nos camelots.Je présenterai quant à moi le 100% Camelots, cette édition annuelle entièrement conçue par nos camelots et qui intéresse vivement nos collègues d\u2019ailleurs.Pour ce qui est de notre camelot Guy Boyer, il sera notre reporter sur le terrain, recueillant des témoignages de ses semblables.De plus, il aura l\u2019embarras du choix quant aux sujets d\u2019articles pour de futures éditions de L\u2019Itinéraire.En effet, ce ne seront pas les idées qui manqueront, puisque, au cours de ces trois jours, une foule de sujets pertinents pour les journaux de rue seront abordés.Nous parlerons de stratégies de développement des affaires, discuterons sur les contenus éditoriaux, le design des publications, les levées de fonds, le travail avec les camelots de même que l\u2019aide aux itinérants et aux plus vulnérables de nos sociétés.« A travers ce grand échange de connaissances, d\u2019idées et d\u2019expériences, nous œuvrerons à faire de ce Sommet un lieu d\u2019inspiration tant pour les délégués que pour la communauté locale, qui tente d\u2019inventer et de réinventer des moyens d\u2019aider des gens à s'aider eux-mêmes », a indiqué Chris Alefantis dans un récent message à l\u2019INSP Le Sommet de l\u2019INSP nous permettra de mettre de l\u2019avant des histoires positives et des exemples de résilience qui ressortent de la crise en Grèce, et dont parlent très peu les médias traditionnels.Nous souhaitons faire valoir l\u2019esprit entrepreneurial et la ténacité des gens qui s\u2019efforcent de surmonter l\u2019adversité.On vous en reparle à notre retour ! ¦ Découvrez l\u2019INSP au : insp.ngO 15 juin 2016 I ITINERAIRE.CA 7 PAR ALEXANDRA GUELLIL GENEVIÈVE BERTRAND ET RENÉ-MAXIME PARENT ROND-POINT marginalisées.Lêtre humain est au cœur des soins.Notre modèle se démarque par sa flexibilité, sa créativité et son caractère economique questions à Emmanuelle Lapointe Depuis deux ans, la Coop SABSA (Services à bas seuil d'accessiblité), à Québec, expérimente un modèle de soins novateur afin d'améliorer l'accès aux soins de santé : une clinique de proximité de soins infirmiers.Coordonnatrice de la clinique, Emmanuelle Lapointe plaide, avec l'ensemble de son équipe, pour une façon de concevoir les soins de santé parle lien de proximité.Un travail continuel qui se fait sur le long terme.O En quelques mots, pouvez-vous revenir sur la philosophie de la clinique coopérative ?Nous tentons de guider, conseiller, encourager les personnes à être responsables de leur santé.Nous croyons en une intervention qui permet de les placer au premier plan des décisions qui les concernent.Il s\u2019agit de plusieurs services infirmiers, offerts aux personnes concernées par l\u2019hépatite C et autres maladies ou demandes de suivi.Notre approche globale est d\u2019offrir des soins, des connaissances et du soutien à des personnes qui sont souvent e Qui sont vos bénéficiaires ?Nous rejoignons, entre autres, des populations délaissées par le système et qui présentent de nombreuses problématiques (toxicomanie, santé mentale, itinérance, etc.).Ces personnes ne reçoivent pas ou plus de soins ou alors ils sont moins adaptés à leur situation.Depuis que l\u2019on expérimente le projet-pilote avec la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), nous avons pu soigner plus de 1600 personnes.© Comment définissez-vous ce lien de proximité ?Que ce soit pour l\u2019infirmière Isabelle Têtu ou l\u2019ensemble de l\u2019équipe, ce lien de proximité, c\u2019est un désir de côtoyer ces personnes, d\u2019entrer en réel contact avec eux, de développer un lien réel de confiance.C\u2019est un travail relationnel de longue date, ce sont les bénéficiaires qui viennent à nous par le bouche-à-oreille.La Clinique Sabsa O Quelle serait votre société idéale ?Si le ministre Gaétan Barrette dit encourager le travail infirmier autonome, il souhaite cependant que la clinique soit encadrée par le CLSC, ce qui permettrait d\u2019obtenir du budget pour maintenir nos activités.Quel avenir peut-on espérer pour la clinique, si elle ne reçoit pas de financement de l\u2019Etat ! (AG) ¦ Est en service depuis décembre 2011 Reçoit plus de 1600 cas en consultation Assure une prise en charge des patients délaissés par le système et qui présentent de nombreuses problématiques : toxicomanie, santé mentale ou itinérance Lien pour la campagne de sociofinancement : https://laruchequebec.com/projet/sauvons-clinique-proximite-sabsa-1767/ Sur les ondes Une question de respect Dans sa chronique urbaine diffusée à la radio de Radio-Canada, le journaliste Hugo Lavoie s\u2019est intéressé aux interactions des citoyens avec les itinérants.Dans la foulée des travaux du square Viger, les activités sur la place Emilie-Gamelin et la transformation en voie piétonnière de la rue Sainte-Catherine dans le Village gai, ils seront plusieurs à devoir changer leurs habitudes et à se déplacer dans d\u2019autres quartiers.Le journaliste a donc sondé plusieurs personnes qui ont fait de la rue leur principal foyer.Ce qui ressort de cette enquête est unanime : respecter ce qu\u2019ils sont, s\u2019intéresser à leur histoire, leur vie et pourquoi pas, simplement leur dire « bonjour », même si les dons en argent ne sont pas nombreux.(AG) ¦ ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 )T0 : SORAYUT YOOKHAM (123RF) IPHOTO : JFNNIFFR BARROW (1?3R^ Mile, Ediml Manifestation à Québec! L Ü1 ¦ ¦ ¦ ¦ JM'C&T iftMriM PDUIN Royal bourg Aide sociale Retirer le projet de loi 70 Un peu plus de 300 professeurs et chargés de cours universitaires ont demandé à François Blais, ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, d\u2019abandonner son projet de loi 70 sur l\u2019aide sociale.Ces derniers estiment que ce projet pourrait « pénaliser les plus pauvres de la société et ne s\u2019inscrit pas dans une démarche de réinsertion ».Dans sa dernière version présentée en commission parlementaire, des pénalités pouvant aller jusqu\u2019à 400 $ par mois sur le chèque d\u2019aide sociale sont prévues au programme Objectif emploi.(AG) ¦ rifeiv + Canada Priorité aux plus vulnérables La nouvelle ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, n\u2019associera plus coûte que coûte aide internationale et Canada inc.Assurant que son mandat était « le développement » et non « les intérêts économiques canadiens », Mme Bibeau a aussi rappelé que le partenariat des entreprises privées avec les pays en voie de développement n\u2019était « pas incompatible ».Sa priorité sera donc d\u2019aider « les personnes les plus pauvres, les plus vulnérables et les États fragiles ».Si le gouvernement Trudeau a augmenté le montant alloué à l\u2019aide internationale dans son budget du mois de mars dernier, elle ne représentera pas 0,7 % du produit intérieur brut (PIB) avant quelques années, comme le souhaitait la communauté internationale.L\u2019an dernier, l\u2019enveloppe comptait pour 0,24 % du PIB.(AG)b 15 juin 2016 | ITINERAIRE.CA Écosse 5000 enfants itinérants En Ecosse, près de 5000 enfants étaient sans-abri et vivaient dans un logement temporaire à la fin de 2015, selon les chiffres officiels révélés.« C\u2019est la troisième hausse annuelle du nombre d\u2019enfants sans-abri dans le pays.Une hausse de 13 % est tout simplement inacceptable », indique Graeme Brown, directeur de Shelter Scotland.Par ailleurs, Edimbourg a élaboré une stratégie qu\u2019elle a menée de front avec le secteur tertiaire ; partenariat qui a porté ses fruits puisque l\u2019itinérance a chuté de 15 % au cours des cinq dernières années, comprenant moins de 3 % des personnes classées comme itinérantes.(GB) ¦ Écosse Des ex-sans-abri devenus guides touristiques Dans la capitale de l\u2019Ecosse, les guides touristiques traditionnels sont concurrencés par des ex-sans-abri.Le collectif Invisible Edinburgh propose maintenant une promenade encore plus authentique de la face cachée de cette deuxième ville la plus visitée du Royaume-Uni.Pour une dizaine d\u2019euros, le guide dévoile et retrace les étapes de son existence, avec un thème bien précis.Par exemple, la visite de Sonny est baptisée Crimes et Châtiment.Biffy, la seule fille du groupe vous emmène dans le passé des femmes qui ont fait parler d\u2019Edimbourg, comme l\u2019auteur d\u2019Harry Potter, J K Rowling.La fondatrice française du projet, Zakia Moulaoui, 28 ans, avoue avoir repris l\u2019idée de la Grèce où les camelots accompagnent les gens dans leurs promenades.(GB et RMP) ¦ Le chateau de Calton H ill, Royaume-Uni F ¦ : i i i ROND-POINT INTERNATIONAL ANGLETERRE | L\u2019Itinéraire voyage ! A la suite d\u2019une entrevue accordée à l\u2019INSP sur le 100 % Camelot, et publiée sur le fil de presse, un extrait a été repris dans le Big Issue North.(Nord de l\u2019Angleterre).Essentiellement, la brève coiffée de la une du 100 % Camelot dit : La plus récente édition du journal de rue montréalais a été entièrement produite parses camelots.Un comité éditorial composé de quatre camelots était à la tête d\u2019une équipe de 12 qui ont choisi un thème et le contenu, de même que le concept du design et de la page couverture.Mentorés par - -™- * des journalistes locaux, les camelots se sont entendus sur le thème de la débrouillardise.Le journal de 22 ans compte 120 camelots dans cette ville canadienne.De plus en plus, L\u2019Itinéraire traverse les frontières ! JAPON | Notre camelot Alain dans le Big Issue Japan j ; i I i il! fil Nous avions envoyé un profil « zoom camelot » d\u2019un de nos camelots Alain sur le fil de presse INSP et depuis il a été repris par des journaux de rue allemand et japonais.La rédactrice en chef Midoriko Hida du Big Issue Japan a tellement aimé qu\u2019elle a demandé des compléments d\u2019information pour faire l\u2019article que voici.GRECE Un camelot de L Itinéraire en Grece ! Trois membres de L\u2019Itinéraire participent au Sommet de l\u2019INSP à Athènes en Grèce du 14 au 16 juin.Parmi eux se trouve le camelot Guy Boyer qui au moment ^\td\u2019écrire ces lignes était très fébrile d\u2019y participer.« j'ai été stupéfait d'apprendre que j'irais au Sommet de l'INSP ! je suis un camelot depuis deux ans et j'écris dans L'Itinéraire depuis presque le début, j'aime l'écriture et mes clients semblent apprécier le fait que les camelots puissent s'exprimer et être publiés, dit-il.je suis un peu intimidé par la perspective d'assister à une grande réunion comme le Sommet 1de l\u2019INSP, mais je suis rassuré parce que je serai accompagné par ma rédactrice en chef, josée Panet-Raymond et Shawn Bourdages, chef du développement social, lesquels sont expérimentés ».Jjf ¦\t«je compte rapporter mes expériences à nos lecteurs et à mes collègues camelots et ba'ns' fQ're Ies meMeurs articles que je puisse offrir.De plus, il s\u2019agit de mon premier voyage en Europe, je suis conscient des difficultés en Grèce et retransmettre autant ¦ 'IriM i kïI .¦ I d'informations sur la vie quotidienne des camelots du journal Shedia à Athènes», ImIHH conclut-il.L'Itinéraire est membre du international Network of Street Papers {Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à [a vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 MANSFIELD/ RENÉ-LÉVESQUE 15 juin 201 6 | ITINERAIRE.grands pas MOTS DE CAMELOTS Le crédit, c'est payant ! On parle souvent du plaisir qu\u2019on a à rencontrer des gens lorsqu\u2019on vend L\u2019Itinéraire, des amis que, parfois, on se fait.Dans mon cas, j\u2019ai vécu une situation un peu spéciale.Un petit samedi matin, beau soleil, je suis à mon poste.C\u2019est plutôt tranquille quand s\u2019approchent de moi un individu et une compagne.« Ah tiens, c\u2019est L\u2019Itinéraire », me dit-il en s\u2019arrêtant, « j\u2019avais l'habitude de le lire mais ça fait un moment que je ne l\u2019ai pas fait.Et ça tombe mal, je n\u2019ai pas un sou sur moi.» fAe surprenant moi-même, je lui réponds : « Ben en voici une copie.Vous me la paierez quand vous repasserez! » Il refuse, j\u2019insiste (je vais me faire un nouveau client, me dis-je) et il accepte finalement.Quelques semaines plus tard, cet individu revient.Sans que je ne l\u2019aie reconnu il laisse tomber : « Et bien vous je vous en dois une ! En lisant la revue que vous m\u2019avez offerte, voici que je vois une photo présentant une troupe de danse sur laquelle j\u2019ai reconnu ma fille, dont j\u2019ai perdu le contact depuis longtemps, j\u2019ai fait des démarches auprès de la troupe à qui j\u2019ai laissé mes coordonnées pour quelle les lui donne, en lui disant que j\u2019aimerais beaucoup quelle communique avec moi.Ce quelle a fait.Nous nous sommes rencontrés depuis et nous avons repris nos relations.» Quelle belle histoire.Cet événement a alors enjolivé ma journée.Au fait, il m\u2019a réglé la revue et il est reparti tout souriant.Qui a dit que le crédit, ça ne paie pas ?ROGER PERREAULT K CAMELOT RACHEL/BERRI, RUE FLEURY Le repos du guerrier MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO JOLIETTE ET Un jour, tout cavalier doit descendre de sa monture, tout guerrier a le droit à un repos.et tout camelot a besoin d\u2019une pause.C\u2019est donc le temps ! En plus, j\u2019ai une noble raison : je vais voir maman ! Mais je reviendrai bientôt.A cette occasion, je remercie ces gens merveilleux grâce à qui l\u2019hiver fut moins rigoureux et le rêve possible.Ensemble, nous avons passé d\u2019agréables moments.J\u2019ai eu le privilège d\u2019offrir mes magazines dans un endroit qui me rappelle tant de souvenirs, doux et amers.J\u2019ai eu la chance de contempler une tour de Babel ambulante.Toutes les couleurs, toutes les langues, toutes les cultures s\u2019y côtoient et cohabitent en paix et en harmonie.L\u2019avenir du Québec, j\u2019en ai la conviction, serait multiple et radieux.J\u2019ai toujours cru que le métissage et les alliances matrimoniales et conjugales entre des gens issus de peuples différents sont la meilleure façon de les réunir.Ça vaut davantage que mille discours œcuméniques et conciliatoires.Le roi est mort, vive le roi ! Un camelot s\u2019en va, l\u2019organisation demeure.Elle continue à remplir ses fonctions, à jouer son rôle.Par conséquent, j\u2019invite toute personne qui me faisait confiance à le faire à L\u2019Itinéraire.Continuez à acheter le magazine ! Continuez à soutenir la cause ! Continuez à sympathiser avec ces milliers de camelots qui sillonnent les rues du monde ! Et si vous ne pouvez pas le faire, annoncez la bonne nouvelle ! Parlez en bien de cette belle œuvre, vous aurez sûrement une audience attentive qui adhérera à cette magnifique lutte.Grâce à vous, L\u2019Itinéraire, ce jeune arbre planté il y a un peu plus de vingt ans, aura des feuilles de plus en plus verdoyantes, des racines de plus en plus profondes et, cela va de soi, des fruits de plus en plus délicieux.MOSTAPHAGLILLAH CAMELOT MÉTROS UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ET ÉDOUARD-MONTPETIT Après un moment d\u2019absence, je me suis décidé à revenir dans notre belle ville de Montréal, au Québec.J\u2019ai amené avec moi pour vous de la chaleur, du ciel bleu longue durée, du beau gazon vert, de l\u2019eau froide en quantité industrielle.Une partie de cette eau servira à vous désaltérer, une autre à vous baigner et une autre que j\u2019ai amenée à part - interdit d\u2019y toucher - sera pour nos arbres, nos gazons et aussi nos animaux.Je vous ai amené également une liste d\u2019activités diverses pour votre détente, vos sorties, vos vacances ou, tout simplement, pour vous désennuyer.J\u2019ai aussi pensé aux gens qui ne pourront pas en profiter : les gens à mobilité réduite, ceux qui sont à l\u2019hôpital, ceux qui sont solitaires et n\u2019aiment pas sortir.J\u2019ai fait une liste de programmes télé et radio, de jeux de société divers (cartes, toc, dés.) J\u2019ai essayé d\u2019amener le plus de beau temps possible et aussi des nuages chargés de pluie pour bien arroser nos plantes.Tout ce que j\u2019ai mentionné est bien emballé avec l\u2019amour qui sert d\u2019enveloppe.Je me suis arrangé pour qu\u2019il y en ait pour tout le monde.Je vous conseille d\u2019en profiter au maximum car je ne serai là que pour trois mois.Ensuite il va falloir que je retourne au bercail pour recharger mes batteries et revenir encore avec mes bagages remplis de belles choses, juste pour vous.J\u2019espère que vous allez apprécier tous ces cadeaux que je vous offre encore une fois cette année et que vous pourrez mettre ça dans vos souvenirs après utilisation.En attendant, je vous souhaite à tous une très bonne journée.Ne soyez pas inquiets, je suis déjà parti de mon bercail pour aller vous rencontrer.Ma date d\u2019arrivée devrait être le 21 juin.A très bientôt ! Signé : l\u2019été.J'arrive a L in* DES SOINS POUR TOUS ! Être en bonne santé est un besoin universel.Au Québec, les nombreuses réformes et changements au système de santé rendent de plus en plus difficiles d'accès les services publics et privés pour ceux et celles qui vivent avec peu de ressources.Pour combler cette défaillance, de plus en plus de solutions existent pour aider les plus nécessiteux à ne pas négliger leur santé.Médicaments à base de plantes utilisés à bon escient, puissance du toucher dans la qualité des soins, écoute du patient ou encore soins proposés par des organismes humanitaires et communautaires, etc.Ceux qui font appel à ces services ont de multiples profils : certains vivent sous le seuil de pauvreté, sans avoir accès aux ressources proposées par l'État, quand d'autres ont été si déçus par les soins plus traditionnels qu'ils ont préféré trouver une autre alternative.Parfois même, c'est le lien de confiance avec le professionnel de la santé qui permet de dépasser ses craintes et de se faire soigner. -1'>- ¦:/- Saisir la phytothérapie ft '\"m i -\t¦ \t\t-JF lT , ^ AB h ir .\t\t PAR RENÉ-MAXIME PARENT Se soigner avec des plantes médicinales est pour certaines personnes une alternative à la médecine conventionnelle.Catherine Bernier, 32 ans, travailleuse autonome en techniques de scène, et Karine Grail, 52 ans, assistante dans une clinique de chiropratique, dépensent chacune 20 dollars par mois en phytothérapie.Les naturopathes opposent une sensation de bien-être, à la fois physique et psychique, à la définition de la santé de la médecine conventionnelle, cést-à-dire l\u2019absence de maladie.L\u2019approche holistique fait en sorte que ces praticiens s\u2019intéressent aux effets de la plante dans sa globalité, sur l\u2019individu.« Si on mange les feuilles de pissenlits au moment de l\u2019année où elles poussent, l\u2019effet nettoyant recherché sera aussi physique que psychique.Il faut tenir compte de toute la complexité de la plante », explique Karin Grail, qui a déjà suivi une formation en herboristerie et en aromathérapie, soit l\u2019utilisation médicale des huiles essentielles.Cette autre façon de concevoir le rapport à la nature environnante permet de comprendre l\u2019origine de la phytothérapie.Deux mots grecs signifiant « soigner avec les plantes ».Si les herboristes s\u2019occupent de la préparation, du mélange et de la transformation des plantes, l\u2019approche scientifique des phytothérapeutes mise sur leurs effets biochimiques, sur leurs ingrédients actifs.Le progrès scientifique du XIXe siècle en Occident a transformé le savoir-faire issu de l\u2019Antiquité en médecine et pharmaceutique modernes.« Souvent, les remèdes de grand-mère, ça fonctionne », affirme Catherine Bernier.Les adeptes de plantes médicinales ont voulu officialiser le savoir-faire millénaire à partir de la deuxième partie du XXe siècle, par la création de l\u2019Association québécoise des phytothérapeutes (AQP) en 1982.A l\u2019instar du Collège des médecins, l\u2019AQP s\u2019est dotée d\u2019un comité de discipline et d\u2019un code de déontologie, a reçu un statut légal de compagnie et le gouvernement a même accordé une reconnaissance juridique à la phytothérapie au Québec.L\u2019association se base sur les cinq principes du médecin de l\u2019Antiquité grecque, Hippocrate : le thérapeute prend ses précautions pour ne pas nuire, les éléments pour guérir se trouvant dans la nature, le but est d\u2019identifier et traiter la cause, pour ensuite désintoxiquer et purifier l\u2019organisme.Le dernier principe est que le thérapeute doit enseigner son savoir-faire.Produit manufacturé Lorsqu\u2019ils ont eu leurs trois enfants, Karin Grail et son mari ont décidé de les traiter avec la phytothérapie plutôt qu\u2019avec des médicaments modernes.Par chance, leurs enfants « ne sont pas atteints de problèmes de santé graves », souligne-t-elle, reconnaissant l'utilité de l\u2019hôpital s\u2019ils avaient été asthmatiques en état de crise, par exemple.De son côté, la phytothérapie a permis à Catherine Bernier d\u2019éviter d\u2019attendre six à sept heures à l\u2019urgence après avoir fait des infections urinaires à répétition.« j\u2019ai vraiment fouillé pour trouver qu'une infusion au cumin pouvait traiter mon infection.Ça fonctionne, mais il faut que je me gave à plus soif », explique-t-elle.Comme beaucoup d\u2019autres mères, Karin Grail a donné à ses enfants de l\u2019aspirine pour bébé, mieux connue sous l\u2019appellation Tempra.Avant d\u2019avoir recours à des médicaments provoquant des effets secondaires, elle a fait des recherches pour trouver un produit naturel moins dommageable.« Tu prends un médicament pour te guérir et quand tu retombes malade, tu reprends le même médicament.Tu peux prendre des médicaments contre les allergies saisonnières comme du Reactine toute ta vie », affirme-t-elle.Catherine Bernier n\u2019a pas voulu prendre d\u2019antibiotiques pour guérir ses infections urinaires puisque son corps développait une résistance au médicament.« Une amie chimiste m'a expliqué que plus tu en prends, moins ils font effet.Ils agissent en surface, laissent toujours un résidu de maladie dans le corps », rapporte-t-elle.Les médicaments conventionnels proviennent de la phytothérapie, comme l\u2019aspirine provient du saule, un arbuste.Karin Grail explique que les produits naturels agissent sur le symptôme, qu\u2019ils travaillent « le terrain » afin de renforcer l\u2019organisme sur le long terme.De son côté, Catherine Bernier fait plus confiance aux vendeurs de produits naturels.Le marketing de l\u2019industrie pharmaceutique lui donne l\u2019impression que le besoin de rentabilité renvoie « moins une intention de nous guérir que de nous tester ».Catherine Bernier' 15 juin 2016 | ITINERAIRE.CA 13 Que ce soit pour annoncer des médicaments ou autres choses, l\u2019aspect promotionnel des messages publicitaires va donc à l\u2019encontre de ses valeurs.Par contre, elle admet que l\u2019absence de promotion pour faire connaître les produits naturels fait en sorte qu\u2019elle ignore si le « bio » évolue.A ce sujet, il semble difficile d\u2019avoir une connaissance précise sur la progression de la phytothérapie découlant de cette vague de produits appelés « naturels » ou « biologiques » et allant de l\u2019alimentation aux produits nettoyants.Experts et amateurs L\u2019enjeu de la phytothérapie n\u2019est pas le même pour Karin Grail que pour Catherine Bernier qui explore l\u2019univers des produits biologiques pour se soigner.La première redoute l\u2019accaparement des plantes médicinales par l\u2019industrie pharmaceutique qui, selon elle, ne respecte pas la philosophie des naturopathes.Elle explique notamment que l\u2019ingrédient actif agit sur l\u2019organisme seulement s\u2019il est consommé avec les autres parties de la plante autour.De plus, elle explique que le refus des entreprises de fournir la liste des ingrédients de leurs produits naturels aux naturopathes est, selon elle, problématique.C\u2019est pourquoi elle met en garde quant à la dangerosité de certains produits naturels.Quant à Catherine Bernier, à chaque fois qu\u2019elle a un rhume, elle achète un morceau de gingembre, le coupe en morceaux et se prépare une infusion.Elle assure que la boisson chaude maintient ses symptômes au plus bas.Même si elle partage le même virus avec son copain avec qui elle vit, ce dernier préfère les médicaments de la pharmacie.Le voir le nez qui coule, les sinus bloqués et des maux de têtes lui confirme l\u2019efficacité de cette plante.Une histoire d\u2019entourage La phytothérapie est plus développée en Europe.C\u2019est le cas de l\u2019Allemagne où elle fait même partie de la formation des médecins.Karin Grail précise ici que le dosage plus élevé des huiles essentielles prescrites sur le vieux continent démontre la résistance de ses habitants.La prescription commence à 30-40 gouttes par jour pour les Européens contre 10-15 gouttes par jour pour les Québécois.« Le début de la civilisation en Amérique est plus près de 1ère moderne », image-t-elle.« Au Québec, le milieu est petit.Les enseignants se sont battus pour faire valoir leur pratique », affirme-t-elle.Mieux vaut consommer les plantes « de la terre où l'on se trouve, ou d\u2019où l'on vient ».Il y aurait une logique dans cette façon de « consommer local » du fait que l\u2019humain respire le même air que la plante.Les phytothérapeutes doivent importer les plantes qui ne poussent pas ici, comme le patchouli, souvent utilisé comme parfum, mais dont l\u2019huile permet de traiter aussi bien la cellulite que l\u2019angoisse.Une solution économique A Montréal, les magasins de produits naturels sont concentrés dans le centre-ville et sur le Plateau Mont-Royal.« Il faut que le client veuille aller le chercher parce que le produit ne viendra pas à lui », affirme Catherine qui remet en question l\u2019accessibilité aux produits naturels pour ceux qui ne vivent pas dans ces quartiers.Force est donc de constater qu\u2019il est plus simple d\u2019acheter ses produits à la pharmacie ou à l\u2019épicerie du coin.Les deux femmes ont réalisé que c\u2019était plus économique de fabriquer leurs propres produits que de les acheter.« Si on a un framboisier dans sa cour, on n\u2019a qu\u2019à sécher les feuilles et se faire une tisane », affirme Karin Grail pour qui la fabrication du produit naturel fait partie intégrante du soin.« Un chaudron et un malaxeur.Karin G as™ c\u2019est tout ce dont tu as besoin pour faire une crème pour la peau », poursuit-elle.« C'est une question d'autonomie », affirme Catherine qui fait elle-même ses crèmes pour la peau avec de l\u2019huile essentielle de maléleuca.Pour Catherine, il s\u2019agit d\u2019une « nouvelle façon de se gérer », tandis que Karin a développé une nouvelle sensibilité avec la nature environnante qui interagit avec son organisme.¦ De la dynamite pour l\u2019organisme La consommation de deux boissons énergisantes par jour augmente le risque de dommages cardiovasculaires pour les adolescents, et pour les adultes en santé, conclut une étude publiée par l\u2019International journal of Cardiology, le 1er mars dernier.L\u2019effet énergisant provoque une hausse de la pression sanguine et de la fréquence des palpitations cardiaques.Cet effet stimulant pour l\u2019organisme s\u2019intensifie lorsqu\u2019on mélange les boissons avec de l\u2019alcool.La boisson 5 Hour Energy shot aurait été en cause dans 90 signalements d\u2019effets indésirables, dont 30 cas déclenchant des crises cardiaques, des convulsions et un cas d\u2019avortement spontané à l\u2019Agence fédérale américaine des aliments et des médicaments (FDA) depuis 2009, d\u2019après un article paru dans le New York Times en novembre 2012.Plus proche de nous, la consommation quotidienne d\u2019une boisson énergisante de grand format a été montrée du doigt par la famille d\u2019un jeune homme de 24 ans, décédé en février 2013 à Shawinigan.Ce dernier souffrait, sans le savoir d\u2019une malformation cardiaque.Selon l\u2019Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Qué-bec, 1 % des jeunes du secondaire consomment une boisson énergisante par jour.L\u2019Association médicale canadienne a fait appel au jugement des consommateurs dans leur parution publiée en 2010 : « La plupart d'entre nous ont assez de bon sens pour ne pas permettre aux enfants de consommer 10 canettes de cola en une seule fois, soit la quantité de caféine contenue dans 500 ml de certaines boissons énergétiques ».La ville d\u2019Amqui, dans le Bas-Saint-Laurent, a interdit les boissons énergisantes dans les espaces récréatifs de la municipalité en 2011.L\u2019objectif est de contrer les problèmes d\u2019obésité et de diabète dus à une trop grande consommation de sucre.(RMP) 14 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 PHOTO : COURTOISIE [/ ll't'UVIW Phytothérapie \u2022 Sous le sceau de Santé Canada Souvent, c\u2019est un proche qui nous aiguille vers le magasin de produits naturels plutôt qu\u2019à la pharmacie.Peu importe l\u2019argument mentionné, le mythe soulevé ou le témoignage évoqué, tous les produits vendus pour la consommation sont contrôlés selon des critères scientifiques par Santé Canada.WMVv\\W.;> 1 Mise en marché Les produits naturels certifiés par Santé Canada portent le numéro de produit naturel (NPN) ou un numéro de médicament homéopathique (DIN-HM) sur l\u2019étiquette.Ces huit chiffres sont une garantie de sécurité du processus de fabrication.Les procédés utilisés en laboratoire garantissent que les produits contiennent toujours la même quantité d\u2019ingrédients actifs.Assurance que les plantes utilisées ne sont pas contaminées avec des substances dangereuses comme des pesticides, également.Les fabricants détiennent une licence d\u2019exploitation, de même que les points de vente disposent d\u2019une licence de mise en marché.« Au Québec, il n'y a pas beaucoup d'entreprises dans le domaine des produits de santé naturels qui ont investi dans des études cliniques reconnues par Santé Canada », a affirmé Guy Michaud, de Genacol à La Presse le 6 avril 2015.Les nouvelles exigences datant du 1er janvier 2004 auraient éliminé plusieurs entreprises, dont le nombre a chuté de 140 à 129, de 2009 à 2014.i MBtmvw \\;\th r t\t*\tri Certifier un produit /\tSanté Canada approuve un produit naturel à partir d\u2019une étude sur la composition du produit et sur sa mise en marché éventuelle, dont la conser- vation du produit.L\u2019étude se base sur la détermination des risques par rapport à la gravité, la probabilité et la fréquence des effets indésirables.A ; cela peut s\u2019ajouter une évaluation indépendante de la causalité de ces effets.À partir de la définition des consommateurs ciblés, l\u2019étude doit démontrer l\u2019efficacité du produit.Les produits naturels qui concernent la préven-j ¦ tion ou la guérison de problèmes graves de santé entrent dans la catégorie des risques élevés.Les produits dont la prescription est personnalisée entrent dans la catégorie des risques moyens.Pour les produits en vente libre comme les multivitamines, les risques sont faibles.Santé Canada a établi une liste des combinaisons non dommageables pour les plantes enregistrées.f \\V\t' \u2019X\tVL ,i Il Vf4 Médecine traditionnelle K*'\u20191; ' I ' VÏ ' SS Pour faire approuver un produit provenant d\u2019un savoir-faire non lié à la médecine moderne, le processus diffère de la simple certification.Auprès de Santé Canada, le produit est traditionnel par la durée de l\u2019utilisation et parce qu\u2019il s\u2019insère dans un système de médecine distinct.La durée doit s\u2019étendre sur une période mesurable permettant de prélever les conséquences de l\u2019utilisation du produit, en termes de génération par exemple.Le système distinct doit être identifiable, l\u2019ethnomédecine des Premières Nations par exemple.Santé Canada exige l\u2019avis de deux experts indépendants attestant de l\u2019efficacité du produit d\u2019après des croyances, des théories et des expériences dans le cadre d\u2019un système de médecine unique.A cela s\u2019ajoutent de l\u2019information reconnue pour un usage traditionnel et des publications revues par des experts.Si des preuves scientifiques laissent croire à un risque, le doute doit être vérifié par des informations reconnues, des essais cliniques et des études d\u2019observation.- *WV5Tjf\tfT\t».\tKl A.SA.\t«HE' T.'f Remède miracle Comment ne pas se sentir interpeller par la lutte pour la survie du héros du film Dallas Buyers Club (2014) réalisé par Jean-Marc Vallée ?Diagnostiqué séropositif, Ron Woodroof a dû se procurer et prendre dans l\u2019illégalité une médication alternative qui stabilisait son état de santé.Le sort de ce héros bien réel, aux Etats-Unis dans les années 1980, aurait été différent s\u2019il avait vécu au Canada, aujourd\u2019hui.Santé Canada peut faciliter la vente d\u2019un produit sans ordonnance s\u2019il s\u2019agit de maladies et de troubles graves dont le traitement exige un suivi médical ou qui peuvent dégrader l\u2019état de santé ou mettre la vie en danger s\u2019ils ne sont pas bien traités.Dans ces cas extrêmes, l\u2019organisme exige la copie du traité du système médicinal distinct, Pharmacopée ayurvédique de l\u2019Inde par exemple, ou B\tla copie d\u2019un traité publiée par un organisme reconnu, Drug Standard of People's Republic of China par exemple.î* ' \\\tIl/JL \\ \\,'i it, II ti ILAtL J Sur les étagères L\u2019échinacée, le millepertuis, le ginseng ou autres plantes traitées en laboratoire, convenablement étiquetées et vendues sous les licences de Santé Canada ne sont pas sans risque pour la santé parce qu\u2019elles sont « naturelles ».Comme pour n\u2019importe quel médicament de la médecine conventionnelle, le consommateur doit respecter la posologie inscrite sur l\u2019étiquette certifiée.Naturel ou pas, le médicament ne peut pas guérir une personne malade.Néanmoins, le médicament peut contribuer à soulager les symptômes ou freiner la progression de certaines maladies chroniques.Il est important de tenir compte de son état de santé, surtout lorsque le produit s\u2019adresse aune population ciblée, rappelle un article de Protégez-Vous publié en juillet 2015.Bien que deux personnes aient le même âge, le même sexe et le même niveau d\u2019activités physiques, les besoins nutritionnels et thérapeutiques varient d\u2019un individu à l\u2019autre.Le ciblage devient pertinent dans un cas comme celui des multivitamines.Celles destinées auxf emmes contiennent du fer parce qu\u2019elles en ont besoin pendant leur ménopause, un ingrédient absent de celles pour les hommes.Données collectées par René-Maxime Parent Des gestes qui font du bien \t\t\t\t\t \tMassothérapie I\t\t\t\t PAR ALEXANDRA GUELLIL Le toucher est primordial dans l'administration des soins.Quotidiennement infirmiers, chiropraticiens et massothéra-peutes l'utilisent à travers leurs interventions.Et parfois, la méthode procure un réel sentiment d'exister à ceux et celles qui en bénéficient.A la clinique chiropratique de lAccueil Bonneau, comme tous les mardis matin, la salle d\u2019attente se remplit petit à petit.A 65 ans, Yvon fait partie de ceux qui affichent un sourire de satisfaction alors qu\u2019il attend patiemment son tour.« // y a deux ans, je me suis cassé le coccyx en tombant sur le bord de mon lit.Le soir, ça faisait tellement mal que j\u2019étais plus capable de rester assis, il fallait que je me couche, j'ai vu le chiro une fois, je n\u2019ai plus mal depuis deux mois ! » Yvon a vécu quelque temps dans la rue et reconnaît sans hésiter la générosité de ceux et celles qu\u2019il y croisait.« Certains me donnaient de l'argent, de la nourriture ou m\u2019offraient même le transport », raconte-t-il revenant sur les soins qu\u2019il recevait à l\u2019Hôpital pour des troubles impulsifs sévères.« j\u2019étais sous médication, mais le fait de l\u2019arrêter a viré en psychose, je voyais des anges qui me disaient de me sauver, je me suis retrouvé dans la rue en plein hiver jusqu\u2019au Nouveau-Brunswick.» Avec la gentillesse d\u2019un prêtre, Yvon a fini par rentrer au Québec et a frappé à la porte de l\u2019Accueil Bonneau.« Je leur ai dit que j\u2019étais dans la rue, que je n\u2019avais plus d'argent, que j\u2019étais sale, que je n\u2019avais rien à manger, que j\u2019avais besoin de leur aide.Ils ont accepté de me prendre en fiducie, ce qui fait qu\u2019ils m\u2019aident à gérer l'argent pour le mois complet ».Une fois un logement trouvé, Yvon a consulté un médecin qui a constaté que son traitement n\u2019était pas adapté à ses troubles, tout en le sensibilisant sur l\u2019importance de le prendre tous les jours.« Chiro, dentiste ou ophtalmologiste, c'est avec eux que je fais affaire pour tout ce qui concerne ma santé physique ou mentale », ajoute-t-il d\u2019un ton fier.Don de soi Engelures aux pieds, arthrite, problèmes de circulation sanguine ou douleurs liées au positionnement de la colonne vertébrale, la vie dans la rue apporte son lot d\u2019inconforts et de problèmes de santé.Pour ceux et celles qui connaissent une situation d\u2019extrême pauvreté ou l\u2019itinérance, il reste difficile de réussir à bénéficier de certains traitements et soins qui sont non couverts par la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec.Ce n\u2019est que depuis janvier dernier que l\u2019Accueil Bonneau a mis en place la clinique chiropratique.Janelle Authier y donne de son temps depuis le début.Inspirée par le discours de la Dre Renée Dallaire, la chiropraticienne et initiatrice de la clinique, la jeune femme dit avoir toujours eu un contact particulier avec les personnes dans le besoin.« De pouvoir aider les personnes en deuxième ligne, pas nécessairement en situation d\u2019urgence, mais qui veulent travailler à reprendre un certain train de vie, sans en être capables à cause des douleurs qui reviennent, c\u2019est ce qui est inspirant.Après quelques traitements, ces personnes sont reconnaissantes, retrouvent le sourire », ajoute-t-elle assurant n\u2019avoir jamais rencontré d\u2019agressivité de la part de ceux qu\u2019elle traitait.« C\u2019est le fun parce que tu retrouves le sens de ta pratique.C\u2019est-à-dire que tu ne le fais pas parce qu\u2019il faut que tu rentres dans ton argent à la fin de la journée, mais pour faire du bien au monde ! » Quand on lui demande si elle se souvient d\u2019une personne qui l\u2019a particulièrement marquée, Janelle Authier raconte l\u2019histoire de Boris*, âgé de 20 ans au moment où elle l\u2019a connu.Alcoolique, il avait arrêté complètement de consommer et était incapable de se tenir droit, de marcher trop longtemps, trouvant son retour à l\u2019école pénible.« C\u2019est certain qu\u2019on l\u2019a pris au bon moment pour le traiter, mais après une radiographie, nous avons vu qu\u2019il avait une scoliose avec un bassin très abîmé.On a été en mesure de réparer tout cela.Depuis, il est capable de dormir comme il faut, il est plus dynamique, il a été accepté à l\u2019école.Aux dernières nouvelles, il allait très bien.Sa passion étant le dessin, il ne s\u2019assoit plus totalement courbé.En plus, il contrôle son alimentation.C\u2019est une belle inspiration ! » Se sentir utile Pour ce qui est des soins offerts actuellement aux personnes marginalisées, la plupart se retrouveront à l\u2019Hôpital Saint-Luc ou dans les CLSC.La chiropraticienne croit que ces soins ne sont pas toujours « adaptés à ces personnes qui sont toujours traitées en urgence, au sens où il n\u2019y a aucune prévention de faite ».Comprendre ce qu\u2019est la santé et découvrir des outils pour la contrôler, c\u2019est aussi le combat quotidien de Stéphanie Dupré qui est, depuis le mois d\u2019août dernier, infirmière à l\u2019Accueil Bonneau.Après une expérience dans le Grand Nord, cette dernière a pu cerner que son intérêt premier était d\u2019aider les personnes marginalisées.« C\u2019est une source de défis, je crois que je m\u2019ennuierais si je travaillais avec une autre clientèle.» 16 ITINERAIRE.CA | 15juin 2016 Nom d'emprunt IPHOTOS : Al FXANDRA GIJFI I II I Côtoyer ces personnes ayant une grande vulnérabilité représente beaucoup pour la professionnelle.« Parfois, ils ont tout perdu, aucune capacité, c\u2019est touchant même si parfois cela peut être des situations très difficiles.» L\u2019infirmière travaille en concertation avec un psychiatre, un travailleur social et un médecin.« La collaboration avec tous est très importante, tout comme peut l\u2019être l\u2019équipe mobile qui permet de sortir du système standard pour travailler avec ceux qui sont dans la rue.Aussi, dans un monde idéal, il faudrait créer des corridors de services entre nos services et ceux qui sont standards afin de faciliter l\u2019accès aux soins de santé », ajoute-t-elle.Changement de décor quasi radical pour se rendre à la Mission Saint-Michel, aussi appelée le Toit rouge.Situé dans le sous-sol d\u2019une église du centre-ville de Montréal, le centre de jour héberge au quotidien plus de 200 personnes.George Greene, le directeur général de l\u2019établissement, décrit la clientèle comme « populaire », arrivant généralement de plusieurs centres villes du pays, de plus en plus âgée et composée de femmes, de Premières Nations ou encore de jeunes qui font du pouce, de passage à Montréal.« Ceux qui viennent ici ont vécu la vraie vie de la rue, ils ont souvent perdu tout espoir.Un peu plus de 80 % d\u2019entre eux ont des problèmes de santé mentale, sont lassés du système ou sortent du Douglas et d'autres établissements mal équipés pour retourner en société », décrit-il.Sentiment d\u2019exister Difficile pour la plupart d\u2019entre eux d\u2019avoir accès à un massothéra-peute afin de soulager des douleurs articulaires, le stress ou la tension chronique.C\u2019est donc pour contrer cette incohérence qu\u2019est né le Spa de la rue, en 2012, sous l\u2019égide de trois professionnels en massothérapie, dont Gérard Piquemal.Massages suédois, californiens, shiatsu, taï, ostéopathie, soins énergétiques, soins des pieds, même des conseils santé sont offerts par des thérapeutes bénévoles lors de séances individuelles organisées dans les groupes communautaires partenaires.« Quand tu rentres en masso, cèst pour faire du bien aux autres, cêst pour faire plaisir.Ce projet redonne du sens à la pratique pour aussi peu qu\u2019un merci et qu\u2019un sourire », explique M.Piquemal.L\u2019initiative fait, en un sens, autant de bien à ceux qui bénéficient des soins qu\u2019à ceux qui les offrent.Bénévole depuis quelque temps déjà, Jean-François soutient que l\u2019important pour lui est de donner des soins à ceux qui en ont le plus besoin.« j\u2019ai rencontré des personnes avec des fractures multiples, certaines se sont fait renversées par des voitures, d'autres ont trébuché dans la rue, sont déshydratées, ont mal aux pieds parce quelles n\u2019ont pas eu de bas propres ou des souliers bien ajustés, etc.».Parmi les habitués, James et Francis, respectivement âgés de 50 et 34 ans.Le premier est d\u2019un tempérament à la fois abrupt et agité tandis que le second est plus calme et réservé.Les deux hommes bénéficient des services de ces massothérapeutes bénévoles depuis plus de cinq semaines.L\u2019un se rend au Toit rouge pour socialiser, rencontrer du monde et jaser, tandis que l\u2019autre semble être parti de loin, en avoir vu de toutes les couleurs même s\u2019il en rit maladivement comme pour éviter d\u2019en parler.L\u2019un a mal au cou, vit en appartement tandis que l\u2019autre semble plus réaliste et éprouvé par la vie : « No money, no home ! » Au Spa de la rue, les gestes ont donc une importance capitale.« Pour plusieurs d\u2019entre eux, se faire toucher est lié à la violence.Ils sont plusieurs à avoir des réflexes de protection.Notre premier travail est donc de déconstruire dans la mémoire du corps le fait que le toucher peut envahir l\u2019espace personnel », conclut Jean-François.Comme si, le temps de quelques minutes, il leur était possible d\u2019exister de nouveau.¦ S'occuper de sa santé quand on est dans la rue J\u2019ai été dans la rue pendant trois ans, en hiver.Dormir dehors m\u2019a donné des problèmes de santé : maux de dos, aux jambes, aux bras, grippes à répétition, dus au froid qu\u2019il faisait.Je dormais sous le boulevard Métropolitain, caché dans les structures en bois.Je me protégeais comme je pouvais.J\u2019étais mal habillé.Les missions qui donnent des vêtements chauds n\u2019en ont pas assez pour tout le monde.Certains pensent à mettre des sacs dans les bottes pour couper l\u2019humidité, mais ce n\u2019est pas très bon, puisque ça alimente les champignons ; c\u2019est éliminer un problème pour en créer un autre.Les enjeux de santé dans la rue concernent aussi l\u2019alimentation, parce qu\u2019on mange peu ou pas, on a moins d\u2019énergie, et on est ainsi plus susceptible d\u2019attraper des virus.Il y a aussi la dépression.Pour ça, j\u2019ai été traité à Griffin Park, où un psychiatre m\u2019a pris en charge.Pour m\u2019aider avec mes autres problèmes de santé, j\u2019allais aux CLSC des Faubourgs, où j\u2019ai eu un examen médical.J\u2019ai eu là des prescriptions de médicaments : sirop pour la toux, médicaments contre la douleur.J\u2019ai presque perdu un pied à cause des engelures.Je suis allé à l\u2019urgence en ambulance tellement c\u2019était grave.Je suis resté trois jours à l\u2019hôpital, pour s\u2019assurer que mon pied allait être correct.Heureusement, je n\u2019ai pas gardé de séquelles de cette engelure.C\u2019est là que je me suis rendu compte que ça n\u2019avait plus de bon sens.C\u2019est à partir de ce moment que j\u2019ai commencé à fréquenter les missions.J\u2019ai connu L\u2019Itinéraire en quêtant.C\u2019est suite à ce contact que j\u2019ai réussi à avoir un logement, ce qui a fortement contribué à atténuer les problèmes de santé que j\u2019ai eus dans la rue.Par la force des choses, je suis maintenant plus en santé ! GAETAN VAILLANCOURT CAMELOT MÉTRO CEORGES-VANIER : JIR^HriNERAIRE.CA Se soigner a tout prix PAR ALEXANDRA GUELLIL Manque d'argent, éloignement géographique, peur d'être jugé ou problèmes physiques, les obstacles au maintien d'une bonne santé peuvent être nombreux.Cependant, certaines initiatives pour que les Montréalais les plus défavorisés, en situation d'itinérance ou de pauvreté parviennent à se soigner, méritent d\u2019être connues.Au Québec, seuls les enfants de moins de dix ans et les personnes bénéficiant de l\u2019aide financière d\u2019urgence ont droit à un financement de la Régie de l\u2019assurance maladie pour les soins dentaires.« Une mère avec quatre enfants, qui gagne 30 000 $ par année, ne peut pas mettre les soins dentaires dans la liste de ses priorités », souligne Cyril Morgan, président-directeur général de la Mission Bon Accueil, qui rappelle qu\u2019une mauvaise santé buccale aura un impact sur la santé générale.Depuis 2001, l\u2019organisme a ainsi créé une clinique dentaire gratuite permanente destinée aux personnes âgées et handicapées, aux nouveaux immigrants et réfugiés, aux familles à faible revenu ainsi qu\u2019aux personnes sans-abri, pour ne citer qu\u2019eux.« Ce sont des personnes qui ont des parcours difficiles.Certaines ne vont pas à l\u2019hôpital, d'autres ne parviennent tout simplement pas à joindre les deux bouts à la fin du mois.Les aider à retrouver le sourire rapporte beaucoup.Ce n\u2019est pas un luxe, cèst une nécessité ! » Le Dr Paul Sweet y travaille en tant que dentiste depuis l\u2019automne 2010.Parmi les principaux problèmes dentaires qu\u2019il recense, les caries, les maladies des gencives, et de nombreuses infections dentaires dues au manque d\u2019hygiène, soit le brossage des dents quotidien et l\u2019utilisation du fil dentaire.«La seule différence que je vois en pratiquant ici, cèst que ceux qui viennent ici ont une autre appréciation des soins qu\u2019ils reçoivent », explique-t-il.La Mission Bon Accueil n\u2019est pas le seul endroit proposant de tels services à moindres coûts.La Clinique de la Faculté de médecine dentaire de l\u2019Université McGill propose des traitements, parfois gratuits et d\u2019autres fois à un tarif réduit de moitié, dépendamment de la situation sociale du bénéficiaire.Ces soins sont effectués par des étudiants sous la supervision de dentistes généralistes et autres spécialistes.Seule condition : les patients doivent être disponibles toutes les deux semaines pour des visites pouvant aller de trois à quatre heures.Au moment de l\u2019entrevue, Janick Decoste était à une semaine de sa graduation.Ayant comme ambition principale de travailler avec des enfants, la jeune femme a pu rencontrer une clientèle pour qui elle avait l\u2019impression de faire une réelle différence.« je tente de rester centrée sur le patient, d\u2019établir une connexion avec lui, même si cela prend plus de temps, je crois que cèst important.» Des gens de cœur La finissante prend l\u2019exemple d\u2019un saxophoniste qui recollait ses dents de l\u2019avant lui-même pour parvenir à jouer de son instrument.« C\u2019était ça sa vie ! Il n\u2019avait pas les moyens de se payer des soins dentaires.Nous avons donc pu lènvoyer chez un denturologiste afin de lui faire fabriquer une prothèse dentaire.Son sourire et ses remerciements m\u2019ont beaucoup touchée.Et cèst ça que je recherche dans ce métier.Il y a des moments vraiment touchants, il suffit juste de prendre le temps pour les vivre et d\u2019écouter les patients.» En tendant l\u2019oreille, Janick Decoste s\u2019est plusieurs fois sentie inspirée par ceux et celles qu\u2019elle soignait.A 50 ans, Marie-Eve ne bénéficie pas de l\u2019aide sociale et d\u2019assurance privée.Reconnue invalide, elle ne peut pas travailler et doit subvenir à ses besoins avec une moyenne de 8 500 $ de revenu par année.Après avoir entendu parler des services de la Mission Bon Accueil, notamment les banques alimentaires, elle a pu aussi bénéficier des services de la clinique dentaire.Marie-Eve confie avoir vécu un burn-out suivi d\u2019un infarctus avant de se blesser à la jambe.Depuis ce temps-là, elle éprouve des difficultés à marcher, rester debout et ressent de nombreuses douleurs.« Étant donné que je ne peux faire d\u2019activité physique, je me consacre à mes dents, je tente aussi d'informer le plus possible mes enfants à ce sujet ».Quand elle parle de ses problèmes de santé et du manque de soutien de l\u2019Etat quant à sa situation, Marie-Eve est visiblement émue.« je veux bien travailler, mais je ne peux pas, ce n\u2019est pas possible ! Heureusement qu\u2019il existe encore des organismes communautaires qui ont une approche plus humaine que certains services publics ou privés », ajoute-t-elle.Assis à côté, Nicolas, 27 ans, qui ne souhaite pas être pris en photo de face, pour ne pas choquer son entourage.Deux ans plus tôt, il raconte avoir été dans la rue avec de réels problèmes aux dents.« Avant, je venais aussi ici pour la nourriture, depuis j\u2019ai pu reprendre des études en soudure et trouver des petits jobs », raconte-t-il.Ses revenus dépendent donc de ce qu\u2019il réussit à gagner, des fois 100 $ aux deux semaines pour le premier job, et 500 à 600 $ pour le second.De son expérience à la rue, le jeune homme a appris 18 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 à prendre soin de lui pour se garder en santé en gardant en tête le rêve d\u2019être scaphandrier.« Quand je finis le travail vers 23 h, je vais prendre une marche au Mont-Royal, j\u2019essaye de contrôler mon alimentation.C\u2019est difficile parfois, mais je préfère investir pour me sentir bien dans mon corps ».Pour Marie-Eve comme pour Nicolas, c\u2019est l\u2019approche humaine qui est valorisée, le fait de ne pas se sentir comme des « numéros » dans l\u2019administration des soins tandis que dans d\u2019autres milieux, c\u2019est «/n and out», avec très peu de considération pour le patient.Tous deux ont vécu une certaine stigmatisation quant à leur situation sociale, parfois parce que l\u2019entourage n\u2019était pas au courant des difficultés et, d\u2019autres fois, venant même de leur propre médecin de famille.Des victoires quotidiennes Sarah Simmons et Laurence Ethier sont toutes les deux infirmières pour la clinique mobile de Médecins du Monde Canada.La première est infirmière responsable clinique depuis un peu plus de trois ans, tandis que la seconde est infirmière de proximité au Projet Montréal depuis le mois d\u2019août 2015.Ce projet, mis en place depuis plusieurs années, a pour but d\u2019améliorer les conditions de santé des plus démunis exclus des soins de santé avec la collaboration de plusieurs organismes communautaires.Et la clientèle qu\u2019elles rencontrent est multiple : des personnes en situation d\u2019itinérance aux travailleuses du sexe, en passant par les autochtones, les migrants et les personnes aux prises avec un problème de toxicomanie, de santé mentale ou d\u2019alcoolisme.« Ce sont des personnes qui ont difficilement accès au système de santé, explique Laurence Ethier, qu\u2019elles aient ou non leur carte d\u2019assurance maladie.Parfois elles n\u2019ont pas accès au système de santé ou n\u2019y vont pas parce qu\u2019elles se sentent jugées ou simplement mal à l'aise.» Abcès, problèmes cutanés, fractures, hypertension, traumatisme à la tête ou problème de consommation ne sont que quelques exemples des problèmes de santé rencontrés par les deux infirmières.«Souvent, ils viennent nous voir grâce au bouche-à-oreille, ajoute Sarah Simmons, mais le plus gros travail d'approche est effectué par nos partenaires ».Si l\u2019accueil de la clinique mobile est généralement positif, il arrive cependant que certains préjugés restent tenaces.« Il peut y avoir des personnes qui nous interpellent pour comprendre ce que l'on fait et d'autres qui s\u2019inquiètent de voir du matériel d\u2019injection parce qu\u2019elles ignorent l'existence de ce qu\u2019est la réduction des méfaits**.Mais, il ne s\u2019agit que de méconnaissance », pense Laurence Ethier.L\u2019infirmière conclut en confiant une rencontre qui l\u2019a particulièrement touchée, comme celle de Joanie*, qui n\u2019avait pas été depuis plus de 15 ans dans une clinique et pensait avoir l\u2019hépatite C sans l\u2019avoir confirmé.« On a fait le test ensemble, depuis elle est suivie puisque le test s\u2019est avéré positif.Mais c\u2019était touchant parce que l\u2019intervention est passée de la méfiance à un réel lien de confiance qui s\u2019est établi.» Avec ce système d\u2019approche et cette vision des soins, le libre arbitre des personnes exclues du système de santé traditionnel est donc favorisé.La clinique mobile a tout de même certaines limites, en ce sens où elle ne peut remplacer, dans le cas d\u2019un problème de santé grave, les urgences ou le diagnostic médical.C\u2019est à ce moment-là qu\u2019elle fait le pont avec le réseau de la santé et des services sociaux (RSSS).Un accompagnement qui facilite une meilleure connaissance des problèmes de santé afin de miser sur leur prévention.¦ * Noms d'emprunt ** Approche selon laquelle une série de stratégies pratiques et interventions sont mises en place afin de réduire les conséquences négatives de la consommation de drogue.msTt Engagez-vous, suivez nous ! 7099 fois merci y 3080 fois merci Vft 11\tAbonnez-vous à la chaîne 1UU\tGroupe l'Itinéraire 15 juin 2016 | ITINERAIRE.CA 19 Youpiii iÿiiiiiiii! Transport gratuit du 21 juin au 28 août pour les 6 à 11 ans* * stm.info/sortiesenfamille MOUVEMENT COLLECTIF * CERTAINES CONDITIONS S\u2019APPLIQUENT 5 juin 201 6 I ITISERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Souvenirs du parc Belmont Le parc Belmont a ouvert ses portes en 1923.En 1979, j\u2019ai travaillé là pendant un été.C\u2019était mon tout premier emploi.J\u2019ai d\u2019abord fait le balai, puis la billetterie, pour être ensuite assigné à laisser passer les gens aux manèges.J\u2019ai aimé ce dernier poste, où je faisais monter les gens, mais j\u2019ai ensuite été muté à l\u2019entretien des manèges.Pour savoir ce qu\u2019il en était, et on l\u2019avait peut-être demandé aussi, on nous faisait essayer les manèges.Je me souviens avoir eu la peur de ma vie dans le téléphérique, qui donnait à un certain moment l\u2019impression de plonger dans l\u2019eau ! Il faut dire que j\u2019avais le cœur sensible.J\u2019ai aussi fait les marteaux et les montagnes russes.Dans tous les cas, j\u2019étais toujours très étourdi.C\u2019était un Disneyland, à Montréal ! Une merveille, de manèges et autres divertissements.Le site était magnifique; dans un grand parc, sur le bord de la rivière des Prairies.Le jour on voyait passer des bateaux.Beaucoup de gens venaient là.On rencontrait souvent des artistes québécois, et même parfois des vedettes américaines ! Les journées étaient difficiles; on commençait à midi et on terminait à onze heures le soir.Ces longues journées d\u2019été, où la chaleur était amplifiée par le béton qui était partout, étaient très exigeantes.On méritait bien la bière qu\u2019on prenait en fin de journée, à la taverne d\u2019en face.On ne s\u2019ennuyait pas, à travailler là.En plus des manèges, il y avait aussi des spectacles de musique, des clowns qui amusaient les enfants, et que dire de « la grosse femme du parc Belmont », dont on se souvient pour son grand rire ! C\u2019est une chance que j\u2019ai eue de travailler là, et j\u2019en garde des très bons souvenirs, entre autres, de ce gros AHAHAH de la grosse femme ! MAXIME VALCOURT CAMELOTTHÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE Échec de ma demande de suspension du casierjudiciaire J\u2019ai fait une demande de suspension de mon casier judiciaire il y a deux ans, afin de faire effacer mes antécédents et de trouver de meilleurs emplois.Malheureusement, ma demande a été refusée à cause d\u2019une erreur que j\u2019ai commise en 2012.Je me suis fait arrêter par la police, soi-disant pour facultés affaiblies.Ils m\u2019ont fait passer l\u2019ivressomètre, qui n\u2019était qu\u2019à 0.04.Ils m\u2019ont quand même fouillé et ont trouvé une petite quantité de marijuana sur moi.J\u2019ai été par la suite acquitté par la cour, mais cela a fait en sorte qu\u2019on a refusé ma demande de suspension.Je vais à nouveau essayer cette année de faire une demande pour obtenir un dossier de bonne conduite.Je pourrais enfin me servir de mon secondaire 5, que j\u2019ai terminé depuis 1995.J\u2019obtiendrais également tous les avantages d\u2019avoir un dossier de bonne conduite, à commencer par de meilleurs emplois, mais aussi avoir un passeport, un permis de chasse et pêche, etc.J\u2019espère qu\u2019on ne va pas me refuser ma demande pour les mêmes raisons, d\u2019autant que je n\u2019ai fait aucun délit depuis ma dernière demande.Il y a eu également un changement de gouvernement, cela va améliorer mes chances parce que les conservateurs sont moins conciliants avec les gens qui ont des dossiers.J\u2019espère que le processus ne sera pas trop long et trop coûteux, car les droits de services coûtent à eux seuls 631 $.J\u2019ai déjà payé pour les renseignements de la cour, de la GRC et de la SQ, ce qui a coûté plusieurs centaines de dollars.Je crois que j\u2019ai fait tous les efforts nécessaires pour enfin mériter la suspension de mon dossier.Je souhaite que d\u2019autres qui ont des dossiers puissent s\u2019en sortir également.STEVE SAINT-YVES K CAMELOT MÉTRO RADISSON La pauvreté Il y a beaucoup d\u2019itinérants qui quêtent à Montréal, surtout dans le métro et dans les rues.La plupart n\u2019auraient pas besoin de quêter s\u2019ils avaient plus d\u2019aide des différents organismes pour lutter contre la pauvreté qui est causée surtout par la drogue et l\u2019alcoolisme.Bien souvent, les itinérants sont laissés à eux-mêmes.Ils se laissent aller.Ils n\u2019ont plus la volonté de s\u2019en sortir.Il y a aussi les gens qui font tout pour se libérer de la pauvreté, mais qui restent pauvres parce qu\u2019ils n\u2019ont pas de chance et vivent l\u2019injustice avec des employeurs trop difficiles, qui ne leur font aucunement confiance.C\u2019est de la faute aussi de beaucoup de personnes qui sont jalouses.Au lieu de les encourager, ils veulent les détruire.Un exemple d\u2019organisme pouvant aider les personnes dans le besoin est L\u2019Itinéraire.Ce dernier encourage les gens qui veulent s\u2019en sortir et qui sont dans le besoin.En effet, il offre des possibilités d\u2019emplois, tel que camelot pour vendre le magazine.De plus, via la revue, il permet aux gens de donner leur opinion et de parler de leurs expériences vécues.Pour ma part, cet organisme m\u2019a également permis de rencontrer des personnes avec qui je peux partager mon amitié et raconter ma journée ! Cela me permet de sortir de chez moi et fait en sorte que je suis moins gênée qu\u2019auparavant.Depuis, j\u2019ai plus confiance en moi.LUCETTE BÉLANGER y CAMELOT PLACE VALOIS Paradis fiscaux \u202262 individus gagnent autant Clique la moitié de l'humanité ! .lain Deneault est ambassadeur de la campagne À égalité,i I d'Oxfam Québec.Le 6 mai dernier, l'organisation vouée ¦ à la coopération et à la solidarité internationale avaitl I simulé un voyage en bus à destination de Panama City.es grandes entreprises vivent en société quand elles y trouvent leur compte, mais arrivent toujours à se soustraire aux contrainteskv Kli\ti\t\"0 \u2019 T 't\t \t\tVÏYffa ri 1 Vil ¦ h ri \t\t \t\t \t\t \t\ti\t''ST \t\t Alain Deneault est un philosophe qui s'intéresse plus particulièrement à l'économie et à la criminalité Financière.On l'a vu entre autres à Tout le Monde en Parle dans la Foulée du scandale des « Panama Papers », qui a coïncidé avec la sortie de son dernier ouvrage expliquant et dénonçant les paradis Fiscaux et la législation de complaisance.Le spécialiste a accepté de rencontrer L'Itinéraire pour nous aider à y voir plus clair.Qu\u2019est-ce qu\u2019un paradis fiscal ?Un paradis fiscal, c\u2019est comme une voie en demi-lune qui permet aux voitures de luxe de contourner les postes à péage.Les paradis fiscaux mettent à mal nos institutions publiques, les déstructurent.C\u2019est à cause d\u2019eux que nos gouvernements disent manquer de ressources et ne pas pouvoir s\u2019attaquer aux grands problèmes du siècle.Comment ça fonctionne ?Pour simplifier, c\u2019est comme si au Canada, nous mettions tous nos titres de propriété dans une bulle de verre en disant que tout ça ne répond pas aux lois de notre pays.Les paradis fiscaux, ce sont des pays qui légifèrent sur des activités qui ont lieu en dehors de chez eux.Un peu à l\u2019image des ambassades, ce sont des petits bouts de territoire qui répondent à la souveraineté d\u2019un autre gouvernement.Repère D\u2019après le Larousse, un paradis fiscal est « un pays qui fait bénéficier d'avantages fiscaux les non-résidents qui y placent des capitaux ».Si la notion ne fait pas l\u2019objet d\u2019une définition législative, l\u2019Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a établi trois critères pour définir un pays de paradis fiscal : \u2022\tDes impôts insignifiants ou inexistants \u2022\tL\u2019absence de transparence sur le régime fiscal \u2022\tL\u2019absence d\u2019échanges de renseignements fiscaux avec d\u2019autres Etats La Barbade est un pays minuscule, les grandes banques du monde arrivent et disent au gouverneur : « Tu vas nous voter les lois qu\u2019on veut, voici ces lois.En échange, on te donne une Rolls-Royce, un compte blindé d'argent et une villa.» Les peuples de ces petits pays en souffrent car ils ne recueillent aucun impôt des entreprises étrangères implantées chez eux, et ils doivent payer plus cher en droit de douane les produits qu\u2019ils consomment.Qu\u2019est-ce que l\u2019affaire des Panama Papers ?Les Panama Papers viennent d\u2019un inconnu très calé en informatique qui a eu accès aux archives du cabinet d\u2019avocats Mossack Fonseca et qui a décidé de tout révéler à un consortium de journalistes d\u2019enquête.Au total, 11,5 millions de fichiers confidentiels sur les clients de cabinets ont été dévoilés.Tous les grands médias du monde ont décidé de sortir l\u2019information au même moment, ce qui a créé un buzz international.Chaque journaliste a révélé quelque chose sur les ressortissants du pays qu\u2019il représente.C\u2019est la quatrième vague de divulgation d\u2019informations sur les paradis fiscaux.Ce sont des lanceurs d\u2019alerte qui nous permettent de reconstituer ce qui se passe dans ces paradis fiscaux, parce que par définition on ne sait pas ce qui s\u2019y passe, tout y est opaque.C\u2019est grâce à ces fuites qu\u2019on arrive à reconstituer ce qui se passe derrière le mur.Mais à un certain moment, il va falloir s\u2019attaquer aux sources du problème plutôt qu\u2019à des exemples particuliers.Comment agissent les multinationales ?Les multinationales sont des entités fractionnées en des centaines voire des milliers de petites entreprises qui se facturent entre elles, ce qui fait qu\u2019il est pratiquement impossible de les imposer sur leur profit global.Il n\u2019y a pas une seule entreprise Coca-Cola ou McDonald\u2019s, mais une myriade d\u2019entités qui échangent entre elles.La moitié des transactions mondiales concernent des activités à l\u2019intérieur des mêmes compagnies, qui déjouent l\u2019impôt de cette façon.Par exemple, Google se facture à lui-même l\u2019utilisation de son nom et de son logo à une autre entreprise qui lui appartient et qui est située dans les Bermudes.A quoi rime la loi lorsqu\u2019elle ne s\u2019applique qu\u2019aux plus pauvres ?Au Canada, pour les individus, placer son argent dans les paradis 22 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 Les solutions d\u2019Alain Deneault fiscaux est interdit, mais pour les entreprises c\u2019est légal.Ce qui fait qu\u2019une entreprise habile peut éviter de payer tous les impôts légalement.Il y a toutes sortes de règles qui permettent aux entreprises de rapatrier des fonds sans payer d\u2019impôts sous prétexte qu\u2019elles ont été imposées à 0,25 % dans un pays étranger.Que fait le Canada contre les paradis fiscaux ?Lutter contre les paradis fiscaux, s\u2019attaquer aux grandes entreprises, aux têtes dirigeantes, à l\u2019establishment souvent très proche des partis au pouvoir, ça implique un courage politique.Tous les pays de l\u2019OCDE ont un revenu d\u2019imposition sur les entreprises plus élevé que celui du Canada.C\u2019est rendu que les sociétés américaines transfèrent leur siège social au Canada pour payer moins d\u2019impôts, et à ce que je sache, les Etats-Unis ne sont pas une république socialiste.Le Canada favorise le recours aux paradis fiscaux.Quand les particuliers se font prendre, on négocie leurs sanctions à la baisse et ils n\u2019ont même pas d\u2019amendes à payer.Que pourrait faire le Québec ?Le Québec ignore peut-être qu\u2019il pourrait faire la lutte aux paradis fiscaux.Depuis Maurice Duplessis, on remplit une déclaration d\u2019impôts au niveau provincial et on est les seuls au Canada à le faire.On est donc les seuls à percevoir les impôts qui concernent notre budget, ce qui veut dire que le Québec est autonome fiscalement et qu\u2019il n\u2019a pas à respecter les ententes que le Canada signe avec les paradis fiscaux sur un plan diplomatique.Le Québec pourrait très bien ignorer les ententes diplomatiques du Canada avec la Barbade où les entreprises canadiennes envoient 72 milliards de dollars, et imposer les sociétés sur ce capital, mais il ne le fait pas.Même les acteurs politiques québécois ne sont pas conscients de ce pouvoir qu\u2019ils ont.Combien d\u2019argent est perdu ?C\u2019est la grande question.Parce que les paradis fiscaux sont opaques et protégés par le secret bancaire, on ne sait pas combien d\u2019argent les entreprises canadiennes y ont caché.Statistique Canada dit que les entreprises ont investi 200 milliards de dollars dans les paradis fiscaux, mais c\u2019est probablement beaucoup plus que cela.D\u2019ailleurs, Statistique Canada est dépendant de l\u2019information que veulent bien fournir les entreprises et on comprend qu\u2019elles ne vont pas aller s\u2019en vanter publiquement.En plus, cette somme est virtuelle et très difficile à chiffrer, ce n\u2019est pas de l\u2019argent immobilisé dans des infrastructures mais de l\u2019argent qui voyage constamment.¦ Collaboration entre les États Il faudrait que tous les Etats agissent de façon concertée, à peu près en même temps.Mais le Canada peut commencer par balayer devant sa porte et mettre fin aux ententes qu\u2019il a signées avec les paradis fiscaux.Au niveau international, on pourrait avoir un impôt sur le bilan consolidé.L\u2019ONU pourrait créer une sorte d\u2019organisation mondiale de la fiscalité et imposer les multinationales sur la somme de leurs bénéfices.Ensuite, on redistribuerait l\u2019impôt en fonction de l\u2019activité réelle de ces sociétés dans chacun des pays.Révision des accords de libre-échange On pourrait interdire toute transaction dont on ne connaît ni la provenance, ni la destination.Sans tous ces accords de libre-échange que le Canada a signés, on pourrait dire qu\u2019il n\u2019est pas question d\u2019acheter des produits qui n\u2019ont pas été créés dans des conditions de travail similaires à celles du Canada.Ce qui interdirait par exemple le travail des enfants ou les « ateliers de misère ».Ce ne serait pas très difficile puisque ces normes existent déjà au niveau international, mais elles ne sont pas appliquées par les Etats.Il faudrait ajouter un volet social à tous les accords de libre-échange qui ont été signés.Accès à l\u2019information Il existe à Bruxelles et au Luxembourg des chambres de compensation qui sont comme les « boîtes noires » de la finance mondiale.Tout l\u2019argent qui circule dans le monde est tracé, répertorié dans ces chambres.Les Etats pourraient chercher à avoir la main sur ces informations.Mobilisation populaire Les solutions aux paradis fiscaux ne sont pas techniques, elles sont politiques.Si les Etats-Unis laissent des pays minuscules légiférer sur leur activité économique, c\u2019est qu\u2019ils y trouvent un avantage.La seule chose qui a fait avancer le dossier des paradis fiscaux jusqu a présent, c\u2019est la mobilisation populaire.La prise de parole des journalistes aussi, mais ce sont deux choses qui fonctionnent ensemble.Les mouvements politiques d\u2019émancipation ont toujours été des moments où le peuple s\u2019intéressait à l\u2019impôt, quand il commençait à compter pour voir quoi revenait à qui.V\tJ Extrait Lorsqu'on attend un autobus 40 minutes dans le froid, c'est à cause des paradis fiscaux.Lorsqu'un hôpital met un an et demi à procéder à une intervention chirurgicale pourtant urgente, c'est à cause des paradis fiscaux.Lorsqu'une commission scolaire supprime le programme d'aide aux devoirs, lorsqu'un centre d'aide aux toxicomanes ferme, lorsqu'un viaduc s'effondre faute d'entretien, lorsqu'une télévision d'Étatsupprime son servi ce d'in form ations intern ationales, c 'est à cause des paradis fiscaux.escroquerie légalisée Essai Une escroquerie légalisée Précis sur les « paradis fiscaux » Alain Deneault Édition Écosociété - 2016, 128 pages 23 15 juin 2016 | ITINERAIRE.CA L'État ne se donne pas les moyens d'être un acteur central de l'organisation de la vie publique DANS LA TETE DES CAMELOTS La famille en priorité C\u2019est une bonne question.Si j\u2019étais millionnaire, je ferais un don à Passages qui est un organisme d\u2019hébergement et d\u2019insertion offrant à des jeunes femmes en difficulté une alternative à la rue et à l\u2019exclusion.C\u2019est un organisme qui m\u2019a beaucoup aidée, de même que L\u2019Itinéraire aujourd\u2019hui.Je tenterais aussi d\u2019améliorer ma condition de vie; j\u2019habiterais dans un meilleur endroit, un peu plus luxueux, car actuellement je n\u2019aime pas mon logement.C\u2019est sûr que j\u2019aiderais ma famille, ma mère, ma soeur qui en arrache en étant monoparentale, mon père bipolaire qui n\u2019est pas bien soigné et moi qui est épileptique.J\u2019offrirais de meilleurs spécialistes des « tops du top », pour mon père un peu délirant et pas stable ; il est aussi sous curatelle.Alors je penserais à eux, c\u2019est clair! De mon côté, je me payerais une femme de ménage ainsi qu\u2019un cuisinier.Je m\u2019habillerais avec de plus beaux vêtements.Je me payerais un coach d\u2019entrainement pour pouvoir maigrir.Je verrais un dentiste pour un implant dentaire qui coûte trop cher pour moi.J\u2019aimerais également voyager en France et en Egypte pourvoir les pyramides ! CINDY TREMBLAY CAMELOT 27e AVENUE / BEAUBIEN Éliminer la dette des pays défavorisés J\u2019effacerais la dette des pays défavorisés en Amérique du Sud car ce sont nos voisins et les premiers concernés, mais en même temps j\u2019aurais tendance à penser aux communautés amérindiennes ici au Québec.Je rachèterais les terrains et je leur dirais : « c\u2019est à vous, la terre ».On les a dépossédés de leur vie en faisant de l\u2019exploitation minière et pétrolière et c\u2019est en train de contaminer leur eau, leurs terres et leurs animaux.Le sort des Amérindiens me touche particulièrement car ce sont mes frères.Je considère que ce sont les peuples qui étaient ici avant nous et on leur doit respect car on a tous des ancêtres amérindiens.ALAIN LEPAGE CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO ST-JOSEPH/ 1 6E AVENUE ET PHARMAPRIX MASSON /13E AVENUE À la rescousse des animaux J\u2019investirais dans un organisme comme L\u2019Itinéraire ou pour les sans-abri.Je ferais un refuge pour que les démunis puissent passer la journée et les nuits, sans que l\u2019établissement les mettent dehors à 6 h du matin comme dans la plupart des refuges.Je l\u2019investirais pour les animaux et je fermerais Le Berger Blanc qui selon moi ne traite pas bien les animaux.Quand ils sont décédés, ils s\u2019en débarrassent comme si c\u2019était de vieux déchets.Alors, j\u2019ouvrirais un organisme semblable mais qui aurait un plus grand respect pour les animaux.Partager la riche s sa L\u2019évasion fiscale de même que la corruption mondiale sous toutes ses formes, du détournement d\u2019argent public au blanchiment d\u2019argent, sont l\u2019un des problèmes les plus injustes et corrosifs de notre époque.Le dernier rapport d\u2019Oxfam montre que les 62 personnes les plus riches possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la planète.Nos camelots vous partagent ce qu\u2019ils feraient si ces montants faramineux d\u2019argent étaient les leurs.Adopter un enfant J\u2019en garderais pour moi comme tout le monde le ferait, mais j\u2019aiderais surtout les gens près de moi, ma famille, en leur achetant une maison.Je choisirais un organisme comme L\u2019Itinéraire pour faire un don ou aider les femmes et les enfants.Un de mes rêves est d\u2019adopter un enfant, peu importe la race, pour subvenir à ses besoins, son bien-être et lui montrer une vraie vie de famille.Je serais sévère pour sa protection car je ne voudrais pas qu\u2019il passe par le même chemin que moi et qu\u2019il vive dans la drogue.Je vais avoir 54 ans cet été et je n\u2019ai jamais pu concrétiser ce rêve car je vivais dans la misère.Ce serait un effort de solidarité pas juste pour Montréal et le Québec, mais pour le monde entier.Mais on n\u2019a pas besoin d\u2019être millionnaire pour sauver la vie d\u2019un enfant.J\u2019aimerais aussi avoir mon propre studio de musique pour pouvoir faire du mixage comme un DJ.MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO JOLIETTE ET MANSFIELD / RENÉ-LÉVESQUE Sauver les démunis Moi, j\u2019aiderais les plus démunis parce que je trouve ça impitoyable ce que font subir les riches aux pauvres ; ils les ignorent.Je leur donnerais des outils pour s\u2019en sortir et aider le peuple à se reprendre en main et se guérir de leurs problèmes soit de drogues ou de boisson.Je ne laisserais pas les gens s\u2019appauvrir et dépérir, je ferais de bonnes oeuvres car le monde est assez compliqué de même.FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL/ MENTANA DOMINIC MERCIER CAMELOT PAPINEAU/RACHEL Devenir président d'une manufacture Je voudrais partir en affaire et avoir un commerce à mon nom, comme une manufacture de linge ou bien un garage pour vendre de l\u2019essence, car il y a de l\u2019argent à faire.Je travaillerais car je ne suis pas capable de rester assis à rien faire.Je serais président d\u2019une manufacture de linge car s\u2019habiller est un besoin que tout le monde a, que ce soit des manteaux, des jeans, des vêtements bon marché ou bien griffés ; je pourrais en fabriquer pour les gens gravement malades comme ceux qui souffrent de la sclérose en plaques.RICHARD TOUZIN CAMELOT MÉTRO PLACE-DES-ARTS Un manoir pour les personnes âgées Je donnerais aux pauvres qui vivent de l\u2019aide sociale afin de les aider à mieux vivre, car on voit que tout a augmenté, par exemple le prix des loyers et de la nourriture.Je m\u2019occuperais des personnes âgées en leur faisant construire des sortes de HLM transformés en condos pour les familles et les personnes seules.Sur le plan personnel, je m\u2019achèterais une maison et une camionnette pour pouvoir assurer le transport des personnes âgées autonomes pour lesquelles je ferais bâtir un grand manoir sur un terrain en campagne, peut-être près de Saint-Hyacinthe, car c\u2019est un endroit tranquille.JOHANNE BESNER CAMELOT MAISON RADIO-CANADA Construire des écoles au Pérou J\u2019aimerais encourager des oeuvres caritatives, comme faire un don à L\u2019Itinéraire.Aussi, un don à L\u2019Atelier, un organisme de réinsertion sociale par l\u2019apprentissage des métiers d\u2019art de personnes vivant avec des problèmes de santé mentale.Ou encore, un don à l\u2019organisme communautaire en lutte au décrochage scolaire REVDEC.Ces organismes m\u2019ont énormément aidée et c\u2019est important pour moi de rendre la pareille.Je pourrais aussi payer mes dettes de 24 0 00$ de prêts et bourses.Je voudrais aussi voyager en Europe ou encore faire de l\u2019aide humanitaire au Pérou car c\u2019est un pays qui m\u2019intéresse par sa culture.Je pourrais contribuer financièrement à la construction d\u2019hôpitaux, d\u2019écoles et de maisons.Je trouve important de redonner ce qu\u2019on m\u2019a donné dans la vie.ISABELLE RAYMOND CAMELOT LAURENDEAU/BlENCOURT L'environnement J\u2019investirais l\u2019argent en plus dans ce qui n\u2019est pas nécessairement payant à court terme, mais qui profite à long terme : l\u2019environnement.Il faut diminuer la pollution ! Je voudrais qu\u2019il y ait plus de voitures électriques fabriquées ici, parce qu\u2019on a des grosses lacunes à ce niveau.Les plus riches se foutent pas mal, je crois, que les villes soient des poubelles à ciel ouvert.J\u2019investirais aussi dans le logement, je stimulerais le développement en région parce que la ville c\u2019est un tue-monde.BENOÎT CHARTIER CAMELOT MÉTRO RADISSON ET ONTARIO / BERCY \u2014pi \u2014 - - r \u2022 / :\u2022 \u2014 S»V * r*T~ r.»i-' - # aox WrEM&tre !->Nt C,OLlk&VE //a\t1 VfLg nr Jt ours tæver-jL-e È\u2019AhsL fS^rs Sa/irkjI CLL LE fli^SA zxm ÆÀ f&P-ACE Aux COURS \\ SR^RA Ï^Tlo/y A Afr&TS 5ty\u2019R Mtâ-mvz.PAR ISABELLE RAYMOND W?: - ri .SP'r._____________________________________' K^VTIt ^ Jrn l\"J\\ \\ Sts?j [.- \u2019./Kiifcsj .'\t\t\t\t\t¦ )(Kf\tj [' ¦\t! \t\t\tV\t\t' PROJET Errez là-dessus Ce projet d\u2019inclusion sociale a été réalisé par le collectif J'écris moi non plus et rendu possible grâce au concours d\u2019Exeko, des Editions de la Tournure, de Possibles Editions et de BAnQ.Après quinze ateliers d\u2019écriture et d\u2019édition, huit participants issus de différents organismes ont produit des textes, des illustrations, et ont imaginé de A à Z la conception de ce très bel ouvrage qu\u2019ils peuvent désormais vous vendre en personne.Trois participants-auteurs de L\u2019Itinéraire ont pris part au projet.Témoignages et extraits.On a choisi en commun le thème de l\u2019errance.Ça m\u2019a rappelé la période où je voyageais sur le pouce.A cette époque, j\u2019avais toujours un petit carnet de voyage avec moi, je notais des pensées et je faisais des croquis.Tôt ou tard Le brouillard infiltrera l\u2019horloge de mon corps Et le pendule Qui balance mon sort S\u2019amusera à tard et à travers à m\u2019cogner la tête d\u2019un tic tac de mémoires Où l'oubli en foire Se joue de moi SIOU CAMELOT MONT-ROYAL/ BORDEAUX J Quand le responsable de la formation des participants de L\u2019Itinéraire m\u2019a proposé de participer à un projet littéraire dont un des objectifs était de publier un zine, j\u2019ai sauté de joie.Mon enthousiasme découlait de mon besoin toujours plus pressant d\u2019intégrer la vie et ses manifestations.Quoi de plus efficace pour interrompre mon isolement qu\u2019un plongeon dans les échanges et les compromis indispensables à un collectif ?Dès notre première rencontre, les individus impliqués dans cette aventure livresque m\u2019ont inspiré confiance, par conséquent, j\u2019ai décidé d\u2019être sincère avec eux, de m\u2019affirmer tout en agissant dans notre intérêt commun.Vous me pensez peut-être vaniteuse, en lisant cela.Je ne prétends pas avoir facilité la réalisation de notre plan, j\u2019expose mon vœu d\u2019alors de la servir de mon mieux.D\u2019ailleurs, tous partageaient ce souhait.L\u2019expérience de J\u2019écris moi non plus, dont les décisions se sont prises dans la plus fructueuse harmonie, m\u2019a prouvé qu\u2019une approche anarchiste, en création, est viable.Les personnes du monde de l\u2019édition et de la médiation culturelle qui ont guidé notre errance ont fait preuve d\u2019une compétence et d\u2019une humanité exceptionnelles.Lors du lancement de notre recueil, certaines d\u2019entre elles ont versé quelques larmes ce qui, en plus de m\u2019étonner, m\u2019a permis de mesurer l\u2019ampleur de leur investissement dans nos pérégrinations.Le produit de nos efforts concertés me satisfait : il forme un ensemble cohérent et fidèle à nos délires.J\u2019espère que notre ouvrage, si vous nous faites l\u2019honneur de le parcourir, saura vous atteindre.______________________ ____________ vos yeux de soleil sur mes mots josée cardinal\tdissipent la nuit distributrice\tde mes errances \"N Carte postale Salut ma belle Cutlette.T\u2019as un drôle de nom, je sais, mais c\u2019est pas grave.Tes parents auraient dû te prénommer Clémentine, mais tu es américaine.Tu es francophile et ça aide à m\u2019enlever de ma pauvre tête tous les préjugés que j\u2019entretiens à propos des Américains néo-puritains.Je speak English moi aussi comme n\u2019importe quel autre crisse mais je fais souvent exprès et je prétends parfois ne pas en parler un traître mot, quand je croise des anglos de Montréal.Je me vois en train de succomber sous tes belles boucles blondes, ma chère Cutlette, et faire battre mon cœur fringuant de 35 ans inversés.Je t\u2019imagine coquine, curieuse, généreuse, drôle, passionnée de théâtre, de musique et de danse.Ici à Mourial, ces temps-ci, on meurt et on sue aussi, comme à New York ou à Vancouver, à cause d\u2019El Nino pas toujours jojo.J\u2019ai hâte de te revoir dans mes rêves et me perdre à bout de souffle dans tes yeux bleus azur.Mais je suis fatigué, il est trop tôt pour ma carcasse ronchonneuse, puisque je suis un oiseau de nuit, un vagabond errant comme ton pote Tom Waits.Le café ne me réveille pas vraiment alors je vais devenir un peu plou paresseux.Je vais de barler, d\u2019égrire dans un vranzais barrezeux, gar mes yeux veulent ze rebozer.Bizous, bizous, je veux dormir à des gôdés.NORMAN RICKERT CAMELOT MÉTRO OUTREMONT ET VAN HORNE/DOLLARD 32 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 IKIPEDI ¦>jiiLa jLUjt i i | M If 111 jyiii lir i F t fi SIS!!!!.Il III LI HIM Sir, 'll him; III! mill! 9 ¦ 111 m i] i in ¦ 11 « « L'Itinéraire maintenant à Longueuil ! I ^ .,-tiw am CARREFOUR PAR GENEVIÈVE BERTRAND À partird'aujourd'hui, L\u2019Itinéraire sera disponible à Longueuil.Bien plus que la vente du magazine pardes camelots, il s'agit d'une initiative qui va améliorer la vie des gens.Ce qui réjouit tant Caroline Saint-Hilaire, la mairesse de Longueuil, que les organismes de la ville montérégienne.Depuis plusieurs années, notre chef du développement social, Shawn Bourdages, caressait l\u2019idée d\u2019ouvrir le territoire longueuil-lois à L\u2019Itinéraire.En 2015, il contacte Marco Carpinteyro, coordonnateur de la Table d\u2019itinérance Rive-Sud (TIRS) pour tâter l\u2019intérêt de l\u2019organisme de concrétiser ce projet.« Après une réponse initiale fort enthousiaste de sa part, nous avons fait équipe », indique Shawn Bourdages.« Longueuil est une ville avec une densité intéressante, facile d\u2019accès vu l\u2019emplacement de L\u2019Itinéraire.Et, comme dans presque toutes les municipalités du Québec, il y a des gens qui peuvent bénéficier de ce genre d\u2019initiative pour améliorer de façon concrète leur qualité de vie.L\u2019Itinéraire ce n\u2019est pas juste un magazine, c\u2019est une philosophie d\u2019inclusion sociale et économique », poursuit Shawn Bourdages.Il mentionne par ailleurs « l\u2019accueil extraordinaire que Marco et moi avons eu de la part des membres du cabinet de la mairesse, Josée Beaudin et Éric Beaulieu, lors de notre rencontre, j\u2019ai senti une grande ouverture de leur part et une volonté de nous appuyer très concrètement dans l\u2019implantation du magazine à Longueuil ».Pauvreté à Longueuil L\u2019itinérance laisse des traces d\u2019exclusion sociale même dans la région longueuilloise.« Les citoyens de Longueuil ne les remarquaient pas avant, mais les personnes sans domicile fixe sont de plus en plus visibles dans les rues plus achalandées comme la rue Saint-Charles du Vieux-Longueuil, au terminus du métro de Longueuil et près des centres d'achat, note Marco Carpinteyro, coordonnateur de la TIRS.De plus, la Ville de Longueuil, son service de police de l'agglomération ainsi que le réseau de la santé collaborent plus étroitement avec notre regroupement puisque ils reconnaissent que le problème de l'itinérance et de l\u2019extrême pauvreté est bien présent dans notre territoire.» Pourquoi ce partenariat entre TIRS, L\u2019Itinéraire et la Ville de Longueuil est-il si important ?« Nous aurons un outil de plus pour faire de la réinsertion sociale des personnes participantes, en plus de faire la de sensibilisation auprès des citoyens de Longueuil sur le phénomène de la pauvreté.On pourra aussi faire valoir le bon travail de nos multiples membres et partenaires, dit M.Carpinteyro.La TIRS et la Ville de Longueuil reconnaissent aussi que le modèle de L'Itinéraire est professionnel et bien reçu par les citoyens.Ce fut bien facile de travailler le partenariat avec L'Itinéraire.Ce sont ces sortes de projets que la TIRS souhaite développer davantage dans notre région.» Pour la mairesse, Caroline Saint-Hilaire, l\u2019initiative de vendre L\u2019Itinéraire à Longueuil est une excellente nouvelle.« je suis persuadée que cette initiative captera l\u2019attention des Longueuilloises et Longueuillois et qu\u2019ils seront nombreux à l\u2019adopter, précise-t-elle, je sais que pour les camelots, la distribution de cet ouvrage est une source directe de revenus.Quelle extraordinaire initiative pour participer au mieux-être des personnes vulnérables qui vivent en situation d\u2019itinérance.» Selon la mairesse, la population devrait réagir positivement à l\u2019arrivée de camelots de L\u2019Itinéraire dans les espaces publics.« Les citoyens de Longueuil seront assurément accueillants et intéressés par le contenu riche et diversifié que propose le magazine.Afin de faciliter la connexion entre le lecteur et le camelot, nous nous sommes assurés de cibler des endroits stratégiques pour la vente du magazine, soit le Parc St.Mark et à la Place Charles-Lemoyne, à la sortie du métro de Longueuil.L\u2019Itinéraire pourra donc profiter d\u2019une belle visibilité et de l'affluence des passants à ces endroits », conclut la mairesse.¦ Caroline Saint-Hilaire 15 juin 2016 I ITINERAIRE.CA 33 80 000 nuitées dans les refuges PUBLIREPORTAGE \tJf\t\tic\tK* /\til .1 \tUne fréquentation sans précédent\t\t\t\t PAR PIERRE GAUDREAU - COORDONNATEUR DU RAPSIM Quand les hôteliers dévoilent des chiFFres de Fréquentation à la hausse de l'occupation de leur établissement, il s'agit d'une bonne nouvelle pour l'économie dont il Faut se réjouir.Quand les chiFFres compilés par la Ville de Montréal indiquent que l'hiver dernier, les ressources d'hébergement pour Femmes et pour hommes sans-abri ont dû oFFrir un nombre sans précédent de nuitées, il Faut s'inquiéter.C\u2019est une hausse record qui a été constatée alors que le nombre de nuitées est passé de 73 250 nuitées à 80 768, en hausse de plus de 10 % dans les ressources pour hommes et de plus de 7 % dans celles pour femmes.Ces chiffres sont ceux de ressources d\u2019hébergement d\u2019urgence de type refuge, mais n\u2019en incluent pas certaines, dont les ressources d\u2019hébergement court et moyen terme pour femmes et jeunes en difficulté.Cette augmentation majeure des nuitées, qui est en partie due à une augmentation du nombre de places, va de pair avec des constats et des données que l\u2019itinérance est en croissance ailleurs que dans les refuges d\u2019urgence.Les ressources d\u2019hébergement pour femmes vivent un débordement depuis des années.De nombreux quartiers constatent aussi la présence nouvelle ou accrue de personnes en situation d\u2019itinérance.Pourquoi cette hausse ?L\u2019itinérance n\u2019a pas qu\u2019une seule cause.Les personnes qui cognent à la porte des refuges y sont certes parce quelles n\u2019ont plus de toit, sont souvent sans revenu et rarement avec un emploi.Les problèmes de santé mentale et/ou de toxicomanie sont des facteurs importants ayant conduit à la rue pour plusieurs, mais pas pour tous.Un vécu de violence est une caractéristique importante, particulièrement pour les femmes, alors que plusieurs ont aussi un parcours de vie marqué par un passage dans le réseau de protection de la jeunesse.Toutes ces causes sont bien connues et documentées et font partie des axes d\u2019actions prévues par la Politique nationale de lutte contre l\u2019itinérance - Ensemble pour éviter la rue et en sortir, adoptée il y a plus de deux ans en février 2014.Depuis ce temps, le gouvernement du Québec multiplie les actions contraires à celles prescrites par la Politique augmentant le risque de l\u2019itinérance et réduisant le potentiel d\u2019en sortir.La réduction de moitié du budget pour des nouveaux logements sociaux, les coupures effectuées et annoncées à la sécurité du revenu, les réductions dans les services sociaux font mal à une grande partie de la population.Pour les personnes au pas de la rue, ces réponses en moins peuvent faire basculer vers celle-ci.Au niveau des organismes en itinérance, l\u2019hiver dernier était le premier vécu avec une réduction majeure des interventions suites au virage vers le Housing First de l\u2019aide fédérale.Une cinquantaine d\u2019organismes ont perdu, totalement ou en grande partie, le soutien apporté par Ottawa à leur action de prévention ou réduction de l\u2019itinérance.Des milliers de personnes se retrouvent sans aide, augmentant leur risque d\u2019itinérance ou aggravant celle-ci.Un virage s\u2019impose Il est urgent que cessent les mesures d\u2019austérité du gouvernement du Québec qui frappent les politiques sociales, car elles ne font que contribuer à la pauvreté et à la détresse.Il est urgent aussi que le gouvernement fédéral rétablisse une approche globale dans le soutien à la lutte à l\u2019itinérance.Le 17 mai dernier, c\u2019est à l\u2019unanimité que le conseil municipal de Montréal a appuyé cette demande du RAPSIM que les nouveaux fonds de 10 millions $ annoncés par Ottawa soutiennent les diverses actions et immobilisations nécessaires pour prévenir et réduire l\u2019itinérance.¦ Une hausse inquiétante \t\t Année\tNombre de nuitées\tNombre de places Hiver 2014-2015\t7215\t69 Hiver 2015-2016\t7788 (+7,9%)\t74 \t\t Année\tNombre de nuitées\tNombre de places Hiver 2014-2015\t66 035\t654 Hiver 2015-2016\t72 980 (+10,5%)\t734 \t\t \t\t \t\tB 34 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 ¦PHOTO : AMM EN TO R P ( 12 3R F; Soleil de plomb COMPTES A RENDRE PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT L'arrivée de l'été représente pour nombre d'entre nous une période moins éreintante.Rythme ralenti au travail, vacances plus ou moins longues, activités de plein air, lecture et siestes dans le jardin.Mais, pour un nombre grandissant de travailleuses et de travailleurs, la belle saison est synonyme d'anxiété et de stress.De plus en plus de personnes voient leurs conditions de travail se détériorer, et les mois d'été empirent les choses.Ces dernières années, depuis vingt ans environ, une proportion de plus en plus importante de travailleuses et de travailleurs connaissent une plus grande précarisation de leur situation.Cette dégradation prend deux formes principales.Le travail dit « autonome » gagne du terrain année après année.En très grande partie, parce qu\u2019on y voit là une forme de libération.Pas de patron, pas d\u2019horaire, pas coincé dans le trafic ou dans le métro à l\u2019heure de pointe.Le revers de la médaille, c\u2019est l\u2019incertitude, c\u2019est ce contrat qu\u2019on échappe, c\u2019est être malade une semaine qui nous fait perdre le quart de nos revenus du mois, c\u2019est n\u2019avoir aucune idée de ce qu\u2019on aura devant soi dans six mois, au mieux.C\u2019est surtout ne pas avoir le choix.Embrasser la vie de pigiste est la plupart du temps une contrainte, car l\u2019organisation des entreprises est de plus en plus éclatée.Elles recourent davantage à la sous-traitance, autant d\u2019entreprises four-nisseuses que d\u2019êtres humains, afin de minimiser leurs risques et leurs contraintes, notamment celles liées aux normes du travail.La question est peu documentée, mais de nombreuses histoires individuelles montrent qu\u2019un nombre de plus en plus important d\u2019entre elles se départissent de départements complets pour en confier la production à des pigistes ou à des sous-traitants.Maux de l'ame Parallèlement, sont aussi nombreux celles et ceux qui occupent un emploi traditionnel, mais dont on presse le citron de plus en plus.J\u2019ai écrit dans cette chronique à quelques reprises au sujet des problèmes de santé mentale qui explosent en entreprise.Il n\u2019y a pas si longtemps, la majorité des absences motivées au travail relevaient de problèmes physiques : maux de dos, entorses et tendinites diverses.Aujourd\u2019hui, ce sont plutôt les maux de l\u2019âme, comme on disait autrefois, qui dominent.Dépression, burn-out et autres décompensations menacent les espaces de travail.Pourtant, le travail devrait nous libérer, nous éloigner de l\u2019asservissement millénaire de la servitude.Il y a quelques années, on a publié un livre au titre fabuleux : Dead man working, un jeu de mots sur le titre du célèbre Dead man walking qui racontait la fin de vie d\u2019un condamné à la peine capitale.Comme si notre travail n\u2019avait aucune substance.Que nous soyons des zombies sur la route de la vie.Pourtant, ce travail nous nourrit, littéralement et métaphoriquement.Il est nécessaire à payer notre loyer, notre eau chaude et notre nourriture.Mais en même temps, nous en avons besoin pour être ce que nous sommes.L\u2019été, pour plusieurs d\u2019entre nous, rappelle la fragilité de ce qu\u2019il représente.La course au prochain chèque et au prochain paiement, la précarité de notre condition.Notre fragilité, en somme.A l\u2019instar des travailleurs étrangers qui contribuent de leur énergie à récolter les productions du Québec, nous n\u2019avons juste pas le choix.D\u2019oublier l\u2019été et de ne pas avoir le luxe du loisir.De simplement pouvoir se libérer de nos contraintes.Ce que je vous souhaite, néanmoins.¦ Faisons connaissante Nous sommai sios ï\u2019ÉRISOEGNAN'L\u2019S On accueille.awiMc.vouril, «lose, analyse.m«ynil,.On eun-inc.répare, ererreciem:, necrofe, prépare, touiicni.On rcnbntcc, n&Juqtic.wlikr if-juspsHriç, fadbgrajrfik.àr^rilkie,On tamUk pour les Qucbcojis de miUr et ujk façum & h pantkur du réseau public de la uncé et des tcrvk« u.iciaiK- Ven ex nous, vol r a ptrûoLgnanti.com PfcK@\u201cÛIGNAN fs Or méfclor et do çgggr 15 juin 2016 | ITINERAIRE.CA 35 LECTURES CAMELOT MONT-ROYAL/ BORDEAUX I ',V ¦V *'/j\u2019.Vi 11 ,(.'i ;i\u2019 l\u2019*k ¦\t1 \u2018\ti \u201e11* î' < ï'.v.\\v i\\t *, i -4j LC1\\ LV\u2019m.t j i.i\" ¦ i1 j i l'j ¦ i h\u2019 t.,l\t, v, ,'/i \u2019|l\t;¦ I \u2019/¦ ' ¦\t\\ v à a : ¦ .v» r',f t I I I ^2 1 « N'importe quel imbécile peut écrire un roman.» La bête et sa cage de David Goudreault ^ Récit d'une lecture qui bouscule .i » t * t * » r « f Kl .*v.'\u201ev \u2022 vï!;r :,v \u2022 V I , » r * \u2018 î N ' t,'t\u2019n i i j,f.i ' JÇ: Je prends le livre, j\u2019examine le livre, il est beau, sa couverture est toute jaune, sa présentation est simple et efficace.Le titre : La bête et sa cage, le nom de l\u2019auteur : David Goudreault.Un dessin d\u2019Axel Pérez de Leon : au crayon blanc une silhouette d\u2019un p\u2019tit bonhomme, à poil, sans visage, les mains menottées et tenant un pigeon par les pattes.À l\u2019endos, en dehors des présentations d\u2019usage, une phrase intrigante : « La prison brise les hommes, mais la cage excite les bêtes ».J\u2019ouvre le livre.Il ne sent pas le livre neuf, ni le vieux livre.Curieux, le papier pue ?Un livre tout frais sorti, ordinairement, ça sent tellement bon ! Mais voilà, une nouvelle réalité, les livres fabriqués de papier recyclé.puent ?Invité au lancement, je me présente au café L\u2019Escalier.C\u2019est la première fois que je vais à un lancement de livre.Une femme à côté m\u2019aborde.Elle est très aimable, c\u2019est Patricia, l\u2019attachée de presse.Elle sait qui je suis, et me parle d\u2019une entrevue que je dois réaliser par téléphone avec l\u2019auteur.« Ah oui ?T\u2019es sûre ?je suis pas plutôt supposé faire la critique du livre!?» Elle m\u2019apprend que je ferais les deux.Elle se lève, m\u2019emmène vers son protégé.Elle commence à lui dire quelque chose et continue à lui dire sûrement autre chose.Je suis là tout proche, je tends l\u2019oreille fine et tout ce qui s\u2019aiguise est une attention déficitaire prête à me faire éclater les tympans.D\u2019une façon plus claire, je ne comprends pas un traitre mot de ce qui se dit.David Goudreault lève les yeux vers moi, me salue froidement et retourne vers les gens qui attendent un autographe.Je reste figé, je me sens un peu débiné : le contact ne s\u2019est pas fait du tout.Petite anecdote qui ne devrait pas être si grave, mais je suis dans ma période trouble.Avec mon déficit de l\u2019attention (TDA) je peux d\u2019un rien amplifier une situation.Et le scénario ci-dessus me laisse le sentiment d\u2019être un moins que rien.Une phrase du livre me vient en tête, « Quand t'es rien, devenir un moins que rien, ça donne de la valeur.C'est difficile d'être un inconnu dans un monde érigé sur la reconnaissance.» Je ne suis pas dans une bonne disposition pour lire un livre.En un peu plus d\u2019une semaine, j\u2019ai réussi à lire à peine 40 pages.Mais je dois m\u2019y remettre.249 pages, ça me semble une montagne.Tout à l\u2019envers C\u2019est du rough, du cru, sans détour, le tout conté avec un sourire en coin, qui m\u2019agace quelque peu.Comment peut-on s\u2019amuser avec la situation d\u2019un coucou dans une aile psychiatrique, sous l\u2019emprise d\u2019un colosse qui le tabasse et le viole quotidiennement, et faire comme si de rien n\u2019était ?Ce jeu tordu, cette situation de pouvoir et « Il soutenait qu'il s'était criminalisé à l'intérieur des murs.Avant la prison, il ne s'était jamais battu, n'avait jamais trafiqué, ni consommé de dope.Ça vous dépucelle un innocent, une longue sentence.» Quoi ! Si le milieu ressemble vraiment à ça, alors comment dans un système carcéral aussi weirdo peut-on espérer réhabiliter même un seul criminel?En entrevue, l\u2019auteur tient d\u2019ailleurs à préciser que son histoire de prison est bien documentée.Je deviens trop émotif, ma concentration est médiocre et la lecture devient de plus en plus pénible.Je ne crois pas pouvoir finir le livre.Faut dire que je ne connaissais pas le personnage qui a déjà vécu dans un premier roman de David Goudreault, La bête et sa mère.\tv1 « Les récits de résilience avec des parcours tortueux, ça excite la populace et fait mouiller les journalismes.» Me laisser aller à la dérive Mais hop ! Un dimanche gris, je me réveille dispo à la lecture.Les lettres ne s\u2019embrouillent plus, mon TDA est resté endormi avec mon tag.Je dois en profiter et me lancer à fond dans l\u2019aventure de la bête du roman.A la page 35, une histoire d\u2019amour semble se pointer avec Edith, « responsable du suivi et de son hypothétique réhabilitation ».En partant je n\u2019y crois pas trop à cette histoire d\u2019amour à sens unique.36 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 Et de fait : plus le récit avance et plus se dessine assurément l\u2019existence d\u2019une triste histoire de manque d\u2019amour et à ce manque « Même si j'avais laissé le temps à ma main d'aller jusqu'au bout de sa danse poteau, j'étais encore tendu ce matin.» Je suis maintenant embarqué dans le livre, comme dans un bateau de papier et je me laisse aller à la dérive, sous le regard attentif d\u2019un enfant, laissé debout sur le bord de la rive.Puis m\u2019ap-parait l\u2019absurdité de ce qui entoure le personnage dans sa cage : ses efforts à pédaler dans le vide, pour essayer de s\u2019en sortir, comme il peut, avec les codes du milieu.Mais n\u2019ayant aucune porte de sortie, le pauvre, qui n\u2019a pas de nom officiel dans le livre, se perd dans une « L'aventure humaine est une longue suite d'échecs et de désillusions parsemés de quelques espoirs, nous donnant la force de continuer à souffrir.» J\u2019ai passé par tous les états en lisant ce livre : incompréhension, colère, tristesse, grande tristesse, réflexion, compassion, amusement, surprise, rire.(eh oui, rire !) et le grand bonheur d\u2019avoir lu un très bon livre.La qualité première de ce livre est de m\u2019avoir bousculé.Je vous souhaite des livres qui vous bousculent.Un livre qui «J'avais mal, mais ne le montrais pas.En dedans, il ne faut jamais exprimer ses émotions, sauf la colère, l'agressivité, la haine, la rage, l'amertume, la rancune, le dégoût, la révulsion, l'exaspération, l'insoumission, le ressentiment et l'irritation.Facile pour moi, je suis un dur de dur, même s'il m'arrive d'écouter du Francis Cabrel en cachette.» David Goudreault nous a appris qu\u2019un troisième roman de La bête est en écriture.La trilogie bientôt terminée, l\u2019auteur pourrait très bien nous revenir avec un livre des meilleures citations de La bête.tellement il y a des phrases incroyables, très punchées (on sent le slammeur pas loin), assaisonnées d\u2019un humour qui rehausse délicatement le tout.¦ Roman La bête et sa cage David Goudreault « La dépression tue dix fois plus que les criminels, c'est documenté.» « Même pour une bande de tueurs, « Il y en a qui sentent le swing.puait le jazz.UT Stanké, 2016, 248 pages David Goudreault est slammeur, poète et romancier, mais aussi travailleur social.Toutes ses œuvres sont portées par une sensibilité bien à lui aux enjeux sociaux, lia d'ailleurs animé au début du mois un atelier de slam à L'Itinéraire.La bête et sa cage est son second roman, le deuxième d'une trilogie entamée par La bête et sa mère, qui a connu un vif succès.« Je ne serais pas surpris qu'on me confie un gros territoire de Montréal, Saint-Michel ou Outremont, qui sait ! Dans tous les cas, je devrais parfaire mon anglais, la langue officielle de la métropole.» Une anecdote de prisonnier Fraîchement arrivé à Montréal, je suis installé tranquille sur un banc de parc.Un gars vient s\u2019asseoir à côté de moi.Il se met à me parler, à me conter son histoire, comme ça.15 juin 2016 | ITINERAIRE.CA 37 Il a fait du temps : 15 ans en sécurité maximum, une prison dans le Grand Nord du Québec.« J'étais très possessif d'mon chum, me dit-il.Pourtant j'ai été correct, je l'ai toujours averti qu'il fallait mieux pour lui que je l'surprenne pas à m'tromper.Et une fois, en revenant à l'appartement avant l\u2019temps, je l\u2019retrouve au lit, avec quelqu'un.J capotais ! En plus, imagine, je m rends compte qu'il baisait avec une femme ! j'ai explosé, je l'ai arraché du lit et je l'ai tenu du haut d'mes bras jusqu'au balcon en hurlant.j'I'ai pitché du haut du cinquième etuge et en, teat tout i .une/ uns uuniun en mute unie, n \u201c Comme surpris par un tel scénario, je n\u2019ai pas pu m\u2019empêcher de ricaner comme un petit peu, disons.« Césf sérieux, me dit-il, et j\u2019ai fait du temps, pas à peu près ! Heureusement, pendant mes derniers années de détention, j\u2019ai connu l'vrai amour, mais vraiment l'vrai amour, celui où on s\u2019y attend le moins, j\u2019ai partagé ma cellule et mon cœur pendant 8 années avec mon chum.Malheureusement, il est encore en d\u2019dans et moi, jsuis sorti.Hostie ! Si tu savais, comme [me sens perdu sans lui.[te l\u2019dis, vraiment, l\u2019temps n\u2019a jamais été aussi long, qu\u2019en ce moment.» l s AtlUC Jj idAction M obile_ idAction Mobile\tI Une caravane qui pense L'Itinéraire a accompagné la caravane d'idAction Mobile pour une soirée à travers les rues de Montréal.Avec Marie-Pierre Gadoua, médiatrice pour Exeko, et Patsy Van Roost, artiste surnommée la Fée du Mile-End, nous sommes allés à la rencontre des gens en situation d'itinérance ou d'exclusion sociale avec de l'art et des connaissances à partager.Le but : transformer la société.Depuis 2012, la caravane philosophique et culturelle de l\u2019organisme Exeko sillonne les rues de Montréal.Remplie de livres, de matériel d\u2019art et même de caméras jetables, elle sert à créer des situations que l\u2019organisme surnomme de médiation intellectuelle, où s\u2019effectuent un partage basé sur l\u2019égalité des intelligences.C\u2019est un concept innovateur pour rendre la culture accessible à tous : « Il faut s\u2019assurer d\u2019offrir un accès égalitaire à la culture, c\u2019est ce qui nous unit les uns les autres, c'est essentiel à la vie », souligne Maxime Goulet-Langlois, chargé de recherche et transfert chez Exeko.Hommages sur trottoirs Lors de notre sortie, l\u2019artiste Patsy Van Roost a transformé la caravane en résidence artistique mobile.Elle proposait aux gens qui vivent dans la rue de se rendre hommage sur les trottoirs de Montréal, à l\u2019aide de pochoirs et de craies.« Dire qu\u2019on aime, dire merci.c\u2019est important peu importe notre situation sociale.Tout le monde a besoin de savoir qu'il est apprécié », précise Géraldine Piguet, agente de projet chez Exeko.Les gens rencontrés dans le cadre des sorties idAction varient selon le médiateur/la médiatrice, et le trajet qu\u2019il/elle choisit.Lors de notre sortie, les participants étaient surtout des Autochtones.Marie-Pierre, la médiatrice, est archéologue et anthropologue, ce qui guide ses interventions.Elle utilise les objets culturels et aime échanger sur la culture et la langue des participants.Elle admire entre autres l\u2019ingéniosité des Inuits, notamment leur capacité de confectionner des vêtements et des bottes de très haute qualité.Mon passage à Exeko J\u2019ai apprécié l\u2019expérience d\u2019aller à la rencontre des gens pour faire une différence dans leur journée.Je considère que tout le monde devrait avoir une chance égale de s\u2019exprimer.Beaucoup de gens ne l\u2019ont pas, comme les participants que j\u2019ai rencontrés avec Exeko.L\u2019organisme utilise une approche créative et humaine, ce qui est beaucoup mieux qu\u2019une approche rigide, par exemple avec un psychologue, où il n\u2019y a presque pas d\u2019interaction.Voici le récit de ma sortie à bord de la caravane d\u2019idAction Mobile.¦ 16h30.Petit briefing avant la sortie.Marie-Pierre (à droite), donne une brève description de l'organisme Exeko et du projet « à Patsy, l'artiste en résidence.Elles discutent du trajet de la soirée.Lin ii La caravane de médiation culturelle sert de bibliothèque mobile.Des livres sont à la disposition des gens de la rue.De plus, des lunettes de lecture, des cahiers à dessin et des crayons de couleur sont aussi offerts, ITINERAIRE.CA | 15 juin 201 6 PHOTO S : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA ARRET Une participante rend hommage à l'un de ses amis.Patsy souligne que les participants rendent aussi hommage à la vie.« Parfois, j'imprime \"J\u2019aime\" et Us finissent la phrase.Lors d'une autre sortie, un participant a écrit \"J'aime le fait d'être encore en vie\".» Patsy échange avec un participant, auteur-compositeur depuis plusieurs années.« Tout le monde m'inspire, tout le monde s'inspire.On peut se parler de tout et on se met à écrire.J'apprends à tous les jours.» L'un des objectifs d'idAction Mobile est l'échange, à travers la discussion et l'écoute.ANGLE SHERBOOKE/ DU PARC SQUARE CABOT Patsy imprime l'un de ses pochoirs sur le trottoir, créés en dialecte local pour personnaliser davantage les messages.Alianginirpaarasignifie « Ce que j'aime le plus est » en inuktitut, en parlant d'une personne.ARRET iU i v i L'équipe de la caravane a compris qu'une participante souffrait du décès d'un ami.Elle lui a rendu hommage en écrivant qu'elle s'ennuyait de lui et qu'il lui avait tout appris.Ils regardent l'album photo de la caravane contenant des souvenirs des différentes sorties, auxquelles a déjà participé l'ami.Dernier arrêt de la caravane.Le Square Cabot est un lieu très fréquenté par les personnes autochtones en situation d'itinérance.Ici, Marie-Pierre et Patsy partagent avec des habitués de l'endroit.« J'aime m'asseoir une trentaine de minutes avec quelqu'un, jaser de tout et de rien, d'actualités.», précise Marie-Pierre.ARRET Le dessin est utilisé comme médium d'expression et de rapprochement par le biais de cahiers et de crayons de couleur. MY NEIGHBOURHOOD PAR BILL ECONOMOU CAMELOT MARCHÉ ATWATER History New Bordeaux, in the north of Montreal, was originally a village of farmers, created attheendofthel 9th century.It developed into a city and was annexed to Montreal in 1910.The famous Bordeaux prison was built in the district, between 1908 to 1912.It is now the largest provincial prison in Quebec.Since 2002, New Bordeaux is part of the borough of Ahuntsic-Cartierville, which traces its history to the fortified Sault-au-Recollet settlement that was established in 1696 by theSu Ip icia ns.It is oneoftheo Id est settlements in Montreal and the fifth largest borough in Montreal, with a population of about 127,000.Included in the borough are the districts of Ahuntsic, Cartierville, New Bordeaux, Saraguay and Sault-au-Récollet.The Greek community arrived in Montreal in two major phases, one of which was after World War II.Theysettled in Parc Extension and on Parc Avenue, and later in Ahuntsic-Cartierville .Prison de Bordeaux (1912) A''-.4 \u2019S tÆ Life in the district of New Bordeaux I've lived in the area known as New Bordeaux for 35 years now.It is one of the districts that have been united to form the borough of Ahuntsic-Cartierville.When my family and I arrived in the neighbourhood, I was glad to reside in a duplex.The day after we moved in, I met two Greek guys like me but a little younger who lived nearby.The 1980s were great on the street and in the area.I would often go to my friend George's house to watch hockey games, movies and to study.I would walk often in the area and go for bike rides.We organized hockey games near our street with kids in our age group.Interesting fact: Maurice Richard, the famous hockey player, was born in New Bordeaux.For a number of years, living in New Bordeaux felt good.Some people moved away because they got married.Now it doesn't feel the same.; t * / Marcelin Wilson Park\t// C7 Parc Marcelin Wilson is one of the borough's main parks.It's the closest one to my house, which I went to from the time I started living here.I would walk by the park every Saturday in 1981 and 1982 on my way to Greek school, which was held at Evangeline School.Later in the 1980's, I went to the park to play baseball and soccer with other kids.Now, I mainly go to the swimming pool during the summer.40 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2016 Malcolm Campbell High School ?Î * 8 When I started going to Malcolm Campbell High School, I appreciated it because it was a new building built in 1961, only a few minutes from my house.ltwasimportantformetogotoanEnglishschoolbecause I was brought up in the English system.About 70 % of the students attending the school we re G reek- so me living in the area and others from Park Extension.I made some close friends at school that made my five-year stay there more enjoyable.In 1987, only a year after I graduated, it closed and became an Armenian private school named Sourp Hagop.I* **¦!» wujmStiniv Archangels Michael and Gabriel Church Archangels Michael and Gabriel Church is a Greek Orthodox church located on Élie-Blanchard Avenue.It serves about 15,000 people in the Greek community of Ahuntsic- Cartierville, New Bordeaux and Saint-Laurent.Its construction started in 1969.From the time my family moved in the area in 1981, we attended there regularly.I was altar boy between 1984 and 1987, my brother and mother sang in the choir.There were major renovations done in 1984 and the church building expanded to accommodate new parishioners.\t-.ai Sms \\ » ' / ?The old Fire station The old Fire Station No.38, on 12137-12139 Bois-de-Boulogne Avenue, was built between 1913and early 1915.It substituted Fire Station No.35 located in Ahuntsic thatwas notserving the New Bordeaux area properly.The new building was designed by Charles-Aimé Reeves, one of the most importantarchitects in the Montreal region.After more than sixty years of service, its doors closed definitely in 1972.The building is now being used by the city of Montrealas borough offices forAhuntsic-Cartierville.- ¦ ¦¦¦ 15 juin 2016 | ITINERAIRE.CA 41 POÈMES DE CAMELOTS Entre l'ombre et la lumière J Entre l\u2019ombre et la lumière chaque jour se persévère, je vais dans la brume du matin marchant vers mon destin.J\u2019ai crié bien des fois pour que la lumière soit c\u2019étaient des ombres qui me hantaient au fil des années.J\u2019ai appris à changer mes pensées pour que vienne en moi la lumière, et pour qu\u2019enfin je voie clair.S\u2019il y a beaucoup d\u2019ombre dans votre vie cherche dans ton cœur un vent de liberté qui cédera la place aux malheurs pour que tu continues à vivre dans la lumière.FRANCE BEAUMONT CAMELOT SAQ PLACE VERSAILLES Le style libre de l\u2019écriture Le style libre de l\u2019art Le style libre du temps (actuel) (Surréalisme et symbolisme) Divin sourire ma vie de tous les lieux Divin sourire mes rencontres avec l\u2019art Divin sourire une vie.l\u2019amour.Divin sourire une belle planète Dans la galaxie spirale (la Voie lactée) Mémoire de l\u2019art Ma ligne du temps Spirale de l\u2019éternité Ma route de l\u2019être Ma parole.mes paraboles !?Spirale de vie.humanité.évoluons.(Dans le bien) Mon ange Mon ange précieux de lointains cieux Echappe une larme ce soir Elle vient me dire ses mots d\u2019adieux sans prétention, sans gloire Le temps de sauver notre terre en détresse est venu Ta mission, que dans chaque homme, la paix soit soutenue Doucement, tu m\u2019as ouvert les yeux à ce qu\u2019il fallait faire Je t\u2019ai confié tous mes aveux pour mieux aider la peur Nos deux esprits ont su tisser magie dans la noirceur Pour exalter ce plus grand but et rassembler tout cœur Ma ligne du temps n\u2019est Pas un parcours d\u2019inspiration Facile.Le lieu, les gens.Mes ami(e)s sont mon style.ITINERAIRE.CA | 1 SîüjlH&l Tu es ma lumière, mes étoiles, ma route vers le ciel Ce qu\u2019il fallait savoir, tu me l\u2019as montré sous tes ailes Tu es mon envol, ma chanson, le gage que Dieu existe De m\u2019éloigner de ton abri, un geste d\u2019altruiste Cette belle histoire n\u2019a plus de fin, elle survivra toujours Elle s\u2019écoule vers la mer au loin, pour boucler son parcours Mon ange précieux de lointains cieux Elle vient me dire ses mots d\u2019adieux ADAM RAYMOND CAMELOT BOIS-DES-FILION Musique : paix sur la terre Musique : ma rage dans l\u2019harmonie Musique : un style libre.une vie.PS.(Prière Suivante) .Stupeur dans les sourires !?Fraction de seconde dans ma sagesse Hey-Ben de !? VILLE-MARIE MON CENTRE L\u2019arrondissement de Ville-Marie est fier de soutenir Sentier Urbain.Depuis maintenant 20 ans, Sentier Urbain mobilise la collectivité autour du verdissement social.L\u2019organisme croit à l\u2019importance d\u2019accorder un rôle à tous les acteurs de la communauté et déploie des efforts particuliers auprès des gens marginalisés.Projet à l\u2019affiche : Des potagers en santé pour une collectivité engagée Ce projet d\u2019agriculture urbaine et de verdissement rassemble plus de 300 jeunes pendant la belle saison.Grâce aux activités de jardinage, les jeunes adultes vivant en marge de la société acquièrent une meilleure confiance en eux.Ce projet d\u2019embellissement des quartiers permet non seulement de créer des liens authentiques et durables entre jeunes et résidents, mais il suscite également une fierté du travail accompli.0 sentierurbain.org\t(J / Sentier Urbain Pour tout savoir sur l\u2019arrondissement de Ville-Marie, abonnez-vous à l\u2019infolettre : 0 ville.montreal.qc.ca/villemarie /centrevillemontreal ¥ @centrevillemtl Ville-Marie Montréal Montréal^ Trav-arK Emploi et Sahdàrttê soaaïe Québec n a 16-DS-73 Bleu-vert Deux mille Agrume Revivifier Fromage Nième Possèdent Infection Lettre grecque Général portugais Troubles Personne Détint Onde Soubrettes Qu\u2019il travaillât Qualifie des marchés une poignee Qui porte Sélénium Écimes Rivière d\u2019Afrique centrale Cinquante et un Folie, le français au Québec ?JOSEE CARDINAL DISTRIBUTRICE Jeux réalisés par Josée Cardinal joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro HORIZONTALEMENT 1.\tEndurcis.2.\tVaine.- Terrine.3.\tRegardé.- Infinitudes.4.\tAcre.- Certaines.5.\tDresse.- Couper.6.\tTéhéranais.- Mine.7.\tSaut périlleux.- Règle.-Atome.8.\tTouché.- Sorti.- Erodent.9.\tConcrétise.- Pays d Asie.1C Équilibre.- À toi.VERTICALEMENT 1.\tLuttera.2.\tRecensâmes.3.\tCuivre.- Pesas.4.\tRecommencent.- Mesure itinéraire chinoise.5.\tPrononcée.- Ancien nom de la partie centrale du littoral de lAsie Mineure sur la mer Égée.6.\tTerre entourée dèau.- Note.- Orient.7.\tServant.- Puis.8.\tDévêtus.- Possédé.9.\tTours.- Oui.1C Toucheraient.11\tExistez.- Que je compose.12\tÀ elle.- Dotes.44 ITINERAIRE.CA I 15 juin 2016 DETENTE m Narcotiques Anonymes Narcotics Anonymous 1 855 544-6362 www.naquebec.org 1e'juin 2016 Sa\t\tE\t\t\u2018A\tB\t*C P R\tE\tF\tA\tC\tE\tR 9T\tU\tF\t1\tE\tR\tE V 1\tT\tR\tE\tR\t\tA B c\tS\t0\tU\tE\tD\tS M U\tT\t1\tL\tE\tE\tS SL\t1\tS\tE\t\t\u2019R\tE S E\tN\t\t\u2019S\tA\tN\tS gR\tE\tE\t\t\u2019C\t1\t M A\tT\tR\t1\tC\tE\tS B 1\tT\tE\tR\tE\tR\tA 0 S\tE\tS\t\t\tE\tS expert; difficile ; MOYEN ' \t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t7\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\to>\t\t7\t \t6\t\t\t\to>\t\t\t\t \t\t6\t00\to>\tCO\t\t\t\t 00\t\t\t\t4\t\t7\tCO\to>\t CO\t\t\t\t\tCM\t\t00\t4\t 4\t\tCM\to>\t\t6\t\t\t\t \t00\t\t5\tCM\t7\t4\t\t\t 5\t\t\t\t1\t00\tCO\t\t6\t ¦\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t c\tA\tN\tN\tI\tB\tA\tL\tI\tS\tE\tR A\tM\t0\tU\tR\tE\tU\tX\t\tA\tN\tE ; P\tI\tT\tI\tE\tS\t\tV\t0\tL\tT\tE I\tD\tE\t\t\tI\tN\tI\tT\tI\tA\tL L\t0\tS\tA\tN\tG\tE\t\tE\tN\t\tL 0\tN\t\tL\t0\tU\t0\tN\tS\t\tC\tE T\tN\tT\t\tI\tE\tN\tA\t\tI\tL\tS : A\tI\tR\tE\tR\t\tS\tN\t0\tB\tE\t D\tE\tI\tT\tE\tS\t\tT\tS\t\tF\tA E\tR\tE\tC\tT\tI\tL\tI\tT\tE\t\tC 8\t1\t2\t4\t7\t5\t9\t3\t6 6\t5\t4\t8\t3\t9\t7\t2\t1 7\t3\t9\t2\t1\t6\t8\t4\t5 1\t2\t6\t9\t4\t3\t5\t8\t7 3\t7\t5\t1\t2\t8\t4\t6\t9 9\t4\t8\t5\t6\t7\t3\t1\t2 4\t9\t7\t6\t8\t1\t2\t5\t3 2\t6\t3\t7\t5\t4\t1\t9\t8 5\t8\t1\t3\t9\t2\t6\t7\t4 capitale AGENCE IMMOBILISE & Vitrine de la rénjfcation écologique 1152, avenue Mont-Royal Est, 514.597.2121 j\twww.viacapitaledumontroyal.com «'une propriété, c'est une affaire de coeur et de savoir-faire|L http://naquebec.org Le malade est plus reconnaissant à la médecine qui le guérit qu'au conseil qui le préserve.Vicente Espinel Que ton aliment soit ta seule médecine ! Hippocrate Le baiser est en amour ce qu'est le thermomètre en médecine.Sans lui, on ne se rendrait jamais exactement compte de la gravité de son état.Voltaire La médecine, c'est ingrat.Quand on se fait honorer par les riches, on a l'air d'un larbin ; par les pauvres, on a tout du voleur.Louis-Ferdinand Céline La médecine fait mourir plus longtemps.Plutarque En médecine, la mode change aussi souvent qu'en haute couture.Le médicament miracle d'aujourd'hui sera le poison mortel de demain.Groucho Marx La philosophie, ainsi que la médecine a beaucoup de drogues, très peu de bons remèdes, et presque point de spécifiques.Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort La meilleure médecine de l'homme, c'est le travail.Gérard Delage Les romans sentimentaux correspondent, en médecine, à des histoires de malades.Nova lis Ce n'est pas les médecins qui nous manquent, c'est la médecine.Montesquieu Les médecins les plus dangereux sont ceux qui, comédiens nés, imitent le médecin-né avec un art consommé d'illusion.Friedrich Nietzsche Il y a plus de vieux ivrognes que de vieux médecins.François Rabelais EDUCALCOOL L'alcool et la conduite automobile : Plus que 0,08 % de bon sens ! Malgré plusieurs campagnes de sensibilisation, plus de 10% des Québécois continuent de prendre le volant après avoir bu au delà de la limite légale autorisée, alors que la grande majorité (98 %) estime, avec raison, qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019excuse pour conduire avec des facultés affaiblies.L\u2019alcool trône au sommet des causes d\u2019accident de voiture, avec la fatigue, la distraction, la drogue et la vitesse.Lorsque ces facteurs sont amalgamés, le résultat n\u2019en est que plus explosif.La fatigue, la drogue, tout comme le stress, peut aussi altérer votre tolérance à l\u2019alcool.Un policier peut donc prendre la décision de vous arrêter pour conduite en état d\u2019ébriété, même si vous n\u2019atteignez pas le fameux 0,08 % lors d\u2019un alcootest.A chaque année, à chaque jour, des familles sont décimées à cause de l\u2019alcool au volant, que ce soit parce qu\u2019un des leur a été happé par un chauffard ou parce que le dit chauffard fait partie de leur famille.Ne laissez pas l\u2019alcool détruire votre vie ou celle des autres; buvez intelligemment ! Les conseils du pro \u2022\tSoyez prévoyant.Vous sortez avec des amis ?Dès le début de la soirée, décidez qui sera le chauffeur désigné.Vous serez alors certains de rentrer à la maison en toute sécurité.\u2022\tParent d\u2019un ado?Mieux vaut prévenir que guérir, parlez-lui des risques de l\u2019alcool au volant, offrez-lui d\u2019aller le chercher en cas de besoin ou donnez-lui des des coupons de taxi prépayés « Cool Taxi ».\u2022\tSoyez attentif.Gardez un oeil averti sur votre consommation et même, pourquoi pas, sur celle de vos amis, histoire de vous assurer que ceux qui ont bu un verre de trop ne prennent pas le volant.\u2022\tAttendez.Seul le temps peut faire baisser votre taux d\u2019alcoolémie.Boire un café ou manger n\u2019ont aucun effet sur le niveau d\u2019alcool dans votre sang.\u2022\tFaites un alcootest.Incertain de votre état ou de celui d\u2019un ami ?Utilisez le Calcoolateur d\u2019Educ\u2019alcool que l\u2019on peut télécharger gratuitement sur un téléphone portable.Ou encore traînez toujours avec vous un alcootest jetable.Prendre un p\u2019tit coup.Vous partez de chez un ami, après avoir bu quelques verres.En cherchant vos clés de voiture dans votre sac à main.a)\t.vous mettez la main dessus du premier coup en faisant vos derniers au revoir.b)\t.vous farfouillez quelques instants, mais il vous est difficile de les trouver avec votre vue qui se dédouble un peu.Peut-être devriez-vous faire l\u2019alcootest acheté plus tôt ?c)\t.vous vous étendez de tout votre long sur le pas de la porte car votre équilibre vous joue des tours.Votre ami vous offre plutôt son canapé pour la nuit.Votre ami n\u2019est clairement pas en état de conduire mais insiste pour rentrer chez lui ce soir.Que faites-vous?a)\tVous lui prenez ses clés et vous l\u2019installez confortablement sur la banquette arrière.Vous serez son chauffeur ce soir ! b)\tVous le laissez conduire en prenant le siège passager, comme ça vous pourrez le surveiller.c)\tVous le regardez partir en faisant votre signe de croix, en espérant qu\u2019il ne croise personne sur son chemin ! Après une semaine stressante, vous allez prendre l\u2019apéro avec des amis après le travail.Deux heures plus tard, vous êtes prêt à rentrer faire une sieste bien méritée à la maison.a)\tTout bien réfléchi, vous rentrerez en transport en commun.Vos deux verres, en plus de la fatigue et du stress accumulés de la semaine ont frappé fort.b)\tVous vous sentez somnolent, mais vous décidez de rouler un peu plus rapidement pour éviter de vous endormir en chemin ! c)\tPour tenir le coup jusqu a la maison, vous offrez à une amie de la raccompagner.Deux têtes à moitié enivrées valent bien une tête sobre ! ¦duc alcool La modération a bien meilleur goût.educalcool.qc.ca QUEBEC, DE L\u2019ART PUR fetenationale.qüëbec Mouvement nation tW des Québécoise* «rt QlMtMcon "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.