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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
dimanche 1 mai 2016
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2016, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXIII, n\"09 Montréal, 1er mai 2016 www.itineraire.ca %0 * ENTREVUE/ [.education.c est ravemr i£liL' L-MlML?9 Editioi f tes camelots prennent le contrôle du magazine ! Le 15 mai w* jpiVP ne pas manquer MMt iÈBiacffiaifl Nom Benoît Chartier | Camelot n° 334 | Âge 58 ans Points de vente ICA Place Frontenac et métro Radisson Benoît, c'est une force tranquille, acquise au fil d'une vie tumultueuse qui aurait pu être tueuse.Que ce soit le petit homme qui bûchait dans le bois et s'endurcissait sous le regard sévère de son père, ou le gars de la construction qui coulait du ciment, il travaillait fort et apprenait vite.Benoît avait de l'énergie à revendre.Il l'a vendue, un peu trop même, au début de sa vie d'adulte.Deux jobs, des semaines à rallonge, des horaires de fou.Ronde infernale, ça tourne à plein régime, étourdissant.Les semaines n'ont pas assez de jours, les jours pas assez d'heures.Le rythme s'emballe et devient infernal.« [pouvais pas profiter d'là vie, mais [avais beaucoup d'argent, [étais workaholic.».Et puis la vie a capoté, en quelques secondes, dans les flammes d'un incendie.C'était un soir comme les autres en février 1997, un repas partagé avec un copain, et, tout d'un coup une fumée noire qui passe sous la porte et envahit les poumons.Ils s'enfuient, le plus vite possible, en laissant tout derrière eux.Tout s'écroule en même temps.Et puis.la rue.« Le feu, une séparation, [ai tout lâché, là, ça a crashé.[ai eu un p'tit peu de folie dans mes propos, [étais déconnecté de la réalité.La psychiatrie, la rue, la consommation, [ai couché dehors, [ai écrit des poèmes.» Un survivant Il s'arrête de parler, son regard bleu s'évade par la fenêtre, dans une autre vie, pas toujours facile.C'était la course à la survie : manger, s'habiller, se protéger du froid, dormir.Dormir dans un autobus, jusqu'au terminus, repartir dans l'autre sens pour prolonger ce sommeil roulant.Sur cette route cahoteuse Benoît a rencontré des bons samaritains, des éclairs de solidarité.L'Accueil Bonneau était là, c'était vital.« Ils m'ont beaucoup aidé pour manger, pour m'habiller ».L'errance s'arrête quand il est relogé.« Ils ont installé des gicleurs, ça m'a sécurisé en maudit! ».Il a un toit sur la tête, mais tout n'est pas réglé.Avec sa force et son goût de la vie, il a livrée plusieurs batailles contre lui-même, son côté vivant en arrachait avec dépendances : alcool, médicaments, retrouvé des espaces de liberté, comme Æ les groupes dèntraide, pour vaincre se£ * démons.« J'me suis sorti des déboiree de la boisson.La volonté, c'est la soe*' du courage.» Il a connu L'Itinéraire autour d'un bop repas avec un camelot et il a embarqué : « [aime ça, parce que je rencontre mi i monde.LUtinéraire, c'est une bouée^ de sauvetage.» Ce camelot-matlfct navigue à bord de L'Itinéraire depuis dix ans.« je travaille aux heures que je veux, [m\u2019occupe de mon logement, [me fais à manger.» En se rétablissant il est devenu un bon samaritain, c'est contagieux.« je suis passé par des affaires très dures, fait que.[veuxpas que ça soit trop dur pour les autres, [comprends maintenant la souffrance humaine.» Un des fils conducteurs de sa vie c'est la passion d'apprendre, tous les jours, depuis toujours.« La journée où je vais arrêter d'apprendre, [vais avoir les deux pieds dans la tombe, j'me tiens vivant.» Par Marie Brion, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil L'arrondissement de Ville-Marie reconnaît l'excellent travail de l'équipe du magazine L'Itinéraire. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 À Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : shawn.bourdages@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS Canada Québec S S Montréal QUÉBÉCOR pntact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS iL'CELFYKE ét\\ LfGER Wf\t^tm\t^ Cambridge W Wl 1 1\tpiMemwlt JE f G*c*4.rrcH\t.L\u2019interculturalisme essaye de tisser des liens entre les communautés culturelles et la société d\u2019accueil avec une philosophie d\u2019échange.Cette notion suppose la participation active de la société d\u2019accueil à l\u2019intégration des nouveaux arrivants en même temps qu\u2019une connaissance et une compréhension mutuelle des différences culturelles.regarder Montréal.Au sens où il y a une multitude de gens différents », ajoutant qu\u2019il est nécessaire de mettre en place des mesures d\u2019équité qu\u2019il définit comme « transitoires » et qui « inciteraient les immigrants à connaître la société d\u2019accueil ».Un de ses exemples serait de favoriser l\u2019accès aux théâtres et autres lieux culturels aux nouveaux arrivants afin qu\u2019ils puissent mieux connaître la société québécoise.La volonté d\u2019équité va cependant de pair avec des mesures précises permettant de favoriser ladite « intégration » des nouveaux arrivants.« Il faut éviter aussi de laisser croire que l'on embauche une personne parce qu'elle est Noire ou originaire de.On embauche cette personne parce qu'elle a les compétences, et ce, même s\u2019il a fallu mettre en place des mesures pour la remarquer», conclut Jérôme Pruneau.¦ Jerome Pruneau Engagez-vous suivez nous [J 6688 $01 3023 14 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 Vagues d'immigration a Montréal de 1900 à 1974 Plusieurs colons ont traversé l\u2019océan Atlantique pour immigrer, s\u2019intégrer et se réfugier au Canada.Plusieurs d\u2019entre eux ont joué un rôle fondamental dans le développement de leur culture au Canada, comme Abraham Gradis qui a permis à d\u2019autres juifs de s\u2019installer au Québec.*4* La présence italienne à Montréal a pour la première fois été recensée en 1850.À cette époque, il ne s\u2019agissait pas d\u2019une communauté imposante sur le plan démographique, l\u2019immigration s\u2019est intensifiée au début du XXe siècle.*4* La première vague d\u2019immigration importante débute en 1900 et prend fin en 1913.Durant cette période, plus de 60 000 Italiens se sont établis au pays.*4* La seconde et dernière vague d\u2019immigration a eu lieu entre 1946 et 1983, peu après la Seconde Guerre mondiale.Pendant ces années, le Canada a accueilli plus de 500 000 Italiens.En 1996, un recensement a montré qu\u2019ils étaient plus de 700 000.4* Selon Statistique Canada, en 2001, les Italiens représentaient plus de 6 % de la population montréalaise.Ces derniers sont surtout présents à Saint-Léonard, Rivière-des-Prairies, Laval, Notre-Dame-de-Grâce, Ville-Emard, LaSalle, dans l'Ouest-de-l'île et dans la Petite Italie.*4* Le premier Grec à entrer au pays était Yannis Phokas avec l\u2019exploration espagnole de la côte Ouest en 1592.La Communauté hellénique de Montréal aurait vu le jour en 1907 selon The Greek Experience in Canada.*4* Trois grandes vagues d\u2019immigration ont permis de former la communauté actuelle.La première, de 1821 à 1836, la seconde, de 1945 à 1971 et la dernière, après l\u2019invasion turque en 1974.*4* En 2003, il y avait 65 0 00 personnes d'origine grecque qui vivaient à Montréal.Ils se concentraient surtout dans le grand Montréal, mais également à Chomedey (Laval).*4* S'il est vrai que les premiers Grecs à s\u2019installer dans la métropole ont pris les commerces d'assaut, les choses ont bien changé depuis les 20 dernières années.La nouvelle génération occupe maintenant des postes dans tous les secteurs, parle le français et participe de plus en plus à la société québécoise.*4* Le premier juif à être entré dans l\u2019histoire du Québec était Abraham Gradis.Ses navires ont permis de créer le lien le plus important entre la France et le Québec selon le livre Jews : An Account of their Experience in Canada écrit par Erna Paris.*4* La première vague d\u2019immigration juive au Canada est estimée entre les années 1830 et 1890 où un peu plus de 15 000 juifs sont arrivés.Ces derniers fuyaient les guerres d\u2019Europe et s\u2019établissaient en majorité à Montréal d\u2019après l\u2019étude The Canadian Jewish Mosaïque, notamment à cause des possibilités commerciales.*4* La deuxième vague d\u2019immigration, elle, a eu lieu entre 1901et 1927 durant laquelle plus de 40 000 juifs se sont établis au Québec.La troisième et dernière vague se situe enfin après la Seconde Guerre mondiale.40 000 survivants des camps nazis ont immigré au Canada et refait leur vie.*4* En 2011, on comptait plus de 90 000 Juifs à Montréal, soit 2,4 % de l\u2019ensemble de la population de la ville selon la Fédération CJA.C\u2019est à Hampstead qu\u2019on retrouve la plus grande concentration, mais aussi à Côte-Saint-Luc où la communauté forme environ 75,2 % de l'ensemble de la population.Les arrondissements du Mile-End et d\u2019Outremont sont aussi prisés par cette communauté.*4* L\u2019immigration libanaise au Canada et au Québec est relativement récente, mais l\u2019on dénombre déjà quatre vagues d\u2019arrivants.La première débute à la fin du 19e siècle, plus de 2 000 Libanais et Arabes de la Grande Syrie ont quitté leurs foyers à la suite de l'effondrement de l'économie rurale et des massacres interconfessionnels.*4* La seconde vague se déroule entre 1945 et 1975, après l'indépendance des États du Maghreb et après la Seconde Guerre mondiale.Enfin, la dernière et troisième se déroule dans les années 1990 avec l\u2019arrivée de plus de 50 000 immigrants, essentiellement Maghrébins, notamment à cause des violences politiques.*4* On estime actuellement à environ 650 000 le nombre de Canadiens et de Canadiennes originaires du Moyen-Orient et du Maghreb.Quant aux Libanais, ils sont plus de 350 0 00.*4* Au recensement de 2006, plus de 32 000 personnes nées au Liban étaient recensées dans la population de la région métropolitaine de Montréal.Les arrondissements de Saint-Laurent et d\u2019Ahuntsic-Cartierville représentent les lieux de prédilection de cette culture.Données compilées par Olivier jespere T7Lri.\"Bh XP^-àlî A JHJ44 p*ir.-¦ 'ît^ ALGERIE PAR ALEXANDRA GUELLIL En 2001, selon Statistique Canada, les Canadiens et immigrants d'origine arabe représentaient 1,2 % de la population totale.Les Algériens seraient les plus nombreux au Québec, notamment depuis les années 1990-2000, connues comme étant la « décennie noire », durant lesquelles le terrorisme sévissait en Algérie, peu après la guerre civile.Les traces laissées par cette décennie ont été transposées au cinéma avec Monsieur Lazhar, réalisé par Philippe Falardeau, et plus récemment par Montréal La Blanche, de Bachir Bensaddek.Ces deux films reviennent, d\u2019une certaine manière, sur l\u2019une des principales difficultés de l\u2019immigration : trouver un travail à la hauteur des compétences professionnelles et s\u2019adapter à un nouveau pays sans oublier ses origines.Pour Rachida Azdouz, psychologue et spécialiste en relations interculturelles à l\u2019Université de Montréal, ces communautés arabo-mu-sulmanes apparaissent comme « résilientes », parce quelles font « dénormes efforts d\u2019adaptation dans un contexte chargé ».Les origines « arabes » sont souvent et maladroitement liées à la religion musulmane.Or, comme le rappelle Mme Azdouz, « quand on parle de ces communautés, il est nécessaire de le faire au pluriel » pour considérer les chrétiens ou les juifs (Séfarades) qui sont aussi arabes.Car, malgré les amalgames possibles, tous les Arabes ne sont pas musulmans et inversement.Se rapprocher du connu A Montréal, sur la rue Jean-Talon, entre les boulevards Pie-IX et Saint-Michel, plus d\u2019une centaine de commerces sont ainsi imprégnés de la culture maghrébine.C\u2019est le Petit Maghreb.« Quand l'immigration maghrébine était plus rare, ils s\u2019installaient un peu partout.A partir de la seconde partie des années 1990, on a observé des concentrations dans Côte-des-Neiges ou Ahuntsic pour les Algériens.Quand il y a une immigration de masse, les arrivants ont tendance à se rapprocher de leur communauté, du moins dans les premiers temps pour trouver des produits, mais aussi du soutien psychologique », explique Mme Azdouz.Quand ils sont arrivés au Québec, les Maghrébins ont choisi la province pour deux raisons : « parce que l\u2019Europe avait fermé le robinet et parce qu\u2019ils pensaient quén Amérique du Nord, ils n'auraient pas à vivre les mêmes difficultés qu\u2019en France ou en Belgique, notamment à cause du contentieux colonial et du confinement dans les banlieues ».« On observe des dérives sectaires dans certains milieux, un épiphénomène qui doit tout de même être pris au sérieux et géré ».L\u2019intégration des jeunes issus de la seconde génération se passe plutôt bien, même quand les parents ont connu des difficultés à trouver un emploi adapté à leurs compétences, comme les médecins ou les ingénieurs qui ne sont pas reconnus.«Il y a de la colère et de la frustration, mais ce n\u2019est pas un phénomène de masse.Nous n\u2019avons pas encore une génération d\u2019enfants d\u2019immigrants qui se replient et détestent cette société qui a déqualifié leurs parents.Même si cela pourrait arriver, d\u2019où l\u2019importance de rester prudents » et de travailler à l\u2019intégration professionnelle qui reste une condition sine qua non au sentiment d\u2019appartenance à un pays.S\u2019éloigner de l\u2019obscur La psychologue rappelle que les pays du Maghreb sont actuellement « déchirés sur la question du vivre ensemble », un sentiment apparu dans la foulée du printemps arabe.« Il y a un conflit entre les progressistes et les conservateurs, une tension qui se téléporte ici et qui se manifeste par une conception différente de ce qu\u2019est l\u2019intégration.Ainsi pour certains, s\u2019intégrer signifiera gommer tous les signes religieux dans l\u2019espace public afin de les réserver à l\u2019espace privé et, pour d'autres, cela sera considéré comme de l\u2019assimilation.» Le risque du communautarisme, c\u2019est-à-dire du repli sur sa communauté n\u2019est pas plus présent avec les Maghrébins qu\u2019il l\u2019est avec d\u2019autres communautés.« Des fois, il peut être revanchard et hargneux, se retourner contre la communauté d\u2019accueil, mais, d'autres fois, il s'agit d'un communautarisme qui permet le maintien des solidarités intracommunautaires », vulgarise Rachida Azdouz.Quant à la question de savoir si les Maghrébins ont opté pour le communautarisme, l\u2019assimilation ou l\u2019interculturalisme, il semble que cela soit trop tôt pour tirer des conclusions fiables.Tout dépend donc du mode de vie adopté par ces nouveaux arrivants.« je crois qu\u2019il est trop tôt pour évaluer les stratégies identitaires de ces communautés.Il faudra voir ce que la seconde génération va donner : des citoyens intégrés, des individus désintégrés ou des êtres libres tout simplement ?».¦ 16 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 S'exiler et se retrouver Alger la capitale de l'Algérie r > Mehdi Bousaidan En route vers un bel avenir PAR TRISTECIEL - CAMELOT IGA MARCHÉ DARMA - tristedel.com Mehdi Bousaidan, né en Algérie, est arrivé très jeune au Québec, où il est de plus en plus populaire.Diplômé de l'École nationale de l'humour de Montréal et Finaliste du concours En route vers mon premier gala Juste pour rire, l\u2019humoriste de 25 ans est aussi connu pour ses talents d\u2019acteur, d\u2019improvisateur, de scénariste et de chroniqueur.autres, mais rien de grave.Dans les premiers temps à l\u2019école, on nous donnait le surnom « d\u2019étrangers » ! L\u2019aspect le plus dur a été les finances, car suite au déménagement, ce n\u2019était pas facile au début.Mes parents devaient se débrouiller en faisant des petites jobines à gauche et à droite pour payer, entre autres, les frais scolaires de mon frère et de ma sœur.Mon pays d\u2019origine Suite à la guerre civile en Algérie, je suis arrivé au Québec en 1996 avec mes parents, mon frère et ma sœur, lorsque j\u2019avais environ 5 ans.Vu que mon père avait des amis à Montréal, on a choisi de s\u2019établir au Québec plutôt qu\u2019ailleurs.Je crois que le fait de connaître a priori des personnes installées à Montréal pouvait faciliter notre intégration, et ça a été une des principales raisons de venir ici.Mes débuts au Québec J\u2019ai beaucoup aimé mon arrivée au Québec.Je ne me souviens pas de tous les détails, mais je garde des souvenirs de notre premier appartement et de l\u2019autre famille avec laquelle nous cohabitions.J\u2019étais surpris de la nourriture que je mangeais.Ce qui me manquait le plus, c\u2019étaient les autres membres de ma famille restés dans mon pays d\u2019origine.Disons que c\u2019était « épiçant » comme changement ! A l\u2019école, je voyais bien qu\u2019il y avait une différence entre moi et les autres, mais ce n\u2019était pas majeur.Ce qui était intéressant, c\u2019étaient les classes d\u2019intégration.Je me suis retrouvé avec des enfants de partout, et ça nous a aidés à nous habituer à d\u2019autres cultures.C\u2019était le fun ! Je pense que c\u2019est plus facile pour un enfant de s\u2019adapter et c\u2019est seulement plus tard que j\u2019ai compris pourquoi nous avions quitté notre pays.Etant donné qu\u2019en Algérie, la langue française est une langue seconde, ça a été plus facile pour moi de communiquer avec les Québécois.Je n\u2019ai pas été victime de racisme, plutôt parfois d\u2019une certaine forme d\u2019incompréhension ou même de jugements provenant des Ma vie ici Plus tard, sur le marché de l\u2019emploi, je n\u2019ai pas éprouvé de gêne particulière rattachée à ma provenance, sauf les petites blagues par-ci par-là, comme on en fait tous les jours.Néanmoins, par rapport au domaine du cinéma et de la télévision, ça m\u2019est arrivé de me faire proposer des rôles de terroriste, c\u2019est un peu frustrant ! Je n\u2019ai pas accepté.Je ne voulais pas qu\u2019on m\u2019associe à cela.C\u2019est plus facile pour moi qui suis d\u2019abord humoriste de dire non à ce genre de rôle, mais je comprends que ce n\u2019est pas le cas pour tous les comédiens d\u2019origine étrangère associés à certains stéréotypes, et qui viennent tout juste de sortir d\u2019une école de théâtre.J\u2019ai des amis algériens et de tous les coins du monde ! Je me considère autant Québécois qu\u2019Algérien.Je trouve cela très important et d\u2019ailleurs, j\u2019encourage l\u2019intégration, car j\u2019ai d\u2019autres membres de ma famille plus jeunes qui viennent ici.Je me considère chanceux et j\u2019aimerais que tous n\u2019aient pas à traverser la même difficulté financière que ma famille.Et demain ?.Plus on a de références culturelles, plus c\u2019est bon ! C\u2019est comme une équation, tout ce qu\u2019on accumule fait alors partie de nous-mêmes.Moi qui suis arrivé ici à 5 ans, si je ne me disais pas Québécois, ce serait complètement fou ! Je pense continuer à passer ma vie ici.Je retourne de temps en temps en Algérie pour voir ma famille et je compte bien faire des spectacles d\u2019humour là-bas un jour.¦ 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 17 HAITI Partis pour rester 'Tabou Combo lors du concert de l'été 2014 à Montréal i ¦ I > T_ iK V * / J.ÿLg ' PAR ALEXANDRA GUELLIL La plus importante communauté haïtienne au pays se trouve à Montréal.Dans les années 1960, beaucoup d'entre eux ont Fui le régime dictatorial instauré parles présidents Duvalier père et Fils.Une époque de terreur avant les Fuites engendrées notamment par les catastrophes naturelles et les diFFicultés sociales.Si une foule impressionnante s\u2019est déplacée l\u2019été 2014, sur le parterre du quartier des spectacles de Montréal, pour chanter à tue-tête le retour à LaKay* avec le groupe haïtien Tabou Combo, ce n\u2019est pas uniquement par amour du kompa**, mais bien pour célébrer Haïti.Cette petite He des Caraïbes, décrite comme le pays le plus pauvre qui croule sous les dettes, a transmis à sa diaspora une force héritée de son histoire.Ce qui est souvent oublié, c\u2019est quelle est la première république noire à avoir refusé le colonialisme, l\u2019esclavage et la traite négrière, en proclamant son indépendance en 1804.Les relations avec le Québec sont, elles, considérées par de nombreux historiens antérieures aux années 1960.Mais 1764 est l\u2019un des premiers repères, nous renseigne Marjorie Villefranche, directrice de l\u2019organisme La Maison d\u2019Haïti, dans une conférence sur la diaspora haïtienne au Québec, « au moment où les Anglais libéraient un groupe dAcadiens qui quittaient Halifax pour se rendre aux Antilles ».S\u2019exile alors sur l\u2019ïle, qui se nomme à cette époque Saint-Domingue, « Joseph Brossard dit Beausoleil, à l\u2019origine de la famille Landry qui y a vécu avant de poursuivre sa route pour la Louisiane ».D\u2019autres liens avec la province s\u2019établissent avec les congrégations religieuses, qui arrivaient en Haïti pour remplacer les missionnaires français et belges.En pleine Deuxième Guerre mondiale, les jeunes Haïtiens partaient étudier au Canada, tandis que les deux pays commençaient à établir des relations diplomatiques.Une période sombre Selon Statistique Canada, en 2001, plus de 90 % des ressortissants haïtiens habitaient au Québec, et plus de la moitié étaient des femmes âgées de 65 ans et plus.Dans ces années, notamment à cause de l\u2019instabilité politique et sociale en Haïti, ils étaient plus de 75 000, souvent de classe moyenne, à se déclarer Haïtiens vivants au Québec.Durant cette décennie, sportifs, auteurs, politiciens et autres professionnels haïtiens prenaient leur place dans la société québécoise.Bien que certains y soient parvenu, cela n\u2019a pas été sans heurts.Racisme, discrimination, incompréhensions culturelles, difficultés d\u2019accès aux services, profilage racial, surreprésentation dans le système judiciaire et les centres jeunesse ont accompagné la seconde vague d\u2019immigrants d\u2019origine haïtienne.A cela se sont ajoutés le décrochage scolaire des jeunes, l\u2019analphabétisme des adultes, la naissance des gangs de rue stigmatisant la communauté, notamment avec les émeutes de 1979 opposant des jeunes à la police, ou encore les accusations d\u2019avoir créé et de propager le sida au Québec.Autre exemple significatif, la crise des taxis de 1980, dénonçant pour la première fois les pratiques discriminatoires des gérants de compagnies de taxi imputées aux demandes des clients.Cette crise a profondément marqué la société québécoise.Une diaspora organisée Mais, c\u2019est aussi à cette époque que la diaspora s\u2019est organisée, créant des organismes, associations et autres groupes pour promouvoir la culture haïtienne ou aider l\u2019intégration des nouveaux arrivants.La coopération avec le Québec se développe aussi notamment avec la naissance de plusieurs projets, confirmant « avec force l\u2019ancrage de la communauté dans le paysage québécois », pense Mme Villefranche.Quant aux liens entretenus avec le pays d\u2019origine, ils prennent plusieurs sens, selon ce qu\u2019écrivait Georges Anglade, géographe de profession et fondateur du département de géographie de l\u2019UQAM.« Quand le mouvement démocratique a été mis à mal, la diaspora a joué le rôle de caisse de résonance.» Cela a permis d\u2019obtenir « les appuis internationaux et nationaux », observés notamment lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010.Le géographe rappelle aussi que « la diaspora jouait ce rôle, parce quelle pouvait évoluer sans les contraintes quotidiennes de la dictature » des Duvalier, père et fils.Il explique aussi que « les héritiers de classe moyenne prendront leur place chez eux, là où ils sont nés ».Et ce, alors même qu\u2019une autre génération émerge, n\u2019hésitant pas à « se lancer en affaires, investir dans la presse et la bourse, le travail et l\u2019entreprise.Bref, elle est sur le marché mondial de la compétition ».Pour les prochaines années.¦ * LaKay en créole haïtien signifie littéralement la maison.Cette chanson populaire encourage les bienfaits d'un retour en Haïti.** Musique haïtienne populaire dans la Caraïbe.ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 PHOTO : MILTON FERNANDES Stéphane Alix Identité haïtienne PAR JOSÉE PANET-RAYMOND Née à Port au Prince, Stéphane Alix, 37 ans, a quitté son île il y a 10 ans pour poursuivre ses études au Québec.La doctorante en Recherche et intervention des Familles issues de l'immigration haïtienne au Québec a élu domicile dans le quartier Côte-des-Neiges.De son pays, elle conserve la chaleur qu'elle transmet à travers sa personnalité lumineuse et engageante.Mon pays d\u2019origine J\u2019ai fait mes études en psychologie à l\u2019Université d\u2019Etat d\u2019Haïti et travaillé comme psychologue en milieu scolaire, entre autres emplois.J\u2019avais une vie confortable dans mon pays.Mes parents sont scolarisés, mais mes grands-parents étaient de condition plus modeste.Je suis reconnaissante pour les gens qui sont passés avant moi, les batailles qu\u2019ils ont menées et ceux qui ont fait l\u2019indépendance d\u2019Haïti en 1804.Mes débuts au Québec Je suis arrivée à Québec pour étudier à l\u2019Université Laval.C\u2019était en août.J\u2019étais chanceuse, il faisait chaud ! Québec est une belle ville, mais je travaillais tellement, que ma vie se déroulait surtout sur le campus.Ça m\u2019a pris du temps pour découvrir le reste de la ville.J\u2019avais la chance d\u2019avoir une amie haïtienne qui était déjà là, et elle s\u2019est beaucoup occupée de moi.J\u2019ai aussi eu des liens avec une association haïtienne, ce qui m\u2019a aidée à m\u2019acclimater.Aussi, dans ma cohorte, composée d\u2019étudiants d\u2019origine québécoise, on n\u2019était pas nombreux, alors on est devenus proches.Les difficultés ?C\u2019était de m\u2019organiser, d\u2019assimiler beaucoup d\u2019apprentissages, aussi banals que de savoir comment m\u2019habiller pour être confortable, mais aussi décoder les normes sociales pour savoir ce qui se fait ou non.Je suis arrivée adulte avec ma personnalité bien ancrée, alors la question était comment demeurer moi-même dans ce nouveau milieu de vie.Le premier hiver a été mémorable, mais c\u2019est la première fois que je suis tombée sur la glace qui le fut davantage.J\u2019étais toute excitée d\u2019annoncer ça à mes amis.Hey ! ma première chute sur la glace ! On en a beaucoup ri.Ils m\u2019ont dit que j\u2019ai bien fait ça ! Ce qui m\u2019a frappé le plus par rapport au regard des autres, surtout à Québec où il y a moins de diversité, c\u2019est qu\u2019on ne me regardait pas pour qui j\u2019étais, mais parce que j\u2019étais Noire.Bon au début, moi aussi je trouvais les autres bizarres, différents.Mais je me suis habituée.Ce qui me dérangeait, c\u2019est qu\u2019au bout de plusieurs années, certaines personnes n\u2019ont pas dépassé cette étape.Par exemple, des gens que je côtoyais depuis plus de quatre ans ne me voyaient que comme Haïtienne.La conversation ne tournait qu\u2019autour de ce que je faisais en Haïti, ce que je mangeais, comme je vivais là-bas.J\u2019aime bien parler de mon pays d\u2019origine, mais passons à autre chose ! Ma vie ici Cela fait six ans que je vis à Montréal, je me suis installée dans Côte-des-Neiges.J\u2019y suis chez moi.J\u2019ai mon statut de résidente permanente.De plus, j\u2019ai déjà de la famille ici, des tantes, des oncles, des cousins.Mon conjoint est venu me rejoindre peu après mon arrivée au Québec.Il a étudié ici et a un travail.Ça aide à s\u2019enraciner.Par ailleurs, j\u2019ai des liens avec la communauté haïtienne d\u2019ici.Ma recherche porte sur les familles haïtiennes et j\u2019ai aussi un projet de recherche sur les jeunes de Montréal-Nord.M\u2019intégrer à la société québécoise ?Je ne vois pas les choses sous cet angle.La question est plutôt de savoir comment je fonctionne à l\u2019intérieur de cette société.Mon identité est haïtienne, et quand je retourne en Haïti en voyage, je redeviens haïtienne.Quand je suis ici, je suis plus réservée, parce que les codes sociaux sont différents.Et demain ?.Haïti me manque, ça c\u2019est sûr.Je sais qu\u2019il y a beaucoup d\u2019Haïtiens ici qui sont surqualifiés et n\u2019occupent pas des emplois dans leur domaine.Si je ne trouvais pas de travail à la hauteur de mes compétences, alors j\u2019envisagerais retourner en Haïti.Mais je vous dirais que oui, un jour je retournerai chez moi.¦ 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 19 Plus de 17 000 réfugiés à Montréal Centre de Bogota COLOMBIE \"\"\"TW?K: *.ir M&ÏJS* PAR OLIVIER JESPERE Ils sont plusieurs à avoir dû quitter la Colombie à cause des conflits armés et du contrôle paramilitaire dès les années 1950.Aujourd'hui, la communauté se concentre surtout à Côte-des-Neiges.Leur principale difficulté, l'intégration au travail.Enoin Humanez-Blanquicett est arrivé avec le statut de réfugié au Canada en 2002.Touché de près par l\u2019intégration de la communauté colombienne à Montréal, il en a fait le l\u2019objet d\u2019un doctorat.Comme lui, ils sont plus de 20 000 à avoir choisi la province pour recommencer une nouvelle vie.Aujourd\u2019hui, ils sont 67 % de Colombiens à être établis au Québec, selon LatinArte, un organisme culturel qui fait la promotion des artistes montréalais d\u2019origine latino-américaine.Ce qui représente environ 1 % de la population montréalaise.Une grande partie des Colombiens, arrivés avec le statut de réfugiés au Canada, se sont installés à Montréal pour les possibilités d\u2019emplois.Avant, certains comme M.Humanez-Blanquiccet ont dû déménager, «j\u2019ai fait partie de la vague d\u2019immigrants de 1980 à 2011.je suis d\u2019abord arrivé à Sherbrooke en 2002.D\u2019autres sont allés à Victoriaville, Trois-Rivières et même jonquière.Ensuite nous avons été relocalisés vers Montréal », précise-t-il.De 1997 à 2012, ils sont environ 14 000 à avoir obtenu le statut de réfugiés au Canada.A cette époque, la Colombie était en pourparler de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).Ce dernier s\u2019est soldé par un échec permettant uniquement aux militaires et aux FARC de reprendre des forces.Actuellement, la communauté colombienne est dispersée dans plusieurs arrondissements de la ville de Montréal dont une majorité dans l\u2019arrondissement Côte-des-Neiges, Montréal-Nord et L\u2019Ile-des-Sœurs.Certains nouveaux arrivants, comme M.Humanez-Blanquiccet, n\u2019arrivent pas tout de suite à Montréal, mais à Sherbrooke.Ils sont ensuite redirigés pour les études et emplois par des programmes humanitaires.Les mêmes valeurs, pas le même avenir La Colombie est l\u2019un des pays avec le plus fort taux d\u2019immigrants en Amérique du Sud, après les Mexicains.La population s\u2019installe dans presque tous les pays développés.« Ces Colombiens développent leur communauté à l\u2019étranger et ils deviennent une diaspora pour les autres qui sont restés en Colombie », explique Enoin Humanez-Blanquicett.Sur les 48 millions d\u2019habitants en Colombie, ils sont deux millions à décider de quitter leur pays, selon le doctorant.Cependant, l\u2019Agence des Nations Unies pour les réfugiés, estime plutôt qu\u2019il y a plus de cinq millions de réfugiés de guerre et que ces derniers ne vont pas que dans les pays développés, mais aussi à Bogota ou en région.L\u2019avenir n\u2019est cependant pas si rose pour tous les Colombiens qui s\u2019installent au Québec.Lorsqu\u2019ils viennent ici, certains d\u2019entre eux, ayant le statut de réfugié de guerre, espèrent trouver du travail rapidement.Or, ils sont souvent désillusionnés.« Prenez l\u2019exemple des sans diplômes, pour eux, il est facile d\u2019avoir un avenir en arrivant au Québec grâce aux formations collégiales.Par contre, pour ceux qui possèdent déjà des diplômes, il est très difficile de s\u2019intégrer sur le marché », avoue le doctorant.Souvent surqualifiés, au moment de l\u2019embauche, c\u2019est leur maîtrise de la langue française qui pose le plus de problèmes, les empêchant de trouver un emploi stable.« L\u2019intégration de notre communauté est relativement facile au Québec lorsqu\u2019il s\u2019agit du niveau social, car nous avons les mêmes valeurs.Nous sommes en majorité catholique et nous avons le sens de la démocratie comme l\u2019égalité entre les hommes et les femmes », ajoute Enoin Humanez-Blanquicett.La communauté colombienne présente au pays conserve cependant des liens très forts entre eux.C\u2019est pour cela que plusieurs associations apparaissent comme l\u2019association des Colombiens en Estrie qui a pour but de faciliter l\u2019intégration des nouveaux arrivants colombiens.Selon M.Humanez-Blanquicett, il s\u2019agit de l\u2019association qui aide le plus les réfugiés pour le réseautage et qui facilite l'intégration de la communauté.Enoin Humanez-Blanquicett se voit donc finir son doctorat en science de l\u2019éducation à l\u2019UQAM pour retourner ensuite dans son pays, pour y devenir enseignant.Il dit d\u2019ailleurs avoir envoyé des curriculum vitae partout à Montréal, sans avoir eu de réponses.¦ 20 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 IPHOTO : JFSSF KRAFT (1 ?3RF' PHOTO : MILTON FERNANDES Duffay Romano De Bogota à Brassard PAR JOSEE PAN ET-RAYMOND * Comme modèle d'intégration réussie, il n'a pas Fallu chercher loin.DuFFay Romano, chef des opérations et des ressources humaines, ici à L'Itinéraire, a quitté sa Colombie avec mari et enFants dans l'espoir d'une vie meilleure.Pari gagné pour cette diplômée en économie et gestionnaire de carrière, qui avoue touteFois que la partie n'a pas été Facile.Mon pays d\u2019origine Ma sœur s\u2019était déjà installée au Québec.Elle me disait combien la vie était stable ici, comment des programmes du gouvernement pouvaient nous aider à nous établir.Je ne voulais pas partir, mais mon mari et moi avons décidé de quitter Bogota pour offrir un avenir meilleur à nos enfants.Les études en Colombie sont très chères et il nous aurait été difficile de leur payer une école bilingue, comme nous le souhaitions.C\u2019est pour eux que nous avons fait le saut.Le processus pour immigrer a pris deux ans.Pendant ce temps, je me suis renseignée, j\u2019ai planifié et on a mis autant d\u2019argent de côté que l\u2019on pouvait (ce qui n\u2019était pas une fortune).Nous avons quitté Bogota en 2009.Partir a été difficile.Ça été un gros deuil.La famille est une valeur très forte en Colombie.Alors laisser ma mère, les miens, a été très déchirant.Mes débuts au Québec Je ne parlais que quelques mots de français quand je suis arrivée et à peine l\u2019anglais.Nous avons eu des cours de francisation, et au bout de six mois d\u2019apprentissage, j\u2019ai commencé à me débrouiller en français.Bien sûr, j\u2019avais ma sœur et des membres de la communauté colombienne à Brassard, où nous nous sommes installés, qui nous ont aidés, comme pour l\u2019inscription des enfants à l\u2019école par exemple, mais ça a été dur dans les premiers temps.Quand on allait à l\u2019épicerie, il fallait examiner tous les produits dans les allées pour trouver ce dont on avait besoin.Parmi les Québécois qui nous ont appuyés, il y avait l\u2019administrateur de notre immeuble qui a eu le souci de venir nous voir avec sa fille, qui parlait espagnol, pour faciliter la communication.C\u2019était un geste d\u2019accueil que nous avons beaucoup apprécié.Par ailleurs, nous avons aussi une amie québécoise, Diane Rufiange, qui s\u2019est souciée de nous dès notre arrivée et, avec le temps, est devenue « la grand-mère québécoise » de mes enfants.Je lui en suis bien reconnaissante ! J\u2019ai fait une Attestion d\u2019études collégiales en comptabilité, pour connaître les rouages et les procédures dans le domaine au Québec, et mon mari a terminé ses études ici.Nous avons tous les deux trouvé un emploi.Lors de l\u2019entrevue pour un poste de tenue de livres dans une entreprise de construction, j\u2019étais bien stressée, car je n\u2019avais pas assez de vocabulaire pour faire valoir mon professionnalisme.Mais j\u2019ai eu le poste et j\u2019ai beaucoup appris le temps que j\u2019y ai été.Mais, mon poste a été coupé au bout de neuf mois.Ma vie ici Quand j\u2019ai perdu mon emploi, j\u2019ai appelé mon prof d\u2019AEC qui a fait le lien avec L\u2019Itinéraire.Avant l\u2019entrevue, j\u2019ai visité le site et tout lu sur l\u2019organisme.J\u2019étais vraiment emballée.J\u2019ai décroché le poste, d\u2019abord comme technicienne en comptabilité, puis j\u2019ai gravi les échelons.J\u2019ai eu du coaching et je suis très bien appuyée par l\u2019équipe de gestion.Entretemps, mes enfants, qui ont maintenant 17 et 10 ans, sont devenus trilingues.C\u2019est un gros avantage pour eux.Pour nous, il était aussi important qu\u2019ils ne perdent pas leur espagnol.Quant à la communauté colombienne, j\u2019ai beaucoup d\u2019amis avec qui nous soupons, célébrons des anniversaires, etc.Et nous avons une page Facebook « Solidaridad Colombiana en Canada » qui nous relie.Elle m\u2019a été utile pour organiser de l\u2019aide pour une famille de réfugiés colombiens qui est arrivée ici avec rien.On les a meublés et habillés.Il est important de s\u2019entraider et c\u2019est une belle réussite pour notre communauté.Et demain ?.Notre vie est ici maintenant, et j\u2019aime beaucoup le Québec.Ironiquement, ce n\u2019est pas l\u2019hiver que je trouve dur, mais la canicule de l\u2019été ! A Bogota, il fait assez frais.Si j\u2019ai le mal du pays ?Parfois, oui.Mais c\u2019est ça être immigrant : on n\u2019est pas d\u2019ici et on n\u2019est plus de là.Repartir un jour ?Non.Mes enfants ne voudraient pas retourner vivre en Colombie.Et puis, j\u2019aime mon travail et j\u2019aime le Québec, j\u2019ai envie d\u2019être ici.Je suis heureuse d\u2019être ici.¦ 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 21 Le quartierchii CHINE jAux origines du « quartier chinois » is de Montréal, 1966 \\ PAR ALEXANDRA GUELLIL Il Faut remonter aux années 1860, l'époque d'arrivée des premiers immigrants chinois au Canada, pour comprendre comment s'est organisée la communauté à Montréal.Venant en grande partie de la Colombie-Britannique et de la Chine du Sud, ces nouveaux arrivants étaient majoritairement Cantonnais avant de s'établir dans la ville.^appellation « quartier chinois » désigne aujourd\u2019hui le quadrilatère délimité par l\u2019avenue Viger, les boulevards Saint-Laurent et René-Lévesque et la rue Saint-Urbain, et est traversé par la rue piétonnière De La Gauchetière.C\u2019est dans ce quartier que les premiers Chinois ont ouvert leurs petits commerces, restaurants ou épiceries fines.Arrivés en 1848, avec la ruée vers l\u2019or en Californie, ils ont d\u2019abord travaillé en Colombie-Britannique dans les mines.Mais ils ont fait l\u2019objet d\u2019un racisme virulent.Ce qui a donné lieu à la création d\u2019une commission d\u2019enquête sur l\u2019immigration chinoise par le gouvernement fédéral, en 1885, avec l\u2019application d\u2019une taxe d\u2019entrée de 50 $ imposée aux nouveaux arrivants.Une décennie plus tard, ces 15 000 ouvriers cantonnais sont rendus dans l\u2019Ouest pour construire le chemin de fer.Et, si l\u2019on en croit l\u2019hypothèse du Réseau de diffusion des archives du Québec, c\u2019est à cette époque, lors de la construction du dernier tronçon du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique, que le pâté chinois représentait l\u2019ordinaire des travailleurs puisque ces aliments de base étaient soit en abondance, soit peu coûteux.Une époque complexe Difficile cependant de savoir à quand remonte l\u2019installation du premier immigrant chinois à Montréal.Selon les archives de la ville, c\u2019est Jos Song Long qui ouvre la première buanderie chinoise située au coin des rues Craig (Saint-Antoine) et Jeanne-Mance en 1877.L\u2019immigration chinoise s\u2019intensifie dans la ville à partir de 1901 avec la création de plusieurs autres buanderies.Ce dernier marché étant saturé, c\u2019est à ce moment-là que les Chinois décident d\u2019ouvrir des restaurants.Le premier est cantonais et ouvre sur la rue De la Gauchetière, entre Saint-Laurent et Côté.C\u2019est aussi l\u2019époque où certains médias québécois n\u2019hésitent pas à propager des idées discriminatoires à l\u2019encontre de cette immigration chinoise perçue comme un «rée/ danger» pour l\u2019identité montréalaise.Ce qui motive l\u2019administration municipale à imposer une taxe annuelle de 50 $ pour les buanderies, soit le même prix qu\u2019un restaurant de première classe.Précisons que ce montant représentait, à l\u2019époque, quatre mois de travail pour un immigrant chinois.La plupart des commerçants décident de ne pas payer et adressent une pétition au maire dans laquelle ils affirment « avoir moins de droits que les Noirs montréalais et que le seul but de cette taxe est de les chasser » de la ville.Ceci donne lieu à un procès, en 1900, pour plusieurs d\u2019entre eux.Les années passent et les commerces, buanderies, restaurants se multiplient dans le secteur.En 1911 naît ainsi le Chinatown comprenant un peu plus de 1300 personnes.Au début des années 1960, le quadrilatère où résidait et travaillait la communauté se trouvait entre la rue Jeanne-Mance, le boulevard Saint-Laurent, la rue Vitré (Viger) et le boulevard Dorchester (René-Lévesque).Le secteur se rétrécit durant les décennies 1970 et 1980 en raison de la construction du complexe Guy-Favreau et de l\u2019autoroute Ville-Marie.De nos jours, la majorité de la population d\u2019origine chinoise vit dans la banlieue montréalaise.Sino-Québécois Aujourd\u2019hui, ils sont plus de 100 000 au Québec, soit presque autant que les Maghrébins, les Latinos, les Haïtiens ou les Vietnamiens.Si bien qu\u2019il reste encore complexe de trouver des personnalités qui représentent ou inspirent la communauté au Québec.Or, ce n\u2019est pas qu\u2019ils n\u2019existent pas, simplement qu\u2019ils semblent isolés.Un confinement qui s\u2019explique notamment par les lois fédérales et municipales rudes imposant des taxes d\u2019entrée, mais aussi par des interdictions comme celle de 1923, prohibant les réunifications familiales par la Loi fédérale de l\u2019immigration chinoise, créant ainsi des communautés ne se sentant pas chez elles, au Québec comme au Canada.La grande majorité de la communauté chinoise non catholique s\u2019est structurée en partie parce quelle était exclue des écoles catholiques francophones.C\u2019est la raison pour laquelle les Chinois se sont greffés aux communautés anglophones.En vingt ans, la perception de la communauté chinoise au Québec a évolué.D\u2019une part parce que la Chine est devenue l\u2019un des principaux partenaires commerciaux du Québec, mais aussi parce que l\u2019intérêt des Québécois envers l\u2019adoption internationale a augmenté : en 2012, plus de 10 000 enfants adoptés par des personnes domiciliées au Québec étaient originaires de la Chine.¦ 22 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 PHOTO : ARCHIVES DE LA VILLE DE MONTREAL PHOTO : SIMON POSNIC rj*'- Zhihua Feng \" Z Dépanneur 365 jours par année depuis 16 ans Zhihua Feng, sa femme et son fils de 9 ans ont quitté la Chine pour le Canada en 2000.Ils ont rapidement repris le dépanneur Christine, à l'angle des rues Saint-Zotique et Drolet.Ils vivent à l'étage, travaillent dans le magasin chaque jour, de 8 à 23 heures, et n'ont pas pris un seul jour de congé en 16 ans.Mon pays d\u2019origine Nous sommes arrivés au Canada en 2000.Nous vivions à Nanjing, une ville de 8 millions d\u2019habitants, pas très loin de Shanghai.J\u2019y ai vécu 12 ans, c\u2019est là que ma femme Yaqin Zhang et moi nous sommes mariés et avons eu notre premier enfant.Nous travaillions dans la même entreprise, une grosse compagnie de 40 000 employés.J\u2019étais ingénieur chimiste et j\u2019avais une très bonne situation, mais je voulais juste changer de vie.J\u2019ai lu dans le journal qu\u2019il y avait possibilité d\u2019immigrer au Canada et ça m\u2019a intéressé.J\u2019ai fait les démarches auprès de l\u2019ambassade du Canada à Hong Kong et dix mois après, nous avons reçu nos visas.Mes débuts au Québec Nous ne connaissions personne au Canada.Nous sommes arrivés à Toronto, parce que nous avions vu qu\u2019il y avait une grosse communauté chinoise là-bas.Mais je n\u2019y suis resté que quatre jours parce que j\u2019ai vu qu\u2019au Québec, le gouvernement donnait 500 $ par mois aux nouveaux arrivants s\u2019ils suivaient un programme pour apprendre le français.En arrivant à Montréal, j\u2019ai commencé à travailler pour un dépanneur qui avait besoin de quelqu\u2019un pour s\u2019occuper du magasin le soir et faire les livraisons.Après deux mois, le commerçant voulait vendre.Même si j\u2019apprenais le français, ce n\u2019était pas facile pour moi de trouver du travail, alors je me suis dit que c\u2019était une bonne opportunité.J\u2019ai acheté le dépanneur avec les économies que j\u2019avais faites en Chine, puis ma femme et mon fils m\u2019ont rejoint.C\u2019est comme ça que notre vie a commencé à Montréal.Tout était différent ici.Au début on trouvait qu\u2019il faisait très froid par rapport à là où nous habitions en Chine, mais on s\u2019est habitué, et l\u2019été c\u2019est parfait! L\u2019ancien propriétaire m\u2019avait expliqué comment fonctionnait la boutique, mais quand je me suis retrouvé seul, j\u2019ai eu des difficultés au début, surtout pour passer les commandes au téléphone, parce que je ne parlais pas bien français.En Chine, j\u2019avais un très bon emploi alors des fois, j\u2019étais un peu déprimé de travailler dans un dépanneur.Les journées étaient très longues.Mais après six mois, j\u2019ai oublié ma vie d\u2019avant.Ma vie ici Vu que je travaille tout le temps ici, je connais avant tout le Québec à travers mes clients.J\u2019aime beaucoup les gens ici, ils sont très polis, toujours très aimables avec moi.Je suis le hockey et le soccer.En dehors de mes clients, j\u2019ai quelques amis chinois qui ont aussi des dépanneurs.Je sais qu\u2019il y a une grosse communauté chinoise à Montréal, des associations et des regroupements, mais je n\u2019ai pas le temps pour ça.Ma femme a la citoyenneté canadienne aujourd\u2019hui, mais moi je ne l\u2019ai pas demandée, parce que j\u2019aurais perdu ma nationalité chinoise.Je ne voulais pas ça car un jour, je retournerai en Chine.Et demain ?.Je ne me plains pas ici, mais ma vie sera meilleure en Chine.J\u2019ai grandi là-bas, j\u2019ai travaillé là-bas, toute ma famille est là-bas.J\u2019ai 50 ans, j\u2019espère pouvoir retourner vivre en Chine dans 5 ans pour ma retraite, dans ma maison à Nanjing, auprès de ma mère qui a 82 ans.Je n\u2019aurai plus besoin de travailler.Mon fils a déjà 25 ans, il va bientôt terminer ses études d\u2019ingénieur, et il préférera sûrement rester au Québec.Ma fille est née ici en 2004, dans 5 ans elle aura bien grandi et devrait aussi être capable de se débrouiller toute seule ici.¦ 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 23 MOLDAVIE Arc de Triomphe à Chisinau La plupart de la population s'expatrie - -\"U1- ¦LIUllilJijTliLlllILIiHjUHIlHIII \u20181\tV \t \tr \t PAR OLIVIER JESPERE La communauté moldave prend de plus en plus d'ampleur à Montréal depuis 2008.Avant, il était rare de voir plus de 500 immigrants chaque année venus de ce petit pays d'Europe de l'Est.Ce sont principalement des jeunes familles traditionnelles (mère, père et un ou deux enfants), avec des diplômes dètudes universitaires qui s\u2019installent ici.Les Moldaves représentent aujourd\u2019hui environ 0,5 % de la population montréalaise.La Moldavie, c\u2019est l\u2019un des plus petits pays d\u2019Europe et le moins stable sur le plan économique de surcroît.De plus, affectés en 2012 par la crise économique de l\u2019Union européenne et une sécheresse estivale exceptionnelle, beaucoup de citoyens ont décidé de partir.Selon la Communauté moldave du Québec (CMQ), un organisme regroupant des immigrants de Moldavie, plus de 500 Moldaves par année sont venus s\u2019établir au Québec entre 2003 et 2008.Depuis, ce chiffre a doublé.Aujourd\u2019hui, selon les calculs de la CMQ, 5000 à 7000 Moldaves résident au Québec.Montréal est la ville de prédilection pour les Moldaves, car la plupart des organismes qui les concernent s\u2019y trouvent comme l\u2019Association des femmes moldaves (AFMQ).Si l\u2019on compare avec l\u2019ensemble des nouveaux résidents permanents, toutes origines confondues, arrivés entre 1997 et 2002, 86% résidaient dans le grand Montréal, selon Amélie Billette diplômée de l\u2019Institut national de recherche scientifique.La Moldavie dépend de sa diaspora pour survivre selon la chroniqueuse Diane Santerre, c\u2019est presque le seul lien qu\u2019ils ont avec leur pays d\u2019origine.Depuis son indépendance, la République de Moldavie et ses citoyens font partie de la francophonie et étendent cette culture.Ce qui pourrait expliquer qu\u2019ils choisissent de s\u2019installer au Québec.Une immigration forcée Le quart de la population active moldave vit à l\u2019étranger.Les transferts d'argent des expatriés représentent 25 % de son PIB, la plupart des transferts proviennent de Russie, d\u2019Italie et du Canada.C\u2019est presque un million de citoyens de la Moldavie qui sont partis à l'étranger, de façon temporaire ou permanente.Contrairement à l\u2019immigration des Moldaves dans les pays européens, le plus souvent une migration illégale, au Canada, leur acceptation est basée sur un processus de sélection rigoureux.Depuis la crise mondiale de 2008, le nombre de nouveaux arrivants moldaves en Europe a diminué, tandis qu\u2019au Canada et surtout au Québec, il a augmenté sensiblement.Lorsque l\u2019on rapporte ces 7000 Moldaves au nombre total d\u2019immigrants au Québec en 2009, qui s\u2019élève à 33 185 selon Statistique Canada, la Moldavie représente presque un quart de ce chiffre.En 2001, il y avait 80 % de la population de Moldavie qui résidait dans l'une des trois métropoles canadiennes : Toronto, Montréal et Vancouver.Qui sont les Moldaves à Montréal ?Les profils socioprofessionnels des différentes générations d\u2019immigrants ont évolué entre les quatre grandes vagues d\u2019immigration canadienne.Ce qui explique une évolution dans leur but d\u2019immigration, qui avait plus rapport avec la terre à l\u2019époque de la première vague.En 1899, suite à l\u2019éclatement de l\u2019URSS, cette vague russe s\u2019est d\u2019abord dirigée en Saskatchewan et en Colombie-Britannique où le gouvernement leur offrait des terres et les exemptait du service militaire à cause de leur religion.Une autre vague, composée de Russes juifs, a dû fuir une forme d\u2019antisémitisme qui se perpétue toujours en ex-URSS.C\u2019est l\u2019une des raisons qui expliquent le nombre important d\u2019immigrants juifs en provenance de l\u2019ancienne Union soviétique au Canada.Depuis, l\u2019immigration des Russes au Canada a évolué et ce sont des personnes diplômées et compétentes professionnellement qui veulent s\u2019installer.Les immigrants et les communautés moldaves font ce qu\u2019ils peuvent pour favoriser leur intégration naturelle au Canada et surtout au Québec.Par contre, ils estiment primordial de préserver leurs valeurs ainsi que leur patrimoine.Une majorité des Moldaves venus vivre à Montréal se concentrent dans le centre-Est de lie, dans les arrondissements d\u2019Outremont et Ville-Marie.Plusieurs organismes moldaves se situent d\u2019ailleurs dans ces quartiers.Selon Ala Mîndîcanu, la présidente de la CMQ, il faut « contribuer à l'intégration efficace de ses membres dans la société canadienne qui nous a accueillis à bras ouverts », et c\u2019est pourquoi, à la base, elle a créé cet organisme.La communauté célèbre ainsi sa spécificité par divers concerts et activités culturelles, ce qui facilite et accélère son intégration au Québec.¦ 24 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 IPHOTO : SERGHEI STARUS (123RF: PHOTO : MILTON FERNANDES Aliona tient la chemise traditionnelle de la Moldavie, nommée « ia », le rouge représentant l'amour et le blanc l'espoir.1 Aliona Munteanu\tlAÆ Célèbre en Moldavie, anonyme au Québec PAR SIMONPOSNIC Aliona Munteanu est née en Moldavie, eta étudié en Roumanie où elle est devenue une comédienne très célèbre.Par amour, elle a tout quitté du jour au lendemain pour rejoindre le Canada.Aujourd'hui, à 32 ans, elle enseigne l'art dramatique et est beaucoup moins connue en tant qu'artiste, mais elle s'épanouit pleinement dans sa nouvelle vie québécoise.Mon pays d\u2019origine J\u2019ai habité 15 ans en Moldavie où je suis née.C\u2019est un pays pauvre où il était très difficile de faire du théâtre et de gagner sa vie en tant qu\u2019ar-tiste.Beaucoup de gens ont quitté la Moldavie.Dans les rues, on voit des personnes âgées et des enfants, mais peu de jeunes.Les gens ne sourient pas, mais c\u2019est peut-être parce qu\u2019ils n\u2019ont rien à manger, pas de travail.Les gens sont extraordinaires mais la vie est dure.Malheureusement, beaucoup partent en Europe ou ailleurs pour faire des études ou chercher du travail.Je ne connais pas une famille qui n\u2019a pas un parent, un frère ou une sœur qui ont quitté le pays pour améliorer leur sort.J\u2019ai quitté la Moldavie pour faire mes études en Roumanie.J\u2019ai eu un baccalauréat en art dramatique, et je suis devenue très connue après avoir participé à l\u2019émission Dancing With the Stars en 2006.Après ça j\u2019ai fait un film pour lequel j\u2019ai été nommée meilleure comédienne.Tout le monde me reconnaissait dans la rue.Je suis tombée en amour avec un Québécois d\u2019origine roumaine et c\u2019est lui qui m\u2019a fait découvrir le Canada.C\u2019est grâce à lui que j\u2019ai immigré.Je ne pensais jamais venir vivre ici car j\u2019étais bien chez moi.Ça a été vraiment difficile de me détacher de mes amis et de ma famille, et de tout recommencer à zéro.Aujourd\u2019hui nous ne sommes plus ensemble, mais ne regrette pas d\u2019être venue.Mes débuts au Québec En fait, j\u2019ai passé mes premiers mois au Canada à Toronto, mais je n\u2019ai jamais pu trouver ma place.J\u2019étais effrayée, tout le monde parlait en anglais et le choc a été très grand, car j\u2019étais très connue en Roumanie.J\u2019ai visité Montréal en décembre 2008, et j\u2019ai adoré ça.C\u2019est beau, tu peux voir des pièces de théâtre, des concerts, des films, des festivals.Tu peux manger de la cuisine indienne, chinoise, québécoise, russe.Les gens se respectent, ils sont relax, calmes, souriants.Je me suis dit que ma place était à Montréal.J\u2019ai créé ma famille du Québec quand j\u2019ai rencontré la communauté roumaine et moldave à Montréal.On fête Noël ensemble, mais à notre façon.On fait ça entre nous, avec la nourriture traditionnelle de chez nous, habillés avec les tenues traditionnelles.On se voit souvent, on fait plein d\u2019activités.C\u2019est important de ne pas oublier ses origines.Ça m\u2019a permis de me faire connaître et de décrocher des contrats.J\u2019ai participé à des pièces de théâtre, j\u2019ai fait un spectacle de marionnettes pour enfants, j\u2019ai fait beaucoup de bénévolat, ça m\u2019a aidé à ne pas laisser mes projets artistiques de côté et à progresser en français en même temps.Trois mois après avoir commencé à apprendre le français, je travaillais déjà dans une école pour organiser des activités parascolaires.Pour rester dans le milieu du théâtre, j\u2019ai décidé de l\u2019enseigner.Je fais actuellement une maîtrise en art dramatique, et ça me plait beaucoup.Grâce à mes racines étrangères, j\u2019ai obtenu tous mes rôles à cause mon accent.Je parle très bien le français mais je ne peux pas vraiment avoir un rôle de vraie québécoise.Oui ça a été difficile de tout recommencer à zéro, d\u2019apprendre le français, de retourner aux études.Mais J\u2019adore le Québec et j\u2019ai trouvé ma place à Montréal.Et demain ?.Mon pays me manque beaucoup.On dirait que même le soleil et l\u2019air sont différents.Je retournerai toujours visiter mes parents, qui souffrent énormément de l\u2019absence de leur fille unique.Quand ma mère est venue me voir l\u2019année passée, elle a compris pourquoi je restais au Québec.J\u2019ai déjà acheté une maison, je commence à bien m\u2019implanter professionnellement.Je suis triste de dire ça, mais sincèrement, je ne me vois pas retourner vivre en Moldavie où il n\u2019y a pas de futur pour moi.Je reste ici ! Mais je sais que dans la vie, on peut avoir plus qu\u2019une maison.¦ 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 25 La diversité au quotidien Manuelle et Youssef r r J.I*T- ^ -¦ ; < ¦ PAR ALEXANDRA CUELLIL Si pour certains, les couples interculturels sont devenus quasi ordinaires à observer, pour d'autres, des interrogations persistent.C'est pour tenter d'y répondre qu'est né Aime comme Montréal, un projet photographique intégré à la programmation oFFicielle des Festivités autour du 375e anniversaire de la ville.Manuelle Alix-Surprenant et Youssef Shoufan sont ensemble depuis cinq ans.A les voir se regarder ou discuter, il n\u2019y a pas de doute : ils forment un couple riche de cultures où régnent l\u2019échange et le partage.Leur histoire est pourtant parsemée de ce que l\u2019on nomme aujourd\u2019hui, la diversité culturelle.Manuelle est née en Corée du Sud, a été adoptée à l\u2019âge de huit mois et a grandi à Saint-Jean-sur-Richelieu avant de s\u2019installer à Montréal à l\u2019âge de 16 ans.Youssef, lui, est né à Damas, dans une Syrie qui, à elle seule, représente un carrefour entre les civilisations occidentales et orientales, avant d\u2019arriver à Montréal en 1994 avec sa famille, alors qu\u2019il n\u2019avait que sept ans.Quand ils se sont connus, ils étaient tous les deux en quête de leur identité et cherchaient, par la mise en place de différents projets, à mieux comprendre d\u2019où ils venaient.« Au moment où l'on s\u2019est rencontré, raconte Manuelle, je cherchais à mieux définir qui j\u2019étais, par rapport à mon histoire personnelle liée à l\u2019adoption internationale.» Quant à Youssef, à ce moment-là, le conflit syrien éclatait et il lui semblait important de s\u2019impliquer autrement, de se sentir actif et de prendre part au chamboulement que vivait (et vit encore) son pays natal.Ils ont donc utilisé cette recherche identitaire pour créer des projets inspirants et novateurs.Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019organisme L\u2019Hybridé, offrant des activités et services pour les adoptés à l\u2019international pour Manuelle ou bien de Syrian Eyes of the World, rendant hommage à la mosaïque culturelle syrienne par l\u2019art, porté par Youssef.S\u2019aimer et partager Leur relation s\u2019est teintée de ce besoin de vivre leur diversité au quotidien et d\u2019en parler sans aucune gêne.Et ce, qu\u2019il s\u2019agisse de leur couple, de leur famille, de leurs projets, de leur culture respective ou même, de ce qu\u2019ils mangent, lisent et des personnes qu\u2019ils rencontrent.Des débats sur leurs origines, ils en ont eu plusieurs.Des quiproquos, quelques-uns, mais pas de ceux qui provoquent un réel malaise quand on les évoque.Plutôt de ceux qui font rire aux éclats.« Le fameux geste avec les mains qui signifie dans sa culture comment ça va que je ne comprenais pas » se souvient Manuelle.Puis, au-delà des désaccords, il y a les discussions importantes qui permettent d\u2019avancer à deux sur le même chemin.L\u2019une d\u2019entre elle concerne l\u2019héritage à léguer à leurs enfants.Après un voyage ensemble en Corée du Sud, Youssef a pu rencontrer la famille biologique de Manuelle.Un moment qui a pu sceller la réflexion identitaire.« Même si on riest pas beaucoup en contact avec eux, ils seront liés de sang avec nos futurs enfants.Cêst quand même important de savoir minimalement qui ils sont pour qu\u2019on puisse répondre aux interrogations possibles des enfants », explique-t-il.Et, pour démontrer à quel point cette expérience était importante, le couple a même créé un blogue du nom de 8008 km.En ligne, ils ont tous les deux partagé leurs interrogations, anecdotes de voyages, mais aussi leurs découvertes l\u2019un sur l\u2019autre.Une opportunité unique de parler de leurs origines dans le seul et unique but de les partager.Quant à la question de leur rapport à l\u2019identité québécoise, l\u2019un et l\u2019autre ont appris à composer avec.Si avant, Manuelle se sentait quasi torturée par cette question identitaire, aujourd\u2019hui, elle se permet avec aisance de conjuguer son identité au pluriel.« Un jour, je vais me sentir Québécoise et un autre, Coréenne.Parfois, Québécoise-Coréenne et le jour d\u2019après, Montréalaise.Puis, je vis très bien avec la variété de ces réponses-là », confie-t-elle.Pour sa part, Youssef reste plutôt pragmatique sur le besoin de montrer que la diversité relationnelle existe à Montréal.« Cêst comme la parité entre les hommes et les femmes, on ne devrait plus en parler.Il faudrait soit le faire, soit qu\u2019on soit rendus réellement là.Cêst un projet banal quand on y pense, mais peut-être que nous sommes dans un setting différent.Le cloisonnement culturel, tel qu\u2019on le connaît, est voué à exister de moins en moins.Et cêst intéressant de voir à quel point les 26 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 PHOTO : ALEXANDRA GU EL visages de l'avenir changeront aussi, en tout cas dans les métropoles comme Montréal », pense-t-il.« Le métissage vient de plus en plus naturellement, c\u2019est une tendance qui est croissante et pas uniquement à Montréal », pense Marie-Christine Ladouceur-Girard, instigatrice et réalisatrice de ce projet, inspirée aussi de son expérience personnelle en couple interculturel et interreligieux.Au-delà des étiquettes « On me posait beaucoup de questions sur les implications et les impacts de mon couple interculturel dans ma vie quotidienne.Il y avait aussi beaucoup de questions fondées sur des préjugés », raconte-t-elle en précisant l\u2019importance de rendre public cet intérêt envers cet autre, conjoint ou même collègue, issu d\u2019une autre culture ou pratiquant une autre religion.En quittant la métropole, certains mélanges culturels peuvent cependant encore étonner, voire parfois déranger.Si les mots peuvent blesser, il en est de même pour les regards qui sont suffisamment éloquents et empreints de dédain.« j'ai rencontré un Noir américain malentendant qui était en couple avec une Blanche.Ils me racontaient que lorsqu\u2019ils allaient aux États-Unis, le regard racial était encore présent des deux côtés.Ils disaient par contre qu\u2019à Montréal, ils se sentaient plutôt libérés de cette pression », raconte Marie-Christine Ladouceur-Girard.« Peut-être aussi que quand les autres nous regardent ici, ils ne sont pas forcément capables d\u2019identifier que cêst un Syrien et une Coréenne, mais plutôt que cêst de la diversité ensemble tandis que la différence se ressent sans doute bien plus quand il s\u2019agit de couleur de peau », suppose Manuelle.Quant à Youssef, il affirme être « contre ces idées de percevoir une majorité ou une minorité culturelle », une idée qui devrait être inclusive et qui ne devrait plus se nommer aujourd\u2019hui.« Il n\u2019y a pas une culture ou une communauté qui est meilleure qu'une autre, enfin, cette mentalité ne devrait plus exister», conclut-il.Aime comme Montréal rend hommage à l\u2019amour, tel qui peut apparaître dans les rues de la ville, sans frontières culturelles ou religieuses.En tout, ce sont 60 couples interculturels montréalais, composés de natifs, d\u2019immigrants, de membres des communautés culturelles et des communautés autochtones, qui raconteront leur histoire à travers un photoreportage dévoilé dans un livre et une exposition, lesquels seront rendus publics en 2017 pour le 375e anniversaire de Montréal.Les scènes photographiées sont quotidiennes, captées au fil des saisons et à travers les quartiers de Montréal.Derrière l\u2019objectif se cachent deux photographes de talent, Jacques Nadeau [Le Devoir) et Mikael Theimer [Portraits de Montréal).A l\u2019heure où les sociétés cherchent à installer une diversité apaisée entre les différentes communautés, « c\u2019est intéressant de s'inspirer des réflexions de ces couples sur le vivre ensemble, de comprendre comment ils vivent leur identité tout en allant dans la même direction.» Globalement, les couples rencontrés ont trouvé des compromis culturels ou religieux leur permettant de s\u2019exprimer ouvertement à l\u2019autre dans une société qui les habite.Dépasser les idées reçues, s\u2019éloigner des stéréotypes, mais aussi sensibiliser à travers la culture humaine, à travers le sentiment sans étiquette qu\u2019est l\u2019amour, c\u2019est le vœu que fait ce projet.Certains participants souhaitent montrer les nuances de la diversité, décloisonner les cultures et le vivre ensemble quand d\u2019autres souhaitent surtout préciser que malgré toutes les mésententes possibles, la culture ou même la religion, n\u2019est pas un frein à une relation.Encore faut-il qu\u2019elle soit abordée sans complexe.¦ MONTRÉAL Au C CE 1' R D U VIVRE ENSEM»!.! 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 27 ENTREVUE t* m 11 « L\u2019éducation, c'est l'avenir » TEXTE PAR OLIVIER JESPERE RECHERCHES PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Le chanteur de reggae Tiken Jah Fakoly est l'un de ceux qui utilisent le micro pour valoriser l'éducation et dénoncer l'exploitation du continent africain.En nomination au Gala de l'Adisq, en 2011, parmi les artistes Francophones s'étant les plus illustrés au Québec, l'artiste multiplie les prestations dans la province dès qu'il en a l'occasion.Rencontre avec celui qui tente d'éveiller les consciences par la musique.Comment vos origines influencent-elles votre musique et vos engagements ?Je suis d\u2019origine ivoirienne et suis influencé par les cultures de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest.Ma musique s\u2019est inspirée de la chorale balafon, une mélodie africaine réalisée grâce à des instruments de percussions de la famille des idiophones [NDLR : L\u2019idiophone est un instrument dont le son est produit par le matériau de l\u2019instrument lui-même, lors d\u2019un impact avec un accessoire extérieur, comme une baguette ou un élément interne à l\u2019instrument], La Guinée et le Mali représentent le berceau de cette musique, et de mon inspiration aussi.Pourquoi avoir choisi le reggae comme style musical principal ?C\u2019est un style de musique qui éveille les consciences de ceux qui l\u2019écoutent.C\u2019est aussi une musique de combat, lyriquement parlant.J\u2019ai choisi le reggae pour les instruments qui y sont utilisés, comme les percussions.Je pense que nous, les Africains, sommes un peuple qui doit se réveiller et nous avons besoin de messages forts comme il est fréquent d\u2019en trouver dans le reggae.Au niveau de la Jamaïque par exemple, le reggae a eu beaucoup d\u2019impact sur la conscience collective.Dans le titre je dis non, vous dites qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019une chanson et que cela ne changera pas nos vies.Jusqu\u2019à quel point la musique peut-elle changer les choses ?Lorsqu\u2019elle agit sur les consciences, elle peut participer à l\u2019éveil.Mais, cela dépend beaucoup de l\u2019interprétation de celui qui écoute.La musique donne confiance, surtout le reggae.Chez nous, il n\u2019y a pas de limites lorsqu\u2019on écoute de la musique, on l\u2019écoute à plein volume pour faire passer le message.Dans les pays occidentaux, la plupart du temps il est interdit de faire jouer la musique trop fort (rires).Vos revendications sont ancrées dans l\u2019identité africaine.Vous adressez-vous à d\u2019autres peuples ?Je m\u2019adresse aussi aux colonisateurs qui continuent d\u2019extirper les ressources du continent.Je dois admettre que si je parle surtout au peuple africain, mes textes s\u2019adressent à tout le monde.Encore une fois, le reggae est un style musical qui s\u2019adresse à tous.Vous croyez en la force de l\u2019éducation.En plus de cela, quelles seraient les autres étapes pour que les peuples africains puissent s\u2019épanouir?Je pense que l\u2019éducation est la base.C\u2019est elle qui va réveiller les Africains.Quand je chante, je souhaite participer à l\u2019éveil des consciences, c\u2019est pour cela que mes textes sont si engagés.Mais, l\u2019instruction c\u2019est encore plus fort, car elle permet de comprendre comment fonctionne le monde.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que j\u2019ai créé un projet qui a permis la construction de plusieurs écoles primaires et collégiales au Mali, au Niger, au Burkina Faso et en Côte d\u2019ivoire.Nous sommes un peuple qui ne cesse d\u2019être colonisé.L\u2019éducation, c\u2019est très important si on souhaite sortir de cet obscurantisme.Vous avez pris plusieurs fois position sur des sujets de société comme la corruption.Pourquoi est-ce si important pour vous ?La corruption est présente partout malheureusement.Elle ronge nos pays.C\u2019est pour cela que j\u2019ai décidé de parler de ce sujet pour que la population s'en rende compte et agisse.Je trouve que c'est un grand mal.Mais, je crois aussi que c\u2019est au peuple et à l\u2019Afrique d\u2019écraser cette menace et de continuer à la combatte.Vous dites dans une chanson que plus rien ne vous étonne.Pourquoi ?Des pays riches en ressources se font souvent piller.Les habitants sont pauvres tandis que ceux qui sont puissants ne changent pas 28 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 PHOTOS : YOURI LENQUETTE Tiken Jah Fakoly sera en concert le 6 mai au Métropolis pour présenter son nouvel album, Racines, dans le cadre du 30e anniversaire de Nuits d\u2019Afrique.pour autant les choses.En chantant Plus rien ne m\u2019étonne, je souhaite que les gens prennent conscience de cela pour qu'il y ait du changement dans le monde qui va mal.On a souvent la perception d\u2019un continent africain en guerre.Quelle est votre vision de cette violence et de ces conflits dont on ne cesse de parler ?Il faut que l'on obtienne l'indépendance intellectuelle.L\u2019Afrique sera un continent d\u2019avenir quand la situation se stabilisera.Quand tous les Africains sauront lire et écrire, le changement sera automatique.Il ne faut pas oublier que nous avons des richesses qui sont nombreuses.C\u2019est pour cela que je garde espoir.Quels sont vos liens avec Montréal, le Québec et le Canada ?La première fois que je suis venu à Montréal, c\u2019était en 2000.Depuis, j\u2019y reviens aux deux ou trois ans, à Montréal, à Québec ou même à Ottawa.J'ai de bons rapports avec le Canada.Il y a des gens qui apprécient ma musique et surtout mon combat.C\u2019est pour cela que je suis content de revenir à chaque fois.Quels sont, selon vous, les points faibles du monde occidental ?Il y a un certain égoïsme dans les pays occidentaux.Même au Canada ou aux Etats-Unis, il y a beaucoup d\u2019injustices.Des entreprises privées prennent les richesses de pays pauvres dits « du tiers monde».Plusieurs entreprises occidentales exploitent et s\u2019accaparent l\u2019or et les diamants sur le continent africain alors même qu'ils sont incapables de construire des hôpitaux sur place.Comme s\u2019ils n\u2019arrivaient pas à prendre en considération la population locale.Le point faible de l\u2019Occident, c\u2019est qu\u2019il se considère comme plus fort et qu'il pense qu'il peut s\u2019accorder tous les droits notamment parce qu\u2019il est plus armé.Qu\u2019en est-il de la situation du continent africain sur le plan alimentaire ?Il y a un objectif qui est d\u2019atteindre l'autosuffisance.Nous pourrions, par exemple, aider les populations des pays extérieurs comme la Chine ou l\u2019Europe en produisant de la nourriture biologique.Il y a un gros travail à faire et c'est d'ailleurs pourquoi nous en parlons à nos concerts.Un exemple personnel, j\u2019ai réussi à récolter 50 hectares de riz dans mon village.Comment pouvons-nous préserver la sagesse et les connaissances des anciens tout en progressant dans l\u2019ère moderne ?Je crois qu'il faut discuter avec les anciens et s\u2019en rapprocher.La génération d\u2019aujourd\u2019hui a tendance à s\u2019en éloigner.Il faut que les jeunes profitent de leurs expériences.Je tente d\u2019écouter beaucoup les vieilles personnes, elles me guident au quotidien dans mes combats, dans ma vie.Quel monde devrions-nous laisser aux futures générations ?Un monde en paix.Nos enfants devraient réussir à savoir ce que la paix signifie.Il y a trop de haine alors qu'il faudrait qu'on vive dans un monde rempli d'amour.Et pour y parvenir, il faut que nous y travaillions encore, tous ensemble, i 1er mai 2016 |.ITINERAJRE.CA Ér^v -'.v Les Jardins du Y, un projet des( [logements sociaux pour femmes quii fc\u2019a eu l'aide de la SPLI, il y a 10 ans.| Lutte contre l'itinérance 10 millions $ pour une approche globale IB III INFO RAPSIM PAR PIERRE GAUDREAU COORDONNATEUR DU RAPSIM VV T* J _\t \tm ¦*\u2019 W \u2019 if « î Le 22 mars dernier, le budget Fédéral annonçait enfin l'augmentation du budget de sa Stratégie de partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI).Cette hausse, une première depuis 1999, est plus que la bienvenue.L\u2019hiver dernier, les ressources pour femmes et pour hommes ont eu très souvent des taux d\u2019occupation dépassant 100 % de leur capacité d\u2019accueil, alors que différents autres constats de situations d\u2019itinérance croissante sont faits dans plusieurs quartiers de Montréal.Pour Montréal, le budget de la SPLI est de près de 8 millions $ par an et les fonds sont tous affectés jusqu\u2019en 2019.Le budget fédéral a cependant ajouté des fonds de 4 millions $ par an, pour 2016-2017 et 2017-2018.Des fonds résiduels de 2 millions s\u2019ajoutent pour un total de 10 millions $, un potentiel majeur d\u2019actions à soutenir.Des immobilisations essentielles Depuis le budget fédéral, le RAPSIM demande que ces fonds soient investis rapidement dans les différentes actions nécessaires pour prévenir et réduire l\u2019itinérance.Depuis deux ans, le gouvernement conservateur a imposé un virage vers le Housing First dans son soutien à la lutte contre l\u2019itinérance, concentrant 65 % du budget dans cette forme d\u2019action ciblée sur l\u2019itinérance chronique qui exclut différentes interventions, particulièrement de prévention.L\u2019impact le plus important du recul entrainé par l\u2019approche Housing First est la réduction du soutien aux immobilisations.Depuis 15 ans, c\u2019est une moyenne de 60 % du budget qui a été affecté à ces investissements.Des organismes tels CACTUS et L\u2019Itinéraire ont pu acquérir un immeuble pour y déployer leur action, de même que différents refuges, dont Projets Autochtones du Québec.Plus de 950 logements sociaux pour sans-abri, réalisés par une trentaine d\u2019organismes, ont aussi eu une contribution de la SPLI pour se construire.Avec les fonds « tagués » vers le Housing First, c\u2019est moins de 6 % du budget qui a été consacré aux immobilisations.Or des besoins majeurs sont toujours là.Des interventions variées à soutenir Le virage vers le Housing First a réduit ou totalement coupé le soutien de la SPLI à l\u2019intervention menée dans plus de 50 organismes, notamment en travail de rue, soutien communautaire en logement social et aide alimentaire.Comme le dit pourtant la Politique nationale de lutte contre l\u2019itinérance - Ensemble pour éviter la rue et en sortir, le travail de prévention est pourtant essentiel, tout comme une diversité d\u2019interventions.Dans la foulée de la Politique en itinérance adoptée au Québec, le milieu communautaire, la ville et les différents ministères se sont donnés un plan d\u2019action qui prévoit agir en santé, en réinsertion, en logement et en cohabitation.En visite dans le métro de Montréal, le 6 avril, le Premier ministre Trudeau a précisé que le rôle du gouvernement fédéral était de servirde partenaire« présent, actif pour pouvoir arriver avec le financement nécessaire.C'est les gens d'ici qui savent c'est quoi les priorités.Le gouvernement fédéral va répondre aux priorités locales ».Cela s\u2019applique aussi à lutte contre l\u2019itinérance et au budget de la SPLI.Des centaines de groupes et d\u2019individus, des élus de différents partis ont appuyé le RAPSIM pour que ces fonds soient ainsi affectés.A moins de surprise, cela n\u2019est toujours pas réglé.¦ Pour en savoir plus, consultez le WWW.rapsim.org et notre page Facebook n A RC I h A Le réséau d'side au*: personnes seules et itinéran tes de Montréal j||*I WwW.rapsiln.Qrg | Tel.: 514 S79-1949 30 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 T.f m 'ii w !fi ¦-r ^ Echanges culturels wima \"p* *¦ ^-,,r *.i-\u2019f * .\u2022Lil, ALJ1 6.\t\ti i'H» 1 \tni j 1 ¦!;! * \t\t ¦\t¦ f i ?1\t' 'ii'ii 11\t \t\t.* » \u2022 k * ¦ imii i j * ¦ i i> 1 i Mlilh ,.' : ¦ ~n : \"mi\t il\t0\tIF® \"\tH -¦\till 1 1* 1 T rs* 1 !!,ni \"¦\t¦ ¦ J k 1\t\t \t \tI\tJfeWR \t¦fl H La participation à la vie commune d'une société se déploie en de nombreuses facettes.S'intégrer à une communauté, c'est en comprendre la langue, les codes culturels, l'histoire, les normes morales ou le fonctionnement des institutions.Mais c'est aussi contribuer à la vie matérielle et économique.En fait, l'intégration passe en grande partie par le travail.Ces derniers mois au Québec, on a beaucoup discuté de l\u2019intégration au marché du travail des nouveaux arrivants.Des défis et des problèmes qu\u2019elle représente, d\u2019autant plus grands pour les réfugiés qui fuient un pays en guerre, comme les milliers de Syriens que nous avons accueillis ces derniers mois.Laisser derrière soi ses biens matériels, ses proches voire des membres de sa famille pour arriver dans un pays qu\u2019on ne connaît pas, qui diffère en tout du nôtre et qu\u2019on n\u2019a pas choisi constitue une expérience difficile à concevoir.Tentons l\u2019expérience Regardez votre logement et tout ce qu\u2019il contient : vos souvenirs de voyage, votre poisson rouge ou votre chat, les dessins et les photos de vos enfants sur les murs, vos livres et vos disques, ce fauteuil hérité de votre grand-mère ou votre collection de timbres.Imaginez que la région de Montréal se fait bombarder par l\u2019aviation ennemie depuis des années et que nous vos voisins soient morts dans des combats de rue.Craignant que votre logement soit la prochaine cible, vous fuyez avec votre famille pour vous retrouver dans un camp de réfugiés dans le Maine, disons.Vous n\u2019apportez avec vous qu\u2019un petit sac à dos, contenant l\u2019essentiel et laissez derrière vous tout le reste.Pendant des mois, vous dormez sous une tente avec des dizaines d\u2019autres Québécois, dans l\u2019attente d\u2019être accueillis dans votre nouveau pays.Après de longues semaines sans avoir beaucoup d\u2019informations, on vous apprend que vous monterez, le lendemain, dans un avion qui vous mènera au Caire, la mégalopole égyptienne de plus de 15 millions d\u2019habitants.On vous trouve un logement, on vous donne un coup de main pour vous installer.Vous êtes étourdis par cette grande ville où il fait 40°C à l\u2019ombre le midi, par ses odeurs inconnues, vous êtes complètement perdus lorsque vient le temps d\u2019acheter des aliments que vous n\u2019avez jamais vus de votre vie.Quelle sera votre priorité ?Trouver du travail, bien évidemment question de subvenir aux besoins de votre famille.Pour ce faire, maîtriser un minimum l\u2019arabe et apprendre à décoder comment on fonctionne dans votre nouveau pays.« Intégrés » Vous étiez infirmière) ou enseignant(e) ?Peu importe ce qu\u2019on vous offrira comme emploi, vous l\u2019accepterez.Vous avez abandonné, avec votre chat et les vieilles photos de votre grand-père, votre « plan de carrière ».Vous êtes en mode survie.Vous vous intégrerez lentement, vous emprunterez un parcours inégal, avec ses hauts et ses bas.Afin de reconstruire un réseau social, vous apprendrez les codes culturels de votre pays d\u2019accueil.Le travail vous y aidera beaucoup, puisque vous y passerez une grande partie de votre temps.Votre emploi sera source de nouvelles amitiés et de compréhension de la culture de votre nouveau chez vous.Mais rapidement, vous vous ennuierez de la musique de Richard Desjardins, des films de Denis Villeneuve ou du goût de la tourtière de votre grand-mère.Vous chercherez à tout prix à ne pas perdre cet héritage, cette identité qui est la vôtre, celle qui vous a façonnée depuis votre naissance.Puis un jour, avec les moyens du bord, vous inviterez vos collègues musulmans et coptes à goûter à un souper de Noël traditionnel ou à participer à une projection de films québécois.C\u2019est à ce moment-là que vous comprendrez combien votre identité d\u2019origine doit se conjuguer, et non pas se fondre, avec celle que partagent les autres Egyptiens.Car vous êtes dorénavant Egyptien, en grande partie grâce aux liens que vous avez tissés avec vos collègues de travail, sans pour autant renier votre origine québécoise.¦ 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 31 SOCIETE PAR BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE FRONTENAC ET MÉTRO RADISSON cancer par Lutter contre le l'alimentation beaucoup plus de fruits et de légumes, sans compter qu\u2019il faut bouger pour éviter le surpoids.Et si on lui demande si c\u2019est réaliste pour les petits budgets, il réagit avec passion.Bien sûr que oui, affirme-t-il sans hésiter.Les fruits et légumes ne perdent pas leurs qualités s\u2019ils sont congelés ou même en conserve.« Une boîte de légumineuses, de l'ail, un oignon, deux ou trois légumes, une boîte de sardine ou de saumon en consen/e, c\u2019est un repas pas cher et c\u2019est santé ! » « La prévention ce n\u2019est pas vendeur, constate Richard Béliveau, on est dans une culture du bénéfice immédiat, pas du long terme.Pourtant les études sont là, qu'est ce que ça prend aux gens pour changer ! », lance-t-il un peu découragé.Mais il n\u2019abandonne pas son combat et son livre le démontre avec éloquence.¦ K iym S>CHA*E> BÉLivemj* , \u201c'\"ScmawsM Miments contre J'cancer mJ'zzis- JÜ T»üVmi ^ I Livre Les aliments contre le cancer La prévention du cancer par l'alimentation Richard Béliveau et Denis Gingras Docteurs en biochimie et en physiologie, chercheurs spécialisés en cancérologie Les Éditions du Trécarré - nouvelle édition revue et augmentée - 2016, 262 pages Richard Béliveau persiste et signe.Avec son collègue Denis Gingras, il vient de publier une nouvelle édition des Aliments contre le cancer qui fut un best-seller il y a 10 ans.Les études se sont multipliées depuis et les deux chercheurs, spécialistes du cancer, reviennent à la charge avec de nouveaux aliments qui ont des propriétés anticancéreuses.En entrevue, Richard Béliveau est un passionné.Son message est clair.Il faut sortir de notre passivité face au cancer et agir pour changer nos habitudes alimentaires.Il déboulonne des mythes.Seulement 5 % des cancers sont liés à des facteurs héréditaires et le stress, contrairement aux croyances, n\u2019a aucun impact sur le cancer.Par contre, 30 % des cancers sont reliés à nos habitudes alimentaires et un autre 30 % au tabac.La majorité est donc liée à nos comportements.Richard Béliveau analyse et décortique toutes les études popula-tionnelles reconnues dans le milieu scientifique qui démontrent les propriétés anticancéreuses de certains aliments.Depuis son premier livre, de nouvelles études ont confirmé les bienfaits du régime méditerranéen à base d\u2019huile d\u2019olive, riche en fruits et légumes, et où les protéines proviennent surtout des poissons et des légumineuses.Les femmes qui suivent ce type de régime alimentaire ont 60 % moins de cancer du sein.Pour l\u2019ensemble des cancers, les risques sont diminués de 15 %.Autres nouveautés, la consommation de pêches et de nectarines a elle aussi un impact sur les risques de cancer du sein, une baisse de 40 %, alors que les oranges et les agrumes diminuent les risques de cancer de l\u2019estomac, de l\u2019œsophage et de la bouche de 60 %.Tous ces chiffres s\u2019ajoutent à ceux répertoriés dans son premier livre sur les bienfaits des bleuets, du thé vert, de l\u2019ail, des tomates, du chou, etc.Les exemples se multiplient dans le livre, tableaux et chiffres à l\u2019appui.Réaliste pour les petits budgets Tous les légumes et les fruits sont bons pour notre santé souligne Richard Béliveau, mais « seuls certains ont des propriétés anticancéreuses.Et ceux qui ont ces propriétés n\u2019ont pas tous la même composition moléculaire.C\u2019est ce qui fait que certains aliments agissent sur certains cancers, mais pas sur tous.» « Nous sommes tous porteurs de cellules précancéreuses qui peuvent se développer en cancer au fil des années.Mais on peut agir pour réduire les risques.» Le message de Richard Béliveau est simple mais, souligne-t-il, « combien difficile à faire passer ».Il faut changer nos habitudes alimentaires de Nord-Américains (gras trans, charcuterie, surconsommation de viande rouge.) et intégrer 32 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 « Benoît a proposé cette entrevue avec Richard Béliveau.Il est préoccupé par le cancer, une maladie qui a frappé amis et famille.Curieux, studieux, il a lu sur le sujet et bien préparé l\u2019entrevue.Nous avons rencontré ensemble Richard Béliveau, une entrevue passionnante d\u2019une heure menée avec doigté par Benoît.Il y avait du bonheur dans ses yeux et du bonheur pour moi de l\u2019avoir soutenu dans sa démarche.» Martine Lanctôt, journaliste PHOTO RICHARD BELIVEAU : JULIEN FAUGERE CARREFOUR Claudine Boucher, participante de L'Itinéraire qui a organisé cette ¦\t¦ sortie, et Michaël Constantin, le gérant de la cabane à sucre.j____ü \tr Tl \t \t \t.a J w-|l™ \tUSÉ! ifr\t, IM \t'fpi \t__ Li1 Du bon sirop pour L'Itinéraire Un grand merci à Michaël Constantin, qui a remis une caisse d\u2019excellent sirop d\u2019érable à notre participante, Claudine Boucher à l\u2019intention de L\u2019Itinéraire.Michaël et son équipe ont accueilli près d\u2019une trentaine de camelots qui ont pris la route pour Saint-Eustache et la cabane à sucre Constantin, le 4 avril dernier.C\u2019est Claudine, notre responsable des activités, qui a organisé cette sortie.« j\u2019ai réservé un autobus, j'ai contacté plusieurs cabanes à sucre pour connaître leurs prix, je me suis occupée de la réservation, et j\u2019ai pris les inscriptions des camelots qui souhaitaient nous accompagner.Ils ont tous très bien mangé et nous sommes même revenus avec une caisse de sirop d\u2019érable ! ».¦ « Est-ce que c'est gratuit ?» V* * INFO CAMELOTS PAR GABRIEL BISSONNETTE REPRÉSENTANT DES CAMELOTS Même après 22 ans de visibilité dans les rues et le métro de Montréal, on nous demande toujours si notre magazine est gratuit.La question émane souvent de personnes installées depuis peu au Québec.Même si la ville de Montréal devient de plus en plus multiculturelle, nos ventes n'augmentent pas significativement auprès des personnes issues d\u2019autres pays.Cela peut se comprendre quand elles ne maîtrisent pas bien la langue française.Peut-être aussi devrions-nous mieux communiquer sur notre produit.En effet, certains ne savent pas ce qu\u2019est un journal de rue, et ne comprennent pas qu\u2019il puisse y avoir de la pauvreté dans un pays aussi riche que le nôtre.J\u2019ai mené ma petite enquête là-dessus et j\u2019ai parfois été déçu des commentaires des gens que j\u2019ai abordés : « Il n\u2019y a pas de pauvreté, ici au Québec ! », m\u2019a dit un homme venant d\u2019un pays où la misère est bien plus visible qu\u2019ici.On m\u2019a aussi dit qu\u2019« on ne meurt pas de faim au Québec ».Beaucoup ne savent pas non plus que quand ils nous achètent le magazine 3 $, la moitié du prix de vente nous revient directement.Et malheureusement, certains sont complètement dans l\u2019indifférence.Un de mes clients est professeur de français pour les nouveaux arrivants.Il m\u2019a expliqué que ses élèves les plus motivés et qui progressaient le plus en français étaient ceux qui suivaient les sessions de soir, après leur journée de travail.Ceci montre bien que le travail, pour les nouveaux arrivants comme pour nous, camelots, est sûrement le meilleur facteur d\u2019intégration.J\u2019espère que les passants qui ne nous connaissent pas comprendront qu\u2019il n\u2019y a pas que des gens riches au Québec ! ¦ 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 33 DANS LA TETE DES CAMELOTS La vraie valeur de l'amour (liMmonm Je me souviens très bien de la seule fois où ma mère m\u2019a prise dans ses bras.Un homme barbu, comme le diable, me poursuivait dans la maison.Ma mère avait pris une carabine.Elle la tenait pour menacer l\u2019homme.Quand elle m\u2019a vue et qu\u2019elle a accidentellement dirigé l\u2019arme vers moi, elle l\u2019a tout de suite lâchée et m\u2019a prise dans ses bras.Ma mère ne prenait jamais les gens dans ses bras.C\u2019est la première fois que j\u2019ai compris la vraie valeur de l\u2019amour.De la sincérité, de l\u2019authenticité.MANON FORTIER CAMELOT MÉTRO HONORÉ-BEAUCRAND ET VILLAGE CHAMPLAIN P Essai Rapsodie québécoise : itinéraire d'un enfant dans la loi 101 Akos Verboczy Éditions du Boréal Canada, 2016, 240 pages par ses classes d\u2019accueil, multiculturelles, où « chacun cherche son semblable ».Il se trouve un travail comme camelot pour The Gazette, mais c\u2019est la connaissance d\u2019un jeune Québécois, fier de sa francophonie et faisant fi des standards de l\u2019Amérique anglo-saxonne, qui est un déclic pour lui.Cela lui permet de découvrir l\u2019existence « d\u2019un autre modèle culturel qui faisait tout d\u2019un coup obstacle à notre quête du rêve américain ».L'auteur raconte ensuite l\u2019expérience d\u2019apprentissage dans un cégep qu\u2019il n\u2019a pas choisi, mais qui lui a été assigné arbitrairement.Il entame sa carrière politique par sa participation à l\u2019organisation d\u2019un scrutin, et c\u2019est aussi une façon de voir la démocratie québécoise à l\u2019œuvre.Il grimpe rapidement les échelons politiques, au point de se considérer Québécois à part entière.Hélas, son activisme, son indépendance d\u2019esprit et sa critique des systèmes de l\u2019immigration et de l\u2019éducation du Québec ne font pas que des heureux.Le livre aboutit sur une question : « Où allons-nous ?«Autant dire que le périple ne vient que de commencer.Une critique satirique du modèle québécois d\u2019intégration En tant qu\u2019immigrant, Akos Verboczy a réussi l\u2019essentiel.Il a déniché une place de choix sur l\u2019échiquier politique québécois.Cette ascension fulgurante lui a offert le privilège de regarder la société québécoise par le biais d\u2019un double regard : celui d\u2019une personne qui se considère québécoise à part entière ; l\u2019autre, d\u2019un immigrant qui persiste enfoui en son for intérieur.Un regard de l\u2019intérieur et de l\u2019extérieur D\u2019ailleurs, c\u2019est grâce à ce regard qu\u2019il se permet une critique acerbe des façons de faire de sa société d\u2019accueil.L\u2019auteur n\u2019est pas tendre envers l\u2019école québécoise, qu\u2019il estime défaillante car elle n\u2019est pas apte à discipliner les apprenants et à leur dispenser un enseignement suffisant à l\u2019acquisition d\u2019une culture québécoise épanouie et inclusive.Il révèle que cette école ne lui a pas permis de découvrir grand-chose sur le Québec et sa littérature.Il n\u2019épargne pas non plus le multiculturalisme à la canadienne.Et l\u2019accommodation outrancière d\u2019une communauté culturelle.Il estime que le multiculturalisme constitue un obstacle à l\u2019intégration.Retour sur une expérience réussie d\u2019intégration Le parcours d\u2019Akos a été un succès d\u2019intégration pour plusieurs raisons.Il est issu d\u2019une culture ayant pour matrice le judéo-christianisme, une composante principale de la culture canadienne et québécoise.Il ressortait d\u2019un pays socialiste où certains services étaient garantis par l\u2019Etat, comme les soins, l\u2019éducation et l\u2019emploi.Il avait même le privilège d\u2019avoir des loisirs et d\u2019assister à des activités culturelles et artistiques.Son dépaysement n\u2019a pas été total.Son attitude vis-à-vis du pays d\u2019accueil a été positive.38 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 [MAGE : CHRISTOPHF BOISSON(1 ?3RF Elle a été même atypique pour un immigrant habituellement anglophone par intérêt et fédéraliste par méfiance, appartenant à d\u2019autres univers, où la couleur, l\u2019alphabet, la religion, bref où tout diffère de la terre d\u2019accueil.En un mot, certains immigrants sont mieux équipés pour survivre à l\u2019épreuve de l\u2019intégration que d\u2019autres.Comparer l\u2019incomparable Dans le parcours d\u2019Akos Verboczy et le mien, il existe des similitudes saisissantes : nous sommes arrivés au Québec à bord de l\u2019impeccable KLM des Pays-Bas.Nous avons élu domicile à Côte-des-Neiges, quartier cosmopolite et multiethnique de Montréal.Nous avons entrepris des études en vue d\u2019une carrière au sein du système éducatif québécois et nous avons exercé des petites jobines pour survivre.Par contre, Akos Verboczy a réussi à devenir Québécois.Moi, je suis demeuré un outsider, un loser.Je m\u2019explique : Akos est arrivé quand il était beaucoup plus jeune que moi.J\u2019avais déjà entamé la trentaine avant de poser les pieds en Amérique.Akos est venu avec sa famille, qui lui a pavé la voie.Moi, j\u2019ai débarqué tout seul comme un Colomb ou un Cartier réincarné.La plus grande différence demeure l\u2019attitude.Akos a été bienveillant à l\u2019égard de sa nouvelle société : il s\u2019est impliqué politiquement et socialement.J\u2019étais réticent à la participation politique car de là où je viens, le processus électoral n\u2019était qu\u2019une mascarade dont les résultats étaient connus d\u2019avance.D\u2019autant plus que j\u2019étais méfiant du nationalisme, car s\u2019il est bénin et inoffensif au Québec, son venin a été mortel dans notre monde arabo-musulman.L\u2019immigration et l\u2019intégration sont des philosophies.Chacun les entend comme il leur chante.Imaginons une référence au style de danse tango, où la terre d\u2019accueil ferait office de danseuse et son invité, le compagnon.La danseuse, jolie et parée de toutes les vertus, amoureuse et obéissante, est capable de rendre son amoureux infiniment heureux.Elle peut aussi devenir taciturne et rancunière.Si son partenaire, l\u2019invité, devient malheureux, il n\u2019a qu\u2019à rebrousser chemin ou changer de danseuse.Et s\u2019il est un piètre danseur ?Il n\u2019a qu\u2019à changer de métier.Il n\u2019est pas fait pour la danse.¦ Pour en savoir plus James Archibald et Jean-Louis Chiss La langue et l\u2019intégration des immigrants : sociolinguistique, politiques linguistiques, didactique (2005) Dominic Shnapper Qu\u2019est-ce que l\u2019intégration ?(2007) Natasha St-Laurent et Shasha El-Geledi L\u2019intégration linguistique et professionnelle des immigrants non-francophones à Montréal (2011) Les immigrants et la souveraineté https://www.youtube.com/watch?v=hpimcHrCLrQ L\u2019enseignement du français : la question du comment https://www.youtube.com/watch?v=-vb00nfFH4M (quatre parties) < Il n'y a pas de recette pour l'intégration des mmigrants[.] On ne peut pas fabriquer des Québécois en série.On ne peut pas les intégrer à une classe de francisation et leur faire écouter les Cowboys Fringants en espérant qu'ils deviennent Québécois.,kos Verboczyl La Hongrie à Montréal Chambre de commerce Canada-Hongrie C.P.24 succursale Westmount Montréal, Québec, H3Z 2T1 514 932-5188 Comité hongrois de Montréal 90, rue Guizot Ouest Montréal, Québec, H2P 1L4 Chambre de commerce Canada-Hongrie 2580 Saint Jacques Montréal, Québec, H3G 2M8 514 934-1777 Chronique hongroise (magyar kronika) 5211 Avenue Hingstone Montréal, Québec, H3X 3R5 514 482-8136 L\u2019austérité .n a pas sa place en éducation pilUW» cêgop Investissons pour l\u2019avenir.facebook.com/lacsq | lacsq.org twitter.com/csq_centrale 1er mai 2016 | ITINERAIRE.CA 39 PHOTO : COURTOISIE THEATRE PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT LAURENDEAU / BIENCOURT Denis Bernard « Le théâtre, c'est la maison » Si tu veux être une vedette, tu n'es pas obligé défaire l'école de théâtre.Va te faire coiffer ! Après avoir assisté à la pièce Les événements, L\u2019Itinéraire a rencontré le comédien Denis Bernard, metteur en scène et directeur du Théâtre La Licorne.C'est un homme très touchant, près des gens et de la jeunesse.Vous êtes porte-parole de Revdec, un organisme qui vient en aide aux jeunes décrocheurs.Pourquoi avoir choisi cette cause ?Je l'ai choisie parce que je suis très sensible à ça, comme beaucoup de gens et en tant que père de famille.Quand un organisme comme Revdec t'appelle, il n'y a pas de question à se poser.J\u2019ai accepté tout de suite.C'est vraiment la cause qui m'intéresse.Ce n'est pas pour mon image, c'est bien la dernière chose qui m'importe ! Pensez-vous que le gouvernement en fait assez pour les jeunes adultes qui sont dans le besoin ?Je vais vous donner une réponse qui n'est pas dans l'air du temps.Je crois qu'avec tout ce qui se passe, le gouvernement fait ce qu\u2019il peut pour les jeunes.En fait, il n\u2019en fera jamais assez.J\u2019ai l\u2019air à défendre le gouvernement ?Loin de moi l\u2019idée, mais je trouve que les citoyens pourraient mieux mettre l\u2019épaule à la roue, en s\u2019engageant plus.Vous avez mis sur pied un théâtre citoyen.Pouvez-vous nous en dire plus ?Le but d\u2019un théâtre citoyen est d\u2019aller vers le citoyen.C\u2019est un mouvement qu\u2019on ne considère pas assez.Je dis souvent que le théâtre, ce n\u2019est pas une église où l\u2019on va se réfugier.Oui, il y a quelque chose de sacré dans le théâtre, mais le lien avec le citoyen ne devrait pas être sacré.Le théâtre, c\u2019est la maison, on y entre et on y sort, il y une circulation qui doit exister et nous rapprocher.Ce n\u2019est pas nécessairement un théâtre revendicateur, c\u2019est plutôt dans le sens qu\u2019on est d\u2019égal à égal, ça nous réconcilie et nous regroupe.« Il n'y a pas de recette pour voir naître de bons travailleurs de l'info.Mais on peut reconnaître les bons ingrédients quand on les a sous le nez.C'est ce que j'ai vite compris en travaillant avec Isabelle i minutie, souci de travailler en pensant à vous, lecteurs de L\u2019Itinéraire.Elle a les outils pour vous concocter d'autres bons textes dans les prochains numéros ! » Chantal Francoeur, journaliste AT IQ.fj.Votre récente pièce Les événements mettait en scène des personnages de différentes origines.Qu'est-ce que vous pensez du manque de diversité ethnique à l'écran et au théâtre ?Ce que je trouve le plus intéressant n'est pas le résultat ou ce que l'on voit à l'écran, c\u2019est le questionnement que cela pose.Lorsque j'ai fait Les événements, je voulais que le chœur qui y figure soit multigénérationnel et multi-ethnique.C'était un projet ambitieux pour huit personnes, alors j'ai mis un voile sur les cheveux de l\u2019une des femmes, qui pouvait avoir l'air d'une musulmane mais qui ne l'était pas.C'est l'idée qui est importante.Il y avait aussi une Noire et un Asiatique.Il faut qu'on se questionne lorsqu'on fait des distributions, mais je refuse de donner un rôle à une minorité visible juste parce qu'elle est une minorité visible.Je vais prioriser le talent avant tout.Le théâtre est une passion pour vous depuis des années.Qu'est-ce que vous conseillerez à quelqu\u2019un qui veut débuter en tant que comédien ?Quand je rencontre un jeune qui veut travailler dans le milieu du théâtre, je lui pose toujours une question : « Qu'est-ce que tu veux faire dans la vie, être une vedette ou une femme, un homme de théâtre ?» Si tu veux être une vedette, arrange-toi pour être cute et joue la game du show-business.Malheureusement, des gens ont des carrières fulgurantes, mais pas beaucoup de talent.Quand tu veux être un acteur, c'est important de suivre une formation, apprendre comment fonctionne ton corps.¦ Revdec : mon expérience Revdec est un organisme qui vient en aide aux jeunes de 12 à 16 ans, décrocheurs ou à risque de décrochage.Le petit Revdec s\u2019adresse aux mères de 12 à 20 ans.L\u2019organisme offre des services psychosociaux de soutien, d\u2019éducation, d\u2019animation et d\u2019écoute.Lorsque j\u2019étais adolescente, je fréquentais Revdec Rue qui n\u2019existe malheureusement plus.C\u2019était une maison de jeunes où l\u2019on pouvait participer à des activités.Un intervenant était toujours prêt à nous écouter.Je faisais partie du comité parents-jeunes pour organiser des sorties à l\u2019extérieur, des soirées vidéo ou karaoké et des fêtes thématiques.J\u2019étais très attachée à cet endroit, j\u2019avais un fort sentiment d\u2019appartenance et j\u2019en garde de très bons souvenirs.REVDEC 40 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2016 PHOTO : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Nos vacances dans le Vieux-Montréal Réal et moi sommes arrivés ensemble à Montréal le 24 mars 1980 pour chercher du travail.Depuis, pour nos vacances, on aime beaucoup aller dans le Vieux-Montréal.On y retrouve plusieurs beaux endroits où s'émerveiller.r VIE DE QUARTIER PAR REAL LAMBERT CAMELOT LAURIER/ LANAUDIÈRE ET GISÈLE NADEAU CAMELOT MÉTROS D'IBERVILLE ET JARRY Le musée Pointe-à-Callière\tQ \" \\ Nous avons souvent visité le musée Pointe-à-Callière, sur la rue de la Commune.Nos visites les plus mémorables ont été l'exposition de peinture de Léonard de Vinci et, surtout, celle sur les Beatles.Une photo m'avait beaucoup touchée : John Lennon et Yoko Ono couchés dans un lit, durant l'un de leurs fameux bed-in.C'était une photo prise ici à Montréal ! Je voyais qu'ils avaient l'air de faire un beau et bon couple.C'étaient deux personnes qui vivaient ensemble avec amour, comme Réal et moi.Ça me rejoignait :j'avais moi aussi le rêve d'un monde meilleur,je désirais moi aussi la paix.mi*1 ÏSi'- Tf' -t », Jfl J-I Le château Ramezay Nous avons visité le château Ramezay à chaque année durant nos vacances estivales.Nous pouvions y voir des artéfacts vieux de 500 ans : meubles, vêtements, vaisselle.Cela nous montrait en même temps l'époque coloniale, la manière dont ces gens-là vivaient.Réal et moi y avons réalisé qu'il y a eu un commencement, que les gens ont beaucoup travaillé pour vivre dans les conditions matérielles d'aujourd'hui.Ce n'était pas la visite en elle-même qui nous passionnait, mais la réalisation de notre évolution en tant que société, du côté matériel.WSF O Les bateaux du Vieux-Port E\tT\t¦\tL L 1\tA\t\t>R\t1\tP\tA §L\t1\t?\t1\t0\tN\tS B L\tE\tS[\\|\t\tN\tE\t S E\tN\t\t>E\tS\tU\tS A R\tT\tU\tS\t\t>S\tE \t\t\t\t\t\t\t\t\t r\t\t\t\t\to>\t\t\t\t CO\tCO\t\tCM\t6\t\t\t\t\t \to>\t6\t\t\t\t\t\t\t \t\t\tCO\t7\t\t\t\to>\t o>\tCO\t1\t\t\t5\t6\t\t4\t 5\t\tCM\t6\t\t\t\t\tCO\t \t\t\t\t4\tCO\t\tCM\t1\t \t1\t\t5\t\t\t\t6\t\t 4\t\t5\t\t1\t6\t\t\t\t ¦\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t M E 2\t5\t6\t4\t3\t1\t9\t7\t8 4\t8\t9\t2\t7\t6\t3\t1\t5 7\t1\t3\t5\t8\t9\t4\t6\t2 9\t6\t2\t3\t5\t4\t1\t8\t7 3\t7\t5\t8\t1\t2\t6\t4\t9 1\t4\t8\t9\t6\t7\t2\t5\t3 5\t2\t3\t6\t9\t8\t7\t3\t1 8\t9\t1\t7\t4\t3\t5\t2\t9 6\t3\t7\t1\t2\t5\t8\t9\t4 d'une propriété, c'est une affaire de coeur et de savoir-faire* AGENjE IMMOBILIÈRE Vitrine de la rénft'ation écologique 1152, avenue Mont-RoyaL Est, 514.597.2121 ,\twww.viacapitaLedumontroyaL.com http://naquebec.org APROPOS DE.La Journée mondiale de la Terre est célébrée tous les 22 avril depuis 1970.Voici quelques citations sur la Terre.La terre est comme les femmes : elle veut qu'on ne soit avec elle ni timide ni brutal.Anatole France L'idée que les hommes sont assez intelligents pour régir la planète témoigne d'un orgueil démesuré.James Lovelock L'homme n'a aucun droit d'utiliser la biosphère selon sa fantaisie au La terre serait une cage\tgré de son profit et de son divertissement ; le faisant il abuse d'un splendide pour des animaux qui\tdroit qu'il s'est attribué à lui-même et qui s'apparente au droit du n'auraient rien d'humain.\tplus fort c'est-à-dire au plus abominable des droits.Albert Camus\tJean-Claude Nouët La Terre est forte, la Terre est belle.Yann Arthus-Bertrand Lorsqu'on ne cultive pas une terre, on ne doit avoir de droit ni sur ses fleurs ni sur ses fruits.Il faut aimer la terre, respecter ses\tAlfred de Vigny humeurs qui donnent aussi bien la vie que ce qui l'annule.Tahar Ben Jelloun Jouis des choses de la terre en y renonçant.Gandhi Aujourd'hui la seule condition de survie réside dans l'établissement d'un rapport plus humble avec la planète.Alain Gras Les forêts précèdent les hommes, les déserts les suivent.Chateaubriand Va prendre tes leçons dans la Nature.Léonard de Vinci ON A LE TITRE QU\u2019IL VOUS FAUT 3 JOURS OEüX Usages JOUR consécutifs H 18$ I SOIRÉE ILLIMITÉE 18hà5h tu i.^drerii .au ^nâiih ,Sh 73$ meures AOs MOUVEMENT COLLECTIF stm.info/tarifs stm ENTREPRISE 1950 FAMILIALE CAFÉ BROSSARD i A MD Æk La promesse d'un café savoureux, ______ torréfié de main de maître qu'on prend Aisir à déguster tous les jours.à %.;___^ r\tx TORREFIE A MONTREAL CAFEBROSSARD.COM 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 "]
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