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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 1 avril 2016
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2016, Collections de BAnQ.

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[" DOSSll£lv Q E Lhumour et le rire au Quebec : u ossa donne ?KILL' [il orman 3£ Voir t Mor ww Volume XXIII, n°07 Montréal, 1er avril 2016 www.itineraire.ca r- ¦ f LSbùU.MARC-ANDRÉ COALLIER, porte-parole de L\u2019ŒUVRE LÉGER pour la cause des sans-abri POUR LA PRÉVENTION DE L\u2019ITINÉRANCE ET LA LUTTE À LA PAUVRETÉ 1 87-PAUVRETÉ TEXTEZ LÉGER AU 20222 POUR FAIRE UN DON DE 5 $, 10 $ OU 20 $.L'ŒUVRE LÉGER leger.org GRÂCE A UTiriNE*v fcftÎRE , J£ A fMK ÜliL- IKCCULcXl Nom Norman Rickert | Camelot n° 34 | Âge 53 ans Points de vente Métros Outremont et Édouard-Montpetit, et Ville Émard leseditionsnormartmuse.wordpress.com L'arrondissement de Ville-Marie reconnaît l'excellent travail de l'équipe du magazine L'Itinéraire.Contrairement à ce qu\u2019on croit souvent, tous les camelots de L\u2019Itinéraire n\u2019ont pas été itinérants.Norman a connu la pauvreté mais n\u2019a jamais vécu dans la rue.« j\u2019ai toujours l\u2019impression d\u2019être entre deux chaises, au journal comme dans le reste de ma vie.je ne suis pas complètement francophone, ni anglophone, mon père parlant anglais, je fais le métier de camelot, mais d'autres ici à L\u2019itinéraire l'ont eu plus difficile que moi.» C\u2019est entre autres pourquoi Norman a toujours eu un peu le sentiment d\u2019être un « imposteur » au sein de l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire, presque gêné d\u2019avoir suivi des études supérieures et connu le marché du travail traditionnel.Il a d\u2019abord étudié en traduction à l\u2019Université de Montréal, après avoir été refusé dans quatre programmes de communication, un domaine qui l\u2019intéressait beaucoup mais qui était très contingenté.Norman s\u2019est toutefois vu déçu par la profession de traducteur : « je n\u2019ai pas eu de très belles expériences ; je courais souvent après mon argent ».A son arrivée à L\u2019Itinéraire, en 1999, il ne vendait pas beaucoup et n\u2019écrivait pas vraiment non plus.En 2001, il a quitté son travail de camelot pour un poste dans une organisation gouvernementale où il gérait du personnel.Cela a été une année très difficile pour lui ; son emploi ne lui convenait pas psychologiquement et il a commencé à développer des troubles anxieux, ce qui l\u2019a obligé à suivre un traitement.Les attentats du 11 septembre l\u2019ont également beaucoup affecté, et il a I longtemps eu peur de reprendre le métro.De retour à L\u2019Itinéraire après cet épisode, il a commencé à rédiger des articles pour le magazine, et a amélioré progressivement ses ventes.Affecté par les préjugés Mais même après 17 ans d\u2019implication, certains jours, c\u2019est plus difficile pour Norman de vendre le magazine.Les préjugés tenus à l\u2019égard des camelots, qui sont pourtant des travailleurs autonomes, l\u2019affectent énormément.« Lannée dernière, quelqu\u2019un s\u2019est arrêté.Pas pour acheter le journal, mais pour me demander si j\u2019avais faim, avec un ton de voix rempli de pitié.» Ceci l\u2019a profondément choqué, l\u2019empêchant de se présenter à son point de vente pendant plusieurs jours.Heureusement, il y a aussi de belles rencontres, avec des clients qui prennent le temps d\u2019échanger avec le camelot.« Ce sont les conversations intéressantes que j\u2019entretiens avec eux qui me donnent de continuer.» Bien que les préjugés l\u2019atteignent, ils sont aussi une forme d\u2019inspiration.Depuis quelques Norman s\u2019intéresse à la peinture, et a développé plusieurs projets artistiques en lien avec L\u2019Itinéraire.Il a notamment réalisé des portraits représentant des camelots, avec des affirmations positives combattant les idées préconçues.Il aimerait beaucoup, avec du financement, pouvoir les imprimer sur des t-shirts et les vendre.Une façon de briser les préjugés et de montrer que tout le monde a sa place à L\u2019Itinéraire.Par Sara h Déry, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil .%%\\ V H 1.0^**** NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 À Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : shawn.bourdages@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS Ca nada Québec S S Montréal québecop pntact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS icxLrvitE è|\\ Uctit fr\t^tm\t^ Cambridge W Wl 1 1\tpiMemwlt X.\t°=léï=î\t© Canada-Vie tPJt IM.T ftfH E5] Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal IP51 Desjardins KaJ Caisse du Quar\" Caisse du Quartier-Latin de Montréal Hü 4 K) HP /V^ Fondation du Grand Montréal ^IIUÏ L'ITINERAIRE EST MEMBRE DE insp AjgECQ pAPSIM tf-HKHfc.faim À 4 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514597-0238 Télécopieur 514597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTRICE GÉNÉRALE : CHRISTINE RICHARD RÉDACTION Rédactrice en chef JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable sociét ALEXANDRA CUELLIL Photograph' MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Responsable de la formation des participants : CHARLES-ÉRIC LAVERY Chargé de l'accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Conceptiongraphiquc MILTON FERNANDES Stagiaire à la rédaction : MARYAN CHARRON Collaborateur : IANIKMARCH Adjoints à la rédactioi CHRISTINE BARBEAU, MARTINE B0UCHARD-PICE0N, MARIE BRI0N, DANYCHARTRAND, SARAH DÉRY, CAMILLE GARNIER, SARAH LAURENDEAU, HÉLÈNE MAI, JENNIFER PIT0SCIA, LAËTITIATHÉLÈME, CHANTALVANASSE Photo de la une MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Révision des épreuves PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, MICHÈLE DETEIX ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines : DUFFAY ROMANO Responsable de la comptabilité LYNE COUSINEAU Adjointeadministrative : NANCYTRÉPANIER Responsable du financemen DOMINIQUE RACINE DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chefdu développement social :SHAWN BOURDAGES Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE Responsable du Café PIERRE T0UGAS Responsable de la distribution YVON MASSIC0TTE CONSEIL D'ADMINISTRATION Présiden GUY LARIVIÈRE Vice-président: JEAN-PAUL LEBEL Trésorier GRÉGOIRE PILON Secrétaire : J0 REDWITCH Administrateur MARIO C.DUSSEAULT, ALEXANDRE PÉL0QUIN, KATHERINE NAUD, ISABELLE M0NETTE, TANIA CROISETIÈRE-LANGEVIN Représentant des camelots: GABRIEL BISS0NNETTE VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA ACCÈS INC.1514848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE CICNAC Coordonnatrice de production : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 Québécor est Fière de soutenir l'action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.FSC wwwfsc.org MIXTE Papier issu de sources responsables FSC* C011825 SOMMAIRE ^>14 i£lIL- Norman MOTS DE CAMELOTS Gisèle Nadeau.10 Maxime Valcourt.10 Gilles Bélanger.10 Dans la tête des camelots .34 Bill Economou.42 Raoul Joubert.42 France Lapointe.42 ÉDITORIAL.7 Vous voulez rire ?Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT.8 ROND-POINT INTERNATIONAL.9 POINTDE VUE.11 Le dialogue plutôt que la violence Par Yves Manseau CHRONIQUE.20 Le bonheur, une école gratuite ! Par Gilles Leblanc SOCIÉTÉ.26 De la prévention, pas seulement de la répression Par Mostapha Glillah SOCIÉTÉ.27 1sr avril 2016 Volume XXIII, n\"07 DOSSIER L'HUMOUR ET LE RIRE AU QUÉBEC : Qu'ossa donne ?\u2022 Rire de tout et (parfois) de rien Par Alexandra Guellil RENCONTRE Des larmes aux rires Par Mario Alberto Reyes Zamora ENTREVUE En humour avec Korine Côté Par lanik Brassard LES CAMELOTS INVITÉS PAR LA LIGUE NATIONALE D'IMPROVISATION Des camelots de L'Itinéraire ont été invités par la Ligue nationale d'improvisation (LNI) à improviser sur la scène du Club Soda, devant près de 500 personnes.Retarder la consommation d'alcool chez les jeunes Par Serge trudel INFO RAPSIM.28 L'itinérance dans tous ses quartiers Par Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM COMPTES À RENDRE.29 Tous poissons ?Par lanik Mardi, économiste indépendant CHRONIQUE.30 Petit guide de défense contre les manipulateurs Par Jo-An Blanchet Girard INFO-CAMELOT / CARREFOUR.31 CHRONIQUE.32 Se prendre en mains et aller de l'avant (ou ce qui reste du passé) Par Guy Boyer CINÉMA.36 Les mauvaises herbes-.C'est du bon stock ParTania Croisetière-Langevin EXPOSITION.37 Rien n'a changé Par Robert Ménard THÉÂTRE.38 Réalisme émouvant Par Cybelle Pilon MUSIQUE.39 Black Sabbath, toujours à la hauteur Par Alex Péloquin VIE DE QUARTIER.40 Par Roger Perreault DÉTENTE.45 À PROPOS DU RIRE.46 jusDiraùWT\u2019tticaxn?MiPifiDC1 Engagez-vous suivez nous k 6536 fois merci 3011 fois merci #litineraire n y M(3S-LECTEURS Un magazine à votre image ! Les camelots sont des travailleurs autonomes.Cher lecteurs et lectrices, on veut votre opinion ! Quelle est votre section préférée dans le magazine ?Quels sont les textes que vous aimez lire ?Qu'est-ce que vous aimeriez voir dans VOTRE magazine ?Écrivez-nous pour nous le dire ! 50% du prix de vente du magazine leur revient.ECRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! La Rédaction le droit d'« irter certain! intaîi ISURVIE /i era' DELA OUI, J'APPUIE L'ITINÉRAIRE: DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT JE FAIS UN DON DE : O 40 $ O 50 $ O 75 $ O 100$ ou ___________________$' IDENTIFICATION O Mme OM.JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS2 : J'offre _______ cartes-repas à 6 $ chacune =________________________$' TOTAL DE MA CONTRIBUTION:\t___________________________$' DONS + CARTES-REPAS JE VEUX M'ABONNER AU MAGAZINE : Je m'abonne pour une période de : 012 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 06 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) :______________________________ 1 Pour respecter l'écologie et réduire ses frais postaux, L'Itinéraire envoie votre reçu d'impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant votre don.Nom :___________________________________________________________ Prénom :________________________________________________________ Adresse :_______________________________________________________ Ville :__________________Prov.:_____Code postal :__I_I_-___I___I_ Courriel :______________________________________________________ Téléphone: (________) __________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa O MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire O J'autorise L'Itinéraire à prélever de mon compte mon don mensuel en fournissant un spécimen de chèque.N°de la carte : I_I_I_I__I__I__I___I_I___I__I__I____I_I_I___I___I_I 2 Les cartes sont distribuées parbltinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici O Expiration______/______ ________________________________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte UilL NE RAI RE Postez votre coupon et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 N° de charité de l'organisme : 13648 4219 RR000! Pour rejoindre notre service aux donateurs : ® 514-597-0238 poste 240 @ dominique.racine@itineraire.ca Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca « uu n A Vous voulez rire ?C\u2019est l\u2019histoire du magazine qui.Un jour, y\u2019a un magazine qui rentre dans un bar.Une fois, il y avait un Québécois, un Américain pis un magazine.Ces amorces classiques de blagues mettent la table pour vous présenter notre numéro sur le rire.Plusieurs d\u2019entre vous nous ont réclamé une récidive de notre édition spéciale sur le bonheur que nous avons publiée le 15 mars 2014.Elle a été fort populaire et c\u2019est avec joie que nous vous proposons un numéro semblable, mais qui porte cette fois-ci sur le rire.Après la grisaille de l\u2019hiver, nous avons tous besoin d\u2019un AAHHHH.collectif.D\u2019où ce numéro sur le rire.Car rire fait autant de bien que de voir apparaître les bourgeons sur les arbres et de sentir la chaleur du soleil sur nos corps délestés des vêtements lourds de l\u2019hiver.Pour moi, rire est aussi important que de manger et de respirer.Il me faut un bon rire de ventre pour être bien dans ma peau.Vous savez, un de ces rires où on se tient les côtes et qu\u2019il se produit de l\u2019incontinence lacrymale ou autre fuite du genre.Un rire qui vous coupe le souffle et fait même mal lorsqu\u2019il s\u2019éternise.J\u2019aime rire comme ça.Au moins une fois par semaine.Ça garde en santé, tant physique que mentale.Rire avec mes collègues de la salle de rédaction a pour fonction de nous unir, et de diminuer le stress, surtout lorsqu\u2019on a de la broue dans le toupet à l\u2019approche d\u2019une deadline.J\u2019imagine que c\u2019est la même chose pour vous.Rire aussi avec les camelots, qui sont une source inépuisable de jokes de tout acabit, de la plus niaiseuse à la plus songée, et même parfois un brin douteuse, ces instants de rire entre nous contribuent à nous lier, à créer des complicités, à partager un bon moment ensemble.De plus, il se trouve ici des gens qui sont reconnaissables par leur rire tonitruant, les entendre me fait sourire.Rire, c\u2019est du sérieux ! Le rire a, de tout temps, joué un rôle important dans toutes les sociétés et dans tous les domaines de la vie.Rire pour unifier, pour rassembler les gens, pour surmonter des épreuves, pour s\u2019exprimer, passer des messages, rire pour survivre.rire à gorge déployée, rire dans sa barbe, rire jaune.Sans oublier l\u2019humour noir, l\u2019humour québécois, juif, au féminin, l\u2019humour caustique, l\u2019humour absurde.Bref, l\u2019humour c\u2019est la vie.Et ce n\u2019est donc pas étonnant qu\u2019on l\u2019étudie, qu\u2019on l\u2019analyse et qu\u2019on le décortique.C\u2019est d\u2019ailleurs la mission de l\u2019Observatoire de l\u2019humour, créé en 2011 par l\u2019Ecole nationale de l\u2019humour.L\u2019organisme chapeaute des praticiens en humour et des chercheurs universitaires dans autant de domaines que la sociologie, la psychologie, la linguistique, la politique, l\u2019histoire, l\u2019anthropologie.On y produit des études très intéressantes sur le rôle du rire dans nos vies.D\u2019ailleurs, nous en parlons abondamment dans le dossier principal, dans nos pages.Par ailleurs, si l\u2019humour est omniprésent dans nos vies, c\u2019est aussi une industrie qui tire assez bien son épingle du jeu au Québec.En effet, selon le très sérieux rapport de recherche Profil et écosystème de l\u2019industrie de l\u2019humour francophone au Québec, on indique que plus de 1,5 millions de Québécois ont dépensé 47 millions $ pour aller voir des spectacles d\u2019humour en 2008.L\u2019humour qui fait du bien L\u2019humour sert aussi à apaiser et à soulager, comme vous le constaterez à la lecture de l\u2019entrevue qu\u2019a réalisée Mario Alberto Reyes Zamora, notre photographe stagiaire et bouffon à ses heures, avec le clown humanitaire Guillaume Vermette.Ce dernier s\u2019est rendu dans des coins les plus chauds de la Terre pour pratiquer son art auprès de personnes durement éprouvées par la guerre ou autres calamités.Il nous raconte sa vocation et son amour pour l\u2019art clownesque.Oui, le rire est thérapeutique.Il guérit.On s\u2019en sert autant en psychiatrie qu\u2019auprès des malades dans les hôpitaux.Mais le rire est contagieux aussi.Essayez-donc de rester sérieux quand quelqu\u2019un à côté de vous se met à rire.Pas facile ! Si je vous suggère fortement de garder pour vous vos microbes lorsque vous éternuez, n\u2019hésitez toutefois pas à transmettre le rire à votre prochain.Parce que plus on est de fous, plus on rit, et plus on se fait du bien.Oh, et en passant, s\u2019il y en a parmi vous qui souhaitez compléter les blagues en amorce ce texte, envoyez-nous un courriel au courrier@itineraire.ca.On aimerait ça vous lire ! ¦ 1er avril 2016 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR MARYAN CHARRON ET ALEXANDRA GUELLIL questions à Florence Vinit Professeure au département de psychologie à l'UQÀM Quand on rit, on respire ! Florence Vinit a une Formation de psychologue et de sociologue.Elle s'intéresse tout particulièrement aux approches complémentaires en milieu de soins.Elle est aussi l'une des trois co-Fondateurs du programme Dr Clown.Il s'agit d'un programme visant à améliorer la qualité de vie des patients hospitalisés, en alliant la complicité, le jeu et l'imaginaire.O Quels sont les principaux effets bénéfiques du rire ?Le rire est un élément essentiel de notre humanité parce qu\u2019on rit souvent en étant en groupe, c\u2019est-à-dire en lien avec l\u2019autre.C\u2019est quelque chose qui se partage, et c\u2019est une valeur fondamentale.On le voit d\u2019ailleurs dans les contextes de travail, le rire permet de briser la glace.Puis, il y a aussi l\u2019aspect thérapeutique du rire, qui grâce à ces nombreux effets, permet de libérer des tensions et réduire les charges d\u2019anxiété.Pour Freud par exemple, il avait une fonction de sublimation, c\u2019est-à-dire que l\u2019humour permettait de transformer les charges trop lourdes pour en faire autre chose.0 Quelles sont les particularités du rire et de l\u2019humour quand ils sont prescrits ?Cela permet de repenser la façon de soigner.C\u2019est-à-dire à penser, que bien sûr, les médicaments et les traitements sont nécessaires, mais que notre état d\u2019esprit peut nous ressourcer par l\u2019humour et toutes les expériences positives qui contribuent à la santé.Disons même que ce sont des alliés importants.C\u2019est-à-dire que c\u2019est l\u2019individu dans sa globalité qui est au centre.Aussi le rire, dans un contexte hospitalier, réduit les tensions musculaires, et peut agir sur la douleur par les sécrétions hormonales ayant à la fois des effets antidépressifs et anti-inflammatoires.Elément non négligeable, le rire dégage les voies respiratoires.Enfin, il y a cet effet plutôt psychologique qui permet de voir les choses autrement, de ne pas être trop concentré sur ce qui arrive, que ce soit la maladie ou autre.Pour les enfants par exemple, le rire leur redonne la possibilité d\u2019être un enfant et non plus d\u2019être malade.Et pour les adultes, le rire est aidant pour la résilience.0 Dans notre société qui peut parfois être morose, est-ce que le rire apparaît comme la solution ?Je pense qu\u2019il faut faire attention.Il n\u2019y a jamais de solution unique.Dans le rire, surtout quand c\u2019est un rire à propos de soi ou à propos d\u2019une situation, exception faite d\u2019une situation de grande douleur ou à l\u2019hôpital, il y a une fonction qui permet de prendre du recul, de voir les choses sous un autre angle.Dans notre société basée sur l\u2019image, je pense que cela pourrait aider à moins se prendre au sérieux.L\u2019autre chose, c\u2019est qu\u2019un bon rire apporte du plaisir et du partage parce qu\u2019il permet de se réunir et lutter ainsi contre l\u2019individualisme.Puis, il y a aussi cette fonction plus spirituelle du rire qui permet de jouer avec nos idées et nos certitudes en savourant ce qui est là.Le rire est créatif et surprenant en même temps.(AG) ¦ Bientôt des seringues stérilisées dans les prisons ?Des chercheurs d\u2019un réseau juridique sur le VIH/sida ont élaboré une étude qui vise à instaurer un programme de distribution de seringues dans les prisons du Canada, en 2016.L\u2019objectif est de donner aux détenus un accès à du matériel stérile, sans qu\u2019ils n\u2019encourent des conséquences disciplinaires.Ces derniers pourraient obtenir des informations auprès d\u2019employés formés afin de limiter la transmission des maladies transmissibles par le sang telles que le VIH et l\u2019hépatite C.Au Canada, ce programme existe hors des prisons depuis environ 30 ans.« Ne pas donner accès à cette norme de santé brimerait les droits des détenus qui doivent avoir des soins de santé équivalents à ceux qui sont offerts à la population.Cette recherche propose donc au gouvernement fédéral des moyens concrets afin de régler cette faute », affirme Sandra Ka Hon Chu du Canadian HIV/ AIDS Legal Network.(MC) ¦ 8 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 ROND-POINT INTERNATIONAL ALLEMAGNE | Biss aide des migrants à se loger Cantonnés dans des immeubles collectifs, souvent loin des grands centres, les demandeurs d\u2019asile et les réfugiés en Allemagne se retrouvent isolés et ont du mal à s\u2019intégrer.C\u2019était d\u2019ailleurs le cas de Shakir Afride, qui avait fui sa ville de Peshawar au Pakistan après avoir reçu des menaces de mort des Talibans.Comme des milliers de réfugiés, Shakir a eu de la difficulté à s\u2019intégrer et apprendre la langue du pays, jusqu\u2019à ce qu\u2019il se trouve une place de camelot pour Biss, le journal de rue, à Munich.Puisqu\u2019il était placé en habitation collective à plus de deux heures de Munich, et que la passe mensuelle de train s\u2019élevait à 150 euros (220 $CA) la situation était compliquée.Mais grâce au soutien de Biss, la demande d\u2019un logement individuel a été approuvée et Shakir vit désormais dans un petit appartement en banlieue de Munich.On estime à 300 000 le nombre de demandes d\u2019asile et de réfu-; en Allemagne actuellement.(Biss) SUISSE | Un coup de pouce.vert Les journaux de rue peuvent changer des vies.A preuve, Surprise, le journal de rue suisse a aidé un de ses camelots originaire de l\u2019Erythrée, à se trouver un emploi auprès d\u2019une entreprise d\u2019aménagement paysager à Berne.Tesfamikael Hailemikael, 37 ans, un ancien mécanicien, a émigré en Suisse en 2007.Ses premières années ont été difficiles, mais son travail de camelot avec le journal Surprise a été un bon tremplin pour lui.Après avoir suivi des cours de perfectionnement, et avec beaucoup de persévérance, Tesfamikael s\u2019est vu offrir un stage comme paysagiste-éla-gueur, qui s\u2019est rapidement transformé en poste permanent.Ce qui n\u2019empêche pas l\u2019homme de retourner vendre le journal de rue de temps en temps, « simplement pour le plaisir ».(Surpri se) Tl INDE | Pour mettre fin aux mariages forcés de fillettes Selon un rapport de l\u2019ONU de 2014, un tiers des mariages d\u2019enfants au monde ont lieu en Inde.La pauvreté, le manque d\u2019éducation et de sensibilisation au niveau communautaire en sont la cause, estiment les experts.Toutefois, une initiative pour mettre fin à cette pratique illégale a été mise sur pied en impliquant les célébrants de ces unions forcée.Parmi eux, le prêtre Virayya Shastri est l\u2019un des leader du mouvement anti-mariage d\u2019enfants qui a débuté en 2012.Chaque année en décembre et mars, des millions de personnes se rendaient au temple Maddi Madugu Anjaney Swamy dans le sud de l\u2019Inde pour offrir des prières au dieu hindou Hanuman.Au cours de ces festivités, des mariages en masse ont eu lieu, au cours desquels de nombreuses fillettes étaient données en mariage.Mais depuis 2013, les mariages en masse sont strictement interdits, grâce au prêtre Shastri, qui est à la tête de ce temple.Shastri a déjà sensibilisé quelque 200 prêtres contre cette pratique dans plusieurs districts et Etats du pays, et ce, avec l\u2019appui du gouvernement.« Le mariage précoce endommage le corps et l'esprit dune fillette.On ne peut pas se dire croyant quand on appuie une telle pratique », affirme le grand défenseur de cette cause.(IPS) Jll Un prêtre hindou et sa fille devant une affiche interdisant le mariage d'enfants sous peine de 2 ans de prison et 100 000 roupies (1 500 $CA) L'Itinéraire e st membre du international Network of Street Papers {Réseau International des Journaux de Rue - INS P).Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.msp International Network of Street Papers 1er avril 2016 | ITINERAIRE.CA PHOTO : ANNETTE BOUTELLIER MOTS DE CAMELOTS Un beau dîner Je me trouvais sur mon point de vente, à la station Jarry, un beau mercredi de décembre dernier, à l\u2019heure du dîner.Un monsieur que je vois assez souvent à la station me demanda si j\u2019accepterais une invitation à un dîner de Noël dans un restaurant sur la rue Jarry.Nous étions au moins une douzaine d\u2019invités.La plupart, ce sont des personnes que je vois régulièrement lorsque je travaille à la station Jarry.Nous étions deux ou trois femmes et les autres étaient des messieurs entre quarante et cinquante-cinq ans.Une autre dame et moi avons eu droit à un repas végétarien et les messieurs à un repas à la viande.Je dois dire que j\u2019ai beaucoup aimé ce dîner, il était délicieux et exquis.J\u2019ai beaucoup aimé la façon dont les employés du restaurant recevaient les gens.Je voyais qu\u2019ils aimaient recevoir et servir leurs clients.Ce fut une très belle tablée et cela m\u2019a permis de connaître un peu plus ces personnes.J\u2019ai fait aussi la connaissance d\u2019une nouvelle cliente qui m\u2019a, en même temps, acheté le journal lorsque je suis retournée à mon poste.Je remercie beaucoup monsieur Jean-René qui est l\u2019organisateur de ce bon dîner de Noël.Merci toujours à ma bonne clientèle pour l\u2019encouragement qu\u2019ils ou elles me donnent.CISÈLE NADEAU\tK CAMELOT STATIONS IBERVILLE ET JARRY \\ 1er avril 20.16 ITINERAlHiCA Fier de ma Fille J\u2019ai une fille depuis 30 ans, que j\u2019ai élevée seul.Depuis son école primaire, j\u2019avais décidé de l\u2019envoyer au privé, souhaitant lui éviter les influences de la drogue.Heureusement, elle n\u2019a jamais été influençable, donc n\u2019est pas tombée dans ce milieu de mauvaises mœurs, et ce, malgré quelle aurait pu être aussi influencée par le parcours de sa mère.Je suis très heureux que ma fille ait su s\u2019éviter cette possible suite de problèmes.Le plus beau cadeau quelle s\u2019est fait, et m\u2019a fait, est d\u2019avoir eu un petit garçon qui a aujourd\u2019hui 10 ans, qui s\u2019appelle Maxime, comme moi.Elle a une bonne vie ; elle est professeur à l\u2019école primaire, dans un pays où l\u2019éducation est importante : la Suisse.La relation privilégiée que j\u2019ai eue avec ma fille, liée à la situation actuelle des fugueuses, m\u2019amène à réfléchir : elle aurait pu tomber dans ce panneau.Je pense que j\u2019ai sûrement eu certaines forces pour lui éviter ça.Les adolescentes d\u2019aujourd\u2019hui ont à mon avis trop de libertés, et en même temps trop de choix.Elles se cherchent.Et sans ligne directrice comme pouvait être la religion dans le passé, elles se font séduire par ce que les « prêtres » du sexe peuvent leur promettre.Parfois, c\u2019est parce que leur situation de vie est trop difficile : pauvreté, famille dysfonctionnelle.Parfois, c\u2019est l\u2019inverse : les enfants trop gâtés veulent toujours plus, ne sont jamais satisfaits.Je pense que j\u2019ai fait mes folies, mais elles m\u2019ont fait apprendre sur la vie, et combiné à l\u2019amour inconditionnel que j\u2019avais à donner à ma fille, j\u2019ai su lui éviter de prendre cette mauvaise direction.Chacun a son expérience, on est tous différents, je suis fier de ma vie et de celle de ma fille.MAXIME VALCOURT A\" CAMELOTTHÉÂTRE LE NOUVEAU MONDE Aimez et soyez très heureux Nous recherchons tous l\u2019amour.Nous souhaitons être aimés et heureux.Pour que nos souhaits se réalisent bien, une certaine patience est nécessaire.Des actes généreux alimentent des désirs exprimés avec amour et amitié.Ainsi on s\u2019assure d\u2019être aimé et d\u2019être très heureux.Il faut aussi beaucoup de bonne humeur et savoir partager.Des fois, je me demande si les choses iraient de mieux en mieux si on revenait comme dans le bon vieux temps, tout en regardant vers l\u2019avant.Dans le bon vieux temps, je vivais à la campagne, j\u2019étais placé dans une ferme.Je travaillais avec des animaux : des poules, des chevaux, des vaches, des cochons.J\u2019apprenais à nettoyer les endroits où vivaient les animaux.Je cultivais des tomates, des patates, du blé d\u2019Inde, des salades.On semait dans des grands champs sur des rangs très longs.On faisait les foins.Le matin, on se levait de bonne heure et on se couchait de bonne heure aussi.On mangeait très bien.J\u2019aimais les travaux et le rythme de vie.A 14 ans, je suis retourné chez mes parents.Pour moi, la campagne reste un bon souvenir.Si les gens ont une chance d\u2019aller visiter une ferme, ça va leur apprendre ce que c\u2019est.Maintenant je travaille au complexe Desjardins.Les gens des bureaux m\u2019apprécient beaucoup.Ils sont gentils et ils ont une belle politesse envers moi.Ils me disent que je leur rends la journée belle avec mon sourire et que je leur apporte un rayon de soleil.Dans la vie, un sourire étincelant à chaque jour amène de belles pensées.Merci à tous-tes mes lecteurs et mes lectrices, particulièrement à mes fidèles clientes : Joann, Sylvie et Patricia.CILLES BÉLANGER K CAMELOT JEAN N E-MANCE/RENÉ-LÉVESQUE Policiers et manifestants,| ¦lors de la manifestation POINT DE VUE POUCE PAR YVES MANSEAU CAMELOT SAINT-JÉRÔME POUtï Journée internationale contre la brutalité policière Le dialogue plutôt que la violence La 20e Journée internationale contre la brutalité policière a eu lieu le 15 mars.Un temps Fort pour moi, étant donné que dans une autre vie, je Fus un des membres Fondateurs du COPB (CollectiF opposé à la brutalité policière).Je milite encore pour cette cause sous l'angle plus précis de l'itinérance, mais prône aujourd'hui le dialogue plutôt que la violence.En 2013, suite à la consommation de drogues dures et une dépression majeure, j\u2019ai touché le fond et je me suis ramassé à la rue.C\u2019est paradoxalement à cette période, dans la plus grande pauvreté, que j\u2019ai appris à être heureux, à rester humain.Je ne souhaite à personne de rencontrer cette situation, mais la survie permet de trouver des réponses à ses questions, de donner un sens à sa vie.Au long de mon cheminement de réintégration sociale, j\u2019ai fondé avec quelques amis de la rue et des sympathisants, le CRSL (Collectif de la rue solidarité des Laurentides).Nous sommes un regroupement de citoyennes et de citoyens avec de sérieuses difficultés de toutes sortes.A un point tel que nous sommes à la rue, ou à risque de l\u2019être.Plusieurs d\u2019entre nous sont sans domicile fixe, isolés.Pour d\u2019autres, la rue est le seul lieu de socialisation.Les itinérants dérangent Nous nous réunissons d\u2019abord pour partager nos joies et nos peines, pour sortir de l\u2019isolement, pour conscientiser notre réalité commune.Nous nous permettons de rêver, puis de réfléchir ; de concevoir des projets et de les réaliser.Ensemble, nous voulons contribuer à améliorer la bonne entente et l\u2019harmonie dans le partage de l\u2019espace public et le respect de la vie privée.Les relations entre la police et les citoyennes et citoyens constituent un enjeu important de la rue.Nous sommes particulièrement conscientisés en la matière.Je suis heureux de rapporter qu\u2019ici, à Saint-Jérôme, les relations sont bonnes.Ce fut difficile, mais nous avons établi un dialogue véritable et sincère avec la police.Ailleurs malheureusement, les itinérants, qui ne sont pas si dangereux, sont souvent les premières victimes des violences policières.Ils sont dans la rue, ils dérangent.Et les policiers se sentent mandatés de faire un nettoyage social.Nous restons quand même vigilants et un de nos objectifs est de s\u2019assurer que ce dialogue à dimension humaine demeure malgré l\u2019accroissement rapide de la population et des problèmes de cohabitation, souvent associés à la croissance démographique d\u2019un milieu fort urbanisé.Une colère légitime Le 15 mars 2015, nous sommes venus avec un petit groupe de Saint-Jérôme participer à la manifestation du COPB à Montréal, avec l\u2019intention particulière de passer un message pacifique.Nous sommes arrivés après les arrestations de masse et dès que nous sommes sortis de notre véhicule avec nos pancartes, les policiers nous ont sauté dessus et arrêtés.Nous avons alors argumenté que notre arrestation était illégale car nous n\u2019avions pas encore participé à la manifestation.Le capitaine en charge nous a donc libérés et vus que nous avons donné notre parcours, nous avons pu manifester en solidarité avec les personnes arrêtées.Ceci nous a permis de passer notre message pacifique, qui a d\u2019ailleurs été filmé par un média alternatif.1 Un accroc cependant : à un moment donné, des policiers en vélo se sont mis à nous harceler et on m\u2019a donné un billet d\u2019infraction pour avoir utilisé un mégaphone.Cette cause est actuellement contestée devant les tribunaux et instances de surveillance du système judiciaire.Cette année, nous n\u2019avons pas souhaité participer à la manifestation de Montréal.Elle s\u2019est déroulée dans le calme mais nous craignions la violence, et pour moi ce n\u2019est pas une solution.La colère et la frustration sont parfaitement légitimes.On demande à des humains, les policiers, d\u2019être répressifs envers d\u2019autres humains, mais en sont-ils capables ?Sont-ils préparés pour ça ?On accepte l\u2019inacceptable, on voit nos enfants brutalisés.Comment peut-on se taire devant ça?Je comprends qu\u2019on puisse vouloir répondre à la violence par la violence, mais pour moi, la solution se trouve plutôt dans le dialogue et la prévention.C\u2019est pourquoi cette année, nous avons décidé d\u2019être sages, et de célébrer dans notre patelin de Saint-Jérôme la Journée internationale contre.les abus de pouvoir policiers, qui sont inévitablement une forme de violence, et le signe d\u2019une dégénérescence de notre société.¦ https://www.youtube.com/wa tch?v=qJZdHTstwLc 1er avril 2016 | ITINERAIRE.CA 7 7 oWr et ïe rlr* aw q DOSSIER Q-tTossa é&nnt f C\u2019est bien connu, le Québec aime rire et est plutôt bon vivant.Qu\u2019importe la situation économique et sociale, il sera toujours possible d\u2019en rire, même par dépit.L\u2019humour est d\u2019ailleurs présent dans toutes les sphères de notre société, que ce soit en santé, en psychologie, dans les médias ou dans les entreprises et organismes.Qu\u2019ils s\u2019agissent de jokes, de spectacles d\u2019humour ou encore de mises en scène loufoques, le rire apparaît comme le but ultime recherché par chaque individu.Tout comme peut l\u2019être la recherche du bonheur.S\u2019il permet de créer des liens, il peut aussi nous aider à analyser la société dans laquelle nous vivons.De nombreuses études ont révélé les bienfaits d\u2019un rire sur la santé physique et mentale.Que ce soit pour affronter la maladie ou encore un quotidien plus difficile, rire aux éclats participe à redonner une certaine confiance et des raisons d\u2019y croire. Rire de PAR ALEXANDRA GUELLIL tout et (parfois) de rien Louise Richer L'humour, par les sujets abordés et la Façon dont ils sont reçus par le public, peut aider à prendre le pouls de la société.Quand il est bien manié, il peut même inspirer certains grands changements sociaux en déclenchant une Facilité à rire des tracas.L\u2019humour est omniprésent dans notre quotidien, que ce soit en famille, entre amis, à la télévision, dans une salle de spectacle ou simplement dans la rue.Robert Aird en a d\u2019ailleurs fait sa spécialité.Pour lui, l\u2019humour est « ce qui participe à observer la réalité en relevant tout ce qui est absurde ».S\u2019il est vrai qu\u2019il semble compliqué de juger ce qui est drôle de ce qui ne l\u2019est pas pour chaque individu, « la comédie se renouvelle, mais ne se réinvente pas », selon celui qui est aussi membre de l\u2019Observatoire de l\u2019humour, un organisme dont la mission est d\u2019encourager la compréhension et l\u2019analyse de la place et des fonctions de l\u2019humour dans la société.Le spécialiste explique que les procédés, mécaniques et genres humoristiques qui ne bougent pas autant que « lénvironnement immédiat, les référents, la culture ou encore les moeurs ».Pour Robert Aird, s\u2019il existe bien une particularité à l\u2019humour québécois, ce serait sa capacité à être foncièrement populaire.C\u2019est-à-dire qu\u2019il s\u2019adresse au peuple et le met même en scène, dans ses extraversions comme ses confidences, même celles qui peuvent parfois être les plus gênantes.« Les personnages sont mis en scène.On peut retrouver le Québécois porteur dèau, mais aussi ce Canadien-français, duquel on voulait se détacher à l\u2019époque, avec ses complexes, ses préjugés et son infériorité », illustre-t-il.Petite histoire de l\u2019humour 1878 est l\u2019année de référence pour cet humour calqué sur des personnalités clés avec la création par Hector Berthelot, le premier humoriste canadien, du tout premier véritable personnage comique nommé Baptiste Ladébauche.Ce dernier a d\u2019ailleurs incarné l\u2019identité du peuple Canadien-français, avec un langage à la fois rustre et cru, une morale explosive et une franchise tantôt assumée, tantôt candide.Si entre les années 1930 et 1940, c\u2019était le burlesque qui avait la cote au Québec avec Arthur Pétrie, Jean Grimaldi ou encore Rose Ouellette, l\u2019humour s\u2019est vite raffiné et libéré de la pression qu\u2019exerçait l\u2019Eglise, en devenant de plus en plus audacieux dans le langage et les thématiques abordées.Puis, avec le temps, les personnages ont été calqués sur la situation politique, économique et sociale de la province.Ainsi, Fridolin, le personnage du dramaturge Gratien Gélinas, a incarné ce « petit gamin des quartiers ouvriers représentant la voix du peuple », à une époque, la majorité des Québécois étaient d\u2019une origine modeste, et ce, jusqu\u2019aux années 1970.Ce qui explique que l\u2019humour était principalement inspiré de personnages ouvriers, prolétaires, chômeurs ou simplement originaires des quartiers populaires.Une industrie plurielle et engagée Directrice et fondatrice de l\u2019Ecole nationale de l\u2019Humour, Louise Richer se souvient de cet humour inspiré de la Révolution tranquille, « avec un projet que l'on chérissait et qui a enflammé les artistes qui 1er avril 2016 | ITINERAIRE.CA 13 îniBnD vyaNVXB' Christelle Pare avaient une position sociale et démocrate.Tous se sont retrouvés dans ce même rêve ».Le paysage humoristique a changé au moment du référendum de 1995, « laissant place au désengagement citoyen et la désillusion totale, faisant naître un humour moins ciblé et symboliquement absurde, tout en étant en lien avec un individualisme tout aussi grandissant ».Mais, « les humoristes sont à la fois les éclaireurs et les témoins de ce qui se passe dans notre société », pense-t-elle.A Montréal, ladite diversité culturelle du quotidien sést invitée sur scène.« Les identités ont éclaté, elles ne reposent plus sur les appartenances nationales, mais plutôt sur des catégories sociales, la famille, les amis, le groupe de travail ou l\u2019origine ethnique », pense Robert Aird précisant que la scène humoristique semble s\u2019adapter mieux aux différences que celle du cinéma.Par ailleurs, en regardant le paysage humoristique québécois, Louise Richer estime qu\u2019il existe un humour réellement engagé politiquement et socialement, quoi qu\u2019en disent les critiques.« De Fred Dubé à Guillaume Wagner, en passant par Sèxe illégal et Zoofest, on ne peut pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019humour engagé.Il existe une diversité incroyable qui témoigne de cette démocratisation des outils technologiques permettant de rendre accessible l\u2019humour à tous», rappelle-t-elle en précisant que leur fierté, à l\u2019école, est de constater le nombre de diplômés qui expriment leurs talents à leur façon, en restant fidèles à ce qu\u2019ils sont.« L\u2019humour est à la fois universel et identitaire.Cela fait en sorte que le discours se doit d\u2019être adapté.C\u2019est une matière qui est en mouvance continuelle parce que c\u2019est un geste de communication où il faut s\u2019assurer et avoir le désir d\u2019être compris.» Par acte de communication, il faut se rendre compte de toute la transparence en jeu lors d\u2019une blague lancée à un public sur une scène.« C\u2019est un happening du temps présent, il faut que les antennes soient déployées et être à l'affût de ce qu\u2019il se passe dans le public », dit Louise Richer, rappelant que les spectateurs restent les principaux 14 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 juges de ce qui est drôle ou non.« Le but nèst pas de tout faire pour obtenir des rires, l\u2019humour tel qu\u2019on l\u2019apprend ici est très introspectif.Cèst une position, une posture que chaque personne développe et cèst cela qui est fascinant.Dans cette école, on apprend sur l\u2019humour, mais aussi sur soi ! » Christelle Paré, chercheuse au post-doctorat, a étudié l\u2019industrie de l\u2019humour suite au succès de la série, Little Mosque on the Prairie, diffusée sur CBC entre 2007 et 2012.En voyant que des messages sociaux pouvaient être subtilement transmis avec l\u2019humour, même s\u2019ils portaient sur la communauté arabo-musulmane, quelques années à peine après le 11 septembre 2001, Christelle Paré s\u2019est intéressée au fonctionnement de cette industrie.« En humour, la machine publicitaire et de diffusion démarre bien avant que le show lui-même ne soit écrit, souvent pour obtenir un vendredi ou un samedi soir, parce que ce sont les meilleures dates.Ce qui fait qu\u2019il est vendu parfois deux ans à l\u2019avance.» Ce n\u2019est donc qu\u2019à partir de la première médiatique qu\u2019un One (wo)man show existe dans sa forme finale.« Cela signifie que ceux qui travaillent sur le show ne sont payés qu'à ce moment-là », ajoute Christelle Paré, rappelant à quel point les humoristes québécois « aiment et écoutent le public, parfois même jusqu\u2019au surmenage ».Controverses et libertés Quant aux sujets qui font rire les Québécois, «// n\u2019y a malheureusement pas de recette toute prête», confirme Louise Richer.Et à Christelle Paré d\u2019ajouter que « le public répond présent quand l\u2019artiste est vrai, lui-même et sait innover.Il y a certainement des raisons personnelles qui nous rendent plus émotifs que d'autres à certaines blagues, mais tout dépend de la façon dont les choses sont dites ».Robert Aird conclut que l\u2019humour « doit avant tout se passer avec amour ».Robert Aird PHOTO : ALEXANDRA GUELLIL Centre de bien-être de L'espoir, c'est la vie Les différentes controverses sociales et politiques révèlent les thèmes qui interpellent le plus le public.Julie Dufort, enseignante à l\u2019Ecole nationale de l\u2019humour et doctorante en sciences politiques à l\u2019UQAM, soutient que les controverses permettent de comprendre la différence entre l\u2019humour et le rire.«Il y a des formes de rires, nerveux ou fou-rire, qui ne sont pas de l\u2019humour et inversement.Même si on a l\u2019impression qu\u2019il y a quelque chose qui est lié, il ne faut pas les confondre.Avec l\u2019humour, il y a comme une sorte de violation de l\u2019ordre naturel des choses.Ce qui provoque la controverse, c\u2019est cette notion de politique et de hiérarchie sociale, quand le rire permet d'affirmer une certaine supériorité.» En témoignent les récentes polémiques qui débutent la plupart du temps sur les réseaux sociaux, l\u2019humour, sous forme de satire, peut aussi mettre en scène le politicien tout en influençant l\u2019électorat.Plus proche de nous, la blague au sujet du Plan Nord de Jean Charest*, alors premier ministre, devenue célèbre en avril 2012, et ce, en plein printemps érable.Les controverses proviennent, selon Mme Dufort, de la proximité qui existe entre le rire et l\u2019identité.« Nous n\u2019avons pas tous les mêmes référents : la cible, l'auditoire, les sensibilités et le moment sont des éléments importants pour comprendre une blague.Il faut se souvenir que le langage n\u2019est pas privé ».Professeur de droit à l\u2019Université Laval, Louis-Philippe Lampron rappelle que l\u2019humour est régi par la Charte des droits et libertés de la personne.« La liberté d\u2019expression, en droit québécois et canadien, peut être interprétée de façon très large.Le droit de critiquer, de faire des blagues est donc protégé par la liberté artistique.Mais, comme tout droit fondamental, il y a aussi des limites liées aux droits de la personne», explique-t-il.Selon l\u2019enseignant, tout le problème actuel sera de se questionner sur les limites à imposer avec les réseaux sociaux.« La limite reconnue reste la diffamation, c\u2019est-à-dire les propos abusifs qui visent une seule personne, tout comme l'est la propagande haineuse qui incite à la haine, à la violence et à la détestation d\u2019un groupe précis», vulgarise-t-il.Si les balises existent au niveau légal pour limiter les dérapages dans une salle de spectacle, chose certaine, elles devront s\u2019adapter aux avancées technologiques qui font souvent croire que tout est permis.¦ * « Le Salon Plan Nord est déjà très populaire, les gens courent de partout pour rentrer (.) À ceux qui frappaient à la porte ce matin, on pourrait leur offrir un emploi.dans le Nord, autant que possible», Jean Charest, avril 2012.Rire est aussi un moyen de se\t*- -*>¦{ prendre en main.C\u2019est en tout cas la vision partagée par le Club du rire\ty S de Montréal, représenté par Orly ^H\tUÿuf f Nahmias, qui le considère comme ^H 'KAh' 'T* « un outil utilisé pour se sentir mieux ^H È M ' -, au quotidien ».La méthode du Dr Hr < ¦BfV Kataria, introduite au Québec et au W Canada par Michel Abitbol, consiste f HV en une série d'exercices de rires,\t^^JH_____________ inspirés du yoga, et rythmés par un exercice récurrent tout au long de la séance.« Si au début, il peut s\u2019agir d\u2019un rire forcé ou mécanique, le rire est tellement une chose naturelle que cela ne dure pas.Il se partage dans la joie.Le rire est la façon la plus rapide de se dégager des tracas, de partager un moment de joie et de se détendre », explique Mme Nahmias.Au Centre de bien-être de L\u2019espoir, c\u2019est la vie, de l\u2019Hôpital général juif, plusieurs activités holistiques, de l\u2019art-thérapie au qi gong, sont organisées.Ces activités sont d\u2019ailleurs offertes gratuitement aux survivants de cancer et leurs proches de la région du Grand Montréal peuvent aider à mieux vivre avec le cancer.Marcelle Kecman, coordonnatrice au centre, soutient que « lorsqu'on est inquiet, stressé face à la maladie, le rire peut permettre de surmonter cette épreuve.Rire à grands éclats, avec le ventre, permet de faire le plein d'oxygène ».Les données médicales et scientifiques prouvent que le rire a de nombreux bienfaits sur la santé.Ce n\u2019est donc pas un hasard si cette thérapie est utilisée dans plus de 40 pays.pour son bien Certains discours politiques aux États-Unis par exemple sont rédigés par des humoristes.Les politiciens gagnent beaucoup plus à utiliser le ridicule et l'autodérision plutôt que d'en être la cible.Informations Club du rire de Montréal www.clubderirequebec.com/clubdemontreal Centre de bien-être de L\u2019espoir, c\u2019est la vie www.lespoircestlavie.ca ,% v Des larmes aux rires RENCONTRE PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PARTICIPANT PHOTOGRAPHE Guillaume Vermette est clown humanitaire.Son métier: Faire rire dans des situations où l'on aurait envie de Faire autrement.J'ai rencontré un personnage authentique et généreux.Il a beaucoup d'anecdotes et de souvenirs uniques.J'ai pu percevoir aussi un être au grand cœur et rempli de compassion.Comment as-tu décidé de devenir clown ?J'avais 17 ans et je travaillais comme animateur dans une communauté inuite, à Salluit, dans le Grand Nord.Là-bas, mon nom, c\u2019était Yahou.Il s\u2019agissait d\u2019un camp de science où nous étions obligés d\u2019avoir un surnom en lien avec la communication et la technologie.Je l\u2019ai choisi en référence au site web Yahoo, parce que c'est dynamique.Ma touche personnelle est de l\u2019écrire avec «o-u » et non « o-o ».Là-bas, je n\u2019avais jamais vu d'enfants avec des yeux aussi tristes.Ça m'a beaucoup touché.J\u2019ai connu des enfants qui se sont suicidés.Je me devais de faire quelque chose.Alors, avec le peu de congés que j'avais, je me suis improvisé comme clown.J'ai pris une perruque et des accessoires.Je suis allé dans la rue, à la rencontre des gens.Je m'occupais d'eux, j\u2018étais plus à l'écoute que drôle.Mon objectif était d'amener des étoiles dans les yeux de gens qui n\u2018en avaient jamais.Peux-tu nous décrire ton clown ?Les clowns se font avec les traits de personnalité de ceux qui les jouent.C'est un personnage qui se découvre et qui se « crée ».Yahou, comme moi, a un côté plutôt enfantin et joueur.Il a beaucoup d'énergie.Il est romantique et nerveux en même temps.Il bouge constamment.C'est un grand sensible.Il ne sait pas trop comment s'habiller.Il porte un complet bleu poudre, c'est chic, mais il est comme en retard de quelques années (rires).Enfin, il a de l'eau dans la cave et il commence un show propre puis quand ça finit, il est tout croche.Peut-on se mettre dans la peau d'un personnage tout en restant nous-mêmes ?Voilà la différence entre le théâtre traditionnel et le théâtre clownesque.Même quand j'incarne un extraterrestre, l'homme-lézard ou autre, je prends des aspects de ma personnalité qui fittent avec, j'en mets certains en évidence, ou je les descends un petit peu et j'adopte la démarche de cette bibite-là.Mais, que ce soit avec Yahou, mon Gugusse ou mon homme des cavernes, même s'ils ne se ressemblent pas du tout, il y a des patterns d'approche avec le public qui sont les mêmes.Aussi, ils sont tous un peu nerveux et hyper contents de voir les gens.Quelle est ta vision du travail de clown humanitaire ?J'ai surtout travaillé avec la solitude et la souffrance émotionnelle.Le clown est une belle façon de rentrer en contact avec les gens rapidement d'une manière légère et positive.En général, nous rencontrons des personnes qui n\u2019ont pas choisi la situation qui leur arrive.Un clown humanitaire et thérapeutique est au service de la personne devant lui, peu importe ce qu\u2019elle veut que je fasse : rire, danser ou l\u2019écouter, je vais le faire pour lui redonner du pouvoir.Il s\u2019agit souvent d'essayer de transformer cet univers-là qui est gris en quelque chose de plaisant et de créatif.Le clown qui débarque dans un pays et qui y fait du bien est aussi un symbole puissant qui suscite un espoir.C\u2019est aussi un contraste immense entre la souffrance et les bombes qui pètent juste à côté.Ton travail est-il le même que le clown thérapeutique dans les hôpitaux ?Nous faisons tous le même métier dans des contextes différents.Le clown d'intervention et le clown humanitaire sont ceux qui vont dans d\u2019autres pays avec des contextes difficiles comme la guerre tandis que le clown thérapeutique, c'est le nom que se sont attribué les docteurs 16 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 PHOTOS : ALEXANDRA GUE clowns dans les hôpitaux.À travers le monde, les approches sont très diversifiées, même au Québec.Ce qui va revenir, généralement, c'est qu'il y a un contact direct avec la personne et qu'il y a de la compassion.Dans un contexte de guerre ou de conflits, à quel point le rire est-il une solution ?Le rire, cèst quelque chose qui est contagieux.Il peut être aussi une arme puissante pour diminuer lènvie de certaines personnes d'appuyer sur la gâchette.Quelle est l'expérience la plus marquante de tes voyages ?Je crois que c'est mon premier voyage avec Patch Adams, un pionnier dans le milieu du clown humanitaire, thérapeutique, social.C\u2019était à l\u2019occasion d\u2019une tournée des orphelinats en Russie, en 2011.C\u2019est aussi à cette époque que tout s\u2019est confirmé : tous mes rêves qui ont mené à une panoplie de projets.Ce qui explique ton lien particulier avec Patch Adams ?C'est une inspiration, un modèle, c'est Patch (rires).Pour moi, c'est mon ami bizarre, un peu intense.C'est un collègue et, comme la majorité des gens avec qui je travaille dans ces missions-là, on crée des liens significatifs et différents qui sont difficiles à expliquer parce qu'on vit des choses très intenses ensemble.Quel est le moment où tu t\u2019es senti le plus impuissant, pris au dépourvu ?Je pense que c\u2019était en Haïti, en 2013.Je ne m\u2019attendais pas à voir autant de tristesse.Si je me ramasse dans des situations impliquant l'injustice ou des horreurs, je reviens souvent avec une bonne partie de moi qui a de l'espoir et qui y croit.En Haïti, j'ai eu l'impression d'être un peu dépassé parce que je n\u2019ai pas réussi à identifier la cause ni la solution aux problèmes.Je ne sais pas trop pourquoi, mais ce pays m\u2019est vraiment rentré dedans.Quelle personne t\u2019inspire le plus ?Mon grand modèle masculin s'appelait Théo.Il est décédé récemment.J'ai travaillé avec lui dans plusieurs missions différentes.Il était d'une douceur, d\u2019une gentillesse incroyable et toujours de bonne humeur.C\u2019était le meilleur clown au monde.Il donnait la vedette à la personne à côté de lui.Ça, je trouve que c'est une belle qualité pour un clown.Son décès a été un choc pour moi.C'était un monsieur tellement humble qui a dédié toute sa vie à cette vocation.Il était prof de clown pour les personnes handicapées dans des écoles.Il n\u2019avait jamais besoin de chicaner ou de donner de leçons.Il trouvait toujours une façon positive de le faire.Théo portait deux souliers différents chaque jour de sa vie.Pour lui rendre hommage, les enfants dans les écoles ont fait de même.C\u2019était beau.Faut-il prendre le clown au sérieux ?Malheureusement, certains se prennent beaucoup trop au sérieux.Mais je crois que le clown est là pour représenter, justement, les imperfections de l'homme.On voit souvent des clowns avec de gros égos se plaignant de ne pas être respectés comme les artistes devraient l\u2019être.Faque, veut, veut pas, on a l'air absurde (rires).Quelque part, c'est notre job de représenter avec une certaine habilité ces imperfections, ce que monsieur et madame Tout-le-Monde regardent de haut.Justement, avec cette absurdité, cette simplicité, on peut aborder ces sujets comme personne d\u2019autre.Et les gens vont rire et être touchés.C'est ce qui est magnifique ! Comment fais-tu pour mettre de côté les émotions dans des moments tragiques ?Il faut quelles soient un moteur et il faut qu\u2019on les vive, sinon nous ne ferions pas ce métier.Il faut les utiliser de façon positive.Nous avons tous notre façon de vivre ces moments difficiles.Moi, je suis vraiment dans le moment présent.Et, en tant que clown, témoin d\u2019une injustice, cela me donne juste plus de motivation pour en donner encore plus.Comment fais-tu pour prendre de la distance ?Je pense que c'est à force d'en vivre et à force d'avoir une certaine perception sur les situations.C\u2019est à partir de là que j\u2019ai compris mon rôle et jusqu\u2019où pouvait aller mon implication, ce que je pouvais faire ou pas.Et accepter mon impuissance tout en faisant tout ce qui est possible quand je peux le faire à fond, intensément.Et c'est souvent de toutes petites choses qui nous rendent fiers.» \" ¦ ' V J1 v i Quelles sont tes peurs aujourd'hui ?J'ai peur de moi.Justement parce que l'anxiété m\u2019a déjà paralysé et m\u2019a déjà empêché de vivre des belles choses.J\u2019ai peur de ce côté-là de moi, qu\u2019il ressurgisse.Je ne suis pas quelqu\u2019un qui a beaucoup de peurs à part celle que j\u2019ai de moi.Anxiété et peur sont deux choses très différentes, à mon avis.Pourquoi est-ce important de rire ?Je trouve qu'une journée sans rire est une journée perdue.Le rire est le chemin le plus court entre deux personnes.Il est universel, ultra communicatif et contagieux.C'est donc un outil formidable pour contrer cette morosité ambiante et tous les interdits que les gens se donnent.Un exemple commun est de s\u2019interdire de sourire en public ou de dire bonjour aux gens.Pour moi, c'est un non-sens, tout ça.Et le rire, le ridicule, oser faire rire les gens est un outil sensationnel.J\u2019aime ça ! Je ris de ce dont la personne, devant moi, a envie.C'est beaucoup moins compromettant qu'un show d'humour parce qu'il y a moins de monde dans la salle qui peut être outré.Il y a juste cette personne et moi.Je fais ce qu'elle aime.¦ Comment gères-tu ton anxiété en tant que clown ?Vers l'âge de 19 ans, je me suis dit: «P/us jamais l'anxiété ne va me paralyser et m'empêcher de réaliser mes rêves et de faire ce que j\u2019aime ».A partir de là, dès que j'avais une source d'anxiété, je fonçais dans l\u2019tas.C'était une manière un peu intense de le faire.Peut-être trop intense.A un moment donné, il a fallu que j'apprenne à trouver un peu l\u2019équilibre, en acceptant que l'anxiété fait partie de la vie de tout le monde, et de moi un peu plus que les autres.Et c\u2019est aussi à ce moment-là que je me suis accordé le droit de m\u2019arrêter.D\u2019avoir eu à affronter autant de peurs irrationnelles et exagérées, mais aussi confronter les peurs normales, cela m\u2019a permis de me rendre compte à quel point nous avons peur de beaucoup de choses.Et souvent pour les mauvaises raisons.S**, f 18 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 PHOTOS : MARIO ALBERTO REYES ZÂMORÂI En humour avec Korine Côté ENTREVUE PAR IANIK BRASSARD CAMELOT DE LORIMIER/ RENÉ LÉVESQUE ¦j _*.¦ .5 ' v\t\u2014\u2014\t\tm t\tM\t-\t* jhI\tJ»\tHrjfr\t|\t U v jjkm\tj?*\t9/Jm *\t\t \tT, .^ rJ h - ' \t \t 1\tj il\tV Dans une édition spéciale qui porte sur le rire, pourquoi ne pas rencontrer quelqu'un qui nous procure le bonheur de rire.Diplômée de la Fabrique à humoriste (École de l'humour) en 2006, Korine Côté participe à plusieurs événements Juste pour rire.Elle écrit beaucoup : Pare-chocs à pare-chocs, Capotés de cuisine, Simple comme Korine, Piment fort.En 2015, elle a traversé le Québec avec son premier spectacle solo Mon show.Et elle trouve quand même le temps de s'impliquer pour plusieurs causes, dont L'Itinéraire.Quelles sont les causes qui te tiennent le plus à cœur ?Je donne beaucoup à l\u2019organisme Le Chaînon parce que ce sont des femmes battues, délaissées et monoparentales.Je fais des dons en objets.Quand je suis en tournée, je vais dans beaucoup d\u2019hôtels, je ramasse le plus de trucs : shampooing, savon, bonnets de douche.Une fois par année, je fais une tournée des pharmacies et j\u2019achète des brosses à dents, serviettes sanitaires, bas, sous-vêtements que je vais porter au Chaînon et aussi au Pavillon Patricia McKenzie pour les femmes de la Mission Old Brewery, parce que je sais que quand les femmes repartent, elles n\u2019ont plus rien.Ces petits gestes me procurent un très grand bonheur, c\u2019est le bonheur de donner.Et ton implication avec L\u2019Itinéraire ?En fait, L\u2019Itinéraire c\u2019est pas mal la cause à qui je donne tout le temps.Que ce soit personnel comme ma participation à Camelot d\u2019un jour ou en dons, comme quand j\u2019ai été aux émissions La Guerre des clans et Le Tricheur.Je trouve que cet organisme aide les gens à s\u2019aider eux-mêmes.Le journal, ça donne une job, c\u2019est une réinsertion.C\u2019est une belle organisation, qui malheureusement n\u2019est pas assez connue du grand public.Comment faire rire ?Je pense que l\u2019un des meilleurs moyens de faire rire, c\u2019est l\u2019autodérision.Si tu commences par te blaster toi-même, après ça tu peux aller pas mal n\u2019importe où, dans n\u2019importe quelle direction parce que les gens vont se dire « elle riait delle-même tantôt, c'est correct ».Un exemple : il y a un bout dans mon show oùjedisqueje me tombe tellement sur les nerfs que même dans mes fantasmes, je me fais virer de bord.Ça vous arrive de vous tomber sur les nerfs à ce point-là ?Je n\u2019ai pas d\u2019orgueil, c\u2019est ça l\u2019affaire.Comme quand je ris de mes petits seins ou de mes réseaux sociaux.Sur Facebook, je publie des photos vraiment épouvantables de moi.J\u2019ai déjà fait un concours de laideur : j\u2019ai dit aux gens de m\u2019envoyer leurs photos « pas d\u2019orgueil », j\u2019ai choisi les meilleures et j\u2019ai donné des billets gratuits de mon show aux gagnants.Pourquoi faire rire ?Parce que c\u2019est vraiment le fun.Exemple : tu es dans une gang d\u2019amis, tu fais une joke, le monde rit, tu te sens bien et tu es content.C\u2019est un bonheur.Si tu fais une joke avec des inconnus et que certains d\u2019entre eux rient, tu te dis : « toi, toi et toi, on se comprend et on va passer du bon temps ensemble ».Il faut aller chercher les gens qui pensent comme toi.Quand tu vas chercher le rire de beaucoup de gens, c\u2019est bien parce que ça veut dire que tu as trouvé la bonne image, la bonne recette, la bonne formule.Quand les gens rient beaucoup, ça me fait rire.On est tous heureux et content d\u2019avoir de la joie et du rire dans notre bonheur.¦ On se ressemble tous et le rire et l'humour, c'est rassembleur.Depuis que je connais L\u2019Itinéraire, je me dis que les camelots sont les témoins de la ville.Les lire me permet de découvrir mon monde à travers leurs yeux.Yannick pour moi, c\u2019est exactement ce rédacteur urbain par qui je veux vivre Montréal.En travaillant avec lui, il m\u2019a passé ses lunettes, me permettant de bénéficier de son regard, de son humour subtil et d\u2019un sens de l\u2019observation dont je suis jaloux.Alain Théroux, journaliste ATlOS, i ?y, ,- Se prendre en mains et aller de l'avant (ou ce qui reste du passé) Derrière le voile de Fond (!) d'un Fait divers ou d'un événement marquant, se cache souvent une crise identitaire.Les grands penseurs, de tout temps, Font et reFont sans cesse le tour de la question de l'identité et de la crise identitaire.Je me contenterai de quelques anecdotes et réFlexions.J'ai écrit Se prendre en mains en janvier 2015 et Aller de l'avant en juillet de la même année afin de faire le point sur ma situation, mon environnement et l'histoire de ma vie.Deux courts textes qui ont été publiés dans L'Itinéraire.De ces deux textes a surgi l'idée d'écrire la chronique qui suit.Ce qui reste du passé La synthèse ou résumé que je pourrais faire avec ces deux textes serait malhonnête ou artificiel puisque ce qui compte vraiment, en bout de ligne, c'est le présent.Cependant, la relecture des deux textes me permet de constater une évolution.Evidemment, il y a un décalage de six mois entre eux, alors il y a forcément une évolution.En gros, j'y relate ma vie, mon enfance heureuse et pleine d'aventures, mon éducation et ma vie parfois tumultueuse d'adulte souvent désorienté, et le présent.Ces textes sont empreints d'une certaine nostalgie morbide, un genre que j'essaie d'éviter pour ne pas m'y complaire.On s'habitue à tout, dit-on, à la souffrance, à la pauvreté, à la médiocrité, etc.Pas moi.Je suis déjà passé par la rétrospection ou l'introspection de mes bons et mauvais coups et j'ai eu mon lot de peines, de larmes et de remords à cette étape incontournable de ma petite vie.Une crise identitaire à échelle humaine.Un passage obligé, plus ou moins long, pour quiconque réfléchit un tant soit peu à l'avenir.Je me suis regardé dans les yeux, dans le miroir, et j'ai fait le tri dans ma mémoire.Au fil du temps et encore aujourd'hui, j'ai parlé et je parle de mon passé aux bonnes personnes, des personnes choisies, et j'en ressors grandi.Je suis maintenant à l'âge du bilan.Je ne suis plus hanté par mon passé mais préoccupé par le présent et l'avenir.L'importance toute relative de l'histoire (ou très relative de ma petite histoire) S'il n'en tenait qu'à moi, ceci serait la dernière fois dont il est question de moi et de ma petite histoire, parfois pathétique, parfois heureuse.Je suis davantage tourné vers l'Autre et l'Histoire avec un grand H.Je conçois et comprends l'importance de l'Histoire.On trouve des spécialistes historiens-anthropologues, historiens des sciences, historiens des arts et lettres, historiens des guerres ; l'historiographie a pour objet l'écriture de l'histoire.Au Québec, on trouve même un historien.des feux de forêt ! Grâce aux historiens, on apprend souvent des choses étonnantes et inédites.Les cinéastes-documentaristes rigoureux font appel aux historiens, archivistes ou bibliothécaires, pour faire émerger des vérités jusque-là méconnues.Par exemple, j'apprenais récemment que les soldats, pilotes et marins de la Wehrmacht, l'armée nazie, étaient bourrés d'amphétamines et autres dérivés explosifs de la méthamphétamine, tout comme les djihadistes exaltés de Daech le seraient aujourd'hui.Pervitine pour les nazis, Captagon pour les fous de Dieu déjà plutôt dangereux.Réalité d'hier, réalité d'aujourd'hui.Plus ça change, plus c'est pareil dit-on parfois.C'est vrai pour la grande Histoire, c'est vrai pour l'Histoire contemporaine.Pour la petite histoire d'un individu, c'est selon son aptitude à se réinventer et à tourner la page.Une expression dit d'un individu qu'il est figé dans le passé; qu'il radote, qu'il rumine.Il est rongé par une crise identitaire.Pour ma part, je suis encore assez jeune et en santé pour ne pas tomber dans le radotage ; je m'y efforce en tout cas.Cependant, je suis assez vieux pour vivre à tous les jours du déjà-vu.Rien de nouveau sous le soleil même si je sais, au fond, que j'ai encore beaucoup à apprendre, chaque jour.La mémoire peut être peuplée à l'infini de beauté, d'amour et d'humour et de tout ce qui rend la vie moins pénible malgré ses pièges et difficultés.Malgré l'horreur parfois.Plonger dans sa mémoire, son histoire ne sert finalement qu'à façonner le présent et l'avenir.Pour en finir avec une crise identitaire qui risque de s'éterniser, le plus tôt est le mieux.32 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 Une somme d'expériences La vie ou l'espace d'une vie, c'est l'accumulation d'une multitude d'expériences diverses.La somme de ces expériences et de ces souvenirs, doux et amers, fait l'homme que je suis.Je n'ai jamais vécu d'expérience extrêmement traumatisante, celle qui laisse un choc post-traumatique comme le disent si bien les psychologues et autres docteurs de l'âme.Je parle d'expériences où on frôle la mort de près ; on est témoin d'un carnage sanglant, on est victime d'un grave accident, une explosion et tutti frutti.Des incidents, qui autrefois étaient considérés comme mineurs, banals, peuvent aussi laisser de vives cicatrices, comme par exemple l'intimidation à l'école ou les agressions sexuelles et violentes.On sait qu'environ 25 % des vétérans de guerre gardent des séquelles permanentes.De retour à la vie civile, ils deviennent mésadaptés, antisociaux ; des parias parfois imprévisibles, dangereux, prisonniers de leur passé.Des grognards ! Vivre dans le passé et revivre l'Histoire sont deux marottes bien différentes.On appelait « grognards » les soldats de Napoléon qui se plaignaient sans cesse de leur condition de vie misérable.La reconstitution historique est, pour certains, une activité récréative et peut devenir une passion dévorante.Pour les uns, c'est l'époque médiévale ; pour les autres la dernière grande bataille de Napoléon à Waterloo.En 2015, dans cette commune belge près de Bruxelles, on a célébré le bicentenaire de cette bataille.Un budget de 10 millions d'euros, 5000 participants et bénévoles, 360 chevaux, 100 canons d'époque.Quelque 100 000 visiteurs sont venus à cette reconstitution historique.Les passionnés d'Histoire ne se laissent pas berner facilement par des histoires à dormir debout et des théories du complot.Mais le « n'importe quoi » fait partie de notre quotidien.L'étude de l'Histoire est un prérequis pour vaincre l'ignorance et il faut savoir séparer le bon grain de l'ivraie.Crise identitaire Une personne en crise identitaire est une personne qui souffre d'une maladie plus ou moins grave, une crise d'ignorance plus ou moins temporaire.Mais qu'est-ce donc que l'identité ?Selon votre humble serviteur, l'identité d'un individu est tout le contexte, l'environnement dans lequel un individu a évolué depuis sa naissance.Contexte familial, social et économique.Contexte national, patriotique ; culturel, ethnique et religieux.Mais l'identité individuelle, ou de tout un peuple, s'inscrit dans le présent.« What you see is what you get », tel que le dirait le folklorique cowboy américain.L'identité est un « work in progress ».Elle découle d'un cheminement, plus ou moins long, vers la maturité et la sagesse.A partir de ce moment, l'individu est à l'abri de la crise identitaire.Sinon, celle-ci peut prendre une tournure malheureuse, horrible et même cataclysmique lorsque cette crise touche tout un peuple.Le temps élastique Pour l'être humain qui souffre, le temps s'arrête.Est-ce Einstein qui a découvert que le temps est élastique avec sa célèbre théorie de la relativité ?En théorie, je n'en sais rien.En pratique, même si ce n'est qu'une illusion, c'est vrai que le temps nous paraît bien long lorsque l'on attend l'autobus à -20.Avec un passé douloureux ou même atroce, les individus figés dans le passé souffrent leur vie durant.Une attente interminable.L'enfer sur terre prend tout son sens.Le bonheur leur est interdit.Ils sont atteints d'une maladie de l'âme dont le remède est en eux-mêmes, au creux de leur mémoire blessée, de leur conscience tourmentée.Certains ne s'en sortent pas ou difficilement.Leur passé n'est que souffrance et leur avenir un gouffre menaçant.Ils souffrent d'une incapacité à imaginer et inventer un avenir radieux et prometteur.Les autres, par contre, deviennent plus forts, plus conscients du présent et de l'avenir.Dans son dernier discours à la nation sur l'état de l'Union, le président Obama a déclaré qu'il voulait se concentrer sur le futur.Si seulement ce souhait pouvait devenir un credo universel, le monde pourrait évoluer vers un idéal du bonheur.Mais la triste réalité est que des peuples entiers vivent dans le passé.En commençant par les Américains eux-mêmes, dont un bon nombre vivent comme au Far West, mais armés jusqu'aux dents comme Rambo.Ou encore au Moyen-Orient, où Israéliens, musulmans sunnites et chiites s'entretuent à qui mieux mieux.Voilà seulement deux exemples qui démontrent que vivre dans le passé est une maladie universelle, une crise identitaire transmissible d'une génération à la suivante.On peut vaincre cette maladie sinon il n'y aurait que des fous, des ignares et des grognards sur Terre.Quant à moi, je m'efforce de marcher droit devant, vers un point lumineux à l'horizon, vers cette ultime destination où, quoi qu'il arrive d'ici là, le passé se désagrège et s'évapore derrière moi.¦ avril 2016 | ITINERAIRE.CA 33 DANS LA TÊTE DES CAMELOTS 1 A C\u2019est une fois un curé pendant la messe.Il tient un crucifix qu\u2019il secoue vers le public.« Vous l\u2019avez crucifié, vous l\u2019avez flagellé, vous l\u2019avez couronné d'épines.».Un homme saoul se lève dans l\u2019église et s\u2019écrie : « Arrêtez de secouer le crucifix de même, si vous l\u2019échappez, vous allez encore dire que cêst de notre faute ».RAOULJOUBERT CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY mm Quelle est la différence entre Voldemort et Donald Trump ?Il n'y en a qu'une : le toupet.Quelle est le nom du parfum de Donald Trump ?Eau de colon.GUY BOYER CAMELOT DES PINS/SAINT-LAURENT ET DULUTH/SAINT-DENIS Une maitresse d\u2019école primaire demande à ses élèves : « L\u2019un ou l\u2019une d'entre vous pourrait m'indiquer où est l\u2019Amérique sur la carte ?» Nicole se dirige vers le tableau, observe la carte et met son doigt sur l\u2019Amérique.« Bravo !, s\u2019écrie la maitresse.Maintenant les enfants, pouvez-vous me dire qui a découvert l\u2019Amérique ?».Tous lui répondent en choeur : « Nicole ! » ROBERT MÉNARD CAMELOT MÉTRO MONK ET SAI NTE-CATHERI NE / UNION 1 Pour un numéro spécial sur le rire et le bonheur, quoi de mieux que de vous raconter nos meilleurs blagues.Les voici ! En espérant quelles vous feront bien rire.Un homme entre dans un restaurant et demande à la serveuse : « Servez-vous des concombres ici ?» Elle lui répond : « Oui monsieur, on sert tout le monde ici ! » MICHEL LOYER CAMELOT-PARTICIPANT C\u2019est un garçon qui dit à son père : « Papa, Papa, ça y est, j\u2019ai eu ma première relation sexuelle ! » Son père lui demande : « Pis ?».Le garçon répond : « Bah ça fait pas mal ! » GILBERT POULIOT CAMELOT MÉTROS CRÉMAZIE ET LUC1EN-LALLIER C\u2019est un gars saoul qui entre dans le bus.Il croise un prêtre qui lui dit : « Mon fils, vous allez droit en enfer.» Il lui répond : « \u2018Sti, je me suis trompé de bus ! ».SHALIVER CAMELOT MÉTRO PARC Un homme dit qu\u2019il a vraiment beaucoup de problèmes.Il va voir son psychiatre, qui lui dit : « Si vous voulez que l'on règle tous vos problèmes, il va falloir partir de la source, du début » L\u2019homme lui répond : « Tout a commencé quand j\u2019ai créé le ciel et la terre.» TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA C\u2019est un père cannibale qui dit à son fils : « L\u2019aimes-tu ta mère ?» Le fils lui répond :« Oui ! ».Le père lui rétorque avec enthousiasme : « Eh bien, prends-en un autre morceau ! » MARCEL BEAUDOIN CAMELOT-PARTI Cl PANT C\u2019est une fois les deux oreilles d\u2019un imbécile qui se disputent.L\u2019une dit à l\u2019autre : « On ne devrait pas se chicaner, il n'y a jamais rien eu entre nous deux » L\u2019autre lui répond : « T'as bien raison, viens me rejoindre » Et la première lui rétorque : « Je peux pas, je sais pas nager ! » CHRISTIAN RATELLE PRÉPOSÉ À LA RÉCEPTION Comment s\u2019appelle le plus vieux russe?Itoff Méyachev Comment s\u2019appelle le meilleur skieur russe au monde?Metéski Danlkoff FRANCE BEAUMONT CAMELOT SHERBROOKE/TRIANON ET CENTRE D'ACHAT DU DOMAINE Les Mauvaises herbes de Louis Bélanger C'est du bon stock CINEMA PAR TANIA CROISETIERE-LANGEVIN CAMELOT GARE CENTRALE 1 l\tB\t\t\t ^ I\t\"~\tt V\trW9 y*\ti \tyïMM Ttfcfc.\tJ * K, t L» bB 1 _ [|lr,\t/ jHp\ta 4j\t\t* w ^ » Il a îJm\t¦\tVf ¦\t1\tJL ï \t\t9\tM\t' 4 i \t\t¦W\tW\tI\tf Jl JÊÊk ¦ F\tIf Les Mauvaises herbes, qui « roule » en salles depuis le 11 mars 2016, est un heureux mélange croisé d'action et de suspense, ponctué de pointes d'humour noir de Façon « chronique », si je peux me permettre l'expression.C'est un Film qui saura charmer ceux qui aiment rajouter plus de « culture » québécoise dans leur « sac » et pour tous ceux que ça re -«joint ».Les Mauvaises herbes raconte l\u2019histoire d\u2019un homme (Gilles Renaud) et les événements qui se produisent à la suite de son installation de fortune de culture de cannabis.Jacques (Alexis Martin) et Francesca (Emmanuelle Lussier-Martinez) se joignent à l\u2019aventure et ses folles tribulations ! Une folie qui manque de crédibilité ?Non ! Certaines critiques diront que ce film manque de crédibilité et que l\u2019histoire est invraisemblable.On ne peut cacher qu\u2019il ne reflète qu\u2019en partie la réalité des producteurs de fleurs de cannabis, étant donné quelle n\u2019est pas la même pour tout le monde.Il y a des gens qui vivent des situations insoupçonnables dans ce milieu et Mauvaises herbes en apporte la preuve.Ce n\u2019est pas une œuvre cinématographique qui explose en tout temps de grosses sensations fortes.Ce n\u2019est pas tourné à l\u2019américaine : vous ne verrez pas Snoop Dog arriver en décapotable avec des poulettes.Ne vous attendez pas non plus à de longues tenues en haleine.On y retrouve même quelques moments qui flottent en longueur, des silences, mais qui sont fort communicatifs.Il faut savoir écouter le film pour se rendre compte qu\u2019ils sont importants, chargés en émotions et très bien transmis par les acteurs.Communion des acteurs et de leur rôle On a l\u2019impression que chaque rôle a été écrit sur mesure pour les acteurs.Luc Picard (Patenaude) dans le rôle du méchant est convaincant à 100 %.Un exemple de ténacité.Gilles Renaud (Simon) y incarne un homme avec beaucoup de vécu.Solide dans son rôle, il sait bien nous faire ressentir sa situation.Pour ce qui est d\u2019Alexis Martin, c\u2019est totalement le senti, comme si il y était.Il joue avec une facilité et une aisance remarquables.La jeune Emmanuelle Lussier-Martinez (Francesca) a quant à elle piqué ma curiosité, car je ne la connaissais pas et j\u2019espère la revoir prochainement.Malgré la presque improbable situation dans laquelle elle se retrouve, elle sait jouer son rôle avec aplomb, et on y croit.Un joint c\u2019est bien, mais deux c\u2019est mieux A certains moments j\u2019aurais voulu y rajouter du punch.Au fond j\u2019aimerais bien qu\u2019il y ait un Mauvaises Herbes 2, car j\u2019en aurais redemandé à la fin du film.Une sensation que l\u2019histoire pourrait se poursuivre et qu\u2019il serait très intéressant qu\u2019il y ait une suite.Pour ceux et celles qui ont déjà vu ou consommé de l\u2019 « herbe magique », vous allez vous apercevoir qu\u2019il n\u2019y a eu aucune cruauté envers les plantes durant le tournage.Même qu\u2019on y voit aucun personnage fumer un « petit pétard ».Par contre, c\u2019est évident que toutes les plantes sont en plastique.Peut-être pourront-ils y remédier dans Mauvaises herbes 2 si les libéraux légalisent la marijuana.J\u2019ai le droit de rêver.Même les méchants ont des émotions Pour ceux qui aiment les films qui transmettent des messages, qui nous touchent subtilement au cœur par les revers de la vie, qui nous apprennent à accepter la différence des autres, à revoir notre rapport avec l\u2019argent, les amours, la famille et les gaffes de parcours, alors Mauvaises herbes est à consommer.¦ LES MAUVAISES HEM JLM/E6> mn Mit*-* nui u m iriMf.niit iim iiiii> > IpUIS lïlAWÛrH t MARS Le seul point négatif du film, c'est l'utilisation flagrante de plantes en plastique.Les Mauvaises herbes Canada, 2016,105 min.Distributeur : Les Films Séville Genre : Action Réalisateur : Louis Bélanger Scénariste : Louis Bélanger et Alexis Martin Photographie : Pierre Mignot 36 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 rAWNE FRANL vLrcit Bn n.£.» ¦t.' TEHHXICOlSI 1 v* J * EXPOSITION PAR ROBERT MENARD CAMELOT MÉTRO MONK ET SAINTE-CATHERINE/UNION \u2022srs: Scandale ! Vice, crime et moralité à Montréal Rien n'a changé 1; J'étaisjeune et je voyais partir mes parents lorsqu'ils sortaient le soir, mon père vêtu d'un veston, d'une chemise et d'une cravate.Je me suis toujours demandé ce qu'ils allaient Faire.Je l'ai appris lors de ma visite de l'exposition Scandale ! Vice, crime et moralité à Montréal, 1940-1960 présentée au Centre d'histoire de Montréal jusqu'au 30 décembre 2016.Né en 1957, je n\u2019ai jamais vraiment connu l\u2019époque du fameux Red Light à Montréal, ce que plusieurs appellent l\u2019âge d\u2019or des cabarets, des bordels, du jeu, de l\u2019illicite, des néons.Quand il y avait plus de vie et de lumière la nuit que le jour, quand Montréal était la ville des plaisirs.Aujourd\u2019hui, il n\u2019en reste que quelques vestiges, dont le célèbre Café Cléopâtre.¦¦ Scandale ! Vice, crime et moralité à Montréal, 1940-1960 jusqu\u2019au 30 décembre 2016 Mes parents sortaient au Red Light Ma mère travaillait dans le Red Light.Elle était serveuse dans un restaurant du quartier, l\u2019un de ses lieux mythiques.Elle me disait qu\u2019il y avait beaucoup de prostitution là-bas, mais que je ne devais pas la juger.Les emplois se faisaient rares, elle n\u2019avait pas le choix de travailler là, elle devait subvenir à nos besoins.J\u2019avais un tuteur à l\u2019époque, qui était comme mon père.C\u2019est lui qui m\u2019a élevé, je n\u2019ai jamais connu mon vrai père.Ma mère et lui sortaient le soir.J\u2019ai toujours été curieux de savoir ce qu\u2019ils allaient faire.J\u2019ai appris au Centre d\u2019histoire de Montréal qu\u2019ils allaient boire, danser.et jouer à la barbotte ! Ils auraient pu être sur la photo ci-contre, où des hommes, cigarette à la main, sont placés autour d\u2019une table de barbotte, un jeu rapide de dés pour lequel Montréal était reconnue.L\u2019exposition montre la criminalité de Montréal durant ces années et la moralité, à travers la lutte contre la corruption et le crime organisé qu\u2019ont menée Pacifique Plante, policier, et Jean Drapeau, avocat et futur maire de Montréal.Du pareil au même En visitant l\u2019exposition, j\u2019ai bien vu que tous les hommes étaient en chemise, veston et cravate pour sortir.Je le remarquais aussi quand, plus jeune, je me promenais à Montréal.Ils voulaient bien paraître.Montréal était une ville pour hommes et beaucoup d\u2019hommes d\u2019affaires fréquentaient les cabarets de nuits.L\u2019apparence, c\u2019était le plus important ! Aujourd\u2019hui, les gens y sont moins rattachés.On peut sortir en accoutrement sportif, en manteau jeans ou en petit t-shirt sans problème.La société, contrairement à ce que l\u2019on pourrait parfois penser, est plus ouverte qu\u2019autrefois.Malgré tout, une chose demeure : peu importe l\u2019époque, les gens veulent mieux paraître que les autres.Je remarque aussi que Montréal n\u2019a pas changé.Tel que cité dans l\u2019exposition, Montréal a toujours été à la frontière du licite.Encore aujourd\u2019hui, c\u2019est le cas.Beaucoup disent que notre ville est la plaque tournante de la drogue.Il y a les gangs de rue et la mafia, dont les activités font souvent les manchettes.La forme a changé, mais le fond demeure identique.La nature humaine n\u2019a pas changé, et elle ne changera jamais.¦ Lili St-Cyr, effeuilleuse Centre d\u2019histoire de Montréal 335 Place d'Youville, Montréal ***¦!.-Mi* 1er avril 2016 | ITINERAIRE.CA 37 \\Des arbres 6e Duncan MacMillan | Réalisme émouvant THEATRE PAR CYBELLE PILON CAMELOT SAINT-HUBERT /SAINT-ZOTIQUE A Je n'étais pas allée au théâtre depuis 15 ans.Après tant de temps, je ne me rappelais plus comment une pièce pouvait me transporter.Je l'ai redécouvert avec Des arbres, présentée au Théâtre La Licorne du 7 mars au 30 avril et mettant en vedette Sophie Cadieux et Maxime Dénommée.Je rentre dans la salle du théâtre.La petite taille de la salle permet une ambiance intimiste.Je monte quatre marches et m\u2019assois sur l\u2019un des sièges.J\u2019aperçois la scène, un cube en hauteur, sans rideaux.Il n\u2019y a pas de décor, juste un plancher et des murs noirs.Derrière, une grosse lumière semble symboliser la lune.L\u2019histoire se poursuit, à travers tous les défis d\u2019une vie de couple qui souhaite avoir un enfant dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.La complicité Il y avait une complicité palpable entre les deux comédiens.Ils transmettaient très bien leurs émotions.On sentait la fébrilité.Je n\u2019ai même pas eu besoin de me forcer pour ressentir quelque chose, c\u2019était si facile de vivre mes émotions.Je voulais vivre son histoire en même temps quelle, même si elle était triste.Les acteurs ont réussi à transmettre un message fort, à interpeller le public sur des sujets d\u2019actualité importants.La pièce commence Deux jeunes adultes sont dans la file d\u2019attente de la caisse d\u2019un IKEA.Elle (Sophie Cadieux), habillée en rouge, incarne une personne très intense, et même mêlée et colérique à un moment.Elle a un sourire sucré.Lui (Maxime Dénommée), en bleu, est à l\u2019écoute, il a la volonté de la rendre heureuse, l\u2019épauler dans ses choix, être présent pour la soutenir.Les comédiens sont vêtus normalement, comme dans la vie de tous les jours.Les déplacements sont exagérés, presque comme une danse qui mimait des situations.Le dialogue commence tout de suite.Toute l\u2019attention est sur le jeu des d\u2019acteurs.Les jeux de lumières participent à l\u2019expression de leurs humeurs, de leurs émotions.Moins d\u2019eau et plus de poussière On ne s\u2019en va pas vers le jardin d\u2019Eden.Nous ne sommes pas éternels, les arbres non plus.Je ne pense pas changer les choses toute seule.On devrait ralentir notre consommation, notre idéalisme de consommation.On s\u2019entoure de superflu.Il y a de moins en moins d\u2019eau sur la Terre et de plus en plus de poussière.On ne sait pas ce que notre planète va devenir.Elle va certainement se transformer un jour.Quand ?Tout le monde l\u2019ignore.« Soit tu es Superman et tu fais le bien, soit tu ne vis pas parce que tu nas pas de raison de vivre ».C\u2019est ce que je me dis.Ça ne doit pas être facile d\u2019être jeune aujourd\u2019hui.¦ Être parent aujourd\u2019hui Ils s\u2019arrêtent un moment pour penser à leur avenir de futurs papa et maman tout en voulant quand même être de bons parents, des parents responsables, qui ont beaucoup de dépenses, mais veulent profiter de la vie.Le couple aborde les coûts de la vie, la réalité de la pollution, de l\u2019itinérance, des personnes malveillantes, des dangers.Ils se saoulent en discutant.Nous y voyons la vie de tous les jours, le quotidien, le magasinage.Puis elle tombe enceinte.Elle veut le dire à ses parents avant lui, elle veut créer la chambre elle-même, elle veut un garçon et pas une fille.Elle veut laisser beaucoup de place à son chum, mais c\u2019est dans son corps que les choses se passent.Elle va à l\u2019hôpital, fait tous les tests.Elle se sent frustrée d\u2019aller à l\u2019hôpital, et elle n\u2019aime pas que sa famille s\u2019immisce dans sa vie de femme enceinte.38 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 Question à Maxime Dénommée, interprète Qu\u2019est-ce qui vous a interpellé le plus à la lecture du texte de la pièce ?J\u2019ai été profondément interpellé par les thématiques.Cette histoire d\u2019amour où ils se demandent s\u2019ils peuvent faire un enfant dans le monde dans lequel on vit, le parallèle entre le réchauffement climatique et d\u2019autres thèmes d\u2019actualité.La façon dont le texte était construit était aussi très intéressante.Pour moi, c\u2019était nouveau, l\u2019utilisation des ellipses, quand on passe d\u2019une scène à l\u2019autre sans trop remarquer.Le contenu et le contenant étaient intéressants. PHOTO : WARNER BROS.RECORI à la hauteur Black Sabbath, toujours MUSIQUE PAR ALEX PELOQUIN CAMELOT MÉTRO BERRI U ^ Black Sabbath est le groupe mythique de heavy metal de mon adolescence.Eh bien, croyez-le ou non, le temps d'un concert, je suis retombé à 16 ans.En effet, j'ai eu la chance d'assister à leur dernière tournée intitulée The End et qui passait par le Centre Bell de Montréal le 23 février dernier.J\u2019avais toujours rêvé de voir ce groupe sur scène.J\u2019ai acheté les billets en septembre après un concert d\u2019AC/DC et depuis, j\u2019attendais patiemment cet événement.En embarquant dans le métro à la station de la Concorde, à Laval, la première question qu\u2019un individu me demande : « Quelle est la sortie du Centre Bell ?».Plus le métro avançait, plus l\u2019on voyait du monde avec des chandails de Black Sabbath.La soirée s\u2019annoncait déjà très bien.Une fois sur place, avant que le groupe ne monte sur scène et que les lumières ne s\u2019éteignent, un message du Centre Bell nous a avertis que l\u2019établissement était non-fumeur.Ha ha ha ! Après le premier accord de la chanson Black Sabbath, une boucane épaisse a rempli la salle d\u2019une odeur dont tout le monde se doute.Contrairement au concert d\u2019AC/DC que j\u2019avais vu plus tôt où l\u2019ambiance était quasi familiale, les gens venus voir Black Sabbath étaient vraiment des purs et durs.Malgré les années, toujours fidèles A part la vieillesse qui limite un peu les mouvements du groupe, tout le reste était identique à leurs grandes années.Ils ont tout joué leurs vieux succès de A à Z, de WarPig à Paranoid, pour le rappel.Les « papys » du heavy metal étaient en feu ! Le son, la voix, tout était fidèle à l\u2019image que j\u2019en avais.Tony lommi, le guitariste, était à son meilleur.Black Sabbath a toujours été un de mes groupes favoris dans mon jeune temps.Il a été fondé en Angleterre à Birmingham en 1968.Il est considéré comme l\u2019un des groupes fondateurs du heavy metal.Leur manière d\u2019utiliser les riffs de guitare a beaucoup influencé la scène métal et a été copiée par de nombreux artistes.Au fil de son histoire, le groupe a connu plusieurs changements et Tony lommi est le seul à être resté du début à la fin.Le premier chanteur du groupe a été Ozzy Osbourne.Puis lorsqu\u2019il est parti faire une carrière solo, il a été remplacé par Ronnie James Dio, puis par lan Gillan, de Deep Purple.Mais Ozzy Osbourne n\u2019est jamais resté très loin du groupe, et c\u2019est d\u2019ailleurs lui qui était sur scène le 23 février au Centre Bell.Pour moi, Black Sabbath est un groupe qui est toujours resté fidèle à ses valeurs sans tomber dans le commercial.Aller voir un show de rock, un luxe ! Un vrai amateur de show va immanquablement repartir avec un chandail du groupe.Pour ce soir-là, j\u2019ai manqué mon coup.Lorsque j\u2019ai été au concert d\u2019AC/DC, j\u2019avais acheté mes chandails en dedans au gros prix, alors qu\u2019ils se vendaient moins cher dehors.Du coup, pour Black Sabbath, je pensais faire une bonne affaire en les achetant dehors.mais les plus beaux étaient dedans ! Pas toujours facile de faire le bon choix.Malgré ça, j\u2019ai adoré le concert.Il suffisait de fermer les yeux pour se sentir devant le Black Sabbath des débuts.Ozzy Osbourne a tout donné malgré son mal de gorge et a rendu un excellent show.Je pense que personne n\u2019est sorti déçu.Au Centre Bell, le son est bon et l\u2019on entend bien où que l\u2019on soit placé.J\u2019étais un peu en haut, sur le côté de la scène, mais je voyais super bien.Par contre tous ces vieux groupes là sont devenus une grosse business.Le chandail le moins cher coûte 45 piasses, et le plus cher 150 piasses.Ma blonde et moi avons pris 4 bières, croyez-le ou non, nous en avons eu pour 50 piasses ! A 11 piasses la bière, avec le tip, ça va vite ! Et pis là, t\u2019as pas le prix du billet ni celui du dîner.Donc je dirais qu\u2019aujourd\u2019hui aller voir un show de rock, c\u2019est rendu un luxe ! ¦ Le groupe Blacx Sabbath, fondé en (1968, donne encore d'excellents shows 1er avril 2016 | ITINERAIRE.CA 39 WIKICOMMONS.SHANE HIRSCHMAN VIE DE QUARTIER PAR ROGER PERREAULT CAMELOT MÉTRO JOLIETTE ET PÉLOQUIN/FLEURY Vieux-Rosemont Un quartier en transition Le Vieux-Rosemont est comme un village dans la ville.Il est intéressant de découvrir les étapes de son développement et ce qui crée le sentiment d'appartenance des gens qui l'habitent.Pour ce Faire, L\u2019Itinéraire a rencontré messieurs Pierre LeFaivre, animateur et résident de Rosemont depuis une cinquantaine d'années, et Michel Di Bernardo, un ex-président de la Société d'histoire Rosemont-Petite-Patrie.Le Vieux-Rosemont et les carrières Le Vieux-Rosemont est délimité par la rue Bélanger, le boulevard St-Michel, la rue Sherbrooke et par la voie ferrée de la rue d\u2019Iberville.Pierre Lefaivre nous explique que le développement du village de Côte-de-la-Visitation, devenu au tournant du 20e siècle le Vieux-Rosemont, est dû à l\u2019exploitation de carrières destinées à répondre aux besoins en roches et en pierres pour l\u2019aménagement des rues et la construction des maisons de Montréal.Pour nous donner une idée de la grandeur de ces carrières, créées durant les années 1700, il explique que les parcs Lafond, Rosemont, Père Marquette, Maisonneuve et du Pélican ont tous été aménagés sur les sites d\u2019enfouissement qu\u2019elles sont devenues à leur abandon vers 1920.Les usines Angus et un boom démographique Entre 1902 et 1904, le Canadian Pacific Railway construit les usines Angus dans le quartier, surtout en raison de la présence de la voie ferrée qui le traversait.Elles ont embauché des milliers de travailleurs, jusqu\u2019à 12 000 pendant les deux guerres selon le Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal.Ce boom démographique a suscité l\u2019offre de services religieux, éducatifs, culturels et commerciaux.Pierre Lefaivre et Michel Di Bernardo nous expliquent que de petites bâtisses réunissant une église et une école ont été érigées au début des années 1900.Environ 25 ans plus tard, l\u2019église Sainte-Philomène, une église art déco a été construite sur la rue Masson, la rue principale du quartier.Les commerces et services offerts aux résidents viendront se greffer autour de l\u2019église, dont les magasins des chaînes Woolworth et Steinberg.M.Lefaivre cite la quincaillerie Bélanger, récemment devenue centenaire, et la quincaillerie Lalonde où l\u2019on a aménagé un petit magasin de ski.Ce magasin faisait de si bonnes affaires qu\u2019il a permis à son propriétaire d\u2019acquérir le Mont Avila et de développer la chaîne des magasins Lalonde qu\u2019on connaît aujourd\u2019hui.La rue connaîtra ses heures de gloire entre les années 1930 et 1960, soit avant l\u2019avènement des centres commerciaux et la fermeture définitive des usines en 1992, fortement touchées par le transport par camions et la disparition des trains à vapeur.Quoi faire du site des usines Angus ?Des promoteurs ont voulu profiter des espaces libérés par la fermeture des usines Angus pour construire ce qui serait devenu le plus grand centre commercial au Canada.Les commerçants de la rue S Il [ U à.|Pierre Lefaivre (à gauche) eb Michel di Bernado, Masson, appuyés par des organismes communautaires dont le Comité Logement Rosemont, ont mené contre ce projet une bataille de plusieurs années.Les commerçants voulaient protéger leurs commerces sur la rue Masson tandis que les organismes communautaires souhaitaient l\u2019aménagement de logements sociaux.Les deux groupes ont obtenu gain de cause et seul Loblaws a réussi à s\u2019implanter en contrepartie de la construction d\u2019un supermarché Maxi sur la rue Masson.L\u2019avenir de la rue Masson L\u2019avenir rend MM.Lefaivre et Di Bernardo pessimistes : « La rue Masson connaît une période de tourmente et vit une sérieuse remise en question, regrettent-ils.Les problèmes liés aux places de stationnement, la lourdeur administrative et les taxes sont autant de facteurs qui jouent en sa défaveur.» Il y a bien eu un projet de transformer la rue en voie piétonne mais les commerçants, inquiets des effets potentiels sur leurs affaires, ont fait avorter le projet.L\u2019appartenance au quartier\t*\u2022* .«* ^ Commentant le sentiment d\u2019appartenance de la population à son quartier, M.Lefaivre explique: « Il est tributaire de lèsprit de famille des résidents qui ont tendance à rester dans ce quartier où tout le monde se connaît.Labsence de la télévision, venue seulement dans les années I960, le fait qu\u2019on se côtoie en veillant sui perron, que tout le monde va bavarder à l\u2019épicerie du coin, qu\u2019on surveille le voisinage en même temps que les enfants accroissent le sentiment de sécurité des résidents et renforcent l\u2019appartenance au quartier.» Depuis leurs origines, Rosemont-Petite-Patrie et la rue Masson ont connu de nombreuses transformations, qui se poursuivent d\u2019ailleurs.Il n\u2019en reste pas moins que le quartier a toujours été et demeure un endroit où il fait bon vivre.i i All°?J\u2019aime l\u2019image du camelot de L'Itinéraire qui vend dans la ville avec la pleine conscience que c\u2019est un média qu\u2019il a entre la main, et non un objet quelconque.C\u2019est pourquoi j\u2019étais heureux de savoir que Roger joignait le projet de formation.En réalisant ses textes, il me parlait de l\u2019importance de vous faire voir d\u2019un autre œil le quartier que vous croyez connaître.Voilà l\u2019exemple d\u2019un camelot au cœur de l\u2019Itinéraire qui a bien saisi sa mission ! Alain Théroux, journaliste 40 ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 les usines Angus en 1940*;, Les usines Angus [Les usines Angus en 1996, |suite à leur fermeture) I ?3TrU.\" N -¦ t-.1 1 V T~i- Si'\u2014 -jaSSjN) KV.- M- ' /STSfe \u2019a ¦'i m'V ^\tl ^ in HNt^üii winus ^\t^ Technopole Ang ^ Sa» ,,,,* US .-° Des négociations entre la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) de Rosemont-Petite-Patrie, la Ville de Montréal et le Canadian Pacific (CP) ont conduit en 1995 à la division du terrain des usines en secteurs résidentiel et industriel.Cela mènera à l'implantation de petites et moyennes entreprises dans le domaine de l'environnement et la création de 2 000 emplois.L\u2019église Saint-Esprit L'église de la Paroisse Saint-Esprit, située sur la rue Masson, entre la 5e et la 6e Avenue, a été construite entre 1931 et 1933.Elle portait le nom de Sainte-Philomènejusqu'en 1964.Elle a pris le nom Saint-Esprit par la suite.Pour les intéressés, l'histoire derrière le changement de nom est décrite dans un article de Rue Masson.com publié en 2011.*3 .LM* Procession de la Fête-Dieu avec la statue de \u201d, Sainte-Philomène sur la rue Masson, 10 août 1920 iu ifi La rue Masson Commerces et voitures sur la rue Masson, 11 mars 2016' fefSÏEE ¦*iuiflidieS6R*-8 SP0P| /TT srnif .4=T MOTS DE CAMELOTS Un temps de l'année pour me rafraîchir Le printemps est arrivé et c'est le temps pour me rafraîchir.Quand la température monte, c'est plus motivant d\u2019aller travailler plusieurs heures par semaine.Le monde a aussi plus envie de venir au Marché Atwater, ce qui fait en sorte que je vends plus de magazines.Il y a aussi plusieurs étals dehors à partir de mars.A chaque année, je vais voir la parade de l'indépendance de la Grèce qui se tient sur la rue Jean-Talon, dans le quartier de Parc-Extension.Celle-ci se déroule toujours vers la fin du mois de mars.De plus, j\u2019aime regarder le spectacle de lutte Wrestlemania 32.Ce dernier a généralement lieu la première semaine d\u2019avril.Ensuite, je me plais à voir les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey qui débutent à la mi-avril.Mon équipe préférée est le Canadien de Montréal, mais je dois avouer que les Black Hawks de Chicago sont très forts.Après quelques semaines, je profite des espaces verts, je respire de l'air plus chaud et ça me fait du bien.C'est aussi plus facile de faire autre chose dehors, comme aller manger de la crème glacée et boire un cappuccino glacé avec mon ami Cari.Dès que le printemps arrive, je commence à sortir de Montréal, car ça me fait du bien de changer d\u2019environnement.Par exemple, l\u2019année passée, je suis allé environ trois fois à Ottawa pendant l\u2019été.J\u2019aime y aller, car c\u2019est une grande ville et que ce n\u2019est pas très loin.En bref, j'attends toujours le printemps parce que je l'adore et qu\u2019il me rend de meilleure humeur ! BILLECONOMOU CAMELOT MARCHÉ ATWATER Distribuer L'Itinéraire à Laval Cela fait presqu\u2019un an que je distribue le magazine L\u2019Itinéraire au métro Montmorency.J\u2019ai déjà travaillé pour L\u2019Itinéraire avant, mais j\u2019ai dû prendre une pause parce que je suis tombé malade.Je suis très content d\u2019être revenu, car c\u2019est avant tout un travail, mais cela devient également un beau passe-temps puisqu\u2019on est constamment en contact avec des gens.J\u2019ai souvent l\u2019occasion de revoir les mêmes personnes, c\u2019est un bel effet de communauté.J\u2019aime beaucoup discuter avec ma clientèle, car je sens que je leur apporte quelque chose.C\u2019est très positif.J\u2019aime beaucoup distribuer à Laval, mais surtout l\u2019été, parce que cela me rappelle la campagne.C\u2019est une ville qui possède tous les avantages d\u2019une grande ville, mais c\u2019est beaucoup plus tranquille qu\u2019à Montréal.Il y a des centres d\u2019achat pas très loin avec des bons restaurants, ce qui me permet d\u2019aller m\u2019acheter de temps en temps mon repas là-bas.Cela me fait une sortie et me donne l\u2019opportunité de prendre un peu l\u2019air.D\u2019ailleurs, j\u2019aime particulièrement le restaurant de pizza.Il y a aussi un bingo, qui vend du bon spaghetti et de la soupe.Lorsque j\u2019ai terminé de vendre L\u2019Itinéraire, c\u2019est là que je me rends.Dans le jour, le métro Montmorency est plus tranquille.C\u2019est le matin et le soir, lorsque les gens partent ou reviennent de la ville, que c\u2019est plus animé.J\u2019ai remarqué que c\u2019est encore plus occupé lors des soirées du hockey, car cela crée même de la congestion dans la station.J\u2019aimerais beaucoup remercier mes clients, pour leur gentillesse et leurs encouragements.Au plaisir de vous revoir ! RAOUL JOUBERT K CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY La misère des autres Quand certains itinérants me menacent, je leur mets mon ultimatum.Ils m\u2019envahissent et j\u2019en ai assez de subir leur violence, j\u2019en ai trop subie dans le passé.Je n\u2019accepte pas de me faire passer pour une folle.J\u2019essaye de ne pas déranger les autres, pourquoi je me ferais déranger?Des fois, les conflits vont loin et la police vient.Ça m\u2019humilie, ça fait peur aux clients et ça me fait perdre de la crédibilité.Les gros problèmes viennent d\u2019une minorité d\u2019hommes.Leur dépendance les amène à vouloir dominer pour avoir le pouvoir absolu sur les autres.Ils n\u2019ont pas confiance en eux, leur agressivité et leur violence ne les mènent à rien.Ils se font des ennemis.Ce qui pourrait aider, c\u2019est qu\u2019il y ait plus de travailleurs de rue, mais il n\u2019y en a pas assez.Aujourd\u2019hui le système, c\u2019est chacun pour soi.Le monde ne s\u2019intéresse pas aux autres.Il faudrait construire plus de logements sociaux pour aider les itinérants.Les aider à s\u2019en sortir, leur apprendre à se débrouiller et à travailler, leur offrir des thérapies.Aidons-nous les uns les autres pour mieux s\u2019intégrer à la société.^ FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT ROYAL/MENTANA ITINERAIRE.CA | 1er avril 2016 OS : MARIO ALBERTO REYESfAMORA Daniel et Rubis CLIENT Camelot Daniel Cignac 1 r* Cliente: Rubis -¦ Point de vente : Métro McGill Rubis est une Femme souriante et toujours disponible pour me donner quelques minutes.En plus, elle a l'air bien dans sa peau, sereine avec elle-même.Sa gentillesse et son attrait me remontent le moral.Elle me dit : « Un sourire c'est gratuit ! » et elle aime aider les autres.Elle a commencé à acheter le journal seulement quand elle a vu que j'y apparaissais.Avant, elle s'arrêtait simplement pourparler.Elle me dit que pour elle, il n'y a pas de sot métier et que mon travail est important.Ce sont des personnes comme elle qui Font que je me sens plus Fort dans la vie.Elle me Fait sentir égal à elle.Rubis, qu\u2019est-ce que vous aimez chez Daniel ?Daniel, c\u2019est quelqu\u2019un qui a eu la vie difficile comme moi.Nous n\u2019avons pas eu les mêmes difficultés mais nous avons un point en commun, c\u2019est que nous avons été persévérants malgré toutes les tempêtes que la vie nous a apportées.La première qualité de Daniel, c\u2019est sa bonne humeur et sa constance.Il me fait toujours rire.C\u2019est un homme charismatique avec qui on a envie de discuter.Il nous met tout de suite à l\u2019aise parce qu\u2019il aime les gens.Quelles sont les épreuves que vous avez traversées ?La mort de ma mère, la perte d\u2019un emploi que j\u2019avais depuis 25 ans, et aussi la séparation d\u2019avec mon conjoint, après 25 ans de vie commune.J\u2019ai tout perdu car je n\u2019avais pas fait de contrat de vie commune.Si je n\u2019avais qu\u2019un seul conseil à donner aux femmes qui entreprennent une relation, ce serait de faire un contrat dès le début d\u2019une relation de vie commune.Je me suis fait avoir, comme on dit ! J\u2019étais en choc émotif, j\u2019étais désespérée.Mais j\u2019ai cherché de l\u2019aide et je m\u2019en suis sortie.J\u2019ai eu une enfance heureuse et j\u2019ai été choyée par mes parents, ce n\u2019est pas le cas de tout le monde.C\u2019est peut-être pourquoi j\u2019ai pu m\u2019en sortir.Qu'est-ce que vous aimez le plus dans L'itinéraire ?Les Zooms camelots et les Zooms clients.Et aussi les mots des camelots, car ce sont toujours de belles tranches de vie.Moi, j\u2019aime les histoires vraies.Leurs histoires me touchent beaucoup.Ils ont des forces de caractère insoupçonnées ! ¦ PAR DANIEL GIGNAC ET JO REDWITCH 1er avril 2016 | ITINERAIRE.CA 43 Pomme Ruses Outils Champion Bas de cellule Secourir Cinquante- deux Poisson Tenteras Bêtise Raboteux Enzyme Raz-de-marée Hume Enfant malpropre Mesura ras du sel Louche Curerais Asséché Couvrais d\u2019un halogène Triste Soutien Colles Inclinés ' Je me marre, car jeune, j'ai failli mourir \\ de ne pas rire ! JOSÉE CARDINAL DISTRIBUTRICE Jeux réalisés par Josée Cardinal joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro HORIZONTALEMENT 1.\tFaire admettre dans un établissement de soins.2.\tMachine pour séparer les pierres des grains, des racines.3.\tXénon.- A toi.- Tsarines.4.\tRendent plus important.5.\tBénéfice.- Id est.6.\tRetire.- Oui dure douze mois.7.\tApparu.- Défoncée.8.\tSévère.- Praséodyme.9.\tLawrencium.- Argon.-Aima.1C Asservirez.VERTICALEMENT 1.\tFrançaise.2.\tManipulateurs.3.\tOui.- Que je rigole.4.\tPied.- Eventaire.5.\tPays dAsie.- Se montra.6.\tTour.- Manger.7.\tGazeuse.8.\tParcourues.- Do.- Argent.9.\tDivinité d'Egypte.- Use.1C Arbrisseau.- Largeur d'une étoffe.Métal.11\tDans.- Maladie.12\tDemeurée.- Courant marin.44 ITINERAIRE.CA I 1er avril 2016 DETENTE m Narcotiques Anonymes Narcotics Anonymous 1 855 544-6362 www.naquebec.org SOLUTIONS DU 15 mars 2016 1\t*0 c\tA\t\"b R\tL\tY A\tT\tY E \t» E\tX\tA\tU\tC\tE\tR B\tA\t1\tS\tS\t1\tE\tR S\tN\t0\tS\t1\tF\tB\tE v\t0\tL\tA\tT\t1\tL\tE H\t» G\t0\t\t\u201cE\tA\tU\t A\tR\tG\tU\tT\t1\tE\tS ¦\t*A\t1\tN\tE\tE\t\tU \tP\tE\tT\t\tY\tN\tE \tH\t\t\tN\tT\tE\tE V\tE\tU\tL\tE\tQ>e\t\tS EXPERT 2 DIFFICILE \" MOYEN \" \t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t7\t\t \t\t\t\t4\tCO\t\t6\t\t \t\tCO\t\t\t\t\t\tCM\t \t5\t\t\t1\t\t7\t\t\t 6\t\tCO\t\tCM\t\t\tCO\t1\t 7\t4\t1\tCO\to>\tCO\t\t\t\t \tCM\t\t6\t\t\t\tCO\tCO\t o>\tCO\t7\t1\tCO\t5\t6\tCM\t\t \t6\t4\t\tCO\tCM\t\t\t7\t ¦\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t 7\t1\t9\t3\t8\t6\t5\t4\t2 8\t6\t2\t9\t5\t4\t1\t7\t3 4\t5\t3\t1\t2\t7\t8\t9\t6 6\t4\t1\t7\t3\t8\t9\t2\t5 9\t7\t8\t5\t4\t2\t3\t6\t1 2\t3\t5\t6\t9\t1\t7\t8\t4 3\t8\t6\t2\t7\t5\t4\t1\t9 5\t2\t7\t4\t1\t9\t6\t3\t8 1\t9\t4\t8\t6\t3\t2\t5\t7 l'une propriété, c'est une affaire de coeur et de savoir-fairejl AGENliE IMMOBILIÈRE Vitrine de la rénwation écologique 1152, avenue Mont-Royal Est, 514.597.2121 j\twww.viacapitaledumontroyal.com http://naquebec.org APROPOS DU Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire.Gustave Flaubert On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde.Pierre Desproges\tDans la tendresse de l'amitié qu'il y ait le rire et le partage des plaisirs, car dans la rosée de menues choses, le cœur trouve son matin et sa fraîcheur.Khalil Gibran La faculté de rire aux éclats est preuve d'une âme excellente.\tUne journée sans rire est une Jean Cocteau\tjournée perdue.Charlie Chaplin Qui a vu un petit enfant éclater de rire a tout vu de cette vie.Christian Bobin Nous savons que nous allons vers la mort et, face à cette occurrence inéluctable, nous n'avons qu'un instrument : le rire.Umberto Éco ; 'S GILLES BELANGER CAMELOT JEANNE-MANCE/ RENÉ-LÉVESQUE Le rire montre une facette de la Liberté à l'homme lui permettant d'oublier tous ses tracas, l'espace de quelques instants.Daniel Desbiens Le rire, comme les essuie-glaces, permet d'avancer même s'il n'arrête pas la pluie.Gérard Jugnot Rire, c'est être malicieux, mais avec une bonne conscience.Friedrich Nietzsche Le mieux : rire ensemble des mêmes choses.Gloria Vanderbilt Chaque fois que nous rions, nous rallongeons notre vie de quelques jours.Curzio Mala parte ON A LE TITRE QU\u2019IL VOUS FAUT 3 JOURS SOIRÉE ILLIMITÉE 2AY\\eUVeS MOUVEMENT COLLECTIF stm.info/tarifs ENTREPRISE 1950 FAMILIALE CAFE BROSSARD La promesse d'un café savoureux, torréfié de main de maître qu'on prend plaisir à déguster tous les jours.TORRÉFIÉ À MONTRÉAL CAFEBROSSARD.COM 514 321-4121 .1 800 361-4121 "]
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