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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mercredi 15 janvier 2014
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2014, Collections de BAnQ.

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[" ITINERANCE DES FEMMES mm : ATH ERIN E PROU LX-LEM/ avec La rue des Femmes^^ Volume XXI, n° 2 Montréal, 15 janvier 2014 www.itineraire.ca ART, RUE ET DROITS D'AUTEUR ZOOM SUR DEL WILKEY FEU VERT À CHRISTIAN NADEAU Don\tde 10 $ / .RAISING I CHEZ V THE ROOF 1 TOIT Des solutions à long terme au problème de l'itinérance\t\t [intact]\tFIERS PARTENAIRES LiTi.vMR\\\u201c fTM C A N A D 1 A N\t[NE W 1 IX TRAFFIC NETWORK fk\tspcctre^|Çfr)de rue EN VENTE LE MARDI 4 FEVRIER MÉTRO MCGILL - GARE CENTRALE - LES HALLES D\u2019ANJOU En vente en tout temps auprès de votre camelot ou à nos bureaux Fabriqué par Sportswear Site web par $ ecentricarts inc.HOMES PUBLISHING CROUP Impression gracieusement offerte par Barrie Press Intact Dessin est une marque de commerce de Intact Corporation fi nancière et est utilisée sous licence 133 www.cheztoit.org 1123 |\"Ag?Cafnelot N 4 ans Camelot à L'Itinéraire depuis un an, Del est avant tout un artiste dans l'âme.Son instrument de prédilection : le saxophone.Il a découvert John Col-trane à 13 ans, et cela a changé sa vie.Ce musicien de formation, qui a étudié à l'Université Concordia, a abandonné un an avant d'obtenir sa maîtrise en Beaux-Arts.Qu'à cela ne tienne, Del a empoigné son sac à dos pour devenir un véritable globe-trotter.«J'étais là quand Martin Luther King a dit \u201c\\ have a dream\"», raconte cet éternel hippie pour qui la paix et l'amour sont des valeurs suprêmes.Mais la pauvreté et la dépression l'ont rattrapé et à son grand regret, sa famille a fini par voler en éclats, malgré ces embûches, Del n'aime pas s'attarder sur ses difficultés, «j'ai croqué la vie à pleines dents», reconnaît-il un sourire aux lèvres.Le cœur sur la main, il a dépensé sans compter pour gâter les siens à Noël 2012.Del s'est alors retrouvé obligé de laisser son saxophone en gage pendant un mois pour subsister.Ayant perdu son gagne-pain, c'est par hasard qu'il s'est dirigé vers un camelot qui l'a conduit à L'Itinéraire.«J'ai pu retrouver de la considération, une fraternité et surtout beaucoup d'humilité», ajoute-t-il en parlant de Ultinéraire.Aujourd'hui Del est écrivain à temps perdu.S'il a pu enseigner la musique au Conservatoire de l'Université Concordia, il ne joue plus que dans des événements privés ou dans le métro.Son grand projet est de trouver un pianiste pour donner des concerts dans le Vieux-Montréal cet été.Cela lui redonnerait la liberté de voyager, et pourquoi pas, d'aller travailler à La Nouvelle-Orléans pendant l'hiver.¦ TEXTE : NAFI AUBERT PHOTO : GOPESA PAQUETTE Points de vente: Angle Sainte-Catherine/Peel 2014 | ITINERAIRE.CA NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ L'Itinéraire a pour mission de combattre la pauvreté et l'exclusion par le travail et une place en société.Notre organisme soutient et Fait travailler quelque 200 personnes par semaine.Le magazine est donc une entreprise d'économie sociale qui s'autoFinance.Mais son volet services sociaux comprend diFFérents programmes pour oFFrir de l'aide psychosociale, du soutien alimentaire et en logement ou encore des services adaptés aux jeunes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de Façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans les programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2 000 donateurs individuels et corporatiFs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! PARTENAIRES MAJEURS Canada Ville-Marie Montréal @ ^Ttelus Québec i h QUÉBÉCOR [intact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS LTFUVÏF éA lïU K W* Fondation du Grand Montréal £ Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE\"1 £51 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal vlacapitale L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE [Sjsb insp SS, AjgEcç RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est TÉLÉPHONE: 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR : 514 597-1544 SITE: WWW.iTiNERAiRE.CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef: Sylvain-Claude Filion Chef de pupitre Actualités: Marie-Lise Rousseau Chef de pupitre Développement social: Gopesa Paquette Infographe: Louis-Philippe Pouliot Stagiaires à la rédaction: Na fi Al ibert et Catherine Martellini Collaborateurs: Éric Godin, Deryse Monté et Phi lippe Lajeunesse Adjoints à la rédaction: Hélène Filion, Julie Locaset Lorraine Pépin Photo de la Une: Gopesa Paquette Révision des épreuves: Michèle Deteix, Louise Faure, Lucie Laporte et Sabine Schir Design et infographie du site Internet: Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière: 514461-7119 | renee.lariviere18@gmail.com Josée Poirier: 514 273-5002 | josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D'ADMINISTRATION Président: Stephan Morency Vice-président: Gabriel Bissonnette Trésorier: Yvon Brousseau Secrétaire: Serge Lareault Conseillers: Yvon Massicotte, Jean-Paul Lebel, Philippe Allard et Martin Gauthier L'ADMINISTRATION Directeur général: Serge Lareault Directrice générale adjointe: Sylvie Gamache sylvie.gamache@itineraire.ca Directrice du financement et des partenariats: Sylvie Bouchard Adjoint au développement social: Philippe Boisvert Responsable de la comptabilité: Duffay Romano Adjoints aux communications et financement : Shawn Bourdages et Dorian Keller GESTION DE L'IMPRESSION TVA Studio 514 848-7000 Directeur général: Robert Renaud Coordonnatrice de production: Andrée-Anne Gauthier IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO Convention de la poste publication No 40910015, No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Gi nat la ISSN-1481-3572 n lit charité : 13648 4219 RR0001 Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.ABONNEZ-VOUS AU WWW.ITINERAIRE.CA ou par téléphone au 514597-0238 poste 231 SOMMAIRE Mots de lecteurs Un p'tit mot pour Nicole (camelot au métro Longueuil) Merci Nicole pour ton sourire et les petits mots du matin.Ça commence bien la journée ton contact humain, un brin de communication dans la marée anonyme que nous formons, nous les voyageurs, j\u2019aime prononcer ton nom.Prends soin de toi, à bientôt! Merci aussi à ton gentil collègue qui ta remplacée la semaine dernière.Vive les camelots qui humanisent nos espaces publics! Marie Brion Vos commentaires sur facebook Clochards célestes (édition du 1er décembre) Quand j\u2019ai montré la page frontispice du magazine du mois de décembre à mon conjoint, je lui partageais que celle-là illustre bien ce que les gens vivent et que de plus en plus, ils (elles) seront nombreux autour de ce qui les unit, les réchauffe, plutôt que d\u2019avoir une crèche extérieure.Très contemporain, ça porte à réfléchir.L\u2019idée de ces personnages est vraiment contextuelle.Bravo! Mishté Tugwâgué Wissagabak Wow! Une de vos plus belles couvertures! Marie Danièle Dussault I tk.- 14 _____ 7 ACTUALITÉS 8 ROND POINT 11 CATHERINE PROULX-LEMAY dans La rue des Femmes 14 DOSSIER ITINÉRANCE DES FEMMES L'état d'urgence est déclaré 19\tSteve Foster honoré pour l'avancement de la cause LCBT 20\tPour faire de Montréal une capitale de l'art 23 LE CŒUR DE L'ITINÉRAIRE Les mots des camelots CARREFOUR 33 InfoRAPSIM 35 Sur les pas du Dr Julien 37 CONSOMMATION 39 PANORAMA 41\tVIVRE 42\tLIVRES 43\tGRAFFITI ET DROIT D'AUTEUR 44\tDÉTENTE 46 FEU VERT À.CHRISTIAN NADEAU Notre Fée des Étoiles (édition du 15 décembre) Quelle belle idée votre fée des étoiles avec Andrée Lachapelle! Génial comme clin d\u2019œil! Paco Quelle grande dame!!!!! Bravo!!!!! xxx Line B Perso Wow! Ça c\u2019est du cadeau de Noël pour nous, les clients! Merci! Marie Danièle Dussault Des lettres courtes et signées, svp! La Rédaction se réserve le droit d'écourter certains commentaires.Écrivez-nous à courrier@itineraire.ca LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour L'Itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamâche, directrice générale adjointe par courriel à sylvie.gamache@itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications. SEULEMENT lT'-.-V; Au lieu d\u2019accumuler des points pour un malaxeur, vous pourriez assurer la sécurité d\u2019un défenseur des droits humains.La seule carte qui sert de vrais intérêts.La carte VISA Desjardins Amnistie internationale Demandez cette carte via amnistie.ca/visa AMNISTIE INTERNATIONALE \\ i i t 4 if 11 i j 5 1 lit i I t i » * ?DES CHOIX QUI ONT DE L\u2019AVENIR De par son origine, ses valeurs et ses pratiques, le Fonds a adopté une stratégie liée aux objectifs de développement durable, tant d\u2019ordre économique, social et environnemental, contribuant ainsi à FAIRE TOURNER L\u2019ÉCONOMIE D\u2019ICI.FONDS de solidarité FTQ fondsftq.com K i à EDITORIAL Boulevard de l'impasse L\u2019archétype de la femme sans-abri n\u2019est plus cette clocharde d\u2019Épinal qui mendie - la fameuse bag lady.En fait il n\u2019y a plus d\u2019archétype.Il y a de plus en plus de femmes sans domicile fixe, un problème d\u2019une ampleur que peu soupçonnent.Car pour toutes sortes de mauvaises raisons, leur condition demeure un immense et inadmissible tabou.SYLVAIN-CLAUDE FILION | sylvain-claude.filion@itineraire.ca Les femmes sans domicile, c\u2019est la face cachée du problème; on peine encore à admettre que l\u2019itinérance des femmes existe.Si le Chaînon se dévoue depuis 80 ans, les autres refuges offrant un toit pour la nuit aux femmes sans-abri sont nés beaucoup plus récemment.Et les ressources manquent cruellement : pour un total de 623 lits dans les refuges hébergeant des hommes, on ne dénombre que 64 lits d\u2019urgence pour les femmes.Pas étonnant que ces établissements affichent perpétuellement un taux d\u2019occupation dépassant les 100 % et que plus de 18 000 fois par an, des femmes sont refusées à la porte des refuges.En moyenne, ça donne 50 femmes qui, chaque nuit, sont renvoyées à la rue.Tant de gens ont encore strictement en tête l\u2019image d\u2019un itinérant de sexe masculin.La réalité est pourtant tout autre : jusqu\u2019à 4 itinérants sur 10 sont des femmes.Mais on ne les voit pas.Plusieurs avenues sont évoquées pour expliquer cette invisibilité des itinérantes.Pour la majorité, l\u2019importance d\u2019avoir un toit avant toute chose va les pousser à attendre jusqu\u2019à l\u2019extrême limite de leur détresse avant de chercher du secours.D\u2019autres vont hésiter longtemps avant de choisir entre la fuite et la violence conjugale qui, sordide consolation, leur garantit un toit.Une autre raison est celle de la dignité : une femme va soigner son apparence jusqu\u2019au bout, de sorte que certaines silhouettes que vous apercevez en déambulant dans les rues du centre-ville sont peut-être celles de femmes sans domicile fixe.mais ça ne paraît pas.Enfin, beaucoup de femmes trouvent asile chez de la parenté, des amis, des connaissances.Les apparences sont bien trompeuses.À L\u2019Itinéraire, la grande majorité des camelots sont des hommes.Mais à l\u2019instar de la recrudescence observée du nombre de femmes dans la rue, on a noté ces derniers mois qu\u2019elles sont de plus en plus nombreuses à venir demander de l\u2019aide, à s'enrôler pour devenir camelots.Elles sont aussi de plus en plus jeunes, ayant souvent moins de 30 ans.Mais le travail de camelot sàvère malheureusement souvent au-dessus de leurs forces.Parce qu'elles sont beaucoup plus vulnérables, sous différents aspects.Se faire lancer par des passants des «va donc travailler au lieu de quêter», ça les égratigne beaucoup plus dans leur sensibilité, surtout pour les jeunes qui n'ont pas encore eu le temps de forger une carapace comme certaines doyennes de L'Itinéraire, qui sont devenues plus toffes.Et il y a surtout la sollicitation pour des faveurs sexuelles, car - cela va-t-il vraiment vous surprendre?- il y a dans les rues quantité de connards qui vont approcher les femmes camelots en leur proposant de leur faire une pipe ou de leur prodiguer d'autres faveurs sexuelles, ce qui, dans leur logique d'abrutis, serait bien plus payant ou intéressant que de vendre un journal de rue.Plus vulnérables, les femmes sont plus réticentes à admettre leur détresse, à accorder leur confiance.Parce que chez elles, la blessure dans leur dignité saigne plus fort, la vulnérabilité est plus profondément atteinte et la tentation de s'oublier dans la drogue et l'alcool souvent présente.Les femmes sans-abri crient à l'aide.Les ressources qui les aident aussi.Qui va les entendre?Notre dossier sur la question, en page 14, n'est pas pour les cœurs sensibles.Mais il est indispensable d'en parler.Car l'impasse est telle quelle ressemble à un boulevard qui ne mène nulle part.Plus vulnérables, les femmes sont plus réticentes à admettre leur détresse, à accorder leur confiance.15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR SIMON CORDEAU, ÉRIC GODIN, CATHERINE MARTELLINI ET MARIE-LISE ROUSSEAU qifestions A / \\ Auteure-compositrice-interprète canadienne récipiendaire de plusieurs prix Juno, elle a donné un spectacle au profit de Dans la rue le 11 décembre dernier.PAR MARIE-LISE ROUSSEAU Avant votre concert, vous êtes allée au centre de jour Dans la rue.Comment s'est passée votre visite?Je trouvais important de visiter l'organisme auquel allaient les profits de mon spectacle.J'y ai passé un moment extraordinaire! J'ai visité les différents services et rencontré les employés et les jeunes.Ça m'a permis de comprendre comment l'organisme fonctionne et d'en apprendre plus sur son histoire.Les programmes qui y sont offerts aux jeunes de la rue sont phénoménaux.Et j'ai pu jouer une chanson avec les jeunes dans leur studio au sous-sol.Qu'est-ce qui vous a le plus marquée lors de cette visite?C'est la première fois que je visitais ce genre d'organisme.Au début je me sentais un peu nerveuse.Après avoir joué une chanson avec les jeunes, la glace s'est brisée.La plupart des jeunes ressemblent aux musiciens avec qui je pars en tournée! Je me suis donc sentie très à l'aise avec eux.J'ai été touchée par la grandeur de leurs cœurs.Que des gens qui reviennent de si loin aient autant de compassion et qu'ils affichent de si magnifiques sourires même si leurs besoins de base ne sont pas comblés me fascine.Comment les jeunes de la rue vous inspirent-ils?J'ai été inspirée par le groupe qui a joué une chanson après moi, c'était très dynamique.Il est inspirant de savoir que des endroits comme Dans la rue aident les gens, même si tout le monde devrait être égal et devrait avoir de quoi se nourrir convenablement.C'est atroce que ce ne soit toujours pas le cas.Et les gagnants sont.Voir l'iceberg de Nancy Boucher et Les pelleteux de nuages de Jean-Marie Tison sont les textes gagnants du dixième Concours des journalistes de rue de L'Itinéraire.Le jury était composé de la romancière Monique Proulx, de la journaliste Josée Blanchette et de la comédienne Maude Guérin.À propos de la chronique Les pelleteux de nuages (publiée dans l'édition du 1er juillet), Monique Proulx dit : «Jean-Marie Tison met au service des causes auxquelles il croit sa plume acérée et lucide, et son implacable sens de la construction».Au sujet du mot de camelot Voir l'iceberg (publié dans le numéro du 1er juin), Josée Blanchette dit : «Madame Boucher a su bien expliquer les dessous de la toxicomanie et des dépendances tout en nous rappelant qu'il faut d'abord traiter l'âme, ensuite les symptômes».Depuis 2004 ans, Ultinéraire célèbre le talent des camelots-écrivains lors de ce concours annuel.(MLR) J r-'r f'iÿt'f 'ÆstWMpp j j -m./A __________________\u2019 Le Quartier des spectacles, le métro de Montréal et l'Expo 67 ne sont que trois des 50 projets qu'a répertoriés l'Ordre des urbanistes du Québec pour fêter son 50e anniversaire.Pour consulter la liste des 50 réalisations : ouq.qc.ca (SC) 8 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 GODIN DANS LA RUE ASk 2.0 Plus d'excuses pour ne pas faire ses devoirs! Allô prof lançait récemment sa nouvelle plateforme web d'aide aux devoirs gratuite.Personnalisable et intuitive, elle évoluera avec les élèves.Cet outil vient s'ajouter au service téléphonique d'aide aux devoirs, qui permet aux élèves d'entrer en contact avec un des 100 enseignants bénévoles de l'organisme, alloprof.qc.ca (SC) LE NOMBRE C'est le nombre de centenaires T\t'Bf 'Ë au Québec; 90 % d'entre eux |\tsont des femmes.(Source : Bilan démographique du Québec, 2013) Pâuvrp Bibliothèques scolaires en piteux état Une récente enquête de la Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec révèle que le laisser-aller du gouvernement dans les deux dernières décennies a mis en piteux état les bibliothèques scolaires du Québec.Le constat est alarmant : plusieurs écoles n'ont pas de bibliothèques scolaires ou celles-ci sont utilisées à d'autres fins que la lecture.Leurs collections sont désuètes, endommagées, incomplètes ou mal adaptées au public.Sans compter le retard qu'elles accusent dans l'utilisation des ressources numériques.Sans des mesures qui permettent l'acquisition de livres et l'embauche de biblio- m thécaires, la réussite scolaire et sociale des jeunes est en danger.(CM) Électrifier l'économie Développer l'économie avec l'énergie verte?Possible, selon Jean-François Samray, président-directeur général de l'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable (AQPER).Trolleybus, voitures et taxis électriques pourraient être exportés, alors que la province pourrait réduire ses importations d'énergie fossile.M.Samray propose aussi d'augmenter de 5 % par année la production d'énergie renouvelable du Québec, pour accélérer le développement de cette industrie.Une proposition saluée par divers groupes environnementaux.(SC) Dessine-moi une histoire À vos crayons! Le Festival des enfants TD-Metropolis bleu lance un concours intergénérationnel : Un dessin, une histoire.pour vos aînés! Les enfants de 5 à 12 ans sont invités à dessiner une histoire et à partager le fruit de leur imagination avec leurs grands-parents.La Fondation Metropolis bleu fera circuler les œuvres gagnantes auprès de personnes âgées en résidence.Les enfants ont jusqu'au 22 février pour participer.(SC) 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 9 ROND-POINT INTERNATIONAL États-Unis Enfin couverts! Depuis le 1er janvier 2014, des millions d'Américains ont maintenant accès aux soins de santé grâce à l'entrée en vigueur de la loi sur les soins accessibles.La loi accorde des soins de santé gratuits à ceux gagnant moins de 15 000 $ par année.Au cours de l'automne, les bénévoles et les travailleurs communautaires de l'État de Washington se sont mobilisés massivement pour inscrire les itinérants fréquentant leurs services.L'agence de santé de l'État a débloqué 6 millions $ pour assurer que les plus vulnérables soient inscrits à temps pour recevoir des soins longtemps attendus.(Real Change) Whitney Walker, intervenante à la clinique communautaire HealthPoint, aide David Chapman à remplir sa demande de couverture médicale.PHOTO :KATIA ROBERTS Suède Hypocrisie ministérielle?La ministre de la Santé de la Suède s'attire des critiques en défendant le tabac à priser comme alternative à la cigarette tout en ne faisant rien pour encourager les programmes de méthadone pour les utilisateurs de drogues dures dans son propre pays.Les critiques crient à l'hypocrisie et à l'incompétence, surtout parce que sa position sur la méthadone causerait un nombre inexcusable de décès tout en coûtant plus de 24 milliards $ par année.Ses pressions auprès de l'Union européenne pour exporter le tabac à priser dans le reste de l'Europe lui ont valu le surnom de «Ministre à priser».(Faktum) ^_ La Suède est, avec l'Estonie, un des seuls pays en Europe où le taux de mortalité des usagers de drogue est en augmentation.Trinidad Pêcheurs secoués Les pêcheurs de Trinidad se sont insurgés contre les sondages sismiques pratiqués par les pétrolières dans l'archipel, menant à plusieurs arrestations dans la capitale.La pratique employée pour détecter des réserves d'hydrocarbures sous le fond marin est décriée par les groupes écologistes et les associations de pêcheurs.Les prises de poissons baisseraient dans les régions où ces sondages sismiques sont pratiqués.Les protestataires en veulent à British Petroleum (BP) ainsi qu'à la société d'État PETROTRIN, qui réfutent les inquiétudes des pêcheurs en citant des études qu'ils ont produites.Les pêcheurs réclament une évaluation d'impact environnemental indépendante, ce que refuse le gouvernement.[Inter Press Service) Le président de Fishermen and Friends of the Sea, Gary Aboud, arrêté dans la capitale de Trinité et Tobago, Port-d'Espagne.PHOTO : PETER RICHARDS/IPS Royaume-Uni Enfant intérieur Deux tiers des usagers de l'organisme d'aide aux itinérants St.Mungo's portent des traumatismes depuis leur enfance.Depuis 2008, l'organisme offre de la psychothérapie gratuitement à travers son programme Lifeworks.Trois quarts des participants disent que leur bien-être psychologique s'est amélioré et les responsables soutiennent que les coûts sont compensés par une plus grande efficacité dans l'utilisation des autres services.St.Mungo's a récemment lancé une campagne de sensibilisation aux causes profondes de l'itinérance féminine.Les recherches indiquent que 80 % des itinérants ont vécu des traumatismes infantiles et les experts s'entendent pour dire que la thérapie ne fonctionne pas sans un domicile stable.( The Big Issue in the North) Peu parlent des abus qu'ils ont vécus, engourdissant souvent leur souffrance par les drogues ou l'alcool.PHOTO : REUTERS/TOBY MELVILLE Lltinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 CATHERINE PROULX-LEMAY avec La rue des Femmes On la connaît mieux comme Michèle «Miche» Paquette, la mère blessée d'Unité 9.Ou comme Claire de L'auberge du chien noir, Violaine de Toute la vérité et Brigitte d Aveux.Catherine Proulx-Lemay, c'est une pléiade de personnages plus grands que nature, à la fois très différents et très près d'elle.Rencontre exclusive avec une actrice qui a la tête sur les épaules, le cœur sur la main et les deux pieds sur terre.PAR JOANIE PIETRACUPA | COLLABORATION SPÉCIALE\tPHOTOS : GOPESA PAQUETTE 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 1 1 Elle pousse la porte du Café L'Itinéraire avec quelques minutes de retard, l'air pressé: «Désolée, je sors d'une audition! On m'a demandé de pleurer, alors excusez mes yeux bouffis.» Son regard est tout ce qu'il y a de plus lisse et reposé: pas une trace de bavure de mascara en vue.Peu maquillé, son joli visage s'illumine lorsqu'elle sourit.Une vraie de vraie comédienne sur qui on peut lire les nombreuses émotions en un froncement de sourcil ou en un retroussement de lèvres.«Alors, on commence?» Qu'est-ce qui t'a poussée à devenir comédienne?C'est un peu un hasard, en fait.Je ne m'enlignais pas du tout pour faire ça.Enfant, j'étais plus attirée par le journalisme et les communications.Quand j'ai fini mon secondaire, je suis allée au Conservatoire Lassalle où j'ai fait des études en science de la parole partagées en deux volets: communications et théâtre.C'est là que j'ai touché au jeu pour la première fois et que des professeurs m'ont suggéré de faire des auditions pour le Conservatoire d'art dramatique de Montréal.À ma grande surprise, j'ai été acceptée.J'y ai étudié trois ans, puis j'ai gradué.Aujourd'hui, ça fait 15 ans que j'ai mon diplôme et que je fais ce beau métier.J'ai été très chanceuse: j'ai toujours travaillé, et sur des beaux projets comme Une grenade avec ça?, Aveux ou Unité 9.Parlant d'Unité 9, qu'est-ce qui t'attire et te rebute dans le personnage de Michèle?Michèle, c'est une intense, une impulsive, une passionnée.Je me retrouve un peu là-dedans.En même temps, j'ai l'impression qu'au niveau de la maturité, elle a 15-16 ans.C'est vraiment comme une ado, et c'est comme ça que j'ai abordé le personnage, avec une certaine naïveté et une incapacité à prendre le blâme, à reconnaître ses torts.C'est aussi une amoureuse et une maman, comme moi.Personne ne peut être insensible à l'itinérance.H Vu son caractère unique et pas toujours heureux, arrives-tu à la jouer sans la juger?Pas le choix, faut toujours endosser ses personnages! (rires) Sans blague, je l'aime profondément et j'ai un plaisir fou à la jouer.Mais c'est sûr que comme tout le monde, je la trouve souvent méchante et «gratuite» dans ses commentaires, même s'il est facile de comprendre qu'elle s'est coupée de ses émotions en se coupant de ses enfants.Qu'est-ce que ce rôle-là t'a apporté?Il a complètement changé ma vie.Surtout au niveau de la reconnaissance des gens, de mon milieu et du public.Les acteurs n'osent souvent pas se féliciter mutuellement, par peur d'avoir l'air trop fanatique, trop groupie.Dans le cas d'Unité 9, c'est surprenant de voir à quel point les autres artisans ont été généreux dans leurs commentaires positifs.Aussi, je le sens dans le regard des gens dans la rue, qui me reconnaissent et m'apprécient.Surtout les parents, qui comprennent mieux l'essence de Michèle.Je peux te confirmer que dans mon cas, il y aura un «avant Unité 9» et un «après Unité 9».Pourquoi avoir décidé de devenir porte-parole de La rue des Femmes?Pour être bien honnête, il y a un an, je ne connaissais pas du tout La rue des Femmes.C'est une dialoguiste sur le plateau de tournage d'Unité 9 qui m'a parlé de la cause et du fait qu'ils se cherchaient une porte-parole.Puis, j'ai rencontré Léonie [ndlr: Léonie Couture, directrice générale et fondatrice], une femme d'une grande simplicité et d'une grande humanité qui m'a fait visiter la Maison Wolfe, et je suis tombée sous le charme.Je trouvais que ça donnait un sens à mon métier, une sorte de continuité entre le travail que je fais et mon très, très petit apport à cette cause-là.12 ITINERAIRE.CA | 1er janvier 2014 Qu'as-tu appris sur l'itinérance en t'engageant auprès de cette cause?Qu'il y a beaucoup plus de femmes qu'on le pense qui en souffrent, et qu'on croit souvent à tort que c'est une question de pauvreté.Léonie m'a enseigné une toute autre approche: la pauvreté découle de l'itinérance, mais pas nécessairement le contraire.Souvent, les gens deviennent itinérants parce qu'ils sont malades ou qu'ils ont eu des blessures dans leur enfance.Souvent, les gens deviennent itinérants parce qu'ils ont eu des blessures dans leur enfance.H Je trouve ça super intéressant et touchant, cette idée de santé relationnelle.Et puis, je suis impressionnée par les femmes qui travaillent à La rue des Femmes.C'est un monde un peu épeurant à apprivoiser, l'itinérance.Et je suis bien contente d'avoir la chance de le faire grâce à cet organisme.Sens-tu que ta contribution comble un manque au niveau de ton engagement social?Je pense que le manque est encore là.Je fais un travail que très souvent, malgré les témoignages d'amour sincères et touchants du public, je ne peux m'empêcher de trouver un peu futile.Mon métier, c'est de jouer.Comme un gamin, quoi! Je ne peux donc pas dire que je trouve que je suis très engagée, ni politiquement ni socialement.Pas assez, compte tenu de l'intérêt que j'ai, en tout cas.Peut-être qu'un jour je mettrai ce plan-là plus de l'avant dans ma vie, que je lui ferai plus de place.Lis-tu L'Itinéraire?Oui, je me fais un devoir de lire le magazine.Il me semble que tout le monde devrait acheter ^Itinéraire.Personne ne peut être insensible à l'itinérance.Moi la première, à chaque fois que je me retrouve au coin d'une rue avec un «quêteux», j'ai envie de lui donner de l'argent, mais je sens bien que ce n'est pas nécessairement la bonne façon de l'aider.Maintenant, j'y pense plus et je lui offre un café avant d'entrer chez Starbucks, ou je lui apporte des barres tendres et des pommes.Se procurer L'Itinéraire, c'est un geste encore plus concret, un don encore mieux placé.Même si tu l'achètes une fois seulement, c'est mieux que rien.Ça aide à se sentir bien et à se voir une meilleure personne.Je sens que tranquillement, je me sensibilise à ça, ou du moins, que je m'ouvre à cette sensibilisation.Et puis, j'ai même un camelot favori, Jean-Guy Deslauriers, de qui j'achète souvent mes exemplaires dans mon quartier sur la rue Masson! Quels rôles ont l'amour et la famille dans ta vie?Je pratique un métier où il est très important de garder un équilibre, parce que c'est une vie faite de montagnes russes, où il y a des moments où on travaille beaucoup, et d'autres pas du tout.Essayer de rester sain et équilibré, c'est la recette.Et avec les années de métier qui rentrent, c'est quelque chose que j'arrive à faire de mieux en mieux, me garder des moments en famille avec mon chum et mes deux fils.Parce qu'à cinq et neuf ans déjà je peux te dire qu'ils grandissent vite! Et je ne voudrais jamais regretter, à 50 ans, d'avoir manqué quelque chose dans la vie de mes enfants.Je suis donc un peu plus capable de dire non aux nouveaux projets, même si mon amoureux [ndlr: l'acteur David Savard] te dirait que ce n'est pas vrai! (rires) m m Mf\\ La fois où Catherine Proulx-Lemay s'est sentie la plus démunie «Après avoir accouché de mon premier enfant, je suis revenue à la maison avec mon bébé dans sa coquille, je l'ai déposé sur la table et je me suis dit: OK, c'est à moi, c'est mon bébé, c'est moi la mère.Maintenant, qu'est-ce que je fais avec ça?.J'ai senti tout le poids des responsabilités de l'humanité sur mes épaules.Je pense que c'est la fois où je me suis sentie la plus minuscule, la plus vulnérable.» 1er janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 13 SSIER r< janvier 2014 ITINERANCE DES FEMMES L'état d'urgence est déclaré Elles ont tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises déjà, alertant médias et gouvernements, mais rien n'a changé, personne ne les a écoutées.Pourtant, il y a état d'urgence : les ressources d'hébergement pour femmes sont littéralement pleines à craquer.Chaque nuit, des femmes dorment sur des matelas de fortune dans les salles communes des organismes tandis que des dizaines d'autres se voient refuser l'accès aux refuges, dont les taux d'occupation battent de tristes records.La demande dépasse largement l'offre, nous démontrent les chiffres de notre dossier.PHOTO: ISTOCK Urgence en la demeure À mesure que le mercure chute, la fréquentation des refuges de la métropole explose.Encore ce soir, comme tous les soirs, des dizaines de femmes en situation d'itinérance se verront refuser l'accès à un moment de répit et à l'occasion de passer la nuit au chaud, faute de place dans les ressources d'hébergement.Cette tendance témoigne d'une réalité préoccupante : l'aggravation de l'itinérance chez les femmes.PAR NAFI ALIBERT ET GENEVIÈVE TREMBLAY-PLOURDE PHOTOS: ARIANE CLÉMENT n ne suffit plus à la demande», s'inquiète Manon ¦ Ë Monastesse, directrice de la Fédération de res-sources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec.Selon les chiffres de la Fédération, près de 30 femmes sont refusées chaque jour au Québec au moment de leur demande d'hébergement dans une des 36 maisons de l'organisme.Montréal est la région où l'on recense le plus de ressources pour femmes en état d'itinérance.La situation y est d'autant plus alarmante que ces maisons croulent sous les demandes d'hébergements.«Le taux d'occupation oscille entre 87 et 115 %, autant dire que les maisons débordent», alerte Mme Monastesse.D'avril à novembre 2013, la Fédération a dû rejeter plus de 9 demandes sur 10 faute de places dans ses 11 maisons de Montréal.La situation se détériore.Le taux d'occupation dans les ressources d'accueil atteint des sommets record, tout comme la durée moyenne des séjours.Les femmes à risque d'itinérance sont de plus en plus nombreuses, étant victimes d'extrême pauvreté.À chaque femme son histoire Si les femmes représentent près d'un tiers des personnes itinérantes, elles constituent le sous-groupe dont la population a le plus augmenté ces dernières années.Jeunes, Pour une femme, c'est dangereux d'être dehors à l'année.L'été, il y a beaucoup plus d'agressions et de violence.L'hiver, il y a le froid et le risque de mourir gelée.- Léonie Couture, directrice générale de La rue des femmes f, % ELLES CRIENT À L'AIDE Ressource\tTaux moyen d'occupation\tNombre de refus Auberge Madeleine\t101,15 %\t3241 La rue des Femmes\t196 %\t3723 Le Chaînon\t61,49 %\t2862 La maison Marguerite\t151,8 %\t8044 Le Y des femmes\t100 %\tN/D L'arrêt source\t83,88 %\t252 aînées, mères de famille monoparentale, handicapées, immigrées ou autochtones; il est difficile de dresser un portrait uniforme des femmes itinérantes, car «chaque femme a son histoire et son parcours», explique Micheline Cyr, directrice de l'Auberge Madeleine.Celles que l'on croise endormies sur un bout de trottoir ne représentent que la face visible d'un phénomène social plus complexe.«Souvent les femmes «d la rue» ne se retrouvent pas dans la rue», nuance Lucie Gélineau dans son étude La spirale de l'itinérance au féminin, faisant référence aux formes d'itinérance cachée, qui sont plus souvent le propre des femmes.?15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 15 PHOTO: VÉRONIQUE LEBLANC Profil des femmes interrogées pour l'étude La spirale de l'itinérance au féminin : Pour une meilleure compréhension des conditions de vie des femmes en situation d'itinérance de la région de Québec.Près de 50 % avait moins de 35 ans Au moins 63 % d'entre elles étaient mères Au moins le tiers d'entre elles avaient étudié au niveau postsecondaire 81 % des femmes ont témoigné d'abus sexuel, de violence physique et psychologique, sans avoir été conviées explicitement à le faire 56 % des femmes ont témoigné d'un problème de toxicomanie (drogues et/ou alcool) et 52% d'un problème de maladie mentale 31 % ont dit avoir un dossier criminel En se faisant héberger par des proches, en demeurant dans des logements hors normes ou dans d'autres qui ne garantissent pas leur sécurité, les femmes ont tendance à dissimuler leur situation.L'absence d'adresse fixe, la toxicomanie, l'alcoolisme, la maladie physique ou mentale, le chômage, la violence ou l'isolement social font partie intégrante du quotidien de la majorité de ces femmes.«C'est pas une vie, déclare Josée Milot, qui a passé 29 ans sur la rue Ontario comme danseuse et vendeuse de stupéfiants Au début, t'es une proie.Tu fais confiance aux mauvaises personnes.T'es perdue, t'as peur et la réalité arrive vite.Ton hygiène en mange une claque et les journées sont insoutenables.» Dans la rue, les femmes se battent continuellement pour leur sécurité.«Pour une femme, c'est dangereux d'être dehors à l'année, précise Léonie Couture, directrice générale de La rue des Femmes.Uété, il y a beaucoup plus d'agressions et de violence.Uhiver, il y a le froid et le risque de mourir gelée.» Sortir de l'itinérance Parce qu'elles sont très pauvres et qu'elles ont subi diverses formes d'abus, parfois depuis l'enfance, il est primordial de «travailler sur les facteurs fondateurs de l'itinérance.Autrement, on ne fait que mettre un pansement sur la plaie.» prévient Lucie Gélineau.C'est la mission que s'est donné l'organisme La rue des Femmes à ses débuts en 1994 : «Une table, quelques chaises, la volonté de s'attarder au sort des femmes les plus démunies et la conviction qu'avec des moyens de reconstruction adaptés à leurs besoins, les femmes en grande difficulté peuvent reprendre leur vie en main».À cette ressource, les intervenantes n'ont pas de bureau réservé et tiennent continuellement compagnie aux résidentes.«/Vous croyons que de cette façon, un lien de confiance se crée plus facilement, fait valoir Françoise Jacquart, 64 places en refuges à Montréal.10 000 refus par années au Québec au moment de la demande d'hébergement.81 % des femmes itinérantes ont été victimes d'abus sexuels, de violence physique ou psychologique.L'itinérance des Femmes en chiFFres 23 à 40% des personnes itinérantes de Montréal seraient des femmes.C'est pas une vie! -Josée Milot, qui a passé 29 ans sur la rue Ontario comme danseuse et vendeuse de stupéfiants 16 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 PHOTO: DIANE TREPANIERE intervenante à l'organisme.Si nous voulons développer l'autonomie chez ces femmes, il faut qu'elles s'ouvrent à nous.Ça a pris quatre ans avant qu'une résidente réponde au sourire d'une intervenante qui lui servait son repas à chaque jour, mais nous l'avons toujours respectée.» Santé relationnelle «L'état d'itinérance est un grave problème de santé relationnelle, explique Léonie Couture.Le premier pas pour se sortir de la détresse est d'être soignée.» Selon elle, il est important de comprendre que la santé relationnelle existe au même titre que la santé physique et mentale.«Des blessures de santé relationnelle, c'est comme des grandes brûlures, ajoute-t-elle, la personne n'est plus capable d'être en lien ni avec elle-même, ni avec les autres.Ça fait trop mal pour qu'elle soit capable de fonctionner.» La rue des Femmes regroupe la Maison Olga et la Maison Dahlia La Maison Olga comprend un centre de jour, trois lits d'hébergement d'urgence et 20 chambres où les femmes peuvent se loger à court, moyen et long termes.La Maison Dahlia possède 12 appartements-studios supervisés où l'on favorise la réintégration des femmes dans la société en leur offrant une transition vers une vie autonome.Quand une personne est malade, on ne la laisse pas dehors.Sur ce principe, La rue des Femmes œuvre à la mise en place de davantage de ressources d'hébergement pour des séjours prolongés accessibles 24 heures sur 24.L'organisme, qui ne connaît jamais de périodes creuses, mène présentement une campagne de financement pour ouvrir une troisième maison d'hébergement en juin.L'association défend une politique d'intervention axée sur la reconstruction des personnes et leur réinsertion sociale, car «enlever le logement à une personne, c'est aussi lui enlever son humanité et sa dignité», témoigne Mme Couture.¦ Le toux d'occupation oscille entre 87 et 115 %, autant dire que les maisons débordent.- Manon Monastesse, directrice de la Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec Regard féminin sur la rue En se promenant dans la rue, il serait facile de penser qu'il n'y a que des hommes qui vivent l'itinérance.L'itinérance des femmes est pourtant de plus en plus fréquente, mais beaucoup plus subtile.En voici les grandes caractéristiques.Manque de sécurité Les femmes qui se retrouvent dans la rue sont 20 fois plus susceptibles de se faire agresser que toute autre femme.Elles sont à risque d'être brutalisées, volées, harcelées et sont des proies potentielles pour les gangs de rue, les proxénètes et les prédateurs sexuels.\u2019.Jtfàé.rance invisible Conséquemment à leur manque de sécurité dans la rue, un très grand nombre de femmes ne sont pas recensées comme itinérantes puisqu'elles dorment dans des maisons d'hébergement, chez des membres de la famille ou chez des amis.Passé d'abus Une femme n'arrive pas à la rue par hasard.Selon La rue des Femmes, la majorité a vécu un passé d'abus physiques, psychologiques ou d'autorité abusive.Ces traumatismes provoquent très tôt des blessures relationnelles difficiles à guérir.Maternité Beaucoup de femmes sont mères ou grand-mères.Souvent, elles perdent la garde de leur enfant à cause de divers problèmes (alcoolisme, toxicomanie, maladie mentale) ou encore, à cause d'une incapacité à pouvoir assumer la garde de leur enfant après sa naissance.Dans certains cas, ces séparations ajoutent au sentiment d'échec que les femmes ont de leur vie.Apparence Il est plus facile de reconnaître un homme itinérant, puisque les femmes itinérantes préservent un souci de leur apparence, coûte que coûte.Pour ces femmes, l'apparence est synonyme de dignité.L'instinct de survie les incite à cacher leur vulnérabilité et certaines passent ainsi inaperçues dans la rue.15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 17 On m'avait invitée à dormir sur le plancher d'une Caisse Desjardins.l'humiliation totale! MÉLANIE DUGUAY, CAMELOT L'espoir d'une vie meilleure La rue, Mélanie Duguay connaît.Originaire du Nouveau-Brunswick, elle est arrivée à Montréal en 2007 dans l'espoir de rejoindre un homme rencontré sur Internet qui lui promettait un emploi.Une fois en ville, aucune nouvelle de l'homme en question.Sans argent ni adresse, il lui a fallu quatre ans pour voir la lumière au bout du tunnel.PROPOS RECUEILLIS PAR GENEVIÈVE TREMBLAY-PLOURDE Mélanie, à votre arrivée à Montréal, vous n'aviez encore jamais quitté le Nouveau-Brunswick.Comment se sont passés vos débuts dans la rue?Je ne croyais jamais vivre quelque chose comme ça.Chaque jour était différent.Une nuit, quelqu'un m'invitait à dormir chez lui et les nuits suivantes, je pouvais les passer dans des abris d'autobus.Comme j'étais bien habillée et que j'avais mon cellulaire, personne ne me ciblait comme une itinérante.Quand je pouvais, j'aidais d'autres itinérants dans le besoin en leur donnant quelques sous.Souvent, les gens me le reprochaient et me disaient: «Qu'est-ce que tu fais là?Tu ne vois pas qu'il veut juste aller boire et se droguer?» Je leur répondais : «Alors si vous m'aviez vue, moi, dans la rue, vous ne m'auriez pas donné d'argent par peur que je la boive ou que je l'utilise pour me droguer?» Que ressentiez-vous à ce moment-là?Je me sentais insécure et inconfortable.Ce n'est jamais valorisant d'être dans la rue et je voyais l'hiver approcher d'un mauvais œil.Je me rappelle d'une nuit que j'ai passée, la pire de toutes! On m'avait invitée à dormir sur le plancher d'une Caisse Desjardins.l'humiliation totale! Je dormais dans le froid à la vue de tous.À tout moment, je pensais me faire arrêter par un agent de sécurité.Il faisait tellement froid! Qu'y a-t-il de particulier à être dans la rue quand on est une femme?Les hommes nous perçoivent soit comme une droguée qui est prête à tout pour l'argent, soit comme une pute bon marché, ou encore ils croient que nous sommes influençables parce qu'on a à tout prix besoin d'avoir un homme dans sa vie.Que conseillerez-vous à une femme qui souhaiterait se sortir de la rue comme vous l'avez fait?Je lui dirais : ne te sous-estime pas.Tu as assez des autres pour le faire.Ensuite, donne-toi le droit de demander de l'aide, parce que ce n'est pas de la lâcheté.Moi, au début, je n'osais pas.Et puis, prends ta place, autant dans la société que dans les services qui te sont offerts.¦ 18 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 SOCIETE 1 Steve Foster honoré pour l'avancement de la cause LG BT Le nom de Steve Foster ne vous est peut-être pas familier, mais c'est en grande partie grâce à lui que la cause des personnes LGBT du Québec a autant avancé ces dernières années.Il a été récompensé en décembre dernier en recevant le Prix Droits et Libertés 2013 de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.PAR MARIE-LISE ROUSSEAU Steve Foster a travaillé 15 ans dans le domaine de la mode et de la gestion avant de se tourner vers le milieu communautaire.Qu'est-ce qui a motivé ce virage à 180 degrés dans sa carrière?«Un hasard», explique-t-il.Jamais il n'aurait pensé travailler dans ce secteur, encore moins devenir le représentant de la communauté LGBT.En 2005, après avoir accompagné un proche jusqu'à la mort, il est tombé malade.Alors qu'il prenait une pause, un ami lui a demandé de l'accompagner à l'assemblée générale de la Table de concertation des lesbiennes et gais du Québec.On lui a ensuite proposé d'être membre de leur Conseil d'administration.«]'ai dis OI< sans savoir c'était quoi.Je me disais que si je pouvais aider, tant mieux.Trois mois plus tard, je me ramassais à la présidence.» Son expérience en gestion et son bagage créatif lui ont permis de renforcer la crédibilité du mouvement LGBT auprès des médias et des gouvernements.Hommages nombreux Le Prix Droits et Libertés, qui lui a été remis le 10 décembre dernier, s'ajoute à la médaille de l'Assemblée nationale qu'il a reçue en 2008 et au Prix Personnalité publique 2010 du Gala Phénicia de la Chambre de commerce gaie du Québec.Lors de notre entretien, il nous apprenait qu'il a été récemment nommé Personnalité La Presse.Ces hommages, il les partage avec tous les acteurs des groupes LGBT qui travaillent avec lui.«Ma première pensée en recevant le prix est allée à l'ensemble des gens avec qui je travaille dans différents groupes.Ce sont eux qui m'inspirent.Ce prix va à tous ces gens.Je suis émerveillé de voir l'énergie qu'ils déploient quotidiennement, affirme-t-il.Il souligne également l'apport essentiel des bénévoles au bon fonctionnement des organismes.Marie Houzeau, directrice générale de GRIS-Montréal, estime qu'il méritait amplement le Prix Droits et Libertés.«C'est quelqu'un qui a réussi à rassembler beaucoup d'organismes autour d'une même table et à faire en sorte que la communauté soit beaucoup plus soudée dans ses revendications.Aussi, il prend en compte toutes les lettres de l'acronyme LGBT; il a soutenu les revendications des transgenres.» Militant depuis l'âge de cinq ans En temps que directeur général du Conseil québécois LGBT, Steve Foster livre la parole de la communauté qu'il représente aux instances gouvernementales.Mais il ne se considère pas comme un militant.«Ce que je fais, c'est tellement proche de ce que je suis comme personne.Il faudrait dire que je suis militant depuis l'âge de cinq ans, parce que c'est depuis cet âge que je chiale contre les injustices.» Malgré les avancées, il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour faire respecter les droits des personnes LGBT.Parmi les défis à relever : augmenter la solidarité à l'international contre le recul des droits des LGBT dans certains pays comme la Russie et documenter davantage les différents visages de l'homosexualité au Québec, par exemple celui des communautés immigrantes.Par-dessus tout, Steve Foster souhaite décloisonner l'action de son organisme pour contribuer à un grand mouvement solidaire.«On ne veut pas seulement intervenir sur les enjeux LGBT, mais sur l'ensemble des enjeux de société » ¦ Je suis militant depuis l'âge de cinq ans, parce que c'est depuis cet âge que je chiale contre les injustices.Steve Foster Steve Foster, lors de la remise du Prix Droits et Libertés qui lui a été attribué en décembre.IMBI 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 19 SOCIETE Pour Faire de Montréal une capitale de l'art Omen, Labrona, Paria Crew, ces noms vous font penser à un plat exotique?Mais non, ce sont les artistes urbains qui ont fait souffler un vent de fraîcheur sur le boulevard Saint-Laurent l'été dernier, lors du Festival MURAL.Une initiative parmi beaucoup d'autres pour se réapproprier l'espace public et forger une identité artistique à Montréal.PAR SOPHIE GILLIG 3\" JM E*.y «Certains murs du boulevard Saint-Laurent avaient un grand besoin d'amour!», s'exclame André Bathalon, membre fondateur de LNDMRK (prononcer landmark) et organisateur du Festival MURAL.Avec ses comparses Yan Cordeau, Alexis Froissart et Nicolas Munnico, il s'est promené dans plusieurs villes du monde pour participer à des événements artistiques.«Nous avons découvert que plusieurs rassemblements créatifs prenaient vie autant dans les grands centres urbains que dans les quartiers défavorisés.» Sans comparer le boulevard Saint-Laurent à un bidonville, le quatuor s'est aperçu que des quartiers tels que Wynwood à Miami, semi-industriels, peu fréquentés, voire dangereux, ont été embellis et revitalisés grâce au travail d'artistes urbains.«De plus en plus d'artistes québécois viennent peindre sur les murs de ce quartier.On s'est alors demandé pourquoi Montréal n'aurait pas sa propre initiative annuelle d'art mural.Il n'en a pas fallu plus pour que nous mettions la machine en marche.» Réaliser des murales pour embellir Montréal est un objectif partagé par MU, organisme à but non lucratif qui promeut l'art public dans la région métropolitaine.«Nous avons un double objectif artistique et social, explique Elizabeth-Ann Doyle, directrice générale et artistique de MU.On amène l'art dans la rue et on soutient les artistes, mais on prétend aussi à ce que les murales servent à entreprendre des projets de rénovation dans les arrondissements.» De la diminution du vandalisme à la végétalisation du site, en passant par l'augmentation de la propreté dans le quartier, les effets d'embellissement par les murales ne sont pas négligeables.MU propose même un atelier mural jeunesse pour les adolescents.«Uaspect communautaire fait partie intégrante de notre ADN.C'est dans notre mandat d'amener à faire réfléchir sur l'espace public et d'amener les jeunes à faire leur propre murale au sein de leur communauté», insiste Elizabeth-Ann Doyle.L'art public à Montréal Outre les murales, Montréal est-elle une bonne élève en matière d'art public?Pas mal, mais elle pourrait faire mieux, si l'on en croit les acteurs du milieu.«Bien qu'à mon avis l'espace urbain pourrait toujours bénéficier davantage d'intégration artistique, je suis satisfait des initiatives prises par la Ville de Montréal, affirme André Bathalon Le travail d'organisations comme Dare-Dare, la SAT ou MASSIVart vient contribuer à gonfler le nombre d'œuvres d'art dans la ville de Montréal.» Performance lors du Festival MURAL durant l'été 2013 PHOTO : JASMIN LE BLANC \t ¦ Lors du Festival MURAL, 35 muralistes ont redonné vie aux murs grisâtres du boulevard Saint-Laurent.\tphoto jasmin le blanc Manuel Bujold est le président cofondateur de Mouvement Art Public/Make Art Public (MAP).Ce collectif utilise les espaces publicitaires inutilisés pour exposer les œuvres d'artistes engagés.Il nuance : «C'est sûr que quand on se compare, on se désole! Plein de wiles à travers le monde ont un intérêt beaucoup plus grand pour l'art public.C'est le cas de Chicago avec son Cloud Gate Nous avons participé à une consultation avec le Bureau d'art public de la Ville de Montréal afin de leur signaler les lacunes sur le sujet.Il y a un manque criant d'investissements dans le domaine.» Francyne Lord, chef de section du Bureau d'art public de Montréal reconnaît qu'il y a du rattrapage à faire pour faire de Montréal une capitale artistique internationale.«Nous avons adopté en 2010 le cadre d'intervention en art public qui vise à acquérir, conserver, promouvoir et faire connaître l'art public à Montréal.En partenariat notamment avec le milieu des affaires, nous avons comme engagement de lancer et réaliser tous les deux ans un projet artistique identitaire et significatif pour les Montréalais avec des artistes de renommée internationale.» Une identité artistique unique Forte d'une collection de 300 œuvres d'art public, Montréal est notamment connue pour deux d'entre elles: L'Homme de Calder, sur l\u2019île Sainte-Hélène, et la statue de l'ange qui domine le monument George-Étienne Cartier au pied du Mont-Royal.Lorsqu'on lui demande si ces œuvres ne s'adressent pas plus aux touristes qu'aux Montréalais, Francyne Lord rétorque: «On peut effectivement en faire la remarque, mais prenez l'événement Piknic Electronik qui se passe en-dessous du Calder.Ce sont des Montréalais qui choisissent de faire la fête à cet endroit-là.Une association sociale s'est faite par le Piknic et je ne suis pas sûre qu'ils auraient encore lieu à cet endroit si L'Homme de Calder avait été déplacé.» Selon André Bathalon, Montréal possède une saveur artistique «unique» insufflée par son multiculturalisme, ses influences populaires et son climat hivernal.«Montréal a tout pour devenir une capitale artistique internationale, je crois personnellement que de rallier la majorité des événements en arts visuels sur la même période contribuerait à créer un pôle d'attraction pour les touristes, les galeries et les musées.Une concentration de cette ampleur et de cette qualité viendrait positionner Montréal comme la destination incontournable en arts visuels et la ferait briller à l'international autrement que par son Grand Prix et ses festivals musicaux.» Une idée que partage Manuel Bujold : «Montréal mise sur le divertissement et non sur les artistes locaux.Ce serait bien de créer un quartier dédié à la créativité où le milieu artistique local serait favorisé.Avoir notre propre quartier nous procurerait un sentiment de fierté et nous permettrait d'être reconnus.» m .>, Manuel Bujold, président cofondateur de MAP ¦* Francyne Lord, chef de section du Bureau d'art public de Montréal Certains murs du boulevard Saint- Laurent avaient un grand besoin d'amour.André Bathalon, membre de LNDMRK et l'un des fondateurs du festival MURAL 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 21 ;\u2022 id Finie la guignolée.Il faudra quand même manger le reste de l'année.\u2014 ALLIANCE DES PROFESSEURES ET PROFESSEURS DE MONTREAL \u2014 A AUI R KHADIR Up-jjuIl1 de Mercier WW fllLtan«iiiîC,»î4 Quttrt :qinth«| HA IM rwpluuir : -I ifi Md- ld 10 Sl &\t^ JL ¦flr ÿl 55ËN BLÉ EN ATI QU ALE QUÉBEC Adryw dt cir(0tvwnf liw, LOI 2.«nin du ilont'ROVÜ Ï5f.hWM 1D2 HoAtal (Qvttoj HfJ US TflfDhw ?IA5ÎÏ«77 T^furu^: SIA5J1-0147 Cflturkl : L\u2019achat et la vente d\u2019une propriété, c\u2019est une affaire de coeur et de savoir-faire! Wî Via Capitale du Mont-Royal AGENCE IMMOBILIÈRE Plateau 1152, avenue du Mont-Royal Est 514.597.2121 Rosemont 2339,rue Beaubien Est 514.721.2121 U capitaleMtRoyal [Jj| Via Capitale MontRoyal www.viacapitaledumontroyal.com Le CŒUR de LES MOTS DE CAMELOTS Rendez-vous doux CHEMIN FAISANT Bureau de scrutin N° 11 Par Nicolas Plouffe HORS PISTE Homo Facebookus Par Normand Rickert P MOTS DE CAMELOTS i Rendez-vous doux Qui n'a pas rêvé d'un tête-à-tête avec un personnage mythique de l'Histoire et faisant partie du monde des célébrités?Comme tout le monde, nos camelots ont leur petite idée bien à eux! Richard Desjardins En plus d'être un bon musicien, Richard Desjardins a des convictions que j'admire.Ça fait des années qu'il milite pour des causes nobles comme l'environnement! Il ose s'opposer aux puissants et ça se voit qu'il n'a pas l'intention de se laisser marcher dessus.Je n'hésiterais pas à l'encourager personnellement dans ses combats.S'il était à côté de moi, je lui dirais qu'il a du guts, parce que Richard Desjardins, ce n'est pas un mouton! SERGE SAVARD, CAMELOT, ANGLE GAUTHIER/DE BORDEAUX Bob Marley J'aime beaucoup la musique reggae.Si je pouvais, j'irais voir Bob Marley.Pour moi, ça reste un des meilleurs chanteurs de reggae.C'est un homme qui joue bien de la musique, qui chante bien, mais surtout qui a un grand cœur.Si c'était possible, j'irais le voir dans un concert à Woodstock! Après le show, je lui demanderais un autographe et je lui dirais que je suis une grande fan et qu'il ne s'arrête jamais.RÉBECCA TREMBLAY, CAMELOT, ANGLE PLESSIS/ONTARIO Néfertiti Moi, je retournerais en Egypte, à l'époque des pharaons, pour rencontrer la reine Néfertiti.Elle est tellement belle que je ne lui dirais rien, je ferais juste la regarder.Je l'imagine habillée tout en or, avec une couronne qui brille, de beaux vêtements, et tout plein de bagues.Ce que j'admire chez elle, c'est son style et sa classe.Je trouve que son allure altière dégage beaucoup de dignité.MICHELINE FORTIER, CAMELOT, HÔPITAL HÔTEL-DIEU Francis Cabrel « Moi je n'étais rien et voilà qu'aujourd'hui, je suis le gardien du sommeil de ses nuits, je l'aime à mourir.» Je suis admirateur de Francis Cabrel, c'est un chanteur que j'aime beaucoup.J'adore ses chansons.Je considère que c'est un grand poète des temps modernes.J'aime aussi beaucoup le texte de sa chanson Octobre, les paroles sont très profondes.J'ai déjà eu l'occasion de le voir en concert, mais ça n'a pas marché.Aujourd'hui si je pouvais le rencontrer, j'en profiterais pour jouer un morceau à la guitare avec lui.JACQUES ÉLISÉ, CAMELOT THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE Oh Ciel! J'aimerais rencontrer deux personnes.D'abord j'ai une ou deux questions à poser à Jésus : pourquoi trop de gens galèrent parce qu'un imbécile a mangé une pomme?Puis, c'est quoi l'idée d'un fruit qui serait défendu?Une fois que j'ai la réponse à ces questions, j'irais voir Guillaume Lemay-Thivierge pour vivre des sensations fortes et sauter en tandem avec lui en parachute.ANNE-MARIE BONIN, CAMELOT ANGLE BEAUBIEN/SAINT-ANDRÉ Nelson Mandela Nelson Mandela.J'aime beaucoup le côté justice sociale.Il a prôné la rébellion tout en étant pacifique.Son côté entêté, aussi.Même après avoir fait 27 ans de prison, il a continué sur la même lancée, à vouloir que son peuple, et les Africains en général, devienne indépendant.Dans le fond, il s'est battu pour se débarrasser de l'apartheid, qui les empêchait d'évoluer et de grandir.C'est un personnage fascinant pour moi.DANIEL RICHER, CAMELOT, MÉTRO JOLIETTE 24 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 ILLUSTRATION : LOUIS-PHILIPPE POULIOT Malcolm X Michel Côté Les injustices, c'est quelque chose qui vient me chercher.Puis Malcolm X, il m'a beaucoup marqué! Cest un courageux défenseur des droits des Noirs aux Etats-Unis qui a payé de sa vie.Je ne suis pas sûre d'être prête à lutter moi-même jusqu'à la mort pour une cause.Si je le rencontrais, je pourrais au moins m'inspirer de son courage.MARIE-ANDRÉE BARIL, CAMELOT, PROMENADE ONTARIO C'est simple, je l'aime cet acteur-là! C'est tout un comédien! Si je pouvais m'asseoir avec lui un instant, je lui dirais combien je l'aime et que je le trouve très beau.C'est un de mes acteurs québécois préférés.Je le trouve très bon dans tout ce qu'il fait, que ce soit dans des films comme Piché, entre ciel et terre ou dans des séries télévisées comme La Petite Vie.RÉJEANNE MASSON, CAMELOT, ANGLE MONT-ROYAL/DE LANAUDIÈRE Patsy Cline J'aime beaucoup son style et sa manière d'être.Elle me rappelle mon enfance parce que c'était l'idole de ma mère.Plus jeune, je voulais devenir chanteuse et connaître la musique, justement grâce à ma mère qui était dans le milieu des artistes.Mais je n'en ai pas eu l'occasion.Rencontrer Patsy Cline me transporterait à cette époque où ma mère était encore vivante; une époque où mes rêves auraient pu se réaliser.MANON FORTIER, CAMELOT, MÉTRO SAINT-LAURENT René Lévesque Le personnage que j'aurais aimé connaître, c'est René Lévesque.D'après moi, Ti-Poil, c'est une des seules personnes qui aurait pu nous amener dans un pays qui aurait été le Québec.On aurait été vraiment indépendants.On s'en serait mieux sortis.Il avait beaucoup d'organisation.Les autres qui ont essayé de suivre après lui, ils n'ont pas les démarches que René avait.C'était une personne simple.Oui, il fumait beaucoup, mais Ti-Poil reste Ti-Poil, et il n'y a personne qui va prendre sa place.S'il revenait sur Terre, on aurait plus de chances d'avoir l'indépendance pour notre Québec.MICHEL DUMONT, CAMELOT, ANGLE MANSFIELD/RENÉ-LÉVESQUE Abraham Lincoln J'aimerais rencontrer le président Abraham Lincoln.Pour moi, c'est un personnage mémorable.Il a définitivement marqué l'histoire des Etats-Unis en abolissant l'esclavage, et je l'admire pour ça.Je voudrais prendre le temps de discuter avec lui, j'aimerais connaître son point de vue sur la politique québécoise de ces dernières années.Je suis sûr qu'il nous donnerait de bons conseils! SYLVAIN CLOT, CAMELOT, ANGLE SAINT-DENIS/ONTARIO Charles LaFortune Ce gars, je l'aime autant que ses émissions.Je l'appréciais surtout dans LfÉcole des fans, mais ce qu'il fait maintenant à La Voix est tout aussi bon.Quoi qu'il fasse, il joue bien son rôle d'animateur à la télévision.C'est un bel homme! Je l'imagine grand et fin comme personne.Alors j'irais bien prendre un café avec lui, juste pour être en bonne compagnie et parler de tout et de rien le temps d'un après-midi.NICOLE G IARD, CAMELOT, MÉTRO LONGUEUIL 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 25 MOTS DE CAMELOTS i Petite boîte diabolique DENIS TRUDEAU Camelot Saint-André/de Maisonneuve Aujourd'hui j'aimerais vous parler du manque de communication dans le transport en commun.Depuis que je suis déménagé, je dois prendre le transport en commun de façon régulière.Je m'aperçois que de plus en plus de jeunes et de moins jeunes sont concentrés sur leurs petites machines (leurs cellulaires) et ne se préoccupent pas de ce qui se passe autour d'eux.Par exemple, une vieille personne entre et n'a pas de place pour s'asseoir.Etant donné qu'ils sont trop concentrés sur leurs bébelles, ils ne se rendent pas compte de leur manque de respect envers les personnes à mobilité restreinte qui ont besoin de s'asseoir.Avant, le monde se regardait, jasait entre eux, mais avec la venue de cette technologie, on dirait que chacun est dans sa bulle.Je trouve ça dommage que la belle communication que nous avions autrefois s'estompe de plus en plus et que ceux qui sont dans l'isolement total se retrouvent encore plus isolés.Donc, je m'adresse à tous ceux qui ont cette petite machine en main, pensez à ceux qui sont autour de vous.Surtout, regardez autour de vous et essayez de réduire le temps que vous passez sur cette petite boîte diabolique! Montée du racisme ?TAREK AYARI Camelot, métro Mont-Royal Comme musulman, je ne suis pas d'accord pour qu'il y ait des lois qui réglementent les religions pour tout le monde.Même si je suis tout à fait d'accord que toutes les religions du monde sont injustes envers les femmes.Depuis quelque temps, je vois que dans la rue les Québécois disent tout haut ce qu'ils disaient tout bas avant et avec beaucoup d'agressivité.Alors ça fait beaucoup monter le racisme.En 28 ans ici à Montréal, jamais je ne me suis senti aussi étranger que maintenant.Avec son projet de Charte, je pense que le Parti Québécois veut avoir sa majorité pour les prochaines élections sans avoir à tenir compte de Montréal et ça, c'est une situation déviante qui est très malsaine.Même si je respecte beaucoup le rêve des séparatistes d'avoir un pays à eux, je n'arrive pas à le partager.Merci ! Neighbourhood Atmospheres BILL ECONOMOU Camelot, Marché Atwater Since I've started doing this job, I've been following a certain route to go to work, driving on the 15 south to the Atwater Market and during the evening the 15 north towards the Métropolitain.About two years ago I encountered too much traffic on the 15 south, especially near Monkland Avenue and sometimes on my way home as well by taking the same route.Now, I mostly use the highway on the weekends.The rest of the time I usually drive south on Park Avenue.It's a very familiar street that's been part of my life and I relate to it.I see some Greeks and Jews walking there and people I know.I drive by some long established businesses such as: Mylos and Rodos restaurants and the Rialto Theatre.This is the street where my parents first lived in Montreal.Later, when we lived in Outremont and New Bordeaux, we would go to Park Avenue to shop.On my way back I use Côte-des-Neiges road - being much more reliable and serviceable.Other times when I'm more in a hurry to arrive at L'ltineraire, I drive more eastwards.I've tried several streets such as: Christophe-Colomb, Papineau and Saint-Denis.Since I wasn't brought up in the eastern part of the city, I relate much less to them.There's no connection because so few memories come back to me.Saint-Denis has been the most interesting street with its trendy shops and cafés - you can feel the French flair.The other two streets have been less interesting.The atmosphere of the neighbourhood really affects the way you feel.Vous voulez être au coeur de L'Itinéraire?L'Itinéraire recherche des bénévoles pour accompagner les camelots dans leurs ateliers d'écriture et de communication.Vous avez le don d'aller chercher ce qu'il y a de meilleur chez les autres?Vous aimeriez contribuer à amplifier la petite voix timide tapie dans le cœur des camelots?C'est exactement ce dont nous avons besoin pour permettre aux camelots de partager leurvécu tout en transformant leurs écrits en élan libérateur.Nous recherchons spécifiquement des gens ayant : -\tFormation ou expérience en littérature, travail social, sociologie -\tCapacité à travailler avec des personnes ayant des parcours de vie atypiques -\tSensibilité à la mission de L'Itinéraire Si vous voulez accompagner les camelots de L'Itinéraire avec tout votre talent et votre sensibilité, contactez Gopesa Paquette gopesa.paquette@itineraire.ca 26 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 CHEMIN FAISANT Bureau de scrutin N° 11 PAR NICOLAS PLOUFFE | Chroniqueur de rue 8 h 30.Il fallait que je sois ponctuel! 10 minutes de retard et puis on nous remplaçait.J'ai eu droit à deux heures de cours accéléré trois jours auparavant.On me nomma secrétaire et je fus rémunéré 275 $.Wow! Pour une journée de travail! Mais quelle journée! Je fus posté dans le Vieux-Montréal à côté de la rue de la Commune.Dès 8 h 30, nous nous sommes préparés à recevoir les électeurs pour 10 h.On nous donna les dernières directives à 9 h 30.On a eu droit à des visites surprises : des conseillers municipaux, trois, je crois.Ils se sont présentés l'un après l'autre.Ils nous ont serré la main et nous ont encouragés à continuer notre bon travail.Il n'y a pas eu d'incident particulier.Sauf qu'à deux reprises, deux personnes se sont présentées, saugrenues.Ces deux personnes sont des clones.Bizarre, je sais, mais dans un intervalle de 10 minutes, une certaine Mme Brise-bois (nom fictif) s'est présentée avec une pièce d'identité et on a rayé son nom une fois qu'elle a voté; 5 minutes plus tard, une autre Mme Brisebois se présente avec une pièce d'identité à l'appui.Les directives sont claires.Lorsque ce genre d'incident se produit, on doit assermenter les personnes et, cela fait, elles peuvent voter.À part cela, fait cocasse : des policiers sont venus chercher une dame qui travaillait avec nous depuis le début.On ne l'a plus revue par la suite.(Mystère et boule de gomme!) La fin de la soirée fut un peu pénible.Depuis 8 h 30 du matin qu'on travaillait et rendu à la fin du processus de vote (c'est-à-dire à 20 h), je croyais que le pire était fait.Eh bien non! En présence d'une observatrice des partis politiques, on devait compter et recompter tous les votes.C'était un moment critique! Un seul faux calcul et il fallait tout recommencer.Mais vu que je suis relativement bon en calcul et puis vu que toute la journée ma compagne de travail et moi (car on est deux pour chaque table de vote), on a été très attentifs chaque fois qu'un citoyen ou une citoyenne se présentait pour voter.Nous faisions de notre mieux pour ne pas faire d'erreurs.Et cela a porté fruit, car à la fin, au décompte, on n'a pas eu à recompter.Donc, il n'y a pas eu d'erreur.J'étais content et ma compagne de travail aussi.Éducation politique La jeune fille qui se disait observatrice était très déçue et amère de constater qu'il n'y avait que 30 à 40 % de participation.Pas étonnant! Après tous ces scandales, les gens ordinaires ont perdu la foi.La foi en la politique.Moi le premier.Y a-t-il encore de l'espoir?De l'espoir en une démocratie pure et sans tache?J'en doute, mais enfin! Je dois avouer que j'ai eu une mauvaise éducation quand j'étais jeune.Aucune responsabilité.Laissé à moi-même.Aucune valeur ne m'a été inculquée quand j'étais un enfant, adolescent et jeune adulte.J'ai dû apprendre de moi-même l'ABC de la vie! Donc, pour ce qui a trait à la politique, cela a toujours été loin derrière moi.Est-ce différent aujourd'hui?Suis-je porté à aller voter (même après tous ces scandales de corruption provinciale et municipale)?Désolé, je n'ai jamais eu confiance en la politique.J'aurais dû quand même aller voter pour au moins annuler mon vote, mais je ne l'ai pas fait, ayant peu de motivation pour la politique.Par contre, j'ai toujours espoir en l'avenir et j'espère qu'un jour je pourrai voter pour quelqu'un en qui j'aurai confiance à 100%.À la prochaine élection, je me ferai un devoir d'aller voter.Car ma candidate favorite n'est pas arrivée première.Madame Joly, je ne peux pas dire que j'ai des talents de physiognomoniste, mais vous m'inspirez énormément confiance.Donc, à la prochaine fois! ¦ Aucune valeur ne m'a été inculquée quand j'étais un enfant, adolescent et jeune adulte.J'ai dû apprendre de moi-même l'ABC de la vie! 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 27 MOTS DE CAMELOTS i Yannick, notre itinérant à nous autres LINDA PELLETIER Cuisinière au Café L'Itinéraire Tous ceux qui travaillent à L'Itinéraire, qu'ils soient de la direction de la rédaction ou de l'intervention, qu'ils participent aux programmes du gouvernement, qu'ils soient les camelots ou les bénévoles, tout le monde connaît Yannick.Je disais à un ami de L'Itinéraire qu'il fallait en prendre soin.Il m'a répondu en riant : «Ben oui, c'est notre mascotte à nous autres».Je l'appelle notre itinérant à nous autres parce que plusieurs personnes l'aident, chacun à sa façon.Moi, je lui donne toujours des cigarettes et une fois, j'ai eu la chance de pouvoir lui donner deux cartes repas.Il m'a remerciée et le lendemain, il est venu me voir et m'a dit : «Mera pour les cartes.Hier, j'ai mangé un très bon souper et ce matin, j'ai pris un bon déjeuner.Ça m'a fait du bien.» Puis, on a commencé à parler.Je trouve que Yannick avait des propos lucides et très au fait de la politique ainsi que de ce qui se passe dans notre société.Il a ajouté : «/e ne suis pas une victime, c'est un choix que j'ai fait.» Cette phrase, pour moi, est révélatrice.Peut-être que par elle, Yannick voulait signifier qu'il était arrivé à un point où il se sentait hypocrite de vivre dans cette société.Alors, il a laissé son emploi, quitté sa famille, enfin tout, pour se retrouver de l'autre côté du miroir.Yannick, je te rends hommage pour aller ainsi au bout de tes convictions.L'entrepôt du monde RÉAL LAMBERT Camelot, angle Laurier/de Lanaudière Au cours de mon travail dans les entrepôts, j'ai travaillé avec des personnes de nationalités différentes : Haïtiens, Libanais, Africains, Italiens, Français.Quand je trouvais du temps pour jaser avec eux, j'aimais bien les faire parler de leur pays d'origine et de leurs coutumes.La plupart avaient appris le français, mais ils étaient souvent meilleurs et donc plus compréhensibles en anglais.Aussi, comme j'étais un employé régulier, j'ai dû à maintes reprises leur montrer comment faire le travail de manutentionnaire.Quand ils réussissaient à effectuer un bon travail, ils étaient fiers d'eux et moi aussi.Peu importe le travail, si on a la bonne méthode et de l'expérience, il est toujours plus facile ainsi de l'accomplir et d'avoir du succès.Soins hospitaliers JACQUES ÉLISÉ Camelot, Théâtre du Nouveau Monde En 2010, j'ai un rendez-vous pour une hernie intestinale gauche.En arrivant à l'hôpital, je m'allonge sur ¦ une civière, draps tout sales, en attendant de descendre au bloc opératoire.Une fois sorti du bloc opératoire, je retourne en salle au cinquième étage, ____________ toujours avec des draps tout sales, le personnel pas trop accueillant, même pas de bonjour, même pas de sourire, rien.Je ne suis pas le seul qui apporte cette réflexion.Si le personnel dans les hôpitaux possède une certaine compétence, ils oublient le côté psychologique, le côté humaniste et la compréhension de certaines choses.Je trouve aussi qu'il y a abus dans l'administration des médicaments.J'ai cru constater que ma voisine me parlait, riait, chantait.Une infirmière s'introduit dans la chambre.Une fois le médicament donné, j'avais l'impression que la dame était devenue une soucoupe.Plus moyen de communiquer avec elle.Elle était complètement perdue.Si c'est ça les soins hospitaliers, je m'excuse, mais ce n'est pas pour tout le monde.Les réponses sont en nous PIERRETTE Camelot, épicerie Métro, rue Saint-Hubert Quelqu'un m'a demandé : «Est-ce que vous pourriez me révéler le secret de la réussite d'une démarche de travail sur soi, vous qui êtes en cheminement?» Je lui ai répondu ce qui suit.Chacun a sa vérité, son secret.Mais nul secret de l'un ne sera le moyen de l'autre.Chacun optera pour une solution différente, réagissant en fonction de lui, de ce qu'il est, et comme il est unique, il ne saurait y avoir une réponse identique.Il y a autant d'options qu'il y a d'individus.Et même après la fin d'une démarche individuelle ou en groupe, je ne saurai pas tous les secrets qu'il y a en moi, j'en aurai d'autres à découvrir, je ne cesserai pas d'évoluer.Par contre, j'aurai appris sur moi, exploré un peu mon mystère intérieur.Et tant qu'à être dans le secret, je dois vous confier que j'ai essayé de jouer au détective en regardant les autres faire, et en me demandant «mais comment ils font eux pour l'avoir l'affaire?» Je cherchais mes réponses dans les autres au lieu de partir de moi.La vérité c'est que je ne voyais en moi qu'une ratée, alors comment faire quelque chose de bien à partir de cela?Mais voilà, c'est le début du déchiffrage de mon secret : accepter d'éprouver ce sentiment pour en découvrir d'autres facettes au lieu de le fuir, et éventuellement d'apprendre à vivre avec et à composer avec lui.Sur cela, je vous laisse, car je dois poursuivre mon enquête sur un sujet très intéressant qui est ma personne.Et j'ai d'ailleurs éliminé une hypothèse, à savoir que je puisse trouver des pièces de rechange pour ma personne.Je dois plutôt partir de ce que j'ai en moi.Alors je mets en marche mon décodeur, pour l'exploration en profondeur de ma personne.Merci à tous mes clientes et clients.28 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 HORS PISTE Homo Facebookus PAR NORMAN RICKERT | Chroniqueur de rue Lu dans La Presse du 12 novembre 2012, un billet de Stéphane Laporte portant sur l'instantanéité.Quant à moi, pas encore de cellulaire ou téléphone intelligent.En tant que vendeur, je les vois ces gens qui déambulent en se parlant tout seul, une oreillette du côté de l'oreille, mâchonnant un sandwich du côté de la bouche, vitupérant des paroles assassines de l'autre.Parfois, il m'arrive d'éprouver des ressentiments envers la gent mobilitaire téléphonique et je rêve de chiper le Fido de quelque inconnu qui jacasse comme une pie et le gar-rocher au bout de mes bras.Ah! Quelle jouissance, quelle extase! La technologie ey moi, c'est une histoire d'amour et de haine.Oui, j'ai une identité virtuelle et possède trois adresses courriel.J'ai beau envoyer des courriels à qui mieux mieux, la grande majorité des gens ne me répondent pas.Ils n'ont pas le temps.Ont-ils le temps de respirer?Je reçois quantités de photos, invitations et sollicitations de tout acabit via ma boîte virtuelle et en jette la majorité à la corbeille.Je vous dis que le ménage s'en vient; je compte me débarrasser d'une adresse ou deux, pour avoir la sainte paix.Sauf que la paix n'est pas toujours sainte.Des fois il faut se battre pour celle-ci et on peut facilement devenir un grincheux pas abordable.Déjà quejemesuis libéré de Faissebouk (excusez l'orthographe), je ne voyais pas la pertinence d'avoir tous mes amis Facebook également sur Yahoo.Je tape présentement ce billet sur mon portable et je perds patience avec cette machine malcommode.Parole d'homme préhistorique, qui ne tape qu'avec un doigt.Quelques mois ont passé, l'été a sué, la neige est revenue et j'ai oublié mes résolutions.Je suis revenu depuis peu sur Face De Bouc.J'ai même dégoté un téléphone intelligent, mais pour l'efficacité énergétique, on repassera: je le charge pendant 3-4 heures et il fonctionne pendant une demi-heure.Une vraie perte de temps.Je n'ai pas encore fait le ménage virtuel.Je trouve toujours un peu niaiseux le système facebookien qui m'annonce quand quelqu'un «a/me» mon commentaire.Je trouve ça d'une quétainerie, mes amis.J'aime encore mieux un commentaire écrit.Parti de même, par souci d'équité et d'honnêteté, pourquoi le staff de M.Zuckerberg n'a-t-il pas choisi de faire l'inverse, un message qui «déteste» notre commentaire ?Je vérifie mon compte Facebook deux fois par jour.Quand je pense qu'il y en a qui checkent leurs messages aux 10 minutes.Bon, des fois ça m'arrive aussi.Autres niaiseries : pouvez-vous m'expliquer l'utilité d'un «po/re»?J'en reçois des fois, mais je ne ressens rien du tout! Je préfère recevoir un commentaire, qu'on «a/me» mon nouveau statut.En passant, la majorité des commentaires sont du genre téteux, «w/ow/, lâche pas mon boy, etc.» Entre quatre yeux, ça serait mieux.C'est d'u ne vacuité, mes amis.Mais je fais pareil.Pour être aimé des autres, pour faire partie de la gang.Des fois, je préfère ne pas répondre à certains statuts, surtout en ce qui concerne la Charte.Respirez par le nez, que vous soyez pour ou contre.Le média social n° 1 au monde constitue un terreau fertile encourageant des débats polarisés et polémiques.Comme ceux en faveur de la Charte: de lire un commentaire tel que «Les barbus ont des femmes et ont fait des enfants.Qu'on leur enlève NOS enfants, ils sont nés ici et les parents sont inaptes à les éduquer.» Juste au ton, si j'étais un immigrant maghrébin modéré, j'aurais peur.Il est trop facile sur Facebook d'émettre un commentaire du tac au tac sans réfléchir aux conséquences de nos gestes.Pour ma part, je m'abstiens quand ma pensée n'est pas claire sur un sujet donné.¦ Je trouve toujours un peu niaiseux le système facebookien qui m'annonce quand quelqu'un «aime» mon commentaire 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 29 rassembleur! [Fien Huong Nguyen, &TnelOt au rrlétro Rosemont 4't'est une soirée de Noëlf > chaleureuse et hâüre efi émotions qü'a Vécu ^itinéraire, le 9 décerfïtëré dernier.RassemSlés^u lion d'Or, les carifelotsi participants en in^Wtion, bénévoles, partfenairel,Membres du C.A.et employés y ont passé un moment mémorable.Le grand gagnant du Talent show2013 : le camelot Alain Charpentier! La camelot Manon Fortier interprétant Santa Baby au Talent Show de L'Itinéraire.PAR MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTOS : OLIVIERLAUZON Une autre année s'est terminée en beauté adïour d'iün bon repas concocté par le restaurant Au Petit Extra.Au programme : concburs des journalistes de rue (voir pp.8 et 9 pour les gagnants), prix de reconnaissance des camelots et le traditionnel Talent SficW.Soulignons la participation de trois invîfées de marque, membres du jury du concours des journalistes de rue : la comé-diéhne Maude Guérin, porte-parole du 20e anniversaire de L'Itinéraire, la journaliste Josée Blanchette et la romancière Monique Proulx.-L'Itinéraire tient à remercier chaque personne \u2022\u2018qui a fait de cette soirée un succès, en particulier ses organisateurs : Jessica Mayta Castaneda, étudiante en Techniques d'intervention en loisir au Cégep de Saint-Laurent, chapeautée par Julien Landry-Martineau, l'animateur Carlos Da Costa, les musiciens Mathieu Vallières, Yannick Anctil et Francis Viau, la chanteuse Ariane Coutu et la danseuse flamenco The Mysterious Gitana Georgia.Julien Landry-Martineau et Geneviève Labelle Mot d'ouverture de Serge Lareault, directeur général et éditeur de L'Itinéraire. France Lapointe, participante du programme en insertion sociale, a reçu le Prix'spécial de la directrice-générale adjointe, Sylvie Gamache.Ce prix vise à souligner le cheminement accompli au cours de l'année.«The Mysterious Gitana Georgia», danseuse professionnelle de flamenco, a brillé sur scène lors de deux numéros.L'Itinéraire tient à la remercier pour sa participation à la soirée de Noël.www.flamencofuego.org La comédienne Maude Guérin, porte-parole dli 20e anniversaire de L'Itinéraire, était membre du jury au Concours'.des journalistes de rue, Derrière elle, Sylvain-Claude Filion, rédacteur en chef de L'Itinéraire fl Monique Proulx, romancière, aussi membre du j,ury.Un délicieux repas a été servi par le restaurant Au Petit Extra, Gabriel Bissonnette, camelot depuis 20 ans et membre du Conseil d'administration.Réal Lambert, camelot, a chanté du Gilbert Bécaud au Talent Show.Mathieu Vallières et ses musiciens ont donné de l'ambiance au souper de Noël. AIRE: DONS Un repas à la carte ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT En offrant une carte-repas à 5$, vous permettez à une personne démunie de manger avec dignité un repas complet au café L\u2019Itinéraire.La carte-repas solidaire est aussi échangeable auprès des organismes Comité social Centre-Sud, MultiCaf, Resto Plateau et Chic Resto Pop.Donnez autrement, aidez des gens dans le besoin à manger à leur faim! Grâce à vos dons, L\u2019Itinéraire sert gratuitement plus de 17 000 repas complets par année aux personnes démunies.Les cartes-repas peuvent vous être envoyées pour vous laisser le soin de les donner, ou être distribuées par des bénévoles et nos intervenants qui offrent ainsi réconfort et service d\u2019aide pour la réinsertion sociale.Un projet de L\u2019Itinéraire appuyé par L\u2019œuvre Léger, Moisson Montréal et la fondation Tirelire Don en cartes-repas DON Je fais un don de: CARTES-REPAS2 J'offre_____cartes-repas à 5 $ chacune = ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : IDENTIFICATION O Mme OM.S1 Nom:________________________________ Prénom:_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :_______________________________________ $1 Adresse: _______________________________________________________________________ Ville: ______________________________________________________________________ Province:___________________________ Code postal:_____________ ______________ Téléphone : (______)_______-_________________________________________________ $ Courriel : ______________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire TOTAL DE MA CONTRIBUTION : Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?N°de la carte: I I I I I I I I I I I I I I I I I I Expiration ./_ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nous au 514-597-0238 poste 230.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca Pourquoi le RAPSIM dit non au Housing First Depuis le budget fédéral de mars dernier, où le gouvernement annonçait son intention d'orienter son aide en itinérance vers le modèle du Housing First, le RAPSIM a mené un travail incessant pour qu'Ottawa maintienne plutôt le soutien à une diversité de réponses en itinérance.Le président de son Conseil d'administration, Julien Montreuil revient sur cette bataille et ses raisons.PAR PIERRE GAUDREAU Coordonnateur du RAPSIM On ne laissera pas Ottawa contrevenir à ce gain en mettant toute son aide dans le même panier.H- -Julien Montreuil, président du conseil d'administration du RAPSIM Pourquoi le RAPSIM s'oppose-t-il à une approche qui vise à fournir un logement aux sans-abri?Il ne s'y oppose pas, au contraire.On travaille activement depuis 40 ans à ce que que des logements soient disponibles pour réduire et prévenir l'itinérance.Près de la moitié de nos 99 organismes membres ont développé des projets de logements sociaux avec soutien communautaire qui offrent une réponse permanente en logement.En 2014, nous avons des refuges pour hommes, des hébergements pour femmes, pour jeunes, des ressources en toxicomanie qui sont à construire de nouveaux logements.Ces logements sociaux se font grâce au soutien financier du gouvernement du Québec et de la Ville, mais aussi souvent avec une contribution des fonds fédéraux en itinérance.Quel est le problème avec l'orientation fédérale alors?Le gouvernement fédéral veut orienter sa Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI) vers le Housing First, tel qu'il l'entend.Or pour lui, cette aide exclut le soutien au développement de logements, sociaux ou autres.Malgré son nom, cette vision ne joue pas sur l'offre de logements, qui est une des causes et une des solutions importantes en itinérance.Toute aussi importante que soit la réponse en logement, celle-ci ne peut être la seule réponse dans la lutte à l'itinérance.Des actions sont nécessaires pour rejoindre les hommes et les femmes qui sont à la rue, les accueillir, les héberger, les accompagner dans des démarches vers des services de santé, de réinsertion et pour défendre leurs droits.Le Housing first vise d'abord la réduction de l'itinérance chronique, auquel il faut bien sûr s'attaquer.Sans action en amont pour prévenir, cette approche peut donner à court terme des résultats, mais à moyen terme l'itinérance continuera de se développer.Pourtant, des études démontrent l'efficacité du Housing First.Dès le départ, sans être appliquée, la Commission canadienne de santé mentale affirmait avec son Projet chez soi, la supériorité et l'efficacité de son modèle.Quelque 200 personnes ont été logées avec ce programme à Montréal, mais il est particulier d'affirmer la supériorité d'un modèle qui passe par une aide temporaire se terminant après trois ans.Encore plus de personnes itinérantes sont sorties de la rue durant cette période avec l'ajout de plus de 300 logements sociaux leur étant destinés.Comparons des comparables! Que prône le RAPSIM?Avec le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec, le RAPSIM a demandé de maintenir la SPLI comme un programme qui soit généraliste et communautaire, où chaque région détermine ses priorités, ce qui a toujours bien fonctionné.Par exemple, à Laval, on pouvait déterminer que l'ouverture d'un refuge était LA priorité, alors qu'à Gatineau, l'aide aux familles sans-logis pouvait l'être.Nos membres en assemblée générale, en participant à nos actions, en produisant de vidéos (disponibles au www.rapsim.org) ont activement soutenu cette demande, qu'ont appuyé à l'unanimité l'Assemblée nationale, la Ville de Montréal, le Congrès de QS et TAG FRAPRU.On demande au gouvernement fédéral de maintenir une approche globale.Au Québec, on a développé une Politique nationale en itinérance qui reprend cette vision et la nécessité d'agir sur différents fronts.On ne laissera pas Ottawa contrevenir à ce gain en mettant toute son aide dans le même panier.C'est une urgence, la SPLI soutient actuellement l'intervention menée auprès de 25 0 00 personnes à Montréal et plusieurs groupes comptent sur cette aide pour leur projet immobilier.¦ POUR UNE POLITIQUE EM ITINÉRANCE A\tI fc A Lp-iréîrnu d'aide auxfirrsannp-v^f-ulr^ rt ilinàrjintr-ïtle Monlrèat r J 11*1 www.rJjHin.nru I TuL : Si-* -lÿ-'.ÿ\tV .15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 33 Centrale des syndicats du Québec CARTES-REPAS Faites un don autrement.Le Groupe L'Itinéraire, parle biais du Café L'Itinéraire, offre la possibilité à des personnes à revenus modestes de se nourrir avec dignité.une Centrale au service des personnes, en mouvement avec son temps f facebook.com/lacsq csq.qc.net twitter.com/csq_centrale ITINÉRANCE DES FEMMES L'état d'urgence est déclaré Un dossier à lire en page 14 Pour les modalités, consultez notre formulaire dans le magazine ou sur notre site web www.itineraire.ca in vous abonnant, vous encouragez la cause des plus démunis qui se prennent en main pour améliorer leur sort.ABONNEMENTS SOLIDAIRES AUX CAMELOTS \\\t\\ r- rVlM'-lOFU Pour les modalités, consultez notre formulaire dans le magazine ou sur notre site web : www.itineraire.ca Cocktails \u2022 Événements corporatifs ou privés \u2022 Repas pour écoles et CPE \u2022 Service de comptoir alimentaire \u2022 Pâtisseries pour cafés, restaurants, cafétérias ou pour vos occasions personnelles \u2022 Service aux tables \u2022 Location de salle.Bis est une entreprise d'insertion sociale et professionnelle d but non lucratif spécialisée dans la restaur ath^r Don pour soutien aux Camelots Les besoins sont toujours grandissants.Faites un don maintenant et aidez-nous à soutenir nos Camelots et à appuyer notre mission.Pour les modalités, consultez notre formulaire dans le magazine ou sur notre site web: www.itineraire.ca 34 ITINERAIRE.CA | 1er janvier 2014 http://itineraire.ca/ http://csq.qc.net Sur les pas du Héros en sarrau Il y a trois ans et demi, le 1er juillet 2010 plus précisément, l'aventure Sur les pas du [> Julien commençait.Après plus de 75 rendez-vous avec Gilles Julien et son équipe, L'Itinéraire vous présente la dernière chronique de la série.Soyez sans crainte, vous entendrez encore longtemps parler du pédiatre social et de ses activités dans nos pages.PAR MARIE-LISE ROUSSEAU Je crois tellement aux enfants.Ils ont tous le même potentiel.Gilles Julien est un super-héros en sarrau.Sa mission?Permettre à tous les enfants, peu importe dans quelles conditions ils sont venus au monde, de se développer à chances égales.Pourquoi certains sont nés sous une bonne étoile et d'autres pas?«C'est une question de loterie.Il n'y a tellement pas de chances égales dans un pays où on devrait en avoir.C'est notre plus grand drame», se désole-t-il.Dans La pierre et l'enfant, première chronique de la série, Jérôme Savary établissait un parallèle entre l'approche du pédiatre social avec l'enfant et celle du sculpteur avec la pierre.Dr Julien, sculpteur à ses heures, définissait ainsi l'approche de la pédiatrie sociale en communauté : «J'approche un enfant exactement de la même façon que j'approche une pierre.Si tu ne respectes pas la pierre, elle va t'éclater au visage.L'enfant, il faut que je l'apprivoise, que je le comprenne.La pierre, à l'état brut, elle n'a l'air de rien.Il faut aussi que je l'apprivoise, que je comprenne ses sens, afin qu'elle me dise quoi faire avec.» Le pédiatre à bicyclette Qu'est ce qui a amené Gilles Julien à créer un modèle unique de médecine aujourd'hui appliqué dans 15 centres au Québec?«j'étais fru, nous confie-t-il.je voulais aider les enfants de familles pauvres, mais je n'avais rien à leur offrir.Ce n'est pas pour ça que je suis allé en médecine.» Le médecin a donc voyagé.En Afrique, puis dans le vaste territoire du Québec, notamment chez les Innus.Son modèle de pratique s'est dessiné au fil de ses expériences.De retour en ville, il enfourche son vélo pour faire des visites à do- micile, ce qui lui vaut le surnom de «pédiatre en bicycle».«La proximité s'est créée.En voyant l'environnement des familles, j'ai compris des liens.On me confiait des secrets qu'on ne m'aurait jamais confiés au bureau.Ça m'a permis de mieux intervenir.» Depuis, plus de 3 000 enfants à qui la vie ne fait pas de cadeau ont amélioré leur sort grâce au travail du Dr Julien et de son approche médicale, «je crois tellement aux enfants.Ils ont tous le même potentiel», dit-il, passionné.Ce n'est qu'un au revoir Sur les pas du Dr Julien, nous vous avons fait découvrir les nombreuses facettes de la pédiatrie sociale en communauté; des activités de la ruelle du centre Assistance d'enfants en difficulté dans Hochelaga-Maisonneuve au Garage à musique en passant par les bienfaits de l'art-thérapie.Nous vous avons aussi informés sur les grands enjeux concernant les droits de l'enfant et sur les différents acteurs de la pédiatrie sociale au Québec.Gilles Julien l'a dit et redit au fil de nos chroniques : il faut investir dans les soins aux enfants, car ils forment l'avenir de notre société.Malgré tous ses efforts, les gouvernements en place n'ont pas voulu miser sur la relève lors des dernières campagnes électorales.«Chaque dollar investi sur un enfant en vaut 20, explique le pédiatre social.Cet investissement diminue les places en prison, diminue la dépendance à l'aide sociale, crée des gens productifs qui vont alimenter le système.Pas besoin d'être banquier pour comprendre ça!» D'ici à ce qu'un dirigeant ait le courage de croire au potentiel de tous les jeunes du Québec, Gilles Julien ne démordra pas.Heureusement, il peut compter sur une équipe chevronnée pour l'épauler.L'Itinéraire souhaite longue vie au Dr Julien! (u) Fondation du )r Jul en ^ii i, 1601, rue Aylwin, Montréal, Québec H1W 3B9 Téléphone: 514 527-3777 Fondation@pediatriesociale.org 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 35 Coop Les Valoristes Recycler pour un monde meilleur Ce sont des auto-entrepreneurs qui travaillent très dur, plusieurs heures par jour, sur de longues distances, dans des conditions qui ne sont pas idéales.Pierre Batellier, président de la coopérative Les Valoristes Chaque année, les Québécois jettent près de 28 millions de dollars aux ordures en omettant de rapporter leurs canettes vides en consigne.Face à ce gaspillage, des travailleurs de l'ombre récupèrent ces contenants pour gagner leur vie.Les Valoristes, une jeune coopérative montréalaise entend faire reconnaître la valeur du service rendu par ses collecteurs informels.PAR NAFI ALI BERT Les valoristes, ce sont des hommes ou des femmes comme Marina, co-fondatrice de la coopérative, qui éprouvent des difficultés à intégrer le marché du travail conventionnel et qui récoltent des contenants consignés et recyclables pour les échanger contre de l'argent.«Certains arrivent à gagner plusieurs centaines de dollars par mois, avance Pierre Batellier, président de la coopérative Les Valoristes.C'est un revenu qui peut faire une grosse différence».Marina pourrait en témoigner : grâce à son activité de valoriste, elle a pu financer son baccalauréat en littérature anglaise.«Ce sont des outo-entrepreneurs qui travaillent très dur, plusieurs heures par jour, sur de longues distances, dans des conditions qui ne sont pas idéales.Ils se font beaucoup de coupures et souffrent de maux de dos», déplore M.Batellier.Des Valoristes lors d'une collecte ponctuelle spéciale le 21 septembre dernier.\tphoto: alliettest-pierre Une société plus juste via le recyclage Les valoristes considèrent aussi la consigne comme un enjeu social.La coopérative effectue un travail permanent de conscientisation auprès de la population, des instances politiques et des commerçants pour casser les préjugés et faire reconnaître sa contribution dans la société.Ces travailleurs sont au cœur d'une économie verte puisque la consigne permet un tri à la source limitant les risques de contamination entre les matières.Un contenant récupéré en consigne sera donc habituellement recyclé à 100 %.«Ces personnes fouillent dans les poubelles, mais elles ramassent les déchets aussi, explique M.Batellier.Elles rendent donc un service en nettoyant les espaces publics».Selon la coopérative, la consigne permet aussi de créer un lien social.«Grâce à la collecte, ils gardent une activité dynamique et des partenariats se tissent entre riverains et valoristes», soutient M.Batellier.Valoristes aux quatre coins du monde Des valoristes, il y en a partout et dans tous les domaines.Un valoriste est un spécialiste de la récupération qui donne une seconde vie aux matières résiduelles.Boujouman au Sénégal, catadores au Brésil ou chifonye en Haïti, déchétarien, chineur ou artistes-créateurs.Que ce soit par nécessité ou conviction personnelle, des millions de valoristes récupèrent ainsi des déchets à travers le monde.La coopérative, un modèle inclusif Ce projet innovateur au Québec s'inspire de United 1/l/e Can, une organisation basée à Vancouver.Les valoristes vancouverois, appelés dinners, se sont auto-organisés et ont mis en place un centre de dépôt adapté à leur réalité.À Montréal, la démarche n'en est qu'à ses débuts, mais son avenir est prometteur.La coopérative compte installer un dépôt temporaire dès l'été prochain et espère ouvrir son propre centre de dépôt permanent d'ici un an.Les Valoristes, coopérative de solidarité cooplesvaloristes.wordpress.com 514-836-0640 36 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 CONSOMMATION MÉMOIRE : Les exercices sont-ils efficaces?protegezvous par Dominique forget Les éditeurs de livres et de jeux ont trouvé un filon pour conquérir le marché des baby-boomers: la peur de la maladie d'Alzheimer.Mais ne perdez pas la tête! Leur efficacité n'est pas prouvée.Déduction, raisonnement, calculs.Si muscler votre mémoire ne peut pas faire de mal, ce type d'entraînement ne protège pas contre les affronts du vieillissement ou les maladies cognitives.Ces jeux en valent-ils la chandelle?«Pourvu que les attentes soient réalistes», met en garde le Dr Christian Bocti, neurologue, professeur et chercheur à la Clinique de mémoire et au Centre de recherche sur le vieillissement de l'Université de Sherbrooke.«De nombreuses études scientifiques démontrent qu'exercer ses méninges en faisant des mots croisés, en résolvant des sudokus ou en apprenant une nouvelle langue par exemple aide à ralentir légèrement le déclin cognitif chez les personnes âgées.Mais attention: rien ne prouve que cette gymnastique cérébrale aide à prévenir la maladie d'Alzheimer.» Aux Etats-Unis, un vaste projet de recherche, baptisé ACTIVE (pour Advanced Cognitive Training for the Indépendant and Vital Elderly), a porté sur ce sujet.Des experts en psychologie ont recruté 2 800 personnes âgées de 74 ans en moyenne, toutes en bonne santé mentale et cognitive.Elles ont participé à jusqu'à dix séances d'«entraînement cérébral» de 60 à 75 minutes chacune, réparties sur cinq à six semaines.Les exercices visaient à entraîner soit leur mémoire, leur capacité de déduction ou leur vitesse de raisonnement.Les résultats ont démontré qu'immédiatement après la série d'entraînements, les performances cognitives des participants s'étaient sensiblement améliorées.Même que les effets se faisaient encore légèrement sentir cinq ans plus tard : ceux qui avaient entraîné leur capacité de déduction se débrouillaient mieux dans les tâches quotidiennes, comme cuisiner ou tenir une comptabilité.«Les résultats étaient modestes, mais significatifs», selon la psychologue Sherry L.Willis, professeur à l'Université du Texas, qui a piloté l'étude menée entre 1998 et 2004.Autre bonne nouvelle pour les amateurs de jeux: une étude, dont les résultats ont été publiés en 2010 dans la revue américaine Neurology, conclut que de se casser la tête à résoudre des mots croisés, des sudokus ou autres jeux de ce genre peut retarder l'apparition de la maladie d'Alzheimer.Sur les 1157 personnes âgées suivies pendant près de 11 ans, 148 ont développé la maladie.Mais les personnes plus actives sur le plan cognitif l'ont développée plus tard que les autres.Attention toutefois: passé un certain stade, leurs fonctions cognitives ont aussi décliné plus rapidement que chez les autres malades.«Probablement que le fait d'exercer ses méninges permet de compenser pendant un certain temps pour les lésions qui apparaissent dans le cerveau des personnes qui développent l'Alzheimer, croit Robert S.Wilson, neuropsychologue et chercheur au Rush Alzheimer's Disease Center de Chicago, qui a mené cette recherche.Mais une fois que la maladie atteint un point critique, cette béquille ne tient plus, et tout s'écroule.» m La meilleure méthode d'entraînement des fonctions cognitives serait encore plus simple: demeurez socialement actif! Votre solution pour faire les bons choix Cf EXPERT Çf INDÉPENDANT «f PRATIQUE protëgezvous 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 37 ^ LES ORANGES PRESSEES VOTRE RÉVEILLE-MATIN MONTRÉALAIS En semaine de 6h à 9h Marc-André Carignan et son équipe AnimerMontréal 101,5 FM OU illiCO Chaîne 574 AnimerMontréal 101,5 FM OU illiCO Chaîne 574 Toutes vos émissions sont disponibles en direct et en baladodiffusion au www.cibl1015.com PHOTO: JOCELYN MICHEL PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION PANORAMA 1 Quand Marie perd la tête.Elle n'a régné que cinq ans, trait d'union entre le truculent Henry VIII et la prospère ère élisabéthaine, mais elle a marqué l'histoire'btjnspiré Victor Hugo.Le Marie Tudor de ce dernier, à la fois romantique et palpitant, est trop rarement monté sur les planches d'ici pour qu'on se permette de le rater.Surtout que l'affiche est prometteuse : Julie Le Breton dans les habits de Marie-la-Sanglante, Claude Poissant à la mise en scène et une distribution aux reins solides, qui compte notamment David Boutin, Michel Mongeau et David Savard.j'ï iff Jr L\tJ MARIE TUDOR | Du 17 janvier au 8 février | THÉÂTRE DENISE-PELLETIER 4353, rue Sainte-Catherine Est, denise-pelletier.qc.ca Canicule C'est le chant du cygne de George Gershwin, qui devait mourir moins de deux ans après la création de cet opéra noir en 1935, lequel n'a acquis ses lettres de noblesse que durant les années 1980.Porgy and Bess fait maintenant son entrée dans le répertoire de l'Opéra de Montréal avec, dans la distribution, la Néo-Brunswickoise Measha Brueggergosman et Marie-Josée Lord, que l'on n'avait pas entendue à l'OdM depuis 2009.Autre première, la participation du Montreal Jubilation Choir dans cette production surtout connue pour la sublime berceuse Summertime, devenue un standard du jazz et du blues.PORGY AND BESS 25,28,30 janvier et 1er février, 19 h 30 OPÉRA DE MONTRÉAL Salle Wilfrid-Pelletier | Place-des-Arts 514 985-2258 | operademontreal.com LA MÉNAGERIE DE VERRE | Du 14 janvier au 1er février | SALLE INTIME DU PROSPERO.1371, rue Ontario Est, theatreprospero.com Dorothée! À ses débuts sur scène, il y a quarante ans, elle incarnait Laura dans le classique de Tennessee Williams.On la revoit ce mois-ci dans le rôle de la mère.On ne voudra pas laisser filer une aussi belle occasion de voir de près, sur une scène intime, cette formidable actrice au jeu tout en dentelle.À ses côtés, Enrica Boucher, Philippe Cousineau et lan Rompré, qui signe ici sa première mise en scène.Sur les pas des Oblats Arrivés à Montréal en 1848, ces missionnaires se consacrent depuis AUDACE ET PERSÉVÉRANCE : 165 ans au bien-être de la population ouvrière défavorisée, etconti- L'HÉRITAGE DES OBLATS O.M l.nuent d'œuvrer auprès des communautés chrétiennes de Saint- Jusqu'au 2 mars | ÉCOMUSÉE DU FIER MONDE Pierre-Apôtre et de Sainte-Brigide en ouvrant leurs bras aux exclus 2050, rue Amherst 1514 528-8444 et aux gais.L'expo témoigne de leur histoire, de leur implication et ecomusee.qc.ca de leur héritage toujours bien vivant.Souper du pauvre dans le sous-sol de l'église Saint-Pierre Apôtre en 1941.Incarner le leader d'Offenbach au cinéma aura inspiré Mario Saint-Amand, dont les talents de bluesman sont depuis longtemps reconnus.Le spectacle 22 CÂLINE DE BLUES puise dans le répertoire d'Offenbach, du défunt Gerry et d'autres poètes.La tournée démarre au Théâtre Saint-Denis le 28 janvier (mariosaintamand.com).Quatre ans après La Liste, Sylvie Drapeau reprend en un solo intense le fil des propos de l'auteure Jennifer Tremblay dans le second volet de ce qui deviendra trilogie.Le Carrousel, du 14 janvier au 8 février, au Théâtre d'Aujourd'hui (3900, rue Saint-Denis, theatredaujourdhui.qc.ca).>rt sonne sans arrêt dans un café.Intrigant point de départ pour explorer le rapport passionnel que nous entretenons avec la technologie.Isabelle Roy, Johanne Habelin, Félix-Beaulieu-Duchesneau, Patrick Goyette et l'exquise Christiane Pasquier sont à La Petite Licorne du 20 janvier au 14 février (4559, avenue Papineau, theatrelalicorne.com).15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 39 PHOTO: ARCHIVES PROVINCIALES DES OBLATS DE MARIE IMMACULÉE, RICHELIEU Ceci pourrait être votre café au bureau Déguster un café savoureux au quotidien ne devrait pas être un plaisir réservé à la maison ou au restaurant.C'est pourquoi, nous, les Services de café Van Houtte, offrons une vaste sélection de cafés de première qualité et de spécialité qui sauront vous séduire.Jumelé à notre gamme de systèmes d'infusion innovants de Keurig® et à un service clé en main d'échelle nationale, vos besoins en café au bureau seront satisfaits et délicieusement surpassés.SERVICES DE CAFÉ ServicesCafeVanHoutte.com PAR DENYSE MONTÉ VIVRE On est au coton.4 _ bio Le régime boule de coton, non pas pour se démaquiller, mais pour induire une sensation de satiété, est la nouvelle invention des maniaques de la minceur.Dangereux à plus d'un égard.Du point de vue écologique, pour cultiver le coton, on utilise une quantité astronomique de pesticides, d'engrais et d'eau.Fabriquer un seul teeshirt exigerait l'équivalent d'environ 50 douches! Par contre, la production de coton biologique exclut l'utilisation de toutes ces matières toxiques et privilégie l'usage de compost et de fumier comme engrais.Certains écolabels garantissent que dans les processus de nettoyage, de blanchiment ou de coloration de la fibre, on a traité les eaux usées, utilisé des teintures naturelles et respecté les normes de l'Organisation mondiale du travail.fa i Des pas sur la neige Gros Q.l.La sérieuse université d'Oxford a produit une étude non moins sérieuse selon laquelle un postérieur bien dodu chez la femme = intelligence supérieure! Les 16 000 femmes aux fesses replètes qui ont été observées par les chercheurs affichaient un niveau de cholestérol plus bas que les autres.On a également trouvé chez elles un excès d'oméga 3, réputé pour favoriser le développement cérébral.Chaud, chaud Pour garder les épaules molles et la jambe leste même à 30° C sous zéro, faut-il rester couché au chaud?Non, il faut plutôt des multicouches pour aller dehors! D'abord, un sous-vêtement léger (combinaison) isotherme, qui évacue la transpiration, en fibres synthétiques ou laine de Mérinos.À bannir : le coton, qui reste humide sur la peau.Comme deuxième couche : un vêtement isolant en polar, duvet ou molleton, tissus qui retiennent la chaleur du corps.La troisième couche, appelée coquille, doit être imperméable et coupe-vent, faite d'un tissu léger, tel nylon, polyester ou Gore-Tex, capable d'évacuer la transpiration.Enfin, bien couvrir les extrémités : tuque, capuchon, mitaines - plutôt que gants -, bas thermiques, bottes doublées idéalement de mouton et puis.belle bise! Le grand nettoyage Pour débarrasser l'organisme de toxines accumulées au cours des dernières semaines, faites appel à une armée d'aliments détox.Le brocoli, le chou, le cresson stimulent des enzymes indispensables au «grand nettoyage» interne.L'artichaut draine le foie tandis que l'ail est chasseur de parasites.L'asperge, dépurative, facilite le travail des reins.Un bouquet de persil diurétique couronnera ce régiment légumier.L'ananas facilite la digestion.Le raisin, riche en potassium, aide à évacuer les toxines.Le citron et la pomme sont tous deux d'excellents combattants des polluants présents dans notre système.Enfin, le pruneau continue le combat.P / Avec son nom poétique, la trottinette des neiges, en vogue depuis longtemps en Finlande, fait peu à peu son apparition au Québec.Sur le même principe que la trottinette à roues, on pose un pied sur la luge et on se propulse avec l'autre pied pour avancer.À l'effet grisant que procure cette activité vient s'ajouter un bienfait aérobique, comme en ski de randonnée.Classiques ou sportifs, faits de bois ou d'aluminium, les modèles, comme les dimensions, peuvent convenir à tous les goûts, tous les âges.En groupe ou en famille, sur toutes surfaces enneigées ou gelées, la trottinette des neiges vous transportera avec euphorie jusqu'aux portes du.printemps.Sources : 20min.ch, vert-sapiens.com, styledevie.ca, cosmopolitan.fr, Recettes du québec, sportsenfamille.com et sepaq.com.Of, s-' / #1,.9 0-i, m 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 41 LIVRES PAR NAFI ALIBERT, GOPESA PAQUETTE ET PIERRE ST-AMOUR Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras Autre plus vieux métier du monde, l'usure est au cœur de cette étude historique de l'endettement, qui cherche à réviser les théories dominantes sur la question.Le ton est assumé : «Le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence (.) est de les recadrer en termes de dettes - cela crée aussitôt l'illusion que c'est la victime qui commet un méfait.» L'écriture accessible aide à éclaircir le flou fondamental entourant le concept de dette qui permet de justifier le renflouement des banques tout comme le maintien des plus pauvres dans la violence de l'endettement.L'anthropologue apporte un regard nouveau sur un sujet qui donne lieu à trop de redites.On en sort mieux outillé pour comprendre les relations ambiguës entre créditeurs et endettés, comme celles liant la Chine aux États-Unis.(GP) Dette : 5000 ans d'histoire PAR DAVID GRAEBER, LES LIENS QUI LIBÈRENT, 623 PAGES.La bonne décision i-, ¦ Vous éprouvez des difficultés à faire des choix?Comment prendre de meilleures décisions, le dernier livre des frères Heath est fait pour vous! Les auteurs des best-sellers Made to stick et Switch décortiquent, sous une plume imagée, le processus de prise de décision.Finie la bonne t.vielle liste du «pour et contre».Parce que nous limitons trop souvent 'l nos choix, Chip et Dan Heath proposent de «faire tomber ses œillères pour trouver son option gagnante», le tout en quatre étapes clefs.Du cadre de Decca Records qui a refusé de produire les Beatles en 1962 à la recherche d'un nouvel emploi, de nombreux cas réels sont ici décortiqués.Autant d'exemples qui font de ce guide de développement personnel un ouvrage pour tous.(NA) Comment prendre de meilleures décisions - Faire tomber ses œillères pour trouver l'option gagnante PAR CHIP HEATH ET DAN HEATH, TRANSCONTINENTAL, 303 PAGES.Je mange, donc je meurs Avant I960, l'homme générait 100 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme.Aujourd'hui, il n'en génère que 45 millions.Et ça diminue.En dessous de 20 millions, la race humaine pourrait disparaître.Les responsables?Nos habitudes de consommation, bien sûr, et plus spécifiquement notre façon de nous alimenter.Dans la ligne de mire, les grands lobbys de l'industrie agroalimentaire qui font pression auprès des gouvernements pour imposer leurs produits.Dans un ouvrage bigarré mais pertinent, Gilles Lartigot part en croisade contre notre mode de vie basé sur la consommation à outrance d'aliments nocifs pour notre santé.Un discours un peu granola, un peu new age, mais qui fait réfléchir.Et si le véritable changement de nos sociétés passait par le refus de s'alimenter tel qu'on nous l'impose?(PSA) Eat PAR GILLES LARTIGOT, ÉDITIONS WINTERFIELDS, 316 PAGES.HWtfc.WSTtfctC aNcS En 2011, une bataille juridique digne de David contre Goliath a eu lieu entre des artistes et Chevrolet.Le géant de l'automobile avait tourné des publicités devant une murale sans payer les droits d'auteurs aux graffiteurs.42 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 T*UN GRAFFITI ET DROIT D'AUTEUR Nul n'est censé ignorer.Souvent associé au vandalisme, le graffiti est désormais reconnu comme une forme d'art qui transforme les villes en musées à ciel ouvert.Ces œuvres, à l'instar d'un Picasso exposé au Musée des Beaux-Arts, sont assujetties à la Loi sur le droit d'auteur, qui réglemente l'utilisation et la diffusion de toute création.Un détail que beaucoup semblent oublier.PAR NAFI ALIBERT ET PIERRE TOUGAS Prendre de belles photos est tellement simple aujourd'hui grâce au téléphone cellulaire, ce kodak des temps modernes.Ainsi, au hasard d'une promenade, vous captez une magnifique photo d'un graffiti sur un mur du quartier Saint-Henri.Click pour la postérité.Un jour, un ami médecin vous convainc de lui vendre la photo en question.Elle sera parfaite dans la salle d'attente de son cabinet.Attention, ceci est une fraude! Pourquoi?Parce que ce qui semble n'être qu'un simple mur décoré est en réalité une fresque réalisée par un artiste.«Photographier un graffiti pour le revendre, c'est comme utiliser une chanson des Beatles dans un film, il y a des droits d'auteur à payer.Mais en arts visuels, ce n'est pas toujours aussi facile à comprendre pour les gens», explique Alexis Vail-lancourt, un jeune artiste qui a été confronté à un cas similaire.Art public et droit d'auteur Pour être visée par le droit d'auteur, une œuvre doit être originale et ajouter à la création préexistante.«Le droit d'auteur est une notion très large qui permet à de petits artistes de vivre, au même titre qu'il permet à Bill Gates d'empocher plusieurs milliards», souligne Normand Tamaro, avocat spécialisé en droit d'auteur.En d'autres termes, un graffiti est une œuvre du point de vue juridique.«Il est protégé par droit d'auteur de façon automatique dès sa création», ajoute l'avocat.Le droit d'auteur est le droit exclusif de reproduire, publier et vendre une œuvre.En général, le créateur est le premier titulaire de ce droit.Lorsqu'un acheteur acquiert un canevas par exemple, il devient propriétaire du papier, mais pas du «dessin» en tant que tel, il ne pourrait pas le reproduire ou le modifier à sa guise sans avoir obtenu l'autorisation préalable de son créateur.Il en va de même pour une murale, qu'elle soit légale ou illégale.«Peu importe le support, même un tatouage sur la peau est couvert par le droit d'auteur, stipule Me Tamaro.Mais avec les graffitis, ce droit s'applique sur un support que l'artiste ne contrôle pas.» Graffiteurs vs Chevrolet Retournons en 2011 pour citer un exemple éclairant.Dans le cadre de la campagne de promotion de la Chevrolet Sonic, une publicité est tournée à Montréal devant une murale réalisée durant le festival Under Pressure.Petit problème : les agences de communication chargées du projet omettent de rémunérer la vingtaine d'artistes ayant créé ces graffitis.«Ils ne pouvaient pas jouer la carte de l'ignorance! s'indigne Adrien Fumex, coordinateur de la galerie Fresh Paint.Ils ont donné une contribution aux Foufounes Électriques, les propriétaires du mur.» Sterling Downey, co-fondateur du festival Under Pressure prend alors la défense des artistes impliqués.Des publicités télévisées, en passant par Internet et les catalogues; des preuves sont réunies pour justifier un abus de droit d'auteur à l'échelle nationale.Le tout s'est réglé à l'amiable.«Chevrolet Canada n'avait aucun intérêt à ce que l'affaire aille en cour.Vu l'ampleur du cas, ils ont préféré retirer toute la campagne!», déplore M.Fumex.Dans ce combat digne de David contre Goliath, des centaines de milliers de dollars ont été déboursés pour dédommager les artistes.Même si certains auraient aimé que l'affaire fasse jurisprudence, «ce qui a été obtenu sans aucune ressource, face à un des plus grands constructeurs automobiles, c'est quand même énorme», se félicite M.Fumex, qui aimerait que les artistes soient mieux informés de leurs propres droits.Comme quoi, le célèbre adage «Nul n'est censé ignorer la loi», n'a pas été pensé pour rien.¦ Le droit d'auteur est une notion très large qui permet à de petits artistes de vivre, au même titre qu'il permet à Bill Gates d'empocher plusieurs milliards.Normand Tamaro, avocat 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 43 A PROPOS DE L'HIVER SOLIDARITE DANS LE METRO Quand il neige à plein temps, c'est comme du silence qui tombe.FÉLIX LECLERC id uMûbk amitii ruz.qûk paÊL m.him PROVERBE ALLEMAND Qui a plus de toit, a plus de neige.PROVERBE PERSAN Les vieillards et les oiseaux affrontent chaque année le même problème : passer l'hiver SACHA GUITRY ŸUa.cLe, cfurpes, SSmt ossyd AÂsvccrorcc-tLtyuues, icp/Jais-e, tempête, de, tsaLge,.L'Iniver, C'ei+ la iaiion olu recueillement oie la terre, ion tempi de méditation, de préparation.DJAMEL OUÏS\tLIONEL BOISSEAU Mæ véfrc.est JtSrdÂM, às, QVS/Y&.Le plus bel hiver du monde ne peut donner que le froid qu'il al PIERRE DAC ÉMILE NELLIGAN Jf.a neiyejiossède ce secret de rendre au, cceur en un Tout ce que la neige a de sympathique, ce son! les cœurs qu'on dessine sur les pare-brise.soujj^fe fa joie naive yue fes années fui ont 'mpjntoyaEferment arracfïée.ANTONINE MAILLET CHARLES DANTZIG Il faut toujours un hiver pour bercer un printemps.ANONYME La vieillesse arrive brusquement, comme la neige.Un matin au réveil, on s\u2019aperçoit que tout est blanc.JULES RENARD Montréal, une ville magique Il y a quelques années, dans un avion entre New York et Montréal, une femme m'a raconté que, pour elle, Montréal était une ville magique et qu'elle y finirait ses jours.Elle était originaire des États-Unis et elle revenait de visiter sa famille.Dix ans auparavant, suite à diverses déceptions amoureuses et d'emplois médiocres, elle avait décidé de venir à Montréal pour refaire sa vie.Elle était complètement paumée, vivait au YMCA et avait de la difficulté à se trouver un emploi vraiment à son goût, entre autres parce qu'elle ne parlait pas français.Et puis en l'espace de quelques semaines, tout s'est transformé comme par miracle par le biais de coïncidences particulières.Un jour qu'elle était dans le métro, elle a trouvé un sac à main.En arrivant au bureau des objets perdus de la STM, une femme en pleurs dit avoir perdu son sac à main.Cétait bien le bon sac et la bonne personne.En retournant au métro, les deux femmes ont parlé et celle qui avait retrouvé son sac lui a offert un emploi intéressant dans son entreprise.Quelques semaines plus tard, elle trouve un porte-monnaie sur le trottoir.Elle appelle le propriétaire dont le numéro se trouvait dans le porte-monnaie et l'homme vient le récupérer au YMCA.Voyant ou elle habitait, il lui offre de lui louer à prix raisonnable un appartement dans l'immeuble ou il est propriétaire.Comme si ce n'était pas suffisant, près de deux mois plus tard, elle trouve un beau foulard à carreaux dans un café ou elle venait de prendre place.Quelques minutes après sa trouvaille, elle entend un homme au comptoir demander si on n'avait pas trouvé le foulard qu'il venait de perdre.Elle brandit alors le foulard dans les airs et son propriétaire vient s'asseoir avec elle pour la remercier.C'était le début d'une aventure et deux ans plus tard, ils étaient mariés et ils sont toujours ensemble depuis.«/e me suis dit qu'autant de chance et de hasards étaient un signe pour moi.J'avais trouvé ma ville, ma maison, mon emploi et mon mari.Montréal m'a pris dans ses bras et a pris soin de moi!» JEAN-CLAUDE, ARRONDISSEMENT VILLE-MARIE Envoyez-nous vos propres histoires de solidarité ou de beaux gestes dont vous avez été témoin ou partie prenante dans le métro et les autobus de montréal à : courrieroitineraire.ca 44 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 DETENTE L 8\t9\t10 11 12 Vous trouverez la solution dans l'édition du 1er février 2014 HORIZONTALEMENT Elle ne se déshabille pas vite.Commission - Des sels ou des courses.Engrais - Serpente à Rome.Continent jaune - Quartier de Montréal.Chance - Tomber dru.Informateur anonyme - Peut exciter.Hissé au Canada - Fabricant d'arche.On n'y trouve pas de serveurs.Précède la matière-Fixe.10.\tEnlève le haut - Dans le panier- Partie de partie.VERTICALEMENT Atteint par ricochet.Pullule.A son chien - Pronom.Canal- Résultat.Magané - Corpulente.Bout de madrier- Muet, parfois.Enfilerai.Filet! - Son bec est une difformité.Relevés - Fond de tiroir.10.\tClé-Corrompus.11.\tNe reste pas en-dedans - Objet de la pensée.12.\tRespecté, même après sa retraite - Liaison.Jeu réalisé par MaxwoodMedia | grilleomaxwood.ca SOLUTIONS DU 1ER JANVIER 2014 NIVEAU DE DIFFICULTÉ: FACILE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10\t1 P\t2 E\t3 R\t4 T\t5 U\t6 R\t7 B\t8 A\t9 T\t10 '\t11 ¦ N\t12 T \tA\tL\t1\tE\tN\tA\tT\t1\t0\tN\t\t \tR\tE\tS\tT\t1\tT\tU\tT\t1\t0\t\tS \t0\tC\tT\tA\tV\tE\t\t\tS\tU\t1\tT \t1\tT\t0\t\tE\t\tE\tT\t0\t1\tL\tA \tS\t1\tU\tE\tR\t\tC\tA\tN\tE\t\tL \tS\t0\tR\tT\tS\t\tU\tN\t\t\tA\tG \t1\tN\tN\tE\tE\tS\t\tC\tA\tP\tR\t1 \tE\tS\tE\t\tL\t0\tV\tE\tR\t\tT\tE \tN ¦ S\t\t\tE\tS\tT\tE\tR\tC\tE\tS\t 3\t2\t7\t4\t8\t5\t6\t1\t9 9\t8\t4\t6\t2\t1\t7\t3\t5 6\t1\t5\t7\t3\t9\t4\t8\t2 5\t7\t9\t1\t4\t2\t8\t6\t3 2\t3\t6\t5\t7\t8\t9\t4\t1 1\t4\t8\t3\t9\t6\t2\t5\t7 4\t6\t3\t2\t5\t7\t1\t9\t8 8\t5\t2\t9\t1\t4\t3\t7\t6 7\t9\t1\t8\t6\t3\t5\t2\t4 \t\t\t6\t4\t1\t9\t\t \t\t6\t3\t2\t\t\t\t \t\t4\t\t\t\t5\t6\t 1\t5\t\t\t6\t4\t\t7\t8 \t\t3\t5\t\t\t\t\t 9\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t5 6\t8\t\t\t\t3\t2\t1\t 3\t4\t\t\t7\t\t\t\t Vous trouverez la solution dans l'édition du 1er février 2014 Jeu réalisé par Ludipresse | infooles-mordus.com Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boite 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans un colonne et dans une boite 3x3.NOTRE LOGICIEL DE SUDOKUS EST MAINTENANT DISPONIBLE.10 000 sudokus inédits de 4 niveaux par notre expert, Fabien Savary.En vente exclusivement sur notre site.www.les-mordus.com 15 janvier 2014 | ITINERAIRE.CA 45 B FEU VERT À.CHRISTIAN NADEAU Charité, pauvreté et solidarité : notes d'un philosophe sur l'itinérance Chaque année, nous entendons les mêmes refrains, qui accompagnent inévitablement la période des fêtes.Chaque année, on nous répète à satiété l'urgence de ne pas oublier les plus démunis.Vient l'hiver et avec lui le froid, la solitude et l'indifférence devant les manteaux déchirés, les bottes trouées et les doigts engourdis de celles et ceux qui, dehors, à toute heure du jour et souvent de la nuit, quémandent un repas ou de quoi oublier notre mépris.Ces personnes sollicitent un peu d'argent, à peine en fait de quoi subvenir au strict nécessaire.Elles demandent surtout notre respect, auquel elles ont totalement droit, car dans une société digne de ce nom, nous devons pouvoir compter les uns sur les autres et non nous replier sur nous-mêmes, soit par indifférence, soit par résignation.Le drame de l'itinérance est celui de l'invisibilité.Ces hommes et ces femmes n'habitent nulle part et nous pouvons néanmoins les rencontrer partout.Ces gens n'occupent aucun lieu : ils dorment et mangent là où l'occasion se présente.Ils possèdent un nom, un corps, une biographie.Or, pour bon nombre d'entre eux, nous sommes sourds et aveugles : en raison de notre passivité, ils franchissent nos existences comme des fantômes passent au travers des murs.Voilà pourquoi quiconque les regarde et les entend, quiconque les salue, surmonte deux exclusions: la sienne et la leur.Il faudra bien, une fois pour toutes, ouvrir nos yeux et nos oreilles.Mais nous avons peur.Si une telle chose devait Il faut voir la pauvreté comme une aberration dans une société riche comme la nôtre.Donner aux démunis est normal; la pauvreté, au contraire, ne l'est pas.se produire, nous en serions tous choqués : l'itinérance dévoilerait moins l'indigence et la gêne des démunis que les pouvoirs absurdes des plus nantis.Si elle pouvait parler, si nous pouvions l'entendre, l'itinérance dénoncerait les pires travers de notre communauté : l'appétit insatiable de certains au détriment des autres, la brutale arrogance de l'argent, la ténacité des préjugés et l'aveuglement volontaire devant nos responsabilités.Une société bien ordonnée en est une où la précarité de son économie et la fragilité politique de son gouvernement ne peuvent excuser le déclin de la justice sociale.Assurer un logement et un niveau de vie décent pour chaque personne n'a rien d'une utopie.Plusieurs moqueront cet appel en disant qu'on ne peut être contre la vertu.Mais ils s'indigneront haut et fort lorsque la justice sociale réclamera d'eux ce que la vertu leur demande en vain.Donner à celles et ceux qui n'ont rien relève de l'évidence.Il n'y a pas à peser le pour ou le contre.Or, si cela est vrai, il faut voir la pauvreté comme une aberration dans une société riche comme la nôtre.Donner aux démunis est normal: la pauvreté, au contraire, ne l'est pas.De toute urgence, nous devons cesser de voir comme un luxe ce qui relève de nos obligations sociales les plus élémentaires.Au-delà de charité et pauvreté doit donc émerger un troisième terme, un principe qui loin de les concilier les rendrait tous deux désuets : la solidarité.Christian Nadeau est professeur de philosophie politique à l'Université de Montréal.Il est l'auteur de Liberté, égalité, solidarité.Repenser la justice sociale et la démocratie, Montréal, Boréal, 2013.46 ITINERAIRE.CA | 15 janvier 2014 ma \u2022 VOIX ma STM JOIGNEZ VOTRE VOIX et contribuez à l\u2019essor du transport collectif Partagez votre opinion en devenant membre de Ma voix ma STM et courez la chance de gagner des prix en argent.Inscrivez-vous dès aujourd\u2019hui stm.info/mavoix MOUVEMENT COLLECTIF https://www.mavoixmastm.info/R.aspx?a=32 LEVONS NOS STANDARDS ! Qu\u2019est-ce qu\u2019un verre ou une consommation standard ?La réponse pourrait vous étonner.1 verre de bière 340 ml/12 oz (5 % alcool) 1 verre de vin 140 ml/5 oz (12 % alcool) 1 verre de spiritueux 45 ml/1,5 oz (40 % alcool) Pour en savoir plus : educalcool.qc.ca/standard \u20acÊU^^/COO/ 1 verre de vin fortifié 85 ml/3 oz (20 % alcool) La modération a bien meilleur goût."]
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