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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 15 novembre 2013
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2013, Collections de BAnQ.

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[" Volume XX, n° 22 Montréal, 15 novembre 2013 www.itineraire.ca FEU VERT À Monique Proulx DOSSIER Les banques alimentaires en manque de FoMi TRAJECTOIRE ZOOM SUR PIERRE FOURNIER CULTURE Viande à chien! Fin novembre avec l\u2019ATSA * texte DE MARCO COLLIN MISE EN SCÈNE DE YVES SIOUI DURAND DU 13 AU 30 NOVEMBRE 2013 JEUDIS ET VENDREDIS 20 H SAMEDIS 16 H AUX ATELIERS JEAN-BRILLANT BILLETS 514 692-3304 UNE PRODUCTION D\u2019OHDIHHOK ONDINNOK.ORG ondinnok adm@bellnet.ca 25 $ RÉG.+ 20 $ ÉT.LIU â!LÜÇA LUDO LIRA LA LECTURE EN CADEAU QUI A LU, LIRA OFFREZ UN LIVRE NEUF À UN ENFANT DÉFAVORISÉ en novembre et décembre dans l\u2019une des librairies et bibliothèques participantes lalectureencadeau.org Fondation pour l'alphabétisation Des mots d'espoir Chez Cofomo, nous savons ce que ressource humaine veut dire.Notre firme a pour vocation de mobiliser les meilleurs conseillers en informatique disponibles sur le marché afin de couvrir l\u2019ensemble des besoins technologiques de l\u2019entreprise moderne.Nous avons à cœur votre épanouissement professionnel et nous mettons tout en œuvre pour vous aider à atteindre vos objectifs.Cofomo est fière de soutenir l\u2019œuvre caritative de l\u2019Itinéraire.COFOMO INC.1000, de la Gauchetière Ouest, bureau 1500 Montréal (Québec) H3B 4W5 514 866-0039 www.cofomo.com PHOTOS: GOPESA PAQUETTE ZOOM SUR Aussi curieux que cela puisse paraître, c'est l'argent qui m'a tiré du trou.J'ai pu signer un bail, manger autre chose que du riz et penser à moi.Pierre Fournier Quand l'esprit reprend le dessus Sa culture étendue et son esprit articulé font de Pierre Fournier une figure incontournable de la rue Laurier, où il vend L'Itinéraire.Avec dix ans d'expérience comme camelot, cet homme discret déploie aujourd'hui toute sa curiosité et son intellect au travail.Des trésors qu'il avait enfouis pendant plus de 20 ans sous le poids de la dépression.PAR THOMAS ETHIER Branché sur l\u2019actualité dès l\u2019âge de 14 ans, Pierre a rapidement été attiré par la politique, sous l\u2019inspiration de René Lévesque.«Cet homme a eu un énorme magnétisme sur moi.Dès 18 ans, je me suis engagé activement pour la souveraineté jusqu'à participer à des activités de financement», raconte l\u2019ancien membre du Parti Québécois.Une maladie paralysante Son aspiration de devenir délégué du parti s\u2019est rapidement évaporée.A 22 ans, la déprime a envahi son quotidien accompagnée d\u2019épisodes psychotiques et de médication, «y'avais des tics nerveux, j\u2019étais extrêmement anxieux : ma dépression a détruit ma confiance en moi, explique-t-il.Les effets secondaires des médicaments étaient sordides; j'avais le cerveau complètement chloroformé».Le jeune homme passionné de littérature, amateur de l\u2019existentialisme de Jean-Paul Sartre, espérait entrer à l\u2019université.La réponse de sa psychiatre a enfoncé le clou : il est impensable pour un dépressif chronique d\u2019entreprendre des études.«C\u2019est fou ce que cette femme a pu me faire; ses mots m'ont dévasté, affirme-t-il.Les médecins de l\u2019époque n'avaient pas une approche aussi humaine qu'aujourd'hui.» Le cerveau sur la glace Pierre a voulu s'effacer.Avant ses 30 ans, il a passé six mois dans la rue, avant de se mettre sur l'aide sociale.Avec un chèque de 365 $ par mois pour manger et se loger, il lui était impossible de s'investir pour se soigner et briser son isolement.«Won esprit était entièrement hypothéqué J\u2019étais constamment inquiet pour mon loyer et j'avais honte de ma situation», confie-t-il avec le recul de quelqu'un qui décrit une autre vie.Un beau jour, sans sauveur ni miracle, une lumière a percé le brouillard.«Aussi curieux que cela puisse paraître, c'est l'argent qui m\u2019a tiré du trou.À un certain moment, on a augmenté mon aide sociale, tout simplement.J'ai pu signer un bail, manger autre chose que du riz et penser à moi», explique-t-il.Remis sur pied, il a participé à divers programmes de réinsertion.Il a renoué avec l'écriture avec des chroniques pour le journal La mentalité, de l'organisme l'Échelon.Puis, son intérêt pour l'actualité l\u2019a attiré vers L'Itinéraire.«Je suis arrivé à L'Itinéraire par curiosité, pour sortir de l'anonymat et pour arrondir mes fins de mois.» Ces raisons simples résument la manière dont Pierre Fournier a cheminé pour sortir de sa coquille.L'argent et le contact humain, Pierre les apprécie aujourd'hui à leur juste valeur.«Tellement de gens s'isolent et ruinent leur santé à cause des problèmes d'argent, souligne-t-il avec lucidité.C'est une ressource indispensable, je l'ai bien vu à L'Itinéraire.Comme moi, plusieurs camelots ont commencé à vraiment aller mieux dès qu'ils se sont mis à travailler.» ¦ 15 novembre 2013 | ITINERAIRE.CA 3 NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ L'Itinéraire a pour mission de combattre la pauvreté et l'exclusion par le travail et une place en société.Notre organisme soutient et Fait travailler quelque 200 personnes par semaine.Le magazine est donc une entreprise d'économie sociale qui s'autoFinance.Mais son volet services sociaux comprend diFFérents programmes pour oFFrir de l'aide psychosociale, du soutien alimentaire et en logement ou encore des services adaptés aux jeunes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de Façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans les programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2 000 donateurs individuels et corporatiFs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! PARTENAIRES MAJEURS Canada Ville-Marie Montréal @ ZgTTELUS Québec oh QUÉBÉCOR [intact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est TÉLÉPHONE: 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR : 514 597-1544 SITE: WWW.iTiNERAiRE.CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef: Sylvain-Claude Filion Chef de pupitre Actualités: Marie-Lise Rousseau Chef de pupitre Développement social: Gopesa Paquette Coordonnatrice à la conception visuelle: Catherine Joannette Stagiaires à la rédaction: Philippe Lajeunesse et Catherine Martellini Collaborateurs: Thomas Éthier, Ursule Ferland, Geneviève Gagné, Éric Godin, et Denyse Monté Adjoints à la rédaction: Hélène Filion, Jean-Michel Frenette, Kevin Gravier, Emily Hill, Gabrielle Lauzier-Hudon, Julie Locas, Stefania Neagu, Lorraine Pépin et Louis-Charles Trudeau Photo de la une: Marianne Larochelle Révision des épreuves: Michèle Deteix, et Lucie Laporte Design et infographie du site Internet: Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière: 514461-7119 | renee.lariviere18@gmail.com Josée Poirier: 514 273-5002 | josee.poiher@itineraire.ca LE CONSEIL D'ADMINISTRATION Président: Stephan Morency Vice-président: Gabriel Bissonnette Trésorier: Yvon Brousseau Secrétaire: Serge Lareault Conseillers: Yvon Massicotte, Jean-Paul Lebel, Philippe Allard et Martin Gauthier L'ADMINISTRATION Directeur général: Serge Lareault Directrice générale adjointe: Sylvie Gamache sylvie.gamache@itineraire.ca Directrice du financement et des partenariats: Sylvie Bouchard Adjoint au développement social: Philippe Boisvert Responsable de la comptabilité: Duffay Romano Adjoints aux communications et financement : Shawn Bourdages Adjoints aux communications et relations de presse : Dorian Keller GESTION DE L'IMPRESSION TVA Studio 514 848-7000 Directeur général: Robert Renaud Coordonnatrice de production: André-Anne Gauthier IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO ! UbVKl rfutt Fondation du Grand Montréal FQIBPATtUft ^tm FONDATION ANDRÉ GAUTHIER ^ Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE\"1 £51 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal vlacapitale L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE @ÉL l\"PëE aMeq; Convention de la poste publication No 40910015, No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Canada ISSN-1481-3572 n lit charité : 13648 4219 RR0001 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.ABONNEZ-VOUS AU WWW.ITINERAIRE.CA ou par téléphone au 514597-0238 poste 231 Mots de lecteurs Je suis dessinatrice amateur et j'étudie en éducation spécialisée pour que plus tard, je puisse aider ces anges-là.Doina Hamurari Je tiens à féliciter tous les artisans de L'Itinéraire pour votre merveilleux travail ! Je proFite de l\u2019occasion poursaluerma camelot, Nicole,au métro Longueuil, avec qui j\u2019apprécie beaucoup discuter le matin.Nicole est timide, mais elle a une grande écoute et j'invite les usagers du métro de Longueuil à la découvrir et échanger avec elle.Isabelle B.Je marchais dans la rue puisj'ai découvert un ange.Dans l\u2019un de vos numéro il était écrit : «Mais pourquoi est-ce qu'un ange serait tout blanc avec des ailes ?Y pourrait pas être sale tout en puant les poubelles?» (MCJune) et je me suis rendue compte à quel point ce slammeur avait raison.Cet homme sur le dessin m'a énormément appris.C'est sûr que l'argent qu'il ramasse, la moitié va dans des substances illicites, mais il Faut comprendre que c'est ce qui le tient debout dans ce bas monde d\u2019injustice.Il n\u2019a rien demandé à personne, il veut juste vivre en paix.Un sourire c'est gratuit alors ceux qui me liront peut-être, sachez-le, un sourire Fait tellement du bien.La couleur des anges Parler avec Nicole SOMMAIRE 7 ACTUALITÉS\t 8\tROND-POINT 11\tLOUIS-JEAN CORMIER Plus que des chansons folles 14\tDOSSIER \tLES BANQUES ALIMENTAIRES EN MANQUE DE FONDS \t-\tMauvaise nouvelle : de plus en plus de «clients» -\tBonne nouvelle : \til existe des solutions 19\tAGRESSEURS ET VICTIMES 20\tFIN NOVEMBRE Quand l\u2019art dort dehors 23 LE CŒUR DE L'ITINÉRAIRE\t Les mots des camelots\t 35 CARREFOUR\t 33\tInfo RAPSIM 35\tSur les pas du Dr Julien 36\tMise au jeu 37\tCONSOMMATION 39 PANORAMA\t 41\tVIVRE 42\tLIVRES 43\tVIANDE À CHIEN Les Belles Histoires de Sébastien Dodge 44\tDÉTENTE 46\tFEU VERT À.MONIQUE PROULX Éloge de la richesse Précision Le titre d'un mot de camelot publié dans notre édition du 15 octobre 2013 pouvait portera confusion.Bob Bérubé, qui vit notamment en revendant des canettes et des bouteilles, voulait exprimer le souhait que notre société et nos gouvernements Fassent mieux afin que la consignation et le recyclage soientplusperformants.L'Itinéraire tient à préciser qu'en aucun cas, le texte visait des instances comme Recyc-Québec ou CONSIGNaction.Des lettres courtes et signées, svp! La Rédaction se réserve le droit d'écourter certains commentaires.Écrivez-nous à courrier@itineraire.ca LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour L'Itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamâche, directrice générale adjointe par courriel à sylvie.gamache@itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications. Ml »*V CONSIGNE C\u2019EST SUR U A Consigne C'EST SÙR! Les boites de consigne pour les entreprises sont GRATUITES jusqu'au 31 décembre 2013.5 En installant une boîte de consigne, vous faites un geste positif pour l'environnement.Et l'argent que vous récoltez de la consigne peut servir aux activités sociales de votre entreprise ou à un organisme charitable.ÔcoNSiGNaction.ca 1 877 CANETTE EDITORIAL Nouveau maire, besoins urgents Durant les semaines qui ont précédé le scrutin municipal du 3 novembre, on aura constaté que l'itinérance figure désormais parmi les neuf principaux enjeux électoraux au même titre que les transports, la famille, l'environnement ou les impôts fonciers.On peut appeler ça un progrès.Mais Denis Coderre se rappellera-t-il des engagements de sa plate-forme électorale?SYLVAIN-CLAUDE FILION | sylvain-claude.filion@itineraire.ca En fin de campagne, les propositions des quatre principaux candidats, pour exprimer leur volonté de lutter contre l\u2019itinérance, n\u2019avaient rien d\u2019impressionnant.Des vues floues, vagues et peu imaginatives.Comme «encadrer les ressources sur le terrain» (Mélanie Joly) ou «appu/ aux organismes de lutte contre l'itinérance pour obtenir plus de financement de Québec» (Richard Bergeron).L\u2019automne 2013 n\u2019aura pas été la saison des idées.La dernière étude à fournir des données précises sur l\u2019itinérance remonte à 1997 et estimait la population itinérante à 28 000 personnes.En 2005, le fédéral la chiffrait à 30 000.Combien sont-ils vraiment aujourd'hui?Probablement beaucoup, beaucoup plus.Selon le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qui publiait une lettre ouverte aux médias à quelques heures du vote, le nombre de nuitées prodiguées par les refuges pour hommes ont augmenté de 24 % depuis 2008.Du côté des refuges pour femmes, qui refoulent du monde chaque soir, on a récemment vu des taux d'occupation de 400 %, comme ce fut le cas à La rue des Femmes, où les itinérantes passent la nuit sur des paillasses de fortune à même le plancher.Avec 167 000 prestataires d'aide sociale et 273 0 00 ménages vivant sous le seuil de la pauvreté (29% de la population), la misère saute aux yeux à Montréal.La crise du logement est grave, l'ajout de logements sociaux, au cours de la dernière décennie, a été minime.Il est à espérer que le nouveau maire mettra rapidement en branle plusieurs des éléments figurant sur sa plateforme électorale.Les défis de Denis Coderre Équipe Coderre a clamé que sa priorité sera de créer une agence de développement social, qui détiendrait un siège clef au sein du conseil de Ville.Cette coordination des efforts pourrait contribuer à défendre les intérêts des centaines d'organismes oeuvrant auprès des plus démunis et dont la survie est menacée par la volonté du gouvernement Harper de détourner les sommes allouées au soutien social à la seule initiative du Housing First.Denis Coderre a aussi souligné le besoin criant de chiffrer l'itinérance à Montréal en évoquant la création d'une base de données.Ses adversaires ont aussi affirmé, en campagne, leur volonté de demander plus de financement de la part du gouvernement et il serait souhaitable que notre nouveau maire fasse sienne cette revendication.Bien sûr, beaucoup de boulot l'attend à l'Hôtel de Ville et il y a d'autres priorités espérées par les citoyens, comme l'assainissement des mœurs politiques et une meilleure gestion des travaux publics à l'heure où la ville n'est plus qu'un vaste chantier de construction embouteillé du matin au soir.Monsieur Coderre, on aimerait vous voir tenir vos promesses et faire vos représentations auprès du gouvernement du Québec, qui s'apprête à dévoiler, dans quelques semaines, sa nouvelle Politique nationale en matière d'itinérance.Vous avez aussi déploré la judiciarisation des itinérants.Dites-nous vite ce que vous entendez faire pour enrayer cette ineptie.Ces jours-ci, le mercure recommence à se balader sous zéro la nuit.Avec des refuges qui ne peuvent plus répondre à la demande, on va revoir des hommes et des femmes qui seront contraints de dormir dans la rue.L'itinérance doit impérativement figurer dans le top de vos priorités, Monsieur Coderre.Relancer une métropole qui en a bien besoin, c'est aussi mettre fin à la pire des injustices, qui donne une silhouette sombre à Montréal.15 novembre 2013 | ITINERAIRE.CA 7 PHOTO: PIERRE CREPO ROND-POINT PAR ÉRIC GODIN, PHILIPPE LAJEUNESSE, CATHERINE MARTELLINI ET MARIE-LISE ROUSSEAU 3questions à Jacques Frémont Nouveau président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.PAR PHILIPPE LAJEUNESSE Pourquoi vous être prononcé au sujet de la Charte des valeurs québécoises avant que le projet soit déposé?* La Commission n'est pas un acteur politique et ne peut pas se prononcer en ce qui concerne l'opportunité d'adopter une telle charte, mais elle peut en commenter l'idée.Certaines inquiétudes concernant les droits de la personne ont été soulevées et la Commission s'est occupée de faire part de ces inquiétudes au gouvernement ainsi qu'au public.Si la charte est adoptée, nous commenterons une fois de plus cette décision au nom des droits de la personne.La CDPDJ défend depuis longtemps la mise en place d\u2019une politique en itinérance.Maintenant que le processus est en marche, quel rôle jouez-vous dans l\u2019élaboration de cette politique?Lors du Forum de consultation sur le projet en juin dernier, la CDPDJ a rappelé ses recommandations.Elle avait démontré, exemples à l'appui, que les sans-abri de Montréal font l'objet d'un profilage social.La Commission rappelle que l'itinérance est un phénomène complexe dans ses causes et ses formes et doit faire l'objet d'une politique gouvernementale multidimensionnelle, fondée sur la réalisation des droits tels que les droits au logement, à la santé, à l'éducation, au travail et à des mesures sociales et d'assistance financière.Qu\u2019est-ce que votre entrée en fonction à la CDPDJ en juin dernier vous a apporté?Ça m'a donné l'opportunité de revenir au Québec.Après avoir vécu à travers le monde et avoir travaillé à New York pour la Open Society Foundation, ça fait du bien de revenir dans la belle province.En tant que fin connaisseur du domaine des droits humains, je trouvais intéressant d'attaquer le sujet d'un angle nouveau.*le projet de loi n'était toujours pas déposé au moment de mettre sous presse  vos marques, prêts, lisez! 125 autobus, 50 abribus, 45 bibliothèques participantes et 41 livres québécois.Des chiffres révélateurs d'un projet original : Lire vous transporte, lancé par les bibliothèques de la Ville de Montréal, la STM et l'Association des libraires du Québec dans le cadre de la Saison de la lecture de Montréal.Jusqu'au 10 janvier, les usagers de la STM pourront télécharger le premier chapitre d'un livre québécois en scannant son code QR qui se trouve dans les autobus, les abribus et certaines têtes de métro.Les lecteurs pourront ensuite accéder aux autres chapitres du livre en l'empruntant en version papier ou numérique dans une bibliothèque ou en l'achetant à ruedeslibraires.com.De quoi bien occuper son temps de transport! (CM) IN MEMORIAM PICOLO Le décès de Pierre «Picolo» Langevin, à l'âge de 37 ans, a fait beaucoup de vagues.Ce punk itinérant au visage savamment tatoué était bien connu des habitants du Plateau Mont-Royal.Un véritable autel à sa mémoire a été dressé devant l'épicerie Metro angle Mont-Royal et Fullum.Une page Facebook recueille les témoignages de tous ceux qu'il a marqués de sa vie sans concessions.Catherine Perrin en a parlé à son émission du matin et le quotidien The Gazette en a fait sa une.Le Plateau Mont-Royal a définitivement perdu un de ces enfants les moins banals.Il était bien connu des intervenants des organismes d'aide.Geneviève Labelle, intervenante à L'Itinéraire qui le connaissant depuis plusieurs années, témoigne : «La nouvelle de ton départ sur un bout de corde m\u2019a ravagé l'intérieur.pas seulement le mien, celui de plusieurs aussi.Picolo t'étais camelot depuis peu, mais la plupart des gens te connaissaient déjà et ils ont tous de bons souvenirs de toi.Pour moi, c\u2019était d'avoir un moment avec toi et de rire aux larmes même si ce dont on se parlait n\u2019était souvent pas très joyeux! Paix à ton âme, le guerrier.» 8 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2013 GODIN DANS LA RUE Oui à la diversité corporelle Petit ou grand, en forme de pomme ou de poire, aucun corps n'est parfait, c'est la différence qui rend beau et unique, mais la société présente encore un seul modèle de beauté.L'organisme ÉquiLibre vise à promouvoir un changement des normes sociales et à briser les clichés dans sa campagne Derrière le miroir.www.derrierelemiroir.ca Frédérique Dufort, porte-parole\t(MLR) de la campagne Derrière le miroir PHOTO: WWW.ZELIE.CA Un nouveau garage pour le band du Dr Julien Dans Hochelaga-Maisonneuve, un enfant sur deux n'a pas les outils nécessaires pour réussir à l'école.La fondation du Dr Julien espère remédier à la situation en relocalisant son Garage à musique au chalet Ovila-Pelletier situé dans le quartier.La première pelletée de terre des rénovations a été célébrée en octobre.Inoccupé depuis six ans, le chalet pourra accueillir un plus grand nombre de jeunes.Le Garage à musique donne aux enfants issus de milieux vulnérables la possibilité de découvrir l'étendue de leur potentiel par la musique.Ils y trouvent une chance de s'épanouir et d'acquérir les outils pour réussir à l'école et dans la vie.Qui sait, le prochain Mozart habite peut-être HoMa?(PL) - n Partenaires et donateurs, lors de la première pelletée de terre du projet de réaménagement du Garage à musique.Manger bio toute l\u2019année Les amateurs de légumes biologiques seront réjouis de savoir que les fermiers du réseau Équiterre, reconnus pour leur service de distribution de paniers bio, continueront à livrer de novembre à mars.Composés essentiellement de légumes racines et de conservation, les paniers d'hiver sont un excellent moyen de manger de bons produits et d'encourager l'agriculture locale tout au long de l'année.(PL) PWQIÆ\u2019 lfJL y 3 deny\tî zlwrihtres' - ¦ Cp fSïy nw h&ürr/5rttu Mf\th l r# et ct-I/fs qu/ rt&ttrrirent de L\u2019Itinéraire remporte des prix L\u2019Itinéraire a remporté le prix de la meilleure chronique de camelot au concours de la North American Street Newspaper Association (NASNA) - l'association des journaux de rue nord-américains - pour la chronique Maudit B.S.- Digne, Ding, Dope.de Jean-Marie Tison, parue dans l'édition du 1er juin 2012.Par ailleurs, la photographie de la couverture de notre édition du 1er février 2012 prise par Anne Marie Piette, sur laquelle on voit lanik tenir une rose pour illustrer un dossier sur les relations amoureuses dans la rue, s'est hissée en deuxième place dans la catégorie de la meilleure photo.Toutes nos félicitations à ces deux collaborateurs! (MLR) Le nombre 320 millions $ C'est la somme des investissements sur trois ans du plan «solidarité durable» du Parti Québécois dévoilé le 30 octobre.Cette somme servira entre autres à soutenir la mission de base des 5000 organismes communautaires du Québec et à entretenir leurs infrastructures.Des augmentations aux prestations d'aide sociale des personnes seules sont également prévues.(MLR) Le taxi-partage arrive en ville Le service de taxi-partage est maintenant disponible à Montréal.Sur le web ou votre téléphone intelligent, vous pouvez partager un trajet de taxi avec une, deux ou trois autres personnes, diminuant le coût de la facture tout en réduisant votre empreinte écologique, www.tjrs.org (MLR) 15 novembre 2013 | ITINERAIRE.CA 9 PHOTO : AMY FALLON/IPS ROND-POINT INTERNATIONAL PAR GOPESA PAQUETTE PHOTO:KABUGENYO États-Unis Total béton Le tout en béton pourrait être la nouvelle mode dans les logements abordables aux Etats-Unis.C\u2019est ce que voudrait John Agnitsch du Homeless Alliance à Oklahoma City, l\u2019instigateur d\u2019un projet de logements en béton pour personnes avec des problèmes de santé mentale.La construction d\u2019une habitation subventionnée pour les plus pauvres coûte environ 100000 $, mais se détériore rapidement lorsque ces habitants n\u2019ont pas les moyens d\u2019en financer l\u2019entretien.Ajoutez 30 000 $ pour faire le tout en béton et l\u2019habitation devient indestructible et pourra ainsi servir de toit pour des générations.Cela viendrait aussi pallier les coûts psychologiques de vivre dans un environnement délabré.(The Curbside Chronicle) Ces habitations en béton situées à Phoenix Arizona montrent que le béton n'est pas toujours déprimant.Allemagne Libre service Des volontaires berlinois font rouler une boutique où rien n\u2019est à vendre.Les visiteurs de la boutique Systemfehler (Erreur système) peuvent se servir sans avoir à payer ni échanger quoi que ce soit.L\u2019objectif est de larguer les idéaux capitalistes de succès et de profit pour souligner les bienfaits de la coopération, du partage et de la vie commune.Vous avez un objet dont vous n\u2019avez plus besoin ?Vous n\u2019avez qu\u2019à le déposer à la boutique pour qu\u2019un autre puisse en profiter.Quatre boutiques de la sorte ont pignon sur rue à Berlin et s\u2019intégrent à des projets d\u2019habitation commune.(Open Democracy) Ellen et David, membres actifs de la commune dans laquelle la boutique Systemfehler est intégrée.PHOTO: REBECCA ELLIOT SHIPPEE Diana Tulyanabo (gauche) et sa demi-soeur Helen Baleke (droite) au Rhino Boxing Club à Katanga.Bangladesh Troubler la paix Lorsque Helen Baleke a été attaquée à l\u2019âge de 16 ans par un homme à Kampala, elle a décidé d\u2019apprendre la boxe.Après trois semaines d\u2019entraînement, elle a confronté son assaillant.«Je voulais lui montrer que j'étais capable de me défendre», affirme la jeune boxeuse de 24 ans.Aujourd\u2019hui, elle a cumulé trois médailles lors de 14 combats et est parmi la poignée de boxeuses en compétition pour une première participation ougandaise en boxe féminine olympique aux Jeux de Rio de Janeiro en 2016.Plusieurs de ces femmes proviennent des bidonvilles de Katanga.Encore une fois, le sport devient une voie de salut pour les plus pauvres.(IPS) Plus de quinze ans après la signature d\u2019un accord de paix entre le gouvernement et les autonomistes Paharis des Chittagong Hill Tracts au Bangladesh, les principales concessions promises par l\u2019Etat n\u2019ont toujours pas été accordées.L\u2019armée reste en forte présence dans la région et aucune réforme effective des terres n\u2019a été implantée.Un rapportd\u2019Amnesty International dénonce la discrimination persistante à l\u2019égard des Paharis, les peuples autochtones du pays, qui sont pris entre l\u2019indifférence de l\u2019Etat et l\u2019influx croissant de migrants bangla-dais venant prendre refuge dans les hautes terres de la région.(Open Democracy) La région des Chittagong Hill Tracts reste moins développée que le reste du pays et sa hauteur la protège des inondations fréquentes dans les basses terres.- * PHOTO :ZIAULHOQUE Lltinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2013 Apôtre de 15 novembre 2013 | ITINERAIREsCA La nouvelle en a fait tomber plusieurs en bas de leur chaise : il sera un des coachs à La Voix.Entre les «c'est qui ça?» et les «maudit vendu!» criés de part et d'autre, il reste zen, même s'il est conscient que sa participation à cette émission le propulsera sur la sellette.D'ici la diffusion en janvier, Louis-Jean Cormier sera trop occupé pour se faire à l'idée que sa belle bouille sera vue par plus de deux millions de téléspectateurs à la messe cathodique du dimanche soir : sa tournée de spectacles le conduira jusqu'au Yukon et en Europe.Plus près de chez nous, il clôturera le festival Coup de cœur francophone les 17 et à l'église Saint-Pierre-Montréal.PAR MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTOS : MARIANNE LAROCHELLE \\w !\u2019 .Louis-Jean Cormier nous donne rendez-vous à son studio, situé au sous-sol du logement de son batteur dans le quartier Ahuntsic.Son laboratoire, comme il l'appelle, est plein à craquer d'instruments de musique et parsemé de quelques bouteilles de bière vides et d'un paquet de biscuits aux brisures de chocolat dont les deux côtés sont en français - cadeau qui lui a été bricolé en guide de clin d'œil à une blague qu'il raconte en spectacle sur le bilinguisme des paquets de biscuits.À l'étroit dans son studio, on s'installe plutôt sur le balcon arrière, question de profiter des derniers rayons du soleil d'automne.Il a le look et l'attitude d'un rockeur.Vêtu d'un t-shirt noir, ses lunettes de soleil vissées sur son nez tout au long de l'entrevue, Louis-Jean manifeste d'emblée son envie d'une petite «bouteille verte».Il n'en prendra la première gorgée qu'après 45 minutes d'entrevue.«Ça va noyer le chat dans ma gorge», dit-il, la voix un peu écorchée par son flot de paroles.Né pour la gloire Il en a long à dire, car il s'en est passé des choses depuis que Karkwa a pris une pause en 2011, après une année de fou qui a amené le groupe à tourner en Europe, à entendre sa chanson Le Pyromane dans un film produit par Julia Roberts et à gagner le prestigieux prix Polaris remis au meilleur album canadien de l'année.Le succès ne semble pas vouloir quitter Louis-Jean Cormier : Le treizième étage, son premier album solo, a reçu un accueil unanime, remportant le Félix du choix de la critique et balayant la soirée du 27 octobre dernier avec trois autres prestigieuses statuettes au Gala de l'Adisq.Sa prochaine étape?Conquérir les téléspectateurs de La Voix, concours de chant qui a fracassé des records de cotes d'écoute l'an dernier (voir encadré Le Normand Laprise de la chanson francophone?).Face à la notoriété qu'il acquerra, Louis-Jean reste vigilant, «je me positionne à la même C\u2019est fucké, comment on peut marcher sur la lune et il y a encore du monde qui crève dans la neige! \u2014y Le Normand Laprise de la chanson francophone?L\u2019annonce de «sa petite embardée télévisuelle» a fait couler beaucoup d\u2019encre à la fin de l\u2019été.Avouant ne pas être amateur de télévision - sauf pour le hockey et Les Chefs - Louis-Jean Cormier blague : «pourquoi ne pas être le Normand Laprise de la chanson francophone?» Plus sérieusement, La Voix représente pour lui un accès privilégié dans le salon de monsieur et madame Tout-le-Monde, ce que peu d\u2019artistes indépendants ont l\u2019occasion d\u2019avoir au Québec.«je souhaite depuis toujours qu\u2019on offre des oreilles à la chanson, en voilà l'occasion.» À ceux qui l\u2019accusent d\u2019être vendu à Québécor, il répond : «En 2013, la chanson souffre.Le boycott, ça n'aidera personne».La veille de notre entrevue, il rencontrait pour la première fois les autres coachs : Isabelle Boulay, dont il est très proche, Marc Dupré, «un gars hyper drôle» et Eric Lapointe, qui à sa grande surprise lui a dit «j'aime beaucoup ce que tu fais», nous dit-il en imitant la voix rauque du célèbre rockeur.Ses attentes face à La Voix?«Aucune autre que de me rendre au bout en un seul morceau avec le plaisir de le faire».À regarder dès janvier à TVA.12 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2013 place que j\u2019ai toujours été :je ne suis pas le plus marginal ni le plus populaire.» Louis-Jean s'explique en prenant l'exemple de Beck, un artiste qu'il admire.«// fait encore des affaires marginales même s\u2019il est rendu multimillionnaire.Mais dans la tête de certains mélomanes, un artiste doit être pauvre et quand il devient connu, il n'est plus bon.Des fois, on a envie de faire vivre nos enfants et d'avoir une sécurité d\u2019emploi comme tout le monde!», lâche-t-il, comme soulagé d'avoir craché le morceau.Le rôle de l'artiste Louis-Jean Cormier nous raconte le profond malaise qu\u2019il a éprouvé devant le contraste frappant entre la pauvreté et l\u2019extrême richesse qu\u2019il a vu à Beyrouth, au Liban, lors d\u2019une tournée.«De voir des Lamborghini dans la rue côtoyer des familles entières sur des charrettes.C'est choquant!» Le musicien qui se dit «apprenti poète» est très sensible au monde qui l\u2019entoure.À l\u2019occasion, des événements sortent de l\u2019ordinaire, frappent l\u2019imaginaire de l\u2019artiste et lui inspirent une chanson.Ce fut le cas pour Échappé au sort, de Karkwa, écrite en un jet au lendemain du décès d\u2019un itinérant en hiver.«Ça a été plus fort que moi.C'est fucké, comment on peut marcher sur la lune et il y a encore du monde qui crève dans la neige!» Louis-Jean Cormier aspire à mieux et tient à l\u2019exprimer dans ses chansons.Comme dans Un refrain trop long, qui commence ainsi : «L\u2019étau se resserre/Les rivières débordent/De mesures deguerre/De souvenirs d\u2019Octobre».La partisannerie?Très peu pour lui.Il affirme que ce n\u2019est pas le rôle de l\u2019artiste.Il reste néanmoins sensible à la tribune privilégiée qu\u2019il a; c\u2019est pourquoi il a été porte-parole de la dernière journée En ville sans ma voiture.Vocation : musicien Le père de Camille, sept ans, et d\u2019Edouard, trois ans, a toujours su qu\u2019il serait musicien.Son cousin est le fondateur du Festival en chanson de Petite-Vallée en Gaspésie.Adolescent, il y a rencontré ses futurs compères des Douze hommes rapaillés (Vincent Vallières, Martin Léon, etc.).Puis, étudiant en musique au Cégep Saint-Laurent, il a fondé Karkwa.En parallèle, il accompagnait déjà Laurence Jalbert en tournée.«C\u2019était facile comme choix, je ne suis pas bon dans le reste, je ne serais pas bon dans une shop, je ne suis pas manuel, malgré que j'aime ça.je pense que les gars, on a tous un petit feeling dans le rayon des perceuses au Canadian Tire!», lance-t-il en riant.Après 15 ans à gratter sa guitare et à chanter avec Karkwa, il œuvre présentement en solo, mais Louis-Jean Cormier reste un gars d\u2019équipe.Fidèle tant en amour qu\u2019en camaraderie, il s'apprête à enregistrer son deuxième album avec la même troupe de musiciens que pour Le treizième étage.«Là j'ai full de nouvelles chansons et je tripe», lâche-t-il, emballé comme un gamin, ajoutant que l'étape de finir l'écriture d'une chanson est ce qu'il aime plus que tout de son métier.«C'est jouissif!», lance-t-il, tout sourire.Gars de défis N'ayant pas assez de 24 heures dans une journée, le musicien de 33 ans travaille aussi sur un projet d'envergure avec l'Orchestre symphonique de Montréal : La symphonie rapaillée, dont les représentations auront lieu au printemps prochain.«C\u2019est un peu le maxi best-of des 24 chansons des Douze hommes rapaillés dans une facture symphonique.» Ce concert clôturera la magnifique aventure qui a transposé en chanson les poèmes de Gaston Miron et dont Louis-Jean Cormier a été le directeur musical et artistique.«Miron est devenu une sorte de guide spirituel», dit-il à propos du grand poète.Tous ces défis le stimulent au maximum, «je vais avoir de la misère à \"bien mourir\" tant que je n\u2019aurai pas fait une percée en Europe par exemple, il y a toujours quelque chose à assouvir».L'ambition de Louis-Jean Cormier n'a d'égal que son talent.En secondaire 2, il disait à un journaliste de son Sept-lles natal : «Moi je veux faire ça [de la musique] dans la vie et c'est ce que je vais faire».Vingt ans plus tard, il peut clamer haut et fort : mission accomplie! i Je me positionne à la même place que fai toujours été : je ne suis pas le plus marginal, ni le plus populaire.~ls- 15 novi Jiiec 15 novembre 2013 | ITINERAIRE.CA La Fois où il s'est senti le plus démuni «Avec Karkwa, on faisait une tournée en France et on avait des visas de travail pour jouer en Angleterre, mais une erreur s'est produite.En arrivant sur place, la douane nous a emprisonnés.On nous a accusés d'avoir voulu entrer illégalement sur le sol britannique pour travailler.C'était la totale : prise de nos empreintes digitales, confiscation de nos téléphones.On était tous fatigués, je me suis senti loin!» DOSSIER Les BANQUES ALIMENTAIRES en MANQUE DE FONDS La saison des guignolées commence dans quelques jours.Vous allez sûrement donner de l'argent ou des denrées non-périssables, mais malheureusement, cela ne suffira pas.Il faudrait organiser des guignolées à chaque mois de l'année.En 2012, au Québec, la moitié des banques alimentaires n'ont pas eu de denrées en quantité suffisante pour répondre à la demande.Parce qu\u2019en quatre ans seulement, 35 000 familles se sont ajoutées au triste club des foyers incapables de se nourrir convenablement, quelle que soit la provenance de leurs revenus.Cela peut sembler invraisemblable de constater qu'au Canada, un pays qu'on dit riche et envié sur la scène internationale pour sa qualité de vie, une famille sur 35 est contrainte de recourir aux services d'aide alimentaire pour se nourrir, et ce, pas toujours adéquatement.Analyse du problème et recherche de solutions.14 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2013 Mauvaise nouvelle : de plus en plus de «clients» Comment se Fait-il que dans une province aussi riche et prospère que la nôtre, de plus en plus de gens souffrent de la Faim?Devant la demande de dizaines de milliers de citoyens affamés, les banques alimentaires multiplient leurs efforts pour répondre au phénomène d\u2019envergure qu\u2019est l\u2019insécurité alimentaire.PAR PHILIPPE LAJEUNESSE accentué par la crise économique de 2008, serait la principale cause de l'insécurité alimentaire au Québec et au Canada.«Toutes les personnes qui se trouvaient dans les premières strates de la classe moyenne sont passées sous le seuil du faible revenu et se sont ajoutées aux gens déjà dans le besoin.Depuis la crise économique, environ 80 % des emplois offrent des salaires qui se situent en dessous du seuil du faible revenu.» Depuis 10 ans, le prix des aliments a augmenté de 30 % au Québec, tandis que le pouvoir d'achat moyen s'est élevé d'à peine 10 %.L'entrepôt de Moisson Montréal.Près de la moitié des banques alimentaires ont déclaré ne pas avoir de denrées en quantité suffisante pour répondre à la demande en 2012.Comme la roulotte de Dans la rue, les camions de Moisson se promènent dans nos villes en distribuant des denrées provenant de banques alimentaires aux gens dans le besoin.Pour de plus en plus d'individus, la faim est une réalité de tous les jours.Malgré le soutien d'un nombre important d'organismes, on remarque année après année une augmentation du nombre de personnes souffrant d'insécurité alimentaire.Vivant dans le doute, ces dernières ne savent jamais si elles auront la chance de manger à leur faim chaque jour.Une réalité pesante Le réseau des Banques alimentaires du Québec (BAQ) soutient et représente 18 membres Moissons qui approvisionnent quelques 1 064 organismes communautaires répondant à plus de 1,8 million de demandes d'aide alimentaire d'urgence par mois.Chaque mois, environ 430 000 demandes de provisions sont livrées de même que 475 000 collations et 940 000 repas sont servis.Le Bilan-faim Québec 2012 du réseau BAQ démontre l'ampleur du problème avec des données déconcertantes.Le taux de demande en aide alimentaire a augmenté de 17 % au Québec comparativement à l'an dernier et de 22 % depuis la crise économique de 2008.«Bien qu\u2019il puisse paraître surprenant de retrouver de tels résultats au Québec, il s\u2019agit de la réalité d\u2019un nombre trop élevé de Québécois.Cette augmentation année après année des personnes ayant recours à l\u2019aide alimentaire est inquiétante, mais démontre hors de tout doute à quel point le travail des membres des Banques alimentaires du Québec est essentiel», affirme Zakary O.Rhissa, directeur général des Banques alimentaires du Québec.Pourquoi autant d'insécurité alimentaire?D\u2019après Jean-Paul Faniel, directeur de la Table de concertation sur la faim et le développement social, le manque de revenu des Québécois, Jean-Paul Faniel, directeur de la Table de concertation sur la Faim et le développement social Pour ajouter au problème, le coût de la vie continue à augmenter et n\u2019est jamais ajusté en fonction des revenus des citoyens.«Depuis 10 ans, le prix des aliments a augmenté de 30 % au Québec, tandis que le pouvoir d\u2019achat moyen s\u2019est élevé d\u2019à peine 10 %.Avec une si grande différence entre les deux variantes, il est tout à fait normal qu\u2019une grande partie de la population ne puisse pas s\u2019offrir toute la nourriture dont elle a besoin pour survivre», insiste M.Faniel.Selon ce dernier, l\u2019effet d\u2019entraînement est un autre facteur à considérer.«Il y a toujours eu une certaine ?Qui a recours à l'aide alimentaire?Familles monoparentales 19,5 % Familles biparentales\t18,3 % Couples sans enfant\t11,5 % Personnes seules\t50,7\t% (SOURCE : RECENSEMENT 2012 DES BANQUES ALIMENTAIRES DU QUEBEC) 15 novembre 2013 | ITINERAIRE.CA 15 Cette augmentation, année après année, des personnes ayant recours à l'aide alimentaire est inquiétante.Zakary O.Rhissa, directeur général des Banques alimentaires du Québec ?gêne à aller chercher des dons de nourriture.Même si on en a besoin, on ne veut pas passer pour un quêteur ou un pauvre, mais quand on voit son voisin, ami, frère, sa sœur ou même un parent qui va se chercher des denrées gratuites, tout ça paraît plus normal et encourage plus de gens à demander de l'aide.» Le Bilan-faim 2012 démontre que plus de 60 % des utilisateurs de banques alimentaires ont comme seul revenu l'aide sociale.Elisabeth Germain, de la Coalition québécoise pour un Québec sans pauvreté, soutient que les prestations d'aide sociale québécoises ne couvraient que 54 % du coût des besoins alimentaires de base d'une personne seule.Imaginez alors si on parlait des besoins d'une famille entière! Manque de denrées Toujours selon le Bilan-faim, 47 % des banques alimentaires ont déclaré ne pas avoir de denrées en quantité suffisante pour répondre à la demande pendant l'année 2012.En réponse à ce manque, 67 % des ressources avouent ne pas avoir d'autre choix que de donner moins de produits par personne dans leurs paniers de Moisson.Johanne, responsable à la distribution des denrées à L'Itinéraire, explique que les paniers offrent souvent des produits plus ou moins nutritifs.«On n'a pas le choix de compléter à l'épicerie.Il y a rarement de la viande et des protéines dans les paniers.» Les gens qui n'ont pas les moyens pour se payer l'épicerie doivent se contenter des produits présents dans leur panier de Moisson.Selon la nutritionniste Isabelle Huot, ces produits ne sont pas susceptibles d'apporter tous les nutriments dont le corps humain a besoin pour avoir une alimentation équilibrée.Majoritairement constitués de craquelins de toutes sortes, de biscuits, de chips et de macaroni au fromage, les paniers distribués ne contiennent pas beaucoup d'éléments nutritifs et surtout aucune viande ou substituts de protéines.Obésité, maladies cardiovasculaires, cancers, problèmes articulaires, diabète, stress, faiblesses du La sécurité alimentaire «La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active.» (Source : Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale) L'aide alimentaire au Québec en 2012 155 574 personnes aidées 37,2% sont des enfants Une hausse de 22% par rapport à 2008 La province soi-disant la plus riche du Canada, l\u2019Alberta, voit les demandes d\u2019aide monter en flèche; un signe apparent des disparités dans le partage des richesses.Augmentation du taux d'aide alimentaire au Canada entre 2008 et 2012 y ¦ +59,4%\t- ^\t \t+S6.9V-\t \u201d J 1\t\t i ¦ - fil I* J .MF- T .1*** (SOURCE : BANQUES ALI MENTAI RES CANADA, MARS 2012) 16 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2013 système immunitaire.Une mauvaise alimentation peut avoir des conséquences graves sur la santé.«Le problème, c'est qu'avec toutes ces nouvelles personnes qui ont recours aux banques alimentaires, les denrées se font de moins en moins nombreuses», ajoute Jean-Paul Faniel.Aussi, parallèlement à la hausse de la demande en dons, les méthodes d'inventorisation des aliments sont de plus en plus sophistiquées.Les codes à barres permettent aux compagnies de mieux gérer leurs stocks, donc de compter moins de pertes.Conséquemment, moins de dons sont faits aux banques alimentaires et moins de produits sont disponibles pour les gens qui n'ont rien à se mettre sous la dent.Un droit fondamental bafoué Après la critique récente de l'ONU au sujet du problème d'alimentation qui frappe le pays de plein fouet depuis quelques années, on se demande encore pourquoi autant de gens subissent la faim (voir encadré Critique de l'ONU; réaction des Conservateurs).Pourtant, le Canada est considéré comme un pays riche et autonome, mais le nombre de personnes ayant recours à l'aide alimentaire y a augmenté de près de 30 % depuis 2008.Olivier de Shutter, le rapporteur spécial des Nations Unies a donné son avis à propos du problème lors d'une discussion avec les instances gouvernementales canadiennes : «C\u2019est vrai qu'il n'y a pas de famine au Canada, mais tout de même quel scandale de voir que dans un pays riche, un pays envié de tous pour sa qualité de vie, on compte encore deux millions et demi de personnes qui sont dans une situation d'insécurité alimentaire dont plus de 800 000 qui ont recours aux banques alimentaires chaque mois.» Selon ce dernier, le droit à l'alimentation, qui fait partie de la Charte internationale des droits de l'homme, a été mal interprété par les pouvoirs gouvernementaux.«Contrairement à PHOTO: E G O PESA PAQUETTE «On n'a pas le choix de compléter à l'épicerie.Il y a rarement de la viande et des protéines dans les paniers», dit Johanne, responsable à la distribution des denrées à L'Itinéraire qu'on voit ici avec le contenu d'un panier hebdomadaire de Moisson Montréal.ce qu ils semblent croire, ce nest pas seulement pour la symbolique qu'il existe un tel droit.Le gouvernement du Canada et du Québec devraient prendre les moyens nécessaires pour que ce droit fondamental soit respecté à 100 %.» ¦ Critiques de l'ONU; réaction des Conservateurs C\u2019est avec mépris que le gouvernement conservateur a répondu au constat préliminaire du rapporteur spécial Olivier de Schutter concernant le problème d\u2019insécurité alimentaire qui perdure au Canada.Selon lui, il serait temps pour le Canada de disposer d\u2019une stratégie nationale en alimentation.Sa critique sévère a été mal reçue par les Conservateurs qui croient que de s\u2019en prendre au Canada, un pays riche et autonome, est une perte d\u2019argent.Ils sont même allés jusqu\u2019à s'attaquer personnellement à Schutter en le traitant «d'intellectuel mal éduqué et de condescendant».Principale source de revenu des ménages ayant recours à l'aide alimentaire Emploi _______________________ 8,1 % Assurance-emploi (chômage) _ 4,8 % Aide sociale__________________ 68,8 % Pension d'invalidité (solidarité sociale)___________ 1,8\t% Régime d'invalidité privé_____ 0,8 % Pension de vieillesse___ _____5,5 % Prêts et bourses (étudiants)__ 5,8 % Aucun revenu_______ __________1,5 % Autre_________________________ 2,8 % Plus de 8 % des personnes ayant recours à l'aide alimentaire occupent un emploi, ce qui en dit long sur la précarité des salaires dans le monde du travail.(Source : Recensement 2012 des banques alimentaires du Québec) 15 novembre 2013 | ITINERAIRE.CA 17 Bonne nouvelle : il existe des solutions Les banques alimentaires devraient être des services d\u2019urgence.Malheureusement, l\u2019urgence est devenue la routine de plus en plus de gens; symptôme d'une problématique qu'il Faut attaquer simultanément sur tous les Fronts.PAR CATHERINE MARTELLINI Denis Bourque, proFesseur en travail social à l\u2019UQO et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire Des solutions à petite échelle existent et permettent aux personnes en situation d\u2019insécurité alimentaire de ne pas «seulement être des objets d'intervention, mais des acteurs du changement», insiste Denis Bourque, professeur en travail social à l\u2019UQO et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire.Il faut intégrer ces personnes aux discussions pour trouver des solutions adaptées.Les cuisines collectives constituent selon lui un bel exemple de responsabilisation qui donne aux personnes concernées les outils pour s\u2019en sortir.Plus il y aura mobilisation des acteurs sociaux, plus la pression sera grande pour ajuster les politiques publiques.Une autre solution directe très efficace résiderait dans une meilleure accessibilité aux services.Le programme Bonne Boîte Bonne Bouffe de Moisson Montréal rend accessible à une population vulnérable ou à faible revenu des fruits et légumes de qualité A1, à juste prix.Selon Jonathan Rodrigue, directeur de la Liaison communautaire à Moisson Montréal, «/e programme responsabilise les personnes parce quelles doivent payer pour la boîte».Elles obtiennent également un bulletin d\u2019information qui comprend des recettes et des renseignements sur les produits.Le programme tente aussi de favoriser le développement de points de service dans les «déserts alimentaires» où des personnes ne peuvent peu ou pas s'approvisionner en fruits et légumes frais.Zakary O.Rhissa, directeur général de Banques alimentaires du Québec, mentionne que le gouvernement pourrait établir des incitatifs fiscaux pour les agriculteurs qui choisiraient de donner leurs récoltes au lieu de les perdre.Selon lui, une meilleure cohésion entre les organismes communautaires aiderait également à ne pas travailler chacun de son côté, mais à trouver une façon organisée pour rendre les produits accessibles.«Plus il y aura mobilisation des acteurs sociaux, plus la pression sera grande pour ajuster les politiques publiques de manière à ce qu'elles agissent sur les causes du problème», ajoute Denis Bourque.Augmenter les revenus Tous s'entendent sur un point : une solution directe au problème consisterait à augmenter les revenus des utilisateurs de ces services de dépannage, que ce soit par l'aide sociale, les logements sociaux ou le salaire minimum.Les services de S Jonathan Rodrigue, directeurde la Liaison communautaire à Moisson Montréal banques alimentaires n'auraient alors plus qu'à régler les urgences.Il faut surtout éviter de faire «un pas en avant, puis un autre en arrière» comme il a été le cas avec la réduction des prestations d'aide sociale annoncée récemment, souligne M.Bourque.Interrogée sur la question, la ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Véronique Hivon, mentionne que le gouvernement prévoyait mettre en place avant le printemps prochain deux politiques et plans d'action qui agiront «en amont afin de donner aux gens les outils nécessaires pour éviter qu'ils tombent dans la pauvreté et aient besoin de recourir à ces banques de dépannage».L'une s'attaquera aux déterminants de la santé, notamment au logement et à l'emploi et l'autre, aux causes de l'itinérance en favorisant les activités qui privilégient la responsabilisation des personnes, telles que les cuisines collectives.À plus grande échelle, Jean-Paul Faniel, directeur de la Table de concertation sur la faim et le développement social du Montréal métropolitain, insiste sur l'importance d'établir des ententes internationales visant à stabiliser les prix des denrées de base.Cette avenue requiert la volonté des gouvernements de s'attaquer à ce gros morceau, volonté qui doit être «forcée» s'il le faut par la pression des acteurs sociaux.La problématique du recours aux banques alimentaires est complexe.Pourtant, de nombreuses solutions existent, que ce soit sur le plan local, national ou international.Non seulement une mixité des approches est à privilégier, mais elles sont complémentaires et donc, indissociables.¦ 18 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2013 PHOTO : GENEVIEVE GAGNE AGRESSEURS ET VICTIMES Lise Lalonde, 6000 rencontres et un livre plus tard Dès ses débuts comme intervenante au Chaînon en 1984, Lise Lalonde était bouleversée par le nombre de Femmes victimes de violence qu\u2019elle rencontrait.PAR GENEVIÈVE GAGNÉ Lise Lalonde, intervenante sociale au Chaînon.Les agresseurs et leurs victimes: Les troubles physiques et psychologiques qu'engendre ce fléau, par Lise Lalonde, Performance Édition, 186 pages.«Je les voyais arriver dans le centre d'hébergement avec des fractures de clavicules, des cheveux arrachés, des points de suture sur tout le corps.C\u2019était tout aussi pire pour leurs enfants: ils avaient des brûlures, des bleus, des hémorragies.C'était traumatisant!» Ce qui la préoccupait encore plus, c\u2019était le manque de connaissance autour du sujet de la violence en général.Personne n\u2019osait aborder la question directement.Elle a donc décidé de faire ses propres recherches en documentant ses séances d\u2019intervention.Après plus de 6 000 rencontres avec victimes et agresseurs de tous sexes confondus, elle peut maintenant se définir comme une experte en la matière.Mais elle avoue candidement qu\u2019au départ, ses recherches qui se sont conclues en livre, avaient un but tout à fait égoïste : «Je voulais me protéger si un jour je vivais la même chose.» Elle espère maintenant que son livre Les agresseurs et leurs victimes : Les troubles physique et psychologique de ce fléau en aidera plusieurs.Madame Lalonde, comment votre livre peut-il aider les victimes?Elles seront capables de comprendre l\u2019évolution de la violence.Une victime qui lira les signes du début du cycle de la violence se reconnaîtra.Elle comprendra que si le début est vrai, ce qui suit le sera aussi.Par exemple, si je parle de meurtre à la fin du cycle, elle se dira «ça pourrait m\u2019arriver».Et les agresseurs?C\u2019est la même chose, ils pourront voir les deux côtés de la médaille.Ils comprendront ce qu\u2019ils font à leurs victimes II faut parler de prévention et donner des moyens aux personnes de se reconnaître dans des situations de violence.et ce qu\u2019ils ont vécu de leur propre agresseur, parce que tous les agresseurs ont déjà été des victimes.Le chapitre le plus difficile pour eux est celui des enfants victimes, car ils risquent de revivre ce qui leur est arrivé lors de la lecture.Y a-t-il de l\u2019espoir de s\u2019en sortir comme agresseur ou comme victime?Je suis convaincue que oui.Il est temps de changer de discours dans les médias et dans les écoles.Il faut parler de prévention et donner des moyens aux personnes de se reconnaître dans des situations de violence et surtout, leur dire qu\u2019il y a espoir de s\u2019en sortir.Votre livre peut-il être utile à la population en général?Mon livre s'adresse à tout le monde.Je fais de l'information, de l'éducation et de la prévention.En 30 ans de travail comme intervenante, j'ai constaté l'ampleur de la violence.C'est pour cette raison que je traite le sujet dans sa globalité et que j'aborde des enjeux aussi variés que la violence familiale, conjugale, en milieu de travail, entre voisins, la rage au volant, l'intimidation dans les écoles, etc.Mais la violence conjugale prend toute la place dans le discours public.On ne parle pas de la violence psychologique, on ne fait pas de prévention.Tous ceux qui demandent des services dans les maisons d'hébergement sont en phase terminale du cycle.Mon but est d'expliquer le début de cycle de violence pour éviter à un maximum de gens de se rendre à cette phase terminale.Après ce livre, quels sont vos projets pour le futur?Je voudrais ouvrir un centre spécialisé en violence et créer une équipe multidisciplinaire où il y aurait un intervenant en toxicomanie, un autre en santé mentale, des mas-sothérapeutes, et d'autres spécialisés en itinérance.En fait, j'espère que mon livre va allumer des gens qui se rendront compte du manque de services dans ce milieu et qui décideront d'en créer.¦ 15 novembre 2013 | ITINERAIRE.CA 19 De l'art pour sauver le monde Du 21 au 24 novembre prochain, la place Émilie-Gamelin sera transformée en véritable espace créatif humanitaire à l\u2019occasion de l\u2019événement Fin Novembre.Une foule d\u2019activités et de prestations artistiques plongera le centre-ville dans une atmosphère de solidarité et de conscientisation par rapport à la réalité des sans-abri de Montréal.PAR PHILIPPE LAJEUNESSE C'est en donnant la chance aux sans-abri de participer à un projet d'une aussi grande envergure qu'on pourra les aider à se sortir de l'exclusion sociale dont ils sont très souvent victimes.Annie Roy C\u2019est avec fébrilité que les membres de l\u2019ATSA (Association Terroriste Socialement Acceptable) se préparent pour la troisième édition de Fin Novembre.Comme tous les autres événements de l\u2019ATSA, organisme fondé en 1997 par le couple d\u2019artistes Annie Roy et Pierre Allard, on utilise l\u2019art sous toutes ses formes pour promouvoir une plus grande justice sociale.«Faire des événements d'art qui dénoncent les imperfections de notre société, c'est notre manière de changer le monde petit à petit», explique Annie Roy.La thématique de cette année?Dormir dehors! Les installations et performances artistiques qu\u2019on verra refléteront la réalité du sommeil des sans-abri.Elles porteront à réfléchir à propos de notre propre confort.Tout est pensé de manière à ce que les créations artistiques de Fin Novembre soient porteuses de messages.«La programmation de Dormir dehors sera haute en couleurs», promet Annie Roy.Avec l\u2019aide de bénévoles et la contribution de plusieurs partenaires comme la Ville de Montréal, les Conseils des arts canadien, québécois et montréalais et Patrimoine Canada, l\u2019ATSA a réussi une fois de plus à organiser un événement de taille, à la fois mobilisateur et divertissant.Programmation multidisciplinaire «Des matelas accrochés à une sorte de bras télescopique formant une étoile dans le ciel formeront notre installation principale.Sur cette étoile faite de matelas sera projeté un film montrant un itinérant qui dort dans la rue.Pour faire honneur aux 50 ans du film culte Sleep d'Andy Warhol, on présentera un long-métroge mettant en vedette un dormeur, mais dans ce cas, un sans-abri», raconte Mme Roy.En plus de faire honneur au film de Warhol, l\u2019installation se veut une manière de projeter dans le ciel nos stars de la rue et par le fait même, d\u2019évoquer les rêves brisés par la réalité des personnes sans-abri.Pour accompagner la projection vidéo, un diaporama continuel de photos de sans-abri dormant dans la rue défilera sur des écrans éparpillés sur le site.«71 vec ces images lourdes, on tente de démontrer que d'avoir à dormir dehors en plein hiver ce n'est pas normal, même pour les plus pauvres», ajoute-t-elle.En plus de ces deux installations principales, Annie Roy annonce une programmation artistique diversifiée axée sur le thème du réconfort : «Des artistes seront sur place pour interagir avec le public.Le collectif Angora s'occupera de coudre une courtepointe géante avec l'aide du public.Le groupe Exeko fera de la médiation culturelle avec les gens de la rue pendant que le groupe d'artistes Garbage Beauty fera de l\u2019art sur des fauteuils blancs dispersés sur le site pour l'occasion.» En musique, Dom Lebeau, Paul Cargnello, Pascale Ducourt, Chemin de fer et plusieurs autres animeront la foule à partir de 20 h chaque soir.En théâtre, Toxique Trottoir et ses matantes militantes seront sur place pour conscientiser le public de manière humoristique.A 21 h 30, des poètes s'exécuteront sur les fauteuils peints par Garbage Beauty, toujours en mettant en relief la notion du sommeil, des rêves et du confort des uns et des autres.«La programmation contient aussi un volet humanitaire», poursuit Mme Roy.Des repas seront servis deux fois par jour et des vêtements chauds seront distribués aux personnes dans 20 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2013 PHOTOS: MARTIN SAVOIE nr J I t : - Vf le besoin.À travers tout cela, les sans-abri ont la possibilité de s'impliquer dans l'événement en devenant médiateurs sociaux.D'après la cofondatrice de l'événement, «c\u2019est en donnant la chance aux sans-abri de participer à un projet d'une aussi grande envergure qu'on pourra les aider à se sortir de l\u2019exclusion sociale dont ils sont très souvent victimes.» Près de deux décennies de conscientisation à saveur artistique Dès ses débuts en 1998, l'ATSA prend la justice sociale à cœur et inclut ce concept dans ses présentations artistiques.«Quand l'organisme a vu le jour, on entendait souvent aux nouvelles que les banques faisaient un profit faramineux pendant que d un autre côté, les refuges pour sans-abri avaient des besoins incroyablement grands.La disparité entre le profit des uns et les besoins des autres nous a donné l'idée de créerla première pièce d'art signée ATSA : La banque à bas», raconte Annie Roy.Pendant deux mois, un faux guichet automatique fait à partir de cuisinières modifiées se trouvait devant le Musée d'art contemporain de Montréal.Cette installation permettait aux sans-abri d'y déposer leurs vieux vêtements et d'en retirer des chauds.Plus de 15 000 $ de vêtements ont ainsi été distribués.Plus tard dans la même année, IATSA se fait ensuite connaître d'avan-tage avec la création de l'événement État d\u2019urgence.L'événement se voulait une sorte de dortoir temporaire sur la place Emilie Gamelin, où les sans-abri pouvaient séjourner et où des performances artistiques de toutes sortes étaient présentées.Malheureusement, le manque de soutien financier de Patrimoine Canada a obligé IATSA à transformer l'événement.À partir de 2010, État d\u2019urgence est devenu Fin Novembre.«La formule est la même, mais le manque de fonds nous empêche de rester ouvert pendant la nuit», résume Mme Roy.Des milliers de personnes assistent chaque année à l'événement qui prend de l'ampleur à chaque édition.Pour plus de détails à propos de Fin Novembre, rendez-vous sur la page web de IATSA : www.atsa.qc.ca ¦ L- * L- L'édition 2012 de Fin Novembre, un événement à la fois créatif et humanitaire.Annie Roy et Pierre Allard ont fondé l'ATSA en 1997.Ils utilisent l'art pour promouvoir une plus grande justice sociale.15 novembre 2013 ITINERAIRE.CA 21 L~z dû* ts4* U* ÿts-fe dt
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