L'itinéraire, 1 janvier 2013, mardi 15 octobre 2013
[" Faisons payer lé's'pauvres / k ê I r 1.\tr Volume XX, n' 20 Montréal, 15 octobre 2013 www.itineraire.ca MAUDE GUERIN: DÉ PRtSTANCE ET DE PASSION ELECTIONS MONTRÉAL ZOOM SUR GILLES BÉLANGER FEU VERT A SŒUR ANGÈLE , i i Qj\t \tTri* J 'SiX\t> £H| \t Bijouterie Horlogerie o Librairie Ecriture et Cie Chocolaterie G o cliva Cadeaux Visitez notre site web! © Berri-UQAM, Tél.: 514 845-5243 505, rue Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2L 2C9 info@parchemin.ca PI ace des Arts, Tél.: 514 849-8333 175, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal (Québec) H2X 1Z8 bijouterie@parchemin.ca GRAND RASSEMBLEMENT JE SOUTIENS LE COMMUNAUTAIRE OCTOBRE 2013 TRANSPORT (JE MONTRÉAL Départ à 8h00.Détails et l\u2019inscription : autobus@riocm.ca / 514-277-1118 AUTRES INFORMATIONS: www.jesoutienslecommunautaire.org JeSoutiensLeCommunautaire La Table et la CTROC invitent tous les secteurs de l\u2019action communautaire autonome à se joindre à ce rassemblement festif en portant leurs couleurs et leurs revendications.Rendez-vous le 24 octobre, Place Georges V (face au manège militaire) à Québec à 11 h30.Unis pour être mieux reconnus et financés ! Ensemble, marchons pour l\u2019action communautaire autonome ! http://www.parchemin.ca PHOTOS: GOPESA PAQUETTE ZOOM SUR Gilles Bélanger Un homme au grand cœur «L'Itinéraire, un bon journal pour une bonne cause».Voici la phrase que Gilles Bélanger lance, depuis 16 ans, aux passants qui circulent au Complexe Desjardins avec toujours autant de passion.PAR THOMAS MARTEIL J'adore les gens, j'aime parler avec eux, les faire rire.De temps en temps, je vais dîner avec eux.Gilles Bélanger adore son métier.Même s\u2019il concède que les débuts ont été difficiles, il a réussi à se créer une clientèle au fil du temps.Certes, il le doit au magazine qu\u2019il vend, mais aussi, et surtout, grâce à sa personnalité.Gilles est un homme toujours souriant, gentil et accueillant qui adore rencontrer et parler aux gens.C\u2019est ainsi qu\u2019il a su tisser des liens avec ses clients, au point de devenir ami avec plusieurs d\u2019entre eux.«l'adore les gens, j'aime parler avec eux, les faire rire.De temps en temps, je vais dîner avec eux, c'est toujours bien agréable», dit-il.Gilles est un être attachant.Tout le monde du Complexe l\u2019apprécie.Il nous raconte même que des clients s'inquiètent quand il ne vient pas vendre le magazine.Ils ont peur qu'il lui soit arrivé quelque chose.Il a rencontré beaucoup de monde depuis qu'il travaille à cette place et est ému de voir que des personnes se soucient de lui comme ça.L'un des moments qui l\u2019a ému le plus est quand son fidèle ami Albert Grandmaison est décédé.Il a eu beaucoup de mal à faire son deuil, mais plusieurs de ses clients lui ont apporté leur soutien et ça l\u2019a beaucoup aidé.«Ce soutien moral et affectif m\u2019a montré que je n'étais pas tout seul.La pensée est toujours présente, mais il y a d'autres personnes autour de moi», raconte-t-il.Il tient d'ailleurs à remercier ces lecteurs et lectrices fidèles.«Je les considère comme ma famille.» Un passionné de sport Gilles Bélanger est un féru de sport.Le sport américain en particulier.Il suit religieusement le baseball, le football et le hockey.Il y environ deux ans, Gilles a reçu un billet pour aller au Centre Bell.C'est une de ses lectrices qui le lui avait offert.C'était la première fois qu'il y allait et il a adoré, d'autant plus que ces deux équipes favorites s'affrontaient ce soir-là.«C'était un match du Canadien de Montréal contre les Penguins de Pittsburgh.C\u2019était génial, l\u2019ambiance était folle, se souvient-il.C'est là que tu t\u2019aperçois que ce n'est pas du tout pareil que de voir une game d la télé.» Gilles croit aux chances du Canadien pour enfin remporter une nouvelle Coupe Stanley: «Ils ont une bonne équipe cette année, j\u2019espère que ça bien aller.» Au baseball, il aime les Pirates de Pittsburgh et les Mets de New York.En ce qui a trait au football, ce sont les Steelers de Pittsburgh et les Jets de New York.«J\u2019espère vraiment que l\u2019une de ces équipes remportera leur championnat respectif », lance le camelot.Gilles Bélanger aime également beaucoup la musique.Ces chanteurs et chanteuses préférés sont Garou, Nicolas Ciccone, Marie-Mai et Mireille Mathieu.«Mireille a une voix tellement magnifique, elle m'emporte quand je l\u2019écoute», confie notre ami à la casquette.Il conclut cette rencontre en laissant un petit mot pour sa clientèle: «Je tiens à remercier mes lecteurs et lectrices, je les aime beaucoup.Je leur souhaite la joie, l'amitié et le partage.» ¦ 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 3 NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ L'Itinéraire a pour mission de combattre la pauvreté et l'exclusion par le travail et une place en société.Notre organisme soutient et Fait travailler quelque 200 personnes par semaine.Le magazine est donc une entreprise d'économie sociale qui s'autoFinance.Mais son volet services sociaux comprend diFFérents programmes pour oFFrir de l'aide psychosociale, du soutien alimentaire et en logement ou encore des services adaptés aux jeunes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de Façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans les programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2 000 donateurs individuels et corporatiFs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! PARTENAIRES MAJEURS Canada Québec\"\" Ville-Marie Montréal @ -sC T ELU S [intact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est TÉLÉPHONE: 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR : 514 597-1544 SITE: WWW.iTiNERAiRE.CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef intérimaire: Sylvain-Claude Filion Chef de pupitre Actualités: Marie-Lise Rousseau Chef de pupitre Développement social: Gopesa Paquette Coordonatrice à la conception visuelle: Catherine Joannette Infog raphe: Christiane Séguin Stagiaires à la rédaction: Ursule Ferland etThomas Éthier Collaborateurs: Geneviève Gagné, Éric Godin, Thomas Marteil etDenyse Monté Adjoints à la rédaction: Hélène Filion, Jean-Michel Frenette, Kevin Gravier, Emily Hill, Gabrielle Lauzier-Hudon, Julie Locas, Stefania Neagu, Lorraine Pépin et Louis-Charles Trudeau Photo de la une: Pascal Dumont Révision des épreuves: Michèle Deteix et Lucie Laporte Design et infographie du site Internet: Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière: 514461-7119 | renee.lariviere18@gmail.com Josée Poirier: 514 273-5002 | josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D'ADMINISTRATION Président: Stephan Morency Vice-président: Gabriel Bissonnette Trésorier: Yvon Brousseau Secrétaire: Serge Lareault Représentant des camelots: Jean-Marie Tison Conseillers: Yvon Massicotte, André Malouin, Philippe Allard et Martin Gauthier L'ADMINISTRATION Directeur général: Serge Lareault Directrice générale adjointe: Sylvie Gamache sylvie.gamache@itineraire.ca Adjoint au développement social: Philippe Boisvert Responsable de la comptabilité: Duffay Romano Adjoints aux communications et financement : Shawn Bourdages et Dorian Keller GESTION DE L'IMPRESSION TVA Studio 514 848-7000 Directeur général: Robert Renaud Coordonnatrice de production: André-Anne Gauthier IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO muvtft IÉGÏR FONDATION ANDRÉ GAUTHIER jjjN .HQlTTÉ Fondation du Grand Montréal LîMSllÜlr.^ Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE\"1 £51 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal vlacapitale L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE [H1!L Insp BE ^BE££ Convention de la poste publication No 40910015, No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Canada ISSN-1481-3572 n lit charité : 13648 4219 RR0001 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.ABONNEZ-VOUS AU WWW.ITINERAIRE.CA ou par téléphone au 514597-0238 poste 231 Mots de lecteurs Un gars super fiable Il s'appelle Stéphane Beaudin.Il distribue L'Itinéraire au métro Honoré-Beaugrand.Nous avons eu le plaisir de l'engager l'été dernier pour peindre tout le Fer Forgé de notre complexe de condos à Verdun.Il a Fait la job admirablement.Tous les jours sans pluie du 30 mai au 1er juillet, il s'est activé sans relâche.Son travail était impeccable et sa bonne humeur inFaillible.Son respect et sa retenue nous ont ébahies.On s'est attachées à lui.Il venait et repartait en métro.On lui a Fourni le matériel nécessaire.Et son tariF horaire était hautement compétitif On a entendu parler de Stéphane parune collègue de travail qui prend le métro à la station Honoré-Beaugrand et qui le trouvait vraiment sympathique.Stéphane avait glissé une carte d'aFFaire dans le numéro de L'itinéraire qu'elle lui avait acheté.Nous l'avons contacté rapidement, parce que nous étions justement désespérées de trouver quelqu'un de Fiable et proFessionnelà un tariF raisonnable.Stéphane Beaudin est un peintre en bâtiment qualiFié, mais nous avons pu voir qu'il est aussi versatile et dorénavant, nous penserons toujours à lui pour Faire des travaux en tout genre, que ce soit de l'entretien ou des réparations.Engagez-le, c'est une perle rare! Isabelle Carreau et Huguette Therrien Verdun mnij+iu.m.iui Un gros merci à L'Itinéraire qui nous permet d'aider les gens de Façon plus concrète et qui apporte un réel support aux gens qui sont dans le besoin.Je trouve dîFFicile de côtoyer l'itinérance à presque tous les jours, sans trop savoir quoi Faire concrètement.Mais grâce à L'itinéraire, je peux aider à ma Façon et ça me Fait du bien de savoir que le petit don que je Fais aidera réellement des gens.Merci! Stéphanie Beaupré Repentigny NDLR: Ce mot accompagnait un don de 50 $ pour l'achat de dix cartes-repas.Des lettres courtes et signées svp! La Rédaction se réserve le droit d'écourter certains commentaires.Écrivez-nous à courrier@itineraire.ca , *| J* '\u2018ut* tK SOMMAIRE 7 ACTUALITÉS 8 ROND-POINT 11 MAUDE GUÉRIN De prestance et de passion 14 DOSSIER FAISONS PAYER LES PAUVRES! 18 DOSSIER ÉLECTIONS MONTRÉAL 23 LE CŒUR DE L'ITINÉRAIRE Les mots des camelots 35 CARREFOUR 33 InfoRAPSIM 35\tSur les pas du Dr Julien 36\tL'ACEF: Combattre l'endettement 37\tCONSOMMATION 39 PANORAMA 40\tMontréal, croquée par les camelots 41\tVIVRE 42\tLIVRES 43\tLa magie n'est pas rose 44\tDÉTENTE 46 FEU VERT À.SŒUR ANGÈLE Ma recette du bonheur LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour L'Itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamâche, directrice générale adjointe par courriel à sylvie.gamache@itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.x Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications. COMPTER SES VERRES, CE N\u2019EST PAS LA MER À BOIRE.Les recherches scientifiques sont claires: les femmes devraient limiter leur consommation d'alcool à 2 verres par jour et à 10 par semaine ; les hommes à 3 verres par jour et à 15 par semaine.Et on ne boit pas tous les jours.M duc alcool La modération a bien meilleur goût.educalcool.qc.ca/2340 EDITORIAL Au plus fort la poche Le mois dernier, nous avons Fait la démonstration que les pauvres, les démunis et les marginaux sont pratiquement disparus de l'univers des téléromans.Les pauvres, ce n\u2019est pas intéressant dans un monde qui n'en a que pour la performance, la surface, la plasticité.SYLVAIN-CLAUDE FILION | sylvain-claude.filion@itineraire.ca Cela m'inquiète vraiment de constater que dans notre société québécoise qu'on dit social-démocrate, les inégalités vont s'aggravant.Le feuilleton de la commission Charbonneau n'en finit plus de donner la nausée.Quand je vois ce copinage éhonté et cette valse des millions pirouettant d'une poche à l'autre, je pense aux enfants qui vont à l'école le ventre vide et aux travailleurs qui suent sang et eau pour des pinottes, et que l'on pourrait soulager avec une infime partie de tout cet argent détourné.La Protectrice du citoyen Raymonde St-Germain vient de déposer à l'Assemblée nationale son rapport 2012-2013, qui dresse un affligeant constat.Pendant que la classe politique cajole son obsession pour le déficit zéro, ce rapport nous apprend que les coupures budgétaires fessent très fort sur la population, particulièrement sur ceux qui ont le plus besoin des services publics.Un rapport accablant Alors qu'on voit régulièrement aux nouvelles des aînés qui sont «échappés» dans leur bain ou carrément abandonnés dans les CHSLD, le Ministère de la Santé et des Services sociaux ne fait aucune visite d'appréciation dans les centres d'hébergement.Les services de garde en milieu familial sont laissés à eux-mêmes et les ressources pour le soutien à domicile diminuent.Des erreurs pernicieuses dans les greffes des Palais de Justice pénalisent les citoyens.Il y a des faiblesses majeures dans la coordination et la continuité des services offerts aux clientèles les plus vulnérables, et le sempiternel problème des urgences affecte d'abord ceux qui n'ont pas les moyens d'aller en clinique privée.Et le bal des pires horreurs, il se danse à Revenu Québec, où la Protectrice du citoyen dénonce le «cophornoüm dans le système téléphonique» et observe que «l'Administration est parfois davantage centrée sur la performance administrative et financière que sur les services à rendre aux citoyens ou sur la recherche de l'équité attendue de tous les services publics.Cela est particulièrement évident à Revenu Québec où l\u2019on saisit parfois des sommes qui sont pourtant légalement insaisissables et où l\u2019on maintient des avis de cotisation pour des raisons techniques, et ce, contre toute logique.» Une personne décède en léguant un peu d'argent à un parent pauvre, mais si ce dernier a le malheur d'être prestataire de l'aide sociale, le gouvernement s'empresse de mettre la main sur le magot.Et l'Agence du revenu du Québec, tatillonne à souhait, gaspille son temps à larguer des bombes atomiques sur les gagne-petit et saisit le salaire de travailleurs vivant sur le seuil de la pauvreté pour des dettes de quelques centaines de dollars.Notre dossier Faisons payer les pauvres!, en page 14, expose des exemples concrets.Au Québec, 750 000 personnes manquent de l'essentiel.Les pauvres ont de moins en moins accès à la dignité et à un traitement équitable.L'impôt égorge les petits entrepreneurs, les banques leur font les poches et les milieux d'affaires ne pensent qu'à augmenter les dividendes de leurs actionnaires au nom de la sacro-sainte croissance économique.Au lieu de toujours vouloir croître, quand est-ce qu'on va s'occuper de tout simplement gérer le présent?On nous serine que le Québec est riche; à quand une répartition de la richesse?Le rapport de la Protectrice du citoyen nous apprend que les coupures budgétaires fessent très fort sur la population, particulièrement sur ceux qui ont le plus besoin des services publics.15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR ÉRIC GODIN, THOMAS ÉTHIER, URSULE FERLAND ET SYVAIN-CLAUDE FILION à i QUESTIONS A Mario Saint- Amand À l'occasion de son épluchette de blé d'Inde annuelle, l'Accueil Bonneau a annoncé l'identité de son nouveau porte-parole, l'acteur et chanteur Mario Saint-Amand.PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION Pourquoi avoir accepté ce mandat?J\u2019ai connu la solitude et je pense que ces gars-là ont besoin d\u2019une voix pour parler de leur solitude à eux et les aider à sortir de l\u2019ombre.Tu as connu une période de solitude, et des problèmes de consommation après ton accident de voiture.C\u2019est une cause qui te touche personnellement?Je reconnais très bien ce que ces gars-là ressentent.Je vois l\u2019humanité derrière eux et je souhaite qu\u2019ils retrouvent cette humanité.Je veux, par mon travail et par le fait de leur redonner la parole qu\u2019ils ont enfouie en eux, qu\u2019ils retrouvent une estime d'eux-mêmes afin de quitter tranquillement la rue et regagner une vie qu'on dit normale, une vie qui évite de souffrir dans la rue à tous les jours.Quelle est la nature de ton implication?Chaque mois on va tenir un événement particulier, jusqu'au spectacle bénéfice du 7 avril 2014 que je vais organiser avec les gars et qui va permettre d'amasser une somme suffisante pour agrandir les locaux de musique, de peinture, de créer un endroit pour la podiatrie, la coiffure et un lieu où ils pourront consulter des ordinateurs.Tous des facteurs qui vont leur donner l'opportunité de retrouver le cours d'une vie normale.Quel sont tes prochains projets?Je commence cet automne la tournée du spectacle 22 câline de blues, qui contient des chansons d'Offenbach, de Gerry et de mes compositions, la première montréalaise aura lieu en janvier au Théâtre Saint- Denis.C'est 22 chansons et 22 histoires, et mon grand plaisir est d'utiliser à la fois mon talent de chanteur et de comédien, car je raconte l'origine des chansons, qui racontent d'où on vient.Pour moi, plus j'apprends d'où je viens, plus j'apprends à me connaître.L'action communautaire autonome Le 24 octobre prochain, se tiendra à Québec un grand rassemblement des organismes communautaires.Depuis un an, quelque 3 000 organismes communautaires du secteur de la santé et des services sociaux du Québec se mobilisent autour d\u2019une campagne pour le rehaussement de leur financement à la mission: Je tiens à ma communauté -Je soutiens le communautaire.Deux revendications y sont mises de l\u2019avant : l\u2019injection de 225 millions $ par année et un véritable programme national dédié au soutien de la mission globale.(UF) LA DATE 17 octobre Jour de la 27e Journée internationale pour l\u2019élimination de la pauvreté qui sera soulignée par près de 70 manifestations à travers le monde, principalement en Europe, sous le thème Ensemble vers un monde sans discrimination, (scf) cAurifctl Laissez-la toujours chanter Alys Robi veille désormais sur la rue Ontario.Le 6 septembre dernier, l\u2019organisme d MU inaugurait la murale Laissez-la toujours chanter, peinte sur le flanc du Cabaret Le Lion d\u2019Or en l\u2019honneur de la chanteuse mythique.Cette création de Rupert Bottenberget William Daniel Buller s'inscrit dans une série de cinq murales qui rendent hommage aux artistes légendaires qui ont fait de Montréal une ville d'exception en Amérique du Nord.(TE) 8 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 PHOTO: PASCAL DUMONT L'ITINÉRAIRE AURA BIENTÔT 20 ANS! Maude Guérin, porte-parole En mai 2014, le magazine L'Itinéraire célébrera son 20e anniversaire et plusieurs activités spéciales jalonneront le calendrier des prochains mois.L'Itinéraire est heureux et fier de compter sur la très sympathique comédienne Maude Guérin pour accompagner l\u2019équipe du magazine et les camelots d\u2019ici là.«J'ai accepté cette invitation avec un enthousiasme très sincère, a-t-elle déclaré.Je suis depuis longtemps une lectrice du magazine et j'ai mon camelot préféré depuis des années.Je suis heureuse de pouvoir contribuer à mieux faire connaître L'Itinéraire, cor c'est une revue qui a du cœur, qui contient des entrevues et des articles enrichissants et des mots de camelots franchement émouvants.» C'est l'automne, plantez un arbre! 1000 arbres de plus sont plantés cet automne à Montréal, grâce à l\u2019opération Un arbre pour mon quartier.Pour une deuxième année, les Montréalais ont pu se procurer leur arbre préféré au prix modique de 35 $.D\u2019ici 2025, le regroupement des Eco-Quartiers et l\u2019organisme SOVERDI veulent accroître de 5 % la canopée urbaine, soit la superficie totale occupée par les feuillages.Ce sera 200 000 arbres de plus, pour assainir et embellir notre ville.(TE) Retourner au boulot après une dépression Au Canada, 16 % des femmes et 11 % des hommes souffriront d\u2019une dépression majeure au cours de leur vie.Les organisations doivent mettre en place des stratégies qui facilitent le retour au travail des employés qui sont traités pour cet état pathologique.Le récent rapport du Conference Borard du Canada révèle que les deux tiers des employés, revenant à l\u2019emploi après une absence attribuable à une dépression, ont des difficultés à se concentrer, à prendre des décisions ou à exécuter des tâches.(UF) 110 nouveaux logements sociaux Environ 110 logements sociaux apparaîtront bientôt sur l\u2019île de Montréal.Deux arrondissements dévoilaient récemment des projets d\u2019envergure pour favoriser l\u2019accès aux logements.Montréal-Nord annonce une injection de plus de 10 millions de dollars dans un projet multifonctionnel.Environ 70 logements verront le jour, dont une vingtaine accueillera des personnes vivant avec un problème de santé mentale.Un second édifice fournira une cinquantaine de logements à loyer modique, dont la moitié bénéficieront du programme AccèsLogi, qui garantit aux familles de payer au plus 25% de leur revenu en logement.Le Sud-Ouest, pour sa part, dédie trois lots à la construction d\u2019une quarantaine de logements sociaux et communautaires, situés près du canal Lachine et du marché Atwater.Selon le maire de l\u2019arrondissement Benoit Dorais, l\u2019initiative s'inscrit dans le Plan d\u2019action en matière de logements abordables dans les projets résidentiels de l'arrondissement, adopté en juin 2012.(TE) La trace de carbone du numérique Internet exploite 10% de la production mondiale d'électricité, soit 50% de plus que pour faire voler tous les avions de la planète.Ainsi, une heure de vidéo par semaine équivaut au fonctionnement de deux réfrigérateurs par année.L'économie numérique laisse donc une trace carbonique imposante, le charbon étant le premier combustible fossile utilisé pour produire de l'électricité.(TE) A 0ro&ap*c* MU P*** 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 9 PHOTO: FLICKR/THOMAS190 (CREATIVE COMMONS) ROND-POINT INTERNATIONAL PAR GOPESA PAQUETTE Lltinérairee st membre du international Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers Royaume-Uni L'usure des jours Les entreprises de prêts sur salaire profitent de la crise au Royaume-Uni.Une enquête du Bureau of Investigative Journalism a révélé que les grandes banques Barclay\u2019s, HSBC et la Royal Bank of Scotland ont investi massivement dans ces entreprises de prêts à court terme aux taux d\u2019intérêt allant jusqu\u2019à 4 000 %.C\u2019est aussi le cas de plusieurs prêteurs américains qui se sont vus interdire cette pratique aux Etats-Unis et qui se sont tournés vers le marché moins réglementé du Royaume-Uni.Les revenus des entreprises enquêtées ont triplés dans la dernière année totalisant près d\u2019un milliard de livres alors que le gouvernement refuse toujours de limiter les taux d\u2019intérêt.(Bureau of Investigative Journalism) Barclay\u2019s affirme s\u2019être retiré du marché des petits prêts, après y avoir initialement investi 70 millions de livres.Italie L'Hôtel Dieu Argentine Libre service L\u2019économie du partage s\u2019étend en Argentine avec l\u2019apparition des marchés gratuits.Les Gratiferias fonctionnent sur le principe de «apportez ce que vous voulez (ou rien) et prenez ce que vous voulez (ou rien)».Apparus à Buenos Aires en 2010, on y trouve livres, CDs, vêtements, meubles et autres biens à donner.Nourrie par les médias sociaux, l\u2019idée s\u2019est répandue à d\u2019autres villes du pays avant de s\u2019implanter au Chili et au Mexique.«Lidée derrière ces marchés de rue est le détachement, le besoin de se libérer de notre conception de la propriété privée,» affirme l\u2019instigateur des Gratiferias, Ariel Rodriguez.(IPS) Rien n\u2019est à vendre dans ce marché de rue de la Plaza Italia de Buenos Aires.Deux artistes sud-africains apprennent aux chômeurs de Johannesburg à transformer de vieux journaux en bols, cadres et sacs à main qu\u2019ils pourront ensuite vendre.Les techniques développées permettent de faire de ce papier des produits durables et chics.Ce matériau bon marché, devient donc une source de revenus pour les nouveaux artisans.Les artistes affirment avoir commercialisé leurs produits aussi loin que les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et la Suisse.L\u2019idée leur est venue des grands-mères de leur région natale qui tressaient toutes sortes d\u2019objets avec les roseaux et l\u2019abondance de papier usé a imposé cette matière comme matériau de choix.(Homeless Talk) L\u2019artiste de recyclart, Lungi Sokhulu, montre certains des objets produits avec de vieux journaux.Afrique du Sud Coupures de journaux Le pape François a affirmé que les propriétés non utilisées de l\u2019Eglise devraient abriter des réfugiés.Plusieurs couvents et monastères vidés suivant la baisse des vocations ont été transformés en hôtels, rapportant des fonds à l\u2019Eglise.Le pape affirme toutefois que ces propriétés «ne nous appartiennent pas, elles sont pour la chair du Christ, ce que sont ces réfugiés».Il a ajouté que tous les membres de l\u2019Eglise devraient s\u2019occuper de la pauvreté et que cela devrait être intégré à la formation des prêtres.«Le mot solidarité effraie les gens dans le monde développé», a-t-il conclu.(REUTERS) Le Saint-Père affirme vouloir une Église pauvre pour les pauvres et continue d\u2019étonner avec ses non orofinnc ni in uni iûc 10 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 PHOTO: MADODA MKHOBENI De prestance et de passion Elle a le plus beau sourire du Plateau Mont-Royal, selon Jean Boisvert, son camelot, qui lui vend l'Itinéraire à l'angle \u2014.Mont-Royal/Fullum.C'est vrai qu'elle rayonne dans sa robe marine et blanche, lors d'une de ces dernières belles journées d'été.Sa prestance épate, tant sur le s planches, où elle décroche des rôles de plus en plus prestigieux, qu'en personne.C'est une Maude Guérin passionnée qui révèle à L'Itinéraire ses préoccupations sociales et qui partage sa flamme j&uY pour le métier.SrV>s** PAR MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTOS: PASCAL DUMONT Pourquoi toujours chercher l\u2019approbation des autres?Pourquoi ne pas se concentrer sur comment on se sent?Maude Guérin ne chôme pas.En septembre, elle a repris son rôle de Pierrette dans le succès monumental Les Belles-Sœurs au Monument National, puis en tournée québécoise.En novembre, on la verra sur les planches du Théâtre de Quat'Sous aux côtés de Christian Bégin dans Clôture de l\u2019amour.Entre les deux, elle tourne dans Mémoires Vives et on peut la voir sous les traits de Dominique Lavergne dans Toute la vérité au petit écran.«Je suis une fille très disciplinée, je travaille beaucoup à l'avance», avoue la comédienne qui doit souvent mémoriser plusieurs rôles en même temps.Son métier est exigeant, mais elle ne changerait pour rien au monde.Maude Guérin vit de sa passion, qu'elle a eu la chance de trouver jeune, à l'âge de 13 ans, alors quelle faisait du théâtre amateur dans son La Tuque natal.« Ça me fascinait de pouvoir entrer dans la peau de quelqu'un d\u2019autre, je ne m'aimais pas beaucoup à l'adolescence, probablement que cet aspect m\u2019a attiré.» À son avis, les jeunes éprouvent de plus en plus de difficulté à se trouver une passion de nos jours.«J\u2019ai l\u2019impression qu'ils sont perdus, éparpillés.Je ne sais pas si c'est à cause des nouvelles machines.Ça me fait de la peine, parce que c'est tellement important de découvrir sa passion! Même si tu n'en feras pas ta carrière», lance-t-elle spontanément, en réfléchissant à voix haute sur le sujet.Maude Guérin enchaîne en évoquant ses inquiétudes sur la contemporanéité de notre monde.«Des fois je me demande si le phénomène des téléréalités n'affecte pas les jeunes.Ils se disent que s'ils ne sont pas des stars, ils ne sont rien.» En lui mentionnant la popularité grandissante des réseaux sociaux et leur création de besoin de reconnaissance des autres, la comédienne s'emballe.«T'as raison! C'est le phénomène «M'as-tu vu».Ils se prennent tous en photo : m'as-tu vu avec mon café, avec mon souper.C'est un peu pathétique.Comme si c'était pertinent.Il y a beaucoup de voyeurisme.Pourquoi toujours chercher l\u2019approbation des autres?Pourquoi ne pas se concentrer sur comment on se sent?Pas obligé que tout le monde sache ce que tu fais.» Pourquoi ne pas vivre, tout simplement?La question semble banale, mais elle est pourtant si compliquée à accomplir.«On ne peut pas être ce qu'on n'est pas, il faut faire avec nos imperfections», insiste-t-elle.Maude a appris à accepter ses différences et elle en a fait sa force.«C\u2019est ce qui nous rend unique», souligne-t-elle.Si elle s'inquiète pour la jeune génération, c'est parce quelle est la mère d'Edmond, 11 ans.«Je suis contente qu'il ait passé ses vacances dans le bois, à nourrir un renard, à pêcher du brochet, à sculpter un bâton de marche.des affaires de p'titsgars qui ne se font plus.» Un été loin des consoles de jeu, des ordinateurs et autres gadgets électroniques semble inconcevable en 2013.Sainte-Maude du Plateau Un peu comme Carmen, quelle a interprétée l\u2019été dernier dans Le chant de Sainte Carmen de la Main au Théâtre du Nouveau Monde, Maude Guérin ressent le besoin d'aider les gens, sans avoir la prétention de les sauver.«Je découvre ça en te parlant; ça me fait peur.J\u2019ai envie d\u2019aller à la rencontre des jeunes dans les écoles pour leur transmettre l'importance de trouver ce qu'on aime dans la vie!» Carmen est une chanteuse qui revient de Nashville et, telle un messie, désire partager la bonne parole à son public de marginaux de la Main : vous êtes capables de vous en sortir.Elle inspire Maude.«Carmen incarne la résilience.C'est un soleil!» Ce fut un défi de taille que de chausser les souliers de la sainte.«Je m\u2019aventure dans des défis de plus en plus énormes en vieillissant», avoue-t-elle.La reconnaissance du public envers son travail l'encourage; elle a remporté deux prix Gémeaux en 2011 pour Toute la vérité et Providence.Il reste que le rôle de Carmen lui a donné du fil à retordre lors des répétitions.Travaillant avec les mêmes concepteurs que les Belles-Sœurs (René Richard Cyr et Daniel Bélanger), Maude Guérin voulait se détacher de sa Pierrette, qui vient aussi de l'univers de Michel Tremblay.«Le soir de la première, il est arrivé quelque chose de magique.J'oi vécu un moment de grâce.Je suis fière de ma première, c'est rare que je dis ça.» La représentation de la Main de Tremblay n'est pas très loin de l'univers où Maude Guérin a grandi.Son père était propriétaire de l'hôtel Windsor à La Tuque.«Je viens d'un milieu assez 12 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 ï ¦ Uyj théâtral», affirme la comédienne avec un sourire en coin.Durant sa jeunesse, elle côtoie une faune éclectique, colorée, marginale, «/e m'étais liée d\u2019amitié avec une danseuse qui travaillait là», se souvient-elle.Vivre avec tout ce beau monde lui a apporté «une diversité incroyable, une source d'inspiration pour jouer des personnages.» À toi pour toujours, le théâtre La comédienne adore l'univers de Michel Tremblay.«C\u2019est un homme qui écrit tellement bien les rôles de femmes!», s'emballe-t-elle.Son rêve?Jouer tous ses rôles de femme! «je pense à Bonjour, là, bonjour, d À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, d Albertine en cinq temps.j'ai envie de toutes les jouer avant de mourir!», lance-t-elle dans un grand éclat de rire, sachant bien que c'est très ambitieux.La langue de Tremblay lui parle droit au cœur.«C\u2019est difficile à jouer, du jouai théâtral, on ne parle pas ainsi au quotidien».Si Maude Guérin répète toujours que son cœur est au théâtre, c'est notamment parce que la langue y est tellement riche et variée, «je ne joue pas de la même façon un Tchékhov qu\u2019un Tremblay», dit-elle, confessant au passage quelle a peur pour la survie de notre langue au Québec.Son cœur est au théâtre, un art cérémonial, où chaque soir un rituel reprend dans la camaraderie, mais elle affectionne aussi la télévision, «je suis très fière de mon personnage dans Toute la vérité.J'ai réussi à faire ce que je fais au théâtre avec ce personnage là : à le composer sans que ce soit trop gros, pour que ça reste vrai.C'est un rôle qui sort de tout ce que j'ai fait avant et on m\u2019a permis de faire ça à la télé», dit-elle, reconnaissante envers les auteurs de la série dans laquelle elle interprète une femme absorbée par le travail, jusqu'au jour où elle sa conjointe ont un enfant.Les Fois où elle s'est sentie le plus démunie «A l'adolescence, j'ai vécu une grosse remise en question à 13 ans, quand mes parents se sont séparés.C'était une grosse crise, j'ai réagi très fort.Ils étaient les premiers à T époque à se séparer dans une petite ville comme La Tuque.Il y a aussi eu une peine d'amour.Je m'étais retrouvée seule dans mon appartement et j'avais rassemblé toutes mes affaires dans la même pièce.Je crois bien que j'étais sur le bord d'une dépression.Mon chien couchait à côté de moi.Je me sentais vraiment tout seule et démunie.Je ne savais plus quoi faire, j'étais désemparée.Puis je me suis dit «bon c'est assez», j'ai pris mes cliques et mes claques et je suis repartie à zéro.» Contemplation L\u2019été dernier, Maude Guérin a passé ses vacances en France avec son amoureux, un poète.Leur passe-temps principal?S\u2019assoir dans des cafés et regarder les gens passer.L\u2019actrice se définit comme une personne contemplative.«Ma principale passion c'est de regarder les gens vivre, de leur imaginer une vie, ce qu'ils font, qui ils sont, regarder leurs enfants, les trouver beaux.C'est l\u2019être humain qui me fascine en premier lieu.» Cette contemplation lente lui donne du répit dans sa vie trépidante et lui permet de puiser de l\u2019inspiration pour ses rôles.Jusqu'à ce que le quotidien la rattrape.«Auss/fôf qu'on s\u2019approche de Montréal, le stress nous reprend.» Son équilibre, elle le trouve dans son chalet en Mauricie, où toute sa famille se rassemble, et lors de petits moments privilégiés, en prenant son café tranquillement le matin, par exemple.«On vit beaucoup avec des listes, qui sont de plus en plus longues, jour après jour.Je trouve ça dangereux de trop s'en mettre sur les épaules.» Voilà qui explique pourquoi elle est si attachée à son camelot, Jean Boisvert, qui lui vend L'Itinéraire dans son quartier et qui représente pour elle un autre ancrage dans son quotidien agité.«// est toujours de bonne humeur, il jase avec tout le monde, dit-elle tout sourire.Il me fait du bien ce monsieur-là.» i J\u2019ai envie d\u2019aller à la rencontre des jeunes dans les écoles pour leur transmettre l\u2019importance de trouver ce qu\u2019on aime dans la vie! -J/- 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 13 DOSSIER FAISONS PAYER «Faisons payer les riches» fut longtemps le slogan du parti marxiste-léniniste, puis, depuis quelques années, une rengaine politique qui dans les Faits ne semble jamais s'appliquer.Car si on y regarde bien, quand vient le temps de transiger avec les grandes banques, l'impôt, l'univers du crédit et les biens de consommation les plus basiques, le leitmotiv de la société semble plutôt être «Faisons payer les pauvres!» tant le système actuel est injuste envers les moins nantis, à qui on enlève la chemise sur le dos et à qui on vide les poches.Les exemples ne manquent pas; en voici quelques-uns.PAR THOMAS ÉTHIER, URSULE FERLAND ET SYLVAIN-CLAUDE FILION PHOTOS : PASCAL DUMONT FRAIS BANCAIRES Réservés aux pauvres Épargne bonifiée, placements, solutions fiduciaires.le jargon des grandes banques ne s\u2019adresse qu\u2019aux biens nantis.Pourtant, qui paie la grosse part des frais bancaires?Les pauvres.Les frais bancaires mensuels associés à un compte-chèques s\u2019élèvent généralement à plusieurs dollars.qui peuvent s'avérer essentiels dans le quotidien d'une personne à faible revenu.À la BMO, il en coûte 13,95 $ par mois pour effectuer un nombre illimité de transactions.Ces frais sont supprimés si le détenteur du compte détient un solde quotidien minimum à 3 000 $.Idem pour les Caisses Desjardins, avec 4 000 $ en solde minimal pour obtenir la gratuité du forfait.Bien entendu, les pauvres ne détiennent pas de tels montants dans leur compte.Karine Robillard, d'Option aux consommateurs, affirme qu'«/7 y a bel et bien une clientèle exclue» de l'univers des banques.Toutes les institutions facturent des frais qui tournent autour de 1 $ pour chaque transaction de débit qui excède la limite mensuelle du forfait choisi.Il faut donc adopter un forfait en fonction de ses besoins.À cet effet, le manque d'information est souvent le problème.Les personnes marginalisées n'ont pas tous accès à internet et encore moins à un conseiller financier.Se faire «geler» un chèque pendant cinq ou sept jours peut être catastrophique pour une personne dans une situation financièrement précaire.Afin d'éviter ce problème, les Caisses Desjardins proposent de se prémunir d'un transit autorisé.Pour s'y faire, le client doit prouver qu'il y a une rentrée stable d'argent dans son compte: le dépôt direct d'une paye bimensuelle par exemple.Par conséquent, cet avantage ne s'adresse pas à une clientèle démunie.Pour avoir accès à divers avantages, il faut que l'argent roule dans notre compte.Mais quand on est pauvre, détient-on seulement de l'argent dans notre compte.ou plus simplement, un compte tout court?14 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 LES PAUVRES! PROJET DE LOI N° 48 Un peu de répit?En fin de règne, le gouvernement Charest a déposé ce projet de loi obligeant les propriétaires d'automobiles vieilles de plus de huit ans, de procéder à une inspection obligatoire à tous les deux ans, au coût estimé de 60 $.Et qui, en général, possède de vieilles voitures?Certainement pas les riches! Si jamais la loi 48 finit par entrer en vigueur, ce sont encore les pauvres qui vont payer.Peu de rabais au début du mois La rumeur persistante que les chaînes d\u2019alimentation offrent moins de rabais la première semaine du mois - alors que sont distribués les prestations gouvernementales - se vérifie.L\u2019autre problème, c\u2019est lorsqu\u2019on habite un quartier pauvre, bien se nourrir relève du défi.Jacinthe Nantel, de l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF), commente l\u2019Enquête del\u2019ACEF sur les spéciaux en épicerie quelle a coordonnée en 2012.L'étude visait à vérifier si les soldes des marchés d'alimentation de la première semaine du mois sont les moins favorables.Au final, les consommateurs perdent un montant maximum de 18 $ pour une épicerie de 250 $, en faisant leur épicerie dans les premiers jours du mois.«L'écart n'est pas faramineux et varie d'un mois à l\u2019autre.mais l\u2019enquête révèle par contre autre chose.», précise Mme Nantel.Elle révèle où faire son épicerie à moindre coût.Le panier le moins cher, en considérant les soldes, se retrouve chez Wal-Mart et Maxi.Ces commerces se retrouvent habituellement en périphérie des grands centres et sont difficilement accessibles en transport en commun.Ça prend une auto pour y aller, chose que les pauvres n'ont pas! Il suffit de se promener dans les quartiers défavorisés de Montréal pour constater qu'ils sont désavantagés en ce qui concerne l'offre alimentaire.Les dépanneurs eux n'y manquent pas, alors qu'ils proposent des produits alimentaires qui peuvent coûter très cher aux consommateurs.Désert alimentaire Le comité de sécurité alimentaire de la table Action-Gardien, situé à Pointe-Saint-Charles, a réalisé en 2009 une enquête qui nous apprend que le manque de commerces en alimentation, de transports en commun, de revenus et l'augmentation du coût de la vie sont les principaux problèmes rencontrés par les citoyens.Dans Pointe-Saint-Charles, par exemple, l'accès physique est un problème majeur : il n'y a qu'un seul supermarché dans tout le quartier (IGA, deuxième panier le plus cher au Québec).Le Super C (avec des prix plus avantageux) est difficilement accessible en transport en commun.Il manque de commerces en alimentation sur la rue Centre et sur la rue Wellington en particulier.Le manque de concurrence dans le secteur fait monter les prix.Selon le bureau du Directeur de santé publique Montréal, 40 % de la population n'a pas accès à des fruits et légumes frais à distance de marche.Certains secteurs de l'île sont de vrais déserts alimentaires.On parle «d'inégalité dans l'accès aux aliments santé».?15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 15 TRAVAILLEURS AUTONOMES Dans la moulinette de l'État Pigiste, coiffeuse ou gardienne en milieu familial : les travailleurs autonomes ont toute une charge à porter.En plus d\u2019administrer leur petite entreprise, ils doivent verser 10,2 % de leur revenu annuel en cotisation au régime de rentes du Québec, soit le double de ce que paient les salariés.Un cas surréaliste Pascal (nom fictif) a déclaré faillite le 22 octobre 2012.Son rapport d\u2019impôt post-faillite indique des revenus d\u2019entreprises de 3343 $ entre cette date et le 31 décembre.Revenu Québec lui réclame une cotisation du RRQ de 1218 $ - soit près de 37 % de son revenu brut - en justifiant que la cotisation au RRQ se calcule sur les revenus de toute l\u2019année.Heureusement, la gourmandise de l\u2019État pourrait être muselée: un jugement rendu le 13 juin dernier contre l\u2019Agence du Revenu du Québec pourrait faire jurisprudence.Les travailleurs autonomes qui sont dans une telle situation sont invités à contester leur avis de cotisation.eTHredelaHBnf 334fM1 4 Revenus d'enli^ 3 343,41 9 Revenu Total 300.80 Déduction pour Déduction pourj Ltortome 155,17 1 218ÆS 12.sa ; sur le reven?,,-dils d'impôt nor (_ jlisBTian au Fég pour un travail aul Cotisation au RRQ, Colis ation au Fonds >001 et cotlsatlorj/ H'imrv'* 16 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 Voilà qu'une nouvelle cotisation de 3,3 % pourrait bientôt être implantée: la rente de longévité.Cette idée mise de l'avant dans le rapport D'Amours et qui pourrait voir le jour prochainement, prévoit le prélèvement d'une cotisation de 3,3 % qui serait partagée entre l'employeur et l'employé, qui fourniraient chacun 1,65 % du salaire.Le travailleur autonome, lui, doit l'assumer en entier.À la fois employeurs et employés, les travailleurs autonomes du Québec pourraient devoir fournir à eux seuls environ 14 % de leur revenu annuel brut en cotisations.En fait, les travailleurs autonomes vont avoir une déduction d'environ 2 % du taux, et ils peuvent bénéficier d'un train de mesures fiscales pour alléger leur fardeau.Mais pour cela, il faut retenir les services d'un comptable, ce que bien peu de travailleurs autonomes ont les moyens de faire.Selon Stéphane Laforest, président de la Coalition des travailleurs et travailleuses autonomes du Québec (CTTAQ) et avocat à la firme Gagné-Letarte, ce prélèvement additionnel serait catastrophique.«Un grand nombre de travailleurs autonomes vivent à peine au-dessus du seuil de pauvreté au Québec, déplore-t-il.On arrive à un stade où le chômage pourrait paraître plus avantageux dans bien des cas.Plusieurs personnes moins scolarisées décident de lancer leur petite entreprise et de créer du revenu, sans avoir l'aide sociale, et on les décourage.» Le salaire moyen des travailleurs à temps plein au Canada est de 47 788 $.Pour les travailleurs autonomes canadiens, cette moyenne descend à 38 000 $, une donnée qui représente mal la réalité des Québécois, selon Stéphane Laforest.«Au Québec, 90 % des travailleurs autonomes gagnent probablement moins que 38 000 $.Entre 5 % et 10 % gagnent beaucoup plus et font grimper cette moyenne, explique-t-il.Les travailleurs autonomes ne sont pas riches, et on leur en demande toujours plus.» Une situation précaire On comptait environ 564 600 travailleurs autonomes au Québec en 2009, dont une large proportion ferait souvent face à la précarité pour arriver à fournir un service de qualité.«Prenez l'exemple des 15 000 gardiennes en milieu familial au Québec, poursuit Stéphane Laforest.Pour investir dans une nourriture saine pour les enfants, un bon matériel et un espace suffisant, et payer la cotisation, leur salaire diminue souvent à 28 0 00 $, souligne-t-il.Après, il faut payer les factures, la maison; ces personnes ne sont vraiment pas riches.» ï* / ACCES AU CREDIT On ne prête qu'aux riches L\u2019adage est tout simplement vrai.Les banques ne prêtent pas aux pauvres, qui font face à mille embûches pour cultiver une cote de crédit impeccable.C'est souvent l'œuf ou la poule : sans marge de découvert, ils risquent plus souvent que les autres d'avoir un chèque retourné pour manque de fonds, avec des frais de 42,50 $.S'ils ont des chèques retournés, les banques ne leur accorderont pas de marge de découvert.À croire que les banques font exprès pour maintenir les pauvres dans le cercle du mauvais crédit.CAS VECU Acheter une auto usagée Les pauvres ne vivent pas tous à Montréal et n\u2019ont pas tous accès au transport en commun.Certains ont besoin d\u2019une auto pour travailler.Les concessionnaires automobiles les refusent et les banques ne leur prêteront pas.Ils doivent donc se rabattre sur des revendeurs d\u2019autos usagées qui exigent jusqu\u2019à 29 % de frais de crédit.Un véhicule à 2 000 $, payé en 12 versements, revient au final à un prix de 2 580 $, plus taxes.Sans parler des frais prévisibles de réparation et les nombreuses visites au garage, qui totaliseront facilement à plus de 1 000 $ par an pour entretenir son bazou.Trop pauvre pour louer une voiture comme tout le monde, le pauvre va finalement payer beaucoup plus cher que les autres pour être motorisé.Les pauvres ont eux aussi des besoins imprévus : acheter un électroménager, payer une prime d'assurance.Vers qui peuvent-ils se tourner?Vers des compagnies de finance comme Citi financière où les taux de crédit peuvent atteindre 40 %.Tout à fait légal puisque le taux d'intérêt criminel, au Canada, est fixé à 60 %.Mal pris, le pauvre ira sur le site wonga.ca, qui fait de petits prêts à court terme.à un taux annuel de 261 %.Celui qui se tourne vers une boutique de prêt sur gages par besoin de liquidités paiera un taux annuel de 312 %.Spécialisées dans le prêt rapide «autorisé en une heure, sans enquête de crédit, aucun cas refusé», des entreprises font des avances sur salaire au taux de remboursement de 15 $ par tranche de 100 $.Ce qui équivaut, en bout de ligne, à un taux d'intérêt annuel de 780 %.¦ Source: option-consommateurs.org Etudier dans la pauvreté Loyer, repas, manuels scolaires: la vie d'un étudiant autonome coûte cher.Selon Yannick Grégoire, vice-président exécutif de la Fédération des étudiants universitaires du Québec (FEUQ), c'est surtout l'accumulation des dépenses qui fait obstacle aux étudiants québécois.Avec un salaire annuel moyen de 12 500 $, environ 60 % des étudiants s'attendent à avoir des dettes moyennant 14 000 $ à la fin de leurs études.«Avec des coûts comme les frais de scolarité indexés à 3 %, les loyers qui augmentent, il faut travailler plus, donc étudier moins», déplore M.Grégoire, qui souligne qu'environ un quart des étudiants à temps plein travaillent plus de 20 heures par semaine.Chez les étudiants à temps partiel, la moitié d'entre eux qui abandonnent ou interrompent leur parcours affirment le faire pour des motifs financiers.À plus long terme, 41 % des étudiants prévoient devoir repousser leurs plans de fonder une famille à cause de l'endettement.15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 17 DOSSIER PROPOS RECUEILLIS PAR GENEVIÈVE GAGNÉ On dit que l'élection municipale du 3 novembre prochain est la plus excitante depuis 25 ans.En 2009, 39 % des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote.Selon un sondage CROP effectué en mai dernier, 82 % des Montréalais ont déclaré qu'ils iraient probablement ou certainement voter.Ce nouvel engouement pour la politique municipale se reflétera-t-il dans le taux de fréquentation des isoloirs?De son côté L'Itinéraire n'a demandé qu'une chose aux principaux candidats qui briguaient les suffrages au moment de mettre sous presse.Voici la question qui leur a été posée: Qu\u2019entendez-vous faire pour réduire la pauvreté et l'itinérance à Montréal?f 8 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 RICHARD BERGERON PROJET MONTRÉAL Âge: 58 ans Occupation: urbaniste 0 «Projet Montréal mise principalement sur des politiques de réinsertion sociale pour réduire la pauvreté et l'itinérance.Pour atteindre nos objectifs, nous accorderons une aide financière accrue aux organismes qui viennent en aide aux itinérants, tout en s'assurant que ce financement soit stable pour renforcer ces organismes en place.Nous établirons un mécanisme de collaboration entre ces organismes et le service de police pour favoriser la paix et la réinsertion sociale.Nous nous engageons à protéger et restaurer les maisons de chambres et les pensions pour en faire des lieux d'habitation accessibles à la population itinérante.Finalement, nous voulons favoriser l'employabilité des personnes en situation de précarité économique à l'aide de projets de travail liés aux services municipaux : propreté, déneigement, entretien horticole, enlèvement des graffitis, distribution d'avis aux résidents».DENIS CODERRE ÉQUIPE CODERRE Âge: 50 ans Occupation: politicien 0 «Nous devons faire preuve de leadership concernant cette problématique grandissante en créant la première agence sociale qui permettra de développer des projets sociaux, concrets et équitables en reliant les milieux des affaires, institutionnels, politiques, et communautaires.Par exemple, la Société de développement social de Ville-Marie.La Ville accompagnera cet organisme afin d'offrir son expertise à l'ensemble des arrondissements aux prises avec un problème de pauvreté, d'itinérance, de réinsertion ou d'exclusion.Il faut maintenir une base de données sur les questions d'itinérance pour faciliter l'atteinte d'objectifs fixés.On doit revoir le financement municipal et redéfinir le soutien envers les centres de jour et refuges dans le cadre d'une politique commune et cohérente.Finalement, faire des pressions nécessaires auprès du gouvernement québécois afin de bonifier les programmes d'aide alimentaire».MARCEL ^ * COTE COALITION MONTRÉAL Âge: 71 ans Occupation: économiste 0 «Coalition Montréal veut s'assurer de traiter avec respect nos citoyens les plus vulnérables, en luttant contre l'itinérance et en soutenant les organismes communautaires impliqués dans la lutte contre la pauvreté.Nous comptons mettre en œuvre les actions suivantes, avec l'appui financier adéquat du gouvernement du Québec : poursuivre les meilleures pratiques en matière d'intégration et de réinsertion: maintenir une veille active sur l'état de la situation (nombre et provenance des itinérants, leurs besoins, stratégies d'intervention probantes): développer avec les intervenants communautaires et les refuges des stratégies de soins de santé adaptés et de réinsertion sociale: se doter d'infrastructures de services appropriées (cliniques de jour, centres de soins, logements sociaux et abordables): soutenir les organismes en sécurité alimentaire pour développer des cuisines communautaires, restaurants populaires et centres de distribution alimentaire».15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 19 t MELANIE JOLY GROUPE MELANIE JOLY Âge: 34 ans Occupation: avocate «Nous croyons qu'il est nécessaire de proposer des solutions concrètes et pragmatiques pour aider les personnes vivant l'itinérance.Nous croyons fermement qu'il faut mobiliser les ressources existantes agissant déjà sur le terrain et les amener à se concerter pour développer des plans de match cohérents et des solutions adaptées à leurs milieux.Nous proposons que la Ville crée des partenariats avec les divers intervenants sociaux et groupes communautaires et, en collaboration avec les autres ordres de gouvernement, finance des projets pour aider les plus démunis à se reprendre en main.Nous comptons ainsi favoriser l'accès au logement, fournir des ressources d'aide à l'employabilité et soutenir la création d'épiceries communautaires où la nourriture, plutôt que d'être donnée, est vendue, mais sous les prix du marché.Dans chaque cas, la mobilisation de la communauté sera ainsi fondée sur la responsabilisation de l'individu».MICHEL BRULE INTEGRITE MONTREAL Âge: 49 ans Occupation: éditeur 0 «IM s'engage à soutenir les itinérants dans leur processus d'autonomisation et d'atteinte des objectifs qu'ils se sont fixés et mettre fin au profilage dont ils sont victimes.Nous nous engageons à créer plus de coopératives de logements en aidant celles déjà existantes.Nous mettrons sur pied un programme visant à acheter les immeubles insalubres, les rénover et les transformer en logements sociaux et ateliers d'artistes.Nous obligerons les promoteurs d'immeubles à condos à vendre 15 % de leurs unités à prix abordable à des familles voulant s'installer à Montréal».IROIS LEGER CANDIDAT INDEPENDANT Âge: 45 ans Occupation: président-fondateur Montréal.tv «En ce moment, les quartiers repoussent les itinérants dans d'autres quartiers et vice-versa, c'est inacceptable! Je crois sincèrement que les organismes communautaires sont débordés et ne peuvent plus fournir face à ce problème.La Ville doit être plus proactive en travaillant avec les organismes et les entreprises privées qui peuvent contribuer à faire un meilleur Montréal.Tout le monde doit mettre la main à la pâte.On doit faire en sorte que chaque Montréalais ait un endroit respectable pour dormir et manger».CLEMENT SAURIOL CANDIDAT INDEPENDANT Âge: 67 ans Occupation: secrétaire-recherchiste pour un OSBL 0 «Montréal possède beaucoup de moyens en termes de bâtiments fermés ou laissés à l'abandon.Il y a aussi des moyens à prendre pour la récupération de nourriture et vêtements.Il faut bonifier les budgets que la Ville consacre à ses groupes communautaires.Sans oublier le volet réglementation qui peut et doit agir en faveur des moins nantis.Ce sont des considérations qui touchent une fiscalité adaptée, souple, des logements sociaux, des programmes de réinsertion sociale, et la possibilité de s'associer avec des entreprises privées puissantes».w ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2012 » Ce que souhaitent les camelots de L'Itinéraire « Je veux un maire transparent et ouvert pour remonter l'économie de Montréal.Il y a une hausse de l'itinérance à Montréal et ils sont de plus en plus jeunes.Nous avons besoin de plus de banques alimentaires et de logis abordables.Il y a aussi beaucoup d'institutions psychiatriques qui ferment et ces personnes se retrouvent dans la rue.11 y a un grand besoin d'encadrement.C'est un grave problème de société».- Jean Boisvert «Je voudrais que le maire instaure une loi pour que tous les corrompus payent en double l\u2019ar-.m §ent v°lé comme on le fl fait pour les fraudeurs de l'aide sociale.Il faut plus de programmes pour nous aider et plus de logements.Je déplore l'intolérance face aux personnes dans cette situation.Il faut nous aider à nous guider et nous prendre en main pour que l'on puisse enfin redonner à la communauté».- Daniel Prince Aurons-nous un maire de bonne volonté?PAR SERGE LAREAULT ÉDITEUR La pauvreté est terriblement visible à Montréal.Au cours des dix dernières années, les refuges et les services d'aide n'ont pas cessé d'être débordés.Les étrangers qui font partie du réseau international de L'Itinéraire et qui viennent chaque année dans la métropole nous ont fait remarquer qu'il y a toujours plus de gens dans la rue, plus de mendiants.Le prochain maire aura-t-il la volonté d'agir réellement et concrètement pour que sa ville soit moins pauvre?Sera-t-il plus apte à répondre aux besoins qui se manifestent sur son territoire?Vous avez les réponses fournies par les principaux candidats dans les pages qui précèdent.À vous de juger.Chacun y va de ses impressions, de ses idées.On soulève encore que le social relève du gouvernement provincial qui doit financer les services sociaux.Mais Montréal a besoin d'un maire qui n'attendra pas encore 20 ans pour que Québec finisse par réaliser qu'il y a une tragédie sociale dans notre ville.Il faut un plan stratégique, une réelle intention de mettre en œuvre les actions nécessaires.Il faut cesser de croire que les organismes peuvent travailler mieux alors que leur financement n'est jamais à la hauteur des besoins.Comme moi, vous trouverez peut-être que les engagements énoncés dans ces pages sont faibles et bien vagues par rapport aux problèmes grandissants de la pauvreté.Qui va se décider à faire quelque chose de concret?La réponse est un peu entre vos mains, puisque vous êtes invités à voter en grand nombre le 3 novembre prochain.15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 21 3 novembre 2013 Election Montréal Vote par anticipation : 27 octobre, midi à 20 h Vote aux bureaux d\u2019élection en arrondissement : 25,28 et 29 octobre, 9 h à 21 h 30 octobre, 9 h à 14 h Jour du scrutin : 3 novembre, 10 h à 20 h Pour savoir où voter, consultez notre site web www.jevotepourmaville.ca » Procurez-vous vos billets dès maintenant.et aidez-nous à lutter contre la pauvreté! les^f.&m/wnwrn S1HSH4B CONCERT CARDINAL LÉGER i'iEJff fj£ #*¦ ET LEÏÏ GRANDS C-LA55IQU Dû CARDINAL 1 L\u2019achat et la vente d\u2019une propriété, c\u2019est une affaire de coeur et de savoir-faire! Via Capitale du Mont-Royal AGENCE IMMOBILIÈRE Plateau 1152, avenue du Mont-Royal Est 514.597.2121 Rosemont 2339,rue Beaubien Est 514.721.2121 capitaleMtRoyal | J Via Capitale MontRoyal www.viacapitaleduinontroyal.com L'ÉCOLE PUBLIQUE \u2022\u2022\u2022 .pour apprendre à vivre dans la DIVERSITÉ culturelle, ethnique et religieuse.\u2014 ALLIANCE DES PROFESSEURES ET PROFESSEURS DE MONTREAL \u2014 Bill Econombü, camelot pour L'Itinéraire au marché Atwater jf jmk PHOTO: ARIANNE CLÉMENT 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA % Le CŒUR de LES MOTS DE CAMELOTS La vraie richesse 27 CHEMIN FAISANT À cœur ouvert Par Hamed Bamba alias Shaliver HORS PISTE Cœur (suite et Fin) Par Pierre Saint-Amour ] V La vraie richesse C\u2019est clair: elle ne se calcule pas en dollars, en cents, en euros ou en zlotys.Les camelots de L'Itinéraire en savent quelque chose.Riche ou pauvre, ça n'a pas d'importance La richesse d'avoir un grand cœur 3 in On me demande ce que serait mon choix dans l\u2019éventualité ou j\u2019aurais à choisir entre la pauvreté ou l\u2019argent.C\u2019est une question existentielle, et aussi un peu beaucoup comme si dans l\u2019émission La Poule aux œufs d\u2019or on me demandait de choisir entre l\u2019œuf ou l\u2019enveloppe.En effet, je n\u2019ai pas vraiment à choisir, car ma vie présente est le choix que j\u2019ai fait à partir de ce que je suis et de ce que je veux être.Mon existence et ma façon de vivre découlent de mon éducation et des multiples situations que j\u2019ai eu à affronter tout au long de ma vie.J\u2019ai comme principe que l\u2019honnêteté est à la base de tout et que je n\u2019ai pas à m\u2019en faire et surtout à transgresser ce principe pour quoi que ce soit.Donc si ma condition est d\u2019être pauvre et bien ce sera ma condition et je vivrai avec honneur.Transgresser ce principe pourrait, oui, me donner une meilleure qualité de vie, mais au détriment de ma conscience si je dois transgresser des règles.Chers clients et chères clientes, qu\u2019en est-il de votre réflexion à ce sujet?Si le cœur vous en dit, il me fera plaisir d\u2019en discuter avec vous.Merci beaucoup à tous et bon courage! GILLES BELANGER Camelot, complexe Desjardins Quêter ou voler ce n'est pas pour moi Le travail pour moi c\u2019est de la richesse.Parce que quand tu travailles, tu ne penses pas au négatif ou à la consommation.Ça aide parce que tu y retires une fierté personnelle, une confiance et une estime de toi.C\u2019est mieux qu\u2019avoir des millions.Rechercher le pardon en aidant les autres c\u2019est aussi une forme de richesse.La pauvreté il va tout le temps y en avoir.C\u2019est bien de valeur, mais le gouvernement est pourri.Le seul gouvernement qui est juste et bon c\u2019est le Bon Dieu.J\u2019ai le projet de m\u2019ouvrir un marché aux puces chez nous en campagne.Avec l\u2019aide d\u2019autres organismes, je vais pouvoir aider les pauvres.Ça, c\u2019est aider avec cœur! MICHEL LOYER Cameloté Repentigny et à Joliette 24 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 Je préfère ne pas avoir trop d\u2019argent dans les poches.Je crois plus en la richesse de cœur et d\u2019esprit.Elle ne se perd pas cette richesse-là, elle est toujours là, ancrée en moi.Mon frère, par exemple, était riche.Il avait des millions, mais il était malheureux, plus que moi qui étais pauvre.Il a fini par tout perdre; il s\u2019en veut maintenant.Il y a beaucoup de gens qui pensent que la richesse c\u2019est d\u2019avoir un grand cœur, mais surtout les pauvres.SYLVAIN CLOT Camelot, angle Saint-Denis/Ontario La pauvreté c'est.La pauvreté n\u2019est pas seulement vécue par les personnes qui vivent l\u2019itinérance.Ça peut être de demeurer dans un appartement où l\u2019individu se sent pris comme un rat parce que ça équivaut à la grandeur d\u2019un placard.Ça consiste à avoir des maux de tête parce qu\u2019il y a des inquiétudes de ne pas arriver financièrement.La pauvreté c\u2019est de porter ses vêtements jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient usés à la corde et de ne pas avoir la possibilité de les choisir.C\u2019est de s'alimenter d'une mauvaise façon par manque d'argent et de causer ainsi le développement de maladies.La privation continuelle de loisirs, de vacances, de choses pouvant favoriser sa santé physique et mentale cause une accumulation de frustrations.L'enfant issu d'un milieu défavorisé risque davantage d'avoir un bagage intellectuel moins développé et arrivera à l'école avec un déficit comparativement aux autres.Ce qui peut nuire à son avenir et engendrer un cercle vicieux où même si l'individu veut se sortir de la pauvreté c'est très difficile d'y parvenir.Les statistiques indiquent que les pauvres meurent plus jeunes et plus malades à cause principalement du stress qu'ils subissent.C'est survivre et ne plus être en mesure de rêver, même en noir et blanc.La solution souvent apportée est de prescrire une pilule pour régler le problème de stress et non pas d'agir sur ce qui le cause.La pauvreté c'est de se voir accoler les stigmates de lâche et de profiteur et de devoir justifier son existence.L'argent est synonyme de pouvoir, donc la quantité possédée est proportionnelle à ce contrôle.Lectrices, lecteurs examinez vos idées sur la pauvreté et demandez-vous si ce sont des préjugés défavorables vis-à-vis ces gens.Les valeurs Le mot richesse c'est grand, ça peut être plein de choses.L'argent, ça aide quand même.mais la richesse, ça peut être les souvenirs; l'école et les églises où t'es déjà allé.C'est aussi les valeurs qui sont à l'intérieur de nous.Les qualités d'une personne sont aussi une richesse, même s'il y en a qui vont essayer de les démolir.Construire sa vie, sa réputation et son estime de soi, ça vaut aussi pour une sorte de richesse.Prendre sa place à soi, et non pas celle des autres, ce qui donne de la confiance en soi, tout ça c'est de la richesse.Vendre des revues de L'Itinéraire, c'est un travail comme un autre pour s'en sortir! MANON FORTIER Camelot, Village Champlain/Métro Honoré-Beaugrand PIERRETTE Camelot, épicerie Metro, rue Saint-Hubert Où est passée la richesse?Premièrement, je trouve ça idiot que le gouvernement impose aux personnes de 55 ans et plus qui sont sur le BS de retourner sur le marché du travail.À la place, il devrait imposer ça aux jeunes (18-30 ans), ou alors, il devrait les inciter à retourner à l'école.Quand t'es vieux, c'est plus dur de retourner travailler.Quand j'étais camionneur, j'ai accumulé des tickets, et au lieu de pouvoir les payer à coup de tant par paye, j'étais obligé de les payer «one shot».Je n'ai pas pu, j'ai donc perdu mon permis.C'est là que j'ai décroché du système.Dans notre société, les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent.Il y a bien des sortes de richesses, comme la joie et les sourires.Il y en a pour qui ce n'est que l'argent, toujours plus d'argent.La richesse du partage et la richesse du cœur ça compte.Quand je peux rendre service à quelqu'un, je partage.JOSEPH CLERMONT Camelot, angle Sainte-Catherine/Papineau La richesse On vit dans un pays industrialisé, où la richesse monétaire est omniprésente, mais mal partagée.Plus souvent qu'autrement, elle se ghettoïse : le centre-ville, Westmount, Brassard, etc.sont ses lieux de prédilection.Par contre, dans Hochelaga-Maisonneuve, dans Montréal-Nord ou dans Parc-Extension, la richesse monétaire se fait moins sentir.Mais cette richesse est très éphémère.Selon moi, la vraie richesse, celle qui dure, c'est celle des valeurs humaines : le partage, le respect, s'aimer les uns les autres, être bien dans sa peau.Celle-là on peut la trouver partout, il faut seulement prendre le temps de la voir.Malheureusement, on est trop préoccupés par nos problèmes personnels, par notre envie de richesse monétaire, et on joue à l'autruche.On veut être plus gros, plus grands, plus beaux, avoir de plus gros chars et de plus grosses maisons.On cherche l'euphorie matérielle, le glamour, et on est envieux : l'herbe est toujours plus verte dans le jardin du voisin.Mais la richesse monétaire, ça donne des œillères, ça rend trop indépendant, et on en oublie de regarder ce qui se passe autour.Mon souhait, c'est que les valeurs des deux richesses s'équilibrent.Pour l'instant, on cache la richesse humaine derrière la richesse monétaire, et pourtant on gagnerait à être plus humains.Pas seulement à Noël, pour soulager notre conscience avant de retourner acheter des gadgets, mais toute l'année.La richesse humaine devrait être omniprésente, et au moins aussi désirable que la richesse matérielle.En somme, il faut essayer de sensibiliser les gens : la richesse monétaire n'apporte pas tout, et elle nous impose des œillères qu'il faut enlever pour recommencer à voir le monde qui nous entoure.Quant à la richesse humaine, elle apporte un bien-être de l'âme qui est inestimable.DANIEL RICHER Camelot, métro Peel 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 25 MOTS DE CAMELOTS i Expérience de cinéma d'un camelot SYLVAIN CLOT Camelot, angle Saint-Denis/Ontario Un vendredi après-midi du mois d\u2019août, une équipe de tournage est arrivée pour tourner un film dans mon immeuble.Quand toute cette équipe est arrivée, j\u2019étais assis dans l\u2019escalier avec le chien d\u2019un employé de L\u2019Itinéraire.J\u2019ai commencé à jaser avec un homme qui était là.Je pensais que c\u2019était seulement un employé qui s'occupait des accessoires, mais en fait, il s'agissait du réalisateur Wim Wenders.J'ai fait le saut quand j'ai appris ça! Quand je suis allé lui parler, il m'a tout de suite trouvé très jovial et a décidé de me faire jouer un rôle de figurant.Il m'a dit : «Tu vas faire une petite scène, tu vas ouvrir la porte pour laisser passer les ambulanciers qui sortent de l\u2019immeuble».Le film raconte l'histoire d'un écrivain en pleine déchéance, qui devra malheureusement sortir de chez lui en ambulance.J'étais très nerveux, j'avais des papillons dans le ventre! Malgré ça, j'ai trouvé l'expérience enrichissante et formidable.La recherchiste qui s'occupait des acteurs était très gentille et attentionnée envers nous.Ça prendrait plus de monde comme ce réalisateur-là, sans préjugés, qui donne de petits rôles à ceux qui en ont vraiment besoin.Niaiseux et violents La persévérance GISÈLE NADEAU Camelot, métros D'Iberville et Jarry Une cliente, à la station D'Iberville, m'achète le journal à toutes les éditions.Une bonne fois, elle s'est présentée au métro au moins à trois ou quatre reprises, avant de me voir et cela l'avait inquiétée.Elle se demandait sérieusement ce qui s'était passé avec moi.Pour ma part, moi aussi, je fus très heureuse de la revoir.A partir de ce moment-là, nous nous sommes expliqué toutes les deux.Je lui ai dit que si elle ne me voit pas dehors, en avant de la porte, c'est que je travaille dans le hall d'entrée, près des tourniquets et que mes journées sont le mardi-jeudi-vendredi, surtout dans l'après-midi et que je prends ma pause entre 2 h 30 et 3 h et je travaille jusqu'à 5 h 30.Cela me fait tout simplement voir qu'avec la persévérance, nous pouvons obtenir beaucoup dans la vie.Un merci cordial à toute ma clientèle.Vive les temps modernes! CÉCILE CREVIER Camelot, métro Fabre 11 y a trop de violence.Les gens les plus pauvres ont déjà de la difficulté à vivre, mais ils sont en plus des cibles faciles pour toutes sortes d'abus.C'est comme si, parce qu'on avait peu d'argent, les autres pensaient que ça leur donne le droit de nous écraser.Je vends mon journal à la station Fabre, et je suis souvent agressée par des bandes de jeunes ou des quêteux.Ou bien ils nous empêchent de vendre le journal en nous niaisant nous et nos clients, ou bien ils nous agressent et nous forcent à changer de lieu de vente.Ils cherchent la confrontation, mais moi j'ai bon caractère, je n'aime pas la violence, alors je me déplace.Tout individu a droit au respect, et je trouve que la police devrait être plus présente dans les stations du nord.Il faut arrêter les jeunes de faire leurs niaiseries, et permettre à tout le monde d'utiliser le métro sans être dérangé.Je ne veux plus me faire persécuter quand je suis à mon point de vente.RÉAL LAMBERT Camelot, angle Laurier/de Lanaudière À l'âge de dix ans, en 1961, j'étais sur une ferme où habitait mon père et je devais souvent l'aider.C'était le temps des foins, il fallait faire des tas et ensuite les mettre dans le quatre-roues, et les rentrer dans la grange.Cela était ardu.Pour tondre le gazon et couper le bois de chauffage, même chose : la technologie a rendu la tâche plus facile.Quand le poêle à bois fut désuet, ce fut le poêle à huile et ensuite le poêle électrique : beaucoup moins d'entretien.Il en fut de même quand le chauffe-eau a fait son apparition, il devint plus facile de se laver.Le réfrigérateur a fait son apparition, la glacière n'avait plus sa place.Un jour la balayeuse a fait que nettoyer sa maison n'était pas autant une corvée et je pouvais peinturer au fusil et non juste avec un pinceau.Aussi, pour les réparations, des outils électriques ont fait leur apparition, sauvant beaucoup de temps.Pour moi, le temps moderne vaut plus que le temps ancien, car nous avons plus de temps libre pour faire les choses que l'on aime.Merci à tous mes clients.26 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 CHEMIN FAISANT MACHINE HUMAINE (4) À cœur ouvert PAR HAMED BAMBA ALIAS SHALIVER | Chroniqueur de rue Nous avons tous besoin d'être heureux, indépendamment de la couleur de notre peau, de nos valeurs, croyances ou spiritualité : c'est le dénominateur commun à tous les êtres humains.Mais pourquoi sommes-nous dans la souffrance?Pourquoi tant de colère, d'animosité, de haine et de guerre?Pourquoi tant de corruption, d'ambitions malsaines de la part des gens, dans un monde truffé de malhonnêteté intellectuelle?À la poursuite du bonheur, on se retrouve dans le malheur à cause de l'ignorance.L'ignorance de l'évidence mène à la souffrance.Je parle de l'ignorance de notre existence.Existence attachée à cette satisfaction, ce bonheur tant convoité qui se trouve à l'intérieur de nous, dans ce bon vieux cœur.99 % de la population mondiale pense que le bonheur dépend de nos conditions de vie (du confort extérieur).Alors que c'est un fait que la joie, le bonheur émanent du cœur et n'ont rien à voir avec les circonstances extérieures.Tout le monde confond joie et plaisir, mais le véritable bonheur consiste à se trouver soi-même, se connaître.Comme Socrate le disait, «connais-toi toi-même, et tu connaîtras le créateur de toutes choses, l'univers et la nature».Attention, je ne parle pas de connaître son attitude ou ses préférences, mais de connaître en nous la partie sur laquelle nous n'avons aucun contrôle et qui ne dépend pas de nous, mais qui dépend de cette puissance suprême qui gouverne tout dans l'univers et partout ailleurs.L'évidence nous échappe parce que nous nous sommes égarés dans nos fictions, à un point tel que nous sommes rendus à des millions d'années-lumière de notre vrai soi.L'ignorance nous a rendus aveugles (le mot ignorance découle d'un très vieux mot, ignorare, et signifie ne pas savoir, ne pas connaître).Et je dirais même plus, nous sommes devenus amnésiques concernant notre véritable Nous sommes devenus excellents dans l'art de pratiquer l'ignorance, la confusion, la colère, la haine et les guerres.Je suis très inquiet pour notre Terre Mère.nature, parce que nous n'avons que de brefs souvenirs de nos vraies valeurs qui sont : la solidarité, l'union qui fait la force, l'amour pour soi-même, pour autrui et pour la nature, la dignité, l'honneur, la confiance, le respect, et surtout l'honnêteté intellectuelle, valeurs qui sont censées régir nos sociétés.Ce sont toutes des promesses que nous nous étions faites étant enfant.Malheureusement, de nos jours le mensonge remplace la vérité; les croyances et les fictions ont pris le pas sur la véritable connaissance.Et comme la pratique rend parfait, nous sommes devenus excellents dans l'art de pratiquer l'ignorance, la confusion, la colère, la haine et les guerres.Je suis très inquiet pour notre Terre Mère.Un petit test : combien de temps cela nous prend-il pour céder à la colère, la confusion, l'infamie et la barbarie?Einstein disait que la plus grande des folies est de toujours faire les mêmes choses en espérant des résultats différents.Il est plus que temps de changer de stratégie.Le temps de la haine, du racisme et des guerres est révolu : nous en connaissons tous les résultats.Et pour avoir passé deux ans et demi de ma vie dans le métro et les rues de Montréal, je sais très bien de quoi je parle.Ma seule consolation est que bien sûr, à Montréal, il y a encore beaucoup de gens bien.Le même Einstein disait que ce ne sont pas ceux qui détruisent notre monde qui font peur, mais ce sont les gens de bien, conscients et honnêtes, qui ne font rien pour l'empêcher.Je trouve cela très triste.La solution est de défaire ces millions d'années-lumière de fictions, de croyances et de concepts qui nous ont égarés de notre vraie nature.En faisant machine arrière, nous atteindrons la source de notre bonheur, qui se trouve en nous.Cette beauté intérieure intemporelle, qui nous inspire chaque jour à apprécier et à rechercher la beauté et la satisfaction à l'extérieur.C'est ce que j'appelle LA réalité: l'immuable.Ceci est un fait.¦ 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 27 MOTS DE CAMELOTS i Consigne inaction BOB BÉRUBÉ Préposé à l'entretien La politique du gouvernement du Québec en matière de recyclage consigné, c'est vraiment n'importe quoi.Le Québec est une des provinces les plus arriérées en la matière, et je suis très bien placé pour en parler : je fais ma run de canettes régulièrement et je vois tout ce qui pourrait être recyclé et consigné se retrouver dans les vidanges.Canettes poquées, bouteilles de vin, bouteilles de fort, gallons de lait en plastique, boîtes de jus, bouteilles d'eau et j'en passe.Au Nouveau-Brunswick, tout ce que je viens de nommer est consigné et les gens recyclent plus.Quand je dis plus, je veux dire beaucoup plus : il n'y a pas d'argent à faire avec leurs poubelles.C'est normal, ils paient! Ils sont même prêts à payer plus cher en consigne : pour la plupart des contenants, le prix de la consigne est même supérieur à l'argent redonné lorsque les contenants sont ramenés, pour pouvoir faire fonctionner le système.Et ça marche! Ici, c'est aberrant de voir tout ce qui se retrouve aux vidanges et qu'on pourrait recycler.Ça me met en &*$%# ! Le gouvernement du Québec avait prévu se mettre à jour et augmenter la consigne, mais ils ont reculé.Le problème, c'est que ça n'aide pas du tout à conscientiser les gens qui font un gaspillage incroyable : ça me donne mal au cœur.Par contre, on voit qu'en 2013, les gens sont plus ouverts et plus compréhensifs envers ceux et celles qui font des runs comme moi.Les jeunes surtout : ils comprennent que ce qu'on fait c'est un travail.Ils nous défendent même quand un idiot veut nous écœurer : «/a/sse-/e tranquille, il travaille!».Je pense que les gens ont de plus en plus soif de changement et qu'ils ont compris que ça commence avec les petites choses.C'est positif, mais il reste beaucoup de chemin à faire.Orchestrer ma vie CLAUDE GAUTHIER Camelot, angles 30e avenue/Beaubien et Saint-Zotique/41e avenue.D'où venons-nous, où allons-nous?Qu'y a-t-il après la mort?Pas facile de répondre à ces questions pourtant fondamentales.Il serait utile de percevoir ne serait-ce que l'ombre d'un éclaircissement.Si pour moi il y a autant de réalités qu'il y a de gens pour les concevoir, et que ces conceptions sont des représentations que l'on se fait de nous-mêmes, des autres, de la société, même de la planète et de l'univers, comment s'y retrouver?Dans ce grand voyage menant vers la fatalité de la mort, nombreux sont les témoignages d'une vie après celle-ci.Pour moi, ces témoins ont été essentiels à mon épanouissement.Sinon, entre autres, je me serais enlevé la vie à coup sûr quand j'ai frappé le mur de la drogue ; j'étais comme un orgue sur lequel on aurait enfoncé toutes les touches en même temps, d'un seul coup.Puisqu'il était impératif que cette cacophonie cesse pour que je revienne à mes dix doigts, et qu'arrête ce que je faisais au corps que je portais malgré moi, j'ai dû me réhabiliter et gérer, orchestrer ma vie pour quelle en soit plus harmonieuse et qu'il en résonne une symphonie céleste et terrestre.Les mains, la tête, le cœur MÉLANIE DUGUAY Camelot, angle Ontario/ Bercy L'art de s'exprimer ne passe pas toujours par la parole.Les ateliers d'art que j'anime laissent aussi parler les mains, l'imagination et les émotions de chaque participant.Cela m'apporte un profond sentiment d'accomplissement et de satisfaction.Comment ne pas être fière de chaque projet créé par les participants?Je ressens également un bien-être encouragé par le partage au sein du groupe.Il ne faut pas oublier d'autres avantages non négligeables : le plaisir et la détente associés à l'acte créateur.Quant aux participants, ils me confient souvent qu'il s'agit d'un art thérapeutique qui leur permet d'évacuer leurs problèmes quotidiens.Pour eux, c'est un grand moment de détente.C'est aussi une façon de s'accomplir en tant qu'individu au sein de la société, de partager avec les autres sa créativité.De plus, le travail d'équipe mène à de belles découvertes ainsi qu'à un partage intéressant des idées.Lorsqu'ils vendent leurs œuvres lors des expositions ayant lieu au Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP), les participants peuvent gagner de l'argent.Cependant, il ne s'agit pas de leur but premier.À l'occasion des expositions, ils cherchent surtout à afficher leur appartenance au groupe de L'Itinéraire.Ainsi, ils peuvent acquérir de nouveaux clients, autant pour la vente des œuvres artistiques que pour celle des revues.Concrètement, l'atelier propose aux participants de faire des projets de peinture, de bricolage artistique, de collage, de photographie et de dessin.L'Itinéraire fournit le matériel pour toutes les activités de l'atelier et le recyclage est au centre de nos pratiques.C'est une valeur qu'on m'a léguée quand j'étais très jeune.Avec les participants de l'atelier d'art, on a créé un comité vert pour gérer la réutilisation des objets et des matériaux.A L'Itinéraire, on a de quoi être fiers.et de quoi s'exprimer! 28 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 HORS PISTE Cœur (suite et Fin) PAR PIERRE SAINT-AMOUR | Chroniqueur de rue Dans la première partie du récit, le narrateur se retrouve dans un lit d'hôpital après un infarctus et ressent une envie d\u2019uriner.Dans le lit voisin, occupé hier par un homme, une jolie femme aux longs cheveux de jais lui sourit : «Tu ne vas quand même pas pisser devant moi?» qu'elle lui dit.Jf étais décontenancé.Dans mon égocentrisme postonirique, je m'étais soustrait du monde extérieur et ne m'étais pas rendu compte que je me trouvais parmi des gens malades dans une salle d'hôpital.- J'ai bien peur que si, que je lui répondis.Elle s'appelait Yasmina.Elle était originaire du Maroc et vivait à Montréal, chez son père, depuis plus de vingt ans.Sa mère était morte des suites d'une longue maladie à l'été de ses dix-huit ans.Elle en avait maintenant trente-six.Elle était diplômée en psychologie et occupait les fonctions d'intervenante psychosociale dans un organisme communautaire, à Longueuil.Il y a trois jours, elle avait, comme moi, été terrassée par un infarctus.Le temps passa à vitesse grand V : examens, prises de sang, injections, repas, dodo et visites.Le soir venu, bien qu'épuisé, j'éprouvai le besoin de bouger.Yasmina aussi.Elle me dit: - Suis-moi.- On va où?- Tu verras.Pour se déplacer, il fallait suspendre le moniteur cardiaque et les différents sacs de soluté, auxquels nous étions reliés, à une potence munie de roulettes.Après avoir prévenu l'infirmière, nous nous dirigeâmes vers les ascenseurs, traînant notre gibet.Yasmina semblait ravie.Je me demandais pour ma part combien de temps encore j'allais moisir dans ce mouroir.Nous sommes bien peu de chose, m'aurait objecté ma mère, et nul ne sait de quoi l'avenir sera fait.Oui, bon, admettons.Mais tout cela ne m'avançait pas beaucoup.Je jetai un coup d'oeil à Yasmina, qui semblait voguer sur un océan de béatitude.Nous franchîmes bientôt les portes de l'entrée principale.C'était la fin du mois de mai.Une vague de chaleur déferlait sur Montréal depuis le début de la semaine.Yasmina fouilla dans le fourre-tout quelle portait en bandoulière.- Bordel de merde, où est-ce quelles sont?- Qu'est-ce que tu cherches?- Mes cigarettes.Elle finit par les trouver et me tendit son paquet.Je déclinai son offre, car l'idée de fumer me donnait la nausée.-\tJ'ai juste le temps de la fumer.-\tQu'est-ce que tu veux dire?-\tTu poses trop de questions.Elle venait à peine d'écraser son mégot qu'un agent de sécurité, surgissant du néant, fondit sur nous.-\tMadame Yasmina, madame Yasmina, vous n'êtes pas raisonnable.-\tComment ça va, Frank?-\tAh, vous savez, c'est pas la grande forme, y a pas à dire.Mon plus vieux s'est fait arrêter pour vol à l'étalage et mon plus jeune prend de la drogue.Des fois, j'aurais le goût de m'exiler sur une île déserte.-\tÇa va s'arranger, Frank, t'en fais pas.Nous nous dirigeâmes tous les trois en direction des ascenseurs.Yasmina et Frank, bras dessus bras dessous, se racontaient en gloussant leur dernier voyage de pêche.-\tComment t'as fait pour savoir qu'un agent de sécurité allait se pointer?-\tCe n'était pas bien difficile à deviner.Le moniteur cardiaque auquel nous sommes branchés émet une onde qui est captée par un moniteur central situé au poste des infirmières.Où que nous nous trouvions à l'intérieur de l'hôpital, l'infirmière chargée de la surveillance de l'appareil est avertie du moindre changement de notre condition cardiaque.Quand j'ai inhalé les premières bouffées de ma cigarette, mon rythme cardiaque a changé.Au-delà d'un certain nombre de battements par minute, je présume que le moniteur actionne un signal sonore qui prévient l'infirmière de la situation.-\tL'infirmière, qui sait que tu es en train de fumer, transmet alors l'information à un agent de sécurité, qui a pour mission de te ramener sagement à ta chambre.-\tC'est ça.-\tEn tout cas, il semble bien te connaître.-\tFrank ?C'est comme un vieux pote Les infirmières aussi, d'ailleurs.En fait, je connais tout le monde ici.-\tUne habituée alors?-\tEn quelque sorte.C'est la cinquième fois que je me retrouve ici en deux ans.Mais il n'y aura pas de sixième fois.Dans les mois qui ont suivi, je suis resté en contact avec Yasmina.Un jour, je lui ai téléphoné et son père m'apprit qu'elle était morte.Comme sa mère, à trente-six ans.Quand j'ai raccroché, je me suis allumé une cigarette.Nous sommes bien peu de chose et nul ne sait de quoi l'avenir sera fait.- FIN - 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 29 URE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT Un repas à la carte En offrant une carte-repas à 5$, vous permettez à une personne démunie de manger avec dignité un repas complet au café L\u2019Itinéraire.La carte-repas solidaire est aussi échangeable auprès des organismes Comité social Centre-Sud, MultiCaf, Resto Plateau et Chic Resto Pop.Donnez autrement, aidez des gens dans le besoin à manger à leur faim! Grâce à vos dons, L\u2019Itinéraire sert gratuitement plus de 17 000 repas complets par année aux personnes démunies.Les cartes-repas peuvent vous être envoyées pour vous laisser le soin de les donner, ou être distribuées par des bénévoles et nos intervenants qui offrent ainsi réconfort et service d\u2019aide pour la réinsertion sociale.Un projet de L\u2019Itinéraire appuyé par L\u2019œuvre Léger, Moisson Montréal et la fondation Tirelire Don en cartes-repas DON Je fais un don de: CARTES-REPAS2 J'offre_____cartes-repas à 5 $ chacune = ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : IDENTIFICATION O Mme OM.S1 Nom:_______________________________ Prénom:_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :______________________________________ $1 Adresse : ______________________________________________________________________ Ville: _____________________________________________________________________ Province:__________________________ Code postal:______________ _____________ Téléphone : (______)______-_________________________________________________ $ Courriel : _____________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire TOTAL DE MA CONTRIBUTION : Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?N°de la carte: I I I I I I I I I I I I I I I I I I Expiration (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nous au 514-597-0238 poste 230.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca L'ADN d'une coopérative Engagé depuis 10 ans au sein du conseil d'administration de la Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal, Stéphan Schwab, qui en est aujourd\u2019hui le vice-président, est un véritable passionné du modèle coopératif.Celui qui a enseigné à l\u2019Institut de recherche et d\u2019enseignement sur les coopératives de l\u2019Université de Sherbrooke (l\u2019IRECUS) de 1984 à 2010 est aujourd\u2019hui consultant pour différentes organisations coopératives dans divers secteurs, dont la Fromagerie St-Albert, qui dessert une communauté agricole franco-ontarienne.PAR SHAWN BOURDAGES Alors qu'est-ce qui distingue une coopérative de toute autre forme d'organisation économique?«D'abord, la coopérative prend source dans la prise en charge d'un besoin du milieu, par le milieu.Par exemple, la Caisse populaire de Lévis, qui a été fondée en 1901 pour donner aux producteurs agricoles Canadiens français un meilleur accès au crédit à une époque où il leur était difficile d'être financés», explique Stéphan Schwab.Outre cette caractéristique fondamentale, les coopératives opèrent sous sept principes qui, ensemble, leur donnent un ADN commun et singulier.L'adhésion à une coopérative est ouverte et volontaire.C'est-à-dire que «/es coopératives sont des organisations fondées sur le volontariat et ouvertes à toutes les personnes aptes à utiliser leurs services et déterminées à prendre leurs responsabilités en tant que membres», et ce, sans discrimination fondée sur le sexe, l'origine sociale, la race, l'allégeance politique ou la religion.Bien que ce principe énoncé dans la déclaration sur l'identité coopérative de 1995 puisse sembler banal, il demeure ambitieux dans de nombreux pays où les coopératives évoluent.Le deuxième principe est le pouvoir démocratique exercé par les membres.En effet, la coopérative est issue d'un courant de pensée prônant la démocratisation de l'économie.Contrairement à une société à capital-actions, «ce n'est pas le capital qui parle.» Chaque membre n'a qu'un seul vote, peu importe son poids économique.La participation économique des membres est un principe structurant pour toute organisation coopérative.Cette participation se concrétise sous la forme de parts sociales, de parts privilégiés et de parts permanentes.«En fait, à l\u2019exception des coopératives d'usagers comme Mountain Equipment Coop, la part sociale est rarement suffisante à une participation économique significative des membres.Dans les coopératives de travail, il n\u2019est pas rare que des membres détiennent plus de 10 000 $ de capitalisation et, dans les coopératives agricoles, cela peut ?Don pour soutien aux camelots Les besoins sont toujours grandissants.Faites un don maintenant et aidez-nous à soutenir nos camelots et à appuyer notre mission.Pour les modalités, consultez notre formulaire dans le magazine (p.30) ou sur notre site web: www.itineraire.ca En vous abonnant, vous encouragez la cause des plus démunis qui se prennent en main pour améliorer leur sort.ABONNEMENTS SOLIDAIRES AUX CAMELOTS m Pour les modalités, consultez notre formulaire dans le magazine ou sur notre site web : www.itineraire.ca RECHANGEM Stéphan Schwab, vice-président du conseil d'administration de la Caisse populaire du Mont-Royal.atteindre 100 OOO $, voire plus.À la Fromagerie St-Albert, l'investissement moyen des membres dépasse 200 000 $.» Cette participation économique du membre fait de celui-ci un copropriétaire de l\u2019organisation.En cohérence avec le principe de démocratie, tous les membres d\u2019une coopérative sont copropriétaires à parts égales.Si cette propriété donne un pouvoir décisionnel au membre, elle donne également droit à une partie des excédents financiers qui peut être redistribuée sous forme de ristournes.Dans la foulée des aspects démocratiques et de propriété économique des coopératives, le principe d\u2019autonomie et d\u2019indépendance s'impose.«Une coopérative se doit d'être autonome et indépendante dans ses actions et décisions afin de demeurer à l\u2019écoute et de trouver des réponses aux besoins de ses membres et du milieu, cêst pourquoi chaque Caisse Desjardins est à la base une coopérative indépendante», souligne Stéphan Schwab.Malgré cette autonomie, les coopératives coopèrent entre elles (ce qu'on appelle l'inter coopération), soit pour accroître leurs capacités ou tout simplement pour faire rayonner le modèle, «Le Mouvement Desjardins est un bel exemple d'inter coopération, cêst une coopérative formée des Caisses membres qui sert à étendre le champ d'action de chacune délies tout en étant un excellent levier pour développer le modèle.Cêst d'ailleurs dans cette optique que Desjardins a tenu l\u2019an dernier le premier Sommet international des coopératives à Québec.» Le principe d'éducation, lui, est non seulement l'un des plus importants pour le bon fonctionnement d'une coopérative, mais également le principe le plus cher à Stéphan Schwab, enseignant de longue date.«Dans une coop comme dans la société, il n'y a pas de démocratie sans éducation.» En effet, l'éducation est essentielle pour le bon fonctionnement d'une organisation qui compte fortement sur une implication éclairée de ses membres.Cette éducation prend différentes formes selon les caractéristiques propres à chaque coopérative.«À la Fromagerie St-Albert par exemple, où le lien familial est important, nous organisons une pré-assemblée destinée aux enfants des producteurs agricoles afin qu'ils puissent s'initier au modèle coopératif et comprendre ses mécanismes.À la Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal, nous avons le poste de dirigeant stagiaire, qui permet à des jeunes de participer au conseil d'administration et d\u2019apprendre les rouages d'une coopérative.» La pédagogie se vit également dans les activités courantes et les assemblées.«L\u2019éducation, c'est aussi d'être ouvert aux questions des membres et de s'assurer que ceux-ci comprennent bien ce qui se passe en assemblée.» Finalement, l'engagement envers la communauté constitue le septième principe de la coopération.C'est un principe qui va de soi pour un type d'organisation solidement enraciné dans la communauté.«La coopérative a une vision écologique de la communauté, c'est pourquoi il y a une rétroaction avec cette dernière», explique Stéphan Schwab.«L'investissement que fait la Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal dans son milieu va exactement dans ce sens.Il faut souligner qu'une des valeurs de la coopération est l'altruisme, ce qui n'est pas rien! Bref, la coopération c'est une attitude.» m Cocktails \u2022 Événements corporatifs ou privés \u2022 Repas pour écoles et CPE \u2022 Service de comptoir alimentaire \u2022 Pâtisseries pour cafés, restaurants, cafétérias ou pour vos occasions personnelles \u2022 Service aux tables \u2022 Location de salle.Bis est une entreprise d'insertion sociale et professionnelle d but non lucratif spécialisée dans la restauratjjprr^ < JL\ti -.- .\t*\tM \u2022*.WWW.TRAITEURBIS.QC.CA 514 721 -1747 Rejoignez-nous sur Facebook, Twitter et notre site Web Bifa [¦M.Suivez en direct nos actualités sur nos réseaux sociaux INFO RAPSIM Le 18 octobre La Nuit des sans-abri Voilà bientôt 24 ans que des gens se réunissent autour d'un brasero (un bidon avec du Feu dedans) dans plusieurs villes à travers la province en solidarité avec les personnes en situation d\u2019itinérance.Cette année, ça se passera dans 32 villes (de Gatineau à Mont-Joli, en passant par Sherbrooke, Québec et Sept-îles) pendant plus de 12 heures.ttfiqitelîe sËfttfarftê PAR BERNARD ST-JACQUES Passer un message politique et sensibiliser le public On ne manquera pas de sujets en vogue cette année.La Nuit des sans-abri se tiendra dans un contexte où l\u2019horizon du financement fédéral (Stratégie de partenariats de lutte à l\u2019itinérance, SPLI) demeure incertain avec l\u2019actuelle volonté du gouvernement d\u2019opter pour un seul type d\u2019intervention finançable en itinérance.On en sera aussi qu\u2019à deux semaines des élections municipales et possiblement à deux mois de l\u2019adoption tant attendue d\u2019une Politique nationale en itinérance.On souhaite cette dernière telle qu\u2019on la revendique depuis des années, à savoir une priorité du gouvernement provincial s\u2019accompagnant d\u2019une vision globale et d\u2019une meilleure harmonisation entre les actions des ministères.Elle doit aussi être calquée sur l\u2019idée même de reconnaissance des droits des personnes itinérantes bafoués et doit rappeler clairement à l\u2019ensemble de la population que l\u2019itinérance relève d\u2019une responsabilité collective.Concrètement, le 18 octobre à Montréal.Partout à la Nuit des sans-abri, on peut retrouver du contenu festif, ludique et éducatif sur le phénomène.On peut aussi y manger un morceau, et les personnes itinérantes elles-mêmes y sont attendues davantage comme citoyennes que pour venir y chercher des services.A Montréal, la Nuit des sans-abri tente d aller à la rencontre des gens le plus possible en dépit du caractère fort individualiste apparenté aux grandes villes.La soirée sera lancée au Square Phillips (en face du La Baie sur Sainte-Catherine) dès 16 h 30, ponctuée de spectacles, discours, sortie médiatique et ateliers interactifs.Vers 19 h 30, on se mettra en branle dans les rues du centre-ville dans le cadre d\u2019une marche pour une Politique en itinérance avec différents arrêts (un peu sous la forme d\u2019une visite guidée).Notre course s'achèvera au Comité social Centre-Sud vers 21 h 00, où on tiendra une projection de courts métrages dans le cadre du Festival du nouveau cinéma (FNC - du 9 au 20 octobre) jusqu'à 23 h 00, heure à laquelle débutera une vigile de solidarité jusqu'au déjeuner du lendemain matin, vers 6 h 00.C'est un rendez-vous à ne pas manquer: 16 h 30 Square Phillips (Ste-Catherine en face du La Baie, métro McGill).Animation, spectacles, expos d'arts, ateliers interactifs, bouffe.19 h 30 Marche pour une Politique en itinérance (départ du Square Phillips) 21 h 00 Comité social Centre-Sud (1710 rue Beaudry, métro Beaudry) 21 h 15 Projection de films dans le cadre du Festival du nouveau cinéma (FNC) - Vigile de solidarité (veillée nocturne jusqu'à 6 h le lendemain) Infos: nuitdessansabrimtl@gmail.com Facebook: Nuit des sans-abri de Montréal Site Internet: www.nuitdessansabri.com Comité organisateur: Accueil Bonneau.L'Anonyme.Auberge communautaire du Sud-ouest.Auberge du cœur Le Tournant.Le Chaînon.Foyer des jeunes travailleurs/euses de Montréal.L'Itinéraire.Groupe d'intervention alternative par les pairs (GIAP).RAPSIM.Spectre de Rue.POUR UNE POLITIQUE EN ITINÉRANCE U A nÇ II |lJ| Le réseau d'aide au* personne* seules ei itinérantes de Montréal l\\/T,n 311m www.rapsim.org | Tel.514 879-1949 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 33 Lundi 28 octobre de 11 h 30 à 20 h Cest la journée spaghetti à L'Itinéraire AU MENU Spaghetti à ta viande, pain à l'ail, salade vente, dessent et café pour 5 $ seulement \u2014*\u2014 En plus de déguster un repas qu'on aura préparé pour vous, vous pourrez visiter notre Café, notre service de distribution des magazines, rencontrer les camelots et les intervenants.Et vous aurez contribué à une campagne de financement de L'Itinéraire.V Les billets sont disponibles en appelant Claudine à L'Itinéraire au 514 597-0238 poste 238 Vous pouvez aussi acheter des billets à l'entrée du Café L'Itinéraire, situé au 210L rue Sainte-Catherine Est, à l'angle de la rue De Lorimier.Uili.NE RAI RE Au Centre Saint-Pierre 1212, rue Panet Le mardi 22 octobre À 18 H, à la salle 1205 L\u2019ORGANISME LES DÉPRIMÉS ANONYMES INC.ORGANISE UN ÉVÉNEMENT D\u2019AUTOFINANCEMENT Jacques Charland, le coordonnateur de l\u2019organisme donnera une conférence sur un sujet urgent à débattre : La souffrance des hommes.Comment reconnaître les signes d\u2019un gars souffrant?Comment l\u2019amener à demander de l\u2019aide?Avons-nous la capacité de motiver et mobiliser un homme souffrant dans un processus de changement?Contribution: 20 $ I Inscription: 514 278-2133 boîte 1 Tous les profits iront à l\u2019organisme.Les Déprimés Anonymes Inc.www.deprimesanonymes.org DR JULIEN Sur les pas du Dr Julien et la politique Électron libre pour les enfants Gilles Julien est un leader influent dans sa communauté.En cette ère de corruption, il Fait partie des rares Figures dont l\u2019intégrité ne Fait aucun doute.Mais ne vous attendez pas à voir son visage placardé sur des pancartes électorales.«Je suis un électron libre pour les enfants.Je serais incapable de suivre la ligne d\u2019un parti».PAR MARIE-LISE ROUSSEAU Le pédiatre social ne voudrait pour rien au monde déroger de ses convictions au nom d'un parti.Toutefois, il a baigné dans le monde politique au début de sa pratique, à la fin des années 70, dans un petit village près de Lévis.«// y avait eu de gros problèmes d'environnement en raison d'élevage intensif de veaux.Avec un comité citoyen, on a voulu faire sauter le conseil municipal pour prendre le relais.Je me suis présenté comme conseiller et j'ai gagné.» Élu, Gilles Julien a réussi à bloquer le projet d'élevage appuyé par le ministre de l'Environnement de l'époque, mais non sans embûches.Le pédiatre social a reçu des menaces, s'est fait traiter de tous les noms et a subi du vandalisme chez lui.«Après cinq ans c\u2019était assez.J'ai gagné ce combat, mais ça m\u2019a usé», dit celui qui a fait jadis la une du journal Le Soleil avec comme titre: «Cy Julien, du sable dans l'engrenage de l'État.» Relation ambiguë Aujourd'hui, le pédiatre social entretient une relation ambigüe avec le monde politique.Malgré de très beaux partenariats dans plusieurs de ses projets, certains politiciens lui mettent aussi parfois des bâtons dans les roues.Face à eux, il ne plie pas pour la cause des enfants.Gilles Julien apprécie l'écoute et la présence, à plusieurs de ses événements, des députés provinciale (Carole Poirier du Parti Québécois) et fédérale (Marjolaine Boutin-Sweet du Nouveau Parti Démocratique) de sa circonscription.Le monde municipal est aussi régulièrement de la partie.«Ces gens font partie de notre communauté», explique-t-il.Mais cette bonne relation ne l'empêche jamais de leur remettre sous le nez les dossiers qui n'avancent pas.«Dernièrement, j\u2019ai dénoncé le fait que certains d'entre eux n'osaient pas se prononcer et agir dans l'affaire des moisissures dans les écoles*.Je me suis fais rapidement ramener à l'ordre mais je considère qu\u2019on ne peut jouer la neutralité quand la santé de plusieurs enfants est en jeu».Pas question pour le pédiatre social de marcher sur ses principes pour plaire aux élus qui subventionnent les activités de sa Fondation.«Jamais ils ne vont m'empêcher de parler et ils le savent.Je n\u2019ai qu\u2019un objectif, celui de la défense des droits des enfants.» Du pareil au même Les élections municipales qui approchent à grand pas pourraient-elles changer quelque chose à la situation des enfants qui fréquentent la clinique du Dr Julien?«Les élections, c'est souvent du pareil au même, tranche le médecin.Par contre, il suffit souvent d\u2019intéresser un politicien qui pourra porter le message une fois élu ce qui aura l'effet de provoquer un changement nécessaire.» Gilles Julien retire une leçon de son court passage en politique: «Quand tu as le pouvoir, même juste dans un petit village, et que tu l'utilises pour le bien public, ça peut être extrêmement puissant.Mais les embûches sont grosses.C'est dur de faire de la politique.» *NDLR: Au moment de mettre sous presse, les écoles primaires Baril, Saint-Nom-de-Jésus et Hochelaga du quartier Hochelaga-Maisonneuve, où se situe le centre Assistance d'enfants en difficulté de la Fondation du DrJulien, étaient toujours fermées pour cause de moisissures.Aucun politicien n'a encore osé prendre le flambeau! «Jamais ils [les politiciens] ne vont m'empêcher de parler et ils le savent.Je n'ai qu'un objectif, celui de la défense des droits des enfants.» Fondation du DrJulen 1601, rue Aylwin, Montréal, Québec H1W 3B9 Téléphone: 514 527-3777 Fondation@pediatriesociale.org 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 35 BLOC-NOTES L'ACEF Combattre l'endettement Les Québécois sont endettés en moyenne à 140% de leur revenu disponible.Et la tendance est à la hausse: la dette moyenne avait augmenté de 9,4 % en 2012.Malgré le poids accablant des intérêts et des Factures qui s\u2019accumulent, il existe des solutions.L\u2019Association des coopératives en économie Familiale (ACEF) est là pour les trouver.PAR THOMAS ÉTHIER La mission principale de L'ACEF, c'est d'éveiller L'esprit critique des consommateurs pour qu'ils reprennent leur budget en main.Les gens s'endettent de plus en plus jeunes, la détresse prend de l'ampleur.Un problème criant, comme l'explique Jacques Audet, chargé des communications à l'ACEF de l'est de Montréal.«Les compagnies profitent beaucoup des 18-20 ans, qui s'endettent énormément sur leurs cartes de crédit.L'ACEF multiplie les conférences et ateliers auprès des jeunes; on constate un manque d'éducation budgétaire général», dénote-t-il.Reprendre son budget en main La mission principale de l'ACEF, c'est avant tout d'éveiller l'esprit critique des consommateurs pour qu'ils reprennent leur budget en main.L'organisme à but non lucratif, qui compte une dizaine de centres à travers le Québec, travaille à prévenir et à régler les problèmes financiers des Québécois.Consultations budgétaires, défense des droits, cours d'accession à la propriété, ateliers divers, etc., l'ACEF accueil quiconque veut avoir le contrôle sur son argent.Depuis plusieurs années, l'ACEF accueille beaucoup de nouveaux arrivants qui s'établissent au Québec.«Plusieurs d\u2019entre eux vivent longtemps sans salaire, avec une famille à nourrir.Les chaînes de grands magasins présentent des offres de cartes de crédit alléchantes pour cette clientèle, sans mentionner les 28 % de taux d\u2019intérêt, déplore Jacques Audet.Lorsqu\u2019ils arrivent à l'ACEF; tout leur argent sert à rembourser ces intérêts.» Au-delà de l'endettement, la gestion d'un faible revenu peut s'avérer très complexe en soi.C'est le défi des personnes qui vivent du chômage ou de l'aide sociale.«La crise financière a entrainé plusieurs pertes d\u2019emploi dernièrement; le budget mensuel souffre beaucoup du chômage», explique Jacques Audet.Équilibrer un budget peut devenir alors très complexe, et il est important de chercher de l'aide.».Une longue histoire d'entraide Les premières activités de l'ACEF remontent aux cours d'éducation populaire des syndicats, dans les années 1950, destinés à aider les travailleurs à faible revenu à structurer leur budget.Une soixantaine d'années plus tard, regroupés dans l'union des consommateurs et dans la coalition des associations de consommateurs du Québec, les ACEF évoluent avec plusieurs autres centres populaires de service de budget Les Associations coopératives d\u2019économie familiale de la région métropolitaine ACEF du Nord de Montréal 514 277-7959 http://www.acefnord.org/ ACEF du Sud-Ouest de Montréal 514 362-1771 http://consommateur.qc.ca/ acef-som/ ACEF de l\u2019île-Jésus 450 662-9428 http://aceflav.wordpress.com/ ACEF Rive-Sud 450 677-6394 http://www.acefrsm.com/ au service des Québécois.Mais la tâche n'est pas mince, les appels à l'aide augmentent.Selon Jacques Audet, de plus en plus d'organismes se «déguisent» en sorte d'ACEF, mais sont souvent financés à même les banques.«Les services sont semblables, mais on fait payer toutes sortes de frais aux utilisateurs pour rentabiliser le service, déplore-t-il.Avant d'aller voir qui que ce soit, venez voir l'ACEF.On trouve les meilleures solutions, on donne l'heure juste, et c'est gratuit.» Ressource clé du consommateur averti, le site web de l'ACEF de l'est de Montréal recèle une mine d'or d'informations pratiques qui permettent de prendre des décisions éclairées sur la gestion de son argent.De l'achat d'une voiture usagée ou d'une assurance vie, en passant par nos droits face aux agences de recouvrement, tout y est pour poser les bons gestes.De plus, le service de défense des droits offre une assistance aux personnes victimes de pratiques douteuses ou frauduleuses.36 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 Il existe 27 millions d'esclaves dans le monde, selon le plus récent rapport du département d'État américain (2013) Combien d'esclaves travaillent pour vous?Comment savoir si vos biens de consommation ont été confectionnés par des travailleurs Forcés?Vous pouvez calculer votre empreinte-esclave grâce au site américain de Slavery Footprint.protégez'-ous par François dominic laramée Sur le même principe que les sites qui calculent votre empreinte écologique, un site Web vous permet dorénavant d\u2019examiner votre mode de vie afin de déterminer combien de travailleurs forcés se cachent derrière vos achats: slaveryfootprint.org.Slavery Footprint définit le travail forcé par l\u2019absence de rémunération ou l\u2019exploitation économique sans possibilité d\u2019y mettre fin.L\u2019organisme sans but lucratif californien base notamment ses résultats sur un rapport du département d\u2019Etat américain portant sur le trafic humain en 2011.Comment cela fonctionne?Pour connaître votre empreinte-esclave, vous devez répondre à 11 questions.Qu'est-ce qui se trouve dans votre assiette, dans votre armoire de salle de bain?Quel est le contenu de votre garde-robe?Quels sports pratiquez-vous?L'interface du questionnaire est simple et interactive, mais, l'exercice se révèle toutefois très approximatif, puisqu'il vous sera difficile de déterminer avec exactitude le pourcentage moyen de votre consommation de poissons et fruits de mer ou encore le nombre de pantalons que contient votre garde-robe.Sensibiliser les fabricants Inutile de vous alarmer si vous arrivez à un résultat de 80 esclaves.L'objectif de Fair Traide Fund est avant tout de vous sensibiliser à cet asservissement des temps modernes, puis de vous inviter à passer à l'action via son application mobile pour iPhone et appareil Android.À l'aide de l'application, vous pourrez contacter les fabricants de votre choix par l'entremise de Facebook.Ceux-ci seront alors invités à embrasser la campagne Made in A Free World, qui les incite à éradiquer le travail forcé de leurs chaînes d'approvisionnement.La campagne comprend aussi un volet terrain pour libérer des enfants ghanéens de l'esclavage, qui pourrait ensuite s'étendre à d'autres pays.P Votre solution pour faire les bons choix «f EXPERT «f INDÉPENDANT «fPRATIQUE protëgezvou&ca 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 37 DORMIR DEHORS VEMBRE GAMELIN DU QUARTIER DES SPECTACLES _ QUARTIER \u2022 OES SPECTACLES P MONTRÉAL Canada Council for Uie Arts Québec S S Montréal^ PHOTOS: ALEXIS O'HARA, AARON POLLARD PAR SYLVA N-CLAUDE F L ON DANSE FESTIVAL PANORAMA Je ne tomberai pas -Vaslav Nijinski Il y a 100 ans cette année, Le Sacre du printemps de Nijinski faisait scandale avant de devenir l'étalon-or du XXe siècle en matière de danse contemporaine.En s'inspirant des cahiers du génie russe et des mots souvent fous de Mallarmé, Artaud, Nietzsche et Maupassant, le metteur en scène Bernard Meney et la chorégraphe Estelle Clareton ont créé un spectacle onirique qui évoque les affres et les éclats psychiques des grands créateurs.Une production Danse-Cité; sept représentations seulement, du 16 au 25 octobre, au Théâtre de Quat'sous (100, avenue des Pins Est, www.danse-cite.org,www.quatsous.com).Interdisciplinaire y et inclassable Concentré sur le slam et la poésie pendant une décennie sous le nom de Festival Voix d'Amériques, le Festival Phénomena intègre désormais la performance et les arts de la scène pour proposer un contenu encore plus underground et délinquant.Verbe et mots demeurent toutefois au centre de l'événement qui anime principalement les salles branchées de La Sala Rossa et du Bain Saint-Michel et qui reflète bien l'effervescent bouillon de culture qui fait vibrer le Mile-End.150 artistes, 40 spectacles gratuits ou au prix de 6 $ à 12 $; théâtres d'ombre et d'objets, cabaret DADA, Cirque Orphelin et une nouvelle création de Julie Desrosiers, Les bois dormants.Susie Arioli, complètement! _ L\u2019an dernier, à sa première montréalaise au Théâtre Maisonneuve, elle a su tisser des liens langoureux en susurrant les phrasés veloutés des pièces de son plus récent album All the Way, serti de perles des années 20 à 50, dont une version française méconnue de Whata Difference a Day Makes.Imaginez maintenant dans une salle intimiste! Flanquée du magicien des cordes Jordan Officer et de ses musiciens, et grâce à une présence et un registre vocal en parfaite maîtrise, elle va cette fois nous mettre carrément dans sa poche! Le 25 octobre, 20 h, au Théâtre Outremont (www.theatreoutremont.com).La Semaine des quêteux Musée injustement méconnu, la Maison Saint-Gabriel a pignon sur rue depuis près de 50 ans dans l\u2019ancienne demeure de Marguerite Bourgeoys.Parmi leurs initiatives réjouissantes, soulignons La semaine des quêteux où se succéderont conteurs et tapeux de pieds alors que seront servis la soupe et la galette du quêteux.Du 20 au 27 octobre, à la Maison Saint-Gabriel (2146, place Dublin, Pointe-Saint-Charles, www.maisonsaint-gabriel.qc.ca).Belles reliures On s'extasiera devant les chefs-d'œuvre de la reliure d'art à l'occasion de l'exposition Reliures et artistes du livre.en musique! c\\ue propose l'Association des Relieurs et des Artistes du livre pour souligner son 30e anniversaire.Jusqu'au 3 novembre à la Chapelle historique du Bon-Pasteur (100, rue Sherbrooke Est, www.relieureduquebec.ca).Britannicus Now Très intéressant, le parallèle qu'établit l'auteure Marylin Perreault, en transportant sur scène l'intrigue de Britannicus qui devient un drame d'intimidation dans une école privée pour jeunes filles où l'on monte le classique du répertoire.Car les vers de Racine font étrangement écho à la tragédie qui se noue.Jusqu'au 25 octobre à la Salle Fred-Barry (www.denise-pelletier.qc.ca).15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 39 EXPOSITION Montréal, croquée par les camelots Les quelque 125 camelots de L'Itinéraire qui quadrillent les rues de Montréal le jour, le soir, beau temps, mauvais temps et douze mois par année, sont aussi particulièrement bien placés pour avoir un regard personnel sur la ville.Jusqu\u2019au 15 novembre, la librairie Le Parchemin présente les œuvres de 19 de ces camelots dans l'exposition photo Montréal vue par les camelots de L'Itinéraire.PAR THOMAS ÉTHIER Mario Reyes France Lapointe 40 Gabriel Bissonnette ITINERAIRE.CA Un appareil photo jetable entre les mains, les photographes en herbe sont partis avec comme seule mission d\u2019exprimer leur propre vision de Montréal.Affichés dans la vitrine de la librairie Le Parchemin, qui offre gratuitement son espace pour l\u2019occasion, les 40 clichés sont à la vue des milliers de passants qui circulent chaque jour à la station Berri-UQÀM.Montréal vue par les camelots de L'Itinéraire est une façon pour les visiteurs d\u2019observer la ville du point de vue particulier des camelots.Un exercice qui s'accorde parfaitement au lieu d'exposition, explique Benoit Thuin, administrateur de la librairie Le Parchemin «Le taux d'itinérance est très élevé dans le secteur, rappelle-t-il.Les camelots ont connu différents aspects de la rue et forcément, un tel projet nous touche et captera l'attention des visiteurs.» L'idée d'un camelot L\u2019exposition est d\u2019abord imaginée par Gabriel Brissonnette, qui vend L\u2019Itinéraire au métro Berri-UQÀM.C\u2019est en partageant son concept avec une employée du Parchemin, Mélodie Ethier, que l\u2019idée se concrétise.«y 'ai tout de suite cru que le public serait intéressé.Les propriétaires ont endossé le projet rapidement, affirme-t-elle.C\u2019est un geste qui nous permet d'appuyer L\u2019Itinéraire et les camelots, en plus dèmbellir nos vitrines!» Appuyés par le photographe Michel Roussy, les camelots ont reçu une formation d\u2019une heure sur leur appareil, pour ensuite l\u2019utiliser à leur gré.Les 40 photos sélectionnées sont vendues au coût de 100 $, dont la moitié revient à leur auteur.Le reste est versé à L'Itinéraire et à la librairie le Parchemin.¦ Jusqu\u2019au 15 novembre 2013 Librairie Le Parchemin (métro Berri-UQÀM).L\u2019exposition Montréal vue par les camelots de l\u2019Itinéraire est le fruit du travail artistique de ces 19 camelots: Hamed Bamba Johanne Besner Gabriel Bissonnette Anne Marie Bonin Josée Cardinal Benoît Chartier Mélanie Duguay Manon Fortier France Lapointe Yanick Larouche Céline Marchand Yvon Massicotte Christian Râtelle Mario Reyes Guy Thibault Richard Touzin Nancy Trépanier Tuan Trieu-Hoang Serge Trudel PAR DENYSE MONTÉ VIVRE Détendez-vous! Les occasions de stresser dans une journée sont nombreuses, mais il est possible de rester zen en tout temps.Comment?Économiser notre énergie en éliminant nos tics (gestes incontrôlés) et les paroles inutiles (le silence est d'or!).Accueillir les pensées énervantes avec douceur, les laisser passer pour ensuite s'emplir la tête de pensées joyeuses.Dans les moments de tension, respirer profondément en gonflant le ventre puis en expirant lentement.Même si l'envie est forte de répondre du tac au tac à un interlocuteur agressant, se laisser du temps avant de réagir évite de péter les plombs.Sourire, cultiver la gentillesse, refuser la pression et chercher la paix sont d'autres méthodes antistress efficaces.Semaine québécoise de réduction des déchets Dans le cadre de cet événement, qui a lieu du 19 au 27 octobre, saluons l'initiative de Pro-Consigne Québec qui remettra 10 cents (soit le double du montant de la consigne québécoise) pour chaque contenant de plastique ou d'aluminium consigné que vous apporterez, le samedi 19 octobre dès 10 h, à la place Émilie-Gamelin.Pour contribuer à réduire les déchets: évitez les produits suremballés, les essuie-tout en papier, la vaisselle, les ustensiles et les lingettes jetables: privilégiez les piles rechargeables pour faire fonctionner rasoirs, appareils photos, lampes, etc.: imprimez en mode recto verso: achetez en commun les biens qui servent occasionnellement et partagez-les avec les amis, la famille: renouez avec les habitudes écolos d'autrefois: coudre, raccommoder, recoller, réutiliser.Bonne semaine! X * RËüüiRË, cear aorni !¦ MJ ¦\u2018T TCfBlCT *HU >¦¦¦¦¦ mvhé m-w ¦ ¦ Pas pire l'épinard de Popeye L\u2019épinard peut aider les diabétiques de type 2 à contrôler leur glycémie grâce au magnésium qu\u2019il renferme.Extenso, le centre de référence sur la nutrition de l\u2019Université de Montréal, rapporte que selon plusieurs études, le magnésium joue un rôle dans le métabolisme du glucose et dans l\u2019action de l\u2019insuline, l\u2019hormone qui fait défaut chez les diabétiques.Une alimentation riche en magnésium peut donc leur venir en aide.Il est recommandé de faire cuire les épinards et de les consommer rapidement; sinon les acheter surgelés.Riche en oxalate, le légume préféré de Popeye est toutefois peu recommandé aux personnes souffrant de calculs rénaux.On ne lira jamais assez Le cerveau est comme un muscle, il faut l\u2019activer pour se maintenir en santé intellectuelle.Des chercheurs du Rush University Medical Center ont évalué pendant six ans les capacités cognitives de 294 personnes de plus de 55 ans.Ils ont découvert qu\u2019en dépit des dommages causés au cerveau par le vieillissement, les participants qui avaient fait travailler régulièrement leurs méninges, comme lire ou écrire, avaient sensiblement réduit leur vieillissement cérébral, dont les signes physiques de démence, comparativement aux participants ayant eu une faible intensité intellectuelle.Debout! Rester en position assise pendant six heures et plus par jour est néfaste pour la santé.En attendant d\u2019être installé à un poste de travail assis/debout.ménagez votre vue, votre dos et votre circulation.D\u2019abord, adoptez la règle du 20-20-20.À toutes les 20 minutes, détournez les yeux de votre écran d\u2019ordinateur pour regarder un objet situé à 20 pieds de vous, pendant 20 secondes.Aussi souvent que possible levez-vous et marchez pendant 3 ou 4 minutes.Autres trucs : placer un coussin dans le bas du dos afin d'éviter un creux dans la région lombaire; s'asseoir sur ballon d exercice, ce dernier diminue la compression des vaisseaux sanguins et renforce le haut du dos.Par ailleurs, un bon conseil du kinésiologue Jean-François Beauchamp : «Au bureau, trouvez-vous des alliés.Les collègues devraient s'encourager entre eux pour sortir et faire de lèxercice, le midi.Lèsprit d\u2019équipe favorise la motivation à bouger», précise-t-il.15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 41 LIVRES PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION, GENEVIÈVE GAGNÉ ET PIERRE SAINT-AMOUR L'Ouest a la conquête de l'Est.Franchement réjouissante, cette monographie du monde du country et du western qui pose - et règle, dans certains cas - toutes les questions entourant la théogonie de la culture country! Le trio d\u2019auteur a savamment répertorié les mythes fondateurs et les légendes, cerné chacun des aspects culturels (chanson, danse, télé, cinéma, littérature) tout en élaborant sur les symboles consacrés, en proposant des profils des stars d\u2019ici comme Marie King, Marcel Martel, notre Willie national et les tenants de la génération actuelle et en expliquant les racines du «Far-West» québécois.Dans cet ouvrage à la fois historique et divertissant, le ton est sans chichis, avec des titres de chapitres évocateurs comme «La maudite différence entre le country et le western».Un superbe livre, abondamment illustré, à laisser traîner sur la table à café.Conversations de salon garanties! (SCF) Québec western - viUe après ville Jacques Blondin, Maya Falkenberg et Marie Hélène Lebeau-Taschereau, les éditions Les Malins, 304 pages.+ ni+ >rul - h- Enquête sur une colonie au-dessus de tout soupçon Selon de nombreux historiens, la question de l\u2019esclavage au Québec - plus spécifiquement de l\u2019esclavage des Noirs - était un phénomène tellement marginal qu\u2019il ne valait pas la peine d\u2019en débattre.Il aura fallu attendre jusqu\u2019en 1960 pour que Marcel Trudel s'attaque à ce sujet dans un ouvrage qui a fait date : L'esclavage au Canada français.Depuis, plusieurs historiens ont abordé ce sujet, dont Frank Mackey, qui signe ici une œuvre qu'il faut saluer.Passant au crible un nombre considérable d'archives, Mackey trace le portrait des Noirs montréalais sous le régime anglais, depuis leur condition d'esclave jusqu'à leur émancipation, décrétée par le Parlement britannique en 1833.Comment se pratiquait cet esclavage?Quels rapports les esclaves entretenaient-ils avec leurs maîtres et la société?En répondant à ces questions, Mackey fait ressortir une évidence : «les gens acceptaient l'esclavage comme faisant partie de l'ordre naturel de la société».(PSA) L'Esclavage et les Noirs à Montréal 1760-1840 Frank Mackey, Éditions Hurtubise, 662 pages.école des innus La dure ¦ ichel JEAn En 1936, le gouvernement du Canada décide d'envoyer des dizaines d'enfants innus dans un pensionnat à 1000 kilomètres de chez eux dans le seul et unique but de les assimiler à la culture canadienne.Complètement déracinés, ils doivent s'habituer à de nouvelles façons de faire qui sont trop souvent implémentées durement.De l'inceste à la violence en passant par l'assimilation des plus brutales, le livre raconte l'histoire de trois jeunes, Virginie, Marie et Thomas qui, grâce à leur amitié, réussiront à mettre un baume sur cette rupture culturelle, laquelle laissera de profondes cicatrices.Oscillant entre le présent et le passé, on suit leur histoire et le sort d'anciens pensionnaires ainsi que la misère dans laquelle ils baignent aujourd'hui.L'auteur Michel Jean décrit avec justesse et d'une franchise poignante le drame qu'ont été les pensionnats autochtones.Un livre qui se lit d'un trait qui laisse parfois perplexe, mais qui se doit d'être lu pour connaître et comprendre l'histoire du peuple autochtone.(GG) Le vent en parle encore Michel Jean, LibreExpression, 238 pages.42 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 À cause des garçons La magie n'est pas rose C\u2019est l\u2019histoire d\u2019Émile, un jeune gai qui débarque en ville.Il doute : de lui, des autres et du sentiment amoureux.À cause des garçons, roman bien campé dans la contemporanéité montréalaise, entraîne le lecteur dans la tête du héros, auquel on s\u2019attache rapidement.Rencontre avec l\u2019auteur Samuel Larochelle.PAR URSULE FERLAND Émile, 20 ans, quitte sa Gaspésie d\u2019origine pour s\u2019établir avec excitation à Montréal.Cette nouvelle existence évolue à travers son quotidien, ses amitiés intenses et ses quêtes.La quête d\u2019identité, qu\u2019il vit profondément, et la quête d\u2019amour, qui l\u2019obsède pratiquement.Ceci, entremêlés à travers le deuil de son père, qu\u2019il tente de faire tant bien que mal.L\u2019homosexualité du personnage, qui occupe une grande part de l\u2019histoire, n\u2019en est pas pour autant le thème principal du livre.Samuel Larochelle ne «voulait surtout pas tomber dans les clichés».Il est toutefois intéressant de découvrir comment ce jeune homme dans la vingtaine vit son homosexualité; peu de romans québécois ont abordé ce thème avec autant d\u2019authenticité et de sensibilité.Les événements, les références au village gai sont à la fois réalistes et truculents.«Le personnage principal aurait bien pu être un hétéro.Étant donné qu'il s'assume depuis longtemps, il n'est pas question d'acceptation de son orientation sexuelle», exprime Samuel Larochelle.Les idées projetées dans le bouquin colleraient pratiquement à tous les jeunes de cet âge.Dans l'âme d'Émile Le ton d\u2019/4 cause des garçons est si personnel que l\u2019on croit dès les premiers chapitres qu\u2019il s'agit d'une autobiographie.«Au départ, 90 % de mon roman était effectivement constitué d\u2019éléments provenant de ma vie.Au fil de j&w Samuel Larochelle qualifie son premier roman À cause des garçons à la fois de léger, d'introspectif d'humoristique et d'émouvant.l\u2019écriture, je me suis rendu compte que j\u2019adorais écrire de la fiction et je m'attachais beaucoup aux personnages que je créais.Au final, l\u2019histoire est composée à 70 % de fiction», explique l'auteur.Ce dernier révèle que le style intimiste est dû au fait que l'esprit d'Émile est accessible, que l'on peut y pénétrer.Samuel Larochelle voulait ainsi que le lecteur s'attache au personnage principal.Mission accomplie! Ce premier roman, sincère et touchant, a pris forme il y a déjà cinq ans.L'auteur a eu son «premier coup de foudre avec l\u2019écriture de fiction au 5e secondaire».Ses études en journalisme au Cégep de Jonquière lui ont permis de faire évoluer son écriture.Le bloggeur et journaliste pigiste pour diverses publications, dont La Presse et l'Actualité, affirme qu'il est important que l'écriture occupe une si grande place dans sa vie.Photographe au talent unique, Samuel Larochelle est un touche-à-tout.Il est passé par la musique à l'adolescence, puis au jeu théâtral.Il se concentre maintenant au chant.«je suis des cours depuis sept ans.L'écriture et le chant mis ensemble m'aident à garder un équilibre, à me défouler, à me recentrer.Toutes les formes d\u2019art permettent de mieux se connaître.» Le jeune auteur recherche avant tout l'équilibre.«C'est ce que j'ai voulu atteindre dans mon roman», qu'il qualifie à la fois de léger, d'introspectif, d'humoristique et d'émouvant.Blogue: sagegamin.blogspot.ca L'écriture et le chant mis ensemble m'aident à garder un équilibre, à me défouler, à me recentrer.ir~ cause des garçons À CCStiSS dss garçons, roman de Samuel Larochelle, Editions Druide, 264 pages.15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 43 à propos de .|_A PAUVRETÉ La richesse attire les amis, la pauvreté, elle, les sélectionne.TIM RINGUETTE VICTOR HUGO La pauvreîê esî mm me GraNDe LüMière au fond du cœur.RAINER MARIA RILKE Je ne suis pas un nouveau riche, je suis un ancien pauvre.COLUCHE La lampe de la pauvreté Kv\u2019a pas de lumière.PROVERBE PERSAN Le manque d'amour est la plus grande pauvreté.MÈRE TERESA La pauvreté a ses franchises; l\u2019opulence a sa gêne.SACHA GUITRY L'AMOUR A RAISON DE TOUT, SAUF DE LA PAUVRETÉ ET DU MAL DE DENTS.MAE WEST La pauvreté est une force.Qui n\u2019est pas capable d\u2019être pauvre n\u2019est pas capable d\u2019être libre.L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières.WOODY ALLEN Plutôt pauvre avec honneur que riche avec déshonneur.PROVERBE ISLANDAIS Qui s'accommode de sa pauvreté est riche.SÉNÈQUE L\u2019excès de richesse est peut-être plus difficile à supporter que la pauvreté.HEINRICH HEINE SOLIDARITE DANS LE METRO Une aidante du métro J\u2019étais monté dans le métro de la ligne orange, en provenance de la station Montmorency.En plein mois de juillet, le métro était bondé de monde et il faisait une chaleur étouffante.Assis à côté de moi, un homme plutôt corpulent et nerveux, dans la quarantaine.En biais, une petite femme dans la cinquantaine.L\u2019homme ne cessait de gigoter.Il suait à grosses gouttes.En me retournant vers lui, j\u2019ai remarqué ses lèvres tremblantes et des larmes au bord des yeux.Il se tenait la poitrine et j\u2019ai pensé qu\u2019il était en train de faire une crise cardiaque.Très doucement, la dame s\u2019est légèrement penchée vers lui et a murmuré : «Respirez lentement et profondément».L\u2019homme s\u2019est exécuté sans rien dire.«C\u2019est ça, a poursuivi la dame.Continuez, respirez bien.» Cela a semblé fonctionner un peu, mais l\u2019homme s\u2019est remis à regarder partout, l\u2019air désespéré, sur le point de perdre le contrôle, semblant être sur le point de se lever en courant vers la porte.«Je sais comment vous vous sentez, a ajouté la femme.J\u2019ai vécu cela.Maintenant, regardez vos chaussures.Parlez à vos souliers.Dites-leur que cela va bien.Qu\u2019ils vont vous porter là où vous voulez aller.Concentrez-vous sur vos chaussures et dites-leur tout ce que vous voulez.Il n\u2019y a que vous et vos chaussures.Racontez-leur ce que sera votre journée, où vous allez et comment tout ira bien.» Jusqu\u2019à la station Berri-UQAM, l\u2019homme a fixé ses chaussures et a semblé s'apaiser.Au moment où nous quittions tous le wagon de métro, je l'ai entendu dire à la femme : «Merci.Merci beaucoup.Je suis agoraphobe.J'étais sur le point de sortir du métro quand vous m'avez parlé.Je n'en pouvais plus.» J'étais ému qu'une telle forme d'entraide puisse exister, spontanément, entre étrangers, dans nos grandes villes qui ont parfois tendance à être si inhumaines.Serge, Plateau Mont-Royal 44 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 DETENTE i 1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10 11\t12 Vous trouverez la solution dans l'édition du 1er novembre 2013 HORIZONTALEMENT 1.\tSusceptibles de remporter un prix cet automne?2.\tProviendras - Un peu d'intérêt.3.\tIl ne faudrait jamais s'en faire - Grave offense.4.\tFatigueront beaucoup - Sur la croix.5.\tAu bout de la salle - Sont entre deux rails - Moitié de la moitié de ta ta.6.\tEn exergue - Construits.7.\tConnaît bien le Coran - Vienne au monde.8.\tJulien ou Agnès-Quartier de Memphis-Assure la liaison.9.\tVastes - Perça.10.\tDans la Résistance - D ou M.VERTICALEMENT 1.\tPas claires.2.\tSautée-Divisé.3.\tEnveloppe le grain - Sherry.4.\tHaute tension.5.\tArticle - Eau des Pyrénées-Acteur américain.6.\tC'est pas sérieux - Ouverture de compte.7.\tChâteau-Yquem.8.\tQuartier de Belfast-Thaïlande de jadis.9.\tEn péril-Soldat-Sous sol.10.\tTrès sociables - Informateur anonyme.11.\tRendra fertile.12.\tGertrude, l'Américaine qui écrivait - Plein de sang.Jeu réalisé par MaxwoodMedia | Renseignements : grilleomaxwood.ca SOLUTIONS DU 1er OCTOBRE 2013 4\t8\t9\t7\t6\t1\t2\t3\t5 2\t1\t6\t5\t4\t3\t7\t9\t8 3\t5\t7\t2\t9\t8\t1\t4\t6 8\t2\t3\t6\t7\t5\t4\t1\t9 6\t7\t4\t3\t1\t9\t5\t8\t2 5\t9\t1\t8\t2\t4\t3\t6\t7 7\t4\t2\t1\t8\t6\t9\t5\t3 1\t3\t8\t9\t5\t7\t6\t2\t4 9\t6\t5\t4\t3\t2\t8\t7\t1 NIVEAU DE DIFFICULTÉ : MOYEN 2\t\t\t4\t\t\t3\t7\t \t8\t\t2\t7\t\t\t1\t \t6\t\t\t\t\t\t\t 3\t\t\t\t1\t7\t\t\t6 \t\t\t\t\t8\t1\t\t \t5\t\t\t\t\t\t9\t \t3\t\t1\t\t\t\t2\t \t\t5\t8\t\t6\t\t3\t \t9\t\t\t2\t\t\t\t Vous trouverez la solution dans l'édition du 1er novembre 2013 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boite 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans un colonne et dans une boite 3x3.NOTRE LOGICIEL DE SUDOKUS EST MAINTENANT DISPONIBLE.10 000 sudokus inédits de 4 niveaux par notre expert, Fabien Savary.En vente exclusivement sur notre site.www.les-mordus.com Jeu réalisé par Ludipresse | infooles-mordus.com 15 octobre 2013 | ITINERAIRE.CA 45 m # FEU VERT À.SŒUR ANGELE Ma recette du bonheur mère avait une recette bien à elle pour nous inculquer la sérénité : un sourire, une pincée de vérité, beaucoup d'humilité et de patience, de la gentillesse à volonté, le tout dans une attitude de disponibilité à l'autre.Un mélange qui m'a inspirée tout au long de ma vie.Courageuse et créative, ma mère trouvait toujours une solution à chaque problème malgré les souffrances et les horreurs de la guerre en Italie.Elle a stimulé en moi le désir d'apprendre, d'aller de l'avant avec espoir et surtout de croire en moi.Tout le monde n'a pas eu cette chance.Malgré tout, je réalise que chacun peut se doter d'outils de vie.Il suffit d'écouter sa voix authentique, fut-elle issue d'une croyance religieuse, ou d'une intuition profonde, messagère de lame.Arrivée au Québec à l'âge de 17 ans en 1955, Angiola Rizzardo, connue sous le nom de Sœur Angèle, est une personnalité médiatique reconnue pour son engagement social et son enseignement de la cuisine, qui a débuté par une carrière de seize ans à l\u2019ITHQ.Elle publie ce mois-ci sa biographie écrite parConcetta Voltolina, chez Marcel Broquet-La nouvelle édition.Manque de héros.dans un univers éclaté Notre monde moderne comporte son lot de contraintes et d'inégalités.Orientée avant tout par l'appât du gain, la société semble réduite à deux classes sociales : les riches et les pauvres.Les familles sont éclatées.Perdus dans ce tourbillon, nous manquons de modèles inspirants.Autrefois, la religion apportait certains repères.On oublie trop souvent que parmi les bâtisseurs, de nombreux religieux ont formé des intervenants du milieu social.Aujourd'hui, il faut naviguer entre la solitude, le manque d'amour et bien d'autres souffrances.Nombre d'entre elles sont souvent issues de notre regard sur le monde et sur les gens.Qui sommes-nous pour juger l'autre ?La malchance existe et personne n'est à l'abri d'un revers de situation qui l'amène, parfois, à consommer de la drogue ou de l'alcool.J'ai beaucoup de compassion pour les gens malheureux.Pourtant, avec un peu d'écoute et d'attention, il est possible de redonner de l'espoir.J'ai Les ingrédients Écouter sa voix, suivre son intuition Respecter ses valeurs Développer le sens de l\u2019humour Être à l\u2019écoute et disponible à ce qui vient et à l\u2019autre Vivre le moment présent Garder la foi en soi, son intégrité, ne pas se laisser distraire par de faux paradis Développer la compassion pour l\u2019autre Remercier, garder la gratitude à l\u2019esprit Audace, détermination, ambition.aller au bout de ses rêves Savoir se taire ou ne pas relever - reconnaître la souffrance de l\u2019autre et non la subir Le courage de s\u2019accepter tel qu\u2019on est eu l'occasion de vivre cela à la Maison du Père.A l'époque une centaine d'hommes y venaient, aujourd'hui, plus de 300 viennent encore cogner à cette porte.Un mot, un geste, un repas parfois suffisent à redonner un peu de joie.La foi en soi Bien sûr, ma mère croyait en Dieu.Mais il n'est pas toujours nécessaire de se référer à Dieu pour être capable de développer ces qualités qui font de nous de meilleures personnes.De mon enfance difficile, je ressens confusément qu'on ne doit pas trop s'attacher aux choses et aux êtres, car leur perte peut nous amener à sombrer dans le désespoir.Je ne veux pas accorder d'importance aux remarques blessantes.Au contraire, j'y réponds par un sourire de compassion, ce qui désarme.Je me centre sur la confiance et la sérénité du cœur que jamais personne ne pourra m'enlever.Pour moi, ce qui importe le plus, c'est évidemment de prier.Pour d'autres, cela pourrait être de méditer.Lorsqu'on passe du temps ainsi, on trouve la paix intérieure.Chaque matin, j'aborde la journée comme une nouvelle aventure.Tact et diplomatie pour ne pas blesser, sans pour autant se laisser intimider ou opprimer par l'autre.Mon entêtement doublé d'un brin de fierté m'aide à relever chaque défi.Une société fondée sur la solidarité, fruit de l'amour envers son prochain est synonyme de paix.46 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2013 ma \u2022 VOIX ma STM JOIGNEZ VOTRE VOIX et contribuez à l\u2019essor du transport collectif Partagez votre opinion en devenant membre de Ma voix ma STM et courez la chance de gagner des prix en argent.Inscrivez-vous dès aujourd\u2019hui stm.info/mavoix MOUVEMENT COLLECTIF https://www.mavoixmastm.info/R.aspx?a=32 Ceci pourrait être votre café au bureau Déguster un café savoureux au quotidien ne devrait pas être un plaisir réservé à la maison ou au restaurant.C'est pourquoi, nous, les Services de café Van Houtte, offrons une vaste sélection de cafés de première qualité et de spécialité qui sauront vous séduire.Jumelé à notre gamme de systèmes d'infusion innovants de Keurig® et à un service clé en main d'échelle nationale, vos besoins en café au bureau seront satisfaits et délicieusement surpassés.SERVICES DE CAFÉ © ServicesCafeVanHoutte.com "]
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