L'itinéraire, 1 janvier 2011, mardi 15 novembre 2011
[" DOSSIER SPECIAL ZOOM CAMELOT COMPLETEMENT DINDE Les impacts du «prêt-à-penser LA LEGERETE DE Nicole Giard Volume XVIII, n° 22 Montréal, 15 novembre 2011 \t\t\tI\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\tTO\t\tf iû.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\u201d :-W, ' t - ¦ \\r-T, J|M\t\t\t->\tI i \t\t\t ETAIT LA PpUR VOUS 9%\t^ S\u2019IL DEVIENT INAPTE \t \t \t GÉRALD TREMBLAY Maire de Montréal \"¦ if UNE EFFERVESCENCE QUI TRADUIT LA CONFIANCE DES INVESTISSEURS ET DES CITOYENS La vingtaine de grands chantiers en cours démontre de façon éloquente que le centre-ville de Montréal connaît un boom immobilier sans précédent.Lieu de travail, de divertissement, de détente et d\u2019études, notre centre-ville est également un milieu de vie pour des milliers de familles.L\u2019offre résidentielle a d\u2019ailleurs bien augmenté dans le secteur, pour des logements de tout type.Depuis 2001, on y compte en moyenne 1 000 nouvelles unités de plus par année.En témoignent des projets comme le Seville, le Wilson, le Sofia, qui poussent à vitesse grand V, ainsi que des projets à caractère social comme le Square Cartier, rue De Lorimier, ou les de Terrasses Hibiscus qui répondra, entre autres, à une clientèle de personnes âgées.Le mois dernier, le conseil d\u2019arrondissement approuvait également en première lecture trois projets majeurs d\u2019espaces résidentiels et commerciaux à haute densité.Totalisant des investissements privés de plus de 580 M I, la Place University Saint-Jacques, la Tour Avenue des Canadiens et la Tour Union constituent une excellente nouvelle et confirment la confiance des investisseurs dans le dynamisme du cœur de Montréal.Un centre-ville habité, c\u2019est une grande force pour une ville comme Montréal.Il en résulte un double défi : celui de bien assumer note rôle de métropole tout en assurant la qualité de vie des résidants.Au cours de la prochaine année, de concert avec les acteurs du milieu, l\u2019arrondissement de Ville-Marie développera un nouveau programme particulier d\u2019urbanisme pour le pôle du Quartier latin dans le Quartier des spectacles.Vos idées nous intéressent! Écrivez-nous : partagetonidee.info ou sur la page Facebook Lumière sur le Quartier latin.US LÀ POUft ?«SS* m vous SI ELLE DEVIENT INAPTE i unafl-MM WWW.CUI?ATFUF.GOUV-QC.CA fin Curateur public Québec UN DON À L\u2019ITINÉRAIRE : UNE ACTION SOLIDAIR MARIE-HELENE CHOINIERE Coordonnatrice au développement des marieh.choiniere@itineraire.ca R LES PLUS DEMUNIS! L\u2019Itinéraire lance sa campagne de Noël dédiée à la réinsertion sociale des plus démunis.Cette initiative est fondamentale face à l\u2019augmentation criante de la pauvreté et de l\u2019itinérance à Montréal.Nous avons besoin de la générosité du grand public afin de poursuivre notre mission d\u2019aide directe aux personnes dans le besoin.Depuis plus de 20 ans, L\u2019Itinéraire a pour mission de redonner une place active en société aux personnes défavorisées.Par différentes initiatives d\u2019économie sociale telles que le magazine L\u2019Itinéraire, le Café L\u2019Itinéraire, les services d\u2019insertion jeunesse (18-30 ans), nous avons créé des structures de travail adaptées à la réalité des personnes éloignées du marché de l\u2019emploi.Grâce à vos dons, plus de 2 000 personnes ont trouvé une place en société à L\u2019Itinéraire par le biais de l\u2019insertion au travail, de l\u2019intervention psychosociale ou de l\u2019aide alimentaire.Nous avons constaté que les personnes fréquentant L\u2019Itinéraire depuis au moins six mois améliorent ou retrouvent leur stabilité économique, résidentielle et émotive.Après cinq ans de fréquentation de l\u2019organisme, la presque totalité des toxicomanes a réduit ou a cessé de consommer des drogues.Le magazine L\u2019Itinéraire est une alternative à la mendicité et un outil de réinsertion.Près de 125 camelots vendent le journal dans la rue et environ 50 camelots contribuent à sa rédaction.Pour l\u2019année 2012, L\u2019Itinéraire veut continuer d\u2019offrir ses différents services d\u2019insertion sociale.À l\u2019heure actuelle, le contexte économique n\u2019est pas des plus favorables.Différents programmes gouvernementaux finançant les organismes communautaires sont réduits, voire coupés.C\u2019est pourquoi votre soutien, chers lecteurs et lectrices, est important! Soyons solidaires et luttons ensemble contre la pauvreté.COUPON D'ABONNEMENT / DE DON / D'ACHAT DE CARTES-REPAS FVur L'iu auTi'.-ad\t12 f-Witi JirltJIrtlHOk 1H.M1 îli L'n (Jip-Jt\tercc-ima* t tum\tFJwn du fm**™ 4 .hiu-jt- ui J «cnéto\t* Ji 1st 'OM* 4 *5 Iftaotn * Lc-p [K+ri i.aun buuut M'U UlWfrfrvp \u2022A.r-\tl-r- lp rirflt I kl.-iqj\" ¦ \"¦¦ ¦¦-r i La uiuM'ft: l-Ai'fo.-11-lp*.urip 11 i il M |izln a.-w, ?TOTAL.NtjïWUI O\tM>u rii-b |-| 1 J i I) MwttfCwd ?\tBU mmOrtWi* \u2014\tLMiuwamj Kj ¦ ri'.i rir * cxh i I l_| J_______IJ____l_|___|__|__|_____.1._|._|__| ïKPirasw\tl-ï ¦\t¦ ¦¦¦ |H I h'un EiKiviKIM Anfceita VA* Prcrjinoo\tCoda P^ml t\tJ CowrI PaLij eMM\t11- : .L J 11».AfVbLF E-1W\" ¦ : 1\tIFN If.rj ,1.I.: \u2018\tHat IV ^¦?pLu-br.\u2019\tæm kl 4 LIS.Gink fMfll ZOOM CAMELOT ¦ JOSÉE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue www.ioseelouise.com LA LÉGÈRETÉ DE Nicole Giard Amie du camelotYvonMassicotte depuis plus de 25 ans, Nicole Giard connaissait déjkL\u2019Itinéraire avant d\u2019y offrir ses services comme camelot l\u2019an dernier.Après le décès de son père, elle s\u2019est retrouvée seule et a désiré rencontrer des gens.L\u2019idée de vendre le magazine lui est venue, tout simplement.La quinquagénaire, d\u2019un naturel rieur, a ponctué notre rencontre de ses petits rires.«Je vends le magazine sur la Plaza Saint-Hubert l\u2019après-midi et je vais au métro Beaubien à l\u2019heure de pointe.J\u2019aime ça parce que le monde me parle.Je suis moins renfermée», dit-elle candidement.Malgré quelques embûches rencontrées sur la rue depuis un an, Nicole persévère dans sa nouvelle voie.«J\u2019aime ça! Les gens qui m\u2019achètent le magazine sont gentils avec moi.» Nicole est également une lectrice assidue du magazine.À chaque parution, elle s\u2019installe confortablement et lit son Itinéraire d\u2019une couverture à l\u2019autre.«J\u2019aime surtout lire les textes des camelots.J\u2019aime en apprendre sur leur vie», explique-t-elle, animée.INIQUITÉS NATURELLES Native de Saint-Valérien, près de Saint-Hyacinthe, Nicole Giard a déménagé avec sa famille à Longueuil lorsqu\u2019elle était enfant.«Je suis la plus vieille des trois filles et mon frère est l\u2019aîné.» Nicole a manqué d\u2019air à sa naissance, ce qui lui a laissé quelques séquelles physiologiques.Elle a souvent des problèmes d\u2019équilibre et s\u2019exprime avec quelques difficultés.Cela lui donne souvent l\u2019air d\u2019être ivre, alors quelle ne consomme presque jamais d\u2019alcool.«J\u2019aime prendre une bière sur une terrasse du Vieux-Montréal l\u2019été lorsqu\u2019il fait chaud, mais habituellement je ne bois pas.Moi, c\u2019est les machines à sous mon problème», dit-elle, tout de même rieuse.Le père de Nicole a été un amateur de chevaux de course et même, à une certaine époque, il en a possédé.«Il m\u2019a introduit à cet univers.Quand les courses de chevaux à Montréal se sont terminées, je me suis tournée vers les machines à sous.En vendant L\u2019Itinéraire, je ne suis pas en train de gaspiller mon argent et je joue moins.J\u2019ai donc plus d\u2019argent qu\u2019avant dans mes poches et je mange mieux», révèle-t-elle en souriant.Nicole n\u2019est pas allée longtemps à l\u2019école, parce quelle avait des difficultés d\u2019apprentissage.Ce qui ne l\u2019empêche pas de se cultiver en lisant.Sa famille s\u2019est occupée d\u2019elle jusqu\u2019à ce quelle puisse à son tour s\u2019occuper des autres.Nicole a donc pris soin des enfants de sa sœur, Francis et Catherine, durant dix ans.«Ma sœur m\u2019a dit : \"au lieu d\u2019avoir des enfants, tu garderas les miens\", et toute ma vie, j\u2019ai habité avec mes parents.» J\u2019aime [vendreL\u2019Itinéraire] parce que le monde me parle.Je suis moins renfermée.- Nicole Giard Le décès de son père l\u2019a plongée dans l\u2019ennui et le désarroi.«C\u2019est parce que je m\u2019ennuyais, puis que j\u2019étais rendue toute seule que j\u2019ai demandé à Yvon Massicotte si je pouvais vendre L\u2019Itinéraire.Il m\u2019a dit oui tout de suite!», raconte-t-elle en rigolant.?PHOTO : JÉRÔME SAVARY LrtlNERAIRE 5 15 novembre 2011 Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue, Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1 Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d\u2019édition.Canada ISSN- 1481-3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2100,\tboul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101,\true Ste-Catherine Est PRODUCTION L\u2019ITINÉRAIRE 2103, rue Ste-Catherine Est, 3ê étage TÉLÉPHONES :\tADMINISTRATION 514 597-0238 SERVICES RUE STE-CATHERINE 514 525-5747 TÉLÉCOPIEUR :\t514 597-1544 SITE :\tWWW.ITINERAIRE.CA LE MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareauit Rédactrice en chef : Catherine Girouard Superviseur de la rédaction : Jérôme Savary Adjointe à la rédaction : Marie-Lise Rousseau Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaire à la rédaction : Anh Khoi Do, Audrey Desrochers Infographiste : Catherine Joan nette Coordonateur à la conception visuelle : Ramy Massarani Photo de la une : Alex Paillon Révision : Édith Verreault, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion, Lise Berthiaume, Catherine Flintoff, Nadine Boccalini, Lise Laganière, MarilèneC.Rousseau et Marie-Françoise Lalande.Publicités et médias : Chloé Roumagère Design et infographie du site Internet : Serge Cloutier, www.drafter.com CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière: 514 461-7119 renee.lariviere® itinéraire.ca Josée Poirier : 514 273-5002 josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-présidente : Catherine Isabelle Trésorier : François Rousseau-Clair Secrétaire : Gabriel Bissonnette Conseiller, directeur général : Serge Lareauit Représentant des camelots : Yvon Massicotte Conseillère : Lyne Toupin Conseiller : Claude Lyrette Conseiller : Jean-Guy Deslauriers L\u2019ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareauit Coordonnatrice de l\u2019administration : Marie Lareau Directeur marketing : Richard Turgeon Directrice médias et communications : Chloé Roumagère Directrice du développement social : Sylvie Gamache Coordonnatrice au développement des partenariats : Marie-Hélène Choinière GESTION DE L\u2019IMPRESSON Edition sur mesure - TVA Publications - 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 2362 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO SOMMAIRE 5 8 14 i 19 ZOOM CAMELOT LA LÉGÈRETÉ DE NICOLE GIARD\t5 DOSSIER SPÉCIAL\t COMPLÈTEMENT DINDE!\t8 ACTUALITÉ ET CULTURE\t PRÉVENTION DE LA TOXICOMANIE CE HAMMOURABI A AUJOURD'HUI:-\t14 GRANDE ENTREVUE GILBERT SICOTTE UN PETIT PAS CANS L'HISTOIRE\t19 24 DEVELOPPEMENT SOCIAL PHOTOREPORTAGE PARCE OLE PERSONNE N EST A L'ABRI 24 32 RESEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINERAIRE L\u2019ENCAN DE VIA CAPITALE EN SOUTIEN AUX SANS-ABRI\t32 42 LES COULISSES DE L\u2019ITINERAIRE CHRONIQUE DE RUE «DJAKLETUNEMOR:-\t42 ABONNEZ-VOUS WWW.ITINERAIRE.CA OU 514 597-0238 50% du prix de vente du magazine revient aux camelots.Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue, Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230, L\u2019ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE: L\u2019ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: aMecç Le réseau international des journaux de rue L'ŒUVRE LËÜFR ÉDITORIAL CATHERINE GIROUARD Rédactrice en chef - Catherine.girouard@itineraire.ca peut ur INACCEPTER L\u2019 Au square Victoria, dans les allées bordées des tentes des indignés d\u2019Occupons Montréal, tout est calme.Beaucoup de jeunes sont présents.À la «cuisine du peuple», on prépare de bons plats distribués gratuitement.Au comité social, on planifie la prochaine conférence qui sera donnée.Un peu plus loin, on se réchauffe en bougeant au rythme des tam-tam, tout en échangeant des idées pour construire un monde meilleur.Bref, on manifeste son indignation contre les injustices du monde actuel.Et cette indignation, elle est belle, juste et nécessaire.PHOTO : CATHERINE GIROUARD Plusieurs Québécois n\u2019en semblent pourtant pas convaincus.La même question revient souvent dans les débats : a-t-on autant de raisons de s\u2019indigner chez nous qu\u2019aux États-Unis, d\u2019où le mouvement mondial est parti?Là-bas, les citoyens ont des raisons de se plaindre, ai-je entendu, touchés par les conséquences catastrophiques des crises économiques.Mais au Québec, pourquoi se plaint-on?Notre taux de chômage est moins élevé qu\u2019aux États-Unis, nos pauvres sont mieux traités, nous avons un filet d\u2019aide sociale pour eux, nos soins de santé sont «gratuits».Aurait-on perdu à ce point notre capacité d\u2019indignation, au Québec?Sommes-nous aveugles à ce qui nous entoure?«Le pouvoir de l\u2019argent (.) n\u2019a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l\u2019État.Aux jeunes, je dis : regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation (.)».Ce cri du cœur lancé par Stéphane Hessel - âgé de 94 ans! - dans son essai Indignez-vous! s\u2019applique autant chez nous qu\u2019aux États-Unis ou en Europe.Pauvreté, iniquité, manque de logements abordables, décrochage scolaire, burn-out, collusion et corruption, crises économiques, individualisme inquiétant.Il me semble qu\u2019on ne manque pas de raisons de s\u2019indigner! IGNORANCE EN CAUSE?On a aussi beaucoup reproché aux indignés de Montréal de ne pas savoir ce qu\u2019ils veulent, de ne pas avoir de revendications claires.La chroniqueuse du journal de Montréal, Nathalie Elgrably-Lévy, est même allée jusqu\u2019à expliquer le mouvement par la bête ignorance de ses militants, qui agiraient sans le savoir pour un mouvement communiste (!).«Vous êtes jeunes et inquiets pour votre avenir, dit-elle aux occupants de Montréal.Vous voulez une vie meilleure.(.) Comme le système d'éducation contemporain ne vous a enseigné ni l'histoire ni les fondements du communisme, vous devenez la cible des vendeurs de rêves.(.) Toutefois, quand on aspire à changer le monde, l'ignorance est inacceptable!» J\u2019invite toutes les personnes convaincues de l\u2019inconscience des militants du mouvement à aller faire un tour au square Victoria.Je m\u2019y suis rendue.J\u2019y ai rencontré des gens instruits, conscientisés, mobilisés, humains et remplis d\u2019espoir pour un monde meilleur.Tout sauf une bande de communistes en devenir.Vous y trouverez des gens qui en ont marre d\u2019être «nés pour un petit pain».Marre qu\u2019on ne se surprenne plus de voir des gens dormir sur les bancs de parc dans un pays aussi riche que le nôtre.Marre que la santé de notre économie ait plus d\u2019importance que la santé des citoyens de cette économie.Marre qu\u2019au Québec, on traite les gens qui osent s\u2019indigner de braillards qui chiaient «encore».À quel moment en aurons-nous assez?«Nous ne sommes pas nés pour produire et survivre, pour s\u2019enrichir et prospérer, mais bien pour aimer, partager et grandir, fait valoir un des membres organisateurs du mouvement Occupons Montréal dans une lettre envoyée à L\u2019Itinéraire, rappelant que la clef du mouvement est l\u2019éveil de la conscience collective.Des milliers, voir des millions de gens se sont unis partout dans le monde pour demander un monde meilleur, pour unir leurs voix mais surtout, pour redonner un sens de solidarité et d\u2019unité à la race humaine.» À mes yeux, ce mouvement vaut la peine d\u2019être défendu bec et ongles.Car comme le dit si bien Dan Bigras dans la préface du dernier livre de Françoise David, «Le premier pas d\u2019une société saine est d\u2019inaccepter l\u2019inacceptable, de rêver son bonheur et de le bâtir équitablement pour tous et pour toutes.» ?L'ITINEFlAIFlE 7 15 novembre 2011 DOSSIER SPÉCIAL COMPLÈTEMENT DINDE! SORAYA ELBEKKALI L ITINÉRAIRE v W Les chroniques envahissent les journaux, les experts défilent derrière l\u2019écran pour expliquer et commenter les événements, le voisin twit son point de vue en 140caractères:pas besoin dechercher bien loin pourtrouver une opinion déjà toute mâchée et prête à être adoptée! Le prêt-à-penser est aussi présent autour de nous que le prêt-à-manger dans les supermarchés.Mais qui devons nous croire et ne pas croire?Sommes-nous encore capable de penser par nous-mêmes?Elle est grosse à force d'être gavée, elle se plaît dans son oisiveté choisie, elle glougloute, son fanon rouge violacé pendant mollement de son cou : une dinde.L\u2019animal que l\u2019on ne choisit jamais en réponse à la question : Si tu devais te réincarner en un animal, lequel serait-ce?Et pourtant.Selon Pierre Fraser, une dinde sommeille au fond de chacun de nous.Si bien que l\u2019auteur a donné un nom à ce phénomène qui nous atteint tous : la dindificatiorû D ans son dernier livre Dindification \u2014 Développer son esprit critique dans un monde du prêt-à-penser, l\u2019auteur et essayiste qui se décrit lui-même comme un linguiste de formation qui a mal viré, dresse un portrait peu flatteur de ses contemporains.D\u2019un ton parfois cassant mais toujours avec un brin d\u2019humour, Pierre Fraser décortique de long en large ce processus social dont il estime que nous sommes à la fois victimes et acteurs.15 novembre 2011 PRET-A-PENSER A CONSOMMER La dindification, c\u2019est cette tendance et cette facilité à accepter le discours ambiant relayé par les médias, sans se poser de questions.Ce phénomène d\u2019accélération du consensus, comme l\u2019appelle l\u2019auteur, nous entraîne à adhérer massivement à un discours sans en remonter à la source.Joint au téléphone, Pierre Fraser ne manque pas d\u2019exemples concrets pour illustrer sa pensée.Un de ses préférés concerne l\u2019alimentation.«L\u2019alimentation est la mode du jour, la santé nous transpire par tous les pores.L\u2019histoire du chocolat noir est assez fantastique.En 2005, une étude italienne conclut que sa consommation réduit le niveau d\u2019inflammation à l\u2019intérieur du corps, sans pouvoir identifier clairement de quelle inflammation il s\u2019agissait.Pourtant, moins de 72 heures après, les médias de masse ont repris l\u2019information en affirmant que le chocolat noir peut sauver d\u2019un infarctus.En l\u2019espace d\u2019un mois, par simple consensus médiatique, le chocolat noir est devenu un aliment qu\u2019il fallait absolument consommer pour être en santé», explique, encore médusé, Pierre Fraser.Le même phénomène est notamment observable avec le thé vert, les oméga-3 et le soja.Pierre Fraser vous met au défi : Demandez à votre entourage pourquoi il consomme ces aliments.Beaucoup vous répondront, d\u2019un ton assuré, que ce sont des aliments «santé» gorgés d\u2019antioxydants, de précieux alliés pour la santé de nos os ou de notre système cardiovasculaire Maintenant, demandez à ces gens les études qu\u2019ils ont lues sur le sujet.Ah! Vos amis perdent-ils tout à coup leur aplomb?Probablement.Parce qu\u2019ils n\u2019ont sûrement lu aucune étude.Ces informations qui conduisent certaines personnes à manger bio, à réduire leur consommation de viande, à délaisser certains aliments au profit d\u2019autres ou à ingurgiter des tisanes aux herbes proviennent souvent de journaux ou de magazines quelles ont entendues à la radio ou alors à la télévision.Et elles y ont adhéré massivement, souvent sans se poser de questions.Et c\u2019est exactement de ce danger que veut nous prévenir Pierre Fraser.«On ne prend plus le temps de faire les démarches soi-même.Mais qu\u2019est-ce qui vous dit que dans quatre, cinq ou dix ans, on ne découvrira pas que la consommation d\u2019un tel aliment a eu un impact profond sur notre santé?» La même situation est observable dans d\u2019autres contextes, financier ou social.DES DISCOURS RASSURANTS Pour le linguiste natif de Chicoutimi, le facteur commun à toutes ces duperies est le dindificateur.Ces gourous, spécialistes, experts ou experts autoproclamés réussissent, à l\u2019issue de leurs discours, à faire sauter des millions de personnes à pieds joints dans une tendance.Ils nous font accepter un système de valeurs propres à une tendance qui sera ensuite relayée abondamment par les médias.L\u2019auteur dénonce ces beaux parleurs dont les discours nous rendent crédules.Pour Eve-Lyne Couturier, chercheure socio-économique à l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-économiques (IRIS), le problème réside plutôt dans le fait que ce sont souvent les mêmes personnalités qui sont approchées pour s\u2019exprimer sur des sujets bien précis.La dindification, c\u2019est cette tendance et cette facilité à accepter le discours ambiant relayé par les médias, sans se poser de questions.PHOTO : ALPTRAUM / DREAMSTIME L\u2019ITINÉRAIRE 15 novembre 2011 DOSSIER SPÉCIAL «Il y a plein de groupes qui peuvent se prononcer sur la question environnementale, c\u2019est pas toujours obligé d\u2019être Steven Guilbeault.Je crois que de faire toujours appel aux mêmes experts peut pousser les gens à se désintéresser de pousser plus loin leur réflexion, car ils ont l\u2019impression que cet expert détient la vérité absolue sur le sujet», estime la jeune femme en insistant toutefois sur l\u2019importance du rôle de ces vulgarisateurs pour les citoyens qui n\u2019ont pas nécessairement le temps de parcourir tout le Web pour s\u2019informer.Selon l\u2019auteur de Dindification, les dindificateurs sont pleinement conscients de leur pouvoir médiatique et de leur influence.Qu\u2019ils soient blogueurs, écologistes ou spécialistes en aviation, ils rassurent la dinde en nous et lui font entendre exactement ce quelle veut : «Tout va bien aller».L\u2019humain aime avoir le contrôle sur sa destinée et croire que tout est prévisible, donc qu\u2019il est à l\u2019abri du pire.Pourtant, chacun de nous est capable d\u2019affirmer que cette idée est malheureusement complètement fausse.Une catastrophe naturelle, une nouvelle technologie ou encore une décision politique peuvent façonner notre futur d\u2019une manière qu\u2019il aurait été impossible de concevoir avant.Collectivement, la réflexion semble être plus ardue.«En 2008, en pleine crise financière, lorsque le prix de l\u2019essence a atteint un plafond, tout le monde criait contre les pétrolières.Mais les gens ont recommencé à utilisé leur 4X4 dès que le prix de l\u2019essence a chuté.Quand on voit qu\u2019une situation change à notre avantage, on croit quelle va perdurer», illustre Pierre Fraser.Dans son profond besoin d\u2019être heureux, l\u2019humain ne veut pas se mettre dans la tête que le pire peut lui arriver.Selon l\u2019auteur, une personne qui pense toujours que le pire peut lui arriver va devenir plus robuste et prendre l\u2019habitude de regarder ce qui se cache derrière le discours.Si une nouvelle crise arrive, cette personne s\u2019en sortira mieux que les autres.POUR SE DÉ-DINDIFIER Faut-il donc devenir paranoïaque et méfiant pour être un citoyen avisé?«Non! Absolument pas, rigole l\u2019auteur.Il suffit de toujours chercher à qui profite le discours entendu.Il faut se poser des questions et remettre en doute les idées reçues.Je n\u2019ai pas de solution précise, je dirais seulement comme Ionesco : Osez pensez par vous-mêmes».Eve-Lyne Couturier qui est également membre du Comité d\u2019organisation de l\u2019UPop, organisme qui s\u2019est donné comme mission de développer l\u2019esprit critique des citoyens en offrant des activités d\u2019éducation populaire partout en ville, croit qu\u2019il faut valoriser le développement critique dès le plus jeune âge.«Il y a des cours de philosophie pour enfants où l\u2019on encourage la curiosité intellectuelle.Il faut que ce genre d\u2019initiatives se répande.» Et au risque d\u2019être pris lui-même pour un dindificateur, Pierre Fraser nous implore de ne pas faire cette erreur.«Ne me prenez pas pour un gourou, je suis simplement quelqu\u2019un qui observe ce qui se passe et qui vous retourne un miroir de votre comportement.Si certains groupes comme les écologistes se sentent attaqués, tant mieux, ça les obligera à se poser plus de questions!» BLOGUE DE PIERRE FRASER : PIERRE-FRASER.COM POUR CONNAÎTRE LES ACTIVITÉS DE L\u2019UPOP : WWW.UPOPMONTREAL.COM IQ LITINEF;aif;E 15 novembre 2011 POUR CONTINUER LA RÉFLEXION.Sans chercher à nous dicter quoi penser, plusieurs auteurs nous invitent à la réflexion.L\u2019Itinéraire vous propose quatre œuvres dans lesquelles les auteurs - des philosophes du siècle des Lumières aux auteurs contemporains - ont aiguisé leur esprit critique sur le concept.d\u2019esprit critique.pensez / dm o/ue eepa pomp ms.Devant la télé, nous zappons.Au cinéma, nous savons tout dès la bande-annonce.Au travail, nous communiquons par courriel.En permanence, nous jonglons avec le temps, les tâches, les idées.Et, contrairement à ce que nous croyons, nous faisons tout pour éviter de penser.Sandra Enlart Bellier, spécialiste des ressources humaines et professeure à Genève, décrypte avec humour nos comportements quotidiens et nous met en garde : prenons le temps de penser ! Ne laissons pas les autres décider pour nous de ce qui est normal , juste ou evident .lesim&Es- cm&moti DEïEspprrcprrwE C.O'JJEGjTiI.O.N [UEBD® Ce recueil présente 30 extraits de textes des plus grands penseurs et écrivains français du Siècle des lumières, tels que Beaumarchais, Cazotte, Condorcet, dAlembert, Diderot, Olympes de Gouge, Marivaux, Montesquieu, Rousseau et Voltaire.Affirmant la liberté et l'égalité de tous les hommes, les philosophes des Lumières mirent à mal toutes les formes d'ordre établi au profit d'une \"raison éclairée\" naturellement présente en chacun.C/NFIUENCE DE CODEUR DES CROISSANTS CHAUDS SUR IA BONTÉ HUMAINE Le but de ce livre n'est pas de montrer qu'il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste.Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots et les grandes déclarations de principe.C'est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l'éthique librement.Un livre qui fait voler en éclats les évidences morales et qui oblige à remettre en question des principes qu'on pensait inébranlables.DM EST PASSÉ lESPPfTCPfTfQME Pas d'homme libre sans esprit critique.Mais, sans doute parce qu'il est l'ennemi de tous les pouvoirs -politique, financier, judiciaire, médiatique et même artistique -, cet esprit-là n'est plus guère encouragé aujourd'hui.Langue de bois des politiciens, médiocrité des programmes télévisés, embrigadement dans des festivités sur mesure, torrents d'informations dont il ne reste rien.les entreprises visant à l'anesthésier ne manquent pas.Les dénoncer est oeuvre de salubrité et de salut public.À condition de le faire, comme l'auteur et critique littéraire Pierre-Robert Leclercq, avec assez d'esprit critique pour reconnaître que, si nous sommes les victimes de ceux qui l'étouffent, nous en sommes souvent les complices.# I Jnjltf-a ¦ An~iiJLir An i n.uuun i iW/ bt J> *\u2022 3aL\\ Jérome Savary marche sur les traces clu Dr Julien,  chaque numéro de L'Itinéraire, les nombreuses rencontres du journaliste avec le créateur de la pédiatrie sociale, des enfants et des personnes de l'entourage de cet homme exceptionnel vous permettent de comprendre son quotidien et de découvrir son univers.Laissez-vous Inspirer par le Dr Julien « ILS PORTENT L\u2019AVENIR DU QUÉBEC » JÉRÔME SAVARY La pédiatrie sociale fonctionne auprès de tous les enfants, quelle que soit leur origine culturelle.Le Dr Julien s\u2019en fait le garant : «Que les enfants soient chinois, africains ou arabes, peu importe, la pédiatrie sociale marche dans toutes les communautés, car notre approche est transculturelle.» Présente dans le quartier multiculturel de Côte-des-Neiges depuis 2003, l\u2019équipe du Dr Julien accompagne beaucoup de familles et d\u2019enfants issus de l\u2019immigration récente.«Un voile de plus ou de moins, on s\u2019en fout, explique le pédiatre.Le vrai accommodement que nous devons faire est d\u2019amener ces enfants immigrants vers le succès, car une partie de notre avenir repose sur eux.» PROXIMITÉ TRANSCULTURELLE Que l\u2019enfant soit d\u2019origine pakistanaise ou québécois de souche, la proximité reste au cœur de la méthode Julien.«Après avoir salué la famille, je m\u2019en vais rapidement jouer avec l\u2019enfant, précise-t-il.C\u2019est ma technique, et ça, c\u2019est magique.Le parent reste avec les intervenants présents autour de la table.Le docteur, lui, joue avec l\u2019enfant, parle avec lui, le fait dessiner, ou lui lance le ballon.Ça crée une intimité.En faisant ça, mon message est clair : je suis intéressé par l\u2019enfant avant tout, et la famille s\u2019en rend compte.» Cependant, Gilles Julien n\u2019approche pas les familles de Côte-des-Neiges exactement comme celles d\u2019Hochelaga-Maisonneuve.UN VOILE DE PLUS OU DE MOINS, ON S\u2019EN FOUT, EXPLIQUE LE PÉDIATRE.LE VRAI ACCOMMODEMENT QUE NOUS DEVONS FAIRE EST D\u2019AMENER CES ENFANTS IMMIGRANTS VERS LE SUCCÈS, CAR UNE PARTIE DE NOTRE AVENIR FfcPO|tSUR EUX.- Dr Gilles Julien, fondateur de la pédiatrie sociale en communauté Les familles issues de l\u2019immigration récente représentent toutefois un défi majeur d\u2019intégration pour le Québec.D\u2019après le Dr Julien, leurs jeunes enfants constituent leurs meilleurs atouts, à condition qu\u2019ils soient bien accompagnés dans leur développement.«Les immigrants viennent ici pour donner un avenir à leur enfant et, en même temps, à eux-mêmes, indique le pédiatre en entrevue dans son bureau d\u2019Hochelaga-Maisonneuve, entre deux bouchées de son lunch santé.Je ne connais aucun parent au monde qui ne veut pas que son enfant aille bien.Alors quand quelqu\u2019un, comme moi, vient contribuer à ça, c\u2019est extraordinaire pour eux.» Dans le quartier Côte-des-Neiges, l\u2019école est un partenaire indispensable.Trop souvent, Gilles Julien et son équipe remarquent que les enfants en âge d\u2019entrer en prématernelle (4 ans) ne sont pas prêts.«Beaucoup d\u2019enfants [immigrés] n\u2019ont jamais été en contact avec d\u2019autres enfants, n\u2019ont jamais parlé français, ont souvent été surprotégés ou n\u2019ont pas été assez stimulés, énumère-t-il.Tout l\u2019enjeu consiste à rencontrer ces familles-là avant que leur enfant entre à l\u2019école pour l\u2019aider à réussir sa rentrée scolaire.» «Il faut respecter la culture et les croyances de base de la famille, modère-t-il.Oui, l\u2019enfant transcende la religion et la couleur de peau, mais il y a quand même des attitudes à adopter.Quand une femme musulmane arrive, je la salue sans lui donner la main, sinon elle va se sentir mal à l\u2019aise et je viendrais de perdre un lien de proximité avec elle.Le docteur doit travailler en nuances.» Bâtir le Québec de demain nécessite de faire des compromis intelligents à l\u2019égard de ces nouveaux enfants venus d\u2019ailleurs.«Ce qui est super intéressant, c\u2019est que les enfants, qu\u2019ils soient blancs, rouges, jaunes, musulmans ou juifs, sont ouverts; ils ne portent ni les blessures ni les préjugés de leurs parents qui immigrent.Si on les aide à réussir, ils sentiront qu\u2019ils font partie de la société québécoise et ne se joindront pas aux gangs de rue, car ils ne se seront pas fait \"planter\" au départ.On doit aller dans cette direction; ces enfants portent une partie de l\u2019avenir du Québec.» ?BANQUE NATIONALE LA BANQUE NATIONALE est flére de vous presenter Sur les pas du Dr Julien une série sur le fondateur de la pédiatrie sociale au Québec, DÉVELOPPEMENT SOCIAL AUTOCHTONES DE BOLIVIE CAMÉRA AU POING DELPHINE DENOISEUX Depuis bientôt un an, un projet pilote de vidéo autochtone s\u2019inspirant de l\u2019expérience québécoise de Wapikoni mobile a pris racine en Bolivie.Il est destiné à de jeunes autochtones boliviens qui, par leurs réalisations, font entendre leur voix distincte.Sur l\u2019autel, des offrandes attendent l\u2019astre solaire.De la graisse de lama et des figurines y sont déposées par le chef spirituel.L\u2019espace d\u2019un instant, une équipe de jeunes réalisateurs autochtones se laisse imprégner par la scène quelle est en train de filmer, sur l\u2019Ile du Soleil, au milieu du lac Titicaca.Adalid a décollé son œil du viseur de la caméra.Maria, la preneuse de son, tient la perche d\u2019une main et tend l\u2019autre en direction de l\u2019horizon.Comme tous les gens venus célébrer le nouvel an des Aymaras, premier groupe ethnique de Bolivie, elles accueillent ainsi les premiers rayons du soleil.D\u2019UN HEMISPHERE A L\u2019AUTRE C\u2019est non loin de là, à Copacabana, petite ville située à 3 800 mètres d\u2019altitude, que 18 jeunes apprentis cinéastes suivent un atelier du Centro de Formation y Realization Cinematogrâfica (CEFREC).Depuis 15 ans, cet organisme bolivien développe un réseau national de médias autochtones en partenariat avec les cinq grandes organisations autochtones du pays.Mais cette fois-ci, il s\u2019agit d\u2019un atelier particulier, tenu dans le cadre d\u2019un projet pilote s\u2019inspirant de l\u2019expérience du Wapikoni mobile, ces studios de création ambulants qui sillonnent les communautés autochtones du Québec pour initier les jeunes au cinéma.En plus de viser spécifiquement les jeunes, une première pour le CEFREC, le projet bolivien mise sur le format du court-métrage.«Le recours au court-métrage s\u2019insère très bien dans nos formations puisque les jeunes ont le temps de réaliser une œuvre complète durant un atelier», explique Franklin Gutiérrez, formateur du CEFREC et responsable du suivi du projet financé par Oxfam-Québec, une ONG présente en Bolivie depuis 1984.?\"% SANDRA CHUQUIMIA INTERROGE LES AUTORITÉS TRADITIONNELLES DURANT LE NOUVEL AN AYMARA OU SOLSTICE D\u2019HIVER, LE 21 JUIN, AU SOMMET DE L'ÎLE DU SOLEIL./' V 24 L! ITINÉRAIRE 15 novembre 2011 DES FILMS POUR CHANGER LA SOCIÉTÉ Pour rendre cet échange possible, un cinéaste-formateur de Wapikoni, Frédéric Julien, est parti travailler un an en Bolivie avec le CEFREC.«Au Québec, l\u2019approche est davantage sociale et individualisée, car les jeunes des réserves ont beaucoup de choses sur le cœur et ont un besoin urgent de s\u2019exprimer, explique-t-il.Ici, le processus de création est collectif et s\u2019insère dans une approche stratégique de la communication qui change selon le contexte politique.» D\u2019après Manon Barbeau, fondatrice et directrice du Wapikoni mobile, ce projet de vidéo permet aux autochtones de poser un regard sur eux-mêmes et de s\u2019exprimer.«Avant, le cinéma présentait toujours le regard des non-autochtones sur les autochtones, souligne-t-elle.Aujourd\u2019hui, ils expriment leur propre vision du monde.» Le CEFREC met l\u2019accent sur la formation de jeunes leaders et le renforcement de leur enracinement culturel.«Les jeunes qui quittent leur communauté sont ceux qui perdent le plus rapidement leur culture, explique Ivan Sanjinés, directeur du CEFREC.En développant leurs compétences techniques, ils prennent conscience que modernité et culture sont compatibles, qu\u2019ils peuvent vivre dans leur communauté tout en adoptant une forme d\u2019expression qui est celle du monde globalisé.» Le travail du CEFREC est intimement lié à l\u2019histoire politique du pays.La Bolivie a acquis son indépendance en 1825, après des années de colonisation espagnole.Toutefois, cette étape n\u2019a pas changé la réalité de la marginalisation et de la discrimination des peuples autochtones de Bolivie, qui représentent plus de 60 % de la population.En 1990, ceux-ci ont entrepris une marche historique qui a débouché sur la reconnaissance de leur territoire traditionnel et de leur droit au territoire.Puis, en 2008, dans la foulée de l\u2019élection d\u2019Evo Morales, premier président autochtone du pays, une nouvelle constitution, rédigée par une assemblée représentative de la diversité du pays, a transformé le pays en état plurinational, désormais garant du respect des Premières Nations.En 1996, les organisations autochtones du pays avaient déjà misé sur l\u2019audiovisuel.«C\u2019était l\u2019unique manière de renforcer la construction d\u2019une société plurielle, explique Franklin Gutiérrez.Si les autochtones ne sont pas présents dans les médias, nous construisons une société qui n\u2019est pas la nôtre.» De retour à Copacabana, les jeunes visionnent leurs images dans une salle de montage improvisée dans un hôtel de la ville.«Notre documentaire parle de l\u2019importance de préserver nos danses, qui sont liées à la manière dont les populations andines se représentent le monde», explique William Huayhua, 28 ans, assis devant un ordinateur du CEFREC.Pour sa part, Sandra Chuquimia, 18 ans, a choisi de parler de la migration.«Mes parents ont quitté leur communauté quand nous étions très jeunes parce qu\u2019ils ne pouvaient plus y gagner leur vie, se souvient-elle.Moi, je voudrais étudier la gestion des coopératives agricoles pour proposer un projet à ma communauté.» La violence conjugale, la surpêche et le mouvement hip hop chez les jeunes Aymaras ont également fait partie des sujets filmés par le groupe.«S\u2019interroger sur ces thèmes, c\u2019est prendre position sur la société que nous voulons pour demain», conclut William qui s\u2019apprête à quitter la salle de montage, alors que la nuit est tombée depuis longtemps.PHOTOS : DELPHINE DENOISEUX AU TERME DE LA FORMATION CEFREC, WAPIKONI MOBILE, ELIAS CASTRO ET LES 17 AUTRES JEUNES CONSTITUERONT LA NOUVELLE ÉQUIPE DE COMMUNICATEURS DE COPACABANA.V Avant, le cinéma présentait toujours le regard des non-autochtones sur les autochtones.- Manon Barbeau, fondatrice et directrice du Wapikoni mobile au Québec L'ITINÉRAIRE 25 15 novembre 2011 DÉVELOPPEMENT' SOCIAL E PERSONNE MARIE-LISE ROUSSEAU auii fasse 35 degrés ou -40, de plus en plus de Québécois doivent passer leurs nuits dehors.La Nuit des sans-abri (NSA), qui a lieu chaque année le troisième vendredi d\u2019octobre, permet au public d\u2019exprimer sa solidarité avec les plus démunis de la société et de goûter, l\u2019espace d\u2019une nuit, à la réalité de la rue.Coup de chance pour cette 22e reprise : la météo n\u2019a jamais été aussi clémente pour les centaines de personnes ayant participé à la N SA dans 25 villes au Québec.Parole de Micheline Ducap, coordonnatrice du Café L\u2019Itinéraire, pour qui c\u2019était la 21e participation à l\u2019événement.N\u2019EST À L\u2019ABRI PHOTO 1 : BERNARD ST-JACQUES, ORGANISATEUR COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM (RÉSEAU D\u2019AIDE AUX PERSONNES SEULES ET ITINÉRANTES DE MONTRÉAL) A DONNÉ LE COUP D\u2019ENVOI À L\u2019ÉVÉNEMENT.LE TON SE VOULAIT FESTIF, BIEN QU\u2019IL N\u2019Y AIT PAS DE QUOI SE RÉJOUIR DE L\u2019AUGMENTATION DE L\u2019ITINÉRANCE PARTOUT AU QUÉBEC, A-T-IL RAPPELÉ.PHOTO 2 : LA NUIT DES SANS-ABRI COMPTE SUR LE SOUTIEN D\u2019UN PORTE-PAROLE ENGAGÉ QUI N\u2019A PAS LA LANGUE DANS SA POCHE : CHRISTIAN VANASSE, DU GROUPE LES ZAPARTISTES.POUR L\u2019OCCASION, IL A INTERPRÉTÉ UN MONOLOGUE IRONIQUE INTITULÉ : «LA PAUVRETÉ, C\u2019EST FANTASTIQUE».PHOTO 3 : «IL FAUT UNE POLITIQUE EN ITINÉRANCE POUR AMÉLIORER RÉELLEMENT LE SORT DES PERSONNES DE LA RUE», A MARTELÉ PIERRE GAUDREAU, COORDONNATEUR DU RAPSIM, RAPPELANT DANS SON DISCOURS QUE LES REFUGES POUR SANS-ABRI DE LA MÉTROPOLE DÉBORDENT PLUS QUE JAMAIS.PHOTO 4 : RIEN DE MIEUX QU\u2019UNE BONNE SOUPE CHAUDE QUAND ON PASSE LA SOIRÉE DEHORS AU FROID! MICHELINE DUCAP, COORDONNATRICE AU CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE, A PRÉPARÉ DE LA SOUPE QUI A ÉTÉ SERVIE TOUTE LA SOIRÉE AUX PARTICIPANTS DE LA NUIT DES SANS-ABRI À MONTRÉAL.PHOTO 5 : APRÈS UNE BONNE SOUPE, ON SE RÉCHAUFFE AUTOUR DU BRASERO, UN GROS BIDON DANS LEQUEL BRÛLE UN FEU, SYMBOLE DU SANS-ABRI QUI SE RÉCHAUFFE DANS LA NUIT FROIDE.CHRISTIAN VANASSE DES ZAPARATISTES A EU L\u2019HONNEUR DE L\u2019ALLUMER.PHOTO 6 : L\u2019ÉVÉNEMENT NE MANQUAIT PAS D\u2019ANIMATION : PRISES DE PAROLES AU MICRO, SPECTACLES MUSICAUX, COURS DE BREAK DANCE ET AUTRES PERFORMANCES ONT ANIMÉ LES 12 HEURES DE LA NUIT DES SANS-ABRI.SUR CETTE PHOTO, UNE PERFORMANCE D\u2019UN GROUPE DE PERCUSSIONNISTES.PHOTOS : ANDRÉ FERNANDES ¦ L PHOTO 1 PHOTO 4 PHOTO 6 PHOTO 2 PHOTO 3 PHOTO 5 L'ITINÉRAIRE 27 15 novembre 2011 KCN«UffS\\ [fcj SUIVEZ-NOUS SUR FACEBOOK ET TWITTER GRÂCE À VOTRE ABONNEMENT, 50% DU COÛT DE VENTE DU MAGAZINE REVIENT AU CAMELOT! Vous remarquerez que cette année le prix de l\u2019abonnement a augmenté.Notre nouveau concept d\u2019abonnement a pour objectif de vous permettre d\u2019aider directement une personne en insertion sociale.En effet, 50% du coût du magazine auquel vous vous abonnez revient au camelot qui travaille à la vente du magazine L\u2019Itinéraire et à la mise à jour de son blogue.Vous pourrez aussi maintenant, grâce à votre abonnement, choisir un camelot, suivre son évolution et partager ses succès grâce à son blogue-camelot disponible au www.itineraire.ca.COMMENT S\u2019ABONNER?3 possibilités : \u2022\tPréférablement, par Internet au WWW.ITINERAIRE.CA \u2022\tComplétez le coupon à la page 4 \u2022\tPar téléphone au 514 597-0238 t £ & Q %) ^ ^ & r?1 *r# O Vf, 9$OtT Un concept unique! GRÂCE À VOTRE ENGAGEMENT, 50% DU PRIX DE L\u2019ABONNEMENT REVIENT AU CAMELOT! \u2022\tVous recevez deux fois par mois un magazine unique qui pose un regard engagé sur la société avec des entrevues de fond de personnalités publiques impliquées et des témoignages de vie qui aident à lutter contre les préjugés; \u2022\tVous agissez concrètement auprès d\u2019un camelot pour l\u2019aider dans sa démarche de réinsertion sociale; \u2022\tVous participez à un mouvement de solidarité; \u2022\tVous partagez le quotidien des camelots sur leur blogue.ViSTONNB/.: A MÀ1£10\\ OL J Ai GKANÜI viacapitale [tu MÜH7-ROYAL y yw w ,v Lit üp i tu 3 e J il m l m 1 Tl > y i t ] TÇX ' i n L'ACHAT ET LA VENTE D'UNE PROPRIÉTÉ, C'EST UNE AFFAIRE DE CŒUR ET DE SAVOIR-FAIRE \u2022 Garantie de service \u2022\tIntégrité \u2022\tMise en marché exceptionnelle \u2022\tConseils \u2022\tExpertise \u2022\tOpinion de la valeur marchande de votre propriété AGENCE DU PLATEAU 1152 Mont-Royal est 514.597.2121 AGENCE DE ROSEMONT 2339 Beaubien est 514.721.2121 Le réseau d'aide www.rapiim.Qrg INFO RAPSIM La nt satiu f)\": i du mi* ptjrscnfrtts Seules: èl I tin a an [e a ifc- MüiLlréal Tél :Ô14 679-T949 VIVRE LA CARAVANE L\u2019expérience de Yannick-Stéphane Mondion dans la lutte pour le logement social PROPOS RECUEILLIS PAR LE RAPSIM RAPSIM (R.) : Q u\u2019est-ce que la Caravane du FRAPRU?Yannick-Stéphane Mondion (Y.-S.M.) : La Caravane du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), ce sont deux contingents, 80 militants mobilisés pour le droit au logement, 13 voitures, près de 21 villes visitées en octobre dernier, et environ 2 300 kilomètres de route pour réclamer le financement de 50 000 unités de logements sociaux supplémentaires! Pour cette caravane, deux convois parcouraient les routes du Québec, l\u2019un à l\u2019est, l\u2019autre à l\u2019ouest.Le convoi de l\u2019ouest dont je faisais partie partait d\u2019Ottawa pour ensuite aller vers Val-d\u2019Or, Rouyn-Noranda, Mont-Laurier, Saint-Jérôme, Joliette, Shawinigan, Grand-Mère, Sorel, Longueuil et Montréal.R.: Pourquoi avoir choisi de vivre cette expérience?(Y.-S.M.) : Je milite activement pour une politique en itinérance, plus précisément pour le logement social.Tous devraient pouvoir se loger décemment, avoir un toit sur leur tête sans payer plus de 30 % de leur revenu.Au Québec, 324 000 ménages ont des besoins impérieux de logement! Payer trop pour se loger, ça veut souvent dire négliger d\u2019autres parties importantes de nos vies et se priver de choses essentielles comme manger, se vêtir ou se faire soigner.J\u2019ai donc choisi de participer à la caravane pour parler des enjeux propres à l\u2019itinérance en logement.J\u2019ai l\u2019espoir de voir le gouvernement de monsieur Harper rehausser le programme SPLI (Stratégies des partenariats de lutte contre l\u2019itinérance) qui permet de financer l\u2019intervention et les installations pour les personnes itinérantes ou à risque d\u2019itinérance.R.: En quoi Vitinérance est-elle liée au logement?(Y.-S.M.) : L accès au logement est absolument nécessaire, même s\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019une seule solution à l\u2019itinérance.C\u2019est un droit fondamental de pouvoir se loger décemment.Que l\u2019on soit de Montréal, de Québec, de Gatineau ou de l\u2019Abitibi, si nous ne pouvons nous loger dans un endroit salubre et accessible, l\u2019itinérance n\u2019est jamais très loin.R.: Quels ont été les moments forts de ton voyage?(Y.-S.M.) : La rencontre de madame Édith Cloutier, présidente du Regroupement des centres d\u2019amitié autochtones du Québec et présidente du Centre d\u2019amitié autochtone de Val-d\u2019Or.Lors de la visite des militants de la Caravane, en nous remerciant de notre passage, elle a fondu en larmes de gratitude pour la bataille que nous menons en matière de logement.Il y a aussi la rencontre d\u2019un groupe de femmes de Malartic, dont les maisons ont été achetées par Osisko, une compagnie minière.La compagnie, après leur avoir offert dinde et confitures, les a expropriées de leurs logements locatifs pour les forcer à vivre dans des logements trop chers pour leurs moyens.Dans une région où le taux de logements inoccupés ne dépasse pas les 0,2 %, il est pratiquement impossible pour elles de se trouver un logement abordable.La bataille de ce groupe de femmes pour faire respecter leurs droits a été pour moi une très grande inspiration.R.: Quelle région ta marqué le plus?(Y.-S.M.) : Sans aucun doute l\u2019Abitibi.Les gouvernements ne font rien pour aider cette région qui vit présentement une des pires crises du logement de l\u2019histoire du Québec.La misère dans cette région, riche en ressources naturelles mais pauvre socialement, m\u2019a particulièrement touché.R.: Seras-tu de la prochaine caravane, s\u2019il devait y en avoir une autre?(Y.-S.M.) : Personnellement, je repartirais demain matin si c\u2019était possible! Cette expérience n\u2019a pas changé ma vie, car je militais déjà pour un plus grand financement du logement social, mais elle m\u2019a permis de comprendre que la lutte est loin d\u2019être gagnée et qu\u2019il faut continuer à se battre.?PHOTO : RAPSIM rw ~il _ -M YANNICK-STÉPHANE MONDION DANS LA CARAVANE DU FRAPRU L'ITINÉRAIRE 29 15 novembre 2011 PUBLIREPORTAGE r EDUC\u2019ALCOOL BOIRE AVEC DISCERNEMENT PHOTO : ARTJAZZ / DREAMSTIME Qui ne connaît pas Éduc alcool?Après 21 ans de présence au Québec, l\u2019organisme est reconnu comme étant la référence incontournable en matière de consommation responsable de boissons alcoolisées.Survol des réussites et des projets d\u2019Éduc\u2019alcool.«Je suis le meilleur et le pire d.g.qu\u2019Éduc\u2019alcool n\u2019ait jamais eu.Ce n\u2019est pas très difficile, je suis le seul», blague Hubert Sacy, directeur général depuis les débuts d\u2019Educ\u2019alcool, dès ses premières secondes d\u2019entretien avec L\u2019Itinéraire.La modération a bien meilleur goût.Le slogan d\u2019Educ\u2019alcool est devenu un véritable adage.Pas question pour l\u2019organisme d\u2019empêcher les Québécois de boire : il s\u2019agit plutôt de leur apprendre comment boire.Éduc\u2019alcool milite pour «créer une culture de la modération et de la dégustation au détriment d\u2019une culture de l\u2019ivresse», résume son directeur général.La recherche du goût des boissons plutôt que de leur effet, quoi.Éduc\u2019alcool a de quoi être fier de ses réalisations : l\u2019organisme, au fil de ses campagnes de prévention, a fait accepter la consommation modérée d\u2019alcool comme une norme sociale.«Rares sont ceux qui trouvent agréables les gens qui boivent à l\u2019excès», souligne Hubert Sacy.Avec sa campagne de prévention «niveau de consommation à faible risque» (voir notre encadré), Éduc\u2019alcool pousse encore plus loin la promotion de la consommation responsable d\u2019alcool en la quantifiant.«Avant, on disait \"Buvez avec modération\".Maintenant, on précise le nombre de verres que représente la modération», explique M.Sacy.De nouveaux défis attendent Éduc\u2019alcool.Selon Hubert Sacy, le plus important d\u2019entre eux consiste à «transmettre un message qui est fait de nuances, car les gens doivent toujours exercer leur jugement quand il est question d\u2019alcool.» Parmi ses revendications, l\u2019organisme continue de demander au gouvernement du Québec de rendre obligatoire le cours «action service», qui renseigne les employés des établissements licensés sur leurs responsabilités professionnelles et légales face à la consommation d\u2019alcool de leurs clients.Hubert Sacy se désole du fait que le Québec demeure la seule province où ce cours est toujours facultatif.Une saine relation avec l\u2019alcool est au cœur des préoccupations d\u2019Educ\u2019alcool, qui œuvre en partenariat avec plusieurs organismes partout au Québec.«Des centaines de milliers de Québécois travaillent pour Éduc\u2019alcool, témoigne M.Sacy.Ça va du médecin qui remet une brochure préventive à ses patientes enceintes au bénévole qui participe à Opération Nez Rouge.» WWW.EDUCALCOOL.QC.CA 30 LITINEF;aif;E 15 novembre 2011 PUBLIREPORTAGE Comment consomment les Québécois?Educ\u2019alcool mène tous les cinq ans une vaste enquête sur les habitudes de consommation d\u2019alcool des Québécois.Voici les faits saillants de son enquête de 2007.\u2022\tPlus de 8 Québécois sur 10 consomment de l\u2019alcool.\u2022\tDe 3 à 5 % de la population consomme de manière abusive, voire dangereuse.\u2022\t7 % des conducteurs reconnaissent avoir conduit avec un taux d\u2019alcoolémie supérieur à la limite permise.\u2022\t75 % des Québécois apprécient le vin, ce qui en fait la boisson alcoolisée la plus fréquemment consommée.\u2022\tPlus de 60 % des Québécois consomment de la bière.Une tendance qui stagne, quand elle ne baisse pas légèrement.^______________________________________________ r Que considère-t-on comme une «consommation» ou un «verre»?V Un '.wo débité\tUn vsito iis un\tLh ucrro de un rnii\tUt vorrs.d» sf^rtuco:\tDoue varos cto c»±© 941 nJ / 12 ox\t142 ml / 5 oi\tSB ml / 9 oi\t49 ml / 1,5 «\t142 rôl f 5 m 5 ttdc/wl.\t12 fttjc/wl\t20\t40 % de Ad.\tô #ûle/wl J J 2-3-4-0-* Le nombre de consommations recommandées - 2, 3, 4 ou aucune - varient principalement en fonction du sexe.2» Les femmes qui souhaitent consommer de l\u2019alcool de façon modérée devraient se limiter à 2 verres par jour et à un maximum de 10 verres par semaine.3* Les hommes qui souhaitent boire de façon modérée devraient se limiter à 3 verres par jour et à un maximum de 15 verres par semaine.\u2022 Afin d\u2019éviter l\u2019intoxication et les complications qui l\u2019accompagnent, les femmes ne devraient pas prendre plus de 3 verres en une même occasion.4* Les hommes qui veulent éviter l\u2019intoxication et les complications qui l\u2019accompagnent ne devraient pas prendre plus de 4 consommations en une même occasion.0* Afin d\u2019éviter qu\u2019une accoutumance ou une dépendance s\u2019installe, il est recommandé de ne consommer aucun alcool au moins un ou deux jours par semaine.011 est déconseillé de consommer de l\u2019alcool dans certaines circonstances, notamment : \u2022 lorsqu\u2019on a des décisions importantes à prendre; \u2022 si on pratique des activités physiques dangereuses; \u2022 lors de la conduite d\u2019un véhicule motorisé, l\u2019utilisation de machinerie, d\u2019équipement mécanique ou électrique; \u2022 si on est responsable de la sécurité d\u2019autres personnes; \u2022 avec des médicaments qui interagissent avec l\u2019alcool; \u2022 si on souffre de problèmes de santé mentale ou physique; \u2022 dans les cas de dépendance à l\u2019alcool.OBien que les risques associés à une faible consommation d\u2019alcool durant la grossesse paraissent minimes, aucun seuil totalement sécuritaire n\u2019a été défini.Il est donc recommandé aux femmes enceintes et à celles qui cherchent à le devenir de ne pas consommer d\u2019alcool.De plus, les femmes qui allaitent devraient s\u2019abstenir d\u2019en consommer avant l\u2019allaitement.WWW.EDUCALCOOL.QC.CA L'rtlNERAIRE 31 15 novembre 2011 RÉSEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINÉRAIRE uencan de VIA CAPITALE EN SOUTIEN AUX SANS-ABRI JÉRÔME SAVARY PHOTO : JÉRÔME SAVARY Grâce à la 4e édition publique de leur encan, les courtiers immobiliers de Via Capitale du Mont-Royal ont amassé 53000$ au profit de trois organismes communautaires : l\u2019Action terroriste socialement acceptable (ATSA), La rue des femmes et L\u2019Itinéraire.«Nous vendons des maisons et nous aidons des gens à se loger, explique Nathalie Clément, propriétaire de Via Capitale du Mont-Royal.C\u2019est donc logique pour nous de venir en aide aux personnes itinérantes.» Le 13 octobre dernier, les clients, amis et courtiers de Via Capitale du Mont-Royal ont été galvanisés par l\u2019ambiance de fête qui régnait au cabaret La Tulipe.Les encanteurs \u2014 eux-mêmes courtiers de Via Capitale du Mont-Royal \u2014 y étaient pour beaucoup, réussissant à faire monter les enchères de façon dynamique et finissant par établir un nouveau montant record de fonds amassés.Tableaux, fins de semaine de soins dans un spa reconnu, voyage à New York ou dans le Sud, kayak de mer.tout le monde pouvait trouver «enchère à son pied».Parmi les 100 courtiers immobiliers de Via Capitale, 75 étaient mobilisés pour l\u2019événement.«Pour nous assurer que tout l\u2019argent revienne directement aux organismes et éviter des frais d\u2019administration trop élevés, tout le monde a travaillé fort», a ajouté Mme Clément.Ainsi, 20 courtiers ont préparé les 4000 bouchées destinées à nourrir les participants à l\u2019événement.Les lots ont été obtenus en sollicitant les amis et clients de Via Capitale du Mont-Royal.Pierre Allard, cofondateur de l\u2019ATSA, était naturellement reconnaissant : «C\u2019était incroyable de voir toute l\u2019énergie de ces gens-là; ils nous font une fleur.Je trouve ça touchant.» Le directeur général de L\u2019Itinéraire était également touché, L\u2019itinéraire étant notamment le premier organisme à bénéficier du soutien des courtiers de Via Capitale lors de la première édition de l\u2019encan public : «C'est toujours avec beaucoup d'émotions que nous recevons la grande générosité, l\u2019engagement personnel et la solidarité envers les plus démunis des courtiers de Via Capitale du Mont-Royal, a dit Serge Lareault.Nous pourrons aider des centaines de personnes encore une fois grâce à eux.Nous nous sentons privilégiés d\u2019être ainsi soutenus, car L\u2019Itinéraire a grandement besoin d\u2019aide.Les fonds publics diminuent pour l\u2019aide aux sans-abri et nous peinons toujours à combler les fins de mois.»Un tel événement est unique à Montréal, NOTRE ÉQUIPE EST TRÈS FIÈRE DE PARTICIPER À AIDER CES ORGANISMKQfc^ LUTTENT CHACUN À LEUR FAÇON C(^R^ L\u2019ITINÉRANCE.- Nathalie Clément les courtiers immobiliers s\u2019affichant généralement davantage sur les pancartes au bas des immeubles en vente plutôt qu\u2019auprès d\u2019organismes communautaires.Ceux de Via Capitale sortent du lot.«Notre équipe est très fière de participer à aider ces organismes qui luttent chacun à leur façon contre l\u2019itinérance, a indiqué Nathalie Clément.Chez Via Capitale, on choisit les courtiers avec qui on veut travailler.Une personne qui veut travailler dans notre équipe doit notamment manifester un véritable engagement social; c\u2019est l\u2019un de nos critères d\u2019embauche.» ?DE GAUCHE À DROITE : SERGE LAREAULT (L\u2019ITINÉRAIRE), NATHALIE CLÉMENT (VIA CAPITALE DU MONT-ROYAL), PIERRE ALLARD ET ANNIE ROY (ATSA) ET LÉONIE COUTURE (LA RUE DES FEMMES) 32 LITINEF;aif;E 15 novembre 2011 X LA CARTE-REPAS, POUR SOIGNER LA FAIM! ^Manuel b/lodeau DFPc°rTE~PAfi°LE DES cmtes-reL «Parce qu'il est inconcevable qu\u2018aujourd'hui, à Montréal, des milliers de personnes souffrent de la faim.Comme moi, avant qu'il ne soit trop tard, offrez des cartes-repas aux plus démunis.En plus d'un repas chaud et complet, ils briseront leur isolement et trouveront le réconfort d'une aide psychosociale.La faim n'est pas une maladie mais un besoin.Cela se passe chez nous, donnons leur un temps de répit.» \\4 $ pour PRÉVENIR, NOURRIR, GUÉRIR.FAITES UN DON en remplissant le coupon en page 4 ou au www.itineraire.ca CONTACTEZ-NOUS au 514.597.0238 BENEVOLES RECHERCHES WWW.ITINERAIRE.CA AU CAFÉ Le groupe L\u2019Itinéraire est à larecherche de plombiers et d\u2019électriciens bénévoles pour des travaux occasionnels.Le Café L\u2019Itinéraire recherche aussi spécifiquement des bénévoles pour l\u2019aide à la plonge et pour des tâches générales de préparation des repas.Le Café L\u2019itinéraire est un restaurant à but non lucratif qui sert plus de 31000 repas par année dont plus de 18700 gratuitement grâce aux cartes-repas prépayées.C\u2019est un lieu d\u2019accueil chaleureux et sécuritaire qui ouvre sa porte aux gens les plus démunis de notre société.Si vous désirez «mettre la main a la pâte:\", priera de communiquer avec Jocelyne Senecal par courriel a jocelyne.senecal@itineraire.ca À LA RÉDACTION Le groupe L\u2019Itinéraire est à la recherche de photographes, d\u2019aides à l\u2019équipe de rédaction et de correcteurs-réviseurs pour le magazine L\u2019Itinéraire.Si vous clesiez viens joindre a requipe, priere de communiquer avec Catherine Girouard par courriel a Catherine.girouarcl@itineraire.ca JW^ûHHioÉtsatŸè^ 713 MONT-ROYAL EST LIVRES CD DVD BLUE RAY BD JEUX VIDEO ttOtCAtftttl ANNONCEZ-VOUS DANS L\u2019ITINÉRAIRE ET AFFICHEZ VOS VALEURS CITOYENNES.Contactez-nous au 514 597-0238 poste 241 ou par courriel à publicite@itineraire.ca ¦\t¦ r NOUS RECHERCHONS www IT(NERAIHE,£A I-H\u2014f*\u2014i F'Û11Pl lA FORMATION Df.f.JEUHCd fri PflÙOLlfiTMJJ HatDFTJUDip *\tdVztlni^.-i b* IV.¦.A » ZKhllIfcr MAst Jilrt \u2018EwlifA -\t-V-Jh/vi üwiLprF.rrr* *\tUülA J.ÙH pMflW *\t-Vàfct* PMJB LE CA7Ë L'fl IhïJI MRE IT LTCfitlWlCCt F'ïïinijiini:i.ni;>; ¦\tOawwiH Iw^'iIiiifi I *\tFlWh ltr I Urt* *\trliH iH .Hiii -\tpwi ¦ ttaafe *\trF'upM\u2014I tl'lUlfc«:J- If- ¦ ¦ ¦\tBlBllI» ¦ rMhtH + ÊPIM * *0Ti ! pt> .j.ni.: ' Plù.r-«tl ¦ *\t.JW- h*É IfmiU .¦ ktin-pnM Iliiiln.ppynm BEM07JÛW ETLrJNrOftOAPHIE »¦\tI phçfci |w \u2018vmj.i *\tïi-rajnlmi:]»^ P** MU «4 ¦ VJ.' Cfl + OttU9B PüMt l'uniflionflBrT^rt de |a i.adli> dp |irpl*tUdn \u2014Ihldë INÉQÔ M ni 1:7\t.jn-Jll.lr-:- Su BU fi&7433B, pu*» 24Q LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE LES CAPITALISTES font un pied de nez aux moins nantis ainmem Pt mtt JEAN-MARC BOITEAU Chroniqueur de rue jeanmarcboiteau@yahoo.ca Pour quelle raison les couches pour bébé coûtent-elles aussi cher?Je ne possède pas l\u2019expertise d\u2019un économiste, mais il me semble évident que les bébés ont et auront toujours besoin de couches pour ne pas être dans la m___Ça, les entreprises l\u2019ont bien compris! Pas surprenant alors qu\u2019ils augmentent sans cesse leurs prix afin de continuer d\u2019engendrer des profits démesurés sur le dos d\u2019une population dépendante.Il y a plus de personnes moins nanties que de gens aisés dans le monde.Par conséquent, les plus pauvres sont les plus affectés par les hausses abusives des prix qui hypothèquent notre société, affligée par l\u2019absence d\u2019humanisme de certains gestionnaires capitalistes gourmands.Ainsi, une famille de trois personnes, faisant partie de la classe moyenne, peine à se payer, à l\u2019occasion, une frite, deux hot-dogs et une liqueur au restaurant! Les ajustements du revenu de ces personnes ne correspondent pas à l\u2019augmentation incessante du coût de la vie.Une famille qui vit avec un revenu annuel de moins de 30 000 I vit dans la misère.On peut donc dire que, pour les personnes démunies, si le présent est garant de l\u2019avenir, ils sont à des années-lumière d\u2019améliorer leur sort! LES INDIGNÉS, QUI ONT PRIS D\u2019ASSAUT LA PLACE VICTORIA À MONTRÉAL, ONT EUX AUSSI RAS-LE-BOL DES EXCÈS DU CAPITALISME.Les moins nantis sont les plus grandes victimes de ces gens sans morale qui profitent d\u2019un système capitaliste trop permissif et qui n\u2019hésiteraient pas à dénuder un voisin si cela leur permettait d\u2019extorquer plus d\u2019argent! Les entreprises pétrolières suivent allègrement cette tendance.Lors du congé des Fêtes ou pendant les vacances estivales, on assiste à une hausse, tant soudaine que substantielle, du prix de l\u2019essence.Les raisons sont aussi très simples, puisque plus de gens utilisent leur véhicule à ces périodes de l\u2019année! Aux Fêtes, beaucoup de familles, pour ne pas dire la plupart, se rencontrent pour célébrer.Pendant les vacances, les gens éprouvent le besoin de sortir du quotidien afin de décompresser.Dans les deux cas, ils sont pris en otage par le prix de l\u2019essence.La classe moyenne est elle aussi victime de ces magouilleurs de la finance.Le prix des hypothèques, les cartes de crédit, et les hausses vertigineuses sur certains produits accroissent l\u2019écart entre les riches et les pauvres! En ce qui concerne les cartes de crédit, une personne sur quatre seulement réussit à s\u2019acquitter mensuellement de sa facture! Pour ce qui est des produits alimentaires, la nécessité de se nourrir est liée à la présence de distributeurs, fournisseurs et intermédiaires sans scrupule, qui achètent les denrées en grande quantité pour les entreposer.Cela a pour effet de créer une rareté des aliments, qu\u2019ils revendront à la hausse dans les épiceries.Encore une fois, les moins nantis sont les plus grandes victimes de ces gens sans morale qui profitent d\u2019un système capitaliste trop permissif et qui n\u2019hésiteraient pas à dénuder un voisin si cela leur permettait d\u2019extorquer plus d\u2019argent! Enfin, avec la hausse des prix du transport en commun à Montréal, les gens moins fortunés qui ne possèdent pas de voiture doivent maintenant calculer 3 $ aller et 3 $ retour pour leur déplacement.Pas de quoi les encourager à sortir de chez eux et de leur isolement! Dans un monde «humain», les personnes assistées sociales ou au chômage devraient bénéficier d\u2019une réduction sur le coût du transport en commun.Il m\u2019apparaît donc primordial que ce monde capitaliste soit revu et corrigé en faveur d\u2019un meilleur partage des richesses, afin que tous et toutes puissent combler leurs besoins de base dans la dignité.?PHOTO : CATHERINE GIROUARD L'ITINERAIRE 35 15 novembre 2011 LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE mots pt cmtLors LES RETROUVAILLES LUC TANGUAY Camelot, marché Maisonneuve Ma sœur m\u2019a trouvé grâce à une de ses amies qui lui avait dit que je travaillais au marché Maisonneuve.Les retrouvailles ont donc eu lieu au marché Maisonneuve.Ma sœur est restée environ deux heures au marché.On a parlé de tout et de rien.Au départ, je lui ai fait savoir que si elle trouvait quelqu\u2019un avec qui je pourrais descendre à Rouyn-Noranda, ça ferait mon affaire.Je lui ai aussi dit quelle ou la famille pourraient m\u2019appeler quand ils le voudraient.Deux jours après son retour en Abitibi, ma sœur m\u2019a rappelé en me disant : «Prépare tes valises, on s\u2019en vient te chercher.» Puis elle a ri.Je lui ai répondu que je ne pouvais pas descendre comme ça, à cause de mon travail à L\u2019Itinéraire.Elle a dit : «On est au motel, on a la moitié du chemin de fait.On vient te chercher au marché Maisonneuve demain matin.» J\u2019ai répondu : «Woh! Laisse-moi au moins vendre un peu mon Itinéraire et viens plutôt me chercher dans l\u2019après-midi.» On est donc partis pour l\u2019Abitibi.J\u2019ai amené mes deux chiens, Cottinette et Fannie.On a fini par arriver à Rouyn, chez ma mère, qui aura bientôt 71 ans.J\u2019y suis resté huit jours.J\u2019ai eu la chance d\u2019aller à la pêche, avec les deux toutous et la famille de ma sœur Jocelyne.Je suis le seul à avoir pris un poisson assez gros pour pouvoir le garder.C\u2019était un doré de 14 pouces.Ce que j\u2019ai trouvé difficile à vivre, c\u2019est les maringouins.Il y en avait de toutes les grosseurs.Je les entendais ciller autour de mes oreilles.Ma sœur a quatre enfants, trois filles et un garçon.Quant à ma mère, elle vit avec le plus jeune de mes frères.Tout le monde m\u2019a vraiment gâté, que ce soit pour la nourriture ou les vêtements ou même pour mes toutous qui n\u2019ont manqué de rien.¦ ¦.Itinéraire L\u2019AUTOMNE PHOTO*: JÉRÔME SAVARY RICHARD T.Camelot, Place-des-Arts Quand arrive l\u2019automne, je ne peux m\u2019empêcher de penser à ceux qui ont la chance de pouvoir aller chasser.Quand j\u2019étais jeune, j\u2019étais pensionnaire au collège d\u2019Huberdeau, dans le comté d\u2019Argenteuil.Chaque hiver, nous posions des collets dans le bois, pas loin du collège, pour attraper des lièvres.Tous les deux jours, nous vérifiions les collets et les replacions si nécessaire, car souvent les gros animaux les enfonçaient dans la neige.Quand nous avions de la chance, nous pouvions rapporter des lièvres au collège où nous possédions un petit local pour pouvoir les arranger.On coupait les pattes pour ensuite faire une incision le long du corps et on enlevait la peau.Ensuite, il s\u2019agissait de vider l\u2019intérieur et de le nettoyer.Notre éducateur s\u2019occupait d\u2019apporter les lièvres à la cuisine et le chef en faisait un ragoût.L\u2019eau m\u2019en vient encore à la bouche! Quelques années plus tard, je suis allé à la chasse au chevreuil avec un de mes amis qui possédait un permis.Ce fut une belle journée dans les Laurentides, même si nous n\u2019avons pas rapporté de gibier.Nous avons vu un chevreuil, mais mon ami l\u2019a raté.Cela a quand même contribué à me donner la piqûre.C\u2019est pour cette raison que lorsqu\u2019arrive le mois d\u2019octobre, l\u2019envie de me promener dans le bois et de voir de beaux paysages me prend.Alors, vous qui allez à la chasse, n\u2019oubliez pas d\u2019être prudents, de vous habiller en conséquence et de ne surtout pas prendre vos amis pour des chevreuils! MOI, NOUVEAU CAMELOT SERGE TRUDEL Camelot, angle Sainte-Catherine / Morgan Je me présente : je m\u2019appelle Serge Trudel et je suis nouveau à L\u2019Itinéraire.C\u2019est ma première expérience comme camelot et je dois avouer que j\u2019adore ça.Travailler dehors pour moi est une passion.Je rencontre toutes sortes de personnes et certaines commencent à me connaître et conversent avec moi.Aussi, j\u2019aime beaucoup écrire.J\u2019ai toujours aimé écrire : des poèmes, des chansons et présentement, j\u2019essaie d\u2019écrire une pièce de théâtre.J\u2019ai d\u2019ailleurs travaillé comme bénévole pendant six ans au journal Info-Pec, un journal qui relevait de l\u2019organisme Pavillon d\u2019éducation communautaire qui s\u2019adressait aux gens du quartier Hochelaga-Maisonneuve.Mes articles portaient sur les organismes du quartier, ainsi que sur son histoire et sur la sécurité domestique.J\u2019ai également travaillé comme bénévole au Cap Saint-Barnabé, organisme qui s\u2019occupe des plus démunis dans le même quartier.J\u2019aime la musique classique comme les œuvres de Bach et Beethoven et en plus les chansonniers québécois.Mes préférés sont Félix Leclerc, Claude Léveillée, Gilles Vigneault et un moins connu, Pierre Calvé.Je ne me lasse pas de les écouter.Natif de Montréal, j\u2019aspirerais à vivre à la campagne, car quelquefois, je trouve la ville bruyante et polluée.C\u2019est la raison pour laquelle, toutes les fois que je le peux, je vais me promener au parc Maisonneuve pour respirer l\u2019air pur et m\u2019éloigner du bruit.Pour terminer, je souhaite la bienvenue à mes clients et aux nouveaux qui suivront, je l\u2019espère.MON RETOUR AU TRAVAIL DANIEL PRINCE Camelot, métro Square-Victoria et angle Mont-Royal / Papineau En octobre dernier, j\u2019ai entrepris de suivre un cours donné par Jean-Philippe, formateur à L\u2019Itinéraire.Ce cours offert à raison d\u2019une heure par semaine vise à motiver les camelots dans leurs projets futurs et à les accompagner dans leur cheminement personnel.De plus, il cherche à développer leur sentiment d\u2019appartenance au journal et la coopération entre les camelots.J\u2019ai ainsi pris conscience de mon désir de retourner sur le marché du travail, car dans ma vie, je vis des phases d\u2019environ cinq ans et comme cela fait justement près de cinq ans que je suis camelot à L\u2019Itinéraire, je sens que c\u2019est le temps de mettre mon énergie dans un autre projet tout en continuant la vente du journal, qui est très important pour moi.Je suis donc présentement en période de réflexion face aux différents emplois que je pourrais aimer.Si on entre de reculons au travail, il y a de fortes chances qu\u2019on ne le conserve pas très longtemps.Pendant plusieurs années, j\u2019ai œuvré dans le domaine de l\u2019extrusion (procédé de transformation d\u2019une matière plastique).La dernière compagnie où j\u2019ai travaillé produisait des moulures pour les portes et fenêtres en PVC.C\u2019est un travail exigeant et qui s\u2019effectue dans des conditions extrêmes (la température pouvait quelquefois atteindre 53 degrés Celsius!).Alors, bien que cela ait été passablement payant, je ne suis pas certain de vouloir retourner dans cette industrie.Je continue à chercher et le cours m\u2019aide justement à évaluer mes compétences et à sélectionner les différentes possibilités qui s\u2019offrent à moi.UrtlNERAIRE 37 15 novembre 2011 LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE mors Pt cmtuors COMMENT QUAND ON LISA GOYETTE Camelot, métro Peel, sortie Metcalfe C\u2019EST EST DANS la Rvmr Ça fait sept mois que je suis dans la rue.Puis là, j\u2019essaye de m\u2019en sortir.C\u2019est à la suite d\u2019une rupture avec mon amie de cœur que je me suis retrouvée dans la rue.Je l\u2019ai reprise quatre fois avant de décider que c\u2019était fini.En ce moment, je suis à la Old Brewery Mission pour au moins dormir et prendre une douche.L\u2019hygiène personnelle, c\u2019est très important pour moi.Je fais aussi mon lavage une fois par semaine pour sentir bon.Pour ce faire, je vais au Sac-à-dos, un organisme où on peut faire sa lessive et où on reçoit aussi son courrier.On va chercher son courrier à 7 heures le matin et on peut y changer son chèque une fois par mois.Pour changer le chèque, il faut présenter une pièce d\u2019identité.Après, on s\u2019en va payer ses comptes.Quand on est dans la rue, on survit, mais c\u2019est difficile pour le moral.C\u2019est pourquoi, dès la réception de mon prochain chèque, je vais essayer de trouver un appartement.Pour y réussir, je vais faire appel à l\u2019organisme Face-à-face.Cet organisme nous oriente.On lui dit combien on veut payer et quelle sorte de logement on souhaite.Pour ma part, je serais prête à payer entre 350$ et 450$ pour un 2V2 ou un 3%.À partir de là, l\u2019organisme nous donne une liste des logements qui correspondent à nos désirs.Je souhaite que mes démarches se déroulent bien et je sais que Dieu va m\u2019aider.PHOTO : ALAIN LACROIX / DREAMSTIME PETIT CHIALAGE SUR LE TRANSPORT EN COMMUN CECILE CREVIER Camelot, métro Fabre et devant la pharmacie Jean Coutu, 29e avenue PHOTO : JIAWANGKUN/ DREAMSTIME r J\u2019aimerais vous parler du transport en commun à Montréal.D\u2019abord, la passe coûte très cher.Quand on va à Longueuil, sur la Rive-Sud, ou à Laval, il faut payer pour obtenir des passes différentes.De plus, les autobus ne passent pas toujours souvent.Ils sont adaptés aux horaires des étudiants et des travailleurs, mais tout le monde ne commence pas à travailler tôt le matin.Aussi, si on veut sortir le soir, il faut constamment surveiller l\u2019heure de fermeture des autobus et métros pour ne pas rater les derniers passages.Tout le monde n\u2019a pas l\u2019argent nécessaire pour prendre le taxi! Et l\u2019hiver, on ne peut pas marcher dans les grands froids! Alors que faire dans ces cas?Les jeunes qui sortent, qui prennent un verre de trop, et qui n\u2019ont plus d\u2019argent à la fin de leur soirée, comment rentrent-ils chez eux s\u2019ils ne peuvent prendre le taxi?Je pense que l\u2019autobus devrait terminer plus tard.Il existe des services de nuit, mais pas sur toutes les lignes, et parfois le service est aux heures.C\u2019est long quand on rate notre autobus.L\u2019été, ce n\u2019est pas si mal, mais l\u2019hiver, c\u2019est froid! Il y a beaucoup à améliorer dans le système du transport en commun et il faut en parler pour que les choses bougent.38 UrtlNEFlAIRE 15 novembre 2011 ADEL Camelot, hôpital Notre-Dame Je résume ce qui a été écrit récemment dans un journal : au lendemain de la sortie de cinq rapports de l\u2019Office de la langue française au sujet de l\u2019évolution de la situation linguistique au Québec, plusieurs personnalités publiques, dont la chef du Parti québécois (PQJ, Pauline Marois, ont réagi aux conclusions troublantes révélées par ces documents.On dit que d\u2019ici 20 ans, les francophones seront en minorité sur l\u2019île de Montréal.LA LANGUE FRANÇAISE JACQUES ÉLIZÉ Camelot, devant le Lion d\u2019Or et devant le cabaret Juste pour rire LA LIBERTE D\u2019AIMER Madame Marois dit qu\u2019il faut trouver une solution pour que cela n\u2019arrive pas, mais laquelle?Selon moi, le seul moyen, ce serait de ralentir l\u2019immigration afin de pouvoir intégrer correctement les nouveaux arrivants.Ce ne sera pas facile.Le temps qu\u2019il nous reste à conserver notre langue, parlons-la bien, en utilisant des mots comme «stationnement» au lieu de «parking», «surveiller» au lieu de «checker», «rondelle» au lieu de «puck», «clignotant» au lieu de «.flasher», etc.Dans ce contexte-là, les allophones pourront davantage nous respecter et ils apprendront mieux notre langue.J\u2019oubliais : j\u2019ai de la misère à accepter que des artistes chanteurs commencent leur carrière en français et qu\u2019ils la poursuivent en anglais.Cela ne facilite pas la tâche de conservation de notre langue.Je souhaite bonne chance à madame Marois.En terminant, comme j\u2019ai toujours le goût de l\u2019art, voici une toile que j\u2019ai peinte dernièrement, dont le thème est «Terre Nouvelle».TERRE NOUVELLE, PAR JACQUES ÉLIZÉ «Les choses qu\u2019aime l\u2019enfant demeurent dans le domaine du cœur jusqu\u2019aux vieux jours.Ce qu\u2019il y a de plus beau dans la vie, c\u2019est que nos âmes continuent à hanter les endroits que nous avons aimés jadis.» Ce texte, issu du livre Les esprits rebelles, est écrit par un de mes auteurs préférés, Khalil Gibran.Ces derniers jours, j\u2019ai diminué beaucoup ma consommation de drogue et beaucoup d\u2019émotions remontent à la surface.Je n\u2019arrive pas à croire que j\u2019ai pu faire tant de mal à mes proches et à mon entourage.Je n\u2019étais pas conscient de l\u2019état dans lequel j\u2019étais durant des années.La haine avait pris la place de l\u2019amour.La drogue était destructrice envers moi et envers les autres.Je me détruisais ainsi que les gens qui m\u2019aimaient et je balayais du revers de mes mains toute tentative d\u2019aide.Me rappeler l\u2019innocence de mon enfance et de mon adolescence me dit quelque part que je n\u2019avais pas besoin de la drogue pour vivre.Quand je vois des personnes qui ne consomment pas ou qui ont arrêté de consommer, ça m\u2019encourage à suivre ce chemin sain et ainsi laisser la reconnaissance prendre place envers toutes les personnes qui m\u2019ont aimé, quelles soient de ce monde ou au ciel.Pour tous les sacrifices quelles ont faits, je me dois de rester vivant.La vie m\u2019a été donnée, et aussi précieuse quelle soit, je me dois de la protéger.Je voudrais dire merci à tous ceux qui m\u2019ont soutenu durant toutes ces années, incluant l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire bien sûr, et faire une prière de tout mon cœur aux miens et à ceux qui nous regardent du ciel.J\u2019aimerais surtout conscientiser les gens et leur suggérer de ne pas jouer avec leur vie et celle de leurs proches qui ont souvent tant sacrifié pour les garder en vie, mais plutôt de se protéger de toute tendance destructrice.UrtlNERAIRE 39 15 novembre 2011 VEMBRE PARTICIPEZ A L'INSTALLATION VIDÉO QUAND EN AUREZ-VOUS ASSEZ! ORCHESTRÉE PAR LATSA 18N0VEMBRE A 19H, PLACE ÉMILIE-GAMELIN ON VOUS Y ATTEND EN GRAND NOMBRE! DIFFUSÉE SUR IA PLACE ÉMILIE-GAMÜIN JUSQU AU 27 NOVEMBRE AVEC7®9 CIROÜE/PRISEOEPAROLE/ ANIMATION/MUSIQUE/ INFÛSATSA.QC.CA Quebec» Montréal© W LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE CHKmWt Pt Ml J\u2019AIME MA LANGUE ¦¦1 FRANCK LAMBERT L- , Chroniqueur de rue Ma langue est belle, riche et vivante.Elle se compose à tous les temps et elle est contemporaine.Quelle soit écrite ou parlée, elle me permet de m\u2019exprimer librement.Je prends donc la parole et la plume quand c\u2019est nécessaire.Mais je constate que ma langue devient de plus en plus malade en raison du manque de rigueur linguistique des gens.Je m\u2019en expliquerai plus loin.En Amérique, c\u2019est au Québec que se concentre la majorité des francophones.On s\u2019est battu pour conserver notre langue française dans lamarée anglophone.Des combats historiques nous ont permis d\u2019obtenir une protection de notre patrimoine francophone.Et on a réussi à conserver notre caractère propre.On a forgé une identité francophone hors du commun sur ce continent et on l\u2019a enrichie et consolidée avec le temps.On a aussi réussi à préserver notre langue malgré les pressions extérieures.On oublie aujourd\u2019hui que nous avons mené de nombreuses batailles linguistiques.Les Québécois ne se battent plus pour leur langue.Je trouve bien dommage qu\u2019ils laissent aller leur identité francophone.Je considère qu\u2019ils oublient de se battre pour conserver leur langue et leur culture.Ils tiennent leur langue pour acquise, alors quelle devrait être l\u2019objet d\u2019une attention constante.Il fut un moment où le Québec se battait pour sa langue, sa culture et son identité.Un des événements marquants de notre histoire a été la Révolution tranquille, dans les années 1960.À cette époque, la Commission Parent a réalisé une enquête sur le système d\u2019éducation québécois.C\u2019est à la suite des recommandations de cette Commission que le gouvernement a doté le Québec d\u2019une politique scolaire garantissant à tous l\u2019accessibilité à l\u2019éducation primaire et secondaire jusqu\u2019à l\u2019âge de 16 ans.Cette réforme a permis à plus de gens d\u2019accéder aux études supérieures dans les cégeps et les universités.Puis, les différentes réformes de l\u2019éducation amenées à partir des années 1990 ont chambardé les méthodes et les programmes PHOTO : ZURIJETA/ DREAMSTIME d\u2019enseignement.Par conséquent, les enseignants autant que les étudiants se sont perdus dans ce brouhaha de changements de l\u2019enseignement de la langue.Les étudiants actuels en subissent les contrecoups.Je constate, hélas, que l\u2019accès accru à l\u2019éducation n\u2019a pas rempli toutes ses promesses, car la qualité de l\u2019écriture semble se détériorer, à mon grand désespoir.Une de mes connaissances me rapporte deux exemples tirés de copies d\u2019étudiants à l\u2019université : ils écrivent «je mettais trompé» plutôt que «je m\u2019étais trompé» et «elles sont revenuent» pour «elles sont revenues».Les nouvelles technologies de l\u2019information aggravent la situation.Les logiciels de traitement de texte facilitent la correction des textes sans efforts personnels.Il suffit d\u2019appuyer sur le bouton de «grammaire et orthographe» pour que le texte se corrige tout seul.On n\u2019a pas besoin de se réviser soi-même.Les gens ne corrigent plus eux-mêmes leurs propres textes.Ils ne font plus d\u2019efforts pour leur langue.Internet a amplifié le phénomène de la mauvaise orthographe chez la plupart des gens.On écrit maintenant «au son», et on adopte des raccourcis textuels sans prendre le temps de bien orthographier.Les phénomènes sociaux tels que Facebook et les salles de chat sont les lieux privilégiés de telles aberrations.Les usagers de ces sites corrompent notre langue française par des abréviations incompréhensibles pour les non-initiés.Il suffit de visiter ces sites pour le constater.Je trouve tout cela très malheureux et j\u2019ai bien peur que notre langue ne s\u2019affaiblisse si on n\u2019en prend pas soin.Il faut se réveiller au plus vite pour éviter que le français ne se perde pour de bon.On se doit, comme société, de prendre conscience de notre richesse linguistique et de refaire une consolidation de nos acquis.Notre avenir collectif en dépend grandement.Parce que j\u2019adore ma langue et que je refuse de la perdre.?L'ITINERAIRE 41 15 novembre 2011 ÉS'cbui-IÇSES DE L\u2019ITINÉRAIRE wMmtPtMt «DJAKLETUNÉMOR» I L ¦ JEAN-MARIE TISON Chroniqueur de rue Il faisait beau, pourtant.Une température idéale pour vendre L\u2019Itinéraire.Mais jetais là depuis deux heures et les gens continuaient de déambuler sans s\u2019arrêter, en me dévisageant d\u2019un air lugubre! J\u2019ai vérifié mon haleine discrètement et j\u2019ai même demandé à un passant si j\u2019avais une tache ou une crotte sur le bord du nez.Rien de tout ca! Alors j\u2019ai décidé de faire contre mauvaise fortune bon cœur.J me suis étampé mon plus beau sourire dans la face et j\u2019ai pimenté mon boniment d\u2019un peu d\u2019humour, histoire de dérider les passants.«Bonjour m\u2019sieur dame!.C\u2019est pas les témoins de Châtelaine, c\u2019est L\u2019Itinérairel Profitez du soleil avant qu\u2019y soit taxé par les Libéraux!.» Moins d\u2019une minute plus tard, un badaud qui venait de me doubler s\u2019est arrêté net avant de revenir lentement vers moi.Enfin un client! J\u2019ai peaufiné davantage mon sourire en tendant mon journal vers le brave homme qui posait déjà une main sur mon épaule en me murmurant à l\u2019oreille avec un drôle d\u2019accent : «DJAKLÉTUNÉMOR.» Whatt, ai-je pensé.Il restait là, attendant une réponse, ses yeux scrutant les miens comme s\u2019il tentait d\u2019y découvrir une quelconque trace d\u2019humanité.J\u2019ai pas pris de chance (y\u2019avait trois piasses enjeu!); sans me départir de mon «beau sourire», j\u2019ai répété sur le même ton : «DJAKLETUNÉMOR!» Le regard de l\u2019homme s\u2019est voilé d\u2019un air étrange que je connais bien avant de poursuivre son chemin.sans m\u2019acheter le journal! J\u2019ai eu comme un vertige.«DJAKLÉTUNÉMOR» n\u2019avait rien d\u2019un juron serbo-croate.Ça voulait simplement dire «Jack Layton est mort!» Pire, Jack Layton ÉTAIT mort depuis au moins une douzaine d\u2019heures! Le Canada était en deuil et moi je faisais des jokes sur les Libéraux de Jean Charest! J\u2019étais même pas dans le bon pays!.Ce que je lisais un instant auparavant dans le regard de l\u2019homme c\u2019était.oui, c\u2019était bien ce mélange de pitié et d\u2019indulgence que j\u2019connais par cœur; de la commisération stiel.Alors j\u2019ai couru me procurer un journal «standard» et là j\u2019ai vu, j\u2019ai lu et je suis tombé su\u2019l cul.J\u2019ai ainsi appris que tout être vivant au Canada, qu\u2019il soit blanc, noir, jaune, brun ou napolitain, de gauche, de droite ambidextre ou au milieu des deux, qu\u2019il mange ou qu\u2019il broute, avait de la peine en «titi».Jusqu\u2019à une certaine Mme Grégoire dans le journal 24 heures ou Métro qui n\u2019a pu s\u2019empêcher de comparer Jack Layton avec Bob Kennedy.Ouf! Non mais, on l\u2019attend-tu le sauveur?Dans ce cas-ci, faut dire qu\u2019il était quand même «L\u2019élu».On a même envisagé la possibilité que sa femme lui succède.Re-ouf! Je ne serais d\u2019ailleurs pas autrement surpris si notre Céline nationale décidait de prénommer son prochain rejeton Jack.C\u2019est vrai qu\u2019à peine un peu remis du cancer, ce gars-là s\u2019est «garroché» tête baissée dans la campagne électorale afin de déloger M.Harper, lui-même élu dans le but d\u2019endiguer le cancer généralisé 42 LITINEF;aif;E 15 novembre 2011 qu\u2019était devenu le parti libéral de MM.Chrétien et Martin.Je peux comprendre qu\u2019on regrette sincèrement la mort de Jack Layton dans l\u2019Ouest du Canada, où le NPD a des racines profondes depuis des générations, mais ici?Bien sûr, on l\u2019a élu massivement.Tellement massivement que si je me souviens bien, le lendemain des élections avait des allures de lendemain de brosse.C\u2019est comme si un gros woupsl s\u2019élevait en cœur de tout le Québec! «Ah bien r\u2019garde donc! On a pris une décision collective.quasiment sans s\u2019en rendre compte! Vive nous autres, grands acteurs du changement.» Là j\u2019ai vu, j\u2019ai lu et je suis tombé su\u2019l cul.Tout cela a des allures de caprices de gens blasés qui veulent qu\u2019il se passe quelque chose.n\u2019importe quoi, comme d\u2019élire des gens qui n\u2019ont jamais mis le pied dans le comté dans lequel ils ont été élus et qui ne savent même pas baragouiner le français.Faudrait pas oublier que c\u2019est ce même Jack Layton qui a appuyé le financement d\u2019une ligne de transmission permettant a Terre-Neuve de vendre son électricité aux states en contournant le Québec.Jack Layton a été aussi surpris que nous par ce raz-de-marée.Alors que son corps réclamait du repos et des soins, M.Layton s\u2019est tout de même lancé dans une campagne électorale qui l\u2019a affaibli gravement.Comprenant qu\u2019on l\u2019avait élu LUI, il a décidé de faire passer sa cause, son parti, sa «vérité» avant lui-même, en sachant très bien qu\u2019il écourtait son échéance en multipliant ses apparitions publiques.C\u2019est ça qu\u2019on trouve noble! Se savait-il irrémédiablement condamné lorsqu\u2019il a décidé «d\u2019aller jusqu\u2019au bout» pour son parti et de ne pas décevoir ses fans (!)?À partir de là, son humanité n\u2019a cessé de croître à nos yeux pour culminer lorsque, dans sa dernière missive, il proclamait à peu de choses près être pour l\u2019amour et contre la haine en enjoignant le peuple québécois de continuer à croire qu\u2019on peut changer le monde (le Canada) et de ne pas perdre espoir (en continuant de voter pour le NPD après sa mort!).Faut le faire, quand même! Si une raison de vivre peut devenir aussi une bonne raison de mourir, en quoi l\u2019espoir évoqué par M.Layton, la grande «vérité» dont le NPD se réclame le dépositaire, est-elle tellement différente de ce que nous proposent les autres partis Canadians au point d\u2019y sacrifier sa vie?Si j\u2019étais un homme politique fraîchement élu avec un pied dans la tombe, il me semblerait plus judicieux à moi aussi d\u2019évoquer des notions d\u2019amour et d\u2019espoir plutôt que de dire crûment au monde : «Vous êtes pas tannés de mourir bande de caves» (Péloquin).En cela, John G.Layton a été égal a lui-même : sincère, authentique et surtout raisonnable et rassurant.un bon Jack! Si la mort l\u2019a auréolé d\u2019une humanité qui confine à l\u2019héroïsme, on ne saura jamais ce que l\u2019exercice du pouvoir aurait fait de lui.Parlez-en à M.Barack Obama.Bien sûr, la franche simplicité de M.Layton était émouvante et il nous aura démontré à quel point l\u2019absence d\u2019humanisme pèse lourdement dans les choix politiques et même sur le climat entourant les débats des décideurs dans l\u2019arène parlementaire.mais ne le savions-nous pas déjà?Plus que jamais, nous devrions nous rendre compte qu\u2019apposer une croix sur un bulletin de vote une fois tous les quatre ans ne fera pas avancer d\u2019un pouce les aspirations légitimes des citoyens si ceux-ci ne se regroupent pas D\u2019ABORD pour forcer les dirigeants à prendre des décisions qui les favorisent eux, et non l\u2019establishment traditionnel.Cette attente messianique qui nous caractérise a quelque chose de pathétique.Les «nous sommes prêts» ou les «Yes voe can» ne devraient plus nous aveugler.Personne ne peut nous sauver.Peut-être aussi préfère-t-on nos héros «morts» plutôt que vivants?Ils sont moins encombrants.À ce compte-là, si M.Duceppe s\u2019était fait hara-kiri après la disparition du Bloc, son souvenir se serait-il niché plus chaleureusement dans nos cœurs?Y aurait-il déjà un parc à son nom à Montréal-Nord?Je ne remets pas en cause le choix de M.Layton, mais je m\u2019interroge.J\u2019aurais préféré que M.Layton prenne soin de lui et reste vivant, quitte à revenir plus tard, plus ragaillardi.Bien sûr, il n\u2019y a ni gloire, ni fierté à gagner pour s\u2019être battu seul afin de sauver sa vie, mais on a le droit d\u2019être «content» en maudit par exemple! Moé aussi j\u2019suis très malade pis j\u2019suis un bon Jack.J\u2019suis pour l\u2019amour, pis contre la haine.À c\u2019t\u2019heure allez-vous me promettre de continuer à acheter le journal L\u2019Itinéraire si je vous dis que je mourrai demain?PHOTOS : MARK SPOWART/ DREAMSTIME i» rt NDLA.On apprenait récemment que le NPD détient toujours plus de 50 % des intentions de vote au Québec.Un pourcentage moindre aurait eu l\u2019air d\u2019un désaveu de nous-mêmes.On est p\u2019têt pris pour «aller jusqu\u2019au bout» nous autres aussi.mais au bout de quoi?Ne vit-on pas toujours dans l\u2019illusion que l\u2019Histoire s\u2019accomplit pour notre bien?.Qui vivra, verra.L'ITINÉRAIRE 43 15 novembre 2011 EXPRESSION mmamtcrnmim QUE SE PASSE-T-IL A L\u2019ILE D\u2019ANTICOSTI?GILLES L.BOURQUE Coordonnateur aux Éditions Vie économique (EVE) i L Ce n\u2019est pas seulement au ministère des Transports et dans la construction que les politiques du gouvernement de Jean Charest visant à sabrer dans les dépenses publiques risquent de provoquer une infiltration, voire une prise de contrôle de certaines fonctions de l\u2019Etat.Dans les ministères reliés aux ressources naturelles, ça semble être une réalité depuis Buelque temps déjà.Sinon, comment expliquer que depuis que lé gouvernement a cédé au privé l\u2019exploration du potentiel de l\u2019ie d\u2019Anticosti, les découvertes s\u2019annoncent en dizaines de Jhilliards de barils de pétrole?11 ' |U* PHOTO : ROMA74/ DREAT La plus récente découverte nous vient de Junex.L\u2019entreprise a récemment fait savoir que le sous-sol lié à ses cinq permis (acquis en 2007) pourrait contenir pas moins de 12,2 milliards de barils, selon une estimation produite par Netherland, Sewell & Associates, Inc.(NSAI), une firme du Texas.En juin dernier, c\u2019était la firme albertaine Sproule Associates Limited qui établissait à 19,9 milliards de barils le volume total de pétrole en place (le plus probable à 90 %) sur les permis que l\u2019entreprise Pétrolia avait acquis d\u2019Hydro-Québec en 2008.Au prix actuel du pétrole, c\u2019est donc d\u2019un patrimoine naturel de près de 3 000 milliards de dollars dont l\u2019État du Québec se serait privé en cédant ses droits sur l\u2019île d\u2019Anticosti.Mais d\u2019ici 20 ans, le FMI prévoit que le prix du pétrole devrait tripler, ce qui augmenterait cette valeur à 9 000 milliards, ou l\u2019équivalent de 36 fois le PIB annuel du Québec.Assis sur une telle richesse, que de possibilités s\u2019ouvrent pour les Québécois! On peut facilement comprendre que, dans ce contexte, un gouvernement étroitement fédéraliste puisse vouloir, coûte que coûte, priver le peuple québécois de ce trésor national.Tout en favorisant ses petits amis.Grâce au travail d\u2019enquête du journaliste Alexandre Shields du quotidien Le Devoir, nous pouvons discerner ce qui se cache derrière ce scandale de l\u2019île d\u2019Anticosti.Junex et Pétrolia ne s\u2019y retrouvent pas en terrain totalement méconnu.Plusieurs travaux y ont été menés au fil des années.La Société québécoise d\u2019initiatives pétrolières (SOQUIP), fondée en 1969 avec le mandat de rechercher des hydrocarbures pour l\u2019État québécois, y a investi beaucoup d\u2019efforts.La division Pétrole et gaz d\u2019Hydro-Québec y aurait elle-même investi 9,8 millions de dollars en exploration pétrolière entre 2002 et 2007.Avant de céder au secteur privé l\u2019ensemble des permis d\u2019exploration quelle possédait, Hydro-Québec prévoyait y investir plus de 330 millions afin de confirmer son potentiel.Les libéraux ont mis fin à cela de manière tout à fait incompréhensible; de là à présumer des pratiques de collusion.Et justement, que voyons-nous aujourd\u2019hui?Plusieurs anciens employés d\u2019Hydro-Québec et de la SOQUIP travaillent maintenant pour les entreprises privées qui contrôlent les permis d\u2019exploration pétrolière sur l\u2019île d\u2019Anticosti et en Gaspésie.Dans un billet récent paru sur le site de Vigile.net, Jean-Claude Pomerleau montre, preuve à l\u2019appui, qu\u2019il était connu, avant même la vente à Pétrolia, que le sous-sol de l\u2019île d\u2019Anticosti recelait un potentiel important de réserves pétrolières.Première preuve : un reportage de l\u2019émission Découverte, en 2004, dans lequel Claude Morin, géologue pétrolier senior pour Hydro-Québec, division Pétrole et gaz, déclare : «Ces structures [découvertes dans le sous-sol d\u2019Anticosti] seraient identiques à celles d\u2019un autre gisement récemment découvert près de Chicago (le gisement Albion-Scipio).Or, ce gisement dans l\u2019État du Michigan est une découverte de classe mondiale, puisqu\u2019on parle de 130 millions de barils de pétrole et au-delà de 200 millions de pieds cubes de gaz naturel.» Deuxième preuve : le potentiel d\u2019Anticosti est connu du ministère de l\u2019Énergie depuis 2002! C\u2019est ce que confirme Mme Rita Dionne-Marsolais, ex-ministre de l\u2019Énergie, qui déclare que c\u2019est sur cette base que le gouvernement Landry avait autorisé Hydro-Québec à entreprendre un vaste programme d\u2019exploration de 330 millions pour la période 2002-2010.Décidément, y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Québec.?44 LITINEF;aif;E 15 novembre 2011 EXPRESSION Pour nous écrire : Catherine.girouard@itineraire.ca ctmttKPtsuctms LUI FERONT-ILS LA PEAU?Le Parti québécois (PQ) fourbit déjà ses armes en vue de la prochaine élection générale.A la suite de la dernière réunion du caucus des députés, le journaliste Taïeb Moalla rapportait le 12 octobre, dans deux journaux (Québec et Montréal), que le PQ_entend livrer une bataille de ruelles dans Mercier, comté représenté par Amir Khadir.Convaincu que le député de Québec Solidaire est partiellement responsable de la débâcle du Bloc le 2 mai dernier, le PQveut lui «faire la peau»! En cette époque où tous les partis d\u2019opposition dénoncent la «mafiocratie» gouvernementale et l\u2019intimidation faite aux élus, il est stupéfiant et aberrant que le PQ, couteau entre les dents, s\u2019inspire du glossaire mafieux pour propager dans ses rangs une «fatwa» pour assassiner politiquement le député de Mercier.Fut un temps où le PQcherchait «à se voir confier» le pouvoir par la démonstration qu\u2019il était le meilleur parti.Aujourd\u2019hui, il cherche désespérément «à s\u2019accaparer» du pouvoir coûte que coûte et de façon parfois discutable.Autre temps, autres moeurs, autre philosophie, indécente et infecte.Alors que de rares acteurssoucieux du bien commun tentent de redorer la noblesse de l\u2019activité politique, de nombreux autres n\u2019y voient qu\u2019une jungle impitoyable où l\u2019adversaire efficace et apprécié incarne l\u2019ennemi à abattre.Belle démocratie.Triste fin pour le PQ Michel Bédard, chef de Fierté Montréal L\u2019ITINERAIRE 45 15 novembre 2011 SUDOKU ft NIVEAU DE DIFFICULTE FACILE \t\t5\t\t1\t8\t\t\t6 \t\t\t\t\t\t8\t\t5 \t2\t7\t\t\t\t\t\t 5\t3\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t5\t\t2 \t4\t\t9\t6\t\t\t\t 9\t\t\t6\t3\t7\t\t\t \t1\t3\t\t\t\t\t8\t9 7\t\t\t\t\t9\t4\t\t Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boite 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans un colonne et dans une boite 3x3.NOTRE LOGICIEL DE SUDOKUS EST MAINTENANT DISPONIBLE.10 000 sudokus inédits de 4 niveaux par notre expert, Fabien Savary.En vente exclusivement sur notre site.WWW.LES-MORDUS.COM Jeu realise par Ludipresse info@ es-mordus.corn PROGRAMME ACTION Action est un programme de préemployabilité qui vise à permettre aux personnes éloignées du marché du travail de progresser suffisamment sur le plan socioprofessionnel pour être en mesure de participer aune mesure d\u2019aide à l\u2019emploi visant à accroître leurs possibilités d\u2019accéder au marché du travail.POUR PARTICIPER AU PROGRAMME ACTION.la personne doit être prestataire du programme d\u2019aide sociale ou du programme de solidarité sociale et présenter des caractéristiques associées aux personnes éloignées du marché du travail.Elle n\u2019est pas prête à entreprendre une démarche prévue par une mesure d\u2019aide à l\u2019emploi.Si vous désirez participer au PROGRAMME ACTION, prière de communiquer avec Jocelyne Sénécal par courriel à jocelyne.senecalGPitineraire.ca ou par téléphone au 514.525.5747 poste 230 46 L! ITINÉRAIRE 15 novembre 2011 NOS VOYAGES ORGANISÉS Chaque passager compte pour la planète stm.info MOUVEMENT COLLECTIF V°nhoutt*.«>rTl PETITE EMPREINTE Van Houtte.le café an bureau qui vous aide à faire ces petits gestes qui font une nrnnHa différence.^ Latte Lounge '\t\u2022 kdiWnrut I* Mouton «l iitfv.n ïui rôMnttt ?Ulilfwmt l»n (mnmim ri'm&#tt*Çn Sffvitt* «1*! Ulf# ni** unhnun» (an Contacte* tin représentant au 514 728-2233 ou 866 881 -2233 "]
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