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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mercredi 15 décembre 2010
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2010, Collections de BAnQ.

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[" tu\tdu prÏA r&ÿliait au cwfUjJoi 'olurqerfVII, n° 24 /lantréal, 15 décel GERARD D LAFLAQU ZOOM CAMELOT Jean-Paul Lebel 60 MINUTES AU PAYS I DES ROBINEUX CULTURE Noël avec ou sans dinde SUR LES PAS DU DR JULIEN La pédiatrie sociale en soutien aux enfants autistes est l* niveau de contammjUw d alcool recommandé poir l*% hommes f maïimum de 1 verrat par |our et de '5 verres par &*m>v w Us femmrs ?Un maximum de Z verres par ;our al de 10 verres par semaine M, Lit modi>r:i»to« /i\tmê»IUujr uowf te ger.org IHA cxïflMorol» I.CtUViît LÈ(=£tt peu.- tet M me* o*?la Mjii.,1 î JUjhITIi .j F.Vmtr-ÙJ Aucun enfant n o jomcm ff*ve ûo vivre ddns la rue Ce qui coriduri le* jeunes q la tue.cesi la violence la\tla motfrqttnnçe le désespoir ri ' ^C'iJT s\"\u2018ir sortir i leur faut énormément dé couiogt él de soulien I ŒUVRE LEGER twuiule le î dâr i-i;.iu-;t-i^i ; ie rnlriert ÏÏf?fî?*iTW.q*F' S'&ng&ôtîftï vur In wOV> difficile >.te la néirseitioj' fjdaie Mar.j'appdte [/ŒUVRE LEGER Fortes comme mon Tout Nin |our.*i qu um mouvolï aO*T ¦ i put jsï^ â lia tut= JTi-ër it- -n I tf*j11 aijt de ¦\" ¦ rn< fi notre soutien1 L'ŒUVRE LÉGER (Vj 4\t?rm=-+ ^uOnat™.M itWn s GRACE A VOTRE ABONNEMENT, 50% DU COUT DE VENTE DU MAGAZINE REVIENT AU CAMELOT! Vous recevrez toutes les deux semaines un magazine unique qui pose un regard engagé sur la société avec des entrevues de fonds de personnalités publiques impliquées et des témoignages de vie qui aident à lutter contre les préjugés Vous agissez concrètement auprès d\u2019un camelot pour l\u2019aider dans sa démarche de réinsertion sociale Vous participez à un mouvement de solidarité Vous partagez le quotidien des camelots sur leur blogue Un concept unique! Du EUR JULIEN Ifcj Vous remarquerez que cette année le prix de l\u2019abonnement a augmenté.Notre nouveau concept d\u2019abonnement a pour objectif de vous permettre d\u2019aider directement une personne en insertion sociale.En effet, 50% du coût du magazine auquel vous vous abonnez revient au camelot* qui travaille à la vente du magazine L\u2019Itinéraire et à la mise à jour de son blogue.Vous pourrez aussi maintenant, grâce à votre abonnement, choisir un camelot, suivre son évolution et partager ses succès grâce à son blogue-camelot disponible au www.itineraire.ca.GRÂCE À VOTRE ABONNEMENT,\t3 possibilités : 50% DU COÛT DE\t\u2022 Préférablement, par internet au WWW.ITINERAIRE.CA VENTE DU MAGAZINE\t\u2022 Complétez le coupon ci-joint et retournez-le à l\u2019adresse indiquée REVIENT AU CAMELOT!\t\u2022 Par téléphone en contactant Marie-Christine au 514 597-0238 poste 226 COMMENT S\u2019ABONNER?C\u2019est décidé! Je m\u2019abonne à L\u2019Itinéraire.JE DÉSIRE M\u2019ABONNER AU MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE Pour une période de : 0 12 mois, 24 numéros :________121.91 $1 O 6 mois, 12 numéros :_____________ 60.95$ PAIEMENT O Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire O Visa, Master Card Lin.NE RAI RE J\u2019ajoute un don de : _________________ $2 TOTAL:___________$ Numéro de carte i i i i i i i i i i i i i i i i i Un camelot vous a encouragé à vous abonner ?Nom ou numéro d\u2019identification : Expiration____/ 20____ Signature Mois Année COORDONNEES Prénom : _ Nom : __ O M.O Mme.Ville: ____ Province : .Code Postal :.vecMOOTsl www.itineraire.ca Entreprise : Téléphone : ( l Adresse : Courriel3 : Postez votre coupon et votre chèque au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2100, BOULEVARD DE MAISONNEUVE EST, SUITE 001 MONTRÉAL (QUÉBEC) H2K 4S1 1 Veuillez noter que cette augmentation comprend : le coût du magazine dont 50% revient au camelot, l\u2019outil blogue d\u2019écriture thérapie, les frais de manutentions, les taxes et les frais d\u2019envois Des reçus de charité seront émis pour les dons seulement.3 Votre courriel est requis afin de confirmer votre inscription au blogue et ainsi recevoir un code d\u2019accès. * \u2022 ZOOM CAMELOT JOSÉE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue - www.joseelpuise.com JOSÉE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue - www.joseelpuise.com I JEAN-PAUL LEBEL LE COMMUNICATEUR Depuis plusieurs années, Jean-Paul Lebel arpente les coins de la rue Saint-Denis et du boulevard de Maisonneuve.Avec son sourire et ses beaux yeux bleus accrocheurs,/ÿ>/, comme il se fait appeler à L\u2019Itinéraire, est l\u2019un de nos meilleurs ambassadeurs.Le camelot s\u2019émeut de son apprentissage : «Grâce à mes clients, j\u2019ai appris à communiquer et à aller vers les autres.» La grande sensibilité de Jean-Paul est palpable.Par pudeur, il ne veut pas préciser le moment où il est arrivé à L\u2019Itinéraire.«Juste dire que je ne feelais pas bien quand je suis arrivé ici et que sans L\u2019Itinéraire, je ne pense pas que j\u2019aurais retrouvé la stabilité dans ma vie», explique celui ayant consommé durant de nombreuses années.En parlant de son parcours, «Jipi» replonge dans un passé qui le tourmente encore.Heureusement, le camelot a suivi plusieurs thérapies qui l\u2019ont aidé à se regarder tel qu\u2019il est ni plus ni moins.«J\u2019ai retrouvé l\u2019estime de moi en vendant le journal; j\u2019étais rendu à bummer pour acheter ma dope!» À 47 ans, Jipi considère que la vie lui a donné une seconde chance.JEUNESSE SOLITAIRE Enfant unique, Jean-Paul a perdu sa mère à l\u2019âge de huit ans.Son père a capoté.«Il est parti sur la brosse et ça a duré des mois.Il était complètement désemparé d\u2019être seul avec moi, alors il m\u2019a placé chez un garde-chasse plutôt sévère.» Le camelot se souvient qu\u2019il n\u2019est pas demeuré longtemps chez cet homme.«Mon père m\u2019a repris, mais il travaillait dans les mines de Malartic et n\u2019avait pas vraiment de temps pour moi.C\u2019est un monsieur Girard et sa femme, un cœur sur deux pattes, qui se sont occupés de moi jusqu\u2019à mes 18 ans», dit-il.À 22 ans, le camelot est tombé en amour et est parti de son Abitibi natale pour s\u2019installer à Verdun avec sa blonde.«J\u2019ai eu deux enfants avec elle.Lorsqu\u2019on s\u2019est séparé, je gardais mes filles toutes les fins de semaine et parfois même la semaine», raconte-t-il.Quand son ex-compagne a eu un garçon, les relations entre eux se sont dégradées.Un peu comme son père avant lui, Jean-Paul a capoté.«Mon ex est partie vivre avec mes petites et son nouveau conjoint au Nouveau-Brunswick.Je ne voyais plus mes filles! C\u2019est là que j\u2019ai décroché.J\u2019ai tout vendu peu à peu.Je ne travaillais plus et je me gelais sur la coke comme un malade», évoque-t-il nerveusement.Dès que Jean-Paul a pris cette pente glissante, il s\u2019est retrouvé à la rue.LE RENOUVEAU Progressivement, en vendant L\u2019Itinéraire, il s\u2019est trouvé un appartement et a repris un rythme de vie plus régulier.Son moral s\u2019est amélioré et il a diminué sa consommation de drogue jusqu\u2019à devenir abstinent.Il y a environ trois ans, en sortant de chez lui, Jipi s\u2019en allait vendre le magazine avec l\u2019intention de s\u2019acheter de la drogue.«Ce jour-là, j\u2019ai fait un choix.J\u2019avais déjà commencé à diminuer ma consommation, parce que j\u2019avais un chien, Belzébuth, dont je devais m\u2019occuper.Mais lorsque j\u2019ai vu Julie qui ne semblait pas aller bien, j\u2019ai décidé que j\u2019irais prendre une bière avec elle pour lui remonter le moral au lieu d\u2019acheter de la dope.» Depuis ce temps, les amoureux sont ensemble, sans cohabiter.«Toutes les fins de semaine, je vais les voir, elle et ses trois enfants.Ça m\u2019aide, parce que j\u2019ai repris mon rôle de père.C\u2019est en grande partie ce qui me stabilise.Lorsque je l\u2019ai connue, c\u2019est comme si j\u2019étais reparti de là où j\u2019étais du temps où j\u2019avais mes filles.» PHOTOS : DANIEL DUMONT ITINERAIRE 5 15 décembre 2010 SOMMAIRE ZOOM CAMELOT 5 Jean-Paul Lebel - Le communicateur RÉSEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINÉRAIRE 10\tA cœur vaillant, rien d\u2019impossible ACTUALITÉ ET VIE URBAINE 11\tPour un Noël sans faim Le monde selon Ray Lengelé 13 La bonne porte À LA UNE 15 Gérard D Laflaque - 60 minutes au pays des robineux CULTURE 19 Noël avec ou sans dinde SANTÉ ET BIEN-ÊTRE 21 Panser les plaies d\u2019Haïti.différemment 25 Du stress, des omégas 3 et Bouddha ENVIRONNEMENT 27 Yann Arthus-Bertrand - «L\u2019écologie, c\u2019est vivre ensemble; CONSOMMATION 30 Les géants mettent la main à la pâte MONDE DU TRAVAIL 33 Cuisiner son autonomie DÉVELOPPEMENT SOCIAL 35 INFO RAPSIM - Profilage social : Le rapport de la commission des droits de la personne a un an 37\tSérie Sur les pas du DrJulien \u2014 La pédiatrie sociale au secours des enfants autistes 38\tNoël pour plus de dignité EXPRESSION 41\tLes Noëls de Marilyn 42\tMots de camelots 46 Sudoku LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES QUI ACHÈTENT LE MAGAZINE 1,50$ ET LE REVENDENT AU COÛT DE 3$.Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue, Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.RÉDACTION ET ADMINISTRATION \u2022\t2100, bout de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K4S1 LES PRODUCTIONS L\u2019ITINÉRAIRE \u2022\t2101, rue Ste-Catherine Est MAGDVD LE3EŒIL \u2022\t2103, rue Ste-Catherine Est, 3e étage TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION 514 597-0238 SERVICES RUE STE-CATHERINE 514 525-5747 TÉLÉCOPIEUR: 514 597-1544 SITE :\tWWW.ITINERAIRE.CA LE MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef par intérim : Jérôme Savary Adjointe à la rédaction : Marie-Lise Rousseau Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaire à la rédaction : Véronique Chagnon Responsable de l\u2019infographie : Morgane Saout Infographie - montage du magazine : Previn Pillay Photo de couverture : Productions Vox Populi Révision : Édith Verreault, Hélène Paquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Jean-Pierre Bourgault, Louise-Marie Dion, Lise Berthiaume, Catherine Flint off et Julie Duchesne Design et infographie du site Internet : Serge Cloutier, www.drafter.com Conseillères publicitaires : Renée Larivière: 514 461-7119 renee,lariviere@itineraire,ca Josée Poirier : 514 273-5002 josee,poirier@itineraire.ca Le conseil d\u2019administration Président : Jean-Paul Baril Vice-président : Gabriel Bissonnette Trésorière : Catherine Isabelle Secrétaire : André Martin Membre d\u2019office : Serge Lareault Conseillers : Yvon Massicotte (rep.camelots), Alexandre Péloquin, François Rousseau-Claire, Robert Stacey, Stéphan Morency L\u2019ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directeur de l\u2019administration : Guillaume Lacroix Adjointe à l\u2019administration : Marie-Christine Demers Directeur marketing : Richard Turgeon Directrice médias et communications : Chloé Roumagère Directrice du développement social : Jocelyne Sénécal Coordonnatrice de la publicité : Karoline Bergeron Conseiller dons et partenariat : Patrice Jolivet Conseillère en développement stratégique : Marie-Hélène Choinière Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1 Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.ISSN-1481-3572 n° de charité: 13648 4219 RR0001 GESTION DE L'IMPRESSION Edition sur mesure - TVA Publications - 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 2362 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO L\u2019ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE:\tL\u2019ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: réseau international des journaux d< aWecç L'Œuvre LÉGtK %* tu Û'dttr.m dim ti twt-#* ABONNEMENT WWW.ITINERAIRE.CA OU 514 597-0238 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les sen/ices d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230, Qijebeçcw est Ihjtj de soutenu loctfcxr socials cû uhnenaira en lui aflfranl des sendees d%ripnmi3f|p d& pfuri-.oho^ télé et ^nDtirnée ainsi aue le ccu>û er internet haute vitesse VlaéoJrüh. ÉDITORIAL JÉROME SAVARY Rédacteur en chef par intérim DES CROUSTILLES POUR NOËL?Rien qu\u2019à y penser, j\u2019en ai l\u2019eau à la bouche.Huîtres, saumon fumé, dessert glacé.Miam miaml Pour nombre d\u2019entre nous, Noël est l\u2019occasion de faire bombance.D\u2019autres ventres, préoccupés par leur réfrigérateur vide, fêteront avec ce qu\u2019ils trouveront dans le «panier de Noël» qu\u2019un organisme de charité leur aura offert.L\u2019organisme d\u2019aide alimentaire d\u2019urgence Moisson Montréal nous l\u2019a rappelé dernièrement : sur l\u2019île de Montréal, plus de 140 000 personnes ont recours, chaque mois, à un panier de dépannage alimentaire.C\u2019est 25 000 personnes de plus qu\u2019en 2009.De froides statistiques qui ont de quoi couper l\u2019appétit.Sylvie Mc Sween est réceptionniste à L\u2019Itinéraire.Elle est employée dans le cadre d\u2019un programme en insertion sociale.Ce quelle espère le plus?Avoir une vrai job.En attendant, elle s\u2019accroche à son chèque, à son poste en insertion sociale.et aux paniers de dépannage alimentaire.«Ça fait cinq ans que j\u2019ai recours aux banques alimentaires, explique-t-elle.J\u2019étais alors mal prise, je n\u2019avais plus rien à manger.» Cette femme célibataire de 42 ans, résidant dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, n\u2019a pas vraiment d\u2019autre choix que de se rabattre sur l\u2019aide du milieu communautaire pour manger à sa faim.Ces paniers alimentaires sont devenus incontournables, malgré le peu d\u2019articles qu\u2019on trouve à l\u2019intérieur : huit en moyenne (au lieu de onze en 2009).En jetant un coup d\u2019œil dans les sacs délivrés par les 213 organismes partenaires de Moisson Montréal, on remarque aussi l\u2019omniprésence des croustilles, des craquelins, des jus et des boissons gazeuses.Peu de légumes, peu ou pas de fruits.On est loin du Guide alimentaire canadien.En matière d\u2019incitation à de saines habitudes alimentaires, on repassera.Mais bon, quand tu es pauvre, tu fais avec ce qu\u2019on te donne.«On l\u2019apprécie [l\u2019aide alimentaire], mais c\u2019est ben des cochonneries», confirme Mme Mc Sween.Moisson Montréal, dont le rôle est de récupérer puis de distribuer les denrées, n\u2019est pas à blâmer.«Les entreprises alimentaires gèrent de mieux en mieux leurs stocks, ce qui diminue d\u2019autant les surplus disponibles pour les organismes d\u2019aide alimentaire, et ce phénomène s\u2019accentuera dans les prochaines années», explique Jean-Paul Faniel, coordonnateur de la Table de concertation sur la faim et le développement social du Montréal métropolitain.Pour contrecarrer la diminution des dons des entreprises, Moisson Montréal demande aux différents paliers de gouvernement d\u2019offrir des crédits d\u2019impôts aux entreprises faisant de tels dons.«Cela existe déjà dans plusieurs États américains», indique Danielle Blain, de Moisson Montréal.L\u2019aide alimentaire d\u2019urgence est importante, mais «ce type de nourriture, qui correspond à ce que les autres ne veulent pas manger, doit être complété par d\u2019autres aliments pour être en bonne santé», souligne M.Faniel.L\u2019achat collectif, permettant d\u2019obtenir des prix à rabais, est un moyen efficace de manger à prix raisonnable, pour des personnes seules à qui il ne reste en moyenne que 50 $ après avoir payé leur loyer, leurs comptes d\u2019électricité et de téléphone.Le problème est que les organismes offrant de tels services sont débordés, exsangues.Pourtant, il existe des solutions.D\u2019abord celle, fondamentale, de l\u2019augmentation des prestations de l\u2019aide sociale et du salaire minimum.Ensuite, la Ville de Montréal devrait diffuser davantage d\u2019informations pratiques sur l\u2019aide alimentaire et s\u2019assurer que ce type de services est facilement accessible à tous ceux qui en ont besoin.Les paniers de fruits et légumes «Bonne Boîte Bonne Bouffe», un projet de Moisson Montréal, dont le coût est de 7 $ pour une personne, devraient par exemple être plus connus.La Table de concertation sur la faim et le développement social du Montréal métropolitain demande également à la Ville d\u2019utiliser ses terres agricoles disponibles pour permettre aux personnes pauvres de mieux manger.«La Ville de Montréal dispose de plusieurs terres en jachère dans l\u2019ouest de l\u2019île, rappelle M.Faniel.Celle s-ci pourraient être exploitées pour produire des légumes que la Ville pourrait vendre à bas prix aux groupes communautaires distribuant l\u2019aide alimentaire.» Manger à sa faim est un droit.La Ville de Montréal, qui s\u2019est dotée d\u2019une politique de sécurité alimentaire, doit la mettre désormais en pratique.LA COLLECTE DE NOËL DE MOISSON MONTRÉAL, A POUR OBJECTIF D\u2019OFFRIR 40000 REPAS AUX ORGANISMES PARTICIPANT ET 17000 PANIERS ALIMENTAIRES, CHACUN CONTENANT 25 ARTICLES DE PREMIÈRE QUALITÉ, NON ISSUS DE SURPLUS.LA LISTE DES ARTICLES SE TROUVE SUR LEUR SITE WEB.PHOTO : DREAMSTIME/ROBYN MACKENZIE ET VOUS, QU'EN PENSEZ-VOUS?WWW.ITINERAIRE.CA L'ITINÉRAIRE 7 15 décembre 2010 VOS DONS CHANGENT LEUR VIE oua \u201e vom do».\t1\" '^ ZiZZ-j- ZzZSZt.z^^^±rrj~.cu>\u2014fr-Lr-\t- H^ TL if- Z£Z£\"J~~\"~^ f '\tT r\tI >L * n,\t-t, J'aico*vm^cè^H^ o-f ^ ^ twJ ^ « \"\u201c\u2022 ^££âj-~ «\u2014¦?1^- -^zr^zzrzzz^,zb^b Z~'bXzf^^^zzxzzczr {_& oeAArtX']^i^eAAJ-eMo^ ^ ^^ ^ ^ n\t^ ^r^^K'zzïzr-A^r* \u201e\t^ sjud«r^ Mesic* et ^MAe*\t\u2018 e^v Camelot, Marché Sairt^Jacques au coin d\u2019Ontario et dAmhers May C^Hlyb'lAyU^JybiyCHly MERCI! © i r'i I VOUS.0ON*lttJt WWW.ITINERAIRE.CA DON A NOTRE GROUPE ¦ 100$ ¦ 50$ PAIEMENT ¦\tChèque au nom du Groupe Communautaire L\u2019Itinéraire ¦\tVisa / Master Card Signature Numéro de carte : DON DE CARTES-REPAS cartes-repas à 4$ chaque J acheté Expiration /20 (mois/annee) Postez-moi les cartes que je les distribue1 Je désire que vos intervenants ou bénévoles les distribuent2 COORDONNEES JE M\u2019ABONNE 1 an, 24 numéros 121,91 $, taxes et frais d\u2019envoi inclus 6 mois, 12 numéros 60,95$, taxes et frais d\u2019envoi inclus Prénom : Province : Entreprise : Code Postal : UN CAMELOT VOUS A ENCOURAGE A VOUS ABONNER?Nom ou numéro d\u2019identification pour sa rémunération : Adresse : Telephone : 2100.aoule^ayicL dey Mt MONTANT TOTAL DE MA CONTRIBUTION : 1\tEn vertu d\u2019une loi de Revenu Canada, les cartes achetées que vous distribuez vous-même ne sont pas admissibles au déductions fiscales.2\tVous recevrez votre reçu d\u2019impôts début janvier suivant votre don.ce- caujuyny cue C'UHEjiey co^iEWAMUEidkuuie^ L Itin&ïCEi/iey : *Suites 001 Mo^d/iéaJy ^QtbéÈ&C'J HzK.^-Sl Otiy té^éjiÂcyriey^ -tumâme cue 5% 597-0Z38 juxte.ZZ6. * \u2022 RESEAU SOUDAIR-E DE L\u2019ITINERAIRE PATRICE JOLIVET Conseiller au développement des partenariats et dons patrice.jolivet@itineraire.ca A CŒUR VAILLANT, RIEN D\u2019IMPOSSIBLE Le portrait de l\u2019itinérance et de la pauvreté à Montréal et dans l\u2019ensemble du Québec n\u2019est pas réjouissant.L\u2019avenir s\u2019annonce en général plus morose, et des plus difficile financièrement.Beaucoup d\u2019entre nous, et je m\u2019y inclus, ont la fâcheuse tendance à courber l\u2019échine face aux difficultés, préférant les balayer, comme la poussière, les contourner plutôt qu\u2019y faire face.Winston Churchill a dit : «Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité.Un optimiste voit l\u2019opportunité dans chaque difficulté.» A L\u2019Itinéraire, les quelques employés et les nombreux bénévoles sont marqués au fer rouge par un mot empreint d\u2019optimisme.Il nous vient de la rue.Il s\u2019immisce dans nos vies par l\u2019intermédiaire de personnes défavorisées qui viennent chercher l\u2019aide auprès de nos intervenants, ou un peu de chaleur humaine pour briser l\u2019isolement.Ce mot est résilience.C\u2019est un mot ancien, provenant du latin, qui était utilisé à l\u2019origine pour expliquer la résistance aux chocs des matériaux.Le terme a fait son entrée dans l\u2019univers psychiatrique pour désigner un phénomène qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l\u2019événement pour sortir de la dépression.Les psychologues et psychiatres estiment aujourd\u2019hui que la résilience serait possible grâce à la réflexion, à la parole et à l\u2019encadrement.Pourquoi parler de résilience?Tout simplement parce que les sans-abri de Montréal et d\u2019ailleurs, de même que les personnes vivant sous ou près du seuil de pauvreté au Québec, doivent chaque jour en posséder une sacrée dose pour endurer tout ce qu\u2019ils subissent.Et surtout, pour surmonter au quotidien les montagnes de galères auxquelles ils sont confrontés.Sans vouloir faire pleurer dans les chaumières, avouons qu\u2019il doit être difficile, et encore plus durant le temps des fêtes, de n\u2019avoir rien, ou si peu à offrir en cadeau à ses enfants, ou de dormir dehors dans le froid.Pour nous, les plus chanceux, notre réussite ne doit pas nous rendre coupable.Nous devons seulement être conscients d\u2019une réalité et, si «nous pouvons», contribuer à l\u2019améliorer.Ces personnes résilientes disposent de nombreux organismes, dont L\u2019Itinéraire, pour leur venir en aide afin d\u2019alléger leur fardeau temporairement ou de façon permanente.Au fil du temps et avec son expérience de terrain, L\u2019Itinéraire a su créer des outils et des mécanismes aptes à répondre aux urgences et efficaces pour remettre une personne égarée sur le droit chemin.Il faut néanmoins comprendre qu\u2019il faut une bonne dose de courage et d\u2019humilité pour appeler au secours quand on se trouve au fond du trou.Il faut, de surcroît, des moyens financiers pour que les organismes de charité assurent la persistance de cet engagement social.Il faut, enfin, une politique financière à moyen et à long termes pour planifier sereinement les services aux plus démunis.En 2010, près de 2000 hommes et femmes ont poussé la porte du Café L\u2019Itinéraire.Grâce à vous, notre organisme a été en mesure de leur apporter son soutien.Grâce à vos dons de cartes-repas, nous avons pu servir gratuitement 16000 des 40000 repas que nous avons préparés cette année pour nos clients.Grâce à vos dons, nous avons fait travailler et avons formé 450 personnes.Des centaines de camelots ont vendu le magazine L\u2019Itinéraire, des dizaines d\u2019aides-cuisiniers ont acquis une expérience en employabilité, une cinquantaine de jeunes ont suivi une formation en multimédia et en cuisine, etc.Parallèlement, le Groupe L\u2019Itinéraire a consolidé ses liens avec ses partenaires.Nous leur avons démontré notre entière reconnaissance et notre volonté de collaborer au-delà d\u2019une simple aide financière.Nous avons réaffirmé notre intérêt pour le bénévolat et les échanges d\u2019expertise, le but étant de favoriser ensemble de nouvelles solutions face à l\u2019itinérance et à la pauvreté.L\u2019année 2011 apportera sans aucun doute son lot de difficultés et c\u2019est avec vous tous que L\u2019Itinéraire les surmontera.Quand, comme Astérix et les habitants du fameux village gaulois, on a l\u2019impression que le ciel va nous tomber sur la tête, ici, on s\u2019assoit au Café L\u2019Itinéraire avec des sans-abri, des gens pauvres, et on se dit qu\u2019il y a pire dans la vie.Si certains arrivent encore à sourire malgré toutes leurs embûches, on doit en être capable aussi.Joyeux Noël, parToutatis! Et merci de continuer à nous soutenir.PHOTO : DREAMSTIME/RICHARD THOMAS IQ ITINERAIRE 15 décembre 2010 POUR UN NOEL SANS FAIM MARIE-LISE ROUSSEAU Adjointe à la rédaction Si un billet vendu équivaut à quatre cartes-repas, 50 billets en valent 200.Dans une salle pouvant accueillir 300 personnes, on peut amasser des fonds pour acheter jusqu\u2019à 1200 cartes-repas du Café L\u2019Itinéraire permettant aux plus démunis de se nourrir gratuitement.Cette équation démontre que, multipliés, les petits gestes font une différence.C\u2019est pourquoi Gilles Bergeron réunira avec lui une dizaine d\u2019artistes hip-hop sur la scène du Petit Campus le 23 décembre pour un concert-bénéfice au profit de L\u2019Itinéraire.«L\u2019itinérance et la pauvreté me tiennent beaucoup à cœur, je suis moi-même très pauvre et je connais le milieu des banques alimentaires», confie Gilles Bergeron, rappeur et père de quatre enfants.Les cartes-repas du Café représentent pour Gilles un geste concret contre la pauvreté.«J\u2019aime le concept.Les gens ont peur de donner de l\u2019argent aux sans-abri, mais personne ne peut fumer sa carte-repas ou la boire!» explique l\u2019artiste, très proche de L\u2019Itinéraire puisqu\u2019il a complété le programme de formation en production vidéo l\u2019an dernier.Gilles n\u2019en est pas à son premier concert-bénéfice pour une cause qui lui tient à cœur.«J\u2019avais organisé un show bénéfice pour Haïti plus tôt dans l\u2019année.J\u2019ai voulu faire la même chose pour les gens de chez nous.» Le 23 décembre, Gilles - Boycut de son nom d\u2019artiste - partagera la scène avec plusieurs artistes issus de la scène locale du hip-hop, dont Damien et Dirty Taz.«Ils sont tous très enthousiastes de participer bénévolement à cet événement», se réjouit l\u2019organisateur, tout aussi reconnaissant envers le personnel du Petit Campus qui fournit la salle gratuitement pour la cause.«Le hip-hop a trop souvent mauvaise réputation, déplore Gilles.On l\u2019associe aux gangs de rue et à la violence, mais c\u2019est une fausse réalité.Le monde du hip-hop, c\u2019est la rue.L\u2019Itinéraire aussi.» NOËL SANS FAIM LE 23 DÉCEMBRE À 20H AU PETIT CAMPUS (57 RUE PRINCE ARTHUR EST) LES BILLETS SONT EN VENTE AU COÛT DE 20$ CHACUN.BOYCUT : 514-712-1309 / 514-251 -7631 RÉSEAU ADMISSION : 514-790-1245 PHOTO : SWEET LIBERTY GILLES BERGERON, ALIAS BOYCUT, ORGANISE LE CONCERT NOËL SANS FAIM AU PROFIT DE L'ITINÉRAIRE.LE MONDE SELON RAY LENGELÉ CHANCE Uï ihf imhj ¦-« iMU'ri w.WWW.LAVITRINE.COM Qjlhrs! Mrwnrr*- lit IVtttllUI Ai; sir: BILLETS Dr DFRNIOT MINUTE 149, m* $fMirtfl-Cair*f>rt»wO\\irnij.Montré M4 2S*j,4M9 Ü vllilnectilliirvfla (S U vitrifia\tvn, * \u2022 À LA UNE GÉRARD D LAFLAQUE 60 MINUTES AU PAYS DES ROBINEUX Dans ce numéro de Noël, L\u2019Itinéraire vous présente le résultat d\u2019une collaboration exceptionnelle avec l\u2019équipe de l\u2019émission Et Dieu créa Laflaque.Il y a plusieurs mois, nous avons décidé de faire la «une» de notre magazine avec Gérard.Roxane Boutet, productrice de l\u2019émission, a tout de suite été emballée! Toute son équipe a travaillé fort pour nous proposer des visuels créés spécialement - et bénévolement! - pour L\u2019Itinéraire.Merci à eux, et notamment à Nicolas Forget, l\u2019un des auteurs de l\u2019émission, qui a écrit le texte mettant en scène Gérard D Laflaque sur les chemins sinueux de l\u2019itinérance.suite page 16 X suite de la page 15 Le temps des fêtes est à nos portes.Comme toute personnalité publique qui se respecte, je dois profiter de cette période pour me montrer tendre, humain, et consolider ma cote de sympathie.Mais que faire?Rendre visite à des vieux?A des orphelins?À des vieux orphelins?Je dois trouver vite si je veux pouvoir passer à autre chose.Alors que je songe finalement à me rabattre sur un film d\u2019auteur (généreux geste d\u2019abnégation, s\u2019il en est un), j\u2019ai soudain cet éclair de génie.Moi, Gérard D Laflaque, mettrai à profit mes talents de journaliste et de chroniqueur social aguerri pour produire un portrait du phénomène de l\u2019itinérance.Déjà vu?Peut-être.Mais jamais à travers la lorgnette de Gérard.D\u2019autant plus que c\u2019est un sujet toujours brûlant d\u2019actualité et, comble de la commodité, ça se passe pas trop loin de chez moi.Ça ne devrait donc pas être très long à faire (en tous cas, moins long que de subir un film d\u2019auteur).Je me prépare donc à passer non pas une, pas dix, mais bien soixante minutes au pays des robineux.Une enquête de terrain sans précédent.Je vous entends déjà me dire : «Oui mais Gérard, c\u2019est une affectation excessivement dangereuse.Ces gens-là mordent, donnent des chocs électriques et mangent des bébés phoques.» Ce à quoi je réponds que c\u2019est effectivement périlleux, mais qu\u2019il ne faut pas non plus croire tout ce qu\u2019on entend.Ces gens-là ne mordent pas.Et attention.Loin de moi l\u2019idée de dresser un portrait sombre du phénomène.C\u2019est Noël après tout.Plutôt que de m\u2019attarder au «comment s\u2019en sortir», je pourrais par exemple m\u2019intéresser au «comment s\u2019y épanouir».C\u2019est plus positif.Coup de fil au magazine L\u2019Itinéraire, point de chute tout désigné pour mon enquête.On accepte avec joie mon offre de collaboration.Il faut dire que le contraire m\u2019aurait étonné.Comment un magazine qui n\u2019est même pas assez big pour être vendu en kiosque aurait pu lever le nez sur ma notoriété?VOICI DONC, MINUTE PAR MINUTE, LE RÉSUMÉ DE MON ODYSSÉE.13 H 00 : J\u2019arrive dans le Vieux-Montréal, berceau de l\u2019itinérance en Amérique.Vous ne le saviez peut-être pas, mais en 1642, lorsque Maisonneuve débarqua dans le Vieux-Port, il fut accueilli par la chorale de l\u2019Accueil Bonneau.Euh.En tous cas, je suis sûr d\u2019avoir lu ça en quelque part.13 H 40 : Au bout de quarante minutes à arpenter les rues, je dois me rendre à l\u2019évidence : le constat est désolant.La situation est bien pire qu\u2019il n\u2019y paraît.Y\u2019a vraiment aucun bâtard d\u2019endroit où on peut stationner gratuitement (ça par contre, à l\u2019époque de Maisonneuve, c\u2019était différent).13 H 45 : Je me résigne à me stationner en face d\u2019un parcomètre.13 H 46 : J\u2019aperçois un robineux.Je savais que je n\u2019aurais pas à chercher trop longtemps.Qui plus est, il est parfait pour mon reportage.Le modèle tout équipé : poussiéreux à souhait, vêtu d\u2019une housse de bateau et de restants de rideaux, des poils et des odeurs qui dépassent de partout, le teint aussi pétillant qu\u2019une chaîne de trottoir.Je n\u2019aurais pas pu espérer mieux.Je m\u2019approche, tout doucement, pour me rendre compte que.Bâtard! C\u2019est pas un itinérant, c\u2019est un étudiant de l\u2019UQAM! 13 H 47 : Ma déception passée, je discerne au loin une autre silhouette à l\u2019aura poilue.Je l\u2019interpelle.Je m\u2019assure au préalable qu\u2019il n\u2019est ni étudiant, ni comédien de théâtre.OK.C\u2019est bel et bien un vrai clochard.Question de protéger son identité, je le baptiserai affectueusement Ti-botche.J\u2019informe Ti-botche de ma mission en ces mots : «Moi ami toi.Moi poser questions toi.Nouvelles.Papier.Revue.» Ti-botche ne semble guerre apprécier et me répond sèchement : «Tu peux me parler normalement.Je suis un humain.» Premier constat de la journée : les robineux sont à l\u2019image du reste de la population : il y a une certaine proportion de têtes enflées.13 H 49 : On rentre dans le vif du sujet.Je demande à Ti-botche depuis combien de temps il pratique le métier de robineux.«Robineux, ça se dit pas.On dit itinérant, ou bedon sans-abri», me lance-t-il. Pffff.J\u2019ai pogné le jackpot.Un prétentieux qui se prend pour un membre de l\u2019Académie française.Néanmoins, il finit par répondre à ma question et m\u2019explique qu\u2019il vit dans la rue depuis cinq ans.«Cinq ans dans la rue?J\u2019espère que c\u2019est pas une rue trop passante», ajoutais-je à la blague.13 H 52 : Ti-botche n\u2019a toujours pas ri de ma savoureuse blague.Décidément, il est vraiment pincé celui-là.13 H 53 : Ceux qui pensent encore que les itinérants ne sont pas en bonne santé n\u2019ont qu\u2019à aller se rhabiller.Ti-botche marche tellement vite que si je n\u2019étais pas une personnalité publique très aimée, je croirais qu\u2019il veut me fuir.13 H 54 : Devant un refuge, nous croisons un attroupement d\u2019itinérants.Je demande à Ti-botche ce qu\u2019ils font.«Ben, comme c\u2019est là.rien», me dit-il, avant de rajouter affectueusement : «Gros épais.» Ce commentaire, certes succint, m\u2019en apprend toutefois beaucoup sur la profession.Etre itinérant est synonyme d\u2019horaire flexible.Comme quoi il n\u2019y a pas que des inconvénients.13 H 55 : Je nourris la discussion en soulignant la quantité phénoménale de sans-abri que l\u2019on croise à Montréal.«Te rends-tu compte, lui dis-je, que l\u2019industrie de la robinerie est le plus gros employeur en ville.L\u2019épine dorsale de notre économie.» Ti-botche ne rajoute rien, probablement parce que j\u2019ai tout dit.13 H 56 : Au détour d\u2019une ruelle, je perds la trace de Ti-botche.Pauvre lui, il doit être en train de me chercher partout.J\u2019arpente les rues à la course.13\tH 58 : Je retrouve finalement Ti-botch.Visiblement trop pincé pour exprimer sa joie (je commence à le connaître), il se contente de pousser un soupir pour témoigner de son emballement.14\tH 00 : Mon enquête est déjà terminée.J\u2019aurais pris plus de temps, mais il y a les impératifs de la vie.Notamment le parcomètre.Pis de toute façon, je m\u2019étais donné jusqu\u2019à deux heures, pas plus.Mais bref, des gens en santé, cultivés (au point d\u2019être un peu chiants), un apport économique sans précédent, des conditions de travail en plan avec les nouvelles tendances du marché de l\u2019emploi, voilà ce qui ressort de mes observations.Qui plus est, j\u2019ai aussi noté que l\u2019itinérance est un domaine qui s\u2019ouvre de plus en plus aux femmes et aux immigrants.Non mais c\u2019est ti pas beau?C\u2019est donc avec le sentiment du devoir accompli que je conclus cette enquête.Il est important parfois de voir au-delà des préjugés.Je suis heureux de l\u2019avoir fait.C\u2019est un peu mon cadeau de Noël à vous tous, chers lecteurs de L\u2019Itinéraire.PHOTOS : PRODUCTIONS VOX POPULI SERGE CHAPLEAU, CREATEUR DU PERSONNAGE DE GERARD D.LAFLAQUE SERGE ET GÉRARD Propos recueillis par E Gérard D Laflaque n\u2019est pas né de la cuisse de Jupiter, mais bien des mains de Serge Chapleau.Clé de voûte de l\u2019émission hebdomadaire Et Dieu créa Laflaque, Gérard existe avant tout grâce à l\u2019entêtement de son concepteur.«Ce personnage existe aujourd\u2019hui pour la seule raison que Serge Chapleau a une tête de pioche», nous a confirmé le caricaturiste, qui traîne Gérard dans ses cartons depuis près de trente ans.L\u2019Itinéraire l\u2019a questionné sur cet attachement particulier, lors d\u2019une entrevue filmée dans les locaux de la maison de production Vox populi.L\u2019ITINÉRAIRE : Pourquoi avoir créé Gérard?SERGE CHAPLEAU : Gérard est un être détestable, égocentrique et achalant.Mais c\u2019est un gars qui ressemble un peu à nous tous.Chaque personne, à l\u2019intérieur d\u2019elle, a un petit côté détestable, égocentrique et achalant.Si nous nous disons vraiment la vérité en face du miroir le matin, nous voyons un peu de «Gérard» en nous.L\u2019I : Que dirait Gérard s\u2019il avait à vous présenter?S.C.: Il dirait probablement des choses assez laides, mais il va se retenir, car il sait que c\u2019est moi qui l\u2019ai inventé.Nous vivons une relation bipolaire un peu particulière.J\u2019aime beaucoup Gérard; lui doit sûrement me détester.Il va être le premier à vous dire combien je suis un grand dessinateur, un caricaturiste fort connu et un homme de talent, mais je ne pense pas qu\u2019il le pense vraiment.Il pense qu\u2019il est meilleur que moi; ça, c\u2019est sûr et certain.L\u2019I : Que vous apporte Gérard par rapport à votre travail de caricaturiste à La Presse?S.C.: La caricature est un monde totalement solitaire; tout seul avec ta table à dessins et tes ordinateurs.Mais moi je suis un gars de gang, alors quand je suis ici au studio avec tous mes amis (Luc Déry, Pierre Huet [.]), nous avons beaucoup de plaisir.Nous rions beaucoup dans une shop comme ça.VISIONNEZ UN EXTRAIT DE L\u2019ENTREVUE AU WWW.ITINERAIRE.CA PHOTO : FRÉDÉRIC GAUDET l I INtRAIRt 15 décembre 2010 ?F it -i www.cn rateur g ou v.qc,ca Utie ammf d' liiiitrmaikHi pritiqum pour to jauiHf pim am *\tlu -ndivliii nri .*\tliü (gaits Lta eJtytps ¦- *\tlis rn^icinwiaht^\".(Jfs rrrancUt l,iit r := tussuFs.curateurs rr canwile do [iimhië- *\tir rùfr (hi Cuoraiif pucUh: l - î JVI\u2019i.' t r;L: : ! ipiOUî i Fjr-J h* dn l'^duclttcn bfFFm&nefTt* -l¦ MittiUN ¦ Il.¦ - .0 I :\tVJWVH J* Jï.unrv¦¦ Lf f.¦i.Lj, hj*4UuuphII ,inl^rttp.qL,u lr rHi l iniVrrsili dtf CULTURE NOEL AVEC OU SANS DINDE CHRISTINE BERGER JOSÉ MARlA RAMIREZ, D'ORIGINE PERUVIENNE, ANIME DES ATELIERS POUR DES NOUVEAUX ARRIVANTS En Argentine, pendant la période des fêtes, les chiens se font administrer des calmants.En Égypte, le 24 décembre à minuit, les hommes laissent tomber des bouteilles de bière par la fenêtre.Au Mexique, on bat la pinata.Au Québec, c\u2019est le festival de la dinde.Afin d\u2019en savoir plus sur les traditions culturelles du temps des fêtes, L\u2019Itinéraire s\u2019est rendu au Comité d\u2019éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CEDA) et y a interrogé quelques nouveaux arrivants au Québec.«En Argentine, tout le monde fête le 24 décembre et mange de la viande, raconte Watalya Lipchuk, originaire d\u2019Ukraine, mais qui a vécu un long moment en Argentine.À partir de minuit, il y a des feux d\u2019artifice sans arrêt.La première fois où j\u2019étais là, je ne comprenais pas ce qui se passait!» Un peu partout en Amérique latine, l\u2019éclatement massif de feux d\u2019artifice pendant le temps des fêtes semble faire partie des traditions; les célébrations de Noël sont si bruyantes qu\u2019il faut administrer des calmants aux chiens afin d\u2019éviter le chaos total! Thiago D.Ribeiro, Brésilien de 28 ans, ne se souvient pas d\u2019un Noël sans feux d\u2019artifice, du moins, pas avant qu\u2019il s\u2019installe à Montréal.Montréal est une métropole relativement calme pendant le temps des fêtes.Comme la majorité des Québécois, la plupart des nouveaux arrivants fêtent Noël en famille.C\u2019est le cas d\u2019Eman Elbadawy, une Égyptienne qui ne compte pas reproduire intégralement les traditions de son pays à l\u2019occasion de Noël.«Les Egyptiens sont orthodoxes; ils fêtent deux fois, raconte-t-elle.Une fois lors de la nouvelle année, et une autre le 7 janvier.La famille apporte des gâteaux, les hommes sortent et vont boire des bières.À minuit, pour faire du bruit, on jette les bouteilles de bière par les fenêtres, un peu comme les Grecs jettent des assiettes par terre.On fait attention de ne pas blesser personne!» Eman Elbadawy habite Westmount et a l\u2019intention de fêter Noël à la québécoise.«Ici, je fais comme les Québécois.À l\u2019Halloween, j\u2019ai costumé mes enfants et nous sommes allés frapper aux portes des maisons avoisinantes.» Bonne récolte?Oui.AU PÉROU, LE 28 DÉCEMBRE EST LA JOURNÉE DES INNOCENTS, SIMILAIRE AU POISSON D\u2019AVRIL.ODE À LA CONVIVIALITÉ «Les familles québécoises devraient faire comme les Polonais et laisser une place libre à table à quiconque voudrait entrer», estime José Maria Ramirez, employé du CEDA d\u2019origine péruvienne.Beaucoup de nouveaux arrivants, principalement d\u2019origine latine, ont l\u2019habitude de fêter Noël de façon exubérante et extrêmement conviviale.Les Colombiens commencent à fêter Noël dès le 7 décembre.Entre le 16 et le 24 décembre, ils se retrouvent chaque soir en famille et entre amis pour vivre la neuvaine, période de rassemblement, de fête, de chant et de prière.«On installe les décorations dès la mi-novembre, un peu comme ici.Le 24 et le 25 décembre c\u2019est plus religieux, et le 31, c\u2019est la fête», dit Luz Elena Caceres.Au Pérou, le 31 décembre, tous se promènent dans les rues avec des bouteilles d\u2019alcool et visitent les voisins.«À la différence du Québec, on ne déménage pas sans cesse, on connaît donc les voisins depuis qu\u2019on est petits!, explique José Maria Ramirez.Ce jour-là, on défait la crèche et celui qui garde le petit Jésus est responsable d\u2019amener un nouveau personnage à la crèche l\u2019année suivante.» suite page 21 L'ITINÉRAIRE I9 15 décembre 2010 suite de la page 19 Les choses se passent de la même façon au Mexique.Les yeux de Miriam Montes de Oca s\u2019illuminent lorsqu\u2019elle se rappelle le Noël mexicain, qui est fêté du 12 décembre au 6 janvier.Elle évoque la procession des enfants dans la ville, la neuvaine et les pinatas, véritables oeuvres d\u2019art en papier mâché, en argile ou en paille, remplies de sucreries et destinées à être détruites.Au Mexique, les cadeaux sont remis aux enfants le Jour de la Fête des Rois, le 6 janvier.En règle générale, les Mexicains construisent des crèches proportionnelles à la taille de leur maison.La famille de Miriam Montes de Oca embauchait aussi des musiciens.«Ici, il n\u2019y a que moi, mon mari et mes enfants.Noël cette année sera triste», se désole-t-elle.PÈRE NOËL MUSULMAN, JUIF OU ASIATIQUE : INEXISTANT Noël étant une fête chrétienne, les Québécois n\u2019accordent pas la même importance à cette fête selon s\u2019ils sont nés dans la province ou viennent SUGGESTION DE L\u2019ITINÉRAIRE Élargissez votre réseau social en y incluant quelques membres de la communauté haïtienne.«Noël à la maison, c\u2019est beaucoup, beaucoup de bouffe.Il y a du riz collé, de la dinde, du Iambi (un mollusque très prisé dans ce pays), du griot (cubes de porc frits), des bananes pesées, du macaroni gratiné, de la salade russe (salade de pommes de terre et de betteraves), de la salade verte, du riz djondjon (riz aux champignons noirs), de la chèvre et du gâteau renversé aux ananas.On reçoit tellement de gens : frères, soeurs, oncles, tantes, voisins, amis de la famille et on mange jusqu\u2019à ne plus en être capable.Tout le monde quitte avec des restes sous le bras vers 5 heures du matin», raconte Sara Jason, fille d\u2019immigrante haïtienne née à Rivière-des-Prairies.20 UrtlNERAIRE d\u2019y arriver.Pour d\u2019autres religions et cultures, la naissance de Jésus est moins significative.«Les musulmans célèbrent Noël parce qu\u2019ils considèrent Jésus comme un prophète, mais il n\u2019y a pas de grande fête avec de la dinde», raconte Marwan Hassan, employé au Centre communautaire musulman de Montréal (CCMM).Dans la communauté juive, on ne célèbre pas du tout Noël, mais plutôt Hanoukka, une fête de huit jours qui a lieu en novembre ou en décembre, selon les années.Pendant Hanoukka, des chandeliers sont allumés et des friandises à base d\u2019huile d\u2019olive sont consommées.Du côté oriental de la planète, les célébrations varient aussi.Au Japon, Noël est une fête principalement commerciale.«Les Japonais sont bouddhistes ou shintoïstes, explique Keiko Nokubi, mais Noël est une occasion de voir la famille, les amis et de faire la fête.Normalement on mange des cuisses de poulet et on cuisine un gâteau à base de crème fraîche et de fraises.On décore parfois des sapins artificiels parce qu\u2019il est difficile d\u2019en trouver des vrais.» Au Japon, le 24 décembre est aussi une fête pour les couples.Ce soir-là, les hommes doivent planifier une nuit romantique avec leur amoureuse.En Corée, comme à Montréal, les chrétiens fêtent Noël le 24 et le 25 décembre en allant à l\u2019église.Pour les bouddhistes coréens, c\u2019est une fête comme une autre.«Les jeunes reçoivent de l\u2019argent, moi je recevais 200 ou 300 dollars», confie Grace Hong.Quant à la Chine, les festivités de Noël sont loin d\u2019être aussi attrayantes que celles de la Fête du printemps, en février.«Il ne se passe rien, racontent Hui Min Wang et Lili Mu.À Noël on peut bien faire la fête, mais le jour suivant il faut travailler; il n\u2019y a pas de congé.Le 24 et le 25, par contre, il y a beaucoup d\u2019articles en rabais dans les magasins!» Entre un Noël convivial, un père Noël absent et un Noël commercial, il y a tout un monde de traditions.QUELQUES NOËL D\u2019AILLEURS «En Ukraine, les cadeaux sont échangés le premier janvier et 12 plats végétariens différents sont proposés à la table.Le plat principal est traditionnellement préparé par la grand-mère et est à base de blé et de miel.Le 7 janvier, on mange de la viande; on commence à manger dès qu\u2019on voit la première étoile.» \u2014\tWataliya Lipchuk, qui a bien V intention de fêter Noël à Vukrainienne à Lachine.«Ici, pour Noël, je cuisine un mélange de bouffe canadienne et coréenne.» \u2014\tGrace Hong, Corée.«Avant, au Japon, les femmes devaient se marier avant 24 ans.On leur disait de se dépêcher, pour éviter de devenir comme un cadeau de Noël après le 24, en rabais!» \u2014\tKeiko Nokubi, Japon.«Au Pérou, la tradition de Noël veut que l\u2019on boive du chocolat chaud, même s\u2019il fait 30 degrés à l\u2019extérieur.Certains Péruviens se déguisent même en père Noël sous cette chaleur.» \u2014JoséMaria Ramirez, Pérou.«Au Brésil, beaucoup de jeunes pauvres envoient une lettre à la poste.Tu peux passer à la poste et faire parvenir un cadeau à un enfant pauvre.Les enfants demandent des choses toutes simples, comme des ballons.» -Alexandre Grote, Brésil.PHOTO : DANIEL DUMONT 15 décembre 2010 w .m\t* \u2022 .SANTÉ ET BIEN-ÊTRE PANSER LES PLAIES D\u2019HAÏTI DIFFÉREMMENT VÉRONIQUE CHAGNON Stagiaire à la rédaction ' # tf LES ÉQUIPES DE MÉDECINS DU MONDE SONT PASSÉES À LA VITESSE SUPÉRIEURE DEPUIS LA MI-NOVEMBRE.ELLES ADMINISTRENT DES TRAITEMENTS AUX MALADES MODÉRÉS, EN PLUS DE DISTRIBUER UNE BARRE DE SAVON PAR FAMILLE ET D\u2019ENSEIGNER LES MESURES D\u2019HYGIÈNE DE BASE À LA POPULATION HAÏTIENNE.LES RACINES DE MÉDECINS AUX PIEDS NUS Le docteur Jean-Pierre Willem a jeté les bases de Médecins aux pieds nus en 1987, après plusieurs années au service d\u2019organisations humanitaires affectées dans des zones de guerre.Déçu par la médecine conventionnelle, qu\u2019il juge incapable de s\u2019adapter complètement aux populations locales, le médecin met sur pied un organisme qui accueille en son sein des bénévoles de formations diverses.Il promeut dès lors l\u2019ethnomédecine, une discipline fondée sur l\u2019utilisation de plantes médicinales locales qui mise sur la prévention et l\u2019autonomisation des populations.La branche canadienne de MAPN a pour sa part vu le jour quand Francine Fleury Rodet et Jean-Claude Rodet, docteur en naturopathie, ont cherché une façon de venir en aide à la population du Timor oriental, victime en 1999 d\u2019une invasion sanglante de la part de l\u2019Indonésie voisine.La philosophie du docteur Willem et de sa fondation rejoignait leurs convictions.«Je n\u2019aime pas le terme \u201caide humanitaire\u201d, dit Francine Fleury Rodet.Ici, on préfère l\u2019entraide, qui exige un échange, alors que l\u2019aide peut être condescendante.» La fondation serait par ailleurs sur le point d\u2019importer à Montréal une thérapie développée dans un centre de désintoxication de l\u2019Amazonie péruvienne et qui présenterait un taux de succès de 77%.Carmélie Casimir a quitté Haïti le 14 novembre dernier en souhaitant de tout cœur monter le soir même sur un vol de retour, mais cette fois, les poches pleines de médicaments.L\u2019institutrice a frappé à la porte de la branche montréalaise de l\u2019organisme Médecins aux pieds nus pour trouver une solution efficace contre le choléra, qui a décimé plus de 40 enfants en six jours sur son campus.Pour Médecins aux pieds nus (MAPN), le meilleur remède était l\u2019homéopathie.«Devant l\u2019urgence, si la médecine régulière nous avait offert la meilleure solution, c\u2019est ce que j\u2019aurais choisi, admet Francine Fleury Rodet, présidente de MAPN Canada (voir encadré p.21).Mais l\u2019homéopathie a donné de meilleurs résultats pour enrayer l\u2019épidémie de choléra au Pérou en 1996, avec 80% de réussite.» Nicolas Bergeron, président de Médecins du monde Canada, croit de son côté que, dans le cas du choléra, les plantes ont peu d\u2019importance.«Le traitement contre le choléra est naturel de toute façon, le plus important, c\u2019est la réhydratation, explique-t-il.Une fois le patient réhydraté, on peut bien lui donner ce qu\u2019on veut, ce sont l\u2019eau et les sels de réhydratation qui font le travail.» Naturel ou pas, ce qui compte pour Carmélie, institutrice dans une école préscolaire de Cap-Haïtien, ce sont les résultats.Elle souhaiterait que le gouvernement haïtien aille de l\u2019avant avec la vaccination préventive.«Tout ce qui peut nous donner un répit, pour qu\u2019on ait le temps de désinfecter, est le bienvenu», a-t-elle soupiré en entrevue dans les locaux de Médecins aux pieds nus.suite page 23 L'Itinéraire 21 15 décembre 2010 JOYEUSES FÊTES ET BONNE ANNÉE 2011 En 2010, nous avons déployé des efforts considérables pour améliorer la qualité des services qui vous sont offerts au centre-ville.Et vous aurez sans doute constaté que notre arrondissement est encore plus propre, plus sécuritaire, plus dynamique et plus convivial.Vous aurez aussi noté que Ville-Marie se transforme rapidement.Il attire de plus en plus de résidants, comme en témoignent les nombreux projets résidentiels en cours ou sur le point d\u2019être complétés.GÉRALD TREMBLAY Le centre-ville est aussi le lieu de nombreux Maire de Montréal\tchantiers privés et institutionnels, dont plusieurs vont être enfin complétés en 2011.Plusieurs d\u2019entre eux sont particulièrement dignes de mention : le Centre de recherche du CHUM, le 2-22 Sainte-Catherine, la Maison du développement durable, la Maison de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal et bien sûr, le Quartier des Spectacles.Nous devons composer aussi avec d\u2019importants travaux de voirie et de reconstruction des chaussées qui vous occasionnent sûrement certains inconvénients mais qu\u2019il serait irresponsable de remettre encore plus longtemps.Vous aurez compris qu\u2019ils sont nécessaires, notamment pour assurer notre approvisionnement en eau potable.Pour l\u2019Année 2011, la qualité de votre vie au centre-ville et sa vitalité économique, culturelle et sociale vont demeurer nos plus grandes priorités.Nous accorderons aussi une attention toute particulière à l\u2019entretien du domaine public, à la qualité des places publiques et des espaces verts, à la sécurité et au transport collectif.L\u2019arrivée de la Nouvelle Année est aussi pour moi l\u2019occasion, sur une note plus personnelle, de vous souhaiter, ainsi qu\u2019à vos proches, bonheur, santé et réussite de vos projets.(v ' tiw '\u2014MI a^>/a^»/a.ftoupftu ?L; : _ i iltfg t±,J.Llfl J _ 1 LMÏHt Atl 'J' r'il \u2014¦ 6?ÜLeïieuve O.Hint:**.! vît Ù< lîfD< LiXiti.\" PO .p.iti h ia.c* m «?UXir* ft# g IUT (IJil ini' j iv*:r- suite de la page 21 L\u2019institutrice, soulagée, est finalement repartie deux jours plus tard avec des dizaines de contenants remplis de granules homéopathiques à diluer dans l\u2019eau des malades du campus des Pères Salésiens, où elle enseigne.AUX GRANDS MAUX LES GRANDS REMÈDES Francine Fleury Rodet précise qu\u2019il est très rare que son organisation donne directement des médicaments ou des vivres.«On agit surtout en prévention, dans le but de restituer l\u2019autonomie à ces populations, explique-t-elle.On ne veut pas les rendre dépendants d\u2019un laboratoire ou d\u2019un produit.» La présidente et fondatrice de MAPN Canada laisse aux organismes spécialisés dans les interventions ponctuelles le soin de répondre aux situations d\u2019urgence.Elle préfère travailler en amont, par la formation ou par l\u2019agriculture biologique de plantes médicinales.Pour sa part, Médecins du monde se défend bien de n\u2019intervenir que lors des désastres.Par exemple, Nicolas Bergeron souligne que son organisme soutient en Haïti un programme de planification familiale.«Nous sommes là avant, pendant et après les catastrophes», insiste-t-il.Mais l\u2019approche de Médecins aux pieds nus est différente.L\u2019organisme, qui privilégie une méthode globale et FRANCINE FLEURY RODET A RÉUSSI À CONVAINCRE LES AUTORITÉS DE L'ORATOIRE ST-JOSEPH D'ENVOYER LES BÉQUILLES DES MIRACULÉS DU DÉSORMAIS SAINT FRÈRE-ANDRÉ AUX HAÏTIENS BLESSÉS PAR LE TREMBLEMENT DE TERRE DU 12 JANVIER 2010.LE CHOLÉRA : UN FLÉAU DE PLUS SUR LA PERLE DES ANTILLES Les observateurs sont sur le qui-vive depuis plus d\u2019un mois déjà.Le choléra gagne du terrain en Haïti et risque d\u2019atteindre les camps de réfugiés mis sur pied à la suite du tremblement de terre destructeur de janvier dernier.Au moment de mettre sous presse, la maladie avait réclamé 1110 victimes et le bilan s\u2019alourdissait chaque jour.Le choléra est causé par la bactérie Vibrio cholerae, qui déclenche des diarrhées sévères dont les malades peuvent mourir en quelques heures.La bactérie est transmise principalement par les selles, les mesures d\u2019hygiène sont donc fondamentales pour freiner sa propagation.Le choléra a fait son chemin avec l\u2019augmentation des contacts entre les populations, depuis le delta du Gange, en Inde, jusque sur les cinq continents.Depuis le 19e siècle, le monde a ainsi été victime de six pandémies.Celle en cours aurait démarré en Asie en 1961 pour atteindre les Amériques en 1991.La bactérie prolifère dans les endroits où la gestion sanitaire est déficiente, par exemple dans les bidonvilles ou les camps de réfugiés, ce qui inquiète d\u2019autant plus les autorités haïtiennes.Selon l\u2019Organisation mondiale de la santé, le choléra «est un indicateur clé de l\u2019insuffisance du développement social».étendue, avait déjà un projet de boulangerie biologique en cours en Haïti.Celui-ci a été mis en veilleuse quand la terre a tremblé au début de l\u2019année.Depuis, MAPN répond aux besoins urgents du pays, tout en conservant une préférence pour les solutions naturelles et adaptées aux populations locales.Lors du passage de L\u2019Itinéraire chez MAPN Canada, Mme Fleury Rodet tentait de trouver la meilleure façon d\u2019administrer la formule homéopathique sur place.En liquide par perfusion?En granules par voie orale?L\u2019éducatrice spécialisée de formation étudiait avec Carmélie ce qui serait le plus efficace selon les installations et les moyens du bord.Consciente de la singularité de son approche, Francine Fleury Rodet n\u2019en fait pas grand cas.«On est des marginaux et on est fiers de l\u2019être, parce qu\u2019on essaie de répondre à long terme aux véritables besoins des individus», s\u2019enorgueillit-elle.Elle déplore les bourdes commises par les organisations humanitaires traditionnelles peu au fait des traditions des populations locales.L\u2019organisme offre donc une formation rigoureuse à ses bénévoles avant le départ.«Dans tous les types de médecine, si tu ne comprends pas la culture des gens, tu te fermes des portes», conclut celle qui dirige l\u2019école où sont prodiguées les formations.PHOTO 1 : MÉDECINS DU MONDE PHOTO 2 : MÉDECINS AUX PIEDS NUS L'ITINERAIRE 23 15 décembre 2010 Z1 ïX ,aO: DU STRESS, DES OMÉGAS 3 ET BOUDDHA NAËL SHIAB Depuis la nuit des temps, le stress nous sert de détecteur de menaces.Mais le monde moderne et sa course contre la montre ont changé la donne.Le stress est partout et les burn-out sont légion.Heureusement, des méthodes existent pour retrouver sa sérénité, de la simple marche à la méditation.Vous avez les mains moites?Une boule au ventre?Les muscles tendus?Le diagnostic est simple : vous êtes stressé et c\u2019est tout à fait normal.«A la base, notre cerveau a été créé pour nous avertir des dangers, pas pour remplir des formulaires», explique le spécialiste des comportements et de leur fonction évolutive, Pierrich Plusquellec.Mais depuis la Préhistoire, notre monde et notre société ont beaucoup évolué, ce qui n\u2019est pas le cas de notre cerveau, selon le chercheur.«Il existe deux sortes de stresseurs, ajoute-t-il lors de la conférence SOS Stress présentée au Centre des sciences de Montréal le 18 septembre dernier.Il y a les absolus, comme les tremblements de terre ou les troupeaux de mammouths, mais ils sont de plus en plus rares.Et il y a les relatifs, qui sont interprétés comme des menaces par chacun de nous.» Ces derniers seraient de plus en plus nombreux.Des impôts à la garde des enfants en passant par les embouteillages, ce sont des situations «stressantes parce qu\u2019on les considère comme stressantes», selon Pierrich Plusquellec.Se passer du stress serait impossible.Notre espèce lui doit sa survie.Mais à trop forte dose, ce dernier devient un véritable poison.«Le stress induit une réaction immunitaire, détaille le psychologue François Lespérance, présent lui aussi pour la conférence.Mais à force de trop se défendre, on finit par s\u2019agresser soi-même.On retrouve une grande prévalence de maladies inflammatoires chez les gens en proie à des stress chroniques.Souvent, cela les pousse jusqu\u2019à la dépression.» Les gens stressés auraient tendance à prendre plus facilement du poids, en plus d\u2019avoir une pression artérielle et un taux de cholestérol plus élevés.«S\u2019IL Y A UNE SOLUTION, POURQUOI S\u2019INQUIÉTER?ET S\u2019IL N\u2019Y EN A PAS, À QUOI ÇA SERT?» \u2014 Le Dalaï-Lama, traduit par Matthieu Ricard APPUYER SUR LE FREIN POUR ÉVITER LE BURN-OUT «Il n\u2019y a pas de solutions universelles pour guérir le stress, prévient le Dr Lespérance.Mais il existe des solutions simples.» Comme le stress provoque une poussée d\u2019énergie, les activités physiques, comme une bonne marche, sont de bonnes solutions.«Il faut évacuer ce trop-plein, renchérit Pierrich Plusquellec.Sinon, vous allez vous fâcher après les embouteillages ou vous aurez du mal à dormir.» La nourriture joue aussi un rôle important, plus LE MOINE BOUDDHISTE MATHIEU RICARD, AU TIBET particulièrement les apports en oméga 3.«On a constaté qu\u2019il y avait moins de personnes déprimées dans les populations qui consomment beaucoup de poisson», indique le Dr Lespérance.Les omégas 3 serviraient en effet d\u2019antiinflammatoires naturels.PRENDRE SON BOUDDHA À DEUX MAINS Pour Matthieu Ricard, moine bouddhiste depuis près de 30 ans et traducteur du Dalaï-Lama depuis 1989, il existe une autre méthode, pratiquée depuis des siècles, pour combattre ce mal moderne : la méditation.«La méditation de pleine conscience permet de faire des événements stressants une chose parmi d\u2019autres, sans surprise», développe celui qui vit désormais dans le monastère de Shéchèn, au Népal.Selon le doctorant en génétique cellulaire, des études montrent qu\u2019après huit semaines, à raison de 20 minutes de méditation par jour, le stress diminue.Le taux de cortisol des cobayes, une hormone qui est produite en situation de stress, avait chuté.«Il n\u2019est pas besoin d\u2019aller dans l\u2019Himalaya.La méditation, ce n\u2019est pas fuir le monde, mais se donner un moment de répit.Il n\u2019y a rien de magique ou de mystique.C\u2019est tout simplement un moment pour se recentrer.» Mais quand tout cela ne fonctionne pas, le traducteur use de son dernier recours, une réflexion du Dalaï-Lama : «S\u2019il y a une solution, pourquoi s\u2019inquiéter?Et s\u2019il n\u2019y en a pas, à quoi ça sert?» LES QUATRE CARACTÉRISTIQUES DES ÉVÉNEMENTS STRESSANTS : 1.\tContrôle faible sur la situation 2.\tCaractère imprévisible 3.\tNouveauté 4.\tMenace pour l\u2019ego PHOTO : RAPHAËLE DEMANDRE L'ITINÉRAIRE 25 15 décembre 2010 RÉSEAU MINUTES UN BUS AUX 10 MINUTES MAXIMUM SUR PLUS DE 30 LIGNES ENTRE 6 H ET 21 H EN SEMAINE Ce réseau est composé des lignes : 18.24.32.33.44.45.48.49.51.55.64.67.69.80.90.97.103.105.106-506.121.132.139.141.161.165.171.187.193.197.211, 470.Les numéros en caractères gras dans la liste identifient les lignes offrant un intervalle maximum de 10 minutes dans les deux directions de 6 h à 21 h.Les lignes dont le numéro apparaît en caractères fins offrent ce service dans une direction de 6 h à 14 h et dansl'aulrede 14 h à 21 h.l'information est indiquée sur le panneau d\u2019arrêt.Consultez l'horaire sur www.stm.lnfo pour plus de détails.WWW.STM.INFQ | SMS :S2786 | MSTM.INFO | 514 4UT0BUS MOUVEMENT COLLECTIF ^tm ENVIRONNEMENT YANN ARTHUS-BERTRAND «L\u2019ÉCOLOGIE, C\u2019EST VIVRE ENSEMBLE» CAROLINE CHARRON MACADAM (FRANCE) YANN ARTHUS BERTRAND, PHOTOGRAPHE AERIEN ET FONDATEUR DE L'ORGANISME GOODPLANET.Yann Arthus-Bertrand ( YAB pour les intimes) nous reçoit, le balai à la main, sur le pas de la porte de sa fondation, une maisonnette au cœur du bois de Boulogne.Homme de convictions et d\u2019action, il n\u2019hésite pas à mettre la main à la pâte quand il le faut.Simple et chaleureux, il tutoie d\u2019emblée ses visiteurs et parle sans tabous ni prétention de son combat écologique.Le grand public vous a découvert grâce à vos photos aériennes dans l\u2019ouvrage La Terre vue du ciel.Pourquoi avoir choisi cette forme d\u2019expression?Je suis quelqu\u2019un qui s\u2019intéresse à la nature depuis toujours.Je suis venu à la photo par une étude sur les lions.A l\u2019époque, je dirigeais une réserve zoologique en France et, à trente ans, j\u2019ai décidé de partir, avec ma femme, faire une étude de comportement sur les lions dans le parc national Massai Mara, au Kenya.C\u2019est là que j\u2019ai découvert que la photographie pouvait donner une information que ne peut pas donner le texte.Je dis souvent en riant que ce sont les animaux qui m\u2019ont appris la photographie : la simplicité, la lumière, l\u2019attente, la beauté essentielle.En même temps, pour gagner ma vie, j\u2019étais pilote de montgolfière.J\u2019emmenais les touristes en ballon et c\u2019est comme ça que j\u2019ai découvert la photographie aérienne.On s\u2019aperçoit de choses complètement différentes quand on survole un territoire! Après cette expérience, je suis rentré en France où j\u2019ai beaucoup travaillé en tant que photographe.À cette époque, il y avait la conférence de Rio sur les changements climatiques et l\u2019an 2000 qui arrivait; j\u2019ai voulu faire un grand travail sur l\u2019état du monde.Je suis quelqu\u2019un de très curieux; je n\u2019ai pas fait beaucoup d\u2019études, je ne suis pas un littéraire, mais je suis passionné par le monde.Que vous a appris ce travail?Je suis sorti de là transformé, car la Terre est beaucoup plus belle que je ne l\u2019imaginais.J\u2019ai constaté l\u2019impact de l\u2019homme sur la Terre.Quand je suis né, on était un peu plus de deux milliards, aujourd\u2019hui, on approche les sept milliards et ça se voit! L\u2019homme est une espèce qui a colonisé son territoire aux dépens des autres.J\u2019ai également été frappé par tous les scientifiques que j\u2019ai rencontrés sur le terrain et qui partagent tous les mêmes inquiétudes : le manque d\u2019eau, la diminution de la biodiversité, la pauvreté.Cela va rarement en s\u2019améliorant, les fossés se creusent et on le voit sur le terrain.Enfin, j\u2019ai beaucoup appris des ONG.Les gens des organisations non gouvernementales (ONG) ne se posent pas de questions, ils se retroussent les manches et ils agissent! Dernier constat : environ deux milliards de personnes dans le monde ont pour seule ambition de nourrir leurs enfants.Quand on vient de notre monde, ça fait réfléchir.suite page 29 L'ITINÉRAIRE 27 15 décembre 2010 LA FONDATION DU DR JULIEN A POUR MISSION DE PROMOUVOIR ET DE DÉVELOPPER LA PÉDIATRIE SOCIALE POUR LE BIEN-ÊTRE DU PLUS GRAND NOMBRE D\u2019ENFANTS POSSIBLE.QU\u2019EST-CE QUE LA PÉDIATRIE SOCIALE?La pédiatrie sociale en communauté vise à soutenir les enfants et les La Fondation du Dr Julien assure l'avancement et la défense des droits des enfants des milieux défavorisés par l'intermédiaire de la pédiatrie sociale.Elle a également pour objectif de permettre aux enfants de se développer selon leur plein potentiel.La Fondation du Dr Julien poursuit la promotion et le développement de la pédiatrie sociale à travers tout le Québec.04J/1, 2a, F(ytuLaJbUyn, du, -WHU& Q/U, ¦O't 'uMJMU* OOu m Ofl Ofl Üû nü «fui*i FONDATION DU DR JULIEN 1601, 'i/tte- A-u MovUeJ (QC), H1W3B9 ¦ : 514 527-3777 ~FéHéc&jU&uA, : 574 527-4-323 familles à risque ou en situation de vulnérabilité pour assurer le mieux-être et le développement optimal des enfants, dans le respect de leurs droits et de leurs intérêts.Les services offerts répondent aux besoins globaux des enfants, tant sur le plan de leur santé physique qu'à l'égard de tous les autres aspects de leur développement.La pédiatrie sociale consiste à mettre en place une gamme de services complets, sur tous les plans, en lien avec les milieux de vie.Les services sont offerts par une équipe interdisciplinaire et avec l'implication d'adultes significatifs afin d'agir en cohésion et offrir un accompagnement intensif, personnalisé à chaque enfant, selon ses besoins et ses rêves.Les impacts de la pédiatrie sociale en communauté sont préventifs et curatifs puisqu'ils misent sur des outils de mobilisation et d' «empowerment» des familles et des milieux dans un consensus d'actions adaptées aux enfants. suite de la page 27 «JE SUIS QUELQU\u2019UN DE TRÈS CURIEUX; JE N\u2019AI PAS FAIT BEAUCOUP D\u2019ÉTUDES, JE NE SUIS PAS UN LITTÉRAIRE, MAIS JE SUIS PASSIONNÉ PAR LE MONDE.» \u2014 Yann Arthus Bertrand, photographe aérien et écologiste Comment est née l\u2019envie de créer votre fondation GoodPlanet?On ne peut pas faire un travail comme La Terre vue du ciel sans s\u2019intéresser au monde et sans en être transformé.L\u2019énorme succès de La Terre vue du ciel-plus de 3,5 millions d\u2019exemplaires vendus dans le monde - m\u2019a donné les moyens de créer ma fondation et de devenir un activiste.Le livre a eu un succès qui a surpris tout le monde et, dix ans après, il est toujours en tête des ventes.Cela me permet d\u2019aller plus loin, notamment en proposant des expos gratuites de ces photos, dans la rue, un peu partout dans le monde.Il semble que le discours écologiste soit passé chez la plupart des gens en théorie, mais pas encore en pratique?On n\u2019en est pas encore à la vraie prise de conscience.La prise de conscience, c\u2019est un truc dans le ventre qui prend aux tripes.On n\u2019en est qu\u2019au stade du vernis.Je le vois, par exemple, avec mon film Home, qui se termine avec une série de chiffres qui foutent vraiment les jetons.La première fois que j\u2019ai vu ces chiffres, j\u2019en ai eu les larmes aux yeux.Eh bien, personne ne nous a attaqués sur ces chiffres, car ils sont incontestables et tout le monde les connaît! Ce qui veut dire qu\u2019on est dans une situation de déni collectif.Quand on dit : «En 2050, il n\u2019y aura plus de poisson», les gens enregistrent l\u2019information, mais ne cessent pas de manger du poisson pour autant.Quand on dit : «La production de viande est le premier émetteur de gaz à effet de serre», c\u2019est pareil.Même si ça commence à bouger un peu, c\u2019est très long de modifier des habitudes.Que préconisez-vous?C\u2019est toujours prétentieux d\u2019imposer des gestes écolos aux gens.Les gestes, tout le monde les connaît maintenant, il y a suffisamment d\u2019information là-dessus.Ce qu\u2019il faut, c\u2019est qu\u2019on apprenne à vivre mieux avec moins.Ce n\u2019est pas de la décroissance, c\u2019est consommer moins pour la plupart d\u2019entre nous et davantage pour ceux qui n\u2019ont pas assez, c\u2019est simple.On vit dans un monde de gâchis et c\u2019est la réflexion que j\u2019ai eue, à l\u2019origine de «10:10» (voir encadré).Il faut commencer par ne pas gâcher, par réparer ce qu\u2019on a au lieu de le jeter.«QUAND ON DIT : \u201cEN 2050, IL N\u2019Y AURA PLUS DE POISSON\u201d, LES GENS ENREGISTRENT L\u2019INFORMATION, MAIS NE CESSENT PAS DE MANGER DU POISSON POUR AUTANT.» \u2014 Yann Arthus Bertrand, photographe aérien et écologiste Quelles sont les actions menées par votre fondation?En dehors de l\u2019opération «10:10», à laquelle nous croyons beaucoup, nous sommes très investis sur la compensation carbone.Au travers de diverses ONG, on donne de l\u2019énergie à des gens qui n\u2019en ont pas.C\u2019est un geste assez facile à faire, quand on prend l\u2019avion notamment.On a un très gros projet, à Madagascar, de protection de 500000 hectares avec WWF.On a réalisé une série d\u2019affiches qui sont désormais dans toutes les écoles de France.On a des projets de construction de bâtiments écolos dans toute la France où recevoir des classes vertes et des enfants défavorisés, pendant les vacances.On aide également les grandes entreprises à trouver des ONG qui correspondent à ce quelles ont envie de faire en ce qui concerne leur engagement.On continue à tourner dans le monde avec «6 milliards d\u2019Autres», un gros boulot qui a été exposé l\u2019an dernier.On en a fait un autre sur le changement climatique, et on en prépare encore un autre sur le thème «Pourquoi la haine?» où l\u2019on fait parler des chiites et des sunnites, des Israéliens et des Palestiniens.Cela permet de comprendre pourquoi et comment la haine peut s\u2019installer.On a recueilli énormément de témoignages très touchants.Cela dépasse l\u2019écologie.Oui et non, car, pour moi, l\u2019écologie c\u2019est vivre ensemble.C\u2019est une meilleure compréhension de l\u2019autre.Quand je vois la précarité désespérante dans laquelle vivent beaucoup de personnes âgées aujourd\u2019hui, je trouve ça honteux! Ce ne sont pas des gens qui se plaignent ou qui vont mendier dans la rue, mais c\u2019est insupportable.Il y a beaucoup de détresse psychologique dans la rue et chez les gens en situation de précarité, une inadaptation au monde dans lequel on vit.C\u2019est une question très difficile pour laquelle je n\u2019ai pas de solution.«CE QU\u2019IL FAUT, C\u2019EST QU\u2019ON APPRENNE À VIVRE MIEUX AVEC MOINS.CE N\u2019EST PAS DE LA DÉCROISSANCE, C\u2019EST CONSOMMER MOINS POUR LA PLUPART D\u2019ENTRE NOUS ET DAVANTAGE POUR CEUX QUI N\u2019ONT PAS ASSEZ.» \u2014 Yann Arthus Bertrand, photographe aérien et écologiste WWW.GOODPLANET.ORG CET ARTICLE PROVIENT DU JOURNAL DE RUE FRANÇAIS MACADAM.CE PARTENARIAT S\u2019INSCRIT DANS LE CADRE DU RÉSEAU INTERNATIONAL DES JOURNAUX DE RUE ET DU STREET NEWS SERVICE.PHOTO : EVA FERRERO AVEC «10:10», TOUT LE MONDE S\u2019IMPLIQUE! «10:10» est une campagne de mobilisation internationale contre les changements climatiques.Elle invite chaque personne, organisme ou compagnie dans 21 pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 10% dès maintenant, sans attendre d\u2019accord international ou de décision politique.C\u2019est une campagne positive qui va à l\u2019encontre du pessimisme ambiant.Elle met en valeur les efforts de tous ceux impliqués dans la protection de l\u2019environnement et encourage les autres à faire de même.L'ITINÉRAIRE 29 15 décembre 2010 CONSOMMATION LES GEANTS METTENT LA MAIN VERONIQUE CHAGNON À LA PÂTE Les organismes sans but lucratif profitent du temps des fêtes pour demander au citoyen de plonger la main dans sa poche et de donner au suivant.Il s\u2019agit d\u2019une étape obligée pour ces organismes dont les programmes dépendent de vos dons.Il est cependant réconfortant de savoir que les géants de ce monde mettent aussi quelques billets verts dans le grand couvre-chef des combats sociaux, et ce, à longueur d'année.Plus qu\u2019un chiffre dans la colonne «déductions» des déclarations de revenus, les actions sociales des grandes entreprises sont de beaux gros cadeaux sous les arbres des organismes et de leurs protégés.L\u2019Itinéraire présente les causes que trois colosses ont prises sous leur aile.DURANT LA PÉRIODE DES FÊTES, MOLSON COORS DÉPLOIE SON ARMADA D\u2019ANGES DANS LES BARS DE MONTRÉAL, QUÉBEC ET SHERBROOKE AFIN DE SENSIBILISER LES FÊTARDS À SE FAIRE RACCOMPAGNER.boire, ou combien de verres enfiler.On encourage les choix responsables.» Selon Mme Dépatie, le brasseur investit chaque année au moins un million de dollars pour renouveler sa campagne de consommation responsable, qui dure depuis plus de quarante ans.Au fil du temps, la campagne de Molson Coors a évolué pour faire face à de nouveaux enjeux.L\u2019entreprise s\u2019est d\u2019ailleurs alliée cette année à la Student Life Education Company pour faire passer son message dans les universités du Canada.Mme Dépatie croit que «la consommation excessive est aussi problématique que l\u2019alcool au volant».«On vend un produit qui amène des difficultés quand il n\u2019est pas consommé de manière responsable», concède Monique Dépatie, qui considère que tous les brasseurs devraient assumer leur part de responsabilité.Elle souligne d\u2019ailleurs que les Anges Molson Coors ne visitent pas que les bars approvisionnés par Molson, parce que «la consommation responsable, c\u2019est aussi pour le client de Labatt».pas dire aux gens comment MOLSON COORS VOLE DE BAR EN BAR POUR LA CONSOMMATION RESPONSABLE Pour le cinquième Noël de suite, Molson Coors envoie ses Anges faire la tournée des bars de la belle province.Nul besoin de réviser votre «Notre Père», les Anges Molson Coors sont plutôt là pour rappeler à ceux qui ont levé le coude d\u2019appeler un taxi pour rentrer à la maison.«Avec les Anges, on voulait aller au-delà de la sensibilisation pour poser des actes concrets sur le terrain», explique Monique Dépatie, responsable des relations communautaires chez Molson Coors.Une semaine avant Noël, les Anges en minijupes voleront donc de bar en bar pour «faire un petit clin d\u2019oeil» et distribuer des coupons de réductions pour un taxi, tout en rappelant aux fêtards qu\u2019ils peuvent en tout temps composer le 1-888-TAXISVP, une ligne pancanadienne que Molson a fondée et parrainée, pour joindre un chauffeur.Monique Dépatie indique que la campagne «Saluons les choix responsables» se veut tout sauf moralisatrice.«On ne veut 30 L'ITINERAIRE 15 décembre 2010 prostitution juvénile.Dans ce cas, la compagnie les incite à communiquer avec cyberaide.ca, un site web qui travaille en collaboration avec les agences policières nationales et internationales.TRANSAT S\u2019ARME POUR CONTRER LE TOURISME SEXUEL INFANTILE Pour Transat, la guerre contre le tourisme sexuel des enfants commence.dans sa propre cour! La compagnie montréalaise s\u2019est alliée cette année à l\u2019organisation non gouvernementale (ONG) Au-delà des frontières pour tenir le phénomène bien en joue.Pour la première année du partenariat, la compagnie de voyage québécoise et l\u2019ONG s\u2019attaquent d\u2019abord à la sensibilisation des employés.«On aurait beau lancer une campagne dans les médias, si les gens au front avec les clients ne comprennent pas de quoi il s\u2019agit, ça ne donnerait rien», précise Mark Erik Hecht, principal conseiller juridique d\u2019Au-delà des frontières.Il souligne au passage que le tourisme sexuel infantile gagne du terrain dans les destinations caraïbes desservies par Transat.Au cours des derniers mois, la compagnie a formé les employés de ses différentes filiales.Les cadres et salariés des diverses divisions de Transat, du transporteur aérien au voyagiste, sont ou seront donc sous peu en mesure d\u2019identifier, entre autres, les endroits propices aux sévices et aux mauvais traitements et le comportement à adopter s\u2019ils sont témoins d\u2019un cas de « V «L\u2019idée n\u2019est surtout pas de partir à la chasse aux pédophiles, ce n\u2019est pas notre job», tempère Pierre Tessier, aux communications chez Transat.Les pédophiles représenteraient d\u2019ailleurs une mince partie de la clientèle à risque.«La plupart des cas sont situationnels et occasionnels, des gens qui après deux ou trois verres de rhum ont une relation sexuelle avec une personne de 16 ans, ajoute Pierre Tessier.Ça peut être votre beau-frère, votre voisin.» Les troupes de Transat porteront donc un message qui, comme l\u2019espère Au-delà des frontières, résonnera auprès de leurs belles-familles et voisins respectifs.J V RIO TINTO ALCAN DONNE UN COUP DE POUCE AUX ÉCOLES DU SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN «Les fonds de Rio Tinto Alcan vont nous permettre de tester davantage d\u2019approches auprès des jeunes pour prévenir le décrochage scolaire», annonce joyeusement Anne-Lise Minier, professionnelle en intervention au Conseil régional de prévention de l\u2019abandon scolaire (CRÊPAS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.Le colosse de la métallurgie a notifié en janvier dernier qu\u2019il investirait 15 millions de dollars sur cinq ans pour la persévérance scolaire.Le CRÊPAS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où Rio Tinto Alcan possède une usine, a su tirer son épingle du jeu.L\u2019organisme obtient 450000$ sur trois ans pour déployer le projet Parcours 0 à 20 ans.Le projet sera réalisé en partenariat avec la Commission scolaire de la Jonquille, qui collaborera avec les spécialistes du CRÊPAS pour mettre sur pied un programme d\u2019intervention auprès des jeunes.«Le taux de décrochage de la Commission scolaire de la Jonquille n\u2019est pas parmi les plus alarmants», précise Anne-Lise Minier, qui travaillera avec des écoles présentant un taux moyen de diplomation de 76,5 %.«On vise 82% pour 2014.Comme les taux de diplomation sont hauts, ce sera difficile d\u2019aller chercher ceux qu\u2019il reste à diplômer», anticipe M™ Minier.Le CRÊPAS a déjà fait ses preuves dans des écoles plus petites au nord du Saguenay, où il a réussi à augmenter de 18,8% le taux de diplomation des garçons.Les deux partenaires ont lancé le projet à la mi-novembre et ce concentrent pour l\u2019instant à établir le portrait des écoles concernées avant de parler des solutions.«Le CRÊPAS va accompagner les écoles pour faire le pont entre la recherche et le terrain», explique Anne-Lise Minier.Elle avance que le programme pourrait, entre autres, prendre la forme d\u2019une intervention auprès des employeurs de la région.«Les jeunes font des semaines de 30 heures en plus de leur formation scolaire, donc on peut par exemple sensibiliser les compagnies pour quelles engagent suffisamment de personnel pendant les périodes d\u2019examen.» PHOTO 2 : DREAMSTIME/RON CHAPPEL STUDIOS L'ITINERAIRE\t31 PHOTO 1 : MOLSON COORS 15 décembre 2010 Tous m*e malituTt voeu* «n cq lùmps des Mtes Jo>g espon et s^isrile pour la liouvoli?année ¦ ¦ * t - JtMUtKHAblA Shhnulf1 d# Mnctar CODE D\u2019ÉTHIQUE DES CAMELOTS 1.\tNe jamais vendre L'Itinéraire intoxiqué 2.\tRespecter son propre point de vente et celui des autres camelots 3.\tVendre L'Itinéraire au prix indiqué sur la page couverture 4.\tNe jamais ternir la réputation des autres camelots et du Groupe L\u2019Itinéraire 5.\tToujours être courtois et respectueux envers la clientèle 6.\tSe tenir à une distance raisonnable du client ou des entrées d\u2019établissements 7.\tRespecter les employés et les membres du Groupe 8.\tMendier au nom de L'Itinéraire ou en vendant L'Itinéraire est interdit 9.\tNe vendre aucun produit avec le magazine L'Itinéraire Ert (g ifmpu j1 j' wfiJjtiii.,t Wïl.flV O i U J \".J4rt.ruJ ;i fa.JiNut.jfr Itvt tirt-if rm'.-r KFtdtlilX i «m lù mite jr éatdusttt j «noir, (Jttf {\\tnnrt JXll\ty^Jit Arttf» n ¦ ' ¦ Vf frf .ni t Tientr rir ^ Tmir futnt poinr
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