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Titre :
Annales de l'A.C.F.A.S.
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1935-1995
Contenu spécifique :
Vol. 43, No 02
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Annales de l'A.C.F.A.S., 1976, Collections de BAnQ.

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[" A-320 ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L\u2019AVANCEMENT DES SCIENCES ANNALES DE L\u2019ACFAS VOL.43, N° 2, 1976 Actes du 44e congres t'\"1 v!,; i&V U444m^ A4 4m - ¦ lAMnltV fckKwb V.V»ÿlV.\t\t\t ' 3 2Ô Ç: vp, a.|5\u2019 S actes du 44e congrès de l\u2019acfas tenu à l\u2019Université de Sherbrooke du 12 au 14 mai 1976 ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L\u2019AVANCEMENT DES SCIENCES C.P.6060, Montréal, P.Q., H3C 3A7 Des exemplaires supplémentaires de ce document peuvent être obtenus sur demande accompagnée d\u2019un chèque ou mandat au montant de $5.00 l\u2019unité, auprès de : l\u2019ACFAS, C.P.6060 Montréal, Qué.H3C 3A7 La reproduction et l\u2019usage de ces articles sont permis.Prière de faire mention de leur provenance Publié par l'Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 1er trimestre 1977 Bibliothèque nationale du Canada. SOMMAIRE Présentation\t\t1 Comité du 44e Congrès\t\t2 Le président de l\u2019ACFAS\t\t3 Médaille Archambault\t\t4 Médaille Pariseau\t\t5 Médaille Vincent\t\t6 Membres émérites\t\t7 L\u2019ACTIVITÉ PHYSIQUE: PERSPECTIVES ET APPORT DES SCIENCES HUMAINES (COLLOQUE)\t\t Pierre J.Demers\tLa recherche dans les sciences humaines: quelques considérations pour l\u2019étude de l\u2019être humain et l\u2019activité phy-\t \tsique\t11 N.A.Gomez-Toussaint\tVers une compréhension de l\u2019activité physique: une démarche de recherche sur des problèmes de motivation et d\u2019apprentissage\t15 Arthur Sheedy\tUne philosophie de l'éducation physique: un embarras, un luxe ou une nécessité?\t19 \tLES SERVICES DE SANTÉ: LE CAS DES CANTONS DE L\u2019EST (COLLOQUE)\t C.Blouin, A.Kelly, L.Munan, J.-P.Thouez\tAnalyse préliminaire d\u2019un système de santé: le cas de la distribution des ressources de santé dans les Cantons de l\u2019Est\t29 A.Kelly, L.Munan, G.Tétrault, J.-P.Thouez\tL\u2019organisation du service de santé en milieu rural et ses implications: le cas des Cantons de l\u2019Est\t37 R.Bédard, A.Kelly, L.Munan, J.-P.Thouez\tCartographie des principales affections des enfants de moins de 5 ans dans les Cantons de l\u2019Est\t47 \tNUTRITION\t M.Julien-Dubé M.Préfontaine\tÉvaluation du savoir, de l\u2019attitude et du comportement alimentaire des élèves du secondaire I et III de l\u2019île de Montréal\t59 L.Villalon,\tLe facteur nutritionnel dans la croissance et le déve- S.Rigaud et M.Brault-Dubuc\tloppement de l\u2019enfant de 0 à 6 ans: méthodologie d\u2019une étude longitudinale\t\t69 M.Brault-Dubuc\tÉpaisseur corticale du 2e métacarpien, en relation avec la consommation alimentaire et la maturation osseuse\t73 GÉNIE CHIMIQUE J.\t-C.Cavalier\tConversion de la tourbe: gazéification-liquéfaction\t81 E.Chornet K.\tN.Law\tAnalyse thermique de l\u2019épinette blanche\t99 B.\tV.Kokta C.\tCossette, K.N.Law,\tMesures de la résistance des fibres de l\u2019épinette blanche\t103 B.V.Kokta, J.J.Garceau LITTÉRATURES DE LANGUE FRANÇAISE Martine Léonard\tLittérature et linguistique: influence de Benveniste\t111 Jean-Claude Jaubert\tL\u2019analyse de film : concept et méthodologie\t115 Daniel Chouinard\tLittérature et sémiologie: quelques considérations sur la fonction intertextuelle dans un récit de Scarron\t119 TEXTES DIVERS Gilles Willett\tLe rôle de la communication et des communications dans notre société en devenir\t127 Jean-Paul Drolet\tCroissance versus conservation\t131 Yvon Gasse\tModèle d\u2019entrepreneurship : profil et fonctions\t135 Jean Desmeules\tLes tendances du développement économique et les be- soins en eau dans le bassin de la Saint-François d\u2019ici 1986\t145 Maurice-K.Seguin\tComparaison des propriétés physiques avec les caractères lithologiques de séquences métavolcaniques et métasédi-\t, mentaires de l\u2019Abitibi : mesures et interprétation\t149 4 PRÉSENTATION En mai 1976, la ville de Sherbrooke était pour la quatrième fois l\u2019hôte du congrès de l\u2019ACFAS qui en était, quant à elle, à ses 44ièmes assises annuelles consécutives.L\u2019Université de Sherbrooke, pour sa part, recevait l\u2019ACFAS pour la troisième fois.En 1943, c\u2019est au séminaire Saint-Charles-Borromée que les 139 congressistes de l\u2019ACFAS venaient pour la première fois à Sherbrooke y présenter 173 communications scientifiques.Ce n\u2019est que 24 ans plus tard que Sherbrooke fut à nouveau, en 1967, l\u2019hôte du congrès qui se tînt alors à l\u2019Université, avec la participation de 1500 congressistes venus entendre ou présenter plus de 500 communications.Sherbrooke faisait désormais partie du circuit des congrès annuels de l\u2019ACFAS qui est revenue dans la ville-reine des Cantons de l\u2019Est en 1971 et en 1976.Au 44e Congrès, 687 communications libres et 29 colloques ou ateliers étaient inscrits au programme des 39 sections de sciences biologiques, humaines, physiques et mathématiques, auxquelles participèrent 1400 congressistes.Le présent volume regroupe sous quelques thèmes généraux des textes choisis parmi des conférences présentées dans le cadre de colloques ou parmi des présentations faites lors de séances de communications libres.Nous espérons que cet ouvrage contribuera à donner un aperçu représentatif de la diversité et de la qualité des contributions soumises au dernier congrès. COMITÉ DU 44e CONGRÈS Président Organisation scientifique Organisation matérielle Programme social Information Louis-C.O\u2019Neil Jacques Juillet Pierre Laçasse Jean-Guy Lehoux Pierre Béchard Jean-Marie Bergeron Hildège Poirier Roger Charlebois Monique Desrochers Jules Perron Marc Bernier RESPONSABLES DES SECTIONS Marcel Banville (physique) Bernard Bénard (endocrinologie) Pierre Bernath (germanistique) Carlos Brailowsky (biologie cellulaire) P.-E.Brunelle (génie civil et mécanique) Aidée Cabana (chimie physique) Gary Caldwell (démographie) Michel Campagnat (génie électrique) J.-R.Chotard (histoire) Alban D'Amours (économique) Pierre Demers (activité physique) Bernard Denault (sciences de la religion) Pierre Deslongchamps (chimie organique) Raymond Desrochers (microbiologie et immunologie) Jean-Louis Dionne (agronomie) J.-M.Dubois (géomorphologie et quaternaire) Claude Filteau (littératures de langue française) Serge Gonthier (zoologie et écologie animale) Denis Gravelle (génie chimique) Claude Greffard (environnement) Fernand Guérin (sciences administratives) Frank Kimmerly (chimie analytique et minérale) Alexis Klimov (études slaves et est-européennes) Lucien Laforest et Richard Lefrançois (sociologie) Jacques Lamarche (pathologie et histologie) François Lamy (biochimie) Guy Lapointe (géologie et minéralogie) J.-M.Léard (linguistique) René L\u2019Écuyer (psychologie) P-Y.Leduc (mathématiques et informatique) René Lefebvre (éducation) Albert Legault (botanique et écologie végétale) André Plamondon (études amérindiennes) Gérard Plante et Jean Morisset (physiologie et gastroentérologie) Waldo Ross (études hispaniques) Otto Schanne (biophysique et génie biomédical) J.-P.Thouez (géographie) Louis Valcke (philosophie) Jitka Vobecky (nutrition et vivres) 'MVj LE PRÉSIDENT DE L\u2019ACFAS pour l\u2019exercice 1976-1977 M.MARCEL HAMELIN Monsieur Marcel Hamelin est historien, professeur agrégé au Département d\u2019histoire de l\u2019Université d\u2019Ottawa et doyen de la Faculté des Arts.Né en 1937 à Saint-Narcisse (Champlain), il fait ses études classiques au Collège Séraphique de Trois-Rivières et au Séminaire Sainte-Marie de Shawinigan.En 1959, il entreprend ses études universitaires à l\u2019Université Laval où il obtient une licence ès lettres, un diplôme d\u2019études supérieures (histoire) et un doctorat ès lettres (histoire).Nommé professeur au Département d\u2019histoire de l\u2019Université d\u2019Ottawa en 1966, il est successivement directeur de ce département entre 1968 et 1970, vice-doyen aux études supérieures de 1972 à 1974 et doyen de la Faculté des Arts depuis 1974.Au cours des dernières années, il s\u2019est intéressé d\u2019une façon spéciale aux structures universitaires en tant que membre d\u2019une commission de révision des structures des unités d\u2019enseignement et de recherche.M.Hamelin a orienté ses recherches surtout vers l\u2019histoire du Québec.Ses premières publications portent sur les élections provinciales et les moeurs électorales au Québec.Il a édité les mémoires du sénateur Raoul Dandurand.Son dernier ouvrage, publié en 1975 aux Presses de l\u2019Université Laval, présente les premières années du parlementarisme des débats parlementaires de l\u2019Assemblée législative de la province de Québec depuis 1867 et les quatre premiers tomes de cette œuvre ont récemment été publiés chez l\u2019éditeur des Débats de l\u2019Assemblée Nationale.M.Hamelin est membre de plusieurs associations scientifiques en particulier de l\u2019Association historique du Canada dont il a été membre du conseil de direction de 1972 à 1975.Il est marié et père de trois enfants.3 MF*1.MÉDAILLE ARCHAMBAULT Récipiendaire pour l\u2019année 1976 M.ROGER BOUCHER, directeur Laboratoire de biochimie sur l\u2019hypertension Institut de recherches cliniques de Montréal Diplômé de l\u2019Université de Montréal (Ph.D., chimie), M.Roger Boucher s\u2019est joint, au début de sa carrière, au département de recherches cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, comme chimiste senior puis comme associé en recherches médicales, avant de prendre la direction du Laboratoire de biochimie sur l\u2019hypertension de l\u2019Institut de recherches cliniques.Les contributions scientifiques de M.Boucher et de son équipe sont nombreuses et importantes, notamment: la mise au point de méthodes, maintenant largement utilisées, pour la détermination de l\u2019activité de la rénine plasmatique et pour la mesure de l\u2019enzyme de conversion ; la démonstration de la présence d\u2019isorénines dans les tissus au niveau du cerveau, des surrénales et des artères; la découverte d\u2019une nouvelle enzyme, appelée la Tonine.Auteur de nombreuses publications, M.Boucher a en outre participé de près à la formation d\u2019un grand nombre de chercheurs du Canada et de l\u2019étranger.M.Boucher est professeur titulaire de recherches à l\u2019Université de Montréal, membre du Comité du Conseil de la recherche en santé du Québec, président du comité médical aviseur de la Fondation des maladies du coeur du Québec/ membre du comité de recherches cliniques du Conseil de recherches médicales du Canada et du Comité international pour la standardisation de la rénine et de l\u2019angiotensine.Il est aussi fellow de l\u2019Institut de chimie du Canada.La Médaille Archambault de l\u2019ACF AS a été créée en 1953 en l\u2019honneur d\u2019Urgel Archambault, fondateur de l\u2019École Polytechnique de Montréal.Elle est accordée annuellement pour reconnaître des contributions exceptionnelles, en milieu canadien-français, dans le domaine de la technologie ou, d'une façon générale, pour souligner des réalisations concrètes de nature à favoriser le progrès de la recherche scientifique.Elle est accompagnée d\u2019un prix de $2,000, grâce à un don de l\u2019Aluminium du Canada Ltée.4 MÉDAILLE PARISEAU Récipiendaire pour l\u2019année 1976 M.PAUL MARMET, directeur Laboratoire de physique atomique et moléculaire Université Laval M.Paul Marmet a fait ses études en physique à l\u2019Université Laval.Titulaire d\u2019une bourse «Rutherford Memorial Fellowship», il poursuivait un stage d'un an au Commonwealth Scientific Industrial Organization de Melbourne en Australie puis revenait comme professeur à l\u2019Université Laval, où il dirige actuellement le laboratoire de physique atomique et moléculaire.Les premiers travaux de M.Marmet ont porté sur le développement du sélecteur électrostatique d\u2019électrons monoénergétiques, apportant une contribution décisive à l\u2019emploi de faisceaux électroniques pour l\u2019étude des structures atomiques et moléculaires.Dans l\u2019utilisation et la mise au point des techniques d\u2019impact électronique, le professeur Marmet et ses collaborateurs ont, par la suite, innové de façon notable: mesure des niveaux de vibration H2, détermination précise de plusieurs seuils d\u2019ionisation, identification de niveaux doublement excités et autoionisants dans plusieurs gaz, etc.M.Marmet a proposé un nouveau sélecteur, le monicétron, capable de produire un courant beaucoup plus intense sans augmenter la dispersion d\u2019énergie.Récemment, une nouvelle méthode d\u2019analyse des données a été ajoutée aux méthodes d\u2019étude des structures atomiques et moléculaires par impact électronique.La valeur de ces travaux a déjà été reconnue par l\u2019attribution au professeur Marmet de trois distinctions insignes: la Médaille Herzberg, le Prix Rutherford et le Prix Scientifique du Québec.Le professeur Marmet est aussi membre de la Société Royale du Canada.La Médaille Pariseau de l\u2019ACF AS a été instituée en 1944, en l\u2019honneur de M.Léo Pariseau, premier président de l\u2019association.Elle est destinée à reconnaître les mérites de travailleurs scientifiques du Canada français, qui se sont signalés par des travaux remarquables en recherche fondamentale.La médaille est attribuée selon une rotation entre les sciences physiques, biomédicales et humaines.Elle est accompagnée d\u2019un prix de $2,000, grâce à un don de la Banque Canadienne Nationale.5 / MÉDAILLE VINCENT Récipiendaire pour l\u2019année 1976 M.FERNAND LABRIE, directeur Laboratoire d\u2019endocrinologie moléculaire Université Laval M.Fernand Labrie a fait ses études de médecine à l\u2019Université Laval, avant d\u2019y obtenir un doctorat ès sciences (endocrinologie).Après avoir poursuivi des études post-doctorales aux universités de Sussex et de Cambridge en Angleterre, il revenait à l\u2019Université Laval, à titre de professeur au département de physiologie, puis au département d\u2019endocrinologie où il dirige depuis 1973 le Groupe de recherche du Conseil de recherches médicales du Canada en endocrinologie moléculaire.Avec l\u2019équipe qu\u2019il a constituée, M.Labrie a poursuivi des travaux qui se situent à la pointe de la recherche endocrinologique contemporaine, notamment en ce qui concerne l\u2019étude des hormones hypophysiotropes d\u2019origine hypothalamique.Les réalisations obtenues dans ce domaine par M.Labrie et ses collaborateurs ont été diffusées par de nombreuses publications, conférences et participations à des rencontres internationales, conférant à ce groupe de recherche une réputation qui s\u2019étend à plusieurs pays.Au cours de travaux antérieurs, M.Labrie a effectué des contributions remarquables sur les interactions hormonales (rôle de la transcortine), sur divers aspects de la biochimie des protéines et des acides nucléiques (isolement de l\u2019ARN messager de l\u2019hémoglobine).Au nombre des distinctions que s\u2019est mérité M.Labrie, mentionnons le Prix de recherche fondamentale de l\u2019Association des médecins de langue française du Canada; il est associé du Conseil de recherches médicales et du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, et affilié de la Société Royale de Médecine de Londres.La Médaille Vincent de l\u2019ACF AS a été instituée en 1974, en l'honneur de M.Marcel Vincent, premier président canadien-français de Bell Canada.Elle a pour but de reconnaître les mérites de travaux de recherche, de nature fondamentale ou appliquée, qui représentent une percée significative dans un domaine donné du savoir et qui ont été réalisés par des chercheurs relativement jeunes.La médaille a été attribuée pour la première fois en 1975 et est accompagnée d\u2019un prix de $2,000, grâce à un don de la compagnie Bell Canada.¦m mm «JJ WW* \u2022Tîtîiî:: .¦ .rî** *»\u2022»>« iS*.i 6 MEMBRES EMERITES DE L\u2019ACFAS » / Depuis 1973, l\u2019ACF AS honore des membres qui se sont signalés par leurs contributions au sein de l\u2019ACFAS ainsi que dans le milieu scientifique en général.Les trois membres émérites nommés en 1976 portent à huit le nombre de membres émérites que compte maintenant l\u2019ACFAS, les autres membres étant MM.Léon Lortie, Léo Marion, Cyrias Ouellet, Adrien Pouliot et Joseph Risi.M.Lionel Daviault a été l\u2019un des tout premiers Canadiens français à se spécialiser en entomologie forestière.Il a été directeur régional du Laboratoire fédéral de recherches forestières à Ste-Foy.Il a également dirigé le Laboratoire d\u2019entomologie forestière du Canada à BerthierviIle et, par la suite, le Bureau d\u2019entomologie du Ministère des terres et forêts du Québec.Parallèlement à sa carrière de chercheur dans la fonction publique provinciale et fédérale, M.Daviault a été professeur d\u2019entomologie de la Faculté de foresterie et de géodésie de l\u2019Université Laval.Il a publié les résultats de nombreux travaux sur la biologie, l\u2019écologie et la distribution des insectes forestiers.M.Daviault a été président de l\u2019ACFAS en 1949-1950 et a reçu de l\u2019ACFAS, en 1959, la médaille Pariseau.1 M.LIONEL DAVIAULT M.René Pomerleau a fait oeuvre de pionnier au Québec, en particulier par ses recherches sur les maladies des arbres; il s\u2019est aussi distingué dans le domaine de la mycologie.M.Pomerleau a été directeur du Laboratoire de pathologie forestière du gouvernement fédéral, à Québec, ainsi que du Bureau de pathologie forestière du Québec, en plus d\u2019enseigner la mycologie et la pathologie forestière à l\u2019Université Laval.Ses publications et son activité lui ont valu plusieurs distinctions honorifiques, entre autres la médaille Pariseau de l\u2019ACFAS (1954), dont il fut d\u2019ailleurs le président en 1951-1952.M.Georges Préfontaine, médecin et biologiste, s\u2019est distingué par ses recherches en biologie marine ainsi que par ses nombreux travaux de vulgarisation scientifique.Il a été professeur à l\u2019Université de Montréal, dont il a longtemps dirigé l\u2019Institut de biologie.M.Préfontaine a aussi été directeur des laboratoires à l\u2019hôpital Saint-Joseph-de-Rosemont et, jusqu\u2019à récemment, microbiologiste-conseil auprès de l\u2019hôpital Saint-Jean-de-Dieu.Il a oeuvré dans plusieurs organismes et a reçu de nombreuses distinctions honorifiques.M.Préfontaine a été président de l\u2019ACFAS en 1938-1939.¦ M.RENÉ POMERLEAU M.GEORGES PRÉFONTAINE 7 L\u2019activitéphysique: perspectives et apport des sciences humaines Les trois textes qui suivent ont fait l\u2019objet d\u2019exposés présentés dans le cadre d\u2019un colloque organisé par la section d\u2019activité physique. LA RECHERCHE DANS LES SCIENCES HUMAINES: QUELQUES CONSIDÉRATIONS POUR L\u2019ÉTUDE DE L\u2019ÊTRE HUMAIN ET L\u2019ACTIVITÉ PHYSIQUE Pierre J.Demers Département de kinanthropologie Université de Sherbrooke Peut-on affirmer que «la recherche dans les sciences humaines» est un phénomène nouveau?Je ne le crois pas.Au niveau général, ce phénomène a peut-être un siècle d\u2019existence tandis qu\u2019au niveau de l'homme en mouvement, il n\u2019a que quelques années.Le but de cette présentation est de tenter de cerner ce phénomène afin de comprendre toute la portée que peuvent avoir les sciences humaines sur l\u2019étude de l\u2019homme en mouvement.Les quelques considérations qui seront abordées ne sont pas d\u2019ordre méthodologique ou technique; elles sont d\u2019ordre conceptuel, en ce sens que nous tenterons de cerner quels sont les facteurs inhérents qui influencent ce phénomène des sciences humaines et comment il peut être intégré à l\u2019étude de l\u2019homme en mouvement.Je n\u2019ai pas la prétention de pouvoir résoudre tous les problèmes par cette ligne directrice, cependant, je crois que pour obtenir une compréhension adéquate de l\u2019être humain face à l\u2019activité physique, il faudra continuer d\u2019étudier l\u2019activité physique mais aussi étudier l\u2019homme dans sa perspective humaine.L\u2019être humain et l\u2019activité physique: quelques relations «L\u2019être humain et l\u2019activité physique» est un phénomène qui a existé à travers les âges de l\u2019univers.L\u2019activité physique a pris plus d\u2019une forme, a rempli plus d\u2019un rôle et a satisfait plus d\u2019un besoin.L\u2019homme l\u2019utilise à différentes fins, ce qui fait que ce phénomène est difficile à étudier d\u2019une façon statique.C\u2019est un phénomène intrinsèquement dynamique.Il change constamment.Ce dynamisme est fondamentalement amorcé par la nature des deux composantes de base qui sont dynamiques en soi.L\u2019homme est un être en changement constant, qu\u2019on le prenne individuellement ou collectivement.L\u2019activité physique, dans un certain sens, est dépendante de l\u2019homme, de ses besoins, de ses valeurs, de ses traditions, etc.Sans l\u2019homme, l\u2019activité physique humaine n'existerait évidemment pas; sans l\u2019activité physique, l\u2019homme trouverait autre chose à faire.Elle ne sert uniquement qu\u2019à améliorer son bien-être général.J\u2019ai bien dit son bien-être «général».Ce terme inclut l\u2019aspect physique bien sûr.L\u2019homme étant une entité globale, il est impensable et fonda- mentalement impossible d\u2019avoir un effet sur un seul aspect de cette globalité humaine.Bien que l\u2019aspect physique soit, en éducation physique, un des objectifs majeurs, ce serait une erreur à mon sens d\u2019essayer de comprendre l\u2019homme en mouvement par cette seule optique.Depuis très longtemps nous étudions le phénomène de l\u2019être humain face à l\u2019activité physique.Depuis que l\u2019étude scientifique de cette relation a débuté, l\u2019accent a primordialement été placé sur l\u2019aspect biologique de ce phénomène.La question que je pose à ce point-ci est la suivante: étudions-nous l\u2019être humain face à l\u2019activité physique d\u2019une manière adéquate?Quelques éléments de réponse À cette question, je réponds non, mais certaines précisions doivent être apportées.Le fait que l\u2019accent soit mis surtout sur l\u2019étude par les sciences biologiques n\u2019est pas nécessairement mauvais en soi; chacune de ces sciences se distingue des autres et les frontières sont assez bien découpées, ce qui rend cette étude biologique de plus en plus spécifique à telle ou telle science.Ceci implique que même au niveau biologique, nous assistons à un fractionnement du mouvement de l\u2019homme.Rarement verrons-nous une tentative d\u2019intégration des connaissances de ces différentes sciences.Ce fractionnement provoque à mon sens une compréhension très incomplète du phénomène étudié.Sur un plan spécifique à chaque science, il est certain qu\u2019un avancement est réalisé, mais n\u2019oublions pas que nous étudions un phénomène total.Dans les sciences de l\u2019homme, ces distinctions et ces démarcations claires entre les champs n\u2019existent pas.Cela est le résultat de deux facteurs.En premier lieu, une connaissance trop imparfaite de la nature des champs d\u2019observation rend difficile les classifications puisque la conduite humaine est influencée par trois types de réalité (le biologique, le psychologique et le culturel), il est difficile de l\u2019étudier sous un seul angle d\u2019une manière adéquate.(.) Ce n\u2019est que par l\u2019étude de la totalité que celle de chacun de ces paliers acquiert toute sa signification, mais simultanément, les délimitations entre chacun de ces paliers, sont très difficiles à établir.(4, p.47).11 Pour comprendre le mouvement chez l\u2019homme, nous devrons absolument l\u2019étudier avec un œil biologique, mais pour réellement saisir l\u2019essence de l\u2019homme en mouvement, nous devrons non seulement déborder l\u2019aspect biologique mais aussi, et surtout, l\u2019étudier sous les deux autres aspects mentionnés, le psychologique et le culturel.Le mouvement humain est fondamentalement un comportement humain individuel.L\u2019homme ne fait pas de mouvement irrationnellement.L\u2019homme se dirige lui-même.Il prend des décisions, il choisit.Son mouvement ou son manque de mouvement est sa décision propre.Cependant, cette décision sera basée sur les schèmes de comportement des individus.Considérons que ces schèmes peuvent être de deux ordres: extérieurs et conceptuels.De par la nature sociale de l\u2019homme, nous pouvons affirmer que tout mouvement humain se fait dans un contexte culturel.Ce contexte culturel est formé par la somme des schèmes de comportement vécus dans la société.Les schèmes extérieurs de comportement sont les façons d\u2019agir adoptées par les personnes tandis que les schèmes conceptuels de conduite sont les façons de penser qui se retrouvent au niveau des opinions, des valeurs et des attitudes des gens.En d'autres termes, le comportement humain est basé sur des conventions sociales préétablies mais aussi sur des valeurs individuelles.Si nous plaçons le mouvement humain dans une telle perspective, nous réalisons rapidement que l\u2019étude de ce comportement ne peut se faire sans l\u2019aide des sciences de l\u2019homme.Comment étudier l\u2019homme par les sciences humaines «Évidemment toutes les sciences ont une relation, plus ou moins grande à la nature humaine; aussi loin que l\u2019une d\u2019entre elles semble s'en écarter, elle y revient cependant d\u2019une manière ou d\u2019une autre».(2, p.25).Quand nous parlons des sciences humaines ou des sciences de l\u2019homme, il faut être très prudent et ne pas se perdre dans une sémantique interminable qui à la fin nous mènerait nulle part dans la compréhension de l\u2019homme.Il faut toujours garder en tête que les cadres de chacune de ces sciences existent pour permettre une étude systématique de ce phénomène.Plus précisément, ces sciences étudient l\u2019homme à travers son histoire, sa pensée, son comportement, ses valeurs, ses interactions avec ses semblables, ses idéologies, enfin tout ce qui se rapporte à l\u2019homme dans son milieu.Chacune de ces sciences, que ce soit au niveau de la philosophie, de l\u2019histoire, de la psychologie ou de la sociologie, possède des cadres à l\u2019intérieur desquels il est possible de travailler et d\u2019apporter une contribution réelle à la compréhension de l\u2019homme en mouvement.Afin de faciliter l\u2019intégration de ces concepts, j\u2019aimerais donner l\u2019exemple de la sociologie, qui n\u2019est que très jeune encore par rapport à l\u2019étude du sport.Nous dirons que la sociologie est l\u2019étude scientifique du comportement humain social; «le mot «science» implique immédiatement que quelque chose (le contenu) est étudié et qu\u2019il y a une manière (la méthode) de l\u2019étu- dier».(1, p.14).Le fait que les hommes sont ensemble implique que le comportement social est toujours basé sur les mêmes éléments essentiels à la vie sociale.Ces éléments peuvent changer, se modifier avec le temps, mais fondamentalement une certaine régularité s\u2019y présente toujours.Cette uniformité implique que ce comportement peut être observé, décrit, analysé et interprété, dans des procédés scientifiques.Pour ce qui est de l\u2019étude du comportement humain en situation d\u2019activité physique, il s\u2019agit du même phénomène qui se présente tout simplement dans un cadre particulier.Il ne faut pas oublier que l\u2019homme est l\u2019homme \u2014 qu\u2019il soit dans n\u2019importe quel cadre.Son comportement sera plus ou moins prévisible selon que le comportement en question sera vécu souvent ou non.Une situation sportive, par exemple, est différente selon que la situation sociale est créée à l\u2019aide de processus sociaux tels que la coopération, l\u2019opposition, la compétition, le conflit, l\u2019assimilation ou l\u2019accommodation, mais une fois que l\u2019homme est impliqué dans la situation, il faut reconnaître qu\u2019il continue à être l\u2019être social qui se comporte selon ses propres valeurs.Comme toutes les autres sciences, il existe quelques limitations inhérentes aux sciences humaines; ces limitations viennent de la nature du sujet à l\u2019étude, l\u2019être humain.Quelques limitations des sciences humaines Tel que Hollier le mentionne, «parler des sciences humaines, c\u2019est déjà s\u2019engager dans un espace polémique puisque sous ce titre se présentent des travaux qui souvent n\u2019ont entre eux rien de commun quand ils ne s\u2019excluent pas explicitement».(2, p.7).Cependant, mentionnons que certains éléments sont présents pour donner une certaine uniformité à ces sciences de l\u2019homme.En considérant certaines disciplines humaines comme des sciences, notons qu\u2019elles «possèdent certaines caractéristiques qui les distingueront de toutes les autres et qui leur imposent certaines limites».(4, p.33).Les éléments qui retiendront notre attention concernent les points suivants: 1.\tLa conduite humaine possède une signification.2.\tL\u2019homme est une subjectivité.3.\tLa maturité des sciences sociales.4.\tLes difficultés inhérentes à la mesure des phénomènes sociaux.(4, p.33-53).Nous tenterons dans les prochains paragraphes de mettre l\u2019homme en mouvement dans la perspective de ces caractéristiques.1.La conduite humaine possède une signification : La conduite humaine est rationnelle, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle est dirigée vers un but, elle possède une signification.Le mouvement humain, même si parfois il semble non raisonné, est soumis à ce même processus.Si nous prenons comme exemple le cas extrême d\u2019hypokinétis-me du nord-américain moyen qui, ne prenant pas le temps de faire de l\u2019activité physique, a comme raisonnement «je n\u2019ai pas le temps», nous pouvons voir que tant et aussi longtemps que l\u2019activité physique ne sera pas considérée comme valeur importante à l\u2019intérieur 12 de ses schèmes conceptuels de conduite, elle ne sera pas transposée dans ses schèmes extérieurs de comportement pour être intégrée vers le but pour lequel la personne vit.«Cette signification n\u2019est accessible à l\u2019observation directe ou indirecte que par l\u2019intermédiaire des documents et des échanges verbaux».(4, p.34).Il serait intéressant de chercher quelle est la signification de cette conduite humaine au niveau de l\u2019activité physique en étudiant quelles sont les causes qui poussent l\u2019homme à faire ou à ne pas faire de l\u2019activité physique.Qu\u2019est-ce qui fait que cette signification est plus ou moins grande face au phénomène qui nous intéresse ?2.\tL\u2019homme est une subjectivité : L\u2019un des problèmes majeurs qu\u2019un chercheur aura à rencontrer en est un d\u2019objectivité.En effet, l\u2019homme est une subjectivité en ce sens qu\u2019il joue le rôle d\u2019informateur ou de chercheur, et qu\u2019il est sujet à ce que «ses valeurs personnelles reflètent d\u2019une certaine façon les valeurs sociales de la culture au sein de laquelle il a été socialisé».(1, p.21).Ceci implique que «l\u2019objectivité est un idéal jamais complètement atteint» (4, p.43) même si nous devons faire un effort sincère afin d\u2019y tendre.M.-A.Tremblay (4, p.43-45) identifie trois conditions inhérentes à la recherche qui rendent difficile l\u2019observation objective, a) L\u2019observateur s\u2019identifie à l\u2019objet de son observation: dans le cas qui nous intéresse, il est très facile pour un chercheur de s\u2019identifier à la réalité qu\u2019il observe parce que, dans les sciences de l\u2019homme, il existe un rapport très étroit entre celui qui entreprend une observation et celui qui en est l\u2019objet.Cette association fait que le chercheur peut déformer la réalité.«Les influences du facteur personnel sont potentiellement présentes à chacun des stades du processus de recherche: choix d\u2019un problème, sélection des techniques, analyse et interprétation des données corrigées.» b) Les faits sont subjectifs: par le fait que le chercheur doit poser des questions à la réalité, les faits accumulés seront biaisés dans une direction ou l\u2019autre.Il ne faut cependant pas oublier que ces biais orienteront la recherche vers l\u2019observation et l\u2019analyse de certains phénomènes qui sont les seuls capables de répondre à l\u2019interrogation première, c) L\u2019observé subit des transformations temporelles: il existe un triple mécanisme qui peut transformer tout individu ou groupe d\u2019individus observé durant la période d\u2019observation: 1.l\u2019influence externe de l\u2019observateur sur la situation de recherche; cette influence sur l\u2019observé peut changer plus ou moins intensément l\u2019authenticité des informations transmises; 2.la prise de conscience de l'observé qui fait que les informations demandées provoquent chez lui une évolution au cours de la période d\u2019observation; 3.les autres influences qui résultent de changements de la situation seront plus nombreuses et diversifiées si la période d\u2019observation est longue.3.\tLa maturité des sciences sociales: Que ce soit au niveau général ou de l\u2019activité physique, nous pouvons affirmer que les sciences de l\u2019homme n\u2019ont pas atteint le développement que l\u2019on retrouve dans les sciences naturelles et ce sur les plans conceptuel et instrumental.Cependant, malgré le modeste départ, nous pouvons dire que les sciences de l\u2019homme s\u2019enrichissent de nouvelles observations et explications dans les champs nouvellement prospectés de la sociologie du sport, psychologie du sport, philosophie du sport et de l\u2019activité physique.Au niveau général de ces champs, nous assistons à un rapprochement de ces disciplines qui se confirme de plus en plus; ce rapprochement ne fera qu\u2019intensifier et accélérer ce processus même au niveau de l\u2019étude de l\u2019homme en mouvement.4.\tLes difficultés inhérentes à la mesure des phénomènes sociaux : L\u2019observation, dans les sciences humaines, n\u2019est pas de nature quantitative comme dans les sciences de la nature; son sujet est de nature plus qualitative.La mesure n\u2019est qu\u2019un moyen en vue d\u2019une fin, «elle doit déboucher sur l\u2019étude des relations entre phénomènes et de la nature des associations entre variables».(4, p.51).Il est important de noter que l\u2019objectif est de tenter d\u2019expliquer ces phénomènes sociaux qui sont essentiellement très discontinus, même s\u2019il existe une régularité inhérente au comportement humain, qu\u2019il soit dans une situation sportive ou non.Afin d\u2019éviter d\u2019être trop affaibli par ces limitations inhérentes aux sciences humaines, il faut, à mon sens, mettre en action des concepts tels que la multidisciplinarité et l\u2019interdisciplinarité pour que nous puissions en arriver éventuellement à une compréhension plus adéquate de l\u2019être humain et l\u2019activité physique.L\u2019interdisciplinarité et la multidisciplinarité De nos jours, il est difficile d\u2019imaginer des problèmes qui peuvent être résolus d\u2019une façon unidisciplinaire, c\u2019est-à-dire par les connaissances d\u2019une seule discipline.Ceci est dû au fait que la science a fait tellement de progrès dans toutes les sphères du savoir que les connaissances sur un sujet peuvent s\u2019entrecroiser d\u2019un champ à l\u2019autre, ce qui fait qu\u2019en utilisant le raisonnement inverse, pour comprendre un problème, nous devons utiliser les connaissances de plusieurs disciplines.«Les problèmes ne sont plus unidisciplinaires, ils sont multidisciplinaires et ils se posent même en termes de problématique thématique: l\u2019aménagement du territoire, la vie urbaine, la pollution, la pauvreté, les loisirs, pour n\u2019en citer que quelques-uns».(3, p.238).Au niveau de l\u2019homme en mouvement, nous pouvons affirmer que le même phénomène existe et de plus en plus tendons-nous à utiliser les connaissances de différentes disciplines.Définissons tout d\u2019abord ce que nous entendons par multidisciplinarité et interdisciplinarité.«La multidisciplinarité pourrait se définir comme l\u2019approche d\u2019un objet plus ou moins vaste à l\u2019aide de plusieurs disciplines mais sans être dominée par l\u2019une ou l\u2019autre d\u2019entre elles.Quant à l\u2019interdisciplinarité, on pourrait la définir comme l'approche simultanée d\u2019un objet à l\u2019aide de plusieurs disciplines ou encore comme l\u2019usage fait par une discipline de d\u2019autres disciplines dans l\u2019étude d\u2019un objet donné.» (3, p.278).Le ministère de l\u2019Éducation du Québec, par son programme de Forma- 13 / tion de Chercheurs et d\u2019Action Concertée (F.C.A.C.), essaie d\u2019institutionnaliser ces concepts en favorisant les projets d\u2019équipe multidisciplinaires.On y croit à ce niveau, mais il semble que ces concepts ne se rattachent pas aussi facilement aux chercheurs.Tel qu\u2019Henri Favre le mentionne, «on en parle beaucoup, mais on fait très peu à son sujet, car on ne sait pas très bien par quel bout commencer, ni en fait ce que l\u2019on cherche exactement.» (3, p.238).Étant donné que la recherche en ce qui a trait à l\u2019être humain et l\u2019activité physique se fait en majeure partie dans des cadres universitaires, Favre continue son exposé en expliquant que même si on peut croire de prime abord que cet ensemble extraordinairement riche, diversifié et productif que constitue une université puisse mettre en commun une partie de ses ressources intellectuelles et amener autour d\u2019une table de travail certains de ses éléments les plus créateurs.il n'en est rien.La raison est assez simple à trouver.L\u2019université est un ensemble d\u2019individus, tous plus farouchement individualistes les uns que les autres, qui n\u2019acceptent de collaborer intimement qu\u2019avec certains collègues de leur choix.(3, p.238).Nous n\u2019échappons certainement pas à cette règle parce que nous sommes dans un département plutôt que dans un autre.Une solution que j\u2019entrevois personnellement comme solution possible est la recherche interuniversitaire qui, faite avec des confrères de champs connexes, pourrait être très productrice.Il faut cependant demeurer conscient qu\u2019à cause des dimensions démographiques restreintes du Québec, les universités, comme ensembles, ne peuvent songer à développer tous les domaines du savoir.Des choix judicieux s'imposent quant aux domaines qui auront le plus d\u2019impact sur le développement du Québec en général.Si les choix pour l\u2019ensemble des universités sont difficiles à faire, ils le seront également pour chaque institution ou groupe d\u2019institutions.Mais ils devront être faits, à moins de consentir à une certaine médiocrité qu\u2019une politique générale de laisser-faire entretient.(3, p.82).«Nous croyons qu\u2019une politique de concertation est nécessaire pour éviter l\u2019éparpillement improductif de nos ressources».(3, p.93).Nous devrons définitivement nous concentrer à trouver des solutions telles qu\u2019avoir «des structures de recherche souples, diverses et même mobiles».(3, p.239).Pour ce qui est du phénomène plus spécifique qui nous intéresse de l\u2019être humain et l\u2019activité physique, je crois sincèrement que les départements concernés devront 1) concerter les efforts et leurs chercheurs vers des axes de développement connus et acceptés; 2) s\u2019assurer d\u2019une participation planifiée et systématique d\u2019autres départements ou facultés dans leur programme de recherche; 3) s\u2019assurer une présence provinciale, nationale, voire même internationale à certains niveaux déterminés de leur programme de recherche.De plus, il faut espérer que les administrateurs en place comprennent le rôle réel de la recherche universitaire et que l\u2019on trouvera «dqs universitaires qui comprendront les défis nouveaux, et qui sauront les relever».(3, p.239).N\u2019oublions pas que «l\u2019avenir des universités est dans les mains des hommes qui les composent».(3, p.239).La recherche, qui est une partie intégrante de ces institutions, est par le fait même dans les mains de ces mêmes hommes.Je crois fermement que l\u2019interdisciplinarité et la multidisciplinarité sont deux concepts qui pourront donner une poussée de fond à la recherche universitaire.Conclusion Si nous voulons comprendre l\u2019être humain et l\u2019activité physique, il faudra absolument mettre une emphase encore plus grande sur l\u2019aspect humain de ce phénomène.Ceci implique que, tout en étudiant l\u2019homme d\u2019une façon fractionnée, il faudra de plus en plus considérer la globalité qu\u2019il est.Chacune des disciplines peut contribuer à accentuer notre compréhension de l\u2019activité physique humaine, mais une concertation systématique aidera à donner une meilleure efficacité à cette recherche.Cette concertation se fera à l\u2019aide de l\u2019interdisciplinarité et la multidisciplinarité pour que la recherche dans les sciences humaines devienne plus forte.RÉFÉRENCES 1.\tFichter, Joseph H.Sociologie.Éditions Universitaires, 1972, 265 p.2.\tHollier, Denis.Panorama des sciences humaines.Le point du Jour, France, 1973, 667 p.3.\tHurtubise, René.L\u2019Université québécoise du proche avenir.Textes choisis.Montréal, 1973, Collection de l\u2019homme dans la société.4.\tTremblay, M.-A.Initiation à la recherche dans les sciences humaines.McGraw-Hill Éditeurs, Montréal, 1968, 425 p.5.\tUNESCO.Les Sciences sociales.Mouton, Paris, 1968, 507 p.14 VERS UNE COMPRÉHENSION DE L\u2019ACTIVITÉ PHYSIQUE: UNE DÉMARCHE DE RECHERCHE SUR DES PROBLÈMES DE MOTIVATION ET D\u2019APPRENTISSAGE N.A.Gomez-Toussaint Département d\u2019éducation physique Université de Montréal Cet exposé se veut une prise de position en tant que chercheur en éducation physique face à l\u2019identification de certains problèmes fondamentaux d\u2019apprentissage moteur et sur le développement de méthodes valables à la réalité vécue de la discipline.Une telle démarche s\u2019imposait par la nécessité de réévaluer et de remettre en question les tendances et les modes d\u2019approche prédominant dans la recherche actuellement faite en éducation physique, recherche qui, bien souvent, semble justement passer à côté des vrais problèmes (Smith, 1975).CONCEPTION DE L\u2019ÉDUCATION PHYSIQUE En accord avec de nombreux auteurs (Sheedy, 1974; Smith, 1975; Buss, 1975), l\u2019activité et l\u2019éducation physique sont considérées comme faisant partie des sciences humaines.Cette position implique nécessairement que la priorité est accordée à certaines valeurs (Buss, 1975).Afin de faciliter la compréhension de ma démarche, je m\u2019empresse d\u2019expliciter les valeurs, les préconceptions et les prémisses qui la sous-tendent.La recherche du plaisir immédiat Le plaisir que procure la pratique de l\u2019activité physique, dimension trop souvent négligée par les éducateurs et les chercheurs, est lié à plusieurs causes de satisfactions : a)\tla réussite \u2014 le développement de possibilités et de compétences nouvelles; b)\tl\u2019efficacité \u2014 la capacité de réaliser un geste avec dextérité dans un but bien précis (bien jouer) ; c)\tl\u2019esthétique \u2014 le plaisir kinesthésique, provenant de la réalisation des formes de mouvements particulières à une activité ; d)\tla reconnaissance sociale \u2014 le partage et l\u2019acceptation de nos efforts et de nos talents.Quelles que soient les raisons qui nous amènent à la pratique de l\u2019activité physique, l\u2019attrait de cette activité est conséquent du plaisir immédiat que l\u2019on retire de cette pratique.L\u2019éducateur physique comme agent social L'éducateur veut partager ses connaissances et ses expériences personnelles afin de nourrir, par l\u2019activité physique, cette tendance humaine de la recherche du plaisir.Son rôle social réside dans sa contribution à la formation d\u2019individus autonomes pour lesquels l\u2019activité physique devient une source continuelle de plaisir.Apprentissage et motivation: facteurs indissociables La tâche d\u2019un éducateur physique, consistant à créer les conditions dans lesquelles, par l\u2019activité physique, d\u2019autres éprouvent du plaisir, est très complexe.Dans le contexte spécifique d\u2019une situation de transmission de connaissances, l'éducateur doit tenir compte, de façon explicite ou implicite, des aspects suivants: a)\tla nature de l\u2019activité et la logique inhérente aux formes de l\u2019activité ; b)\tl\u2019intégration fonctionnelle des connaissances biomécaniques, physiologiques et anatomiques; c)\tles caractéristiques émotives, intellectuelles et autres de l\u2019éduqué ; d)\tla dynamique psychologique des processus d\u2019apprentissage et d\u2019interaction entre la situation, les individus et ses propres interventions; e)\tla communication de son message; le langage et les symboles significatifs pour l\u2019éduqué.De plus, s\u2019il veut que ses connaissances aient des retombées à long terme et entraînent une persévérance au-delà de la situation spécifique, il doit chercher à développer des attitudes d\u2019auto-apprentissage et à donner des moyens d\u2019auto-évaluation par rapport à soi-même.Aussi, les expériences doivent optimaliser les chances de succès afin de donner confiance à l\u2019éduqué et éveiller en lui le désir d\u2019aborder d\u2019autres formes d\u2019activité.Dans une situation d\u2019apprentissage, l\u2019éducateur physique fait face à l\u2019unité totale de l\u2019homme.Les aspects objectifs de la démarche d\u2019apprentissage ne sont jamais séparés des aspects subjectifs de la motivation (plaisir).IMPLICATIONS POUR LA RECHERCHE EN APPRENTISSAGE MOTEUR Recherche pour l\u2019éducation physique Quand on parle de la recherche en apprentissage moteur, en éducation physique, on s\u2019attend à ce qu'elle nous renseigne, entre autres, sur la meilleure façon de réaliser la tâche de transmission de connaissances.Le choix des problèmes auxquels la recherche veut s'attaquer doit donc trouver sa source dans la pratique (Sheedy, 1974; Smith, 1975).Étant donné la multitude des variables et des interactions contextuelles, les méthodes d\u2019analyse doivent être différentes de celles modelées sur les sciences physiques où il s\u2019agit plutôt de pouvoir isoler et manipuler des facteurs et d\u2019en sortir des généralisations concernant l\u2019ensemble.Les psychologues sont de plus en plus conscients de l\u2019impossibilité et de la futilité d\u2019une telle stratégie pour en arriver à des informations applicables à des situations spécifiques concernant des interactions humaines (e.g.Cronbach, 1975; Smith, 1975; Buss, 1975).Rejoindre l\u2019objectif et le subjectif Les méthodes pour analyser les problèmes auxquels doit faire face l\u2019éducateur physique doivent tenir compte des aspects objectifs et subjectifs de la situation d\u2019apprentissage.Tel qu\u2019exprimé par Cronbach (1975), Campbell (1976) et autres, les connaissances provenant de la recherche doivent : a)\tsuggérer des moyens pour mieux utiliser les ressources disponibles dans le but de résoudre des problèmes immédiats («short-term pragmatism») et, b)\tdonner une plus grande compréhension (satisfaction cognitive) ou éclaircissement de la situation, suite à une restructuration des éléments, qui va permettre de mieux aborder des situations semblables (Sheedy, 1973).Une telle optique implique la systématisation des connaissances déjà acquises pour en ressortir des problèmes communs et l\u2019observation, l\u2019identification et la description des éléments pertinents ainsi que des suggestions sur leur mode d'interaction possible.Cependant, étant donné l\u2019importance du contexte, une grande importance est aussi accordée à la recherche des outils qui permettent d\u2019évaluer les aspects qui donnent des significations particulières à la situation.L'expérience subjective de l\u2019éduqué devient aussi un objet d\u2019étude.Plutôt que chercher prioritairement la prédiction et le contrôle des phénomènes par ceux qui font les manipulations, il faudrait explicitement s\u2019orienter vers la compréhension de l\u2019état subjectif de l\u2019éduqué, et, surtout, de sa capacité d\u2019auto-contrôle.Comment manifeste-t-il son plaisir du mouvement?Qu\u2019est-ce qui rend difficile la compréhension des consignes?Tel qu\u2019exprimé par Maslow, il faut rendre l\u2019homme « more predictable to himself» (Maslow, 1966, p.40).Priorité à l\u2019observation Les problèmes d\u2019apprentissage moteur propres aux différentes activités peuvent exiger pour leur analyse des méthodologies particulières.Cependant, dans tous les cas, le problème commun aux éducateurs est la difficulté de cerner les vraies sources de difficultés.Donc, avant même d\u2019établir des méthodologies adéquates à des problèmes spécifiques, il est de première importance de construire ou de perfectionner des outils qui vont permettre d\u2019identifier et de décrire des variables importantes dans leur contexte réel.L\u2019éducateur doit être capable d\u2019aborder la situation avec des «hypothèses de travail», pour lesquelles il établit les limites dans le contexte donné (Cronbach, 1975).Donc, il devrait être en mesure d\u2019analyser le fonctionnement des facteurs directement manipulés, ainsi que de prendre conscience des facteurs non contrôlés qui peuvent être aussi importants sinon plus que les premiers.La priorité est donnée à la-recherche sur le développement de la capacité d\u2019observation.Le caractère transitoire et dynamique du mouvement exige qu\u2019une telle capacité soit très développée (Stutts, 1975).C\u2019est seulement à partir d\u2019instruments d\u2019observation fidèles qu\u2019il sera possible de construire des connaissances susceptibles de vérification et de validation pratique.RECHERCHE SUR L\u2019OBSERVATION DES GESTES Observation et visualisation L\u2019analyse visuelle entraîne une observation active qui cherche à structurer et à mettre en rapport les éléments perçus (Arnheim, 1969).L\u2019éducateur physique est souvent appelé à reconstruire, visualiser mentalement, des mouvements.Pouvoir analyser visuellement des gestes lors de l\u2019observation directe est donc une habileté essentielle.Pourtant on a très peu de connaissances sur le développement de cette habileté (Gibson, 1969).Les problèmes de savoir observer activement et visualiser mentalement sont également importants pour l\u2019éducateur et pour l\u2019éduqué, mais ils se manifestent de façon différente pour l\u2019un et pour l\u2019autre.L\u2019éducateur doit savoir quoi observer pour établir si le geste est efficace par rapport au but recherché; cette analyse lui permettra de diriger l\u2019attention de l\u2019éduqué sur certains aspects du mouvement pour que celui-ci fasse la correspondance entre ses sensations proprioceptives et extéroceptives.C\u2019est par cette information que l\u2019apprenti devient conscient de la forme et de l\u2019effet de ses actions de telle sorte qu\u2019il puisse parvenir à les contrôler.L\u2019éduqué, pour sa part, doit savoir quoi observer pour interpréter et trouver la signification de la consigne dans son corps et ses gestes.Les points qui seront élaborés se rattachent plus aux problèmes d\u2019observation et de visualisation de l\u2019éducateur, même si les principes de base de la démarche peuvent s\u2019appliquer également aux problèmes de l\u2019apprenti.La question de base est de savoir comment l\u2019analyse visuelle des mouvements se fait: Qu\u2019est-ce qui guide et facilite la structuration des éléments d\u2019un geste?Comment l\u2019éducateur physique arrive-t-il à distinguer des mouvements par leur efficacité biomécanique, e.g., connaître la dépense optimale d\u2019énergie (sans efforts dispensables) ?16 Quoi observer: les points de repère L\u2019observation et visualisation des mouvements nécessitent un apprentissage perceptuel qui permet de reconnaître les rapports invariants entre les différents aspects d\u2019un geste pour pouvoir en conclure à propos de son efficacité.La reconnaissance des formes et des configurations des gestes est conçue comme entraînant une structuration hiérarchique de certains éléments (Gibson, 1969; Piaget, 1961).Il s\u2019agit de savoir quels sont ces éléments et comment une telle structuration procède, soit sous des conditions non guidées ou lorsque l\u2019observation est orientée vers des aspects particuliers.Le corps en mouvement et la situation physique imposent des contraintes anatomo-physiques et spatio-temporelles qui déterminent l\u2019efficacité des gestes.Il est donc très important d\u2019expliciter de telles contraintes puisque ce sont elles qui constituent les critères qui guident l\u2019observation.Une première étape vers l\u2019étude de l\u2019observation et l\u2019analyse visuelle des gestes consisterait à spécifier les critères physico-anatomiques et spatio-temporels qui déterminent les formes fondamentales que les mouvements peuvent prendre.En même temps il s\u2019agit d\u2019identifier les facteurs, qui ne sont pas directement visibles mais qui sont directement impliqués dans la production des formes des gestes.Par exemple, où s\u2019origine la force ou l\u2019impulsion?Comment se fait le transfert d\u2019énergie ?Une telle analyse devrait dégager certains principes d'action qui pourraient s\u2019appliquer à l\u2019analyse des gestes dans n\u2019importe quelle activité.Comme l\u2019a déjà suggéré Gilliom (1970), ces principes seraient basés sur les manifestations gestuelles des lois biomécaniques: les principes d\u2019équilibre, de production et d\u2019absorption d\u2019énergie, des lois cinétiques de Newton, les principes de relaxation, les principes d\u2019impulsion, principes des leviers, etc.La situation d\u2019enseignement: source des questions et lieu de vérification L\u2019identification des principes d\u2019action fondamentaux qui sous-tendent l\u2019exécution des gestes et la connaissance de leur importance hiérarchique dans l\u2019apprentissage a des rapports directs pour l\u2019enseignement.Un problème commun pour les débutants est de vouloir reproduire le dessin du geste; souvent la direction des lignes spatiales ne correspond pas à la direction musculaire qui doit être consciemment exercée.Par exemple, en patinage, le mouvement de poussée vers le bas et vers l\u2019arrière et la pression contre la glace ne sont pas apparents.L\u2019observation du débutant est surtout centrée sur le déplacement segmentaire.Le principe d'action à exécuter et à contrôler n\u2019est pas évident dans la forme extérieure du geste.L\u2019éducateur doit être conscient de la possibilité de ce type de conflit, tâche qui peut être facilitée par la connaissance explicite des principes d\u2019action qui régissent les mouvements qu\u2019il veut faire apprendre.Les problèmes d\u2019investigation suggérés par cette optique sont directement liés à des aspects techniques et de motivation propres à des situations d\u2019apprentissage telles que vécues en dehors du laboratoire.Par exemple, le focus peut être mis sur la recherche-: a)\tde classes ou familles de mouvements qui, en faisant appel à des principes d\u2019action communs, varient en termes de leur accessibilité perceptuelle; b)\tdes mouvements où les critères de réussite peuvent se définir par une connaissance tangible du fonctionnement du principe d\u2019action en jeu, plutôt que par la production d\u2019une forme extérieure spécifique; c)\tdes langages qui pourraient activer de façon adéquate le fonctionnement de ces principes d\u2019action en faisant appel à des possibilités de mouvement déjà acquises par l\u2019apprenti ; d)\tde la logique des activités particulières en terme des principes d\u2019action qui caractérisent les mouvements requis ; e)\tdes méthodes d\u2019enseignement basées sur la maîtrise progressive des principes d\u2019action et susceptibles de devenir des moyens d\u2019auto-apprentissage.La valeur réelle de cette ligne de recherche sera donc mesurée par leur apport à la compréhension des problèmes d\u2019apprentissage en dehors du laboratoire.Conclusion Il est donc proposé que l\u2019observation des gestes soit l\u2019objet d\u2019une étude systématique.Il s\u2019agit dans un premier temps, de spécifier les principes d\u2019action qui régissent l\u2019exécution et qui déterminent les formes des mouvements.Il faudrait, par la suite, analyser comment l\u2019utilisation explicite des critères basés sur ces principes peut servir à évaluer l\u2019exécution des gestes selon les buts recherchés.La démarche de cette recherche est intimement liée aux problèmes d\u2019apprentissage tels qu\u2019exprimés par l\u2019éducateur et l\u2019éduqué hors des cadres du laboratoire.RÉFÉRENCES Arnheim, Rudolph.Visual Thinking.University of California Press Ltd., 1969.Buss, Allan R.Counter-culture and counter-psychology.Journal of Interpersonal Development, 1974-1975, 5, 223-233.Campbell, Angus.Subjective measures of well-being.American Psychologist, 1976,31, 117-124.Cronbach, Lee J.Beyond the two disciplines of scientific psychology.American Psychologist, 1975,30, 116-127.Gibson, Eleanor.Principles of Perceptual Learning and Development.Appleton-Century Crafts, 1969.Gilliom, Bonnie C.Basic Movement Education for Children: Rationale and Teaching Units.Addison-Wesley 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UNE PHILOSOPHIE DE L\u2019EDUCATION PHYSIQUE: UN EMBARRAS, UN LUXE OU UNE NÉCESSITÉ?Arthur Sheedy Département d\u2019éducation physique Université de Montréal «.What is your aim in philosophy?», Wittgenstein asks, and answers: «To show the fly the way out of the fly-bottle».(Wittgenstein, Philosophical Investigations) On pourrait discuter de la place et de l\u2019importance d\u2019une philosophie de l\u2019éducation physique en s\u2019inspirant soit d\u2019une démarche propre à un système ou à une doctrine philosophique, soit du cheminement d\u2019un philosophe en particulier, ou soit encore d\u2019une méthode philosophique spécifique.On pourrait ainsi facilement prêter le flanc aux critiques lancées contre chacune de ces approches.C\u2019est toutefois sans vouloir éviter la remise en cause de notre point de vue, de notre argumentation et de nos résultats que nous avons décidé d'aborder le problème sous un autre angle.Nous nous proposons d\u2019exposer les éléments d\u2019une situation actuelle problématique pour la profession de l\u2019activité physique, de démontrer comment une approche spécifiquement philosophique peut aider à fournir certaines solutions et d\u2019en qualifier la démarche.Avouons dès le départ que nous ne préciserons pas la nature des instruments philosophiques et que nous ne nous attarderons pas à démontrer les possibilités d\u2019intervention du philosophe comme générateur d\u2019idées et de constructions d\u2019hypothèses théoriques, comme critique méthodologique, comme correcteur de théories déjà formulées et élaborées, comme interprète et analyste de problèmes macro-activité physique1, et comme critique et analyste épistémologique.Il existe d\u2019excellents textes sur chacun de ces sujets.Nous allons plutôt situer notre propos au niveau de l\u2019esprit de l\u2019intervention philosophique.UNE SITUATION PROBLÉMATIQUE Dans un premier temps, nous allons décrire certains des problèmes posés par l\u2019étude de la pratique des formes d\u2019activité physique.Le Tableau 1 présente les éléments et les relations entre ces problèmes.1.\tExistence de deux composantes de la profession: une discipline et des secteurs de pratique professionnelle.La première représentant un corps de connaissances propres à la profession; la deuxième formée d\u2019une série de milieux à l\u2019intérieur desquels les professionnels de l\u2019activité physique assument certai- nes responsabilités et remplissent des fonctions spécifiques.Plusieurs tentatives de rapprochement et d\u2019intégration de ces deux composantes ont été suggérées afin de permettre une meilleure poursuite d\u2019objectifs professionnels et un service amélioré aux différentes clientèles.L\u2019étude des résultats obtenus par ces tentatives nous amène à constater des succès mitigés, pour ne pas mentionner les échecs.2.\tDifficulté d\u2019élaboration de conceptions: dans ce processus, la profession n\u2019est qu\u2019un partenaire.Elle doit partager cette tâche avec d\u2019autres professions et certains organismes et institutions plus immédiatement responsables de certaines clientèles visées.Lors de l\u2019élaboration des conceptions et de la formulation des objectifs des secteurs de pratique professionnelle il faut demeurer conséquent et, tout en assurant la poursuite d\u2019objectifs propres à notre profession, il faut axer prioritairement nos responsabilités sur le bien-être de la société en général, et de nos clientèles en particulier.3.\tProblèmes posés par la théorie: alors que la conception est orientée sur le «devrait être», la théorie est fondée sur le «est»2.Elle peut être décrite brièvement comme une systématisation des connaissances formulée en vue d\u2019une tentative d\u2019explication d\u2019un phénomène.Ce genre d\u2019apport théorique, propre et pertinent à nos méthodologies de recherche, est trop rare.En son absence, les variables indépendantes conservent peu de pouvoir d\u2019explication et les résultats demeurent essentiellement d\u2019ordre statistique3.4.\tObjet d\u2019étude et de recherche: trop souvent cet objet est éloigné des préoccupations professionnelles.Le chercheur justifie facilement son choix selon des critères d\u2019ordre méthodologique4 ou pour des raisons d\u2019intérêt institutionnel, mais très rarement en termes de réponses à fournir aux problèmes vécus par les responsables des secteurs de pratique professionnelle.Si une discipline détient son existence d\u2019une profession qui l\u2019a créée, si elle doit son évolution et ses progrès à une profession qui, grâce à des mesures socio-politiques, l\u2019a supportée; elle devrait, non pour des raisons de reconnaissance, mais bien pour des raisons justifiant sa présence à l\u2019intérieur de la profession, orienter ses intérêts et ses programmes de recherche vers la solution de problèmes associés aux pratiques professionnelles.5.\tProduction de connaissances utiles ou de connaissances déplacées: si les processus de production 19 de connaissances sont axées sur un objet autre que celui des problèmes de pratique professionnelle, on assistera à une création de connaissances déplacées, c\u2019est-à-dire utiles aux sous-disciplines ou aux disciplines-mères mais peu utilisables à la solution de nos problèmes.Les options demeurent ouvertes: choisir entre l\u2019obtention de résultats qui sont certains mais relativement insignifiants et des résultats importants et nécessaires, mais incertains5.6.\tTraduction et intégration des connaissances: si la discipline est identifiée comme l\u2019une des composantes de la profession, elle doit assurer non seulement une production de connaissances appropriées, mais collaborer à leur traduction et leur intégration aux secteurs de pratique professionnelle.Le processus à adopter est encore à l\u2019étude; il faudra peut-être l\u2019inventer.Il devra toutefois dépasser les traditionnelles fonctions simplistes d\u2019application et d\u2019utilisation des connaissances afin d\u2019assurer la poursuite des valeurs et des objectifs tout en tenant compte des moyens disponibles.Cette double opération demeure le pivot de l'évolution de la profession.En son absence, nous assistons à l\u2019existence de composantes qui opèrent en juxtaposition et qui exploitent un cadre qui leur est offert en contribuant très peu à l\u2019avancement de la profession.Nous sommes aussi forcés de constater que régulièrement c\u2019est la discipline qui domine et règne dans la profession; les secteurs de pratique professionnelle ne font qu\u2019en subir les effets.Leurs adhérents sont conscients de la situation, mais ne possédant pas les moyens d\u2019intervention (ce qui est paradoxal, c\u2019est qu\u2019ils possèdent le pouvoir quantitatif de la majorité silencieuse) ils n\u2019osent pas s\u2019affirmer.Quant aux adhérents à la discipline, ils peuvent s\u2019offrir, à l\u2019intérieur des cadres universitaires, le luxe d\u2019indépendance de la recherche; cependant, en tant que membres d\u2019une profession, ils devraient prendre conscience d\u2019un niveau différent de responsabilités et adopter des schèmes d\u2019implication et de comportements propres à une attitude professionnelle.7.\tImplication des spécialistes-responsables des pratiques professionnelles: pour remplir pleinement leur fonction d\u2019identification des problèmes posés par les pratiques professionnelles, ils devront être capables non seulement d\u2019observer et d\u2019analyser les situations, mais surtout de pouvoir formuler les résultats de cette double opération dans des termes descriptifs en tentant autant que faire se peut d\u2019éviter toute interprétation et toute explication préalables.Les pédagogues6 qui possèdent ces compétences sont malheureusement peu nombreux; les responsables de la préparation professionnelle des futurs diplômés devraient y porter une attention particulière.UNE APPROCHE PHILOSOPHIQUE C\u2019est bien sans vouloir réduire ou minimiser la contribution de certaines sciences ou disciplines, i.e., science politique, psychologie sociale, sociologie des occupations, histoire, sociologie de la connaissance, etc., à la solution des problèmes soulevés que nous allons tenter d\u2019y montrer l\u2019apport et l\u2019approche spécifiquement philosophiques.Constatons que ce que recherche avant tout l\u2019homme de science, c\u2019est la connaissance du monde, et non pas la connaissance du savoir qu'il s\u2019efforce lui-même de bâtir.L\u2019attitude d\u2019esprit qui caractérise la recherche scientifique et qui demeure à la base du développement de la science est celle d\u2019une conscience externe, ou de l\u2019héthéro-conscience.Quant à la fonction spécifique de la philosophie, depuis qu\u2019elle s\u2019est distinguée en tant qu\u2019acti-vité particulière de toute autre forme d\u2019activité humaine, elle a pour objectifs de découvrir, de formuler, de clarifier et d\u2019expliciter les idées et les croyances qui sont à la base d\u2019autres activités humaines, mais qui, normalement, ne sont pas clairement formulées et explicitées.La philosophie n\u2019a pas le pouvoir et encore moins la prétention d\u2019éclairer le monde7; elle éclaire l\u2019homme sur lui-même, tel qu\u2019il apparaît dans l\u2019exercice de ses activités non philosophiques.Il en résulte qu\u2019elle ne se confond pas avec l\u2019existence8, mais étant très nettement caractérisée par sa forme consciente réflexive, elle constitue plutôt, selon les termes de Socrate rapportés par Platon, un examen de l\u2019existence9.À cette fin, nous pourrions nous inscrire à l\u2019intérieur d\u2019une méthode philosophique, i.e., linguistique, dialectique, interprétative, descriptive, etc., et, après avoir justifié la pertinence de l\u2019objet à la méthode, tenter de trouver une solution à chacun des problèmes soulevés; ou encore démontrer comment chacun desdits problèmes satisfait ou enfreint certains principes de base de certains systèmes philosophiques, i.e., matérialisme, idéalisme, analyse du langage, thomisme, maxisme, etc., et indiquer comment on peut résoudre les conflits.On peut trouver les avantages et les inconvénients de chacune de ces approches dans plusieurs ouvrages de philosophie.Nous avons décidé de choisir une troisième voie qui met l\u2019accent, en premier, sur une étude totalisante du phénomène ou du problème menée à l\u2019aide de trois points forts: le contexte, la structure et la signification10, pour ensuite, non l\u2019expliquer ou le résoudre, mais décrire les étapes de l\u2019analyse critique qui permettent de les exposer.Avant de fournir une description de nos trois points forts, expliquons succinctement nos réticences à inscrire la philosophie de l\u2019éducation physique et du sport dans une pratique philosophique contemporaine qui réduit la philosophie à l\u2019analyse du langage et lui en confie la responsabilité.Cette pratique nous semble à l\u2019image d\u2019une formule idéologique: Elle assure la séparation de la philosophie des événements de l\u2019existence; elle définit un domaine philosophique qui possède une autonomie scolastique et propose en réalité que les philosophes deviennent des lexicographes, les responsables de la nouvelle édition des dictionnaires.Si les philosophies sont liées aux institutions sociales, si chaque philosophie représente une perspective d\u2019un univers socio-culturel, il en découle que la critique des philosophies tendra à conduire le philosophe vers une 20 UNE VOIE À LA SOLUTION DES PROBLÈMES POSÉS PAR L\u2019ÉTUDE DE LA PRATIQUE DES FORMES D\u2019ACTIVITÉ PHYSIQUE DISCIPLINE SECTEURS DE PRATIQUE PROFESSIONNELLE -OBJET Biologie Biochimie problèmes d\u2019etude pratique Biomecanique Psychologie Production de App.Moteur METHODOLOGIE Sociologie Histoire CONNAISSANCES Philosophie THEORIE Anthropologie \\ \\ ^ Traduites intégrées Selon : Valeurs Objectifs Moyens Ed.Physique: élémentaire secondaire- \u2014 \u2014 a collegial Sport amateur Conditionnement physique \u2014 Formation de cadres Ed.Physique adaptée CONCEPTION N S \\ I \\ PHILOSOPHIE DE ^ L\u2019ÉDUCATION PHYSIQUE critique des sources socio-culturelles.L\u2019analyse des philosophies conduit alors vers leurs analyses sociales.Au contraire, l\u2019interprétation linguistique de la pensée philosophique fournit un cénacle de tout repos pour ceux qui désirent éviter les prises de position sur des questions factuelles ou des situations sociales11.La pensée philosophique devient ainsi un instrument professionnel destiné à remettre indéfiniment la prise de décision.L\u2019interprétation linguistique de la philosophie risque donc de représenter une formule idéologique car elle réprime ces conflits psychologiques et culturels qui demeurent la source générative de l\u2019histoire philosophique.L\u2019homme accédera à une clarté de langage lorsque ses conflits intérieurs seront résolus et que ses angoisses seront dissipées.La philosophie ne peut donc être réduite à un rôle unique de critique du langage12.Esquissons brièvement une description des trois termes proposés en tenant compte du fait qu\u2019une philosophie se développe à partir de ce qui existe, qu\u2019elle émerge dans des milieux d\u2019interprétation et que sa tâche est justement de prendre conscience et de rendre compte de ces interprétations.Contexte Une image englobante qui organise l\u2019expérience d\u2019une certaine façon définie.À ce niveau, on parle des images du monde: un horizon à connaître, une connaissance qui est connaissable.Ainsi en éducation physique, on trouvera: le corps, la nature humaine, la nature des formes de l\u2019activité physique, la logique de l\u2019activité physique, le mouvement, etc.Structure Les moyens par lesquels la réalité ou les choses sont ordonnées dans un monde, selon les exigences des images (le contexte).Les choses se justifient selon un certain ordre pré-déterminé à l\u2019intérieur duquel elles apparaissent et qui constitue leur propre raison d\u2019apparaître ainsi et pas autrement.Signification Le fait que ces mondes et ces choses ont un sens pour quelqu\u2019un.Dans un premier temps, c\u2019est le sens que la vie a pour chacun, et dans un deuxième temps, c\u2019est le sens des mots indépendamment des sujets.Cependant, la signification est toujours dépendante du contexte et de la structure.D\u2019après ce qui vient d\u2019être élaboré, il semble donc que la philosophie ne puisse être que difficilement définie13.Elle ne peut être découverte que dans ses propres processus de constitution historique et problématique.Pour la philosophie, la tentation existe toujours d\u2019élever la Structure à des hauteurs et à l\u2019universalité du Contexte, exigeant en même temps que ses conditions d\u2019interprétation soient reléguées à l\u2019oubli.Quelque direction que prenne la culture, la philosophie peut toujours l\u2019ouvrir à sa propre pluralité d\u2019interprétations et de possibilités, et ainsi l\u2019empêcher de tomber dans un impérialisme conceptuel.Établissons quelques relations avec le domaine de l\u2019activité physique.Ce domaine représente un phénomène culturel ayant ses propres Contexte, Structure et Signification.Si une culture peut se définir d\u2019après une interprétation, à la fois arbitraire et temporaire, d\u2019elle-même, en vue de résoudre un problème immédiat et pressant, on comprend que le domaine de l\u2019activité physique puisse prendre différentes directions.Toutefois, la philosophie doit demeurer ouverte à la pluralité de sa propre activité comme constituante de sa vie dans la culture.La philosophie demeure ainsi la seule activité de l\u2019homme qui est capable d\u2019une pleine possession de la vie humaine et, par extension, d\u2019une culture professionnelle.Les trois points forts nous permettent de saisir toute la réalité d\u2019une situation et d\u2019en soulever les questions fondamentales.À titre d\u2019exemple, on pourrait citer le texte suivant et, par voie d\u2019analogie, penser à l\u2019application de ces réflexions au domaine de l\u2019activité physique: «As a social institution, as a human process, as a field of study and professional training, education is a highly complex affair not simply rendered «clarified » by distinguishing between these three senses of the use of the term.There is a curious and complex mixture here, convoluted and interwoven much like the elements of architecture are, I suspect, and much in need of reconceptualization and clarification beyond any simple threefold distinction.Is there a dimension in education like the aesthetic dimension of architecture which forces fundamental considerations beyond the instrumental ?Perhaps it is the cultural-humanistic or the social-ethical or, as the neo-Marxist would have it, the political.Is the underlying concept of «design» fundamental to both fields?Herbert Simon seems to think so when he says «everyone designs who devises courses of action aimed at changing existing situations into preferred ones.design, so construed is the core of all professional training ; it is the principle mark that distinguishes the professions from the sciences.Schools of engineering as well as schools of architecture, business, education, law, and medicine are all essentially concerned with the process of design.» Are the «mind-spaces » we help people construct more like Phil Phénix\u2019s Realms of Meaning, «ways of knowing » developed by mankind to acquire objective knowledge about his world or are they more like Maxine Greene\u2019s existential and subjective multiple realities and multiple universes of meaning ?»14 Tout professionnel de l\u2019activité physique, consciemment ou non, en posant ses actions professionnelles expose une philosophie qui repose sur son interprétation des composantes Contexte, Structure et Signification de son monde professionnel.Toutefois, je doute que quelqu\u2019un suive consciemment la voie philosophique à moins d\u2019aimer (philé) assez sa propre profession pour ne pas se satisfaire d\u2019une imitation de la vie.On 22 fait de la philosophie non par devoir, mais par amour \u2014 afin de permettre à la vie de la profession de vivre.Il est curieux de constater que plusieurs civilisations aient localisé le siège de l\u2019esprit dans le cœur.La philosophie est-elle possible dans l\u2019amour de la culture?Les Grecs auraient répondu, non.C\u2019est dans un tel esprit et s\u2019inspirant d\u2019un tel cadre que le philosophe utilisera l\u2019analyse critique15.S\u2019il désire assumer la fonction traditionnelle normative de la philosophie et assurer son rôle d\u2019intervenant à l\u2019intérieur d\u2019un champ d\u2019étude16, il doit pouvoir exposer et analyser critiquement certaines situations, indiquer certaines voies et en tracer le cheminement, et finalement remettre en question non seulement ce qui n\u2019est pas conforme à la raison et au connaissable, mais aussi ce qui n\u2019est pas adéquat à la recherche de la réalité étudiée ou vécue (Contexte, Structure et Signification).La philosophie demeure ainsi à la fois éclairante et clairvoyante17.Il n\u2019existe pas de règles générales qui assurent le succès d\u2019une analyse philosophique; il n\u2019existe pas de formules qui empêchent le philosophe de tomber dans les pièges de la spéculation.Le philosophe doit négocier sa voie entre, d\u2019une part, une simple description de l\u2019événement ou des faits, et, d\u2019autre part, une spéculation non fondée.Cependant, on peut reconnaître trois tâches à l\u2019analyse critique18 et nous les exposons de façon à présenter une meilleure image de la fonction prescriptive de l\u2019analyse qui permet au philosophe de comprendre le domaine qui l\u2019intéresse.À ce moment-ci, on doit mentionner que ces activités d\u2019analyse critique peuvent être remplies par des personnes qui ne sont pas «philosophes professionnels»; ce qui importe ici ce sont les moyens, les procédés et les instruments utilisés sans égard à l\u2019économie des personnes qui les emploient.En premier, l\u2019analyse critique permet d'énoncer clairement le sens des concepts utilisés dans le domaine.S\u2019inspirant d\u2019Aristote qui reconnaît que le philosophe donne des définitions réelles et non verbales des entités, on parle donc d\u2019analyse des concepts et non des mots.Le chercheur nous fournira des définitions opératoires utiles à la compréhension des éléments, des facteurs ou des variables qu\u2019il mesure ou utilise.Très rarement nous exposera-t-il ses définitions de «théorie», de «loi», de «temps», d\u2019«espace», de «corps», de «forme», de «structure», etc.Engagé dans l\u2019élaboration de lois et de théories, dans l\u2019explication de phénomènes, dans la vérification d\u2019hypothèses, dans la compréhension des événements, ce n\u2019est pas son rôle de déterminer le sens des concepts, comment ces concepts et d\u2019autres sont associés.Le philosophe ne tente pas d\u2019imposer une certaine version des concepts aux hommes de science19, mais bien de leur indiquer certains éléments de confusion qui risquent d\u2019en modifier la compréhension, de suggérer certaines autres formulations et d'en indiquer les implications et les conséquences.Dans un deuxième temps, le philosophe réfléchit sur la pertinence de la ou des méthodes utilisées.Il désire connaître ce qui est observé, mesuré, démontré, expli- qué ou interprété.Il désire connaître les règles qui supportent ces activités.C\u2019est la tâche du philosophe d\u2019associer l\u2019objet de sa réflexion aux concepts et aux principes plus généraux, plus fondamentaux, plus englobants.Ces principes peuvent se rattacher aussi bien aux exigences d\u2019une inférence valide qu\u2019aux considérations sur la nature de l\u2019objectivité de la connaissance, aussi bien à des réflexions sur le temps ou la causalité qu\u2019à des considérations sur les exigences à l\u2019existence.Après avoir complété cette étape de son analyse critique, le philosophe présente ce qui s\u2019apparente beaucoup plus à un modèle et à un idéal qu\u2019à un rapport de ce qu\u2019il a accompli.De fait, il proposera une façon et une méthode d\u2019étude et de recherche appropriées aux objets d\u2019étude et de recherche20.«Learning does not always consist of acquiring new knowledge.Most often it consists of the modification and even rejection of knowledge that was previously acquired.Thus a good pedagogical approach would be to select an inquiry model which allows, and indeed encourages, the development of a skeptical attitude towards knowledge.Whether or not an inquiry model is an accurate reflection of scientific activity may be a secondary consideration.Different purposes require different models.Rather than working with models based only on hypothetico-deduc-tion, there needs to be a greater proliferation of different models: models based on something more than idealized conceptions of science.»21 Finalement, la troisième tâche permettra au philosophe de repérer les postulats soutenant les principes et les pratiques particulières au domaine qu\u2019il analyse.Est-ce que la pratique de la mesure est relative à l\u2019existence d\u2019échelles absolues comme normes finales?Les énoncés d\u2019observation doivent-ils être certains pour que que les hypothèses qui s\u2019y rattachent conservent une certaine probabilité?Quelle est la nature de la relation entre la théorie et les pratiques professionnelles?Est-ce que les historiens postulent que chaque événement a une cause et que les événements de l\u2019avenir n\u2019influent pas sur ceux du présent ou du passé?Toute une série de questions semblables sont ou ont été soulevées au sujet des postulats des sciences et de certaines disciplines.Si les chercheurs de ces sciences et de ces disciplines se préoccupaient constamment des postulats qu\u2019ils font, ils ne pourraient compléter leurs recherches.Le philosophe tente non seulement de repérer ces postulats, mais de révéler les incohérences, de façon à éviter les contradictions.C\u2019est à ce moment que le philosophe fera particulièrement appel à ses instruments logiques, épistémologiques et métaphysiques22 pour suggérer les révisions et les reconstructions qui s\u2019imposent.Ces trois tâches regroupées autour de l\u2019analyse critique permettent au philosophe d\u2019exercer la fonction normative et prescriptive de la philosophie; tandis que les trois éléments du Contexte, de la Structure et de la Signification lui procurent un cadre, des points de vue et une vision qui assurent à l\u2019élaboration de certaines 23 thèses une prise de contact englobante de toute une réalité totalisante23.C\u2019est grâce à cette double approche qu\u2019on peut soulever le genre de questions posées à la pratique des formes d\u2019activité physique et de tenter d\u2019indiquer certaines voies de solution.Il n\u2019y a rien de magique ni de facile à cette approche.Rien de magique, car il s\u2019agit de tenir compte non seulement des personnes, mais de leur activité, comme dit Jean Piaget, de leur praxis, comme dit Jean-Paul Sartre24.Rien de facile, car il faut non seulement penser et élaborer de nouvelles méthodes mais surtout concevoir la construction de théories orientées non vers d\u2019autres théories, mais vers les faits dont elles doivent rendre raison25.Cependant, rappelons que la philosophie est unique car elle ne peut être identifiée ou à un contenu ou à une méthode.C\u2019est une activité qui joue un rôle de catalyseur et de médiateur26 parmi les autres disciplines et qui remplit une fonction d\u2019intervenant critique à l\u2019intérieur d\u2019un champ d\u2019études.La philosophie joue surtout le rôle d\u2019une antenne pour la profession; elle ne peut être réduite à remplir une fonction de tentacule.Une telle philosophie de l\u2019éducation physique ne serait un luxe que si on pouvait démontrer que les problèmes auxquels la profession est confrontée peuvent être résolus par un autre mode de connaissance.Elle serait assurément un embarras pour les personnes qui prétendent avoir déjà résolu les problèmes, qui en ont enrobé la solution d'un endoctrinement idéologique supposément scientifique27 et qui ont décidé de ne pas les remettre en question.Ces personnes auraient, semble-t-il, trouvé la solution.Devant tant de naïveté et d\u2019assurance28 professionnelles, on pourrait, avec une petite pointe d\u2019ironie, les féliciter d\u2019avoir trouvé la pierre philosophale de l\u2019activité physique! Pourtant, on attend toujours une réponse aux questions soulevées depuis plusieurs années29.Cette philosophie demeure nécessaire parce que la vie de la profession l\u2019exige, parce que la seule façon d\u2019assurer l\u2019évolution de la profession est de lui permettre par le truchement du principe de tolérance à l\u2019insécurité une remise en cause30 assurant une juste interprétation de ses orientations, une cohérence dans ses actions et une existence dynamique de ses composantes31.CONCLUSION Pour bien démontrer la complexité de la démarche philosophique et des opérations de la pensée, on peut utiliser l\u2019image de la marche32.Mais pourquoi marche-t-on?Deux réponses s\u2019imposent: on marche pour marcher ou pour atteindre un but.Du point de vue fonctionnel, les deux mouvements sont identiques; mais ils s'opposent sous le rapport de la représentation qu\u2019ils font naître en nous: le premier est équilibré sur soi, le second déséquilibré sur le but.Marcher pour marcher, c'est refermer la marche sur elle-même, c\u2019est ne vouloir rien d'autre que ce que l\u2019on fait.Marcher pour atteindre un but, c\u2019est au contraire ouvrir sa marche sur un objectif extérieur à elle.Entre ces deux opérations s\u2019en interpose une troisième, qui est l\u2019apprentissage ou l\u2019exercice de la marche; l\u2019acte qui consiste à marcher pour mieux marcher, celui de l\u2019enfant qui fait ses premiers pas ou du patient qui réapprend l\u2019usage de ses jambes.Ces trois manières d\u2019agir ont ceci de commun que la fonction mise en jeu tend au but comme vers un accord de résolution.Cette condition n\u2019est pas réalisée dans un quatrième cas.Si l\u2019on demande au postier pourquoi il va de maison en maison distribuer le courrier, il vous répondra: «Il faut bien gagner son pain».Il désigne une fin nouvelle, une fin qui, loin d\u2019orienter la marche vers un but déterminé, s\u2019applique extérieurement et indifféremment à toutes les fonctions possibles pour peu qu\u2019elles soient rétribuées.Cette fin nouvelle n\u2019exclut nullement les précédentes.Rien n\u2019empêche que notre postier éprouve à parcourir son secteur le plaisir d\u2019un jeu s\u2019il aime marcher, celui d\u2019un exercice s\u2019il désire s\u2019entraîner et celui du service rendu s\u2019il est serviable et consciencieux.Cet exemple, assez pertinent pour le secteur de l\u2019activité physique, démontre bien que, lors de l\u2019étude de nos phénomènes, si on réduit notre analyse au fonctionnel, on risque fort d\u2019éliminer des éléments non seulement importants, mais aussi l\u2019essentiel, car les questions du pourquoi et du quoi33 sont aussi nécessaires que celles du comment.De plus, si on limite nos études et nos recherches à une prétendue objectivisation de la réalité de nos phénomènes, on la prive des volets réels qui l\u2019imprègnent et la colorent aussi bien dans ses entités que dans ses réalisations34.Lorsque la réalité est mouvante et joue, elle est embarrassante à étudier; mais la seule façon de la saisir sans se faire jouer, c\u2019est de la saisir intégralement et en totalité.NOTES ET RÉFÉRENCES 1.\t«.a pure philosophical interpretation without empirical analysis and control would be empty (of empirical content and relevance).But on the other hand pure micro-sociological investigations without more macro-sociological theoretical conceptions and constructions and without philosophical interpretation would be blind, in no way suited to develop critical over-all estimations, analyses of goals and values of sports in whole, or to deliver systematically a philosophical criticism of ideology.Cooperation between sociology and philosophy as well as epistemology is necessary for the theoretical analysis of the social phenomenon of sport».(Lenk, Hans, «Sport, Achievement, and the New Left Criticism», dans Man and World: An International Philosophical Review, 5: 179-192 (1972).2.\tUn exemple typique de la confusion entre conception et théorie se retrouve dans: Moore, T.W., Educational Theory: An Introduction, London, Routledge and Kegan Paul, 1974, 102 pages.Quoiqu\u2019on définisse correctement la théorie, les applications qu\u2019on en propose sont transformées en termes de but ultime et d\u2019objectifs de l\u2019éducation.Par contre, Hirst et O\u2019Connor établissent bien ces distinctions dans un autre volume: O\u2019Connor, D.J., «The Nature and Scope of Educational Theory», et Hirst, Paul H., «The Nature and Scope of Educational Theory A Reply to D.J.O\u2019Connor», dans Langford, Glenn et D.J.O\u2019Connor, New Essays in the Philosophy of Education, London, Routledge and Kegan Paul, 1973, 266 pages.24 es du du ée er if- ie - c- ie li- li- es ; ils st .ilD- fr ' as of lit, ht) 5: iet jan gfit lis- do- lien J., isl- i et $ P 3.\tSheedy, Arthur, «Pour et vers une théorie de l'éducation physique», dans Mouvement, 9, 2: 131-148 (1974).4.\t«Si la tendance actuelle vers la méthode de la quantification se poursuit, avec cette dépendance croissante de l\u2019abstraction nécessaire pour rendre les faits sociaux dociles aux techniques mathématiques, les empiristes se priveront d\u2019un argument essentiel à leur revendication d\u2019être pris au sérieux, à savoir que leurs analyses représentent le réel.Au mieux, leurs études des organisations s\u2019appliqueront aux aspects mesurables, contrôlables et inanimés des organisations, mais n\u2019auront aucun rapport avec les relations sociales.Au pire, leurs études des organisations seront des exercices mathématiques sans intérêt.» (Allan, V.L, «La doctrine de l\u2019empirisme et l\u2019étude des organisations», dans L'homme et la société.15: 221-239 (1970).5.\tOssowski, S., Die Resonderheiten der Sozialivissenschaf-ten, Frankfort, Suhrkamp, 1973, p.148.6.\tBlondel, Maurice, «Le point de départ de la recherche philosophique», dans Annales de Philosophie Chrétienne, 40, 1 : 337-60 (1905-6).7.\tSheedy, Arthur, «Pour une intégration des aspects scientifiques et pratique de l\u2019activité physique adaptée», Conférence d\u2019ouverture du 4ième Symposium de l\u2019activité physique adaptée de l\u2019A.P.A.P.Q., Montréal, le 19 mars 1976.8.\t«La vocation de la philosophie est d\u2019éclairer par notions l'existence même» (Ricoeur, Paul, Philosophie de la volonté, cité dans Madison, G.-B., Avant-propos de Sens et existence: en hommage à Paul Ricoeur, Paris, Seuil, 1975).9.\tLalumia, Joseph, «De la science à la métaphysique et à la philosophie», dans Diogène, 88: 5-48 (1974).10.\tLes trois points forts, i.e., le contexte, la structure et la signification de même que leur élaboration, sont empruntés de: Antonio T.De Nicolas, «The Humanization of Philosophy», dans Main Currents in Modern Thought, 30, 5: 167-173 (May-June 1974).11.\tFeuer, Lewis S., «Sociological Aspects of the Relation Between Language and Philosophy», dans Philosophy of Science, 20, 2: 85-100 (April 1953).12.\tKlemke, E.D., «Are Philosophical Questions Linguistic?», dans Personalist, 50: 490-507 (1969).13.\tPieper, Josef, Was heisst philosophieren, München, Kosel Verlag, 1948, 132 pages; Alain, Éléments de philosophie, Paris, Gallimard, 1941,378 pages.14.\tSoltis, Jonas F., « Philosophy of Education », in Educational Theory, 25, 3: 211-222 (1975).15.\t«Critical judgment involves effective choice growing out of analysis of available options» (Van Patten, James J., «Model for Philosophy of Education», dans Journal of Thought, 8, 4: 286-295 (1973).16.\t«It seems to me improbable, if not impossible, that philosophy can regain its social effectiveness and discharge its cultural obligations if it continues in its prevailing form of discourse.The current emphasis on rigor and precision in philosophic discourse which is certainly Aristotelian in form and spirit leaves the impression that philosophy either consists in the insightful arrangement of aeviternal truths or, alternatively, consists in showing the inevitable error of attempting any such arrangement.In either case, the concerns of philosophy seem to be limited to the disciplinary problems of internal development, and to be of no universal relevance.I am convinced that if philosophy returns to a more literary form of discourse, a form characteristically Platonic, not only will philosophy be able to provide the conditions of interdisciplinary dialogue, but philosophy will again make its vision of the necessary a more common cultural coin.(Nemetz, Anthony, «The Problem of Philosophic Communication», dans International Philosophical Quarterly, 1 : 193-213 (1961).17.\tSheedy, Arthur, «Wittgenstein et le terme \u2018éducation physique\u2019: \u2018Ressemblance de famille\u2019 et \u2018jeu de langage\u2019 », dans Mouvement, 9, 4 : 293-299 (1974).18.\tLes trois étapes de l\u2019analyse critique s\u2019inspirent de: Weingartner, Rudolph H., «The Meaning of \u2018of\u2019 in \u2018Philosophy of.'», dans Journal of Value Inquiry, 2: 79-94 (1968).19.\t«Cette demande de cohérence et de concepts théoriques, cette position du problème du «recours à la philosophie», formulées par les sciences humaines sont légitimes en ce qu\u2019elles restreignent la prétention du philosophe à légiférer au «royaume» de l\u2019éducation au nom d\u2019un savoir a priori, au nom d\u2019une norme idéale qui méconnaîtrait la situation réelle de l\u2019éducation dans le monde actuel, qui omettrait la connaissance qu\u2019en ont acquise les disciplines scientifiques pédagogiques; légitimes en ce qu\u2019elles précisent les limites de ces savoirs et obligent le «philosophe-épistémologue» à adopter la même attitude de modestie \u2014 scientifique \u2014 dans son entreprise de formulation d\u2019une théorie de l\u2019éducation.» (Lé-vêque, Raphaël et Francine Best, \u2018Pour une philosophie de l\u2019éducation\u2019, dans Defesse, Maurice et Gaston Miclaret, Traité des sciences pédagogiques, Paris, Presses universitaires de France, 1969, p.84).20.\tSheedy, Arthur, Philosophical Aspects as They Are Related to Human Performance and Physical Fitness\u2019, Conférence présentée au 11ième Congrès de l\u2019International Committee on Physical Fitness Research, Jerusalem, 20-23 août 1974.21.\tNewton, Richard F., «Inquiry: Science and Pedagogy in Conflict», dans Teachers\u2019 College Record, 77: 107-121 (1975).22.\tOn peut suggérer deux ouvrages comme exemples de réalisation de cette tâche: Scheffler, Israil, Conditions of Knowledge : An Introduction to Epistemology and Education, Glenview, Scott, Foresman and Co., 1965, 117 pages; et Margolis, Joseph, Knowledge and Existence: An Introduction to Philosophical Problems, New-York, Oxford University Press, 1973, 289 pages.23.\tReid, L.Arnaud, «Philosophy and the Theory and Practice of Education», dans Archambault, Réginald D., Philosophical Analysis and Education, London, Routledge and Kegan Paul, 1972, 212 pages.24.\t«Je réserve le nom de compréhension à la saisie totalisante de chaque praxis en tant que celle-ci est intentionnellement produite par son ou par ses auteurs» (Sartre, Jean-Paul, Critique de la raison dialectique, Paris N.R.F., 1960, p.162).25.\tBourdieu, Pierre, Esquisse d\u2019une théorie de la pratique, Génève, Droz, 1972, 267 pages.26.\tWhittier, Duane H., «Basic Assumption and Argument in Philosophy », dans The Monist, 48: 486-500 (1964).27.\t«Affirmer de telle sorte que rien ne soit dit qui ne soit accompagné de l\u2019administration de la preuve, c\u2019est effectuer en même temps l\u2019inclusion du dire dans un appareil, au sens orthopédique, architectural et politique du mot, qui va désormais l\u2019encadrer, l\u2019administrer, lui assurer la pérennité d\u2019une institution, au prix de l\u2019aliénation d\u2019une certaine liberté de parole et du droit à l'erreur comme autre norme possible.L\u2019institution scientifique apparaît 25 alors voisine de l\u2019appareillage dogmatique, valide en son ordre quand on a accepté le préalable de la «préoccupation» qui rend ses contenus intelligibles, mais ne pouvant sans illogisme, valider a posteriori la conviction en laquelle il se fonde et dont la puissance de changement social apparaît tout autant relever de l\u2019ordre du pouvoir, de l\u2019influence et de l'impression impressionnante, que de l\u2019ordre des raisons jouant dans la neutralité d\u2019une musique des sphères.» (Hameline, Daniel, Du savoir et des hommes, Paris, Gauthier-Villars, 1971, p.111).28.\t«La vraie éducation commence par celle de l\u2019éducateur.Il doit se comprendre lui-même et être affranchi des façons de penser stéréotypées.Car son enseignement est à l\u2019image de ce qu\u2019il est.Nous attacher à notre propre rééducation est beaucoup plus utile que nous faire du souci pour le bien-être futur et la sécurité de notre enfant» (Krishmamurti, De l\u2019éducation, Neuchâtel, Dela-chaux et Niestlé, 1965, p.97).29.\tSheedy, Arthur, «Étude taxonomique de l\u2019éducation physique», dans Mouvement, 2: 143-170 (1967).30.\t«Je suis personnellement très optimiste quant à la capacité de l\u2019esprit humain d\u2019être à la fois dépendant et libre: enchaîné par \u2018les déterminations\u2019 sociales et d\u2019époque de ses conceptions et modes de pensée, et cependant sans cesse en train de se libérer pour se reconsidérer, réévaluer, repenser \u2014 en somme, pour détruire de vieux modèles de conscience et en construire constamment de nouveaux» (Freiberg, J.W., «Détermination et liberté dans la pensée humaine: une perspective dialectique», dans L'homme et la société, 37-38: 99-115 (1975).31.\t«.l\u2019ordre et le désordre convenablement maniés expliquent ou du moins rapprochent bien des choses».(Paul Valéry, Eupalinos ou l\u2019architecte, Paris, N.R.F., 1944).32.\tCet exemple est quasi littéralement tiré de: Schaerer, René, «Points de repère et points de vue sur le cheminement philosophique», dans Studia Philosophia, 30-31: 244-271 (1970-1).33.\tBerlinger, Rudolph, «Vorn Weltcharakter der philoso-phisehen Urfrage», dans Philosophische Perspektiven, 4: 184-190 (1972).34.\tSkjervheim, Hans, «Objectivism and the Study of Man», in Inquiry, 17: 213-239, 265-302 (1975).26 Les services de santé : le cas des Cantons de l\u2019Est Ce thème était celui d\u2019un des ateliers du colloque général Santé et services sociaux au Québec: enjeux et débats, organisé par la section de sociologie.C\u2019est dans ce cadre qu'ont été présentés les trois textes qui suivent. .' ANALYSE PRÉLIMINAIRE D\u2019UN SYSTÈME DE SANTÉ: LE CAS DE LA DISTRIBUTION DES RESSOURCES DE SANTÉ DANS LES CANTONS DE L\u2019EST C.Blouin, A.Kelly, L.Munan, J.-P.Thouez Université de Sherbrooke Il est impossible d\u2019étudier la façon dont se pose aujourd\u2019hui le problème des facteurs sociaux et politiques de la pratique médicale sans rappeler combien l\u2019organisation des ressources de santé est une notion récente.D\u2019une part, le progrès des techniques médicales a amené une transformation de l\u2019acte médical, du rapport du malade au médecin, des mécanismes de diffusion.D'une façon générale, on constate une concentration des soins dans des unités de plus en plus importantes et dont la finalité devient complexe posant des problèmes organisationnels.D\u2019autre part, l\u2019accroissement du coût de la santé implique non seulement une rationalisation et un contrôle des dépenses médicales mais pose le problème global et politique de l\u2019orientation des investissements et des choix budgétaires.La prise de conscience collective, par le biais de l\u2019opinion publique, d\u2019un droit à la santé rend intolérable l\u2019inégalité sociale devant la maladie et la mort.L\u2019organisation des ressources de santé, qui a suscité aux États-Unis de nombreuses recherches de géographie médicale, devient un point stratégique.Les travaux de P.de Vise (1966), Shannon et Dever (1975) et G.Pyle (1971) et la bibliographie de Corey et Stafford (1969) fournissent des éléments d\u2019analyse pour comprendre le processus de répartition et de changement que connaît le système médical, c'est-à-dire l\u2019ensemble des ressources de santé.Deux domaines ont été particulièrement explorés: \u2014\tou bien étudier la distribution des ressources de santé pour y trouver la confirmation d\u2019hypothèses plus globales concernant l\u2019ensemble du système socio-économique (Earikson, 1970) ; \u2014\tou bien se rapprocher de la médecine au point de participer à l\u2019organisation des services de santé et de contribuer à l\u2019élaboration de politiques sanitaires (Morill et colI., 1967, 1968; P.de Vise, 1973).Notons que l\u2019étude de l\u2019organisation des services de santé ne saurait se limiter à l\u2019analyse des facteurs organisationnels et économiques, elle n\u2019a de sens qu\u2019en fonction de l\u2019homme pris comme un tout: être biologique, psychologique et social.De plus, l\u2019intérêt pour la géographie médicale apparaît de plus en plus marqué en raison des transformations du monde médical et des progrès des sciences sociales dans la mesure ou celles-ci élaborent des méthodes d\u2019appréhension de la réalité humaine.En effet, bien que la médecine soit sensible aux aspects sociaux et écologiques de la maladie, elle met de plus en plus l\u2019accent sur l\u2019individu.Nous pensons qu\u2019il était nécessaire de présenter une analyse même sommaire des variations spatiales de l'offre et de ses implications sans toutefois aborder les modèles de localisation des ressources: de type gravitationnel ou exponentiel (Shannon et coll., 1969; Morrill et Earick-son, 1968).Bien que les tendances récentes de la recherche dans ce domaine soient intéressantes (Berry et Lamb, 1973).De même nous avons volontairement laissé de côté, à ce stade, l\u2019étude plus particulière des aspects socio-économiques de la demande explicitée par les travaux de Schneider (1967) et Earickson (1970) pour nous pencher sur l\u2019analyse descriptive des variations spatiales des ressources de santé et de leurs zones d\u2019influence.Les principales sources de renseignement sont les bandes d\u2019information de l\u2019assurance-hospitalisation du Québec et les données d\u2019une enquête effectuée par le Département d\u2019épidémiologie durant les années 1970-71 soit peu de temps après l\u2019entrée en vigueur des programmes de prise en charge des maladies (Munan et coll., 1972).L\u2019ORGANISATION RÉGIONALE DES RESSOURCES DE SANTÉ La région étudiée plus vaste que la région administrative des Cantons de l\u2019Est définie en 1966 correspond à la région naturelle du même nom.Par conséquent, elle déborde la région socio-sanitaire no 5, telle qu\u2019elle est décrite dans les règlements de la loi sur les services de santé et des services sociaux (A.C.332-72 du 8 novembre 1972).Elle empiète sur les régions socio-sanitaires de Montréal (Granby) de Trois-Rivières (Drum-mondville) Québec (Thetford Mines).Ce découpage géographique avait été retenu par le comité de planification des services de santé en 1969; il comprend 6 sous-régions hospitalières.Celles-ci sont définies à l\u2019aide de divers critères tant géographiques que démographiques.En effet, chaque sous-région doit avoir un centre urbain doté d\u2019un centre hospitalier dont les fonctions sont les suivantes: en premier lieu, assurer les soins au niveau sous-régional dans les zones où les soins locaux sont donnés par un hôpital local; fournir ces mêmes soins dans la zone d\u2019influence locale du centre et finalement dans la zone périphérique lorsqu\u2019il 29 n\u2019y a pas d\u2019hôpital local.La zone d\u2019influence d\u2019un centre hospitalier dépend par conséquent de l\u2019existence ou non de services locaux (R.W.Armstrong, 1972).De plus, cette définition est en relation étroite avec l\u2019existence d\u2019un rapport hiérarchique entre les unités hospitalières: hôpital régional, sous-régional et local impliquant celui des services très spécialisés, spécialisés et généraux.Ceci confirme la concentration de plus en plus poussée des soins dans des unités importantes et complexes.Au sommet de la hiérarchie on trouve l\u2019hôpital régional, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Sherbrooke qui intègre à la fois les soins, l\u2019enseignement et la recherche.Le tableau ci-dessous souligne le poids démographique de chacune des 6 sous régions retenues: \tPopulation (1971)\t%\tPopulation 0-14\t% Arthabaska\t70 345\t12,70\t22 910\t13,3 Drummondville\t85 156\t15,37\t26 160\t15,2 Granby\t110 518\t19,93\t38 805\t19,6 Lac-Mégantic\t19 987\t3,60\t6 535\t3,8 Sherbrooke\t206 076\t38,99\t66 100\t38,5 Thetford Mines\t52 210\t9,41\t16 115\t9,38 Notons les pourcentages élevés accordés à la sous-région de Sherbrooke, la plus urbanisée.Examinons d\u2019une façon générale le poids des ressources médicales en retenant comme critères le nombre de médecins et celui des lits d\u2019hôpitaux.\tomnipraticiens\tspécialistes\ttotal région\t1/1806\t1/1860\t1/916 province(RAMQ,1974)\t1/1587\t1/1299\t1/714 province (MAS, 1973)\t1/1475\t1/1198\t1/660 La région apparaît défavorisée avec un (1) médecin pour 916 habitants, l\u2019omnipraticien pour 1806 habitants et un (1) spécialiste pour 1860 habitants.Notons que le nombre d\u2019omnipraticiens est d\u2019une façon générale inférieur à celui des spécialistes; cette tendance souligne le processus de transformation que connaît la médecine depuis une dizaine d\u2019années.Ces mêmes rapports à l\u2019échelle de la région socio-sanitaire no 5 donnent 1 médecin spécialiste pour 1010 habitants contre 1 généraliste pour 1471 habitants.Si les différences avec le niveau provincial apparaissent plus faibles, les variations sont plus importantes à l\u2019échelle sous-régionale.\tomnipraticiens\tspécialistes\ttotal Arthabaska\t1/2345\t1/2512\t1/1213 Drummondville\t1/2505\t1/4482\t1/1607 Granby\t1/1727\t1/6501\t1/1364 Lac-Mégantic\t1/2221\t1/6662\t1/1666 Sherbrooke\t1/1522\t1/1010\t1/607 Thetford Mines\t1/1865\t1/3071\t1/1160 Nous aurons l\u2019occasion de revenir sur ce problème; retenons que la zone de Sherbrooke accuse un taux relativement élevé.Par contre les zones d\u2019Arthabaska, de Drummondville, de Lac-Mégantic (omnipraticiens) et de Granby, Lac-Mégantic (spécialistes) sont nettement défavorisées.Les données du second indicateur sont extraites du Répertoire des hôpitaux canadiens (1973).\t(a)\t(b)\t(c)\ttotal \t%\t%\t%\t% Arthabaska\t3,99\t2,40\t1,40\t5,47 Drummondville\t4,59\t1,15\t0,59\t5,24 Granby\t2,82\t0,98\t0,99\t3,61 Lac-Mégantic\t6,30\t3,67\t0,61\t7,81 Sherbrooke\t10,94\t3,19\t0,68\t12,26 Thetford Mines\t27,39\t1,74\t0,98\t28,42 région\t8,85\t2,22\t0,84\t9,96 Les taux ont été calculés de la façon suivante: (a)\tnombre de lits (chirurgie, soins intensifs, psychiatrie, chroniques, -autms]-x 1000 population totale (b)\tnombre de lits (pédiatrie) x 1000 population 0-14 ans (c)\tnombre de lits (obstétrique)., ^qq population de sexe féminin (15-49 ans) Les zones de Sherbrooke et de Thetford Mines présentent des taux élevés.Comme nous l\u2019avons souligné ci-dessus, Sherbrooke a un rôle régional explicite par une structure complexe: un hôpital régional (CHU) et un hôpital sous-régional (St-Vincent-de-Paul) auquel on peut rattacher le Sherbrooke Hospital dont la clientèle, à majorité anglophone, provient de la région périphérique et finalement, un hôpital local (Hôtel-Dieu) (Langlois, 1976).Quant à Thetford Mines, le taux élevé du premier rapport provient de l\u2019hôpital psychiatrique de Bernierville.Par contre, la zone de Granby apparaît, selon ce critère, défavorisée.Avant d\u2019aborder le problème spécifique des implications géographiques de l\u2019organisation des services de santé, on a cherché à savoir s\u2019il existait une variation spatiale en terme d\u2019admission par hôpital.Ce nouveau niveau d\u2019analyse apparaît nécessaire quel que soit l\u2019indicateur retenu (P.de Vise, 1973, p.9).Les données sont extraites de la bande d\u2019assurance hospitalisation de 1972; nous avons retenu la distinction entre les admissions externes et internes, les secondes étant synonymes de séjours à l\u2019hôpital.\t%\t%\t% \tinterne\texterne\ttotal interne Arthabaska\t94,03\t5,96\t13,38 Plessisville\t80,70\t19,29\t1,4 Drummondville\t35,65\t64,34\t4,07 Granby\t95,52\t4,47\t8,47 Cowansville\t92,21\t7,78\t4,24 Lac-Mégantic\t95,44\t4,55\t5,23 Coaticook\t98,30\t1,69\t2,31 Magog\t96,49\t3,50\t5,83 Asbestos\t100,0\t\u2014\t0,8 Sherbrooke (1)\t97,61\t2,98\t16,00 (2)\t97,30\t2,69\t21,44 (3)\t96,50\t3,50\t6,07 (4)\t87,28\t12,71\t11,98 Thetford Mines\t100,0\t\u2014\t?* données faibles ou incomplètes (1)\tSt-Vincent-de-Paul\t(3) Sherbrooke Hospital (2)\tHôtel-Dieu\t(4) CHU 30 Remarquons en premier lieu que les centres hospitaliers de I Hôtel-Dieu et St-Vincent-de-Paul ont un taux d\u2019admissions plus élevé que le CHU, respectivement 12954, 9669 et 6938.En second lieu, que les hôpitaux d\u2019Arthabaska (8085) et de Granby (5118) présentent un nombre élevé d\u2019admissions internes; par contre, Drum-mondville (4434) et le CHU (1011) dominent en ce qui concerne les admissions externes.Finalement, que le nombre moyen de séjours par hôpital est en relation étroite avec les soins reçus, par conséquent avec le service.Dans le cas de soins autres «psychiatriques» et «chroniques» le taux varie entre 6 (Hôpital Shefford à Granby) et 13,8 (CHU); par contre, dans le cas de malades chroniques, la moyenne est de 420.Au niveau régional, on a une admission pour 109 habitants, rapport relativement élevé.Constatons qu\u2019il n\u2019existe pas de relation significative entre le nombre moyen de séjours et la taille de l\u2019hôpital.Une autre façon d'aborder l\u2019étude des admissions consiste à évaluer les communications et échanges entre les services et entre les hôpitaux.LES IMPLICATIONS GÉOGRAPHIQUES DU SYSTÈME RÉGIONAL DE SANTÉ L\u2019analyse de la distribution géographique des ressources de santé sera abordée à deux niveaux, celui des sous-régions hospitalières et celui des périmètres urbains, dans la mesure où il existe une relation étroite entre la présence des ressources de santé et l\u2019existence d\u2019une zone urbaine.Nous essaierons de dégager la hiérarchie du système de santé.Dans ce sens, nous avons évalué dans un premier temps le poids de chacune des ressources au niveau de chacune des sous régions ou zones hospitalières retenues.Le tableau A (p.33) présente d\u2019une façon globale les résultats concernant les deux indicateurs retenus: nombre de médecins (omnipraticiens colonne 1, spécialistes colonnes 2 à 27) et le nombre de lits (colonnes 28 à 34).La zone de Sherbrooke concerne la majorité et pour certaines spécialités la totalité des médecins-spécialistes.La répartition apparaît équilibrée entre les autres zones sauf pour la zone du Lac-Mégantic.Par contre, si l\u2019on prend le critère de médecins omnipraticiens l\u2019écart varie du simple au double entre les zones de Sherbrooke/Granby/Drummondville, Arthabaska/ Thetford Mines/Lac-Mégantic.Cette différenciation corrobore celle de la distribution par nombre de lits.En tenant compte de ces deux critères, on peut dégager la hiérarchie suivante: 1\t\u2014 niveau régional : zone de Sherbrooke 2\t\u2014 niveau sous-régional : zone d\u2019Arthabaska zone de Drummondville zone de Granby zone de Thetford Mines 3\t\u2014 niveau local : Lac-Mégantic, etc.Cette distribution suit celle des périmètres urbains.En effet, le tableau B (p.34-35) permettant d évaluer le poids respectif de chacune des municipalités, montre la prédominance de la ville de Sherbrooke et à moindre égard, le rôle de 7 villes que nous appellerons périphériques ou sous-régionales.Constatons qu\u2019il peut exister un ou plusieurs centres urbains sous-régionaux à l\u2019intérieur d\u2019une sous-région hospitalisée.Finalement, le troisième groupe comprend les localités ayant un ou plusieurs médecins.Géographiquement, à première vue il y a une répartition assez homogène des ressources sauf pour la partie sud-ouest du territoire.En second lieu, en dégageant une figure concentrique, à partir de Sherbrooke, constituée des villes périphériques on peut noter entre celles-ci l\u2019inexistence de ressources de santé.Il y aurait lieu d\u2019approfondir l\u2019ampleur des variations soit à l\u2019aide des polygones de Thiessen soit à partir des calculs de minimisation de la distance d\u2019une part, pour tenir compte de l\u2019irrégularité des unités spatiales de collecte et d\u2019autre part, pour mesurer l\u2019efficacité de la délimitation des espaces observés (Massam, 1975).En effet, on peut mettre en évidence les effets de distorsion dues à la localisation des ressources en analysant brièvement la fréquence et la direction des déplacements des malades.Le tableau ci-dessous souligne l\u2019attraction exercée par les centres hospitaliers des sous-régions de Sherbrooke, d\u2019Arthabaska et à moindre égard de Drummondville.Par exemple, il y a 11,1%, 19,26 et 18,0% des malades dont l\u2019origine est respectivement de Drummondville, Granby et Lac-Mégantic mais ces pourcentages ne représentent que 1,18, 6,55, 1,91% du nombre total d\u2019admission de la sous-région de Sherbrooke.Hospitalisation par sous-région hospitalière (en pourcentage) \t\ta\tb\tc\td\te\tf a)\tArthabaska\t\t\t\t\t\t \t(1)\t83,26\t8,88\t0,03\t0,04\t1,51\t1,65 \t(2)\t88,50\t4,05\t0,05\t0,02\t5,91\t1,45 b)\tDrummondville\t\t\t\t\t\t \t(1)\t0,27\t57,64\t0,20\t0,04\t0,15\t\u2014 \t(2)\t1,05\t95,56\t1,05\t0,08\t2,23\t\u2014 c)\tGranby\t\t\t\t\t\t \t(1)\t0,01\t0,85\t58,23\t0,02\t0,24\t0,01 \t(2)\t0,01\t0,45\t98,34\t0,01\t1,15\t0,01 d)\tLac-Mégantic\t\t\t\t\t\t \t(1)\t\u2014\t\u2014\t0,06\t76,05\t0,18\t0,10 \t(2)\t\u2014\t\u2014\t0,25\t97,50\t1,99\t0,25 e)\tSherbrooke\t\t\t\t\t\t \t(1)\t4,67\t11,10\t19,26\t18,00\t91,53\t10,24 \t(2)\t1,16\t1,18\t6,55\t1,91\t87,08\t2,10 f)\tThetford Mines\t\t\t\t\t\t \t(1)\t0,01\t\u2014\t0,01\t1,64\t0,01\t1,64 \t(2)\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t100,0 (1)\tpar rapport au total de la zone d\u2019origine (2)\tpar rapport au total de la zone de destination En général, ces variations sont étroitement reliées aux morbidités spécifiques affectant le territoire étudié.Nous avons retenu trois sous-régions hospitalières: Lac-Mégantic, Sherbrooke et Thetford Mines, en vue d\u2019expliciter la structure de la morbidité, plus particulièrement l\u2019ensemble des principales affections qui frappent les membres de la population observée: 31 Principaux diagnostics pour certaines sous-régions hospitalières (en pourcentage) \tLac- Mégantic\tSherbrooke\tThetford Mines tumeur\t2,8\t5,7\t3,92 troubles mentaux\t2,5\t5,4\t9,8 mal.du système nerveux\t2,1\t5,3\t2,0 mal.vas.cérébrales\t8,9\t9,4\t7,8 mal.syst.respiratoire\t18,0\t12,0\t15,7 mal.syst.digestif\t24,0\t15,2\t33,2 mal.gynéco-urinaire\t7,9\t8,4\t7,8 grossesses, accouchement\t9,0\t9,6\t_ empoisonnement\t8,1\t8,7\t9,8 Constatons que les affections du système respiratoire, du système digestif et empoisonnement, les principales sont liées aux facteurs exogénés plutôt qu\u2019aux facteurs proprement physiologiques.Selon une étude de R.Lavertue (1976), il existe dans le cas des personnes âgées de fortes variations liées à la localisation de ces maladies particulièrement en milieu rural.Nous avons cherché à savoir s\u2019il existait une relation avec la consommation pharmaceutique et médicale.Constatons d\u2019une part, le nombre élevé de ceux qui n\u2019ont jamais pris de médicaments (56,14%), parmi les autres, les motifs de consommation sont dans l\u2019ordre: maladies du système nerveux (9,43%), système cardio-vasculaire (7,23%), digestif (3,57%), génico-urinaire et obstétrique (3,94%).La consommation est plus importante pour les femmes que pour les hommes à l\u2019exception des maladies digestives et respiratoires.Quant aux motifs concernant les opérations, ils apparaissent d\u2019égale importance; ils sont d\u2019ordre respiratoire, abdominal, orthopédique, obstétrique et gynécologique.Si d\u2019une façon générale, les femmes consomment plus de soins médicaux que les hommes, même si on écarte les affections gynécologiques et obstétriques, le rapport apparaît plus équilibré en terme d'hospitalisation bien que le sexe masculin soit plus porté à être traité pour les maladies respiratoires et cardio-vasculaires et le sexe féminin pour les affections du système nerveux.Cependant, cela ne nous permet pas d\u2019affirmer l\u2019existence d\u2019une différence de morbidité réelle.Il y aurait lieu de compléter cette recherche en tenant compte de l\u2019âge du malade.Il n\u2019en reste pas moins qu\u2019une plus grande consommation médicale féminine tient à une morbidité spécifique et à des facteurs physiologiques mais on peut se demander aussi quelle est la part des facteurs proprement psychologiques et sociaux (type de travail et d\u2019activité, rôle familial, modèles de comportement, attitude à l\u2019égard de la maladie selon sa gravité.) L\u2019analyse de corrélation devrait nous permettre de dégager les facteurs qui gouvernent la fréquence, la direction des mouvements et la consommation médicale.En effet, en dépit du système de prise en charge des maladies par l\u2019État il semble que les inégalités les plus profondes se situent au niveau des classes sociales définies non seulement en terme de revenu ou de statut mais aussi par rapport à la place de l\u2019individu dans le système de production, à des modèles de conduite, à des attitudes qui ont une implication directe sur l\u2019organisation du système de santé.RÉFÉRENCES Armstrong, R.W.Medical geography and health planning in the U.S.dans N.D.McGIasham (edt.), Medical geography: Techniques and Field studies, Methuen 1972, pp.119-129.Berry, B.J.L.et R.F.Lamb.Newspaper Market Penetration : Calibration of an interaction model, ronéotypé, département de géographie, Université de Chicago, 1973.Corey, K.E.et H.A.Stafford.Planning for Location Change in the Delivery of Medical Care: a Selected Bibliography, Council of planning librarians exchange bibliography no.100, Montecello Illinois, 1967.de Vise, P.Hospital Study Districts for Metropolitan Chicago, «Hospital Planning Council for Metropolitan Chicago», Technical report no.2, 1966.de Vise, P.Mesured and Misplaced Hospitals and Doctors: a Locational Analysis of the Urban Health care crisis, Ressource paper 22, Association of American Geographers, Washington, 1973.Earickson, R.J.The Spatial Behavior of Hospital Patients, research monograph no.124, département de géographie, Université de Chicago, 1970.Langlois, J.Le réseau des services de santé dans l\u2019agglomération de Sherbrooke, mémoire B.A., Département de géographie, Université de Sherbrooke, 48 p., 1976.Lavertue, R.Les maladies chez les personnes âgées de TEstrie, mémoire B.A., Département de géographie, Université de Sherbrooke, 36 p., 1976.Massam, B.Location and Space in Social Administration, E.Arnold, 1975.Morrill, R.L.et R.J.Earickson.Locational Efficiency of Chicago Area Hospitals: an experimental model, health services research vol.4, 1969.Morrill, R.L.et R.J.Earickson.Variation in the Use and Character of Chicago Area Hospitals, Health Services Research vol.3, 1966, pp.224-238.Pyle, G.F.Heart Desease, Cancer and Stroke in Chicago: a Geographical Analysis with Facilities Plans to 1980, research monograph 134, Département de géographie, Université de Chicago, 1971, pp.136-156.Pyle, G.F.The Geography of Health Care dans J.Hunter (edt.) 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lit\t616.\t.36\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t GRANBY\t110.\t.518\t64\t7\t\t1\t2\t2\t\t1\t1\t\t1\t2\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t184\t3\t-\t107\t18\t33\t54 \t92.\t.63\t20\t12\t\t8\t5\t9\t\t11\t4\t\t7\t11\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t10\t4\t-\t11\t6\t8\t23 \t63.\t.93\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t DRUMMONDVILLE\t85.\t.156\t34\t4\t\t1\t3\t2\t1\t\t2\t\t1\tO\t3\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t146\t4\t-\t170\t71\t30\t25 \t88.\t,68\t11\t7\t\t8\t8\t9\t5\t\t9\t\t7\t11\t10\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t8\t5\t-\t18\t25\t7\t10 \t75.\t.75\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t ARTHABASKA\t70.\t, 345\t30\t6\t3\t1\t3\t3\t*7\t1\t)\t1\t3\t2\t1\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t197\t8\t34\t42\t-\t55\t49 \t150.\t.41\t9\t11\t17\t8\t8\t14\t10\t11\t9\t12\t23\t11\t3\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t10\t10\t1\t4\t-\t14\t20 \t63.\t, 56\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t THETFORD MINES\t52.\t,210\t28\t3\t2\t1\t2\t\t1\t\t2\t1\t1\t2\t1\t\t\t1\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t168\t4:\t1132\t100\t26\t28\t26 \t106.\t,67\t9\t5\t11\t8\t5\t\t5\t\t9\t12\t7\t11\t3\t\t\t16\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t9\t5\t62\t10\t9\t7\t11 \t115.\t81\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t LAC MEGANTIC\t19.\t987\t9\t1\t\t\t1\t1\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t78\t-\t\t48\t-\t24\t6 \t12.\t48\t2\t1\t\t\t2\t4\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t4\t-\t-\t5\t-\t6\tO A.\t18.\t32\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t TOTAL:\t\t\t30 7\t54\t17\t12\t34\t21\t20\t9\t22\t8\t13\t17\t30\t4\t5\t6\t3\t3\t3\t3\t2\t2\t1\t4\t2\t1\t1\t1816\t73\t1809\t926\t280\t381\t234 \u2018colonne 2: chirurgien général \u2014 3: psychiatrie \u2014 4: pathologiste \u2014 5: anesthésiste & réanimation \u2014 6: radiologiste \u2014 7: pédiatre \u2014 8: cardiologiste \u2014 9: ophtalmologiste, otorhinolaryngologiste \u2014 10: urologiste \u2014 11 : orthopédie \u2014 12: gynécologiste, obstétrique \u2014 13: médecine interne \u2014 14: médecine nucléaire \u2014 15: dermatologiste \u2014 16: pneumologiste \u2014 17: médecine physique \u2014 18: microbiologiste \u2014 19: hématologiste \u2014 20: gastro-entérologie \u2014 21 : bactériologiste \u2014 22: rhumatologie \u2014 23 : néphrologie \u2014 24: électro-encéphalographie \u2014 25: neurologie \u2014 26: chirurgie plastique \u2014 27 : biochimiste \u2014 TABLEAU B Municipalité\tPopulation 1971\t1\t2\t3\t4\t5 Sherbrooke\t80,711\t88\t27\t12\t8\t21 Granby\t34,385\t24\t4\t\t\t2 Drummondville\t31,813\t22\t4\t\t1\t3 Victoriaville\t22,047\t16\t4\t\t\t1 Thet ford-Mines\t22,003\t14\t3\t1\t1\t2 Magog\t13,281\t17\t3\t\t\t1 Cowansville\t11,920\t13\t3\t\t1\t Asbestos\t9,749\t5\t1\t\t\t Plessisville\t7,204\t6\t1\t\t\t Lac Mégantic\t6,770\t6\t1\t\t\t1 Coaticook\t6;569\t3\t1\t\t\t Famham\t6,496\t8\t\t\t\t Windsor\t6,023\t3\t\t\t\t Waterloo\t4,939\t5\t\t\t\t East-Angus\t4,715\t3\t\t\t\t Acton Vale\t4,564\t4\t\t\t\t Arthabaska\t4,479\t1\t1\t3\t1\t2 Richmond\t4,317\t3\t\t\t\t Black Lake\t4,123\t3\t\t\t\t Lac Brome\t4,063\t3\t\t\t\t Lennoxville\t3,859\t2\t1\t\t\t1 Princeville\t3,829\t1\t\t\t\t Disraeli\t3,384\t4\t\t\t\t Warwick\t2,847\t3\t\t\t\t Bedford\t2,786\t7\t\t\t\t Bromptonville\t2,771\t1\t\t\t\t Danville\t2,566\t3\t\t\t\t Bemierville\t2,415\t2\t\t1\t\t Valcourt\t2,411\t1\t\t\t\t St-Césaire\t2 ,279\t2\t\t\t\t Ste-Méthode\t1,683\t1\t\t\t\t \u201e ^Frontenac Potton\t1,664\t1\t\t\t\t Cookshire\t1,484\t2\t\t\t\t 6\t7\t8\t9\t10\t11 12\t13\t14\t15\t16\t17\t18\t19\t20\t21 12\t15\t6\t15\t679\t24\t45533332 1\t11\t11 2\t1\t2\t12\t3 1\t2\t13 2\t1 1\t2\t112\t1\t1 111 1 1\t1 1 3\t1\t1 1 22 23 24 25 26 27 Nombre de Rang Nombre de Rang médecins\tlits 2,189.75\t1\t236.52\t1 55.07\t2\t25.62\t3 78.10\t2\t75.75\t2 80.30\t2\t4.53\t4 96.23\t2\t54.34\t2 40.77\t2\t54.78\t2 28.75\t2\t26.24\t3 3.47\t3\t3.80\t4 3.80\t3\t7.78\t4 11.50\t3\t18.32\t3 2.82\t3\t25.39\t3 2.60\t3\t\t .97\t3\t8.77\t4 1.62\t3\t10.38\t3 .97\t3\t\t 1.30\t3\t\t 64.41\t2\t51.24\t2 .97\t3\t\t .97\t3\t\t .97\t3\t\t 11.32\t3\t\t .32\t3\t\t 1.30\t3\t\t .97\t3\t\t 2.28\t3\t1.65\t4 .32\t3\t\t 6.53\t3\t61.47\t2 6.53\t3\t61.47\t2 .32\t3\t\t .65\t3\t\t .32\t3\t\t .32\t3\t\t .65\t3\t\t Municipalité\tPopulation\t1 2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 Nombre de\tRang\tNombre de \t1971\t\tmédecins\t\tlits Weedon\t1,429\t1\t.32\t3\t Rock Island\t1,341\t1\t.32\t3\t Robertsonville\t1,294\t1\t.32\t3\t Beebe Plain\t1,236\t1\t.32\t3\t Roxton Falls\t1,139\t1\t.32\t3\t East-Broughton\t1,127\t2\t.65\t3\t St-Cyrille\t1,125\t2\t.65\t3\t Courcelles\t1,124\t1\t.32\t3\t St-Germain-de- Grantham\t1,104\t2\t.65\t3\t Lac Drolet\t1,067\t1\t.32\t3\t Austin\t1,060\t\t\t\t22.33 Daveluyvilie\t998\t1\t.32\t3\t St-Zephirin\t992\t1\t.32\t3\t St-Guillaume\t947\t1\t.32\t3\t Ham-Nord\t922\t1\t.32\t3\t Scotstown\t917\t1\t.32\t3\t Lyster\t879\t1\t.32\t3\t Ayer's Clift\t873\t1\t.32\t3\t Sawyerville\t864\t1\t.32\t3\t St-Jacques\t810\t1\t.32\t3\t Lambton\t767\t1\t.32\t3\t North-Hatley\t72 8\t1\t.32\t3\t Stanstead\t724\t1\t.32\t3\t Dixville\t549\t\t\t\t6.46 Compton\t506\t1\t.32\t3\t South Durham\t461\t1\t.32\t3\t La Patrie\t449\t1\t.32\t3\t Ste-Clothilde-\t395\t1\t.32\t3\t de-Horton\t\t\t\t\t Garthby\t392\t1\t.32\t3\t L\u2019ORGANISATION DU SERVICE DE SANTE EN MILIEU RURAL ET SES IMPLICATIONS: LE CAS DES CANTONS DE L\u2019EST A.Kelly, L.Munan, G.Tétrault, J.-P.Thouez Université de Sherbrooke Depuis quelques années, on assiste à un rapprochement entre la médecine et les sciences humaines.Le champ de la géographie médicale est relativement neuf, citons les travaux américains d\u2019Earickson (1970), Pyle (1974), Morrill et collaborateurs, et ceux de Grande-Bretagne: Learmonth (1971), McGIasham (1972).Le nombre des études se multiplie rapidement.Les raisons de cette convergence entre les sciences humaines et la médecine sont multiples.Cependant, il semble qu\u2019elles tiennent à deux caractéristiques importantes de la médecine contemporaine: d\u2019une part, à son développement technique et organisationnel; d\u2019autre part, au rôle des facteurs sociaux et écologiques dans l\u2019apparition et l\u2019évolution des maladies, ainsi qu\u2019à la dimension psychologique et sociale qu\u2019implique de plus en plus la thérapeutique.Ainsi, l\u2019étude de l\u2019organisation d\u2019un système de santé dans ses implications spatiales, apparaît-elle comme l\u2019objectif de la géographie médicale.Son développement est directement lié aux transformations de la pratique médicale, à l\u2019accroissement du coût de la santé au problème global et politique de l\u2019orientation et de la planification des ressources de santé.Si le rôle de la géographie dans la médecine apparaît encore prématuré, celui d\u2019une géographie de la médecine peut s\u2019avérer un «révélateur» des inégalités sociales devant la maladie et la mort (Kelly et Munan, 1974) dans la mesure où la pratique médicale est directement reliée aux problèmes économiques, écologiques et sociaux de son organisation.L\u2019approche que nous présentons ici fournit une contribution indirecte dans la mesure où cette étude menée dans un domaine non spécifiquement médical peut fournir un apport au champ de la médecine.C\u2019est le cas de la majorité des travaux en géographie médicale.Elle vise à fournir une analyse descriptive de l\u2019organisation du système de santé en milieu rural en mettant l\u2019accent sur les aspects socioéconomiques et spatiaux, elle n\u2019a pas pour objectif comme en épidémiologie, la recherche des causes de maladies.Elle fait l\u2019objet d\u2019hypothèses testées au moyen d\u2019enquêtes socio-économiques alors que la seconde utilise des enquêtes étiologiques.L\u2019ENQUÊTE L\u2019enquête entreprise par les chercheurs du département d\u2019épidémiologie du C.H.U.de Sherbrooke durant les années 1970-1971 dans les Cantons de l\u2019Est fut assez vaste pour tenir compte des aspects sociaux, démographiques et spatiaux des maladies tout en mettant l\u2019accent sur l\u2019individu et plus particulièrement sur les familles en milieu rural.En général, la plupart des travaux de géographie médicale ont porté sur la répartition des maladies ou sur l\u2019organisation du système de santé en milieu urbain, position considérée comme insuffisante dans la mesure ou l\u2019on prend conscience des inégalités de plus en plus profondes en ce qui concerne la satisfaction des besoins de santé de la population rurale.Les données découlent d\u2019un sondage à trois degrés appliqué à un échantillon de 532 habitats, représentant 2085 individus dont 178 enfants de moins de 5 ans.La méthodologie utilisée se trouve expliquée dans J.M.Romeder et collaborateurs (1972), nous ne la reprendrons pas ici.Retenons simplement qu\u2019elle consiste à tirer au hasard des unités géographiques, de telle sorte que la probabilité du tirage d\u2019une unité soit proportionnelle au nombre d\u2019habitats qu\u2019elle contient.Le questionnaire soumis aux personnes interrogées comprend 90 variables réparties en 5 thèmes: environnement, démographie, économie, social et spatial.Nous définirons comme «rural» les municipalités dont la population est de 5 000 habitants et moins.Par conséquent, notre échantillon comprend 22 municipalités de 1 000 habitants et moins (220 familles ou 61% du nombre total des familles retenues) et 13 municipalités entre 1 000 et 5 000 habitants (139 familles ou 39%).À ce stade, nous pouvons nous demander s\u2019il existe une différence significative entre ces deux catégories de municipalités pour les variables type et dimension de logement, revenu, nombre d\u2019années passées en milieu urbain et le lieu d\u2019origine des personnes interrogées.Constatons que la dimension du logement varie d\u2019une façon logique avec le type de logement et que la majorité (87,1%) des résidents des petites municipalités sont propriétaires d\u2019un logement unifamilial contre 68.9% des ménages localisés dans les municipalités de 1 000 à 5 000 habitants.Cependant, cette dernière catégorie concentre 59% des répondants dont le revenu familial se situe entre $5 000 et $10 000 alors que 71% localisés dans les petites municipalités ont un revenu de $5 000 et moins.De plus, 33.3% des familles de la catégorie «petites municipalités» contre 15.5% pour l\u2019autre catégorie n\u2019ont pas vécu en milieu 37 d\u2019origine (50,4%) nombre\t6 pièces\t24,0% appartements\t\t8.8% .\t\tnombre\t7 et plus (42,4%) de\t(28%)\t\t\t\t\tde\t pièces\t\t\t\t\t\tpièces\t6 et moins (57,6%) \t5 pièces\t68,9% logement\t\t8.7%\t\t\t \t(72%)\t\tunifamilial\t\t\t\t lieu de\t\tmunicipali\ttés\trr\tunicipalités\t\tlieu de résidence,\t\tde 1 000 à 5 000\t\tde 1 000 habitants\t\t\trésidence, celui\t\thabitants\t\tet moins\t\t\tcelui d\u2019origine (71%) .chefs de familles revenu $5 000 et moins (34,4%) revenu $5 000 et moins (42,5%) agriculteurs (13,6%) agriculteurs (23,0%) urbain.Finalement, dans cette dernière catégorie, 50% des familles ont comme lieu de résidence le lieu d\u2019origine par rapport à 71% des familles de la seconde catégorie.Le schéma ci-dessus permet de visualiser ces différences.Ces différences socio-économiques significatives entre les catégories des municipalités retenues ont-elles une influence sur la répartition des maladies?RÉPARTITION DES MALADIES Si l\u2019on se réfère aux relations «médecin-malade» en terme de nombre de visites on s\u2019aperçoit que 59,7% des individus résidant dans les municipalités de 1 000 à 5 000 habitants n\u2019ont effectué aucune visite médicale contre 47,4% des individus localisés dans les municipalités de 1 000 habitants et moins.Par contre, si l\u2019on examine le cas des séjours à l\u2019hôpital, l\u2019on a respectivement 44,5% et 54,7%.Le mode de vie explique-t-il ces différences?L'explication relève de la science du comportement.Il n\u2019en reste pas moins que si l\u2019on aborde les motifs de séjour à l\u2019hôpital, la majorité des cas pour les deux sexes sont d\u2019ordre cardio-vasculaire.Les différences apparaissent plus marquées dans les municipalités de 1 000 habitants et moins avec 8,3% des cas pour l\u2019homme et 14,2% pour la femme.En dépit du système de prise en charge, depuis 1970, des maladies pour la province de Québec, il semble que la distance continue à jouer un rôle important en milieu rural.Si l'on prend comme indicateur la distance médecin-malade et médecin-hôpital on peut mettre en évidence les inégalités «spatiales» que l\u2019on explique en terme d\u2019accessibilité (P.de Vise, 1973).MÉDECIN\t\t\t (en milles)\t5 et moins\t5-20\t20 et plus \t73,0\t26,3\t0,7 \t39,7\t49,3\t11,0 HÔPITAL\t\t\t \t5 et moins\t5-20\t20 et plus municipalités de 1 000 à\t\t\t 5 000 habitants\t17,6\t58,7\t24,6 municipalités de 1 000\t\t\t habitants et moins\t5,0\t52,9\t42,3 Pour la majorité des familles, la distance à l\u2019hôpital varie entre 5 et 20 milles, elle apparaît nettement plus sensible pour celles résidant dans les municipalités de 1 000 habitants et moins.Par contre, dans le cas de la distance au médecin, elle semble moins discriminante bien que non négligeable.Ces différentes constatations précisant les causes de l\u2019inégalité, doivent être replacées dans le cadre de l\u2019organisation du système de santé dans la mesure où celle-ci a entre autre, pour objectif, de favoriser les rapports entre la pratique médicale et le malade.L\u2019ORGANISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ ET SES IMPLICATIONS Le découpage géographique des Cantons de l\u2019Est en six zones hospitalières fut déterminé en 1969-1970 par un comité régional de planification en fonction 38 d'un certain nombre de critères et de contraintes de nature qualitative et quantitative.L\u2019accent a été mis sur les seconds, c\u2019est-à-dire sur la «technologie» hospitalière qui englobe les facteurs et les activités de production.Les six zones sont les suivantes: Thetford Mines, Arthabaska, Granby, Drummondville, Lac-Mégantic et Sherbrooke.Leurs limites ne sont pas statiques, elles dépendront de l\u2019évolution des zones d'influence hospitalière en d\u2019autres termes du sentiment d\u2019appartenance des individus à un centre hospitalier plutôt qu\u2019à un autre.Avant d\u2019aborder cet aspect, on a cherché à savoir si la délimitation administrative n'accentuait pas les inégalités socioéconomiques et géographiques.Si l\u2019on prend comme indicateur le revenu des ménages en milieu rural par zone hospitalière, on s\u2019aperçoit que la zone du Lac-Mégantic apparaît la plus défavorisée plus de 44% des individus ont un revenu familial de $5 000.00 et moins.Les zones de Granby (c), Drummondville (d), Thetford Mines (a), et Arthabaska (b) présentent le plus faible pourcentage dans cette classe, Sherbrooke (f) occupant une position intermédiaire (tableau 1).Constatons que le nombre de personnes par famille ne corrobore pas cette hypothèse, sauf dans le cas de la zone du Lac-Mégantic (tableau 1) où le pourcentage de familles ayant 7 personnes et plus atteint 22%.Il aurait été utile de préciser les inégalités non seulement au niveau de classes sociales définies ici en terme de revenu mais aussi par rapport à la place de l\u2019individu dans le système de production à une conscience collective d\u2019appartenance, à des modèles de conduite, de valeurs et d'attitudes et à des aspirations communes.Faute de données adéquates, nous aborderons la dimension spatiale, celle-ci comme nous l\u2019avons déjà vu connote avec l\u2019accessibilité.La distance hôpital-malade révèle un certain nombre de déséquilibres géographiques.En effet, les zones de Lac-Mégantic et de Sherbrooke présentent un faible pourcentage de malades résidant à une distance de 10 miles et moins de l\u2019hôpital.Pour Sherbrooke, cette situation s\u2019explique par le caractère régional des hôpitaux de Sherbrooke en particulier du C.H.U.; pour Lac-Mégantic où la gamme de services est moins spécialisée et moins complète (elle ne comprend que'deux centres hospitaliers: l\u2019un pour les malades chroniques, l\u2019autre, général), elle souligne la faiblesse du système de santé en milieu rural.La zone de Drummondville, constitue un cas particulier, se caractérisant par une opposition très nette entre les faibles distances et les distances importantes à l\u2019hôpital.Quant à celle de Thetford Mines, la plus équilibrée, elle montre une concentration des ménages pour les distances de 10 à 20 milles de l\u2019hôpital.Pour le second indicateur: distance médecin-malade, la distribution diffère de la précédente, sauf pour le Lac-Mégantic où la répartition des médecins suit celle de l\u2019hôpital.En effet, ils sont concentrés dans la ville de Lac-Mégantic (4 spécialistes, 6 omnipraticiens) ou dans les petits centres de Scotstown, La Patrie, Weedon (1 omnipraticien dans chaque centre).En ce qui concerne les zones de Sherbrooke et d\u2019Arthabaska, on dénote que près de 20% des ménages se situent à une distance de 10 à 20 milles des médecins.Dans ces deux cas, il faut tenir compte des visites effectuées à des médecins spécialistes (tableau 4).L\u2019inégalité géographique se retrouve au niveau de la consommation médicale tant au niveau des visites médicales qu\u2019à celui des séjours curatifs.Cependant, constatons que le très fort pourcentage de ceux qui n\u2019ont effectué aucune visite ceci s\u2019explique par le fait que l\u2019enquête a été établie à une époque trop proche de la mise en place des systèmes d\u2019assurance maladie et d\u2019assurance hospitalisation.Dans ce sens, le type d\u2019attitude adopté devant la maladie et la pratique médicale semble montrer que la consommation des familles est très faible comparée aux données obtenues en Suède, en Grande-Bretagne et aux États-Unis (Anderson et collaborateurs, 1970).En général, la consommation médicale semble montrer que les femmes consomment plus de soins médicaux que les hommes sauf à certains âges.Selon le C.R.E.D.O.C.(1969) pour la France, la consommation féminine est inférieure à celle de l\u2019homme jusque vers 15 ans, puis supérieure dans les années 15-45 (affections gynécologiques et obstétricales), puis tend à se rapprocher aux âges élevés.Les données figurant dans les tableaux 5 et 6 n\u2019ont pu être désagrégées par âge, cependant elles révèlent, sauf pour les zones d\u2019Arthabaska et de Sherbrooke, une consommation féminine générale plus importante que celle de l\u2019homme.Si l\u2019on se réfère aux types de maladie ayant donné lieu aux visites médicales, on remarque la prédominance des maladies infectieuses pour l\u2019homme et gynéco-urinaires pour la femme (tableau 7), suivie dans les deux cas de «cardio-vasculaire».L\u2019analyse par zone hospitalière met en évidence les maladies respiratoires pour le sexe masculin pour la zone de Thetford Mines, cardio-vasculaire pour les zones de Granby, Arthabaska (sexe féminin) et Lac-Mégantic; système nerveux \"pour la zone de Drummondville (sexe féminin), système digestif (pour la zone de Lac-Mégantic/sexe masculin).(tableau 7).La consommation relative aux soins curatifs ne diffère pas de celle relative aux soins médicaux.Elle reste supérieure, mais faible pour le sexe féminin sauf pour la zone de Granby (tableau 8).Par contre, les motifs ayant donné à l\u2019hospitalisation apparaissent spécifiques sauf pour les affections gynécologiques et obstétricales.Ces données nous laissent perplexes, aucune maladie du système respiratoire pour la zone de Thetford Mines, aucune affection gynéco-urinaire pour celle de Granby par contre un taux élevé de maladies cardiovasculaires et de maladies infectieuses pour le sexe masculin pour la majôrité des zones observées (tableau 9).De plus, comparées à celles obtenues pour la Suède et les États-Unis (Anderson et collaborateurs 1970) elles montrent un taux plus élevé de séjours à l\u2019hôpital pour les Cantons de l\u2019Est.\t\t\t \tSuède\tÉtats-Unis\tCantons de l\u2019Est rural\t10,0\t10,0\t11,0 urbain\t7,8\t7,9\t11,7 total\t8,1\t8,0\t11,2 39 TABLEAU 1 Revenu familial par zone hospitalière (en pourcentage) \ta\tb\t\tc\td\te\tf $ 5,000 et moins\t32\t39\t\t36\t34\t55\t44 $ 5,000 \u2014 10,000\t60\t56\t\t56\t58\t40\t52 $10,000 et plus\t8\t5\t\t8\t8\t5\t4 a) zone de Thetford Mines\t\t\tb)\tzone d\u2019Arthabaska\t\t\t c) zone de Granby\t\t\td)\tzone de Drummondville\t\t\t e) zone de Lac-Mégantic\t\t\tf)\tzone de Sherbrooke\t\t\t \t\tTABLEAU 2\t\t\t\t\t \tNombre de personnes par ménage par zone\t\t\thospitalière (en pourcentage)\t\t\t \ta\tb\t\tc\td\te\tf 1 \u2014 3 personnes\t42\t39\t\t49\t55\t35\t49 4 \u2014 6 personnes\t45\t44\t\t35\t38\t43\t34 7 personnes et plus\t13\t17\t\t16\t7\t22\t17 TABLEAU 3 Distance hôpital-malade, par zone hospitalière (en pourcentage) \ta\tb\tc\td\te\tf 0 \u2014 10 milles\t24\t38\t26\t50\t9\t15 10 \u2014 20\t62\t30\t41\t8\t48\t44 20 milles et plus\t14\t32\t33\t42\t43\t41 TABLEAU 4 Distance médecin-malade, par zone hospitalière (en pourcentage) \ta\tb\tc\td\te\tf\t 0 \u2014 10 milles\t94\t75\t90\t84\t9\t75\t 10 \u2014 20 milles\t4\t20\t5\t8\t52\t18\t 20 milles et plus\t2\t5\t5\t8\t39\t6\t \tTABLEAU 5 Visites médicales par zone hospitalière effectuées par l\u2019homme (en pourcentage) a\tb\tc\td\t\t\t\te\tf aucune\t58\t63\t43\t50\t52\t43 1 et plus\t42\t37\t57\t50\t48\t57 \t\tTABLEAU 6\t\t\t\t \tVisites médicales par zone hospitalière effectuées par la femme (en pourcentage)\t\t\t\t\t \ta\tb\tc\td\te\tf aucune\t42\t71\t37\t40\t41\t47 1 et plus\t58\t29\t63\t60\t59\t53 40 TABLEAU 7 Types de maladie ayant donné lieu à des visites médicales par zone hospitalière \t\ta\tb\tc\td\te\tf S.respiratoire\tM\t20\t\t8\t10\t9\t3 \tF\t\t5\t3,5\t8,5\t\t4 S.cardio-\tM\t10\t20\t4\t20\t27\t12 vasculaire\tF\t19\t30\t41\t17\t29\t17 S.nerveux\tM\t\t12\t8\t15\t9\t7 \tF\t5\t5\t11\t22\t\t2 S.digestif\tM\t\t4\t4\t\t19\t6 \tF\t5\t15\t3,5\t\t14\t2 S.gynéco-\tM\t\t8\t4\t\t\t3 urinaire\tF\t38\t20\t11\t17\t29\t22 Maladies\tM\t15\t12\t8\t15\t9\t10 infectieuses\tF\t16\t5\t7\t8,5\t14\t4 Autres\tM\t55\t44\t62\t40\t27\t59 \tF\t16\t20\t33\t27\t14\t49 TABLEAU 8 Séjours hospitaliers par zone hospitalière selon le sexe (en pourcentage) \ta\tb\tc\td\te\tf Homme 0\t93\t93\t95\t95\t85\t86 1 et plus\t7\t7\t5\t5\t15\t17 Femme 0\t82\t88\t98\t90\t79\t83 1 et plus\t18\t12\t2\t10\t21\t17 TABLEAU 9 Types de maladies ayant donné lieu à des soins curatifs à l\u2019hôpital par zone hospitalière \t\ta\tb\tc\td\te\tf S.respiratoire\tM\t\t25\t33\t50\t\t2 \tF\t\t\t\t25\t\t45 S.cardio-\tM\t25\t\t33\t50\t\t12 vasculaire\tF\t\t50\t\t25\t20\t9 S.nerveux\tM\t\t\t\t\t\t6 \tF\t\t\t\t\t\t4,5 S.digestif\tM\t\t\t\t\t\t \tF\t\t25\t\t\t33\t S.gynéco-\tM\t25\t25\t\t\t\t urinaire\tF\t40\t12,5\t\t25\t60\t39 Maladies\tM\t10\t12,5\t100\t\t\t infectieuses\tF\t50\t25\t33\t\t66\t74 Autres\tM\t50\t25\t33\t\t66\t74 \tF\t50\t25\t\t25\t20\t43 Cette inégalité géographique de l\u2019organisation du système de santé révèle par conséquent un déséquilibre spatial très net entre les zones hospitalières situées à l\u2019est de Sherbrooke par rapport à celles situées à l\u2019ouest.Nous retiendrons deux indicateurs: la répartition des médecins spécialistes et omnipraticiens et le nombre de lits d\u2019hôpitaux.Le tableau 10, révèle une forte concentration de médecins dans les zones de Sherbrooke et de Granby.Cependant, si l\u2019on rapporte le nombre de médecins à la population totale de chacune des zones, la zone de Granby arrive en avant-dernière position avant le Lac-Mégantic avec 1 médecin pour 1750 habitants (tableau 10).L\u2019écart devient plus important lorsqu\u2019on examine le nombre de spécialistes dans ce cas, il s\u2019agit d\u2019un médecin pour 6 883 habitants.Par contre, pour la zone de Sherbrooke on a 1 médecin pour 934 habitants et 1 spécialiste pour 1 603 habitants alors que pour la province de Québec selon les publications du ministère des affaires sociales (1973), on a 1 médecin pour 660 habitants et 1 spécialiste pour 1 198 habitants, à l\u2019échelle du comté.Ces données montrent par conséquent, l\u2019existence de déséquilibres régionaux dans la répartition de médecins.Il en est de même en ce qui concerne la répartition du nombre de lits d\u2019hôpitaux par zone hospitalière (tableau 11).La zone de Sherbrooke présente un taux élevé de lits généraux et de lits pour'malades chroniques, elle est suivie de la zone d\u2019Arthabaska pour le nombre de lits généraux et de la zone de Drummondville pour celui de la seconde catégorie.En effet, il y a 1 lit général pour 148 habitants pour la zone de Sherbrooke et 1 pour 185 habitants pour Arthabaska par contre on a 1 lit pour malades chroniques pour 481 habitants pour la zone de Sherbrooke contre 1 lit pour 783 habitants pour celle de Drummondville.L\u2019écart le plus important ne se situe pas avec la zone de Lac-Mégantic mais avec celle de Granby pour les lits «généraux» et celle de Thetford Mines pour les lits «chroniques».On peut considérer que les inégalités profondes dans la répartition des ressources de santé sont affectées par les contraintes géographiques cependant, il est vrai que d\u2019autres facteurs peuvent intervenir comme le milieu culturel, le niveau d\u2019information, la structure familiale, les représentations sociales de la maladie.Nous essaierons d\u2019approfondir cette dimension géographique en examinant les zones interstitielles c\u2019est-à-dire les espaces qui peuvent être soumis du fait de lieu localisation géographique à l\u2019influence de plusieurs centres ou ressources de santé.LES ZONES INTERSTITIELLES Noils avons délimité à l\u2019intérieur de chacune des zones hospitalières 3 types de régions: une région d\u2019influence centrale, une région d\u2019influence périphérique et une région interstitielle.La première peut être définie comme l\u2019aire géographique d\u2019attraction pour au moins 50% des malades; la troisième comme l\u2019aire géographique soumise à l\u2019attraction de plusieurs régions ou centres hospitaliers.En retenant l\u2019indicateur de revenu, on remarque que les régions interstitielles des zones de Thetford Mines, Sherbrooke concentrent respectivement 43,8%, 32,2% des familles dont le revenu est inférieur à 5 000.À l\u2019opposé, la majorité des familles de 41 TABLEAU 10 Répartition du nombre de médecins par zone hospitalière \ta\tb\tc\td\te\tf\tTotal \t20\t25\t44\t25\t7\t93\t214 \t12\t20\t15\t23\t3\t130\t203 Ratio O/T.M.\t0,093\t0,116\t0,205\t10,116\t0,032\t0,434\t1,00 Ratio 0/ .M.\t0,058\t0,098\t0,073\t0,113\t0,014\t0,640\t1,00 Pop.T/T.M.\t1613\t1540\t1750\t1600\t2133\t934\t1595 Pop.T/S\t4301\t3465\t6883\t3338\t7133\t1603\t4450 TABLEAU 11 Répartition du nombre de lits d\u2019hôpitaux par zone hospitalière \t\ta\tb\tc\td\te\tf\tTotai (1)\tlits généraux\t140\t374\t210\t265\t108\t1405\t2412 (2)\tlits chroniques\t13\t42\t98\t237\t48\t439\t877 \tRatio (1)/T.L.\t0,057\t0,155\t0,086\t0,084\t0,044\t0,574\t1,00 \tRatio (2)/T.L.\t0,014\t0,047\t0,111\t0,270\t0,054\t0,404\t1,00 \tPopulation T/(1)\t368\t185\t491\t365\t197\t148\t292 \tPopulation T/(2)\t3920\t1650\t1053\t783\t444\t483\t1220 TABLEAU 12 Répartition des ménages selon le revenu par régions (en pourcentage) \ta\t\t\tb\t\tc\t\t\td\t\te\tf\t \t1 2\t3\t1\t2\t3\tI\t2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3 $ 5 000 et moins\t18,9\t37,5\t43,8\t37,5\t54,2\t8,3\t71,4\t28,6\t53,8\t38,4\t7,8\t100\t37,4\t30,4\t32,2 $ 5 000-$10 000\t56,6\t36,6\t31,4\t46,7\t21,9\t50,0\t50,0\t50,0\t22,7\t27,3\t17,2\t8,88\t63,3\t4,0\t30,7 $10 000 et plus\t50,0\t50,0\t\t100\t\t33,3\t66,6\t\t\t100\t100\t40,0\t\t66,6 1.\trégion d\u2019influence centrale 2.\trégion d\u2019influence périphérique 3.\trégion interstitielle TABLEAU 13 Répartition des ménages selon la distance médecin-malade par régions (en pourcentage) \ta\tb\t\tc\t\td\t\te\t\tf\t 0-10 milles 10-20 milles 20 milles et plus\t1\t2\t3 44,9\t55,1 100 100\t1 2 61,5 31,0 77,0\t3 7,5 29,0 100\t1 2 72,0 33,3\t3 38,0 66,6 100\t1 2 57,1\t14,2 100 100\t3\t1 28,7\t100\t2 100 100\t3\t1 41,8 87,5 14,2\t2 5,8\t3 52.4 12.5 14,2 TABLEAU 14 Répartition des ménages selon la distance hôpital-malade par citoyens (en pourcentage) a b d e f 0-10 milles 10-20 milles 12\t3\t12\t3 100\t96,0\t4,0 27,2\t72,8\t100 2\t3\t12\t3 72,7\t27,3\t100 41,1\t58,9\t23,0 77,0 1 100 2 100 62,2\t36,8 85,6\t14,4 42 TABLEAU 15 Cas de maladie ayant nécessité une visite médicale par régions (en pourcentage) \t\t\ta\t\t\tb\t\tc\t\t\td\t\t\te\t\tf\t \t\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1 2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3 Système\tS.M.\t5,0\t\t9,0\t\t\t\t5,6\t4,2\t5,0\t10,0\t\t\t5,3\t\t\t3,7 respiratoire\tS.F.\t\t\t\t\t3,1\t\t\t4,1\t10,4\t\t\t\t\t1,5\t\t3,6 S.cardio-\tS.M.\t3,0\t\t\t8,3\t\u2022 9,3\t\t5,6\t\t5,0\t2,0\t1,0\t\t9,3\t7,6\t\t5,7 vasculaire\tS.F.\t16,6\t13,6\t9,0\t4,2\t9,3\t16,6\t42,1\t12,3\t5,2\t2,0\t1,0\t33,3\t14,1\t6,0\t10,0\t12,6 S.nerveux\tS.M.\t\t\t4,2\t6,2\t\t\t5,6\t4,2\t10,0\t\t1,0\t\t5,3\t1,9\t\t7,5 \tS.F.\t8,5\t13,6\t4,2\t6,2\t8,5\t\t10,5\t8,2\t5,2\t2,0\t2,0\t\t\t1,5\t\t1,8 Gynéco-\tS.M.\t\t\t8,3\t\t\t\t5,6\t\t\t\t\t\t\t\t10,0\t0,1 urinaire\tS.F.\t16,6\t8,0\t3,0\t8,3\t16,6\t16,6\t5,3\t8,2\t15,6\t10,0\t\t33,3\t16,4\t6,0\t16,0\t16,2 Maladies\tS.M.\t10,0\t\t3,1\t4,2\t3,2\t8,4\t11,1\t\t15,0\t\t\t\t5,3\t6,1\t20,0\t0,1 infectieuses\tS.F.\t\t9,0\t9,0\t\t3,1\t\t5,3\t4,1\t5,2\t\t10,0\t\t4,1\t3,0\t\t3,6 Autres\tS.M.\t10,0\t24,2\t\t8,3\t18,7\t25,0\t27,7\t41,6\t15,0\t30,0\t20,0\t50,0\t34,3\t30,7\t50,0\t28,3 \tS.F.\t\t4,8\t12,1\t4,2\t9,3\t\t10,5\t22,2\t10,4\t30,0\t10,0\t\t16,4\t27,0\t50,0\t19,8 TABLEAU 16 Répartition des ménages selon le nombre de séjours à l\u2019hôpital par régions (en pourcentage)\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \ta\t\t\tb\t\tc\t\td\t\t\te\t\t\tf\t \t1 2\t3\t1\t2\t3\t1 2\t3\t1 2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3 HOMMES 0\t37,2\t62,8\t34,3\t47,0\t18,7\t42,5\t57,5\t50,0 : 23,7\t26,3\t10,0\t90,0\t\t50,4\t7,2\t42 1 visite et plus\t75,0\t25,0\t50,0\t50,0\t\t50,0\t50,0\t50,0\t50,0\t\t\t100\t\t50,0\t11,1\t38 FEMMES 0\t37,7\t62,3\t31,6\t51,6\t16,8\t45,2\t54,8\t42,5 22,8\t28,7\t15,7\t84,3\t\t52,8\t67,5\t29 1 visite et plus\t50,0\t50,0\t62,8\t12,5\t25,0\t\t100\t50,4 50,0\t\t\t100\t\t40,9\t9,0\t50 TABLEAU 17 Cas de maladie ayant nécessité un séjour à l'hôpital (en pourcentage)\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\ta\t\t\tb\t\tc\td\te\t\tf\t \t\t1 2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3 S.respiratoire\tS.M.\t\t\t4,1\t\t\t5,5\t5,2\t10,0\t\t1,6\t\t \tS.F.\t\t\t\t\t\t\t5,2\t\t\t\t2,8 S.cardio-\tS.M.\t4,5\t\t8,2\t3,1\t8,3\t4,1\t5,2\t4,7\t3,2\t\t vasculaire\tS.F.\t\t\t\t\t\t\t\t\t1,5\t\t1,8 S.nerveux\tS.M.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \tS.F.\t\t\t\t\t\t\t\t\t1,5\t\t S.gynéco-urinaire\tS.M.\t\t\t\t3,1\t\t\t\t\t\t\t \tS.F.\t4,5\t9,0\t4,1\t\t\t\t10,0\t14,1\t3,0\t10,0\t10,8 Maladies\tS.M.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t1,8\t infectieuses\tS.F.\t4,5\t\t\t\t8,3\t4,1\t\t\t\t\t S.digestif\tS.M.\t\t\t4,1\t\t\t\t\t4,7\t\t\t \tS.F.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Autres\tS.M.\t4,5\t3,0\t\t3,1\t\t5,5\t10,0\t9,4\t9,6\t20,0\t10,8 \tS.F.\t13,5\t6,0\t8,2\t\t\t\t\t4,7\t7,5\t10,0\t7,2 43 5 000 et plus se trouve dans la région d\u2019influence centrale.Par contre, pour les zones de Granby et d\u2019Ar-thabaska c\u2019est la zone d\u2019influence périphérique qui est la~ plus représentative quelle que soit la catégorie de revenu (tableau 12).Quant au nombre de personnes par famille, indice sensible pour la dépense de consommation médicale, il présente une position modale dans la région périphérique à l\u2019exception de la zone d\u2019Artha-baska (région centrale) et la zone de Granby (région interstitielle).D\u2019une façon générale, il semble exister une relation étroite entre le revenu et le nombre de personnes par famille, d\u2019autant plus importante que la distance à l\u2019hôpital ou la distance au centre urbain augmente.Celle-ci peut être interprétée à l\u2019aide de deux paramètres: la distance médecin-malade et celle relative à l\u2019hôpital.Dans le premier cas, le tableau 13 montre une distribution irrégulière des familles selon les régions envisagées.Les zones de Thetford Mines et Granby présentent une nette concentration des malades dans leur zone interstitielle d\u2019autant plus marquée que la distance croît.Par contre, la position modale des zones de Drummondville, de Sherbrooke et d\u2019Artha-baska se situe dans la région périphérique ou centrale pour les petites distances.À quelques exceptions près, la distance hôpital-médecin suit la distribution précédente, les écarts les plus importants sont relatifs aux zones d'Arthabaska et de Drummondville (tableau 14).D\u2019après Pyle et Rees (1971) plus importante est la distance plus le niveau de consommation est faible, ce qui semble montrer que les ménages sont désavantagés par leur localisation géographique considérant la concentration de plus en plus poussée des soins dans des unités plus importantes comme les hôpitaux dont la finalité devient complexe.Ceci se répercute au niveau de l\u2019ensemble du système de santé.Les critiques formulées par les malades corroborent l\u2019argument selon lequel l\u2019accessibilité à certains types de soins apparaît une contrainte importante.Ceci est mis en évidence par les ménages localisés dans les régions interstitielles des zones de Thetford Mines et de Granby, par contre ceux des zones de Sherbrooke et de Drummondville résidant dans les zones centrales soulignent à la fois l\u2019accessibilité et le coût de consommation médicale.Finalement, ceux localisés dans les régions centrales des zones de Lac-Mégantic et d'Arthabaska déclarent comme principaux motifs: l\u2019accessibilité, le coût et le manque de confiance à l\u2019égard des institutions hospitalières.On a cherché à savoir si le taux de visites médicales était différent selon le sexe en fonction des régions observées.D\u2019une façon générale, les résultats confirment ceux avancés ci-dessus par zones hospitalières à l\u2019exception des zones de Thetford Mines, de Drummondville où le taux dans les régions interstitielles est supérieur pour le sexe féminin et pour celles de Granby, Arthabaska et Sherbrooke où l\u2019inverse se produit, il est plus élevé pour le sexe masculin.Cependant, d\u2019une façon générale, le nombre de visites pour les ménages localisés dans ces régions apparaît faible sauf pour les zones de Thetford Mines, Granby et Sherbrooke.Ceci est corroboré par le schéma relatif à la répartition des maladies (tableau 15) et la structure géographique des symptômes nécessitant l\u2019hospitalisation du malade (tableau 17).En tenant compte du nombre important des ménages n\u2019indiquant aucune visite (tableau 5) on peut constater, à quelques exceptions près, une diminution du nombre de cas en rapport avec la distance, sauf pour la catégorie divers et pour les affections touchant le sexe féminin en particulier celles relatives au système gynéco-urinaire (sauf pour la zone de Lac-Mégantic).Ceci est mis en évidence par le tableau 16, relatif au nombre de zones donnant lieu à une hospitalisation.Cependant, ces écarts ne nous permettent pas d\u2019affirmer l\u2019existence d\u2019une différence réelle dans la consommation médicale.Il n\u2019en reste pas moins que la répartition des médecins omnipraticiens semble être en relation avec la distance, en valeur absolue, à l\u2019exception de la zone de Lac-Mégantic.Par contre, la distribution spatiale apparaît plus inégalitaire pour les spécialistes rattachés en général aux centres hospitaliers.CONCLUSION Si la dimension géographiqué révèle des déséquilibres régionaux dans l\u2019organisation du système de santé en milieu rural dans les Cantons de l\u2019Est, il apparaît que ceux-ci sont dus à la répartition des centres hospitaliers et à celle des médecins spécialistes.Cependant, la distribution spatiale des omnipraticiens tend à modifier cette inégalité.De plus, en dépit du système de prise en charge des maladies, il semble que le niveau de consommation médicale soit particulièrement faible dans les zones interstitielles.D\u2019une façon plus précise, on a pu remarquer que le nombre de séjours à l\u2019hôpital était dans les Cantons de l\u2019Est élevé comparé à ceux des États-Unis et de la Suède.Il n\u2019en reste pas moins que ce taux global recouvre des modèles de consom- Distance médecin-malade par type de médecin et par région observée \ta\t\tb\tc\t\td\te\tf\t \t1 2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1\t2\t3\t1 2\t3 omnipraticiens\t25,0\t50,0\t25,0\t100\t33,3\t66,6\t40,0\t60,0\t100\t36,3\t63,7 spécialistes\t\t\t100\t\t\t100\t100\t50,0\t50,0 44 mation médicale différents.Le nombre des visites médicales est plus important que le nombre de séjours à l\u2019hôpital pour les malades résidant en régions interstitielles ce qui semble montrer que la distance ou l\u2019accessibilité désavantage les familles éloignées des ressources de santé.En fait, en dépit de l\u2019importance accordée à la dimension géographique, il semble que les inégalités plus profondes se situent au niveau des classes sociales, définies ici en terme de revenu.Le profil socioéconomique des régions interstitielles tend à corroborer cet argument.Les recherches devraient être poursuivies dans cette direction en tenant compte des modèles de conduite, des valeurs et des attitudes des résidents en milieu rural.RÉFÉRENCES Armstrong, R.W.Medical geography and health planning in the U.S.dahs N.D.McGIasham (edt.), Medical geography: Techniques and Field studies, Methuen 1972, pp.119-129.Berry, B.J.L.et R.F.Lamb.Newspaper Market Penetration : Calibration of an interaction model, ronéotypé, département de géographie, Université de Chicago, 1973.Corey, K.E.et H.A.Stafford.Planning for Location Change in the Delivery of Medical Care: a Selected Bibliography, Council of planning librarians exchange bibliography no.100, Montecello Illinois, 1967.de Vise, P.Hospital Study Districts for Metropolitan Chicago, «Hospital Planning 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des biochimistes.En général, l\u2019étude cartographique des maladies nécessite la combinaison de plusieurs cartes thématiques couvrant l\u2019ensemble du problème étudié.C\u2019est le cas des atlas médicaux tels que «The Welt Scheudchen Atlas» (1952-1961), «The World Atlas of Diseases» (1950-1955), «The National Atlas of Disease Mortality» (1963-1970), analysé par A.T.Learmonth (1972).Au delà des différences de présentation, d\u2019objectifs poursuivis, de techniques utilisées, on peut dégager un certain nombre de problèmes communs.Le premier est relatif à l\u2019échelle d\u2019observation ou d\u2019une façon plus précise, à l\u2019emploi de données correspondant à des unités spatiales de taille différente.Ce problème a été discuté par Duncan et collaborateurs (1961) et Haggett (1973).Constatons que l\u2019échantillonnage à plusieurs degrés, l\u2019analyse de la variance et la cartographie-filtre permettent d\u2019aborder ce problème.Le second problème étroitement relié au premier porte sur l'existence de données épidémiologiques utilisables par le géographe, la définition des populations géographiques et la transformation de ces données en vue de stabiliser les variations et de rendre la distribution plus proche de la normale.Reprenons chacun des points.L\u2019existence et la nature des distributions géographiques dépend en général de l\u2019échelle d\u2019observation.Learmonth (1972) en distingue trois: local ou écologique, la différenciation spatiale ou géographique et les études régionales ou synthétiques représentées par les travaux de Le May (1959) et de Jusatz (1963).Quant à la définition des populations géographiques, elles dépendent du phénomène observé.Howe (1959) dans une étude sur la répartition de la mortalité, due au cancer du poumon et de l\u2019estomac au Pays de Galles, analyse les données par groupes d\u2019âge et par sexe.Finalement, les techniques de transformation de données sont nombreuses.Cependant, on retient le plus souvent la méthode du ratio standardisé de mortalité (S.M.R.) que l\u2019on teste par le calcul du X2 (Learmonth et Graw, 1969).Le troisième problème repose sur la cartographie.Selon McGIashan (1972), on peut mettre en évidence quatre types de cartes: cartes chronologiques qui s\u2019apparentent à l\u2019analyse des surfaces (Fonaroff, 1968), cartes en isarithmes (Learmonth, 1972) et la cartographie des probabilités de morbidité (White, 1972).Remarquons à ce stade, l\u2019intérêt que pose l\u2019introduction de la cartographie automatique tant au niveau du stokage des données qu\u2019à celui de la conception graphique.Ce bref aperçu permet d\u2019apprécier la nature des problèmes cartographiques et ses implications en géographie médicale.Nous avons cherché à appliquer cet outil aux données d\u2019une enquête effectuée par le Département d\u2019épidémiologie de l\u2019Université de Sherbrooke, sur les besoins de santé de la population des Cantons de l\u2019Est en 1970-1971 (Munan et collaborateurs, 1972).Nous avons retenu les enfants de moins de cinq ans dans la mesure où, les problèmes posés par les enfants d\u2019âge préscolaire, au niveau médical, sont différents de ceux affectant les enfants plus âgés, pour qu\u2019il y ait intérêt à ne pas les confondre dans une même étude.L\u2019échantillon comporte 264 enfants répartis dans 45 municipalités dont 13 sont des municipalités urbaines1.Finalement, l\u2019étude portera essentiellement sur les principaux types de morbidité, soit la rougeole, le rubéole, la varicelle, la coqueluche et les oreillons.MÉTHODOLOGIE La méthode s\u2019inspire de celle utilisée par Howe (1959) et appliquée par McGIashan (1972) et Learmonth (1972).Il s\u2019agit de dégager le ratio de morbidité (S.M.R.) pour chacune des affections.Formulons l\u2019hypothèse suivant laquelle la probabilité théorique pour un enfant d'avoir une maladie est égale à la valeur moyenne de cas observés, soit : _ nombre de cas observés pour une maladie donnée^ ^qq Population de l\u2019échantillon Pour les Cantons de I Est, on a 29 cas de rubéole, par conséquent : 1.Nous avons défini comme municipalité urbaine une muni- cipalité dont la population est de 5 000 habitants et plus.47 4 p(t) = _££x 100 = 11% 264 Cette valeur p(t) nous permet de calculer le nombre de cas théoriques pour chacune des municipalités.Par exemple, à Drummondville l\u2019échantillon comporte 15 enfants de moins de 5 ans, la valeur espérée sera : p(e) = 15 \u2022 p(t), soit 1.65.Finalement, la formule du taux standardisé de morbidité (S.M.R.) est : s M p = nombre de cas observés y 10Q nombre de cas théoriques En reprenant l\u2019exemple de Drummondville, où on observe un seul cas de rubéole, le rapport est 58,8.Un S.M.R.inférieur à 100 signifie que le nombre observé est inférieur au nombre espéré, par conséquent, que le taux de la maladie étudiée au niveau de la municipalité est plus faible que celui mis en évidence au niveau régional.De même, s\u2019il est égal à 100, le taux de la maladie au niveau de la municipalité égale le taux régional.Nous avons calculé le S.M.R.pour chacune des municipalités et chacune des maladies.Remarquons que l\u2019ampleur des variations pour chacune des cinq distributions ne nous a pas permis de conserver les mêmes classes.Finalement, pour tester la différence entre les distributions observées et théoriques, nous avons employé la formule de la «binomiale» au lieu du X2, vu le faible nombre d\u2019observations.où n = nombre d\u2019enfants dans chacune des municipalités z = nombre de cas observés dans chacune des nunici-palités p = nombre moyen de cas observés au niveau régional q = 1 - p Pour chacune des cartes, nous avons cartographié la valeur du rapport S.M.R.et le degré de signification.Les premiers ont été regroupés par classes dont les limites reflètent les discontinuités.Une autre alternative consiste à utiliser l\u2019écart-type si les distributions sont proches de la normale (McGIashan, 1972).Analyse spatiale de la morbidité infantile Cette description très générale, nous permettra, cependant, de dégager quelques constatations, bien qu\u2019elle soulève également des hypothèses qui nécessiteraient une étude plus poussée pour leur confirmation.Notons, d\u2019abord, que la carte synthèse a été construite à l\u2019aide des taux standardisés globaux de morbidité pour chacune des 45 municipalités (3 municipalités ne comportant pas d\u2019enfants de moins de 5 ans, dans l\u2019échantillon, ont été éliminées, soit Bedford, Sutton et Potton).Nous avons regroupé les unités d'observation, sur la carte de base, en deux catégories: urbain et rural.Les treize municipalités urbaines sont: Granby, Sherbrooke, Lennoxville, Victoriaville, Drummondville, Thetford Mines, PlessisviIle, Windsor, Farnham, Lac-Mégantic, Cowansville, Asbestos et Magog.À première vue, le taux de morbidité infantile dans les Cantons de l\u2019Est pour l\u2019ensemble des maladies est relativement faible.Leur répartition peut être assimilée à un axe nord-sud passant par les principaux centres urbains (carte 1)2.Signalons, cependant, dans le secteur nord-ouest, la municipalité de Saint-Germain-de-Grantham à proximité de Drummondville, et dont le taux élevé est significatif à 98%.En ce qui concerne la rougeole, la répartition apparaît plus uniforme (carte 2), les taux moyens (180-250) sont concentrés au nord-est (municipalités rurales de Saint-Jacques-de-Leeds, Saint-Joseph-de Coleraine, Saint-Romain et Audet) et au centre-sud, en périphérie de Sherbrooke (Lennoxville, Ascot Corner, East Angus) (carte 2).Parmi ces municipalités présentant un taux élevé, signalons les municipalités rurales de Danville (500) et de Roxton Falls (333,3), significatif à 90%.La répartition spatiale de la rubéole met en évidence un axe nord-sud de Princeville à Magog regroupant 60% des municipalités affectées (carte 3).À l\u2019extérieur de cet axe, notons la municipalité rurale de Saint-Germain-de-Grantham au nord-ouest et de Saint-Joseph-de-Coleraine au nord-est.Même configuration, mais plus concentrée, en ce qui concerne la varicelle (carte 4).Les municipalités extrêmes de l\u2019axe sont Victoria-ville au nord et Ogden au sud, englobant 75% des municipalités affectées par la maladie.Les taux sont, en général, très élevés: 40% des municipalités concernées ont un taux supérieur à 400, significatif à plus de 90%.Remarquons le cas géographiquement isolé de Farnham, au sud-ouest, et l\u2019absence de la maladie à l\u2019est du territoire où seul Thetford Mines apparaît, avec un taux de 100.Les cas de coqueluche sont nettement plus dispersés et les quelques municipalités touchées accusent des taux très élevés: Compton (3333), Arthabaska (1000), Audet et Saint-Romain (500) (carte 5).Finalement, la dernière affection: les oreillons présentent une forte concentration autour d\u2019Asbestos, avec Cleveland (1000), Danville, Shipton (500), Asbestos et Wottonville (carte 6).Les municipalités de Saint-Jacques-de-Leeds et de Saint-Joseph-de-Coleraine ressortent, encore une fois, avec un S.M.R.égale à 500.D\u2019une façon générale, les municipalités rurales présentent des taux plus élevés que les municipalités urbaines.Parmi ces dernières, pour l\u2019ensemble des maladies Sherbrooke (128), Lennoxville (300) et Granby (101) ont les taux les plus élevés par rapport à la moyenne régionale alors que Thetford (42,6), Victoriaville (79,5) et Drummondville (50,0) accusent les taux les plus faibles.En fait, à l\u2019exception de Lennoxville (pour la rougeole et la varicelle) et Farnham (pour la varicelle), les municipalités urbaines semblent peu affec- 2.Cet axe dont les municipalités limites sont Princeville au nord et Ogden au sud regroupe 7/11 de la classe 30 à 120, 5/8 de la classe 125 à 200, 3/4 de la classe 230 à 290 (significatif à 95%) et l\u2019ensemble de la classe de 300 à 400 (significatif à 90%).48 tées proportionnellement à leur population.Remarquons que, si le test du X2 indique une différence significative entre ces deux catégories pour certaines affections (oreillons), on ne saurait, par conséquent, affirmer l\u2019existence d\u2019une différence réelle de morbidité.De ce fait, il nous apparaît utile de poursuivre cette recherche en analysant les facteurs sociaux et culturels liés à la nature et à la gravité des maladies infantiles.Par exemple, pour ce groupe d\u2019âge, le sexe aurait un rôle déterminant: la rougeole est significativement plus fréquente chez les garçons que chez les filles.Finalement, il resterait à approfondir les modèles de conduite dans la mesure où l\u2019on peut faire l\u2019hypothèse que le nombre plus faible de cas de pathologies en milieu urbain peut être dû à un plus grand nombre d\u2019enfants vaccinés ou à une détection plus rapide de la maladie (Kelly et Munan, 1974).RÉFÉRENCES DUNCAN, O.D\u201e R.P.CUZZORT et B.DUNCAN; Statistical Geography: problems of Analyzing Areal Data, Glencoe, 1961.FONAROFF, L.S.The Decline of Malaria in Trinidad, The 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ÉVALUATION DU SAVOIR, DE L\u2019ATTITUDE ET DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE DES ÉLÈVES DU SECONDAIRE I ET III DE L\u2019ÎLE DE MONTRÉAL Monique Julien-Dubé Université de Montréal Marielle Préfontaine Université de Moncton Considérant que les habitudes alimentaires des individus se forment dès le plus jeune âge sous l\u2019influence de la mère d'abord1, de l\u2019école ensuite2 et que leurs répercussions peuvent s\u2019étendre sur toute la vie, il nous a semblé important d\u2019évaluer le comportement alimentaire des adolescents de Montréal et de voir quelles sont les influences susceptibles de le modeler.Aux États-Unis, Stasch, Johnson et Spangler3 ont démontré que les habitudes alimentaires des adolescents et des jeunes adultes reflétaient leur expérience passée.Les résultats de plusieurs études révélaient que les adolescents représentaient le groupe d\u2019âge le plus susceptible d\u2019avoir une consommation alimentaire en deçà des recommandations.Au Canada, en 1968, Lahaie et Mongeau4 notaient des insuffisances dans l\u2019apport nutritif pour à peu près tous les nutriments chez un groupe de 193 adolescentes de Montréal et de sa banlieue.Plus récemment, à l\u2019automne 1970, au Québec, une enquête alimentaire faite en milieu scolaire, niveau secondaire, par le ministère des Affaires sociales5 corroborait la piètre qualité de l\u2019alimentation de nos jeunes en constatant l\u2019absence de petit déjeuner pour plus de la moitié des sujets de leur étude.Devant l\u2019ampleur du problème, on pouvait se demander quels étaient les facteurs susceptibles d\u2019influencer ce comportement alimentaire inadéquat.Aux États-Unis, Hinton, Eppright et collaborateurs6, tentant de déterminer l\u2019importance de certains facteurs physiologiques, sociologiques et psychologiques sur le comportement alimentaire concluaient dans le même sens que Covan7, à savoir que les adolescents qui avaient une alimentation davantage équilibrée étaient également ceux qui possédaient le plus d\u2019information sur leurs besoins nutritionnels.De leur côté, Spindler et Acker8, en 1962, suite à une interview avec les sujets de leur étude, faisaient ressortir l\u2019importance de l\u2019attitude comme facteur dirigeant le comportement alimentaire.Au moment de cette étude, en 1973, aucune étude au Canada n\u2019avait tenté d\u2019évaluer les connaissances en nutrition des adolescents et de les confronter avec leurs habitudes alimentaires.Au Québec, bien que par le passé les programmes d\u2019étude aient prévu des cours de sciences familiales, il faut admettre que ces cours s\u2019adressaient exclusivement aux filles.Depuis l\u2019automne 1969, un nouveau programme de sciences familiales comprenant un module alimentation est maintenant disponible pour les élèves des deux sexes des secondaires I ou II.Il nous a semblé intéressant de pouvoir, à ce moment, faire le point sur l\u2019état du savoir des élèves appelés à être exposés à ce nouveau programme ou ayant déjà reçu la première phase de cet enseignement.Objectifs de la recherche Trois thèmes touchant l\u2019alimentation ou la nutrition ont été retenus: le savoir, l\u2019attitude et le comportement.Ces thèmes ont donné naissance à trois objectifs qui se résument ainsi : 1.\tdéterminer la qualité du savoir, de l\u2019attitude et du comportement alimentaire; 2.\tdéfinir les facteurs de groupe et les facteurs individuels qui leur sont associés; 3.\tpréciser les associations entre le savoir, l\u2019attitude et le comportement alimentaire.Population et échantillon Un relevé de la population étudiante du secondaire indiquant un trop grand nombre d\u2019élèves pour qu\u2019il s\u2019avère possible, dans le cadre de cette recherche, d\u2019atteindre un échantillon suffisamment grand pour être représentatif de tout le secondaire, il a été convenu de s\u2019en tenir aux niveaux I et III, l'écart devant permettre de voir s\u2019il existait des différences entre ces deux groupes.Afin d\u2019obtenir un échantillon représentatif de la population visée, nous avons eu recours à un échantillonnage stratifié proportionnel.La stratification s\u2019est d\u2019abord opérée au niveau des administrations après quoi, nous avons procédé à des subdivisions territoriales.La proportionnalité était assurée par le tirage au hasard d\u2019une classe par mille élèves pour chaque division.L\u2019échantillon total ainsi obtenu comprenait 3% de la population. Répartition, par type d\u2019institution, des élèves des secondaires I et III de /\u2019/7e de Montréal (population totale) et nombre de classes prélevées pour l\u2019échantillon Type\tSecondaire I\t\tDegré Secondaire III\t\tTotal d\u2019institution\tNombre\tNombre\tNombre\tNombre\tNombre\tNombre \td\u2019élèves\tde\td\u2019élèves\tde\td\u2019élèves\tde \tinscrits\tclasses\tinscrits\tclasses\tinscrits\tclasses \t\tretenues\tretenues\t\tretenues \tI\t1982\t2\t1408\t1\t3390\t3 \tII\t2648\t3\t2321\t2\t4969\t5 C.E.C.M.\tIII\t3163\t3\t2892\t3\t6055\t6 \tIV\t3336\t3\t2793\t3\t6129\t6 \tV\t3697\t4\t3591\t4\t7288\t8 Comm.scol.indép.\t\t6123\t6\t5551\t6\t11674\t12 Institutions privées\t\t2505\t3\t2303\t2\t4808\t5 Total\t\t23454\t24\t20859\t21\t44313\t45 Le tableau ci-dessus montre la répartition des élèves des secondaires I et III de I île de Montréal.Il indique aussi le nombre de classes ayant été retenues dans chaque groupe pour former l\u2019échantillon.Questionnaire Un questionnaire a été élaboré comprenant quatre sections touchant: le savoir en nutrition ou en alimentation, l'attitude face à la préoccupation de bien s\u2019alimenter, le comportement alimentaire au petit déjeuner et à la collation, et une série de variables indépendantes.Savoir: Le test pour mesurer le savoir est basé sur les quatre concepts proposés à la conférence sur l\u2019éducation en nutrition de 1962 aux États-Unis par l\u2019In-teragency Committee on Nutrition Education9.\u2014\tLa nutrition, c\u2019est notre alimentation quotidienne et l\u2019utilisation qu\u2019en fait l\u2019organisme.\u2014\tLes aliments sont faits de différents nutriments nécessaires à la croissance et au maintien de la santé.\u2014\tTout individu, au cours dé sa vie, a besoin des mêmes nutriments mais en quantité variable.\u2014\tLa façon dont les aliments sont manipulés influence leur valeur nutritive, leur apparence, leur goût et leur salubrité.Des objectifs éducatifs et une série de questions (69) à choix multiples ont été formulées.Lors des prétests, les questions concernant le 4e concept ont dû être abandonnées, les élèves étant visiblement peu ou pas au courant du contenu.Après trois pré-tests avec chaque fois une centaine d\u2019élèves, on retenait pour le questionnaire final 24 questions ayant toutes un indice de discrimination entre 0,30 et 0,59.Attitude: À partir d\u2019une centaine d\u2019énoncés soumis aux pré-tests (3) et à la technique de Guttman visant à éliminer les items ne se rapportant pas au problème étudié, quatorze énoncés se présentant dans un ordre croissant sur un continuum donné ont été conservés pour l\u2019épreuve finale.Le palier «je ne sais pas» évi- demment trop recherché des adolescents craignant peut-être une fausse réponse, il fut décidé de n\u2019utiliser que quatre échelons allant de l\u2019accord parfait au désaccord total sans passer par la neutralité.Les items conservés visaient à constituer une échelle dont les barreaux espacés d\u2019environ 5% permettraient de mesurer l\u2019attitude face à la préoccupation de bien s\u2019alimenter.Comportement alimentaire : Le but de cette recherche n\u2019étant pas de procéder à une étude approfondie de comportement alimentaire mais seulement de vérifier si des relations existent entre le savoir, l\u2019attitude et le comportement alimentaire, une information limitée a paru suffisante.Nous avons relevé le petit déjeuner des élèves le jour même de l\u2019épreuve, les élèves n\u2019étant pas prévenus à l\u2019avance de la nature du questionnaire qu\u2019ils auraient à remplir.Les aliments, habituellement consommés au petit déjeuner, étaient regroupés suivant leur composition : \u2014\tles sources de vitamine C \u2014\tles sources de glucides avec vitamine B \u2014\tles sources de glucides seulement \u2014\tles sources de protéines complètes autres que le lait \u2014\tles sources de protéines à base de lait Les élèves devaient ensuite indiquer si leur petit déjeuner correspondait à celui qu\u2019ils prenaient habituellement.Variables indépendantes : Le savoir, l\u2019attitude et le comportement constituent des variables dépendantes.Entre elles, selon le lien qu\u2019on établit, elles peuvent être tantôt dépendantes, tantôt indépendantes.Pour l\u2019intérêt de cette recherche, des variables indépendantes, soit individuelles, soit de groupe, ont été retenues.Les variables de groupe se dégagent de la structure même de l\u2019échantillon tandis que les variables individuelles ont été sélectionnées à partir d\u2019études déjà faites dans des domaines analogues.60 ALI M ENTATION NUTRITION Variables individuelles : 1.\torigine ethnique 2.\tsexe 3.\tâge 4.\tmoyenne scolaire 5.\tscolarité de la mère 6.\tdiplôme en nutrition dans la famille 7.\trépime en alimentation ou en nutrition cours passes Variables de groupe: T.Type d'institution : b)\tPrivé c)\tCommissions indépendantes b) secondaire III Grade : secondaire I Fig.1- PLAN DE LA RECHERCHE Collecte des données Les données ont été recueillies au cours de l\u2019année académique 1972-1973, soit d\u2019octobre 1972 à mars 1973.Aucune modification n\u2019a dû être apportée à l\u2019échantillon choisi.Au moment de fixer l\u2019entente pour un moment approprié pour faire remplir les questionnaires,__ les précisions suivantes étaient apportées: la classe désirée devait comporter non seulement un ensemble d\u2019élèves de même niveau (I ou III selon le cas), mais encore former un groupe hétérogène sur le plan des capacités intellectuelles.Les classes n\u2019étaient pas prévenues des changements à leur horaire.Les élèves étaient exhortés à répondre à toutes les questions sans exception et ceci en présence de l\u2019auteur, le professeur étant invité à se retirer.Traitements statistiques Un programme d\u2019analyse d\u2019items TESTAT a servi à vérifier les qualités docimologiques de la batterie de questions destinées à mesurer le savoir.Un programme BMD04S de Biomédical Computer Programs10 a d\u2019abord été utilisé pour réaliser une échelle d\u2019attitude de type Guttman.Lors de l\u2019étape finale, la scaléité de Guttman sur les questions d\u2019attitude a été calculée à partir d\u2019une méthode décrite par Jacques Maître11.Les relations entre deux variables ont été étudiées à l\u2019aide du coefficient d\u2019association: V de Cramer.Le test du chi carré permettait de savoir si la différence observée était significative.Enfin, le programme BMD02R de régression multiple allait permettre de préciser l\u2019importance des relations observées./ RÉSULTATS 1.Distribution sur les variables indépendantes Un total de 1312 élèves ont répondu au questionnaire.Le tableau suivant en donne la distribution d\u2019après le type d\u2019institution et le niveau de scolarité.Répartition des élèves d\u2019après le type d\u2019institution et le niveau de scolarité Niveau de scolarité Type d'institution\tSec.I Sec.Ill\tTotal \tn\t%\tn\t%\tn\t% ' C.E.C.M.\t445\t63\t389\t64\t834\t63 Comm.scol.ind.\t170\t24\t155\t26\t325\t25 Institutions privées\t90\t13\t63\t10\t153\t12 \t705\t100\t607\t100\t1312\t100 L\u2019échantillon était composé de 44% de garçons et de 56% de filles.Les âges s\u2019échelonnaient de 10 à 17 ans: 35% ayant 12 ans et 30% ayant 14 ans.Alors que 25% des élèves ignorent le nombre d\u2019années passées 61 à l\u2019école par leur mère, 36% rapportent moins de neuf années de scolarité, 27% indiquent de neuf à douze années et 11%, treize années ou plus.La moyenne scolaire obtenue par la majorité des élèves se répartit comme suit: * moins de 60%: 5% des élèves de 60% à 69% : 20% des élèves de 70% à 79% : 44% des élèves 80% et plus : 31% des élèves On constate que 92% des membres des familles ne possèdent aucun diplôme relié en quelque sorte au domaine de la nutrition.Parmi toutes les familles, 60% n\u2019achètent pas d\u2019aliments dits «naturels».Les autres en achètent ou en ont déjà achetés.Au moment de la collecte des données, 52% des élèves interrogés ne suivaient pas de cours ayant rapport à la nutrition ou à l\u2019alimentation.Trente-neuf pour cent étaient informés au sujet de la nutrition à l\u2019intérieur du cours de sciences biologiques.Seulement 10% étaient inscrits à des cours de nutrition à l\u2019intérieur du programme de sciences familiales.II.Distribution sur les variables dépendantes Savoir: La batterie de vingt-quatre questions utilisées pour mesurer le savoir constituait un test dont la moyenne pour l\u2019échantillon se situait à 12,1.L\u2019alpha atteignait 0,64 et les R (total) variaient de 0,2 à 0,42.Pour faciliter les croisements, les scores bruts ont été regroupés pour former des catégories correspondant le mieux aux quartiles de l\u2019échantillon.La figure 2 fait voir la distribution des élèves au test du savoir, suivant le nombre de bonnes réponses obtenues.Les quartiles sont indiqués au bas de la figure.Attitude: Des quatorze énoncés d\u2019attitude, quatre ont été retenus pour former une échelle de Guttman face à la préoccupation de bien s\u2019alimenter.Le tableau suivant donne la distribution des réponses positives pour chaque énoncé de l\u2019échelle d\u2019attitude.SCORE 13 14 15, 16 17 18 19 20 21 22 23 24 QUARTILE 4 ème 2 eme 3ème FREQUENCE /O MOYENNE NOMBRE Fig.2 - DISTRIBUTION DES ÉLÈVES AU TEST DU SAVOIR EN NUTRITION SUIVANT LE NOMBRE DE BONNES RÉPONSES OBTENUES.62 Comportement : Pour apprécier la qualité du petit déjeuner, cinq catégories étaient prévues à partir de leur composition: aucun, médiocre, passable, bon et excellent.Selon les critères établis, on constate que 41% des élèves déjeunent peu ou pas du tout.À ceux-ci s\u2019ajoute 18% ayant un petit déjeuner médiocre pour un total de 59% des élèves commençant la journée en déficit alimentaire sérieux.Un excellent petit déjeuner correspond néanmoins à 29% de l\u2019échantillon.III.Facteurs associés aux variables dépendantes Le savoir: Si on considère les valeurs du F obtenues de la régression multiple, les principales influences sur le savoir en nutrition ou en alimentation se présentent dans l\u2019ordre suivant: F net: 131,74 pour le grade F net: 90,07 pour la moyenne scolaire F net : 20,48 pour l\u2019âge MOYENNE :\t1.3 Fig.3\t- DISTRIBUTION DES ÉLÈVES SUR L\u2019ÉCHELLE D'ATTITUDE SUIVANT LE SCORE OBTENU .Distribution des réponses positives pour chaque énoncé de l\u2019échelle d\u2019attitude No\tÉnoncés\tRéponses positives n\t%\t 32.\tJe mange ce que je crois être bon pour la santé.\t701\t53 39.\tJe recherche les aliments enrichis de vitamines et de minéraux.\t473\t36 35.\tJe choisis mes aliments d\u2019après leur valeur nutritive plutôt que d\u2019après mes goûts.\t374\t29 37.\tQuand je mange, j\u2019observe la règle: valeur nutritive avant tout.\t315\t24 Un score de un étant attribué à chaque réponse positive, la possibilité de score va donc de zéro à quatre.La figure 3 montre la distribution des scores sur l\u2019échelle d\u2019attitude.63 Le tableau suivant donne une image aussi précise que possible de la situation du savoir de l\u2019échantillon en tenant compte des variables de groupe.D\u2019après le grade et le type d\u2019institution, répartition des élèves, suivant le score obtenu au questionnaire mesurant le savoir Grade et type\tScores savoir 1 à 9\t10 à 12\t13 à 15 16 à 23 %\t%\t%\t% Privé :\t\t\t\t secondaire I\t28\t31\t21\t20 secondaire III\t13\t19\t27\t41 total\t22\t26\t23\t29 \tX2\t: 12,30\tp
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