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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Octobre - Décembre 2009, Vol. 52, No. 4
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 2009-10, Collections de BAnQ.

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[" T |\t'\tVOL.S2, N ° 4 I OCTOBRE ¦ NOVEMBRE ¦ DÉCEMBRE 2009 | 3.00 $ Lh r PRECURSEUR /É&Ve; ^eé /e i ¦alette; Haïti Le Vodou JÉRUSALEM Dans la ligne DU DIALOGUE Dossier\t^Jk Présence Incarnée Ata r # ' - Revue des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception INTENTIONS\tSOMMAIRE MISSIONNAIRES\tVOL.52, N 4 | OCTOBRE ¦ NOVEMBRE ¦ DÉCEMBRE 2009 OCTOBRE 2009 Pour que tout le Peuple de Dieu, auquel a été confié par le Christ le mandat d\u2019aller et de prêcher l\u2019Evangile à toutes les créatures, assume avec générosité sa propre responsabilité missionnaire et la considère comme le plus grand sendee qu\u2019il peut offrir à l\u2019humanité.NOVEMBRE 2009 Pour que les croyants des différentes religions, avec leur témoignage de vie et par un dialogue fraternel, donnent une démonstration claire que le Nom de Dieu est porteur de paix.DÉCEMBRE 2009 Pour qu\u2019à Noël, les peuples de la terre reconnaissent dans le Verbe incarné la Lumière qui éclaire tout homme et que les nations ouvrent les portes au Christ, Sauveur du monde.Vie spirituelle 4 Où devons-nous adorer?André Gadbois 6 Missionnaires laïques La Pachamama Christine Husson Femmes Le Souffle dans l\u2019oreille d\u2019Awa Carole Guévin RUBRIQUES Jeunes IO Une Merveille de la Grâce.en effet! Claudette Bouchard, in.i.c.La flûte de David Marie-Paule Sanfaçon, in.i.c.MESSES OFFERTES À VOS INTENTIONS DANS LES PAYS SUIVANTS: Janvier: Canada Février: Cuba Mars : Philippines Avril : Haïti Mai: Canada Juin: Boliine et Chili Juillet : Malawi et Zambie Août : Hong Kong et Taïwan Septembre : Madagascar Octobre : Pérou Novembre : Japon Décembre: Canada 13-20 DOSSIER Présence incarnée A PROPOS DES MIC 2 I Échos d\u2019hier, d\u2019aujourd\u2019hui et de demain Suzanne Labelle, in.i.c.22 Dans la ligne du dialogue Pauline Boilard, in.i.c.24 Quand tourne le vent Louisa Nicole, in.i.c.LE PRECURSEUR Revue missionnaire publiée par les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception Nos bureaux Presse Missionnaire MIC 120, place Juge-Desnoyers Laval (Québec) Canada H7G 1 A4 Téléphone (450) 663-6460 Télécopieur: (450)972-1512 Courriel : leprecurseur@pressemic.org Site Internet : www.soeurs-mic.qc.ca Directrice Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Rédaction Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Claudette Bouchard, m.i.c.André Gadbois Adjointe administrative Carole Guévin Révision / Correction Gilberte Bleau, m.i.c.Louise Gauvin, m.i.c.Promotion Gemma De Grandpré, m.i.c.Service aux abonnés Monique Lagarde Comptabilité Thérèse Déziel, m.i.c.Conception graphique et infographie CoopDesign Imprimerie Solisco Couverture A New Story Artiste: Mary Southard CSJ Courtoisie de: www.ministryofthearts.org LaGrange Park.IL 60526-1721 Équipe éditoriale Monique Bigras, m.i.c.Pauline Williams, m.i.c.Geneviève Dick André Gadbois Reçus aux fins de l'impôt Enregistrement : NE 89346 9585 RR0001 Presse Missionnaire MIC Dépôts légaux Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0315-9671 Membre de l'Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC) Abonnement (4 numéros) à l'unité : 3$ (frais d\u2019expédition en sus) 1 an : 12$, 2 ans : 22$, 3 ans : 30$ aux États-Unis : 1 an : 18$ US à l'étranger: 1 an: 25$ Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications (PAP) pour nos dépenses d\u2019envoi postal.Canada convention de la poste-publications n°40064029 n° d'enregistrement 09641 EDITORIAL A VOUS LA PAROLE Risquer Dieu ! Chaque année, les couleurs flamboyantes de l\u2019automne me fascinent.Je me souviens de mon récent voyage à Saint-Paulin, en Mauricie, au domaine Le Baluchon, lieu du tournage de la série : Marguerite Volant.Par cette splendide journée ensoleillée, il faisait bon se laisser imprégner par la beauté de ces champs dorés.Au loin, la petite chapelle racontait les us et coutumes de nos ancêtres qui ont défendu leur langue et leur foi.La splendeur de ce paysage rural éveillait en moi mille et une questions.Dieu a pris un grand risque en créant l\u2019humanité! Pourquoi ne pas lui rendre la pareille: Risquer Dieu.Il éclate tellement dans sa création! Depuis les origines du monde, la personne humaine cherche le divin : en Mésopotamie, c\u2019est le dieu soleil Bêl; les Sémites, le dieu de l\u2019orage, Baal; les Hébreux au désert optent pour le veau d\u2019or1; à l\u2019Aéropage, Paul découvre un autel dédié au Dieu inconnu2.Aujourd\u2019hui encore, on cherche Dieu : les Haïtiens dans le Vodou, les Boliviens avec la Pachamama.Et nous, le cherchons-nous?La Samaritaine ne pose-t-elle pas la question essentielle : Où devons-nous adorer?3 La personne humaine n\u2019est pas faite pour la fmitude mais bien pour l\u2019Infini.J\u2019entends encore mon neveu me dire: Comme j\u2019aimerais parler avec Dieu face à face! Cette simple phrase exprime bien sa quête d\u2019Infmi.Nous sommes créés pour du plus et ce plus n\u2019est autre que le divin.Il est le Chemin, la Vérité, la Vied C\u2019est un grand risque à prendre: miser sur Lui, croire en ses paroles.à la suite de saint Paul qui affirmait: Je sais en qui j\u2019ai mis maj'oid Ce numéro présente des peuples à la recherche de cette Présence incarnée, désireux d\u2019entrer en communication avec ce Dieu inconnu auquel ils ont attribué différents noms.Mais comme Dieu est Amour, il écoute la prière de tous, quelle que soit leur manière de s\u2019adresser à Lui.Croire à l\u2019Infini, c\u2019est risquer Dieu! C\u2019est développer la dimension spirituelle que chacun, chacune possède au plus profond de son cœur.Bonne lecture ! leprecurseur@pressemic.orq vous interpelle ! Cette chronique vous appartient.Faites-nous part de vos impressions ou réagissez aux articles, pour aller plus loin.La parole esta vous ! Le Précurseur ne publiera pas les lettres non signées ni celles dont les propos sont contraires à l\u2019éthique journalistique.Nous nous réservons le droit d\u2019abréger les lettres.Laetitia Blais Thouin \u2014 St-Jean-sur-Richelieu, QC J'ai passé une période de paresse forcée, j'ai donc relu Le Précurseur.J'avais hâte de féliciter la communauté pour le numéro Cent ans déjà! (Hiver 2009).J'aime beaucoup votre fondatrice Délia quand elle dit Prodiguez vos tendresses et vos sourires.Semez le bonheur à pleines mains; c'est le pain qui manque le plus sur notre pauvre terre.Peut-on être chrétien sans être très humain?Bravo à ces missionnaires du début très pénible en Chine et aux autres qui ont eu le courage de les remplacer.Je garde précieusement cette revue «Le Précurseur», je la méditerai encore.Les photos sont si belles surtout la Vierge Marie avec son enfant Jésus à l'endos ! PS.: C'était mon rêve d'être missionnaire.Rosaire Lefebvre \u2014 Joliette, QC Votre dernière revue (printemps 2009) m'interpelle.Comme le dit si bien Sr Marie-Paule Sanfaçon: La défense des droits humains concerne chacun et chacune.Aussi c'est avec toute mon admiration pour votre travail des missionnaires que je désire vous aider à rétablir dignité et justice pourtous.Gilda Giron \u2014 Toronto, ON J'ai pris plaisir à lire la revue MIC Mission News (Le Précurseur).Je suis très reconnaissante et remercie Dieu pour le don de la Vénérable Délia Tétreault et de ses filles missionnaires qui ont été mes éducatrices et une inspiration pour moi à Manille.Je garde de bons souvenirs de toutes les religieuses MIC qui m'ont enseigné. Un coin hostile, cette Samarie ! Les Samaritains, ce peuple stupide qui habite à Sichem, écrivait Vauteur du Siracide (50,25) l Au temps de Jésus, un Juif qui voulait en insulter un autre le traitait de Samaritain (Jn 8,48).t z KftfA - y\u2014-y AJ 4 4 | LE PRECURSEUR | AUTOMNE 2009 André Gadbois Luc nous apprend comment les Samaritains ont barré la route à Jésus et ses disciples se dirigeant à Jérusalem (Le 9,51-53).Pourtant c\u2019est avec une femme de cette région, une Samaritaine, que Jésus a eu une conversation tellement révélatrice de son être à lui (cf.Jn 4).Il est assis au puits de Jacob à l\u2019heure la plus chaude de la journée : une heure que les femmes évitent pour y chercher de l\u2019eau.Pourtant il en vient une ! Une ! Que lui prend-il à cette Samaritaine, venir chercher de l\u2019eau à cette heure du jour! Jésus fait les premiers pas comme pour lui dire : Dessine-moi un mouton ! Il lui dif.Donne-moi à boire! Elle est étonnée: elle est une femme, et en plus une Samaritaine : qui est ce type osé?Ils jasent d\u2019eau, de seau, d\u2019eau de vie, d\u2019eau qui enlève la soif.Elle discerne en lui Quelqu\u2019un car elle finit par l\u2019appeler Maître.Elle ne fuit pas, ne se cache pas le visage, ne semble pas catastrophée parce qu\u2019un Juif l\u2019aborde, prend ses distances par rapport aux traditions de sa religion et manifeste de l\u2019ouverture: Je voudrais de ton eau! lui dit-elle.La conversation se poursuit dans la vérité', elle reconnaît qu\u2019elle n\u2019est pas très en règle avec la morale : pécheresse ! Et elle aborde avec ce Juif attentif et respectueux la question de Dieu, son expérience de Dieu à elle.Jésus ne la conduit pas à la synagogue ou à un autre lieu sacré : il la fait entrer en elle pour adorer en esprit et en vérité.A son attitude et à son Esprit, elle reconnaît qu\u2019il est un prophète, elle laisse là son seau car elle s\u2019est abreuvée à ses paroles, et elle court à la ville pour le faire savoir au moment où les disciples arrivent et ressentent un certain malaise à cause de ce qu\u2019ils ont eu le temps d\u2019entrevoir. VIE SPIRITUELLE devons-nous ADORER?LA VÉRITÉ DE LA RELATION Imprégné des Ecritures, des livres de Moïse et de tous les prophètes, fréquentant la synagogue et le Temple, Jésus demeurait tout de même grandement critique de la religion qui parfois peut voiler le visage de Dieu et façonner des cœurs de pierre.Si nous prenons le temps d\u2019observer la qualité de présence de Jésus auprès de cette Samaritaine, de la femme que sa religion voulait lapider, de Zachée, de Nicodème, de l\u2019aveugle de Siloé, de Marie de Magdala, du centurion, de Pilate, des deux disciples sur le chemin d\u2019Emmaüs,.et si nous laissons à l\u2019Esprit le temps de rendre opérants en nous les mots de plusieurs de ses paraboles, il nous est révélé alors un Christ d\u2019une compassion et d\u2019une miséricorde incroyables autant pour ses amis que pour ses ennemis et, pour les étrangers, un Christ attentif, respectueux et tellement vigilant, un Christ amoureux capable de colère devant ceux et celles qui faussent la pratique religieuse et imposent à leurs fidèles des fardeaux impossibles à porter.Ce qui compte pour lui est la vérité de la relation que nous construisons avec le divin et avec l\u2019humain de chacune de nos vies.Le Christ aime qu\u2019on lui préfère la vérité car avant d\u2019être le Christ il est la vérité.Si on se détourne de lui pour aller vers la vérité, on ne fiera pas un long chemin sans tomber dans ses bras.1 QUI N\u2019AIME PAS NE CONNAÎT PAS DIEU Dans ma jeunesse (!) jouant au baseball dans la ruelle, on disait: Troisième prise! Out! T\u2019es mort! Et j\u2019étais retiré du jeu à cause de ces 3 erreurs que je venais de faire.La Samaritaine avait 3 prises contre elle: femme, Samaritaine et pécheresse.Out! L\u2019arbitre religieux en avait décidé ainsi et c\u2019était loin d\u2019être un jeu.Aux yeux de la loi, elle était morte, ce qui pourrait expliquer pourquoi elle fréquentait le puits de Jacob le midi : elle y était seule, elle y avait la sainte paix, elle n\u2019y entendait pas les commérages.Jésus l\u2019a rejointe, l\u2019a apaisée et lui a rendu la vie.Voilà ce que devrait produire la véritable religion (toute religion), la véritable adoration.Dieu est Esprit, et ceux qui l\u2019adorent doivent l\u2019adorer en esprit et en vérité (Jn 4,24) a dit Jésus à cette femme assoiffée: il a misé sur sa conscience individuelle et sur son intériorité (sa vie spirituelle).Il a misé sur la vérité.Il s\u2019est reconnu comme la voie (ou la voix) qui conduit au Père sans mépriser 1\tWEIL, Simone, L'attente de Dieu, p.45-46.2\tVatican II, Les religions non chrétiennes, art.5.Photo: Verrière de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale réalisée par Guido Nincheri, Québec .Jésus demeurait tout de même grandement critique de la religion qui parfois peut voiler le visage de Dieu et façonner des cœurs de pierre.ou disqualifier les autres voies.Il a donné sa vie pour le rapprochement et la réconciliation des diversités.Les Pères du Concile Vatican II concluent ainsi le document sur les religions non chrétiennes : Nous ne pouvons invoquer Dieu, le Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l\u2019image de Dieu.La relation de l\u2019homme à Dieu le Père et la relation de l\u2019homme à ses frères humains sont tellement liées que l\u2019Écriture dit: Qui n\u2019aime pas ne connaît pas Dieu (1 Jn 4,8).2 En me référant à Mt 25,31-46, puis-je imaginer que celui et celle qui aiment connaissent Dieu d\u2019une certaine manière ?LE PRECURSEUR | AUTOMNE 2009 I 5 Pour la famille Husson, un grand projet missionnaire se réalise.Thierry, Christine et leurs trois ados explorent différentes avenues en Bolivie où ils donnent actuellement des services selon leurs compétences.Dernièrement, ils ont assisté aux grandes fêtes de la Pachamama.Laissons Christine nous partager leur aventure missionnaire.LA PACHAMAMA Christine Husson Nous avions confié à la fraternité dominicaine, à laquelle nous appartenons, le désir de vivre en famille un engagement missionnaire.On nous a référés au PIFM (Programme intercommunautaire de formation missionnaire).C\u2019est là que nous avons connu des M.I.C.Dans notre recherche d'un projet concret, Murielle Dubé, m.i.c., missionnaire en Bolivie, de passage à Montréal, nous a fait entrevoir plusieurs possibilités.Il n'en fallait pas davantage pour amorcer le projet.Les mois suivants ont servi à la préparation immédiate et à l\u2019envoi missionnaire.Un rêve en voie de réalisation Partir, c\u2019est d\u2019abord un rêve que l\u2019on porte en soi et pour lequel on a des attentes, des désirs.La mission devient une source de cheminement et de partage qui demande des ajustements.Ce rêve de partir en famille peut devenir cauchemar, insécurité et même occasionner des révoltes.Notre expérience missionnaire familiale nous a fait vivre toutes sortes de défis; nous avons douté, cheminé, négocié, pleuré, mais malgré tout nous avons continué.Notre première difficulté ?Trouver un lieu de mission qui acceptait des familles ! Et deux mois avant de partir, notre aîné a vécu sa première expérience amoureuse.Lui qui était le plus intéressé par notre projet en devenait, du jour au lendemain,le plus farouche opposant.Comment réagir?Nous voulions faire vivre l\u2019expérience à nos enfants, nous ouvrir à d\u2019autres réalités, découvrir la pauvreté, un autre monde.Il y avait aussi un troisième défi : accepter que notre projet familial soit différent de ce qu\u2019on pensait.Pour les jeunes Boliviennes de l\u2019Institut d\u2019Education Rurale (I.E.R.) où nous travaillons présentement, l\u2019engagement missionnaire d\u2019une famille surprend, fait réfléchir.Nous en avons déjà reçu plusieurs témoignages.6 I LE PRÉCURSEUR I AL MNE 2009 MISSIONNAIRES LAÏQUES 1 La Pachamama A peine arrivés en Bolivie, nous avons été invités à une fête de quartier.J\u2019ai vu avec surprise une vieille dame jeter un peu de chicha (alcool de maïs) à terre avant de boire : du gaspillage, selon moi ! Pourquoi cette pauvre dame faisait-elle cela ?J\u2019ai appris plus tard que, dans la culture Quechua, la Pachamama (mère nourricière) est une divinité très importante : elle donne la vie, nourrit, fournit tout ce dont on a besoin pour vivre.Le geste de verser un peu d'alcool à terre est un geste de remerciement, d'action de grâce à la création.Pour moi qui suis issue d\u2019un monde de gaspillage où l\u2019on donne ce que l\u2019on a de trop, voir cette femme prendre dans son essentiel pour en faire une offrande, quelle belle leçon ! Cela m\u2019a rappelé l\u2019histoire de la pauvre veuve de la Bible.Elle avait donné tout ce qu'elle possédait : deux petites pièces d\u2019argent.(cf.Luc 21,2-4).En Bolivie, la Pachamama est honorée d\u2019une façon toute particulière au temps du Carnaval, en fin février.Chaque personne lui rend grâce d'une manière ou d'une autre.Les uns font bénir leur taxi; d\u2019autres, leur lieu de travail, leur maison, leur école.Cette tradition est tellement forte que l\u2019Eglise l\u2019a intégrée dans ses rituels.Cette action de grâce (Ch\u2019alla) est encore un hommage à la mère-terre.Et même la tradition omniprésente de se lancer de l\u2019eau pendant cette période de carnaval, un peu désagréable certes, s\u2019avère très importante pour les jeunes Boliviens d\u2019ici: elle fait partie de ce merci à la mère nourricière ! La Ch'alla à l'Institut A l\u2019Institut d\u2019Education Rurale où nous sommes engagés comme laïques missionnaires, la Ch\u2019alla a été organisée par les jeunes étudiantes.Elles ont préparé toutes sortes de guirlandes avec des fruits, des fleurs, des ballons, pour enjoliver bâtiments et salles de classe.Elles ont aussi décoré un autel avec des offrandes diversifiées et nous ont invités à participer à ce rituel de bénédiction si important pour elles.Loin d\u2019en faire de moins «bons» chrétiens et chrétiennes, ces rites venant de leur être profond peuvent prendre encore plus de sens à la lumière de l\u2019Evangile.Nous qui vivons dans une société « développée », nous avons tellement oublié de respecter la terre qui nous nourrit que nous sommes en train de la détruire.Les traditions autochtones viennent nous rappeler que Dieu nous l\u2019a confiée pour la faire fructifier.Si nous lui rendions un peu plus grâce pour ce qu\u2019elle nous offre, peut-être la respecterions-nous davantage ! L'expérience missionnaire vaut-elle la peine?Pour nos enfants qui n\u2019ont pas eu de formation avant le départ et qui étaient très attachés à leurs amis, à leurs habitudes et à leur monde, l\u2019expérience est difficile.Le choc culturel, la réalité quotidienne des Boliviens, la vie avec des jeunes filles des campagnes et avec des religieuses.Nous leur avons beaucoup demandé ! Même s\u2019ils n\u2019ont pas le même engagement que nous dans ce projet missionnaire et qu\u2019ils sont plus observateurs qu\u2019acteurs, ce temps de mission va probablement rester gravé dans leur esprit.Il est encore trop tôt pour contempler tous les fruits de cette belle aventure.Dans deux mois, nous allons rentrer au pays, riches de tellement de choses qu\u2019il faudra du temps pour que tout ce que nous avons vécu puisse prendre tout son sens.Pour nous, parents, l\u2019expérience est déjà tellement positive que nous repartirions sans hésiter.Pour les enfants, une petite graine est semée.Avec le temps, nous verrons le résultat.Les traditions autochtones viennent nous rappeler que Dieu nous a confié la terre pour la faire fructifier.1\tLa famille Husson 2\tA I.E.R., les étudiantes fêtent la Pachamama 3Geste d'action de grâce à la création Photos;C.Husson LE PRECURSEUR | AUTOMNE 2009 I 7 i Le Sbufflemns l'oreillel'Awa Femme engagée dans sa foi catholique, Carole reçoit une invitation imprévue.Avec beaucoup d'amitié dans le cœur et un brin de curiosité, elle accepte de devenir marraine de l'enfant de son ami sénégalais, un ami de longue date.Un baptême, oui, mais dans la religion islamique! Avec Carole, ouvrons notre cœur pour participer à la fête.Carole Guévin Contractions ! Contractions ! Je sillonne à toute allure les rues de Montréal en direction de l\u2019hôpital.Nous sommes vendredi 13; superstition, quand tu me tiens ! Mon amie reste très calme.Quelques heures plus tard, Khousseynatou donne naissance à une mignonne petite fille.C\u2019est une journée très heureuse pour cette enfant qui vient de naître.Une journée de chance et de bonheur pour cette jeune famille sénégalaise de religion musulmane.Le vendredi, c\u2019est un jour particulier, un jour consacré à Allah, à la prière du vendredi à la mosquée, à la fraternité.Quelques jours plus tard, la famille africaine me demande d\u2019être la marraine de la petite! Quelle surprise! Moi, une chrétienne! Serais-je correcte d\u2019accepter cet honneur?Mes scrupules s\u2019évanouissent rapidement; les vieilles histoires de séparation religieuse ne gâcheront pas mon plaisir.En fait, je me sens privilégiée et fière de faire partie de cette belle famille agrandie.M'Bhâ' À sa naissance, le bébé musulman est initié à la religion par son père.C\u2019est à la résidence familiale que se déroule la cérémonie religieuse.Le prêtre, l\u2019imam, en boubou blanc, se présente le premier à la maison des heureux parents.L\u2019imam déclare que tout nouveau-né a droit au baptême le 7e jour de sa naissance.Je prends l\u2019enfant et la dépose dans les bras de l\u2019imam.Ce dernier va souffler le prénom dans l\u2019oreille droite du bébé et réciter la première sourate du coran, Al Fâtihat.Il souffle l\u2019appel à la prière pour confirmer l\u2019appartenance du bébé à l\u2019islam et afin qu\u2019il grandisse et meurt dans la foi.Le nom est choisi par le père avec le consentement de la mère.La petite s\u2019appellera Awa, qui veut dire Eve, prénom de la grand-mère paternelle.Une fois le nom et les versets soufflés au bébé, l\u2019imam récite l\u2019Iqamah qui annonce que l\u2019office de la prière est prêt à commencer.Les hommes sont réunis dans le salon pour écouter l\u2019enseigne- 8 | LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2009 FEMMES ment.Dans une autre pièce de la maison, les femmes se recueillent pour écouter la Parole.S'ouvrir à l'inconnu L\u2019imam demande à l\u2019assistance de faire des prières afin que l\u2019enfant soit à l\u2019abri du mauvais sort et qu\u2019elle puisse avoir une longue et belle vie.Par la suite, les cheveux du nouveau-né sont rasés comme signe de purification.On raconte que les bien nantis doivent donner l\u2019équivalent du poids des cheveux de l\u2019enfant en or aux pauvres.Depuis deux jours, les femmes s\u2019affairent à préparer l\u2019agneau et le poulet pour un nombre illimité d\u2019invités ! Tous sont conviés! La plupart porte le costume traditionnel, le boubou africain multicolore; pour la femme, c\u2019est un pagne, une longue tunique et un foulard recouvrant une partie des cheveux.Un autre rituel veut qu\u2019un agneau soit sacrifié pour l\u2019occasion.Ce sacrifice a pour but de se rapprocher d\u2019Allah par le sang versé pour souhaiter le bonheur au nouveau-né et l\u2019éloigner de tout mal.Très tôt le matin du baptême, Ousmane, le père de l\u2019enfant, se présente à une boucherie halâl (pour que de la viande soit halâl, il faut que l\u2019animal ait été égorgé le jour même au nom de Dieu et conformément au dhahiha qui est la méthode d\u2019abattage rituelle de tous les animaux prescrite par la loi islamique) et revient à la maison avec le mouton dépecé.En fait, la viande du mouton doit être divisée en trois parties: une partie pour la préparation de la nourriture à l\u2019intention des visiteurs et des voisins, une partie crue est destinée à être distribuée aux plus démunis et une partie est réservée à la famille.Une rencontre avec la tradition Les hommes sont servis les premiers, assis par terre autour de grands plats remplis de riz, d\u2019agneau, de légumes et de sauce très forte! C\u2019est avec la main droite qu\u2019ils se délectent du savoureux plat traditionnel.Les Africains n\u2019ont-ils pas le goût des réunions joyeuses et aussi le goût des repas pris ensemble?C\u2019est beau de les voir tout proches les uns des autres à palabrer.de politique, de foot.Après le repas partagé, la fete commence au son de la kora, un instrument à cordes africain traditionnel.En regardant plus tard la cérémonie religieuse prise sur le vif par un caméraman, j\u2019entends prononcer Issa et Myriam, Jésus et Marie.Je me sens ramenée à ma propre foi catholique.C\u2019est ainsi que j\u2019expérimente par ce baptême la rencontre avec une grande tradition spirituelle.Et non, contrairement à ce que prétendent certains, je ne me sens pas en danger d\u2019apostasie en partageant ce temps de fête avec mes amis musulmans.Ce moment de fete évoque plutôt pour moi l\u2019Intelligence infinie de Dieu qui se manifeste à sa façon, une façon que nous, êtres humains incarnés, sommes bien en peine de saisir.D\u2019ailleurs, la première sourate, Al Fâtihat, parle de l\u2019absolu de Dieu; un mot la conclut, amine.C\u2019est le même mot qui termine mon Notre Père, amen.1 Signifie « père » en M'Deigne, dialecte sénégalais.Photos: 1\tAwa, au jour de son baptême 2\tOusmane estfière de sa fille.Photos;C.Guévin C'est ainsi que j'expérimente par ce baptême la rencontre avec une grande tradition spirituelle.LE PRECURSEUR | AUTOMNE 2 00 9 | ç C'était une jeune femme de carrière, directrice du personnel dans une multinationale.Son statut social et son cercle d'amis faisaient l'envie de bien des gens.Un jour, un doux murmure surgit au fond de son cœur et, au grand étonnement de Cindy Ko, il en résulte un volte-face radical dans sa vie.Elle nous raconte ce qui lui est arrivé.Une merveille de la Grâce.En effet ! b vX - \" \u2022% * Claudette Bouchard, m.i.c.#1 Hong Kong, il y a plusieurs types d\u2019écoles.J\u2019avais opté pour une Ë I école secondaire gouvernementale lorsque mon amie de longue date décida de s\u2019inscrire à une école privée catholique.Comment pouvions-nous nous séparer après tant d\u2019années?Je l\u2019ai donc suivie à l\u2019école catholique.Certains cours offerts à cette école ne m\u2019étaient pas familiers : études bibliques, éducation religieuse, partages de foi chrétienne, tout cela m\u2019était inconnu ! J\u2019ai pensé que ces cours devaient être importants puisqu\u2019ils faisaient partie du programme.L\u2019année scolaire commençait par une messe.C\u2019était la première fois que j\u2019observais le déroulement d\u2019une telle cérémonie.J\u2019étais non seulement curieuse de ce qui se passait, mais particulièrement étonnée.Lorsque les gens se sont approchés pour IO | LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2009 communier, je me demandais ce qu\u2019ils faisaient et pourquoi ils avalaient ce qu\u2019on leur donnait.J\u2019ai commencé à poser des questions.Deux ans plus tard, j\u2019ai demandé le baptême.Ma mère, qui adhère à la religion chinoise du peuple, approuvait plus ou moins ma décision.Quant à mon père, il était d\u2019accord.Il ne voulait qu\u2019une chose : que je sois heureuse ! Mes études secondaires terminées, j\u2019ai commencé à travailler et je suis devenue de plus en plus frivole.J\u2019étais avide de soirées, de sorties et de mondanités.Peu à peu je me suis éloignée de l\u2019Église.Et durant une vingtaine d\u2019années,j\u2019ai mis Dieu de côté.La rencontre d'une amie Un jour, j\u2019ai rencontré une de mes anciennes amies protestantes.Ses convie- JEUNES tions religieuses m\u2019impressionnaient beaucoup : elle participait à plusieurs activités de son Eglise.Un léger murmure en moi se fit entendre.et des questions ont surgi: Où en suis-je dans ma foi?Où en suis-je dans mon engagement envers Jésus et son Eglise?Au bureau où je travaillais, quelques collègues étaient catholiques.Je leur ai demandé s\u2019il y avait des églises catholiques dans le quartier.Avec joie, elles m\u2019ont indiqué le chemin pour s\u2019y rendre.Entrer dans une église après une vingtaine d\u2019années me semblait tenir.du miracle ! J\u2019ai rencontré un prêtre.Au cours de notre conversation, des larmes de joie ont surgi dans mes yeux: je ne pouvais pas croire ce qui m\u2019arrivait! Devenue membre de ma communauté paroissiale locale, je me suis mise à lire avidement des livres de spiritualité et j\u2019ai redécouvert Dieu dans ma vie.La responsable de la catéchèse m\u2019a demandé d\u2019enseigner aux plus jeunes.J\u2019ai d\u2019abord refusé : je n\u2019avais pas assez de connaissances religieuses.Mais, elle m\u2019a convaincue qu\u2019un élément important pour devenir professeur de catéchèse c\u2019était d\u2019aimer les enfants; elle m\u2019a aussi appris que tout catéchète reçoit la formation nécessaire.J\u2019ai donc accepté de faire un essai et je ne l\u2019ai jamais regretté ! La préparation de chaque leçon m\u2019a aidée beaucoup à grandir dans la foi.C\u2019était enrichissant et éclairant.Je sentais que Dieu était le potier et que moi, j\u2019étais l\u2019argile.Plus il me façonnait dans la foi, plus je sentais qu\u2019il me préparait à quelque chose de spécial.Goûtez et voyez Plus tard,PaulineYuen,m.i.c., m\u2019a attirée par sa joie.J\u2019ignorais qu\u2019elle était religieuse et je voulais la connaître davantage.Je n\u2019avais jamais pensé à la vie religieuse et j\u2019ignorais ce qu\u2019elle comportait.On m\u2019invita donc à venir voir en quoi consiste ce genre de vie.Sans quitter mon emploi,j\u2019ai décidé de vivre cette expérience pendant six mois.Je prenais ce risque, convaincue que Dieu allait prendre soin de moi.Après avoir goûté ce nouveau genre de vie, j\u2019ai décidé de poursuivre plus loin ma recherche et d\u2019abandonner ma carrière.Quand on a travaillé dix ans avec Un léger les mêmes collègues, c\u2019est difficile de se murmure dire adieu.Grâce à l\u2019amour de Dieu qui me guidait, j\u2019ai eu la force intérieure nécessaire pour tout quitter.Indépendante, autonome depuis si longtemps, comment pourrais-je en moi se fit entendre.Quitter mon pays.A Baguio, aux Philippines, j\u2019ai reçu ma formation à la vie religieuse.C\u2019était la première fois que je quittais Elong Kong pour m\u2019ouvrir à d\u2019autres cultures: nous étions trois nationalités différentes à nous côtoyer dans ce noviciat.J\u2019ai eu des problèmes avec la langue mais ce fut un bon test pour évaluer mes capacités d\u2019adaptation.Peu après ma profession religieuse, j\u2019ai enseigné à notre école primaire Good Hope, à Elong Kong.Puis, j\u2019ai reçu une obédience pour le Japon où j\u2019ai perfectionné ma connaissance de la langue japonaise : je ne la parle pas encore couramment, mais je peux tout de même suivre un cours sur la méthode Montessori.Pendant mon stage, j\u2019ai eu l\u2019opportunité d\u2019être envoyée à différentes maternelles où j\u2019ai découvert le bon fonctionnement et l\u2019application de cette méthode.J\u2019ai maintenant trois ans de vie MIC.Ce que Dieu me réserve est pour moi un mystère, mais je crois qu\u2019il me guide et m\u2019aide à grandir dans la foi.Le philosophe Soren Kierkegaard a écrit: La vie se vit dans un élan vers l\u2019avenir, mais se comprend dans un regard rétrospectif.C\u2019est précisément ce que m\u2019apprend mon expérience actuelle.L\u2019esprit d\u2019action de grâces, au cœur de la spiritualité MIC, me donne des ailes pour continuer à répondre généreusement à l\u2019Appel de Dieu.1\tCindy à l'école primaire Good Hope, Hong Kong 2\tCindy avec ses parents Photos: MIC m\u2019adapter à mon nouveau genre de vie?Renoncer à ce pouvoir exigeait de moi une véritable lutte, mais l\u2019Appel de Dieu était intense et je l\u2019entendais.Peu à peu, j\u2019ai appris à dire oui à la volonté toute aimante de Dieu.LE PRECURSEUR | AUTOMNE 2009 I 11 Aquarelle:Geneviève Dick http://creincarnation.googlepages.com/contact Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Toute jeune, j\u2019aimais les contes de Noël.Ma mère avait l\u2019art de me les raconter.Elle mettait du piquant dans ses récits et.j\u2019adorais ça! Ma légende préférée?La flûte de David.C\u2019était en Israël, il y a très longtemps.Les gens vivaient en harmonie avec la nature.Les petits garçons gardaient souvent les moutons dans les montagnes avoisinantes.David, un jeune berger, profitait de ce temps de solitude pour jouer de la flûte.Il en avait même deux: une pour le jour où il enchantait de ses airs joyeux son milieu rural et l\u2019autre était.spéciale! Il n\u2019en jouait que la nuit et seuls les anges pouvaient l\u2019entendre.Ils venaient nombreux à ce concert.David savait qu\u2019il avait pas mal d\u2019amis parmi les anges.Une nuit, alors qu\u2019il terminait son répertoire musical, les anges se sont tous retirés, sauf un qui s\u2019est approché doucement de lui.Cet ange avait un SECRET qu\u2019il tenait à lui partager.Il s\u2019est penché vers le petit berger et lui a soufflé à l\u2019oreille le GROS SECRET.qu\u2019il portait dans son cœur.Le soir suivant, David persuade d\u2019autres petits bergers de venir passer la nuit avec lui.A travers monts et vallées, ils marchent en compagnie des anges, mais seul David les voit.Arrivés devant une humble étable, ils aperçoivent tout au fond un nouveau-né qui faisait l\u2019admiration de ses parents.Le père leur fait signe d\u2019entrer.Les jeunes bergers s\u2019empressent d\u2019avancer pour voir le nouveau-né.Quelle joie! Dans un profond geste d\u2019adoration, David s\u2019incline jusqu\u2019à terre.Le père du bébé s\u2019approche de David, lui met affectueusement la main sur l\u2019épaule et lui dit : Je vois que tu as deux flûtes, veux-tu jouer pour l\u2019Enfant?Ah non, répond aussitôt David, je ne peux pas! Cette flûte est pour les humains et l\u2019autre, pour les anges.L\u2019heureux papa sourit et ajoute : Je vois.Tu ne sais pas trop qui je suis.Je suis Joseph, un charpentier comme mon père.Et l\u2019un de nos ancêtres était comme toi un herger.H avait l\u2019habitude de jouer de la flûte; mais devenu roi, il n\u2019a plus joué.Après sa mort, on a retrouvé sa précieuse flûte.On se l\u2019est transmise de père en fils durant toutes ces générations.Quel héritage! Joue s\u2019il te plaît.C\u2019est pour le BON BERGER! Alors David saisit sa flûte et offre au nouveau-né les plus beaux airs qu\u2019il connaît.Tous l\u2019entendent: les humains et les anges.Et l\u2019Enfant écoute ravi ces chants d\u2019allégresse.Aujourd\u2019hui David voudrait bien passer ses flûtes à d\u2019autres petits bergers.En veux-tu une?Tu peux choisir celle que tu préfères.La flûte pour les humains utilisée le jour apaise la souffrance des personnes malheureuses sur la terre.Si tu choisis la flûte des anges, ils deviendront tes amis.Mais, elle est un peu exigeante cette flûte: tu ne pourras jouer que la nuit et les humains ne l\u2019entendront pas.Cependant, tes nouveaux amis, les anges qui veillent sur les humains, te guideront sur le chemin de leur cœur.Alors, que tu choisisses la flûte des humains ou celle des anges, tu deviendras le petit berger qui aidera le GRAND BERGER dans sa mission d\u2019amour et de réconfort sur la terre, surtout en cette belle nuit de Noël.12 | LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2009 fcTc P R É S E N C André Sanfaçon INCARNÉE ENTRE REVE ET RÉALITÉ Réflexion entre rêve et réalité : Moi, la Terre, l\u2019Humanité et « Celui qui a tout fait ».La Terre est ronde, nous tournons en rond; nous vivons dans un grand cercle et souvent nos pensées ne font qu\u2019un tour.Où est le début, où est la fin?Dans quel but, à quelle fin?Dans ce texte, vous l\u2019aurez deviné, le «je» et le «moi» vous incluent bien sûr; nous sommes tous de cette Terre, de même essence, unis dans l\u2019espérance.Du particulier à l\u2019universel: de moi vers les autres et l\u2019Au-delà J\u2019ai un nom, une famille, une adresse civique ; j\u2019habite une rue, un quartier, une ville, une province, un pays de naissance ou d\u2019adoption.J\u2019ai droit à un certificat de citoyenneté et à un passeport.Je peux passer des frontières,parfois en obtenant un visa et en respectant d\u2019autres conditions.Même ainsi muni pour me déplacer légalement, il me reste à franchir des barrières culturelles définies ici et là au cours des siècles: d\u2019autres mentalités, d\u2019autres visions du monde.Voyager, c\u2019est aller vers les autres pour se mieux connaître en constatant au fil des expériences les différences, mais aussi les ressemblances.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019aller au bout du monde pour se reconnaître dans un même goût de liberté, même si chacun le vit diversement.Et Dieu, Celui qui a tout fait, comme l\u2019appelaient les Amérindiens convertis au temps de la colonie française d\u2019Amérique du Nord?S\u2019il y en a un, il n\u2019y en a qu\u2019un! Quelle que soit la manière de le nommer et de l\u2019approcher, c\u2019est finalement toujours le même.Tout le reste forme un riche florilège d\u2019expressions culturelles pour définir chacune des reli- gions.Celles-ci sont autant de façons de prier l\u2019Etre Suprême, toujours le même, où que l\u2019on soit sur la Terre et, un jour, dans l\u2019Univers.De l\u2019universel au particulier: de l\u2019Au-delà et des autres vers moi Vus à vol d\u2019oiseau et encore mieux en haute altitude, les gens, les cultures, les frontières, les régimes économiques et politiques, tout a tendance à se niveler.Pour un instant,je me sens pleinement citoyen de la Terre, elle-même si petite dans un Univers infini.A cette hauteur, les barrières, les interdits, les querelles me paraissent ridicules ; tout serait si facile à accommoder, à raccommoder, je me mets volontiers à rêver d\u2019une humanité unie.Sur le plan religieux, l\u2019oecuménisme me semble évident, tellement notre condition humaine nous ramène à une même obligation de nous parler pour ensuite parler d\u2019une voix concordante au Grand Dieu, même si nous le faisons dans diverses langues et sous des coutumes qui disent notre culture respective.Si Dieu nous a ainsi faits, c\u2019est qu\u2019il nous comprend tous ! Et si Dieu est partout, Il est aussi là où certains ne Le voient pas ou ne Le voient qu\u2019à travers la nature, des croyances, des rites ou une multitude de divinités.Au bout du compte, on y retrouve toujours Celui qui a tout fait l II n\u2019y a pas matière à division.Tous humains que nous sommes, si dépendants de nos besoins et de nos aspirations, pourquoi ne pas faire l\u2019effort de trouver un terrain d\u2019entente?Certains y seraient parvenus.Des hommes et des femmes ont accédé à une 14 | LE PRECURSEUR | AUTOMNE 2009 DOSSIER vision mondiale, se sentent sincèrement citoyens du monde, respectent la liberté et la différence, aiment, pardonnent et rayonnent par leur personne et leurs idées.De leur conscience élargie émanent une attitude sereine, une joie qu\u2019ils ont peine à contenir, une grande paix, un sentiment de sécurité, où qu\u2019ils soient, quoi qu\u2019ils fassent.Ils font confiance à l\u2019Homme.Ce sont des humanistes; ils ne se croient pas uniques, tout en l\u2019étant, pour mieux partager avec tous la condition humaine, mortelle, fragile, la vie si respectable, si formidable.Quelle que soit notre condition, elle est avant tout humaine.Si nous étions constamment conscients de l\u2019unicité du moment et de la beauté de la vie, il y aurait davantage place au franc dialogue, au partage, à l\u2019ouverture, à l\u2019œcuménisme, à l\u2019humanisme tout court ! Mais je suis aussi convaincu d\u2019exprimer une vision à la fois réelle et utopique, celle d\u2019un être bien vivant qui rêve d\u2019égalité, de liberté et de fraternité.Je me souviens aussi que la vie est ainsi faite que je doive défendre ma condition, mes droits, ma langue, mes acquis.Me revoilà confronté au besoin de posséder, au repli sur moi par crainte de l\u2019autre.Et pourtant je persiste à souhaiter que mon rêve se réalise.J\u2019espère et par moments je désespère; je me sais capable de beaux élans et de grandes bassesses.Et si cela faisait aussi partie de la condition humaine?j\u2019ai un nom, une famille., en fait, une très grande famille, à l\u2019échelle de la Terre ! En être de plus en plus conscient oblige à agir en conséquence dans mes actions au quotidien: moi et les autres, avec les autres, pour les autres.C\u2019est beau tout ça, mais pas facile.Dieu me vienne en aide pour mes incohérences, mes contradictions.Mais à bien y penser, elles sont aussi moyens d\u2019avancer dans ma réflexion.A la lumière de ce que je viens d\u2019écrire, comment pourrais-je formuler ma compréhension de l\u2019internationalisme, de l\u2019interculturalité, de l\u2019ethnicité, du pluralisme, de l\u2019œcuménisme, de l\u2019humanisme, de ma foi en l\u2019Homme et en Dieu ?je commence à comprendre ce que Jésus proposait en disant: Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mt 19,19; voir Le Précurseur, 52/2, avril-mai-juin 2009, p.12-13).J\u2019ai envie de répondre: Mais, Seigneur, il est si différent de moi! En fait, c\u2019est un véritable programme de vie, car c\u2019est à travers l\u2019Humanité qu\u2019on accède à Celui qui a tout fait l Quelle que soit notre condition, elle est avant tout humaine.' Bright Wings Artiste: Mary Southard, csj Courtoisie de: www.ministryofthearts.org LaGrange Park, IL60526-1721 LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2009 I 15 PRESENCE INCARNEE LE TSO-DRANO DANS LA VIE DES MALGACHES À Madagascar, l\u2019acte de bénir nommé tso-drano (souffle de l\u2019eau) renvoie à la perception du monde malgache.Cet acte symbolique fait appel à la présence des vivants invisibles pour transmettre leur vie sacrée à leur bénéficiaire.Lors des vœux perpétuels, les jeunes religieuses malgaches reçoivent de leurs proches la bénédiction des razana, leurs ancêtres.Perpétue Razafindrahaingo, m.i.c.Pour aller plus loin: Robert DUBOIS (2002), L'identité malgache, La tradition des ancêtres, Paris, Karthala, 172 pages.Solo RAHARINJANAHARY (2000).« Identité malgache et mondialisation » dans Actes du colloque de l'ICM - L'identité malgache dans la civilisation mondiale du 218 siècle, 10-12 Avril 2000, Ambatoroka, Antananarivo, pp.49-92 près plusieurs années de formation religieuse et académique, Sr Erika Jeanne Hanitranirina est admise à ses vœux perpétuels.Une veillée de prière précède la cérémonie de l\u2019engagement définitif.Erika y donne le témoignage de sa vocation.Ses parents et ses proches ajoutent maints petits récits de son enfance, de son adolescence et de son choix de vie, abondamment illustrés par une vidéo.Le lendemain, les cloches de l\u2019église d\u2019Ambohibary, lieu de sa naissance, annonce la cérémonie qui sera présidée par Mgr Jos.D.Léo Pelletier, évêque de Morondava, lieu où Sr Erika travaille actuellement.Une dizaine de prêtres l\u2019accompagnent.Le moment solennel de la bénédiction de ses proches appelée tso-drano précède l\u2019Eucharistie.Avec fierté le père d\u2019Erika prend la petite branche de cèdre imbibée d\u2019eau bénite et asperge Erika agenouillée pour recevoir cette bénédiction sacrée.Sa mère répète le même rituel, puis ses tantes, oncles, frères et sœurs.Famille et amis expriment ainsi leurs vœux de bonheur et leur accord avec le choix de vie de Sr Erika.Symbiose entre le visible et Vinvisible Selon la tradition malgache, la bénédiction est un geste très significatif lors d\u2019un choix de vie.J\u2019ai demandé à un ami, Alfredo H.Ramanandraibe, c.s.sp., de m\u2019en donner la signification.Selon lui, le tso-drano désigne d\u2019abord la symbiose entre le monde visible et le monde invisible.Celui ou celle qui bénit, fait appel à la présence des vivants invisibles pour transmettre leur basin a (leur vie sacrée) à celui ou celle qui est leur bénéficiaire.Rôle politique et religieux Dans le monde invisible, le Zanahary, l\u2019Etre Suprême, les divinités suivies des grands ancêtres et des ancêtres parmi lesquels se retrouvent les aïeux morts, régissent l\u2019univers.Le Zanahary est le principe, la source de la vie et de toute existence ; les divinités, les grands ancêtres et les ancêtres transmettent le hasina, le flux vital sacré.Le monde visible, les aînés et les parents ainsi que les leaders dont l\u2019autorité découle directement du hasina des ancêtres sont les premiers responsables politiques et religieux.Leur rôle est politique parce qu\u2019ils assurent le bon fonctionnement de la société.Ils gèrent la réalité politique et économique du groupe en l6 | LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2009 DOSSIER De sorte que, réussir n'est pas d'accéder à une place supérieure dans la collectivité, mais de bien s'intégrer dans la position que la société a attribuée à chaque personne.veillant à l'interaction entre l\u2019Etre suprême, l\u2019équilibre cosmique et environnemental, l'administration politico-économique.Ce monde visible assure la protection du bien commun et l\u2019harmonie de la relation entre les vivants et les non-vivants dans la vie quotidienne.Ce consensus social est régi par le sens de la convivialité, du partage et de l'hospitalité des humains.Les parents et les aînés sages jouent un rôle religieux: ils ont la responsabilité de relier le monde visible et le monde invisible.Ils doivent faire la prière, le kao-drazana et le tso-drano, le dialogue entre les ancêtres et les descendants.Les aînés se chargent de transmettre le hasina, via le tso-drano, aux autres membres vivants du groupe.La vie économique, le partage des biens et l\u2019exploitation des ressources naturelles sont sous le contrôle strict des parents sages et des aînés qui assurent l\u2019harmonieuse coexistence des vivants visibles, des vivants non visibles, tous vecteurs de la sacralité et du flux vital dans la société pour être «bien béni».Une bonne intégration à la société Dans cette dynamique, l\u2019harmonie et la paix de la société dépendent donc principalement d\u2019une bonne intégra- tion de chaque membre dans la société et d\u2019une saine relation entre Dieu, la personne humaine, le monde et la société elle-même.De sorte que réussir n'est pas d\u2019accéder à une place supérieure dans la collectivité, mais de bien s\u2019intégrer dans la position que la société a attribuée à chaque personne.Lors des vœux perpétuels ou à l\u2019occasion d\u2019un mariage, les parents bénissent le religieux ou les mariés pour leur permettre de s\u2019intégrer à leur nouveau mode de vie, selon la bonne volonté des ancêtres afin qu\u2019ils soient le plus heureux possible compte tenu de leur place dans la société et dans la famille.Au moment de l\u2019Eucharistie, Erika, calme et recueillie, s\u2019avance dans le chœur en présence de Sr Louise Denis, supérieure générale, pour prononcer les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance qu\u2019elle promet d\u2019observer selon les Constitutions des Sœurs MIC.L\u2019assistance partage l\u2019émotion et l\u2019allégresse de l\u2019élue.Après la messe, un repas empreint de joie et de fraternité réunit les invités: danses, sketches, chants y ajoutent une note festive.Nous souhaitons beaucoup de bonheur à Sr Erika qui a choisi de donner sa vie à la mission de Jésus dans le monde ! 1 Le tso-drano 2Sr Erika et ses parents 3Sr Erika, Sr Louise Denis, sup.gén., Sr Jeanne Marthe, sup.prov.Photos:L Gagné, m.i.c.LE PRECURSEUR | AUTOMNE 2009 I 17 \\K «K V 'i '* r ^ ».» 5Qt\u2019 W*-' * FODOU DANS UN PAYS CATHOLIQUE La république d\u2019Haïti a une population de 8 821 709 habitants, et plus d\u2019un million et demi d\u2019Haïtiens vivent à l\u2019étranger.Si 80% d\u2019entre eux sont catholiques, pourquoi continuent-ils de se réclamer du vodou ?Sr Mésina a fait des recherches sur cette question pour mieux comprendre l\u2019âme de son peuple. DOSSIER identité religieuse est considé-K\trée comme l\u2019une des principales A ^ facettes de l\u2019identité culturelle d\u2019une personne.Ainsi, il est impossible de considérer la vie du peuple haïtien sans mentionner le vodou.Cette religion est intimement liée à sa culture et à ses origines africaines.La problématique Comme Haïtienne missionnaire, j\u2019ai eu l\u2019occasion de sillonner tout mon pays.Mes visites des hounforts (lieux où se déroulent les cérémonies du vodou), en zones rurales et même à la capitale, m\u2019ont donné le goût d\u2019en savoir plus sur le vodou.Jeune, je n\u2019avais pas la permission de prononcer le mot vodou, encore moins d\u2019en parler ouvertement.C\u2019était défendu par l\u2019Église catholique qui identifiait le vodou au fétichisme, à l\u2019idolâtrie.Toute l\u2019éducation reçue nous avait appris à tourner le dos au vodou.Cependant, les ombres des églises et temples du vodou recouvrent toutes les campagnes haïtiennes, nous dit Laënnec Hurbon.Interrogé sur son appartenance religieuse, l\u2019Haïtien répond qu\u2019il est chrétien catholique même s\u2019il est vodouisant.Comme on le dit souvent en Haïti : Il faut être catholique pour pratiquer le vodou.N\u2019est-ce pas la raison pour laquelle le catholique continue de se réclamer du vodoul Et il occupe une partie importante du patrimoine ethnologique et culturel haïtien.Un peu d\u2019histoire Au XVIIe siècle, la découverte de l\u2019Amérique provoque une énorme demande de main-d\u2019œuvre et fait naître la Traite des Noirs que l\u2019on se procure sur les côtes d\u2019Afrique.Entre 14 et 20 millions de Noirs ont été ainsi expatriés.L\u2019esclavage était une institution solidement établie chez les puissances colonisatrices.Les colons français mettaient tout en œuvre pour que les esclaves oublient leur passé : leurs cultes étaient interdits et tous devaient recevoir le baptême catholique.Sans recours, dépossédés de leur langue et de leur religion, les esclaves réussissent à trouver le moyen de riposter à l\u2019oppression : ils se créent une langue commune, le créole, et une religion commune, le vodou, ferment de cohésion culturelle et de résistance politique.Le mot vodou au sens large signifie l\u2019ensemble des pratiques et des croyances.Il désigne les pratiques de la main droite,\tMésina les comportements sacrés par opposition\tPaulémon, m.i.c.à ceux de la main gauche où la sorcellerie, la magie agressive, criminelle est impliquée.Selon le créole traditionnel du vodou, le terme magie signifie pouvoir mystique, force surnaturelle.Le prêtre vodou, hougan, est faible mais sa magie est puissante.Dans la pratique, les gens diront qu\u2019il sert les has, les esprits.les ombres des églises et temples du vodou recouvrent toutes les campagnes haïtiennes.Le vodou haïtien Le vodou haïtien n\u2019admet qu\u2019un Dieu trinitaire : Père, Fils, Saint-Esprit.Entité ineffable, indescriptible, le Grand-Maître est l\u2019unique Créateur de tout.Ce Créateur est totalement éloigné des hommes.Cependant, il a créé et placé sur cette terre des esprits, has, dont la nature est plus subtile que la nôtre.Ils protègent, aident, guident les humains pour les rapprocher du divin et pour les aider à résoudre les difficultés quotidiennes.Dans certaines régions du pays, ces esprits sont appelés: anges, mystères, has.Le vodouisant se décrit comme un serviteur, il n\u2019adore pas les has; seul le Grand-Maître mérite l\u2019adoration.Le vodouisant doit servir adéquatement les has.S\u2019il est initié pour devenir hougan (prêtre) ou mambo (prêtresse), il aura à assumer des responsabilités vis-à-vis sa communauté.Hougan et mambo se considèrent comme LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2009 I 19 PRESENCE INCARNEE u : Wv'lfeaBi ne diffèrent en rien de ceux de la religion catholique.Certaines similitudes sont si frappantes qu\u2019elles ne manquent pas d\u2019étonner.Dans le vodouisme comme dans le catholicisme, on trouve ce Dieu tout-puissant, Etre suprême, omniscient, qui transcende l\u2019homme, mais qui est en même temps à la dimension de l\u2019homme.Une autre ressemblance remarquable entre ces deux religions, c\u2019est la croyance en des êtres intermédiaires entre l\u2019Etre suprême et l\u2019homme.'Grand-Bassin, Artibonite, Haïti 2\tErzuli aux couleurs de la Vierge 3\tCérémonie du Bois-Caïman des serviteurs des loas et de leur communauté.Les loas conduisent à une profonde connaissance du monde et de la cosmologie.On parle de connaissance plus que de croyance.Les hounforts, les péristyles (lieux de cérémonies publiques) ont une société temporelle qui les aide à défendre leurs intérêts.Ils possèdent leur police et leurs bandes de rara (initiés du vodou qui se manifestent durant le Carême).Celles-ci ne s\u2019identifient pas à la communauté religieuse elle-même, bien qu\u2019elles y soient rattachées.L\u2019Eglise catholique Etroitement liée à l\u2019esclavage, l\u2019histoire de l\u2019Eglise catholique en Haïti a commencé avec la colonie française.Elle était soumise au pouvoir politique et devait faire face aux multiples tracasseries d\u2019une administration peu complaisante.En contexte esclavagiste, comment réaliser une véritable évangélisation sans pactiser avec ce système?Ainsi a commencé en Amérique la prédication de l\u2019Evangile axée sur la résignation: un christianisme taillé à la mesure des intérêts des oppresseurs.Le Nègre esclave se voit donc obligé d\u2019assister aux messes dominicales, célébrées exprès pour lui.Les croyances et les pratiques vodou n\u2019en sont pas moins consolidées.Les esclaves utilisent le catholicisme comme un simple masque.Au contact de ce faux christianisme, le panthéon vodou s\u2019enrichit.Ainsi, l\u2019on trouve dans le vodouisme des rituels qui Syncrétisme loas / saints Dans une église, il n\u2019est guère facile de savoir si le vodouisant en prière devant une statue de la Vierge Marie s\u2019adresse à la Vierge elle-même ou à Erzuli.Erzuli-Freda-Dahomey est un loa qui représente la beauté et la grâce et dont la vie amoureuse est tissée de malheurs.Elle correspond à la Mater Dolorosa.Voici d\u2019autres exemples de syncrétisme loas/saints: Legba, le Maître de la barrière qui sépare les hommes des esprits; on l\u2019identifie à saint Pierre, souvent représenté avec des clés à la main.Dambala Wedo, le loa qui préside aux sources et rivières, a comme symboles l\u2019arc-en-ciel et la couleuvre.Son doublet: saint Patrice.Ajda Wedo, la femme de Dambala qui accorde richesse et fécondité, se retrouve sous les traits de sainte Elizabeth de Hongrie.A partir de ces quelques exemples, nous nous rendons compte de la vitalité et de la capacité d\u2019adaptation du vodou.En pratiquant le vodou, les Haïtiens cherchent à se protéger et à se libérer du mal sous toutes ses formes.On comprend alors la fonction sociale que joue le vodou dans la réalité haïtienne et qui explique sa raison d\u2019être et son expansion dans toutes les couches de la société.C\u2019est que l\u2019Haïtien en a assez de souffrir.Il a soif d\u2019une vie meilleure qu\u2019il cherche et espère trouver dans le vodou, 20 | LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2009 \t Lw n wL.-r-t.m ¦ : ¦.
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